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JOURNAL

De gauche à droite : Mina Bezzari, Jean Werlen, Françoise Schaetzel, Abdelkarim Ramdane, Leyla Binici, Rudi Wagner, Marie-Dominique Dreyssé, Jean-Marie Kuczkowski, Alain Jund, Edith Peirotes, Éric Schultz, Pierre Ozenne, Françoise Werckmann, Jeanne Barseghian.

LE

2014 : Strasbourg a rendez-vous avec l’écologie !
Plus personne n’en doute : notre planète n’est pas en forme. Au fil des dernières décennies, des clignotants se sont déclenchés à plusieurs niveaux, indiquant que nos société s épuisent de plus en plus rapidement le patrimoine naturel hérité des générations précédentes. Et mettent en danger les générations futures. Ainsi Fribourg, pionnière en Allemagne en matière d’utilisation et de soutien aux énergies renouvelables, est désormais un pôle incontournable dans le secteur des équipements solaires et des biotechnologies. Portland, aux États-Unis, dispose d’un réseau de transports en commun très performant, a beaucoup investi pour rétablir la qualité de l’eau, a multiplié les écoquartiers. Au Royaume-Uni, c’est la ville de Coventry (350 000 habitants) qui montre la voie. Habitations du futur, transports hybrides, développement de l’agroécologie : l’objectif est de se muer en cité « zéro carbone » d’ici à 2020. À Newcastle, une ville australienne de 140 000 habitants, une politique volontariste a permis de réduire la consommation d’énergie de 40% en une quinzaine d’années. En mettant en œuvre le projet réaliste évoqué sur les pages de ce journal, Strasbourg peut emboîter le pas à ces villes qui bougent. Chaque électeur a la possibilité de participer à cette avancée au moment de mettre son bulletin dans l’urne.

Au plus près des citoyens
On ne change pas le cours de la planète d’un jour à l’autre. Au sein d’un monde peu enclin à envisager le long terme, les mouvements écologistes ont été d’abord, à leur manière, des « whistleblowers » (lanceurs d’alerte). Dans les systèmes démocratiques, les partisans d’un développement raisonnable ont ensuite trouvé leur place sur le terrain de l’action politique. Les électeurs en ont décidé ainsi. C’est en particulier au plus près des citoyens, notamment à Strasbourg , que les arguments des écologistes ont ainsi pu peser dans la balance, que de nombreuses propositions ont abouti à des réalisations concrètes. Changer la ville, changer la vie, c’est possible, comme l’indiquent des expériences remarquables à mettre à l’actif d’élus écologistes.
Pour les Strasbourgeois c’est le moment de s’engager résolument sur la voie de la transition écologique.

Strasbourg, ville en transition écologique

Un vrai projet de société
Si d’ici la fin du siècle nous voulons éviter un désastre économique et écologique, il faut changer de modèle de développement. Il ne s’agit pas de crier au loup, mais d’anticiper les signes avant-coureurs qui indiquent que le système économique mondial, confronté à la diminution des ressources et à la dégradation de l’environnement, menace de s’effondrer. L’alternative à la croissance dévastatrice existe : la transition écologique.
Nous voulons mettre en œuvre sans tarder les mesures qui feront de Strasbourg une ville pionnière en matière de transition écologique, à l’image de Fribourg en Allemagne, de Coventry en Angleterre et de Portland aux États-Unis. Ces mesures impliquent des changements dans nos comportements, dans nos façons de produire, de consommer, de nous déplacer, de vivre ensemble.

Potager transportable
À Berlin, le jardin partagé de Kreuzberg est un jardin nomade. Ses initiateurs ont eu l’idée d’investir un terrain vague pour y faire pousser des légumes. Salades et radis (mais aussi menthe turque et ignames africaines) poussent dans de la terre conditionnée dans des caisses ! Une solution qui permettra de tout déplacer ailleurs lorsqu’il faudra dégager le terrain, car les jardiniers ne bénéficient que d’un bail à durée déterminée pour cet emplacement.

Ville à énergie positive
La transition écologique est l’opportunité de changer de modèle de société, pour aller du toujours plus au toujours mieux. L’une des clés du changement se trouve dans notre autonomie énergétique. Moins nous dépendrons du pétrole, du charbon et autres énergies fossiles, moins nous polluerons et moins nous dépenserons. Pour y parvenir il y a des solutions simples. La rénovation thermique des bâtiments est l’une d’entre elles. Un chantier d’ampleur qui nous concerne tous. Mais cette reconversion coûte cher. Nous nous engageons à apporter des aides conséquentes pour l’isolation du patrimoine privé (bailleurs, propriétaires, copropriétés) sur la base d’un plan de rénovation thermique de 1500 logements par an.

Des pavés perméables
À Portland, différentes rues et espaces de stationnement sont équipés de pavés perméables. Située dans l’état d’Orégon aux USA, la ville a choisi ce revêtement parce qu’il absorbe la pluie et filtre les polluants avant que l’eau n’atteigne les cours d’eau naturels. Autres avantages ? Moins de risques d’inondation, moins d’eaux usées dans le réseau d’assainissement et un effet esthétique certain !

Transports en commun, voitures, vélos, piétons : chacun doit avoir sa place dans un espace apaisé.

formes de déplacements complémentaires (marche, covoiturage, auto-partage), et de rester créatifs.

La nature en ville

Déplacements complémentaires
Les déplacements constituent la deuxième source de consommation d’énergie fossile. Mais, bonne nouvelle, les enquêtes récentes confirment que les Français sont de moins en moins accros à la voiture qui coûte... 20 fois plus cher que les transports publics. Dans le domaine des circulations douces, Strasbourg a été pionnière. Résultats : aujourd’hui, au centre ville, 15% des déplacements se font à vélo. Strasbourg doit conserver sa position d’avant-garde dans la valorisation des transports publics et des modes de mobilité alternés. Pour y parvenir, nous proposons de revoir la copie en matière d’urbanisme, de mettre l’accent sur des nouvelles

Gisement d’emplois
La rénovation thermique et la production d’énergies renouvelables ouvrent de nouvelles perspectives en matière d’emplois qualifiés, non délocalisables, dans l’artisanat et l’industrie. Mais aussi, en lien avec les universités, dans la recherche et l’innovation. La Commission européenne chiffre à six millions le nombre d’emplois qui pourraient être créés dans la zone euro par la transition écologique, dont un million pour la France. Près de nous, à Fribourg, elle a généré 10000 emplois verts dans 1500 entreprises. Loin d’être une utopie, « la transition énergétique est la clef de notre prospérité de demain et constitue un authentique projet de société pour l’Europe » comme le résume l’économiste Gaël Giraud, directeur de recherche au CNRS.

On baisse la lumière…
La commune de Tramayes (Saôneet-Loire) se fait remarquer par différentes initiatives en matière de développement durable. Exemple :l’éclairage public est éteint de minuit jusqu’à 5h45. Et les lampadaires sont équipés d‘ampoules basse consommation. Résultat ? Une baisse de la consommation de 50000 KWh sur une année !

Si les Écologistes ont été pionniers dans la défense de la nature, c’est qu’ils ont bien compris avant d’autres que les humains et la nature ne font qu’un. Respecter, protéger la nature c’est contribuer au bien-être des humains. Le projet des Écologistes pour Strasbourg inclut le développement de la trame verte et bleue. Ces maillages de terres, espaces verts, rivières, étendues d’eau tissent dans la ville et autour de la ville, des réseaux connectés favorables à la biodiversité. Mais ce sont aussi, comme au Baggersee, au plan d’eau d’ Ostwald ou le long du canal de la Bruche, des lieux de respiration, de loisir, de détente pour les habitants. Planifier une trame verte et bleue, contribue également à préserver durablement les activités agricoles autour de Strasbourg. Maintenir la vocation nourricière des terres de la Cus face à l’urbanisation est une priorité pour nous. L’objectif est de densifier les circuits courts de façon à croiser les attentes des agriculteurs et celles des habitants (accès à des produits frais, locaux et de saison, avec un minimum d’intermédiaires). Et pour permettre aux Strasbourgeois qui le désirent, de cultiver leur jardin, 300 nouveaux jardins partagés seront plantés à travers la ville d’ici 2020.

Strasbourg, ville des solidarités engagées

Une ville pour tous
S’appuyant sur le constat que certains quartiers ne disposent toujours pas de la palette des services de proximité (services publics, commerces, santé, loisirs, animations) pourtant présents dans d’autres, nous nous engageons à améliorer les conditions dans lesquelles vivent les Strasbourgeois, qu’ils habitent au centre ville ou à la périphérie. Notre programme répondra ainsi aux questions quotidiennes. Comment la Ville s’ouvre-t-elle au handicap ? Comment la Ville prend-elle en compte le vieillissement ? Quelle place accorde-t-elle aux plus précaires, aux demandeurs d’asile et aux migrants ? L’amélioration du bien-être de la personne est l’un de nos principaux objectifs. Pour renforcer les solidarités nécessaires à une vie harmonieuse et respectueuse de tous et donc faire de Strasbourg la Ville du « bien vivre ensemble » dans le respect de son environnement, notre programme sera notamment axé sur trois dimensions essentielles du bien-être.

Nous affirmons notre volonté de construire une ville pour tous qui décloisonne les quartiers, conforte la qualité de vie et développe les réseaux dynamiques à l’échelle de la ville et entre les quartiers.
Une Charte du sport à Strasbourg, document de référence, devra permettre de définir les engagements de la Ville et des acteurs du sport. Elle pourrait s’organiser autour d’objectifs tels que : renforcer la contribution du sport à l’éducation, l’épanouissement des hommes et des femmes, contribuer à la cohésion sociale et à la solidarité entre peuples et territoires, genres et générations, promouvoir dans toutes leurs dimensions les relations du sport et de la santé.

Il n’est jamais trop tôt pour apprendre l’art de jardiner.

Jardiniers en herbe
Ils sont hauts comme trois pommes et découvrent l’art de semer les radis ou de bichonner les fleurs. À la halte-garderie du quartier Vauban, à Fribourg en Allemagne, quelle que soit la saison, une petite troupe se met régulièrement en route pour le potager : c’est un des principaux axes pédagogiques de cette structure. Et lorsque les fruits sont mûrs, on s’initie à la confection des confitures !

L’éducation pour la santé
La promotion de la santé vise l’amélioration de la qualité de vie des individus. L’objectif est de prévenir les pathologies, mais aussi de développer le bien-être des populations, au quotidien, en informant mieux. Après la réalisation d’une étude sur la commune, les Écologistes proposent de renforcer la dynamique partenariale locale sur la santé. Ce projet d’actions et d’éducation pour la santé associera les professionnels et la population. Définition des priorités, réunions de coordination, sessions de formation, groupes de travail, forums ou ateliers santé, l’idée est d’intégrer la réflexion sur la santé aux pratiques professionnelles et au quotidien des habitants.

Le logement est un élément essentiel de la qualité de vie. Beaucoup de Strasbourgeois sont en attente d’une solution.

Le logement
« Il est indispensable d’envisager l’égalité urbaine, les solidarités de manière plus globale et de lutter contre toutes formes d’exclusion », estime Alain Jund. Il y a aujourd’hui 9 000 logements vacants, sans habitant et pas moins de 11 000 ménages qui attendent un logement à Strasbourg. Pour Jean Werlen, architecte, urbaniste

et écologiste, la « reconquête » d’un tiers de ces logements vacants doit être une priorité d’ici 2020.

Une offre sportive pour tous
Les bienfaits de l’activité physique étant reconnus, il est grand temps de favoriser sa

pratique au quotidien. Une politique sportive locale et efficace se construira avec et pour les associations, les clubs et tous les acteurs de terrain (écoles, Office des Sports). Le sport est un incroyable facteur de lien social et de bien-être. Strasbourg doit accompagner et faire vivre les initiatives sportives afin de réduire l’écart entre ceux qui pratiquent le sport et ceux qui sont contraints d’y renoncer faute de moyens.

Strasbourg, ville de l’économie verte

Cercle vertueux pour l’emploi
Face aux acteurs privés qui ont étendu leur emprise avec une redoutable efficacité, quel poids peut encore exercer le pouvoir politique sur les choix en matière économique ? Les gouvernements ont bien du mal à être crédibles dès qu’il s’agit de faire contrepoids au nom de la défense de l’intérêt public. Le combat pour la défense de l’environnement illustre régulièrement cette difficulté. Et voilà que surgissent des idées, des initiatives, de nouvelles pistes. L’économie verte trace sa voie. Il s’agit de promouvoir les circuits courts, un mode de production nourri par le recyclage (l’économie circulaire), qui tient compte de la dimension sociale et solidaire du travail.
On ne se contente pas de développer quelques filières ou des éco-activités comme la gestion des déchets et le traitement de l’eau. Ce concept concerne potentiellement toutes les branches de l’économie qui seront amenées à s’adapter, se réorienter, se convertir. Une transition à grande échelle. En prenant l’exemple du BTP (bâtiment et travaux publics), ce secteur s’adaptera aux nouvelles réglementations et à l’évolution des exigences sociétales : bâtiments sobres en énergie et bien isolés, matériaux de construction sains, bonne qualité de l’air intérieur, etc. Miser sur l’économie verte, c’est aussi créer des emplois locaux non délocalisables, réduire l’impact des activités sur l’environnement et la santé des Strasbourgeois, redonner du sens et de l’éthique à notre économie locale avec un projet impliquant les citoyens. L’objectif est aussi de vivre sur un territoire autonome en termes d’énergie et d’alimentation et de stimuler l’innovation technologique, l’émergence de nouvelles compétences et de nouveaux métiers.

Prendre le bus ou d’autres modes de transport en commun relève parfois de l’exploit pour des personnes âgées qui n’ont plus l’agilité de leurs vingt ans. Dans certains arrondissements de Lyon, elles peuvent faire appel à des cyclo-pousse ! Ces vélos-taxis à assistance électrique s’adaptent au rythme des aîné(e)s. Les chauffeurs les assistent si nécessaire pour monter un escalier ou prendre l’ascenseur.

Des cyclo-pousse pour les aîné(e)s

Un aspirateur à déchets
En Suède, Hammarby Sjöstad, un quartier de la banlieue de Stockholm, est devenu une référence dans le domaine des solutions écologiques en milieu urbain. Développé sur une friche industrielle, il est notamment desservi par un réseau original de collecte de déchets : les poubelles sont reliées à un système souterrain de canalisations, où les déchets sont aspirés par de puissants courants d’air. Ce dispositif effectue la séparation entre déchets organiques, recyclables et autres.

Interview

L’économie circulaire, mode d’emploi
Qu’entendez-vous par « économie circulaire » ?
François-Michel Lambert - C’est une solution pour faire face à la raréfaction des ressources, en particulier les matières premières. L’idée d’économie circulaire s’oppose à la société du gaspillage, à l’économie linéaire du « prélever, transformer, consommer, jeter » pour privilégier un modèle qui préserve les ressources et qui s’assure que chaque kilo, chaque litre de ressources est préservé et utilisé à son optimum. C’est le seul modèle de développement qui soit soutenable, par rapport à nos besoins et aux limites de notre planète, pour conserver notre niveau de vie.

À Strasbourg, Envie s’occupe depuis une trentaine d’années de la collecte, de la réparation et du recyclage des appareils ménagers.

François-Michel Lambert, député EELV des Bouches du Rhône et président de l’Institut de l’économie circulaire.

grâce à la mobilisation de la ressource la plus abondante à notre disposition : la ressource humaine (main dœuvre, intelligence, transmission de savoirs, services... ). L’économie circulaire, c’est choisir de réparer plutôt que de jeter. C’est le réemploi, la réutilisation des produits, des composants. C’est le recyclage qui nécessite collecte, tri, transformation, contrôle. La valeur créée doit être vue à l’aune de la capacité de réduction du besoin de matières premières par habitant.

Quel est le rôle des municipalités ?
F.-M. L. - Pour lancer la dynamique, il faut tout d’abord montrer que l’économie circulaire est une priorité pour le territoire. Certaines collectivités ont ainsi décidé de nommer un élu en charge de ce sujet. Les municipalités doivent aussi mettre l’accent sur la politique d’achats publics, formidable levier pour transformer le modèle de gaspillage en un modèle de préservation de recyclage. Enfin, il ne faut pas négliger l’importance de l’information, de la formation des citoyens pour inciter aux changements de comportements.

Farines combustibles
Au Japon il est interdit de nourrir le bétail avec des farines animales provenant de l’équarissage. À Kanda, ces farines sont prises en charge par des camions hermétiquement fermés qui les acheminent dans une cimenterie où elles sont éliminées dans les fours de production. Ainsi, aucun résidu ne s’échappe dans l’environnement !

nous avons besoin de 22 tonnes de matières premières, renouvelables ou non, par an et par habitant.

Comment soutenir le développement de l’économie circulaire ?
F.-M. L. - L’économie circulaire c’est abandonner un modèle de développement fondé sur le gaspillage, c’est être dans la préservation et l’utilisation intelligente des ressources. Il n’y a pas de limite aux bonnes pratiques, il nous faut seulement enclencher le cercle vertueux.

Quelles sont les priorités et les obstacles à lever selon l’Institut de l’économie circulaire ?
F.-M. L. - L’urgence est de sortir de notre aliénation provoquée par la surconsommation de ressources naturelles. En France

Cette nouvelle forme d’économie est-elle créatrice de richesses et d’emplois locaux ?
F.-M. L. - Il s’agit de diminuer le besoin en matière première tout en augmentant l’intensité d’utilisation et de préservation,

Quelles pratiques municipales peuvent être considérées comme exemplaires ?
F.-M. L. - Une écologie industrielle et territoriale se base notamment sur les échanges et la mutualisation des ressources entre espaces territoriaux : les déchets des uns, sont les matières premières des autres.

Strasbourg, ville des initiatives citoyennes

Quel monde laisserons-nous aux générations futures ? Pour les collectivités locales, l’Agenda 21 donne des pistes pour redresser la barre.

À l’échelle du quartier
Des écoles ouvertes sur la ville

Un nouveau souffle pour la culture

À l’extrémité du parc de la Citadelle, un espace a été aménagé pour permettre aux riverains de cultiver leur jardin en commun.

Flashback sur le Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro, en 1992. Les représentants de 173 pays y décident d’adopter l’Agenda 21, un programme d’action pour le siècle à venir. Le texte mentionne les secteurs où le développement durable doit s’appliquer et donne des recommandations dans des domaines variés : pauvreté, santé, logement, pollution, gestion des mers, des forêts, des ressources agricoles, des déchets. Plus de vingt ans plus tard, le bilan n’est pas réjouissant. Les bonnes intentions sont passées rapidement au second rang, dans un

monde secoué par une crise économique qui a déplacé les curseurs. Ceux qui rappellent qu’il ne faut pas oublier notre responsabilité envers les générations futures prêchent souvent dans le désert. Les rédacteurs de l’Agenda 21 appelaient en particulier les collectivités territoriales à s‘impliquer sur la base de cette feuille de route. Parce qu’elles « jouent, au niveau administratif le plus proche de la population, un rôle essentiel dans l’éducation, la mobilisation et la prise en compte des vues du public en faveur d’un développement durable ».

Dans ce cadre, nous proposons une démarche par quartier afin d’améliorer la prise en compte de l’environnement et de favoriser les comportements solidaires. C’est un niveau favorable à l’éclosion des initiatives citoyennes. Par exemple autour des établissements scolaires, en associant tous les habitants, notamment les équipes pédagogiques et les élèves, le personnel administratif, les parents d’élèves, ainsi que les partenaires institutionnels et associatifs. Nous proposons notamment de mettre en place des « classes de ville », permettant d’explorer la ville et ses lieux emblématiques (musées, théâtres, jardins, bibliothèques) et de découvrir des savoirs populaires comme la cuisine, l’agriculture urbaine, le jeu ou le cinéma. Une vingtaine de projets serait construite chaque année autour d’une œuvre et d’un artiste pour sensibiliser les enfants à l’art et aux processus de création. Dans les classes maternelles et les CP, des parcelles de jardin peuvent être créées et on peut imaginer des actions sur la restauration scolaire, ou encore des animations sur le goût et sur le mode de production.

La culture, territoire de l’imaginaire, est un vecteur de création, d’innovation, mais aussi d’emplois, de citoyenneté et de débat. À Strasbourg si on considère le budget qui lui est alloué, la culture occupe une place privilégiée. Mais un budget ne fait pas une politique. D’autant que l’essentiel de ce budget va aux grandes institutions, laissant dans le flou les initiatives émergentes. En temps de crise, ce budget a peu de chances d’augmenter, raison de plus pour faire des choix. C’est précisément le rôle d’une municipalité : définir des grandes orientations, impulser, ani-

mer et accompagner les acteurs de la culture, sans se substituer à eux. Nous pensons qu’il est grand temps de rebattre les cartes : dépoussiérer nos institutions, favoriser l’émergence de nouveaux créateurs, issus notamment des nombreuses institutions de formations artistiques de la ville, être attentif aux nouvelles expressions, aux nouvelles pratiques y compris amateur, leur donner des espaces et leur permettre de rencontrer leurs publics. Nous voulons donner un nouveau souffle à la culture à Strasbourg, pour que notre ville magnifie ses talents et enchante ses habitants.

Sandrine Bélier, députée européenne

Pour 2014, je nous souhaite que Strasbourg, siège de la démocratie européenne, siège du Parlement Européen bénéficie d’une dynamique municipale qui nous ouvre les portes du devenir de « Capitale verte européenne »  et qui mette en action des outils de politiques publiques innovantes, écologistes et citoyennes.
Stockholm, Hambourg ou encore Vitoria-Gasteiz, le prix « Capitale Verte européenne » récompense chaque année le travail, la dynamique et l’engagement dans une démarche globale pour l’avenir qui combine le respect de l’environnement, la qualité de vie et le développement économique. Distinction lancée par la Commission européenne en 2008, les villes primées servent de modèle et partagent leurs bonnes pratiques avec les autres métropoles. vivre ! Je souhaite que ma ville soit une ville qui fasse envie, dans toute l’Europe ! Voir ma ville en vert implique de repenser les déplacements, la gestion des ressources et l’organisation de l’espace pour créer des environnements urbains sobres où l’on respire mieux, où l’on bouge mieux, où l’on travaille et vit tout simplement mieux. Ma ville doit être exemplaire et en mouvement. Elle doit devenir un laboratoire d’innovations où se construit la transition écologique. Les équipes municipales précédentes n’ont pas engagé Strasbourg sur le chemin de « Capitale verte européenne ». Je pense que le poids des écologistes n’y était pas suffisant. Pour 2014, je nous souhaite que Strasbourg, siège de la démocratie européenne, siège du Parlement Européen, bénéficie d’une dynamique municipale qui nous ouvre les portes du devenir de « Capitale verte européenne » et qui mette en action des outils de politiques publiques innovantes, écologistes et citoyennes.
Sandrine Bélier, Députée européenne

« Strasbourg, ma ville, Capitale verte de l’Europe ! »

FAIT DIVERS

La mystérieuse affaire de l’écharpe verte

« Capitale verte européenne », c’est une ville faite pour vivre, une ville où on a envie de vivre !
Allier le développement urbain et la préservation de la qualité de vie (Plan climat, mobilité, gestion des déchets et de l’eau, préservation de la biodiversité, logement, rénovation énergétique, qualité de l’air, implication citoyenne) ? Pour répondre, dans toute l’Europe, à des enjeux sociaux et environnementaux complexes, de nouveaux modèles
Sandrine Bélier a été très active lors de son premier mandat au Parlement européen.

urbains intègrent l’environnement au cœur des politiques publiques. La question est simple : dans quelle ville voulons-nous vivre demain ? Face aux enjeux multiples, notre ville doit faire preuve d’imagination pour s’adapter et

offrir un cadre de vie de qualité à tous ses habitants. Une « capitale verte européenne », c’est une ville faite pour vivre, une ville où on a envie de vivre ! Et je souhaite que Strasbourg soit une de ces villes où il fait bon

Quand on interroge les Français
Selon un sondage récent d’IPSOS, 55% des Français souhaitent que les écolos sortent renforcés des municipales 2014. D’autres sondages montrent que nos concitoyens prennent de plus en plus conscience qu’une transition écologique est inéluctable.

Étrange affaire, qui met en émoi certains milieux en ce début d’année. Mystérieusement disparue un soir de janvier, l’écharpe verte emblématique de notre tête de liste Alain Jund a refait surface : elle a été restituée à son propriétaire dans un petit colis adressé à son nom. Sans aucune indication de la part de l’expéditeur. Nos lecteurs, on les comprend, aimeraient en savoir plus. Nous sommes au regret de ne pas pouvoir livrer de révélations fracassantes dans la présente édition. On ne peut interdire à personne d’échafauder des hypothèses. Méfions-nous toutefois des scénarios farfelus. Comme celui de cet informateur (?) qui nous suggère de creuser la piste d’un collectionneur fétichiste, mais daltonien. Lequel pensait faire main basse sur une écharpe couleur magenta, et aurait fini par se rendre compte de son erreur. En tout état de cause, l’enquête se poursuit. Tous les indices seront évidemment les bienvenus.

Neuf Français sur dix concernés par l’avenir de la planète
En juin 2013, 28% des Français se déclarent « très sensibles » aux problèmes d’environnement (-2 points par rapport à 2012). Une majorité d’entre eux (59%, +5 points par rapport à 2012) est «  assez sensible » et seulement 13% se déclarent « peu ou pas du tout sensibles ». Au total, près de neuf personnes sur dix se sentent concernées par l’avenir de la planète. (Credoc, Janvier 2014)

la majorité des Français se définit comme très sensible (57% se positionnent entre 7 et 10 sur une échelle de 1 à 10). Mais à la question « vous sentez-vous plus ou moins concerné par les innovations pour le confort de la maison ? »,ils ne sont que 37% à s’afficher très concernés (entre 7 et 10 sur une échelle de 1 à 10). (Credoc, Janvier 2014)

Plus sensibles que nos voisins européens
Les Français font partie des peuples européens qui accordent le plus d’importance à la protection de l’environnement. Selon une enquête Eurobaromètre, conduite en 2011, 62% de nos concitoyens estiment que la protection de l’environnement est « très importante », contre 58% pour la moyenne de l’Union Européenne, 51% des Allemands, 56% des Espagnols, 58% des Anglais ou encore 61% des Italiens. (Credoc, Janvier 2014)

D’accord pour réduire la consommation d’énergie…
Les Français ont intériorisé très majoritairement la nécessité d’améliorer la qualité thermique de leur habitation pour réaliser des économies financières. Une majorité admet qu’il faut réduire les consommations d’énergie domestique, pour la moitié de façon importante (48%), pour un quart modérément (26%) (Credoc, Juillet 2013) et effectuer des

travaux d’isolation mais pas trop chers. Parmi les différentes solutions pour limiter la facture d’énergie, une majorité déclare avoir déjà réalisé des travaux d’isolation (60%) et adopté des comportements économes (51%), parmi lesquels l’utilisation des ampoules basses consommation est la plus citée (60%). En revanche, ils ne sont qu’une minorité à avoir changé de système de chauffage pour une installation plus performante (30%), et à avoir remplacé leurs équipements par des appareils de classe A (38%). Les écogestes qui ne coûtent pas trop cher l’emportent toujours sur les investissements lourds. Seul un tiers des Français propriétaires envisagent d’investir pour améliorer leur logement (33%) et seuls 20% pensent à des travaux pour économiser l’énergie, notamment pour disposer d’un système assurant une meilleure efficacité thermique (18%).
(Credoc, Janvier 2014)

Pour en savoir plus
Ils l’ont fait et ça marche !
Ils ont retroussé leurs manches et sont passés à l’action. Élus ou simples militants de la cause, les écologistes ont concrétisé sur le terrain les principes qu’ils défendent. En 175 pages, Pascale D’Erm propose un tour d’horizon destiné à montrer comment l’écologie change déjà la France. Dans ce petit livre vert, on se promène de Loos-en-Gohelle à Bordeaux, de Besançon à Firminy. Et Strasbourg y figure en bonne place, avec un coup de zoom sur les expériences d’habitat participatif mises en route par Alain Jund. Avec l’aide de la municipalité, des habitants se sont regroupés pour concevoir et construire leur propre immeuble collectif.
(Collection Les Petits Matins – diffusion Seuil – 12 ¤)

Dépenses de chauffage très lourdes
D’après l’indicateur BRDE (bas revenu + dépense élevée) établi par le Crédoc pour l’Observatoire de la précarité énergétique, 11,3% des ménages ont des dépenses d’énergie élevées eu égard à leurs revenus, soit 3 millions de foyers correspondant à 7,2 millions de personnes.

Conscients mais…
À la question « vous sentez-vous plus ou moins concerné par le réchauffement climatique ? »,

Rencontre avec Cécile Duflot
Le 18 mars à 19h, au Ciarus, 7, rue Finkmatt

Sur le net
Europe Écologie les Verts www.eelv.fr Alsace Nature www.alsacenature.org Greenpeace, groupe local de Strasbourg www.strasbourg.greenpeace.fr Réseau sortir du nucléaire www.sortirdunucleaire.org Éco-Quartier Strasbourg www.ecoquartier-strasbourg.net

N’oubliez pas de voter
Premier tour : 23 mars Deuxième tour : 30 mars

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