You are on page 1of 34

ECOLOGIE

3ème année licence

Chapitre I 1. INTRODUCTION L'émergence de la pensée écologique : quelques dates clefs 1805 : Alexandre de Humboldt, géographe et explorateur, observe les étages de végétation sur les flancs du mont Chimborazo à l'équateur. Il semble évident que la répartition des paysages végétaux à la surface du globe est fonction des climats. 1838 : le botaniste allemand Grisebach crée le concept de " formation phytogéographique". 1866 : le biologiste allemand Ernst Haeckel propose le terme d'écologie pour désigner une nouvelle science des relations des organismes avec leur environnement mais il ne pratiquera pas l'écologie. C'est le danois Eugen Warming, professeur de botanique qui entreprend les premiers travaux d'écologie végétale. 1877 : Möbius, en observant un banc d'huîtres, constate que les organismes vivants ne sont jamais réunis au hasard mais groupés en communautés vivantes. 1901 : le botaniste Flahaut définit le concept d'association végétale. 1913 : Braun-Blanquet et son école entament la recherche des espèces caractéristiques des différentes associations végétales. Fondation, la même année, de la Société britannique d'écologie. 1926 : le Soviétique Vernardsky parle pour la première fois de biosphère; 1935 : l'écologue anglais A.G. Tansley invente le mot " écosystème" 1939 : création de l'expression " écologie du paysage" par le bio-géographe allemand Troll. 1941 : l'écologue américain Raymond Lindeman, se basant sur l'étude d'un lac, présente une théorie du fonctionnement des écosystèmes à partir de la production végétale photosynthétique et de l'énergie solaire. La notion de réseau trophique émerge.

2. Définition Le mot « écologie » a été crée en 1866, par le biologiste allemand Ernst Haeckel, à partir de deux mots grecs : oikos qui veut dire : maison, habitat, et logos qui signifie science. L’écologie apparaît donc comme la science de l’habitat, étudiant les conditions d'existence des êtres vivants et les interactions de toute nature qui existent entre ces êtres vivants et leurs milieux. Il s'agit de comprendre les mécanismes qui permettent aux différentes espèces d'organismes de survivre et de coexister en se partageant ou en se disputant les ressources disponibles (espace, temps, énergie, matière). Par extension, l’écologie s’appuie sur des sciences connexes telles la climatologie, l'hydrologie, l'océanographie, la chimie, la géologie, la pédologie, la physiologie, la génétique, l’éthologie, ... etc. Ce qui fait de l’écologie, une science pluridisciplinaire !

1

ECOLOGIE

3ème année licence

3. Domaines d’intervention Les études écologiques portent conventionnellement sur trois niveaux : L’individu, la population et la communauté.    Un individu est un spécimen d’une espèce donnée. Une population est un groupe d’individus de la même espèce occupant un territoire particulier à une période donnée. Une communauté ou biocénose est l’ensemble des populations d’un même milieu, peuplement animal (zoocénose) et peuplement végétal (phytocénose) qui vivent dans les mêmes conditions de milieu et au voisinage les uns des autres. Chacun de ces trois niveaux fait l’objet d’une division de l’écologie :  l’individu concerne l’autoécologie : c’est la science qui étudie les rapports d’une seule espèce avec son milieu. Elle définit les limites de tolérances et les préférences de l’espèce étudiée vis-àvis des divers facteurs écologiques et examine l’action du milieu sur la morphologie, la physiologie et l’éthologie.  la population concerne l’écologie des populations ou la dynamique des populations : c’est la science qui étudie les caractéristiques qualitatives et quantitatives des populations : elle analyse les variations d’abondance des diverses espèces pour en rechercher les causes et si possible les prévoir.  la biocénose concerne la synécologie : c’est la science qui analyse les rapports entre les individus qui appartiennent aux diverses espèces d’un même groupement et de ceux-ci avec leurs milieux.

4. Notion de biosphère Biosphère signifie, littéralement, sphère de la vie, c’est-à-dire l’ensemble de la vie terrestre. Les êtres vivants sont localisés sur une couche étroite à la surface de la Terre. Celle-ci comprend la basse atmosphère, Les océans, mers, lacs et cours d’eau que l’on regroupe sous le nom d’hydrosphère et la mince pellicule superficielle des terres émergées appelés lithosphère. L’épaisseur de la biosphère varie considérablement d’un point { un autre puisque la vie pénètre jusque dans les fosses océaniques au-delà de 10 000 m de profondeur alors que dans la lithosphère, on ne trouve guère trace de vie au-del{ d’une dizaine de mètres. Dans l’atmosphère, par suite de la raréfaction de l’oxygène, les êtres vivants se font plus rares avec l’altitude et vivent rarement { plus de 10 000 m.

2

ECOLOGIE

3ème année licence

La source majeure d’énergie dans la biosphère est le soleil. L’autre source importante est l’énergie géothermique. Grâce { la photosynthèse, les plantes transforment l’énergie solaire en énergie chimique, et les animaux en mangeant ces plantes ou en se mangeant entre eux, la récupèrent. 4.1 Organisation de la biosphère Le niveau le plus élémentaire d’organisation du vivant est la cellule. Celle-ci est intégrée dans l’individu qui s’intègre dans une population. La population fait partie d’une communauté ou biocénose. La biocénose s’intègre { son tour dans l’écosystème. L’ensemble des écosystèmes forment la biosphère qui est le niveau le plus élevé du vivant. Un écosystème est constitué par l’ensemble des êtres vivants (biocénose) et du milieu dans lequel ils vivent (biotope). Le biotope fournit l’énergie, la matière organique et inorganique d’origine abiotique. La biocénose comporte trois catégories d’organismes : des producteurs de matières organiques, des consommateurs de cette matière et des décomposeurs qui la recyclent. Les végétaux captent l’énergie solaire et fabriquent des glucides qui seront transformés en d’autres caté gories de produits, ils seront broutés par les herbivores qui seront dévorés par des carnivores. Les décomposeurs consomment les déchets et les cadavres de tous et permettent ainsi le retour au milieu de diverses substances. Par son unité, son organisation et son fonctionnement, l’écosystème apparaît comme le maillon de base de la biosphère.

5. Notion de système écologique : Ecosystème Un système écologique ou écosystème fut défini par la botaniste anglais Arthur Tansley en 1935. Un écosystème est par définition un système, c’est-à-dire un ensemble d’éléments en interaction les uns avec les autres. C’est un système biologique formé par deux éléments indissociables, la biocénose et le biotope.  La biocénose est l’ensemble des organismes qui vivent ensemble (zoocénose, phyocénose, microbiocénose, mycocénose…).  Le biotope (écotope) est le fragment de la biosphère qui fournit à la biocénose le milieu abiotique indispensable. Il se définit également comme étant l’ensemble des facteurs écologiques abiotiques (substrat, sol « édaphotope », climat « climatope ») qui caractérisent le milieu où vit une biocénose déterminée. Exemple : une forêt constituée d’arbres, de plantes herbacées, d’animaux et d’un sol. Ecosystème : forêt.  Biocénose : phytocénose (arbres, plantes herbacées) et zoocénose (animaux).  Biotope : sol. 3

pour les écosystèmes lentiques des eaux calmes à renouvellement lent (lacs. combinent du gaz carbonique. tout en libérant de l'oxygène et en chargeant de minuscules batteries (molécules d'adénosine triphosphate ATP). c'est à dire qu'elle peut s'appliquer à des portions de dimensions variables de la biosphère.ECOLOGIE 3ème année licence La notion d'écosystème est multiscalaire (multi-échelle). Ces relations définissent les chaînes alimentaires ou chaînes trophiques. se déplacer ou se reproduire. carnivores). une prairie. un méso-écosystème : exemple une forêt . étangs) ou écosystèmes lotiques des eaux courantes (rivières. de l'eau et des sels minéraux pour élaborer des composés carbonés. fleuves) . Les animaux consommateurs (ou hétérotrophes) brûlent en présence d'oxygène les composés carbonés qu'ils ont prélevé chez lez plantes et libèrent de l'eau et du gaz carbonique (respiration). un macro-écosystème : exemple une région. herbivores. 4 . On distingue trois sortes de chaînes alimentaires :  celles qui vont des organismes de plus petite taille à des organismes de taille de plus en plus grande (végétaux. les uns mangeant les autres qui seront mangés à leur tour. les agro-écosystèmes (systèmes agricoles). les océans). Il est à remarquer que les territoires de chasse sont de plus en plus grands d'un échelon à l'autre et que le taux de fécondité des espèces est de plus en plus faible. · Producteurs : c'est notamment l'ensemble des végétaux chlorophylliens capables de synthétiser de la matière organique à partir d'éléments minéraux en emmagasinant l'énergie solaire. les écosystèmes prairiaux (prairies). Ecosystèmes des eaux continentales. ou un arbre mort… Suivant l’échelle de l’écosystème nous avons : un micro-écosystème : exemple un arbre . marécages.1. Cette réaction produit une quantité importante d'énergie qui est stockée et qui pourra être utilisée en temps opportun. On parlera de :  Ecosystèmes continentaux (ou terrestres) tels que : les écosystèmes forestiers (forêts).   Ecosystèmes océaniques (les mers. Le fonctionnement d'un écosystème Les végétaux producteurs (ou autotrophes) captent l'énergie lumineuse du soleil. 6 CO2 + 6 H2O « C6H12O6 + 6 O2 5. Les aliments constituent pour les animaux une sorte d'énergie en conserve qu'ils transforment pour se nourrir. un lac. Les écosystèmes sont souvent classés par référence aux biotopes concernés. Tout écosystème comprend au moins quatre niveaux : · inorganique : c'est l'ensemble des éléments minéraux et des ressources énergétiques.

seulement 0. leur taille augmente. Finalement. En milieu marin. Les pyramides alimentaires On peut essayer de faire une classification selon :  une pyramide des nombres. de telle sorte qu'aucun maillon de la chaîne n'est isolé des autres… La suppression d'un maillon pouvant provoquer des dégâts irréversibles comme la disparition pure et simple de certaines espèces.2.  elles des décomposeurs qui transforment progressivement la matière organique morte en éléments minéraux. Chaque rectangle est proportionnel au nombre d'individus que l’on trouve à un niveau trophique donné. De plus. 5 .  Une pyramide des biomasses. Quant on s'élève dans la chaîne alimentaire. La respiration détruit jusqu'à 90 % des sucres formés. 5 % sont stockés dans la plante et sont disponibles pour un herbivore. Les végétaux chlorophylliens n'assimilent guère plus de 1 à 3 % de l'énergie solaire.  Une pyramide des énergies. la fécondité diminue. faute d'énergie suffisante. on dénombre beaucoup moins d'arbres producteurs que d'insectes consommateurs. il faut un siècle pour fabriquer un arbre contre quelques mois pour un brin d'herbe. Dans ce cas. On tient compte de la perte de matière d'un niveau à l'autre. celles-ci sont toutefois plus longues qu'en milieu terrestre. pas plus de 10 % de cette énergie est transmise. cette pyramide donne une importance égale à des tissus qui ont des valeurs énergétiques souvent différentes. A chaque passage d'un organisme animal à un autre. Les chaînes alimentaires ne sont donc jamais très longues. comme inconvénient. en forêt. Chaque rectangle est proportionnel au poids des individus rencontrés à un niveau donné. D'un niveau alimentaire (trophique) à l'autre. Chaque rectangle est proportionnel à l'équivalent en calories de l'ensemble des individus d'un même réseau trophique. les individus sont de moins en moins nombreux. en forêt.ECOLOGIE 3ème année licence  celles des parasites qui vont d'organismes de grande taille vers des organismes de très petites tailles (parasites). on accorde autant d'importance à tous les individus quelle que soit leur taille et leur poids. les pertes d'énergie sont souvent considérables. Ainsi. par exemple. Cette représentation traduit les véritables flux d'énergie entre les différents niveaux mais les bilans énergétiques sont parfois difficiles à établir. Ces trois types de chaînes alimentaires coexistent toujours dans un écosystème avec des connexions souvent complexes. 5. les végétaux représentent une masse importante par rapport à certains consommateurs. 1 à 0. Ainsi.

L'équilibre est dynamique et résulte d'ajustements incessants. se complètent de carnivores et de détritivores. par exemple. Il en est ainsi. Les écosystèmes. à l'inverse des populations comportant quelques espèces et un très grand nombre d'individus qui se montrent beaucoup plus sensibles à des déséquilibres (manque de mécanismes régulateurs. de l'ordre de 10 fois plus. ce climax est un écosystème forestier. on le considérait définitivement stabilisé si l'homme n'intervenait pas ou si les conditions ne changeaient pas fortement. Il renferme un grand nombre d'espèces. L'évolution des écosystèmes Les communautés d'êtres vivants varient sans cesse. les chaînes alimentaires dominées par les herbivores.3. 6 . 5. La productivité secondaire représente la quantité de matière vivante élaborée au niveau des échelons consommateurs. Sa productivité primaire est bien supérieure à la consommation potentielle des herbivores. L' " invention " du bois a permis aux arbres de s'élever au dessus des autres végétaux et de pouvoir former des communautés vivantes stratifiées exploitant la lumière à différents niveaux. d'une hêtraie – sapinière montagnarde qui fluctue selon un cycle d'environ 300 ans (cycle sylvigénétique). Dans nos régions d'Europe. La productivité primaire concerne la quantité de matière organique formée à partir de matières minérales par assimilation chlorophyllienne. L'efficacité de la transformation de la matière végétale en tissus animaux est supérieure à celle de la photosynthèse. On donnait à cet écosystème le nom de climax ou de formation climacique. Par le passé. chacune représentée par un petit nombre d'individus. détritivores ou décomposeurs. Les ressources du milieu sont de mieux en mieux exploitées. manque de pièces de rechange). D'abord simples. A l'échelle d'un écosystème. On sait aujourd'hui que cette notion de climax stable n'est que relative. Elle s'exprime en poids sec de matière vivante déshydratée ou exprimée en équivalent énergétiques en calories. On l'exprime souvent en quantité de matière sèche par hectare et par an. La productivité La productivité biologique représente la quantité de matière vivante élaborée sur une surface déterminée pour une période de temps donnée. Lorsque la capacité d'exploiter le milieu est optimale. continuent à évoluer à de grands rythmes. on considère l'écosystème comme mûr. Les fluctuations de populations ne varient pas en grands écarts. on peut donc parler de jeunesse.4. L'écosystème finit par tourner à plein rendement et devient de plus en plus stable (homéostasie) vis à vis des perturbations du milieu. L'écosystème mûr est bien équilibré. mêmes stables. en privilégiant les formes de vie les plus adaptées aux conditions du milieu. d'âge mûr et de vieillesse.ECOLOGIE 3ème année licence 5. Les organismes décomposeurs trouvent de bonne conditions de vie et favorisent ainsi un meilleur recyclage des éléments minéraux.

dans un biotope " vierge " des communautés vivantes de plus en plus diversifiées et de biomasse de plus en plus importantes vont se mettre en place.5. le type de biome et son étendue. Ils seront suivis par des espèces ligneuses . De manière générale. les niches écologiques se spécialisent et les cycles tendent à s'allonger. Ainsi. Dans ce cas. On distinguera encore les successions primaires qui concernent les séries à partir d'un biotope vierge et les successions secondaires qui affectent des milieux déjà perturbé (par exemple. conduire à la suite de perturbations à des communautés vivantes de plus en plus pauvres en espèces. par exemple. De manière générale. Le processus global porte le nom de série évolutive. température et pluviométrie. les espèces pionnières sont constituées de plantes herbacées et d'animaux de petite taille. Notion de Biomes A l'échelle de la planète. les biomes (du grec bios = vie) sont de vastes écosystèmes caractérisés par un type de végétation dominant susceptible d'occuper de grandes surfaces et des espèces animales qui y prédominent. La conjonction de deux facteurs écologiques fondamentaux. puis ensuite des chênes pourront apparaître ci et là. Citons le cas de la formation de landes à bruyère faisant suite à des pratiques pastorales en forêt (moutons. Successions écologiques On dénomme successions écologiques les transformations successives affectant les communautés vivantes d'un même biotope lorsqu'il s'y produit une perturbation. l'intervention de l'homme déclenche une série régressive (en forêt. d'abord des arbustes puis des arbres.ECOLOGIE 3ème année licence 5. aller de l'équateur au pôle revient à escalader une montagne. 7 . on parle de végétation de substitution). L'écosystème mûrit. une élévation de 100 m correspond à un déplacement de 100 km vers le pôle. des fourrés (aubépines. quant à elles. la série progressive reprend son cours. Au fur et à mesure. 6. Cela peut aller jusqu'au sol nu ou au désert. il acquiert une certaine stabilité. prunelliers…). Des végétaux vivaces s'installent ensuite. réinstallation d'une forêt après un incendie ou à partir d'une ancienne culture abandonnée). des terrains de remblais vont être progressivement colonisé par des tapis de graminées. dans une large mesure. des arbres pionniers comme les bouleaux et les saules. Chaque biome correspond à une zone climatique Pour la végétation. détermine. Dès que l'action perturbatrice cesse. Dans nos régions. Ainsi. Les séries régressives vont. essartage…) ou des coupes excessives. de biomasse de plus en plus réduites et s'écartant chaque fois d'autant plus du climax. La compétition est intense. on parlera de série progressive. On retrouvera donc à une altitude donnée l'équivalent d'une biome caractéristique d'une certaine latitude.

C'est le biome le plus complexe et de loin le plus riche en espèces de la biosphère. arbres nains. Les précipitations inférieures comprises entre 250 et 750 mm d'eau par an sont insuffisantes à la forêt. chêne liège. garrigue sur sol calcaire)  La steppe tempérée (prairie américaine). très clairsemée et pauvre supporte la sécheresse et la chaleur. maquis sur sol acide. Quatre saisons sont généralement bien marquées. Elle se développe entre les tropiques partout où les précipitations sont insuffisantes pour permettre l'installation des écosystèmes forestiers.  La forêt boréale de conifères ou taïga est présente aussi bien en Eurasie qu'en Amérique du Nord. la litière se décompose mal. les pluies étant réparties de manière régulière tout au long de l'année. Les conditions climatiques y restent constantes. Le sol y reste gelé en permanence en profondeur. Son équivalent dans les Alpes se situe entre 1500 et 2000 m. Chênaies (chêne vert. parsemées de plantes à bulbes et à rhizomes et parcourue par des troupeaux de grands herbivores. On retrouve un équivalent dans les tourbières d'altitude situées dans les Alpes. Les conifères sont adaptés à la rudesse des conditions de végétation (épicéas à cime étroite). les Vosges ou le Jura. on la retrouve jusque vers 1500 m. Il y tombe de 1800 à 4000 mm (voire plus) d'eau par an. avec une période de sécheresse estivale de trois mois ou plus.ECOLOGIE 3ème année licence Les grands biomes sont :  la toundra est un biome circumpolaire situé entre forêt et glace. C'est la forêt pluvieuse toujours verte. La végétation. acacias…). lichens et tourbières. chêne pubescent. La température moyenne du mois le plus chaud ne dépasse pas 10°C. Les sols y sont généralement pauvres. 8 .  Les déserts se retrouvent dans les zones où il pleut moins de 200 mm par an.  Les écosystèmes méditerranéens se retrouvent dans les zones tempérées chaudes. La température moyenne annuelle se situe entre 4 et 12 ° C et la pluviosité annuelle est comprise entre 600 et 1500 mm. Les amplitudes thermiques entre le jour et la nuit peuvent être élevées.  La forêt ombrophile équatoriale. Elle exige deux mois consécutifs sans gelée où les températures moyennes restent supérieures à 10 ° C. La toundra se compo se de pelouses. La végétation est formée d'étendues de raminées à feuilles adaptées à la sécheresse. La saison de végétation ne dépasse pas 60 jours.  La forêt tempérée feuillue à feuilles caduques est le type même de biome de nos latitudes. En altitude. C'est la plus vaste forêt du monde.  La savane tropicale se compose d'herbes hautes avec des arbre isolés (baobab. petits arbustes. On y retrouve une saison sèche et une saison des pluies.

on rencontrera des espèces ayant des niches écologiques semblables. dans un environnement donné et pendant des périodes particulières. En résumé. le partage de l'espace ou du temps (époque de floraison des plantes en forêt – les plantes à bulbes comme les jonquilles fleurissent avant la feuillaison des arbres). qui est la position que l’organisme occupe dans son environnement. La niche écologique traduit la relation fonctionnelle entre une espèce et son écosystème. où ils deviennent terrestres (s’alimentent d’insectes). sittelles et grimpereaux vivent sur les troncs d'arbre. Il peut dans ce cas être très stable. En forêt. exploite au mieux les possibilités de l'environnement. pour des ressources particulières. comme un rouage dans la machinerie d'une horloge. C'est la notion de convergence fonctionnelle qui a conduit Darwin à percevoir l'évolution des espèces. branches de grosseur moyen (pic mar) et tronc (pic épeiche). nidifier et délimiter leur territoire. LE MILIEU ET SES ELEMENTS 7. Exemple : les crapauds communs occupent un environnement aquatique (s’alimentent d’algues et de détritus) avant de se métamorphoser en adultes. de nouvelles niches écologiques apparaissent. Un écosystème "mûr " où sa niche écologique est occupée.ECOLOGIE 3ème année licence 7.1. l'une d'elle finissant par éliminer l'autre. C'est le principe d'exclusion réciproque. Ainsi. les fauvettes abritent leur nid dans les buissons. Les organismes peuvent changer de niches quand ils se développent. les oiseaux se répartissent en exploitant les strates auxquelles ils sont le mieux adaptés pour se nourrir. les ressources qu’il utilise et le temps qu’il y passe. l'autour installe son nid dans une fourche de la cime. comprenant les conditions dans lesquelles il est trouvé. les pics. trois espèces de pics se répartissent entre petites branches (pics épeichette). les oiseaux exploitent les différentes strates végétales : le rouge-gorge niche et se nourrit à terre. Ils peuvent ainsi aller chercher des proies à des profondeurs variées. Les oiseaux des vasières illustrent également bien cette notion de niche écologique. Notons que c'est dans la forêt équatoriale que la spécialisation des niches écologiques est la plus forte. Les différences portent sur la spécialisation alimentaire. Les niches écologiques ne sont pas nécessairement propres à une région du globe. Notion de niche écologique Chaque espèce s'efforce d'exploiter les potentialités du milieu au mieux de ses possibilités. 9 . Ces oiseaux diffèrent par la longueur de leurs pattes ainsi que la forme et la longueur de leur bec. Les organismes d’une espèce donnée peuvent maintenir des populations viables seulement dans un certain registre de conditions. La coexistence entre deux espèce ayant une niche écologique strictement identique est impossible. Toujours en forêt. Le recoupement de ces facteurs décrit la niche. Dans des contrées éloignées. Au fur et à mesure qu'un écosystème se complexifie.

symbiose. l’habitat d’un organisme est l’environnement physique dans lequel un organisme est trouvé. vent…). parasitisme. les facteurs périodiques secondaires (ex: état de la végétation).. composition chimique.…)… b) Facteurs biotiques : ensemble des interactions qui existent entre des individus de la même espèce ou d’espèces différentes : prédation.élevées en été. lichen). commensalisme.etc. d’insectes (papillons. pucerons) et de plantes (anémones de bois.3 Notion de facteurs de milieu On appelle « facteur écologique » tout élément du milieu pouvant agir directement sur les êtres vivants. mousses.ECOLOGIE 3ème année licence Stade Environnement Alimentation Jeune Aquatique Algues + détritus Adulte Terrestre Insectes 7. Notion d’habitat Contrairement { la niche. lumière.. de mammifères (souris de bois. . 7. Exemple : Une forêt comporte un vaste nombre de niches pour un choix de oiseaux (sitelles. On peut distinguer selon leur répétition dans le temps : les facteurs périodiques primaires (ex: cycle de température . édaphiques (texture et structure du sol. coléoptères. renards). compétition. basses en hiver). pluviosité. ex: influence de la température sur la croissance d'un plant de haricot. 10 . Les habitats contiennent beaucoup de niches et maintiennent de nombreuses espèces différentes.2. bécasses). Les effets de ces facteurs peuvent être étudiés à plusieurs niveaux : au niveau de l'individu (approche physiologique). Les facteurs écologiques sont de deux types : a) Facteurs abiotiques : ensemble des caractéristiques physico-chimiques du milieu tel que les facteurs climatiques (température. les facteurs apériodiques (ex: éruption volcanique).

11 dénommée « préférendum » ou « optimum écologique » pour lesquelles le métabolisme de l’espèce ou de la communauté considérée s’effectue à une vitesse maximale .Loi de tolérance (intervalle de tolérance) Enoncée par Shelford en 1911. Adaptation aux facteurs de l'environnement Les organismes possèdent une capacité d'adaptation plus ou moins grande aux facteurs du milieu.4. C’est seulement { l’intérieur de cet intervalle que la vie de tel ou tel organisme. la loi de la tolérance stipule que pour tout facteur de l’environnement existe un domaine de valeurs (ou intervalle de tolérance) dans lequel tout processus écologique sous la dépendance de ce facteur pourra s’effectuer normalement. insecte de l'ordre des mécoptères.12 °C et + 32°C. Certaines espèces peuvent être adaptées physiologiquement.2.01). Interaction du milieu et des êtres vivants Les réactions des êtres vivants face aux variations des facteurs physico-chimiques du milieu intéressent la morphologie. Quant aux espèces sténothermes. population ou biocénose est possible. certains poissons antarctiques du genre Trematomus vivent à la limite des glaces entre . ex : influence de la température sur l'écosystème forêt. ex : influence de la température sur un champ de haricots. ou bien leurs effectifs sont fortement réduits lorsque l’intensité des facteurs écologiques est proche des limites de tolérance ou les dépasse. au niveau d'une communauté d'êtres vivants. A l’intérieur de l’intervalle de tolérance. le comportement. leur dével oppement est compromis. on parle d'acclimatation.5°C et + 2 °C. Boreus Hyemalis. certains organismes constructeurs de récifs coralliens (madrépores) exigent destempératures supérieures à 20 °C (optimum 27°C). Ainsi.45°C à + 30 °C). (Fig. la température létale supérieure dépasse seulement de 5°C cet optimum ! Au dessous de 18°C. La borne inférieure le long de ce gradient délimite la mort par carence.ECOLOGIE 3ème année licence - au niveau population d'une espèce déterminée. A. Le pin sylvestre des forêts boréales est aussi eurytherme (. elles peuvent être de milieux froids ou de milieux chauds. Le record de résistance à la température est détenu par des algues cyanophycées trouvées dans les eaux du Parc National de Yellowstone (EtatsUnis) à 85°C. la physiologie. Par contre. Exemples : La puce des neiges. vit dans les Alpes à la limite de la zone des neiges et demeure active entre . Les êtres vivants sont éliminés totalement. La température létale supérieure étant seulement de 6°C. la borne supérieure délimite la mort par toxicité. existe une valeur optimale. 7.

familles ou autres groupes taxonomiques (par exemple : les lémuriens de Madagascar). un pays ou même un continent.la sagittaire (Sagittaria sagittifolia) développe des feuilles différentes en milieu terrestre (humide) ou aquatique. ces formes sont moins visibles et donc moins sensibles à la prédation.ECOLOGIE 3ème année licence L'organisation interne s'adapte à des modifications du milieu ambiant. les adaptations se transmettent d'une génération à l'autre. Cette situation a été décrite sous le nom de mélanisme industriel. Endémisme et vicariance L’endémisme désigne la tendance des plantes et des animaux { être naturellement confinés dans une région particulière. On peut envisager l’endémisme { plusieurs niveaux géographiques : une chaîne de montagnes. En étant sombres. 12 . les animaux à sang froid ont leur température qui s'adapte à celle du milieu ambiant ou encore le sang des mammifères (dont l'homme) s'enrichit en globules rouges au fur et à mesure de l'élévation en altitude. L’endémisme est préservé par des « barrières » qui s’opposent à la migration des espèces concernées. Il n'y a pas de transmission héréditaire de ces caractères. Les écotypes sont une étape ultérieure. Plus longtemps une région est restée isolée des autres régions similaires. une île. un lac. Des îles très anciennes telles que Madagascar et la Nouvelle-Zélande ont un taux d’endémisme très élevé. genres. Par exemple. Cette dernière étant surtout présente dans les zones polluées. Ecotypes + sélection naturelle = nouvelles espèces. Les régions méditerranéennes comportent également un taux élevé d’endémisme. Exemples: Forme isolée et forme forestière d'un arbre. . les épicéas nordiques et de hautes altitudes ont un port étroit qui offre moins de prise à la neige. Par exemple. L'accommodation est la transformation de certaines caractéristiques extérieures suite à des facteurs du milieu. Le terme est souvent utilisé au niveau de l’espèce mais il peut également s’appliquer aux sous-espèces. Citons aussi le cas de la Phalène du bouleau (Biston betularia) avec une variété claire et une variété sombre (var. L'étape suivante après la différentiation des écotypes est la différentiation des espèces. plus sa proportion d’espèces endémiques ne sera élevée. carbonaria).

elle est dite sténoèce.   Une espèce à faible valence écologique ne pourra supporter que des variations limitées des facteurs écologiques. est dite euryèce. Elle représente la capacité à coloniser ou à peupler un biotope donné. Une espèce à valence écologique moyenne. La valence écologique d'une espèce représente sa capacité à supporter les variations plus ou moins grandes d'un facteur écologique. (Conditions létales) Espèce absente Espèce absente 13 . est dite mesoèce. (L’abondance de l’espèce est maximale au voisinage de l’optimum écologique).ECOLOGIE 3ème année licence LIMITES DE TOLERANCE DE L’ESPECE ZONE OPTIMALE (Conditions létales) (conditions défavorables) (conditions défavorables) (Conditions optimales) Minimum Optimum Espèce rare spèce rare Espèce abondante Maximum Intensité du facteur écologique Figure 01 : Limites de tolérance d’une espèce en fonction de l’intensité du facteur écologique étudié.  Une espèce { forte valence écologique c’est-à-dire capable de peupler des milieux très différents et supporter des variations importantes de l’intensité des facteurs écologiques.

Le climat d'une région est déterminé à partir de l'étude des paramètres météorologiques (température. lorsqu'on cultive des arbres fruitiers en espaliers adossés à un mur exposé au soleil.ECOLOGIE 3ème année licence B. Par exemple. précipitations.1. Définition du climat Le climat est l'ensemble des conditions atmosphériques et météorologiques propres à une région du globe. d'un lac ou d'un versant de montagne. Un arbre âgé attire de nombreuses espèces par le microclimat qu'il offre. Ce sont les éléments déficitaires (dont la concentration est inférieure à une valeur minimum) qui conditionnent et limitent la croissance. Notion de climat a) Le macroclimat précise les conditions climatiques d'une région à l'échelle du biome. On parlera par exemple du climat d'une forêt.Loi du minimum On doit à Liebig (1840) la loi du minimum qui stipule que la croissance d’un végétal n’est possible que dans la mesure où tous les éléments indispensables pour l’assurer sont présents en quant ités suffisantes dans le sol. c) Le microclimat est une définition encore plus restrictive car elle liée aux conditions qui règnent au niveau de l'organisme.2. force et direction du vent. Ainsi. des larves d'insectes et des petits crustacés se nichent dans les creux de tronc remplis d'eau. De la même manière. C’est le facteur limitant qu i empêchera l’installation et la croissance d’un organisme dans un milieu. La loi de Liebig est généralisée { l’ensemble des facteurs écologiques sous forme d’une loi dite « loi des facteurs limitant ».1. Facteurs climatiques 8. durée d'insolation. on réalise artificiellement un microclimat. un terrier de marmotte offre un refuge idéal en hiver à plus de 110 espèces de coléoptères. 8. b) Le mésoclimat est quant à lui à l'échelle de l'écosystème. des insectes xylophages se glissent sous l'écorce. etc.Facteur limitant Un facteur écologique joue le rôle d’un facteur limitant lorsqu’il est absent ou réduit au -dessous d’un seuil critique ou bien s’il excède le niveau maximum tolérable. C.1.) évalués sur plusieurs dizaines d'années. 8. FACTEURS ABIOTIQUES 8. d'autres insectes affectionnent les cavités remplies de terreau { la base du tronc… 14 . taux d'humidité.1.

La température est plus élevée et plus stable. Le microclimat forestier présente quelques caractéristiques communes : Dans une forêt feuillue de plaine. on prévoit qu'en 2025. l’éclairement et la photopériode (Répartition. Principaux facteurs climatiques Les éléments du climat qui jouent un rôle écologique sont nombreux. Ceux relatifs au climat seront détaillés dans le cours de météorologie. présence d'un couvercle de pollution (effet de serre !)... Ils tentent cependant de se hisser plus haut. les arbres ne peuvent plus se développer au delà de 2000 à 2500 m. Le vent est soit renforcé lorsqu'il s'engouffre dans les rues ou au contraire freiné par les constructions. au profit de conditions locales plus favorables. élimination rapide des précipitations. comme le vent et 15 . l’humidité et la pluviosité.ECOLOGIE 3ème année licence Dans les Alpes. interception par le feuillage de 30 à 50 % des précipitations (période de végétation). Citons quelques exemples : augmentation des précipitations avec le relief. rôle des haies brisevent. Les principaux traits de ce climat sont : sources de chaleur artificielle. l'homme a engendré un nouveau " microclimat ". 62 % de la population mondiale sera citadine (45 % en 1995). hiver : 30 à 60 %). la température est jusqu'à 4 ° c supérieure à celle des campagnes environnantes.. entre la durée de la phase diurne et celle de la phase obscure). différences entre un versant nord et un versant sud. réduction notable du vent à proximité du sol. la température moyenne pendant la journée est inférieure de 1 à 2 ° C à celle des milieux environnants (été). dans la journée. Les vieux murs sont également connus pour créer des microclimats favorables à bon nombre d'espèces végétales et animales de petite taille. microclimat forestier. le climat y est aussi plus sec mais aussi plus brumeux. L'atmosphère est cependant moins humide car la végétation qui retient l'eau de pluie fait défaut. Les principaux sont la température. il ne faut pas perdre de vue l'importance des conditions locales. effet réflecteur des constructions. D’autres. 8. Si le climat d'une région définit les paramètres ci-dessus. réduction de la lumière au sol (été : 1 à 20 %. En guise d'exemple. Les facteurs relatifs au sol et au sous-sol sont respectivement étudiés dans les cours de pédologie et de géologie. Cette zone qui marque la transition entres la forêt subalpine et les pelouses alpines se nomme " zone de combat ".2. les conditions climatiques devenant trop contraignantes. A titre indicatif. Notons qu'en pratique la distinction entre mésoclimat et microclimat n'est pas faite par tous les auteurs et que l'on utilise assez souvent la notion de microclimat pour qualifier ce qui en réalité est un mésoclimat. En milieu urbain. augmentation de 10 % de l'humidité relative.

En fonction de leurs besoins en eaux. 8. le développement est quasiment arrêté.ECOLOGIE 3ème année licence la neige. Des phénomènes comme la photosynthèse. ont une moindre importance. Réduction du nombre de stomates. Dans les deux cas.1. Le végétal assure son alimentation en eau grâce à un appareil souterrain puissant. Les températures trop basses ou trop élevées déclenchent chez certains animaux un état de dormance (quiescence) appelé estivation ou hibernation. on distingue :     Des espèces aquatiques qui vivent dans l’eau en permanence (ex : poissons) .2. Les feuilles tombent à la saison sèche et se reforment après chaque pluie. Réduction de la surface des feuilles qui sont transformées en écailles ou en épines. Humidité et pluviosité L’eau représente de 70 { 90% des tissus de beaucoup d’espèces en état de vie active. Les limites des aires de répartition géographique sont souvent déterminées par la température qui agit comme facteur limitant. 16 . Des espèces mésophiles dont les besoins en eau sont modérés et qui supportent des alternances de saison sèche et de saison humide. mais ils peuvent dans certains cas avoir un rôle non négligeable. Des espèces xérophiles qui vivent dans les milieux secs où le déficit en eau est accentué (espèces des déserts). Les êtres vivants s’adaptent { la sécheresse selon des modalités très variées : Chez les végétaux       Réduction de l’évapotranspiration par développement de structures cuticulaires imperméables. la respiration.2.2. Très souvent ce sont les températures extrêmes plutôt que les moyennes qui limitent l’installation d’une espèce dans un milieu. Des espèces hygrophiles qui vivent dans des milieux humides (ex : amphibiens) . et par conséquent de leur répartition dans les milieux. Mise en réserve d’eau dans les tissus aquifères associés { une bonne protection épidermique. la digestion suivent la loi de van’t Hoff qui précise que la vitesse d’une réaction est fonction de la température. Température La température est l’élément du climat le plus important étant donné que tous les processus métaboliques en dépendent. 8. L’approvisionnement en eau et la réduction des pertes constituent des problèmes écologiques et physiologiques fondamentaux. La grande majorité des êtres vivants ne peut subsister que dans un intervalle de températures comprise entre 0 et 50°C en moyenne.

L’atmosphère joue le rôle d’écran ou mieux de filtre en arrêtant certaines radiations et en laissant passer d’autres.  Rythmes biologiques saisonniers : ils sont de deux types : Rythme de reproduction chez les vertébrés : ils ont pour résultat de faire coïncider la période de reproduction avec la saison favorable. A ces deux actions s’ajoute un phénomène de réflexion. Aux très hautes latitudes. les jours sont rigoureusement égaux aux nuits. le rôle essentiel de la photopériode réside dans l’entretien des rythmes biologiques saisonniers. L’éclairement a une action importante non seulement par son intensité et sa nature (longueur d’onde) mais aussi par la durée de son action (photopériode). pour atteindre 6mois de jours et 6mois de nuit aux Pôles mêmes. Action sur les végétaux Les végétaux sont adaptés { l’intensité et { la durée de l’éclairement. 17 . La photopériode croit de l’Equateur vers les Pôles. Les végétaux peuvent être divisés en trois catégories :    Les végétaux de jours courts : ils ne fleuriront que si la photopériode au moment de l’éclosion des bourgeons est inférieure ou égale { 12h d’éclairement. Le rayonnement solaire est composé essentiellement de lumière visible. Lumière et ensoleillement L’ensoleillement est définit comme étant la durée pendant laquelle le soleil a brillé. Les indifférents : la durée d’éclairement ne joue aucun rôle dans la floraison. l’atmosphère absorbe une part du rayonnement solaire. Au Tropiques. Les végétaux de jours longs : qui ont besoin pour fleurir d’au moins 12h d’éclairement. et diffuse une autre portion.ECOLOGIE 3ème année licence Chez les animaux    Utilisation de l’eau contenue dans les aliments.2. 8. Utilisation de l’eau du métabolisme formée par l’oxydation des graisses (dromadaire). Réduction de l’excrétion de l’eau par émission d’une urine de plus en plus concentrée. nuits et jours dépassent les 24h. l’inégalité reste faible et pratiquement sans influence. c’est-à-dire au-delà du cercle polaire. A l’Equateur. En effet. de rayons Infrarouge et de rayons Ultraviolet. quotidiens (circadiens) ou lunaires. pendant toute l’année. Action sur les animaux Chez les animaux.3. Cette adaptation est importante lorsque les végétaux passent du stade végétatif (phase de croissance et de développement) au stade reproductif (floraison).

définit comme étant la formation naturelle de surface. Définition du sol Le sol est un milieu vivant complexe et dynamique. 18 . créent des clairières dans lesquelles des jeunes arbres peuvent se développer. en abattant des arbres en forêt. alors qu’elle est de 33.6°C. Le vent a un effet mécanique sur les végétaux qui sont couchés au sol et prennent des formes particulières appelées anémomorphose. La couverture de neige protège le sol du refroidissement.3. la température du sol est de -0.2.4. 8.7°C à la surface.2. résultant de la transformation de la roche mère sous-jacente sous l'influence de divers processus : physiques. Il a aussi un pouvoir de refroidissement considérable. dont le réglage est conditionné par l’éclairement et la température. Ils sont surtout connus chez les animaux marins. Facteurs édaphiques 8. Il est formé d'une fraction minérale et de matière organique. au contact de l'atmosphère et des êtres vivants.3. 8.5. chimiques et biologiques. Le vent est un agent de dispersion des animaux et des végétaux. à structure meuble et d'épaisseur variable. L’activité des insectes est ralentie par le vent.1. Rythmes quotidiens ou circadiens Il s’agit de rythmes dont la période est égale à 24h. 8. Sous un mètre de neige. Ils sont entretenus par un mécanisme interne mal connu appelé « horloge biologique ».  Rythmes lunaires Il s’agit de rythmes d’activité déclenchés par la lumière lunaire. Vent Le vent résulte du mouvement de l'atmosphère entre les hautes et basses pressions.ECOLOGIE 3ème année licence  Diapause : la photopériode est le facteur essentiel qui déclenche chez l’animal l’entrée en diapause avant que ne survienne la saison défavorable. L’impact de ce facteur sur les êtres vivants peut se résumer comme suit :       Il a un pouvoir desséchant car il augmente l’évaporation. Les coups de vent. Végétaux et animaux puisent du sol l'eau et les sels minéraux et trouvent l’abri et/ou le support indispensable à leur épanouissement. Neige C’est un facteur écologique important en montagne.

19 . présentant une teneur élevée en éléments fins et qui ont la faculté de retenir l’eau nécessaire.ECOLOGIE 3ème année licence 8. contrairement aux éléments grossiers qui permettent une dessiccation trop rapide du sol. tout comme quelques espèces de coléoptères qui préfèrent les sols argileux et/ou limoneux. sables. Sur le plan biologique. de la dimension et de la répartition en différentes classes des grains et des particules de la matière divisée) : Particule Graviers Sables grossiers Sables fins Limons Argiles Diamètre >2 mm 2 mm à 0. Nombreux organismes tels que les vers de terre préfèrent les sols limoneux ou argilosableux. qui ont une texture parfaitement équilibrée et qui correspond aux meilleurs terres dites « franches ». qui contiennent plus de 35% de limons. sont pauvres en humus (matière organique du sol provenant de la décomposition partielle des matières animales et végétales). limons. on détermine les textures suivantes :    Textures fines : comportent un taux élevé d’argile (>20%) et correspondent { des sols dits « lourds ». Les facteurs édaphiques A. argiles (granulométrie : mesure de la forme. Textures sableuses ou grossières : elles caractérisent les sols légers manquant de cohésion et qui ont tendance { s’assécher saisonnièrement. Les sols à texture limoneuse.2. Textures moyennes : on distingue deux types : Les limons argilo-sableux qui ne contiennent pas plus de 30 à 35% de limons. mais qui présentent un optimum de rétention d’eau.La texture du sol La texture du sol est définie par la grosseur des particules qui le composent : graviers.3. la granulométrie intervient dans la répartition des animaux et des eaux souterraines. difficiles { travailler.2 mm à 20 µm 20 µm à 2µm < 2µm En fonction de la proportion de ces différentes fractions granulométriques.2 mm 0.

 L’eau capillaire non absorbable : occupe les pores d’un diamètre inférieur { 0. de limons et d’argiles. car elle comporte une proportion suffisante de vides ou de pores qui favorisent la vie des racines et l’activité biologique en général. Elle est retenue très énergiquement et ne peut être utilisée par les organismes vivants. Elle est également retenue trop énergiquement pour être utilisée par les organismes vivants. le sol est très meuble (sols sableux). les migrations verticales des animaux sensibles à la température et { l’humidité et ainsi en interdire l’existence. Elle est absorbée par les végétaux et elle permet l’activité des bactéries et des petits Protozoaires comme les flagellés. Cette eau s’écoule sous l’action de la pesanteur.Le pH du sol Le pH du sol est la résultante de l’ensemble de divers facteurs pédologiques.L’eau du sol L’eau est présente dans le sol sous quatre états particuliers:  L’eau hygroscopique : provient de l’humidité atmosphérique et forme une mince pellicule autour des particules du sol.8mm. calcaire) durcies en une masse très résistante discontinue ou continue (sols argileux).ECOLOGIE 3ème année licence B. la solution du sol contient des ions H+ provenant de :   L’altération de la roche mère L’humification de la matière organique (synthèse d’acide humique) 20 . Ce type de sol est compact et peu poreux. Cette structure est la plus favorable à la vie des êtres vivants. Elle se définit également comme étant l’arrangement spatial des particules de sables.2 mm. Massive : où les éléments du sol sont liés par des ciments (matière organique. C.Structure du sol La structure est l'organisation du sol. On distingue principalement trois types de structures :   Particulaire : où les éléments du sol ne sont pas liés. Il empêche cependant. en permettant la circulation de l’air et de l’eau. Seuls certains organismes très adaptés peuvent l’utiliser.  L’eau capillaire absorbable : située dans les pores dont les dimensions sont comprises entre 0. D.  Fragmentaire : où les éléments sont liés par des matières organiques et forment des agrégats (Assemblage hétérogène de substances ou d’éléments qui adhèrent solidement entre eux) de tailles plus ou moins importantes.  L’eau de gravité : occupe de façon temporaire les plus grands pores du sol.2 et 0. En effet.

FACTEURS BIOTIQUES Les facteurs biotiques sont l’ensemble des actions que les organismes vivants exercent directement les uns sur les autres. ayant des teneurs importantes en chlorure de sodium. lorsqu’elles ont lieu entre individus d’espèces différentes. lorsqu’elles se produisent entre individus de la même espèce. Hétérotypiques ou interspécifiques. Ils caractérisent les forêts de conifères. sont de deux types :   Homotypiques ou intraspécifiques. appelées coactions. Ces interactions.7 suivant les espèces : certaines sont plutôt acidophiles alors que d’autres sont basophiles.4. Les organismes vivants tels que les Protozoaires supportent des variations de pH de 3. le calcium est nécessaire pour beaucoup d’animaux du sol.9 à 9. Les sols salés. Quant aux animaux. Les éléments les plus étudiés en ce qui concerne leur action sur la faune et la flore sont les chlorures et le calcium.La composition chimique Les divers types de sols ont des compositions chimiques très variées. Les neutrophiles sont les plus représentées dans la nature. Les métaux lourds exercent sur la végétation une action toxique qui entraine la sélection d’espèces dites toxico-résistantes ou métallophytes formant des associations végétales particulières. En fonction de leurs préférences. 21 . Ils se forment surtout sur les roches siliceuses et les roches granitiques. Les sols dits anormaux renferment de fortes concentrations d’éléments plus ou moins toxiques : soufre. les plantes sont classées en calcicoles (espèces capables de supporter des teneurs élevées en calcaire). et calcifuges (espèces qui ne supportent que de faibles traces de calcium). E. ont une flore et une faune très particulière.ECOLOGIE 3ème année licence   L’activité biologique L’effet des engrais acidifiants Le pH dépend également de la nature de la couverture végétale et des conditions climatiques (température et pluviosité) :  les pH basiques (supérieurs à 7. 8. magnésium…etc. On les rencontre généralement dans les climats secs ou saisonnièrement secs et sous une végétation présentant des feuilles à décomposition rapide.  Les pH acides (entre 4 et 6.5) caractérisent les sols qui se développent sur une roche mère calcaire.5) se rencontrent beaucoup plus sous les climats humides et froids favorables à une accumulation de la matière organique. Les plantes des sols salés sont des halophytes.

C.2.4.L’effet de groupe On parle d’effet de groupe lorsque des modifications ont lieu chez des animaux de la même espèce.1. l’effet de masse se produit. la compétition intraspécifique. Chez les végétaux. Coactions hétérotypiques La cohabitation de deux espèces peut avoir sur chacune d’entre elles une influence nulle. et se manifeste de façons très diverses :    Apparaît dans les comportements territoriaux. l’augmentation de la mortalité. provoque une compétition sévère aux conséquences néfastes pour les individus.L’effet de masse A l’inverse de l’effet de groupe. comme la baisse du taux de fécondité. 8. le surpeuplement entraine des phénomènes appelés phénomènes d’autoélimination. liée aux fortes densités se fait surtout pour l’eau et la lumière.La compétition intraspécifique Ce type de compétition peut intervenir pour de très faibles densités de population.ECOLOGIE 3ème année licence 8. Les effets néfastes de ces compétitions ont des conséquences sur le métabolisme et la physiologie des individus qui se traduisent par des perturbations. Elle a pour conséquence une diminution du nombre de graines formées et/ou une mortalité importante qui réduit fortement les effectifs.4. Le maintien d’une hiérarchie sociale avec des individus dominants et des individus dominés. L’effet de groupe est connu chez de nombreuses espèces d’insectes ou de vertébrés. Sa conséquence la plus fréquente est la baisse du taux de croissance des populations. souvent surpeuplé. Chez certains organismes. la diminution de la natalité. quand le milieu. favorable ou défavorable. qui ne peuvent se reproduire normalement et survivre que lorsqu’elles sont représentées par des populations assez nombreuses. 22 . B. Exemple : On estime qu’un troupeau d’éléphants d’Afrique doit renfermer au moins 25 individus pour pouvoir survivre : la lutte contre les ennemis et la recherche de la nourriture sont facilitées par la vie en commun. c’est-à-dire lorsque l’animal défend une certaine surface contre les incursions des autres individus. quand ils sont groupés par deux ou plus de deux. La compétition alimentaire entre individus de la même espèce est intense quand la densité de la population devient élevée. Coactions homotypiques A.

Il tue sa proie pour la manger.ECOLOGIE 3ème année licence A. deux espèces ayant exactement les mêmes besoins ne peuvent cohabit er. les parasites peuvent être polyphages. 23 . ou monophages (ne subsistant qu’au dépend d’une seule espèce). Exemple : Les animaux qui s’installent et qui sont tolérés dans les gites des autres espèces. qui en tire profit de l’association et une espèce hôte qui n’en tire ni avantage ni nuisance. E. La compétition est d’autant plus grande entre deux espèces qu’elles sont plus voisines. Les prédateurs peuvent être polyphages (s’attaquant { un grand nombre d’espèces). l’une d’elle étant forcément éliminée au bout d’un certain temps. Tout comme les prédateurs. Le parasite doit s'adapter pour rencontrer l'hôte et survivre au détriment de ce dernier. lié à la surface (ectoparasite) ou { l’intérieur (endoparasite) de son hôte. On peut considérer le parasitisme comme un cas particulier de la prédation. lieu de ponte. d’une même ressource du milieu (nourriture. chaque espèce agit défavorablement sur l’autre. oligophages ou monophages.La prédation Le prédateur est tout organisme libre qui se nourrit aux dépend d’un autre. C. B.Le neutralisme On parle de neutralisme lorsque les deux espèces sont indépendantes : elles cohabitent sans avoir aucune influence l’une sur l’autre. à un stade de son développement. Cependant. L'hôte doit s'adapter pour ne pas rencontrer le parasite et s’en débarrasser si la rencontre a eu lieu. dite commensale.Le commensalisme Interaction entre une espèce. Dans la compétition interspécifique.La compétition interspécifique La compétition interspécifique peut être définit comme étant la recherche active. le parasite n'est pas vraiment un prédateur car il n'a pas pour but de tuer l'hôte. D. Cependant. oligophages (se nourrissant de quelques espèces). C’est le principe de Gause ou principe d’exclusion compétitive. Les deux espèces exercent l’une sur l’autre des coactions de tolérance réciproque. par les membres de deux ou plusieurs espèces. abri.Le parasitisme Le parasite est un organisme qui ne mène pas une vie libre : il est au moins. etc…).

En effet. Fonctionnement des écosystèmes 9. de singes…qui en tirent profit de l’arbre (alimentation. Dans cette association. ils constituent le premier niveau trophique de l’écosystème. Exemple : Le Noyer rejette par ses racines.1. abri…). Exemple : Les lichens sont formés par l’association d’une algue et d’un champignon. 24 . chaque espèce ne peut survivre. Définitions Une chaîne trophique ou chaîne alimentaire est une succession d’organismes dont chacun vit au dépend du précédent. qui explique la pauvreté de la végétation sous cet arbre. Ayant le statut de producteurs primaires. 9. celui-ci pouvant être la protection contre les ennemis.ECOLOGIE 3ème année licence F. phytoplancton : cyanobactéries ou algues bleus : organisme procaryote). une substance volatile toxique.1. Tout écosystème comporte un ensemble d’espèces animales et végétales qui peuvent êtres réparties en trois groupes : les producteurs. 9. l’apport de nutriments… Exemple : Les graines des arbres doivent être dispersées au loin pour survivre et germer. la pollinisation. la dispersion. La chaîne trophique 9. L’association obligatoire et indispensable entre deux espèces est une forme de mutualisme { laquelle on réserve le nom de symbiose. G.Le mutualisme C’est une interaction dans laquelle les deux partenaires trouvent un avantage. Les producteurs Ce sont les végétaux autotrophes photosynthétiques (plantes vertes.2. l’amensalisme est souvent appelé allélopathie. Cette dispersion est l’œuvre d’oiseaux.L’amensalisme C’est une interaction dans laquelle une espèce est éliminée par une autre espèce qui secrète une substance toxique. croitre et se développer qu’en présence de l’autre.1. grâce { la photosynthèse ils élaborent la matière organique à partir de matières strictement minérales fournies par le milieu extérieur abiotique.1. Dans les interactions entre végétaux. les consommateurs et les décomposeurs.

un consommateur est omnivore et appartient donc à plusieurs niveaux trophiques. Ils terminent souvent le travail des carnivores.…). crustacés : crevette). rapaces. Vautour. Ce sont en général des animaux. 25 . Ils se considèrent comme étant des producteurs secondaires. On distingue les consommateurs de matière fraiche et les consommateurs de cadavres. Ce sont donc des carnivores qui se nourrissent de carnivores (oiseaux insectivores.  Saprophyte : Organisme végétal se nourrissant de matières organiques en cours de décomposition.4.ECOLOGIE 3ème année licence 9. Les consommateurs occupent un niveau trophique différent en fonction de leur régime alimentaire.  Les consommateurs de matière fraiche. insectes. Exemple : Chacal.1. lombrics.  Consommateurs tertiaires (C3) : Prédateurs de C2.…). Exemple: Champignons. insectes. Les décomposeurs ou détritivores Les décomposeurs sont les différents organismes et microorganismes qui s’attaquent aux cadavres et aux excrétas et les décomposent peu à peu en assurant le retour progressif au monde minéral des éléments contenus dans la matière organique. Il s’agit de carnivores se nourrissant d’herbivores (mammifères carnassiers. cloportes.  Consommateurs secondaires (C2) : Prédateurs de C1. Exemple : Bactéries. appelés herbivores (mammifères herbivores. mais aussi plus rarement des parasites végétaux et animaux des plantes vertes. qui se nourrissent des matières organiques complexes déjà élaborées qu’ils prélèvent sur d’autres êtres vivants. Le plus souvent. soit des parasites d’animaux.  Les consommateurs de cadavres d’animaux Les charognards ou nécrophages désignent les espèces qui se nourrissent des cadavres d’animaux frais ou décomposés. Les consommateurs Il s’agit d’êtres vivants.… 9.3.1. il s’agit de :  Consommateurs primaires (C1) : Ce sont les phytophages qui mangent les producteurs.  Détritivore : Invertébré qui se nourrit de détritus ou débris d’animaux et/ou de végétaux. rapaces. nématodes.  Saprophage : Organisme animal qui se nourrit de matières organiques en cours de décomposition. insectes. Les C2 et les C3 sont soit des prédateurs qui capturent leurs proies. dits hétérotrophes. Exemple : Protozoaires.

Représentation graphique des chaînes trophiques La schématisation de la structure des biocénoses est généralement conçue { l’aide de pyramides écologiques. 26 . le nombre d’individus diminue d’un niveau trophique { l’autre. Exemple : (50) Herbes + (2) Mammifères herbivores + (80) Puces + (150) Leptomonas. Chaîne de parasites Cela va au contraire d’organismes de grandes tailles vers des organismes plus petits. mais de longueurs proportionnelles au nombre d’individus. 9.2. Chaîne de prédateurs Dans cette chaîne.1. Exemple : Bousier. Ils sont donc autotrophes pour ce qui est de l’azote et hétérotrophes du point de vue carbone. On parle alors de pyramide des nombres. mais de plus en plus nombreux (la règle d’Elton n’est pas vérifiée dans ce cas).2. consommateurs et décomposeurs sont liés par une chaîne alimentaire. 9. Les fixateurs d’azote Ils ont une position particulière dans la chaîne trophique. 9. ils utilisent des matières organiques plus élaborées qu’ils prennent { certains détritus ou { des racines ou feuilles des autotrophes. des biomasses ou des énergies (Fig. Différents types de chaînes trophiques Il existe trois principaux types de chaines trophiques linéaires : 9. Chaîne de détritivores Va de la matière organique morte vers des organismes de plus en plus petits (microscopiques) et nombreux (la règle d’Elton n’est pas vérifiée dans ce cas). 9.3. mais leurs tailles augmentent (règle d’Elton énoncée en 1921). Leur nutrition azotée se fait à partir de l’azote moléculaire.02).5. Quant au carbone et { l’énergie nécessaire { leur nut rition. C’est le cas des Azotobacter en fixation non symbiotique et les Rhizobiums en fixation symbiotique. 9. qui correspondent à la superposition de rectangles horizontaux de même hauteur.2.2. Le caractère cyclique de la chaîne est assuré par les décomposeurs. Producteurs primaires. Exemple : (1) Cadavre + (80) Nématodes + (250) Bactéries.2. { la biomasse ou { la quantité d’énergie présentes dans chaque niveau trophique.3. Exemple : (100) Producteurs + (3) Herbivores + (1) Carnivore.ECOLOGIE 3ème année licence  Coprophage : Animal qui se nourrit d’excréments.1.

     Une partie de la lumière solaire absorbée par le végétal est dissipée sous forme de chaleur. Productivité nette (PN): Productivité brute moins la quantité de matière vivante dégradée par la respiration. Une partie de (PB) est perdue pour la Respiration (R1).1. 9. Le reste constitue la Productivité primaire Nette (PN).ECOLOGIE 3ème année licence Figure 02 : Diverse schématisation des pyramides écologiques. Le réseau trophique Le réseau trophique se définit comme un ensemble de chaînes alimentaires reliées entre elles au sein d’un écosystème et par lesquelles l’énergie et la matière circulent. 9. Transfert d’énergie et rendements 9. 9. Définitions   Productivité brute (PB): Quantité de matière vivante produite pendant une unité de temps.3. par un niveau trophique donné.4. Productivité secondaire : Productivité nette des herbivores.2. Il se définit également comme étant l’ensemble des relations trophiques existant { l’intérieur d’une biocénose entre les diverses catégories écologiques d’êtres vivants constituants cette dernière (producteurs. Le reste est utilisé pour la synthèse de substances organiques (photosynthèse) et correspond à la Productivité primaire Brute (PB). des carnivores et des décomposeurs. PN = PB – R. consommateurs et décomposeurs).4.   Productivité primaire : Productivité nette des autotrophes chlorophylliens.4. Une partie de (PN) sert { l’augmentation de la biomasse végétale avant d’être la proie des bactéries et des autres décomposeurs. Transfert d’énergie Les relations trophiques qui existent entre les niveaux d’une chaîne trophique se traduisent par des transferts d’énergie d’un niveau { l’autre. 27 .

ce flux est : PB = PN + R1. Le flux d’énergie qui traverse le niveau trophique des herbivores est : A1 = PS1 + R2. diminuant { chaque transfert d’un chainon { un autre. 2ème ou 3ème ordre). On peut continuer le même raisonnement pour les carnivores. c’est-à-dire à la somme de la productivité nette et des substances perdues par la respiration. plus ce qui est rejeté (Non Assimilée) (NA1) sous la forme d’excréments et de déchets : I1= A1+ NA1   La fraction assimilée (A1) sert d’une part { la Productivité Secondaire (PS1) et d’autre part aux dépenses Respiratoires (R2).03). du soleil aux consommateurs (1er. Ainsi. Plus on s'éloigne du producteur primaire. Le flux d’énergie qui traverse un niveau trophique donné correspond { la totalité de l’énergie assimilée { ce niveau. l’énergie s’écoule de niveau trophique en niveau trophique. plus la production de matière vivante est faible (Fig. Dans le cas des producteurs primaires. La quantité d’énergie ingérée (I1) correspond à ce qui réellement utilisé ou Assimilé (A1) par l’herbivore. sert d’aliment aux herbivores qui absorbent ainsi une quantité d’énergie Ingérée (I1). Figure 03 : Biomasse des différents niveaux d'une chaîne alimentaire : le passage d'un niveau alimentaire à un autre entraîne une perte de matière considérable.ECOLOGIE 3ème année licence   Le reste de (PN). 28 . On parle donc de flux d’énergie.

On peut donc caractériser les divers organismes du point de vue bioénergétique. Exemple : Effet régulateur d’une population de carnivores (loups) sur une population de proies (lièvres). Diminution d’abondance d’un prédateur de haut niveau (amplification du contrôle top -down). Ce rendement intéresse les éleveurs.ECOLOGIE 3ème année licence 9. 10. Exemples :   Augmentation des ressources en éléments nutritifs (amplification du contrôle bottom-up). Cas de la chasse ou de la pêche. Cette aptitude est évaluée par les calculs de rendements :  Rendement écologique : C’est le rapport de la production nette du niveau trophique de rang (n) à la production nette du niveau trophique de rang (n-1) : (PS1/PN x 100) ou (PS2/PS1 x 100). Les rendements A chaque étape du flux. Les modifications par l’homme d’un niveau trophique peuvent amplifier l’un ou l’autre des deux contrôles et entrainer une instabilité de l’écosystème. C’est la théorie du contrôle des communautés par les ressources (éléments nutritifs). Cas de la pollution organique des eaux ou eutrophisation.3. Exemple : La relation existante entre la teneur en phosphates des océans + la quantité des planctons + taille des poissons qui s’en nourrissent. Rendement de production nette : Qui est le rapport de la production nette { l’énergie assimilée : (PS2/A2x100) ou (PS1/A1x100). C’est la production nette de la proie : (I1/PN x 100) ou (I2/PS1x 100). 29 . A l’inverse.4.   Rendement d’exploitation : C’est le rapport de l’énergie ingérée (I) { l’énergie disponible. contrôlent les chaines trophiques depuis les producteurs jusqu’aux prédateurs. Stabilité des écosystèmes Les ressources disponibles. de l’énergie est perdue. par leur aptitude { diminuer ces pertes d’énergie. ou contrôle bottom-up (du bas vers le haut). car il exprime la possibilité pour une espèce de former la plus grande quantité possible de viande { partir d’une quantité donnée d’aliments. le fonctionnement d’un écosystème dépend de la prédation exercée par les niveaux trophiques supérieurs sur les niveaux trophiques inférieurs. de l’organisme mangé { l’organisme mangeur et { l’intérieur de chacun d’eux. régulées par les facteurs physico-chimiques du milieu. C’est le contrôle top-down. Les deux contrôles interviennent simultanément dans les écosystèmes et peuvent être complémentaires.

entre milieu inorganique et matière vivante.). On peut distinguer trois principaux types de cycles biogéochimiques :    Le cycle de l'eau. est appelé cycle biogéochimique.04). ou molécules. pouvant intéresser la biosphère entière et qui concernent les transports dans le milieu non vivant). L'infiltration : phénomène de pénétration des eaux dans le sol. De plus. La percolation : phénomène de migration de l’eau { travers les sols (jusqu’{ la nappe phréatique). 1. Les 7/9 du volume total de ces précipitations retombent à la surface des océans et les 2/9 seulement sur les continents. Celui-ci correspond à un cycle biologique (cycle interne { l’écosystème qui correspond aux échanges entre les organismes) auquel se greffe un cycle géochimique (cycle de grandes dimensions. Cette eau rejoint alors l'atmosphère sous forme de vapeur d'eau (nuages). azote). des fleuves et des lacs s'évapore. reviennent sans cesse { leur point de départ et que l’on peut qualifier de cycl ique. Sous l'effet de la chaleur du soleil. sous forme de pluie. Le cycle des éléments à phase gazeuse prédominante (carbone. L'évapotranspiration joue un rôle également important dans le cycle de l'eau. l'atmosphère et la lithosphère (Fig. de neige ou de grêle. Le cycle des éléments à phase sédimentaire prédominante (phosphore. La circulation de l'eau dans la lithosphère emprunte trois voies :   Le ruissellement : phénomène d'écoulement des eaux à la surface des sols. à travers les fissures naturelles des sols et des roches. la vapeur d'eau se condense. Elle retombe sur le sol. infiltration et percolation assurent l'alimentation des cours d'eau qui restituent en 30 .ECOLOGIE 3ème année licence Chapitre II 1. Lorsqu'ils traversent des régions froides. oxygène. accélèrent ces mouvements ascendants de l'eau dans le sens sol-atmosphère. Le passage alternatif des éléments. Elle est accélérée par les végétaux qui transpirent de grandes quantités d'eau par leur système foliaire. Les nuages sont poussés par le vent.1 Le cycle de l'eau Le cycle de l'eau consiste en un échange d'eau entre les différents compartiments de la Terre : l'hydrosphère. potassium etc. Les cycles biogéochimiques Il existe une circulation de la matière dans chaque écosystème où des molécules ou des éléments chimiques. à la différence des transferts d’énergie.  Ruissellement. l'eau des mers. leurs racines. assurant ainsi l’alimentation des nappes phréatiques.

qui après la mort de la plante seront dégradées très lentement en charbon. Photosynthèse et dissolution sont les phénomènes permettant le recyclage du gaz carbonique (Fig.2 Le cycle du carbone Lors de la respiration. De même. Figure 04 : Cycle de l’eau. Dans les sols. Le dégagement de CO2 a lieu également au cours des fermentations qui conduisent à une décomposition partielle des substrats dans des conditions anaérobies. Dans certains cas les matières organiques ne sont pas entièrement 31 .05). les êtres vivants consomment de l'oxygène et rejettent du dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère. les véhicules de transports rejettent du CO2 dans l'atmosphère après combustion d'un carburant. les industries. Les éruptions volcaniques sont également considérées comme source naturelle de CO2. Lors de leur combustion. en présence d'oxygène. ces combustibles fossiles formeront à nouveau du CO2. Au cours de la respiration des autotrophes. 1. des hétérotrophes et de divers autres organismes. le gaz carbonique est dégagé parallèlement à la consommation d'oxygène. Après la photosynthèse. le carbone se combine avec d'autres éléments pour former des molécules complexes. il se produit souvent un ralentissement du cycle du carbone : les matières organiques ne sont pas entièrement minéralisées mais transformées en un ensemble de composés organiques acides (les acides humiques). Le CO2 est absorbé par les plantes (photosynthèse) et l'eau (dissolution).ECOLOGIE 3ème année licence dernier lieu l'eau à l'hydrosphère. Le CO2 de l'air et celui dissous dans l'eau constituent la seule source de carbone inorganique à partir de laquelle s'élaborent toutes les substances biochimiques constituant la cellule vivante (grâce à l'assimilation chlorophyllienne).

Le cycle du phosphore En dépit de la rareté du phosphore minéral dans la biosphère. II se produit une stagnation et même un blocage du cycle du carbone. Le taux de CO2 dans l'atmosphère augmente et le climat se réchauffe. 1. En effet. les raz de marée. Le climat se réchauffe et cela peut avoir des conséquences graves sur la vie sur Terre : les calottes glaciaires pourraient fondre et augmenter le niveau des mers en certains points provoquant des inondations. Ce phosphore est mis en circulation par lessivage (ou érosion) et dissolution et introduit ainsi dans les écosystèmes terrestres où il est absorbé par les végétaux.ECOLOGIE 3ème année licence minéralisées et elles s'accumulent dans diverses formations sédimentaires. la sécheresse. En augmentant la concentration de CO2 dans l'atmosphère. C'est le cas actuellement de la formation de tourbe ou par le passé de la constitution de grands dépôts de houille.3. augmentation des conditions climatiques extrêmes comme les tempêtes. nous produisons trop de dioxyde de carbone et notre Terre n'arrive plus à le recycler.. etc. de pétrole et d'autres hydrocarbures fossiles. la concentration en phosphore assimilable est souvent faible et joue le rôle de facteur limitant. Son réservoir principal est constitué par diverses roches qui cèdent peu à peu leurs phosphates aux écosystèmes. le CO2 présent dans l'atmosphère permet de piéger la chaleur du soleil qui rend la vie possible sur Terre. Figure 05 : Cycle du carbone. cet élément reste important pour la matière vivante (c’est un constituant de l’ADN. Ceux-ci l'incorporent dans diverses substances organiques et le font ainsi passer dans les réseaux 32 .. C'est ce qu'on appelle l'effet de serre. de l’ARN et de l’ATP). Dans le milieu terrestre. Cependant. l'équilibre de notre écosystème est perturbé.

Le cycle du phosphore est donc incomplet et ouvert. la pénurie de phosphore est un facteur limitant. Ces derniers sont surtout représentés par des bactéries. Celles-ci vont ensuite rejoindre les océans. Les protéines et autres formes de l'azote organique contenues dans les cadavres.est alors absorbé par les végétaux. c'est la nitritation. Ensuite. Cependant. le cycle du phosphore se fait avec des pertes. Une partie de cet azote ammoniacal peut être absorbé directement par les végétaux. L'ion nitrate N03. soit symbiotiques (Rhizobium). L'azote nitrique ainsi élaboré par ces nombreux micro-organismes terrestres ou aquatiques est finalement absorbé par les végétaux. elle ne joue qu'un rôle secondaire par rapport à celui des microorganismes nitrifiants. puis les Nitrobacter le transforment en N03-. 1. grâce à une enzyme spécifique. Dans le milieu aquatique ce sont surtout les algues cyanophycées (algues bleues) qui sont fixatrices de l'azote gazeux. Lorsqu’il n’existe pas de courants ascendants permettant la remontée des eaux en surface. mais il peut être aussi utilisé par des bactéries nitrifiantes (les Nitrosomonas) pour produire leur énergie métabolique. le phosphore constitue donc le principal facteur limitant qui contrôle la majeure partie de la production primaire. Un retour partiel des phosphates des océans vers les terres émergées s'effectue par l'intermédiaire des oiseaux marins ichtyophages ou piscivores par le biais de gisements de guano. 33 . Rhodospirillum). Le cycle de l’azote Le principal réservoir de l'azote est l'atmosphère qui en renferme 79% en poids. excréta et déchets organiques vont être attaquées par des microorganismes bioréducteurs (bactéries et champignons) qui produisent l'énergie dont ils ont besoin par la décomposition de cet azote organique qui est ensuite transformé en ammoniaque. amené dans les feuilles et transformé en ammoniaque. c'est l'ammonification. puisqu’une partie importante des phosphates entrainée en mer se retrouve immobilisée dans les sédiments profonds (fragments de cadavres de poissons. Le passage du phosphore de l’état organique { l’état inorganique est assuré par des bactéries et des champignons. permettant ainsi le développement du phytoplancton et des animaux des divers maillons de la chaîne trophique. déchets et excréta produits par les êtres vivants. non consommés par les détritivores et les décomposeurs). Puis les phosphates organiques sont restitués au sol avec les cadavres.ECOLOGIE 3ème année licence trophiques. Le phosphore est introduit dans les écosystèmes aquatiques par les eaux de ruissellement. Celles-ci transforment l'ammoniaque NH4+ en nitrite. Du fait de sa rareté et en raison de ces pertes pour le cycle. à nouveaux disponibles pour les plantes vertes et autres autotrophes. soit libres (Azotobacter. dans les océans.4. c'est la nitratation. La formation de nitrates par voie inorganique s'effectue sans cesse dans l'atmosphère par suite des déchargesélectriques lors des orages. l'ammoniaque est transformée en azote aminé puis en protéines. la nitrate-réductase. N02-. Clostridium. Mais. attaqués par les micro-organismes et retransformés en orthophosphates minéraux.

Une partie non négligeable des nitrates peut être lessivée par les eaux de ruissellement et entraînée en mer. L'azote peut alors être immobilisé par incorporation aux sédiments profonds.ECOLOGIE 3ème année licence L'azote retourne constamment à l'air sous l'action des bactéries dénitrifiantes (Pseudomonas) qui sont capables de décomposer l'ion N03. par leurs déjections. mais le rôle de ces bactéries est heureusement peu important. il est en grande partie repris par les organismes du phytoplancton et il entre dans une chaîne alimentaire aboutissant à des oiseaux qui le ramènent. au milieu terrestre sous la forme de guano.en N2 qui se volatilise et retourne à l'air. Cependant. 34 .