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Projet de création d’un centre de Terminologie Amazighe (TERAMA) - Mouloud Lounaouci

Projet de création d’un centre de Terminologie Amazighe (TERAMA) - Mouloud Lounaouci

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Mouloud LOUNAOUCI

Projet de création d’un Centre de Terminologie Amazighe TERAMA

Haut Commissariat à l’Amazighité 2007

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Etude réalisée pour le compte du Haut Commissariat à l’Amazighité 2007

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Mouloud LOUNAOUCI

Projet de création d’un Centre de Terminologie Amazighe

TERAMA

Haut Commissariat à l’Amazighité 2007

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AVANT-PROPOS
e travail qui m’a été confié par Le HCA (Haut Commissariat à l’Amazighité) a été réalisé sur la base de nombreuses lectures. Nous avons consulté des textes théoriques dont nous avons repris de larges extraits (c’est le cas du résumé final qui est une traduction d’un texte catalan). Nous nous sommes également inspiré d’expériences diverses, notamment basque et catalane où nous avons séjourné quelques temps. Ce travail est donc un travail de synthèse plus qu’un travail personnel même si tout au long des pages nous avons donné notre propre avis basé sur la situation réelle de la langue amazighe. Notre souci est de proposer une étude pratique à la portée de terminologues débutants. Nous nous sommes astreints à relever les points d’organisation d’un centre de terminologie, de fixer les objectifs par ordre de priorité et de proposer les moyens de les réaliser. Le centre Terama (terminologie amazigh) permettra, si les moyens sont mis à sa disposition, de rattraper un lourd retard en matière de développement de la langue amazighe et de participer à la recherche au niveau nationale et international.

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I-INTRODUCTION Depuis toujours, l’homme s’est essayé à décrire par des mots la réalité qui l’entoure, de décrire puis de classer les éléments qui font son environnement avant d’établir entre eux des corrélations. Pour pouvoir échanger ou commercer avec d’autres communautés il a été amené à étudier, comprendre et comparer les dénominations qui ne sont pas les siennes avec son propre lexique. Ce qui lui a permis d’emprunter des mots ou de les créer pour nommer des objets qui ne font pas partie de son monde. La recherche terminologique est un besoin constant pour toutes les langues. La modernité, la technologie, la recherche scientifique créent continuellement de nouveaux besoins qu’il faut satisfaire La société berbère de tradition orale, si l’on ne tient pas compte des quelques écrits antiques, a un retard lexicologique important à combler. Il y a donc lieu de moderniser la langue et développer son lexique .La recherche terminologique s’avère d’autant plus importante que s’accélèrent les changements sociaux. Mais la création d’un tel centre nécessite des moyens matériels, financiers et humains très importants et l’intervention de l’Etat est quasi-obligatoire. Parmi les réalisations urgentes en matière de normalisation linguistique, la création d’un centre de terminologie est une véritable priorité. Ce centre aura pour tâche de répertorier et regrouper les néologismes déjà existants, de coordonner et d’initier des travaux de recherche terminologiques ainsi que d’assurer la diffusion de nouveaux termes. Il pourrait également, à côté d’une structure spécialisée chargée de l’aménagement, légiférer sur la «valabilité» d’un mot nouvellement créé. La création de ce centre est d’autant plus importante qu’il s’agit d’organiser la gestion terminologique dans une communauté linguistique atomisée géographiquement et divisée administrativement. Ce travail de normalisation linguistique a, en fait, déjà commencé et aujourd’hui la langue berbère s’essaie à prendre les espaces qui lui étaient jusque là interdits. C’est précisément -7-

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pour cette raison qu’il y a urgence en matière de recherche terminologique qui doit aboutir à l’élaboration de mots spécialisés, fiables, normalisés et ce, pour des besoins aussi bien nationaux qu’internationaux. Il faut préciser que les moyens modernes de diffusion (médias, essentiellement la télévision et l’internet) permettront une implantation et une socialisation rapide. Ceci dit, pour reprendre Fabra il faut « Offrir aux gens une langue accessible et uniforme » Fabra. Pour cela il faut fondeh sa méthodologie sur une connaissance profonde de la langue et de ses dialectes. Comparaison phonétique et phonologique des dialectes ainsi que sur le plan lexical, morphologique et syntaxique. II- LES QUESTIONS QUI SE POSENT ET LES TACHES A REALISER 1-Comment aborder la question terminologique ? 1.1- Identifier les besoins : Nous ne pouvons pas, bien entendu, créer en même temps tous les termes spécialisés. Il faut donc dresser des priorités et pour cela répertorier les besoins. 1.2- Mettre en place les mécanismes pour répondre aux besoins : Dans un premier temps, il faut dresser la liste de tous les termes existants (tous les dialectes confondus) ce qui permettra de faire une économie en matière de lexique, de minimiser au maximum les emprunts mais aussi de gagner du temps de l’argent. Cela permettra en outre d’entreprendre des travaux de recherche qui combleront de vraies lacunes puisque définitivement mises à jour. 2-Comment organiser les travaux de recherche terminologique ? Pour cela on ne peut faire l’économie de la création d’organes de standardisation dirigés par un personnel compétent. En outre, pour que l’organisation soit réellement efficiente, elle doit être fortement centralisée et doit avoir des compétences sur toute l’aire berbérophone (on peut imaginer -8-

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une coordination entre les centres de différents pays). Pour rendre efficace un tel projet, il est nécessaire de créer : 2.1- Une banque de données terminologiques (termes d’usage courant) :Sur la base d’un dépouillement systématique de tous les dictionnaires, manuels, articles et autres écrits mais également par un enregistrement de toutes les variétés suivi de transcription des termes non encore répertoriés. Il s’agit, là, d’un travail titanesque qui ne peut se faire sans une «dose» de volontarisme. Le concours des associations, de groupes informels et d’individus est quasi- obligatoire pour faire le recueil du corpus. 2.2- Une banque de termes spécialisés : Seront répertoriés tous les termes déjà créés, appartenant aux secteurs spécifiques (vocabulaires spécialisés de médecine, d’urbanisme, de mathématique...). Cette base de données sera enrichie par les travaux issus de la recherche terminologique. 2.3- Une banque de données bibliographique : Seront consignées toutes les expériences de normalisation linguistique du domaine amazigh ainsi que celles faites à travers le monde pour y étudier l’approche théorique, la méthodologie suivie, les résultats obtenus... afin de capitaliser le maximum d’enseignement. 2.4- Une bibliothèque :Qui comprendra, en plus des livres traitant de la langue berbère, des ouvrages de terminologie, de sociolinguistique et de travaux réalisés sur d’autres langues. 3-Comment aborder la gestion des travaux terminologiques ? La gestion d’un tel travail doit être minutieuse car à tout moment on doit pouvoir faire un état des lieux pour ne pas créer de termes pour des domaines déjà pourvus. Pour que cette gestion soit pleinement efficace on doit pouvoir disposer en permanence d’un pool de spécialistes de différents secteurs, de toutes les données déjà citées et des besoins encore non satisfaits. La détermination de ces besoins sera faite quotidiennement par un centre chargé de répondre aux questions ponctuelles des utilisateurs. -9-

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4-Quelle méthode adopter ? Les fiches lexicologiques doivent obéir aux normes internationales de terminologie. Elles doivent composer le fichier de base (composé de la totalité des termes répertoriés) et de fichiers de diffusion (composés à la demande des utilisateurs). Parallèlement à cette banque de données basée sur la fiche terminologique, doit être mis en place une banque de données recensant d’une manière exhaustive tous les écrits (quelque qu’en soit la qualité) relatifs à la langue berbère afin qu’ils soient disponibles à tout moment et pouvoir satisfaire, ainsi, les éventuels demandeurs. Le volume des données sera évidemment important, ce qui nécessitera un classement de préférence thématique. Ce choix étant celui qui a donné le meilleur fonctionnement (cas de l’expérience catalane). 5-De la nécessité de créer un comité de contrôle des recherches terminologiques : Les termes créés doivent être conceptuellement acceptables. Ce comité composé de spécialistes doit être en mesure de guider, conseiller, initier les travaux relatifs à la recherche néologique. Ce comité aura des compétences pour rejeter ou accepter (même provisoirement) les nouvelles créations comme il aura la possibilité de réviser les termes déjà rendus publics et qui n’ont pas pu se socialiser. 6-L’étape finale mais concrètement la plus importante : la diffusion / implantation de l’information terminologique Le centre de terminologie doit avoir la possibilité d’apporter des réponses immédiates aux questions ponctuelles liées aux besoins quotidiennement renouvelés. Il doit pouvoir initier et aider à l’élaboration d’ouvrages lexicologiques et doit arrêter et publier les critères linguistiques nécessaires à la terminologie. La question de mots dits internationaux relève également de ses compétences. Ce centre de terminologie aura aussi pour tâche d’organiser des stages, journées... de formation en terminologie. Des publications et périodiques élaborés par ses soins doivent être mis à la disposition du - 10 -

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public pour qu’il soit régulièrement mis au courant de l’avancement des travaux. 7-Au total Nous nous attellerons à : 7.1-Proposer la mise en place de la structure chargée de la terminologie : Elle sera nécessairement étoffée au fil du temps. Nous aurons donc à préciser un plan de développement physique du centre, mais aussi un organigramme, les moyens matériels à mettre en œuvre et les ressources financières à mobiliser. 7.2-Définir les axes de recherche terminologique : Il est évident que certains secteurs sont prioritaires en matière d’utilisation de mots nouveaux. Nous aurons donc à proposer une hiérarchisation des besoins. 7.3-Proposer des critères de rejet et d’acceptation des emprunts : Nous nous devons de n’être ni trop puriste pour avoir une langue simple et claire ni être tenté par un emprunt massif qui porterai atteinte à structure même de la langue. 7.4-Proposer des méthodes d’évaluation : Régulièrement, une pause sera faite pour faire un bilan sur la socialisation des termes proposés. Tous les mots qui n’ont pas eu l’approbation du citoyen seront retirés et remplacés. L’aspect subjectif est, en effet, essentiel en matière d’adoption des termes. 7.5-Proposer un type de fiche terminologique : L’ensemble de ces fiches composera la banque de données qui servira à la fois aux différents chercheurs travaillant dans ce domaine et à répondre aux demandes sans cesse grandissantes des citoyens. 7.6-Proposer une méthode d’implantation : L’efficacité du centre se jugera sur la diffusion et l’implantation des nouveaux termes. Nous serons amener à proposer tous les secteurs à mobiliser pour une meilleure connaissance de ces mots. 7.7-Etudier les attitudes en dressant des questionnaires d’opinion : Il est important que l’on sache à tout moment ce que pensent les utilisateurs des mots proposés. L’examen des - 11 -

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questionnaires nous permettra d’ajuster en temps réel le choix des termes. 7.8-Mettre en place une commission d’homologation : Pour mettre fin à l’anarchie et lever les ambiguïtés cette commission aura pour mission de valider les mots proposés ou déjà rendus public. Elle se chargera également de vérifier l’orthographe. 7.9-Mettre en place un site web interactif : L’internet est aujourd’hui un outil indispensable. Le site permettra à la fois de diffuser les lexiques spécialisés mais aussi de recueillir des avis et des propositions. 7.10-Mise en place d’un point de réponse ponctuel :Il se composera d’une banque de données. Une secrétaire maîtrisant l’outil informatique sera chargée de répondre aux demandes émanant des utilisateurs en temps réels. 7.11-Initier et publier des bulletins, périodiques, fascicules…spécialisés : Ces supports écrits seront vendus ou gracieusement offerts aux différents utilisateurs et aux universités et bibliothèques. 7.12-Sauvegarder le patrimoine linguistique : Les moyens modernes, aujourd’hui à notre disposition nous permettent de scanner tous les dictionnaires et travaux lexicologiques déjà existants. Cela nous permettra de créer de nouveaux mots par spécialisation sémantiques et de faire ressortir les espaces de convergence. 7.13-Initier et œuvrer pour la mise en forme d’un dictionnaire étymologique : Un instrument indispensable pour la construction future d’une norme unifiée. 7.14-Réfléchir sur la méthode pour la création d’un centre de lexicographie : Ce travail colossal mais indispensable doit se faire progressivement et s’inscrire dans la durée. 7.15-Assurer des conférences et organiser des colloques : La sensibilisation par des spécialistes est une condition pour toute réussite d’une telle opération. Les communicants, récupéreront, en retour, les avis et propositions des intervenants lors des débats. 7.16-Coopérer avec des centres ayant les mêmes objectifs, qu’ils soient nationaux ou internationaux : L’échange - 12 -

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d’expérience est à ce niveau primordial. Capitaliser ce qui a été fait par ailleurs permet de gagner du temps et de l’argent. Nous établirons donc une liste non exhaustive des centres avec lesquels il est utile de prendre contact. 7.17-Rappel des techniques de construction néologique : La création de mots obéit à des règles. L’harmonie et la cohérence de la langue doivent être préservées. C’est pourquoi, nous reprendrons, les méthodes qui ont largement fait leur preuve et qui sont maîtrisées par l’ensemble des spécialistes. III- LE CONCEPT DE TERMINOLOGIE Ethymologiquement, la terminologie peut se définir comme la science des termes. Ces derniers sont structurés en domaines de spécialité et sont rendus public grâce aux dictionnaires, glossaire, répertoires et autres supports. Le terme, unité linguistique constitué d’un ou plusieurs mots (syntagme terminologique : exemple : agelzim urumi) désigne une notion définie dans une langue de spécialité. Le terme se définit par rapport aux autres termes du domaine et par rapport à un contexte linguistique (phrase, paragraphe, type de texte) et extra-linguistique (situation, utilisateurs, milieu). Aujourd’hui l’informatique et l’internet par excellence permettent une meilleure diffusion et des mises à jour périodiques. La terminologie peut n’avoir comme objectif que celui de décrire et d’informer. Ainsi peut-on éditer un dictionnaire de la flore de Kabylie ou la faune du sahara. On y définit alors les termes sans prendre en compte les normes linguistiques. Mais la terminologie peut aussi être normative et prescriptive. Une commission d’homologation préalablement installée est alors tenue de corriger les termes utilisés en y appliquant les règles propres à la langue. Les outils linguistiques ainsi élaborés servent souvent à des besoins de traduction et utilisent des registres de langue différents selon qu’on s’adresse au grand public ou à des spécialistes d’un domaine spécifique. - 13 -

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Concrètement, les termes sont classés en champs sémantiques précis à thèmes définis pour une utilisation liée au besoin. Pour que le travail soit efficient et pratique, il est nécessaire de créer une base de données. Les utilisateurs peuvent ainsi consulter et échanger leurs expériences. Elle facilitera également l’évaluation de la socialisation des nouveaux termes. Ceci est d’autant vrai que le travail terminologique n’a de sens que si l’on met à la disposition des citoyens des mots simples, compréhensibles et acceptables. Autrement dits des termes « sympathiques » faciles à utiliser. De la compétence des spécialistes dépend, de fait, le succès de l’implantation des nouveaux mots. Le terminologue doit avant de commencer tout travail, expliquer sa démarche méthodologique et indiquer l’usage qui doit être fait du produit de son labeur. Il se doit de circonscrire le domaine et le thème de la manière la plus précise possible. Ainsi, il définira des concepts et des notions. En effet, un même terme peut renvoyer à plusieurs notions. Dans ce cas, il faut s’astreindre à ne garder que la définition qui correspond au domaine traité. Parfois, le terme peut désigner plusieurs notions à l’intérieur d’un même domaine. Il faut alors analyser et définir chacune des notions séparément. Pour l’exemple, abeqri (en tamazight) peut désigner l’animal comme il peut désigner la viande bovine. Pour lever toute ambiguïté, il faut prendre garde à définir clairement, de la manière la plus précise et la plus concise la notion en question. On doit également établir les relations qui existent entre notions d’un même domaine. En arboriculture par exemple, on définira les types de figues, tajanjart par rapport à taghanimt dans la partie réservée aux figues. La définition doit être courte (une phrase) et commencer par un terme de la même catégorie grammaticale que celle du terme à définir. Il faut préciser que tous les termes utilisés dans la définition doivent être eux-mêmes définis. Il faut, enfin, vérifier tous les renvois et s’assurer qu’ils existent tous. La définition doit s’accompagner d’un maximum d’informations. On doit pouvoir trouver des renseignements concernant le contexte d’utilisation du terme appuyés sur des exemples - 14 -

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comme on doit trouver ce qui a rapport au domaine de la linguistique, notamment la catégorie grammaticale, la formation du pluriel…Il faut, en plus, traiter la synonymie et la polysémie à l’intérieur du domaine et ajouter tout élément qui peut aider à une meilleure compréhension tel que les croquis, les images, les photos, vidéo… Le travail finalisé doit obligatoirement être validé par la commission d’homologation. 1-La terminographie : En tant qu’activité, la terminographie est le domaine réservé à la création d’outils terminologiques et à la résolution des problèmes qui surgissent en néologie. Le terminographe recense, constitue, gère et diffuse les données terminologiques. Il est également appelé à répondre à des demandes ponctuelles en matière de termes spécialisés. Par exemple comment rendre en tamazight un terme X d’origine étrangère ? Dans quel domaine utiliser ce terme ? Ce terme est-il utilisé tel quel en tamazight et si c’est le cas quel est son genre ? Après avoir recenser systématiquement les termes, le terminographe doit les diffuser, accompagnés de toutes les données utiles comme nous l’avons dit plus haut. Pour cela, il crée des fiches, des listes, des dictionnaires…qu’il met à la disposition des utilisateurs. Le terminographe a une double activité : la terminologie ponctuelle et la terminologie thématique. Un certain nombre de professions sont concernées par les travaux de terminologie. C’est les cas des terminographes, des langagiers, des documentalistes, de spécialistes de domaines scientifique ou technique, des aménageurs linguistiques, des informaticiens de la langue. 2-La terminologie ponctuelle : La terminologie ponctuelle répond à des questions non prévus par les outils existants (dictionnaires, glossaires). Comment rendre, par exemple, en tamazight ébéniste et menuisier ? Il s’agit, essentiellement d’un travail de traduction. Cette terminologie de l’urgence est propre aux organismes chargés - 15 -

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de répondre d’informer et conseiller en temps réel. Ces « urgentistes » de la langue ont une mission importante, celle de veiller et d’aménager la terminologie. Pour cela, un simple standard téléphonique ou une adresse électronique suffisent pour permettre au commun citoyen de poser des questions linguistiques ou terminologiques. Pour répondre, le terminographe identifie le problème, en faisant préciser par l’utilisateur l’objet de sa demande (explication technique, équivalent étranger, définition de l’activité…). Dans un deuxième temps, il recense les outils lexicographiques et terminologiques dont il dispose avant de donner une réponse après avoir pris soin de laisser une trace écrite sur la question posée, les sources utilisées pour répondre, les références bibliographiques, le nom et coordonnées des spécialistes consultés, la date de la consultation. Tous ces renseignements permettent de gagner du temps si une question du même type est posée ultérieurement. Pour cela il faut créer une fiche dans une base de données pour permettre une consultation rapide. Il peut arriver qu’on ne puisse pas donner de réponse (on dit qu’il y lacune terminologique). Il faut alors proposer plusieurs réponses plus ou moins proches du terme attendu ou créer un néologisme. Dans tous les cas il faut consigner tous les renseignements sur une fiche pour pouvoir, éventuellement rectifier le tir. Le terminographe urgentiste doit être attentif à toute création néologique des spécialistes pour les enregistrer, analyser et diffuser. Robert DUBUC, éminent terminologue canadien disait du terminologue « pompier, préventionniste, grammairien de service, dictionnaire à deux pattes, agent langagier…promoteur d’une communication de qualité, le terminologue en exercice doit être un peu de tout cela ». Comme en Catalogne, Terama peut disposer d’un « téléphone linguistique » qui permettra aux citoyens de poser toutes les questions relatives à la linguistique et la terminologie.

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3- La terminologie thématique : La terminologie thématique élabore et diffuse les outils terminologiques (dictionnaires, glossaires, lexiques, bases de données). 4-La création du produit terminologique doit répondre à des critères : - Définir et délimiter le domaine à traiter -La ou les langues qui figureront -Le nombre de termes qui y seront traités -Les informations qu’on y trouvera -Le degré de spécialisation du travail -Les utilisateurs ciblés Le terminographe prendra soin de recenser et d’analyser les outils existants traitant du même domaine et expliquer en quoi son travail est utile. Avant de réaliser son propre travail, il doit évaluer les matériaux existants, dépouiller systématiquement les sources et élaborer les fiches terminologiques sur la base de critères spécifiques. Ces fiches, enregistrées dans une base de données, seront à la base de l’élaboration finale du produit terminologique. Ce produit finit n’est pas une suite de mots. Il doit établir les relations entre les termes du domaine traité en utilisant les arbres et liens que nous expliquerons plus bas. Enfin, ce produit doit être validé par les spécialistes avant toute mise en circulation. Ces spécialistes auront à se pencher sur les cas problématiques (termes manquants, contextes représentatifs manquants, faux synonymes, liens difficiles à faire entre mots très proches, coexistence de plusieurs sigles pour un même terme…). S’il s’agit d’un produit multilingue, la tache est encore plus complexe dans la mesure où il faut faire le travail précédent pour chacune des langues avant de les mettre en relation pour mettre à nu les cas problématiques (manque de recoupement, absence de termes dans une langue, manque de liens - 17 -

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notionnels entre les termes…) auxquels il faut apporter des solutions. 5-La fiche terminologique : La fiche terminologique est, comme Nous l’avons déjà dit, la base de tout travail terminographique. Elle doit contenir un maximum de renseignements concernant le terme mais les informations contenues sont dictées par les objectifs du travail qu’on s’est assigné. Toutefois, un minimum de données est obligatoire dans toute fiche terminologique. -Terme principal - Indicatif de grammaire -Définition -Variantes éventuelles -Indicatif de langue s’il s’agit d’un travail multilingue -Indicatif de pays ou de région s’il y a des variantes -Domaine -Source pour chaque donnée citée -Numéro d’identification -Auteur de la fiche et date de rédaction 6-Les terminographes : Les terminographes se retrouvent à la fois dans les organismes du secteur public que dans ceux du secteur privé, sans compter les nombreux indépendants qui par passion ou par nécessité ont choisi de faire de la recherche terminographique. Tous ces organismes et autres participent activement au développement et à la promotion de (ou des) langue (s). Les terminologues ont pour rôle d’étudier les relations entre les termes et entre les ensembles de termes, de fixer les principes qui doivent présider à la pratique terminologique, d’intervenir dans les politiques de communication, d’intervenir dans les politiques linguistique nationale ou régionale. Différents organismes participent à la création terminologique. C’est le cas des bibliothèques et des centres de documentation. Les universités, les centres de recherche en terminologie et - 18 -

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recherche spécialisée, les entreprises d’ingénierie linguistique, les maisons d’édition, les associations professionnelles, les services d’administration nationale et organismes publics, les organismes officiels de normalisation technique sur les plan national et international, les organismes internationaux du système des nations unies, les réseaux de coopération en terminologie, les organismes d’aménagement linguistique et terminologique. Le terminologue doit donc connaître la situation et l’organisation du milieu où il intervient, le contenu du domaine, les bases conceptuelles ou théoriques de la terminologie, le processus du travail terminologique, les ressources et les outils disponibles pour mener à bien sa tache, les modalités de présentation du travail et enfin les moyens linguistiques et les voies de transmission des néologismes pour implanter et diffuser la terminologie. Outre les terminographes, d’autres professionnels participent à l’élaboration de la terminologie. Principalement les langagiers (journalistes, enseignants de langue de spécialité, interprètes, traducteurs …), les documentalistes, les spécialistes de certains domaines techniques, les aménageurs en linguistique, les informaticiens en ingénierie linguistique…) En raison de l’évolution rapide des sciences et techniques, le nombre de demandeurs de termes spécialisés est de plus en plus grandissant. L’utilisateur ciblé doit donc être clairement défini et le produit fini largement diffusé et implanté. Des enquêtes permettent d’évaluer l’implantation des nouveaux mots. Les terminologues s’évertuent d’appliquer des critères de formation de termes qui leur permettent de favoriser leur socialisation. Ils étudient les raisons qui font qu’un terme est accepté plutôt qu’un autre (logiciel l’a emporté sur sofware et walkman sur baladeur par exemple). 7-L’ISO (Organisation Internationale de Normalisation) et son comité TC37 : L’ISO (Organisation Internationale de Normalisation) et son comité TC37, A coté des terminologues, s’intéresse à la - 19 -

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terminologie en tant que discipline. Elle élabore des normes qui permettent de définir le vocabulaire de base de la terminologie (définition d’un dictionnaire, d’un lexique…) comme elle définit les principes et les méthodes de travail et les codes de représentation des langues et des pays. Avec l’avènement des bases de données électroniques l’ISO essaie de mettre en place des formats d’échange compatibles pour importer et exporter les données terminologiques d’une base à une autre. 8-La terminologie est une science indispensable à la traduction : En effet, toutes les ressources terminologiques sont mises à profit par le traducteur. Mais ce dernier peut lui-même créer sa propre terminologie en cas de lacune. 9-La terminotique : La terminotique, gestion informatique de données terminologiques, va faciliter grandement l’exploitation des ressources autant par les traducteurs que par les autres utilisateurs, notamment le secteur économique qui exige un traitement automatique des langage naturel (dictionnaires électroniques destinés à la traduction automatique, vérificateurs d’orthographe, aide à la rédaction technique, dépouillement automatique des textes, analyse documentaire…). Les outils informatiques aident le terminologue à sélectionner les documents pour la constitution du corpus, permettent le dépouillement et la sélection des termes, attribuent automatiquement des domaines, élaborent des définitions et structurent sur le plan conceptuel les domaines. 10-La terminologie est une discipline autonome : La terminologie est une discipline autonome définie par la linguiste catalane Maria Teresa Cabré comme « carrefour interdisciplinaire où convergent les sciences cognitives, la linguistique ou les science du langage et les sciences de la communication » carrefour constitué d’un versant théorique, - 20 -

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d’un versant descriptif (analyse de la formation des termes, composition de termes simples en termes complexes, relations entre les termes, utilisation des termes en fonction des groupes sociologiques, implantation des termes…) et d’un versant appliqué (terminologie ponctuelle, terminologie thématique ou systématique, développement des systèmes de gestion terminologique, étude des classifications documentaires, élaboration de dictionnaires électroniques…). La terminologie fait partie d’un système d’expression constitué de langue naturelle sur laquelle vient se greffer la langue de spécialité. Le nombre important de centres de terminologique s’explique par les besoins de plus en plus grand des planificateurs en linguistique et des besoins formulés par les traducteurs. La terminologie étudie les termes principalement en synchronie et s’occupe surtout de l’écrit. Descriptive et rarement prescriptive, la terminologie ne s’intéresse qu’aux mots spécialisés. Dans son versant appliqué, l’approche est onomasiologique, autrement dit on va du concept au terme qui le désigne. Le but recherché est de décrire d’harmoniser ou normaliser et de présenter des dictionnaires. Lorsqu’il y a un vide terminologique ou si le mot existant pose problème, le terminologue est contraint de créer un néologisme, autrement dit d’innover sur le plan lexical. On rentre alors dans un autre domaine, la néographie qui est une activité de repérage, d’inventaire, de description et de diffusion des néologismes. Le recours à la néologie est « un mal utile » dans le sens où la rapidité de l’évolution des connaissances entraînent un foisonnement de termes nouveaux au sein d’une communauté qui risque d’être confronté à un problème de compréhension. La « veille néologique » doit être de mise pour tout organisme d’aménagement linguistique qui doit observer l’apparition de néologismes et leur conséquence sur la langue. Le travail terminologique se fait au niveau de structures spécifiques de coopération et notamment au sein des réseaux constitués en fonction de différents critères (la langue commune, la parenté linguistique, la proximité géographique, les échanges commerciaux ou politiques, les affinités - 21 -

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idéologiques…). Un réseau terminologique nord-africain élargi aux centres internationaux de recherche en tamazight doit être un objectif qu’il faut c'est-à-dire qu'atteindre absolument. Un centre ne peut effectivement pas suivre à lui seul le progrès des connaissances, la tendance à la micro-spécialisation, à l’interdisciplinarité (sociolinguistique…) et à la transdisciplinarité (l’immigration abordée de différents point de vue : économique, politique, social…). La coopération entre les centres permet de répondre à l’accélération des échanges (économiques, commerciaux, technologiques…) et la mondialisation comme elle permet aux services linguistiques de faire face à la barrière des langues. Contrairement à la lexicologie qui part d’un mot connu pour en déterminer la signification, la terminologie consiste à trouver le ou les termes utilisés (attestés) ou possible (néologismes) qui désignent une notion connue. Il faut, en outre, préciser que c’est l’approche synchronique qui est privilégié en terminologie. L’idéal est de tendre vers la monosémie par la multiplication des facteurs de délimitation (domaines et sous domaines de niveau plus en plus pointu, les variantes, le statut des termes, les sigles, les acronymes…), en resserrant au maximum les conditions d’emploi du terme, enfin en reconnaissant et en signalant comme telles les terminologies maison. Souvent ces dernières font appel à la néologie qui est une innovation lexicale pour remplir un vide de désignation. Ces nouveaux termes servent à dénommer une notion nouvelle liée à une modernité de plus en plus exigeante. 11- Au Total : Au Total, La terminologie étudie les termes essentiellement en synchronie, s’intéresse surtout à l’écrit, est descriptive et parfois prescriptive, ne s’intéresse qu’aux mots spécialisés. Elle a une approche onomasiologique (du concept au terme qui le désigne), c'est-à-dire qu’elle a pour objet d’étude un ensemble de concepts structurés, avec des données collectées sur les mots spécialisé uniquement. Son but est de décrire, d’harmoniser ou de normaliser. Contrairement aux dictionnaires lexicologiques, - 22 -

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ses dictionnaires ont une entrée monosémique, une présentation très systématique et méthodique, des définitions très descriptives et de plus en plus souvent une classification systématique. IV- LES SUPPORTS TERMINOLOGIQUE Il existe une classification internationale, qui respecte notamment les normes édictées par l’ISO, malheureusement pas toujours respectée. Au niveau du support papier il y a lieu de définir les outils d’implantation terminologique. 1-Lexique : répertoire qui inventorie des termes accompagnés de leurs équivalents dans une ou plusieurs langues et qui ne comporte pas de définition. 2-Dictionnaire : répertoire d’unités lexicales qui contient des informations de nature sémantique, notionnelle, référentielle, grammaticale ou phonétique. 3-Vocabulaire : répertoire qui inventorie les termes d’un domaine, et qui décrit les notions désignées par ces termes au moyen de définitions et d’illustrations ; 4-Glossaire : répertoire qui définit ou explique des termes anciens rares ou mal connus. 5-Thésaurus : langage documentaire fondé sur une structuration hiérarchisée d’un ou plusieurs domaines et dans lequel les notions sont représentées par des termes d’une ou plusieurs langues naturelles et les relations entre notions par des signes conventionnels. 6-Répertoire : terme générique, signifiant liste d’unités lexicales ; il est souvent utilisé pour les recueils de sigles et abréviations. En matière de support électronique, il faut distinguer les dictionnaires électroniques des bases de données. En fait, le dictionnaire électronique n’est que l’équivalent du dictionnaire sur papier. Son utilisation est donc limitée par rapport à la base de données qui permet une interactivité. Sur papier ou électronique, un bon support doit être accessible, facile à utiliser. En raison de l’évolution rapide des - 23 -

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connaissances, cet outil doit comporter l’année de publication et la date de la dernière mise à jour. Le nom de l’éditeur doit mis en évidence car il permet de juger du sérieux du travail. On doit pouvoir, à coté du nom de l’auteur, retrouver son degré d’expertise dans le domaine en question. Il est également utile de savoir si ce répertoire a eu la caution d’une autorité compétence (groupe de recherche, syndicat, commission, association professionnelle…) et s’il est fait référence à des articles traitant du même sujet. Il est évident que tout travail terminologique doit faire apparaître les ressources bibliographiques. Afin de faciliter la consultation il y a lieu de dresser le listing des codes, des symboles et des abréviations utilisées. Ce travail doit être précédé d’une introduction faisant mention de la méthode de travail. Il y sera aussi mentionné s’il y a eu ou non validation des données et par quel moyen. Dans ce cas l’auteur est tenu de soumettre son travail à un expert ou un organisme compétent chargé de la validation. Cette introduction doit faire également mention des domaines et sous domaines qui seront traités et au contraire, ceux qui y sont exclus. Afin de permettre de déduire le degré de spécialisation du travail, on doit mentionner la qualité de l’utilisateur (étudiants, linguistes, spécialistes du domaine…). On mentionnera la zone géographique visée et la présence de variantes nationales ou régionales. Le nombre de concepts et de termes nous renseigne sur le traitement de la polysémie et de la synonymie. Logiquement le nombre de concepts doit être inférieur à celui des termes. Le mode de consultation peut être alphabétique ou thématique. Dans ce dernier les termes sont ordonnés par domaines et sous domaines. A l’intérieur de chaque sous-ensemble le classement peut à nouveau être alphabétique ou thématique. Même si le classement est alphabétique, il est important de disposer d’une indication de domaine pour chacun des termes. Par exemple le mot clé peut renvoyer à la serrurerie, à l’informatique ou à la musique. Sans cela il peut y avoir des aberrations si le travail est multilingue. - 24 -

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Lors de tout travail terminologique, il faut veiller à la pertinence des informations fournis par rapport au domaine et aux objectifs fixés. La dilution est tentante et il faut être vigilant pour cerner le sujet et s’en tenir jusqu’au bout. Il faut, de plus, garder à l’esprit qu’en terminologie, il s’agit de définir des concepts et des notions et non les termes. Ainsi, si un terme désigne plusieurs notions seules celles qui correspondent au domaine étudié seront définies. Si un terme renvoie à plusieurs notions d’un même domaine, chacune d’elles doit être définie et traitée séparément. Il faut veiller à donner des définitions claires, sans ambiguïté, concise, précise c'est-à-dire ni trop large, ni trop courte et systémique autrement dit qu’elle doit refléter les relations que le concept défini entretient avec ses concepts associés, à l’intérieur d’un même décrit (on définira globule rouge par rapport à globule blanc…). La définition ne doit pas être circulaire. Le terme à définir ne doit pas être utilisé dans la définition, ni même un terme de la même famille à moins qu’il ne soit défini par ailleurs. Il faut que tous les termes du domaine qui figurent dans la définition se retrouvent dans le répertoire avec leur propre définition. La définition peut être élaborée ad hoc ou empruntée et dans ce cas elle doit être référenciée c'est-à-dire qu’il apporter des informations sur l’objet de la réalité qui est décrit. Il faut aussi s’astreindre à chercher des oublis de renvois qui doivent être solides et cohérents. Parfois, en plus de la définition il est utile de donner des informations complémentaires qui permettent de mieux cerner le concept et l’utilisation qui est faite du terme en question. Pour mieux expliciter la notion, il est bon de donner des exemples réels et non créés artificiellement. Lorsqu’il s’agit d’un travail multilingue, il faut savoir qu’il existe toujours une langue principale qui apporte plus d’éléments d’information. Lorsque plusieurs langues sont utilisées, il faut tenir compte des différences linguistiques et culturelles puisqu’elles ne renvoient pas forcément à la même réalité. Afin d’avoir accès à la totalité de l’information il est - 25 -

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nécessaire de créer un index par langue pour que toutes les combinaisons possibles puissent se faire. Les langues de spécialité (technolectes) représentent un ensemble structuré de termes d’un domaine ou d’un champ d’activités spécialisé C’est donc un système de dénominations et, par conséquent de notions. Ce sont donc des sous-ensembles de la langue générale caractérisée par le sujet, les utilisateurs et les situations de communication. La langue générale représente la langue toute entière et la langue courante celle qui est utilisée quotidiennement. Dans la pratique, il existe de nombreuses passerelles entre les deux langues citées et la langue de spécialité. Un mot de spécialité peut se banaliser et faire parti de la langue courante (par exemple le mot osmose) et un terme commun se spécialiser (bras en mécanique). Il existe aussi des termes nomades qui sont des mots qui passent d’un domaine à un autre (virus utilisé selon le contexte dans le domaine médical ou celui de l’informatique). La langue de spécialité a un nombre d’utilisateurs limité et a des degrés divers de spécialisation. Ainsi les mathématiques ont un haut niveau d’abstraction par rapport aux sciences humaines. Orale ou écrite, la langue de spécialité est de type formel. Elle est rigoureuse, univoque, cohérente et précise de façon à informer, décrire, expliquer, argumenter, citer, définir, évaluer, énumérer, classer… Entre les langues de spécialités il existe une certaine variété mais aussi une certaine unité. La variété résulte des usages et des circonstances de communication et l’unité de l’existence de caractéristiques partagées qui sont linguistiques ou textuel (type de textes, type de documents). D’une manière générale, les langues de spécialité sont concises, précises, objectives et s’approprient la situation de communication.

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V- DOMAINES, ARBORESCENCES ET NOMENCLATURES Les domaines sont créés par le terminologue pour structurer ses travaux. Cette notion permet de classer la langue spécialisée par thème. Le travail doit permettre de décrire un domaine et de mettre en évidence les relations entre les termes du domaine. Quel que soit le type de travail, le profil du terminologue, l’utilisateur, le domaine est une information obligatoire. Pour tout dire, le domaine est un des principaux critères de classement des dictionnaires terminologues. Un recueil terminologique peut s’ordonner autour d’une matière ou d’une discipline, d’un ensemble de domaine, d’un thème précis, d’une activité, d’un produit… La rapide progression des connaissances obligent à la microspécialisation, à l’interdisciplinarité (biophysique), et à la transdisciplinarité (émigration traité selon plusieurs points de vue (économique, social, politique…) Définir un domaine permet de choisir les termes qui doivent figurer dans un dictionnaire terminologique. Autrement dit les termes pertinents pour le domaine traité. Cela permet également de résoudre les problèmes de polysémie en organisant les termes par domaines ou une indication des domaines pour chaque terme. Définir un domaine est indispensable pour rédiger la définition appropriée d’un terme. En effet, un terme peut désigner des notions différentes dans différents domaines. Les indications de domaine aide à trouver les termes, à satisfaire au besoin de consultation. Souvent, il y a difficulté à définir le domaine. Il existe en effet, des sujets plus ou moins spécialisés, plus ou moins abstraits, plus ou moins homogènes, plus ou moins théoriques ou pratiques. La difficulté réside aussi du fait que les frontières entre différents domaines sont floues comme sont floues les limites entre la langue courante et la langue spécialisée. Ainsi des termes de la langue courante peuvent prendre un sens particulier dans la langue de spécialité (terminologisation) et inversement un terme spécialisé peut se banaliser et devenir courant. - 27 -

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Il faut donc trouver la possibilité de délimiter un domaine pour le rendre fonctionnel. On peut le constituer à partir d’un corpus ou à partir d’un besoin. Dans la pratique l’un ne va pas sans l’autre. Un terme peut renvoyer à plusieurs référents dans des domaines différents mais aussi à l’intérieur d’un même domaine. Il faut alors délimiter le contexte, définir précisément le terme et apporter tous les autres éléments d’information concernant le sujet. En pratique chaque sens du terme doit être traité séparément. Un sens par fiche. Le terme apparaîtra donc, dans l’arborescence, autant de fois qu’il a de sens différents. Une notion pouvant être également désignée par plusieurs termes (synonymie) à l’intérieur d’un même domaine, il faut choisir le terme qui sera traité en priorité et établir les différences possibles (sémantiques et d’usage) avec ses synonymes et ses parasynonymes ou quasi-synonymes. Il faudra préciser le degré de synonymie entre deux termes très proches et les conditions d’utilisation de chacun. Pour cela utiliser le domaine d’emploi, la définition, le contexte ainsi que toute remarque linguistique ou technique pour bien cerner les différences et les ressemblances entre les termes. Deux préalables cependant pour délimiter un domaine. Il faut maîtriser la langue courante et se familiariser avec le domaine étudié avant de le délimiter avec précision. Il faut également tenir compte du point de vue qu’on veut privilégier et des utilisateurs de la terminologie. Le terminologue aura donc pour tache d’affecter une ou plusieurs « marques de domaines » à une unité observée et décrire et articuler à partir des termes l’ensemble d’un domaine. Afin d’exploiter au mieux le contenu du domaine, le terminologue met au point une représentation graphie : l’arborescence. Cette dernière utilisant des conventions il est nécessaire de la faire accompagner d’une légende claire. Par exemple les termes « tête de fiche » ou les termes traités sont soulignés et ceux non traités sont en italique. Les relations de type tout-partie sont indiquées par des angles droits et les relations d’hyperonymie-hyponymie à l’aide de trait oblique. - 28 -

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Pour différentier les liens il faut utiliser différents types de traits et des couleurs différentes. Pour mieux préciser une structuration d’un domaine on peut faire appel à une illustration. La normalisation est le passage obligé de tout travail terminologique. C’est pourquoi des commissions sont constituées à cet effet. Généralement, l’académie ne s’occupe que des termes de la langue générale et pratiquement jamais des langues de spécialité. Sur le plan des normes l’ISO, dont nous avons déjà parlé, précisent les principes et les méthodes avec pour objectifs, une harmonisation des travaux terminologiques afin qu’ils soient facilement comparables et évaluables, un échange de données terminographiques, la facilitation d’étude théorique de la terminologique et le perfectionnement des méthodes. Il faut souligner que l’ISO et son comité technique TC37, élaborent des normes pour la normalisation des termes industriels. Les secteurs scientifiques et médicaux établissent des terminologies systématiques et complètes. Ces nomenclatures comportent un certain nombre d’éléments qui permettent une meilleure lisibilité. Par exemple, en botanique, l’allergène de l’ambroisie - Le nom du genre (botanique…) soit Amb -Espace -Première lettre de l’espèce -Espace -Chiffre arabe Ce qui donne : Amb a 1 Par convention on écrit les genres en romain, le premier élément en majuscule, le dernier en minuscule. Il existe aussi des normes officieuses. C’est le cas de certains organismes qui substituent à des termes peu explicites, des termes plus perméables. Il existe aussi des normes maison établies par des entreprises pour des besoins spécifiques et souvent pointus. C’est le cas par exemple de Microsoft. - 29 -

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VI-LA FICHE TERMINOLOGIQUE Un certain nombre de données, minimum indispensable, sont obligatoires dans une fiche terminologique -Terme principal -Indicatif de grammaire -Définition -Variante(s), s'il y en a -Indicatif de langue (s'il s'agit d'un travail multilingue) -Indicatif de pays ou de région (s'il y a des variantes) -Domaine -Source (pour chaque donnée citée) -Numéro d'identification -Auteur de la fiche et date de rédaction VII-LES PHASES DU TRAVAIL TERMINOLOGIQUE PONCTUEL Les phases du travail terminologique ponctuel sont les suivantes : 1-Analyse du problème : Il faut commencer par bien délimiter le problème à résoudre : de quel type de problème s’agit-il ? Autrement dit, que cherche-t-on exactement : un terme, un équivalent dans une langue précise, une définition, une explication technique, une information linguistique, la relation existant entre deux ou plusieurs termes ou concepts, le domaine où un terme est utilisé… ? 2-Évaluation des matériaux qui serviront à résoudre le problème : Il s’agit de voir quels sont les matériaux ou les sources d’information disponibles : des documents écrits (tous types d’ouvrages lexicographiques et terminographiques, et tous types de documents spécialisés -revues professionnelles, manuels, catalogues, etc.- en fonction du problème), des bases de données (générales et spécialisées) et des spécialistes du domaine en question. - 30 -

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3-Recherche proprement dite : Pendant cette phase il convient de garder une trace écrite de toute l’information trouvée en relation avec le problème traité ainsi que des sources précises où elle a été trouvée. S’il s’agit d’une source écrite, notez la référence bibliographique complète et la page où l’information apparaît ; si vous avez consulté un spécialiste, notez ses coordonnées complètes et la date à laquelle vous avez parlé avec lui. 4-Synthèse et enregistrement des résultats : Il faut donner l’information à celui qui l’a demandée mais aussi veiller à la garder pour des utilisations ultérieures. Il y a différentes formes d’enregistrer cette information mais le plus souvent on crée une fiche dans une base de données. Il faut savoir qu’on ne trouve pas toujours la solution exacte au problème posé. Il est possible, par exemple, que l’équivalent amazigh d’un terme étranger n’existe pas encore (on parle d’une lacune ou d’un vide terminologique). Il peut être nécessaire alors, selon les cas, de créer un terme pour combler cette lacune ou de faire un choix entre plusieurs réponses plus ou moins satisfaisantes. Dans tous les cas, il est important de garder la trace de toutes les données recueillies pendant la recherche car, faute d’une réponse pleinement satisfaisante, elles peuvent nous apporter des éléments qui nous permettront de nous approcher au maximum de l’information recherchée. Pour cela, la recherche effectuée doit être suffisamment large. Au sujet des lacunes terminologiques, il faut savoir qu’il existe plusieurs projets intéressants, notamment le projet de veille néologique Balnéo du Rint (ce réseau francophone est désormais intégré dans un nouveau réseau : le Rifal et le projet “ Néologie traductive ” du Centre de Terminologie de Bruxelles (CTB). Tous les deux visent à traquer les néologismes dès leur apparition dans les écrits ou dès leur création par les spécialistes afin de les enregistrer, de les analyser et éventuellement de les diffuser.

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VIII- LES PHASES DU TRAVAIL TERMINOLOGIQUE SYSTEMATIQUE 1-Définition et délimitation du travail Comme pour la terminologie ponctuelle, il faut commencer par bien délimiter le problème à résoudre (c’est-à-dire bien définir le répertoire terminologique que l’on souhaite élaborer). Dans ce cas, l’important est de bien établir le domaine à traiter, la ou les langues que comprendra le répertoire, le nombre de termes qu’on envisage en principe de traiter (ceci peut varier au cours des recherches), les informations que le répertoire fournira pour chacune des langues, le degré de spécialisation du travail, le public visé, etc. Il est nécessaire également de recenser et d’analyser les répertoires existants et traitants du même domaine, et de se positionner par rapport à eux. 2-Évaluation des matériaux disponibles La démarche est similaire à celle de la terminologie ponctuelle. Si le travail à réaliser est bilingue ou multilingue, il faudra évidemment rechercher des matériaux dans chacune des langues. 3-Dépouillement systématique des sources et élaboration des fiches terminologiques Il faut dépouiller un certain nombre de sources, c’est-à-dire analyser systématiquement les matériaux collectés, qui auront été sélectionnés en fonction de critères particuliers. Les fiches terminologiques servent à enregistrer toute l’information utile à l’élaboration du répertoire sous une forme standardisée. Les fiches terminologiques sont désormais saisies, enregistrées et stockées sur ordinateur, en utilisant un système de gestion de bases de données générique du type Access, par exemple, ou un logiciel spécifique au traitement de la terminologie. 4-Mise en évidence des relations entre les termes du domaine traité

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5-Validation avec les spécialistes Les spécialistes du domaine traité seront des collaborateurs indispensables pour le travail entrepris. Ils peuvent y être associés dès le départ pour la délimitation du domaine, la collecte des sources, l’établissement de la liste des termes à traiter… Cependant, c’est lorsque le travail sera suffisamment avancé qu’il faudra absolument les consulter, notamment pour valider le contenu technique des fiches terminologiques. 6-Traitement des cas problématiques Les spécialistes ont ici aussi leur rôle à jouer. Des exemples de cas problématiques sont les termes manquants, les contextes représentatifs manquants dans le corpus, les termes qui semblent être des synonymes mais ne le sont pas vraiment à l’usage, les liens difficiles à préciser entre des termes très proches, la coexistence de plusieurs sigles pour un même terme, etc. 7-Mise en relation des différentes langues Une fois le travail accompli dans chacune des langues séparément, il faudra établir les liens de correspondance entre les termes de toutes les langues traitées. Il se peut que par la mise en relation des différentes langues vous voyiez un manque de recoupement entre la structure du domaine dans une langue et dans une autre, ou bien l’absence de certains termes dans une des langues. Après cette mise en relation, il peut donc y avoir à nouveau des cas problématiques à résoudre, voire une restructuration des liens notionnels entre les termes. 8-Présentation des résultats sous une forme prédéfinie La forme choisie (lexique bilingue sans définitions, dictionnaire monolingue avec des données terminologiques exhaustives, fiches terminologiques complètes dans une langue et seuls les termes équivalents dans plusieurs autres langues, etc.) dépend des objectifs du travail et en particulier du public visé.

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- Attitude du traducteur face à une lacune terminologique 1-Connaître la structuration conceptuelle générale du ou des domaines de référence de ses textes dans les deux langues, 2-Connaître la terminologie utilisée effectivement par les spécialistes dans les deux langues, 3-Connaître la valeur pragmatique de cette terminologie (degré de normalisation, fréquence, niveau de spécialisation, domaine géographique concerné, valeur sectorielle ou professionnelle (ex. : telle terminologie est-elle utilisée de la même manière par Microsoft, Macintosh, UNIX et Linux ?), 4-Connaître la manière dont elle est utilisée surtout en langue cible : des contraintes grammaticales particulières (ex. : les unités phraséologiques où elle s’inscrit, la variation formelle (variantes orthographiques, sigles concurrents) et conceptuelle des termes (sens qui diffère selon les écoles en économie ou en psychologie, par ex.), 5-Savoir résoudre correctement les lacunes de dénomination en langue cible, 6-Savoir choisir entre plusieurs dénominations concurrentes, 7-Savoir détecter et résoudre les cas où deux langues ne font pas la même délimitation des concepts, 8-Disposer de recueils terminologiques fiables et savoir s’en servir à bon escient, 9-Etre en mesure d’élaborer des glossaires thématiques bilingues ou plurilingues. - Attitude du traducteur face à une lacune terminologique 1- Etre totalement passif et reproduire le terme d’origine entre guillemets ou utiliser une paraphrase. 2- En respectant les règles de la langue, créer un terme qui soit conforme au système linguistique ; dan ce cas, il devra expliquer dans une note de traduction les raisons qui l’ont amené à proposer un néologisme ;

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3- Commencer à agir en tant que terminologue actif, observer systématiquement les termes de ses domaines de spécialité et enregistrer la terminologie des textes traduits ; 4- Agir en vrai terminologue, ce qui implique d’avoir bien incorporé ses connaissances terminologiques, les avoir bien mises en pratique, au point que son travail est de qualité satisfaisante pour être distribué ou vendu. L’aboutissement du travail terminologique du traducteur peut en effet consister à diffuser ses propres recueils terminologiques. - Le rôle du terminologue 1- Etudier les relations entre les termes et entre les ensembles de termes, 2-Fixer les principes qui devront présider à la pratique terminologique, 3-Intervenir, s’il travaille au sein d’une institution ou d’une entreprise, dans la politique de communication de cellesci, 4- Intervenir, s’il travaille au sein d’un organisme linguistique au niveau d’un pays ou d’une région, dans la politique linguistique nationale ou régionale, les organismes d’aménagement de la langue). - Ce que doit connaître le terminologue 1-La situation et l’organisation du milieu où il intervient, 2-Le contenu du domaine, 3-Les bases conceptuelles ou théoriques de la terminologie, 4-Le processus du travail terminologique, 5-Les ressources et les outils disponibles pour mener à bien sa tâche, 6-Les modalités de présentation du travail, y compris les normes éventuellement applicables, 7-Les moyens linguistiques et les voies de transmission des néologismes pour implanter et diffuser la terminologie.

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- Facteurs de développement de la terminologie 1-Les progrès exponentiels des connaissances et leur corollaire, la tendance à la micro-spécialisation (spécialisation dans des domaines de plus en plus petits), à l’interdisciplinarité (domaines qui surgissent par la combinaison d’autres domaines ; ex. astrophysique, biochimie, génie génétique, psycholinguistique) et à la transdisciplinarité (thèmes ou objets d’étude qui se constituent transversalement en tant que tels et qui doivent être analysés selon différents points de vue simultanément ; ex. : l’immigration, qui peut être abordée du point de vue économique, politique, social, géographique ou démographique ; la sécurité sociale, qui peut l’être du point de vue économique, politique, social ou médical ; etc.) ; 2-L'accélération des échanges (économiques, commerciaux, technologiques et industriels) et son corollaire, la mondialisation ; 3-La poussée corrélative de la demande de services linguistiques pour faire face à la barrière des langues ; 4-La définition et la mise en œuvre de politiques linguistiques cohérentes au niveau des organismes, des entreprises, des groupes ou des pays ; 5-L’apparition des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) favorisant le stockage, la gestion et la transmission de grandes quantités de données terminologiques (BDD, CD-ROM, Internet…) ; 6-Le pouvoir de l’information ou des contenus (avec la généralisation progressive de l’accès à Internet, ce qui compte le plus désormais n'est plus la technologie ou le réseau lui même, à la portée du plus grand nombre, mais ce qu'on y met ; c'est ça qui fait la différence et qui permet d'attirer des clients, de gagner des parts de marché, d'imposer un produit ; d’où le développement d’une toute récente industrie du contenu). - Les procédés de formation des termes Le lexique retient l’attention car il est le centre d’attraction de tous les efforts d’aménagement linguistique. Dans tout effort de modernisation d’une langue qui touche principalement les vocabulaires spécialisés, il y a risque d’envahissement par des - 36 -

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vocables étrangers. Il faut, en effet, combler le déficit lexical et on a tendance à l’exagération lorsque l’on fait appel aux emprunts. Pour être simple, cette modernisation pose le problème de l’occidentalisation du tiers-monde. Il existe de nombreux procédés de formation des termes nouveaux. A titre d’exemple, sans que la liste ne soit exhaustive, nous pouvons citer : a-préfixation : Ex. : réhabilitation, autodétermination, contre-expertise, anti-vol, sous-chef, parascolaire, infrarouge, supermarché, hypermarché. b-suffixation : Ex. : locataire, location, remboursement, territorialité [territorial, territoire, terre], apprentissage. c-composition : Ex. : autoroute, voiture-bar, jaune-vert). Un type particulier de composition est la formation de mots valise. Ex. : toute la série informatique, bureautique, productique, robotique, terminotique, traductique ; ou bien infopub et publinformation. d- syntagmation : Ex. : hors-la-loi, responsabilité civile, déposition non reçue sous la foi du serment, dans le domaine juridique. e- troncation, selon différents procédés : sigles : pdg ou p.d.-g., plv ou PLV (publicité sur les lieux de vente), ABS, VTT), - acronymes : bit, modem, pixel, sida, - autres formes : restau ou resto, métro. f- glissements de sens : Ex. : pour donner un exemple concernant Windows, on peut parler du terme bureau qui n’est plus la table sur laquelle on travaille ou la pièce où on travaille mais un écran spécifique du système d’exploitation où on trouve un certain type d’information ; en espagnol, on peut donner l’exemple de aeronave, qui équivaut à aéronef, un terme vieilli en français ; aeronave désignait au départ “ tout appareil capable de se déplacer dans les airs ” et désigne aujourd’hui aussi un vaisseau spatial. g- changements grammaticaux : Ex. : informatique (n/adj), terminal (adj/n), dépanneur (nm animé) / dépanneuse (nf inanimé), actif (crédit) / actifs (éléments du - 37 -

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patrimoine), watt (nom propre devenu nom commun), poubelle (nom propre devenu nom commun).

h- incorporation de formes étrangères, selon différents procédés : emprunt : royalties pour redevances, hot-dog
pour “ chien-chaud ” (utilisé au Québec). L’emprunt est souvent perçu non comme un signe d’enrichissement de la langue mais comme un signe de détérioration d’une langue et une manifestation de l’aliénation linguistique On peur faire appel à trois types d’emprunts : 1- Emprunt lexical : Passage d’une langue à une autre d’un lexème (signifiant et signifié).Il peut être utilisé à peu près *tel que dans la langue emprunteuse (ex : sponsor en français) *il peut être adapté dans sa graphie ou son phonétisme (riding-coat anglais qui devient redingote en français, chauffeur en français qui devient achifor en kabyle) Le refus d’adaptation phonétique (on garde la prononciation du mot emprunté) s’explique par un apport : « profit de distinction ». « S’il ne distingue que des réalités étrangères ou tant qu’il et perçu comme étranger, l’emprunt peut s’appeler xénisme » P.Bourdieu. Les emprunts faits à une langue dominée (bled utilisé en français) peuvent avoir une valeur péjorative. Lorsque les emprunts se font massivement, il y risque d’aboutir à une « langue hybride ». 2- emprunt sémantique : Il consiste à ajouter dans la langue emprunteuse, un sens à un mot déjà existant, sous l’influence d’une langue étrangère. Il s’agit de l’addition à un signifiant d’une langue donnée, un signifié qui, dans une autre langue, correspond à un signifiant de forme analogue. Puisque l’apparence extérieure du lexème demeure, l’emprunt sémantique est plus difficile à détecter que l’emprunt lexical. Par exemple « approche » mot français dans le sens de « manière d’aborder un sujet » sous l’influence de l’anglais « approach ». - 38 -

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3- le calque : C’est la traduction littérale d’une expression (calque syntagmatique ou syntaxique). Calques et emprunts sémantiques affectent la structure syntagmatique dans la mesure où il introduit un ordre des mots étrangers (ex : est-allemand de l’anglais east-german) - calque : disque compact, chien-chaud, sensores remotos ou percepción remota en espagnol pour remote sensing alors qu’en français on a créé télédétection). Bien qu’il soient un moyen d’enrichir la langue, les emprunts ont souvent été reçus négativement, même par les linguistiques »…les admettre sans dresser la moindre barrière revient à capituler devant l’invasion étrangère » sauvageot, 1979. Le rejet de l’emprunt (surtout lexical) est souvent teinté de nationalisme et de chauvinisme. Le rejet peut-être motivé par l’opacité au profit de la transparence obtenue par la formation de lexèmes indigènes grâce aux procédés néologiques habituels (compostions, dérivations, extensions de sens) A ces procédés on peut ajouter la siglaison et l’acronymie, auxquelles on a recours mais dont l’effet diminue la transparence que devrait offrir l’utilisation des ressources néologiques internes. On peut y ajouter l’emprunt interne c'est-à-dire le recours aux archaïsmes, aux mots dialectaux et patois. On peut faire appel aux langues proches parentes ou à des formes littéraires anciennes de la même langue. Dans tous les cas un néologisme n’a de sens que s’il s’est bien implanté dans la société, donc accepté par les utilisateurs. Tout mot nouveau doit être motivé c'est-à-dire qu’il doit représenter ou interpréter l'objet de la réalité ou la notion qu’il désigne. - Facteurs de socialisation d’un néologisme 1- L’universalité (ex. : disque compact), 2- La transparence symbolique (ex. : là encore, disque

compact),

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3- Les qualités mnémotechniques (ex. : la série en – tique que nous avons vue plus haut, la série en –ciel : logiciel, didacticiel, progiciel, gratuiciel…), 4- La créativité (mais pas; des termes comme épinglette ou baladeur n’ont jamais eu beaucoup de succès en France). Un nouveau terme doit pouvoir s’intégrer facilement dans la langue (ex. : le suffixe -eur apposé à un verbe a souvent signifié un agent, chanteur, boxeur, marcheur (pour des animés humains) ; des termes tels que développeur ou concepteur ne devraient donc pas nous étonner ; -iste représente un spécialiste en quelque chose, biologiste, chimiste,

ophtalmologiste.
On peut aisément pour la langue amazighe trouver des facteurs de même type. - Caractéristiques linguistiques communes aux langues de spécialités Du point de vue strictement linguistique, la LS se caractérise par un certain nombre de traits distinctifs, à savoir : 1- un lexique spécifique, c’est à dire une terminologie qui lui est propre, 2- Le recours à d'autres systèmes de représentation : des schémas, des illustrations, des pictogrammes, etc., 3- Une présentation systématique de l'information, qui est généralement ordonnée, classée, 4- L’utilisation systématique du lexique, autrement dit une plus grande cohérence dans l'emploi des termes que dans la langue courante, notamment avec moins de synonymes, 5- Des termes formés à partir d'éléments savants, c’està-dire des préfixes et des suffixes grecs et latins, utilisés beaucoup plus fréquemment que dans la langue courante (ex. : leucocyte à la place de globule blanc, hématie au lieu de globule rouge…). Pour tamazight la question de faire appel aux mêmes sources posera problème. Le mieux dans un premier temps est de traiter au cas par cas. 6- Une fréquence très haute de notions exprimées par des syntagmes par rapport aux mots simples (ex. de syntagme : spectrométrie de résonance paramagnétique électronique) ; les - 40 -

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syntagmes sont en effet majoritaires dans les dictionnaires terminologiques, 7- Une présence importante de sigles, d'acronymes et de symboles, souvent même sans que leur explication étendue n’apparaisse dans l’ensemble d’un document, 8- Un nombre relativement réduit de structures syntaxiques : 9- Des phrases généralement courtes et peu de subordination complexe, 10- L’absence d'exclamations, 11- L’emploi du nous de modestie, 12- L’emploi fréquent de verbes au présent de l'indicatif et de formules impersonnelles (par rapport à d’autres temps et formes verbales), 13- Des nominalisations (ex. : on parlera davantage d'une augmentation ou une diminution du niveau de vie que d'un niveau de vie qui a augmenté ou diminué). Beaucoup de ces ressources linguistiques visent à accentuer l'objectivité et la dépersonnalisation du discours spécialisé par opposition au discours courant. Cependant, il faut noter que l’auteur du discours spécialisé se laisse apercevoir par des formules du type “ selon l'auteur, à notre avis, nous pensons que… ” et qu'une certaine forme de dialogue implicite s'établit entre l’émetteur et le destinataire du message (“ nous observons que, comme l'affirme X, en partant de cet énoncé nous arrivons à, si on considère que nos affirmations sont exactes... ”). - Caractéristiques linguistiques partagées avec la langue commune Du point de vue strictement linguistique, la LS partage les ressources fondamentales de la langue commune, à savoir : 1- L’emploi du même système graphique d'expression (le même alphabet) et du même système phonologique, 2- L’emploi du même système morphologique, en ce qui concerne la structure interne des mots, 3- L’application des mêmes règles combinatoires dans les syntagmes et dans le discours. - 41 -

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- Les trois niveaux de description du terme Il y a trois niveaux d’information : 1-Un niveau linguistique : Il est constitué d’une série de données sur : - la morphosyntaxe du terme (c’est-à-dire son contexte linguistique) - sa fonction ou catégorie grammaticale, - ses variantes orthographiques et anaphoriques, - ses variantes syntagmatiques, ses abréviations, sa famille dérivationnelle, - une ou plusieurs notes linguistiques, - ses collocations, sa phraséologie ; - l’usage du terme (c’est-à-dire son contexte extra-linguistique, pragmatique ou sociolinguistique) - sa zone d'usage (pays, région, etc.) et ses variantes géographiques, - son niveau d'usage (registre, jugements de valeur, remarques normatives, statut…). 2-Le niveau notionnel : Pour un terme dans une langue donnée, l’on considère habituellement : - les marques de domaine et de sous-domaine (domaine thématique et/ou domaine d'emploi), - l’analyse de la notion par le biais d’une définition, - des informations référentielles (une note technique, des illustrations…), - l’analyse des relations avec d'autres notions du même domaine (l’hyperonyme, les isonymes, les hyponymes, les autres termes associés). - à ce niveau se situent également les unités terminologiques d'autres langues correspondant à la même notion, autrement dit, les équivalents de la notion dans d’autres langues. La définition peut être élaborée ad hoc ou empruntée ; dans ce cas, elle doit être référencée. À côté de la définition, on peut apporter des remarques éventuelles, notamment des jugements sur l'adéquation entre le terme et la notion. Les informations référentielles sont des informations sur l'objet de la réalité qui est décrit. - 42 -

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Les liens avec les autres notions du domaine pourront servir pour la sélection ultérieure des termes (pour une classification, pour une récupération de l'information...). 3-Le niveau documentaire : Derniers points importants de la description du terme : - les contextes d'utilisation et les sources de ces contextes, - les responsables (auteurs et réviseurs) et les dates du traitement de la notion (élaboration, modifications, validation), - la situation de la notion dans l'ensemble de notions représenté dans une arborescence, un classement systématique ou un index, afin de faciliter sa récupération. Types de dictionnaires terminologiques en fonction des domaines Le domaine est un des principaux critères de classement des dictionnaires terminologiques. La couverture d’un recueil terminologique peut s’ordonner autour d’une matière ou d’une discipline, d’un ensemble de domaines, d’un thème précis, d’une activité, d’un produit... Ils peuvent porter en effet : 1- sur un micro-domaine (Ex. : un dictionnaire de l’INRA sur les rayonnements ionisants), 2- sur plusieurs domaines liés (Ex. : une terminologie maison –Microsoft) 3- sur une multitude de domaines (Ex. : un dictionnaire technique général) On s’aperçoit, cependant, en regardant les travaux terminologiques qui sont faits actuellement, qu’à cause des progrès énormes des connaissances la tendance est à la microspécialisation, à l’interdisciplinarité (astrophysique, biochimie, génie génétique, psycholinguistique) et à la transdisciplinarité (un dictionnaire sur l’immigration aura probablement des termes liés à l’économie, à la politique, au social, à la démographie)

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- Etapes du travail terminologique 1- Se faire une première idée du domaine que l’on veut ou que l’on doive traiter. 2- Collecter un corpus 3- Étudier le corpus 4- Analyser les relations entre les termes qui semblent essentiels dans le domaine traité. 5- Constituer un ensemble des définitions et de données complémentaires sur ces termes. 6- Structurer le domaine c'est-à-dire effectuer une classification de ses sous-domaines, de ses domaines connexes et des domaines fondamentaux sur lesquels il s’appuie. Pour cela on peut se reporter aux encyclopédies, manuels, thesaurus, utiliser au maximum la documentation et encore une fois interroger les experts. Traditionnellement la structuration la plus fréquente se base sur des classifications hiérarchiques. Cependant, il faut aller plus loin dans la structuration et tenir compte de tous les types de relations entre les termes. Ainsi faut-il représenter dans le travail terminologique non seulement les relations d’hyperonymie, hyponymie et isonymie (ou relations logiques) mais aussi les relations tout-partie (ou relations ontologiques) et les relations indirectes (cause à effet, chronologiques, spatiales, fonctionnelles, etc.). Pour certains domaines, en effet, il peut exister un cadre légal ou scientifique fixé d’avance auquel il faudra se référer et dont ne pourra presque jamais échapper. C’est le cas par exemple pour des domaines tels que les états comptables ou les crises d’épilepsie. Il existe, en effet, une réglementation officielle applicable en matière d’états comptables dans chaque pays comme il existe une classification internationale des types de crises d’épilepsie émanant d’une association internationale qui fait autorité. Dans la pratique, même pour les domaines les plus traditionnels ou les plus figés, le domaine est une construction empirique et il y a de nombreuses manières de les structurer. La preuve en est que, même pour des domaines très généraux et très traditionnels, différentes classifications sont possibles. - 44 -

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Ainsi, les sciences pures s’opposent aux sciences appliquées, les sciences aux techniques et les sciences naturelles aux sciences humaines… Et pour revenir à l’exemple des crises d’épilepsie, tout un pan de la classification internationale reste à explorer, puisqu’une classe renferme justement les « crises non classées ». Il faut, par conséquent, faire preuve de créativité. Il ne faut jamais oublier que la structuration d'un domaine dépend toujours de la langue puisque d'une langue à une autre on peut ne pas retrouver les mêmes concepts. Elle dépend plus largement des civilisations que sous-tendent les langues. 7- Lorsqu’on aura acquis un minimum d’informations sur le domaine, puis chaque fois que cela s’avèrera utile ou nécessaire, consulter les experts du domaine. IX- QUELQUES CONSEILS EN MATIERE DE DOMAINES, LIENS ET ARBORESCENCES : Domaines 1- Le terme traité en entrée d’une fiche ne peut pas être en même temps son propre domaine, autrement dit, ne peut pas apparaître aussi dans un champ domaine de la fiche (il ne peut pas s’inclure à lui même). On doit arriver normalement à un niveau au-dessus du terme (qui correspond dans la plupart des cas à son hyperonyme ou à son tout). 2- Dans la liste des domaines que à présenter, il faut veiller à faire une liste séparée par langue (car elles peuvent être différentes), à bien indiquer à l’intérieur de quel domaine 1 se situe quel domaine 2 et ainsi de suite. Il ne s’agit pas ici de simplement énumérer l’un après l’autre les noms donnés aux sous-domaines des différents niveaux mais de lister tous les termes traités classés par sous-domaine pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté. -Resserrez le domaine au maximum : mieux vaut traiter un mini-domaine de manière exhaustive que balayer superficiellement un domaine plus large, sans pouvoir traiter tous les termes du domaine ni établir toutes les relations entre les termes. 3- Un même nom de domaine ne peut pas apparaître normalement en domaine 2 et 3 à la fois. - 45 -

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4 Les domaines 1 et 2 ne peuvent être qu’un et un seul pour toutes les fiches. Liens * Si on indique un terme dans un des champs liens, il vaut mieux qu’il soit traité en entrée de fiche. Autrement on ne peut pas savoir si le lien est correct ou pas. * En général un terme n’a pas deux hyperonymes. Si cela est le cas, il faut vérifier qu’il s’agit bien d’un seul et même concept dans les deux cas. * Dans les champs liens, mettre de préférence les termes les plus proches du terme traité, ceux qui sont le plus étroitement liés. En ce qui concerne particulièrement la relation d’hyperonymie/hyponymie, cela se traduit généralement, dans l’arborescence, par les termes situés dans les branches les plus proches, c’est-à-dire, par le niveau hiérarchique immédiatement supérieur et immédiatement inférieur. Il peut bien sûr y avoir bien d’autres termes du domaine qui aient une relation logique avec le terme traité mais tout ne peut pas être représenté dans une seule fiche. Le fait même de travailler à l’intérieur d’un domaine fait que tous les termes sont logiquement liés entre eux. Ceci est particulièrement vrai pour les liens chronologiques. Ex. : le cycle de chargement-décodage-exécution dans le fonctionnement d’un microprocesseur est constitué des phases suivantes, dans l’ordre : extraction, incrémentation, décodage, calcul de l’adresse mémoire, localisation, chargement de données, exécution et stockage du résultat ; après le cycle recommence avec une nouvelle phase d’extraction. Ici il convient donc d’indiquer uniquement dans les liens chronologiques, l’étape qui précède ou qui suit directement celle étudiée. *Si dans une fiche on indique un isonyme, on s’attend logiquement à ce qu’il y ait un hyperonyme (comment autrement aurions-nous pu conclure qu’il s’agissait d’un isonyme ? Et comment le lecteur pourrait comprendre la relation ?). *un terme peut être simultanément isonyme et antonyme d’un autre terme. C’est toujours le cas lorsqu’il y a - 46 -

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seulement deux sortes d’entités à l’intérieur d’une même classe d’objets. Ex. : dans le domaine des crises d’épilepsie, les absences se classent en absence typique et absence atypique ; les crises perceptuelles se classent en crises illusionnelles et crises hallucinatoires. Arborescence *Faire une arborescence par langue. Les arborescences peuvent être différentes. Ex. : dans le domaine comptable, les éléments du passif et de l’actif d’un bilan ne sont pas les mêmes dans le système comptable français et le système américain. *Ne pas mettre de synonymes dans l’arborescence. *Différencier les termes traités et non traités (soulignez, par ex., les termes traités). *Quand une arborescence est éclatée en plusieurs pages, pour des raisons de présentation ou par manque d’espace, pensez à faire un renvoi d’une page à l’autre, pour que ce soit plus facile à lire et pour donner une meilleure vue d’ensemble. Mettre, par exemple, une flèche en dessous du nom d’une classe, que est traité en détail dans une autre page. *Pour les liens de cause à effet, utiliser des flèches directionnelles, pour que les pointes ou le sens des flèches indique quelle est la cause et quel est l’effet. Ex. : dans le domaine de la fibre du coton, les termes longueur et résistance de la fibre sont liés par une relation de cause à effet ; l’utilisation d’une flèche permet d’indiquer que la longueur détermine la résistance et non l’inverse. Cohérence d’ensemble Ne pas oublier de vérifier la cohérence entre ce qui a été mis dans les champs domaine(s) et liens des fiches et ce que dit l’arborescence. Ce ne sont là que trois moyens différents de représenter la même information. X- CRITERES LINGUISTIQUES POUR LA TERMINOLOGIE : L’enrichissement de la langue pose des problèmes de cohérence et d’harmonie de la langue notamment lorsqu’il s’agit de créer ou d’emprunter de nouveaux termes pour rendre la modernité. - 47 -

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Il faut définir des critères d’acceptation ou de refus surtout s’il s’agit d’emprunts ou de calques. Tous les secteurs de la vie publique sont continuellement demandeur de nouveaux mots qui sont le plus souvent empruntés à l’arabe ou le français. Malgré leur nécessité, les emprunts émoussent inévitablement les capacités créatives de la langue. Les emprunts se justifient par la formation d’une terminologie spécifique qui s’obtient par le glissement sémantique, le néologisme par dérivation et composition et l’emprunt direct ou par calque. L’introduction d’un terme étranger peut avoir une spécification plus restreinte que dans la langue d’origine. La terminologie n’a pas un caractère exclusivement linguistique, elle a un caractère international et peut avoir une intercompréhension au moins au niveau scientifique. Pour toutes ces raisons il n’est ni raisonnable ni acceptable de refuser systématiquement les emprunts ; Il est toutefois utile de définir des critères pour l’admission des emprunts qui se font souvent massivement. Ils doivent être soumis à un certain contrôle et doivent répondre à une nécessité réelle. 1-Les critères de base sont résumés ainsi 1.1- Il est nécessaire de chercher un équilibre entre l’admission indiscriminée et le rejet systématique. 1.2- l’emprunt ne doit pas être considéré commun mal nécessaire mais comme un procédé normal de formation de termes. 1.3- L’objectif prioritaire est d’obtenir une cohérence interne dans l’admission ou le refus des emprunts. Toutefois il faut savoir que la langue scientifique a des exigences propres 1.4- l’adaptation d’emprunts doivent respecter au maximum la structure phonique et morphologique de la langue. 1.5- Les utilisateurs doivent assumer les emprunts. Ces critères ne répondent toutefois pas à tous les problèmes posés et la liste reste ouverte à de nouvelles considération ou tendances pour l’introduction de nouveaux critères. - 48 -

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Les procédés internes de formation de néologismes sont variables, abondants et simples mais n’offrent pas les commodités de l’emprunt. Dans la création de néologismes on utilise les procédés de dérivation, composition, dérivation sémantique et lexicalisation de syntagmes. Il ne faut pas systématiquement rejeter la périphrase au profit d’un seul mot d’emprunt. En outre il faut user de prudence et d’imagination et de l’utilisation d’archaïsmes et de dialectismes dans certains champs spécialisés. Les critères d’acceptation et de refus ont simple valeur d’orientation générale dans la discussion de chaque emprunt et calque. Il ne faut pas oublier que le lexique de la langue n’est pas d’une régularité systématique et que chaque unité empruntée d’une autre langue doit être analysé spécifiquement. 2-Critères d’acceptation et d’intégration : Caractéristiques : La formation a base gréco-latine est recommandé par la norme internationale tilifun. emprunts fixés incorporés souvent dans les travaux lexicographiques d’utilisation commune. A mettre en accord avec les systèmes de morphologisation emprunts facilement adaptables au système graphique et phonique de la langue takasit emprunt autre qui ne modifie pas le champ de la langue à adapter a la graphie design emprunt qui présente une série de dérivés dans un champ spécialisé emprunts de marque qui ne peuvent formellement pas être adoptés : Ricard Dans ce cas, rechercher une forme de dénomination alternative qui s’applique à tous les produits semblables. emprunts à base toponymique et anthroponymique qui ne peuvent pas être adaptés totalement à la graphie berbère pour - 49 -

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qu’ils conservent des sens et similitude en d’autre langues pour qu’il soit reconnus par les spécialistes. Dans ce cas, possibilité d’adaptation de dénomination d’origine : camembert, Rochefort 3-Critères de refus : 3.1-emprunt non nécessaire parce qu’il existe déjà un mot usité 3.2-emprunt phonétiquement, grammaticalement et morphologiquement difficile à intégrer. Dans ce cas il faut analyser les possibilités de leur substituer des néologismes propres à la langue : white horse/aâudiw amellal 3.3-emprunt récent facile à substituer 4- emprunt qui ne réclame pas d’intervention : 4.1-les mots désignant des réalités d’une autre culture : samouraï 4.2-les emprunts liées a la mode : punk 5-critères d’adaptation et de refus de calque : Le calque est la traduction littérale d’un terme d’une autre langue : jardin d’enfants de l’allemand kindengarden 5.1-reproduction séquentielle de la langue d’origine : 5.2-quelques cas peuvent avoir une alternative non satisfaisante : Acceptation des calques : d’utilisation commune consignés dans les travaux lexicographiques éléments qui se combinent avec le système grammatical amazigh et qui pressente une signification adéquate pour la chose désignée au sens réel ou figuré spécialement quand l’usage fréquent en détermine le sens : courrier électronique Refus des calques : Calques non nécessaires Emprunt d’éléments grammaticaux ou sémantiques non compatibles avec ltamazight

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XI- POURQUOI UN CENTRE DE TERMINOLOGIE AMAZIGH ? La dynamique linguistique est un processus permanent. Toute communauté linguistique fait donc face, continuellement, à des besoins linguistiques. Bien entendu, ces besoins varient en fonction du degré de développement des locuteurs en questions. Plus haut est le niveau technologique, plus grand est le besoin en nouveaux termes. D’autres facteurs tel que la géographie, la démographie, la politique et le statut de la langue interviennent également dans la demande de mots nouveaux. Un pays développé ou proche d’un pays à haut niveau culturel, dont la population est importante numériquement et dont la langue est officielle aura une demande plus pressante qu’une communauté numériquement peu importante, de niveau technologique bas dont la langue est déclassée. C’est le cas aussi d’un territoire enclavé où est parlé une langue minoritaire. Tamazight est une langue parlée en Afrique du Nord sur des territoires discontinus, dans des Etats de nature différente dont les gouvernements n’ont pas les mêmes attitudes vis-à-vis de la langue autochtone. Ce ci explique que les réponses apportées au Maroc ne sont pas forcément les mêmes que les algériennes. Ceci dit, après « les années de braises », la langue amazighe a aujourd’hui un début de reconnaissance dans la mesure où des structures de développement ont vu le jour. Elle se trouve, de fait, face à un processus d’évolution linguistique qui oblige à la récupération des fonctions sociales qui lui étaient interdites durant les trois premières décennies post indépendance sans omettre que jamais dans l’histoire elle n’a eu la possibilité de se développer faute d’un pouvoir favorable. Consciente de ce retard, la communauté amazighophone perçoit la nécessité d’utiliser sa langue dans tous les secteurs et donc l’obligation de la doter des moyens permettant son aménagement linguistique au plan interne et externe. La terminologie est précisément l’un des aspects à prendre en compte. La communication spécialisée impose une création de termes de plus en plus nombreux pouvant entraîner un éclatement de la langue sans la mise en place d’une structure - 51 -

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chargée de garantir la fiabilité grâce à la normalisation des notions et concepts aussi bien au niveau national qu’international. Les médias modernes assurent une diffusion de plus en plus rapides des termes et par la même une recherche terminologique intense. La priorité, en cela, est de déterminer les besoins terminologiques afin de créer les mécanismes permettant de les satisfaire. En premier lieu, il faut avoir toute l’information terminologique existant déjà en tamazight. Un travail laborieux long et fastidieux (de par la dispersion et l’inhomogénéité) mais obligatoire pour mettre en évidence les absences et les lacunes. Le temps perdu au départ est largement récupéré à posteriori car on optimise les moyens et on évite la répétition des taches. Pour cela il faut mettre en œuvre une méthode de travail commune, créer des structures de normalisation et former un personnel qualifié. Il faut, aussi, pouvoir disposer d’un centre de référence qui puisse informer et assister pour que la politique linguistique soit réellement efficace. Le centre de terminologie amazighe, Terama, a précisément pour objectif de coordonner et de promouvoir les activités de recherche terminologique, ainsi que de traiter et de diffuser les nouveaux termes. Ce centre participera efficacement à résoudre le problème de la fragmentation territoriale et assurer les besoins du territoire utilisant la langue amazighe.

- Terama aura à gérer : 1- Des données terminologiques représentées par : -Les notions et dénominations -Les données qui en font partie : *Synonymes, définition, contexte, équivalents dans d’autres langues *Informations associées : numéro, code de normalisation…

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Sources des données terminologiques : -Dépouillement exhaustif de la bibliographie terminologique en langue amazigh -Œuvres lexicographiques de base Apport des équipes de recherche qui élaborent des dictionnaires et vocabulaires -Usagers du service de consultation du centre : organismes de l’administration, universités, centres d’enseignement, entreprises, professionnels de la langue, traducteurs, correcteurs….particuliers. Les normes et les principes terminologiques et linguistiques sont à regrouper également dans les données terminologiques. 2- Des données documentaires sur la terminologie : Il s’agit d’informations fondamentales. On y retrouve : - Des ouvrages terminologiques : vocabulaires, dictionnaires qu’ils soient publiés ou non. - Des ouvrages spécialisés : Manuels, thèses, normes, projets… Pour ces ouvrages, le but est de faciliter leur localisation pour leur utilisation lors d’élaboration ouvrages terminologiques. - Des ouvrages sur la terminologie : documents qui exposent des théories ou des méthodes, qui recueillent des expériences (comptes-rendus des colloques, congrès, projets…) - Des ouvrages terminologiques en différentes langues - Des ouvrages à contenu linguistique 3- Données sur la gestion terminologique : -Faire un inventaire exhaustif et actualisé des projets et travaux terminologique *Pour éviter la duplicité *Pour connaître de manière permanente l’élaboration des terminologies. -Avoir des données sur les spécialistes des différents domaines qui jouent le rôle de conseillers -Avoir des données sur des terminologues -Avoir des données sur les ressources informatiques disponibles pour travailler en terminologie. - 53 -

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-Avoir des données sur l’organisation des activités terminologiques à l’échelle locale, nationale et internationale. -Avoir des données sur les congrès, rencontres terminologiques et cours de formation terminologique.

Terama aura donc à gérer les données relatives aux besoins terminologiques de la langue amazighe.
Ces besoins sont détectés : -A partir de l’analyse de l’inventaire des ouvrages terminologiques -De l’inventaire des projets et travaux en cours qui permet de savoir quels sont les domaines terminologiques non couverts et dans quelle mesure. -Des consultations des usagers du centre. Ces consultations peuvent être ponctuelles sur des termes concrets (sectorielles au sujet d’un domaine ou sous-domaine déterminés) ou concerner des critères terminologiques ou des besoins de normalisation d’un terme ou groupe de termes. Terama aura, pour gérer toutes ces informations, à créer de façon permanente toute une série d’infrastructure qui lui permettra de traiter toutes les données mentionnées en fonction des caractéristiques de chacune. 1- Banques de données : L’un des premiers instruments dont doit se doter Terama est la banque de données terminologiques qui se dénommerait BTERAMA. Cette banque aura à enregistrer tous les termes techniques et scientifiques amazighes et leurs équivalents dans d’autres langues (principalement, français, anglais et arabe) afin de les diffuser et de faciliter l’aménagement linguistique et terminologique dans toutes les sphères de la société amazighe. Le format de la fiche automatisée doit être basé sur les normes internationale de terminologie, sur les formats déjà existants dans d’autres banques de données et surtout sur les besoins spécifiques qu’exigent la langue amazighe. Cette banque de données se composera d’un fichier de travail et d’un fichier de diffusion ainsi que de différents formats de fiches à mettre au point à partir du format de base et qui - 54 -

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serviront pour les besoins des différents usagers (fiche de travail, fiche de diffusion, fiche complète, fiche résumée…) A cette banque de données s’adjoindra une banque de données documentaires BDOC. Qui inventoriera des références d’ouvrages terminologiques, d’ouvrages spécialisés, d’ouvrages de théorie et de méthodologie terminologique, d’ouvrages lexicographiques et d’ouvrages de linguistique. Liée à BTERAMA, BDOC permettra de décodifier les documents qui constituent la source des informations des fiches terminologiques. 2- Classement thématique : Les banques de données nécessiteront, inévitablement, un système de classification des informations permettant de les récupérer thématiquement. Pour cela il n’est pas impossible que Terama soit amené à créer un système de classement thématique propre mais qui doit s’inspirer des expériences déjà en usage. Ce système doit régir toute l’organisation thématique du centre, depuis la bibliographie jusqu’au classement des équipes de travail et des spécialistes. 3- Critères méthodologiques : Ces critères sont nécessaires pour donner la rigueur scientifique propre à toute recherche terminologique. Ils homogénéiseraient les résultats et permettront de respecter la réglementation internationale existante (recommandations du comité technique 37Terminologie, principes et coordination- de l’ISO) La méthodologie doit être adaptée à la réalité sociolinguistique amazighe grâce à la réflexion des terminologues préalablement formés. Elle s’affinera au fur et à mesure que s développera leur expérience. La détermination des critères méthodologiques inclus également le dessin des formats dans lesquels il faut recueillir et classer les informations c'est-à-dire les fiches. Terama doit disposer de différents types de fiches en fonction des informations qu’elles doivent recueillir (fiche de dépouillement, fiche terminologique, fiche de consultation ponctuelle…) 4- Systèmes de normalisation : La langue amazighe se trouve, aujourd’hui, dans un processus d’aménagement - 55 -

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linguistique nécessitant des systèmes de normalisation différents mais complémentaires afin de garantir la normalisation terminologique du point de vue formel et conceptuel. Pour cela il faut créer une commision d’homologation composé de terminologues de terama et de spécialistes. Ce conseil est chargé de la normalisation formelle des termes amazighes et de veiller à ce qu’ils respectent les normes générales de la langue. - Elle aura pour missions : 1- De déterminer les critères linguistiques et terminologiques spécifiques applicables au lexique spécialisé 2-De réviser et d’approuver (provisoirement ou définitivement selon le cas) la terminologie sous son aspect formel en tenant compte des évaluations des Comités Techniques correspondant en ce qui concerne l’acceptabilité et la valeur conceptuelle des termes. 4-Les Comités Techniques se composent principalement : 4.1- De spécialistes des différents domaines s’intéressant à la terminologie et rattachés à différents secteurs (universités, centres de recherche, administration publique, entreprises privées…) 4.2- De terminologues coordonnés par Terama 5-Ces Comités techniques ont pour objectifs généraux : 5.1- La normalisation conceptuelle des néologismes 5.2- La réponse aux consultations conceptuelles ou relatives à l’acceptabilité des termes 5.3- La proposition de critères terminologiques spécifiques. Il est, également, utile de créer des sessions de normalisation qui rassemblent les spécialistes les plus représentatifs d’un domaine spécialisé pour la discussion d’aspects concrets. Par exemple la normalisation de la dénomination amazighe de « hardware » et de « software ».

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Terama aura aussi à diffuser l’information terminologique en
utilisant différents moyens. 1- Conseils terminologiques : -conseils terminologiques ponctuels Le service de consultations de Terama répond aux questions terminologiques sur un terme ou un groupe de termes restreint et de termes appartenant à un domaine spécialisé quelconque afin de répondre à un besoin immédiat. L’usager peut s’y adresser par téléphone, fax, courrier postal ou courrier électronique. -Terama donne, aussi, des conseils méthodologiques et techniques pour l’élaboration de vocabulaires et dictionnaires -Sa Section de Terminologie Sectorielle donnera son appui et conseillera les équipes qui ont entrepris un travail terminologique. -Terama offrira les services suivants : *Donnera des informations sur les travaux terminologiques en cours *Donnera des conseils méthodologiques pour la réalisation du travail : Préparation, élaboration, classement, normalisation et présentation. *Suivra et révisera le travail. *Aidera à la normalisation formelle et/ou conceptuelle de la terminologie qui l’exige. *Assurera l’assistance informatique et technique. *Octroiera des bourses et des aides pour la réalisation de travaux de terminologies amazighes 2- Conseils sur des critères linguistiques : La Section Linguistique de Terama offrira des conseils sur les critères linguistiques appliqués à la terminologie (critères qui seront classés dans des fichiers et qui seront informatisés). Ces critères seront publiés périodiquement sous le titre de Critères Linguistiques pour la Terminologie afin de répondre de manière harmonisée et cohérente aux questions qui se posent au sujet de la formation d’une terminologie spécifique et contribuer ainsi à la fixation de la terminologie amazighe. 3- Conseils documentaires : - 57 -

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Le service de documentation de Terama offrira à l’usager, différents types de conseil documentaire : *Informations bibliographiques d’intérêt terminologique (théorique et appliquée). *Informations de travaux terminologiques déjà publiés relatifs à tamazight. *Recherches bibliographiques et documentaires d’ouvrages d’intérêt terminologique pour la réalisation des travaux suivis par Terama *Service de bibliothèque *Diffusion périodique des nouveautés du fonds documentaire de Terama à travers un bulletin mensuel qui contiendra le sommaire des revues reçues, classées par sujets et un bulletin trimestriel qui contiendra la liste des derniers ouvrages acquis. 4- Organisation et coordination des travaux terminologiques : Terama encouragera, aussi, l’élaboration de dictionnaires sur des domaines prioritaires pour la politique linguistique ou de projet d’une grande portée qui nécessitent la coordination d’institutions et d’organismes variés. Par exemple, projet de terminologie scolaire. 5- BTerama , banques de données terminologiques : BTerama répondra aux questions terminologiques ponctuelles sur un terme amazigh ou sur ses équivalents dans d’autres langues. Si la banque de données n’a pas de réponse satisfaisante, l’usager pourra envoyer une demande par courrier postal ou électronique à Terama. BTerama aura à répondre aux questions terminologiques plus générales de caractère linguistique, thématique…pour les travaux ou études spécialisés. L’internet aidera grandement à la consultation des banques de données. 6- Formation en terminologie :Terama organisera ou participera à diverses activités de formation à l’intérieur ou à l’extérieur du domaine linguistique amazighe comme par exemple : *Organisation de cours de formation en terminologie *Organisation de conférences en terminologie - 58 -

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*Participation à des programmes de formation organisés par d’autres institutions. *Octroi de bourses de formation aux étudiants de deuxième et troisième cycle. *Réception de professionnels de la langue en visites d’études. 7- Publications : Terama publiera différents types d’ouvrages afin de donner la plus grande diffusion possible aux informations recueillies ou élaborées : - Des ouvrages théoriques - Des ouvrages terminologiques « grand public » et des ouvrages pour un public plus spécialisé. - Des publications de type informatif 8- Autres services :Terama fournira des renseignements sur les activités terminologiques des différents organismes nationaux et internationaux rattachés à la recherche terminologique et collaborera avec d’autres organismes ou centres dans des taches de conseils méthodologiques pour la création de banques de données terminologiques, de projets de coopération… Terama octroiera des bourses et des aides pour la formation de professionnels spécialisés en terminologie et pour la réalisation de travaux terminologiques. Terama essaiera donc de répondre aux besoins de la communauté linguistique amazighe et de donner la plus grande diffusion possible aux différents types d’informations terminologiques recueillies ou élaborées au centre. 6-Le centre proprement dit : 6.1- La structure physique : - Un rez-de-chaussée composé : * D’un amphithéâtre pouvant recevoir 200 personnes. Il servira de lieu de colloques, conférence et d’enseignement de terminologie. * D’une grande salle de reprographie équipée de microordinateurs, scanners, imprimantes…Cet espace est essentiel vu le volume de travail de reproduction nécessaire pour inventorier et sauvegarder les corpus existants. - 59 -

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* Une grande salle destinée à la bibliothèque de référence. * Une grande salle qui servira comme point de réponse ponctuelle. Cette salle doit être dotée de micros avec banque de données, de livres de spécialités couvrant l’ensemble de l’activité publique. * De trois bureaux administratifs * D’un petit salon de réception. * De toilettes. - Un premier étage composé de : * D’une dizaine de bureau * D’un petit salon de réception * De toilettes - Un deuxième étage identique au premier étage 6.2-L’architecture administrative : Du point de vue des ressources humaines, le centre sera doté d’un personnel, pour la plupart qualifié.

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Directeur Général Directeur de l’information et de la diffusion Responsable de la documentation Responsable de la gestion des systèmes Responsable de la publication Directeur de la recherche terminologique
Secrétariat

Directeur de l’administration et des finances Administratio

Secrétariat

Responsable des projets Sectoriel
Responsable de la base de données terminologiques

Responsable de la recherche linguistique et de la

standardisation
Responsable des consultations terminologiques

Responsable de l’homologation terminologique

Responsable de la formation terminologique

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Au total : Sur le plan des ressources humaines le centre fonctionnera avec : - 15 terminologues - 2 secrétaires trilingues - 1 documentaliste - 4 agents de saisie - 1 administrateur de système - 2 agents pour scanner - 1 responsable de publications - 5 agents d’administration - 2 chauffeurs

Il s’agit là de l’idéal. Un tel centre nécessite de gros moyens à mettre en place progressivement. Dans un premier temps, il suffit de disposer de : 1- Deux grandes salles avec deux scanners, quatre micro-ordinateurs, Deux imprimantes 2- Une salle de bibliothèque contenant les dictionnaires de référence 3- Un véhicule léger 4- Deux terminologues permanents 5- Quatre agents d’administration 6- Un chauffeur De nombreux travaux pourront être confiés à des spécialistes sous forme de vacations Ce mini-centre constituera la première pièce du puzzle à construire progressivement. 6.3-En résumé : Ce centre aura : 1-Pour objectif général : -La planification et la coordination générale des activités terminologiques du domaine amazigh -La recherche, le stockage et la diffusion. Adapter la langue amazighe à l’expression de la modernité scientifique et technique.

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-Fournir aux amazighophones les outils d’expression dont ils ont besoin dans les domaines nouveaux, notamment les sciences et techniques. 2- Pour objectifs spécifiques : -La planification et la coordination de la recherche terminologique -L’organisation et la révision des termes amazighes ainsi que la question de la standardisation -Le maintien et l’actualisation de la banque de données terminologiques en tamazight et ses équivalents d’autres langues. -La constitution et l’actualisation d’un fond documentaire d’intérêt terminologique et une banque de données documentaires. -Trouver l’information terminologique pour enrichir la banque de données, assurer la consultation et la publication diverse. -Etablir des critères méthodologiques pour l’élaboration des travaux terminologiques -Contribuer à l’harmonisation des terminologies nouvelles et favoriser leur implantation au sein de l’amazighophonie. -Participer à la formation de spécialistes en terminologie. -Etablir des relations de coopération avec des organisations similaires qui traitent de la langue amazigh mais aussi avec des organismes nationaux et internationaux de terminologie. 7-Ce centre assurera les services suivants : 7.1-L’organisation et la direction des projets et travaux de recherche terminologique. 7.2-L’assistance méthodologique pour l’élaboration de dictionnaire et vocabulaires spécialisés. 7.3-La révision terminologiques des dictionnaires et vocabulaires spécialisés. 7.4- La normalisation formelle des néologismes amazighes - 63 -

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7.5-L’organisation de la normalisation conceptuelle des terminologies. 7.6-L’assistance terminologique pour la rédaction et la traduction de textes technico-scientifiques. 7.7-Les réponses aux consultations terminologiques ponctuelles. 7.8-L’assistance sur les critères linguistiques qui régissent la terminologie. 7.9-L’information bibliographique et documentaire d’intérêt terminologique. 7.10-L’information sur les travaux de recherche en cours d’élaboration. 7.11-L’information générale sut les activités terminologiques d’ampleur nationale ou internationale. 7.12-L’organisation de programmes et d’activités de formation en terminologie. 8-L’ampleur de la tache nous amène à choisir des axes prioritaires pour régler des problèmes d’urgence : 8.1-L’établissement d’inventaires des travaux de terminologie. 8.2-L’élaboration et la publication d’ouvrages terminologiques. 8.3- La tenue de séminaires de terminologie 8.4- La publication d’une revue périodique de terminologie. Le domaine des priorités s’élargira au fur et à mesure que le centre se développera et que se constituera un réseau d’organismes ayant le même objet social. Afin de rendre plus efficace la planification de ses activités le centre Terama doit se fixer un certain nombre de programmes correspondant à ses divers objectifs et dans lesquels les activités et les projets peuvent être structurés. 1- Travaux terminologiques : Ce programme est consacré au traitement et à la diffusion des terminologies. - 64 -

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-Activités et projets : -Production de dictionnaires terminologiques : L’élaboration de dictionnaire terminologique doit être une activité de démarrage. Le centre doit avoir une politique d’édition qui décrit le type d’ouvrages qu’il compte publier et qui définit les critères de qualité. La publication des dictionnaires n’est pas forcément centralisée. D’autres organismes parrainés par terama peuvent également le faire sur la base de principes directeurs. Dans tous les cas, avant toute publication le comité d’homologation de Terama doit donner son aval. -Veille Néologique : Ce projet vise la collecte et la mise en commun des matériaux néologiques nécessaire à la mise à jour des dictionnaires et des banques terminologiques. Pour cela, terama doit mettre sur pied un groupe de travail sur la veille néologique. Ce groupe se doit d’élaborer un système d’échange électronique de données néologiques. 2-Diffusion et information : -Activités et projets : Inventaires des travaux terminologiques : La diffusion la plus large possible de l’inventaire des travaux publiés et des travaux en cours est absolument essentielle pour la rationalisation des travaux, pour l’harmonisation des terminologies et pour l’implantation. -Revue Terminologies Nouvelles Cette revue sera consacrée à la terminologie et à son aménagement. Elle est importante pour la diffusion des connaissances et des résultats de la recherche et pour la diffusion de l’information professionnelle indispensable à l’élaboration des terminologies, à l’enseignement de la terminologie et à la formation permanente des terminologues. Cette revue servira également de moyen permanent de liaison avec le milieu professionnel de la terminologie au niveau national et international. - 65 -

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Cette revue sera dotée d’un comité scientifique chargé de l’orientation du contenu et de la sélection d’articles à publier. Bi-annuelle, elle ouvrira ses pages à tous les théoriciens et praticiens de la terminologie. Pour garantir une large diffusion, cette revue doit être distribuée gratuitement. -Bibliographie de la néologie La constitution et la diffusion d’une bibliographie de la néologie constituent un apport important à la réalisation des objectifs de Terama (formation et diffusion). 3- Formation : -Formation fondamentale (initiation à la terminologie et l’aménagement linguistique). -Perfectionnement et approfondissement des connaissances pour des terminologues d’expérience associées à des projets terminologiques en cours ou pour des gestionnaires de programmes de développement terminologique. -Formation continue des terminologues des modules de

Terama.
-Activités et projets : A signaler la nécessité de faire une enquête sur les besoins et sur les ressources en formation au sein des différents modules de terama Les résultats de cette enquête conduiront à l’élaboration d’un programme de formation. 4- Recherche fondamentale et appliquée : Tearama sera amenée à participer au développement de la terminologie en tant que domaine d’expérience et de discipline scientifique. Les travaux terminologiques que mènera ce centre doivent s’appuyer sur des principes, des méthodes et des outils sans cesse mis à jour. Terama doit avoir accès à des technologies qui permettent des gains de productivité et une systématisation des travaux. Il doit donc y avoir deux volets de recherche : - 66 -

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-Recherche théorique et méthodologique en terminologie -Recherche et développement de technologies d’appoint pour les travaux terminologiques. -Activités et projets : Divers moyens peuvent être mis en œuvre pour réaliser ce programme de recherche : a- Recherche méthodologique : -Séminaires théoriques et méthodologiques organisé par Terama éventuellement avec d’autres organismes terminologiques. -Projets de recherche particuliers sur différents aspects de la néologie et de la terminologie -Colloques internationaux sur de grands thèmes liés aux besoins du développement terminologique. b- Recherche terminologique : Projets de recherche-développement sur les outils informatiques pour le travail terminologique. Pour assurer la mise en œuvre de ces projets il sera nécessaire de créer un Groupe de travail en terminologie. 5-Concrètement : Un certain nombre de taches sont de réalisation urgente. Il faut, prioritairement, commencer par : 5.1- Réaliser une bibliographie exhaustif de toute la production en langue amazighe 5.2- Récupérer et stocker au niveau de la bibliothèque tous les titres 5.3- Scanner ces titres pour un stockage électronique 5.4- Disposer d’un logiciel d’indexation pour retrouver les termes sans difficulté. 5.5- Disposer d’un logiciel de reconnaissance de l’écriture pour pouvoir travailler sur le texte. 5.6- Saisir tous les documents manuscrits y compris et surtout les dictionnaires. 5.7- Programmer des projets à confier aux linguistes dans le cadre du consulting, notamment : -Vocabulaire scolaire - 67 -

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-Vocabulaire administratif -Vocabulaire juridique -Vocabulaire courant : épicier, boucher, boulanger... -Vocabulaire lié à l’environnement : nature, urbanisme… -Vocabulaire utilisé dans un domicile : ustensiles de cuisine, meubles… 5.8- Proposer des projets plus conceptuels dans le cadre du consulting tel que le vocabulaire d’enseignement des différentes matières du primaire, du secondaire et de l’université. Proposer spécialement, un vocabulaire pouvant permettre d’enseigner en tamazight et non pas d’enseigner le tamazight. 5.9- Procéder à une évaluation -En évaluant le rôle des organismes d’intervention, de leur composition, de leurs activités -En évaluant l’implantation des décisions proprement linguistiques (implantation terminologique par exemple) -En étudiant les changements linguistiques en cours du point de vue microsociolinguistique. Autrement dit, la recherche doit être guidée un besoin pragmatique immédiat. Cela n’empêchera pas de mener parallèlement des axes de recherche dans les domaines plus spécialisés tels que les techniques et la science.

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XII- CONCLUSION GENERALE La question de la modernisation du berbère c’est à dire de la création terminologique est à aborder d’un double point de vue : celui de la linguistique et celui de la sociolinguistique. En effet, la néologie n’est pas seulement le domaine du technicien de la langue. Tout nouveau terme est chargé, consciemment ou non, d’un contenu affectif y compris les emprunts. La création se fait toujours dans la douleur, deux pulsions contraires sont en présence permanente : l’une voulant «sauvegarder» la langue en évitant au maximum les emprunts, l’autre voulant s’inscrire dans le champs universel et donc favorisant l’emprunt (souvent en masse). Le cas de l’Académie basque est, en ce sens, édifiant, après la période des «puristes» est venue celle des greco-latinistes». Aujourd’hui, les académiciens réalisent qu’ils ont trop emprunté et la tendance est de nouveau de faire appel au génie propre à la langue basque pour la création lexicale. C’est dire qu’il faut trouver une voie médiane entre le purisme excessif des militants activistes et les emprunts massifs des «universalistes ». Il est vrai que ce deuxième courant n’est pour le moment pas significatif, jusque là, le touareg a joué le rôle du latin et du grec des langues européennes. Ceci dit, du point de vue de la lexicologie générale, le berbère a côtoyé, depuis trois millénaires, plusieurs langues dominantes et qui ont été, de fait, pourvoyeuses d’emprunts aujourd’hui méconnaissables, donc parfaitement intégrés. L’idéologie se trouve dans le choix des termes, aussi bien au niveau des médias lourds qu’au niveau de la presse et de la jeune littérature berbère. Les textes, dans leurs majorités ont été épurés des mots étrangers. L’apprentissage de ces termes nouveaux se fait le plus souvent par osmose ; il s’agit d’un apprentissage passif ou le mot est sans cesse ressassé dans les interventions publiques des militants. Cette attitude, à travers le lexique, vise à construire et à stabiliser une identité nouvellement définie : l’identité berbère. - 69 -

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Dès le début du siècle, avec Boulifa, émergea une conscience linguistique avec un besoin d’individuation de la langue berbère qui donna naissance aux premiers pas dans le passage à l’écrit. Cette période était, en effet, la réponse de l’autochtone au berbérisant français. Il s’agissait d’afficher son identité propre. La deuxième grande période accorde une place à un début de normalisation linguistique. Cette étape est celle de la création néologique qui vise à chasser les mots étrangers et à les remplacer par des mots «purs» issus pour la plupart du touareg, considéré comme «réservoir lexical ». Cette tendance pan-berbère est sous-tendue, en fait, par une volonté implicite de retrouver le «pays mythique » : la Berbérie historique. Aujourd’hui la néologie, (encore peu importante), charrie déjà des problèmes liés à la compréhension. Le discours est souvent construit à l’aide de l’amawal avec pour résultat un texte obscur et imperméable à la bonne réception. La diffusion de ces nouveaux termes est d’autant plus lente que la production culturelle berbère (non prise en charge par les institutions étatiques) est pauvre. Il faut noter aussi que la néologie a surtout touché les domaine qui ne sont pas spécialement les secteurs de préoccupation quotidienne des populations (termes techniques, vocabulaires juridiques, lexique des sciences de l’éducation...). Tout se passe comme s’il fallait démontrer que le berbère aussi peut être une langue d’élite. De plus, des individus ou groupes auto-constitués se sont engagés, souvent sans aucune formation préalable, dans la création lexicale. A tous ces domaines, s’ajoute l’indifférence du locuteur moyen pour qui la priorité est d’abord l’acquisition de la «langue du pain». De nombreux facteurs sont donc en défaveur de l’expansion néologique ; c’est pourquoi, les efforts des «néologues» doivent surtout être orientés vers la création de termes simples, d’usage courant, utilisable dans les médias et lieux publics. Le vocabulaire spécialisé peut, pour encore un temps, rester le domaine de l’emprunt en attendant que le centre de terminologie soit véritablement opérationnel. Il nous semble évident que ce travail purement linguistique n’a de sens que s’il s’inscrit dans un contexte politique favorable car la connaissance officielle de la langue peut mettre en place un - 70 -

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marché d’échange linguistique suffisamment important pour stabiliser et socialiser les néologismes. La langue amazighe a, pour des raisons politiques évidentes, pris un immense retard en matière de modernisation. Avril 80 a été le début d’une revendication linguistique et identitaire soutenue ayant abouti à un certain nombre d’acquis : création de départements amazighes, HCA et enseignement du tamazight, Conseil Supérieur et académie, reconnaissance constitutionnelle du statut de langue nationale. Il s’agit, aujourd’hui, de mettre à profit ces structures et ce statut pour concrétiser des actions à même de développer et de diffuser le tamazight. Cela oblige à mettre des moyens colossaux qui ne peuvent provenir que de l’Etat. Ce n’est, effectivement, que justice que d’appliquer un coefficient de réparation historique. La reconnaissance effective et non plus symbolique permettra une intégration politique des citoyens amazighophones et garantira une stabilité sociale qui tarde à venir.

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BIBLIOGRAPHIE FARJI-HAGUET DEBORA, cours de Terminologie DESS, Jussieu, 2003, Paris. HUMBLEY JOHN et DEPECKER LOÏC, Termcat, Présentation générale, Barcelone, 1995. KROMMER-BENZ et MANU ADRIAN, travail terminologique dans les domaines de spécialité, Troisième symposium d’infoterm, vienne, 12-14 novembre 1991. LOUNAOUCI MOULOUD, Néologie et idéologie, le cas du berbère, HCA, Université de Bejaia, 2006.

TABLE DES MATIERES : AVANT-PROPOS I- INTRODUCTION …………………...………………….. 7 II- LES QUESTIONS QUI SE POSENT ET LES TACHES A REALISER …………………………………………. 8 III- LE CONCEPT DE TERMINOLOGIE ……………………13 IV- LES SUPPORTS TERMINOLOGIQUE …………………. 23 V- DOMAINES, ARBORESCENCES ET NOMENCLATURES.27 VI-LA FICHE TERMINOLOGIQUE ………………………... 30 VII-LES PHASES DU TRAVAIL TERMINOLOGIQUE PONCTUEL ……………………………………………….. 30 VIII- LES PHASES DU TRAVAIL TERMINOLOGIQUE SYSTEMATIQUE……………………………………32 VX- QUELQUES CONSEILS EN MATIERE DE DOMAINES, LIENS ET ARBORESCENCES ………………………………. 45 X- CRITERES LINGUISTIQUES POUR LA TERMINOLOGIE.47 XI- POURQUOI UN CENTRE DE TERMINOLOGIE AMAZIGH ? ………………………………………………. 51 XII- CONCLUSION GENERALE ………………………….. 69 BIBLIOGRAPHIE

Etude réalisée pour le compte du Haut Commissariat à l'Amazighité

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Dépôt Légal : 939-2008 ISBN : 978-9947-865-05-7

Achevé d’imprimer sur les presses de

Les Oliviers
Tizi-ouzou Tel : 026-21-07-19 Fax : 026-21-95-40

Depuis toujours, l'homme s'est essayé à décrire par des mots la réalité qui l'entoure, de décrire puis de classer les éléments qui font son environnement avant d'établir entre eux des corrélations. Pour pouvoir échanger ou commercer avec d'autres communautés il a été amené à étudier, comprendre et comparer les dénominations qui ne sont pas les siennes avec son propre lexique. Ce qui lui a permis d'emprunter des mots ou de les créer pour nommer des objets qui ne font pas partie de son monde. La recherche terminologique est un besoin constant pour toutes les langues. La modernité, la technologie, la recherche scientifique créent continuellement de nouveaux besoins qu'il faut satisfaire La société berbère de tradition orale, si l'on ne tient pas compte des quelques écrits antiques, a un retard lexicologique important à combler. Il y a donc lieu de moderniser la langue et développer son lexique .La recherche terminologique s'avère d'autant plus importante que s'accélèrent les changements sociaux. Mais la création d'un tel centre nécessite des moyens matériels, financiers et humains très importants et l'intervention de l'Etat est quasi-obligatoire. Parmi les réalisations urgentes en matière de normalisation linguistique, la création d'un centre de terminologie est une véritable priorité. Ce centre aura pour tâche de répertorier et regrouper les néologismes déjà existants, de coordonner et d'initier des travaux de recherche terminologiques ainsi que d'assurer la diffusion de nouveaux termes. Il pourrait également, à côté d'une structure spécialisée chargée de l'aménagement, légiférer sur la «valabilité» d'un mot nouvellement créé.

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