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RESUME DE LA RENCONTRE PUBLIQUE SUR L’ENVIRONNEMENT AVEC LES CANDIDATS A L’ELECTION 2014, CIRCONSCRIPTION DES ÎLES-DE-LA-MADELEINE

Tenue au Centre Jos LeBourdais, le 24 mars 2014, à 16h00

Déroulement : Lors de la rencontre organisée par la Société de conservation des Îles-de-la-Madeleine et Attention FragÎles, les candidats, à tour de rôle, avaient une dizaine de minutes pour répondre à la question d’ordre général suivante : « Quelle est la vision de votre parti sur les différents enjeux environnementaux provinciaux et locaux ? » Par la suite, une trentaine de minutes étaient consacrées aux échanges et aux questions en provenance des représentants des organismes. L’ordre des candidats avait été déterminé selon les disponibilités de chacun, de manière à pouvoir entendre les cinq candidats de la circonscription. L’ordre final des rencontres était : 1. Germain Chevarie, Parti Libéral du Québec (PLQ) 2. Jeannine Richard, Parti québécois (PQ) 3. Mario-Michel Jomphe, Coalition Avenir Québec (CAQ) *M. Jomphe s’étant présenté en retard, soit à la toute fin de la période qui lui était attribué, sa présentation a dû être annulée. Nous lui avons proposé de nous faire part de ses propos par écrit et envoi courriel, mais nous n’avons rien reçu. 4. Natalia Porowska, Québec Solidaire (QS) 5. David Boudreau, Option Nationale (ON) *Ne pouvait être présent, réponse par écrit envoyée par courriel et insérée dans le présent compte-rendu.

1. Germain Chevarie (PLQ) Monsieur Chevarie a débuté sa présentation par une brève description de son approche du développement durable, principe qui guide ses opinions sur le plan environnemental. Afin de conjuguer le développement social et le développement économique, il affirme être guidé par un principe de précaution visant à minimiser les risques écologiques. Ayant déjà siégé à l’Assemblée nationale du Québec sous les libéraux de Jean Charest, il a utilisé quelques minutes de son temps afin de rappeler quelques initiatives du dernier gouvernement libéral en matière d’environnement: première loi de protection de l’eau (qui serait maintenant à peaufiner, à bonifier) ; cibles de diminution des gaz à effet de serre de 20% des taux de 1990 ; cibles de protection de 20% du territoire Québécois placé sous le vocable d’aires protégées (ayant mené à l’étude sur l’aire marine protégée aux Îles) ; l’instauration des ÉES (études

environnementales stratégiques) ; stratégie maritime (11 axes d’intervention englobant le golfe et le fleuve Saint-Laurent). Par la suite, il a nommé un certain nombre d’enjeux locaux qu’il compte suivre de près s’il est élu le 7 avril prochain : érosion (protéger l’intégrité de notre territoire) ; gestion des déchets (un grand défi relié à une grande facture) ; protection de la nappe phréatique. Lors de la période de questions/échanges, plusieurs thèmes furent abordés par les participants. Les voici présentés en vrac: Anticosti : Le candidat libéral est contre la façon de procéder du gouvernement péquiste ; il aurait été préférable, selon lui, de tenir un BAPE (Bureau d’audiences publiques en environnement) avant d’explorer le sous-sol d’Anticosti. Old Harry : Dans ce dossier, monsieur Chevarie dit vouloir appliquer le principe de précaution et d’agir avec une extrême prudence. Il considère le golfe comme un grand lac d’une très grande fragilité et rappelle que cette question touche également d’autres partenaires côtiers comme la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve. Avant de prendre une décision dans un sens ou dans l’autre, le Parti libéral souhaite attendre les recommandations de l’ÉES 2 (golfe). Il a terminé sur cette thématique en présentant sa vision du processus éventuel : 1- Terminer toutes les études entamées 2- Création d’un groupe d’experts basé aux Îles afin de déterminer les meilleures pratiques et identifier les risques encourus 3- Établir un devis provincial/local des revenus qui seraient générés et établir clairement le partage local (redevances, fonds de compensation) pour les Îles 4- Création d’un mécanisme indépendant de surveillance basé aux Îles 5- Instauration d’un plan d’intervention et d’un cadre règlementaire adéquat 6- Consultation de la population des Îles-de-la-Madeleine Énergie éolienne : Questionné quant à la volonté libérale dans le dossier des surplus énergétiques actuels et de la filiale de l’éolien au Québec, monsieur Chevarie a affirmé être tout à fait pour l’éolien. Même si le Québec génère actuellement des surplus d’énergie, l’énergie éolienne est une source renouvelable et moins dispendieuse, dans l’absolu, que bien d’autres formes d’énergie. Organismes environnementaux : À la question de l’aide gouvernementale aux organismes environnementaux et à l’abandon de certains programmes par le Parti québécois, le candidat libéral s’est engagé à toujours défendre ces organismes. Bien qu’il n’ait pas eu de chiffres à présenter, il s’est décrit comme un représentant des Îles et de sa population à Québec, non pas un représentant de Québec aux Îles-de-la-Madeleine.

2. Jeannine Richard (PQ) Madame Richard, actuelle députée des Îles-de-la-Madeleine pour le Parti québécois, a pris les premières minutes de son temps pour dresser un bilan des 18 derniers mois du gouvernement Marois : BAPE sur la protection de la nappe phréatique aux Îles (commissaires à l’écoute, compréhension de la particularité des Îles) ; commission sur les enjeux énergétiques du Québec

(arrêt aux Îles obtenu par Mme Richard) ; visite du ministre de l’Environnement et de la ministre des Ressources naturelles aux Îles ; soutien financier envers Attention FragÎles ; l’arrêt de l’exploitation de l’amiante ; fermeture de la centrale Gentilly ; adoption de la nouvelle Loi sur les mines. Par la suite, elle a nommé un certain nombre d’éléments de la plateforme électorale environnementale du PQ : électrification des transports ; cibles de réduction de gaz à effet de serre de 25% d’ici 2025 ; politique nationale de l’eau (mise à jour ; règlement sur l’eau ; loi sur les hydrocarbures). Lors de la période de questions/échanges, plusieurs thèmes furent abordés par les participants. Les voici présentés en vrac: Électrification des transports : Madame Richard a présenté l’électrification des transports comme une des parties majeures de la stratégie du Parti québécois en matière d’environnement. « Pourquoi ne pas utiliser les surplus d’énergie que le Québec génère actuellement afin d’alimenter en « carburant » renouvelable nos transports ». Questionnée quant à l’incohérence de cette stratégie et la récente perte, par la Société de transport de Montréal (STM), du tarif préférentiel d’Hydro-Québec pour alimenter le Métro de Montréal, madame Richard a confirmé qu’un prochain gouvernement du Parti québécois convoquerait la STM à la table de négociation afin de régler ce problème. Énergie éolienne : Tout comme le candidat libéral, la candidate péquiste convient que la production d’énergie éolienne est actuellement un peu coûteuse, mais qu’elle est renouvelable et créatrice d’emplois. Anticosti : Madame Richard se dit à l’aise avec la récente décision du gouvernement Marois d’investir 100 millions de dollars afin d’explorer le sous-sol d’Anticosti. Sous le gouvernement précédent (libéral), le Québec a perdu ses droits sur le sous-sol d’Anticosti ; l’argent investi sert donc à reprendre ces droits perdus et s’assurer d’obtenir les redevances adéquates (60%) en cas d’exploitation. Malgré sa volonté de diminuer la dépendance du Québec envers le pétrole, il est certain que les Québécois l’utiliseront pour encore des décennies. Si le potentiel d’exploitation d’Anticosti se révélait intéressant, le PQ promet la tenue d’un BAPE afin de valider la faisabilité et l’acceptabilité sociale d’une telle entreprise auprès des résidents locaux. Old Harry : D’entrée de jeu, madame Richard affirme qu’elle est personnellement contre cette possible exploitation et se dit inquiète des conséquences possibles. Toutefois, elle se veut la représentante de la population des Îles et sera toujours à la défense de l’opinion majoritaire des Îles ; elle croit donc essentiel de consulter la population dans les prochaines années afin de bien comprendre les sentiments des madelinots. En plus de cette consultation, la candidate péquiste affirme qu’il faut continuer à se documenter sur le golfe, à l’étudier toujours plus profondément : « Comment le remettre en état en cas de catastrophe si nous ne connaissions même pas cet état avant d’exploiter ?... » Oléoduc Enbridge : Sans se dire pour ou contre ce projet d’inversement du flux de l’oléoduc d’Enbridge, madame Richard dit avoir confiance en la commission parlementaire qui s’est penchée sur le sujet dans les derniers mois ; près d’une vingtaine de recommandations ont été produites par les membres de cette commission et elles devront être respectées avant

l’autorisation d’un tel projet. Bien que nous ne soyons jamais à l’abri de tous les risques (le pétrole se promène déjà par train, par bateau, par camion), il faut être vigilants et prudents. Organismes environnementaux : À la question de l’aide gouvernementale aux organismes environnementaux et à l’abandon de certains programmes par le Parti québécois, madame Richard s’est dite surprise et déplore que les organismes visés ne soient pas venus la voir pour travailler à reprendre ces sommes perdues. Elle s’engage à travailler de concert avec les organismes environnementaux qui viendront la voir et à trouver des solutions, des programmes ou des pistes de réflexion avec eux.

4. Natalia Porowska (QS) : Madame Porowska a débuté son intervention par une brève présentation de Québec solidaire et de sa vision en matière d’environnement ; QS est un parti qui se dit féministe et écologique ; qui prône l’économie écologique (prévenir plutôt que guérir) ; qui voit la crise écologique comme une opportunité économique, mais pour qui la croissance n’est pas une fin en soi. Par la suite, la candidate de Québec solidaire a étalé sa stratégie environnementale pour les Îlesde-la-Madeleine. Selon elle, en rationalisant les transports (transport en commun, électrification des transports) et en améliorant l’isolation des résidences des Îles, nous diminuerions de beaucoup notre utilisation de pétrole. De plus, en basant notre alimentation sur des produits locaux, en plus d’encourager et de stimuler l’économie locale, nous réduirions de beaucoup les coûts de nos aliments, tout en diminuant encore plus notre consommation globale de pétrole. Madame Porowska affirme qu’avec les terres disponibles aux Îles, nous pourrions produire entre 90 à 95% de notre alimentation (qui sera, sans aucun doute, dénuée de banane…). Lors de la période de questions/échanges, plusieurs thèmes furent abordés par les participants. Les voici présentés en vrac ci-dessous : Hydrocarbures : Québec solidaire s’oppose à l’exploration et à l’exploitation des hydrocarbures sur le territoire québécois ; son parti est pour l’instauration d’un moratoire complet sur tous les projets de développement pétrolier partout au Québec en attendant d’avoir collectivement fait le tour de la question. À titre personnel, la candidate semble pencher vers une interdiction complète, alors que les revenus qui seraient tirés de l’exploitation des hydrocarbures ne constitueraient que 2-3% du revenu total du Québec. Électrification des transports : En plus de nous permettre de rentabiliser les surplus d’énergie générés en ce moment au Québec, l’électrification des transports, au Québec comme aux Îles, est très possible et nous nous devons de commencer ce processus dès maintenant. Organismes environnementaux : À la question de l’aide gouvernementale aux organismes environnementaux et à l’abandon de certains programmes par le Parti québécois, madame Porowska a affirmé que Québec solidaire place les organismes environnementaux, tout comme les organismes communautaires, au cœur des collectivités. À ce titre, il y a obligation de financement (au moins pour assurer une permanence).

5. David Boudreau (ON) Le candidat d’Option nationale, monsieur David Boudreau, n’ayant pu être parmi nous, nous a fait parvenir par courriel la réponse que nous plaçons ici-bas, dans sa version originale. « Bonjour ! Option Nationale a de nombreuses fois pris position pour la défense de l’environnement. Bien qu’il soit un jeune parti et n’a donc pas encore de position officielle sur tous les enjeux environnementaux, j’aimerais partager avec vous quelques-unes des positions d’ON que je trouvais intéressante. Premièrement, le parti Option Nationale annonce dans sa plateforme qu’il financera massivement la recherche en électrification des transports collectifs et individuels et lancera prioritairement une étude de faisabilité d’un réseau de transport intermodal reliant toutes les régions du Québec, incluant un projet de monorail électrique suspendu. Les objectifs incluent la réduction des émissions de gaz à effet de serre, un aménagement équilibré du territoire ainsi que le développement du tourisme. Option Nationale déclarera également l’eau et les terres agricoles patrimoine national. Leur exploitation et leur préservation devront refléter cette importance, notamment sur le plan des redevances et du soutien au secteur agroalimentaire. Notre parti mise aussi sur une stratégie d’indépendance énergétique et pour y arriver, nous comptons regarder entre autres du côté de l’énergie solaire, de l’hydrogène, de l’énergie éolienne, la biomasse, la géothermie et, tout dépendant des résultats de ces recherches, nous comptons nationaliser les ressources les plus prometteuses, en nous basant principalement sur l’impact environnemental. Pour ce qui est des hydrocarbures, nous imposerons un moratoire complet sur l’exploitation de gaz de schiste. Plus précisément, notre parti s’est déjà positionné contre le forage à Anticosti, mais pas encore sur l’exploitation de pétrole à Old Harry et dans le golfe. Comme j’ai expliqué plus tôt, nous sommes un jeune parti et ce genre de position est prise en congrès, par l’ensemble des membres. À titre personnel, je m’engage cependant à tout mettre en oeuvre afin que le parti se positionne officiellement contre au prochain congrès. L’exploitation de pétrole dans le golfe représente des risques, non seulement pour les Madelinots, mais pour tout le Québec. Notre fleuve n’a pas de frontière et un déversement serait un véritable désastre. Nous en sommes conscients. Merci ! David Boudreau Candidat à Option Nationale »