P. 1
Separation Eglise Etat USA

Separation Eglise Etat USA

|Views: 0|Likes:
Published by abbraxas

More info:

Published by: abbraxas on Mar 08, 2014
Copyright:Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

08/01/2015

pdf

text

original

Yves-Henri Nouailhat

La cour suprême et la séparation de l'église et de l'état
In: Vingtième Siècle. Revue d'histoire. N°19, juillet-septembre 1988. pp. 79-89.

Abstract The Supreme Court and the separation of Church and State, Yves-Henri Novailhat The first amendment to the American Constitution guaranteed the free exercise of religion but refused an established one. The Supreme Court has had to follow for two centuries the father twisting path of the errors of interpretation of this original rule. For there has been conflict concerning both the « free exercise » of religion and its « es tablishment », especially in the fields of education and taxation. Over the past 30 years, the Court has been playing a relatively new role of purification of the abuses of the American social and political System, but without the slightest possibility of a constitutional reform on the separation of Churche and State.

Citer ce document / Cite this document : Nouailhat Yves-Henri. La cour suprême et la séparation de l'église et de l'état. In: Vingtième Siècle. Revue d'histoire. N°19, juillet-septembre 1988. pp. 79-89. doi : 10.3406/xxs.1988.2037 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/xxs_0294-1759_1988_num_19_1_2037

Ces deux dispositions fondamentales. Avec la Consti de la tradition britannique de la religion tution de 1788. comme l'a dit en 1970 un de ses membres. mai 1987. 1. du Nord et du Sud et Virginie) mais gé Ces dispositions ont fait l'objet de nomb néralement les Eglises n'imposaient pas leurs reux commentaires car elles s'éloignaient vues aux autorités civiles. Il reste que. « la route de la neutralité constitutionnelle dans ce do maine ne peut pas être absolument droite ». et même de la disparition de toute trace de Maryland. En effet : voici l'histoire d'une sinuosité qui fait vivre la séparation. New York. le premier amendement. New Jersey. p. les jeunes Etats-Unis d'Amér « établie ». «Development in the law. C'est égal ement à ces quelques phrases du premier amen dement que doit se référer la Cour Suprême lorsqu'elle intervient dans ce domaine. libre exercice de la religion et refus d'une religion officielle. trop de complaisance envers les rel il existait dans la plupart des colonies an igions. religion and the state». Carolines religion dans ce qui dépend de l'Etat1. Surtout. Tho Constitution précise qu'« aucune condition mas Jefferson. 1789 et entré en vigueur le 15 décembre 1791. la Cour Suprême dut veiller aux erreurs d'interprétation. depuis deux siècles. mais refus d'une religion officielle : telle est la règle fixée aux jeunes Etats-Unis par le premier amendement à leur Constitution adopté en 1789. Or. Il semble que les Pères fondateurs ique adoptent un système de séparation aient ainsi voulu éviter d'avoir à choisir entre les Eglises et l'Etat. voté le 25 septembre Harvard Law Review. L'article VI de la entre les diverses dénominations. le New Hampshire et le Mass toute assistance gouvernementale à la religion achusetts. représentent la base sur laquelle est bâtie toute la relation entre les Eglises et l'Etat aux Etats-Unis. 79 . qui avait pris une part préde religion ne sera jamais requise pour l'accès à aucune fonction des Etats-Unis ». Ainsi. prévoit que «le Congrès ne pourra faire aucune loi ayant pour objet d'établir une religion ou d'en interdire le libre exer cice ».LA COUR SUPRÊME ET LA DE SÉPARATION ET DE L'ÉTAT L'ÉGLISE Yves-Henri Nouailhat Libre exercice de la religion. et Eglise anglicane en Géorgie. alors que la clause de « non-établis glaises d'Amérique un système de religion sement » ou de refus de toute religion officielle « établie » (Eglise congrégationaliste dans le peut être interprétée en faveur d'un rejet de Connecticut. gence. 1632. Quels sont donc les problèmes qui peu vent surgir ? La clause de « libre exercice » O LA CONSTITUTION ET LA SÉPARATION peut conduire les autorités à trop d'indul Dans la période précédant l'Indépendance.

le « désétablissement » décidé en prin cipe ne fut pas toujours suivi en pratique. Ayant fait appel devant la Cour Suprême. Religion in American public life. Les seuls exemples d'une intervention de la Cour Suprême dans le domaine des relations entre l'Eglise et l'Etat au cours du 19e siècle se produisirent à propos de la pratique de la polygamie par les mormons (ou membres de l'Eglise des Saints des derniers jours). Waite récusait l'arg ument de Reynolds selon lequel l'interdiction de la polygamie constituerait une violation du « libre exercice » de la religion. des Etats conser vèrent des Eglises établies jusqu'en 1818 en ce qui concerne le Connecticut et même 1833 pour le Massachusetts. p. Lors d'un autre cas concernant les mormons. jugé par la Cour Suprême en 1 890. de nombreux Etats accordaient des aides aux Eglises. S'il est vrai que la Constitution américaine ne prévoit pas de religion « officielle ». Un mormon nommé Reynolds. Elle estime en effet que la Déclaration des droits. notamment dans PUtah. elle n'a pas eu beaucoup l'occasion de se pencher sur la 1. Elle laisse ces problèmes aux juridictions des différents Etats ou bien les considère comme réglées par la coutume. Religion and politics in America. souh aitait.YVES-HENRI NOUAILHAT pondérante à la rédaction de la Déclaration sur la liberté religieuse » de Virginie. invoqua le premier amendement pour proclamer que son second mariage correspondait à ce qu'il pensait être pour lui un devoir religieux. 120-122. non les actes2. notamment sous forme d'exemption d'impôts l . la plus grande fête nationale. Morrison Waite. James Reichley. elle est donc soumise à une interdiction parfaitement légale. le Congrès est privé de tout pouvoir législatif concernant les questions d'opinion. 1985. comporte un caractère religieux. . Wash ington. The American Theological Library Association and the Scarecrow Press. En cas de contestation concernant l'i nterprétation du premier amendement à pro pos des relations entre les Eglises et l'Etat. c'est-à-dire les 10 premiers amendements. 80 question des relations entre l'Eglise et l'Etat. son président. le président Stephen Fields réaffirma que le premier amendement concerne les croyances. la formule « In God we trust ». The Brookings Institution. durant la première moitié du 19e siècle. la Cour Suprême était l'organe ayant vo cation à se prononcer. territoires où se trouvaient les mormons. Le Congrès avait eu parfaitement raison de légiférer en conformité avec les grandes traditions de la morale occidentale. p. Matuchen. ne s'applique qu'au gouvernement fédéral et pas aux gou vernements des Etats. Comme la poly gamie constitue un acte et non une opinion. 1985. les sessions de la Cour Suprême s'ouvrent par la fo rmule : « God save the United States and this Honorable Court». Certes. Selon le premier amendement. le Congrès déclara la polygamie illégale dans les nouveaux territoires acquis à la suite de la guerre contre le Mexique. les événements importants de la vie politique américaine sont accompagnés d'un rituel religieux . jusqu'en 1963. 232-235. prête serment sur la Bible . Par ailleurs. les catholiques n'avaient pas accès aux emplois publics et seuls les protestants pouvaient témoigner devant les cours de justice. mais en revanche est laissé libre d'intervenir dans tous les cas de trouble de l'ordre public. En 1862. 2. Dans certains Etats. Fowler. etc. en déiste libéral. certa inement en raison des pratiques mormones. pours uivi pour polygamie. le choix entre les diverses religions. En fait. le jour de son investiture. les élèves lisaient la Bible et récitaient des prières dans les écoles publiques lorsque les Etats en avaient décidé ainsi. le Thanksgiving Day. il faut bien reconnaître que la séparation entre les Eglises et l'Etat n'apparaît pas totale dans la vie politique : le président des Etatsunis. apparue pour la première fois sur les pièces de monnaie en 1864. devient « devise nationale» en 1956. fit connaître la décision unanime de la Cour en 1878. Robert B. Ainsi dans l'Etat de New York. pendant toute une partie du 19e siècle. toutes les Eglises bé néficient d'exemptions fiscales .

Dans Cantwell versus Connecticut. y incluant donc engagé une action en justice. La Cour Suprême approuva sa condamnation. Domat Montchrestiens. p. Il avait religion. père de l'enfant. Ibid. 415-416. ou encore d'échapper à l'ap aux Etats. Certes. Le tournant de 1940 Le juge Frankfurter avait déclaré en 1940 : Les premières suggestions de la Cour « Toute latitude possible doit être accordée Suprême selon lesquelles les 10 premiers aux désirs de la foi religieuse » 3. en conformité constituait une atteinte à la liberté religieuse avec les lois du Massachusetts. 2. En 1944. Autre exemple : en 1944.LA COUR SUPREME ET LA SEPARATION O LA COUR SUPRÊME ET LE « LIBRE EXER Les limites CICE» DE LA RELIGION La Cour Suprême se montra donc nor malement très libérale vis-à-vis de la religion. Le garantit la liberté aux citoyens des Etats . sans toutefois se prononcer sur la valeur de la nime annula une loi soumettant les quêtes à but prétendument religieux ou charitable méthode adoptée. dans leur liberté d'insulter les autorités ou le le cas Gitlow versus New York. Le juge Félix Frankfurter justifia la position de l'Etat non seulement la liberté de conscience et de de Pennsylvanie dans son souci d'inculquer culte. comme tous les Témoins aussi la Cour Suprême estima-t-elle que la de Jéhovah. La Cour considéra que permettre publications des Témoins dans la rue au lieu à un Etat l de dire qu'une activité déterminée n'avait pas un but véritablement religieux de l'envoyer à l'école. la Cour una la loyauté patriotique parmi la jeunesse. de procéder à des défilés sans obtenir Suprême estima que les clauses du premier d'autorisation ni payer d'indemnité pour amendement concernant la liberté de parole l'intervention de la police destinée à leur et la liberté de la presse s'adressaient bien encadrement. une femme Témoin de Jéhovah avait de à une autorisation accordée après contrôle mandé à sa nièce de 9 ans de vendre les de leur but. Dans l'arrêt Quelques semaines après la décision Cantw Cantwell versus Connecticut. parce que la contraire au 14e amendement2. la Cour prit du concept de « liberté penser religieuse » la vue la plus large. estimait que le salut au drapeau liberté religieuse était incluse dans le concept « de n'importe quel gouvernement » était un de liberté. Bien que le premier amendement acte idolâtre et ne voulait pas avoir à dé ne garantisse que la liberté d'exercice de la les frais d'une école privée. vol. p. 1. la Cour semble donc avoir établi une limite au-delà de laquelle la liberté religieuse in1. elle prit la décision ell. ce dernier ne garantit pas parce qu'il refusait de participer à la cér la liberté religieuse dans les Etats. On peut en donner quelques ement qu'il en était de même pour la clause exemples. concernant la liberté religieuse. André et Suzanne Tuns. la Cour public. Puis en 1925. Paris.. Ici. mais il émonie quotidienne de salut du drapeau amér icain comme le prescrit la loi de l'Etat. La bien amendements devaient s'appliquer aux Etats veillance de la Cour à l'égard de la propa aussi bien qu'au gouvernement fédéral gande religieuse ne trouva de limite que étaient apparues en 1892 à propos d'un cas lorsque les Témoins de Jéhovah défendirent concernant le commerce. Histoire constitutionnelle. mais aussi la liberté de propagande. 81 . 418. 3. he système constitutionnel des Etats-Unis d Amérique. Mais ce fut en 1940 que la Cour plication des lois sur la protection du travail Suprême eut l'occasion d'affirmer explicit de l'enfance. protection des enfants l'emportait ici sur le libre exercice de la religion. la Cour avait eu à traiter du cas d'un historique d'appliquer la clause de « libre exercice » de la religion du premier amen jeune Témoin de Jéhovah qui avait été dement aux Etats en utilisant le 14e amen expulsé d'une école publique en Pennsylvanie dement. le Connecticut.

elle accepta des demandes d'exemptions malgré le caractère religieux assez flou des justifications. En 1972. Dans ce dernier cas. Il n'en fut pas de même concernant la « clause d'établissement ». en 1980. elle refusa la demande d'un marchand juif orthodoxe. était contraire au libre exercice de la rel igion1. En 1934. . l'interprétation de cette clause du premier amendement ne souleva pas de grandes polémiques. La Cour Suprême eut également à se pencher sur la signification religieuse du repos dominical. elle jugea la justification religieuse présentée par des amish suffisante pour les dispenser de l'a pplication de la loi concernant la fréquentation de l'école par les enfants jusqu'à l'âge de 16 ans : les amish pourront retirer leurs en fants de l'école après la huitième année de classe s'ils le souhaitent. la Cour décida par 5 voix contre 4 que la loi du Minnesota. Braunfeld. à l'occasion de l'affaire Everson versus Board of Education. On voit donc que la Cour Suprême s'est attachée à permettre le libre exercice de la religion d'une manière très large. d'être exempté de l'application d'une loi de Pennsylvanie l'obligeant à fe rmer sa boutique le dimanche sous prétexte que sa religion lui imposait de se reposer le samedi. mais elle dénia aux objecteurs de décider eux-mêmes s'il s'agissait ou non d'une guerre juste. cependant. Un autre domaine délicat où la Cour Suprême eut à intervenir fut celui de conflits entre les autorités des Etats et certains groupes religieux à propos de la fréquen tationscolaire des enfants. la Cour confirma la décision de la foire de l'Etat de Minnesota de limiter les activités des membres de la secte de Krishna à certains emplacement précis. Dans l'autre sens. en 1981. A partir de 1980. dans la décision Wisconsin versus Yoder. En 1961. Cette interpré tation entraîna toute une série de questions complexes : l'interdiction d'établir une rel igion rendait-elle inconstitutionnelles les pra tiques de la prière et de la lecture de la Bible dans les écoles publiques ? L'aide des 1. Ainsi. Au début de la guerre de Corée. la Cour donna satisfac tion à un adventiste du 7e jour qui avait perdu son travail parce qu'il avait refusé de travailler le samedi. obligeant tout groupe religieux recevant plus de la moitié de ses fonds de personnes étrangères à remplir une déclaration indiquant les sources de revenus. O LA COUR SUPRÊME ET «L'ÉTABLISSE MENT » D'UNE RELIGION La clause de « non-établissement » étendue aux Etats C'est à partir de 1947 que la tension doctrinale entre les deux clauses du premier amendement se développa en raison de la décision de la Cour Suprême. Il faut rappeler ici que les décisions de la Cour Suprême sont prises soit à l'unanimité. d'étendre la clause relative au refus d'une religion officielle aux Etats. L'exemption du service militaire pour cause d'objection de conscience à caractère religieux est un autre domaine dans lequel la société civile respecte le libre exercice de la religion. en 1982. soit à la majorité. En revanche.YVES-HENRI NOUAILHAT dividuelle doit s'incliner devant les intérêts de l'Etat ou de la collectivité. Dans l'ensemble. Deux années plus tard. dans un autre arrêt. Pendant la guerre du Vietnam. la Cour s'efforça 82 ter les positions les plus équilibrées possibles sur cette délicate question du libre exercice de la religion. elle refusa d'examiner en appel une décision d'une Cour ayant approuvé le licenciement d'un Témoin de Jéhovah de son poste d'instituteur parce qu'il avait refusé d'enseigner le serment de fidélité au drapeau et les paroles de chants patriotiques. le Congrès avait précisé que l'objection de conscience pour cause religieuse ne pourrait être examinée que pour ceux se prévalant de « devoirs supérieurs » à ceux découlant d'une simple relation humaine. les juges qui n'approuvent pas la décision peuvent écrire une « opinion » contraire (dissent). la Cour Suprême avait précisé que le libre exercice de la religion ne conférait pas un droit systématique d'exemp tion du service militaire en faveur de pacifis tes religieux.

à l'écart de la « clause d'établissement ». Selon les paroles de Jefferson. James Reichley. Dans certains Etats où les catholiques étaient nombreux. De 1877 à 1933. réduisirent progressivement leur soutien à l'éducation religieuse. En 1949. trente-trois Etats votèrent des lois pour interdire l'aide financière publique 83 des écoles religieuses. parce que le service rendu l'est au profit des élèves et non des écoles confes sionnelles : « Le premier amendement exige de l'Etat d'être neutre dans ses relations avec les croyants et les non-croyants . op. la clause contre l'établissement d'une religion officielle était destinée à élever « un mur de séparation entre l'Eglise et l'Etat ». Black continuait en déclarant que la loi du New Jersey n'était pas en contradiction avec le premier amen dement. Dans la plupart des Etats.LA COUR SUPRÊME ET LA SEPARATION Etats à l'éducation religieuse devait-elle être tolérée ? L'exemption d'impôts sur les biens des Eglises devait-il être considéré comme une forme « d'établissement » ? Les hommes qui avaient rédigé et voté le premier amendement ne pouvaient pas prévoir ce que deviendrait l'éducation pu blique durant le 19e siècle. on peut dire que 15 % des districts scolaires américains dispensaient une éducation religieuse dans les bâtiments scolaires publics pendant les heures de classe. comme le Massachusetts. Leur sentiment de ne pouvoir exclure les Eglises de l'éducation fut probablement l'une des raisons qui laissa les Etats. p. cit. un habitant du New Jersey. manifest aientl'attachement à une forme d'éduca tion religieuse. . la prière et la lecture d'un passage de la Bible — presque toujours dans la traduction du roi protestant Jacques Ier — au début de chaque journée. quels que soient leurs noms ou quelques formes qu'elles adoptent pour enseigner ou pratiquer la religion. et tout particulièrement le plan dit de Cham1. ceux-ci demandèrent et obtinrent dans quelques localités des aides publiques pour leurs écoles. ceux-ci. Dans le cas présenté devant la Cour en 1947.. 141. Aucun impôt de quelque montant que ce soit. qui étaient compétents en matière d'éducation. Everson. Religion in American public life. ne peut être perçu pour subventionner quelques activités ou inst itutions religieuses. comme on peut le vérifier avec leur décision de compter la « religion » parmi les valeurs à répandre grâce aux écoles dans le territoire du NordOuest. De 1875 à 1892. cette pratique se perpétuait par tradition plutôt qu'en fonction d'une loi particulière. Mais il est bien évident que les termes employés par les membres de la Cour Su prême ne pouvaient que mettre en péril la structure des relations qui s'étaient établies entre les Eglises et les autorités scolaires locales pour faciliter l'éducation religieuse. grand ou petit. toutes les rel igions ou préférant une religion à l'autre. Pendant la première moitié du 19e siècle. dans de nombreux Etats. La lecture de la Bible était souvent davantage considérée comme un moyen de diffuser les valeurs morales et une façon de mettre en contact les élèves avec la grande littérature que comme un strict exercice religieux. dans la confession choisie par les parents. il ne lui demande pas d'être leur adversaire»1. Le juge Hugo Black déclara au nom de la majorité de la Cour que « la clause de non-établissement d'une religion » du premier amendement signifie au moins ceci : ni un Etat ni le gouvernement fédéral ne peuvent établir une religion offi cielle. afin de répondre à un pluralisme rel igieux grandissant parmi leurs populations. mit en cause la constitutionnalité d'une loi de l'Etat autorisant les districts scolaires locaux à transporter les élèves dans des écoles privées confessionnelles. C'est l'Eglise catholique qui était ainsi visée. Mais ils semblaient avoir identifié l'éducation avec la religion d'une façon très naturelle. les républicains eurent des velléités de faire passer un amen dement interdisant le versement de fonds publics au profit d'écoles ou d'institutions placées sous « contrôle confessionnel ». Ni l'un ni l'autre ne peuvent passer des lois aidant une religion. Cependant.

un mouvement se fait jour pour juger de telles pratiques inconstitutionnelles. Quand un Etat encourage l'in struction religieuse ou coopère avec les autor ités religieuses en ajustant les pratiques aux besoins religieux. les Cours avaient jugé toutefois que la lecture de la Bible ou la récitation d'une prière étaient en contradic tion avec leurs Constitutions. autorisés à quitter la classe. dans le cas Zorach versus Clausen. Le Board of Regents de New York mit au point en 1951 une prière susceptible d'être acceptée par les confessions chrétiennes ou juives : « Dieu tout-puissant. sont maintenant favorables à toute décision empêchant les écoles d'être complètement sécularisées. amène la Cour Suprême par la bouche du juge Black à déclarer le plan de Champaign inconstitutionnel. p.YVES-HENRI NOUAILHAT paign. 146. 84 Sud et 67 % dans le Nord-Est. en 1962. consistant à réserver du temps pour un enseignement religieux donné en dehors des locaux scolaires.. Ibid. En revanche. Il s'agit simplement. En 1952. une certaine tension se déve loppe à propos de ces questions. 2. La Bible dans les écoles publiques : les décisions de 1962 et 1963 En 1946. En 1960. Pourtant. des milieux inquiets devant le déclin de la moralité deviennent plus ardents à défendre les observations religieuses. il ne fait que suivre les meilleures de nos traditions »\ Seuls les juges Black et Jackson manifestent leur désaccord. ne viole nullement le premier amendement. Des différences régio nales sensibles existaient : la Bible était lue à haute voix dans 77 % des écoles dans le 1. Les catholiques.. du nom d'une localité située en Il linois. Dans un petit nombre d'Etats. p. un groupe de 4 parents ayant leurs enfants dans des écoles à New Hyde Park dans l'Etat de New York. Les élèves qui le souhaitaient étaient autorisés à rester silencieux et. note Douglas. firent appel devant la Cour Suprême. qui pendant longtemps avaient regardé défavorablement des pratiques rel igieuses ayant une orientation protestante. Parmi les libéraux. nos maîtres et notre pays ». Il s'agissait de permettre aux élèves d'avoir une instruction religieuse donnée par des représentants de diverses confessions dans les locaux mêmes des écoles publiques. A partir des années 1950. la Cour Suprême semble faire marche arriè re : le juge Douglas estime que le système de la ville de New York.. et nous te demandons de bénir nos parents. mais également toutes autres « aides à la religion dans ce pays à tous les niveaux de gouvernement » 2. étant entendu que les parents pouvaient faire dispenser les enfants de toute instruction religieuse. un tiers des écoles du pays commençaient la journée par une prière et 42 % exigeaient la lecture d'un passage de la Bible. en cas de demande écrite de leurs parents. en raison des arguments avancés lors de l'examen du cas Everson. tandis que la proportion n'était que 18 % dans le Mid west et 11 % dans le Far West. non seulement interdit les exercices religieux dans les écoles pu bliques. Cette décision Me Collum provoqua une protestation quasi unanime des Eglises.. un sondage montre que la lecture de la Bible dans les écoles était exigée dans 23 Etats et autorisée par les districts scolaires dans 25 autres. d'adapter les ho raires scolaires aux besoins religieux de la population : « Nous sommes un peuple rel igieux dont les institutions supposent un Etre Suprême . Le juge Black estima que la clause d'établissement « devait au moins signifier que dans ce pays il n'est pas du ressort du gouvernement de composer des prières officielles pour que des groupes quelconques du peuple américain les récitent comme partie du programme religieux décidé par le gouvernement ». La plainte d'une mère — Mme Me Collum — parce que son fils avait été placé pendant l'heure d'instruction religieu se sur un banc normalement réservé aux punis. 143-144. nous reconnaissons notre dépendance à ton égard. Le juge Douglas estime de son côté que le premier amendement. Ibid. .

La condamnation des prières devait en traîner celle de la lecture de la Bible. Le président Kennedy tint des propos prudents : « La Cour a pris sa décision. Ibid. la Cour eut à prendre des décisions concernant les exemptions d'impôts en f aveur des organisations religieuses. Seul à contester la décision. p. Un bon nombre de personnes ne seront pas d'accord avec cette décision . Il s'en suivit pendant une dizaine d'années des efforts de la part des législatures d'Etats pour trouver des réglementations qui ob tiendraient l'approbation de la Cour Su prême. Avant de traiter ce problème. L'évêque épiscopalien de San Francisco déclara que « la Cour Suprême avait tout simplement déconsacré la nation ». Le cardinal Cushing de Boston et le cardinal Me Intyre de Los Angeles manifestèrent également leur indignation. Le cardinal Spellman se déclare choqué et effrayé que la Cour Suprême ait déclaré inconstitutionnelle « une simple et volontaire déclaration de croire en Dieu de la part des élèves des écoles publiques ». 148. différents sondages montrent alors que 75 % des Amér icains sont favorables au rétablissement des prières volontaires dans les écoles. En fait. Elle l'accepta finalement en 1969 avec l'affaire Wal% versus New York... Exemptions d'impôts en faveur des Eglises Ayant décidé d'interdire les prières dans les écoles publiques. Et les contributions faites aux Eglises pouvaient être déduites des revenus déclarés à l'administration fédérale ou aux Etats. Ibid. c'est de soutenir les décisions de la Cour Suprême même si nous ne les approuvons pas»1. Mais je pense que ce qui est important pour nous. le 1. la Cour déclare inconstitutionnelle la lecture d'un passage de la Bible et la récitation du « Notre Père » tous les matins dans une école d'Abington en Pennsylvanie. la majorité des rab bins et un nombre important de pasteurs libéraux acceptèrent la décision de la Cour. la Cour Suprême ne pouvait pas ne pas se pencher sur le fina ncement grandissant des écoles confessionn elles par les Etats. Un homme de loi avait été jusqu'à acheter un petit bout de terrain à New York dans le seul but de pouvoir ensuite contester en tant que contribuable. Cependant. rédacteur en chef du Christian Century : « La décision de la Cour protège l'intégrité de la conscience religieuse et la fonction propre des institu tions religieuse et gouvernementale ». . surtout mais pas uniquement de tendance évangélique. Comme l'écrit Harold Frey. partagée par de nombreux pro testants. la règle est suffisamment claire et concise dans les termes du premier amen dement ». toutes les tentatives pour obtenir de la Cour Suprême qu'elle examine des cas d'exemptions d'impôts avaient abouti à des échecs. Aucun n'aboutit. p. Au début de 1970. 85 juge Stewart estime qu'« il ne s'agit plus là d'une neutralité mais de l'établissement d'une religion de sécularisme ou au moins du soutien du gouvernement aux idées de ceux qui pensent que les exercices religieux doi vent être conduits seulement en privé » 2. Dans les années 1950 et les années 1960.LA COUR SUPREME ET LA SEPARATION II s'en suivit une violente réaction contre cette décision Engel versus Vitale de 1962. prières et lectures de la Bible n'ont jamais été interrompues. Bien que l'application de cette règle demande une interprétation délicate. le président de la Cour Suprême Burger pré senta l'opinion de la Cour : « La route de 2. sur une base volontaire. d'autres seront d'accord. l'Etat doit garder absolument une position de neutralité. Pourtant. Le juge Tom Clark précise que « dans la relation entre l'homme et la religion. 147-148. Dans son jugement Abington School District versus Schempp l'année suivante. Tous les Etats avaient en effet toujours exempté les Eglises des impôts sur la pro priété et les revenus des Eglises n'avaient jamais été soumis à l'impôt fédéral depuis sa création. si nous voulons maintenir notre principe constitutionnel. dans un certain nombre de districts ruraux.

p. ni non plus dirigée ni interdite ». il n'y a aucun risque de renforcer les divisions de la société en fonction de critères religieux. ils peuvent exempter les Eglises d'impôts comme un moyen de récompenser leur contribution aux « améliorations morales ou spirituelles ». ne peut pas être absolument droite . En 1968. la rigidité pourrait bien détruire le but principal de ces dispositions qui est d'assurer qu'aucune religion ne soit subven tionnée ou favorisée. votées par les législateurs du Rhode Island et de Pennsylv anie. Refus des aides des Etats aux écoles confessionnelles Depuis le début des années 1970. 86 . 1679. dans l'arrêt Bob Jones University versus United States en 1983. Il y a place dans le premier amendement pour une « bienveillante neut ralité » du gouvernement vis-à-vis de la religion. qui semblait interdire toute sorte d'assistance des Etats à toutes religions. l'aide des Etats à des écoles confessionnelles reste un domaine délicat dans lequel la Cour Suprême a été appelée à intervenir. Burger ne dit rien de nature à encourager l'argument selon lequel les Eglises sont fon dées à demander l'exemption d'impôts au nom de la clause de la liberté religieuse. prévoyant la prise en charge partielle des salaires de certains enseignants d'écoles privées ainsi que le règlement d'une partie de l'enseignement laïc. Dans leurs opinions minoritaires. en 1971. dans l'arrêt Tilton versus Richardson.YVES-HENRI NOUAILHAT la neutralité constitutionnelle dans ce do maine. Cependant. art. elle déclara inconstitutionnelles (Le mon versus Kurt^man) des lois. ce qui n'est pas le cas dans les écoles primaires et s econdaires. cité. écrivit-il. le président Burger et les juges White et Rehnquist sont d'accord avec la majorité de leurs collègues pour admettre que le pro gramme d'aides directes aux écoles privées 1. D'autres lois de l'Etat de New York en faveur des écoles confessionnelles sont dé clarées inconstitutionnelles en 1973 dans l'ar rêt Committee for Public Education versus Njquist. Burger suggère que trop de poids a peut-être été donné à quelques mots ou quelques phrases prononcés par le juge Blake dans l'affaire Everson. « Development in the law. la suppression des exemptions créerait des liens de contribuables à collecteur d'impôts entre Eglises et Etat. ce qui selon lui n'est pas souhaitable. En revanche. la Cour Suprême approuvait des subventions fédérales en faveur de la construction de bâtiments dans quatre col lèges et universités catholiques du Connect icut. Burger indique dans sa conclusion : « Dans notre système. Ainsi. la Cour Suprême donne raison au Service fédéral des impôts pour avoir refusé l'exemp tion fiscale à cette Université de Caroline du Sud parce qu'elle ne respectait pas l'intérêt général d'élimination de toute discrimination raciale. Mais l'exemption d'impôts diffère de la subvention en ce sens que l'exemption signifie que le gouvernement « s'abstient seulement de demander aux Eglises de sou tenir l'Etat ». sans exception. Religion and the state ». le choix a été fait selon lequel le gouvernement doit être complètement exclu du domaine de l'instruction religieuse et les Eglises exclues des affaires du gouvernement »\ Le même jour cependant. implantées dans le tissu local. Les Etats ne peuvent subventionner directement les Eglises. où les étudiants sont mélangés et proviennent de tout le pays. ajoute Burger. Son président distingue le cas de l'enseignement supérieur de celui de l'e nseignement primaire et secondaire : dans le premier cas. En outre. la Cour avait déclaré constitutionnelle (Board of Education versus Allen) une loi de l'Etat de New York obligeant les districts scolaires locaux à prêter gratuitement les manuels aux élèves des écoles paroissiales. la Cour Suprême a admis que le droit à l'exemption d'impôt basé sur la clause de libre exercice de la religion était inférieur à certains intérêts généraux supérieurs. Mais si des Etats désirent le faire — comme ils l'ont fait depuis les origines —.

L'interdiction d'établir équentant des écoles privées. cette nouvelle tendance. en 1954. Le juge Quoi qu'il en soit. si l'Etat est dispensée du coût de grâce. or le système politique n'ar « établissement » signifie exactement d'après rivait pas à résoudre la question. la plus grande part de la responsabilité de régler les relations entre de déclarer non constitutionnelle la ségré les institutions religieuses et la société civile gation dans les écoles publiques est un exemple particulièrement caractéristique de avait été laissée aux Etats. La Cour le premier amendement. la Cour a parfois semblé interpréter l'interdic Suprême prit donc les choses en main. ont un droit à l'instruction semblait pas incompatible du tout avec l'exi stence de jours publics de prière et d'actions publique gratuite et il n'apparaîtrait pas déraisonnable. par une majorité de 5 voix contre pliquer la Constitution. Cette tions faites dans le passé. Cantwell de 1940. une religion officielle au niveau fédéral ne leur écrivit White. Religion in . mais des questions aussi délicates et controversées d'agir comme une sorte d'organisme puri que la prière à l'école. « Ces enfants. les Pères 4. de contribuer aux dépenses de son Congrès. tocolaires entre le gouvernement et les Eglises. l'encouragement des valeurs rel instruction ailleurs1. La ségrégation ra La plus importante question concernant ciale dans les écoles était admise au 1 9e siècle . qui a rédigé plusieurs des opinions de la Cour précisant une séparation rigou commença à changer de direction dans les reuse des Eglises et de l'Etat. a toujours décisions relatives à la clause d'établissement.LA COUR SUPRÊME ET LA SÉPARATION de zones pauvres pour l'entretien était in fondateurs considéraient le « non-établisse consti ution el. la nomination d'aumôniers dans de l'instruction d'un enfant dans une école les forces armées et les deux Chambres du publique. La décision de la Cour. interprétation s'appuie généralement sur des références à Jefferson ou à Madison. la Cour avait encore déclaré inconstitu tionnelle une loi du Kentucky ordonnant que la liste des Dix Commandements soit 1. les lois sur les fiant le système social d'abus ou d'égarements fermetures le dimanche ou encore l'aide des difficiles à supprimer par le système politique Etats aux écoles privées. p. Depuis 1940.American public life. Reichley. ainsi qu'un certain position hostile à toute aide aux écoles nombre de relations symboliques ou pro confessionnelles s'est maintenue depuis lors. mais ils estiment qu'auraient ment » comme le refus d'un soutien direct pu être acceptés le remboursement des frais 4'une religion par le gouvernement. » Mais la majorité de igieuses à travers les écoles créées dans le la Cour en avait décidé autrement et cette territoire du Nord-Ouest. dans les années 1960 et au début des années 1970. la Cour Suprême n'est pas seulement de vérifier si Suprême n'aurait jamais eu à se pencher sur les lois sont bien constitutionnelles. Jusqu'à la décision ordinaire. la Cour Suprême présidée par Warren Burger Blake. 87 . cit. mais même l'absence de tout contact changements consiste à dire que la Cour Suprême a corrigé des erreurs d'interpréta entre la société civile et la religion. En fait. par d'études ou les déductions d'impôts pour opposition à ce qui se passait pendant la des parents à faibles revenus d'enfants fr période coloniale. une forte tendance s'est Si la « clause d'établissement » avait été développée selon laquelle le rôle de la Cour limitée au gouvernement fédéral. dans les années 1980. la « clause d'établissement » à laquelle la Cour Suprême a à faire face est de savoir ce que elle ne l'était plus dans la seconde moitié du 20e siècle . 154. maintenu qu'il ne faisait rien de plus qu'ap En 1980. entraîner non seulement l'absence de tout lien direct entre le gouvernement et les Une façon plus classique d'interpréter ces Eglises. Elle fit de même dans les années 1960 et 1970 tion d'une religion officielle comme devant en matière de relations entre Eglise et Etat. O UNE NOUVELLE ORIENTATION ? Mais. op..

le premier d'une majorité de 5 à 4. elle refuse d'examiner la décision d'une Cour libéraux que par des conservateurs. la même année. Le président Burger torisé ses contribuables à déduire de leurs écrivit au nom d'une majorité de 6 contre revenus les dépenses pour « frais de scolarité. la Cour Suprême adopte aussi projet autorisant des diminutions d'impôts une attitude de neutralité bienveillante sur pour tenir compte des droits d'inscription une_question qui avait enflammé les partisans payés aux écoles primaires et secondaires ne d'une stricte séparation de l'Eglise et de faisant pas de profit. l'a la disposition de clubs laïques. le juge William Rehnquist. La législature de l'Etat du Nevada La décision de la Cour Suprême dans avait employé pendant de nombreuses années Mueller versus A. secondaire les locaux universitaires qui étaient déjà à ou supérieur». s'exprimant au nom jours avant d'approuver le Bill of Kights (les 10 premiers amendements). fréquentant aussi bien les écoles privées que il ne pouvait pas y avoir de doute que la les écoles publiques. Pourtant. des diminutions d'impôts qui compenser en 1981. Ronald inférieure qui avait approuvé la mise en Reagan avait commencé sa présidence en place de décorations de Noël ayant un clair 1981 en prenant l'engagement de soutenir contenu religieux dans les écoles publiques « un système d'aide à l'éducation basé sur de Sioux Falls (Dakota du Sud). Mais. Burger remarque en outre que trois écoles confessionnelles. que les hommes qui écrivirent la clause religieuse l'on pouvait en déduire que cette loi du du premier amendement ne considéraient Minnesota favorisait la religion. plus de 90 % pratique d'ouvrir les sessions par une prière des contribuables bénéficiant de telles r était devenue un élément de notre édifice éductions envoyaient leurs enfants dans des social ». la pas la rémunération d'aumôniers ni les Cour Suprême déclara qu'une exposition prières d'ouverture des sessions comme une comportant une scène de la nativité organisée violation de cet amendement»1.llen en 1983 marqua une un aumônier — en fait un pasteur presbyt nouvelle étape dans cette évolution. la présentation de peintures religieuses 1. la Cour a semblé clause d'établissement.. prise en 1983. En fait. estima que ce n'était Congrès avait procédé à la nomination pas parce que les déductions fiscales étaient d'aumôniers rétribués pour le Sénat et la aussi bien valables pour les parents envoyant Chambre des représentants : « II est clair que leurs enfants dans les écoles publiques. Le président de la ouvrir une large brèche dans la barrière Cour Suprême Burger écrivit au nom d'une élevée par la décision Nyquist contre l'aide majorité de 5 contre 4 que le soutien très gouvernementale aux écoles confessionn indirect apporté à la religion dans une telle circonstance n'était pas plus interdit par le elles. 162. L'Etat érien pendant 1 8 ans — qui ouvrait chaque du Minnesota avait depuis longtemps au session par une prière. Ibid. 3 qu'« à la lumière d'une histoire sans am achat de livres et transport » des enfants biguïté et non interrompue depuis 200 ans. p. En 1984. pendant la période de Noël par la ville de Lors d'une décision encore plus signifi Pawtucket (Rhode Island) ne violait pas la cative. Au printemps de 1982. Des projets de loi autorisant des premier amendement que la célébration de diminutions d'impôts afin de compenser le règlement des droits d'inscription dans les Noël ou du Thanksgiving comme fêtes natio nales.YVES-HENRI NOUAILHAT écoles privées à tous niveaux avaient été affichée dans les salles de classe des écoles présentés au Congrès aussi bien par des publiques de cet Etat. dans les musées des Beaux-Arts ou les chants . dministration Reagan présenta au Congrès un En 1983. elle décida que l'Université du aient partiellement les sacrifices financiers Missouri à Kansas City ne pouvait pas consentis par les parents pour payer les frais interdire à des groupes religieux d'utiliser d'inscription au niveau primaire. l'Etat. Surtout.

un certain nombre d'opposants aux prises de position de la Cour Suprême avaient envisagé le vote d'un amendement constitutionnel autorisant les prières dans les écoles publiques. Religion and politics in America. puissance mondiale (1897-1929). En 1980. . 1606-1781. Methuen. Ronald Reagan fut élu président avec un programme qui comprenait le soutien à un amendement constitutionnel autorisant la participation des élèves — sur une base volontaire — à des prières dans les écoles publiques. En juin 1985. 1977 (2e éd. Londres. mai 1987. Quelques lectures complémentaires : André Kaspi. The politics of religion conflict. James Reichley. New York. 1950. Robert B. New York. The Supreme Court and religion.). ainsi que d'une atteinte à l'équilibre constitution nel de tout le système judiciaire américain susceptible de résulter d'une diminution des pouvoirs de la Cour Suprême. Harvard Law Review. En 1982. Certains défenseurs du rétablissement de la prière à l'école publique songèrent même à utiliser le droit du Congrès de limiter le domaine de juridiction de la Cour Suprême. Leo Pfeffer. l'administration Reagan déposa un projet d'amendement en ce sens devant le Congrès. 1984. Brookings Institution. « U2 ») . Paris. Religion. Aussi. Ibid. et « Development in the law. Harper. Richard E. Paris. Pendant l'été 1984. La Cour Suprême continuera donc à veiller sur l'ap plication des dispositions concernant la sé paration des Eglises et de l'Etat à la lumière du premier amendement à la Constitution 2. . Prometheus Books. . La vie politique aux Etats-Unis. state and the Burger Court. The American Theological Library Association and the Scare crow Press. des tentatives furent-elles lancées pour modifier la Constitution. 310 p. nous l'avons vu. Une seconde disposition prévoyant la possibilité d'instituer un « mo ment de silence » chaque jour afin de per mettre aux élèves des écoles publiques de faire une prière volontaire ne fut finalement pas adoptée. Morgan. Religion and state ». Washington. (coll. 1985. 402 p. . L'Amérique. Buffalo. Religion in American public life. 3 vol. Robert G. 100.. 1965 (coll. soit 11 voix de moins que la majorité des deux tiers requise. . Church and state in the United States. La Cour Suprême des Etats-Unis. aux Presses universitaires de Nancy. récemment. Elle estima en effet qu'une loi de F Alabama de 1981 autorisant une période d'une minute de silence dans les écoles publiques pour une méditation ou une prière volontaire constituait une viola tion du premier amendement. la Cour Suprême marqua cependant une pause dans sa volonté d'accomodement. la Cour Suprême est donc intervenue fréquemment à propos de l'interprétation du premier amendement par les Etats en matière de séparation entre l'Eglise et l'Etat. dans les deux cas. amenèrent une majorité d'hommes politiques et de juristes.. Le 20 mars 1984. Stokes. en fonction de l'article III de la Constitution qui prévoit que la Cour Suprême a « compét ence d'appel en ce qui concerne tant le droit que le fait. Me Closkey. Son rôle ne fut pas toujours aisé et. Des projets furent approuvés par le Sénat en 1966 et la Chamb re des représentants en 1971 mais. 156 p. en raison de certaines décisions controversées de la Cour. 1 972 . Pegasus. « Vent d'Ouest ») . à renoncer à ce projet. l'accueil réservé à ses arrêts n'a pas toujours fait l'unanimité. 1985. sous les réserves et confo rmément aux règles que le Congrès peut fixer ». Anson Phelps. Seghers. A. The Free Press. Fowler. p. Morgan. 352 p. p. 1968. Il vient de publier. 164. la majorité des deux tiers ne fut pas atteinte. Yves-Henri Nouailhat est professeur d'histoire con temporaine à F Université de Nantes. Church and state in America. Mais la perspective d'un affrontement entre le Congrès et la Cour Suprême. 2 vol. 89 autorisant des clubs religieux à utiliser des bâtiments scolaires publics en dehors des heures de classe. la Chambre des représentants à majorité démocrate vota un projet de loi déjà approuvée par le Sénat 1. Colin. aussi bien de tendance conservatrice que libérale. D 2. Dès 1965. New York.LA COUR SUPRÊME ET LA SÉPARATION de Noël par les élèves dans les écoles pu bliques1. O LA COUR VEILLE TOUJOURS Depuis 1940 surtout. le Sénat à majorité répu blicaine s'était prononcé en faveur de l'amen dement par 56 voix contre 44. notamment l'interdiction des prières à l'école publique. Richard E.

You're Reading a Free Preview

Download
scribd
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->