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Le Quotidien

Lundi 9 Janvier 2012 n°3403 - Prix : Algérie 10 DA — http://www.lexpressiondz.com — ISSN 1112-3397 — Directeur Fondateur : AHMED FATTANI
TRAGÉDIE DU BATEAU
«EL KHALIL» DE TÉNÈS
Lire en page 7 l’article
de El Bouali Djilali
LAGHOUAT, OUARGLA, SKIKDA
LA TENSION
MONTE !
Lire en page 4 l’article
de Walid Aït Saïd
AMIR RAMSÈS, RÉALISATEUR
SCÉNARISTE-ÉGYPTIEN, À L’EXPRESSION
«ON EST TOUJOURS
DANS UN SYSTÈME
DICTATORIAL…»
Lire en page 21 l’entretien
réalisé par O. Hind
ALORS QUE OUYAHIA RÉCONFORTE
LES MÉTALLURGISTES
ArcelorMittal se
déclare en cessation
de paiement
Lire en page 4 l’article
de Wahida Bahri
LES DEUX
HYPOTHÈSES
DU DRAME
IL SÈME LE DOUTE SUR LE SOUTIEN
DE L’ALGÉRIE À LA CAUSE SAHRAOUIE
JEANNE D’ARC, UN MYTHE
FONDATEUR FRANÇAIS
A QUI IRONT
SES « VOIX » ?
Lire en page 10 l’analyse
du Pr Chems Eddine Chitour
CAN-2012 DE HANDBALL
LES VERTS
DEPUIS HIER
AU MAROC
Lire en page 12 l’article
de Saïd Mekki
DE SOLTANI
Lire en page 3 l’article de Tahar Fattani
LE GRAVE DÉRAPAGE
«Si la Turquie fait
de la colonisation
de l’Algérie
un fonds
de commerce,
nous faisons donc
la même chose
en défendant
la cause
sahraouie»,
a-t-il comparé.
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EN PRÉVISION DES PROCHAINES
LÉGISLATIVES
Les islamistes
en quête
d’une figure
de proue
Lire en page 2 l’article
de Kamel Lakhdar-Chaouche
2
LUNDI 9 JANVIER 2012
L’Actualité
EN PRÉVISION DES PROCHAINES LÉGISLATIVES
Les islamistes en quête d’une figure de proue
UN PIED au pouvoir et l’autre dans l’opposition, le président du MSP croit faire d’une balle deux coups.
L
e président du Mouvement de
la société pour la paix (MSP),
Bouguerra Soltani, reprend
son cheval de bataille et compte
conduire les rangs des islamistes
algériens aux prochaines élections
législatives. Il se libère ainsi des chaî-
nes qui le liaient à l’Alliance prési-
dentielle, qu’il avait rejointe il y a
déjà 8 ans. Ainsi, pour paraphraser
son allié d’hier, M. Ahmed Ouyahia,
secrétaire général du Rassemble-
ment national démocratique (RND),
et Premier ministre, durant les cinq
dernières minutes de la vie de
l’Alliance présidentielle. S’estimant
favori incontestable aux prochaines
législatives, le MSP défie donc, d’une
part, ses alliés d’hier et se retire de
l’Alliance présidentielle avant d’ap-
peler de l’autre, des cadres de la mou-
vance islamiste à constituer un front
contre la fraude. Le MSP compte
donc changer de chemin politique et
«s’émanciper» en prévision des légis-
latives, en basculant dans l’opposi-
tion politique, sortant de fait de
l’Alliance présidentielle, qui l’a dans
le même temps servi et souvent des-
servi. C’est dire que le successeur de
feu Mahfoud Nahnah croit encore
remporter la guerre (des élections)
après avoir perdu « la bataille dans
l’épreuve du pouvoir » dans laquelle
son parti s’était engagé étant présent
dans presque la totalité du territoire
national et possédant des élus dans
les APC, APW, à l’APN et au Conseil
de la nation. Visiblement, il lui
manque seulement de mettre un pied
au niveau des centres de décision
pour espérer gouverner un jour seul
le pays. En toute objectivité, l’analyse
politique de Ahmed Ouyahia est fon-
dée d’autant plus que le guide du
MSP ne s’est retiré de l’Alliance pré-
sidentielle qu’après avoir enregistré
des départs massifs de ses cadres,
tout en provoquant un mécontente-
ment des plus critiques auprès de sa
base militante, qui s’est soldé par le
départ de 500 femmes militantes. En
fait, c’est au milieu des années 1990
que le pouvoir politique a décidé d’in-
tégrer les islamistes dans le jeu poli-
tique pour tenter de les amadouer. A-
t-il réussi aujourd’hui et soumis
Bouguerra Soltani à la politique du
dirigeant dirigé, chère à Sun Zi, une
stratégie politique développée dans
son œuvre capitale Art de la guerre ?
Et si c’est le cas, Bouguerra Soltani,
accusé par ses cadres d’avoir dévié le
la ligne principale du MSP, fera un
nouvel acteur politique faisant partie
d’un décor conçu et monté au préala-
ble. Les spécialistes en témoignent.
« Le rôle du MSP dans la vie poli-
tique nationale est décidé depuis qu’il
a rejoint le pouvoir. Et sa manœuvre
politique aujourd’hui est liée au rôle
qu’il assure officiellement dans le sys-
tème dont il fait présence », souligne
Hocine Youcef, chercheur à l’Institut
de recherche islamique de
Washington. Multipliant les contacts
et emporté par les vents du
Printemps arabe, le chef de file du
MSP multiplie ses visites, auprès
des nouveaux arrivistes, dans cer-
tains pays arabes, où les courants
islamistes occupent la première loge,
et se voit ainsi comme ambassadeur
et représentant des islamistes algé-
riens.
Le MSP compte gagner
la guerre
Avec des déclarations à la limite
de la provocation, il anime son dis-
cours, promettant une rude bataille à
ses alliés d’hier au cours du prochain
rendez-vous électoral, tout en leur
faisant savoir que la fin de l’union a
sonné. « Le temps de l’Alliance prési-
dentielle est terminé pour passer à la
compétition », a-t-il tranché lors de la
tenue de la dernière réunion de son
conseil. Pis encore, Bouguerra
Soltani a déclaré dernièrement à par-
tir de Bordj Bou Arréridj que «la
société algérienne veut être gouvernée
par les islamistes». Bouguerra
Soltani, ancien instituteur d’arabe,
considère que la percée historique
des islamistes en Tunisie, au Maroc
et en Egypte aura « un effet inducteur
positif » sur la mouvance islamiste en
Algérie, d’où il bombe le torse et se
voit déjà première force politique du
pays. Néanmoins, le Mouvement de
la société pour la paix (MSP) ignore
à l’évidence qu’il ne représente plus
le modèle des islamistes algériens,
qui sont d’ailleurs partagés en quatre
nouvelles formations politiques, aspi-
rant à leur tour à s’engager dans les
prochaines élections législatives. La
bonne gouvernance promise du MSP
n’est plus un idéal pour eux. Les
scandales qui ont éclaté dans des sec-
teurs où ses ministres sont en charge
n’attirent plus d’adeptes autour de
lui. Le feuilleton de l’autoroute Est-
Ouest, le secteur du commerce qui
peine à se relever et faire face à l’in-
formel, ou encore l’affaire du thon
rouge en sont l’illustration. Que dire
alors de M. Soltani lorsqu’il était à la
tête du secteur de la pêche? L’Algérie
riche en ressources halieutiques ne
parvient pas à exploiter cette richesse
correctement alors que le prix du
poisson ne descend pas des cimes.
Les Algériens, en tous les cas, s’en
souviennent. La liste des coups four-
rés et maladresses politiques de
M.Soltani est assez longue.
L’épreuve du pouvoir des islamis-
tes en Algérie ne date pas d’hier. Les
résultats sont là et connus de tous.
Les ministères des Travaux publics,
du Commerce, de la Pêche, du
Tourisme et de l’Artisanat sont
aujourd’hui pilotés par des ministres
du MSP, alors que le patron de ce
parti a été élevé au rang de ministre
d’Etat avant de perdre son statut.
Lui qui a soutenu dans le fond et la
forme le Programme présidentiel, a
donné instruction ferme à ses dépu-
tés de voter contre les projets de loi
s’inscrivant dans le cadre des réfor-
mes engagées par le chef de l’Etat.
On rappellera qu’au milieu des
années 1990, plusieurs ministres
islamistes ont dirigé et géré d’impor-
tants portefeuilles.
K. L.-C.
I KAMEL LAKHDAR-CHAOUCHE
Djaballah Menasra
Publicité
L’Expression le 09/01/2012 - ANEP 894 276
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LUNDI 9 JANVIER 2012
L’Actualité
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prochaines élections. « Pour rassu-
rer les Algériens de la neutralité de
l’administration et la transparence
des élections, le prochain scrutin
doit être géré par un gouvernement
qui n’a pas de tendance partisane »,
a-t-il souhaité. Sollicité sur la cons-
titution d’une éventuelle alliance
des partis islamistes, il affirme que
son parti « est ouvert à toutes les
discussions en vue de créer des
alliances avec tous les courants
politiques aussi bien avant, pen-
dant, qu’après les élections législa-
tives ». Au sujet de l’élection prési-
dentielle de 2014, M. Soltani quali-
fie de très légitimes les ambitions
de chaque parti d’arriver au pou-
voir. Pour ce qui est de sa candida-
ture à cette échéance, il estime que
celle-ci est du ressort des institu-
tions du parti. T. F.
N
’ayant pas digéré les propos
de Ahmed Ouyahia sur la
Turquie, Bouguerra Soltani
riposte par une dérive. Le président
du Mouvement de la société pour la
paix qualifie la position affichée par
le secrétaire général du
Rassemblement national démocra-
tique «d’accusation très dange-
reuse». Ahmed Ouyahia a demandé
avant-hier aux Turcs « de cesser de
faire de la colonisation de l’Algérie
un fonds de commerce». Une alti-
tude rejetée dans le fond et dans la
forme par le chef de file du MSP.
«La Turquie ne fait pas de la colo-
nisation de l’Algérie un fonds de
commerce », a rétorqué hier le pré-
sident du MSP, lors d’une confé-
rence de presse animée au siège de
son parti à Alger. Voulant apporter
des arguments convaincants à ses
propos, M. Soltani fait un parallèle
entre la position de la Turquie vis-
à-vis de la colonisation de l’Algérie
et la position algérienne à l’égard de
la question sahraouie.
« Si la Turquie fait de la coloni-
sation de l’Algérie un fonds de com-
merce, nous faisons la même chose,
donc, en défendant la question sah-
raouie», a t-il comparé. Et de rappe-
ler que des pays arabes, comme la
Tunisie ou l’Egypte, avaient sou-
tenu la cause algérienne, sans pour
autant en faire un fonds de com-
merce. Pour ce qui est du vote de la
Turquie contre la cause algérienne
aux Nations unies, M. Soltani rap-
pelle que même les Etats-Unis
d’Amérique, la Grande-Bretagne et
d’autres pays se sont également
opposés.
Pour le conférencier, il s’agit
plutôt d’accusations qui pourraient
avoir des conséquences néfastes
dans l’avenir. Et de souhaiter que
les propos tenus par Ouyahia ne
reflètent pas la position officielle de
l’Algérie sur cette question. « Nous
souhaitons que M. Ouyahia s’expri-
mait en sa qualité de secrétaire
général du RND et non pas en sa
qualité de Premier ministre, car les
choses pourraient être plus graves si
telle était la position de l’Etat algé-
rien sur cette question», a-t-il dit. Et
d’avertir que la diplomatie ou la
politique étrangère est du ressort
exclusif du chef de l’Etat et que
personne n’a le droit, conformé-
ment à la Constitution, de se pro-
noncer sur les questions internatio-
nales, a-t-il rappelé. Par la même
occasion, M. Soltani est revenu sur
le retrait de sa formation de
l’Alliance présidentielle. D’emblée,
il considère que cette coalition est
gelée sur le terrain et qu’elle
n’existe que sur papier. Il n’a pas
omis d’accuser ses ex-partenaires
de ne pas avoir respecté les engage-
ments contractés.
M. Soltani s’est interrogé sur
l’absence de l’alternance à la tête
du gouvernement. «Il a été prévu
que les trois partis de l’Alliance s’al-
ternent au poste du Premier minis-
tre, mais cette réalité n’a pas été
respectée vu que seuls le FLN et le
RND ont dirigé le gouvernement »,
a-t-il déploré. M. Soltani le repro-
che-t-il au chef de l’Etat ? Le pre-
mier ministre est nommé par le
Président de la République. « Non,
je ne fais pas de reproche au chef de
l’Etat », a-t-il rectifié. A demi-mot,
il reconnaît que l’Alliance présiden-
tielle avait fermé le jeu politique,
notamment au Parlement.
Le patron du MSP affirme que
son parti avait rendu beaucoup de
services, sur le plan politique, au
FLN et au RND, sans en profiter
pour autant. Corroborant ses dires,
il rappelle que l’enjeu politique en
2004 a été libéré grâce au MSP.
Comment ?
«Nous avons libéré le jeu en
2004, lorsque nous avons décidé de
quitter les “10 + 1” et s’aligner avec
le front de soutien autour de la can-
didature de Abdelaziz Bouteflika »,
a-t-il estimé. Quant au maintien des
ministres MSP au gouvernement,
M. Soltani explique que son parti a
préféré ne pas sortir du gouverne-
ment pour ne pas créer « une crise
politique » d’une part et assurer « la
stabilité nationale » d’autre part.
Autre explication : « Les ministres
n’ont pas été nommés à partir de
leur appartenance politique », a t-il
encore souligné. Le successeur de
feu Mahfoud Nahnah a réitéré son
appel à l’installation d’un gouver-
nement technocrate pour gérer les
L’EDITORIAL
R
emous dans trois secteurs stratégiques en ce début d’an-
née. Invoquant des difficultés de trésorerie, ArcelorMittal « a
déposé une demande de cessation de paiement » auprès du
tribunal de Annaba, a, officiellement, annoncé, hier à la mi- journée,
le directeur général du complexe sidérurgique, Vincent Le Goïc, à la
radio française Europe 1. De quoi inquiéter sérieusement les
5 300 travailleurs du complexe. Sentant le vent venir, le Premier
ministre, Ahmed Ouyahia, avait, la veille, réagi avec force en décla-
rant, à l’adresse des actionnaires étrangers, que « l’Algérie ne
cédera pas aux pressions exercées…et que l’Etat algérien n’assis-
tera pas à la disparition d’El Hadjar ». Ouyahia n’a pas manqué de
rassurer les travailleurs en promettant que « l’Etat ne les abandon-
nera pas ». Mais, a-t-il ajouté à ces derniers : « Ne soyez pas une
arme entre les mains des étrangers ! » L’histoire est simple.
ArcelorMittal, groupe inclus dans l’indice du CAC 40 depuis 2006,
invoquant des difficultés de trésorerie, exige un crédit bancaire
sans garanties des autorités algériennes. Sinon, le groupe menace
de déposer le bilan. Du chantage purement et simplement qui pre-
nait appui sur la panique qu’une telle décision produirait chez les
syndicats. D’où le double message du Premier ministre. L’autre ten-
tative d’agitation visait la compagnie nationale Air Algérie. Des
informations de « sources préférant l’anonymat » et rapportées par
la presse ont fait état de « dégraissage » parmi les travailleurs sous
forme de « départs volontaires » proposés, pour cause de déficit,
par la compagnie à ses travailleurs. Démenti du P-DG d’Air Algérie,
hier, sur les ondes de la Radio Chaîne III. La restructuration ne
concerne en fait, a-t-il annoncé, que la création des filiales prévue
depuis des années mais sans avoir été réalisée. Là aussi, le P-DG a
désamorcé un mouvement d’inquiétude qui commençait à gagner le
personnel. Et enfin, il y a cette « grève cyclique de trois jours
renouvelable chaque semaine » commencée hier par les hospitalo-
universitaires algériens. Deux motifs avancés : primo, pénurie de
médicaments, secundo, régime indemnitaire. Quand bien même
cette grève n’a aucun lien avec les deux événements cités plus
haut, elle « tombe » à pic pour tous ceux qui ne parviennent pas à
digérer le fait que l’Algérie ait pu être épargnée par le « printemps
arabe » et la crise financière mondiale. Toutes ces manœuvres ont
lieu une année, jour pour jour, avec le début des « révolutions »
arabes qui ont « léchés » notre pays avec les « émeutes du sucre et
de l’huile ». L’Etat a les moyens de sa politique quand il dit qu’il
empêchera le disparition d’El Hadjar. Ou quand il s’agit de protéger
le pavillon national du transport aérien de turbulences artificielles.
Quant à la pénurie de médicaments qui fait « sortir de leurs gongs »
les hospitalo-universitaires, il faut juste rappeler que nulle part dans
le monde une pénurie n’a été solutionnée par une grève. Au
contraire, elle aggrave le cas des seules victimes que sont les
malades. Ces trois événements ne sont pas pour autant les seuls
« programmés » pour ce mois. Des associations et syndicats
(agréés ou pas) appellent à une rencontre le 28 janvier prochain
pour de « nouvelles actions ». Sans oublier l’annonce d’une grève
de 5 jours à partir du 15 janvier prochain, décidée par le syndicat
autonome des corps communs. Tant qu’on y est, ajoutons la flam-
bée des prix du poulet dénoncée par l’association de la filière avi-
cole et nous avons le « menu » complet prévu pour ce mois de jan-
vier. Un menu qui ne fera pas meilleure recette que celui de l’année
passée ! Z. M.
IL SÈME LE DOUTE SUR LE SOUTIEN DE L’ALGÉRIE À LA CAUSE SAHRAOUIE
LE GRAVE DÉRAPAGE DE SOLTANI
« SI LA TURQUIE fait de la colonisation de l’Algérie un fonds de commerce, nous faisons donc la même chose en défendant
la cause sahraouie », a-t-il comparé.
Le torchon brûle entre Ouyahia et Soltani
I ZOUHIR MEBARKI
Le « syndrome
de janvier »
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I TAHAR FATTANI
LFC 2012
La fiscalité allégée pour les patrons
AU-DELÀ des discours, la réalité sur le terrain est hélas tout autre, regrette un
entrepreneur participant.
O
n assiste à « un véritable effort de la part
des pouvoirs publics pour atténuer les
pressions subies par les entreprises
dans leurs différentes démarches économiques ou
administratives », affirme un ex-haut responsable
économique public, aujourd’hui converti dans le sec-
teur privé, ce qui témoigne d’un « réel allègement, à
travers les recours autorisés, et d’une certaine huma-
nisation de la fiscalité elle-même ».
Au niveau du contrôle, explique-t-il, « les enga-
gements et déclarations sont sincères » mais butent
maladroitement dans leur exécution. La solution,
selon lui, demeure dans la « conception, l’informa-
tion et la formation des compétences tant nécessaire
des cadres intermédiaires afin de retrouver les
réflexes anciens qui font défaut actuellement ».
Cette « Journée d’information », organisée hier à
Alger par la Chambre algérienne de commerce et
d’industrie (Caci), a été ouverte par son président,
Tahar Khelil. Il était assisté notamment par pas
moins de quatre directeurs au niveau de la direction
générale des impôts : MM. Mustapha Zikara, Arezki
Ghanemi, Kadour Bentahar et M’hend Issaâd.
Les thèmes inhérents aux travaux de cette ren-
contre d’information portaient sur les nombreuses
« dispositions nouvelles » édictées dans la loi de
finances 2012 qui préconise une transparence totale
dans l’application de la législation fiscale, laquelle
loi, a souligné Khelil, « est un reflet des recomman-
dations énoncées lors de la tripartite de mai 2011 ».
Nombre de problèmes et questions ont été évo-
qués au cours des débats qui ont suivi chacune des
interventions toutes relatives à la fiscalité et à la
douane. Elles ont concerné « les nouvelles disposi-
tions de la LDF 2012 » présentées par Zikara, le
contentieux fiscal dans cette loi, (Ghanemi), l’aspect
douanier (Bentahar) et les informations fiscales liées
à l’environnement de l’entreprise développées par
Issaâd. Ce dernier, qui croit à une « véritable révolu-
tion de l’administration fiscale», a annoncé la créa-
tion incessante de plus de dix centres d’impôts dans
tout le pays en parallèle avec les centres des finances
créés en 2009. L’action commune de la Caci et
d’Algex (Algérienne des exportations) dans la vulga-
risation de toutes les dispositions douanières, a été
soulignée. Il a été rappelé que le « Couloir vert » du
circuit douanier est opérationnel depuis deux semai-
nes déjà et les entreprises sujettes à des dettes fisca-
les cumulées au 31/12/2011 bénéficieront d’un « trai-
tement privilégié » et pourront solliciter un échéan-
cier pouvant aller jusqu’à 36 mois avec même, souli-
gne-t-on, une possibilité de « ne payer que le droit
principal sans les pénalités ». Il est intéressant de
signaler une intervention portant sur « l’absence de
toute précision ou référence concernant l’informel
dans la LF 2012 » et d’ajouter la remarque perti-
nente « Qui paie quoi ? » dans chaque catégorie d’ac-
tivité. La réponse encourageante donnée est
« d’ enrichir au fur et à mesure notre mode de com-
munication et une réflexion est en cours pour satis-
faire le droit du citoyen de savoir où va l’impôt et ce
qu’est l’impôt » A. A.
I ABDELKRIM AMARNI
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LUNDI 9 JANVIER 2012
L’Actualité
L
a déclaration de Ahmed
Ouyahia, Premier ministre,
a été reçue avec satisfaction
par les métallurgistes du complexe
sidérurgique d’El Hadjar. La ten-
sion qui prévalait chez les tra-
vailleurs de l’entreprise
ArcelorMittal / Annaba, a baissé
d’un cran laissant place à l’apaise-
ment, après la déclaration du chef
du gouvernement, qui, lors d’un
point de presse, samedi dernier, et
en réponse à une question sur la
situation du complexe sidérurgique
d’El Hadjar, avait fait savoir
que « l’Etat ne lâcherait pas l’en-
treprise, encore moins les tra-
vailleurs… ». « Le message a été
reçu 5/5, et avec beaucoup de soula-
gement… », a fait savoir Smaïn
Kouadria, secrétaire général du
syndicat d’ArcelorMittal, lors d’un
entretien organisé dans le bureau
du syndicat. Notre interlocuteur a
ajouté qu’« à l’issue de la réunion
tenue, hier, dimanche au siège du
syndicat, il a été convenu que les
travailleurs adhèrent à toutes les
démarches entreprises par
l’Etat…» Mais, le représentant des
travailleurs n’a pas omis de mani-
fester son étonnement concernant
le blocage par la banque du projet
de financement du plan d’investis-
sement du complexe en question.
« Nous ne comprenons pas pour-
quoi l’institution financière impose
un gage supplémentaire, bien que
l’Etat ait donné des garanties… »,
une démarche qui a obligé la direc-
tion générale ArcelorMittal/
Annaba à réagir en fonction des
données de la situation.
Le directeur général, M. Vincent
Le Gouic, le staff technique et l’a-
vocat de l’entreprise Annaba, ont
procédé au dépôt de la déclaration
de cessation de paiement auprès du
tribunal compétent. Une mesure
juridique inévitable, comme expli-
qué par M. Bouraï Abdelmadjid,
président du comité de participa-
tion, présent lors de cette entretien.
Par ailleurs, il est à noter que les
porte-parole des travailleurs,
bureau syndical de l’entreprise
ArcelorMittal et comité de partici-
pation, ont affiché de bonnes dispo-
sitions, eu égard aux démarches de
l’Etat, qui devrait sans l’ombre
d’un doute, focaliser ses efforts
dans l’intérêt des travailleurs, avec
la préservation de leurs postes
d’emploi et la poursuite des activi-
tés du complexe et, s’il y a lieu, la
récupération du complexe. « En
somme, nous, représentants des
travailleurs, notre seul vœu est que
l’usine somsimte à fonctionner et
les employés conservent leurs pos-
tes d’emploi, mais dans tous les cas
de figure, la décision revient à
l’Etat » devaient dire les porte-
parole des travailleurs de
ArcelorMittal. S’étalant un peu
plus sur ce dernier point, le prési-
dent du comité de participation,
Abdelmadjid Bouraï, devait expli-
quer : « Seul, Son Excellence, le
président de la République est habi-
lité à prendre les décisions adéqua-
tes pour débloquer les fonds néces-
saires au lancement du plan d’in-
vestissement global… » Sur la
question relative aux crédits, le
représentant des travailleurs de
l’entreprise de sidérurgie, Smaïn
Kouadria, a reconnu que les
banques algériennes sont prioritai-
res en matière de crédits… On ne
comprend pas pourquoi on a
recours à des banques qui accor-
dent des crédits aux capitaux étran-
gers…», devait s’exclamer le syndi-
caliste. Avec un étonnement appa-
rent, il a été même jusqu’à dire :
« C’est une affaire dont les négocia-
tions se font au niveau gouverne-
mental, pour ne pas dire que cela
dépasserait même le ministre de
l’Industrie…» Des propos soutenus
par le président du comité de parti-
cipation « S’agissant des intérêts
des travailleurs, nous devons les
défendre ainsi que les entités de
l’Etat, comme c’est le cas du com-
plexe d’El Hadjar », soutient-il.
Toutes les déclarations faites par
les représentants des travailleurs
défendent l’intérêt général.
« Quand il s’agit de notre gagne-
pain, on sort de notre réserve, mais
on ne met pas le couteau à la
gorge… On essaye de trouver une
solution en tant que partenaires et
non en tant que fauteurs de trou-
bles… », dit-on. « Nous savons que
des opportunistes et des manipula-
teurs attendent l’occasion pour
semer la pagaille dans le com-
plexe… mais le travail du syndica-
liste a toujours été de s’allier avec le
rang des sages… », dira Smaïn
Kouadria, SG du syndicat d’entre-
prise ArcelorMittal. En outre, au
moment où la situation est au statu
quo, sous réserve que l’évolution de
la crise ne débouche sur une ferme-
ture inévitable, que les travailleurs
attendent impatiemment le
dénouement de la situation. Ils
attendent une initiative des pou-
voirs publics, portant sur le déblo-
cage des fonds nécessaires au lance-
ment du projet d’investissement
global (qui devrait sans doute per-
mettre, non seulement la sérénité
de l’entreprise, mais surtout l’aug-
mentation de la production et par
conséquent, le paiement de la
dette…) ou alors la récupération
des actions de l’entreprise d’El
Hadjar par l’Etat. Une éventualité
qui n’est pas écartée par les analys-
tes économiques. Pour l’heure, bien
que la Banque extérieure d’Algérie
exige des garanties supplémentai-
res pour débloquer les fonds au pro-
fit de l’investissement et bien que
la déclaration du chef du gouverne-
ment soit réconfortante, les repré-
sentants des travailleurs de l’entre-
prise ArcelorMittal affichent une
certaine appréhension quant au
dénouement immédiat de la crise.
Néanmoins, ils demeurent très
optimistes vis-à-vis des décisions du
gouvernement.
W. B.
ALORS QUE OUYAHIA RÉCONFORTE LES MÉTALLURGISTES
ArcelorMittal se déclare en cessation de paiement
« NOTRE VŒU est que l’usine continue à fonctionner et que les employés conservent leurs postes
d’emploi », disent les syndicalistes.
I WAHIDA BAHRI
C
’est devenu une coutume. Chaque début
d’année, le pays s’embrase. Des chô-
meurs, essentiellement des jeunes, sont
sortis, dans la matinée de ce dimanche 8 janvier,
à Skikda, Laghouat et Ouargla pour réclamer de
l’emploi, dénoncer les dépassements de certaines
institutions en matière d’embauche et protester
contre le mépris des autorités, indique le journal
électronique TSA. « Les jeunes sans emploi se
sont rassemblés aujourd’hui à Skikda devant le
port, à Laghouat devant le siège de la wilaya et à
Ouargla devant la direction régionale de
l’Agence nationale de l’emploi (Anem) », indique
l’un des porte-parole du Comité national pour la
défense des droits des chômeurs (Cnddc),
Tahar Belabes.
D’après ce dernier, le choix de ces trois villes
n’est pas fortuit puisque le chômage gangrène
les jeunes de ces villes alors qu’ accueillent une
importante activité dans le domaine des hydro-
carbures. Mais la protestation la plus impres-
sionnante de la journée n’est autre que la grève
générale. Laghouat a également été « quasiment
paralysée » par cette grève générale à laquelle
ont participé les travailleurs de tous les secteurs
en solidarité avec les demandeurs de logements
sociaux.
La population de la ville de Laghouat a
déclenché cette grève en signe de protestation
contre les responsables de la wilaya accusés de
« détournements de deniers publics et d’incom-
pétence dans la gestion des affaires publiques »,
rapportent certains jeunes de la ville sur la Toile.
Ainsi, « les transports en commun, les locaux de
commerce et plusieurs autres institutions ont
été paralysés par cette grève et les protestations
continuent devant le siège de la wilaya, les pro-
testataires demandant le départ de plusieurs
hauts responsables », ajoutent les même jeunes.
Il faut rappeler que Laghouat est en efferves-
cence depuis l’affichage, le 2 janvier dernier,
d’une liste de bénéficiaires de logements sociaux
contestée par une partie des postulants aux loge-
ments. Cette grève générale enclenchée à
Laghouat ressemble à celle initiée à la même
période en 1957. A cet époque le peuple algérien
avait défié le colonialisme avec ce qui est appelé
la grève générale de huit jours (janvier - février
1957). Cette fois c’est le peuple qui défie son gou-
vernement contre le ras-le-bol des jeunes qui ne
voient aucun avenir se profiler à l’horizon. Le
pire dans cette histoire est que cela pourrait être
« l’hiver algérien » qui s’annonce…Les commen-
taires qui circulent sur la Toile le laissent présa-
ger en tout cas. Le pays l’avait échappé belle
l’année derrière à la même période. Mais les
autorités n’ont pas appris des erreurs du passé.
En un an de révoltes sociales rien n’a changé et
l’Anseg risque de ne plus faire effet…Alors,
comme on dit « Allah Yestar ». W. A. S.
LAGHOUAT, OUARGLA, SKIKDA
LA TENSION MONTE !
EXCÉDÉS PAR l’injustice et la bureaucratie, les citoyens de Laghouat ont enclenché hier une grève
générale largement suivie.
Les hauts-fourneaux d’El Hadjar ne s’arrêteront pas
TIZI OUZOU
Les transporteurs
ferment la nouvelle gare
La nouvelle gare multimodale a
été fermée hier à la circulation
par les transporteurs de
voyageurs. A l’origine de leur
action, les protestataires
évoquaient les défaillances
existantes au sein de cette
nouvelle station mise en service
avec le nouveau plan de
transport de la ville de Tizi-
Ouzou. L’action a duré toute la
journée d’hier causant la
paralysie totale du transport
inter-wilaya. En effet, les
taxieurs comme les chauffeurs
de bus n’ont pas pu rejoindre
leurs destinations car tous
travaillent au sein de la
nouvelle gare. Hier donc, les
protestataires soulevaient
plusieurs points empêchant la
gare d’être en service. En
premier lieu, il a été évoqué la
question de la sécurité au
niveau de la station. Située à
plusieurs kilomètres à la
périphérie de la ville de Tizi-
Ouzou, la gare n’offre aucune
garantie de sécurité pour les
biens et les vies des voyageurs.
En second lieu, les
transporteurs qui se disaient
penser au bien-être des
voyageurs évoquaient la
distance qui sépare ces derniers
de la station. Pour se rendre à
Alger, il faut, en effet, d’abord
trouver un transport pour
joindre la nouvelle gare
intermédiaire. Bien sûr, en fin
de compte, la grève est motivée,
elle, par la volonté de ces
derniers, de retourner à
l’ancienne gare située juste à la
sortie Ouest de la ville des
Genêts. En fait, déjà avant cette
grève d’hier et la fermeture de
la nouvelle gare, la situation
dans le secteur des transports,
s’est tellement dégradée depuis
la mise en service du nouveau
plan de transport. Plusieurs
grèves ont déjà été organisées
par les transporteurs de
différentes lignes afin d’alerter
les pouvoirs publics sur la
situation délétère de ce secteur.
La crise est demeurée sans
amélioration. D’un autre côté et
parallèlement aux
transporteurs, les voyageurs
ont, depuis, subi plusieurs
augmentations des tarifs sans
que les services en question ne
viennent mettre un terme à ces
pratiques frauduleuses.
KAMEL BOUDJADI
BÉJAÏA
La RN 12 bloquée
Les usagers de la RN12,
reliant la ville de Béjaïa aux
contrées de la vallée de la
Soummam ont payé encore
hier les frais d’une
manifestation de rue initiée
sans prévenir par les
villageois de Taourirth Larbaâ.
Ces habitants relevant
d’autres villages limitrophes
ont procédé à la fermeture de
cet important axe routier pour
exprimer leur ras-le-bol quant
à « la situation de précarité »,
qui les touche de plein fouet,
mais également au silence
observé par les autorités
concernées quant à leur cris
successifs de détresse.
Conséquemment, les usagers
de la RN 12 ont dû faire un
long détour périlleux pour se
rendre dans les deux sens en
empruntant la RN 75. Bien sûr,
pour ceux qui ont la chance
d’être prévenu à temps. Pour
les autres, des centaines de
voitures se sont retrouvées
coincées dans des énormes
bouchons les obligeant à
l’immobilisation totale.
AREZKI SLIMANI
I WALID AÏT SAÏD
De Quoi j’me Mêle
LUNDI 9 JANVIER 2012
5
32 millions de
citoyens sont
passés aux
urgences en 2011
PLUS DE 32 MILLIONS d’examens
médicaux en urgence, plus exacte-
ment 32 423 811, ont été effectués
dans les hôpitaux du pays en 2011.
Dans un bilan du secteur de la
santé, il est aussi signalé que les
examens spécialisés pris en charge
par le secteur public sont de plus de
7 millions (7.783.748). Plus de 150
millions d’analyses médicales et
plus de 13 millions d’examens radio-
logiques ont également été assurés
par le secteur. Le ministre de la
Santé rappelle au passage que plus
de 7 millions d’interventions de chi-
rurgie dentaire ont également été
effectuées dans le même cadre.
D
es éclats de voix rompirent sou-
dain le doux murmure des dis-
cussions étouffées mêlées au
discret cliquetis des fourchettes et des
sporadiques tintements des verres.
Une bande de joyeux lurons venait de
faire une entrée bruyante dans le
modeste bar-restaurant. L’ami Hassan
tourna la tête pour essayer de distin-
guer dans la lumière diffuse les joyeux
perturbateurs. « Voilà une scène qu’on
ne risque pas de voir dans notre
cinéma ! » dit-il, dans un soupir.
« Laisse-moi rire ! L’alcool comme l’a-
mour tels qu’ils sont perçus par l’im-
mense majorité des gens seront
absents encore pour longtemps de nos
écrans. Sais-tu qu’il y a un ministre qui
a demandé aux réalisateurs, juste
après la projection d’un film où il y
avait une scène de libations, de ne pas
montrer les gens en train de boire et
de remplacer la bière par une boisson
plus orthodoxe ? C’est ce qui a poussé
le caricaturiste Slim à nommer
« leben », l’innommable boisson. Et les
différents protagonistes de la produc-
tion ne se sont pas élevés contre cette
vision tronquée et partisane d’une
réalité algérienne. Et en premier lieu,
les réalisateurs. Il faut dire que les
conditions de travail étaient difficiles :
pauvreté des budgets et poids de la
censure. Dans un système où rien ne se
passe «normalement», où les relations
personnelles et les interférences extra-
professionnelles sont nombreuses, il
faut tirer chapeau à celui qui ose impo-
ser son point de vue et, à partir de rien
du tout, offrir une œuvre d’art «pota-
ble», un objet de consommation cou-
rante que téléspectateurs ou critiques
salueront sans connaître les tracasse-
ries subies par l’auteur. Dans l’itiné-
raire du projet, beaucoup d’embûches
attendent le maître d’œuvre. Il y a d’a-
bord l’étincelle du début qui fait que le
réalisateur est, inspiré par un texte
écrit par-ci, un article lu dans l’entrefi-
let d’un quotidien par-là, une rencon-
tre fortuite dans un café ou tout sim-
plement, pour celui qui travaille pour
une entreprise de communication, la
remise d’un synopsis en bonne et due
forme par le responsable concerné. Et
c’est là que le réalisateur, inspiré, doit
faire le choix fatal, aller jusqu’au bout
du projet si le sujet lui tient à cœur, ou
alors le reléguer au grenier si les diffi-
cultés qui commencent à s’amonceler
obscurcissent l’horizon.
Evidemment, tout dépend du genre
de sujet et tout dépend du caractère
du réalisateur. Combien se sont pro-
menés, des années durant, avec leur
scénario sous le bras (le sujet de leur
vie, qu’ils disent) sans arriver à bon
port, parce que leur sujet était trop
ambitieux (trop coûteux !) et leur
talent présumé ne permettait pas aux
responsables de la production de des-
serrer les cordons de la bourse qui
répondent souvent, il faut le dire, au
sésame des rapports personnels. Ainsi,
il y a des textes qui, après trois décen-
nies, restent toujours sur les rayons
poussiéreux d’une bibliothèque négli-
gée, comme des souvenirs d’une jeu-
nesse naïve et volontaire. Quand le
sujet est difficile, le réalisateur (qui en
est souvent l’auteur) n’hésite pas à le
discuter avec ses amis autour d’un
café, d’une bière et à le remodeler au
fur et à mesure des rencontres qu’il
fait. Il lui faudra ensuite convaincre
une commission de lecture désignée
au sein de l’entreprise ou du ministère
concerné pour donner l’avis de faisabi-
lité du projet et débloquer ainsi les
mécanismes de financement de l’en-
treprise. Et là aussi, il faut voir les
efforts déployés par le réalisateur pour
finaliser le montage financier, c’est-à-
dire la réunion des capitaux suscepti-
bles de transformer les pages dactylo-
graphiées en film. Et au moment où les
entreprises publiques, déstructurées
par le vent d’un libéralisme importé,
c’est à un exercice de haute voltige
auquel doit se prêter le réalisateur
pour arriver à ses fins: convaincre les
intervenants de la justesse de son
point de vue. Ainsi, une fois le devis du
film signé, le réalisateur doit passer à
l’autre étape, bien déterminante, de la
concrétisation de son projet. » S. M.
RÉALISME
« Réalisme : art de dépeindre la nature telle qu’elle est vue par les crapauds. Charme qui ressort
d’un paysage peint par une taupe, ou d’une histoire écrite par un asticot. » Ambrose Bierce
I SELIM M’SILI
ON
remet
ÇA
LE MINISTRE des Affaires
religieuses et des Wakfs,
Bouabdallah Ghlamallah,
a affirmé que les trois
huitièmes du montant
collecté au niveau natio-
nal par le Fonds de la
Zakat en 2011, estimé à
1,14 milliard de dinars,
iront aux crédits pour les
jeunes. Le ministre a
considéré que cette
somme est dérisoire et a
appelé tous les dona-
teurs à se rapprocher du
Fonds pour y déposer
leurs contributions et
renforcer ainsi les liens
de solidarité et d’entraide
au sein de la société.
Les 500 associations annabies
risquent la dissolution
AU MOINS 491 associations agréées dans la wilaya de
Annaba encourent une dissolution pour cessation d’activi-
tés et absence totale sur la scène locale. Sur les 1.048 asso-
ciations agréées dans cette wilaya et présumées activant
dans différents secteurs (culturel, social et économique),
seules 538 associations sont effectivement présentes sur le
terrain, dont 317 présentant des bilans particulièrement
positifs. Ces associations actives investissent surtout les
domaines du sport, de la solidarité sociale, de la santé, de la
protection de l’environnement, de l’éducation et les affaires
religieuses. Durant l’année 2009, 45 associations avaient été
légalement dissoutes et 28 autres avaient fait l’objet de déci-
sions de gel d’activités, est-il noté de même source.
Cinq wilayas seront dotées de centre de traitement du cancer
CETTE ANNÉE verra l’ouverture de centres spécialisés de traitement du cancer dans les wilayas de Sidi
Bel Abbès, Annaba, Sétif, Constantine et Béjaïa. Par ailleurs, les établissements hospitaliers répartis à
travers le pays disposent de 72 cellules d’écoute et d’orientation au profit des cancéreux, composées de
psychologues, de médecins généralistes et de paramédicaux. D’autres maladies sont aussi combattues
à travers divers moyens. Rappelons que l’Etat avait dépensé, l’année dernière, une somme de 26 millions
de dollars pour l’achat de différents vaccins afin de mieux prendre en charge les malades.
Les policiers
arabes se
donnent rendez-
vous à Alger
L’ALGÉRIE abritera le 36e
Congrès des directeurs
généraux de police et
de sécurité arabes les
5 et 6 décembre 2012.
Les policiers arabes
sont intéressés par l’ex-
périence de la Dgsn en
matière de gestion
pacifique des foules.
Selon la Dgsn, les
mouvements de foule
doivent être gérés
selon des règles bien
définies loin de tout
abus ou dépassement
et sans porter aucun
préjudice à la dignité
du citoyen. Ces notions
ont déjà été exposées
lors d’une récente ren-
contre qui a eu lieu au
Liban. La Direction
générale de la Sûreté
nationale était classée
en première position à
l’issue d’un concours
sur la réalisation du
meilleur spot de sensi-
bilisation.
Le paysage
médiatique
enrichi d’une
revue médicale
SANTÉ MAG se penche
dans son premier numéro sur
plusieurs dossiers décorti-
qués par des spécialistes. Le
Pr Kamel Bouzid se penche
sur la lutte contre le cancer
alors que le Dr Khalil Amrani
explique les maladies dues à
des allergies. Diabète, sida et
greffes rénales figurent aussi
au sommaire du premier
numéro. Les praticiens appré-
cient cet outil médiatique car
il permet de vulgariser les
résultats de divers évène-
ments ou rencontres scienti-
fiques. L’équipe rédaction-
nelle compte imposer son
concept dans un environne-
ment qui compte déjà de
nombreuses publications de
bonne facture, éditées par
des sociétés savantes et
entièrement animées par des
praticiens. Cette revue men-
suelle sera le reflet des pré-
occupations de la corporation
des médecins mais aussi des
patients.
Ghlamallah appelle les riches à s’acquitter de la Zakat
6
MERCREDI 28 DÉCEMBRE 2011
L’Actualité
L
e port d’Alger va se doter
d’un guichet unique. Ce
dernier se veut un instru-
ment de facilitation des opéra-
tions portuaires. Il fait partie de
toute une panoplie d’équipe-
ments de l’enceinte portuaire qui
se prépare à accueillir un impor-
tant lot d’intrants et de maté-
riaux de construction, notam-
ment pour la réalisation du grand
projet dénommé Mosquée
d’Alger. Il aura notamment pour
mission la maîtrise du flux de
marchandises. Il permettra égale-
ment l’échange d’informations
entre tous les professionnels por-
tuaires de façon confidentielle.
Cet outil, dont l’entrée en opéra-
tion, est annoncée pour cette
année, insufflera donc une nou-
velle dynamique à l’activité du
port de la capitale. C’est du
moins ce que vient de déclarer M.
Abdelaziz Ghettas, directeur
général adjoint au port. Le gui-
chet unique, initié par le minis-
tère des Transports, « est un
réseau de télécommunications à
valeur ajoutée permettant à tous
les professionnels portuaires et à
l’administration des Douanes
d’échanger des données et des
messages en toute confidentialité
et sécurité », a en effet expliqué
M. Ghettas.
Ce portail électronique gère le
suivi physique, administratif,
commercial et douanier des mar-
chandises assurant ainsi une
grande fiabilité dans les procédu-
res d’importation et d’exporta-
tion, tout en réduisant les délais
de passage portuaire des mar-
chandises, a-t-il précisé. Outre le
port d’Alger, qui a d’ores et déjà
entamé des essais pour l’installa-
tion de ce système dit « Port
Community Systems », ceux
d’Oran et de Skikda bénéficie-
ront également de la mise en
place de ce projet pilote, a indiqué
pour sa part Mme Meriem
Berrahma, directrice des systè-
mes informatiques du port de la
capitale. L’installation de ce
réseau, qui sera généralisé par la
suite à l’ensemble des ports
nationaux, permettra également
d’assurer l’unicité de l’informa-
tion, une meilleure qualité de
service ainsi que la réduction des
coûts de la gestion documentaire,
a-t-elle relevé. M. Ghettas a en
outre fait part de l’aménagement,
au cours de cette année, de maga-
sins et d’entrepôts vétustes en
nouveaux espaces de 45000 m
2
pour l’entreposage et le traite-
ment des conteneurs. Le renfor-
cement des quais permettra éga-
lement l’installation d’équipe-
ments de portiques pour le traite-
ment de ces conteneurs, ce qui
permettra d’accélérer la cadence
de débarquement jusqu’à concu-
rence de 30 boîtes par heure
contre 8 à 12 actuellement.
Le groupe émirati DP World
est chargé de la gestion du termi-
nal à conteneurs du port d’Alger,
en vertu d’un accord de conces-
sion signé en novembre 2008
entre l’Entreprise portuaire
d’Alger (Epal) et DP World.
Les travaux d’aménagement,
qui vont démarrer le premier tri-
mestre 2012, seront réalisés par
le groupe algérien Cosider, a pré-
cisé M. Ghettas.
Le port d’Alger doit aussi
acquérir un remorqueur et de
nouveaux équipements de manu-
tention pour faciliter le traite-
ment des navires et réduire la
durée de transit des marchandi-
ses, a encore révélé la même
source. L’équipement de cette
enceinte portuaire a été donc
rendu nécessaire par le besoin de
fluidifier le transit des marchan-
dises appelé à augmenter avec
l’importation attendue d’équipe-
ments et de matériaux de cons-
truction, notamment pour la
réalisation de la Mosquée d’Alger,
a-t-il précisé. L’Epal prévoit, par
ailleurs, de créer un port sec à
Rouiba dans le cadre d’un parte-
nariat avec la Stim(Société de
transport intermodal de mar-
chandises), filiale de la Société
nationale des transports ferro-
viaires (Sntf), a enfin indiqué le
DG adjoint du port.
Constitué de deux sites, l’un
appartenant à l’Epal et l’autre à
la Sntf, superficies respectives de
13 et 9 hectares, ce port sec, qui
sera desservi par des réseaux
ferroviaires et routiers, est des-
tiné à l’entreposage et au stoc-
kage des marchandises transfé-
rées du port d’Alger, a expliqué ce
cadre dirigeant. Une équipe a
déjà été installée pour le suivi et
la concrétisation de ce projet, a-t-
il ajouté. Espaces situés à l’exté-
rieur des enceintes portuaires
pour le groupage et la distribu-
tion de marchandises, les ports
secs ont des fonctions correspon-
dant à celles d’un port maritime
et comprenant des services de
dédouanement.
S. B.
IL RECEVRA DES ÉQUIPEMENTS POUR LA CONSTRUCTION DE LA GRANDE MOSQUÉE
Le port d’Alger augmente ses capacités
L’ENCEINTE PORTUAIRE se prépare à accueillir les matériaux qui serviront à la construction
de la Grande Mosquée d’Alger. Un chantier qui verra la mobilisation de grandes sociétés nationales
et internationales.
I SALIM BENALIA
Les travaux d’aménagement vont démarrer le premier trimestre
2012, et seront réalisés par le groupe algérien Cosider
CHALUTIER EL KHALIL
Découverte du corps
d’un quatrième marin
de l’équipage
Le corps d’un quatrième marin de
l’équipage du chalutier El Khalil,
porté disparu, il y a dix jours, au
large des côtes de Ténès (Chlef), a
été repêché samedi soir par les
gardes-côtes de la marine natio-
nale sur la côte est d’Alger, a
annoncé le président de la cellule
de crise mise en place à Ténès, au
lendemain de cette disparition. Le
corps a été identifié comme étant
celui de Boughrara Mahfoud, âgé
de 52 ans et père de quatre
enfants, a indiqué la même source
en signalant qu’il s’agit du qua-
trième corps des membres de l’é-
quipage du chalutier, composé de
huit marins, à être découvert
depuis la disparition du bateau, le
30 décembre dernier.
CONSTANTINE
14 ouvriers échappent
à une asphyxie au gaz
Quatorze (14) travailleurs turcs
d’une entreprise de travaux
publics ont échappé « de jus-
tesse » hier matin à une
asphyxie au gaz naturel dans la
commune de Aïn Abid (45 km au
sud-est de Constantine), a-t-on
appris auprès de la direction de
la Protection civile.
Les ouvriers, résidant ensemble
dans un appartement à Aïn Abid,
ont été incommodés par des
émanations de gaz naturel pro-
venant d’appareils de chauffage
et d’un chauffe-bain, a précisé le
chef du service de prévention au
sein de cette direction. Souffrant
de vomissements et de maux de
tête, ils ont reçu les premiers
secours sur place avant d’être
acheminés vers l’hôpital de la
même commune, a-t-on indiqué,
ajoutant que 10 parmi les victi-
mes ont été évacués par des par-
ticuliers. Malgré l’organisation
régulière de campagnes de sen-
sibilisation contre les dangers
que peut présenter une mau-
vaise utilisation du gaz naturel,
le « feuilleton macabre » des
accidents de ce genre provo-
qués par le gaz ou par le mono-
xyde de carbone, a pris des
« proportions inquiétantes »,
notamment ces dernières
années, continuant d’endeuiller
des familles ne prenant pas suf-
fisamment de précautions pour
s’en prémunir, selon la même
source.
IL SERA JUGÉ PAR CONTUMACE
Belmokhtar connaîtra
son sort le 22 janvier
Mokhtar Belmokhtar, alias
Belaouar, un des chefs du réseau
terroriste Al Qaïda au Maghreb
islamique (Aqmi), actuellement en
fuite, sera jugé le 22 janvier par le
tribunal criminel d’Alger, pour
« appartenance à un groupe terro-
riste et homicides volontaires »,
a-t-on appris auprès de la cour
d’Alger. Belmokhtar et neuf autres
co-accusés doivent répondre
devant les Assises d’Alger des
chefs d’inculpation d’ « apparte-
nance et d’adhésion à un groupe
terroriste activant à l’intérieur et
à l’extérieur du pays, homicides
volontaires avec préméditation et
guet-apens », selon le rôle de la
troisième session criminelle
d’Alger 2011. « Mokhtar
Belmokhtar sera jugé ainsi que
neuf autres inculpés, dont quatre
en fuite, le 22 de ce mois par le tri-
bunal criminel d’Alger », a, pour
sa part, précisé à l’APS, un des
avocats de la défense, Me Hadria
Khanouf. Mokhtar Belmokhtar
avait été condamné par contu-
mace à 20 ans de réclusion crimi-
nelle par les Assises d’Alger pour
des faits similaires.
L
a production du lait cru est passée de
390 millions de litres en 2010 à
572 millions en 2011. Malgré le taux
de croissance qui a été enregistré par la filiale
lait, le ministre de l’Agriculture Rachid
Benaïssa rappelle les objectifs de la politique
nationale en matière d’indépendance alimen-
taire.
« Soyez pragmatiques. Il ne suffit pas de
présenter de bons rapports au ministre pour
dire qu’il est satisfait des résultats. Le chemin
est encore très long », a rappelé hier, le minis-
tre de l’Agriculture et du Développement
rural lors de la rencontre avec les directions
régionales de la filière lait à Alger. Le Dr
Rachid Benaïssa s’est montré disposé à dialo-
guer avec les éleveurs et les agriculteurs de
tous bords, à condition que les iniatives et
programmes proposés s’inscrivent dans le
sens du développement du secteur agricole.
Ainsi, il a répondu aux nombreuses préoccu-
pations des acteurs sur le terrain qui se sont
plaints publiquement du blocage administra-
tif aux niveaux régional et de wilaya : « Les
messages du ministre de l’Agriculture n’arri-
vent pas souvent à la base. Nous sommes
disposés à redoubler d’effort pour produire dix
fois plus et mieux que la production actuelle.
Mais il faut que l’on apprendne à commu-
niquer et écouter les préoccupations des éle-
veurs, afin d’élever la barre de la production
nationale », a rejetté un des éleveurs au siège
du ministère.
S’agissant du nombre des éleveurs qui ont
la charge de la production de ce produit de
première nécessité (lait), les statistiques des
services agricoles ont avancé un chiffre qui se
situe entre 26 000 et 30 000 éleveurs, dont
16 000 à 17 000 qui ont adhéré au dispositif de
l’amélioration de la production du lait. Quant
aux laiteries spécialisées dans la transforma-
tion du lait cru, leur nombre s’élève à 140
pour la même année 2011. L’importation des
vaches laitières connaît une augmentation
sensible par rapport à l’année 2010. L’année
2011 a enregistré un nombre de 66 000
vaches à raison de 1500 à 2000 euros pour
une genisse.
La consolidation de la production natio-
nale, nécessite en l’état actuel des choses, des
mécanismes adéquats, afin d’assurer la dispo-
nibilité du lait sur le marché national.
Le chiffre d’affaires relatif à la production
nationale du lait en 2011 s’élève à 146
milliards de dinars, toutes charges confon-
dues, selon M. Fathi Messar, directeur général
de l’Onil (Office national interprofessionnel
du lait). Le Comité interprofessionnel du lait
(CIL) a proposé lors de cette rencontre, l’ex-
tension et développement de la culture des
espaces liés à l’élevage des vaches (fourra-
gères), afin de booster la production du lait
cru.
Par ailleurs, le manque de lait qui a été
enregistré dans certaines régions du pays, est
causé par les perturbations de certaines lai-
teries qui ont connu des difficultés internes.
Les pouvoirs publics concernés ont pris les
dispositions nécessaires afin d’éviter le
manque du produit sur le marché national. Le
même dispositif à été annoncé pour la stabi-
lité de la production des viandes blanches, les-
quelles ont connu des augmentations inat-
tendues notamment celle du prix du poulet, a-
t-on promis. A. C.
LAIT EN POUDRE
26 000 vaches pour réduire l’importation
LE SECTEUR agricole a enregistré en 2011, une baisse remarquable du lait en poudre.
I AMAR CHEKAR
P
h
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:

R
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o
u
d
i
n
a
7
LUNDI 9 JANVIER 2012
L’Actualité
L
a rareté du produit influe toujours sur le
prix. Comme nous l’avons déjà rapporté, la
saison oléicole de cette année n’est pas
fameuse. Les raisons sont multiples. En plus du
manque d’entretien, les oliviers n’ont pas été
productifs puisque cet arbre rustique est géné-
reux une année sur deux. Ces deux facteurs res-
tent les plus déterminants dans la montée du
prix du litre d’huile qui est passé de 350 DA à
plus de 500 DA pour la récolte de cette année.
L’inexistence de circuits de commercialisa-
tion, l’anarchie qui domine dans la filière et l’ap-
parition des lobbies autour de la profession ont
accentué les spéculations et sont à l’origine de
cette hausse. Au regard des difficultés que ren-
contrent les paysans, 500 DA le litre reste un prix
conforme quand il est comparé aux augmenta-
tions qui ont touché toutes les filières agricoles.
La rareté des olives a aussi amené les huile-
ries à s’alimenter à partir d’autres régions du
pays. Là, c’est la qualité qui en prend un coup. «
Achemlal » de M’Chedallah est une variété très
prisée pour son taux d’acidité qui avoisine zéro
pour cent. Parce que les oliviers de la région
n’ont pas donné assez de grains, les huileries sont
dans l’obligation de mélanger cette variété avec
des olives venues de l’ouest du pays.
Un autre produit proteïnique a vu son tarif
monter en flèche : la sardine est cédée à Bouira
entre 400 et 450 DA. La cause selon les plus
initiés est à mettre à l’actif de spéculateurs de
tout bord.
Le monopole, le mutisme qui entoure la vente
et l’achat, les aléas de la nature sont les princi-
paux paramètres qui dictent le prix. Au bout de
la chaîne et quelles que soient les raisons, le
citoyen paie. Un kilo de sardine, un produit jadis
réservé aux plus démunis puisque les plus nantis
eux s’alimentent avec du poisson blanc, gras, ne
peut suffire à une famille modeste. 500 DA équi-
vaut à une journée de travail.
La hausse a aussi touché les légumes et les
fruits. Aucune justification ne peut servir pour
expliquer un phénomène redondant. En hiver, en
été, en automne ou au printemps, les légumes et
les fruits même de saison restent au dessus des
moyens d’une famille. Cette hausse découle de la
situation du marché.
Comme pour l’ensemble des autres filières, la
présence d’intermédiaires et l’inexistence de cir-
cuits officiels de commercialisation sont les
vraies raisons d’un état de fait qui profite à une
poignée de gros bonnets qui s’enrichissent sur le
dos du peuple. A. M.
I EL BOUALI DJILALI
TRAGÉDIE
DU BATEAU
«EL KHALIL» DE TÉNÈS
Les deux
hypothèses
du drame
A
u total cinq corps des
marins pêcheurs qui
étaient à bord du
bateau de pêche El Khalil lors
de son naufrage jeudi dernier
ont été retrouvés. Les deux
derniers, ont été repêchés
après avoir été rejetés par la
mer et retrouvés au niveau des
plages de La Pérouse et d’El-
Harrach aux environs d’Alger.
A titre de rappel, l’équipage du
bateau «El-Khalil» était cons-
titué de huit marins pêcheurs,
tous originaires de la ville de
Ténès. Comme à l’accoutumée
ce bateau était sorti le jeudi 29
décembre 2011, au soir, en mer
pour une pêche à la crevette à
environ trois miles de la côte.
Selon une source proche de la
cellule de crise installée à cet
effet, le capitaine du bateau
aurait fait part juste avant sa
disparition de son désir de ren-
trer au port dès qu’il aura
remonté le panneau qui sert à
maintenir les filets de pêches
entrouverts. Cet équipement,
qui pèse selon nos informa-
tions plus de deux quintaux,
aurait été accroché à la vase.
Toujours selon nos sources,
lorsque cette situation se pré-
sente à un bateau, générale-
ment l’option d’abandon des
panneaux est envisageable, et
ce afin de préserver le bateau
et par conséquent la vie de son
équipage. Cette hypothèse s’a-
joute à celle d’un éventuel acci-
dent en mer. En effet, certaines
sources, non confirmées avan-
cent que le bateau en question
aurait été percuté par un autre
bateau commercial. Suite à cet
accident supposé, El Khalil
aurai été sérieusement endom-
magé et il a coulé. Mais aucun
indice ni preuve à même de
corroborer cette hypothèse
n’est disponible. Seule la com-
mission d’enquête est capable
d’élucider les circonstances
exactes de ce drame survenu
en ce début d’année 2012. Pour
l’instant, malgré les recherches
qui se sont intensifiées ces der-
niers jours on est toujours sans
nouvelle des trois autres
marins-pêcheurs qui sont des
frères. Quant à l’épave du
bateau, sa localisation demeure
inconnue. E. B. D.
N
edjma boucle l’année 2011
avec 100 boutiques à tra-
vers le pays et renforce
ainsi son réseau de vente qui ne
cesse de s’élargir avec une crois-
sance exponentielle lors des
années précédentes, et qui sera
encore étoffé de nouvelles ouver-
tures très prochainement.
Dans un style sobre et
moderne et en respectant l’iden-
tité visuelle de la compagnie, les
boutiques Nedjma sont conçues
selon les meilleures normes d’er-
gonomie et de commodité, assu-
rant ainsi une bonne prise en
charge des clients et un traite-
ment efficace des requêtes.
Ces boutiques situées pour la
grande majorité en plein centre-
ville des grandes agglomérations
et dans les zones nécessitant une
présence des services de Nedjma
(aéroports, centres commer-
ciaux, etc.), assurent un service
continu et des prestations qui
répondent à l’attente de nos
clients.
Une multitude de prestations
de services sont dispensées aux
clients, tels que la facturation, la
commercialisation des produits
et services Nedjma, la configura-
tion de téléphones portables etc.
En outre, plusieurs boutiques
Nedjma sont dotées de la borne
automatique Nedjma
Self-Service, la nouvelle solution
de rechargement de crédit via le
Storm et l’achat de cartes de
recharge. Ce service innovant,
en accès libre, premier du genre
en Algérie, allie l’efficacité à la
rapidité et la simplicité d’utilisa-
tion.
En plus des 100 boutiques, le
réseau commercial de Nedjma
compte aussi 237 Espaces
Services Nedjma (ESN), 40 City
Shops et 14 Shops in Shop. Des
Espaces conviviaux qui rappro-
chent davantage Nedjma de ses
clients dans toutes les régions du
pays.
Pour les différentes opéra-
tions, les clients peuvent se rap-
procher de la boutique la plus
proche où le meilleur accueil leur
est réservé par des conseillers
bien formés.
A i n s i ,
Nedjma clôture
l’année 2011
avec une belle
per f or mance
commer ci al e
en atteignant le
chiffre symbo-
lique de 100
boutiques à tra-
vers le territoire
national. Une
réalisation qui
conforte le
principe de pro-
ximité de
Nedjma, qui
veut toujours
être proche de
ses clients.
Nedjma boucle l’année 2011 avec 100 boutiques
D
eux mois après son lance-
ment, la campagne de
ramassage des olives dans
la région de la basse Kabylie a per-
mis de collecter quelque 04 millions
de litres d’huile. Bien qu’on soit à
mi-chemin de cette campagne,
l’espoir d’atteindre le rendement de
l’an passé se réduit comme une
peau de chagrin. Avec un rende-
ment moyen des premières récoltes
ne dépassant pas les 18 litres par
quintal alors que durant les précé-
dentes campagnes il avait atteint
les 22 litres le quintal, la récolte de
cette saison s’annonce moyenne et
loin des attentes, selon des chiffres
de la DSA, qui annonce une prévi-
sion de 9 millions de litres pour la
saison entière. L’optimisme affiché
dès le lancement de la saison s’est
vite estompé pour laisser place
même à un doute quant aux prévi-
sions annoncées. En effet,
M. Oussalah de la Chambre d’agri-
culture était beaucoup plus opti-
miste récemment en prédisant une
collecte de 12 millions de litres.
En attendant, les paysans pour-
suivent toujours la cueillette
laquelle devrait s’achever dès le
mois de mars si toutefois les capri-
ces du temps le permettent. Le
temps qui se gâte assez régulière-
ment ces derniers jours n’a pas
manqué de provoquer un retard
dans l’opération de ramassage des
olives.
Face à ces mauvais résultats
annoncés, le prix du litre d’huile
flambe sur le marché local. Il est
cédé présentement à 500 DA. Ce
n’est qu’un début car si les prévi-
sions s’avèrent fausses, la flambée
sera plus conséquente. Même
l’huile de l’an dernier se négocie
autour de 350 et 380 DA. C’est la
loi du marché qui se matérialise.
Lorsque la demande dépasse l’offre,
cela se traduit par une augmenta-
tion des prix. Il est utile de rappeler
que l’an passé la récolte avait
atteint les 15 millions de litres avec
un rendement moyen de 23 à 24 lit-
res par quintal d’olive. La présente
saison est frappée par deux handi-
caps. La quantité d’olives qui est
insuffisante s’ajoute au faible ren-
dement au quintal.
Des paysans expliquent cette
situation par le climat qui a sévi
l’année dernière et les moyens
dérisoires utilisés pour entretenir
les oliviers. L’olivier dépérit à
Béjaïa. La culture de l’olivier, qui a
été toujours une exploitation fami-
liale, est en passe de prendre une
nouvelle forme et les investisse-
ments, qui s’opèrent dans le sec-
teur, sont des indices qui ne trom-
pent pas. Le groupe Ifri a investi
plusieurs milliards ces dernières
années dans ce secteur pour diver-
sifier sa présence dans la chaîne
agroalimentaire. Il a lancé «Les
huileries d’Ouzellaguen» dont les
diverses activités vont de la produc-
tion, au traitement et au condition-
nement de l’huile d’olive en passant
par la culture intensive de l’olivier.
Ce projet entrera incessamment en
production. Le complexe en ques-
tion est doté d’une capacité journa-
lière de trituration de 40 quintaux.
Il répondra aux normes européen-
nes en la matière. L’huile va être
exportée vers les marchés nord-
américain et asiatique.
De leur côté, les pouvoirs
publics ne sont pas restés en marge.
Sachant la qualité de l’huile de la
région, plusieurs actions ont été
entreprises pour l’amélioration de
la situation, à savoir le rajeunisse-
ment des plantations par la planta-
tion de nouveaux arbres et l’entre-
tien des anciens vergers, l’ouver-
ture de pistes agricoles, etc. La
direction de l’agriculture a accordé
33% du budget octroyé au secteur
de l’agriculture à l’amélioration de
l’oléiculture de la wilaya. La région
de Sidi Aïch a bénéficié de plus de
50 hectares de nouvelles planta-
tions d’oliviers cette année. A Draâ
El Gaïd, dans la région Est, les pay-
sans ont également bénéficié d’im-
portants programmes pour le rajeu-
nissement des oliveraies. Il en est
de même dans les communes
d’Akbou, Tazmalt, Ighil Ali et
Ouzellaguen, entre autres. 440 hui-
leries modernes, avec une capacité
de trituration de 10 164 quintaux
par jour, sont opérationnelles.
La production dans la wilaya de
Béjaïa représente 15% de la produc-
tion nationale et parfois plus. La
superficie des oliveraies de la
wilaya a atteint les 50 000 ha. Elle
comprend tous types d’olives
confondues. Toutes ces initiatives,
qui s’annoncent ici et là, permet-
tront à coup sûr d’améliorer la
situation et faire de la région un
pôle économique en la matière.
Le secteur est un créneau por-
teur. Les industriels de la région le
savent. A. S.
ALORS QUE LA CAMPAGNE OLÉICOLE BAT SON PLEIN
4 millions de litres collectés à Béjaïa
LA PRODUCTION dans la wilaya de Béjaïa représente 15% de la production nationale et parfois plus.
I AREZKI SLIMANI
I ABDENOUR MERZOUK
L’huile d’olive est cédée à 500 DA le litre
L’HUILE ET LA SARDINE SONT CHÈRES
Qui dicte les prix à Bouira ?
LA CAUSE selon les plus initiés est à mettre à l’actif de spéculateurs de tout bord.
9
Tribunaux LUNDI 9 JANVIER 2012
D
eux égarés ont constaté
que leur voisin encaissait
beaucoup de fric à lon-
gueur de journée du mois en cours.
Ils ont l’eau à la bouche à chaque
fois qu’un client quittait les lieux où
bosse le riche commerçant.
Un beau matin, ils décident de
passer à l’acte : entrer chez le riche
bonhomme, l’agresser si le besoin
se faisait sentir, et le dépouiller.
Seulement voilà, les deux jeu-
nes malfaiteurs ont tout prévu : les
gants, la cagoule, la bombe lacry-
mogène, sauf le réflexe d’autodé-
fense de la victime qui n’était pas
seule.
Nous vous laissons le soin d’i-
maginer la séquence – agression-
résistance – arrivée des secours et
arrestation des deux malfrats. Mais
qui est celui qui a pris la fuite ?
Fathi Tefni, le premier accusé a
vu passer un très mauvais quart
d’heure face à Fadhallah, le prési-
dent du tribunal criminel de Blida.
Le mauvais quart d’heure consis-
tera à écouter le magistrat revenir
longuement sur les faits alors que
le jeune Tefni se contentait de nier.
Il ira même plus loin :
« J’ai été agressé. On m’a
ligoté. On m’a torturé jusqu’à l’arri-
vée des gendarmes qui m’ont
sauvé la vie », a-t-il articulé sans
paniquer, dans un premier temps
jusqu’à ce que le cadet des deux
victimes ne le confronte à la barre
en le désignant : « Oui, c’est lui que
j’ai neutralisé avec l’aide de mon
frangin. J’étais bouleversé lors-
qu’en entrant dans la pièce où se
trouvait tout ce que les voleurs
peuvent refiler au marché aux rece-
leurs. J’étais pétrifié, comme para-
lysé avant que je ne me mette à
crier au secours trouant le silence
matinal, heure de la tentative de
vol. « Le hic dans ce dossier et
Maître Razika Ghenit le criera à la
barre, lors de sa plaidoirie mesurée
mais déterminée, c’est que le
fameux second malfaiteur qui por-
tait une cagoule, avait pris la fuite.
Sur quelle base donc,
Abdessalem Benaouda avait-il été
arrêté, entendu, écroué et présenté
devant le tribunal criminel ? Et c’est
là, le rôle de la justice qui entre en
jeu. Le second accusé Benaouda
Abdesslam, plutôt « out », qui a
peu près le même âge que son à
acolyte, a les mains derrière le dos.
Contrairement au premier accusé,
il commence à évoquer les faits à
sa manière. Le juge veille au grain.
A chaque fois que l’accusé tentait
de franchir la ligne rouge tracée par
la loi, il était vigoureusement rap-
pelé à l’ordre par le président qui
prenait la précaution de recti-
fier les déclarations souvent
inventées à la barre, sous le
coup de la trouille et en fili-
grane, la peine qui allait s’a-
battre sur lui, si toutefois…
Les deux jurés dont une
mère de famille relativement
jeune suivent avec beaucoup
d’à propos.
Même lorsque
Yessaâd, le procureur géné-
ral, va se mettre à jeter du sel
dans la soupe, l’accusé va
rester digne.
Il ne baissera jamais la
tête. Il n’en dira pas trop. Il ne
prononcera que ce qu’il sait
et il l’a même crié : « Je n’é-
tais pas sur les lieux. Et à
cette heure matinale, je n’a-
vais pas avec moi des
témoins pouvant attester de
ma présence chez moi ! » a
expliqué l’accusé qui a, à un
moment, depuis le box des
accusés, lancé un œil amical
en direction de la faible
assistance composée seule-
ment des proches et des
jurés que le sort et son tirage
avaient cloués sur le banc.
D’ailleurs, durant les déli-
bérations, les magistrats et
les jurés vont se poser la
question unique qui allait voir
la réponse les guider vers le
verdict sans état d’âme :
« Si Merouane, la victime,
a réussi à neutraliser Fathi
Tefni, en lui ôtant la cagoule
et donc le confondant; qui
peut être celui qui a pris la
fuite ?» Eh bien, la réponse a
dû être : « Celui qui a pris la
poudre d’escampette est inconnu,
donc, le second accusé assis dans
le box est innocent !»
Et c’est pourquoi si Fathi Tefni a
encaissé un cinq ans de réclusion
pour tentative de vol avec violence,
le second a été acquitté.
Encore une fois, la Justice a
parlé et c’est tout le mal qu’on lui
souhaite. A. T.
Poignants témoignages
Marouane, la victime raconte ce qui lui ai arrivé à
l’aube, le jour de l’agression.
« Après la prière du Sobh, je suis entré dans une
pièce. Et là, je vis un spectacle qui m’a poussé à
crier, crier. J’ai appelé mon frère. Et là, le bon-
homme à la cagoule s’avança vers moi. Je le
suppliais de tout prendre et de me laisser en vie.
Il sortit la bombe lacrymogène. J’ai baissé la tête.
Mon frère a surgi. Le second agresseur qui s’a-
véra être un voisin que je connais très bien, a fui.
Avec mon frère, nous nous sommes jetés sur
Abdesslam, l’avions neutralisé, ligoté, en atten-
dant l’arrivée des gendarmes », a vite raconté
Marouane qui a juré n’avoir jamais connu le pre-
mier agresseur. « Je ne l’ai jamais rencontré.
Probablement que lui, devait me filer pour remar-
quer les va-et-vient de commerçants venus régler
leurs dettes. La victime n’a rien voulu recevoir en
liquide. Je veux que la loi tape fort ! »
La deuxième victime s’avancera de la barre pour
raconter le matin noir vécu chez lui. D’emblée, il
dit ne pas connaître Abdesslam.
« Je connais Mehdi, un voisin », dit-il, avant de
se remémorer les images noires de ces deux
encagoulés, gantés, armés de bombe lacrymo-
gène. J’ai reçu des coups de l’un alors que l’autre
avait pris la fuite, sans que je ne le voie ! »
Contrairement à son frère, il ne saura pas dési-
gner le fuyard, ni même être affirmatif sur la taille
du malfaiteur. Ce qu’il y a lieu de relever, c’est
l’heure de l’agression : durant l’enquête, c’était 7
h. A la barre, 5h10 du matin. Et là, c’est le doute
parmi les membres du tribunal criminel qui bran-
dissent avant tout l’intime conviction. Cette même
intime conviction va devoir entrer en jeu pour ce
qui est de la taille du second agresseur, voleur.
Plus petit ? Plus grand ? la même taille que celui
qui avait été pris, neutralisé et remis aux gendar-
mes ? Mystère. C’est là qu’entre en jeu l’intime
conviction.
Le culot de Maître Ghenit
Trois plaidoiries différentes. Le procureur géné-
ral a gagné à moitié. L’avocate a eu gain de
cause par le culot. Yessaâd, le procureur géné-
ral se lève pour énumérer un à un les crimes
retenus dans cette grave affaire qui s’était
déroulée à Beni Mered (Blida) où les gendarmes
avaient été alertés, très tôt le matin, d’une ten-
tative de vol par effraction, agression à main
armée, coups et blessures volontaires. Ce der-
nier délit ayant été appuyé par la présentation
d’un certificat médical de 10 jours. « Tentative
de vol, agression caractérisée avec violence,
faits prévus et punis par les articles 30 et 354,
alinéas 1, 2 et 3 où il est question de vol com-
mis la nuit par deux ou plusieurs personnes et
commis à l’aide d’escalade, d’effraction exté-
rieure. » Les paumes appuyées sur le pupitre
du ministère public, Yessaâd revient sur les
deux accusés qui n’ont eu de cesse de nier les
faits qu’il juge très graves. Après avoir rendu
hommage aux gendarmes dont la célérité avait
été exemplaire, le parquetier relève la présence
d’un couteau, d’une paire de gants, de cagoules
et… Il pose la question autour du crime de ten-
tative de vol avec violence et le sort des
auteurs. « Oui, à entendre les témoignages des
deux frères victimes qui vous ont tout raconté
de A à Z ! » s’était exclamé le représentant du
ministère public, qui a redit la gravité des actes
commis à l’intérieur d’un paisible domicile et
qui doit valoir un châtiment exemplaire : 15 ans
de réclusion criminelle et un million de dinars
pour chacun des deux accusés. Abdelkrim
Mouzaïa, le conseil de Abdessalem B. va devoir
savoir où commencer sa plaidoirie, il retiendra
d’emblée le doute : « Oui, le doute devant tant
de déclarations contradictoire. Et la justice
porte son nom. Elle est et peut qu’être… juste.
On n’est pas clair sur l’heure de l’agression. On
n’est pas clair sur la taille du fuyard. On ne sait
pas s’il est plus petit ou plus grand que
Abdesslam ! » Le doute s’installe dans l’esprit
des membres du tribunal criminel et donc…
Razika Ghenit trouve, elle, ce dossier nu. « Il
n’y a ni témoins, rien, personne. Par contre, il
n’y a que des déclarations contradictoires, à
défaut de preuves. Il faut, avait articulé la très
jeune avocate de Koléa, que vous les membres
du tribunal criminel et surtout les deux jurés
que vous convenez que dans ce dossier, mon
client n’y est pour rien. Et cela, est facilement
explicable. D’abord et avant tout, je me fais un
devoir de reprendre les témoignages des deux
frères victimes. Ils sont d’accord sur des points
mais se rencontrent fort gentiment sur les
contradictions. Primo : les deux supposés
voleurs étaient encagoulés. L’un d’eux a pris la
fuite. Et après tout cela, on ramène mon client
qui trouble les victimes. En effet, les deux frè-
res n’arrivent même pas à donner des détails
sur la taille du voleur en fuite », a récité Maître
Ghenit, qui n’a pas voulu trop en dire puis-
qu’elle s’est aperçue que Bel Benmabrouk et
Rabah Baric, les deux assesseurs de Fadhallah,
suivaient avec la plus grande attention, ainsi
que Yessaâd, le procureur général qui, lui, ne
suivait point. Il a gardé l’air farouche de tout
poursuivant qui vient de demander 15 ans de
réclusion criminelle en direction des deux accu-
sés, Fathi et Abdesslam Benaouada. Il faut dire
que ce procès est un modèle dans le genre
d’erreur judiciaire, car pour les initiés qui ont
assisté aux débats, les gens – donc les jugés et
les jurés – n’arrivent pas à saisir l’interpellation
de Abdesslam Benaouda pour le poursuivre de
tentative de vol, d’agression, alors que le sup-
posé malfaiteur portait une cagoule ? D’ailleurs,
les trois magistrats et les deux jurés ont dû ne
pas trop s’étendre sur l’évidence surtout que
les deux frères victimes n’ont pu, à aucun
moment, désigner formellement Abdesslam
comme étant l’encagoulé.
Et si Maître Mouzaïa ne pouvait plaider que ce
qu’il avait dans le dossier, Maître Ghenit, elle, a
su tirer le tribunal criminel dans ses « six
yards » et obtenir l’acquittement. A. T.
Qui est le second agresseur ?
Deux voleurs encagoulés sont surpris. L’un d’eux s’évapore
dans la nature. A la barre, il y avait deux… accusés !
LA CHRONIQUE
JUDICIAIRE
L’ŒIL AU PALAIS
La maison
de l’avocat
On dit souvent le cabinet
de l’avocat, la plaidoirie
de l’avocat.
Jeudi, vers 13 h et
quelque, nous avions été
conviés à visiter la
Maison de l’avocat, un
lieu de rencontres, de
confraternité, de
concertation entre les
robes noires, toutes les
robes noires heureux
défenseurs des droits de
l’homme.
Il y avait foule au centre-
ville de Blida où se trouve
la Maison de l’avocat. Une
réunion est même prévue.
Les membres du Conseil
de l’ordre arrivent un à
un. Les commentaires
vont bon train. On discute
de l’ordre du jour. Maître
Djamel Boulefrad vient
d’arriver en trombe. On
évoque même l’avenir de
la profession, sans
aborder le fameux décrié
projet de loi considéré
comme mort-né en
attendant la prochaine
Assemblée populaire
nationale.
« Il y a beaucoup
d’avocates. C’est dire
l’ambiance qui a régné.
Maître Mohammed
Khechna est heureux
d’être présent à cette
séance de travail qui a vu
la liquidation de
beaucoup de dossiers en
suspens. On abordera
sûrement les contours de
la date à retenir pour
l’assemblée générale et le
21 janvier 2012 a été
retenu.
Auparavant, on causera
autour des thèmes
qu’aborderaient le 11
janvier, les membres du
Conseil de l’ordre avec
Abdelkader Belkacem et
Boumediene Bacha « at
home » et là aussi, les
robes noires du sous-sol
ont des « choses » à
clarifier avec les robes
noires du 4e étage de la
cour de Blida que dirige
actuellement sur le plan
de la logistique le
sympathique secrétaire
général de la cour de…
Médéa, la voisine, une
cour modèle sur tous les
plans. Un portable grésille
dans le couloir. Un avocat
répond.
Il est heureux de
répondre car il a en ligue
Maître Mohamed Zerrouk
Zerrouki, l’avocat d’Alger
qui vient d’inviter ses
confrères et amis à
assister au repas
organisé à l’occasion de
son fils, ce fils qui a enfin
décidé d’enfermer son
statut de célibataire.
Et voilà Maître Zerrouki
qui entre chez les
« pépés » ! Quant aux
membres du Conseil de
l’ordre de Blida, il y a
deux absences : Maître
Antar et Maître
Medjdouba, retenus en
« crim » ne peuvant donc
pas montrer le bout du
nez. Le bâtonnier, lui, est
encore sous le coup de
l’émotion depuis les fêtes
du Nouvel An 2012.
Bonne année à tous !
A. T.
IABDELLATIF TOUALBIA
C
c poèmc admirabIc , Ia « ßaIIadc dcs
Damcs du tcmps jadis » chanté avcc
brio par Gcorgcs ßrasscns cst dc
lrançoís Víííon. Ce derníer, ne en 1431, í´annee
de ía « míse à mort de }eanne d´Arc » a ecrít ce
poeme queíques annees apres ía mort de }eanne
d´Arc. Cecí tendraít à prouver que }eanne d´Arc
a bíen exíste et qu´eííe lut bruíee par íes Angíaís.
lcs mythcs fondatcurs
dc I´histoirc dcs nations
1oute natíon dans íe mouvement de son hís-
toíre a besoín de reperes quí permettent outre íe
laít qu´íís temoígnent de sa perenníte contrí-
buent aussí à consoííder « íe desír d´etre ensem-
bíe » du laít que nous avons vecu ou subí un
destín commun jaíonne de laíts d´armes ou de
mythes comme autant de marqueurs ídentítaíres
de í´ídee de natíon. Comme í´ecrít Pauí kíeín à
propos justement des mythes : « Aussí bíen dans
í´hístoíre des índívídus que dans ía memoíre
coííectíve des peupíes et des natíons, on ren-
contre ce phenomene quí consíste à depeíndre
son propre passe de laçon posítíve et ceíuí des
autres personnes ou ceíuí des autres peupíes
sous un jour píutót negatíl. (.) lí en va de meme
pour íes peupíes et íes natíons quí creent des
mythes et des íegendes destínes à mettre en
reííel íes cótes sympathíques de íeur hístoíre, à
re-ínterpreter íes moments íes moíns agreabíes
et à camoulíer, dans une íarge mesure íes píus
desagreabíes. Les mythes se construísent à tra-
vers íes generatíons suívant un íong processus
ímperceptíbíe à í´echeííe de í´índívídu prís íso-
íement. Subíssant í´ínlíuence de í´enseígne-
ment, de ía socíaíísatíon comme ceíuí de ía poíí-
tíque natíonaíe domínante du moment, ces
mythes servent à í´educatíon des peupíes quí íes
ont produíts. Souvent íís connaíssent des re-
ínterpretatíons prenant vaíeur de verítes hísto-
ríques, aíors meme qu´íís sont pure ínventíon ou
qu´íís ne contíennent qu´une parceííe de veríte.
Aínsí, seíon íes díverses natíons, ce processus
de genese et de re-ínterpretatíon aboutíra à díl-
lerents poínts de vue à propos d´un seuí et
meme personnage ou d´un meme evenement.
Par exempíe, un evenement peut etre perçu aux
yeux d´un Ltat comme hístoríque et aux yeux
d´un autre comme un mythe ou une
íegende ».(1)
laísant un paraííeíe entre íes mythes aííe-
mands et lrançaís íí ecrít: «Pour íes Aííemands,
ía bataíííe du 1eutoburger Waíd est un evene-
ment hístoríque d´ímportance, reíate aujourd´-
huí encore dans íes manueís scoíaíres et dans
íes cours. Les propos rapportes d´Auguste :
«Varus, Varus, rends-moí mes íegíons», sont
consíderes comme authentíques et íí n´y a
aucun doute à propos du personnage
d´Armíníus que íe XlX
e
síecíe a rebaptíse en
Hermann.(.) Vercíngetoríx, que }ean-Pauí
kíeller quaíílíe de comparabíe à Armíníus, a
subí en Aííemagne un destín símííaíre. A ía
rígueur, on íe connaît à travers íe «De beíío gaí-
ííco» de Cesar maís, au demeurant, comme un
rebeííe gauíoís ayant echoue. Contraírement à
Armíníus en Aííemagne, à son epoque,
Vercíngetoríx trouve en lrance un concurrent
en ía personne de Cíovís, dont Charíes de
Cauííe dít en tout cas : « Pour moí, í´hístoíre de
notre pays commence avec Cíovís, íí lut eíu roí
au seín de ía tríbu des lrancs quí a donne son
nom à notre pays. ».(1)
}e me souvíens qu´etant eíeve, íe pouvoír
coíoníaí nous a toujours íncuíque íe laít que nos
ancetres etaíent gauíoís, que Charíemagne, quí
s´etaít laít sacrer empereur à Aíx-ía-Chapeííe,
etaít lrançaís ! lí n´en est ríen ! C´etaít tout au
píus un Luropeen empereur de í´Cccídent chre-
tíen. La meíííeure preuve est que íes Aííemands
íe revendíquent aussí, c´est karí der Cross sacre
empereur à Aachen en Aííemagne, dont íe nom
lrançaís est justement Aíx-ía-Chapeííe. Pour sa
part, Rene Naba a tente de deconstruíre íes
mythes londateurs de ía grandeur de ía lrance
quí, pour íuí ont ete ímposes sur íe sang et íes
íarmes des peupíes quí ont ete coíoníses.
La scene se passaít en juín 1998, ßruno
Coíínísch exhíbaít, au terme d´une conlerence
de presse, un attache-case dont íí reveíaít íe
code secret de verrouíííage comme un trophee
de guerre(.) Menageant ses ellets, íí decíame
en pubííc sa combínaíson magíque de troís chíl-
lres qu´íí decíame en pubííc í´egrenant íente-
ment 7-3-2 dans un mouvement jouíssíl ííbera-
teur. 732. L´ellet est assure. 732, Poítíers. La víc-
toíre controversee de Charíes Marteí sur íes
troupes arabes d´Abdeí Rahman. Ceía se passaít
donc en 1998 et Coíínísch prenaít pour rele-
rence un evenement datant de 1266 ans. 1266
ans de rumínatíon hístoríque. Le propos n´est
pas anodín. lí correspond à une reaííte índenía-
bíe : ía derníere grande víctoíre mííítaíre lran-
çaíse remonte à deux síecíes. Cuí deux síecíes
exactement. Austeríítz. Certes, íí y eut Vaímy et
íe Pont d´Arcoíe. Puís Austeríítz. Le panache
lrançaís en somme. Puís. Píus ríen..dróíe de
panache. Ce lut ensuíte Wateríoo (1815), lace
aux Angíaís, Sedan (1870), lace aux Aííemands,
lachoda (1898). Soít pres d'un síecíe de
desastres mííítaíres ínínterrompus, compenses,
íí est vraí, par íes conquetes coíoníaíes notam-
ment í´Aígeríe. Verdun 1916 et Rethondes l
(í´armístíce du 11 Novembre 1918), cent ans
apres Wateríoo relermeront ía parenthese
nelaste. C´est une « víctoíre aíííee » qu´íís
devront partager avec íeurs aíííes brítanníques et
amerícaíns maís aussí avec íes nouveaux venus
de ía scene ínternatíonaíe : íes ßasanes. 550 449
soídats de í´Cutre-mer dont 173 000 Aígeríens,
soít 20 pour cent des ellectíls et 10 pour cent de
ía popuíatíon du pays partícíperont à í´ellort de
guerre de ía lrance.(2)
Qu´cn cst-iI dc ]cannc d´Arc :
mythc ou réaIité ¹
lndependamment du temoígnage de
lrançoís Víííon, íí sembíe que }eanne d´Arc
auraít exíste. Aíexandre Lechenet decrít bríeve-
ment son luígurant parcours : « «Dans mon pays
on m´appolaít Ioannotto. In ltanco, on m´ap-
pollo Ioanno dopuís quo j´y suís vonuo. (...) Io
suís nóo au víllago do Domtómy.» C´est par ces
mots que }eanne se presente íors de son proces,
íe 9 janvíer 1431. }eune líííe de «10 ans, onví-
ton», eííe est línaíement condamnee à mort,
etant jugee «hótótíquo» et «tolapso» apres un
perípíe dans ía partíe nord de ía lrance pour ía
ííberer des Angíaís. «I´avaís 1J ans quand j´ous
uno voíx do Díou pout m´aídot a mo
bíon conduíto. Ia ptomíoto foís, j´ous gtand´
pout», expííque }eanne íors de son
proces. «Doux ou ttoís foís pat somaíno, ollo
m´oxhottaít a pattít pout la ltanco.» La voíx íuí
dít egaíement qu´eííe leraít íever íe síege
d´Críeans. (.) Lors de ía príse de Compíegne,
ou eííe s´etaít rendue avec queíques troupes
royaíes, eííe est capturee par íes ßourguígnons.
Lmprísonnee pendant sept moís, eííe est íívree
au roí d´Angíeterre contre une rançon de 10 000
ecus. Apres cínq
moís de proces, ía
«puceííe d´Críeans»
est condamnee à
mort pour heresíe.
Lííe est bruíee víve
íe 30 maí 1431, à
Rouen, sur ía píace
du Víeux-Marche. »
(3) A-t-eííe exíste :
Avec « L´allaíre
} e a n n e
d´Arc », ía bergere
víerge ía píus ceíe-
bre de lrance chute
de son píedestaí.
Marceí Cay et Roger
Senzíg demontent íe
mythe de cette jeune
gardíenne de brebís
ígnorante, à quí
Díeu conlíe ía mís-
síon de sauver íe
royaume de lrance.
Marceí Cay remet
en questíon íe per-
sonnage, à commen-
cer par son nom quí
ne seraít pas ceíuí
«d´Arc». Lííe ne
seraít pas non píus
bergere, puísqu´au
cours de son proces
à Rouen eííe decíare
n´avoír «jamaís
garde íes moutons et
autres betes».
Cavaííere emeríte, }eanne utíííse aussí parlaíte-
ment íe lrançaís de ía cour. lnventíon de
Yoíande d´Anjou, beííe-mere de Charíes Vll,
}eanne, conduíte par íe dívín, ínspíre de ía
craínte aux troupes angíaíses. Les resuítats íors
des campagnes mííítaíres prouvent que ía strate-
gíe lonctíonne. Ln outre, sa mort demeure une
source d´ínterrogatíons, puísque píusíeurs docu-
ments hístoríques conlírment sa presence en
dívers ííeux (lrance, ßeígíque, Aííemagne) apres
1436. Lnlín, }eanne auraít epouse Robert des
Armoíses (1436).(4)
lí n´empeche ! }eanne d´Arc donne ííeu à un
mythe quí a ía víe dure à teííe enseígne qu´eííe
est reguííerement convoquee aussí bíen par ía
Droíte que par ía Cauche et meme par í´Lgííse
pour des motíls specílíques. Aíexís Corbíere
ecrít à ce propos : « Pour commencer í´annee
2012, Nícoías Sarkozy et Maríne Le Pen ont
choísí de s´exprímer sur íe meme mythe, íe
meme symboíe, ía meme íegende : }eanne
d´Arc. (.) Car de 1431, date de sa mort à
Rouen, à ía lín du XlXe, soít pendant píus de
450 ans, ía lígure de }eanne d´Arc avaít ete qua-
síment oubííee sur íe pían natíonaí. Apres des
síecíes de quasí oubíí, c´est í´hístoríen repubíí-
caín }uíes Mícheíet en 1841, dans un chapítre
de son Hístoíto do ltanco, quí en lut en reaííte
íe grand ínventeur. Sous sa píume eííe devíent,
de laçon tres crítíquabíe et assez lumeuse, un
des symboíes de ía naíssance baíbutíante de
í´ídee de patríe. (.) Paraííeíement, í´Lgííse
cathoííque se reveíííe et sent poíndre une
menace dans cette voíonte des seuís repubíí-
caíns de s´appropríer }eanne d´Arc. (.) Ln
píeíne guerre mondíaíe, en decembre 1914,
c´est « í´Uníon sacree » et Mauríce ßarres, pere
de í´extreme droíte lrançaíse, lera adopter à
í´Assembíee natíonaíe une íoí ínstaurant une
lete natíonaíe pour }eanne d´Arc. Aínsí va
í´Hístoíre et ceííe de nos mythes. Cette jeune
lemme allreusement torturee par des lanatíques
reíígíeux etaít devenue íe symboíe de ía lrance
reconcíííee avec í´Lgííse cathoííque.
}eanne d´Arc, un mythe díspute depuís píu-
síeurs síecíes (5)
« Dans í´ensembíe, tout au íong du XlX
e
síe-
cíe, íes ídeaux progressístes, socíaíísants, voíre
socíaíístes, ne sont pas contradíctoíres avec íe
sentíment natíonaí, voíre natíonaííste. (.) C´est
dans ce contexte que íes premíers
Revoíutíonnaíres, íes Círondíns essentíeííe-
ment, vont mettre en avant ía lígure popuíaíre
de }eanne d´Arc comme íncarnatíon du peupíe
en actíon, utííísant sa míse au bucher sur ordre
d´un eveque cathoííque pour en laíre un ínstru-
ment de íutte contre í´egííse. Cet usage de ía
}ehanne contre íes puíssants sera reprís par íe
Partí communíste lrançaís à partír de 1934.
Cette reappropríatíon revoíutíonnaíre de }eanne
d´Arc se poursuívra jusque dans íes annees
1960, avec tout de meme un exergue partícuííer
pendant ía període de ía Resístance ».(5)
« Dans íe domaíne poíítíque, eííe est repríse
par de nombreux partís et lígures poíítíques quí
vont du partí socíaííste, avec entre autres }ean
}aures, jusqu´à í´extreme-droíte. (.) L´Lgííse
cathoííque romaíne est, du laít des círconstan-
ces de sa mort, maí à í´aíse au XlXe síecíe
lace au personnage de }eanne d´Arc.
Cependant, en ímposant í´ímage d´une «saínte
íaïque» Mícheíet cree un mythe perçu comme
une verítabíe machíne de guerre contre í´Lgííse.
C´est pourquoí en 1869 monseígneur leííx
Dupaníoup, eveque d´Críeans met en route íe
processus de canonísatíon alín de laíre
de }eanne d´Arc íe symboíe de ía chretíenne íut-
tant pour sa loí et sa patríe. Le 8 maí 1869,
í´eveque d´Críeans prononce au nom de í´Lgííse
un verítabíe panegyríque de }eanne ou, pour ía
premíere loís, íí evoque ía saíntete de ía Puceííe.
(.) Le 9 maí 1920, íe pape ßenoît XV, en pre-
sence de í´ambassadeur de lrance aupres du
Saínt-Síege, Cabríeí Hanotaux, canoníse }eanne
d´Arc. (6)
« À Críeans, íe 8 maí 1929, pour íe
500e anníversaíre de ía ííberatíon de ía víííe,
í´Lgííse cathoííque organíse une vaste ceíebra-
tíon reíígíeuse en presence de Caston
Doumergue, presídent de ía Repubííque et pro-
testant. C´est ía premíere loís qu´un presídent de
ía Repubííque assíste ollícíeííement à
une messe depuís ía separatíon de í´Lgííse et de
í´Ltat de 1905. Sous ía Revoíutíon
natíonaíe de Petaín, c´est moíns ceííe quí a com-
battu í´envahísseur quí est ceíebree que }eanne
ía terríenne, bonne cathoííque et surtout angío-
phobe. (.) Le generaí Maxíme Weygand va
creer une Aíííance }eanne d´Arc, à íaqueííe par-
tícípe Andre lrossard, quí cherche à laíre de
}eanne une champíonne de í´Aígeríe lrançaíse.
Le depute maître ßíaggí, antígauíííste notoíre,
íance à í´Assembíee natíonaíe íe 15 octo-
bre 1959 : « Çuand }eanne d´Arc boutaít
í´Angíaís hors de lrance, ce n´est pas à í´auto-
determínatíon qu´eííe laísaít appeí. »
Lorsque }ean-Maríe Le Pen cree íe lront natío-
naí, en bon connaísseur de ía mythoíogíe natío-
naííste, íí choísít í´ímage de }eanne d´Arc,
comme symboíe d´un recours contre tous íes
« envahísseurs ». (6)
A qui vont scrvir « Ics voix »
dc ]cannc d´Arc ¹
Cette lonctíon de rassembíement expííque
qu´en regíe generaíe, chacun des presídents de
ía Repubííque se rend au moíns une loís íors de
son mandat à Críeans alín de prononcer un dís-
cours autour des themes de í´uníte natíonaíe, de
ía soíídaríte entre lrançaís (lrançoís
Mítterrand en 1989, }acques Chírac en 1996).
« }eanne d´Arc, ecrít Aríane Chemín, voít son
600e anníversaíre lete d´une bíen dróíe de
maníere: Nícoías Sarkozy íuí rend hommage à
Domremy et Maríne Le Pen à París. Ln període
eíectoraíe, íes anníversaíres sont scrutes à ía
íoupe par íes equípes en ííce, quí jouent de tou-
tes íes ruses de caíendríer. « Une saínte íaïque se
dessíne sur í´esquísse de }eanne ía cathoííque.
Une premíere lígure de }eanne d´Arc, repubíí-
caíne, s´ímpose à ía posteríte. Le 8 maí 1982,
un an apres son eíectíon, lrançoís
Mítterrand se rend à Críeans, comme ses prede-
cesseurs, Charíes de Cauííe et Vaíery
Císcard d´Lstaíng. (7) Au íendemaín de í´hom-
mage rendu par Nícoías Sarkozy, }ean-Maríe Le
Pen a convenu que í´heroïne appartenaít «à ía
lrance et aux lrançaís». «Maís eííe n´appartíent
surement pas aux partís quí n´en paríent jamaís
ou quí n´en paríent que dans íes períodes eíec-
toraíes», a-t-íí enchaîne. Ní «aux partís quí ont
íívre ía lrance à í´europeísme et au mondía-
íísme, quí veuíent ía díssoudre dans une Lurope
lederaíe, quí ont abandonne ía garde míííenaíre
des lrontíeres, quí deníent ía íegítíme príoríte
natíonaíe, quí ont organíse une ímmígratíon
etrangere massíve. Cn íe voít, mythe ou pas,
tout est bon pour capter íes bons sentíments du
peupíe à des líns quí n´ont ríen à voír avec íes
desseíns nobíes de cette heroïne dont on veut
detourner íes « voíx ceíestes » pour en laíre des
« voíx eíectoraíes bassement materíeííes » pour
ía cupídíte des hommes. C. f. C.
* fcoIc nationaIc poIytcchniquc
1. Pauí kíeín http://www.olaj.org/paed/texte/jeudel-
secu/jeudelsecu23.htmí
2. Rene Naba : Deconstructíon des mythes londateurs
de ía grandeur lrançaíse/Une íecture lractaíe de
í´Hístoíre de lrance. Síte Cumma.com 23 12 2007
3. Aíexandre Lechenet : }eanne d´Arc, heroïne et
patronne Le Monde.lr 06.01.12
4. L´allaíre }eanne d´Arc : Marceí Cay, Roger Senzíg
Ldlíorent Massot http://íívres.líuctuat.net/bíog/25227-
jeanne-d-arc-un-mythe-s-ellondre.htmí
5. http://www.aíexís-corbíere.com/índex.php/post/
2012/01/05/}eanne-d°L2°80°99Arc°2C-un-
my t he - dí s put °C3°A9- de puí s - pí us í e ur s -
sí°C3°A8cíes
6. Le mythe de }eanne d´Arc : Lncycíopedíe Wíkí-
pedía
7. Aríane Chemín : A quí appartíent }eanne d´Arc : Le
Monde.lr | 05.01.12
10
LUNDI 9 JANVIER 2012
Analyse
Jeanne d’Arc la Pucelle
I PR CHEMS EDDINE
CHITOUR *
« Dites-moi où, n’en quel pays,
Est Flora la belle Romaine, La
reine Blanche comme un lis Qui
chantait à voix de sirène, Et
Jeanne, la bonne Lorraine
Qu’Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge
souveraine ? Mais où sont les
neiges d’antan ? »
François Villon
}LANNL D´ARC, UN MY1HL lCNDA1LUR lRANÇAlS
A QUI IRONT SES « VOIX » ?
LUNDI 9 JANVIER 2012
11
Publi-Reportage
AR12/005
Q
uoi de plus sérieux, quoi de
plus sage et de plus beau
quand c’est une marque
mythique, Arthur Martin, qui
en présente une autre tout
aussi sérieuse ? A ce niveau de confiance,
toutes les stratégies de marketing et de
management se trouvent dépassées. En
effet, Arthur Marthin vous présente
Electrolux en Algérie. Cela même si cette
dernière n’a rien à prouver, qui fait rêver
des millions de femmes à travers le monde.
Elle vend chaque année, dans plus de 150
pays, 40 millions de produits à usage
domestique et professionnel. Désormais,
Electrolux sera disponible en Algérie. Une
grande marque ne se fait pas seule. C’est
avant tout un grand projet d’entreprise
visant à faire d’Electrolux une marque
mondiale forte. C’est un partenariat étroit
avec les distributeurs, qui nous accompa-
gnent chaque jour dans l’évolution et le
développement de la marque. C’est aussi
l’adhésion des consommateurs.
Aujourd’hui, les deux tiers d’entre eux
déclarent être prêts à acheter ses produits.
L’évolution de la notoriété spontanée
d’Electrolux parle pour eux. Une grande
marque ne se fait pas en un jour. La longue
association avec Arthur Martin a facilité le
développement d’Electrolux et permis un
transfert progressif de l’héritage de la
marque. La marque Electrolux bénéficie
aujourd’hui d’un fort capital d’image, de
notoriété et de sympathie. Elle est recon-
nue, grâce aux efforts permanents en ter-
mes de marketing, innovation, de design et
de développement durable.
Un grand showroom
Aujourd’hui, grâce à l’entreprise
algérienne Raylan, le consommateur
algérien sera mieux servi à travers les pro-
duits de haute technologie qu’offre la
marque Electrolux Arthur Martin, En effet,
le consommateur doit s’attendre très pro-
chainement à l’ouverture d’un grand sho-
wroom à Dely Ibrahim. Cet espace sera
une occasion propice pour donner du
punch aux ventes d’Electrolux, notamment
avec la grande expérience de Raylan dans
le domaine de la distribution de l’électro-
ménager. Car ce distributeur promet au
consommateur algérien tout son savoir-
faire dont la disponibilité des produits et
surtout la garantie. Electrolux possède 22
usines en Europe et occupe 28 % du mar-
ché mondial des équipements ménagers.
Electrolux, qui est l’un des principaux
leaders mondiaux sur le marché des appa-
reils à usage domestique/professionnel, a
une priorité majeure , à savoir offrir des
produits innovants, intelligemment conçus
s’inspirant dans une large mesure des
commentaires fournis par les consomma-
teurs et professionnels afin de répondre
parfaitement et être au plus près de leurs
besoins véritables. Nos produits comptent
notamment des réfrigérateurs, des lave-
vaisselle, des lave-linge, des aspirateurs et
des cuisinières vendus sous des noms de
marque réputées tels qu’Electrolux,
AEG-Electrolux, Zanussi, Eureka et
Frigidaire. Tous nos produits sont conçus
et développés dans le respect d’une philo-
sophie qui nous est chère, baptisée
« Design intelligent ». Héritée de la longue
tradition scandinave en matière de design,
cette approche globale vise à intégrer les
commentaires des consommateurs à tou-
tes les phases de la conception. Ces
phases couvrent tous les aspects de l’ex-
périence utilisateur ; fonctionnement, faci-
lité d’emploi, sensation &contact du pro-
duit, aspect visuel, et ce tout au long du
cycle de vie des produits eux-mêmes ; inté-
rêt, achat, installation, utilisation et mise au
rebut. Le design doit non seulement
séduire les utilisateurs potentiels et leur
donner envie d’acheter le produit, mais doit
également satisfaire à leurs exigences
rationnelles en matière de fonctionnement
afin que leur expérience du produit soit à la
hauteur des attentes suscitées par son
aspect visuel, sa forme et ses couleurs. Le
Groupe Electrolux met tout en œuvre afin
que ses produits, services et processus de
production participent au développement
durable de la planète.
Le respect de l’environnement
À cette fin, les produits Electrolux sont
conçus de sorte à limiter au maximum, et
ce tout au long de leur cycle de vie, leur
impact sur l’environnement. Dans le même
temps, Electrolux effectue régulièrement
des contrôles pour réduire la pollution et
les sources de gaspillage liées à la
consommation des ressources énergé-
tiques.
Le Groupe adopte une approche proac-
tive vis-à-vis de la législation environne-
mentale et encourage ses fournisseurs à
respecter les mêmes principes en matière
de respect de l’environnement. En 2007, le
Groupe Electrolux s’est vu décerner, par la
Commission Européenne, un prix en
récompense des efforts assidus consentis
pour améliorer l’efficacité énergétique de
ses services, produits et processus. H. A.
Publicité
IHANANE ABERKANE
ARTHUR MARTIN VOUS
PRÉSENTE ELECTROLUX
CETTE NOUVELLE MARQUE
VIENT DE S’INSTALLER EN ALGÉRIE
Elle vend chaque année, dans plus de 150 pays,
40 millions de produits à usage domestique
et professionnel.
LUNDI 9 JANVIER 2012
12
ports
S
L
a sélection nationale algé-
rienne de handball s’est
envolée hier après-midi pour
le Maroc dans la perspective de par-
ticiper à la phase finale du 20e
championnat d’Afrique des Nations
de handball, qualificatif aux Jeux
olympiques Londres-2012 et au
Mondial-2013 à Barcelone, en
Espagne, prévue du 10 au 21 jan-
vier en terre marocaine.
La délégation algérienne élira
domicile, tout comme les 8 autres
délégations africaines, à l’hôtel
Oscar, il s’agit de la Côte d’Ivoire,
du l’Egypte, du Cameroun, du
Congo-Brazzaville, du Gabon, du
Sénégal et de la RD Congo. Pour le
coach national, Salah Bouchekriou,
« la détermination et la volonté des
joueurs me permet d’assurer que
nous allons tout faire pour arracher
ce titre africain.
Je sais, précise-t-il, que ce sera
difficile, mais mieux vaut viser haut
pour se motiver et ainsi assurer une
bonne représentativité du handball
algérien à l’échelle africaine. » Et
dans ce groupe B où figure
l’Algérie, il y a lieu de noter la par-
ticipation de la redoutable et expé-
rimentée équipe égyptienne. En
tous les cas, ces deux sélections par-
tent favorites de ce groupe pour les
deux premières places, mais atten-
tion aux autres formations car « le
niveau des équipes africaines a
beaucoup évolué », remarque le
coach Bouchekriou.
Le président de la Fédération
algérienne de handball (FAHB),
M. Djaâfer Aït Mouloud : « Nous
avons simplement demandé à notre
sélection d’améliorer ses derniers
résultats de la dernière Coupe
d’Afrique. »Il faut rappeler que les
handballeurs algériens restent sur
une participation en dents de scie
lors des Jeux Africains de Maputo,
mais ils sont bien décidés à jouer à
fond leurs chances pour espérer
décrocher le sésame qualificatif de
Londres. Les joueurs de Salah
Bouchekriou ont accéléré leur pré-
paration lors des dernières semai-
nes avec un stage en France et un
ultime regroupement à Alger avant
de rallier le Maroc. Bouchekriou
compte néanmoins deux grands
absents dan ces joutes, à savoir
Berriah et Slahdji, pour différentes
raisons. « Nous allons au Maroc
avec l’esprit conquérant. Et je fais
entièrement confiance en mes
joueurs dont je connais parfaite-
ment les capacités », annonce Salah
Bouchekriou.
Il ne faut pas oublier que c’est
vraiment difficile avec l’Egypte,
cinq fois championne d’Afrique.
Celle-ci tentera de son côté de
reconquérir sa couronne perdue au
Caire face à la Tunisie. De son côté,
l’Angola, sous la conduite de l’en-
traîneur Filipe Cruz, abordera le
20e championnat d’Afrique avec
l’objectif de prouver son évolution.
Elle compte donc bien arriver sur le
podium pour disputer le prochain
Mondial espagnol. De son côté, le
Gabon, auteur d’un bon parcours
lors des Jeux africains avec notam-
ment une victoire face à l’Algérie au
premier tour, compte bien jouer les
trouble-fête et passer au deuxième
tour. Quant au Cameroun, la Côte
d’Ivoire et le Burkina Faso, invité
de dernière minute après le retrait
du Nigeria, ils essaieront chacun de
son côté de se frayer un chemin
dans le gotha continental. C’est dire
ce qui attend notre sélection dans
cette Coupe d’Afrique dont le
niveau s’annonce des plus élevés…
S. M.
CAN-2012 DE HANDBALL
Les Verts depuis hier au Maroc
Il faut rappeler que les handballeurs algériens restent sur une participation en dents de scie
lors des Jeux africains de Maputo.
Et ça repart pour une nouvelle aventure
L
’ex-entraîneur de la sélection
algérienne de football, Rabah
Saâdane, a déclaré samedi soir
qu’il ne reprendra du service qu’à la
tête de la barre technique «d’une
sélection nationale ou d’un grand club
étranger.» «Après avoir observé un
repos bien mérité auprès de ma
famille, je suis prêt maintenant à
reprendre du service, mais seulement
avec une sélection nationale ou un
grand club étranger», a confié l’ex-
driver des Verts aux mondiaux 1986
et 2010, à la radio algérienne ‘’El
Bahdja’’. Depuis qu’il a quitté la
sélection algérienne en septembre
2010 au lendemain du nul concédé
face à la Tanzanie à Blida
(1-1), dans le cadre de la première
journée des éliminatoires de la CAN
2012, Saâdane a préféré prendre du
recul. «C’était très important pour
moi de prendre du recul et me consa-
crer à ma famille, après tout ce que
j’avais subi au cours de mon dernier
passage à la barre technique des
Verts», a-t-il expliqué.
C’est la raison pour laquelle, il a
décliné toutes les propositions qu’il
avait eues, «que ce soit d’ici ou de l’é-
tranger», a-t-il précisé. «J’ai même
reçu en avril dernier, une offre de la
part du président de la FAF, Mohamed
Raouraoua, pour prendre en main la
direction technique nationale (DTN),
mais je m’en suis excusé», a-t-il révélé.
Pourtant, Saâdane souhaitait tou-
jours occuper un tel poste, après son
départ de la barre technique de la
sélection algérienne, rendant ainsi
son refus de diriger la DTN inexpli-
qué, selon les observateurs. «Il est
vrai, que j’ai bien émis le vœu aupa-
ravant de prendre en main la DTN,
notamment après le Mondial 2010,
mais quand Raouraoua m’avait solli-
cité pour ce poste, j’étais encore sous
le choc de la manière avec laquelle j’a-
vais quitté l’Equipe nationale au len-
demain du nul face à la Tanzanie», a-
t-il justifié.
«Maintenant que cette instance a
été confiée d’une manière officielle à
Boualem Laroum, je n’ai qu’à lui sou-
haiter bonne chance», a-t-il poursuivi.
L’ancien sélectionneur national
aurait même souhaité être à la tête de
la DTN, lorsque la sélection des moins
de 23 ans avait pris part au premier
Championnat d’Afrique de la catégo-
rie (du 26 novembre au 10 décembre
2011) au Maroc, qualificatif aux Jeux
olympiques, prévus cet été à Londres.
«J’aurais souhaité être aux côtés
de l’entraîneur Azzedine Aït Djoudi,
qui avait dirigé l’équipe algérienne
lors de ce rendez-vous. Je voulais lui
donner un coup de main, sans que je
sois au devant de la scène», a-t-il dit.
«Personnellement, je misais gros
sur cette sélection olympique, et ma
foi, elle était bien partie pour décro-
cher sa qualification aux JO-2012,
mais il manquait à son entraîneur
une certaine expérience dans la ges-
tion de tels tournois. C’est cette expé-
rience-là, que j’ai souhaité d’ailleurs
lui apporter au Maroc», a-t-il pour-
suivi.
L’ex-sélectionneur national a
appelé, au passage, à «la préservation
du groupe ayant pris part au
Championnat d’Afrique des U-23»,
ajoutant qu’il a été «séduit» par leur
rendement lors des deux premiers
matches du tournoi contre le Sénégal
(victoire 1-0) et le Maroc (défaite 1-0).
RABAH SAÂDANE, EX-ENTRAÎNEUR NATIONAL
«Je suis prêt à reprendre du service»
ASSEMBLÉE
GÉNÉRALE DE L’UNAF
Plusieurs
décisions prises
P
lusieurs décisions
visant la promotion et
le développement du
football dans la région de
l’Afrique du Nord, ont été pri-
ses durant les travaux de
l’Assemblée générale de
l’Union nord africaine de foot-
ball (UNAF), qui se sont tenus
samedi à Tunis sous la prési-
dence de M. Mohamed
Raouraoua. Les programmes
et activités de l’UNAF pour
l’année 2012 ont été approuvés
à cette occasion et il a été
décidé de faire disputer la
Super coupe entre le Club
Africain, tenant de la Coupe
des clubs champions de
l’UNAF et la formation algé-
rienne de l’Entente de Sétif,
vainqueur de la Coupe des
clubs vainqueurs de coupe, le
18 février prochain à Tunis.
L’Assemblée générale de
l’UNAF a également approuvé
l’organisation de compétitions
pour les jeunes durant 2012.
Il a été décidé, dans ce
contexte, l’organisation de
deux tournois pour les U19 ans
en mars et en septembre pro-
chains en Algérie et deux aut-
res pour les U17 ans qui
auront lieu au Maroc en mars
et décembre 2012. Les deux
pays organiseront les élimina-
toires des coupes d’Afrique des
nations de ces deux catégories
2013.
Dans le souci d’encourager
et promouvoir le football fémi-
nin dans la région, l’Union
nord africaine a également
programmé un tournoi pour
les sélections féminines âgées
entre 17 et 20 ans en juillet
prochain en Algérie. Par
ailleurs, l’UNAF organisera
durant 2013 plusieurs séminai-
res qui traiteront des ques-
tions en relation avec le foot-
ball. Ainsi, un séminaire sur
l’arbitrage sera organisé en
avril prochain en Egypte, suivi
d’un autre en Tunisie durant
le mois de mai sur «le phéno-
mène de la violence dans les
stades.»
Le Maroc abritera de son
côté, en septembre prochain,
un séminaire sur l’unification
des règlements et législations
sportifs et l’Algérie clôturera
cette série de rencontres en
octobre prochain par un sémi-
naire sur le professionnalisme
en football et son financement.
Il a été également procédé
lors de l’assemblée générale à
l’adoption des rapports moral
et financier pour la période
2010/2011 ainsi que l’approba-
tion du budget estimatif pour
la même période. Mohamed
Raouraoua a affirmé à cette
occasion le souci de l’UNAF de
promouvoir davantage le foot-
ball dans la région en accor-
dant un «intérêt particulier»
aux catégories des jeunes.
Il a également émis l’espoir
de voir un des pays de l’Afrique
du nord se porter candidat
pour l’organisation de la phase
finale de la Coupe d’Afrique
féminine des nations, assurant
à ce propos que le pays qui pré-
sentera sa candidature aura
tout le soutien de l’UNAF.
Mahmoud Hammami, secré-
taire général de l’Union, s’est
félicité de la nomination de
Raouraoua comme deuxième
représentant de la région Nord
de l’Afrique au bureau exécutif
de la Fédération internationale
de football (FIFA), ce qui ren-
forcera la représentation
d’UNAF au sein de cette
instance internationale.
I SAÏD MEKKI
MOURAD AÏT OUARAB, ENTRAÎNEUR DE L’EN DAMES DE HANDBALL
«Notre objectif est la qualification au Mondial»
L
e premier responsable de la barre technique
de la sélection nationale féminine de hand-
ball fait preuve de beaucoup d’ambitions
malgré la difficulté de la tâche lors du prochain
championnat d’Afrique de handball qui débutera
le 10 de ce mois.
L’Expression : Comment évaluez-vous notre
dernière participation aux derniers Jeux sportifs
arabes de Doha ?
MOURAD AÏT OUARAB : Pour nous, cette compé-
tition était considérée comme un regroupement
pratique puisqu’on disputait des matchs sous
forme de tournoi à l’image et au rythme d’une
Coupe d’Afrique. C’est une sorte de répétition
générale. Même si le niveau n’a pas été très élevé
nous avons tout de même pu tirer des points posi-
tifs tels que la progression remarquable des joueu-
ses : des 6 matchs joués, nous avons effectué deux
très grands matchs. Ce fut sans pression et les
joueuses étaient bien libérées psychologiquement.
Il est évident que nous avons également décelé
quelques points négatifs en défense. C’était diffi-
cile pour les joueuses d’appliquer ce système
défense avancée que nous avons mis en place
depuis fort longtemps. Le championnat d’Algérie
est faible, donc les joueuses ne peuvent se dévelop-
per et développer cette stratégie en club.
Et qu’en est-il de la préparation depuis le
retour de Doha ?
Nous sommes partis pour la France pour un
dernier stage avec à la clé deux matchs disputés :
le premier contre l’Angola, une redoutable forma-
tion qui nous a battus (30-21) et le second contre
une équipe française. J’estime que nos joueuses
ont effectué une bonne préparation et leur volonté
d’aller de l’avant est perceptible. Ce qui laisse
entrevoir une bonne prestation lors du champion-
nat d’Afrique. Il ne faut pas oublier que nous
comptons 5 joueuses absentes, notamment celles
évoluant à l’étranger du fait qu’elles sont prises
par leurs clubs respectifs. Elles ont divisé leur mois
de disponibilité entre les Jeux sportifs arabes et
cette Coupe d’Afrique. Il nous reste donc seule-
ment ces 3 jours où tout le groupe est au complet
pour travailler la cohésion et effectuer les derniè-
res retouches avant le premier match.
Un mot sur vos prochains adversaires ?
C’est une bonne opportunité de jouer contre la
redoutable équipe tunisienne, l’une des meilleures
en Afrique, le premier match. Nous ferons tout
pour réaliser un bon résultat contre les
Tunisiennes. Ensuite, et si l’on perd contre la
Tunisie, nous devrons gagner nos trois derniers
matchs. Il y aura le Sénégal et le Maroc, qui sont à
notre portée, avant de rencontrer la grosse cylin-
drée, le Congo, au dernier match. Si nous échouons
à ce match, je pense qu’on a les possibilités de rem-
porter les trois autres face à des adversaires qui
sont à notre portée.
Et quel est l’objectif visé par notre Equipe natio-
nale dans ce nouveau championnat d’Afrique ?
Arriver au le dernier carré est notre objectif
principal, car par la suite tout ne serait que du
bonus. Et arriver aux demi-finales veut dire une
qualification au Mondial. Et c’est ce que nous
visons en priorité.
Quel est l’état de santé des blessées?
Nous avons deux blessées : Hassani et
Benzemour. La première devrait passer un dernier
examen dimanche pour se fixer sur sa blessure à
l’épaule. Pour Benzemour, je préfère la préserver
des entraînements jusqu’au jour du match pour ne
point compliquer sa tâche.
On vous laisse le mot de la fin.
Je reste optimiste quant à la réalisation de
notre objectif pour faire plaisir aux amoureux du
handball et surtout à tout le peuple algérien.
Entretien réalisé par
S. M.
LUNDI 9 JANVIER 2012
14
ports
S
PRÉPARATION DES ÉQUIPES ALGÉRIENNES À L’ÉTRANGER
Des voyages d’agrément !
De plus en plus d’équipes se rendent à l’étranger pour se préparer, alors qu’en Algérie
les conditions climatiques sont meilleures.
I
l est loin le temps où les plus
grandes nations sportives de la
planète envoyaient leurs
meilleurs athlètes en Algérie pour
se préparer. C’était dans les années
1970. L’Algérie était considérée
alors comme La Mecque des nations
sportives qui étaient obligées d’ef-
fectuer parfois un voyage de plu-
sieurs milliers de kilomètres pour la
rallier. Il n’y avait pas que les pays
de l’ex-bloc socialiste, la France,
l’Espagne, la Suède, la Belgique et
le Brésil envoyaient régulièrement
leurs athlètes en Algérie pour peau-
finer leur préparation. Un choix pas
du tout fortuit car l’Algérie était
appréciée pour la douceur de son
climat. On peut s’entraîner toute
l’année, contrairement à de
nombreux pays où la neige et le
froid rigoureux qui sévissent en
hiver, obligent les sportifs à aller
dans d’autres pays pour poursuivre
leur préparation.
A l’inverse, les équipes algérien-
nes se rendent de plus en plus à l’é-
tranger pour se mettre au vert, sur-
tout durant la trêve hivernale.
Cette année encore, pas moins de
dix équipes ont programmé leur
préparation hors du pays ; certaines
sont déjà parties, d’autres sont sur
le point de le faire. Rares sont celles
qui sont restées. Le comble est que
dans le lot figurent celles qui ont
des problèmes de trésorerie ou
endettées. La JSM Béjaïa et l’ASO
Chlef ont choisi le Maroc, la JS
Kabylie et le MC Alger l’Espagne,
alors que l’USM Alger, le CR
Belouizdad et l’AS Khroub ont
opté, eux, pour la Tunisie. Des
séjours qui prennent souvent des
allures de voyages d’agrément.
On a vu par le passé des équipes
ayant effectué un stage de prépara-
tion à l’étranger, se faire battre à
leur retour par des équipes moins
huppées restées au pays. Certaines
ont même été rétrogradées en
seconde division.
Comme on le voit, le pro-
blème ne réside pas dans le
choix de l’endroit ou du lieu où
l’on se prépare, mais du pro-
gramme de préparation
concocté pour la circonstance et
le sérieux avec lequel il est exé-
cuté. D’ailleurs, même les ren-
contres disputées, souvent face
à des équipes de seconde zone
pour évaluer la forme des
joueurs, sont trompeuses parce
que ce n’est pas en program-
mant ce genre de matchs que
nos équipes vont progresser.
Le professionnalisme nous
oblige à plus de sérieux et plus
de rigueur que ce soit dans la
préparation des joueurs ou l’or-
ganisation des clubs.
Certaines équipes ont
annoncé la couleur en moderni-
sant leurs infrastructures et en
les adaptant aux exigences du
sport de performance, d’autres
font toujours du bricolage en
privilégiant le résultat immé-
diat, oubliant que la formation
et le travail à long terme sont
les seules clés de la réussite.
Les meilleurs joueurs algé-
riens avant et au lendemain de
l’Indépendance ont été repérés
alors qu’ils jouaient sur des terrains
vagues. Ce n’est pas en gaspillant
de l’argent en programmant des
sorties à l’étranger pour se prépa-
rer, que l’on arrivera à en découvrir
d’autres. K. A.
IKACI AGGAD
PETER BONU JOHNSON,
SÉLECTIONNEUR
DE LA GAMBIE
«Le match face
à l’Algérie
sera très difficile»
Le nouveau sélectionneur de
l’équipe gambienne de football,
Peter Bonu Johnson, a relevé
samedi la difficulté de la
mission face à l’Algérie, au 2e
tour des éliminatoires de la
Coupe d’Afrique des nations
CAN-2013, dont la phase finale
est prévue en Afrique du sud.
«L’Algérie est une très bonne
sélection qui constitue un
sérieux client pour nous. Même
si elle n’a pas réussi à se
qualifier pour la CAN-2012, elle
reste redoutable d’où la
nécessité de nous méfier.
J’estime que ça sera difficile
pour nous», a affirmé le
nouveau coach des
«Scorpions» à radio Algérie
internationale. Le technicien
gambien Peter Bonu Johnson a
été désigné à la tête de l’équipe
de la Gambie, en remplacement
du Belge Paul Put, limogé
après son échec de qualifier les
«Scorpions» à la phase finale
de la CAN-2012, prévue au
Gabon et en Guinée équatoriale
du 21 janvier au 12 février. La
Gambie accueillera l’Algérie le
29 février prochain à Banjul, en
match aller, alors que le match
retour est prévu à Alger entre le
15 et 17 juin. En dépit de la
difficulté de la tâche, Bonu
Johnson espère relever le défi.
«Nous allons travailler pour
essayer de nous qualifier pour
la CAN-2013. Nos chances
restent intactes, à nous d’y
croire», a t-il ajouté, regrettant
l’absence de «certains joueurs
évoluant à l’étranger», durant la
préparation. Evoquant le match
aller, prévu à Banjul, le nouveau
coach de la Gambie relève
l’importance de cette première
manche. «Nous devons bien
préparer ce rendez-vous qui se
jouera chez nous. Je connais
assez les joueurs algériens, au
même titre que le sélectionneur
Halilhodzic», a t-il conclu. Le
ministère de la Jeunesse et des
Sports gambien, s’est engagé à
garantir au nouveau
sélectionneur «les fonds
nécessaires pour atteindre les
objectifs assignés», à savoir la
qualification pour la CAN-2013,
prévue en Afrique du Sud.
QATAR
Bougherra buteur
avec Lekhwiya
Le défenseur international
algérien Madjid Bougherra a
contribué à la victoire de son
club Lekhwiya contre Al Rayyan
en inscrivant l’un des deux buts
samedi au stade Al Gharafa
pour le compte de la 11e
journée du championnat
professionnel (Qatar Stars
League). Bougherra a inscrit le
deuxième but de son équipe à
la 52e minute de la partie, soit
deux minutes après le premier
but de son coéquipier l’ivoirien
Aruna Dindane. C’est le second
but de Bougherra sous les
couleurs de Lekhwiya que
dirige l’entraîneur algérien
Djamel Belmadi. Sa première
réalisation remonte au 16
septembre dernier face à
Al-Wakra, lors de la première
journée du championnat. A la
faveur de cette victoire, la
sixième de la saison, Lekhwiya
remporte le titre honorifique de
champion d’automne avec
vingt-deux points, suivie d’Al
Wakra (16 points) et un match
en moins.
NAHD
Guendouz au secours des Sang et Or
Mahmoud Guendouz est désormais le nouveau coach des Sang et Or du Nasria, et devra
logiquement entamer son travail dès ce lundi avec son club de cœur.
L
e NAHD qui entame aussi dès aujourd’hui
un stage bloqué de dix jours à Staouéli,
voit le retour à la tête de la barre tech-
nique occupée provisoirement par Smaïl Gana,
depuis la démission de Saïd Hammouche, un
authentique enfant du club.
Pour rappel, la dernière fois que Mahmoud
Guendouz a drivé le NA Hussein-Dey, remonte à
2006. Une époque au cours de laquelle le club du
Nasria avait comme président Mourad Lahlou.
Les deux hommes qui se connaissent bien,
sont donc visiblement tombés d’accord pour
reprendre en main des Sang et Or, aujourd’hui
en queue de classement, au terme de la première
partie du championnat. Mourad Lahlou, qui a
déjà pris le soin de racheter les actions de plu-
sieurs dirigeants, et apparemment épongé plu-
sieurs dettes contractées par le club, postule
sérieusement pour la présidence du NAHD, d’au-
tant plus que certains anciens dirigeants, à leur
tête Abdelkader Bellamine, souhaitent son
retour au sein des Sang et Or, surtout dans l’in-
térêt du club. Mourad Lahlou qui a d’ailleurs
estimé que Mahmoud Guendouz est avant tout
un enfant du NAHD, et qu’il pourra, pourquoi
pas, sauver de la relégation le club, bien que sa
situation au niveau du classement, relève aujour-
d’hui aux yeux de certains, de l’impossible.
Lahlou a aussi estimé qu’un homme de la trempe
de Mahmoud Guendouz, aime relever ce type de
défi d’ordre purement sportif, et espère que son
retour au NAHD fouettera sérieusement les
Sang et Or. Il est vrai que la mission que vient
d’accepter l’ex-défenseur central des Verts,
aujourd’hui devenu entraîneur, est très difficile.
Il faudra vraiment un miracle, et aussi une dose
de chance, pour que le NAHD évite la relégation,
au terme de cette saison. Mourad Lahlou qui a,
par le passé, sauvé du purgatoire les Sang et Or,
en juin 2006, veut de nouveau y croire. « Le
NAHD n’a plus rien à perdre aujourd’hui, et il va
donc jouer désormais son va- tout, pour ne rien
regretter après ! » C’est en ces termes que
Mourad Lahlou a expliqué la situation future du
NAHD.
Le pari est donc bel et bien lancé du côté du
Nasria, même si dans le même temps, il perd au
cours de ce mercato d’hiver, l’excellent défenseur
axial Belamri qui devra logiquement quitter le
NAHD, soit pour la France, soit pour le Portugal.
Mais avant le 17 de ce mois, date qui coïncidera
avec la clôture officielle du mercato d’hiver,
Mourad Lahlou ambitionne de renforcer son
équipe, en ciblant Lounès Gaouaoui, l’ex-gardien
des Verts, les Chélifiens Hamidi et Youcef, ainsi
que les Usmistes Ouznadji et Meklouch.
B. B.
I BACHIR BOUTEBINA
IL A ÉTÉ INHUMÉ HIER À BEN AKNOUN
L’ancien président de la FAF Omar Kezzal n’est plus
L
e football algérien a, une
nouvelle fois, perdu une
vraie personnalité sportive.
En effet, l’ancien président de la
Fédération algérienne de football
(FAF), Omar Kezzal, est décédé
samedi soir à l’âge de 78 ans des
suites d’une longue maladie, a-t-on
appris auprès de ses proches. Omar
Kezzal a été président de la FAF à
trois reprises dont le second man-
dat a été couronné par l’unique vic-
toire de l’Algérie en Coupe
d’Afrique des nations en 1990 face
au Nigeria (1-0) au stade 5-Juillet
et la Coupe Afro-asiatique des
nations en 1991.
Le regretté, ancien haut fonc-
tionnaire des postes et télécommu-
nications, a été décoré durant l’an-
née 2010 de l’Ordre du mérite par
la Confédération africaine de foot-
ball (CAF) pour services rendus au
football africain. Il a également été
honoré en 2011 par la FAF qui lui a
décerné l’Ordre du mérite en or.
Feu Kezzal a occupé la présidence
de la FAF de novembre 1982 à avril
1984, puis de juillet 1989 à novem-
bre 1992 et enfin d’août 2000 à août
2001, sans oublier son passage à la
Ligue d’Alger et la parenthèse
comme secrétaire général de la FAF.
Sa parfaite connaissance des textes
réglementaires et des arcanes du
football ont fait de lui un dirigeant
estimé et très respecté dans le
monde du football. Il a ainsi été
membre de la commission juridique
de la CAF et de la Fédération inter-
nationale de football (FIFA), mais
aussi de la commission recours
de l’instance internationale.
Professionnellement parlant, le
regretté a toujours laissé une très
bonne impression après chaque
mandat.
D’ailleurs, tous ceux que tra-
vaillé avec Omar Kezzal s’accordent
à dire, qu’il s’agit là, d’un « grand
monsieur ».
Son enterrement a eu lieu hier
au cimetière de Ben Aknoun (Alger)
en présence de beaucoup de person-
nalités sportives, notamment celles
ayant fait un long chemin avec le
défunt.
«A Dieu nous appartenons et à
Lui nous retournons.»
M. B.
I MOUNIR BENKACI
LUNDI 9 JANVIER 2012
Internationale
D
ix ans après avoir accueilli
ses premiers détenus, la
très controversée prison de
Guantanamo compte encore 171
hommes, malgré les promesses du
président américain Barack Obama
de la fermer, et reste pour beau-
coup le symbole d’atteintes aux
droits de l’Homme. Lors de son
ouverture, le 11 janvier 2002, une
vingtaine de détenus arrivés
d’Afghanistan sont emprisonnés
dans des cages à ciel ouvert aujour-
d’hui rendues aux herbes folles et
aux iguanes. Leurs photos en com-
binaisons oranges, un sac noir sur
la tête, ont fait le tour du monde.
Ce sont les premiers « combattants
ennemis » de la présidence de
George W. Bush interpellés en
représailles des attentats meur-
triers du 11 Septembre 2001. Située
dans la baie de Guantanamo, au
sud-est de Cuba, le centre de déten-
tion est érigé sur une base navale
de 116 km2 que les Etats-Unis
louent à Cuba en vertu d’un traité
américano-cubain de 1903. La pri-
son, dont les premiers bâtiments en
dur sont érigés à partir de mai
2002, a accueilli jusqu’à 779 hom-
mes et adolescents au total, dont
680 sont incarcérés en même
temps courant 2003, selon le
Pentagone.
La population carcérale s’est
réduite au fil des ans mais n’évolue
plus faute d’endroit pour accueillir
les 89 détenus jugés « libérables »
par les autorités militaires. Malgré
l’engagement de Barack Obama de
fermer la prison avant janvier 2010,
une loi votée par le Congrès et pro-
mulguée fin décembre empêche de
facto la réalisation de cet objectif.
Elle interdit l’usage de l’argent
public pour transférer les détenus
vers les Etats-Unis ou des pays
tiers et impose que les suspects de
terrorisme soient traduits devant
des tribunaux militaires. « Bien que
le président Obama reste déter-
miné à fermer Guantanamo, le
Congrès a pris des mesures empê-
chant de le faire», déclare le lieute-
nant-colonel Todd Breasseale,
porte-parole du Pentagone, ajou-
tant toutefois que pour un « pays en
guerre, il est extrêmement impor-
tant d’empêcher qu’ils (les déte-
nus) regagnent le champ de
bataille ». Les conditions de déten-
tion se sont améliorées et les déte-
nus disposent de « plus de liberté »
dans les parties communes du camp
qui accueille 80% d’entre eux.
« L’espoir de voir fermer
Guantanamo s’amenuise », estime
pourtant Jonathan Hafetz, profes-
seur de droit à Seton Hall. « C’est
de plus en plus dur politiquement
et juridiquement à cause de cette
loi », dit à l’AFP l’avocat de deux
prisonniers de « Gitmo », estimant
que « les détenus sont dans des
limbes juridiques ». « Ils ne
sont ni prisonniers de guerre
ni rien du tout », ajoute Karen
Greenberg, experte en terro-
risme à la Fordham University
et auteur des « Premiers 100
jours de Guantanamo »: « Sans
statut, sans nom ni étiquette ».
« L’échec du gouvernement
américain à fermer le centre de
détention de la baie de
Guantanamo laisse un héri-
tage toxique pour les droits de
l’homme », souligne un rap-
port d’Amnesty International
publié pour le 10e anniversaire
de la prison. Connue pour ses
méthodes d’interrogatoire
musclées, la prison demeure
une « insulte pour les droits de
l’Homme », déclare Rob Freer,
chercheur d’Amnesty.
« Ce n’est pas seulement le
symbole d’abus et de mauvais
traitements », explique-t-il:
« c’est le symbole d’une
atteinte aux principes internatio-
naux des droits de l’Homme » qui se
poursuit aujourd’hui avec « l’échec
des Etats-Unis à rendre des comp-
tes » et avec la détention arbitraire
et illimitée sans inculpation ou
sans procès.
Seuls six détenus ont été recon-
nus coupables devant des commis-
sions militaires, selon le Pentagone,
et sept autres devraient être tra-
duits devant ces tribunaux d’excep-
tion dans les prochains mois, dont
le cerveau présumé des attentats du
11-Septembre.
16
DIX ANS APRÈS AVOIR ACCUEILLI SES PREMIERS DÉTENUS
Guantanamo reste une tache dans le paysage américain
LORS DE SON ouverture, le 11 janvier 2002, une vingtaine de détenus arrivés d’Afghanistan sont
emprisonnés dans des cages à ciel ouvert, aujourd’hui rendues aux herbes folles et aux iguanes..
MÉDIAS PUBLICS EN TUNISIE
Des nominations suscitent des critiques
Guantanamo, centre de concentration des temps modernes
L
e gouvernement tunisien a
procédé samedi soir à des
nominations à la tête des
principaux médias publics qui ont
entraîné dès hier les protestations
d’organisations professionnelles,
qui dénoncent « une soumission au
diktat politique ». L’Instance natio-
nale pour la réforme de l’informa-
tion et de la communication
(INRIC), mise en place après la
révolution, s’est dite « surprise par
les nominations annoncées ». Dans
un communiqué, elle a déploré
« l’absence de concertation avec les
parties concernées » et un « retour
aux pratiques de contrôle, de cen-
sure et de soumission au diktat
politique ».
« Sommes nous au pays de Zine
El Abidine Jebali ? », titrait diman-
che en une le journal en ligne
Kapitalis, estimant que la méthode
rappelait les pratiques de l’ancien
régime. Le syndicat des journalistes
tunisiens devait également publier
un communiqué de protestation.
L’agence de presse tunisienne TAP
sera dirigée par Mohamed Taieb
Youssefi, journaliste à la TAP et
ancien attaché de presse dans des
gouvernements sous l’ancien
régime.
Le réalisateur Sadok Bouabbene
et la journaliste et animatrice
Imène Bahroun ont été nommés
respectivement à la tête de la pre-
mière et de la deuxième chaîne de
télévision. Le gouvernement a éga-
lement nommé deux rédacteurs en
chef au journal La Presse et un
directeur de l’information à la télé-
vision tunisienne. Le journal
Essahafa et la Snipe (société d’im-
pression de presse) auront égale-
ment de nouveaux dirigeants.
« Ce qui est surprenant c’est
que ces nominations ne sont pas
limitées aux postes administratifs
mais se sont étendues aux services
de la rédaction, ce qui constitue un
retour aux pratiques de contrôle, de
censure et de soumission au diktat
politique », s’indigne l’Inric dans
son communiqué.
SYRIE
La flotte russe
accoste à Tartous
Une flotte russe, signe des
liens solides entre Moscou et
Damas, a accosté dans la
base navale de Tartous en
Syrie, a annoncé l’agence
syrienne Sana dans la nuit
de samedi à dimanche. « Les
navires ont accosté en Syrie.
Leur visite vise à rapprocher
les deux pays et à renforcer
les liens d’amitié » entre la
Russie et la Syrie, a déclaré
un officier de la marine
russe, Yakouchine Vladimir
Anatolivitch, cité par
l’agence. « Les capitaines des
navires de la flotte russe
accostée à Tartous ont
exprimé à leur tour leur
solidarité avec le peuple
syrien », soulignant l’amitié
entre Moscou et Damas, a
ajouté Sana. Le gouverneur
de Tartous, Atef al-Nadaf, a
rendu hommage à « la
position respectable adoptée
par la Russie, qui se place au
côté du peuple syrien ». Le
quotidien syrien al-Watan,
proche du pouvoir, avait
annoncé mardi qu’une flotte
russe menée par le porte-
avions Amiral Kouznetsov
accosterait à Tartous pour y
rester six jours. Selon le
quotidien, cette flotte
comprend des navires de
guerre ainsi que des sous-
marins, des avions de
combat, des hélicoptères et
plusieurs systèmes de
missiles anti-aériens.
MANIFESTATION
À MOSCOU
Opposition d’un
nouveau type
Quelques centaines de
protestataires se
rassemblaient au centre de
Moscou hier pour dénoncer
cette fois non seulement le
gouvernement du Premier
ministre, Vladimir Poutine,
mais aussi l’impuissance
de l’opposition à obtenir
des changements. « Nous
en avons assez aussi bien
de ceux qui dirigent le pays
que de l’opposition, dans la
même proportion », ont
déclaré les organisateurs
de ce rassemblement dans
un communiqué publié sur
le site Internet
mitingvmoskve.ru. La
manifestation, autorisée par
la municipalité, s’est
déroulée sur la place
Bolotnaya, le lieu-même
des grandes manifestations
de dénonciation de la
fraude électorale ayant
entaché selon l’opposition
les législatives du 4
décembre. Cette
manifestation d’un genre
inhabituel reflète la
profonde division entre les
divers groupes prétendant
incarner l’opposition à
M. Poutine, qui domine la
scène politique russe
depuis 12 ans et est en
position de redevenir chef
de l’Etat à l’issue de la
présidentielle de mars.
DEUXIÈME SORTIE POUR LA PRÉSIDENTIELLE US DE 2012
Les candidats républicains se sont écharpés
LE NEW HAMPSHIRE qui accueille la primaire du 10 janvier, est le premier Etat à tenir ces élections qui,
Etat après Etat, serviront à désigner l’opposant républicain de M. Obama à la présidentielle de novembre.
L
es candidats républicains à l’élection pré-
sidentielle américaine se sont écharpés
samedi lors d’un débat télévisé dans le
New Hampshire, concentrant leurs critiques sur
le favori Mitt Romney, mais aussi sur le prési-
dent Barack Obama, à trois jours des élections
primaires dans cet Etat. Mitt Romney, l’ancien
gouverneur multi-millionnaire du
Massachusetts, favori des sondages pour devenir
le républicain qui sera opposé à Barack Obama
lors de l’élection présidentielle de novembre pro-
chain, a subi un feu roulant de critiques de ses
cinq adversaires, l’attaquant dès le départ sur
son passé d’homme d’affaires. « Le commandant
en chef de ce pays n’est pas un gestionnaire. Le
président doit diriger, ce n’est pas un P-DG. Et
nous avons besoin de quelqu’un qui nous
inspire », a lancé l’ancien sénateur de
Pennsylvanie Rick Santorum. L’ancien prési-
dent de la Chambre des représentants Newt
Gingrich a mis en doute le bilan de M. Romney,
se demandant si les gens des entreprises qu’il
avait gérées « s’en étaient trouvés mieux ou
moins bien ». « Les gens qui passent leur vie à
Washington ne comprennent pas ce qui se passe
dans la vraie économie », a répliqué M. Romney,
très à l’aise tout au long du débat. Les candidats
n’ont pas non plus ménagé leurs critiques entre
eux. Ron Paul, le candidat libertarien de 76 ans,
populaire chez les jeunes, a notamment accusé le
très catholique Rick Santorum, qui a fait un
score inattendu dans l’Iowa, arrivant 2eme à
huit voix seulement de Mitt Romney, d’être
« corrompu » et d’avoir gagné « beaucoup d’ar-
gent » grâce aux groupes de pression. Et il a
accusé Newt Gingrich d’être un « lâche », pour
n’avoir pas servi dans l’armée. Et à trois jours de
la primaire du New Hampshire, premier Etat à
tenir ces élections qui, Etat après Etat, serviront
à désigner l’opposant républicain de M. Obama à
l’élection présidentielle de novembre, les candi-
dats ont fait feu de tout bois contre le président,
critiquant sa politique étrangère et sa politique
économique, en dépit de la récente amélioration
des chiffres du chômage. « Le président Obama
va essayer de le porter à son crédit, mais ce n’est
pas grâce à lui. Sa politique a aggravé la réces-
sion et a rendu les choses plus difficiles pour les
petites entreprises », a accusé Mitt Romney.
« C’est comme si le coq disait qu’il est responsa-
ble du lever du soleil. Il n’y est pour rien », a-t-il
asséné. En politique étrangère, M. Obama « a
fait des erreurs à chaque virage », a estimé Rick
Santorum, tandis que le gouverneur du Texas
Rick Perry critiquait l’ « énorme erreur » d’avoir
retiré les troupes américaines d’Irak.
M. Romney a également accusé Barack Obama
d’avoir « mis l’Amérique sur le chemin du
déclin », et Newt Gingrich a dénoncé un prési-
dent « voulant désespérément créer un modèle
radical socialiste européen ». « Nous sommes au
bord de la guerre civile en Afghanistan », a par
ailleurs déclaré l’ancien ambassadeur des Etats-
Unis en Chine Jon Huntsman, un modéré qui
joue son va-tout dans le New Hampshire. Les six
candidats à l’investiture républicaine, dont le
débat sur le campus de l’université Saint Anselm
à Goffstown, à la périphérie de Manchester, était
retransmis en direct sur la chaîne de télévision
ABC, devaient se retrouver hier matin pour un
deuxième débat télévisé. Il leur reste quarante-
huit heures pour convaincre les électeurs du
New Hamsphire qui voteront demain. Les der-
niers sondages donnent M. Romney très large-
ment devant ses concurrents, à plus de 40% des
intentions de vote. Mais les électeurs du New
Hampshire sont connus pour ne se décider sou-
vent qu’à la dernière minute, et pour réserver
parfois quelques surprises.
LUNDI 9 JANVIER 2012
Internationale
P
our ce faire, le président sor-
tant mise sur son activisme
pour convaincre des électeurs
démoralisés qu’il est le meilleur
recours face à la crise. Aucun des
deux principaux candidats n’est
cependant à l’abri d’une surprise
provoquée par la progression de la
candidate d’extrême droite, Marine
Le Pen, qui agite les thèmes de l’i-
dentité nationale et de l’immigra-
tion et rêve de parvenir au second
tour comme son père en 2002. Le
bilan de Nicolas Sarkozy, 56 ans, est
jugé négatif par sept Français sur
dix, notamment sur le pouvoir d’a-
chat, l’emploi (le chômage est passé
de 7,5% à 10% en cinq ans) et la
lutte contre les inégalités. Mais à
l’approche vendredi des cent jours
qui le séparent du premier tour le 22
avril, et dans un climat d’incertitude
profonde, celui qui s’est voulu un
« hyper-président » présent sur tous
les fronts joue à fond sur les avan-
tages que lui donne l’exercice du
pouvoir à l’intérieur et sur la scène
internationale, campant en « capi-
taine courage » face à l’adversité. En
quelques jours, il a annoncé la créa-
tion, sans attendre le reste de
l’Europe, d’une taxe sur les transac-
tions financières censée moraliser le
capitalisme financier, lancé une
réforme du financement de la pro-
tection sociale destinée à baisser le
coût du travail et esquissé les gran-
des lignes d’une réforme de l’éduca-
tion, disputant ce thème sensible au
candidat socialiste. Celui-ci est cons-
cient du danger. Samedi, depuis son
fief de Corrèze (centre), il s’est
efforcé de décrédibiliser cette straté-
gie en soulignant que la parole du
président « a perdu une grande part
de son crédit ». Mais piégé par les
incertitudes qui pèsent sur les finan-
ces publiques avec la menace de
perte du tripe AAA de la France, ses
propres propositions pour combattre
la récession, le chômage et l’injustice
sociale tout en réduisant la dette
restent dans le flou. Depuis des
semaines M. Hollande, 57 ans, qui a
emporté haut la main en octobre
une primaire de son parti, est donné
par les sondages facile vainqueur du
président sortant. Cependant son
avance s’effrite, tombant sous la
barre des 30% d’intentions de vote
au premier tour contre 24 à 26%
pour M. Sarkozy. Ses alliés poten-
tiels, la candidate des Verts Eva Joly,
dont les propositions décalées susci-
tent le trouble jusque dans ses
rangs, et celui de l’extrême gauche
Jean-Luc Mélenchon, porteur d’un
programme antilibéral de rupture,
ne profitent que marginalement de
cet infléchissement. Il semble plutôt
faire le jeu du centriste François
Bayrou, partisan d’une moralisation
de la vie publique, dont la cote de
popularité ne cesse de monter et qui
attire 11 à 14% des intentions de
vote. Quant à Marine Le Pen, elle
séduit avec son populisme une large
frange des couches populaires lami-
nées par la crise et se trouve créditée
de 16 à 20% des suffrages, espérant
bien rééditer l’exploit de son père
qui avait affronté Jacques Chirac au
second tour en 2002. M. Sarkozy et
son gouvernement n’ont pourtant
pas épargné leurs efforts pour tenter
de capter cet électorat en faisant du
contrôle de l’immigration un de leur
chevaux de bataille - tout dernière-
ment avec les étudiants étrangers
voulant rester travailler en France -
au risque de froisser la droite modé-
rée. Le président sortant est en effet
fragilisé par l’éclatement de son
camp en de multiples chapelles qui
menacent toutes de présenter un
candidat contre lui. L’élection prési-
dentielle sera suivie en juin par des
élections législatives, modelant pour
cinq ans le paysage politique du
pays. Ce scrutin suscite toujours un
fort intérêt en France. En 2007 près
de 84% des 41 millions d’électeurs
s’étaient déplacés. L’abstention
pourrait cependant marquer des
points, tant est faible la confiance
des Français envers la capacité de la
politique à changer leur vie.
17
A 100 JOURS DU PREMIER TOUR DE LA PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE
Sarkozy à la conquête d’un second mandat
PLOMBÉ par l’impopularité, distancé dans les sondages par le socialiste François Hollande,
le président français, Nicolas Sarkozy, compte cependant arracher un second mandat le 6 mai.
L
e président iranien
Mahmoud Ahmadinejad a
quitté hier matin Téhéran
pour une tournée de cinq jours
dans quatre pays d’Amérique
latine (Venezuela, Nicaragua,
Cuba et Equateur) afin de renfor-
cer les liens entre l’Iran et ces
pays, au grand dam des Etats-
Unis. « Nos relations avec les pays
d’Amérique latine sont très bon-
nes et se développent. La culture
des peuples de cette région et
leurs demandes historiques res-
semblent aux demandes du peu-
ple iranien. Ce sont des peuples
qui ont une pensée anti-colonia-
liste, c’est pour cela qu’ils résis-
tent face au régime de l’oppres-
sion (les Etats-Unis) », a déclaré
M. Ahmadinejad avant de quitter
Téhéran pour le Venezuela.
« L’Amérique latine était une
région que le régime de l’oppres-
sion considérait comme son
arrière-cour et il pensait pouvoir y
faire ce qu’il voulait, mais aujour-
d’hui les peuples de ces régions se
sont réveillés et agissent de
manière indépendante », a-t-il
ajouté. Washington a appelé vend-
redi les pays d’Amérique latine à
ne pas « renforcer leurs liens »
avec le président iranien au
moment où la pression grandit
pour convaincre Téhéran de
renoncer à son programme
nucléaire controversé. «Le régime
(iranien) ressent la pression gran-
dissante (de la communauté inter-
nationale) et il est dans une quête
désespérée d’alliés », a déclaré à
des journalistes la porte-parole du
département d’Etat, Victoria
Nuland. « Nous voulons faire
savoir de manière très claire aux
pays du monde entier que ce n’est
pas le bon moment pour renforcer
les liens, économiques ou liés à la
sécurité, avec l’Iran », a-t-elle
ajouté. Hostiles aux Etats-Unis,
ces quatre pays se sont rappro-
chés ces dernières années de
l’Iran, particulièrement le
Venezuela, dont le président
Chavez s’est rendu à neuf reprises
à Téhéran en 13 ans à la tête du
pays. Les Etats-Unis se sont
inquiétés à plusieurs reprises du
renforcement des liens entre
Téhéran et les pays latino-améri-
cains.
Très impopulaire, le président sortant, Nicolas Sarkozy,
a 100 jours pour redresser la barre
EN TOURNÉE EN
AMÉRIQUE DU SUD
Ahmadinejad
chez les
antiaméricains
MALGRÉ LES INQUIÉTUDES EN RAPPORT AVEC LA SITUATION EN ÉGYPTE
Washington dialogue avec les Frères musulmans
ALORS QUE LES VIOLENCES SE POURSUIVENT EN SYRIE
Le premier rapport des observateurs attendu
IL INTERVIENT alors que les appels se multiplient pour que le dossier syrien soit transféré à l’ONU.
L
ongtemps réticents, mais contraints
de s’adapter au nouvel ordre politique
égyptien, les Etats-Unis dialoguent
aujourd’hui avec les Frères musulmans, mal-
gré des inquiétudes tenaces sur l’attitude du
mouvement islamiste envers les femmes, les
minorités ou Israël. Après la chute de Hosni
Moubarak en février 2011, le Parti de la
liberté et de la justice (PLJ), issu du mouve-
ment des Frères musulmans, a largement
remporté les deux premières phases des
législatives et est aujourd’hui très bien placé
pour remporter la troisième phase du scrutin
qui a débuté mardi.
« C’est sûr qu’aujourd’hui les Frères
musulmans sont les seuls interlocuteurs
valables » et que les responsables américains
n’ont d’autre choix que de dialoguer avec
eux, résume Marina Ottoway, de la
Fondation Carnegie. Avant même les élec-
tions législatives qui ont débuté en novem-
bre, les Etats-Unis avaient pris conscience de
la nécessité de reprendre contact avec les
Frères musulmans, mouvement politique le
mieux organisé d’Egypte depuis la chute du
parti d’Hosni Moubarak.
Le 30 juin, la secrétaire d’Etat, Hillary
Clinton, avait ainsi déclaré que les Etats-
Unis « continuaient leur approche de
contacts limités » avec les Frères musulmans
dans le cadre de la transition en Egypte, une
pratique selon elle « adoptée par moments
depuis cinq ou six ans ». Auparavant,
explique Mme Ottoway, l’administration
américaine s’était « pour l’essentiel
retrouvée sur la ligne d’Hosni Moubarak »,
pour qui les Frères et leurs liens avec des
militants islamistes constituaient une
menace pour la stabilité de l’Egypte et de la
région, même si le mouvement a renoncé à la
violence il y a plusieurs décennies. Pays le
plus peuplé du monde arabe, l’Egypte est un
des pivots de la politique américaine au
Proche-Orient depuis 1979, quand Le Caire
est devenu le premier pays arabe à signer un
traité de paix avec Israël.
« Les Etats-Unis ont dans l’ensemble sou-
tenu la politique répressive de Moubarak à
l’encontre des Frères musulmans », souligne
Mme Ottaway, rappelant même que des
responsables américains avaient décliné des
invitations de la fondation Carnegie à ren-
contrer des groupes islamistes, dont les
Frères musulmans, après les élections de
2005. « Pour les Etats-Unis, reprendre le dia-
logue avec les Frères musulmans c’est une
étape importante, c’est même une étape qui
aurait dû être franchie il y a longtemps, mais
ils s’y étaient refusé, pointe Marina Ottoway.
Cela représente un grand changement,
adopté par nécessité ».
Pour Nathan Brown, professeur à l’uni-
versité George-Washington, les Frères
musulmans ont « envoyé juste assez de
signaux rassurants pour accroître légère-
ment le confort des Etats-Unis à l’idée de dia-
loguer avec eux » et permettre la reprise de
contacts. Mais même si les Frères musul-
mans ont conscience que les Etats-Unis sont
un acteur majeur sur le plan diplomatique
avec lequel il faut travailler, « il n’y a aucun
doute sur le fait qu’il s’agit d’un mouvement
socialement et politiquement très conserva-
teur », dont les positions à l’égard des fem-
mes ou de la minorité chrétienne d’Egypte
peuvent susciter l’inquiétude.
Selon Nathan Brown, l’attitude des
Frères à l’égard d’Israël reste aussi une
« inquiétude majeure en matière de politique
étrangère ». « Sur ce point, ils ont envoyé
quelques messages rassurants, mais pour le
moment, cela reste très vague », pointe-t-il,
tout en ajoutant que le mouvement égyptien
était « proche du Hamas et hostile à Israël ».
L
e chef des observateurs en Syrie, chargé
de veiller à l’application du plan arabe de
sortie de crise, devait présenter hier son
premier rapport à la Ligue arabe sur sa mission
dans un pays où les violences ont encore fait des
dizaines de morts ces derniers jours. Le comité
ministériel de la Ligue arabe en charge du dos-
sier syrien devait se réunir au Caire, au siège de
l’institution panarabe, dans l’après midi d’hier
afin d’auditionner le général soudanais
Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, à la tête
des 163 observateurs actuellement en Syrie. Ce
premier rapport intervient alors que les appels
se multiplient pour que le dossier syrien soit
transféré à l’ONU. L’opposition syrienne a ainsi
accusé les observateurs d’être « manipulés » par
le régime et la Ligue de s’être montrée incapable
de faire cesser les violences. Les premiers obser-
vateurs ont entamé leur mission le 26 décembre
à Damas, tandis que la dernière délégation en
date est arrivée samedi, en provenance de
Jordanie, pour surveiller l’application du plan
arabe de sortie de crise prévoyant en premier
lieu l’arrêt des violences.
La Syrie est en proie depuis la mi-mars à un
mouvement de contestation réprimé dans le
sang, qui tend à se transformer en conflit armé
entre l’armée à des soldats dissidents ayant
notamment rejoint l’« Armée syrienne libre »,
une force d’opposition armée. Dans la nuit de
samedi à dimanche, de violents affrontements
ont opposé des soldats et des déserteurs dans le
village de Basr al-Harir, dans la province de
Deraa (sud), faisant 11 morts dans les rangs de
l’armée régulière, a annoncé l’Observatoire
syrien des droits de l’Homme (OSDH, basé en
Grande Bretagne).
Depuis plus de neuf mois, la répression de
cette révolte par le régime a fait plus de 5 000
morts, selon une estimation de l’ONU en décem-
bre, et samedi, 21 civils, dont quatre manifes-
tants pro-Assad, ont encore péri. Vendredi, un
nouvel attentat dans le centre de Damas avait
aussi fait 26 morts. Le général Dabi, dont la
nomination fait polémique car il a dirigé un
temps les forces nordistes pendant la guerre
civile avec le Sud, avant d’être impliqué dans le
conflit au Darfour, a estimé dans le journal bri-
tannique The Observer qu’il était trop tôt pour
juger sa mission. « C’est la première fois que la
Ligue organise une telle mission. Et elle vient
juste de commencer, donc je n’ai pas encore eu le
temps de me faire une opinion », a-t-il déclaré.
La Ligue arabe a récemment reconnu des
« erreurs » mais a défendu la mission, assurant
qu’elle avait permis la libération de détenus et le
retrait des chars des villes, des affirmations
contestées par les militants pro-démocratie.
L’opposition syrienne a pour sa part qualifié
cette mission d’«échec» et appelé l’ONU à inter-
venir, estimant que la politique « molle » de la
Ligue à l’égard du régime avait conduit « à une
hausse des morts dans la répression ». Amnesty
International a souhaité que le rapport du géné-
ral Dabi montre clairement les « graves viola-
tions des droits de l’Homme » qui se poursuivent
en Syrie. Selon un bilan de l’organisation, vend-
redi, au moins 134 civils, et peut-être beaucoup
plus, ont été tués depuis le 26 décembre. Le
secrétaire général adjoint de la Ligue, Adnan
Issa, a toutefois assuré qu’« aucun projet de
retrait des observateurs n’était à l’ordre du jour
de la réunion du comité ministériel. Nous ne par-
lons pas de retrait mais du renforcement de cette
mission ».
21
Culture
LUNDI 9 JANVIER 2012
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AMIR RAMSÈS, RÉALISATEUR SCÉNARISTE-ÉGYPTIEN, À L’EXPRESSION
«On est toujours dans un système dictatorial…»
« MOIS DU THÉÂTRE »
À BATNA
Grande affluence aux
spectacles
Les spectacles présentés dans le
cadre du « Mois du théâtre » de
Batna connaissent une grande
affluence du public malgré le
froid qui sévit ces derniers jours
dans la capitale des Aurès. Les
férus des planches qui s’avèrent
bien nombreux, ont eu à
apprécier depuis le début de la
manifestation, le 3 janvier
dernier, les toutes dernières
productions du Théâtre régional
de Batna comme Arous el matar,
Thidt, ou la vérité (spectacle
pour adultes) et Rêve d’une nuit
d’hiver (pour enfants). Le
programme de la manifestation
qui se poursuivra jusqu’à la fin
du mois en cours comprend de
nombreux autres spectacles à
l’instar de la Dernière nuit, une
production de la Coopérative
culturelle du 4e art de Blida,
Achhal ghar thamtent du théâtre
régional d’Oum el Bouaghi, Le
retour d’El Hadjadj Ibnou
Youssouf de la coopérative
« Amer » pour la culture et le
tourisme de Sétif, et L’Ecole des
pères de l’association des fêtes
culturelles de Médéa. Outre le
chef-lieu de wilaya, les spectacles
au menu du programme du mois
de théâtre de Batna seront
également présentés dans les
daïras importantes de cette
wilaya, à l’instar de Aïn Touta,
N’gaous et El Madher, afin de
« répondre à l’attente des férus
du 4e art, de plus en plus
nombreux dans l’ensemble des
localités de la wilaya », a
souligné le directeur du théâtre
de Batna, M.Yahiaoui. Ce « Mois
du théâtre » avait été précédé,
dans la capitale des Aurès, par
une manifestation de théâtre
pour enfant, organisée du 23 au
31 décembre dernier, et qui avait
attiré plusieurs milliers de
bambins.
«DEUX POLICIERS
EN MISSION»
Un film en tournage
à Boumerdès
Un film intitulé Deux policiers en
mission est actuellement en
tournage dans la wilaya de
Boumerdès, a-t-on appris samedi
de son réalisateur, M. Amar
Chouchène. Il s’agit d’un film
policier mettant en scène un
scénario co-écrit par le
réalisateur et M. Abdelmadjid
Bouakar. Plus de 20 acteurs
prennent part à ce film, dont les
principaux rôles sont campés par
Azazna Ahcène et Ahmed Ben
Adjal. Les prises de vue de ce
long métrage (1h30mn) ont lieu
essentiellement sur des sites
naturels, sauf en de rares cas où
il est recouru à l’utilisation de
décors artificiels, a précisé ce
cinéaste. Selon son synopsis, le
film a pour trame l’histoire de
deux policiers qui ont mis leurs
affinités professionnelles
(travaillant dans le même
service) à profit pour démanteler
un réseau spécialisé dans le vol
de véhicules. Le succès réalisé
dans cette opération leur a
permis de gagner la confiance de
leur hiérarchie qui leur a confié,
cette fois, une autre affaire
beaucoup plus complexe et traite
de stupéfiants et de vol de
véhicules. La projection de ce
film, produit par la coopérative
« Vasara Film », et cofinancé par
l’Assemblée populaire de la
wilaya de Boumerdès, est prévue
pour fin mai prochain à la salle
de cinéma de la ville de
Boumerdès.
A
bdennour Bouderbala, dessinateur auto-
didacte souffrant d’un handicap cérébral
à 80%, a su prouver, à travers la
vingtaine de dessins exposés à la galerie « Art 4
You » d’Alger, que l’infirmité peut se transfor-
mer en force par le seul exercice de la volonté.
Pouvant à peine bouger la main droite, cet
artiste au tempérament bien trempé, a créé par
le dessin un monde propre à lui, dans lequel le
noir et le blanc ont «chassé » le reste des cou-
leurs.
La difficulté de parler et l’impossibilité de
bouger ont poussé ce jeune dessinateur, qui aime
signer ses oeuvres par ses initiales (BA), à faire
du crayon et du papier, la manière idéale pour
exprimer ses émotions. Le noir, une couleur qui
se caractérise, selon BA, par «une beauté parti-
culière peu connue chez le public», est fortement
utilisé dans la vingtaine de dessins exposés jus-
qu’au 31 janvier.
Même si le noir, sa couleur fétiche, est domi-
nant, le réalisateur se défend d’être pessimiste,
mais dit vouloir transmettre, au contraire, un
message d’espoir et d’optimisme, ainsi qu’il l’a
expliqué à la presse lors du vernissage de l’expo-
sition qui a eu lieu samedi. Selon l’artiste, «le
noir et le blanc sont les couleurs de la vie avec
lesquelles nul ne peut tricher».
Abdennour Bouderbala qui s’est mis au des-
sin à l’âge de quinze ans, lorsqu’il se sentait un
peu délaissé par son entourage familial suite à
l’accident de la route dont a été victime son frère
benjamin, a évolué dans cet art sans aucune
connaissance académique, réussissant à associer,
dans son travail, l’abstrait, l’impressionnisme et
le réalisme.
«Mes tourments», «Le feu», «La société»,
«Mon père», «Angoisse», «Rage» sont les
quelques dessins réalisés par la technique du
crayon sur papier qui dégagent à la fois, la sensi-
bilité, la force de caractère, la volonté et l’opti-
misme de cet artiste qui avoue vivre au jour le
jour. Ayant participé à plusieurs expositions col-
lectives et individuelles en Algérie, Abdennour
Bouderbala, la trentaine entamée, a représenté
l’Algérie en 2010 au Salon international pour
handicapés talentueux «Tafaouk», organisé en
Libye où il a remporté le 1er Prix.
EXPOSITION DE ABDENNOUR BOUDERBALA
Quand l’infirmité se transforme en force
R
egard lucide et aguerri que
cache difficilement une
constante bonne humeur, le
réalisateur égyptien, invité le mois
dernier au festival d’Oran du film
arabe, analyse avec nous la situa-
tion politico-culturelle post-
Moubarak avec franchise et relati-
visme. L’ancien assistant-réalisa-
teur de Youssef Chahine garde les
pieds sur terre et les yeux bien
ouverts sur le devenir de sa société
en constante ébullition. Le réalisa-
teur, doublé de romancier, est un
touche à tout. Il a aussi réalisé l’an
denier pour le compte de la chaîne
marocaine M2, une série télévisée,
Salon Sherazade. Amir Ramsès, 32
ans, est allé l’an dernier comme
beaucoup de ses compatriotes sur la
place Tahrir du Caire, pour récla-
mer le départ du président Hosni
Moubarak. Il sera interpellé et
questionné par les flics. Si
Moubarak est parti, beaucoup reste
à faire, semble nous dire ce jeune
artiste…
L’Expression : Vous représen-
tez un peu la nouvelle génération
de cinéastes post-révolution, com-
ment évaluez-vous votre situation
actuelle et son changement ?
Amir Ramsès : Je crois, si on
parle d’ un plan chronologique, il
y a un réel mouvement dans les fes-
tivals arabes depuis 2006. On a
commencé à avoir une nouvelle
génération de cinéastes et de films
arabes qui reçoivent de plus en plus
de prix . Il y a un parallélisme à
faire sur le plan révolutionnaire qui
est en train de se faire, notamment
entre le plan politique et celui ciné-
matographique. Mais ce n’est pas
grâce à la révolution. D’ailleurs, on
ne peut pas dire ça car on n’a pas eu
de films sérieux sur la révolution.
Tous les essais qui ont été faits ent-
rent plus dans le cadre des médias
que de l’art.
Le pouvoir de Moubarak avait
un peu la mainmise sur la création,
peut-on dire qu’il y a plus de liberté
aujourd’hui dans votre créativité ?
La liberté est un mot relatif. On
peut dire entre parenthèses que les
révolutions arabes ont cassé cer-
tains tabous politiques, mais on a
toujours d’autres tabous dans le
Monde arabe à envisager, à savoir le
tabou religieux, sexuel.
Le Printemps arabe n’était pas
une révolution pour plus de liberté
dans tous les sens , c’était contre un
système dictatorial tels ceux en
Tunisie, en Egypte, en Syrie et en
Libye, qui, d’ailleurs, n’est pas
encore fini. Ça reste sur un niveau
politique mais cela ne veut pas dire
plus de liberté.
Les tabous, c’est comme un seul
monstre à trois têtes, on tue l’un,
mais il en restera deux. Le tabou
religieux risque d’être encore plus
agressif et violent. C’est ce qu’on
est en train de voir et constater
dans le Monde arabe.
Personnellement, je suis contre
tous les mouvements qui font ent-
rer la religion dans la vie quoti-
dienne, que ce soit politique, écono-
mique ou artistique. J’estime que
les Frères musulmans ont assez
d’intelligence pour véhiculer une
image un peu libérale quant à ce
qu’on attend d’eux, et ce n’est
même pas par intention mais par
intelligence. Le peuple égyptien est
croyant, parfois fanatique mais qui
aime la vie, l’art.
Le représentant du mouvement
salafiste qui a dit que lire Najib
Mahfouz est un péché, eh bien, une
semaine après, il a échoué aux élec-
tions. Tu ne peux comparer le nom-
bre de votes qu’il a eus avant et
après. Cela nous dit quelque chose.
Et cela se passe dans une ville égyp-
tienne où les salafistes sont les plus
forts.
Et vous, quelle est votre position
dans tout ça en tant qu’artiste ?
Je suis optimiste quand même.
Notre défi en ce moment demeure
contre le tabou politique. On est
toujours dans un système dictato-
rial. Peut-être avec un visage diffé-
rent mais nous sommes dans la
même situation. Je crois que la
guerre contre le fanatisme reli-
gieux, on n’en parlera pas mainte-
nant, ni dans deux ou trois ans.
Peut être dans cinq ou dix ans. ça
dépend de l’image qu’il compte don-
ner par rapport au peuple pour se
faire accepter et faire intégrer son
concept au sein du peuple.
Entre leur fanatisme religieux
et la façon de vivre des Egyptiens,
c’est une guerre. Alors je pense
qu’ils vont être un peu plus intelli-
gents politiquement.
Quel cinéma préconisez-vous ?
Si je vois les films que je fais, je
suis en train de jouer. En long
métrage, j’ai réalisé Le bout du
monde, en 2006 (Akher Eldounia),
Kachf hessab (Compte rendu) en
2007, autrement un film noir ou
psychodrame pour l’un et un
thriller polar classique à la
Hitchcock pour le second et enfin
un troisième, intitulé Waraka cha-
fra, une parodie sur les thriller
américains, à la mode à l’époque.
Mais après mon 2
eme
long métrage,
Kashf hessab, j’ai voulu expérimen-
ter le langage cinématographique.
Je voulais me prouver en tant que
professionnel en technique et sur-
tout me prouver que la force de mes
films vient du cinéma et non pas du
sujet.
Ce qui m’intéressais, je crois,
était de faire des films de genre. Je
ne sais comment expliquer cela.
Dans les courts métrages ou docu-
mentaires que j’ai réalisés avant, je
faisais des films vraiment engagés
et personnels, mais j’ai senti que je
devais aller vers des films de genre,
un peu comme l’a fait Tarantino,
peut-être un peu moins avec Le
bout du monde, fait sur une para-
noïa personnelle. Après ça, j’ai
senti le besoin de faire des clins
d’œil aux genres cinématogra-
phiques que j’ai aimés et qui m’ont
fait aimer le cinéma, notamment
les thrillers de Hitchcock et le film
de parodie de Mel Brooks qui m’ont
marqué pendant mon enfance. Il
n’y a rien de plus intéressant que
de faire des films sur le cinéma en
utilisant la langue du cinéma
comme matière première.
Et aujourd’hui ?
Là, je retourne aux films per-
sonnels. J’écris un long métrage fic-
tion et je finis de monter un docu-
mentaire qui reste un peu person-
nel, un documentaire historique
sur la communauté juive égyp-
tienne.. sur ce qui s’est passé ces 60
dernières années, c’est-à-dire com-
ment un peuple est arrivé à expul-
ser toute une communauté qui était
là, complètement intégrée...
Pourtant, la majorité des juifs
égyptiens étaient contre l’Etat
d’Israël, ils se battaient contre la
constitution de l’Etat d’Israël, mais
elle a été battu par le gouverne-
ment égyptien. Je suis en train
d’explorer, voir ce qui s’est passé à
la tolérance du peuple égyptien,
comment un peuple qui était si
tolérant, cosmopolite en est arrivé
là... Alexandrie était la ville la plus
cosmopolite du monde, elle accep-
tait toutes les religions et les races
et façons de penser. Mon documen-
taire posera ce genre de questions.
J’essayerai de comprendre qui
était derrière, ce qui était politique,
propagande et comment cela s’est
passé…
Quelle image gardez-vous de
Youssef Chahine et que vous a-t-il
apporté ?
Ce qu’il m’a apporté je peux
vous dire tout !. C’est en regardant
les films de Youssef Chahine vers 9
ou dix ans que j’ai décidé de deve-
nir cinéaste. Je suis allé en salle
avec mon père voir Alexandrie,
encore et toujours, je suis sorti en
étant sûr que je veux faire ce
métier. Dix ans après, je suis
devenu son assistant. Je crois que je
ne peux pas commencer à citer
nombre de choses que j’ai apprises
à ses côtés, par rapport au profes-
sionnalisme, aux techniques, même
par rapport à la passion pour le
cinéma, ce que je fais... Ce n’est pas
parce que l’art reste quelque chose
de léger pour le peuple qu’on doit le
faire avec légèreté mais en état de
guerre. Même durant les prépara-
tions. Cela m’a donné un sens du
professionnalisme que je n’avais
pas avant de rentrer dans son école.
Surtout dans Alexandrie New York,
que j’ai suivi depuis l’écriture jus-
qu’à la finition de la copie zéro.
Aussi, la joie de faire un film. Avant
j’étais quelqu’un d’agressif sur mes
plateaux, soucieux, paranoïaque.
Avec Chahine, j’ai appris comment
avoir de la joie en ayant ce que je
veux. Cela m’a aidé surtout avec les
acteurs. On stresse sur le tournage.
Je communiquais moins avec mes
acteurs. Après j’ai vu la joie qu’il
avait de faire ses plans sur les pla-
teaux. C’était une danse, de la cho-
régraphie ! Comment il gère son
plateau ! Lui-même était acteur sur
le plateau. Un acteur qui joue avec
les comédiens, les techniciens.., je
crois que c’est cela qui m’a le plus
marqué et a changé ma relation
avec les acteurs sur un plateau.
O. H.
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR
IO. HIND
sur internet http://www.lexpressiondz.com
LES HOSPITALO-UNIVERSITAIRES
EN GRÈVE DE 3 JOURS
Le syndicat national des hospi-
talo-universitaires chercheurs a
entamé dimanche une grève de
trois jours avec pour principale
revendication une « enquête »
sur la hausse de la facture d’im-
portation de médicaments et la
« revision » du régime indemni-
taire. Le syndicat exige l’instal-
lation d’une commission indé-
pendante pour enquêter sur la
hausse de la facture d’importa-
tion de médicaments car «il est
inconcevable de relever des
pénuries de médicaments au
moment où la facture d’importa-
tion atteint 2,5 milliards dollars
en 2011», a souligné le Pr
Nacereddine Djidjli, président
du syndicat. Pour ce qui est de
la revendication de révision du
régime indemnitaire, le même
responsable a précisé que le
syndicat avait mené des négo-
ciations durant trois ans avec la
tutelle mais cette dernière n’a
pas «donné suite à cette reven-
dication». Le syndicat qui a
donné un préavis de grève
depuis une quinzaine de jours
tiendra une assemblée géné-
rale mardi prochain pour le suivi
de cette question, a rappelé Pr
Djidjli.
LE DOSSIER DE LA MORT
DES OTAGES FRANÇAIS
DU NIGER RESSURGIT
Les familles d’Antoine de
Léocour et Vincent Delory,
les deux otages français
enlevés il y a un an au Niger,
ont réclamé la « transpa-
rence » sur ces évènements
survenus il y a un an alors
qu’un nouveau témoignage
suscite des interrogations
sur le rôle de l’armée fran-
çaise. L’avocat de la famille
Delory, Me Frank Berton,
soupçonne que les tirs de
l’armée française ont mis le
feu au 4x4 dans lequel était
enfermée l’une des victimes
provoquant sa mort, une
version des faits confortée
par le témoignage d’un
membre d’Aqmi dans
Libération.
LES USA RÉPONDRONT
AU BLOCAGE DU DÉTROIT D’ORMUZ
Les Etats-Unis « répon-
dront » par la force si
l’Iran cherche à bloquer le
détroit d’Ormuz, passage
stratégique pour le trafic
maritime pétrolier, a
affirmé le chef du
Pentagone Leon Panetta,
évoquant une « ligne
rouge » à ne pas franchir.
« Nous avons été très
clairs sur le fait que les
Etats-Unis ne toléreront
pas la fermeture du détroit
d’Ormuz. C’est une autre
ligne rouge pour nous et
nous y répondrons », a
déclaré le secrétaire amé-
ricain à la Défense lors de
l’émission « Face the
Nation » sur CBS.
L
’expérience de l’Open ski
n’est pas concluante chez
nos voisins marocains. En
s’inspirant des difficultés rencon-
trés par Royal Air Maroc, suite à la
signature d’un accord d’Open ski, le
P-DG d’Air Algerie qui s’exprimait
sur la radio s’oppose à ce genre
d’ouverture. « On l’a remarqué par-
ticulièrement quand il s’agit de l’in-
troduction de compagnies Low
coast, conjugué à l’absence de tou-
risme à l’import, cela peut être
pénalisant pour la compagnie natio-
nale », a fait savoir Mohamed Salah
Boultif. Dans pareil contexte, « Air
Algérie n’est pas prête à affronter
une ouverture complète du ciel »,
affirme-t-il. Néanmoins, dans le cas
où cette ouverture viendrait, « il
faudrait peut-être le faire avec les
compagnies régulières », propose-t-
il. Il est évident que l’ouverture ne
peut être que bénéfique aux usa-
gers, en matière d’offres d’emplois
et stimulation de la compagnie
nationale, mais dans l’état actuel
des choses, Air Algérie n’est pas
prête à l’ouverture totale. Ce qui
est craint par dessus tout, c’est
notamment l’introduction des com-
pagnies à bas prix . « Si cette ouver-
ture est imposée, il faudrait exclure
ce type de compagnies », a-t-il pré-
conisé. Le président-directeur
général de la compagnie nationale
d’Air Algérie, Mohamed Salah
Boultif, invité par la Radio natio-
nale, est revenu également hier sur
la toute récente grève déclenchée
par les pilotes. « Il ne s’agit pas
d’une grève mais d’un arrêt de tra-
vail momentané ayant duré 8h en
fait, puisque la reprise a été enclen-
chée en milieu d’après-midi », a
tenu à affirmer le P-DG. « On n’a
pas enregistré de très grandes per-
turbations » car poursuit-il, « jus-
qu’à la reprise la compagnie a pu
assurer une trentaine de vols ».
Concernant les discussions qui ont
eu lieu jeudi dernier, il dira qu’ « un
procès-verbal a été arrêté entre la
direction générale et les partenaires
sociaux ». Sept points au total ont
été examinés dont certains ont d’o-
res et déjà trouvé un accord, tel
celui lié au recul d’âge de qualifica-
tion ramené de 55 à 57 ans, précise-
t-il. il est relevé qu’il a été aussi mis
en place « une commission de tra-
vail chargée d’étudier le statut et le
régime indemnitaire du personnel
navigant notamment technique, l’a-
mélioration des conditions de tra-
vail à moyen terme et l’application
stricte de la réglementation et pro-
cédures de la compagnie », selon M
Boultif. S’agissant de la convention
collective de branche, « la direction
générale a demandé un peu plus de
temps pour examiner ce projet de
convention collective », a-t-il noté.
Un autre point relatif à la
retraite a été soulevé parce que,
souligne-t-il « actuellement 15 navi-
gants ayant dépassé l’âge de départ
(60 ans) demeurent encore en exer-
cice particulièrement sur le gros-
porteurs Airbus A30 ». Sur ce point,
il a été convenu d’« examiner la
chose d’une manière beaucoup plus
minutieuse pour aller à un objectif
dans l’intérêt de la compagnie et
des navigants ». A propos de gra-
ves incidents dus au manque de
considération envers la place et le
statut du pilote, l’invité de la radio
a soutenu que « les tensions entre
pilotes et le personnel navigant
commercial ( stewards et hôtesses)
n’est pas l’apanage d’Air Algérie.
« Ils existent à travers les autres
compagnies de par le monde », selon
lui. Face à cette situation, le P-DG
d’Air Algérie appelle le personnel à
se montrer « sage pour éviter que
pareils événements aient lieu à l’a-
venir ou ne se reproduisent ». Car,
souligne-t-il « un clivage exacerbé
entre les deux corporations pourrait
remettre en cause la sécurité des
vols quand on a une moyenne de 80
vols par jour, 560 vols par
semaine ». Pour les cas maintenus
en exercice malgré leur âge de
départ à la retraite, le premier
responsable de la compagnie natio-
nale a rappelé que « si la loi algé-
rienne fixe l’âge de départ à la
retraite à 60 ans , en 2010 il y a un
décret exécutif qui limite l’âge de la
retraite des pilotes à 65 ans parce
que l’Oaci depuis 2003, a mis en
place une réglementation qui peut
permettre au pilote de travailler
jusqu’à 65 ans.
Le choix est laissé aux Etats
contractants et les compagnies
exploitantes. Interrogé sur les diffi-
cultés financières auxquelles fait
face la compagnie, l’invité de la
radio assurera qu’ « aujourd’hui la
situation est équilibrée. Au niveau
du chiffre d’affaires, nous avons
acquis un pic en 2009 de 58
milliards de dinars ; depuis 2010 on
a eu un peu moins, soit 55 milliards
de dinars ».b La clôture en 2011,
ajoute-t-il, « est plus ou moins sta-
ble, mais on a remarqué surtout sur
nos réseaux essentiels tels le réseau
France , Europe, Méditerranée et
Moyen Orient, que la concurrence
est très forte. Avec le retour des
compagnies étrangères, il y a une
érosion de nos parts de marchés».
« Air Algérie a beaucoup reculé sur
différentes parts de marchés même
si sur l’Europe, le marché global a
quelque part augmenté. Donc, c’est
un petit peu ce qui est inquiétant.
On a reculé sur le réseau Italie sur
la Turquie. Par conséquent,
indique-t-il, « il faudrait que la com-
pagnie consolide ses parts de mar-
chés et essaie de récupérer ce
qu’elle a perdu ces dernieres années
en termes de parts de marchés et se
redéployer sur d’autres marchés
porteurs, particulièrement le trafic
de transit parce que le trafic de
point à point arrive à saturation ».
Sur le réseau intérieur subven-
tionné par l’Etat, la compagnie a
enregistré un déficit de 4 milliards
de dollars. Par ailleurs, M. Boultif a
nié l’existence d’un plan de départ
volontaire à Air Algérie. « Ce genre
d’ exercice effectué en 2005 n’a
permis à la compagnie de perdre
que quelques compétences, donc on
est pas prês de le renouveler.
Cependant, ce qui a été décidé
par le conseil d’administration et
l’organe de gestion « c’est de geler
le recrutement, d’appliquer avec
rigueur le départ à l’âge légal de la
retraite et éventuellement de
réexaminer dans le cadre de la
restructuration de la compagnie la
procédure de mise en place des filia-
les », conclut-il. M. B.
BOULTIF EN QUÊTE D’UNE STRATÉGIE OFFENSIVE
Le nouveau plan de vol d’Air Algérie
GRÈVE DES PILOTES, finances de l’entreprise et compagnies low coast ont été les thèmes abordés
par le P-DG de la compagnie.
D
écidément, les hommes politiques en
France font feu de tout bois. Cette fois
c’est Lionnel Luca, député de la Droite
populaire, qui drague l’électorat du FN (Front
national) en mettant en avant le thème de l’im-
migration qu’il mixe au projet de construction
d’une usine Renault au Maroc. Il préfère en effet,
une usine au Maroc que des immigrés en plus !
Ainsi, Renault, qui préfère construire son usine
au Maroc plutôt que de l’installer en Algérie,
offre sur un plateau d’argent l’argument aux
tenants de la xénophobie en France. Aussi, Luca
estime que l’ouverture prochaine d’une usine
Renault à Tanger constitue un vrai rempart
contre le flux migratoire marocain dans
l’Hexagone. « Mieux vaut créer des emplois au
Maroc qu’accueillir des immigrés supplémentai-
res », clame Lionnel Luca qui continue à draguer
l’électorat du FN, quitte à emprunter des rac-
courcis pendables. Le député de la Droite popu-
laire vient de déclarer préférer « une usine
Renault au Maroc qui donne du travail à 6 000
Marocains sur place », plutôt que « 6 000 tra-
vailleurs immigrés de plus dans une usine
Renault en France ».« Que vaut-il mieux? Une
usine Renault au Maroc qui donne du travail à
6000 Marocains sur place (avec 250 cadres fran-
çais) et contribue au développement du pays? Ou
6000 travailleurs immigrés de plus dans une
usine Renault en France », écrit-il dans un com-
muniqué, faisant référence au prochain lance-
ment d’une usine Renault à Tanger. « Poser la
question c’est y répondre! », a conclu le député,
vice-président du Conseil général des Alpes-
Maritimes. L’usine Renault à Tanger doit com-
mencer la production de véhicules Dacia courant
janvier. Elle emploiera 2600 salariés au démar-
rage et devrait employer 6000 salariés en 2015,
selon Renault.
Lionnel Luca, politique français et donc
homme bien informé, en citant l’usine Renault
de Tanger, confirme l’on ne peut mieux l’impro-
babilité de voir un jour la construction d’une
usine Renault en Algérie. Il étaye ainsi ce qu’a
révélé Carlos Ghosn, le président-directeur exé-
cutif de l´Alliance Renault-Nissan qui affirmait à
partir du Maroc : La «décision définitive»
d´installer une usine Renault en Algérie «n´a
pas encore été prise», mais «on en discute tou-
jours», avait-il déclaré.
Chimère que tout cela! cette implacable
réalité semble contredire froidement les plans
politiques les mieux conçus.
Puisque le dossier de la société Renault qui
envisage la création d’une usine de construction
automobile à Alger, est bien dans les tiroirs des
officiels des deux pays. Le ministre algérien de
l’Industrie a même indiqué que les pourparlers
entre les parties algérienne et française étaient
bien avancés, soulignant que la dernière réunion
entre les deux parties remonte à juin dernier.
Estimé à un milliard d’euros, le projet Renault
vise à produire plus de 150 000 véhicules par an
en Algérie. N. B.
PRÉSIDENTIELLE DE 2012 EN FRANCE
Renault au centre d’une polémique raciste
« Air Algérie n’est pas prête à affronter une ouverture complète du ciel »
L’Etat algérien va prendre la majo-
rité du capital (51%) de l’opérateur de
téléphonie Djezzy (OTA), a annoncé
hier à El-Tarf, le ministre de la Poste et
des Technologies de l’information et de
la communication, M. Moussa
Benhamadi.
« L’Etat algérien va prendre la majo-
rité du capital (51%) de l’opérateur de
téléphonie Djezzy.
Un accord a été passé dans ce sens
conformément à la loi de finances », a-
t-il expliqué, dans une déclaration à la
presse en marge de sa visite de travail
dans la wilaya d’El-Tarf, sans plus de
précision.
BENHAMADI L’A CONFIRMÉ HIER
L’Etat algérien prendra la majorité du capital de Djezzy
I MOHAMED BOUFATAH
I NABIL BELBEY
DERNIÈRE
HEURE