C/ass

Book

tJniversity of

Chicago Librax^
r#'

GIVEN BY

Besides the maiti îopîc this book also treais of
Siibjcct

No.

Oh page

I

Sy.bjcct

No.

On

/>aj;e

J"

BIBLIOTHÈQUE ORIENTALE ELZÉVIRIENNE

LES

CONFRÉRIES
MUSULMANES

DU HEDJAZ
PAR
A.

LE CHATELIER

PARIS
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR
28, RUE BONAPARTE, 28

1S87

BIBLIOTHÈQ.UE ORIENTALE ELZÉVIRIENNE

LU

LES

CTONFRÉRIES

MUSULMANES

DU HEDJAZ

MAÇON,

IMP.

PROTAT FRÈRES

DîTÇ. . i. > c » MUSULMANES DU HEDJAZ PAR A.UR RUE BONAPARTPr'28 \ i8-8r x^ . ./ y' .^ X "S -<^ .^9 . LE CHATELIER -YP~~^ ^ ii PARIS ERNEST LEROUX 28».BS CONFRERIES o : •• • .

PROTAT FRÈRES .MAÇON. IMP.

NFRÉRIES ' MUSULMANES DU HEDJAZ PAR A.B9T LSS CQ. RUE BONAPARTE. LE CHATELIER PARIS ERNLST LEROUX. 1887- . 1.DITEUR 2S 28.

' •*' I > ' t '.. t t » > • • t Z tl »'' 1 1 I HASKELL „AiL4 . .! . . . ' .•. 1 • • I .» • > t ) > 1 > t . = I . I tt t 1 t I t t « t . 1 I > > • • . ' . .

pour l'Islam.^1* INTRODUCTION connaît aujourd'hui le rôle politique et l'organisation intérieure des ordres religieux On musulmans. partout où Nous ne possédons pas pour apprécier exactement leur influence générale. assez de points de repère dangers souvent exagérés. mais réels dans quelques contrées. longtemps mystérieuses. à du domaine de beaucoup près. de la Tripoli taine au Maroc. Il ne serait cependant pas inutile de suivre ces associations si s'étend leur action. Mais il n'en est pas de le reste même. dans toute l'Afrique septentrionale. et les dangers dont elles peuvent menacer les progrès de la civilisation. .

L'étude des morales. . de La Mecque surtout. au Caire.VI C'est à ce point de vue. demandes qui leur ont peut-être de les été adressées. les ordres Fournis par des pèlerins. pendant longtemps la plus large place. en France et plus récemment en Italie. pour les tendances et définir le rôle de ces associa- tions. permet considérer comme suffisam- ment précis dans leur ensemble. Il n'a cessé d'en être ainsi a tenu que depuis quelques années. doctrines philosophiques ou du rituel des différentes confréries musulmanes. De tels éléments ne sont caractériser pas suffisants. et comme les étude documentaire. renseignements qui suivent sur du Hedjaz. mais l'empressement mis par certaines personnaà répondre aux lités religieuses du pays. ils n'ont pas la valeur de constatations faites sur place. cependant. dans les travaux dont elles ont fait l'objet. qu'ont été recueillis. en Allemagne et en Angleterre surtout.

depuis conquête. à la bon droit. qui que ce soit de connaître les choses d'Afrique. seule. considérer ce confirmation dans un article publié par M. sur la côte ouest de l'Afrique. de New-York . Blyden principal de l'Ecole presbytérienne de Libéria. en raison de Mais. a toujours eu des chefs favorablement qu''il disposés à notre égard. l'un des ordres algériens les plus connus. M. Edward W. Depuis. des deux grandes zaouiya possède en Algérie. celle de Témacin. celle d'Aïne Mahdi n'a guère cessé d'être suspecte. Quelques indices nous avaient seuls permis de fait comme exact. african blood » qui est lui-même « a negro of the purest et par conséquent mieux à même que . nos colonnes ont dû sou- vent combattre les Tidjaniya du Sénégal^. Blyden . nous en avons trouvé la I. l'esprit cause. au moment où nous écrivions ces lignes. en réalité. Enfin. (janvier 1S77).VII Ainsi. est en général rallié comme tout entier à notre de tolérance qu'a toujours manifesté son fondateur et que professent encore ses membres les plus éminents. consi- . dans la « Meihodist Ouarterly Review. l'autre. celui considéré des Tidjaniya.

en est ainsi. qu'ils Ils ont été ou sont encore chefs d'ordres . au Sénégal une gravité particulière. . Le développement et la forme de l'autorité exercée par tous les chefs des grands mouvements religieux. avant d'être Samory. dère el Hadj Omar comme un disciple de Cheikh el Tidjani. les subtilités d'exégèse. C'est donc. du fondateur des Tidjaniya. d'une génération à la suivante. tels La question religieuse offre par suite que l'émigration des Peul. ou les légendes miraculeuses qui ont servi de base à l'enseignement des premiers chefs des confréries musulmanes. contre des associations religieuses que nous avons à lutter.vin La fixité des pratiques spéciales à chaque ordre n'est guère plus grande. Ahmadou. de recherches basées sur l'étude approfondie du rôle général et de l'organisation des confréries musul- manes. d'un pays à l'autre. là où elles sont déjà connues. Seules. suffisent au reste pour prouver sur de s'appuyent puissantes confréries. II serait urgent qu'elle fasse l'objet d'une enquête sérieuse. pendant les Il périodes de crises que traverse notre colonie. à de rares exceptions près. restent toujours articles de foi pour leurs successeurs. au Sénégal et dans la vallée du Niger : El Hadj Omar. Elles varient dans tous. qu'il s'agisse de mouvements insurrec- tionnels ou d'incidents. chefs d'empires.

non plus qu'à décrire minutieusement toutes leurs coutumes. à exposer en détail les principes que suivent aujourd'hui les diffédu Hedjaz. ^^ .IX Nous ne nous doctrinaires rents ordres attacherons donc pas. Mais déterminer rôle actuel et l'organisation des la patrie Khouan dans de l'Islam. tel est surtout le but que nous nous proposons. dans cette étude. Quelques indications incidentes nous ont paru utiles pour mettre successivement en lumière les plus intéressantes de leurs règles et de leurs pratiques. rale le pour donner une idée généde leur nature même.

.

illustre. En butte à l'hostilité 2 mal déguisée des Eulema classe dirigeante i et des Chorfa qui forment la de la population urbaine. D'un côté. ils tutelle par l'administration traire n'ont au con- chez les nomades que des partisans dévoués jusqu'au fanatisme. leur . qualification lement appliquée aux descendants du Prophète. savant. développement se trouve entravé stances semblent le favoriser. spécia- Chorfa. les circon- Mais pour au la plupart moment du confréries. Eulema ou mieux Eul'ma. I . docteur. et tenus en turque. 2. et leur influence sur les pèlerins. s'accroît de toute l'exaltation de ceux-ci. pluriel de Chérif. la propagande ne peut avoir d'autre but que pèlerinage de ces 1.LE CHEIKH EL TROU a — LES CONFRÉRIES ET LES E ULEMA — LE MOUVEMENT RELIGIEUX DU XIXe SIÈCLE — LES SENOUSSIYA Les ordres religieux du Hedjaz sont placés dans des conditions de milieu spéciales. pluriel de A'âlem. de l'autre. célèbre.

la foule des pèlerins se renouvelant sans cesse. Bien qu'utilisant. monastère.de faire affluer les offrandes des fidèles dans les zaouiya ^. les agissements des ordres religieux contre les puissances voisines de son empire. Les Bektachiya 2 d'Albanie en ont récemment fourni la preuve. égard.l'aristocratie locale nécessite par contre une mention moins sommaire. et signifie simplement la cheikh. Touteelles fois. Il lui est arrivé parfois les affaires inté- de sévir contre quelques- uns avec une rigueur extrême. Bektachiya formaient l'élément musulman de Turquie avec la Ligue albanaise. Leur attitude dans les démêlés de la les autres . le plus souvent une simple cheikh fait habituellement ses dévotions . école. 1. quelque- même Les du ce terme n'a qu'une valeur figurée. la Porte n'a jamais toléré sur son propre territoire leur intervention dans rieures. tendances il Les des tribus nomades sont partout analogues. provoquant même au besoin. un établissement mosquée. Zaouiya : un chef parfois fois d'ordre. C'est l'endroit où réside un marabout. où les disciples se réunissent autour de leur maître . Quelques-unes seulement. représentées par des docteurs célèbres^ leur doivent une illustration passagère. plus qu'elles n'obtiennent de résultats définitifs dans le pays même. celle où le considérable. résidence 2. préparent ainsi leurs succès dans des contrées étrangères. n'est donc pas nécessaire d'insister à leur L'attitude des autorités ottomanes et de .

Khalifat litaine. ou Khalifat : lieutenant. Naïb : délégué. Reconété membres d'un ordre ont naissant aux associations religieuses l'existence légale. est Moqaddem préposé. Naïb 2. vicaire. est considéré comme crime de trahison. ils sont l'objet d'une surveillance active. 3 . et plusieurs conspirations . que Méhémet-Ali a inauguré en Egypte. En Orient. 2. est représenté à l'étranger par des vicaires. dans le sens de coadjuteur. ou du moins n'est plus autorisée. au même titre que le pape est dit vicaire du Christ. au Hedjaz et dans les provinces voisines. qui ont eux-mêmes sous leur dépendance des agents inférieurs. 1. plus en harmonie avec les principes de la politique turque. Il i du fondateur. les Moqaddem 3. provoquèrent à leur égard des mesures répressives très sévères. un agent inférieur. un grand maître. On est sait que la puissance des confréries musulmanes due surtout à leur organisation centralisatrice. plutôt de représentant. Son équivaut à prieur. vicaire. dispense d'en venir à de extrémités en Arabie. dont relèvent les simples disciples. Dans chacune. résidant à la zaouiya métropo- donne une direction unique à tous les adeptes. à l'origine tout au moins. par l'application d'un système spécial. . un : secondent. Leur confrérie a été dissoute. et le seul fait de prendre part aux réunions clandestines qui tiennent encore quelques-uns de ses chefs. Actuellement encore.Un telles expédient préventif. Etats des Balkans . le moqaddem sous-délégué du Naïb et des Khalifats qui le rôle est plus relevé dans l'ouest de l'Afrique. Les liens que crée cette hiérarchie entre tous les rompus. s'emploie dans le sens de successeur.

Cheikh el Troûq K Le villes même système fut introduit et peu après à la Mecque. sous la dépenle dance d'un chef commun. chemin. Habbous. dans les questions d'ordre : temporel qui intéressent ces dernières participation aux cérémonies publiques. en existe un pour chaque ville. sans avoir cette signification. Il y a été le Cheikli el maintenu depuis. dans cette région en Orient. par extension. tout au plus peuvent-elles paraître propres la à lui en faciliter surveillance politique. à l'ouest de l'Egypte. au premier donner sur les ordres une auto- générale . . de nature à lui rité ne semblent pas. pluriel de Triqâ : voie. Ouakf. la reconnaissance de leurs digni- Ces attributions abord. Mais alors qu'en Egypte Troûq étend son autorité sur tous les ordres il de la contrée. de la Médine. el Mais en choisissant toujours pour Cheikh Troûq un person- 1. telles la que leur pratique de leur rituel dans les mosquées. Le rôle de cet agent est en apparence fort limité il sert d'intermédiaire entre les autorités locales et les confréries de sa circonscription. biens de main-morte taires. . L'ensemble des doctrines adoptées par une confrérie constitue la voie qu'elle ouvre aux fidèles. Triqâ. l'administration de leurs 2. dans quelques autres région. équivaut ainsi à confrérie. pendant l'occupation du Hedjaz par l'armée égyptienne. et 2. Troûq. en Arabie.—4— il les plaça. Djeddah. Cheikh el Troûq : le supérieur des conftéries. au point de vue administratif.

à se faire accepter par eux comme supérieur hiérarchique. licence admiIdjaza. I. Quant aux : autres. S'en servir dans une cérémonie publique un signe de supériorité sur les assistants qui n'en ont pas. imposé à son tour et le comme détenteur d'un pouvoir religieux. il est arrivé à les désigner lui-même. a remplacé. nistrative. La Sedjada du Cheikh est l'insigne de son rang. ou le chef d'une famille jouis- sant d'une grande influence religieuse. Cette première transformation le en a amené une seconde . est Son Takrir. les Moqaddem pas tardé à le reconnaître pour maître spirituel. licence devenu l'équivalent d'une canonique. qui. Naïb provincial. elles ont Sedjada Tapis de prière. Habitués à s'adresser à lui pour n'ont toutes les affaires d'intérêt matériel. Chargé seulement de sanctionner leurs nominations. on lui a créé une situation teUe. sous le nom de Cheikh el Sedjada i. Troûq à l'origine . est . qu'en réalité son action s'est substituée à celle des chefs d'ordres. Beaucoup de confréries ont depuis longtemps perdu toute cohésion et n'ont plus qu'une existence nominale. L'organisation adoptée au Hedjaz n'a eu pour elles d'autre effet que de soumettre leurs branches locales à l'action du pouvoir temporel. groupement par la ville des représentants de chaque ordre.nage vénéré par la foule. sous direction plutôt agent personnel s'est du Cheikh el de l'un d'eux.

exercer sur eux une autorité ailleurs. des Eulema. et Talemid . assistant. Si la réunion en un seul faisceau. Les chefs des zaouiya peuvent individuellement recruter de nouveaux prosélytes. distingue ainsi dans l'Afrique septentrionale Khouan et : On es adeptes d'un ordre. L'animosité et les agissements du parti des Chorfa. Ils prennent plutôt le nom de Mourid. qui est resté d'autant plus indépendant qu'il devenait plus puissant. spirituelle aussi complète que partout A cet égard. signifie à proprement parler : aspirant. celui des Senoussiya. suffisante pour leur enlever toute influence politique dans le pays. savoir. de toutes les forces d'une confrérie quelconque de la contrée. créent au contraire une situation difficile à tous ceux qui acquièrent une notoriété personnelle par leurs vertus I. l'emploi dans un but politique. sont ainsi devenus les relations des Khouan i avec leurs impossibles . ou leur frères. l'adminis- tration turque leur laisse une entière liberté. Il en est un toutefois qui fait exception à la règle commune. Les résultats obtenus sont donc fort importants: Aucune mesure répressive n'eût été aussi efficace pour réduire les ordres religieux d'Arabie au rôle de simples congrégations religieuses. Talemid. Moqaddem n'ont reçu aucune atteinte. en Egypte Mourid en Orient. . les Senoussiya exceptés. Elle respecte leur caractère religieux.—6— subi ainsi une décentralisation partielle.

par les Chorfa. se sont érigés en dépositaires. les prédicateurs et les professeurs de la grande Mosquée. savants légistes et ministres du culte. les celle des confréries ou de leurs chefs surtout. en est de même dans les viUes voisines. devant lequel tout Cheikh qui fonde dans pays 1 . Les titulaires de ces différentes charges sont actuellement les suivants: Muphti Chafeite Sid Ahmed ben sid Zini Dahlan. le cheikh du T'ouaf et les cheikhs des caravanes de Médine. Les Eulema de la Mecque forment une corporation très nombreuse. descendants du Prophète. les bons musulmans. Muphti Hanafite Cheikh Abd Er Rahman ben Abdallah Siradje. ont un dont intérêt vital à conserver sans partage le prestige ils jouissent aux yeux des isolée pèlerins. : : . le gardien de la clef de la Kâaba. le cheikh des Muezzin de la grande mosquée. de la Loi 2.Comme dans toutes les capitales religieuses à la fois métropoles et centres sacerdotale tient à la Il de pèlerinages. 2. en interi. un Médle jelès 3. Le Koran. outre les Muphti des quatre rites orthodoxes. Elle forme une sa caste. recueil des principes obligatoires pour est la loi par excellence. Ses ou membres. Ils ont donc toujours été en lutte contre Pour les réduire plus aisément prètes de la Tradition sacrée Ils . Eulema soutenus . cette aristocratie Mecque une place prépondérante. Toute influence : étrangère ou devient un danger pour eux ces derniers. Ceux qui composent le Medjelés sont. qui ne peut 3. Hadith : recueil des paroles traditionnelles et la du Prophète. ont formé à ce titre un conseil spécial. dont la prospérité se ressent heureusement de situation. Le Koran qu'être appliquée et non discutée. Sounnah.

Mekkaoui el Djezzar. . Sid Amor Chéibi. Abbas ben Seddik. Ettlema (Professeurs). S'oltan Daghestani. Brahim ben cheikh Moussa Mogherbi. Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh : Mohammed Zeraa el Karchi. Safia bent Chéibi. : : Mohammed Merdad. : Mohammed Youcef Biis Besiouni. Cheilch du T'ouaf. Amor Cette dernière charge est héréditaire dans une famille chérifienne. : : : : : : : Cheikh des Miif^^iw. fils d'une négresse de son père. Ahmed ben Ahmed Zouaoui. : Belkheir Merdad. el Cherki. S'oltan ben cheikh Hachem. la remplace.—8— une confrérie nouvelle subit un minutieux examen de doctrine. Beker Hamdoun. Cheikh Hassein Djoundi. Aloui ben cheikh Salah ben Ak'il. Abd Sid el Kader Sahy (cheikh de Chéibi. Ali Kemal ben cheikh Seddik Kemal. Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh : Hassan ben cheikh Brahim Arab. Sid Ali ben Omar el Mekki. Ali Andjaoui. Salek Kemal ben cheikh Seddik Kemal. qui n'est plus représentée que par une femme. Cheikh des caravanes de Mcdine. Mohammed Abou Feradji. Mohammed Salah ben cheikh Ali Zouaoui. Prédicateurs (KhetiaV). et dont le contrôle s'exerce aussi sur l'enseiMuphti Hambalite . Cheik Khalaf ben Mohamed Muhpti Malékite : (charge vacante). Mohammed Abou Chenab. Gardien de la clef de la Kâaba. : : Brahim Hadjini. la caravane des Senoussiya).

comme est un. cependant aussi outré . en y a quelques mois seulement. leur rôle y a-t-il de tout temps été fort restreint. pour le con- damner ensuite. avant lui forcé de quitter la ville sainte. L'exil de Cheikh Senoussi. ils n'ont pas de peine à convaincre d'hérésie. un cheikh des Chadeliya. Les annales du pays offrent de nombreux exemples de l'énergie qu'ils savent déployer pour la défense de leurs privilèges traditionnels. mort à leur instiga- Aussi. qui font exception à même qu'ils échappent seuls à la surveil- lance de l'administration locale.—9— gnement des Moqaddem. Il son maître Si Ahmed ben Idriss. Etant juges et parties. et leur Il situation très précaire. dans toute autre contrée musulmane ont fait mais les circonstances d'eux les Pharisiens de l'Islam. il est nécessaire de . a été condamné par les hérétique. sauf pour cet égard. Pour expliquer conséquences d'un ce cas spécial et faire ressortir tel état les de choses. de les Senoussiya. un duire : fait plus significatif vient de se pro- Si Ali ibn devenu trop populaire. tout adversaire qui leur porte est Leur fanatisme dévotieux qu'il pourrait l'être ombrage. en est encore ainsi actuel- lement. bien que la Mecque puisse sembler au premier abord le centre naturel d'action des ordres religieux. et mis à Eulema comme tion. Yacoub el Morchidi.

Le monde musulman a été entamé de toute part. L'Egypte. lui ont porté des coups redoutables. qui vient seulement de finir. sont entrées dans des voies nouvelles. parmi les adeptes de la Pendant les xie et xiF siècles de l'Hégire. A partir du xnie siècle. la situation s'est au contraire profondément modifiée. grâce à l'énergique impulsion de nos savants et de nos ingénieurs. il s'était trouvé arrêté au cours de ses victoires. en Afrique et en Asie. si ardent à l'origine foi nouvelle. L'Islam. la Turquie même . dont la confrérie aux origines de mouvement pan-islamique l'histoire est intimement liée à celle de fondée par Cheikh Senoussi. Tafifermissement de la domination anglaise aux Indes. c'est à peine si on en trouve la trace dans quelques contrées. les progrès des Russes dans l'Asie centrale. n'avait pas encore subi de revers graves dans sa lutte contre la chrétienté. le mouvement religieux. . Au fur et à mesure que l'équilibre ainsi établi devenait plus stable. s'était ralenti. avant le xixe siècle de notre ère. la Syrie au contact des voyageurs de toute nationab'té .— se reporter 10 — el moderne. Refoulé de l'Europe. sauf dans quelques provinces des Balkans. mais rien ne menaçait encore son empire. La conquête de l'Algérie.

sans liens. qu'ayant donné naissance à de nouvelles confréries. n'avait plus aucune cohésion.— présence le II — commerce a mis en les Partout. mais isolées. affirmée de tous côtés. Abou el Hassen Mais. et quelques autres en Asie. telles que celles des Ouled sidi Cheikh. Saad ed Djebaoui. en Turquie. de nombreuses elles. en Syrie. des Taïbiya. zaouiya.. sans relations entre Un autre. dans les con-. des Bekkaiya. Il dénomination. le développement du musulman et l'homme moderne. Belia ed Dine Nakechabendi. Celui des Chadeliya. mais surtout parmi sous les les ordres religieux. Leur rôle avait été considérable premiers successeurs des grands apôtres qui les ont fondés. Chadeli. n'était plus guère connu sous cette phique. le long des grands fleuves de l'Asie et dans ses antiques cités. ete. institués en vue de la défense et de la propagation de l'Islam. sur côtes de l'Afrique et dans ses déserts. bien de l'Hégire. etc. que il comme école philoso- est vrai. en Afrique. celui des Nakechabendiya . comptait encore. Ahmed Er Refaï. el Abd Dine Kader el Djilani. . Depuis cinquante ans. beaucoup n'existaient plus que de nom à la fin du xiie siècle par exemple. Cette expansion rapide de la civilisation chrétienne devait nécessairement provoquer une réaction très vive elle dans s'est le monde mahométan.

el par exemple. plus eurent lieu dans différents ordres. durent une véritable renaissance à Dia Dine Zou Guinahine Mouleyna Khaled. de l'Asie situées à l'ouest de bien qu'il y eût joui. subsistent encore en Turquie et en Syrie. Mais le fait qui domine l'évolution de l'Islam. Après sa mort. ou moins fécondes. un peu après l'an 1250. La rénovation religieuse du xiiie siècle eut un effet presque immédiat dans quelques-uns des ordres ainsi tombés en décadence. produisit. et toutes sont restées fidèles à la doctrine de leur maître commun. mais aucun lien hiérarchique n'unissait plus les maîtres et les adeptes attachés à son ancienne règle. .— trées 12 — la Perse. durant toute la Des tentatives analogues. parmi ses disciples. de l'Hégire. mais les branches peu nombreuses qui se formèrent ainsi. Les Nakechabendiya de l'ouest. ainsi. en 1242 de l'Hégire. qui réussit à grouper sous son autorité spirituelle la plupart des conel fréries se rattachant par leur origine à l'association primitive. d'une situation prépondérante. jusqu'à la période actuelle. une scission se il est vrai. est la formation de la confrérie xiiie siècle première moitié du nouvelle des Senoussiya. son berceau. que dans l'Inde et dans l'Asie centrale. Sa doctrine constituait encore un enseignement fort répandu dans les premières régions .

ainsi le Yémen. H. semble-t-il . Affilié à presque toutes les grandes confréries. l'aristocratie religieuse prit situation que se créait le chérif marocain. Duveyrier. de M. Cheikh Senoussi ne tarda pas à devenir un de ses plus fidèles disciples. il avait . conçu l'espoir de les réunir en un seul faisceau. à la suite duquel il dut s'exiler à Saabia dans l'y suivit.— Son auquel fondateur. Rachidi des Cheikh Senoussi ses élèves et que deux autres de el . des officiers et des interprètes du service des affaires indigènes ont donné une si grande notoriété. et ombrage de la fit condam- ner sa doctrine dans un Médjelès solennel. . Après avoir fréquenté toutes les zaouiya importantes et les grandes écoles de son pays était allé s'établir . venait d'arriver dans la celui des peu auparavant. les 13 — ben Ali el Mohammed Senoussi. il à la Mecque. Si Ahmed ben surtout. chef d'un ordre répandu au Maroc Khadiriya. travaux de M. était né dans la province d'Oran près de Tlemcen. émigrée aux Indes. coopérateurs . de la Tripolitaine et de l'Egypte . d'où son père était revenu quelques années seulement avant sa naissance. et Mohammed Othman el Emirghani. Mais le nombre de ceux-ci croissant chaque jour. d'une famille de Chorfa de la Mecque. Un chérif de Fez. exerçant dans plusieurs une influence étendue . Rinn. Brahim Chadeliya d'Egypte. ville sainte Idriss.

se mit à leur tête et s'empara de la Mecque. bien continuèrent la lutte et reprirent s'y maintenir. Ils purent rentrer à la Mecque et y fondèrent chacun une zaouiya. la capitale des Ouahabites. s'étaient installés au Yémen depuis 1746. éprouva d'abord quelques revers. sans pouvoir toutefois . chargé par le sultan Mahmoud de réduire cette révolte. de toutes les villes du Hedjaz et des provinces voisines. ne fut pas de longue durée. Le général égyptien réussit. dans leur lutte contre les Turcs. les nomades au contraire à son Toutes les tribus bédouines du Hedjaz. contre IbnSéoud. sectaires. même que vaincus. cependant. le premier à Dar el Khaizaran. alors rétablie. en 1815. Converti à leurs doctrines. Mais. Ibn-Séoud. MéhémetAli. auquel sa qualité de chérif donnait plus d'ascendant sur se rallièrent la population urbaine. mort de l'Hégire. rival. autre fils de Méhémet-Ali. en avaient subi I .— A la 14 — Idriss. avaient. ensuite à s'emparer de Derr-iiê. ceux-ci Médine. Toussûn-Pacha. unies dans un mouvement siècle. elles Sans accepter la doctrine de ces l'influence. qui fut tué dans une rencontre. après avoir détruit les garnisons turques. de Médine. fanatiques austères qui prétendaient ramener l'Islam à sa pureté primitive. Si Ahmed ben Mohammed Othman et en 1253 de el Cheikh Senoussi se disputèrent sa succession. La paix. le second un peu en dehors de la cité. et une seconde armée. sur la montagne d'Abou Kobaïs. national. sous les ordres d'Ibrahim-Pacha. Les Idrissiya des villes suivirent de préférence leur compatriote. Les Ouahahites. au les commencement du soutenu Ouahabites i du Yémen. l'émir du Nedjed. envoya une armée sous le commandement de son fils.

du rigorisme Ouahabite. presque tous embrassèrent la Tariqà 3 Mohammediya. dû faire quelques concessions à leurs tendances.— Si 15 — exil à Saabia. 2. H. Loc. lui aliéna bientôt les Chorfa et les Eulema. nom qu'il donnait alors. à la règle devenue plus tard la « Tariqà Senoussiya ». H. inquiétés déjà par ses succès et choqués de « l'intransigeance des prétentions absolutistes de sa doctrine » . et la philosophie qu'il professait « s'était tact. : 3. — cit. Leur hostilité le décida. fortement colorée à leur con- L'enseignement de Cheikh Senoussise trouvait ainsi d'autant plus imprégné qu'il avait lui-même le « commencé » 2. . à l'exemple de son qui devaient les attacher rapidement à sa cause. Duveyrier. maître. sa propagande par un mort de son maître. page 4. Duveyrier. au Caire. pendant son Ahmed ben Idriss avait. et lui des affinités voyage dans Il Yémen après la existait donc entre les nomades En peu de temps. à quitter momentanément pays. de son côté. — La Confrérie musulmane de Sidi Mohammed ben Ali cl Senoussi. Tariqà Mohammediya voie de Mohammed. le au bout de deux ans. Le développement de son autorité sur une population qui s'était rangée du côté de leurs ennemis. » I. où s'était rendu 1. et mal accueilli par les Cheikh il de l'Université d'El Azhar. Vivant au milieu d'eux.

C'est alors que Cheikh Senoussi jeta les bases de l'établissement qu'il acheva plus tard de créer dans cette région.— tout d'abord. Menacé par leurs partisans dans les rues de la ville sainte. Dès que l'apaisement produit par son départ il le lui permit. Sa réputation était déjà telle néanmoins. Ces renseignements diffèrent jusqu'ici sur cette période de la vie crite qui nous a été rapportée de la Mecque. et un peu de ceux qui ont été donnés de Cheikh Senoussi. publiée en arabe par Mohammed Emin Fakri. Ils l'accusèrent alors ouvertement d'hérésie. que son passage en Egypte fut un véritable triomphe. La population du Caire de I se rendit à Gizeh. et dans une notice manus. . sept ans après son retour de Saabia i. il i6 - passa en Tripolitaine. force lui fut nitivement cette fois. Nous les avons puisés dans une géographie de l'Egypte. malgré l'attitude toujours hostile du clergé officiel. Mecque que se et essaya de recomtolérèrent mencer ses les Eulema quelque temps. à Boulaq. quand ils virent tous les pèlerins d'Afrique se grouper peu à peu autour de lui. Mais son premier séjour n'y fut pas de longue durée. en 1296 H. dans le Villayet de Ben Ghazi. (page 292). revint à la prédications. Leurs anciennes haines réveUlèrent cependant. défien 1843. et l'enthousiasme de ses disciples croître de jour en jour. de s'exiler de nouveau. faubourg . la ville où il s'était arrêté comme en pèlerinage .

En Arabie. Mais ses projets antérieurs lui firent repartit bientôt décliner toutes les propositions qu'il reçut. D'autres travaux l'ont du reste fait connaître. et une autre. lui offrit Olali. pour se maintenir dans Yambo el Bahar. étendant des côtes de la Cyrénaïque au Ouadaï. située . et. règne devait être si funeste au une zaouiya. petit port du dans l'intérieur des terres. ni de l'extension des Senoussiya en Afrique. à en fonder à El Taïf. Bedr. est célèbre par ses dattes parfumées. le succès de son oeuvre. les Abandonnés à eux-mêmes. Outre la Zaouiya. au Djebel Abou Kobaïs.Abbas Pacha dont pays. Mustapha-Cadi. il avait réussi. continuant sa route par terre. qui plus tard lui légua toute sa fortune. de la Mecque. Yambo en Nekhal La première par opposition à Hedjaz. Le cadre de de la pour Ben Gliazi. celle-ci bâtie aux frais d'un riche habitant de la ville. ne comporte pas l'historique fondation des zaouiya du Djebel el Akhedar et de il cette étude Djerboub. construite peu après à Médine. Cheikh Senoussi était devenu s' le chef « d'un véritable état théocratique ». compromis un instant par son départ. en 1859. s'était aussi définitivement affirmé au bout de quelques années. Il suffit de rappeler qu'à sa mort. I. d'où son nom de Yambo les palmiers. El Hamra. ville. avant de quitter le Hedjaz. Moqaddem qui diri- geaient ces établissements durent. Yambo en Nekhal ^ et Djeddah. le 17 - . à la mosquée de Cheikh el à Boulaq.

craignit de voir son prestige compromis aux yeux des croyants par une plus longue opposition. D'ailleurs les besoins de la politique générale de l'Empire ne tardèrent pas à faire traiter le chef des Senoussiya par le sultan comme un allié. Mais bientôt. à la voix de leurs Moqaddem. coupaient les routes et raz- . au Hedjaz taine s'en . comme en Afrique. Pas plus qu'en Tripoli. Ses agents. autour d'eux empêcha les autorités locales de se préoccuper de leurs agissements et calma silence qui se fit Le les méfiances du parti des Chorfa. pour tous les musul- champion de la foi contre la chrétienté. son autorité finit par s'imposer. l'aris- tocratie urbaine. son renom grandissait devenait.— le pays. le fit gouvernement turc n'osa lorsque la nécessité sentir. mans. parcourant les tribus . des pèlerins traversant les villes. i8 — eflfacée. et l'appui du pouvoir temporel lui fut acquis. Déjà punie de son hostilité par les Bédouins qui. Cheikh el Senoussi reprit du Djebel Akhedar la direction des Khouan d'Arabie. dans rislam entier. que mystérieuse. S'appuyant sur une puissante organisation secrète et sur la ferveur populaire. Ils prendre une attitude renoncèrent aux prédications et se bornèrent à entretenir secrètement leurs anciennes relations avec les nomades. se glissant parmi la foule . le Il En même temps. entamer contre lui une lutte dont l'issue pouvait être douteuse. Enfin. aussi active commencèrent une nouvelle propagande.

Tel fut donc. de surveillance officielle. en résumé. que la caste sacerdotale. pour venger les émissaires de l'ordre maltraités à la Mecque ou à Médine. son du influence y était ainsi devenue prépondérante. accepta à son tour le fait accompli. Malgré les persécutions qu'elle dut subir à ses débuts. indépendant des autorités locales aussi bien que des Eulema et de leur parti. le résultat du mouvement religieux du xiiF siècle. il restait libre d'entraves administratives. au Hedjaz. la confrérie nouvelle des Senoussiya. la s'y établit le rôle en quelques années. Seul de tous les ordres. avait paru la ruine Dix ans après l'exode qui Senoussisme en Arabie. dont la doctrine résumait les tendances panislamiques du vieux monde mahométan. EUe rendit à Mecque de foyer du fanatisme musulman. lui avait fait perdre .zaient les 19 elle caravanes.

Les autres sont réparties entre El Taïf. des trois etc. El Hamra. vers le Soumis au régime administratif qui leur a été imposé commencement du siècle. les Cheikh Troûq el premières ont un rôle important. tout Il est d'ailleurs Cheikh Sedjada de la confrérie Khelouatiya. Salah beti Sid la plus I. Médine en possède à peu près autant. L'évolution qui a donné aux Senoussiya la suprématie religieuse dans le Hedjaz n'a eu jusqu'ici aucune influence sur la situation des autres ordres de la contrée. ceux-ci forment un être groupe dont l'étude ne peut de confondue avec celle première confrérie. la ils comptent pour toute la province un peu plus de cent cinquante zaouiya. Au nombre de vingt-cinq. La Mecque seule en renferme soixante et Djeddah trente.II CONFRERIES DÉPENDANT DES CHEIKH EL TROUQ. Yambo el en Nekhal. celui de la Mecque surI. celle des Le de cette charge est Si Mohammed Mohammed Marokchi. Mais villes seuls. répandue dans titulaire actuel el la cité. .

est de Kadriya. Sidi Abd-el-el-Kader el Djilani donc de rappeler. et Badaouiya. ou Guilani. Nous nous bornerons donc à envisager successivement chacune de celles qui sont représentées au Hedjaz. qui devrait être basée soit sur leur origine. Troûq de i. Djeddah exerce de même différents ordres. son ont été exposés déjà Il que I. sans chercher à relier les notices qui leur sont consacrées. . suffit règle. el Djilani. L'insuffisance des études entreprises jusqu'ici sur les confréries musulmanes ne permet pas de les soumettre à une classification méthodique. fondée au xii^ siècle de notre ère. KADRIYA plus connue des confréries établies au Hedjaz. Kadriya. suivant Actuellement Sid Mohammed el Djerrha ben Sid Ahmed. soit sur leur doctrine. vie de l'Hégire. rituel. soit sur leur organisation. sa dans différents ouvrages. par un persan. Sidi Mahi Ed Dine abou celle La Mohammed Abd-el-Kader Sa doctrine. le Cheikh et personnellement aux Chadeliya.— Affilié 21 — une action directe sur ces Refaiya. Khelouatiya.

à en juger nombre des traités sur la théologie et le mystia composés. en premier lieu. « l'anéantissement que Cheikh Senoussi a défini de l'individualité de l'homme par dans de Dieu. Sa charité inépuisable en a qui partout mendient en son règle de la confrérie fait le patron des pauvres. Il tion. une cérémonie d'initiasoumis à un interrogatoire symbole néophyte prête serment d'obéissance à son chef lique. d'après Cheikh Senoussi et quelques autres auteurs musulmans. est surtout un saint populaire. universellement révéré. à certains égards. bien qu'il soit aujourd'hui souvent méconnu dans la pratique. Il revêt. trionale. Comme doctrine religieuse. Mais son principal titre à la cisme qu'il vénération des fidèles a été l'éclat de ses vertus. L. comprend. . 22 — il du nom de la province où naquit.— les dialectes. les Kadriya visent surtout à l'extatisme mystique. férentes. Elle a nom. dans laquelle. des formes dif- On connaît surtout celui de l'Afrique septenles dont détails les plus intéressants ont été donnés par M. une véritable méthode d'entraînement mystique. Ce fut aussi par le un docteur éminent en son temps. » l'essence l'absorption Le rituel qui s'appuie sur cette doctrine constitue. Rinn dans « Marabouts et Khouan ». suivant les contrées. donné à la un caractère philanthropique fort remarquable.

analogues à nos livres de prières. l'Ouerd est et l'Hezb. en pratiques pieuses. appliqué à de simples prières. Admis ainsi au nombre des Frères. la charité . Elles sont de deux formes.— spirituel et 23 — participe dès lors à leurs de fidélité à l'ordre. telles que la sincérité. arrivée. 2 parler. le nouveau membre droits et à leurs devoirs. formulée par le fondateur de confirérie ou par quelques-uns de ses successeurs. Néanmoins. par exemple . et enfin en prières. L'Ouerd en général la une courte invocation. dans tous les ordres. litanies. Ces devoirs consistent en obligations morales. à proprement I. réunies souvent dans des recueils impriI. sont. diffé- . avec un mot identique comme prononciation. publié à Constantinople en 1869. signifie comme particulièrement propres à conduire l'adepte dans la voie — Triqâ — : De là leur nom même Ouerd en effet. Leur récitation constitue pour tous les musul- mans une œuvre dère les siens pie. les aumônes. chaque ordre consiqui lui est tracée. oraisons ou més Les oraisons. Par exemple : Recueil de prières instituées par Sidi Abd-e Kader lui-même. El Feioud'at el Rebbani fi el Mat'er el Kadriya. manes dans Les premiers auteurs qui se sont occupés des Confréries musull'Afrique septentrionale ont confondu ce mot ouerd. recommandées sans être imposées. accès. Il peut en exister un grand nombre dans chaque association religieu^. publié à Boulaq en 1882. Ewradi Scherifeh : i.

Ce sont elles qui forment chez les Kadriya. ces prières sont d'un usage fort répandu. à l'extension qu'a reçue sa signification propre en Algérie et au Maroc. Les Aourad Sid el Bekri sont de même les prières formulées par Sidi Motesfa et Bekri. la base rent comme orthographe. Bien que n'étant point obligatoires. donné à Ouerd. chaque mot a conservé son sens propre. est précisément celle chapitre du Koran. et dans les réunions périodiques des Khouan d'un même groupe. Ouerd y est devenu presque l'équivalent de Triqâ pour les : Khouan illettrés et peu instruits dans les pratiques de leur ordre. en partie. dans tous les ordres. ouverte par Sidi Ab-elKader. Cette confusion tient. Us l'ont' ainsi rapproché de la rose mystique de la franc-maçonnerie. Les litanies.— L'Hezb est 24 — fort un véritable office. et sont d'obligation stricte. et représente sa confrérie. . au contraire. En Orient. Triqâ Sidi Ab-el-Kader est la « Voie » tracée. Hezb et Chadeli. c'est presque toujours le même office. I. Beaucoup disent indifféremment Triqâ Sidi Abd-el-Kader ou Ouerd Sidi Abd-el-Kader. par exemple. long parfois et i. Ouerd Sidi Ab-el-Kader est une invocation instituée par lui. des Khelouatiya d'Egypte. comme dans les confréries similaires. constituent la partie la plus importante du rituel journalier. Comme l'Ouerd. office des Chadeliya. il y a lieu de remarquer que les Kadriya eux-mêmes l'emploient comme jeu de mots dans quelques-uns de leurs poèmes mystiques. dont la signification est rose. dans la : liturgie religieuse. Toutefois. composé surtout de versets ou de chapitres du Koran de La signification la plus générale de ce mot. le même Hezb que fait réciter leur chef. l'Hezb institué par le cheikh d'une confrérie devient celui que ses membres adoptent de préférence. au contraire. en ce qui concerne le sens de rose.

dont il est la dénomination la plus usuelle. Le terme .— : 25 - de l'entraînement mystique. plus spécialement à celles du vendredi. quelques autres prières. » les — il n'y a de Dieu que se réunissent soit Khouan dans une mosquée. el Djellala s'applique spécialement à la formule « la illaha il' Allah ». Cette réunion. et de musique. AUah. « la illaha ill' Dieu. supérieur. sous la direction de leur Moqaddem. facultative le reste de la semaine. hors le cas d'empê- chement majeur. soit dans une zaouiya ou dans tout autre endroit. être grand. Elles portent le nom général « énonciation de Dhikre répétée ». tous les ordres. et équivaut dans ce sens. soit plusieurs invocations très un verset du Koran. jour férié des musulmans. la récitation du Dhikre el Djellala. attribut soit un fragment de verset. est obligatoire. — Pour ce Dhikre. Ce dernier est invariablement le Dhikre el Djellala i. la Hadra. à « proclamation de la grandeur de Dieu ». de Djell. Outre le vendredi. il Dans presque dont l'autre existe deux Dhikre principaux. la cérémonie qui s'y célèbre comprend la lecture de l'ofEce. et est réservé aux cérémonies du culte. de l'Hezb et. et consistent à réciter un nombre de fois souvent considérable une ou courtes. soit le nom d'un de Dieu. la récitation litanique de la formule fondamentale de l'Islam. par sous-entendu. avec accompagnement de chants I. ainsi qu'on le verra. dont l'un doit être répété tous les jours. majestueux. El Djellala.

On a longtemps cru le contraire et admis que chaque confrérie a un Dhikre fondamental. tenu secret. Bien que certains cheikh cherchent à faire adopter le même par tous leurs disciples. Dhikre des heures. ce Dhikre ne constitue dans aucun ordre une prière unique. Le Dhikre journalier se dit individuellement. de noms de Dieu ou de ses Comme l'Ouerd. à la connaissance duquel devait par conséquent s'attacher un intérêt particulier. les divergences sont le cas général. d'un usage particulièrement répandu. bien qu'elles puissent en prendre ce caractère dans quelques cas. quelques-uns peuvent être. il est vrai. comme ayant de véritables réueffet nions clandestines mais. . se récitant en général après chacune des cinq prières obligatoires. Il confrérie à l'autre. mais même el porte le plus souvent le nom de « Dhikre Aoukat ». suivant les pays ou ou les confréries. Sa composition la fois des extraits est partout analogue : il comprend à de versets du Koran et des invocations attributs. ce ne sont en principe que de simples exercices de culte. Il en existe dans tous un grand dont nombre. . bien que quelques ordres ne l'imposent que deux fois par jour. secrets publics.On a surtout parfois considéré 26 — comme ces assemblées un caractère politique. et varie non seulement d'une dans chaque confrérie.

Les préférences Cheikh. quelques noms de Dieu. effet Les Moqaddem ne les communiquent en de la Triqà. . en vertu d'une soi-disant révélation. Ainsi. parmi ceux du chapelet. le à Bagdad. C'est uniquement affaire d'influences individuelles. le Dhikre n'est nulle part tenu pour n'en est rien. En locales aient pu pays musulmans. Il en est à cet égard du Dhikre el Aoukat comme de l'Ouerd. initial . Ils passent pour jouir d'une vertu particulière à laquelle les initiés croient d'autant mieux. spécialement choisis par chaque chef d'ordre.Il 27 — quoique quelques observations donner créance à cette opinion. Dhikre après des Kadriya consiste à répéter 165 la illaha ill' fois chaque prière « Allah ». mystérieux recevoir. que successivement à leurs disciples. qu'ils ont dû attendre plus longtemps pour les connaître. avec des noms d'attributs de Dieu. sont parfois divulgués moins facilement. des Moqaddem. suivant leur degré d'avancement dans les pratiques Différent pour le néophyte nouvellement affilié et pour le membre est déjà ancien de la confrérie. : il suffit d'en demander la fonnule pour la Seuls. en déterminent d'autres qui ne reposent sur aucune règle.de traditions locales. le Dhikre série journalier donc soumis à une première des de variations progressives.

à réciter nies. varie de forme dans une même confrérie. d'invocations qui se répètent jusqu'à cent fois et même davantage. 100 fois. et à laquelle on ajoute noms d'attributs de ! Dieu : O O vivant 100 ! fois. soit après toutes les litanies chaque jour de longues litaprières. zaouiya. suivant le degré d'initiation des disciples. Dhikre Aoukat. etc. donc de retenir que la principale obligation les adeptes des diffé- du rituel journalier consiste. soit moins souvent. dans une même zaouiya. que Dieu répande le ses bénédictions sur illettré. bien que toujours obligatoire pour les Khouan. et selon les Moqaddem. pour rentes confréries. D'autres Dhikre sont en outre recommandés au même . l'uniformité semble plus grande. Dans quelques ordres. O mon Dieu notre seigneur fois. el En le Dhikre journalier.— En Algérie. en outre. suivant les pays. . composées de versets du Koran. on se borne plutôt à à la dernière invoca- tion. dans un même pays. : 28 — souvent cette formule principale est remplacée par Que Dieu pardonne ! loo fois. mais nulle part elle n'est et Il suffit ne peut être absolue. les Il varie. immuable résumé. répétée 50 fois seulement. Mohammed prophète — lOo En des Egypte.

qui favorise la la congestion du système cérébro-spinal. Comme beaucoup d'autres confréries el asiatiques^ celle de Sidi Abd-el-Kader Djilani. et s' appuyant sur une tradition que . y contribue moins que le Dhikre el Djellala. sans être imposés que le les Aourad et les comme « précédent. s'inspirant du mona- chisme chrétien. On conçoit que pour les Kadriya. celle de la majesté de Dieu. la que pour les récitation du Dhikre la réalisation journalier soit tel un acheminement à d'un programme. aussi bien.— titre 29 — Hazeb. » dit Sidi Ab-el-Kader el Djilani. en partie mentale. double influence de purement physique et d'une extrême tension de la convergence de toutes les facultés intellectuelles sur une seule idée. confréries à tendances similaires. et de Kadriya qui n'assistent qu'à la Hadra du temps à autre. Sous cette cause d'esprit. En le faisant. ils se bornent souvent à fort une surexcitation passagère. est Le bonheur dans l'oubli de l'existence. les phénomènes les d'hystérie religieuse se produisent chez beaucoup d'adeptes. mais sont au contraire accusés dans les couvents de l'ordre. formulant ainsi le but du mysticisme extatique sous une forme différente de celle qu'a plus tard adoptée cheikh Senoussi. Parmi vendredi. Mais cette oraison. les Khouan se livrent à un balancement rythmique et accéléré du haut du corps. d'ailleurs.

a dès l'origine favorisé la création de véritables monastères où ses affiliés se réunissent et vivent xnême en commun. qui y sont d'obligation journalière. etc. Il en existe en Orient dans toutes les villes oii l'ordre est représenté. Kalenterkhane dans Khâncâh dans l'Inde. empêché la fondation d'établissements i. C'est parmi'elle que se recrute Fakirs. des Derouich. Tekkié en Turquie. ne se borne au reste. ne l'Asie centrale. impriment à la majeure partie de leur clientèle un caractère distinctif. à l'ouest de l'Egypte. Ces couvents connus en Europe sous leur nom turc surtout. sous prétexte de retraite. de l'Egypte à la Chine. à la seule célébration du Dhikre avec flexions rapides et brusques de la tête.30 rejettent les docteurs musulmans des écoles plus ortho- doxes. Mais les longs exercices religieux et surtout la récitation du Dliikreel Djellala. Hezb et de quelques comporte un accompagnement de musique. . flûtes qui forment l'orchestre. contraire. pour se livrer aux pratiques de son rituel. répandus pas. au mœurs locales ont de ce genre. I. Cette cérémonie qui suit la récitation d'un long autres prières. si un grand nombre des en Orient. dans les Tekldé. servent quelquefois dans la pratique d'asile aux Khouan désireux de passer un temps plus ou moins long à l'abri des nécessités de la vie. les Les tambours. L'entraînement mystique. Khaouanak en Egypte. Tekkié. les En Afrique.

sous prétexte d'extatisme. sur ses un effet aussi marqué que pourraient des compositions plus faire. 31 — une les sensations représenteraient pas pour des oreilles européennes Mais musicales sont essentiellement relatives. ô jeune fille. » . etc. sur les Occidentaux. et les quelques notes échelonnées dans des tons successifs. pendant le Dhikre et après. au Caire. qui forment tout le répertoire de la auditeurs habituels le musique orientale.— harmonie très entraînante. En outre. s'y passe des incidents que voile à peine l'ombre de leurs murailles. le sentiment profond dont ils s'en tient pas toujours Les ennemis de l'ordre prétendent même qu'on ne aux sonnets dans ses couvents. des poésies dont l'influence est plus grande encore. comme un verre de vin généreux. des chanteurs récitent. I Nous avons entendu chanter à la Tekkié des Kadriya de Kasr el Aine. sur un ton de mélopée traînante que coupent religieuses quelques notes aiguës. ce sont presque toujours les poésies mystiques d'Omar ibn Farid. chants d'amour charnel qui exaltent la passion de la créature. Il en est dont qu'une paraphrase licencieuse de certains vers de Virgile : Formosum pastor Chorydon. trouble mes sens. en reportant à la Divinité sont empreints ' . le sujet n'est . un de ces poèmes commençant ainsi « La vue de ta taille flexible. produisent. savantes. : D'autres sont beaucoup moins chastes. Chez les Kadriya. et il que. le k sultan des amoureux » .

il se confond avec celui du cœur. tels sont. Il suffit d'avoir assisté à l'intensité une hadra pour se rendre compte de de ceux-ci. le on voit que la artificiel règle de la coiifrérie développement d'une affectivité pas- sionnelle envers Dieu. et le Dhakir i entend alors des il noms le s'élever de son cœur vers Dieu. » En un mot. le croyant à être dans un mais il croit complète que tout le monde entend il ne voit plus. d'ailleurs. Si et regarde le bouche Dieu par son cœur. suivant école inconscience et insensibilité. les effets immédiats du Dhikre. On les trouve. considérer que ce résultat. fait le A ne 1. le Dhikre de son cœur. qui repose Dhikre el Djellala et conduit plus directement à la pro- duction de troubles physiques. n'entend plus. La répétition fré- quente de ces Dhikre amène état d'extase . comme complésur le ment de l'entraînement mystique. Celle des Chadelîya. un docteur qui appartenait cependant à une modérée ^. chez le croyant. il y a lieu d'admettre Celui qui Dhikre. Abd ul Kerim el Kocheri. : fréquemment décrits dans les auteurs musulmans « Si le Dhikre de la langue est sincère. dit l'un d'eux. il lui Dhikre par sa semble qu'il grandit au dessus de toutes choses.32 En admet tout cas. 2. . Mais n'entend pas ce qu'il croyant dit dit lui- même par sa bouche.

hi en la baissant.— que surtout recherché des 33 — que cette perfection les chefs des ordres. puis en dernier lieu. dans lequel le fidèle doit se borner à répéter ha en tournant la tête à droite. Dans un autre ordre. ils el Djellala. hou. On conçoit on sup- Ce Dhikre prime toute la formule que les sons émis par les Khouan pendant la période de surexcitation qui le termine. aujourd'hui tombé en désuétude fort i. ont phénomènes physiologiques simu- lant la perfection mystique. Allah ! Allah ! lorsque le rythme s'accélère. se sont contentés de favoriser le développement de rhystérie religieuse spécial. C'est lui. à ne plus vivre qu'en par Dieu. tels que celui des Kadriya. bonheur « dans l'oubli de l'existence doit être rangé pamd ceux-ci. Lah Hou. ha. dans lequel « la illaha iU'allah » pour ne conserver que le Dhikre répètent seulement. fondé par l'imam Haonssin ibn Mansour el Halladj. ou hi. le Dhikre el Djellala est ainsi devenu par une crase moins complète. et en prolongeant chaque son aussi I. autrefois répandu. Il en est même peu qui aient été aussi loin. plutôt même. dans cette voie. En effet . comme manifestation de cet état Sidi Abd-el-Kader est el Djilani. Lah Hi. longtemps que l'haleine n'est autre le permet. celui des Halladjiya. hou en la tournant à gauche. C'est le cas pour beaucoup. en effet. . qui a institué un Dhikre. par la seule purification morale. qui proclamait que le ». comme théorie. Lah Ha. après avoir prononcé d'abord lentement et distinctement l'invocation entière. se rendant compte Dieu et que bien peu parmi les fidèles peuvent arriver. qui.

Sidi AbdI.— l'effet 34 — le que peut produire sur tempérament le mieux Hi. en résumé. d'humareprésentant et le défenseur. traduite du persan par Cheikh Abd el Kader elKadri et éditée par Cheikh Abd er Rahman en 1883. Les Kadriya. et ce que celle-ci doit sa popularité presque unique . il s'est fait le aux principes de charité. à vénération dont nité il est resté l'objet. à Boulaq. dont 27 garçons i. D'après une histoire du saint « Menakib Sidi Abd el Kader ». et par leurs tendances actuelles et par celles du fondateur de leur ordre. constitué la répétition de ces syllabes Hou Ha accompagnée de violents mouvements de tète. L'aîné de ceux-ci. dans tout l'Islam. c'est surtout. sont. 49 enfants. grâce aux innom- brables mendiants qui. demandent de Sidi Abd-el-Kader et l'amour l'aumône « par de Dieu ». les dont Bien qu'au cours des âges . Tiazi. des mystiques extatiques. Kadriya aient un peu le précepte. ainsi que nous l'avons la à la sainteté de la vie de Sidi Abd-el-Kader. tout oublié les pratiques philanthropiques dont leur maître avait donné l'exemple le et formulé au moins souvenir s'en conserve-t-U. . la face Sidi Abd-el-Kader el Djilani mourut à Bagdad en 561 de l'Hégire. Il laissait une nombreuse postérité. Mais beaucoup d'autres confréries sont dans n'est pas à sa règle le même cas dit. au point de vue doctrinaire. supérieur du couvent des Kadriya d'Alexandrie.

Mouradiya et Akbariyades Indes.. C'est là fut installée la zaouiya métropolitaine de la confrérie. Quelques-unes de ces branches sont en : . Khalediya. La zaouiya métropolitaine n'a plus cependant d'action directe qu'en Syrie. etc. sans compter les confréries distinctes. en Turquie et en Mésopotamie. aucun ordre n'est aussi répandu que celui des Kadriya . cessèrent peu à peu de reconnaître l'autorité les du Cheikh groupes indépendants que formèrent Khouan de chaque région se scindèrent euxi. ainsi les réalité devenues de nouvelles Zahedaouiya. Khoulonssiya . issues directement de l'ordre. 1 . est En effet. quelques-uns de ses avaient été prêcher sa doctrine le au Maroc. truire près thème aux que descriptions des historiens arabes. mêmes plus tard Actuellement. confréries. Mais du vivant fils même de Sidi Abd-el-Kader. telles que les Chischtiya des Indes et quelques autres. la branche aînée de la famille du saint conserva la direction. Ismaïliya. c'est-à-dire admis dans tous le les ordres chéri- dont fondateur descend du Pro- phète. et fit succéda comme cons- de son tombeau une mosquée aujourd'hui dont les sept dômes dorés ont souvent servi de ruinée. en Arabie. pendant plusieurs générations. et partout en grand nombre. Kounnaouiya. Turkestan.el-Rezek lui 35 chef de l'ordre. et ainsi les fixés dans ces pays. le prin- cipe de l'hérédité fiens. dans Indes. dont. qui s'étaient de Bagdad. en Egypte. il a des adeptes dans l'Islam entier. aux Leurs descendants.

à l'ouest de l'Egypte. qui espérait en tirer parti pour la pacification du pays. avait. sans liens entre elles. Chorfa Kadriyens. jusqu'à l'insurrection la rupture produite par ce et mahentre Mais mouvement Kadriya du Delta ceux du Soudan a été d'autant plus compète que le Mahdi. Dans la région de Khartoum. bien dans la vallée du Nil que dans les Etats de l'Ouest. il est vrai.-36Dans toute c'est l'Afrique si du nord. sans relations autres pays. jusqu'à Timbouctou. Ils y forment : des branches locales ne dépendant que d'elles-mêmes celle de l'Azaouad. les leur confréries. au contraire. donné aux Cheikh du Caire une certaine autorité sur les Khouan de diste. tous el les Khouan relèvent du Cheikh Sedjada du Caire. à peine l'on compte quelques cheikh dont avec celles des dépendent plusieurs Moqaddem. devait nécessairement . qui princière des Oulad Sidi el Mokhtar. affilié à Kéneh. Au Soudan. avec l'appui du gouvernement Khédivial. les Kadriya sont fort nombreux. relève de la famille par exemple. ne recon- naît d'autre autorité que celle du Cheikh el pays. l'ordre par la zaouiya de Mohammed Ahmed. En el Egypte. la propagande officielle entreprise par les différents ordres d'Egypte. établis dans ce district. Les zaouiya sont isolées. Si Mohammed Troûq du aussi Kadri. mais celui-ci. qui descend de Sidi Abd-el-Kader.

où ils tiennent un des premiers rangs parmi les confréries locales . On les appelle le plus souvent Bé-Nawâ. Indes anglaises. issue de cl son fils aîné Sidi le Abd er Rezek i. les indépendants des et qui se dans castes inférieures musulmans Hindous. Dans les au pouvoir métropolitain. l'ordre jouit d'une grande réputation dans l'Hindous- A proprement frérie distincte. vint siècle s'établir Il Pendjab vers la fin du vi^ de l'Hégire. Le chef de Ali Baba. el Nour y Saïyd quelques années. sans D'autres sont plus particulièrement serviteurs religieux d'une branche de la famille de Sidi Abd-el-Kader Djilani.— rompre tous restés fidèles 37 — les liens qui l'attachaient à ses anciens chefs. . Beaucoup d'entre eux sont des Fakirs recrutent mendiants. I. Akbariya forment une conbien qu'étant considérés dans le pays parler. est plus connu comme initiateur d'une doctrine nouvelle que représentent Tordre des Arbiya et celui des Khatemiya. — Masnad ou Sadjâda-Naschin aux Indes l'équivalent il cette branche était. les Kadriya appartiennent à divers groupes. Mais c'est surtout sous nom de Kadriya Akbariya que tan. Cheikh el Akbar Mahi dans le ed Dine ibn Arbi el Khatimi. Leur fondateur. les el comme Kadriya. a le est de Cheikh Sadjada. provision.

de Tassy La religion musulmane dans l'Inde. G. mais Son enseignement ne se relie à celui de cet apôtre que par un docconnu Abi el Hassen el Sefar.-38que comme ^. actuellement. Il existe. Cadiriens. 4. p. se trouve à Batala^ dans rOudh D'autres sont établies dans le Pendjab et dans les états voisins. le second printemps » 3. Rinn dans Abd-el-Kader parmi ceux « Sidi saint el Khouan ». « Marabouts el (L'Islamisme. M. » ajoutesignifie en effet grand. 177. « : Akbar sens exact de Kadriya Akbariya. 380. grands Augustins. et sous celui — . attribue ce rôle à Djilani. — « Seigneur Prince. chez des Indes. issus dans différents ordres d'eux. p. "V Hassan Ali The Musulmauns of India. de Tassy (L'Islamisme. Sous 2. disciple de l'école de Sidî Abd-el-Kader el Djilani mans Sa popularité personnelle l'emporte. 1. Mais l'expression « les grands Cadiriens » n'équivaut pas du tout à Kadriya du Cheikh el Akbar. Garcin de Tassy en cite une dont le siège. 306) appelle ces Kadriya: les grands comme on dit grands Carmes. ou tout au moins un couvent. Enfin les l'Hindoustan. teur peu : : : : 3. et Mrs. p. il les le musul- nom de Cheikh Saddou est le héros de nombreuses légendes locales. Garcin de Tassy range au contraire ce pour lesquels il n'a pas été établi de fêtes spéciales » . . G. qui est le 4. Meer 2.« de Mirânji. sur celle de ce dernier. Kadriya sont par encore représentés. plusieurs branches des Kadriya Akbariya. » le patron d'une des grandes fêtes des Mahométans hindous. celle du ne jour du mois de Râbi-Sanî. au reste.) t-il.

fondé par un disciple Sidi Abd-el-Kader. en effet. des brevets de Moqaddem ou de Khouan. l'indication de prières spécialement recommandées. cependant. On a. que ces pièces ont fait considérer comme émissaires du grand-maître de l'ordre. Aucune de en de ces confréries. en Algérie. . longtemps cru le contraire. les noms des docteurs par . La plupart ne contiennent que la généalogie de Sidi Abd-el-Kader quels le el Djilani. des autres Kadriya de l'Extrême- est même du Turkestan. ces docu- ments forment de longs rouleaux de papier. aussi bien de ceux daises et du Yunnam chinois. de parchemin ou de soie. par exemple. et le nom du titulaire. à beaucoup près. A différentes reprises. celui des direct de Maouin ed Dine Chischti. Mais elles n'ont pas une telle chef de la importance. les- Cheikh qui y a apposé son cachet relie son enseignement à celui du saint. émanant du zaouiya de Bagdad ont été saisis sur des affiliés. Calligraphiés parfois avec un art véritable. l'ordre de Sidi La désagrégation de Abd-el-Kader est donc complète.- 39 — : complètement indépendants de nom et de fait Chischtiya. que de ceux des Indes NéerlanOrient. la en relations avec et il aucun de ces groupes n'est zaouiya métropolitaine de Bagdad. qui dépendent de Chorfa Djilaniya. quelques préceptes de morale.

dans ces contrées mêmes. Dans tous devient tôt les ordres dont le fondateur est resté un saint populaire. s'y est en effet produit un déplacement d'autorité et d'influence. Il est d'ailleurs la foule évident que les chefs de la zaouiya ont tout intérêt à se montrer prodigues des uns et des autres. ont la spécialité 40 — ceux de l'Orient. fèrent parfois des autres. . très grave pour son avenir. l'organisation hiérarchique de la confrérie peut Il sembler compromise. mais. ini- Ce ne sont à proprement parler que des certificats. que leur situation de for- tune ou leur piété empêche de confondre avec des fidèles. plus qu'ils la que les pèlerins ou moins luxueux. l'Oukhil. Ces brevets n'impliquent le plus souvent aucune tiation nouvelle. C'est là se les procurent. attestant la visite des détenteurs au tomdif- beau de Sidi Abd-el-Kader. Ils n'ont plus qu'à les porter à zaouiya de l'ordre pour les faire revêtir du sceau du Cheikh moyennant une offrande. le gardien de son tombeau ou tard le rival du grand-maître. suivant le prix peuvent y mettre. pas à étendre leur action en de la Syrie et de la Turquie. comme tous de les préparer. Non seulement les Kadriya de Bagdad ne cherchent dehors de la Mésopotamie. et ceux de Moqaddem ne que parce qu'ils sont donnés à des étrangers de distinction.Les couvents de Bagdad.

Il en a de Bagdad depuis longtemps indépendant du suc- cesseur direct de Sidi Ab-el-Kader.— Chargé de percevoir les biens 41 — Ouakf de la zaouiya. fon- dations qui sont très nombreuses. constituèrent avec le butin. Zohra. et même celle du chef de dont les ressources matérielles diminuent d'aules dont la clientèle s'amoindrit. Plus tard. et l'Oukhil de la zaouiya est sous sa direction. notam- bourg de Kerbala. avec les territoires . Son rôle est devenu d'autant plus important dans ces dernières années. bientôt sultans indépendants. quand l'Egypte fut tombée au pouvoir d'Amr ben Naas. à supplanter l'ordre. tous Lalla les biens qu'il avait le donnés à ses femmes et à ses enfants. les gouverneurs de ces provinces. les chefs de la nouvelle communauté déci- dèrent que la famiUe de leur maître serait entretenue aux frais de l'État. tant. qu'il a joint à cette charge celle de curateur des fondations pieuses affectées aux Chorfa de la famille du saint. les offrandes des fidèles. attribué à fille Fathma public. Elle arrive à contrebalancer. les de mainmorte. de gérer il ne tarde pas à acquérir une situation de fortune considé- rable et son autorité croît en proportion. par scissions que le temps produit entre les branches autrefois réunies été ainsi des Kadriya. On ment sait qu'après la mort du prophète. et la Syrie conquise. sa préférée. furent réunis au domaine En échange.

EUes sont administrées dans tout l'empire turc par des Oukhil d'origine chérifienne.— 42 — enlevés aux vaincus. elles lui servent surtout à entretenir parmi ceux de la Syrie et parmi les Bédouins de l'Euphrate une puissante clientèle. dont trouvé rehaussé par ce témoignage de la faveur impériale. plus qu'il ne l'oblige à veiller aux intérêts spirituels de l'ordre. et son facilite les moyens de tenir ce rang. sous réserve de l'investiture du gouvernement. des dotations destinées à remplacer par un capital inaliénable la rente ainsi prélevée sur le trésor. portent dans les pays de langue arabe le nom de Ouakf. Des Ouakf nombreux ont ainsi de été constitués en faveur des descendants de Sidi Abd-el-Kader el Djilani et l' Oukhil la zaouiya de Bagdad en a aujourd'hui la gestion. le prestige s'est Cheikh Soliman. répartition équitable des La sommes qu'ils rapportent étant à peu près impossible. se succédant par voie d'hérédité. indépen- damment de donc l'apanage personnel qu'il prélève. On peut aris- le considérer plutôt comme le chef d'un clan tocratique que comme un rôle dans la confrérie lui personnage religieux. Ces dotations qui se sont accrues de nombreux dons volontaires. Cette situation a décidé le sultan venir Abdul-Hamid à faire à Constantinople l'Oukhil actuel de la zaouiya. puisque les Chorfa de sa race sont dispersés dans le monde entier. ou Habbous el Achraf. .

au commencement du en éteintes plusieurs branches qui presque toutes se sont misérablement.— resté le 43 — comme chef de Toutefois le caractère temporel de ses attributions est même. du sultan Abd El Aziz. n'est plus représentée que par un vieillard. qui le peu de' place qu'elle tient encore dans siècle. que dirige Cheikh Mohammed. dispersées en Syrie. Le véritable grand maître de la confrérie. qui établie à Constantinople vers 1830. montrent le d'ailleurs. celles d'Alep. . Tripoli. Il ne peut être considéré l'ordre. la plus importante. mais la popularité du Cheikh Soliman a singulièrement amoindri son autorité. qui après avoir occupé cour. la plupart des grandes zaouiya de Mésopotamie et de Syrie. sont confondues avec la foule des Chorfa de même origine . pour vivre. à vendre des lettes. celles de Mossoul. L'une s'était d'elles. pays. Sans méconnaître ses droits. se amu- Les autres. Elle s'est divisée. Homs. est aujourd'hui le Cheikh Hadj Mahmoud. a subi des vicissitudes Sa famiUe. d'Hama. jusque sous le règne une grande situation à la trouve maintenant réduit. bien qu'aj'ant parmi les Kadriya syriens une influence politique prépondérante. dirigée par Cheikh Mourtada Efiendi. l'héritier spirituel el de Sidi Abd-el-Kader. Damas. Cheikh Ahmed En Nouri. acceptent sa déchéance morale et se considèrent presque comme un fait accompli comme indépendantes.

La plupart se rattachent à un rameau local fondé du vivant du premier chef de l'ordre et depuis Mais. . celles de la Turquie et de l'Inde. les pèlerins de forment des groupes importants à Djeddah. que ceux d'une commune origine. les Khouan du pays même. outre la confrérie longtemps indépendant. qui a supplanté bien moins taire le grand maître et semble un personnage religieux qu'un grand feuda- de l'Empire. Ce sont. quelque nombreux qu'en soient les adeptes. des établissements hospitaliers. aux époques du pèlerinage. Les branches dont ils relèvent. Elle subit surtout l'ascendant de l'Oukhil du tombeau de Sidi Abd-el-Kader. la du siècle. la confrérie des Kadriya. même en Mésopotamie. Son chef naturel ne l'est que de nom. Les Kadriya du Hedjaz n'ont dans ces conditions d'autres liens avec leurs frères de Bagdad. n'a plus guère de cohésion. bien que n'étant plus soumises à leur autorité. en effet. en Turquie. La plupart cependant sont restées en relations avec les chefs des congrégations qui les ont fondées. des Cheikh à Troûq.— On voit 44 — en Syrie et donc en résumé que. et nomination de leurs Moqaddem est la disposition de ceux-ci. Ces zaouiya dépendent el comme les autres. La Mecque et Médine. elles ont créé dans ces villes des succursales dont ont gardé la direction exclusive jusqu'au commencement aujourd'hui.

douteux que ces zaouiya aient une certaine influence sur l'attitude des Kadriya étrangers. EUes ne subissent pas le contre-coup des les événements auxquels peuvent se trouver mêlés membres de l'ordre dans les autres contrées. toutes les rumeurs de la ville sainte. au premier abord. Quelques-unes à avoir des même continuent Moqaddem étrangers. qu'ont entretenue de fréquentes communications avec les Mahdistes. qui ont parfois un si grand retentissement dans l'Islam entier. faire croire le contraire. les C'est par elles en effet . les rattache leur création. qu'y sont transmises toutes nouvelles en circulation à La Mecque. el nommés d'ailleurs par les Cheikh Troûq. dans n'est point les pays auxquels . le cas de trois d'entre elles à Il La Mecque. et pouvant être par suite des centres l'affec- de propagande ou tout au moins d'enseignement. Mais leur action à cet égard n'est qu'extérieure. en dépit de la croisière anglaise. Turcs surtout. L'insurrection du Soudan égyptien a naturellement produit au Hedjaz une sensation profonde.richement dotés secours 45 — et qui ont pour objet de fournir des aux pèlerins nécessiteux ou malades. Bien que devenant ainsi des points de réunion pour les Khouan étrangers. Tel est actuellement encore. Un incident récent aurait pu cependant. . tation spéciale des Ouakf dont elles sont titulaires n'a les pas permis de les confondre entièrement avec zaouiya de la confrérie locale.

une petite bande conduite par des Dérouich attaqua inopinément un poste militaire que le gouvernement turc maintient à Hadda. différentes reprises une vive Vers la fin du printemps dernier. Il ne différant de celles des Bédouins. L'oiEcier qui ses fut et commandait détachement et un de une troupe plus nombreuse de Mais elle subit un second échec envoyée Djeddah. fort nombreux parmi les esclaves. pouvait être qu'elle était échauffourée uniquement route. fallut hommes il jusqu'à route. La Mecque échelonner de petites garnisons de ce port . notamment. quête entreprise aussitôt par les autorités locales. ayant été tués.-46Les Kadriya d'origine soudanienne. les Barabra et les métis des côtes de l'Arabie. point intermédiaire entre La Mecque le et Djeddah. et le fait il d'une bande isolée de coupeurs de si comme en existe un grand nombre en Arabie. n'y a donc pas lieu de supposer'que les Kadriya du . pour rétablir la sécurité de la Le bruit qu'il s'agissait d'un les agents mouvement combiné par de la confrérie de Sidi Abd-el-Kader. trouva Mais l'en- alors quelque écho dans les sphères officielles. ont manifesté à surexcitation. que par la présence de quelques nègres et Dérouich soudanais. pour assurer les communications d'une ville à l'autre. prouva au contraire qu'aucune impliquée dans cette des zaouiya ne .

dépendent directement des Cheikh el Troûq de ces deux villes. Abd el Djebbar. Ali Bâcha (Turc). en tôt des fonctionnaires sont plu- du ministère des Ouakf que des représentants de l'ordre. C'est à La Mecque. de ceux de la confrérie. Sedjada. avons-nous dit.— 47 - Hedjaz aient jamais songé à prendre une attitude hostile au gouvernement turc. Trois d'entre elles sont dirigées par des Turcs. même Cheikh el Mohammed ben Ali Khamis. Ali Youssef el Mahouaoui. qu'ils sont le plus nombreux. Mohammed Aïad. les Kadriya. Djeddah renferme que deux zaouiya de Kadriya. . Mais. ces établissements ne peuvent dans la plupart des provinces de l'empire compter au nombre effet. Kaimi. Indépendamment des zaouiya proprement dites. KhalU Kerkatli (Turc). à La Mecque et à Médine. Celles de Médine et de Djeddah 2. 1. Mais toutes relèvent d'un actuellement Ch. des Tekkié. Les zaouiya de la branche locale et les succursales des branches étrangères sont au nombre de huit I. Mohammed ben ne : Khamis (le Cheikh el Sedjada). Leurs chefs. Khalil Pacha fTurc). beaucoup moins nombreuses. comme turc. Cheikh Ali Hafidh. dont les Mokaddem sont Cheikh Hassan.ont aussi. Mokaddem des zaouiya de Kadriya à La Mecque en 1886 : Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh 2.

et quoique beaucoup moins connu. rable. et n'en diffère guère que par une observation beaucoup plus rigoureuse des règles auxquelles est soumise cette forme de pénitence. le couvents dans les villes les Tekkié qui s'y trouvent. véritables de l'existence de saintes. du Rhamadan est connue. On sait remonte au carême chrétien. Il un rôle plus considé- doit son nom à une pratique très répandue chez les : mystiques mahométans. et des prières spéciales en sont les principales obligations. ont-elles plutôt caractère d'hôtelleries. KHELOUATIYA Bien que d'origine moins ancienne et moins illustre que la confrérie d'Abd-el-Kader el Djilani. Un jeûne absolu. de caravansérails pour les Derouich. que de monastères. la Retraite L'institution qu'elle El Kheloua. ainsi que l'a constaté Vanibéry.-48Les mœurs Aussi arabes s'accommoderaient peu. d'ailleurs. l'ordre des Khelouatiya joue peut-être aujourd'hui dans l'Islam. du lever au coucher du soleil. . Il en est souvent de même dans l'Asie centrale .

chorètes elle 49 est aussi. du viF au ix^ siècle de ses l'Hégire. Plus tard.— La Kheloua. pour prier et méditer. quittant leurs familles. une réminiscence du christianisme. par l'ascétisme de ses chefs. » par l'absorption dans Une branche persane d'une confrérie. . renonçant au monde. et les chefs des ordres reli- gieux extatiques les adoptèrent. ils avaient eu parmi les sectateurs de la religion nouvelle quelques ils imitateurs. qu'ils n'eussent reçu aucune organisation vint s'établir Originaire lui-même de la Perse. l'essence de Dieu. où mourut en 298 (H). Mohammed Khelouati et Omar el Khelouati. l'usage des pratiques auxquelles se livraient se généralisa. fondée par l'un des plus célèbres docteurs de l'Islam. avaient successivement créé un corps de doctrines pouvant tenir lieu de règles à ses adeptes. dans les déserts de l'Arabie. bien I. comme formant un ordre nouveau. s'étaient réfugiés dans les solitudes du Sinaï. il El Djoneidi à Bagdad. se ainsi remarquer . loin des hommes. comme plus propres que toutes autres à réaliser la sanctification suprême sur la terre. Trois de el Ibrahim el Zahed. Dès les premiers temps de l'Hégire. pour eux et leurs disciples. Se considérant. par suite. Elle a été inspirée par l'exemple des anaqui. « l'Anéantissement de l'Individualité de l'homme. membres. Abou-el-Kacem El Djoneidi fit i. ou plutôt d'une école philosophique.

Les branches locales qui se sont ainsi formées. — — — — — ' — — — — — — — — — — Siouas. néanmoins. au contraire. à la mort du dernier des nom de Khelouatiya. — — — — — — — — Rachidiya Sonbouliya Merkasiya. Chemsya Souasiya Rouchdiya. La plupart. et bien que beaucoup aient subi l'influence d'ordres étrangers. où leurs progrès furent le Un arbre généalogique des Ordres religieux musulmans établi par Cheikh Mohammed Selim Rached. en Turquie. Leur groupement s'effectua sous la direction d'apôtres indépendants les uns des autres» qui établirent de nombreuses zaouiya dans l'Irak Arabi. ceux-ci prirent. ont conservé leur ancien nom i. Khelouatiya Habib Faramaniya Chougaiya.— cheikh. de Constautinople. Khelouatiya Chabaniya Nassouiya Cherkasiya Kach-Ataliouiya. . Goulcheniya Cizaiya. en Syrie et en Arabie. Latifiya el Bostan. pour la Turquie et les pays voisins. Afrique. le 50 — hiérarchique. En 1. — Oûghlan Cheikhiya. le Kourdistan et dans les pays voisins. Karaouiya. Nîaziya Masriya. puis. n'ont jamais eu d'autres liens que leur communauté d'origine et de règles. des Nakechabendiya. en Asie. — r— — — Bedaiya Beiramya Khodja Hinnatiya. Abd-el-Medjediya Kouriya Sousiya Islamboul. donne la filiation complète des quinze principaux de ces groupes. Nour ed Dine Djerrahiya. plus tard.

Mohammed-ben-Salem el Hafnaoui. devenus fort nombreux. notamment lorsqu'au xiP siècle. n'est guère connu que sous ce nom. Bekriya. formèrent nouveaux groupes. trois de ses Khalifats. Mais elle de THégire. Semman Ce Cheikh ciples. devenu pro- fesseur à El Azhar. en 1121 (H). et ses disciples. un Khelouati syrien. la la zaouiya ou plutôt de Sidi-Demerdache. Sidi Mostefa el Bekri. Il y de réussit. entreprit de grouper tous les adeptes de l'ordre dans la contrée. les les Hafnaouiya. nom A sa mort. Il le : engraissé. près du Caire. au SI — xii^ siècle rapides. il puisait du beurre dans puits et se nourrissait avec cette manne d'un nouveau genre. ils avaient eu en Egypte quelques centres de propagande. un . le prirent. Abdallah el Cherkaoui et Le succès de son Cheikh Semman i. les Cherkaouiya et Semmaniya. même parmi ses dis- doit à un miracle qui a fait sa grande popularité. ils Chacun trois d'eux se déclarant son héritier direct. se dissoudre. œuvre ne fut pas de longue durée. pour se distinguer des autres Khelouatiya. une ne tarda pas à Dès le ixe siècle. Leur mosquée le rôle dans pays était cependant des plus restreints. rendu gras.— moins temps. disent ses fidèles. de nouvelles scissions donnèrent naissance I. Manquant de vivres. les Kheloutiya formèrent pendant quelque commencement du véritable association religieuse. se disputèrent sa succession. Après eux.

en 1871 surtout. l'autonomie de beaucoup leurs zaouiya qui échappent à l'action du Cheikh el Troûq. Mais. l'école religieuse d'une « uniquement. Cette école. Fondée par un Kabyle du Djurdjura. est locaUsée en et Algérie en Tunisie. celle des Rahmaniya. elle a pris une part importante aux insurrections des provinces de Constantine et d'Alger. est complète. divisée déjà en plusieurs groupes. où du vivant ses disciples avaient même fait de Sidi Mostefa Bekri de nombreux Il prosélytes. Lessiya. Sans avoir subi les mêmes vicissitudes. Ils représentent quelques fractions. issus des Saouiya. comme autant de fractions distinctes. ses chefs les plus en vue. elle l'a toujours été. et on peut aujourd'hui considérer Si les nombreuses zaouiya représentant créées par Abd er Rahman. et à celles des et des Rahmaniya. dans la première contrée. Mesellemiya. a reçu . elle a perdu dans ce dernier mouvement. sauf Voie » — Triqâ. les autres congrégations provenant des Bekriya ne sont pas restées de plus unies. En Egypte. Si Abd er Rahman bou Qpbrein. Deïfiya et La plus connue. el Au Soudan. en est ceux d'Asie donc des Khelouatlya d'Afrique comme de on ne saurait les regarder comme formant : une grande confrérie.aux branches des Derdiriya Hafnaouiya. qui avait passé en Orient la plus grande partie de sa vie.

parmi eux. les Rahmaniya font exception et se sont complètement détachés de l'ordre primitif. encore idolâtres sur beaucoup de points. commun Mohammed : la et Omar el Khelouati. . Seuls. dès la première période de leur déveloples Khelouatiya avaient fondé des sucAprès être restés stationnaires dans cette région du ixe au xii^ siècle. » est encore. autant au point de vue doctrinaire qu'au point de vue hiérarchique. pement en Asie. Cheikh el Hafnaoui s'y fit à son tour représenter par Sidi Abd er Rhaman bou Qpbrein. s'est divisée 53 — et l'empreinte des doctrines les plus diverses. dont le formulaire de prières « Aourad Sid el Bekri. provoqué en Afrique par Il Sidi Mostefa el Bekri. au moins dans ses gi-andes lignes. Plus tard. d'un usage exclusif. Ceux qui se rattachent aux Bekriya doivent même une affinité réelle à la tradition créée par : Sidi Mostefa el Bekri. On a vu que. avait successivement el Semman. qu'ils suivent encore. lors du mouvement d'expansion cursales en Arabie.— seconde. d'union. ils y créèrent de nouveaux établissements. après une courte période Tous néanmoins ont conservé un règle instituée par lien Ibrahim el Zahed. dans la à l'infini. Cheikh propager la foi envoyé au Soudan Cheikh Cherkaoui et Cheikh el Saoui pour islamique parmi les populations du pays.

. sa branche est presque éteinte dans Seul Cheikh Semman. et pour propager en maître. soit au retour. et. sauf Sidi Abd er Rhaman qui. firent de Yémen et dans Hedjaz. il les habitants de la côte sur- créa d'importantes zaouiya dans les principaux ports. bien qu'il soit mort à La Mecque penle dant un voyage. même temps sur place les doctrines de leur Après la mort de ce dernier. quatre de celles qu'ont les Khelouatiya à Djeddah^ se considèrent comme Sem- maniya. au contraire. n'avait pu établir son influence sur des bases aussi durables. chacun d'eux chercha à il rattacher ses propres disciples à la branche dont le devint chef. suit à Taller. Ils en profi- pour fonder des zaouiya destinées aux pèlerins de l'ordre venant du Soudan ou de l'Egypte. une congrégation florissante au Yémen et laissa Arabie. qui revint souvent en pays. Elles sont indépendantes des autres et relèvent d'un cheikh el Sedjada spécial. Cheikh Cherkaoui serviteurs réussit à conserver de nombreux religieux au Soudan sont et quelques-uns fort au Yémen breux.Tous longs séjours au tèrent 54 le quatre. les Saouiya également nom- Au Hedjaz. bien qu'ayant poussé ses voyages jusqu'aux Indes. infructueux. où. Populaire parmi tout. actuellement encore. au Hedjaz. et ses efforts restèrent. .

il S'il n'y créa pas de succursales de sa confrérie. Mais leur groupement dans chaque ville. n'ont jamais eu en Arabie ni Les Khelouatiya du Hedjaz ont ainsi une double origine. le prestige est resté très Toutefois. Jusqu'au ils commencement du restèrent divisés en Ils nom- breuses fractions indépendantes. Deifiya même Mesellemiya. les autres au siècle. sauf les commune que nous venons de le dire. Sid Ahmed-el-Derdir. sont Semmaniya.— avoir eu recours à 55 - Les autres groupes issus des Bekriya ne paraissent pas une propagande intensive en Arabie. Les uns se rattachent aux congrégations asiatiques de l'ordre. sous l'autorité du Cheikh el Troûq. eut néanmoins de bonne heure des par- tisans dans ces deux villes . l'influence morale du chef des Derdiriya. Qiiant et aux Lessiya. ni zaouiya. en Egypte. et sa doctrine n'a pas cessé d'y être en honneur. qui. ne tarda pas à se faire sentir à La Mecque et à Médine. Ces établissements sont fort nombreux : à La Mecque . isolés. organisation hiérarchique. n'a pas pour conséquence de leurs une unification correspondante doctrines. petites branches locales sans importance. dont grand dans tout l'Orient. Bekriya d'Egypte. et adeptes. ainsi ont reçu depuis une à toutes. leur réputation n'a guère dépassé les ils environs du Caire. presque toutes leurs zaouiya suivent des règles canoniques différentes.

Cheikh Ahmed Achmouni. Riifa. Moqaddem El Sid Zini Mouzeher. Bahhit. et à Djeddah huit 2. El Sid Abd er Rahman Zini. Abd er Rahman Mohammed : Sliman. en raison de l'origine de leur aussi de règles particulières qui proscrivent le 1. '. Cheikh Abou el Hassen. Cheikh Ahmed ben Mahmoud Abd Rebbihi. Hassan Saatdji.. Chehata. Mahmoud. ibn Sied Mohammed Salah. Cheikh Mohammed Abd el Reffar. Cheikh Ahmed Moh' ader. . qui est en même temps Cheikh el Troûq. peu ont une affectation hospitalière. En ordre et Khelouatiya. Moqaddem Salem. Cheikh el Sedjada actuel : Mohammed Salah ibn Sid Marokchi. Cheikh Mohammed Moudjahid. Mohammed el Moqaddem actuels : Salah ben Moussa el Ok'ili (frère d'un Moqaddem des Erairghaniya). Cheikh Mohammed el Mek' iribi. Cheikh Hossein Ibn Mahmoud Abou Zéid. : Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh Cheikh 3.56on en compte douze des 3. Cheikh el Bekri ibn Abd er Rhaman Chali. Mohammed Nas'er. El Sid Abdallah Zini. Sid Hachem Sid Cheikh Abd er Rahman ben Mahi ed Dine Sekkat. Cheikh Mahmmed el Sebbagh. outre ceux Semmaniya La plupart sont exclusivement des et fort les centres d'enseigne- ment effet. Mohammed Lebban. 2.

Cheikh de illustre med ibn Mohammed ibn siècle. mais ont ainsi un rôle différent. les habitants liya. où les adeptes entrent en Kheloua. pendant deux ans. où les Semmaniya . au xie essaya de faire de la propagande à La Mecque. Les quelques fondations leur appartiennent sont affectées à l'entretien pieuses qui de couvents d'une nature spéciale. croyons-nous. déclarant que personne dans la région n'était capable de rester Khelouati . sauf sur la côte.— importants. Malgré le grand nombre des zaouiya des Khelouatiya du Hedjaz la population même du pays ne leur fournit qu'un faible appoint. finit Abdallah en son temps. renferment d'étroites cellules. à dates fixes. Demerdache. ne disposent pas d'Ouakf comme les Kadriya. qui comptent parmi les autres ces éta- zaouiya. La situation a toujours été telle à cet égard qu'un la confrérie . que par y renoncer. d'un mesdjed principal. sont fort "répandus. près du Caire. dont la mosquée de Sidi remarquable. deux de blissements. pouvaient tout au plus devenir des Chade- . 57 - soin de ses intérêts temporels. Mohamel Turki qui. La Mecque renferme. indépendamment d'une mosquée. Ils sont nourris aux frais de la maison et reçoivent souvent des secours en nature ou en argent à leur départ. est le type le plus Ces couvents. pour quelques jours.

qui les pays islamiques vivre dans les villes saintes. qui le doivent à l'illustration de leur fondateur. comme un des ordres cardinaux de l'Islam. au nombre de Sans s'astreindre à suivre ils les obligations que ce titre leur impose.-58esprits cultivés Les règles de l'ordre s'adressent en effet plutôt à des ou du moins versés dans les subtilités de mysticisme qu'à la masse des fidèles. ainsi que celle des Kadriya. Sa La Mecque. tiennent donc à honneur d'être ses affiliés. que le . parmi les ascètes étrangers. dans une proportion beauviennent coup plus de tous forte. La composition générale de la confrérie le détachement des biens de ce monde. et il est facile de s'expliquer dans ces conditions. les ainsi. Khelouatiya du Hedjaz n'y tiennent pas moins l'une des premières places parmi les confréries locales. Elle est regardée. Les personnages les plus en vue partie du clergé du monde musulman. lui donnent partout un rôle considérable. lui demandent une réputation de vertu leur situation sociale. pour fuir le Enfin un nombre parmi . à Médine et à Djeddah. ceux surtout qui font officiel. l'ascétisme que professent ses adeptes. contact des infidèles. et de ferveur que rend nécessaire A défaut d'influence sur les habitants du pays. important d'indifférents comptent de nom les Khelouatiya. chez les et membres les plus fervents de l'aristocratie religieuse. la théologie et'du clientèle se recrute à pour une faible part.

A cet égard. On a vu que. action toute morale. tant au point de vue doctrinaire. de même que jada dans de Djeddah est un des leurs. leur règle tend à en provoquer les manifestations psycholo- giques et physiologiques. puis aspirant à un degré supé- rieur. Il devient ensuite Medjedoiib. mais il n'est point douteux que leur action sur d'ailleurs. là surtout où le contact des nations européennes entraîne celui-ci à des compromissions avec les infidèles. Cheikh Troûq Leur rôle politique dans restreint qu'ils la région est d'autant plus le parti ont quelques attaches avec les sur lequel s'appuyent Turcs . Mourid. d'une ferveur assez développée pour conduire directement à cet état. A défaut d'une purification morale. comme la doctrine des Kadriya. Talemid.Cheikh el 59 soit leur le Troûq de La Mecque Cheikh el el Sed- cette ville. n'est pas sans intérêt de faire ressortir par quelques détails la place spéciale qu'occupe l'ordre dans l'Islam. que par son attitude vis à vis du pouvoir temporel. Les premières se produisent d'abord . il soit assez grande. attiré vers . celle des Khelouatiya vise « l'anéantissement de l'individualité de l'homme par l'absorption dans l'essence de Dieu ». les secondes suivent dans une progression que représente assez bien la classification des phases de la perfection adoptée par les mystiques musulmans Le fidèle qui cherche la sainteté dans cette voie est d'abord disciple. les pèlerins.

l'initié s'enferme dans une pièce écartée la cellule de sa demeure. dans un isolement complet. à tous ceux que fi-appe une affection mentale. Sa forme et et son but. la détails. n'ont varié que dans l'époque actuelle. dont le dernier terme est k folie. Les périodes qu'elle définit sont celles d'une névrose. Mohammedi. cette retraite rigoureuse est d'une pratique fréquente. De cette théorie de la sanctification terrestre. ou se dans des lieux arides forêt. la production des cas pathologiques extrêmes. Elle est destide longues litanies. au lieu d'être réservée à un petit nombre de sujets d'élite. Pour s'isoler. et déserts. aux fous. en effet. se cite cache dans une caverne.— 6o - Dieu. indifférent à l'existence matérielle . et enfin Touhidi. ne vivant plus que de la vie spirituelle. avec une abstinence rigoureuse. tellement absorbé en Dieu qu'il perd toute notion de son individualité. dans une On même le cas d'un illu- . vient le respect qui s'attache dans l'Islam aux simples d'esprit. et comporte. la Mieux que celle la règle des Khelouatiya détermine par Kheloua. dans réfiigie d'une zaouiya. qu'il tombe dans l'inconscience. déterminés par Ibrahim el Zahed Mohammed quelques Omar el Khelouati. de toute autre confrérie. jusqu'à née à la récitation privation de sommeil. Pour les adeptes de l'ordre. illuminé.

vérité. Quel que soit le lieu de sa retraite. partie interrompue seulement par deux ou trois heures de sommeil. Haq. Souvent même. immuable. . 20. suivant les indications du Moqaddem. ce dont il peut avoir besoin. par exemple Houa. peut être rompue la nuit : mais la nourriture strictement nécessaire pour vivre est seule tolérée.ooo.d'un peu de farine délayée dans l'eau. La boisson ne comprend que l'eau le café pure ou mélangée de jus de citron. en s' enfonçant dans l'eau jusqu'aux épaules. L'abstinence.000 fois.000. Lui. avait profité de la proximité voisinage de la mer pour y chercher un asile sûr. pendant la plus grande de la nuit. Qaïoum.miné qui. 4 . absolue pendant le jour. le fidèle siens ni à ceux qui l'approchent. qui consistent essentiellement dans la récitation d'un des attributs de Dieu. 6i — ne pouvant se soustraire complètement au de ses semblables. et de ou plusieurs noms : Dieu lui-même. qui doivent être répétés chacun lo. lorsque la Celle-ci doit être prolongée Kheloua ne dure que peu de jours de repos sont interdites. Elle se compose en général . de légumes ou de fruits secs et de pain. ces quelques heures Telles sont les conditions matérielles dans lesquelles le Khelouati accomplit ses exercices pieux. par signes ou en l'écrivant. en Khéloua ne peut parler ni aux Tout au plus lui est-il permis de demander. 30. et sans sucre pour faciliter la veille.

mais en pour les Khelouatiya elle est arbitraire. soit dans leur ordre naturel. flexion et se borne à une la prolongée. dit Cheikh et el Derdir. la récitation des noms accompagnée de mouvements du corps correspondant à chacun. pour les litanies de zaouiya de l'ordre. d'après le sens de cette phraséofaire logie spéciale. la ment somme ou le numérique des différentes lettres de chaque nom. Dans la pratique ce mouvement cesse rapidement de s'accentuer autant. de même . pour produire dans l'organe de la vue un titillement musculaire qui agit sur le nerf optique et par contre-coup sur le système cérébral. sert de base à la fixation de ce chiffre . « On doit.— c'est là 62 — produit de la valeur Dans quelques-unes des confréries musulmanes. de chapelets ordinaires. pour la relever ensuite. ou le nombre qu'elles représentent. et un point sur lequel l'entente s'établit difficileentre elles. moins violents toutefois. — On se les sert général. Kheloua dans que dans sacrés est le Dhikre el Djellala. à baisser la tête jusqu'au nombril. fermer les yeux pour éclairer le cœur remonter chaque nom du nombril au cœur. de chapelets à mille grains. ou toute autre numération analogue. Néanmoins. soit en les inversant. » Ce qui revient. Ainsi la principale prière. en Khéloua. ou à défaut seulement. consiste à . En ce qui concerne première prescription on presse fortement la paupière supérieure sur la paupière inférieure .

_63~
de suite répéter 20.000 fois

Qaïoum, par exemple, en

balançant et en baissant la tête dans le plan vertical, les

yeux fermés. La vitesse de récitation ne peut guère dépasser une fois par seconde, et la durée d'une telle à six heures. En admettant que l'initié prière est de cinq
reçoive trois

noms

à répéter de

même,

il

lui faut dix-

huit heures journellement, car la litanie doit être reprise

chaque jour de
est tracée.

retraite,

pour remplir

la lâche qui lui

Le

reste

du temps

laissé disponible par le

sommeil

est consacré, toires
ciales,
les

indépendamment des cinq prières obliga-

pour tout musulman, à quelques oraisons spénotamment un long office de matines, et pour

si l'état

Kheloutiya instruits, à la lecture d'ouvrages pieux, dans lequel ils se trouvent le permet. On conçoit aisément les résultats que peuvent pro-

duire de tels exercices, étant donnée surtout l'extrême

tension d'esprit de ceux qui s'y livrent.

Ils

sont d'autant

plus accentués que la Kheloua, qui n'est, au début, que

d'un seul jour,

se

semaines, quelquefois
l'ordre,

prolonge peu à peu pendant des même, à en croireles membres de
et des années. Ainsi, d'après

pendant des mois

un ouvrage fort estimé en Orient,
le

« Tabakat el Menaoui, »
el

même Mohammed
que
les

ibn

Mohammed

Turki,

qui

déclarait

louatiya,

serait

Mecquois ne pouvaient devenir Khearrivé à se priver complètement de

.

-64pendant
treize

sommeil pour
tives.

prier,

années consécu-

Quoi
il

qu'il

est positif

répandues à cet égard, que certains Khelouatiya réussissent à faire
soit des légendes

en

durer leur retraite

pendant de

très

longues périodes,

grâce à l'entraînement qu'ils subissent.

Tout en conduisant directement à

l'inconscience,

comme

dernier résultat, la théorie sur laquelle repose

leur règle, exige en effet,

une progression assez

lente,

vers ce but. Si elle confond des

phénomènes purement

physiologiques avec

l'état psychique qui peut les déterminer, ce ne sont cependant pas eux seuls qu'elle envi-

sage

I

.

cet égard,

Les docteurs de l'ordre résument leur opinion à en comparant l'initiation de la Kheloua à un
s'il

poison, mortel
et qui

est pris à

doses trop fortes dès le début,

peut s'assimiler par

un usage

progressif. Aussi

soumettent-ils à un long apprentissage ceux qui s'adonnent

à cette pratique.
I.

Il est

intéressant, néanmoins,
la

de constater que

les

fondateurs de

production de troubles physiques par les pratiques qu'ils préconisent. Ils ont, en effet, établi une théorie de l'extase, d'après laquelle ses différents degrés sont caractérisés entre
l'ordre

eux-mêmes ont reconnu

autres par des perversions de la vue. Ainsi, à l'extase passionnée correspondrait d'après eux la vision bleu clair. Toutefois les investigations de
ces cheikh ne paraissent pas avoir été poussées très loin dans le domaine scientifique, car ils complètent ces remarques à peine ébauchées par une
clef des songes.

— Voir

dans

«

Marabouts

et

Khouan

» (ch.

XX)

la tra-

duction d'un exposé de cette doctrine, fait par cheikh Senoussi d'après les Hafhaouiya. Il se retrouve avec viu peu de difTérence dans tous les ouvrages des Khelouatiya.

-

65

un stage qui
se prolonge

Assujetti d'abord, pendant

deux ans et plus, à des fonctions domestiques quelquefois vis du vis à Moqaddem, des frères, le néophyte garde la
zaouiya, rétablissement

où ceux-ci

se réunissent,

les

débarrasse de leurs vêtements, de leurs souliers, lorsqu'ils

viennent prier, leur sert de serviteur. Après cette
il

première épreuve,

n'est plus astreint qu'à réciter vingt-

une

fois

par jour la Fatha, la première

sourate du
lie

.

Koran, jusqu'au

moment où
il

l'Ahd, le pacte qui le

à la confrérie, lui est

donné par son cheikh.
assiste
el

Mourid dès

lors^

en

commun

avec

les autres

Khouan au Dhikre
quelques
litanies

Djellala et récite chaque

jour

son

assiduité,

recommandées. Puis, quand son zèle, permettent au Moqaddem de le considérer
il

comme
70.000
70.000

suffisamment confirmé,
dans
les délais qui lui

doit,

sur

l'avis

de

celui-ci et

sont indiqués, répéter
:

fois fois

une

prière

de pénitence
le

l'Estarfer,
:

et

une invocation pour

Prophète

Solat

en Nebi.
L'initiation définitive, le

Telquin, clôt alors pour le

Mourid

cette période préparatoire, et

devenu Talemid,

il

peut entrer enfin en Kheloua.

Tous

les

Khelouatiya n'abordent pas ce dernier degré

des pratiques de l'ordre, et certains se bornent à se faire
recevoir Mourid, à se lier par le pacte, par l'Ahd à la
confrérie. C'est le cas,

notamment, de tous

les

person4-

d'intérêt personnel.

66

l'initiation
il

nages haut placés, pour lesquels

a

un but
accom-

Pour eux,

d'ailleurs,

est des

modements avec
est réduit à

la règle générale, et leur apprentissage

de simples formalités.
qui, après avoir reçu le

Mais

le

nombre des adeptes
est

Telquin, veulent s'avancer davantage dans la voie de la
perfection

néanmoins considérable. Bien que déjà

préparés par les exercices gradués qui leur ont été suc-

qui doit les conduire au but final,

cessivement imposés, à l'accomplissement de. la pratique ils ne sont tout

d'abord autorisés qu'à de courtes retraites, Leurs Moqaddem, qui ne cessent d'exercer à leur égard une surveillance minutieuse, ne les laissent entrer en Kheloua que pendant une journée, puis vingt-quatre heures, deux
jours, plus

tard quatre,

sans consentir parfois à per-

mettre des retraites plus longues.
Il

se manifeste toujours,

en

effet,

chez l'adepte en
et tous n'ont pas

Khéloua une surexcitation

très vive,

un tempérament qui

leur permette d'y résister.

Les acci-

dents dont quelques-uns sont victimes dès le début, les
désordres cérébraux qui se produisent trop rapidement

ne peuvent

être

envisagés

comme

le résultat

d'une

sanctification subite et doivent par suite être évités.

La

proportion de ceux qui, suivant toutes les phrases

de la progression mystique, arrivent au Touhidisme, à
l'inconscience,
est

donc relativement

faible,

bien que

-67l'hagiographie musulmane compte beaucoup de
ces

déments. Mais leur nombre, en tout cas,

est suffisant

pour donner à

la

Kheloua un cachet mystérieux

et terri-

fiant, qui ajoute à son influence propre. Aussi tous les

membres de
sont-ils,

l'ordre,
s'ils

qui font des retraites fréquentes,

même

n'en prolongent pas la durée, dans
les

un état mental grave. Hâves, décharnés,
ils

yeux hagards,

conservent toujours, en rentrant dans la vie ordinaire,

les traces

de ces rudes épreuves.

L'isolement, le jeûne, les privations de sommeil, la

congestion du système cérébro-spinal, produite par le

balancement de
et

la tête, l'obsession d'invocations ardentes

uniformes, les marquent d'une empreinte ineffaçable.

atteints, ceux qui ne font que de rares et courts en Kheloua subissent tout au moins l'action séjours morale de la préparation minutieuse à laquelle ils ont été

Moins

astreints, et la

contagion de l'exemple.
exaltation est

Une extrême

donc

la caractéristique
il

de

cet ordre, et, plus

qu'aucun autre,

doit être regardé

comme

le

foyer d'un fanatisme intense.
ses

Quelque nombreuses que soient

branches, quel-

que indépendants que soient les groupes qui s'y rattachent, il en est de même pour tous.
Les principes essentiels de leurs doctrines sont, en
effet, les

mêmes,

et des divergences liturgiques seules les

séparent, divergences qui portent soit sur la

forme de


l'initiation, soit
el Djellala

68

sur celle de quelques prières, du Dhikre

entre autres.

Tel

est,

par exemple,

le cas

pour

les

Hafnaouiya

et

les Derdiriya.

On
parmi

sait

le la

sexe faible;

que beaucoup de confréries ont des adeptes il en est ainsi des Khelouatiya i.

Pour

phyte, le Cheikh prend la
sienne. Mais la
souillerait
le

conclusion de l'Ahd, du pacte qui lie le néomain de celui-ci dans la

femme

est

un

être impur, et
l'initie.

son contact

Moqaddem

qui

Des précautions

seulement la confrérie compte des sœurs, Khouatat, mais aux exercices des Khouan. Il en est de même dans quelques autres ordres, celui de Mouley-Taïeb, par exemple. Les Khelouatiya ont souvent été l'objet d'attaques très vives à ce sujet. Un Cheikh
I.

Non

celles-ci participent

petit

des Nakechabendiya, dont le nom nous échappe, prétend même, dans un opuscule publié à Constantinople en turc et en arabe, que la Kheloua est souvent faite à deux. C'est, ajoute-t-il, pour pouvoir se
livrer

impunément à tous

les

débordements, que les cheikh de l'ordre

exigent de leurs disciples une obéissance si absolue, que ceux-ci ne peuvent même se marier sans leur consentement. Ces attaques ont le tort de généraliser des cas particuliers. Elles sont d'ailleurs moins fon-

dées de beaucoup en ce qui concerne les Khelouatiya que s'il s'agissait de certains autres ordres, les Badaouiya, par exemple, dont les fêtes
périodiques dégénèrent en saturnales. On peut citer aussi comme particulièrement typiques à cet égard les Hadra de femmes du vendredi, au Caire. Nous avons pu assister une fois pendant quelques instants, à l'une Dans une chapelle attenante d'elles, au tombeau du Cheikhat Nedjem
:

à la

Koubba

se trouvaient réunies

une centaine de femmes en proie à
d'elles,

toute l'excitation

du Dhikre,

et

au milieu

quelques frères dont le

caractère religieux n'enlevait rien à l'étrange promiscuité de cette scène. Les difiérentes formes de l'hystérie se touchent, au reste, d'assez près

de ce genre doivent être communs. Après les Badouiya, de Mouley-Taieb nous semble être celle où ils sont le plus fréquents. A Ouargla, nous avons été sur le point d'interdire par mesure de police, comme chef de ce poste, les Hadra mixtes de la branche locale.

pour que

les faits

la confrérie

de laFahrassat de livre mentionnant les autorités sur lesquelles s'appuie el Ikhou. ordre. et les entrent jusqu'au premier ne doit voir l'initiée réflexion de son que par image à la surface du liquide.-69nécessaires sont prises pour éviter cette fâcheuse occurrence. Le Moqaddem baquet de se les saisir. . et la sœur mettent mains dans un poignet avant plein d'eau. consi- du Cheikh qui la reçoit. 2. le En sont guère plus importantes. Pour le Dhikre . après Allah n'y a de Dieu la avoir fermé les yeux. ainsi tableau suivant : que le montre le HAFNAOUIYA Dans cet i. qui illumine le cœur. on jambes : croisées. Traduction par M. ont recours à une ablution simultanée.-in. « ce que Dieu) en portant 1. A. » on Cheikh Senoussi. Les différences entre la forme du Dhikre el Djellala ne outre. DERDIRIYA dit s' 2. tandis dérant cette mesure préventive comme leurs inefficace. dit Sid Cheikh Senoussi. en se tournant et on répète (il La illaha 111 vers La Mecque. son enseignement. D'après Thouafat par exposé de la doctrine des Derdiriya Az el Dine ben Abd Es Salem. elles consistent à interposer un morceau d'étoffe entre la main de que la postulante et celle les Derdiriya. Chez les Hafnaouiya. Colas. interprète militaire. on seoit les et as- Ahmed s'asseoit ed Derdir.

Illaha en nant vers la au devant du cœur. et Allah en penle chant à gauche vers cœur. qui peuvent déterminer parmi les Khelouatiya des tendances opposées. des exaltés. Il la foi contribue puissamment à raffermir ébranlée chez beaucoup. de quelque mouvement général. Ce ne sont point évidemment des minuties de ce genre. exerce. Mais l'exemple des ascètes. moral considérable sur la foule des pèlerins. qu'ajoutent les Derdiriya. à de grouper ses la direction adeptes.— bouche alternativement au dessous de l'épaule droite et 70 — dit La. Aussi le fait qu'il existe établissements au Hedjaz. culière. à Médine. poitrine la à droite. La désagrégation de la confrérie. des illuminés qui suivent à la règle instituée La Mecque. La dans seule divergence le entre les deux ordres. en tournant la tête l'incli- à droite. un eflfet par Ibrahim el Zahed et ses successeurs. de un moment donné. les rivalités qui séparent ses fractions d'Asie et d'Afrique^ ne lui per- mettent pas de réunir. prendre. Elles laissent tout entière l'influence générale de leur doctrine. . a-t-il un grand nombre de leurs une importance particula vérité directe- Leur action ne s'exerce pas à ment. à quelque catégorie qu'ils appartiennent. consiste mouvement de la tête vers le côté droit de la poitrine.

suivant aurait un jour réuni ses disciples préférés. on a vu que les puissants de la terre. leur règle prescrit un détacheaffaires temporelles. lorsque les représentants du pouvoir temporel la loi islamique. Mais l'un des principes sur lesquels repose la doctrine des Khelouatiya.— tous les pays. à se ne sont plus uniquement guidés par trouver en lutte avec eux. Othraan ibn Affar et Ahnas ben Malek. ben Abou Thaleb. des plus étroites. pour leur enseigner une nouvelle prière . et en confirmer la ferveur exclusive des membres de l'ordre de Or. dans une pièce de sa demeure. et en une version moins répandue. et. l'origine commune Le prophète Ali outre. à cet égard. le caractère d'une association plus strictement mystérieuse et secrète qu'à la plupart des ordres. Omar ibn Khettab. presque toujours. d'autre part. 71 — même temps à chancelante chez quelques-uns. donne à leur confirérie. il est nécessaire de rappeler à tous. Il semblerait au premier abord qu'il doive en être : autrement ment complet des elle est l'une d'une part. le haut personnel du clergé officiel surtout. les Khelouatiya se trouvent amenés. quelle est d'après la tradition. et à se couvrir de leur nom. et qui n'est confondu que par . Abou Beker ben Seddik. tout spirituel. Contractant alors avec eux un pacte. le Dhikre. Pour expliquer ce fait. cherchent à se rapprocher d'eux.

» Mais les commentateurs musulmans ne sont pas d'accord à ce sujet. entourent d'un secret plus ou moins grand. des croyances diflférentes. sert d'appui Mais si tous les ordres religieux admettent la première professent. De Pour là. Sourate XXXIII. d'autres. après s'être assuré qu'aucun indiscret ne pouvait troubler leur réunion. trois écoles distinctes parmi les le confréries. au contraire. d'ailleurs. le il porte de la pièce où l'aurait fermée. Quelquesuns enfin assurent qu'il tint à ne s'adresser à ses disciples que dans une obscurité complète. se conformer à l'exemple donné par fondateur les les de l'Islam. Un verset du Koran. la il mais en gardant une lumière. ils attribuent au verset un sens figuré ou une valeur littérale. en I. : Kazîmirski (Le Koran) traduit ce verset a croyants ! répétez souvent le nom de Dieu et célébrez-le matin et O soir. il leur révéla la vertu purifiante de ces litanies. Suivant les uns. diversement interprété à cette thèse i. ils la scène. qui se rallient à la dernière doctrine. . Les Khelouatiya. en ce qui concerne les détails de dor^née.quelques-uns avec ses serments d'alliance antérieurs. verset 41. Suivant d'autres . prophète aurait laissé ouverte se trouvait. Suivant l'école à laquelle ils appartiennent. » La « signification littérale est plutôt : Répétez le nom de Dieu en l'énonçant un nombre considérable de fois et récitez louange à Dieu (sur le chapelet) matin et soir. certaines accomplissent publiquement cérémonies de leur rituel.

En Syrie. dans par leurs premiers les chefs. des tracasseries qui dégénèrent facilement en per- sécutions et provoquent les agissements qu'on cherche à prévenir^ alors même qu'ils sont purement imaginaires. dévePresque partout. ne font un mystère absolu. dans les ténèbres 73 — Ils poussent l'application aux limites extrêmes. branches locales de l'ordre paraissent avoir été intimement mêlées aux différents massacres des chrétiens. On sait le rôle les qu'ont joué Rahmaniya d'Algérie. prennent donc facilement l'autorité. sous l'influence de l'une de ces deux ils méconnaissent les principes d'abstention les affaires temporelles. étant part l'exaltation qui donnée d'autre distingue l'ordre. et à . la loin des lieux habités de préfé- rence. un caractère suspect aux yeux des agents de des motifs de redou- pour peu que celle-ci ait ter l'opposition des vrais croyants. leurs prières collectives qu'avec . causes. Leurs réunions.— nuit . les Hadra. Aucune en Egypte surtout que leur attitude est confrérie n'a pris une part aussi Quelques Cheikh des directe à l'insurrection d'Arabi. Mais c'est significative. De là une sur\'eil- lance. Mais souvent aussi le le secret seul de leurs assemblées et rapprochement qu'elles produisent entre des hommes. tous animés des sentiments les plus passionnés. Chadeliya ont été compromis dans ce mouvement. établis loppent leurs tendances à une action politique.

Quelques-unes des du Sayd étaient presque exclusivement composées d'adeptes de la confrérie. contribuant ainsi à donner un caractère religieux à cette rébellion. était recrutée pour la majeure . le vial n'a pas d'adversaires plus acharnés tiya gouvernement anglo-khédique les Kheloua- par eux en partie que les du été Soudan ont Mahdistes constamment tenus au de la Haute-Eg}'^pte. les Khelouatiya ont fourni de véritables contingents aux insurgés. tiales instituées principales bandes notamment. grâce à ses chefs et Mohammed Ahmed qui. C'est courant des événements du Nord. Une de leurs zaouiya. ben Abd el Djouad. essayèrent jusqu'au bout de soutenir une lutte inégale. que le brigandage a pu prendre une extension redoutable. la fin de février 1885. s'est acquis ainsi une véritable célébrité dans l'ordre. capturée vers au nord d'Assiout. malgré les rigueurs des commissions mar- pour le réprimer. C'est grâce à eux aussi. un peu et qui comptait une quarantaine d'hommes et de femmes. seuls. d'El Kaïat. dans le Moudirieh d'El Minieh. et exilés plus tard en Syrie. Mais. L'une d'elles. après avoir réuni armé leurs Khouan. qui tenait surtout du pronunciamento militaire et celle de la révolution sociale. les 74 — la res- Badaouiya semblent devoir assumer ponsabilité des désordres sanglants dont cette petite viUe a été le théâtre.— Tantah. Aujourd'hui encore.

relevant de zaouiya d'El Kaïat et restée en insurrection depuis 1882. et . en honneur dans tous indépendants. el Troûq ou ont des attaches avec les personnalités influentes du pays. du moins déchargé de la responsabilité qui lui incombe. le Gheffar. GhefFar. qui. Kous avons cependant entendu citer par des indi- . sous cette forme. comme ou le lui . est Moqaddem un ou Khalifat. Une offrande et l'indication sommaire des motifs de son repentir. fort les petits groupes et a très nombreux au sud du Delta. Dans celles des qui relèvent directes du Cheikh branches des Khelouatiya d'Egypte . Il est. le malfaiteur. Il n'est pas astreint à explicite. en des demande le pardon. repentant de sa faute. L'entourage du Cheikh apprend de même à mots cou- vertSj par celui-ci. l'objet d'une intercession qu'on ne saurait refuser. les alliés fidèles des Outlaw d'Egypte. Une coutume peu bue à faire connue. suffisent pour en tenir lieu. En vertu d'une tradition. commune à d'autres ordres. ne paraît pas admis. contri- Khelouatiya. Il ne semble pas que cette forme du GhefFar ait été constatée officiellement en Algérie. celle du GhefFar. aveu sinon absous. le pécheur. à un Cheikh. bien qu'elle ne soit menpeut-être tionnée dans aucun traité de doctrine. de son crime. temps aux malfaiteurs I. au contraire. i souvent été ces derniers la principale cause de l'impunité assurée dans .— partie 75 — la dans une branche locale. garde dès lors un secret inviolable sur le délit crime pardonné.

qui dangereuse pour gereuse facultés progrès de favorise la civilisation. pour qu'aucun avis de sa présence n'ait été donné aux autorités locales. qu'à bien des égards. sur le territoire de laquelle il opérait alors. ne peut qu'être danperversion parce qu'elle la des mentales chez les adeptes. et par leur exaltation et par leur attitude vis à vis des gouver- nements réguliers. un assassin plusieurs fois condamné par contumace. il ne tarda pas à être arrêté.-76On voit donC. ailleurs. méritent une attention toute Si leur rôle au Hedjaz est d'autant plus restreint que. sous son vrai nom cette fois. Pendant trois mois. zaouiya des Rahmaniya. du moins nombreuses zaouiya qu'ils possèdent dans la ville sainte doivent-elles nécessairement contribuer à propager leurs doctrines et leurs tendances parmi les pèlerins. et la production de troubles cérébraux souvent graves. Elles en répandent les l'influence. à la limite des cercles de Boghar et de Teniet el Hadh. il le bruit s'en étant répandu. région un fait gènes de Egypte. dangereuse aussi. près de Bou Saada. en résumé. et forcé de revenir Chellala. s'ils s'y livrent uni- quement aux pratiques de leur ordre. dans cette région. à l'expiration de sa peine à Chorfat el Hamel. Au bout de ce temps seulement. les Khelouatiya. cette' analogue à ceux dont on nous a parlé en En fameux dans i88i. était activement recherché dans l'annexe de Chellala. et condamné ainsi sous un faux nom à cinq jours de prison. . Arrêté comme vagabond à Boghari. Zouaoua trouva dans cet établissement un asile assez sûr. bien que leur ordre spéciale. il se rendit. la protection occulte dont dans les parages de jouissait lui fut retirée. politique la question religieuse n'est pas comme les en même temps. soit divisé à l'infini. et le pays sous le nom de Zouaoua.

Son fondateur. Si Abou el Hassen el Chadeli i. il n'existait encore de confréries religieuses dans cette partie de que peu siècle du vie l'Afrique. A l'époque de sa naissance. Abou el Hassen Ali ben Atha-Allah ben Abd el . EUe est au aussi répandue. mieux que toute mêmes qu'admet leur règle. CHADELIYA La moins confrérie des Chadeliya présente quelque analocelle gie organique avec des Khelouatiya. ne paraît pas cependant avoir sauf peut-être pendant une courte période. les Khélouaparce que. un ordre régulièrement constitué. Tadj ed Dîne Djebbar el Chadeli. Quelques-unes de ses branches sont de véritables associations. mais le plus grand nombre représentent surtout des écoles religieuses. et jamais été. établie dans le voisinage de Ceuta. appartenait à une humble famille chérifienne du Maroc. I. tiya sont.— 77 — autre confrérie. vers la fin de l'hégire. La plus influente était celle des Madaniya. parfois même des écoles philosophiques. par les mystères armés contre le pouvoir temporel.

dans le Moghreb par fit l'éléva- tion de sa doctrine et par sa mort tragique. Un agitateur Abou remle dont el il avait el condamné la cause le assassiner. où aucun ordre ne s'était encore répandu. il vint se fixer en Egypte.78fondée depuis d'Espagne. où sa popu- larité lui valut de fâcheuses persécutions. en formulant une règle qui tenait à la fois de celle des illustre Kadriya iii^ de de celle d'El Djoneidi. les extases fréquentes tombait. Abdesselem ben du Djebel Alem près de .. qui. avait été l'un des disciples directs de Sidi Abd-el-Kader el Djilani. son élève. Mais. Le successeur Mechich . d'Abou chérif berbère est resté célèbre Médian. et après un court séjour dans les environs de Tunis. livrer comme à Tunis. Son ascétisme. âgé seulement de 32 ans. Abou et Médian institua celui qui prit son nom. pendant un long voyage en Orient. et Hassen Chadeli. Tetouan. fut désigné pour le placer. continua d'abord de s'y où il dans ce pays. sentit le besoin d'aller nouveau Cheikh en Orient pour se per- fectionner dans l'étude des sciences religieuses. dont l'enseignement a servi de base à celui de la plupart des confréries mystiques. lui attirèrent là encore une rapide repu- . soixante-dix el ans par un musulman Abou Médian Andalousi. Sid Chadeli et s'était adonné de bonne heure à la Kheloua. De retour au Maroc. docteur du siècle l'Hégire.

il eux aussi. Chef d'ordre au Maroc. et la confrérie qui prit son nom ne se fonda pas de son vivant. Abou el Chadeli. de comme docteur à ses ennemis les plus par la légende qu'il avait conquis la foule de ses miracles. pour maître spirituel.— tation. il avait cessé de l'être en Egypte. Peu d'années après son Hassen el arrivée au Caire. du jour où d'ascète se fut fait chef d'école. s'inspirant exclusivement de ses leçons. Mais renonçant à la vie purement contemplative et mystique. quoique résidant au Caire. même Islam. Pendant cette seconde période de sa vie^ Sid Chadeli n'imposa à ses disciples ni règle canonique. Doué d'une grande érudition . par contre-coup. où se rendait chaque année pendant le pèlerinage. l'animosité des Eulema. il s'imposa bientôt acharnés. Ses élèves et tous les admirateurs de ses vertus le regardèrent sans doute comme dépositaire . d'une éloquence chaleureuse. L'adhésion du Cheikh el lui. foyer de lumières pour l'Islam entier. 79 — et. était ainsi devenu le chef le plus révéré de la religion en Egypte et l'Université d'El Azhar. qui fut le premier à se rallier à entraîna celle de tout le clergé officiel. il ne tarda pas à aborder l'enseignement. Son ascendant il était non moins grand à La Mecque. en répandit la doctrine dans tout d'ailleurs le monde musulman. ni rituel unique. Les Eulema de la ville sainte l'acceptèrent en effet.

s'il avait laissé une posté- rité. semble probable. quelque koubba perdue au milieu des sables. que professaient les plus illustres d'entre eux. s'il moururent en bas âge. de s'organiser en confrérie. tous ceux qui s'étaient ralliés à l'apôtre . et le lieu même de sa sépulture est resté douteux. habitants du pays . à la vérité. mais il 8o — une voie divine d'un pacte ouvrant ne s'était point préoccupé de définir ce pacte. l'ignorance des les Ababdeh. se trouve Il dans l'Etbaye. Peut-être au milieu de par lui s'était éteint ses disciples. que son tombeau. Les Chadeliya se trouvèrent donc subitement sans Unis jusqu'alors par le seul ascendant de leur ils essayèrent de se grouper sous son vocable. ces liens se fussent créés par la formation d'un ordre constitué comme celui des Kadriya. chef. Devenant ainsi son successeur. d'en formuler les liens.— par l'inspiration nouvelle. le nouveau Cheikh aurait pu former entre les serviteurs religieux du Saint une association durable. subtilités scholastiques. Il n'est guère douteux que. le Nil et la mer Rouge. est complète à cet égard. l'un d'eux eût-il été désigné comme son héritier spirituel. Mais ce fut auretour d'un voyage à La Mecque que la mort vint frapper Sid Chadeli. composé surtout de principes généraux de morale et de maître. entre Toutefois . Mais le corps de doctrines. Mais tous ses enfants aussi.

du pouvoir miraculeux ils qu'ils doivent à leurs Après leur mort. et dont les membres fit comptaient entre les plus illustres des Ghadeliya. Aussi ne tardèrent-ils pas. et le saint extatique sur le savant. Dans la religion catholique. en formulant des reli- règles analogues à celles des autres associations gieuses. à la el l'ordre nouveau. ceux-ci.— Pour 8i — pendant la seconde partie de sa vie. une famille chérifienne d'Egypte. repose sur la constatation vertus. qui tenait un rang important dans et le pays. s'assura de suite des partisans. celle des Ouafa. au contraire. restent entre la créature et la divinité des intermédiaires puissants. quelle que soit la vénération qui les entoure. Son chef. celui qui donne à ces associations la cohésion la plus intime. celle des Oufaiya. d'indépendance acte forma une confrérie isolée . Leurs reUques attributs jouissent de propriétés miraculeuses. le pouvoir . Un des attributs les plus importants pour les chefs d'ordres religieux. ne pouvait suffire à l'a masse ignorante et fanatique des humbles d'esprit. le Khouan Mogrebin l'emportait sur le docteur. Mohammed Ouafa. Dès le commencement du mort du deuxième successeur d'Abou El Hassen Chadeli. est la Baraka. Il s'était d'ailleurs ménagé un second élément de succès. beaucoup du moins. Mais ces leur sont personnels. Pour les musulmans. la canonisation des saints. à se séparer de viiie siècle.

et pour lesquels ces croyances populaires avaient med Ouafa répondit aux liya . ne se sentir. devaient. Son tour.— 82 — fait surnaturel du saint se transmet à sa postérité. comme doués de la Baraka. et la confrérie des fils Ali Ouafa son Oufaiya ainsi fondée. à l'origine. Tout en conservant une dévo- tion fervente pour le premier dépositaire de ce pouvoir. — la bénédiction. — beaucoup. dirigée par la Substituant leur même famille. et à défaut de descendance familiale. Mohamaspirations de nombreux Chadela puissance en se déclarant investi de miraculeuse le fut à dévolue à leur maître. s'est per- pétuée jusqu'à nos jours. aux mérites de Sid Chadeli^ ses membres partisans sont toujours considérés . de la Baraka. par ceux de leurs les scandales trop que n'ont pas découragés publics d'une existence déréglée. à celle qu'ils influence propre. alors offrir les pires même que leur conduite peut exemples. La direction de l'ordre étant restée aux mains de docteurs imbus de traditions d'El Azhar. peu de valeur. et ses descendants les plus reculés en héritent par le seul qu'ils sont de sa lignée. . les fidèles sont plus certains d'en bénéficier en s'adressant directement à ses successeurs. ses miracles avaient été trop nombreux et éclatants fît pour point que le besoin d'un héritier de sa Baraka. l'hérédité spirituelle suffit à Sid Chadeli avait laissé une trop grande réputation.

ont des adeptes au Hedjaz. Les plus nombreuses sont de simples zaouiya isolées. indépendantes néanmoins de constitution. sans liens hiérarchiques. — Les plus connues sont celles des Bekkaiya de Timbouctou. Elles seules aujourd'hui représentent à proprement parler la confrérie primitive. Quelques-unes sont elles-mêmes issues d'autres branches. n'ont plus d'attaches. L'élimination graduelle de l'élément que représentent ces différents ordres. musulmanes amenèrent formation d'autres branches plus fidèles que les premières aux doctrines du chade- lisme. des Kerzaziya du Touat. ni les unes ni les autres. etc. des Ouled-Sidi Cheikh. sont complètement isolées. aurait donner plus de cohésion pu sembler de nature à aux autres groupes des associations religieuses Chadeliya. sans relations entre le elles. des Taibiya du Maroc. Il Mohammed Ouafa comme la sienne eut de nombreux existe aujourd'hui encore beaucoup de et confréries fondées basée sur les mêmes elles les principes. Deux seulement. Mais. souvent même. et dont les disciples cependant ont conservé nom de Chadeliya. Dissémi- . Mais les se mêmes la influences dissolvantes qui font sentir dans toutes les . avec dits. quelle que soit leur origine. des Aissaoua.-83 L'exemple de imitateurs. celles des Taibiya et des Aissaoua. Chadeliya proprement elles Apanages d'une noblesse maraboutique.

la Tripolitaine. en Turquie.-84nées dans toute l'Afrique du Nord. amenés par les circonstances à jouer un rôle important dans le récent mouvement panislamique . identiques quant à la doctrine elles présentent des même. dont les chefs. ont pris depuis quelques années. l'appellation doivent d'avoir gardé d'autres branches similaires ont pris le et peuvent. en réalité. les Malamatiya ceux de d'Asie. les Djazouliya. tous ces groupes sont restés Chadeliya . tels nom de ceux-ci : par suite. les les Rachidiya. elles jouent dans ces pays un rôle important et presque toutes les villes Médine Il du Hedjaz tout au moins La Mecque. une attitude qui les sépare nettement des autres adeptes de l'ordre principal. et des Khelouatiya . les Akariya. Il existe également chez les Aroussiya du même chez pays des tendances analogues. sembler de nouvelles confréries sont les Aroussiya. qui les dis- tinguent toutes plus ou moins. Grâce à la réputation de leurs fondateurs. en Syrie. sauf une fraction des Derqaoua . Mais. que qui zaouiya semble les rattacher plus directement à l'école de Sid Chadeli. Derqaoua d'Afrique. Jusqu'ici se cependant. les Zerroukiya. C'est surtout au peu de notoriété de leurs chefs ces . en est de leurs règles comme de celles des fractions . divergences de détail. en comptent plusieurs. Djeddah. il ne semble pas qu'elles soient manifestées un .

en un mot. conséquence Leurs adeptes sont dans lesquelles ils donc membres d'associations sont reçus après l'initiation effectives. de toutes ces branches fractions. assimilables aux premiers groupes. préalable et en prêtant à leurs chefs le serment obligatoire d'obéissance. avait pris ce vocable. qui les lie réciproquement à ceuxci. Ils se soumettent aux pratiques. nom de son Le caractère commun ou de toutes. sont fort nom- breux au Hedjaz. peuvent d'adeptes. notamment diya. de l'Algérie et de la Tunisie. sont.nombre important s' étant. et ceux qui les professent pour la plupart. les Aroussiya et les Rachifraction locale aujourd'hui éteinte. dans le contrat. les On a vu que Chadeliya restés fidèles aux règles générales de l'ordre. Nous aurons au une mention reste à en reparler. au contraire. qui méritent à tous égards spéciale. celle une des Morchidiya. El Moubaïat. en envisageant plus particulièrement ceux de l'Est. des . les Djazouliya. ces confréries. du chef. Enfin. Les Derqaoua du Maroc. Triqâ. ralliés être considérés comme tels. 85 aux Senoussiya. est d'admettre le prinet cipe de la voie mystique. Ce sont. au rituel institués par leurs maîtres spirituels. sous ce nom même. le comme — Ahd — qui en ouvre pacte l'accès. Plusieurs des branches connues sous de nouvelles appellations y sont également représentées.

croyances auxquelles a été due la création de l'ordre proprement dit des Chadeliya. que amené les la mystique formation de confréries etc.Khouan. C'est elle qui. pour former au lieu d'ordre. la clientèle du clergé héritage des classes instruites de la société musulmane. de ciples lui même el d'Abou le que Hassen les el tendances de ceux des disChadeli. quelles 86 — ils que soient la dispersion. comme officiel. à la longue. les formules du Chadelisme. et ses adhérents. au point de vue de l'influence exercée par l'ensei- gnement de Sid Chadeli. de ses fondateurs. confrérie soumise à la direction d'un seul la tête Dans une chef. le premier rôle. Mais. de tous groupes l'importance des préceptes généraux est. qui ne voyaient en ont. aujourd'hui. ses ou des nombreux cheikh qui sont à isolés. son action les considérable dans tous pays de langue arabe. l'indépendance des innombrables congrégations locales dont relèvent. que les Taibiya. il et le visionnaire.. une réaction contre Cessant d'admettre les fictions sur ils lesquelles sont basées les règles des confiréries. Bekkaiya. par la situation qu'ils est restée par le nombre de occupent. de morale ou autres. joue. s'est produit. formulés par son fondateur . parmi ceux qui l'admitelles raient surtout comme les philosophe et comme docteur. les doctrines n'ont conservé que morales. Elle a gardé. une école plutôt philosophique que purement religieuse.

Il en est tout autrement d'une école dont traités. au contraire. souvent restreinte. ce sont des considérations ou des conditions purement souvent l'attitude. De Gobiueau Religions de l'Asie centrale. est suivie par ceux qui professent d'en Ce sont donc les el doctrines mêmes. le rôle qu'elle peut y exercer. A l'origine. la doctrine. et nos ennemis dans le bassin du Sénégal. tel celles du sou- que ce système philosophique fut en les honneur pendant premiers siècles de l'Islam. Tadj ed Dine ibn Ata Allah el Iskanderi. qui règlent le plus des associations religieuses. en Occident. Ces préceptes ne fixent pas la place qu'elle peut tenir dans l'Islam. morale. suivant qu'ils relèvent d'une zaouiya l'autre.-87avons-nous dit. les Soufi visaient Ils particulièrement ni à la purification confrérie. favorables çaise ou hostiles à l'influence fran- ou de en Algérie. par des ouvrages spéciaux. et quelques autres qui servent aujourd'hui encore de guides aux Chadeliya indépendants. V. par ses disciples. . le soufisme et la philosophie. formulée dans des nécessairement dépendre. tel qu'il s'est conservé. le rôle personnelles. Ainsi que le prouve l'exemple des Tidjaniya. Le soufisme oriental averse dans le panthéisme le plus absolu i. préconisées et codifiées Abou Hassen el Cliadeli. ne formaient : une secte ni une I. EUes ont une grande analogie avec fisme.

D'après la tradition musulmane. dont l'anniversaire est encore une des grandes fêtes islamiques. l'habitude de consacrer les liens qui unissent le maître spirituel à son disciple. Sid el Chadeli se conforma à cet usage. Il rap- porta ces vêtements. où se trouvait un coffre renfermant des vêtements de plusieurs couleurs. s'attribuait les adopta pour vêtement pour Kherga. qui eux-mêmes les transmirent aux leurs. semble être le verbe Safa si par un de ces jeux de mots recherchés dans les pays de langue arabe. Les chefs d'ordres se donnent volontiers comme les continuateurs de leurs traditions. leur fit : — La pureté de mœurs donner ce nom. tissus de laine blanche. et plus tard. par . fut amené par son conducteur dans un palais étincelant de pierreries. et afin de la mieux marquer ainsi . et l'usage de porter des vêtelaine ments de blanche se répandit par suite chez les adeptes de leur école. dont être pur. les distribua à ses disciples préférés. sans autre règle que leur libre arbitre. après les avoir portés. qu'ils affectaient surtout. Toute: la racine fois. filiation spirituelle qu'il distinctif. Soufi prit aussi un sens dérivé de Souf : laine et blancheur. En souvenir de ce fait.— et s'ils 88 — c'était pratiquaient la vie contemplative. pendant la nuit d'El Mohradj. le Prophète enlevé au paradis par l'ange Gabriel.

ou de toute autre pièce d'habillement. soit en un turd'étoffe. éclairée. Kherga consiste dans Symbolique pour quelques-uns. et est devenue dans ce cas un insigne par sa couleur. qu'ils permettent de définir les sentiments des Chadeliya indépendants. et la comprit. devinrent pour lui les compléments nécessaires de foi. s'est établie dans toutes les fait don confréries religieuses. Sid Chadeli. peut en effet. dans seconde période de sa vie. La doctrine qu'il professa alors. se consacrer avec ardeur au service de Dieu et observer strictement le fond de la loi divine. se trois préceptes principaux. ban. Ces caractères de son enseignement sont d'autant plus importants à constater. existe ainsi dans le clergé . plus que sur des pratiques étroites et littérales. et de toute la partie de la société musulmane sur laquelle se Il fait sentir leur ascendant. montrait donc qu'il les considérait tout particulièrement la comme les initiateurs de son enseignement. La hauteur de sentiments. : résumer en enveloppés d'une tendance générale au mysticisme élever ses aspirations. en adoptant celle des Soufi. dut reposer sur une conviction raisonnée. la beaucoup d'autres. soit en une simple pièce apparente ou distinctif cachée. telle qu'il la la purification morale.-89le à celui-ci d'un froc. Kherga. la largeur d'idées.

d'ailleurs. Souvent aussi. . leurs tendances mêmes commencent à leur créer une situation morale difficile. d'enseigner cosmographie orthodoxe. d'après laquelle la terre est supportée en dernier lieu. telle qu'elle est comprise et professée en général par les Chadeliya indépendants. Ainsi beaucoup de professeurs de l'Université d'El Azhar sont de ne leur est pas possible. contre les empiétements de la civilisation euro- péenne. Quoi qu'il en soit de cas particuliers de ce genre. foi. par un taureau dont dans laquelle la respiration détermine les marées. dans les pays où celle-ci s'est particulière- ment développée. la cette école des Chadeliya. un grand nombre d'hommes dont les croyances sont assez élevées. dans les classes instruites du monde islamique. en relevant sa valeur c'est-à-dire dans la société cultivée. Toutefois. il n'en est pas moins certain que la doctrine chadelienne. sans qu'il se produise entre leur raison et leur lutte celle-ci subit parfois une quelque atteinte.— 90 — musulman. L'ordre primitif des Chadeliya a donc. pour leur permettre de lutter. en résumé. Il évidemment. sans se laisser diriger par un fanatisme into- lérant. contribue à fortifier l'Islam . là où il se trouve le plus réellement menacé parle progrès. de protester. cet antagonisme provoque une réaction dont le résultat est tout opposé. philosophique.

seigneuriales. telle qu'elle existait La primitivement. sans admettre les pratiques restrictives qu'ont établies les chefs d'ordres. en outre. enfin une école phide Sid el losophique qui professe ticisme. s'est produit une évolution analogue. cette école a de nombreux les lettrés représentants.— donné naissance à trois 91 : groupes distincts d'une part. dans La Mecque. mais restées fidèles à sa règle générale. à celle dont les Chadeliya purs ont donné l'exemple. Il continuateurs de ce Cheikh. celle des Djazouliya. participe à leurs droits et à leurs . et suivant lequel « quiconque lit un hezb (une prière) des Chadeliya. les mystiques extatiques. confrérie. à du Hedjaz. des branches. y a il lieu de mentionner. suffit d'indiquer qu'à les villes Djeddah. que dans une des confréries chadeliennes de la région. des zaouiya indépendantes unes des autres. celles mêmes qui ont adopté des noms différents •. à Médine. sauf sur quelques points de détail. un spiritualisme nuancé de mys- conforme à la dernière doctrine Chadeli. qui n'ont plus avec lui que des attaches d'origine. recrutés parmi le clergé. a fait place à une congrégation libre. "et dont les adeptes doivent être classés parmi les d'autre part. En vertu d'un principe formulé dans un des ouvrages doctrinaires les plus appréciés de a Les des Chadel'ordre gloires élevées du mémorial : liya ». il Toutefois. les confréries chérifiennes. parmi du pays.

Moqaddem : Cheikh Mohammed ibn Salah el Rachidi. il A La Mecque. comme constituant une associa- à cet égard seulement. prement un d'Aroussiya trois d. . ne peuvent être confonles les dus avec Chadeliya indépendants. Ils ne s'en considèrent pas moins tion. Cheikh Hassen el Kebbani.e Rachidiya s. Cheikh Mohammed Effendi Hasnaoui. Cheikh Salah el Hindi. dits 3. une partie des Djazouliya se bornent pratique spéciale. 2. Aucune de la confrérie. citée Moqaddera actuels Cheikh Mohammed Rachidi. tant dans cette ville qu'à Djeddah. la traduction de M. à la lecture en de prières « Delail ments — fait les meilleurs argupar leur premier chef. el Ok'ili. en existe quatre de Chadeliya pro4. et. particulière. interprète militaire. initiation n'est imposée aux membres aucun serment ne les lie. Arnaud. Tous Les établissements des branches de l'ordre assez même sont nombreux. Djazouliya du Hedjaz suivent cette règle Ils ont à La Mecque deux zaouiya 2. l'Imam Sliman el el Kheirat » — commun d'un recueil Djazouli. Cheikh Ibrahim b. Sid Omar Dghoustani. Cheikh Mohammed Nour._ devoirs i 92 comme ». Cheikh 5. : 3. 1. Mohammed ben Moussa 4. D'après dans « Marabouts et Khouan ». Cheikh Ahmed el Mograbi. Moqaddem actuels : Ahmed Kettan. Moqaddem.

et sans attaches extérieures. spécialement affecté aux pèlerins de tel ou tel pays. à La Mecque. fréquentés au même titre par les gens du pays et par les étrangers. Mais actuellement. n'est donc pas plus important que celui des zaouiya de toute autre confrérie. Leur rôle au Hedjaz Moqaddem : Cheikh Ahmed bel Haoussin. représentée I. Ce sont des centres de réunion. les Rachidiya et les Aroussiya n'ont pas de Moqaddem dans de cette ville. comportent pas de mention Les unes ont été fondées par des Chadeliya venus le pays pour s'y fixer. 93 - les zaouiya des Chadeliya sont au nombre Bien qu'y comptant quelques adeptes. ces différentes zaouiya ne particulière. el en Orient. aucune n'a le caractère d'un établissement hospitalier. Sauf celles des Rachidiya.— A Djeddah. Cheikh Mohammed Orficha. . diriel gée par un Cheikh khedji. trois ^. Ali Khaou- ne subit pas exclusivement l'ascendant du Cheikh Troûq. En raison de la désagrégation de l'ordre. Les autres ont pendant longtemps relevé de branches dans étrangères de l'ordre. de prédications. une seule qui est de création récente et peut être consi- dérée comme une succursale d'une branche fort révéré syrienne. qui ont une histoire propre. Cheikh Abd Allah.

Comme tous les apôtres musulmans doués d'une nombreuse famille. pourvu conforment aux lois de l'Islam. Cette confrérie. Si avait le Ahmed el Rachidi. Si Ahmed el Rachidi. Il suivit du son maître à Saabia. et à sa mort. ainsi que dans le Tell des provinces d'Oran et d'Alger. ben Idriss. qui passait pour descendre fondateur des Rachidiya. au contraire. manifesté chez les Rachidiya un mouvement d'expansion avoir pour nous qui mérite d'être signalé et peut un intérêt particulier.par 94 — aux tendances de ces der- un siste ries. se trouvait un Égyptien. même nombre d'adeptes. En tout parmi les élèves de Si Ahmed en Egypte. L'action extérieure des zaouiya chadeliennes de la région n'est guère plus accusée. d'après la tradition. des hommes de bon qu'ils se science et de paix. le Si maître de Cheikh Senoussi. L'un d'eux se serait. fixé cas. fondée au x^ siècle de l'Hégire par un marabout de Milianah. naturellement disposés à vivre en accord avec les agents du pouvoir. ainsi Ibrahim er Rachidi. sinon du parti des Eulema et des Chorfa. du moins de celui des lettrés. Elle les rapproche. s'est divisée en plusieurs branches fort répandues au Maroc. envoyé ses entants propager sa doctrine au loin. ne voulant . Il s'est. et dans Sahara Oranais. Seule l'affinité qui subentre les Chadeliya indépendants et ceux des confrécaractère accusé donne un niers.

il s'était il conformé à l'enseignement des Mais chadeliennes et ne tarda pas à revenir aux doctrines entreprit de faire revivre la règle des Rachidiya en Egypte. de Il eut à soutenir de très vives attaques Emirghaniya et de quelques Cheikh de l'entourage de Si Ahmed ben Idriss. après de longues discussions. Mohammed Nameck Pacha. qui avaient voulu le faire passer rien moins que pour hérétique. et pour lui permettre de créer un établisse- . Le gouverneur du Hedjaz. Voyant son espoir déçu de ce côté. Peu de temps après. n'en fallut pas davantage pour consacrer sa réputation. Bien qu'un de ses petitsfils y réside encore.— el 95 Mohammed Othman aux rivalités de pas prendre part Emirghani et de Cheikh Senoussi. qu'elle fut portée devant le Medjelès des Eulema. qui l'accusaient d'avoir renié son maître. Ibrahim el Rachidi revint à La Mecque. elle est sans importance. en 1273 de l'Hégire. s'en mêla lui-même. se montrèrent fort empressés à sa zaouiya. retourna dans son pays d'origine. et. Ses efforts ne furent pas courormés de succès dans ce pays et il ne put y fonder qu'une zaouiya. Jusqu'alors Idrissiya. L'affaire prit une tournure la part des telle. Les pèlerins de Syrie et des Indes surtout. Ibrahim réussit à confondre victorieusement ses adversaires. située près de Louqsor. de nouveau sur un second lui incident du et même il genre appela l'attention.

Mohammed el Rachidi. à Médine i. mille roupies d'or en une seule fois. les Rachidiya du Hedjaz en ont deux ibn Cheikh Salah Ils autres dans cette ville. . dans l'une d'elles. avoir l'esprit d'entreprises. Sans rappeexactement quant à la règle. le nom qu'il portait lui-même. séduite par sa renommée. a cependant une certaine importance au Hedjaz même. songe à Moqaddem : Cheikh Saïd ibn Cheikh Hassan. d'origine Koréichite. effet. qui semble. les plus envoya La légende s'en mêlant. neveu de leur premier maître. Cheikh Salah Hindi. son ordre prit à sa mort. en ont une également Le développement de la confrérie. et l'un des tant Cheikh les parmi habitants de la région disciples ler même. en 1291 de l'Hégire. où réside. l'ancienne confrérie des les pèlerins. el encore un Hindou. grâce au don qui vient et que dirige mentionné. si son chef. sans être ainsi très considérable. Outre la principales rues de d'être zaouiya fondée à Haret Chebikhat. une Bégum d'un état musulman lui du dernier pays. Son rôle à l'étranger n'est encore notable qu'aux Indes. en I. quant à présent. ses Rachidiya du Moghreb. leur chef actuel. mais il peut le devenir ailleurs. que parmi comptèrent bientôt par milliers. l'une des La Mecque .-96ment plus important. il devint ainsi populaires de La Mecque.

Quoi qu'il en soit de cette hypothèse. l'école de Si ben Idriss. . il ne tarda pas à attirer autour de un nombreux auditoire. se mit à tenir école vers 1878. conduite privée des descendants de Mohammed el Othman Emirghani nuit singulièrement à leur prestige. et cessant de s'astreindre à brillant orateur. grâce aux offrandes des Rachidiya Hindous. Les Rachidiya du Hedjaz ont donc^ à tous égards. el Mohammed ibn Cheikh Salah Rachidi a réussi à conserver la situation privilégiée de son et.— vient d'être 97 — C'est offrir étendre son action dans de nouvelles contrées. la plus puissante de l'Islam moderne. Saidi. représente seule. Une autre confrérie chadelienne du pays. dispose de ressources abondantes. vient d'être précédente. l'enseignement pur des sciences théologiques. avec celle des Ahmed Les Emirghaniya et des Senoussiya. surtout en Algérie que les congrégations collatérales dont il question pourraient lui un terrain de propagande favorable. après des la débuts aussi heureux que chidiya. grand oncle à La Mecque. Ali ibn Yakoub el Morchidi el Très lui né à La Mecque. la confrérie qu'il dirige. Enfin. Son chef. droit à une mention spéciale. celle des Mor- dissoute au commencement de l'année i88é. formula •6. intransigeantes doctrines des Senoussiya et ne la plaisent pas également à tous les Musulmans.

Soufi dit M. ménagements qu'Ibrahim préventions dont il el désarmer les était l'objet. l'incarnation de la substance divine dans les sages. et à soutenir. à affirmer d'abord sa propre omni-science. Mais son prestige s'était trop brusquement répandu prissent point pour que les Eulema n'en que même temps les représentants Peut-être. c'est Le chef des Morchidiya. en « parlant des « enivré. « Ce n'est que rarement. Mais une trop grande confiance dans son ascendant sur les masses le perdit. de Gobineau. se « « qu'un des adeptes au de crier en public ce compromet point asiatiques. en du gouvernement. et l'exaltation atteignit un point tel que beaucoup de ses fervents. en usant des mêmes Rachidi. el Morchidi eût-il ombrage. que tous moi! » les doctes pensent en secret : Dieu. l'entourèrent comme d'une garde sacrée. Par d'habiles contradictions. les Eulema l'amenèrent à proclamer les principes du soufisme oriental. auquel il la donna son nom. .-98bientôt le pacte et les règles d'un nouvel ordre. pu. ne quittant plus les abords de sa maison. franchit ce dernier pas. L'engouement devint général parmi populace de la ville. la acculé par ses adversaires à négation de la doctrine orthodoxe. comme le Bab per- san. puis à définir les attributs matériels de Dieu. On prêta au Cheikh les miracles les plus merveilleux.

mit à la disposition soldats. Morchidi fut arrêté sur l'ordre du grand traduit. au milieu desquels fut traîné dans toutes âne. condamnation fut ainsi prononcée. faire place à une des partisans exaltés. dès lors. estimant conditions. dans une étroite prison. l'enthousiasme primitif devait. après la une Khoteba Cheikh el chérif et grande mosquée. sans qu'aucune le défendre. dans ces châtiment de l'imposteur devait recevoir des Eulema une garde de cinquante il de l'autorité temporelle. au mois de mai 1886. la sanction le que. devant le muphti dans Medjelès des Eulema. Toujours extrême dans la foule. Au bout de trois jours. attaché sur un pendant trois tournée vers la queue de ses senti- de l'animal. jours. ses bourreaux le jetèrent. Abandonné par tous solennelle des quatre les siens. voix s'élevât pour Le gouverneur de La Mecque. il perdit toute mesure. qui avait la manifestation acclamé naguère el Morchidi.Le Bab avait 99 - pu trouver chez les Chiites de la Perse Chez les Sunnites de La Mecque. la tête les rues. ensanglanté. enchaîné contre un mur. couvert de plaies. réprobation générale. ments. Devant et sa ce tribunal suprême. ne lui épargna aucun des mauvais traitements en son pouvoir. . où on le laissa mourir lentement.

n'en est rien cependant. de simples plupart charlatans se servent du nom de la confrérie. Si Mohammed ben Aissa. Leurs Hadra deviennent de véritables séances de fakirisme. et parfois. sont ralliés à du soufisme oriental. en Syrie. le les com- Aissaoua. dérer Il On pourrait donc les consi- comme entrés dans le mouvement le plus moderne. le rattache L'origine de à la branche des Chadeliya Djazouliya. leurs Khouan ont donné à Paris même des exhibitions payantes. en Tunisie. malgré une identité presque plète de doctrines morales. l'ordre. sont. du moins comme pratiques. loin d'admettre l'école mysticisme spiritualiste des Chadeliya. spectacles les plus un des courus par les touristes. Non seulement leurs Hadra des Aissaoua. par les exercices auxquels ils se livrent en public. si.— 100 AISSAOUA Il est peu d'ordres musulmans aussi connus que sinon celui comme règle et comme rôle. la de ses membres cherchent surtout à prouver la supériorité de leur tradition. en Ég}'pte. à la suite du Dhikre el . mais rivaux des Cynghalais. chérif marocain de la famille des Idrissites. en Algérie. Mais. dont faisait partie son fondateur.

Quelques-uns broient des morceaux de verre entre leurs dents. Au fur et à mènes side la se manifestent à l'œil exercé mesure que ces phénodu Cheikh qui prélui. sur un signe de la se percent les bras. tombent épuisés. Ils ont. Mokaddem faits transforme. chez en sommeil hypnotique.— Djellala. car Bien que fort connus. à mesure très rapide. les joues. doivent être notés. opposée à celle qu'occupent les Chadeliya. Hadra. ces ils placent les Aissaoua à une extrémité de l'échelle du mysticisme. ou des mouve- ments le circulaires la tête. dans une torpeur qu'un attouchement du certains. » Ces cris sont de la formule : cadencés par une musique sourde. par sa forme. . mâchent des feuilles de cactus Tous. de dards effilés. A chacun d'eux correspondent des flexions profondes et accélérées du corps jusqu'à de la ceinture. une signification particulière. hérissées de piquants. lOI — Des cris qui. les Khouan. mangent des animaux venimeux. les mains. aussi propres à ébranler tout système nerveux. peu à peu. provoque chez eux une excitation intense et des crises hystériques. rauques remplacent dans cette cérémonie la récitation « La illaha ill' Allah. Les crises ainsi déterminées se traduisent bientôt par une ivresse cérébrale et une anesthésie diversement loca- lisée suivant les sujets. D'autres s'entaillent gorge ou le ventre avec des sabres aiguisés. d'autre part.

l'héritage exclusif de la Baraka. entre le la crise consécutive Mourid. et que son chef soit encore reconnu comme grand-maître. il fidèle par l'absorption dans » l'essence de Dieu équivaut aussi à une évocation de l'apôtre par l'imitation de ses pratiques. Telle est. Les adeptes admettent vaguement une sorte nation panthéiste. Elle se trans- met à tous par Cheikh et le l'union mystique qu'établit. la confrérie. Chez ceux des Aissaoua qu'inspire une ferveur abso- lue. . évocation dans laquelle. Ce rite n'a donc pas pour but unique « l'anéantissement « de l'individualité du ». intermédiaire entre la création et le créateur. il devient l'objet d'une sorte d'adoration personnelle. qui fait d'incar- Sid Aissa plus qu'un saint. les Aissaoua n'attribuent pas à ceux-ci.— Dans Baraka. n'étant pas l'apanage exclusif des descendants de leur premier chef. du Dhikre. pour eux. par la plupart des fractions de l'ordre. l'origine de la vertu mystérieuse qu'il a prouvée en les initiant à leurs rites. La reproduction des phénomènes qui caractérisaient sa puissance surnaturelle. malgré le respect qu'ils professent pour eux. la famille 102 — dans son intégrité. la multiplicité des invocations d'un rituel surchargé. presque le dépositaire d'une émanation de la divinité. le pacte de l'association repose sur la qui n'est pas héréditaire quoique de Si Mohammed ben Aissa se soit perpétuée jusqu'à nos jours.

entreprises à cet égard depuis quelque temps. Beaucoup. néanmoins^ extrême vis à vis de leurs maîtres spirituels. et entre eux. Chah Ouali Allah prétend suggestionner à grande distance. Quelques-uns des faits qu'il signale. . opuscule destiné à la propagation aux Indes d'une Confrérie nouvelle. que dénote chez tous la célébration Hadra. et dans lequel se trouve exposée une théorie fort curieuse de la « Force psychique 1). Partant d'un principe essentiellement panthéiste. ils font preuve. à tous ses corolles observations : laires. pourraient fournir à la science moderne d'intéressants sujets d'étude i. I . Il ne recule d'ailleurs pas devant l'interprétation des songes. mais beaucoup aussi de ces thaumaturges. rien de commun avec le poète autrefois connu sous ce nom). malgré le point de vue auquel il se place. croyons-nous. sont extrêmement développés parmi les Khouan des Confréries à tendances analogues les Saadiya et les Refaiya. Ils pourraient donner lieu à des recherches très profitables pour la détermination des questions qui se rattachent à l'hypnotisme. deviennent alors guérisseurs de maladies. les guérir au besoin par l'imposition des mains. etc. suppléent à l'absence de toute névrose par d'habiles jongleries. La plupart des pliénomènes que permettent de classer peu à peu méthodiques. empruntée aux Nakechabendiya. sugges- tionneurs ou suggestionnables. à la vérité. un opuscule d'un Cheikh persan qui s'intitule «Chah Ouali Allah » (sans avoir. etc. suivant leur rang dans la hiérarchie de l'ordre.— une continuelle tension 103 — ment de la Ils l'état d'esprit. les Nakechabendiya. aggravent singulièremorbide. Ainsi nous avons entre les mains. sont néanmoins intéressants et comme observations et comme explications. Bien que les membres de la confrérie ne considèrent pas la Baraka de Sid Aissa comme intégralement héréd'une passivité ditaire. faire déterminer les maladies d'autrui par ses fidèles.

sinon sur les chefs de la confrérie. qui. malgré son grand renom. Mais le caractère même . comprennent donc à la fois. considérer l'ordre On ne peut. de leur présence à ces résultat.— 104 — d'un esprit de solidarité qui ne se trouve aussi développé que dans un petit nombre d'associations similaires. suite. L'admission des femmes aux Hadra. cherchant à exploiter la crédulité publique. les scandales qui résultent parfois comme spectatrices. sont ainsi amenés à se désintéresser des questions qui agitent le plus profondément le monde musulman. que le rôle de l'ordre doive être considérable dans l'Islam. D'autre part. C'est là une double conséquence de la contagion et de l'entraînement qui les conduisent au leurs efforts. un et une défiance mélangée de crainte un certain mépris. par comme réelIl lement influent. contribuent au même la Les sentiments que professent à l'égard des Aissaoua plupart des Musulmans. par suite. jettent un certain discrédit. reste en . les supercheries commises par quelques- uns. cérémonies. du moins sur son nom. aux dépens de purement Ils religieuse. Il but proposé à semblerait. des pratiques auxquelles se livrent les Aissaoua tend naturellement à leur donner la doctrine une importance prédominante. sont fort bruyants. respect superstitieux.

attribut de la divinité. ni dans la politique générale de l'Islam. et ne pourrait contribuer ni à les fomenter ni à les diriger. . beaucoup plus isolés en Orient. en Algérie en Tunisie. ses adeptes sont c'est le cas. se bornent à la célébration des cérémonies de son sans intervenir ni dans la politique locale. i et ne comptent à La Mecque qu'une seule zaouiya n'en ont pas d'autres au Hedjaz. comme d'ailleurs. Fort nombreux au Maroc. de presque toutes les confréries originaires Ils du Moghreb. Mais ses chefs. Mais son rôle est dans les conditions que nous venons d'indiquer. rituel. ses Khouan. pèlerins ou habitants de la croyance aux manifestations d'une puissance occulte. la s'y célèbrent contribuent à entretenir fidèles.— 105 — et dehors des agitations religieuses. très effacé. malgré sa subordination administrative au Cheikh el Troûq. Sid Moqaddem Mahmoud : Daghestani. Les Hadra qui dans l'esprit des contrée. Cette zaouiya se trouve encore sous la dépendance spirituelle du grand-maître. I.

perpétuée dans la famille de son fondateur. Toutefois. des Chadeliya par l'adoption du principe de la Baraka héréditaire. Fondée à la du if siècle de l'Hégire. ainsi le créée par lui. Mouley Abdallah. qu'elle doit son nom. en outre. Si Abdesselem ben el . les Taibiya professent du mysticisme extatique provoqué. sous lequel il est généralement connu. celle des Taibiya fin marocaine. Le Chérif actuel d'Ouezzan. Son grand-maître conserve encore théoriquement sur tous les adeptes une autorité exclusive. c'est au petit-fils de celui-ci.io6 — TAIBIYA Comme est la confrérie des Aissaoua. Mouley Taieb. La zaouiya d'Ouezzan. par un Chérif de la famille impériale. principe qui chez eux est absolu. d'assez graves s^nnptômes Aussi la direction de la confrérie s'est-elle de désunion se manifestent depuis quelques années parmi les Taibiya. Ils se distinguent. la doctrine Malgré leur origine ChadeHenne. est restée le centre métropolitain de l'association dont le chef prend nom de Chérif d'Ouezzan.

Il rendu effet favorable française. a données de ses sentiments ont provoqué parmi ses coreligionnaires une assez vive émotion et quelques-uns des membres de sa famille en ont profité pour essayer de déterminer un schisme dans la confrérie. après avoir fait pendant quelque temps. a en demandé de citoyen français. des avances marquées aux Espagnols. a épousé une Anglaise. d'Ouezzan » l'a qui a pris très un grand ascendant à l'influence sur son mari. dans l'Ouest et Sud principalement. institutrice des enfants d'un consul britannique. de même qu'il soutient la politique étrangère. paraît avoir également provoqué à son égard une dés- affection qui s'accentue chaque jour. En le Algérie. le partisan le plus puissant et le plus Mais les preuves qu'il de la civilisation européenne. Aujourd'hui encore. et a mis l'un de ses fils le titre au lycée d'Alger.— Hadj èl 107 — la k princesse Arbi. le reproche que les ennemis du Chérif lui font de s'adonner aux boissons importées de l'étranger. Si le considérer comme rallié à notre Abdesselem est ainsi actif au Maroc. Froissée de l'attitude de ses compatriotes à son égard. Sans avoir (Tomplètement réussi. d'im- portantes congrégations. on peut cause. ils ont du moins obtenu tisans la défection de quelques-uns de ses par- au Maroc même. qui n'a pu lui être accordé. puis celui de protégé. . où les Taibiya forment.

DERQAOUA On a vu que la branche tripolitaine des Derqaoua. Les autres groupe sont localisés au Maroc. Aussi les Taibi5''a n'y ont-ils plus qu'un rôle nominal. Dès les premières années de sa fondation. que si Abd es Selem paraît de se désintéresser des succursales lointaines la confrérie. sont indépendants du Cheikh el Troûq. en Algérie. Ce seul a des représentants au Hedjaz. Ils ne se recrutent guère. constitue aujourd'hui les questions un groupe spécial. par un chérif marocain. en Derqaoua Tunisie. dont l'ingérence dans de politique islamique est très active. qui. Mouley el Arbi el Derqaoui. à l'Est de la Tunisie. abandonnant les traditions chadeliennes . Leur atti- tude est au reste d'autant plus eflfacée. que parmi les Mogrebins d'Algérie ou du Maroc. assez nombreux dans toutes les villes commerçantes. au com- .— io8 — Ces symptômes d'une décadence prochaine sont plus marqués encore en Orient. C'est à cette classe qu'appartiennent ceux du Hedjaz. en raison de leur origine étrangère.

Elle ne conserva de cohésion organique qu'au Maroc. Il et aux n'en résulta cependant aucune scission doctrinaire les fractions occidentales dans de la confrérie. Beaucoup de ses dispassèrent de l'indifférence qu'il leur recommandait une hostilité plus ainsi. remment. et se divisa en Algérie et en Tunisie.de la « voie ». en deux fractions distinctes. adeptes de montrèrent des tendances en apparence contra- Mouley el Arbi. Mais malgré l'interprétation fort élastique donnée dans ces contrées aux éléments de l'ordre ne se principes. deux écoles soumises à doctrine politique mais l'appliquant difféles . 109 — les xiiie siècle de l'Hégire. Ils restèrent Les Derqaoua de intimement mélangés. poussant la doctrine du désin- téressement des biens de ce leur avait prêché monde à la limite extrême. Il se forma de parmi la même Derqaoua. à en harmonie avec les senti- ments turbulents des la sorte.— mencement du l'ordre dictoires. en petites congrégations relevant de zaouiya indépendantes. Tripolitaine ont au contraire 7 . par le développement simultané des pratiques propres aux mystiques spiritualistes extatiques. les séparèrent pas. Une divergence analogue se manifesta d'autre part dans leur règle. vis à vis des une abstention complète détenteurs ciples du pouvoir temporel. comme on la aurait pu le croire. • tribus marocaines.

comme autant de ferments de désordre. affectent des sentiments aussi élevés. des zaouiya de l'ordre en Algérie. pour y propager de fausses nouvelles. ses membres qui les T'olba. L'analyse du rôle général de la confrérie. les . Ils se sont ralliés d'une façon exclusive au système le plus opposé à l'esprit des enseignements de Mouley Arbi. Maroc. aussi larges que les Chadeliya purs. la masse populaire fournit un nombre important de Khouan Derqaoua. Mais d'autre part.— même no — el répudié tout compromis de ce genre. et il est peu de révoltes dirigées contre nous. ils parcourent en temps de paix nos tribus algériennes. se recrutent parmi dans les classes instruites de les la société musulmane. en Tunisie. en Algérie. auxquelles on ne les trouve mêlés. mécontents. soutenir officiellement les notre cause. La combinaison de deux éléments aussi hétérogènes la plus celle importante de Boghari. semble parfois exercer dans le pays une double action. en même temps. dans les conditions que nous venons d'indiquer. que distingue une exaltation farouche. déguenillés. de se montrer en toute circonstance disposés à ne saurait produire d'effet défini. au Ceux de lettrés. Hâves. Pour ne prendre qu'un exemple. Ses chefs n'ont jarhais cessé d'entretenir avec nos administrateurs les meilleures relations. ne laisse pas que d'être assez délicate. Mais.

La constatation des faits qui précèdent. intérêts. Elle paraîtrait dénoter chez les Derqaoua l'exisqu'il employa à tence d'un Ketman. . avait en le gage d'une indépendance Or. Les religions de l'Asie centrale. Leur récent passage en territoire civil. cette situation s'est manifestée d'une façon très nette. trouvent auprès un accueil empressé. d'un état de secret. Le chef de la zaouiya. entreprenait une prola pagande active chez les tribus telliennes de province d'Alger. privés depuis peu de leurs fonctions cette propagande. à calmer les esprits.— familles III — d'eux chefs indigènes révoqués. dès le début de la il révolte des Oulad Sidi Cheikh. les anciens agents du commandement . parmi lesquelles régnait une certaine inquiétude. Pendant la dernière insurrection notamment. analogue à celui des Soufi Persans i ou des Ibâdhites. en 1881. ou trois chefs . et son attitude vis à vis des autorités locales justifiait encore la plus entière confiance. et deux . les représentants des grandes déchues. Une coïncidence de cette nature est au moins singugulière. Cheikh el Missoum. nous avait entre les même I. Cependant. conduit à soupçonner Chadeliya De Gobineau. s'était activement employé. en 1871. ce furent précisément ceux des indigènes que la nouvelle organisation menaçait le plus dans leurs effet semblé à quelques-uns relative.

La confrérie de Mohammed ben Ali el Senoussi. la plupart ceux surtout qui occupent un rang élevé dans la confrérie. les range au nombre des mystiques extatiques. dont d'autant plus facile à déterminer. et porte l'empreinte d'une très vive exaltation religieuse. servé l'étiquette Les Derqaoua de la Tripolitaine n'ont pas même condu Chadelisme. lienne . d'Algérie et les Senoussiya et peut-être quelques relations suivies. Ils prennent souvent le vocable de Madaniya. H. des fanatiques ardents. à ne considérer les Derqaoua de l'Ouest qu'au point de vue de leurs tendances professionnelles. La Lumière étincelante >— publié à Constaminople en 1885. s'il existe. . quelles que soient les visées secrètes que cache leur attitude extérieure.— 112 ^ — une certaine affinité. qu'il fonda vers cette époque. doivent être compris dans la grande famille chade. Dans un traité intitulé « Nour el Sat'a ». parmi eux. Ce fut vers 1820 que Mohammed ben Hamza commença à prêcher dans le pays de Tripoli la règle des Derqaoua. Néanmoins. Mohammed ben Hamza par son Zafïer el Madani. . Leur doctrine. Mohammed Zaffer 2. formulée fils et successeur. On peut donc les considérer le rôle est comme formant une confrérie distincte. Duve5Tier. La zaouiya de Mezrata 1. ou du moins celle qu'il en avait déduite. qu'il tient tout entier dans l'histoire des dernières années. 2. du nom de leur chef.

ZafFer était allé en pèlerinage frère Cheikh Hamza. C'est à confié pour l'instruire. en 1874. été nommé Hamouda. en relations avec le futur sultan de Turquie. lorsque le pour premier fut. chef. Sans être précisément tombé son en décadence leur ordre restait stationnaire. blessé d'un coup de pistolet par le Cheikh el Islam. avec son Mecque Abd Mohammed ils à La A leur retour. et la Tripolitaine. lorsque le hasard des circonstances mit Mohammed Zaflfer. qui leur avait se la prédicateur de Médine. afin d'y prendre le bateau de Tripoli. s'arrêtèrent à Tantah avec le fils d'un Khatib. arrêta celui des Madaniya. Mohammed Zafïer reçut à titre d'indemnité un présent de quarante guinées et se rendit à Alexandrie. accidentellement dit-on. ul Hamid. Mohammed et Hamza ZafFer entrèrent en relations avec les principaux chefs de cette puissante confrérie . Mais le développement du la siècle. Mustapha Hakim. . ils se disposaient à repartir Guéri en quelques semaines par un médecin du pays. vers la fin de l'année 1875. dans une réunion à la zaouiya de Sid el Badaoui.— Senoussisme à partir de 113 — seconde moitié du ne tarda pas à devenir importante et à compter quelques succursales le long de la côte. l'ordre national de l'Egypte par excellence. trouvent le tombeau de Sid Ahmed Tantah que el Badaoui et principale zaouiya des Badaouiya.

et tenaient au contraire en haute vénération blait le prince Abd ul Hamid que . par le gaspillage effréné des finances de l'Empire. Il semble qu'au contact de ses nouveaux amis. sa piété sem- désigner comme Zaffer. quitta lui-même Constantinople. neveu du sultan Abd ul Aziz. Senoussi. ses projets se modifièrent. lui annonça son prochain avènement au trône. il s'embarqua pour Constantinople. Mohammed Peu après. le présentèrent au prince Abd ul Beiram Agha.— 114 — un Adressé au principal Moqaddera des Chadeliya de la ville. par ses débordements. Cheikh Abd-el-Kader el Chadeli. tous mêlés aux intrigues politiques qui s'agitaient déjà en Orient. pour la Tripolitaine. il put s'aboucher avec Kheir ed en effet Au lieu de repartir Dine Pacha Ceux-ci le et le chef des eunuques. ayant . le futur restaurateur de l'Islam. Les vrais croyants considéraient sa présence sur le trône comme un scandale. il dans un moment d'exaltation pro- phétique. auquel il se livrait sérail. Hamid. Depuis longtemps ce dernier. était pour entretenir les neuf cents femmes de son devenu impopulaire dans toute la Turquie. il fit alors la connaissance d'un Marocain qui a joué rôle important dans les el menées panislamiques des dernières années. et de quelques autres personnages Brahim religieux. où grâce à quelques lettres de recommandations.

qui active J. et son frère Abd ul Hamid le Peut-être les conseils du chef des Madaniya n'avaientils pas été étrangers à cette double révolution : il est d'autant plus permis de le supposer. Mais. appelé à Constantiimpérial. il repartit pour Médine. Le prince Mourad. mais la folie termina son règne au bout de remplaça. trois mois. Histoire de l'empire ottoman. où Kheir ed Dine. On dans une sait quelle influence Cheikh Zaffer a exercée depuis. après un court séjour en Tripolitaine. lui était tout dévoué. sur la politique otto- I . lui un lièrement empressé. . C'est là que se trouvait Mohammed Zaffer. y prit une part En tout cas.— affilié Il) — le général fit à son ordre Kheir ed Dine Pacha et le chef des eunuques. nopJe et installé près du palais dépendance de Yildiz Kiosk. Il se rendit alors à Tunis. étaient encore ville natale de son père et où ses parents nombreux. Delà Jonquière. accueil particu- homonyme du ministre turc. la prédiction qu'il avait faite au lui valut d'être nouveau Padischah. que le chef des eunuques. l'aîné des neveux du sultan lui succéda d'abord. lorsque la fin déposition d'Abd ul Aziz et sa mort tragique mirent à la crise que subissait la Turquie. puis revint à sa zaouiya de Mezrata.

La Tunisie . par l'agitation que son frère été chargé de provoquer contre nous dans ce pays. Malgré ce surnom. il On a vu ville. que. M. M. du rôle joué par Cheikh Hamza en Tripolitaine. Brahim el Senoussi n'appartient pas à la confrérie des SenousI. pendant son séjour à Alexandrie^ était entré en relations avec un Marocain établi dans cette Brahim el el Senoussi où plus exactement Brahim ben Azouz Senoussi. dans l'étude qu'il a consacrée aux Senoussiya. De son Gabriel Charmes. Rinn. a parlé dans deux de ses Madaniya ouvrages ^. et M. Dans l'administration intérieure. pour le triomphe du panislamisme. Cheikh Hamza a ir6 — elle s'est affirmée mane. ont mentionné les relations qui se sont ainsi établies entre les Derqaoua côté. et les Senoussiya de l'autre. ce n'est pas faute d'avoir mis en œuvre toutes ressources d'un esprit fertile. par l'élévation de Kheir ed Dine Pacha à la dignité de A l'extérieur. surtout en Tripolitaine. elle s'est manifestée. L'avenir de la Turquie. et les Senoussiya. et par l'entente intervenue entre le gouvernement turc d'une part. et la Tripolitaine. Mais il est un autre fait moins connu et qui montre que.— Grand Vizir en 1878. Duveyrier. dans « Marabouts et Khouan ». si Mohammed Zaffer il n'a pas réussi à s'est fait le assurer le triomphe de la cause dont chamles pion.

et entra comme thaleb. à une époque où les Senoussiya ne pouvaient être connus à Fez que de réputajeunesse. Mais cette légende ne peut que servir ses intérêts. avec la Compagnie Cook. il en revint avec une pacotille de cinquante exemplaires du Delaïl el Kheirat. pensons que ces faits. et en fit même présenter un à Kheïr ed Dine Pacha. Il passe cependant pour un agent actif de la confrérie. du 8 août (Further correspondence respecting the affairs of Egypt Egj'pt. Mohammed Saddok. il a demandé à sir H. une entrevue en se donnant comme cousin de Cheikh Senoussi et l'un des chefs de l'ordre. à son ancien maître Djazouli. 7- . el Ismaïl Sounni. vendus dans de bonnes conditions. Les autres. général. et il ne perd aucune occasion de la répandre. tion. quitta d'assez bonne heure son pays pour aller en Tunisie. Ismaïl Sounni. relatés dans une dépêche de Sir H. Drummoud WolfF. pour le transport des pèlerins Hindous. attaché à la cour du Bardo. . Brahim ben Azouz devrait son surnom à quelque circonstance de sa Il le portait en tout cas avant son départ du Maroc. et lui déclara que l'arrangement conclu sous les auspices du gouvernement britannique. n" 2 1887) suffisent à prouver que Brahim el Senoussi n'a en effet aucune attache directe avec les Senoussiya. C'est ainsi que le 7 août 18S6. Déjà connu à Tunis. » Nous « avait produit un effet très favorable dans le monde musulman. dans la maison d'un Farik. Au cours de cette entrevue. à Mustapha Khasnadar. Wolff. de l'Imam el et il en offrit au Bey.— siya I. Au bout de deux ans. 117 — il Fils d'un imam de Fez. Brahim el Senoussi fit au représentant de l'Angleterre les offres de services les plus empressées. remarquablement calligraphiés. retourna à Fez . et que nous croyons bien renseignés. à La Mecque. à Constantinople. D. de passage à Alexandrie. lui I Telle est du moins l'opinion de gens fort à même de connaître les tenants et aboutissants de Brahim el Senoussi.

pour le représenter comme négociant et comme agent diplo- matique. Cheikh Zafïer venir Brahim el Senoussi à Constantinople. puis. Mohammed des bases la mais sa fortune il était déjà assise sur solides. originaire de cette le prit ville. Hababi. Mais trois ans après. il lui fit donner croyant personnellement une mission secrète auprès du sultan Mouley Hassan. agent du Maroc en Egypte. la disgrâce d'Ismaïl mort. A son arrivée au Caire. dans le quartier des marchands mogrebins. bout . C'est dans cette situation que le trouva Zaffer-. il s'installa au Fahamin. et le présenta à jouissant d'une grande au de quelques mois. procurèrent quelques ressources. donna une esclave blanche. souliers et cuirs de Fez. et l'envoya en dernier lieu à Alexandrie. son maître comme influence au Maroc Outre un sabre enrichi de diamants et divers cadeaux. l'installa dans une de ses maisons. que contraignit de quitter le Bey fît mettre à el la place. en affection. et fit d'abord le commerce des El Un lui riche négociant. . et ville occupait dans la société musulmane de une place importante. Devenu lui-même conseiller fit du sultan.— ii8 — que ses relations lui permirent d'augmenter rapidement. à cette influence. Brahim el Senoussi était chargé de remettre à ce prince. Brahim Senoussi partit alors pour l'Egypte. le Sounni.

MouJey Hassan. sans pouvoir obtenir d'audience. et ce fut seulement sur l'intervention du consul d'Angleterre auprès de Saïd Bargach. répondit évasivement aux ouvertures que contenait sa lettre. ne voulant pas mettre son cachet en bas. tout en acceptant les cadeaux du sultan de Constantinople. la lettre. Brahim plir sa mission. Ce n'était. et Brahim el Senoussi s'abstint aller la porter jugea préférable de ne pas lui-même. qu'une pièce sans valeur. où se trouvait alors la cour. Quoi qu'il en soit du mobile d'une telle intervention dans ces menées. malgré sa situation en Egypte. que celui-ci lui en fit accorder une. de l'apposer. Une difficulté d'étiquette donna à sa réponse un caractère moins favorable encore. Mais en réalité. et en chargeant son envoyé de lui en remettre d'autres. Il resta pendant 40 jours à Meknez. ministre des affaires étrangères à Tanger. Brahim n'était qu'un fort humble personnage dans son pays. ce qui eût été un signe il d'infériorité. el Senoussi put ainsi accom- Peu désireux de se créer des difficultés de notre côté.une lettre 119 — le conviait à autographe du Padischah. qui une entente pour la lutte contre les chrétiens. en plaçant ce cachet en haut de par suite. En effet. Son voyage lui profita néanmoins en le consacrant homme politique. ni s'attribuer un rang supérieur à celui du Padischah. .

Mais son frère Abdallah. internés à Ceylan. qu'il doit. au contraire. par Alexandrie. Mahmoud Pacha Sami. la frère Adjeb de la cour chédu Caïd actuel de Fez. de Les lettres qui viennent de ces derniers. Arabi l'autre. Il a ainsi supplanté la famille de son ancien . lui sert d'agent pondance et suivie avec pour entretenir une corresZoubehr Pacha d'une part. Cette moyennant un bachich de el deux cents douros à l'Amel fienne. tant à l'aller qu'au retour. 120 — il Peu après son retour en Egypte. d'une politique hostile à l'ordre de choses établi dans ce pays. Depuis. part à toutes les a continué de prendre se menées occultes qui ne cessent de a fait tramer en Orient.— velles intrigues. Moussa ben Ahmed. sont remises à un premier émissaire à Aden. que les pèlerins marocains ne viennent plus par voie de terre et passent presque tous. Son rôle dans l'insurrection d'Arabi l'ayant rendu suspect. il récemment des avances aux Anglais. d'où elles arrivent facilement en Egypte. Brahim el Senoussi tout en restant ainsi aux gages . dit-on. puis à un second à Hodeida. est d'autant plus importante. de l'empereur du Maroc à Alexandrie. n'en est pas moins aujourd'hui le représentant officiel position. avec lequel il a simulé une rupture publique à propos d'une vente d'esclave. Haoussin Pacha et les entama de nou- en se rendant à Livourne pour y voir El réfugiés il tunisiens chassés par l'occupation française.


bienfaiteur,

121


comme
agent marocain
Tazi, n'a qu'un rôle des

dont
el

le successeur

au Caire,

Abd

Ouahab
Cheik

el

plus effacés.

La

tentative
la

de

Zaffer

pour

rallier

Mouley
bruyante

Hassen à
qu'il ait

cause du pan-islamisme n'est pas la seule

vue échouer.

On

sait

combien a

été

la

mission de son frère

Hamza en

Tripolitaine.

Après

avoir ouvertement prêché la guerre sainte jusque chez
les

Azdjer au Fezzan,

il

et le
suite.

mouvement

qu'il avait

a dû rentrer à Constantinople, préparé n'a pu avoir de

Sans avoir détruit
nople, ces

la situation des Zafïer à

Constanti-

mécomptes
ul

l'ont

cependant amoindrie.

Elle est d'autant plus effacée depuis quelque temps, que
le sultan

Abd

Hamid, qui

passe, à juste titre,

pour un

esprit des plus avisés, a

imprimé à

la politique générale

de l'empire une direction personnelle, toute différente de celle qu'avait paru lui imposer son entourage religieux.
Zaffer, grâce au rôle ont contractées avec qu'ils qu'ils les principaux personnages de la Turquie, grâce aussi à leur influence très réelle en Tripolitaine, jouissent encore

Toutefois,

Mohammed et Hamza

ont joué, aux relations

d'une considération marquée. Leurs services sont, d'ailleurs, toujours utilisés pour les relations de la Porte
avec
les

Senoussiya.


Peut-être

122

ces relations sont-elles destinées à changer de caractère dans un avenir rapproché. Quoi qu'il en soit, Mohammed Zaffer occupe toujours dans les dépendances d'Yildiz Kiosk un petit pavillon
isolé, situé

au milieu d'un jardin ombreux, qu'il doit à
et

la

son frère Hamza, qui lui sert d'agent d'exécution, habite dans le faubourg de Bechiktach, en bas du palais, une maison luxueuse, pour
Constantinople.

munificence impériale,

Le premier vit très retiré ; le second se répand, se prodigue au contraire beaucoup, et comme la plupart
des
représentants temporels que se donnent les chefs

spirituels

de l'Islam, est d'un abord

facile,

même

avec

les chrétiens.

Le développement
Madaniya,
s'est

de

la

confrérie

des

Derqaoua

naturellement ressenti de l'élévation

subite de son grand maître.

Une

branche des
el

Aroussiya

Chadeliya,

celle

du

Cheikh Aldesselem

Asmar,

qui avait également son

siège à Mezrata, et est fort répandue parmi les tribus

nomades de
en partie

la

Cyrénaïque
à
elle.

et

du

désert de Lybie, s'est

ralliée

De

tous côtés, Cheikh Hamza,

pendant sa mission en Tripolitaine, a recruté de nombreux adhérents. Toutefois, si la communauté apparente

du but poursuivi pendant ces dernières années par les Senoussiya et les Derqaoua a été favorable aux deux


tige

123


du pres-

ordres, le second semble avoir surtout bénéficié

que, le jour où les circonstances engageraient ses chefs dans une voie nouvelle, beaucoup de leurs partisans cesseraient de les
Il est

du premier.

fort possible

suivre. Aussi la perte de l'appui officiel,
jusqu'ici, compromettrait-elle

dont

ils

ont joui

gravement

leur influence.
il

En

ce qui concerne les doctrines de l'ordre,

suffit

d'indiquer qu'elles font une large part aux préoccupations
politiques.

Mohammed
arrêtées

Zaffer,

dans l'exposé des règles qu'il a

pour

ses disciples, «

Nour

el Satâ, »

dont nous
la
la

avons déjà parlé, spécifie que pour le vrai croyant, lutte contre l'infidèle est un devoir au même titre que
pratique de la religion.

C'est là le côté saillant de son système, qui préconise
d'ailleurs les

mêmes
fait

Senoussiya, mais

principes généraux que celui des une plus large part au mysticisme

et à l'entraînement extatique.

Malgré

l'importance

que

présente

aujourd'hui

la

confrérie des Madaniya, pour

nous surtout, en raison du

voisinage de la Tunisie, où elle compte quelques adeptes,

de la situation de ses chefs, son développement géographique est restreint. En dehors de la Tripolitaine et
et

de ses zones frontières de l'Est et de l'Ouest,

elle n'est

représentée qu'à Constantinople, en Egypte, en Syrie et au Hedjaz.


Dans
dans
Ils

124


parmi
les

la

première

ville, les initiés, recrutés

troupes qui sont casernées aux abords d'Yildiz Kiosk et
le

monde

des fonctionnaires, sont assez nombreux.

pour centre de réunion, la mosquée Bechiktach, Tune de celles où le sultan fait
ont,

même

de

alternati-

vement

ses dévotions

du vendredi

i.

En

Syrie et

en Egypte, leur nombre

est

au contraire

des plus restreint, et les quelques Derqaoua des deux

pays

ne forment aucune congrégation
la confrérie s'est

notable.

Au

Hedjaz,

tout d'abord rapidement éten-

due

;

mais

la

formation d'une branche locale indépen-

dante, sous le

nom de

Rahmaniya,

lui a

enlevé beaucoup

d'adeptes, sauf à Médine. Les Zaffer, originaires de cette
ville,

y

ont, en effet, par leurs relations personnelles,

une

clientèle assurée.
Il

n'en
2

est

pas de

même

à

La Mecque, où une
fidèle.

zaouiya

seulement, leur est restée
fait

Cet établisse-

ment ne
dans

plus aujourd'hui que peu de propagande

litaine,

aux Derqaoua de la Tripovenus en pèlerinage, mais surtout d'agence de de renseignements. Grâce à sa situation près du sultan.
le pays. Il sert d'asile
I.

Ces

faits

peuvent être intéressants à noter. L'histoire de

la

Turquie

assez d'exemples de révolutions du palais, pour qu'en raison même de l'origine de leur influence, les Zaffer puissent être tentés, à un moment donné, de s'appuyer sur leurs partisans dans de nouveaux
oflfre

troubles.
2.

Moqaddem

:

Cheikh Ali Seddik

el Fassi.


Cheikh

125


el

Mohammed

a conservé la haute direction de sa

zaouiya, bien qu'elle relève aussi du Cheikh
Il

Troûq.

en emploie le Moqaddem et avec lesquels sa correspondance

les

agents inférieurs,
des

est

plus actives,

pour dans

se tenir
la

au courant de tous
sainte,

les bruits
les

en circulation

ville

de

toutes

nouvelles qu'y

apportent les pèlerins d'Afrique ou d'Asie.

s'est

L'importance numérique de la branche locale qui séparée des Madaniya, au Hedjaz, est notablement

plus considérable.

Son
Fez

fondateur, Sidi
el

Messaoud ibn Abd

Mohammed Rahman el
l'indique,

ibn

Mohammed

ibn

Fassi,

originaire de

comme

son

nom

vint s'établir d'assez

bonne heure en
ben Hamza
el

Tripolitaine. Disciple de Sidi
il

Mohammed

Madani,

occupait

un rang
il

élevé dans la

confrérie, lorsque les circonstances l'amenèrent à faire

un long

séjour à

La Mecque, où
lui
il

se rendit vers 1850.

Quelques prédications

ayant donné une

certaine

notoriété dans cette ville,

se décida à s'y fixer et plus
fils

tard, l'attitude prise par les

de son maître

le détereffet,

mina à

rejeter leur autorité.

Ses tendances, en

étaient restées Chadeliennes.
qu'il avait faits
le suivirent, et

La

plupart des prosélytes

dans

le

pays,

Derqaoua Madaniya d'abord,
la nouvelle confrérie des

formèrent ainsi

Rahmaniya Chadeliya.
II

ne

paraît

pas qu'Abd Er

Rahman

el

Fassi ait


recherché
la

120


manière
à
susciter
les

popularité

de
Il

méfiances des Eulema.

sut au

contraire rester en

dit pas

bons termes avec eux. Mais son influence ne s'en répanmoins rapidement dans le pays même, aux Indes
les

pèlerins emportèrent sa règle,

dans la partie

méridionale de la Syrie, et dans l'Irak Arabi.

Au
bâtit

retour

d'un voyage dans ces dernières régions,

il

à La

une zaouiya importante, puis alla doctrine aux tribus de la côte sud-ouest de. la sa prêcher mer Rouge, à Massouah, notamment, où il laissa,
Mecque, vers 1857,

comme

Khalifat,

le

cheikh

Ahmed

el

Hadjouni

el

Ghafrouni.

le

Après un séjour de quelque durée dans ces parages chef des Rahmaniya, revint au Hedjaz et entra alors
,

en relations avec l'émir Abd-el-Kader pendant un
nage de
lors de
celui-ci, qui se fit affilier

pèleri-

à l'ordre. Sidi

Abd Er

Rahman accompagna son
son départ,
et

illustre

néophyte à El Taïf,

continua d'entretenir avec lui des

rapports firéquents.

Il alla

même

le voir à

Damas

vers

1868, en se rendant à Constantinople pour obtenir le

règlement de quelques
rités

difficultés, suscitées

par les auto-

turques du Hedjaz.

Non

seulement ses démarches

fiirent

couronnées d'un
lui alloua

plein succès, mais le

gouvernement ottoman

même quelques
zaouiya de

subsides, qui lui permirent d'agrandir sa

La Mecque.

que pour visiter fondés par ses disciples dans la pro- les établissements vince. qui sous le vocable Ghafrouniya. Le rôle des Rahmaniya purs ils est donc limité au Hedjaz. : Sid Hachem ibn Rabia el : Sid Othman ibn Rahman el Abbassi. Sidi Abd el Rezek el Taifi. Moqaddem Moqaddem plusieurs confréries. où le même Cheikh donne parfois Cheikh TAhd de 2. même qu'une importance 1. les branches étran- gères se sont rendues indépendantes. jusqu'à Souakin. cela Confrérie locale. il son dernier voyage lointain. notamment celle de Massaouah. n'y ont par là. restreinte. du vivant de celui- Chaban el ci et qui en même temps Moqaddem des Chadeliya. Actuellement. du nom de son premier chef. suivant un usage fréquent en Orient. et une à : . Mais son grand âge l'empêchant de donner une direction assez énergique à la confrérie. semblent se Moqaddem : Mohammed Nour ibn Ch. ne quitta plus la ville sainte. ^. Jusqu'à sa mort. Chaban el Mograbi. Sid Omar el Dghoustani. paraît avoir fait de rapides progrès parmi les tribus du pays. déjà confrérie. . El Taïf Toutes reconnaissent pour chef ibn spirituel Cheikh Mohammed Nour Khalifat du fondateur de la Mograbi. Korichi. Les deux premiers sont en même temps Moqaddem des Chadeliya.— Ce fut 127 — en 1878. trois zaouiya à 3. les Rahmaniya ont dans le Hedjaz La Mecque i une à Médine 2. et du moins.

et obtiendraient par contagion. pathologiques qui. Sidi Abd er Raliman el Fassi. les Rahma- avec une tension d'esprit elle donne lieu niya se lèvent successivement. caractérisés. Ils rechercheraient donc la manifestation de l'Esprit divin. Peut-être le cas les liés tout autre pour les Ghafrouniya de Massaouah. l'écume aux lèvres. Nous n'avons pu avoir sur sa doctrine que des renseignements généraux : elle a conservé la plus grande analogie avec celle du Chadelisme des Derqaoua. que événements des dernières années. Assis tout d'abord en silence. Devenu chef d'ordre. semblent avoir ral- à la cause de l'insurrection religieuse du Soudan égyptien. en grande partie nouveau. par entraînement. est du Dhikre est mentale. sont l'équivalent. tel que le professait Mohammed ben Hamza Son rituel. les yeux injectés de sang. en poussant des cris inarticulés. Zafîer.— est-il 128 — désintéresser des affaires temporelles. parla prière seule. a dû formuler naturellement de nouvelles règles pour ses disciples. en . d'après un témoin à des phénomènes hystériques oculaire. mais doit être faite telle que. la production des phénomènes dans tant d'ordres musulmans. au La récitation contraire.

— 129 — NAKECHABENDIYA Les Nakechabendiya sont. leur coexistence n'est-elle pas doctrinale. on ne Et encore dans ce dernier ordre. formule des Emirghaniya (r»). Indépendamment de l'importance que lui donnent le nombre de ses adeptes et son influence générale. l'ordre des Nakechabendiya est un des plus intéressants et à étudier histoire. d'autres à celle des hystériques extatiques. les Khelouatiya. D'une confrérie l'autre. comme règle comme Parmi associations religieuses les que nous avons envisagées dans précédents chapitres. (^). et les comme les Kadriya. . Mais. ces tendances extrêmes se relient par quelques points de contact. Chadeliya taux de l'Islam. les trouve nulle part ensemble.^Kxj par exemple. un des ordres fondamenIls figurent souvent dans la formule symbolique qu'adoptent quelques confréries pour caractériser leurs règles. comme les système. qui indique que leur doctrine est basée sur celles des Nakechabendiya (^j) . <. les une apparà tiennent à la classe des mystiques contemplatifs. des des Chadeliya (qû) et des Djoneidiya Kadriya (^^). sauf chez les Derkaoua.

. « jusqu'à ce qu'il soit pénétré de la ferveur la plus parce faite . qui. la conscience qu'a l'homme d'être constam- ment vu et observé par Dieu. est très un des plus pratiques la clairs. Cheikh Senoussi i. ne considérant que but final de la sanctification panthéiste.— le 130 — et Les Nakechabendiya. sur la science du soufisme et la doctrine des ordres religieux. surveillent leur cœur et « l'empêchent d'être accessible aux pensées mondaines. bien qu'il ne formule pas lui-même. Les Batheniya forment. Traduction de A. deux catégories. parmi les auteurs d'ouvrages sur le Tessaouf. et celui des celui des Bathe- niya ou Intérioristes Zaheriya ou Exté- rioristes. au contraire. « prenant pour point de « départ. d'après ses indications. Livre des appuis. interprète militaire. en faisant sans s'attacher à remarquer s'ils I. Les adeptes de « la première . Ils préconisent un double système. a exposé nettement les différentes que comporte cette distinction. « au nom de s'expriment (pensent) en langue arabe ou étrangère. doivent « s'absorber avec recueillement « dans tout ce qui a trait à la divinité et « Dieu. admettent les simultanément méthodes morales physiques qui peuvent y conduire. » ou bien encore. Colas. ils s'en tenant à la contemplation exclusive.

« abstraction 131 — absolument de leur être. » La règle de cette classe comprend donc des exercices purement intellectuels. ensuite tracer de l'épaule au cœur une donner passage à l'esprit du Cheikh vienne prendre possession de cet organe. vers la méditation extatique. beaucoup d'ordres on trouve. d'un côté. se la récitation borne à mentale de l'invocation : La iUaha Allah. . vers la purification morale. Pour les Batheniya de la seconde catégorie. dernière pratique adoptée par les Batheniya. il Pour atteindre ce faut se graver dans l'esprit le l'image de son Cheikh et considérer comme son épaule droite. dans ce sens ou en sens inverse^ l'indication du même Une iU' trajet. de l'autre. comme s'ils « n'existaient pas. qui tendent. Elle comporte un moyen qui consiste « à s'absorber dans « « « l'esprit de son Cheikh but. la méthode contemplative devient plus physiologique. ». « Cet acte se renouvelle jusqu'à ce que le chef religieux « ligne destinée à « pour qu'il « « tude de que l'on invoque vienne vous absorber dans son être. » la pléni- Cette phraséologie en apparence peu compréhensible s'applique à une forme d'hystérie car dans très fréquente chez les Khouan musulmans.

dans la posture ordinaire de la ajoute cet auteur. et ainsi de suite. lèvres. à la récitation de la formule La illaha ill' Allah. En général. langue contre le palais et placent les cuisses. nom au contraire la prière parlée.» — Après quoi on donne Hazeb et l'envoyé de Dieu puis. puis enfin vers l'épaule toujours avec la plus grande ferveur. ô but. et ferment les serrent les « Alors.— Tel est l'exercice 132 — Nakechabendiya. ainsi que leur successive. à la limite inférieure. libre cours à sa respiration pour recommencer encore. cette classe des Les Zaheriya. Aourad. en retenant son haleine. et « ajoute : on « Divinité Mohammed est vous êtes mon K vous implore. « gauche. Ensuite. Ils continuent cette graduation Dans leur Dhikre el Djellala. « On répète cette même et invocation en replaçant la tête au poinf de départ en la diri- « géant vers l'épaule droite. je crois en vous et je . on « oblique la tête à droite. « retenir son haleine. « on dit sur grave : — on commence par un ton de voix Il « tête à partir en élevant n'y a de Dieu que Dieu. à l'exclusion des deux autres . replient la mains contre prière. du milieu du corps et en la reportant à — la sa « position naturelle. font presque mécanique auquel s'arrête. Cet « acte se répète un nombre de fois impair. les yeux. outre les prières accessoires. d'après le ils même traité de Cheikh Senoussi. l'indique. le Dhikre de la Hadra se borne.

« et prononcer alors Ilîaha de ce côté BVAllah vers l'épaule gauche avec énergie. Chah Ouali Allah. « sort du fond des entrailles par une aspiration prolongée. sans exhalaison ni aspiration d'air. » à produire une contraction de tout leur et la Ils cherchent être. » cette Enfin le Dhikre des Zaheriya présente encore parcularité que chaque invocation doit être faite. le Cheikh Senoussi. quelques-uns. puis l'allonger jusqu'à « à l'épaule droite. » dit un autre auteur. muscles production de la force. quoique fort lentement. et que Ouali Allah définit par la prescription suivante « faut retenir « dans le partie des Chah : « Il son souffle dans le faisant le ventre et dire La cœur. à en croire les docteurs de l'ordre. système nerveux. d'un seul souffle. la tête « suivant ce mouvement. « Leur prière. s . Par un entraînement graduel. c'est le ton de basse adopté par les Nakechabendiya.— qu'indique essentiel des 133 — D'ailleurs. par dépensée Cette concentration facilite la même sensation que recherchent une Batheniya. les adeptes arrivent à répéter la formule El Djellala plusieurs fois sans respirer. jusqu'à 21 fois. Ce qui les distingue surtout. en sortir du nombril vers ce qu'il arrive « le côté droit. caractère Hadra de Tordre ne ressort pas suffisam- ment de cet exposé. pour de la pensée. dans l'émission l'oraison.

Fakir aux Indes. le même voyageur a vu d'autres sur des cailloux aigus Nakechabendiya se ceux des Aissaoua. Mais les Nakechabendiya ne s'en tiennent pas là. livrer à des exercices qui rappellent Ils piétinaient et continuaient à se déchirer les pieds jusqu'à ce qu'ils tombassent à terre. privés de connaissance. ont dans le langage vulgaire même signification. Khouan. se donnant pour constances. flottants. les La doctrine de Tordre admet donc à peu près les deux extrêmes du mysticisme et toutes nuances intermé- diaires. suivant les pays : Derouich en Turquie et en Asie centrale. jusqu'au spiritualisme des Reisein Mittelasien. Mourid. depuis le Fakirisme. . il leurs Hadra deviennent sionnaires. qu'Hermann Vambery a parcouru l'Asie centrale comme membre de tel ou tel ordre suivant les cirel Sarri. Khouan dans l'Afrique du Nord.- 134 — On voit que cette méthode comporte tout un mécanisme physique pour produire chez le fidèle un état pathologique spécial. membre de confrérie. Fakir. dans laquelle. 3 . D'après Hermann Vambery. parfois de véritables danses de convul- A Bokhara. 2. a assisté à une de ces - cérémonies et les munis de longs les bâtons cheveux Derouich 3 de l'ordre sautaient et poussaient des les hurlements comme Refaiya. la Dhikre Derouich. notamment. Arabie. sait 1. On Derouich. A Samarkande. Mourid en Egj-pte. Syrie.

certain nombre de préceptes généraux considérés comme principes constitutifs. etc. En Orient. avons-nous dit. cette représentation Il plus souvent.) et sa forme varie suivant le nombre de ceux-ci. dans chaque ordre. dans le la pratique . : en symbolique n'est. en apparence les plus opposées. bonnet de feutre qu'ils . Parfois. destinée à rappeler les préceptes de renoncement (renon- cement aux biens du monde. pour quelques-unes. professent encore aujourd'hui l'élévation d'idées qu'a recommandée Abou Hassen el Chadeli à ses . Sur l'ensemble de la société musulmane en Orient. dont pas. son ascendant n'est guère moins marqué à d'autres faits. est de même des obligations qu'elle figure la plupart restent lettre morte comme application. On el a vu que les Chadeliya purs. Mais. c'est là une des causes de l'autorité si grande de la confrérie dans le monde des Soufi. et au point de vue religieux. elle se 135 — si rapproche elle ne Tatteint Elle est ainsi de nature à donner satisfaction aux ten- dances. bases de la Triqâ. est. par exemple. : elle le doit La un règle de tous les ordres comprend. cependant. ces préceptes sont symboliquement représentés dans l'habillement des Derouich. il s'établit une tradition durable.portent quelquefois. que supposée.— Chadeliya. La Koulah.

. Le admis principe. Néanmoins. sentiment de cette supériorité. qui leur a permis . est incontestable que « Willing » la — « Force psychique ». 136 — les De même. et la légende du Fakir logi. de causes naturelles. les Refaiya. de censurer. les Saadiya. partie de son influence générale. que la foi transporte les montagnes. n'est admise. tration de la volonté. celui d'une grande correction de conduite privée. La pureté de leurs Ils mœurs ont le leur donne donc une place à part parmi eux. n'a jamais été pour la civilisation occidentale qu'un lieu commun fait symbolique. Sauf quelques groupes . etc. naturels. qui germer une graine en regardant le pot qui la contient . ainsi que nous l'avons mentionné certains scandales reprochés aux Khelouatiya. comme dogme dans toutes les religions d'Orient. concenpermet à l'homme d'obtenir des effets ne semblent pas. ou plus justement à quelques autres ordres. du : domaine de son pouvoir normal d'ailleurs.— premiers disciples. au premier abord. de la masse des Soufi. résultats qui ou sous tout autre nom. une grande qui a d'ailleurs. Nakechabendiya ont continué de suivre un des préceptes favoris de leur maître. les Badaouiya. ils se sont toujours distingués à cet égard. par ceux mêmes qui l'ont importée en Europe. encore une autre origine. que comme un il gracieux tour de charlatan. confrérie doit ainsi La à la respectabilité de ses membres.

On que comprend qu'il la foule regardât les pratiques. et pour l'occident dans l'application de ces en développer la force. leur sont familières. Partant. s'attachent à la culture de la force de volonté « el Qpuat système d'entraînement établi dans ce différentes pratiques de méditation leurs but. surtout. comme « ait pas fallu davantage. Un contemplative et extatique. ils passent pour les maîtres du Monde spirituel ». n'en Dans l'Asie centrale. et la mise en scène s. volonté tout à Comme application.— Les 137 les Nakechabendiya ont devancé savants de phénomènes. des données de la sanctification panthéiste. complète Iradat ». ils ont créé toute une théorie mystique que ne désavoueraient pas certains spirites. les Batheniya surtout. » corollaire au même titre du Dhikre et de la que celles-ci forment Kheloua. « Qpuat Rouh 'el Bathiniya ». quelques-uns du moins la une puissance de concentration de exceptionnelle. . « Touaggouh. diverses expériences qui appar- tiennent au domaine de la suggestion mentale même à grande distance. Ils admettent l'existence d'une âme interne. c'est que fait adeptes acquièrent ainsi. pour Derouich qui se livrent à ces investis d'un pouvoir surnaturel. le Cette théorie et ces règles ne présentent pas particulier. les un intérêt mais ce qui est fort remarquable. Mourakbat et Tessarouf.

il 138événements. malades éloignés. Une de son ici : étude complète des particularités de sa doctrine. Brown. guérir les ennemis cachés dans une est aujourd'hui de notoriété publique que disposer des faire périr des prédire l'avenir. à leur réputation d'honorabilité dans la conduite privée. d'être une des confréries importantes de l'Islam. tout au moins. 2 comme Cité par S. Les Nakechabendiya doivent donc à l'élasticité mysticisme. ne sont autres. à l'est de la Perse. rituel.aidant. certains docteurs pousseraient théorie de « l'âme interne » jusqu'à admettre une sorte de niétem- psychose en sa faveur. serait trop longue pour trouver sa place quelques-unes néanmoins méritent d'être citées. et aux influences secrètes qu'on leur reconnaît dans les plus beaucoup de contrées. car en Syrie et en Turquie où il s'étend aussi. croyons-nous. dans « The Dervishes ». le « Willing » de ses membres ne paraît pas avoir obtenu le même crédit auprès des habitants du pays. D'après un ouvrage fort estimé dans l'ordre « Rechihât Aine el Hayat de ses ». sont les moindres de leurs attributs.-D. Les Ichan du Turkestan. contrée inconnue. C'est. que des Cheikh Nakechabendiya. . Vambery et dont le souffle est regardé jouissant de propriétés miraculeuses. un de leur élément considérable de popularité '. dont parle H. I. là pour l'ordre. Gouttes de la Fontaine de vie la 2.

avec lequel entrent en contact par l'initia- Nakechabendiya soumettent des néophytes aux décisions du sort. par Flsti- khara. les 139 — à autre conséquence de leur croyance ils un surnaturel.— Comme monde tion leur double être. le sort est favorable. aujourd'hui encore. C'est à cette même prescription que doit être attribué . Cette pratique est d'aiUeurs fort répandue dans l'Islam. sur quelconque . confrérie avait tout particulièrement Le fondateur de la recommandé à les ses disciples la prière en commun : aussi Hadra sont-elles. pour d'autres objets. si et son disciple font simultanément l'Isti- tous les deux obtiennent le même les résultat affirmatif. Le maître khara. système s'ils employé par les cheikh de l'ordre pour savoir peuvent donner l'initiation aux postulants. il membres de l'association. si le verset qui en commençant à un grain correspond au dernier grain Tel est le est affirmatif. Dans est ajourné ou même définitivement exclus. affirmative le chapelet. Une autre coutume des dans les Nakechabendiya présente quelque analogie avec une forme d'oraison en usage congrégations Bouddhistes. Elle consiste à répéter un verset du Koran avec une valeur alternativement ou négative. le second est de suite admis parmi le cas contraire. suivies avec la plus grande régularité par tous les adeptes.

Elle confère à tous ceux qui y ont pris part. qui nombre considérable des couvents de en possède plus qu'aucun autre. l'oraison est terminée. jusqu'à particulier en cailloux. a été hébergé. entre les assistants. Un tas de Ikhelas. il en existe cinquantepartout.— le 140 — l'ordre. Aux Indes (et à La Mecque les . Mais. En Egypte. A cet égard. tant dans cette ville qu'à Bokhara. Telle est la forme adoptée dans l'Asie centrale pour ce Dhikre particulier. Constantinople seulement. et Dans l'Asie centrale. où celle-ci ne compte que quelques membres. la plupart dépendent de la Tekkié du Caire. s'en servent ils ont adopté la prière collective. caillou jette un devant lui. et lorsque toutes ces pierres sont réunies de nouveau. soigneusement comptés à ce chiffre. dans des Kalenterkhan. et pour récitater la Sourate El concurrence de i.ooi si tous avaient individuellement récité la fois. qui. monastères hospitaliers de la confrérie. poussant plus loin l'application des doctrines de leur premier chef. est partagé Au fur et à mesure que chacun teril mine une Sourate pour son propre compte. s'était donné pour Nakechabendi.ooi fois. on en trouve Hermann Vambery à Khiva. il en est des Nakechabendiya comme de presque tous les ordres orientaux. les mêmes mérites que sourate i. A deux.

extrait du chanvre. devient l'équivalent de l'extase mystique. enfin. Le chiffre de la récitation reste d' ailleurs fixé à looi fois et le partage de la litanie se fait de même entre les assistants. sont restés sans effets. Il faut les enlever sucessivement et les reporter en arrière. Derouich Nakechabendiya des Tekkié. que tous les efforts tentés pour en empêcher l'emploi. Les règles de l'ordre le proscrivent mais son usage est si répandu dans l'Extrême Orient et dans les régions qui confinent aux Indes ou à la Chine. qui s'attache . de mentionner que. pour eux.— 141 — pèlerins de ce pays ont dans la grande mosquée. parmi la lie villes. de la populace des . demandent volontiers à l'opium ou à ses succédanés. un emplacement réservé pour s'y livrer). Ils convient. et l'abus de ce narcotique les amène rapidement à un de état décadence physique et morale. dans les pays Basques. il est plus complexe. se recrute au reste. en ce sens que les pierres sont disposées sur le sol à une certaine distance les unes des autres. aussi bien chez les Nakechabendiya que dans les autres confréries de ces contrées. analogue au Haschich. une ivresse qui. des Kalenterkhan de l'Asie centrale. à celle chaque sourate. La^^classe de leurs adeptes qui ya recours. très accentué. malgré la les déconsidération à cette pratique. Ils se servent surtout de Beng. par une disposition analogue à la de course des œufs.

Le mysticisme panthéiste qu'il a professé est celui d'Abou Yazid el Besthami. empruntées à leurs docteurs par Beha ed Dine. ben Seddik pour mieux fondateur. celui de tendances Tout en affirmant des sunnites et en faisant remonter ses appuis à Abou Beker ed Dine. lorsqu'il fonda .— rituel des 142 — Rechercher l'origine des pratiques caractéristiques du tent. d'un certain intérêt. serait. l'influence du milieu l'Islam asiatique. Celui-ci s'est donc montré fort éclectique. son Mohammed Beha donné comme continuateur de l'école d'Ali Riza. Nous nous bornerons donc à ajouter aux indications qui précèdent. des coutumes qu'ils admetde leurs doctrines. au point de vue de des ordres religieux. Pir el Khodja s'est aussi établir son orthodoxie. à bien des égards. l'Imam vénéré des Chiites Persans. et Nakechabendiya. mais avec quelques modifications qui rappellent les : théories philosophiques des le Ismaeliya c'est à eux qu'appartient Batheniya r « âme interne ». la filiation Mais développements que ne comporte pas le cadre de notre étude. une soit qu'il ait accepté par tradition partie des croyances répandues depuis longtemps dans l'Asie centrale. que la règle de l'ordre a subi. cette recherche nécessiterait des où il s'est formé. et l'étymologie du système de de nom même Nakechabend s'applique aux peintures mystiques de la vie céleste.

— son ordre à Bokhara à soit qu'il ait 143 — viii^ siècle la fin du de l'Hégire. Du moins. en Perse et à l'Est de ce pays. que la confrérie. jugé nécessaire de tenir compte des sen- timents populaires. jamais réalisée. les tribus Turko-Tartares de l'Asie cenelle comme un ordre en quelque sorte national . de ethniques presque contemporaine de l'empire ottoman. Les nombreuses sectes qui s'étaient propagées pendant les âges précédents. Quoi qu'il en soit. ayant presque mis en question l'existence même de la religion musulmane dans ces régions. une large tolérance était utile pour rallier à la « Voie » nouvelle. en sance. Pas plus que ses devanciers ou successeurs. et malgré ses attaches suspectes. bien des esprits ébranlés. la rectitude des principes de Mohammed Beha ed Dine n'a jamais été contestée par les partisans des quatre rites sunnites. pendant la période des grands remous l'invasion mongole. effet. son œuvre a-t-elle contribué largement à une renaissance religieuse que les circonstances favorisèrent d'ailleurs. prit nais- C'est. le chef des Nakecha- bendiya n'y put réussir. . Adoptée par trale . Ramener l'Islam à son unité primitive est une entre- prise bien souvent tentée. Il se proposait de revivifier l'Islam en le ramenant A son unité primitive.

Une La action personnelle avait. fort en honneur dans les Médressé de Nakechabendiya dans cette se consacra et sa patrie. La tournure même esprit. une réputation de grand et grâce à l'éloquence imagée. mort de Tamerlan. qui furent ses premiers disciples. célèbre alors par ses 360 mosquées ef par ses écoles innombrables. sciences théologiques. en prédications. l'objet de son enseignement. établis dans le pays depuis un siècle. des chances réelles de succès. l'avait communicative. groupèrent autour de de nombreux élèves.— eut part à leur triomphe 144 — après la définitif. et à fixer le but de son œuvre. à cette époque. ne en effet. Il de ses acquit branche des savoir. par la destruction de Bagdad en 656 (H ). plus qu'à toute autre. de son l'ensemble du s^'Stème qui devait former sa « Voie ». dont bientôt transformées lui doué la nature. le futur chef des d'une façon exclusive à l'étude du mysticisme diverses doctrines. Après s'être littérature adonné d'abord à l'enseignement de la arabe. Elle s'était trouvée directement menacée par la tentative de . que graduellement à concevoir l'amenèrent. religion musulmane venait de subir pendant les âges précédents de graves vicissitudes en Asie. dont l'importance s'était accrue sous les Mongols. ses leçons. Mohammed Beha ed Dine naquit en 719 (H) à Bokhara.

remettre en question l'ordre de choses établi . la grande querelle des les Chiites et des Sunnites divisait profondément défenseurs les plus de l'œuvre de Mahomet. d'autant plus l'était que. fort cosmopolites en matière de croyances. Musulmans l'Islam. dans le domaine de mais Sunnites comme Tagoudar-Ogoul. par d'un péril menace et commun. el 145 — le Mokannah. celles des En fidèles outre. comme Koubilaï. . un moment. que les un accueil écoles. détruit la puissance des derniers Ismaéliens le moment semblait propice pour tenter une rénovation pacifique de la Il foi orthodoxe. aussi adeptes des autres Telle était la situation. Prophète voilé. Bouddhistes ailleurs. la Mais l'invasion mongole ayant apaisé. produisit alors un bouleversement qui parut. les chefs mongols avaient adopté indifféremment toutes les religions des contrées soumises à leur joug. toutes les rivalités religieuses. avaient trouvé auprès d'eux favorable. ou Chiites comme s'étaient faits les Juifs. La nouvelle invasion mongole des hordes de TimourLenk. lorsque Mohammed Beha ed Dine commença à préparer la fondation de sa confrérie. suivant les régions. par la formation de sectes innombrables. les ils Œldjaïtou. et Chrétiens.— Hachem ben Hakim Ismaeliya surtout.

après une tourmente passagère. ralliés à cette dynastie et à la cause sunnite. les Tadjiks du pays. Chiites en Perse. il Djenghiz-Khan. Toutefois. tenaient en proleurs fond mépris Tartares. de rendre à la foi musulmane. Samarkande pour capitale de son vaste s'efforça de lui donner une organisation régulière. premiers vainqueurs. Après avoir ravagé le Turkestan en 770 (H). Bien que signalée par des ruines de toute sorte. taillés dans l'ancien patrimoine des successeurs de Choisissant empire. sédentaires. mais . le conquérant réunit sous sa domination tous les royaumes indépendants. anciens habitants Parvenus à un haut degré de civilisation. la question de races divisait populations asiatiques.— 146 — dans l'Asie centrale. sides. ils avaient formé le parti des Alides en haine des Abbas- que des nomades Ouralo-Altaïques. et converti lui-même à l'Islam. autant ils suivaient ailleurs. l'adopta comme religion d'État. les traditions orthodoxes. des massacres restés légendaires. les Turko- Convertis à l'Islam lors de la conquête arabe. si les rivalités purement religieuses avaient perdu encore de leur les acuité. Les circonstances devinrent donc de nouveau propices aux projets de Mohammed Beha ed Dine. cette révolution n'en avait pas moins eu pour plus de vitalité effet.

Celui-ci montré sagement en donnant des gages temps qu'il flattait les en partie les doctrines à la tradition sunnite. Mais les il ne put concilier de. la civi- de la barbarie. à l'époque où vivait s'était Mohammed Beha inspiré. dont l'influence avait survécu à la dispersion de leurs adeptes. ed Dine. les esclaves villes. De nombreuses conquises çà et là unions avec les captives. mais en dehors de quelques points démarcation qui sépare lisation le sédentaire le mélange n'était encore nulle part assez intime. ou achetées sur les marchés des avaient infusé aux conquérants un peu de sang éranien . sur laquelle leur suprématie politique s'était affirmée après la décadence du Khalifat de Bagdad. elles et dont subissaient cependant l'ascendant intel- lectuel. . les Tadjiks et conquête Tartars. en même tendances chiites et acceptait Ismaéliennes. Rapprochés par leur asservissement sous ces deux éléments. 147 — un sans cesser d'être fidèles aux tendances générales de leur De leur côté. n'en étaient pas moins étrangers l'un à l'autre. pour effacer la ligne de du nomade. exigences d'un antagonisme de nationalités. . la les mongole. les tribus tartares étaient unies par sentiment commun d'hostilité contre cette race qu'elles avaient subjuguée.— groupe. Tous deux se trouvaient représentés dans la Bokharie.même.

le chef des Nakechabendiya n'appartenait pas à cette aristocratie religieuse. soit qu'il se rattachât au contraire • à l'élément opposé par quelque alliance familiale. sa rapide popularité lui valut bientôt l'hostilité du parti Tadjik. Mais l'attitude des anciens riotes lui assura l'appui Bokha- de l'autre fraction des habitants. descendait des chefs de leurs clans ou de familles Seldjoukcites. les révolutions locales avaient donné à rique. ces derniers une certaine importance numé- Une partie notable de la population. il En outre. Mais à Bokhara même. que pendant la courte domination d'une branche de la dynastie persane des Sassanides. C'est parmi ceux-ci que se recrutaient les membres du clergé local. Elle formait une caste à laquelle se rattachaient de métis. ainsi ses prédications le et à se fixer à déterminèrent à quitter la viUe quelque distance de ses murs. et les docteurs des différentes écoles. et les steppes du pays formaient le domaine des Turko-Tartars. D'origine fort humble. les 148 — Tadjiks dominaient dans les villes de la Bokharie. et nombreux complètement distincte des Bokhariotes de lignée pure. se trouva plus . Le Chiisme proprement dit ne s'était en effet établi dans le pays. à une époque déjà lointaine. Soit qu'il fût de race éranienne . Les difficultés que soulevèrent .— Comme ailleurs. dans sa nouvelle zaouiya.

Les relations mêmes de l'apôtre avec les nomades l'amenèrent à entreprendre de lointains voyages de pro- pagande. Merv et Khiva.— 149 — Il directement en contact avec les nomades. qui s'était substitué à la dynastie déjà Turcs Seldjoukcites. courte maladie l'enleva à la vénération de ses fidèles. il continua de se développer en même dans l'Asie centrale. Son influence se répandit donc surtout dans les tribus de race Turco-Tartare. ainsi Hérat. put ainsi faire. Après avoir parcouru tout le Khouarizm. dont les cara- vanes campaient souvent de ce côté. en 792 (H). que dans la partie orientale de l'Iran. il se trouvait ainsi à Ksar Arifan . en Perse lorsqu'une . elles ne tardèrent pas à adopter avec enthousiasme son patronage spirituel dans toute la Bokharie. Balkh. N'ayant encore aucun saint national. empire qu'il prenait pied de Créé en Asie-Mineure à l'époque même de la naissance Mohammed Beha ed Dine. chef d'un clan de Tartars locale des Oghuz. par Osman. L'ordre des Nakechabendiya se trouvait déjà représenté à Samarkande. Allai ed Dine Attar. Sous les el premiers successeurs de son fondateur. cet état s'étendait à toute la péninsule. depuis la conquête des dernières . chez eux de nombreux prosélytes. Mouleyna Yakoub Djerhi el Hadari et Nasser ed Dine Abd Allah Tachkendi. temps progressivement dans le nouvel ottoman.

— défaite et la captivité ISO — partie de la Syrie. Bayazid. pour déter- miner la scission de l'ordre en deux branches : celle de rOuest. avait bientôt reconstitué le domaine des Osmanli. et à une La de son quatrième chef. Mohammed. le nouveau Padischah. en haine de la première confrérie. une institution d'État. les États mongols se divisèrent de Timour-Lenk officiel avait adopté nouveau. Ce fut avec ce dernier que s'ouvrit la période la plus brillante de l'histoire des Nakechabendiya orientaux idiome la langue turque pour dans tout son empire. Le clergé officiel surtout. Sous le pontificat de Nasser ed Dine el Tachkendi. et celle de l'Est. vaincu par Timour Lenk en 805 (H) avaient un moment paru compromettre sa destinée. qui se groupèrent autour d'un autre Khalifat. forteresses Byzantines. dont ce grand-maître conserva la direction. la race turco-tartare dut à cette mesure de . leurs progrès devinrent assez rapides en Turquie. les Nakechabendiya ne tardèrent pas à acquérir une situation considérable. en 808 (H). chez les Turcs occidentaux. Lorsqu'après sa mort. sous fils et héritier du fondateur de la dynastie. Bien que l'ordre des Bektachiya fût déjà devenu. comprenant tous les adeptes de la Bokharie et des régions voisines. Mais après la mort du souverain Mongol. Sultan ed Dine el Kachgari. Orkan. se distingua par son empressement à accepter leurs doctrines.

se jeta dans l'Afghanistan. dont l'apanage ne comprenait tout d'abord que le district du Khokhand. Tartars qu'il reprit. nouvelle le peuplade Ouralo-Altaïque. la Bokharie. sa base d'opérations. Mais enlevée par les Samarkande. Baber. autre d'où il avait refoulé un rameau de la race. entreprit de reconquérir l'héritage de son aïeul Timour Lenk. Mais. ces contrées dont leur objectif principal. entraînant les autres nomades . la lutte s'engagea ouverte- ment Dès entre les tribus tartares et les souverains Mongols.— et d'acquérir 151 — intellectuel recouvrer rapidement son ancienne suprématie politique. Après une première période durant laquelle se prépara cette double transformation. ainsi que Bokhara. puis encore vaincu. rendirent ainsi. lui fut bientôt Uzbek. Le Kandahar devint alors le siège de sa domination. le futur conquéde l'Inde. repoussa les Uzbek. aux Mongols. en même temps. Baber dut un dans les moment ses s'enfuir montagnes du Bolor. l'ascendant qui lui avait autrefois fait défaut. des alternatives de succès et de revers. arrivée depuis peu dans Turkestan. et firent perdre tour à tour. Samarkande. rant Quelques années plus tard. ils avaient fait Chassé du Khokhand. Il y reforma bandes . la fin du ixe siècle. ceux-ci avaient perdu le Turkestan. les Arghan. Pendant plus de vingt ans.

un rapprochement que cimentèrent dangers de la lutte contre les Mongols. Ce triomphe. devint pour ceux-ci chef suprême de la religion . les peuples la de leur groupe déjà Mais com- munauté d'origine. perdu l'Afghanistan. été accueillis établis Uzbek avaient en ennemis par dans le pays. lui fut bientôt de Avant cette dernière défaite . est vraisemblable le Sultan ed Dine el Kachgari. leur grand maître. les Au début de cette longue période de guerres. et son ascendant spirituel . il se trouva de nouveau maître de la Bokharie. Il alors que les Nakechabendiya eurent une large part à la propagation de la foi musulmane chez les Uzbek. il l'Inde septentrionale. se décida alors à l'abandonner définitila victoire de Paniput lui livrant fonda l'empire de Delhi. n'avait pas tardé à proles voquer entre eux.— leur tour. supériorité 152 — l'y Turko-Tartars. et en 933 (H). et après avoir. un instant. En tout cas. le Kandahar même. dont la de la domination mongole dans vement. création marqua la fin les contrées envahies par la race Turko-Tartare. ses vainqueurs vinrent attaquer à La mort d'un de leurs chefs lui rendit une momentanée. à avait permis à Baber de ravager le Pendjab. toutefois. Reconnais- sant l'impossibilité il d'arracher l'Asie centrale ses adversaires. de langage. ne fut pas de longue durée et force reculer encore. une incursion heureuse.

l'appela à jouer
rable.

153


rôle politique considé-

parmi eux un

Pendant

la dernière tentative

de Baber contre Samar-

kande, ce furent ses exhortations qui déterminèrent à la
résistance, le chef

du pays, Sultan Abou Saïd,
et la capture

et ses

guerriers affolés.

Une sortie heureuse
Khalil el Hindi,

d'un général ennemi,
les

confirmèrent heureusement
lors par les
ville se

pro-

messes du Cheikh. Fanatisés dès

Derouich

Nakechabendiya,

les habitants

de la

défendirent
vivres,

avec un héroïque courage. Bientôt le

manque de
l'armée

une

grave

épidémie,

affaiblirent

mongole.

Désespérant du succès, Baber se décida à offrir la paix aux assiégés. Ce fut à Sultan ed Dine que s'adressa le
conquérant.
entourage,
der,
Il

lui

Mohammed Muâmma,
la retraite

envoya un mollah de son propre et se borna à demande ses troupes, un
traité

pour prix de
qu'il

stipulant
prières

aurait

dorénavant part lui-même
i.

aux

du Pir Nakechabendi

La

confrérie fondée,

un peu plus d'un

siècle aupara-

vant, par

Mohammed Beha

ed Dine, avait donc atteint

un haut degré

d'influence générale.

Sa prospérité maté-

rielle se ressentit
lité

d'autant plus, de la période de tranquils'ouvrit

relative,

qui

pour l'Asie centrale après

l'exode définitif des Mongols.
I.

Rechihat Aïne

el

Hayat. Loc,

cit.


Tous
alors
les

154

-

chefs des Etats indépendants qui se fondèrent

appartenaient, sauf en Perse, à la race Turko-

Tartare. Leur origine

même

explique la faveur dont

jouirent auprès d'eux les Nakechabendiya.

Tous

tinrent

à honneur d'élever des mosquées sous le vocable des
saints

de

l'ordre,

de

bâtir

des

couvents

pour

ses

Derouich, C'est à cette époque que remontent la plupart des établissements si nombreux dont il dispose
aujourd'hui.

Sans poursuivre avec autant de détails l'histoire du développement ultérieur de la confrérie, il suffit
d'ajouter que sa prospérité ne tarda pas à

amener

sa

désagrégation, aussi

bien dans l'Asie centrale qu'en

Turquie.
Elle n'en conserva pas

moins

le

premier rang dans

la

partie orientale de son domaine.

Aucun

autre ordre ne

compte, aujourd'hui encore, un nombre d'adeptes aussi considérable dans ces régions. Toutefois elle y comprend actuellement autant de branches distinctes, que d'états, de districts indépendants et dans chaque pays même, ces branches sont souvent divisées en groupes
étrangers les uns aux autres.

Bokhara
de

est restée

son principal centre. Les disciples
ed Dine avaient, en
effet,

Mohammed Beha

ramené

Ksar Arifan, pour lui élever, près de son ancienne zaouiya, un mausolée qui n'a pas

sa dépouille mortelle de


cessé d'être

155

un but de
d'Asie.

pèlerinage, célèbre parmi tous les

musulmans

Samarkande, Merv, Khi va, Tachkend, Hérat, dont
territoires

les

limitent les parcours des peuplades Turkola cause

manes, entièrement inféodées à
après cette ville, celles

de l'ordre, sont,

il

a le plus de représentants.

dehors de ces régions, on trouve encore des congrégations de Nakechabendiya jusque dans le Turkestan
chinois et le

En

Khokhand

,

à

l'est

,

Perse,

le

Belouchistan et l'Inde,

dans l'Afghanistan , la au sud. Mais ces
qu'ils s'éloignent

groupes sont d'autant moins denses davantage de l'Asie centrale.

A

l'ouest

de

la

Perse, les Nakechabendiya appar-

tiennent à la branche turque de la confrérie. Sans avoir

jamais joui dans l'empire ottoman d'une popularité aussi
exclusive que dans l'Est, celle-ci n'en est pas moins,

dans

les villes surtout,
le

une des plus considérées,

ainsi

que

prouve le nombre exceptionnel de ses Tekkié. Cette branche était, comme la précédente, divisée

depuis longtemps en groupes isolés dont quelques-uns

formaient

même

des confréries, distinctes au moins de

nom

I,

lorsqu'au

commencement du xiiP

siècle
el

de

l'Hégire, le

chef de la zaouiya de Damas, Dia

Dine

X. Kabchariya, Messaoudiya, Mouradiya Seddikiya Djelaliya, Mouradîya Moulaoïiiya, Mouradiya Trabezouwiya, Djaniya, Alaouiya Saidiya,

Abdelkhalekiya, Bahadjatiya Pirtouiya, Bahadjatiya Kaisariya, etc.

Zou
el

156

-

Guinahine Mouleyna Khaled, entreprit de réunir

en un seul faisceau tous ces éléments divers.
Les premiers symptômes de la renaissance religieuse qui s'est manifestée depuis dans l'Islam, commençaient
alors à se produire, sous l'influence des attaques dirigées

de toute part, contre l'ancien patrimoine des Osmanli,
par les nations chrétiennes.

Après l'annexion de la Crimée par la Russie, était venue l'expédition de Bonaparte en Egj'^pte et en Syrie.
Puis les Anglais à leur tour avaient menacé Constanti-

nople
tard,

et la vallée

la Serbie, réveillée,

du Nil. Enfin, quelques années plus s'était rendue presque indé-

pendante, donnant à la Grèce un exemple qu'allait bientôt suivre l'héroïque petit peuple hellénique.

en 1192 (H) (1778 J.-C), Dia ed Dine Khaled appartenait à la génération qui vit s'accomplir ces évé-

nements.

Au
se
fit

milieu de l'exaltation générale des musul-

mans,

il

remarquer de bonne heure par ses ardentes

des Nakechabendiya, ce fut prédications. Affilié à l'ordre
surtout parmi ses

membres

qu'il

chercha à réveiller

le

zèle religieux, et à la

mort du Cheikh Abdallah Dahloui,

Moqaddem
grande,
assez jeune.

de la zaouiya de Damas, sa réputation déjà
désigner pour lui succéder, bien qu'encore

le fit

Reconstituer la confrérie, en faire un puissant instru-

ment pour

la revivification et la défense

de l'Islam, devint

dès lors l'objet de tous ses efforts.


Peut-être

157

s'il

y

fût-il

parvenu,

avait vécu plus longil

temps. Mais à sa mort, en 1242 (H),
réussi

avait seulement
diffé-

à établir sa suprématie spirituelle sur les

rentes fractions des Nakechabendiya de Turquie, d'Asie-

Mineure, de Syrie, de Mésopotamie, même sur celles qui avaient adopté de nouvelles dénominations. Toutes
se .considéraient

comme

relevant, au point de

vue doctri-

naire, de sa règle, sans

que

l'élan qu'il cherchait à pro-

voquer, se fût encore propagé au delà de son entourage

immédiat.

Son

action continua de se faire sentir dans le

domaine

canonique.
Il

avait,

en

effet,

d'abord la règle perdue,

de

jugé nécessaire de ramener tout l'ordre, à l'unité qu'elle avait

en

la

débarrassant

des pratiques empruntées

à la branche d'Orient et que réprouvait la civilisation
des

rituel

musulmans d'Occident. Aujourd'hui encore, son qui donne une beaucoup plus large part à la
qu'aux méthodes d'entraîet se distingue

méditation contemplative,

nement physiologique,
est

notamment par
el

l'usage général du Dliikre mental, Dhikre

Khafi,

presque exclusivement adopté dans tout l'empire

turc.

Mais l'organisation hiérarchique

qu'il avait

ébauchée,

ne

lui

survécut pas.
le

Bien que conservant pour leur ordre

nom

gêné-

-158i les rique de « Triqâ Moudjeddediya Klialediya », de l'Ouest se sont de nouveau divisés Nakechabendiya

en plusieurs branches. Les principales,
tantinople,
celle

celle

de Conset

dirigée actuellement par
dirigée par Cheikh

Cheikh Saïd,

d'Alep,

Hassan, rivalisent

aujourd'hui d'influence avec l'établissement métropolitain

de Damas, dont

le

chef actuel,

Mohammed

el

Khani,

malgré sa qualité de successeur de Sid Khaled, n'est à aucun égard l'héritier de son ascendant. D'autres fractions

moins importantes, n'en sont pas moins indépen-

dantes de celles-ci. Partout, après une réunion

momendésagré-

tanée de ses divers éléments, la confrérie
gée,

s'est

comme précédemment.

L'ordre des Nakechabendiya, en raison de son origine
asiatique et des tendances alistes de son premier chef,
s'est

ne

pas répandu dans
Afrique,
il

les

pays arabes.

En
ment

n'a qu'un seul établissement, au Caire,

Tekkié dont

la clientèle

ne

se recrute

que parmi

l'élé-

turc de la population. Ses attaches sont de

même

exclusivement étrangères, au Hedjaz, en dehors d'une congrégation fondée à Médine, au xiie siècle, par un

Cheikh originaire de l'Hadramaout, Sid Abd
Sakkaf
el

er

Raliman

Alaoui. AffiUé pendant

un voyage aux Indes à

I.

Moudjeddediya, de Djedid

:

nouveau, renouvelé.

une branche plus tard à établie 159 le marié et fit dans il Pendjab. s'était bientôt rendu indépendant. Le groupe lopper. peu nombreux d'ailleurs. les Nakechabendiya n'ont. A La Mecque et à Djeddah. Cheikh el Seddik ibn Cheikh Mohammed el Hindi. qui. mais sans se déveainsi formé dans membres appartiennent tous à la population urbaine et son influence est entièrement locale. pas d'adeptes originaires du pays même. Moqaddem de la zaouiya de Koufa dans l'Irak Arabi. connue sous le nom de Soleimaniya. Elle le doit à son premier chef. Cheikh Beker Soleiman. descendant direct de son fondateur. Ses seconde capitale du Hedjaz s'y est maintenu jusqu'ici. L'autorité suprême est restée héréditaire dans le groupe et appartient aujourd'hui à Cheikh Zin ibn Cheikh Nasser. et une zaouiya situé près d'El Mahallat. et envoyé aux Indes comme agent de propagande. Celle-ci il a pour chef i un disciple de Cheikh Zin. dont est resté le représentant I. . à près de Bab el Mahakma. ne sont fréquentés que par les pèlerins. Les plus importants appartiennent à une branche indienne. au contraire. Leurs établissements. Les Soleimaniya possèdent à La Mecque un couvent Souk el Halaga. ce Cheikh se fixa Médine où s'était parmi les habitants de la ville un certain nombre de la prosélytes.

Obeid Allah Effendi. Malgré il le respect universel qui à son nom. . mouvement tantes. n'en reçoivent aucun mot d'ordre. Moqaddem : Mohammed Djellal ed Dine. qui. même indirecte.— attitré. i6o — malgré l'organisation donnée aux ordres du Hedjaz. malgré sa très grande extension et le rôle considérable qu'elle joue dans l'Islam. n'y exercent aucune action. par le déve- loppement de s'attache l'ordre. à La Mecque une seconde zaouiya. est de même de leur unique éta- blissement à Djeddah On voit que. indépendante de toute autorité métropolitaine. 1. celles Cette situation s'explique par l'origine. est resté trop exclusivement asiatique. 2. Sauf à Médine. se rattache cependant à la branche de Constantinople par ses origines. Il en 2. elle n'a aucune clientèle dans et elle n'est représentée même. Les Nakechabendiya ont. Les plus imporde l'Asie centrale. religieux des villes saintes. en outre. restent complètement étrangères à ce qui s'y passe. Deux de ses fractions seulement peuvent ainsi se trouver mêlées au n'occupe au Hedjaz qu'une place secondaire. la confrérie le pays que par quelques Cheikh turcs ou indiens à La Mecque et à Djeddah. pour prendre pied dans la patrie du Sûnnisme arabe. et a encore pour chef un Moqaddem turc i.

Toutefois. vie siècle (H).i6i - BADAOUIYA Sid Ahmed el Badaoui. appartenait à une famille chérifienne. Sid Ali ben Ibrahim. et établie à Fez depuis quelque temps. vers la fia du le Son père. et le plus jeune voyage. Sid Ahmed bonne heure aux pratiques d'un ardent mysjoies Dédaignant jusqu'aux de la famille. il refusa de se marier. de la famille portait habituellement. qui sa confrérie. Badaoui. quitta Maroc avec tous aller les siens quelques années après . Ses frères aînés. aient parfois eu quelque écho dans à la . origidu Hedjaz. trouvant qu'il ressemblait ainsi lui aux jeunes Bédouins. à l'époque de sa naissance. âgé de onze ans. fondateur de l'ordre des naire Badaouiya. un voile en tissu léger que sa mère lui avait fait prendre. pour de nouveau à La Mecque. et devint plus tard le cependant souvent aussi ses Ahamediya. appelle On A en ticisme. Pendant le Sid Ahmed. pour le préserver de la chaleur et de la poussière. il uniquement semble que des sentiments plus humains. de son véritable nom. disciples. croire les hagiographes se livra de musulmans. donnèrent le surnom de vocable de lui resta. devant le bas de la se fixer figure. pour se consacrer vie contemplative.

dans qu'il quitta le Hedjaz. il se rendit d'abord à Bagdad. se fixer dans cette ville. pour aller se perfectionner aux écoles de Syrie. Sid el Badaoui s'adonnait avec une ferveur exaltée aux exercices les plus durs du soufisme pratiquant. L'historique complet de la fondation de la confrérie des Badouiya. l'histoire lui prête avec une pécheresse de La Mecque. dans laquelle celle-ci saint misécordieux par excellence. Fatimah bent Berri. lorsque. sur les instances du Cheikh de Tantah. d'où. par Kosséir Kéneh. Obeida. Ce fut seulement à la mort de son père. pourrait présenter un . qu'il ne quitta plus jusqu'à sa mort en 675. Sid Abd-el-Kader el Sid Ahmed décida à il Refaï lui apparurent et lui annoncèrent son apostolat en Egypte. en 629 (H). à la zaouiya de Sid Ahmed trois el Refaï. le suivre l'inspiration divine qui se manifestait ainsi. Une autre vision du Prophète. pendant el Djilani et une extase. ans après. Il était alors âgé de 33 ans.— l62 — il son cœur. et en 633 (H) pour Yambo. mais. puis à Ouml'étude des sciences religieuses. il gagna la vallée du Nil. De retour à La Mecque. que l'abondance des documents permet de reconstituer assez aisément. une idylle. joua le rôle de la Madeleine juive. Accompagné de son frère Hassan. il alla. partit et Après un court séjour au Caire. car non seulement est resté dans l'Islam le de plus.

dont nous résumerons seulement Sid Ahmed amené.certain intérêt. y passait ses journées et ses de pouvoir toujours contempler le « ciel. Il nuits. » Les plus fervents de ses disciples. durent à son habitude de les réunir sur cette terrasse (Sattat). Sid el Badaoui cher- chait surtout à développer la foi chez les. « afin. Tel fut le premier lien qui s'établit entre eux. les habitants de la campagne. se Cheikh qui l'y borna pendant les premières années à recevoir. Il el Badaoui. auxquelles l'avaient conduit ses méditations. de l'Islam détermina l'apôtre à prendre Utilisant son influence sur les Fellah. dès son arrivée à Tantah. à diriger le zèle des autres. Mais il comporterait de longs détails. mais sans les codifier en préceptes absolus. débarrassée depuis vingt-cinq ans de la se menace d'une invasion chrétienne. sans faire aucune propagande extérieure. le nom de Sattaouiya. Il enseignait. trouva de nouveau sous le coup d'une guerre de . il est vrai. ibn Choait. Le toit que sa réputation de sainteté attirait autour de de la maison de son hôte était devenu son séjour de prédilection. disait-U.tièdes. Lorsqu'en 643 (H). les doctrines morales et mystiques. les avait fidèles. l'Egypte. religion le péril une autre attitude. le s'était installé chez Dara. règles nécessaires à Sans songer aucunement à formuler dès lors les une confrérie. que la bonté de . lui. i63 les principaux.

lors du Mouloud. à la fin quatrième du Mouloud. nuit 2. où roi de France. d'abandonner cette coutume. et à la mort de son fondateur elle 2. de Sid el Badaoui. Promesses divines de sa part engagements réciproques de ceux qui se groupèrent autour de ses envoyés. de la fête anniversaire i. tels furent alors les termes du pacte mystique qui consa- crait la fondation de l'ordre nouveau. Cheikh Ali. servaient. etc.— en son sacrée. la prise bataille Après vint la de Damiette et le combat de Mansourah le de Fareskour. Cheikh Khelil. et promettre nom le salut éternel. il fut ensuite envoyé. i64 — la cause son accueil avait rapidement séduits. Louis IX. il envoya ses disciples prêcher parmi eux l'appel aux armes. dans la grande mosquée de Tantali. comptait déjà des Khalifats pro- vinciaux en Tunisie 1. dans On revêtait des esclaves de ces armures. à Kairouan. il y a quelques années encore. Elle se répandit d'autant plus rapidement. sous la domination actuelle. en Syrie de la 4. originaire de Mossoul où el Diliouani. à rappeler ce triomphe La confrérie eut donc comme base à l'origine l'union des vrais croyants dans la guerre sainte. aux défenseurs de . el Cheikh Haz Dine. en Tripolitaine 3. et ses meilleurs chevaliers tombèrent aux prirent leur part mains des musulmans vainqueurs. On comprend ce que devait être cette lutte commémorative de la défaite des chrétiens. Les Badaouiya y et les armures des Francs tués par eux . Cheikh . 4. et un simulacre de combat s'engageait entre eux et les Khouan. 3. Il a paru prudent.

du Delta du Sayd avaient en même ne temps reçu des Moqaddem. Le soin de à Cheikh Salah toutes les affaires temporelles de l'ordre avait été aban- donné par temps lui Abd el Ahl. jusqu'au jour où Cheikh Abd el Ahl. 2. en harmonie avec ralentit. à la el Bachir. dirigée par Cheikh . le développement de confrérie dans la région de Tantah. Il paraît pas cependant se soit. où une zaouiya avait été Ahmed 2. Ce 1. L'initiative laissée à celui-ci devait être assez grande. fut vers 660 que celui-ci cessa ses prédications Cheikh Ahmed ibn Alaouan. car son zèle l'amena à faire construire d'étroites cellules les dans lesquelles il enfermait les nouveaux Mourid. paraît-U. pour soumettre à un jeûne rigoureux et fort long. appelé à remplacer Sid el Badaoui. que Sid Ahmed el Badaoui moins pendant les dernières années de occupé de diriger cette propagande. Cette zaouiy. avant Cette épreuve très dure. en autre même de ses l'initia- qu'il chargea spécialement el un disciples. la supprima. Abd Ouahab el Gaouari. mort de Sid el Badaoui. peu d'accepter leur serment.i était. tout au sa vie. En Egypte.le i65 et Yémen ^ et à fondée par un des frères de Sid toutes les villes importantes La Mecque. les principes humanitaires du saint la . de donner tion aux néophytes.

ne leur attribua cependant pas toute la Baraka comme le cas s'est produit dans d'autres Badaoui est resté le véritable initia- confréries. qu'il en soit de ces manifestations de la sainteté el Badaoui. en effet. comme divine. elles le firent regarder. représentant du maître. dit-on. dont l'organisation hiérarchique put être ainsi basée sur le principe de l'hérédité familiale. . déjà vicaire.— publiques : i66 — à cette période de il vécut dès lors. » ce que le Prophète est à tous les musulmans. son Khalifat en un mot. « Je suis. Sid el teur pour ses adeptes. et c'est son existence que sont rapportés la plupart de ses miracles. dans un état d'extase continuelle. à ceux qui suivent ma voie. disent ses biographes. qui . Aujourd'hui encore. le sentiment de tous les Badaouiya. il fut remplacé par le plus en vue de ses disciples . dépositaire tout puissant de la Baraka De la un premier caractère de son ordre. pendant sa vie. le voisinage de son . disait-il. On lui attribue de nombreuses guérisons de maladies incurables par le simple attouchement de ses vêtements. de son vivant même. Tel est. Mais les chefs de la confrérie ne tardèrent pas à faire de leurs charges des apanages de famille. tombeau suffit. On de l'apôtre. pour rendre la fécondité aux femmes Quoi de Sid stériles. le resta après sa mort. N'ayant pas d'enfants.

affluent à ces à ces Mouloud. dressées comme le camp d'une armée. la prière accusations d'hérésie. Culte spécial d'ailleurs.— L'invocation la Badaoui ! 167 — ! la Badaoui et remplace souvent. consacrent de longues heures à des Hadra frénétiques. les fêtes célébrées en son honneur à Tantah. Puis. ils malgré ont pour leur premier chef une vénération qui va jusqu'au culte. la fille publique fait l'offirande de son la corps aux bras du premier Khouan venu. les femmes infécondes qui espèrent en la toute puissance de son intercession. de la croyance au pouvoir miraculeux du saint. lorsqu'ils se dispersent. à sa miséricorde infinie. car. rappelant ceux de l'ancienne Astarté. tous les pèlerins. à la grande scène d'hystérie religieuse. les plus violentes à leurs yeux. entraînées seulement parla contagion fêtes. beaucoup d'autres. se transforment en véritables saturnales. même. pour y devenir les prêtresses de rites nocturnes. de l'exemple. jusqu'au pied du tombeau de Sid el Badaoui. au moins par quelques-unes de ses manifestations. sous l'influence d'anciennes traditions locales. succède dans l'ombre celle d'hystérie sexuelle. depuis Fatimah bent Berri. à côté de . regardent comme leur patron. le Les aimées qui. Les groupes enlacés roulent dans la mosquée même. rassemblés par confréries dans d'immenses tentes. Le soir. et dans l'enceinte sacrée.

avec ce qui en les reconstituer tout entiers. depuis que l'Egypte sation européenne. de dire que le principe fondamental de l'ordre est le mysticisme extatique. Ces mœurs de terrain. et en de la génération actuelle. Celle-ci comprend. la confrérie des Badaouiya ne se distingue guère de beaucoup d'autres. il est vrai. il est reste. qui sont celles mêmes de l'Islam. que la valeur de simples généralités. après avoir indiqué ce qu'est resté Sid el Badaoui pour les adeptes de sa « Voie ». n'ont. les prières journalières et la Hadra. Malgré le caractère particulier qu'offrent ainsi ses grandes cérémonies religieuses. innocence de cœur. pour achever d'en définir la nature. quant à sa doctrine générale. ont perdu beaucoup s'est ouverte à la civiliToutefois. rituel des Le . qui cherche une postérité loin conjugal. les tableaux de genre encore. pour les Badaouiya.— femme lit i68 — du légitime. etc. figuraient périodiquement. Mais ces prescriptions. subsistent dans une note plus sobre. obéis- sance aux décrets de la providence. observation de la Sounna. de s' aidant des souvenirs facile. Il suffit. Badaouiya ne présente pas non plus de particularités remarquables. qu'elles d'un âge qui s'en va. tout au moins en ce qui concerne l'initiation. : de nombreuses obliga- tions nettement spécifiées connaissance de Dieu.

apparie . Dès les premiers temps de l'Hégire. Le Prophète. se prétendait fondée à nier son absence. un simple dans beaucoup de confréries. comme Nous avons la dit. Aïcha. celles de symbole. cette nuit-là. beaucoup de sur le croyants fort sincères émirent quelques doutes voyage nocturne du Prophète. l'Afrique occidentale notamment. en rapporta des vêtements célestes qu'il distribua plus tard à ses familiers. chez les Badaouiya. et son témoignage n'était pas sans valeur. par le don de vêtements ou lambeaux de vêtements. quelle est l'origine de cette coutume. celle de Kherga. Ceux-ci les donnèrent ou en donnèrent d'autres aux leurs.— moins sommaire est spéciale. enlevé au Paradis par l'ange Gabriel. à ceux l'autre. Sa femme. à propos des Chadeliya qui ont adopté et la Kherga des Soufi conservent encore au figuré. A leur école. aux ordres d'Orient. parce qu'elle de l'aumône pieuse. l'usage de la consécration des liens qui unissent le maître à ses disciples. Quelques-uns crurent donc plutôt à une vision. parce qu'elle jette celle un jour utile sur les associations religieuses. mais bien un signe distinctif. Ainsi se trouva établi dans l'Islam . à l'époque moderne. d'Egypte surtout. : 169 — la Toutefois deux de leurs pratiques méritent une mention l'une. La Kherga n'est pas. agissements des sous cette forme.

dans un petit opuscule publié en 1883. Dans le premier cas. ce c'est une simple relique. Ashar OraarDia ed Dine. et elle doit effective. Oumm Khaled. EUe peut être Kherga de ressemblance. reçurent de lui des turbans à titre d'encouragement. Pour les autres. à son gendre. chargés d'une mission périlleuse pendant l'expédition contre les Juifs de Khaïbar. don de la Kherga s'effectue réellement. être portée d'une manière D'après eux.— le 170 — la tiennent les partisans de la Kherga symbolique. le circonstance ses propres vêtements Prophète donna dans une première à son beau-père. Enfin Abd ul Rahman ibn Of et Ali ben Abou Thaleb. Une autre fois. Abou Beker ben Seddik. à correspon- laquelle s'appliquent trois : dénominations dantes. un caftan noir. des Nakediabendiya de Constantinople. pour la récompenser d'un verre d'eau qu'elle lui avait apporté. « pré- cieuse. Omar ibn Khettab. dont transmission est purement figurative. Ali ben Abou Thaleb. pour qu'ils s'en servissent après lui. Kherga de volonté. i. suivant la coutume arabe. . à Ahnas ibn Malek. il remit à une femme. Kherga de bénédiction. dit un auteur musulman moderne parce I. là trois significations distinctes De de la Kherga.

de volonté. sous forme de turbans rouges. Les Badaouiya se sont bornés à adopter la Kherga de ressemblance.— « que. que Sid el Badaoui a choisie rouge. un « individu qui porte les vêtements d'un voleur. reçu des distri- vêtements de cette couleur. de 171 — qu'on peut prendre pour un voleur. L'importance d'un tel usage est. ayant. croyons-nous. dans les circonstances solennelles. revêtir constitue dans quelques ordres La une forme d'initia- tion et tel est. fort restreinte il n'est intéres: sant que comme les détail de mœurs locales. lors de la première bution faite par le Prophète. La même coutume en Orient : est admise par nombre de confréries mais chacune a sa couleurpropre. Nous avons entendu qualifier cette pratique . son ancêtre. Tout autre est la question des qui. qui permettent de les reconnaître facilement. Ali ben Abou Thaleb. Elles se distinguent ainsi les unes des autres. au reste. K sent aussi l'odeur bienfaisante de son Cheikh. » celle La troisième sorte de Kherga. » même Quant à la Kherga de bénédiction. « lorsque le disciple qui en est revêtu la sent. avoir la « Kherga fait ressembler au saint duquel on la tient. atteignent un développement excessif. chez Badaouiya. Ils la portent actuellement. aumônes religieuses. le cas chez les Senoussiya. représente à la fois un gage de l'obéissance de l'adepte qui en est revêtu et des ordres de son chef spirituel. dit-on. d'après le même il docteur.

visite pieuse d'un dis- ciple à son maître spirituel. La Hadia est à la fois une contribution. présente différents caracZiara. soit en toute autre circonstance. . offrande religieuse. 172 — d'opération de « banque ». Gheffar.— efïet. étant donné que pays. banque » est. La Ziara. par extension. et en aucun terme ne peut les scandales ment. auquel assiste qui veut. une offrande qui devient dans l'usage. à proprement parler. pour tous les indigènes du synonyme L'aumône ou d'usure. suivant les cas. est aussi. Bien que constitue pas et se si recommandée par tous les Cheikh. les largement pratiquée dans pays musulmans. les caractériser plus énergiquede l'exploitation à laquelle se livrent Cheikh des « différentes confréries en Egypte. La Seddaka est l'aumône proprement Elle consiste en secours donnés dite. d'un fidèle au tombeau d'un saint. le principal but de cette visite. une amende en nature ou en argent payée par le Mourid à son chef liiérarchique. ou Neder. soit lors de son initiation. par le cadi d'Assouan. telle que la pres- crivent les ordres tères et musulmans. porte les noms de Seddaka. elle ne une pratique spéciale aux ordres religieux d'ailleurs confond avec l'exercice de l'hospitalité. Hadia. la charité. et une aumône faite sous la forme d'un repas public. aux pauvres et dont l'importance varie au gré de la générosité de chacun.

Le « 173 — mot Gheffar. en vertu d'une tradition d'après laquelle le Prophète aurait refusé les dons qu'on lui apportait sous forme de Ziara et de Seddaka . à l'ordre duquel il appartient. un chameau. le et il existe sous la seconde. Un père de famille. un bœuf. il un mouton. recommandées dans les ordres. implorant pour ses enfants la bénédiction d'un saint. conformément au sens propre de ce ». tribut prélevé par certains ordres comme un Nous avons vu comment Khelouatiya Enfin. ses Khouan. chez les dans quelques autres confréries. Tels sont modes sous les . caractère distinct. la Hadia et le Gheffar Tout au moins la Hadia d'Orient. Elle revêt même les dans ces confréries différents la forme du Neder. constituent les offrandes pieuses. première forme. Dans quelques contrées. La Ziara conserve toujours son se confondent. auquel invite son Moqaddem. peut- elle être assimilée égards. suivant les régions. est Pardon en principe une offrande propitiatoire et devient sous la ou de pénitence. lesquels 10. en son honneur. par exemple. destiné à un repas. La Ziara. la Hadia et le Gheffar surtout. fait vœu « Neder » d'abattre tous les ans. a la forme du vœu. Zerda. Neder ou Ouada. au contraire. pour accepter seulement ceux de Hadia. Mais c'est au Gheffar du Moghreb à quelques l'offrande par excellence dans les confréries chérifiennes d'Egypte et de Syrie. un impôt.

Naquib faites Kaoua (préposé au café pour les Hadra chez les particuliers ou dans quelques mosquées . alors. chez les Badaouiya d'Egypte. entouré de hauts digni- du clergé du Caire. En un mot. de citer une statistique officielle. 57 buffles. Nous avons vu nous même. taires où un de ses chefs . un morceau de journal rempli de guinées et de louis. ce qui se passe dans les ordres algériens semble : insignifiant. Il en est résulté une simonie générale presque toutes les charges sont mises à l'encan. dans une salle de la zaouiya. du 8 el au 16 1886. d'après laquelle il ville de Tantah.— Badaouiya 174 — religieuse. Mourid à leurs Moqaddem. et les comme aumône générale. pour montrer combien ces redevances sont a été abattu dans la petite avril Il suffit. destinés presque tous à des repas de Hadia. 11 bœufs et 3 chameaux. lors d'un des Mouloud de Sid Badaoui. pratiquent l'offrande à la fois publics. qui provenaient sans doute des dons de la journée. donnée en repas comme contributions en espèces payées par . l'exploitation du mourid par le Cheikh a pris des proportions telles que. recevait les visiteurs. auxquelles sont attachées des fondations spéciales) . 696 moutons. par comparaison. aussi bien celles de Moqaddem : et de Khalifat que les emplois plus modestes de el el Naquib Sedjada (porteur du tapis du Cheikh) . considérables.

évaluer au montant même des impôts. pour eux. en vertu d'un usage reçu. Les Moqaddem sont désignés par ceux-ci qui. sinon davantage. sauf celles qui sont héréditaires. leurs maîtres spirituels. Dans tous cependant. Mais fidèles les à l'esprit Badaouiya des autres pays sont restés plus de leur règle et. elle s'est assez dévelop- pée. (préposé à la bougie. pour etc. les oflfrandes . sauf quelques groupes de Khelouatiya et de Chadeliya indépendants. les sommes qu'arrachent chaque année aux Fellah. reçoivent l'investi- du Cheikh la plus el Troûq.— Naquib Naquib nuit) . pour les Hadra) (préposé aux torches dans el Zei les fêtes de Naquib rage dans el Chemâa Hadra). des bénéfices proportionnés à son importance. el Ma (préposé à l'eau. pour que nous ayons entendu des hommes impartiaux. l'éclai- les La nomination à aux Moqaddem ture . Encore leur prise de possession comporte-t-elle maintenant. De infime à la plus élevée. Toutes par suite se vendent plus ou moins . Il n'est aucun ordre en Egypte où que chez cette situation soit aussi accusée actuellement les Badaouiya. 175 — . grâce aux offrandes pieuses. ces derniers emplois appartient soit soit aux Khalifat. eux-mêmes. des redevances onéreuses pour les titulaires. chaque charge comporte.

. dans la vallée une situation sociale assez connue. Mais l'extrême popularité de l'ordre. à ne sont pas devenues des redevances oné- reuses. tions qu'il leur avait léguées. Sid ce qu'il soit inutile Ahmed el Badaoui ne put assurément prévoir que deviendrait ainsi son oeuvre entre les mains de Les premiers vicaires ses successeurs. apanages de quelques fonctions. fit créèrent bientôt à ceux-ci une situation qui leur spirituel. à imiter sa et l'exemple de ses vertus. qui lui valut la el main de la fille de son Daher Beybars. déférence qu'en la victo- 671 (H). oublier les devoirs du Fakir. les dépouilles du chef Tartar Abakhah Khân. pour d'en parler plus longuement. de la confrérie les s'attachèrent d'ailleurs à suivre fidèlement tradi. occupèrent uniquement. mansuétude Le soin des intérêts spirituels dont ils étaient chargés. les richesses qui affluaient de toute part entre les mains de ses chefs. envoya à Tantah avec une véritable ambassade. les travaux nécessaires pour recueillir et le les l'enseignement de leur maître. les souverains telle d'Egypte traitaient avec une el Elfy. du pauvre de Sid el Du vivant le même Badaoui.— religieuses 176 — du Nil. codifier la règle rituel dont il avait seulement établi les principes. sous la conduite de Cheikh Ali el Beridi. l'Emir Qalaoun rieuse au retour de suzerain campagne El Melek . Elles doivent leur caractère.

Ce la fut seulement au commencement du x« siècle. Au milieu du ixe siècle. A la celui-ci. sous . était nombreuse. Ces tendances avaient naturellement provoqué dans la confrérie des rivalités intestines. la bataille en 922 (H). L'héritage laissé l'ordre était aux nouveaux grands maîtres de ils ne tardèrent donc lourd à porter pas : à mettre leur influence au service de leurs intérêts privés. à se créer dans le pays une autorité politique qui devint aussi étendue que leur ascendant religieux. ben Salem Tel fut le grand maître Cheikh qui. dit la qu'il leur fut impossible chronique. Mohammed ben Zomar. chargé de fonder une zaouiya à Boulaq. Sa suite. le grand maître fut assassiné par Abd un el Kerim ibn Ali ibn presque tous Mohammed les rival. à de Merg Dabek près d'Alep.— frérie 177 — . près du Caire. contribuant à l'élévation de au renversement de celui-là. et adeptes de l'ordre à l'étranger l'abandonnèrent. Quelques années plus tard. levant de véritables armées parmi les Khouan. des compétitions qui amoindrissaient singulièrement son prestige. ils finirent même par les accompagner dans leurs expéditions lointaines. fut reçu dans cette ville par qui tinrent à honneur de si une députation des notables. solde des sultans. de la nourrir tout entière. un Moqaddem de la conCheikh Youssef Abou Seiadi Ismail el Imbabi . périt avec le sultan Selim. l'héberger.

. en Egypte. Le véritable héritier des grands maîtres. Cheikh Mohammed rituelle sur les Chennaoui. qui n'a pas d'autorité spiriKhouan. Le rôle le plus important appartient à l'Oukhil de la zaouiya. Sans entrer dans le détail des défections successives. que de nouvelles succursales et purent êtres rétablies en Syrie au Hedjaz. il de dire qu'aujourd'hui sa situation organique est tout à fait analogue à celle des Kadriya. De nombreuses branches se rendirent indépendantes et. mais doit une influence bien plus solide aux revenus considérables qu'il est chargé de gérer. Salem par son fils fut tour à tour Ibrahim. père de Cheikh Mohammed ibn Salem. Sid Moham- med Chems ed titre Dine. tout en conser\'ant Sid Amed el Badaoui comme patron. et sous les Moqaddem devinrent de véritables Maires du lequel Palais.— direction 178 — le de Salem ibn Zomar. for- mèrent des congrégations isolées. qui ont ainsi suffit rompu l'unité primitive de la confrérie. bien qu'investi officiellement du de Cheikh n'est el Sedjada de la confrérie. au gardien du el tombeau du saint. à perdre toute autorité. en réahté que le chef d'un seul groupe. celui des Chemsiya. Les chefs de la zaouiya de Tantah ne tardèrent pas. à peine âgé de quinze ans. dans ces conditions. Mais remplacé dépossédé lui-même. puis par un autre de ses enfants.

la foule on attribue pour s'en partager une vertu miraculeuse. dans le pays même. pendant les premiers temps de son existence. Zahediya. auxquels Les autres branches se distinguent de quelques pratiques qui leur sont propres. . les poils. Ainsi l'une d'elles. Chennaouiya . la zaouiya de Tantah ait conservé la direction de ses succursales I. presque étrangères les unes aux autres. « Ouerd des sept jours.360 fois un court verset : du Koran. Bien que l'ordre ait pris naissance en Egypte. anniversaire de la naissance de Sid el Badaoui. par leur organisation intérieure. au i. Mais. et que. Sofouatiya Sanadkiya. Menoufiya. Elle jouit en outre d'un privilège particulier au Mouloud. Teskianiya. monté sur un âne rouge que épile tout vivant. » qui consiste à répéter tous les soirs 1. de gences de celle des faibles diver- rituel les divisent seules. n'en sont pas moins profondément séparées. même par mais dont aucune n'a plus d'importance. Imbabiya. son chef entre dans la grande mosquée.— nombre de douze 179 - Les autres branches sont. Sellemiya. Choaibiya. Kennasiya. au point de vue doctrinaire. Halabiya. a une prière spéciale. Toutes adoptent la dénomination elles générale de Badaouiya Ahamediya. Chennaouiya. Chemsiya ou Merazka. Chacune en effet reconnaît exclusivement l'autorité de son propre chef. Hamou diya.

Moqaddem : Cheikh Hassan Effendi Keyyal. de tout temps. il n'existe plus. son frère Cheikh Hassan avait fondé une zaouiya à La Mecque. indépendants aujourd'hui de ceux d'Egypte. aucun groupe d'adeptes de ceux de Syrie n'ont qu'un seul établissement de quelque importance. . croyonsl'ordre. taines. la famille du saint y avait I. Après la conquête du Soudan par les armées Khédi- viales. en est de même des Badaouiya du Hedjaz qui. à recruter de nombreux prosélytes cette région. plusieurs avaient réussi. Ils forment une confrérie locale dont les chefs envoient de temps à autres des représentants au pèlerinage de Tantah. malgré leur origine. Elles y étaient encore représentées par des Moqaddem relevant directement de leurs chefs. grâce à l'appui du goudans vernement. Originaire du pays. à Alep I. lorsque l'insurrection Mahdiste rompit brusquement les liens des nouvelles congrégations avec les branches métropoli- Les Badaouiya du Soudan sont donc. et nous. ont été fort nombreux. sans avoir aucune relation régulière Il avec leurs collègues de la vallée du 'Nil.— étrangères. On a vu que du vivant de Sid Ahmed el Badaouî. A l'ouest de cette contrée. établis i8o — aucun des groupes de Badaouiya encore dans d'autres pays n'a actuellement d'attaches hiérarchiques avec les fractions égyptiennes.

à de tels désordres. Cheikh Mohammed Moussafi. comme Hedjaz. La plupart se rallièrent à une confrérie nouvelle. amenèrent la désagrégation de la confrérie. Elle se créa ainsi une religieuse dans la sainte. Cheikh Abd el Ahl. Cheikh Soliman. II . celle des Beioumiya. Moqaddem actuels : Cheikh Mohammed Chouboukchi. la défaveur qui s'attachait dans le un pays de foi rigoureuse. 2. ce petit noyau s'en sépara l'un des premiers. fondée au milieu du xii^ siècle par un Cheikh d'El Azhar. Lorsque les scandales dont les grands maîtres donnaient l'exemple en Egypte. Moqaddem actuels : Cheikh Badaoui. qui entreprit de Les autres ne comptent plus que i Mecque et deux à Djeddah 2. Elles rétablir dans toute sa pureté la règle instituée par Sid el Badaoui. parmi les membres de l'ordre. et l'ascendant spirituel de son chef accrut d'autant son influence. 1. trois zaouiya à La forment dans chaque ville : des congrégations indépendantes l'une de l'autre actuellement pour Cheikh el celle de La Mecque a chérif Sedjada un du pays. découragèrent beaucoup des partisans les plus fidèles des Badaouiya de la contrée.— clientèle i8i — ville des relations étendues. Cheikh Seid Ali Hafez. Néanmoins.

et l'un des Cheikh les plus en vue de la zaouiya de Sidi Demerel dache. Il originaire du Hedjaz. qui aux y affluent à l'époque du pèleri- nage. restreint. Il subsiste ainsi quelques relations passagères entre les fractions métropolitaines des Badaouiya et celles du Hedjaz. appartenait à une famille chérifienne. Elle est donc peu nombreuse. affectées surtout pèlerins d'Egypte. ni pour les unes ni d'ailleurs aucun pour les autres. pour entrer dans l'ordre des Badaouiya. Membre de la confrérie des Khelouatiya. et leur rôle se Toutefois. Sid Ali Beioumi quitta vers l'âge de trente ans cette association. naquit en 1108 (H). relations qui n'impliquent rôle politique local. petit village de la basse Egypte. la plupart des zaouiya disposent de fondations pieuses assez importantes. Sid Ali ibn el Hedjazi Mohammed . Il se fit affilier à la branche des . à El Beioum. près du Caire.— La clientèle habituelle l82 - de ces congrégations se recrute trouve des plus surtout parmi la population pauvre des villes. BEIOUMIYA Le fondateur de ibn la confrérie.

de rendre à la doctrine futur Le du saint de Tantah sa pureté primitive. Il profita de la popularité que lui valut sa double victoire. plutôt que représentant d'anciennes doctrines. en effet. s'étalaient au grand jour.-i83y prit presque aussitôt une situation préSon penchant pour les pratiques extatiques pondérante. Mais son ascendant personnel ne tarda pas à le faire considérer par ses disciples comme initiateur d'une « voie » nouvelle. Il resta libre d'exercer publiquement son rite. Sid el Beioumi triompha sans peine de ses adversaires. et le Cheikh el Islam lui offrit el même une chaire à El Azhar. déjà valu une véritable célébrité comme illuminé. au Caire. quartier des étudiants de Tauris et de la Mésopotamie. chef des Beioumiya avait déjà conçu le de réformer l'ordre des Badaouiya dont les scanprojet dales. Grâce à l'appui d'un jurisconsulte éminent. Cheikh el Chabraoui. de l'autorité . il leur donna un caractère tellement exalté. dans le Riwak Tabroussieh. Halabiya. et voulurent lui interdire l'entrée du temple. que les Eulema s'émurent de voir la foule s'y porter chaque jour plus nombreuse. Les principes qu'il voulait rénover devinrent le code d'une confrérie . Amené ainsi à la diriger les Hadra des Badaouiya dans el grande mosquée de Sidna Haoussin. que lui assura sa nouvelle situation pour entreprendre dans ce but d'ardentes prédications. et lui avait.

qui. pour mieux affirmer la fiHation de sa règle. à celui de ces derniers. la fonda sous son propre vocable. la doctrine même de Sid el Badaoui avait été respectée par Sid el Beioumi. décroiser en se redressant. adoptèrent aussi l'initiation par la poignée de main les doigts enlacés donnée (Telquin el Mouchabaka). Malgré leur communauté d'origine les Beioumiya se distinguèrent ainsi des Badaouiya. par leur nom et par la substitution de leur propre saint. Sid el Beioumi. Alors et celle que. telle Au lieu de conserver seulement l'initiation par la poignée de main simple ils . et. i84 — il renonçant à sa première tentative. pour battre les mains à hau- teur de la figure. Enfin quelques innovations donnèrent à leur rituel une physionomie propre. ayant le caractère d'une réforme. . Leur Hadra se transforma également. il fallut chez les Beioumiya . les adeptes se bornaient à fléchir le corps jusqu'à la ceinture en conservant les bras allongés . En outre. A part ces divergences. que le Cheikh passe au cou du néophyte.— distincte. que la pratiquaient les Badaouiya . du vivant même de . garda la Kherga rouge de Badaouiya. du chapelet. les croiser puis les sur la poitrine à chaque flexion de la tête. les prescriptions de sa règle se trouvèrent par ce seul fait beaucoup plus rigoureuses. dans l'ordre primitif. leur ordre.

ils . au contraire. rompant tout lien avec la fraction métropolitaine. du Sinaï au Hedjaz. le territoire. les Beioumiya eussent déjà des succursales en dehors : du Hedjaz là. De el fréquents voyages à La Mecque. créèrent d'importantes zaouiya. de tous côtés. dont les caravanes tra- versaient en venant d'Eg^'-pte. l'austérité du second. mais en Les branches étrangères de leur confrérie restèrent.Il i85 les principes dans le plus existait donc entre deux ordres une analogie des les distinguaient surtout. Sous les premiers successeurs de Sid el Beioumi. du moins. Il ne paraît pas qu'avant mais la mort de leur premier chef. la plupart A La Mecque. des Badaouiya se rallièrent à la nouvelle Les Bédouins eux-mêmes lui fournirent un appoint notable d'adeptes. avaient mis Sid Beioumi en relations suivies avec les populations de la côte et les tribus nomades. à Médine. Il envoya chez eux des Khalifat qui. marquée. et dans ce pays. ils constituaient presque une confrérie nationale. Mais celle ils l'histoire des Beioumiya ne tarda pas à rappeler de leurs devanciers en Egypte. Les prédications qu'il put ainsi entreprendre eurent un rapide succès chez les Barabra du littoral. fidèles à ses premières traditions. Le relâchement ancien. que par leur nom ou par quelques pratiques d'importance secondaire. ne diffèrent plus aujourd'hui de ceux-ci. confrérie.

prenant parmi les i86 — et à s'étendirent d'abord jusqu'au là aussi Yémen l'Hadramaout une place prépondérante Persique et traversant la allèrent celle ordres locaux. Qiielque brillante qu'eût été cette période d'expansion. le de la nouvelle charge. l'avait obtenue dans des conditions singulières. Palanquin Tapis sacrés. Moqaddem d'Egypte. le Mohammed parmi dont la Nafa. sous règne de Mehemet Ali. Bit . du bas Euphrate dans de l'Indus. dont la prospérité ne tarda pas à égaler celle des zaouiya d'Arabie. Bit Saadat et Bekriya. la vallée leurs missionnaires et fonder. qui du le privilège de conduire à La Mecque. Mohammed Effendi el Bekri. il se forma. compétition détermina rapidement la désagrégation de l'ordre. de nouveaux établissements. deux partis rivaux. le Puis. elle ne fut pas de longue durée. remontant golfe mer dans des Indes. trois plus el était devenu l'Oukhil d'une des grandes familles da Chorfa jouissait alors le du pays. familles.— en Arabie. L'institution établie depuis du Cheikh el peu de temps. A les la mort du troisième grand maître. le A Troûq venait alors d'être en croire un bruit assez répandu dans titulaire effectif pays pour mériter quelque créance . rivales des Bekriya. Saadat Mahamel et Deux autres Kisouat. il Ancien membre de la corporation des Peseurs.

ainsi que la plupart des confréries. en l'attribuant à cette maison. en d'une semblable mesure. remplaça. se trouvèrent ainsi réunis sous une seule el direction. les droits de la plus illustre noblesse du pays. En même temps. Oufai5'a et Bit Saadat partie de leurs apanages Une d'Abou stituée seule influence. En tout cas. était. une fille et le plan de Mehemet Oukhil secret Ali reposait précisé- ment jets. hostiles à Mehemet Ali. il qui n'avait laissé qu'un enfant en bas âge.el i87se partageaient la ges- Oufaiya et Bit Saadat Makram tion des Oualif el Achraf. dans Il serait le propre actuel. et tuteur de l'orphe- line. Effendi. Mais l'héritier du chef des Bekriya dit-on. partis se trouvait ainsi sub- aux anciens Egypte. des fondations chérifiennes. froisser de la société religieuse. celle de la descendance directe Beker ibn Seddik. Toutes trois étaient. créa la Troûq. Les ordres du pays. effet. par son du Cheikh el Troûq Cheikh Abd Baki el Bekri. el Profitant de la mort du chef de Bit Saadat Bekriya. donc l'ancêtre el du Harem. en Aucun sentiment populaire ne pouvait se Elle consacrait. ce fut . Bit Saadat Makram furent dépossédées en au profit des Bekriya. dont les uns relevaient du charge de Cheikh el Cheikh el Islam et dont les autres étaient indépendants. sur cette situation. Facilement gagné à ses pro- Mohammed la fils.

dit-on . s'ouvrit sorte mort. Médine les Djeddah. à sa Mohammed donnée de Nafa. en a été créé à La Mecque. Celles du égyptienne. l'autre s'étant adressé Moham- med Effendi. est chef actuel Beioumiya d'Egypte. par Beioumiya de l'Inde. Outre groupe les zaouiya fondées par les il Moqaddem du et local. frais Les de la . Bien que la fin de cette lutte intestine parût assurer le triomphe de la bonne cause. plus de 75.000 livres égyptiennes. l'organisation la aux confréries el n'était pas encore solidement assise. fut néanmoins élu par les Moqaddem. Le Cheikh trait fort hostile Islam surtout se Il mon- au Cheikh el Troûq.— lui qui i88 — et la tradition qu'il a exerça de fait la nouvelle charge en se montrant fidèle agent du pouvoir temporel. dont le le fils. Son el adversaire. campagne à 3 entreprise par le second s'élevèrent. appuya donc à résolument la candidature d'un des deux Khalifat rivaux. Lorsque la succession du grand maître des Beioumiya.000 francs. Cheikh des Mohammed Abd Ghâni. Cheikh Abd el Ghâni. et sont Hedjaz n'ont donc plus aujourd'hui d'attaches avec la fraction complètement indépen- dantes. Ces dernières . le scandale avait été assez de toutes grand pour provoquer la défection immédiate les branches étrangères de l'ordre. inaugurée à cet égard s'est perpétuée jusqu'ici.

el Cheikh Derouich Berrad. Cheikh Derouich Mohammed er el Feh'h'am. Cheikh Ali Delimi. Il en existe six à Djeddah 3 . au point de vue administratif. sous la direction d'un Cheikh el Sedjada qui relève du Cheikh el Troûq. Cheikh el Sid Zini Sek'k'at. ainsi qu'à El Taif.— destinés i89 — succursales sont surtout des établissemenis hospitaliers aux pèlerins. Le Cheikh el autorité sur huit zaouiya i Sedjada de La Mecque exerce ainsi son 2. Abd Rahman el el Hindi. en raison de l'importance numérique des adeptes de la confrérie dans le pays. Cheikh Mohammed el Hindi. el Maziti. Actuellement : Cheikh Hassen Chaïn. Cheikh Mohammed. elles ont été assimilées aux premières. quelques-unes aussi à Médine. Etant donné qu'ils ont conservé. Moqaddem actuels Cheikh Hasseii Chaïn. Cheikh Cheikh Aouis. II. Néanmoins. Mohammed 3. Cheikh Mohammed K'es's'as. Bahar. Fazi el Hindi (sa zaouiya est particulièrement fréquentée actuels par les Barabra). Sid Sid el Sedjada. et enfin à Yambo el Les Beioumiya sont donc un des ordres les plus répandus au Hedjaz. . Moqaddem : Cheikh Saber Mohammed. Toutes sont réunies dans chaque ville. : 2. en 1. Cheikh Sid Omar. Abd Allah.

par suite. les anciennes traditions de leur règle. littoral et Mais il s'étend aussi à plusieurs les pèlerins tribus nomades. ce soient préci- sément les confréries les plus austères qui y tiennent le premier rang. Il est naturel qu'à une époque où le fanatisme le plus ardent s'y développe de nouveau. race de sang mêlé qui habite le quelques villes. surtout éta- chez les Barabra. a une importance qu'on ne saurait méconnaître. DOUSSOUKIYA A bien des être égards. ses zaouiya sont nombreuses. . Son action pouvant être. à la vérité. partout où sont en contact direct avec la population urbaine. son rôle général dans le mouvement de renaissance de la foi musulmane.— 190 — se séparant de ceux d'Egypte. Elle est égalememt d'origine égj'ptienne. la confrérie des Doussoukiya peut rattachée aux précédentes. et ses tendances doctrinaires res- semblent aux leurs. c'est là un indice caractéristique de la situation actuelle dans la patrie de l'Islam. L'ascendant de l'ordre bli s'est. Enfin. à la fois locale et intérieure.

ses occupations favorites. Il a. village de la basse Egypte. cà l'âge de 43 ans. en effet. d'après la tradition. dévoiler les arcanes laissé du passé. théologie. les premières en aurait donné des Ses disciples font remonter à son enfance manifestations de sa sainteté. son fondateur. en dehors de la prière. Elles prescrivent de repousser toute innovation . Elevé à l'école des Badaouiya auxquels il était affilié. il preuves évidentes dès l'âge de trois ans. Sid Ibrahim Dous- souki. il s'est lui aussi donné comme un nouveau prophète. expliquer les secrets de l'avenir. il dut une précoce célébrité à de fréquentes extases et mourut subitement pen- dant l'une d'elles. Les règles générales de morale instituées et de dévotion qu'il a ressemblent à celles qu'on trouve partout ailleurs. appartenait à une famille chérifienne de Dous- souk. On le considère d'ailleurs aussi comme un docteur érudit. Aussi la confrérie qui porte son nom vise-t-elle à un mysticisme extatique qui n'est pas sans analogie avec celui des Khelouatiya. Un autre caractère fondamental de la doctrine des est la vénération spéciale Doussoukiya qu'elle prescrit envers Sid Ibrahim. quelques ouvrages de jurisprudence et de Mais. Adonné de bonne heure aux pratiques m3'^stiques.— Né 191 — el en 733 (H). semblent avoir été.

elles fait recommandent de rendre dans l'Islam. La Kherga des verte. Beioumi. Doussoukiya . Ils avaient jusqu'alors suivi la « Tariqa Ibrahimiya » . Ibrahim el Sa confrérie a donc gardé. calqué sur celui des n'en diffère que par quelques détails. sinon autres pays d'Orient en Egypte. Mais. . qu'il est plus rare Quant au Badaouiya. disait l'apôtre « brûle et noircit le visage. de tenir de se garder du mensonge contre la ce qui. derniers est rouge la celle des premiers est De même. qui mérite d'autant plus d'être signalé. 192 — religieuse. A rendent tiques. comme plus tard Cheikh el Doussouki s'est montré très rigoriste. importe surtout de retenir que les tendances des Doussoukiya ou Ibrahimiya les rangent parmi les mystiques extaà leurs chefs une sorte de culte. Ce fut seulement à la mort de leur maître que les Doussoukiya formèrent un ordre régulièrement cons- titué. qui cet égard^ ils se rapprochent beaucoup des Badaouiya.— ses promesses. ferme le cœur Mais. un les où elle s'est carac- tère de fanatisme exclusif qui la distingue de la précé- dente. rituel des il bien pour le mal. les prières habituelles les n'ont pas une forme identique dans deux ordres. » le religion les yeux. d'être affable envers ses semblables. du moins dans propagée. et la confrérie. en outre. il Sans insister sur ces détails secondaires. Hadra.

. Bien que relevant toutes administrativement. Elle en sortit avec le Cheikh Othman Fakri ed Dine. leur dans les cantons d'Alep et d'Antioche. et pendant générations cette charge resta héréditaire dans sa famille. Fort nombreux dans le Hadramaout et le Yémen. i. d'un seul Cheikh el Sedjada. choisi pour lui succéder. inutile du vivant de Sid el Doussouki. qui sont restés particulièrement attachés à la zaouiya de Doussouk. sans se donner une organisation hiérarchique. et une autre à Moqaddem actuel : Cheikh Sliman ibn Cheikh Ibrahim el Rachidi. I. outre Brahama ou Doussoukiya proprement branches de l'ordre. Dès lors les Doussoukiya les les sèrent en groupes indépendants. trois les Chernoubiya. à La Mecque Médine. où ils commencé récente. Chaouiya et Touhamiya. les . En n'ont dehors de l'Egypte et du Soudan égyptien. ces fractions jouissent cependant d'une entière autonomie doctrinaire.— Abou trois 193 — frère. les propagande qu'à une époque Doussoukiya ont quelque zaouiya en S3T:ie . ils n'ont au Hedjaz qu'une zaouiya. el Son Charef ed Dine Imran el Sid Moussa. existe aujourd'hui en Egypte. se divi- à la fin du ix^ siècle. c'est surtout en Arabie que se sont développées leurs colonies. les dits. Il comme Badaouiya. devint le premier grand maître de la confrérie. Mais comme les autres ordres originaires de la vallée du Nil.

-C. et quelques-unes en Tripolitaine . les Tidjaniya ont fait l'objet de nom- breuses études. cette confrérie était devenue. de nombreuses succursales au Maroc. elle possédait. Au nord . chez les Touareg Azdjer. en dehors de l'Algérie. leur rôle dans cette région est le même que celui des Beioumiya. Leur histoire forme notamment un des chapitres les plus attachants de « Marabouts et Khouan ». en Tunisie. du vivant même de son premier chef. près de Laghouat. une des plus importantes de l'Afrique.— 194 — Toutes proportions gardées. fondée à de l'Hégire (1770 de J. par un chérif d'Aïne Madhi. Duveyrier chez les . Son action s'étendait au sud jus- qu'à l'Adr'ar de Chinguit et jusqu'au Fezzan. elle était aussi représentée par plusieurs zaouiya au Hedjaz. Ils comptent parmi les défenseurs les plus exaltés des vieilles traditions de l'Islam. fort considérée en Egypte. enfin. environ). Pendant le grand voyage de M. Sid Amed ben xiie siècle Mohammed el Tidjani. la fin Nous du rappellerons donc seulement que. TIDJANIYA Ordre algérien.

son frère. C'étaient alors encore des titres à une protection effi- cace dans le Sahara. ses propres enfants. Mohammed el la filiation a d'ailleurs été contestée. avaient méconnu l'autorité Mohammed el Aïd. Si avait. et celle de Témacin dans l'Oued Le père de Sid Ahmed et de Sid el Bachir. avaient de nombreux de partisans personnels. Si résident les descendants directs de son Ahmed et Rhîr. Azdjer. Moham- med S'rir ben Ahmed Tidjani. Depuis. Mais Sid héritiers Ahmed et Sid el Bachir. son hôte le plus fidèle fut Othman. se trouvant en Lorsque Si Mohammed el Aïd mourut à son tour. de l'ordre au Moqaddem de Aïd. fut choisi à l'élection pour lui succéder. confié la direction spirituelle en mourant (1853). de la Baraka de leur Ils aïeul. Si Mohammed S'rir. où fondadeur. deux Elle est représentée : zaouiya principales celle en Algérie par d'Aïne Mahdi. nomina- se sont ainsi formés parmi les Tidjaniya . Témacin. Cheikh 195 — la tribu des Ifoghas. tion de Mohammed Deux groupes et refusèrent d'admettre la S'rir.— Tidjaniya. Sid elBachir. en 1875. de un Moqaddem des Le savant voyageur avait reçu du grand maître de l'ordre en Algérie le chapelet et le titre de Khouan. Si dont bas âge. la situation de la confrérie s'est considérable- ment amoindrie.

les deux chefs des Tidjaniya de Témacin. une telle attitude était nécessairement compromettante. un regain de popularité. Tous deux ont depuis longtemps montré fort peu de Ahmed. qui se posèrent résolument en partisans de l'influence française. motivées par leurs agissements. nous assura. Mais. En môme et les héritiers temps que de son fondateur. outre que leur origine paraissait douteuse à quelques-uns. Sid a épousé la fille d'un gendarme de Bordeaux. le concours dévoué des Tidjaniya de l'Est. l'ordre : 196 siècle — après la moins d'un fondation de celui de Témacin. fidèlement suivie. scrupules dans l'observation de la loi islamique. très Cette scission a provoqué un refroidissement mar- qué des Khouan étrangers à l'égard des deux branches entre lesquelles se partageait l'autorité libéralisme professé par Sid l'attitude suprême. L'aîné. Le Ahmed lui Tidjani explique du chef de l'ordre. et celui d'Aïne Madhi.— d'Algérie. Moins favorables à notre cause. voyaient ainsi leur près- les chefs canoniques de la confrérie . donnant le caractère d'adepte dans le domaine politique. Mais. la même tradition. en . ils se déconsidérèrent de bonne heure par leur conduite privée. aux j'eux de la masse des musulmans. auraient pu devoir à différentes mesures répressives. lorsqu'il facilita la périlleuse exploration de officiel M. dès le début de l'occupation du Sahara Algérien. Duveyrier.

et subdivisée elle-même en fractions Au fait sud. suit pas les seconds. dirigée par Sid Ghali ben Azouz.— tige s'affaiblir 197 — ceux ment de la pour des causes différentes. mais la zaouiya de Fez. Leur zaouiya de Chinguit aurait maintenant des succursales au Oualata et à Kaarta. et préparaient graduel- lement l'obstruction du Sahara. que l'ordre se soit Sa situation est floris- sante au el . un petit groupe de tribus de Laghouat et du Il Amour. Les premiers n'ont plus d'autorité directe que dans l'Oued Rhîr. l'isolement des Il est aujour- d'hui complet. deux branches algériennes n'ont plus depuis longtemps aucun rapport avec eux. que sur Djebel le Souf et en Tunisie. les Tidjaniya de l'Adr'ar paraissent avoir des progrès marqués. les Senoussiya faisaient de rapides progrès en Tripolitaine. Tout concourait donc à provoquer Tidjaniya de Témacin et d'Aïne Madhi. l'affermissedomination française multipliait les barrières et de toute sorte. Maroc ne s'en éteint dans les autres contrées. représente une branche nationale . l'influence des Senoussiya Derkaoua Madaniya se développe chaque jour au . ses Moqaddem se seraient établis chez les et dans le Maures de Mais les la rive droite du Sénégal Toro. indépendante libres. entre les musulmans d'Algérie des pays voisins. De plus. Plus à l'ouest. Chez et des les Touareg Azdjer.

que colonel avait encore tenu à emmener. est vm des plus curieux types d'aventuriers sahariens que nous connaissions. n'a causé aucune émotion chez ces mêmes Ifoghas. grêlé. le Moqaddem envoyé il par Si avec le colonel Flatters n'a réussi à se faire écouter s'est des Ifoghas avec lesquels trouvé en relations. Mais. D'un teint blême. effacé. d'Ouargla. et suivi d'un serviteur plus modeste encore. il avait réussi à se faire donner deux fois la médaille militaire sous deux noms différents. C'est lui qui. Ce Moqaddem. il était monté sur un mauvais chameau. Lorsqu'il rejoignit la mission Flatters à Ouargla. les Ahaggar d'un second Moqaddem. demanda à les changer sous lequel avait été présenté contre la croix de la Légion d'honneur. isolé. il A la suite de l'insurrection de 1871. . était d'ailleurs qui a eu sa part de butin. dont relevaient autrefois les Kliouan de cette peuplade. la qu'en s'associant à eux pour exploiter L'année suivante. qui pouvait être en effet le sien.— détriment de celle 198 — Mohammed de la zaouiya de Témacin. Autrefois cavalier du Makhzen de Biskra. En S'rir 1880. des Chàamba le gendre d'un de leurs chefs. pour prier et Son plus cher désir méditer. avec ses deux médailles. il lui était fallut de rester un tapis . se présentant un jour au commandant d'une colonne. était entré au service de la zaouiya de Témacin. le meurtre par le mission i. puis au service d'Ali Bey. il avait tout le physique de son dernier emploi. I Seghir ben ech Cheikh. Il accompagnait la mission sous le nom d'Abd-el-Kader ben Mrad. vêtu de burnous grossiers. Il déclara tout d'abord qu'il n'avait besoin de rien un peu d'eau. il si tant est qu'il ait effectivement droit à ce titre au colonel Flatters par Si Maamar. peu à peu. Le principal instigateur du massacre de nos compatriotes. doué d'un regard à la fois perçant et faux. frère et Khalifat pour les affaires temporelles de Mohammed Sr'ir. quelques : dattes devaient suffire à sa nourriture.

Le plus influent des disciples de Sid Ahmed Tidjani était un indigène de Yambo. entre Ouargla et Tuggurt. projetèrent de lui couper le cou. les Châamba. surtout aux qu'il avait entreprise. qu'ils connaissent à peine de nom les chefs Ainsi. SCS services ne sont plus utilisés par ses anciens maîtres. il succéda à son le fils maître. Autant pour éviter ce fâcheux destin. puis fut lui-même remplacé à sa mort par de prière (Sedjada). Il n'en est pas tout à fait de même de celles du Hedjaz. paraît-il. qu'afin de continuer jusqu'au bout l'exploitation il se rendit d'abord à Laghouat. Abd-el-Kader ben Mrad passait une partie de ses nuits le cuisinier de la mission. des burnous de fine laine du Djerid. tantôt aux uns. Au retour. Mais les présents dont il était chargé pour les chefs de la zaouyia profitèrent. et faire donner. Abd Allah. pour tirer tout le parti possible de la situation.— En 199 — même. il s'entendit bientôt avec eux. de sucre. de farine. de Biskra. un ancien garçon de l'hôtel du Sahara. Chef de zaouiya de Témacin. une tente comme celle des officiers. Depuis. partout. Mal vu des Châamba à l'origine. Sid la el Hadj Ali ben el Hadj Aïssa. puis partit ensuite pour Témacin par Bou Saada et Biskra. puis plus tard avec les Touareg. trouvant qu'il s'était fait la part trop belle. Nailiat de la dernière ville. livrant tous deux de fréquents assauts au rhum emporté pour couper l'eau malsaine du désert. qui dégarnirent bientôt la caisse de la mission. de l'ordre en Algérie. tantôt aux autres. des cadeaux ruineux. en Afrique. nous avons pu constater nous des relations suivies avec le Moqaddem du groupe des Tidjaniya du Caire. avec Entre temps. . et toute une équipe de chameaux pour porter des charges de couscouss. dans petit Egypte. de beurre. de café. des haiks de soie. l'indépendance des branches locales est complète aujourd'hui.

Jloqaddem actuels Sid Soliman Kebir. comme fils Hadj Ali. dirigée par Sid Soliman el Kébir. leurs chefs ont conservé. Aussi son chef Cheikh Moussa est-il resté en relations avec Si Mohammed S'r'ir. Cheikh Moussa.— de celui-ci. en existe deux encore dans cette der- Bien que d'une manière générale le rôle politique des Tidjaniya de Témacin leur ait aliéné les Kliouan de l'ordre. la propagande des doctrines dont le était devenu représentant attitré. au contraire. 200 — ben Si Mohammed S'rir Ahmed el Tidjani. L'autre. dans cette il région. un certain ascendant sur ceux de Yambo. Médine et à La Mecque. . dont les la clientèle se recrute parmi Harrar. par les gens de I . au particulièrement. est fréquentée surtout par les Barabra et les Abid. reçoit de nombreux de l'Algérie. les indigènes de pèlerins de la Tunisie et race arabe. il Actuellement nière ville I . fondée par ses soins Une première zaouiya fut en effet à Yambo puis plusieurs autres à . Taîné Les relations de famille qu'avait Sid Hedjaz. devaient lui faciliter Hadj Ali. A La Mecque. en dehors de de Sid el l'Algérie. Mohammed el Aïd. Mais la direction des Tidjaniya d'Algérie revint de nou- veau dans sa famille avec Si de ses enfants. une des zaouiya.

— complètement à 201 — Témacin. « Le droit suit le droit. Rinn. et de Dieu » i. Bien que s' appuyant sur la règle des Khelouatiya. — Tout de la ce qui vient de Dieu doit être respecté ». des rivalités qui nuisent au prestige de l'ordre. est et que dans cet amour aussi (Kafer) 2. n'est évidemment pas à La Mecque que de sem: 2. livre dicté par lui à El Hadj Ali. Allant même plus loin. s'est fait le propagateur le prouve Formulées dans le « Kounache ». Au reste. . Duveyrier L. couleur de la côte et les nègres d'Afrique. compris bien que croyant » Ce 1. c'est au Chadelisme surtout qu'il a demandé ses inspirations. Elle échappe l'influence de Cette situation provoque souvent. principe qui équivaut au « triomphe du droit par « tolérance dans la voie le droit. Tidjani admettait que « tout le « ce qui existe est « l'infidèle « aimé de Dieu. H. Nous avons dit que Sid Ahmed Tidjani avait donné dans son enseignement une large part aux idées libérales. Le caractère beaucoup plus philosophique qu'extatique il du mysticisme dont de reste. entre les Tidjaniya du Hedjaz. les tendances générales de son premier chef n'étaient pas faites pour plaire dans un tel milieu. Touareg du Nord. les bases de sa doctrine se résument en un double principe.

et petite ville de l'Irak Arabi. bien que représentée par plusieurs zaouiya. tout en continuant de professer.— bateurs. ne tarda pas à se donner comme chef d'une voie nouvelle. l'ordre des Refaiya prit naissance au vie siècle de l'Hégire. le mysticisme extatique basé sur « l'anéan- . REFAIYA Issu de la « Tariqa Kadri3'a ». neveu et élève Abd il el Kader el Djilani. son rôle y a toujours été des plus aujourd'hui. comme Mais les Kadriya. s'amoindrit-il encore. Aussi. à située Oum Obéida. Sid Ahmed de Sid er Refai. la confrérie n'a-t-elle pas d'attaches villes saintes. entre Bagdad Bassora. Peut-être. malgré les relations locales de la famille de Sid el Hadj Ali. restreint. Son fondateur. était venu s'y établir pour propager de ce côté la règle de son oncle. profondes dans les Malgré la grande réputation de savoir et de vertu de son fondateur. alors 202 — blables opinions pouvaient rencontrer même les beaucoup d'approque l'application qui en a été faite en Algérie ne auraient pas rendues suspectes.

égards. sa doctrine s'en sépara en attribuant très explicitement au « Cheikh el quasi divine. Elles l'avaient conduit à un état voisin du Fakirisme indien et les mani- festations sont devenues traditionnelles dans son ordre. au second. comparable à celle Triqa » une mission du Prophète. sous ce rapport. et substituant son autorité à de Sidi Abd el Kader. malgré son antique renommée. les Refaiya admirent avait reçu directement sa mission dans Cheikh Il une extase. et a fait condamner la confrérie. C'est à l'école ainsi créée que se rattachent les Badaouiya. à d'autres Abd el Kader el Djilani n'était el pour ses adeptes qu'un grand saint. Il se déclara investi lui-même de celle cette mission. Au tions premier s'adresse une vénération profonde. par quelques ordres plus orthodoxes._ « tien 205 — l'homme. . est de fait que Sid er Refai avait poussé dont fort loin les pratiques extatiques. Comme que leur plus tard les Badaouiya. qui se traduit par les invoca: la Refoi! la Refai! dans la Hadra. Ahmed Refai devint aux yeux la des siens le dépositaire d'une sorte d'émanation de Divinité. plus rapprochés des Kadriya. presque un culte. « tissement de l'individualité de dans l'essence de Dieu Identique à la leur. ses disciples adoptèrent aussi son vocable. par l'absorp».

— 204 — Les plus importantes consistent pour les Refaiya actuels à avaler des serpents. dans le dernier ordre. au point de vue doctrinaire. le développement des phénomènes pathologiques de l'hystérie . est presque l'objet même de la Triqâ. qui permettent au fidèle de se livrer à ces pratiques. lorsqu'il y a quelques années. la Elle peu d'émotion provoquée parmi masse des Khouan. considèrent surtout la célébration de ces rites particuliers comme un hommage rendu à leur chef. en S5'rie. en Egypte. que. Ils s'habituent en outre à se précipiter sur des dards aigus. à s'en traverser les bras et les joues. Tous les adeptes s'y adonnent avec ardeur. des charbons enflammés. données par de petites congrégations locales. Sous ce rapport. Toutefois. une minorité d'exaltés recherche seule ces manifestations explique le hystériques. au contraire. ils peuvent être Aissaoua. les séances publiques. Les Refaiya. qu'ils ont précédés dans cette voie. EUe n'a pour eux qu'une valeur coramémora- Cette nuance doit être notée. Il en résulte. en effet. à se faire fouler aux pieds par comparés aux leurs Cheikh. tive. confréries il existe entre les deux une différence marquée. Dans la seconde. à se rouler au milieu de brasiers ardents. Outre les divergences fondamentales qui existent ainsi . furent interdites en Turquie.

avec les Refaiya. d'une voix rauque. Les Refaiya. . pour empêcher de confondre les Coptes. leurs rituels bien que présentant quelque analogie d'ensemble. différent quant Les premiers ont en Orient i . puis se lancent en avant d'un mouvement lentement. une frénésie crois- Le K La Illaha ill Allah ». — . une sorte de passe-poil rouge à l'extrémité d'un des bouts du turban qu'ils laissent flotter sur l'épaule. On a vu comment ces derniers règlent la leur. après un premier temps. devient bientôt un véritable hurlement dans lequel on distingue à peine encore Allah En le Hou ! Allah Hou ! Egypte. en se mettant les bras Djellala. plus vite ensuite et avec sante. emploient les tissus de laine. qui portent turban noir. pendant la lequel répètent il « la Haoula ou Kouata illah bi Allah » — n'y a de force et de puissance qu'en Dieu — avec un balancement rythmique de la tête d'avant en arrière et d'arrière en avant. une ancienne loi. bien connue par la description qu'en a donnée Théophile Gautier. la Kherga blanche.— aux détails. entre les Refai5'a et les Kadriya . Dans l'autre ils confrérie. aussi néanmoins adopté une autre marque distinctive. Ils ont I. jeté du fond de la poitrine. Ils sur les épaules pour le Dhikre el alors se jettent en arrière d'un seul bloc. encore en vigueur. Celle des seconds est noire La Hadra des Rafaiya. n'est comparable à celle des Kadriya que comme effet général. oblige les premiers à se servir de cotonnades noires pour leur coiffure. solidaire. 205. au contraire. les adeptes forment une chaîne.

plus répandu de tous. en Egypte. les Refaiya ne sont guère connus. Leur place dans l'Islam les est fort différente. Kadriya sont l'ordre plus populaire. l'ivresse hysté- rique se produit et. ils les Chorfa de sa race se multi- se séparèrent en groupes rivaux. préparés pour la scène finale. la d'origine communauté deux ordres a aussi maintenu : dans les quelques traditions similaires les ainsi les Refaiya. en dehors de la Turquie. Pendant plusieurs générations. Leur développement n'en rappelle pas moins celui des premiers. ont partout en Orient des couvents com- parables de tout point aux Tekkié de ces derniers. à côté de ces dissemblances. et où le genre d'existence L'histoire des est identique. héréditaire dans sa famille. pendant que quelques-uns se précipitent sur les serpents. ainsi Les Khouan d'Egypte se rendirent indépendants dès la fin du vue sièele. deux confréries présente d'ailleurs des analogies remarquables. Puis pliant. en Syrie. comme Kadriya. Sid ed Refai avait laissé une nombreuse postérité. sous le Khalifat de Cheikh Ali . en lan- çant au saint l'invocation suprême : ia Refai ! ia Refai ! Mais. par sa forme.— L'exaltation 206 — la plupart s'affaissent parvient à son comble.Arabi et dans l'Arabie. épuisés. dans l'Irak. sur les brasiers. sa succession resta sans partage. que dans l'Orient de langue arabe. Au contraire. le En le effet.

des Habibiya.— Chabbak. quelque complète qu'elle soit déjà. un peu un ancien MoqadIbn Abi el deni de la zaouiya d'Ouacith. Yacin. en Syrie et en Arabie. y est dirigé par Cheikh Abou el Houda. chef d'une autre fraction. Il en fut de même successivement des Saadiya. dans continue l'Hadramaout. . Dans l'Irak Arabi. peut être regardée comme une nouvelle confrérie. du fondateur de et famille perpétuée dans le pays. En branche d'Alep i s'est divisée il y a un demi- diya fondé par donnant naissance au groupe des Refaiya Sayale Cheikh Hassan Effendi. Syrie. au vocable de l'ordre primitif. Cheikh Sedjada de la branche locale. l'indépendance des congrégations restées fidèles à la règle. au Yémen et au Hedjaz. à son tour. d'abord. qui. en Tur- quie surtout. Elle a aujourd'hui pour chef Sid el Mohammed plus tard. En même s'accentuait s'étaient temps. des Djendalij'a. ce Fort peu important tout rameau est devenu très puissant depuis Il quelques années. la siècle. cette désagrégation à s'affirmer. Dirigée actuellement par Cheikh Mohammed bcn Cheikh Ali Kheir Allah. etc. dont la arrière-petit-fils s'est 207 — l'ordre. I. sous le nom de Kazrouniya. devint. el Omar le Feredj Kazrouni. Actuellement encore. où des succursales créées sur la côte du golfe Persique.

Mais recommencé et paraît devoir se prolonger. dirigeait une modeste zaouiya fondée sous le vocable de Sidi Ali ibn Nouaïm. Depuis quelques années. une petite congrégation prenant le nom d'Ananiya. Ils sont d'ailleurs peu nombreux au moins comme habitants du pays même. et à la tête de il laquelle avait succédé à son père Abd el Fatali el Hariri. des autres Refaiya. l'affaire fut portée devant Khédive.— fils 208 — Kiosk par le le du précédent et qui. installé à Yildiz sultan rôle Abd ul Hamid. joue auprès du Padischah même que Cheildi Zaffer. Cheikh Abd el Ouahab el Anani. . seulement I . qui voulut l'empêcher de porter la Kerga noire. Mohammed Yacin. les Refaiya du Hedjaz forment naturellement depuis longtemps un rameau indépendant. Cheikh el Bekri. Il n'en fallut pas davantage pour provoquer un conflit. une actuel zaouiya à : Djeddah i. pendant que le Cheikh Islam défendait les prétentions des Ananiya. et comptent . deux à La Moqaddem Cheikh Abdou Achour. au commencement En de iS86. simple Moqaddem de l'ordre. et les dissi- dents obtinrent lutte a momentanément gain de cause. la Étant donnée cette situation générale. le En dernier lieu. Son chef. s'est séparée avec éclat. dans lequel les Refaiya purs s'appuyèrent sur el le Cheikh el Troûq. Egypte. Cheikh el Anani refusait de reconnaître l'autorité du Cheikh el Sedjada.

les Khouan des différents pays s'y rendent en foule pour le même motif. originaires d'Egypte. un des le conseil- religieux du sultan. Cheikh Asar Djelloul. dont Ak'il. ont introduit dans les différentes zaouiya des étrangers. Ils subsiste ainsi quelques relations entre les Refaiya du Hedjaz et ceux des autres régions. Sa position lui a permis de prendre un ascendant marqué sur les Refaiya des viUes saintes. viennent dans la capitale de I. Mais de nombreuses fondations pieuses affectées aux pèlerins de l'ordre.— Mecque i 209 — de Sid er Refaï. les Oukhil. A l'époque du pèlerinage. chargés de la gestion de ces biens. . de Syrie et de Turquie . Sid Amed er Refaï ben Sid en même temps Moqaddem d'une des zaouiya de La Mecque et Cheikh el Sedjada pour la ville. On lers a vu que Cheikh Abou el Houda. Moqaddem actuels : Sid Ahmed er Refai ben Sid Ak'il. lorsqu'ils considérables. est le et une à Médine. Ces relations ont pris pendant les dernières années un caractère particulier. Il est d'usage à Constantinople que les Cheikh des parfois confréries du Hedjaz reçoivent des présents. La plupart des Khouan la famille indigènes sont exclusivement serviteurs religieux d'une branche locale de chef. est chef d'une branche syrienne de l'ordre.

C'est donc à bon droit que les Refaiya du Hedjaz ont été signalés comme comptant au nombre des ennemis les plus acharnés de la civilisation européenne. . dans les quelques pays où ses adeptes forment des groupes importants. les chefs des Refaiya de La Mecque. et pendant toute la durée de l'agitation panislamique . dont il le n'est d'ailleurs qu'une branche. Médine comblés des furent partculièrement Djeddah marques de la et faveur impériale. En outre . du gouvernement métropolitain.— l'empire. les doctrines mystico-extatiques la confrérie. el indépendamment de l'investiture du Cheikh demandent celle Troûq . ils lui servirent d'agents de propagande parmi les pèlerins. les ten- dances exaltées de la faire classer doivent en toute façon parmi celles moment donné menacer l'ordre dont l'existence peut à un public. un traitement sous forme de dons el en nature. est affecté à ceux des Cheikh Sedjada. Au reste. 210 — . les Il n'en fallut pas davantage pour mettre à sa dévotion. Sur l'intervention du Cheikh Abou el Houda. Tou- . qui. SAADIYA L'ordre des Saadiya a beaucoup d'analogie avec précédent.

La concurrence et les était fort Saadiya qui. il y a quelques années. grâce à la acharnée entre les Refaiya fertilité d'esprit dont leur et chef fit preuve en cette circonstance dans d'autres. el Djebaoui lui-même. de sa vie un grand saint. Sid Hamouda la el Kliodri. avait débuté par une existence agitée. cette Pour donner plus de poids à l'un deux. réussirent à établir la supériorité de leur saint aux yeux des populations du Nil supérieur. pi3r Damas et des- I . 211 — les cette origine paraissant subordonner en quelque sorte à ces derniers. alors qu'il naquit en siècle dans la seconde moitié du vif (H). Cet anachronisme s'explique par les nécessités de la propagande au Soudan en vue de laquelle a été fait spécialenient. Moins habiles. l'opuscule où nous l'avons découvert i. a cru devoir faire naître le fondateur de l'ordre. er Refaî . leurs rivaux se virent bientôt supplantés. en 460 de l'Hégire. la plupart de leurs chefs la rejettent formellement. Il appartenait à une riche famille de El Roudhat cl Bahiat. . — Boulaq. Saad ed Dine el un peu avant Sid Ahmed réalité Djebaoui. actuellement Cheikh Sedjada de branche égyptienne. au cours de laquelle il eut souvent occasion de se montrer peu Au reste. Sid Hamouda el Khodri.— tefois. el manière de voir. Saad ed Dine la fin quoique devenu sur rigoriste.

par une force mystérieuse. des forêts dont tallé il devint le chef. après l'avoir marqué de sa salive. Un sur le jour. Saddok. Adnan Oulad Haoussin. insrepaires dans les il impénétrables de l'Haouran. coupa impunément les routes entre Bag- dad et Bozra. en signe de pardon.— Abou Mâad. C'étaient le deux autres envoyés célestes. sans : — — cœur rendit la vie à ses fruit membres. des chorfa el et ses désordres l'ayant fait chasser il se joignit à une bande de brigands. Saad ed Dine trois il se tenait alors perdre toutefois connaissance. Pendant de longues années. laissant l'extase Saad ed Dine el Djebaoui plongé dans de cette miraculeuse apparition. Le Prophète toucha sa poitrine en disant « Estarfer Allah » et le repentir en pénétrant son pardonne. de la branche de Djâafer orageuse son paternelle. Tous trois disparurent lui tendait nant un ensuite. chemin où Prophète et en se rapprochant d'eux fut précipité à terre de son cheval. attiré Autant jusqu'alors les exploits du futur saint avaient une réprobation universelle sur son nom. et frappé d'immobilité voyageurs arrivèrent embusqué. ô Dieu. Puis Mahomet. autant l'éclat dès lors de ses vertus lui concilia le respect et la . 212 — du Prophète. Sa jeunesse fut de la mai- cendait par son père d'un ancêtre par sa mère. pre- un de ses compagnons. dit la légende. le que donna au coupable prosterné.

disciples. » semble néanmoins que le souvenir des fâcheux exemples de sa jeunesse n'ait pas été entièrement effacé par ceux de sa vieillesse. d'après la règle de Sid Puis il Ahmed el Refaï. Ce comme el Cheikh. 213 Il passa d'abord de longues années dans une retraite sévère. dans quelques branches de sa famille. le cite notamment dans son dictionnaire ayant eu des moeurs fort légères. se rendit à La Mecque où au service de séjourna assez et fut attaché il la longtemps Grande Mosquée. adoptèrent bientôt chaque jour plus nombreux. qui s'étason vocable.— vénération de tous. Des désordres assez graves se Il produisirent. à laquelle il il s'était fait initier. s'adonnant aux pratiques de l'ascétisme le plus rigoureux. Jeté en prison par le gouverneur de . Saad ed Dine ne les cessa. il Damas. disent ses historiens. De là revint dans son pays natal et se fixa enfin à Djaba près de Damas. à un âge très avancé. en grant délit d'adultère avec la femme d'un habitant de la ville. quelque temps avant sa nomination. « de donner preuves d'une sainteté évidente. Khalifat des Saadiya d'Alep à la fin du x^ siècle. Ibn KheUikan biographique. Les blirent près de lui. et sa confrérie ne tarda pas à se répandre dans l'Orient. en effet. à plusieurs reprises. Jus- qu'à sa mort. Abou Ouafa ibn Mohammed. avait été fla- surpris.

— ne put en faites 214 — la zaoui3'a d'Alep. Il fallut pour y mettre fin. Le grand maître de l'ordre en Syrie. refusa de s'y soumettre. Son aventure avait fait quelque bruit. étant sortir qu'à prix d'argent. provoqua des rixes sanglantes. la rivalité des deux Cheikh détermina entre leurs qui. lui ayant enlevé beaucoup de se décida à partir Abou el Ouafa pour la zaouiya métropolitaine avec de riches cadeaux. Sid Saad ed Dine ibn Mohammed. pour les mettre en demeure de se conformer à sa décision. et il revint avec l'autorisation de rouvrir sa zaouiya. de Saad ed Dine. C'est sur ses entre- que son père. Sa démarche finit cependant par être suivie d'un demi-succès. Néanmoins une circulaire envoyée par celui-ci aux Khouan d'Alep. Un frère d'Abd er Rahim Vy avait devancé. qu'un fils du grand maître. Celle d'Abd er Rahim n'a3''ant pas été fer- mée. Cheikh Abd er Rahim. Mais Abou el Ouafa. plus énergique que son père. vînt sur les Heux. crut donc devoir le destituer et lui donner un remplaçant. partisans. et il éprouva d'abord quelque peine à se faire entendre. chef de il mort. Abd er . beaucoup plus que comme du Cheikh de Damas. disciples une animosité à la longue. fut appelé à lui succéder. auquel cette décision fut notifiée par le Cadi d'Alep. déclarant se considérer comme féal héritier de son père.

les contrées situées à l'ouest Mais comme dans toutes les confréries chérifiennes . en Afrique. La branche égyptienne. L'ordre possédait alors des sucel Kebir. et le développement de la confrérie s'en ressentit. dans toutes de la Perse. Oufaiya et les Abd es Sellemtiya. Les faits de ce genre paraissent avoir été assez nombreux dans l'histoire des Saadiya . se rendit indépendante. fils du précédent. cursales. au début surtout . Abou el Ouafa. qu'il son atteignit apogée. envoyé en Tripolitaine comme Naïb.— 215 — et Rahim fut exilé dans une petite zaouiya de la campagne. him chef de la branche égyptienne.. fondée du vivant même du saint. la des descendants de Saad ed Dine el Djebaoui n'avait pas tardé à déterminer quelques scissions. par un de ses fils. Ce fut au commencement du xi^ siècle sous le pontificat d'Ibra. céda ensuite à son père comme En Tripolitaine. ceux de Syrie se divisèrent en les deux fractions. les Saadiya cessèrent dès le milieu siècle la du xie Vers même de former une congrégation importante. qui sont encore aujourd'hui représentés par les zaouiya d'Alep et de Damas. comme rivalité dans celles des Kadriya. des Refaiya. . Cheikh Younès. Mohammed Chems ed Dine. sous son deuxième chef. etc. en Asie. dans toute l'Egypte et la Tripoli- taine. époque. qui suc- grand maître.

Les autres ont perdu toute cohésion. l'influence religieuse. sont isolées pour la plupart. rivaux par cela même. qui présente d'ailleurs ressantes. avec faits au Soudan. nier. et moins importants dans les différentes régions de l'Arabie. les Aujourd'hui. Celle d'Alep dirigée par Cheikh Kaddour. Dine el Djebaoui . des particularités inté- On sur la a route de cette vu qu'après avoir trouvé son chemin de Damas. l'ordre des Saadiya plus élevé illustre ne tient pas dans l'Islam un rang que celui des Refaiya. ville. et il peut n'être pas inude dire quelques mots de sa doctrine. Saad ed s'était fait Refai. vient ensuite. dans l'Haouran. due à l'hérédité de se confond avec l'influence nobiUaire. surtout. les adeptes qu'ils ont Saadiya d'Egypte représentent. Son rôle dans l'Is- lam tile est donc plus important. parmi les confréries seigneuriales. Elle est sous la direction de Cheikh Hamouda el Khodri. et leurs zaouiya.— Un plusieurs 2l6 — autre groupe se constitua dans l'Irak Arabi. la branche prin- cipale. de sa règle. Considéré uniquement au point de vue numérique. dans lesquelles la Baraka. assez nombreuses cependant. et hostiles les uns aux autres. Mais l'origine plus de son fondateur le classe avant ce der. tous dirigés par Chorfa de la race de Saad ed Dine el Djebaoui.

— Pardonne. En souvenir est du pardon accordé au saint par le Prophète. » est la principale formule. ne se donne pas uniquement. que ten- . dans quelques branches syriennes tout au moins. a conservé la doctrine du mysticisme extatique des Refaiya et celle de l'essence presque surnaturelle du Cheikh el Triqa. « Estarfer Allah el Azim » — « etc. bien des égards. il 217 — Il Bien qu'ayant plus tard approfondi personnellement resta fidèle à l'enseignement qu'il avait tout d'abord reçu. L'extase de Saad ed Dine. comme dans les autres confréries. dont le verset du Koran Dieu. après l'apparition des que le envoyés à célestes. les Saadiya rappellent ainsi les ils A Refaiya dont sont issus. par la poignée de main rappelant celle du Prophète à ses disciples. a aussi laissé sa trace : C'est surtout l'extase dans l'invocation au Prophète. il a légué à sa confrérie les pratiques faki- ristes qu'on retrouve chez les Aissaoua.— les sciences religieuses. premier degré de l'initiation. ô C'est en remettant au néophyte salive. Enfin. comme Sid el Refai. Mais ils s'en écartent sur quelques points. Le Telquin. un fruit mouillé de sa Cheikh l'admet au nombre des Mourid. L'histoire de la conversion de Saad ed Dine el Dje- baoui en partie une légende symbolique dont la trace se reconnaît dans les règles de l'ordre. la péni- tence est restée la base de l'initiation.

qui vécut longtemps à l'écart forêts hommes dans les montagneuses d'Haouran. Et Dieu les a « doués « « « d'un parfum dont les effluves 1' se répandent autour d'eux. Si on leur parle de Saad ed Dine leur bouche.— dent les 2l8 — des ils Saadiya. Ils sont. Enfin. à l'imitation de leur Cheikh. « eux. des Khouan extatiques. « les montagnes les animaux sauvages . « el Khodri. vet el Oûf. leurs tendance et l'état auquel arrivent quelques-uns d'entre eux. Sid « « Ahmed Mohammed coeurs. Les monmontagnes. el (Cheikh une écume de Djebaoui). perles sort de apparence. Partout où saluent et les « tagnes sont les piquets (aoutad) de la terre. décèlent la pureté de leurs Us reflètent la majesté de Dieu. ils « Ami» En semblent ivres. que « Leurs visages. Ils « parcourent les montagnes comme . se trouvent décrits d'une façon pittoresque. des furieux. Sous la forme à la fois mystique et imagée que revê- tent souvent les instructions de ce genre. dit l'auteur de ce brevet. les piquets des ils vont. dans un bre- du Moqaddem égyptien Si Mostefa nous avons eu entre les mains. On « les prendrait « l'amour de pour des fous mais c'est seulement Dieu qui se manifeste en eux. dans des lieux sauvages. Ce sont donc plus encore que les Refaiya. la s'adonnent parti- culièrement à Kheloua.

grands tambours plats alors qu'en général elle n'est flûtes. musique d'accompagnement des poèmes chantés pen- gauche dant la cérémonie. composée que de ceux-ci et L'initiation à la Kheloua est longue et compliquée.000 « Estarfer mille fois par jour. » simple prose. de droite à la de gauche à droite. pendant dont la durée lui est fixée^ l'adepte doit répéter ou 100. chez les Refaiya à la formule La Les mouvements de et tête sont latéraux.000 Allah ! fois un autre ! verset de pénitence etc. même de temps que des Tobol. en sifflant. en principe devrait se : dans un lieu obscur. puis. l'invocation ! « la Saad ed : Dine « » s'ajoute illaha ill' comme AUah ».— « sont leurs « vents les saluent ±1^ — les compagnons. une En forme particulièrement farouche. Les arbres leur obéissent. rins ronds. Les prières obligatoires ou recommandées dans confrérie. 75. l'hystérie religieuse revêt. Dans la Hadra qui . comprend des Djouf petits tambou.000 . » : Vient ensuite une invo- cation au prophète « Allah houmma soli ala sidna Mohammedin » etc. chez les Saadiya arrivés au délire extatique par la Kheloua. faire la même par plusieurs caractères . se distinguent de particuliers. Enfin. : la Allah Ghafour. Elle comporte pendant tion du verset une première période la récitadu Koran a Estarfer Allah el Azim ». et qui se récite également 75. une seconde période. en .

420 74-644 10. déterminé par la valeur numérique des suivant l'une des méthodes que nous avons indiquées. Houa Hak Haï 44. : l'attesta- première série. comprise dans la qui se répète 100.760 . des noms de Dieu.000 fois. — seulement après avoir accompli que le Mourid entre en « Azlat éloignement du — puis en Ses prières consistent alors à répéter.— OU 100. Chacun est repris un nombre lettres. 93.000 fois.884 fois. Il n'est fait d'exception tion que pour El Djellala de l'unité de Dieu.100 la Kaïoum Kahar Ceux de seconde : Ouahad Aziz Ouadoud Ouahab Mouahiman Basiet — — 47. C'est 220 — monde toutes ces obligations an en Nas » Kheloua. et Les autres noms de cette Allah série sont répétés : 7.630 10.754 — 7-759 77-590 5 47.092 — — — — — fois.460 — 53-940 — . conformément indications de son Cheikh. compris dans une double de fois série.

99 noms de Dieu. est encore plus long. avait été jeté en prison.000 Aït el Sourate Yacin. autant de el fois que possible. institué par un Khalifat de l'ordre. les En De même. et lui dit la légende. ed Dine el 1' « Ouerd des sept jours » institué par Saad Djebaoui. Mohammed el Houzema.000 70.000 fois. Sept jours après. Le Prophète.000 Mercredi Jeudi la : : Salât el Maazzama : 70. outre. de dons de toute sorte. autant de fois que possible. et verset la : Koursi. lorsqu'il aurait récité un ouerd de chaque jour de versets la semaine.000 — El Djellala verset de l'invocation au Pro- — — — Mardi : phète en entier 70. et les Vendredi Sourate Ouakea. composé seulement de du Koran. savoir : Samedi verset de l'Estarfer : 70. Tels sont un Hezb composé des 99 noms de Dieu. accusé d'innovation doctrinaire. de Sourate de Vache. Dimanche Lundi première moitié de l'invo- cation au Prophète (Salât en : Nebi) 70. Ce Cheikh. lui apparut dans son cachot promit de le délivrer. et qui se dit souvent avant la Hadra. Mohammed el Houzema avait rempli l'obligation qui lui était imposée.- — 221 — Saadiya ont un grand nombre de prières spéciales. . Un autre ouerd. qui consiste à réciter chaque jour un verset différent : du Koran. de le combler de grâces.

à Dieu.— 222 — et composé la prière à laquelle est resté attaché son nom. intitulé Bosth el Triqà Salek ». qu'il s'adresse Mercredi trouve le : tous les versets du Taâlil. Cette prière consiste à réciter : Le vendredi vent les : tous les versets du Koran où se trou- mots : : Louange à Dieu. prière. Lundi : ceux du Touakkoul. tous ceux où se trouve le mot : « Estarfer » Dimanche renferment le : tous les versets de Tesbhiat. le zèle des"Saadiya actuels ne semble plus assez ardent pour leur faire entreprendre de pareilles tâches. salut. s'en tiennent-ils de préférence religieuse. en Egypte. à l'ange Gabriel. L'auteur « d'un petit el opuscule manuscrit. A dire vrai. Jeudi : tous les versets qui renferment une une invocation. en Turquie. ceux où : se mot Taâla. ou : je compte sur Dieu. auquel nous empruntons ces détails. : ceux qui mot gloire à Dieu. Tout au moins. au Prophète. assure que ces [prières ont été d'un usage très fréquent. . : où se trouvent les mots : avec l'aide de Dieu. etc. Mardi ceux où se trouve le mot : Salem. Très-Haut. celles-ci ont-elles été interdites de l'hystérie dans Ueux en Syrie. les aux simples manifestations Encore publics. Samedi pardonne.

W. il est même spécifié que la poussière des chaussures des extatiques. Cet attouchement doit leur assurer la la participation de Baraka^ transmise ainsi par les vicaires du saint sur la terre. On « sait Tous les guides la décrivent d'après l'attachant ouvrage de E.— comme pour 223 — en est de les Refaiya. Il même dans ce dernier pays. auxquels se joignaient souvent d'autres Khouan. admettent qu'ils s'y préparaient par une retraite rigoureuse. formaient. dans la rue. tiques comme origine mosquée. un plancher humain sur lequel l'ordre. Lane. dont nous avons parlé. celle du Doseh. les The modem Égyptians. a une vertu particulière- ment à bienfaisante. en s' étendant. une conviction réelle animait les Cheikh de l'ordre. héros du Doseh. Il est probable qu'à l'origine et même à une époque encore récente. le Cheikh el Sedjada de la . depuis quelques années. Plongé dans . enfants surtout. en quoi elle consistait. L'emploi du cheval convenait mieux l'illustre origine des Chorfa Saadiya. pour se rendre à Cette coutume se rattache. chez lesquels les Khouan. côte à côte. Les membres de la confrérie et beaucoup de croyants avec eux. aux praleurs des Refaiya. Saadiya. se font fouler aux pieds par les Cheikh. d'une cérémonie qui jouissait parmi les touristes d'une réputation méritée. » A certaines fêtes. s'avançait à cheval. Dans le brevet du Cheikh Mostefa el Oûf.

Réservé usage exclusif. croyonsDoseh subissait. Les accidents qu'on eût pu craindre. spécial. devenaient ainsi faciles à éviter. Aucune précaution de ce genre n'était prise autrefois. A la suite de compétitions. le privilège du Doseh également au Cheikh el Troûq sous Méhémet Ali. 224 — un monde mystéles véritables leur esprit était ravi dans la rieux . sais . il un dressage était . de l'Imam de Cheikh el Dechtouchi et . En le effet. jusqu'au bout présidé à cette célébration est d'anciens mystères. derniers temps. Néanmoins. pendant cérémonie. de l'Imam Chafei . c'est-à- dire sur les parties charnues ou suffisamment protégées des fidèles étendus. : teint d'une pâleur morbide. il nous. permis de se demander si une foi a absolue. à une époque où la ferveur des temps primitifs s'était fort amoindrie. Toutefois» extatiques sont confréries rares aujourd'hui parmi les chefs de en Egypte. Il paraît prouvé que le faciès du Cheikh des Saadiya n'a jamais cessé de présenter les caractères qu'il devait avoir lèvres. Mais le Cheikh des Saadiya figurait cinq aux Mouloud fois par an et de jour dans la cérémonie avait été attribué : en Nebi (fête de la naissance Hanafi. écume aux il yeux injectés de sang.— l'extase. du Prophète). conduit et en main par ses deux deux palefreniers posait pieds exactement aux mêmes endroits que ceux-ci. d'admettre que dans à cet les cheval du y a lieu.

la confrérie des Saadiya. quelques fidèles. quand il se rend aux mosquées des cinq il Mou- loud. la I . Elles pouvaient contribuer à développer leur influence dans un pa3's féodal comme la Syrie ou parmi les Fellah du Nil. Moqaddem actuel : Cheik Djellal abd er Rahim. au Doseh de nuit. 13- . le la mesure qui sous sa forme pri- Doseh n'existe plus qu'à l'état de souvenir. Si l'ordre peut être un sujet d'étude intéressant. Le Cheikh contraire. en Syrie. l'a interdit Depuis mitive. On que créé voit qu'en Egypte. la zaouiya à La Mecque branche locale n'a aujourd'hui qu'une i. dans ce pays. Toutefois le Cheikh des Saadiya trouve encore devant sa porte. même. Elle ne paraît pas y avoir jamais plus importante. avec l'humeur scholastique des Mecquois et des Médinois. obtenir qu'un seul Bekri ne put et . bien fort importante encore par le nombre de ses adeptes. plusieurs succursales perdu de son ancienne puissance spirituelle. au Mou- loud de Cheikh el Dechtouchi. mais ne devaient pas s'accorder avec l'esprit indépendant. bien qu'ayant. à un degré moindre. lors de la conquête du Soudan. sur lesquels passe à pied. a beaucoup Il en est de Au été Hedjaz. les Ce fait s'explique naturellement par tendances aristocratiques des Chorfa de la famille de Saad ed Dine.— 225 — el de Cheikh Younes.

au Hedjaz. dès le début. EMIRGHANIYA L'ordre des Emirghaniya. . dans tout le bassin de la mer Rouge et au Soudan Egyptien. 226 — cependant qu'un rôle qui le représente n'a dans les villes saintes. ou mieux Emir Ghani.où sa famille resta pendant plusieurs générations. petit Ksar de Salamat. Mohammed Oihman mencement du el Emir Ghani naquit au comen 1208. a une importance particulière. ainsi appelé d'un surnom patronymique de son fondateur. où eut pendant longtemps elle s'était une grande situation. Ses ancêtres. Mohammed Otliman el Emirghani. une attitude politique hostile aux Senoussiya. Chorfa des Oulad Lalla Fathma Zohra. près d'El Taïf. Très répandu en Arabie.— fraction effacé. Mais de la forcèrent s'exiler et d'aller se créer elle un nouvel éta- blissement aux Indes. à La Mecque. avaient été s'établir fixée dans le Turkestan. son origine lui a fait les dernières prendre. Revenue au Hedjaz. et par son rôle durant années. Elle revint ensuite des rivalités avec le grand Chérif. il se distingue par la rapidité de son évolution. dans le 13e siècle de l'Hégire.. Enfin.

: avait une physionomie caractéristique les pommettes colorées. : Un commentaire sur le rite Malékite Un commentaire sur la grammaire. assez Il une longue barbe d'un blanc touffue pour s'étendre jusqu'aux épaules. père du chef des Emirghaniya. montré des aptitudes remarquables bonne de heure parmi les docteurs les rang de son savants plus temps. le tour à tour à la règle des Nakechabendiya. El Khazem El Fiat. étincelant. El Bourak. Un cl commentaire sur un ouvrage de son grand père. Dans sa vieillesse. Tout dans son ensemble dénotait une grande vigueur. où résidait Sid Mohammed Abi Beker. Cheikh On cite entre autres : Un el commentaire sur le Koran : Rahmat el Oualiad fi Ektifat athar Rassoul. . trapu et très brun de peau. Un poème à la louange du Prophète De nombreux travaux sur le Tessaouf. Chareha Michkat Anouar. Mohammed Othman. et le jetèrent Les pratiques pieuses. par I. en partie à à El Taïf. un nez proéminent que l'éclat de ses yeux empêchait de remarquer. en partie le définitivement installée. ment un ouvrage important. portait qui était court. passionnèrent de bonne Initié heure dans le mysticisme extatique.— 227 — La Mecque. la el : science du Soufisme et notamKoutsia. il avait et avait pris longue celles liste de ses ouvrages. jointe à une haute intelligence et à une bienveillance naturelle. le i du Soufisme surtout. ainsi qu'en témoigne la Fort jeune. disent ses biographes.

Ces Faouayd. A la mort de son maître. Mohammed Othman l'y suivit. basée sur la doctrine des Nakeainsi chabendiya. par Said el à La Mecque. alors dans tout son Lorsque celui-ci fut exilé à Saabia. l'enceinte fonda près de el même de la grande mosquée.. les Idrissij'a lui la situation qu'il occupait parmi permit de se poser en rival de la direction Cheikh Senoussi. et il à quelques autres. et Union fidèle (du Mourid avec Dieu) — — Djemayat noms s'appliquent aussi à l'ordre même. et quand tous deux furent de retour à la Mecque. à se donner comme l'initiateur d'une voie nouvelle. les noms de : Anneau des voies el (Kliâtem el Troûq) . que l'indique la formule symbolique dont nous avons ï. d'une boucle. à l'école de Sid éclat. principe de Le mime final de cette formule prend. en raison de sa forme /O». Muphti de Zoubeid. pour de l'ordre il .— Ahmed Bemia. finit par se rallier. à Dar laquelle se rallièrent Khaïza- ran. déjà parlé. . une zaouiya à une grande partie des adeptes de la confrérie. qui admettent I. appartiennent à la le classe des la mystiques extatiques. que représente le mime. Kadriya. Moqaddem indiens. qui rappelle celle d'un anneau. Ahmed ben Idriss. à celle des Nakechabendiya Sid Abd er Rahman. à celle des Kadriya. en dernier lieu. Mais et ne tarda pas à modifier la règle de Sid Ahmed. Réunion des profits (spirituels) El Mouafakat. par 228 — Kadoumi. il celle des Emirghaniya. Chadeliya et Djoneidiya. *.^JiJ Les Emirghani5'^a .

dont Mohammed Othman a légué l'héritage à ses descendants. constitue à proprement jeu de mots. Un des effets les plus apparents du pouvoir dont ces dernières sont ainsi dépositaires. qui ne sont pas nécessairement tangibles ou visibles. Dhikre qui consiste à répéter après chaque prière La lUaha 111' Allah loo fois. aussi bien dans sa nature que dans ses manifestations. sur la forme du mime. Houa Heia Kaïoum Et l'Invocation au Prophète lOO 13 — — — — .— 229 — de « Serr el Baraka héréditaire. Le rités Ils rituel des Emirghaniya présente peu de el particula- remarquables. consonne d'Emirghaniya. Serr Khâtem. Allah. malgré des désordres dont le scandale est sou- vent public. C'est aussi à leur seule Bakara qu'ils doivent d'inspirer encore à leurs serviteurs religieux un respect absolu. ont un Dhikre Aoukat analogue à ceux de quelet de l'Afrique septentrio: ques confréries du Moghreb nale. caractérisée par le nom Khâtem ». Celle-ci revêt chez eux une forme spéciale. el donné aux descendants directs de leur chef. parler un initiale le secret de l'anneau. Allah lOO loo Houa. est aujourd'hui l'abondance des offrandes qu'ils perçoivent dans la confrérie. Il vise la puissance mystérieuse.

en raccourcissant « La Illaha 111' » jusqu'à ce première partie : qu'Allah se fasse seul entendre. ils doivent conserver bout des pieds immobile. d'ailleurs. il suffit de citer la défense faite à ses adeptes. et l'obligation d'une croyance absolue à la sainteté du chef de l'ordre. etc. c'est le cas. à s'écarter du monde. mais même d'assister à leurs céré- monies. Cette dernière croyance se manifeste encore chez tous les Emirghaniya. les Hadra du Dhikre adeptes de et traînent sur la dernière syllabe de Allah.— Dans l'ordre la 230 — el Djellala. consistent à ne memtiers manger qu'au de sa faim. allongent la celle de la prononciation du mot. ils s'assurent les bénédictions Enfin. Ils arrivent graduelle- ment à ne Mais plus dire que Hou-Hou comme . par une réminiscence d'une ancienne tradition égyptienne. qui se fait dans le plan vertical. De plus. Badaouiya. par la lire conviction qu'en se réunissant pour simplement la généalogie de leur maître. corps suivant son le mouvement. des Kadriya. non seulement de s'affilier aux autres confréries. célestes. il leur est interdit de frapper les chats. ils balancement de le ne donnent jamais une cadence accélérée au la tête. garder le silence^ . Les pratiques recommandées de préférence aux bres de la confrérie. aux Quant prescriptions générales contenues dans la de règle Mohammed Othman.

dont il faisait volontiers étalage. à s'adonner aux prières de tout genre. et très s'est passé dans la plupart des a formulé Mohammed Othman Il lui-même nettement sa règle. Elles n'ont donc aucun caractère original. qui . à La cérémonie pompeuse du transfert de ses cendres la zaouiya de La Mecque prouve que son influence le cependant intacte dans grande encore au Soudan. suivant les traditions qui avaient valu à sa famille le surnom d'Emirghani. était pays. des Eulema. Plus tard seulement. avait d'ailleurs de véritables qualités d'organisateur et grâce à l'activité de sa direction. et c'est là mourut en 1268-H.-C). le luxe. Elle était plus Avant de devenir lui-même Cheikh avait été envoyé. Contrairement à ce qui autres ordres. 231 — et. il y comme agent de propagande. fait indépendamment du La Kheloua n'en pas partie. Pour remplir Mohammed Othman. qu'il Il lui attirèrent l'inimitié du parti dut alors se retirer à El Taïf. El Taïf. cette mission. sa confrérie prit un rapide essor. il Chorfa de La Mecque. la prospérité de son oeuvre. méditer sur l'œuvre de Dieu. y forma des succursales à Médine Djeddah. dès sa fondation. contre Cheikh se créa tout d'abord une nombreuse et clientèle au Hedjaz. (1853 J. el Triqa.— Dhikre. par son maître Si Ahmed ben Idriss. Soutenu par el les Senoussi.

il passa ensuite dans le Sennaar. vaincre les moins enthousiastes. embrassa quitta la vallée la règle des Idrissiya qui lui était ainsi apportée. au Kordofan surtout. affiliés déjà pour la plupart. il La route de la côte terre se trouvant interceptée. visita frontière de l'Abyssinie. mer. Dongola. et sur ces populations primitives. évangéli- sant les autres. catéchisant quelques tribus encore idolâtres. l'effet du luxe déployé pour con- par son entourage devait être tout puissant. il fit un long séjour. Chez les Barabra et les Nouba. son voyage devint une véritable marche triomphale. puis par Souakin revint à de son de Sur quelques points. se rendit à Souakin. là encore. Mais.contraire. au . aux ordres Egyptiens. à Dongola. remonta de la mer Rouge jusqu'à Kosséir. Il était suivi d'un cortège imposant. Jusqu'à Assouan. Toute donc la Nubie. Ses miracles furent au reste assez nombreux.232 était alors à Saabia. A Nil. l'envoyé de Si Ahmed ben Idriss aurait été l'objet de . pour Mohammed Othman où du se rendre au Kordofan. race nègre laissa parfois à la dernière partie l'accueil des indigènes désirer. ses prédications ne produisirent pas grand effet parmi les riverains. la contrée qui s'étend sur la entre l'Atbara et la Saabia. gagna Kéneh et s'embarqua sur le Nil pour descendre la vallée. dans voyage. d' Assouan paraît-il.

mais ses succès .— plus efficaces fut la 233 — manifestations spéciales de la faveur céleste. alla le représenter à Souakin d'abord. Sid Hassen essaya de fonder des zaouiya. son ordre fut solidement établi au Hedjaz. Un de ses fils. plus tard. Partout. L'une des du pays. chef des Emirghaniya avait pris au reste le plus sûr moyen de se créer des relations durables avec les habitants du Soudan. en y contractant plusieurs mariages. une troupe de 200 néophytes vint Il le rejoindre en armes. Sid Hassen. qui s'affirma donc à peu près parmême. Une fois. de grouper les partisans de la confrérie. Mohammed Othman songea naturellement à souvenirs de tout genre qu'il avait ainsi lais- utiliser les du Nil supérieur. eut besoin de tout son ascendant pour arrêter la propagande trop énergique que ces nouveaux adeptes voulaient entreprendre en faveur de la confrérie. originaire du pays par sa mère. Comme autrefois Sidi Okba et ses compale futur gnons chez les Berbères de l'Afrique du Nord . entre autres. au Sennaar et au Kordofan. de manière à exciter les alarmes de quelques petits sultans. qui avait voulu le mort foudroyante d'un des Eulema entamer avec lui une discussion théologique et convaincre d'ignorance. quand les anciens sés dans la vallée Idrissiya des Béni Amer et autres tribus de la région furent devenus Emirghaniya. puis. Lorsque. s'assura Mohammed Othman tout une popularité.

. lui-même enlevé peu après. absolu. fut Mohammed Othman avait envoyé un autre de ses fils. le finit par se fixer définitivement. Yamina. I . 234 — contraire. au Soudan. sur toute tale et méridionale la côte occidenla de l'Arabie . med Mais Serr il fut el Khâtem. dans le Kordofan et peut-être le Darfour . dans l'extrême Sud ne paraissent pas avoir été très Dans il le Nord du Kordofan. deux filles. qui revint à La Mecque. l'ère des rivalités dans Deux de ses frères. les fils de Mohammed Othman reconnurent comme chef de l'ordre leur aîné. de plus. Ibrahim les Hachem et Djaafer qu'il garda près de lui . . enfin dans toute la Nubie. Moham- en Turquie. l'Abyssinie et la vallée de l'Atbara . Elle comptait aussi quelques adeptes dite. au Yémen et dans l'Hadramaout. du vivant même de son premier chef. et triomphe de la doctrine qu'il représentait.— complets. Sidi Aicha Djaafer et Sidi Hachem Il avait. et dans l'Egj'pte proprement A la mort de leur père. où Nubie. par une courte maladie et sa succession ouvrit la famille. La confrérie s'était établie ainsi. Sid Mohammed Serr el Khâtem. dans région comprise entre Souakin. Sidi Ibrahim et et Sidi Hassen étaient morts. Il lui i en restait encore trois. hors du Hedjaz. l'aîné. au à en Dongola. chargeant seulement de missions temporaires.

les droits Mohammed Serr el Khâtem. et Ahmed el étaient de leur côté devenus les chefs de fractions isolées. l'autre pour se rattacher. Emirghaniya du Hedjaz à l'aîné de ses nevçux. Mais. ci. les fils Au Soudan. enfants de 235 — des des vivaient encore. petite zaouiya qu'il avait le district de Takka. 1. en effet. la plupart des lui. Une partie se rallièrent à Djaafer . la Khaizaran peut être considéré comme chef actuel la de l'ordre. Ils refusèrent. Mort en 1885. deux autres branches plus importantes se sont séparées complète- ment de la confrérie liya. 2. Othman Tadj el Serr 2. bien que depuis Sidi Djaafer. il niya du Hedjaz se soient raUiés à ne pas dans cette région. même Moqaddem de l'ordre qui s'est rendu indépendant. à Khatemiya. en droit. . représentent. fondée dans 3. de Sidi Hassen. Ibrahim ben Moussa el Ok'ili. Sidi Sidi Mohammed Hassen 5. en mars 1886. Enfin. Sidi Abou Bekr ibn Djaafer et un simple de fait. Mort au Caire. l'une aux Chadeaux Nakechabendiya. D'autant plus in\portante que ses fenêtres donnent sur la grande mosquée. trois petites branches locales indépendantes. bien qu'habitant en général dans l'Ouest.— mettre. *il mort de Emirghal'est y a deux ans. Celuizaouiya de Dar le el en la possession duquel resta i. Sidi Hachem qui est encore vivant. d'ad- comme supérieurs aux leurs. les autres Abd Allah el Mahdjoub. près de Kassala. le premier surtout.

qui porte le même nom. Cheikh Abd el Moutaal . Tant que Sidi Hassen vécut. Mohammed . Pour tâcher de triompher de du Soudan. . situées Emirghaniya de région avoisinante. Sid Abdallah dant à el l'hostilité de ses cousins Mahdjoub avait. de ses enfants les rivaux des Emirghaniya. l'autre à une journée de à marche de la ville. en succéson père Mohammed Serr el Khatem. Ses deux principales l'une à Souakin même. envoyé son plus jeune frère. mais rompit toutes relations avec Sidi Ahmed. Son influence assez grande chez mort de ce rester les Dongolaoui du sud a fait et les autres tribus riveraines jusqu'à Berber. Elle a tout au Emirghani. et Sid Othnian el moins subi des pertes importantes dans la région de Dongola. il tint à en bons termes avec lui. où s'est reconstitué un noyau d'Idrissiya. Senkata. relèvent aujourd'hui de deux membres ibn Assad el éloignés de sa famille. partisans. Un fils de Si Ahmed ben Idriss. Nous ignorons quel a été le sort de la confrérie dans l'ouest après la mort de Sidi Ahmed. Sid Mohammed Emirghani. vint en effet s'établir dans cette ville après la dernier. Ils ont repris pour leur ordre le vocable de leur aïeul et comptent paraît-il de nombreux .— Au Souakin et 236 — les premier s'étaient rattachés de la zaouiya. sur la terre ferme. confié à Cheikh Senoussi pour faire son édu- cation.

dans l'été une Dahabieh amarrée pendant fleuve. paraît aivoir en effet réussi à recruter un certain . il a essayé. la Celui-ci servit d'abord fidèlement la cause anglaise. après avoir été très grande dans cette région. après Khatem. servait à descendre le Nil Il avait comme Khalifat entre la 2^ et la e 3 cataracte. lors de refoulés marche le en avant des décembre. celui-ci. a subi un échec grave en 1885 . à l'exemple de son chef: mais à la fin de 1885. se rendit à son tour indépendant. Il s'était Mohammed Othman tout d'abord installé à Assouan. d'établir son influence dans la région de Souakin. 31 défection plus ou moins volontairement le parti des insurgés et entraîna tous ses Khouan dans et des Emirghaniya de Dongola. créer Mohammed il Serr el Khâtem dans le où cherche maintenant à se une Il clientèle parmi les Barabra. mais sans succès. il fit Mahdistes. Cheikh el Mahdjoub. de la mort de son cousin. un de cousins éloignés.— Serr el 237 — inférieure. établis Nord. dans ses les districts de Dar Sukkot et Dar Mahass. et qui l'hiver. Quittant alors Assouan. à Ginnis. dans la Nubie s'être fait reconnaître comme Cheikli el Sedjada pour l'Egypte. Mais. Tadj el Serr. lors Tout dernièrement. considérant le rôle de Khalifat comme indigne de lui. lui dans une anse du pendant pour aller recueillir les offrandes des riverains jusqu'à Ouadi Halfa. Son influence. vint se fixer au Caire.

celui-ci s'était employé activement en faveur du gouvernement Anglo-Khédivial.— nombre malgré 238 — des Emirghaniya d'adeptes dans la haute Egypte et dans le Delta. On lui . Les descendants de Mohammed Othman. On vient de voir que Mohammed Serr el Khâtem el avait perdu l'un de ses principaux Khalifat. de le services la dévoué à cause de l'ordre. Leurs dissentiments se sont accusés par le rôle qu'ont joué deux d'entre elles dans les événements des dernières années. d'Akacheh. l'histoire On voit. à la suite d'une entrevue avec le général Stephenson. que présente en moins d'un demi-siècle l'évolution presque complète de la plupart des ordres chérifiens. considérer de renseignements permettaient en effet. passé dans le camp des Emirghaniya de Dongola. qui s'en disputent avidement la possession. du gouvernement et de la défense du territoire situé au sud « Frontier Field Force » frontière. dernier poste central de du corps d'occupation de la la — De nombreux comme rendus antérieurement. commandant en chef de l'armée anglaise. véritables apanages des différentes branches de la famille. au commencement d'octobre avait 1885. sont devenus les chefs d'une foule de petits clans religieux. été chargé. Cheikh Mahdjoub. Comme son maître. leur premier maître. Il même. en résumé. en Egypte. les scandales publics de la vie privée.

son nouveau Quelques semaines suffirent pour faire regretter d'avoir transformé un personnage religieux en agent de commandement. et risation de lever les impôts sur reçut l'autoterritoire. Soit que . Les Mahdistes. cette insistance même de la eût éveillé des soupçons que campagne précédente en fissent craindre d'autres. était certain. arrivait au petit village de Koyek. Le succès de l'opération. mais la demande qu'il fit alors de Kocheh avec sa famille fut rejetée. sous la conduite Quelques jours après. déclarait-il. Il insista néanmoins à plusieurs reprises auprès du commandant de l'avant-poste de petite Kocheh. lui écrivirent pour l'inviter à se joindre à eux.— ^39 — il confia quelques fusils. rent. dès qu'ils eurent dépassé la troisième cataracte au nord de Dongola. une troupe de derviches soudad'Abd ul Medjid Khodja. non comme un . balayer le pays. pour qu'une laquelle il colonne expéditionnaire. nais. mandé à ce poste sous un prétexte indiffè- il reçut l'ordre de verser les armes qu'on lui avait données. Enfin. des munitions. en dernier lieu. non seulement on lui répondit par se retirer à soit les surprises un refus. à allât se serait joint avec ses contingents. et ne fut relâché que lorsqu'elles eurent toutes été restituées. où était située la zaouiya de Cheikh el Mahdjoub et l'emmenait.

mais 240 — chef vénéré. Plus tard. délivré comme un partir des mains des infidèles. à prix d'argent. la C'était à fois affaiblir les recrutées dans le pays embarrassants. dont l'influence au sud de la deuxième cataracte. En tout cas. on eut là aussi. et grâce à directe. le concours des tribus avoisinantes. continué à l'employer dans la vallée du Nil. Il ne semble pas qu'à de ce moment V ait « Intelli- gence service ». sont : au .— ennemi prisonnier. après l'abandon des projets de marche en avant. Dans la région de Souakin. avec les intéressés. sans cesse menacée par s' assurant Othman Digma. Les principales tribus de la région. qui avait tout d'abord utilisé le concours de Sid Mohammed Serr el Khâtem. motivé par le désastreux insuccès de l'expédition envoyée au secours de Gordon. de ce Cheikh. en bandes de ce chef. vernement Anglo-Khédivial chercha d'abord à la retraite le gou- faciliter de la garnison de Kassala. Il opposer des ennemis semble que la seconde partie de ce même. réels ou supposés. et lui programme une entente ait été couronnée de succès après l'évacua- tion de Souakin par les troupes anglaises. cet incident amoindrissait singulièrement les moyens d'action. n'égalait pas à beaucoup près celle de son Khalifat. Mais. on jugea nécessaire de donner de l'air à la place même de Souakin. recours aux Emir- ghaniya. tout d'abord.

effet. n'obéit les à aucune influence religieuse. Il y resta d'ailleurs peu de temps. dont pré- à celui de Souakin. les En c'est-à-dire 5. par exemple. le Mohammed Othman s'était chef de la branche locale. favorablement dispo- sée d'ailleurs envers le gouvernement égyptien. journaux d'Egypte ont plus tard parlé d'une promesse de concession de 10. Sid que sur quelques autres moins Amarar.Amer. terres fertiles à prélever sur les du domaine. dont . les Bisharin. en relations il suivies avec les autorités anglaises férait le séjour Il du Caire. Tadj el Serr. ainsi les Emirghaniya sont peu contribus ont au contraire une autorité très réelle sur les Beni-Amer. celle des Bisharin. qui s'étendent de Souakin à Berber Hadendoah. en soit. pour tenter de prendre part à l'entreprise. Quoi el qu'il après lui. semble que l'importance du but qu'on se proposait en cas de succès. Chez nus. Béni. un prix fort élevé.000 hectares environ. les La première. nord. le territoire va de Souakin à Kassala enfin au sud.— au sud-ouest. ait fait offrir à ses services. Ils les Hadendoah. arriva à son tour à Souakin. bien que grand maître au Hedjaz. dès 1884. Mais trois Cheikh 14 .000 Feddan. le long de la côte. trouvé. son cousin Sid Abdallah Mahdjoub. importantes. les 241 — .

par l'intermédiaire du « Chief el Morghani ». Sid Idriss. dépêche du 28 août 1885. leur chef Cheikh Moussa. dut revenir au Caire au et commencement de 1886. leur intervention ne produisit aucun résultat sérieux. suivie. en rapportèrent et reçurent de nombreuses promesses.— de la famille. Les Béni Amer. — . et ne rendit pas au reste leur action plus efficace i. et les Amarar. soit que leur ascendant ne fût pas aussi grand qu'on l'avait supposé. unirent aussi leurs efforts à ceux de Mohammed Othman Sid Beker. Khalifat 242 — : de zaouiya du Soudan. Cette abondance d'Emirghaniya paraît avoir déterminé une certaine confusion dans les dépêches envoyées à leur sujet par les autorités anglaises de la métropole. Au lieu de la concession promise. Ils échangèrent eux une correspondance se rendirent eux-mêmes dans le district de avec Kassala. Mais. . chez les Béni Amer. atteint d'une maladie grave. lord Salisbury demande s'il n'est pas possible d'obtenir des informations sur la situation dans le voisinage de Souakin. soit qu'ils eussent jugé plus avantageux de donner des gages aux deux partis. et au Soudan oriental. en fin de compte. et le chef de la zaouiya de Daggah. y mourut peu après. Mohammed Othman. En tout cas. Takka et à parcoururent tout le pays. sa famille ne reçut qu'une indemnité suffisante pour payer à leur juste Dans une I Further Correspondance respecting the afFairs of Egypt.

parmi les prisonlivrés combats autour de Souakin. qui cessèrent d'être employés. Mais c'est rie s'en est ressenti. On a vu que Sid Abd Allah el Mahdjoub lui-même ait été avait essayé de prendre sa part de la tâche confiée à ses cousins. Toute- . niers faits dans les presque toujours.— 243 — valeur ses services. en est même venu de Djeddah. comme de simples et caboteurs. Bien que son absence de La Mecque de courte durée. au Hedjaz surtout que le crédit de la confréPendant toute l'insurrection mahdes habitants de l'Arabie n'ont cessé diste. A mainte reprise. des deux branches de la Nubie et de Souakin a certainement affaibli leur prestige chez les Soudanais. les habitants de l'Hadramaout et du Yémen leur ont envoyé de d'être favorable petits contingents qui franchissaient la mer Rouge dans Il des boutres. La surexcitation des esprits en Arabie était donc géné- rale et le rôle joué par les Emirghaniya. aux yeux de leurs anciens partisans . tout au moins aussi bruyamment. Bien qu'en réalité les Emirghaniya se soient peut-être moins compromis. dans ces circonstances. se trouvaient quelques-uns de ces fanatiques. les vœux aux insurgés. elle n'a pas laissé que de lui nuire. qu'ils n'ont paru le faire . achetés par les Anglais. devait nécessairement leur aliéner beaucoup de sympathies. l'atti- tude ostensiblement favorable au gouvernement Anglo- Egyptien.

la prospérité apparente de l'ordre encore aussi complète que le permet sa dislocation. du pouvoir surnaturel attribué à ses ceux-ci ont. les de Chérif mecquois par Eulema Cheikh Senoussi. au caractère térieux et indéfini chefs. conservé une grande ces derniers se sont désaffectionnés de : partie de leur ascendant sur leurs serviteurs religieux. Beaucoup de leurs maîtres ils n'ont pas cependant cessé de tels. aussi dangereuse pour les intérêts du parti sacerdotal. d'une faction de Chorfa. Le rôle qu'il a dans le pays n'est. Mais son existence même peut être menacée. malgré tout. Ses dont l'autorité ne pouvait paraître . Les considérations qui précèdent s'appliquent aux .— fois. d'ailleurs. rien moins qu'indépendant. ne peut- ses confondue au point de vue politique avec les quelques autres qui se trouvent dans le même cas. sont rentrés en grâce auprès de ses chefs. On a vu que Mohammed Othman appuyé en sa qualité et les Chorfa. eux-mêmes parmi confrérie ait ses elle être Ils comptent membres. Elle constitue surtout la clientèle propre. Aussi. contre el Emirghani. avait dû plus tard se retirer à El Taif fils et leurs enfants pour se soustraire à leur inimitié. 244 — mys- grâce à l'organisation de l'ordre. bien que leur racines dans le pays même. les reconnaître comme est Dans ces au Hedjaz conditions.

et une autre près d'El mort de Sid Taif. H- . Serr el Khâtem. avant les derniers événements. Ibrahim ben Moussa el Ok'ili. où i une succursale à Médine Salama 2. Sid Abou Beker el et Sidi Hachem héritier n'ont qu'une petite clientèle. Nous avons aux Nakechabendiya de : l'autre. et que les deux autres s'étaient rattachées aux Chadeliya d'une part. 3. : Yakoub ibn Sid Ismail. I . Mais les rivalités qui s'élevèrent à la Mohammed . l'attitude de son frère Sid Sid Hachem de son neveu naître l'autorité de Sid Abou Beker el ibn Djâafer et des Emirghaniya du Soudan. oncle des deux précédents. qui refusèrent de recon- Abd Allah Mahdjoub. dit que l'une d'elles était dirigée par un simple Moqaddem. produit au Hedjaz même la défection de trois autres branches. à La Mecque. Sid Abd Allah Madhjoub. à dans l'ancienne résidence de son aïeul.— ment de 245 - Emirghaniya proprement dits. et qui forles trois Mohammed Othman. el le a. Installés à La Mecque. Moqaddem Moqaddem Sid Saddok ibn Saïd. tels que les avait laissés la mort de Sid Mohammed Serr el Khâtem. Abou Beker Hachem. avaient. Sid branches dirigées par les descendants savoir Sid Abdallah el Mahdibn Djaafer et Sidi joub. véritable de droit du fondateur de l'ordre. métropolitaine de réside. outre la zaouiya il Dar Khaizaran.

celles de l'ordre. qui. à La Mecque et à l'autorité Djeddah.— La première c'est celle 246 — nom de son chef. des Kadriya. à la mort de Sid Khâtem. porte aujourd'hui le des Ok'ili3^a. d'ailleurs. trinaire'. la Nakechabendiya. C'est au point de vue hiérarchique et politique sur- tout que leur dissidence s'est affirmée. Les deux autres branches. l'enseignement resta uniforme dans la confrérie. . à quelques détails près. deux écoles. Sous sa direction. se rapprochèrent comme première des Chadeliya. Ce el sont elles qui. se sont séparées des Emirghaniya. même au point de vue doc- donné Mohammed Othman. avait sa règle comme résultant de celles des Nakecha- bendiya. pour se soustraire à du chef de l'ordre. mais après lui. sans l'intermédiaire de ses descendants. est fort effacée. il se forma. I. des Chadeliya et des Djoneidiya. Elle a une zaouiya à La Mecque et une à Djeddah i. la seconde des principes. au contraire. Leur attitude. et leurs règles sont restées. : Mohammed Serr comme con- Moqaddem Mohammed Djar. Les Ok'iliya prétendent faire remonter directement el leur enseignement à Sid Mohammed Othman Emir- ghani. affilié à plusieurs ordres. se rendirent indépendantes.

Moqaddem Ch. les intrigues Moqaddem Ch. Ahmed Kettan. : 2. il a légué à un double héritage. : Ch.— fréries 247 — porte distinctes. mais en se fractionnant. l'ordre a continué de s'étendre. celui des Idrissiya. a d'abord les anciens disciples de son maître. que Mohammed Othman. en résumé. D'une origine illustre. avec un Cheikh el Sedjada spécial. Ch. en compte quatre forme un groupe isolé. . hériétabli son autorité sur d'un autre ordre. Abd er Rahman Kedouan. On tier voit. Mostefa. La branche de Djeddah désignée nom 2 et d'Emirghaniya Nakechabendiya. avant de se poser en chef d'une nouvelle confrérie. le La branche de La Mecque i aujourd'hui nom d'Emirghaniya Chadeliya. L'abus que ses chefs naturels ont fait de leur situation. Mohammed Ba Messekk'er. Il semble que ce soit la plupart des Emirghaniya du de cette dernière que dépendent Yémen et de l'Hadra- maout. Après sa mort. Elle n'a qui compte en qu'une seule zaouiya même sous le temps parmi celles des Chadeliya purs. apparenté aux principales branches des ses enfants Chorfa du Hedjaz. d'influence spirituelle et de noblesse religieuse. Ch. celle des Emirghaniya. . 1. Othman Turki.

les suzerains de clans religieux. malgré l'importance numérique de elle n'a plus qu'un rôle effacé. que les chefs des Emirghaniya pourront rendre à leur famille son crédit ébranlé. disciples auxquels le pacte initial il et l'un des aurait donné directement l'Ahd. . Ce n'est pas en se jetant dans n'importe quelle aventure lucrative. L'autorité du grand maître légitime y est méconnue par ses plus proches parents. de la Triqâ. L'histoire de l'ordre n'est que celle des rivalités qui le divisent. a sont encore porté une atteinte grave à leur prestige. Au ses Hedjaz même. au Soudan. en Egypte. en Arabie. SEDDIKIYA Les Seddikiya font remonter leur origine à Abou Beker ibn Seddik^ beau-père du Prophète. et combattue par les fractions locales. Mais des groupes entiers d'adeptes se sont déjà séparés de la confrérie. Il semble donc que l'œuvre de déjà Mohammed Othman soit siècle gravement compromise. membres.— dans lesquelles ils 248 — Ils ont compromis leur caractère sacré. moins d'un demiaprès sa fondation.

gnement qui le firent Leurs premiers chefs. cette prétention. Ailleurs. fut Il généralement admise. d'ailleurs Leur confrérie ne reçut sation hiérarchique. particulier. des prières adoptées dans ses différents groupes n'est et qui varient de l'un à l'autre. pour établir l'orthodoxie d'un enseiconstituait en réalité une innovation grave. à l'exemple la des associations plutôt politiques.— En que fait. dont on ne connaît pas l'origine véritable. en Egypte. quoique peu fondée. ils suivent strictement la Dans quelques Sounna sans admettre aucun système philosophique. 249 — ce fut seulement au bout de plusieurs siècles propagation des doctrines Soufistes détermina la fondation de confréries religieuses Sunnites. les Seddikiya comptent au nombre des mystiques extatiques. Tel est le cas des Seddikiya. jamais d'organi- Elle s'est toujours composée de petites congrégations indépendantes. remonter aux compagnons du Prophète. pays. par exemple. en . formées par les Alides. et c'est le cas en Arabie. en résulte que l'histoire des ordres les plus anciens est restée fort obscure. Sans du rituel. son enseignement • même pas uniforme. L'unité doctrinaire lui parler fait également défaut. Grâce à l'incertitude des traditions arabes pendant les premiers âges de l'Islam.

les Seddikiya ne forment pas . D'ailleurs. Moqaddem . Il arrive au reste souvent qu'un Moqaddem. pour des motifs personnels. à en juger par les indications que donnent quelques ouvrages sur le Tessaouf. en réalité. représentée à La Mecque 2 par une zaouiya. une régie des Seddikiya. a formulé dans El Salsabil et dans sa Faharassat . que celle du groupe d'Alexandrie. Cheikh Senoussi. comme ayant une valeur générale. n'a pas d'attaches avec les Emirghaniya. . par exemple. se déclare rallié aux Seddikiya. 2. et en Egypte même. qui. . On pourrait croire le contraire. à propreconfrérie. sans cesser de pratiquer son ancienne règle. du Hedjaz. Mais ce n'est. tenant à un ordre quelconque et se rendant indépendant de ses chefs. d'une « Voie » d'une adeptes prétentions Leurs à suivre une tradition inaugurée par Abou Beker ibn Seddik. il eu existe d'autres. d'Arabie. Tel est le cas de celle 1. une ni même une école. C'est en vertu d'une simple fiction que leur eux un lien théorique i. d'Egypte. de Syrie. En un mot ment parler. ranger parmi les ordres religieux « Triqâ ».— On ne peut donc les 250 — que comme nominale. localisées dans les grandes ville de Turquie. qui malgré son nom. ne mérite d'être citée que pour mémoire. nom crée entre leurs congrégations. ne repose même appar- pas sur l'existence de cette tradition. n'ont qu'un fort petit nombre d'adeptes. Sid Alaoui el Emirghani .

les el Sid el AUouan Abou Hachim Koufi. considérés. près la zaouiya d'un petit groupe de fidèles. et la mosquée construite de son tombeau continua d'être. sous son vocable. passe pour avoir réuni ses disciples en une véritable association religieuse. à Djeddah. là où ils n'ont pas été absorbés par de nouvelles confréries. qui.— 251 ALLOUANIYA A certains égards. Au Hedjaz. leur premier chef. qui remonte au ii^ au moins par leur antique siècle de l'Hégire. les AUouaniya ont compté à une époque plus rapprochée parmi les ordres doués d'une organisation hiérarchique. l'ordre s'est perpétué plus bien qu'originaire longtemps : Abou Hachim. Bien que ce fait soit rien moins que certain. comme une branche des Refaiya. il y a cinquante ans. Tel est le cas de ceux d'Egypte. des écoles indépendantes. Toutefois. Cette branche. tout origine. par exemple. ne sont plus guère connus sous leur ancien nom de dans ce pays. était . mourut en effet l'Irak-Arabie. actuelle. après une longue existence. et par leur dispersion assimilés AUouaniya peuvent être aux Seddikiya. Mais ils ne forment aujourd'hui que des congrégations isolées.

près du Djebel Amr. Moqaddem Moqaddem Sid Mohammed Said ben Sid Salem el Allouani. il se décida à fonder une zaouiya aux portes de la ville. Initié lui-même à la règle des el ses maîtres. Depuis la mort d'Abdallah ben Sid Salem. . tenant à et de celle d'Abou de celle el de Hassen Cha- La petite confrérie ainsi formée prit le nom des anciens Allouani3^a. Ses zaouiya sont cependant au nombre de deux. son développement s'est arrêté. une à Djeddah 2. en 1201 (H). Abd Allah ben Allouani. à cette époque. oîi réside de Cheikh Abd Allah. acquit. une certaine célébrité religieux. Sa clientèle devenant importante. mais étant donnée son origine diate.— éteinte à la fin 252 — de l'Hégire. : Cli. Ali Achour. Sid el tôt Hamoudi Mekki. une à La Mecque le i petit-fils 1. Chadeliya par un de il formula bienla fois el son ancien maître deli. La première. Sid Salem du XIF siècle Un el des des- cendants du saint. elle immé- ne représente leur association qu'au point de vue historique. est son seul centre et : 2. une nouvelle doctrine. et son peu d'impor- tance numérique ne lui permet pas de compter parmi les ordres actifs du Hedjaz. Il vint s'installer à dans 1 le monde (H) La Mecque en 182 et fut reçu au nombre des Tholba de la grande mosquée.

ne s'occupe que et du pèlerinage dont MELAMIYA Le dernier ordre à citer. et ce fut pour en rappeler le souvenir. Plus tard. Son fondateur. deux de leurs branches se développèrent en Perse et en Turquie. mourut en 724 (H).— d'enseignement. celui des Mela- miya. Il une célébrité particulière. les tient dans le pays une place moindre encore que deux précédents. Il ne semble pas qu'en Perse . en il de l'entretien du tombeau de Sid Abou Hachim est l'objet. ils se montrèrent hostiles à la fois aux et à gouvernements doxe. 253 — effet. pour clore la nomenclature des confréries régulières du Hedjaz. où ses Derouich ont acquis. « les Réprouvés ». Dès l'origine. La seconde. qu'ils prirent le nom de Melamiya. réguliers Ils s'attirèrent ainsi l'enseignement orthode longues persécutions. sous le nom el de Kalender. a cependant été fort répandu en Orient. Les Kalenderiya s'établirent donc d'abord aux Indes. grâce aux « Mille et une Nuits ». Abou Ali Youcef Kalenderi. à Paniput près de Delhi. où le terme de Kalender s'applique indifféremment à tous les Derouich 15 .

Mais sa propagande avait déjà produit des résultats durables. Cheikh Hamza. il En Turquie. sans que le zèle des On raconte même que l'un d'eux . qui introduisit au xe siècle.— 254 — mendiants. ayant été exécuté par ordre du Soliman . il n'est plus représenté que par des groupes isolés. au commencement du siècle. et compte encore de nombreux adeptes dans l'Asie-Mineure et en Svrie. Fidèle aux traditions de ses maîtres. Cheikh Hamza ne tarda pas à se montrer aussi indépendant en matière de doctrine que dans sa conduite politique. Condamné en 969 par un Fetouah du Muphti Abou Seoud. Aux Indes .' pour suivre leur chef dans l'autre monde. Dissoute par un Iradeh impérial. il paya son attitude de la vie. la règle de Abou Ali Youcef dans l'empire ottoman. la confrérie n'existe plus officiellement. même sort. en efïet. d'Ham- zaouiya. au contraire. . Ce fut. un Mollah de Brousse. et plusieurs de ses successeurs eurent le Hamzaouiya sultan s'en ressentît. Ibrahim EfFendi. quarante de ses disciples se firent volontairement décapiter en même temps. a conservé une cercelui taine vitalité sous un nouveau vocable. Elle n'en a pas moins conservé une organisation secrète. l'ordre compte encore de nombreux adhérents.

située près du lac de Tibériade. le plus souvent sans chaussures. à ne rien conserver. à voyager toujours. les ait il est naturel que le développement parallèle de ces associations. ils ne se distinguent plus des 1. et a fait considérer les ne sont pas sans analogie avec le triangle maçon- nique. ni pour eux. Il en est encore ainsi aujourd'hui de l'une d'elles. ^ des j téristiques Hamzaouiya Maçons musulmans. sait que les Francs-maçons sont assez nombreux en Egj'pte. en Syrie. Brown. La loge du Caire notamment est fort connue. dernier de ces signes est aussi en usage chez quelques Kadriya turcs. qui obligeaient ses adeptes à vivre d'aumônes. Il figure dans leurs cérémonies d'initiation. D. par exemple. amenées à adopter quelques coutumes analogues. en Turquie. loc. Ils ont abandonné depuis longtemps les anciens statuts de l'ordre. Mystiques extatiques. . issus d'une congrégation syrienne de la branche turque. cit. l'interrogatoire auquel est soumis le néophyte dans l'initiation. ni pour les leurs. forment maintenant un groupe local. J.— La forme de Franc-Maçonnerie 25) — rappelle celle de la cette organisation comme 'jN. et qui a échappé aux mesures prises contre les autres. sous le nom de sceau de Salomon. Chez les Kadriya. Quelques signes caracgravés parfois sur leurs tombeaux /^ V . sans aucune attache étrangère. Les Melamiya du Hedjaz. Enfin leurs anciennes zaouiya passaient pour de véritables Loges. Sans qu'il se soit produit aucun rapprochement entre eux et les ordres Le On religieux. ressemble aux questionnaires Franc-maçon- niques.

— leur rituel. l'unique zaouiya trouve à La Mecque. Cheikh Hassan Fatah était Karchi. Le fonel dateur de leur groupe. les Néanmoins et bien que la direction Melami3'-a du Hedjaz. que par leur de C'est à El Taïf qu'ils sont le plus nombreux. Cheikh actuel. en effet Kadi de de tous cette ville. 256 — nom et par les détails ordres similaires. jouit d'une certaine influence héréditaire. Par elle-même. Hassan. la confrérie qu'ils aient encore. . se Son Moqaddem se trouve au dernier rang des ordres du pays. se soit perpétuée dans la famille de leur premier chef.

Duveyrier ont été mis en lumière. de les défendre et de les pro- pager. Subissant l'influence des siècles précédents. Cheikh Senoussi s'est surtout proposé de rendre à l'Islam la pureté littérale des temps primitifs . aux recherches entreprises plus tard en Italie.III LES SENOUSSIYA L'étude doctrinaire faire. Mais son intention n'a pas été de créer un ordre de Khouan et de Derouich. il a cru nécessaire de fonder une nouvelle confrérie pour réaliser ces projets. grâce aux travaux de et Rinn. du Senoussisme n'est plus à Tous les points saillants de sa règle et de son rituel MM. du milieu dans lequel il vivait lui-même. H. morales et religieuses. instituées par le Prophète. de faire revivre les grande^ lois sociales. S'il a réuni ses partisans en .

qu'une fixité quelques prières spéciales.— une vaste tement sur eux et 258 — pour agir plus direcen et puissante société. Duveyrier et Rinn ont cité Si Mohammed ben Ali les el Senoussi deux plus répandus. La est doctrine Elle même est du Senoussisme montre à qu'il ainsi. des Elle comprend à la vérité Dhikre fort nombreux. peine empreinte de tendances mystiques. visent le port Mais ses seules prescriptions du chapelet à la main. qui ont préoccupé Cheik Senoussi. que la Chareha et de la Sounna. pour insister davantage sur les devoirs généraux des fidèles. « MM. ou autres Sunnites dans Ce ne sont donc point dans les minuties. considérées comme essentielles les autres ordres. différentes oraisons diurnes . » et « Marabouts et — . et des invocations nocturnes . un pacte quelconque. Il a tenu au contraire à ne leur donner qu'une place secondaire. La confrérie de Khouan ». Sa du rituel règle ne présente dans les détails relative. i caractéristiques. La « Voie » de la confrérie a moins pour principe la stricte application de TAhd. c'est par eux. vaguement I. et une attitude différente de celle des Malékites la prière obligatoire. V. L'extase spiritualiste est la seule qu'elle admette. et ne vise à « l'anéantissement de l'individualité de l'homme absorbé dans l'essence de Dieu » que par la prière et la méditation. un office de Tehaggoud ou de Matines.

plus que peuples musulmans avec celles-ci. en essentiel. interdisant comme eux la musique. avant tout. de la religion. est logiquement devenu la lutte contre la civilisation européenne. Toutefois. Le Djehad. qui entrait sainte. qu'il importe le principe fondamental du Senoussisme. le les nations chré- tiennes. il a poussé rigorisme à l'extrême. aux guerres de conquête. par son objet. fallait Pour accomplir une réforme générale. de même que son œuvre a dû aux circons- tances de temps et de milieu. élever des barrières infranchissables entre l'Islam et la chrétienté. dogme religieux. lui parut nécessaire de donner . les tous côtés. Propagé par progrès s'attaquait.— recommandés par sa doctrine au 259 pour mieux assimiler ses devanciers. devint l'article Mais les temps ne se prêtant plus il aux croisades. la danse. le chant. séduisant autres par ses il corruptions. la règle de sa confrérie s'est ressentie de son séjour parmi les le Ouahabites du Yémen. A leur exemple. aux bases les mêmes de ébranlant croyances des uns. le tabac et le café. une forme particulière. Aucun danger ne menaçait le contact des la foi islamique. ou hostilité latente contre comme dogme de la loi dans le programme de Cheikh Senoussi. guerre l'infidèle. c'est que. mais ce surtout de retenir. Ces faits portent en eux un cachet original .

Craignant. Les la demande de leurs agents. domaine de la paix. nnc insurrection religieuse aux Indes. Politique subtil. Ne de la reculant d'ailleurs devant aucune conséquence de il ses théories. tel fut le premier terme de son système. surtout développée la civilisation occidentale. déclarant l'Hindoustan mahométan. que si une semblable précaution avait été prise pour on aurait pu éviter au moins quelques-uns des soulèvements qui périodiquement. des pays où s'était Syrie. les Anglais ont provoqué dans ce sens une décision des Eulenia de La Mecque. Dar décision contribua beaucoup à calmer les esprits.— Islam et Dar el 200 — provisoirement une nouvelle forme à l'antithèse Dar el Harb. vis d'eux quelques compositions. comprit les Turcs. un Mupliti Hanefi et Maléki rendirent. » Turcs et chrétiens. un champ de . Il el Islam. dans la réprobation que les chrétiens. même il sut admettre vis à la : Mais formule finale de son k œuvre n'en je les briserai resta pas moins coup. et cette est probable l'Algérie. en luttes. est le s'y produisent Dar el Islam. provoquer l'exode des vrais croyants soumis au joug des infidèles. ont fait parfois considérer comme Dar el Islam des contrées appartenant aux Infidèles et où les vrais croyants jouissent cependant d'une entière liberté. qu'eussent réprouvés les docteurs des premiers siècles de l'Hégire. et Dar el Harb. de Constantinople. Mais des : : tempéraments. i Isoler d'une façon absolue les pays restés musulmans. maîtres de l'Egypte. Dar el Harb pays appartenant aux Infidèles et non encore subjugué par l'Islam. effet. en 1871. Dar el Islam pays régi par la loi musulmane et où elle est appliquée dans son intégrité. sur Fetouah. Telles sont les deux définitions orthodoxes de ces termes. d'un seul I.

au Sud jusqu'au Soudan. une autorité absolue 15- . et doué d'un génie très pratique. L'organisation qu'a reçue s'en servir. Ses adeptes celle-ci. le grand maître con- serve comme au premier jour. embrasse une partie du Fezzan et le pays des Tebou. compte. l'a mise à même proprement dits sont soumis aux règles hiérarchiques admises dans tous les ordres. qu'il avait il Chassé du Hedjaz. était surtout destinée à donner un de base d'opérations à la confrérie. Cheikh Senoussi s'en rendit bientôt la préparer à ce rôle. d'abord choisi comme au Djebel Lakhedar. qui s'étend aujourd'hui de Ben s'était établi Ghazi au Ouadaï. Cette fidèles création. sorte d'Imamat moderne. la confrérie des Senoussiya devait nécessairement devenir une asociation politique. Ce fut le premier domaine de son empire. où s'était fixé en dernier lieu Cheikh Senoussi. en constituant dans il s'efforça de les déserts du Sahara tripolitain un véritable état théocratique. centre de propagande. à l'Ouest jusqu'au massif des Touareg. tout en assurant un refuge aux musulmans étrangers qui s'exilent pour leur foi. De Djerboub. mais avec une discipline beaucoup plus stricte.— 201 — Constituée avec un semblable objectif. déborde à l'Est jusqu'à la vallée du "Nil. tout en réalisant l'isolement des dans la nouvelle patrie des Senoussiya. et qui est resté Zaouiya métropolitaine.

el Djellala. dans ce but. un mouvements du corps ni de qu'à respecter les sans il musique. Indépendamment de rallier les ses disciples directs. du Dhikre office la tête. Il admit. les Khouan de tous les ordres comptés parmi ses « appuis »^ c'est-à-dire de tous ceux qui ont un nom dans l'Islam. Encore s'est-il borné de ces confréries. Il toléra même la leurs pratiques. des Refaiya^ de tous les extatiques Fakiristes. fut de rester fidèles à la loi et à la tradition sunnite. comme adeptes de sa « Voie». . membres des autres associations religieuses qu'il considérait comme orthodoxes. une simple psalmodie. les ciaux sont uniquement les agents d'exécution ordres.— sur tous les 202 — Naïb provinde ses Khouan. les hurledes ments des Refaiya. Kadriya. Seuls. sans en condamner aucun autre détail. n'ont pas trouvé grâce devant à les proscrire du rituel lui. et n'échappe à l'action de ces derniers. des Saadiya. Les Khalifat. Tout ce qu'il exigea d'eux. sans a même les été jus- danses des Moulaouiya. Bien qu'ayant fait de Hadra. Cheikh se Senoussi voulut aussi. Ils exercent eux-mêmes sur les Moqaddem une aucun affilié direction à laquelle nul ne se soustrait. par un éclectisme habile. les balancements convulsifs exercices hystériques des Aissaoua. et les déclara conformes à sa règle.

et tradition qu'il leur a laissée. n'a-t-elle eu au contraire Il des conséquences fâcheuses. en effet. Peut-être l'alliance dans laquelle s'était engagée la Turquie . Cessant de faire au gouvernement ottoman la même opposition qu'aux puissances chré- Mahdi et son frère ont jugé plus opportun de mettre à profit l'évolution panislamique de la politique turque. commencée par la création de l'état de Djerboub et l'organisation générale de l'ordre. depuis quelques mois. Cheikh poursuivit fixé. ses deux fils continuent aujourd'hui la ne s'en sont écartés. divers symptômes d'une agi- Dans a le nord de la Tripohtaine. Donnant à la Porte l'appui moral de tiennes. Cette triple base ainsi constituée.— Le résultat 263 — fut d'assurer d'une telle mesure éven- tuellement au Senoussisme une clientèle iUimitée. chez les Azdjer. rapidement étendue. Leur influence dans le Sud-Ouest de grâce à ce changement de front. Elle compléta l'œuvre préparatoire. incidents qui semblent être les tation suspecte. que sur un point. ils ont utiHsé l'appui matériel du sien. Sid el leur concours. l'exaltation des esprits pu donner une satisfaction immédiate aux visées de . que s'est. à Ghât. Ils en apparence seulement. produit . la Tripolitaine s'est. Senoussi méthodiquement le programme qu'il s'était Après lui. pour ceUe-ci .

Mais elle a surtout été profitable du jour où imposé elle cessa d'être . donc permis de croire que les chefs de la confré- rie se sont heureusement inspirés des circonstances. six . attitude. Ils apportaient une lettre dans laquelle : au grand maître des Senoussiya Mohammed Ahmed disait en substance « Vainqueur des Anglais et des troupes khédiviales. Sid el Mahdi . lors des événements du Soudan Vers la fin du mois de Safer 1302 (H) — 1885 — . Ainsi qu'on le verra en étudiant les progrès du Senoussisme au Hedjaz. l'entourage du sultan. envoyés du Mahdi de Khartoum arrivèrent à Djerboub montés sur des hegguin. et 264 — entretenue. avec l'administration compter chaque jour davantage.— aux Zaflfer. . un seul résultat s'est le développement de l'ascenlesquels dant des locale doit Il est Senoussiya. Le rôle qu'ils ont temporairement accepté en Tripolitaine. chameaux de selle du Kordofan. sans vouloir tenter dans les contrées infidèles. ils n'ont pas pour cela renoncé à la dernière partie de leur programme. l'a nettement prouvé par son égyptien. Il montre seulement qu'ils s'en tiennent encore à la polirien tique d'obstruction des pays musulmans. en profitant de l'occasion qui s'offrait à eux. le chef actuel de l'ordre . n'implique pas non plus qu'ils aient modifié leur plan général.


« je continuerai la lutte « rEg}'pte sera

205

commencée, jusqu'au jour où

rendue aux vrais croyants. Tu es tout « puissant à l'ouest de ce pays et au Hedjaz. Unis tes « efforts aux miens dans la guerre sainte. »
D'après un témoin oculaire, Sid
el

Mahdi

lut cette

lettre à quelques frères de son entourage et leur

demanda

ce qu'il fallait répondre.

un
lui

Khalifat^
dire
:

Tous gardèrent le silence, sauf Sid Mansour el Hachemi, qui se borna à

«

Tu

es le

maître,

et

nous suivrons ton

ordre. »

Les Soudanais furent

alors

emmenés dans une
Pendant
trois

pièce
ils

préparée pour les recevoir.

jours,

reçurent une large hospitalité.
Puis, le quatrième jour, Sid el

Mahdi

les fit

venir

devant

lui
Il

,

après avoir réuni tous les
:

Khouan de Djer-

boub.

leur dit alors

«

nous n'avons rien à voir avec

Informez votre maître que lui ; qu'il ne nous écrive

plus, car sa voie n'est pas la bonne. Je

ne vous remettrai

pas de
Il

lettre

pour

lui. »

si de nouveaux envoyés chargés d'une nouvelle mission se présentaient à Djerboub, ils seraient mis à mort, que le chef des révoltés du Soudan

ajouta enfin que,

n'était pas

Mahdi,

et

termina par ces mots

:

«

Ulmam

se fera bientôt connaître. »

Imam, chef de

la prière et

guide suprême des musultel serait

mans, souverain spirituel et temporel,

donc

le


titre

266


le

que songerait à revendiquer
que
celui de
^.

grand maître des
,

Senoussi^^a, plutôt
doit clore le

Mahdi
»

«

l'Envoyé qui

drame du monde

el

Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, l'attitude de Sid Mahdi vis à vis de Mohammed Ahmed n'en est pas
caractéristique. Fidèle
il

moins

au système inauguré par

Cheikh Senoussi,

n'a pas voulu se laisser entraîner

dans une lutte prématurée, contre une puissance européenne.
progrès du

Malgré toutes
il

les craintes

motivées par

les

douteux aujourd'hui, que ses Senoussisme, chefs s'abstiennent également de toute intervention indin'est pas
recte,

dans

les affaires intérieures,

en Egypte, en Tunisie,

en Algérie. Quelques agents de renseignements, recrutés
surtout parmi
les

Khouan

des

ordres

locaux,

les

tiennent au courant de ce qui se passe dans les deux
derniers
faciliter

pays.

Ces mêmes agents s'emploient aussi

à

l'exode des fidèles, assez rares d'ailleurs, qui
ils

songent à s'expatrier. Mais

ne font nulle part de
groupes d'adeptes de

propagande

active.
il

En

Egypte,

existe quelques

la

confrérie, Tripolitains d'origine

représentants attitrés

pour la plupart, et ses sont assez nombreux. Mais son

action immédiate ne s'exerce que sur les tribus nomades,

soumises nominalement au
I.

gouvernement khédivial,

J.

Darmesteter. Le Mahdi.


presqu'indépendantes de

267
fait.


Dans
la vallée

du Nil,
garde

chez les populations réellement égyptiennes,

elle

une réserve absolue.

Le travail d'obstruction des pays musulmans auquel les Senoussiya se sont bornés jusqu'ici, avec un remarquable esprit de méthode a depuis longtemps porté ses fruits.
,

A

peine explorées dans quelques directions

,

les régions

qui constituent le domaine particulier de l'ordre sont
bientôt devenues inabordables. Les dangers auxquels

Gerhard Rholfs

et ses
^^

compagnons ont
reste.

été exposés à

Koufara, en 1879,

prouvent de

Au delà des dépendances directes de Djerboub, la zone fermée aux explorateurs européens, s'élargit graduellement, dans le Sahara d'une part, dans le Soudan
est facile de s'en rendre compte en se aux tentatives faites depuis quelques années reportant dans ces régions inhospitalières. Presque pour pénétrer toutes ont abouti à de sanglants massacres, celui de

de

l'autre. Il

la mission Flatters, par exemple.

Beaucoup de ces
rie

attentats,

il

est vrai,

directement la responsabilité des chefs
I.

n'engagent pas de la confré-

Il

semble, au contraire, que Sid

el

Mahdi

et

son

1

.

On

leur a souvent attribué, entre autres, les meurtres de Joubert et
l'occasion dç
recueillir sur

Doumeau-Duperré en 1873, des missionnaires d'El Goléah en 1875.

Nous avons eu

ces

deux événements des


frère,

268


et

guidés aussi bien dans les régions où s'étend leur

autorité qu'en Egypte,

en Tunisie

en Algérie, par
avec les nations
la

des principes invariables de prudence, cherchent à éviter
toute occasion semblable
chrétiennes.

de

conflit

C'est en effet à

un ordre formel de

zaouiya de Djerboub, que les membres de l'expédition de Gerhard Rholfs, dépouillés, emprisonnés, menacés

de mort par les Khouan de la « Zaouiya el Oustâdh » de Koufara, durent la liberré et peut-être la vie.
L'action des Senoussiya, peut même, au premier abord, sembler pacifique. Ainsi, dans le Sahara occidental, ils ne visent en apparence, qu'à établir leur ascendant moral
sur les peuplades qui ne le reconnaissent pas encore. Ils
renseignements qui permettent de croire qu'en réalité Joubert etDourneauDuperré ont été massacrés par des Imanghassaten dont ils avaient refusé les services et par des Châamba, que venait de razzer Said ben Driss, notre Aglia de Ouargla. Ils ont donc été surtout victimes d'une double vengeance. C'est de même à un complot ourdi par un Zoui d'In Salah, pour venger son frère, tué à ses côtés dans une expédition contre nos tribus, qu'il faut rattacher la mort des missionnaires d"El Goléah. (V. Les
Medaganat. Revue Africaine.) Les circonstances de l'assassinat des missionnaires de Ghadamès, en
1881, sont restées mystérieuses. Quant à Palat, abandonné par les Oulad Sidi Cheikhq, qui avaient affecté de le couvrir de leur ascendant , pour se faire attribuer uue iniluence qu'ils n'ont pas, il a surtout été victime

de l'aventureuse audace qui l'avait entraîné seul, dans un pays où n'existe aucune sécurité, pour ses habitants mêmes.

il

Enfin, quelles qu'aient été les causes déterminantes du massacre de la mission Flatters, il n'en est pas moins certain qu'il a eu pour premier instigateur, uu Châambi, Seghîr ben ech Cheikh^ serviteur religieux des

Oulad

comme

Sidi Cheikh. Il n'y a donc pas lieu de considérer les Senoussiya directement responsables de ces attentats.


donnent
la plus large

269


s'efforcent

hospitalité
,

toutes les zaouiya de l'ordre
les

aux voyageurs dans de réconcilier
à celles

tribus

hostiles

i,

envoient des secours

qu'atteint

une calamité quelconque.
souffle

Mais

cette propagande, si discrète qu'elle soit, suffit
le

pour réparldre
l'Islam.

indéfinissable

du

réveil

de

C'est à ce point de vue surtout, qu'il

y a

lieu

de
les

considérer la confrérie

comme compromise,
sur les
confins

par

mouvements

qui

signalent,

de son

empire, la renaissance
si

de

la foi

musulmane.

D'ailleurs,
ils

prennent aucune part personnelle, savent du moins en profiter après coup.
ses chefs n'y

On

peut donc adrnettre

qu'ils

ont réalisé fort loin
les contrées

l'obstruction

du

«

Dar

el

Islam » dans

saha-

riennes, et au Soudan.
Il

serait plus difficile d'affirmer,

si

le

Senoussisme,

qui n'est lui-même qu'une résultante de l'évolution isla-

mique
I.

,

au

xiiie siècle

de l'Hégire

,

a contribué ou

non

,

d'une rupture survenue entre les Imanghassaten des Oukd Ba Haramou d'In Salah, en 1882, la région comprise entre cette ville, Ghadaraès et Ghât, était devenue le théâtre de luttes continuelles. La paix ne fut rétablie que par l'intervention
la suite

A

Touareg Azdjer

et les

directe

notabilités

du grand maître des Senoussiya en 1884. A sa demande, les marquantes des Touareg Ahaggar et Azdjer, ainsi que celles
conclurent vers la
fin

d'In Salah,

de cette année un pacte, en vertu

duquel dans le

elles s'engageaient à maintenir, envers et contre tous, la paix territoire musulman compris entre le Tidikelt et le Fezzan,
et les confins

Ghadamés

de

l'Aïr.


à
la

270


du

propagation

nouvelle

Mahométisme,

dans

l'Afrique centrale.

En
rieur

quelques années seulement, tout le plateau supé-

s'est trouvé envahi jusqu'au cœur de l'Etat libre du Congo. Les stations avancées de l'Association africaine ont dû être abandonnées, jusqu'au poste

du continent noir

de Stanley Falls, qui vient de tomber il y a quelques mois à peine. Dans le bassin des grand lacs, les missionnaires protestants et catholiques perdent de
le terrain qu'ils avaient si

même

péniblement conquis. Ouvert

un moment devant
maintenant fermé,

eux, le
ainsi

royaume de Mtésa
les

leur est

que toutes

régions situées

au nord et à l'ouest.

La

vallée

du Niger, où

le

croissant n'avait encore

paru que dans le coude de Tirabouctou , il y a moins d'un demi-siècle, celle de la Benoué, où il était inconnu,
subiront bientôt toutes entières sa
n'arrête sa
loi

exclusive,

si

rien

marche triomphale. Déjà, les empires musulmans de Samory et d'Ahmadou , s'étendent jusqu'à la zone montagneuse qui limite
du premier
fleuve.

le bassin côtier

Boporo, Misadu,

Kankau
devenus

et

quelques autres centres de ces régions, sont

les foyers d'une propagande assez active, pour ne se trouve plus de villes du littoral, entre le qu'il et le golfe de Bénin , où ne s'élèvent quelques Sénégal

mosquées.

mais comme missionnaires. Ils agiraient ainsi dans l'Afrique centrale. l'œuvre entreprise par Cheikh Senoussi n'a pas eu pour objet l'obstruction du pays. pays peut en soit. . l'Abyssinie échappe mouvement d'expansion. mal- quelques audacieuses explorations.— Au encore à ce prodigieux 271 — seule nord de l'équateur. la première étape de la « voie » contrées restées « se fait sur ces Dar el Quoi qu'il senoussienne est aujourd'hui accomplie dans le vaste empire de Tordre. pendant la période préparatoire de son développement. est qui. des frontières de l'Egypte au pays . s'agissait surtout pour l'ordre. d'y asseoir solidement son influence. de créer dans les villes saintes le principal foyer de pro- pagande de ses doctrines. pour la conversion de Harb ». . Le grand silence qui en être une preuve. des Touareg et sans des côtes de la Cyrénaïque au lac Tchad doute plus loin encore. Aucun renseignement précis ne permet d'attribuer aux Senoussiya un rôle actif dans ces conquêtes du Koran. Au gré resté Hedjaz. On a vu comment. Il toujours fermé aux Européens. chassé deux fois par les Eulema. Mais tout porte à croire qu'ils s'efforcent d'étendre au-delà du Ouadaï leurs domaines sahariens. non plus seulement aussi comme défenseurs du « Dar el Islam ».

les pèlerins d'Afrique. Mais surtout les Bédouins. . après quelques années de dans le luttes. avaient constitué sa première clientèle. avaient bientôt reconnu Cheikh Senoussi pour chef spirituel et maître suprême. les Orban.. Leur concours pour lutter lui assura la force matérielle nécessaire victorieusement contre les intrigues des Eulema où et résister aux autorités turques. Béni Thaqif. etc. Béni Harith. Ce ne fut. suivant la dénomination locale. Plus tard. Chapitre I. grossirent ce premier noyau. suivirent cette exemple. entre la Syrie I. la confrérie devint toute puissante pays i. pas seulement dans cette province que les Bédouins devinrent ainsi ses plus sûrs auxiliaires. presque tous les musulmans population ce furent convaincus des classes instruites de la urbaine. Béni Harb. jusqu'au jour les circonstances politiques et la réputation croissante de la confrérie consacrèrent son indépendance. qui formèrent la grande masse des adeptes du Senoussisme. d'ailleurs. Du Sinaï au Yémen. Béni Lam.— le 272 — chef des Senoussiya réussit cependant à triompher de leur hostilité et comment. Une partie des anciens Idrissiya et quelques Tholba des villes. Tous ceux de l'Arabie occidentale qui n'avaient pas embrassé les doctrines Ouahabites. Toutes les tribus du Hedjaz. V.

avant de quitter défile nitivement Hedjaz.à l'est. nomades de à remarquer que le même fait s'est produit en Egypte chez les race arabe. jusqu'au territoire des Ababdeh. la zaouiya du Djebel Abou Kobaïs. 2. et Djeddah Bedr. V. cause de l'ordre Cheikh Senoussi. Il est dévouées. les Maazeh. Alors que l'ordre n'a pas un seul centre de propagande dans les villes et chez les Fellah. .imides de Gizeh. les Aouled Ali du désert lybique . 2. Chap. les Haouazeni habitants de la zone comprise entre la mer Rouge et la vallée du Nil. les Tih. toutes les tribus lui sont entièrement bédouines. quelles il malgré les difficultés contre les- eut à lutter. et même le petit groupe des Oulad Nedjem. une à la soit inféodée d'Aden. 1 . les Bédouins du Fayoum. Khalifat provincial. avait réussi. une Kebila d'Orban. A Médine Cheikh Djemel ben el Fodil. gardiens des : et les autres pyr. el Hamra. sauf leurs fractions sédentaires.— et le golfe 273 — du Nedjed. comme les Terabin. à fonder des succursales de el Taïf. I. à Médine. les Robatat. Yambo en Nekhal. . il n'est plus à l'Ouest fraction. de la péninsule du Sinaï à l'ouest. qui ne i . A El Taïf Cheikh Hassen ben Aomar. A Bedr Cheikh Othman ibn sid Mohammed el : : : Mos- soli el Korichi. Les chefs de ces différents établissements étaient au moment de son départ : Au Djebel Abou Kobaïs (zaouiya de La Mecque) el Taïfi : Sid Haraed ibn Mohammed Ghanem Kheira .

de la branche des Oulad Saddok. la création de plusieurs autres zaouiya a porté à douze le nombre total de celles que possèdent actuel- lement les Senoussiya.— : : 274 — Châban. De même Mahmmed. Sid Mohammed Mahmoud Chaban . a touibn jours pour chef Sid Hamed Mohammed Ghanem. celle du Djebel Abou Kobaïs. Hamra. Sid Hamied ibn Sid fils Omar est mort et a été remplacé par son Sid Hamza. A Yambo en Nekhal Sid Haoussin ben Moussa. sur la côte. . dans la province. La principale. Djeddah. originaire de la Haute-Egypte. à Yambo en Nekhal. est également encore vivant et A A El chef de la zaouiya. A Djeddah : Sid Mohammed Mahmoud Depuis. Djemel ben el Fodil. Moqaddem Cheikh Zeini ben Mohammed el Metouakhil. d'El Taïf a perdu dernièrement son ancien chef qui a été remplacé par un Chérif de la ville. A Médine. Sid Haoussin ben fils. A Bedr. Moussa a eu pour successeur son Les nouvelles zaouiya sont celles Sid el Cherif de : : Rabakh. A El Hamra Sid Hamied ibn Omar. Sid Othman ibn Sid Mohammed est encore Moqaddem. el Cheikh Celle Cheikh Hassen a succédé à son père.

il le rôle actuel des Senoussiya au convient d'étudier plus en détail l'organisation qui leur permet d'employer. à une demi-journée de marche de Cheikh Othman ben Aouis. émissaires de l'ordre. Outre une mosquée pour donné par les elle exercices pieux les et l'enseignement qui Khottab. Moqaddem : 27) - Ouadi-Fatimah. mais en même temps elle est le principal foyer de propagande parmi les pèlerins étrangers. disposant de revenus considérables. elle est organisée comme une sorte les d'université religieuse. Moqaddem : Cheikh Abd er Rahman ben Soliman. Avant d'examiner Hedjaz. Installée très grandement. Moqaddem Cheikh Omar ben Hazem. sert ainsi de centre administratif. Biar Abbes. prédicateurs en renferme quelques logements pour les dépendent. les forces morales et matérielles que représentent ces divers établissements. Tous Celle de Djebel Abou Kobais. El Moudik. ceux-ci n'ont pas la même destination. : Asfan. pour les étrangers de distinction . Sid el Abbes ibn Ali Moqaddem : el Madani. zaouiya métropolitaine de la province. affectée aux pèlerins de la confrérie. La de zaouiya Djeddah est surtout une maison hospitalière.La Mecque. sur l'Oued Debah. dans le but qu'ils poursuivent.

Sid Hamed ben Mohammed Ghanem s'y retirant souvent. bien que des garnisons turques occupent les . l'établisse- ment des Seaoussiya a la même affectation que celui de La Mecque il sert temporairement de zaouiya provin: ciale. et par une recrudescence du brigandage.— et 276 — y affluent sans cesse. Les pèlerins de grandes cérémonies religieuses y réunissent périodiquement tous les membres de la confrérie. son importance s'est accrue en raison de l'état politique du pays. entre La Mecque . développée par le Senoussisme. principales villes toutes les routes de l'intérieur sont coupées par les Bédouins. lui sert La zaouiya de Ouadi Fatimah perfectionner dans la doctrine frères qui veulent faire de succursale. la seule guerre que comportent leurs moeurs. En effet. qui ne se sont jamais soumis complètement. loin des agitations de la grande ville. en raison de leurs attaques. ou les une retraite. qui veulent s'y arrêter. de passage ou en résidence à La Mecque. Les caravanes des pèlerins ne peuvent plus circuler isolément. C'est là que sont envoyés les néophytes désireux de se du Senoussisme. et depuis quelques années. second centre de pèlerinage. A Médine. s'est manifestée chez eux par la rupture de toute relation avec les autorités locales . L'exaltation religieuse. tous ses partisans.

Aussi d'accompagner la caravane de la con- frérie est-eUe fort recherchée. Lorsque les circonstances ne se prêtent pas à la réunion des autres. en force assez imposante. de Yambo en i6 . Il en est de même de celui d'El Moudik. recrutent exclusivement leur clientèle parmi eux. sauf celle des Senoussiya. la présence du Cheikh des Senoussiya pour empêcher toute attaque des bandes qui parla faveur courent le pays. de Biar Abbès. en milice comme Enfin. c'est seulement ainsi qu'il est possible d'accomplir avec une entière sécurité la dernière partie du pèleri- nage. emploi régulier comme celui des Eulema attachés à la grande mosquée. qui ont un Cheikh spécial pour la conduire. n'osent pas plus se hasarder dans le désert que les simples pèlerins suffit . dans quelques zaouiya du Sahara Tripolitain. Alors que les autres Cheikh de caravanes. Abd-el-Kader el Sahi. à moins d'aller à Médine par des Senoussiya dans la seconde ville sainte est Yambo. Les autres établissements de l'ordre au Hedjaz sont Ceux de Asfan. La zaouiya donc un centre de réunion pour tous les pèlerins qui viennent directement de La Mecque. mais on y a créé en outre des plantations importantes. les succursales de Rabakh. auxquelles sont attachés de nombreux esclaves organisés. quelles que soient leurs nités religieuses affi- surtout affectés aux Bédouins.— et 277 — Médine.

s'occupent de la gestion des revenus et des biens de la confrérie. établi à Médine. des Oukhil indépendants de ceux-ci. Il centralise maître et les pouvoir. chef de la zaouiya de La Mecque. dont relèvent les simples Khouan. Chargés de la propagande religieuse. Les Oukhil. Ils sont aidés par des Moqaddem inférieurs. est le commun de tous les Moqaddem. De l'autre. du recrutement des adeptes. Le Khalifat provincial. reçoit de Djerboub les instructions du grand communique à ses coadjuteurs. les chefs des autres zaouiya.— Nekhal. attachés aux diverses zaouiya. administrent les biens de main-morte fort nom- . la direction des affaires spirituelles et politiques est exclusivement confiée au Khalifat provincial et aux Moqaddem. que sur les tribus L'administration de toutes ces zaouiya et des intérêts de l'ordre en général . relèvent d'un Oukhil général. ceux-ci exercent dans le domaine spirituel une autorité absolue sur leurs circonscriptions. voisines. Mohammed ben Mohammed el Madani. de Bedr et d'El 278 — exercent leur action ainsi Hamra sur la population des villes. ou du moins exerçant une autorité parallèle à la leur. Sid supérieur le Hamed ben Mohammed Ghânem. Ils reçoivent les offrandes des fidèles. est basée sur le principe de la séparation des pouvoirs. D'une part.

des . notamment. ils ils sont placés sous l'autorité des Moqadils dem. est centralisé pour recevoir l'emploi que décide général. Outre les Oukhil d'exploitation. et ne sont responsables qu'envers l'Oukhil général . qui dépendent de leurs établissements respectifs. sont indépendants d'eux. C'est actuelle- ment Sid Djennan. sur les revenus de toute nature. dont Mais. le besoin s'en sentir.— bergement des hôtes font 279 — breux. L'entretien de la zaouiya. dans toute la confrérie. comme agents comptables et gestionnaires. La même organisation se retrouve. fondée. d'ailleurs. qui lui-même rend directement ses comptes à Djerboub. Alors que Sid el les questions Mahdi se réserve frère d'ordre spirituel ou politique. relèvent aussi au point de vue spirituel. auquel incombe le soin d'enregistrer et de vérifier tous les Habbous de la province. Toutefois. il C'est ainsi. Habbous ou Ouakf. L'excédent de recettes réalisé après le prélèvement des dépenses locales. l'hépartie de leurs attributions. il existe à Djeddah un Oukhil. En dès qu'une somme suffisante trouve disponible celui-ci l'affecte à la création d'une été nouvelle zaouiya. son est particulièrement chargé de la direction des intérêts matériels. celle de l'Ouadi si Fatimah. qu'a fait y a quelques années seulement. A cet égard. . le grand se maître.

sous la conduite d'un fils de Sid Hamed ben Mohammed Ghânem. Quelques mois en novembre. conserve avec Sid suivie. aujourd'hui Thaleb Mazani. ceux-ci entretiennent en outre à La Mecque un agent d'eux seuls. Salah. un Oukhil d'expéditions. sont le plus souvent . soient les représentants directs des chefs de l'ordre. des Hadia régulièrement perçues dans le pays. et a traversé TEgypte. ben de surveillance qui relève C'est actuellement un Tripolitain. emportant à Djerboub. Bien que le Khalifat provincial d'une part. une seconde caravane ayant plus tard. la même destination est encore arrivée au Caire. de riches un équipage de faucons tissus de soie lamée d'argent. Abd' Allah el Au reste. une caravane conduite par un indigène de Tripoli. eux-mêmes directement à véritables tributs. Mahdi une correspondance Ses lettres. l'Oukhil général de l'autre. au commencement de 1886. Cheikh spécial Aomar qui indépendamment de fréquents el voyages à Djerboub. les Senoussiya indiadressent gènes. la zaouiya métropolitaine de Ainsi. entre autres présents. de rOukhil général et des Moqaddem. résidant à Djeddah.— est confié à 28o — Le soin en envois peuvent être dirigés sur Djerboub. indépendamment des Ziara. Hamied Hamdan. ou venus au Hedjaz comme pèlerins. ainsi du reste que celles du Khalifat.

Damanhour Brahim Bey : Capitan. de la zaouiya. comme son nom l'indique. originaire de Constantine. à Boulaq. Arrivé en Egypte depuis quelques années seulement. Sioua: Mohammed Messaoud : Bernaoui. Senoussiya conservent une les adeptes de la 16. Moqaddem Trabelsi 2. il s'est. celle de Cheikh el Olali. Dans ce pays comme dans tous ceux où leur intervention pourrait les 2. Hedjaz Caire. des missives émanant du siège de la confrérie. et vit d'ailleurs fort retiré. . Leurs titulaires actuels : sont à : Ahmed ben Ali Medjedoub. entre métropolitaine. Suez. Kerdassa Mohammed ben Bien que toutes les Mohammed el précautions puissent sembler prises 1. Mohammed Constantini est. Sioua et Kerdassa. qu'avait construite Abbas Pacha. Djeddah Suez Hassen ben Mohammed Ferchanti. dans le Riwak el Mogharbeh. pour parer aux éventuail a été établi une série le de postes de transmission. Néanmoins. Toutefois. abstenu de faire constater sa nationalité. Caire Mohammed Constantini et Cheikh Sid : : i Abdallah el Kamichi. il aucun centre de propagande senoussienne. lités qui pourraient se produire. n'a jamais été occupée.— Il 28l — portées à destination par les pèlerins de la Tripolitaine en est de même des réponses. à Djeddah. dit que dans le Delta et la vallée du 'Nil en Egypte. Nous avons n'existe engager dans des luttes prématurées. abstention les complète. ce qui s'explique de reste. et la zaouiya Le Damanhour. leurs partisans. il est employé à l'Université d'El Azhar. La seule zaouiya qu'on ait pu attribuer à l'ordre. Bien que sujet français.

Nezla. le pays. Ainsi. grâce à les 282 — le secret sur cette organisation. A Sioua.— pour assurer. Toutefois. ait représenté l'attitude des Senoussiya de la région comme fort effacée. El Garaque et dans l'Oasis de Mandicha. » là. il existe de véritables zaouiya. ceux d'Alex. les chefs de l'ordre ont quelques relations personnelles dans avec un ancien ministre d'Arabi. qu'au Fayoum. une forme vague et impersonnelle. dans l'Egypte proprement dite. ne la mention : portait comme vous signature que « Votre serviteur dont l'écriture est connue. y est de règle que toutes les instructions données par ses chefs à leurs représen- tants. envoyée de La Mecque à la zaouiya métropolitaine. notamment Ce n'est d'ailleurs pas par son intermédiaire.actuel est au contraire important. Il n'en est autrement. c. une lettre importante récemment. sont groupés çà et sous la Ainsi ceux du Caire ont. Cheikh Mohammed Khatem. et bien qu'un agent du gouvernement khédivial. n'étant pas des foyers de propagande. il affaires de la confrérie. depuis que la route du Yémen par Souakin est fermée. Tarsa. villes s'occupent activement de recruter de nouveaux adeptes dans les tribus sédentaires ou nomades. leur rôle . Indépendamment des groupes de Khouan établis en Egvptc. confrérie. mais bien par celui d'un . Mais nulle part leurs lieux de réunion ne peuvent être considérés comme zaouiya. comme Moqaddem. à Kerdassa. étrangers pour la direction de chefs spirituels. plupart.-à-d. située près de Souk el Fahamin . Ce sont eux qui centralisent toutes les nouvelles relatives au Soudan. tous les rapports envoyés par ceux-ci à Djerboub. Oukhil des Trabloussiya. Ils ont pour centre de réunion une petite mosquée. Les Moqaddem des Bédouins de cette provinee résidant à Edoua. le poste de transmission de Kerdassa n'est plus utilisé. représentant et chef des Tripolitains de la ville.andrie et de quelques autres ont de même des chefs spirituels. envoyé dans cette dernière oasis en mars i88é. par un des princirevêtent paux agents du Hedjaz.

- 283 : Sa suscription est aussi peu compromettante ï « Par la grâce de Dieu très haut. qu'ont été achetés pendant la dernière insurnouveaux canons et des fusils à tir rapide. sous vocable de Cheikh Senoussi. 2. espèrent d'ailleurs vaguement que. 1. y sont extrêmement considérés. Quelques musulmans appartenant aux classes élevées de la société et au parti des croyants convaincus. Comme l'indique le titre de sa charge. en raison de leur situation dans l'Islam. que les Senousque ne faisant pas de propagande eu Egypte. une coupole en cuivre pour le tombeau de Cheikh Senoussi. Que Dieu les maintienne en paix. H. Amen. siya. de Motylinski. mais en des chiffres équivalents. el La confrérie de Si Mohammed ben Ali Senoussi. le représentant par la série — '— (Note de M. Le mot Bedouh. les Senoussiya ont dans cette ville un Oukhil général pour l'Egypte. où se trouvaient déjà 15 bouches à feu en 1876. ou à la suite de l'adresse. bien Il y a lieu d'ajouter aux renseignements qui précèdent. Les Beni-Mzab et les Barbaresques l'emploient fréquemment. Cheikh el Hadj Abd el Haraid. s'écrit souvent au dos d'une lettre.) Outre le Moqaddem du Caire. grâce à eux. Nous devons cette traduction et les suivantes à l'obligeance de M"^ de Calassanti Motylinski. Duveyrier. interprète militaire à Ghardaïa. Ce sentiment explique le projet attribué le au Khédive de construire une Koubba à Boulaq. le formules de salutation qui commencent la nom du destinataire n'est pas mentionné davanles rection de négociant copte du Caire. l'Egypte pourra un jour être débarrassée de son joug actuel. il s'occupe plus particulièrement des intérêts matériels de l'ordre. Qu'il parvienne à Djerboub et soit remis à nos seigneurs les Frères. 2 » Dans lettre. On sait qu'il existe à Djerboub un magasin d'armes. (V. C'est à ce titre qu'il vient de faire fabriquer et d'envoyer à Djerboub. Sous l'invocation de Bedouli. dont la signification est inconnue.) . comme une espèce de talisman qui doit faire parvenir la missive à son adresse.

l'objet de la correspon- même entre les agents locaux 2. : adressée à l'Oukhil des expéditions de Djeddah « Nous sommes en route pour l'objet que vous conà naissez. Que Dieu illumine leur joie. Sid . Et cependant cette lettre. arrêtées celle-ci rappelle seulement des combinaisons c'est le cas verbalement. Il n'en faut pas plus et il est inutile de prendre de la peine. a sans doute une autre signification. comme dans la lettre suivante. 284 — était adressé et cependant ce message à Sid el Mahdi lui-même. Sidi . aux créatures : excellentes ! J'entends ainsi désigner plus particulièrement nos seigneurs les Frères.— tage I. le seul passage important vant « : toi. Je si désirerais que l'essence fût comme celle qui était chez le Cheikh cela dépasse le contenu du flacon. Parfois encore. Les indications qui précèdent sont Quant à . et que par eux il perpétue le contentement à tous les hommes par le mérite de notre seigneur Mohammed. Des expressions. » 1 . ses bénédictions et ses grâces les plus pures. plaît Dieu. » 2. cela ne fera rien. je te prie de vouloir bien te charger d'une commission facile. dans une lettre adressée à un des dignitaires de du Djebel Abou Kobaïs. « « Que le salut soit avec vous. des termes conventionnels sont également employés pour déguiser dance. videz en un peu. il n'y aurait pas de mal. la N'allez pas penser que nous puissions oublier s'il chose en question. ainsi que la miséricorde de Dieu (qu'il la zaouiya est le sui- soit exalté). » A première vue. Il s'agit de m'envoyer deux ou trois onces d'essence de géranium. » . Elle vous arrivera. en effet suivies « Celui qui sait n'a de cette phrase : pas besoin qu'on l'instruise. qui est de l'Oukhil des Habbous de Djeddah. Ainsi. a a Au nom du Dieu clément et miséricordieux Aux hommes très illustres et vertueux. il semble qu'il s'agisse d'une simple commission. Si cependant il y en avait une once de plus.

où on les conserve. ainsi que la miséricorde de Dieu et ses bénédictions.— pour que toute la 285 — prises Néanmoins. « que Dieu Vous ' . recevrez trois lettres . des précautions minutieuses sont et Moqaddem s'égarer. envoyées par Sidi Hamed L'une vous est destinée la seconde est pour Sidi Mohammed Messaoud 2 et la troisième pour Sidi Mohammed Salah. déjà ancienne « « Louange à Dieu seul » Que Dieu répande ses bénédictions sur ! celui après lequel « il n'y a plus de prophète. vénérable. et doivent faire l'objet d'accusés de réception. voit donc que l'organisation des Senoussiya au du Hedjaz. tous sont ultérieurement retournés à la zaouiya du Djebel Abou Kobaïs. » Non seulement les documents importants sont accom- pagnés de semblables avis d'envoi. zaouiya de Sioua. mais. Puissiez-vous rester en bonne santé. Chef de la . sans le ainsi : que montre une autre lettre. « Salut. honorable et très cher Sidi lui . Salut sur vous. Au accorde la paix. en outre. Khalifat provincial 2. Remettez-les aux destinataires et accusez-m'en réception pour que je puisse aviser Sidi Hamed. les correspondance échangée entre les Oukhil arrive à destination. etc. On 1 .

Les constitués et différents services qu'elle comprend sont fonctionnent comme de véritables ministères. Arabes ou nègres d'Afrique. effet. Dédaigneux de ces manifestations populaires. La milice Le grand Chérif entretient aux frais du gouvernement ottoman une milice cViargée de la police dans les villes saintes. Indiens. le nouveau venu ne témoigne cependant. ses vêtements. est aussi complète. dans de l'Islam. qu'une hautaine indifférence. de lui.ooo hommes armés de fusils à tir rapide. Les habitants de la ville. les Senoussiya ont la conviction que leur œuvre est accomplie. . se pressent autour se bousculent pour embrasser ses mains. La foule. I. les étrangers.— permettre l'état 286 — Hedjaz. Les tiennent garnisons ottomanes encore les villes et i y du assurent l'exercice de l'autorité légale. Le pays turque . de la Ce fait seul montre combien la terre sainte est actif le rôle confrérie. au Hedjaz. aussi régulière que peut le des mœurs arabes et musulmanes. n'est plus ni le patrimoine des en quelque sorte ni une province Chorfa et des Eulema. que l'arrivée d'un simple Moqaddem venant de Djerboub prend l'importance d'un événement public. C'est qu'en le plus sou- vent. Cette force présente à La Mecque un effectif de i. qui n'ont rien à envier à l'administration turque ou égyptienne. Un qu'elle Hadji nous disait pour caractériser la situation y occupe. même à La Mecque. se porte à sa ren- contre. Turcs.

au point de vue numérique. la Porte entretient aujourd'hui à La Mecque. Dans les villes. Il a fallu de longs combats pour les refouler. une imposante majorité. indispen- néanmoins. Les Eulema paraissent jouir du même ascendant qu'autrefois. leur est entiè- rement dévouée. qu'aucun intérêt personnel n'éloigne de leur cause. succomber sous. car sans Hedjaz. Unies aux Bédouins du Hedjaz. leur pouvoir spirituel est seul reconnu. La foule des pèlerins. après de sanglants revers. les tribus du Nedjed ont facilement balayé les garnisons régulières. les armées de Mehemet Ali ont failli.— caste 287 — grand Chérif. chez les nomades. lui conserve un certain prestige et sa semble encore un parti puissant. du commencement du rait Les exemples fournis par l'insurrection Ouahabite siècle. Djeddah. leurs coups. enlevé Médine et La Mecque. elle perdrait toute influence dans l'Islam. montrent ce qui se passealors. Grâce à des sables sacrifices énormes pour le elle. et dans les villes de la . Médine. et malgré leur valeur éprouvée. Mais. nerait Un signe du chef de Tordre détermi- une conflagration générale. leurs partisans forment. en réalité. les Senoussiya sont les maîtres de la situation et le savent. En dehors des centres urbains. turcs et l'aristocratie locale dans laquelle les soldats auraient à lutter contre le pays tout entier.

mal payées. le messager : chargé de porter cette missive devait donner verbalement. Ils rapportaient avec eux environ huit têtes et ramenaient un groupe de prisonniers. Cheikh au mois de mai 1886. une nouvelle guerre sainte aurait bientôt chassé de l'Arabie occidentale ses maîtres actuels. dont la fidélité peut sembler douteuse. quoique bien armées. entre tous les habitants . sous l'étendard du Senoussisme. L'autorité avant réclamé au. mal nourries. Voici de cet événement. Encore ces troupes sont-elles. 288 — lo. Le tout provient des habitants de Yambo en Nekhal.000 irréguliers.— province. chiffre . 1. Il et démoralisées par mille causes. j'ai trouvé un grand nombre de soldats arrivés de Yambo. Mais dans ce il faut compter 6.ooo hommes de garnison. complètent celles qu'elle contient Voici le passage relatif à la révolte de Yambo « En arrivant à Djeddah. Quelques indications. semble donc probable que. des signes précurseurs inévitable. les habitants villes. et la dernière ne remonte qu'au printemps de 1886. que . Nous empruntons ces renseignements à une lettre envoyée de La Mecque à Djerboub. Peut-être la lutte commencera-t-eUe subitement jour ou l'autre. Le gouverneur de Yambo en Nekhal avait voulu le montant de l'impôt répartir. l'annoncent des comme Nulle part . Quelques corps de milice Nizam et la du grand chérif s'opposeraient seuls résolument à une insurrection religieuse et nationale. . Partout les ne se cachent de préparer leurs révoltes mollement réprimées se succèdent. les nomades armes. se composant d'environ douze individus. par un des principaux agents des Senoussiya. un Depuis dix ans. Elle est caractérisque i.x habitants de les causes .

ils se sont refusés à les verser. en matière d'impôt. informée de ces événements. Telle fut l'origine de la révolte à laquelle prirent part presque tous les Senoussiya de efforts Yambo. envoya de nombreuses troupes et organisa contre eux » l'expédition qui vient d'avoir lieu. les Ouakf des Senoussiya les avaient cessé de figurer dans la répartition. conformément véritable tradition islamique. perdit vingt hommes. châtiment cette oasis les redevances visuelles payées sur les palmiers. et il la zaoui\?a. fallut une véritable expédition pour réta- blir l'ordre. L'autorité. Mais les douze prisonniers faits sur les rebelles. Et en post-scriptum. malgré les du Moqaddem de troupes. Le à chiffre total des impositions est. Quant à ces détails. effet. et le ainsi être exécutées. ils émanent tant des gens de distinction que du » vulgaire parmi les frères. suivant général. Leur impor- tance devenant considérable. La route de Médine a été interrompue pendant quelque temps et vingt soldats environ ont été tués. seul fixé et Yambo. comme l'usage dans les autres centres du pays. « Les habitants de Yambo se sont engagés à payer les redevances.— dû pour les 289 — la nombreux palmiers habbous de en zaouiya locale. qui admet l'exonération des fondations pieuses. Un petit détache- ment de envo3'é tout d'abord. la gens de la ville se refusèrent à en d'ailleurs à la payer quote-part. Les prescriptions du gouverneur purent ne tardèrent pas à recouvrer leur liberté. . qui n'acquit'tait plus leur redevance.

Elle visait. une évolution locaux d'une part. des fonctionnaires turcs et des Eulema de l'autre. La propagande des Moqaddem s'était appuyée sur le concours officiel des agents du gouvernement. avait eu son contre-coup au Hedjaz. le Néanmoins mettre directement gouverneur de en cause la ville le sut éviter de moqaddem de la . ne manquent donc point du Hedjaz et le gouvernement Senoussiya très importante s'est accoml'attitude dans respective de leurs chefs plie depuis peu D'ailleurs. ces rapports se sont modifiés. Actuellement. et leur avait dû quelques nouveaux succès. l'accord intervenu entre grand maître de l'ordre et la Porte. Il y a donc eu à la fois provocation du parti turc et rébellion des par- tisans du senoussisme.— infligé 290 — aux coupables se borna à l'exposition publique des huit têtes rapportées à Djeddah. La mesure qui a déterminé l'insurrection de Yambo en se joindre est un indice. Ils conti- nuent d'être assez bons en apparence. C'est qui décida Khouan à aux insurgés. mais sont en réalité très tendus. On a vu qu'à l'origine du le mouvement panislamique. celles des seuls indigènes de Yambo tués dans la lutte. conflit Les occasions de entre les local. là ce au fond. les intérêts les de la confrérie.

dont l'identité n'a jamais pu être établie i. effet. Blunt donne très agent de quelque personnage familier du sultan sultan lui-même (The Future of Islam). Sid El Haoussin . M. fut assassiné à Djeddah. avait joué un rôle important dans I. et purent ainsi se tenir sur une certaine réserve. Ghaleb. en pour être peu favorable chef aux projets caressés Il alors à Constantinople. par un Derouich. d'une famille rivale de la sienne. L'incident donne la note exacte Les Eulema de leur côté. El Haoussin passait. explicitement ce derouich pour un Abd ul Hamid. à une époque antérieure. Abd el Mouthaleb. sinon du . de persister dans leur opposition systématique envers les agents de Djerboub représailles : exercées par les nomades. eut pour successeur un fanatique ambitieux. S. le grand Chérif. Mais au début de titulaire l'agitation panislamique officielle . essaya sang. W. bien qu'on le regarde en général comme ayant agi d'après des ordres partis de haut. le de cette charge. et crainte de compromettre leur propre ascendant. avaient cessé depuis quelques années de se montrer hostiles aux Senoussiya. Nous avons exposé déjà les motifs qui les empêchèrent. Ils trouvèrent néanmoins dans jusqu'en 1880.— 2aouiya. et celui-ci agi — d'empêcher l'effusion du de la situation. dont le père. un protecteur docile de leurs intérêts de caste.

alors en Turquie. ce que les circonstances rendaient toujours dange- reux. Il continua d'ailleurs. à témoigner d'une profonde déférence pour son fondateur. avait occupé déjà. fut de nouveau remplacé. autrefois. le remplaça. celle de son prédécesseur. Abd el Mouthaleb. du moins. Grâce à ce chan- gement. mais en cherchant à rega- I. à leurs doctrines ». Deux mois auparavant. avait annoncé son prochain retour comme grand chérif. secrètement appuyés par les autorités provinciales. Cette nomination ne tarda pas à porter ses fruits . elle donna partout siennes.— l'insurrection i^2 — et s'était rallié des Ouahabites. le clergé officiel susciter quelques difficultés personnelles ne craignit pas. la lorsqu'en politique turque s'orienta dans une nouvelle direction. durent bon vouloir envers l'ordre. Eulema eux-mêmes. Un Chérif de la famille des Chorfa Aoun. et les la suprématie aux doctrines senousfournir des gages de leur Mais. Abd el Mouthadeux leb qui. L'assassinat d'El Haoussin avait donc été préparé de longue main. les anciens adversaires des Senoussiya. ses doctrines et ses chefs supérieurs . 1884-188 5. Sans chercher à réagir ouvertement contre le Senous- sisme. puis perdu à reprises la charge de grand Chérif. de aux représen- tants de la confrérie. . purent donner plus librement carrière à leurs véritables tendances.

L'affaire en est restée là. C'est l'idée conçue par les gens de mérite. le Khalifat provincial. Sid Hamed. était parti inopinément pour Médine. I. Les Senoussiya considéraient depuis longtemps comme dépendant d'une maison qu'ils avaient transformée en couvent. en quittant brusquement La Mecque. et y élevèrent quelques Tout d'abord. n'y avait pas pris garde. Eulema le déclarèrent à leur insu Ouakf de la grande mosquée constructions. mais montre que l'aristocratie sacerdotale. en même temps que la prise de possession (par eux) de certains Ouarkf et l'affectation (de ceux-ci) à leur gré. jugeant au dessous de il lui de revendiquer l'objet de cette spoliation. Lorsqu'il s'en aperçut. » (du tombeau du Prophète) et s'est abrité . en asile. Elle a peu d'importance en fait. les questions 293 — de détail un peu du terrain Un fait récent permet de s'en rendre compte '. un les terrain vacant. tint du moins â manifester son mécontentement. C'est pour cela que Sid Hamed a affecté d'aller accomplir la visite derrière ce prétexte. cet agent ajoutait : « J'ai appris également le motif du voyage de Sid Hamed. et c'est le Rebat (couvent) qui nous fait déÊiut à Bab el Oudâa. docile s'est au mouvement d'opinion qui officielles. qui lui avait donné rendez-vous à La Mecque. manifesté dans les sphères fournit elle aussi aux Senoussiya des prétextes de rupture. tels que les Eulema. Après avoir annoncé que Sid Hamed ben Mohammed Ghanem. En 1886. situé près de Bab el Oudâa.— gner dans perdu. Cet incident est également mentionné dans la lettre dont nous avons déjà donné un extrait page 288 et qui était adressée au grand maître de l'ordre par un de ses principaux représentants au Hedjaz.

des fonctionnaires turcs et des Eulema de l'autre. Actuellement. ne manquent donc point le Senoussiya du Hedjaz et gouvernement D'aiUeurs. Ils conti- nuent d'être assez bons en apparence. et leur avait dû quelques nouveaux succès. celles des seuls indigènes de Yambo tués dans la lutte. au fond. C'est là ce qui décida Khouan à se joindre aux insurgés. grand maître de l'ordre et la Porte.— infligé 290 — aux coupables se borna à l'exposition publique des huit têtes rapportées à Djeddah. le Néanmoins mettre directement gouverneur de en cause la ville le sut éviter de moqaddem de la . mais sont en réalité très tendus. avait eu son contre-coup au Hedjaz. les intérêts de les la confrérie. ces rapports se sont modifiés. conflit Les occasions de entre les local. une évolution très importante s'est accomplie depuis peu dans l'attitude respective de leurs chefs locaux d'une part. On a vu qu'à l'origine du le mouvement panislamique. La mesure en est qui a déterminé indice. Il y a donc eu à la fois provocation du parti turc et rébellion des par- tisans du senoussisme. La propagande des Moqaddem s'était appuyée sur le concours l'accord intervenu entre officiel des agents du gouvernement. l'in- surrection de Yambo un Elle visait.

Ils trouvèrent néanmoins docile de leurs intérêts de un jusqu'en 1880. Blunt donne très agent de quelque personnage familier du sultan sultan lui-même (The Future of Islam). protecteur caste. de cette charge. chef d'une famille rivale de la sienne. Sid El Haoussin . El Haoussin passait. dans le grand Chérif. par un Derouich. Ghaleb. de persister dans leur opposition systématique envers les agents de Djerboub : représailles exercées par les nomades. et purent ainsi se tenir sur une certaine réserve. S. déjà les motifs qui les empêà une chèrent. Mais au début de titulaire le l'agitation panislamique officielle . pour être peu favorable alors à Constantinople. dont le père. sinon du . M. aux projets caressés Il eut pour successeur un fanatique ambitieux. avaient cessé depuis quelques années de se montrer hostiles aux Senoussiya. fut assassiné à Djeddah. W. Abd el Mouthaleb. L'incident donne la note exacte de la situation. Les Eulema de leur côté.— 291 — zaouiya. dont l'identité n'a jamais pu être établie i. explicitement ce derouich pour un Abd ul Hamid. et celui-ci essaya d'empêcher l'effusion du sang. avait joué un rôle important dans I. bien qu'on le regarde en général comme ayant agi d'après des ordres partis de haut. époque antérieure. en effet. et crainte de Nous avons exposé compromettre leur propre ascendant.

celle de son prédécesseur. Il continua d'ailleurs. Abd Mouthadeux leb qui. Cette nomination ne tarda pas à porter ses fruits . Eulema eux-mêmes. le Senous- sisme. mais en cherchant à rega- 1.— l'insurrection 292 — et s'était rallié à leurs des Ouahabites. fut de nouveau remplacé. la lorsqu'en politique el turque s'orienta dans une nouvelle direction. de aux représen- tants de la confrérie. ses doctrines et ses chefs supérieurs . secrètement appuyés par les autorités provmciales. Sans chercher à réagir ouvertement contre clergé officiel ne craignit pas. avait annoncé son prochain retonr comme grand cbérif. 1884-1885. puis perdu à reprises la charge de grand Chérif . les anciens adversaires des Senoussiya. alors en Turquie. elle donna partout siennes. et les la suprématie aux doctrines senousfournir des gages de leur Mais. L'assassinat d'EI Haoussin avait donc été préparé de longue main. ce que les circonstances rendaient toujours dange- reux. à témoigner d'une profonde déférence pour son fondateur. durent bon vouloir envers l'ordre. autrefois. Abd el Mouthaleb. le susciter quelques difficultés personnelles du moins. Un Chérif de la famille des Chorfa Aoun. avait occupé déjà. Grâce à ce chan- gement. doctrines i. Deux mois auparavant. . purent donner plus librement carrière à leurs véritables tendances. le remplaça.

mais montre que l'aristocratie sacerdotale. Eulema le déclarèrent à leur insu Ouakf de la grande mosquée constructions. n'y avait pas pris garde. les questions 293 — de détail un peu du terrain récent permet de s'en rendre compte ». C'est l'idée conçue par les gens de mérite. jugeant au dessous de il lui de revendiquer l'objet de cette spoliation. un les terrain vacant. d'opinion qui manifesté dans les sphères fournit elle aussi aux Senoussiya des prétextes de rupture. tels que les Eulema. qui lui avait donné rendez-vous à La Mecque. et c'est le Rebat (couvent) qui nous fait défaut à Bab el Oudâa. Lorsqu'il s'en aperçut. » . cet agent ajoutait : « J'ai appris également le motif du voyage de Sid Hamed. Après avoir annoncé que Sid Hamed ben Mohammed Ghanem.— gner dans perdu. docile s'est au mouvement officielles. était parti inopinément pour Médine. le Khalifat provincial. et y élevèrent quelques Tout d'abord. en asile. L'affaire en est restée là. en même temps que la prise de possession (par eux) de certains Ouarkf et l'affectation (de ceux-ci) à leur gré. en quittant brusquement La Mecque. En 1886. Elle a peu d'importance en fait. situé près de Bab el Oudâa. I. C'est pour cela que Sid Hamed a affecté d'aller accomplir la visite (du tombeau du Prophète) et s'est abrité derrière ce prétexte. Sid Hamed. Cet incident est également mentionné dans la lettre dont nous avons déjà donné un extrait page 288 et qui était adressée au grand maitre de l'ordre par un de ses principaux représentants au Hedjaz. tint du moins à manifester son mécontentement. Les Senoussiya considéraient depuis longtemps comme dépendant d'une maison qu'ils avaient transformée en fait Un couvent.

Toutes cependant. Poursuivant méthodiquement l'accomplissement de leur programme. Placées sous la dépendance des Cheikh el Troûq. une lutte entre leurs partisans et les maîtres actuels du Hedjaz. anciennes succursales d'ordres étrangers. écoles philosophiques ou sectes . est vrai . et se contentent d'asseoir plus solidement d'année en année leur propre souveraineté par des voies pacifiques.— La ouverte venait à éclater 294 — si quasi certitude de leur triomphe. une certaine action en est aussi locale. cherles occasions de conflit avec l'autorité temporelle. ils chent à éviter contiennent les aspirations de leurs disciples. doivent une influence extérieure aux relations indirectes qu'elles ont conservées avec leurs chefs naturels. les autres confréries du pays n'ont il qu'un rôle effacé. Il qui. leurs grands maîtres. Quelques-unes exercent. Elle est d'ailleurs assez absolue dès maintenant. Peut-être quelques complications européennes déter- mineront-elles bientôt le choc qui suffirait pour enlever au vieil empire ottoman ce palladium de sa puissance. pour que le Hedjaz puisse être considéré comme une pro- vince spirituelle de l'Imamat de Djerboub. par leur fanatisme intransigeant. n'a pas encore modifié la ligne de conduite des chefs de l'ordre.

le mouvement qui s'est produit dans l'Islam au xixe siècle. toutes ont subi les effets du temps et du régime administratif qui leur est imposé. Les menacé dans Khouan. le cri du Hadj. ou clans féodaux et apanages d'une aristocratie héréditaire. ni l'enseignement banal du clergé que viennent évoquer les pèlerins. Soufisme. Les anciennes traditions des âges précédents se sont effacées devant une doctrine nouvelle représen. Mais ce ne sont plus les rites du officiel. pour le Hedjaz. tant à la fois les aspirations nationales de la race au- thochtone . un seul mot d'ordre de guerre final du Senous- « 7nrcs et chrétiens. Dans sisme la terre sacrée domine tous : les autres. 295 — branches d'ordres congrégations isolées.— extatiques. » Ils s'enivrent encore de la taire sa foi. « . et la réaction du vieux monde mahométan les . je les liriserai d'un seul coup. Tel est le fait considérable paraît supérieure aux auquel se résume. : communion mystique. qui hommes et aux événements. Derouich psalmodient encore dans leurs zaouij^a l'antique formule uni« La illaha ill' Allah. réguliers. Seuls les Senoussiya ont conquis dans les villes saintes une hégémonie morale.

.

) Mémoires sur les particularités de la religion musulmane dans VInde. Les Khoitan. par L. 1869. Meyer. Jes Les Sociétés religieuses che^ nelles Arabes. 15 avril 1886. par M.) 17- . 1859.) Marabouts et Khouan. par Garcin de Tassy. par P. Les associations musulmanes. d'Estouri^^ de Constant. 1845. Mercier. 1869. Goldziher. par Ch. par J.BIBLIOGRAPHIE Les Khoiian. par le général de Neveu. par E. mai 1886.) mnsulmaite en Algérie.) Le culte des saints che^ les Musulmans. Rinn. la religion novembre 1880. 1884. 1886. Brosselard. par Kiva. (Annales de l'Ecole libre des sciences politiques. (Recueil de la Société archéo- logique de Constantine. (Revue des Deux-Mondes. Etudes sur el la confrérie des Khoiian de Sidi Abd-el-Kader Djilani. (Revue de Note sur l'Histoire des Religions. (Spectateur militaire.

de V. traduction de Kasimirski. Leipzig. par H. Le Mahdi. 1888. 873 . Vavenir delà 1866. Essai sur Thistoire de TIslamisme. Cours de géographie des Etats musulmans. de la Jonquière. par A. traduction de A. Duveyrier. par Hermann Vambéry. Colas. (BibUothèque orientale. Ski:(^en ans Mittelasien. de Gobineau. . par G. à l'Ecole des 1 langues orientales (leçon d'ouverture). 1875. interprète militaire. 1886.— La confrérie de Sidi 298 — ben Ali él Mohammed Senoussi. par G. Turquie. 1881. Charmes. La Tunisie. 1834.) Darmesteter. par R. Livre mentionnant les autorités sur lesquelles s'appuie Cheikh Senoussi. par H. par Girard de Rialle. Chauvin. 1875 . par J. 1881. Histoire de l'Egypte ynusulmane. Dugat. 1877. 1882. par G. Dugat. Histoire de Vempire ottoman. Marcel. par A. 1879. (Trad. Duveyrier. par 1885.) Histoire des philosophes et des théologiens musulmans. Les religions de l'Asie centrale. Dozy. Mémoire sur VAsie centrale.) J. Le Koran. par le D"" Perron. L'Islamisme. (Bibliothèque orientale. 1884.

by W. by E. par Frid. The Dervishes. — : — — The Sufib. W. Ail the Year. Meer Hassan Ali. London. Hunter. Palmer (the Life and Achievements of E. par Voyage dans l'Arahie centrale. H. 1868. Mohammedan 1881 I. London. Vambéry (1862-64). Dictionnary of Islam. The Indian Musulmans. Tholuk. 1821. 1879. by Mrs. malThe ceremony of the heureusement introuvables. par Vam- Theosophia Persarum PantJieistica. G. London. Keene. W. Hughes. Berlin. 299 — H. by 1876.— béry. de cet orientaliste Arabian Pilgrimage An occult World The Jehad Doseh. Blunt. . by J. Franc. Der Islam im Neuniehnten sive lahrhiindert . etc. Trad. Palmer. G. S. Ssiifismiis. signale plusieurs articles. Leipzig. Tiirhs in India. 1836. London. Observations on the Musulmaims of India. religions orders. Walter Besant. The Future of Islam. London. Trad. 1876. London. centrale. Mohammedan Boston. by Th. 187$. par W. 1881. B. Modem Egyptians. London. Lane. London. franc. I. Palgrave (1862-1863). Brown. — . dans la vie de H. religions orders. Littel's Living Age. Voyage d\in faux Derviche dans VAsie H. 1885. W. by H. London 1883). 1882. P.

~ Pennazi (ch. la veille. par XXVII. Civilta e Decadeu/^a. jS\>J\ (^JiAjj ifJiyJ:!. Par Mohammed el Mouneir el Semnoudi. — Edition de Traité du Tessaouf et : science du Soufisme. récent). — Edition du de Boulaq (sans date. monastères. Ahîssînia. fjnM ii^A^j ^ <^?}_^* Extraits d'un ouvrage du Cheikh Abd-Allah ben Ahmed. — Les ablutions. Dlîikre^ des pratiques des ordres religieux. Par Chehab Boulaq. sur l'initiation au Dhikre et l'investiture de la Kherga dans les ordres religieux. 1885.) . el Dine el Seherourdi. Traité de l'origine et de la nature de l'Ahd. le La Khéloua (i^e partie). (Manuscrit. 1877. jeûne. — Origine Les but du Soufisme. par B. Démonologie (2e partie).— Suàan I e 3°o L. Senussi). Coutumes spéciales. 1292. Bologne. Pauciera. I Miisulmani Florence. Copie. des devoirs du Mourîd et du Cheikh. Devoirs et pratiques des Soufi.

) Par Cheikh Abd-el-Kader ibn Mahi ed Dine Défense de l'ordre des Kadriya. Exposé de la doctrine et des règles des ordres religieux en général.) Par Hassan ibn Haoussin attribués el Masri. (Edition d'Alexandrie.va)l SOI — ^j vJtAia'v'ï iiïj. el Erbali. Copie). (Manuscrit. enseignement. Copie. 1299 H). Sans date .— iCAi>_j.tA> ^y^- Petit traité de l'investiture de la Kherga par Sid Abou Beker ibn Abd Allah el Aideroussi.) Par Ahmed Rifaât Effendi. Origine des principaux. (Edition de Constantinople. . récent. (En turc. 1300 H. Recueil de miracles aux chefs des principaux ordres religieux.^ ^JN^xl iU. doctrine de Sidi Abd-el-Kader el Djilani. (Manuscrit. (Edition du Caire.) el Traduit du persan en arabe par Cheikh Abd-el-Kader Kadry ibn Mahi ed Dine. Vie.

'JU^ iiÀjs.) Recueil d'oraisons et de méditations à l'usage des Kadriya.— 302 — (En turc. prières des Khelouatiya. (Edité au Caire récent.) Règles. règles. par J^AMkJ Ragheb el Sebâi. (Edité à Boulaq. (Ed.iS. au Caire.) . par Cheikh el Hadj Smaïl. par Cheikh Abd el Ghani. à Constantinople. 1303.) Recueil de prières instituées par Sidi Abd-el-Kader Djilani.) Kf. Doctrines. 1295). prières et pratiques des KhelouatiyaDerdiriya. el (Ed. ibn Abd es Selem. doctrines. par Az ed Dine . Commentaire des Aourad Kadry. (Edité au Caire. au Caire.j\ JUs^O Ivocation aux Cheikh des Khelouatiya. 1299.) Par Sliman Mustakim Zada. 1260. (Edité 1300. Sid — Poème.

«? Prières et oraisons de Si Mostefa el Bekri (Kheloua- tiya-Bekriya). (Edité à Boulaq. sans date. 1302 ) Prières diverses et invocations aux Cheikh des louatiya. Sur des Haditz. de la danse dans le Commentaires sur Dhikre.) Par Mohammed Ouafa ibn Ouafa. Du Dhikre. 1298. Effets de celui-ci.y)_j^.) Par Cheikh Hassen el les Adoui. 1294.) .) ouvrages qui servent d'appuis aux Chadeliya. par Cheikh Khe- Ahmed el Soukhi (Khelouatiya- Saouiya). suivies des oraisons de el Cheikh Abd Allah Cherkaoui (Khelouatiya-Cherkaouiya). Réfutation des Soufi imposteurs (plaidoyer en faveur des Ouafaiya). (Edité à Boulaq. Défense des Chadeli3'^a. Les Khelouatiya.— (^STaJI 303 — c£<^-!i^ ^h^a^ ^h^^^ t. Les Derdiriya. (Edité au Caire. Opinion de Cheikh de l'Inde. (3 vol. (Edité à Boulaq .

) Par Mohammed Emin aux Cheikh. (Edité à Constantinople. pratiques des Derkaoua-Madaniya. 1301. (Edité au Caire. doctrines.) ^oJjiJÎ J^Asi t*^^ el cj^aS' (En deux parties. Poèmes sur les Cheikh des Nakechabendiya-Khale- diya. Devoirs et obligations et du Mourid. el Fohouli. règles des ordres religieux. Les Chadeliya. . suivant les Nakechabendiya-Khalediya. Invocations (Edité à Constantinople sans date. Doctrines. règles. (Edité à Constantinople en 1302 par ordre du gouver- nement. Les Derqaoua-Madaniya. règles et prières de l'ordre.) (En ZafFer.— Par Cheikh 304 — Mohammed ZafFer.) Par Cheikh hanoui el Nakechabendi.) Par Cheikh Mohammed Histoire d'Abou el Hassen el Chadeli. du Cheikh Ahmed Kemechn- Appuis. turc et en arabe.) (En turc. Mohammed ibn Doctrines.) . 1298.

sans date. turc. moraux et religieux de Sid Extrait d'un ouvrage annoté en marges par Cheikh (Edité à Boulaq Abd el du Cheikh. (Edité à Boulaq. Initia- tion.) (En bendi. — .) Règles et doctrines des Nakechabendij'a. el Ahmed Badaoui. récent. sous Ismaïl Pacha. doctrines. (Edité à Boulaq.) Par Sid Abd Vie de Seyd el S'emad. . préceptes. invocations aux saints de Tordre prières. 1277. Ses disciples. Semiâ el Hachemi. règles. (Edité à Constantinople.) . 1289.) Par Mohammed el Khaledi el Nakecha- Doctrines. prière de l'ordre des Badaouiya.— (En 30S - turc.) Recueil de préceptes Ahmed er Refai. Préceptes moraux. Extraits faits par Hassen ibn el Ouaiz d'un ouvrage de Yakoub el Djerkhi.

suivi de l'exposé de 24 règles principales pour les Khouan et de prières recommandées pour (Manuscrit. — Copie Ahmed faite en 1064. Vie de Saad ed Dine fat. 1303.) Par Cheikh ibn Abd er Rahman el Rot'bi. Doctrine et préceptes de morale des Emirghaniya. en 900.— Sans 3o6 — nom d'auteur. (Manuscrit.) Sans titre. (Edité à Boulaq. Chaîne des Khalide l'ordre des Saadiya. Invocations aux saints de l'Islam. Livre des appuis de la Kherga des Doussoukiya. Règles et prières . les — Copie. Par Cheikh el Khodri. Djebaoui. suivi de Faouâj'd.) . el (Edité au Caire récent. d'après des notes manuscrites d'Ibrahim Doussouki. par le Cheikh Ahmed Djellal ed Dine ibn Merhoun Moham- — med el el Keriki.) Mahmoud Saadiya. Composé à Doussouk.

Jyiil Exposé des appuis et de la doctrine d'un ordre nou- veau. 1290.x^Â Par Chah Ouali Allah. 307 ~ Exposé de la règle (Manuscrit. pour sa propagation aux Indes.) de quarante ordres. — Copie. (Edité à Boulaq. (Edité au Caire. Nakechabendiya et Djochtiya.) €3e- . 1297.— Par Cheikh Senoussi. J. basé sur ceux des Kadriya. Géographie de l'Egypte.) Par Mohammed Emin les saints Fakri. — Contient des renseigne- ments sur du pays. et fondé par ce Cheikh.

.

el — Les Confréries et les religieux — Le mouvement du xixe i — Les Senoussiya el IL Confréries dépendant des Cheikh Troûq. siècle. v Troûq. Le Cheikh Euléma. . 20 21 Kadriya Khelouatiya Chadeliya AlSSAOUA Taibiya 48 77 100 106 108 129 i6i Derqaoua Nakechabendiya Badaouiya Beioumiya 182 Doussoukiya Tîdjaniya 190 Î04 .TABLE DES MATIÈRES Pages Introduction I.

Les Senoussiya 253 257 Bibliographie 297 MAÇON.— ReFAIYA 310 — Pages 202 SaADIYA 210 226 248 25 1 Emirghaniya Seddikiya Allouaniya Melamiya ni. IMFRIMEKIE PROTAT FRÈRES .

.

— — CONTES POPULAIRES GRECS. CONTES DU PÈLECH.MBIE. recueillis Ortoli. par Reué Basset. Léger. nie). In-i8 5 fr.MPRIMKKIE PROTAT FRÉHES . VIII. LES VOCERI DE L'ILE DE CORSE. par Féraud. In-i8 par — V. In-i8. I. s fr- recueillis E. Rivière. Rouma5 . -Henry Carnoy. S fr- traduits . recueillis et traduits 5 fr. . par — i> BérengerIX. . Chants recueillis et traduits 5 par fr. In-iS par 5 fr.. Emile Legrand. par L. CONTES POPULAIRES DE LA KABYLIE DU DJURJURA. CONTES POPULAIRES SLAVES. j fr. — CONTES DES PROVENÇAUX DE L'ANTIQ. $ fr. 28 COLLECTION DE CONTES ET CHANSONS POPULAIRES I. . la reine de . RUE BONAPARTE. fr . — CONTES ARABES.UITÉ ET DU III. IL — CONTES POPULAIRES ALBANAIS.ERls^EST LEROUX. in-is VII. 8 de luxe Carmen Sylva (S. recueillis le S fr. traduits et annotés par le populaires du Portugal comte Je Puymaigre. CONTES DE LA SÉNÉGA. recueillis et traduits J. In-i8 — X. Un joli volume in-iS ROJL^NCEIRO PORTUGAIS. In-i 8. In-i8 VI. traduits '. INDIENS. par Aug. In1 par Bérenger-Féraud. par Frédéric In-i8 XI. MACOM. — CONTES FRANÇAIS. In-iS — IV. Dozon. 5 fr. recueillis et traduits 5 fr. . Feer. ÉDITEUR. M.MOYEN-AGE. — CONTES du bengali par L.

y. .^ UNIVERSITY OF CHICAGO ".> . y-jïH . B? // l L 3Z3i3B JVL S n /^\ fiâav / î^tiT 'i-v. . r.^ .>.-^ . '^-.

i^-*'r :.UNIVERS TY OF CHICAGO i'^f . k„*. .0^ %-:^-f- 36 084 158 %-i %^ .r V t vmi.>^ î..