the
university of

connecticut
libraries

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UCONNLIBRARIES

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2 11S3 ODDtaaHM 7

œilVRES

CONDORCET.

TA ISIS.

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rOGR.M'HIl

DE

I-IRMIN

niDOT FUÈRKS

,

KUF.

JACOB 56.

/7?

ŒUVRES

CONDORCET
publiées par

'

'^

^^^

A.

OOJVDORCEÏ O'COJVIVOR,
Lipulenaiit-Général,

ET

M. F.

ARAGO,

Secrélaire perpétuel de l'Ac-aclémie des Sciences.

TOME PRKMIKR

PARIS,
FIRMIN DIDOT
I

J

HÈRES, LIBRAIRES

IMPRIMEURS DE l'iNSTITUT,
RUK JACOB,
^''

5(i.

1847-1849.

5

'

BIOGRAPHIE DE CONDORCET',

CORRESPONDANCE,
l-T

OEUVRES DIVERSES.

'

La Biographie
éXé.

e( les
1

i^-marques sur divers passages de V Histoire des Girondins

ont

imprimées en

8'49.

L'impression de

la

(.orrespoinlance

et

des œuvres diverses

était

achevée en

18'i7.

BIOGRAPHIE
JEAN-ANTOINE-MCOLAS

CARITAT DE GONDORCET,
SECRÉTAIRE PERPÉTUEL DE L'ANCIENNE ACADÉMIE DES SCIENCES,

Par m.
Lue à
la

ARAGO.
le

(

séance publique de rAcadémie des sciences

28 décembre 1841

j

Introduction.

Dans

les

dernières années de sa

vie,

Georges
à

Cuvier daignait dérober de courts moments

d'immortelles recherches, pour rédiger quel-

ques notes destinées à ses futurs biographes.

Une de
«
«

ces notes est ainsi

conçue
a rien
le

:

« J'ai tant

fait

d'éloges, qu'il n'y

de présompw

tueux à croire qu'on fera
l'illustre

mien,

Cette

remarque de
I.

naturaliste m'a rappelé
A

ij

BIOGRAPHIE
le

que
mie

dernier seerétaire de l'ancienne Acadé-

des sciences, que l'auteur de cinquante,

quatre biographies d'académiciens

également

remarquables par
n'a pas

la finesse et
ici le

par

la

profondeur,

encore reçu

juste tribut qui lui est
à près d'un

à tant

de

titres.

La dette remonte
était

demi-siècle; cela

même

une raison puis-

sante de s'acquitter sans plus de retard.
éloges,
vérité

Nos
la

comme

nos mémoires, doivent avoir
et

pour base

pour

objet. Fia vérité,

en ce

qui touche les

hommes

publics, est difficile à

trouver, difficile à saisir, surtout
s'est

quand leur

vie

passée au milieu des orages de

la politique.

Je fais

donc un appel sincère aux
la

rares

contem"

porains de Condorcet que

mort

n'a pas en-

core moissonnés. Si, malgré tous mes soins, je

me

suis quelquefois égaré, je recevrai les recti-

fications (bien
vées)

entendu

les rectifications moti-

avec une profonde reconnaissance.
a peut-être

On

remarqué que

j'ai

intitulé

mou

travail

Biographie, et non pas,
Ci'est,

comme
effet,
j'ai

d'habi-

tude. Eloge historique.

en

une bio-

graphie minutieuse, détaillée que

l'honneur

de soumettre

à l'Académie.

Sans examiner, en
des idées,
les

thèse générale, ce

que

la dii'ection

DE CONDOKCET.
besoins de
la scieiiee

lij

pourront exiger des secré-

taires perpétuels

dans un avenir plus ou moins

éloigné, j'expliquerai

comment, dans

cette cir-

constance spéciale, l'ancienne forme ne m'aurait
pas conduit au but que je voulais, que je devais
atteindre à tout prix.

Condorcet

n'a pas été

un académicien ordi-

naire, voué aux seuls travaux de cabinet;

un
;

philosophe spéculatif, un citoyen sans entrailles
les coteries littéraires,

économiques, politiques,
vie,

se sont

emparées depuis longtemps de sa

de

ses actes publics et privés, n'a

de ses ouvrages.
la légèreté,

Personne
de
la

eu plus à souffrir de

jalousie et

du fanatisme,

ces trois

redou-

tables fléaux des réputations.
trait

En

traçant un por-

que

je

me

suis efforcé

de rendre ressem-

blant, je ne pouvais avoir la prétention d'être

cru sur parole. Si pour chaque trait caractéristique je m'étais

borné

à réunir, à
seul,

conserver

soigneusement pour moi
blissait la vérité

tout ce qui étaje n'aurais

de mes impressions,
fallait

pas

fait

assez

:

il

mettre

le

public à

même
la

de proïioncer en connaissance de cause entre
plupart de mes prédécesseurs et moi;
il

fallait

donc combattre,

visière levée, les

vues fausses.

là où de plus que habiles étaient tombés dans l'erreur. T^a fille. c'est j'ai pu consulter si de nombreuses pièces inédites. j'ai sont les trésors que reçus de l'Iionorable famille de Condorcet. de etc. tels Borda.)V BIOGRAPHIE . de Monge. Si j'ose concevoir quelque espérance d'avoir trouvé la vérité. ou inachevés de Condorcet ses lettres à Turgot . dans la majestueuse gure de Condorcet. la correspondance de Lagrange avec le secrétaire de l'Académie des sciences et avec d'Alembert Franklin . Voilà ce qui m'a conduit à des idées nettes et précises sur le rôle fie noire confrère dans le . dont je ne saurais assez Beaucoup de manuscrits complets . . l'illustre général O'Connor. n'ont rien la saisi de vrai d'exact dans grande. passionnées de ceux qui d'après et fi- ma conviction intime. les réponses de l'intendant de Limoges. de de mademoiselle de l'Espinasse. de notre ancien secrétaire. mensongères. dis- tinguée. son mari. une les remercier. du con- trôleur général des finances et du ministre disgracié. des lettres du grand Frédéric. ont mis leurs riches archives à ma disposition. avec une bonté. un libéralité abandon. cinquante-deux lettres inédites de Voltaire..

dans cette biographie. surtout. Un mot. là. je les aperçus. V mouvement la politique. des faits. encore. En parcourant qu'ils m'avaient confiées. ils m'ont paru. de pements étendus sur des points qui auraient pu ai n'être qu'indiqués. et madame O'Connor. plus que compensés. des un luxe dévelop- de citations inaccoutumé. des ju- gements littéraires d'une grande valeur. sur la longueur peu ordi- naire qu'aura cette lecture. social et iutelleotuel de seconde moitié du XVIIP J'ai siècle. mais ils ont perdu de leur impor- tai]ce devant la pensée que j'arrachais peut-être à l'oubli. De résulté. par l'avantage que je trouvais à faire parler à ma place plusieurs personnages éminents du siècle dernier. mon esprit tait les pièces se repor- involontairement sur les mille accidents qui pourraient anéantir de là est si précieuses pages. Ces inconvénients. et j'aborde mon Je ne me fais jjas illusion sur l'intérêt que la j'aurais à ménager davantage bienveillante . des appréciations. quelque soupçon de n'avoir pas su éviter un de écueil qu'ont fait naître les bontés de M. sujet.DE CONDORCET.

je vais procéder à réhabilitation d'un confrère. Enfance et jeunesse de Condorcet. naquit le 1 7 se|)tembre 1 743 . mais j'ai considéré que ma mission a quelque chose d'inusité. du prélat .. en Picardie. philosophique et politi- que. évidemment indigne de je parle et l'assemblée devant laquelle de moi. Jean-Antoine-]Si colas Caritat de Condorcet ancien secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences . à la jamais célèbre par la construction de porte Saint-Denis. qui déjà avait donné à l'Académie l'ingénieur Blondel. originaire frère caflet du Dauphinc. Tout me disait de beaucoup retrancher. sous le rapport scientifique. VJ BIOGRAPHIE attention de mes auditeurs. caj)itaine était le M. Tout calcul d'amour-propre qui m'écarserait terait de ce but. de plus solennel que de coutume la : à vrai dire. dans la petite ville de Rihemont. Ses études son caractère. Le père de Condorcet. breuses coupures que même après les nom- les exigences d'une lecture publique m'avaient impérieusement commandées. . littéraire. de cavalerie. Caritat. ses travaux mathématiques.

d'Auxerre de Lisieux. quand il à peine sa quatrième perdit son père. son très-vif attachement pour les jésuites. M. en sant les plus efficaces des exercices gymastiques. avait aussi d'étroites liaisons de parenté avec le cardinal de Bernis et le fameux archevêque celui-là fit de Vienne. La veuve du M""" capitaine Caritat. encore évêque de Rhodes. Condorcet atteignait aimée. nuisit beaucoup au développement de elle .DE CONDORCET. même de tant parler à cause de lui pendant le concile d'Embrun. qui. l'évêque de Ijisieux confia son jeune neveu aux soins . à partir de et 174*? Il évêque de Gap. sa force les physique. Elle imagina qu'un moyen infaillible de soustraire son fils nnique aux serait premiers dangers de l'enfance. était d'une dévotion très-ardente. VIJ qu'on vit successivement. de le vouer à la Vierge et au blanc. costume de jeune lui interdi- Cette circonstance bizarre. Condorcet porta le donc durant huit aimées fille. Quand la onzième année fut venue. l'empêcha aussi de suivre oii cours publics des écoliers n'eussent pas le manqué de prendre camarade en jupes pour point de mire habituel de leurs espiègleries. d'Yse de Saléon. de Gaudry.

VllJ BIOGRAPHIE d'un des membres de la société célèbre autour à de laquelle commençait déjà gronder l'orage. qu'on : me permette ici une réfle- xion M™* Caritat de Condorcet. en matière religieuse. sur plus d'un point. Quel fut circonstances si le fruit d'un concours de peu ordinaires? En matière politique. les Le jeune Condorcet. ajoutée à tant d'autres que l'histoire elle nous fournirait au besoin. se entouré d'une dignitaires de lesquels les . mettant toujours . Cette remarque. ses premiers instituteurs furent des jésuites. vit dès qu'il ouvrit famille yeux. touchaient à la superstition. le détachement le plus complet de toute idée de prérogative héréditaire. ne devraitiHi pas calmer peu l'ardeur avec laquelle les partis politiques et religieux. assujettit l'enfance du futur secrétaire de l'Académie à des pratiques qui. Sans vouloir empiéter sur l'ordre des temps et des idées. composée des plus hauts l'Eglise et d'hommes d'épée parmi idées nobiliaires régnaient sans partage ses premiers guides. le scepticisme poussé jusqu'à ses dernières limites. dans son amour maternel poussé jusqu'à l'exaltation.

Ses succès furent brillants et rapides. d'Alembert et Fontaine. la il résolut de se s'é- consacrer à culture des sciences. Condorcet. une thèse d'analyse que Clairaut. que dans un pays où enchaînée son . il car au bout de dix mois distinction soutint avec tant de très-difficile. le saluèrent l'inter- comme un de leurs futurs confrères à l'Académie. ix en oubli les droits des familles. : pensée serait . qui rogeaient. Malgré tout ce qu'il prévoyait de résistances de la part de sa famille. formé à Reims. En 1768. ses il commençait. la liberté de la presse la rai- quoi qu'on puisse faire.DE CONOORCKT. à études mathématiques au collège de Na- varre. Au mois d'août 1766. remportait dans l'établissement que prix de seconde jésuites les avaient Paris. décida de l'avenir du jeune mathé- maticien. Un pareil si horoscope émanant de personnages éminents. âgé alors le de treize ans. se disputent tour à tour blique ? le monopole de n'aurait l'instruction pu- Le monopole avec un côté vraiment la dangereux. doit finir par avoir raison. et vint .

mais sans assurer qu'elle était inconnue lorsque Condorcet s'y arrêta. Si la sensibilité dont la nature doué est restée intacte . M. et cherché (en lais- sant de côté des considérations d'un autre ordre) crit rai la comment notre propre intérêt nous presdéveloppe- d'être justes et vertueux. qu'à l'âge de dix-sept ans jeune écolier avait porté ses réflexions sur idées de justice.X tablir à BIOGRAPHIE Pans chez son ancien du collège maître. ne craindrais pas d'être s'il au contraire affirmatif sur elle la fallait se prononcer nouveauté de la résolution extrême dont devint l'origine. En sortant . la société. Giraud de Kéroudou. Condorcet était déjà lettre un penseur profond. Il Un dans du mal qu'éprouve est un autre être impossible (pie. . adressée à Turgot et intitulée Ma prole les fession de foi. il doit donc souffrir lui- même. Je . un acte injuste ou criminel ne un de l'a blesse pas quelqu'un. de vertu. L'auteur d'un pareil acte a donc la conscience d'avoir fait souffrir ses semblables. être seiisible souffre sensible. Je trouve dans une de 1 775. Je solution pour la rendre intelligible.

suivant lui principale source de toute vertu. Encore l'avant- de sa mort. que nous devons parcoule voir. le an point de vue de en soi les idées moyen de de justice. dans l'admirable opuscule Avis d'un proscrit a sa écrivait : intitulé fille. DE CONDOIICET. Contou- dorcet chantes ces recommandations . Cette idée veille l'a toujours dominé. XJ Ne pas être. eniousser sa sensibilité naturelle doit l'intérêt. fortifier de vertu et Cette conséquence découlait rigoureusement des prémisses. qu'ils ne lui fissent Il beaucoup de mal. renoncer entièrement à il la chasse . cependant. Condorcet à des abandonné opinions vagues et non étudiées. est bien peu de matières sur lesquelles se même soit dans sa première jeunesse. Vous venez de au sortir de l'enla fance. notre confrère plaçait les douceur envers les animaux au nombre des moyens de conserver plus efficaces sa sensibilité naturelle. Aussi règne-t-il une grande harmo- nie entre les diverses périodes de la carrière laborieuse et agitée rir.. pour la- quelle avait une vive passion et même à ne pas tuer des insectes. à moins. Elle conduisit à le jeune Condorcet .

Tel nous tel sant résolument à de le voyons ici en morale.BIOGRAPHIE ft Ma chère fille. (pie les îiomhieux changements de bannière auxquels . Qu'il ne borne pas aux souffrances des hommes. de montrer Condorcet obéisnobles idées. je n'entends pas insinuer. ne dédaigne pas de t'occuper « a « de leur bien-être . En applaudissant dès à présent à cette rare constance. Dieu m'en garde. « ft Ne rends point malheureux ceux qui t'ap- partiendront. « « Conserve dans toute sa pureté. le la sentiment qui nous fait « « « douleur de tout être sensible. ne sois pas insensible . que ton humanité s'étende même sur les animaux. dans toute partager se sa force. à leur naïve et sincère reconnaissance à ne cause aucun des douleurs inutiles Le animaux dé- « « « faut de prévoyance dans les est la seule excuse de cette loi barbare qui les con- damne turc. )) à se servir mutuellement de nourri- « Je devais saisir la première occasion qui s'offrait à moi . nous le trouve- rons plus tard en politique.

Le premier les fruit des méditations auxquellivra Condorcet fut se chez M. le public les a vus presque constamment marcher de compagnie avec des faveurs de toute nature. Giraud intitulé de Kéroudou.DE CONDOKCET. Malheureusement. que même les plus subits. L'auteur n'avait pas encore il vingt-deux ans quand démie. n'étaient pas consciencieux. citerait à peine. par un amourpropre mal entendu. (jue. dans le vaste domaine des sciences. huit à dix découvertes importantes pour arriver à maturité. n'aient pas exige de plusieurs générations les efforts successifs de savants. ont eu un pré- texte pour parler de cause et d'effet. le un ouvrage Essai sur calcul intégral. mettent rarement les les derniers inventeurs historiens de la science . On (|ui. Je sais seulement par une déplorable fatalité. le présenta à l'Aca- Permettez que je fasse précéder de quelques réflexions générales ce et que j'ai à dire de ce traité des autres travaux mathématiques de Con- dorcet. XIlj nous avons assisté. en sorte ([ue des esprits soupçonneux .

des procédés. Chacun a sa légitime quote-part de gloire dans l'œuvre des siècles. sans qu'il soit aisé de dire qui leur était a frayé le chemin. des théories sans liaison apparente avec ce qui précède. [^es livres. lons qu'a le et par qui ces les assises Le public peut compter éche- dû suivre celui à qui était réservé le bonheur d'atteindre sommet. les plus exercés. toutes les dont compose l'édifice final sont plus ou moins apparentes. éta- Ajoutons que ce chemin bli ordinairement sur ym échafaudage dont personne n'a pris . sez ne voient pas asest combien le rôle de débiteur loyal doux. les collections académiques disent quand ont été posées. ils aiment mieiiA étonner qu'instruire. La filiation des méthodes on échappe souvent aux yeux y rencontre . Jl n'en est pas tout à fait de même des mathématiques pures.XIV clans la confidence BIOGRAPHIE de leurs enijjrunts ils . en regard de celui qui peut soulever des soupçons de mauvaise Ici se foi. Certaijis géomètres planent majestueuse- ment dans les hautes régions de l'espace. à chaque pas. : place une distinction essentielle les Dans assises sciences se d'observation .

de d'Alembert où les mémoires de Condorcet étaient appréciés au moment même de leur publication. ainsi cju'on le sait déjà. Voilà. j'ai les mai us des pièces inédites de Lagrange. ce qui en hommes les de mathé- . nombreux travaux mathédans matiques de notre ancien secrétaire. Je n'ai pas encore cité le plus grave : il résulte. quand il est appelé à juger les travaux des siècles antérieurs. de caractériser nettement les et eu quelques lignes. pourquoi Condorcet n'a pas encore pris son véritable rang parmi fait les géomètres. delà nécessité qu'éprouve l'historien des mathématiques.DE CONDORCET. Conles fait dorcet se trouvera ainsi jugé par plus compétents. sans gloire et par cette triple raison très- rarement entrepris. au fond . in- grat. Ce sont ces appréciations que je mentionnerai. et. soin W En recher- quand l'œuvre les a été accomplie. Heureuse- ment. doivent se résigner à tous ces désavantages. suivant moi. de des lumières de son se dépouiller entièrement siècle. Voilà surtout ce qui m'aurait l'obligation reculer devant . Les savants qui cultivent j)ures sans arriver les mathématiques aux premiers rangs. cher débris épars est un labeur pénible.

Le premier ouvrage de Condorcet. sans avoir jamais jeté les yeux sur le travail de Condorcet. qui . rédigé par d'Alembert « . . se terminait ainsi les : L'ouvrage annonce plus grands talents. par des contemporains. son Calcul intégral. en parlent avec un risible dédain sans doute traita avec . les autorités de côté. car ce grand géomètre écrivait à .. d'Alembert « « à la date du 6 juillet 1765 : Le Calcul intégral de Condorcet m'a paru bien digne des éloges dont vous l'avez honoré. » Les esprits légers. apait faites profondies qu'on sur les conditions d'intégrabilité des équations différentielles or- . il n'en restera pas moins établi que cet ouvrage renferme les premières tentatives sérieuses. fut examiné par une commission aca- démique. . faudra je les en avertis qu'ils étendent le reproche à Lagrange. » « Mettons. pensent le que le rapporteur de l'Académie Il une coupable indulgence. Le rapport. d'ailleurs. superficiels.. en mai 1765. XVJ BIOGRAPHIE niatiqnes Fi'estpas une moindre garantie. « et les « plus dignes d'être excités par l'approba- tion de l'Académie.

Cependant. à mon avis. dinaires de tous les ordres. Les détracteurs aveugles ou systémati- ques du mérite mathématique de notre ancien secrétaire seront soumis encore ici à le une bien jugement rude épreuve. plus impor- « velle te tante. à soit Xvij relativement infé- l'intégrale d'un ordre soit immédiatement rieur. Elle nous ouvre. même relativement à l'intégrale définitive. faites. car je vais rapporter : de Lagrange sur cette production « (f Le mémoire est rempli d'idées sublimes et la fécondes qui auraient pu fournir plusieurs ouvrages matière de article « « Le dernier m'a singulièrement plu par son élégance et par son « utilité « été « si Les séries récurrentes avaient déjà souvent traitées . voilà une nouapplication de ces séries. qu'aucune de celles qu'on ainsi « en a déjà I. qu'on eût dit cette matière épuisée.DE CONDORCET. N'est-ce les pas là aussi qu'on trouve germes de plusieurs importants travaux exé- cutés depuis sur les équations aux différences finies ? Le volume de l'Académie des renferme le sciences de 1 772 mémoire dans lequel l'esprit in- ventif de Condorcet s'est manifesté avec le plus d'éclat. pour B .

un nouveau champ pour intégral. r analyse qui ne J'avertis sujet. que. de Berlin. en effet . mon- seulement quelques jours vont . on n'ose seulement pas concevoir l'espérance de jamais tracer dans l'espace la course de la plupart des comètes. et qui déposeraient également du talent distingué de notre ancien secrétaire. après s'être . je trouverais encore dans les collections acadé- miques de Paris. il planètes étant constamment observables.. de plus. a réfléchi sur les difficultés Quand on genre que de tout les astronomes ont dû vaincre pour les orbites déterminer avec précisioîi nètes les . mais je dois me de bâter de signaler quelques applications . des travaux portant toujours sur les questions les plus difficiles delà science. Xviij <i BIOGHAPHIE dire. je lui font pas moins d'honneur. de Pétersbourg. trés Os astres chevelus. a été possible de faire concourir à cette recherche des positions prises à l'apogée . de Bologne. des pla- quand on a remarqué. » la perfection « du Calcul Sans sortir du cadre des mathématiques pures. que. pour épuiser tout d'un coup ce ne m'astreins pas à l'ordre des dates. au périgée et dans tous les points intermédiaires.

trois observations sont plus pour déterminer l'orbite cométaire. se perdre pendant des siècles dans rimtnensité. eurent sujet de leurs recherches le assidues. Un calcul analytique très-simple dissipe bien tôt ces doutes. Tempelhoff. Euler. mais éléments de cette or- bite se trouvent tellement enlacés dans les équations. qu'il paraissait très-difficile jaillir. En 1778. pièce . fait le etc. les calculs de ces grands géomètres vaient encore de méthodes graphiques dans lesquelles figuraient des paraboles de carton de divers paramètres. Il montre que.DE CONDORCET. les astronomes. . Le problème. Condorcet « partagea avec M. Votre belle écrivait Lagrange à notre confrère (le . au lieu d'employer . Le but de l'Académie : était clairement exprimé la elle voulait des procédés à être fois directs et faciles. le « f"t remis. envisagé de n'était pas convenablement résolu même en après que Newton. Quand l'Académie de sujet Berlin proposa comme se ser- de prix. Fontaine. il Le prix devait donné en 1774. de les en faire sans des calculs d'une longueur rebutante. XIX pour la plupart.. théoriquement que suffi- parlant santes . ce point de vue. suples posée parabolique.

parmi les titres scientiles tentatives nonobstant qu'on paraît vouloir faire pour l'en dépouiller.XX BIOGRAPHIE « 8 juin 1778). mais Condorcet avait une répugnance extrême pour il les calculs. très-mal appréciée malgré les services qu'elle a déjà rendus. voulu désigner les calculs nu- Dans le glorieux contingent de découvertes le mathématiques dont la monde est redevable à France. figure une branche de calcul. . serait une prétention sans base. » La condi- tion y était effectivement. aurait a elle « rie ci eu le prix tout entier . encore . j'ai Chacun compris que mériques. Eriger en inventeurs de ce calcul auteurs de quelques remarques numériques tude. si avait contenu l'application de votre théo- à quelque comète particulière. Cette con- dition était dans le programme. comme a déjà le disait lui-même . les . sur certaine les diverses sans exacti- manières d'amener une le jet somme de points dans simultané de trois dés. à Je n'hésite pas placer la découverte du calcul des probabilités fiques de notre pays . « qui exigent beaucoup » « d'attention sans la captiver. malgré tous ceux qu'elle promet encore : c'est le calcul des probabilités.

inventeurs du calcul des probabilités sont Pascal et Fermât.UE COIVDORCET. Cette repartie était plus fortement imprégnée des principes du futur calcul que les remarques dont on a voulu s'étayer en faveur d'un pays voisin. s'avisa-t-il jamais de dire: Enfin Malherbe vint. faut citer en première ligne l'abolition de plusieurs autres jeux qui . services il Dans le nombre d'éminents rendus que ce calcul a déjà à l'humanité. ré[)ondit poëte . et ouvrit de nouvelles voies aux mathématiques? Les vrais. tout entière à mon avantage je w « ne hasarde qu'nn denier contre une pistole. la loterie et . voulait se le jeune meurtrier de son disait-on. le iils. de eux aussi la étaient de déplorables pièges tendus à dulité et à l'ignorance. à la créévi- Grâce aux principes la dents et simples sur lesquels se nouvelle analyse fonde. les incontestables . cupidité. il n'est pas aujourd'hui la de moyens de déguiser fraude dont les combinaisons . battre contre à soixante-treize ans. lui — que : Ne la voyez-vous partie est pas . XX j des préjugés nationaux invétérés pourraient à peine l'excuser. «Vous « « êtes trop vieux. Malherbe. Cepeudant quelqu'un .

n'ont plus rien d'obscur. qu'il existe des vérités. en termes clairs précis . Sur ce terrain lités . incursioji le à l'aide la du nouveau calcul . essais de quelques . d'une part. de mystérieux. les principes de la numéra- enfin. des con- . que les géomètres consentissent à exposer les principes du calcul des probabilités . difficile.XXlj BI0<. faudrait. dégagés autant que il possible d'expressions techniques. les assurances de toute nature. de Nicolas Bernoulli. à la suite fit Mais lorsque Condorcet. dans domaine de ou jurisprudence et des sciences morales politiques. A vrai dire. un soulèvement presque général dut l'avertir lieu que sa prise de possession n'aurait pas sans un combat animé.KA1'HIK fînaneières seraient entachées. qu'on ne doit pas se de parler pertinemment de chiffres sans avoir au moins approfondi tion . les tontines . Pour le faire cesser. d'autre faudrait. les annuités . Les escomptes. le il com- bat dure encore. et la ceci est bien plus amener masse du public à reconnaître que certaines matières très-com- l'appréciation de plexes ne saurait être du domaine d'un preflatter mier aperçu. les applications des probabi- mit été admises sans trop de résistance. part.

En portant dans fait flambeau de l'analyse mathématique. s'il Le problème de concilier devient plus conq^liqué. XXllJ en dehors de celles dont on puisé les rudiments dans des impressions de la jeunesse ou dans ques. certains points de vue du ce dédale le ressort du calcul.DE CONDORCET. cents. iiexions légitimes a . la s'agit juste garantie qu'il le faut assurer aux innola société . pour comprendre chances d'une aussi que les condamnation le injuste seront être d'autant moindres que jugement devra il rendu à une plus grande majorité. avec besoin qu'éprouve de ne pas laisser échapper trop de coupables la alors simple raison ne conduit plus qu'à des résulvagues. certaines faces. et lecture des ouvrages classiles Pour comprendre que tribunaux civils criminels doivent être constitués de manière qu'un innocent coure très-peu de risques d'être condamné. d'humanité les suffit des sentiments plus ordinaires et des simples lumières naturelles. le calcul seul tats la peut leur donner de précision. il y a. Répétons-le. Condorcet n'a pas a seulement preuve de hardiesse : il de plus ouvert luie route entièrement non- . dans les décisions judi- ciaires.

On y verra. la philosophie révolutionnaire . de comparer numériquement nues à telle décisions obte- ou telle majorité de trouver les valeurs relatives de tel ou tel nombre de témoi- gnages .XXIV velle. judiciaire et politique des sociétés modernes des anomalies jusqu'ici. avec stupéfaction. dans le sions sur jurisprudence le calcul des probabilités a uniquement pour objet les . cela qu'on peut délirer en mathématiques chacun . qu'on n'a pas Il même soupçonnées domaine de la est de toute évidence que. vrir géomètres doivent décou. et même de preuves écrites. j'ose le dire. BIOGRAPHIE En la parcourant d'un pas ferme. dans l'organisation sociale . c'est une conquête extravagante de démontre . de prétendre les remplacer avantageusement lieu par des formules analytiques. Au renvoyer ces expressions c'est si de lui : peu académiques un emploi souverainement ridicule de la science . le rhéteur accuser notre confrère de vouloir toujours se passer de témoins. la je puis donc signaler avec sévérité à la conscience publique les passages que Harpe. mais les avec précaution. dans sa Philosophie duX VI11^ siècle^ a consacrés à ces applications des mathématiques. ses incur.

d'Alembert. des manières de travailler entièrement différentes. la sagacité.DE CONDORCET. Une pareille excuse a ne plus de fondement qu'on serait peut-être disposé à le croire. eût une autre manière de faire. . de il est dans la nature de son esprit » « travailler dans ce genre. avait vivement engagé notre ancien secrétaire. Euler. qu'il Ce sera au reste à . lui- même. s'affligera XXV d'un talent de voir qu'un si homme réel soit tombé dans de . en effet. qui. une nouvelle preuve n'est permis . écrivait à Lagrange « Je voudrais bien que ce notre ami Condorcet. Je l'avouerai . avaient. appâ- remment. les écrits mathématiques de Coudorcet manquent de qui distingue à un si cette clarté élégante les haut degré mémoires d'Euler et de Lagrange. incroyables erreurs. personne. D'Alembert. sous ce rapport. avec un égal génie mathématique. Lagrange. Euler calculait sans aucun effort apparent. qui a de du « te génie. mais sans grand succès. pas même aux acadécju'ils miciens de parler impunément de ce n'ont pas étudié. : En mars 1772. n'était pas entièrement irréprochable. à son- ger un peu plus il à ses lecteurs.

j'ai . tranquillement^ dans . d'Alembert se dépeignait à Lagrange en ces ternies « ce : « Il n'est pas trop dans ture de m'occuper de la ma namême chose fort longreprends. le silence. sans me rebuter. datée de 1769. je tra- « ft Comme je ne suis pas pressé et que vaille plutôt pour mon plaisir que par devoir. XXV) BlOGKAl'Hli: les comme hommes dans lettre respirent les airs. de montrer que variété.. défais et refais. que « je ressemble aux grands seigneurs qui bâtis: a sent je fais. Je la laisse et je la « (c autant de fois qu'il me vient en fantaisie. temps de suite. comme les les aigles se soutiennent Dans une que sous yeux. peut-être. que l'individualité existent dans les re- cherches mathéniataques comme en toute autre . )> Une bien troisième manière du génie me semble je copie la caractérisée par ce passage que dans une note manuscrite de l'auteur de canupie analytique (c Mé- : Mes occupations se réduisent à cultiver la et « géométrie. jusqu'à ce a je sois « passablement content de mes résultats » la €e qui néanmoins arrive très-rarement. et pour l'ordinaire cette opinlâéparpillée « treté me réussit. Il était bon.

chose. et celle des la lune. » « Condorcet exprimait la même pensée en d'au- tres termes. qui a fortifié sa raison par l'étude et par la méditation. hélas s'en sont aussi rendus coupables. sur- bien naturel comment Condorcet renonça facilement aux succès que la carrière scienti- fique lui promettait. la cause du changement d'obliquité de l'écliptique. que les XXVlj voies les plus diverses peuvent également conduire un homme supérieur à trouver. lorsqu'après la destitution de Tur- . la cause iioxes. voici. de la précession des équilibration de mouvements de On prise si s'est demandé. pour se jeter dans les dis- cussions d'un intérêt souvent très-problématique de l'économie sociale. bien d'autres. comme un des premiers devoirs de l'homme grès. En : au surplus. dans les attractions mutuelles des corps (îélestes. l'explication Convaincu de bonne heure que l'espèce hu- maine est indéfiniment perfectible. de kl et dans l'arène ardente politique ! ! Si ce fut une faute. avec un sentiment de . Condorcet (je copie) « regardait le soin « « « de hâter ses pro- comme une des plus douces occupations.DE CONDOR CET.

La gloriole dont parle Condorcet. C'est devant flambeau des sciences que se sont dissipés cent préjugés anciens et abrutis- sants. entraîné du monde moral et jusqu'au paradoxe par a une très-légitime douleur. économiques auxquelles notre confrère avait pris tant de goût dans la société de Turgot. à ces mouvements rétrogrades qui la le si souvent perturbation dans la so- ciété. plus étendues que celui qui nous vient de toute autre source. va tout aussi les directement au bénéfice de l'humanité que recherches philosophiques. mais a été trop court. Condorcet voulu insinuer (jue les découvertes scientifiques n'ont jamais une influence directe et immédiate sur les . Si. à ces caprices soudains portent . plus vigoureuses. Le bien qu'on fait par les sciences a même des racines plus pro- fondes. Je vais « « me remettre à la géométrie. J'oserai ne pas admettre cette distinction.^ XXVUJ got « il BIOGRAPHIE écrivait à Voltaire il : ce ^'ous avons fait un bien beau rêve. C'est bien froid la de ne plus travailler que j)our gloriole tra- « ce quand on vailler s'est le flatté quelque temps de » pour bien public. Il n'est pas sujet à ces fluctuations. maladies invétérées intellectuel.

Le convoi français cadre anglaise se croisent pendant une nuit très-obscure. Knowles pour son malheureusement pour allié. Je prendrai un fait entre mille. France lui envoyait et l'es- de puissants secours. plus modestes inven- C'était dans l'année 1746. il nombreux enlève : les poursuit. Les vigies les plus exercées sont muettes. s'était la France et muni d'une lunette de construction récente et fort simple. les l'humble lunette de nuit vient de décider à jamais de la destinée des Stuarts. sans même avoir besoin d'évo- quer les noms retentissants de boussole. connue depuis sous le nom de lunette de nuit. Ce nouvel sil- instrument houettes de dessine vers l'horizon les navires. d'une lu- nette dans laquelle l'artiste avait complètement sacrifié le grossissement lui à la clarté. aussi cette thèse. de pou- dre à canon. ne signalent absolu- ment rien. l'amiral . de machine à vapeur.DE COTSDORCET- XXIX je combattrai événements du monde politique. mais en quittant Londres. Le prétendant avait et la débarqué en Ecosse. . pour montrer l'immense rôle les qu'ont souvent joué tions. elles ne voient. les atteint.

deviennent un jour ce que sont actuellement ver si tés. les si nous remarquons que les géomètres plus illustres eux-mêmes se montraient alors Ils découragés. La chimie et la physique offrent maintenant des richesses « ce plus brillantes et d'une exploitation plus facile. dans « (c académies. qu'on ne découvre de nouveaux filons il fau- dra tôt ou tard l'abandonner.XXX BIOGRAPHIE Je ne sais. » les chaires d'arabe dans les uni- ce . Aussi le goût du siècle paraît-il entièrece côté-là. Il « ment tourné de que n'est pas imposles « sible les places de géométrie. moins . Jugez-en par ce passage que je copie dans une lettre de La- grange à d'Alembert « « « <c : « Il me semble que et qu'à la mine est déjà trop profonde. se croyaient arrivés aux der- nières limites de ces sciences. mais n'aurons-nous pas donné une explication assez naturelle de la tristesse qu'é- prouvait Condorcet en revenant aux mathématiques.

ne le voulurent point. Sa famille rendue. Condorcet . Dominé par de la le besoin de calmer susceptibilités cour de Madrid. plutôt par lassitude que par con. c'était à leurs yeux déroger. Ses relations avec Voltaire. Ce travail était destiné au gouvernement les espagnol. son occupa- tion principale. à ses parents l'âge de vingt-cinq ans. un mémoire inédit sur la meilleure organisation des sociétés savantes. Son voyage à Ferney. viction car six ans après . Thouvenel de mes parents qui le seul me pardonne » « de ne pas être capitaine de cavalerie. J'apprends. s'é- Condorcet tait fut reçu en 1769. Je dois ranger. par une lettre de d'Alembert à Lagrange. l'auteur . Faire des sciences son occupation officielle. déjà secrétaire perpétuel de l'Académie écrivait à . Turgot « c'est : « Soyez favorable à M. X\X) Nomination de Condorcet à l'Académie des sciences.DE CONUORCET. que Condorcet aurait pu entrer à TAcadémie en 1768. . parmi les premiers travaux académiques de Condorcet.

mais en stipulant une égalité de droits. tie etc. et de savants voués à leurs progrès et . de prérogatives. disait Condorcet. il doit rappeler ce mot de et « K ce Louis XIV : Savez-vous pourquoi Racine M. suivant notre confrère « ciens ce « relever les académiet peut-être à leurs aux yeux du public. pour songer Celli . « « (c pour que ce mélange de gens de qualité qui aiment les sciences. comme : de la grandessa n'auraient pas trouvé leur faisait cette place. de Cavoye. soit agréable aux uns aux autres. se trou- bien ensemble. « Enfin. . fruit d'une expérience éclairée. de diverses prescriptions de nos anciens règlements académiques. que vous voyez vent si là-bas. Condorcet concession il créait des membres honoraires. à y établir les Mœdina d'Ospar- considérés uniquement . . qui pouvait. mais on y trouve des vues générales.XXXIJ a BIOGRAPHIE outre mesure certaines faces de la rétréci question. . propres yeux car les savants eux-mêmes ne » « sont pas toujours philosophes. Il aurait fallu méconnaître entièrement l'Essiècle les pagne du XVIIP une académie où suna.*^ Racine avec Cavoye . et quelques anecdotes curieuses qui donnent la clef. jusqu'ici ignorée.

du calviniste Huyune gens. de l'ultramontain Cassini . voulant éviter qu'ils ne dégoùtas. DE CONDORCET. « « Lorsqu'on introduisit. des honoraires dans l'Académie des sciences « Fontenelle . de décider les autorités Dans l'espoir espa- gnoles à ne jamais consulter. imagina . du catholique Descartes du janséniste Pascal. « se croit XXXllj « se croit homme de cour. » dit notre confrère.du musulman Alhasen. . de l'anglican Bacon. la première charte la de notre compagnie qui est relatif aussi à nomination des grands seigneurs. Cavoye avec Racine homme d'esprit. . pour les choix les principes religieux des candidats. « sent les <c vrais savants par des hauteurs par l'abus du crédit .. « « « « du brahme Pythagore. n'en eut point valu 1. divulgue d'après le manuscrit de Condor- cet. Condor- cet leur posait cette question a : « Croyez-vous qu'une académie composée de l'athée Aristote.. c «du déiste Leibnitz. l'origine d'un article de . . comme une sorte les « « de compensation règlements que seule de faire mettre dans la classe des honoraires serait » « la où les moines pourraient être admis. » Peut-être me saura-t-on quelque gré si je ici . de l'arien Newton.

pourvu d'une immense les pension par mêmes ministres qui refusaient . Boscowich. C'est là. Il de larges voulait . Elle montrera.XXXiv a « BIOGRAPHIE ? autre Pensez-vous qu'en pareille compagnie se serait pas . on ne entendu parfaitement en . . Si le mémoire de Condorcet voit jamais le s'est jour. à la En pareil cas l'histoire décharge de notre confrère. pour le directeur de et l'Académie. le gouvernement fran- çais prodiguait ses faveurs à des étrangers mé- diocres. « délivrer les savants de l'affront « le plus propre à les dégoûter » : celui d'être « protégés par des subalternes. rési- dents des académies. dira. un Italien. « a géométrie fût en physique et que personne s'y amusé à parler d'autre chose? w Condorcet ne songeait pas à Madrid seulement en demandant . qu'au il moment où écrivait. une grande autorité prérogatives. peut-être trouvera-t-on qu'il prol'ad- noncé d'une manière trop absolue contre mission des étrangers parmi les membres . et négligeait des hommes supérieurs nés dans le pays. par exemple. ce sont ses propres expressions. en et effet une plaie de tous les temps de tous les pays.

le jeune académicien de vingt- sept ans écrivait à Turgot. Condorcet avait paru vouloir se borner exclusivement aux études mathéma- tiques et économiques. On verra . a constamment professée dans pour tout homme dont le nom a une terminaison étrangère. DE CONDORCET.. vouloir entrer à et être l'Académie sans attendre une vacance. il A le partir de cette année se jeta aussi dans tourbillon littéraire. la Personne n'hésitera sur lution. ce même trailet- personnage que Lagrange taient avec le plus tres d'Alembert grand dédain dans des les que j'ai sous yeux . sur le point de réussir. XXXV et l'autorité des malgré son génie réversibilité règlements. la de 1200 livres de rente provenant de la succession de Clairaut. grâce à l'admiration niaise qu'on cette capitale. chose incroyable et . cause de cette résoqu'elle suivit quand on aura remarqué . intendant « J'ai du Limouimmor- trouvé Voltaire si plein d'activité et le « d'esprit qu'on serait tenté de croire . A sin : son retour. à d' Alembert . le voyage que d'Alem- bert et Condorcet firent à Ferney. enfin . de très-près par la date. Jusqu'en 1770.

.\XXVJ « tel « f( ... et trop de sensibilité au sujet des sottises de Fréron . Il moins pour sa gloire que ])our ne « « faut pas le juger comme philosophe. de goût. ne faisaient » apercevoir qu'il est « homme. » Certains travaux de Voltaire pouvaient -ils être appréciés avec plus de mesure. Voltaire devint une sorte de Dalai-Lama du monde tisans intellectuel. A l'occasion de quelques articles du Dictionnaire philosophique. de délicatesse. dont l'importance ou l'originalité pou- vaient être l'objet d'un doute. articles alors inédits. mais comme apôtre. Ses amis furent des cour- dépourvus de dignité. noble auteur dont la muse pédante Fait des vers fort vantés par Voltaire qu'il vante. dévoués aveuglé- . Condorcet disait dans « une autre lettre : « Voltaire travaille sa cause. BIOGRAPHIE si un peu d'injustice envers Rousseau. Le poëte avait circonscrit son accusation .^ Le malheureux Gilbert ëpître : disait dans sa célèbre Saint-Lambert. cent prosateurs se chargèrent de la généraliser.

rigorisme de Condorcet s'en émut. « « Je suis fâché de ces vers. Tout mais le cela était assurément sans conséquence. qui semblaient dans mortalité. il crut y voir un acte de faiblesse. suffira de quelques guillemets pour renverser tout échafaudage d'accusations flétrissantes. et M"' L'Enveloppe (M. Vous ne savez pas assez quel est le poids de votre nom Vous Je ne . Cela me rappelle un . dont la réputation . successeur de Turgot au contrôle général des finances. et quêtant par des éloges outrés. cet Madame Necker reçut en 1776 des vers très- louangeurs de Voltaire. son déplaisir débordèrent alors en termes d'une incroyable amertume. une de ces lettres datées de Ferney^. XXXvij ment aux caprices du maître. Son mari. et M'"' Necker) vous parlez de Caton. a « « ce ressemblez aux gens qui vont applaudir Arle- quin quand il y a relâche à Zaïre connais votre pièce que par oui-dire mais ceux qui l'ont lue m'assurent qu'à propos de « « M. avait aussi dans ces vers une large part d'éloges. le monde un gage certain d'imil En ce qui touche Condorcet. du célè- bre philosophe devait souffrir son inquiétude.DE CONUORCET. par des complaisances sans bor- nes.

. d Alemhert seul et M. M. f> Un exemple d'indépendance. Condorcet. Si sé- « vères. l'abbé de Foisenon. ce que je dans une de « la fin de 1777 : . tempérées par des paroles respectueuses à travers lesquelles on découvre toujours le disciple s'adressant à lis son maître. partenait à cette classe d'hommes d'études sur la foi de quelques ana ^ n'assistent à la re- présentation des plus belles tragédies de Cor- . c'est votre faute.XXXVllj « « « BIOGRAPHIE jeune étranger qui grands me disait J'ai vu trois hommes en France. : M. de Voltaire. 11 apqui. comme Racine nous perfection dans avait accoutumés à nous sommes la le style.. Voltaire voulait faire jouer à Paris qu'il avait tragédie : composée dans son extrême vieillesse Irène. lettre Voici. ne suffirait pas qu'on me permette la d'autres citations. Monsieur.•• <^ Songez. résistait aux instances pressantes qui lui arrivaient de Ferney. craignant un échec. par exemple. » Condorcet était un profond géomètre. franchise. de loyale . dans les caractères. songez à la perfec- que vous nous avez accoutumés « « (c tion dans les mouvements. en s'appuyant sur des critiques judicieuses et fermes.

Je conviens ce d'une grande partie des vérités que vous avez la bonté de d'autres à ce me dire. et jugez: d'un critique « Ferney. le 12 janvier 1778. XXXIX de Racine. On ne fait rien . elle poureffet ce produire à Paris un heureux. Je travaillais à faire un ce tableau de ce croquis. fieille. et je m'en dis bien ce moi-même. dictées par l'amitié et par la raison.DE CONDORCET. sont ve- ce ec nues augmenter mes doutes. J'avais cru. Je me (C suis malheureusement trompé. vos lumières « (c m'étonnent. sur pleurs que j'ai la foi de quelques (( vu répandre à des personnes passionner sans chercher esquisse était avec le « qui savent la lire et se . a (c passion que si mon et temps bien peinte rait bien coloriée. ce Mon philosophe universel. que pour s'écrier à ? chaque scène vait : Qu'est-ce que cela prouve tenir si Voltaire de- donc peu de compte des remarques incompétent. lorsque vos critiques. Je suis affligé et honteux d'avoir été d'un autre avis que vous. Écoutez. sur la dernière tentative d'un vieillard de quatre-vingt- ce « tc quatre ans. et votre amitié m'est de jour en jour plus chère.

. j'é- prouve l'invincible besoin : de faire une troisième et dernière citation cas. Voltaire s'irrite de quelques brochures et qu'on publie à ce sujet contre V Esprit rédige à Ferney qu'il des Lois. qu'on rapprocherait ce que vous « dites « (c aujourd'hui de Montesquieu. en leur demandant de les publier. Cependant. lui mande-t-il. quelque impérieuses de « l'illustre vieillard. instances. sans le les arts d'imagination et de secours d'un ami éclairé. Voltaire et Montesquieu ne s'étaient point aimés. \1 « « BIOGRAPHIE de bien dans goût. blessés de manière dont vous « relevez quelques citations erronées. Montesquieu l'avait même trop laissé paraître. dans ce nouveau s'éleva à la hau- de Condorcet teur d'une belle et noble action. » Je sens que j'insiste peut-être trop sur un point de la vie de Condorcet qui déjà doit vous paraître suffisamment éclairci. iraient « chercher dans vos ouvrages des inadvertan- . des articles adresse à ses amis de Paris. la franchise c'est que. Condorcet ne cède point aux qu'elles soient. des éloges lui que vous avez donnés autrefois? Ses adla mirateurs. «Ne voyez-vous pas.

hommes liges de Foltaii^eP La courte réponse de l'illustre vieillard . les loyal et noble redressera bien de Qui maintenant oserait dire que philosophes du XVIII^ siècle s'étaient les faits. César. Mon attachement me commande . racontant ses pro- près campagnes dans bien les Commentaires. à voici: « Il n'y a pas « « un mot répondre à ce qu'un vrai philosophe m'a écrit le 20 juin. Si je vous aimais moins. Je laisser enfouie de notre ne commettrai pas la faute la de la dans mon portefeuille.DE CONDORCET. aux re- montrances de Condorcet ne sera pas un dol'histoire cument moins précieux dans littérature. de vous dire ce qui sera avantageux et non « « « « ce qui pourrait vous plaire. Je l'en remercie très-sincèrement. Je sais les torts de Montesquieu il est digne de vous de les oublier. » Ce langage fausses idées. « Vous me pardonnerez. je n'aurais pas le courage de vous . On voit toujours « mal les choses quand on les voit de trop loin. a commis lui-même des inexactitudes je l'espère. « xlj ces semblables. et il serait impossible qu'on « « ce n'en découvrît pas. contredire. . en quelque sorte. adopter un de ne pas « « « avis auquel vous paraissez tenir beaucoup.

Appréciation de ses Eloges des académiciens. C'est 1 dans ces circons- 743 Grandjean de Fouchy devint cette place depuis plus de l'organe officiel de l'ancienne Académie.xljj BIOGRAPHIE « Il « « ne faut jamais rougir d'aller l'âge à l'école. pour ser à la compagnie savante elle n'eiit le temps de faire un choix dont pas après coup à se repentir. Fontenelle avait jeté tant d'éclat sur la . le seul On comprit enfin que moyen d'éviter toute comparaison écrasante. eût- on de Matussalem » Je vous renouvelle ma reconnaissance. Après consentit à lais- bien Mairan remplir provisoirement ces fonctions. Fouchy occupait trente années. la lorsque Condorcet entra dans infirmités compagnie savante. Les du secré- . lui succéder. Condorcet successeur de Grandjean de Fouchy comme secrétaire de l'Académie des sciences. place de secrétaire de l'Académie des sciences sa qu'à mort personne ne voulut des sollicitations .de donner au neveu de Corneille un successeur résigné à ne pas l'imiter. serait. et qui pût désarmer la critique par son extrême tances qu'en modestie.

en ce qui dé- pendait seulement d'eux. donner mesure de son expérience de son habileté dans l'art d'écrire.-^ tels s'appellera-t-il Bailly Entre de concurrents la lutte ne pouvait manquer vie d'être noble et loyale.DE CONDORCKT. Condorcet. Telle de tant . taire perpétuel. Cela révolta la portion de l'Aca- démie qui s'associait ordinairement aux inspi- rations de Buffon. jeta les yeux sur son plus jeune confrère. Il est rare les que des principes abstraits pas- sionnent hommes à ce degré. lui faisaieiit et il xlllj désirer d'avoir un collaborateur. toute sa profondément modeste la . Les règlements de 1699 imposaient au secrétaire perpétuel l'obligation de payer un tribut à la de regrets la mémoire des académiciens que est l'origine mort moissonnait. C'était créer une sorte de survivance. son âge. aussi. crut qu'il avait à . pour tout le monde. Les amis de d'Alembert ne montrèrent pas moins d'ardeur en sens inverse. la question bien posée était celleci : Le successeur de Fontenelle ou Condorcet. et se mit à ser des éloges compo- académiques.

Mariotte. pré- une lacune de trente. des savants que Huygens. mais la refusé le talent de rassembler des d'effroi « ma l'un a mots . du moment de son entrée en qu'il 1/admirable collection sentait ainsi nous a laissée. Ces premiers éloges sont écrits avec une connaissance parfaite des matières traitées par les académiciens. C'est dire que Fontenelle les se garda bien de re- monter.trois ans. toujours ingénieuses . Perrault. de l'autre étonnés. Picard. Les académiciens décédés entre 1666 et 1699 n'avaient point eu de biographies. dans delà annales de la compagnie. que Fontenelle a à l'intervalle laissées et qui se la rapportent toutes dernière compris entre siècle et année du XVIP 1740. etc. hurlant . L'homme amoureux de que le sa tranquillité fait ce devoir lui prescrit. Condorcet j'avais ils disait en les adressant à Tur- got tt : « Si quant. précis. clair. et d'un style simple. et tels les sujets de ce parmi eux. nature pu y mettre un peu de clinseraient plus à la mode. Roëmer.xliv BIOGRAPHIE de biographies souvent éloquentes. C'est dans ce tiers de siècle que Condorcet trouva qu'il appelait ses exercices. et jamais davantage. Roberval. au fonctions.

un rang d'où les faire malveil- lance a vainement tenté de descendre. disait Voltaire à 177/i . sous et le double rapport du la fond de la forme . qu'il en reçut la mission d'écrire . d'Alembert écrivait à Lala survi- <c Condorcet méritait bien la vance de place de secrétaire qu'il . « xlv de se voir accouplés. Le 9 grange « « « a avril : IJ/S. l'Académie une imposante majorité et dont Voltaire. de Fouchy. des Ils académiciens morts depuis 1699 ici ont eu un succès unanime. d'Alembert et Lagrange ne parlaient jamais qu'avec une grande estime. Condorcet était à peine entré en relation avec M. » a Cet ouvrage. » Un essais pareil suffrage assignait aux premiers de Condorcet. maître de « « « ceux dont vous parlez et mais un maître doux fait l'histoire modeste. la date du « ce i"mars cieux. C'est un roi qui de ses sujets. par les ex- cellents éloges vient de publier. » Condorcet défiance trompait en montrant tant de travail qui lui pour un donna dans . est un monument bien préle Vous paraissez partout .DE CONDORCET. Je m'humilie devant « ceux qu'elle a se mieux traités que moi.

autant dire avec ce qu'il ficile y a dans le monde intellectuel de plus dif- à déraciner. en termes plus ou moins heureux. travaux s'agissait guère. un siècle : avait mis toutes choses à leur véritable place découvertes. assurément réels. dont je viens de donner l'aperçu. je le la correspondance vois déjà très -occupé de . quelquefois amies. alors. que de promul- guer. habituellement rivales. mort le 21 août 1771. avec des opinions basées sur des préjugés et des haines personnelles. les arrêts irrévocables et déjà connus de la postérité. Je soupçonne que Condorcet s'exagéra outre mesure les embarras. enfin . Je suis. avec des susceptibilités contemporaines. imprévues vinrent aussitôt Condorcet traçait les biographies des premiers membres de l'Académie des personnes. entre autres celui du géomètre Lorsque Fontaine. du moins. Dorénavant il les allait se trouver aux prises avec exigences presque toujours aveugles des fa- milles. certain que la composition de son premier fut ex- éloge d'un académicien contemporain trêmement laborieuse. il ne pour l'écrivain. Des difficultés l'assaillir. et sciences. Dans avec Turgot.Xlvj BIOGRAPHIE plusieurs éloges.

Du moins. xlvij Fontaine vers le milieu de 177:2. Ce fut. Le même éloge retouché. par une morale noble les et « « profonde gens. la maxime l'é- de Boileau n'avait pas été cette fois infructueuse.^ A l'éloge de Fontaine succéda celui ingénieux. pour un in-S''. il Au commence- ment de septembre. Voltaire : dans une lettre du i[\ décembre 1778 Vous m'avez sécheresse fait passer. non non moins piquant. appelait loge de Fontaine un disait « ce chef-d'œuvre. écrit de vingt-cinq pages l'hésitation. la permission de copier l'éloge de Fontaine ! connaît-on un hommage au-dessus de celui-là . on doit en convenir. chemin de Limoges. adressait à l'illustre in- tendant une première copie de son travail.T)E CONDORCET. en septembre 1773.. bien du temps. renverrai en vous « je <c vous la demandant » la permission d'en faire une pour moi. de du scrupule. Monsieur.. remanié reprenait un an le plus tard.. pour son usage personnel. non moins . Voltaire demandant. Si qui enchantera tous honnêtes vous avez besoin de votre copie. une demi- heure bien agréable Vous avez embelli la « du sujet. écrivant à Lagrange. D'Alembert.

le secrétaire eut à pour- voir annuellement. Enfin. pendant lesquelles l'Académie n'é- prouva aucune perte . Notre confrère résista avec d'autant plus à la d'assurance à l'invasion du mauvais goût. Le est style de ces derniers éloges de Condorcet grave et noble. à quatre. la fausseté de la pensée. la sous bizarrerie du langage. lui écrivait que Voltaire l'encourageait. mais. confusion des genres.Xlvilj BIOGRAPHIE la moins philosophique de démie et le public le Condamine. et même à huit compositions analogues. à trois. de recherche. L'Aca- reçurent avec des ap- plaudissements unanimes. à date du 18 juillet 1774 « « « « : « C'est sans doute un malheur d'être né dans un vous : siècle dégoûté. la qu'il de Ferney. que voulez- le public est à table depuis quatre. avec les seules exceptions des années i775et 1776. vingts ans sur la fin il boit de » mauvaise eau-de-vie du repas. jusqu'en 1788. On n'y aperçoit aucune trace de manière. aucun désir de faire effet par l'expression. la faiblesse. . aux tendances dithyram- biques dont une certaine école commençait à faire l'essai. de couvrir sous la pompe.

amitié n'était pas de ces amiD . - dire . méla riter la gloire qui . aux passages suivants de l'éloge inédit des pères Jacquier et le Seur : .. l'homme de génie qui cable les ac- du poids de sa renommée.DE CONDORCET. parce qu'ils ne peuvent . manque dans . xHx C'est aujourd'hui chose assez généralement convenue. voudraient détruire toute réputation méritée. n'ayant aucun droit à réputation.« Leur I. d'élégance . que Con.. par de petites méchancetés. dorcet et propagée par ouï . » J'oserai renvoyer les critiques qui ont repro- ché àCondorcet de manquer de sensibilité. ses éloges de force de ne chaleur.. dont les noms : se sont trouvés mêlés à des brigues sourdes « De pareilles brigues ont toujours été l'ou- « « vrage de ces hommes que poursuit le senti- ment d#leur impuissance. trop m'effrayer de mon isolement. en effet ceux qui parlent de manque de force. Que répondraient. et fatiguent. heureusement très-peu nom- breux. J'oserai pas être de cet avis même . si je leur citais ce portrait des académiciens.'. . de sans sensibilité. qui cherchent faire à « « « « « « du bruit.

et sent tous ses plaisirs. les tout fut commun entre « eux : peines. la gloire même. Dans amitiés profondes et délicieuses. chacun « ces a (c souffre toutes les souffrances de son ami. aime en avoir et c'est lui puisqu'un autre aurait pu l'aurait les « qu'on ne pas aimé de même. « (C Dès l'instant où ils se furent rencontrés à Rome. pas un avec et si on s'aperçoit qu'on uniquement par n'est lui. Ceux qui n'ont point goûté ce sentiment peuvent seuls nier qu'il existe. on n'a pas une pensée où son ami « (C ne soit mêlé. plaisirs. La leur devait son ori- « gine à un attrait naturel et irrésistible. et parce que c'est lui. bonne « celui (C de tous biens peut-être qu'il est plus aient partagé de rare que deux hommes . . « (( qu'on aime. ni ses vertus qufin lui. un être à part et à qui rien ne ressemble ce ne sont ni ses qualités. il « faut les plaindre. c'est la préfé- « rence qu'on lui donne sur soi-même. .I BIOGRAPHIE vulgaires que fait « tiés naître la conformité des « goiits et des intérêts. Cet ami l'on « n'est « « « « pas un homme que aime c'est : . travaux. que l'on préfère aux autres hommes. On n'éprouve pas un (c sentiment.

« lité (c si l'un des deux obtenait une distinction il ne songeait plus qu'à procurer « à (c son ami une distinction égale. « «Oui. Deux avoir «jours avant de mourir. « « paraissait perdu toute connaissance. dans à lui un besoin d'argent. mais peu importants. et vous en à la auriez emprunté pour moi même per- sonne « « (C Le père Jacquier eut le malheur de survivre à son ami. vous êtes celui avec qui je viens « résoudre une équation très-difficile. répondit le moude rant. w Ainsi D. selon le jugement de celui à qui ils ap- « « « partenaient. « « Ij Cependant. lui dit le « ce père le Seur. le Un jour. Le père Seur succomba à ses infirmités il le en 1770. « foi. peu d'ins- tants avant sa mort. et qui.DE CONDORCET. vous . . père le Seur s'adressa « « un autre qu'à son ami. n'auraient pas mérité de paraître avec le nom de son ami. Le père Jacquier en fit des reproches : Je savais que vous n'en « aviez pas.^ « Me reconnaissez- » lui dit le père Jacquier. chacun d'eux publia à part quelques morceaux. Ils voulurent qu'il y eût dans les places qu'ils occupaient une égaparfaite. .

Elle . pour âmes qui souffrent. le jour de sa résoutien- ception à l'Académie française. Il « rien « le sait qu'il ne faut pas ajouter poids du temps à celui du malheur. (C a repris une chaire que sa santé l'avait « « « obligé de quitter. si je ne à me trompe . II ne voulaient pas avoir à les regretter « tous deux.. le « et suspendre ne peut le sentiment d'une douleur dont guérir. » le loisir « est la plus cruelle des tortures. pour me vir des expressions du père Jacquier « même. les « et que. il veut du moins les remplir par des travaux utiles. Moins occupé de prolonger des jours que l'amitié ne console plus. par des amis qui. être placée sans désavantage côté de l'éloquente allocution à l'illustre que Buffon adressait voyageur. fut arraché des bras Le père Jacquier de son serlui- « (c ami mourant. et se rappelait un ami avec qui « tout lui avait été (C commun. il « n'avait (c pas oublié quels furent les objets de il ses études. L'appréciation que Condorcet a donnée des mérites divers de la Condamine pourrait. lij BlOGRAPHlIi la (c au milieu de destruction de ses organes.

Les compositions biographiques de Condorcet brillent par ce qui devait naturellement en taire l'essence. sont lé- de pauvres dédommagements du tort. à un les certain degré. L'histoire est de l'esprit le humain y choix des l'ins- envisagée de très-haut. pour ger qu'il soit. académicien prononcé par l'abbé Delille son successeur. du même . les Sans trahir la vérité prérogatives doi- vent primer tout autre intérêt. Dans l'auteur a l'utilité. en espérant trouver dans ses éloges des chapitres complètement rédigés . (liait lijj aussi le [)aiallèle avec tout ce que l'éloge . qu'on a pu faire à la plus modeste branche des connaissances humaines. On a trop attendu de Monsieur plus que Fon- tenelle^ comme les Voltaire appelait notre confrère sur l'adresse de plusieurs lettres inédites que j'ai dans mains . détails. renferme de plus élé- gant. toute autre considération. Condorcet . avec celle de que applaudissements accordés à tel peinture spirituelle de ou tel ridicule. constamment en vue dont truction et plus encore que l'agrément.nE CONDOKCET. est sans cesse dominé se la la par cette pensée que la dignité du savant confond science . .

plus net. par son abnégation constante de tout ressentiment personnel. » . Condorcet caractérisait aussi bien ses propres ouvrages que ceux de Franklin a fc . j'en mais m'a rassuré depuis. de toute pensée d'a- mour-propre. mis en relation valait mieux que moi étais jaloux. par pen- sées philosophiques et d'un intérêt général qu'il jette à pleines mains au milieu des plus simples circonstances biographiques. soupçonner d'avoir pour « La longue carrière de Franklin elle-même n'offre certainement pas un trait de modestie plus franc. de tout esprit de coterie . Condorcet ne commit pas la faute de présenter à son au. plus explicite que celui qui est contenu dans ce passage de : l'éloge de Fon- taine « tre. Notre ancien secrétaire par la se distingue. ditoire des aliments trop savoureux des ali- ments qui n'auraient pas été acceptés. quand il disait de ces derniers : « On sa y chercherait vainement le )j une ligne qu'on écrite puisse gloire. « (c (c J'ai cru un moment . les plus éclatante impartialité. disait ce géomè- qu'un jeune homme il avec qui on m'avait . surtout.liv BIOGRAPHIE d'une future histoire des sciences.

reçut un jour. est l'auteur de cet éloge. une leçon de bon sens. C'était une trop belle occasion d'irriter deux grands homtraité mes l'un contre l'autre. La première édition du Siècle de Louis XIV venait de paraître. « pour qu'on négligeât suis-je d'en profiter. — Je n'en le secrè» veux pas savoir davantage. Buffon. Iv Le jeune homme en question. sorties de « la plume de Condorcet! Des traits qui semblent échapper à Bulfon.— (c Voltaire. . Malgré quelques légères critiques. s'il eût pu enten- dre ces magnifiques appréciations de son éloquence. commence par de la déclarer « « que vous êtes lequel il le seul personnage vivant pour loi qu'il s'était se soit écarté « faite « te de ne parler que des morts.DE CONDORCET. (c Comment donc dans cet ouvrage? demanda Fontenelle. l'immortel auteur de l'histoire naturelle. par la bouche de Fontenelle. ajoute Coudorcet. La secte toujours si nombreuse et si active des envieux que la concorde importune. Quelque chose que Vol- « taire ait pu ajouter. repartit taire de l'Académie. n'auraitil pas de même été content . je dois être content. répondit-on. de sagesse dont malheureusement elle a peu profité.

pour ainsi « dire. Aristote semble n'avoir écrit vants. « . avec un caractère moins pro- « ce nonce. on croit. pour celle de membre de . .Ivj BIOGRAPHIE « « caractérisent la sensibilité et la tierté de son âme. les grâces à la majesté. je tort à demande. plus les « ft prodigue d'images que ralistes cilité deux grands natula fa- de la Grèce et de Rome. ferai-je Condorcet si j'avoue que Buffon ne lui qu'il fut témoigna jamais aucune bienveillance. plus varié. de Buféclairés. converser avec une pure intelligence. de Buffon. M. le protecteur la place le plus actif de ses concurrents pour de secrétaire perpétuel de l'Acaet démie des sciences. mais elle paraît toujours dominée par «une « raison supérieure. la sensibilité qui n'aurait de humaine que ce « qu'il ce en faut pour se faire entendre de nous notre faiblesse et intéresser La postérité « (c placera les ouvrages du grand naturaliste à côté des dialogues du disciple de Socrate et . « des entretiens du philosophe de Tusculum. Sa (c philosophie. est plus vraie et moins affligeante. M. joint ce à l'énergie. » cc fon pour tous hommes le Après cette citation. Pline que pour les sa- cc pour les les philosophes. plus brillant.

c'est . en ce qui concerne cet. Je ne léguerai pas. M. que d'Alembert enfin. Ces divisions déplorables. sur lesquelles je n'entends. dans loyal secrétaire éloges du de l'ancienne Académie. des tracasseries <c qui nous dégoûtent de toute étude sérieuse. Ivij que l'idée vivement sou- tenue auprès des ministres de Louis XVI. mais traces. et cette les on en chercherait vainement des remarque a bien son prix. Condorcet moi. en date du i5 : 1776 ft « Nous essuyons et à l'Académie des scien- ces. lorsavril mandait à Lagrange. Est-ce à dessein ? On les serait tenté de le croire en remarquant parmi noms oubliés ceux et du duc d'Escalonne. d'une censure académique qui eût sans cesse entravé dans sa marche l'historien de nos travaux. appartenait à Buffon qu'il .» désignait catégoriquement l'illustre naturaliste. CondorS'il un pareil doute à nos successeurs. nous ont la été révélées et par la correspondance de Harpe une foule de pièces inédites. émettre aucune opinion. du fameux Law du père Gouye. l'Académie française .DE CONDORCET. Fontenelle a laissé quelques lacunes dans ses éloges des académiciens morts de 1699 à 1740. ne Ht point l'éloge du duc de la Vrillière. au surplus.

nistre et beau-lVère de M. d'honoraire de l'Académie n'avait pas eu le privilège le de rendre honorable fait ministre qui. s'était un jeu cruel et scandaleux des lettres de cachet. de Maurepas premier mi. de la Vrillière .Iviij BIOGRAPHIE le titre qu'à ses yeux. car je suis « mon silence bien « résolu à ne point trahir la vérité. Con- dorcet répondait « fusse (( : « Aimeriez-vous mieux que je persécuté pour une sottise que pour une d'ail- chose juste et morale? Songez-y bien. leurs : (c on me pardonnera plus facilement que mes paroles. mais sciences et les lettres. » L'homme qui agit ainsi. toute sa vie. honore les . Messieurs. Des amis timides calculaient-ils avec inquiétude le danger d'irriter M. court il le risque de troubler sa vie.

lix Éloge de Michel de V Hôpital. com- Nouvelle édition des Pensées de Pascal. des le suivi pas à pas. les nommer. par la grandeur du sula notre confrère se jeta étourdiment dans comme Il aurait pu le faire .DE CONDORCET. Plusieurs y paraîtra sans se disait-il. Nous avons mètre. pour ne pas sa cause augmenter. ennemis de de tous les ennemis de sa personne. le géo- secrétaire perpétuel de l'Académie sciences. la beauté. n'obtint pas le On accorda la . Entrée de Condorcet à l'Académie française. Entraîné par jet. Necker. Maintenant nous verrons notre la confrère se jeter dans partis fois il polémique ardente des littéraires et philosophiques. Lettre du Dictionnaire des trois d'un laboureur de Picardie a M. un jeune homme sans antécédents connus quise. jusqu'ici. lorsque l'Académie française mit au concours l'éloge de Michel de l'Hôpital. Réflexions sur le blés. Lettre d'un théologien à l'auteur siècles. Condorcet était déjà secrétaire en titre de notre compagnie. lice. merce des prohibitif. sans réputation acprix.

Ix BIOGRAPHIE la pièce. mémoire. ïl m'a été donné de retrouver quelques-unes des causes qui amenèrent cet échec. Dans son esprit. écrit d'un style noble Aujourd'hui ce genre de composition est peu goûté du public. vie de l'Hôpital qu'il La vie de l'Hôpital ! mais c'est l'histoire d'ini . le Ce n'est pas ainsi que Condorcet envisagera thème qu'on tilité lui présente. le dans des circonstances auraient à choisir public. préférence à aujourd'hui complètement oubliée. ce que voulait célèbre assemblée. de l'abbé Rémi. à sa de un hommage et soutenu. aussi on se hasarderait pres- que à qualifier de discours à la effet. Peut-être méritent-elles de nous arrêter un instant. écrira. d'amplifica- tion. une appréciation générale actes politiques et administratifs. Que désirait l'Académie française en propo? sant l'éloge de l'Hôpital pour sujet de prix Un ses aperçu sur les œuvres littéraires de l'illustre chancelier. se trouvant difficiles. . La vie lui de l'Hôpital semble pouvoir être offerte en placés exemple « « « à ceux qui. » Il entre leur repos et c'est la bonheur n'hésite plus. l'u- prime tout autre genre de mérite.

chez le connéta- ble de Bourbon. le ministre. la Harpe. dait l'Académie. ne pouvait être écrit le convenablement appréciée dans un de soixante minutes de lecture. Une vie si pleine. de désordres. ni les forces. et dont l'auteur du Lycée Suivant a conservé divers échantillons. Aussi. ni le savoir. d'événements barbares. La mise hors de concours était donc pour notre confrère un événement prévu. toutefois. de fanatisme. ni le zèle de l'écrivain. ces. siècle affreux. l'homme vant d'Etat. On le voit ensuite à la tête des finanle Plus tard. c'est chancelier.DK CONDORCET. comme demanaucun Condorcet ne : tint compte de fois plus la prescription son éloge avait trois le d'étendue que ne voulait le pro- gramme. dont les actes se déroulent de- le lecteur. au parlement et au concile de Bologne. Ixj d'une longue suite de concussions éhontées. Je ne pense pas que nous devions nous montrer aussi faciles au sujet des critiques que l'ouvrage fit naître dans l'aréopage littéraire. le style de l'éloge de l'Ho- . Dans son bel ouvrage. d'actes cruels d'intolérance. Le cadre devient immense. si glorieuse. il ne dépasse. Condorcet nous montre d'abord l'Hôpital en Italie.

manque de est vrai de nerf et de correction veauté ni profondeur. il L'Hô- « pital jugeait (C obstacles. Le reproche me grave : pa- raîtrait plus si on avait dit. il en avait « même les illusions. toujours vil au sein de la puissance. « sions. (c L'amour du bien public chez le chancelier une passion véritable tous les caractères les . si surtout on trait. Jales mais l'espérance n'abandonne grandes pasétait . . je un devoir rigoureux de formuler de critiques avec une incontestable clarté. il fut trop petit pour attirer « les regards. et qu'elle se serait réduite à de courtes citations. par exemple <c : Si Bertrandi ( garde des sceaux d'Henri II ) (c a échappé à l'exécration des siècles suivants. à celles-ci. mais sentait ses forces. citoyens pleuraient la ruine de « ft leur patrie l'Hôpital seul espérait encore. les idées n'ont ni nou- Il qu'en ce cas la réfutation eût été très-facile. ce me semble. « c'est « que.Ixij BIOGRAPHIE pital manque de nombre. toujours subalterne. pareilles or. ce Tous les . '• Le style a de l'obscurité! C'est. même en occupant les « premières places. avait pu dire Le style .

. dans une note où Condorcet . . il faut bien l'avouer. cependant. de Michel de l'Hôpital. » Nous devons nous persuader ici. de bûches et de petits « « pâtés dans l'éloge d'un chancelier aurait été : Bossuet en un peu étonné. au contraire. si élevé. où figurent termes que le criti- vous venez d'entendre. et cela. que la remarque de la Harpe n'exerça pas d'influence sur la décision de l'Académie. car ses expressions n'admettent pas d'équivoque. en effet. reportent ses idées sur l'éloquence l'aigle majestueuse de de Meaux. les Savez-vous. « Le ton ( de Condorcet) est Il souvent au-dessous d'une narration noble. que. ces termes dont que se montre ils si indigné. (c parle à'échalas carrés . Ixiij ne sais ce que la Harpe entend par des unes dans a phra)> ses qui se redoublent les les autres. nous dit : lorsqu'il «. par voie de con- traste.^^ C'est dans si- une citation. gnale avec raison les étranges les disons mieux le déplorables règlements que l'esprit. par esprit de corps. Je le comprends parfaitement. le vertueux chancelier défendit de crier des petits pâtés dans les rues. Messieurs. système prosi hibitif inspira jadis à droit. DE CONDORCET. le fait est vrai : Oui.

consigna les lois. de Con- « ce tout ce qu'il fait est supérieur. Qu'on en jourd'hui. Les lois de l'époque allaient déterminer la forme des hauts -dé- chausse et des vertugadins. aux désirs de la Harpe il et de ses confrères. Voltaire. de Vaines ce : ce Je viens de lire avec une ex- trême satisfaction. à quelle influence Condorcet aurait obéi. en tous cas. rie au- et le public à des indigestions. s'il eût substi- tué des périphrases aux expressions techniques que dans à l'Hôpital . d'échalas de petits pâtés. était loin de s'associer aux demandes. De telles citations montrent clairement à quel point les hommes de génie eux-mêmes subissent l'influence de leur siècle. s'il avait essayé du style descriptif et propos de vertugadins. le 3 octobre 1777. dans non moins signiflcati: lettre inédite de Franklin ce J'ai . de sa main de poëte . les bûches et les échalas carrés n'en étaient pas moins jusqu'à proscrits. en vérité. qu'on s'en étonne tant qu'on voudra. car. » marqué au coin d'un homme une Je trouve ces paroles. dorcet : le l'Hôpital de M. mais je ne saurais.Ixiv BIOGRAPHIE les pour ne pas exposer pâtissiers à V oisiveté. ves. mandait à M.

annonçait. « Il « « le 20 août 1774 • y a dans la Lettre d'un théologien des plai- sauteries et des morceaux d'éloquence dignes de Pascal. à qui le secret n'avait pas été divul- gué.DE CONDORCET. « ce La Lettre d'un théologien . a l'illustre nom il été attribuée. C'est en ces termes qu'une correspondance privée devenue depuis publique et célèbre. à l'auteur du est Dictionnaire des trois siècles un des écrits depuis « les plus « « (C piquants qu'on ait publiés quelques années. généralement. en 1 774. Cette brochure. » Le patriarche prouvait ensuite . Je savais déjà que vous « étiez (c un grand mathématicien maintenant. écrivait à notre confrère. à n'a patriarche de Ferney. l'apparition de l'opuscule ano- nyme de Condorcet. (c IxV lu avec le plus grand plaisir votre excellent « éloge de l'Hôpital. . sans d'auteur. Jamais « été « trouvé plus gai dans sa critique et plus » malignement bonhomme. De pareils suffrages ont la valeur d'une dé- cision académique. Voltaire. je vous considère comme un » des premiers hom- (c mes d'Etat de l'Europe.

Il s'en expliquait avec tout le monde. la lettre il remarquable. car suppo- des connaissances mathématiques profon- des. aussi dangereux qu'admirable. l'abbé Voisenon ne pouvait être l'auteur d'une pièce lui. il En écrivant à M... Voltaire. disait-il. Quant à espé- rait sait échapper au soupçon. à ce genre d'étu- « des. j'ai a nonce. il y a quarante ans. » en la défendant avec tant d'esprit. Je ne veux pas. Voltaire s'écriait « « Fallait-il donc se permettre de publier un ouvrage aussi audacieux. ni plus «éloquent. Je « suis « fâché qu'on ait gâté une si bonne cause. « ni plus maladroit. et.. quand . d'Ar- gental(i7 août 1774)? teur de l'opuscule : caractérisait ainsi l'au- « On ne peut être. Je ne veux ni de la gloire d'avoir fait la Lettre d'un théologien. Cet ouvrage.. ajoutait-il: (c «Depuis les injustices que re- j'essuyai sur les éléments de Newton. ni du châtiment qui la suivra. malgré (le si bruit public.IxVj BIOGRAPHIE le sans peine que. armera sans les « « « doute ennemis de la philosophie. à quatre-vingt-trois ans mourir ailleurs que dans mon lit. » Les hardiesses de la Lettre d'un théologien causèrent à Voltaire de très-vives inquiétudes. : Ailleurs.

Ecossais. jamais dans un intérêt d'amour-propre.. mais. tre si . et avec une égale vigueur. attribuait. que ceux-là. ne pas être l'auteur de la Lettre du théologien. Voyez. c'était toujours dans un besoin de repos. le patriarche ne réclamait pas à la fois. une honte de me à les attri- buer. à Voltaire médiocre d'un prétendu chevalier de Mor- ton. » Il sol- déclarait . le Marphorio à qui Je ne tels attribue toutes les pasquinades pas des vers c'est tels que ceux-ci. dans la crainte de persécutions. dans l'intérêt et de l'homme « écrivait-il « l'on « fais a « « « dans celui du poëte : a Je suis. mais c'est seulement à la cause des tracasseries qui peuvent en être . enfin . » épître ne grandremarLettre Rien de semblable^ je le répète. a ct IxVlj on ne commandait pas à deux cent mille dats. à Condorcet. au contraire. La paternité qu'on le lui impute contrarie vivement. lorsque M.. de Tressan l'épî» très-imprudemment. ne se la que dans les plaintes de Voltaire sur d'un théologien. Je me déciderai prouver par vaut pas écrit que ma prétendue chose.. DE CONDORCET. qu'on le remarque bien. à toute occasion sous toutes les formes..

>ur lequel Turgot et Condorcet aient même Ils par d'imperceptibles nuances. leurs espérances. notre ancien lui ins- confrère était devenu géomètre. Il serait vrai- ment impossible de science. ont refusé à Condorcet do la finesse. blessé l'homme de Je livre ces réflexions à tous ceux qui. « une liberté entière et ab- solue est la seule loi utile et même juste.. Leurs idées. . étaient. sans compensation aucune. du style. Dans la société de d'Alembert .Ixviij BIOGRAPHIE suite. étaient persuadés l'un et l'autre qu'en ma- tière c de commerce. ». fruits de la timidité et de l'ignorance. Turgot pira à son tour le go lit de l'économie sociale. « la protection accordée à un genre particulier d'industrie nuit à leur en- semble. dans leur aveugle passion. si citer un seul point d'une la ouverte aujourd'hui à controverse. nulle part il n'in- sinue même que les suppositions du public aient lettres. que les précautions minutieuses lontles législateurs avaient cru devoir surchar- ger leurs règlements . de la gaieté. Nulle part il ue dit.. » ils loyaient que . leurs sentiments s'étaient complètement identifiés. différé.

préjugés populaires. d'une autre part. sur la question spéIls du commerce des l'entière liberté grains. aux salariés. aux cultivateurs. . soutinrent était éga- que de ce commerce lement utile aux propriétaires. deux économistes proclamaient hautement que dans les temps de disette. aux consommateurs. Ces secours. j'ose dire . car prix moyens servent à régler les salaires des ouvriers. laient pas les accorder en aveugle : ne vouauraient été le prix d'un travail. Parmi ces droits imprescriptibles. le gouvernement doit des ils ils secours aux pauvres. faire baisser les prix des et moyens diminuer l'échelle des variations. aux les .DE CONDORCET. la JXtX source de gènes. objet les plus important encore. des naturels qu'aucune ne peut légitimement leur enlever. de pertes Turgot et Condorcet s'unirent plus si étroite- ment ciale encore. de vexations intolérables et réelles. que d'aucune l'effet autre manière on ne pouvait réparer disettes locales. Si ces princi- pes rigoureux étaient une invitation formelle à Jie jamais céder aux clameurs désordonnées. Turgot et son ami professaient les la maxime droits qu'il existe pour tous loi hommes.

si les jurandes étaient le désespoir des artisans. elles permettaient de prodi- guer parce qu'il ne coûtait rien au réquisitions. corvées frappaient tout aussi sévèrement les ouvriers des campagnes. L'infâme trafic de traite des nègres avait excité toutes leurs le antipathies. des laire à travailler sans hommes qui n'avaient que leur sa- pour vivre. la trésor royal. Nos philosophes voulaient donc toujours coûteuses l'abolition d'un grand nombre de formalités souvent bizarres et .JXX ils BIOGRAPHIK plaçaient en première ligne celui de disposer ses bras et de son intelligence. Si temps et l'espace ici me une le per- mettaient. Les corvées condamnaient salaire. de voir commettre. des ouvriers des les villes. Les deux philosophes n'étaient pas de ces hommes à force la qui deviennent tolérants pour le le crime. je pourrais transcrire lettre . rigueur des amendes la joignaient l'humiliation à misère. Si les maîtrises . qui avaient fait de l'état d'ouvrier un odieux esclavage. le travail. reté La forme des la du- du commandement. Turgot et Condorcet s'étaient déclarés les plus ardents adversaires de cette cruelle servitude. de de son travail.

en » dage qui . voix publique aplui confia Turgot au ministère. des plus ardents ennemis « du honteux brigandépeuplait. Les voici « « ce On dit. On (le d'abord ^^s marine. « le corrompant. la continent africain. taire la noble figure de l'ancien secrécelles « de l'Académie. Dans sa nouvelle et brillante position. il nomma Condorcet inspecteur des monnaies. parmi des priemiers. la A pela la mort de Louis XV. Clarckson.DE CGNDORCET. IxXJ toute récente de M. un mois après 24 août 1774)5 finances. le Tur- got n'oublia pas sées confident intime de ses pen- économiques et philosophiques . dans laquelle ce vénérable vieillard rend un hommage tou- chant aux efforts de la sainte actifs de Condorcet en faveur croisade qui a rempli sa longue vie. depuis deux le siècles. Condorcet accepta qui cette faveur en des termes me semblent : mériter d'être conservés. dans un certain j)ublic. il que l'argent vos ne vous coûte pas quand s'agit d'obliger amis. C'est donc très-légitimement que notre David a placé sur les bas-reliefs de sa belle statue de Gûtenberg. Je serais désolé de donner à ces propos .

XXIJ « ridicules « « BIOGRAPHIE quelque apparence de fondement. de ceux qui. tiraient des des unes aux autres et traits appelaient cela leurs projets. qui ne savaient ni jau- ger les eaux courantes.il ni calculer leurs effets. s'empressa -t. Le célèbre ministre avait à se défier également des amateurs du grandiose. pour le creuse- ment des canaux destinés à relier entre elles ces voies naturelles de communication. Turgot. de ceux. « par exemple attendez enfin que mes efforts » « aient vraiment mérité une récompense. pas pressé. pendant son ministère. en 1775. Ce plan embrassait un tème de travaux pour le vaste sys- perfectionnement des petites et des grandes rivières. Chargez-moi d'un vail important . Quoique peu riche. x\ussi d'attacher à son admi- nistration trois géomètres de l'Académie des . conçut. Laissez-moi remplir la je ne « suis « ce place tra- de M. : de la réduction des mesures. voyant cer- taines rivières seulement séparées sur la carte par un peu de papier blanc. un plan général de navigation intérieure du royaume. enfin. Je vous prie donc de ne rien faire pour moi dans ce moment. de Forbonnais.

plus en- core. Leur mission était d'examiner les projets et. Fausseté ! d'appoin- « Nous nous sommes charet « gés. dans plus d'une circonstance. laissé dans la science des traces durables. Peut- être. eussent-ils la «joint « « « Loire au fleuve Jaune de Chine. de ce conseil contenu dans un mémoire de Condorcet au ministre ce : Ne vous la fiez qu'aux gens qui. souvent. Malgré sa très-courte durée. empêchaient de prononcer en connaissance de cause. n'en auraient pas plus de vanité pour cela. Bossut moi. Condorcet. » et de L'extrait suivant d'une lettre de d'Alembert à Lagrange terminera dignement que je viens la courte no- tice de donner des travaux exé: cutés par les trois géomètres amis de Turgot « « On vous dira que je suis directeur des fr. Condorcet et Bossut. MM. canaux de navigation avec 6. par amitié . ne s'est-on pas assez souvenu.000 tements. sciences : Ixxiij d'Alembert. Cette création ne survécut pas à la destitution elle a de Turgot. et ne croiraient avoir eu besoin que de zèle quelques connaissances. de remplir les lacunes de l'hydrodyna- mique qui. cependant.DE CONDORCET.

mais nous avons 7e/w^e les appoin- tements que monsieur ces nous offrait le contrôleur des finan>> ce pour cela. devenu ministre. de donner notre avis sur ces canaux. avec une ardeur extrême. Necker prohibitif . le 7 août 1776 : ft Ah la boinie et même la jolie « ! chose . fois. il Une première la adopta la forme ironique. lorsque des soulèvements redoutables fait eurent naître des doutes sur la bonté de ses plans. C'est à la réfutation de l'ouvrage de Necker des grains qu'il con- contre la libre circulation sacra plus spécialement sa plume. en face de cupidité des courtisans de la morgue des par- lements le et de l'esprit de routine de presque tout monde.Ixxiv « « cc BIOGRAPHIE lui pour M. Tiirgot. qu'il avait conçues le comme simple citoyen lorsque contrôleur la général des finances se trouva . au contraire. écrivait à notre confrère. la raisonnable chose. à cette occasion . Condorcet ne resta pas simple specla lutte. Voltaire. Lorsque Turgot. la chose que Lettre au pro- . il tateur de s'y mêla. avec courage . voulut réaliser les améliorations . dans pré- tendue Lettre diui laboureur de Picardie à M.

tances se reproduisent et comment les subsiscomment on peut ma- réparer fois la différence qui se manifeste quelquerécoltes d'un lieu à l'autre. soit dans leurs rapports avec le droit de propriété et avec la législation. soit d'une manière générale. et que Condorcet de publier une nouvelle réfutation plus détaillée. et le sais bon que sens avaient déserté la capitale la spirituelle mais je Lettre au prohibiii/rsimena peu de se crut obligé monde . la dans les nière dont se règlent. dont se proportionnent les salaires. des effets de la liberté indéfinie du commerce.. Je n'oserais pas dire que le bon goût . intitulé : Réflexions sur étudiait commerce des . plus complète de l'ouvrage du célèbre et riche banquier genevois. plus méthodique. Descendant enfin de ces abstractions à des questions un tant . des avantages Condorcet exami- politiques de cette liberté. de l'égalisation des prix. « « pour peu sens et du y ait )j encore à Paris du bon bon goût. Cela doit ramener tous qu'il esprits .DE CONDORCET. Ce second écrit était le modestement blés. L'auteur y successivement . t< IxXV les hihitlf. nait ensuite les prohibitions. Il traitait du prix moyen et de son influence.

très-difficile Toutes les faces d'un problème avaient été ainsi franchement abordées. et les obstacles qui s'opposaient alors au bien que la liberté pouvait produire. . je suis me . : I/ouvrage n'était pas une simple brochure il embrassait plus de 200 pages d'impression. ressentirent d'une ma- nière fâcheuse l'effet et pendant de longues années. Des personnages du plus haut rang dans cette les lettres. quoique dégagées de noms il propres. de ces tristes discordes. au sujet du coms'en merce des voir. d'un style mâle et sévère. devinrent aussi. et de ceux qui . cherchait l'origine des préjugés du peuple pro- prement dit . L'esprit dégagé de toute prévention. l'Académie française elles-mêmes . les implacables ennemis de Conet dorcet.IXXVJ soit BIOGRAPHIE peu personnelles. partir de époque. étaient peuple sans aperce- complétait enfin son œuvre par des réflexions critiques touchant certaines lois prohibitives. L'Académie des sciences . se demandait comment les auteurs il prohibitifs avaient acquis de la popularité. il blés. demandé si notre confrère outre-passa en . Sa publication excita un soulèvement général parmi les nombreux clients à de Necker.

aussi dans son droit en rappelant « (c à cette occasion. voyaient d'avance les critiques le troubler son bonheur. de Necker comme une simple pompeux Galiani. « Ne craignez rien dit-il. qui mit en . Je ne suppose pas qu'on ait voulu la lui contester faculté. inquiets. Ses amis. cette circonstance . Cette note mention d'un grand seigneur initiales. et . leur viens de prendre un meilleur cuisinier. .DE CONDORCET. désigné seulement par des fait qui avait une mauvaise traduction de Tibulle. Ixxvij les bornes d'une critique légitime. dont il usa suivant sa conscience . traduction en langage grave. une statue grecque élégante qu'un perdit empereur romain fit dorer. je pour ma réputation d'auteur. et svelte. » La voilà donc connue la la terrible ëpigramme la dis- qui troubla cour et la ville. de présenter l'écrit . . je n'y trouve plus qu'une note qui ait pu exciter l'irritabilité des plus chauds partifait sans de Necker. dialogues des célèbres de l'abbé était Je crois que Condorcet . qui « toutes ses grâces. » Ceci écarté en parcou- rant l'ouvrage de l'ancien secrétaire de l'Aca- démie. qui porta corde au sein de deux Académies. et cherchaient à « « consoler.

que nous appelons économistes. l'état des choses. à : or. que Necker lui et et ses adhérents n'avaient dirigé contre contre Turgot aucune parole blessante pas. » a Necker accusait « « les mêmes les » Il les écrivains .IXXVII) BIOGRAPHIE la (langer liberté de Jiotre confrère. si . J'y mettais pour uni(}ue condition que Condorcet ne se trouvait pas en état de légitime défense. d'une manière fort inoppor- tune . . peignait comme des imbéciles les et s'oubliait même au point de comparer à des bêtes féroces. celui-là avait bien droit de se plaindre . entre les émeutes sanglantes de Dijon et de Paris. qui après s'être servi d'une dague n'avait reçu de sou adversaire qu'une piqûre d'épingle. J'étais très- disposé à la blâmer. C'est le au lecteur à décider . Sa brochure des grains avait d'ail- contre la libre circulation leurs été publiée. . « de chercher à tromper autres et de s'en imposer à eux-mêmes. : Buffon écrivait au célèbre banquier « vais rien « « Je n'a- compris à ce jargon d'hôpital de ces demandeurs d'aumônes. tel n'était beaucoup près .

s'occupait peu d'années avant mort d'un ouvrage destiné à prouver la vérité de la religion chrétienne. Necker je lui. D'Arnaud des extraits. DE CONDORCET.. entra dans l'administration des monnaies sortit avec il en non moins de noblesse. Personne n'ignore que sa Pascal . <c encore plus d'être épargné. comment Condorcet . Cet t't ouvrage ne fut pas achevé. pour que puisse garder une place qui dé- pend de et Je serais fâché d'être dépouillé. par un j'aurais dit ce homme « « « dont que ma conscience m'a forcé de dire de M. sous le Nicole en publièrent . qu'il ne lui en restât les encore une bonne part pour combattre erreurs des anciens auteurs. notre confrère écrivit à M. Dès que Necker devint contrôleur général des finances. Necker. Permettez-donc que ce soit entre » vos mains que je remette « ma démission. de « Mau repas : Je me suis prononcé trop hautement sur et « les « (c ouvrages de M. même des plus illustres. Condorcet n'épuisait pas tellement sa verve sur les hérésies contemporaines. Je disais tout à l'heure Ixxix. sur sa personne.

soup- çonnant que ce recueil avait été mis au jour dans les intérêts d'un parti et de certains sysla tèmes mystiques. par des suppressions systématiques. le mais qui ne fut pas mis en vente. seur profond ciés . se procura. Condorcet. quoique dans un esprit tout opposé. Condorcet joignit des commentaires critiques à plusieurs pensées de l'illustre auteur. dans leurs consciences s'étaient crus obligés . l'ensemble un volume de 607 pages dont tous les amis de l'auteur reçurent des exemplaires. franchement pêche cette nouvelle édition des celle Pen- sées comme de d'Arnaud. Cette hii hardiesse. les de sacrifier. et avec la plus noble impartialité. Avouons. dont Voltaire avait déjà donné . Pascal sur la religion sur quelques autres sujets. au commence- ment de 1776. y puisa divers passages que les de Port-Royal. coordonna méthodiquement et composa de in-8°. beaucoup plus qu'en vue de gloire de l'auteur. dans lequel . de jansénistes. une copie complète des manuscrits solitaires de Pascal. Hâtons-nous d'ajouter qu'on y trouve un éloge de Pascal . le géo- mètre puissant. le physicien ingénieux le pen- l'écrivain éloquent sont appré- de haut.IXXX titre et BIOGRAPHIE de : Pensées de M.

j'aime à cette voir le commentateur protester contre décision antisociale. aujourd'hui. Aujourd'hui . DE CONDORCET. redouter l'excès contraire se aujourd'hui on ne demande plus toutes réserves faites quant à la forme. Examinées de ce point de vue. l'exemple. savaient « « ce qu'ils disent les uns des autres il n'y aurait » pas quatre amis dans le monde . en conserderrière . et blâmer Pascal de donner une si mauvaise idée de ses amis.. il y aurait plutôt à . si je ne me trompe. les remarques de Condorcet peuvent être approuvées presque sans restrictions. accomplit un devoir en rangeant la pensée de derrière parmi celles dont . provoqua d'amers reproches traita : Ixxxj on le la comme un serait sacrilège. « vaut cependant une pensée de » Condorcet. et. admirations passionnées sont bien passées de mode. ce me semble. . Quand (( l'illustre écrivain recommande « aux sages de parler comme le peuple. mais elle est juste. si telle ou telle critique si d'un auteur célèbre est irrévérente. . Lorsque l'auteur des Pensées^ poussant misanthropie « la jusqu'à ses dernières limites met en fait que si tous les hommes . pules blic plus indulgent.

. de le tenir par jambe. teur cette anecdote touchante . mais enfin le soldat lui déclare qu'ils vont périr tous deux.»^ — Peutchevalier être pourrais-je encore me sauver. s'épuisent. — Et la si tu étais seul. empruntée à nos la annales maritimes flexion « et qui dément triste ré- de Pascal : Le vaisseau que montait était le chevalier de la Lordat prêt à couler à fond à vue des côtes de France. par l'espérance de des applaudissements qu'elle je lis la publicité et amène à sa suite. dans son ardente guerre contre le sentiment que l'honime nourrit de sa grandeur Pascal insinue que nos actions les plus belles sont toujours obscurcies par des pensées d'a- mour-propre. >> . de Lordat s'en aperçoit. dans une note du commenta. excellent nageur. avec délices. et qu'il espère le sauver par ce moyen. les forces Après avoir longtemps nagé. Le de Lordat lâche la jambe et tombe au fond de mer. Lorsque. du soldat M. un soldat. l'encou- rage. Ixxxij les BIOGRAPHIE fait Provinciales avaient une éclatante jus- tice. Le chevalier ne savait pas lui dit nager. se jeter avec lui de la dans la mer.

cependant. ses frais. à ces légitimes l'auteur hommages de janséniste. Ixxxiij Voltaire fit réimprimer à en 1778. le livre qui a fait naître ces remarques. voyait avec bilité une secrète joie attaquer l'infailli- de l'homme qui. justifié d'ailleurs parle mérite de son opuscule. placé aux premiers rangs les prosateurs. un peu d'animosité contre l'écrivain que l'auteur de la Henriade^ de Mérope et de tant d'admirables poésies légères. même après publication du Cid et de Cinna. je supposais qu'il se mêlait. lusque- là. avait parmi la osé dire. tion d'un ouvrage où l'éloge si franc. dans son appréciaest toujours . devint l'éditeur et secrétaire commentateur du jeune ! de l'Aca- démie des sciences C'était pour Condorcet un honneur infini.])E CONDOR CET. Voltaire. et la critique toujours si modérée il disait à Condorcet « la tête : (c Vous avez montré et » le dedans de de Sérapis. le au faîte de la ivoire . on y a vu des rats et des « toiles d'araignées. Au Dictionnaire philo- sophique. . si Me tromj)erais-je. lorsque. que toute poésie n'était en réalité qu un jargon? la Un de peu de passion devait conduire plume l'illustre poète.il n'avait reçu qu'une demi-publicité.

il est infiniment S'il y incompréhensible. un Dieu. que Coiidorcet si a donnée de* : on cette pensée les souvent reproduite «Parlons selon « a lumières naturelles. Renouard. une blâmable addition au texte de Cette grave conjecture acquit un poids immense. mais permis au- jourd'hui d'invoquer le témoignage du célèbre . ni bornes. «puisque n'ayant ni principes. célèbre biblio- graphe. ne lui avait point fait découvrir les trois mots contestés. nous sommes donc « incapables de connaître ni ce qu'il est. déclara (ce sont ses propres expressions) qu'une recherche obstinée dans les ma- nuscrits de Pascal. anciennes éditions des œuvres de l'illustre penseur. ne se trou- plus. L'autorité de M. ni s'il « est.ixxxiv EIOGKAPHIK l'éditiorî lit Dans Pascal. lorsqu'en i8o3. Condorcet semblait donc tion. il «n'a nul rapport à nous. s'être permis une inexcusable interpolal'auteur. M. conservés à la Bibliothèque royale. vait pas dans les ni s'il est. tière devait Renouard en pareille ma- au moins laisser en suspens ceux-là la parfaite même qui n'avaient jamais douté de est-il droiture de Condorcet. » Le membre de phrase.

Re- nouard . accusera Condorcet d'avoir affirmé. Lisez l'article Fauveiiargues intitulé . j'ajouterai que mots contestés se trouvaient déjà dans une édition des sées. reconnaissait page 4 du manuscrit presque indéchiffrable de la Biblio- thèque . dans l'ou- vrage de la Harpe Philosophie du XF HP le livre il siècle. rendant compte de loyalement que recherches. 1 Je ne laisserai pas échapper tifier occasion de jus- Condorcet d'une imputation de également chpquante par même na- ture. M. aussitôt après . sa violence et sa légèreté. que prière n'était pas d e le Vauvenargues. antérieure à celle Pen- de Condorcet. et publiée par le père Desmolets. contient l'a la pensée de Pascal telle que Condorcet imprimée? Pour couper court à toute supposition gratuite sur des surcharges du précieux manuscrit . C'est dans les Commentaire sur se œuvres de Voltaire que devait trouver (les . L'irascible critique vous rap- pellera d'abord l'éloquente prière qui termine du moraliste provençal . dans des la vues antireligieuses. libraire? IxXXv Ne sait-on pas qu'en 1812 ses la .DE CONDORCET. exécutées par la secte les philosophique.

.IXXXVJ BIOGIUPHIE termes sont delà Harpe). de Franklin notre confrère frappait d'un les blâme très-sévère personnages qui règlent leur conduite sur cette maxime ancienne . Quelle réponse? La dénégation la ma plus formelle la : Con- dorcet n'a jamais prétendu que prière ne lût il pas de Vauvenargues très-catégoriquement : il dit-positivement. assurément. Il repoussait avec indignation tout la perfidie. reproche de cette gra- vité n'a été articulé en termes moins mesurés sera maintenant et moins équivoques. que devait se trouver le mensonge philosophique. et d'une morale si relâchée La fin légitime les moyens. Jadis toute çaise était nooiination à l'Académie l'ran- un événement . Serait-il vrai par hasard sopJiique P qu'il existât un mensonge antipJiilo- En lui terminant un de ses meilleurs éloges. sa vie a été un long coms n'a jamais eu recoin à des armes déloyales. ce. mais il . succès obtenu par le mensonge ou Les actions de Condorcet n'ont point démenti ces nobles préceptes bat. Jamais. dit le contraire. particulièrement .

Je crois qu'il faut tâcher de faire . mais à nettement exprimée. l'amour primait ainsi respect le éclairé des lettres le l'attachement plus vrai.DE CONDOKCET. Tur- got sa fit même : plus que son ami ne désirait. une reconnaissance sans bornes. mais sans jamais mettre rien en balance littéraires. Condorcet que son ami acceptât. le plus profond. Voici réponse ce Remerciez pour moi M. qu'aucun désirait fort condition. bien littérateur de profession ne serait agréé par la cour. de Saint-Lambert. IxXXvi) quand des hommes de cour se mettaient sur les rangs. Condorcet prit part plus d'une fois à ces luttes . s'adresles un homme digne de apprécier. Ces nobles conseils. qui alors était toujours consultée d'avance. saient à il faut le dire. n'est « Ce pas dans ce fixer les moment qu'il convien- « drait « de yeux du public sur moi pour tout autre objet que les affaires de mon minisnommer « tère. Chez notre confrère. avec de vrais titres Saint-Lambert le prie d'écrire à Turgot que lui l'Académie française serait heureuse de ner une marque de sa vénération en à la place le don- nommant la du duc de Saint-Aignan.

en 1782. man- dait Grimm à son correspondant d'outre-Rhin. sans jours été aussi sévère. car elles prouveraient que nos pères valaient autant que nous. pour . » talent. idée La Harpe ne donnait pas une moindre zèle dévorant du qu'on avait montré de part et il d'autre. ce jour-là. Je lis ailleurs que. est «Barthélémy? Je trouve que M. on fit assaut de fi- nesse à l'Académie comme 3ans un conclave. tin . quoi «qu'on en dise. « il ne son concurrent. remplacer Saurin à l'Académie française l'emporta sur Bailly. Si on ne peut pas y réussir. seule voix. pour quoi l'Académie ne prendrait-elle pas l'ahbé. quand rapportait qu'à l'issue du scrus'était écrié d'Alembert en pleine Acade- . Il n'est point . On n'a pas tou- Peut-être de notre temps les choses se passent aussi noblement. Chabanon « traité trop sévèrement. Condorcet se mit sur les rangs. Même dans cette supposition je n'aurais pas à regretter mes citations.IxXXviij « la (c BIOGRAPHIE Harpe. que d'une C'est une des plus grandes ait batailles w que « d'Alembert gagnées contre Buffon.

La défaveur que cette défaveur se cette nomination fit rejaillir sur Condorcet (l'expression lit non déguisée de plupart des écrits dans la de l'époque) . m'a paru vraiment inexplicable. aurait cédé à une illusion bien naturelle. s'il était vrai que Condorcet se trompé sur il ses droits au fauteuil académi- que. des œuvres de nos contemporains? En fût tout cas. ex- cepté son nom et celui du lieu qu'il habitait.DE COIVDORCEÏ. de lyyi ' « 11 « faut que vous nous fassiez l'honneur d'être besoin de l'Académie française. : IxXXIX mie Je sais plus content d'avoir i^agné cette victoire que je ne le serais d'avoir trouvé la qua- drature du cercle. Nous avons « d'hommes qui penseiit comme vous. Les titres littéraires de Bailly avaient-ilsdonc une supériorité tellement évidente. qu'on ne pût consciencieusement leur préférer ceux du secrétaire de l'Académie des sciences? Des rêveries relatives à un ancien peuple qui nous aurait tout appris. souvent élégantes. » . disait malicieusement d'Alendjert. Dans j'ai la Correspondance inédite deYohaive. que je lis à la date si souvent citée. primaient-elles de haute lutte des appréciations savantes. ingénieuses.

l'honneur d'être des nôtres cette je « <t m'en vais passer le reste de ma jeunesse à l'Académie de Berlin ou à bourg. ou nulle part avec plus de confiance. Celle du 16 contient ce passage: « « Je vous répète que si vous ne me faites fois-ci pas . et le 26 février 1776. dans plusieurs lettres du mois de mars. » celle de Péters- « Le vieillard devenait ensuite plus pressant : «Je veux que vous « me promettiez.XC Regarde-t-oii BIOGUAI'HIE cette invitation comme nne un in- politesse sans conséquence? Je franchis tervalle je de cinq années. pour ma consolation. Voltaire doute de tout. J'irai et d'être reçu par M. là-bas. avec quelques variantes. Le même désir se reproduit . lembert. excepté du mérite de . écrivait-il le 9 avril 1776. Votre nom )) et vo- « tre éloquence imposeront du moins à la secte « des sicaires qui s'établit dans Paris. de l'illustre trouve dans une autre : lettre poëte (c Soyez de notre Académie. de dai- « « « « « gner prendre rôles. « . ma place à l'Académie des pale quoique vous soyez soutien de l'Aca- demie des choses. d'A- me présenter là-haut.

tant que je respirerai. il devait m'être permis de montrer lettres un homme de devenant sollicité. Nous sommes au commencement de 1776. même au mi- . A la fin de l'année suivante. » Lorsque l'histoire littéraire fait tristement mention de tant de candidats qui n'arrivèrent à l'Académie qu'après avoir été longtemps solliciteurs. jette des jours de deuil de larmes. DK CONDORChT. et je souhaite qu'il daigne « un jour faire la nôtre. XC) l'attachement et de la reconnaissance de notre confrère. d Alemde Son mariage avec mademoiselle Grouchy. à celui qui fait la gloire de l'Aca- demie des sciences. l'auteur de Mérope écrivait encore à notre ancien secrétaire « « « : Je serai tendrement attaché. le cours régulier des monde .. de profonde douleur. académicien après avoir été longtemps Condorcet exécuteur testamentaire de bert. le i[\ novembre 1777. Le cours choses de ce ordinaire.

fut son guide.UAI'HIK lieu de la vie la moins troublée. Dans ses derniers jours. de marier sa lille .. » hommes sont privés du D'Alembert mourut donc sans aucune fortune. Cette année. son père d'adoption. de reconnaître convenablement les soins de deux vieux serviteurs. une disposition la testamentaire léguera à Condorcet mission de . XCIJ BiOC. son appui. Condorcet le l'é- prouva en 1783. con- séquences d'une horrible maladie (de la pierre) . lorsque d'autres nécessaire. Le grand homme qui dans la venait de succomber plénitude de son génie mathématique avait pris pour règle de conduite cette maxime que beaucoup trouveront sans doute bien puritaine « « : « L'usage de son superflu n'est pas légi- time. il ne fut pas seulement en proie à de cruelles douleurs physiques. peut-être ressentait-il plus vivement encore l'impossibilité où sa générosité constante l'avait ré- duit. . la 29 octobre. illustre mort lui ravit le géomètre qui dans toutes les circonstances. tiquité traverse tout à Un souvenir de l'an- coup l'esprit : du célèbre académicien et y porte la sérénité Eudamidas légua jadis à deux de ses amis le soin de nour-rir sa mère.

Je vérifier le fait.» que lui la res- .DE COMDOKCET. XCIIJ pourvoir annuellement aux besoins de deux malheureux domestiques. cette école n'entendait pas créer seulement un vain mot (i). pas temps de : En tout cas. La mission dura longtemps Condorcet : l'avait il mise au nombre de et ses premiers devoirs. Les devoirs de secrétaire perpétuel de l'Aca- démie des sciences. c'est à l'école philosophique siècle du XVIIF si que nous devons l'expression heureuse de bienfaisance. l'obligation d'entretenir une correspondance active avec truits les hommes ins- de tous les pays civilisés. Peut-être consen- tira-t-on maintenant à reconnaître qu'en enrichissant la langue. et suscité et naturalisé. la remplit toujours avec un scrupule religieux. Vous le savez. un penchant l'or- irrésistible à prendre part aux débats dont ganisation politique et sociale du pays était cha- (i) Au moment mot le de mettre sous presse . je dirai est bien le véri- avec d'Alembert « « L'abbé de Saint-Pierre table créateur du mot bienfaisance^ puisque ce mot était « « resté enseveli chez ses prédécesseurs.^n ami m'assure que n'ai le bienfaisance se trouve déjà dans Balzac. suivi Le général Madame O'Connor ont son exemple.

la dissipation sans plaisir . Fréteau et Dupaty. et manières distinguées l'esprit brillant cultivé de cette jeune personne. C'est dans une de ces réunions de famille que la Condorcet rencontra. En dehors de ses relations scientifiques. avec modestie. que jour décidèrent Gojidorcet. Le ne dut pas coûter beaucoup. pour première fois. à des sentiments inépuisables de charité. tre les Comme . notre con- frère ne fréquentait qu'un très-petit nombre de sociétés choisies. au cœur le plus droit.X(MV BIOGHAPHIK l'objet. tout la monde. à une âme forte. en 1786. où. et l'oisiveté va- motify sans repos. il découvrit cjlie ces agréments s'alliaient au ca- ractère le plus élevé. mademoiselle Sophie de Grouchy. car il dans l'éloge de Courtanvaux tourbillon nité sans : avait défini ce la. les jeunes gens appre- questions les plus ardues. avec mesure. nièce par sa mère de MM. de très- bonne heure . no- confrère admira d'abord rare beauté. Condorcet devint alors vivement épris de mademoiselle de Grouchy et la de- . avec délicatesse. présile dents au Parlement. en contact avec les hommes éminents de l'époque naient à discuter les . sacrifice à renoncer au lui grand monde. Bientôt après.

semcé- blait enfreindre un principe de Le libat paraissaitla condition obligée de quiconque s'adonnait aux sublimes théories de l'analyse.^ . modelé sur de divers académiciens pour qui notre confrère professait une amitié une admiration sans supposa à tort limites. concert. les mathématiciens. Un géomètre qui se mariait droit. les savants. Dans ce temps-là. mais était vivacité de sa passion qu'il pula rien par la écrit avec ses futurs parents sur qu'il dot de sa femme. telle sti- des revenus la assez médiocres . étaient regardés dans le monde comme le des êtres d'une nature à part. DE CONDORCET. glacial qu'on a prêté à Gondorcet. .. le bal. comme à des ec- clésiastiques. Le tort était-il tout entier du côté du public. XCV avait manda en mariage. Notre confrère et 43 ne ans. et avec lesquels on qu'il sympathisait de toute ma- nière. le On aurait voulu leur interdire spectacle. et sur tous les sujets. Eh! avait que ce caractère supposé. n'y eut qu'un con- trat verbal. surtout. dont de parler celui j'aurai l'occasion été plus d'une fois. sauf de rares exceptions. Nous c'est voilà bien loin du caractère calcula- teur.

ne put jamais se déterminer. plu- «tôt. à force de réfléchir. ne lui en ait rien dit. savoir calculer son bonheur. lui «le 21 septembre 1767. Cela même ne : le détourne pas d'en écrit-il parler avec moquerie « J'apprends. Lagrange répond de «Je ne sais si j'ai cette étrange manière : bien ou mal calculé. car «j'aurais peut-être fait « « comme que Leibnitz qui. « « « « « j'apprends que vous avez fait ce le qu'entre nous philosophes nous appelons saut périlleux Un grand madonc pas thématicien doit. Je vous avouerai je n'ai jamais eu du les circons- « « goût pour le mariage. à mais tances m'ont décidé engager une de . Il est il nom tient quelentre- que peu étonné qu'un ami.XCVJ BIOGRAPHIE l'avaient-ils Les géomètres ne excité à voir tez et jugez : pas eux-mêmes la question sous ce jour-là? Écou- D'Alembert reçoit indirectement de Berlin la nouvelle que Lagrange vient de donner son à une de ses jeunes parentes. Je ne doute qu'après avoir fait ce le calcul . vous n'ayez y> « trouvé pour solution mariage. ou. avec lequel une correspondance suivie. je crois n'avoir pas calculé du tout. avant toutes choses.

l'esprit de lui. Condorcet eut pagne digne de lia le bonheur de trouver une comgrâces. entre autres. une chose parfaitement indifférente et aussi.. mériter de mention dans cette biographie si comme le voulait d'Alembert calcul. Si je ne « vous en pas fait part c'est qu'il m'a paru « que la chose était si indifférente d'elle-même. Les adversaires les plus décidés du mariage des savants. regarde. G . faire remarquer que. commissaire de la trésoI. il avait été le ré- sultat d'un dû. la mère du duc de la Ro- chefoucauld. » Le mariage de Condorcet m'aurait paru. en obéissant aux inspirations d'un cœur sensible. au contraire. la respectable duchesse d'Enville. sans calcul d'aucune sorte. la « qu'elle « ne valait pas peine de vous en eii- tretenir. 1)K « « CONDORCET. XCVij mes parentes à venir prendre soin de moi et de tout ce qui ai me . j'ai . les madame de Condorcet produisirent une sorte de miracle. beauté. allèrent en effet jusqu'à dire à notre ancien se- crétaire : Nous vous pardonnons ! Condorcet homme politique membre de : la mu- nicipalité de Paris. ne point .

comme le disait un diplomate célèbre que . Cha- cun . légis- lative membre de la Convention . dans sa propre cause. que je la vie politique me taise aujourd'hui sur . S'il est vrai. le est le maître de répondre par mépris de mé- . contraire à Je ne puis consentir à devenir taci- tement l'auxiliaire des pamphlétaires nombreux qui se ruèrent jadis avec une sorte de fureur assurément à contre l'ancien secrétaire de l'Académie. son vote dans le procès de Louis XVI. Condorcet va jouer un rôle dans les événements les plus graves de notre révohi- tion.^ Dieu me préserve de donner lieu si volontairement à une conjecture la vérité. par exemple. Supposons.XCVllj BIOGRAPHIE rerie natkmale. une série Nous allons maintenant entrer dans et de considérations d'événements d'une tout autre nature. membre de l'Assemblée . de Condorcet qui ne croira d'actes qu'elle s'est exclusivement composée blâmables. . la parole serve souvent à dégui- ser sa pensée on peut ajouter qu'en certaines le circonstances silence est un moyen fort peu équivoque de la faire deviner.

de rente lequel. : s'adressant à Condorcet lui disait naïvement Pourquoi donc innover . moin deux fermier général jouissant à ce de à trois cent mille livres . un confrère tre. il vit. Monsieur P Est-ce que nous ne sommes pas bien P Non. XCIX mais la le mépris implicite ne suffit pas à celui dont mission est de déillus- fendre un citoyen honorable. les honnêtes gens n'étaient pas bien dans un temps où Turgot. Je ne sais si mer la ce noble désin. Placé très-près mais aussi en po- du pouvoir pendant dixles détails les huit mois. jusque dans plus l'an- secrets. le jeu des rouages vermoulus de cienne monarchie. la Dans était société de Turgot. être personnellement préjudiciables il ne laissa jamais échapper l'occasion d'en proclanécessité. lement en économie sociale litique. non-seu. prisables adversaires . le du moins. et lui in- quoique des changements dussent . Condorcet apprécia leur suffisance. ministre. notre confrère devenu un homme de progrès. victime des plus basses calomnies. au temps dont je parle: tétitre . .DE CONDORCET. assurément. téressement est aujourd'hui tait commun il ne l'é- pas.

parfaitement conforme vinciales. Ne m'écrivez donc rien « je ce vous en prie . il en avait trouvé les éléments dans une étude philoso- phique et approfondie des droits naturels dont une société bien organisée ne doit pas. les le espérances de notre confrère forla f"~ie maient couronnement de de Turgot la ^ publiée en 1786. Son programme. les en 1789. vous nuirez ainsi « à vous et à vos amis. plu- part des institutions réclamées par Condorcet.. ne peut pas priver le plus humble citoyen. » Le cabinet noir décachetant sées à les lettres adres- un ministre! En époque les faut-il ? davantage pour caractériser une Pour connaître France était avide. au nom de la raison et de l'humanité ont été . Les idées . que par des occasions ou par mes courriers. C BIOGRAPHIE à Jiotie confrèri' ni'écrire : mandait « tort <( \ oiis avez grand de par la poste. améliorations dont la Condorcet n'eut pas besoin. Aujourd'hui même que . d'ailleurs aux cahiers les mieux conçus des assemblées proétait rédigé d'avance. les vœux . de consulter instructions que les membres de l'Assemblée constituante apportaient de tous les points du royaume.

avait écrit. tre si. loyal j'ose affirmer. dans la disposition actuelle des l'illus- mon appréciation de l'œuvre de l'assentiment philosophe aurait général. si le manles dat impératif qu'il s'imposerait circonstances lui jamais donnaient quelque pouvoir politique. en voyant avec quelle vigueur. que le principe vague dvL plus ffrand fé- bien de la société a souvent été une source conde de mauvaises lois. J'aperçois. tandis qu'on arriverait. après de fortes études . mais aussi avec une entière évidence. en visant sans relâche au maintien de la jouissance des droits naturels. dans ce programme. le marquis Caritat de Condorcet attaquait les privilèges nobiliaires. Condorcet . Ils y verront avec éton- nenient peut-être. divers .DE CONDOKCET. sur toute question. que tout homme n'éprouverait qu'un sentiment de respect. Je ne sais esprits. dès l'année 1786. du moins. les publicistes pour- ront encore beaucoup apprendre en travail lisant le de notre confrère. sous la dictée de sa conscience. CJ définitivement conquises. à des règlements. à des prescriptions dont la raison publique proclamerait hautement la nécessité et la justice.

Condorcet ne voulait pas deux chambres. croyait avoir prouvé qu'on peut trouver. un moyen périodique de reviser constitution d'en modifier pacifiquement les parties défectueuses. et qui ses cependant n'ont vues . été résolus conformément à ni en fait par la plupart de . donner à « qui répondraient de leur vérité ^> de leur sa- « gesse. Franklin. nos assem- blées ni théoriquement par la majorité des publicistes. et . tout ce qui est nécessaire pour ses décisions la lenteur. chambre fortifia Condorcet dans ses idées. dans certains cas devait conduire à des la décisions évidemment contraires au vœu de Il majorité. partisan décidé d'une seule . une occasion naturelle dont il se . L'é- loge de ce grand tre confrère homme fournit plus tard à no. la maturité . qui . « dans la forme des délibérations d'une « seule « assemblée.CIJ BIOGRAPHIE points sur lesquels notre confrère ne croyait pouvoir admettre aucune transaction. lui Ce qu'il demandait surtout. paraissait La combinaison de deux chambres à notre confrère une complication inutile. ce qui la sem- blait devoir être base d'une c'était la organisation légal . sociale bien et entendue.

l'homme politique lement concentré dans ces deux idées droits naturels. à l'aide aux perfec- . C'était là son évangile. Chez Condorcet simple citoyen ou membre est des de nos assemblées. de les développer de- vant l'Académie. qu'aucune les loi ne peut enfreindre sans injustice. saisit Cil] avec empressement. dans ce . Son langage alors se colore. se passionne. constitutions politiques doivent renfermer en elles-mêmes un moyen légal d'en réformer les abus.DE CONDORCET. s'anime. toute constitution qui n'aules prévu sur moyens de changer celles de ses dispositions qui cesseraient d'être l'état en har- monie avec de . la société. constituante venait de repousser laite proposition d'aviser . s'est réel: il des droits imprescriptibles. lisez. de désordres et de maux toute constitution préDéjà aussi . par Mathieu de Montmorency d'une disposition expresse . Partout oii ses principes favoris sont combattus ou simplement exemécri- mis en question . ce passage vit le d'une lettre que Condorcet 3o août 1789. par ple. tendue éternelle rait rien . il accourt. même éloge. au moment où l'Assemblée la . le savant secomme une source inévitable crétaire signalait.

il pour faut faire descendre la cons- « titution te du ciel . « ce or . et qui faisait qu'on venait de voter. Les législateurs d'aujour- d'hui ne sont que des « « hommes qui ne peuvent donnera des hommes. A ce titre. leurs égaux que des lois passagères comme eux.CIV BIOGRAPHIK : tionnements futurs du pacte fondamental « « Si nos législateurs prétendent travailler l'éternité. nous avons perdu cet art des anciens lé- gislateurs d'opérer des prodiges et de faire « parler des oracles. Les réclamations de Condorcet et de ses collègues ne restèrent pas sans effet. fut le rédacteur de l'adresse célèbre que la ville présenta à l'Assemblée constituante pour demander de la loi la réforme d'une loi très-importante. » . le dépendre droit de cité et les autres droits politiques de la quotité des contributions. La Pythie de Delphes et les « « « tonnerres du Sinai sont depuis longtemps réduits au silence. auquel on a seul accordé juslois qu'ici le droit de donner des immuables . Les premières fonctions que Condorcet ait remplies dans l'ordre politique sont celles de membre de il la municipalité de Paris. .

membre de ces débats . création des assignats quand il indiquait des à tous les moyens à peu près infaillibles de parer inconvénients de ce papier-monnaie. mais cette fois son nom dont personnel que le roi fût toujours tenu liste d'éligiles de prendre blés la ses ministres dans une formation eût figuré parmi prin- cipales prérogatives de l'Assemblée représenta tive. La fuite du roi et les circonstances de son re- tour jetèrent le découragement dans l'esprit des partisans les plus décidés du système monarchi- que. etc. ses tonetioiis CV Condorcet exerçait encore nicipales lorsqu'il muen demanda . de canqu'elle didats serait très-difficile faire et donnerait lieu à de laborieux scrutins. Ce projet fut ensuite complètement abanactif donné. Je suis plus certain que à la liste . Condorcet. Condorcet était beaucoup plus dans réel le monde quand il signalait les dangers attachés à la . Une pareille méthode empêcherait-elle de vérité. les Dupont de Neles mours. je n'oserais pas l'af- mauvais choix? En firmer. Les la Rochefoucauld. tinrent même des réunions où moyens d'établir la république sans de trop vio lentes secousses.I)K CONDOUCKT. . . étaient très-sérieusement discutés.

d'injures personnelles les plus violentes. qui lui faisaient une guerre acharnée leurs « 11 se superbes dédains excitaient sa surprise. peut-être. mais en interrogeant si de ceux . de ses plus anciens amis. Il laissa lire ses les discours au Cercle social.OV) BIOGRAPHIE lié extra-parlementaires. Cette assemblée fît imprimer. et en particulier chef'oucauld. De ce moment date la malheureuse rupture qui. difficulté L'illustre publiciste admettait sans que ses opinions pussent être entachées la vie d'erreur . Condorcet. se fût permis d'avoir une . du duc delà Pto- Quand vèrent à qu'il la les questions que l'arrestation de Varennes devait inévitablement soulever arri- tribune nationale. quoi- ne fût pas membre de l'Assemblée. y devint l'objet d'attaques. avait appliqué calcul à ces sciences. brusquement et sans retour. ne se crut pas décisions de la majorité à garder les le par les secret sur opinions qu'il avait émises. sépara notre confrère de ses meilleurs. « demandait (je copie ici un passage manuscrit) « s'il était « tre excessivement ridicule qu'un géomè- de quarante-huit ans. le «qui « premier. qui depuis près d'un de le « tiers siècle cultivait les sciences politiques.

il faudrait impé- rieusement n'avoir genre. Condorcet devint un des de la commis- trésorerie nationale. après avoir quitté la municipalité six de Paris.DE CONDOBCET. je ne puis pas même en faire connaître les titres. . vers les derniers 791 . jamais Il la presse salariée n'enfanta plus de libelles. qu'il Les mémoires publia à cette époque occuperaient une grande place dans l'éloge d'un auteur moins fécond et moins célèbre. pour être admis à discourir sur toute chose. Les mœurs parlementaires ne s'étaient pas encore développées. était de mon devoir de rechercher ces productions . « ce CVl) opinion personnelle sur les questions débat» tues à l'Assemblée constituante. Condorcet ne pouvait deviner qu'un jour viendrait où. à la place de commissaire de la trésorerie se porta à Paris comme candidat pour l'Assemblée législative. Jamais candidature ne fut plus vivement combattue . fait ses preuves en aucun En saires 1791. Pressé par le temps et par les matières . Condorcet ayant renoncé mois de 1 .

mais je toute vérification faite visiteur (u^étaire . j'avais aperçu une assertion tellement nette . disait le la oii pamphlétaire. Je l'avoue- toutefois. voici les noms des réalité per- sonnes qui témoigneront de la de ces s'est communications clandestines. fréquentait nuitamment et cour. Grâce au respectable M. iVère du roi. non Condorcet.CVIIJ BIOGRAPHIE de resj)rit de parti et de les ajiprécier . imputé à notre confrère m'inspirait un véritable malaise. qu'en l'absence d'une dénégation égale- ment formelle. ici l'analyse. au milieu d'un torrent d'accusa- tions calomnieuses et absurdes. mais si je ferais injure à l'auditoire qui m'écoute j'en- treprenais d'en donner rai. le se- perpétuel de l'Académie. «Oui! oui! écrié quand je l'ai consulté. eu connaissance de cette grave imputation. longtemps secrétaire de Coridorcet tous nuages ont disparu. Car. il surtout Monsieur. il fut constaté que le mystérieux était. » . à l'instant même les attaquait par ses écrits. me souviens que. mais . conite la d'Orsay premier maréchal des logis dans maison de Monsieur. oui. tellement catégo- rique. j'ai le chef de notre secrétariat. dot les . que le fait je ne trouvais nulle part. Condorcet.

il n'y monta que dans des circonstances mais quand l'Assemblée voulait [)euple français. Pendant sa carrière législative . Plus Condorcet en devint un des il fut élevé à la présidence. Condorcet s'occupa de l'organisation de l'instruction publique avec une attention tonte particulière. c'était presque toujours cet qui devenait Condor- son organe officiel. fort rares: adresser au aux factions inté- rieures. l'imla possibilité de garder du sang-froid. aux armées. des mouvements tumultueux d'une nombreuse réunion. faiblesse De la timi- une grande de poumons. le tinrent éloigné de la tribune.DE CONDORCET. secrétaires. CIX Vous le voyez. fruit TiC de ses réflexions sur cet objet capital a été consigné dans cinq mémoires qui furent publiés par la BibliotJièque de l'homme public . compromise. dité. peine du plus honnête homme peut être même par une équivoque. en temps de haines larép'itation politiques. nommé à l'Assemblée législative. aux nations étrangères. des paroles gra- ves et nobles. et dans . de pré- sence d'esprit au milieu du bruit. A tard. des agitations.

par sa date. Ici vient se placer. car elles me Il mettent en oppoles sition directe illustres avec un des hommes faut la de notre temps. Cette ne puis me dispenser de motion je suis certain qu'on en a la portée. s'est Condorcet battues . écarté entièrement des routes il a soumis à un examen approfondi jusqu'à ces institutions. dignes de l'attention du législateur ami éclairé de son pays.ex l'exposé [)Ins BIOGRAPHIE (les motifs du projet de loi présenté tard à l'Assemblée législative. une motion de Condorcet dont parler. je . singulièrement exagéré De telles pa- roles. tout lecteur impartial sera forcé de rendre hommage à la sûreté de vues et à la largeur de conception dont Condorcet a parties fait preuve dans les diverses de son travail. inattendus. dehors de tout débat il en a fait jaillir des lu- mières nouvelles. à ces l'universalité méthodes qui par de leur adoption semblaient en . Quelle que nion qu'on adopte sur le soit l'opi- fond des choses. la une vive con- fiance dans puissance de vérité pour oser . je ne les ai tracées cju'après y avoir mûplus rement réfléchi . des points de vue séduisants.

de marquis. M. un obscur député du Rouergue. qu'il juge superflu appuyer par de longs développements. de Saint-Fargeau désire d'autre ne porte plus nom que ve\in de famille. de plus curieux. aux pieds de statue de Louis XIV. de ba«Charles Lameth enchérit aussitôt sur il ron la . mais appuyée des prestiges de la plus haute éloquence. M. place des Victoires. que séance de l'Assemblée consti- l'analyse de la tuante du ig juin 1790. d'hui le s'écria de sa place la : « C'est aujourqu'il tombeau de vanité . mais livrées croit la suppression des également (ju'on sa urgente. vote Alexis de Noailles il comme les préopinants.1)K CONDOR CET. Lafayette trouve les deux demandes tellement néde les cessaires. CX) l'opposer toute nue à une erreur certainement involontaire. Ce jour-là. de comte. etc. je demande soit fait défense à toutes les titres personnes de prendre de duc. L'histoire rien de plus parlementaire n'offre peut-être émouvant. pendant qu'Alexandre Lameth sollicitait la c|ui suppression se voyaient la de quatre figures enchaînées alors. et signe . Lambel. veut que per- sonne ne puisse à l'avenir s'appeler noble. proposition de son collègue.

en réclame l'abolition immédiate. membre de l'Assemblée Dans oii l'opinion. prolétaire de prendre des armes à sa fantaisie. discutées. En tout ceci. Ces propositions sont présentées. sur la question des armoiries. par les On a même savant mémoires de Lafayette. su depuis peu. La loi sur l'abolition des titres nobiliaires . le philosophe n'adoptait pas système de Mont- morency. d'ailleurs très-pro- blématique ainsi . plus il apparentes du système féodal les armoiries.onis le Pelle- Enfin. roturier. Mathieu de Montmorency ne veut les pas qu'on épargne une des marques . Michel-I. ce fût une faute de rompre liaison entre le passé brusquement toute et le présent. artisan. ce ne serait pas à notre ancien secrétaire qu'il faudrait l'imputer. le . ancien noble. que de procé- der par voie de suppression. nom de par la notre confrère n'a pas été prononcé raison très-simple que (Jondorcet n'était pas constituante. adoptées presque en aussi peu de temps que j'en ai mis à les rappeler. Il lui eût paru plus conforme aux vrais principes de la liberté.OXIJ BiCKîKAPHir: : incontinent sa motion tier. le que. de permettre à chacun.

DE CONDORCET. Condorcet espérait dérouter ceux qui méditaient alors la adversaires. le discours de Condorcet du 19 juin 1792. l'Assemblée législative brûler à dietc. que fit ig juin 1792. Cxiij n'avait rien spécifié concernant les peines qui seraient attachées aux infractions. de marquis. H . qu'on lui fournissait était peut-être le titre original des marquis Caritat de Condorcet. r^a flamme pétillait le la statue de Louis XIV. La proposition fut adoptée à runajiimité. n'est obser- vée dans aucun pays et tombe bientôt en désuétude. Cette proposition a été textuellement recueillie et insérée au Moniteur {i). lorsqu'à la tri- bune nationale l'héritier de cette famille deà toute la manda qu'on étendît la même mesure France. Une pareille une loi dépourvue de sanction. création de deux (i) Voir I. le Partisan décidé de l'unité dans pouvoir ses législatif. loi . de vidâmes. immense quantité de brevets ou encore au pied de dernier aliment plômes de ducs. Elle n'est évidemrelative ment qu'aux titres nobiliaires. Ce fut sans le doute pour rappeler son la existence que jour anniversaire de la séance le où l'Assemblée constituante Paris une vota.

qui eût voulu sanctionner par un vote unanime la proposition barbare. cela n'au- torisait pas un écrivain illustre. confrère n'avait absolument parlé que de que de diplômes nobiliaires. à mille degrés. à nous dire que. enfin. l'honneur de le notre Uttérature. anti-historique. toutefois . en 1791. produit du droit monopole ou du commun . Cela auencore moins un journal grave et torisait d'une date récente. anti-littéraire. L'artifice était peut-être mesquin . et cet argument moral est à mes yeux plus des dates. le discours est là. avec des élec- tions à un. nouvel Omar. fort encore il que des pu faits positifs et n'a jamais exister une chambre française. antinationale . car ces travaux avaient entièrement cessé une année auparavant. si légèrement attribuée à l'ancien secrétaire de l'Académie. car. à deux. puéril . . en faisant disparaître qu'ils parchemins semblaient vouloir consulter pour comle poser personnel de leur sénat. notre titres. car ces travaux ne furent point brûlés . car. Condorcet fit brûler les immenses travaux des congrégations savantes.Cxiv BIOGRAPHIE les chambres. à présenter comme la cause immédiate de l'abandon de plusieurs travaux historiques.

sur formels de Catherine et de Frédéric Guillaume. les comme ordres supposé par erreur. pas un ses seul mot de ses nombreux manuscrits. devaient ensanglanter la Convention Il et conduire le pays sur le bord d'un abîme. peut-être. le nom de Condorcet fut effacé de la liste des membres composant bourg et les Académies de Péters- de Berlin. ne voulut jamais prendre part à tous ces combats. et non postérieure- ment on l'a à la condamnation de Louis XVI. que mations impériales et royales ayant peu ajouté à la valeur réelle des titres littéraires l'avait revêtu. je n'ai pas pu découvrir si ces deux actes de mécontentement affligèrent beaucoup notre ancien secrétaire. il dont on de pouvait regarder le retrait ces confirmations comme un fait sans portée et peu digne de son attention. Condorcet avait vu législative. les naître. ou- vrages imprimés n'a trait à cet événement. Malgré toutes mes recher- ches. dissensions après s'être envenimées. Pas une ligne . de . C'est vers cette CXV époque .DE CONDORCET. les confir- Condorcet imagina. lorsqu'ils semblaient se don- . dans l'Assemblée personnelles qui. que.

corps électoral de Paris. Voyez. d'une part. appelé à la nommer retire à ses représentants à le Convention. accusé de faiblesse par tous le sort Tel fut de Condorcet. ce passage de « « madame Rolland que c'est » : « On peut dire de l'intelligence de Condorcet. en rapport avec sa personne . alors complètement jacobin. même Convention où défaut de celui cinq départements k de la si Seine. celui principes seuls passionnent. Si ses amis lui dé- peignaient l'exaltation frénétique de quelques députés de (( la Montagne : « Il vaudrait mieux répondait-il. chose publique. de l'autre.. » un peu plus de la En temps que les d'agitations révolutionnaires . est bientôt les partis. une liqueur fine « le imbibée dans du coton. appelèrent Condorcet. CXVJ lier BIOGRAPHIE pour des noms propres. Voyez. Bientôt . nous verrons . essayer de les modérer que de fois*il fit «se brouiller avec eux. il il Condorcet mandat légis- dont l'avait investi pour l'Assemblée lative.» Plusieurs retentir aux oreilles des factions ces paroles pleines de sagesse « (c : « Occupez-vous un peu et moins de vous-mêmes. dans cette .

il par une sorte de cond'usage de est considérer ter- cette période de notre histoire comme un rain brûlant sur lequel on ne saurait s'arrêter sans imprudence. à cause de leur haut prix ou de leur rareté. aucune vue patriotique. et de bronze pour les Condorcet Louis XVI. Je vention tacite . ne connaît déjà plus cette partie de nos annales que par quelques phrases barbares. aucune idée élevée. figura parmi les juges de sais que. en j)areilles atti i- circonstances. Le mystère dans lequel on s'enveloppe penser qu'à l'éternelle honte au tend à faire caractère national. Je crois une pareille réserve fâcheuse. se répétant de génération sans être pour cela moins con- traires à la vérité. détournerait l'historien d . qui. CXVij on ne peut pas être à la fois de coton \)0\ir les . au- cun acte de courage. La pruderie. questions de personnes questions de principes. dont plusieurs vont en génération . à qui le La portion nombreuse du public Moniteur et les autres sources officielles sont interdits. au- cun sentiment de dant la justice ne se firent jour pen- longue durée du drame lugubre.1)K CONDORCET.

que Condorcet porta . fondé sur l'humanité et sur la raison loi en poursuivant des actes qu'aucune anté- rieure à leur perpétration n'aurait qualifiés délit de ou de crime? Ne que le serait-il pas aussi d'une etit stricte justice mode de jugement du crime ou du été réglé avant l'époque délit? De- vait-on espérer qu'un souverain déchu trouverait des juges impartiaux parmi ceux qu'il aj)- pelait naguère ses sujets? Si Louis \Y\ n'avait pas compté sur une inviolabilité absolue. la tribune de la Convention et qu'il le soumit à une dis- cussion sévère avant commencement du pro- . Je vous dirai donc fidèlement. ble. Le roi pouvait. Ne violerait-on pas un axiome . ce que fut Condorcet dans célèbre procès. pouvait-on assurer qu'il aurait accepté la couronne? Voilà la série de questions.CXvii] BIOGRAPHIE sa buer à chaque personnage part réelle de inexcusaet le responsabilité. sans ré- ticence.il être jugé? Son inviolabilité la consti- n'était-elle pas absolue aux termes de tution? j)ays La liberté serait-elle possible dans un règle où la loi positive cesserait d'être la des jugements? éternel . assurément bien «i naturelles. serait. suivant moi.

des condamnations par analole Condorcet voulait. que la même garantie dût s'étendre à des délits pers'ils sonnels. du moins. Les codes les phjs parfaits. Il ne croyait pas. en thèse générale. le roi Condorcet reconnaissait que violable. étaient sans liaison nécessaire avec les fonctions royales. on lui eût appliqué la peine des En admettant gie. était inle que le pacte constitutionnel cou- vrait sans réserve pour tous les actes du pou- voir qui lui était délégué. que tribu- . renferment des lacunes. ces CXIX de Louis XVI. ne prenant même aucun souci de couvrir leurs fureurs des simples apparences du droit ou de la légalité. Celui de Solon. se représentent fous conventionnels commedes tigres altérés de sang.UE CONDORCET. par exemple. ne faisait aucune mention d'un tel : du crime parricide. disait encore Condorcet. sans meur- doute triers. que pour montrer h quel point se trompent ceux à qui l'histoire de notre révolution étant seulement connue sorte de tradition les par une orale. serait-il resté Le monstre coupable impuni? Non. ne fût-ce Ne devais-je pas les éiiii- mérer.

La justice politique yeux une véritable la chimère. que le changement delà constitution française n'a- vait pas été l'effet du simple caprice de quelques individus. le la Convention ne pouvait pas juger était à ses roi. par les collèges électoraux. Après avoir développé fausses les opinions vraies.CXX liai. Suivant ment du roi devait être confié à un jury spécial. avec non moins de que. ainsi. de ju- en quelque sorte morale semblera peut-être bizarre. etc. nommé Le dans la France entière. BIOGRAPHIE constitué en dehors du droit commun. : le droit de récusation plus étendu. L'idée d'uiie sentence. Une même assemblée à fois législatrice accusa- . par une discussion juridique et contradictoire. Condorcet y voyait l'occasion de montrer à l'Europe. ou controversables que vous venez d'entendre. . Condorcet déclarait. l'in- reposât sur des dispositions favorables à culpé ainsi. le juge- pour la condamnation . les premiers principes de jurisprudence. . sous peine de violer la sincérité. droit de punir ne paraissait pas aussi inle droit contestable à notre confrère que ger. la nécessité d'une plus grande majorité lui.

Condorcet demandait. disait Condorcet. reté . s'offrait à ses CXXJ yeux comme une dans tous les monstruosité de l'exemple le plus dangereux. même discours que je lis ces paroles les dont beauté dut être rehaussée par circonstances solennelles où se trouvait l'o: rateur <c Je crois la peine de mort injuste de hi sup- « pression de la peine mort sera un de> . on : se réservât droit d'atténuer la peine . C'est » le la dans . au moins. a Pardonner au « roi disait-il . encourraient. en conserver sera un acte de sagesse. du roi. forcés de renoncer à une opinion énoncée publiquement. trice et juge. avait manifesté son la culpabilité opinion sur l'innocence ou sur d'un accusé. on a regardé ble le juge qui . ajoutait-il et pays.DE CONDORCET. au de la que. le reproclie de légè- or. comme légitimement récusa- d'avance. dans le le cas condamnation. Dans tous les temps . En effet. on ne peut pas attendre une bonne justice des hommes qui. dans une déclaration la solennelle adressée à nation suisse. la Con- vention s'est déjà prononcée sur la culpabilité reste. . peut devenir un acte de prula possibilité « « dence.

le témoignage de sa propre conscience peut-il être mis en balance avec le résultat matériel d'un scrutin? Ne lieu portons pas. H eût été certainement plus romain de refuser . un les de ces cas oii dans les corps politiques. elle blesse à la fois l'intelligence et le cœur. toutefois. » La Convention. assis sur le rivage.»^ est. je mêle demande. . Des « peines qui permettent la correction et le resont les seules qui puissent convenir « pentir. La plus criminelle des usurpations sans contredit. « à l'espèce humaine régénérée. minorités doivent se courber aveuglément sous le joug des majorités. cependant. ! Notre confrère ne se récusa point Etait-ce là. les scrupules se constitua tri- bunal souverain pour le jugement de Louis XV J. au mitourmente. sur un pareil sujet. dédaignant tous que Condorcet avait soulevés . notre sévérité à : l'extrême songeons qu'en pleine mer.. en détruisant le penchant à férocité qui l'a K la longtemps déshonorée.CXXlj « nioyei)s « BIOGRAPHIE les plus efficaces de peri'ectioimer l'espèce humaine. celle du pouvoir judiciaire. n'a jamais éprouvés. le de la plus intrépide matelot le est quelquefois saisi de vertiges que citadin timide..

elle ne négligeait pas entièrement l'organisa- tion politique du pays. remplir nos arsenaux. — Condorcet hors la loi. sa mort. Discussion sur la constitution de l'an 11. ennemies pour étouffer la guerre civile créer des ressources financières. Une commission. comle posée de neuf de ses membres. Il peine lui semblait pouvoir être se prononça pour l'appel au peuple. De que tous les écrits de Condorcet . aucun n'exerça sur sa le projet destinée une plus fatale influence l'an II. Condorcet en mois du faisait Après plusieurs de discussions travail le j)lus assidu et . fuite de Condorcet . sa retraite chez ma- dame Vernet\ son Esquisse d'un tableau his- torique des progrès de l'esprit humain . partie. liumain^ dans les idées de Condorcet de les accepter. fai- de constitution de Au milieu des efforts incomparables que sait la Convention pour repousser . les armées . il était plus . reçut dat man- de préparer une nouvelle constitution. les CXXllj fonctions déjuge. — Toute autre appliquée.DE CONDORCET. la Condorcet refusa de voter peine de mort.

exposait en détail les motifs qui avaient décidé la sion. et décida qu'elle passerait sans retard à la discussion pu- blique. cesse la gémissait de voir constitution il sans ajournée. constitution ne renfertitres. Dans son impatience. la usurpations incessantes de commune de des Paris absorbaient presque tout le temps séances. demanda fixation d'un délai à l'expiration duquel une nouvelle Convention serait convoquée. de son point de vue. cette commission présenta son projet les i5 et i6 février 1793. .CXXIV BIOGRAPHIE très -approfondies. n'allait pas directement au triomla phe. au contraire. au bonheur de la France. l'accueillirent' avec . chaque jour fureurs des par des haines personnelles partis. Le nouveau plan de mait pas moins de i3 subdivisés en un grand nombre 1 d'articles. proposition passa presque inaperçue les départements. Une introduction de 15 pages . les difficultés les les inouïes des circonstances. rédigée par Condorcet. De violents débats excités . commis- La Convention accorda au la projet de notre ancien confrère priorité sur tous ceux qui lui étaient arrivés par d'autres voies . Condorcet. étranger à ce qui. à la gloire. la A Paris.

fut décrétée le 24. CXXV naître des idées il elle y fit qui devinrent une puissance dont eût été im- politique de ne pas tenir compte. de doter si pays de . Le comité l'amenda l'accepta en se une seule séance. dans court délai de trois jours à partir de celui de la notification. C'est ici que se place la un acte de Condorcet hardiesse qu'en repor- dont on n'appréciera tant ses pensées sur la terrible période de nos annales qui suivit le 3i mai. jugeat-il opportun de déférer sans retard au vœu de le la population. La constitution. aux termes du décret. La Convention ne montra guère moins expéditive. Aussi. La constitu. DE CONDORCET. faveur. . la constituil tion depuis longtemps promise mais le refusa de reprendre plan de Condorcet.. le parti conventionnel qui venait de triompher. après les événements du 3i mai et du i juin . Les cris d'allégresse des habitants de Paris et le bruit du canon fêtèrent ou le ce grand événement. tion présentée le lo juin 1793.. devait rejetée être sanctionnée par les assemblées primaires . Elle y porta . Cinq comle missaires désignés par comité de salut public de Séchelles et en tête desquels était Hérault firent un plan nouveau. .

le savant célèbre proposa ouvertement au peuple de ne pas sanctionner motifs étaient ft la nouvelle constitution. plus : dans une lettre rendue publique . ajoutait Condorcet. C'est le une prime calomnier « peuple que de le croire incapable . dans son intimité. ne parlant pas de l'indemnité des députés. donne à penser qu'on désire toujours composer la « « « ce représentation nationale de riches. des pu s'établir libre. venait d'être détruite par de vingt-sept membres girondins. ou de ceux qui ont d'heureuses dispositions pour le devenir. devaient être considérés comme ayant la « « « « (c présenté des obstacles insurmontables à manifestation du sentiment populaire. Ce que Sieyès disait en secret. « disait Condorcet. n'avait pas « « ce l'arrestation La discussion ment. CouII fit dorcet osa l'écrire à ses commettants.CXXVJ BJOGRAPHIE Sieyès. Ses et nombreux nettement exprimés : L'intégrité de la représentation nationale. violation du secret des lettres. appelait l'œuvre d'Hérault de Séchelles une mauvaise table de matières. La nouvelle constitution. Les élections trop morcelées sont à l'intrigue et à la médiocrité. Une censure la inquisitoriale le pillage « <c imprimeries.

Composer pouvoir exécutif de vingt-quatre les affaires (c personnes. « soires. les moyens de réforme vive. ne pouvait être bien accueillie des auteurs projet. du premier. Voici. cependant. » Chabot dénonça Convention. cependant. y a dans le quelques dispositions un premier pas vers fédéralisme çaise. car l'amour-propre est toujours côté faible de notre espèce . » Une du critique si si détaillée. la L'ex-capucin appelait nouvelle constitution d'Hérault de Séchelles une œuvre sublime. disait Condorcet. On « (C n'a fait que pervertir et corrompre ce qu'on de Condorcet à a voulu corriger. . « « (C vers la rupture de l'unité franc'est illu- qu'on a rendu Le plus grand défaut. sur- tout.DE CONDORCET. dans la lettre la la séance du 8 juillet 1793. ce qui les irrita le davantage. c'est vouloir jeter toutes « (c dans une incurable stagnation. même : chez ceux qui s'appellent des « « hommes d'Etat le Tout ce qui est bon dans est copié second projet. « (c CXXVij de faire de bonnes le élections immédiates. tion qui ne civile est Une constitu- donne pas de garanties à la liberté Il « (C radicalement défectueuse. si juste. Sui- .

quoiqu'on lement. quoique dans polis) .CXXVllj BIOGRAPHIE vant lui (je rapporte les propos. duits devant le tribunal révolutionnaire sés accu- de conspiration contre Yunité de la répu- blique. de Brissot. mais rait le le considérât généra- à tort. cette enceinte on ne doive pas les trouver il suivant Chabot. de dans la liste des conventionnels tra. que l'illustre député de l'Aisne serait arrêté. sans autre information. Condorcet. de Vergniaud Valazé . que : assemblées primaires doivent l'accepter je propose donc qu'il soit mis en état d'arrestation et traduit à la barre. ne figu- pas au nombre des vingt-deux députés dont l'arrestation. les scellés et qu'on apposerait sur ses papiers. . fallait être académicien pour ne pas l'accueillir avec enthousiasme. La cri- tiquer lui semblait une action infâme^ que des scélérats pouvaient seuls se permettre. et condamnés à mort. » L'assemblée décréta. comme girondin. 3i mai amena Le 3 octobre 1798. toutes ces a Chabot ajoutait ingénusa constitution les ment « « « a : Condorcet prétend que est meilleure que la vôtre . de Gensonné . son nom se trouva cependant avec ceux . Après aménités .

1 . étrangers aux plus sinq^les évolutions militaires. les préjugés la morgue de nos ancêtres faisaient une si mesquine part d'intelligence. d'innnortels capitai le comme nés. du . un courage admi. OXXIX la Condorcet et inscrit siii' 5 contiiniaoe. sein de ce peuple auquel l'orgueil nobiliaire. une rables . les armées de la république montrèrent un dévouement. le chef illustre d'une de nos armées. par enchantement. On confisqua ses biens. oui. qu'aux dépens de Oui. de leurs fu- battirent à force de j)atriotisme les meil- leures troupes de l'Europe et en poursuivirent les débris au delà de nos frontières. quand l'exigea. le fils salut ou l'honneur du pays de l'humble gardien d'un chenil devint I. des soldats mal armés mal vêtus nu-pieds. oui. DK CONUOUCET. si Ou ne parvient à apprécier en peu de mots de grandes époques historiques la vérité. surgirent.. L'honneur C'est ainsi tériser les s était réfugié dans les camps ! que des historiens prétendent carac- terribles années 1798 et 1794 àe notre révolution. la liste des émigrés. oui . patience. sachant à peine se servir sils. lut mis hors loi.

à Héliopolis qu'il la . . Pendant que taient les armées françaises combatn'était-ce courageusement aux frontières. se cipitant comme une avalanche des hauteurs de l'Albis. ne serait plus permis aujourd'hui de citer et les légions phalange macédonienne de Cé- sar comme les plus vaillantes troupes qui aient foulé le sol égyptien. cependant. pâliront à côté des hauts faits de ces telles immorla armées républicaines qui sauvèrent française. oui. le B10CiHAl>H[K maréchal Wurniser et paeifia la Vei>jjré- oui. à même où la croyaient marcher avec certitude à conquête de la France. d'honorables services à la patrie. CXXX vainquit (lée. que notre enthousiasme pour d'étonnants soldats ne nous empêche pas de payer un juste tribut à tant de citoyens de l'ordre civil qui eux aussi. de telles preuves d'habileté de bravoure . dispersa sous les murs de Zurich l'instant les ils Russes de Korsakoff. le fils d'un terrassier et quelques milliers de soldats donnèrent. quelque vifs qu'ils puissent être. Conservons religieusement ces souvenirs. de périlleux.. na- tionalité et Soyons justes. Nos hommages. le fils d'un simple cabaretier. . rendirent d'éminents.

DE CONDOKCKT. thodes entièrement nouvelles munitions indispensables térieur . faute d'éléments. n'était-ce pas de l'intérieur que partait jusqu'à ce projet. par des mé. que télégraphe naissait à point nommé. au contraire. leur a été impossible de reproduire les institutions elles-mêmes ? Je déplore . les n'était-ce pas à l'in- que le se préparaient les plans de campa- gne. . quand. Je beaucoup à admirer. même les au milieu des scèn/cs pJus crudles qui en ont . n^ais je ne saurais me résoudre à n'envisager notre glorieuse réaspect. du pays et base de notre administration les créations immortelles dont tous se sont crus obligés gouvernements de coil pier les noms. on improvisait. on créait. CXX\j pas à l'intérieur qu'à travers d'incroyables difficultés. la pensée de tant de brillantes institutions gloire . de faire servir les aérostats à l'intérieur.. les armes . n'était-ce pas à que jaillissait . enfin nos triomphes. je maudis autant que personne sanguinaires qui souillè- au monde . les actes rent les années I/QS et 1794. une réalisé à Fleurus rapidité inespérés. pour donner aux ordres venant de la capitale un ensemble. volution que sous ce douloureux trouve.

mainteCe qui s'était offert nant. J'en sable: la découvert une preuve irrécu publication de \ Adresse aux citoyens français sur la nouvelle constitution coïncida . à crits. chez laquelle des victimes des deux sexes et de tous les partis . à l'esprit il du député de l'Aisne comme un plus devoir. aient fait preuve. de détachement de qu'en Il ont montré nos malheureux compatriotes? ne faut pas non plus oublier l'empressement intrépide que mirent tant d'honorables citoyens à secourir. ne serait plus permis. de force la vie de caractère. à quêter Cette dernière réflexion même des prosme ramène à Conle dorcet et à la femme admirable qui cacha pendant plus de neuf mois. l'accomplit en ai présence du imminent danger. On la pouvait supposer que Condorcet n'avait la pas exactement mesuré toute portée de la gravité. de constitution de l'an Le doute.CXXxij BIOGRAPHIE . sauver. au pied de rëcbafaud d'autant de résignation. Citerait-on par exemple. ïiianjué les diverses phases. toute l'écrit qu'il publia après l'adoption II. aucune nation ancienne ou moderne.

ne pouvaient s'y tromper. appartenait à la veuve de Louis-François Ver- net. la mise en accusation de l'ancien secrétaire de l'Académie des sciences était inévitable. son beau-frère Cabanis. où avaient demeuré. mal- gré ce qu'ils offrent d'indécis. et peintres. et MM.DE CONDORCET. aussi bien que dans l'atmosphère terrestre. née en Provence. que personnes exercées saisissent du premier coup d'œil. depuis. d'environ 2. .5oo francs de re- venu. y a des signes les avant -coureurs des orages. songèrent au numéro 21 de ils rue Servandoni. la tête. Madame Vernet comme le son mari. et Deux jeunes amis de Cabanis zir. la Après sa manifestation publique au sujet de constitution de l'an II . de Vic-d'A- qui. ordinairement occupée par des étudiants. sculpteur. leur ami commun Vic-d'Azir. Cette maison. ont été l'un et l'autre des memPinel la bres distingués de cette Académie. il foudre allait éclater sur sa fallait sans retard chercher un abri. Condorcet. avec les dëniarclies CXXXllj qui assurèrent une retraite à l'autenr. était proche parent des grands . Dans ratmos[)lîère politique il . Elle avait cœur chaud . Boyer.

qu'il — Nous allons vous confier son nom. — Vous me prendrez plus tard ne perdez pas une minute pendant que nous discourons. Condorcet une il confiait sans hési- ter sa vie à femme dont. . ses réponses aux questions pressantes dépassaient pas de disait-elle. ? — vertueux vienne! — Oui. Le proscrit. Boyer et Pinel Est-il . ne consentit jamais au sujet légitime à satisfaire la bien curiosité de la famille de notre confrère. est-il proscrit. Madame Vernet de cet inconnu . peu pas le d'heures auparavant. lités Ces qua- excluent les détours et . manquait de fermeté. ignorait l'existence. Même en i83o. les longues négo- ciations. grand ennemi de révolution.exXXiv BIOGIUFHIE le l'imagination vive. caractère franc et ouvert. sa bienfaisance touchait à l'exaltation. était il de madame O'Connor ne la vagues généralités. un autre avait précédé. votre ami peut être arrêté! Le soir même. Madame lui dirent MM. s'effrayait des moindres bruits de . . Condorcet n'était premier proscrit que l'y recevait le n'^ai. après un laps de temps de trente-sept années . l'ap: madame. nous voudrions sauver un honnête homn)e. — En ce cas.

ca- femme de proscrit. aucun besoin. revenue à une Jurande aisance. Laissez faire l'épouse dévouée : elle en- trera cha<jue matin à Paris. Mais.DE CONDORCET. car. la Vernet pourvoyait à tout. échoua dans ses projets persé- vérants de lui faire accepter quelque cadeau. CoJM]ME^'T vivra-t-elle? se . mon nom? la Toute femme noble. L'excellente femme ajoutait . toute à plus forte raison. au commencement de de la 1793. se disait. Lui. n'avait personnellement. tristesse . dans sa cellule rue Servandoni. Ses revenus avaient été il saisis. que famille de l'illustre secrétaire. car cette madame femme incomparable. notre ancien confrère y éprouva des tortures morales cruelles. et CXXXV le 9 avec : ne quitta sa retraite (juaprès thermidor. dans sa célèbre académicien : préoccupation. à la suite des pour- voyeuses des halles. un sourire empreint de quelque puis cette époque . ne pouvait pas disposer d'une obole. est exclue de pitale. }a rue. vivra celle qui a le le Oci malheur aujourd'hui de porter et. De- je ne je l'ai pas revu com- ment voulez-vous que me rappelle son nom? juillet A peine entré. pour secourir un malheu- reux était si bien s'acquitter d'une dette.

des condamnés. habituée être servie et à force non à servir les autres. ne tardera pas à se réaliser. ses les Madame les de Condorcet passera : journées à faire des portraits prisons (c'étaient les tantôt dans plus pressés). L'habileté de madame Condorcet dra beaucoup moins vexatoires. Le besoin de se procurer l'image des traits de ses parents. qu'en temps de ses amis.CXXXVj BIOGRAPHIE demandait encore notre confrère. beaucoup moins périlleuses. imposà qu'une dame du grand monde. de suffisantes fille. sible II semble. ressources et pour une elle. dans son inquiète sollicitude. tantôt dans silencieuses retraites cà que des âmes charitables procuraient tôt. tan- dans les salons brillants ou dans les modestes habitations des citoyens de toutes classes qui se croyaient les menacés d'un danger ren- prochain. enfin. en effet. opérer dans des le sa demeure elle le Sur la demande traits soldats. sa jeune sa sœur maladive vieille gouvernante. conquière de travail. reproduira leurs avec cray<in ou . Ce qui paraissait im- possible. les lées perquisitions souvent renouve- que des détachements de l'armée révoluiront tionnaire d'Auteuil. n'est jamais plus vif de révolution.

créer exenqDte de pré- jugés. C'est pour la première fois. n'hésitera pas à lingerie un magasin de que.DE CONDORCET. pas. Cardot. madame Condorcet. madame Condorcet et teur de l'ouvrage d'Adam Smith sur ments moraux. dans cellule sur . nous rencontrerons tre secrétariat. carrière d'abnégains- tion personnelle. dont les bénéfices seront exclusivement là consacrés à d'anciens serviteurs. nom du chef de no- de l'excellent M. de sacrifices de tous les de dévouement courageux dont je viens de tracer l'esquisse. dès ce moment. et s'en fera presque des protecteurs. elle CXXXVI| exercera sur eux la f'ascinatiou du talent. lucidité de son la ne furent pas moins entières. également dignes d'estime par des aperçus et par l'élégance du style. les la finesse Les premiers premiers succès de la madame Condorcet dans tants. sur la publiera elle-même des lettres sympathie. depuis le la révolution de 89. Dès que la peinture commencera à ne plus être lu- crative. pinceau. esprit se d'un travail la persévérant et sé- rieux. Lui sentit ca()able aussi. La force. devinrent un baume réparateur pour l'âme à demi anéantie du malheu- reux proscrit. Plus sera l'habile traducles senti- tard.

la bonne foi. J'en rapporterai mières lignes a « : pre- « si Comnie j'ignore. Le manuscrit se compose de quarante très-serrées. la sincérité de notre confrère brillent du plus vif éclat. qu'elles ne l'étaient vingt années auparavant. )> Cabanis et Garât se trompaient. Secrétaire et politi- de l'Académie des sciences morales ques. je survivrai à la crise actuelle. au secrétariat de l'Académie des sciences. je transcrirais peut-être é(.rit ici en totalité un où la candeur. que leur ami avait tracé seulement quelques lignes de cet exposé. je crois devoir à ma femme. n'a jamais été imprimé. La spécialité de l'Académie des sciences m'interdit . en affirmant les dans l'avant-propos de l'Esquisse sur pro- grès de l'esprit humain. Le premier dans sa écrit composé par Condorcet la retraite de rue Servandoni les .OXXXviij BIOGRAPHIE laquelle veillait rhumanité héroïque de madame Veruet. disait l'illustre philosophe. qui pourraient être victimes des ca- lomnies répandues contre exposé simple ma mémoire. à mes « « « « amis . un de mes principes et de ma la conduite pendant révolution. h ma fille. la il et une pages embrasse la presque totalité de carrière publique de Condorcet.

On leur résista faile véri» blement et sans direction. détourna tieux et non la celui du peuple qui . ne se en croyant pas les force de les empêcher. parce que table état des choses ne fut pas connu. des flétrissures lui a calom- que de parti le trop souvent imprimées. « (( yeux. N'êtes-vous pas heureux de voir le peu- ple. .DE CONDORCET. CXXXIX de pareils détails. Le petit nombre de fao de paralyser les la auxquels ces déplorables événements l'art « « doivent être imputés eut puissance publique. ont été de la férocité de quelques . le véritable peuple de Paris. par un et homme dont les lumières. de purifier l'histoire nationale notre patrimoine nieuses commun l'esprit . une « (c des souillures de notre révolution l'ouvrage de la folie. dit-il. le patriotriple tisme la haute position sont rme . de tromper citoyens « et « (c l'Assemblée nationale. mais encore pour tous toyens. « <( hommes. je rapporterai dorcet sur (c jugement de Con: les massacres de septembre ii Les massacres du septembre. Néanmoins. déchargé de toute solidarité dans la plus odieuse boucherie. comme il est de devoir rigoureux les non-seulement pour toutes les ci. académies . .

nous égal. jusqu'au jour où il apprit la mort tragique des conventionnels le girondins qui avaient été condamnés jour que lui. n'appelle jamais ainsi des hommes sarmés. que temps « : j'ai recueillie dans les mémoires du Vous prétendez massacrer je des ennemis! dé- Moi. se léjouissaient la des défaites de battrons en république. Conduisez au ces Champ de Mars ceux de malheureux qui. un entretien que. dites-vous. cette la opinion individuelle. il garantie de véracité? Désormais. ne sera plus permis déconsidérer comme l'expression d'une isolé. même Cette sanglante catastrophe con- centra toutes ses idées sur les dangers que courait madame Vernet. d'un sentiment apostrophe d'un ouvrier aux sbires de com- mune. sous peine de sacrilège.C'\l RIOGRAPHiF. et leur mort n'aura rien rougir. à les com- nombre armes égales. Il eut alors avec son hé- roïque gardieiuie. je dois : reproduire sans y changer un seul mot . » alors qui puisse nous faire Condorcet sujjporta avec une grande résignation sa réclusion cellulaire.

Condorcet . la rencontre du la citoyen Marcos député suppléant à . a : droit de mettre hoi^s la loi elle n'a pas pouvoir de ! « mettj^e hors de l'Jiumanité . « t'xlj Vos bontés. sont gravées dans mon traits ineffaçables. Madame. le le «La (c Convention. et particulièrement l'humble portière. un sa Madame Vernet savait imprégner de vertu tous ceux qui l'entouraient. réponse fut immédiatement de l'orga. Ici vient se la placer un incident qui montrera haute intelligence de madame de Vernet. vous resterez » Cette admirable suivie. Condorcet ne faisait pas A partir de un mouvement sans être observé. sitive : La loi est si on découvrait dans votre de- « « meure. en montant l'escalier fit la chambre Con- qu'il occupait. ce jour. avaient rôle. devoir d'honnête homme po- « « m'impose de ne point en abuser. « a cœur en Phis j'admire votre courage. sa profonde connaissance du cœur humain.DE CONDORCET. nisation d'un système de surveillance la dans lequel la plupart des habitants de maison. au n'^ 21 de la rue Servandoni. vous auriez la je suis hors la même triste fin que moi. :» je ne puis plus rester. plus mon me loi. Un jour. Monsieur.

» pas besoin de vous dire davantage. Elle . on s'il l'arrête. un accident fortuit. C'était lui qui le pourvoyait de ro- mans dont notre confrère fesait une grande consommation. Cependant. Cette noble confiance ne fut pas trahie. pouvaient tout perdre. ce sera vous qui l'aurez dénoncé. eu relations directes avec Condorcet. dit-elle aussitôt. Attendez. tomber je n'ai sa Vous êtes un honnête eji homme. des monta- il logeait depuis quelques jours chez madame Vernet. Conétait-il dorcet n'avait pas été reconnu. à la section Marcos appartenait gnards . adresse ces paroles le « Citoyen Condorcet si demeure sous même toit que vous. lui aucun préambule . . périt.CXllJ BIOGKAPHIE j)Oiir vention le département du Mont-Blanc. je vais arranger cette et. Sous son déguisement. Madame Vernet compar être vains. Marcos entra même. ce sera vous qui aurez fait tête. monte chez Marcos. sans : affaire. une distraction. mais possible de compter longtemps sur le même bonheur? L'illustre proscrit fait part de ses in- quiétudes à son hôte dévouée. au péril de sa vie. si prit que ses efforts finiraient on n'occupait pas fortement la tête du prisonnier.

et commença son Esquisse dun tableau historique des progrès de l'esprit humain. il réussit à détourner complète- ment milieu ses pensées des convulsions terribles au desquelles la France se débattait. Condorcet enveloppait dans ses regards scrutateurs l'état passé et tés l'état futur des socié- humaines. » Ainsi s'exprimait Condorcet. . l'xllij Par son intermédiaire. sous l'égide tutélaire de madame Vernet. il lorsque déjà n'espérait plus échapper aux poursuites actives de ses implacables persécuteurs . lorsque le glaive de mort n'aurait attendu. Le Tableau des progrès de pas . et les madame de Condorcet le amis de son mari supplièrent de se livrera quelque grande composition. une seule ligne où l'acrimonie du des nobles sentiments du proscrit ait pris la place de la raison froide du philosophe.DK CONDOUCHT. promoteur de « et la civilisation. Condorcet se rendit à ces conseils . « Tout nous dit que nous touchons à l'époque d'une des « (c grandes révolutions de l'espèce humaine l'état actuel des lumières nous garantit qu'elle « sera heureuse. l'esprit humain n'offre en effet. Pendant que.

que tité temps de constater l'ideii- de la victime. après le mort de l'auteur. qui furent répandus. qui dévoilent les causes. Deux traduc- tions. qui en mon- . rendirent VEsquisse très-populaire chez nos voisins. vit le Cet ouvrage ne la jour qu'en 1795. qui attestent tantôt ses progrès tantôt sa déca- dence . l'une anglaise. l'ouvrage non Esquisse^ mais Programme d'an hii- tableau historique des progrès de l'esprit iiiaiii. sans secours d'aucun livre. « « (c humaine dû passer. par les soins du comité d'instruction publique. n'était pas au j)ouvoir d'une tête humaine. Pousser cet ouvrage plus loin. est Dans intitulé. le manuscrit autograj)he. l'autre allemande. Condorcet y indique son but en ces : termes « (c Je me bornerai à choisir les les traits gêné- raux qui caractérisent lesquelles l'espèce diverses phases par a . La Convention en acquit trois mille exemplaires. Ce fut au milieu de mars 1794 que Condoicet écrivit les dernières lignes de son le essai.*'\liv BlOGRAPHli: le pour frapper. Le public reçut avec des applaudissements universels. sur toute l'étendue ritoire de la du ter- République.

per- « fectionner son intelligence. analyser un Programme? Je signalerai seulement le aux esprits sans préjugés chapitre curieux où. Com- ment. avec une extrême la au commencement de le violence par les littérateurs à mode. l'auteur arrive à reconnaître la nécessité. Suivant ne eux. L'ouvrage de Condorcet est trop connu pour que je puisse penser à en tracer l'analyse. il « « ment. et proclame en outre fectibilité indéfinie per- de l'espèce humaine. système de la perfectibilité indéfinie manquait pas seulement de vérité. la félicité et pour » son bien-être et pour commune.DE CONDORCET. Cette idée philosophique fut combattue. la justice (ce sont ses expressions) d'établir une entière égalité de droits civils et politiques entre les individus ]?^ des deux sexes. I. Le Journal . ce siècle. saisissant du regard les progrès futurs de l'esprit humain . « apprendre à les mieux employer. « Cxlv trent les effets Ce n'est point la science . il devait avoir de désastreuses conséquences. étendre ses facul- « tés.'efforts. d'ailleurs. de traiter : prise en général j'ai que j'ai entrepris voulu montrer seulement comet d. à force de temps avait pu enrichir son esprit de vérités nouvelles. de « « riiomme.

elle n'est ex- primée en termes plus sage de Bossuet ce : clairs que dans ce pas- Après six mille ans d'observations. Fontanes. dans Bacon. dans Pascal. et il trouve encore. en effet. dans Descartes.Cxlvj JiKXîKAPHIK le des Débats ïc [>résentait « coin nie devant la- voriser beaucoup les la projets des factieux. suivant les idées. les droits système philosophique à tout examen sérieux. cherche. son véritable inventeur! réponse était très- Sur ce dernier point L'idée de perfectibilité indéfinie se trouve. Nulle part. » le Dans critique acerbe qu'il en faisait dans Mercure. afin qu'il connaisse qu'il peut trouver jusqu^à l'infini. Enfin. du jour. comme facile. à l'occasion d'un ouvrage de madame de Staël. l'esprit il « « « ce humain n'est pas épuisé. et que la seule paresse peut donner des bornes inventions. en présentant Voltaire comme la son premier. on croyait amoinde ce drir. cependant. caressant les passions de Napoléon de la . » à ses connaissances et à ses ce Le mérite de Condoçcet sur cet objet spécial . allait jusqu'à soutenir que le rêve perfectibilité menaçait les empires des plus terribles fléaux.

» Ici . a étendu le système jusqu'à faire espérer le perfectionnement indéfini des facultés moraAinsi. relativement à la durée de la vie de intellectuelles. D'autres existent dans les papiers de la piété M. Espérons que hâtera d'en faire jouir le j. je lis. sans me séparer entièrement de l'auteur. je crois. à l'aide des don- nées que lui fournissaient les sciences modernes et par des rapprochements ingénieux . dans l'ouvrage. Les éditeurs de i8o4 en ont publié quelques frag- ments. j'ose affirmer qu'il vient de faire une prédiction à bien long terme. Thypo- thèse d'une perfectibilité indéfinie. J'ose . se Cxlvij borne donc à avoir étudié. les. que nous ne les voyons en a « avoir aujourd'hui sur nos opinions scientifiques. et madame O'Connor. qui. de documents historiques et de dates. l'homme et à ses facultés Mais c'est lui. des progrès de l'esprit humain. le pre- mier. n'a pas été achevé. Ce tableau composé principalement de faits. Le Programme que nous connaissons devait être originairement suivi du Tableau complet . filiale se public.DE CONDORCËT. « qu'un jour « viendra où nos intérêts et nos passions n'au- « (( rontpas plus d'influence sur dirigent la les jugements qui volonté.

« livres « (c comme l'était Condorcet . lui paraissaient tellement faibles bienfaits qu'avant de se dérober aux il de madame Vernet. noses tre confrère reporta de nouveau toutes sa pen- sées sur le danger que présence. qui n'ayant ca[)able d'autre guide que sa mémoire. d'un cœur sensible et d'une belle âme. chan- après son évasion. tutélaire Condorcet s'abusait si peu sur la conséquence les probable du projet qu'il avait conçu. Cet écrit. il ici ses propres expresle résolut de quitter réduit que dé- vouement sans bornes de son ange avait transformé en paradis. faisait courir à madame le Vernet. Dès que l'état fébrile d'auteur eut cessé. ces de salut. [)or« assurer qu'ils confirmeront ce jugement que tait c Daunou sur l'ensemble de l'Esquisse éruclit. Il résolut donc. ni : Je n'ai connu aucun les parmi . . rue Ser- vandoni . rédigea ses der- nières dispositions. les natio- <c nanx. qui privé de . eiJt été » de composer un pareil ouvrage. . et les vifs trouvé partout reflets d'un esprit élevé. j'emploie sions. ni parmi étrangers. j'y ai je l'ai tenu dans mes mains.Cxlviij BIOGBAPHII.

au contraire. cune langue rien de mieux pensé. n'abordait plus les réalités de front. que passages lés : du testament de notre confrère fille. ma mort prochaine ! avec une fermeté que les stoïciens de l'antiquité eussent enviée. presque inévitable. furent il écrites par Condorcet le jour même où à allait volontairement s'exposer un immense danger. de plus tendrissant. sa main traçait ces terribles expressions Ma mort. si pleines de finesse de naturel. Alors. Le pressentiment d'une violente. Si ma fille était destinée à tout perdre^ » voilà ce que l'époux insérera de plus explicite . en vérité. qu'il n'existe CxHx dans auatles J'oserai dire. de plus suave dans la forme. intitu- Avis d'an proscrit à sa le Je regrette citer que temps ne me permette pas d'en quelques fragments. ne le troublait : tin pas. la La sensibilité dominait. on dirait ses qu'il cherchait à voiler à propres yeux artifices les horreurs de la situation par des « de style.1)K CONDORCET. quand croyait entrevoir aussi être le que madame de Condorcet pourrait entraînée dans la sanglante catastrophe qui il menaçait. l'illustre proscrit force d'âme. Ces lignes et si limpides.

chez Jefferson. et de Franklin. et cela dit tout. On éloignera d'Éliza tout sentiment de ven- geance. rement indiquée) sur le manuscrit original. Elle devra donc se familiariser . Quand le temps de madame Vernet fera lire à mademoiselle ses parents.cl BIOGRAPHIE écrit. on lui . elle apprendra. cessité. venu. avec la langue anglaise c'était. aucun détail ne lui sem- ble indifférent. petit-fils en Amérique. d'ailleurs. prévoit. cela le dessin. Eliza appellera sa seconde madame Vernet la direc- mère. la peinture. comme si cet effort l'avait épuisé. la gravure. sous tion de cette excellente amie. et sa vie assez complètement pour gagner sans trop de peine et de dégoiit. songe aussitôt à l'appui ans. il règle tout . outre les ouvrages de femme. le vœu sera de sa mère. il dans son dernier Cependant. il pourra trouver auprès de sa bienfaitrice. sur Condorcet le les instructions manuscrit (cette circonstance est particuliè. apprendra c'est à se défier de sa sensibilité filiale au nom de son père que ce sacrifice sera réclamé. Eliza trouverait En cas de né- de l'appui en Angleterre chez milord Stanhope et chez milord Dear. . chez Bâche. que son enfant de cinq que sa chère Eliza.

tait là il mêlait à son disres- madame Vernet la de pied ferme. est auteur de plusieurs Il ouvrages d'instruction élémentaire. » Voilà ce que Condorcet écrivait dans tinée la ma- du 5 avril 1794- A dix heures. elle les connaîtra tous. en veste et en gros bonnet de laine. vainement cours force termes latins. la femme n'ayant pas voulu renoncer à son premier nom. mais mariage était resté secret. Notre confrère avait vainement choisi un sujet dépourvu d'intérêt et qui semblait devoir donner lieu à de très-longs développements. avait épousé ma- dame Vernet . il quitta sa cellule. clj : Le testament « « se termine par ces lignes la « . . en se « mettant ma place.DE CONDORCET. nommé le Sarret. Le proscrit désespérait pouvoir se dérober à surveillance déjà de (i) Ce locataire. son déguisement habituel. en interrogeant son à cœur. locataire (i) de et lia conversa- tion avec un madame Vernet qui habitait aussi la maison.le ne dis rien de mes sentiments pour reuse amie géné- (madame Vernet) à qui oet écrit « est destiné. descendit dans une petite pièce du rez-de-chaussée.

La pauvre femme tomba Tout courut vitesse. toujours empressée se leva chercher. que M. Madame Vernet la . Sarret lui disait avec cette fermeté qui n'ad: met point de réplique « Le costume que vous . par hasard ou par calcul il se montra contrarié d'avoir ou- blié sa tabatière. toujours et bonne . portez ne vous déguise pas sufHsamment vous connaissez à peine votre chemin. seul. monta l'escalier pour aller Condorcet saisitce moment et s'élança dans la rue. . Les cris déchirants de la portière avertirent aussitôt ma- dame Vernet qu'elle venait de perdre le fruit de neuf mois d'un dévouement sans exemple.clij BIOGRAPHIE il dont était l'objet. Le proscrit avait à peine eu temps de laisser échapper quelques paroles l'admiration se mêlait à la sensibilité. le vit à ses côtés M. lorsque. Condorcet parla rue Servandoni s'arrêtant avec beaucoup de En la pour prendre haleine au il détour de rue de Vaugirard. Sarret. cousin de madame le oii Vernet. évanouie. entier au besoin d'éviter une poursuite qui aurait perdu sa bienfaitrice. à la reconnaissance. vous ne réussiriez jamais à tromper l'active surveillance des argus que la Commune entretient à toutes .

éveillera peutêtre de bien pénibles sentiments. Ne trouvez-vous point qu'une pareille intrépidité va de pair. avec l'artillerie celle qui précipite des soldats sur tonnante d'une redoute? Le petit nombre d'heures qui doit nous con- duire à un dénoûment funeste. C'était à dix heures du matin. DE CONDORCET. tout au moins. des proscrits que M. en gros caractères. en la plein soleil dans une rue très-fréquentée. Sarret s'attachait aux pas du proscrit illustre. notre confrère ne sales trois marcher. c'était devant de lugubres affiches portant. Le voyage fut long après neuf mois d'un repos absolu vait plus . aussi.. les cliij portes de Paris. serai-je bref. tout les droits en respectant imprescriptibles de l'his- toire. sur heures . Je suis donc décidé à ne :» vous point quitter. serait infligée à à que la peine de mort quiconque prêterait assistance . à porte même et des de ces terribles prisons du Luxembourg Carmes d'où on ne sortait guère que pour aller à l'échafaud. Enfin. et se dirigèrent vers : Fonte- nay-aux-Roses. IjCs deux fugitifs échappèrent par une sorte les de miracle aux dangers qui barrière attendaient à la du Maine.

avait reçu de Condorcet d'éclatants services et des marques sans nombre d'attachement. néanmoins. Les anciens amis de Condorcet commirent. ses amis lui remirent les Epîtres triste ressource. sollicita l'hospitalité seule- ment pour un jour que des difficultés . que. Là mission que M. D'après leur ensemble. qu'enfin. etM"^Suard d'accueillir sa prière . ensuite ? Les relations ne sont je Que se vois passa-t-il point concordantes. à la porte d'une maison decam. Sarret et reprit la finissait la périlleuse s'était donnée. empêchèrent M. que Condorcet pourrait s'y présenter. mais exté- nués de fatigue. il se retira route de Paris.. en vérité. pour qui allait être obligé de chercher un refuge dans rité la j)rofonde obscu- des carrières de Clamart. pagne occupée par un heureux ménage qui depuis près de vingt années. on con- vint qu'une petite porte de jardin la donnant sur campagne. Condorcet son compagnon arrivèrent sans fâcheuse rencontre. que Condorcet .. la et s'ouvrant en dehors. à partir de dix heures. dont je ne me fais pasjuge. ne serait pas fermée nuit. CilV BIOGRAPHIE et de l'après-midi. . au moment de congédier le malheureux proscrit d'Horace .

prouvaient hélas ! avec trop d'évi- dence. Là au if 21. qui adossées à . je ne dis pas assez. il n'y eut de portes ouvertes . la Un ou deux madame Vernet par- courant en tout sens campagne de Fontenay- aux-Roses. Bien grande. fugitif. jours après. avec la pensée que sa présence pourrait y être utile. remarqua une motte de terre . Dans prévision. à deux heures. sider la clv faute irréparable de ne pas pré- eux-mêmes aux arrangements convenus. porte cochère. porte d'allée auraient cédé à la plus légère pression la du doigt du turne. et une haute touffe de gazon.DE CONDORCET. dans l'espérance d'un retour noc- madame Vernet ne songea même pas qu'il y eût dans une immense capitale des voleurs et des assassins. que dans la rue Servandoni. nous laissions . que depuis bien longtemps elle n'avait tourné sur sesgonds. la petite porte. Con- dorcet s'éloignant avec résignation mais non . Pendant ces nuits néfastes. sans doute. hélas duite des ! fut la différence de conles deux familles que relations du monde dorcet ! et le malheur rapprochèrent de Con- Le 5 avril. pendant toute une semaine. porte de boutique.

.Clvj BIOGRAPHIE la sans tristesse. demander une omecet Malheureusement homme presque universel ne sait pas. grandit. se est com- munique. L'autorité municipale avertie le le fait arrêter et dirige sur Bourg-la-Reine. jambe et la faim . et lui prête généreusement son cheval. sa marche pénible. qu'il journée du Le 7 .Ie ne devais pas oublier la dernière marque de sympathie qu'ait reçu notre malheureux confrère. bientôt le sur- soupçon se fait jour. la les souffrances 6. l'état mains le dément. même à peu près. mange d'œufs dans un de il A la question du cabaretier. Ce nombre inusité excite prise. de maison de campagne où il avait espéré passer vingt-quatre heures en sûreté. cpiestions. un peu à la nous voyons notre confrère. Le 8 avril (i7()4) ^ni matin. Pressé de se dit charpentier. Le nouveau venu d'exhiber ses papiers. Personne ne saura jamais endura pendant tard. répond la une douzaine. entrer dans un cabaret de Clamart lette. le Dans la route un brave viefneron rencontre il prisonnier. comses bien un ouvrier repas. blessé poussé par et . il somme de ses il n'en a pas. voit sa jambe malade. quand le geôlier .

Malesherbes. Les unes reposent en paix. à cette je même place. Bailly. Bochard de Saron. (Je clvij Bourg-la-Reine ouvrit la porte de son cachot le pour remettre aux gendarmes prisonnier enil core inconnu qu'on devait conduire à Paris. Condorcet. dit-on. par un médecin célèbre. trouva plus qu'un cadavre. Notre confrère tait ne s'é- dérobé à l'échafaud par une forte dose de poison concentré. J'espère et trompeur que les forces ne trahiront pas ma volonté.. Aujourd'hui pas accompli je n'aurais ma tâche dans ce qu'elle (i) Ce poison (on ignore sa nature) avait été préparé. avait même origine et datait de même époque. pourrai dire ce que fut Bailly. qu'il portait depuis quelque temps dans une bague (i). Les cendres de ces hom- mes illustres ont eu des destinées bien diverses. les autres sont soumises périodiquement au souffle empesté des passions politiques. Lavoisier. justement entourées des regrets universels. DE CONDORCET. Celui avec lequel Napola léon voulut se donner la mort la à Fontainebleau. et que bientôt. lugubre contingent de l'Académie pendant nos sanglantes discordes. la Rochefoutel fut le cauld. .

cruellement frivole. a de plus sacré même si je après tout ce que vous n'écartais avec indigna- avez déjà entendu. à notre confrère n'a pas j'ai très-bien remarqué qu'on il que de la fai- faiblesse. un certain public. la En rendant compte de déplorable con- damnation de Lavoisier. très-respectable et très-respectée a quelques années ce : . il y On se reposait sur les instances que quel- ce ques-uns des anciens confrères de Lavoisier paraissaient à portée de faire en sa faveur. » Partant delà. Deux dates si . deux et vous déciderez s'abstenir de citer des noms pro- . le nom de notre ancien secrétaire la trouva fatalement impliqué dans catastrophe stupidement féroce qui enleva à excellent citoyen. et sans autre se examen. « (( mais la terreur glaça tous les cœurs. dénombra sur qui siégèrent à ses doigts tous les la académiciens . Convention . monde un homme de simples dates . écrivait. La forme du reproche adressé calmé mes inquiétudes n'a parlé . une plume savante. au la France un génie. tion de la mémoire de Condorcet une imputa- tion calomnieuse. mais est des circonstances où blesse devient un crime.clviij BIOGRAPHIE .

. aurait pu intervenir en faveur de Lavoisier. à Bourg-lale Reine. rester dans des termes généraux qui n'in- criminant directement personne permettent à la calomnie d'inculper tout la sagesse. . dites-vous. près si cilX quand on parle d'événements aussi graves. J'ai successivement présenté à vos yeux. et . Gondorcet s'était empoisonné. : Je n'ajouterai pas une syllabe à ces chiffres ils resteront imprimés en traits ineffaçables sur les fronts des calomniateurs. un mois auparavant. le monde. Est-ce au l'arrestation ? moment de Voici ma réponse le : Lavoisier fut arrêté dans mois d'avril 1794caché chez majuil- Gondorcet était proscrit et le dame Vernet depuis let commencement de 1793.DE CONDORCET. Parlez-vous d'une intervention qui aurait pu suivre la sentence du tribunal révolutionnaire ? : La réponse sera plus écrasante encore Lavoisier périt le 8 mai 1 794. c'est vrai- ment de Gondorcet. Portrait de Gondorcet. 8 avril.

le l'économiste et mem- bre (le deux de nos assemblées politiques. Je suis devenu le témoin . c'est tout l'homme. Je vu entouré de ses proches. de ses amis. d'un caractère peu en harmonie avec leurs actions habituelles. cette partie Un moment. dans ce qu'ils écrivent. en outre combien les les livres sont des guides infidèles. Je ne devais pas ou- blier. l'y ai au milieu de la famille de Condorcet. jamais. manières. de ses . de ses confrères. })ersonnellement je le secrétaire de l'Académie. combien auteurs savent se parer quelquefois. de ses clients. j'ai presque dit le confident de toutes ses actions. Pouvais-je craindre de parler avec con- fiance des [)lus secrètes pensées de l'illustre aca- . le plus vrai. à la combien il a été : donné de démentis le maxime de Buffon style . de ses subordonnés. des correspondances inédites m'ont transporté. le le sa- vant. Il me reste à faire le portrait de l'homme du monde à vous parler de son extérieur. car ne le vis même . Heureusement. en quelque sorte. Alors je me suis rassuré. j'ai désespéré de pouvoir remplir de ma tâche car je ne connus pas .ClX BIOGRAPHIE le dans jour qui m'a paru littérateur.

peut-être. erreur.DE CONDORCET. . Jamais . ses larges épaules. la pénétration et la finesse de son esprit? Condorcet était d'une haute stature. avait. plutôt que. Condorcet plicité. Lagrange. et une femme. homme d'esvraiment Sa qualité principale. Condorcet passait. parmi ses demi-connaisfroid. sances. pour insensible et C'était il une en immense I. aurait Voilà un bon homme. et dans le maintien. Elle se reflétait harmonieusement dans une figure belle et douce. croyait notre confrère. L'im- mense volume de sa tête. contrastaient avec des jambes restées toujours grêles . d'Alembert. mademoiselle de Lespinasse. lorsque j'avais pour guides et pour garants Turgot. olxj démicien. de ses sentiments intimes. cé- lèbre par l'étendue. ne K dit. Voltaire. à cause . Qui ne l'eût vu qu'en passant. de la sim- même un tant soit peu de gaucherie. dit. de sa vie privée. sa qualité caractéristique était une extrême honte. son corps robuste. Voilà un prit. de l'immobilité presque absolue que le costume de jeune fille et les inquiétudes lui trop vives d'une mère tendre avaient imposée pendant ses huit premières années.

l'air le plus indifférent d'un malheur mais après. il était malheureux de il souffrait de leurs maux. des consolations de toute nature à ceux dont les souffrances venaient de lui être révélées. et portait des secours. en persistant à voir dans son assimilation pitto- . je n'hésite pas à le redire. des paroles affectueuses à aucun de il ses parents ou de ses amis laissa . mais jamais aussi ne échapper l'occasion de leur donner des : preuves d'attachement leurs malheurs . » On complètement mépris sur la pensée de l'immortel géomètre. au point que son repos et sa santé en furent plus d'une fois gravement altérés. c'est que jamais les mouvements d'une âme aimante ne ni se peignirent dans la Il figure ni dans la contenance de Con- dorcet. Vous savez maintenant paroles de d'Alembert : le véritable sens de ces « Condorcet s'est est un volcan couvert de neige. le récit écoutait avec . l'apparence pour la réalité. les D'où provenaient donc sensibilité si reproches d'in- souvent adressés à notre confrère? C'est qu'on prenait.clxij BIOGRAPHIE face. lui s'éclipsait sans mot dire. quand chacun se contentait d'exhaler sa douleur en de vaines paroles.

ne pourrais souffrir miens — Attaquez quelque rude problème de géométrie. comme font ladies désespérées. était devenu pour toutes de pitié. a des aliments à saveur forte tous les autres aliments nous déplaisent. Rien de plus curieux que les manière dont repoussait dent. médecins dans les ma- Turgot invoquait force exemmoderne. Les passions sont une dépravation de l'intelligence. resque la clxiij violence de caractère. en dehors du sentiment qui m'absorbe. jetés sur — Quand un goût dépravé nous . l'économiste. 11 ses connaissances un objet jusqu'à projeter la alla même un suiil cide. . il peu captivera votre esprit. rien au monde ne saurait m'intéresser. je — Je n'aime les pas les ! mauvais vers. action dans l'année 1771. le D'Alembert avait vu volcan en complète . dominé par des peines de cœur.DE CONDOKCET. son confic'est recommandait: «Faites des vers. » Pour essayer de tous les les moyens. Le géomètre le mé- taphysicien. recouverte la du masque de froideur. ples emjiruntés à l'histoire ancienne et même à la mythologie. lui palliatifs que Turgot. Soins superflus le temps . le philosophe Con- dorcet. êtes un genre de composition auquel vous habitué.

dans une les des plus étonnantes mémoires dont littéraires aient annales jamais fait mention. avec une rectitude de jusans hésiter. il il en appréciait en signalait les parties faibles avec une finesse de tact. à gement admirables. . une de ces proet la ductions littéraires qui sont l'honneur gloire du dix-huitième siècle. Condorcet restait complètement impassible au milieu des bruyants transports d'admiration et d'attendrissement qui retentissaient autour de l'auteur. la temps seul guérit. l'accusant de sécheresse en Lisait-on pour la première fois à l'Académie française. et récitait l'appui de ses remarques. . il faisait l'analyse les minutieuse de l'ouvrage beautés. ou dans le monde. en profonde blessure qui rendit notre conmalheureux. Il paraissait les cir- n'avoir pas écouté.clxiv BIOGRAPHIE seul pouvait guérir. tort de refuser à Condorcet la sensibilité il ne se trompait pas matière moins en d'art. mais. comme par enchantement. frère si Si le public avait grandement . de longues tirades de prose ou des centaines de vers qui venaient de se graver. pour peu que constances l'y amenassent. le effet.

C'est alors que l'immense variété de ses connaissances se révélait sous toutes les formes.. en . sur la géométrie et les formules du palais. spirituelle doucement épigrammatique. de haine et de Mais son courageux dévouement ne l'entraîna point à partager les injustes préven- tions de ceux-là mêmes auxquels il était le plus tendrement attaché. ne rendait pas à Clairaut toute justice désirable. D'Alembert. si dans deux de si . losophie et la généalogie des gens de cour les sur les mœurs Le des républiques de l'antiquité et colifichets à la mode. cependant .. Ce genre d'indépenj'en cite quel- dance est assez rare pour que ques exemples. DE CONDORCEÏ. de l'ancienne secrétaire Académie des sciences ne descendit dans l'arène de la polé- mique que pour défendre attaques l'envie. Examinez. ses amis contre la les de la médiocrité. avec une égale précision. clxv La réserve que Condorcet s'imposait devant faisait des étrangers place. dans sa société intime. dominé à son insu par un senti- ment indéfinissable de jalousie la . Il parlait avec une égale netteté. sur la phi. à une gaieté de bon ton . ses éloges .

ne se con- Condorcet. une vivacité extrême. Con- dorcet hésite Clairaut moins du monde . on s'exagérait ses . trouvant les lettres utiles. suivant lui. qui s'en expliquait dans sa correspondance avec . r^e concevoir le soupçon qu'une opinion indépendante pût faire ombrage à ses meilleurs livre d'Helvétius avait irrité Turgot . seulemeui . appeler des un homme de génie sa jeunesse ! et à parler prodiges de Lagrange estime et d'Alembert n'accordaient aucune princesse les assi- aux Lettres d'Euler à une Ils d'Allemagne. néanmoins. » D'un autre point de vue. l'A- « le Commentaire sur pocalypse d'Euler. en étaient venus. Sur ce point le célèbre intendant de Limoges supportait impatiemment la contradiction. en la vieillesse milant à une erreur de jusqu'à les appeler rt de Newton. soutela nait la lutte avec plus grande fermeté. s'en fit l'éditeur. Il était loin de prétendre f[ue l'ouvrage fût irréprocha- ble . d'Arci avec l'auteur du la ouvrage sur le figure de la Terre à . Condorcet.clxvj BiOGRAPHll-: citant presque sans nécessité et les relations de M. il tenta pas de les louer. de Trudaine bel de M. sans même amis.

. L'auteur il a beau dire. à promit de se livrer un examen at- . Je ne résiste pas au plaisir de citer cette conclusion si gaie d'un des plaidoyers de notre : ancien secrétaire « « « « « « Le livre ne fera aucun mal ni à moi ni à d'autres bonnes gens. de la société. j> La on vanité règne en souveraine dans toutes particulièrement. « si je « résous des problèmes les belles . ne qu'elle pas de miracles. mes amis il ne . J'ajouterai qu'à la suite d'une vive controverse touchant cette question de morale. c'est dans l'espé- rance que dames me rechercheront « (( car je n'ai pas vu jusqu'ici qu'elles raffolas- sent des géomètres. mademoiselle de l'Espinasse embrassa le parti de ceux qui soutenaient que fait la nature. . ne m'empêchera pas d'aimer me condamnera pas à l'ennui mortel de penser sans cesse à mon mérite ou à ma gloire il ne me fera pas accroire que. en ce genre. n'effleura jamais belle àme de notre ancien ici confrère. la actif de nos actions. DE CONDORCET. clxVlJ dangers. que ce si mulant si ordinaire. et parmi les gens de lettres. néanmoins. dit- les classes . Quelques faits ont déjà témoigné de ce phénomène. que ce mobile. Nous pouvons sti- affirmer.

comme d'Alembert malade. aux Lambert « Donnezsuis moi des nouvelles de vos travaux. qui. notre confrère se vit obligé de vifs et renoncer aux plaisirs les purs que donnent il découvertes scientifiques.(îlxviij BIOGRAPHIK le tentif dans et qu'après cercle très-étendu de sa société. et sans cesse en contact avec des littérateurs. quoiqu'elle l'eût jours pendant plusieurs années. périeux de secrétaire de l'Académie. les devoirs imet. par une polémique tous les littéraire ou politique de jours. une longue épreuve elle s'avoua vaincue. ont encore du plaisir à les autres. aux : Euler « « . » si manger Condorcet avait poussé rendre utile. Je comme plus les vieux gourmands. n'en écrivait pas moins. même un symptôme vu presque tous de les vanité. des philosophes ou des mathématiciens. n'était par- venu à saisir dans Condorcet ni ni un trait. aux Lagrange. Lorsque absorbé par . ne pouvant voir « « digérer. ni un mouvement. (ju'il loin le besoin de se ne lerniait jamais sa porte à . La jalousie est la juste punition de la vanité. Condorcet n'éprouva donc jamais cette cruelle infirmité. Son esprit fin. aussi. pénétrant.

et grand ami de l'indulgence. jusqu'à l'héroïsme. qu'il était constamment recevait chaque jour. Ainsi. les dont regorgent toutes premier rang la ville grandes villes. de désœuvrés. » La phrase manquerait de nait dans vérité. personne. préoccuper sérieusement jusqu'à s'effaroucher de certaines formules de politesse qui ont cours dans la société. Condorcet « : personne ne . de Maurepas se montre Necker. Donner ainsi son c'est la temps au premier venu. sans les même sites en paraître fatigué. et très-sévère le pour lui-même. jusqu'à se Il portait quelquefois rigorisme . interminables vi- des légions d'importuns. si on la pre- un sens absolu : Condorcet était très- indulgent pour les autres. comme des pièces de monnaie dont on serait convenu de ne jamais examiner le titre. et au de Paris. très-irrité d'une lettre dirigée et contre des dans laquelle se trouvaient . M. je suis grand ennemi de l'indiffé- renée. bonté poussée Je ne parlerai pas du désintéressement de l'a nié.DE CONDORCET. sans humeur. fju'il clxiX accessible. En morale disait-il dans une lettre à « « Turgot.

dans l'origine. l'auteur de Méropc se trouve cette note de si- Condorcet a « L'expression honnêtes gens a les gnifié. » homme était fort loin de res- te Condorcet avouait avait les fautes. P — Non : répon- je sais seulement combien Diderot celui était un excellent homme qui se brouillait avec lui avait tort. « « « « Jean-Jacques et de Diderot dit-il. Le duc de Nivernais veut décider son confrère et ami l'écrire (pli à au ministre. hommes qui avaient . les circonstances qui amenèrent rupture de . disait-on la un jour. avec une loyauté. Cette lettre n'était pas de Condorcet. du temps de Pascal elle si- . Aujourd'hui je trouve l'explication dans une lettre inédite adressée à Turgot ve : « Le secrétaire de l'Académie éproures- vait de la répugnance à assurer de son qu'il te pect un pecter. les erreurs qu'il pu commettre. —Mais vous- « même? — : J'avais tort! » Dans l'édition donnée par des Pensées de Pascal .cl XX BIOGRAPHIE passages qui pouvaient nuire au crédit public. un aban- don que « a cette courte citation fera lui apprécier : Cojuiaissez-vous. il résiste avec une fermeté paraît inexplicable. « de la probité.

deuses calomnies. neutralisé l'effet des plus hisi. depuis qu'elle m'a semblé l'expression de la vérité. « giiifiait les « « « (( clxX] : gens de bonne compagnie niaiiila tenant on l'applique à naissance ou de l'argent.DE COINDORCET. vous lui voyez désormais en sciences un homme la qui honora les par ses travaux. la monsieur. ceux qui ont de —Non. . les honnêtes gens sont ceux à tête desquels « vous êtes! » Justifier cette exclamation. l'humanité par ses vertus. (jui d'accord avec tous ceux jouirent de l'intimité de Condorcet. si le portrait que j'ai tracé de l'illustre secrétaire perpétuel de l'ancienne a dissipé Académie des sciences les de bien cruel- préventions . France par ses hautes qualités. Je heureux. tel a dii être mon serai but principal en écrivant ces pages. dit Voltaire en s'adressant à l'annotateur.

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de Lamartine.REMARQUES SUR DIVERS PASSAGES L'HISTOIRE DES GIRONDINS RELATIFS A CONDORCET. Lorsque les deux premiers volumes de V Histoire des Girondins^ de M. J'en parlai à fière. de Lamartine reçut par la fille mon conma bouche les remarques de de Condorcet. ma- dame O'Connor tion qu'elle a les parcourut avec la la curiosité in- quiète que devait lui inspirer profonde vénérapère. Il me fit même Thonneur me demander communication de ma biographie de Condorcet. de fausses appréciations des erreurs manifestes. avec et un vif chagrin. Je n'ai sans doute pas besoin de dire que je souscrivis sans retard à une demande si flatteuse pour moi. encore manuscrite à cette époque. . parurent. M. avec cette bien- veillance y^^mz^/ncé' dont toutes ses connaissances ont éprouvé les de effets. Elle vouée à la mémoire de son y trouva.

. je que les inexactitudes échappées à l'auteur de X Histoire des Girondins écrivant sur des docu- ments erronés les deux premiers volumes de ce bel rectifiées ouvrage. consignés dans ma biogiaphie lui . ou de ceux que j'a- vais eu l'honneur . ait M. signaler n'ai donc plus d'autre ressource que de les . seraient dans les éditions sui- vantes. Ainsi que je le disais (page ex de la bio- graphie). sans qu'on remarque aucun changement dans dont Condorcet mieis volumes . souvent sévères. que des inexactitudes nouvelles ne dépareraient pas les autres volumes. dans les volumes suivants. de Lamartine cru devoir tenir aucun compte des renseignements. penser. Cette espérance ne s'est pas réalisée de nombreuses éditions se sont succédé avec rapidité. de Chateau- briand.olxxiv REMARQUES à Ces circonstances m'avaient porté l'avoue. nettement points sur lesquels nous ne sonmies pas d'accord M. les jugements. . je ne saurais prouver d'une manière plus éclatante ma confiance dans la force de la vérité.le de communiquer verbalement. il que est d'oser l'opposer toute nue à des erreurs dont difficile de saisir le véritable caractèie sous les traits brillants du plus beau langage. dans un passage relatif à M. de Lamartine et moi. puisés à des sources certaines. avait été l'objet dans les deux pre- sans que. afin que le public puisse prononcer entre nous en connaissance de cause.

SUR l'histoire des girondins. fer? » Heureusement je n'épiouverai moi. Les jésuites avaient appelé Pascal Porte iP Enfer. l'histoire Prenez maintenant et de tous les temps de tous les pays . le précepteur du Dauphin il refuse. difficultés réelles On éprouve généralement des quand on se trouve dans l'obligation de repousser des accusations formulées en des termes aussi vagues. première édition de son Histoire s'est Giromlins M. réduiront au néant reproche d'ambition adressé à l'ancien secrétaire de l'Académie des sciences. et si vous y rencontrez un seul ambitieux qui n'ait point accepté avec empresseaussi ment deux positions de ministre et élevées que la position l'héritier celle de gouverneur de . de Lamartine et occupé deCondorcet aux pages 233 fois. notre savant confrère est est A la page 4o3. La appelé aggra- première (imhitieux. disait gaiement l'auteur des Provinje ciales. l'imputation n'est plus vée : Condorcet il seulement un ambitieux ordinaire. le deux faits incontestables. 4o3. il refuse encore. et fait nommer Monge. l'embarras de Pascal. lui offre le ministère de la marine. démontrer que ne suis pas une porte d'enpas. est qualifié ^ambitieux sans scrupule. On On propose à Condorcet d'être . clxxv Dans le premier volume de des la . dans cette circonstance. « Comment. deux faits.

Voudrait-on . et je puis ajouter plus vile des ambitions? Toute réfutation à cet traits égard serait superflue. après tant de de dé- sintéressement que j'ai cités dans ma biographie. l'ar- Cette accusation porterait-elle sur l'amour de gent.èreté tachés de ou d'erreur. la la plus vive. la plus âpre. que par le mérite réel de ses travaux. sont constamment enléii. M. de Lamartine. Les docuil ments sur lesquels écrit.CIXXVJ REMARQUES présomplif d'une couronne. je passe condamnation sur l'accusation blessante dont Condorcet a été l'objet de la part de M. . enfin si . de Lamartine joue vraiment de malheur toutes les fois qu'il met Condorcet en scène. qu'il s'agisse de giandes comme de petites choses. parler et de l'ambition commune cependant si puérile qui consiste à accaparer des centaines de tifiques et littéraires? Je ferai titres scien- remarquer que per- sonne ne les envisageait avec plus de philosophie que Condorcet. sa vie Condorcet n'a été dans animé que d'une : seule ambition. une telle dont un honnête homme doive rougir. car je dois tout prévoir. celle de faire prévaloir ses idées lorsqu'on n'a été guidé que par ambition l'inspiration n'a rien de sa conscience. lui qui avouait franchement que dans le plus grand nombre de cas on obtenait ces titres plutôt par l'exactitude que l'on mettait dans sa cor- respondance.

n'étaient peut-être pas exempts de préventions. sertion En ce qui concerne Condorcet. le- ne fréquenta jamais quel il de M. M. qui leur adressait sans cesse ces pa- roles pleines de bon sens. etc. et de M"" Rolland. L'ancien secrétaire de l'académie ne rendit jamais que de simples visites de politesse au ministre de l'intérieur et à sa femme. M. . ami de les salons Turgot. jouant avec cette enfant et attisant ses pre- mières pensées. être légitimement rangé parmi les Girondins. de patriotisme. d'Alembert.. au nombre desquels accuse « place avec raison Condorcet. de Lamartine commet une erreur du genre. Buffon. : et qui malheureusement ne furent pas écoutées « « Occuet pez-vous un peu moins de vous-mêmes. Rousseau. Necker. pour avait des sentiments qui. clxxvij Voyez plu loi L'illustre : écrivain est-il amené à parler de l'in- fluence que M"* de Staël exerça sur quelques événe- ments de°notre première révolution. lorsqu'il fait même du girondin Condorcet un des membres les plus assidus des conciliabules de M.suK l'histoire des girondins. de Lamartine les avec une grande sévérité membres de il la Société des amis des noirs. d'autre part. il nous dépeint Voltaire. Celui-là pouvait-iî. )> Dans traite le volume page 92. Il les d'avoir lancé . l'as- manque de vérité Condorcet. un « peu plus de la chose publique? II. à quelques égards. Con- dorcet .

n'avait d'autre organe « rite que l'insurrection. journal sentait. Dans le portrait qu'il a tracé de Condorcet. vol. que plusieurs des dispositions qu'on y trouve figu- rent dans les lois anglaises rendues postérieurement.clxXVllJ a REMARQUES leurs principes sur les colonies « « geance plutôt que comme une vencomme une justice. M. a les palpitations de colère » sous la main polie et « froide du philosophe. ce qui différent. de Condorcet s'élevait il contre l'esclavage des noirs. » En Pascal écrivant ces lignes. et particulière- . . avaient éclaté sans préparation et sans « prévoyance dans cette société coloniale. qu'en février 1789 il adressait au corps électoral un écrit sur la cette plaie de la société. de Lamartine savant célèbre « que le' « rédigeait depuis 1789 la Chronique 011 l'on la de Paris . qu'en 1781 publiait un mémoire intitulé Réflexions sur VesclaK>age des nègres. dit I. des articles signés de hd . ajoute l'auteur. dans une note de . de Lamartine savail-il l'éloge que déjà. M. Ces principes. en 1776. qu'en juin de même année il faisait paraître un écrit remarquable sur l'admission des députés des planteurs de Saint-Do- mingue? Les projets d'émancipation détaillés dans ces deux derniers écrits ont cela de remarquable. page 23o et suivantes. écrivait dans ce journal. Condorcet ne rédigeait pas il Chronique est fort de Paris. Ce passage exige une la ex- plication. oii la vé- ajoute-t-il.

Au reste . suivant le . fut.. il faudrait donc pour prouver que l'ami de Voltaire. dit M. nient le ClXXlX compte rendu des séances de l'Assemblée ou dans le nationale. dans un autre passage du tome s'était page 96. de Lamartine haïssait de la haine des transfuges. suivant l'usage. haï de la cour. son la départ subit de rue Servandoni . de d'Alembert. M. Est-ce dans ces articles corps du journal. fut il présenté au roi comme membre de l'Académie française. le jour oii. « « la « Condorcet écrivait dans la » Condorcet. le On cberclie- vainement une pareille preuve. du parti de la cour. de compro- . contenté de dire lui-même: Chronique de Paris. de Lamartine. mieux inspiré. SUR L HISTOIRE DES GIRONDINS. . à une époque quel- conque de rait sa vie. est transfuge. La question mérite d'être éclairI. dont Condorcet ne saurait sable. r> On « Dictionnaire de parti l'A- cadémie quand on « abandonne son » : pour passer dans le parti contraire justifier l'accusation. contraire a dû frapper tous ceux qui connaissent en détail l'hisloiie politique et littéraire du dix-huitième siècle: le mar- quis de Condorcet n'a peut-être été à la cour qu'une seule fois dans sa vie. à la crainte ho- norable qu'éprouvait l'illustre proscrit. être respon- que l'auteur des Girondins a trouvé des palpi- tations de la colère ? cie. J'ai attribué la fuite inopinée de Condorcet.

celle qui avait donné plus admirables preuves de dévouement. et le perdit. par des causes bien puériles. REMARQUES la mettre par sa présence femme lui qu'il appelait sa les seconde mère. . de Lamartine l'explique. le bruit des feuilles « la fuite de La première verdure des arbres du entrevit de sa fenêtre. d'une ciel. porta » ! «Luxembourg. et à la réverbération du soleil d'avril tel « contre les murs de sa chambre. « qu'il cette soif d'air et de mouvement jusqu'au délire. de peur lance. champs. car il y avait dans la cour cinq gros tilleuls. Il fut saisi au retour du printemps. telle passion de fut obli- revoir la nature et le que M™^ Vernet gée de le surveiller comme un véritable prisonnier. suivant moi. d'un besoin de «liberté et de « « « « « mouvement. les Il qu'il n'échappât à sa bienveillante surveil- ne parlait que du bonheur de parcourir s'asseoir à l'ombre . Voyons ce Si qu'il y a était de vrai dans ces assertions. pouvait se donner cette satisfaction sans quitter la maison de M""' Vernet.clxXX. de le d'un arbre. mais l'impatience de son imagination ar« i< dente l'usait. le désir Condorcet dominé par de s'asseoir à l'ombre d'un arbre il et d'entendre le bruit des feuilles. « coûter chant des oiseaux l'eau. d'é. s'il eût su «attendre. M. Voici le passage des Girondins la fuite « quia trait à de Condorcet : Condorcet aurait été heureux et sauvé.

je l'ai trouvé dans l'avertissement d'un Traité d'arithmétique publié par ce ciler si même à la M. donna ver- tige à l'ancien secrétaire de l'Académie des sciences. il fit connaître. la «un inconnu chez la propriétaire de «maison. Le voici «La du jour où Condorcet quitta son se présenta asile. les Luxembourg. au surplus. de Lamartine. dont le première verdure. sous prétexte de voir un appartement qui M était à louer . Les inexactitudes dans lesquelles des peisonnes mal informées ont entraîné M. les doivent être mis hors de cause. à la découverte d'un passage les authentique qui ne peut laisser aucun doute sur honorables motifs qui déterminèrent l'évasion de (Condorcet. que j'ai : pu honorablement veille page cl ij. je crois. Condorcet bien mal inspiré en se dirigeant sur Fonlenay-auxRoses. J'ajouterai que. car alors on ne voyait pas. de Lamartine m'ont conduit. vers un plateau où il n'existe ni rivière ni le la fuite plus petit ruisseau. dans son désir supposé des plaisirs de la et fort inopportun de jouir aurait été campagne. dit M. par nombre de ques- < tions singulières et étrangères à l'objet qu'il disait . où l'on ne peut écouler des eaux qu'au moment d'une forte averse. le 4 germinal an it. Ce passage. Sarret. arbres du clxXX] la Eli tout cas.SUR L HISTOIRE DES GIRONDINS. et je puis affirmer qu'ils étaient coniplétement invisibles des fenêtres de la maison de M""* Vernet. de la rue Servandoni.

de son réduit. ou pour donner un « (Je avis généreux. comme le dit en- suite Condorcet. et donna à entendre que vraisembla- «blementon « viendrait en faire. que « si l'on avait « « « quelque chose de précieux. Quoi «qu'il en soit. vu que ceux qui étaient chargés de ces visites n'étaient pas toujours des gens sur qui l'on pût compter. amena dorcet. qu'il n'élaitpas. qu'on » soupçonnait receler des fugitifs du Midi. le lendemain matin. ajoutant. comme on voit. J'ai déplorable de Con- rendu compte. et qu'il savait ou au moins soupçonnait que quelqu'un la « était caché dans maison. qui. avait entendu tout le colio(|ue.clxXXlj «l'avoir « « « REMARQUES amené. Il parla des visites pour «le salpêtre. aucune trace de l'impatience juvénile qui. Condorcet recul « une lettre qui lui annonçait qu'on devait peut-être faire « le « même jour une visite dans la maison. des principales circonstances qui conduisirent à unesé[)aration mal- . suivant M. il fallait y bien prendre garde. dois dire à sa louange qu'il était venu dans cette : «dernière intention nous l'avons su depuis). un chercheur d'appartements. à la page cvj. la tin dans cette relation. «On doit juger que cet individu nous inquiéta s'il «beaucoup: nous ne pouvions deviner était venu «pour espionner. On ne trouve. et il le ré- péta plusieurs fois avec une sorte d'affectation. de Lamartine.

en fa- veur du savant académicien. et. je le La vérité. de la respectable duchesse et recourir ensuite à des documents l'institut el M. au moment de la son mariage. trouvent de ne pas payer leur tribut à la fragilité humaine. bibliothécaire de et membre de l'Académie des sciences ujorales po- . elle montrera qu'il est des hommes heureusement agitée. écrits. Pour moi qui ne devais pas m'en rapporter à la j'accomplissais un devoir en rumeur publique. et que la rupture fut suivie de brutale et impérative recueilli ces bruits. dis avec la bonheur. Quand sépara- lion éclata. ils préten- dirent que la Rochefoucauld avait constitué de son plein gré une rente perpétuelle de 5. nés. de Lamartine en faire on ne peut lui un repro- che . demande a du capital.ooo fr. Deux but : voies s'offraient à moi pour arriver à mon el je pouvais consulter des contemporains fils amis désintéressés du d'Lnville. j'ai eu l'avantage de elle la découvrir. M. ils étaient fort répandus. les prenant avec soin informations qui pouvaient me conduire à la vérité. ils à l'envenimer.SUR l'histoire des girondins. les ennemis de Condorcet cherchèrent crièrent à l'ingratitude. Feuillet. clxxxiij heureuse et définitive entre Condoicet et son la ilhistie ami le duc de la Rochefoucauld. qui. ne jettera aucune ombre sur brillante figure de Condorcet. pendant les une vie au milieu des circonstances le secret plus difficiles.

je demandai à M. etc. 11 capital. Feuillet de vouloir bien m'éclairer sur relatifs à la pension et à la demande du oreilles. Ce renseignement négatif. Je le passif et trouve sur la des détails circonstanciés sur l'actif de la succession à diverses époques. de fermes près 11 Guise. avec une partie du prix de vente. d'une petite propriété située près de Mantes. n'y vois au contiaire aucune trace d'une aug- mentation de levenu correspondant à 1786. de serrurerie. de 4 de 5 . jusqu'à enleva ce bon citoyen j'écrivais la catastrophe effVoyablequi France. REMARQUES avait été secrétaire intime la du duc de la Hochefoucauld. Je cite celte circonstance pour montrer est j'ai avec quel scrupule. du plus haut prix. à l'article du passif. avec quelle minutie cet acte rédigé. qui élaient aussi venus à mes me et lépondit sans hésiter qu'il n'en avait personnellement aucune connaissance. j'ai fait est corroboré par l'examen minutieux que tutelle du compte de là de M""^ O'Connor. provenant de l'abbaye de Corbie.le fi ancs.CIXXXIV litiques. année . de mé- moires très-peu importants de menuiserie. sur l'acquisition qu'il la fit. presque et dit la filiation de petites renies de 3. nommée Denntont. à la Au moment où les bruits biographie de Condorcet. au moment de son mariage. J'y trouve aussi dans l'actif l'origine. tion dans ce est men- compte. sur vente opérée par Condorcet.

de Lamartine a employé des termes qui seuls auraient rendu ces rectifications indispensables. dans son vague indéfini. « Condorcet. De quel crime a-l-on voulu parler? Est-ce un crime privé. « « « généreusement aux instances qui de peur de traîner avec CRIME sur lui son malheur et son le seuil qu'il aurait habité. qui. dit l'auteur des Girondins^ se refusa lui furent faites. n'est pas susceptible de réfutation. la fuite En dans parlant de fit de Condorcet. qui aurait eu lieu à l'époque de la rupture de mon Il confrère et du duc de la Rochefoucauld. croire à ni rien qui puisse faire une augmentation de capital de cent mille francs. Suard. un crime politique? Je ne trouve pas d'explication qui puisse atténuer la gravité de l'imputation odieuse. n'a fallu rien moins que souvenir des hautes qualités qui distinguent M. faudrait renoncer à toute logique pour supcette simple poser qu'après remarque il restera quelque chose de l'horrible calomnie qu'on a voulu faire peser sur la mémoire de Condorcet. M. par exemple. et de la ten- tative qu'il pour être admis à Fontenay-aux-Roses et M""^ la petite maison habitée par M. Je ne croirai jamais. un crime public. de Lamartine. que ce passage a soulevé chez moi. le j'ai pres- dit de colère. » Pour réprimer que il le mouvement d'humeur. olxXXV du mariage de Condorcet.SUR L HISTOIRE DES GIRONDINS. . quoi qu'on en puisse dire.

figurer à côté qui ne devait jamais du nom glorieux de Condorcet. culte de la que le forme ait dominé un homme lui faire de conscience et de talent. Cette expression ne peut être qu'un lapsus calami^ ou une faute d'impression. . au point de tracer. ETC.. dans l'unique but d'arrondir sa phrase et une expression outrageante. clxXXVJ REMARQUES. de Lamartine le soin de la retirer. Je laisserai à la loyauté de M.

CORRESPONDANCE ŒUVRES DIVERSES. .

.

lettre igSG. voyez . et (2) (3) Condorcet D'Alembert. t. B. LXVI. et la philosophie restera. Le vieux malade de Ferney embrasse de ses deux maigres bras les deux voyageurs (2) pliilosophes qui jours. A CONDORCET (i). ET 1. et du compte. ont adouci ses maux pendant quinze la nature. B. Au bout la vie. elle est la consolatrice de son (i) Voltaire. page 445. Un grand réfutation dit courtisan (3) m'a envoyé une singulière du Système de si dans laquelle il que la nouvelle philosophie amènera une révo- lution horrible on ne la prévient pas. lettre Le marquis de Voyer-d'Argenson voyez 5970. . Tous ces cris s'évanouiront.CORRESPONDANCE VOLTAIRE CONDORCET. lo octobre 1770.

et plus : des miens. Laissez faire . vous les ferez cette idée égayé la fin possible d'empêcher de penser. avait le marquis de Condorcet tolère vers. (3) D'Alcmbcrt. et votre oublie Pékin français tères. Agréez. nièce. t. compagnon de voyage (3). le roi de la Chine le prie de le tolérer (2). les regrets de l'oncle et de la 2. pour messieurs Au reste. LXVI. (i) (2) Voltaire. . tome XIII des œuvres de Volvi- taire. je ne de la Chine n'aime aussi les mathématiques. Messieurs. imprimé que dans une sorte de caracVous savez qu'à la Chine on en a employé soixante-quatre pour rendre l'impression et ture plus faciles. j Épitre au roi de la Chine . Cet exemplaire n'est. page 5o6. envoyé un exemplaire pour vous. A CONDORCET(i). Monsieur. j'aime passionnément les deux mathématiciens qui ont autant de doute pas que le roi justesse que de grâce dans l'esprit. Pour moi. les 11 Puisque M. Vous verrez de beaux jours. il est im- on pensera. Je ne sais si on quand on est à Paris. Monsieur. 5 décembre 1770. moins les hommes seront malheureux. C'est de la pâture la lec- des inscriptions et belles-lettres. qui avait accompagne Condorcet dans sa site à Fernev.2 CORRESPONDANCE le contraire en est poison.

Ma pauvre colonie et délabrée que moi j'ai bien peur que nent inutiles. Je suis très-malade. je serai dans l'état fort (i). Il me quitte. dont j'approche tends l'état où il était avant de finir : peu de chose qu'un vieil académicien. j'enc'est j'en ferai usage pour vous tant que du président Hénault. Monsieur. le 24 novembre 1770. La faculté digérante conséquent la faculté pensante. ver soit doux. La faculté écrivante me quitte. A CONDORCET. qu'un philosophe de votre âge peut goû- Conservez un peu d'amitié au pauvre vieillard enterré dans les neiges. (i) Le président venait de mourir.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Ma nièce et et moi nous vous souhaitons la bonne année. 6 janvier 1771. . 3. çaise. Le vieil hermite vous assure de ses tendres respects. Nous avons besoin d'hommes qui pensent comme vous. et tout de 3 l'hi- bon quoique . J'ai été. tombe dans le néant dont je Les vers que vous m'avez sont très-beaux. bien malade est aussi les et bien affligé. dans cette bonne année sont compris tous les plaisirs ter. et Il cités de M. . maisons que j'ai bâties ne devienque mon pauvre petit pays ne rel'avais tiré. de la Harpe faut qu'il soit de l'Académie fran- que vous nous fassiez le même honneur. A Ferney. et par me reste l'aimante.

Les Questions sur V Encyclopédie. A Ferney. les enlaidissent. LXVII. Un homme qui ne sort pas de son qui dicte au hasard ses rêveries. Vous avez grande a raison.4 CORRKSPOiVDANCE 4. mais est bon de cela des caricatures des méchantes gens. les autres Welches qui se passionnent pour ou contre les parlements. Le vieux malade de Ferney sieur. n'est guère fait Il pour amuser. me paraît que tous les la honnêtes gens ont été perte d'Helvétius. de dire qu'on souvent exagéré il la méchanceté de faire la nature hu- maine. . Quand en cor- riger un ou deux sur vingt mille ce serait toujours un bien. et de leur présenter des miroirs qui ne servirait qu'à . paye 35o. cela passera. li. A CONDORCET(i). mais d'autant plus sensihles à marauds d'ex-jésuites et les j'aimais sa personne. (a) t. Monsieur. Je n'aimais point son livre. les que marauds d'ex-convulsionnaires ont toujours aboyé contre lui jusqu'au dernier moment. Je ne sais si vous aurez des moments pour lire des choses lit. Mon- envoyer les fadaises du question- neur (1) par la voie que vous lui avez indiquée. comme le jansénisme et le molinisme mais ce qui ne passera : Pour (i) Voltaire. i^' février 1772. et si inutiles. de vous a eu l'honneur.

de sa première représentation avait ôté . dans et les Vosges. natif de Darney. Monsieur. ne sont pas imprimés. c'est mon tenche et sincère alla- chement pour vous. ouvrages qu'il avait mangé six pèlerins en salade. M. à qui le mau- vais succès le courage. bonté d'écrire que nous étions des encyclopédistes qui avaient. mon . approuvée l'année dernière mais . Bergier(2) a eu la fait trois ou quatre pour assurer le succès de la pièce. son abbaye et tous ceux qui en vivent. cents vers impies Ce Bergier l'avait (i) Tragédie de l'abbé Leblanc. la I! y a eu des retrancbemenls à faire après les première représentation. A VOLTAIRE. qui méritez autant d'amitié que d'estime. dont je vous ai parlé. (2) L'abbé Bergier.l'étais avec eux. auteur de quelques ouvrages de théologie oubliés et dignes de l'être. pas envoyé le . Il de critique. je l'ai pris en aversion . Tbomas. aujourd'hui fort mourut confesseur de Mesdames. . 5. M. lo avril 1772. qu'après 5 ma mort. lui . en une après-dînée. Watelet. illustre maître ne m'avez-vous neuvième volume de V Encyclopédie ? Croyez-vous que personne prenne plus de part que moi au sort de Gargantua ? Je n'ai jamais aimé les mangeurs d'hommes et depuis que j'ai vu dans vos Pourquoi . Les Druides (j).ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. M. ont faits en présence de l'auteur.

et il aura une grosse pension sur l'abbaye de Théîème à la première promotion. Assurément cet homme aurait encore besoin qu'on lui donnât des conseils raisonnables (i). D'Alombert. Les ennemis de la philosophie ont fait une belle défense mais les soldats de Gédéon vainest le 5 cront toujours les Madianites en les éblouissant à force de lumière. l'impression et la représentation du même ouvrage qu'il avait approuvé. on a défendu. 24. jNous l'avons convaincu d'avoir menti. Bergier pour la défense du Christianisme. à sa sollicitation. le Paulmy. Juvénal. . le Séguier et l'abbé de Voisenon. On parle des piœurs et des principes que doivent avoir ceux qu'on recevra à l'avenir . sat. . En attendant. (i) ne me croie pas oublié Conseils raisonnables t. 11. (2) ('i) XLIV des œuvres de Volfaire. et voilà qu'il regardé dans son parti comme un confesseur. Adieu. mon illustre maître. Notre ami (2) est secrétaire perpétuel de l'Académie française. On compare aux saints pères qui mentaient si effrontément pour la foi. envoyez-moi ce neuje vième volume pour que de vous.6 CORRESPONDAJVCE toutes les bégueules titrées l'ayant trouvée irréligieuse lorsqu'on l'a jouée à Versailles. Vous savez sans doute le détail de tout cela. Quis tulerit Gracchos de seditione querentes (3). et les gens qui ont sollicité cette lettre ou qui y applaudissent sont le maréchal de Richelieu. v. à M. et lui en ayant fait des reproches il a dit que ce n'était plus la même.

je suis de bonne humeur. A COiNDORCET (2). Ce mardi. Le la refusa de sanctionner ces deux choix. Voilà les nouvelles du temps. qui venait de lui ôter Gazette. Suard. dit vulgairement le mardi saint.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. défenseur des serfs du mont Jura con- tre les moines de Saint-Claude. Présentez. madame du mont Jura(i) est à Ferney nir. Les femmes mêmes ont l'estomac trop faible pour faire un déjeu- ner aussi solide. Si le brave ennemi des tyrans . page 443. Chrislin . parce que (i) M. (3) LXVII. 1 1 mai 1772. rappelez-moi dans son souve- Les marchands de croquet azyme se plaignent le que commerce tombe tous les ans. ou que celui des croquets cesse abet solument. (2) Voltaire. colèi'e J'ai été tenté de me mettre dans une grosse à l'occasion de ce qui s'est passé à l'Académie française (3). D'Alemje suis sûr bert a bien voulu être notre secrétaire perpétuel. mais quand je considère que M. il faut que d'ici à quelque temps le commerce des livres soit arrêté. je VOUS supplie. . t. Delille fut repoussé comme trop jeune. La lecture ne vaut assurément rien pour l'estomac. la comme disgracié de cour. avaient été élus dans la Delille et Suard roi même séance (6 mars 1772). avocat . 6. 7 mon respect à Denis. Je n'en ai point de meilleures à vous mander.

Je vais faire venir . septembre 1772. et s'il y a. d'après les meilleurs dictionnaires. Monsieur. « CORRESPONDANCE qu'il mettra les choses sur un très-bon pied.. LXVII. mon cher secrétaire. neur d'être comme vous . dit^il bien peur que ce ne soit . Si le et la philosophie demeure. La plupart des livres nouveaux ne sont que cela. à la prison perpétuelle par Condamne Clément XIV.. V Histoire de ( i rétablissement du commerce dans les Deux-Indes . Une lettre adressée au pape eu son nom lut attribuée à Voltaire. B. Monsieur. Embrassez pour moi. qu'il a copiée. La saison n'est pas favorable. Je mourrais bien gaiement petit si vous pouviez faire encore un voyage avec A lui.l'ai ). un grain de philosophie dans sa pièce conseillez-lui de la garder quelque temps dans son portefeuille. fidèlement. (i) Par l'abbé Raynal . un réchauffé avec de la déclamation. t. 7. écrit trop bien en diffus et les longues il n'a point le style . . je vous prie. le dites. CONDORCET i^"" (al. dont la première édition en 6 volumes in-8" (1) ('5) imprimée à Nantes. L'Académie n'en a point encore eu de pareil. jeune auteur d'une tragédie nouvelle a l'hon- connu de vous. Voltaire. Les ouragans passent. . Un barbare vient de m'envoyer. sur votre parole . en six volumes l'histoire du monde entier. français L'abbé Pinzo (3). venait de paraître. page 5i.

Je suis fiiché pour Leibnitx. Il y a des gens de beaucoup la ne pourrais en dire autant. et qu'il a tou- jours le style de d'esprit je chose. Spinosa était trop intelligent pour ne pas admettre une intelligence dans pas si la nature. auteur d'un pamphlet contre Voltaire. qui créa. et déclame beaucoup trop. le monde : avec la parole. Réflexions sur la jd-^ . qu'il ait été un peu charlatan. dont l'équipée est un peu ridicule A l'égard des athées. c'est qu'il est clair dans ses écrits comme dont dans sa conversation la . L'auteur des Systèmes ne raisonne bien que Spinosa. Malheureusement sa posiPourceaugnac « 11 me donna un : soufflet. qu'ils disent donc comme lui Fiat lux. le Roi. ni un New- ton ni Locke ne l'étaient.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. dit-on . Ce (jue j'aime passionnément de M. faut s'en prendre à (i). phrases des Italiens. intitulé lousie. (i) Les Systèmes. faites Adieu. pièce devers de Voltaire. mais il me semble qu'on nous manger à présent des raisins un peu amers. Ajoutez à sa charlatanerie que ses idées sont presque toujours confuses. D'Alembert. » A l'égard des Systèmes. M. Monsieur. Puisque ces Messieurs veulent toujours imiter Dieu. qui sûrement était grand génie. comme il y a fagots et fagots. mais je lui dis bien il son fait. : le Roi. vous savez qu'il y a athée et athée. (pie fait provigner vigne tant vous pourrez . J'ai 9 grand'peur qu'il n'ait quel- tion est celle de « que ami encyclopédiste. M.

tome IX. a commandés à Raton. qui rend aux assassins du chevalier d'Etallonde. ou tel autre signe vous plaira pour éviter les méprises. qu'il Vous devriez mettre un C. Il s'est trouvé l'abbé Masan (2). L'ouvrage d'Helvétius (3) est celui d'un bon enfant qui court à tort et à travers sans savoir où mais la . et du chevalier de La Barre. mais ce qui pas perdu. la justice qui leur est due. dans des notes assez curieuses de l'édition qu'on fait à Francfort d'une tragédie nouvelle. et personne ne si- du moins je le du bureau de présume par la Gazette est de vous le style. il n'y a tirés. qu'à les rejeter dans feu d'où Raton les a Vous êtes obéi sur les autres un lionnéte homme. mais sous celui de Morza. le S'ils ne valent rien. B. 2 vol. Monsieur. cet abbé Masan . nommé points. C'est dommage que zin . Je suppose. in 8". cousin germain de l'abbé Ba- n'ait pas su l'anecdote du sieur de Menneville est différé n'est de Beldat. (i) Voltaire. ouvrage posthume. t. que Voltaire donna les notes sur sa tragédie des Lois de (2) Minos. qu'une lettre de la rue Saint-Rocli et il y a bien des éciitures qui se ressemblent. page gS. B. . i Ce n'est pas sous le nom de Masan. 1772. Voici un petit paquet de ces marrons que Bertrand . (3) De l'homme et de son éducation . 4 janvier 1773. car gne. A CONDORCET (i). CORRESPONDANCE 8. LXVII..

I I persécution contre lui a été une des injustices les plus absurdes que j'aie jamais -vues. le dit répandu chauffé bruit à Paris qu'une Messaline de M. car j'avais mis près de huit jours à faire cette pièce. Il y a un M. Beuchot. et j'en mettais pres- que autant à la corriger. j'ai fait les Mon- dans quel esprit Lois de Minos. 9. 1*^'' février 1773. les philosophes! Vous savez. qui a composé pour le prix de l'université selon vos vues: c'est un ancien avocat leliré. et qu'à la suite de l'entrevue Vol- taire avait eu des évanouissemenls. que tout l'honneur qu'on m'a fait : je ne mérite point du de me mettre au-dessus une mauvaise plaisanterie qu'on a faite mal à propos sur une très-belle demoiselle. J'ai lu quelque chose de son discours cela est si terrible et si vrai que : . ou de Belleguerre. ses Voyez Discours de M. qui n'est pas assez sotte pour s'adresser à moi (2). Belleguier. Voilà tout d'un coup qu'un (i) Voltaire lui-même. » . A CONDORCET. Voltaire raconte cette aventure au duc de Richelieu. Cela m'avait coûté des peines infinies. Monsieur. tome XLVII de (2) œuvres. de Belguai. A mon secours sieur . de Sophocle au physique c'est Mille respects. ou Belleguier (i). Soyez sûr. dans une " lettre du 21 septembre 1772: «On avait.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. j'en crains la publication. Genève avait ré- « « les sens de Voltaire.

un faLe maraud imprime et débile hardiment la pièce sous mon nom. et qui vend le tout à quin de libraire nommé Valade. la lettre (i) Point c'était Marin. mais je suis en vie. et mettez un C L'avocat Belleguier (a) ne sait au bas de vos lettres. Voltaire le sut plus tard. ou un ouvreur de loges (i). je lu tout et suite. Voyez précédente. je crois que c'est à vous que je le dois. Allons . 10. vol. de peur de méprise. ayez bonté de lui donner une adresse. et le dit (2) (3) dans sa lettre à d'Argental du iS février 1774. sans approbation. Je ne suis pas guéri. p. par Condorcet. .12 CORRESPONDANCE comédien. un petit ouvrage d'or l'ai mon de est vingt-deuxième accès de fièvre. ou un souffleur. morts depuis l'an i6ft6 jusqu'en 1G99. Ce brigandage est digne du tripot de la comédie et de tous les petits tripots ble. Pourriez-vous en dire ou un mot à M. V. . (3). i"' mars 1773. sans privilège. II. de Sartine? qu'il la me mande de Grenoble comment vous envoyer sa diatribe. acadéinicieiis Les Eloges des de l'Académie royale des sciences. qui barbouille cette tragédie de vers de sa façon qui supprime ce que j'ai fait de plus passa. à J'ai reçu. qui partagent votre faire dire ville. qui gâte le reste. Cet : ouvrage un monument bien précieux vous paraissez pardu tout. 1. Monsieur. combattons jusqu'au dernier soupir. A CONDORCET.

(i) avait donné à ses élèves. de Morangiés ne devrait être jugée que par des philosophes qui savent peser probabilités. pour sujet de composition : Non magis Deo infcnsa est quani regibus ista quœ . de Lalande je vous supplie de lui dire que mon triste état m'a empêché jusqu'à présent à lui faire réponse sur Cogé de ses sujets. Si vous voyez M. Je parle des Français . soutenu par Voltaire. je vous prie. la mort sur les lèvres. vucatur Jiodie philosophia. parce que je n'ose me reconnaître dans un de vos portraits. l3 tout le maître de ceux dont vous parlez. et que je en quelque façon partie dans le procès de M. Il me sem- ble que la cause de M. Il est bien étrange que je sois obligé. contre le comte de Morandes oeuvres de giés. mais que si j'en réchappe il aura bientôt de mes nouvelles.. Je soumets mes raisons à vos lumières. Si vous L'abbé Cogé. comme une respectueuse démonstration estime et de les assurances de ma mon tendre attachement. (2) Falconnet. i^' mars 1773. C'est un roi qui toire fait l'his- car pour Huyghenset Roèmer. Monsieur. Je vous envoie ce chiffon par M. Je n'ose vous remercier. Voyez tome XL VII Voltaire. les Regardez. Réponse h l'écrit d'un avocat. Marin. de Morangiés. . je les mets à paît. avocat des Véron. pécus (i). Le vieux malade de Ferney. régent de rhétorique au collège Mazarin qui . EJNTRE VOLTAIRE ET COJNDOHCET. sois de répondre à un avocat (2). mais un maître doux et modeste.

n'en rougira (1) Cette lettre ne s'est pas retrouvée. mais dans votre dernière lettre (i) vous me dites des choses fort ingénieuses et fort agréables des dames de Paris. de Voltaire par Clément . Voltaire en lettre demande justice au chancelier Maiipeou. ce i6 mai 1773. C'est le panégyrique de ce morale d'un moine et la politique une chose digne de remarque. l'abbé Mignot (2) . lettre Quatrième a M. d'abord pour m'avoir procuré l'avantage de connaître M. qui m'a témoigné toutes sortes de bontés dans un procès pour ma mère que je viens de gagner. (ck' Dijon). La lettre de ce Clément écrit est excellente (3). Paris. . m'aviez donné votre adresse je vous l'aurais adressé en droiture. ces qui déshonoraient le trône par des vertus de ca- pucins. et vous ne m'avez point donné d'adresse. II. que jamais la religion chrétienne n'ait placé dans le ciel que des rois persécuteurs ou des prin. L'auteur des petites hardiesses a bien eu raison de s'élever contre Louis. Je VOUS dois bien des reraerciments.l4 CORRESPONDANCE . mon illustre maître. qui avait la d'un tyran. 11 Voilà son opprobre de sa propre main. dans une du 20 décemlire 1773. (2) (3) Neveu de Voltaire. et ensuite pour m'avoir envoyé les Lois de Minos avec tout ce qui les accompagne. A VOLTAIRE. selon moi.

il y a quelques semaines. fasse tout le mérite. ce qui est un grand bien. on peut regarder une de faire place de cette nature comme un moyen sourdement le peu de bien que l'on peut faire. mais ses protecteurs rougiront. et si . de Lalande avait dit qu'il n'était pas absolument impossible qu'une comète vînt choquer la terye. que M. et que main-d'œuvre n'en Avez-vous reçu. Aussitôt la frayeur s'est emparée des esprits. l5 parmi les ennemis delà philosophie. pas. dans un parti qui lecteurs la n'a pour chefs comme pour proque des hommes chargés du mépris ou de haine puhlique. et qu'on n'a pas reçu une voix assez forte pour se faire entendre du fond de alors sa retraite aux tyrans de toutes les robes. comme ils des yeux trop délin'oseront plus rester cats craignent la lumière. .et pouvoir dire de là tout ce qu'on pense. puisqu'on ne peut nier que la la matière première ne soit bien peu de chose. Les femmes de la cour et celles de la halle ont couru à confesse. Il n'y en a pourtant point de meilleur selon tous les principes de l'économie politique.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. et il s'est fait une grande consommation de pains azymes. gens qui la il y a quelques honnêtes craignent. car les marchands de cette espèce de denrée se plaignent que ce commerce tombe tous les jours. et les faire trembler au milieu de leurs esclaves . mon cher et illustre maître. Le bruit s'est répandu. une j'avais été élu secré- lettre taire où je vous mandais que de l'Académie des sciences en survivance? Quand on n'est pas assez heureux pour demeurer au mont Krapack.

de l'humanité. et vous rendez la philosophie bien aimable par les grâces de votre esprit. A CONDORCET. mais en Teucer (i). mon cher el illustre maître. et dans la haine pour leurs ri- dicules et atroces ennemis. dans l'amour de la vérité. pour quelque temps. croyez que per- sonne n'est plus sensible à votre souvenir. C'est la plus belle place du monde à mon gré. dire Vous un êtes un vrai philosophe. 12. Dieu merci! vous avez dans Paris un très-grand nombre d'honnêtes gens qui vous secondent. et. Ainsi. ne vous dé- couragez jamais. 23 mai 1773. on peut la chasser. non en Jésus- Christ. ne vous aime. ne vous admire davantage du fond du cœur. Monsieur. . mais on ne peut Vous serez toujours à la tête des sages. D'Alembert pour conserver le dépôt du feu sacré que tant d'hypocrites veulent éteindre. c'est-à- vrai sage. Il ne faut que deux hommes comme vous et M. et ne vous est plus inviolablement uni. (ij Personnage des Lois de Minos. M. Monsieur. Je fais bien plus de cas des secrétaires que des fondateurs.\G CORRESPOISDANCE Adieu. Quand la raison a mis une fois la le pied dans un pays. Je me tais pour le présent sur le reste. D'Alembert et distribué les me charge devons dire qu'il a reçu exemplaires des Lois de Minos. on peut la faire taire persécuter.

la (il Legentil de Galaisière. sur lesquels on jette de à la nite à Si Rome. 4 auguste 1773. comme vous me l'ordonnez. cette illustre Je n'avais jamais entendu parler de celui qui se assemblée des oies qui ne sont pas ceux du Capitole. 13. Monsieur. monde des gens plus dangereux que les comètes. Comptez sur mon dévouement entier. A CONDORCET. Il faut avouer que les ^aches de M. pour le peu de temps qui me reste à vivre. Monsieur. ne fête que des ânes. Je vous adresse. il est juste l'église porte de que Toulouse. qui n'est q u'une capitale de province. cet honneur aux chevaux. Nous avons ici beaucoup de Languedochiens d'auprès de Toulouse mais personne ne connaît la fête . Je Il l'J m'en rapporte y a dans le à M. mes remercïmenls (1) en droiture. D'Alembert comme à vous. Rome fait de Saint-Antoine. celle des Il faut qu'elle soit imitée de l'eau bé- chevaux. C'est de lai que nous sont venues les comédies de la Pas- sion et les moralités de la Mère sotte. cité dans \v'~ . savant astronome. Legentil i) (2) sont encore au-dessus des mulets el Pour l'envoi des Éloges. des ânes et des mulets.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Je sais seulement tait que moque d'eux n'é- qu'un canard enroué qui croyait avoir la voix plus belle que celle d'Homère et de Sophocle. V.

et sur le livre du Shasta-Sid. Je ne crois pas qu'iFy si d'êtres méprisables dans le monde que toute celte petite canaille lettres autant J'ai de la littérature. Holwel (i) sur les anciens Bracmans. Voyez tome XLVII. On m'a envoyé depuis peu un tiré du jourannonce des choses hien de l'ouvrage de M. Vous connaissez sans doute tout ce que dit M. l'un pour vous. que Voltaire estimait très-précieux. je ne l'ai point assez vu. et publia des mémoires sur l'Inde. est entièrement de la facilité de M. qui a servi longtemps dans l'Inde l'avis .) . des œuvres de Voltaire. le plus ancien laquelle les monument de petit extrait la terre. mais trop malade. que vous honorez il vu M. sans contredit. L'inclément Clément (3) n'aura pas beau jeu à désavouer les les clémentines qu'il m'a écrites : j'ai tous ait originaux de sa main. Scrafton. Scrafton. et surtout sur le Il Gange . Ils avilissenties bellesles sciences. Si M. qui a cinq mille ans d'antiquité. est étonné de avec Brames calculent les éclipses. qui. Clément (de Dijon. Je mettrai dans le paquet deux exemplaires.l8 C011R£SP01\DANC£ des chevaux. Cet extrait intéressantes. Gouverneur de Calcutta. Holwel ne nous a pas trompés. . de Garville. c'est. étudia vingt ans (2) (3) Les Fragments sur l'Inde e[ Le générai Lally. Dieu veuille que ce petit ouvrage vous parvienne. prisonnier au Bengale. l'autre pour M. Fragments sur l'Inde (i) ainsi que M. j'étais m'a paru bien digne de votre amitié. Legentil. M. D'Alembert. Monsieur. Je pourrais aussi vous faire tenir inces- sammentquelquechosed'assez curieux sur rinde(2). nal des savants. page 332. Legentil. y la langue sacrée des Brames.

ou pas encore d'Isis. n'est pas de rival.. ne sont pas inventées par un sot. où sur la recommandation de Voltaire. a affaire avec des fripons. Monsieur. qui.le vois que je me . l'égard m'avaient donné des alarmes sur une de vos amies. lib. Frédéric (2) l l'avait fait officier. page ^70. 14. et réfugié en Prusse. la main de Voltaire. A de Brama. . aux animaux et aux végétaux. . et ciier plus haut De dans plus. (3) Virg. à la lumière. la il m'est évident qu'il y a de l'intelligence nature. les sincères assurances de mon tendre et respectueux attachement. A CONDORCET (2).. VI. ne crois admettre ou du Chang-Ti ou d'Oromase. je me trompertoutafait. V. mais ce qui est assez vraisemblable. 727. 16 novembre 17 7H. à Il la vérité. . Je ne sais quelles nouvelles à la main. suis trompé.^w/r/.NTRE VOLTAIRE KT CONDORCET. Monsieur. c'est qu'il peut venir un jour chez les Welches en grande compagnie. Mens agitât molem (3). (i) Ce nom est ainsi écrit dans l'original. LXVIII. I9 Ce qu'on vous a dit du capitaine Talonde (i) n'est malheureusement pas vrai.F. Vol.il faut les quand on qu'eus. V. et que les lois imposées aux planètes. Agréez. l'affaire s'agit de d'Étallonde de Mo- impliqué dans de La Barre.

et avec la Tactique. Sa Tactique n'est pas un ouvrage de belles-lettres. Comme je sais que vos mathématiques ne vous empêchent point de cultiver les belles-lettres. les : qu'elle fait quelquefois des pas de clerc crois impeccable ni infinie. etc. Je ne sais si notre frivole Paris est digne de deux ouvrages excellents qui parurent l'année passée Félicité publique.. dont fait à la ill est question plus loin mit M. (2) Adversaire du comte de Morangiés. de Guibert tout à mode. mais elle m'a paru un ouvrage de génie. Je pense . Tout cela est une affaire de métaphysique qui n'a rien à faire avec la morale. ne soient la plus mépri- sable canaille de Paris. il mais je crois ni nature bonne et sage.20 CORRESPONDANCE Ce sont les Sabotiers (i) la qui sont sots et méchants. Je l'autre : c'est la Tactique et la de ces sujets. de Chastellux et M. de Guibert. la littérature. les Sabatier. Clément. de qui Voltaire avait la embrassé (^^) défense. de Guibert ont raison. auteur des Trois siècles de. permettez-moi de vous demander si vous avez lu le Connétable de Bourbon (3). fit . (i) L'abbé Sabatier (de Castres). est vrai je ne la que son intelligence a tout fait pour le mieux et que dans ce mieux il y a encore bien du mal. Il y a une autre sorte de génie dans le Connétable. et qui n'empêche pas que les Yéron (2). la tête ne me connais ni à l'un ni à mais je voudrais que ceux qui sont à bien examiner du gouvernement eussent le temps de si M. Tragédie qui grand bruit. de M. .

de Fontaine (3). Vous la ferez lire à M. D'Alembert afin que vous la lisiez. Je ne connais guère que vous et M. (3) Voyez tome II.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Monsieur le Marquis. Vol. un peu de bonté pour le vieux malade. cherché (i) (ï) La Tactique. et qui l'auriez été de Bernard de Fontenelle. iSg. J'aurai l'honneur de vous sous l'enveloppe de M. D'Alembert qui J'ai sachiez présenter les objets dans leur jour et écrire toujours d'un style convenable au sujet. Vous ne sauriez croire quel plaisir vous me ferez de me le faire parvenir. 15. Conservez toujours. Vous êtes tous deux les vrais secrétaires d'État dans le royaume de la pensée vos lettres : sont plus assurément instructives et plus agréables que toutes les lettres de cachet. A CONDORCET 5 (•/). II 2 1 m'est tombéentre les mains un petit manuscrit (i) le livre sur de M. Voy. C'est bien vous qui êtes mon maître . p.. ou je l'enverrai à M. C'est vous qui êtes un vrai philosophe et un philosophe éloquent. LXVIII. D'Alembert. tome XIV. de Sartine. . page 379. de Guibert : ce n'est qu'une plaila faire tenir santerie. Voltaire. décembre 1773. qui est un chef-d'œuvre. On m'a parlé d'un éloge de M. Monsieur. supposé que cela puisse vous amuser un moment.

tome II. c'est votre perIl est vrai que. Jamais les belles-lettres et été si la philosophie n'ont honorées que par vous. Vous m'avez faitpasseï-. que j'aime toujours. je dois pren- dre peu d'intérêt à ceux qui roulent l'espace. comme les prophètes son porte-manteau élait tout chargé d'XX que (i) (2) Lettre sur la prétendue comète. On dit qu'il y en a deux. paye . un quart d'heure bien agréable.INCE dans mes paperasses la mauvaise plaisanterie sur les comètes (i). l'autre que je ne connais pas : mais. Je juifs. et près de quitter ce petit globe. Monsieur. J'aime mieux voir Alexis Fontaine dans votre ouvrage qu'en original. Ce que j'aime autant que votre prose. quand ce ne serait que pour donner un os à ronger à Clément et à Sabotier. cela ne m'arrive pas souvent. je ne l'ai point trouvée. mais j'aime mieux votre prose que tous les vers du monde. je sonne. Voltaire. l'une de moi. A CONDORGET. dans les intervalles dies me laissent quelquefois. Voyez l'éloge de Fontaine. souffrant continuelle- ment. et avec qui comme nous dans je probablement ne serai jamais en liaison. iSjj. tome XLVII. 24 décembre 1773. lade de Ferney. dans l'état où je suis. il fît un voyage de sa terre à Paris sur un âne. tendre respect du vieux ma- 16. l'ai (2) entrevu autrefois.22 CORKESPONDA. que mes malam'amuse à la poésie. le Agréez. Monsieur.

qui enchantera honnêtes Ce qui m'étonne. C'est le plus bel éloge qu'on il se mit à rire à la première scène. On le mena un jour à Phèdre. et et il s'en alla à la seconde. mo- . d'avoir daigné prendra le parti Con- (i) Voltaire lui-même. ni Clément. ces prophètes ne connaissaient pas. quel qu'il soit. qui s'était un peu les comètes (r). Lettre mir la prétendue comète. mais gens. avait été l'occasion des bruits dont Voltaire se cet écrit. à l'Académie des sciences. qui ne corrigera ni Fréron. si vous avez fait de nouvelles découvertes en mathématiques. philosophe. ni Sabatier. j'ignore même si on peut en faire de grandes mais . grand poète. il égayé sur Le mauvais plaisant de Grenoble. Si je de votre copie. le me semble que vous en faites dans cœur humain. L'aventure de Fontaine paraît de son avocat me beaucoup plus la plaisante. ait jamais donné à ce connu dans mon enfance un chimiste nommé La Ligerie. Monsieur.EM'KE VOLTVIRE ET CONDORCET. Bernard de Fontenelle en quelquefois du clinquant. ce qui me paraît tout aussi difficile. Vous nourrissez et vous embellissez la sécheresse du sujet par une morale faire noble et profonde qui doit une grande imprestous les sion. J'ai c'est que Fontaine aimât Racine. tome XLVII de que dans Une lecture de Lalande. est bien obligé au grand de ses oreilles contre d'autres oreilles. c'est de lui que nous vient Ja poudre des chartreux. Ennii. voyez ses œuvres. UJ Vous tirez aunun tirait ex stcrcore. vous la vous avez besoin renverrai en vous demandant Je ne sais permission d'en faire une pour moi qui ne sortira pas de mes mains.

A Ferney. et en emportant dans le néant ma très respectueuse amitié pour vous. vous écrit tout uniment par la poste comme vous l'avez voulu et comme vous avez eu raison de . le vouloir. J'en quel- que chose je n'ai digne confrère en secrétariat. V. presque aussi aveugle que madame du Deffant. Le petit troupeau des gens qui pensent n'en peut plus. La voie dont il se servait (i) était trop dan- gereuse.^4 CORKliSPO. piesque aussi sourd que la Condamine. . 25 février 1774. avec M. qui est tou- jours persécutée en plus d'un genre. Monsieur. tinuez. Puissiez-vous. à proféger la raison. Vous me à votre l'avez dit. et il se trompa des gens d'esprit l'auraient beaucoup mieux servi qu'un sot. mais le pas osé lui expliquer tout problème. ai dit Je vous dois mille remercîments. Ce docteur ne voulut jamais d'autre valet que le balourd Arlequin. : . Monsieui-. A CONDORCET. Je quitterai bientôt le mien en vous regrettant tous deux. Vous savez qu'il V a des gens puissants qui ressemblent au docteur Balouard. Le vieux malade. Je (i) L'intcrmcdiairr de IMariii. parce qu'il s'imaginait qu'Arlequin ne pourrait jamais découvrir ses turpitudes. détromper le docteur Balouard peutêtre à vous deux formerez-vous un nouveau siècle. et je l'ai bien éprouvé. plus vieux et plus malade que jamais.NDAiNCI. 17. D'Âlembert.

Parce que Marin avait retenu en main de quoi se .ENTRE VOLTAIRK ET CONDORCET. se trouva que ledit Marin décadessus. Cela gêne beaucoup quand on a de quoi parler et qu'on aime à parler. (1) taire avait Sur Marin. (2) te fit une édition subreptice.ivait averti qu'il ne voû- lait plus recevoir de lettres par les bons offices d'un homnie '< « « qui était soupçonné de les ouvrir. il et lui avait volé les Lois ci- de Minos. fiiire entrer Marin à l'Académie chetait la française. qu'il a trouvé l'équation tout d'im coup. trop de confiance. avec moi si faut . 11 dance par avait même Il voulu. etc On s'est trop aperçu enfin que cette défiance de M. et dont je vous de m'inslruire si vos occupations vous le permettaient. Pour surcroît de peine. Voyez. correspondance de Voltaire. a5 février (3) 1 774/1 venjj. dont lettre 9. Volen lui toute confiance et faisait passer sa corresponses mains. Voilà de ces choses qu'on ne devrait pas attendre dans la lépuhlique des Il lettres. nie flatte qu'il est aussi bien instruit a5 et que vous. Malheureusement il j'ai eu que je me taise (3). Le quatrième mémoire de Beaumarchais ne laisse pas de donner de grandes lumières sur des choses dont vous m'aviez déjà parlé (i). soupçonné d'être. cette république! faut espérer mais je me console avec vous. Que d'infamies dans que les deux secrétaires unis mettront tout sur un meilleur pied. en 1770. secrétaire de la librairie et censeur royal. Ne vous gênez pas je vous en prie. « M. Je suis un peu victime des brigands soi-disant lettrés. . Ce Beaumarchais justifie bien les déprierais fiances que vous aviez (2). le marquis de Condorcet ni'. » [k D'Alembert.rr. d'être. soupçonné d'être espion. de Condorcet était trop fondée.

Vammal tnarin. (i) Voyez la ivponse à cet article dans «le la lettre suivante. soit autres. Si la vie. Monsieur. 6 mars 1774.26 CORKESPOKDANCE VOUS savez quelque chose à m'apprendre touchant l'homme dont vous vous êtes si justement défié. - Dieu me préserve de tous ces gens le cas. C'est une peu plus dégoûtants hypocrites de vertu et il un des que je connaisse. 18. (2) Marin. A VOLTAJRE. Raton. s'il a abusé et le de votre confiance. Son histoire philosophique seia curieuse. Je n'ai point de loire mémoires S'il particuliers sur Tliis- de l'hippopotame (2).philosophique. Allusion au quolibet Beaumarchais. une infamie de plus. jouissez en paix de votre réputation et de votre vertu. soit empiriques . de vous me faites l'honneur de m'écrire . 11 me semble que la Condamine vous a laissé un beau canevas à remplir. Je sais bien que la plupart des hommes meurent entre les mains des charlatans. On dit qu'il est mort d'une manière trèsanti. c'est vous a trahi. infamie d'autant plus grande qu'il vous doit d'existence qu'il a eu dans la littérature. je vous prie d'adresser vos lettres à Gex. . qu'il y deviendra hypocrite d'autre chose dès trouvera à gagner. là ! Je serai bientôt dans Adieu. en se mettant entre les mains d'un charlatan qui l'a tué (i).

venir M. de Buffon chez lui. siez à notre secours. Je ferai son éloge pournotre rentrée avril . et à l'heure que je vous parle. 27 La Condamine à laquelle il est mort en héros d'une opération (i).T. Il n'a pas eu le temps d'en trouver. fit l'épreuve sur lui. et lui fit fit confidence de son aventure en vers gaillards sur qu'il devait le peu de regret trois 11 est mort ou quatre jours après. et pour que petite grâce une celte souscription réussît. l'âme du pauvre homme est à tous avoir de ce qu'il avait perdu. . Quelques bonnes âmes ont imaginé d'ouvrir chez un notaire une souscription dont l'objet est de former un prix que l'Académie des sciences adjugera a la meilleure dissertation sur la manière de préserver les édifices et les individus de la foudre. et a voulu qu'on en . il éciivait de tous côtés pour avoir un confesseur qui le dispensât de croire. S'il en était revenu il aurait été le plus beau il soprano du monde. Comme il avait le malheur de ne pas croire à la révélation qu'il ne voulait pas mentir et que d'ailleuis on le pressait. comme de raison. que je vous prie de m'accorder. du i3 et je Voici maintenant. . en attendant que son corps vous enverrai une copie. . de recevoir ce que vous savez. se ))roposaMt d'ett rendre compte à l'Académie. Trente-quatre jours après. par une nouvelle melhode dont avait voulu qu'on l'essai sur lui im-me. mon cher et illustre maitie. aille la re- joindre. les diables.ENTRE VOLT\IHE ET CONDORCf. (i) il faudrait Il n'y a que vous vinsque vous qui puissiez il L'opération de fît la pierre. s'est soumis par zèle pour rbumanilé il Elle était nouvelle.

ne trompent jamais sur votre style. . que vous avez souscrit. Sans celui de La Barre on serait tenté de regieller l'ancien parlement. de plus faire l'infamie. Ce sera pour moi la récompense la plus flatteuse du peu que je puis faire. Les Welches. on dit que c'est pour empêcher ceux qui leur ont donné de l'argent les de le dire tout haut. tant les passions donnent d'esprit! tiale Adieu. aimez-moi un peu. Si vous vouplus longue. et dont les ex-jésuites formeraient la plus grande partie? On leur aurait donné tous les petits la collèges de province. conservez-moi une part dans votre souvenir. mon cher et illustre maître. pas du procès. de plus insolent et de plus maladroit en même temps. INos ministres ont eu bonté .28 vaincre la CORRESPONDANCE résistance invincible qu'ont les est raisonnable. et si Welches votre pour tout ce qui Je vous nom à M. comme si ce n'émais l'opinion du tribunal qui pût de plus absurde. On le déclare infâme pour tait cas résultant le délit. . vous n'y voyez pas d'inconvénient. tout sots qu'ils sont. Baron demande donc d'envoyer un louis notaire rue de Condé et . Beaumarchais a été blâmé par le parlement. Je crois qu'il faudrait se borner à mettre la lettre ini- se des noms. c'est-à-dire de former une con- grégation de prêtres chargés spécialement d'élever la jeunesse. lettre ci-jointe à faire imprimer la où vous diriez lez la faire avec une réponse de quatre lignes. ce serait une nouvelle grâce. . que cet arrêt. Savez-vous qu'il a été sérieusement question de rétablir les jésuites. Il n'y a lien lâche.

de Le vieux malade ne peut écrire ni de ses mains ni celle de son scribe. dont exclus. . qui est malade aussi. 29 rire au nez de ceux qui ont proposé ce se'rieux ils l'ont beau projet. 4 mai 1774. il se sert d'une main étrangère pour vous dire. qui vaut (i) a fait des vers le charmants mieux que Parnasse. et elle a quelquefois des intervalles de vigueur qui font frémir! Le comte Schouvalof à Ferney. t. en celle de en long : ils n'en resteraient pas moins imil béciles. neveu du comte Jean est ici question de Schouvalof. p. Voltaire répondit à l'épître dont lire. Monsieur . ait été attribuée à Voltaire. L'agonie de la superstition sera longue. A CONDORCET ('2).ENTRK VOLTAIRE ET COJNDOKCiiT. XL VIII. Vous ne m'envoyez rien 19. dont ne faut pourtant parler qu'avec des mitaines. page 492. (i) C'est le comte André de Schouvalof. il par des vers qu'on peut XIV. t. de ne pas rejeté. mais après un examen On s'est rabattu à former une congrégation les jésuites seraient d'éducation. Le comte de Schouvalof faifacilité sait des vers français avec assez de pour qu'une Épitrc à Ninon. 453 de ses œuvres. Vous ne î me les avez pas envoyés. chambellan de l'impératrice de Russie. dont il est l'auteur. C'est comme l'aplatir si les Caraïbes changeaient l'habitude d'a- platir en large la tête de leurs enfants. mais ce seront toujours des fanatiques et des moines. (2) Voltaire. Les dévots se sont réconciliés avec les athées hypocrites pour faire cette belle œuvre.

dit II.). vol. et enseigner aux hommes seigner. reuse raison. que le public souhaitera qu'il meure un aca- démicien chaque semaine pour vous en entendre parler. toutes les de l'esprit et fleurs tous les fruits de la philosophie. scène 2 : honneurs obscurs de quelque légion. [ij i3 avril 1774. qu'on est fort loin de leur en- Vous rendez bien des services à celte malheuelle.3o le CORRESPONDiVNCH Marquis. . Je vous en remercie de tout mon cœur. B. et je puis vous assurer que vos éloges de l'Académie des sciences éterniseront l'Académie et le secrétaire. . Votre ministère de secrétaire une grande époque dans la nation. On courra à vos éloges et comme aux opéras de Rameau de Gluck. La ré- putation que vous vous faites est bien au-dessus des honneurs obscurs de quelque légionio. Je voudrais vous. i56. Il n'y a c'est qu'une chose de fâcheuse. tres . et que le clergé eût un secrétaire que vous pussiez en enterrant tous . raison. Je vois. Tout le monde convient qu'une compagnie de cavalerie n'immortalise personne. à la rentrée de l'A- cadémie. que vous devenez rhoiume France. comme (i) attaché passionnément à vous et à Dans le l'éloge qu'il fît de la Condamine p. comme les prê- faire leur la oraison funèbre . dans tout ce que vous faites. c'est la corne d'abondance. le plus né- cessaire à la Vous avez su tiier aurum ex stercore fera Condamini {\). Racine a Dans les dans Britannuus acte I.

Ce n'est pas d'aujour- d'hui. A VOLTAIRE. qu'il y ait une congréga- (i) Il toujours de cette congrégation. et ils congréga. On recevra « " « dans cette communauté d'autres prêtres que les ex-jésuites. l'étude de la théologie sera interdite dans cette lion.EINTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. qui font beaucoup plus de mal et d'une nière ma- moins noble (i). faut moi des marrons que que Raton vienne à les notre secours contre le tonnerre et contre moi- nes. de général à Rome . et tout ce qu'il y a d'insidieux la canaille sera établie. afin qu'ils soient susceptibles de bénéfices. mon cher maître. et destinée à renverser l'Université s'emparer de l'instruction publique. mais qui fera des vœux excepté celui de pauvreté. De ils plus. et même ces prêtres seuls auront l'administration des biens. '< Vous sentez. dés qu'une fois . « « « ne pourront jamais diriger les séminaires mais serviront de pépinière pour donner des maîtres aux collèges de province. que. que le clergé nourrit ce projet et s'éver- tue pour arriver à le faire réussir. Le retour des mêmes ici circons- tances précisément nous engage à citer lettre « « " <^ un fragment d'une où D'Alembert trace à Voltaire le le plan des jésuites: Voici projet de la nouvelle forme qu'on prétend leur don- ner. Les amis des jésuites ont déjà changé de projets trois ou qualre fois : Et qui change aisément est faible ou veut tromper! Il faut donc vous en s'agit défier. Bertrand n'a fait part qu'à Il Raton lui a envoyés. i774- Ce dimanche. Ils formeront une communauté de prêtres qui n'aura point . mentionnée ci- dessus dans et à la lettre n° 18. « dans ce projet. 3l 20. sans néanmoins être membres de l'Université. comme l'on voit.

jours des jésuites. pas que cette lettre ait été écrite hier? le même sujet. Ainsi. d'autres occupations et sa mauvaise santé empêchèrent. » (26 février 1774. et qu'il (jue des jésuites plus prouve que toutes ces congrégations ne peuvent être ou moins déguisés mais tou. dans toutes les nations. aux yeux des gens d'esprit et l'en «l'honneur. quelque ridi. qui deviendra bientôt. la race d'hommes plus méprisable et la plus odieuse est celle des prê- catholiques? Aussi méchants que et les tyrans. du mars 177/1. cule qu'il soit à j'oserais lui moi de donner des avis à Raton conseiller d'arranger les marrons de ma- nière qu'il puisse répondre à tous ces projets. pour ne pas Enfin « effaroucher clair les contradicteurs est '< que ces marauds ne demandent rien dans ce moment que '< d'obtenir un solfie de vie. grâce à leurs intrigues. si Dans l'histoire de ce pauvre Samson. ils sont plus lâches plus perfides. qui savait et bien deviner les énigmes Dalila n'est-elle pas plus prendre des renards. une autre lettre de D'Alenibcrt. il vaudra toujours mieux être fils de Voltaire quede .. L'esprit est le même.) Ne semble-t-il Voyez. les Philistins ? coupable que " '< elle se mettra bientôt en possession de tous les avantages auxtrop il quels elle feint de renoncer dans ce moment.J. sur J. Voltaire avait promis de répondre au vœu exprimé par D'A- lemberl et Condorcet. Ne trouvez-vous pas comme moi la que tres .^2 CORRESPONDANCE de moines chargés d'abrutir la tion jeunesse avec jésuites ou sans jésuites. c'est pour le coup que les aboyeurs du parti auraient beau jeu à nommer l'Université la fille aînée de Voltaire! Après tout. • un état de vigueur et de santé. S'il eût tenu parole. cela est toujours également détestable. l'rérori.

des fanatiques et même des athées. et je les abhorre autant que je respecte les la athées honnêtes gens dont la vertu est fondée sur . Autre liste très-incomplète des moines qui se mêlent déjà en France d'élever la jeunesse. Eu- dites. Conservez- vous bien. Ceux-là sont les plus détestables. I. vous êtes d'Homère seul dans un des plats : balance. ils traitent le genre : hu- main comme Adieu. des fripons. C'est 33 l'emblème des prêtres elle traita . parce qu'ils portent . Composée entièrement d'ex-jésuites. l'humanité. plus inébranlable de toutes les bases l'amour de C. Samson ils lui ôtent sa force. Mêlée d'ex-jésuites et de prêtres. vous l'emporterez contre toute la foule des sots. 2. mais le promettant parole de prêtres. Promettant même de ne pas employer de jé- suites. MAISON CHEF d'oRDRE ÉTABLIE A PARIS.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Bénédictins. [\. Vivez pour comme de la le Jupiter bonne cause. mon cher et illustre la maître. 5. Liste de toutes les congrégations imaginées pour rem- placer les ais des Caraïbes. l'aveuglent et le livrent à ses tyrans. 3. Nicolaïtes ou calotins. des intrigans. mais employant les ex-jésuites dans les provinces. Barnabites. I. 4. Prêtres sans jésuites. i. Lazaristes. 3.

qu'elle qui juge avec Il tant d'insolence de ce n'entend pas. I. de la littérature à cette canaille qui . en barbouil- lant du papier pour vivre. une Lettre de M. 9. contient. Monsieur. Voyez plus bas dans la Corres- Le Mercure. de juillet 1774. Petits frères ou frères ignorantins. ( Ce di? nom seul devrait les rendre cliers aux fauteurs projet. A CONDORCET(i) 18 juillet 177/j. Génovéfins. le marquis de Condorcet à M. 10. Ce n'est point par vanité est si sensible à tout ce que mon coeur que vous avez bien voulu dire en ma faveur dans le Mercure de juillet (2). de style Harpe. Bourgachats. . page 168. et pénétré de reconnaissance. J'aurais bien la voulu lire les Barmécides de M. Il est le seul qui approche du mais il de Ra- cine. (a) XLIX. 17. d'assez près. C'est qu'en effet rien n'est plus précieux pour moi qu'une pareille marque d'amitié. B. et même t. de larges Pères de Saint-Jean. Pères de la doctrine chré- tienne.) M. ose avoir de l'amouret propre. de la Harpe. c'est ce noble et juste mépris qu'il vous sied si bien de témoigner à cespetits regrattiers . Je suis confus. 21. les est juste d'écarter à coups de fouet chiens qui aboient sur notre passage. 8. a encore plus (1) Voltaire. 6. Oratoriens. 7. qui est une apologie de Voltaire. p.34 CORRESPONDANCE calottes. Ce qui ajoute encore à votre bienfait. tome pondance grnérale.

Je ne sais rien de plus punissable. Le public est à table : depuis quatre-vingts ans eau-de-vie sur la fin il boit enfin de mauvaise du repas. On parle de prochains changements dans le mi3. ne veut . car deux pour honorer votre siècle et pour nous défaire de la multitude d'insectes qui bourdonnent et qui voudraient piquer. Ce n'est pas parle. de Morangiés ait été commission du conseil. de génie peuvent dire. Dieu veuille qu'il trouve un Louis XIV! J'ai peur qu'il ne rencontre que des Pradons. qui n'est que le sot lu peuple. pour vous que vous êtes nés tous Je suis bien aise citer le procès la que l'insecte qui a voulu ressusécrasé par de M. siècle un grand malheur.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Les hommes . plus que des drames et des doubles croches et qui au fond ne ce qu'il veut. Il faut que le rapporteur du conseil ait un esprit bien fin et bien juste pour avoir démêlé toutes les petites fourberies dont ce mémoire atroce fourmille. Ôb d'ennemis que n'en eut Racine. ni pour Bertrand. qu'on m'a envoyé. c'est d'être Il a. de Sartine est très-outragé dans ce mémoire sous le nom général de h Police. — une moitié de son mémoire. Il me semble que M. en faisant semblant d'être les protecteurs du pauvre peuple. : cet insecte était dangel'air reux J'ai il donnait au mensonge de la vérité. On me console en m'assurant que les assassins du chevalier de La Barre ne reviendront point pour être nos tyrans. je dans ce temps qu'ils sont nés mal à propos. de plus. . qui^ né dans un sait dégoûté.

22. la vers. je réveille aussi Iranquillement dors et j'étais me la que si sous protection de toutes les lois de l'Anles gleterre. chap. (1) (2) XXVII. Turn'est ne pouvait rien arriver de plus heureux à et France à la raison humaine. Cette no- mination du 20 juillet 177/. choses publiques. tant je suis sûr qu'elles ne peuvent manquer de bien est un de vos admirateurs les plus passionnés et un de mes illustres amis ainsi nous aurions des raisons particulières d'étie heureux si les . J'ai presque cessé de m'intéresser pour aller. 9. le qui réunît à ce point la vertu. non pas Jérémie. . 3() CORRESPONDANCE il nistère. mais lite aiulire est dit i dans ) la sainte Écriture : A^o- proph et as ( Adieu. Monsieur. Jamais il entré dans aucun conseil de monarque d'homme courage. le désin- téressement. conservez-moi des bontés qui font la consolation de ma vie.. Je vous envoie. l'amour du bien public. M. un exemplaire imprimé de l'Éloge de Fontaine. Depuis cet événement. Ce 22 juillet 1774- Vous savez sans doute gol la (2). Turgot raisons particulières pouvaient se faire entendre ici. . Au ministère de est marine. A VOLTAIRE. sous M. B. mon cher et illustre maître. les lumières et le zèle pour je les répandre. de Maurepas.. Il la nomination de M.

parce qu'ils n'ont pas voulu paraître (2). et j'espère l'an- tous deux étaient sots et fanatiques. lire une fois ce (jue j'écris. Turgot mérite tous ceux qui s'intéressent à a la d'être célébré par bonne roi cause. Le Saint-Fargeau se pavane dans ses terres. admiré de ses valets. qu'il vient de entendre une autre Les princes d'Orléans ont eu ordre de ne point paraître à la cour. On pu nazillonner aux les il oreilles du quelques comfaits jus- pliments sur qu'ici : choix édifiants qu'il avait est juste qu'il s'accoutume. c'est 11 en faul un troisième.IRE ET COJVDORCET. méprisé. que les ce qui va arriver et qu'on n'y souffrira ni assassins de La Barre. ni leur esprit. en récompense faire. C'est au catafalque(i) et y saluer le parlement vil et une tracasserie qui n'influera point sur les affaires publiques. à de celui mélodie. Le choix de M. ce parlement-ci est cien était insolent et haï . L'ancien parlement.ENTRE VOLTA. ijue j'imagine . Sy que vous puissiez avoir le temps de le relire mais comme un hommage. de sainte Madeleine. . C'est beaucoup pour moi que vous daigniez. Michau n'est aux yeux du public qu'un brouillon sans courage et sans talents. exilé en 1771 pour faire place au par et rappelé à (2) lement Maupeou. aujourd'hui la fête il Croyez-vous que jamais y ait rien eu d'aussi atroce et d'aussi bête que de punir de mort un homme (1) De Louis XV. L'infâme Pas- quier est dans la dévotion et dans l'opprobre. Le reste ne vaut pas l'honneur d'être C'est nommé. l'avènement de Louis XYI .

A CONDORCET. 12 auguste l'j'jli- Je ne vous écris aujourd'hui. et M. Savez-vous que les rois et les beaux esprits se rencontrent? Savez-vous. n'était pas trop pour qui oserait mé- dire de maîtresse du bon Dieu. ni sur les sciences et les beaux-arts. Monsieur le Secrétaire. et cela dix-liuil l'être. avait exilé des gens pour avoir la dit la comme on même chose l'amant. 23. et illustre Adieu mon cher maître . Vous avez rempli mon cœur d'une sainte joie quand vous m'avez mandé que le roi avait répondu aux pervers qui cyclopédiste : lui disaient que M. car on espère que sainte Antoinette de Lorraine réparera l'énorme sottise de sainte Clotilde. en avait dit autant (i) y a quelques années? Avez-vous D'Akmbert. empereur de la Chine.38 CORRESPONDANCE dit qu'elle était '' pour avoir siècles après qu'elle eut cessé une p de . Bertrand (i) sait-il que le poëte Kien-long il . qui com- mencent à vous devoir beaucoup ni sur la liberté de conscience. qui ne peuvent subsister sans elle. . et des maîtresses de quelques rois? On a cru devoir proportionner la peine à dignité de que la mort la . Turgot est en- // est honnête homme et éclairé ^ cela me suffit. dont on a voulu dépouiller ces beauxarts. . vivez pour voir des jours heureux et pour les célébrer.

Je vous envoie copie d'unerequéte que j'ai barbouillée Il pour tous les ministres. J'ai du moins est la malgré les grands hommes. pourquoi est-elle l'empereur Kien-long lui dit : « La piovince la mécontente de lui? A-t-il à état? Est-il l'inquié- ter pour une bagatelle ? Si vous voyez M. vous et M. des prétendues lettre Lettres édifiantes et curieuses la d'un jé- suite imbécile nommé Benoît à un fripon de jésuite nommé Dugad? tien . Clément et Sabotier. Je souhaite passionnément cette requête soit présentée que au conseil de commerce. Je suis peut-être n'ait le seul fondateur de manufacture qui l'argent au pas gouvernement. depuis que vous ne y a non-seu- l'avez vu. mais des maisons de plaisance très-jolies qui orneraient Saint-Cloud et Meudon l'ai tiré . Turgot. un lieu assez considérable. Je ne lui demandé de demande que fais d'écouter son propre intérêt. Il y est dit en propres mots qu'un ministre d'État accusant un mandarin d'être chré- tice — Non. — que devoir de son bon père de famille? — Oui. Sq lu dans le trente-deuxième recueil . qui n'est pas Il indigne de l'attention du ministère. Bertrand. — manqué quel— Non. tels dans lequel M. : tout cela va rentrer dans le néant d'où je le si ministère nous abandonne. lement d'assez grandes maisons de pierre de taille pour les manufactures. consolation de voir que. — Eh bien donc. — Rend-il jusavec impartialité? — Oui. la faites-lui ce conte. Turgot pourrait avoir une voix prépondérante.E]\TRE V0LTAIR1-: ET CONDORCET. n'y a que le roi à qui je n'en ai pas envoyé. que Fréron. Ferney devenu. . Je vous en juges.

Il s'agit Dieu : et vous pour la de la bonne cause vous soutien- drez toujours avec Bertrand. J'invoque réussir. Je sais qu'il n'a nulle connaissance des mathématiques et qu'il ignore mier d'une M. du 10 oc- tobre 177 A. la Voltaire attribua pendant quelque temps logien à l'abbé Duvernet. ./JO CORRESPONDANCE Je voudrais bien venir vous consulter tous deux sur une affaire qui vous intéressera davantage. ait fait seul ce singulier ouvrage. Voyez cette lettre dans le tome V. page 277. A CONDORCET. Il censure cet écrit et se défend d'en être l'auteur avec une franchise et une bonne foi que le nom de son correspondant rend fort piquantes. 20 auguste 1774- O tu major Fontanello et doctior. la lettre du Théologien (i) à l'audu Dictionnaire des trois siècles (1). dont l'ouvrage n'est qu'un . {2) L'abbé Sabatier. D'Alembert a résolu le premanière générale et satisfaisante /e si [i) Voltaire ne savait pas que cette lettre fût de Condorcet. et que je vais entreprendre. de Castres. son bienfaiteur Helvélius et une foule d'autres. V. II y a des plaisanteries et des morceaux d'éloquence dignes de On m'a envoyé teur Pascal. 24. libelle contre Voltaire. Il est impossible qu'un abbé qui s'est déjà signalé par plusieurs brochures contre les Cléments et les Sabotiers. Lettre d'un théo- Voyez sa lettre à Voisenon. Je m'incline devant vous deux.

qui est aussi de 1774. par la même loi que tout particulier hérite du bien de son père. trouver fort mauvais qu'on dise. ne pouvons avoir ces morceaux de la lettre du Théologien qui lui fait tant de bruit à Paris. Je ne sais ce que c'est que les Éléments de géo- métrie de l'abbé de la Chapelle. et l'obtienne très-aisé- Il est. qui écrase Sabotier. page 334. le premier ordre de l'État est en droit de se plaindre. il y a environ quarante ans. J'avoue à 4^ ma honte . ne pas donner de pa- armes à ce polisson il ne fallait pas le mettre en droit de dire: On blasphème contre l'Église. L'abbé qui a fourni le canevas (i) Dans le Dialogue de Pégase et du vieillard. la cause d'un abbé reilles Sabotier. en Je ne serai point étonné demande justice ment. et même il des rois. et il à grands cris. après tout. (2) Tome V. Il est donc évident que moi. Il dira que le roi a reçu sa couronne de soixante-cinq rois ses ancêtres. dont on ne parle qu'avec horreur dans cette lettre. que tout le clergé. que je l'ignorais aussi. ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Le ministère peut se et joindre au clergé. problème des cordes vibrantes. à fallait . contre le roi et contre moi. à la page 82 (2). et que depuis les injustices que j'essuyai sur les éléments de Newton j'ai renoncé. qui ni cet abbé.. ni me suis moqué de fait avec Pégase (i). . Il ne fallait pas sans doute joindre la cause des évêques. que c'est du peuple rpie les princes ont reçu leur autorité. aux mathématiques.

faut-il souffrir encore dans mon âme immortelle? Je vous supplie de conférer avec Bertrand et de m'éclairer tous deux. le Il veux pas mourir injustement n'est pas juste qu'un abbé Sabotier. J'attends mon repos de la vérité et de votre amitié. occupé de choses plus importantes. il pas juste. Mais peut-être en recherchera-t-on l'auteur. dis-je. et exercerat-on la plus grande sévérité.42 CORRESPONDANCE celte de quelles être brochure n'a fourni que des pierres avec leson lapidera les philosophes. je Dans cette incertitude. rats . été renfermé tel à Strasbourg. ne fera-t-il nulle attention à cette brochure. plus vil des scélé( compilateur du système de Spinosa et non de la vie logien). je souffre des tourments inexpri- mables dans mon pauvre corps qui va se dissoudre. un domesti(jue n'est qui a volé ses maîtres. En un mot l'auteur de la lettre d'un Théologien je . mais je ne et inutilement. . qu'un homme la puisse être. Peut-être le gouvernement. Je veux bien lapidé pour sauver d'honnêtes gens. laisser cause du malheur des mien. comme ledit la lettre du Théoun soi-disant homme de lettres qui n'a fait de Spinosa . V. hommes les plus respectables et du On doit me mourir en repos. ne suis point je ne dois pas passer pour l'être :et je suis bien sûr que vous et vos amis vous me rendrez cette justice. que des vers chots où aussi infâmes que plats. Ma fin est triste. affliction et ne puis vous exprimer mon ma crainte. . avec quelqueapparence de raison. un fiipon échappé des cail avait.

Vous pouvez prendre une entière confiance dans tout ce que j'ai l'honneur de vous mander. que rien n'a été dérangé. qui m'a plaisir encore plus de la que les éloges de Fontaine et de Condamine. 4^ 25. Dans cette lettre. (2) C'est la lettre t. Le grand seigneur en question est le duc de Richelieu. 97). A CONDORCET. LXIX. Je suis très-instruit depuis longtemps par madame de Brou que a été reçu (i) mémoire Un mémoire relatif à l'affaire de La Barre. comme M. Turgot permettre que je misse sous son enveloppe. et que tout va bien. ne on avait point payé . EJNTRE VOLTAIRF KT CONDORCET. Je venais d'écrire à M. je parlais d'un mémoire ci-de(i). cl depuis cinq ans la rente. devait de l'argent à Voltaire.. D'Alembert et Condorcet. Je suis rassuré dans je sais moment . (^li à D'Alembert du 7 novembre 1774 (Voltaire. vant envoyé par moi à l'un des deux Bertrands Je craignais que ce mémoire ne le fût point le parvenu à présent : son adresse. Les deux Ber- trands. 23 novembre 1774- J'ai fait reçu votre lettre du i5. D'Alembert. avait bien voulu hardi et sage. Monsieur. dans lequel il y avait à la fin un petit mot sur un grand seigneur absolument étranger à cette affaire (2). Mais pour plus grande sûreté. D'Alembert de me mander s'il a reçu ce mémoire en forme de lettre. je prie M. Turgot. humain. ou une lettre que M. lui p. êtes bienfaisant Vous à vous.

dans Abbeville les dépositions tante de M. Il est indigné que l'arrêt . Ces sauvages anitence mèrent le jésuitique évéque d'Amiens (i). qui il s'est bien repenti delà catastrophe exécrable dont a été la cause ridicule. le Picard candide. Il fui aussi rapporteur procès de Lally. Il {2) Conseiller au parlement. abbesse de Villancour. Mon neveu qui croit que d'Hornoy. . Il faut que d'Élallonde commence par purger la contumace ce que j'appelle faire revoir son procès. (1) D'Orléans de la le même qui convertit Gresset. dénonça détermina dans les philosophes au qui révolta sujet de l'affaire d'Abbeville. et il y en a plus de sept que cette abominaMothe. fanatique et diseur de bons mots.44 CORRESPONDANCE . la catastrophe ne faisait dresser les cheveux sur la tête. très-accrédité dans son corps. et parlement a toujours raison. d'ailleurs bon et homme. qu'il n'y avait pas dans toutes de quoi mettre trois mois en péniun cordelier novice. le chevalier de La Barre. années. fois-ci le parlement s'est Pasquier (2). vu dans la partie des procédures qui ont été feraient rire entre mes mains. Un intrigant barbare ameuta les sauvages d'Abbeville. Mais pour purger cette contumace on n'a que cinq . intitulé L'oiivroir de nos sœurs. et lui fit brûler deux comédies manuscrites et un chant de Vert: vert. de ces cannibales ait été n'ait passé que de deux voix J'ai et cependant exécuté. conseiller au parlement. à une cruauté qui jettera sur ce corps un opprobre éter- par le sieur nel. des charges qui si aux marionnettes de Nicolet. et l'arrêt le l'Europe entière. à ce qu'on dit. est pourtant persuadé que cette laissé entraîner.

est (i) Ce que vous proposez mon digne et respectable un trait de lumière admirable (i). tion a été 4^ consommée. Barre appartient à Condorcet. que les juges d'Abbeville n'osèrent pas continuer le procès ciiminel commencé contre cinq jeunes gens prétendus complices de d'Etallonde et de La Barre. Mon avis a toujours été que d'Étallonde. qui d'abord. se présentât hardiment comme on va à l'assaut. et ne et demander une grâce qui suppose qui constate un crime. Car il ce Linguet a d'ail- leurs de très-grands torts. C'est ainsi que j'en usai avec la pauvre Sirven et toute sa famille. de se faire pendre. Faire reCe passage et la suite de celte lettre établissent nettement la que l'honneur d'avoir provoqué révision lui du procès de La qui poussa à cette l'affaire. Plus j'ai examiné ce que s'avilît point à je sais de l'affaire . Je crois pièces qu'il a entre les mains toutes les du procès. . et que ce fut démarche Voltaire. On la a besoin de lettres du sceau pour obtenir et peut-être grâce de se mettre en prison. Ce que je dis parut si manifeste à toute la province après l'assassinat du chevalier La Baire. et plus il m'est évident qu'il n'y a de crime que dans les juges. conet damnée par des barbares non moins imbéciles non moins méchants que ceux d'Abbeville. sage. condamné par contumace dans le procès de La Barre. ne .ENTRE VOLTAIHE ET CONDORCET. N. faut avouer aussi qu'il et quelques bons ouvrages quelques belles ac- tions. la et dont Linguet avait pris si généreusement a fait défense. B. de peur de gâter voulait pas y paraître.

une pension de quinze cents cassette (i). Les Parisiens. comme on y a revu celui des Calas serait une chose digne du beau siècle où nous entrons. Jassy. qui sont dans Rabelais. ne savent pas que depuis Archangel. assez hardi. et ^ vous savez. Voltaire dit douze cents . même assez instruit pour décider que et déclara- tion de i68s4. madame du Def- fant. livres sur la Je ne vois pas qu'il y ait dans tout cela de quoi donner néral (i) la (|uestion ordinaire et extraordinaire à -fils un lui jeune gentilhomme. dé- imprimées avec privilège du avoua aussi qu'il avait récité VOde à Priape de Piron. Il un cardinal. et il faudrait sans doute que M. M. et si le conseil sera assez sage. d'un lieutenant gé. qui ne connaissent que Paris. J'ignore si comme des on voudra remuer ce la cloaque. de quoi lui couper 7 la main droite de quoi à Dans sa lettre du septembre 1774 livres. petit . ne regarde chevalier de La Barre. Belgrade el Rome.. faite à l'occasion de la Voisin et de deux prêtres sacrilèges en aucune manière le empoisonneurs. de Marville. et qu'il est triste pour nos jolis Français de n'être plus regardés dans toute l'Europe que assassins poltrons. du parlement et de la France. on nous reproche La Barre comme Rosbach. Il fut convaincu. pour laquelle ce Piron avait eu. d'Ormesson. comme diées à roi. autant que je m'en souviens. 46 CORRESPONDANCE le voir hardiment au conseil procès de La Barre . et les auties parents du chevalier de La Barre se char- geassent courageusement d'effacer l'opprobre de leur famille . d'avoir récité les litanies du *** .

le roi de Prusse dans cette . puisqu'il a tant fait que ce prince ne recule que de recommander ce jeune homme. servir avec un zèle infatigable dans le labyrinthe parlementaire. et à vous la bonne pensée qui vous est venue (i). dont on appréciera la modestie en les rapprochant du témoignage de Voltaire lui-même : . .RNTRli VOLTAIRE ET CONDORCET. et à y intéresser son cœur et sa gloire il faut jamais. de me cacher. suivant moi de me taire. (i) L'équité nous oblige de remarquer que Condorcet n'a jaaffaire. Il lui a donné un congé d'un an ce qu'il n'a jamais fait encore pour aucun officier. 4? le arracher ler vif! la Il langue avec des tenailles. D'Alembert. très-capable de vous C'est à d'agir. mais réclamé de part dans cette lui appartient. souvent ait aussi barbares que on rendu autrefois celle- quelques sentences qui aient servi de modèle a ci . affaire à je n'ai jamais eu dessein de gâter cette en y paraissant. d'Hornoy. affaire. L'année expirera dans peu de mois. cuper de nos jours du cœur d'un maréchal de France rais là sur le gril? mon sage. puisque je l'ai léguée à vous M. mais parce que la canaille de Paris a mangé aufaudrait-il s'oc- trefois le cœur du maréchal d'ancre. . à M. s'exprime là- dessus en termes généraux. dont l'honneur principal il Dans sa biographie de Voltaire. vous entreprendrez un bel et difficile ouvrage. d'Argental et à mon neveu Pour moi. les Welches. Pour d'Étallonde je le garderai chez moi tant que le roi de Prusse voudra bien me le confier. de quoi se peut brû- que chez frivoles. C'est à M. D'Alembert à piquer d'honneur . Enfin. mais le succès en se- rait à jamais honorable.

Enfin Raton entre les mains des Bertrands. que moindre indiscrétion sur le compte d'un homme unique qui lui est si nécesqui n'a plus de pal tes. On présenterait requête au conseil pour casser l'arrêt du parlement contre La Barre. mais ne put avoir le la consolation de réussir : la crainte de blesser parlement de Paris l'emporta toujours sur Taniour de « la justice. \a. serait moment une démarche qui ce paraîtrait bien téméraire. . av. sous le couvert de qui Vol- taire écrivait. met tout saire. (i) Turgot. sur cette étrange affaire. les polissons ignorants et fanacas. Propo- ser au conseil de casser l'arrêt du parlement au qu'il est rétabli. » Voyez. car il ne veut point paraître devant tiques d'Abbeville. à mon de laisser échapper la . Resterait donc à demander des lettres du sceau pour purger la contumace de d'ÉtalIonde. il En ce faudrait savoir si le parlement peut tirer à lui ce procès et l'ôter à la jusi ridiction inférieure de plein droit. lettre de Condorcet à Target. trahir la France. Demander que même parlement : rejugeât le procès serait encore plus infructueux il ne cassera pas lui-même son arrêt. Mais encore un petit mot. « « il « « Pendant douze années que Voltaire survécut à cette ne perdit point de vue l'espérance d'en obtenir il injustice. ministre des finances . ou l'on aurait besoin de lettres d'attributions. faire rejuger son procès par le parlement même. je vous prie. ou pour Ce serait. la réparation. et surtout pour la purger au parlement de Paris.is.48 J'aimerais mieux CORRESPONDANCE mourir que de compromettre en rien vous faire parvenir cette l'ange tutélaire qui veut bien lettre (i). dans la Correspondance gêné/ aie.

Uniis testis. condamné par contumace dans l'affaire du chevalier de (2) La Barre.1RE ET CONDORCET. m'en écrit les plus forts (a). . Je n'en connais (ju'une seule qui soit grave. p. io5. des œuvres de Vol- taire. et à vos bontés. à lui les affaires commencées dans son la seule C'est probablement ressource qui nous restera. Voyez cette lettre. d'Hornoy et ses amis nous serviront de tout leur pouvoir. Cela posé. et encore est-elle d'un enfant Moisnel. et c'est en quoi M. A CONDORCET. Les deux Bertrands. Je pense que le 49 parlement a toujours été en droit d'évoquer ressort. Je tourne cette affaire de tous les sens. ou qu'on aura supprimé celles qui pourraient être dangereuses. je Le roi de Prusse prend à cœur beaucoup plus que ne croyais l'affaire de ce jeune et très-estimable Il officier (i). Il (i) D'Étallonde. et je finis par m'en rapporter à votre sens 26. t. protecteurs de l'innocence et du mérite. termes du l8 novembre dans les m'envoie la lettre en original qu'il a reçue de son ambassadeur à ce sujet. XIX. 7 décembre 177/1. peuvent être très-sûrs à présent que ce monarque n'abandonnera jamais une affaire si intéressante et à laquelle il semble attacber sa gloire.ENTKE VOLTA. nul/as testis. à qui la tète avait nommé que tourné. d'Étallonde ne paraîtra que quand il sera sûr qu'il n'y a point de déposition sérieuse contre lui. il n'a déposé sur un ouï-dire.

lui avait . Je me recommande. Quant aux pièces nécessaires. rien ne presse. ancien che- de Saint-Louis et lui demanda publiquement pardon de son exécrable injustice. Un des juges. homme. en attendant. à la sagesse. accordé un congé d'un an Ferney. des plans avec une surprenante. se traîner chez valier un oncle du jeune . au génie et à la vertu.5o CORRESPONDANCE est Ce jeune gentilhomme été si négligée. lever vient de dessiner très-proprement tout le pays qui est entre les Alpes et le mont Jura. Mais enfin il faut attendre les pièces. c'est que son abominable ville et fruit d'une tracasserie de petite d'une inimifit de famille. Porphyre qui écrit (i) Frédéric. Tout ce affaire fut le que tié je sais. Epictètes. je depuis quatre mois. facilité géométrie pratique. Il sera certainement le meilleur ingénieur de son armée. et j'envoie cet ouvrage au roi son maître dès aujourles d'hui. ayant pris d'Étallonde à son service. Il est étrange qu'il soit si difficile de réparer le crime absurde qu'il a été si facile aux juges de commettre. en très-peu de temps. avant de mourir. qu'il digne en effet de toute la protection du roi son maître. Son éducation avait ne savait pas même l'arithmétiet sm^tout la Il sait Il que. et je les attends attends encore. ce n'est pas c'est Raton aux qui écrit aux Bertrands. Il a appris chez moi (i) la géométrie. le long du lac de Genève. que ce jeune homme vint passer à .

juridiquement assassiné pour s'être conduit en honnête homme. A CONDORCET. rer H faut espé- que la France se lavera de cet opprobre d'une les façon ou d'une autre. II décembre 1774.verbal. Je la donne avis à M. D'ailleurs je crois qu'il y a eu (i) On le trouvera à la suitede celte lettre. on a besoin lettres du sceau mais elles ne sont jamais refusées.ENTRK VOLTAIRK KT CONDORCF. Jamais les assassins ne voudront convenir qu'ils ont été des coupe-jarrets absurdes. avec la réfutation en marge(i). Il serait plus difficile de réhabiliter le chevalier de La Barre au parlement même. . . Je pense qu'il faut absolument purger : la de contumace les cinq ans sont passés. J'envoie aux deux Bertrands l'extrait fidèle des dépositions. le voici et ses avec toutes ses contradictions. 5r 27. Mais songez n'a jamais que la famille des de Thou pu parvenir à faire revoir le procès de son parent. Le voici enfin cet exécrable procès. d'Hornoy que j'ai entre mains procédure. qui n'avait pas voulu coucher avec eux. On ne pourrait parvenir à cette réhabilitation qu'en cas que la famille obtînt la révision à un autre tribunal. ses imbécillités noiiceurs.T. accumulées par une cabale de Hottentots Welclies! Deux coquins suscitèrent ce procès horri- ble uniquement pour perdre madame l'abbesse de Villancour. c'est une chose de droit.

et il pourra même obte- nir la permission de procéder contre ses accusateurs. que ledit avait Moinel avait enlendu dire que (tÉtallondc donné des coups de canne au crucifix du i^rand . il sera en ce cas absous infailliblement.le chevalier de La Barre. est une belle leçon pour nos Welches. ce qui n'arrivera pas est Toute notie ressource donc de purger con- tumace de d'Etallonde.:)2 CORRESPONDANCE quelques profanations prouvées contre. cause des Grecs. la marquis deVillevieille a eu mis dans la bonté de s'en charger. nous écartons un ou deux témoins des Hotlentots d'Abbeville. Personne ne paraissant plus pour l'accuser. bien sûr qu'il nous gardera le secret. la J'embrasse tendrement nos deux Ajax. tout ce qu'on pourrait obtenir serait une condamnation à une moindre peine. que l'avocat sache qu'il y a dans déposition de Moinel. Voilà où nous en sommes. Ainsi. et qu'il pourra même nous aider de vôtre. de La Harpe La générosité du grand-duc de Russie envers M. à moins qu'on ne portât à fait l'affaire à un tribunal tout sitôt. Le succès me paraît sûr et fera le même effet que si on cassait le jugement rendu contre La Barre. nous les justifions tous deux. Car le public croira avec raison que La Barre était aussi innocent que son camarade. Son cœur et est digne du faut encore que la je vous dise. et en justifiant l'un. la philosophe. Pour parvenir à cette justification. qui combattent vaillamment pour lorsque M. page 2. par la J'allais faire partir cette lettre le voie indiquée. Il ses bons offices. Alors je l'ai confidence.

y^i mis //isulter. à la confrontation. que le sieur de La Barre raconta qui fait un moit. on les retrouve n'a fait à peu près textuellement dans sa correspondance. maître d'ar- bre. âgé de seize à Un témoin de seize ans . dit que Barre et . se rétracte à la confrontation. était défectueux.femme de Pierre Si d'Étallonde a chanté une Raime . daillon que pour tant il l'accusé. 53 les pour ne pas effarouche!' Welcbes. maîtresse de billard . le Aliamet de Metigni.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. que dans le la sieur d'Étallonde ayant vu nul. dit avoir entendu le n'est pas grave l'est et l'accusa- sieur d'Étallonde chanter seul et en tion ne pas. . dix-sept ans. le sieur d'Étallonde lui avait on voulait il faire valoir justifierait dit qu'il ne faudrait acheter ce mé. les sieurs d'Étallonde. Antoinette Leleu. XLVIII. . chemin. et il t. i34 de ses œuvres. cadet lui . le briser. RÉSUME DU PROCES D'ABBEVILLE AVEC LES RÉPONSES Du 28! (I). maisqu'ayant remarqué que toutes ces figures. marchant une chanson sur des 1760. C'est premier jet. étaient très-mal Si faites. Le nommé Nature mes. Antoine Watier . s'étaient vantés dans sa salle de n'avoir pas salué une pro cession de capucins. Et . parler et est 1765. dit Un témoin de ouï-dire. La Moinel. il parmi lesquelles y avait un Christ. voulut d'abord cheter. il avoue Preuve que ce témoin fut que septeui' le sieur d'Étallonde n'a jamais induit par la cabale. puisqu'il été dans sa salle. dil vieille chanson de soldat dans (1) Ces réponses sont certainement de Voltaire. qu'en développer p. chambre d'un nommé Beauun médaillon représentant l'a- varlet plusieurs figures.ce témoignage. saints. la forme dansZc cri du sang innocent ici le .

enfant de quatorze ou quinze ans . Moinel..' Mai. Dieu lui a s(u' la . Ce Moinel . j° interroga loire accuse d'Étallonde d'avoir dit sa contredit. jugesn'osèrent achever le pro- a confirmé que le sieur d'Étallonde cès. d'Étallonde. que Dou ville de Maillefeu a chanté même chanson. et l'étude des fortifications lui ont fait oublier ces puérilités.'' A dit que non. dans lui la con versatiou. Ajoute que d'Étallonde fois chanté une une chanson le sieur la Madeleine . Dit que d'Étallonde. il ne s'en souvient pas. avait satisfait à ce besoin quoi Il qu'il y ci'il un crucifix. lorsqu'on eut reconnu ne s'en était pas vanté. enfin dans Abbeville que cette abominable affaire n'avait été entamée que par une querelle de quelques familles. le sieur d'Étallonde dit qu'il était bien difficile de prouver l'existence de etc. Ajoute qu'il a ouï dire au sieur Des ouï-dire ne sont rien. Saveuse que ledit Saveuse avait enle tendu dire au sieur Moinel que sieur d'Étallonde avait insulté cifix 1 un cru- planté sur le Pont-Neuf.. un enfant imbécile dont de si loin devant des capucins. pressé d'un besoin en passant par un cimetière. Ensuite interrogé si. C'est une chose publique. son maître. ' 1765.54 CORRESPONDANCE avoir entendu chanter plusieurs fois laquelle il y ait des indécen- des chansons sur les saints au sieur ces. quand il nota pas son chapeau. interroga toire de dit que le sieur d'Étal- londe était fort loin d'une procession de capucins . service Raime son mari dit la Son application au du même chose.' Dit qu'un jour devant uu nommé Blondin .ï" A dit que non. d'Étallonde ne a pas tenu des discours impies. pourquoi ôter son chapeau Moinel. qui s'est tant 1765.. Uu 7 octobre Il Ledit Moinel se contredit ensuite. Si d'Étallonde ne s'en était pas vanté. finit son . 3 octobre Moinel. fut regardé comme les de cre D. Interrogé malignement si ce n'était pas bravade .

On lit courir le bruit dans toute la France que le les accusés avaient percé saint sacrement à coups de couteau. ont mutilé un crucifix A dit que non. le jour de Fêteà Dieu .pressé de ses nécessités dans pondu Du octobre 1765. d'Étallonde traiter le Christ de J. Interrogé s'il sait que d'Étallonde ait vidé ses entrailles Toujours des ouï-dire! Et dans un cime.. assez loin sion de capucins. 4' interroga insulter une croix sur le grand che. tion d'hosties. un cimetière dans lequel y avait une croix. Du 36 octobre Interrogé si d'Étallonde ne lui . Interrogé si d'Étallonde n'a'pas fait Tantôt on dit que ctisés les ac- quelque expérience avec ces hosties. mais con même à témoin. Du 27 février Dit qu'il a vu le sieur d'Étallonde a déjà vu que Moinel 1766. interrogatoire par dire qu'il ne savait 55 ce qu'il disait. Interrogé s'il n'a point entendu Faisait dire tout ce qu'on Moinel. et ose en prendre Dieu A répondu que non. qu'on sang? disait autrefois avoir versé du cabale.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. qu'il l'avait entendu dire. On F ? A dit si qu'il croyait que oui. Il n'a jamais été ques- A dit que non. voulait. Donc stn- la A dit que d'Étallonde cabale n'agissait que des chantée. pluie. Interrogé s'il n'a pas sur le grand chemin (lieu peu chanté une ancienne chanson de corps convenable à sa sainteté). toire du pendant une ped'une procesla chevalier de La Barre. que cette histoire lui avait été tée par le sieur Douville. et qu'ils allaient dîner l'abbaye de Villancour. 3° inlerroga. Cela seul fait voir la source de ces délations horribles. bruits vagues et calomnieux.'765.!* il 2 Le chevalier de La Barre chapeau sur la tite dit qu'en On a déjà répondu à celte i^' interroga- effet d'Étallonde et lui avaient leur tète vaine accusation.' s'il en sortirait du les .était un pauvre enfant à qui toire de min. tan- de garde qu'on appelle de Saint-Cjr? l'a la chanson tôt on dit que non. Le sieur d'Étallonde ait nie Interrogé quelqu'un n'avait pas formellement qu'il l'avait jamais gardé une hostie et ne pas prononcé ces infâmes paro- percée pour voir sang. Interrogé s'il a dit qu'il ne com- Le sieur d'Étallonde n'a ja- ..avait toire Ce conte des hosties fut le la pas parlé de quelques liosties premier prétexte que prit de Moinel.où serait le crime d'avoir été tière non loin d'un crucifix ? A ré.

et . mais qu'il y avait un Christ ni lui ni dans ce médaillon . mais qti'en enfants l. lus lestis. chantée. londe.iit dont la cabale vou- d'Étallonde a chanté quelques écraser les familles. mais roi.^ Quant aux avocats pour . Qu'il convient avoir chanté une vieille chanson de corps -de-garde avec h sieur d'Étallonde . Inlen-ogatoire Interrogé plusieurs jeunes gens lui s'ils On a déjà répondu à ces ne s'assemblaient pas avec disputer sur la pour accusations.dicule qu'affreuse contre des nisme? effet A dit que non. Encore celle chanson l'a ! S'il et l'ode de Piron. vaient pas établi des avocats pour et et contre il est évident que aussi ri contre . Dit que le sieur d'Étallonde s'est le Tout ce qu'a pu dire le vante d'avoir insulté est sur le Christ qui chevalier de La Earre est nul. aitntiire. et unus testis. dit A Cette cabale parvint à per- qu'en effet le sieur d'Étallonde sécuter madame l'abbesse de le lui avait conté qu'il avait fait quelque. . A dit que protestant. religion. à A dit qu'il a entendu conter Saveuse Uumaismel de que le sieur d'Étallonde avait été plusieurs fois à la selle il dans un cimelière où V avait un crucifix. si Du 17 février 1766. d'Étallonde vais . c'est si secrète- ment que la cabale fut oblila gée d'employer ressource funeste d'un monitoire. mais qu'il ne s'en serve sous un il Irès-graud roi la souvient pas précisément.mais parlé d'un dieu de pâle. va souvent à voyant en effet un mau. et Le sieur d'Étallonde espère voir entendu dire au sieur d'Étal. et si d'Étallonde n'était pas c'est une calomnie l'avocat plaidant contre le christia. n'a- de La Barre sur la sellette. grand chemin.56 prenait pas rer CORRESPONDANCE comment on pouvait ado.la même justice. Du 3o décembre 1765. de lui chevalier On sent bien qu'il chargeait de La Barre. a égralignnre le à un crucifix placé sur rendu justiceà sou innocence. Villancour. avoir fait des égralignures qu'il le fugitif auquel il ne pounul- souvent chanté des chansons sur des saints.messe. et que d'Étallonde n'y avaient touché. assura que ce ne méritait pas d'être con- servé. l'é- avoir quelques au Quoiqu'il sieur d'Ëlallonde. chansons dans d'autres occasions. un dieu de pâle? exposé A dit qu'il peut doules C'est e une expression de protestante. qu'il croyait l'a- grand chemin. . nommé plâtre Keauvarlet. el tout sou régiment médaillon de plâtre chez un en est témoin.

57 A CONDORCET. Il serait incapable de répondre d'une manière et toute Il est satisfaisante s'il fallait qu'il comparût encore. mais est grand. vous à Ber- trand. qui serait très-dangereux. 28. Vous montrerez enfin aux hommes à quoi servent la justesse de ai l'esprit et la bonté du cœur. Il faut commencer par purger la contumace du vivant f4) ^^^ parlement même. je veux jus- complète. je ne veux point de grâce. quoique je sois à cent cinquante lieues de lui. . Voyez l'extrait des dépositions joint à la lettre précédente. Je reçois et je avec trausjiort votre lettre du Vous viendrez certainement bout de l'affaire que vous entreprenez avec tant de générosité (i).) La Earre. Voyez la lettre précé- dente. êtes deux belles lis âmes. imbécile et timide (2). il Nous n'avons qu'un seul obstacle. Un enfant de quatorze ou quinze ans.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Sa famille n'entre- prendra certainement pas une telle affaire. de com- notre peine serait perdue. D'Étallonde. (2) Moinel. impossible et il serait très-dangereux mencer par celui qui est mort (3). 11 faut écarter ce pauvre garçon. (3) {'/. et c'est à quoi je travaille. je Je vous déjà dit que pense absolument comme tice vous. l'i décembre 1774et l'autre Vous i3. Il n'a contre lui que les aveux du (1) La révision du procès de La Barre. a chargé cruellement celui pour qui nous nous intéressons.

. que l'achevêque de Paris ou l'abbé de Sainte-Geneviève son affaire devient la . Tout le dans notre abominable jurisprudence. du chevalier fera ce qu'elle voudra mais je . je le suis davantage. et surtout celui vous avec une très-tendie vénération. faute d'accusateurs. et rien autre chose.58 CORRESPONDANCE Si mortel les accusations de l'imbécile. Si nous y parvenons. Je me trompe m'altaclie . que je premier jour. plus simple et la plus aisée. le service la que ce prince l'avancera dans autant parla connaissance de son mérite que par juste indignation qu'il ressentira. Tous mes sentiqui ments augmentent avec l'âge. Il poche quand la la vie . aussi bouleversé de le fus le cette exécrable aventure. comme la plus juste. Je suis aussi outré . le est arbitraire comte de Saint-Florentin. Je ne connais que trop ce ridicule code pénal que sa chaque juge porte dans 1752. mais je n'en ai que est bien affreux première édition de des que hommes dé- pende de juge est cet impertinent ouvrage selon lequel un en droit de condamner aux galères quiconque aura été à Notre-Dame de Loretle sans une permission signée de M. doute que cette famille aussi intrépide Si soit jamais aussi généreuse et que vous. Attendons que nous ayons mis contumace en état de se justifier pleinement. C'est une justification pleine et entière que nous voulons la famille obtenir. je et j'espère renverrai au roi son maître.\ . il va à la Tournelle. nous ne pouvons parvenir le à justifier légalement notre infortuné. l'accusé n'a plus à craindre nous pouvons parvenir à éclipser ce pauvre misérable accusateur.

son la justice qui lui est due. t. Il mission de poursuivre au parlement de Paris. H ne s'agit que de choisir cet avocat. !^o décembre 1774- Jacques d'Étallonde de Morival. XL"VIII. A SA MAJESTE TRÈS-CHRETIENNE. frère du chevalier de Bœncourt.i:ntre voltaike et condorcet. truiie requête au Roi. 82. mais un projet de requête qu'un avocat au Conseil pourra réformer et mettre en langage de conseil. des œuvres de Vol- . représente qu'étant dans une extrême jeunesse (i) taire. Prions Dieu qu'elle réussisse. Voyez cet opuscule. natif d'Abbevilleen Picardie. 30. Projet à reformer. Le pauvre Raton souhaite aux deux Bertrands des Il leur envoie et il leur soumet non-seulement un petit brinborion sur les blés (1). neveu de deux du Roi. capitaine au régiment de chevaliers de Saint-Louis. d'Hornoy à conduire l'affaire quand elle sera entamée. Ce sera à M. 3o décembre 1774- années dignes d'eux. à Sa Majesté la per- Demande très-humblement juge naturel. il n'y en a point dans le village de Katon. écuyer. A CONDORCET. tués au service Champagne. 5g 29. p. .

cette excécrable affaire était suscitée par une cabale qui voulait nuire. exactement informé de tout rant qui il le détail de ses régiments. . était. ce qui n'est Que malgré grande Qu'il . 6o en 1765.. dont il se trouva très-proche alors Qu'il regarda la profession d'un bon et sage soldat à sa qualité comme honorable. jeunesse . son bienfaileur et son maître. informé de lui. la partie des mathémaliques qui regarde a servi ont Que de les généraux sous lesquels les il rendu lui les témoignages cet plus avantageux. qn'il était impliqué dans une affaire cri- minelle devant quelques gradués d'Abbeville. Villancour. par un hasard extraordinaire. n'était et même Que à par-devant un juge qui pas gradué. où il apprenait alors l'allemand. le faire officier. daigna Qu'il se consacra pour jamais au service du roi de la Prusse. ville troublée par des intrigues aima mieux se faire soldat à Vesel. il CORRESPONDA-NCE apprit en Gueldre. . et ne dérogeant point de gentilhomme Qu'ayant tières fait son devoir pendant le roi trois années enet igno- avec exactitude. de Prusse. abbesse de que trop connu sa . et ne s'occupa que de gueire . à quelque prix que ce fût madame de Brou. et a été enfin ancien procès criminel intenté contre les de sa sentence de contumace portée par et gradués non gradués d'Abbeville. Qu'as anl leou copie des charges. il Que. . son indignation odieuses fut si qu'il résolut de ne jamais revoir une si . contre les lois elles du royauuie.

liberté à laquelle sa province est très-intéressée. A Vescl . Et supplie qu'il lui soit donné le temps nécessaire venii. . des .se présenter à Paris. Rosni-Colbert (3). t. Bertrand. sa il est forcé de requérir des lettres pour purger pour contumace. H s'agit Raton prépare autre chose pour MM. Rosni-Colbert l'a fait passer à MM. ont paru illégales et 6l les a lues. 16 janvier 1775. On soupçonne que Il sa modestie l'en aura empêché. on ose croire pourtant que ce chiffon très-vrai et très-raisonnable. et Condorcet. (2) (3) D'Alembert Turgot. ce 31. et son service dans les troupes du roi son maître (service dans lequel doit vivre et mourir) ne lui ayant pas permis de venir de- mander justice. Bertrand (2). il avait envoyé ce ignore si chiffon sous l'enveloppe de M. écrit (i) à Raton avait adressé quelques exemplaires d'un MM.IRE ET COiNDORCET. absurdes à quiconque Que les cinq années données par la loi pour il se représenter étant écoulées. Il M.ENTRE VOLT/\. XLVIII page 82. aujourd'hui de l'affaire très-sérieuse de l'offiPetit écrit sur l'arrêt (i) du conseil. œuvres de Voltaire. répondait par des incontestables aux sophismes de Linguet contre la liberté du commerce des blés. était faits Bertrand. A CONDORCET.

et pendant le- madame duchesse d'Enville quel nous aurons et le temps de mettre tout en usage faire en règle.62 cier prussien (i). un projet de mémoire et de requête. I . meront. la CORRESPONUAKCE Nous envoyons par ce courrier à et à l'ambassadeur du roi de Prusse. C'est à M. sans offenser obstacles. de Maurepas demande. puisqu'il est pour un officier au service d'une puissance étrangère. très-légère en elle-même. Nous aurons ensuite tout le temps d'agir ouvertement. Nous en donnons part à M. Cette petite faveur. le duc de la Rochefoucault d'obtenir pour nous la protection de M. corrigeront. fera voir le modèle de la requête et le ils le modèle du sauf-conduit. supposé que Raton vive encore un an. Nous supplions madame la duchesse d'Enville et M. d'Argental. de Verla gennes. pour parvenir à nous rendre justice. Nous désirons beaucoup qu'il soit conçu dans les termes que nous proposons. d'aller sur les lieux. par lequel nous demandons un sauf-conduit d'un an qui nous est absolument nécessaire. Nous supplions l'un des Bertrand de souffler de toutes leurs forces qui est dans Elle leur le le feu cœur généreux de madame d'Enville. le réfor- afin qu'il soit fait selon l'usage du pays. triompher l'innocence et (0 D'Étal onde. d'écarter tous les suffira et sera bonne action nous table gain de cause. le comte de Maurepas. dépend uniquement de M. mais très-importante. Cette pour nous un véripersonne et sans rien risquer. le comte de Vergennes à donner ce sauf- conduit. et de faire enfin la vérité. qui ne la refusera pas si M.

haine des dévots. 2 1 janvier 1775.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. de Rosni- Je n'ose croire que nous le tenions de ses bontés. nous l'avons. V. à mains de madame la duchesse pour ne pas rendre le paquet trop gros. et si nous allions à Paris ce carême. lardes à l'Hôtel-Dieu (i). 32. cieiise liberté et aujourd'hui il écrit contre la préde ce commerce nécessaire! Raton prie vivement l'un des deux Bertrands d'écrire à Frédéric à la première occasion. Les premiers marrons que j'en verrai seront adressés M. et de louer la prodigieusement ce Frédéric de qu'il protection éclairée donne à mon cher et vertueux d'Etallonde. (i) L'Hôtel-Dieu avait autrefois la le privilège exclusif de venet dre de viande en carême. Madame Denis Colbert-Turgot. Turgot abolit ce privilège. A CONDORCET. Les vieilles petites pattes de Raton se joignent pour vous embrasser. nous n'enverrions pas chercher nos pou- Quelle rage avait donc Il saisi ce diable de Linguet? avait écrit d'abord contre la mauvaise habitude de manger du pain. nous avons lit l'un et l'autre au chevet de notre le portrait de M. de Rosni-Colbert. par là s'attira la . et moi. 63 Je ne mets point dans cette lettre la copie des papiers qui sont entre les d'Enville. mais enfin.

XIX. que nous nous sommes adressés à madame la duchesse d'Enville. temps nous avons envoyé à M. de Vergennes et pai' M. . Souve- nez-vous bien mes bons Bertrands. pour qu'elle fasse le parlera M. des plans de fortifications. de bales la miner couper tailles.). qui n'a jamais commis le moindre excès.dcs œuvres de Voltaire. qu'on ne peut refuser.64 CORRESPONDANCIÎ Mes Bejlrands. si vous pou- mon d'Élallonde. Les pleurs me et les la viennent aux yeux. et des cartes géographiques. vous seriez tenlés d'exter- auteurs d'un arrêt par lequel on devait main qui dessine mieux qu'aucun ingénieur. de Maurepas (a. de Vergennes à donner ce sauf-conduit. Songez bien que c'est M. (i) a quand que qu'un seul bigot d'Abbeville produit toutes ces horreurs. tel qu'on à doit à un officier de Frédéric. lieutenant de l'élection d'Abbeville. Voyez cette lettre. p. l'ambassadeur du roi de Prusse le modèle du sauf-conduit demandé. que nous ne demandons qu'un sauf-conduit honorable. Madame la duchesse d'Enville sentira que nous n'avons pu nous empêcher d'instruire de tout qu'en même le ministre du roi de Prusse . i8i. parce qu'il a des ordres (i) (î) Belleval. arracher avec des tenailles ardentes une langue qui ne parle qu'à propos dans qu'avec la plus grande modestie. t. mes viez voir clignes Bertrands. Nous aurons . et jeter flammes une figure douce et aimable. et je considère rage me vient à l'âme. la pieuve que toutes ces accusations contre d'Élallonde sont autant de calomnies. de sièges. cent fois plus infernales l'assassinat des Calas.

nous avons eu des furies sur les J'ai tant de choses à dire que Mais peut si fleurs je du lis! ne dis plus mot. n'y en eut figurez-vous que des vingt cinq Pilâtes de la grand'- chambre des passer l'abominable arrêt. surtout quand lui-même or- donne à son ministre de suivre une affaire si juste. VOLTAIRE ET CONUORCET. Je vous réponds d'avance que nous aurons des moyens i . Figurez-vous qu'un dévot l'enfer avec un monitoire intimida chevalier de et menaça de cent quarante témoins pour les faire déposer contre le La Barre il et d'Elallonde. et que de ces cent quarante témoins seul qui ait déposé n'y en a eu cependant qu'un vous que les Pilâtes une chose un peu grave. que deux qui firent d'Hornoy le sait Quoi! deux voix de plus suffisent pour pairs. pas se servir de ici Nous savons bien qu'il y a des cas où il ne faudrait la recommandation de Frédéric. suffisants et très-simples.ENTRF.deMaurepasdoit sentirplus que personnel'atrocité et l'aÎDSurdité du jugement d'Abbeville. mais on ne peut se dispenser de l'employer en faveur d'un de ses officiers. je vis encore six mois. dévouer deux enfants innocents au supplice des parricides! Les anciens avaient des juges dans les enfers. Il ne se sert à présent de ses . Figurezd'Abbeville n'étaient que trois. M. Raton y brûlera ce qui de pattes. dont nous sommes bien résolus de ne demander la cassation qu'au conseil du oi et de ne la demander que quand nous serons moralement sûrs de l'obtenir. réitérés 65 du roi son maître d'agir en faveur du jeune homme. j'espère dire sur cette affaire lui rester des vérités terribles. il . D'Hornoy me l'a écrit.

A CONDORCET. d'obtenir pour ce de la part de son maître. foit . les et n'être pas regardé chez Welches comme un expatrié qui vient demander grâce. du carré des distances.66 pattes CORRESPONDANCE que pour vous embrasser tons deux qu'il est possible. qu'il obtint. Voltaire avait deux jours auparavant à Frédéric. Je vous soumets. 6 février 1776. bonne le ac- Ce moire (i) premier pas (2). C'est ce que je sollicite et que j'ose espérer. digne ne s'agit ici ni . s'il est possible. et lui il procurera des il avantages solides dans pays où sert. au service du roi de Prusse. Ce préambule servira beaucoup agir en à mon infortuné le . mes desseins titre et mes dé- marches. sollicitant pour d'Etalle titre londe d'ingénieur. vier. . jeune Mon premier soin est homme (1) une place un . Je tâche d'intéresser son maître à cette tion. le mal qui surcharge et qui dévore ce malheureux globe. de celui en qui Raton reçoit uneletlre un peu consolante du 3o janil a mis ses plus cbères espéIl rances. le plus tendrement 33. pourra même France avec plus de dignité. ni des il n'est question que de diminuer. puisque cela ne coûte rien. je vous enverrai mé- écrit D'Étallonde. cubes des révolutions bienfaiteur de l'humanité. (2) Le cri du sang innocent. Voyez sa lettre du 4 fé- vrier 1775.

aux charges qui ont opéré une 4*^ partie de ses desseins Qu'il ne jugea qu'avec il deux assesseurs. recevoir docteur es lois à Reims pour 45 comme l'honnête du Jonquay. inventa des accusations absurdes qui tombèrent d'elles-mêmes. . Du Jpnquay. du magistrat du pays qui l'at- 5° Que Que de les lois ne permettent pas qu'on juge présidial. mais qu'il ne fut jamais que procureur et marchand de cochons dans sa ville. Voyez tous écrits relatifs à cette affaire dans le tome XLVII des œuvres de Voltaire. qui était un conseiller du siège. Voyez. dans l'affaire du comte de Morangiès contre les les Véron. 67 Ce mémoire prouvera par des pièces que j'ai dans mes mains: i^ Qu'un homme abhorré dans son pays(i) jura de perdre la tante du chevaher. ces deux y en eut un qui à la vérité .. ainsi un gentilhomme dans un 6° la fin si cette exécrable sentence. que de . fit jeter des monitoires. 1^ Que cet homme exécrable. arrêt c'est que le tiibunal qui rendit cet ne put (à ce qu'on dira) examiner l'énorme procès c'était dans la guerre civile des billets de confession. 3° Qu'enfin il se réduisit . J'ai la lettre teste .ENTRE VOLTAIllE ET CONDOKCET. que j'ai vue à six mille pages d'éciiture. . page 126. Le feu était dans le royaume il fallait : : (i) Duval de Saucourt. (2) tome XLVIII. parce qu'elle n'avait pas voulu donner en mariage au fds de cet homme une demoiselle riche qu'elle protégeait. cri du sang innocent. à Paris (2). s'était fait fr. fut confirmée par un arrêt. des œuvres de Voltaire. sur cet homme Le .

Quand par le ce mémoire . Raton aller de fréquents avertissements de partir pour les trouver ses confrères Dupré de Saint-Maur et Châ- teaubrun. 26 février 1775.68 CORRESPONDANCE que cette respectable compagnie. A CONDORCET. . 34. J'en ai envoyé cinq ou s'ils six exemplaires aux deux Bertrands. J'ai l'on lice adressé à M. en sera touché. Je vous supplie de Je comptais vous faire une petite visite au prin- temps. Voilà les pourquoi il a été si longtemps sans mercier deux Bertrands. n'en peut plus. Raton a a été bien malade dans son trou. la route. qui ne tiraient pourtant pas marrons re- du Il feu. de Rosni (i) un petit livret où vous rend bien faiblement une partie de la jusqui vous est due. J'ignore s'il sont arrivés à bon port. lui reste ses seigneurs et maîtres. courût au danger le plus pressant. uniquement occupée du bien public. approuvé de vous il . et nous verrons alors quel parti nous devons prendre. mais il n'y a plus de printemps pour Raton. et y a des écueils sur vous en informer. ce pauvre Raton il se gardera bien de brûler ce qui de pattes par trop de pré- cipitation dans l'affaire du jeune homme qu'on a (1) Turgot. sera lu chef de la justice. .

La guerre terre. La première ne se trouve plus à Genève. du départ d'un jeune officier suisse pour l'un de mes deux chers Bertrands. 1 o avril 1775. qui se trouve à de l'ou- vrage. de Malesherbes. Elle est curieuse par les faits. Mais il faut que je vous représente le tort irrépaiable que me font le chevaliei. J'ai as- bien des grâces à rendre à M. car le le maître du jeune homme corde tout temps nécessaire. qui met en pièces qui jette dans les flammes deux jeunes gentilshommes d'un rare mérite. Je suis à vos ordres et à vos pieds jusqu'au destruction. Maximilien de Rosni. moment de ma 35. qu'il Il 69 attend et il attendra tant lui ac- faudra. rends du fond de mon cœur dans une que je lui écris. sans vous le communiquer. A COINDORCET. Monsieur.de Morton et le comte de TrèsJe profite ouvrir mon cœur à . J'ai écrit à l'autre parM. et le et second fléau de la premier est celui qui égorge. A Ferney. V. Je profite de l'adresse que vous avez eu la bonté de me donner pour vous faire passer deux exemplaires de la seconde édition de Don Pèdre.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. et malheureu- sement est le elle sera inutile au genre humain. Je vous prie seulela fin ment de daigner jeter un coup d'œil sur la dernière note de la Tactique . voulu brûler tout entier. et et je les lui lettre je la crois tout entière à Paris. pour n'avoir pas salué une procession de capucins. et il ne fera rien surément.

à propos ou sans propos.'JO CORRESPOÎJDANCE apasle senscommun clans toute cette équipée. Palmezeaux. il ne se trompa guère. point clans J'ai dit les cours de r Europe. On ne sait ce qu'ils veulent. voulu lui faire sentir combien il est ridicule (i) Il avait publiquement attribué à Voltaire une Épître au comte de Tressan sur ces pestes publiques qu'on appelle philosophes. du 26 (2) au duc de Richelieu.Il n'y . en vain qu'on ne déchire pas l'enveloppe point des infiniment petits. L'épître était de Cubières. . mais la vanité de M. : Il riposta par une épître qui débute par cette exclamation O Voyez Voltaire! 6 mon maître! ô mon illustre ami! Cette ridicule méprise causa beaucoup de chagrin à Voltaire. J'ai eu beau lui répéter deux fois que les prétendus vers composés dans ces soupers ne pullulaient san (i). qui était très-loin de ressembler à Epicure. sa lettre du 22 mars 1775 avril. de Tressan trouvait mieux son compte à se tromper. Il n'y a de clair dans ces deux épitres que l'envie de se faire de fêle. et qui n'a jamais donné de souper à personne. ils frappent à droite et à gauche. du 27 Dans une lelln^ du 22 mars 1775. et à M. de Tressan. de Tressan (2) que je ne suis point le chevalier de Morton que je n'ai jamais vanté les soupers du prétendu Epicure-Stanislas. bien ou mal. J'ai eu beau mander à M. Un J'ai prince avec les arts mène un peuple en lisière. J'ai représenté inutilement que je ne : fais de vers semblables à ceux-ci Louis voulait régner. à Cubières avril.

de Tressan. serait de prouver par écrit que les vers du chevalier et du comte ne valent pas grand'çhose. Je suis Marforio arrive à pasquinades. 11 m'a répondu que vous et M. la même ligne Pythagore et le roi de Montagne . et qu'on m'a compromis bien mal à propos dans cette brochure. qu'il appelle tout simplement Voltaire. et Vanini. remède qu'on pourrait apporter à cette faute énorme qu'il a faite. est tiès-dangereuse elle gâ- Ce que je vous dis n'est que trop vrai. Je vous demande en grâce de lui parler vrai et Le seul . imprimer : ses vers avec des notesfa). laquelle il se trouve à la vérité faits . fait L'équipée de M. (i) D'Étallonde. Enfin lui après lui avoir dit tout ce que je devais je ne l'ai point persuadé. que j'ai toujours aimé. Mais je ne veux pas me brouiller avec M. infailli- chés assez bien comme il Le résultat de toute cette équipée sera blement que le garde des sceaux sacrifiera tous les Ratons du monde. au moindre Pastophore qui de- mandera vengeance. quelques vers détas'en trouve partout. Voilà la troisième fois qu'on m'affuble d'ouvrages qui l'on attribue toutes que les je n'ai point faits et qui doivent irriter les Pasle tophores. de Tressan. .iiix Morton . dans dire . qui tera tout. D'Alembert vous approuviez très-fort la mauvaise épître du chevalier de Morton. (2) Sa réponse au f. il est perdu S'il moi aussi. l'affaire dans et que je sois compromis de notre jeune homme(i).ENTRE VOLTAIRE ET COJNDORCET. 7I de mettre sur Prusse.

A CONDORCEÏ. n'ai eu jamais la et moindre envie de Paris. tendu Écossais. (i) Tome XI. mais ausoyez très-sûr que je jourd'hui il faut nous taire. Nous consulterons nos il chers Bertrands quand en sera temps. le seul parti qu'il doive prendre. de l'excellent liberté mémoire que vous m'avez envoyé sur la du commeice des grains et même de tout autre comnierce(i). 36. Conservez-moi vos bontés. Tout cela m'afflige infiniment tout dans les circonstances présentes. Nous espérons qu'on en donnera au jeune homme à son retour. ai avril 1775. et qu'il n'aura jamais besoin de demander des grâces à qui que ce soit. C'est. lui : étant soutenu par le roi son maître. à mon avis. A Ferney. il jugera lui- même ses infâmes juges. page 99. . Je vous remercie très-sincèrement. Ce petit ouvrage ne peut être que d'un philosophe citoyen. Monsieur. ami du meilleur mi. 11 pourra se borner à couvrii' ses juges d'opprobre aux yeux de l'Europe. Je n'irai pas plus faire le voyage de dans cette Babylone que saint Pierre n'a été à Rome. ^2 COflRESPONUANCE de l'engager à ne me plus imputer les veis d'un pré. J'attends les ordres Il sur- roi de Prusse sur l'affaire permet déjà de prendre le titre de son ingénieur et de son aide de camp il ne manque à tout cela que des appointements. H s'élèvera à lui-même un tribunal dans lequel du du jeune liomme..

le moment présent. en qualité de conseiller au parle- ment. avec intentions du monde. et que notre brave et très-sage officier refuserait avec horreur si on les lui présentait. d'Hor- noy. . Je ne suis guère moins fâché contre les meilleures mon neveu (2). trois jours après. Quoi qu'il en soit. de Vaines. L'exemplaire fut adressé avec une lettre à M. Voyez la lettre suivante. neveu de Voltaire. pour la révision du procès La Barre. de m'imroi puter un ouvrage dans lequel de Prusse est comparé être Yanini. et qui veut des lettres en chancellerie dont nous ne voulons point du tout. à mon gré. destiné à M.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Je profiterai incessamment des bontés lui il et de la philosophie de M. Cet excès de ridicule pourrait très-funeste dans les circonstances dans les- quelles vous savez que nous sommes. préjugés et certaines gens. le 2/» avril. j'envoie vrage à un imprimeur qui vient d'achever la grande Encyclopédie. qui . vous le monet Voyez ci-dessus la lettre du 10 avril. Il devrait être imprimé au Louvre par un ordre exprès du roi mais je vois bien qu'on respecte encore certains anciens . a toujours la rage des formes. nistre qu'ait jamais ^3 eu la Fi ance. de Tressan(i). serait dangereux à . (3) Un exemplaire du Cri du sang innocent. Je vous ai écrit je un petit mot par un voyageur. ne sont l'ou- guère respectables. de Vaines. qui. qui dirigeait les démarches de Condorcet de D'Alembert. le lira. M. d'Hornoy. Je enverrai un méil moire pour mon neveu (i) (2) (3). méVous sentez combien il le vous ai exposé mon dans très-juste chagrin de la prise de M.

page 80. Vous une bien belle action de donner vousmême ce mémoire à Elie de Beaumont. Lundi 24 .^4 trera . sous le couvert de M. V. En attendant. du 24 avril 177 5. Elle est celle de Calas et celle de Sirven. CORRESPONDANCE et si vous n'êtes pas tous deux J'en ai saisis d'indi- gnation. Voyez lettre 40. cet ouvrage aussi agréable que solide. le garde des sceaux. dont vous m'avez confié le manuscrit (2). et d'en raiferiez sonner avec lui. de Vaines. je serai bien étonné. . J'en viendrai bout. mon cher philosophe ci- toyen. je et avec tendresse avec respect. avril 1775 ( i). j'envoie paquet tout ouvert à si M. (i) Cette lettre fut envoyée. de Vaines . si les larmes ne vous viennent pas aux yeux. Je vous embrasse. qui est digne de l'être. longtemps versé sur plus atroce que à cette exécrable aventure. 37. de Vaines. Ce mot de grâce comme je le mande à d'Hornoy. déchire l'oreille et le cœur. votre ami. en voici un autre qu'on met sous le votre protection. avocat des Calas. des Sirven et de d'ÉtalVoyez la lettre à M. Nous rejetterions ces . Je n'aurai que ce soir. Les Réflexions sur le commerce des blés. ou mourrai dans ce combat. mon cher philosophe intrépide. avec l'exemplaire du Cri du sang innocent dont il est question pour dans la lettre précédente. A CONDORCET. Voltaire y joignit des papiers Élie de londe. Il est bien triste qu'on ait déjà pris le parti de demander des lettres de grâce à M. (2) Beaumont.

les présentait. fortement Beaumont. chose à à mon avis. lettres 75 avec horreur si on nous . contre toute attente et contre toute jourd'hui donner auque huit autres avocats donnèient en 1766. nous refuser une si chose juste. Le roi de Prusse. alors on s'adresserait au roi hii-même à son sacre. qu'à manifester l'infamie de ses la juges.ENTBK VOLTAIRE ET CONDORCET. de Supplicié le 9 août 1765. D'Étallonde ne veut qu'un tence d' mot des avocats : A bbeville portée par des juges incompétents est Beaumont en convienne. rougir. . Si. Que ne vous ! puis-je moi-même venir lui parler avec Voilà encore une occasion où Raton doit griller ses pattes. les avocats ne voulaient pas nous le même délibéré D'Étallonde. V. sans prévarication. je faites-le vous en prie. illégale. raison. Votre indignation est égale à la à mienne. Nous n'en avons jamais voulu et nous sommes cruelle- ment affligés qu'on se soit obstiné à les demander la sen- malgré nous. faire. Il Il faudra bien qu'ÉIiede ne pourrait. en attendant qu'il puisse un jour ouvrir tranchée devant Abbeville. Je vous supplie de (i) (2) donner ce petit billet à M. protégé par le roi Il son maître n'a autre (2). et à l'Europe entière. dans un mémoire beaucoup plus fort et beaucoup plus couit. n'a besoin de personne en France. Parlez. forcez-le à servir la raison et l'innocence. après l'assassinat du chevalier de La Barre (i).

nous ne crions point parce que nous savons trèsbien que notre terrain n'est pas celui de Babylone. A COINDORCET. qui sont ceux de la vertu et du bien public. ou d'Egypte. jeté 1775. du 5 uiai et à M. . Vous voyez horreurs qu'on vient de commettre à Dijon Dieu veuille que les fétiches n'aient pas excité sous main celle Il petite Saint-Barlhélemy! semble qu'on prenne à n'a fait tâche de dégoûter le plusgrandhommede la France(2) d'un ministère dans lequel il que du bien. non pas à l'arcbevêque. (a) Turgot. Les Welches sont fous Français sont honnêtes. du 8 mai (i) Il . Voyez les lettres à M™^ de Saint. mais les vrais On ficiles dit qu'on crie à Paris parce que le pain blanc dif- est renchéri de deux liards. et les la de tout commerce. de Vaines.176 CORRESPONDANCE l'avocal. ou de Sicile. lui. Nous sommes moins le blé dans notre petit canton ignoré. Beaumont. le setier vaut et actuellement chez nous . et barbares. dans laquelle on avait deux cents setiers de blé à la rivière. [\i liv. de Paris. y avait eu une émeute violente. mais à en lui donnant ce paquet de notre Prussien. et qui combatlront sous ses étendards. 26 avril 1775. Le premier point de contre liberté la liberté mon sermon est l'abominable contre superstition populaire et parlementaire qui s'élève du commerce des blés (i).Julien. 38. La nation des Welches est indigne de Mais il y a des Français à qui sa gloire sera toujours chère.

Je vous prie instamment de vouloir bien donner ce mémoire à Beaumont et de l'encourager à bien faire. JEneich. Il mander justice. je crois. (i) (2) Virg. vous savez bien que des vers qui ne sont pas parfaits ne valent rien . (2) . VI. Mon la troisième point roulera sur la faiblesse et sur méprise de M. de Tressan(4). et qu'une seule idée qui n'est pas à sa place rend tout un discours ridicule. . Mais tout géomètre que vous êtes. le pain mollet que vous avez ordonné Mon second point est la vertueuse de mon jeune Prussien d'Abbeville. Je conviendrai bien avec vous qu'il y a quelques beaux vers dans l'épître de ce prétendu chevalier de Morton. H n'est pas pardonfaire déli- nable à un lieutenant général des armées du roi de se donner ainsi en spectacle au monde. Vous verrez a raison par le mémoire que vous devez avoir reçu. Voyez ci-dessus du lo .. avril.. 70. par la première (3). lettre 4^^- Au sujet de l'épître la lettre du prétendu chevalier de Morton. (/i) Des exemplaires de la brochure sur le commerce des blés faisait imprimer à Genève pour Condorcet.. et de imprimer des vers si hardis sur des matières si cates. (3) que Voltaire page 80. vous recevrez. p. mais il Au poste reste. Il fermeté d'âme s'obstine à de- regardera toujours s'il une grâce comme un opprobre. Voyez . . ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Ainsi Turgot. '77 : Je dirais volontiers à celui que vous aimez (i) Tu ne cède mails sed contra audentlor ko se le dit à lui-même. vous savez qu'un mot impropre gâte la plus belle pensée.

Vous devez à présent avoir reçu les papiers d'un infortuné digne d'être heureux. 27 avril 1775. A CONDORCET. 39. théologien (i). C'est si impor- pour la troisième fois que je me vois la victime d'imprudences que je n'ai pas à me reprocher la lettre de l'abbé Pinzo La lettre du : . . le chevalier de suis indigné Morlon est un très-mauvais poëte. D'Alembert vous aviez beaucoup approuvé son épître et celle . mes trois points. plaintes. de Tressan. et la lettre 23. page 273. je vous prie de répondre à tous les trois avec amitié et vérité. p. et je ne doute ni de vos bontés ni de votre vertu courageuse. malgré quelques beaux vers détachés M. qu'on m'impute cet ouvrage Voilà très-indiscret d'ail- leurs. Le comte de Tressan à qui j'ai fait de très-justes mandé que vous et M. faut que je vous parle encore des suites très-dé- sagréables qu'ont eues la faiblesse et la méprise de de M. m'a (i) Tome V. Il est bien triste qu'un ridicule très-dangereux les vienne empoisonner Il consolations que je ressens. Je . et dans quel temps! lorsqu'il était tant de se taire. Voilà donc deux Ratons au lieu d'un. très-dangereux et très-mal placé. 39. dire que.78 CORRESPONDANCE VOUS me permeltiez de vous . et la témérité du prétendu chevalier de Morton.

Ce n'est pas la en attaquant maladroitement hors de propos nommé (i) Sorbonne et Riballier qu'un Écossais. d'écrire pour détromper gner à On aurait bien dû épar- ma vieillesse ces désagréments insupporta- bles! Mais je dois les oublier en faveur v. et à réveiller la rage des anciens persécuteurs. les pa- elles ont disparu même . Les œuvres de Cubières. et dans sa réponse. le chevalier de Morton. Je conviens que l'épître de ce Morton est semée de quelques vers détachés fort beaux. ils sont très-mauvais. de votre chevalier. au château de Fer: nej (1). . en 5 petits volumes in-18 rapets de la Seine . Figurez-vous qu'un chevalier de Cubières de Palmezeaux. tantôt Cubières de Palmezeaux. et c'est me déshonorer que de me les attribuer. de Tressan. que vous l'aviez exhorté à 79 faire imprimer tout cela. de n'être point proteste ingénument à ce Cubières le chevalier Morton . il en date du 26 avril 1775. Voltaire n'en soupçonnait rien. Heureusement pour coupable. Je ne puis croire que vous ayez donné un si détestahle conseil. pousser le la plaisanterie c'était jusqu'à l'insolence. Morton.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Je serai dans la triste obligation le public. mais ils ne peuvent servir qu'à nous susciter des ennemis implacables.ous allez faire à ce du bien que et brave et sage d'Étallonde. réussira à faire rendre justice à un Ce Cubières. qui se faisait appeler tantôt Dorat-Cubières. Pour les autres versde ce Morton. était précisément l'auteur de la fameuse épître du chevalier Morton à M. vient de m'écrire A M. faisant des vers (qui de- meure aux écuries de la reine). ornaient il y a vingt ans tous de cet asile. et tente de le lui prouver par la critique des vers dudit Morton.

ses affaires à cent de chez on les fait toujours mal. Monsieur n'est .- Necker. messieurs Bertrands. J'attends la continuation des lettres qui soutien- nent les opinions d'un sage (4). ne faisons (i) et c'est à un incident qui lecommencer. rien. balancé que par mon mon est extrême. p. commerce des les soins blés. t. il espérance en vous. 40. Elie de Beaumont. avocat de d'Étallonde. réparez-la. moment. Adieu. Je suis fâché aussi d'avoir prié les Bertrands de demander l'avis de Beaumont et de Target. 99. Turj^ot. V. . Yeut-il qu'on lui en fasse passer d'autres Il sera servi sur-le-cbamp. N'allez point chez des avocats. Je suis très-fâché qu'un banquier défende une si mauvaise cause. A CONDORCET.) Imprimé (3) (/. XI.) à Genève par de Voltaire. (a) Réflexions sur le (Voy. en faisant entendre raison à Beaumont chagrin (i). et attendons.So Picard. la J'envoie à l'orateur de la raison et de patrie quelques exemplaires de son ouvrage sur qui m'arrive dans le ? les blés (2). CORRESPONDANCE nommé d'Élalloncle. Cette disparate m'ac- cable de douleur. lieues Quand on veut conduire soi . je vous en conjure. (3) contre les systèmes toute d'un banquier la Ce procès doit intéresser nation et l'Europe entière. 4 mai 177^. A peine a-t-on écrit une lettre qu'il survient change tout.

A CONDORCET. C'est à lui de protéger les gens qui pensent affaire comme lui.ENTRE VOLTAIRE KT CONDORCET. 6 T . vont persécutant r écrivain sans parti n'ait Je ne suis pas étonné que M. lettre pour Beaumont. le garde des sceaux rien faut bien se entendu à cet abominable galimatias. Ayez la bonté de me renvoyer ma . A l'égard . Il ne donne pas dans cette s'il un grand exemple de magnanimité. qui détermina l'arrêt contre le chevalier de La Barre. Si vous n'avez point vu les voir et les avocats. 41. que cf étranges machines fiers ^ feux dun instinct perverti ^ (i). 8 mai 1775. Secrétaire de la raison et de l'éloquence bonheur d'être entièrement de votre avis. Il donner de garde de faire courir de paqui seraient capables de faire un tort reilles sottises. Il Vers de j'ai le faut at- l'épître du chevalier Morton. irréparable. du jeune homme sacrifié par les bœufs- tigres (2) c'est à son maître à prendre vivement ses intérêts.je ne regarde que comme un singe. ne le fait pas rougir et trembler les bœufs-tigres. 8l Mais surtout je vous conjure de ne jamais écrire à moucher follets Tressaii. et fut rap(1) (2) porteur dans le procès de Laliy. ne vous abaissez point à ne vous ennuyez point à leur verbiage. Ce sobriquet désigne le conseiller au parlement Pasquier.

et s'il pas. 42. me mettraient hors d'état d'être utile le à cet infortuné dont vous prenez d'âme. Je vous aime autant que je vous estime. Réflexions sur faire le que Voltaire 3. s'était chargé de imprimer. mais dans tances délicates et fatales où je si les circons- me trouve depuis longtemps. Je vous envoie quelques exemplaires de l'ouvrage que vous m'avez confié (2). on y suppléera autant qu'un particulier peut suppléer à ce que doit faire un grand prince. commerce des blés . de Trudaine. Je vous suis solidement attaché. épargnez-moi. (i) (2) mon respectable et cher philo- Comme l'épître du chevalier de Morton. parti avec tant de grandeur Vous me flattez d'un côté. de ne plus souffrir qu'on m'impute des choses que je ne puis avoir faites (i). Je me donnerai bien de garde d'en envoyer à M. Mais surtout je vous conjure. 7 juillet 1775. V. Je vous ai servi et je vous servirai toujours. je vous en conjure. mais dont je je ne veux pas passer pour être l'auteur d'un écrit auquel je n'ai nulle part. et me sens d'ailleurs très-in- capable. et 40. en me perdantsans ressources. A CONDORGET. et qui. Sachez d'abord. au nom de l'amitié que vous m'avez toujours témoignée. ma situation est plus affreuse vous ne pensez. Voyez les lettres n*** •V a •7 . mais vous me que percez de l'autre.82 fendre que le CORRESPONDANCK maître de ce jeune homme ne le fait lui fasse im sort digne de tous deux.

de Condorcet m'a envoyé Ce fermier est d'un fermier de Picarsens et de trèslui. . chose que la et même la jolie lettre au prohibitif (3)! Cela doit ramener tous les esprits. ingénieur. auteur prohibitif.T^TRE ET CONDORCET. Monsieur. M. J'espère que bons esprits. N.FNTRR VOr. Il nomme telle son m'a écrit sur cela une lettre le que Il Marc-Aurèle ou sied bien grand Julien l'aurait écrite ['i). et . A CONDORCET. le Continuez ney. IX. p. M. d'avoir bien et D'Étallonde. 7 augusfe 1775. soplie. auguste 1775. 83 de lui que le roi de Prusse vient d'appeler auprès à Potsdam. i. (i) (2) En date du Voyez 12 juillet 177^. (Necker). un homme de très-grand bonne compagnie. Je voudrais bien souper avec 7 (A M. M. encore dans Paris de bon sens pour peu qu'il y ait de bon goût. la lettre t. la raisonnable chose. alors à Morival de piésenter au il roi de France une requête dans laquelle lien. de Morival (i). 3o7. aimer un peu goûter aux et à faire hommes en tous 43. et le une pension. de Vaines. C'est la ne lui demande première qu'on cette pièce fera ait faite dans ce goût. Je ne puis assez vous remercier. (3) Lettre d'un laboureur de Picardie à le t.) 6. genres. — Correspondance. qu'il lui donne qu'il le fait capitaine. « « « XI. que si les quelque effet sur les méchants seront obligés de vieux malade de Ferla vérité se taire surtont à vous parlez. » die. |3. Ah ! la bonne chose.

et c'est son frère Continuez . évêque du Piiy. J'ai craint un moment que le mémoire de mon mon gré un service essentiel à la patrie. L'ami J. Voilà un terrible fou que cet homme exterminer V Encyclopédie (i). A VOLTAIRE. La seule différence est. Messieurs? le sanctuaire (i) Lefianc de Pompignan. (3) est entré dans l'assemblée du clergé.84 voulu à CORRESPONDANCL me faire parvenir cet excellent ouvrage. . . bon goût et Le livre ' jeune homme il ne déplût à quelques ministres . et « Qui le croirait. 44. que l'une est une sottise de gredins. Ce samedi. On ne peut assurément lui en savoir mauqui veut vais gré. C'est que vous rendez au que votre Picard foudroie me paraît ressembler en son genre à la Henriade de Fréron et de la Beaumelle. et l'autre une sottise de Trimalcion. il s'est contenté de dire la vérité. . tâchez que Katon meure en paix et puisse-t-il avoir le bonheur de vous voir avant de mourir. et y fait il a dit : un beau discours contre la philosophie. 11 n'y a qu'un homme (2). V. ne demande rien . 12 août 1775. en France aussi insolent que lui. G. {%) (3) Jean-George Lefranc . en Velay- Jean-George Lefranc. au reste . mais j'apprends que mes terreurs étaient mal fondées. mon cher et respectable philosophe éclairez le genre humain dans tous les genres.

mais nous ne sommes plus au temps de saint Grégoire de Nazianze.qu'une peine de mort. vers. de François V^ . des lettres est tlewenu Virréligion. telle lettre qui est pis.. le OJ repaire de l'incrédulité et de a dit un autre archenous sommes sept évé: Monsieur. Savez. non contents de blasphémer. G. etc..ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET.) que tout l'univers sache que » le roi s'est occupé de mou discours (à l'Académie). on ajoutait les qu'il fallait établir des peines plus sévères contre écrivains qui. » « Mais. . les maximes de la plus saine politique ^ la protection ac- àVimpiété venait à entrer dans vues du gou~ i^ernement ? » Chacun se disait à l'oreille: Cet homnielà prend donc l'assemblée pour un concile d'oies? J. conlie les blasphémateurs. vous n'y songez ques dansl'Âcadémie. ridicules et odieux?» (i) J. donnaient des leçons de blasphèmes. Alors projet de lettre G. G. (Voltaire faut Le Russe a Paris. et les malgré cordée les règles immuables de la prudence . a dit de Louis XIY condamnent que nous ne pourrions pas signer une sans devenir irréguliers .) . [Mcinoirc de Lrfrane de Pompignan. w. vous demandez un supplice plus grave pour les philosophes. mais les blasphéma* teurs à avoir la langue coupée. (3a s ! vêque.vous « Monsieur. le clergé devait y rappeler à Sa Majesté les sages lois de saint Louis. a repris « Que serait-ce si. les lois un des évéques. à tout l'univers Lefranc de Ponipignan dit Que « Il '< If roi lit sa prose et même encor ses .T. a tiré de sa poche un au roi loi (i). a remis son papier dans sa poche. et cela ne peut signifiei. car dans celte famille on aime à écrire au D'abord. et etc. de Louis XIV. et.

et dogues qu'on élève contre la philosophie. Jamais les gens censés ou sensés n'ont entendu parler de teurs disent .) 86 et il CORRESPONDANCE disait à iiii de ses confidents: « L'incrédulité a pénétré jusque dans l'assemblée. mon frère et Fréron. et on permettait de recherciiei- les athées. le et le couteau qui le les égorgerait se si plongerait bientôt dans sang des déistes. Papillon Philosophe (i) voit bien mauvaise pagnie sens s'il voit des gens qui vous attribuent le comBon (2). ces imputations. On vous reproche au contraire d'a- voir trop crié contre les athées. Je conviens faire et que c'est une grande maladresse de vouloir la la dépensangui- chute d'une supeistition absurde décision d'une naire de question de métaphycou- sique qui demeurera obscure encore longtemps. à présent qu'il est question d'aller la superstition vers le déisme. et peut-être toujours. très-longuement. il les dresse mais ce n'est pas de gloire. baron d'Holbach. Je conviens qu'ils ont eu tort d'écrire des déclamations. Christophe de Beaumontet (1) Madame par le de Saint-Julien. (2 Le Bon sens 011 Idées nadir c'/cs opposées aux idées surna- turelles. Mais les athées sont sous teau . que de dre le déisme ne mène de le à la superstition il était inutile diie. il les enivre . C'est comme les écoliers à qui les colpor- que les turpitudes qu'ils leur apportent sont de vous pour les vendre un écu de plus. Je ne vois plus pour la religion d'appuis fidèles que M. » Car Fréron a l'intendance des petits à aboyer. . rarcbevêque. Je conviens que s'il et de les écrire est dangeieux . .

Ne disons donc pas de mal des alliées. XIV. de Guibert j'avais déjà pensé qu'il . On dit que ce M. Lafficliard (2). A CONDORCET. nom . deux prix (i). qui paraît une anagramme injurieuse. Joseph Laffichard. alliée 87 élè- Denis Pasquier appelleiaienl sur quiconque verait des cloutes sur la dévotion l'infaillibilité du sacré cœur ou du parlement. En voici de M. par M. J'avais déjà lu fallait M. 27 septembre 1775. mis au concours par l'Aca- démie.]NTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. ce philosophe lui humain. Le Temps présent. il ne peut plus envoyer des marrons. p. la Dédaignant la vérité grandeurs qui tendaient main : simple. On De connaît Ariston les .i. de Guibert et par La Harpe. Raton est très-sensible au souvenir de l'un des deux Bei Irands. Son esprit réunit Enclide et Fonlenelle. (3) t. et qu'il a très-bien fait. homme fort célèbre autrefois dans le Mercure. 45. Laffichard est actuellement retiré du monde. (2) par M. Messieurs Bertrands sauront que Luc (^3) a écrit à Raton ces mots de sa main : Je vais fn occuper à faire (i) Il s'agit de XÉloge de Catinat . d'Ariston : mon ami survint dans ces bocages Que j'avais attristés par ces sombres images. On a enfin achevé de lui griller les pattes. 299. ami noble et fidèle.) Par ce sobriquet. (OEuvres. . Voltaire et D'Alembert désignaient Frédéric. Condorcet y et traité le est mis en scène sous Ariston.

mais j'effacerai mes solécismes en faisant du bien à Z)^^^^?^//. On sition vous a peut-être mandé. est parvenu au point d'avoir assez de sucre et d'indigo pour acheter une charge de conseiller du roi brûleur de papier. décembre 1775.88 CORRESPONDANCE . A VOLTAIRE. Ce jeudi. 8 septembre 1775-) Sur l'abolition des corvées. XI. martyr de la : * « « philosophie./^^/^^. la mon cher et la illustre maître. du bien à saint d'Etallonde phie (i). (2) » (De Frédéric. que sur délation d'Eprémesnil et la réqui- de maître Séguier. 46. 87. (i) « J'ai honte de vous envoyer des vers c'est jeter une goutte d'eau bourbeuse dans une claire fontaine. il un peu Raton de les tout le mal qu'on sera fort fâché de mourir sans avoir eu la consolation d'embrasser deux Bertrands. cour avait supprimé une petite feuille (2) dont j'étais çonné d'être l'auteur. T. on porte au parlement la suppression des conseillers du roi languayeurs de porcs ^ et que les auties la con- seillers du roi se préparent à prendre défense de leurs confrères. . le martyr de la philoso' Cela console fait ailleurs. p. et qu'il y avait véhémentement soupen même temps des voix pour plus vrai petit et me brûler en papier? Il n'y a rien de de plus ridicule. Mais vous ne savez pas qu'au moment où je vous écris. à force de faire donner des coups de fouet à ses nègres. L'Éprémesnil est un Américain qui. publiée sans titie ni nom d'au- teur.

en 1764. seillers du roi. Il 'j. . fait.-F.° 89 y a six édits Paris et : i° la suppression des corvées. la cohorte des assassins de La Barre n'accepte aujourd'hui ce qu'elle détestait il y a huit jours. par une faiblesse aussi lâche que la résistance serait absurde. Que tiers l'impôt pour la réparation la et la construction des chemins ne coûtera point à nation entière le de ce que les corvées coûtaient au peuple seul. Montillet (i) se meurt : c'est le prince Ferdi- ii) Archevêque d'Auch qui. que le Chàtelet et le parlement en levaient un autre par les frais des procédures sans fin que les maîtrises occasionnaient.parlements en faveur des jésuites expulsés. G° dimi- nution et administration plus raisonnable des droits sur les suifs. plus nuisible encore par l'avilissement où il tenait le peuple que par conseillers ce qu'il lui coûtait. que cependant les édits ne pourront être enregistrés qu'en lit de justice. que les corvées étaient un impôt énorme.liNTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Je ne feret merai point cette lettre que je ne sache ce qu'ils auront J. la amené famine. à moins que. avait public un mandement contre les. . Je vous prie d'observer que les mille vingt-cinq du roi levaient chacun pour leur part un impôt sur le peuple. auraient infailliblement s'ils avaient été exécutés. règlements qui. 4° celle de la caisse 5° celle des règlements de police pour l'approvisionnement de Paris. 3° celle pour de mille vingt-cinq conde Poissy . et d'artisans celle des communautés de marchands Lyon.

et qu'elle se renferme dans les bêtes à mitres. considérée lée comme un et il libelle diffamatoire. ainsi. votre confrère et le mien.go CORRESPONDANCE celui-là fera nand de Rohan (puisque piince y a) qui lui succède. est en apoplexie. comme celle des bœufs. en coûta à l'archevêque. elle n'étend ses ravages que sur une seule espèce. ou plutôt en paralysie Vous voyez que l'épizoolie gagne Paris. pour l'avoir signée (elle est du jésuite Patoiiillet). De nos jours. je ferme ma lettre. un esprit de justice. fut brû- de la main du bourreau. Le cardinal de Luynes. L'assemblée des robes et des perruques n'est que pour ce matin ils ne feront que nommer la des comin- missaires. Voyez plus loin n 49. Mais si . moins de mandements que de battues de lièvres. : notre cause et cause pu- blique n'ont rien à craindre dans ce moment. raison champ de humaine n'en : sera que plus fécond. la la comme l'autre dans les bètes à cornes. Cette pièce. et un courage qui doivent bien consoler ceux qui s'intéressent à la chose publique. un amour de l'application. dix mille écas d'a- mende. et le vigne du Seigneur sera en fricbe. . juste sévérité de Louis la lettre XV n'en a point trouvé. Je vous Le roi a montré dans l'affaire des édits une raison. Montillet mais la et Patouillet ont trouvé des imitateurs. un désir de faire le bien de ses peuples. N'ayez aucune quiétude sur tout ceci embrasse.

p. . Tout le monde s'embrassait tout le monde voir dix ou douze mille . p. reconduire avec des huées les troupes du roi David. Ce mémoire ferme voulurent continuer eut un plein succès. le » les grands chemins et dans (2) les maisons des sujets du roi. 8 janvier. les employés de Ils la taxes abolies. Voltaire lui adressa. tout le monde s'enivrait. quelle indignation causèrent violences des commis « On ne doit regarder les que comme des assassins ancienne bandoulière . Cependant. dans M. j'ai reçu des me suis cru le Je regarde sans doute ce petit événement comme ses un essai qu'Hercule (2) fait de forces roi : il finira par nettoyer toutes (i) les étables du Augias. scélérats qui . . (Correspondance. C'était une belle fête de hommes répandus dans la campagne. . dans sa joie. furent accueillis voit par celte lettre. bénir M. II janvier 1776. Voltaire. en écrivit le (11 janvier) deux autres une lettre à : l'une à t. Les Gex. Vous augmentez ma losophe. de Vaines. Turgot et chanter leur liberté. Je ne suis qu'un pauvre malade compliments dans mon lit. mon respectable phi- partageant. A CONDORCET (1). . Saint-Julien. Fabry. un Voltaire avait présenté.(77 et 478. en faveur du pays de le mémoire pour obtenir contrôleur général à percevoir les dégrèvement de l'impôt. et malgré les ordres précis du . XIX. une lettre de renicrciments avec un mémoire. à la faveur d'une viennent voler sur etc. dansait . yl 47. Turgot. mais je plus heureux des hommes.ENTRE VOLTAIRE ET COJNDORCET. 472.) Voyez : comme l'on même jour l'autre à M™^ de aussi au patriarche « « « les M. en la joie.

et dans cette guerre que Dieu plus gros bataillons. ! : elle res- 48. A CONDORCET. mais vous êtes un excellent général d'armée et je me flatte que les deux Bertrands formeront des milhers de Ratons. cher. supposé qu'il soit assez heureux pour avoir toujours dans Hercule une confiance entière. ^ les crois . est arrivée saine et sauve. vous soyez toujours unis. C'est beaucoup de les avoir rendus méprisables aux yeux de tous les honnêtes gens. mais cela ne suffit pas 11 : les honnêtes gens sont en c'est trop petit nombre. mon cher et respec- table philosophe. mais nos deux géné- Que ne raux doivent toujours être animés du même esprit.g2 CORRESPONDANCE depuis : reptiles qui infectent si longtemps ces éla- bles auront beau siffler Augias verra sa maison nette. 27 janvier i77^- Voire lettre du 16 janviei- . el vous . On Brutus m'a dit qu'il y a du refroidissement entre faut que il et Cassius je ne le crois pas : . J'ai malheureusement pour les passé ma vie à escarmouest toujours . tent encore à vivre. puis-je avant ma mort me tiouver encore entre vous deux Conservez-moi votre amitié répand un charme sur le peu de jours qui me Raton. Saint Jérôme a pu se brouiller avec saint Augustin. y aura toujours dix fois plus de prêtres que de sages. Pour Messieurs de \ Avertissement aux fidèles je toujours plus dangereux que les gens de finance ce sont des basilics dont on ne pourra détruire la race.

Ce parlement s'est réservé de faire des remontrances mais elles seront bien peu importantes et assez inu. commissionnaire dans de le nos petits États Je ne lit pouvais deviner qu'un accès de goutte prié de le mît au même temps que je lui écrivais. France Je suis tombé dans de le malheureux contre-temps . tion se trouve XLVIII. Je ne crains point la compagnie du métier de saint Matthieu. des œuvres de . Dupont. tiles : il faut bien lui laisser le plaisir de se faire valoir. p. Sa décla: ration est enfin enregistrée au parlement de Dijon.ENTRF. Les deux autres canailles dont vous me parlez me (i) Voyez la lettre t. et si Je l'avais en marge vous voyez M. 9^ pouvez écrire en toute assurance à ce vieux malade qui vous sera tendrement attaché jusqu'à sa mort. que vous appelez la canaille du sel notre grand ministre nous en a délivrés pour nos étrennes. me faire réponse par M. désole : Une nouvelle plus vraie me c'est la goutte et la fièvre la du meilleur ministre des finances que jamais ait eu. Je me doutais bien que le prétendu refroidisse- ment de deux grands hommes faits pour s'aimer. 172. précédente. VOLTAIRE ET CONDORCET. n** 47- — Le mémoire en quesVoltaire. je vous serai très -obligé de vouloir bien lui en dire mon mémoire. était une de ces absurdes calomnies dont votre ville de Paris est continuellement inondée. un mot. Dupont. de lui envoyer un long mémoire en qualité de (i). et probablement pour jamais.

mais je vois avec douleur qu'on ne pourra jamais ôler de faire à l'autre le droit du mal. . Voyez XI. p. Turgot lui-même n'a pu ni voulu défendre dans le conseil un petit ouvrage qui était uniquement à sa gloire (3). c'est pour qu'on rend le pain bénit c'est pour et qu'on a condamné chevalier de La Barre d'Étallonde au supplice des parricides. Vous avez vu. La Harpe. el la lettre n° /. Je vous conjure encore une fois de ne pas souffrir qu'aucun de vos amis se donne le funeste plaisir de m'imputer des ouvrages qui m'exposent à la fureur de ces persécuteurs éternels (2). (^4 CORRESPOND A NCi: J'ai été font toujours trembler. (1) (2) C'est pour elle ([u'on Cette seconde canaille est Freron.6. par l'aventure arrivée à La Harpe. combien cette réunion est à craindre. Encore une allusion au comte de Tressan et à l'épître du chevalier Morton. t. 89. et cette canaille est le peuple. 87. surtout quand ces deux canailles sont jointes ensemble pour nuire au genre bumain (î). trop heureux de tirer d'Étallonde des griffes de l'une. 38. 41. On voudra louchera toujours mener cette canaille par le licou qu'elle s'est donné elle-même. . Vous avez vu que M. et qu'il a laissé condamner M. Sur des corvées. mais et .. pour avoir loué cet ouvrage dans le Mercure. Soyez très-sûr que le ministèi e n'oseiait jamais soutenir un homme qui serait poursuivi par eux. pour elle qu'on va à elle la messe. C'est elle il est vrai que c'est trois autres réduisent à la elle mendicité. à vêpres le au salut. (3) L'écrit Voyez ci-dessus l'abolition les lettres n" 35. Il y a les uneaude canaille à laquelle on sacrifie tout.

parlez des esclaves de Vous me cependant il faut les secourir puisqu'ils sont le hom- mes. soyez siir qu'on soupait gaîà la gueule ment dans Carlhage Cyprien. Tout ce qu'on pourra faire. parle piemier président de Lamoignon.r. Nous avons retrouvé un édit minuté sous Louis XIV. et de lui inspirer insensiblement des maximes plus saines et plus tolérantes. qu'ils sont regardés comme des lois fon- damentales. laissera subsister les c'est pour elle-même qu'on moines qui dévorent sa subsNous ne pourrons jamais détruire des abus qu'on a le malheur de croire nécessaires au maintien tance. sera d'éclairer peu à peu la jeunesse qui peut avoir un jour quelque part dans le gouvernement. J'attends moment favorable pour faire présen- ter une requête à M. Ne nous refroidissons point. le jour qu'on avait pendu saint mvi . mais ne nous exposons pas. Presque tous les princes sont élevés dans un profond respect pour ces abus. bisaïeul de M. songez que les premiers chrétiens mêmes laissaient mourir leurs martyrs. . Leur nourrice le et leur précepteur leur mettent à la frein bouche même que le cordelier et le récollet mettent du charbonnier et de la blanchisseuse. Ces abus sont le patrimoine de tant d'hommes puissants. des États. : . de Malesherbes cet édit abolissait la mainmorte par tout le royaume selon les vues de saint Louis. w -îuoq la «'jîir- Franche-Comté: je vous assure que ces esclaves ne feraient pas la guerre de Spartacus pour sauver un philosophe. de Malesherbes. 95 toujours les écrouelles..NTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Turgot et à M. et qui gouvernent presque toute l'Europe.

49. que le peuple est de sa nature corvéable et taillable.. Mais ce grand prince a beau faire. D'Alembert. les grandes robes ont enregistré l'édit de la cour de Poitiers. quand cette requête sera en- voyée dans un temps favorable. Je vous demande en grâce de m'écrire ce que vous pensez tous Conservez-moi l'un et l'autre deux de ma une amitié qui lettre. se traîne à toutes les assemblées de commissaires. V. et pour établir ce grand roi. quoique mourant. . et nommé des commissaires pour lers les cinq autres. C)6 CORRESPONDANCt Hutin et de plusieurs de nos rois. L'acde Louis le complissement d'un tel ouvrage serait bien digne du gouvernement présent. J'attends les nouveaux ouvrages de M. éloquence de la vertu. le prince de Conti. Je ne doute pas que vous avec votre n'en parliez à ces deux dignes ministres . Ces commissaires ont déjà approuvé celui qui supprime les conseil- doucement. et l'on C'est à la fermeté du principe. ne faut courir ni deux lièvres ni deux édits à Je vous embrasse tendrement vous et votre digne ami M. A VOLTAIRE. Turgot les contre lesquels on se déchaîne sans il connaître: la fois. M. les cor- vées et lui s'en iront ensemble. pour lâcher de conserver à la France le bonheur d'avoir des corvées. présume que tout se passera du roi que nous devons ce miracle. Ce 1 1 février 1776. fait la consolation de mes derniers jours. Mon cher et illustre maître.

et le Cliàtelet est trop heureux d'é. (4) L'édition des œuvres de Voltaire. La première édition de 1769. Le livre est brûlé on informe contre les libraires. espère prouver à tout l'univers que police actuel . en trois vo"Voyez lumes in-i2. touffer sa sottise. une autre lettre à d'Ar- mer et Bardin . mais soyez sûr qu'à l'exception de cette commodité pour le public et de l'argent qu'elle rapportera au (i) Par de Liste de Sales. Point du tout on découvre que l'ouvrage. faite à Genève par Cra- qui causa tant d'inquiétude à Voltaire. l'évêque de Chàlons.F. gental.-F. (3) Archevêque d'Auch. la lettre n° 46. 97 du Châtelet de Paris. Turgot a permis distribution d'un livre abominable. et plus bas la lettre n" 52. et que le frontispice est une ruse de libraire. le lieutenant de qui ne peut manquer d'être . un scéléla : rat puisqu'il est l'ami de M. on Voici une facétie . approuvé par un janséniste zélé pour la bonne cause a été permis il y a cinq ou six ans (2). Juigné. contre l'auteur. dit-on. Le bénéfice vaut près de quatre cent mille livres de rentes. qui succède. Montillet (3) est dans le sein d'Abraham. lui C'est. Nous nous trouvons fort bien ici d'avoir en quarante volumes ce qui était en cinquante-quatre (4). . de l'Académie française. . Voyez la lettre à D'Alembert du 8 février 1776 . et qui porte au frontispice 1776. J.JVTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. du 6 mars 177^. est (2) Davantage. On dénonce à la chainbie un livre inlitulé Philosophie de la Nature (^\) qui se vend avec permission tacite.

écrit il y a quinze ans . mais parce qu'elle scandaleuse. Page 88. et imprimé en (i) « D'Esprémenil. Il s'a- d'un M. qui n'ait au moins une collection à peu près semblable. . Adieu je vous embrasse et vous exhorte à ne pas . car je sais. mon cher et respec- table philosophe. querelle de Cramer ne fasse de non qu'elle pût est vous compromettre. pour un livre trop orthodoxe. CORRESPONDANCE il ne résultera rien de celte opération de commerce. intitulé la Philosophie de la nature. à force de faire donner des coups de fouet à ses nègres. persécuté en 1776. i6 février 1776. mais m'effraye. « L'Esprémenil est un petit Américain qui. Comme il n'y a personne ayant un peu de livres. deLisle de Sales. laisser si aisément troubler votre repos. Empêchez la seulement que l'éclat. il est impossible qu'elle fasse le moindre bruit. 50. à n'en pouvoir douter. Le sauvage américain dont vous il me parlez (1) ne m'étonne point.98 libraire . A CONDORCET. Je crois vous avoir parlé d'une autre aventure qui est git poussée beaucoup plus loin que la vôtre. Nos letties se sont croisées . est « 'I parvenu au point d'avoir assez de sucre ter et d'indigo pour ache» une charge de conseiller du roi brûleur de papier. qu'il est de la horde des autres sauvages français qui ont juré une haine immortelle à la raison. Personne n'en parle ici.

Qu'est-ce donc qu'un avocat nommé Blondel . que le cardinal de Luynes se meurt ? Ne seriez-vous pas tenté de purifier notre Académie en lui succédant? Vous nous rendiiez un grand ser- (i) (a) En 1769. de Vaines. du peuple. livre I^"^ Voyez au de Pantagruel. qui ne peut plus marcher. et -s'ils faisaient les je pense qu'ils trouveraient à qui parler. ch. votre ami. je crois aussi vous avoir fortement conjuré de ne jamais hasarder les pattes de Raton . qui s'y retirer. et bientôt à Est-il vrai qui ne plus parler. . ont cru que le mot théiste signifiait athée . ^ que tolérance voulait dire impiété^ et vertu sacrUége. les livre I^*". Je crois vous avoir dit qu'on avait cret de prise de corps contre l'auteur donné un dé. 7. l'af- vous prie tous deux de vous informer de de ce pauvre de Lisle de Sales. Turgot. qui n'entendent pas encore le français.EJVTKi: VOLTAIRE ET CONDORCET. et n'aurait plus de trou pour qui serait infailliblement dit à et je faire mangé par les les chats fourrés (2). et qui n'a pas épargné M. Les apédeutes Voyez Pantagruel . J'ai peu près mêmes choses à l'autre Bertrand. ils XIV et XV.sage et bien- faisant ministre père difficiles. 99 1770 (i) en Hollande. ou apédeftes sont gens de justice. Les sauvages. votre autre ami? Est-il vrai que ce tille ? maraud est à la Bas(3) aient Je ne puis croire que les apédeutes la hardiesse de refuser leuis griffes au . Voyez ci-dessus la lettre n° 49. qui sont les chats fourres. ch. XVIII. qui s'est avisé d'écrire des horreurs contre M. et (3] comment vivent de corruption.

Moreliet : l'abbé votre nom et votre éloquence en impose- . qui sont venus pour saisir l'exoratorien aupiès de Pontoise? Savez-vous qu'enfin nous des Châtel et des Ravaillac Il sommes ? prêts de revenir au temps des Guincestre. qui avait imprimé la Philosophie de la dénoncé par son propre fds. Eh bien mon cher et respectable philosophe à quand la Saint-Barthélémy ? Savez-vous que le fameux . libraire Saillant. me paraît absolument nécessaire que les Il honfaut nêtes gens se tiennent serrés en bataillon. soupçonné d'être l'auteur de cette philosophie? Savez-vous qu'ils ont donné de l'argent aux sergents et aux recors. poursui- vent avec fureur.100 vice. l'un des plus honnêtes hommes de iki- Paris . . des Aubry. a été traducteur de Milton et conseiller au parlement. Clément de Barville. et que pour comble d'hoireur ce fils est médecin? Savez-vous que Dupré de Saint-Maur.un pauvre ex-oratorien philosophe. Raton. Mille tendres respects. A CONDORCET. des Clément. CORRESPONDANCE Nous avons beaucoup trop de prêtres. neveu du tare. et deux conseillers du même nom. 26 février 1776. que vous soyez de notre Académie avec M. et nous n'avons pas assez d'hommes. 51. avocat général à la cour des aides.

et qui se trouvent dans des situations violentes. lieu volumes au de 5/|. Voyez la lettre à d'Argentai. D'Alembert. du 6 mars 1776. Je sais que les scélérats aiguisent leurs poignards contre moi je sais tout ce qu'ils préparent. 52. . Soutenez-la sur précipice. vont du moins à la JOî secte des sicaires qui s'établit dans Paris. Je vous excède peut-être de faut mes lettres. V.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. : ne se point charger d'une annoncée par un nommé Bardin dans plusieurs journaux. Panckoucke est déjà soupçonné. affile ses poignards et charge ses arquebuses. Je suis frère (i) à Suard force son détestable édition (2) plus instruit qu'on ne pense. Il est d'une nécessité absolue que madame bien est en danger. Jl Concertez-vous sur cela avec M. Le En Il est certain que Panckoucke (1) (a) libraire liO Panckoucke. et ci-dessus la lettre n" 49. mais il pardonner aux jeunes gens qui ont de grandes passions. il sera bientôt accusé et perdu. Encore une d'être fois. 28 février 1776. de Lisle de Sales. n'y a pas un moment à perdre. A CONDORCET. H est certain que la faction des sicaires qui persé- cute M. L'Église des gens de le penchant du empêchez que les assassins des La Barre ne triomphent. faites-moi l'honneur et le plaisir mon confrère.

de chercher une nouvelle patrie. tout ce qu'on me mande me fait voir évidemment qu'il n'y a pas un moment frère à perdre. J'ai averti sa sœur. et être marl'a moins possible. et Condorcct y succombé. madame Suard. journal de Bouillon (r). . le martyre des amis de la vérité ne profite qu'aux amis du mensonge. la cette misérable édition il n'a d'autre parti à pren renvoyer ou à la brûler. S'il est vrai qu'en effet Bardin ait . si ce nom mal- la tête de ces in- il y est si bien désigné qu'on ne que le parti est pris de procéder contre Panckoucke et contre moi je n'en puis douter. Servir la vérité le plus possible. dre qu'à C'est à vendu de madame Suard. et combien il est ridicule se justifier. Je ne plaisante point je sens combien de il est dangereux d'êti'e accusé. Voltaire résolu. chrétienne et Il y a dans cette collection vingt ouvrages qui font fré- mir la religion . ne me ré- pond point. mourir ailleurs que dans mon lit (2). ou au quelque autre. qu'on a : la barbare im- pudence de mettre sous mon nom heureux n'est pas en toute lettre à dignes ouvrages . Je sens aussi qu'il serait bien triste. 5o. 8 février 1776.} En tyr le effet. Je ne veux pas être la victime de l'imprudente ava- (i) (2) " « Voyez ci-dessus « les lettres n"^ : 49.I02 est CORRESPONDANCE si perdu dans on Iroiive chez lui un seul exemplaire de cette infâme édition annoncée par un le nommé elle Bar- din . le J'aime fort la vérité. et je ne veux pas. Vous êtes son ami. Je troisième année. 5i. moi plus que personne de me plaindre. » (A D'Alembert. a c'est là le problème. dans ma quatre-vingts'y sais : peut méprendre. à mon âge de quatre-vingt-deux «ans. « comme d'Etallonde. mais je n'aime point du tout martyre.

le garde des sceaux contre ce Bardin. Voyez la leUre n° 5i. sur votre à tera les sicaires à zèle et sur vos bontés. mais prit comme un et objet de potence. Je vous prie encore une de sophe. porde plus sanglantes extrémités.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. me plaindre si on débite dans Paris un seul exemplaire de cette collection abominable de Bardin que je demanderai la protection de M. de cipice. . faites-moi l'amitié de le lui re- Envoyez-moi sa réponse par M. et que je chargerai mes héritiers de poursui. mettre. que je poursuivrai ce Bardin jusqu'à ma mort. vre ce Bardin. je pleure sur le genre humain. Permettez-moi de vous adresser ce j'écris à petit mot que M. lice I o'i de je ne sais quel libraire J'avertis que je serai le premier à nommé Bardin. Je vous embrasse tendrement. (i) Pour avoir imprimé la Philosophie de la nature. pardonnez-moi mesimportunités et mes inquiétudes. 11 est très-nécessaire que son frère et elle m'instruisent de tout. mon illustre philomadame Suard de ce pré- Je suis outré contre elle de ce qu'elle ne m'a point répondu. merce. Soyez trèset sûr qu'on n'épargnera personne que le même es- de fanatisme fils de rage qui vient de porter Saillant le dénoncer son propre père (i). tirer le frère fois. Gaillard . Un libraire de Paris ne doit pas regarder une telle affaire comme un objet de com. de Vaines. Je compte sur votre amitié.

doit bien se repentir de les avoir tirés de leurs ca- chots pour les faire rasseoir sur lesquelles leur siéraient bien les fleurs de lis. c'est la faction des Clément qui a déclaré cet ex-oratorien criminel de lèse-majesté divine et humaine. mieux sur leurs épaules Ce sont eux qui ont fait agir Châtelet contre de Lisle (2) .lo4 CORnESPONDANCK 53. Le grand ministre que ces marauds-là détestent. (3) Christophe de Beaumont. (1) L'ancien parlement rétabli. (a) De Lisle de Sales.. archevêque de Paris- (4) Virg. le Ils se sont réunis avec (3). Nos lettres se croisent. tenons un parla grâce de Dieu. ^ ilfaut quil serve cï exemple Jani aux autres. proximus ardet Ucalegon (4). . a voulu adoucir ce capelan il lui a répondu : Ma- chme nous en . tisme est très-vrai. Je re- çois la vôtre du apédeutes (i) Tout ce que vous dites sur les tenant la cour d'ignorance et de fanaaS. A CONDORCET. H. usé avec Vous voyez comment ce putassier de Seguieren a l'homme respectable qui devrait être à sa place dans l'Académie. ^/?r?V/. frénétique inventeur des billets de confession et lorsqu'une dame de la plus haute considération . i"mars 1776. mon illustre ami. que sous leur le derrière.

ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Cramer estheureux il a gagné quatre cent mille francs avec mon seul nom. mais que Pancregarde pas comme un homme qu'on nulle part. Je saurai koucke ne me puisse offenser impunément. et très-détaillée. 49)- . Mais je ne veux pas être trémité où je ne la victime de son bonheur. sera infaillible- ment empoisonné. L'affaire Io5 pres- de Panckoucke (i) est cent fois plus sante et sera cent fois plus affreuse. et la (1) conservation de Voyez ci-dessus. Je prends mes mesures pour n'être point obligé de m'en mêler . il navré de douleur. Sa. fruitur diis iratis (3). il en garde un seul dans sa boutique. laboratoire. parlant de Marins : Exul ah nctnva Marins hil'it et fruitur diis iratis (I. mon illustre ami. et très-positive. 5i. Siiard. mais je suis indigné contre Panckoucke et sa sœur (2). Cela va faire . qui ne me font point de réponse Il . lettres 49. il Je ne veux l'être de personne. faut que Panckoucke S'il renvoie à Genève les poisons qu'il y a achetés. Je viens de lire un mémoiîe à consulter sur l'exis- tence actuelle des six corps. tandis que les gredins de la littérature pensent que j'ai vendu mes ouvrages à Cramer. plutôt que de souffrir qu'on mon nom des infamies auxquelles je n'ai que j'ai bâtie et les jardins que mourir ailleurs. comme Locuste le fut dans son un vacarme abominable. Je saurai quitter la ville j'ai plantés. Je vous ouvre est mon cœur. et n'y a point d'ex- vende sous me porte. Ce Genevois dans Genè\e. il m'en faut une . (a) (3) Madame Juvénal . et dont tous les auteurs sont connus.

io6 leurs privilèges ^ CORRESPONDANCE signé Lacroix. Ce jeudi. soyez de notre Académie 54. avocat. le président Bigot de Sainte-Croix. le i®*" mars Ne soyez pas en colère vous aime autant qu'elle vous admire.deLisle('2J se la lettre n" 46. tif elle a voulu savoir quelque chose de posi- sur l'objet de vos inquiétudes. mon sauveur. 1776. à une lieue de Ferney. de Vaines me ferait tenir tout cela bien aisément. J'ai reçu toutes vos lettres jusqu'à celle du et illustre maître. Le parlement (i) (2) Voyez ci-dessus De pour Lislo de Sales décrété de prise de corps par le Châ- telet sa Philosophie de la nature. Bigot seriez-vous assez bon pour me le faire tenir contre-signe Turgot? Mais surtout je vous supplie de mettre dans votre paquet la feuille que M. Mais au nom de Jésus-Christ ! . L'affaire deM. M. Mais avant que de vous répondre. . A VOLTAIRE. voyage. Elle s'occupe de vos inquiétudes avec l'intérêt plus touchant. Je vais passer quelque temps dans une maison de campagne que j'ai en Suisse. Turgot devant les chambres assemblées! Ce factuni parait une réponse à un M. Seguier vous a attribuée (i). civilise. La lecture de votre feuille égayera ce petit . Voilà donc un procès qu'on intente à M. . Si vous aviez le mémoire de M.. elle mon cher contre madame Suard. Un écrit fait par vous et condamné par Se- guier doit être excellent.

livre. qui ne mordait que par instinct de bassesse. Voyez plus loin p. (i) Rigoley d'Ogny. Beuchot. les envoyer. le nom de Francaleu. des œuvres de de Boncerf. Il 5. On a M. de vous en lisant ce a données. Cest un dédale d'intrigues il et de le contre-intrigues dont est impossible de confier secret au baron Rigolei (i). 6 mars 1776. Il décret de prise de corps en assigné pour être ouï.ces hiconvénients des droits féo- daux (yjeX. mais qui vous ferait rire à pleurer. 55. . dénonciation qu'elle ne lui fût de n'en faire lui-même aucune sans en avoir prévenu le ministère. (2) (3) Du Par livre 31. Quant écrit à l'édit à l'auto-da-fé (2) le . Je tâcherai d'avoii. I07 a converti s'en est saisi sur l'appel le de M. caché sous la note de M. Mon noirs illustre ami.lîNTIiE VOLTAJIIE ET CONDORCFT. soyez tranquille et comptez sur vos amis. vous serez surpris. Voyez XIX. vous voyez que le sein les monstres mordent hardiment qui les a réchauffés. A CONDORCET. Il ressemble au Wasp de l'Ecossaise. il est suspendu. Adieu . procureur général de se conformer à et de rétablissement. intendant des postes. et tout ira doucement. des qualifications que Seguier lui Ce Seguier est un des plus vils coquins que nous ayons à Paris. de ne souffrir aucune remise . de Lisle. au tome Voltaire. de de Lisle de Sales. page 545.

pourIl ront brûler leur barbe en brûlant cet ouvrage. et ils Ils Notre Rosny a contribué à le veulent faire le perdre. 5i. . 5o. de Vaines. XIX. de Boncerf avait été décrété de prise de corps mais . p. 539 et ^-'«5» des œuvres de Voltaire). . le roi défendit au parlement de donner suite à cette affaire. 538. de Boncerf. perdu le que la secte que Panesens commun. du 8 mars (t. à M. faut espérer qu'ils en feront tant. perdre (2). à M. Voyez lettre n" 5/). koucke ait il n'y a sorte d'horreur Il des convulsionnaires ne prépare. il moins le silence de sa sœur. Je souffre de leurs peines et des miennes. de Vaines. M. sur les corle vées. par M. lui attribuait et que M. s'il ne renvoie faut le pas sur-le-champ l'infâme édition qui va Je conçois encore a dans tout cela instruit . sur toutes les oppressions que et peuple souffre ils que notre grand homme veut détruire. Je suis très- et je leur prédis malheur. Seguier avait poursuivie. du mars 1776. cela est dans l'ordre. la que vous savez (i) Les inconvénients des droits féodaux ^ par M. Envoyez-moi. qu'ils obligeront la main qui les a tirés de l'abîme à les y laisser re- tomber. (2) (3) Voyez Qu'on lettres n°' 49. les lettres premier commis de Turgot. (H). du 6 mars. 52. En attendant. Voyez 5 à M. feuille je vous prie. Christin . y un esprit de vertige. viennent de brûler par leur bourreau le livre le plus sage et plus patriotique que j'aie jamais lu (i). de Boncerf luimême.I08 CORRESPONDANCE les rétablir.

lettres n°s (a) Relativement à l'édition de ses œuvres en 40 volumes. et M""' du fond de mon cœur M. mais j'opère toujours mon salut avec crainte et trem- blement (2). Il faut que M. 16 mars 1776. Vous n'y tiouverez que la simplicité helvétique. On me mande que ces Messieurs ont fait de belles remontrances . faites pas l'honneur d'être des nôtres cette fois- m'en vais passer le reste de ma jeunesse à l'Académie de Berlin ou à celle de Pétersbourg. et qu'ils en Nous en avons fait aussi dans notre petit pays. . 56. Voici le siècle de Marc-Aurèle. Suard.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Je vous répète que si vous ne me fallait me ci. page 87. et vous nous pardonnerez Je remercie la liberté grande. D'Alembert et vos autres amis remuent le je ciel et la terre pour écarter les hommes ^ médiocres. grand tort de ne mon éloquent philosophe. pa/faitement bien reçues vont faire d'itératives. Je reçois dans ce moment votre lettre du lo mars (i) (3). Vraiment. relativement à l'édit de Henri un tel ouvrage pour me réveiller de l'assoupissement où certains discours académiques venaient de me jeter. l'Esprit de contradicIII. les Sur l'abolition des corfées . la lettre Voyez précédente. 1 09 A CONDORCET. vous aviez me pas envoyer le chef-d'œuvre qui Bénissons la le commence par accompagné de 11 ministre bienfaisant (i). Voyez 46 et 48. (3) Elle manque. tome XI. comédie de tion.

les partisans de la raison et de et M. n'en ont encore assassiné que trois. chétif nous nous sommes mutuellement pardonné Amantium ira amoris rcdiii- monarque : tegratiu. Grâce le siècle à Dieu cou. si on l'a donnée telle que je l'ai écrite. de Boncerf. Voyez lettre 57. est assez plaisant d'ailleurs qu'on sache et . de Du 3o mars 1776.1 lO COnilESPOîNDANCE ministre que Je prends la liberté de dire à son Messieurs ne sont pas tout à fait le sénat romain. A GONDORCET. Turgot triomphent. mon respectable ami. Je ne m'en défends pas. nous voilà dans d'or jusqu'au dans Paris une lettre que j'avais M. . auteur des Inconvénients des lettre de Voltaire à M. VU. le brûlé (i). et n'ont conperpétuel que Charles damné au bannissement 57. mais puisque mes lettres courent ainsi le monde. renvoie aux gémonies dont on Paris CesWelchesde ils aiment tendrement leurs rois. Continuez et rendez ces gens-là bien ridicules les et bien méprisables. Voyez la correspondance de Voltaire. {1) Premier commis de Turgot. style et Madame Denis est enchantée de votre de votre intrépidité. ne varielur Il (2). en voici une au roi de Prusse que je serai fort aise qu'on a fait courir On écrite à connaisse. Enfin donc. jusqu'à ce qu'on les a tirés. au roi. 3 avril 1776. La Boncerf est du 8 mars 1776. com- bien ce moi. Il me semble que les pères de la patrie ont fait (1) droits féodaux.

ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. le garde des sceaux la ne lui trouve d'autre ressource que d'appeler au par- lement de sentence du Cliâtelet. M. raître. là de Vaines. et le jugement du Chàtelet . . et il peut tenter cette voie sans danger. en mai 1777. XX. Taffaire mon cher et illustre maître. si de son université duit. 3 avril. compa- essuyer un arrêt ridicule. parlement. on dit qu'on chante paifi- France ( I : à les fichus pères \ 6 gué! â les chus pères Si ) ! vous n'êtes pas à Paris. et peut-être faudrait le subir. a eu un sauf-conduit dans un cas plus il mais est étranger. M. Rousseau dangereux . âme. . de de M. de Lisle de Sales. la lettre à M. et demander ensuite un sauf-conce sauf-conduit Mais il faudrait encore savoir met (i) à l'abii des effets civils Voyez. Vous V. Je vous en remercie de toute mon 58. Beuchot. p. Je ne sais rien. m'avez trouvé un bon correspondant. Mais le parlement convertirait son décret il en un décret plus doux. I I r un furieux pas de toute la clerc. Ce 23 avril 1776. parce qu'il le peut faire de loin (2). de Vaines. réet se contenta d'admonester l'auteur. de roi Lisle a fait autrefois la Tliiriot. ment du forma le M. correspondance du de Prusse pour Le roi pourrait le natu- raliser Prussien. (2) C'est aussi ce qu'il fit. A VOLTAIRE. le faire membre de son académie. sur cette chanson. égalet. ayez la bonté de me renvoyer ma lettre prussienne par M. et la note de du décret. 3.

Turgot et moi qui aimions peu- ple. Remarquez que dans le seizième siècle. Depuis. Montagne. J'oserai pour le salut du genre bumain. et tant d'autres étaient magistrats. Montesquieu lui-même quitta il son coips dès l'instant où se sentit du talent. Montesquieu vrage. Fermât. INe craignez rien pour le salut dire de la France attacbé à cette affoire. de Thou la la robe . il restera dans la tète des liommes : (i) Turgot. 11 est le commencement le . roi a dit en apprenant les remontrances : Je vois bien le qu'il n'y a que M. Si M. qui vaut bien mieux que Rosni est inaltérable. que dans le suivant. Hubert Languet. Il les corps de magistratures méritent et qu'ils ne sont pas loin d'ob- à ce qu'on prétend. Ne soyons donc pas surpris du mépris que tenir. Frénicle . n'en a plus que la lie. qui n'en font qu'une.112 CORRESPONDANCE faire des Le parlement va donc refusa l'établissement remontrances en il faveur des corvées et des maîtrises. dont en t58i moins avancé vers la raison qu'il ne l'était il y a deux siècles. (2) Voyez ci-ik'ssus la lettre ii" /|8. Motlie Vayer. On ne reste dans le parlement que lorsqu'on est incapable de rien faire de raisonnable. Tétaient également. n'a produit qu'un seul liomme d'un véritable mérite. . que vous nommez Rosni (i). Celui et la semaine procbaine. Le lit y aura un de justice . dont l'esprit de cet état a gâté l'ou- La magistrature. Ce discours est très-vrai. la Boëtie. vers pendant deux ans. Turgot succombe jamais à la rage des trois canailles (2). . Bodin. composée autrefois de l'élite des esprits. Viète.

59. Cet événement a . de Vaines.NTRr: VOLTAIRE FT CONDORCET. ne craignez rien. espérez et aimez-moi un peu. je vous embrasse. . ijiiid^ iibi . . par votre digne ami M. depuis l'événement fatal (2) honnêtes gens l'espérance et le courage. qui avait eu lieu le 1 1 mai 1776. il fut remplacé par M. de Clugny. J'ai attendu que ma colère fût un peu passée et qu'il ne me restât plus que de l'affliction. mon cher et illustre qui a ôté à tous maître les .iiliis^ cur quomodo et quando bien affligés. 5 juin l'j'jô. Je n'ai plus le même eût (i) plaisir à regarder ces belles campagnes où la il fait naître le bonheur.Te vous supplie. ce sont le circonstances renvoi de Turgot. A VOLTAIRE. mon (i). Je ne vous ai point écrit. je vous en conjure. de médire quis^ qidbits au. vrai philosophe. (i) Le renvoi de Turgot. changé pour moi toute la nature. 1776.F. et sans vous voir. Ce mercredi. et l'univers demeurera condamné aux ténèbres et au malheur. Il3 que les gens éclairés et vertueux ne sont pas propres au gouvernement. A CONDORCET. je ne sais que Vous et moi nous sommes une de mes douleurs est de mourir Écrivez-moi. Le spectacle de les gaîtédu d-u Ce que Voltaire désire savoir. Adieu. qui quitta ministère le 11 mai 1776. V. Le vieux malade de F 60. 8 .

(1) (2j une occasion de vous écrire qu'il y a un certain Riparent d'un autre Rigolei. frère de ce Rigoley de Juvigny.I l4 COIUIESPUJVDAJNCE peuple me série le cœur (i) : ils dansent comme s'ils n'avaient rien perdu. Vous ne sauriez croire quel ressort et quelle activité deux ans d'oppression Voilà ! été bien aise ont donnés à la canaille . comme elle va profiter On ne fera point de lais- mal sera positif. de peur que les cris que douleur nous arrache ne troublent leur re- pos. . Croyez. on ne persécutera point. dont a déjà été question p. mais on tous ces fripons subalternes voler. mais vous savez Les commis de la ferme. vile postérité siè- des catins. je la crois perdue avec tout le reste. ([ue cette des laquais cle. 7 le libelle Ce Rigoley a fait présent deTravenol. qui avait colporté tre Voltaire. et de la liberté qu'elle a recouvrée. intendant des postes. . violon de l'Opéra. et maître et de bien haut ! donc enfin La Harpe de l'Académie J'en ai pour lui. mon cher . et qu'elle sera? Ils veu- lent nous mettre un bâillon la . 107.vous qu'ils ont osé demander qu'il ne fût pas de la France. Je tâcherai d'avoir librement golei (2). conau public de l'édition en qu'il volumes des oeuvres complètes de Piron. permis d'écrire contre eux. livré le Les loups dont vous avez dé- pays de Gex et vont s'élancer sur le reste deux ans d'abstinence ont changé en lage la soif qu'ils avaient du sang du peuple. des traitants du dernier le prétend être respectée. il Rigoley d'Ogny. et que ce Rigolei . pour humilier Voltaire. Voilà illustre où nous sommes tombés. Quant à la littérature. avocat de Dijon. son compatriote. /e appelle /Vk5 grand poète du siècle. nuire et persécuter à leur gré.

Panckoucke me met à portée de vous écrire la vérité tout entière. (Lettre à d'Argental . C'était sa faiblesse. Turgot contrôleur général. caractère. non pas au roi. nous avons Il est un beau rêve. Le . la vertu les grandes vues de M. Je ne sais à qui les livre à présent. il y a quatre ans. qui est trompé et que certainement M. fait Barri et à sa séquelle. tiés étaient livrés par lui. il ne l'oserait. mon cher et illustre il maître. quand on vailler s'est flatté le pendant quelque temps de tra- pour bien public. Mon cher et illustre maitre.M. avril 1776. est le chef 113 . et de l'espionnage de Or cet homme extraits montre. sa frivolité. Rigolei ne veut pas détromper. 19 . Vous connaissez le comte deMaurepas. et sa jalousie contre tous les talents su- par une impulsion étrangère qu'il faire s'était déterminé h M. 12 juin 1776. de toutes les ami. à mail dame du Adieu. mais à toutes les personnes puissantes. périeurs. mais des de nos lettres. 61. mais remettre à la a été trop court. non pas nos lettres. Je vais et à la me géométiie philosophie. A VOLTAIRE. en titre la d'un bureau d'espionnage plus vile espèce.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Les secrets de toutes les familles. bien froid de ne plus travailler que pour la gloriole. Turgot Voltaire parle de Rigoley d'Ogny comme » d'un homme à qui « sa colonie a les plus grandes obligations.

espèce de le fit aux gages de tous ministères. M.fit. Turgot renvoyer par le roi. n'avait su solu . Le garde des sceaux (a) s'aperçut de ce senti. Le peuple faut se révoltera. les combien cet acte était nécessaire qu'à onze heures du soir. Le conseil fut assemblé pendant la nuit. prévenu ter les l'autie. M. d'autant plus grande (i) (a) La révolte des Maupcou. blés. un contraste que celui-ci ne put chanson contre lui : On fit cette « Monsieur Si le comte. Turgot une jalousie qu'incapable de sentir l'âme de M. digérer. on vous demande le : « « « vous ne mettez holà. Dites au peuple qu'il attende « Il que j'aille à l'Opéra. qui augmencalmer. plaisait assez à M. >- 11 y avait été réellement le jour de l'émeute. de Maurepas: sans en avoir voulait M. Turgot partit pour Versailles il réveilla le roi. soulèvements en faisant semblant de au silence. le lit de justice réfut réduit On . . Turgot avait passé trois valet M. avait il faire . les que M. Turgot. effrayé.Il6 COERESPONDANCE l'étourdissaient et l'humiliaient. et nuits de l'on savait suite. de Maurepas. en 1775. Tout alla cependant assez bien jusqu'au temps des émeutes (i). la nullité du premier ministre. Mais alors l'activité et la force avec l'indifférence et d'âme que déploya M. Lenoir. étonné. contre M. . les affiches d'un arrêt séditieux couvertes avant laissé le jour. mais lui resta . Turgot il le regarda comme un rival dangereux. Le parlement.

tenait fortement aux privilèges de dirigea en noblesse. Le roi lut tout cela. M. avait assez d'esprit le pour sentir com- bien M. Livré toute sa vie à crapule. ni se l'argent ni en prendre. sut. par ses émissaires. II7 ment. que M. Il donna au roi un mémoire digne des charniers Saint-Innocent. ïuigot eut la bonté d'y répondre en détail. Turgot étaient dressés. Dans les temps où parlements il avait reçu quatre cent mille francs pour il payer ses dettes. il se contenta de soulever en secret les parlements. joignait ton le plus bas à l'on payait les lame la plus . dit des corvées était celui Le garde des sceaux. Plus de la moitié des membres de corps . Le garde des sceaux consé- quence ses efforts contre Tédit des corvées. tan- . Dès lors le garde des sceaux n'osa plus s'opposer directement. et qu'il allait bouleverser On chargea Seguier défaire des réquisitoires. en place. de Maurepas. Turgot devait rait. Il fit dire au roi. et au mérite d'avoir fait rire madame de il Maurepas le et ses femmes en jouant des parades à Pontla Chartrain.. Malheu- reusement. Turgot était un ennemi de la religion et de l'autorité royale l'État. vile. après avoir d'abord combattu que l'équi offensait le plus les ce parlements. de Maurepas. Il devait la dignité de chef de la magistrature à son talent pour jouer les Crispins. au garde des sceau\ et à M. tant qu'il serait mépriser. Les édits de celui des jurandes. de Malesherbes. il parut convaincu. KNTRE VOLTAIRE ET CONUORCET. et eut soin de le nourrir. par M. et qu'il ne pour- faire donner de M. il fallut les communiquera M. sortis ou de la finance ou de la valetaille du la siècle dernier.

de Malesherbes eut alors l'imprudence de conà M. il l'employait à prouver que le bien est impossible. il trouve dans son esprit des raisons sans nombre pour défendre le pour et le contre . Mais M. soit par défaut de rectitude dans l'esprit. Le roi. soit par goût. la noblesse dans l'inquiétude. Né avec beaucoup d'esprit. . et n'en il trouve jamais avait aucune pour qu'il fallait se décider. s'occuper du bien de la nation . un penchant pour les idées bizaries et paradoxales. à faire sentir au roi l'absurdité 11 n'eut pas de peine du parlement. Voyez les lettres 54 et 57. et que depuis son ministère l'impiété et sédition marchaient tète levée. (i) Par M. a. contre un livre sur les droits féodaux {\) et tan- tôt contre tre un dictionnaire théologique. fier M. Particulier. de Maurepas montrait de son côté les parlements révoltés. Turgot voulait anéantir les privilèges de noblesse. de facilité il pour les sciences. porté naturellement à la défiance penchant que M. Quehjues dégoûts considération dans qu'il a éprouvés. deBoncerf. peu éclairé. de Maurepas le dessein qu'il avait de se re- tirer. la perte de sa le public. de Maurepas augmentait en lui disant du mal de tous les gens honnêtes. était . employé devenu son éloquence à prouver aux rois ministie et aux ministres . et d'éloquence naturelle. ébranlé.Il8 tôt CORRESPOJNDANCE . les financiers prêts à faire banqueroute. n'ayant aucun principe fixe. On que M. ensuite coninsinuait adroitement la la un monarque accompli. causée parce qu'on ne ikï voyait sortir de son département ni lois utiles.

ÏNIRK VOLTAIRE ET CONDORCET. Il le restaurateur de la nation et Il s'y prit la avec adresse. roi ou laisser partir il n'aime pas le faste. M. reproche qu'une bêtise au-dessus de l'ordre mais il commun était aisé de prévenir cette objec- Ce projet réussit. Tui-got un mémoire qui et la était prêt lui montrerait de . absolument opposé lui à celui d'administration. voulut profiler de sa retraite l'ami pour perdre du peuple. de Maurepas imagina d'insinuer au roi de prendre M. et la réforme devenant impossible avec M. tout cela le dé- termina à quitter. lui . qui n'aurait osé attaquer M. de Maurepas. était donc nécessaire de prévenir ce moment. tournure de son esprit. maison du que sans impôts. pouvait accepter le plan Il . on ne voulait ni se déshonorer par une banpartis le peuou conM. II9 la perle de sa considéralion dans niagislrafure. Turgot quittât. Le : queroute. réformes d'abus la . ou qu'il attendît jusqu'à ce que l'impos- . Turgot devenait inattaqua- ble. Vous le connaissez on ne tion. Amelot pour ministre. les dettes et dépense de cela il . la savait roi qu'une réforme dans était nécessaire. Amelot. il fallait. et qui rendait sa place insupportable. ses finances et si nécessité de réformer la cour ple. au lieu de diminuer les faudrait les augmenter de prél'é- incessamment. naturellement le sens . et dès lors M. Turgot et lui. ou que M. : M. ni se rendie odieux en écrasant Il n'y aurait eu alors que deux a sentir à la réforme. assez droit. senter au tat roi que M. son il âme n'est point encore corrompue Il est faible . qui lui reprochait d'avoir été de la l'avis du lit de justice. mais sans passions. Turgot.

ses anciennes inculpations contre revint à dire M. (i) Voyez la note. Turgot lemit au travail du lendemain. . M. écrivit au lui montra la la nécessité d'une réforme que M. Tuigot. Turgot seul pour objet. cet odieux espionnage serait détruit. 120 sibilité CORRESPONDANCE de payer sans faire des manœuvres malhoii' nétes. qu'il ne fallait pas laisser dire qu'il s'en allait pour n'avoir pu faire le bien. qu'on cherchait de lettre à toutes parts à augmenter les difficultés de faire le Le roi eut la faiblesse de montrer cette M. que la ruine de nation et de gloire le du roi serait la suite de celle nomination. mais annoncer . de Maurepas. i i5. qui ouvre les lettres à poste. de Maurepas. le forçât à s'en aller. il y retourna mais le roi était au débotté et il fallait l'attendre. Turgot lait était décidé à la retraite. il : il en parla avec force. . d'Ogni le (i). que mécontentement était général en France. M. Il n'y avait plus à reculer. que garde des sceaux avait par ses intrigues ameuté les parlements contre l'autorité. la il fit par M. Ce d'Ogni était l'ennemi personnel de M.p. fit entendre que l'on ne devait pas attendre la démission de M. qui l'avait traité avec le mépris que mérite il l'infamie si du métier qu'il fait. Amela ne ferait pas. et avait M. M. Turgot. mais M. Amelot roi. Turgot devenait ministre prépondérant. jamais M. Turgot de nouveau lot fut averti il de l'affaire de M. Il bien. Turgot. D'ail- leurs sentait que. et il ne vou- que pailer au roi encore une fois: il alla chez lui le samedi mais le roi était à la chasse. qui avait craint cette entrevue..

e comte de Guines est donc coupable. parce que. et qui le croit victime de M. que M. politesse. de Maurepas mais il oule peu d'esprit de la reine l)liail que.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. T-. de Maurepas et aux ministres. tout en désirant son départ. de Guines. Ce beau projet n'a point réussi. Turgot. que l'on n'en a pas instruite. 121 qu'on l'avait renvoyé parce qu'il n'était pas propre à sa place. il est prouvé ne savait pas négociation finie lorsqu'il a joué. Sa réponse est que. charger auprès d'elle MM. Voilà les intrigues de M~ de Maurepas . n'aurait pu jouer qu'à jeu sur. elle avait un peu d'àme. et il l'a été apprendre à la reine. Le comte de Guines taire d'avoir et a été accusé les par son secré- joué dans fonds publics à Londres. d'Aiguillon neveu de sa feiïUTje. espérant se réconcilier avec elle. elle avait trouvé cette forme indécente. Turgot la et Malesherbes du rappel de M. Elle lui a donc comptait sur . n'ayant pas comme lui le bonheur d'être eunu({ue. de Guines duc. M. en obtenir le rappel de M. et la consoler par là du renvoi de M. d'Aiguillon le protège. . . sachant la paix faite. Mais elle ne vaut rien il est prouvé au roi. auprès du roi voici maintenant ce qu'il a voulu montrer au public. Turgot. Mais la leine. à M. malgré . M. qu'il il le communiquait la à tort. de Maurepas a déterminé le roi à faire M. de l'avoir ensuite désavoué pour se dispenser de il payer. M. ce qu'il en savait. de Guines ne savait rien de la néet que lorsque le gociation relative à cette paix chargé d'affaires lui en rendait compte par pure . charger auprès du public du renvoi de .

Il demandait 35o mille livres pour son établissement. D'ailleurs il n'aurait pas dû prendre pour adjoint un coureur de filles. ni donner des régiments aux gens de la cour les pFus décriés par leurs mœurs. Son ordonnance est un chef-d'œuvre d'hypocrisie il la commence par déclarer que le roi ne souffrira aucun : connu par son irréligion ou ses mauvaises Il aurait donc fallu chasser des armées nonseulement le prince Eugène. de Maurepas lui a communiqué son goût pour les fermiers généraux il a déclaré qu'il officier mœurs.122 ï-efusé le COIIRESPONDAKCE retour de M. M. Turgot (i) est ce qu'on appelle un fripon. Le successeur de M. M. . ivrogne. dur. de Saint-Germain a témoigné la plus grande du renvoi de l'homme à qui il devait sa subsistance et sa place. : ne ferait rien qui pût leur déplaire. Tuigot. . Le motif est aussi noble que l'action. le maréchal de Saxe. d'Aiguillon. de Clugny sera moins difficile. pour rien dans le renvoi de M. (lo Clugny. a déclaré liaule- ment le qu'elle n'était a traité le M. plus froid et plus gai et a répété tout haut ce qu'elle lui avait dit. de Maurepas avec le mépris . il espère que M. joueur et débauché. emporté. Turgot voulait] qu'en ce cas l'argenterie et les meubles passassent à son successeur. Lorsque (i) le Clugny a été reçu à la chambre des M. le grand Condé le roi de Prusse. le comte de Saint-Germain lui-même. mais M. joie M.

(2) t. : Je ne la con- que par des récits infidèles vous m'en pargrand connaisseur. d'avoir bien voulu l'analyse naissais me faire de cette pièce de théâtre [i). Je fais actuellement un recueil de pu rassembler. M. Turgot gent pour son frère. (i) Cette lettre est celle (éd. A GONDORCET. Je voudrais pouvoir voir l'auteur avant de mourir. 89). je vous prie instamment de lui dire combien je révère et comtous ses ouvrages que raît j'ai que c'est bien j'aime son génie et son caractère. .. Je vous embrasse 62. Si vous le voyez. Mon esprit et mon cœur vous remercient.ot. L'intrigue par laquelle la lettre Mauropas fit renvoyer Turi. l'opéra-comique. Beuchot croyait perdue.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. de Vaines que M. et que Voltaire envoyait à M. On dit tout haut que tout ce qui compose mi- nistère sera chassé incessamment pour et faire place à M. Le héros principal est un Caton mais les Caton ne sont pas faits pour réussir chez une nation qui n'aime plus que lerez comme un . lui a refusé La raison en que M. de Nicolai qui était lui a fait un compliment de le l'ar- une satire est de l'administration précédente. 11 juillet 1776 (1). elle sera un jour bien précieuse. vous aime comme vous savez. Il me paune collection unique. de Choiseul. p. 123 comples. ex- posée dans 61. XX. B. intré- pide et vrai philosophe.

Pétrarque disait je : Pavera e imda vai filosofia. que nous donne la nature pour sortir de ce monde. fassiez : Il faut que vous nous l'honneur d'en être à la pre- mière occasion nous avons besoin d'un homme tel que vous. Où est le temps où vous rallumiez mon feu avec M. car quel motif nous y peut retenir quand l'illusion de cette espérance est perdue? Conservez-moi du moins la consolation réelle de suis sans espérance. Alors je dirai jmnc dimittis Pourquoi faut-il que je sois si éloigné de vous? que je ne puisse vous parler. et malheureusement je de tous les états. je vous en prie. bliez pas. Tiirgot. J'ai vu dans l'espace de plus de quatre-vingts ans bien des choses affreu- votre amitié. D'Alembert? Où est le temps encore plus éloigné où notre Caton (i) daigna passer quelques jours aux Délices dans la chambre des fleurs? Je suis de tous les côtés livré aux regrets. c'est le pire C'est même le signal ai besoin.124 CORRESPONDANCE je le Pour VOUS. et je crains d'en voir encore si ma vie se pro- longe. je vous crois enfoncé dans la géoméles vous pardonne. trie. j'en ses. mais je retombe bientôt après dans mon anéantissement. et surtout vous entendre? Vous ranimez ma vieillesse un moment par votre lettre. si vous faites dans mathématiques des découvertes nouvelles. notre académie. comme ont fait sir Isaac et le capitaine Halley mais n'ou. Ai- pu trouver un asile dans mes déserts sur la fin demes jours? (i) Je n'en sais rien. .

Depuis ce jour fatal. assez Gilles. qui est assez insolent. Si l'excès l'excès faire de sa turpitude doit nous faire vomir. et pour servir sous ce misérable transfuge de Letourneur mais personne ne se joindra: t-il à moi pour Castillon le combattre? serai-je le seul qui (i) . Je ne puis croire qu'il se trouve un seul Français assez sot et assez lâche pour déserter nos troupes. de l'Académie de Berlin . de son insolence orgueilleuse devait nous horreur. pour nous proposer de mettre Shakspeare à Je suis dans qu'on nous a ôté la place de Corneille.EiVTRE VOLTAJRE ET CONDORCET. Ce Monsieur de Castillon de Berlin est en vérité un grand philosophe. je n'ai suivi aucune affaire. Je VOUS llS vous suis aime de tout mon cœur. pseudonyme sous de remarques sur lequel Condorcet publia l'éloge de Pascal les Pensées. A CONDORCET. 7 septembre 1776. et j'ai attendu patiemment qu'on nous égorgeât. . est le . Je me suis un peu dépiqué contre cet étonnant Welche (2). et je bien respectueusement dévoué. assez fou. suivi («) Letourneur. Tout ce que Monsieur de Condorcet pourra faire sera de lui ressembler. je n'ai rien demandé à personne. mais il ne le surpassera jamais (i). 63. une amertume continuelle depuis le protecteur du peuple et celui de ma province.

I 26 la CORRESPONDANCE patrie après avoir été malliailé par elle? défendrai Je reviens à M. mon brave grand philosophe. Que fait je les remercie connaître Biaise! Ce Biaise touchait donc à fois à l'extrême force d'esprit et à l'extrême folie? Cela est bon à savoir. Bitaubé. à pour qu'on arrive librement félicite son grenier. M. LXVIIl œuvres Voltaire. il était un peu plus ample. Je suis maintenant dans le grenier à blé. A VOLTAIRE. I. Bitaubé. J'ai reçu avec bien du plaisir. . de conclusions. m'avait en- voyé et il le manuscrit. Bitaubé en chasse les charançons et les rats. ou il n'y en a point en matière une de goût. Conservez-moi je vous en prie. ouvertes. M. C'est démonstration. y a des différences. les bontés de ce M. Castillon et à M. et fait de belles avenues de tous côtés. La Roche-Guyon ce 6 octobre 1776. mon cher et illus- tre maître. V. de Voltaire à l'Académie française <le . et je ne crois pas qu'à l'exception des gens qui savent juste en quelle année (i) Lettre (les les planètes ont de M. mes de m'avoir la deux consolateurs. qui m'honore de son amitié. votre lettre sur Shakspeare (i). Bitaubé. 64. Je l'en et je l'en remercie. . J'aime passionnément que et les portes du temple de Cérès soient toujours . on en peut tirer d'étranges Je connaissais déjà son éloge. à qui je serai attaché tout le reste de ma vie avec un très-tendre respect.

et qu'elle a duré moins de temps. Letourneur n'est plus secrétaire de la librairie. D. on lui a ôlé cette place dans le temps que les honnêtes gens étaient à la mode. P. M. et ce sont pré- cisément ces sottises qui avertissent ignorants en place. Vous savez que cette mode était venue avec celle des coiffures hautes. Il m'est des aumôniers tombé entre les mains un commentaire du roi de Prusse. sur un livre fort ancien (i). C'est la parade qu'on joue à la porte pour engager les passants à entier. doivent se traduire . de l'existence des sciences et qui excitent leur cy. P. Beuchot prétend que ces initiales R. une lâcheté que de remettre à d'autres les inqui s'attachent aux nôtres. Mais qu'importe. les sottises passent.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. ou s'en moquer un savant se rendrait ridicule révoquer en doute.niosité. élé I27 la détachées du soleil. Ijabitait Cela est du la Sibérie. édifié de la colère : s'il allait comhattie sérieusement de telles chiiçères. les vérités restent. mais il faut ou le laisser passer sans mot dire. Je voudrais C'est que nos blés fussent de votre goût. personne ne s'avise de J'ai été que vous a causée tout le galimatias physique du comte de Buffon. la térêts publics Joignons à douceur de venger nos amis La gloire qu'on emporte à servir son pays. C'est dommage que le commentaire ne (i) La Bible enfin expliquée par les aumôniers du R. D. même loisque genre que le le peuple qui la globe de terre n'était pas les aussi froid que de nos jours.

par roi de Prusse. qui était dévot. Pour Frédéla une autre titre : affaire. soil et que brave les aumôniers se soient dégoûtés trop J'ai vite. et avait effectivement des ric. Beuchot . . et c'est en quoi consiste d'ailleurs le passage plaisan- de ce de Condorcet prouve^ le contre M. D. (i) Commentaire historique sur . XLVIII des œuvres de . P. Eh bien. Condorcet madame de Montauron. J'ai vu aussi un livre beaucoup plus intéressant: c'est l'histoire fâché que cet d'un homme très-célèbre (i). Je suis homme célèbre ait enlevé aux gens de lettres. et que c'était la pensée de Voltaire. c'est terie aumôniers ou un aumônier. l'appelle Madame Necker chez qui le projet fut arrêté. parce que Necker était un fi. qu'il accorde cet honneur à une étrangère (u). L'idée est venue à un homme de lettres. 11 n'y aurait eu aucun sel à supposer un commentaire sur la Bible. lés œuvres de fauteur de la Hen- riade (2) t.I'i8 CORRliSPONDANCE pas complet . et il s'assembler pour convenir de ces le roi de Pologne^ et non le roi de Prusse . l'honneur d'avoir»songé à lui élever une statue. et dont les idées sur nombres de faire n'allaient pas au delà de 3 (La Condamine en parle). avait vécu chez une peuplade de les sauvages qui savait lire. qu'on a raison d'interpréter R. ce bon homme eut la patience un très-gros livre pour leur prouver que deux et deux font qualie. mais faits. Voltaire. ses concitoyens. Tous ceux à qui on l'a communiquée fallait l'ont reçue avec transport. nancier comtne ce Montauron à qui Corneille dédia Cinria. Le fait n'est pas exact. connu un il fort homme qui avait voyagé en Amérique. par les aumôniers du roi de Pologne.

M. et aurait oublié tout ce si qui s'est passé depuis deux ans. de petits mots qui donnent à penser pendant des années entières. L'étrangère prêta sa s'est son cuisinier. 18 octobre 1776. A COiVDORCET. mon respectable philosophe. quand on a donné au public la dimension de la queue d'un singe. - 9 . vieille fait mon cher et illustre maître. 65. surtout et il 1 29 fallait dhier. Ainsi l'homme célèbre maison trompé en faisant à qu'elle d'être galant. et la manière dont l'univers a été a eue de se faire passer formé.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. le comte (2) me fait faire de profondes réflexions sur les réputations et sur l'adresse qu'on pour un esprit supérieur. le spectacle des l'en maux faisait qu'il voulait ou soulager ou prévenir ne souvenir quelquefois. de Ville- m'a mandé de Ferney des choses qui m'ont grand plaisir. à qui votre lettre à Il V Académie a l'Ârioste. il audes tant de plaisir qu'à moi. faut être juste avant Je suis depuis quelque temps avec un de vos fait fait amis (i). lit il expériences de physique . Le galimatias physique de M. madame de Montauron un hommage Il ne mérite nullement. Adieu. Buffon. (i)Turgot (2) De I. H y a toujours dans vos lettres.

(1) Lctoiirneur. et qui a formé une grande cabale à qu'on ne se moquât de lui. telles J'ai que frère Garasse en aurait lu comme vous le commen- des aumôniers. cour pour empêcher n'est pas moins ridicule. le sujet est horriblement dégoûtant. mais il n'a pas été si heureux. J'avais toujours cru que c'était une étrangère (2) qui avait imaginé cru parce qu'on le squelette en marbre.1 3o CORRESPONDANCE L'autre charlatan (ï) qui. Il y parmi ces barbares une foule de polissons de bonne foi. clistînicié. veut nous le faire la adorer . ce qui était en effet vouloir prendre la lune avec les dents. il homme qui lit l'Arioste (3) a bien raila vaut mieux voyager avec Astolphe dans s'obstiner à faire que de du bien malgré cer- taines gens. et je l'avais l'avait fait croire. et ceux que leur intérêt attache au texte sont horriblement fripons. Continuez à le faire honneur ne mérite guère. . Théophile. lune. (2) (3) M™'' Necker. sans connaître Gilles Shakspeare. en vérité. car. Je ne m'étonne pas qu'ils se soient dégoûtés de leur travail. Sa patrie ne le méritait pas. et conservez-moi un peu d'amitié. Je souffre beaucoup à cause de à cette patrie qui ce juste. Hélas! je sais bien qu'on ne leur apet deux font quatre. Tin got . Vous me parlez de ces Sauvages qui comptent jusqu'à trois. me Le grand son. qui m'assassinent continuellement de prendra jamais que deux a lettres écrit à taire anonymes.

Turgot: c'est l'abbé Dubois qui remplace Fénelon. qui n'en dit rien ici. unie. la fin l3l VOUS en prie. Le nouveau Law est grand partisan de Shakspeare.) Voyez. espérez que dans peu nous verrons de beaux jours durer. parce qu'il s'imagine être admiré en Angleterre. ce qui vient de nous arriver. M. a quitté. d'un ami de M. Neckre succède à M. il content. dans la correspon- dance générale. Je fais l'éloge de Linnaeus. n'a pas de son ancien général reçu de vous une lettre cliai mante. Vous retrouvez les folies et la corruption des temps de votre jeunesse. 9- De Buffon. de Vaines les assassins J'ai une action noble. de Maurepas. Turgot. et que Gairick a joué pour Adieu. Vous savez. donna sa démission d'ins- pecteur des monnaies. Ce 25 octobre 1776. Des gens veut écorcher tout entiers. lui. à M. . (i) : il y a des choses qui ne sauraient Condorcet. digne voulu servir sous (i). 66. sont indulgents pour qui se contente d'écorclier leurs oreilles avec de mauvaises tragédies. elle me console sur d'une vie un peu orageuse. mon illustre maître. (2) la lettre n" 7. c'est 11 M. n'a comte (2) n'en sera pas jamais paidonné à Linnseus de s'être le moqué de Neckre qu'on ses phrases. » [Biogr. fait un peu oublier Shakspeare.ENTRi: VOLTAIUK ET je CONDORCET. A VOLTAIRE. il en fit autant : « Pour n'a- voir aucune relation avec JNecker.

revenant donc de ce tioisième dans monde. à /'enveloppe des principes dans la pensée (2). et par Il grands objets qui se présentent Biaise. qui ne roule que sur des pauvretés hula maines. A CONDORCET. de l'incertitude de nos connaissances naturelles. grandeur des riches . je tâcherai de trouver moyen de vous les envoyer sans que la canaille de la poste intercepte mes lettres. XI. d'Épictète et de Montagne. X homme aime mieux dépendre de la nature cjne de ses semblables . 99. mais les Réflexions le commerce des blés sont si humaines. quoi qu'il eût la tête encore pleine de l'éloge de Biaise. Raton a été tout étonné de se sentir intéressé par cet ouvrage. Expressions tirées d'un éci'it de M. ciel Raton. 67. de l'argument de Locke. que Raton y est entré tout de suite avec un extrême plaisir. après s'être les vu enlevé par sublime méta- physique dans sur . Nccker.l32 CORRESPONDANCE Quand je saurai des détails. ce mélange de Biaise y a je ne sais quoi de divin dans Condor. a été charmé quand il a lu. H se souvient d'avoir fort connu celui qui disait (i) : J'aime (2) Vol. il a ri à la. i*^"" novembre 1776. il souffre moins à être ruiné par une grêle que par une injustice . . de notre l'addition et de l'amulette mystique. qu'il fai- Raton n'avait que parcouru Pascal pendant sait relier les Réflexions sur te commerce des blés (i). p.

C'est de louer les dames Mais quand elles sont jolies (i) et qu'elles savent l'hébreu. C'était le cent lieues à ronde. A VOLTAIRE. L'expression ridicule de M. 68. /// avait cent maisons bâties devenues et vanum laborcwerunt qui œdijîcant eam. bien I 33 ma maison de campagne. ce de M. on prétend que vous fait des vers en l'honneur de toujours bien fait madame de l'En- veloppe (2). Il le de tout ce qu'il avait entrepris six ans. Necker. se il que les services sait ne doivent jamais Raton ne plus comment conduire avec ce miaule plus qu'il monde que qu'il va bientôt quitter. M"*^ Necker. Raton perd depuis inutiles. monsieur de l'Enveloppe se il y a quelques années. est écrasé la de toutes façons. il ne raisonne. Mon avez cher et illustre maitre. s'oublier. se prosterne devant Monsieur plus Fonteinelle. mais j'aime mieux plus ladre vert qui fût à la Dieu et la vertu. Necker. des pensées (i). citée la plus haut. de l'Envcloppo.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. Ce i4 novembre 1776. cette compagne et et ce même sont chargés de sa chatière. M"^ . dans sobricpiet {2) («rrespondauce des deux amis. lui valut. C'était lui qui disait: On en veut toujours à ces pauvres riches! Raton fruit Il est écrasé dans sa chatière. cependant la il est engagé à reconnaissance envers compagne de ïeiweloppe Parce qu'au bout du compte.

est l'opposé de celui qui sert à bien administrer les États. est toujours beau de du bien Je ne connais pas vos vers sur les deux Enveloppes. et que monsieur de l'Enveloppe ne veut pas plus avoir été commis-banquier. et qui s'extasie quand on lui va conter qu'une comète a détaché les planètes du soleil et que notre globe se gèlera dans . je comme de l'admiration à l'ime rappelle avec trem- blement que Colbert commença son ministère par une banqueroute. et quoiqu'il il eût été l'agresseur faire dans leur querelle. Ce monsieur de l'Enveloppe a passé sa vie à gagner de l'argent et à souffler des boules vanité faisait une partie des de savon. on ne les montre point par modestie ou par (1) Turgol. toujours une bonne chose .l34 CORRKSPONDANCE VOUS ressenililez aux gens qui. . et le finit par de la fausse monnaie. dont en finance contrôleur général calculerait comme mie? Au reste. que Colbert ne voulut être fils d'un marchand? D'ailleurs je ne puis rien espérer d'un homme qui croit que les tragédies de Shakspeare sont des chefs-d'œuvre. 11 fera par bonnes choses que Caton (ij par vertu. de Buffon calcule en astronomonsieur de l'Enveloppe a obtenu le C'est rappel des économistes exilés. à ses ennemis. Que voulez-vous que devienne un le pauvre peuple. L'esprit qui fait arriver à ces belles choses. Savez-vous que l'imitation est déjà entrain. lorsqu'il y a relâche au théâtre de Zaïre. mais il mitation n'y a qu'un pas. vont applaudir à celui d'Arlequin. M. 74 mille ans.

11 le mettre sur la même que Cafait sent qu'il aura beau s'enfler et qu'il crèvera plutôt que d'y atteindre. que vous ne faites de peine aux partisans de Caton. G9. Je suis fâché 1 35 assez quel est le poids de votre Vous ne savez pas et que vous n'avez pas besoin de louer un sous-ministre pour de ces vers. Ces espèces à des d'hommages rendus successivement partis différents nuisent à la cause gens de commune. On disait dit veloppe. on ne l'a montrée . qu'il respecte tout ce qui tient à vous. 22 novembre 1776. nom. est et Il depuis lui vingt ans l'ami de madame l'Enveloppe. a eu en divers temps quelques obligations. vous embrasse et vous aime très-tendrement. s'appelle des vers à le On la n'a point envoyé ce qui louange. A CONDORCET. et en vers familiers. Adieu. on a écrit une lettre familière. rive quelque ne faut point être ingrat envers ses amis parce qu'il leur ar- bonne fortune. D'^lembert et M. avec toute sa vanité . l'abbé Voisenon. son usage. L'Enligne veloppe. mon respectable philosophe . Je : que vous louez Caton dans vos vei s à l'Enme rappelle un jeune étranger qui me trois faivu grands hommes eu France^ M. Raton . vanité. Ainsi vous lui avez moins de son et plaisir. ne croira jamais que vous puissiez ton. Or ce parti est celui de la raije de la vertu. de Voltaire^ M.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. selon à personne. des vers à mettre dans Mercure.

autour <les Lettres de quelques Juifs a M.ucnOe. et de (iure baisser le prix du pain en temps de famine. L'essentiel pour moi est que la petite ville que je bâtissais tout doucement est détruite avant d'être achevée.-B. Je l'ai serait pas inutile toujours regardé grand homme. comme un trèset même des ridicules. Je ne suis pas assez sot Mes pauvres horlogers qui avaient fondé la ville sont pour les soutenir. Je ne pourrai pas dire : en ce moment Urbem ridiculam statui. Colbert. Jean s'en alla comme il était venu Cependant Gilles Shakspeare et maître Guénée (2) (i) J. je meurs ruiné. Je suis à Caton mais je ne puis aban- donner Jean-Baptiste. (2) L'abbi. quoi qu'il eût des défauts.r. Il n'est jamais arrivé depuis créa en peu de temps une marine formidable qui ne aujourd'hui. et que ses ruines m'écrasent. . mea maenia ibit vidi Et nunc parva meî sub terras imago. puisque ses pretaille mières opérations furent de diminuer de deux millions.. persécutés. Je ne crois point du tout la qu'il ait commencé par une banqueroute. J'abandonne tout. et cela lui. L'année de sa mort fut la seule où la dépense se trouva égale à la recette. de . Toutes ces disputes sont des balivernes. 1 36 CORRESPONDANCE Je n'ai jamais été de l'avis de ceux qui dénigrent Jean-Baptiste (i). J 'oit (lire.

Iriomphenr. à qui enfin. ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. . Je les les ai vus me a envoyés. quand tout Je vous embrasse très-tendiement du fond de ma 70. de La Harpe y défend la cause du bon goût et de la raison.. Depuis (i) mois de Suivant la prédiction de Buffon. ÎSous ne sommes pas si difficiles que madame de l'Enveloppe (3). dans une lettre ostensible. journal de feu Linguet (2). de La Harpe. J'ai pour les bien peur que nous ne nous battions bientôt pour les déserts. A VOLTAIRE. que quelques lignes de prose. et nous ne vous demandons. je vous demande vos bontés pour Vous avez dû y voir avec quel zèle M. vous voulussiez bien dire ferez de ce joui'nal ce que vous en pensez. qui vous est tendrement attaché. C'est Caton qui il faut des vers. Votre suffrage vaudra beaucoup de souscriptions. Je voudrais que. Peut-être tout soixante gelé (i). (2) [V) Journal de politique et de littérature M™^ Necker. Vous plaisir à grand M. Mon cher et le illustre maître. de l'Enfort veloppe n'a pas trouvé l'encens assez montrer. et iSy cela changera dans sera quatorze mille ans. lettre n" 68. M. que les Espagnols et les Portugais le disputent aux chacals du Brésil. au nom de la littérature française. Ce 28 novembre 1776. Voy.

quand je vois et que. dans le Journal de politique de littérature . Je vous avoue que j'aime beaucoup mieux de bons une pièce d'éloquence que toutesles nouvelles du Nord et du Midi.l38 CORRESPONDANCE je fais mai des efforts pour prendre toutes ces . Monsieur. Je suis toujours fâché. 71. t. 184. je vous embrasse. qu'un seul défaut : mon c'est d'être trop courtes. de La Harpe n'ont. p. Adieu . lî. j)ar (3) C'est la lettre ostensible demandée (^ondorcet pour ser- vir à (4) La Harpe. J'en suis encore loin mais cela viendra. il ne veut plus rien avoir de commun avec Rosny. 6 décembre 1776 (3). Les dissertations de M. mais permettez-moi de piéférer les belles-lettres. 11 est vrai que cette partie qu'on nomme politique est écrite par un homme vers et supérieur (4). OEiivies de Voltaire. si la politique tient tant de place et la littérature peu. A C0ND0RCET(2t). Voyez Mallct du Pan. LXX. soit et je vous aimerai fassiez des toujours pour qui que ce vers. qui sont détruites le lendemain par d'autres nouvelles. . qui bercent ma vieillesse aux intérêts . Je (1) IW. (2) Necker était protestant. auxquels je n'entends rien. la lettre précédente. Taillez votre : que vous plume l'Enveloppe se prépare à nous donner dans Notre-Dame le spectacle d'une belle abjuration (i). à gré. choses-là en patience. des princes.

me qu'on s'appelle Moustapha. mais malheureusement en vers français. A propos. (i) p. qui alla au cœur par Componit furtim subsequiturque décor (3). de La Harpe et M. de Champfort. livre IV. La destinée de il avait traduit les Psaumes cet ouvrage entièreet ment ignoré Mélanie n'est (i) altéra son humeur son goût. : I ^9 c'est qu'il a c'est qu'il a si un goût sûr. (3) Tibulle. Racine a quel- ques héritiers de son style il m'a paru qu'il avait partagé sa succession entre M. B. trouve chez lui une chose bien rare toujours raison . et disant leur avis Les gens instruits pleuvent de génie tous côtés.» 558. t. qui laissé devinrent aussi dépravés que ses mœurs. et me le parut toute racisalut. mais où trouver des hommes de triste et qui veuillent bien se consacrer au métier d'apprécier le dangereux génie des autres? L'abbé Deset fontaines n'était pas sans esprit sans érudition . Je n'ai point vu et je suis fâché le Moustapha (2) de ce derniei-. Et pour- quoi se connaît-il fait bien en vers? c'est qu'il en a d'excellents. le duc de «Voyez Voyez la XXXVII. élégie XI.ENTRE VOLTAIRE ET C. nienne Il : car. entre note. B. seul. 8. vers . il fautque vous jugiez. des œuvres de Voltaire. Si . L'auteur de pas dans ce cas.ONDORCET. sans Racine point de fut le premier. et longtemps l'oreille. voyez-vous. B. mais je souviens d'une Jeune Indienne qui était une bien qui jolie petite créature. (2) lettre 7229.

poui' affermir celte (i) C'est la Iclttc (2) prccedcnlc. . Si vous n'étiez pas si animé contre lui. A CONDORCET. 20 décembre 1776. 72. J'ai envoyé à Monsieur plus que Fontenelle. ami de ce jeune Champfort. » a dit « « La gravité n'est » Le seigneur chinois que l'écorce delà sagesse. j'oserais vous représenter que ce Jean-Baptiste avait affaire à un maître enivré de sa puissance et de sa gloire. J'ai le malheur de ne les remplir guère sur Jean-Baptiste (2). de La Harpe (i). plus que Pascal. J'ai donc deux amis et remplir vos intentions. de La Harpe il Ferney. Je ne veux et je n'ose avoir un avis que quand vous m'aurez dit le vôtre. la lettre qu'il demandait concernant mon nouveau confrère. de La Harpe la justice qui lui est due. de Champfort. inventé pour : « cacher les défauts de : l'esprit. que je ne connais que par était l'intime la Jeune Indienne. mais elle la conserve. Le seigneur français a dit « La gravité est un niystère de corps. qui des deux a le mieux défini la gravité. M. et que quand il s'agissait de trouver cru servir à la fois cinq cents millions sur-le-champ. Colhert. Je lui ai adjoint M. Il m'a semblé que cette lettre devait avoir l'air tout à fait impartial. Je était à me souviens que quand M.l/jo CORRESPONDANCE La Rochefoucauld et Confuciiis. en rendant à M.

qui était citoyen et point du tout courtisan Je vous avouerai petite patrie même que . Il faut savoir souffrir et mourir. Mon cher et illustre maître. A VOLTAIRE. laissa rival. gloire et cette puissance. et que ce chaos existait depuis le tiès-chrélien Clovis. Maximus ille est qui minimis mort . Jean-Baptiste était meilleur courtisan que citoyen. Turgot. Je vous prierais de remarquer que Jean-Baptiste. Mes derniers jours sont un peu persécutés en littérature et en affaires. Je legrette toujours un homme (9. c'est l'état souffrirai et je de l'homme. et urgetur ii). à sa de son une fortune fort au-dessous de celle que Sceaux a coûté quatre fois moins que Meudon.). à la fin de la première. Ce i^'" janvier 1777. Je trouve que Confucius a mieux défini Horace nptimus (i) (2) Il y a dans : ille est. je suis la victime du bien qu'il a voulu faire à la que je me suis choisie. dans le moment présent. Voyez. Je mourrai en vous ai- mant et en vous révérant. sous peine d'être écrasé par l'impitoyable Louvois.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. il i ln les flillait les trouver et fournir. la quesici. (3) Lettres 71 et 72. j'ai reçu vos deux la lettres (3). 73. tion à laquelle Condorcet répond . Je vous dirais encore de songer que Jean-Baptiste débrouilla le chaos.

il a fait tout le bien qu'il a pu. Eh bien le . il juge les gens de mérite avec rigueur on achetait le Linguet en disant qu'il était détestable.\[\1 CORRESPONDA-NCE gravité d'un sage. personne alors n'en et c'est assez savait plus queColbert. Je conviens de tout cela. il ne me souviens pas d'avoir vu Chine. est demeuré au-dessous delà fortune du marquis de Louvois. Je masque des médiocre. en faisant tout mal qui Il lui était nécessaire pour conserver sa place.dont le était nom inconnu en France. mais il fut un tyran ne jamais lui pardonner. . Cela vient peut-être de ce qu'à La Rochefoucault la gravité d'un la Chine la gravilé elle est le est la contenance. qu'il loue trop certaines gens. Le public n'est indulgent que pour les Linguet. je conviendrai même qu'à l'exception de quelques savants anglais . tandis (ju'en France sots. et que ses opinions étaient celles de son siècle. j'en suis fort aise. On trouve que M. de La Harpe parle de lui trop longuement et trop souvent. ce journal a un succès fort au-dessous de son mérite. on n'achète point le nouveau journal : parce qu'il n'est pas absolument paifait. qu'il juge trop durement ses ennemis. Je désire . et sot. quoique celle qu'il a laissée ait été immense. Je crois que vous revenez un peu sur Jean-Baptiste (i) . en France un seul homme grave qui ne fût un homme la en est sans doute autrement à littérature Le Journal de ne fera point usage de votre lettre par pure modestie. pour que l'année qui commence soit moins (i) Colbcrt.

(2) L'éloge de Pascal. n'osèrent pas même refuser de jeter des pierres au blasphémateur. votre qui m'a est convive. il l43 J'ai vu est fort aimable et vous aime à naissez la folie. Vous contendre attachement.ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. désastreuse que celle qui vient de s'écouler. remarques sur ses pensées. Anglais. J^es cuistres d'Ignace. et toute la per- sécution qu'elles attirèrent sur leur auteur. vol. et me souviens du cri public qui osa toucher du bout de la persécution dioclétienne que certain il pauvre diable essuya. lui apporté Biaise Le succès de votre Biaise une grande époque. temps des miracles de saint Paris et du . de Villevieille. m. A COINDORGET. qui avaient alors un très-grand crédit. 567. Papillon Philosophe (i). mon vrai philosophe. le Enfin vous avez montré au peuple (i) dedans de la Madame de Saint-Julien. 74. qui est philosophe aussi et bien digne d'être votre ami. quelques remarques Lettres philosophiques furent On sait comment les condamnées y soutenait et brûlées à la sollicitation du clergé. Je vous renvoie. qui avait publié en 1774. à les la suite des Lettres philosophiques sur sur Pascal. 8 janvier 1777. Cela se passait dans jésuite Girard. M. quand du doigt à cette idole (3). Je s'éleva. parce que cet auteur le système de Locke et combattait le les idées innées. Adieu . Je mon respect et mon voudrais bien que l'année ne se passât point sans que je fisse un pèlerinage à Ferney. C'est (2). (?i) Voltaire lui-même. je vous embrasse. et les p.

Etymo. l'éloge du P. II. ayez pitié de ma longue agonie. vous avez irouvé le secret de dire des choses utiles et neuves. p. en vous révérant plus que je ne puis vous Qui est l'échappé de Bicélre. A VOLTAIRE. 622 de Tome III. (3) (/i) (5) Tome III. logie. p. Qu'il est beau de faire lire aujourd'hui les der- nières lignes de la page 78 (4)? 75. . mais par pure obéissance que je vous présente une pareille misère. je suis assez mourant d'ailleurs.l44 tête CORRESPONDANCE de Sérapis . . dans l'Encyclopédie. p. Ne me laissez pas mourir d'inanition. 17 février 1777. i3o. de cette édition. cette édition. cette édition. Je et finis en vous embrassant dire. Mon c'est cher et illustre maître. t. Leseur. je vous envoie ce petit éloge deLeseur(5) que vous avez paru désirer. i3o. 627 de Tome II. (i) (2) Voyez Turgot. C'est ainsi qu'on en usait autrefois avec les fidèles. Il serait beau à vous de me soulager dans ma misère vous devriez m'envoyer le pain sacré dans mon ermitage. J'ai le le défunt ne se serait malheur de n'avoir rien vu de tout ce que vous avez fait depuis longtemps. Est-il bien vrai que. Extensibilité sont de Galon (2)? Notre voyageur part. page 70 (3)? V. et dit on y a vu des rats et des toiles d'araignée. Existence. On qu'en disséquant celle du père Jacquier (i). dont pas douté. p.

Toute la canaille qui nous domine se à fait une de la guerre sourde. la troisième chambre des enquêtes ne l'a point voulu et l'a em. le peuple payera toujours Adieu . avez écrite et je dois vous (i) .ENTRE VOLT. drement. que je regardecomme un miiacle s'il peut y rester. tution le rend susceptible. pour que \'ous soyez bien aise de Nous n'avons rien ici de nouveau. mais les frais qu'importe guerre. : Le cardinal de La Rocbe Aymon va mourir un fripon si c'est et un bypocrite de moins. . de Saint-Germain établir et l'arcbevéque ont voulu une communauté d'ex-jésuites. porté.MRE ET CONDORCET. fait M. elle ne tardera pas éclater. Madame Suard vous lui la lettre charmante que vous M. mais elle est assez cuiieuse par son la lire. Necker. 1 1\5 Vous recevrez aussi un exemplaire des remondu parlement contre M. Nos : sottises et notre bonté vont toujours croissant le Genevois (i) emprunte de tous le côtés. je vous embrasse et vous aime bien tenremercie de . Turgot. . le garde des sceaux empécbe plus qu'il peut d'impiimer des cboses raisonna. absurdité. Il sera lemplacé par l'évèque d'Autun peu rai qui est un homme honnête et pour le reste du ministère. de Maurepas se joint à eux deux pour corrompre le roi le plus qu'il est en eux et ils tâcbent de ne lui épargner aucun des vices dont sa constibles . Vous n'avez pas besoin de cette pièce pour connaître la turpitude trances de ces messieurs. M.

Si on a besoin de quelques montagnes élevées par le flux de la mer à deux mille toises de notre globe de verre s'en la hauteur. III. Raton a souvent recours aux bon tés et aux instructions de l'intrépide philosopbe. idées de Buffon 7 et celles de Bailly. vol.'e. si je lie cioyais que votre amitié et mon le exagèrent à vos yeux 76. pour la bonne cause peu que je vaux. par Condor- cet. et qui veut imprimer Pascal (3). zèle A CONDORCET. suivi de remarques sur les Pensées. Je vous prierai de vouloir bien m'en- voyer quelques molécules organiques pour me payer y a un libraire qui n'est point janséniste. Il avait envoyé son livre à le Voltaire. qui semble même se connaître à tout (1)? On nous avait avertirait que l'illustre secrétaire nous incessamment du jour et de l'heure où flatté irait en fumée.l46 CORRKSfOINDANCE en remercier encore plus. Connait-il un livre intitulé : Jiix mânes de Louis KF et des grands hommes qui ont vécu sous son Sail-il règne? et quel est cet auteur qui parle de tout. et quand comète qui produisit autrefois la terre reviendrait la détruire (2). 567. (i) C'est Gudin de la Brenellerie. 28 février 1777. et remercia dans une lettre du (2) Raillerie (3) contre les mars 1777. le nom de l'auteur. p. qui apprit. Je serais glorieux de tout ce que vous daignez dire de moi. VoulezIl de mes montagnes. L'Eloi. j'en ai vis-à-vis mes fenêtres une douzaine à votre service. . par d'Argental.

il en les écrits et dans l'amitié dont le plus que Pascal et plus que Fontenelle veut bien l'hocherche dans norer.ENTRF. (2). l47 VOUS me permettie de lui envoyer celui que je pos- sède? Je ne peux m'en défaire qu'à condition qu'on multipliera cet excellent volume. et eut l'humi- de conserver feront ne la lui LesMânes de Louis XV point perdre. (i) i^a) Vovcz lettre 76. et les de ce que vous savez gens qui ont de la puissance ne se soucient de ce que vous savez. tulée Le rxyjaume en interdit ou Lothaire. mais que tout le monde devrait Le vieux Raton a bien besoin de consolations. qui a : autrefois Mânes (i) une tragédie intil'inla Bastille. l'auteur des M. Il n'y a dit de mal que sa libes té. . de mériter l'honneur de sa Malheureusement mots dont il avait liation mèie l'obligea à retrancher les il fortifié sa pièce. qui n'est pas fait pour tout étudier. que lorsqu'elle leur fournit un prétexte pour nuire aux craignent les lumières et le gens de bien. dont courage. VOLTAIRE ET CONDOIICET. 77. Gudin. le monde. Mon cher et est illustre maître fait . Ce 5 mars 1777. A VOLTAIRE. tention disait-il. De la religion. dans . ils J'ignore absolument si la terre sera gelée ou si elle sera réduite en poussière par le choc d'une comète.

Voyez ci-dessus. l'auteur a donné le manuscrit aux imprimeurs de Deux-Ponts.l/j8 si CORRESPOWDANCr: brûlée par une explosion du feu central le sein elle sera si elle ou retournera dans du soleil. Quant aux montagnes. . s'en daignent aper- Adieu. Il je suis fort ignorant encore paraît clair les que celles qui contien- nent des coquilles dont dans la analogues se elle. que Voltaire defaire mandait l'autorisation de [1] imprimer. qui eurent tant de part au voyage de Bourges. M. Il n'y a que M. Voy. la ce qui est prouvé. que l'on pourra bouleverser le ministère et la finance sans cjue les Welches cevoir. Je ne sais si les qu'il so»te cjuelque (2). Quant au livre dont vous me parlez fi).A. Jusqu'ici Nous attendons avec impatience chose de dessous l'Enveloppe martel. nous n'avons rien vu que quelques imitations de Montfrères l'Enveloppe imiteront en tout les frères Paris. (i) mon cher et illustre On a parlé d'un Alexis les maître. d'un Nicé- Le Pascal avec notes de Condorcet. qui ont eu la bonté de faire un petit présent a son copiste. Necker. le comte de Buffon et frère illuminé Bailly qui sachent toutes ces belles choses. brasse. ainsi il n'est plus le maître de cet ouvrage. lettre 76. c'est que manière dont on l'a grande histoire naturelle répugne un peu aux lois de l'hydrostatique. lettre 67. trouvent et mer." reste. la musique de Piccini et celle de Gluck ont excité une guerre si vive. ont été le formées par mais quand comment? Nous expliqué dans la saurons peut-être un jour. mais. je vous emComnène. en 1749. sur cet objet.

La nature m'a joué un mauvais elle. C'est la la Par De Lisle de seconde édition : la première était en trois volumes. (3) (4) Vol. qu'on met sous le nom d'Helvétius. p. Si on ne et s'est pas trompé. C'est dans votre académie sans attendre faudra poser votre buste. Je combats un peu contre mais je serai bientôt vaincu. II. à la triste grand plus. de Vaines administrateur des postes. J'irai me présenter là-haut ou là-bas. i3o. vous pouvez m'envoyer des paquets sous son couvert. A CONDORCET. 78. le bannissement perpétuel (2) Vol. ll^J phare (i). III. Sales. J'ai lu con- votre Cassini (2) et votre Leseur qu'il (3). troisième est en dix. . je est me recom- mande à vos bontés. quoique . p. mon très- respectable philosophe.EN TRI.VOLTAIRE ET COIV DORCET. M. ou nulle part avec plus de fiance. en attendant qu'il subisse (i) C'est /rè/îe*. vous soyez soutien de l'académie des choses et d'être reçu par M. Je veux que vous promettiez pour me ma consolation de daigner prendre ma place le à l'académie des paroles. 9 avril 1777. homme ce qu'on lui coutume de ne payer doit que quand il la un n'est On la m'a envoyé six volumes de Philosophie de nature (4). tour. 168. D'Alembert. et dont le véritable auteur est en prison auChâtelet.

Ainsi je crois que plus sûr est de profiter de la peur que Raton sait inspirer. Voyez leltre 4g. Je ne livre lïiérilait pas une telle honneur. Adieu . leur garantir les coups telles Vous sentez comque nuire dans ce le espèces méritent de confiance. si Raton voulait de griffe. grand génie . Ils patte de velours. ferait mais ce que nous écririons ne moment. Lisle (2) ont peur de la griffe de Raton. Le fanatisme tel . .5o CORRESPONUANCK sais si le auquel ces polissons l'ont condamné. M. âme et . je ne vois pas possible à un honnête homme de demeurer belle dans votre capitale. niais barbarie. T*** (i). et. Ce 17 avril 1777.) (2} Turgot. 79. A VOLTAIRE. où contre la canaille de toutes les livrées est réunie la raison. les frontières bien : fait d'aller mourir sur de la Suisse il y a plus de philosophie chez les ours Paris. sans qu'il fût de Berne que chez les papillons de vous et sans vos amis. faites donc vite connaître tout Biaise et daignez dire un mot de moi à l'autre respectable philosophe. De qui illustre maître les tigres qui ont voulu . sait se faire sentir ont promis de bien peu de faire de plus loin que la leur. C'est l'a- (. un il ne méritait est donc plus violent que jamais dans Paris et l'on verra toujours dans cette ville des raaiionnettes d'un côté et des J'ai auto-da-fé de l'autre. Mon cher et manger M.

. et même un je peu d'une autre espèce. M. répondrai à votie une autre 80. de La Harpe sur Montesquieu et le chevalier de Chastellux. Plusieurs de vos amis l'ont lue comme moi. mon cher et illustre maître. et qu'il ne leur fasse pas sentir assez qu'il est au-dessus d'eux. (i) est L'empereur airivé. on ne le Joseph II. est l'objet de la vénénon-seulement en France. Le livre De la félicité publique (3) n'a (i) tein. . elles sont bien rachetées par la foule des vérités grandes et utiles dont il est rempli. Ainsi. je vous embrasse. Adieu lettre . Les Welches en sont surpris. fois. Duchevalier de Chastellux. et craignent qu'il pas assez de dignité.il a banni tonte n'ait éti- quette et refusé tout compliment. de Vaines m'a communiqué une que vous écriviez à M. eu aucun succès. ration fautes. taisons- nous et espérons.E^iTRE VOLTAIRK KT COJNlJORCtT. mais dans toute l'Europe. A VOLTAIRE. si son ouvrage contient des Le nom de Montesquieu publique. Ce 20 juin 1777. et tous pensent avec moi que vous ne devez pas la rendre publique 1° (2). Il voyageait sous nom de comte de Falken- (2) [Vj On n'a pas cette lettre. vis IJI de personnes très-graves et très-bien intention- nées.\Jon cher et illustre lettre maîtie.

On sera toujours compaier ces deux ouviiiges. mais qui peut devenir utile pas décourager. . son intérêt pas sui- même demande que vous n'insis- cet article. L'idée que le monde l'ont doit aller en se perfectionnant n'est pas de l'auteur: cette opinion est celle des économistes. Monteset l'on quieu n'y perdra rien. el il est impossible qu'ils n'en trouvent pas. blessés de manière dont \ous lui reprochez ses inexactitudes dans ses citations. L'auteur de la réponse est un jeune homme très-honnêle. les On a bien trouvé des inexactitudes dans ComLa mentaires de César racontant ses propres campagnes. qui vous admire plus que personne. qui annonce des talents. 2° On ne songe plus à ce que vous avez dit de félicite publique ^ ni à ce qu'on a répondu. comme les gens qui ne ment pas tiez l'accusent d'attacher trop de prix à sa nais- sance. 4" et qu'il peu imne faut de la lettre Le chevalier de Chastellux a été très-content insérée dans la Feuille du jour.l5-2 COKKJÎSPONDAWCi-: lui a pas même rendu justice à Paris. couvrira de ridicule l'auteur mis en parallèle avec lui. D'ailleurs on rap- prochera ce que vous dites aujourd'hui de 3Ionlesquieu des éloges que vous ses lui la avez donnés autrefois : admirateurs. 3*' La Feuille du jour est une bagatelle fort portante. qui blessé de voir beaucoup mieux prouvée. iront rechercher dans vos ouvrages des inexactitudes semblables. rien au l'ai- 5" Les maréchaux de Chastellux ne font et mérite de son livre. et vous de la lui feriez peine en détruisant son illusion.

qui n'a pas voulu détiuire le droit d'aubaine. Ainsi. Je doute que le chevalier fût content de ce parallèle. faiblesse. 6° 1 :)3 du chancelier d'Aguesseau est louer ainsi un chancelier mort après i75o. et qui occasionnent plus de procès qu'elles n'en préviennent. triompherait de verait dans le camp des cher défenseurs de l'humanité. en trente ans de minisdites Ce que vous exagéié. Cette publication seiait désagréable pour l'auteur de La félicité publique . parce que et qui se déchaîne contre Montesquieu division qui s'élè- contre vous. le déchaînement serait très-grand. et vite qu'un fort s'avisait d'attaquer son ouvrage. est car Charron oublié. et qui a laissé un manuscrit sur la divinité du Verbe. s'est comporté avec la plus grande et un le homme fort inférieur à son siècle. dont tout digieuse? 7" mérite est d'avoir eu une érudition pro- Vous dites que Montesquieu lessemble à Mon- taigne. qui sont aussi vos admiia- connue un journal se répand beaucoup plus que tout autre ouvrage. parce que c était la loi la plus ancienne de la monarchie .ENTRE VOLTAIRE ET COJVDORCET. bonne la cause. Voilà. ce que j'ai cru devoir vous écrire par amitié pour vous plus (}ue par . la publication de votre lettre serait désagiéable pour vous. elle soulèverait les admiiateurs de Montesquieu. elle nuirait à la il en serait tourmenté. parce que si quelteurs. qui. qui. après sa premièredisgràce. et le chevalier de Cliastellux à Chairon. mon et illustre maître. Comment pouvez-vous tère . la canaille. n'a fait que trois ou quatre ordonnances sur des objets peu importants. et Montaigne ne le sera ja- mais.

Je sais les torts de Montesquieu avec j'ai soin de les apprendre à ceux qui sont du mal que vous en avez dit quelquefois. philosophe m'a écrit très-sincèrement. Mon amitié doit vous dire ce qui vous est avansi tageux et non ce qui peut vous plaire. Vous nous êtes bien nécessaire.l54 CORKESPOJNDAJNCE tout autre motif. Je ne savais pas l'aventure de la divinité du Verbe Il et celle du droit d'aubaine. A CONDORGET. 20 juin Je l'en remercie On voit toujoui^s mal les choses quand on les voit de trop loin. et je vous (i) (2) le Voyez la lettre précédente. Je lui en fais mon compliment. qu'il ne va pas en Prusse. D'Alembert. On dit que le philosophe de l'Académie française se console (2). J'espère que vous me pardonnerez atta- de ne 'pas être d'un avis auquel vous paraissez ché. et. je n'aurais pas le courage de vous contredire. 1 juillet 1777. d'aller à l'école. mais il est digne de vous de paraître les avoir oubliés. Il n'y a pas un mot le à répondre à ce qu'un vrai (i). cela est curieux. je vous aimais moins. qu'il se porte bien. qui avait perdu mademoiselle de Lespinassc 23 mai de cette même année. . Adieu. je vous embrasse et je vous aime comme je vous. 81. Je suis bien fâché que vous ne vouliez pas nôtres cette fois-ci. ne faut jamais rougir être des eût-on l'âge de Malhusalem. et blessés vous admire.

L'intérêt mou- commence au premier vers. dont je vous parlai l'année dernière. que sais-je? j'aurai donc le temps d'y recevoir de vos nouvelles. H y a un rôle de prêtresse que j'aime fort. Mais \enons a J/ea:is Coni/iène {1).. et j'espère que vous nous en donnerez. elle est écrite d'un bout à de l'autre avec la pureté. mois.. peut-être l'hiver. a crayons de cine. de Villevieille. on tire le choir. ce 22 octobre 1777. ENTRE VOLTAIRE ET lenouvelle COIN' DORCET. 82. sur celui de Paris.. . pour auditeurs. di^ n'était alors qu'une Pia- Oh ! ici l'auteur de Zaïre. sujet singulier Athènes a cultwé ses mœurs et son qé/iie. 55 ma sincère reconnaissance de ce que vous m'avez écrit le 20 juin. Jgathocle. le post-scriptum est de Je suis j'y ici depuis huit jours. mon cher philosophe. A CONDORCET. à\4lzire foi-tifié les Adélaïde du Guesclin. l'élégance et la correction Racine. Au reste. des philosophes comme vous. et qui esquisse informe. un fort beau cinquième acte et un dénoûment auquel on ne s'attend point. A Ferney. c'est vraiment une tragédie. etc. (Cette lettre est Voltaire. marche (1) Jouée sous le titre A' Irène. tyran de Sjracuse.) de M. Brutus. C'est fait pour être joué sur le théâtre de Venise plutôt que un disciple de Platon.. et il faudrait peut-être à cette pièce Caton. passerai quelques On me permet Le héros est de vous parler d'une. de deux tra! gédies.

en Comme je j'y n'en ai encore entendu que trois actes. . pour vous sera toujours un des plus tendres sentiments de me hâte donc de vous dire Croyez que mon attachement vifs et des plus mon cœur. Vousêles pots! et au-dessus de tous les tii! même au-dessus du tripot de Port-Royal V. (Le reste est de récriture de Voltaire. mon hommage respectueux auprès de madamela duchesse d'Anville. 83. qui sera neuf. Si c'est d'une mais je ne pour M. D'Alembert. de Voltaire paraît avoir brisé ses anciens moules et en avoir fondu un tout neuf et tout exprès pour cette pièce. J'ai lu plusieurs fois l'éloge de Kepler. mais ayant cru trouver Fé- nelon dans la lettre (jui lui est attribuée. se/iectatfs sais dont vous parle M. M. Je vous adore. Je suis désespéré de ce qui se passe au tripot des quarante. de ce que c'est que les vers parlez. toujours. Le courrier me presse aujourd'hui combien je vous aime.ID6 et croît CORliKSPOîXDANCE un rôle de moine de Saintun mot. il y a Basile. je n'ai point tort. Ville VIEILLE. j'en ai douté .) Ce sout som/iia Villevieille. Protégez je vous prie. reviendrai dans ma : première je lettre. 24 novembre 1777. et j'ai tou- jours reconnu l'auteur. Necker dont vous me ancienne lettre à madame si sa femme. et rappelez- moi au souvenir de M. A CONDORGET.

Elle a été publiée en dait l'oriffinal . Je ne peux pas m'imagiet aussi fanatique. ayant gagné les membres de l'hôtel ville . qui en possé- de la main mèine de Fénelon. l'aichevêque de Paiis et Il contre confesseur du ne me parait pas vrai- semblable qu'un places. ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. mais si y a. Renouard père. l'avoir écrite est Du moins. tant que je respirerai. . ce me sem- énorme folie à écrire une pareille lettre. Je suis très-affligé de ce qui se passe dans notre Académie. à celui qui fait la gloire de l'Académie des sciences nôtre. à J Sy une seconde lecture. et je crois jour je que je reconnaîtrais l'écriture. de et je crois même actuellement ait fait qu'elle n'est pas lui (i). l'avoir la sage. une Je crois bien que l'auteur des Maximes des il Saints avait une tête exaltée. . et je souhaite (|u'il daigne un jour faire la Je le remercie de la bonté qu'il a eue de m'accor(i) La lettre de Féuelon à Louis XIV est très-authentique. Je serai tendrement attaché. queje n'ose en croire Fénelon capable. 1825 par M. ble. J'ai vu des manuscrits de supprimée est d'un main de Fénelon.. si quelque pouvais voir l'original de cette lettre. si d'un fou. eût homme qui aspirait aux premières pu faire un crime au roi de s'être emparé de Strasbourg. Je trouve d'ailleurs dans cette lettre des répétitions du vague. la ner qu'un précepteur des enfants de France une démarche ni aussi imprudente ait qu'un homme vertueux eu bassesse d'écrire une lettre le anonyme contre roi. de et ayant surtout un extrême besoin de cette ville qui donnait une entrée continuelle aux armées de l'Empire.

la me paraissent dignes de Fénelon. Prétendra-l-on que les brigands ont droit de garder les effets volés dans un cocbe. ne peuvent légitimer. cher et illustre la lettre maître. dit tendrement que moi. M. pas plus un libelle ^ l'est point lorsqu'elle est sans signature. ne sous le sien. conquête de Strasbourg. parce que le cocher était complice? Je ne trouve point de bassesse à écrire sous un nom en l'air ce qu'il est impossible d'écrire sans exiger Une lettre comme celle de Fénelon n'est anonyme que les Pwi^incialcs c'est également une espèce d'apologue. Cacher son Voyez la lettre (i) précédente. . 1^ fut la la personne même de l'usurville libre. mon rival dans (ju'il le culte d'hyper- que j'ai pour vous. 84. de dulie aussi Villevieille. ce ne peut être en faveur de pateur. vous embrasse A VOLTAIRE. Si en politique prescription peut établir un droit légitime. Ce 21 décembre 1777. un vol dont aucun casuiste ne pouvait absoudre la restitution. Une lettre anonyme qui ne sera pas criminelle étant signée. 1° Les maxitrai- droit public sur les usurpations que des suite d'une guerre injuste. je ne saurais être de votre avis sur de Fénelon (1). Mon mes de tés . En vain dira-t-on que le conseil de la ville était d'accord avec Louis XIV.NCE lui der une lecture de celte singulière lettre que je renvoie.l58 CORRESPONUA.

madame de MainteXIV la vérité qu'ils On y aura dit un peu d'accord avec leurs la de mal d'eux pour que Louis XIV ne regardât point cette lettre. Savez-vous L'archevêque de Paris sont traités (i) et le père La Chaise l'être. Fénelon l'aura écrite de concert avec le duc de faire Beauvilliers et non. (1) Harlay de Chanvallon. pour parvenir à Louis n'osaient lui dire tout entière. loin de ser- qu'on se propose. qu'y nuire. l'imprudence à dire son vir à l'objet nom Il y aurait de lorsque. comme concertée avec eux. qui refusa la sépul- ture à Molière. pour l'impression. Oi. il pouvait regarder comme la lettre d'un saint en la croyant d'un solitaire inconnu. (2) D'Alembert l'avait eue sous il les yeux. éciite et raturée par Fénelon (2). prêtre dissolu . Louis qu'il se XIV eût trouvé mauvais . mais il paraît vraisemblable que jamais elle n'a été envoyée.c'est ici le cas où était Fénelon précepteur des enfants de France. dont le fond était sentiments. il ne ferait . I 69 nom peut être un défaut de courage.KNTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. a . dont il pre- en seciet des leçons? était encore plus hypo- crite et persécuteur que débauché. car sur la copie qui : a servi mis en marge cette note L'original que nous avons wi est écrit tout entier de la main de Fénelon. mais il n'y a point de courage à braver inutilement un despote entouré de deux cent mille satellites. mêlât des affaires d'État la lettre Louis XIV eût re- gardé comme et d'un fou cette lettre signée de la Fénelon. comme la ils méritent de que nait cet archevêque avait défendu d'enseigner dans son diocèse philosophie de Descartes il . lettre existe. Voici donc ce que jecrois de celte lettre.

A CONDORCET. cher et maître. pensez à moi ici quelquefois soyez sûr que vous n'avez et per- sonne qui vous aime 85. J'avais dernière tentative d'un vieillard de quatre-vingt- quatre ans (i) (2) (3) cru .l6o J'ai lu et CORRESPOKDANCE relu le piix de la justice et de Chuma- nité (i). je suis affligé et honteux d'avoir été d'un autre que vous sur l'adorable Fénelon (4). Après avoir vu Condorcet contredire Voltaire sur Montesquieu et sur Féne. Voyez ci-dessus Sur la de Voltaire. vous respecte plus que moi. Celte pièce m'a et paiu vide de passions remplie de choses et d'idées. (A) tragédie à' Irène. mon . lon il eût été intéressant de lui entendre dire la vérité sur Vol- . qui tend à se rappro- cher de la raison sur ces objets. influera peut-être un peu sur nous. Adieu. mais bien écrite très-bien communes et illustre tournées. Il doit exciter le zèle de tous les vrais phi- losophes. On joue Mustapha cl Zéaugir (2). Il n'y a rien à espérer pour la France. Paris ne nous offie rien de bien intéressant. lettres 83 et 8^1. et sur la chère. sur la foi de quelques Tome L des œuvres De Champfort. 12 lanvier i' Mon philosophe universel dont . et nous passons notre vie entre des chansons des loteries. les lumières m'é- tonnenl avis et dont l'amilié m'est de jour en jour plus (3). La lettre où Condorcet exposait ces réflexions ne s'est malheureusement point retrouvée. mais l'exemple de l'Europe entière.

je vous supplie de lui dire qu'il qu'il ne montre le tableau à personne. On ne rien de le bon dans les arts d'ima- gination et de goût. le esprit ac- cueillait ces franchises inspirées (i) par une amitié sincère. qui savent se passionner sans chercher si passion que et cette esquisse était avec le temps bien peinte à Paris bien coloriée. Je conviens d'une grande partie des vérités que un n'était pas . elle pounait produire effet heureux. d'Argental. sans secours d'un ami éclairé. si je suis réduit à me dire solve senescentem. . j'enverrai à et Je n'entrerai ici dans aucun M. Je travaillais à faire . un tableau l'a- de ce croquis mitié et par lorsque vos critiques raison fait . Je me suis malheureusement trompé (i). mourrai entre mes montagnes dans mon inutilité. que mon espiit sera incapable de profiter de vos lumières. et . dictées par la sont venues augmenter mes doutes. 1 . Je m'étais imaginé qu'il absolument impossible d'adoucir la rage de certaines gens et qu'enfin je pourrais venir vous embrasser et avoir la consolation de mourir entre vos bras. Mais je mourrai avec un cœur aussi pénétré de votre bonté et de votre mérite. d'Argental je le résultat de vos léflexions de mes efforts. le il Voltaire partit de Ferney . et attende les derniers coups de pinceau du trop taire à Voltaire lui-même. arriva le lo à Paris à trois heures du soir. i6i pleurs que j'ai vu répandre à des personnes qui sa- vent la lire. et je m'en dis bien moi-même.1 EjNTRE volta-iri: et conuorcet. détail. On voit du moins quel bon 5 février. et mourut 3o mai. vous avez d'autres à la bonté de me dire. Si vous voyez M.

Irène et Agathocle. Mais songez que vous nous avez accoutumés à la perfection dans les convenances. dans les caracla tères. A VOLTAIRE. Turgot. vous êtes trop bon réflexions (i). M. M.lb2 CORRESPONDANCE vieux barbouilleur. 86. Je ne suis point surpris de l'effet que la lecture des deux pièces a faite à Ferney. c'est votre faute. c'est d'attacher quelque prix à l'amitié qui la mes pièce me comme les a inspirées. j'y ai trouvé de quoi justifier l'enthousiasme et les larmes. qui vous est tendrement atla- dié. il ne vous faudra qu'un peu de temps et de patience pour produire deux ouviages (2) qui feront époque dans la littérature. (3) Le prix de la justice et de V humanité. à vous et à vos amis. comme Racine nous avait accoutumés à le perfection dans que vous seul avez réuni ces deux perfections. d'Argenlal fera ce que vous souhaitez. M. t. J'en avais déjà un exemplaire style. et que si on est sévère. Suard. à qui on a cru pouvoir la laisser lire sans vous dé- plaire. Mon cher et illustre maître. (i) (2) Sur la tragédie à' Irène. Ce 19 janvier 1778. L des œuvres de V^oltaire. qui a lu censeur des spectacles. pensent à peu près comme moi. J'ai reçu votre nouveau factum en faveur du genre humain (3). Nous trouvons également que si vous daignez faire quelques corrections et vous rendre sévère à vous-même. .

Les petits enfants de madame la duchesse d'Enville partiront vers la fin de février pour Genève. mon cher vous connaissez mon ( i respect et ma tendre amitié. le genre humain serait maux. II. quoique très-fâchés de quitter la maison paternelle. C'est le plus beau sujet de prix qu'aucune académie ait proposé. (i) « <' Voltaire écrivait à d'Argental. « C'est évidemment à ce passage que se rapporte celui de Condorcet. et que Nicéphore ne fut point odieux. Bitaubé m'a apporté. afin qu'ils servent l'un et l'autre à augmenter la pitié que l'on doit avoir « pour Irène. l63 que M. d'Argental que vous il voulez que INicéphore ne soit pas trop odieux. paraît me que vous ne pouvez guère disculper Alexis qu'en faisant de INicéphore un tyran et un tyran qui a formé le projet de faire périr sa femme. Vous pouvez l'envoyer par la poste à M. . Si les méchants voulaient bien s'abstenir seulement des infamies qui ne leur sont bonnes à rien délivré de la moitié de ses et illustre maître. ni à celle qui s'est op- posée à l'abolissement de cette violation de toutes les lois de l'équité et de la décence. le 14 janvier 1778 il : Vous sentez combien . Je vous écrirai par eux sur quelques objets que je ne me soucie de communiquer ni à la canaille qui ouvre les lettres à la poste. . I. Turgot. ) Je viens d'apprendre par M. projet dont l'arrivée d'Alexis puisse seule empêcher l'exécution.e respect d'Irène pour son mari coupable en . est difficile de nuancer tellement les choses qu'Alexis soit intéressant en étant pourtant un peu « « coupable.ENTR1-: VOLTAIHE ET CONDORCET. l'espérance de vous voir les a piesque consolés. Adieu.

plus intéressant qu'il ne serait plus absolument indispensable. qui vaut mieux que toute la poétique d'Aristote? . ETC. les espérances d'Alexis un et le sacrifice d'Irène d'autant peu mieux fondées. mais de frapper fort. Il ne s agit pas de frapper juste . Vous souvenez-vous de ce mot. plus intéressant.l64 serait CORRESPONDANCE.

avril 1770. Monsieur. Louise (i) est partie Madame matin . et son Î3anquier. (2) Ces vers avaient été attribués jusqu'ici à Turgot. de Versailles mercredi il pour se faire carmélite à Saint-Denis. Voici les vers que je vous ai proposés (2). y a dix-huit ans qu'elle en a formé le projet. On distinguait dans la cohorte noire dit Un homme au teint de couleur d'écritoire. Il hommes d'autres prétend qu'il n'y a point moyens de faire les retranchements ordonnés. et n'a pu que cette année obtenir la permission du roi. On que M. ET 1. (1) Louise -Marie de Bourbon. qui n'en a point de nouvelles.CORRESPONDANCE TURGOT CONDORCET. le roi de Prusse malade . d'Invaux ira en ambassade à Venise. M. La Bio- . on dit quiet. est fort in- de Choiseul réforme dans nos troupes cinq par compagnie. quatrième fille de Louis XV. Dimanche de Pâques . A TURGOT.

(i) Michel Lepelletier de Saint Fargeau. Très-digne fils de son très-digne père. saintement barl)are. . Qui depuis peu vient d'enterrer sa gloire Sous un mortier. Deux gros yeux Prête de l'âme à bleus où la férocité la stupidité graphie universelle. C'était Orner.. Déjà Michau Se présentait ' (2) : pour être commissaire mais l'avocat Séguier Dit qu'on devait cet honneur à Pasquier. (2) et à laquelle en 1769. Turgot un des héros. vers. une satire dont il est Condorcet propose d'ajouter ces satire contre la lettre chel et Michau de Montaron de Montblin. parlement de Paris. le Qui des catins de tous temps Est maintenant le héros . et celle du 9 novembre. du octobre 1769. Un peu plus loin sortait d'une simarre Un teint blafard surmonté d'un poil blond. Grand magistrat sévère . dandinant. Voyez if) Mi- de D'A- lembertà Voltaire. emmanché d'un cou long : Le Saiut-Fargeau (i). r66 CORRESPOND ANCi: Qui pérorait ânonnant. pour jouir en repos De son mérite et du respect des sots. Porteur d'esprit du président d'Aligre. justicier. ânonnanty Gesticulait. Offrait à Dieu les tourments de La Barre. Et raisonnait toujours déraisonnant. soutien des dévots Orner fameux par maint réquisitoire. de pédante mémoire. Un plat visage. « On voit ici que ces vers sont réellement de Condorcet. cpii. La Michau lut attribuée à Voltaire. qui en cite deux sur conclut qu'ils prouvent dans " le coiisciller « Pasquier^ b<'aucoup le caractère de Turgot de penchant pour la satire. dandinant. avocat général au lit.

se St l'ennemi. Dans sa jeunesse. et sur- tout à vos peines. L'ont depuis peu fait I b^ nommer le bœuf-tl^re (i). . se rencontre souvent dans les lettres Ce sobriquet dans celles de Voll'empe- taire et (2) de Condorcet. le un certain cailletage L'insinua chez monde poli. Jamais surnom ne fut mieux mérité. acquis un honneur infini le En inventant bâillon de Lalli. La \'éritéesl que Pasquier a la modestie de donner et la gloire de cette invention au premier président au procureur général. Les Embellissements des environs de lui MouMen. soit fait pour quel- avoir pris du quinquina jubilé. soit pour avoir ques stations de prennent pouvoir la Mademoiselle de l'Espinasse et tous vos amis part la plus vive à vos embarras. attendu sans cela. a bien repris son avantage. Mandez-nous si vous le voulez. XIII de ses œuvres. de trois volumes indouze.ENTRE TUIIGOT ET CONDORCET. De nos Mais il prélats il Son coup Et s'est d'essai ne fut pas applaudi . Il : c'est Mademoiselle de l'Espinasse ne peut encore vous écrire. intitulé Londres un voyage en Angleterre. Voulant plus vieux jouer un personnage. Il y a aussi une traduction du poëme de l'empereur de la Chine (2). Voy. . la fièvre l'a ressaisie ces jours-ci . par reur Kien-Long. est une situation bien cruelle pour une âme (1) sensible. Voltaire t. Groslei. paraît qu'il est assez riche un livre de M. Voir tant de malheureux et ne les soulager. adressa une épîtrc à ce sujet.

La haine contre l'intolérance et la supersti- tion est le seul sentiment qui puisse lui donner la force d'écrire encore de longs ouvrages. En cela il travaille moins pour sa gloire que pour sa cause. Adieu . je crois. haleine. Monsieur. senti- "2. A TURGOT.l68 CORRESPONDANCE . du retard de votre lettre. Di\s Qacslinns sur rEncYclnpcdic. 11 attend pour le reste que le public soit également las de s'en moquer. . qu'il faudra vraisemblablement qu'elle aille me chercher à Paris. Je suis d'autant plus fâché . mais aime passionnément l'Ârioste mais chargeât d'une entreprise de longue . et que ses ennemis mêmes ont crié grâce. Il y en a nous sont assurément fort inutiles. plus grande partie des deux nouveaux volumes y a des articles qu'il n'aurait pas dû faire. il Pompignan n'a cessé et il ne faut pas Il comme apôtre. où je vais retourner. comme quelques-uns qui roulent sur d'autres qui le sont-ils fait les sciences. (i) (u) Où il i-tait aile iivoc D'Alcinbcrt. Monsieur comptez sur les tendres ments que je vous ai voués pour la vie. la Il dans huit jours. mais pour tout le monde? Il en est de ce qu'il sur cette matière : comme de ses satires contre que lorsque tout le public a été las de rire aux dépens du psalmiste. Ce aSjuin 1770. que le mépris soit devenu du dégoût. J'ai lu à Ferney(i) (2). J'y serai. je doute qu'il se le juger comme philosophe.

toujours d'encre noircies Adieu.) accompagné D'Alembert pour ( le ilistraire d'une maladie noire. Vous savez sans doute notre retour à Paris (2) et le succès de notre voyage. content de votre santé depuis votre arrivée travaillez trop. et je ne crains pour lui que ses inquiétudes et l'ennui de se porte J'ai ne point s'occuper de géométrie. toujours d'encre noircies. préférence que Les corps ne sont point ac- coutumés à être ainsi négligés. en vain par Maupeou raccourcies. A TURGOT. . vainement par Pussort raccourcies. les cherché à faire commissions dont vous m'avez chargé. D'Alembert beaucoup mieux qu'avant son départ. M. Ce 27 novembre 1770. va enfin recom- mencer.ENTRE TURGOT ET CONDORCET. où il avait Boileau . Monsieur. en me mandant que j'aurai le plaisir de vous voir beaucoup à Paris l'hiver prochain. et Vous vous croyez que votre corps la ne cherchera pas à se venger de vous accordez à la tête. Monsieur. Se rallongent déjà. Vous m'avez appris une bien bonne nouvelle. J'ai 169 bien peur VU la nouvelle procédure. (ij. Se rallongent déjà . et j'ai qu'il n'en soit de cette ordonnance comme de celle de 1767. Notre correspondance. 3. et je n'ai (i) Ses griffes. portez-vous mieux. et que nous ne soyons bientôt réduits à dire du monstre de la chicane : Et ses griffes. je été n'ai point ici. (a) De Ferney. Le Lutrin.

qui donnaient une retraite à Voltaire. qui pis est. trouvé Voltaire serait tenté si plein d'activité et d'esprit. n'en ont jamais les il évêques d'Annecy depuis fait à François de Sales mais Genève plus de mal que les ducs de Savoie. dans son canton plus de bien que fait . M. avaient Rousseau pour concitoyen et que D'Alembert avait rendus . je le lui ai prêté. et de bénir ceux qui. ne Il fait et de sensibilité aux est sottises faisaient apercevoir qu'il homme.CORRESPONDANCE pu rapporter que VElectricitas vindex . Il est singulier que souvent il n'en soil pas besoin pour nuire aux hommes ils se laissent . Je le silence le sais rien de nouveau (i). trop si un peu d'injustice pour Rousseau de Fréron. ont eu le courage de les abolir. assez mal gouvernée. et. Genève ne sera plus qu'une petite ville de commerce sans gloire. . Voyez décembre. les deux leUres sui- vantes du 2 et du /. Desmarets en a il été curieux. àsiUsX Encyclopédie respectables et intéressants. Nous avons trouvé les chemins du Languedoc beaucoup plus beaux que tous autres et cela nous a donné occasion de crier contre les corvées. Aussi personne ne s'a\îisera-l-il plus de dire du bien d'eux. nous gardons comme des J'ai armées en bataille . qu'on de le croire immortel. comme vous. : (i) Dans l'affaire du parlement. et nous attendons 3 décembre. ont trouvé le secret et de chasser Voltaire. Ces pauvres Genevois. de décréter Rousseau et de faire une querelle à D'Alembert. qu'on m'a donné ne à Genève. et s'est chargé de vous l'envoyer.

mais quand on s avise de vouloir leur faire du bien alors ils se révoltent et trouvent que c'est innover. avec tous les dénombrements qu'ils mettent éphémérides. de La Harpe compare Heiiri Quatre à César. vous n'avez pas aujourd'hui un volume du c'est ma faute. j'aurais il de rer et la peine à m'accoutumer à cela. 2 décembre 1770. je vous en demande pardon. L'article Épopée est rempli de traductions en vers de poètes étrangers ou anciens et ces traduc. Adieu. Mais faut espé- que nous n'aurons pas à la fois la guerre. la réparer mardi. I7I hanquillement faire du mal. tions sont charmantes. Ce sont les économistes qui sont cause les de tout cela.Il y a sur ce sujet un . Ne nous renvoyez pas aux glands. et qu'ils ont été tous deux . mais non pas notre amitié du moins de . ma part. savez ce que nous a valu le dénombrementd'Auguste. Si Suétone de M. charmant commentaire de Voltaire sur ce proverbe. On m'a fait trembler en me disant que vous ne revien- driez pas plus cet hiver que le précédent. notre correspondance avait cessé. Monsieur. parce qu'ils ont fait tous deux la guerre en France.ENTRE TURGOT ET CONDORCET. Nous avons lu ces articles jusqu'à F inclusivement. de La Harpe. Je suis fâché que M. A TURGOT. Ce dimanche. Ces dénombrements portent malheur à l'espèce humaine celui de David a valu la peste au bon peuple de Dieu vous mois dans les : . Monsieur. C'est à l'article Blé. la peste la famine. 4. et j'espère.

Je prends peu d'intérêt à cette affaire il m'est impossible de m'intéressera une tra- gédie dont Michel. lui défend de s'assembler sans l'aveu du premier président prononce la peine de la privation des offices contre toute voyé ceux qui cesseraient entre le service. 166. pour cette calomnie. jya CORRESPONDANCE assassinés. Voyez ci-dessus p. il parle de Fréron . du chevalier Grandisson est d'ailleurs etc. .voilà Messieurs ac- doivent au roi jusdu moins ce que j'ai saisi au travers un déluge de paroles. Il est dit mots tecbniques du système d'unité parlemendans le préambule que l'esprit qui tend à détruire la religion et les mœurs. Voltaire est très-affligé de la mort de l'abbé Au- dra (2) (i) . et il n'a pas toujours mis mot propre. dans la préface d'une traduction des Douze Césars. que j'ai eu le malheur d'entendie sortir de la bouche de Pasquier. de La traduction . est Notre Parlement en feu. proscrit les termes de classe. le roi lui a en- une déclaration qui lui ôte le droit de faire des remontrances plus d'une fois. Michau de Montaron el de MontbHn (2) Denis Pasquier. Voilà sorti que des : sottises. interdit et correspondance les parlements. et tous les taire. d'abord professeur de pliilosophie. Jesuisfâchéaussi que. qu'il croit être mort des persécutions qu'on Michel Lepelletier de Saint-Fargeau. Il serait heureux pour l'humanité qu'il n'en fût jamais cusés d'être encyclopédistes. et qui se dénouera pai- des amphigouris. d'association. Dorât. Docteur de Surbonue. Ainsi. ils s'est glissé jus- que dans tice la magistrature. un peu le faite à la bâte... Michau et le bœuf-tigre (i) sont les héros.

le Parlement a arrêté hier des remon- trances qui ont été portées sur-le-champ au roi par le premier président. 4 décembre 1770. comptez . sujet des regrets dont t. Il est sans doute encore plus que Voltaire du dénoiiAdieu Monsieur. Abrégé de l'histoire universelle. et la note de M.ENTRE TURGOT ET CONDORCET. XVI. (i) Du baron d'Holbach. Après une longue énumération la des services rendus à monarchie par ils le Parlement. n'a osé ni consoler. à l'usage des collèges. 5. apprendra par le zèle là qu'il doit retenir avec bien du soin de ses prêtres ostrogolhs. . ni protéger ce malheureux. lui a suscitées à l']3 Toulouse pour avoir enseigné son L'archevêque qui est . Ce mardi. . contre roi depuis le l'arrêt contre Charles VII jusqu'à la nature (i) . avait fait imprimer un abrégé de V Histoire générale de Voltaire Voltaire lui adressa plusieurs lettres. Beuchot. Monsieur. A TURGOT. bon Il et honnête. il Au voyez œuvres de Voltaire. et le prient de vouloir bien leur mettre les calomniateurs. 24^. afin qu'ils puissent les ju- puis professeur d'histoire à Toulouse. est ici question. ment de sur cette tracasserie. ma plus sincère amitié. p. Elle ne doit pas aller jusqu'à tolérer l'oppression le et consentir à en paraître affligé complice. l'arrêt Système de demandent au le justice des calomnies que contient préambule de re- sa déclaration. la et je trouve qu'il a poussé trop loin prudence. et conservez-moi la vôtre. .

de La Rive. demandé en Celui de feuilles . son fait. par La Harpe. Il ris y a eu dans plusieurs provinces autour de Pades inondations moins terribles que celles qu'éles prouvent quelquefois mais qui ont fait provinces méridionales en emportant : . selon qu'on est affecté. délibérera aujourd'hui sur // in a donne un soufflet^ et je lui ai bien dit disait. 11 (i) ab- sorbent tout si l'intérêt du est question de Le Kain sera remplacé et le chancelier déet placé. chambres. Monsieur. ou M. et on ne me l'a pas encore (i) (2} La Rive. périr quelques hommes. x\dieu. Mademoiselle de l'Espinasse va beaucoup mieux je l'ai : elle sortirait sans un effort de rai- son. je che ce qui résultera de toute cette crois. et non pas si le peuple de l'Orléanais du Gâtinais aura du pain et des maisons. Je ne sais encore si Suétone part ira aujourd'hui (a). et j'aurai soin de vous mander dimanaffaire. qui a débité de beaux vers avec grâce sur le théâtre de la Comédie -Française ou Pasquier.174 ger selon les lois CORRESPONDANCE fondamentales du royaume. La traduction de Suétone. qui a déclamé gauchement de maussade prose dans l'assemblée des . beaucoup les le de bestiaux lement savoir et et produit la disette ici moulins. L'intendant d'Orléans s'est donné beaucoup de peines pour cela. on ne lui en sait aucun gré. Pourceaugnac. se terminera à l'amiable. On la ré- ponse du roi. et l'on admire uniquement. qui. Personne ne pense à ce désastre Par- un début à la Comédie-Française public. .

cation de nos princes. n" 6o56. et dévoués par Voltaire à un ridicule éterils n'ont point été employés même dans l'édunel à Voltaiie. A TURGOT. car a écrit une discussion* d'argent. 177 i. Je ne le on vous a mandé que sentait: il président de Brosse (i) se préil serait fâcheux qu'il réussît. Mercredi. Sa tragédie de Barneveh Voyez la lettre suivante. dans : . les I75 Quand reviendrez-vous voir vos amis? Ce qui console un peu de votre absence. et plus en grand on y gagnerait de toute manière. Lundi. : 6. J'a- ma l'un table les envoyé de pour l'autre. Monsieur. je deux volumes cachetés. La philosophie a pour ennemis secrets ou connus bien des gens qui en devraient être les défenseurs ils y gagnent d'être vilipendés pendant leur vie. Je voudrais que vous en pussiez faire à Paris. apporté. vais sur c'est moi seul qui suis cause de ce que le premier volume de Suétone est arrivé le dernier. et j'ai vous demande pardon sais si ma bêtise. que quand on écrivait contre la religion on devait ménager les présidents. L'abbé Alari est mort. 10 décembre 1770. . de Marchais.ENTRR TURGOT ET CONDORCET. il en lira de grands (2) (1) (2) Voir une lettre de Voltaire. de La Harpe M. et le zèle n'est plus le chemin de à la fortune. Je vous envoie de petits vers de M. c'est que vous ne les quittez que pour faire du bien.

et que la conduite de ce jeune homme qu'elle aime plonge dans : la mélancolie Je ne sais : si mes sens ainsi que ma raison Furent dans (i) mon enfance atteints du noir poison M. 7. sont encore beaurévoltants.176 CORRESPONOANCE chez mademoiselle de TEspinasse. et M""^ Suard. fille du négociant chez qui Barnevelt a été élevé. et la dres. Je ferai (]). Ce 23 décembre 1770. mais qu'on est supposé ne pas maî- l'assassinat tresse de Barnevelt qu'on voit peu. Monsieur. mais elle est en général écrite avec élégance. Si les des Limousins (2) doit aller avant nos plaigens qui gouvernent pensaient de même. coup trop La pièce n'a point paru faire d'effet à la lecture. Barnevelt. A TURGOT. mais nous trouvons que la vie sirs. était alors (2) (3) Turgot intendant du Limousin. Il l'a un peu accommodé à nos mœurs. j'ai Harpe (3) : c'est entendu la pièce de M. vos commissions auprès de mes amis Nous dé- sirons tous trois de vous voir. vous avez bien raison de compter sur une amitié solide et tendre de ma part. Monsieur. . Je vous enverrai dimanche un précis de la pièce et quelques vers. de La une traduction du Marcliand de Lonvoir'. Adieu. aurait tout le monde du pain. En deux morceaux l'un de Lucie. voici et remplie de beautés de détail. imité ou traduit de Lillo.

. 8. Je ne connais que toi qui puisse pardonner. de Choiseul M. de Praslin ont été disgraciés et exilés. 1^7 Qui répand parmi nous sa sinistre influence. et ils se rassembleront samedi. Des yeux de bonté tu vois notre faiblesse Et lorsque tout m'accuse me condamner. plus. duil ou protège. A TURGOT. Tu vois nos passions des ta yeux de et doit la sagesse . Si le peuple avait du pain et des juges (pji fissent leur métier gratis on pourrait se consoler du reste. car ils ils se sont in- terdit les spectacles du jour où n'ont plus eu rien lettres Cependant ils ont refusé d'obtempérer à deux de jussion. 25 décembre 1770. Nous tourmente longtemps du besoin de mourir. nous inspirant l'horreur de l'existence. . l'un à Chanteloup. rpioique personne n'ait encore (juitté la partie. hier. Adieu Monsieur. Les pères de et la patrie s'ennuient de ne plus juger de ne plus aller à la comédie. et attendre avec patience la chute infaillible de la superstition et de tout ce qu'elle pioà faire. peux comparer mon crime et ma douleur attentat et ne voit pas .. et Monsieur. l'autre . on dit s'est assemblé deux fois jeudi et que l'unanimité chancelle de plus en . 1 /autre est une prière de Barnevelt dans entier je suis sa prison: Je m'adresse à toi seul. M. Le Parlement hier. arbitre incorruptible! Aux yeux du monde 11 un monstre horrible : voit mon Toi seul mon cœur. Et qui. Mardi. Sur le bord du tombeau qu'on balance à s'ouvrir. EiNTRF TlIRGOT ET CONDORCET.

quoique Voltaire bien plus haïssable. On l'accable d'épigrammes. il On ne haïssait pas plus Voltaire fût et y a quarante ans. qui joint une fluxion douloureuse sur les dents à ses autres malheurs. qui se sont engagés à continuer le payement des penla sions. à M. Voici en détail roi de l'abbé Morellet. Le d'Alsace.I-yB à Praslin. en donnant une abbaye au prince alors de Chimay. . commende et de la donner enfants de madame de Forbach au précepteur des ni les autres pensionnaires. d'in. L'abbaye a été ensuite rendue aux réguliers. l'avait de Pologne. Il y a contre lui un déchaînement si général. . de CJioi- seul de se retirer de la cour vers midi. qu'il faut qu'il renonce à l'Académie. M. et qui ront par plaider dit ce m'a est très-sensible à l'intérêt que vous prenez à lui. l'abbé chargé de pensions. entre autres d'une pour l'abbé Morellet. et ce précepteur ne veut payer ni l'abbé Morellet. le roi CORRESPONDANCE a fait donner ordre . après son départ pour la chasse. ni l'abbé Porquet. jures et d'imputations odieuses. et finisi cela est nécessaire. un moment permis jeudi. Je suis assez de votre avis sur le Suétone de M. M. Voilà ce que pauvre abbé. puisqu'il avait fait Hcnriade h Aizire. l'évéque d'Orléans vient de remettre en qui a épousé le duc de Deux-Ponts de la main gauche. On lui a de rester à Paris jusqu'au mercredi matin. de Praslin était malade : on lui a donné jusqu'à il parce qu'il avait mandé que l'histoire ce jour-là pourrait se rendre au conseil. de La Harpe mais il est bien malheureux. Ceux-ci agissent.

On assure que la paix est signée. nous Harcourt dit publiquementqu'elleest assurée. Monsieur.ENTKE TURGOT ET CONDORCET. A TURGOT. opéra-comique mis en musique par Grétry. Les mœurs insipides de la : petite bourgeoisie y étaient peintes avec une vérité dégoûtante. de La Harpe une liste de ses de Suétone et la traduction trois s'est Pause en colonnes. Ce I 4 janvier 177 1. et traduction de /a Pause est encore plus inexacte. Adieu. évitons la guerre et que nous ayons supporterons avec plus de patience l'inquisition qui s'appesantit sur notre littérature. on a donné avant. du moins mylord Si nous du pain.hier aux Français une tiagédie bourgeoise de M. caché sous le pseudonyme d'Ophellot réussit de la (2) Pause. et (i) nous nous pas- De Lisie de Sales. le genre médiocre. Fenouillot de Falbaire mieux dans le drame de l'Honnête criminel [l'j'jS] et dixns Les deux avares. Le Fabricant de Londres. J'jq On de /a a annoncé (j). avec le texte M. Je consulterai mademoiselle de FEspinasse pour savoir s'il faut vous envoyer les Lettres Portugaises mises en vers par Dorât. vous connaissez notre et amitié pour vous. Monsieur. a des vers On dit qu'il y heureux dans 9. Heureusement que que c'est la Fréron qui chargé de ce travail. à contre-sens. 12. de Falbaire (ij elle est lourdement tombée. . elle durera toujours paice qu'elle est fondée sur des motifs des rapports qui ne chan- geront jamais.

L'Académie française les politiques a élu l'évéque de Senlis. D'Âlembert est assez bien. s'y élève parce qu'on contre les sacrifices de sang humain (il . Vous recevrez. M. elle est en deux volumes. Adieu. Ce dimanche. grâce à l'éteignoir de la veut pas police. ce qui choquerait beaucoup les assassins de Le Blanc. et elle vous aime toujours de même. On ne même permettre une tragédiedes Drufdes[i). vous amitié. Il douze voix sur vingt-neuf. Monsieur. de Brosse. une Théorie du dont je ne connais ni l'auteur ni le luxe. mérite. 10. l'avantage d'avoir eu contre lui les encyclopédistes lui servira auprès du clergé. et lui tiendra connaissez lieu de quelques simagrées. car on mange deux fort bien quatre-vingts fois par jour et on vit ans sans jamais penser. prélat de M. 20 janvier 1771. ma tendre A TURGOT. de Senlis n'est pas du même goût.l8() CORRESPONDANCE serons de penser et d'écrire plus facilement que de manger. Monsieur. Ma- demoiselle de l'Espinasse est beaucoup mieux que je ne l'ai vue depuis longtemps. que ont mis en avant pour écarter Gaillard. la pluralité. Notre littérature ne produit rien cette année. et si ces douze voix nous avaient manqué dans une pareille occasion nous serions désespérés d'avoir eu et lier plus à leur aise la partie a manqué au . De l'abbe . M.

élevés par des philoso- phes . Ce 1 7 février 1771. Vous connaissez mes sentiments pour vous. Voilà ce qu'écrivent des princes. de nos grands hommes d'Etat. qui a réussi malgré tous les opposants. On a sincèrement exigé de l'auteur qu'il ôtâl ces . sur nos espérances. deux vers trouvait. Des- marels. honnête. A TURGOT. TURGOT ET CONDORCET. notre liltéiature a été longtemps sans . plus doit être bon. mais ces princes. éclai- rée. en reste encore. n'ont aucune idée de la politique nohle. il Plus il est tout-puissant. Monsieur. Adieu. et sur les consolations . ainsi je ne vous en parle plus. Dieu : et parce qu'un prêtre y dit en pailaiil de Si j'en crois ma raison. Je voudrais vous revoir et causer avec vous sur les malheurs de s'il la raison et de l'humanité. que le ainsi qu'un autre où le mot de raison se Vous trouverez cependant dans le Mercure moyen le plus sûr de rendre les hommes meil- leurs et plus heureux est de les éclairer. et que l'estime de ceux qui éclairent les nations peut seule consoler des peines du gouvernement. II. Je que nous avons fait une bonne acquisition. que nous devons attendre du temps qui met les hommes et les choses à leur place^ mais qui ne répare point les maux passés et ev\ amène sans cesse de nouveaux. l8l La Barre.EINTRF. Monsieui-. mademoiselle de l'Espinasse vous écrira pour vous crois faire compliment sur l'élection de M.

mais je n'y suis dont et les deux derniers actes m'ont paru Il est sans intérêt. vrai que pas que soit mon âme s'attendrit aisément. des sorles contre les drames les philosophes. en attendant Saisons. et nous allons enfin Qiiint pai" avoir la nouvelle édition du poëine des Saisons {i'). trouvent très-mauvais que l'auteur César. Je vais. soit sensibilité. Je vous en ai peut- être déjà parlé. le n'est pas question dans pièce de peindre cœur n'a humain. CORRESPONDANCIla traduction de la vie de CliarlesRoberlson vient de paraître. la Les théologiens. vous envoyer Robertson et sifflé un Fabrin'être pas difficile. finan- ciers. on même tenté de ressusciter. Les Français ont donné une comédie intitulée Persifleur [i) ties : le des moralités . etc. de Falbaire. de Sartine consulte sur comédie. et qu'on n'oppose n'ait pas mis des chrétiens dans les Gaules du tenqjs de que la raison au fanatisme des Druides. H y a une tragédie intitulée les Druides la dont on arrête représentation.. pas les C'est un genre que. Quand on raisonne aussi mal. parce que je m'en occupe beaucoup. on est sûr d'avoir raison. depuis Molière. nos amis se portent aussi bien (i) (2) De Saint-Lambert. . ont un peu soutenu auprès du parterre cette pièce. que M.. qui est dans le genre ennuyeux. communes. Monsieur. cant de Londres^ drame de M. mobilité. L'aules teur a peint les gens du monde d'après la romans 11 de Crébillon et la société de quelques actrices. Adieu. Du marquis de Bièvre. 15^ rien produire .

J'ai l'honneur de vous envoyer.XLVII œuvres. {2) Voltaire. du 9 que si proteste le président de Rrosse est nommé (3) . très- Le prince Louis de Rohan. Voltaire en parle. l83 qu'ils peuvent. suivi d'une forte la septième accès depuis rechute. elle n'est (i) C'est-à-dire qu'il n'a pas été élu membre de l'Académie. évéque de Strasbourg. Elle est on a persuadée que le jubilé n'entre pour rien dans sa maladie. c'est le . mais hier ordonné les eaux de Sedlitz. où il donna beaucoup de mouvement pour emVoyez surtout une lettre à Richelieu. . le dévoué au\ philosophes. édit. Monsieur. A TURGOT. (4) même qui fut si tristement célèbre ParGrosley. Vous vous êtes trompé sur le président de Brosse (i). // en mourra. qui a été beaucoup plus brave qu'il n'appartient à un évéque et à un homme voulez bien de cour. Grâces en soient rendues à notre ami (2) et au prince Louis (3). C'est le (5) poëme composé par l'empereur de et la Chine Kienses Long. par l'affaire du collier. tomes XIII. qui se pêcher cette élection.ENTRE TURGOT ET COiNUORCET. Je compte sur les lumières que vous me faire espérer pendant mon séjour à Ribemont. Mademoiselle de l'Espinasse a eu encore hier un frisson très-violent fièvre. 12. le pre- mier volume de Londres (4) et X Eloge des etwirons de Moukden{b). XLVIII de Beuchot. On avait jusqu'ici laissé agir la nature. Vers juin 1771. janvier 1771.

il y a dans le dernier une énigme en huit vers. . et il ne m'a pas été possible de rien apprendre sur les avantages ou désavantages de cette salle. . l8/j CORRESPONDANCE qu'un quart d'heure clans l'église restée de Saint- Germain.. trompeurs dont et le sombre embarras Égare sans retour conduit au trépas. bien leur jeu sûr et terrible Que chacun se rompant par un rapport secret Des autres sur-le-champ précipite l'effet. et il se trouve que c'était d'ime conspiration que parlait Du Belloi. Je ne sais si \ous lisez le Mercure. les Madame Louise (i) (i) dit et fait les plus belles choses Qui venait de se faire carmélile à Saint. La voici : Je règle les ressorts de Je concerte si mon art infaillible. La Comédie-Française a ouvert son nouveau théâtre par Phèdre. et elle prétend que si un si court espace de temps passé dans une église produisait un aussi fâcheux effet. Partout entrecoupés. par une société de gens de lettres. Et ce dédale obscur de chemins innombrables. ce serait une chose plus lerrihle contre la religion qu'aucune épigramme de Voltaire. partout impénéti-aldes Est plein de fils . Ces huit vers se trouvent dans Gaston à la fin et Bayard. du premier acte. Tout le monde avait cru que le mot de l'énigme était une toile d'araignée dans une cave. ISotre cour est en combustion : du duc de Bourbon qu'on ait à cause du mariage Montmorency sont indignés accordé aux Bohan plus qu'à eux.Denis.

et dans {%) Epitre D'Alembert. car. étant en état elles seraient de- venues des anges. le et lui avait ensuite volé cinquante mille il francs. 85 du monde. mais le meilleur lui reste (2). Adieu. de On va juger Billard et l'abbé Grizel (i). était sous-pénitencier. : et on les a régalées en- de soupe au mais en guérissant l'âme on a eujpoisonné le corps un très-grand nombre de grâce. . : l'autre était jésuite et directeur de dévotes illustres il avait con- verti M™® On d'Egmont. s'est trouvé fort mal. ENTRE TURGOT ET CONDORCET. d'avoir envié à la farine ce privilège exclusif de de- venir Dieu. fut condamné au pilori et au bannissement. et je regretterai beaucoup de n'être plus chargé de ses commissions pour vous. On soupçonne et le vert-de-gris de s'être mêlé au pain des anges. Les petites leur première suite la paroisse Saint-Paul ont . et me la conserver même comptez sur toute mienne. de perdre les occasions d'entretenir un commeice la si agréable pour moi. et revint chanter une messe d'acil de grâces à Notre-Dame. Monsieur. Vol- taire l'a mis dans l'enfer de la Pucelte \' AànsV Épure au roi de la Chine. Daignez amitié. fille. . tions mit en liberté. fait communion lait. où à Horace.. je vais partir. malheureusement personne n'est mort. (i) Ce cher monsieur Billard et son ami Grizel cilice et diseurs : Grands porteurs de avaient fait de missel. banqueroute de compagnie il le premier était caissier général des postes. comme filles vous l'imaginez bien. mademoiselle de l'Espi nasse va perdre son second secrétaire. état bien au-dessus de celui d'une quelque jolie qu'elle puisse être.

leur lumière était tellement grande. jouis. mais cela est moins sûr. à dix heures et : demie du qui était un météore remarquable occupé . Bailly. a élé vu sûrement à Senlis. Adieu. alors àChaillot. chez M. éloi- On dit même en beaucoup d'endroits bien plus gnés. Le phénomène . A TURGOT. Monsieur. et elle a semblé un bruit souterrain. . de Boulogne. 21 juillet 1771. vous connaissez toute tié mon ami- pour vous. à Versailles à l'extrémité de la forêt de Saint-Germain . a aperçu à peu près au zénith mais du côté de l'orient. Bailly a été ébloui et a cessé de voir les étoiles. je l'ai lue avec bien du plaisir et de l'utilité. qui était alors très-brillant. a éclaté en globules de feu blanc comme les étoiles brillantes des artifices. et des édits sur lesquels Parle- (i) Celte lettre inanque. Monsieur. et j'espère d'ici à quelque temps vous en pouvoir parler avec plus de détail. J'ai reçu hier votre lettre (i). que M. à la Cha[)elle. M. une lame de feu qui.|86 CORRESPOJNDAJXCE 15. à observer Jupiter. le 17. Mademoiselle de l'Espinasse ne vous écrit elle est souffrante pas aujourd'hui. L'explosion n'a été entendue qu'environ deux minutes après la dissolution du météore. au bout de quelques minutes. et même Jupiter. J'aurai soin de vous mander tout ce que j'apprenle drai du météore. depuis quelques On a vu ici. soir.

ENTRE ÏUIIGOT ET CONDORCKT. ce phénomène du 17 (i). 187 ment présente mercredi ses secondes remontrances. 14. d'une espèce de traînée pareille a mais beaucoup plus faible. Je jugeai seulement à son éclat qu'il était beaucoup plus considérable que celle des fusées volantes. . en sorte que je ne pus porter aucun jugement sur la forme. Malheureusement je ne vis cette clarté qu'au moment même où elle se plongeait derrière un toit qui bornait de fort près mon horizon. Voyez la letlre (1) précédente. j'aperçus une clarlé d'une étoile tombante. Monsieur. on a battu des mains à sa sortie. Mon valet de chambre était dans une chambre au second étage. parce que je l'avais trop mal vu que je n'ai l'éclat pas daigné vous en faire mention. Cependant qu'il a fait à Paris et la distance des lieux mérite J'étais à qu'on en recueille jusqu'aux moindres circonstances. le jour qu'il les a arrêtés. mais d'un éclat plus occupant un peu plus d'espace. elle me pa- accompagnée. le 26 juillet 177 1. A Limoges. J'ai et c'est vu aussi. mon bureau à écrire. comme ces phénomènes le sont ordinairement. ne le sont les étoiles tombantes. A CONDORCET. et qu'il devait être du genre de ces globes de feu dont j'ai beaucoup entendu parler sans en avoir jamais vu. le hasard m'ayant fait tourner comme vif et raissait les yeux vers la fenêtre. ni sur le diamètre apparent du phénomène.

l88 CORRESPONDANCE la fenêtre était il dont ouverte. fut il m'a dit que pendant près d'une minute dinaire. il ne s'avisa que fort tard de regarder à la fenêtre. Je n'ai pas connaissance que personne ici ait rien vu de mieux. et cela n'est pas étonnant. déclinait de la méridienne. puisque mémoire que j'ai pu fixer le point où j'ai vu disparaître le phénomène. de l'orient. Mais frappé d'une claité extraor- comme il est peu curieux. Le nouveau Parlement a dû être bien surpris de . L'inteivalle de deux minutes entre l'explosion et le bruil en constater la annonce déjà une bien étonnante. L'on n'a point entendu de bruit. et du côté du nord dans une direction qui . La position de Limoges est suffisamment connue. et toit. i5 à i6 degrés vers je Vous comprenez que ne vous donne pas ces angles comme mesurés avec précision. mais cet éloi- gnement prouve à quel point ce phénomène à était élevé dans l'atmosphère. vu l'éloignement où nous sommes de Paris. Il est à souhaiter ce n'est que de qu'il parvienne à l'Académie des observations plus éloignés. Pour aider en porter un jugement plus sûr. j'ai fait prendre avec un graphomètre l'angle (jue fait avec la méridienne la direction dans laquelle j'ai vu de mon bureau cette lumière se plonger sous le toit qui me l'a dérobée. et il n'eut que le temps d'apercevoir une espèce d'éclair très-vif qui se plongeait à l'horizon. précises et de différents lieux pour bien hauteur du lieu de l'explosion. je le voyais sous un angle de 5 à 6 degrés de hauteur. Il j'ai fait prendre sulte l'élévation du bord de ce en ré- que lorsque ce phénomène s'est caché à mes yeux.

28 juillet 1771. de 3o pieds. secrétaires qui se promenaient demie du soir. adoucissement à l'impôt sur guillon a fait M. Deux de mes à dix heures et dérable qui leur paraissait s'élever de terre à hauteur. Adieu. 15. de faire liquider leurs offices. ont cru voir une masse de feu assez consile 17. on ne doit aucune attention au rapport de ceux qui ont cru voir du feu par terre ou autour d'eux. P. de la Chalotais ses pensions n'est pas sûr qu'il n'y qui avaient été suspendues.ENTRE TURGOT ET CONDORCET. la taxe le roi a accordé aux itératives remonla trances du Parlement diminution d'un quart sur les des nouveaux nobles. et que faire phénomène ayant été éblouissant. et quelques personnes pensent en faut supposer plusieurs pour accor- der toutes les observations. je crois encore que le météore était unique. en se dissipant. S. toujours en paraissant il monter. les raison. mais. Mais comme il n'y a aucun endioit où on en ce ait vu deux à la fois. (i) Voyez les deux lettres précédentes. a répandu une clarté A TURGOT. 1 la Un instant après. et a promis quelque ventes. recevez les assurances de mon inviolable attachement. . e phénomène s'est dissipé. à ce 1 89 membres de l'ancien ont que je vois. s'entendre applaudir. m'ont-ils dit. Dimanche. Monsieur. Monsieur. d'Ai- rendre à M. ait On eu qu'un météore qu'il le 17 (j). dans un chemin creux. plus vive.

génie. Tiirgot traduisait alors les églogues de Virgile. Le changement est très-bon dans une traduction en vers. longue et excellente lettre. 18 août 1771. devrait être adressée à une femme par un et l'autre moitié à un homme par une lieu femme? quand. il en un autre. remis à M. faut nos mœurs.iqo Je CORRESPONDANCE ne suis pas de voire avis sur le changement lisant le la- des us en a [i) dans les traductions. au d'un trait de la fable. répondrai 16. Desmarets le Perse et le Clément. les pensées. peut-on appeler cela une traduction? D'ailleurs on traduit. Je lui don- nerai incessamment un de M. . Anquetil sur j'irai les Indes et les Indiens. . pour être dans homme. ou pour faciliter la lecture de l'original et alors ce changement nuit au but de la traduction ou bien c'est pour en faire connaître le . et alors je passer à la au Boulai quelques jours. Monsieur. Monsieur. Ce dimanche. Galla pour Gollus. je En ne pense jamais au sexe qui parle ou à qui on parle. et alors faut dire dans la traduction ce qu'a dit Catulle. et tout cela difié mo- par les il mœurs et les usages du siècle et du pays. lin. mais dans une en prose comment faire quand la moitié de la pièce. les sentiments. Adieu. A TURGOT. et Tibulle dire ou non point ce qu'ils auraient dii J'ai s'ils avaient eu des mœurs livre plus pures. Blin de Saint-More a envoyé (1) à l'Aca- Par exemple. M.

vous connaissez tié ma tendre ami- compte bien sur la vôtre. et que tout le monde l'avait absolument oubliée. et c'est un sentiment bien doux pour moi. En conséquence. L'édil sur le papier n'aura pas lieu libraires et le . II est si bon pour pour vous . l'abbé Terrai la religion. qu'elle est tombée des mains du lecteur. Cette réponse le sur- prend un peu il s'informe si elle a été remise. . court chez tous les académiciens pour savoir le sort de sa pièce. Cette épître n'a le prix.FNTRE TURGOT ET CONDORCKT. il ruinait les commerce du ni papier. tuait d'un même coup raison et Grippe-minaud Mit les le bon apôtre. Les évéques n'auni raient plus vendu heures catéchismes les . I9I demie française une point eu est épitrc à Racine. cliacun lui répond qu'il n'en a jamais entendu parler. il vient de la faire imprimer pour que le public jugeât entre lui et l'Académie. et il trouve enfin qu'on a essayé de la lire. la et M. les philosophes n'auraient pu éclairer hommes. plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre. Jetant des deux côtés sa griffe en même temps. Adieu. aussitôt il que l'auteur apprend qu'il donné. Monsieur. je l'âme de pouvoir s'appuyer sur l'objet de son estime et de sa vénération. Blin de Saint-More. qu'il était impossible de lire la pièce de M. et le jugement du public a été .

ne regrette rien elle pour elle. et de mériter plus de bonheur. Monsieur. Personne ne connaît mieux que moi jusqu'où va sa passion pour son mari de l'excès sa sensibilité. le femme. 192 CORRESPONDANCE 17. et m'en distraire. mademoiselle de l'Espinasse crétaires et ses se- sont bien affligés ment M. est souffrir.. 26 août 1771. des gens de lettres d'un mérite lare sont sacrifiés à Cette idée m'indignerait une troupe de fripons insolents. Ils Il ne vont sont le la victime de la haine des bureaux. nous paraissait pas aussi affreux ce malheur ne nous en serions sûrs. A TURGOT. et des hommes vertueux. nous craignons qu'il : Gazette. elle ne craint. Je ne sais si vous connaissez madame Suard combien mari au elle est sensible et touchante. ne puis ni fixer l'étendue de ni madame Suard. avec quelle indigence tendresse et quel désintéressement elle aime son : moment de tomber dans une cruelle. n'est touchée que de ce que son mari aura à mari n'est occupé que du malheur de sa impossible d'être plus malheureux qu'ils devenir. J'étais le confident il de son bonheur. elle n'aura plus de plaisir à aimer. Lundi an soir. et même si . Le maréchal de Richelieu part jeudi pour casser sa passion que . si je soufflais moins du malje heur de mes amis celui de . Suard ne perde la et sa nous aimons tendrefemme. pour son mari et cette passion ne lui fera plus éprouver que des déchiienjents. n'avait d'autre source .

sans crédit. santé de mademoiselle de et si elle l'Espinasse. et ne sent pas est mieux ou moins bien. mais ce venir nous revoir et nous consolei'. pardonnez-moi de ne vous parler que de cette seule chose. Je vous envoie discours qui ont eu le prix et l'accessit. A TURGOT. Je n'ai jamais senti comme aujourd'hui le malheur d'être pau: . Je haïssais les persécuteurs et ceux qui assassinaient légalement : il faut donc haïr qu'ici aussi les chefs les de bureau! je m'é!ais jus- borné à mépriser. un peu diminuées. qui on a donné la à comte de Périgord place de M. nous n'espérons plus pour nos amis qu'une pension de mille écus chacun. . Adieu. Suard i3 privi- lège de la Gazette. de Beauvau part . demain pour casser par ce courrier les celui de Toulouse. (i) Monsieur. Ses douleurs sont. et je vous manderai où nous en serons nous avons encore pour demain une légère espérance mais elle est faible. 3 septembre 1771. vre. et M™^ Suard. point pour 18. elle ne sent rien depuis hier qu'elle a appris le malheur de ses amis. J'ai eu par mademoielle selle de l'Espinasse des nouvelles de votre santé: n'est vous permet de voyager. la pièce de vers couronnée la Je ne vous dis rien de une autre. Ce mardi. Le roi avait retiré à M.ENTRl' le TURGOT ET CONDORCET. à ce qu'elle croit. Je vous écrirai à Clermont dimanche prochain. Monsieur. sans place. parlement de Bordeaux. (i) Il n'y a rien le M. et le igS .

Ribemont (i). une occupation forte pour écarter les idées tristes que j'emporte dans la solitude. que trouble et l'agitation lui seraient mortels. Suard dit-elle. ce Monsieur. et me fait gr-and plaisir. est tranquille. Ma santé n'est pas mauvaise. Il (2) s'amusait à traduire Sénéque pour M™*^ de Meulan la jeune.IC)4 CORRESPONDANCE au monde de plus touchant que et le courage et le calme de M. Je suis aussi peu content que vous de la plupart des traductions et surtout de celles que je fais (a). 19. Ce sentiment prouve bien le calme de son âme. je n'ai rien eu autre chose que de ces indispositions qu'on appelle mal de nerfs. Elle n'a point. ai j'y ai trouvé une de vos lettres. les privations ne sont rien pour elle. du plaisir. Je suis trop paresseux pour suis remis à la géométrie avec bien me me faut . puisque son mari va être. Elle oublie la perte qu'ils font pour ne voir que l'indépendance oii il et elle sent que puisque son mari sera heureux. Le grand intérêt de mes amis a pu seul y attacher quelque importance. de s'affliger. Efle est si douce. parce que c'est le lieu où son bonheur a commencé et où elle a été heureuse pendant six ans. La contradiction d'être obligé de quitter son appartement l'afflige. et j'en reçu une depuis. A TURGOT. . la force de sa femme. je Je Il suis arrivé ici samedi dernier. [i] Village de Picardie où était né Condorcet. si sensible et le si habituée à un sentiment unique et pur. et qu'elle conservera ses amis. vendredi ii octobre 1771.

pas entraîné par son goût. c'est que la pension sera de deux mille cinq cents francs au plus. vous. Suard vécut entre la crainte de laisser sa femme sans ressource et un travail forcé. et se trouve ne un endioit que je n'entende pas. qu'elle ne sera pas réversible sur la tête de maCette dernière clause est plus fâcheuse cjue la première. . et l'idée d'être cause que son mari souffre. nous n'entendons rien aux in- trigues. et la nécessité de faire quelque chose lorsqu'il n'est lui. (i) Turgot était intendant du Limousin.KNTRK TURGOT ET CONDORCET. je ne serais embarrassé de Tâchez de vous rendre et inutile en Limousin (î). Condorcet fait allusion au mot de Fontenelle au cardinal Dubois. je le passe. S'il que madame Suard travaillât pour son mari. 11 est paresseux. La pauvreté est il des gens aussi vertueux. mais peu de chose pour serait affreux que M. L'affaire de M. ancien gouverneur du Régent « Monseigneur. rien. en sera fallait un bien plus grand pour elle. dame Suard. est exact. être fort exact. Suard est une énigme pour moi et comme pour vailleurs. Le mot propre me paraît soudifficile vent aussi : à trouver cju'une équation à réet je me s'il contente d'un équivalent. ni aux manœuvres des commis des écri- Tout ce que j'entrevois. est un malheur pour Sa femme le sait. et je ig5 que ma ne sait soudre ne traduis que parce que je sais traduction ne sera vue que d'une femme qui pas le latin. j'essaye au lieu s'il d'examiner fait seulement s'il pas la même impression . vous avez travaillé dix ans à vous ren: i3. venez-nous consoler de votre absence.

Je désire point. je n'ai point encore deviné votre se- mais j'ai In avec plaisir nne traduction harmo- nieuse bien sentie d'un des ouvrages les plus tou- chants de l'antiquité (1). change- ments doivent faire plus de mal que de bien. et que j'emploie pour me distraire toute sorte de moyens. Les lourdauds de Hollandais imprimèrent ous « dre inutde. » à a rendre (i Cela leur paraissait bien plus juste. Monsieur. J'espère toujours qu'elle n'aura point donné taire. )La traduction des églogues de Virgile en vers métriques. ii Ribemont. et même les sottises si elles sont courtes. Tragédie par par Turgot. vous connaissez ma tendre amitié. On m'a parlé d'un nouveau roman de madame Riccoboni. ni mandé de l'élection de l'Académie. que je suis votre conseil à la lettre. Personne ne m'a rien dit ni de Pierre le Cruel {^-i). Yous voyez.IC)G CORRi:SPOiVDANCE 20. J'ai de- roman. ce mercredi décembre 177Ï. et fait Du Belloy pour confrère à Vol- aux vers de BayardXe même honneur qu'à ceux à'Jlzire. . Monsieur. ni du Bourru Bieufaisunl (3). Adieu. utile. et le des sottises de l'abbé Voisenon. A TURGOT. Vous êtes bien qu'il bon de me n'y en ait les promettre des nouvelles. (3) Comédie de Monvel. cret. ['i) Du Belloy. Avec l'esprit qui nous conduit. Monsieur.

Le mystère de l'éleclion est impénétrable. il a répondu au recteur de l'Université qu'il serait toula suite .. mais nous avons ici beaucoup de sottises et point de nouvelles. dont le le roi avait refusé de sancla tionner l'élection. Le maréchal de Ri- chelieu a été à l'Académie samedi dernier pour dire qu'il n'avait eu aucune part aux exclusions (2). On donne demain la Crue/le tragédie de Du Belloy (3). Chabanon s'est retiré. et second trop jeune. Monsieur. je ne tenterai point de le pénétier. Paris. mardi 19 mai 1772. moins de nouvelles. et le laurier académique. Mon ( I ) affaire du secrétariat (4) va assez bien. (4) De l'Académie des sciences. et qu'on lui avait dit qu'il n'avait que vingt-huit ans. flétri. de La Harpe lui disait un jour : Vous avez corrompu tous les dons précieux Que pour un autre usage ont mis en vous les dieux. (3) Pierre le Cruel. I97 21. comme celui de Mahon^ par les intrigues du maiéchal. (2) De Suard le et de DelilIc. jours disposé à servir l'abbé Delille dans qu'il s'était trompé sur son âge. de Dans r Écossaise. parce que premier était en disgrike de cour. . Mademoiselle Dubois joue le premier rôle avec les lalents que vous connaissez. ne peut se placer que sur une tête indifférente pour moi. M. . ENTRF. A TURGOT. TUllGOT ET CONDORCET. M. moins de sottises dit Friport (i).

je crois . Bauzée vingt-quatre. Le prendre sur maréchal de Richelieu leur a envoyé ordre de le resur cet ordie. . prise avec intérêt. et lui a dit qu'il aimerait mieux porter à cet sa tête un échafaud que de permettre . Pierrc- Cruel été sifflé mercredi pendant trois heures. Adieu Monsieur. M.]C)8 CORRESPONDANCE l'a Trudaine en dois dres. choses de 22. dont l'es- prit conciliateur est bien faire. Enfin. Nous sommes tous comme vous nous ave/ vous aimant beaucoup et n'aimant guère les la vie. Delille et Suard (i). et il a été décidé faire friser que connu. A TURGOT. Dimanche. de Duias. s'est mêlé de l'afles comédiens seraient ils libres le de se ?i par qui voudraient. de Bréquigni et M. Brizard a été député au ma: réchal. Celte proposition a été unanimement adoptée. homme de toucher ses cheveux. . Les comédiens français viennent de renvoyer leur perruquier en faisant une pension à sa femme. mais avec des (i'* précédente. l'Académie française a élu hier M. le les comédiens voulaient Voyez la lettre redonner. que je vous la plus grande partie. 24 niai 1772. : ils ont vingt a et une voix sur Le directeur proposé d'arrêter que chaque académicien emploierait son crédit particulier pour obtenir du roi la levée de l'exclusion. et la permission de concourir pour MM. Monsieur. ma- demoiselle de l'Espinasse vous dit mille choses ten- laissés.

et voir ne font point autre maraud. moins avancés qu'en 1772. Le l'a roi. et du haut de la chaire. Monsieur. dit-on . pour examiner s'ils des communautés religieuses. rayer de l'avis de son conseil. 1 99 comme sint la . écrit noblement et purement. sint ut sunt aiit non et les coméla diens ont pris le même parti que cour de France. imprimée dans mémoires de l'Académie des inscriptions. Le 7 juin 1772. de Bréquigni a orateurs grecs. le général des jésuites. dont les papes ont fait un saint sous le nom de Grégoire (i). soumis les rois aux papes. d'Hildebrand ou de quelque 23 A TURGOT. une vie de les fait une histoire des Mahomet. l'auteur a répondu . (i) la France n'a jamais voulu reconnaître "VII a la canonisation le fondée sur ce que Grégoire spirituel. comme l'on voit. un les beau discours sur communes et à la tête des or- donnances qu'il est chargé de recueillir. M. Aussi avons-nous fait deux révolutions! . On a . Nous sommes. L'Académie choisi parce qu'il était plus éligible que la pluGrégoire VII. cliangemeiits. fait qui a vu ce nom dans le bref de sa chapelle. nommé une les brefs commission la fête à ce sujet. qui a cinquante- cinq ans. dans leurs journaux L'autorité laisse faire. dont . Nos prêtres ont essayé de chapelle de Versailles l'office faire observer dans d'Hildebrand.ENTRE TURGOT ET CONDORCET. tempoid au Aujourd'hui les jésuites ont introduit partout le culte de saint Grégoire FIL Ils le proclament dans leurs livres. doux modeste. C'est un homme l'a honnête.

mais n'avait pas mérité cet accident. . Nous espérons que ramènera la la conduite douce de l'Académie cour sur (i). peut se corriger. la sagesse des lois généle Nous avons à vous envoyer : poëme de et Beren- nard intitu'é Pauline je l'ai trouvé froid nuyeux (4). (4) comme le savent trop ceux qui ont lu P/irosine et Mélidorc qui s'appelait d'abord Pauline et Théodore. et la sensibilité demeure même l'ont. Connu par Aussi est-il. de Mora été saigné (3) a eu fois un crachement de sang. et cela est bien ef- pour ses amis. des toux convulsives. la passion qu'il avait inspirée à mademoiselle del'Espinasse. de tous les maux qui tourmentent mes amis? J'avoue. Savez-vous quelle est la cause finale des crachements de sang. que cela suffit pour que je ne me rende jamais à aucun frayant raisonnement. à la honte de ma philosophie. mais elle a dix-sept ans. et nous sommes doux comme des moutons. mais sans pourtant nous laisser man<^er la laine le dos. Je joins à cetle lettre deux petits mor- ceaux de Voltaire. (2) (3) MademoisL-lIe Sainval cadette. . il lorsqu'elle ne seit qu'au tourment de ceux qui M. L'actrice nouvelle (2) est d'une sensibilité char- mante elle et remplie de défauts . (i) Qui excluait Delille el Suanl. en faveur de rales. et qu'il n'y avait pas de meilleur choix à faire sans s'exposeï' à une exclusion.200 CORflESPONDANCE part des concurrents. de la goutte. est a il trois et hors d'affaire.

20 î A TURGOT. 24. Voltaire a envoyé au vieux maréchal une (i). le sais mais en vous voyant Je donnerais. je connais les alarmes. répand des charmes. Monsieur. Monsieur. êtes bien Vous passion du bien public et de pouvoir la satisfaire. aussi las de la vie active les que j'y menais que fâché de ne plus voir heureux d'avoir la gens que j'aime. belle Sylvie. les troubles de l'Académie Je ne et je crains de la voir. c'est une grande consolation et d'un ordre supérieur à celle de l'étude. dimanche 14 juin 1772. Pour bien finir mon emploi de correspondant. les amour tendre amitié je connais douceurs : L'un n'a que des Et sur tous Je plaisirs fugitifs et trompeurs. comme (1) Les Cabales (œuvres de Voltaire. voici un madrigal de De De l'inquiet la l'abbé Arnaud. mon encre est blanche XIV). ce J'ai enfin quitté Paris. . après avoir enlevé une est la fille à 70 ans. vieil Alcibiade. Riljeraont. On dit cependant qu'à la fin de pièce il y a un petit morceau de prose ironique en l'honneur de son Adieu. Le bonheur de toute la vie Pour le bonheur d'un seul instant. les instants l'autre .ENTBF TURGOT ET CONDORCET. t. Que notre vieux maitre ne ressemble point au premier général des capucins qui. mort socinien. pièce l'ai de vers sur point vue.

tôt ou tard. qu'il faudra ter en pliant la tète sous la nécessité. détruire tous artificiels les maux de l'espèce humaine et la faire jouir de tous les biens que la nature lui offre. j'ai Écrivez-moi un peu à Ribemont.Q. tandis qu'on est l'instrument de très-grands maux. où l'on se tourmente. 25. M'"'' à s'abonner à ceux-là. la goutte ne m'a point empêché du Cliateict. par son jeune amant tout cela de la bibliothèque de Cirey.1-1 CORRESPONDANCE et mes plumes sont comme des bâtons. J'ai reçu. par Emilie. par elle. et la lumière qu'un tres homme de let- peut répandre doit. besoin que mes amis me consolent du voir. et souvent sans réussir. tisfaction résultante je crois la sacelle de l'étude supérieure à de toute autre satisfaction. Sainl-Laniberl. mille fois plus utile aux hommes que dans toutes nos places subalternes. le 21 juin 1772. Tous ces petits biens sont passagers. Sa\ez-vous que j'ai pour me divertir un commentaire du lait. Quoi que vous en disiez. Monsieur. Mais genre humain gagnerait beaucoup Je vous avoue ([ue (i) Voltaire. . AUsel. de dix volumes sur tiré la Bible par le vieux de (i) : la Monta- gne. regret de ne les plus A CONDORCET. pour faire quel- ques forcé petits biens . timbrée de Chauni. Je sais il bien qu'avec cela restera encore des maux physupporle siques et des chagrins moraux. Je suis très-convaincu qu'on peut être. votre lettre du \[\.

Cela vaut mieux que de faire des vers au vieil Alcibiade (3). de continuer à croire aux causes bien qu'aucun individu. Je savais même aucune espèce du système des causes finales et que l'ensemble de ce système n'est ni ne peut être connu de nous. Je me flatte que ceux qui pourront un jour la naître Limousins ne seront pas privés de hottes. avoir la goutte. pour l'espèce. si . de Morangiés (2). J'avoue que je ne pardonne pas non plus aux académiciens d'avoir été dîner chez ce fat suranné devenu délateur de ses confrères. et qui le seraient aussi pour l'individu. J'ai reçu de Genève un morceau sur les probabilités qui est une espèce de plaidoyer pour M.ENTRE TURGOT ET CONDORCET. tousser. l'individu pensant et sentant. tout cela n'est que l'exécution en détail de l'arrêt de mort prononcé contre tout ce qui naît. toujours en mettant à part les maux que les hommes se font à euxmêmes. . à ce que je crois. maux passagers. et si nous ne mourons que pour renaître il sera vrai encore que la somme des biens sera supérieure à celle des maux. la pensée est agréa- un peu duriuscules. Voyez Essai sur les probabilités la lettre ^ précédente. dont ble. Cracher du sang. avait plusieurs carrières successives à parcourir. Je vous remercie du madrigal de l'abbé Arnaud. grâce au soin commodité des que vous voulez bien prendre de nous envoyer un vannier. pleurer ses amis. ni n'était le centre 2o3 finales (i). enfuit de justice dans le tome XLVII (3) des œuvres de Voltaire. adressées au maréchal de Richelieu. Je persiste à croire que mais les vers (i) (2) Combattues par Condorcet. Les Cabales. .

. fera qu'enhardir et fortifier le parti Adieu J'ai . A CONDORCET. J'ai il le 14 juillet 1772. la Bible. Monsieur. est un acte de timidité qui ne des faux frères. vu un commentaire sur n'avait par Emilie. Ce serait une chose intéressante qu'un pareil commentaire. (1) Sainl-Lambcit. il est toujours fâcheux de ne pas répondre comme on le voudrait. il mais mais je le voudrais fait sans passion . comme monument historique précieux à beaucoup d'égards. (2) Voltaire. 26. L'envie et d'y trouver des absurdités des ridicules.204 le clioix CORRESPONDANCE de M. faute. . qui quelquefois n'y sont pas. que deux volumes in-4°. car ai écrit. mais aux témoignages cju'on en reçoit. de Bréqiiigni en pareille circonstance. conservez-moi votre amitié. y a bien longtemps que je ne vous et quoique d'un côté ce ne soit pas tout à fait ma et que de l'autre je vous connaisse indulgent. Monsieur. H a pu faire la pelote de neige entre les mains de son jeune amant (i) et du vieux de la Montagne (2). A Limoges. dimi- nue ])as l'effet des absurdités qui y sont réellement. bien des reproches à me faire. et de façon à peut tirer tirer aussi du texte tout ce qu'on en d'utile. non pas à l'amitié. et en assez grand nombre pour qu'on n'en cherche plus qu'il n'y en a.

ENTRE TURGOT ET CONDORCET. arrive pendant le petit séjour il que je vais faire à Verteuil. et qui rendaient. qui tapissait le fond du ciel. mais je les ai peu observées. et donne pour mieux qu'on apercevait à travers ciel était le les nuages légers dont le parsemé. Voyez le tome XIV de ses œu- vres. Bertin. à Limoges. quelques bagatelles près. et point. d'autant plus remarquable qu'elle ressemblait trèspeu aux aurores boréales ordinaires. vieillit On a beau dire. avait (2) demandé à Condorcet de lui envoyer un vannier picard. Deux pièces de Voltaiie. qui sans parti. . J'attends votre vannier (i. raves de l'envoyer et j'ai M. s'adressera à l'ingénieur de la province. Ce n'était qu'une clarté blanchâtre. Avez-vous eu des orages comme nous et des grêles épouvantables? Nous avons aussi eu des aurores boréales très-fréquentes. J'en ai pourtant remarqué une le 28 juin sur les dix heures du soii-.. Mais (1) nuages semblaient être le Turgot. pour répandre dans Limousin l'art la sparte- rie. de à lui pour votre graine de une double enveloppe à prié mademoiselle de l'Espinasse sous la en demander permission. Tresaguet. le le homme ne baptistaire. démenti à son extrait donner à son baptême. car je n'imagine pas 'AOJ cloute est son départ. temps pommelé. et que vous ayez suspendu que vous ayez douté de l'acceptation ferai de vos conditions. les comme on de dit. et J'ai été fort content des Cabales des Systèmes cet (2). parce que pendant mes courses je me couchais de très-bonne heure. J'ai pris le parti M. Je soit S'il mon possible pour qu'il content et pour tirer parti du talent de sa femme.

J'ai s'ils souvent vu des nuages bordés de blanc. Je ne serais . . Plus je vois ce phénomène et formes qu'il prend. quoiqu'elle ne fût pas sur l'horizon. tantôt rapide et se comloin comme dans la flamme et dans . et en pointe. 2° parce qu'elle beaucoup plus 3° parce que sa largeur ne se terminait pas uniforme. le i8 février 1764. mais très-sensible. Une fois. était et n'était point lumière zodiacale. la comme avaient été éclairés par lune. J'ai vu aussi des nuages blan- châtres isolés dans des parties du ciel fort éloignées j'ai du nord. i» parce qu'elle était détachée de l'horizon étendue qu'elle . vu une espèce de bande lumineuse qui s'étendait l'autre presque d'un bout à à la de l'horizon . et c'était fond. c'était. c'est qu'elle était principalement ré- pandue vers sereine du ciel sud.2o6 le CORRESPONDANCi. parce qu'ils étaient obscurs. 4° parce qu'elle était avait un mouvement parallèle à elle-même assez lent. je crois. Elle suivait peu près la direction du zodiaque. le fond blanchâtre entrecoupé qui formait l'apparence d'un ciel pommelé. Une autre le particularité de cette aurore boréale. les compose s'enflamme par une combustion réelle tantôt lente et paisible comme celle muniquant au du charbon. et que la matière qui . plus je me con- vaincs que ce sont de véritables nuages qui n'appar- tiennent qu'aux parties les plus élevées de l'atmos- phère. Je ne les différentes me souviens plus si c'était au midi ou au nord. des tiaînées de matières combustibles. et qui était d'une largeur à peu près égale partout. quoiqu'il y eût dans la partie quelques colonnes lumineuses qui rasaient la grande Ourse.

faire. fluide expansible l'air. certainement. et les systèmes. 2O7 pas surpris que ces inflammations eussent quelque rapport avec le fluide électrique. Je viens enfin d'achever \ Histoire des Deux- Indes gie (i). Peut-être est-il aussi l'intermède par lequel la chaleur écarte les parties mêmes de l'air. En admirant la facilité et la brillante éner- du De style de l'auteur. de l'équateur au pôle. mais les faits relatifs à ce magnétisme sont encore trop peu connus et trop peu analysés. et qui doit s'étendre beaucoup plus liaut que qui. Mademoiselle de l'Espinasse m'apprend que vous travaillez sur quelque objet de littérature. est chargé de beaucoup de phlogistique . et qu'il leur je n'en sais Malheureusement pas mon imagination s'égare sans frein. et des autres corps devenus expansibles par fectation des la vaporisation. je vous avoue que je suis (i) l'abbé Ravnal. Il y a bien longtemps qu'il m'a passé par la tête d'expliquer par là le mouvement du fluide magnétique. et parait une suite nécessaire de son expansicombinée avec la force centrifuge et la pesanteur. qui peut-être est l'intermède par lequel le soleil le phlogistique que avec les corps solides et nous envoie fluides où nous se le combine trouvons. L'afla partie aurores boréales à occuper septentrionale du ciel tiendrait à un je mouvement que la partie soupçonne depuis longtemps dans su- périeure de l'atmosphère.ENTRE TURGOT ET CONUORCET. Pardon de vous faire part de mes rêveries: j'oublie que les qui me bilité géomètres n'aiment pas faut des calculs. je ne crois pas qu'il y ait d'indiscrétion à vous demander sur quoi. .

lorsque celui-ci Adieu. immoraux.'ne //dans phrase suivante. (i) la que Locke. à cela il près que je crois qu'il le place un peu trop haut. j'y ajouterai sû- rement un mot sur l'obscurité nécessaire du compte que je rends de ses principaux ouvrages. Monsieur. La Harpe. met sur et le quieu. C'est lui que désii. tous les systèmes moraux.2o8 lin CORRESPONDANCE peu fatigué des excursions multipliées qu'il il et des pales radoxes incohérents parties rassemble de toutes de l'horizon. tout est également revêtu des couleurs de son éloquence. et de celles des choses qui vous intéressent. sans user de représailles avec moi. Si vous voula vous enverrai cette addition à part. vous à votre copie. Monsieur . Je profiterai avec grand plaisir de vos remarques sur l'éloge de Fontaine. rait auavis souvent besoin qu'on à donnât le même que vous avez donné définissait l'octaèdre. et dire que la même ligne Par marquis de Chastelhix. Ce i^'^ octobre 1772. . je j'en ferai sentir l'utilité éloignée. et soutenu avec aussi la même chaleur: ne résulte-t-il rien de son lui livre. que Montesdùt-on m'accuser de jalousie. donnez-moi quelquefois de vos nouvelles. roma- nesques. libertins. une figure à huit angles. A TURGOT. Je voudrais Il aussi qu'il s'abstînt de déraisonner physique. et en même temps lez. 27. enlasse ceux de tous les au- teurs les plus paradoxaux et les plus opposés. ferez coudre J'ai été fort content de l'éloge d'Helvélius le (i).

ENTRE TURGOT ET CONDORCET. qui est mortelle- ment ennuyeux? Adieu. rapport trouvez-vous entre lit le livre qui avec plaisir. et qu'ainsi je n'ai pu vous répondre sur-le-champ. Monsieur. et le poème (i). l'évêque de Rhodez ne se soit trompé. Au reste. je ne pourrai me résoudre à regarder Helvétius se comme un grand génie. je 2O9 cherche à déraciner avec un canif un chêne planté dans un terrain ferme. vous parlais avec à Limoges. parce que votre lettre m'a trouvé au retour d'un voyage de huit jours. il cherchait l'année dernière un (1) Sur i. Je ferai votre commission pour M. Je savais que nous avions dans notre grenier quelques mauvais instruments. Montagne. et je crois que les chemins. Voici le lemps où je dois m'inquiéfer de votre retour à Paris. ai écrit la Il y a longtemps que je je vous Monsieur. Ce 5 novembre 1772. ik . des précautions sublimes qu'on se prépare à prendre pour nous faire mourir de faim. mais je ne savais pas que nous en prétassions. le bonheur. A TURGOT. Mais quel de l'Esprit . je vous écris à Limoges. cet évéque n'est pas bon catholique. douceur d'un agneau qu'on va tondre. et j'ai peur que M. ainsi aient tenté les je ne puis croire que mes bêlements la ma lettre s'est commis de perdue par poste. Dites-moi quand j'aurai le plaisir de vous y revoir. 28.

d'Argen- a ordre de ne plus paraître à la cour comme Parme. Poui- écrirai plus que de 29. Maupeou. et par conséquent gentilhomme limousin ceaugnac. L'ancien parlement qui avait (3) condamné La Barre. comme droit. des anciens vicomtes de Limoges. mais on lui a écrit pour lui témoigner qu'on n'a aucun mécontentement particulier. Ce 29 novembre 1772. L'Espagne et la France ont d'ailleurs supprimé ministre de (1) (2) Tragédie de Voltaire. Elle ne fut jamais représentée. je ne vous Paris. Il est vrai que Minos chasse des hypocrites des fanati- ques qui faisaient des sacrifices de sang humain.. on va bientôt jouer les Lois de Minos c'est. mais qui ri a pas étudié en Adieu. on vient de décider que dans le collège de Laon on n'enseignerait plus la physique. à cause que fera cette science était dangereuse pour la foi : on y deux ans de logique . . le chancelier et {'i). de M. Monsieui. C'est cette belle décision a été faite logique prépare à goûannée 1772 que cette par le cardinal de Rochela chouart. chose d'approchant à se reprocher tal M. dit-on. parce que ter fa théologie. et que les gens chassés par M. deMaupeou ont bien quelque (3). A ÏURGOT. l'apologie ( 1 ). Monsieur.2 10 CORRESPONDANCK professeur de physique pour son collège! Noire évé- que de Laon a des idées bien plus chrétiennes.

INTRr TURGOT ET CONDORCET.
les

I

I

pensions

et

rappelé leurs ministres.
le

Vous aurez
:

XÉpître d' Horace (i) par

courrier de dimanche.

On

a

c'est

son Orpheline réduite
30.

donné aujourd'hui l'Anglomanie de M. Saurin à un acte.
A TURGOT.
Ce lundi, décembre 1772,

Vous avez donc

la

goutte, Monsieur, et nous n'o-

sons plus rien espérer pour ^otre retour. Pourquoi

donc avoir tant retardé? Si vous étiez resté pour toute autre chose que pour faire des chemins sans corvées, nous aurions bien de la peine à vous pardonner. Mais ce que nous ne pardonnons point à la
Providence,
c'est
la

le

décret

en

vertu duquel elle

vous donne
l'Académie

goutte.

Mes Éloges vont s'imprimer. J'aurai contre moi à le Paulmy, ce qui me fait croire que je
suis point sans

ne

quelque mérite.

Nous avons ici les Trois siècles de la littérature. C'est une rapsodie infâme faite par un abbé Sabatier,
protégé par Bergier (2) et

ment et

Palissot.
:

Helvétius

il

pai' Cogé (3) aidé par CléCe nouvel athlète a été nourri par dit que son protecteur était le plus
,

(i)

Par La Harpe. C'est une réponse à

l'épître

de Voltaire à

Horace.
{2)

L'abbé Bergier, auteur de plusieurs ouvrages de théologie,

plus estimés du clergé que des
(3)

hommes

tolérants.

L'abbé Cogé, que Voltaire appelait Cogé pe eus , était régent au collège Mazarin; il rédigea avec Riballier, principal dis même collège, la censure du Bélisaire de Marmontel.
14.

2J2

CORRr.SPONDANCE

honnête
sot,

homme du monde,
et

un lâche

mais au demeurant un un hypocrite; que M. D'Alembert
laquais.

n'a point de génie en géométrie, attendu qu'il a dit
à

D'ailleurs

M, Sabalier qu'il écrivait du style d'un Cogé a proposé pour sujet de
proposition suivante
:

prix à

l'Université, la

Non magis

Deo quam
philosophia

regibus infensa ista
[\).

quœ

hodie vocatur

Ce qui prouve surtout que Cogé
dit

n'entend pas

le latin.

l'écolier

que Voltaire a voulu faire et que ses efforts ont produit un évanouissement (-2)? Sophocle faisait des tragédies à quatre-vingts ans mais avait-il des bonnes
Savez-vous qu'on
avec une Genevoise,
,

fortunes? Je vous en souhaite
taire
et
;

le désir à l'âge de VolTOUS serez trop sage pour abuser de vos forces, vous ne jouiriez que du plaisir de pouvoir.

Adieu.

En

vérité

on ne peut rien dire de madelui fait

moiselle de l'Espinasse. J'espère beaucoup de l'oxy-

mel

scillitique

qu'on
31.

prendre.

A TURGOT,
Décembre i772.

Voilà, Monsieur, les
(i)

nombres que vous m'avez
Cogé a
pris magis

Voltaire remarque avec raison que
Il

pour
Il

minus.
est

voulait dire

:

non minus Deo infensa est quam regibus.
sujet

bon de noter que ce même
aventure
est

a été donné

à traiter sous la

Restauration.
(2) Cette

racontée par Voltaire dans une lettre du

21 décembre 1772 au maréchal de Richelieu.
tre

Voyez

aussi sa let-

du

/(

janvier à Condorcet

,

page

11.

ENTRE TURGOT ET CONDORCET.

21 3

demandés,
ce genre,

tels

que

j'ai

pu

les

tirer

des bureaux de

M. de Lalande.
j'ai

Comme

je suis très-peu exercé

en

cru faire pour le mieux. Quant à ce

que vous me demandez sur les tables de logarithmes, nous en causerons. Nous avons ici une actrice nouvelle qui tourne les
têtes (i); elle
c'est

joue

les rôles
,

une
;

si

belle tête

de mademoiselle Claiion une si belle taille de si grands
,

;

bras

enfin c'est une merveille. Je ne
elle n'a

l'ai

point en-

core vue;

encore joué que du Pompignan;

j'attends qu'on vienne à

du
ai

Voltaire.

Je ne sais

si

je

vous

parlé de ces cuistres de

l'Université, avec

leurs discours contre la philoso,

phie
roi
et

(2).

Ce qui en console
is

c'est

une belle

lettre

du
lui

dePrusse à Voltaire, pleine de galanterie pour
de mépi

pour les anliphilosophes. Le roi avait envoyé à Voltaire une jatte de porcelaine où il y avait des lyres, des Amphions portés sur des dauphins, des couronnes de laurier. Voltaire a répondu que les gens de Sa Majesté mettaient ses armes partout. Le roi a répliqué (3) que tout cela était allégorique; que la mer où nageait Amphion était l'image du
temps; que
les

qui soutenaient

dauphins étaient l'image des princes les grands pendant les tempêtes, et

que

c'était tant pis

pour

les

dauphins quand

ils

n'ai-

maient pas

les

grands hommes.

Adieu, adieu; mais revenez donc.
(1)

Mademoiselle Sainval cadette.
de Cogé, pédant du collège Mazarin. Voyez

(2) C'est l'affaire
la lettre

précédente.

(3) Cette lettre

de Frédéric

est datée
6/,

du
49,

,',

porte, dans l'édition Beuchot, le if

t.

décembre 1772 LXVIII.

;

elle

1

I

4

r.ORRESPO>' D ANCF.
32.

A TURGOT.
(

1

772

ou

1

773

.

)

n

faut

que

je

vous interrompe encore, Monsieur,

pour vous parler de mon affaire (i), dont je suis sûrement plus ennuyé que vous. M. de Trudaine me paraît désirer que l'Académie obtienne une augmentation

de fonds;
ses

il

me

paraît y

attacher

même
un

beaucoup
obstacle à

d'intérêt. Je serais très-fâché d'être

vues, et je vous prie de vouloir,
,

en

traitant avec lui
je

oublier que je suis au monde.
sur ce sujet,
se
c'est

Tout ce que
lorsque M.

puis dire
(2)

que

ou j'aurai des appointements assurés égaux à ceux de Fontenelle, ou que je n'en accepterai point. Je ne veux pas recevoir d'augmentation de pension, à la volonté du premier connnis, comme cela se praretirera,

de Fouchy

tique.
J'ai pris la liberté

de dire à M. de Trudaine que

l'idée

de donner 1 2,000 livres pour des expériences

me

paraissait fort

peu avantageuse aux sciences.
le

Si

on en

excepte

la

géométrie, que

nom

de M. D'Âlembert
lit

défend dans l'Académie, on n'y
approfondi sur aucune science.
approfondir l'objet
(|u'il

aucun mémoire

traite,

quelqu'un veut on ne l'écoute point;
Si

toutes les assemblées et tous les volumes sont rem(1)

Sa nomination à

la

place de secrétaire i)erpétiiel de l'Aca-

démie des sciences.
(2)

Grandjran de Fonchy, secrétaire perpétuel de l'Acadeniio
lui

des sciences. Condorcet

succéda en 1773,

et a fait

son eloge.

Voyez

t.

III, p. 3 10.

ENTRE TURGOT ET CONDORCET.
plis

2ID

par de
et
il

moque;
sicaille,
utiles.

si

physicaille, dont toute l'Europe se on ajoute un intérêt de faire cette phyn'y aura plus de place pour les choses
la

y

Ni Newton
fait

,

ni

Franklin, ni Galilée, ni Stahl,

Il faut donner un savant de quoi vivre, de quoi suivre son génie, et le laisser faire ce qu'il veut. Jamais un homme de génie n'ira soumettre à une académie un plan d'expé-

ne se sont

payer leurs expériences,»

à

rience. Cela n'est

bon que pour les gens
et

à vues, tou-

jours gros de découvertes

qui n'accouchentjamais.
sont ruinés en expérien-

Ces gens-là disent
ces;
il

qu'ils se

faut les laisserdire et leur

demander

ce qu'ils

ont trouvé. / Adieu, Monsieur; je vous demande cette marque d'amitié, de ne songer qu'au bien des sciences en
traitant cette affaire avec

M. de Trudaine,
à être

sens,

pour ce temps-là seulement,

et je conabsolument

oublié de vous.
33.

A TURGOÏ.
Ce 14 novembre 1773.

Mademoiselle de l'Espinasse vous a parlé de mes
succès. Monsieur, et de ceux de
quier; ainsi
téressant
,

madame de

Forcal-

ne me reste plus rien à vous dire d'inà moins de vous parler de la querelle de
il

M. Cassini et de M. de Lalande,au sujet de l'anneau de Saturne. Lalande a fait imprimer une lettre où il tourne Cassini en ridicule, d'une manière très-outrageante
(i)
"

(1).

Cassini veut faire pendre Lalande, c'est-

Lettre sur l'anneau de Saturne, écrite par M. Lalande à

2l6

CORRESPONDANCE
de l'Académie, ce qui
est une que nous que Lalande

à-dire le faire exclure

peine capitale pour un académicien.
allons juger cette affaire.

On
est

dit

Le plaisant

n'a point publié sa lettre, que Cassini est presque le
seul qui en ait eu

un exemplaire,

et qu'il

va partout

apprenant

à tout le

monde

Le prince de Conti a, si l'Académie ne chassait pas Lalande, il l'en débarrasserait en l'assommant. Vous voyez que l'anneau de Saturne produit des querelles encore plus vives

mal qu'on a dit de lui. dit-on, promis à Cassini que,
le

que l'exportation. Adieu Monsieur l'ambassadeur de INaples ( i ) doit me mener à la Roche-Guyon (2). Je n'ai que le temps de vous dire que personne ne vous aime plus que
, ;

moi..

Les nouvelles
raissent. L'opéra
try, est

lettres

de

madame de
(3),

Sévigné paGré-,

de Marmontel

musique de

tombé

à la répétition.

34.

A TURGOT.
Ce 20 novembre 177^.

L'anneau de Saturne ne causera plus de guerre,
Monsieur. Lalande a demandé pardon
M. Cassini, au
d'août 1773.
(i) (2) (3)
[li]

(4)

,

et Cas-

sujet

de son avis imprimé dans
Toulouse.

le

journal politique

»

In-8**.

Caraccioli.

Terre de

madame

la

duchesse d'Enville.
p. 218.

Cépliale et Procris.

Voyez

Lalande supprima sa

lettre

à Cassini

pleine de personna,

lités.

Voyez

la

note p. 21

5.

ENTRE TURGOT ET CONDORCET.
sini
qu'il

217

a

pardonné. Ce Lalande est insupportable;
ce qu'il voudra

di^se

de Cassini, mais

qu'il

laisse Voltaire

en repos
secret

:

lui et

La Condaraine

lui

ont

écrit

des injures au sujet des comètes,
le

et ils

ont trouvé
disent.

de ne savoir trop ce
lui

qu'ils

L'abbé Morellet vous prie de

rapporter

le livre

de l'abbé Galianisur
Je

les

monnaies.

compte

aller passer

un jour
;

à la

Rocbe-Guyon
l'ai

avec l'ambassadeur de Naples
être déjà

je

vous

peut-

mandé.

Adieu, Monsieur.
été

— A propos, M.
;

Necker a enfin

prendre
:

sa

médaille à l'Académie. Tout est bien

ensemble

style,

opinions et conduite, tout est éga-

lement gaucbe
tendez-vous?

et entortillé

mais

je

ne dis mot

;

en-

35,

A CONDORCET.
A
Limoges,
le

23 novembre 1773.

Le temps a tout
semaines
,

l'air.

Monsieur, depuis quelques

de s'arranger pour mettre
l'impossibilité

MM.

les astro-

de vider leurs querelles sur l'anneau de Saturne. Nous n'avons pas vu ici une étoile qui ait montré le bout de son nez(i). Ce M. de
Lalande
mettre dans Fréron
faire

nomes dans

un peu bargneux car il vient de (2) une lettre qu'il a faite ou fait contre Voltaire, dont il a cru que les plaisanparait
;

me

(1)
(2)

Le

Sicilien,

de Molière,
littéraire
^

se.

T^.

Dans VJnnée

de Fréron.

'2\S

COHRRSPOJNUANCE
contre
lui,

telles étaient dirigées

auquel je crois que

Voltaire n'avait guère pensé. Cela n'est ni adroit ni

prudent. M. Cassini devrait laisser faire Voltaire, qui
le

vengera mieux que l'Académie.
,

A propos

d'astro-

nome M. Montagne
marets de vous
le

est à Paris.

11

doit prier M. Des-

présenter, et je vous prie de le re-

cevoir avec bonté.
Je ne dis pas que je vous souhaite beaucoup de
plaisir

dans

le

voyage que vous devez
;

faire à la

Roche avec M. de Caraccioli mais je vous envie le plaisir que vous aurez l'un et l'autre. Je ne suis point surpris que l'opéra de Marmontel et de Grétry (i) soit tombé à la répétition; c'est peutêtre

de peur qu'il ne réussît trop à la représentation. Adieu Monsieur; vous savez combien vous devez compter sur mon amitié. Ne m'oubliez pas auprès
,

de mademoiselle
amis.
Il

de l'Espinasse

et

de nos autres

vient précisément de s'élever un vent froid qui

vient d'éclaircir l'horizon.

Nos astronomes pourront

s'amuser cette nuit, et je

me

hâte de

me

rétracter,
le

parce que j'aime l'exactitude, quoiqu'elle soit

su-

blime des
(i)

sots.

Céphalc et Procris, représenté d'abord à Versailles en 1778,
le

pour

mariage du comte d'Artois; ensuite à Paris,

le 2

mai

1775 seulement ,« avec un médiocre succès, tant à Versailles
qu'à Paris.
»

[Mémoires de Grétry,

I, 279.)

F.iNTRK

TURGOT ET CONDOHCET.
36.

U K)

A TURGOT.
Ce
4

décembre 1773.

Monsieur, vous jugez

le livre

de C Esprit (1) avec

une sévérité qui

me

fait

peur; je prétends contre vous

que

c'est

un bon

livre: 1° parce qu'il

nous donne
les replis

le portrait naïf

de l'âme d'Helvétius dessous

de son amour-propre, de l'occupation continuelle

il

était

de

se

comparer avec

les autres, et
il

de

tâ-

cher de se trouver supérieur: or
le portrait
le faire,

vaut mieux avoir

par l'homme même et sans qu'il ait voulu que d'après les observations d'un moraliste.
est celui

Ce portrait
dit

d'une foule

à' honnêtes genA\,

comme

madame de Beauveau, dont Helvétius a
beaucoup de gens que
,

dit

le secret.

3^11 y a

la

nature ou

l'éducation ont destinés à être fripons

et qui
et

ne depar
les

viendront honnêtes gens qu'à
principes d'Helvétius. 4°

la

manière

H ama beau dire, il ne m'empêchera pas d'aimer mes amis; il ne me condamnera pas à l'ennui mortel de pense»' sans cesse à mon mérite ou à ma gloiie. Il ne me fera pas croire que, si
je résous des
les belles

problèmes,

c'est

dames me rechercheront

dans l'espérance que car je n'ai pas
;

vu jusqu'ici qu'elles raffolassent des géomètres. Ainsi, il ne me feia aucun mal, ni à moi ni aux autres

bonnes gens.
faute

5*^

11

contre l'intolérance de tous

prêche avec beaucoup de force les clergés. Sa plus grande

me

paraît d'avoir déclamé contre le despotisme
le

(1)
s'est

Cette leUre, où Turgot jugeait point retrouvée.

livre d'Helvétius, ne

29.0

CORRESPONDANCt
faire croire,

de manière à

non pas aux despotes qui ne
encore moins,
les

lisent guère, ni à leurs vizirs qui lisent

mais aux sous-vizirs ou à leurs espions, que tous

gens d'esprit sont leurs implacables ennemis, ce qui

peut exciter une persécution contre

les

gens d'esprit.

Nous vous attendons avec beaucoup d'impatience;
nous raisonnerons sur tout
rons plus d'exportation.
sous le poids de
la gloire
J'ai

cela,
l'air

et

nous ne

parle-

d'avoir été

abîmé

de M. Necker, lequel a été
,

loué dans tous les journaux

parce que

les

journaux
dit

louent toujours les livres des gens ricbes.
Voltaire a dit en voyant cet écrit
leiirs
:

On

que

J'ai

vu de

mc.il-

papiers de

lui.

Adieu, Monsieur,

etc., etc.

3T.

A TURGOT.
Ce lundi, i3 décembre 1773.

Je viens de recevoir, Monsieur, votre profession

de

foi (1), et voici la

mienne. Lorsque

je suis sorti
les idées

du

collège, je
rales

me

suis

mis à réfléchir sur de
la vertu. J'ai

mo-

de

la justice et

cru observer

que

l'intérêt
était

que nous avions
la

à être justes et verfait

tueux

fondé sur

peine que

nécessaire-

ment éprouver à un être sensible l'idée du mal que souffre un autre être sensible. Depuis ce temps, de peur que d'autres intérêts me rendissent méchant, j'ai cherché à conserver ce
(i)

On

n'a pas retrouvé cette lettre

où Turgot

faisait sa

pro-

fession dé foi sur Helvétius et le livre de l'Esprit. C'était la se-

conde sur ce

sujet.

Voy.

la

note,

p.

219.

, ^

ENTRE TUUGOT ET CONDORCET.
sentiment dans toute son énergie naturelle.

'22

1

J'ai re-

noncé
ne
à

à la chasse, (Dour qui j'avais eu
suis pas

du goût,

et je

me

même

permis de tuer

les insectes,

suis

moins qu'ils ne fassent beaucoup de mal. Je ne donc pas de l'avis d'Helvétius, puisque j'admets dans l'homme un sentiment dont il ne me paraît pas qu'il ait soupçonné la force et l'influence.
Je trouve avec vous

que ce

livre

peut

faire

beau-

coup de
les

tort à ce qu'on

appelle les philosophes

parce qu'on regardera toujours ses opinions

comme

principes secrets de tous les gens qui pensent
la religion et

avec liberté sur

sur

le

gouvernement.
écrit
si

Je n'aime pas aussi qu'un

homme qui

for«

tement contre
et

le

despotisme, prodigue l'encens à
fait

des despotes qui n'ont

que du mal

à l'humanité

dont tout

le

mérite est d'avoir loué l'auteur et

ses ouvrages.

Je pense avec Helvétius qu'on peut être très-juste,
très-bienfaisant et très-scrupuleux;

peut être un grand

homme

que surtout on de guerre, un grand

philosophe, un grand poète, et avoir des
vertus,

mœurs
l'a*

détesîables; et qu'en établissant de l'oidre entre les
il

faut mettre la justice, la bienfaisance,
la patrie, le

mour de

courage (non pas celui de
,

la la

guerre qu'ont tous les chiens de basse-cour)

haine des tyrans, bien loin au-dessus de

la chasteté,

de

la fidélité

conjugale, de

la sobriété.

Mais je crois
n'est

qu'il faut distinguer,

en

fait

de mœurs, ce qui
les

que

local

de ce qui

est

de tous
il

temps

et

de tous

les lieux.

Par exemple,
joiiir

peut être permis ou déqui y consent avec

fendu de

de toute

femme

•XI'X

CORRESPOJNDANCt
:

plus ou moins de restriction

cela n'est (jue local;

que les autres espèces de débauches et les orgies des mauvais lieux, et la violation de la promesse faite à une autre de lui être fitlèle, sont parmais
il

est sûr

tout, ou

un manque de probité, ou des actions dépresque aussi en colère que vous, loisque
les

goûtantes et qui avilissent l'humanité.
J'ai été
j'ai

lu

que que

enfants haïssent leur père, que

nous n'aimons que
qui fussent vraies.

les

gens que nous pouvons mépri-

ser^ et d'autres choses qu'il serait bien

malheureux

Mais

c'est

M. du

Muy

qui a succédé absolument à

Colbert dans

la facilité à

me

mettre en colère. Sa
qui font horreur.

conduite
crisie,

à

Lille est

un mélange de dureté, d'hypoet d'injustice

d'espionnage

Adieu, Monsieur.

38.

A TURGOT.
Lundi
,

20 décembre 1773.

Monsieur, mademoiselle de l'Espinasse avait été passablement depuis mon arrivée; il y a environ huit
jours qu'elle va en empirant. L'insomnie et l'acca-

blement augmentaient, et la toux est revenue hier. Peu de personnes ont été plus maltraitées, et l'ont moins mérité. Elle n'a pas même le tort de trop admirer le nouvel Helvétius, et vous avez bien moins
besoin d'indulgence que moi. Elle prétend que je
dois vous

mander ce qui

est arrivé
sais
:

au bon M. de

(ioëzman. Voici ce que j'en

ce grave magis-

ENTRE TURGOT ET CONUORCET.
trat s'est
,

Q.l'5

dit-on

,

avisé

de

faire

un enfant

à

une autre

madame de Goèzman, apparemment dans une de ces époques où madame n'a passa tête (i). Cet enqu'à
fant,
il

Ta

fait,

baptiser, et ensuite par décence

il

a signé sur l'acte

marchais a

venimé,
général
,

et,

que le sien. Beaudécouvert ce trait de pudeur; il l'a ensur la dénonciation de M. le procureur
reste,

un autre

nom

son digne confrère a été décrété d'ajourne-

ment personnel. Au
Marin, qui
plaît.

on

dit

a eu défense de faire paraître
a seul le privilège

que Beaumarchais un mémoire contre
il

de diffamer qui

lui

Que

l'ordre de la justice soit violé

pour un

grand,

c'est

soit violé

moi,

le

sans doute un horrible mal; mais qu'il pour un homme tel que Marin, c'est, selon comble de l'avilissement et du scandale.
les

Savez-Yous que

professeurs d'Auxerre ont été

condamnés aux
est

galères (2) par le bailliage? L'évêque

impliqué dans cette abomination. Leur crime est
enfin des nouvelles
:

d'avoir mal parlé de personnes très-respectables.

Nous avons
lon.
Il

du comte de
il

Gril-

est à Berlin

il

a vu Frédéric,
les

l'admire. Di-

derot baise à Saint-Pétersbourg
ratrice.

mains de l'impé.

Grâces au

ciel, ces

mains ne sont pas criminelles

!

(1]
« « «

«

M""®

Goëzman (dans son second recolement) prétend
disait, et n'avait pas sa tête à elle,

qu'elle

ne savait ce qu'elle

étant dans un temps critique.
dis-je, en baissant les

— Critique à part, madame,
elle, etc
»

lui

yeux pour
lettres

(Beaumarchais, suppl. au
(2)

Mém. à
1

consulter.)
i

Voyez plus

loin

deux

de janvier

774, n°^ 4

et 42t.

•i24

CORRESPO^DAIVCE
:

Et moi

Je hais tous ces héros, et

Nembrod

et

Cyrus
(Voltaire.)

Et

le roi si brillant

qui forma Lentuliis.

M. du

Muy

n'a jamais refusé le ministère (i).
militaire.

Il

est
il

maintenant en horreur au
peut être dévot de bonne

D'ailleurs

foi,

car

il

est persécuteur.
et votre orteil?

Adieu, Monsieur; revenez-vous?

Envoyez-moi ou apportez-moi encore un peu de graine de raves du Limousin.

39.

A TURGOT.
Ce lundi, 27 décembre 1773.

Monsieur, mademoiselle de l'Espinasse
fatiguée de sa toux

est plus

que jamais;

elle

ne nous a point

vus depuis deux jours.

On

dit

que M. de Monteynard
lui

(2) repart, et
la

que

M. d'Aiguillon
département.

succède, et réunit

marine à son

(i)

CJpndorcet paraît mal informé.

La Biographie

universelle

cite

textuellement la lettre à Louis

XV, où M. du Muy

expose

au

roi les raisons
(2)

de son refus.
la

Ministre de

guerre. Condorcet semble faire allusion à

un

vaudeville qui courut alors, et que

Bachaumont rapporte

à la

date du 3o décembre 1773

:

C'est monsieur de

Monteynard

Qui repart
Après avoir par hasard

Occupé

le

ministère
el

Sans penser

sans rien faire.

E^^TRE TlIRGOT ET

CONDORCET.

22^

On
pour

dil

que

le

pauvre hippopotame

(i) est décrété
(3).

être ouï (2), ainsi

C'est ce Bertrand et le

que le nigaud de Bertrand Cardan ne qui voulaient
(4)

es-

croquer de votre ami Dupont
,

une pension de cent pistoles pour Marin et qui ont fait supprimer les Epliémérides. Vous savez que dans une certaine phrase, Beaumarchais parle de l'espionnage de Marin. Marin, dans une requête pour réparation qu'il a imprimée, cite cette phrase, mais il n'a osé copier
le fatal

mot d'espionnage
Il

:

c'est le cri

de

la

consil

cience.

prétend qu'en cas de déni de justice,

ira

se vautrer

aux pieds du

roi.
(5).

On

va donner Sophonisbe

40.

A CONDORCET.

k Limoges, le

28 décembre 1773.

Ce que vous me mandez, Monsieur, de
d'autant plus que l'hiver ne
Je lui
fait

l'état

de
et

mademoiselle de l'Espinasse m'afflige beaucoup,

que commencer. dois d'autant plus de reconnaissance de ce
littérateur de bas étage et

(i)

Marin,

censeur royal, rendu

célèbre par Beaumarchais.
(2)
(3)

Dans

le

procès de Beaumarchais contre Goëzman.
les

Bertrand Dairolles, célèbre dans

Mémoires de Beau-

marchais.
(4)

Dupont de jVemours
,

,

rédacteur des Éphémérides du Cile

toyen

plus tard secrétaire de Turgot devenu ministre. Sur
et

docteur Gardanne, voyez Bachaumont, i5 janvier
1774.
(5)

25 février

De
I.

Voltaire. Voyez, p. 233,

la lettre

du 16 janvier 1774.
i5

,

22(i

CORRESPONDANCE
cet étal elle pense à

que dans
vétius

moi,

et

de ce que^ non

contente de
,

elle
le

me pardonner mes sorties contre Helme rend le bien pour le mal en m'en,

voyant

Mémoire de Beaumarchais

et

en vous char-

geant de

me

faire part

de

la

nouvelle aventure de

M. Goëzman (i). Ce Beaumarchais est bien méchant d'aller ainsi envenimer le respect d'un de Messieurs pour la décence publique! Je trouve cependant comme vous que la défense qu'on lui fait de publier
son Mémoire contre Marin
et d'autant plus

(2)

est très-tyrannique,

tyrannique que son Supplément

m

?i

paru plus amusant.
Je ne sais point l'histoire des professeurs d'Auxerre.
Je serais fâché
reille affaire.

que l'évéque eût eu part dans une pa-

Cela est pis que d'admirer Frédéric (3) et de baiser les mains de Catherine seconde (4).
Je ne connais point M. du

Muy
est

par moi-même;
sûr que

mais des gens que j'estime,
vots, l'aiment et l'eslimenl.

et
Il

qui ne sont point dés'il

est

persécuteur

et

délateur,

il

méiite toute votre colère,

quelque terrible qu'elle
P.

soit.

On

dit

que

l'affaire

du
de

Boscowich
(i)

(5)

l'a

aussi allumée; je n'ai jamais su

(2)

Voyez ci-dessus p. aaS. Addition au supplément du mémoire à
t.

consulter.

(OEuvres

de Beaumarchais,
(3)
(A)

III.)

Comme M. de Grillon. Voy. Comme Diderot, page 223.
Le

p.

223.

(5)

P. Boscowich, jésuite, professeur à l'Université de Pa-

vie, fut appelé en France en 1773, pour occuper la place de

directeur de l'optique de la marine, avec 8,000

liv.

de pension.

Forcé bientôt de renoncer à ce
dit la Biogr.

\iosle

par quelques désagréments
il

unie,

il

se retira à

Milan, où

mourut en 1787.

liNTKE

TURGOT ET CONDORCET.

227

quoi

il

s'agissait (jue

d'une manière générale par ma-

demoiselle de l'Espinasse. Cet
sort, mais

homme
traité

non pas d'être mieux qui valent mieux que lui.
presque d'accord. Cependant
il

méritait un que des gens

Je voulais vous écrire sur Helvétius.

Nous sommes

y a encore un article sur lequel nous aurions à disputer, et peut-être

beaucoup,
bien
la
finir

et

sur lequel j'imagine encore que, mal-

gré la différence de nos

énoncés, nous poui rions
fait;

par nous accorder presque tout à

mais

dispute

demande du temps,

et je

n'en ai point.
la

Je vous dirai seulement que je ne crois pas que

morale en elle-même puisse être jamais locale. Ses
principes sont partout

fondés

sur

la

nature de

l'homme

et sur ses
,

rapports avec ses semblables, qui
si

ne varient point

ce n'est dans des circonstances

très-extraordinaires.

Mais

le

jugement

à porter des

actions des individus est

un problème beaucoup
suis,

plus compliqué, et infiniment variable, à raison des

opinions locales et des préjugés d'éducation. Je

en morale, grand ennemi de l'indifférence

et

grand

ami de l'indulgence, dont j'ai souvent autant besoin
qu'un autre. C'est, je crois, faute d'avoir bien distingué ces deux points de vue
si

différents sui- la

manière de juger

la

moralité des actions que les
excessif,

uns donnent dans un rigorisme
la

en jugeant

les actions individuelles d'apiès les idées générales

de

morale

,

sans égard aux circonstances qui excu;

sent l'individu action
faits

et

que

les autres

regardent toute
voient que des

comme

indifférente, et
qu'il

n'y
est

de physique, parce

en

peu qui ne puis-

votre distinction entre l'indifférence en morale et l'indulgence me paraît infiniment juste. . etc. Janvier 1774- Monsieur. sans risque de Il y a : perdre de plus grandes vertus. aura (1) le titre de directeur des affaires étrangères (i « ). l'abbé de La Ville.) . mais au delà de ce degré on ne cultive guère un talent qu'aux dépens d'un autre aussi.2^8 CORRESPONDANCE sent être excusés dans quelque circonstance donnée. mort le jeudi suivant. de peur d'avoir raire. recevez les assurances de toute mon amitié. formé un jugement téméfait L'abbé de La Ville va être il évéque in pariibus . Sa perte devient nulle quant aux décidé aujourd'hui que la affaires étrangères car il est place de directeur général. afin de reconduire plus agréablement. la Reste à savoir s'il n'en est pas u n peu de vertu comme des talents. qu'on avait créée pour lui. il pourrait se faire qu'en morale on ne pût éviter absolument certains vices peu dangereux. le temps qu'il aurait pu employer à des choses utiles à l'humanité. » (Bachaumont. 41. Il n'osera s'élever contre les tyrans. Monsieur. En général. un degré au-dessous duquel on est sot. L'abbé de La Ville. J'ignore encore le moment où je partirai. 16 avril 177/I. n'était qu'un vain titre dont on avait décoré sa vanité. les gens scrupuleux ne sont pas propres aux grandes choses: un chrétien perdra. sacré évèque dimanche. de l'Acadéniie française est : M. à dompter les aiguillons de la chair. Adieu. A TURGOT.

J'ai lu d'Auxerre (i) affaire! Je : c'est le mémoire des professeurs une grande infamie que cette si ne sais trop l'évéque pourra s'en laver. Vous voyez à quoi cela prépare. 229 M. et faire perdre leur place à ces pro- pour cela leur susciter un procès crimi. de magie. Mais vouloir fesseurs. J'ai lu le mémoire des Auxerrois. Ce 10 janvier i 774. Wicole et l'Ancien Testament . Monsieur. d'Aiguillon restera ministre. une plus c'est une grande barbarie grande absurdité. Voyez 1rs lettres 38. Monsieur. qu'on les noms de conspirations. d'être ait et j'ai bien peur que leur évêque ne se lave pas aisément du reproche atrocités complice d'une des plus lâches encore vues. voile à ces actes avaient servi de ici c'est de tyrannie y a eu mais une bas- sesse avouée. de tonsurés vendus à l'évéque . 4o et /. revenezdonc nous voir. Adieu. il plus de perversité et de (i) Ils fuient condamnés aux galères. nel . A TURGOT. .. 42. Mademoiselle de l'Espinasse est mieux depuis quelques jours. et surtout une effroyable bassesse de la pat t des Auxerrois. . de nouveaux profesfaire seurs actuellement en procès avec eux. un crime d'avoir de Mezangui fait lire .ENTRE TURGOT ET COPJDORCET. Jusqu'ici etc. les accuser de discours séditieux les juger sur des dépositions d'écoliers. parents des juges.2.

mais le depuis plus de deux ans de pièce était célèbre dans qui tour à tour la public par la police. M.a3o cruauté dans correspojndajnce l'affaire d'Urbain Grandier. devait se battre il en duel avec son rival préféré. Mademoi- selle de l'Espinasse a un parce qu'il est torticolis qui a succédé à la toux. vu sa lettre circulaire. dans sa propre maison. L'affaire de Beaumarchais avec pièce : le duc de Chaulnes retarda beaucoup qu'il avait la le duc de Chaulnes. les rieurs sont pour Beau(1) (2] Ministre de la guerre. d'en imiter le style? se croient obligés On a joué hier Eugénie (2) à la Comédie-Française: elle a été reçue comxneTaiicrède. comme vous savez. attendre jusque-là. on a crié qu'on voulait le Barbier de Séville. Est-ce ils que depuis l'éloge des administrateurs de cet été. il y a ici plus d'avilissement. Bachaumont parle de cette reprise de ces cris du parterre à la date du 12 février 1774- Le Barbier de les hésitations Séville ne la fut joué que le 23 février 1775. et. jaloux de Beaumarchais. Dans son impatience. permettait et la défendait. L'évêque d'Auxene n'a d'autre traité à faire les avec les honnêtes gens que celui que Hollandais proposèrent à Louis : XIV aux confé- rences de Gertrudenberg il faut qu'il chasse luiet même Il il les juges qu'il a protégés rendus insolents. la première représentation et est de 1767. interrompue. C'est une reprise d'Eugénie. apparemment nécessaire qu'elle (i j souffre. ne put lui-même introduit chez sa maîtresse. il se précipita sur . par le coup de poing que M. le duc de Chaulnes lui donna l'année passée (2). J'ai de Monteynard est toujours en place. paraît une Gazette de littérature pour laquelle vous faudra souscrire à votre retour. pièce du même auteur.

à rétracter. revenez. qui fut réduit à se défendre à coups de pied et à coups de poing. 43. et vous ferez plus pour le plaisir de cette bonne action que vous n'auriez fait pour nous. Monsieur. dit le M. mais cet air est j'ai ancien (i). J'ai 23 I entendu le la musique de Gluck hier : un air sublime pour pathétique. accourus au bruit. A Limoges. dont le dénoûment se ût par le Bachaumont. marchais. qui le gravé à Paris depuis dix ans lorsqu'on mit à . que eue avant-hier. et mesquins en dit que vous que des malheureux vous y attendent. Les domestiques. par le dernier courrier. donner un garde à commissaire. de pinasse. Monsieur. A CONDORCET. mademoiselle de TEsregret. que entendus après. Mais on ici avez de bonnes actions à faire. la scène. peut être (\nTphig(''nic en Anlidc jouée le . (1) garantir des fureurs de son adver» dont on cherche à guérir la tète. pour saire. à le i4 janvier 1774- J'avais mandé. de Beaumarchais.ENTRE TURGOT ET CONDORCET. car vous avez le défaut d'aimer mieux vos devoirs que vos amis. en partie parce que je veux avoir le temps Beaumarchais. Je suis obligé. m'ont paru pauvres comparaison. Le nouvel opéra ne 19 avril suivant. vous reviendrez donc. mon grand me j'ai Une colique d'estomac et assez vive. Adieu. m'a décidé à retarder mon départ. dont il me reste encore quelques ressentiments très-légers. (17 février 1773. « Il a fallu. se mêlèrent à ce combat tragi -comique.) était Probablement un air iVOrphée. et ceux de son nouvel opéra. qu'il ne fallait plus m'écrire.

qui sont peut-être autant des talents que des vertus. ce n'est lorsque l'on en- Je ne suis pas trop d'avis que les vertus soient op- posées les unes aux autres. ne dispense de la justice. qui. le et je manderai si peut encore m'écrire dimanche. et je ne fais pas plus de cas des gens la justice. sans s'accorder. en partie parce qu'il m'a retour de cet perdre quatre jours de travail sur lesquels j'avais compté et qu'il faut remplacer. Il ne s'est jamais agi dans nos disputes à d'un capucin qui perd son temps aiguillons de la dompter les chair (quoique. tous ces Au si sur- mots ont été pris dans tant d'accep- tions différentes. et ont presque toujours été définis.2J-2 CORUESPONBANCi: le fait de m'assurer entièrement contre accident. dans la somme du temps perdu temps perdu pour le terme qui exne prime le les satisfaire. . mais il y a un milieu à tout. sont en effet rarement réunies dans un haut degré dans le même individu 5 mais tous les devoirs sont d'accord entre eux. s'agit . dans quelque sens qu'on prenne ce mot. plus. soit vraiil seml)lal)lemenl beaucoup plus grand). mal qu'on peut aisément disputer des siècles sur roule encore plus sur les devoirs que sur ces matières. qui font de grandes choses aux dépens de que des poètes qui s'imaginent produire de grandes heautés d'imagination sans justesse. Je sais hien que l'exactitude excessive amortit un peu le feu de la composition et celui de l'action. l'on J'écrirai mardi. La morale ces vertus actives. Aucune vertu. tenant aux caractères et aux passions. par parenthèse. si tend par vertus certaines qualités actives.

A TURGOT. . ce qui fut exécuté le 5 mars suivant. Le commencement du cinquième acte a été moment où Lekain dit à Scipion. jusqu'au : (i) Le jugement. Ce dimanche. le a6 février 1774. en lui montrant Sophonisbe expirante Sur ces bras tout sanglants viens essayer tes chaînes. Ce vers a été dit avec tant de force et de vérité. et des longueurs qui ont impatienté le parterre.) . A propos de jugement téméraire. Est-il vrai qu'on ait découvert un complot les pour assassiner velles le comte du Muy ? Ce sont de Marin qui parlent de ce 44. de la proposition de travailler à l'éloge du maréchal de la Richelieu. Voltaire s'est mieux tiré cpie je l'aurais espéré. dans Galerie des Hommes illustres. que le parterre a sifflé. réparée à neuf par M. fait. Lantin. on ne juge donc point l'affaire de Beaumarchais (i)? Messieurs craignent apparemment de juger témérairement. 16 janvier 1774- On a joué hier Sophonisôe (-j. de peur de faire un jugement téméraire. qui n'a pas été trop bien reçue. Adieu. La première représentation (à Paris) eut lieu le 1 5 janvier 1774. Monsieur. 233 pas non plus d'un sot qui craint de s'élever contre les tyrans. (2) De Voltaire. qui la donna comme celle de Mairet. recevez les assurances de mon nou- amitié.ENTRE TURGOr ET CONDORCET. condamne les quatre mémoires publiés par Beaumarchais à être lacérés et brûlés de la main du bourreau. rendu un mois après. L'auteur y a laissé des familiarités qui ont fait rire.

Ne pourriez-vous pas me rapporter encore un pe. . tit sac de graines de raves ? Le parlement a condamné le Bon sens y\)^t\Q. que M. Le- kain est venu l'annoncer pour mercredi semblait demander grâce retranchements cela a réussi . l'Esprit. beaucoup apHarpe fera des . quelques corrections et j'espère que tout ira bien. en dôme les : ler les livres. de La Moussetière a tué il y a un mois environ parce qu'il était l'amant de sa femme? Elle était hier à l'agonie. Adieu. brûler. Vous savez sans doute la mort du vicomte de Rohaut. (i) (a) (3) Du De baron d'Holbach. Il y a cinquante-cinq ans qu'on a joué OEdipe. de La . Cette femme n'a que vingt-cinq ans et son lot n'aurait pas été mauvais si sa mort eût été plus prompte. sur la place Venimmenses travaux des congrégations savantes. j'espère que je ne vous écrirai plus de cet hiver. toujours à être lacérés et brûlés. Enfin il . elle a été heureuse. Elle meurt de douleur.. Voyez dans ce volume la note qui précède un fragment intitulé Brû- cusé Coudorcet d'avoir . La Gazette de France copiant fait \e Journal des Débats. D'ici à mercredi. M. a ac- i 792 . . ou du moins elle a eu de grandes jouissances pendant un an qu'a duré sa passion. on a plaudi. Cela vaut mieux que de vivre aussi longtemps et aussi tristement que les autres. . . à l'exemple de l'empereur Tibère de mé- moire (3). Monsieur.a 34 CORRESPONDANCE passé en un moment du : rire à la terreur. glorieuse livre d'Helvétius(2).

Je suis fâché et vraiment surpris. le 2 1 janvier 177/1. mauvais succès de Sophoidsbe La pièce est en fa- général très-bien écrite. je vous prie. Je n'y vois pas non plus de longueurs sensibles. Voyez la lettre (1) précédente. A Limoges . C'est imprimée depuis 1770. mais je n\e ménagerai tant. du (i). lorsqu'on la joua. 2 35 A CONDORCET. Adieu. à l'exception de celui qui moi un grand effet. et le cinquième acte me paraît terrible et de la plus grande beauté. 5 janvier T 774. c'est tout de bon que que vous mande de ne plus m'éciire. 45. J'espèie que. ou que je ne me connaisse point du tout en effet théâtral. pour cette fois. (2) On pourrait s'étonner que Turgot eût déjà vu représenter la à Limoges une pièce dont était première représentation avait eu la lieu. à Paris. Ce n'est pas je n'aie encore un peu souffert de ma colique je d'estomac. Les comédiens de le province avaient pris les devants sur ceux de Paris. Monsieur. ce qui est très-possible ou que la cabale des Clément et consorts domijouait Massinissa. de La Harpe doit. que je flatte me de pouvoir partir la semaine prochaine. Monsieur. Il faut. et le cinquièine acte faisait sur . sept jours seulement avant date de sa lettre. chargez-vous. sur le Théâtre-Français. retrancher. dites-vous. et je n'y vois point ces miliarités qui ont fait rire le parterre. que Sophonlsbc 1 . et que M.ENTRE TLIIGOT ET COiNDORCLT. Je l'avais même vu représenter à Limoges (2) par des acteuis tiès-médiocres. nât dans le parterre.

Elle était liée avec les les Calas. et c'est ce qui m'a empêché de vous écrire jusqu'ici. philosophes. J'espère vous fin revoir à mon retour. Monsieur. où je compte revenir prendre mes fonctions (2). avec do- pour le rendre moins indigne du succès que la manière de lire de M. troupe subalterne que l'Académie royale (1) La duchesse d'En ville amie de . D'Alembert et les suffrages de mes amis lui ont fait obtenir. Ce 22 avril 1774. ou que les membres de l'Académie royale de musique ne veulent pas reprendre leurs démissions. Cependant je veux vous remercier moi-même de toutes i les marques de votre amitié. dont elle mettait beaucoup de zèle à proj)ager les œuvres. . A TURGOT. et protégea vivement Voyez la corres- pondance de Voltaire. j'en conclus que Larrivée (3) est encore enrhumé. On sera forcé de former un nouveau parlement avec la troupe de Nicolet. Voltaire .236 d'être CORRESPONDANCE mon interprète auprès de mademoiselle de l'Espinasse et de tous nos amis. 46. Mademoiselle del'Espinasse et madame d'En ville( ) vous ont donné de mes nouvelles. l'éloge cilité Vous m'y donnerez vos observations sur et j'en profiterai de La Condamine. Personne ne m'a parlé de Gluck. le rôle Qui chantait d'Agamemnon dans Tphigénie en Ait- lidv. c'est-à-dire à la du mois prochain. (2) [?>) De secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences. et vous dire combien je regrette la perte de votre société.

des deux parts. les adieux d'Achille et d'Iphigénie. c'est-à-dire . Je ne sais comment vous faites pour faire tant de choses. Mais chaque jour je suis de plus en plus gagné par le temps. pour les la terre. 47. écrivez-moi quelques nouvelles quand il y en aura et surtout donnez-moi des vôtres. Il y a des morceaux qui m'ont fait le plus grand plaisir tels sont le chœur de l'arrivée : d'Iphigénie. avait persécutée. Vous avez vu le cheval Pégase (i): n'en êtes-vous pas enchanté? Pour moi. Iphigénie en Aulide . les morceaux que chante Clylemnestre à la fin du troisième acte. Il y en a d'autres qui m'ont (i) (2) fait plaisir. Monsieur. j'ai vu enfin cet opéra de Gluck (2). iouée pour fut le la première fois le 19 avril 1774. et vous exhorte à profiter de votre la campagne pour ménager surtout vos yeux. dont nous consommons beaucoup. et être encore autant à vos amis séjour à et à la société. que vous m'ayez prévenu.ENTRE TURGOT ET CONDORCET. A CONDORCET. Adieu. Monsieur. et le quatuor de la fin. le 26 avril i 774- Je suis tout honteux. Je souhaite que votre santé n'en souffre pas. . Ce début de Gluck à l'opéra de Paris. mais je n'y ai pas Dialogue de Pégase et du vieillard. iZ^ patlement comme le H fait un temps effroyable qu'on biens de dit être excellent blé et surtout ici pour le pour l'avoine et le foin. Paris. par Voltaire. précisément avait vexé le grand conseil. Ces morceaux m'ont paru de la plus grande beauté.

mais vu de tout ce que l'enthousiasme de l'abbé lui a fait voir. cobrigands de la les politiques (3) prétendent que Pologne que M. comme chant (i). Peut-être aussi le musicien a-t-il sur ce!a système. Adieu. pour tâcher de nous entraîner dans cette querelle. que les qu'ils chœurs gagnent plus L'ouverture m'a plu ai rien en action ne perje n'y dent à être moins. Arnaud dans mon ignorance. et amitié. C'est peut-être la faute du poète. la Prusse et l'Autriche. trois puissances qui s'étaient la (3) partagé la malheureuse Pologne Russie. Monsieur. n'y a d'ailleurs les aucune nouvelle. Le pauvre ambassadeur nous quitte sans rémission à la fin Il de la semaine. trouvé en général assez de morceaux de chant tant de récitatifs. de Lascy fait sa cour à madame. Dubarry. devoir que mon impression était assez conformeaujugementde l'ambassadeur de Naples (2). je voulais vous parler de vos affaires et de physicpie. ou d'airs qui se rapprochent beaucoup du récitatif. qui n'a point donné au musicien des paroles bien coupées. liées à l'action et propres au chant. Je trouve. comme à être l'abbé un faux Arnaud. Caraccioli. compliqués que ceux de Rameau. parlés et ou obligés. mais je n'ai que le temps de vous embrasser avec la plus véiitable vont se diviser. Mademoiselle de l'Espinasse a souffert depuis (i) (2) On Les : la fit répéter à la première représentation. Pour moi. J'ai été très-flatté. et même à M.^38 CORRESPONDANCE . j'espère beaucoup de notre sagesse et un peu de notre impuissance. . m'ont laissé désirer quelque chose.

Quand vous que vous moi. mal- L'archevêque. le roi était très-mal. Vous savez ou vous apprenle roi a la petite vérole. on en augure très-mal (i). sacrements. drez par tout monde que 11 est Elle est confluente. c'est-à-dire plus que vous défierais de vous agiter autant que en ce moment le tous les habitants de la four- milière de Versailles. qui lui-même est très-mal. on prétend que s'en est chargé. mais elle est mieux. est arrivée. A Paris. je le font seriez. A minuit et demi. et 289 d'Enville Madame vous 48. Monsieur. Vous aurez par moi ou par vos amis des nouvelles tous les jours. a pissé du sang.ENTRE TURGOT ET COWDORCET. Mais il douleurs de sa néphrétique l'ont pris. dix quarante fois fois plus actif n'êtes. Mesdames. et n'a point parlé au de sacrements. Madame d'Enville a été hier à Ver- (i) Louis XV mourut huit jours après. fait mille compliments. le ii mai 1774. On dit que le grand aumônier L'archevêque est revenu à Paris. qui n'ont point eu la petite vérole. Ma- dame Dubarry l'a vu souper de Mesdames avant-hier. et hier pendant le' mais il ne lui a point parlé. . roi a rendu une pierre. qu'il fort affaissé. a été il gré les chirurgiens à Versailles. Cependant il n'avait point encore été question de sacrements. A CONDORCET. les a vu le roi. les boutons s'aplatissaient. ce 2 mai i 774. lui. voire départ. et si les peu à n'a pas demandé . le voient toutes trois.

Mais vous jugez bien que dans ce moment-ci tout mais elle n'a veau le est en l'air. maréchal minis- de France tère et ministre fit de la même dont Turgot le partie. quoi! vous aussi vous êtes frère Félix (3)! (i) (2) Pour M. Est-ce que frère Grisel et frère Billard (4) sont morts? C'est dommage que frère Fréron se soit adonné à l'ivrognerie. sous Maurepas. demain à M. Le marquis de Caraccioli. L'ambassadeur de Naples (2) a. i85. de Maurepas en donnera un de son côté. de Rliodez. la dupe de Vous consentez à boire de ce tonneau jusqu'à la lie! Vous ne savez pas qu'il n'en sortira jamais que du sang et de la boue? Nous ne sommes pas si désespérés que vous pouvez le croire. comte du guerre en 1774» dans (3) Louis-Nicolas-Victor Muy le . . 49. la Voyez note sur la lettre n'* 12 de juin 1771. de Félix. COJ'. retardé son départ. Ce samedi.•2^0 sailles. au lieu de se donner entièie- Monsieur. M. Dieu veuille que les changements qui peuvent résulter des événements ne nous amènent pas J'écrirai la guerre. A TURGOT. Le maréchal du Muy p.RHSPONDAiNCE pu que remettre à M. fin de mai i 77/1. Suard. Je vous embrasse. mourut (/i) 10 octobre 1775. Le roi de Prusse a fait une chute. de Beaumémoire que nous avons fait pour une pension (i). comme de raison. et on le dit dans un véritable danger.

ENTRE TIJRGOT ET CONDORCET. fils de Louis XV. Si tous ces honnêtes gens refusent le ministère. : pérer qu'on ne laissera dans celui-ci que la fange qui y croupit depuis trente ans. et frère Félix est im sot. 24 1 ment à l'hypocrisie. et sottise ne l'exclut pas. sans place. du Maid. Ces petits protégés. Il ressemble comme deux gouttes d'eau à Jehan Chauvin. qu'on pourrait faire ministres de la guerre. Si le tonneau est minisire. nous serons biûlés avec des fagots verts. l'Évangile dit qu'on ne doit pas mettre de vin nouveau dans de vieux tonneaux. l'abbé Bergier. avait été menin du Dauphin . et il le verrait couler comme de l'eau pourvu que ce ne soit pas le sien qu'il a toujours bien conservé pour la gloire de Dieu. des gens de bien. ainsi nous devons esmais ce : . Ennemis des Qui talents. car Jehan Chauvin en avait. prenez garde bêtise exclut friponnerie. 16 qui écri- . se sont faits dévots de peur de n'être s'il rien. Il I. H y a l'abbé Caveyrac. (2) (3) A M. p. à l'esprit près.. et beaucoup. l'abbé Boscowicli (i). un grand malheur. Je suis tenté de me mettre dans une grosse colère quand je vois que vous vous rendez le protecteur d'un du Muy. sans mérite. quoiqu'il soit un pauvie guerrier il est encore plus accoutumé au sang que ces Messieurs. alors on pourra serait l'offrir au tonneau (2). des arts. Que serait le frère Félix sa n'eût dupé le Dau- phin par (i) dévotion (3)? Voy. 226. Au reste. Je ne dis pas une bêle. . Il y a encore l'abbé Nonotle l'abbé Patouillet.

(-2) Condorcet avait publié cet écrit (V. 273). que était de l'avis de M. Je serai à . Mais toutes ces : un jour sur les heures du comte cette prière « Mou Dieu. Ce lundi. ainsi la lettre est postérieure à cette date. Voltaire. Monsieur. Si l'on ne peut don ner la chasse aux bêtes faire féroces il faut du moins les du biuit pour les em- pêcher de se jeter sur vit troupeaux. aimez-moi toujours et tâchez de n'avoir pas assez de vertu pour être la dupe des hypocrites. un petit ou- vrage intitulé Lettre cVun théologien à l auteur du Dictionnaire des Trois siècles (i). Nèckre lui donne à dîner avec M. Monsieur. p. Turgot entra au ministère le juillet 774.la Mes pas force des projections n'ont : elles ne sont que mathématiques. et j'aime l'esprit dans lequel a été composé. 50. . protégez votre fidèle serviteur du Muy. Paris le lundi d'après la Fête-Dieu.242 CORRESPONDANCE recberclies sur. IV. t. A TURGOT (i). dont il est l'ami depuis longtemps? Je trouve que Marin a encore plus parlé de vertu que le comte du même l'honneur d'être physiques Muy. Je il trouvé fort agréable. Est-ce que M. II juillet i774- a paru depuis votre départ. même à Turgol et à . par une des dernières gazettes. » Ministre d'état. Nèckre sur l'exportation. Le Brun. J'ai appris. laissant ignorer à tous ses amis qu'il en fût l'auteur. afin que giez à porter le pesant fardeau de la couronne. si vous m'obli- il puisse me 20 sou- ses leçons et ses exemples. Ne sera-l-il pas ministre? Adieu. l'ai Il réussit assez bien. tenir par sa vertu (i) 1 .

ou s'exposent à diie des choses ridicules. et si haïs dans leurs ressorts. ils par leur ignorance une source de grandes beautés. .établir enfin un légale. je le fit sans vous. et une source d'indiscipline pour les troupes. ou qui aurait un procès avec lui serait jugé par d'autres que par les confrères de sou adversaire. J'ai peur que l'esprit petit et étroit de cet homme (i) ne nous fasse beaucoup (il Mail repas. assigner pour chaque crime une peine supprimer la question et des supplices barbares. Le théologien parle des sciences en homme perdent qui a bien lu la préface des bons livres. ll\'5 broclmies ne sont que des coups d'épingles. une source abondante de corruption et de mipour les campagnes. Irop éloignés de nos mœurs. . Je ne voudrais pas que l'arrangement du parlement se dit à Paris On près du roi. Je voudrais que tous ils les littérateurs en fissent autant . lui ôler de ses for- Votre entrée dans le ministère est un coup de foudre. Qu'il y a de choses à faire pour le bien public! Proscrire le fanatisme et faire justice des assassins de La Barre. C'est le défaut d'un pareil tribunal qui avait rendu les anciens parlements si insolents dans leurs capitales.KNTRE ÏUKGOT KT CONDORCET. tribunal où le particulier insulté par un magistrat. On C'est m'a dit qu'il était question de disperser les ré- giments de cavalerie sère et de dragons dans les villages. que le colosse de la superstition peut à peine sentir. que vous réussissez à merveille audésire pour bien des raisons. et qui ne font qu'exciter sa fureur sans ces.

ils été confinés dans tiament des méchancetés ou servent d'instruments aux méchants. revenu depuis trois ans d'un l'Ile voyage à de T'Yance . 51. J'en me semble que rien ne ressemble plus à un ange envoyé du ciel pour réparer les maux de la terre. la Celle-ci est . et j'ai besoin de réflexion pour me consolerXll faut que je pense à nos colonies. il me semble qu'il y a déjà bien longtemps que je vous ai quitté. et le il bien que vous ferez à ces infortunés. je ne puis plus me consoler en attendant de longues lettres. de Choiseul est un homme ciles nécessaire. à leurs malheureux habitants. Je vois d'avance jouis.z44 CORRESPONDANCE . qu'un vaisseau arrivant aux colonies. et qu'on envoie chercher la fortune aux Indes. Prenez garde . dans a abandonnés barbarie de leurs la sainte espérance qu'on pourrait les l'endre chrétiens à force de coups de fouet. à ces nègres à la que Louis XIII maîtres. opprimés par des gens déshonorés en Europe. aux dévots! Imbédans ce siècle ou fripons il n'y a pas de milieu pour ceux qui n'ont pas toujours une capucinière. chargé de vos ordres consolateurs. (1) Ik'rnardin de Saint-Pierre. sollicitait d'être envoyé par terre aux . juillet 1774. Monsieur. Je commence à sentir que j'ai perdu à votre ministère. Ce dimanctie. pour le ministre de ma- rine (i). de mal à bout et (ju a force de faire des sottises il ne vienne de persuader que M. ^ A TURGOT.. Adieu.

re- présente partout Condorcet et mademoiselle de l'Espinasse les plus cruels comme ennemis de son héros. Il ne voudiait. pour faire obtenir à Bernardin . à de la correspondance. de Bori prétend qu'il y aurait de l'avantage à faire venir par là nos bois de cons- truction. il le com- merce de mer Noire nous sera aussi utile qu'on le croit. de Saint-Piei 1° 11 re. sont des objets de 3*^ Il 4° Il examinerait la si . pour reconnaître le golfe Persiq lie. nous éclairerait sur l'histoire naturelle et politique de l'intérieur de l'Asie. et il pourrait en résulter de nouvelles vues pour le commerce. Aimé-Martin qui a rempli un volume de fait la de M. Cela seul mériterait un voyage jusque-là.KWTRK TURGOT ET CONDORCET. Voyez la note p. d'autre récompense de son voyage que l'intendance de ce jardin. m'a-t-il dit. (Voyez. actuellement que est libre. Indes. dans lequel on cultiverait les plantes des pays chauds. afin de tâcher de naturaliser celles qui seraient le plus utiles. ce qu'il demandait mais ils n'y purent réussir. 1^ Il pourrait deviner le secret de plusieurs pré- parations et l'origine de plusieurs Substances qui commerce ou cpii servent aux arts. Le chevalier de Saint-Pierre se contenterait d'une ré- compense modique. 248. la vie M. la la suite mer Rouge el les bords du Gange. M. n'a pas il plus légère mention de cette affaire. sa lettre à mademoiselle de l'Espinasse.) Mademoiselle de l'Espinasse et Condorcet firent tout leur possible . en revanche. . de Saint-Pierre. vous rapporterait des plantes très-utiles. Je lui disais l'autre jour que je voudrais que vous établissiez à Hyères un jardin botanique. Je oois qu'il résultetait un grand 2/^5 avantage du voyage de M.

que je me crois obligé de vous annoncer tout ce que je connais d'honnêtes gens. des ports opposer à toute des bureaux . et quoique vous partagé notre enthousiasme. Si M. Adieu. un mémoire dont j'ai déjà eu et que vous m'avez promis de ceux à qui vous vous prodans la suite. vous devez convenir que c'est l'ouvrage d'un nête. Vous avez un et grand besoin de gens honnêtes pour des colonies. Monsieur. vous pouvez la canaille le servir et l'employer. Lundi. A TURGOT. recommander l'Acadé- A TURGOT. . Duperron lui se présente à votre audience je vous prie de mie des sciences. l'honneur de vous parler. Vous vous souvenez du livre du chevalier de Saintn'ayez point Pierre(i). Monsieur: faites-moi dire quand vous pourrez me . de mettre dans posez de la liste faire attention Je vous envoie aussi une lettre du clievaiiet de (i) Le voyage à l'Ile de France.'>.l\6 CORRFSPONDANCK 52. et si H dépend de département. voir. juillet i 774. Dimanche. 53. de reconnaissance. il souffre le malvotre heur et la pauvreté avec courage. de la noblesse. 11 a homme d'esprit et d'un homme honmême des vertus. juillet 1774- Voici. du désinla téressement.

11 y a un peu de Jean( Jacques dans son Jean-Jacques. (2) t. que le roi vît que le plus grand écrivain delà nation est aussi un des hommes les plus bienfaisants et un des meilleurs citoyens. commerce. quel de vertu? L'amour du bien passions constantes qu'il et ait homme a eu plus de la gloire sont les seules connues. il y a contre eux de la ligue puis- (i) à la fin correspondance. la paix des Turcs laisse libre la il mer Noire.Pierre attend une réponse. XLVIII. de Voltaire 2) . . si la vertu consiste à faire du bien et à aimer l'humanité avec passion.ENTEU: TURGOT LT CONDORCET. mais vous ne baissez pas 54. comme on le dit. et. s'y formera de nouvelles brandies de et le voyage du cbevalier de Saint-Pierre fort utile. A TURGOT. C'est pas besoin de la vraiment un homme bien ex traordinaiie. à qui mademoiselle de l'Espinasse avait écrit d'aller vous trouver i). 247 Saint-Pierre. Le chevalier de Saint. Voyez les œuvres de Voltaire. quoi qu'on en puisse dire. réponse de Ber- nardin à ceUe lettre de mademoiselle de l'Espinasse. Ce jeudi. ( Je vous envoie une requête de M. août 1774- Si. Je voudrais qu'elle fut discutée dans le conseil. de Bori m'a dit autrefois qu'il y aurait de l'avantage à tirer des bois de construction par n'ai la mer Noiie. je recommander. Ces passions les deviennent celles de tous c'est hommes une la éclairés. et si pourquoi Voyez . dans ces contrées sera M. En faveur du pays de Gex. affaire .

je vous embrasse de tout cœur. Mademoiselle de l'Espinasse frante. elle m'a reparlé du chevalier de Saint-Pierre. Monsieur. et retaille mettre au peuple une quantité de égale. Vous pourriez. 55.à la taille les fermiers d'église. proportionet à la nellement au prix de leur bail généralité somme que la où ils sont paye pour les chemins. quand ce ne (i) serait que de lui assurer pour que solliciter les C'est la cinquième lettre de Condorcet en se faveur de Bernardin de Saint-Pierre. où peut-être ne pourra-t-on pas le reste doit même les réduire absolument. Au reste. On commence indigné. mon A TURGOT. et n'imprime .248 santé. pour réparer cela. malgré votre humeur. faire imposeï. leur être bien indifférent. à l'ex- ception de rimpossibilité d'être utiles. Adieu. Août 1774. à savoir dans le clergé ne paye point les corvées. ce qui pas juste. Cela ne serait pas injuste envers ces fermiers que vous la exemptez de rations corvée : vous auriez par là les déclale des biens d'église. La réponse de Turgot l'on trouve dans une leltre d'ailleurs sans intérêt. ils CORKESPONDANCE ont pour ennemis loiis ceux qu'agitent leurs petites passions particulières. elle n'en est est toujours souftirer les que plus ardente pour malheureux de peine. Tâchez donc de faire quelque chose pour lui(i). et vous soulageriez peuple. et monde que le on enestunpeu n'est On vous accuse de faiblesse.

Il Qt à M. mais bonheur de réussir. Ceux qui connaissent le véritable homme sensible n'en seraient point surpris. Aimé- . pour lever des plans et vous pourriez {'employer. Aime-Martin. son dieu « « Le plus dangereux de tous ce fut le (les ennemis de M. à la tribune nationale de fiure reconnaître connne « « « incontestables les opinions scientifiques adoptées par l'Acadé- Un des motifs de cette singulière proposition était d'obliger la loi. académicien journa- « liste. >- n'eut pas le Il n'est pas impossible que M. a/jQ cent pistoles qu'on lui donne. de Saint-Pierre. de Saint-Pierre) losophe était en marquis de Condorcet. on un par- « lait « de détruire la ménagerie de Versailles. pour « . systèmes « « « Le philosojihe voulait appuyer l'auil torité de Newton par celle de la république. mais je chercherai sûrement à « l'employer. Dans tous cas. de Saint.ENTRE TURGOT ET CONDORCET. est graphie formant présente les comment M. le tout par amour pour le l'égalité. relations de Condorcet avec son héros. les M. Aimé-Martin caractère de cet les ait rédigé cette page sur des notes de Bernardin de Saint-Pierre lui-même. de Saint-Pierre demanda qu'elle fût transportée à Paris Condorcet rcpondestruction de la ! « « dit à ces projets d'utilité publique par la méCet nagerie de Versailles : tous les animaux rares furent tués ses là : « « « établissement eut aussi septembriseurs! 3Iais le savant géomètre ne s'en tint pas l'Europe l'entendit avec surprise demander mie. « autre. ou. Il est » (De Compièi^'ne. Ce phi. de Saint-Pierre d'approuver. Car . on j^orlc à M. 11 sait d'ailleurs assez de matliëmatiques pour conduire des travaux. de à Saint-Pierie le plus grand mal (ju'un bien. dans la biovolume des œuvres de M. etc. au nom de combattus dans les Études. point par ce motif: « Je ne crois pas trop possible ce que nie «propose M. M.Pierre. 261. représentant du peuple et président du comité d'instruc- « « tion publique. même temps géomètre. Pages 260. : mieux dire. cpie le 17 août 1774-) donc hors de doute curieux de voir le I^*" Bernardin de Saint-Pierre eut à de la Condorcet des obligations Il et lui devait reconnaissance. en l'empêchant de faire homme puisse faire A cette époque.

A. avait été pillée le peuple. pour s'édifier. Ce projet . M. Aimé-Martin. Quant à la motion faite à la tribune nationale pour ériger en il dogmes. de réfuter des allégations de cette espèce. Dans cette affaire. C'est à celui les les ptddie à prouver autrement (jue par le témoignage . Nous nous en remettons ensuite à. après le lo août. l'autre jour.18 à lire . de Saint-Pierre réclama. Aimé-Martin peut y recourir: nous mettre à l'attendons. Versailles. enfin les rendre inu- massacres de septembre de la ménagerie de Ver- sailles. Mais en attendant. de Saint-Pierre sur la ménagerie. Le Moniteur est là. réclamation de M. tome XVIII de donnée par M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a consigné ce fait à la page /l5 de son bel ouvrage. Ce qui a été proposition sur les opinions acadé.:)0 CORRESPOJNDANCE îles VOUS ne devez avoir aucune confiance aux gens ponts et chaussées faire : Peyronnet voulait. restait encore cinq animaux étrangers lorsque M. de Saint- Pierre. n'y avait déjà plus de ménagerie à Nous engageons M. les opinions de l'Académie des sciences. alors Intendant du Jardin des Plantes de Paris. . Aimé-Martin. un projet officiel de destruction » : 'c On la parlait il y aurait eu de détruire la mé- nagerie de Versailles. M. monument de piété à la mépar moire de son Il illustre père. Aimé-Martin dition in. voici quelques réflexions qui pour- ront aider le ju^^ement du lecteur et le môme de décider provisoirement. l'aqueduc de l'Yvette en forme d'escalier. de Saintla Pierre. bien entendu. le défi Martin public de prouver ses assenions relativement à la et à la ménagerie de Versailles miques. La ménagerie de Versailles. tout cela s'enchaîne et se suit. Aimé-Martin lui-même. de par est superflu (jui la loi. l'intervention barbare de Condorcet pour tile. dit à la tribune nationale ce que l'Europe a vu et entendu. M. demanda que ces cinq animaux y fussent apportés j ce qu'il obtint sur-lechamp. le nom de Condorcet ne fut pas même prononcé. pour savoir qui doit porter la responsabilité de son erreur. C'est un il roman : lorsque M. l'inflexible Moniteur. doit avoir laissé quelque trace. Cependant. à en croire M. le Mél'é- moire de M.

en ..T CONDOKCET. Pierre. Aimé-Martin mais il faut être juste l'a même envers les philosophes. quand il d'obliger vos amis. savez-vous allez l'apprendre. mais on ne sait vient ce zèle à noircir et rendre odieuse la homme lier. les « On d'où sait que M. (Voyez. puisse missaires. Aimé-Martin a épouse chaudement toutes les opinions et lui doctrines de M.) . l'animosité de M. A TURGOT. notre directeur. et M. la On connaît le : ^< mot de Napoléon sire. Aimé-Martin. . Aimé-Martin ne été ni envers Condorcet ni envers mademoiselle de l'Espinasse. 1820. 23 1 embrasse en attendant mardi. nommer mercredi des com- Êtes-vous content de mes vins? 56. L'Europe n'était pas besoin d'une loi a des occupa- du gouverne- ment pour marées ^ faire déclarer fausse et ridicule la fameuse Théorie des de M. à la suite de cette correspondance. Je serais au désespoir de à ces donner propos ridicules quelque apparence de faire fondement.16 (? 1774). calcul intégral ? — Non — Eh bien. de Saint-Pierre. quoique peu riche. Laissez-moi faire place de la va^ie de l'Europe surprise. et à M. On s'agit dit que l'argent ne vous coûte rien . qui ne voulut jamais que le bien. obsédé de « démonstration de cette théorie le » Monsieur de Saint. Écrivez- nous la lettre pour les eaux-de-vie. de Saint-Pierre en particuapparemment le titre àe philosophe qui soulevait. KNTRE TURGOT Je VOUS F. qui ne lit mémoire d'un que du bien à tout le C'est monde en général. une lettre de Bernardin de Saint-Pierre à mademoiselle de l'Espinasse. Jeudi . car l'Europe ne saurait prendre parole pour démentir tions plus pressées. de Saint-Pierre. Je vous piie donc de ne rien pour moi dans ce moment. Il M. pour que Tenon. je puis la attendre quelque temps.

membre de en 1800. Ce 23 septembre 1774.. Ne faites aucune difficulté sur les événements (2) qui pourraient faire manquer ce dont je vous propose le retard. mon travail ait mérité quelque récom- Je ne me fais pas un scrupule de recevoir de l'État une aisance qui me mettrait à portée de travailler davantage. C'est peut-être le seul bien général. lui que ma reconnaissance 57. trai ni cela est nécessaire. sensible. . et attendez que pense. Gardez-moi s'il faut le secret sur ce que je vous mande et que vous en parliezà M. vous savez bien que ce ne serait ni pour vous ni pour moi que je m'en afflidrait avec mille écus. prompt. deForbomiais travail chargez-moi de m'occiiper du la important de réduction des mesures. sera toujours la même. J'attends avec bien de l'impatience un édit ou arrêt sur les corvées. (2) La sortie de Turgot dn ministère. et j'ai assez de vanité pour croire que l'encouragement ne serait pas au-dessus de l'utilité de mon travail. ou vous pourriez lui donner deux que ce qui me regarde. A TURGOT. (i) ïiiort que vous puissiez faire dans ce i'Institnl Inspecteur général des monnaies. deux ans. L'Académieatten- moi. M. aSa CORRESPONDANCE (i). Je ne demande donc que d'attendre si un an. . Je n'y met- ostentation ni empressement. et ne différer gerais. S'ils arrivaient. . de Maurepas dites.

a depuis sa mort des ouvrages remplis d'esprit (2)? La femme de son ville. D'Alembert parles mânes de frère Damilala conti- de vous demander pour son mari. les Ne croyez-vous pas que. Voyez à D'Alembert du 27 auguste 1774juin 1775. pas inutile à la réussite que ce bien produira ne sera-t-il du reste. et moi par contre-coup. qui. Vous souvenez-vous de . frère m'a conjuré. de toutes inutiles. Toutes les provinces attendent de vous le bien que vous avez fait au Limousin. de Voltaire . il ne reste de lui mon projet d'être frèie de l'ordre de Saint-Lazare. avait sa lettre recommandé l'affaire à Condorcet et à D'Alembert. Frère Damilaville vous a peut-être ennuyé. (i) Mort en 1768. réponse à un (3) Voltaire. Ce mot de bien refrère Damilaville (i) vient sans cesse. la plus inutile celle dépenses comme la plus ridicule serait du sacre (4)? Trajan n'a point été sacré. Je vous prie de me la renvoyer ici. mais c'est votre faute. ou une direction des vingtièmes.ENTRE TURGOT ET CONDORCET. (4) Louis XVI fut sacré à Reims le 11 . Vous avez du recevoir ma généalogie par la poste. J'ai renoncé à mort. par et M. Voltaire mit sous le (2) nom de Damilaville les Éclaircisse- ments historiques. ou nuation de son état. par M. de Voltaire (3). Leurs peut -être l'effet transports éclateront de manière à vous faire plaisir. par cette belle-sœur de Damilaville. sollicité libelle de l'abbé Nonotte. fait après avoir été fort ennuyeux toute sa vie. vous obligerez beaucoup M. mais est il que ses ouvrages posthumes et son frère. Si vous pouvez rendre service à ce frère. l5'5 même et moment.

il sa car- avait entre autres le projet d'une tragédie en prose. qui ne pouvait sa courir après. . raconte avec beau. Ainsi ce n'est pas faute si elle a paru mal à propos. il y a longtemps qu'on laisse reposer celte cails naille. Hume . Janvier 1775. A TURGOT. qui a assassiné une reine d'Angleterre parce qu'elle était jolie. Ce dont pourtant je ne conviens pas. faites-nous toujours du bien. de Voltaire est nommé et outragé. coup de (i) détail et Henri qui en convient trouve la Tomo V. il sera trop heureux. etc. quand ce ne serait que pour montrer qu'ils n'ont pas tout le créintriguent dit dont ils se vantent. au sujet d'un moine nommé saint Dunstan.2 54 COllRESPONDANCi: Je ne me permetliai point d'autres questions poui- cette fois. et Adieu.de votre ami en celui de la France. ils prêchent des sermons où M. Cela aurait pu faire un ouvrage curieux. etc. Monsieur. pour faire revenir les jésuites. . songez que cela fait le bonheui. le Le fait est authentique. ils ils deviennent plus insolents. Il est utile de leur donner parfois des leçons d'humilité. paj^'c 277 des œuvres de Condorcet. là L'auteur avait envie de ne point borner rière. Il y a six mois que la Lettre d'un théologien (1) est re- sortie des mains de son auteur.. 58. Si même temps que à vous songez son plaisir. se croient protégés.

à la vérité.. qu'on reste. et avoir réformé ce qu'il lois. excepté le ra|)pel des exilés. à la tète duquel sont des gens de vos amis d'esprit accort et souple.J l-NTRE TURGOT ET CONDORCET. et tantôt le parlement qui . y a de plus défectueux dans nos deviendront plus difficiles après Ces réformes le rétablissement. rieurs etc. assujettis à des conditions qui mettent les citoyens à l'abri de leur oppression . et les assassins de Lalli. C'est pour nous donner un ministre déprédateur que l'on veut nous rendre un parlement oppresseur. si de charger d'un emploi important des gens leur infé- de trois siècles à ! temps et ridicules rien soit par bien leurs préjugés Je ne vois pas que pressé. . Après la le mal d'avoir une religion intolérante dont . aucune raison ni prétexte pour rétablir les parlements sans les avoir l'auteur est : . La devise de Qui malis pareil bonis nocct. 23 conduite du saint assez ecclésiastique. ils ont demandé autrefois des conférences pour examiner et corriger l'ordonnance criminelle: mais quel horrible présent serait-ce faire à la nation qu'un code dressé par La Barre. Il peut regarder comme fort indépendant du civils vaut mieux garder des tribunaux encore quel- que temps que d'établir des tribunaux tyranniques. de Choiseul dans le ministère. D'ailleurs le but secret de toutes ces intrigues est le retour de M. dans un siècle éclaiié. les a détruits. de de quelle honte. morale dirigée par les prêtres est nécessairement . veulent nous donner tantôt les jésuites. qui selon le vent qui souffle. Je persiste à croire qu'il n'y a . J'espère que vous n'êtes point la dupe de ce projet.

les maisons. « « Un et de ceux-là que nous renqui. le plus grand mal est de voir les principes de les la morale publique être la risée de tous gens éclairés. . fait encore beau- coup de maux vec lui. ne ferait-on pas pour lui un ouvrage clair. empoisonnements. séditions. augles jours. modéré. guerres. parce qu'il sa place. qui contiendrait le récit sassinats. Or. le . votre » propos prouve que l'auteur a parfaitement raison. som- mes. supplices. des dévots politiques. . tantôt celui d'iiomme raisonnable disait l'autre jour brûler l'auteur de la lettre à l'abbé Saba- Monsieur l'abbé. bien muni de tous les as- d'autorités. massacres. tantôt rôle de dévot. jamais d'évéché pour l'abbé de Pui- Pourquoi. c'est le point où nous en . au faire lieu de s'en remettre au temps pour détruire les préventions du roi .'a56 CORRESPOiNUANCE abjecte et cruelle. controns quelquefois. pour devenir évêque. deCondorcet. est important de mettre quoiqu'il ait quelque chose à D'ailleurs. selon qu'il fallait tier (i). noirceurs et scandales. mente tous joue. qui for- ment depuis 1774 ans lique? l'histoire du clergé catho- (i) La Lettre d'un théologien . Ne demandez ségur. il perdu de sa funeste influence. Le colosse est à demi détruit mais il faut acbe- ver de le briser. lui répondit-on. la plupart de ceux qui nous affligent sont l'ouvrage du monstre et ne peuvent finir qu'a- Le nombre des imbéciles diminue dans et celui le clergé. des intrigants.

que Voltaire. personne n'aurait osé l'imprimer d'un autre. 17 . (le Condorcet. il ne fallait donc pas en étouffer l'éclat. vos vertus et votre renommée. 59. Tout ce qu'on lui a dit à l'oreille du premier homme de la nation. Octobre 1775. que mettait le public éclairéenlre ce choix et les autres. Le cleigé doit demander au roi un arrêt fulminant contre une consultation que les curés du (1) M. que .ENTHK TUUGOT KT COJNDORCET. qui jusqu'ici n'a montré d'autre désir que celui de faire le bien. A TURGOT. le garde des sceaux. soit réduit à l'appiobation des marchands de tisane. A présent l'Eglise de Dieu a besoin d'arrêts du conseil. les autres célébrassent le choix qu'il a qu'il vît la différence fait d'un homme vertueux. au lieu que ce qu'on aurait dit de vous en prose et en vers. qu'on n'ait pas voulu par exemple. Vous n'aurez à opposer à l'intrigue que vos talents. Mon oncle voudrait aussi que vous lui accordas- siez vos bons offices auprès de M. On vous enverra un mémoire qui mettra la justice de cette affaire dans tout son jour. le clergé de Paris a pris son parti. évèque de Lisieux. Autrefois on savait se dé- barrasser des sauterelles et des rats par une simple excommunication. Je n'approuve pas ib'] du lout que le roi. qui avait quelques les prêtres difficultés avec de son diocèse. I. etc. les courtisans le lui diront d'un imbécile dont ils attendent de l'argent. On veut que je vous écrive encore sur l'affaire de ces rats qui inconnnodent mon oncle (i).

qu'ils elle dé- pendait de moi. On doit surtout leur interdire de s'assembler pour défendre leurs droits quand ils seront le lésés. d'empê- cher ces synodes que curés à mettre dans mon le oncle veut établir. je le roi et me suis petit personnage entre qu'il son clergé. Ce serait d'ailleurs (i) une bien mauvaise chose que le On voit que la tendance de l'épiscopat à opprimer le clergé inférieur n'est pas nouvelle. vu surtout que. serait de diminuer autant évéques sur qu'il est pos- sible l'autorité des les curés. l'a il n'en a plus depuis que Napoléon l'en a dépouillé et livré pieds et poings liés à la merci des évéques. autant en vous. à engager les ne servent qu'à nourrir la morale des raffinements qui et troublent la conscience des paysans les rendent fous.2 58 COllRESPONDANCf diocèse de Lisieux ont opposée à une ordonnance de leur évéque. à leurs les qui auront osé résister évéques (i). à première assemblée. et qui fanatisme. Mais alors bas cleryé avait quelque moyen de résistance. Si cette affaire se discute au conseil. mais je crois qu'un des meilleurs moyens d'empêcher ce qui reste de fanatisme dans certaines têtes. je vous prierai qu'il sera seulement d'empéclier. si noble et si chrétien . que mon oncle n'ait des désagréments personnels. Tout cela m'a paru trouvé si si juste . Le clergé veut aussi que la le roi lui accorde curés droit de punir. L'affranchissement du clergé inférieur est une des mesures les plus urgentes à prendre contre le jésuitisme en faveur de la religion. je clergé n'aurais garde d'accorder au ou à mon oncle ce demandent. . qui abusent terriblement de leur pouvoir. de troubler la paix . que j'ai répondu ne me convenait pas de me ju- mêler d'une affaire qui intéressait en général si la ridiction ecclésiastique.

faut que je vous en écrive. mort le 10 octobre 1775. J'espère avoir le plaisir de vous voir à Fontaine- 8 . où vos édits vont exciter cent clabauderies il serait fort agréable aux gens de lettres de vous donner une marque de leur vénération. Voici maintenant l'état des choses. trouve que. je trouve que c'est un parti bien sage. de Malesherbes doit. qui a pour vous une vraie . et. . Fin de janvier 1776. de Saint-Germain. après avoir vu M. dans ce la moment où la voix du public. ENTRE TUIIGOT ET CONDORCET. 60. Je crois que les protestants du Hainaut ont beaucoup gagné à perdre M. il m'a chargé de vous en parler. qui ne sont faites que pour imposer les décimes. de Taboureau . (2) Mort le 12 janvier 1776.par(1) Ministre delà guerre. M.. L'archevêque de Cambrai a un zèle qui n'est pas absolument selon la science et sans M. qui n'est pas voix publique. A TURGOT. en vous nom- mant à la place de M. M. il faut que je parle à M. que c'est peut-être la seule occasion que l'Académie puisse avoir d'élire un ministre en place. le duc de Saint-Aignan (2). l5g de laisser ces assemblées du clergé. de Maurepas. 17- . de Muy (i). malgré l'intérêt personnel. on en aurait arrêté dès bleau vers le cet été. . Vous ne revenez point Mais à Paris . de Saint-Lambert. sans faire une espèce de platitude. Il fut rem- placé par M. s'ériger en tribunaux et en conciles. de Malesherbes de mes tracasseries académiques. comme je m'étais chargé il auprès de vous d'une grande passion affaire. est contre vous.

je vous prie. i** L'Académie a envie d'élire M. il vœu des gens de les laisser faire. . de M. ne pas pas beaucoup l'Académie. célèbre par son luxe et son goût pour les gens de lettres. vant pas. de La Harpe. lettres. et elle n'est plus forcée à choisir celui qu'elle ne •2° croit point le plus digne. pour servir à V instruction de ses enfants. question. mais qui n'a d'autre existence morale que et d'être celle d'ami de mademoiselleVerrièie(i). de Chabanon qui dit-on n'a pas de talent. . elle . en état de répondre dit^ à M. de La Harpe. au lieu que le choix de M. maîtresse du maréchal de Saxe. qui augmenterait sa considération. de La Harpe lettres. et ne le pou. On n'est dans le monde. l'édit des banalités si pas de cette J'avoue que. je n'en serais peut-être point fâché. un bon enfant. quoique j'abhorre ce gern^e de vexation. que fois-ci. Mettez-moi. de Saint-Lambert le plus tôt possible. On n'élira M. 11 ne peut être fortifierait . de Mémoires d'un père . Mar- montel eut avec ses une intrigue qu'il raconte dans le l*"" vol. me paraît tout simple approuve ce de mais s'il ne l'approuvait pas. mais qui est du moins un homme. par différentes raisons. de Guibert ni de l'abbé Raynal. de Saint-Lambert. qui fait bien des vers.aGo 1er CORRKSPONDANCK Si le roi au roi de M. (i) Vous n'auriez fait Courtisane du grand ton. Colardeau. Les autres choix seraient ridi- cules. alors vous rendriez vraiment service à l'Académie en entrant dans les vuesdeM. L'Académie ferait un choix qui lui ferait honneur. il est plus honnête pour elle d'être toujours à portée de donner à M. cela est vrai. elle n'a la première d'être place d'homme de plus l'air contredite dans son vœu .

109. dans deux ans. (2). 87). Je vous la donnerai A CONDORCET. Remerciez pour moi M. Si on ne peut pas pourquoi l'Académie ne prendrait-elle pas l'abbé Barthélémy ? Je trouve qu'on traite trop sévèrement M. pour un autre obplace. Madame d'Enville. m'a montré votre (i) Il s'ayit de l'écrit Sur l'abolition des corvées (t. la lettre . 11 Il n'est point. être utile. ce pas encore dans ce moment-ci fixer sur qu'il n'est me convient de moi les yeux du public. sur la délation de d'Éprémesnil. 3o janvier 1776. . . Versailles. sans talent. Je crois qu'il faut jet que les affaires tâcher de faire y réussir. Adieu je vous embrasse. Chabanon. si vous voulez. est vrai qu'il n'a donné aucun ouvrage complet. 88. Je suis de cette aventure. p. . voyez aussi p. la Terre de duchesse d'Enville. surtout dans ce moment. de Saint-Lambert. 62. A CONDORCET. de ma nommer La Harpe. Monsieur. note 3 p. dénoncé et On n'a pas toujours été aussi sévère. Séguier et supprimé au mois de décembre 1775. 261 que à les pallier. XI. m'esl venu sur cette matière une idée qui pourrait une autre fois. 9/I . 106 . A la Roche-Guyon le3i mai 1776. 61. et ]). quoi qu'on en dise. vous Il les ôlerez tout fait. de Condoreet à Voltaire note (2) I . été Vous avez donc fLiché supprimé (i). p. poursuivi par M. Voyez plus haut.ENTRE TURGOT ET COISDORCET. 46.

qui n'y mit pas son nom. Si elles pouvaient suffire. J'ai bien de petites lunettes de poche de Dollond. Peut-être vaudiait-il mieux apporter la lunette même dont se sert M. l'abbé Rochon. l'avoir. L'éloge que M.NCE Vous êtes bien aimable de venir voir les gens disgraciés (i). A TURGOT. Adieu Monsieur. de Clugny. et bientôt après M. Nous n'avons et j'ai qu'un grand télescope de réflexion. d'une édition des Pensées de Pascal être intéressante. Ce 21 juin 1776. Necker. le 20 1776. peur qu'il ne perde trop de lumière. la J'ai vu dans Gazette des Deux-Ponts l'annonce (:2). avec lesquelles on voit les satellites de Jupiter. et plus aimable encore d'avoir pensé à leur faire voir la lumière des étoiles divisée en ici sept couleurs et réunie. (2) De Condorcet lui-même. et dont l'une a quatre oculaires de forces différentes. de La Harpe a fait des édits (3) n'a point (1) fait l'impression que j'en espérais. Mille tendres compliments à M. vous connaissez mon inviolable amitié.SPONDA. Je qui doit vous serai obligé de vous infor- mer si on peut . juin . C'est un peu eut Turgot venait de quitter le ministère des finances. CORRF. D'AIembert. M. Desnaux pourrait vous les remettre. où il pour successeurs d'abord M. {V} Dans sou discours de réception à l'Académie. 63. et de grands télescopes à l'an- tique très-difficiles à mouvoir.262 lettre.

et Marmontel. Monsieur. Marmontel a l'orgueil. en lui répondant. el mort avant le sa rcceplion. le fanatisme et la tyrannie. la place du duc de Saint-Aignan. de (i). D'Alembert termina ducteur des l'amitié. qui a fait un plaisir (i) Nomme à . inséré la séance par l'éloge de Sacy. il n'y avait plus là de compliments pour les rois. de La Harpe et le qu'on avait accusé de manquer de modération.ENTRE TURGOT ET CONUORCET. bien intéressant dans un homme de en a lettres. . et silence. La Harpe a lu alors un chant de sa traduction de Lucain. et de La Harpe. à La Harpe lit remplaçait. M. et de là est venu l'éloge du roi et de la liberté de la presse dont nous avons le bonheur de jouir. tra- letties de Phne. Enfin Mar- montel a fini par dire que la philosophie n'avait que deux ennemis. Le récipiendiaire et directeur étaient dans un égal embarras. maisqui manquait de physionomie. un portrait intéressant de l'aménité. la faute 2G3 de l'éloge qui n'était qu'agiéablement tourné. en observant que ce courage avait été pris pour de repris par l'élogedu courage Ensuite il a parlé des critiques sur-le-champ nouvel applaudissement. D'Âlemdans bert un morceau sur l'amitié. repondant La Harpe l'éloge de ses deux prédécesseurs. Cette circonstance fournit à M. elle était son ques années. de M. Marmontel a fait. Aussitôt le public fait un caractère un grand l'application au récipiendiaire et a battu des mains un quart d'heure. de la douceur de mœurs. on a encore battu des mains. et elle lui a survécu de quelbert. et la modestie de Colardeau puis : voilà. les et auteur d'un traité de œuvres de madame de Lamamie.

mais je suis vraiment affligé. ou l'agneau dont il aura la mansuéPour M. Roche-Guyon. et il faut lire les actes des apôtres pour avoir idée du fracas qui accompagnera sa venue. de Clugny. le A ia 22 octobre 1776. nommé eontnMeur général en remplacement de M. Adieu. Ce mystère -ci est une véritable trinité. . M. Je crains que (i) cet bomme dont vous avez blessé A cause de mademoiselle de l'Espinasse. Si cette l'enfant Jésus plaisanterie courait. l'orgueil n'ait Je plaisante.264 CORRESPONDANCE d'autant plus grand. La finance sera gouvernée comme le monde. J'é- demain à madame 64. Taboureau représentera . croyable. je vous embrasse de tout crirai mon cœur. Mercredi matin. INecker. Cela est plus qu'in. Le clief du conseil a tout à fait l'air du Père éternel. de Maurepas exerce notre foi gou- vernement va devenir aussi mystérieux que la théoogie. Nous apprenons dans l'instant la nomination de et le MM. rue de Sèvres. et encore moins la prendre sur votre compte. qu'il avait un rapport avec sa situation actuelle (i). (2) le i3 mai 1776. A CONDORGET. n'allez pas en nommer l'au- teur. de Clugny était mort le 18 octobre. d'Enville. M. succcr^seur immédiat de Turgot. Taboureau (2) et INecker. c'est assurément le Saint-Esprit. dont la place doit être vacante depuis la quelque temps dans tude. Taboureau des Réaux. M. morte un mois juste auparavant.

auteur de Théorie des Jardins. J'ignore si ce projet était de M. Necker a envoyé ou donné mémoires. que les embellisse- madame ments l'un fera d'En ville veut consulter sur l'autre le chantera. Necker. promenades. soit pendant. M.ENTRK TURGOT ET CONDOHCET. qu'on ne veuille lui faire garder une place où il ne peut pas honnêtement rester sous M. Je ne sais pas si le public le sera davantage de la traduction qu'il nous donnera sans doute bientôt de ses grandes pensées. Necker. préalable sa conversion au catholicisme. Ce que ressemble à ces héros qui mènent avec eux des peintres et des poé- . soit depuis mon administration mais aucun ne m'a été renvoyé. ce qui suppose au Je crois qu'en effet à M. car il moment pour nous arrive précisément le la même jour que M. du moins sous son nom. le A la Roche-Guyon. mais j'ai peur qu'il ne fasse de miracles qu'en qualité de saint. du partage des pour de Vaisne. Je crains aussi 65. de Maurepas me remit un jour. Morel. que M. de Maurepas différents . le 205 pouvoir de vous ôter votre place de Ja monnaie. mais il est vrai que je n'en fus pas fort émerveillé. L'abbé Delille a bien pris son venir voir. Je me rappelle seulement un projet d'emprunt par voie de loterie. et qui ressemblait aux mille et un piojets de ce genre que chaque ministre des finances reçoit chaque année. A CONDORCET. Cela qu'elle veut faire à ses . J'attends avec tremblement le détail fonctions. 29 novembre 1776.

et elle aussi. je vous embrasse de tout mon cœur. A TURGOT. Je n'ai tre pas. Je suis au mi- mon déménagement. Il parait qu'elle sent la tyrannie de sa livrer. Relativement à la mort de mademoiselle de l'Espinasse. fille. mais qu'elle aimait tou- qu'elle voulait savoir de leurs nouvelles. Elle faire. J'attendais lezi. a pleuré beau- coup . entrée dans beaucoup de détails sur de petits présents qu'elle voulait leur Le laquais il l'a trou- vée fort défigurée et fort affaiblie.266 tes CORRESPONDANCE pour transmettre leurs exploits à la postérité. Voyez la p. par dévotion. i Sa. (3) Voyez aussi la lettre suivante de Turgot. 66. t. D'Alembert une lettre très-tendre (3). Ce 20 octobre 1776'. note 2. deux lettres de D'Alembert à ce sujet l'une p. et qu'elle n'a pas la force de s'en dé- Le roi de Prusse a encore écrit à M. Elle lui a dit que son les pêchait de voir ses amis jours est . avant que sa fille fût levée (2). 187. et obligé de m'en ocpu encore me procurer ces vers à la femme de V Enveloppe des pensées (i). l'autre p. que vous verrez dans le (1) (2) A M™*^ Necker. . M""' de Ferté-ImbauU. correspondance de Vol: LXX. d'An- mais il retardé jusqu'à lundi. pour vous écrire l'a le départ de M. qui. Voyez dans taire. chassait la les anciens amis de sa mère. . Madame le laquais Geoffrin a fait demander le il y a deux jours état l'em- de madame Suard. Adieu. 172. On ne les monlieu de cuper. matin.

me trouve fort malheusi reux d'être séparé de vous pour Présentez.ENTRE TURGOT ET CONDORCET. D'Aleinbert. Quoique plus d'un chemin mène au paradis ainsi qu'à la gloire. i32. lettre. de Voltaire. de Nivernois. Con- dorcct . Madame de la Ferté-Imbault. a fait une autre qu'elle monM. honteuse de la lettre qu'elle a écrite M. 267 en attendant que M. De et Voltaire. arrivée le 2 3 mai 1776. longtemps. journal en grande partie. 21 novembre 1776. 67. de Maurepas l'a vue en consé- quence. n'était son beau-frère (i) que cette lettre pas ridicule qu'on le disait. car les vers (2) à madame Necker. et l'on actuellement une copie qui partira avec cette La pensée y est assez enveloppée pour que l'homme aux enveloppes (3) s'en contente. le A la Roche-Guyon ici . M. La lettre de Frédéric est du 9 juillet 1776. de Niverl'original et le lui a nois a demandé l'a montré. en et a dit à si tre à ses amis. je vous supplie. les lettres (3) Sobriquet de M. A CONDORCET. Nous sommes nous avons en fait plus au courant que vous. D'A- lembert vous à la lise tout entière. Necker dans Turgot. (i) (2) M. de Maurepas trouvé toutdifférentdu brouillon qu'elle lui avait fait lire. M. et en a jugé je Vous croyez bien que comme tout le monde. Voyez p. respect à mon ma- dame d'Enville et à toute sa famille.

je suis un peu plus content de sa santé. Le comte de BoursoufJIe. Une des choses qui me le font plus désirer. pour lui interdire de voir M'"^ Geoffriii. Je vous embrasse. et d'y jouir de votre amitié. Geoffrin . de M™^ très-indigne de sa mère. ma- lade à l'extrémité.p. et qu'il y ait eu de longues conversations avec M. il cette conversion il n'aura pas à regretter celle du prince de Conli. Boursouffle(i) ait pris celui de Conflans. qui me sera toute ma vie bien précieuse.^68 CORRESPONDANCE on veut que M. Je ne sais encore quand je retournerai à Paris. la se- conde édition. Je plains pauvre madame Geofses derniers de sentir cet esclavage et d'avoir moments empoisonnés par sa vilaine fille. . quoiqu'il ait peur de moi. Si M. personnages de deux co: médies de Voltaire (2) Fille V Échange et Les Originaux. de Maurepas en tirera grand honneur dans l'autre monde. l'Arcbevéque auquel M. Beaumont opère l'Etat. J'ignore s'il n'y en a . Tronchin. Je crois que madame d'Enville vous écrit. (1) Necker. De Vullaiie a M'"*^ Necker. et M. son compa. Voici une copie des vers pas une autre dans ce dernier cas . Je compte le voir. Je suis fort aise que le mémoire de Desmarets ait réussi. l'a présenté. La lettre la dont il est ici question fut écrite à D'Alembert par M™'' de 267. et la p. triote. Voyez (3) la note 2. (3). la lettre de madame d'Enville dans à vous en enverriez une des deux madame Blondeli. est l'espérance de vous voir sou- vent. a66. vera Si le néophyte ne sauve pas sau- du moins son âme. ainsi que ma- dame de frin la Ferté-Imbault (2) de sa lettre et de cette . de . Ferté-Iinbault.

mais pour l'as- surer simplement que je n'étais pas l'auteur de la lettre. qui pouvait nuire au crédit public. je serais au contraire fort aise que. Necker. et que je serais bien fâché d'écrire contre lui (car il avait prévu cette objection). que M. A TURGOT. vertir M.FNTKE TURGOT ET CONDORCET. et sibles à l'État. de Maurepas. de Maurepas. M. de Maurepas avait peine à se persuader que je fusse capable d'écrire un ouvrage ment celle que je n'ai pas lue). de Keralio de m'aque l'on a dit à M. En conséquence. (?i776. affaire sur laquelle je voulu prendre de parti qu'après vous avoir con- sulté. Necker (c'est précisé- que M. non pour lui dire que j'admirais M. de Nivernois m'avait défendu en disant que ce n'était pas du tout mon style. de Ni\ernois(i) a chargé M.) Comme je n'ai n'ai je n'ai pu vous voir pu vous parler d'une seul hier et avant-hier. beau-frère de M. J'ai delà répugnance à écrire cette : parce que cette démarche ne me paraît bonne à rien. bien loin d'écrire des ouvrages nuide lui lettre i° être utile. de Maurepas que j'étais l'auteur d'une lettre contre M. . nécessité de nier ce qu'on a 4° parce Le duc de Nivernois. parce que fait fait l'ha- bitude de désavouer ce qu'on n'a point la peut con. 269 68. 2° parce qu'aucun homme raisonnable ne peut de '^° bonne duire à (i) foi m'attribuer cette pièce. de iNivernois pensait que je devais écrire à M.

qui dans une lettre toutesles raisons de ne pas ne peuvent blesser ni M. Cependant M. H est vrai que je risaffaire. est peut-être ma raison la plus forte pour la négative. se moqueia de mon désaveu le croire. de Maurepas frère. de Maurepas ne veut pas il me il croire auteur . Je vous demande votre avis. do Maurepas. quoique ni lui ni son beau-frère ne se soucient de Necker plus que moi ou que de moi. j'écris de nouveau à M. En tout. de Reralio écrire. Je n'ai point fait l'Eloge (i) Du duc de la Vrillière. (I777-) Madame d'Enville vous a écrit fort au long sur Je suis absolument de son avis. si CORRKSPOINDANCI' M. s il veut faire semblant de dira qu'il n'en est pas la dupe. au lieu de l'être pour une chose raisonnable. . mort le 27 février 1777. si vous me paraissent êtes d'avis contraire. je vous porterai ma lettre en sortant de l'Académie. cependant ceux de ne pas écrire les inconvénients d'écrire et si peu de chose. je donnerai à M. et que je risquerais d'élré persécuté pour une sottise. D'Alembert. deNivernois attache quelque prix h celte lettre. ni son beau- M.a^O que. de Reralio m'assure que M. (le la lettre. et que la répugnance à assurer de mon respect un homme que je suis fort loin de respecter. . que je ne puis avoir d'avis bien déterminé. mon querais plus à faire l'Éloge (i). et que. de INivernois m'aime beaucoup. à soixante-treize ans. A TURGOT. Si vous croyez que je dois écrire. 09. beau-père de M.

«Chargé en 1777 de prononcer l'éloge du duc de la Vrillière. L'éloge de M. Cette liberté piqua Maurepas. Mais. (2) Condorcet n'évita point les inconvénients dont il parle ici. Condorcet. et les parents des espèces que nous . peur que ce Necker ne nous fasse ses plans sans convulsion. J'ai me dire. je vous embrasse. je crois devoir dispenser. . « « pareil ministre. de la Vrillière non loué comme une bataille gagnée. art. univ. qui l'em- « pécha. verrai M. de Trudaine serait m'en un autre et moyen de l'avantage déplaire à M. fît-il l'Eloge. D'ailleurs. de Maurepas. de Trudaine tels qne je les aurais faits auraient donné des armes contre moi. . mais je l'ai 27 léte il arrangé dans il ma y a déjà quelque temps. comme Condorcet de l'Académie des sciences. et est sûr qu'on me je l'aurait moins pardonné de Je reviendrai la celte façon que mon silence. avons à l'Académie n'auront plus rien à Adieu.. je regarde M. Je ne sais point jusqu'où je puis craindre . Dupuy (1). tant qu'il vécut.) Condorcet attendit son admission jus- qu'en 1782. Ainsi j'aurai de gagner Pâques sans lui déplaire. ENTRE TURGOÏ ET CONDORCET. en entier. de la Vrillière et celui de M. une exclusion pour l'Académie française mais il est certain que l'éloge de M. C'est mourir de faim eu voulant faire avancer une triste chose que vingt millions (i) Secrétaire l'était d'hommes ballottés entre des fous perpétuel de l'Académie des inscriptions. odieux dispensateur des lettres de cachet sous le règne de Louis XV. Condorcet lui répondit qu'il ne louerait jamais un . d'être de l'Académie française. semaine prochaine.1 .» [Biogr. « académicien honoraire et Maurepas lui reprochant qu'il tar« dait trop. peut-être d'ici à ce temps aura-t-il autre chose à faire (i).

) (i) Voltaire. En face de lui-même. Le curé de Saint-Sulpice (2) est airivé hier tout courant. le 3o mai. XL. (2) Faydit de Tersac. . ne se tue pas. Paris. Si on écoute l'abbé Bossut ce sera toujours cela de sauvé. au milieu du théâtre. 70. des œu- vres de Voltaire. (Voyez cette réponse. IV. 453. et M. pour tâcher d'avoir un corps ou une âme. une plaisanteiie qui me bonne. Elle revient la fièvre est peu à peu. 11 mourut peu de jours après Voltaire lui écrivit cette lettre. on a mis au bas d'un de ses a fait On quatre vers : Aux cris religieux d'un parterre idolâtre. A TURGOT. le grand homme est sauvé (1). A couronné son front d'un laurier immortel. L'affaissement calmée s'il . Lemandement a manqué son coup. est moindre. Voyez la que Saint-Sulpice. 162 de cette édi- . dans tion. On lui a dit que le corps n'était pas dans le cas d'être enterré et que pour l'âme depuis qu'elle avait piis de l'opium. (Par M. Ce mardi (lin de mai 1778).) Vie de Voltaire . . Condorcet de ce curé de t. Tronchin répond presque paraît assez portraits ces du malade.2 '7 a CORRESPONDANCE imbéciles et des des fripons. lettre et la le 4 mars 1778. canal de Picardie. et il n'y aura qu'un prêtre de mort. on ne savait ce qu'elle était devenue. aussi ce t. . à ce grand homme. p. Gilbert. Je suis fort aise du . érigeant un autel. dit p. /iSa.

Nous avons eu exactement Mon apologie. et je serai jeudi à la Roche-Guyon. à la Roche-Guyon commandant l'ar- (1) Intitulée (2) Le lieutenant général comte d'Orvilliers. Je celle . de Condorcet. Rousseau. I'j'5 Cesoiit. mée navale réunie au port de (3) Ministre évangéliqiie à Genève. Necker. par qui Condorcet Voyez p. J. l'objet. quoi qu'on puisse en juger au contrôle belle action (4).à(|ueIqnesiiiot. Je partirai mercredi.ENTRE TURGOT ET CONDORCET. 177g. Me voici dans la le maison de campagne de mon ne oncle(5).et jesuis seul laïque. M. On prétend t|iie M. J'espère vous voir dimanche au plus la lard. avait éic élevé. C'est une pour un Genevois. de Voltaire va mettre cet accident à mode. Aux Loges. 255. contrôleur général. (4) (5) Chez M. ce samedi. Brest. dont je me trouve bien indigne d'être 71. parce qu'à son âge ce genre de douleurs est rarement sans des suites fort tristes. lesversdesa satire (i). . ami de J. et affaibli avec des douleurs qu'il appelle de la néphrétique. et qu'ainsi on peut bien lui confier le commandement de la la flotte.sprès.d'0rvilliers(2) n'a pas eu d'atta- que d'apoplexie. je vous prie. A TURGOT. Dites. à madame duchesse d'Enville que Moultou (3) s'est enfin déterminé à et me venir voir. mais qu'il a pris aussi trop d'opium. évèque de Lisieux. crois qu'il résultera de mon voyage qu'un devoir rempli de de ma part et Je l'ai beaucoup de politesse de trouvé vieilli mon oncle. Ce dernier point m'a fait de la peine pour lui. M.

II. J'aurai le n'ai point d'éloges et je suis moins et il pour Pâques Joseph de Jussieu(i) J'ai été chevalier d'Arcy (a). quoique fou et dans notre Académie tout et de temps en temps il homme embrasse bien tendrement. tous genres de « mérite (jni pouvaient honorer » la mémoire de l'académicien dont >il avait tant à se plaindre.S»74 ties CORRESPOIVnANCE nouvelles de Mme Blondeli. quoiqu'il ne veuille pas que je sois de l'Âcadénne française. où jusqu'au 6. mais fort comme je suis prends lescboses je resterai peu au tragique. la J'espère vous voir à Koche-Guyon. je vous ici trouvé rier de r Europe^ Fréron. (i) Frère d'Antoine et de Bernard de Jussiou. et le livre de Villet de Saussures. Sans cela je serais seul. je pressé. et qui paraît s'être attaché les à relever. je gens de lettres appellent être leur ennemi capital. . avec une recherche particulière. ce que beaucoup de fort tolérant. . M. Cet éloge fait autant d'honneur au caractère qu'au talent de Condorcet.p. Watelet est donc sauvé à très-peu J'en suis fort aise. [Biogr. et celle de la cliaise longue que vous avez empruntée nous a fait beau- coup de près ? plaisir. fâché de sa mort. c'est encore beaucoup. univ. qui avait été constamment l'objet de la haine la plus animée comme « la « plus injuste de la part de d'Arcy. J'ai un chanoine à qui on peut parler raison à demi. n « « [i] « On trouvera une analyse très-détaillée de tous les travaux de d'Arcy dans l'éloge qu'a fait de lui Condorcet. était au fond un assez bon le un peu brutal. mort le ii avril i779Vol. Il avait fait mal qu'il pouvait faire pouvait empêcher quelques turpitudes.357.) . Je n'ai trouvé de livres dans la maison que le CourAdieu.

disait un jour pendant qu'on vous pouviez l'Ile-de-France. va devenir tout-puissant. j'irais lui dire: Vous avez fait du bien en Europe allez mais ce qui est plus difficile. pourquoi et comment je dois aller chez M. Turgot le mettra qu'il à même de servir de son crédit ceux Il ne pourra obliger par sa place. On ne les aborde qu'un papier à la main quand on les aborde. rage de la vertu mal aux Indes. Maison voit bien Mademoiselle. Un : pauvre homme si assis sur les marches de l'hôtel de tirait la loterie ville. et que mettre dans ce papier? Je ne suis point officier de marine et je ne veux point vivre aux colonies. Vous avez le couque le ciel vous en donne la récom- pense. dont je ne suis pas connu. et que votre l'a nom soit béni sur . mais qui me connaît doit est vrai que la réputation de M. Mon Dieu. 11 le penser. mer comme il été sur terre. Mademoiselle. Pour ne pas sembler repousser core moins les la fortune. que vous ne voyez les ministres que chez vous. Je l'ai dit plusieurs fois. . dont a été question page 245. Turgot. Si la vertu se plaisait à être applaudie indifféremment de tout le monde. vous empêcher le . permettez-moi de vous demander à quel litre.ENTRE TURGOT ET CONDORCET. Qui a lu mon voyage(T) peut le croire. Voici la lettre 2^5 de Bernardin de Saint-Pierre à mademoiselle de il l'Espinasse. et en- marques de votre attention et de votre bon cœur. (i) me faire' tomber le gros Le voyage à .

aux Muses qui consolent du passé et rassurent sur l'avenir. Je donne aux Muses le temps qui nous est prêté. place en France . . Je vis content heureux. moi qui vis sans brigue. Quelqu'un lui dit : point de billet. et je ne le serai da- vantage qu'en le partageant avec l'amitié. Voyons voUe numéro. les bords du Gange. c'est le fruit de la faveur. la mer Kouge. Maintenant je laisse faire ma destinée. loin des protecteurs et des protégés? Combien ces illusions m'ont fait perdre de temps et de pas Combien je me point de titre ! suis troublé de l'inquiétude et de ! la mauvaise foi ri- d'autrui J'ai nagé trop longtemps vers ces faux vages où l'on se noie dix fois avant de mourir. . et d'autres lieux mal connus et même tout à fait abandonnés. DE Saint-Pierre. Je mais le bon Dieu est bien . Quanta de- mander des consulats des pensions ou quelque autre . vous n'avez un . . Turgot ce devait être que si j'allais avec un mémoire et imaginé qui quelque projet le fût utile. dit-il puissant. faire — Encore. loterie. — lui dit l'autre. et je n'ai pour la demander. J'ai Mademoiselle chez M. tout enfin tombe dans l'Océan. Votre irès-humble et très-obéissant serviteur. Comment pourrais-je la solliciter. cru donc . /Vgréezles assurances de respect. et je n'en ai point la davantage à marine qu'un voyage par terie aux Indes pour connaître le golfe Persique. Mademoiselle .276 loi! n'ai COKRESPONDANCi. si ne peut-il vous billet à la gagner un lot. d'estime et de re- connaissance avec lesquelles je ne cesserai d'être.

. osa combattre ceux qu'il avait admirés. le 29 juillet 1774. vous êtes doux . Mais quelle fut sa surprise lorsqu'il vit ces sages précepteurs du genre humain divisés en sectes ennemies. — « bert se récrie sur sa faiblesse de ne pas tuer un pareil coquin . de Saint-Pierre raconte chez elle que son libraire l'a volé effrontément sans qu'il s'y opposât. dit-elle . « « « '( un évèque janséniste et dit en . vit à en croire M. il leur disait :. M. A (1) Paris.iux et fut jeté dans un tel délire par ces odieux traitements. dans son Essai sur « la vie et les ouvrages de Saint-Pierre.. (On sait à quel « D'Alempoint Bernardin de Saiut-Pierre était désintéressé !) arriver à une anecdote principal rôle. M. Aimé-Martin sarcasmes.» (P.. moitié railleur Voilà une vertu de Romain puis ouvrant une : ! : « des boîtes de bonbons qui étaient toujours sur sa cheminée « Tenez . et bon ! « Dès ce moment. etc. la vertu ne se montra jamais et si . que où le mal. et dans cette lutte orgueilleuse. 'l'J'J Je VOUS prie d'en j'/iésenler aillant à M. Séduit par l'admiration générale. de Saint-Pierre sentit « « « que tant d'inconséquence lution de la société : peu de vertu annonçait il la disso- // osa le dire. d'autre passion que la vanité. D'Aleni. niant Dieu pour ado- rer l'ouvrage de leurs mains. de Saint-Pierre se il en butte .) Je passe une longue prosopopée religieuse et sentimentale pour où mademoiselle de l'Espinasse joue le M. n'ayant d'autre but « « «. et l'introduisit mademoiselle de l'Espinasse. avec le qu'il prit la résolution le d'avoir un duel à premier qui regarderait on face! mort Heureusement pcr- . M. au mépris..berl(i). M. souriant que M. Aimé-Martin.ENTRE TURGOT ET COJNDORCET. de Saint-Pierre se rencontrer des félicita d'y hommes qui remplissaient alors l'Europe de leur il « « « « « renommée. de Saint-Pierre avait l'âme très-chrétienne Condorcet applaudit à ce bon mot. et son le ciel n'approcha àme simple et confiante bénissait de l'avoir conduit à !a source de tant de lumières. mademoiselle de l'Espinasse ajouta d'un ton moitié sérieux. in-18. d'eux qu'avec respect. i83-i85 del'édit. raconte que D'Aiembert « « « accueillit avec emchez pressement /^ /^/o^^g^e f/'«« ambassadeur.

et autant à M. Voyez la note p. si j'avais été flatteur.278 CORRESPONDANCE. retirer en faisant cette réflexion '< : fut réduit à se . D'Atembert! 2/|8. des emplois. . « Si j'avais été adultère j'au- rais trouvé des protections. et « si « j'avais été impie. de Saint-Pierre en face. 2/(5 et p.) cpie Cela se passait juste dans le même temps Bernardin re- merciait mademoiselle de l'Espinasse de son attention et de son bon cœur. On m'a tout refusé parce que j'ai voulu être bon igS. des richesses des honneurs. el il sonne ne regarda M. et l'assurait de son respect. ETC. !» (P. de son estime et de sa re- connaisance.

CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. de faire le voyage il d'Italie : il ne s'y refuse pas loul à à faire ce il fait. son tesse et de douleur. et moi-même el ne le voudrais pas. celle de ses autres [amis ne suffisent pas pour faire la diversion qui lui est nécessaire. I M"' DE L'ESPINASSE A GONDORCET. Ce pays-ci ne lui présente plus aucune dissipation. INolreami. el a des secours des soins de l'amitié. il dépérit et d'une manière effrayante. Monsieur. mais jamais ne se déterminera je voyage besoin seul. M. Enfin nous nous réunissons tous pour le conjurer de cbangei. Venez la fois à mon secours. il périt si on ne le lire mène. . lel il faut qu'il trouve loul cela dans un ami I que vous. ne dort plus.de lieu et la vie qu'il . Monsieur. en par un effort de un mot. mais ce qui esl pis que tout plus protris- c'est qu'il esl tombé dans se nourrit la fonde mélancolie. mon amitié. Ce vendredi. ne mange que par cela encore . 27 juillet 1770. raison. il âme ne n'a que de plus d'activité ni de vo- lonté pour lien. j'implore loul à votre anwlié et voire verlu. D'Âesl lemberl dans un étal le plus il alarmant.

vous pouvez nous l'arracher un état qui nous fait tout craindre. et il mon que vous qui puissiez nous conserver l'ami le plus sensible et l'homme le plus vertueux. qu'il qu'il ce voyage avec vous. ait parce que. ce ne fait point depuis qu'il est 'privé du plus qu'il y eût . Monn'y a sieur. et que soumets bien plus à voire sentiment qu'à votre c'est jugement. Vous partiriez M. D'ailleurs. il faudrait pouvoir partir à la fin de septem- bre. talie cette que vous lui écrivissiez qu'il serait assez dans vos arrangements de faire le voyage d'I- année. et il s'y livre d'une façon à désoler ses amis. et selon à VOUS êtes selon son goût seul son cœur. parce qu'il vous faire est important de profiter du séjour qu'y doit de Bernis. la générosité et la force nécessaire. etc. . . il ne veut rien assez fortement pour solliciter. Monsieur. faut aller au-devant de lui. quelque confiance qu'il en votre ami- craindrait d'en abuser en vous demandant de il faire ce voyage dans ce moment-ci.u8o CORRESPONDANCE GENERALE. Vous partagez sentiment. mais vous éles sensible et vertueux. grand intérêt le travail . Voici je donc ce que je désirerais. et que vous pensez que cette le remettrait en état de trala et par conséquent de jouir de qui est vie. vous aurez l'activité. il me dit sans cesse qu'il n'y a plus la pour lui que la mélancolie et mort. Vous sentez bien que tié. Ne perdez point de temps. le cardinal de ce texte pour lui dire voulût bien faire que vous désireriez espèce de dissipation vailler. Je croirais vous blesser en vous parlant des difficultés personnelles que vous aurez sans tloute à vaincre. il cette tournure est nécessaire. etc.

mais promptement. Partez Il de là. ni ne faites pas un mouvement qui ne santé . Venez. novembre 1771. soit relatif à cet objet (i). je vous parlerais d'ici à demain faire sur le même sujet. (2) (3) Frère aîné de l'auteur des Nuits romaines. et je que je vous propo- voyage d'Italie. ce 7 (2). vous la dans cet heureux âge où vertu a toute son Vous comprenez bien je qu'il faut que M. fallait un sacrifice dans votre vie. J'ai enfin reçu . force. D'Alembert me surprend viens de lui avouer de sais le à bonne Il foi vous écrire. Monsieur. refroidir une volonté qui sera aussi salutaire à sa et par conséquent aussi nécessaire au bonheur de ses amis. CONDORCET AU COMTE PIERRE YERRI Ribemont.1 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. Monsieur. êtes et j'aurais à la me reprocher de l'affaiblir. ou du moins n'ayez pas une pensée. Meditazioni salV cconomia politica. mais point Ferney. M. D'Alembeil qui est votre ami. D'A- lembert ignore que vous ai écrit. y eut-il jamais personne qui le méritât plus que votre mallieureux ami? J'ai le cœur navré. Monsieur. 2. et j'attristerais peut-être votre âme. . venez. m'y parait décidé. Je l'ai eu la bonté de me lu ils avec bien du ne dépassèrent (1) Les deux amis partirent ensemble. 1771) (-ot ou- vrage eut en moins de deux ans sept éditions. et il vous faudra de énergie. pour prendre tous vos arrangements ne faut pas laisser avec lui. l'ouvrage que vous aviez destiner (3). (Milan. et c'est 28 S'il M. Courage.

Le bonheur public ne peut être le but immédiat de nos gouvernements absolus.'2Sl CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. ïl y a des pays où les soins du gouvernemeni se bornent à faire en sorte que le peuple ne meure de faim qu'à siste à la longue ne laisser et où l'art de aux citoyens que ce . ni ceux des philosophes qui ont étudié les sciences économiques. l'autre. plus on a d'argent. et rien ne serait plus utile pour les hommes. plus on a de troupes. plus on peut résister à ses ennemis et opprimer ses sujets. qu il était de l'intérêt des despostes de laisser au peuple toute la liberté nuit point à la constitution établie. mais ce son! ceux des gens en place lorsqu'on les choisit parmi des ignoranls élevés dans l'intrigue et vieillis rlans . Ces principes-là ne sont ni les vôtres ni ceux des honnêtes gens. L'augmentation de l'argent du fisc est donc la fin à laquelle tout se rapporte. et par conséquent puissance et les revenus de l'État. el j'espère traduction . plaisir. ne seront point privés des lumières que vous avez répandues sur une matière également obsimportante. Vous avez développé dans votre ouvrage deux grandes vérités: l'une. que de persuader aux rois que les mêmes moyens qui rendent les sujels moins malheureux. lois qui ne que des le sages et une administration équitable sont la meilleur moyen d'augmenter la reproduction . et la que nous en aurons bientôt une que ceux qui ont le malheur de ne et pas entendre langue de l'Arioste des philosophes de Milan cure et . enrichissent le maître. la finance con- qu'il faut pour qu'ils puissent avoir quelque chose à perdre en se révoltant. .

Je plains ces peuples. Vous avez éclairé et un ministre philosophe. et qui sait que plus son âme et ses principes seront connus. heureux. le 28 brigandage. qui veut que le peuple soit libre. si un géomètre a osé vous une observation sur un endroit de votre livre où vous employez le langage de la géométrie. et croient que pour gouverner les hommes esprit éclairé est moins nécessaire qu'une âme inac. faire . l'utilité d'une adminis- douce et juste. Vous dites que le prix est en raison inverse du nombre des vendeurs. et qu'il diminue Pardonnez. les vrais principes de l'éco- nomie politique sont tration le établis. dans le siècle précédent. Monsieur. quelques peuétait réduite à ce où la nature humaine point d'esclavage et d'avilissement. d'une liberté indéfinie dans commerce est bien prouvée. et de pareils choix ne sont que trop à Milan l'avantage d'avoir communs. L'Europe est plus éclairée sans doute que . et je prie Dieu pour que les ministres tion suivante apprennent à lire. cessible à la pitié et aux remords. J'ai ouï dire à des voyageurs ples qu'il y avait en Europe. qui aime la gloire. et de la généraque ce soit dans votre livre. et en raison directe de celui des acheteurs. plus il sera honoré dans cette terre heureuse. GlÎNlÎRALE. .3 CORRESPONDANCF. mais tout cela n'existe que pour ceux qui lisent. Je sais bien que le prix augmente quand le nombre des acheteurs augmente. Vous avez pu sans trahir la vérité parler des intentions bienfaisantes et de l'esprit sage et juste du gouvernement. et par conséquent est nul pour les nations où les ministres ne savent pas un lire.

se dit me semble induire en erreur. malbeureuse- la nient. bien loin de conduire à des idées plus précises. les choses d'opinion peut être forcé par . ces choses-là sont ce qui importe le moins au et le bonheur de les la plus grande partie des hommes. les affaires d'aigent et s'entendre. de toujours par s'excéder de travail pour que leurs oppresseurs fussent rassasiés et encore dégoûtés de plaisirs? Je ne le crois pas. faute de pouvoir se réunir Mais votre pioposition me paraît vraie en général. mais.le vous regarde comme un philosophe ami . et dans tous autres de cette espèce. Dans les États absolu . on que s'il l'auteur se serait contenté n'avait pas du langage or- dinaire. c'est du plus grand nombre que tout est réglé. Vous voyez. tion entendu parler d'une proporque. Est-ce que presque partout le plus grand nombre aurait été d'avis de se sacrifier pour le plus petit. dites ailleurs l'avis Vous les États. Ainsi les langage géométrique dans ce cas. mais est-ce dans même rapport? C'est ce que je ne crois pas. dans tous rigoureusement exacte. '2S/\ CORRESPONDANCE GlÊwiRALE. de se priver du nécessaire pour que quelques bommes regorgeassent de ricbesse. celui des quand le le vendeurs s'accroît. Il me semble que cela est tout au plus vrai dans les démocraties. insuffisantes pourarrêter cours delà volonté générale. mauvaises lois. . sont au moins suffisantes pour empêcher le bien (|ui en naîtrait. Monsieui-.. en un mot dans tout ce qui ne nature. le plus grand nombre désuni où règne un gouvernement est forcé de se soumettre au plus petit. avec «|uelle liberté je vous paile. pour le commerce.

sans les révolter. Monsieur. Permettez-moi de vous mes observations à mesure qu'elles se présentela ront à moi. CONDORCET AU COMTE PIERRE VERRT. non pas de cette espèce malheureuse qui prime. . Mais vous avez.CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. en- tendre que leur véritable intérêt est de faire bon- heur du peuple manière de : faire aux hommes. plus approfondis. excusez mes observations admirateurs dire au et recevez mes remercîments. mieux analyses. Adieu Monsieur. à ce que je crois. sur les matières que vous des principes plus vrais. 1773.e\\es tations sur l'économie politique. mais de celle qui jouit et qui op- hommes naturellement bons. Vous tâchez. qu'elles paraî- trontpour faire sixième édition. Je crois les souffre et se tait. l'état vous avez raison de prendre cette le peu de bien qu'ils peuvent espérer dans de de ses maîtres. vos Médi\. Je relis avec bien du plaisir. Mais ne craile gnez-vous point d'avilir un peu peuple aux yeux de le leur faire voir comme des bêtes somme qui ne valent que . ! et que ne puis-je nombre de vos amis 3. et n'aime (|iie la vérilé. trop bonne opinion de la natuie humaine. faire mais je suis toujours tenté de une exception en de leur faire le faveur de ceux qui veulent être les maîtres des autres. où ils sont. ce qu'elles rapportent? . qui ne cherche traitez. comptez-moi au nombre de vos de vos disciples. n'y a point d'ouvrage où j'aie vu. (les Il ^85 boni mes.

D'ailleurs. Quant au raisonnement analytique que votre éditeur emploie.. sans même aller jusqu'à déterminer comment elles peuvent se compenser les unes les autres. par exemple. ils n'aient à vendre que la moitié des marchandises que cent vendeurs auraient à vendre. du prix. je crois à vaudrait mieux vous borner qui. et celles peuvent faire diminuer. je les ne crois pas qu'ils puissent être regardés comme seuls éléments . indépendamment de la quantité totale des marchandises ou demandées ou exposées en vente. Monsieur. mais les conditions par lesquelles il déter- mine sa fonction ne sont pas suffisantes qu'il : il y a une infinité d'autres fonctions qui y satisferaient. iSG CORRESPONDANCE GKNÉRALE. la Je ne puis être de voire avis sur vofïs faites manière dont du nombre des acheteurs et des vendeurs. le peuvent faire augmenter le prix. ni les . Ainsi. et paraîtraient plutôt contredire celle-là. en déterminer les qualités variables augmenqui tant. leur nombre n'est plus qu'une quantité abstraite. son analyse est fort ingénieuse. Mais quand cela serait le prix est vrai comment pourrait-on prouver que égal au rapport de ces deux nombres multipliés par une quantité invariable? Les faits ne peuvent donner de ces mesures précises. Ainsi de quelque manière que vous entendiez ces nombres dépendre le prix . et de même pour les acheteurs (en sorte que chaque individu ait toujours une quantité égale à vendre ou à acheter). et non le nombre réel des acheteurs ou des vendeurs. les variations de ces nombres peuvent influer sur le prix. Il me semble que ni les faits. En supposant que s'il y a cinquante vendeurs.

La celles la marchandise universelle. les lois des forces. morale. et leur manière d'agir. et que vous voulez les considérer comme des nombres abstraits. l'expérience. les plus conformes que vous nous donnez sur ce que c'est que le besoin ou l'abondance lorsqu'il s'agit du prix des denrées. à . voyez plus grands géomètres de l'Europe. et les occupe encore. U peut conduire à traiter d'une manière abstraite des ques- tions qui ne doivent jamais être traitées que d'après à la vérité. et les idées les plus lumi- neuses en elles-mêmes . ils cherchent : le mouvement de trois corps qui s'attirent ils supposent que ces et cette question. corps sont des masses sans étendue. et les faits. mais l'envie d'acheter et celle de vendre ne sont susceptibles d'aucun calcul et cependant les variations du prix dépendent de cette quantité comme quantité de . et il y a de plus les principes à poser. ou des corps très-peu différents d'une sphère . . les D'Alembert Lagrange. qui dépend elle-même de l'opinion et des passions.CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. mais. Eh bien . toute limitée qu'elle est par cent conditions qui la les a occupés depuis vingt-cinq ans. Monsieur. cessent de l'être lorsque vous les assujettissez à cette rigueur analytique. peuvent être rapportées à des nombres. raisonnements ne peuvenl nous conduire plus 287 loin. celle d'une marchandise particulière. L'effet des forces qui agissent sur la est bien plus tête du commerçant le plus borné facilitent . Pardonnez-moi de revenir encore ainsi sur cet emploi à la charge du langage de la géométrie. difficile à calculer. C'est une belle idée que de vouloir tout les soumettre au et les calcul.

les ennemis de l'humanité. sous vous. et. Adieu Monsieur. on peut savoir combien un pays contient d'hommes un tel jour. sidère je suis sûr de l'intention que en discu- tant avec vous ces matières importantes. Je ne con- que la chose en elle-même. •Tiiillft 1774. Aussi. CONDORCET A LA HARPE (i). que l'une est positive et l'autre négagrande ou petite. tous mes remercîments des (1) Cette lettre fut écrite à la demande de Voltaire pour servir . mais on ne peut calculer quelle serait la mesure de cette augmentation. 4. et qui discute quelques points du plan de campagne que vous avez formé. et non les faits. Je tâcherai de la moins. et ne pas cliercher à en avoir tive . sans être emignorance . et ù counaîtie déterminer. Je dis les problèmes économiques . dans tous il les pro- blèmes économiques où s'agit de quantité. Mais. devons- nous nous estimer très-heureux quand nous savons que l'une augmente etl'autre diminue dansun cas ou dans un autre. battre vos opinions. par exemple. Monsieur-. J'ai été bien sensible. Monsieur.•2SS CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. on peut prouver que si on y détruisait le célibat monastique. regardez-moi toujours comme un disciple et un ami qui combat. parce . barrassé de mon j'ose quelquefois com- que je comple sur votre indulgence et votre amour pour la vérité. à l'estime que vous mériter toujours. du j'ai avez daigné faire de mes opinions et de mes raison- nements. la mesure. Recevez. la population y augmenterait. car.

I. de la Condamine. le premier des géomèrais le de l'Europe. »9 . bien loin de renfermer des fautes grossières. et il est fâcheux d'être obligé de regarder cela comme un mérite. p. Fontenelle. GENERALE. 34. que Fonlenelle tres . si supérieur à tous les préjugés de secte ou de nation. que La Harpe. c'est d'être écrit simple- ment. s'il y en a quelques- unes. Jean Bernoulli. imputer le ne renferment mêmeaucuneerreur qu'on puisse à M. et qui était du petit nombre de gens qui pouvaient l'entendre. de Voltaire donna cet ouvrage. comme l'ont imprimé des gens qui n'étaient pas en état de les entendre. choses flatleiises 289 que votre amitié pour moi vous a inspirées sur l'éloge de M. puissent acquérir des notions sim- ples et exactes sur le système du monde et sur la théorie de la lumière. Si cet ouvrage a quelque mérite. de Voltaire. Car. qui n'avait pas trente ans lorsque le système de Newton parut. Je n'ai pu dire qu'un . J'aupu faire observer encore que. lorsque M.CORRFSPONDANCI. J'ai saisi avec plaisir l'occasion illustre sur lequel de rendre justice à un vieillard tous les insectes de notre littérature s'acharnent avec tant de bassesse et d'indécence. enfin. où il remercie Condorcet de sa complaisance. ce sont des opinions qu'il a adoptées d'après témoignage des auteurs les plus acciédilés. que ces éléments. Voyez ci-dessus la lettre de Voltaire. du 18 juillet 1774. mot de encore ses Eléments de fait la philosophie newlonienne sans cela j'aurais le seul observer que cet ouvrage est où les hommes qui n'ont point cul- tivé les sciences. combattait encore newtonianisme que plus de la moitié de l'Académie des sciences était cartésienne.

et de vouloir faire entendre Newton. L'abbé Des: fontaines était de ce genre il dit quelque part que. il paraît quand Vesprit d'un géomètre presque toujours obtus. en tout est un autre genre y neton . Clairaut. que cien qui y dans son genre ^ sort cF un angle. tel géomètre ou physiaigle. Vous avez raison de remarquer qu'on ne pardonna point alors au même homme d'avoir fait Zaïre il . on ne peut de convenir à qu'il y avait bien du mérite. trois ou un bœuf. de Voltaire. Ce journaliste digne de (car une postérité nombreuse et Je lisais dans une de leurs rapsodies lire on peut en les comme on s'arrête quelquefois dans rues pour écouter les propos du peuple). n'ont et on citait pour exemple la des géomètres qui pas été à postérité. et le goût. . j'y lisais donc que des problèmes n'immortalisaient personne. ce ne serait pas comme géomètre. développé en France se dispenser les théories de INewton ne parut que dix ans après l'ouvrage de M. Si on ajoute à tout cela que pre- mier livre classique où l'on ait . ou un canard.aqo Fontenelle CORRESPOND ANC était resté i. Fontaine et Euler. partager la Desfontaines reprochait à Fontenelle son l'accusait de corrompre a laissé lui. est. GÉNÉRALE. en lySS. MM. Mais gens plus difficiles. ou un hansortes d'animaux qui ont l'honneur de ressemblance de la plupart. que si Pascal allait à la postérité. opiniâtrement attaché à ses piele mières opinions. y a des qui ne peuvent souffrir ceux même qui sont purement géomètres. maître appelle avec donner ce que notre illustre tant de modestie son petit catéchisme d'attraction. Heureusement que. Cet abbé style.

Euler point. bon tous ces temps-ci Condorcet espérerai. Ce jeudi. Je compte avoir bientôt le plaisir de vous embrasser. se plaindre du bon Condorcet! inséiée dans le Mercure de France. de (1) Cette lettre fut juillet 177/1. mais les délations et les calomnies nuisent à ceux qui cultivent arts. la phi- losophie et les Voilà ce qui est vraiment détes- table. malgré dans lesquelles je persiste. qu'il n'est pas mort que son nom ne mourra Le même le Aristarque dé- cidait que M. Peut-on sefâcheraprèscela. Adieu. et préfèrent le Brutus de Fontenelle à celui de M. qui imprimait dans ses feuilles qiip Newton n avait point cVautre philosophie dans la tête que quelques termes de logique. Cela vaut à peu près un géomètre sans injugement de l'abbé Desfontaines. sont un (i). en atten. Premier intérêt : c'est de vous voir. M. je vous fait Vous m'avez ma part une un peu courte. MADEMOISELLE DE L'ESPINASSE A CONDORCET. août 1774. ainsi. c'est un regret et point Mon Dieu. dant celui de pleurer aux Bannécides mes critiques qui. Monsieur. mais plainte. chef-d'œuvre d'éloquence 5. D'Alembert était vention. '9- . aimez-moi toujours. si vous arrivez de bonne heure. encore et plein de vie et de génie.COÎUIESPONDANCE GENERALE. înalgré la décision agi est du critique. de VoltairePTous ces jugements ne peuvent nuire ni à la philosophie ni aux beaux-arts. le reste n'est que ridicule. lorsque les mêmes gens trouvent plus de génie dans Suréna que dans Maho- met. .

Bon Condorcet. AVOCAT AU PARLEMENT. Turgot si l'affaire de Châlons se fera. de Beaurnont voudra bien lui faire savoir. /(S. et à la torture et à comment livrèrent un innocent un supplice cruel. J'ai avril 1775. p. la lettre n** 35 de Condorcet à Turgot. voyez la note p. M. Dupont (i)? j^ vous prie. Voyez. Vous savez comment l'atrocité hypocrite de quelques membres du parlement de Paris fit assassiner juridiquement ils le chevalier de La Barre. (3) Nous rappellerons que l'idée de faire La Barre appartient à Condorcet. 248. Voytz la note p. encore un mot à M. sur la reconnaissance dont furent payés Condorcet et mademoiselle de l'Espinasse. mais d'effacer le déshonneur qu'elle fait dans toute l'Europe à la nation française. Ce mercredi. leur quartier pour avoir l'honneur d'être regardés dans comme de bonnes âmes. Je le recommande à CONDORCET A M TARGET. de Guibert? Je aujourd'hui oui ou non. 277. Si vous pouviez aussi parler de ce malheureux à chevalier de Saint-Pierre votre bienfaisance. qu'on avait remis en vos la mains cause de la raison et de l'humanité (3). Monsieur. réviser le procès de fut lui qui poussa . bien. trouvez le moment de demander M. et si M. mais d'empêcher que les (1) (2) mêmes Dupont de IVemours. secrétaire de Turgot. et que ce Voltaire. Tiirgot veut-il veut-il Eh que j'aille dîner chez lui lui demain vendredi? dirai de M. (2). Il serait question non pas de réparer cette injustice.292 CORKESPONDAKCF GENERALE. 6. appris. Et puis je n'abandonne pas mon malheureux de Bicétre.

ont été et . La déclaration de Louis XI V dit que. ne puissent avoir encore la même au- dace. nous n'avons aucune loi qui porte la peine de mort contre les blasphèmes. qu'une peine de mort prononcée sans y être autorisé par une loi. ne puis croire. mais à le mot de peine de mort ne il s'y trouve point. serait moyen pour de commencer par demander la réhabiliBarre. Celles qui pour ce crime infligeaient des peines corporelles seule- ment. ne peut-il pas les cas- ser lorsqu'ils s'écartent qu'ils infligent du texte de la loi pénale. les juges pourront ordonner de plus grandes peines'que celles qui sont portées par la loi. Le parlement croit-il avoir le droit de con- damner mort qui la lui piait? et le conseil. ont gardé leurs places. désapprou- pape. Mais on dit c'est qu'il a pas de moyen de cassation . pour les blasphèmes énormes. lioinmes qui . précise. et à peut autoriser un citoyen . celui . ig?t à la honte du parlement. une loi pronon- cer la mort d'un autre. J'avais imaginé que le meilleur cela. les magistrats ne sont plus que des assassins? Car claire. qui casse les arrêts lorsqu'ils sont contraires au texte de l'ordonnance pour procédure. et que le saint Louis avait portées. lors- un supplice qu'elle ne prononce pas. Si flétri ses tation du chevalier de La publique avait n'y on l'obtenait. IN'en est-ce pas un Monsieur. et . alors M.CORRESPONDANCK CÉNÉRALE. la loi lorsqu'au lieu d'être des juges. seule. même en ce temps de barbarie vées par de persécution. et dans tout autre cas. d'Élalonde pourrait se présenter sans risques. si l'opinion assassins. sans avoir même aucun ce je que exemple? Or.

je dis encore qu'aucune c'est loi ne prononce de peine de mort pour ce crime. la rue des Billettes. une atrocité réservée à notre siècle. du même supplice. La lettre le Il ci tous nnlres actes scandaleux et séditieux. londe le bris du crucifix. porte. Mais n'est-ce moyen de cassation (pje d'avoir choisi pour . est difficile d'étendre Il ce texte à une insulte faite de nuit. prononce est coupable de meurtre. (pie l'impertinente pro- cession de l'évéque d'Amiens.294 qui la CORRESPONDAIMCE GÉNÉRALE. Je vous juges de La Barre n'avaient pas même le que les pour eux la la jurisprudence des arrêts. l'assassinat de est La Barre un assassinat d'un genre nouveau en France. mais ne peut écliapper à l'infamie. Petit avait fait le juif des chansons impies. étaient des sacrilèges Herbe Aucun de ces cas ne peut s'ap- pliquer au chevalier de La Barre. . un fanatique séditieux. comme à Paris elle a été du fanatisme et de l'hypocrisie. Voyez la loi de Charles IX dont on s'appuie il : un article l'édit de pacification. Toute cette celui affaire a été à la x\bbeviile l'ouvrage de lanimosité et de pas un haine. n'y est question que des bris d'images qui pourraient renouveler les troubles. ai dit 11 peut il bien . cocher de l'hôtel de Guise était sorcier. écliapper au supplice. s'il est puissant. assassinats juridiques J'ai parcouiu liste des commis par parlement de Paris. phématrice et celui celui qui fait On ne peut punir une chanson blas- qui la chante. Ainsi. Eh bien la . et je n'y ai vu Morin le était aucun blasphémateur simple. quoi qu'on en dise. d'Éta. On objecte à M. de . n'y a point eu d'autre sédition à Abbeville.

à qui offi- même on ciers sans que les en titre et les plus anciens gradués se fussent serait-il déportés? Combien ne ses assesseurs? pas dangereux que le lieutenant criminel d'un bailliage choisît à son gré On la vous parlera de lettres d'abolition. ne révèle la turpitude comme juris- de notre prudence. : quant à celui des juges. leurs fauteurs. que tous les petits intérêts de corps disparaîtront à vos yeux devant ceux de la raison et de l'humanité que vous aurez. Monsieur. sont dévoués dès longtemps à l'opprobre et à l'exécration publi([ue. n'ont rien à perdre eux leurs complices. que ces craintes ne vous arrêteront pas. en défendant laméles assassins moire de La Baire. siège. Au aux protecteurs du reste. de . d'Etalonde.Je vous demande en grâce. parlement de Paris avec craint qu'une On plume éloquente. Monsieui-. je les refuserais avec hor: reur M. je ne sais ce qui peut arrêter même les amis des juges de La Barre . cessaire. Maisjesuis sur. s'il est né. d'un op- probre éternel on craint qu'un arrêt solennel celui de Calas. Je sais qu'à place de M. et l'honneur du Voilà ce qu'on veut. assesseur U()5 un gradué des derniers du contestait cette qualité . n'ont-ils pas tière été cent fois dénoncés à l'Europe enen toutes lettres? comme Ne des assassins également féroces et abpas surdes? les a-t-on nommés Ne s'est-on pas élevé contre la faiblesse de leurs confrères qui souffrent que ces assassins siègent avec eux? Il s'agit de venger l'humanité et l'honneur du ils nom français. .CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. le courage de déplaire fanatisme et de l'hypocrisie. sauvé. ne couvre . d'Etalonde serait lui.

si vous conservez encore Beaumont p. CONDORCET A M. ne pas prendre un parti décisif sur cet objet. Octobre 1776. (i) et Comte. . . J'ai prononcé trop hautement mon opinion sur les ouvrages de M. mais si vous n'a- xez que demain à plaisir me donner. Voyez sa lettre du 4 mai. LE COMTE DE MAUREPAS. mon inviolable et comptez sur dévouement (i). 80. Donnez- moi. et encore plus d'être épargné par un homme dont j'ai que j'ai dit le de M. Necker. Je seiais fâché d'étie dépouillé. qui connaissait mon peu de foitune et qui voulait me mettre à portée de me fixer à Paris. me font espérer que vous me pardonnerez de m'adresser directement à vous. Daignez donc. vos ordres. mais j'ignore dans quel département la place que j'ai se trouvera. m'a donné une place d'inspecteur des monnaies. Necker et sur sa peisonne. Je viens d'apprendre que le contrôle général est partagé entre M. je vous prie. Vos anciennes bontés pour moi Monsieur le Comte. sans avoir eu une conversation avec moi. s'en repentit ensuite. je j'aie à voir sacrifierai ce voyage. que M. Taboureau et M. avec cinq mille francs d'appointements et un logement. M. Turgot. Rue 7. Voltaire avait voulu que l'on consultât Élie de il Target. Louis-le-Grant). où son amitié pour moi lui faisait croire que je pourrais me rendre utile. Necker. pour que je puisse garder une place qui dépendrait de dit ce kii. Je compte aller demain quelque à Versailles à onze heures. je vous supplie. Turgot. M.aqô CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. Le marquis de Condorcet.

Je suis charmé que vous ayez reçu de bonnes une partie méca- pièces sur la question importante que yous avez proposée. un homme sans mains. sans presque aucun apprentissage. un homme privé des jambes. Il y a dans celte question nique qui mériterait d'être traitée exposerait les à part.) Paris. que je remette ma démission. etc. Celle qu'on emploie dans paraît un peu cruelle . pût. gagner sa subsistance du moins en partie.CORRIiSPONDANCE GÉNÉRALE. CONDORCET AU SECRÉTAIRE DE L'ACADÉMIE DE CHALONS. AU SUJET DE CETTE QUESTION Quels sont les : moyens d'extirpé?' la mendicité? (fbagment. '^97 quelque bonté pour moi .etje vous supplierai dans ce cas de vouloii. s'il ne tourne incessamment une manivelle pour pompeil'eau qui le gagne. maisons de force de Hollande me on descend le fainéant dans : un bassin profond où l'eau tombant sans cesse par un tuyau. qui sont une espèce d'estropiés. 1781.. rait aussi en inventer pour les faite travailler les pares- seux. On a soin de proportionnertravail à les le volume de ce forces .bien permettre que ce soit entre vos mains 8. qu'un aveugle. fluide et la durée de ce ses de sorte qu'on augmente tous jours par . On pour- des machines . me faire savoir si je dois dépendre du déparlement de M. et où l'on moyens d'adapter à différents métiers telles. il se voit inondé de manière à se noyer. lXecker. un manchot.

de Courtanvaux. la Holle Valais. et et la Suisse. de Lamanou. croyant en la 1776 il qu'il n'y avait plus rien h espérer pour France. pouvoir me rendre que vous avez eu la bon té de me faire. . légitime. c'est-à-dire à cent écus de rente. la totalité delà succes. sion. un travail moins rebutant 0. CONDORCET A MALESHERBES. le malheur de ne pas croire. Monsieur.igS CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. . mais je suis retenu à Paris par mes affaires du secrétariat. Cet exercice lui dégourdit les et lui fait désirer membres. de Maurepas et de M. Je me trouve dans l'embarras où vous vous êtes trouvé en 1770 pour l'éloge de ce vieux conseiller de la cour des aides. il renvoya le îout un beau jour. J'ai envoyé votre lettre à M. l'avait réduit à sa l'exil. Du vendredi saint 1782. (i). J'aurais bien voulu. moitié par moitié. Il faut que je fasse l'éloge de M. parcourut lande (i ) France de Salon en l'Angleterre. giadation. mort dans à l'invitation dont il n'y avait rien à dire sinon qu'il mort mais je n'ai pas ce qu'il me faudrait pour m'en tirer aussi bien que vous. qu'alois son frère. resta a longtemps dans Ce fragment paru dans le Magasin encyclopédique i\Q Millin. que vous avez vu l'obligea à partager avec lui. que . la partit à pied . Vous a-t-il raconté son bistoire? vous a-t-il dit qu'étant clianoine d'Arles ayant la promesse d'une pension. . et était . que son père. Provence. qui n'avait pas prévu ce changement d'habit. ne voulant pas être ministre d'une religion qu'il avait comme on dit.

à Moïse. ni même bourgeois ayant pignon sur rue. nous délibérons à l'Académie française sur la fondation d'un prix de vertu qu'on nous propose. et mémo avec des erreurs de dates. Le prix est de 1. les assurances de mon inviolable et respectueux dévouement. où était aussi il trouva que. AU ROI DE PRUSSE A Paris.-200 francs. Ce qui tout. 22 décembre 1783. le Dauphin. faite dans l'étendue du royaume. sans ordre. liormis conde. que l'auteur del'action ne soit ni gentilhomme. . soit dans celles de Condorcet. L'ami de M. Nous couronnerons chaque année l'action la plus vertueuse. on bien qu'ailleurs? a maintenant d'aller en Sibérie voir sur le la place les sur- prétendues dents d'éléphants. qu'on présentera à M. Monsieur. je vous prie. à chaque pas que l'on sur le Jeudi prochain. à tout Il prendre. le (i). ce sont les soufflets charme fait que l'histoire naturelle donne globe. Sire. On fera imprimer le récit. avaient été déjà publiées. finit 299 envie par revenir en Provence. soit dans les œuvres de Frc déric. D'Alembert ose se flatter que Votre Majesté daignera ne pas désapprouver (i) la liberté qu'il la se- Les lettres de Condorcet et du roi de Prusse. et Il nous en ferons au public ini récit bien tourné. mais sans notes. Avez-vous eu l'Académie? la patience de lire mon discours à Agrçez. afin de lui apprendre faut à connaître leshommes.CORRESPOiVDANCE GÉNÉUALE. 10.

lui parler la . Honoré de tre. . l'amitié de Votre Majesté. Sire quelle était pour lui l'estime et j'ose dire. de soixante-six ans. parce qu'elle n'a pu se dissi- muler sans doute qu'eux seuls étaient véritablement dignes d'être vos égaux. . 3oO prend de CORRESPOJNDANCli GÉNÉKALE. a vu venir mort avec un courage tranquille et sans faste. ni rendre mourant à ce qu'il avait fait toute sa de mépriser. suivi la (i) j4gé mort d'un était homme mort l'honneur de sa pierre le patrie.. C'est dans cettevue qu'iLabien voulu me choisir pour son héritier. Il s'occude sang-froid que de bonté. avec autant de sa traduction de Tacite. Cette expression l'égalité semble autorisée en quelque sorte par avec laquelle Votre Majesté a toujours traité les hommes d'un génie supérieur. même extérieur. il s'amusait à se faire liie les énigmes du Mercure. J'affligerai hommage en vie profession peut-être Votre Majesté. D'Alembert qui avait paru craindre . des moyens ses d'assurer après sa domestiques. ou plutôt j'ex- citerai son indignation en l'instruisant de ce qui a . M. je sais confiance intime de cet . Il a corrigé la surveille de sa mort une feuille de la nouvelle édition la qu'il préparait pait. aux préjugés de son pays. les souf- frances et les infirmités de la vieillesse. et les devinait. D'Alembert <lr la 29 octobre 1783. d'une douleur qu'elle partage(i). Dans ses derniers jours. homme illus. voulu payer aucun tribut. des secours mort des récompenses à à ceux que sa bienfaicette sance faisait subsister. et me donner dernière Il n'a marque de son amitié et de sa confiance.

parce qu'elle leur donnait droit de lui ériger un monument. D'Alem.CORRESPONDAKCli GÉjNÉRALE. C'est au nom seul de M. un calme dont il était . bert a été porté. Le curé a joint à ce refus celui de tous les petits honneurs qu'il pouvait ne pas accorder sans se compromettre et M. et a laissé et plusieurs un volume d'ouviages de volumes de philosophie de littérature. 3o I sépul- Son curé ture. et cette réclamation serait écoutée. prêts à être imprimés. la vérité le . distinc- absurde en elle-même. au milieu d'un peuple étonné que ses prêtres traitassent avec tant d'indécence un homme dont ces mêmes préties n'avaient jamais en vain sollicité la bienfaisance. parmi nous qu'on ne refuse les point à ceux qui la payent. lui refuser la savait que j'aurais courage d'invoquer con- tre cet acte de fanatisme la l'autorité des lois. Il n'a pas osé à . Il a conservé. le trop peu mien est trop obscur connu de Votre Majesté. une présence d'esprit. et à laquelle amis de M. mais encore en usage . D'Alembert que et je sollicite cette grâ. M. Je littéraires. D'Alembert m'a remis. sans appareil. la surveille M. pendant cette opération qui a été longue et bien douloureuse pour l'amilié. et j'ose me pro- pose de donner une édition complète de philosophiques et ses œuvres à demander Votre Majesté la permission de la faire paraître sous ses auspices.ce. le prêtre s'est que donc orné à refuser tion sépulture dans l'église. dans les be- soins extraordinaires des pauvres. sa de sa mort. D'Alembert attale chaient quelque prix. correspondance avec Votre Majesté et tous ses papiers. une . fermeté. D'Alembert mathématiques.

Je regarde les autres portraits dont je ferai l'usage comme un dépôt que Votre Majesté daignera me fait prescrire. Sire. . D'Alembert de lui donner des marques d'amitié et de considéra- tion. etc. a laissé d'autres et de Votre Majesté. Watelet dans le 11 même état. DU ROI DE PmJSSE A Berlin . Watelet. je Monsieur (i) le marquis de Condoicet était fils . que ce dépôt fut confié après sa mort M. . ble qui . La raison. cacheté en présence de M. n. des pertes multipliées Il encore un appui bien honorable pour jesté. et tous ceux qui s'intéressent à la ses progrès font des vœux pour conservation de Votre Ma- suis. traits qu'il avait marques précieuses des bontés n'a disposé que d'un des por- reçus d'elle. depuis l'enfance de M. Le paquet. en faveur de madame n'a cessé Deslouches . la veuve de son père(i). D'Alembert. Des- D'Alembert naturel de M'"^ de Tenciii. vous suis M. a parer. a été remis à M. depuis quelques et très-difficiles à ré- années. Son intention depuis longà temps. ler sa sensibilité. lui causer des regrels et réveilétait. dans cecruel instant. le 7 de janvier 1785.302 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. impossible de n'être pas attendri. (inédite). en admirant son courage. lui reste en Europe. de l'Académie française. femme respecta. son ancien ami.le elle. Les lettres de Votre Majesté ont seules paru. de .

CORRESPONDANCE GENERALE. Il vient de m'en manquer deux. Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait. car n'y a pas de comparai- son à des sages réflexions de Tacite aux baliver. et C'est dommage qu'il pas traduit Tacite en entier. parce qu'il est serré. que vous lettre m'avez envoyés avec votre du ^3 octobre de l'année dernière (i). qu'on appelait Destouches- Canon. Je ne sache d'ailleurs pas qu'aucun ait traduit des ouvrages de Newton fit un commentaire sur l'Apocail lypse. Potsdam. Autrefois M. et vous me rendriez un véritable service. pour (i) le distinguer de l'auteur du Glorieux. énergique de nos grands géomètres l'antiquité. nes de saint Jean. en sa sainte et digne garde. fort obligé 3o3 des ouvrages de feu D'Alembert. D'Alembert m'a fait le plaisir de me procurer quelques bons sujets pour l'Académie des sciences. Monsieur le marquis de Condorcet. Tacite est peut-être. lui-même. de force. de tous les auteurs de l'an. Frédéric DU ROI DE PRUSSE. Cette lettre manque. mais feu D'Alembert lui est bien supérieur par le choix faire qu'il a fait. tiquité celui qui était le plus propre pour être tra- duit par et plein un géomètre. J'en ai eu quelques essais qui ont paru dès n'ait le commencement. Mais un homme qui était original quia fourni une infinité d'ouvrages sur des matières scientifiques. commissaire d'artillerie. ne devait pas passer sa vie à traduire ce que d'autres avaient fait. si vous pouviez m'en touches. . 6 avril 1785. 12.

pendant lesquels seul recueillit les matériaux du ouvrage destiné à Il faire survivre son fin . c'est M. . Beauzée (Nicolas). serait le M. remplacer. [. Je ne sais où Frédéric avait pris qu'il fût abbé. très-oubliés aujourd'hui. auteur d'un assez grand nombre d'ouvrages. est assez connu comme traducteur et grammairien. s'il était possible. Cela ajou- terait.. que fondait Frédéric il ans en Prusse. Il l'abbé Girard. successeur de Duclos à l'Académie fran- çaise. qui élaitgram- mairien et puriste Je crois qiiel'abbé Beauzée(2) le plus capable de la place. de là peut-être l'erreur rut en 1789. Sur ce. et dont on peut voir la plupart liste dans la Biographie universelle le style. etc. nom.'^o4 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. . Il avait commencé par être jésuite (sans être prêtre) et professeur au collège de quitté cet ordre. ayant passa vingt il fut nommé professeur de grammaire générale II. c'est (i). Personne n'est plus capable que vous de le trouver des sujets dignes de remplacer. L'autre qui nous a quittés. Il l'école militaire de Beiiin. né à Laroche. grammaire. Tliiébaiilt.î Nancy. et logement à part. à l'estime que votre caractère ait et vos ouvrages m'ont inspirée pour votre personne.'un. ses Souvenirs de Berlin. donné une nouvelle édition des Synonymes. Il écrivit beaucoup sur la langue française.. bailliage de Remila remont. quitta la Prusse à la il de 1784 et revint se fixer en France.uoo risdalers. où (2) mourut en 1807 proviseur du lycée de Versailles. je prie Dieu qu'il vous en sa sainte et digne garde. procmer. la . Il mou- . s'il voulait accepter Les appointements pris ensemble le montent à i. de du roi de Prusse. Prévôt qui avait le département de la philosophie et des belleslettres. et de Dumarsais à \ Encyclopédie avait . Plus tard. (i) Thiébault (Dieudonné).

dégagés de tout l'appareil du calcul. et les comme toujours aimé presque également mathématiques et la philosophie. A Paris. ce 2 mai 1785. Je prendrai seulement la liberté de ces résultats. le calcul des probabilités. 20 .CORRESPONDANCE GENERALE. J'ai cru qu'il pourrait être utile d'appliquer lités à celle le calcul des probabila des décisions rendues à j'ai pluralité des voix. beaucoup trop long peut-être. où j'ai exposé les principes et les résultats de l'ouvrage. excepté dans les cas où la vie du coupable peut être dangereuse pour la société. L'ou vrage que j'ai l'honneuideprésenlerà Votre Majesté (i) traite d'objets très-importants. Je n'ose désirer que Votre Majesté daigne jeter les yeux sur un discours. : et qu'elle a volonté du législateur or. comme il est même très-probable que. toutes les fois qu'elle n'est pas de la la nature même des choses. Cette conclusion est la suite d'un principe que je crois rigoureusement vrai : c'est possibilité d'erreur dans un jugement est que toute une véritala suite ble injustice. 13 3o5 AU ROI DE PRUSSE. lui parler de deux de la L'un conduit à regarder peine de mort comme absolument injuste. un innocent sera (i) Essai sur I. comme pour cause on ne peut avoir une certitude absolue de ne pas condamnerun innocent. je me suis trouvé heureux de pouvoir satisfaire deux passions à la fois. Sire. dans une longue suite de jugements.

la liberté regarder ouvrage.le moyen des formes auxquelles les décisions peuvent être assujetties doit exiger. Les conséquences peuvent fut-ce être importantes. à .à les indiquer dans nn ouvrage si des presses d'une imprimerie royale. et je la supplie de ne que je prends de lui présenter mon quecomme un témoignage démon admirade mon respect. forme des constitutions politiques et que plus ces formes sont compliquées. me on paraît en résulter qu'on ne peut l'er- sans injustice rendre volontaiiement iiréparable reu!' à laquelle est nécessairement et involontai- rement exposé. mais Je j'ai bornei. il condamné. de voir la destruction des abus s'opérer avec promptitude et d'une mala démocratie . plus elles se rapprochent de moins elles conviennent aux naoù le commun des citoyens manque d'instruction ou de temps. Le second résultat est l'impossibilité de parvenir. à cette ne que pour les opposer espèce d'exagéla ration qu'on a voulu porter dans cru qu'il sorti fallait se philosophie. à remplir les conditions qu'on ces décisions ne soient ren: moins que dues par des conclure que hommes le très-éclairés d'où l'on doit bonheur des peuples dépend plus la des lumières de ceux qui les gouvernent que de . pai. qu'enfin il y a plus d'espérance dans une monarchie que dans une république. tions nière tranquille. pour s'occuper des affaires publi(jues. tion et Je ferai tous mes efforts pour lépondre à la con- .3ob CORRESPONUANCK GENERALE. demande pardon à Votre Majesté de lui parler longtemps de mes idées.

fiance dont So^ Voire Majesté m a honoré.. Je ne puis en- core lui proposer qu'un seul sujet qui pouriait remest pro- placer M.et aurait une L'auteur de l'Origine des cultes (1794)le (i) « « « Condorcet de littérature au proposa au grand Frédéric pour la chaire collège de Berlin. Sa conduite rité l'estime et son amour pour . il fesseur depuis longtemps dans l'univeisité de Paris. et donner des leçons de grammaire. Dans cette position et ferme. sur l'origine des constellations. qui foi ont voulu l'engager à profession sur l'antiquité du monde. maishonnéte accepterait avec reconnaissance une place dans serait votre académie et une chaire dans votre école militaire. Il pu même. Dupuis(i). ) Bingr. 20. La mort de Frédéric et (17 août 1786) rompit l'enga- gement de Dupuis supprima son voyage. » ( M. qui avait donné Dupuis. une de en voilant ces conséquences au hasard d'af- faiblir le mérite de son travail. C'est M. cruelle il pour un homme sage . le travail lui ont mé- générale l'érudition l'a mais son goût dominant pour conduit à entreprendre un grand ou- vrage sur les théogonies anciennes. art. les quelque Ce n'est pas qu'il veuille attaquer diles rectement choses établies. u/iii'. éviter de déplaire à partie des membres de notre Académie de bellesfaite sa lettres. en remplacement de sa démission. Thiébault clans l'Académie. . mais conséquences n'a qui résultent de ces discussions ne peuvent pas toujours se concilier avec les idées communes. et le il ne peut continuer ce tiavail et ici publier sans offenser des gens qui ont encore crédit. Thiébault.CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. Un seul obstacle rariéle : il dans dixle- huit mois ce qu'on appelle émérite.

a pour lui-même et pour ses enfants des espérances qui le retiennent ici. au il lieu qu'en quittant aujourd'hui perdrait dix-huit ans de sa vie. pour ne de lenteur dans l'exécu- me pardonner un peu tion de celte partie de ses ordres. dont Votre Majesté m'a fait l'honneur me parler.3o8 CORRESPONDANCE GliNERALE. cet ordre ne serait pas difficile à obtenii". . etc. de i. mais aucun qui leurs fût du même ordre. Beauzée. d'hommes de de lettres auraient au même . et. Par là elle acquerrait un très-bon professeur de grammaire. D'ail- une longue habitude d'enseigner. Les professeurs qui voyagent par ordre du roi titre peuvent conserver leur et si Votre Majesté paraissait y prendre quelque intérêt. est âgé . degré. J'espère pouvoir bientôt remplir les intentions de Votre Majesté pour un professeur de philosophie et de pas belles-lettres : mais et elle connaît trop bien l'état de notre littérature de notie philosophie. cle. assez dévot très-flatté de siéil ger à l'Académie française. un académicien d'une érudition trèsdistinguée. Je pourrais proposer à Votre Majesté d'autres hommes de mérite. et une condans un corps où ses opinions et son mérite lui ont fait des ennemis et des jaloux semblent des avantages que bien peu duite exempte de reproches . Mais Votre Majesté pourra aplanir cet obstaen se faisant remplacer. M. employés dans l'espérance de cette retraite. quoique peu riche.4oo livres traite assurée de notre monnaie. Je suis avec le plus profond respect. et qui a su y porter de l'esprit et une philosophie très-rare parmi cette classe de savants.

que la les peines soient grièves les punition retienne afin que la crainte de âmes dépravées qui seraient capables de le commettre. ici. ou un mensonge que la douleur extorque.CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. comme en An: La raison est des plus convaincantes elle ne dépend que de la force ou de la vigueur du tempérament de celui auquel on l'applique. Sog DU ROI DE PRUSSE. sans profondeurs du que vous soyez du même sentiment que le marquis Beccaria. à la préface. lorsque les actions sont atroces. exigent . Un moyen qui peut produire un aveu de la vérité. Pour ce qui concerne la question. Un fds qui tue son père. il y a près de cinquante ans qu'elle est proscrite gleterre. de vos calculs. Je comprends malheureusement que la philosophie n'ose pas marcher léte levée dans tous les pays. A délit je suis bien aise . 14. 29 juin 1785. est trop incertain et trop dangereux pour qu'on puisse l'employer. Potsdam. Voyez la IcUre pré- cédente. (i) L'Essai sur le calcul des probabilités. Dans la plupart des pays les coupables ne sont punis de mort que l'égard de vos opinions touchant la peine . Je vous remercie de l'avoir me ma communiqué. vous les et je m'en tiendrai . comme sonder me l'indiquez car les ignorants de classe se contentent du résultat infinies. mais j'attends votre ouvrage ( 1 ). . l'empoisonnement et pareils crimes. J'ai reçu votre lettre. qui n'est pas encore arrivé.

proposez à la place de M.3lO CORRESPONDANCL GÉNÉRALE. ce n'est que je vous prie de vous ressouvenir quel- quefois d'un nombre déjeunes gens rassemblés dans une académie. Le livre de l'Origine de tous auquel Dupuis tra- vaillait alors. d'apparence de Je vérité. etc. et qui ne parut qu'en 1794. conçois que. ment plus anciens qu'on ne le débite et de toutes hypothèses que l'on soutient sur ce sujet celle de l'éternité du monde est la seule où se rencontre le moins de contradictions et celle où il y a le plus . me et. J'écrirai d'ailleurs Gollz. vous pouvez lui l'y disposer au cas qu'on ne puisse il obtenir cette pension dont espère de jouir en France. philosophie et de belles-lettres il faut du temps et du choix si . je si cepterai Irès-volontiers. pour essayer d'obtenir cette pension de en cas de refus. (i) (2) Dupuis. on pourra lui en s'il accorder une sur sa retraite. attendant avec empressement des instructions qui leur manquent pendant l'absence d'un professeur. il pourra la publier selon son bon En le gros. ne pouvait plus vaau baion de la quer à des emplois. Sur ce. pour trouver un professeur de . que planètes et globe que nous habitons sont infini. j'arrangerai [p) ^ le tout. ainsi je ne vous presserai pas sur ce sujet. les cultes . la Je VOUS suis Irès-obligé de personne que vous l'ac. France. . les . sa et. Voyez la lettre précédente. ici Pour les Théogonie plaisir. je suis de son opinion. Thiébault (i).

il savoir: les peines et les récompen- y a tels cas où l'atrocité du crime doit punie avec rigueur. J'en viens à l'aiticle des lois que M. Les assassins par exemple. L'erreur contraire avait été coni la mise à la lettre 19 de cette édition. les ne faut pas que juges se pressent à pronon- cer leurs sentences. le con- tenu de rend visible.CORRESPONDANCE GENERALE. qu'il ne faut négliger aucunes des brides par lesquelles duit les ses. parce qu'ils un pouvoir tyrannique sur la vie sur les possessions des est hommes. et qu'il vaut mieux sauver un coupable que de perdre un innocent. et on conêtre hommes. en effet elle n'est Je conviens qu'une prison perpétuelle plus cruelle que la une punition pas si mort met . déterminer à accepter et je . la peine de mort.le vous suis très-obligé de la peine (jue vous vous donnez pour me procurer des instiluteurs dont notre Académie a grand besoin. ô\\ DU ROI DE PRUSSE. Voyez . et sur lesquelles vous avez égale- ment qu'il écrit. 3i5. mais frap- (i) L'édition de 1789 la lettre octobre . 14 mai 1785 (i). . Cependant je crois m'être aperçu. ne doute point que vous ne réussissiez à me procurer des gens habiles de quoi je vous aurai une grande obligation. 15. c'est une erreur que note p. Potsdam. méritent se sont attribué et et les incendiaires. Je suis entièrement de votre sentiment. par l'expérience. de Beccaria a bien expliquées. Je conçois qu'il y a des lenteurs tant pour le choix des sujets que pour les les postes qu'on leur propose.

etc. fiiit pante que celle qui se aux yeux de la multitude. a proposé un prix de 600 livres pour un éloge de M. nous sommes la réduits à nous servir de nos semblables. Les anges pourraient y réussi?*. et une autre année. qui demeurent toujours beaucoup en ariière dans perfection. n'ayant aucune connexion avec ces Messieurs-là. . parce que de pareils spectacles font plus d'impression que des propos passagers qui rappellent les pei- nes que souffrent ceux qui languissent dans les prisons.Ô12 CORRESPONDANCE GENERALE. La plupart de ceux qui travaillent ordinairement pour ces prix avaient L'Académie française elle est obligée de remettre le prix à . J'ai fait dans ce pays -ci tout ce qui a de moi pour réformer la justice et dépendu pour obvier aux abus des tribunaux. D'Alembert au française. n'a reçu aucun discours. etc. AU ROI DE PRUSSE. n'en existe qu'une encore. D'Alembert mais pour notre littérature. des obligations de plus d'un genre à M. deSaint-Remy pour Il frapper j'ai la médaille. et cru devoir en faire hommage à Votre Majesté. Quelques-uns de jugement de l'Académie ses amis se sont réunis faire avec M. je prie Dieu . non pour la gloire de M. (1785. Sur ce. Un capitaine d'artillerie. J'en ai été affligé. de SaintRemy.J Sire. nommé M. mais s'ils voulaient se charger de cette besogne. D'Alembert.. 16.

CORRESPONDAIVCE GÉNÉRALE. Il est singulier que M. et que beaucoup de gens de lettres qui avaient des obligations à M. D'Alembert se soient dispensés d'en faire l'éloge. . D'Alembert il n'y perd pas grand'chose. etc. Rien de dinaire. parce plus rare dans tefois la le monde que la reconnaissance : tou- mémoire de M. 9 août 1785. paice qu'on n'a point extraordinaire. à moins qu'ils ne permettent de le regarder comme un aveu de leur ignorance. de notre littérature écrit d'un style et de notre pliilo- On on fait des phrases. il . parce à dire. Cette ignorance est la plaie secrète sopîiie. etc. que des trônes vacants et pas de posVous qui avez été l'élève du grand homme que nous regrettons vous seul pouvez lui succéder. qu'on n'a que des choses vérités qui communes on débite des paradoxes. et vaut mieux n'être point loué que de l'être mal. de Saint-Remy ail fondé un prix pour les médailles des philosophes. J'ai reçu la avez eu la médaille de M. tulants dignes de s'y placer. Potsdam. Je suis avec le plus profond respect. Sur ce. J'aurais voulu qu'on hii eût laissé sa perruque. comme il la portait d'or- que rien ne contribue plus à la ressemblance que dégrader les hommes dans l'ajustement où on était accoutumé de les voir. D'Alembert que vous bonté de m'envoyer. el leur silence les 3l3 expose au reproche d'ingralitude. DU ROI DE PRUSSE. faute de pouvoir trouver des ne soient pas triviales.. etc. et d'idées. Les beaux jours de la littérature sont n'y a passés. 17.

19 septembre 1785. Je n'ai reçu la lettre dont Votre Majesté m'a ho- noré que depuis peu de jours. a de n'être naître quel- ques légers obstacles pourra aisément J'ai . mais M. ses droits à la retraite. 3i8 et 322. J'espère que M. a paru flatté Le corps de l'Univerde l'honneur que reçoit M. qui sont d'ailleurs bien mais appelés hors de leur collège. h) Lévesque (Pierre-Charles). au retour d'un voyage que j'ai fait en Bretagne et en Berry pour y examiner des projets de navigation. Paris. en France. ja- L'intrigue de quelques hommes médiocres. 18. AU ROI DE PRUSSE. Nos peine pour plusieurs espèces de vols.de mort Nous sommes malheureusement encore bien éloique pour des lois assujettissent à cette crimes atroces. de ne punir. je dois le proposer à Votre Maprendre encore quelques informations. la glace pour laquelle Votre Majesté a daigné témoigner quelque intérêt loin de s'y opposer. Dupuis. acquis par dix-huit années de service dans l'Université. Dupuis. en vue un homme de la professeur de belles-lettres et de philosophie. lecomle de Vergemies mérite (2) pour place de les lever. gnés. Sire. . Voyez p.3l4 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. mais avant d'avoir l'honneur de jesté. (i) et ces vols ont été De pouvoir quiuer la France immédiatement sans perdn . et qui rejaillit sur le corps même. jaloux de srirs fait M. nement sité. Dupuis obtiendra de notre gouver(i).

la Un des premiers fectionner celte soins de Votre Majesté a été de perpartie de législation dans la monarchie qu'elle gouverne. un liasard de typo- graphie. motifs particuliers. ii octobre (i) 1785. nations de l'Europe. Notre jurisprudence criminelle est inférieure à celle de la plupart des ce siècle. c'est une erreur. 1 DU ROI DE PRUSSE. même en suppo: sant qu'on la réservât les crimes atroces c'est que ces crimes sont précisément ceux pour lesquels les juges sont le plus exposés à condamnei. Une der la seule considération m'empêcherait de regar- peine de mort comme pour utile. L'horreur que ces actions inspirent. d'après ce qu'ont paru exiger des circonstances passagères. octobre. troublent trop souvent la raison des juges. Potsdam. magistrats ou jurés. Voyez note p. il y en a eu des exemples très-fréquenls en Angletene comme en lespect.des inno- cents. Je vous suis très-obligé des Éloges bien voulu m'envoyer (1) . Je suis avec le plus profond 9. et France. classés. .CORRESPONDANCE GENERALE. 3i i. ont été transposés par la paraît que ces mots mai. et plusieurs souverains depuis ont suivi son exemple. etc. Au conmiencement de l'Angleterre seule avait sur nous quelcpie avantage. l'espèce de fureur populaire qui s'élève contre ceux qu'on en croit les auteurs. ÔID mais par des non d'après des principes et fixes. et que vous avez pour vous parler avec Il L'édition de 1789 porte mai.

qu'elle a voulu appeler à Berlin au commenmarque cement de son règne. je prie Dieu. Votre Majesté trouvera dans ces Éloges celui de Vaucanson. etc. qu'on en fasse des éloges dignes de tenir leur place à côté de ceux de leurs prédécesseurs. des leçons de Votre Majesté. de Fontenelle était peut-être trop satirique. Sur ce. Nous aurons souvent besoin. D'Alembert. par leur génie et par leurs talents. et c'est elle encore qui eut la bonté de nous un et homme quelque temps après. Je souhaite que la France vous fournisse des sujets qui méritent. . que M. qui sont plutôt des critiques que des panégyriques. qui avait trop familier. ce ii novembre 1785.3j6 correspondanck géméralf. Sire. 20. de son estime avertir. la et qui n'a dû qu'à cette il fortune dont a joui depuis dans sa patrie. qui exige quel- que élévation sans enflure paraît par La manière de M. AU ROI DE PRUSSE. comme il quelques-uns de ses Eloges. en plus d'un genre. j'avoue que je les trouve bien supérieurs pris à ceux de M. La bonté avec laquelle Votre Majesté a daigné acquelques-uns de mes Éloges académiques m'enhardit à lui offrir ceux des savants morts pendant cueillir l'année 1782. D'Alembert était de génie. Cette année a été funeste à l'Académie. toute la sincérité possible. qui ne un style trop simple et s'adapte pas trop à ce genre d'écrire. A Paris. et lui a enlevé la dixième partie de ses membres.

D'Alembeil. lorsque nos organes force et de commencent à perdre de leur leur souplesse. etc. et qu'aucun héros guerrier n'avait encore méritée. et n'a pu le cacher dans sa prose qu'à force d'esprit et de grâces. Je suis avec le plus profond respect. Les plus grands tomber dans ce défaut lorslui-même n'en a pas été exempt. Voyez précédente. c'était le (2) Les Éloges des savants morts en 1782. Votre Majesté elle jouit. Potsdam. . losophie fine et profonde obtiendra grâce pour les Les gazettes nous avaient alarmés faussement L'Europe entière n'attend que de maintien de la (i). Je vous suis infiniment obligé des Éloges acadé- miques que vous venez de m'envoyer (1) (-i). Je suis Sur la santé de Frédéric. 12 décembre 1785. dont négligences qu'elle y remarquera. le tranquillité dont C'est une gloire qui vous était réservée. DU ROI DE PRUSSE. nous ne l'évitons qu'en veillant continuellement sur nous-mêmes. 21. J'espère avoir bientôt l'iîonneurde soumettre au jugement de Votre Majesté le reste de la collectiondes Éloges de flatter qu'elle y mon illustre ami. et j'ose me trouvera un grand la nomphi- bre de morceaux nobles ou piquants. et cette vigilance continue nous lasse et nous fatigue.CORRESPOINDANCE GÉNÉRALE. Nous écrivains sont exposés à qu'ils vieillissent. Voltaire y sommes portés naturellement. la lettre second envoi de ce genre. surtout dans ses vers. Elle a trouvé Sl^ un peu trop de familiarité dans les derniers Eloges de M.

. je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde. que l'âge affaiblit la aussi bien le style et prosateurs que verve des poètes. tant cette qui nous plaît traducteur. historien Il et avait 73 ans. Lévesque accepte avec reconnaissance à laquelle la place Votre Majesté a bien voulu qu'il la et le destiner. il faut toujours avoir un pied dans l'élrier. et joindra. laisse hommes de lettres âg(^s en paix ton cheval vieillissant. De peur que Il tout à coup efflanqué sans haleine . Lé- vesque (i). dont j'ai entendu dire beaucoup a pour remplir place de professeur de philosi sophie dont mon Académie grand besoin. SlRE.des principes (i) {'i) moderne. son maître sur l'arène. ne jette. Janvier 1786. le encore Lévesque. les qu'il faut : avec Boileau à tous Malheureux. . M. Il est à la fois disci- Locke disciple des anciens. Je que vous prenez à ma sante^. peine de me la procurer un ceitain M. AU ROI DE PRUSSE. Â mon âge (2).le compte toujours la cjue vous voudrez bien vous de donner bien. élanl né 24 janvier 1712. J'ose me flatter ple de remplira bien. 22.. 3l8 de (les (lire CORRKSPONDAWCE GÉNÉRALE. Sur ce. à la justesse et à la précision de l'analyse vigueui. votre avis. en tombant. pour être prêt à partir quand le quart d'heure suis sensible à la paît de Rabelais sonne.

elles ne sont ni amusantes. Je suis avec le plus profond respect. 6 février 1786. Elles seront vraià M. : Réminiscence classique Et qusB Conipouis doua Veneris.) . la fois qu'elle m'en a honoré. et veiller. ni intéressantes pour le public. Mes lettres ne méritent que d'être vouées à Vulcain (2). (Juvénal.CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. Je ne me consolerais la point du malheur d'avoir mal répondu à première confiance de Votre Majesté. la philosophie et l'humanité. On est d'ailleurs déjà assez surchargé dans (i) (2) Mort le 12 janvier 1786. D'Alembert. sur il n'a fait semblablement remises ce dépôt précieux pour les lettres. D'Alembert. DU ROI DE PRUSSE. jusqu'à ce que Votre Majesté faire ait dai- gné connaître ses intentions sur cet objet. Watelet de l'Académie Il française et de celle de Votre Majesté (i). Thelesiiie. et aucune disposition. par respect pour Votre Majesté et par intérêt pour la mémoire de M. était le dépositaire des lettres qu'elle a écrites à M. devoir l'instruire de ces détails. autant qu'il est en moi. Potsdam. . dans la 3l9 et philosophie morale des Grecs des Ro- mains. 23. le duc de Nivernois. Je vous ai beaucoup d'obligation de ce que vous j'ai voulez avoir soin que cette correspondance que eue avec feu M. niaiito. D'Alembert ne paraisse pas. J'ai cru. Nous venons de perdre M. etc.

plus abondant en mauvais ouvrages qu'en bons écrits. bien en charger M. Sur ce. parce que leur éducation est négligée jusque-là. le Si elle veut baron de Grimm. si ou si pour elle daigne permettre que ce dépôt précieux la gloire de . Sire. premier président de cette chambre. et tout ce la que la rigueur des formes a pu permettre. M. .3^0 CORRESPONUANCE GENERALE. qui la gardera jusqu'à ce qu'une personne chargée des ordi es de Votre Majesté la réclame en son nom. c'est que correspondance fût remise à M. de Nicolaï. AU ROI DE PRUSSE. . sans y ajouter encore les miens. A Paris . D'Alembert. Watelet était receveur général des finances le scellé j la chambre des comptes a mis sur ses papiers. mon ami et pour celle des lettres me soit confié il cessera d'être exposé aux différents genres d'indiscrétion qui peuvent se commettre. etc. ce siècle. Vous m'avez rendu un vrai service en puriste et me procurant un un autre professeur (i) pour l'académie militaire. ce 26 mars 1 786. Je n'ai point cessé de faire tous mes efforts la pour préserver de toute espèce d'indiscrétion correspon- dance de Votre Majesté avec M. ces jeunes gens attendent avec impatience leur arrivée. Je puis lépondreà Votre Majesté qu'il ne sort irait jamais (i) Diipnis et Lévesqiie. etc. 24.

Lévesque sera prêt à partir vers d'avril. C'est alors qu'il deviendra libre. 1784. M. père de famille. Je suis avec le plus profond respect etc. et a daigné lui que l'intérêt témoigner lui aurait une grâce que méque Votre Majesté sûrement fait accor- der. . mais elles n'ont pas été écrites pour voir le jour. I. Toute le négligence peut être fatale à une petite fortune. si vous voulez bien faire tout ce que vous croirez (i) le plus propre à le 17 empêcher qu'on ne même année. D'Aleriibert. pouvaient se conduire comme comme des particuliers. riclie. et que je prendrais précau- tions les plus certaines |)Our qu'aucun événement ne la fin pût l'exposer de nouveau. les Frédéric mourut août de cette (2) L'édition de 1789 porte. très-peu a besoin de plus de ger ses affaires. M. ce ne sont que des balivernes aussi peu pr-opies à instruire qu'à amuser. 1786 (2). Monsieur. Dupuis ne pourrait partir que vers mois de septembre il (i).1 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. c'est assurément vous. temps qu'un autre pour arranquoique très-peu compliquées. par erreur typographique ou autre. DU ROI DE PRUSSE. si des corps. Si ti-es à feu quelqu'un a de justes prétentions sur mes letM. et surtout des corps composés l'Université de Paris. Ainsi je vous tiendrai gr^and compte. Un homme de lettres. *» . Car a été impossible de lui obtenir ritent ses talents. 25. d'entre 3^ les mes mains.

26. assez bien lrou\é de son séj'ai jour à Pétersbourg. II. comme un dépôt qui ne mains. etc. J'ai saurait tomber dans de meilleures les frais fait payer à Paris S'il s'est de voyage pour M. J'ai été vivement touché de la bonté avec laquelle Votre Majesté a daigné lettres à me . Sire. en 1773. (2) Voici cette lettre « : rentré en France J'ai reçu.. il trouvera toujours moins de difles férence dans le climat et mœurs de ce pays-ci en se rapprochant d'autant plus de sa patrie. publie. où cpies appris qu'il a passé quel- années (i). en 1780. sur recommandation pressante de Diderot. la lettre que vous m'avez fait l'honueur . c'est qu'il a de ce dépôt la trouvé Lévesque. . Monsieur. Celte marque de sa confiance me sera toujours chère. Votre Majesté verra par nes. (2). Lévesque. avait été nommé. par Catherine professeur de belles-lettres Il était à l'école des cadets nobles.. AU ROI DE PRUSSE. Sur ce. dontj'ai l'honneur avait déjà disposé (i) la lettre de M. D'Alembert de conserver entre mes mains ce dépôt précieux. etc. ce 6 mai 1786. permettre de réclamer ses el M. A Paris. Pour parvenir à celle fin vous n'aurez donc qu'à vous faire remellre celle correspondance. de Vergenqu'il de lui envoyer une copie. j'en garderai une éternelle et respectueuse reconnaissance: mais je n'aurai pas l'a- vanlage d'en profiter. 32 2 CORRESPONDANCE GENERALE.

C'est avec regret Monsieur. mais hommes ne sont pas immortels. d'en faire et je de Prusse.RALlv. . de Nicolai. que vous formez. « Je suis. qu'à cette condition. le premier président de la cham- bre des comptes prévenir le roi Je n'ai pas négligé. » A Versailles. 21. du roi de Prusse que vous y avez jointe (i). par laquelle Frédéric autorisait Coii- (i) C'est la leUre précédenle à (11" 1. le 3 mai 1786. d'ailleurs. doit m'étre permis d'en être affligé. et la copie de celle . et leurs vues ne sont pas toujours remplies par ceux qui leur succèdent. de Nicolaï.5) dorcet à se faire remettre et lembert. qui avait positivement les lettres . que sa publicité ne pouvait rien ajouter nature des matières qui y étaient le la à la gloire de ce monarque. (2). le la le i^"^ de ce mois. ne vu la point rendue publi- que. promis de garder plir ses Il JVl. de satisfaire à la réclamation foi . (2) conserver en dépôt sa correspondance avec D'A- M. C'est ce que j'ai fait en présence de M. traitées. fût mort de M. Monsieur. que cette correspondance n'eût été les très-sûrement dans vos mains. StiS plus prudent de deviner tpie d'altendre les inlenlions de Votre Majesté. Votre Majesté est la seule prix de ses lettres de m'écrire personne qui puisse ne pas sentir tout et l'intérêt que je prends à . Monsieur. Watelet. «- Je ne doute pas. il a paru que le moyen de plus efficace pour assurer au présent et à l'avenir l'effet volonté de Sa Majesté prus- sienne était de supprimer à jamais cette correspondance. me flatte qu'il applaudira à cette prévoyance. instruit.CORRESPONDANCE GÉNF. premier président de qui ne les avait reçues pas cru obligé de rem- notre chambre des comptes. etc. que je me trouve dans le l'impossibilité . ne s'est engagements. Instruit roi de Prusse désirait recueillie à la par des personnes dignes de que que la partie de sa correspondance.

ait excité mes vœux roi. et me per- mettre de vouer pour toujours à Votre Majesté quelque chose de plus que du respect Oserai-je joindre et de l'admiration. Voyez lettre à Condorcet. si profondément senti. ^23. de M. de vous donner des chefsd'œuvre en tous les genres qui méritent l'honneur de l'impression. loin cjue la de diminuer les sentiments que la bonté confiance de Votre Majesté m'ont inspirés. de Vergennes. etc. DU ROI DE PRUSSE. Daignez.324 gloire CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. (1) (2) Pour le rétablissement de la santé sa du roi. en agréer l'hommage. car le m'eût été désagréable de voir courir dans faites public n'ap- des lettres qui n'étaient pas partient qu'aux quarante pour lui. Il plumes dépositaires de la pureté du langage français. c'était le moyen il le plus sûr d'en empêcher l'impression. Sire. le nations étrangères un intérêt si vif. ne peuindifférence la destruction . . il a été unique comme grand homme qui en était l'objet. p. le suis. J'envisage comme une chose très-favorable le sort que mes lettres ont eu d'être brûlées (2). aS mai 1786. Potsdam. à ceux de l'Europe (i)? qu'un héros géné- H est sans les si exemple qu'un chez ral. vent que les augmenter. Par M. en note. 27. D'Alembert peut-il me laisser voir avec du plus beau monument (jui pût honorer sa mémoire? Mais les regrets.

dans une Il lettre baron de Goltz la s'est chargé.) Monsieur cier le Marquis. J'espère que vous en serez content. C'est à présent l'objet recherches. vous en a témoigné sa reconnaissance dont M. 3^5 Je ne sais ce que deviennent les deux professeurs pour mon école militaire. Je crois devoir donner encore quelques morceaux séparés avant d'entreprendre un ouvrage élé- . . 28. Je presque unique de mes compte publier cette année un petit ouvrage sur l'application du calcul aux questions de droit. roi. Il se a eu en même temps l'honneur d'écrire au mettra en marche aussitôt que saison sera deve- nue supportable. etc. et je sens tout le prix des peines que vous avez eues dans cette Sur ce. et j'avoue qu'un plus long retard pourrait nuire à je m'étais faite d'eux .Lévesque. etc. l'idée que mais cela ne dimi- nue en affaire. permettez-moi devons remer- de l'intérêt Il que vous avez bien voulu prendre le à M. rien les obligations que je vous ai. Ces jeunes gens sont trop longtemps sans instruction.CORRESPONDANCE GENERALE. etc.. Je ne comprends donc pas ce qui peut les arrêter. C'est un homme d'un bon esprit et qui a beaucoup d'instruction en plus d'un genre. (1785. pendant que je suis convenu de leurs doubles pensions frais de voyage. Vous avez vailler avec la bonté de croire que je pourrais utilité tra- quelque sur l'aiithniétique poli- tique. CONDORCET AU MARQUIS JEROME LUCCHESINI DE LUCQUES.

qui sont en trèspetit nombre. comme vous. . \a6 inentaiie et COHRESPONDAJNCL GÉNÉRALi:. petit- est plus |)hilosophe (pjc son grand-père. n'ayant la même éducation que les les minis- pas vécu dans mêmes sociétés. par exemple. Il voyait avec peine qu'en France. Dupuis s'arrangera le roi dans le courant de cet été. qu'il doit vous présenter. presque absolue de ses commis. C'était aussi l'opinion de M. nistration les places d'admi- du second ordre ne pussent être remplies que par des maîtres des requêtes. M. qui n'existe que par fragments. l'honneur de vous remettre cette s'est chargé d'un exemplaire des ouvrages de M. nous comptons dans le petit nombre des jeunes magistrats qui nous donnent. rrsj)oiance de le . ne 11 sont pas connus de ceux qui les emploient. que les princes pourraient tirer un parti Irèsavanlageux de la noblesse instruite qui existe dans leurs États. résulte encore en que l'homme de la cour qui parvient au ministère n'a pu s'instruire de son métier en travaillant en second dans les bureaux et se trouve par là dans une dépendance un autre mal : c'est . Je pense depuis longtemps. qui aura lettre . qui achètent leurs charges. méthodique sur cette science.. J'espère que l'affaire de M. pour l'avenir. de Fresne. C'est le petit-fils d'Aguesseau. les si veut bien lui conserver mêmes bontés. Dupuis. ce qui suppose des gens pris au hasard et des commis qui n'ayant pas reçu tres. ïurgot. à qui il n'a manqué si qu'iui du chanceliei peu de phi- losophie pour être un de nos plus grands et fils hommes Le et qui a laissé une mémoire respectée.

trouvé dans les papiers de je feu M. M. dans . mais je n'approuve pas les mo- que et l'on fait pour les détruire. (i79«.) Monsieur. '^^1'J les lois ou dans l'ad- On imprime M.CORRliSPONDANCE GÉNÉRALE. détail. il cacher pour dire moitié par prudence. mais. la vérité. à si elle vient jusqu'à recommande la votre indulgence. ne blessent Ne gênons en point le rien les actions privées qui droit d'autrui. quelques réformes utiles dans iiiinislratioii. n'importe qu'il soit un sobriquet à son placé avant ou après. mais la poste. moitié pour l'intérêt même de Daignez agréer et les assurances de mon inviolable respectueux dévouement. les Américains : nous en ont les actes les actes donné l'exemple on ne vt)it aucun titre dans émanés de la puissance publique. Du- dont il aura l'bonneur de vous parler en 29. Darailaville. il doit permis à tout le il monde d'ajouter nom . vous prie de ne point faut me par se parler de ces bagatelles dans les lettres qui vont Nous sommes dans un pays où la vérité. DE CONDORCET. de Fresne puis. s'est intéressé à l'affaiie de M. vous vous douiez bien que tions je ne me être soucie d'aucun litre. Vous pourrez voir aussi cette année un moyen de payer les dettes de France . je la actuellement en Hollande une vie de je suis l'auteur. CONDORCET A M***. Turgot dont vous.

La responsales bilité peut bien empêcher que ministres ne fas- sent la guérie en traîtres. Je ne sais ce qu'on a pu vous dire de moi je sais mais qu'une cabale qui cherche le à rendre odieux ou suspects ceux qui ont la liberté. je réponds qu'il y a vingt moyens d'assujettir un corps unique que à des formes qui préservent de ces inconvénients. Si on vous le a dit que je regardais M. c'est une grande bêtise. mais elle n'empêchera ja- mais qu'ils ne fassent mollement une guerre qui leur déplaît. CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. Ce qu'on poui rail faire aujourd'hui (et cela ne à sérail pas sans utilité). mieux servi la cause de me fait l'honneur de me ranger dans celte classe. c'est-à-diie. Mais comme. Je n'auiais même voulu de veto royal poui. prend et donne qui veut le litre à'esquire. . pour et les relations la exlérieures seulement. et la quand on m'objecte manière dont certains décrets passent à l'Assem- blée. mieux que parce que la la féodalité.les objets sur lesquels le roi exerce un poudéfense voir dont l'usage ne peut être soumis à des règles précises.328 privés. ce serait d'établir pour les un système régulier. de La Fayette la ré- comme plus sûr appui de notre liberté. crois avoir arithmétiquement démontré que cet établissement est absurde. Si d'établir car je on vous a dit que je m'occupe des moyens deux chambres. on vous a dit la vérité. je longtenjps avant volution . Mais point de logie ne vaut pas comme il y en avait un noms Rome. suivant moi. comme quel genre . théo- noms de baptême.j'étais la le confident de tous ses projets pour connaissais de liberté.

vertus. ceux qui ont de l'humanité. qu'ils y a un an.CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. de gloire il 3^9 il était jaloux. ? là ce (pie vous appelez être un vrai jacol)în . qui applaudissent aux vio- lencesj qui cherchent à multiplier le nond3re des mécontents par des rigueurs plus nuisibles qu'utiles. comme . M. passaient leur vie à solliciter des places. j'avoue qu'il m'est impossible de ne pas ni'en défier. Je me défie encore plus de ceux qui se plaisent dans le trouble. de véiitables ne voudraient pas Est-ce em- ployer. avant ont. non plus que ceux ne le qui veulent que les assemblées primaires soient per- manentes à Paris. liés teurs eux-mêmes. et soient pas dans le reste de l'empire. et font refuser la parole fendent aux gens qui décause de l'iiumanité. la lévolution . les reprocbent aujourd'bui comme des ciimes. qui soutenaient. Les hommes qui ont des lumières et des ta- lents n'ont pas besoin de tous ces moyens pour les être quelque chose. prouvé la qu'ils aimaient opinions la liberté quant à ceux dont il passion date de l'an- née passée. m'est impossible de ^sacrifier mon opinion à celle de gens qui. ou planla la liberté qui. pendant les (jue nous discutions moyens d'arriver à la li- berté. de quelle espèce d'ambition il pouvait être susceptible. Voilà ma profession de foi. votent pour la conservation de traite. J'es- time beaucoup tous ceux qui. de La Metirie. de ne pas voir en eux des gens destinés jours du parti qui leur offie le à être tou- plus d'avantage. J'a- voue encore que de la je ne puis estimer ceux des amis avec les planteurs.

assurances de mon inviolable attachement. n'a rien négligé pour affaiblir Me dislinc- . occupé dont le l'existence entière. Signé 30. la communication plus le seul facile entre les différents peuples qui en serait la suite. aux yeux de Voire Majesté. Sire. ne sont pas. cette bien que grande opération puisse produire. je vous supplie. l'homme et celui pu recevoir une éducation. Monsieur.33o CORRliSPOiVDANCE GÉNÉRALE. 17 avril 1791. les Agréez. : de Condorcet. Elle en verra naître grande entre placer au un plus impoitant encore. l'é- mesure universelle. AU ROI DE POLOGNE. Les preuves multipliées que Votre Majesté a données de son zèle éclairé pour tous les intérêts de l'humanité . une égalité plus les différentes classes. offrant partout des divisions correspondantes à chelle arithmétique. nier genre d'utilité doit surtout frapper un placé dans un pays on d'anciens préjugés ont partagé l'espèce humaine en deux races d'hommes c( dif- férenles. un moyen de même niveau. Ce derroi qui. ne me permettent pas de douter qu'elle la li- ne reçoive avec bonté l'ouvrage que je prends berté de lui offrir. dans un très-grand la nombre qui a soin de de transactions de sa subsistance a vie commune. Les avantages qui résultent pour l'établissement d'une le commerce de invariable.

CORRESPONDANCE

GÉNÉllALJÎ.

33l
la

lion réprouvée par la nature et
raison.

condamnée par

Vous daignerez,
vos

Sire,

moments
les

à faire valoir

employer quelques-uns de auprès de la diète de Po-

logne

avantages de ladoption générale du plan

que l'Assemblée nationale de France a formé. L'Europe voit aujourd'hui un spectacle nouveau dans l'histoire du monde deux rois occupés de fonder sur les seuls principes de la justice naturelle, une
:

constitution vraiment libre et renfermant en elle-

même

les

germes de son peifeclionnement. Aucun

sacrifice d'autorité

ou de prérogative ne
si

leur a coûté

dès qu'il leur a paru utile à des vues
généreuses.

grandes

et si

On

a

vu souvent des
la

rois élus

prodiguer

tous les artifices de

politique, tous les
à leur famille
il

de l'ambition pour assurer

moyens un sceptre

indépendant de

la

volonté publique;

était léservé

à Votre Majesté d'en

montrer un occupé d'établir l'hérédité pour le seul intéièt du peuple, et donnant l'exemple du désintéressement le plus pur dans ce qui avait été avant lui le dernier terme de l'ambition
humaine.
Je supplie Votre Majesté d'agréer
la

reconnaissance que je dois à toutes

l'hommage de les marques

d'intérêt et de l)onté dont elle

m'a comblé.

Je suis avec le plus profond respect. Sire, de Votie

Majesté

le

très-humble

et

très-obéissant serviteur.

Signé

:

C.ONDORCET.

332
31.

CORRESPONUAJVCE GÉNÉRALE.

STANISLAS, ROI DE POLOGNE, A CONDORCET.
Varsovie,
le

14 mai 1791.

Monsieur

le

marquis de Condorcet,

j'ai

reçu avec

reconnaissance l'ouvrage que vous avez bien voulu

selle.

m'envoyer sur l'établissement d'une mesure univerQuand elle sera généralement adoptée, on aura

à vous regarder comme un des bienfaiteurs du genre humain. Je me ferai une gloire d'y contribuer, dès que cela sera possible. Heureusement nous sommes

parvenus ici depuis peu à surmonter quelques-uns de ces préjugés, contraires au bien général de l'humanité dont vous me parlez.
Je dois à
la

vérité l'aveu

que

rien
la

ne m'a autant
raison
,

aidé à remporter ces victoires de
lecture,

que la grandement multipliée depuisquelque temps en Pologne, des bons livres écrits sur ces matières
la

en France, dont

langue

est la plus

généralement

répandue en Pologne, après celle du pays. Puisse la France produire beaucoup de citoyens qui vous ressemblent,

comme hommes, comme savants et comme
le

auteurs! C'est

vœu de
,

celui qui

vous porte beau-

coup

d'affection

parce qu'il vous porte beaucoup

d'estime.
32.

CONDORCET A PRIESTLEY
Paris,
le

Londresl.
1791.

3o

juillet

Monsieur
dont

et très-illustre

confrère, l'Académie des
la

sciences ni'a chargé de
elle a élé

vous exprimer
la

douleur

pénétrée au récit de

perséculion

CORRKSPONOANCE GENERALE,
dont VOUS avez

333

été la viclime. Elle seul tout ce qu'ont

j>eidu les sciences par la destiuction des travaux

que

vous aviez préparés pour

elles.
:

Ce

n'est

pas vous,

Monsieur, qui êtes
génie vous restent
;

à plaindre
et
il

votre vertu et voire

n'est pas

au pouvoir des

hommes de vous
pables

ôter le souvenir

leur avez fait; ce sont les

du bien que vous malheureux dont de cou-

manœuvres ont
n'êtes point le

égaré la raison, et dont les
le

remords ont déjà puni

crime.

Vous
dont
il

premier ami de
le

la

liberté

contre lequel les tyrans aient armé ce
défendait les droits. C'est

même

peuple

moyen

qu'ils se

réservent contre celui que son désintéressement,
l'élévation

de son âme

et la

pureté de sa conduite,
et

mettent également à l'abri de leurs séductions
leurs vengeances.
Ils le

de
ne

calomnient, parce

qu'ils

peuvent ni l'intimider
contre
lui les

comprendre; ils arment préjugés, quand ils n'osent même esni le
et ce qu'ils

sayer d'armer les lois;

ont

fait

contre

vous
rage.
11

est

l'hommage
la

le

plus glorieux que la tyrannie

puisse rendre à

probité, aux talents et au cou-

se

la

liberté générale
il

forme actuellement en Europe une ligue contre du genre humain; mais depuis
en existe une autre occupée de propa-

longtemps
la

ger, de défendre cette liberté sans autres armes

que
l'or-

raison, et celle-ci doit triompher.

Il

est
soit

dans

dre nécessaire des choses que l'eireur
et la vérité éternelle; sans cela, elle
vérité. Les

passagèie

ne

serait pas la

hommes de

génie
la

,

soutenus de leurs verbalance avec
la

tueux disciples, mis dans

tourbe

334

CORRESPONDANCE GENERALE.
ou complices
elle.

(Jesinlrigants corronijnis, inslrumeiils

des tyrans, doivenï

finir

par remporter sur

Ce beau jour de la liberté universelle luira pour nos descendants; mais, du moins, nous en aurons vu l'aurore, nous en aurons goûté Tespérance, et vous, Monsieur, vous en aurez accéléré l'instant par
vos travaux, par l'exemple de vos verlus, par dignation qui, dans l'Europe entière,
s'est
l'in-

élevée

contre vos persécuteurs, par l'intérêt d'attendrisse-

ment
n'a

et

d'admiration qu'a excité ce malheur, qui

pu atteindre jusqu'à votre âme. Je suis avec un inviolable et respectueux atlacliement Monsieur et très-illustre confrère, votre, etc.
,

CONDORCET,
Secrétaire de l'Académie des sciences.

o3.

CONDORCET A UN JEUNE FRANÇAIS QUI SE TROUVAIT A LONDRES.
(179^-)

J'apprends avec plaisir, Monsieur, que mes lettres

ne vous ont point été
Stanhope, dites-lui,
plot, ni
pulaire.
je

inutiles. Si

vous voyez mylord
,

vous prie
ni

de ne regarder
la

l'é-

vénement du 10 août

comme

suite d'un

com-

comme
Il

celle d'un

simple

mouvement poavec
elle l'or-

y avait plusieurs mois que je ne voyais
liberté, et
,

d'autre

moyen de conserver la
la

dre établi par
nait pas
sît la

constitution

si

l'Assemblée ne pre-

cour
la

une marche ferme, sage, active, qui réduià l'impossibilité de tramer des complots
liberté, et d'exciter sans cesse les inquiétu-

contre

,

CORRFSPONDVNCE GENER ALK,

335

des du peuple par une conduite moitié audacieuse
moitié perfide et surtout inconséquente.
II

fallait

pour
rité

cela qu'il se formât
la

dans l'Assemblée une majoet

constante; et

cour, à force de libelles

de

corruption, l'empêchait constamment de se former;
elle

n'était

occupée que

d'avilir l'Assemblée natio-

nale et de répandre que les patriotes n'y étaient qu'une
petite fraction.
rale

Qu'en est-il résulté? L'opinion généque l'Assemblée ne pouvait pas sauver la chose
dans l'extrême danger, frappait tous
la

publi(jue

les

yeux

,

et le

peuple a voulu se sauver lui-même. La

modération du peuple dans
et, ce qui est bien

journée du 20 juin,
le

plus caractéristique encore,
terrasse des Tuileries

ruban placé sur
roi, et

la

pour

sé-

parer le terrain de l'Assemblée nationale de celui du

que personne n'osait passer, tout annonçait que le mécontentement général prenait ce caractère calme et réfléchi qui le rend terrible pour les tyrans. En même temps, l'Assemblée ne portant que des coups timides, même à des ministres méprisés qui se succédaient de semaine en semaine, s'enveloppant dans les subtilités constitutionnelles, semblait dire au peuple Je ne puis rien, venez à mon secours.
:

Ainsi cette conduite, qui était l'ouvrage des partisans

de

la cour, aurait été une combinaison très-adroite pour amener les événements du ro août, si elle avait été inspirée par le parti contraire. Mais le parti de la liberté n'avait ni la volonté ni les moyens de suivre

une

telle politique

:

il

agissait

au jour

le

jour, suivant
,

l'impulsion de ses lumières et de sa science
dait les

et atten-

événements, puisque

la

faiblesse

du

reste

336
ne

CORRESPONDANCE GÉNÉRALE.
pas
les
les

lui laissait

moyens de

les prévenir.

Heula

reusemenl que
cliéance
tion
,

nombreuses

pe'litions

pour

dé-

du

roi avaient forcé

d'examiner cette ques-

et qu'il s'était

formé une opinion assez généétait
:

rale; et cette

opinion

que nous pourrions
paice que,
s'il

prononcer

la

déchéance du

roi,

était

réellement tombé dans

les cas

d'abclication k'i^ale

établis par la constitution,

ce n'était point par des

actes assez motivés
et

pour dispenser d'une instruction d'un jugement; *2° que nous ne pourrions toucher
,

au pouvoir royal sans recourir au peuple parce qu'autrement nous nous emparions d'un pouvoir
qu'il

ne nous avait pas donné; 3° que, dans ce
le

re-

cours au peuple, nous n'avions droit de
à
viter à préférer celle d'une

soumeltre
l'in-

aucune forme, que nous devions simplenient
convention,
(\^^Q si

et à lui

en

présenter l'organisation
laisser au roi, sans

;

l'impossibilité de

danger pour

la

nation , l'exercice

de son pouvoir,
rions
le

était

une

fois

prouvée, nous pourrédi-

suspendre provisoirement. Le moment de

crise est arrivé, et alors

nous n'avons eu qu'à

ger cette opinion. La Convention nationale élait nécessaire.
tis à

Quant au
:

roi,

nous n'avions que

trois par-

prendre la déchéance; on la demandait d'une manière assez menaçante, mais nous ne pouvions la

prononcer sans montrer de
dire les
est

la

faiblesse
la

,

sans contreelle
l'a-

autres résolutions; i°
la

suspension;

prévue par

constitution

;

alors

nous avions
et

vantage de pouvoii' marcher suivant une
3° un

loi établie;

moyen terme
Il

entre

l'état

précédent

la sus-

pension.

n'était plus

temps. Ce

moyen

eût perpé-

COURESPONDANCt; GÉNÉUALC.
tué les troubles, n'eut remédié à rien, et
tout perdre.
il

33^
pouvait

l'espère
ver.
Il

La Convention nationale nous sauvera-t-elle? Je mais il n'y avait que ce moyen de nous sau;

n'y a eu

en Angleterre,

comme

dans notre

constitution, aucun
le roi et la

moyen de se tirer d'affaire, si chambre des communes s'obstinaient à
le

marcher en sens contraire. Mais, depuis 1688 jusqu'en 17 12,
ministère ayant soigneusement évité
,

que ce

vice ne fût aperçu

et la constitution anglaise

ayant pu prendre pendant ce temps une marche régulière, ce défaut, destructeur de la nôtre, a été insensible en Angleterre. Louis

XVÏ n'était pas un Guils'est passé.

laume, voilà

la

cause de tout ce qui

Agréez, je vous supplie, Monsieur,

les

assurances

démon

dévouement.

Signé Co^doj\cet{i).
,

(i) L'original

de cette

lettre appartient à la bibliothèque de-

là ville

de Besancon.

,

LETTRE
AUX AUTEURS DU JOURNAL DE PARIS
(i).

Messieurs
Je ne saurais

comment

concilier le séduisant éloge
,

qu'on trouve des habitants du Valais
les

dans votre
lit

journal du ^3 et 28 mai, avec ce qu'on en

dans
de

Recherches philosophiques de M. de Paw, Lon,

dres, 1771

vol. II,

page i3

,

si je

n'étais

en

état

vous donner l'explication de cette contradiction singulière. Voici les

propres termes de M. de Paw; je
l'article,

ne copierai pas tout
vrage
«
u

on peut

le lire

dans

l'ou-

même

:

On

ne saurait mieux comparer

les blafards, dit

«
« a
« «

M. de Paw, quant à leurs facultés, à leur dégénération et à leur état, qu'aux crétins qu'on voit en
assez grand

nombre dans
,

le Valais, et principaleIls

ment

à Sion

capitale de ce pays.

sont sourds,
,

idiots et

presque insensibles aux coups

et

portent

des goitres prodigieux qui leur descendent jusqu'à
ceinture; ils ne sont ni furieux ni malfaisants, quoique absolument ineptes et incapables de penser. Ils n'ont qu'une sorte d'attrait assez violent pour les besoins physiques, et s'abandonnent aux
(i)

« la
<(

«

«

Cette lettre n'est point de Contlorcet, mais elle est néces-

saire

pour

l'intelligence

de

la

réponse que

fit

Condorcet à

la

der-

nière partie de cet écrit. L'anecdole sur M. de

Paw

et les crétins

du Valais

a

paru mériter aussi d'être conservée.
11.

34o
«
ce

LETTRE

plaisirs des sens

de toute espèce, sans y soupçonles

ner aucun crime, aucune indécence. Les habitants

i(

du Valais regardent ces crétins comme
tutélaires des familles
^

anges

'(.

comme

des saints^ et ceux

((.

qui ont

le

malheur de n'en avoir pas dans leur paciel.

«

rente se croient sérieusement brouillés avec le

« « «

On

ne

les contrarie

sexes, et

on

les

y en a des deux honore également, soit qu'ils soient

jamais

Il

hommes ou femmes. Le

respect qu'on porte à ces
est

« «
'(

personnes atteintes du crétinage

fondé sur leur
vice de

innocence ou leur faiblesse;
parce
vertu,
qu'ils

ils

ne sauraient pécher,
le

ne

distinguent pas

la

«

etc., etc.

« La plupart de ces détails, dit M. de Paw dans une note, sont tirés d'un mémoire de M. le marquis de M***, lu à la Société royale de Lyon, w Voici le fait. Il y a environ ^5 à 28 ans que feu M. le marquis de M***, mestre de camp de cavalerie, jeune encore, plein d'esprit et de vivacité, fit un voyage en Suisse pour son amusement; il y porta la gaieté naturelle et tout le pétillant d'un vin de Champagne mousseux. Ce qui a fait dire au Nestor du
«
ie

Parnasse

:

Ce vin de nos Français

est l'image brillante.

Cette

humeur

contraste

si

fort

avec

les

mœurs

tranquilles et le ton réfléchi qui

règne en Suisse,

rants et pleins de

quelle y fut prise pour de l'étourderie; moins toléfranchise, les habitants de Sion
étaient

entre autres témoignèrent au marquis de M*** qu'ils

choqués de

ses plaisanteries,

du ton

qu'il

AUX AUTEURS DU JOUltlVAL DE PARIS.
prenait avec eux,
et

'^4

I

de l'espèce de mépris

qu'il

marpar
de-

quait pour leur honorable simplicité.
lui

On

finit

fermer

la

porte de toutes

les

maisons. Outré de
et
il

cel affront, le

maïquis revint en France,
était associé,

manda

à

l'Académie des sciences
il

et belles-lettres

de

Lyon, dont

de

lire à la

rentrée pu-

blique un extrait de son voyage en Suisse. C'est

que, pour se venger de
nêtes Valaisins
,

MM.

de Sion

et

des honla fable

il

plaça tout son persiflage et
Il

ridicule des crétins.

eût été facile au secrétaire de
la

l'académie (i) de s'informer de
les Suisses
le

vérité des faits;

tiennent à

Lyon un rang si
Au

distingué dans

commerce,

qu'il aurait

eu par leur correspondance
contraire,
il

les éclaircissements les plus sûrs.

en-

voya

à tous les journalistes l'extrait

delà séance pu-

blique de l'académie.
et c'est là

On

y lut la fable des crétins,
l'on peut

que M. de Paw

a trouvé ce fait, qu'il a placé
,

dans

ses

Recherches philosophiques

si

donner ce

nom

au

tissu

de conséquences absurdes
faits

qu'on prétend
des crétins.

tirer

d'une multitude de

insérés

dans cet ouvrage,

et la

plupart aussi faux que celui

on

Cependant MM. de Sion trouvèrent des vengeurs; s'inscrivit en faux contre le marquis de M***; on
de l'apologie des Valaisins; Calomnie toujours,
:

remplit les journaux

mais, selon Machiavel, qui a dit
et la plaie restera., je connais

encore des gens qui
tpii croit

croient aux crétins, sur

la foi

d'un jeune lionmie,et
écrire

sur

le

rapport indiscret d'mi auteur

(

i)

Feu M. Noycl de Bellerorhc

'J.ll1

LETTRL

philosophiquement, en imprimant, pour favoriser
son système, des faussetés que lui-même
pas.
il

ne croit
usage

Je ne sais. Messieurs

,

si

vous voudrez

faire

de mes observations ultérieures sur cette singulière
anecdote. Rien ne
la saine
le
fait

plus de tort aux préjugés de

philosophie que ce défaut d'exactitude dans
faits,

que nos sages n'approfondissent grand jour de la presse. On les en croit d abord sur leur parole; mais, quand un rayon de la vérité vient à briller sur un fait hasardé, tel que celui des crétins d'aujourd'hui, on est indigné d'avoir été trompé; tous les
rapport des
pas, avant que de les livrer au

raisonnements appuyés sur des
la

faits

controuvés

s'é-

croulent, et l'on devient incrédule ou sceptique par
le défaut de critique ou la mauvaise de ceux qui les ont avancés. Je pardonne encore moins à d'illusties personnages, qui n'ont aucunement besoin de ces petits

négligence

,

foi

moyens pour persuader, de
des faits, l'invention

se permettre l'altération

même, pour donner

des preu-

ves de leurs laisonnements, ou pour amuser les lec-

Tous ceux qui ont vécu avec Occupé sérieusement de la rédaction de l'histoire de France, il lut avec étonnement, dans des mémoires pour servir à l'histoire universelle, que les seigneurs delà cour de saint Louis, qui l'accompagnèrent
teurs avides de ridicule.
feu M. l'abbé Velli connaissent celte anecdote.

dans l'expédition de la terre sainte, n'avaient rien eu de plus pressé, à leur arrivée dans la Palestine,

que de donner un

bal où toutes les

dames du pays

,

AUX AUTEURS DU JOURNAL DE

PARIS.

343

furent invitées. L'abbé de Velli n'avait rien lu de pales mémoires du temps. Le sire de JoinHugues de Berci, Mathieu Paris n'en disaient mot; aucun historien n'en avait fait mention. Il relut tout, il compulsa, il mit à contribution les déreil

dans

ville,

pôts précieux et les manuscrits de toutes les biblio-

thèques

;

enfin

il

prit

le parti d'écrire la

à l'auteur et
il

de

le prier

de

lui

indiquer

source dans laquelle
les

avait puisé le récit

du

bal

que

seigneurs français

avaient
« «
«

donné aux
si

belles Syriennes :«

Vous ne

le
il

trouverez aucune part, lui

répondit-on; mais

m'a paru

conforme

à

l'humeur enjouée

et à la

galanterie de la nation, de célébrer son arrivée

«
«

par une fête que

les chevaliers français
le fait
»

durent don-

ner aux dames, que

a

coulé de

ma plume

«

comme
J'ai

certain, etc., etc.

l'honneur d'être,

etc., etc.

Propatria.
Vendredi
,

3o mai 1777

(i).

AUX AUTEURS DU JOURNAL DE
Messieurs

PARIS.

Permettez qu'un vieillard, désabusé de tout, excepté de la recherche des vérités utiles aux hommes, vous présente quelques observations sur différents
articles

de votre journal.
tient seule plus

La musique y
(1)

de place que toutes

Journal de Paris, n"

i5().

344
les sciences

LETTRE

ensemble. Ne pourrait-on pas vous dire
et
la

à

vous, Messieurs,

aux philosophes qui s'occupériode musicale
,
:

pent

comme

vous de

Relinquite

istum ludurn litterarium philosophoruin
gnificenlissimam

qui rem

ma,
i

ad syllabas

vocaiit

,

qid animuni

minuta do cendoj demittuntet cc»/z^eA'M/z/(Sen. Epist. 7
Lisez le
;

).

programme de la société de Harlem elle demande qu'on lui indique les moyens d'augmenter les lumières d épurer les mœurs dans la classe des hom^

mes condamnés à gagner leur subsistance par un travail journalier. Ce sont des objets de ce genre qui devraient vous occuper. Votre correspondant, M. Propatria, nous annonce qu'il se propose dédire des vérités utiles sans blesser personne, mais qu'il comris.

mencera par nous parler des établissements de PaCela ressemble un peu trop à l'éducation du marquis de la Jeannotière, oij, après avoir examiné le fort et le faible de toutes les sciences, on décide que M. le marquis apprendra à danser. Vous parlez presque toutes les semaines du bien qui a résulté de la liberté rendue à l'art de la peinture. C'est toujours beaucoup que d'avoir déliuit un
lis

établissement absurde. Mais je
tions américaines

dans

les

constitu-

que ces braves

et

généreux colons
d'ici à

ont défendu l'importation des nègres. Songez donc,
Messieurs, qu'il n'y a plus que vingt-trois ans
la
fin

du dix-huitième
tles

siècle, et

que

si,

avant ce
,

temps, l'esclavage
térité n'appellera

nègres n'est pas aboli

la

posla

point notre siècle

le siècle

de

raison et de Thumanilé, mais celui

des

raisonneIl

ments

et

dos phrases, J'en serai bien

fâché.

y a

,

AUX AUTEURS DU JOURNAL DE PARIS.
longtemps que
je
ai

345

n'ai

plus d'amour-propre

moi

;

mais j'en
pays.

encore pour

mon

siècle

et

pour pour

mon

Je ne puis souffrir qu'on s'amuse à calomnier ceux

qui leur font honneur,
votre

et j'ai

vu avec peine, dans

numéro i5o,

l'anecdote qui termine la lettre
,

sur

les crétins.

Cette anecdote

fausse, n'est rien

qui est absolument moins que nouvelle; mais l'auteur
défierurée.
la
Il

de

la lettre

i5o

l'a

a mis les seigneurs

qui suivirent saint Louis à
prirent Constantinople, et

place des croisés qui

un bal donné aux belles de débauche, faite dans l'église de Sainte-Sophie. En effet, il n'est pas question, dans VEssai surVhistoire générale^ du bal donné en Syrie par les couitisans de saint Louis. Il n'eût donc fallu que consulter cet ouvrage pour reSjrien/u's au lieu d'une partie

connaître

la

fausseté

trouve des détails sur

le

de l'anecdote, puisqu'on y sac de Constantinople, et
détails sont
cité

pour

s'assurer

que ces
,

rapportés par

dans \ Essai sur rhistoire générale. M. de Voltaire lésa même beaucoup adoul'historien grec Nicélas
cis, et l'abbé
si

de Fleuri, cet écrivain
tirées

si

impartial et

exact, n'a pas craint de les copier presque en en-

tier,

quoique

d'un écrivain suspect

,

parce que

le récit

de Nicétas

est

confirmé par une
croisés, et
Il

lettre

que

le

pape Innocent
les

a écrite au

marquis de Monlfeiral

un des généraux des

il

leur reproche

mêmes
est

abominations.

fallait

ouvrir trois ou

quatre volumes; mais,

dote

toujours
J'ai

fausse,
vérifié

comme vous même en

voyez, l'anecrétabhssant sa
d'itn-

véritable leçon.

un grand nombre

,

346

LETTRE

putatioiis semblables, hasardées contre le

même

écri-

vain

:

toutes étaient

fausses.

On

a cru

longtemps

qu'il n'y avait d'historiens exacts

pesamment, et eussent du bon sens.
vaient

qu'il n'y avait

que ceux qui écrique les sots qui

Un ermite de la forêt de Sénart.
Lundi, 9 juin 17^7
(i).

AUX MÊMES.
Messieurs
11

a déjà paru dans vos feuilles trois lettres oîi l'on
11
,

parle de moi.

y aurait de quoi
si,

me donner

de

l'amour-propre

à

mon

âge, on pouvait avoir

encore de l'amour-propre.
Je dois des excuses à M. Propatria et je conviens
^

de
dre

mon peu

de pénétration. Je ne m'étais pas aperçu

que, pour nous accoutumer peu à peu à entenparlei- de choses utiles, il commençait par ne
:

nous annoncer que des choses frivoles à peu près comme M. Cornus qui a commencé par des tours de
,

gobelets, et qui
sique.

finit

par des expériences de phy-

Je ne sais point d'ailleuis pourquoi il se moque de moi parce que je ne propose point de moyen pour détruire l'esclavage des nègres. Les Anglo-Amé,

ricains n'ont-ils pas trouvé et
Ils

ont défendu l'importation des nègres
Journal

employé ce moyen? que veut:

(i)

<lv

Pans, n"

160.

AUX AUTEURS DU JOURNAL DE

PARIS.

'Ml"]

on de plusPLorsque le pape Clément XIV proscrivit un «sage abominable que le goût pour les airs de
bravoure avait introduit dans ses États, on ne
autre manière.
Je conviens qu'il y a de profonds politiques qui
le vit

pas s'occuper des moyens d'avoir des soprano d'une

prétendent que
à

les

vingt-deux millions de blancs ou
,

la France ne peuvent moins que trois ou quatre cent mille uoiis n'expirent sous les coups de fouet, à deux mille lieues de nous. Ils ajoutent que ce moyen est

peu près blancs que nourrit

être

heureux

,

à

C'est ainsi qu'au

du sucre et de l'indigo à bon marché. temps où Louis Hutin vendit la liberté aux serfs de ses domaines, on prétendit que, puisqu'ils seraient libres de travailler ou de ne rien
le seul

d'avoir

faire

,

toutes les terres allaient rester en friche. Les
politiques disent encore (jue l'esclavage des
si

mêmes
c'est

le prétend; que pour un Africain que d'être arraché de son pays entassé dans un vaisseau, où il se trouve si bien, qu'on est obligé de ne lui laisser aucun mouvement libre de peur qu'il ne se

nègres n'est pas

fâcheux qu'on

une chose

fort agréable
,

,

mort, d'être ensuite exposé en vente comme une bête de somme, et condamné lui et sa postérité au travail à l'humiliation et aux coups de nerfs de bœuf. Mais enfin les blancs n'ont aucun
la
,

donne

droit de faire ce bien aux noirs malgré eux, et cela
suffit.

On

demandait

à

Démosthène quelle est
l'action.

la preest

mière partie de l'orateur? (Test
la

Quelle

seconde? C'est

/'actio/i.

Et

la

troisième? C'est ensi

core Factio/f. Je dirai de

même,

l'on

me demande

Et la troisième? Cej-^ encore d être juste. on s'embrasse. tant en serait curé. ne quittera pas. avec son projet de mettre Il l'agriculture et morale en chansons. à la messe. des larmes dans tous clare à ses paroissiens les yeux. roi. Mais je me contente- dans ce moment. Delahaye fut nommé à la cure de N(jgent. Delahaye. ayant accordé à du 21 juin 1777. M.348 quelle est la LETTRE piemièie règle de la politique? C'est d'être juste. et qui peut réveiller beaucoup d'idées sur l'instruction qui con- vient au peuple. . on vint le féliciter avec une gaieté apparente mais. la a peut-être lui dire le plus raison qu'il ne croit. Delahaye six cents livres de penles sion. Quelle est la seconde? Cest d'être juste. de vous envoyer une lettre(i) le dont hasard m'a fait avoir une copie. Elle est insérée dans le Journal de Paris Le 1775. et les vertus. fit après quoi l'on tira des boîtes et l'on un feu de joie. Je deuxième voulu soupçonne la celui qui l'a écrite d'avoir se moquer aussi de moi. et le pasteur et les brebis allèrent dîner tous ensemble. M. Alors il monte en chaire. Deux ans après . Je compte bien quelque chose un jour sur rai. on pleure de ce : A tendresse. Tel est en bref le contenu de cette lettre. il aperçut . une allégresse sincère et bruyante éclate. respect du lieu on crie. et et déles cpi'il renonce à son avancement. en le récompense des services rendus pendant émeutes de bon curé qu'il fit l'abandon de cette somme à la paroisse àc Pavant. curé de Pavant. rédigée en style un peu diffus et déclamatoire. manière de rendre peuple meilleur en l'amusant. malgré le mot. c'est-à-dire en mai 1777. moyens de lui inspirer des Je ne dois que des remercîments à l'auteur de la (i) Cette lettre est celle d'un M. la Je ne répondrai point aujouid'hui à lettre. .

,

AUX AUTEURS DU JOURNAL DK PARIS.
troisième lettre. Je conviens avec lui que

'34y
les arts

pouvaient en Grèce être très-uliles
tions y avaient toutes le

;

leurs
la

produc-

caractère de
le

grandeur,

parce qu'elles étaient payées par

public.

Chez

nous

elles

ont trop souvent un caractère mesquin
les

parce qu'elles sont payées par

gens riches. Si je
si

crains qu'on ne s'occupe trop des arts,

je

crains

que ce goût ne serve qu'à augmenter notre frivolité, ce n'est pas la faute des arts. Quant à la musique, je
l'entends quelquefois avec plaisir; mais je suis indigne d'en parler. Je me souviens d'avoir fait autrefois une petite lettre pour prouver que Destouches avait donné, dans Ca/iîr/ioé le modèle de la meilleure
,

des musiques possibles. Je lus celte lettre à un de

mes amis, grand musicien récouta avec beaucoup de
«

et

grand philosophe;

il

sang-froid :« Est-ce que

vous auriez

l'oreille

fausse?»

me dit-il

après l'avoir
«

entendue. J'en convins avec un peu de honte.
« «
i<

bien, ajouta-t-il, n'écrivez jamais

sui- l'opéra.

Eh Un
il

aveugle peut donner des leçons d'optique; mais

n'apprendra jamais aux gens qui voient
ger

clair à ju-

«

un

tableau.

»

Un ermite

de la forêt de Sénart.

Dimanche, 22 juin 1777(1).

(i)

Journal de Paris n" 173.
^

AVERTISSEMENT.
L'entrevue de Coiulorcet avec Svedenborg n'a rien de réel
c'est

:

une

fiction littéraire

que l'auteur

a choisie

pour

offrir sous

cette forme, plus vive et plus

commode, un

précis de la doctrine

de Svédenborg.
ges
;

On ne
,

lui

prête rien qui ne soit tiré de ses ouvra-

par exemple

l'anecdote du dîner à Londres et de l'appari-

tion céleste qui l'interrompit, est racontée par

Svédenborg
il

lui-

même

dans

la

préface du traité de cœlo et inferno, et

met

à cette

aventure, qui décida sa vocation et son rôle mystique, la date

de 1743

:

c'est

justement l'année de
les

la naissance

de Condorcet.

Pour lever tous
versation,
il

doutes au sujet de cette prétendue conle

suffira
est
le

d'observer que

dernier voyage de Svédenn'alla

borg en France
Angleterre, où

de 1736,

et

que Condorcet
que

jamais en

célèbre Suédois

mourut en 1772
la

(i).
Il

Ce morceau

n'a d'épistolaire aussi

forme.

eût été dé-

placé dans la Correspondance, autant que le seraient dans celle de
Voltaire les lettres sur les Anglais,
la lettre
la lettre

de M. de

la Visclède,
la

sur la Nouvelle Héloïse , à l'Académie française, à

no-

blesse de

Gévaudan,

etc., etc., et tant

d'autres lettres qui, adres-

sées à des correspondants imaginaires, sont arrivées à leur adresse

sans avoir jamais été mises à

la

poste.

Je n'ai pu découvrir
n'importe guère.
J'ai

la

date précise de cet écrit; cela d'ailleurs

adopté

comme

vraisemblable celle de 1782,

parce que, en 1782, parut la traduction de dom Pernety du livre de cœlo et infcrno où Condorcet paraît avoir puisé principale^

ment.

F. G.

(i) Voyez l'éloge de Svédenborg, par M. de Saudcl démie de Stockholm, en 1772.

,

lu à l'Aca-

LETTRE
SUR SVÉDENBORG A M
(1782.)

Je vous

ai

promis Monsieur, un précis de ma con,

versation avec Svédenborg; mais je crains

que vous
lon-

n'ayez oublié celte promesse.

Une maladie assez
pu que
faire

gue, pendant laquelle je

n'ai

sur moiin-

même

quelques observations métaphysiques, a terrompu notre correspondance.

Supposez-moi maintenant assis à côté de Svédenborg et le suppliant de m'instruire de sa doctrine
et

de
(c

la

manière dont
à Londres,
être

elle lui a été révélée.

J'étais

me

lépondit-il

,

et je dînais

seul

moins interrompu dans mes médidations sur les choses spirituelles. Tout à coup ma vue se trouble la chambre s'obscurcit et le plancher ils disse couvre à mes yeux de reptiles venimeux paraissent peu à peu, une douce lumière succède à l'obscurité; j'aperçois, au coin de la chambre, un
pour
,
,

;

jeune
et

homme

vêtu de rouge et d'une figure céleste,
:

j'entends distinctement ces mots

«Abstiens-toi.

»

Je reçus avec docilité cette leçon de tempérance; j'en
fus

récompensé

la

nuit suivante. Le

même homme
Sau-

m'apparut, et daigna m'apprendre

qu'il était le
,

veur du monde. Depuis ce temps

j'ai

eu constamavec
les

ment
la

le

bonheur de converser avec
par être admis dans
éternelle des esprits.

lui et

anges,

et j'ai fini

le ciel,

dans

demeure

^5l

LETTRE
«

de Svédenborg?
« Il reste

— —

Mais que devient, pendant ce temps,
sur

le

corps

la terre

,

et paraît

aux autres homet d'extase;

mes dans un
il

état

de contemplation
le ciel

mais

est affranchi des besoins ordinaires. J'ai passé

une

fois dix-sept
ait

jours dans

,

sans que

mon
le

corps

souffert
,

du défaut

de nourriture. Pendant ce de contempler
sokil de

temps
j'ai

j'avais le plaisir

justice, et

— —
Mais

de m'instruire des grands mystères que été chargé de révéler aux hommes.
«
«

Qui avez-vous trouvé dans
Les esprits,
les

le ciel?

hommes

justes et vertueux,

élevés au plus haut degré de gloire et de bonheur.

tant de la mort.

peuvent être admis à l'insque les autres, qui n'ont pas connu la vérité, et ceux qui l'ont combattue, aienteu le temps de la comprendre et de l'aimer. Les derniers y restent plus longtemps dans un état de trouble et de doute qui est leur opinion. J'ai reconnu Cicéron et j'ai jugé par ses discours qu'il approchait du moment où absolument délivré de ses anciennes erreurs, il serait digne d'être admis parmi les esprits
les chrétiens seuls y
Il

faut

,

,

bienheureux.
paraissaient
crois qu'ils
si

J'ai

rencontré aussi des Chinois

:

ils

me

étonnés de ce qu'ils voyaient, que je

ont encore longtemps à attendre.
à

Mais qu'arrive-t-il

ceux qui ont commis de

mauvaises actions?

«

Ceux-là sont confinés dans un lieu particulier.
ils

Comme
car
ils

sont d'autant plus coupables qu'ils ont
ils

été plus éclairés,

sont aussi d'autant plus punis;

ont un

désii' violent d'aller

contempler ce so-

,

SUR SVÉDINBORG A M***.
Jeil

353

de justice dont

ils

sont éloignés. Mais à peine
qu'ils

sont-ils frappés

de ses premiers rayons,
et

voient

toute l'horreur de leurs actions, ce qui leur cause

un

sentiment de terreur
qu'ils se hâtent

de dégoût

si

insupportable,
la

de retourner dans

demeure qui
livre sur le

leur est assignée.


«

On

m'a

dit

que vous aviez

fait

un

mariage des morts?
a C'est

un des plus grands mystères du
et

ciel

:

chaque

esprit s'unit d'une

autre esprit,

manière indissoluble à un leur bonheur redouble par la comet

munication de leurs sentiments

de leuis pensées.

Au

reste, ces unions sont

indépendantes du sexe qu'ales

vaient eu dans ce

monde

corps des esprits qui se

Le mariage leriestre n'est qu'une image de cette union des esprits. Ce n'est que pour cela que l'adultère est un si grand péché. J'ai beaucoup travaillé à en dégoûter mes compatiiotes, et vous ne sauriez croire combien ce zèle m'a
marient

dans

l'autre.

valu de mauvaises plaisanteries.
tres

Il

y avait entre au-

un certain général qui

passait sa vie à se
lui est

moquer

de moi. Savez-vous ce qui

arrivé?

— «Quoi donc? — mort. Eh
«Il est
!

bien, je

l'ai

trouvé là-haut,

persistant dans son péché, riant encore des mauvais

tours qu'il avait joués aux maris

de ce monde.

Oh

je

vous réponds que
soleil

celui-là

ne verra de long-

temps le

de justice.

— —

«

Vous

l'avez

vu sans doute?
:

« J'en ai

vu deux

l'un qui ressemble au soleil
la

l'autre qui
I.

ressemble à

lune.

On

voit le
'^'î

premier

354
par
l'œil

LETTRK
droit, et le second par l'œil gauche. Mais

n'allez pas croire

que

l'on passe l'éternité à les regarciel.

der: on se permet des distractions dans le
esprits des savants

Les

vont

se

promener de planètes en

planètes, d'nnions en unions; ceux qui ont habité

notre terre volent dans Siriuspour savoir
tout s'y passe.

comment
connaît
à

Vous

sentez

combien

la

science de

ces esprits surpasse celle d'un

homme qui

peine un petit coin de notre petit globe. Tous ces mondes sont habités, et
part des
le

ciel,

qui doit contenir

la

plu-

hommes de

tous les siècles, occupe

un espace

infiniment plus grand que celui de cet univers naturel.



«

«

Mon

cher Svédenborg, ne

vous est- il
les

ja-

mais arrivé, dans vos extases, surtout dans

pre-

mièies, de vous frotter les yeux un peu fortement?

Non. J'aurais craint de

me priver du
,

spectacle

merveilleux qui m'enchantait

et

de mériter de perpas d'avoir ouï

dre

la


dire
,

grâce qui m'a été accordée.
«

Vous ne vous souvenez donc
le

dans

temps où vous n'étiez qu'un philosophe

terrestre, qu'il est

mes
a la

,

soit la nuit, soit

très-commun de voir des fantôen fixant un objet qui n'arrête

pas l'attention, soit en fermant

les yeux, lorsqu'on vue fatiguée, ou qu'une cause interne met cet organe en état de contraction? Les fantômes sont

quelquefois assez bien terminés pour faire une véritable illusion; mais,
si

on

est

importuné

,

on

les fait

disparaître en se frottant les yeux.

Un

autre ébran-

lement succède au premier,

et l'illusion se dissipe.

«

Je vois,

me

dit

gravement Svédenborg, que

SUR SVÉDENBORG A M***.

355

VOUS VOUS moquez aussi de moi. J'en
vous.

suis fâché

pour
jour,

Vous ne verrez
d'ici

peut-être pas le soleil de justice
j

avant mille ans
car vous êtes

mais vous
»

le

verrez

un

un bon homme.
,

Nous nous séparâmes et je vis clairement que Svédenborg n'était devenu fou que pour avoir négligé de faire une petite expérience de physique. Il avait pris pour des vérités les fantômes produits par
l'irritation

de ses yeux,

et élait

parvenu à mettre de
les

l'ordre dans ces fantômes,

comme

hommes
,

ap-

prennent à en mettre dans leurs sensations et leurs idées. Il avait conservé toute sa raison et était précisément dans
d'idée de
la

le cas

d'un

homme

qui, n'ayant pas

pour des un système d'après ces illusions. On sent combien, pour peu que les objets fussent bizarres et mal terminés il aurait de facilité pour faire cadrer ce système avec
lanterne magique, aurait pris
fait voir, et

objets réels tout ce qu'elle

bâti

,

ses opinions et ses idées.

ïi.

DIALOGUE
ENTRE

niOGÈNE ET ARISTIPPE.
(1783.)

DIOGENE.

Philosophe,

tu passes ta vie à la

cour d'un tyran.

ARISTIPPE.

Un philosophe
plus besoin de

doit être où les

hommes

ont

le

lui.

DIOGÈNE.
Aristippe flatte l'oppresseur de Syracuse.
ARISTIPPE.

Oui, mais

il

le

désarme;

amis imprudents;

la flatterie et le

plus des crimes dès qu'ils

mort des mensonge ne sont sont utiles aux hommes.
il

a sauvé de la

DIOGÈNE.

Pour sauver ces amis, on
Denys.

t'a

vu baiser

les

pieds de

ARISTIPPE.

N'importe,
oreilles.

si

c'est

que

la

nature a placé ses

DIOGÈNE.
Jadis un philosophe sorti de l'école de Pythagore,
si fertile

en ennemis des tyrans, n'eût paru à Syraréveillei'

cuse que pour

dans l'àme des citoyens

l'a-

358
moiir de
la liberté et

DIALOGIIK

de

la

patrie;

il

eiit

donné
et
le sort

à

un
le

peuple faible, qui ne
courage
duisait
et les

sait

que trembler
punir. Et
^

baïr,

moyens de
à

si

con-

Diogène

Syracuse
vil

crois-tu qu'il s'abaisse?

rait à faire rire

un

tyran

Je lui reprocberais ses

barbaries, ses voluptés et ses vers boursouflés. De-

nys
n'est

se croit

un Dieu;

je lui ferais apercevoir qu'il

pas

même un bomme.
ARISTIPPE.
est

Denys, maître d'un peuple désarmé,
et

entouré des

guerriers qui ont chassé les vengeurs des Africains

de

la

le trône.

renommée de ses Que gagnerais-je à

victoires.
le

Il

mourra sur

braver? Le vain hon-

neur d'avoir montré du courage et de lui faire commettre un crime de plus, et j'aime mieux lui en épargner. J'ose lui déplaire
utile.

quand

il

le
,

faut

pour

être

Je ne crains point la mort
la vie; je

mais je ne bais

point

ne veux pas

la sacrifier à

inutile, mais je suis prêt à la

une gloire donner pour le bien

des hommes.
DIOGÈNE.
Aristippe,

accoutumé aux
Il

plaisirs, est

clave de

la

volupté.

craint

moins

la

devenu l'esmort qu'une

vie austère.

ARISXrPPE.

Le
dente
vient

plaisir

ne m'amollit point. Dans une âme ar-

et inflexible

comme

la tienne, la

volupté de-

une fureur\ Elle tient lieu de tout, et le rend capable de toirt. La mienne, plus flexible et plus modérée, sait en jouir et peut s'en pas.ser; je ne suis ni assez sot pour la mépriser, ni assez enrporté pour

ENTRE DIOGÈWE ET ARISTIPPE.
la

^OQ
fêtes

craindre. Je

me

livre

gaiement aux
ai la

lumul-

tueuses de Denys. J'en

banni

la

débauche. Ses
lois, crai-

courtisans, qui bravaient

nature et les

gnent qu'Arislij3pe
Les

les

accuse de manquer de goût.

que le plaisir a réveillé Tâme douce ivresse en chasse la défiance, j'en profite pour le rappeler, non à la justice, les tyrans ne peuvent la connaître, mais à la compassion, dont la voix n'est jamais étouffée sans
je vois
sa

moments où
et

de Denys,

que

ressource. Je sais qu'il ne peut faire du bien par vertu

ou par système

,

et je tâche qu'il

en fasse par caprice.
pleu-

On

lui

claves
raient.

amena, que des

il

y a quelque temps, trois belles es:

pirates avaient enlevées
vit ni

elles

Le lyian blasé ne

leur beauté ni leurs

larmes. Je venais de louer une de ses tragédies. Aristippe,

me

dit-il, choisis

une de ces
Il

esclaves. Je les

prends toutes

trois, répondis-je. Paris s'est
fait

trouvé d'avoir

trois esclaves, et le

un choix. lendemain
DIOGÈNE.

rit.

trop mal J'emmenai ces

je les

renvoyai à leurs

parents.

Confondu dans une

foule de vils flatteurs, l'ingé-

nieux Àristippe se charge du soin de distraire un
tyran de ses remords et de ses craintes. Ta voix
rassure contre
la
le

haine; ton

suffrage l'encouiage

contre

le

mépris. D'autant plus coupable que tu as
,

plus d'esprit et de crédit sur l'opinion
et le

(jue tu
te

peux

corrompre

et l'excuser.
si

En

vain

vantes-tu

de

lui

épargner des crimes,

tu fortifies ses vices.

ARISTIPPE.
Je détruis par

une

flatterie plus adroite le

mal que

36o
ferait celle

DIALOGUi:

des esclaves. Us vantent sa puissance et

la terreur qu'il inspiie; ils lui

peignent

les

méchants

ligués contre lui

,

mais contenus, malgré leur fureur,

par sa vigilance
s'irrite,
il

bles et

et la sévérité de sa justice. Alors il occupé qu'à rechercher des coupades supplices, qu'à imaginer de nouvelles per-

n'est

sécutions.

11

paraît agité par les furies. Seul libre
le seul qu'il

au

milieu de sa cour, je suis
térêt
froi.

croie sans in-

de

lui

nuire;

il

me

confie sa fureur et son ef,

Seigneur, lui

dis-je

toutes

ces précautions

avertissent les Syracusains

que vous croyez mériter

leur haine, elle leur feront croire. Craignez de les

augmenter assez, ces précautions, pour qu'un homme de cœur puisse trouver de la gloire à les tromper.
c'est le

Ce ne sont point vos gardes qui vous défendent, votre nom on respecte en vous le libérateur et
;

vengeur de

la Sicile, le

protecteur des arts, qui a

rendu Syracuse la rivale d'Athènes. Ce sont ces titres honorab'es qui font votre sûreté. Denys alors appelle dans son palais des hommes éclairés et vertueux;
les
il

s'adoucit dans leur société

;

il

s'indigne

que
et

Carthaginois aient encore des places dans
il

la Si-

cile;

s'occupe des

moyens de
DIOGÈNE.

les

en chasser,

laisse respirer

Syracuse.

Mais Démarate

et

Agathocle, qu'il a bannis, disent

que vous avez insulté à leur malheur; ils remplissent la Grèce de leurs plaintes et de la bassesse d'Aristippe.
AIIISTIPPE.

I,ors(pic

Démarate

cl

Agalhoclc furonf bauniN, les

ENTRK DTOGÈNE ET ARISTFPPE.
courtisans s'empressèrent d'applaudir à Denys
venait, disait-on, de punir des insolents
,

36

1

qui

qui l'a-

vaient outragé. Les ennemis du, tyran croyaient qu'il
sacrifiait

au plaisir de se venger,

les

citoyens les plus
:

utiles. Je disais

aux uns

et

aux autres
il

Si ces

hommes

n'eussent pas été ses ennemis,

eût dû les punir

plus sévèrement. Souvenez-vous de ce malheureux
c'est sa mort que Denys a vengée, et non ses propres injures. Est-ce que Diogène estimerait Démaraleet Âgathocle plus que Denys?

étranger qu'ils immolèrent aux dieux

:

DIOGÈNE.

Non

,

je

méprise et je hais tous
si

les

gens injustes
qu'il fait

et

cruels, et

je hais plus
si

Denys,
,

c'est

plus

de mal. Mais
tyran

vous, Âristippe
,

avez une âuie vraila

ment noble et
?

élevée

ramperiez-vous à

cour d'un

Content de pouvoir alléger quelques-uns des maux qu'il peut faire, pourquoi ne pas vivre dans

une république, où vous formeriez des hommes par vos leçons, où vous les élèveriez par vos exemples, et où vous seriez plus utile et où vous ne vous aviliriez
point
?

ARISTIPPE.

Tout
faire

homme

qui a des lumières et du courage peut

peut être utile

du bien dans une ville libre. Aristippe seul souffre qu'il y à une ville opprimée vive. Il vaudrait mieux sans doute que Syracuse fût affranchie et eût de bonnes lois mais si ce mieux
:

;

est impossible, faisons, sans

nous

irriter

contre
,

le

deslin

,

tout

le

bien que nous j)ouvons faiie
faire,

et

ne

désespérons jamais d'en

même

sf)us

un tyran,

M)-!

DIALOGUE ENTRE DIOGÈNE ET ARISTIPPE.
tju'il

pourvu
tition.

aime

la

gloire et qu'il haïsse la supers-

DIOGÈNE.

Mais

tes

yeux ne

sont-ils pas fatigués

du spectacle

de l'esclavage,
des esclaves?

et n'es-tu

pas dcgoùté de vivre avec

ARiSTIPPE.

Oui,

c'est

pour

cela

que
,

je suis

venu dans

la

Grèce

voir des

hommes

libres

et

causer avec Diogène.

DIOGÈNE.
Aristippe,si tu savais vivre

comme moi,

tu n'irais

pas dans

le palais

des tyrans.
ARISTIPPE.

Diogène,

si

tu savais vivre

avec

les

hommes,

tu

ne coucherais pas dans un tonneau. Pardonne-moi

ma
de

facilité et

ma

gaieté.

mes plaisirs en faveur de ma douceur et Ton courage et ta sublime abstinence
ta

me

font oublier

dureté

et

ton orgueil.

DIOGÈNE.
Arisfippe seiait-il capable de partager
le

pain de
le

Diogène,
(le sa

et
?

de boire avec

lui

de l'eau dans

creux

main

ARISTIPPE.

Oui; malgré
j'ai

la

gourmandise qu'on
le

me

reproche,

plus de plaisir à entendre un

bon mot que de
meilleur de
la

boire du vin dans une coupe d'or,
Sicile.

OBSERVATIONS
DE CONDORCET

SUR LE VINGT-NEUVIÈME LIVRE
DE

L'ESPRIT DES LOIS.

LIVRE XXIX.
DP
Chapitre I".

LA MANIÈRE DE COMPOSER LES LOIS.

De

l'esprit

du

lé|^islateur.

Chapitre

II.

Contitma

tion

du

même

sujet.

Je n'entends pas ce premier chapitre.
L'esprit d'un législateur doit être la justice, l'ob-

du droit naturel dans tout ce qui est proprement loi. Dans les règlements sur la forme des jugements ou des décisions particulières, il doit
servation

chercher

la

meilleure méthode de rendre ces décisions
à la loi et à la vérité
;

conformes
prit
lois

ce n'est point par esles

de modération, mais par esprit de justice, que
à l'égalité, et les
la

criminellesdoivent êtredouces,que leslois civiles
loisd'administration
la

doivent lendie

au maintien de

liberté et

de

propriété.

'^64

OBSERVATIONS DE CONDORCET
cités sont

Les deux exemples
plicité

mal

choisis.
la

La simsûreté,

des formes n'est pas contraire à
la

soit tien

de

personne,

soit

des biens, pour

le

main-

de laquelle les formes sont établies. Montesquieu semble le croire; mais il ne le prouve nulle
part; et les injustices causées par les formes compli-

quées rendent l'opinion contraire au moins vraisemblable.

Le second exemple

est ridicule.

Qu'importe à

la

science de composer les lois que Cécilius ou AuluGelle aient dit une sottise?

Par esprit de modération, Montesquieu n'entendrait-il

pas cet esprit d'incertitude qui altère par

cent petits motifs particuliers les principes invariables de la justice? (Voyez }e chapitre i8.)

Chapitre

III.

Que

les lois qui paraissent s'éloigner

des vues du

législateur

y sont souvent conformes.

Le premier devoir d'un
et raisonnable.
Il

législateur est d'être juste

est injuste

de punir un

homme
ou

pour n'avoir pas pris un
ignorer quel est
le parti le

parti, puisqu'il peut

plus juste, ou les croire
la

tous deux coupables.il est contre

raison de proloi
;

noncer

la

peine d'infamie

par

une

l'opinion

seule peut décerner cette peine.

Si la loi est d'ac-

cord avec l'opinion,
ridicule,
si

la loi est inutile; et elle

devient

elle est contraire à l'opinion.

Montesquieu ne se trompe-t-il pas sur l'intention ? Il semble qu'elle était plutôt d'obliger le gros delà nalion à prendre parti dans les querelles
de Solon

,

SUR LE XXIX^ LIVRE DE l'eSPRIT DES LOISentre un tyran
,

365

un sénat oppresseur, des magistrats
la

iniques, et les défenseurs de

liberté, afin d'assurer

à ceux-ci l'appui des citoyens

bien

intentionnés,
se déclarer.
civile toute
était

mais que
C'était

la

crainte aurait

empêchés de

un moyen de changer en guerre
;

insurrection particulière

mais ce motif

con-

forme à

l'esprit

des républiques grecques.
qui choquent les vues

Chapitre IV. Des

lois

du

législateur.

Un
et

bénéfice étant ou

une récompense,

doit être

une fonction publique, ou donné au nom de l'État;

on doit savoir à qui l'État l'a donné. Un procès pour un bénéfice est donc une chose ridicule. Si on regarde, au contraire, un bénéfice comme une propriété et le droit de le donner comme une autre espèce de propriété, alors la loi citée est évi,

demment injuste. Comment, dans
n'a-t-il

t Esprit

des lois, Montesquieu

jamais parlé de la justice ou de l'injustice des

lois qu'il cite,

à ces lois?

mais seulement des motifs qu'il attribue Pourquoi n'a-t-il établi aucun principe pour apprendre à distinguer, parmi les lois émanées d'un pouvoir légitime, celles qui sont injustes et celles qui sont conformes à la justice? Pourquoi dans l'Esprit des lois n'est-il question nulle part de
,

la

nature du droit de propriété de ses conséquences,
,

de son étendue, de ses limites?
Chapitre V. Continuation du

même

sujet.

Je ne sais

pourquoi Montesquieu appelle une

loi

s'il ci- toyens. l' Es- Celte observation se présente souvent. qui contrarient les vues pour lesquelles le législateur les a établies. n'était vraisemblablement qu'un était . et l'on peut en donner la raison.366 OBSERVATIONS Di.. dans la vue d'empêcher Il meurtres. l\{. (Voyez chap.) . d'enlever leur argent. Quelle si donc tyrannie de cet honuiie le droit clément. maisons des et. pu être utile aux débiteurs qu'en dimi- nuant merce l'intérêt de est le seul l'argent. l)rigandage et celle de Law de plus une extra- vagance. . Une que loi qui ordonnerait de détruire une parce ses habitants en ont détruit une autre ne serait la loi peut élre Irès-injuste. ployait pas ces leurs elle devait elle n'aurait n'emet moyens. ville.) Chapitre Vî. La loi de César . qu'il est bien étrange prit des lois ait été choisir ces que l'auteur de deux exemples. n'ont pas tou- jours même effet. La était loi de César la était injuste et absurde. i6. s'il s'était arrogé de fouiller les etc. à quoi servait sa loi? D'ailla augmenter masse des dettes. Or la liberté du commoyen de produire cet effet. CONDORCET ce serment qui élait aussi impiudenl que barbare. mais elle traire la pas plus con- aux vues du législateur que les qui décerne peine de mort contre les assassins. (Voir Dion Cassius liv. Que les lois qui paraissent le les mêmes. existe près de nous tant de lois importantes. Toute autre loi n'est propre qu'à faire hausser l'intérêt au- dessus du taux naturel.

des richesses ou de grands talents. de commun que Que les mauvaises Chapitre VIII. lois fait sent être bien exécutées et l'auteur de rEsprit des ! l'éloge d'une . établies dans plus . ne prouvent qu'une chose. qui. — Nécessité de bien On n'est composer les lois. le plus souvent. Et et. les lois qui paraissent les mêmes n'ont pas toujours eu le même motif. sont-ils établis par l'exemple de deux mauvaises lois . deux 11 villes s'agit grecques? de donner aux lois et hommes les lois les conformes s'agit à la justice. loi absurde des Athéniens Jamais d'analyses jamais de discussions. dans romaines comme dans les nôtres.SUR LE XXIX^ LIVKK DK l'eSPRIT DES Chapitre VII. la C'était de plus un moyen de priver république de ses meilleurs citoyens. jamais aucun principe précis. à la natine et à la raison il de composer ces de manière qu'elles puisqu'on n'en abuse point. si c'est qu'il n'y a rien lois. L'ostracisme était une injustice. les principes d'a- près lesquels on doit les composer. toujours un ou deux exemples. La cipe liberté les lois de faire des substitutions dérive. ce comment la nécessité de bien composer les lois. Continuation du LOIS. 36^ même sujet. qui en devrait être la suile. poinl criminel pour avoir du crédit. du prinle que droit de propriété s'étend jusqu'à la dis- . qui n'y rentraient ensuite qu'à la faveur d'une guerre étran- gère ou d'une sédition.

se donnait la mort avant d'être condamné. Chapitre IX. comme nous voulons perpétuer certains titres. et comment Montesquieu il cite Platon . sans inscription. . Que les lois grecques et romaines ont puni l'homisans avoir le cide de soi même.368 OBSERVATIONS DE COJNDORCET après la mort. veut. par exem- ple. ce sont les possesseurs actuels qui. position des biens assez généralement établi. Les empereurs déclarèrent donc que la les accusés qui se tueraient pour traités prévenir condanniation seraient comme . si l'on vation delà sépulture. il est vraisemblable que la vanité en était également le motif. Dans quel pays de la Grèce punissait-on et le suicide.la forme des Enfin ce mot. C'était toujours un repréont fait les lois. et tement toires. la pri- ment A Rome. les préties sui. sera puni. etc. Romains voulaient perpétuer certains saciifices. Il loi établie. etc. de consulter dévosacrifices expia- Platon conseille à leurs parents de les enterrer sans cérémonie. qu'un esclave qui tuerait un homme libre en se défendant soit puni de mort. même motif. on évitait la confiscation des biens. Si les sentant qu'on se choisissait dans l'avenir. et com- prouve qu'en Grèce on punissait le suicide. quelle était la peine établie? dit rien : Montesquieu n'en mais de celle aussi trouve-t-on que Platon ne parle dans ce dialogue d'aucune qu'il faudrait éta])lir. Ce principe est parceque presque partout. Quant aux suicides. n'est pas dans Platon voilà . dans l'origine.

3()y avaient la été çaient confiscation après injustes. le principe établi dans ce chapitre fût '^'i . Que les lois qui paraissent contraires. dans diffé- rents pays. il faudrait que la loi française eût pour motif le principe de respecter l'asile d'un citoyen. Mais alors le titre n'eût pas eu l'air profond. on peut déduire ou des lois douces ou des lois sévères . celles lois qui prononcondamnation étaient qui privent les condamnés de la séla il condamnés. il fau- drait diie qu'on étend plus ou moins. le titre Et pour que répondît à l'exemple. et il aurait fallu en conclure celui de la justice que peut tout autre principe que conduire à de fausses conséquences.SUR LE XXIX s'ils LIVRE DE l'eSPRIT DES LOIS. mais ne s'agit pas dans tout cela de peine contre le suicide. Pour que I. les conséquences d'un même principe. ceux qui savent pour priver de pendant le cette grâce Supposons qu'on eût fait une ceux qui apprennent à lire procès. Pour que l'exemple répondît au titre. Montesquieu aurait pu observer que du même principe. De quelle manière Chapitre XI. deux lois diverses peuvent être comparées. du respect pour la vie des hommes. On loi fait grâce en Angleterre de certaines peines à lire. jusqu'à l'atrocité. dérivent quel- quefois du même esprit. Les pulture peuvent être barbares. dira-t-on qu'on a établi des peines en Angleterre contre ceux qui apprennent à lire? Chapitre X.

alors et. celui qui. après la confrontation. mais parce qu'elle autorise à poursuivre comme faux té- moin rait. il fallait: i*' distinguer le faux témoignage. d'être Qu'on nous permette seulement . l'honneur et prouver que c'est sous ce point de vue seul qu'il est un délit. non-seulement qu'elle est n'est pas nécessaire. Dans l'exemple crime. attentat contre vie. 3° opposé à la justification d'un De ce qu'il est difficile. citoyen et le cité. Si elle y est contraire. où il en enil trerait d'injustes. s«° Il fallait montrer que qu'elle la loi de France. se rétracte- ou dont le faux témoignage seiait découvert. celui qui a causé par un faux témoignage la mort d'un innocent. dans une affaire capitale. est beaucoup plus simple de juger séparément chaque loi. en Angleterre. mais mauvaise : non en ce punit de mort. principe exposé dans ce le fait chapitre est très-incertain. regardé en lui-même comme un d'un faux témoignage considéré seulement la comme un . de voir si elle ne choque pas la justice. la remplacer par une autre loi qui aurait les mêmes dans le cas effets sans blesser la justice. qu'elle n'est par conséquent qu'un obstacle de plus innocent accusé. lors- commis. de faire périr . mais employé un peu comme exemple applique point. un innocent par un faux témoignage qu'il est il ne s'ensuit pas que l'on ne doive point regarder ce ciime. le droit naturel. Ainsi.3yo vi'aijil OBSERVATIONS DK CONDORCET raudrait qu'un système de lois. où elle aurait une utilité locale. pût être bon. Autrement. il faut la rejeter. comme un crime non-seulement ne s'y le capital.

Cette proposition Le receleur doit être puni de la même peine que le voleur. toutes deux sont nécesdes deux. second de prouver l'autre. Si elle est fausse. contre le voleur. la loi de France et la loi romaine sont également bonnes ou mauvaises soit lorsqu'elles statuent titre : . La différence de et la difficulté n'était la peine peut n'avoir eu d'autre motif que la certitude de l'un de ces vols le . Mais le semble annoncer la prétention de dire une chose extraordinaire. les lois — Des le lois romaines sur La distinction entre lois vol manifeste et le vol non manifeste. ment quelquefois Ce chapitre ne contient rien que de juste. n'est pas une loi. le refus injuste la tyraunique d'admettre à preuve de faits justifi- catifs. n'a pas besoin d'une explication tirée des de Lacédémone. El comme puni que par une amende. sont réelledifférentes. cette . que le chapitre ne justifie pas. il n'est pas assez Chapitre XII. Qu'il ne faut point séparer lequel elles sont faites. vraie ou fausse. persiflage. sairement mauvaises par rapport à l'un Chapitre XIII. soient présentés par Montesquieu tion comme faille dont il formant un système de législaexaminer l'ensemble. de l'objet pour le vol. et la loi équivoque et peut-être trop rigou- reuse contre les faux témoins. mais une maxime générale. surpris et ^^ I que la barbarie de la torture. Si elle est vraie.)raissent les mêmes. Que les lois qui p. soit lorsqu'elles statuent contre le receleur. Si c'est un marqué.SUR LK X\IX^ LIVRE DE l'eSPRIT DES LOIS.

parce qu'un receleur. Yoilà toute cette neur. y a des cas où nos bunaux lères condamnent aux gaperpétuelles un assassin. un empoisonneur. un acheteur imprudent ou . J'avouerai qu'il m'est encore impossible d'apercevoir et le la moindre liaison entre le titre de ce chapitre premier article. mais seulement à très-peu près.372 OBSERVATIONS DK CONDORClET distinction n'est pas déraisonnable. les a rangées sous différents titres. On voit clairement que Mon- tesquieu avait rassemblé une foule de notes sur les lois de tous il les peuples. font grâce de la vie et sous prétexte qu'ils ne sont pas absolument convain- cus . ni la connaissance distincte des lois de la société. La distinction entre la peine des pubères et des impubères n'a pas besoin. Elle est fondée impubères sont supposés n'avoir ni l'usage de leur raison. à demi de mautri- vaise foi à cette pouvaient être sans injustice condamnés 11 amende du double. et méthode dont on lui a fait tant d'honqui n'existe que dans la tête de ceux qui refont son livre d'après leurs idées. ni des lois de Lacédémone. C'est une ju- risprudence assez naturelle chez un peuple encore demi sauvage. pour être entendue. Qu'il ne faut pas séparer les lois des circonstances dans lesquelles elles ont été faites. poui' faire son ou- vrage. Chapitre XIV. et que. . qui regarde la punition des crimes comme un acte de vengeance réglé par la loi que comme un acte de justice. ni des raisonnements de à plus Platon sur les lois de sur ce que les l'île de Crète.

. les convaincre d'avoir eu chirurgiens et (i). et. que cette excuse soit au moins La (ij loi des Douze Tables était mauvaise. pour sauver sa vie ou celle d'un il autre. n'appartient à aucun corps. et qu'au contraire ne s'ensuit il ne mérite aucune punition lorsque. qui ne réussit pas dans le traitement d'un malade qui lui a donné sa confiance librement . un autre qui m'aurait Est-ce qu'en France les cliiruigiens et les apothicaires ne sont pas interdits ou condamnés à des lorsqu'ils se dommages. ayant un privilège me traiter. 'd']?> De ce qu'un médecin. pour la même faute pour laquelle le médecin d'une condition un peu relevée n'est condamné qu'à la déportation? Tout cela fait frenni le bon sens. le il pas qu'on doive exclusif de punir . pour être regardé faut comme innocent. il m'a empêché. de m'adresser guéri. . loi se corrige Tout l'ait homme qui lue un autre homme est coupaqu'il ble d'homicide. probable.SUll LE XXIX^ LIVRE DE LESPRIT DES LOIS. ritie? Si rendent coupables d'impéles les on ne punit pas de pouvoir la médecins. à moins ne tué à son corps défendant. au lieu que preuve contre apothicaires est souvent très-facile Cliapitre XV. Qu'il est bon quelquefois qu'une elle-même. les c'est qu'il serait très-rare tort. D'ailleurs Ajoutons: Qu'est-ce qu'un médecin d'une condition plus basse qu'un autre médecin? Et cette condition plus basse est-elle une bonne raison de condamner ce médecin à la mort. en vertu de à son privilège. sinon d'assassinat.

Ce n'est pas dans des lois qu'on a cité la rondeur delà couronne.) remarques sur le cha- D'ailleuis ce chapitre 16 renferme heaucoup de choses inexactes. de proscription de Philippe H n'est pas une Quoi de et ! notre jurisprudence criminelle est remplie lois vagues. L'édit loi. et il pouvait le dire d'une manière simple plus utile. certaines circonstances? Tout cela est vrai et comet mun. sinon qu'une loi peut exiger quelques modifications distinguer . mais n'est ni assez approfondi ni assez développé. mais ni d'en lui. n'imaginèrent jamais donner d'autres raisons sérieuses que qu'on ne pouvait avouer publiquement. et à Richelieu emploie ime expression vague. Chapitre XVI. des exemples plus frappants. ou dans colles des peuples voisins.'^']l\ OBSERVA. commencelles ni personne. Choses à observer ihins la composition des lois. annoncé par du Ce qu'il dit est vrai en général.TIONS DE CONDORCET Montesquieu veut-il dire autre chose. L'auteur sujet commence dans le titre ce chapitre à traiter le livre. Le chancelier de L'Hôpital crut devoir faire déclarer Charles IX majeur à quatorze ans cés. féroces à desbarbaiieshonleuses et Monles^piieu . qui conduisent des juges ignorants . Le testament attribué loi. (Voyez les pitre 19. mais cette phrase n'est pas une Montesquieu pouvait trouver dans nos lois. ni les nombres dePythagore.

le comte Destutt de Tracy. doit lui rendre compte de ses motifs il Tout délégué du peuple. il du Bas-Empire leur style. ferait encore bien de se rendre compte à lui-même de ses raisons. et il va chercher ses exemples dans des Il lois oubliées! lois le mais loi. explique les différents avantages de cette précaution Il et la manière de l'exécuter. que l'a tout législateur. Mais lorsqu'un nation le . doit dire et il motif qui déterminé. it'] dédaigne d'en parler. au cha- pitre le XIX. Montesquieu devait faire cette distinction (j). y a encore une raison pour que tout législateur donne ses s'ils ne sont pas de il nature à être goûtés généralement. motifs. . homme dû dicte des lois à toute une le respect nature humaine devoir de lendre raison de ses lois. fussent-ils bons. s'il parvient à goûter. et qu'au contraire. préambule d'une loi avec la Lorsqu'un peuple se donne à lui-même des lois. c'est reproche aux confondre n'a pas besoin d'en il développer les motifs. Condorcet lui-même dit. agissant il lui. (Note de M. et quand : serait possible que le peuple entiei' agisse. et sou- vent n'en pourrait donner d'autres que à la sa volonté. par autorité ou par surprise.o SUR LE XXIX LIVKK DE L ESPKIT DES LOIS.) . impose de montrer lui à la justice. que avait fait passer la loi toute seule. pair de Fiance. s'ils Les ministres des empereuis eurent tort. pouvant se tromper. Il en agirait plus sagement. est bien plus près (jui d'amener la nation à toutes s'il les bonnes con- séquences en dérivent. virent ces préambules écriils comme des rhéteurs. n'est pas encore temps de les faire rendre il la loi. qu'il ne piescril rien que de conforme . (i) Ou plutôt pour il ne devait pas la faire. c'est que ces motifs. à la saine raison à l'intérêt général. mais avaient^raison de et les regarder con)me nécessaires .

Mauvaise manière de donner des lois. Nous voici à lin des chapitres les jihis ruricux df . puis rédacteur des rescrits de Caracalla qui régna quelques mois. non sur des questions particulières et les lescrits des empereurs ne peuvent être regardés que comme des interpiétations données par le législateur. fût-il un oracle de sagesse. ne devait pas être regardé comme une loi avant qu'un édit lui en eût donné la sanction. Justinien put avoir tort de donner force de loi à plusieurs de ces resciits. effet ré- de telles interprétations . Chapitre XVIII. sitions absurdes. greffier. Or. ni force vêtues de lois. et pouvait être une loi absurde. s'ils contenaient des dispo- mais ce les n'était point . un rescrit de Marc-Aurèle ou de Julien. ne peuvent avoir ni troactif. Les et lois doivent statuer sur des objets généraux. la de loi tant qu'elles ne sont pas forme authentique qui caractérise reles Une loi de Caracalla était une loi. qui avait été gladiateur et . Des idées d'uniformité. reurs ne faisaient pas plus leur rescrit que Louis XIV l'ordonnance de 1670. . Ce Macrain. prit des et perdit l'empire et la vie par sa lâcheté.376 OBSERVATIONS DE CONDORCET Chapitre XVII. parce qu'ils Les empe- avaient été faits par jurisconsultes qui écrivaient au n'a nom fait de Caracalla ou de Commode. est une singulière autorité à citer dans ['Eslois.

avec lesquels on puisse comparer ceux qui sont employés. de tous les pro- H faut l'examiner en détail . fixe et invariable. etc. 4° L'uniformité de poids et de mesures ne peut et déplaire qu'aux gens de loi qui craignent de voir di. . de contenance et de poids. à O77 un de ceux qui ont valu les Montes- quieu l'indulgence de tous tecteurs des abus. de manière que les divisions successives en mesure et . de tous ceux qui haïssent les lumières. cité à tous les esprits. dans discussion d'une question de philosophie? Ce n'est sans doutequ'une plaisanterie. c'est de déterminer une mesure naturelle. Le commerce emploie des poids des mesures. de l'employer à former des mesures de lon- gueur. plaisent aux esprits justes. C'est LIVRK DE L ESPRIT DES LOIS. et surtout 2° Le grand esprit de Cliarlemagne peut-il être la au dix-huitième siècle. la police se mêle des uns et des autres et ne decon- vrait s'en la mêler que pour savoir s'ils ont réellement valeur qui leur a été supposée. 1° gens à préjugés. de superficie. avec l'approbation universelle de tous les hommes éclairés. les mêmes mesures dans et commerce. et pour en server d'exacts. com- Ce qu'on a proposé à cet égard. Les idées d'uniformité de régularité. contre ceux qui avaient les idées que Montesquieu voulait combattre. 3° Nous n'entendons pas ce que signifient les mê- mes poids dans le la police.SUR LE X\1X l'ouvrage. qu'on pût toujours re- trouver. minuer merce le nombre des procès aux négociants qui craignent tout ce qui rend les opérations du faciles et simples.

sans (\uo chaîigernf nf produise aucun mal. les mêmes lois civiles. de la liberté. les assemblées d'états. ou bien (ju'il des objets ([u'il ne faut pas régler par des sont la plupart des règlements de sont fondées sur des préjugés.378 OBSKIIVATIONS DT. La nouvelle mesure aurait été adoptée par le gouvernement. des habitudes. sont les les mêmes partout . ce qui prévient la pour jamais toute espèce de procès pour valeur de ces mesures. etc. Ce changement se serait donc fait sans aucune gêne. les différents mêmes lois crimimêmes lois de com- pour tous. connue commerce. la raison. les Une bonne loi doit être bonne pour tous hommes. de la sûreté. CONDORCET en poids moindres fussent exprimées par des nombres simples et commodes pour les divisions. L'uniformité dans \c peut s'établir sans trouble. ou statuent sur lois. la la justice. faut déraciner. ou même tous les États. se servir Les particuliers auraient eu telle la liberté mesure qu'ils auraient voulu. Les lois qui paraissent devoir être diffé- rentes suivant pays. les droits des hommes. . n'auraient pas les merce. de 5° Comme la vérité . sans aucun trouble pour le commerce. d'établir ensuite les d'une manière publique exacts que fournit la et légale. l'intérêt de propriété. on ne voit pas pourquoi toutes nelles. rap- port précis de toutes les mesures usitées dans un pays avec mesure nouvelle . et jamais personne n'a proposé une autre opération. comnje une proposition viaie est vraie etc. les provinces d'un État. et un des meilleurs moyens de les lois les détruire est de cesser de les soutenir par des 6" lois. les commude nautés. et le par moyens la physique.

Mais quel trouble produira celui d'un code civil? Il changera l'ordre de la dis- tribution des successions. ou elle dure un temps fixe. elle y pourrait nuire. avant avant du Les conventions velle loi lui conserveront toute leur force. droit d'un testament faites . que tous les hommes sachant et il seront également habiles sur cet objet.SUR LK XMX^ LIVRK DE LESPHIT DES LOIS. elle est uniquement fondée sur par conséquent.(pi'on puisse regarder cette égalité connue d'une un mal. 7" Ce n'est point une petite vue que l'idée . Les conventions sont de trois espèces ou leur exécution : est instantanée. la loi l'exécu- tion des conventions faites avant nouvelle. à mort noumoins qu'elles ne soient contraires au droit naturel. conserver de chan- ger ces conventions. ou elle Dans les deux premiers cas. le droit nature des choses. le législateur doit. . mais l'exécution perpétuelle d'une convention ne peut naître du droit de pro- priété. sans nuire à l'uniformité des Dans le dernier. simple il s'ensuivra un mode de jurisprudence unifoinie que les gens de loi perdront la l'avantage de posséder exclusivement connaissance lire des formes . Syf) On en convient pour l'établissement d'une bonne jurisprudence criminelle. est perpétuelle. mais une succession qu'on attend n'est pas un droit de propriété: il ne résulte la la de même aucun testateur. en conservant et originaire le droit véritable de chacune des pailies ou de ses ayants cause. la sanction de par la la loi. peut être jugée d'après l'ancienne jurisprudence lois. et. Si et on établit . est difficile d'inuiginer.

ment 8° à la conduite de la vie et des affaires. . 2" dans celle où l'on croirait qu'il n'y a aucun principe certain d'après lequel on puisse . 10" Lorsque les citoyens suivent les lois. des idées précises sur des objets essentiels. que les abus sont si petits. se diriger d'une manière sûre dans l'établissement des lois nouvelles. il également justes. voudraient que personne ne s'avisât d'ouvrir les yeux. qu'ils sont adoptées par eux. une connaissance plus nette de leurs diminuerait l'inégalité entre les intérêts. parce rien. connue est difficile (jue deux ment lois différentes soient utiles. égalequ'ils suivent la importe encore même. et. ne voient que la lumière n'existe pas. qui plaisent aux hommes corrompus. qu'im- porte (|u'ils suivent la même? Il importe il qu'ils sui- vent de bonnes lois. Un fermier général disait aussi en 1775 : Pour- quoi faire des changements ? Est-ce que nous ne som- mes pas bien? La répugnance à changer ne peut être raisonnable que dans ces deux circonstances: 1° lorsque les lois d'un pays approchent tellement d'être conformes à la raison et à la justice.38o OBSERVATIONS DE CONDORCET uniformité qui donnerait à tous les habitants d'un pays. que l'on ne peut espérer du changement aucun avantage sensible. Or toutes les nations qui existent sont bien éloignées du premier point. et qui relative- hommes. aiment à croire les autres. 9° T>a grandeur du génie est une de ces phrases vagues qui frappent les petits espiits et qui les séduiet sent. Les uns. et on ne peut plus être de la seconde opinion. qui la craignent.

Est-il ici les législateurs avec les écrivains politiques qui ont proposé des systèmes bien sûr qu'Arioste ait eu une intention si marquée de contredire Platon? Ce que nous savons des républiques grecques. Montesquieu confond de législation. mieux il sera gouverné. Chapitre XIX.^ SLR LE XXIX*" LIVRE DE l'eSPRIT DES LOIS. sont fondées presque toutes sur des raisons que les joueurs sentent et vaguement dont les mathématiciens. Qu'a de commun César Borgia avec la législation? Les discours de Machiavel sur Tite-Live. si l'on a égard au siècle où viet Machiavel. son histoire de Florence. Leurs règles. nous donne lieu de croire que leur législation était très-imparfaite. qui paraissent aibitraires. et surtout très- compliquée. quelle qu'elle puisse être. pourvu qu'on suive la règle établie. à quelques égards. où il est indiffé- rent de suivre telle telle règle. renferment beaucoup de vues politiques qui annoncent vait . même des jeux. c'est 38 1 par la raison que de l'égalité entre les un moyen de plus d'établir hommes. Quel rapport le céréles lois? monial tartare ou chinois peut-il avoir avec dait la législation Cet article semble annoncer que Montesquieu regaj- comme un ou jeu . Des législateurs. accoutumés au calcul des probabilités. Mais cela n'est pas vrai. sauraient rendre compte. un esprit vaste profond : mais il . Plus la législation d'un État sera simple.

lesquels le législateur doit statuer. et. à n'a certainement pas songé. . avec impunité. ce soi]t des Machiavel développe comment un etc.a sacHfier à ce droit une partie de leur liberté. quant à ouvrages où scélérat peut s'y . par conséquent. il Dans le premier cas. assassiner. est d'abord essentiel de fixer les objets sui. CONDORCET les écrivant. C'est un véritable droit que l'homme de sa liberté. mais il ne s'agit point là de Pourquoi Montesquieu parmi de la n'a-t-il pas compté Locke lois les législateurs? Est-ce qu'il a trouvé les Caroline Irop simples? sera-t-il Nous permis de placer ici quelques idées Nous distinguerons d'abord le cas où il s'agirait de donner à un peuple une législation nouvelle. . : Les lois de police elles se partagent en deux clas- ses. celui où l'on ne statue que sur une branche plus ou moins éîendue de la législation. sur le sujet de ce livre? celui enfin où la loi n'a qu'un objet particulier..'5S-2 OBSERVATIONS Dh. il n'est pas injuste de soumettre les individus à [. en César Borgia. etc. vie de Castracani. piendre pour voler. ce sont s lois 2** criminelles. acquiert en vivant en société. la Quant au livre intitulé: Le Prince. Ces objets sont 1° : Les lois qui ont pour but de défendre la les ci- toyens contre It violence ou contre la fraude. les unes ont fices pour objet de déterminer les sacri- que chaque citoyen peut être obligé de faire au snaintien de l'ordre et de la tranquillité publique. César Borgia passa quelque temps pour être un bon modèle en ce genre législation.

parce que le commerce doit être absolument libie. qui se distinguent en cinq es- pèces la : celles qui déterminent à qui doit appailenir les lois propriété. elc. manière d'employer la force publique au maintien de sûreté extérieure. les au nom de la nation. celles qui règlent l'exercas du droit de propriété. Ensuite il faut sur chaque partie réduire à des questions générales. etc.. et n'a besoin d'aucune autre loi que de celles qui assurent les propriétés. avec faites les étrangers. les comme les lois sur les hypo- thèques. dans la où cet exer- cice peut nuire à la propriété d'un tiers. etc. aux frais de la nation 6° les impôts. 2** les autres règleni l'être. celles enfin qui sta- l'état des personnes. simples. : qui règlent la i° l'exercice la du droit de législation. celles qui assurent propriété. et en un aussi petit nombre qu'on pourra.SLR LE XXIX*^ LIVKE DE l'eSPRIT DES LOIS. toutes les questions particu- . dépenses qui doivent être . la celles qui règlent les moyens d'acquérir le propriété. Sur tous ces objets il faut des lois de deux es- pèces: les premières sont les principes d'après lesquels chaque question doit être décidée. comme rues. comme sur les successions. la manière de 5*^ traiter. Nous ne parlons pas des lois de commerce. les chemins.. 3° les moyens de l'employer 4*^ à assurer l'exécution des lois. lois 383 deuxième espèce des les de police a pour objet de régler la jouissance des choses communes. sur tuent sur débiteurs. la forme suivant la([uelle elle doit Les lois politiques. . 3^ Les lois civiles. comme les lois cice sur les ventes.

de l'ouvrage même contient les loi n'est autre chose que que lière celte pioposilion Il est juste ou laisonnahle (Suit le texte de la loi. comme dans un de qui en de mathématiques. on choisira qui paraîtra le plus con- forme il à l'utilité suffit puhlique.384 lières OBSERVATIONS DE CONDORCET qui peuvent se présenler. et examiner pour : chacune 1° Si elle doit être décidée par une la loi. n'est en contra- diction avec aucune loi établie. après si elle l'avoir réglée selon la raison et la justice.) Si l'on ne veut donner qu'une branche particude législation. Cela est nécessaire. changements pernicieux. une réponse. la raison ne fournit pas Si la raison fournit une réponse à la question. et pour éclairer ceux qui les exécutent enfin pour empêcher des . et détruire soigneu- sement toutes celles-ci. 2° Si. sinon. ceux qui sont livre utiles. Une : la suite l'énoncé des propositions. et pour attacher à ces lois ceux qui y ohéissent. ces mots seront définis avec une exactitude scrupuleuse. il ne pas que ces lois soient claires. d'après les règles de justice. se Comme à tout législateur peut tromper . examiner. et faciliter en n)ême temps Mais l'exposition de ces motifs texte doit être séparée du de la loi. il Huit le parti la suivre. on peut séparer démonstrations. il faut joindre chaque loi le motif qui a décidé à la porter. faut qu'elles ne contiennent cis et que des mots d'un sens qu'une loi pré- déterminé. il faut avoir soin de la circons- crire avec exactitude. et toutes les fois en em- ploiera d'autres. comme on détruit toutes les .

doit être présentée comme une véritable loi. en contradiction avec une mauvaise qu'on n'aurait pu détruire. Alors peut arriver. bon de régler. que celui d'une loi rale.SUR LE XX1X« LIVRE DE l' ESPRIT DES LOIS. il faudra l'examiner. 11 est beaucoup plus aisé de saisir l'esprit d'une législation généiale. dans une législation généun moyen de réformer les lois qui entraînent l'exfait des abus. Pour une qu'elle soit isolée. que de laisser la mauvaise seule. plus il importe que le législateur expose ses motifs. Cependant vaudrait mieux laisser subsister une bonne loi. Plus l'objet de la loi est particulier. 385 il racines d'un mal qu'on veut extirper. comme une modification de la mauvaise loi qu'elle corrige. dans le second. si l'on veut être sur bonne. faire. ou que qu'on veut doive entrer dans un bon système de législation. pour la branche de avec il et l'état actuel de cette branche de la loi législation. ou d'une branche de isolée. ou qu'elle ne soit utile et juste que parce qu'elle s'oploi pose à l'injustice qui résulte d'une mauvaise ne peut changer. doivent entrer dans un bon système de lois. Il serait législation. sans qu'on soit obligé d'attendre que cès de ces abus ait sentir la nécessité de la ré- forme. 25 . à la justice relative. la loi Dans premier. dans le premier cas. qu'on Dans tice le absolue. non pas mais dans son rapport avec toutes celles qui législation à laquelle elle appartient. loi particulière. il faut se conformer à la jusle second. Il y a des lois qui doivent paraître au législateiu* I.

ne peuvent jamais répondre de l'avenir sous aucun rapport. Ces deux classes de doivent être distinguées dans loi : la rédaction. le comte Destutt de Tracy. peut être variable. il parta- geait encore les opinions des économistes français les plus exclusifs. Le chancelier de L'Hôpital. c'est en vertu de cette barbarie de regardée le comme perpétuelle contre toute raila son. pair de France. gislateur (Note de M. Les hommes.386 faites OBSERVATIONS DE CONDORCET pour loi être éternelles. est clair Il que la cette loi trop rigoureuse n'avait pour objet que de prévenir des imprudences qui pouvaient guerre civile. il Même en supà la loi juste. eût fallu statuer qu'elle cesse- d'être exécutée au la bout de tant d'années. (i) On voit qu'à l'époque où Condorcet a écrit ceci. que parlement de Paris a eu le condamner posant rait chevalier de La Barre. peut être regardée la comme une Mais la loi loi fondée sur fixe la nature des choses le (i). celte établis Les impôts seront toujours ter- proportionnellement au produit net des res. Il est encore plus important de distinguer les lois qui ne sont que pour un temps. dans un édit de pacification.) . porta peine faut de mort contre ceux qui briseraient des images. Par exemple. et rallumer loi. qui maqu'il nière d'évaluer produit. il y en a d'autres qui doi- vent vraisemblablement être changées. en effet. Il il prouve lui-même : la sagesse profonde de l'expression dont lois vient de se servir faites i4 y a des qui doivent paraître au lé- pour être éternelles. moins que de la continuation des troubles n'obligeât renouveler. parce qu'il est possible de perfectionner la méthode employer dans ces évaluations.

n'est pas suffisant. qui doit toujours être la somme même pai- du poids total. mais cette évaluation. et faudrait faire tuelle au peuple. ou en denrées. d'argent est une valeur déterminée au moment où on en sorte que l'intérêt faire qu'on en paye soit toujours la On doit même portion qu'il a été convenu de donner annuellement de cette valeur. Les lois doivent être rédigées suivant un ordre systématique. est la seule dont on puisse regarsi la manière une autre éva- der valeur comme il de vivre changeait. les (i) Cette distinction n'est point fondée. 387 Ce que dit Montesquieu. telle qu'elle était au moment du prêt. Tel est l'intérêt d'une . C'est le seul moyen de juger s'il ne s'y est si pas glissé questions de contradictions ou d'omissions.SUR Lli XXIX** LIVRE DE l'eSPRIT DES LOIS. suivant les cas. tel est l'intérêt etc. i6.. Une somme la prête. parce que et habi- denrée qui la de nourriture principale constante. du riz et l'évaluation en denrées doit être faite d'après le prix moyen du la blé en Europe. (JNote de M. luation. tandis maison. non-seule- ment il faut y ajouter toujours leur évaluation en il valeurs réelles. de manière qu'il soit facile d'en saisir l'ensemble et d'en suivre les détails. pair de France. L'emprunteur a pu en acheter tout de suite une valeur égale de biens susceptibles d'accroissement ou de décroissement. chapitre sur les énon- ciations en monnaie. faire ou en métal. le comte Destutt de Tracy. faut. sert en Asie . d'un meuble. Nous avons d'argent prêtée tie dit qu'il y avait des choses qu'il faut évaluer en métal (i).) . de l'achat d'une que l'intérêt de l'achat d'une terre doit être évalué en denrées.

: Ces réflexions sont simples elles ne forment qu'une petite partie de ce qui doit entrer dans un ouvrage sur la manière de composer les lois elles .388 (|ui se OBSERVATIONS DE CONDORCET. voir. ETC. sur quelle partie de cienne loi elle doit porter. sont nécessaires occupei". sans altérer l'unité du système de que la loi. et alors la réforme doit être faite de manière qu'on puisse. lorsqu'une rél'an- C'est le seul moyen de bien forme devient nécessaire. présentent dans la suite ont été prévues ou non. substituer la loi nouvelle à celle l'on réforme. . et Montesquieu n'a pas daigné s'en .

LE JEUDI 21 FÉVRIER 1782. qui vous fait.l'aime à devoir vos bontés au même sentiment d'amour pour les sciences. Yous avez cru qu'un philosophe qui sans avoir einichi les sciences d'aucune découverte. Je sais combien vos justes égards pour l'illustre compagnie qui m'a honoré du titre de son interprète. manière digne m'accorder. A la réception de M. à la confiance qu'elle daigne . mais ont influé sur vos suffrages vos assemblées particulières ne me en m'admettant dans vous avez voulu qu'il manquât aucun moyen de répondre. L'honneur de d'être réveiller les illusions admis parmi vous doit sans doute de l'amour-propre dans l'homme honneur comme le prix de une adoption si glorieuse ne peut exciter en moi que le sentiment de la reconnaissance. lettres qui regarde cet ses talents. d'elle . DISCOURS PRONONCK DANS L'ACADEMIE FRANÇAISE. dans une carrière où je marche si loin de lui. le marquis de Condorcrt- Messieurs. d'une : .décerner un éloge public à la mémoire du plus célèbre de mes prédécesseurs.. .

et et vous avez traité Fontenelle comme Descartes. ces méthodes répandues chez toutes tions et portées dans les na- deux mondes. Cette union entre les sciences et les lettres. : pénible. réduite en la raison a enfin reconnu la route qu'elle doit suivre. et ces progrès. ne peuvent plus s'anéantir. Placés à cette heureuse époque. dont vous cherchez. Ces vérités preles mières. où . et témoins des derniers efforts de l'ignorance et de l'erreur.390 DISCOURS UE RÉCEPTION a contribué peut-être à leurs progrès autant que les génies les plus féconds. et une révolution dans le globe pourrait seule y ramener les a cru ténèbres. Il n'est plus au pouvoir des hommes d'éteindre le flambeau allumé par le génie. parce que Fontenelle a rendu communes populaires les vérités que Descaries n'avait révé- lées qu'aux sages. . le genre siècle ajoutera humain sauvé Chaque ! de nouvelles lumières à celles siècle qui l'aura précédé. est un des caractères qui devaient distinguer ce siècle. Messieurs. . le genre humain ne reverra plus ces alternatives d'obscurité et de lumière auxquelles on longtemps que la nature l'avait éternellement condamné. et nous pouvons nous écrier enfin La vérité a vaincu. en formules. et saisi le fil qui l'empêchera de s'égarer. nous avons vu si la raison sortir victorieuse de cette est lutte si longue. à resserrer les liens . où pour la première fois le système général des . du que rien . devaitavoir part aux mêmes honneurs. où méthode de découvrir la vérité a été art et pour ainsi dire. principes de nos connaissances a été développé la .

l'espiit humain verra de- vant lui un espace toujours infini. par de longs travaux. mais celui qu'à chaque instant il laisse derrière soi. chaque mois. et jouissons d'avance du bonheur qu'ils répandront un jour sur nos neveux. n'auront la que celles de durée de l'univers. celui qui le sépare des temps de son enfance. toutes avait tier. je ne dis pas de l'antiquité.A l'a. Un jeune homme. Il comme un père voit avec plaisir croitie et s'élever l'arbre dont l'ombrage doit s'étendre sur de confirmer cette vérité. 3yï désormais ne peut arrêter ni d'autres bornes suspendre. les l'esprit reculer. court espace. au sortir réelles de nos écoles. . dix-septième les génies. même du Des méthodes et les vérités toujours plus étendues se succèdent. je vois chaque année. rassemblent. s'accroîtra sans cesse. et ses limites se : ble? Non. Messieurs croissent. chaque jour. réunit plus de connaissances que n'ont pu plus grands en acquérir. les limites Cependant relles n'est-il pas un terme où natu- de notre esprit rendraient tout progrès impossià mesure que les lumières s'acméthodes d'instruire se perfectionnent. : temporains puissent rester inutiles.cadémii: française. dans un dont la découverte occupé les hommes de génie d'un siècle enDans tous les temps. humain semble s'agrandir. Nous avons recueilli le fruit des travaux de nos pères gardons-nous de croire que ceux de nos con. sa postérité. mais siècle. Témoin me serait facile nécessaire du progrès des sciences. Toute découverte dans les sciences est un bienfait pour l'humanité aucun système de vérités n'est stérile. pour ainsi dire.

et la vérité ne peut avoir que des juges ou prévefaits. est devenu l'iiabilude de ma vie et une partie de mon bonheur. les esprits à les recevoir. à la fois sublime et consolant. Mais pendant que. dont le but direct est le bonheur de l'homme.392 DISCOURS DE RÉCEPTION marqués également par une découverte nouvelle et par une invention utile. En méditant sur la nature des sciences morales. atteindre au même degré de certitude. Ces sciences. et cette idée si douce. elles . tandis qu'en physique ils courent au-devant des vérités. étudierait la société humaine comme nous étudions l'obsercelle des castors ou des abeilles. Ce spectacle. sciences morales l'opinion encore incertaine semble quelquefois retourner sur ses pas et s'attacher- au\ . Mais ici vateur fait partie lui-même de la société qu'il observe. et souvent même les des erreurs nouvelles. étranger à notre espèce. en effet. Tout serait égal entre elles pour un être qui. La marche des sciences morales sera donc plus lente que celle des sciences physiques. et nous ne devons pas être étonnés elles si les principes sur lesquels sont établies ont besoin de foicer. que nos neveux nous surpasseront en sagesse comme en lumières. n'est plus une illusion. n'auront pas une marche moins sûre que celle des sciences physiques. nus ou séduits. dans . acquérir une langue également exacte et précise. pour ainsi dire. dont l'objet est l'homme même. presque créées de nos jours. voir qu'appuyées on ne peut. s'empêcher de comme les sciences physiques sur l'observation des doivent suivre la même méthode.

et . cet art conservateur de raison humaine. Elle rend à la fois les savants plus respectables. Peut-être le progrès nécessaire des sciences phy- siques aurait-il suffi pour assurer le progrès des sciences morales. y donner aux cette précision cette exactitude les . En . Glace à l'imprimerie.A. SqS mêmes erreurs qu'elle avait abjurées. l'aCADÉ3IIE française. dans le temps même ils la tie. et nous préserver du retour de la barbarie. les sages s'ocd'elle à enricliii. et elle assure le bonheur de génération qui n'existe point encore. en apprenantà lout espérer . et peut seule faits . aux résultats qui distinguent vérités dignes les d'entrer dans le système des sciences d'avec simples aperçus de la raison. un principe utile au blic a-t-il été découvert. mais assurée. en leur faisant prendre l'habitude de cette marche lente. elle instruit les enfants dont les pères l'ont mé- connue. elle prépare en silence son empire sur nions. vain s'obstine- une vérité nouvelle déposée dans croient anéanles opi- elle survit aux hommes où qui l'ont dédai- gnée . à laquelle l'étude de la leui' nature est assujettie.par d'heureuses cupent loin vertes le système des connaissances découhumaines. en rendant leurs spéculalions plus directement utiles. et les philosophes plus sages. L'union entre ces deux ordres de connaissances agrandit la sphère des sciences morales. il la bonheur pudevient en un instant le patrimoine de toutes rait-on à rejeter les livres : les nations. la éclai- vbix de la raison se fait entendre aux hommes la rés.

qui méprisent siècle où ils vivent. défendre. L'igno- . la monde. dans ce siècle l'éloquence a plus d'une fois employé. partout. je sais que ses blessures saignent encore. partout où l'homme de bien jette les yeux . le malheur et le crime vien- nent contrister sa vue et briser son cœur. dont d'amener le et les révolutions heureuses. prosciences. elle sache ne point prévenir le malheur qui la : menace. je m'adresserai seulement à ces le hommes ver- tueux. L'opinion que et se corrompu que ceux qui l'ont la nature humaine dégénère âges du dégrade sans cesse. que. et. le joug de l'igno- rance pèse encore sur elle. pourquoi uile uti- Mais puisqu'il est impossible de contester grès général de toutes les voix puissante s'élève-t-elle pour attaquer leur lité? Depuis les temps les plus reculés. pour et ses prestiges. elle ose en- core se reproduire parmi nous. son art Parmi ces détracteurs de notre siècle dont il ne s'agit point ici d'approfondir ou de dévoiler les motifs . parce que leur âme qu'ils voient s'irritent est plus blessée du spectacle des maux que du récit des maux passés.394 DISCOURS DE RÉCEPTION l'effet infaillible est du temps. c'est par la seule crainte qu'indocile aux leçons des sages. semble avoir été l'opinion de tous les commune même. et les grandes découvertes. que. Je leur dirai Ne m'accusez pas d'être insensible aux maux de l'humanité. et qui l'excès : contre leurs contemporains par même s'ils de l'intérêt qu'ils prennent à leur bonheur semblent prévoir des maux plus grands encore pour la postérité. chaque siè- cle s'accuse d'être plus précédé.

que l'humanité même soumise aux lois de la raison. qui vous que prouver combien les*coups ont reçus étaient sûrs et terribles. courage de dévouer. la vertu? Dirigé par ces institutions salutai- l'homme n'aurait besoin que d'écouter la voix de son cœur et celle de sa raison pour remplir par un penchant naturelles mêmes devoirs qui lui coû. traînent avec eux qui les a frappés frayent. parce que l'austérité de nos pères a fait place à cette douceur qui se mêle à nos vertus comme à nos vices. pour éclairé.A l'académie FRAiNÇAISIi. Songez que les lumières rendent les vertus faciles. un système de lois qui lendraient presque inutilele cou- rage de res. . et même dire. que le l'as'y mour du l'homme n'est bien général. un ouvrier exécuter. ainsi l'état habituel de la justice Dans l'homme ignorant. créer pour des générations plus heureuses une méthode d'éducation. mortel ef- et leurs cris mêmes. dans l'homme . SqS est vrai : rance et rerreur respirent encore. Vous nous croyez dégénérés. instruit . il mais ces monstres les plus redoutables ennemis du bonle trait heur de riiomme. sans intelli- . ne fout qu'ils . et qui vous paraît ressembler trop à la faiblesse ! Mais la vertu n'a be- soin de s'élever au-dessus de la nature que lorsqu'elle lutteà la fois contre les passions et l'ignorance. jointes au génie. qu'une passion incompatible peut-être avec elle n'est la douceur. tent aujourd'hui des effprts et l'on voit. Le projet de lendre tous les hommes vertueux est chimérique mais pourquoi ne verrait-on pas un jour les : lumières. est. à l'aide des sacrifices : ainsi de ces machines. prodiges du gé- nie dans les arts.

à quelles injustices la crainte ils ont prodigué des éloges . les guerres plus rares et moins longtemps décorée du désastreuses. et avec la férocité. n'eût jamais égalés. dans les détails de leur vie. une avidité plus basse le se montrer na- avec plus d'audace. Consultez ceux des siècles passés : voyez à quelles barbaries. dans ces âges dont vous regrettez les vertus. abandonnée propres forces. qui ont souillé les an- nales du genre humain. des vices. former caractère et les mœurs des tions entières. lors même que ou l'intérêt ne pouvaient plus les dicter. Les jugements des historiens sont peut-être moins suspectes des principes et des mœurs du temps oii ils ont écrit. qui a mis au rang des crimes cette fu- reur des conquêtes . si nom la cer- d'héroïsme. une corruption plus grossière s'unir dans les mœurs térité. Vous verrez. les hommes dont nos pères ont célébré les vertus. Cette même c'est elle quia rendu douceur que vous nous reprochez. Observez. C'est à elle enfln que nous devons titude consolante de ne revoir jamais ni ces ligues de factieux. ni ces massacres . et souvent même le crime compté au les nombre des preuves les actions communes et journalières. Daignez comparer votre siècle à ceux qui l'ont précédé tâchez de le voir avec les yeux de la pos: de le juger comme l'histoire. presque inconnus aujourd'hui.3y6 gence et DISCOUUS DE RÉCEPTION sans adresse. des chefs-d'œuvre que à ses l'iii- dustiie humaine. et dont les . plus funestes encore au bonheur des ci- toyens qu'au repos des princes ces proscriptions des peuples ^ .

vous en trouverez peu à qui nous ne puissions reprocher des actions que. 397 panégyriques retentissent encore autour de nous. de tous les peuples libres. de- mande d'autres réformes dans cette paitie des lois. Eh n'est-ce pas avouer que ! leurs vices furent de leur siècle. était forcé de prendre pour guide l'opinion de son siècle. les actions que cette opinion avait placées au rang des crimes. imposé devoir de briser celles de ses esclaves. même dans le secret. il eût suffi de les éclairer? Plaignez-les donc avec nous d'avoir vécu dans ces temps d'ignorance où l'homme de bien. et elle les obtiendra de . les Vous-mêmes cependant vous les comptez parmi hommes vertueux. liberté.A l'académie française. et. de nos jours. qui ne pouvait trouver dans une raison grossière encore des principes immuables et sûrs. et de borner sa vertu à s'interdire. pour les ren- die justes. . que. les maintenant . il a le premier appelé tout ce qui cultivait la même terre. la voix publique. s'est L'Américain le en rompant ses chaînes. aux mêmes droits et à la . même La souveraine du Portugal en gémissant de ne pouvoir imiter en tout ce grand exemple. cette voix si impérieuse lorsque l'huma- nité l'inspire et qu'elle est dirigée par la raison. la justice des souverains. et tourner vers cet obleurs forces avec jet seul toutes un courage et un concert dont aucun siècle n'a donné l'exemple. le mépris public eût flétries d'un opprobre ineffaçable. d'un bout de l'Europe à hommes éclairés réunir tous leurs efforts pour le bien de l'humanité. Voyez l'autre. L'usage barbare de la torture est presque aboli.

Cet autre esclavage. la Les infortunés. suipassé même. La bienfaisance des monarques a égalé . qui jadis a privé du droit de propriété presque tous les teint hommes de l'Europe. ce reste odieux de . dans ces institutions paternelles.391^ DISCOURS DE RÉCKPTION ses vastes Etats l'honi me a ordonné du moins que dans ne naîtrait plus esclave. La voix de l'humanité a osé se faire entendre même . Des secours. Des sociétés de savants. s'é- peu à peu dans les pays oi^i la rudesse des moeurs et la faiblesse des gouvernements l'avaient conservé ce fruit de l'anarchie disparait avec elle. la poli- tique barbare dli seizième siècle cesseia bientôt de déshonorer le nôtre. Tout semble annoncer que la servitude des nègres. repla- deviennent un hommes et des citoyens utiles. le que l'ignorance eût plongés tombeau. du peuple et respectables par leur zèle et parleurs lumières. ont trouvé à ses semblables de l'analyse métaphysique cés au rang des une ressource inespérée dans l'heureuse application à l'art du langage-. vie des milhers et d'hommes livrés à une mort apparente. a chassé devant elle foule des oppresseurs. ce que l'espiit public a inspiré dans les constitutions populaires. ils monument touchant et immortel du dirigés par génie philosophique qui caiactérlse notie siècle. veillent sur la santé sur la cmiservation des animaux nécessaires à sa subsistance. plus unie la et plus forte. et : la puissance publique. ont rendu à vivants dans la un art bienfaisant et sur. que lie privation de ce sens qui l'homme à cillité et condamnait à l'imbéune solitude douloureuse.

lois. par contradiction né- cessaire qu'elles font naître entre l'espérance d'un gain facile et le devoir. ces droits primitifs que l'homme nature.A l'académie fkançaisi. prouvé que France regarde les lumières comme le bien commun des nations. désir de rendre cette propriété tient de la à ses sujets cette liberté personnelle . Nuisibles. ni opposer deux vertus qu'elle inspire également . et que toute constitution doit lui conserver. entre l'opinion et celle du peuple ja- de la loi. à celui qui les élève. ils ont fait du pouvoir absolu l'organe la véiitable la félicité que pur et sacré d'une raison éclairée à la le et bienfaisante. elles ne servaient qu'à fomenter nationales et à corrompre les mœurs.. a montré le . l'amour de senti la patrie et celui de l'humanité.d'un prince se mesure de son peuple. Qu'il est doux donner au monde dans ses premières libre France de voir son jeune roi spectacle d'un souverain qui. Plusieurs souverains ont enfin re- connu que que la le véritable intérêt d'une nation n'est mais séparé de peuple sur l'intérêt nature n'a le du genre bumain. que l'oppression forçait à chercher un asile dans la liberté. Déjà l'on voit s'abaisser ou s'ouvrir ces barrières qui gênaient le commerce des les liaines la différents peuples. Législateurs plutôt que monarques. et pu vouloir fonder le bonbeur d'un général l'une à l'autre malheur de ses voisins. Ils ont sur giandeui. a vaisseau la de Cook. ail 399 et le milieu du tumulte de les la guerre. d'un souverain. dont est la première alliance politique une protection généreuse accordée à ce peuple si nouveau et déjà si célèbre. surtout. dont enfin . respecté sur mers.

ces hommages bonté. pénible même. Aux yeux d'un prince éclairé. soulager l'infortune. l'indépendance des mers. Entouré d'exem- ples domestiques. et protéger l'innocence calomniée. sinon un devoir immense. le cœur aime à rendre à la comme ne se soules in- viendra de sa grandeur que pour pardonner jures. deux princes de ont été les l'histoire moderne dont les noms plus cbers à leurs peuples. croîtra pour bonheur de restes cette nation même. il sera le bienfaiteur le d'un siècle moins infecté encore que nôtre des Ne craignez pour lui. lorsque bouches. ni les séductions. et lorsque le sentiment du bien qu'il a fait ne vient pas . ni l'orgueil du pouvoir absolu élevé sous les yeux d'une mère en qui les grâces simples et naturelles tempèrent la majesté du trône. et maintien la sûreté ou plutôt l'établissement d'un code qui manquait à du commerce et au repos de l'Europe! C'est au milieu de cette guerre. qu'est-ce donc que la puissance souveraine. le mensonge est dans toutes les que la crainte a laissé la vérité sans défenseurs. : prendra d'elle à préférer. que le destin de la France accorde et à nos vœux un les petit-fds de Henri IV de Léopold de Lorraine. C'est pour les rois dépourvus de lumières que l'ivresse du pouvoir est dangereuse. aux respects qu'on doit volontaires que elle. placé dans le siècle le plus éclairée au milieu de aussi la nation où la lumière plus vive il est le plus également répandue.4o() la DISCOUllS DE RECEPTION l'égalité première guerre n'a eu pour objet que le des nations. il à la puissance. entreprise pour une cause si nouvelle dans les annales du monde. il apde la barbarie.

l'ignorance est la : source tout la plus féconde de leurs vices c'est sur- pour hommes revêtus d'un pouvoir suprême que tout qu'il est vrai pour eux surque l'intérêt personnel et la justice. leur bonheur et celui de leurs concitoyens. Parmi les philosophes qui ont regardé le progrès des lumières fondement sur lequel le genre humain pût appuyer l'espérance d'un bonheur universel et durable. que l'éloquence poésie languiiaient dans une nation occupée de sciences. et la destinée de tout un peuple attachée à un instant d'égarement ou de faicette vérité est incontestable. c'est blesse. en s'éclairanl. et ces idées sont plus justes. la fois plus fines et Les langues doivent donc alors se s'enrichir. Eux seuls peuvent opposer aux faibles intérêts de leurs passions. rois qu'un esprit juste mais Dans tous les les hommes. dont l'œil inquiet et sévère les observe et les juge. à mesure que l'on apprend à observer avec plus de méthode. Cependant les principes des arts sont ils le fruit de l'observation et de l'expérience. de philosophie et de politique. plusieurs ont ci u que ces le seul comme mêmes progrès pouvaient nuire à ceux des lettres et la et des arts. les nuances qui séparent les objets deviennent à plus distinctes. car leur véritable richesse 26 perfectionner I. et . acquièrent plus d'idées.A l'académie française. doivent donc se perfectionner. Les honmies. sont liés par une chaîne indissoluble. et l'opinion de l'univers. le 4*^1 la consoler? Peut-être le courage de vertu est-il et les moins nécessaire aux lumières. de précision et de finesse.

et s'il s'il a été si grand. c'est qu'il a joint à un désir gloire immense de et qu'il . teur qui ne demande que des applaudissements. Elles seront. profonde qu'il a des opinions et des mœurs. le ta- Les lumières doivent également influer sur lent même. L'oraest vrai . en qui la de l'esprit ne la frappe pas moins que les seuls supériorité du talent. mais dans l'abondance de ceux qui ex- il priment avec précision des idées claires. : Voyez lui Voltaire méditant un grand ouvrage il rassemble autour de lui. il semble n'oser lut- ter seul contre les difficultés de son sujet. et elle est nécessaire dans les arts. et les trésors qu'il dans l'histoire. moins hardies et moins figurées. de l'homme exfait traordinaire qui ne que nous étonner. a puisés faite et tout ce qu'une lecture immense et l'étude a révélé des secrets de la nature. La justesse de ces l'esprit s'accroît si la culture des sciences. Celte justesse est peut-être grand même la seule qualité qui distingue le homme que nous admirons.40'2 DISCOURS DE RÉCEPTION le ne consiste pas dans nombre des mots qu'elles emploient. est unique jusqu'ici dans l'histoire des lettres. . sont qui aient été placés au premier rang par les voix unanime de tous peuples. que la justesse hommes raies. pourra se plaindre de l'austérité ou de sécheresse Jes langues. au travail par les a su réunir sans cesse l'étude lumiè- res au génie. elles retendent et l'agrandissent. ou la qui chercbe à séduire. mais elles offriront à celui un instrument plus flexible et plus parfait qui ne voudra qu'éclairer les hommes. une soif inépuisable de connaissances.

ces arts seraient bientôt anéantis : car. Leurs poètes. Nous y perdrons peut-être quelques vains plaisirs. /[O'd ne mesurer notre estime que sur les l'uti- nous ne regarderons plus dont beaux-arts que comme des moyens la raison peut et doit se servir pour pénétrer dans les esprits et à pour éten- dre ses conquêtes. objets qu'ils doivent peindre ne se multiplaient si. com- ment si les pourraient-ils ne pas s'arrêter. ne pas déchoir.. fon- dées sur des erreurs antiques. ces arts. ces objets ne présentaient pas au génie de nouvelles nuances. Si des esprits frivoles croient voir dans ce changela ment prit décadence des arts. mais l'homme ? ho- chets de son enfance Loin que les progrès delà raison soient contraires à la perfection des beaux-arts. ACADÉMIE TRANÇAISr. toujours plus observés et mieux connus. ne furent bientôt que des imitateurs bles ou exagérés des anciens poètes . pas sans cesse. le philosophe y reconl'es- naîtra l'effet infaillible du perfectionnement de doit-il regretter les humain. si ces progrès pouvaient à s'arrêter. à qui la philosophie ne fournissait plus d'idées fai- nouvelles. puisqu'ils sont fondés sur l'imitation. si nous étions condamnés ne savoir que ce qu'ont su nos pères. sur des croyances populaires: mais ils les remplaceront par des beautés plus réelles. des combinaisons nouvelles? Pourquoi le règne de l'éloquence et de la poésie a-t-il été si court dans la Grèce et dans Rome? c'est que celui des sciences n'y a pas été prolongé. soumis des lois plus sévères. leurs littérateurs . proscriront ces beautés de convention.A L Insh'uits à lité réelle. que l'austère vérité ne désavouera plus.

si les philosophes. la chute des beaux-arts. dans des phrases cadencées avec art. Dans des siècles livrés à l'erreur. Le philosophe profond. Messieurs. ouvrira au talent du poète ou de l'orateur de nouvelles sources de beautés. . La loi est-elle enfin il nous révélée? la Voltaire saisit ses pinceaux. le et dont la culture des lettics épurait goût et embellissait le génie. avec palette de Virgile./jo/j DISCOURS m: réckption ne surent que commenter. Aussi. à qui nous devons le tableau . L'empire des lettres sera plus durable . Ces grands phénomènes. réveillé le génie des premiers inventeurs n'offriraient à leurs successeurs que des ta- peintures usées qu'il ne serait plus au poiivoirdu lent d'animer ou de rajeunir. peint. qui ont frappé les regards des premiers tique. n'avaient monlré aux yeux des poètes un nouveau monde agrandi par leurs découvertes. en déchirant le voile dont les fables et les systèmes ont si longtemps couvert la vérité. avez-vous toujours combattu par vos ouvrages qui fait et le par vos exemples cette opinion progrès des sciences regarder comme un avant-coureur de qui en serait leur inutilité. les maximes de l'académie ou du por- parmi nous parce que chaque âge marqué par des vérités nouvelles. Ovide et Lucrèce ont embelli des couleurs de les la poésie les systèmes de Pythagoreet éternelle de la nature rêves d'Épicure. hommes et d€s arts . opinion plus ciuelle et un aveu de la satire la On vous a mes que les vus toujours appeler parmi vous leshom- sciencesont illustrés. le tableau de l'univers tracé par le com- pas de Newton.

et vous l'avez est souvent entendu instruire. que la le géomètre qui. à une légèreté. comme calviniste. intéresser vos assemblées par la lecture de ces éloges. déterminant premier les lois suivant na- lesquelles les corps obéissent aux forces ture leur imprime. A LACADÉMIK FRANÇAISE. dont rature son l'écrivain qui aurait fait de la littéunique étude ne pourrait s'empêcher d'être jaloux. et excomété munié en dont dans il Suisse pour n'avoir pas deux et de l'avis Calvin. Son de père proscrit en Fiance . gloire que sans l'a notre siècle eût enviée à celui qui précédé devenu par vos suffrages l'organe d'une compagnie consacrée à la culture des lettres. lui méritèrent les suffrages de l'Acadé- mie des sciences. où l'on voit cette jus- tesse d'expression que l'étude des sciences exactes rend naturelle. l'esprit 4^^ le plus éloquent des progrès de le humain. Ses premiers essais. avait renoncé pour toujours à des études avait été fois le martyr : ce ne fut que le sein des sciences qu'il put trouver . l'inventeur enfin d'un lui nouveau calcul. . du repos sans désœuvrement Il de la gloire sans persécutions. a résolu les problèmes les plus difficiles que Newton ail laissés à ses successeurs. devait une partie de ses succès et de sa réputation au bonheur qu'il eut d'avoir fortifié sa raison nais- sante parla culture des sciences mathématiques. qui annonçaient un digne successeur de son père. une finesse. s'unir à une grâce. L'académicien à qui j'ai l'honneur de succéder.à . destina son fils à suivre la même carrière. mais des circonstances étrangères à son talent et à sa personne l'écartèrent d'une ])lace .

et vit bientôt que ce n'était pas auprès des princes que la nature avait marqué sa place. la seule qui convienne à un orateur chargé. non plus de liberté. Ce ne fut enfin qu'à l'âge de quarante-cinq ans qu'il lui fut permis de se livrer tout entier à la passion qui l'avait toujours en- traîné vers la littérature. . Des plans con- goût pour la tragédie. déterminèrent son point égaré. exprimées avec simplicité et avec énergie. M. des sentiments toujours naturels et vrais. des beautés vraiment tragiques. ni méditer assez son sujet. Il DISCOUllS DE RÉCEPTION vœux de cette compagnie l'avaient ap- quitta la géométrie il reau . il ne put se résou- dre à briller dans une carrière où pour se conformer au goût qui dominait alors. mais de convaincre des magistrats. tituer il eût été obligé de subset une éloquence verbeuse et ampoulée la à cette éloquence simple grave. mais plus de loisir dans la maison d'un prince. sans le mélange d'aucune de ces fautes qui prou- vent que le poète n'a su ni approfondir assez son art. multitude. Saurin les applaudissements du public et l'estime des gens de lettres. et ses succès ont prouvé (|ue l'avait son penchant ne çus avec sagesse. et l'estime Mais . Saurin fatigué les amour pour il espéra trouver. On admira dans S/xtrtdciis le caractèie. et pour s'attacher au barobtint sans peine la confiance du public de ses confrères. non d'émouvoir d'occupations qui contrariaient son lettres. des pensées fortes.4o6 à laquelle les j)elé. une sensibilité réfléchie et profonde. neuf au . telles sont les qualités qui ont méiilé au\ tragédies de M. Un caractère qui le portait à la méditation .

d'un héros généreux armé pour venger l'univers opprimé par les Romains. A ces ouvrages M. dans la société. 407 théâtre. Saurin . C'est un et pour les voir sans humeur sans ennui. du poêle semble s'êlre borné à faire prononcer à ses personnages ce que. les ridicules tels qu'ils existent la société. . et l'on applaudit avec transport à un grand nombre de vers qui. est difficile qu'un philosophe qui est le vit dans société ne soit pas tenté quelquefois de transporter sur la scène les travers dont secret sûr il témoin.expression consacrée par M. L'art et presque même ce que l'on a entendu dire. r Anglomanie ^ Mariage de dans Julie. Voltaire. M. Saurin succomba heureusement à cette tentale lion.A l'aC/Vdém[e française. Ces pièces ont le mérite rare de pré- senter les caractères. pour nous servir d'une . On y reconnaît ce qu'on a vu cent fois sans l'avoir remar- qué. étaient frappés sur l'enclume Blanche ewi un succès plus général encore spectateurs que vers : : le poêle y occupait l'âme d'intérêts plus chers à la plupart des la liberté du genre humain . on se con- tente de laisser entendre. et . de les peindre d'après les origi- naux eux-mêmes et non d'après les copies maniérées ou fausses que les romanciers en ont faites. et ces Que pour le malheureux l'heure lentement lonj^Hie à la fuit! Qu'une nuit paraît douleur qui veille! retentissent encore dans le cœur de tous les homla mes 11 sensibles qui ont ctvnnu le malheur. de du grand Corneille. et fit les Mœurs du temps.

el ce genre est céléhré avec enthousiasme ou dénigré avec fureur. la grandeur qu'imactions des personnages l'appal'effet delà puissance des giands noms. de son sujet. tous ces accessoires. qui ouvient son génie une carrière vaste. ces applications heureuses de ces peintures si l'histoire. qui semhle convenir à des ou à des héros. Privé de ces ressources. comme un des fruits de la philosophie moderne. qui servent à d'une tragédie. pour première rois fois. cet avantage qu'a le poète tragique d'ani- mer par des de la détails imposants. poésie les scènes mais néces- saires à l'intelligence priment reil à toutes les . sont perdus pour l'auteur du diame. ose parler de l'art du théâtre. d'orner des richesses sans passion . . ment quelques encore vous daignerez sans doute acla corder votre indulgence à un géomètre qui. succéder un drame. unique jus- qu'ici. de soumettre à votre jugeidées sur celte question qui partage la littérature. dont un intérêt continu peut seul réveiller el soiitenir l'attention. Messieurs. qui soutiennent et anià ment si le poêle. L'amour de la nouveauté a fait aux drames presque autant de partisans (jue le respect pour l'antiquité leur a donné d'ennemis. le la liai- son des événements avec fet théâtral le bonheur ou malheur l'ef- des peuples. Ce langage magnifique. d'avoir laissé au théâtre des pièces dans chacun des trois genres qui partagent la scène française. resserré dans un champ plus étroit. Qu'il me soit permis.4o8 fit DISCOUUS DE RÉCEPTION et eut la gloire. il a plus d'efforts à faire pour s'emparer de l'âme des spectateurs. attachantes des mœurs étrangères.

Les méchants ne peumontrer qu'avec toute la bassesse naturelle et le du vice. l'amour de son enthousiasme. pour l'occuper des grands intérêts de l'humanité. c'est dans la nature du but moral que le poète doit s'y proposer. l'attend. ses personnages n'ont point à leurs ordres une armée ou une troupe de conspirateurs. qui ne puisse être transportée avec succès dans une tragédie. il 4*19 la Les moyens dont dispose ne peuvent avoir ni des ressorts que le grandeur ni la force poète tra- gique tient dans ses mains. ils ils ne paraissent point à la tête d'un ne parlent point au nom des dieux. les seules passions personnelles peuvent montrer avec énergie. toutes les autres sont resserrées dans les limites où l'état des personnages les se force de rester. et. ployer sa fierté. Dans un drame. dans un drame. dans l'imagination Il ciime ne peut y païaître sans réveiller l'idée du supplice honteux qui au contraire. de la vertu. Celui delà tragédie est d'arracher l'homme à luimême. L'ambition ne pourra jamais y déla gloire. par cette diver- . leur héroïsme vent s'y et leur dévouement.A l'académie française. l'expression et y produire plus d'effet encore parle contraste des passions fortes et des la différence simple de ces mouvements. dans courage. pour réveiller en lui l'enthousiasme dn des événements. ni ses fureurs. semblent même grandes idées : aussi ce n'est pas dans rité l'éclat ou l'obscudu nom des personnages. de la liberté. aucune vraie beauté n'existe. les sentiments patriotiques. Les mouvements doux touchante et naïfs des passions tendies. qu'il faut chercher le caractère distinctif de ces deux genres. sénat.

au contraire. nïontre dans tonle son hor- . et contre lesquels la censure du théâtre est un remède à la fois efficace et nécessaire. Il doit me montrer. même. par des exemples pris dans la classe de mes égaux. la conduite que prescrit la raison les sacrifices qu'exige la vertu. En délaisser impunis. Il me fait sentir quels sont mes devoirs dans des circonstances difficiles. chasser de son l'intérêt cœur les faiblesses de personnel elles petites passions qu'il enfante. me . me rapproche de moiprésente le tableau des malheurs où mes passions peuvent me plonger.4lO DISCOURS DR RECKPTION sion heureuse. il manque son but. de l'or de le la vanité. il ne fait. Ici la leçon est plus directe. Les de cette passion sont dignes de son origine: le mais cachée d'abord sous masque de l'anuisement. au lieu d'un drame. qu'inie tragédie sans grandeui- et sans noblesse. M. à le le moyen de lui s'exercer avec les une ac- tivité que ne peuvent le donner métiers la mêmes qui conduisent effets plus rapidement à fortune. mais elle ces- sera de l'êlre. La passion qui jeu offre qu'il attaque dans Béverlej n'est que l'avarice déguisée. du mépris même qu'on accuse n'est qu'a- joueur tiop timide de n'oser risquer. Le drame. et les dédommagements si le qu'elle promet. ce que j'ai à craindre de la méchanceté humaine ou de ma propie faiblesse. s'écartant de ces lègles . que la loi est forcée que l'opinion publique semble trop épargner. Saurin sut éviter cet écueil. poète n'attaque pas un de ces vices répandus dans la société. peut-être plus utile. ce et qu'elle se près s'être enracinée par l'habitude qu'elle dégénère en manie.

réels. Le tableau de Béverley. adouci par peinture d'une femme fait tendre et sensible qui souffre ses malheurs avec ce courage résigné. . malheureux par nous seuls. Saurin on re- grette qu'il en ait fait un si petit nombre : elles sont distinguées de la foule des ouvrages et si difficile. qu'à l'a douleur qu'éprouve celui qui cet causée. présent que la nature a à son sexe. qui et du désespoir sait de la mort. ne pleurent que sur nous. n'est pas la plus amère de pour ceux que leurs crimes ont du moins il n'en est point dont l'idée puisse porter un trouble plus salutaire dans le cœur de ceux en qui les passions n'ont pas toutes les douleurs déjà précipités dans l'abime. Cette mes'est nace peut encore arrêter familiarisé avec les idées elle le joueur effréné. /jll leur. peut effrayer celui qui ne plus craindre pour lui-même. Eh! combien heureux contraste . un ouvrage qui n'est pas né de l'impuissance de faire parler avec noblesse les héros ou les grands hommes. traînant à sa suite la honte. et la qui ne songe. Nous devons donc intéressant et moral. étouffé tous les sentiments de la nature. qui.A l'aCADÉMIK française. trop la tiacé d'après des événements est communs mais tiop oubliés. n'a-t-il pas même servi à l'effet théâtral de la pièce et redoublé la terreur dans l'âme de ceux les à qui cette effrayante leçon est adressée! Si remords d'entraîner avec nous des êtres innocents et cliers. En lisant les épîtres morales de M. la misère et le desespoir. dans la ruine de sa fortune. de ce genre. Saurin un drame une pièce qui n'est poiijt une noms vulgaires. tragédie mise sous des à M. devenu si commun par une philoso- .

le la plupart des bommes commencent Dans les les amertumes. Saurin avait d'autres motifs de sentir que la est la vie encore un bien. dans la aux privations impose. par des sentiments profonds. douloureuses que la nature lui sans murmure. un aliment aussi sûr pour leur : activité mais cette égalité cesse à l'époque de la vie où les forces commencent à s'affaiblir. condanulé pendant sa jeunesse à sacrifier ses goûts . Us peuvent se procurer. par la réflexion. exprimés d'une manière souvent originale et toujours simple. et sait trouver dans passions. un dédommagement des plaisirs qu'il a perdus. avec une facilité presque égale. sa Né avec un caractère impétueux. L'bomme qui a pris l'babitude d'exercer son esprit. M. qui s'oc- premiers âges de bonbeur semble être également le partage.J^ll DISCOURS DE KÉCKPTION phie forte sans exagération. que passions ardentes avait dompté. des secrets infaillibles pour alléger le poids du temps préparé d'avance. a dans lui-même . Une teinte de mélancolie domine dans toutes ces pièces. et de celui qui s'abandonne au torrent des plaisirs ou des affaires. et de Tbomme cupe à étendre ses lumières. avec des (|u'il avait longtemps combattues. à cultiver sa raison. il s'y soumet le silence des possession tran(juille de son âme. même raison après que les illusions de jeunesse se sont évanouies. qui lui était devenue plus douce l'époque où à en sentir la vie. ment presque tous il les compagnons de : sentait qu'un pouvoir invincible l'entraînait lenle tement vers sité tombeau à tout lui rappelait la néces- de renoncer à la vie qu'il aimait. 11 avait vu périr successivesa jeunesse.

Cette raison saine. qu'on n'éprouve que mouvement. Cette . sensible. dont la ten- dresse consolante avait su pour me ii servir de sa et propre expression . mais de cette vient de nuance de son caractère n'était connue que du petit nombre de ses amis.A l'aCADKMIE FRANÇAIS!'. n'ont fait que le malheur de deux personnes. quoiqu'il se fut uni dans un âge avancé à une femme n'amil beaucoup été plusjeurtte. cependant il était naturellement et gai. Comme tous les hommes qui. on sentira que ce mol est peut-être le plus bel éloge qu'on puisse faire de M. non-seulement de celte gaieté paisible que. Enfin. cet esprit sage et juste. le moment du calme moment du bonheur. en se maiiant au même âge. /^l^ à la nécessité d'avoiiavait été un pour lui le élat. Saurin. nés avec un esprit réfléchi et une âme sensible. qui ne permet que gaieté vive et de premier le philosophi- sourire. de goûter ce sentiment de confiance. il répétait sou\ent . le rattacher la vie. Saurin . de paix et de bonheur. Son extérieur annonçait un caractèie sérieux même austère. constamment Il eut toujours cette dignité simple et modeste qui . qui caractérisaient tous les ouvrages de M. qu'il l'on heureux que depuis son mariage. et de l'épouse aimable et . sont dominés par une douce mélancolie. l'ont dirigé dans la conduite de sa vie. Et si songe combien d'hommes. qui l'âme et non de la réflexion. et que toute espèce d'inégalité dans un lien si intime est un obstacle presque insurmontable à la félicité commune de ceux qu'il unit. dans la société intime. il avait besoin pour s'abandonner à sa gaieté.

se place au-dessous d'eux si sa conduite ne prouve lettres. généreuse de la le mépris et la haine vertu. et ceux qui l'avi- lissent. et cel esprit de paix et cette impartialité qui naît de l'amour non de la personnalité ou de l'in- différence. . Saurin conserver consles disputes littéraires. à ses ennemis. n'est plus en droit de mépriser la vanité des autres états. n'ont droit qu'à l'estime. portail au fond du cœur. se rabaisse au niveau de l'homme frivole. se faire soupçonréels à ses ner d'en être jaloux ? M. Saurin pensait que celui qui a fait de la culture de son esprit et de sa raison l'occupation de sa vie. entre les écrivains qui combattent poui- la cause de l'humanité. ceux qui ont vendu leurs voix et Admirateur ami constant des homla gloiie il mes dont les travaux faisaient de la littéra- ture et servaient leur patrie. les seuls qui soient yeux. Mais ce même amour de la justice ne lui permettait pas de rester neutre entre ceux qui ho- norent l'état d'hommes de et lettres. loin d'être supérieur aux autres . point que le preinier fruit de ses travaux a été de le rendre meilleur. tamment. qui perd sa vie dans l'intrigue. en affectant de les mépriser. ni surtout. dans toutes de la justice. Aussi a-t-on vu M. H croyait que l'homme de qui ne s'élève pas au-dessus des petitesses de l'amour- propre. pour leurs adversaires.I I 4 DISCOURS DE RECEPTION lettres. convient à l'homme de Pourrait-il ignorer que les avantages peisonnels. hommes. et qu'il ne doit ni prétendre à d'autres distinctions. et que l'écrivain qui consume son temps dans les querelles de la littérature.

respec- tant dans les autres le droit qu'a tout homme de dire applau- hautement la vérité. pays. je suis Ce mot me rappelle. pour se croire appelé au devoir d'éclairer ses contemporains. ex- cusant les erreurs. qui a eu l'indulgence de m'écouler. que milieu d'eux. la un la esprit naturellement juste. l'ingratitude. gardant sa haine pour les vices bassesse. et sa vertu douce. dissant à ceux qui en avaient le courage. Sa probité geait les autres était sévère. le plaisir qu'elle attend d'un plus digne appréciateur des talents de M. lorsqu'il la croit utile. Saurin. retarderait pour l'assemblée. Messieurs. Il ju- avec cette indulgence que l'expérience à donne toujours réels. fausseté. el gardait sur le applaudissait au mal un triste silence. . d'un juge plus éclairé de son caractère et de ses vertus.A LACAUÉMIE FRANÇAISE. l'injustice. mais se dé- défiant trop de ses lumières. et pardonnant homqu'il mes faibles. ce qu'ils ont je 11 au ne m'appartient pas de leur peindre : connu mieux que moi chaque mot que me permettrais d'ajouter encoie. la duà la foule des reté. il /[l^i Citoyen attaclié à son bien. en faveur des hommes vertueux avait eus pour amis.

par ce les scien- témoignage d'un amour héréditaire pour ces. . que ceux qùy donnent tapplication Jaloux de paraître ne rien devoir qu'à et surtout d'en lui-même. qu'il est appelé à succéder aux grands desseins de Pierre V^ connue à son empire. Avant le czar. lut mériter donner l'exemple. Lorsque la Comtesse et le Comte du Nord (depuis Paul le 6 juin I*') y vinrent prendre séance. Il n'y a de rang dans les sciences^ écrivait-il et le génie. DISCOURS LU A l/'ACADÉMIE DES SCIENCES. et nous montrer.. 1782. après soixante-cinq ans. à ces titres réservés aux piemiers degrés des grandeurs humaines. la petit-fils de ce prince vient. Le lemps n'a pu affaiblir parmi nous la mémoire de ce jour où l'Académie vit pour la première fois un souverain (i) assister à ses assemblées et s'intéresser au récit est de ses travaux. Le vainqueur de Charles XII parut flatté de voir son nom placé dans une liste que décoraient alois les noms de Newton et deFontenelle. occuper même place. mais ce souvenir nous oij l'arrière- encore plus cher dans ce moment. .aiicun souverain n'avait jointle titre modeste d'académicien. il vou- ses litres littéraires par ses travaux (i) Pierre le Grand.

Des établissements . Jusque-là. 417 comme taires il avait voulu ne monter aux grades miliIl que par ses services. progiès sont une des sources de États et de la félicité des peuples. F^es si heureux et si 27 effets de cette protection ont été I. : nouvel empire. puisque leurs . qu'un prince doit regarder la protection accordée aux sciences. for- més partout en l'honneur des sciences en ont répandu les principes et inspiré le goût dans les provinces comme dans les capitales. dans tous les pays. n'accepta le titre d'aca- démicien qu'après avoir envoyé à l'Académie un mémoire sur la géographie de la mer Caspienne.A l'académie des sciences. prompts étendus. comme une lui il n'avait pris le titre de vice-amiral qu'après victoire. On l'avait vu rechercher avec empresles sement. la prospérité des Cette opinion est devenue celle des souverains de toutes les nations policées. plusieurs souverains les avaient protégées. soit par un goût naturel pour quelque genre de connaissance. donner des lumières utiles pour ses sujets ne se reposant que sur lui-même du soin de les instruire comme du devoir de les gouverner dès lors il fut aisé de prévoir que les bornes de l'Europe allaient se reculer. Cette époque d'une si grande révolution pour la Russie fut aussi celle d'une révolution heureuse pour les sciences dans l'Europe entière. . hommes qui pouvaient . et que les sciences avaient conquis un . et comme une sage politique dictée par son propre intérêt et comme un véritable devoir. soit par un désir ardent de la gloire. Mais le czar a montré le premier. par sa conduite.

récompense. Mais pourrait-on espérer des savants. Tant que le désir mour de la gloire et le plaisir du bien des hommes. les sciences n'ont à demander aux princes que la paix et la liberté. ils se dévoueront à préparer . même les plus modestes. pour qu'elles aient désormais besoin de secours étrangers. les travaux nécessaires au progrès des qui exigent . ou nouvelles. de la leurs successeurs à recueillir des matériaux pour découverte de vérités qu'ils ne doivent jamais entendre . peuvent être le prix du travail. que. pour ainsi dire. parmi . ou le le plaisir de connaître des vérités les si la gloire de succès de ces travaux n'exigeait point dans les observations un concert que la diversité des vues. à l'exactitude la gloire ou au zèle. et dont l'utilité est réservée pour des générations ? qu'ils ne doivent jamais voir La vérité de ces ré- . et l'on peut dire que puissance. le sentiment de l'utilité et de la dignité des sciences est trop général. l'ade saisir une vérité. on pour- tout attendre de l'activité et de la puissance du génie. sciences il en est ou le concours de plusieurs générations. le plus grand bienfait des princes à leur égard. sans aucune autre récompense que cette froide estime qu'on accorde au travail . ou le concert de plusieurs peuples. ou peut-être l'amour-propre rendent rait si difficile. a été de les rendre indépendantes de leur Mais . L'a- mour de l'étude. cessé d'être nécessaire. Si ceux qui se livrent à ces travaux pou- vaient être témoins en partie de résulter de leurs efforts.4 8 I DISCOURS qu'elle a. s'ils l'utilité qui doit pouvaient espérer pour avoir découvertes.

Il faut donc que ces faits puissent se réunir sous les yeux d'un observateur. pour sera ainsi dire . Qu'il me soit per- mis de développer de l'appuyer par quelques exemples parler en cette occasion de ce que les sciences ont droit d'attendre encore du secours des souverains. du grand nombre depuis un demi-siècle des méthodes velles qui . on verra que plusieurs parties des sciences se sont dérobées à cette impulsion générale. D'un côté on sera frappé des progrès rapides qu'elles ont faits . On surpris de cette multitude d'hommes que de véritables découvertes ont placés dans cette première classe de l'humanité. de cette immense collection de vérités ignorées de nos pères. par des ex- . et on observera que ce sont pré- cisément celles où le génie seul ne peut trouver en moyens. ni la récompense de ses efforts. celles où une découverte importante ne peut être le prix que des recherches de plusieurs siècles et lui-même. c'est nous entretenir ici cette observation et : de nos espérances.A l'académie des sciejnces. regards sur l'état si l'on jette ses . celle des inventeurs. en même temps. tion des saires 11 faits. ou que. ne peut être connu que par l'observadont l'ensemble ou la suite sont néces- pour rendre cet ordre sensible à notre faible vue. tout désordre appa- que nos yeux n'ont pu apercevoir. 4 H) Hexions deviendra plus frappante. des sciences noul'esprit ont ajouté à la force de humain et à ses richesses. et . Tout concourt à prouver que rent nous cache un ordre la nature entière est assujettie à des lois régulières. ni ses des travaux de plusieurs peuples. des sciences en Europe. mais.

dans cette science comme est dans presque toutes les autres.45tO DISCOURS il périences. ils faut encore que les lois auxquelles sont assujettis. Si l'homme pouvait prévoir . phénomènes que nous présente si promptes qu'il nous est impossible de prévoir. ter les force. suivent cependant des lois générales. celles que les siècles futurs doivent y amener. les révolutions qu'elle a essuyées. La terre que nous habitons. car. Soumis. existence. volutions des saisons il deviendrait en quelque sorte indépendant d'elles. et les lois les différentes parties les ré- de leurs périodes. Cette foule de du l'at- génie peuvent rester longtemps inutiles. nous . mais la nature de ces causes est à peine soupçonnée. pour notre . il fau. pour tous nos besoins. et les lois qu'elles suivent nous sont inconnues. se marquent pardes ré- volutions dont la durée n'excède point ce court es- pace que la nature a marqué à notre existence. à l'influence de ces phénomènes . drait connaître et la liaison qu'ont entre eux les phé- nomènes de l'atmosphère dans de la terre. il faudrait embrasser dans ses recherches et tous les climats et une longue suite d'années. toute découverte une conquête de l'homme sur la nature et sur le hasard. à se présen-' au gré de sa volonté. Si cette heureuse réunion de circonstances ne vient les efforts point au secours de notre faiblesse. en deviner les causes serait presles ré- que les maîtriser. pour il ainsi dire. dont volutions s'étendent peut-être à des siècles entiers. mosphère ses variations . Mais pour s'élever à cette connaissance. Ces phénomènes dépendent de causes constantes universelles ou locales.

qui les de vallées.A l'aC\DÉ3JIE des SCIENCKS. mais de parcourir. même substances qu'elle renferme. son élévation plus ou moins grande. qui ont présidé à à la fois si formation de ces combinaisons.t-il durée ? le secret des opérations que nature prépare dans des temps longs pour notre Comment un homme si saisira-t-il un ensemble en désordre dont sur les parties sont répandues vaste. les lois élevé les îles. qu'en y consacrant sa vie lui serait impossible. son humidité. comme un espace il entière. décrit. distribué sur la terre les combinaisons si diverses d'un petit la nombre d'éléments si . Comment un si être éphéla mère surprendra. En vain nous avons parcouru les face de la terre. non de tout examiner. toutes ces causes agissent sur la . la la culture . variées. plus avant dans son sein. qui ont creusé mers. Nous avons créé des systèmes. non pas d'en obserla ver toute l'étendue. les d'occupation manière de durée de la de se usages. espèces vêtir. tous ces objets constantes et nous sont inconnus. mais à l'instant qu'on a fait un pas de plus sur la surface de la terre qu'on s'est enfoncé quelques pieds . fouillé dans ses entrailles. les productions du sol. l\'l \ sont aussi peu connues que qui l'entoure et les mouvement du fluide phénomènes qui se produisent le la sur- dans son analysé sein. Les le causes qui ont hérissé l'ont sillonné globe de montagnes. tous ces fantômes de l'imagination se sont évanouis. les différentes vivre. les travaux de . les gouvernements. mais de tout voir? Combien l'histoire de l'homme même est-elle en- core ignorée? La terre qu'il habite. sa température. les lois.

là. n'ont ses qualités morales vit. et cette science ne sera véritablement créée qu'après qu'une collection immense d'observaet la cer- tions constantes et précises aura permis d'assujettir au calcul et les résultats des observations . différentes titutions politiques. sa morale même et son génie. ne peut être suite connue que par une longue la fois diffé- de recherches qui embrassent à rents climats. et ni temps. les influences du climat ont Ici. ni les événements. l'homme cédé à la force des lois et des opinions. La liaison qui existe entre la constitution physique de Thomme. son industrie son caractère. titude de ces résultats. caractère avec sa constitution et son climat. Il mœurs et différentes cons- doit en résulter une science importante. dans les préjugés. des changements . comme dans toutes celles qui nous auraient fourni . . transplanté a changé de il un peuple pays. là. ni les mélanges avec d'autres penpu en effacer l'empreinte. Nous n'avons sur ces objets que des observations générales. la terre. l'ordre social et la nature du climat où il du sol qu'il habite et des objets qui l'entourent. sur la fécondité. au milieu des révolutions politiques. dépendent l'une de l'autre. Dans ces diverses parties de nos connaissances. et peuvent encore être modifiées par l'effet des changements mêmes qu'elles ont produits. son activité . . Ces causes sont en même temps liéesentre elles. la force de . nies. mais vagues et dont la plupart sont même contestées. mœurs comme de le a porté avec lui son caractère. l'homme. il a conservé le même Ici.l\11 DISCOURS sur- vie. sa santé .

tandis que dans de rivale Rome de Byzance.qui . en se réunisla sant. Jamais leur empire n'a embrassé un grand espace. Un philosophe né sur le ces bords où les Anglais n'avaient trouvé dans que des sauvages barbares. Les Linnseus et les Bergman ont éclairé l'Europe du fond des mêmes et climats. dont l'utihté ne peut que dans un avenir éloigné. et désarmer fers de et la même main qui devait briser les cette ville. Les souverains seuls ont entre leurs mains des moyens de rendre ces succès indépendants du temps et du hasard. . 4^3 des exemples semblables.cadi^mie des sciences. non sur la durée de la vie d'un homme mais sur celle des emêtre sensible . Jamais aucun les desseins moment n'a été plus favorable pour qu'on peut former en faveur des sciensi ces. a su devila ner la cause de la foudre. du INouveau-Monde. qu'au bout d'une longue suite de un heureux de gé- hasard rassemble sous nie les les yeux d'un homme monuments épars et confus amassés par le temps. jamais elles n'ont réuni un aussi grand nomles bre de disciples. le ciel soumettre à ses lois. Qui for- mera ces grandes entreprises. donner aux recherches des savants l'étendue qu'exige toute la partie des sciences dont nature a dispersé les éléments sur la terre entière. Eux seuls peuvent prescrire et faire exécuter sur un même plan ces longs et pénibles travaux dont la gloire ne peut être le salaire. presque de nos. si ce n'est un prince qui sait mesurer ses projets. où savants rassemblés par Christine n'avaient excité que de l'indifférence siècle dernier du mépris. il peut arriver sans doute siècles.A l'a. pires? Les souverains seuls peuvent.

s'est élevée du sein des marais de voit Neva. On enfin que tous hommes ne forment intérêt. les Euler). mais à qui le Destin les força de laisser cette science divine dont Si l'on a ils avaient été si jaloux. et mettent leur gloire à remporter dans leur pays ces trésors. ni la perte de vue. pro- duire des découvertes profondes. avec une fécondité qui étonnerait. sans que la l'âge lui ait rien ôté de sa force. sans rien ôter à ceux qui les possèdent. ou homme d'un génie infatigable(M. mais de les chercher.4^4 un DISCOURS la jours. qu'une seule famille. pu former l'espérance de voir les princes se réunir pour accélérer les progrès de l'esprit humain c'est sans doute dans l'époque où nous vi. non de . les appeler auprès d'eux. et n'ont qu'un seul Le les nom de l'humanité . les seuls qu'on puisse partager. de son ardeur ou de son incroyable facilité. Les princes acquises. celles que des préjugés de toute espèce mettous les taient entre sait sujets d'un les même empire. que les connaissances qu'ils ont des sciences dans leur l'état florissant empire sembleraient dispenser de recourir à des lumières étrangères s'empressent cependant. de ce sentiment qui embrasse . semblable à ce Tirésiasque dieux privè- rent de la vue pour le punir d'avoir pénétré leurs secrets. Les souverains se hâ- tent de détruire à la fois les barrières élevées entre les peuples par ces prétendus intérêts nationaux. vons. la fantômes créés par et cupidité et par l'ignorance. dans genres les plus futiles. et . (si semblable grands pourtant ce n'est point rabaisser de hommes que de leur comparer des héros les fa- buleux).

et. et semble réunir dans ceux dont l'ambition est d'éclairer les mêmes vues hommes et . est de lui à la fois une leur ouvrir des sources inconnues de prospérité et de bonheur! . Puisse premier qu'un des plus grands sujets est de les des plus grands biens que à son petit-fds montrer un jour qu'un la nature puisse accorder donner un souverain qui sache employer pour elle toutes les connaissances de son siècle.. de défendre leurs Le czar a senti le bienfaits d'un prince envers ses éclairer. A LACADÉMIB DES SCIENCES. préparant de nouvelles lumières pour les générations qui n'existent point encore nation. est dans bouche des souverains comme dans les celle des phi- losophes. ceux dont le devoir est de veiller à leur bonheur et droits. les 4'-*^ hommes la de tous pays et de tous les âges.

il a laissé dans le dis- cours préliminaire de l'Encyclopédie. Philosophe sage et profond . plein d'idées. les sujets qu'il Écrivain tantôt noble. l'amour de la vérité. promettait à l'Europe savante de nouvelles lumières. D'Alembert. et ches de la science du mouvement. Géomètre sublime. le zèle pour les progrès des sciences et pour la défense des droits manière des hommes . Une proliité scrupuleuse. DISCOURS PRONONCÉ PAR M. lorsque son génie. d'Huyghens et de Newton.. La mort nous a ravi M. énergique et rapide. NOVEMBRE A LA SÉANCE PUBLIQUE DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES LE 12 1783. c'est à lui ajouté un que notre siècle doit l'honneur d'avoir nouveau calcul à ceux dont la découverte de nouvelles branqu'a- avait illustré le siècle dernier. tantôt ingénieux et tés. piquant suivant . ouvrages instruisent jeunesse et occupent d'une utile les loisirs de l'homme éclairé. DE CONDORCEÏ. un monument pour lequel il n'avait point eu de modèle. formaient le fond de son caractère. aux théories vait créées le génie de Galilée. la clair. La franchise. encore dans sa force. a traises mais toujours précis. une bienfaisance éclai- .

un modèle. une découverte utile ou brillante. Il eut des ennemis pour que rien ne manquât à sa gloire. 4^7 un désintéressement noble et sans faste. n'a plus à regretter que moi. pendant sa vie et après sa mort. trouvaient en lui un appui. Privé de la vue. un guide. furent ses principales vertus. par ces bommes dontîabaine le pour dès ses victimes génie et la vertu. son aclivilé. ma jeunesse. l'acbarnement avec lequel se plaît à cboisir il a été poursuivi. DF CONDORCET. Son génie vivra .DISCOURS DE M. Les jeunes gens qui annonçaient des talents pour les sciences et pour les lettres. Honoré par lui. parmi les bonneurs qu'il a reçus. a parcouru toutes les parties des sciences matbématiques clair. génie puissant et inépuisable. éternellement dans ses ouvrages il continuera longreste tout entier : temps d'instruire les bommes. qui. il pour les sciences et pour sa gloire tout perdu. d'une tendresse la vraiment paternelle. et l'on doit compter. mais toujours élégant et il a publié plus de quatie cents ouvrages. de au milieu des regrets des la France et de l'Europe. n'en avaient . D'AIembert avait été précédée de celle quelques semaines seulement par de M. Ami tendre et courageux . dans perte com- mune. les pleurs de l'amitié ont coulé sur sa tombe académiciens. et reculé les bornes de toutes. Tou- jours original et profond. et il n'en est pas un seul qui ne renferme une vérité nouvelle. sa fécondité même. dans sa longue carrière. Euler. l'amilié seule a La mort de M. rée. . personne.

DE CONDORCET. et la nature semblait l'a- un grand homme et un phénomène extraordinaire. voir formé pour être à la fois . point été ralenties. qui. La force singulière de son intelligence répara sans effort cette perte.428 DISCOURS DE M. pour étonner le monde autant que pour 1 éclairer. pour tout autre . eût été irréparable .

de pouvoir lui répondre qu'elle trouvera dans vous ces vertus douces et simples. Monsieur . et la carrière plus brillante. par de la les liens confraternité. de l'élo- quence et de la httérature. mais sûr. . M. vous avez rendu . dont. ou soulager par une bienfaisance noble et éclairée. Dès vos premières années vous avez parcouru d'un pas égal . Uni avec vous. la réunion de l'amour des lettres et de l'étude. ce caractère facile. d'avoir à féliciter l'Académie qui \ient de et vous adopter.DISCOURS DE En réponse M. il y a deux siècles. je me trouve heureux. avec cette modestie sincère qui se fait pardonner les talents et les succès. Bailly. enfin. CONDORCET. mais plus épineuse. vous avez tracé un calculé les mouvements éloge de Leibnitz. qui attirent l'amitié en captivant la confiancejun zèle constant pour servir la l'humanité par des travaux utiles. dans ce moment. le à celui de jeudi 26 février 1784. si De la même main qui a compliqués de ces astres de Médicis. couronné par une savante acadé- mie. depuis quinze ans. on ne soupçonnait pas même l'existence. Élève de l'abbé de La Caille. la carrière paisible des sciences.

Vos lettres sur V Atlantide ont eu un avantage réservé presque ces de théâtre : celui d'avoir uniquement aux romans et aux pièpour lecteurs tous ceux établissez votre opinion avec qui savent lire. entraînés par de vous lire et instruits sans le vouloir. si jamais ce mot peut convenir à des hom. . de faire réussir un ouvrage où beaucoup d'hommes vivants sont loués. qu'on a de peine à s'empê- cher de l'adopter. occupé ceux même à qui l'astronomie le plaisir est étrangère. Cette histoire. et vous avez eu le mérite bien rare. mes. et dont le nom ou le génie ./r^iO DISCOURS à la un hommage touchant mémoire du maître qui vous avez exposé a l'ori- avait guidé vos premiers pas dans l'étude des mathé- matiques. et la faut le quitter pour force de se défendre contre vous. à célébrer le véritable talent. vous l'aVez imité dans l'art heureux de et faire si aimer les opinions que vous voulez établir. tant qu'on a il votre livre entre les mains. avec impartialité même. et de suivre vos idées. avoir On est de votre avis. On aperçoit à chaque page le plaisir que vous éprouvez à reconnaître. oii gine et la marche d'une science au progrès de laquelle vous avez contribué . Vous y vous tant d'adresse. cier les ouvrages et vous l'avez remplie ayec justice. celle d'appréde savants qui existaient encore. En inter- prétant Platon. et qui. l'avez tellement embellie par la des détails ingénieux. à encourager. votre système a jamais le sort qu'ont éprouvé tant d'autres opinions. . étiez Dans la dernière partie de cette histoire vous vous imposé une tâche bien difficile. se sont presque malgré eux.

Chaque jour. à Haller. et ces opinions systématiques sont peut-être la seule mythologie qui convienne à des siècles éclairés. et il consacrées à les lettres l'é- en a reçu les récompense. votre ou- et la postérité vous pardonelle a nera votre peuple hyperboréen. ture il jetait sur la na- un regard observateur. au philosophe qui a chanté les saisons. mêlés avec art à des vérités utilité réelle. il comme la vous. de la dissipation du monde. comme par- donné 11 les la atomes à Lucrèce. méfati- thode lente et rigoureuse des sciences exactes guent ou rebutent. à il écrivait à Voltaire . vieillesse. Tandis qu'il immortalisait dans ses vers charmes de l'actrice célèbre à qui les ennemis d'un grand homme ont osé attribuer une partie du des les succès de Zaïre. le comte deTressan. aux Bernouilli. tres. aient quelquefois une peuvent inspirer le goût de l'instruc- tion à ces esprits que l'incertitude. que vous remplacez parmi nous. les ont été la consolation de sa Dans un âge où hommes plus actifs coui- . les 4^1 de leurs auteurs n'ont pu vrage sera plus heureux . est possible même que ces systèmes. et les tourbillons à l'au- teur de Pluralité des Mondes. méditait les ouvrages des savants. M. On a dit qu'il fallait des fables aux hommes pour leur flure supporter la vérité. unissait. du tourbillon plaisirs.A l'académie française. au vainqueur de il Molvvitz. Ils importantes. le doute. à Fontenelle. de l'agitation de cour. préserver. la . les sciences et les let- eut le courage de les cultiver au milieu de toutes les illusions de la jeunesse . quelques plaisir étaient la heures enlevées au tude. Bonnet.

qu'on de succès. C'est alors qu'une longue expérience a pu enseigner cacher la l'art de la raison sous un voile qui l'embellisse. Il les plus féconds et les plus infatioii publia ces Contes la des tableaux volup- tueux n'alarment jamais terie fine et légère décence. qu'indulgent sur les les erreurs de les l'humanité on peut fiel. entre les mains de M. leur imagination vagabonde n'est plus que riante et folâtre. . et permettre à des yeux trop délicats d'en soutenir lumière. merveilleux des aventures. échappent à une âme qui n'en conserve plus que des souvenirs presque effacés. La réalité n'offre à la vieillesse que des regrets : c'est dans un monde idéal qu'elle doit chercher à exister. les traits profonds qui peignent les passions. C'est lorsqu'on est a le droit de parler de tout en badinant. il devint un de nos écrivains gables. ces ingénieuses bagatelles conviennent le où l'on peut s'y livrer avec mieux et moins de scrupule et plus désabusé de tout. La vieillesse est peut-être l'âge de la vie auquel . peindre sans humeur. traduction en prose. et corriger sans On n'a plus la force de suivre la vérité qui se dérobe à notre faiblesse. . c'est alors . Enfin l'Arioste lui-même n'a perdu. de Tressan que ce qu'un grand poète est condamné à perdre dans une .432 DISCOURS triencent à éprouver le besoin du repos. et même de la vérité. Rajeunis par nos anciens romanciers ont de l'esprit. où une plaisanla gaieté répand au milieu des combats éternels dins : et des longs amours de nos palafait le naturel des sentiments et des images le oublier lui.

A l'académie française. l'exactitude : la clarlé de nos idées du sens que nous attachons nous n'avons même d'idées bien prédont nous avons fixé l'étendue en les désignant par un mot. Vous venez de nous montrer combien l'éloquence à l'étude la et la littérature peuvent devoir de beautés et approfondie de l'homme les de nature. en écrivant. et ces deux compagnies ont toujours vu naître avec plaisir l'occasion de resserrer. lorsqu'elle et qu'elle cherche à jouir un moment de leurs douces et passagères illusions? M. des chimères sérieuses que son imagination réalise: pourquoi n'excuserions-nous pas s'amuse avec des contes . Ce n'est pas seulement en parlant. à y rendre tes et plus faciles. ne se à l'esprit qu'accompagnées du signe que ne nous permet plus d'en séparer. que nous ne séparons point nos idées du mot qui les exprime cette liaison se fait sentir dans nos méditations et dans nos recherches. ne l'imagine. Les idées que nous combinons pour à leurs signes que celles . le comte de Tressan était depuis longtemps associé libre de l'Académie des sciences. a paru croire que l'étude des scien'^H . en lisant. nous élever à des vérités nouvelles. et la de la langue de chaque science contribue. la vieillesse. avec ardeur. mais combien aussi sciences peu- vent-elles avoir d'obligation à l'étude des lettres? La méthode de dépend de cises se former des idées justes est liée à l'art de s'exprimer avec précision. 4'^^ La jeunesse poursuit liop souvent. les présentent l'habitude perfection plus qu'on découvertes plus promp- Longtemps on I. cette union utile à toutes deux. par de nouveaux liens.

et par une ex. et ont le bonheur dangereux et rare de réussir dans tous deux.434 DISCOURS A l'académie FRANÇAISE. et la facilité que donne l'art d'écrire pour faire valoir de petits objets ou voiler les défauts d'un ouvrage. est une réponse de plus. n'ont pour cause que la répu- gnance avec laquelle dans un seul ils consentiraient à reconnaître une double supériorité. ces était contraire au goût dans les lettres. chers à quelques littérateurs ignorants et à quelques savants médiocres. que la médiocrité a prononcée contre si éloi- gnés en apparence. . homme ception honorable. Si ces préjugés. votre caractère peut encore les désarmer. qui doit servir à prouver combien de pa- qu'un autre préjugé la distraction reilles craintes sont chimériques. Monsieur. tandis faisait craindre pour les sciences où peut entraîner l'amour de la littérature. Votre exemple. vous échapperez sans doute à tous ceux qui osent embrasser deux genres la proscription.

ce peuple aimable et lui grand. amateur ardent. et de bons oula vrages. Monsieur . vous avez tout quitté pour aller en étudier les débris au milieu d'Athènes. DE CONDORCET. . et être. Dans un âge où le goût de la dissipation offert Vous avez obtient facilement l'indulgence. DISCOURS DE Eu réponse M. à tous les amis de la littérature et de à qui le sort a fait le présent un grand exemple aux jeunes gens dangereux d'une grande fortune. le à celui de le comte de Choiseiil-Gouffier jeudi 26 février 1784. de l'antiquité des ruines d'Épbèse et et des arts. entouré des paisibles instruments mêmes contrées que vos ancêtres n'avaient parcourues qu'en pèlerins conquérants . n'a été que l'interprète d'un senti- ment commun la pliilosopliie. On 28. puisque nous devons nos des arts. à qui nous devons tout. visiter les vous a vu. mais déjà éclairé. utiles aux lettres.. M. si et interroger les si monuments de lumières. Des entreprises sance publique. la mérite peut- où l'on appelle sages ceux qui s'occupent de leur avancement ou de leur intérêt. en vous adoptant à ce double titre. donnent également des droits à et reconnais- l'Académie.

que celles qu'ils ont obtenues pour prix de leurs exploits : et une compa- gnie savante. où les cartes marines sont perfectionnées. où mœurs. qu'il a si con- venable à celui qui parle de ce ce qu'il a fait. que l'Académie française s'honorera toujours d'avoir vu naître dans son sein a cru ne pouvoir récompenser votre entreprise d'une manière . qu'en oubliant tout ce qui vous était étranger. auraient tout à perdre par destruction des préjugés.436 DISCOURS vous êtes revenu chargé de dépouilles plus précieuses aux yeux de la raison. Un heureux les emploi de l'histoire ancienne de la Grèce y offre sans cesse des rapprochements instructifs ou des contrastes piquants. s'ils qu'il est si doux de trouver dans ceux qui n'avaient qu'une âme commune et des talents la ordinaires. digne d'elle et de vous. et vous avez montré. de et sans philosophie sans désont les caractères clamation systèmes : tels de cet ouvrage. L'auteur y paraît constamment animé par l'amour de l'humanité. ont lu avec avidité ce voyage où la géo- graphie a puisé de nouvelles lumières. Ce style simple et noble. Ce sen- timent est au fond de votre cœur comme dans vos ouvrages. sont peintes avec tant de vérité. hommes. littéraires. observées sans enthousiasme et sans humeur. pour ne couronner que vos tra- vaux Tous ceux que les lettres et les arts occupent ou intéressent. vu et raconte une exactitude scrupuleuse sans lonla gueurs et sans minuties. dans des circons- . où tant de monuments sont décrits avec précision et dessinés avec goût. par un sentiment profond de l'égalité primitive des .

alors redoutable et aujourd'hui. . qui . elle ne veut employer que des moyens avoués par térêt général la justice et conformes à l'in- de l'humanité.A l'académie française. et l'art des négociations. vous reveiront. Celte vaste domination . réunit tous climats et devrait réunir toutes les productions. le trône des Ottomans ne peut subsister res qu'ils s'ils ne se hâtent d'abaisser les barriè- ont trop longtemps opposées aux sciences et aux arts de l'Europe. honoré de dèle et généreux confiance d'un prince. Les lumières sont le secours le plus efficace que cet empire puisse recevoir de ses alliés. qui a été les si long- temps mains l'art de tromper hommes. qui renferme tant de peuples jadis ces si célèbies. s'étendant des sourles du Nil aux rives du Pont-Euxin. qui vous ont vu avec étonnement dessiner les monuments la antiques que leur indiffé- rence foule aux pieds. sera dans vos celui de les instruire et de leur montrer leuis véritables intérêts. Ces Une nouvelle mêmes peuples. Menacé par des nations puissantes et éclairées. carrière s'ouvre devant vous. . que le respect pour la qualité d'homme et votre était toujours et votre premier mouvement premier devoir. leur fi- moins celle celle La politique de l'Europe (du qu'on avouait) fut longtemps dirigée allié. /i'^7 tances difficiles. contre cet empire. trop tôt pour nous. de plusieurs Étals semble chercher à le soutenir ou à le défendre: mais. ce qui doit honorer et notre pays et notre siècle. ne peut plus appartenir qu'à une nation qui connaisse le prix des lumières. qui embrasse tant de belles contrées.

bientôt en eut reculé les limites. . Si je me bornais à vous résolus. un des plus dignes appuis de raison par son génie. les vérités dont a enrichi le calcul intégral l'instru- . par son caractère et par ses vertus. les citer les problèmes importants qu'il a il qu'il a questions épineuses et difficiles qu'il a éclaircies. a dû disparaître avec fausse philosophie qui voulait trouver dans les erreurs populaires la source de notre bonheur et de nos vertus. les méthodes inventées ou perfectionnées. déjà des rives de la Delaware aux bords du Danube. avons à gémir sur les pertes qu'elle a éprouvées? Le grand si homme que vous remplacez. Mais puis-je m'arréter à vous parler des progrès de la raison lorsque tout me rappelle que nous . Au sortir de l'enfance. Une philosophie plus vraie. plus conla forme à nature. et qui ont flatté trop longtemps l'i- gnorance et la corruption des s'est hommes puissants. Une et. DISCOURS cette fausse politique qui fondait la prosles d'un peuple sur malheurs ou l'ignorance la des nations étrangères. s'est le élevée sur les ruines de ces vaines opinions que mépris pour l'espèce humaine avait enfantées. entraîné vers irrésistible. que ceux ne se lassent point d'en prédire les funestes effets. tandis lumière nouvelle qu'elle éblouit répandue. plus noble.438 Ainsi périté . fut et à qui votre amitié juste et courageuse vient de rendie un noble la hommage. vingt peuples applaudissent au bien qu'elle a fait. il la vérité par un instinct ces sciences il se dévoua tout entier à et où elle règne sans partage.

tandis que calculs de atteint le Newton et de Leibnitz semblaient avoir l'esprit humain c'est un principe général et . c'est d'avoir d'autres hommes qui ont illustré notre Ce qui caractérise surtout M. terme des forces de d'avoir saisi dans la nature nécessaire. et sont éternelles même qui les ont comme les lois de la nature dont elles ont révélé le secret. D'Alembert. et calculé lui causes qui en le balançant dans l'espace. et au point où rapprochent. auquel tous les coips sont également assujettis. enfin. les elles se prêtent des secours at- mutuels. dans les cieux. mais les sciences. Les sciences se tiennent par une chaîne qui unil chacune elles se d'elles à toutes les autres. font accomplir sa longue période. 439 nient le plus universel et le plus utile que IVspril humain ait inventé dans un grand géomètre. c'est. inventé un nouveau calcul nécessaire les aux progrès des sciences physiques. j'aurais peint ces traits lui seraient com- muns avec siècle.A l'académie française. solution des la tandis que la méta- physique a besoin de la science du calcul pour ne point s'égarer dans ses méditations sur nature de . dont elles conser- vent la lente et paisible uniformité. aux méthodes produites. et qui détermine leurs mouvements ou premier leurs formes dès qu'on connaît leurs éléments (jue l'axe les . d'avoir illustré son nom par plusieurs de ces gran- des découvertes qui survivent aux ouvrages de ceux (jui les ont faites. les forces qui agissent sur la ligne c'est d'avoir tracé le de la terre décrit . Souvent mathématiques ne peuvent la tendre que d'une saine métaphysique difficultés qu'elles présentent.

. qui n'avait été longtemps que délassement de M. M. était toujours capable des mêmes si mais il ne pouvait plus les prolonger long- temps. a le piemier appris aux maappuyaient avec trop de lui thématiciens à douter des principes du calcul des probabilités. d'entrevoir quekjues objets dans l'abîme de Philosophe autant que géomètre. devint pour lui une ressource nécessaiie. et l'a si souvent confondue.44<î la DISCOURS matière ou du la mouvement. tandis le calcul de l'infini les avait conque. la regarda il se comme une nouvelle j)atrie à laquelle dévoua tout entier. il Nommé alors secrétaire de celte Académie. que les lois la de la mécanique sont une il suite nécessaire de na- ture des corps. D'Alembert. il dégoût ce gé- . développant aux philosophes la nature de l'infini géométrique. D'Âlembert sut tirer une si partie de sa gloire l'écueil Il de ces recherches qui ont été souvent des métaphysiciens. sans contrainte et sans yeux. il les familiarisait avec cette idée qui étonne toujours notre faiblesse. comme prouvé dans ses derniers ouvrages. ou ne peul la faible recevoir que de géomélrie lumière qui lui permet l'infini. et même des géomètres. Souvent a expliqué aux géomètres des paradoxes où duits. son génie . La philosophie doit la preuve de cette grande vérité. lorsque ses organes affaile blis ne purent soutenir sans fatigue cette attention continue qu'exigent : forte et les il méditations mathél'a matiques efforts. les plus petits détails de ses à ses fonctions étaient cheis et importants savait y plier. L'étude des lettres. sur lesquels ils confiance leurs savantes théories.

chargée des intérêts de la raison comme de ceux de la littérature. et si utile. évitant avec adresse de soulever contre elle les les esprits timides ou prévenus. devait. se plaisait à prétendu donner des preuM. . dont on a mille fois ves. et aux préjugés qui l'égarent ou l'abrutissent. et clameuis dont vieux que suite! bravant avec et d'en- courage cette foule impuissante d'ennemis les vertus et les talents traînent à leur n existe dans la littérature et dans la philosophie. croit d'o- un nombre beaucoup plus grand qu'on ne pinions qui se transmettent d'âge en âge.. tantôt combattre préjugés littéraires armes d'une philosophie sage et lumineuse. répondissent à une des- noble Combien de avec les fois l'avons-nous entendu dans ces les assemblées. D'Alembert . combattre ces opinions à les montrer telles qu'elles étaient. tantôt accabler les ennemis de la raison sous les traits de l'éloquence ou de la plaisanterie. les jugements. 44* nie qui avait créé des sciences nouvelles. qu'on regarde comme certaines. avec un courage égal. parce qu'on les a toujours crues. 11 d'hommes de lettres. n'employant que les ménagements qui étaient utiles à la cause de la vérité.A l'académie FRANÇAISi. dénuées de tout ce que le temps. mais dédaignant lui seul était l'objet. et il veillait avec un zèle infatigable pour que les choix. et que jamais on n'a examinées. les démarches de la compal'espace sur le croyait qu'une société gnie dont tination si il était l'organe. opposer une barrière au mauvais goût qui dégrade l'esprit humain. et franchi bord duquel Newton s'était arrêté.

44^ DISCOURS l'autoiilé. Lui leprocbera-t-on de n'avoir pas toujours substitué à ces opinions les vérités dont elles tenaient la place ? . savant abbé d'Oliles s'étaient bornés à raconter avec simplicité la vie principaux événements de et à des académiciens. écri- Mais M. mais sûre. le goût de l'occupation culture de C'est là qu'on peut étudier l'homme dans ceux de son espèce qui ont le plus perfectionné leur raison. (jui tantôt remontent l'o^clairer et le du peu- ple à ceux (hMromper. route des erreurs ou des opinions qui empêchent la de reconnaître ou de zèle de Le M. et lui fit entreprendre d'en continuer l'histoire. éclairés sur les opinions jugement des hommes peuple. loquent vet . vers la vérité. rapporter quelques anecdotes sur leurs ouvrages. D'Alembert pour l'Académie. et l'influence lente. qu'elle doit être l'histoire l'esprit des travaux et des progrès de duite de humain . pour marchent librement débarrasser faut commencer par en la suivre. mais sur un nouveau plan. . D'Alembert a senti que l'histoire des qui cultivent vains célèbres ne doit pas intéresser seulement ceux les lettres. la il et . la con- sur le caractère ou sur les vertus des et la hommes. C'est la là du du qu'on peut apprendre devraient à reconnaître marche des (|ui préjugés. qu'on peut observer l'enq^ire des préjugés populaires sur les hommes que leur éducation aurait dû y soustraire. que de qu'ils leur avoir appris à douter. C'est avoir éclairé les hommes. l'esprit. avec des vues plus profondes. L'éle et généreux Pélisson. l'habitude leur avaient donné d'imposant. le ta- bleau de l'influence que peuvent avoir sur la vie.

quelque profonde qu'elle fût. ont su les rejeter. Dans philosophie il dédaignait toutes où l'esprit trouve sans cesse à creuser plus avant dans un terrain toujours stérile. plus utile au grand . ou in- le calcul. par le genre de leurs pro- ductions. et parce qu'elle nous ces opinions spéculatives égaie. les et 44^ instruits. Ce goût exclusif pour ce qui est utile et vrai était un des trails caractéristiques de son génie et domine dans ses éloges comme dans ses autres ouvrausuelle. ont occupé pendant quelques années loisirs les de M. n'étaient à ses yeux des ((ue des bagatelles sérieuses. faits dans sur sciences . . M. ges. D'Alembert les rejetait avec dégoût tout ce qui. D'Âlembert. dans ces ouvrages. différents par leur génie. riant son style avec ses sujets. parce utiles à et nos forces il ne craignait point de lechamp où l'esprit humain peut les s'exer- qu'il savait qu'il reste assez de vérités découvrir pour occuper honniies de tous les àses. indignes d'occuper !a hommes. raison supé. et. vatoujours ingénieux. il haïssait la subtilité. vains travaux notre temps trop rétrécir cer. par leur état. des- commencent par hommes le peuple longtemps après que ceux qui exercent leur raison cendent d'eux au vulgaire.A et tantôt LACADEIVIIE FRANÇAISE. il montre partout une vraie et élevée trails une philosophie d'adoucir les dont il a sou- vent l'art pour la rendre plus nombie. n'était pas appuyé sur les brillant. clair. gouvernent Soixante-dix éloges d'académiciens. et paice qu'elle consume en de . toujours rieure. Un système une théorie ceitaine.

ce sentiment de toute sa vie. D'A. de travailler et d'agir. n'ait me reprochent peut-être que l'amitié assez au-dessus de moi. et Occupé du progrès des sciences l'Académie jusque dans qui de la gloire de il derniers moments. mais il approcher d'un œil ferme le terme de sa vie. et renonça qu'il re- même gardait au désir de prolonger une existence comme inutile. mais il savait soutenir avec fermeté tranquille l'idée de sa destruction. pour exprimer d'une manière plus digne d'eux leur et leurs regrets. pu m'élever reconnaissance M. on se rap- pelle les applaudissements qu'ils ont excités. il supporta avec constance lui étaient la liberté vit des maux qui n'étaient plus que pour lui. jouissait des succès d'un confrèie.il je m'ac(|uiHe aujourd'hui me parlait du devoir dont envers sa .lembert ont été lus dans qu'ils les séances publiques de l'Académie. D'Alembert. au moment où l'Académie s'est séparée était persuadé de sa fin prochaine: on l'avait vu supporter avec impatience des infirmités qui . son ancien arni. dont il voulut étendre les effets au delà même ses de son existence. lorsqu'il y était ramené par des soins que lui inspirait sa bienfaisance. à l'âme de ceux qui m'écoutent. Supérieur à ce courage d'os- tentation qui se plaît à combattre avec la douleur pour une avoir l'honneur de la vaincre. il cherchait à s'en dis- traire et à l'oublier. l'effet ont produit est présent à et qui.444 DISCOURS Plusieurs des éloges de M. l'a lemplacé dans celte compagnie. Quand il sentit que sa carrière était finie pour les sciences et pour les lettres. l'esprit. qu'ils encore remplis de ce ont entendu.

contemporains. tandis que l'Europe retentit des regrets des savants qui ont perdu celui qu'ils regardaient comme leur maître et leur modèle. de ses plus impartiale et plus éclai- que les lui. osera peut-être placer à Mais je sens. oubliait ses maux. versa quelques larmes sur rivaux que rée la perte de Tillustre Euler. Monsieur. en voyant avec tranquillité qu'il allait suivre bientôt le seul la postérité. et maintenant par celui d'une douleur commune. 445 mémoire. et que le tombeau du Newton de notre siècle est honoré par les larnies l'éclat du héros de ses vic- quia égalé l'a Gustave-Adolphe par toires et surpassé par son génie. liés par le sentiment qui nous unissait à lui. que je m'arrête si côté de trop longtemps sur ces détails cruels et si cliers. Accoutumés tous deux à regarder son amitié comme une partie de notre bonheur. mais les pleurs de l'amitié doivent couler dans le silence. ses et. nous pourrions. il yeux sur tout autre le sort daignait se féliciter 11 que m'eût confié cet emploi douloureux. et sortait de son abattement pour ont ouvert un nouIl s'intéresser à ces expériences qui vel élément à l'activité des hommes. adoucir nos peines par le plaisir de nous en occuper sans partage. dans un entretien solitaire. par un sentiment d'amitié qui fermait intérêt. .A l'académie française. que les nations étrangères se plaignent leur ont été de ne plus entendre cette voix dont les sages leçons si utiles.

avec Pline. teiribles tête les des légions. DE CONDORCET. ou les à rechercher le peu qu'il était alors donné aux hommes de connaître sur les lois de la nature et sur gloire ou du grandshom- phénomènes de l'univers. . qui furent ceux de bonheur des nations gouvernées par ces mes.DISCOURS PAR M. (1). au (i) M. A l'ouverture de la séance de l'Académie royale des sciences. le comte d'OEls (le prince Henri de Prusse) assistait à cette séance de l'Académie. entendre d'Anaxale gore et de Socrate. si grands dans sénat. yeux Ce jour glorieux pour nous semble retracer à nos les temps à jamais célèbres où les héros d'Allièdans à la les écoles la voix si nes ne dédaignaient pas de venir. la Mais ces temps. ne forment dans l'histoire qu'un petit nombre de jours sereins qui ont brillé de loin en loin. du 4 septembre 1784 Messieurs. déposant et des lauriers cueillis sur bords de l'Euphrate du Rhin se . plaisaient à discuter les principes de la phi- losophie avec Apollonius. où ces Césars. avec Maxime. au retour de leurs victoires.

l'indigence obligeait Kepler à des horoscopes où Descartes achetant par un . Aujourd'hui elles ont pénétré dans toutes les classes société.DISCOURS Dr. C'est qu'alors les lumières étaient le partage quelques hommes de les la privilégiés. faire où . pétuelle. choisis de dans un seul répandues à la peuple. qu'un indigne successeur. ils condamnèrent Socrate à la moit. couvert condamné à une prison per. et qu'une intelligence avait présidé à la formation du monde. M. elles se sont chez toutes nations. trou- vait encore des Voétius même dans le pays de la liberté. Nous ne reverrons les autres. livre l'empire à la tyrannie de l'igno- rance et de la superstition. où Galilée. Roger Bacon étaient regardés comme des magiciens . Chez les Romains. Bientôt après. DK CONDORCET. Périclès vivait condamnés à encore quand les Athéniens chassèrent de leur ville Anaxagore. 447 milieu d'une longue suite de siècles l'erreur et à la misère. parce qu'ils avaient entrevu quelques demi-vérités de gloire et d'années . et . où le speciacle des maux causés par l'into- . exil volontaire le droit d'instruire les hommes. plus ces jours où Gerbert. était contraint d'abjurer les vérités qu'il avait découvertes. à peine un empereur vertueux a-t-il fermé les yeux. s'empressant d'étouffer les dernières lueurs de la raison . . dociles à la voix d'un vil farceur. convaincu d'avoir osé dire le premier que le soleil était un globe de feu. Chaque peuple exposé censure de tous contenu par l'opinion commune de l'Europe ne peut plus ni se livrer à ces excès honteux ni éteindre un flambeau que ses voisins auraient bientôt rallumé.

les sciences et la philo- sophie. sinon aux peuples. du moins à les gouvernent. elle oppose à tout changement une si . Roëmer à fuir la patrie Aujourd'hui. une cause de révolutions ou d'affaiblissement pour les Élats. quelquefois ennemies. la véritable leurs applications se sont tellement multipliées. On sait que si les hommes éclairés sont les seuls qui soient dilois à leurs gnes de donner des semblables. ont acquis en se réunissant un empire sur l'opinion des hommes. les lettres. le véritable ennemi du genre humain c'est l'erreur. 448 DISCOURS lérance forçait Huyghens et qu'ils avaient adoptée. une barrière trop souvent insurmontable. On les n'ignore plus que .. la philosophie a su connaître bien més'oc- thode de chercher de la vérité que tous ceux qui . utile. cupent du bonheur des hommes de la grandeur et la prospérité des empires. comme à l'intérêt géné- tandis qu'en séduisant les esprits de la multitude. comme autrefois. que rien ne peut plus leur enlever. longtemps sépaiées. que lois c'est elle qui inspire à ceux qui commandent des . que les préjugés peuvent ceux qui n'est être utiles. et la faiblesse qui rend les passions dangereuses. qu'elle produit également et passions qui troublent l'ordre du monde. Loin de croire. ou trouvent à chaque . Les sciences ont acquis si grande étendue. on sait maintenant qu'il aucun préjugé qui ne puisse devenir une source de malheurs pour les citoyens. contraires à leurs intérêts ral. les hom- mes aux instruits sont aussi les seuls qui sachent obéir lois.

DE M. si . et ses progrès. dans presque toutes ses parties. l'intérêt seul de leur gloire leur eût inspiré la même conduite. ceux qui ont intérêt de craindie ont essayé pro- grès des lumières. n'osent plus supposer qu'elles sont dangereuses. fondées sur l'expérience ou sur le calcul. en ont même les de nos jours. les plus grands maîtres de cet art se sont-ils montrés plus dignes protecteurs de et si cette la dans ce siècle vait phi- losophie et des lettres (i). Ou sait que le prince Eujiène a donné le premier. et sait du héros dont le génie maîtrise encore diminuer les maux de le la guérie. une véritable science. cet art épiouve lui-même. à de la cour de Vienne. protection n'a- pas été une suite nécessaire de l'étendue de leurs et lumières de l'élévation de leur caractère. et sentir la différence la du conqué- rant qui ne doit ses victoires qu'à pire sa férocité. suivi ceux des connaissances humaines. et les terreur qu'ins- événements Mais. h'tires et philosophie. ou sont arrêtés au milieu deleuis travaux par des questions qu'elles seules peuvent résoudre. Berwick fut l'ami de Montesquieu. et rien à ce qu'on a pu leur enseigner. Aussi. car les siècles éclairés peuvent seuls assigner la place qu'ils méritent. cet art qui dépend bien plus du génie que des connaissances acquises. L'art de la gueire. l'exemple de l'amour des I. DE C0NJ30RCET. 449 pas l'occasion de faiie un usage utile des vérités qu'on doit à la philosophie et aux sciences. le besoin de ces sciences paisibles. 29 . qui ont fait. oii les héros semblent devoir tout à eux seuls. (i) ils de rendre du et moins du maréla On connaît les liaisons du maréchal de Villars chal de Saxe avec Voltaire.

Ils hommages aux espéraient avoir trouvé dans cette accusation un secret sûr de susciter aux lumières utiles des ennemis puissants. en effet. dans une de ces classes qui auraient si trop à perdre. pose point. individu que son mérite on voulait n'estimer dans chaque réel. et de réserver uniquement leurs aux vertus. dans la . cette inculpation aussi fondée qu'elle Test elle du moins ils elle est dirigée./|5o DISCOURS les odieux hommes qui cherchent à les répandre. car vanité persuade aisément qu'ils sont aussi à des parliculieis très-obscurs. ils ont imaginé d'accuser les philosophes. d'une sagesse consommée conduite d'une guerre entière. les gens de lettres. ils ont voulu soulever les pas- sions en leur faveur. est sorti et Supposons. bien coupables aux yeux des le hom- mes dont doivent ambitionner plus les bontés et l'estime. la justice qu'ils rendront à ses qualités personnelles n'en devient-elle pas plus digne de lui? En sauront-ils moins admirer ni et la réunion si rare d'une activité qui ne laisse perdre un instant. et pour y réussir. en supposant ne rendrait pas ceux contre qui même peu . et surtout très-nombreux. n'offre la pas même l'apparence de les plus légère faute aux et les yeux des juges plus éclairés plus sévères? . ni échapper une occasion qui. la de méconnaître talents et les distinctions établies dans société. les savants. le se- Désespéiant d'être désormais assez forts avec couis de l'ignorance. la implacables. Mais. qu'ils oublient qu'un héros du sang de Charlemagne ou de Witikind que le rang auguste qu'il occupe ne leur im.

comme les objets les plus dignes de sa cu- chérissant la plus. n'oublie pas un seul instant qu'il existe dans une ville conquise un citoyen que l'amitié a confié à ses soins? IN'applaudiront-ils pas à un prince ami de la vérité.DE M. ne devient-elle pas preuve plus certaine d'un grand caractère. regardant les hommes célèbres dans les lettres et dans les de ses victoires? Seront-ils sciences. DE OONDORCET. et mémoire de ceux qui ne sont cherchant avec empressement ce qui reste d'eux dans les lieux honorés par leur génie? Cette simplicité de mœurs si estimable. même la dans un la citoyen obscur. toujours occupée d'adoucir ces malheurs. au milieu des mouvements les plus importants. lorsqu'elle se joint à tant de titres. riosité. suite trop inévitable de la guerre. veiller pendant la paix sur les plus les petits détails qui servent à former instruments moins touchés de cette humanité toujours agissante. Verront-ils avec 4^1 le moins d'étonnemenl la même génie qui combine avec force pendant les guerre les plans plus vastes. pourra-t-il s'empêcher de respecter dans un héros. . combien faible or- gane tre est au-dessous de \'os sentiments. à quelque degré qu'il puisse porter l'oubli des distinctions sociales. l'ami d'un le frère et grand homme? mon et Mais je sens. et surtout à tant de gloire? Enfin. et dans les positions les plus critiques. Messieurs. le stoïcisme le plus exagéré. dans toute une campagne. prompt à se rendre l'appui de ceux qui souffrent pour elle. combien illus- je dois vous faire regretter la perte d'un savant en qui l'Académie aurait trouvé aujourd'hui un MJ. et qui.

honoré lui de sa familiarité. et dont le ne reste plus. parmi nous. et nous osons croire qu'il manque aussi quelque chose à la satisfaction du d'une voix qui lui était connue sans doute prince. eût fait : entendie les accents il a manqué au bonheur de M. lorsque ses yeux cherchent en vain le phi- losophe il qu'il avait jugé digne de son amitié. cligne interprète. DE CONDORCET. Comblé des bontés du prince qui il nous fait l'honneur d'assister à cette séance.452 DISCOURS DE M. que souvenir de ses vertus et les monuments de son génie. de n'avoir pas assez vécu pour recevoir dans cette Académie le frère de son premier bienfaiteur. . D'Alemberl.

par M. DISCOURS SUR LES SCIENCES MATHÉMATIQUES Prononcé au Lycée le 15 février 1786. de Condorcet. du moins. d'exercer des esprits déjà formés. nous avons . suffiront pour apprécier les motifs d'a- près lesquels nous avons formé et le plan de ce cours. à quelques égards.. et qui distinguât ce cours de ceux où l'on se propose de donner les éléments de ces sciences. et quelques réflexions leur étendue et sur leur nature. juger si . L'objet de l'institution du Lycée est moins de d'a- donner les premières notions des sciences. d'en approfondir quelque branche particulière. et de leur faire conserver l'habitude de l'application . éti e la première base de l'ins- Ln simple coup d'œil sur l'histoire de ces sciensui- ces. que jouter des connaissances nouvelles à celles qui ont été acquises par l'éducation. Aussi ils senti qu'il fallait donner à cet enseignement une forme particulière qui répondit à l'esprit de l'institution. ou de préparer les jeunes gens à un état dans lequel les mathématiques doivent truction. en y admettant l'enseignement des mathématiques. ont- dans le monde. qu'on perd trop souvent en entrant les fondateurs du Lycée.

Enfin si l'on réfléchit sur ce qu'il faut avoir acquis déjà de connaissance pour savoir régler l'année. décou- verte qu'on attribue à Pythagore. mais eut de plus qu'eux le mérite le d'en sentir toute l'importance. on sentira de combien de siècles l'époque de la première origine des sciences a dû précéder celle où un peuple a pu . et si sages. avoir une histoire appuyée sur rée par des dates précises. Klles ont dû naître également cliez tous les peuples dès Tinstant où ont permis à un certain progrès de la civilisation nombre d'hommes de jouir c'est d'un loisir durable. Peut-être même ne fit-il qu'apprendre cette vérité des Égyptiens ou il des hidiens. Partout longtemps encore de on a dû parvenir aux mêmes j'ésultats parles mêmes méthodes. remplir des vues utiles On ni ne peut avoir aucune connaissance positive ni du temps. entre les grandeurs./(54 DISCOIIUS la su répondre à confiance dont et les fondateurs du si Lycée nous ont honorés. et partie le un bienfait qui répare du moins en mal cpie l'inégalité des richesfaire ses continuera peut-être à l'humanité. du pays où les les sciences ont eu leur berceau. puisque la vérité est une pour tous les hommes. puisque la nature est partout assujettie aux mêmes lois. la chronologie et éclai- Aussi le premier fait de l'histoire des mathémati- ques qui ne la soit qu'incertain. rapports que cependant on ne pouvait exprimer par aucun . des rap- ports réels et rigoureusement déterminés. Elle conduisit à observer qu'il existait. est la si découverte de propriété connue du triangle rectangle.

mais placé à une lui trop grande distance d'elle. que nous devons entendre ces nombres et cette harmonie de Pylhagore. 4^5 osa s'éle- îiombie entier. Ses compatriotes combattirent d'abord. ni fractionnaire. ont servi de fondement ou de prétexte aux plus absurdes rêveries. il ver à cette observation plus générale. et d'explila quer leurs mouvements apparents.savoir déterminer les lois valeur de ces quantités. que tous les rapports des êtres. Bientôt. Il est vraisemblable que Pythagore devina ce sysles tème. longtemps livrée à une ignorance stupide ou le à de honteuses superstitions: le flambeau allumé par génie. toutes vent étie les lois de la nature peu- exprimées par des quantités du le véritable même genre. parce ([u'ils ensuite. que est et objet des sciences physiques la de . soit ignoraient de ces mêmes ob- . auxquelles elles sont assujet- ties idée sublime et vaste qui est la première et l'ula nique base de toute C'est ainsi philosophie naturelle. celle de regarder comme terre immobiles le soleil et les étoiles.SUR LES SCIENCES MATHEMATIQUES. qui. On du attribue aussi à Pythagore la première idée véritable système du monde. et animée d'un mouvement de rotation diurne décrivant une orbite annuelle autour du soleil. Car tel était le malheur de l'espèce humaine. chez des hommes trop ignorants pour saisir le véritable sens de ces expressions. de connaître . d'après nombreuses observations et l'oublièrent les détails qu'il avait le rassemblées dans ses voyages. en supposant sur son axe. ne prêtait qu'une fausse lumière et ne servait qu'à l'égarer.

la d'idées trop profonde es- avec quelque vraisemblance. soit parce que. l'on trouve ce don répandu chez la plupart des nations de l'Europe. clans les gouveniemenls populaires.456 DISCOURS servations. dans leurs opinions comme dans leurs per- sonnes. et tremblant avec une égale lâcheté devant leurs tyrnns. il fallait employer une combinaison pour que l'on puisse. pour imaginer un pareil système. compa- triotes n'ont jamais rien perfectionné (en suppoà leurs his- sant même . et alors concentré dans l'unique pays où les hommes connussent un autre aujourd'hui . Il fallait en effet. au seul peuple de l'antiquité chez qui d'invention. dont on peut mépriser capter le suffiage. contents des les faibles connaissances qui rendaient supérieurs à leurs stupides . à des dangers réels ou à la haine d'une multitude . devant leurs prêtres ou devant vanté le leuis ennemis. de multiplier ses erreurs N'est-il d'en profiter. toute véiité trop opposée aux idées vulgaires expose le savant qui oserait s'en rendre l'apôtre. s'élever trop au-dessus des sens. tous leurs progrès. les erreurs mais dont il faut Nous préférons cette opinion à celle qui suppose que Pythagore a dû ces vérités à l'Inde ou à l'Egypte. Et ces prélres (dont on a tant pré- tendu savoir). qu'on puisse s'en rapporter l'art toires) sinon de perpétuer l'ignorance du et peuple. depuis. à ce même peuple grec. au génie duquel les sciences ont dû. donc pas plus naturel d'attribuer ceux des premiers progrès des sciences qui ont demandé du génie. en attribuer première invention à des peuples claves.

en Grèce. de . qui mesura ridien . mais inutilement encore. . de le véritable adopter aux Grecs système du monde. Éralosthène. ont mie moderne. Feu de temps après. dont les ouvrages. enfin le savant et laborieux Ptolémée. ^57 empire que celui de constants et rapides. C'est ligne droite et le cercle. qui assez terre. C'est été le fondement de l'astrono- un spectacle curieux dans l'histoire de l'esvoir combien les Grecs fui'ent obligés d'employer de sagacité pour reculer successivement les limites de l'univers. premier donna un moyen la exact de trouver distance du soleil à la faire et tenta. ses disciples découvrirent les sections coniques. heureuse- ment conservés. le premier un degré du méHipparque celui des astronomes grecs qui montra en même temps le plus de hardiesse de génie et une plus grande exactitude. . des progrès Platon écrivit sur : la porte de celui qui son école celte inscription célèbre ignore la géométrie n entre pas faire croire qu'il y enseignait ici . Il cube. la force ou de la superstition. et ces théories s'élevèrent à leur perfection dans l'école dans cette même école que le se formèrent Aris- tarque de Samos.SUR LES SCIEJNCES MATHÉMATIQUES. enseignèrent la l'art de les emdeux ployer à solution des problèmes qu'on ne pouvait la résoudre par d'Alexandrie. depuis Anaxagore qui eut besoin d'un effort de génie pour deviner prit humain. Que ce qui pourrait que celle lution une autre philosophie donna la première sorigoureuse du problème de la duplication du de ses Dialogues. Les mathématiques firent.

Dans le temps le plus florissant de l'école d'Alexan- drie. s'élevait en Sicile cet Âichimède qui le pre- mier donna une méthode pour carrer les courbes. découvrir les lois générales des phénomènes. montra le premier. barbares ou chez des peuples ignorants devait s'op- poser aux progrès des sciences. .. 4^8 DISCOURS le que soleil était plus grande que le une masse enflammée beaucoup Péloponèse jusqu'à Hipparque. comment on peut. parce que ces progrès les ne pouvaient manquer de dévoiler successivement absurdités physiques qui faisaient partie de son système. à l'aide de l'observation. fit snilirla géomé- . qui sut en déterminer à peu près la distance elles se dimensions. religion des Grecs. et détermina l'aire de la parabole. et par ces impoilantes découvertes. Ces vérités n'osèrent trer même mon- ouvertement qu'à la cour des rois d'Egypte. pour avoir avec autant d'exactitude qu'on voudrait l'aire ou la cil-conférence du cercle. c'est dans et les États populaires qu'il est le plus difficile de se soustraite à l'empire la des préjugés religieux . Anaxagore avait essuyé une persécution violente. en- seigna une méthode d'approximation certaine. créa les principes fondamentaux de la statique. D'ailleurs. comme toutes celles qui sont nées dans des siècles . dans la solution du problème célèbre de la couronne d'Hiéron. et la populace athénienne eût cru perdre de son importance en consentant à voir se réduire à si peu de chose la place qu'elle occupait dans l'univers. trouva le rapport de la surface de la sphère à celle du cylindre.

et dont jésuite Kircher. et comment. il par- enflammer romains. ont sagesse de savoir s'en passer. avantage raie parmi les géomètres. en multipliant des miroirs plans qui faisaient tom- bien ber sur un vint à crit même endroit l'image du soleil les vaisseaux . en histoire. la D'heureuses applications de mécanique ajoutèla lent à sa gloire et la rendirent populaire. n'ait rien ajouté à leurs dé- mathématiques. en même temps il qu'il ouvrait à ses successeurs un vaste champ fermé jusqu'alors à l'intelligence hu- maine. dont a reculé plus d'une limite. parmi les modernes. l'égal des Grecs. moyen déle le par les historiens du Bas-Empire. qui. dès couvertes dans les ses premiers ef- forts. On étonné que ce peuple qui. SUR LES SCIENCES M\THliM ATIQUES. Personne n'ignore com- il prolongea le siège de Syracuse. Ârchimède qui Ht connaître aux l'utilité hommes devaient jusqu'où pouvait s'étendre qu'ils attendre des mathématiques. devint. Mais peuple. heureusement. en poésie. quence. en élo. ni à les Romains dédaignèrent une science qu'ils ne pouvaient employer ni à gouverner le augmenter . 4^9 trie des bornes étroites où elle avait été lesserrée. a premier prouvé C'est la possibilité.. hommes de génie dont s'honore l'anti- Les sciences se conservèrent dans l'école d'Alexandrie est même sous la domination des Romains. et mériter les employer avec plus de succe double titre le premier rang les parmi quité. et celui des géomètres anciens qui fut le plus fut aussi celui fécond en découvertes qui sut à cès .

que moines d'Alexandrie mirent en pièces dans l'église patriarcale. crimes assuraient l'acconiplissement).àCons- . Ces vainqueurs de tant de peuples n'étaient pas même en état de régler leur année. le l'école d'A- premier inventeur connu de de la science qui a pour objet le calcul des grandeurs en général. comme de celle giand pontife de cette fonction./|6o DISCOURS leurs plaisirs. s'était glissé pour réparer dans le le désordre honteux qui trologues. On voit avec il sur- même où tire vanité d'a. et avec elle le flambeau des sciences s'éteignit dans l'Orient. c'est-à-dire la belle et malheureuse Hypatie. mais illustres par des rêves philosophiques. Ils ne croyaient pas avoir besoin du génie d'un les Archimède. pour subjuguer prise Cicéron à l'instant peuples barbares qu'il leur restait à vaincre et à dépouiller. et. comme sur la de choisir les victimes et de veiller chasteté des vestales. ville et souvent chassèrent de la Le dernier mathématicien célèbre de lexandrie fut Diopbante. Diopbante eut pour premier l'algèbre. ou des nombres abstraits. alors l'objet de l'admiration. moins grands mathématiciens. voir retrouvé le tombeau d'Arcbimède n'oser le comparer à des hommes tels qu'Archytas et Platon. . ni à se consoler des malheurs de l'ambition. chargé il fallut que César. Ses successeurs prirent les géomètres pour des as- dans la crainte qu'ils ne leur prédissent (prédictioïi une mort prompte gances et leurs ils les dont leurs extravade l'Italie. commentateur les Cependant il paru tenc(»re de temps en temps. calendrier romain. appelât d'Alexandrie l'astronome Sosigène.

SUR LES SCIENCES MATHÉMATIQUES. et qu'eux- mêmes qui ait avaient apprise des Indiens. Européens firent siècles pour les mathématiques. des princes États. comme dans le faibles. deux ou plus. que dix de tra- vaux des Arabes ou des Grecs ritalie. firent entre leurs mains tels quelques faibles progrès. rien . étudiées par Arabes. C'est utile la découverte qui nous vienne des Orientaux. Ce dépôt des anciennes connaissances. et échappé au génie des Grecs. Proclus brûla la flotte de Vitallien par le moyen qu'Ârcbimède lères avait employé contie les ga- de Marcellus. tantinople. de conserver. que retaidait encore fluence de la superstition sur un peuple dont les chefs obéissaient ou faisaient semblant d'obéir à ses pontifes. et. quelques 4^1 le hommes les qui eurent du moins mérite de connaître les découvertes des anciens. des républiques mal affermies. sentaient da- vantage prix d'un citoyen éclairé ou célèbre. y ranima goût des sciences. et qu'on le les peut at- tendre du travail et du temps. Nous devons néanmoins aux disciples de Mahomet seule l'arithmétique dont nous faisons usage. quand accélère point la génie n'en l'in- marche."alors divisée du Bas-Empire. L'algèbre s'enrichit bientôt de solution des équations du 3^ et en quelques années. conservé dans des traductions ou des compilations arabes et dans les livres grecs que les gens de lettres chassés de Constantinople firent connaître en le la Italie. les l'opti- que. et quelquefois de les employer avec succès. trois du 4^ degré. L'algèbre. Dans en un grand nombre de petits l'ancienne Grèce. l'astronomie.

et les bûchers allumés par l'intolérance. tandis que le machiavélisme des princes. du moins publié son système (|ue prudence de n'avoir dans sa vieillesse. dans les diffé- rentes contrées de l'Europe. Mais bientôt invasions des étrangers arrêtèrent ces piemiers progrès. le bonmémoire. au milieu des guerres qui épuisaient les États de l'Europe.le des objets assez séduisants pour l'emporter tiou les goût de l'occupa- ou l'amour de gloire littéraire.4G'i DISCOURS n'y offrait. ressuscita le système de Pythagore S'il il et l'appuya plus convaincantes. fureur religieuse et le fanatisme de nations les la liberté muldé- tipliaient dans toutes les crimes. au nord de la Pologne. presque tous saient Cependant. entre les débris que des armées sans discipline laissaient partout sur leur passage. sui. mourut sans avoir pu dut à la de sa gloire . de discoïde et de misère. des hommes nés pour éclaiier leurs semblables et leur créer une laison de preuves jouir nouvelle. Copernic. la vastation et le carnage. et offrir l'espérance d'un état plus doux aux peuples épuisés par tant de siècles d'ignorance. plus cruelles encoi-e. et l'on voyait déjà se préparer en silence cette heureuse révolution. l'anarchie des gouvernements la . la barbarie des gens de guerre. qui devait changer nos opinions et nos mœurs. Kepler trouva heur d'échapper à la haine scolasti(|ue. à l'avidité ou la à l'ambition. Tout à coup s'élevèrent. l'esprit sortir humain paraissait lentement d'un long sommeil. et qui ne ces- que pour faire place h des disserisions intes- tines. et la supers- lion ne put persécuter (juesa .

mérite que Kepler fut bien éloigné de partager avec lui. fectionnés par lui. emploie celles qui lui paraissent observations de d'une forme constante pour déterminer la rotation de cet astre absolument inlui. qui s'obstinait à vouloir que des l'espace. brisa l'es- toutes les chaînes dont l'opinion avait chargé . brillent dans les ou- vrages de Galilée à côté de ces grandes découvertes. et trouve les lois connue avant du mouvement des corps animés d'une force de pesanteur constante. cluantes à la superstition . et Descartes. armé d'instruments alors nouveaux et perdécouvre un ciel inconnu aux anciens. de Fra Paolo. vécut dans la et fut obligé. pour subsister. la persécution. Une philosophie solide et la véritable méthode d'étudier les sciences naturelles.NCES MATHÉMATIQUES. ou plutôt les de son école moderne. tracter les vérités qu'il avait découvertes furent la récompense de Galilée. avec un génie plus vaste vint mettre la dernière plus hardi. mais Galilée vivait dans la patrie de Machiavel. Il main à la révolution. et la nécessité humiliante de ré. de prostituer son talent à faire des horos- copes et à compiler des prédictions astrologiques. ces lois si il 4^3 célèbres du mouvement misère. milliers de les soleils fussent emportés dans premier objet pour que habitants d'une petite planète le Il pussent avoir l'orgueil de se croire de sur la création de tant de mondes. oppose des observations certaines el conGalilée. du Tasse. et les compatriotes de Kepler n'étaient encore que des scolastiques. elliptique des planètes. \oit des taches le soleil malgré la décision d'Aristote.SLR LKS SCII. Des injures.

que tout ce qui est susceptible de suivre des lois régulières peut être général même calcul. sa philosophie audacieuse et hardie assura pour toujours à la raison ses droits et son indépendance. . par ce grand exemple. par sa théorie des dévelop- comment toutes les courbes pouvaient . de montrer. et. mouvement dans pées. il fallut employer les armes cju'il avait données à la raison. de perfectionest ner l'une par l'autre. tiques ont diî tous leurs progrès. il ajouta celle du trompa sur les autres. Mais Descartes quitte son pays pour éviter la persécution qui le suit en Hollande. f L'imagination ardente de Descartes l'entraîna dans un grand nombre d'erreurs. et il ne fut corrigé que par des hommes qui lui devaient toutes leurs lumièies. mais.464 DISCOURS prit humain. A la théorie du mouvement dans la parabole. à celui de la grandeur. montra le cercle. il avait cherché le premier les lois il du cboc des et se corps. et l'oblige d'aller chercher une mort le prématurée au milieu des glaces du Nord. les découvrit toutes. donnée par Galilée. et. portant à la fois sur tous les objets soumis à notre intelligence. trouva les lois des oscil- lations des pendules et. Il eut l'idée heureuse d'appliquer l'algèbre à la géométrie. ce qui plus encore. pour combattre la foule de ses sectateurs. idée grande et féconde à laquelle les sciences mathémasoumis au . seul asile que la philosophie eût alors en Europe. son disciple. dans palais de Christine. mais ne réussit qu'à en trouver une. en ou des rapports abstraits des nombres. Huyghens.

On pouvait observer déjà heureux effets que les I.SUR LES SCIENCES MATHÉMATIQUES. et duquel devait naître une géoménouvelle. en réunissant ces deux découvertes. expliqua mouvements. Nous n'avons plus à '?(. II partageait en même temps avec d'avoir inventé ce calcul de l'infini. s'é- leva bientôt après à la théorie générale du mouve- ment dans tous ces les courbes les . vers lequel la suite des découvertes des disciples blait trie de Descartes semles conduire. les progrès des lumières avaient produits chez nations de l'Euiope. et avec justice (]ue cri connaissance a décerné à culte rendu aujourd'hui à unanime de leur reNewton cette espèce de son nom. . être regardées les 4^5 dont les comme une suite d'arcs de cercle. loi . décroissant et fois lancés tie attirés l'un vers l'au- par une force récipioque proportionnelle aux et masses. l'appliqua aux lois observées par Kepler dans mouvements célestes. le elle s'étend pour expliquer ces moumême aux phéaxes de la nomènes produits par terre et de la lune. en supposant ces corps une dans l'espace. comme le carié des dis- Cette loi si simple suffit vements si compliqués. INewlon . mouvement des ceux du flux première et et à la du reflux la de la mer. tances. rayons suivaient une certaine et dont centres étaient placés sur une autre courbe qu'il enseignait encore à trouver. alors pour les fois et pour seule jusqu'ici. par toutes les Leibultz la gloire nations savantes. hommes le purent s'enorgueillir de la de connaître une des c'est lois générales nature.

comblés de marques souverains. ils d'honneur et de bienfaits par les et ter minent en paix leur longue Dignes émules de ces grands d'un génie puissant les parties glorieuse carrière. frères hommes. un nouveau calcul était nécessaire pour en faire l'ap- . Pascal. une étendue. la avaient osé soumettre au calcul les événements produits par le hasard et cachés dans les nuit de l'anenir. une enrichie et exactitude qu'on n'eût osé prévoir. suivant aux différentes conditions. déterminer rapports de leur probabilité. Cependant assujettis à il restait encore à trouver des principes le par lesquels on pût calculer mouvement liés des corps de certaines lois ou ensemble. découverte qui depuis conduisit Bradley à celle de l'aberration des fixes. deux du nom de Bernoulli emploient toutes et infatigable les forces à enrichir toutes et des mathématiques. et créer un les art de se conduire d'une manière certaine dans événements livrés à l'incertitude du sort. les mains de Cass'était de Flamstead. Newloii : Leibnilz vivent honorés et tranquilles les entourés de disciples qui admirent . L'astronomie avait acquis entre sini.466 gérnir sur les et DISCOURS malheurs du génie persécuté. età appliquer les lois générales de la mécanique rationnelle aux corps finis. et de méthodes plus certaines avait plus simples. Huyghens. Fermât. Dans le même siècle. de découvertes de théories neuves et importantes. Ces principes fuient trouvés par D'Alembert. corps flexibles et aux fluides. Rœmer mesuré la vitesse de la lumière. de Halley.

Cette application. que et il l'on la pût employer dans toutes ces sciences. unique jusqu'ici. était Il sentit que l'analyse algébrique l'instrument le plus étendu. qui de- mande un mélange adroit de de raisonnements ainsi dire utile. et ne put échapper à son génie actif et En résolvant il enfin le premier. qui le devait mettre commencée. d'avoir autant de disciples que l'Europe peut compter de géomètres. mé- l'honneur. par ces mêmes principes. Cette révolution. comme Leibnitz lavait été de Newton . le proeut la gloire blème de de mettre ton . rité et comble à celle que Descaries avait que la découverte des nouveaux calet lui a culs avait accélérée. est pour une science particulière très-étendue. sut rendre d'un usage général. pénétrant. rival tombée deet contem- porain de D'Alembert. L'application du calcul aux questions de à celles la mécacoips nique rationnelle. où l'on considère les suffit sous un point de vue abstrait. embrassait dans ses travaux immenses et toutes les parties des mathématiques reculait les bornes de chacune. le plus sûr. a été son ouvrage. Euler. aux corps existent dans la nature. . besoins. 4^7 il plication aux questions de mécanique. et et calculs et d'expériences. la dernière main à l'édifice élevé par Newles et la le France put reprendre parmi rang dont elle paraissait être nations savantes puis le temps de Descartes. trèsqui semble former la liaison entre les de démonstrations. Elle 3o.SUR LES SCIENCES 31 ATHF. ne il pas à nos faut y ajouter celle des théories mécanitels qu'ils ques à la physique. c'est-à-dire. la précession des équinoxes.M ATIQUES. sciences de calcul et les sciences d'observation.

ni ces règles invariables et éternelles auxquelles sont soumis tous les mouvements des corps. ni la méthode de découviir une marche régulière dans les phénomènes dont les irré- gularités apparentes semblent se jouer de notre in- . ni l'ordre des vibrations qui se succèdent sous du musicien.468 exige la DISCOURS réunion du génie des mathéinatirjues à une sagacité et à le il une finesse d'esprit génie. dont progrès ont pu s'arrêter. Ce fut le non moins rares que domaine de Daniel Bernoulli. où l'invention d'une méthode ouvre un vaste champ à des applications nouvelles. cette foule de vérités et offrir de méthodes que doit les une science cultivée de- puis tant de siècles par des hommes de génie. ni suivant lesquelles s'unissent les éléments des cristaux qui se forment lentement au sein de la terre. hommes ont des successeurs di- et la postérité se souviendra avec recon- naissance de ces noms. ni le calcul des forces auxquelles l'Océan oscillations et l'at- mosphère obéissent dans leurs les doigts immen- ses. et laissé y a régné longtemps sans partage. mais qui jamais n'a pu retourner en arrière. tandis que le besoin de ces applications prépare et nécessite la découverte des méthodes? si Comment embrasser. dans un espace resserré. les une science à lacjuelle n'ont pu échapper ni vements de ces globes qui roulent sur nos les lois mou- têtes. Comment donc oser se flatter de rassemhler. dans un petit nombre de leçons. que la crainte de paraître nous ériger en juges de nos contemporains nous empêche de prononcer ici. Ces grands gnes d'eux.

en consacrant une partie de leur vie à donner les élégrès. l'objet lui-même est alors oublié. et de toutes ses propriétés individuelles. sont l'unique objet de ses méditations. elles le dépouillent de toutes ses qualités sensibles. quiète curiosité. joindre ainsi la riers. c'est sur eux seuls qu'il opère. On désigne ce rapport par une lettre ou il par une ligne. n'est plus bientôt il qu'un rapport abstrait de nombre ou de grandeur. arbitraires en apparence. on voit de nos jours qui unissent le talent des hommes les des sciences à un avilir les esprit philosophique. L'art de s'est composer les livres élémentaires perfectionné sans doute. Les vérités certaines trouvées par cette méthode .SUR LES SCIENCUS MATHEMATIQUES. Ces signes . cesse d'exister pour le mathématicien. le chemin qui y conduit. n'est qu'après être et ce parvenu au dernier résultat avait cessé qu'il revient sur les premières opérations. Mais il reste encore des difficultés que toute la perfection des ouvrages élémentaires ne peut surmérite d'aplanir aux autres le monter. ni enfin 'iDQ l'art d'assujettir le hasartl même aux Il combinaisons du calcul? pas moins impossible de développer ne serait ici les simples éléments de toutes les parties de cette science. et à ments des mêmes sciences dont ils ont hâté les procouronne civique à leurs laul'honneur d'avoir fait des découvertes. ne pas croire palmes que compagnies savantes leur ont décernées. Les sciences mathématiques ont une marche qui leur est piopre. Quelque objet qu'elles considèrent. et qu'il applique ce résultat à l'objet réel dont il de s'occu- per.

et si votre hypothèse n'est pas d'une exactitude rigoureuse. et dispenser d'une contention s'y assujettir. propre aux sciences mathématiques gnée des opérations de des ou dans la tellement éloiles l'esprit la dans vie. On serait encore plus tenté de croire qu'elles n'appartiennent point à la nature physique. Ce encore : on sait que les le ont une langue particulière qui a mathématiques mérite unique de (|ui obli- n'avoir point d'expressions équivocpies. car sont des vérités réelles lorsque le elles phénomène auquel tel vous les avez appliquées existe dans l'univers l'avez que vous supposé. en raître la sécheresse. les mêmes méthola des vous feront encore connaître jusqu'à quel point le résultat de vos calculs peut s'écarter de la vérité réelle est nature. Si on essayait de (laduire en .47'^ DISCOURS paraissent au premier coup d'œil n'élie que des les vé- rités intellecluelles et abstraites. Au- cun moyen de l'ait aucun don de la nature ne peu- vent suppléer à cette habitude. d'esprit pénible ceux qui veulent . entre quelles limites resserrée. Mais ce serait une erreur. et quel est soil le degré de probabilité qu'elle soit ou ne pas entre des limites plus rapprochées. on a pu prendre pour des propositions identiques. autres élu- conduite de que l'habitude faire dispa- seule peut en rendre l'usage facile. et de soumettre les opérations de l'esprit à des formes gent à raisoinier juste. précise et si sûre. est tellement . si Cette méthode. et l'on ne peut faire de progrès que par une étude longue n'est pas tout et assidue. en oubliant que les combinaisons diverses des mêmes éléments ne sont pas une même chose.

({'] l langage ordinaire ces signes et ces raisonnements. de raisonnements qu'un avec facilité homme accou- à ce langage saisit d'un seul coup Mais cette facilité est Il encore le prix du travail et de l'habitude. il faudrait souvent plusieurs pages pour exprimer ce qui est contenu dans pourrait retenir. il arrive très-souvent. dans l'étude de ces sciences on a moins besoin la d'un maître que d'un guide. Plus besoin de ces sciences d'être embarrassé par les calculs même les les plus sim- souvent encore. raient pas aujourd'hui familiarisé taires. la suite même tumé d'œil. les suffirait. de sentir ples.. pour s'en assurer. . ceux qui ont cultivées. dans les détails le dans cours d'études différentes de male thématiques. sans une demi-ligne. au hommes moment même oii ils d'un grand génie touchaient à une n'embarrasse. mais seulement et qu'il qu'il vous indique la route qui y conduit . ouvrages des mathématiciens du dernier siècle verrait souvent des on y arrêtés. SUR LES SCiliJNCES MATHEBIATIQUES. après quelques années d'études . délire . et l'on ne un effort d'attention et de mémoire presque au-dessus des forces humaines. méthode vous montre les vémais la aplanisse devant vous les obstacles qui retarderaient votre marche. découverte importante. un mathématicien médiocre avec ces opérations devenues élémen- Aussi. Cependant de la vie . par des difficultés de calcul qui . Il ne faut pas qu'il rités que vous voulez connaître. pour l'étudier. Ce n'est point science même qu'on peut apprendre de lui.

celle du calcul des probabilités. de questions qui. mais de donner. dans plusieurs d'Allemagne. ont établi. des être utiles. hommes illus- dans l'administration. presque partout son fléau le plus ciuel. dans magistrature. un celle intéi'êt de curiosité. assez éclairés pour sentir combien dans leurs Étals d'arracher le peuple villes à l'ignorance. la possibilité d'employer les parties des sciences qui leur sont d'une utilité plus immédiate. celle des lois des corps sonores. et peuvent la même être regardées comme des parties de philosophie générale. . au premier coup et y paraissaient absolument étrangères. pour presque tous ceux qui cultivent leur esprit. Aussi tres eux dans le cours de leurs méditaciter des la nous pourrions dans la . qui ont. est enfin plusieurs théories mathématiques. comme du système du monde. il était utile Des princes. les lettres. à des L'objet de cette institution n'est pas de former des hommes qui ne peu- vent l'être. chaires où l'on enseigne aux artisans les parties des malhémaliques qui peuvent leur savants. senlenl qu'on ne peut espérer que d'elles la solution piécise d'œil . après avoirse li- éprouvé ce besoin ou n'ont pas dédaigné de vrer à celte étude au milieu de leurs travaux et de leur gloire. philosophie. dans (jui.472 DISCOURS étudiées. sont frappés de ces applications inattendues qui se présentent à tions. et de leur faire connaître des principes simples. ou ont regretté de n'avoir Il pu s'y livrer. qui les quelles leur propre imagination ou les prestiges des charlatans pourraient les faire tomber. mais préservent des erreurs dans les- certains.

quelle loi en diiige les mouvements. rendent raison de tout. le avait plu à la nature d'en offrir spectacle à leurs inventeurs. . Ceux (pii aiment lestes excite la curiosité. ce qu'on a ailleurs que. Ceux dont quelle est la l'appareil imposant des phénomènes cé- apprendront à connaître marche des astres. et leur admiration plus éclairée n'en sera (pie plus grande encore. quelques notions justes. LES SCIENCES MATHÉMATIQUES. le préserver de perdre son temps à en inventer de défectueuses ou d'impossibles. dont principes inintelligibles. ou seulela ment digue le mérite dangereux de savoir séduire pro- et crédule ignorance. qui piéservent du ridicule de prononcer avec prétention des mots scientifiques qu'ils n'entendent pas. pour fait les pre- société. sur les fonda- mentales des sciences. nous chercherons à donner aux piopriélaires de terre des principes non moins simples. . Nous chercherons à les vérités donner aux gens du monde. et expliqueraient aussi heureuses'il ment l'ordre d'un autre univers. depuis la formation des planètes jusqu'à la cause de la fièvre. on place une des Au lieu d'exposer des principes qui doivent régler un ouvrier dans la pratique de son art. ici l['j'i Nous nous proposons mières classes de j)our celle la de faire.SUi. ou les d'ètie la dupe de ces systèmes merveilleux. mais d'autant plus féqu'ils conds sont plus vagues. qui les mettent en état de juger par eux-mêmes si les travaux qu'on leur propose sont utiles ou piaticables. si les hommes qui sollicitent leur confiance ont de véritables lumières. le diriger dans la construction d'une machine ou dernières. dans l'opinion.

commencera par des éléments d'arithmétique. Nous exposerons. et à l'aide . nous ne perdrons jamais de vue que notre principal objet est de présenter des applications utiles ou curieuses. ou singulières par les paradoxes qu'elles présentent. aux On se bornera aux pro- méthodes qui n'exigent que des calculs peu compliqués. dans les différents pays. et de quelquesunes de ces questions que des notions inexactes ou fausses de l'infini ont rendues difficiles et célèbres. positions principales. et celle de quelques séries utiles dans leurs applications. dans l'arithmétique. les intéressent. à saisir de Nous chercherons à donner une idée juste et facile l'infini mathématique. la manière de calculer par les logarithmes. de nous livrer à des recherches qui peuvent exciter l'intérêt des hommes instruits. les opérations les DISCOURS à calculer les hasards d'un jeu. d'un petit nombre de principes clairs simples les ils parviendront à entendre ces théories.474 loterie. verront peut-être avec com- ment. . des numération. et différents systèmes de des principes sur lesquels ces systèmes sont fondés. ou à appliquer aux questions qui Tel est notre but dans le cours de mathématiques dont nous allons exposer Il la distribution. de géométrie et d'algèbre. dans climats. nous parlerons. Ainsi. dans la l'algèbre. les les différents hommes meurent ou plaisir se reproduisent. accroissements et les diminutions de population la loi suivant laquelle. . les chances d'une de finance et de commerce. une théorie abrégée de doctrine des combinaisons.

. nous appliquerons cette théorie au calcul des différentes machines. le poids ou le choc d'un corps solide. De ces objets nous passerons à la mécanique. celle de la vapeur. pratique du nivellement. Nous suivrons la même marche pour l'hydrodynamique. la méthode pour évaluer les différentes forces motrices employées dans les machines. l\']S Nous examinerons dans la géométrie. il est possible de Nous développerons et les les méthodes les plus simples la plus usuelles pour l'arpentage. d'abord en les considérant d'une manière abstraite. Nous donnerons.. l'action du vent. et les difficultés que cette définition présente moins aux géomètres qu'aux physiciens. . nous nous y arrêterons sur quelques-uns des problèmes que présente la théorie de la construction et de la manœuvre des vaisseaux. à la fin de cette partie. et après en avoir exposé les principes généraux nous expliquerons la théorie des machines simples. Nous y traiterons de cette géométrie de situation dont Leibnitz a eu à la première idée. telles que la force des hommes et des animaux. la pesanteur ou l'impulsion de l'eau. Nous enseigne- . ensuite en ayant égard aux frottements et aux forces perdues. SUR LES SCIKNCES MATHÉMATIQUES. Nous y ajouterons quelques principes généraux sur la manière d'employer à produire un effet donné. mais dont prévoir l'utilité et l'étendue. la levée des plans. science encore bornée un petit nombre de questions. les différentes définitions qu'on a données de la ligne droite. une puissance dont on connaît la la direction et quantité.

et de diverses questions relatives nu calcul des probabilités. de la méthode d'appliquer aux jeux de hasard la théorie des combinaisons.47^ rons le DISCOURS moyen de comparer celle qui ces forces motrices. à l'acoustique. Une sique.les a su l'appliquer ensuite à l'ensemble des célestes. à la la des forces électriques et magnétiques. simple à laquelle toute la nature obéit. à mesure méthode pour chercher par les observations la loi d'un phénomène. On entrera dans quelques détails instruments science pour d'astronomie. sur manières Enfin tera les plus simples de tracei" des méridiennes et des cadrans. à la manière de reconnaître la forme primitive des éléments dont sont formés les différents cristaux et de saisir la loi de ces combinaisons. Cette partie sera suivie d'une exposition sommaiie . et de connaître le doit être préférée. on l'intérêt trai- du calcul de de l'argent. autre division du cours aura pour objet l'ap- plication des mathématiques à des questions de phy- comme àl'optique. de la manière de former des tables de mortalité. suivant les but que l'on se propose ou circonstances lo- cales. . . ou d'en tirer des résultats. sur la l'utilité de cette les navigation et la géographie. comment on phénomènes sui. comment on s'est élevé à la connaissance de cette loi si . des phénomènes astronomiques et du système du monde on : y montrera par quelles méthodes on a pu parvenir à connaître les mouvements apparents ou réels des astres à les calculer. à les prévoir. dans la sixième et dernière partie.

les oublier en t?ès-peu repentir dans sentir tous les facile un âge où l'expérience leur en avantages. s'enthousiasmer pour des erreurs. cultivé ces sciences dans leur éducation même avec de temps. très-commun de voiries jeunes gens qui ont . peut avoir plus d'un genre Il est d'utilité. Telle est relle. Mais. considérée sous ce point de vue. se livrer à des projets ruineux pour eux-mêmes. est et à ne les exprimer que par des signes précis et invariables. être la dupe des zèle Mon plus méprisables prestiges. pour échap- . à cette utilité générale se joint encore l'avantage non moins important d'apma- prendre à raisonner juste sur un très-grand nombre de sujets. ou en protéger de iiiineux pour le public. que la géométrie est la meilleure.SUR LES SCIENCES MATHÉMATIQUES. On a dit. il y a longtemps. auxquels il n'a manqué. être. où l'influence des connaissances en tliimatiquesest plus puissante et plus étendue qu'on ne pense. Ils trouveront ici un de cet oubli. un succès et s'en fait brillant. moyen de se préserver L'application immédiate et directe de la plupart des théories que nous nous proposons d'enseigner. mais je crois avoir pour cette science m'égare peutvu plus d'une fois des esprits naturellement justes se perdre dans des sophismes. peut être agréable ou même utile dans tous les états de la société. et peut-être la seule bonne logique parce : que c'est la seule étude où l'on apprenne à ne rai- sonner que sur des idées claires dont l'étendue déterminée . la 477 marche qui nous a paru la plus natu- L'étude des mathématiques.

un grand leur respect inconvénient dans sa première éducation. Combien de fois n'a-t-on la pas vu des calculs hommes ré- d'un sens droit être des suppositions sultats écrits dupe de fondés sur faites au hasard. regarder ces comme démontrés. parce et qu'ils les voyaient culs des opinions fausses la foi de ces calou dangereuses. le elle plus répandue. qu'une connaissance élémenlaiie et une habitude légère des sciences exactes. Lui dira-t-on lui que les connaissances qu'on cherche à donnei" ne . si De combien de était vains systèmes cette élude. Il serait facile de trouver d'excellentes raisons pour détruire cette impression dans un jeune homme dont l'esprit serait formé. Nous avons cru enfin trouver dans ces études une autre espèce d'utilité. que sa s'imaginait qu'il peut se dispenser d'étudier. adopter sur tance. Ces il brillants ont souvent des pieds d'argile. n'a plus mère il ou qu'il de leçons à recevoir d'elle. Il est dans l'éducation une époque dont on ne sent pas assez toute l'impor- en chiffres. venant . et ne faut qu'un peu de géométrie pour briser cette base fragile. n'eùt-elle pas anété progrès toujours nuisible à celui des connaissances colosses si réelles. C'est l'époque (et souvent elle n'est pas très- reculée) à laquelle les enfants s'aperçoivent qu'ils savent ou qu'on veut leur apprendre des choses que leurs parents ignorent. Ce serait. ou de d'affaiblir les dégoûter de l'étude.l\'J^ DISCOURS per à ce malheuf. mais je n'en connais pas de bonnes pour un enfant. ou pour leurs parents. L'effet nécessaire de cette observation est. à s'apercevoir qu'il est plus instruit si . par exemple.

en ce genre. les lumières n'ont pu affaiblir encore. telle qu'on pourra la puisuffira dans nos cours. nible à cet âge de fixer son attention vait être allégé . on peut proporà toutes les forces tionner marche de l'éducation . 479 conviennent qu'aux liomnies. qui a rendu les principes de l'opinion également injustes les lois et les envers la femmes chez presque toutes terre. Or les premières no- mathématiques doivent de l'enfance. malgré la galanterie dont les vantent chez quelques-unes de ces na- tions. Pourquoi d'ailleurs ne chercherait-on pas à différer autant sible l'instant qu'il est pos- un enfant à des mains étrangères? Quel bonheur pour lui si dans les premiers temps où il doit être soumis au devoir si péoù il faut livrer . Ce pirer serait alors lui ins- due inégalité entre les un préjugé dangereux. parlent plus qu'on ne croit à leur imagination naissante. si les chère. pour retarder une époque dangereuse dans l'éducation. préjugé se hommes Une ser si les nations de que. les lignes. n'éprouvera d'autre sentiment que celui de la reconnaissance. en s'apercevant qu'il en sait plus que ses parents. légère instruction. et c'est un moyen sûr de la l'exercer sans l'égarer. calculer comme la la manière d'enseigner peut se science même. jusqu'au moment où l'enfant plus formé. D'ail- leurs. ce devoir pou- ternelle sait tendresse maemployer avec tant de douceur Les la ! par ces soins que premiers principes recevait d'une voix tions tion des connaissances perdraient s'il toute leur sécheresse et toute leur austérité. . Les faire partie de l'éduca- chiffres.SUR Li'S SClENCJvS MATHÉMATIQUES. celui de celte prétendeux sexes.

vous répandrez jargon scientifique plu- que la science. qu'il et de l'ignorance plus grande il suppose à ceux devant lesquels le les montie : ainsi nous croyons que meilleur moyen de dimi- . Mais c'est aussi par cette raison qu'au lieu d'en- seigner beaucoup. bien fondée. f[ue des lumières superficielles et . on oubliera les choses. nous chercherons à bien enseigner. même ils célèbres. fera peut-être nous dira-t-on les une objection. Vous conque vous ne pouvez donner . parce qu'ils ne l'avaient jamais bien appris. par là . mais si on retiendra les mots.48o possibles d'espiit . à suppléer par des développements philoso- phiques à la facilité d'entendre et de retenir que donne l'habitude de l'étude et des calculs. vous aug- menterez tôt prétentions beaucoup plus que Finsle truction. On nous venez . en répétant ce dont se souvenaient mal. qui. hom- mes illustres qui ont fait des termes de mathémale tiques un usage que vous en la raison et goût doivent encore assez réprouver également. DISCOURS d'application ou de mémoire. avantage que la plupart des aulres connaissances ne peuvent avoir au même . On citera d'autres. degré. même désobligeante pour vos audi- On pourrait citer l'exemple de plusieurs . Cette crainte est qu'elle n'est pas teurs. ont cru faire admirer la profondeur de leur doctrine et n'ont réussi qu'à se rendre plus ou moins ridicules. Toutesles prétentions naissent égalementde l'igno- rance de l'homme. à n'insister enfin que sur les choses dont nous croyons qu'on peut aimer à se souvenir.

Sa prévention en ma faveur et sa modestie lui ont fait une illusion dont je crains bien que vous n'ayez eu trop à vous plaindre. Lacroix s'est chargé d'un travail que mes occupations ne me permettaient point d'entreprendre et dans lequel il apportera tout ce qui m'aurait manqué. 1. ou la vanité de se parer du Toute connaissance réelle. dant nous sommes assez heureux pour remplir notre si nous ne nous sommes pas trompés en regar- comme praticable le plan d'instruction que nous avons eu l'honneur de vous exposer. c'est qu'il a bien voulu cette expérience me supposer que l'âge peut donner. possédera n'y en a point qui petit ne puisse devenir nuisible. la tant qu'un nombre d'hommes exclusivement. 3i . des mathématiques. osé lui servir d'interprète et tracer le Si j'ai plan de ce qu'il doit exécuter. c'est de cherqu'ils cher à diminuer cehii des dupes qu'ils font ou croient Les lumières superficielles valent mieux superfi- que l'ignorance. un talent distingué pour les sciences. Si but. 4^1 nombre des gens faire. c'est seulement lorsqu'elles sont très-rares qu'elles peuvent inspirer l'or- gueil de s'ériger en juge. quelque . et l'habitude d'enseigner. des connaissances qui embrassent toutes les parties . M. à prétention . nous en serons récompensés par le plaisir d'avoir contribué à vous faire aimer une science à l'étude de laquelle nous avons consacré notre vie. légère qu'elle soit est utile lorsqu'elle est commune. pourvu que ces lumières cielles soient très-répandues. peu qu'on et il sait.SUR LKS SCIJiNCES iiuer le MAIHKM ATIQUES.

où l'on ne peut bien entendre sans avoir acquis l'habitude d'en appliquer les méthodes et d'en exercer les procédés où enfin il n'existe point . exigerait dans cette forme d'instruction une étude de plusieurs années. . que tout homme doit désirer d'apprendre parce qu'il prévoit des circonstances où elles lui seIl a donc fallu renonun cours complet de mathé- ront utiles. de milieu entre savoir très-bien celles et ne rien savoir. . La simple exposition des vérités élémentaires de . la plupart même. la celle des lois et des principes généraux de mécanique. mais alors : se pré- toutes exigent des con- naissances préliminaires de géométrie et d'algèbre. et. l'institution Nous avions prévu la difficulté de faire entrer dans du Lycée l'enseignement d'une science où les maîtres facilitent le travail mais n'en dispensent pas. matiques et se réduire à des sente un autre inconvénient traités particuliers sur il quelques-unes de leurs parties. Un cours complet de- . cer à l'idée d'enseigner .DISCOURS SUR L'ASTRONOMIE ET LE CALCUL DES PROBABILITÉS Lu au Lycée en 1787.

de chaque degré de ces connaissances. en voyant jusqu'à quel point elles nous ont fait avancer dans la connaissance des lois de la nature. les développer. nous borner à présenter . et des traités parti- culiers n'auraient pu être entendus que par le petit nombre de ceux qui auraient conservé non-seulement la connaissance.DISCOURS SUR l'astronomie. L'histoire seule des mathématiques est une des l'esprit parties 11 les plus importantes de celle de humain. et le auquel on peut espérer d'atteindre. Nous avons donc cru devoir changer la . l'ensemble des résultats d'une science à offrir le tableau philosophique de son histoire. plutôt que méthodes mêmes. de ses rapports avec elle s'arrête les autres parties de nos point connaissances ou avec nos besoins. indiquer les démonstrations. de ses progrès. en prenant une idée plus précise qu'elles des moyens de plus grands progrès térêt d'apprendre. Cette manière de traiter les sciences ne doit pas être regardée comme frivole. mais l'usage de ce qu'on apprend de mathématiques dans l'éducation ordinaire. . l'utilité nous offrent pour y faire encore on saura mieux ce qu'on . peut espérer de connaître. à marquer enfin les bornes où aujourd'hui . manière même les d'enseigner ces traités particuliers donner presque toujours au lieu de l'esprit des méthodes. 4^3 il mandait une longue était et pénible assiduité dont nous impossible de nous flatter. ce qu'on peut avoir in- On sera plus en état d'apprécier de chaque partie. uniquement propre à satisfaire une curiosité En se rappelant les vérités utiles que nous devons aux mathématiques. n'en est aucune où l'on puisse 3j.

même dans ceux qui paraissent les plus éloignés de ces sciences uniquement consacrées à la sévère et froide vérité. des espaces de temps auprès desquels la durée de la vie humaine semble s'évanouir. Nous avons choisi cette année. si leur multitude si même tout. et assujettie à un ordre plus méthodique. si ces astres placés à n'ont aucune proportion avec celles que nos sens peuvent embrasser. des distances qui En effet. on sera bien plus sûr de les reconnaître dans les autres genres. embrassant. et cette observation n'a les pas cessé d'être vraie depuis progrès successifs que toutes ont faits avec plus ou moins de rapidité. souvent cachée . Sa marche. transportés avec des vitesses dont aucun des mouvements qui s'exercent autour de nous ne nous donne l'idée. de méditation ou de l'étude. élève ou effraye l'imagina- . Ainsi. et si irrégulière dans dé- ses autres travaux est ici plus simple. l'imagination ou de l'analyse. comme les autres sciences. dans ce vaste ensemble. Les philosophes anciens l'ont dit dans un temps où l'as- tronomie. C'est dans l'astronomie que l'esprit de l'homme se montre avec le plus de grandeur. après avoir observé dans les ouvrages des made thématiciens les effets du génie ou du la talent. était encore dans sa première enfance. plus à couvert. et le spectacle brillant qu'ils nous offrent. l'astronomie physique et le calcul des probabilités. pour sujet de l'en- seignement. dans les révolutions de leurs orbites ou de leurs axes.484 DISCOURS SUR l'astronomie les observer avec plus de sûreté et d'exactitude phé- nomènes qu'il si présente dans ses diverses opérations.

quand fection représente à quel degré de pei- il a fallu porter tous les arls pour parvenir à donner aux instruments la justesse qu'exigent des observations précises. cette multitude de soleils dont et l'éloignement nombre confond l'intelligence : une admira- tion non moins grande elle se vient frapper la raison elle- même. l\St> si on est étonné de voir l'homme déterminer mouvement d'astres que leur distance dérobe il à ses regards. aidés par le pfénip. souvent guidés seulement par .KT LE CALCUL DES PROBABILITÉS. Ainsi loin d'avoir été la trompés par l'effet imposant que produit. quelquefois . à première vue. pour pouvoir réduire à des lois simples ces si mouvements en apparence . si compliqués. ce vaste et brillant tableau des efforts et de la puissance l'esprit humain. trouver enfin. tracer la route de ceux qu'il n'a fait qu'entrevoir. suivre leur marche dans un espace où l'œil ne peut plus les observer. nous éprouvons en l'examinant une surprise plus profonde et une admiration plus de éclairée. et à cette le masse d'observations nécessaire pour former de grandes théories ou pour confirmer celles que avait devinées. dans les vastes ré- gions du ciel où découvre à peine une lumière le confuse. génie quand on