You are on page 1of 1

La Lettre

des juristes d’affaires
17 mars 2014 - N°1153 - Chaque lundi depuis 1990 - ISSN 1143-2594

« L’ignorance coûte plus cher que l’information » John F. Kennedy

Point de vue

Ce que nous dirons au Président de la République …
■ Par Laurent Martinet, vice-bâtonnier, et Pierre-Olivier Sur, bâtonnier de Paris

N

ous lui dirons d’abord l’émoi de notre profession. Et nous lui dirons, à travers le barreau, l’inquiétude de nos clients à Paris et dans le monde. Car chacun s’interroge aujourd’hui sur la confidentialité des communications par téléphone ou par mail avec les avocats en France.

suspectées ne peut aujourd’hui saisir la chambre de l’instruction, la Cour de cassation ou la Cour de Strasbourg. Dès lors, ce maillon manquant doit être comblé, comme il l’est pour les écoutes dites administratives ou pour la levée du secret défense.

Cette semaine
■ Droit boursier : Muriel
Goldberg-Darmon rejoint DLA Piper avec son équipe (p2)

■ Immobilier : Benoît
Boussier de retour chez Delsol (p3)

■ Plusieurs conseils
sur la course au rachat de SFR (p4)

■ Darrois et SLVF
sur l’OPAS d’Italcementi sur Ciments Français (p4)

Nous lui rappellerons que, dans la mesure où il existe deux autorités administratives indépendantes compétentes, l’une pour les écoutes dites administratives (la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité), l’autre pour la levée du secret défense (la Commission consultative du secret de la Nous lui dirons, éviIl faudrait créer une commission défense nationale), il demment, que ni les pour autoriser les écoutes faudrait créer une comavocats ni les magismission analogue pour trats ne sont audites judiciaires d’avocats, autoriser les écoutes dessus des lois et que principales et incidentes dites judiciaires d’avonous comprenons les cats, principales et inimpératifs de sûreté cidentes. Dans cette commission, le bâtonnier publique, ainsi que de recherche et de pourdu barreau dont dépend l’avocat concerné suite des infractions pénales, pour lesquels il siégerait aux côtés de hauts magistrats de n’y a pas d’immunité. l’ordre judiciaire et de l’ordre administratif ainsi que de personnalités qualifiées, le cas échéant. Nous lui dirons qu’il y a, concernant les écoutes dites judiciaires, en particulier lorsAinsi le Président de la République « attaqu’elles nécessitent de fracturer le secret proché au respect des droits de la défense », fessionnel des avocats, un maillon manquant comme il nous l’a écrit dans sa lettre du en terme de contrôle entre ceux qui les ordon11 mars 2014, interviendrait-il dans le sens de nent et ceux qui peuvent les sanctionner. l’équilibre, du progrès et des grandes valeurs Concrètement, dans le dossier dit « Sarkozy dont il est le garant. Herzog - Azibert », aucune des personnes Nous lui dirons qu’il ne s’agit pas pour nous de préoccupations catégorielles, mais de la garantie d’une des valeurs fondamentales de la République : le secret professionnel.

■ Interview de Jérôme Rusak : « Une étude raconte
l’histoire du cabinet » (p6)

o
C’est le nombre d’acteurs de l’industrie immobilière qui considèrent que les relations avec l’administration fiscale se sont améliorées en 2013. Pour 37 % d’entre eux en revanche, elle se sont dégradées.
Source : Arsene Taxand, Baromètre 2014 de la fiscalité de l’immobilier, 6 mars 2014