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Le Chasse-clou
"Et tout à coup ce filet d'eau sur un volcan, la chute mince et ralentie de l'esprit." (Antonin Artaud, "Le Pèse-Nerfs")

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03 septembre 2010

Houellebecq enfariné
Cher Michel, Tu sais, ton coup de téléphone hier soir m’a fait réellement plaisir, et tu m’as doublé sur le fil car j’allais justement t’appeler pour te féliciter : ta photo en « une » du Monde d’hier après-midi, c’est très chic ! Un petit reproche, quand même (tu me pardonneras, j’en suis sûr) : ta chemise bleue quelconque (Monoprix ?) et ton air enfariné… Philippe Matsas ne
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pouvait pas te dérider ? Pourtant, il y a de quoi : c’est le succès partout ! J’ai lu cet article dans le supplément du Monde des livres : Raphaëlle Rérole est totalement élogieuse, tu es un moraliste, mais « un moraliste un peu nostalgique, alternativement féroce et presque attendri, qui fixerait soigneusement « sur sa toile » les dernières images d’un monde voué à l’extinction – comme une sorte d’inventaire loufoque et méticuleux, avant liquidation ». Hier matin, on tombait déjà sur une double page dans le Cahier Livres de Libération (l’excellente photo d’un hypermarché faite par Denis Darzacq occupant certes les trois quarts de la seconde), et un article signé Claire Devarrieux – toutes ces femmes sont folles de toi ! – vantant « la qualité du produit » intitulé La Carte et le territoire (Flammarion, 22 euros), « un roman sur la littérature quand on s’y attelle sérieusement » . Et puis je ne te parle pas (ton agent l’a déjà fait sans doute) de l’encensement , diffusé dans Télérama du 4 au 10 septembre, par Nathalie Crom – elles te veulent toutes, je t’assure ! – où celle-ci dit que tu fais en quelque sorte l’expérience « d’une certaine forme de modestie ». C’est vrai, et ce n’est pas ton pote BHL qui dira le contraire. C’est seulement sur Bibliobs que Bernard Géniès semble faire un peu la fine bouche sur ton œuvre : mais il faut bien qu’il se démarque du chœur magnifique qui te porte aux cieux, à ceux mêmes, peut-être, du Goncourt ! Comme une certaine Anne Brigaudeau, de France 2, que tu n’as pas vraiment réussi à séduire… Ce qui est un tout petit peu embêtant, c’est que l’on connaît maintenant, à cause de ces dizaines d’articles qui te sont consacrés, sans parler des émissions de télé et de radio où tu passes et repasseras, toute l’histoire du peintre Jed Martin, du dîner chez Jean-Pierre Pernaut, de l’apparition de Frédéric Beigbeder, et de ton double assassinat (je compte le chien) quasiment par cœur. Tu me diras, ce qui compte, ce n’est pas l’intrigue, c’est le style : ne jamais confondre Boileau avec Badoit. Et tu as bien joué en sachant utiliser les médias et la société de consommation que tu critiques par ailleurs : tu ne serais pas un peu situationniste sur les Debord ? J’ai lu dans « Libé » que tu citais beaucoup de marques dans ton livre (tu veux imiter Bret Easton Ellis ?), en fait c’est ce qu’on appelle du « placement de produits », autorisé maintenant à la télévision : j’espère que ça rapporte un peu, ou rien du tout ? Hier soir, je n’ai pas osé te demander si tu pouvais m’envoyer directement ta nouvelle
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carte Michelin. Mais comme quelques pauvres hères assis sur les trottoirs, avec un bout de papier sur lequel est écrit : « Pour manger, SVP ! », je vais, moi aussi, aller quémander et brandir l’affichette tapée à l’instant sur mon MacBook : « Pour acheter Michel Houellebecq, SVP ! »

(Photo : Paris, Le Panthéon, place des Grands hommes, 5e, le 29 août. Cliquer pour agrandir.) Benoît Dehort
03 septembre 2010 Publié Liv res | Lien permanent | Alerter

Commentaires

“Vous êtes réactionnaire, c’est bien. Tous les grands écrivains sont réactionnaires, Balzac, Flaubert, Baudelaire, Dostoievski : rien que des réactionnaires. Mais il faut baiser aussi, hein. Il faut partouzer. C’est important.”(”Les Particules élémentaires”,
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août 2007 juillet 2007 juin 2007 mai 2007

baiser aussi, hein. Il faut partouzer. C’est important.”(”Les Particules élémentaires”, Michel Houellebecq, 1997.) Cette citation était mise en avant par Daniel LINDENBERG dans “Le Rappel à l’ordre”, il ne s’est pas trompé, le personnage n’a pas changé !
Rédigé par : soulef | le 03 septembre 2010 à 09:08 | Alerter

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@ soulef : en tout cas, l’opération publicitaire est réussie (120 000 exemplaires pour le premier tirage).
Rédigé par : Dominique Hasselmann | le 03 septembre 2010 à 09:15 | Alerter

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Bel article de Benoît Dehort. “La chemise de Monoprix?”, c’est très chouette Monop. Une femme fan de l’écrivain.
Rédigé par : Ambre | le 03 septembre 2010 à 10:01 | Alerter

Bel état des lieux à la fois sur l’auteur et les tendres critiques tournant autour de la fameuse carte.
Rédigé par : Claire | le 03 septembre 2010 à 10:05 | Alerter

@ claire : c’est une topographie de la carte du Tendre. @ ambre : on ne trouve pas de chemises chez “Monop’”, petits magasins de dépannage branchés. Mais Monoprix n’est pas Marcel Lassance.
Rédigé par : Dominique Hasselmann | le 03 septembre 2010 à 10:09 | Alerter

Il prend naissance avec la mort ou est-ce la mort qui lui est reconnaissante. La trajectoire de ce mythe et de ses métamorphoses m’invite à être guidée par un cicérone prudent, et qui ne se satisfait pas de six étoiles. Tiens je vais me mettre à la Carte du Tendre.
Rédigé par : Sylvaine | le 03 septembre 2010 à 10:13 | Alerter

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Désolée, la carte du Tendre n’était pas encore dans ton commentaire quand j’ai posté.
Rédigé par : Sylvaine | le 03 septembre 2010 à 10:16 | Alerter

@ Sylvaine : mais tout cela vaut bien (comme on dit chez L’Oréal) six étoiles au Michelin !
Rédigé par : Dominique Hasselmann | le 03 septembre 2010 à 10:18 | Alerter

Houellebecq passe mal à la télé - et pas seulement à cause de la chemise - dommage pour lui, sinon le succès serait encore plus grand…
Rédigé par : gballand | le 03 septembre 2010 à 11:31 | Alerter

@ gballand : ceci est donc à mettre à son actif. Ainsi, on ne pourra pas dire qu’il en fait trop : il portait, je crois, un anorak, sans doute acheté à Monoprix, quand il vint présenter au JT de France 2 son dernier livre en compagnie de BHL.
Rédigé par : Dominique Hasselmann | le 03 septembre 2010 à 11:35 | Alerter

Un livre de Houellebecq, c’est comme un accident de voiture. Une sorte de fatalité a posteriori. D’où le style un peu Morgue de B.D. sans doute.
Rédigé par : Dom A. | le 03 septembre 2010 à 12:03 | Alerter

@ Dom A. : il est vrai qu’il a droit de son vivant, même mort, à de grandes pompes.
Rédigé par : Dominique Hasselmann | le 03 septembre 2010 à 12:06 | Alerter

je n’ai pas lu ses livres et ne vais pas les lire mais ceci mis à part, remarquez que Monoprix n’est pas donné à tout le monde et ce n’est pas plus ridicule que de porter des marques, au contraire
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The Cowboy and the Comtesse Voyage dans les mots Zoë Luc ider, L'Arbre à Palabres Ec rivez-moi

marques, au contraire
Rédigé par : quelle époque | le 03 septembre 2010 à 12:26 | Alerter

@ quelle époque : B.D. me dit qu’il n’a jamais mis les pieds chez Marcel Lassance (qu’il connaît seulement de réputation) mais qu’il va souvent chez Monoprix, rue du Temple (3e), et au Monop’ de la rue de Malte (11e).
Rédigé par : Dominique Hasselmann | le 03 septembre 2010 à 13:25 | Alerter

Dans le genre chronique du prix littéraire annoncé, le devin “passoul” nous en donne un avant-goût qui a plutôt un arrière-goût.
Rédigé par : quotiriens | le 03 septembre 2010 à 15:40 | Alerter

@ quotiriens : merci pour le lien vers P.A. car cela fait un bout de temps que je ne suis allé lui rendre visite. Je vois que, concernant notamment le prix Goncourt potentiel et le contexte médiatique, Benoît Dehort n’est pas trop éloigné (ouf !) de son analyse qui fait référence — normalement.
Rédigé par : Dominique Hasselmann | le 03 septembre 2010 à 16:09 | Alerter

J’apprends que MH ne mériterait plus le titre de “professeur de désespoir” (selon la belle expression de Nancy Huston). Il serait devenu plus anodin que jamais. Je vais éviter une fois encore de tomber dans le panneau “élémentaire”. Ne pas confondre Boileau et Badoit, j’ai mis un petit temps à comprendre mais ensuite j’ai bien ri. Merci Benoît!
Rédigé par : Zoë | le 03 septembre 2010 à 16:16 | Alerter

Bonjour Benoît. Bon, je viens juste de finir le Houellebecq - j’en parlerai chez moi. En tout cas, pour avoir lu ses trois derniers romans et au vu de leur seul titre respectif
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(pour mémoire : “Plateforme- Au centre du monde”, “La possibilité d’une île” et “La Carte et le Territoire”, donc), pas un seul critique, en tout cas réputé tel, pour y avoir décelé une sorte de triptyque, un continuum si vous préférez. C’est consternant… J’ai par ailleurs parcouru la note d’Assouline. No comment. En revanche, j’ai aussi pris connaissance des recensions de Dieu et du Diable (je m’adapte), respectivement Philippe Sollers dans le JDD (29 août 2010) et Juan Asensio sur son blog (1er septembre 2010). Morceaux choisis : “S’il y a une justice en ce monde, le prix Goncourt doit couronner cette œuvre puissante. La vision du monde de Houellebecq est toujours la même: tout le monde meurt, tout doit disparaître dans une apocalypse inévitable (au passage, j’apprends avec amusement que j’ai disparu depuis longtemps). Et puis soudain, à propos d’art, ce cri: “Picasso c’est laid, il peint un monde hideusement déformé parce que son âme est hideuse, et c’est tout ce qu’on peut trouver à dire à Picasso, il n’y a aucune raison de favoriser davantage l’exhibition de ses toiles, il n’a rien à apporter, il n’y a chez lui aucune lumière, aucune innovation dans l’organisation des couleurs ou des formes, enfin il n’y a chez Picasso absolument rien qui mérite d’être signalé, juste une stupidité extrême et un barbouillage priapique qui peut séduire certaines sexagénaires au compte en banque élevé.” Ce message de haine est-il une plaisanterie? Sans doute, mais ce n’est pas sûr. Il se pourrait, après tout, que ce jugement soit partagé par le ministre de l’Intérieur actuel, le Président lui-même, voire par le père du Président très mauvais peintre, dont on a pu voir l’exposition récente dans une galerie en face de l’Elysée. De même, il n’est pas exclu qu’une grande majorité de Français soit, au fond, d’accord pour censurer ces “barbouillages priapiques”. Il n’est donc pas inutile de rappeler qu’en avril 1940, la République française, avant l’arrivée des Allemands, a refusé à Picasso la nationalité française. C’était un délinquant anarchiste dangereux, et son engagement dans la guerre d’Espagne (Guernica) prouvait bien qu’il était d’origine tout à fait étrangère. Houellebecq va-t-il réussir à bloquer la montée irrésistible des prix de ses tableaux? Attendons.” (Philippe Sollers) “Supérieure à la photographie selon l’auteur, la peinture, pourtant, échoue, dès les toutes premières lignes du roman, à s’enfoncer dans la vérité. Jed Martin déchire une de ses toiles, sans doute parce qu’elle est mauvaise, plus sérieusement parce qu’elle s’enfonce dans une impasse, Koons et Hirst représentant deux pôles de la modernité picturale
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qu’une seule toile qui prétendrait les réunir ne saurait représenter sans risquer de se déchirer. La vérité d’un être, vérité, ce grand mot qui fait peur, est lâché : il n’en finira pas de rôder dans le roman de Houellebecq, comme un lion cherchant qui dévorer, à moins qu’il ne s’agisse d’un singe farceur s’amusant avec les portraits de John Fitzerald Kennedy (cf. p. 136) et, au travers de la bouffissure, lui prêtant quelque singulière valeur symbolique. La vérité, Jasselin, le commissaire chargé de résoudre l’enquête sur l’assassinat de Houellebecq, veut aussi, coûte que coûte, la découvrir (cf. p. 292). Il finira d’ailleurs par réaliser son souhait, moins grâce à son travail acharné de policier méticuleux que par un heureux concours de circonstances. Entendons-nous sur le terme, car la vérité de Houellebecq est moins la certitude, par le génie de la peinture, d’accéder à quelque véracité aussi hyper-réaliste que troublante d’un visage qu’en celui-ci, le fait de dégager une vérité symbolique qui pourra être lue comme celle de tous les hommes (cf. p. 177). Au fond, tout grand tableau est une narration, quoi qu’en pense Jed Martin. Beauté est un autre de ces mots. Certes, l’écrivain nous déclare qu’elle est secondaire en peinture, les grands peintres du passé étant considérés comme tels lorsqu’ils «avaient développé du monde une vision à la fois cohérente et innovante» (p. 38). Pourtant, c’est une jeune femme, très belle, qui deviendra la maîtresse de l’artiste, qui se contentera de déclarer, devant l’un de ses tirages de carte Michelin, que c’est très beau (cf. p. 65). Pourtant encore, il est «impossible de nier une certaine beauté au monde» (p. 344).” (Juan Asensio) Ouf ! Bien à vous, cher Benoît.
Rédigé par : Chr. Borhen | le 03 septembre 2010 à 16:25 | Alerter

Bizarre, jamais lu ce que faisait ce garçon : pudibonderie que la mienne, haine du marketing, écoeurement devant sa manière de tenir son chien en laisse et sa cigarette, le lèche-culage de monsieur Nourrissier ? Je ne sais. Qu’il aille se faire mettre au Panthéon, vous avez raison, Chasse-Clou (car la photo est de vous, n’est-ce pas ?), aux grands hommes… (il me semble que le dialogue qu’ils avaient tous les deux commis, lui et son contradicteur BHL, avait aussi été tiré à 150 000 exemplaires : plus des deux tiers se retrouvèrent au pilon… Ca ne fait rien, l’époque mérite sans doute ce type d’auteur)
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Rédigé par : PdB | le 03 septembre 2010 à 16:39 | Alerter

@ Chr. Borhen : Benoît Dehort me transmet la réponse suivante à ton long commentaire : “Houellebecq construit une oeuvre immense et il est bien normal que ses titres renvoient tous à une sorte de retable unique et dépliable au fur et à mesure de sa traversée (à pied sec) de l’écriture. Que les critiques patentés (voire pas tentés du tout) n’aient pas vu cette harmonie quasi fouriériste n’est pas étonnant : ils sont là pour faire la promotion — assez réussie au cas particulier — d’un livre dont tout le monde parle et doit parler, ils ne se préoccupent pas, dans leur résumé du scénario (adapté au cinéma par l’auteur dans quelque temps ?) d’établir un ou des liens entre les différents ouvrages qu’il a pu commettre. L’analyse de Philippe Sollers semble tout à fait juste (même si je n’ai pas lu le livre en question, suivant en cela les préceptes de Pierre Bayard), et les crachats sur Picasso sont bien dans l’air du temps — il suffit d’ouvrir le parapluie, à moins qu’il ne s’agisse effectivement d’humour, et c’est encore plus triste. Par contre, j’ai eu quelques difficultés à gravir et décrypter les considérations picturales de Juan Asensio. Avec mes salutations respectueuses mais non coupables. Benoît Dehort.”
Rédigé par : Dominique Hasselmann | le 03 septembre 2010 à 16:44 | Alerter

@ Zoë : désolé, je vois que ma réponse à ton commentaire a disparu ! Je te disais que la photo… anodine en “une” du “Monde” daté du 3 septembre était peut-être un signe renvoyant à son livre. @ PdB : “son contradicteur BHL”, son compère, tu veux dire ? Ils ont posé tous les deux en victimes expiatoires des médias alors qu’ils en sont les chouchous, les habitués et les encensés réguliers. Effectivement leur livre à quatre mains a fait un beau “flop” : cette fausse auto-flagellation était d’un dérisoire et d’un ridicule assez effarants. Quant à la photo du Panthéon, au sein duquel Houellebecq pourra prendre un jour la place laissée vacante par Alexandre Dumas, elle est bien de B.D. : il lui arrive aussi de
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titiller le déclencheur.
Rédigé par : Dominique Hasselmann | le 03 septembre 2010 à 16:52 | Alerter

Benoit Dehort: Imagine que dans ta froide colère tu arriverais à chasser tous les faux écrivains, les hâbleurs de gondole, tu t’apercevrais qu’à la fin , il ne resterait plus grand monde. Il en faut de la fumure pour faire éclore un champ de coquelicots. « Vanitas, vanitatum, omnia vanitas » « Sic gloria mundi » Je suis réticent à allumer un bucher même celui aux vanités.., surtout quand je n’ai pas lu l’ouvrage soumis à la question Tu as bien fait d’ouvrir un gueuloir. Les gueulantes attirent les bacchantes. J’ai préféré me taire.
Rédigé par : verroust patric k | le 04 septembre 2010 à 00:03 | Alerter

[…] Houellebecq enfariné - Le Chasse-clou - Blog LeMonde.fr dominiquehasselmann.blog.lemonde.fr/2010/09/03/houellebecq-enfarine/#xtor=RSS32280322 – view page – cached Tu sais, ton coup de téléphone hier soir m’a fait réellement plaisir, et tu m’as doublé sur le fil car j’allais justement t’appeler pour te féliciter : ta photo en « une » du Monde d’hier après-midi, c’est très chic ! Un petit reproche, quand même (tu me pardonneras, j’en suis sûr) : ta chemise bleue quelconque (Monoprix ?) et ton air enfariné… Philippe Matsas ne… Read moreTu sais, ton coup de téléphone hier soir m’a fait réellement plaisir, et tu m’as doublé sur le fil car j’allais justement t’appeler pour te féliciter : ta photo en « une » du Monde d’hier après-midi, c’est très chic ! Un petit reproche, quand même (tu me pardonneras, j’en suis sûr) : ta chemise bleue quelconque (Monoprix ?) et ton air enfariné… Philippe Matsas ne pouvait pas te dérider ? View page Tweets about this link […]
Rédigé par : Twitter Trac kbac ks for Houellebec q enfariné - Le Chasse-c lou - Blog LeMonde.fr [lemonde.fr] on Topsy.c om | le 04 septembre 2010 à 02:54 | Alerter

@ verroust patrick : il ne s’agit pas d’un “bûcher” et Benoît Dehort ne se prend pas pour Tom Wolfe.
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Il a simplement voulu pointer un phénomène d’emballement médiatique : le contenu du livre n’est pas mis en cause (les nombreux liens renvoient à des critiques ultra-positives en majorité), puisque justement non lu. D’où son désir ardent de quêter quelques piécettes pour acheter le chef-d’oeuvre tel qu’il est dépeint ici et là.
Rédigé par : Dominique Hasselmann | le 04 septembre 2010 à 07:26 | Alerter

Je prend acte de votre critique justifiée. Le marketing suscite un emballement médiatique. Le dénoncer, à juste titre, est encore en parler. Il est difficile d’échapper à ce piège. Il faut laisser passer la mousse et l’écume, laisser filtrer …. La “ventrée” littéraire devient un travail de petit orpailleur . Il en est de même des sorties de films.
Rédigé par : verroust patric k | le 04 septembre 2010 à 09:32 | Alerter

@ verroust patrick : Si je vous suis bien, on ne pourrait plus parler de rien ? Ouvrez votre blog et à vous de choisir !
Rédigé par : Dominique Hasselmann | le 04 septembre 2010 à 09:35 | Alerter

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04/09/2010

Houellebecq : chef d’oeuvre ou pensum…

- RENTRÉE LITTÉRAIRE 2010
P ublié le 02/09/2010 | 13:56

Houellebecq : chef d'oeuvre ou pensum ?
Pa r Anne BR IGAUDEAU

N'en jetez plus ! Du Figaro à Libération, la presse (quasi) unanime s'extasie sur le dernier Houellebecq qui sort samedi
Cinq ans après "La possibilité d'une île", les thuriféraires du romancier lui promettent à nouveau le Goncourt qui lui avait échappé en 2005. Optimiste et sûre du battage médiatique, la maison Flammarion a déjà imprimé 120.000 exemplaires de "La carte et le territoire" .

La car te et le ter r itoir e, le nouveau Houellebecq AFP/M IGUEL M EDINA

Le bal des critiques avait débuté le 10 août par "Le Parisien" sous la plume de Pierre Vavasseur, plus en demi-teinte que d'autres : "C'est un roman qu'on visite de salle en salle qui résonne très fort, m ais qui n'est qu'une cham b re d'échos m ultiples..."." Marianne enchaînait le 14 août avec un long article de Benoît Duteurtre, parlant d'écrivain hors normes (le critique est d'ailleurs mentionné à la page 139 du livre de Houellebecq : "m on am i Benoît Duteurtre"). Libération juge le livre "épatant", Le Figaro parle de "m eilleur roman" de l'auteur... Bref, le même son de cloche résonne partout.

Parmi les personnages : Le Lay éméché, Pernaut "outé"...et Houellebecq assassiné
Que raconte ce dernier roman, pour ceux qui l'ignorent encore ? L'histoire du peintre et photographe Jed Martin, qui devient célèbre en agrandissant des cartes Michelin ("La carte est plus intéressante que le territoire"...). Dans ses tableaux, Jed met en scène "Damien Hirst et Jeff Koons se partageant le marché de l'art" ou encore Steve Jobs et Bill Gates discutant de l'avenir de l'informatique. On demande un jour à l'artiste de peindre un écrivain, "m ondialement célèb re", Michel Houellebecq (l'occasion pour celui-ci de faire son autoportrait en épave alcoolique et téléphage...). Hélas ! Avant d'avoir été peint, Houellebecq finit atrocement assassiné. Laissons au commissaire Jasselin, qui mène l'enquête, le soin de rédiger l'épitaphe : "Au total, il avait rarem ent vu quelqu'un ayant une vie aussi chiante. Mêm e son navigateur Internet ne révéla rien de b ien passionnant. Il ne se connectait à aucun site pédophile, ni mêm e pornographique". L'avouerons-nous ? Les 430 pages du livre nous ont paru longuettes. S'il y a, comme autant de marques de l'auteur, des fulgurances, de l'humour noir, du cynisme ("il était tenté de croire à des choses telles que l'am our"...) et des scènes dignes d'un journal people trash (Patrick Le Lay éméché, l'"outing" de Jean-Pierre Pernaut"...), ce précis de décomposition finit par lasser. Une fois de plus, Houellebecq s'attarde sur la lente décrépitude de l'homme blanc. Respectueux de son sujet, il le fait à un rythme de nonagénaire. -> "La carte et le territoire" Michel Houellebecq (Flammarion, 22 euros)

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COMMENTAIRES (1)
clrieu1

03-09-2010 à 13:13:55 difficile d'évaluer les oeuvres littéraires d'un malade sexuel amateur de voyages en Thaîlande!
VOIR TOUS LES COMMENTAIRES >> [=>h ttp://ww w .fran ce2.fr/appftv/co mmen tski t/ajo u t_topi c_arti cle_con tri bu ti o n .ph p?
lo g u ser=0&vi ew all=1&ti tre_i n tern e=h o uellebecq%2b%253a%2bch ef%2bd%2527o eu vre%2bo u %2bpen sum%2b%253f&h ash =%ed%24%bc%eb%bd0%840%df%b5%3c%a9%d9%c1%1d%18%a9h %2a&i d_arti cle=99022064655159&po rtail=fran ce2&co mmen ts_tri =1&u rl_arti cle=h ttp%3a%2f%2fcu lture.fran ce2.fr% -chef-d-o eu vre-o u-pen su m--64655159.h tml&mo de_affi chag e=json &su bcat=articleactu]

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ACTU DES LIVRES

…france2.fr/…/houellebecq--chef-d-oeu…

1/1

04/09/2010

Houellebecq, la qualité du produit

02/09/2010 À 00H00

Houellebecq, la qualité du produit
CRITIQUE

Art en promotion dans «la Carte et le territoire»

Par CLAIRE DEVARRIEUX

L'écrivain Mic hel Houellebecq le 5 octobre 2008 à Paris. (© AFP Olivier Laban-Mattei)

Michel Houellebecq, écrivain que le monde entier nous envie, n’est pas facile à aimer. Il se moque des droits de l’homme, ignore les droits de la femme, et s’intéresse peu aux enfants, ne parlons pas de la famille. La Carte et le territoire, son cinquième roman, est épatant. Il est aisé de l’aimer beaucoup. On ne s’en prive pas. Aucun problème. La vision du monde qu’il expose est pourtant loin d’être aimable. Que s’est-il passé ? Pourquoi Michel Houellebecq est-il en mesure avec ce livre de conquérir n’importe quel public, et notamment la part la plus importante (en nombre) du lectorat, à savoir les lectrices ? «Nature profonde». Jusqu’à la Possibilité d’une île (Fayard, 2005), on
liberation.fr/…/0109655356-houellebec… 1/5

04/09/2010

Houellebecq, la qualité du produit

ne l’aurait pas dit misogyne. Par exemple, Plateforme (Flammarion, 2001), roman sur le tourisme sexuel généralement considéré comme paresseux (le roman, pas le tourisme), contient un vrai portrait de femme, mieux, un portrait de vraie femme. Extension du domaine de la lutte (Maurice Nadeau, 1994), débuts discrets et remarquables dans la fiction, après deux recueils de poèmes, puis les Particules élémentaires (Flammarion, 1998), roman par quoi la gloire est arrivée, insistent assez méchamment sur l’existence d’une lutte des sexes. La Possibilité d’une île, traversé d’une hargne plus problématique, est d’une lecture dérangeante. La littérature n’est pas faite pour nous faire rentrer (ou rester) dans le rang, c’est même tout le contraire, et il convient d’autre part de ne pas confondre les opinions des personnages avec celles de l’auteur. On sait tout cela. Mais Houellebecq lui-même évoque ses provocations, pour les regretter, «car telle n’est pas ma nature profonde». Il le dit au début de sa correspondance avec Bernard-Henry Lévy, Ennemis publics (Flammarion et Grasset, 2008) : «J’appelle provocateur celui qui, indépendamment de ce qu’il peut penser ou être (et à force de provoquer le provocateur ne pense plus, n’est plus), calcule la phrase ou l’attitude qui provoquera chez son interlocuteur le maximum de déplaisir ou de gêne ; puis qui, rationnellement, applique le résultat de son calcul.» Plaire et déplaire sont chez lui liés, explique-t-il encore. Pourtant, dans cette même lettre, il fait état d’un changement : «J’ai senti comme des chutes de tension (parfois brèves, parfois longues) dans cette volonté de déplaire qui me tenait face au monde. J’ai eu de plus en plus souvent, il m’est pénible de l’avouer, le désir d’être aimé.» C’est lui qui souligne, comme il le fait toujours, dans tous ses livres, quand il s’agit de désigner un cliché, et, délicatement, de le détourner en le phagocytant. La Carte et le territoire (lire Libération du 19 août) est l’application du programme énoncé ci-dessus. Il voulait être aimé, il l’est. Il fait ce qu’il veut. Pour le pasticher, on utiliserait les italiques : il est en pleine possession de ses moyens. Ce diable d’écrivain parvient à se faire aimer sans se renier. Le pessimisme pacifique (sauf coup de colère sauvage) affiché par le personnage principal, Jed Martin, ressemble assez à celui de Michel Houellebecq pour qu’on ne s’interroge pas sur l’implication de l’auteur. Inutile cette fois de se demander s’il dénonce ou approuve. Il force le
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trait, si on peut s’exprimer ainsi à propos d’une disposition dépressive, atone, plus proche de l’absence d’oblativité que de la misanthropie. Mais il décrit un état (d’âme, des lieux). C’est peut-être pour cette raison qu’il figure en personne dans le récit, assassiné au deuxième tiers du livre, découpé en morceaux, taillé en lanières, tête coupée, abattis non numérotés, cela fait certainement un moment qu’il avait envie de raconter son propre enterrement. Pas mal de monde dans les rues de Paris. Mais ce n’est pas pour le seul plaisir d’imaginer une manière originale de mourir que Michel Houellebecq apparaît ici au titre de personnage. C’est pour apporter son soutien, sa caution à Jed Martin, son frère, son double. Tous deux solitaires, indifférents «à tout ce qui pouvait s’apparenter à une relation amoureuse, et vraisemblablement aussi à toute relation humaine». Russe divine. Ils ont à peu près vingt ans d’écart, Jed Martin, le plus jeune, étant né en 1975. Michel Houellebecq se présente comme «un auteur célèbre, mondialement célèbre même», d’après le galeriste de Jed Martin. Jed, artiste contemporain, demande un texte à Houellebecq pour le catalogue de sa prochaine exposition. Même son père le connaît : «Il y a une petite bibliothèque à la maison de retraite ; j’ai lu deux de ses romans. C’est un bon auteur, il me semble. C’est agréable à lire, et il a une vision assez juste de la société. Il t’a répondu ?» Non. Après une première partie en forme de flash-back (jeunesse et genèse de Jed), Jed appelle Frédéric Beigbeder («devenu une sorte de Sartre des années 2010»), afin qu’il appelle son ami Houellebecq. Jed et Beigbeder se sont croisés naguère, quand le premier vivait sans le savoir sa dernière histoire d’amour, avec une Russe divine, et intelligente, une des cinq plus belles femmes de Paris, selon le second. Parenthèse : Houellebecq, plus connu pour dire du mal des gens que pour en penser du bien, dresse de Frédéric Beigbeder le plus affectueux portrait. Deuxième partie de la Carte et le territoire : Jed Martin rend visite à Michel Houellebecq en Irlande, muni d’un Samsung ZRT-AV2 pour le photographier. «Le Sushi Warehouse de Roissy 2E proposait un choix exceptionnel d’eaux minérales norvégiennes.» Cette phrase, quintessence de la musique houellebecquienne, introduit le voyage en avion, mode de déplacement démocratisé, peu cher, victime «d’une totale perte du prestige antérieurement associé au transport aérien». Devant la maison de l’écrivain stationne un SUV Lexus RX 350. Beaucoup de voitures dans la Carte et le territoire, d’appareils, de marques en général, précisions à
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quoi Houellebecq apporte un soin maniaque. Les marques font partie de nos vies occidentales, il est notre champion réaliste, notre chroniqueur, notre Balzac. Entre deux considérations sur la charcuterie, l’écrivain exilé se confie un peu : «"Dans ma vie de consommateur", dit-il, "j’aurai connu trois produits parfaits : les chaussures Paraboot Marche, le combiné ordinateurportable-imprimante Canon Libris, la parka Camel Legend.» Et Houellebecq (il a bu) de se mettre à pleurer, tout cela a disparu des rayonnages, on n’en fabrique plus. «Alors que les espèces animales les plus insignifiantes mettent des milliers, parfois des millions d’années à disparaître, les produits manufacturés sont rayés de la surface du globe en quelques jours […]» Mouches. Houellebecq personnage poursuit : «Nous aussi, nous serons frappés d’obsolescence.» Que sommes-nous sinon des «produits culturels» en voie de disparition ? La Carte et le territoire est entièrement placé sous le signe de l’inéluctable décomposition. Houellebecq auteur, dans Ennemis publics, l’écrit déjà : «Or s’il y a une idée, une seule, qui traverse tous mes romans, jusqu’à la hantise parfois, c’est bien celle de l’irréversibilité absolue de tout processus de dégradation, une fois entamé.» Les mouches et les larves sur le cadavre du grand écrivain (processus déjà évoqué dans les Particules élémentaires), le cancer du père de Jed, puis son euthanasie, la décrépitude à l’œuvre dans le corps d’une femme qui, en apparence, n’a pas vieilli : tout cela travaille le roman. Si l’art en est le grand sujet, les partis pris esthétiques de Jed Martin, soucieux d’objectivité, ne concernent bientôt plus que le processus de la ruine. Une manière comme une autre de rendre compte du monde. Est-ce triste ? Dans un essai enthousiaste, qui paraît cette rentrée, Houellebecq écrivain romantique (éditions Léo Scheer) le jeune Aurélien Bellanger explique : «Houellebecq, qui souscrit à la ruine de tous les idéalismes et assume l’entière validité des discours qui les ont détruits, est d’abord un auteur désespéré. Mais nous ne pouvons justement faire confiance qu’à un auteur désespéré - parce que nous sommes athées ? -, et ne pouvons attendre de lui qu’une seule chose : qu’il parvienne miraculeusement à désespérer de son désespoir.» A vrai dire, Jed Martin est moins malheureux que victime d’une forme extrême d’ataraxie. Il déambule dans les rues, ou dans les hypermarchés (dont il n’a pas la carte de fidélité). Il fréquente les cocktails parce qu’il le
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faut. Il y croise ses présentateurs préférés, Jean-Pierre Pernaut, Julien Lepers. Il regarde la télévision, les dessins animés. Plusieurs ruptures dans son œuvre. Après avoir photographié la quincaillerie, l’ensemble des objets manufacturés, il a eu la révélation des cartes Michelin. Le titre du livre trouve ici sa justification, quand Jed Martin démontre l’inanité d’une photo satellite par rapport à une carte Michelin : «La carte est plus intéressante que le territoire.» En ce qui concerne le territoire français, Houellebecq envisage le devenir économico-touristique de notre beau pays, c’est un des aspects comiques du roman («la campagne est devenue tendance»), qui en contient d’autres, sur les journalistes. Nous sommes tous des Pépita Bourguignon. Tableau inachevé. Enfin, Jed Martin abandonne la photo, et revient à la peinture (il va gagner des millions) pour représenter l’être humain, seul ou en groupe, avec une prédilection pour les métiers. Il s’intéressait aux produits, il se penche maintenant sur ceux qui les conçoivent. Sa fameuse «série des compositions d’entreprise», l’Architecte Jean-Pierre Martin quittant la direction de son entreprise ou encore Bill Gates et Steve Jobs s’entretenant du futur de l’informatique, finit par achopper sur Damien Hirst et Jeff Koons se partageant le marché de l’art, tableau qu’il ne termine pas. Chaque fois que Jed Martin bifurque ou détruit son travail, c’est à l’occasion de chocs d’ordre sentimental, sans que ce soit une explication suffisante : la mort de sa grand-mère, le repas de Noël avec son vieux père, le départ de sa compagne. Mais il est peu vraisemblable que Michel Houellebecq ait voulu faire œuvre sentimentale avec la Carte et le territoire. Même pour se faire aimer. Le roman prend encore un autre tour, plus romanesque, plus moral, dans la troisième partie. Epilogue aux environs de 2035. Au cours de son enquête sur Houellebecq assassiné, le sympathique commissaire Jasselin constate : «Au total, il avait rarement vu quelqu’un ayant une vie aussi chiante.»La Carte et le territoire est un roman sur la littérature quand on s’y attelle sérieusement.

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Michel Houellebecq, même pas mort !
02.09.10 | 11h51 • Mis à jour le 03.09.10 | 09h20

H

ouellebecq est mort. Assassiné. Tout s'est passé dans une maison du Loiret, où l'écrivain vivait retiré, après avoir longtemps séjourné en Irlande. L'homme a été sauvagement déchiqueté, en compagnie de son chien. Leurs corps ont été découpés en lanières et mélangés de telle manière qu'il est devenu impossible de les distinguer. Interrogés, ses proches se sont montrés peu loquaces. Il "avait beaucoup d'ennemis", disent-ils seulement, et "on s'était montré avec lui injustement agressif, cruel". Fascinante mise en abyme : ces scènes, extraites de La Carte et le Territoire, à paraître ces jours-ci, mettent en évidence le paradoxe du "cas" Houellebecq. Pour ce qu'on en connaît, voilà un homme qui cultive un environnement personnel d'une extrême banalité (en Irlande, notamment). Un intellectuel qui se tient à l'écart de toutes les formes de glamour, de la bohème chic et des discours qui vont avec. Un romancier qui traque les symptômes de la modernité à travers les lieux, les objets, les pratiques et les pensées les plus ordinaires, les moins dignes (en apparence) de susciter l'intérêt. Et voilà pourtant l'écrivain qui attire, sur sa personne comme sur ses textes, la plus violente explosion de critique et de haine dont la vie littéraire française soit capable. L'homme aux procès retentissants, celui que les jurés Goncourt n'ont touché que du bout des doigts, de peur de se salir les mains. Celui dont les changements d'éditeur font parler presque autant que ceux d'un joueur du Real Madrid, dont chaque livre est guetté comme l'arrivée d'un cyclone et dont les rares apparitions sont passées aux rayons X, en France comme ailleurs. L'écrivain qui, suscitant l'enthousiasme ou le dégoût, électrise périodiquement la scène plutôt morne du débat d'idées, dans l'Hexagone. Comment ? Par une stratégie romanesque de neutralité qui confine à la violence. Un ton glacé, une froideur de jugement déroutante, un manque d'affect que ne lui pardonnent pas ses adversaires. Sans paraître s'en émouvoir, mais avec une intense vitalité, Houellebecq pointe les dérives et les monstruosités de la modernité, faisant surgir une grande étrangeté sous le quotidien trivial de la société de consommation. Derrière son masque, M. Tout-le-Monde est un "alien", et Michel Houellebecq un écrivain puissant, quoi qu'on en dise : loin des mille livres bien polis qui, chaque année, ne font finalement ni chaud ni froid, les siens dérangent, révulsent ou ébranlent - ils agissent. Et s'ils provoquent, chaque fois, une réaction chimique sur l'esprit du lecteur, c'est parce que leurs questions sont, au fond, toujours les nôtres - même et surtout quand elles soulèvent le coeur. Houellebecq n'est pas humaniste ? Il est humain. Et bien vivant. L'homme Houellebecq est vivant, donc, mais son personnage meurt, comme meurent un certain nombre des "personnalités" française mises en scène dans le livre. Rien d'étonnant, puisqu'il s'agit, pour partie au moins, d'un roman d'anticipation, censé se conclure dans un futur proche (une grosse vingtaine d'années). Le personnage principal, pourtant, n'est pas l'écrivain promis au carnage, mais un jeune peintre, Jed Martin, qui pourrait être une sorte de double de Houellebecq. Une silhouette très "houellebecquienne", en tout cas : comme d'autres personnages croisés dans de précédents romans, Jed n'est pas empathique, pas solidaire. Il ne se reconnaît guère dans la communauté des hommes, ou plutôt, il n'appartient pas - ni à lui-même ni aux autres. Il se contente de traverser le monde à sa façon désenchantée, absolument "neutre", pour ne pas dire dépressive. "Le regard qu'il porte sur la société de son temps, écrit l'auteur, est celui d'un ethnologue bien plus que d'un commentateur politique." Promis à la célébrité grâce à une exposition dont un certain Michel Houellebecq rédigera le catalogue, Jed approchera les passions creuses de la gloire, avant de s'en détourner tout à fait. C'est à partir du décalage entre son absence d'émotion et les mirages produits par la célébrité que Michel Houellebecq (le vrai) construit un récit d'une force, d'un humour et d'une inventivité évidents. Tout est mis à plat, méticuleusement déplié, froidement regardé : tel un encyclopédiste, Jed a entrepris de "fixer sur la toile" des objets, puis des métiers, puis des hommes en voie de disparition. Son ambition n'est pas d'attraper le détail ou de s'attarder sur le pittoresque, mais de chercher la structure. Considérant le portrait que Jed a fait de lui, le personnage Houellebecq commence par déclarer qu'il le verrait bien au-dessus de sa cheminée, puis, quelques verres de chablis plus tard : "Pourtant, j'aime bien vos derniers tableaux, même s'ils représentent des êtres humains. Ils ont quelque chose... de général, je dirais, qui va au-delà de l'anecdote." "La carte est plus importante que le territoire", observe finalement l'auteur, en référence au travail de Jed sur des cartes Michelin. Des cartes de France, bien sûr, puisque c'est de cela qu'il s'agit : la France, dans sa géographie spatiale et sociale, celle dont Michel Houellebecq (le vrai) parle avec acuité, de livre en livre. Ce pays et, au-delà, cette modernité frénétique, polarisée autour de ses grandes surfaces et de ses "people" plus ou moins glorieux, tournant comme un derviche autour de son centre vide. De ce territoire, l'écrivain brosse un portrait précis (descriptions de lieux, de comportements, de pensées stéréotypées, de tics de langage ou simplement de la notice d'un appareil photo, riche d'enseignements sur les normes familiales en vigueur), cruel, réaliste à sa façon.
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Peut-on dire pour autant qu'il est un auteur réaliste ? Sans doute pas. En le lisant, ce sont les toiles du peintre américain Edward Hopper qui viennent à l'esprit : précises, elles aussi, mais muettes et porteuses d'une énigmatique neutralité. Hopper qui, comme Houellebecq dans ce livre, était captivé par les maisons (il est beaucoup question de logements, dans La Carte et le Territoire). Considéré comme "le" peintre de l'"American way of life", Hopper avait mis les outils du réalisme au service, non pas de la réalité proprement dite (ce qu'il finissait par peindre n'était jamais ce qu'il avait eu sous les yeux), mais d'un état d'esprit - d'une idée de la réalité. "MÉDITATION SUR LE CADAVRE" Les éléments de réalité dont Houellebecq se sert pour alimenter son livre sont le plus souvent des artefacts. Bien sûr, il parsème son histoire de noms "vrais", qu'il s'agisse d'écrivains (Frédéric Beigbeder, Philippe Sollers) ou de gens de télévision (JeanPierre Pernaut, Claire Chazal, Patrick Le Lay, Julien Lepers), mais chacun d'entre eux n'est qu'un type, pas une personne réelle. Certaines scènes, comme la soirée de nouvel an chez Jean-Pierre Pernaut, donnent d'ailleurs lieu à de véritables farces, plus proches de la pochade que d'une quelconque fresque naturaliste. L'ensemble renvoie l'image d'une société décadente, pour ne pas dire à bout de souffle. Un monde à ce point dépourvu de colonne vertébrale peut-il survivre ? Considérant les cadavres de l'écrivain et du chien, un policier, le commissaire Jasselin, se souvient d'une phrase apprise dans un monastère sri-lankais où il a pratiqué la "méditation sur le cadavre" : "Ceci est mon destin, le destin de l'humanité entière, je ne peux y échapper." Cette non-pérennité de toute chose revient à plusieurs reprises, dans le livre. Il ne s'agit pas seulement de la mort, sujet de prédilection de nombreux écrivains, mais du fait que l'éternité n'existe pas. "L'individualité n'est guère qu'une fiction brève", observe Jed. Tout indifférent soit-il à l'ensemble du vivant, Jed est confronté, par son art, à la question de la pérennité : comment représenter le monde et pourquoi ? pour quelle durée ? Faut-il seulement le représenter ? Du seul fait qu'il existe, le livre répond par l'affirmative. Houellebecq, lui, s'affirme comme un moraliste et pas seulement comme l'entomologiste qui se promène au milieu de ses semblables, la loupe à la main. Mais un moraliste un peu nostalgique, alternativement féroce et presque attendri, qui fixerait soigneusement "sur sa toile" les dernières images d'un monde voué à l'extinction - comme une sorte d'inventaire loufoque et méticuleux, avant liquidation.

La Carte et le Territoire de Michel Houellebecq. Flammarion, 450 p., 22 €. En librairie le 8 septembre

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La Carte et le Territoire
Michel Houellebecq
ROMAN

Si le nouveau roman de Michel Houellebecq s'avère être un succès de librairie, ledit succès n'aura assurément pas ce parfum de scandale qui a accompagné les précédents livres de l'auteur. Dans La Carte et le Territoire, pas d'apologie du tourisme sexuel, pas de scènes de sexe vaguement glauques, pas de règlement de comptes idéologique ou familial direct. Pas non plus ce caractère anticipatoire qui, à La Possibilité d'une île (2005), conférait une puissante aura visionnaire. Rien de ce genre, rien de spectaculaire ni de sulfureux, rien qui irrite d'emblée l'épiderme. Avec La Carte et le Territoire, l'écrivain Michel Houellebecq fait en quelque sorte l'expérience, évidemment pas de l'anonymat ni de l'absence d'a priori, favorable ou défavorable, mais d'une certaine forme de modestie. Du moins, d'une réception critique et publique relativement vierge des exaspérations collatérales qui, entourant un livre, détournent les regards qui croient se porter sur lui. Et l'évidence s'impose que Houellebecq franchit aujourd'hui formidablement ce cap. Donnant, avec ce livre, son roman peut-être le plus accompli, certainement le plus ironique, sans doute le plus profond. Pourquoi La Carte et le Territoire ? Parce que « la carte est plus intéressante que le territoire », révélation qui saute aux yeux de l'artiste plasticien Jed Martin, alors qu'il a sous les yeux la photo satellite d'un coin d'Alsace et la carte Michelin de la même zone, et que le saisit la beauté de la seconde. La carte est-elle plus intéressante que le territoire, autrement dit la représentation du réel est-elle plus passionnante que le réel lui-même ? N'estelle pas notre seul et unique moyen d'appréhender ce réel dont l'essence est d'échapper à toute appréhension, de ne pouvoir être saisi ? Ample, inépuisable question qui sous-tend ce roman, dont les deux figures majeures sont d'ailleurs des artistes. Il y a Jed Martin, donc, trentenaire aimable et insociable, néanmoins plasticien à succès, dans un premier temps photographe d'objets prosaïques du quotidien, se tournant ensuite vers la peinture figurative pour
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continuer, à travers des oeuvres organisées en séries, à dresser un inventaire du monde contemporain, centré sur l'économie, la production de biens de consommation, le pouvoir de l'argent. Au côté de Jed, Michel Houellebecq luimême – autoportrait de l'auteur en écrivain solitaire, neurasthénique et maniaco-dépressif, qui plus est promis à une mort aussi esthétiquement étrange que tragique... Autour de ces deux personnages, Michel Houellebecq construit un roman à l'architecture extrêmement savante et parfaitement fluide, construction dans laquelle s'inscrivent, par touches souvent cocasses ou faussement dérisoires, les éléments constitutifs d'un tableau du monde contemporain tel que l'auteur le voit, tel qu'il s'en moque, tel qu'il s'en désespère peut-être : le règne de l'argent et de la vulgarité, les impostures médiatico-mercantiles en vogue... Rien de neuf, diront les uns. C'est vrai. Posture réac, diront les autres. Libre à eux de réduire à cela la portée du roman. Ce qu'on ne peut que constater pourtant, et souligner, c'est la façon dont s'agence, derrière l'intrigue drolatique, au long du fil narratif fermement tenu, cette vision ironique du monde – donnant lieu à de vraies ouvertures métaphysiques –, où trouvent place ces intuitions sur l'expérience humaine, sur la place de l'homme dans l'Histoire, dans le temps, qui font de Houellebecq, depuis toujours, un écrivain singulier, important. Il y a aussi, de fait, beaucoup de Michel Houellebecq lui-même dans La Carte et le Territoire ; sans doute y a-t-il autant de lui-même dans le personnage de Jed que dans celui qui porte son nom. Et qui sait s'il n'est pas aussi présent caché sous d'autres masques, travesti dans d'autres corps – jusque dans celui de ce petit chien aussi adorable qu'inquiétant, parce qu'asexué et demeuré pour toujours un inoffensif chiot nommé Michou ? La Carte et le Territoire s'offre ainsi à lire, aussi et avant tout, comme un autoportrait extravagant et vertigineux, insaisissable et sarcastique, duquel se dégage en outre une sorte de mélancolie, non pas nouvelle – sous l'écorce cynique voire nihiliste de ses romans, la mélancolie toujours a été présente, palpable – mais assumée. Cette mélancolie, la voilà même devenue la tonalité dominante : à travers ce prisme, le pessimisme de Houellebecq tend vers les ténèbres.

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Nathalie Crom Telerama n° 3164 - 04 septembre 2010

Les premières pages de La carte et le territoire de Michel Houellebecq Par LEXPRESS.fr, publié le 03/09/2010 à 11:30 (2) Commenter (2) Voter

Jeff Koons venait de se lever de son siège, les bras lancés en avant dans un élan d'enthousiasme. Assis en face de lui sur un canapé de cuir blanc partiellement recouvert de soieries, un peu tassé sur lui même, Damien Hirst semblait sur le point d'émettre une objection ; son visage était rougeaud, morose. Tous deux étaient vêtus d'un costume noir celui de Koons, à fines rayures d'une chemise blanche et d'une cravate noire. Entre les deux hommes, sur la table basse, était posée une corbeille de fruits confits à laquelle ni l'un ni l'autre ne prêtait aucune attention ; Hirst buvait une Budweiser Light. Derrière eux, une baie vitrée ouvrait sur un paysage d'immeubles élevés qui formaient un enchevêtrement babylonien de polygones gigantesques, jusqu'aux confins de l'horizon ; la nuit était lumineuse, l'air d'une limpidité absolue. On aurait pu se trouver au Qatar, ou à Dubai ; la décoration de la chambre était en réalité inspirée par une photographie publicitaire, tirée d'une publication de luxe allemande, de l'hôtel Emirates d'Abu Dhabi. Le front de Jeff Koons était légèrement luisant; Jed l'estompa à la brosse, se recula de trois pas. Il y avait décidément un problème avec Koons. Hirst était au fond facile à saisir : on pouvait le faire brutal, cynique, genre « je chie sur vous du haut de mon fric » ; on pouvait aussi le faire artiste révolté (mais quand même riche) poursuivant un travail angoissé sur la mort ; il y avait enfin dans son visage quelque chose de sanguin et de lourd, typiquement anglais, qui le rapprochait d'un fan de base d'Arsenal. En somme il y avait différents aspects, mais que l'on pouvait combiner dans le portrait cohérent, représentable, d'un artiste britannique typique de sa génération. Alors que Koons semblait porter en lui quelque chose de double, comme une contradiction insurmontable entre la rouerie ordinaire du technico commercial et l'exaltation de l'ascète. Cela faisait déjà trois semaines que Jed retouchait l'expression de Koons se levant de son siège, les bras lancés en avant dans un élan d'enthousiasme comme s'il tentait de convaincre Hirst ; c'était aussi difficile que de peindre un pornographe mormon. Il avait des photographies de Koons seul, en compagnie de Roman Abramovitch, Madonna, Barack Obama, Bono, Warren Buffett, Bill Gates... Aucune ne parvenait à exprimer quoi que ce soit de la personnalité de Koons, à dépasser cette apparence de vendeur de décapotables Chevrolet qu'il avait choisi d'arborer face au monde, c'était exaspérant, depuis longtemps d'ailleurs les photographes exaspéraient Jed, en particulier les grands photographes, avec leur prétention de révéler dans leurs clichés la vérité de leurs modèles ; ils ne révélaient rien du tout, ils se contentaient de se placer devant vous et de déclencher le moteur de leur appareil pour prendre des centaines de clichés au petit bonheur en poussant des gloussements, et plus tard ils choisissaient les moins mauvais de la série, voilà comment ils procédaient, sans exception, tous ces soi disant grands photographes, Jed en connaissait quelques uns personnellement et n'avait pour eux que mépris, il les considérait tous autant qu'ils étaient comme à peu près aussi créatifs qu'un Photomaton. Dans la cuisine, quelques pas derrière lui, le chauffe eau émit une succession de claquements secs. Il se figea, tétanisé. On était déjà le 15 décembre.

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Le dernier roman de Michel Houellebecq, La carte et le territoire (Flammarion) contiendrait des passages directement issus de l'encyclopédie en ligne Wikipédia. On savait l'auteur de La Possibilité d'une île enclin à décrire Mercedes et autres berlines comme si nous lisions leur fiche technique. Or comme le révèle Vincent Glad sur Slate.fr, Michel Houellebecq, dans La carte et le territoire, aurait recopié des pans entiers d'articles de Wikipedia (dont il est vrai que la formulation et le style sont des plus banals), sans en préciser l'origine. Ainsi, de la même manière que Jed, le héros de son roman, intègre des cartes Michelin à son travail d'artiste, Michel Houellebecq semble avoir intégré ces notices à son ouvrage. Parmi les passages pour le moins suspects: La mini biographie de Frédéric Nihous (leader de Chasse, pêche, nature et tradition), la description de la ville de Beauvais, celle de la mouche domestique, et comme autre sources documentaires, les fiches explicatives du ministère de l'intérieur quant à la définition du rôle et de la fonction des commissaires de police (nous vous laissons comparer les versions sur le site de Slate.fr) Michel Houellebecq doit il craindre des poursuites judiciaires? A priori non, pour des raisons inhérentes au principe même de Wikipedia: Il s'agit d'un site collectif et participatif dans lequel personne n'est seul "propriétaire" des contenus, sujets par ailleurs à des retouches et des évolutions permanentes. En conséquence, il faudrait que chacun des auteurs d'une phrase réutilisée s'estime lésé et entame des poursuites. Une éventualité peu probable, dont il n'existe aucun antécédent. Néanmoins, la pratique de ce qu'il faut bien appeler une forme de "plagiat" n'a rien de très glorifiant pour Michel Houellebecq; et il est difficile d'imaginer que l'auteur ait pu penser un seul instant que cela passerait inaperçu. Tahar Ben Jelloun, dans la critique cinglante qu'il fit de La carte et le territoire pour La Reppublica, avait semble t il déjà flairé cette "bizzarerie". Le juré du prix Goncourt expliquait alors qu'il trouvait l'écriture de Houellebecq "affectée par un style prétendument propre et technique". Voilà un peu plus d'eau pour son moulin...

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On a tiré sur Houellebecq
By Bernard Géniès Created 27/08/2010 - 10:15

Romans Critique Extension du domaine de la lutte la Carte et le territoire La Possibilité d'une île Les Particules élémentaires Michel Houellebecq Plateforme roman 2390 Avec « la Carte et le Territoire », le romancier plonge dans les milieux de l'art contemporain. On attendait une bombe, mais c'est un feu d'artifice d'humour, de sarcasme et de mélancolie. En prime : l'enterrement de l'auteur Michel Houellebecq n'est plus un « ennemi public ». Il est vrai que cette étiquette, apposée sur le livre de missives sol-sol échangées avec Bernard-Henri Lévy [1] (1), risquait de perdre son adhérence avec le temps. Difficile en effet de continuer à prétendre être la victime d'un opprobre généralisé quand on sait que ses romans sont publiés dans une quarantaine de pays, font l'objet de nombreuses études (lire encadré) et caracolent le plus souvent dans les listes des meilleures ventes. Houellebecq a donc jeté dans les limbes son attirail de victime pour enfiler, dans « la Carte et le Territoire », les habits de l'ami des arts. Le héros de ce nouveau roman est en effet un artiste contemporain dont la carrière atypique va lui permettre d'amasser gloire et fric.

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DUCLOS/SIPA Né en 1958 à La Réunion, Michel Houellebecq a suivi des études d'agronomie (il obtient son diplôme d'ingénieur en 1980) et de cinéma (il est diplômé de l'Institut LouisLumière en 1981). Maurice Nadeau publie son premier roman, « Extension du domaine de la lutte », en 1994. Auteur de plusieurs recueils de poèmes, il a reçu le prix Novembre 1998 pour « les Particules élémentaires », et le prix Interallié 2005 pour « la Possibilité d'une île ». Que vient faire Houellebecq dans le monde de l'art ? Ce choix ne surprendra pas les lecteurs d'un auteur qui, dans la plupart de ses récits, égrène des noms de peintres. Dans « les Particules élémentaires », un de ses personnages, déboulant dans les environs de Crécy-la-Chapelle, observe que « Corot avait aimé ce paysage, et l'avait peint plusieurs fois », cependant qu'un autre s'en prend au « médiocre artiste Philippe Perrin », auteur de la piètre décoration de l'une des chambres de l'hôtel Windsor à Nice. Dans « Plateforme » sont cités deux illustres inconnus, archétypes déjantés de la création contemporaine, l'un s'étant « fait connaître en laissant pourrir de la viande dans des culottes de jeunes
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femmes », l'autre en ayant signé « des cartes postales qu'elle avait fait réaliser avec l'empreinte de sa chatte trempée dans différentes peintures de couleur ». Une « œuvre » qui permet au narrateur de rappeler qu'Yves Klein « avait déjà réalisé des choses similaires il y a plus de quarante ans ». Approche plus récente, celle de « la Possibilité d'une île », où le héros déclare son admiration pour le Greco, cite Marcel Duchamp, Yves Klein à nouveau et voue aux gémonies le vieux photographe américain Larry Clark, amateur de sexualités adolescentes. Pour achever le tableau, il faut rappeler que le romancier a exposé en 2007, à la Biennale de Lyon, une œuvre (« Le monde n'est pas un panorama ») cosignée avec l'artiste conceptuelle allemande Rosemarie Trockel : cette installation, où l'on retrouvait une réplique grandeur nature de Clément, le chien de l'auteur, était en fait un élément du décor du film que Houellebecq allait lui-même mettre en scène, l'adaptation pour le grand écran de son roman « la Possibilité d'une île ». C'est dire que Houellebecq, quand il parle d'art, sait où il se trouve, même si ses goûts - ou citations témoignent d'un éclectisme nomade. Son irruption dans la création contemporaine pouvait cependant laisser craindre le pire - à preuve ces personnages de « Plateforme ». Mais - est-ce le cap franchi de la cinquantaine ? l'écrivain semble s'être apaisé, laissant derrière lui les éjaculations tarifées, les fellations automatisées et les échanges gluants. Même les traditionnelles pétasses ont déserté le champ de la narration. Sur Houellebecq
Qu'elle irrite ou qu'elle fascine, l'œuvre de Houellebecq est une véritable m achine à produire du com m entaire. Jeune auteur - c'est son prem ier livre -, Aurélien Bellanger vise d'em blée à réhabiliter « un écrivain sincère et ambitieux » . Délaissant les aspects les plus provocateurs et les plus discutables du personnage, Bellanger reste au plus près des textes (des rom ans, m ais surtout de la poésie) qu'il cite abondam m ent, et ce au détrim ent d'une analyse qui peine à s'esquisser. En fin de volum e, l'oiseau sort du nid. Après Novalis, après Baudelaire, l'auteur nous apprend qu'un troisièm e rom antism e est né, « qui s'est appelé la sciencefiction » . Et ce rom antism e-là, bien

Michel Houellebecq a pris du coffre
L'intrigue, en quelques mots : Jed Martin, ancien étudiant des Beaux-Arts, après avoir photographié des séries d'objets du quotidien entreprend de réaliser des clichés bidouillés de cartes Michelin (objet emblématique que l'on retrouve dans plusieurs livres de Houellebecq). Cette première exploration - qui lui vaudra d'être soutenu par le fabricant de pneumatiques clermontois - n'aura qu'un temps, l'artiste délaissant la chambre photographique pour devenir peintre. Après une série de toiles dédiées aux « petits métiers », il passe à la vitesse supérieure en décidant de représenter les grands de ce monde avec des tableaux comme « Bill Gates et Steve Jobs s'entretenant du futur de l'informatique » ou « l'Introduction en Bourse de l'action Beate Uhse » (Uhse est la reine du porno-shop ; on appréciera le titre... NDLR). Cette veine bien plus commerciale l'incite à contacter Michel Houellebecq en personne pour lui demander de rédiger la préface d'un catalogue de son exposition dédiée aux portraits des grands de ce monde. Sachant que cette rencontre se fait par l'intermédiaire d'un Frédéric Beigbeder en chair et en os, l'irruption du romancier dans son propre récit paraît tout à fait naturelle. Moins naturel paraît son destin, puisqu'un beau jour le cadavre des « Particules » est retrouvé atrocement mutilé, ses lambeaux de chair dessinant sur le sol une toile à la Pollock. Un autre roman commence alors, policier celui-là, mené sur un mode que n'aurait pas désavoué Agatha Christie, si souvent citée dans les précédents récits de l'auteur de « Plateforme ».

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rom antism e-là, bien entendu, « est celui de Houellebecq » . Un peu excessif, non ? B. G. « Houellebecq écrivain romantique », par Aurélien Bellanger, Léo Scheer, 304 p., 18 euros.

LYDIE/SIPA Houellebecq et son chien Alors, bon ou pas bon ce nouvel opus ? Michel Houellebecq a pris du coffre. « La Carte et le Territoire » n'est pas seulement un roman sur l'art contemporain (certaines scènes sont bien vues, ainsi celle mettant aux prises de grands collectionneurs comme François Pinault, l'acheteur agissant pour le compte de Roman Abramovitch et le Mexicain Carlos Slim Helú, avec le héros lors de l'expo). C'est aussi une construction savante qui mêle romance, intrigue policière, cynisme, sarcasme, mélancolie, déprime et humour. Les traits sont parfois faciles (voir la démolition de Picasso, accusé de « barbouillage priapique ». Succès assuré au comptoir des cafés du Commerce), parfois surprenants (ainsi l'éloge de Jean-Louis Curtis ou du Britannique William Morris, artiste prônant l'alliance de l'art et de l'artisanat), parfois émouvants (c'est la magnifique évocation de la relation de Jed avec son père), parfois agaçants (Houellebecq persiste dans son infantilisme en livrant à la vindicte populaire les noms de quelques journalistes littéraires. Il ferait mieux de s'en prendre à des footballeurs !). L'auteur va jusqu'à mettre en scène son propre enterrement. Rassurons les âmes sensibles : la cérémonie, qui se déroule en présence de Beigbeder [2] et de Teresa Cremisi [3] , son éditrice, est modeste, à l'image de la dalle de basalte noir recouvrant sa tombe.

Houellebecq, ce « débris torturé »
Dans ce nouveau roman, le registre du discours houellebecquien est modifié. Les précédents récits s'inscrivaient toujours à l'intérieur de trois cercles. Du premier s'élevaient les vapeurs de soufre (sexe, vulgarité, misogynie) destinées à exciter le bon peuple, le second étant constitué
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par les éléments documentaires (biologie, religion, marketing) tandis que le dernier révélait les lignes de fond unissant, ou séparant, les personnages. Dans « la Carte et le Territoire », le premier cercle a disparu, exception faite d'un vibrant éloge pour les seins siliconés. Subsiste un roman où les jeux de miroir - Jed apparaissant comme l'image projetée de l'auteur des « Particules » -, les imbrications de la fiction et du réel dessinent une fresque où le regard est tout à la fois chahuté, irrité, amusé et séduit. Michel Houellebecq, cette « vieille tortue malade », ce « débris torturé » (c'est lui qui l'écrit), est décidément un vrai romancier. B. G. La Carte et le Territoire, par Michel Houellebecq [4] , Flammarion, 432 p., 22 euros (en librairie le 8 septembre). (1) « Ennemis publics » [1] , Grasset-Flammarion. *** Source : « Le Nouvel Observateur » du 26 août 2010

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29/08/2010 | 13H58

par Nelly

Kaprièlan

le 29 août 2010 à 13:58 du même auteur : Don DeLillo: "Je n'en sais pas plus que le lecteur" Patrick Lapeyre renouvelle le trio amoureux Will Self à propos du "Livre de Dave"

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Crédits photo: Michel Houellebecq. (DR)

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ue i d r apeD à dnopé r ehcon i B e t t e i l uJ Pas de sexe, de partouze, de putes à Pattaya. Si le nouveau Houellebecq r ev est oC k r o j B da l l ab r ep yH - n yboR moins spectaculaire que ses précédents, s'il se teinte d'une tonalité plus 4042 t r eV t e r abaC eL ( e v i Lvues - kca t t A ev i ssa M douce, il n'en est pas moins visionnaire - juste plus profond, peut-être. Avec ) 0102 La Carte et le Territoire, le monde désertique n'a ni l'exotisme de Lanzarote, Ajouter à vos Coups de coeur de vidéos cinéma ni l'aspect SF de la planète postapocalyptique de La Possibilité d'une île : ce
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ni l'aspect SF de la planète postapocalyptique de La Possibilité d'une île : ce désert, c'est le nôtre, ici et maintenant, rempli à ras bord de produits manufacturés, traversé d'êtres irrémédiablement seuls, de moins en moins habité par Michel Houellebecq himself. Si l'une des nombreuses lectures de ce texte d'une densité et d'une richesse impressionnantes est celle d'une vision du monde rompue à la manufacturisation de tout, à la mise à mort de l'authenticité (le territoire, ou le terroir) pour mieux l'imiter en la caricaturant à la norme mondialisée, à l'avènement de l'argent-roi qui tue tout sur son passage, même les écrivains, le livre est aussi la preuve que Michel Houellebecq refuse de se manufacturer lui-même. Plutôt que de s'imiter, l'auteur va se démultiplier. Car La Carte et le Territoire est avant tout un formidable autoportrait de Michel Houellebecq, en écrivain, en artiste, en enquêteur, en homme ou en chien, en solitaire qui n'a plus rien à attendre de l'humain passé de la société du spectacle à celle de la consommation. Rarement on aura vu un écrivain se faire apparaître avec une distance aussi comique que glaçante, avec tendresse aussi, comme s'il était observé par un autre, dans son propre roman. Un roman à la structure complexe, vertigineuse, galerie des glaces qui donne le tournis : au-delà de sa propre apparition, l'écrivain va s'incarner aussi dans ses autres e d personnages, devenus autant d'avatars de lui-même.

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t iar tx E e d , "stn atu b é D " r e v r a C d n m o y a R Il est Jed Martin, cet artiste sur lequel s'ouvre le roman, et qui fera fortune en
exposant d'abord des reproductions de cartes Michelin représentant la France, puis des peintures de "métiers", ces maillons de la chaîne de production dont, au plus haut du Marché, sont Steve Jobs et Bill Gates, héros d'un de ses tableaux. Il est Jasselin, dans la dernière partie du livre, le flic chargé de mener l'enquête sur le meurtre sauvage de Michel Houellebecq, qui vit seul avec sa femme, sans enfant, et qui a dû "apprendre" à regarder la mort en face, à scruter ces cadavres en décomposition auxquels il est constamment confronté. Chacun représentant une facette de la démarche de l'écrivain. eJ" :ol l i L e Dn o D

D E G IE U L S D E S L A V I T S E F E T E'LD E C E V A Z O E U J S O K R N C IS E L Z E O V N L ET E O R U P O V S U O K R Y W E N T E Z O E U J Z G A E N S E LC E V A O C M . S O K R N C I
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s ulp s a p s ia sn e 'n " r u e t c e l e l e u q Et puis, Houellebecq est aussi Houellebecq, écrivain retiré du "commerce"
des humains, installé seul en Irlande puis dans la province française, qui

s'empiffre de charcuterie industrielle et de vins argentins. Enfin, il est aussi Michel, dit Michou, le bichon bolonais du couple Jasselin, devenu stérile à cause d'une maladie : "Ce pauvre petit chien non seulement n'aurait pas de descendance, mais ne connaîtrait aucune pulsion, ni aucune satisfaction sexuelle. Il serait un chien diminué, incapable de transmettre la vie, coupé de l'appel élémentaire de la race, limité dans le temps - de manière définitive." Mais après tout, est-ce si grave quand le sexe, comme le pense l'inspecteur, q c e b e l le u o H n o s e u q r m a n'est au fond que "(...) la lutte, le combat brutal pour la domination, er iot i rret l'élimination du rival et la multiplication hasardeuse des coïts sans autre raison d'être que d'assurer une propagation maximale des gènes." Comme le serait toute structure capitalistique ? Depuis son premier roman, Extension du domaine de la lutte, mais surtout avec Les Particules élémentaires, Houellebecq a su penser et théoriser le monde à travers sa propre existence, ses propres difficultés à vivre, parfois ses joies. Pas étonnant qu'il se place aujourd'hui, carrément, au coeur même le h ci M te p o Py g gI de son dispositif romanesque - objet d'observation et sujet poétique à la : fois. q c e b e l le u o H La différence de taille, c'est que La Carte et le Territoire bascule dans le er tn o c n er temps d'après la douleur de la "misère sexuelle" - le temps de l'acceptation mélancolique de la marche du monde (les êtres étant si peu différents, euxmêmes comme en devenir manufacturé). Roman d'un écrivain arrivé à maturité et qui semble avoir suffisamment "compris" la vie pour accepter de lâcher prise, roman stoïque sur l'état du monde, l'état des êtres, le bilan d'une vie, la fin de Houellebecq-personnage, sacrifié, comme tout, sur l'autel de l'argent. Car au XXIe siècle, les artistes n'ont plus de morts romantiques : on les flingue pour des raisons triviales, vulgaires, comme on vit souvent toute sa vie. "Ce qui marche le mieux, ce qui pousse avec la plus grande violence les gens à se dépasser, c'est encore les n o s iar 0 1 pur et simple besoin d'argent", confiera le père de Jed à son fils. n e r in e vretni 'd

le h ci Me d ru e v af q c e b e l le u o H L'amour, la poésie, sont pourtant présents. Mais comme des choses
précieuses, fugaces, éphémères : les seuls vrais luxes quand tout se réifie, se vend, s'achète. Et tant pis pour ceux qui, comme Jed qui ne saura pas retenir sa fiancée Olga, laisseront passer l'amour - il n'y a jamais de seconde chance, constate Michel Houellebecq. Reste que ce magnifique roman

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irréductible à une seule thèse, construit comme un labyrinthe, fourmillant de visions métaphysiques, écrit avec une maîtrise sidérante, nous faisant constamment la grâce de parer son désespoir d'une ironie irrésistible, n'est pas à lire comme un document sur la société. Tel Jed Martin qui choisit d'intituler sa première exposition La carte est plus intéressante que le territoire, ce que nous dit Michel Houellebecq à travers cette magistrale leçon de littérature qu'est aussi La Carte et le Territoire, c'est que le roman sera toujours plus intéressant (plus vrai, plus fort, plus beau) que toute réalité. A condition qu'il s'agisse d'un très grand roman, comme il en arrive rarement, comme il vient de nous en arriver. La Carte et le Territoire (Flammarion), 450 pages, 22 €. En librairie le 8 septembre.

et à l'instant dans actu... Extrait de "Débutants", de Raymond Carver "Journal intime d'une prédatrice", une démolition du capitalisme cannibale Quand Robert Crumb dessine les obsessions d'Harvey Pekar Une opérette délirante sur la gay attitude Sommes-nous tous domestiqués? d'actu

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Personne ne fais trop le rapprochement avec "la carte n'est pas le territoire" de A. Korzybski? http://intelligenceetfrustration.blogspot.com/2010/08/houellebecq-la-carte-et-leterritoire.html
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010l2 l/ a 8c 0/9 t2 ap 85 : 22 Bien vu mais c'est bien "et" le territoire. A voir si Houellebeck l'a fait exprès ou pas...
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La chronique de Frédéric Beigbeder

"Pardonnez-moi d'oser écrire ceci d'un ami"
Par Frédéric Beigbeder, publié le 03/09/2010 à 12:00

Pour Frédéric Beigbeder, La carte et le territoire , le dernier roman de Michel Houellebecq, est un chef-d'oeuvre qu'on scrutera encore pendant des siècles pour en percer le mystère. Parution aujourd'hui 3 septembre.

Qu'on le veuille ou non, chaque roman de Michel Houellebecq redéfinit l'art du roman. Un romancier digne de ce nom, c'est quelqu'un qui ne cesse de se demander pourquoi il écrit des romans. Il ne suffit plus de raconter une histoire puisque le cinéma est là pour ça. Quant à "l'art pour l'art", le formalisme, James Joyce... ça nous a menés au Nouveau Roman (au pire) et à l'Oulipo (au mieux). Alors que doit faire un roman en septembre 2010 ? Ecrire une fiction n'est pas forcément un choix, mais en tout cas un geste qui prend un sens très particulier au XXIe siècle. Dans Rester vivant , Houellebecq disait "écrire un poème n'est pas un travail, c'est une charge", et décrivait le poète comme un suicidé contraint de rester en vie pour s'acquitter de sa tâche. La carte et le territoire me paraît l'illustration romanesque de cette "méthode". La réussite d'un peintre-photographe, l'échec de son père architecte, et l'assassinat d'un écrivain nommé Michel Houellebecq fournissent une réponse à cette interrogation : comment "rendre compte du monde" ? Voilà un roman qui raconte la vie d'un artiste peignant les gens importants de son temps ; or c'est précisément ce que fait l'auteur que nous lisons. La solitude du créateur, sa quête idiote, bien que respectable, de gloire et d'argent, les travers et les ridicules des artistes dans une époque où l'art se meurt : tels sont les sujets de ce tableau désespéré et désopilant. On se souvient du vers de Boileau : "Rien n'est beau que le vrai, le vrai seul est aimable." Le problème c'est qu'un beau roman est aussi un mensonge. Si "la carte n'est pas le territoire", alors le dernier roman de Houellebecq ne parle pas de lui. Tout y est piégé. L'histoire racontée est une mise en abyme : parfois une installation d'art contemporain, faite de "copier-coller" du guide des Relais et Châteaux ou de catalogues des voitures Audi, parfois une satire futuriste mettant en scène des personnages aux identités réelles (Jean-Pierre Pernaut est gay, et moi je suis le Jean-Paul Sartre des
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années 2020 !). La notion même d'autofiction implose avec ce livre comme dans Opération Shylock de Philip Roth ou Lunar Park de Bret Easton Ellis, dont les personnages les plus imaginaires portaient aussi le nom de l'auteur. Le roman n'est pas la réalité, la fiction n'est qu'une représentation comique, nihiliste ou romantique du monde. Il ne faut pas se fier au romanesque, défions nous du storytelling ! Si l'on en croit Houellebecq, le monde est pourri, horrible, à la fois dangereux et fliqué. Quant aux artistes, ils sont mégalomanes et arrivistes, et les critiques paresseux et bidons. Or nous savons bien que tout cela est faux, hahaha ! La seule vérité est celle d'un style toujours aussi laconique, sociologique, dépressif et hilarant : "Il envisagea un moment de regarder un film porno, mais s'endormit avant d'avoir pu comprendre le fonctionnement du pay per view." Le roman n'est plus, comme l'insinuait Perec, un mode d'emploi de la vie, mais un guide pratique du consommateur avisé, un appareil-photo à la recherche du bon goût perdu, un portrait de groupe du capitalisme moribond (de Damien Hirst à Bill Gates) qui vire, vers la fin, au pastiche de roman policier. Le projet houellebecquien est un projet aristotélicien (selon Aristote, la poésie est une imitation de la nature) et simultanément un projet non aristotélicien (au sens du "Monde des Non-A" de Van Vogt, le monde réel n'étant pas montrable). L'originalité de ce roman vient de ce tiraillement entre vérité et fiction, un jeu de miroirs permanent qui nous renvoie à notre mode de vie déchiré entre désir et consommation, bonheur publicitaire et réalité virtuelle, projet de vie et organisation de la mort. Pardonnez-moi d'oser écrire ceci d'un ami : La carte et le territoire est un chef-d'oeuvre dont on n'a pas fini d'explorer tous les recoins, les méandres, la complexité de la toile tissée ; il me rappelle ces peintures de la Renaissance que les chercheurs du CNRS continueront durant des siècles de scruter sans relâche aux rayons X pour tenter, vainement, de percer le mystère de leur beauté. La carte et le territoire , chef d'oeuvre pour les siècles à venir? Faitesvous une idée en lisant les trois premières pages.

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Réponse à Tahar Ben Jelloun
By Arnaud Viviant Created 31/08/2010 - 12:17

Romans Actualité Arnaud Viviant Georges Perec la Carte et le territoire Michel Houellebecq Tahar Ben Jelloun Les arguments employés par Tahar Ben Jelloun pour éreinter le nouveau roman de Michel Houellebecq [1] n'ont pas du tout convaincu Arnaud Viviant [2], critique littéraire et écrivain. Il répond ici, point par point, au texte du juré Goncourt récemment publié dans « la Repubblica » « La Carte et le territoire » peut être qualifié, sur le plan littéraire, de très légère anticipation, puisque l'action se passe principalement en l'an 2016. Un seul petit détail à la fin du livre autorise cette datation : l'âge de Frédéric Beigbeder à la mort de Michel Houellebecq, cette annéelà. Magie des chiffres, l'auteur des « Particules élémentaires » s'éteint donc à 58 ans, lui qui était né en 1958.

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DUCLOS/SIPA Né en 1958 à La Réunion, Michel Houellebecq a suivi des études d'agronomie (il obtient son diplôme d'ingénieur en 1980) et de cinéma (il est diplômé de l'Institut LouisLumière en 1981). Maurice Nadeau publie son premier roman, « Extension du domaine de la lutte », en 1994. Auteur de plusieurs recueils de poèmes, il a reçu le prix Novembre 1998 pour « les Particules élémentaires », et le prix Interallié 2005 pour « la Possibilité d'une île ». Légère anticipation car en 2016, pas grand-chose n'a changé en vérité en France et dans le monde. Il y a toujours des attentats meurtriers à Hébron, et la crise économique menace à nouveau, « comme en 2008 ». En France, seuls faits réellement notables, Philippe Sollers est mort, et, moins fâcheusement, pour ne pas dire moins vraisemblablement, Jean-Pierre Pernaut a abandonné la présentation du 13-heures après avoir fait l'aveu de son homosexualité. Il dirige maintenant Michelin TV, une chaîne du câble qui prolonge le célèbre guide touristique. Car en 2016, suivant peut-être sa pente naturelle, la France est devenue un pays à vocation essentiellement touristique, avec une valorisation de ses
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terroirs, de sa gastronomie, de son patrimoine, pour une clientèle devenue majoritairement chinoise, indienne et russe. D'où l'importance dans ce roman très cohérent, très boulonné, de Michelin et de Jean-Pierre Pernaut qui, lorsqu'il présentait le 13-heures de TF1, « accomplissait chaque jour cette tâche messianique consistant guider le téléspectateur, terrorisé et stressé, vers les régions idylliques d'une campagne préservée, où l'homme vivait en harmonie avec la nature, s'accordait au rythme des saisons.» Le personnage principal s'appelle Jed Martin. Solitaire sans être misanthrope, dotée d'une vie sociale, affective et sexuelle qui ne va cesser de s'effilocher au fil des chapitres jusqu'au néant, Jed n'est pas sans ressembler à Houellebecq, y compris dans sa volonté de représentation du monde. Aussi n'est-il pas illogique qu'il noue, vers la moitié du livre, avec l'écrivain, une relation que tous les deux répugnent à appeler amitié, mais qui ressemble quand même vaguement à ça... Jed est un artiste contemporain qui fonctionne par cycles créatifs. Il en connaîtra quatre au cours de son existence, et le roman est également la description de cette œuvre, une espèce de monographie avec une insistance particulière sur les détails techniques de réalisation. Alors qu'il est étudiant aux Beaux-Arts de Paris, le premier travail de Jed est « la photographie systématique des objets manufacturés du monde », « un catalogue exhaustif des fabrications humaines à l'âge industriel ».

L'écrivain Tahar Ben Jelloun, membre de l'Académie Goncourt, s'est récemment emporté dans «la Republicca» contre «la Carte et le territoire», le roman de Michel Houellebecq à paraître le 8 septembre: «Qu’offre de nouveau ce
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roman? Quelques bavardages sur la condition humaine, une écriture affectée qui prétend à l’épure, une fiction qui convoque des personnages réels et les mélange à d’autres inventés, un peu de publicité pour des produits de consommation et enfin l’ultime message d’un écrivain qui se croit audessus du lot et des règles, éternellement maudit et incompris, et surtout quelqu’un qui n’aime ni la vie ni les voies du bonheur.» Pour un lecteur qui n'est pas médiocre, qui n'est pas Tahar Ben Jelloun ayant déclaré à un journal italien qu'il avait perdu trois jours à lire « la Carte et le territoire », un lecteur qui ne doute pas que Houellebecq, contrairement à Ben Jelloun, songe à inscrire son nom de la façon la plus compétitive qui soit dans l'histoire de la littérature, ce désir d'exhaustivité sur quoi est fondé dès le départ le travail de Jed Martin, est un premier signal. Un des premiers cailloux de Petit Poucet que l'écrivain sème dans son texte. Comment ne pas songer ici au peintre Valène, avatar de Georges Perec dans « la Vie mode d'emploi » qui rêve de faire « tenir toute la maison dans sa toile » ? Comment ne pas songer à ce que Perec disait de son roman qui avait pour but selon lui de « saisir, décrire, épuiser, non la totalité du monde - projet que son seul énoncé suffit à ruiner - mais un fragment constitué de celui-ci : face à l'inextricable incohérence du monde, il s'agira d'accomplir jusqu'au bout un programme, restreint sans doute, mais entier, intact, irréductible ». De fait, Houellebecq semble ici avoir avalé tout le programme perecquien, puisque la deuxième phase créative de Jed Martin ressemble assez à une Tentative (réussie) d'épuisement d'un lieu. Il s'agit de photographies de cartes Michelin, dont l'exposition est soutenue par cette devise : « La carte est plus intéressante que le territoire.» Là encore, on est frappé par la technicité de la description de l'œuvre : « Il avait utilisé un axe de prise de vue très incliné, à trente degrés de l'horizontale, tout en réglant la bascule au maximum afin d'obtenir une très grande profondeur de champ. C'est ensuite qu'il avait introduit le flou de distance et l'effet bleuté à l'horizon, en utilisant des calques Photoshop.» On connaissait jusqu'à présent un Houellebecq schopenhauerien (le monde comme volonté et comme représentation, titre assez bien condensé au demeurant dans « La Carte et le territoire ») ; on le découvre ici aussi, et c'est nouveau, heideggerien, au sens où, tout au long du
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roman, la technique, qu'elle concerne un chauffe-eau, un appareil photo ou un modèle automobile, est absolument aussi une poiétique. C'est dans ce sens que les jugements sur les Mercedes et les Audi, qui ont tant énervé le juré Goncourt qui a perdu trois jours à travailler, ainsi qu'un examen pointilleux de « mode d'emploi », se justifient parfaitement dans cette grande économie romanesque : fiction de l'auto comme teknè plutôt qu'autofiction. Du reste, le nom de Martin Heidegger apparaît bien dans le livre, dans des circonstances aussi habiles que plaisantes, mais qu'on laisse le soin au lecteur de découvrir.

Wenn/Sipa/Dr Arnaud Viviant Le troisième moment créatif de Jed Martin est pictural. Ici, on pense plutôt à « Un cabinet d'amateur », sous-titré « Histoire d'un tableau ». (Rappellons, à ce point un peu forcé d'intention, que Perec et Houellebecq ont eu, pour leurs premiers romans respectifs, « les Choses » et « Extension du domaine de la lutte », le même éditeur : Maurice Nadeau [3] .) « Un cabinet d'amateur » est directement inspiré de « la Vie mode d'emploi ». De ce livre-là, Perec disait : « L'idée d'un tableau qui est en lui-même un musée, qui est l'image, la représentation d'une série de tableaux, et parfois dans ces tableaux il y avait encore un tableau qui est un tableau, qui représente une série de tableau, etc, ces mises en abyme successives, c'est quelque chose qui me plaisait beaucoup.» Ce programme de « mises en abyme successives », Houellebecq se l'impose dans une espèce d'anagramme de Perec, avec respect, voire l'intensifie ludiquement, puisque cette série de 65 tableaux représentant au début des « métiers simples » (boucher chevalin, gérant de bar-tabac, assistante de maintenance, escort-girl...), personnages apparaissant pour certains aussi dans le roman en tant que volonté, se poursuivant par la série des « compositions d'entreprise » (parmi lesquels un tableau sur son père « Jean-Pierre Martin quittant la direction de son entreprise », « Jean-Pierre Pernaut faisant son coming out » ou encore, celui qui sera le plus longuement décrit, « Bill Gates et Steve Jobs s'entretenant du futur de l'informatique », sous-titré « la Conférence de Palo Alto ») se termine par le retour à un métier simple. Pourquoi ? Parce que « désireux de donner une vision exhaustive du secteur productif de la société de son temps, Jed Martin se devait nécessairement, à un moment ou à un autre de sa carrière, représenter un artiste.» Bien sûr, cet artiste sera Houellebecq.
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Perec dans la « Vie mode d'emploi » : « Il serait lui-même dans le tableau, à la manière des peintres de la Renaissance qui se réservaient toujours une place minuscule (...) mais une place apparemment inoffensive, comme si cela avait été fait comme ça, en passant, un peu par hasard, comme si ce ne devait être qu'une signature pour initié.»

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Disons que Houellebecq, lui, s'en réserve une grande, réalisant le tour de force de faire à la fois son autoportrait, et le portrait de cet autoportrait. Ainsi nage-t-on dans une cascade de miroirs. Ainsi le roman est-il un gigantesque palais des glaces où l'on ne cesse de se cogner le nez en s'amusant. Mais, comme disait Paul Klee : « L'œil suit les chemins qui lui ont été ménagés dans l'œuvre.» De ce point de vue, ou plutôt de tous ces points de vue concentrés, la description sur trois pages du tableau « Bill Gates et Steve Jobs s'entretenant du futur de l'informatique » est un des sommets de cette chaîne romanesque. « Entre les deux hommes, un jeu d'échecs aux pièces artisanales en bois était posé sur une table basse ; ils venaient d'interrompre la partie dans une position très défavorable pour les noirs - c'est-à-dire pour Steve Jobs.» Et puis, une page plus loin : « A regarder plus attentivement la position d'échecs représentés par Jed Martin, on se rendait compte qu'elle n'était pas nécessairement perdante ; et que Steve Jobs pouvait, en se lançant dans un sacrifice de la reine, conclure en trois coups par un audacieux mat fou-cavalier.» Si ça, ce n'est pas un hommage, que je m'appelle Tahar Ben Jelloun (à qui je précise au passage que, dans « la Vie mode d'emploi », le passage d'une pièce-chapitre à l'autre, se fait selon une règle très précise, l'algorithme du cavalier). C'est ici, sans doute, qu'il faut aborder la question du style de Michel Houellebecq. L'hommage à Perec (car il y a bel et bien, dans le roman, un hommage explicite de Perec) est niché, mis en abyme, au cœur d'un hommage appuyé à un autre écrivain français, mais bien oublié, lui, Jean-Louis Curtis, dont Michel Houellebecq serait en train d'écrire une préface pour une réédition dans la collection Omnibus. On est bien
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obligé d'utiliser à ce stade le conditionnel, incapables que nous sommes de distinguer Michel Houellebecq représenté et Michel Houellebecq représentant, y compris de commerce. En tout cas, c'est tout comme... Donc probable. En tout cas, dans ce roman policier, c'est un indice, de même que l'âge de Beigbeder à la mort de l'écrivain. Et puis Jean-Louis Curtis, comme Houellebecq, dans ce roman où les marques industrielles jouent un rôle essentiel, était un écrivain Flammarion. Il est encore aujourd'hui réputé pour ses pastiches, or le style de Houellebecq, que Ben Jelloun décrit comme « plat, faussement apuré » fonctionne en réalité par pastiche ou, mieux, par hommage. Curtis est le commencement d'une preuve. On peut trouver la partie « roman policier » de « La Carte et le territoire » plus faible que les autres. On peut, on a le droit. Deux choses, toutefois : d'une part, ce passage emprunté au roman policier est absolument nécessaire. Il est en effet chargé de suggérer chez le lecteur une lecture indiciaire dont je pense avoir déjà apporté quelques éléments. Le concept de lecture indiciaire a été développé par l'historien italien Carlo Ginzburg dans un livre important, « Signes, traces, pistes - racine d'un paradigme de l'indice » (que les glorieuses éditions Verdier rééditent prochainement), notamment à partir du roman policier, un livre qui va beaucoup aider le sémiologue Umberto Eco dans la rédaction de son best-seller mondial, « le Nom de la rose ». La lecture est semé d'indices, transformant le lecteur en policier. Ce qu'on appelle aussi la sérendipité (serendipity ). Une légère anticipation s'y prête particulièrement, puisqu'il s'agit de semer ici et là, aussi, des indices de temporalité. Mais la partie « roman policier » se justifie d'autant mieux, même formellement, quand on saisit qu'elle est en réalité un hommage à Thierry Jonquet, mort il y a un an, et notamment à son roman « Mygale ». C'est peut-être dans le pastiche ou l'hommage que se traduit la conception de l'écriture selon Houellebecq, un artisanat, une production d'objet, une teknè dévoilant la vérité.

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Cela dit, on pensait absolument réglée cette question de la platitude du style de Michel Houellebecq depuis que l'écrivain Dominique Noguez lui a consacré une analyse définitive, détruisant pied à pied, et dans le détail, cet argument absurde. Ce que Houellebecq réussit le mieux,
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stylistiquement parlant, ce sont les scènes d'enterrement. Il me semble, de mémoire, que chacun de ses romans en comporte une, mais « la Carte et le territoire » produit l'exploit d'en produire trois, et chacune dans un style différent. Style flaubertien pour l'enterrement de la grandmère, imparfait et point virgule ; style behaviouriste, médiatique presque, pour l'enterrement de lui-même ; et enfin style houellebecquien, digne des « Particules élémentaires » pour l'enterrement (ou presque) du père. « Je n'ai rien à voir avec les formalistes aux petits pieds » dit à un moment Jed Martin. (Martin comme Heidegger, bien sûr, pas comme Jacques Martin.) J'ai perdu une semaine à écrire cet article. Perec, finalement, n'a jamais eu le Goncourt. Il a obtenu le prix Renaudot pour son premier roman, « les Choses », en 1965. Puis l'année où « la Vie mode d'emploi » est couronné par le prix Médicis, en 1978, c'est un écrivain Gallimard, tout comme Tahar Ben Jelloun, qui obtient le Goncourt : Patrick Modiano pour « Rue des boutiques obscures ». Arnaud Viviant On a tiré sur Houellebecq Revenir à la Une de Bibli
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À lire sur Slate.fr

Houellebecq, la possibilité d'un plagiat
par Vincent Glad le jeudi 2 septembre 2010 Tags: copier-coller

littérature

Michel Houellebecq

plagiat

roman

Wikipedia

CULTURE

livres

Michel Houellebecq a toujours aimé truffer ses romans de longues descriptions encyclopédiques de personnalités, de lieux ou de concepts scientifiques. Son dernier roman, l'excellent La carte et le territoire, à paraître mercredi 8 septembre, n'y coupe pas et l'écrivain se lance dans
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de fastidieuses digressions sur la mouche domestique ou la ville de Beauvais. Ça ressemble tellement à du Wikipedia qu'on a voulu faire le test. Et surprise, au moins 3 passages du dernier Houellebecq sont empruntés à l'encyclopédie en ligne. Ces reprises, qu'on pourrait apparenter à des «collages» littéraires, n'ont rien de scandaleux en regard du style de Michel Houellebecq, que son ami Dominique Noguez surnomme le «Baudelaire des supermarchés». L'écrivain s'est toujours attaché à décrire la société à travers le langage clinique et formaté de la communication. Wikipedia, dont l'écriture encyclopédique est fondée sur le consensus mou des contributeurs, rentre parfaitement dans ce niveau de langage qui retire toute émotion aux choses. Déjà en 1869, dans les Chants de Maldoror , Lautréamont faisait son autoportrait à base d'extraits de traité médical et de manuel d'histoire naturelle. Du Wikipedia avant l'heure. La maison d'éditions Flammarion, contactée par Slate, se défend de tout plagiat: «Michel Houellebecq utilise effectivement les notices et sites officiels comme matériau littéraire brut pour parfois les intégrer dans ces romans après les avoir retravaillés. Si certaines reprises peuvent apparaître telles quelles "mot pour mot", il ne peut s’agir que de très courtes citations qui sont en tout état de cause totalement insusceptibles de constituer un quelconque plagiat, ce qui constituerait une accusation très grave. Lorsque nous avons pu constater ces très rares reprises, nous avons remarqué que la source n'indique pas elles même l'identité des auteurs.» Plagiat ou effet de style? On vous laisse juge avec ces fac-similés de La carte et la territoire et de Wikipedia.

Portrait de Frédéric Nihous
- version Houellebecq

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- version Wikipedia au 30 août 2009

Description de la mouche domestique
- version Houellebecq

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- version Wikipedia

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Description de Beauvais
- version Houellebecq

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- version Wikipedia

********************** Wikimedia France, association liée à la Wikimedia Foundation qui héberge Wikipedia, estime que ces emprunts «semblent réels, même s'il faut reconnaître que les parties empruntées sont d'une certaine "banalité" rédactionnelle». Au-delà de toute considération littéraire, Michel Houellebecq et son éditeur Flammarion se mettent théoriquement dans l'illégalité. Wikipedia a beau être publiée sous licence libre, les reprises de l'encyclopédie n'en demeurent pas moins soumises à des règles strictes, celles de la licence Creative Commons CC-BY-SA . En publiant ses textes sous cette licence, Wikipedia autorise une reproduction commerciale, mais uniquement si l'auteur et les conditions de la licence sont cités. Adrienne Alix, présidente de Wikimedia France, nous précise ce qu'il en est dans le cas d'un roman: «Pour reprendre un passage de Wikipédia dans un livre, il faudrait que, dans le texte, la partie reprise soit identifiée comme une citation
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citation (par des guillemets par exemple) et que la source soit indiquée, par une note de bas de page ou en fin de volume, avec comme mention Wikipédia, article X, version consultée le XX/XX/XXXX et l'URL de l'historique de la page» À aucun moment dans ces passages, Michel Houellebecq ne cite Wikipedia. Est-ce que pour autant l'encyclopédie en ligne pourrait attaquer pour plagiat? Pas vraiment. Wikipedia n'est pas l'auteur. Chaque article est une oeuvre collective, dont chaque contribution est signée par le pseudonyme ou l'adresse IP du rédacteur dans l'onglet «historique». Pour que Michel Houellebecq ait des ennuis judiciaires, il faudrait donc qu'un contributeur en particulier s'estime lésé, ce qui n'est pas évident sachant que chaque phrase (ou même bout de phrase) est en général l'oeuvre d'un contributeur différent. Adrienne Alix ne se souvient pas qu'il y ait déjà eu un seul cas de poursuite pour plagiat de Wikipedia: «Pour l'auteur de quelques lignes d'un texte, ou même d'un article complet, qui serait plagié, la procédure pour faire respecter la licence CC-BY-SA est lourde, onéreuse et chronophage. On peut cependant penser qu'il serait intéressant qu'un jour une telle procédure ait lieu, afin de montrer qu'une licence libre ne veut pas dire qu'on fait ce qu'on veut avec un texte (cette fameuse notion du «libre de droits» qui ne veut pas dire grand chose en droit français).» On trouve dans La carte et le territoire deux autres emprunts (sans doute d'autres ont échappé à notre vigilance).

Description des commissaires de police
Le texte de Houellebecq ressemble fortement à celui du site du ministère de l'Intérieur. Mais l'emprunt peut venir d'ailleurs puisque le décret qui définit la profession ressemble également beaucoup à la prose houellebecquienne. - version Houellebecq

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- version site du ministère de l'Intérieur

Description de l'hôtel Carpe Diem
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Pour ses hilarantes descriptions d'hôtel au début du roman, Michel Houellebecq s'est inspiré de notices existantes, comme on peut le voir ici grâce à la magie du plus bel instrument anti-plagiat de tous les temps, Google. - version Houellebecq

- version Châteaux et Hotels Collection, description de L'Hotel particulier à Arles

Vincent Glad
Lire l'article original sur Slate.fr Liens: [1] http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Frédéric_Nihous&oldid=44366401 [2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouche_domestique [3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Beauvais [4] http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/ [5] http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Frédéric_Nihous&action=history [6] http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=D55FD10DF6211BCCC931424F3567BBD2.tpdjo12v_3? idArticle=LEGIARTI000006413773&cidTexte=JORFTEXT000000813276&dateTexte=20090107 [7] http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/metiers_et_concours/police_nationale/commissaire-police [8] http://www.chf.fr/view.php?company_id=1409
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[9] http://www.slate.fr/source/vincent-glad

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04/09/2010

Les Inrocks : 10 raisons d'intervenir en f…

10 raisons d'intervenir en faveur de Michel Houellebecq
31/01/2009 | 14H13

Le 4 février sort Interventions 2, sorte de maxi best of regroupant des textes et essais publiés par Houellebecq depuis une quinzaine d'années. Voilà dix bonnes raisons de se s'y plonger.
1. Interventions 2 contient le meilleur single punk de Michel Houellebecq, Jacques Prévert est un con. Un texte foudroyant, de 4 pages à peine, qui ouvre le recueil, et dans lequel le gars Michel brise vite et sans trembler le tibia et le péroné de Prévert, avant de l'achever froidement en se remettant la mèche : "Sur le plan philosophique et politique, Jacques Prévert est avant tout un libertaire ; c'est à-dire, fondamentalement, un imbécile". R.I.P. Jacques Prévert.

2. Dans La Fête (publié à l'origine dans le magazine 20 ans et déjà lu dans Rester Vivant et autres textes), Houellebecq livre une analyse à la fois puissante et désespérée, sur fond de whisky-coca, du rapport rapport particulier de l'occidental à l'amusement en général. C'est drôle, méchant et lucide, et la conclusion est terrible : "Enfin, une perspective consolante : l'âge aidant, l'obligation de la fête diminue, le penchant à la solitude augmente ; la vie réelle reprend le dessus." Un autre whisky-coke Michel ?

3. Vous aussi un jour, couché sur le ventre à la plage, vous avez ressenti un sentiment étrange devant cet Allemand en vacances qui secouait sa serviette en interpellant très fort ses deux enfants. Vous ne saviez pas bien comment exprimer tout ça hein. Eh bien Michel Houellebecq l'a fait pour vous dans L'Allemand, redoutable somme de considérations sur celui qu'il décrit comme l'habitant d'un "pays intermédiaire", que l'on retrouve généralement en villégiature "en Espagne, souvent entre Carthagène et Valence", et dont la vie évoque "d'assez près celle d'un travailleur immigré". Wünderbar.

4. Page 43, dans Approches du désarroi, publié dans le recueil Dix initié en 1997 par Les Inrockuptibles, on lit un passage qui pourrait fixer à lui seul la texture de l'oeuvre de Houellebecq : "En décembre 1986, je me trouvais en gare d'Avignon, et le temps était doux. A la suite de complications sentimentales dont la narration serait fastidieuse, je devais impérativement - du moins le pensais-je - reprendre le TGV pour Paris. J'ignorais qu'un mouvement de grève venait de se déclencher sur l'ensemble du réseau SNFC. Ainsi la succession opérationnelle de l'échange sexuel, de l'aventure et de la lassitude se trouva d'un seul coup brisé. J'ai passé deux heures, assis sur un banc, face au paysage ferroviaire déserté. Des voitures de TGV étaient immobilisées sur les voies de garage. On aurait pu croire qu'elle étaient là depuis des années, qu'elles n'avaient même jamais roulé. Elles étaient simplement là, immobiles. Des informations se chuchotaient à voix basse parmi les voyageurs ; l'ambiance était à la résignation, à l'incertitude. Ç'aurait pu être la guerre, ou la fin du monde occidental".

5. Même si il ne va pas aux Oscars, Michel Houellebecq c'est quand même beaucoup mieux que François Bégaudeau tsé.

6. Interventions 2 contient le très bel éloge de Neil Young écrit par Houellebecq pour le Dictionnaire du rock de Michka Assayas. Tout simplement intitulé Neil Young, c'est peut-être l'un des textes les plus justes jamais publié sur la musique du Loner. La barbe et les cheveux vous poussent à chaque ligne. A lire et relire en écoutant Heart of Gold, en boucle, en bouclette.

7. On trouve dans ce recueil le très rare et donc le très cher Vers une semi réhabilitation du beauf publié à l'origine sur internet, et dans lequel Houellebecq démonte littéralement le dessinateur au bol Cabu, qui serait l'inventeur du terme beauf : "Le bouddhiste est parfois très drôle, le beauf "charcuterie" également";

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Cabu, jamais." Tiens bing, fume et range ton crayon et ta planche à dessin.

8. Dans les premières lignes Consolation technique, Houellebecq expose ainsi son rapport à lui-même : "Je ne m'aime pas. Je n'éprouve que peu de sympathie, encore moins d'estime pour moi-même ; de plus, je ne m'intéresse pas beaucoup. Je connais mes caractéristiques principales depuis longtemps, et j'ai fini par m'en dégoûter." Next.

9. On retrouve à la fin de ce recueil un entretien que Houellebecq a accordé en 2006 à Paris-Match, dans lequel l'auteur livre son approche de la littérature française actuelle et rend un hommage ému et émouvant à Guillaume Dustan : "Quand Guillaume est mort, j'ai compris que ma jeunesse était finie."

10. Pour Interventions 2, Michel Houellebecq n'a pas écrit à Bernard-Henri Lévy. Qui du coup ne lui a pas répondu.

2 co m m e nta ire s| co nne cte z -v o use ta jo ute zlev ’ tre!
alpha60 22:16 31/01/2009 non, il faut sauver le soldat Houellebecq. Avec par exemple ce magnifique poème ' derniers jours' - je ne sais s'il fait partie de ce recueil - paru dans la poursuite du bonheur et même mis en musique sur le disque avec Burgalat. à lire et relire svp. c'est beau.

MonsieurJ 16:21 02/02/2009 Moi je defends pas un type qui s'est fait greffer un chien dans le dos, c'est comme ça ...

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30 août 2010

Michel Houellebecq ou la France du télé-achat
Peut-on encore sereinement proposer une critique littéraire qui ne soit qu’une critique de texte lorsque l’auteur est lui-même un phénomène de société ? L’opération est d’autant plus délicate s’agissant de Michel Houellebecq qu’il est ses personnages et ne s’en cache pas. Essayons tout de même avec son nouveau romanLa carte et le territoire (430 pages, Flammarion) avant que ne s’abatte sur la foule des lecteurs sans défense une couverture médiatique que la rumeur, relayée par le buzz, annonce déjà comme quasi unanime dans l’admiration. Le livre ne sort que le 8 septembre et nous avons ici pour règle de ne pas présenter la recension des livres avant que les lecteurs ne puissent se les procurer. Mais plusieurs journaux ayant donné le coup d’envoi la semaine dernière déjà sans encourir les foudres de l’éditeur, nous nous croyons donc autorisés à nous autoriser. La rentrée romanesque se faisant sous le signe de la crise sous toutes ses formes (sociale, politique, conjugale), du suicide, de la maladie, de la guerre et de la mort, le nouveau roman de Michel Houellebecq suscite un salutaire éclat de rire qui tranche avec la sinistrose ambiante. Même si nul n’est dupe de la mélancolie qui en est le terreau, l’auteur n’ayant généralement pas son pareil pour propager sa déprime auprès de ses lecteurs. Au moins a-t-il eu cette fois l’élégance de ne pas nous communiquer l’ennui qui le mine. On ne voit guère que les coincés du maxillaire et les graves de la “littérature contemporaine” pour considérer tout cela avec un sérieux pontifical. De quoi s’agit-il à première vue

? De l’histoire de Jed Martin, un jeune photographe plasticien qui ne se prend pas la tête (il y en a), de tout ce qui lui arrive après avoir exposé, sinon installé, son oeuvre réalisée à partir de cartes Michelin, puis de sa rencontre avec la belle Olga, des commandes de portraits de personnalités en plein travail qui lui rapportent gloire et argent, des rapports avec son père et maints autres aléas de l’existence, jusqu’à sa contribution à une enquête policière pour la résolution d’un fait divers criminel assez sordide. Sur l’histoire, dont on sait qu’elle n’est jamais que l’ombre du squelette d’un roman, il ne faut jamais trop en dire, non seulement pour ne pas gâcher aux autres la marche de la lecture, mais encore parce que l’intrigue n’est jamais l’essentiel. D’ailleurs, la quatrième de couverture n’en dit pas davantage, respectons-là, en notant tout de même qu’elle l’évoque comme “résolument classique et ouvertement moderne”, ce qui est au moins aussi fort que le grand écart pour un unijambiste, mais les éditeurs écrivent de ces choses. Le fait est que le roman se lit agréablement. Il est bien composé, architecturé; on se laisse prendre, à défaut d’être saisi, d’autant que le ton est celui de l’humour et de l’autodérision; la mise en abyme y est permanente, l’autre personnage principal ne tardant pas à surgir en la personne de Michel Houellebecq soi-même, assez bartlebyen par son côté “j’aimerais mieux pas”, mais un Bartleby qui emprunterait à Job lorsqu’il gratte compulsivement son eczéma en se lamentant sur sa condition d’abandonné. Quant à sa patte, elle est identifiable à ses tics d’écriture, que ses admirateurs prennent pour le summum de la modernité : des marques de produits en veux-tu en voilà, des mots en italiques pour appuyer les effets etc. On croirait du Bret Easton Ellis traduit par Philippe Djian. Aux antipodes du style limpide, glaçant et admirable d’Extension du domaine de la lutte. Il est vrai que seize ans ont passé depuis. Désormais sa légende le précède.

On en a fait le grand écrivain visionnaire. Don De Lillo l’est tout autant, si ce n’est davantage et avec d’autres moyens, et on n’en fait pas un plat alors que l’oeuvre est d’une toute autre puissance. Alors ? Alors rien. Non qu’il ne se passe rien, mais il n’y a rien au bout. Pas d’enjeu. Du moins s’il y en avait un, il est traité avec une telle absence de tout ce qui fait une charge (violence, provocation, agressivité…) que cela tape dans le vide. On cherche en vain à retrouver l’énergie du plus aigu de nos sociologues littéraires, celui qui n’a pas son pareil pour anticiper, annoncer et refléter l’air du temps, le même qui s’imposa par sa mise à nu de la misère affective et sexuelle de l’homme occidental et sa dénonciation des religions meurtrières. Quand on prétend s’attaquer à de tels milieux et aux valeurs qu’ils charrient, à commencer par la dénaturation de l’argent, on le fait avec un tout autre mordant, et des arguments autrement plus solides, fussent-ils transcendés par une prose poétique. On guette une vraie réflexion sur le rôle et le statut de l’artiste dans la société, puisque ça tourne autour de la chose, mais rien ne vient. Par manque d’épaisseur ou excès de sagesse. Le milieu gay ? Sa peinture des pédés est si caricaturale qu’elle fera hausser les épaules. Les compagnies aériennes qualifiées d’”organisations intrinsèquement fascistes” pour leur refus d’embarquer des chiens comme des passagers ? Wouah ! La veulerie de la presse ? Bof… La critique de la grande

distribution (laquelle contribuera fortement à faire de son livre unbest-seller) ? Une photo de supermarché signée Andreas Gursky en dit vingt fois plus. Le débat sur l’identité nationale ? Avec une telle contribution théorique, il a encore de beaux jours devant lui. Le monde de l’art ? Il en a vu d’autres et des nettement plus corsées. D’autant que la démolition de Picasso, pour ne citer qu’elle, est du niveau cesbarbouillages-mes-enfants-en-fontautant, pour donner une idée de la beauferie à l’oeuvre dans ce qui se veut une critique acerbe de l’art contemporain; même au camping où Franck Dubosc a ses habitudes, on n’ose plus en sortir de pareilles. Sa critique de Le Corbusier laissera les architectes indifférents tant elle est superficielle, même si on ne doute pas de voir bientôt fleurir des thèses sur “Michel Houellebecq, pensée de la structure et souci de la ville”. Quant à Jeff Koons, Damien Hirst, François Pinault et consorts, ils en riront longtemps. Car, on allait l’oublier, nombre de personnages sont de vrais gens qui portent leur vrai nom. Houellebecq consacre ainsi en littérature Jean-Pierre Pernaut, Pierre Bellemare, Patrick Le Lay, Michel Drucker, Frédéric Beigbeder, Julien Lepers, Alain Gilot-Pétré, Claire Chazal qui lui en seront éternellement reconnaissants. Même s’il en a fait, pour certains, des pantins de son guignol. Mais qui saura encore ce que recouvrait leur nom dans dix ans ? Car le comique de situation dans lequel les fait évoluer l’auteur n’est compréhensible que par rapport à leur personnalité et leur rôle dans la société d’aujourd’hui. En 2020, un lecteur de 20 ans se demandera comment de si médiocres ”héros” ont pu passionner les Français. Et quelle tête peut bien avoir un prêtre “qui ressemblait à François Hollande“. Ou une Marylin qui tient un peu de “Christine Angot- en plus sympathique tout de même”. Pour ne rien dire des acteurs du milieu littéraire, son éditrice Teresa Crémisi, son agent F.M. Samuelson ou les

critiques Didier Jacob et Patrick Kéchichian, qui sont déjà de leur temps inconnus du public. En attendant, on pourra bientôt s’interroger sur la réaction des lecteurs étrangers (Houellebecq est traduit dans une trentaine de langues) aux effets de burlesque franchouillard sur la personnalité de Jean-Pierre Pernaut dont il est fait grand cas. Important,l’étranger : c’est là que sont sortis les premiers articles sur ce roman, après celui duParisien. Car, faut-il rappeler, tous les personnages cités ne fonctionnent pas, ou peu, ou mal, sans ce qui les soutient : un clin d’oeil à une réalité très contemporaine dont on ne voit pas qu’elle pourrait passer à la postérité tant elle est, comment dire sans vexer personne, anodine. Ses personnages n’ont pas d’existence romanesque autonome. Un grand roman parvient à refléter son temps tout en s’affranchissant de ce qu’il a de plus éphémère afin d’atteindre à l’universel. Lorsqu’il paraîtra en format de poche, La carte et le territoire semblera déjà daté. Démodé pour avoir été un temps à la mode. Ce qui peut arriver de pire à un livre ambitieux. Julien Gracq a expliqué un jour le phénomène à Régis Debray en ces termes :”Les vieux films classiques sont datés comme les automobiles. Les opéras ne le sont pas, protégés du réel par les conventions propres au genre. L’irréalisme du chant et des costumes leur permet de traverser les temps intacts”. D’aucuns louent déjà Houellebecq d’avoir écrit Les Choses du XXI ème siècle. Sauf que Georges Perec, lui, n’en avait ni la conscience ni la prétention lorsqu’il écrivait Les Choses. Le genre de livre qu’on n’écrit pas en regardant le journal de la mi-journée sur TF1, ou Masterchef ou dans le meilleur des cas Questions pour un champion en boucle, sans oublier bien sûr 30 millions d’amis, et autres programmes qu’on n’interrompt que pour faire ses courses au télé-achat. Autant de parfaits reflets de l’esthétique de La carte et le territoire. L’auteur a beau avoir vécu en Irlande, et désormais en Espagne, il n’en est pas

moins resté dans l’âme, du fond de ses exils, un télespectateur français moyen. On verra cette fois ce que cela donne sans soufre ni scandale. Sauf imprévu, le scénario de la rentrée littéraire pour les semaines à venir est écrit. La carte et le territoire va écraser le reste. La critique sera quasi unanime dans l’admiration. Ceux qui s’en écarteront seront sèchement rappelés à l’ordre comme vient de l’expérimenter Tahar Ben Jelloun : il s’est fait cogner par les internautes sur la Toilepour avoir osé rapporter dans sa chronique de La Repubblica tout le déplaisir que lui avait procuré la lecture de ce livre. Elisabeth Badinter donne bien le ton de ce que sera le fond de l’air littéraire en déclarant :” Pour moi en France aujourd’hui, il n’y a que deux romanciers qui ont su renouveler le rapport hommes/femmes : Virginie Despentes et Michel Houellebecq”. C’est entre eux que cela se jouera au final. En attendant, on s’arrachera les droits du roman de Houellebecq à la foire de Francfort. Il s’en vendra 150 000 exemplaires, et bien 400 000 une fois que le Goncourt lui aura été attribué. Car on ne voit pas par quel mystère, à moins d’un faux-pas médiatique du candidat malgré son intelligence tactique et sa prudence désormais éprouvée, comment le jury ne serait pas sensible à un roman qui a tellement tout pour lui plaire. C’est même à se demander si Houellebecq ne l’a pas fait exprès. Son roman a de la main (423 pages, parfait pour les cadeaux de fin d’année, quand tant d’autres semblent plus légers à cause de leurs 150 pages alors qu’ils ont plus de poids), et il est sympathique. Les Goncourt, qui ne détesteraient pas que leur image devînt un peu plus jeune-et-moderne, se réconcilieront à moindre frais avec leur trublion grâce à un roman qui présente l’avantage d’être moins triste que celui d’Olivier Adam et moinstrash que celui de Virginie Despentes. Traînés dans la boue par la critique et boudés par le public en 1998 pour avoir préféré Confidence pour confidence de Paule

Constant aux Particules élémentaires qui avait été « le » livre de la rentrée, ils en ont conservé un souvenir amer. Depuis, son auteur est devenu l’écrivain français le plus connu et l’un des plus vendus à l’étranger. Si les dix de Drouant passent à nouveau à côté, leur casier judiciaire risque de s’alourdir. Cette fois, on ne voit pas comment Houellecbecq et Goncourt pourraient s’échapper l’un à l’autre. C’est tout le mal qu’on leur souhaite. Rajout du 3 septembre : Michel Houellebecq accuséd’avoir plagié Wikipédia. (”Michel Houellebecq” photos D.R.; “99 Cent, 1999″, photo d’Andreas Gursky; Frédéric ‘A night in Casablanca’ Beigbeder”, photo Passou; “Georges Perec” dessin de Bearboz”; “Houellebecq parle désormais en anglais à son nouveau chien” photo Pete Souza/ White House/ NYT)

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26 AUG

Ben Jelloun hates even the gentler, kinder Houellebecq

Tahar Ben Jelloun, left, has initiated a literary feud with Michel Houellebecq. WILL IT COST CONTROVERSIAL AUTHOR THE GONCOURT? Publick Journal offers first look at Houellebecq’s new novel, La carte et le territoire. © 2010 Publick Journal 26 AUGUST French Moroccan writer Tahar Ben Jelloun, a member of the Goncourt Academy which annually awards France’s most prestigious literary prize, has publicly denounced this year’s front-runner, novelist Michel Houellebecq, in an extraordinary move intended perhaps to foil—or at least spoil—the latter’s widelyanticipated win this November. In a piece published by the Italian newspaper La Repubblica last Thursday under the title “The Houellebecq Case,” Ben Jelloun pronounces harshly against Houellebecq’s latest novel even before it is published, accusing it of both excessive self-regard and
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self-pity. La carte et le territoire (a word-play best translated as The Map IS the Territory in English, reversing Korzybski’s dictum on general semantics), will be released next month in France by Flammarion. Mocking the literary conceit of fictionalizing oneself in the pages of one’s own novel, Ben Jelloun writes, “Michel Houellebecq speaks of himself selfreferentially as an important author, published throughout the world, unloved by critics and above all misunderstood by his own time.” The novel had won early praise for adopting a more self-deprecating, and less scurrilous, posture, while still maintaining the author’s ironically melancholy tone. Houellebecq’s previous candidates for the prize, The Elementary Particles (1998, known as Atomised in the U.K.) and The Possibility of an Island (2005) enjoyed both popular and critical success but went conspicuously unrewarded by the Goncourt jury, whose own relevance has been questioned in turn by Houellebecq’s supporters. In the piece Ben Jelloun reveals much of the book’s story line. A lonely painterphotographer (and Michelin map artist) named Jed Martin befriends “Houellebecq” after enlisting the “world famous” author to write a preface for an exhibition catalog. The two share unhappy upbringings, broken relationships, and accidental celebrity. Martin’s mother committed suicide early on; his father is an architect of some renown who after struggling through life also ends up a suicide. (Houellebecq’s much publicized relationship with his own mother, in both its literary and extra-literary forms, is extremely damaged of course.) As with Houellebecq’s other novels, the temporal perspective shifts from chapter to chapter, retreating one moment into the past and projecting the next into the near future without ever quite leaving the present. owever shaky, this fictional premise gives Houellebecq enough ground and cover to unleash his scandalous pronouncements on the world —particularly the world of painters and architects—more or less in propria persona.
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Thus Picasso paints a world hideously deformed, because his soul is hideous, and that is all there is to say with Picasso; there’s no reason to encourage the exhibitions of his paintings any further, he has nothing to offer; there’s no light in him, no innovation in the organization of colors or of forms; in sum, there’s absolutely nothing in Picasso that deserves to be singled out other than an extreme stupidity and a priapic smearing that may seduce certain sexagenarians with fat bank accounts. Equally defamed is Le Corbusier as “a totalitarian and brutal spirit, animated by an intense taste for ugliness” who tirelessly builds “concentrationary spaces, divided into identical cells, acceptable precisely […] for model prisons.” Not all is singled out for execration, however. Houellebecq writes favorably for example about a number of consumer brands, a practice that readers of Murakami and Houellebecq’s earlier works will certainly recognize but which seems to surprise and even to enrage Ben Jelloun, who likens the book to an athlete’s jersey patchworked from various sponsor ads. Perhaps the worst that can be said about this is that Houellebecq’s tastes run boringly bourgeois. Ben Jelloun mentions Houellebecq’s admiration for Audi, Mercedes (not the S-class but the “A- and C-classes”), even the nouveau riche Lexus. Also mentioned by name are such celebrity brands as “Philippe Sollers” (who had previously made a riotous appearance in Houellebecq’s Elementary Particles), “Damien Hirst,” “Jeff Koons,” “Steve Jobs,” and “Bill Gates,” the subjects of Jed Martin’s photographic portraits. More obscure to non-French readers will be a number of Gallic names, including that of Jean-Pierre Pernaut, who outside of France, as Ben Jelloun rightly but indelicately notes, “is totally unknown.” A long-time news reader for the TF1 network, Pernaut outs himself on air as a homosexual in Houellebecq’s fantasy, although the actual Pernaut has done no such thing and is unlikely ever to do so. (A father of two grown children, Pernaut married a former Miss France in 2007 with whom he has two more offspring.)
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The invention is outrageous enough to undo itself. It is precisely on account of Pernaut’s enigmatic sereneness—to the nervous writer his calmness is provocative —that Houellebecq would like to imagine him capable of such a stunt: Departing from the immediate event—violent, fast, frenzied, deranged—Jean Pierre Pernaut would accomplish every day that messianic task which consists in guiding the viewer, terrorized and distressed, towards the idyllic regions of a preserved countryside, where man once lived in harmony with nature, according to the rhythm of the seasons. Much will be made of Houellebecq’s commentary in these pages on the troubled relationship between the persona and the person, fiction and reality, the “map” and the “territory.” Even France itself, the France profonde of the terroir and the sol and the sous-sol , seems an artificial paradise, just another map drawn for the tourists. As others have noted, in today’s “fake it till you make it” reality-show society, selffictionalization is a practice in which every teen with a blog or facebook account actively engages. It’s not just for world-weary novelists anymore. Such a ubiquitous theme and practice could never be of much interest anyway, particularly when so self-consciously addressed. Houellebecq’s less complete selffictionalizations in his previous works are more telling for that reason, as are the writings, for example, of the intensely reserved W.G. Sebald, who also manages to inscribe himself in texts that dissolve the line between fiction and history by a simultaneous expansion, as it were, of both spheres, not of one at the expense of the other. Houellebecq’s treatment of the subject is farcical, at once self-inflating and self-deflating. It seems to expand our views on little, other than Houellebecq’s endless loneliness and crushing depression. It is perhaps unkind to say, but Houellebecq is at his strongest when he is at his cruelest, that is to say, his funniest. There is more than a passing resemblance in this respect to Thomas Bernhard (particularly in Old Masters ), also known to insert his persona, if not himself, into his works, and to plot his narratives around the course of male friendship, particularly between slightly unequal artistic geniuses. Unfortunately, Picasso and Le Corbusier (or for that matter, Jean-Pierre Pernaut
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and all the other minor French celebrities including the one that Houellebecq himself has become) make easy and unoriginal targets. Indeed, the popular disparagement of Le Corbusier had already begun well before the French banlieues riots of 2005, when everyone pointed a finger at the putatively “dehumanizing” effects of the brutalist public housing buildings, those massive concrete blocks that were designed and advocated by the celebrated architect. As for Picasso, leave it to his family, friends and lovers and to Picasso himself to say much worse about the man. The passage from Houellebecq cited as particularly odious by the slightly out-of-touch Ben Joullen, who seems insensible of Houellebecq’s qualities, is remarkable only for the irony that everything that is said of the painter could apply, mutatis mutandis, to the writer Houellebecq himself, as he should well know. To call La carte et le territoire a lighter and funnier work, as some have done, is to mistake the source of Houellebecq’s humour, which needs the darkness to flash its light. Still, the gentler and kinder tone does make the book considerably more appealing to the Goncourt Academicians, who have been quite happy not to hand over their prize to someone formally accused of inciting “racial hatred” (for calling Islam “la religion la plus con” in 2001, around the time of publication of his novel, Platform ). The journalist Pierre Assouline has gone so far as to speculate that Houellebecq himself might have deliberately toned things down this time to write a book that has “everything to please them.” Faced with the jury-friendlier Houellebecq, Ben Joullen could no longer swallow his vomit. If Houellebecq is a dish that one finds, according to taste, delicious or disgusting, Ben Joullen seems bent on spoiling it for everyone. Among the book’s secrets broadcast by Ben Joullen was one that the publisher had taken particular pains to keep under wraps as long as possible, namely that “Houellebecq” is violently murdered in the book (albeit in the year 2016) . Buried among the literary stars at Montparnasse, his harrowed remains are visited by hundreds of faithful readers. “All declared themselves ‘shocked’ or at least ‘profoundly saddened’ and honor the memory of an immense artist who will always be present in our memories …’”
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The investigation that follows the discovery of the mutilated body gives the book, to one’s surprise, something of a mystery thriller’s narrative drive. “It is impossible to write a novel,” Houellebecq writes on page 179 of his novel, “because it is impossible to live.” Only by killing himself can he begin to write again, and perhaps even to live. It’s too early to say if Ben Jelloun can sway the rest of the jury and lead a successful campaign against Houellebecq, who also has supporters in the Academy, the most vocal of whom has been none other than Bernard Pivot (who knows a thing or two about being a literary celebrity). In any case, Houellebecq has written an astonishing and beautiful book as worthy as any in recent memory of France’s top literary prize. Unfortunately, that book was The Elementary Particles 12 years ago, and it may take a small injustice now, at least in the eyes of Ben Jelloun and the other anti-Houellebecquiens, to make up for the larger one back then. Publick Journal
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