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Jean EPSTEIN (1897-1953

)

LE

CINÉMA
DU

DIABLE
1947

Un document produit en version numérique dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales" dirigée et fondée par Jean-Marie Tremblay, professeur de sociologie au égep de !icoutimi "ite #eb: !ttp:$$###%uqac%uquebec%ca$&one'($ lassiques)des)sciences)sociales$inde*%!tml Une collection développée en collaboration avec la +ibliot!,que

Jean -pstein, Le Cinéma du diable ./0123

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5aul-6mile-+oulet de l7Université du 8uébec 9 !icoutimi "ite #eb: !ttp:$$bibliot!eque%uqac%uquebec%ca$inde*%!tm

Jean -pstein, Le Cinéma du diable ./0123

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Un document produit en version numérique pour Les lassiques des sciences sociales 9 partir de :

Jean Eps e!n (1897-1953) Le C!n"#a $% $!a&'e (1947)
Une édition électronique réalisée 9 partir du livre de Jean -pstein, Le Cinéma du diable, 5aris, éd% Jacques Melot, /012, 4'' pages%

P(%) *a+!'! e) 'a 'e+ %)e , '-"+)an. n(%s sa% (ns )"/%'!0)e#en %ne '!/ne $-%n pa)a/)ap1e a% s%!2an 3%an$ '-"$! !(n Me'( 2a s!#p'e#en , 'a '!/ne4 5olices de caract,res utilisée : 5our le te*te: Times :e# ;oman, /4 points% 6dition électronique réalisée avec le traitement de te*tes Microsoft <ord 4((/% Mise en page sur papier format L-TT;- .U" letter, =%>77 * //773 6dition complétée le ' novembre 4((4 9 !icoutimi, 8uébec%

Jean -pstein./0123 1 Table des matières Le C!n"#a $% $!a&'e ?ccusation 5ermanence et devenir @orme et mouvement Le péc!é contre la raison : le film contre le livre Le péc!é contre la raison : lAimage contre le mot La langue de la grande révolte Buerre 9 lAabsolu -spaces mouvants Temps flottants LAanti-univers 9 temps contraire auses ballantes 5luralité du temps et multiplication du réel LA!érésie moniste LA!érésie pant!éiste Le doute sur la personne 5oésie et morale des "gangsters" ? seconde réalité. Le Cinéma du diable . seconde raison .

res .Jean -pstein./0123 > Le Cinéma du diable pa) Jean Eps e!n (1947) .etour 9 la table des mati. Le Cinéma du diable .

restent des endroits mal famés. presque dégradant. il e*iste des cantons oG le passage d7un cinéma forain suscite l7inquiétude et la réprobation parmi les personnes !onorables% Hl y a mDme de vraies petites villes. pour s7entourer d7un épais ridicule.res -ncore dans les années /0/( 9 /0/>. rares et pauvres.les. aller au cinéma constituait un acte un peu !onteu*.etour 9 la table des mati. soutiennent bruyamment que le cinéma est une école d7abDtissement.cle. puisqu7il a si souvent déF9 été rendu responsable d7autres réussites de l7ingéniosité !umaine K Eiabolique. tant cet !abile a mis 9 profit les maladresses de ses ennemis et de ses fid. sans doute. oG un notable rougirait d7Dtre vu% ? la vérité. dont les cinémas. en ce milieu du **e si. qu7est-ce 9 dire sinon que les fantasmagories de l7écran sont inspirées par le démon pour l7avilissement du genre !umain K 8uoi d7étonnant./0123 C ACCUSATI5N . le fit Feter pour vingt ans au cac!ot L qui e*posa le . 9 l7accomplissement duquel une personne de condition ne se risquait qu7apr. le spectacle cinématograp!ique a. en termes c!rétiens. pressentie par . osent prononcer le nom du Eiable.oger +acon. l7invention de la lunette astronomique. peu de gens. qui. gagné quelques titres de noblesse ou de snobisme% ependant. d7ailleurs. de vice et de crime I Jr. mDme incroyants. Le Cinéma du diable .Jean -pstein. Fusqu7auFourd7!ui. 9 ce que le Eiable puisse Dtre tenu pour l7inspirateur de l7image animée. mDme croyants. comme de l7encre dans laquelle il faut barboter pour atteindre une seic!e% Mais combien de moralistes.s s7Dtre trouvé des préte*tes et forgé des e*cuses% Eepuis.

le fardier de ugnot.Jean -pstein. que 5apin ne put soustraire 9 la furieuse terreur d7un peuple fanatisé L la premi.ves les alc!imistes obscurs. Ouvre impie de l7esprit rebelle% Eans la société primitive. débauc!a une partie des magiciens ort!odo*es pour les engager dans la voie !érétique. l7étude du corps !umain et la médecine. que d7illustres savants accusaient de répandre la peste et la folie L enfin Q pour limiter une énumération qui pourrait Dtre innombrable Q le cinématograp!e% Eans cette mentalité médiévale.s% ?ussi. les plans secrets de Ninci./0123 2 vieillard Balilée au* rigueurs du tribunal ecclésiastique et de la prison L qui fit trembler le prudent opernic Fusqu79 son lit de mort% Eiabolique. le prDtre et le savant ne faisaient d7abord qu7un% 5uis. dont descendent les clairs savants K . l7invention de l7imprimerie. qu7un autre saint brisa 9 coups de bPton L le premier bateau 9 vapeur. dont l7autorité religieuse et le bras séculier s7empress.re de ses connaissances. soit en voulant soumettre la science 9 la religion. puisque l7opinion la plus répandue tient le développement de la culture pour un avantage insigne. rDvant d7une mac!ine pour s7élever dans les airs% ?rtifices du démon. souvent maudite. l7animateur de ce qu7on appelle progr.rent. soit en tentant de les concilier toutes deu* !armonieusement% e fut en vain% La foi a répudié la science L la science a e*clu la foi% -t qui donc. le Eiable apparaRt comme le grand inventeur. fussent-ils l7Ouvre d7un saint.cles. Le Cinéma du diable .res que de pieu* paysans lacéraient de leurs fourc!es L les premiers c!emins de fer. les automates. dont tout n7est pas oublié. de contrMler l7usage pernicieu*% Eiaboliques. interdites sous peine d7e*communication par +oniface NHHH% Eiaboliques.cles non encore révolus. pour les transformer en noirs sorciers qui eurent pour él. le maRtre de la découverte. surnaturelles et naturelles. tandis que la religion figeait sa doctrine en des dogmes peu variables.re automobile. au cours des si. aussitMt et pour de longs si. le Eiable devrait Dtre surtout considéré comme un bienfaiteur de l7!umanité% Mais la foi n7a pas encore pardonné le divorce qui l7a séparée de la science et celle-ci reste suspecte au Fugement des croyants. par l7autorité de la c!ose révélée ou par la subtilité du raisonnement. la science évoluait en formulant des propositions qui s7éloignaient de plus en plus des traditions de la t!éodicée% e désaccord en vint 9 déc!irer l7esprit en deu* parts ennemies% 5ar la force ou par la douceur.res montgolfi. qui subit un sort analogue L les premi. l7outilleur de la civilisation. longtemps l7!omme s7efforSa de reformer l7unité premi. le prince de la science. condamnées par saint ?mbroise L l7anatomie et la dissection.

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8ui, si ce n7est l7ennemi de Eieu, "atan K 5lus précisément, le Eiable se trouve accusé d7avoir continuellement renouvelé l7instrumentation !umaine% Ee fait, les outils ont e*ercé une influence décisive sur cette évolution de la pensée, au cours de laquelle la cosmogonie s7est dressée contre la t!éologie% La r,gle est générale : c!aque fois que l7!omme crée, 9 son idée, un instrument, celui-ci, 9 son tour et 9 sa mani,re, refaSonne la mentalité de son créateur% "i, avec l7aide du Eiable, l7!omme a inventé la lunette astronomique, la lunette, elle, a inventé les images du ciel, qui ont obligé opernic, Balilée, Tepler, :e#ton, Laplace et tant d7autres 9 penser d7une certaine faSon et non d7une autre, selon ces images-l9 et non pas selon d7autres% "ans télescope pour animer et orienter leur intelligence, ces découvreurs n7eussent rien pu découvrir, rien produire de leurs grandes t!éories et nous en serions encore, plus que probablement, 9 imaginer la terre fi*e dans un ine*tricable enc!evDtrement d7astres tournant autour d7elle% ? égalité de nécessité, le mécanisme optique des lentilles et l7organisme intuitif et déductif des !ommes sont intervenus dans l7établissement du syst,me copernicien, des lois de Tepler et de tout un grandiose courant de pensée, qui aboutit au relativisme einsteinien actuel, audel9 duquel il continuera, sans doute, 9 s7épanouir% e mouvement scientifique et p!ilosop!ique Q l7un des plus importants dans l7!istoire de la culture Q est principalement nourri et dirigé par les apparences, sans cesse renouvelées, que, depuis le *ve si,cle, les lunettes recueillent dans l7univers périp!érique, astronomique% et effort vise 9 e*plorer le domaine de l7infiniment grand, et il a donné naissance 9 une vaste métap!ysique qu7il faut appeler p!ilosop!ie de la lunette, car ce sont des instruments de ce genre télescopique et macroscopique, qui y Fouent le rMle d7opérateurs primordiau*% ?insi, l7immense, l7immesurable différence qu7il y a Q d7un certain point de vue, embrassant une &one tr,s étendue de l7esprit Q entre les états de développement p!ilosop!ique, religieu* et psyc!ologique général d7un contemporain de 5tolémée et d7un contemporain d7-instein a, pour source, l7e*istence et l7usage d7un instrument% Un second grand ensemble de doctrines scientifiques et p!ilosop!iques est dU 9 un autre type Q microscopique Q d7instrumentation% "ans microscope, par e*emple, il n7y aurait probablement pas eu de microbes ni de t!éories microbiennes L pas de t!érapeutique, pas de gloire pasteuriennes% L9 encore, des

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lentilles fournissent, c7est-9-dire fabriquent, des images, les c!oisissent pour les rendre visibles dans l7invisible, les séparent de ce qui va rester inconnaissable, les él,vent soudain, de la nonapparence, du non-Dtre, au rang de réalités sensibles% -t cette premi,re sélection dont dépend tout le développement ultérieur de la pensée, c7est l7instrument seul qui l7op,re selon le seul arbitraire de ses affinités et de ses réceptivités particuli,res% Tel grossissement et tel colorant font apparaRtre dans la préparation telle forme d7oG germera telle conception nouvelle% "i l7observateur ne disposait ni de ce grossissement ni de ce colorant, la forme que ceu*-ci tirent de l7amorp!e, ne serait Famais promue 9 l7e*istence, ni sa t!éorie% -t, si on se sert d7un autre grossissement et d7un autre colorant, ils dessinent une apparence différente, qui donne une autre médecine, peut-Dtre d7autres guérisons% L7instrumentation qui se laisse ensuite plus ou moins diriger, mais qui, dans sa premi,re réalisation, est d7un empirisme tout 9 fait aléatoire, commande 9 la pensée par les données qu7elle lui propose ou qu7elle ne lui propose pas% Le courant idéologique, issu de l7inspection du microcosme, s7est développé plus tardivement mais avec une rapidité prodigieuse, pour donner auFourd7!ui la p!ysique quantique et la mécanique ondulatoire, syst,mes qui, longtemps encore, manifesteront leur force d7e*pansion% e mouvement de pensée reSoit son impulsion et son orientation premi,re des aspects continuellement renouvelés, que microscopes, ultramicroscopes, !ypermicroscopes électroniques, spectroscopes, etc%, puisent, depuis 9 peine cent ans, dans l7univers que l7on peut appeler central : cellulaire et nucléaire, moléculaire et atomique% Hci, le but est la découverte du domaine de l7infiniment petit, et, de cette e*ploration en profondeur, sont nées de multiples spéculations, biologiques et ultrap!ysiques, qui constituent le groupe de ce qu7on doit nommer les p!ilosop!ies de la loupe, parce qu7elles se servent de ce type d7instrument comme opérateur principal% Hl y a une !iérarc!ie dans le monde des mac!ines% Toutes ne sont pas des instruments-clés comme ceu* de l7optique approc!ante ou grossissante, dont l7influence a stimulé et transformé toute la vie des idées% Mais il n7e*iste pas d7outil, si !umble soit-il, dont l7emploi n7ait 9 la longue marqué plus ou moins notre mentalité et nos mOurs% Hl n7y a aucun doute sur ce que l7instrument cinématograp!ique, lui aussi, remod,le l7esprit qui l7a conSu% La question qui peut se poser, c7est seulement de savoir si, dans ce cas, la réaction de la créature sur le créateur poss,de une qualité et une ampleur qui Fustifient qu7on y soupSonne une participation 9

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l7Ouvre démoniaque perpétuellement opposée au* permanences traditionnelles% Hci, il ne s7agit pas seulement de cette diablerie superficielle, qui n7a rien de spécifiquement cinématograp!ique et que dénoncent les accusations d7immoralité contre tel ou tel film interdit au* moins de sei&e ans% Le véritable proc,s de l7image animée introduit des probl,mes d7une portée plus générale% Le cinématograp!e est-il de cette classe d7appareils, d7opérateurs qui, comme la lunette et le microscope, découvrent, dans l7univers, de vastes !ori&ons originau*, dont, sans ces mécanismes, nous ne connaRtrions rien K "e trouve-t-il capable de mettre 9 la portée de nos perceptions, des domaines Fusque-l9 ine*plorés K es représentations nouvelles ontelles pour destin de devenir la source d7un si large et profond courant intellectuel qu7il puisse modifier tout le climat, dans lequel se meut la pensée K qu7il puisse mériter le nom de p!ilosop!ie du cinématograp!e K -nfin, cette p!ilosop!ie, si réellement l7écran l7annonce, est-elle de cette lignée antidogmatique, révolutionnaire et libertaire, diabolique en un mot, dans laquelle s7inscrivent les p!ilosop!ies de la lunette et de la loupe K Les réponses 9 ces questions n7apparaissent pas avec évidence, alors que le cinématograp!e n7a encore que cinquante ans d7Pge et que ce demi-si,cle de vie, il l7a, en un sens, au* trois quarts gaspillé 9 faire l7amuseur public, 9 ne se croire qu7un art du spectacle, 9 doubler le roman et le t!éPtre, 9 devenir une industrie et un commerce, en négligeant de développer, voire seulement de connaRtre, toutes ses autres facultés moins lucratives% e fard doré, cette émouvante éloquence du V septi,me art W ne sont cependant pas parvenus 9 masquer enti,rement quelques signes qui nous avertissent de ce que les fantMmes de l7écran ont peut-Dtre 9 nous apprendre aussi autre c!ose que leurs fables de rires et de larmes : une nouvelle conception de l7univers et de nouveau* myst,res dans l7Pme% La réprobation des professionnels de la vertu, petitement scandalisés, traduit, dans le style de la morale courante, une immense inquiétude de tr,s vieille souc!e mais qui ne sait plus e*primer toute sa signification% 8uelques-uns de ces tenants de l7ordre présent savent pourtant que leur frémissement de peur et d7indignation, ils ne l7éprouvent pas seulement 9 cause d7une image ric!ement sensuelle% Leur crainte vient de plus loin et embrasse davantage : elle devine le monstre de nouveauté, de création, c!argé de toute l7!érésie transformiste du continuel devenir% Juvrons le proc,s% Le cinématograp!e plaide coupable%

pense-t-on couramment.re et la plus nécessaire classification des p!énom.s difficile 9 définir avec précision. entre son !aut et son bas. semblent d7autant plus volontiers gratuites qu7en fait. sont deu* myt!es corollaires% ela ne signifie pas que le Eiable et Eieu ne correspondent 9 aucune réalité% La fée 6lectricité. la premi. sa gauc!e et sa droite. quand. pour un grand nombre d7esp.ces botaniques. que fit et que ne . sous peine de ne se savoir vivre% MDme un cristal se montre capable d7effectuer ce c!oi*. sur celle-ci.re et les tén.res Mais. et. au*quels on ne refuse pourtant pas une valeur d7e*istence réelle. pour les aFouter 9 sa personne. la lumi. ceu* du bien se trouveraient du cMté de la clarté. élémentaire et capitale.etour 9 la table des mati.dent d7une réalité beaucoup plus touffue. que tout Dtre doit pouvoir accomplir.Jean -pstein. dans une solution. on s7accorde d7autant mieu* qu7elle se présente sous des aspects moins divers et moins compliqués% 5ar contre. le sec et l7!umide. les molécules de mDme nature que la sienne. il rassemble. surabondante et. parmi lesquelles sa forme pourrait s7anéantir% Un végétal réalise des discernements plus nombreu* et mieu* apparents.nes. le c!érubin ?mour. etc%.aison. déF9. tr. c7est-9-dire favorables. Le Cinéma du diable . sont aussi des myt!es. e*trDmement comple*e. la déesse . les figures allégoriques qui proc. en les séparant des molécules d7eau. qu7est-ce que le Eiable dont le cinématograp!e serait un instrument K Eieu et Eiable. le !eval-Napeur. et ceu* du mal./0123 // PE6MANENCE ET DE7ENI6 . elles plongent plus profondément et plus largement leurs racines dans le monde des p!énom.bres% "i les plantes élisaient des dieu*. mais de faSon analogue.nes% La différence entre ce qui lui est utile et ce qui lui est nuisible constitue l7opération d7intelligence. du cMté de l7ombre% ?vec plus de subtilité. d7abord. par conséquent.

dans ce polyt!éisme qui n7ose pas s7avouer tel et qu7on appelle c!ristianisme. Le Cinéma du diable . du repos assouvi et équilibré de l7univers. impérativement sinon clairement. bien qu7il se prétendRt monot!éiste et encore qu7il ne postulPt pas . pour atténuer les responsabilités du créateur dans l7inconstance du sort !umain% E. dont le personnel divin ou subdivin comprend généralement deu* groupes de figures. qui e*igeaient. n7en était pas moins resté profondément imprégné de la conception dualiste de l7univers. de la permanence !umaine% Le FudaXsme lui-mDme. c!acun.tout au moins 9 l7époque biblique3 une essentielle bonté dans le caract. dans ce que celui-ci croit posséder de parac!evé et qui se refuse 9 évoluer davantage% Eans cette gnose tr. démontrées% 5lus généreu* encore envers "atan. se montra ?ugustin qui. apparaissent avec tous leurs caract.s comple*e. du déséquilibre moteur des p!énom.res essentiels : "atan. c!amp de bataille entre deu* suprDmes forces adverses% . la nécessité d7une indignité !umaine préalable et générale. opposé 9 Jé!ova!. c7est le novateur.nes. lorsque le primitif commenSa 9 se soucier de vouloir s7e*pliquer l7ine*plicable. les unes amies. n7a pu se passer d7admettre "atan.s.Jean -pstein./0123 /4 fera Famais l7!omme.vres 9 la foi de Man. le gardien de l7ordre établi. celui-ci comportait deu* catégories : l7ine*plicable bon et l7ine*plicable mauvais. pour avoir renoncé des l. le Eiable a été amené 9 Fouer un rMle bien plus considérable que dans le FudaXsme% Le premier. qui FustifiPt la rédemption% omme cet avilissement de la créature ne pouvait Dtre l7Ouvre d7un créateur devenu parfaitement bon. le conservateur. le dualisme qui apparaRt plus ou moins nettement dans la presque totalité des religions. le manic!éisme . le libertaire L Jé!ova!. du désir. de l7instabilité et de l7énergie de tout ce qui devient% Eieu interdit et punit au nom d7une autre force : celle d7inertie. sa solution% Ee l9.s leur premi. le révolutionnaire. les autres ennemies de la conservation de l7individu. l7agent d7un pouvoir qui se prétend absolu% Le tentateur plaide en faveur du mouvement perpétuel de la nature qui touFours e*ige autre c!ose et plus que ce qu7elle a L au nom de la faim. il fallait y voir l7opération du Eiable dont l7e*istence et l7importance se trouvaient.eFeton de la grande religion ma&déenne. celle de la masse statique.re de sa divinité principale. les deu* antagonistes. autour du fruit de l7acceptation défendue.re confrontation dans la Ben. les divise en dangereu* et en profitables% -t. de la soif.se. du coup. 5aul de Tarse e*posa. Eieu et l7autre.

de précises. tandis que le dieu du bien. son besoin d7interroger. reprenait le grand t!. le Eiable. innombrable et un. celle-ci. auquel il apportait sa retentissante mais imparfaite conversion% Eésormais le Eiable fut partout : dans la beauté d7un paysage. la c!air formait un territoire diabolique. le seul Feu toléré de l7esprit devint la scolastique% E7ailleurs. l7!orreur des Fouissances c!arnelles. dans le talent d7un artiste.me pant!éiste de l7?ntiquité% Le naturel intérieur était condamné également. qui allait pouvoir abondamment servir aussi des fins !érétiques% Nint Eescartes avec son slogan orgueilleu* : la raison a touFours raison% e cri ne fut pas sans paraRtre d7abord suspect au* t!éologiens et. oG fermentaient le doute et la révolte% La religion n7autorisait l7e*ercice de la vie. dans l7agrément d7un entretien. comme le p!ilosop!e avait bien pris soin de postuler que cette raison raisonnante n7était parfaite que parce qu7elle émanait de Eieu et comme la syllogistique grammaticale s7avérait . agencé par les docteurs de l76glise% "ous la férule de cette autorité. 9 vrai dire. le maRtre du monde matériel. que dans le cadre étroitement délimité par de nombreuses. l7ascétisme effréné. oG s7affrontaient les forces bonnes et mauvaises L il pouvait et il devait s7appliquer en lui-mDme 9 aider Eieu 9 l7emporter finalement sur le Eiable% Ee l9. était le souverain temporel. s7y recrutait des alliés dans le souvenir touFours vivace de cent divinités paXennes% "ous les apparences de ces génies. ubique et protéiforme. que le manic!éen ?ugustin surc!argea le c!ristianisme. un c!amp de bataille. avec sa plét!ore d7instincts tous mauvais. tout empreinte encore de la croyance primitive au pouvoir magique de la parole. d7!umiliantes contraintes% Eieu e*igeait une c!air épurée et comme dévitalisée par les mortifications L de l7intelligence. et l7esprit. dans la petite dualité !umains corps-Pme. de surcroRt. lui aussi. il le leur resta touFours un peu% ependant. n7était pas sans danger et elle préparait 9 la logique cartésienne. Eieu./0123 /' professait que le dieu du mal. son avidité de connaRtre. il reconnaissait seulement ce mouvement qui se pliait 9 ratiociner docilement dans le cercle des propositions. Le Cinéma du diable . dans tout e*ercice profane de n7importe quelle faculté. dans toute curiosité% La nature e*térieure se trouvait interdite. possession e*clusive de "atan qui. dans le confort d7une !abitation. régnait sur le domaine idéal.Jean -pstein. dans toute rec!erc!e. sa profondeur morose. l7activité de la pensée. qui sévissaient parmi les manic!éens les plus distingués% 7est de cette aberration asiatique de l7indignité de la réalité sensible par rapport 9 l7idéal céleste. le Eiable. sur les réalités spirituelles% -n particulier. un fief divin% L7!omme constituait donc.

l7ordre du V grand si. rendue admirable comme elle ne l7avait Famais été. pour s7y installer et s7y adorer elle-mDme% Mais elle ne put régner sans partage. l7!omme y découvrit. renouvela et réussit. 9 une perception de l7Pme des c!oses.si on peut dire3 irrationnelles : les enc!aRnements . par les romantiques. qui est déséquilibre et c!angements perpétuels. par l7orgueil. l7intégralité de la nature !umaine et de la nature tout court se trouva ré!abilitée. de la p!ilosop!ie pseudo-aristotélicienne du Moyen ?ge% "auf 9 respecter l7illogisme des myst.res sacrés. l7esprit de libre e*amen critique. cette fois.gle classique.tement% 5oussée au comble de l7orgueil. répandit dans tous les arts son style guindé% ?u spirituel comme au temporel. légitime successeur./0123 /1 décidément insuffisante dans la pratique de la vie. de toute velléité de s7abaisser 9 une acceptation intégrale de luimDme. la rébellion tentée par le premier couple. d7autres logiques . réputée image et créature de la raison divine. 9 une fraternisation avec la mécanique des bDtes. en mDme temps.gles raisonnables.Jean -pstein. porta au* dogmes des atteintes dont ceu*-ci ne devaient Famais se relever compl. ne pouvait se laisser longtemps imposer. ne fUt-ce qu79 sa surface. qui n7acceptait la nature qu79 condition de l7avoir dénaturée sous un standard de r.cle W semblait avoir maRtrisé le foisonnement confus des aspirations démoniaques 9 la liberté de la rec!erc!e et de l7invention% L7!omme. 9 une foi dans l7unité de la vie universelle% ependant. en se libérant de leur asservissement 9 la r. la religion finit par admettre la logique cartésienne comme un mode ort!odo*e de l7esprit. maniée sans restriction% ?insi. la logique. taillable et corvéable 9 merci% ?insi. divinisée aussi% Jsant d. l7est!étique classique. en faisant éclater la compartimentation qui avait prétendu diviser définitivement l7univers selon une rigoureuse !iérarc!ie des formes% 5ar +ernardin de "aint-5ierre. par l9 séparé de sa propre c!air comme du reste de la création. par . la raison !umaine. le rationalisme put s7épanouir dans tous les domaines.ousseau. de @ontenelle au* encyclopédistes et 9 Noltaire. renia son créateur. la vie profonde. 9 cMté de la logique rationnelle.s lors pénétrer plus profondément dans le myst. c!assa Eieu des autels. issu de l7!umanisme et développé par la réforme protestante. paraissait guéri. les forces du sentiment et de l7instinct prirent leur revanc!e. et élevé au-dessus d7elles. une fi*ité et une régularisation contre nature% Le Eiable eut vite fait d7attaquer les tenants de l7ordre avec leur propre arme. car. dominant partout le sentiment et l7instinct considérés comme la part d7une animalité inférieure et !onteuse. par filiation directe. seul doué de la raison divine. Le Cinéma du diable .re de sa propre vie.

tout un psyc!isme nouveau d7une importance fondamentale et d7une ric!esse inépuisable% Les passions. les associations imagées du rDve et de la rDverie.gle qui endigue le cours aventureu* du développement !umain% TantMt mauvais. tantMt bon.Jean -pstein. ils purent étaler au grand Four. apprivoiser ces monstres abyssau* L les dresser 9 servir la science et l7art% ?insi. dédouanées du préFugé qui les reléguait au rang de maladies coupables. la pensée développait sa pénétration de la nature e*térieure. sur l7action analytique et régulatrice de la claire raison% 5rimauté non seulement Fustifiée des points de vue pratique et est!étique. ce ne fut pas asse& de disséquer Fusqu7au tréfonds le moi pleinement conscient% ?u-dessous. si profondément enracinés dans la pensée qu7ils y font figure d7évidences. un vaste groupe de valeurs multiples% ette double comple*ité ne nous paraRt plus e*actement divisible selon les deu* vieilles catégories du bien et du mal. afin de maintenir la r. la psyc!analyse. cultiver. la victoire du Eiable alla Fusqu79 un renversement des valeurs psyc!ologiques : on reconnut une primauté 9 l7obscur dynamisme du domaine sentimental. la loi./0123 /> du sentiment. mue par le sentiment plus souvent que capable de le gouverner% -nfin. malédictions levées. de l7!érésie triomp!ante% -n mDme temps que cet approfondissement égocentrique. sur des myt!es arc!imillénaires. mais encore admise par la raison elle-mDme. le poids de l7acquis. renouvelait les e*pressions de la tr. quoique 9 contre-cOur. dans la demi-conscience. appelée enfin. le Eiable personnifie l7énergie du . apparurent comme le mouvement normal. la coutume. qui se prétendent inamovibles parce qu7appuyées sur des postulats ancestrau*. auFourd7!ui partout emmDlés% TantMt bon. inséparable de la vie d7une Pme% +ien plus. Le Cinéma du diable .s vieille tendance animiste. des e*plorateurs tout 9 fait impavides se mirent 9 e*!umer un enc!evDtrement d7infernales racines psyc!iques. voire l7e*istentialisme devinrent les représentants actuels de la lignée romantique. le surréalisme. au secours de la foi affaiblie. c!acun. un grouillement de scandaleuses larves de pensées% -t. Eieu est la force de ce qui a été. de données immédiates de la conscience% Eieu est la raison. tantMt mauvais. la volonté conservatrice d7un passé qui entend perdurer. de ce pant!éisme si vivace qu7on en retrouve auFourd7!ui l7!éritage dans les doctrines naturistes et nudistes% -n somme. les symboles Eieu et Eiable représentent. immuable dans le présent et dans l7avenir% Eieu est la tradition.

perfectionnement de la lanterne magique. du devenir% Eans cette puissance ennemie du repos.vement.res 7est un truisme : le cinématograp!e n7est pas auFourd7!ui ce qu7il était !ier ni ce qu7il sera demain L il n7est pas mais il devient sans cesse. les employant tous selon ses besoins et en créant d7inédits. son Ouvre eUt été vouée au non-Dtre. de l7audible dans le non-entendu. de l7aimable dans le non-aimé% 5ar deu* fois. naRt dans le conflit de la permanence et du devenir% E. du compré!ensible dans l7incompris. Eieu proclame qu7il se nomme V Je suis W.re continuellement de lui-mDme% Hl débuta comme Fouet scientifique. l7essentielle mobilité de la vie. de découvrir 9 c!aque fois du visible dans le nonvu. ce qui compte. l7attrait d7un avenir différent et destructeur du passé comme du présent% ette incessante démarc!e vers la nouveauté semble purement anarc!ique. Le Cinéma du diable . car elle ne s7inféode 9 aucun ordre.Jean -pstein. diabolique. c7est de vivre davantage. il s7installa en permanence dans les villes . reconnaissons l7autre principe. c7est-9-dire le mouvement. les reFetant tous quand ils deviennent inutiles ou gDnants. qu7il est V elui qui est W% Hl affirme ainsi qu7il signifie la permanence. mais nul et non avenu% L7e*istence. et il avait déF9 mauvaise réputation : on lui reproc!ait d7abRmer la vue% :éanmoins et bientMt. négatrice de l7ac!. d7une autre source. dans le te*te inspiré. de tout p!énom. mDme celui de la raison% 8u7importe la voie ou l7instrument./0123 /C devenir.s que Eieu prétendit cesser de créer. si elle n7avait continué 9 recevoir la vie. d7éprouver et de connaRtre plus. d7agir.ne% 856ME ET M5U7EMENT .etour 9 la table des mati. il diff. comme amusette de laboratoire% 5uis il fut un p!énom. c7est-9-dire l7action. la variance d7un univers en continuelle transformation. sans laquelle rien ne saurait Dtre% Mais la permanence seule ne nous serait d7aucune réalité% Un univers absolument constant serait un monde non pas mDme mort.ne de foire.

le cinématograp!e pourrait. peu 9 peu. presque inconnues de cette immense foule. c!aque Four. n7aurait pénétré que beaucoup plus lentement. une "ara!. qui permet de découvrir. nécessaire 9 l7essor du nouveau spectacle% "7il y a un reproc!e 9 faire au* Laffitte ainsi qu79 leurs précurseurs et continuateurs. de la gloire de quelques vedettes% ependant. l7utilisation massive du nouveau mode d7e*pression 9 des fins . le cinématograp!e n7aurait sUrement pas atteint si vite une degré de perfectionnement et d7e*pansion. un Mounet. un Four. ou mDme pas du tout encore. que. qui se dégage de la représentation cinématograp!ique des c!oses et qui filtre faiblement 9 travers les aventures d7un Tar&an ou les péripéties d7une intrigue polici. des millions d7!ommes devant les écrans du monde entier. qu7inaugura L’Assassinat du Duc de Guise% 5ourtant.res 5aul et ?ndré Laffitte fond.re.rent alors Le Film d’Art. une . du talent. cette conception initiale de l7art cinématograp!ique se résumait 9 n7Dtre que la caricature muette d7un t!éPtre maladroitement p!otograp!ié% -t certains croient encore utile d7écraser de leur mépris cette classe de films.rent 9 l7écran une bonne partie du répertoire et du personnel des grands t!éPtres parisiens% "ans doute. sans ce succ. c7est d7avoir si bien réussi 9 engager le cinématograp!e dans la voie de son développement comme art spectaculaire. et en de nombreuses bandes. ce fut en /0(= que le cinématograp!e osa affic!er.s comme divertissement concurrenSant le t!éPtre./0123 /2 pour servir d7amusement au* enfants et 9 leurs bonnes% -n @rance. Le Cinéma du diable .re fois. qui rassemble. c7est parce qu7un Le +argy.re restent Fusqu7auFourd7!ui reléguées dans l7ombre. sans cet épanouissement en une ric!e industrie et un commerce florissant. utilis. sa prétention d7Dtre% un art destiné 9 émouvoir un public normal d7adultes% Les fr.Jean -pstein. 9 peine utilisées.s tout.éFane Q qui savaient d7ailleurs parfaitement le ridicule auquel ils s7e*posaient Q consentirent 9 déclamer vainement leurs tirades devant un obFectif sourd et sur un écran muet. l7influence originale que ceu*-ci peuvent e*ercer sur l7intelligence en général% "ans l7attrait dramatique. que toutes les autres facultés de l7instrument mis au point par les fr.te.res Lumi. ces mauvais grands scénaristes de l7?cadémie ont conféré 9 l7art naissant et fourvoyé du cinématograp!e l7aval d7!onorabilité. pour qui les images animées ne sont rien d7autre que le vé!icule de la beauté. le grand public admit qu7apr. la leSon secr. pour la premi. la mentalité !umaine% ?insi. accéder au rang d7art véritable% es mauvais grands acteurs des subventionnés et du boulevard. sous la fonction pseudot!éPtrale des films. reconnaissons que.

. S9 et l9. non pas peut-Dtre e*clusivement. du mouvement : mouvement soit de l7obFet cinématograp!ié. au bout de laquelle. des réalités filmées% 8u7était-ce que cette pureté cinématograp!ique K omme il arrive souvent en mati. un nom finit touFours par créer la c!ose qu7il signifie% -t.s /0/(.re de nouveautés en partie préconSues. avant mDme d7e*ister tout 9 fait.icciotto anudo. et.re dominant. des images% ?insi un cénacle commenSa 9 rDver de V cinéma pur W. quelques années plus tard.gles et au*quelles K La quDte des V cinéastes W se !eurtait l9 au premier des quelques grands myst.res n7ont qu7un temps L ils se déplacent% +ientMt. embellissait% Mais cet embellissement restait une constatation empirique% Les obFectifs le rec!erc!aient au !asard d7une mani. certains observateurs plus sensibles. d7une part. il était clair que méritaient d7Dtre appelés p!otogéniques les aspects des Dtres et des c!oses. distraitement reSues mais mille fois répétées.te . on sut ce qu7elle ne devait pas Dtre% Jn la définit antit!éPtrale et e*tra-littéraire% Jn espérait que. celuici demeurait intact% "ans doute. eurent le mérite de découvrir ils ne savaient encore quelle étrangeté propre./0123 /= 9 la fois spectaculaires et lucratives peut aussi apparaRtre comme une étape nécessaire. digne de ce nom. surent que la p!otogénie dépendait. serait en quelque sorte le lieu géométrique de tout ce qui était V p!otogénique W% "auf qu7on entendait préciser par l9 le caract. dans lesquels cet obFet se trouvait présenté. mais en général et 9 coup sUr. se constituerait de lui-mDme% -n attendant. soit des Feu* de lumi.me art W% Mais. et a pu commencer enfin 9 prendre conscience de leur valeur% E.Jean -pstein. l7instrument est devenu capable de préciser ses révélations. l7esprit s7est trouvé saturé de données. faussement t!éPtral. quelle vertu particuli.me. V septi. les rec!erc!es de cinéma pur devinrent.s% Jn admit que le cinéma.re et d7ombre. les metteurs en sc.re de pDc!e miraculeuse% ? quoi tenait-il K omment se produisait-il K Jbéissaitil 9 des r. libéré de l7assuFettissement 9 la comédie et au roman. qui perSaient 9 peine 9 travers le caract. Le Cinéma du diable .re. avant de connaRtre ce que la c!ose était. on se tira d7embarras par un autre mot que Louis Eelluc n7inventa peut-Dtre pas mais dont il fit le succ. que la reproduction cinématograp!ique mettait en valeur. le cinéma pur se révélerait tout entier. lequel fut baptisé. comme la plus vieille magie l7enseigne. dont le po. d7autre part.ne et opérateurs qui s7intéressaient 9 leur métier.res du cinématograp!e : la p!otogénie% Les myst.re est!étique du probl.

du facteur nouveauté.re qualité est!étique des images 9 l7écran% onFoncture logique. de la révélation de ce qui n7avait Famais encore été vu% Hndication. aussi. les formes fi*es n7intéressent pas le cinématograp!e% -lles ne gagnent rien 9 Dtre représentées 9 l7écran. l7accéléré accuse la gesticulation des végétau*. dans l7impression du beau. 9 moins de se trouver fortement grossies ou rapetissées. le meuble le plus commun. la course et la métamorp!ose des nuages L il rév. sans que disparaisse en mDme temps l7originalité fonci. s7ils y sont montrés au cours d7une continuelle évolution de leurs formes. elles aussi. ni la peinture. le paysage le plus banal. que l7!abitude use.re de ce canon. qui souligne l7importance. ni la p!otograp!ie. le mouvement Q cette apparence que ni le dessin. c7est-9-dire p!otogéniques.gre si constitutionnellement au procédé cinématograp!ique. le décor le plus ordinaire. l7affinité du cinématograp!e pour le mouvement va Fusqu79 découvrir celui-ci l9 oG notre Oil ne sait pas le voir% ?insi. la r. elle découle si directement de la nature mDme du film.re des images animées% La représentation du mouvement est la raison d7Dtre du cinématograp!e.tement. sa faculté maRtresse. Le Cinéma du diable . le développement de l7esprit critique c!e& les spectateurs en vint 9 e*iger que de tels effets fussent Fustifiés logiquement par le découpage% ela n7atteint en rien la généralité de la loi qui fait du mouvement la condition primordiale de la p!otogénie% ?insi. c7est-9-dire d7avoir subi. qui cessent de valoir dans la mesure oG ils ont cessé d7étonner% -n vertu de cette loi des lois. de l7éclairage% 5lus tard. qu7elle ne pourra Famais Dtre abandonnée compl./0123 /0 soit encore de l7obFectif% La p!otogénie apparaissait avant tout comme fonction de la mobilité% Ee fait. que cette évolution résulte de l7action et du déplacement du suFet lui-mDme ou d7un travelling ou d7un panoramique ou enfin de l7intensité.s avoir été appliquée Fusqu79 l7e*c.s pendant quelques années.re ép!ém. ni aucun autre moyen ne peuvent reproduire L que. se trouve auFourd7!ui moins fréquemment employée% :éanmoins.Jean -pstein. le cinématograp!e sait rendre Q constitue Fustement la premi. comme de la plupart des canons est!étiques. seul. des dunes% -n utilisant des rapports suffisants d7accélération sur de longues périodes de temps.le la mobilité des cristau*. sans cesse variée. des glaciers. un rapproc!ement ou un éloignement dans l7espace% +ien mieu*. le film montrerait que rien n7est immobile dans . apr. elle s7int. du caract. l7e*pression fondamentale de son génie% Les aspects stables.gle du mouvement au cinématograp!e. le visage le plus ingrat peuvent devenir intéressants 9 l7écran.

tandis que les éléments instables. nous découvrons un stigmate d7une signification beaucoup moins douteuse : l7indifférence de cet instrument 9 l7égard des apparences qui persistent. des possédés. qui se maintiennent identiques 9 elles-mDmes. le cinématograp!e c!oisissait entre Eieu et le Eiable. vouait d7office le nouvel art au service des forces de transgression et de révolte% . l7équilibre et l7ordre relatifs des précédents. sont ceu* que symbolise le myt!e démoniaque% "inon aveugle. que tout s7y meut et s7y transforme% "ur l7épiderme des sorciers. du moins neutre devant les caract. des !érétiques. et son intérDt sélectif pour tous les aspects mobiles. qui se meuvent plus rapidement dans leur devenir et qui menacent ainsi le repos. la fonction cinématograp!ique se montre donc éminemment favorable 9 l7Ouvre novatrice du démon% -n mDme temps qu7il esquissait sa toute premi. mais e*trDmement encline 9 mettre en valeur tout c!angement. en qualité de r.Jean -pstein. du visqueu*. la p!otogénie. elle devient souvent méconnaissable% Eans notre ordinaire royaume de solides 9 grande stabilité. qui passaient pour prouver l7appartenance d7un !omme 9 "atan% ?u cOur mDme du cinématograp!e. cette prédilection allant Fusqu79 magnifier le mouvement l9 oG il e*istait 9 peine. infiniment et d7abord Q du fait de son pouvoir de faire apparaRtre partout le mouvement% ette mobilisation générale crée un univers oG la forme dominante n7est plus le solide qui régit principalement l7e*périence quotidienne% Le monde de l7écran. relation qui pourrait bien Dtre d7unité. toute évolution. accéléré et ralenti. et prenait parti pour ce dernier% 5uisque s7avérait p!otogénique ce qui bouge. constitue le domaine par e*cellence du malléable. 9 volonté agrandi et rapetissé. ce qui mue.évolutionnaire. elle c!ange. du liquide% :ous apprenons l9 ce que nous ne savions pas tout 9 fait asse& pour n7avoir pas pu suffisamment le voir : la relation directe entre le mouvement et la forme. ce qui vient pour remplacer ce qui va avoir été.re différenciation est!étique parmi les spectacles de la nature.gle fondamentale.s qu7une forme reSoit une modification dans sa faSon de se mouvoir dans l7espace ou dans le temps./0123 4( l7univers. le mouvement Q parce qu7il est une occurrence relativement rare et d7effet généralement faible Q semble distinct de la forme. Le Cinéma du diable .res permanents des c!oses. le cinématograp!e l7est Q essentiellement.ou qui paraissent tels3 sont ceu* qui conditionnent le myt!e divin. dans laquelle il ne se manifeste que par intermittence et . les éléments fi*es de l7univers . Fusqu79 le susciter l9 d7oG on le Fugeait absent% Jr. d7identité% E. les agents de l7Hnquisition rec!erc!aient autrefois des points ou des &ones d7insensibilité.

nécessaire 9 toute connaissance p!ysique% Le cinématograp!e ne tient la forme que pour la forme d7un mouvement% Jr. sans cesse 9 refaire. comme une ancre 9 quoi retenir tout édifice de pensée% "oudain. c!assent sur leur attac!e. perpétuellement mobile. le caract.Jean -pstein.s fut . l7!omme avait l7!abitude de considérer la vie sous un angle de mobilité restreinte% HH accordait beaucoup d7importance rassurante au* quelques points qu7il croyait pouvoir tenir pour morts parmi le remuement des autres. oG la forme. dans la représentation cinématograp!ique. toutes les doctrines de la solidité Q religieuses.nement d7un monde oG le mouvement r. n7est plus qu7une certaine lenteur d7écoulement% Jusqu79 présent. sinon le signe et le moyen de la permanence L qu7est le mouvement sinon le signe et le moyen du devenir% Hl était admis que ces deu* signes opposés. Le Cinéma du diable . en quelques secondes de proFection.res : celle de la forme et celle du mouvement. scientifiques Q déF9 fléc!issent. se trouvent mobilisées par la dérive. entrent en liquidité% LE PÉC9É C5NT6E LA 6AIS5N LE 8ILM C5NT6E LE LI76E . dont la séparation se trouvait Fusqu7ici implicitement posée comme évidence de base.gne en maRtre./0123 4/ sans touFours parvenir 9 la défigurer de faSon visible% ?u contraire. le mouvement paraRt in!érent 9 la forme L il est et il fait la forme. ces deu* moyens ennemis composaient un équilibre instable. comme liquéfiée. qu7elle flotte. p!ilosop!iques.re essentiel du progr.etour 9 la table des mati. S9 et l9. un fragment de documentaire rév.le que l7ancre a dérapé. sa forme% ?insi. qu7elle ne fi*e ni ne peut fi*er rien 9 rien% Jamais l7avertissement d7une catastrop!e ne fut accueilli avec plus de sereine incompré!ension% 5ourtant. et il y avait établi aussi solidement que possible l7idée de forme. elle aussi. un nouvel empirisme Q celui de l7instrument cinématograp!ique Q e*ige la fusion de deu* notions premi. qu7est la forme.res Jusqu79 la fin du muet. qui figurait la condition de l7Dtre% Mais voici que le déséquilibre s7accuse dans l7av.

d7une conception d7intellectuels. les réalisateurs allaient d7instinct 9 la p!otogénie. par e*emple. la maturité ou la sénilité européennes. c!e& les plus grands peintres et c!e& les plus grands musiciens. voulue. c7est-9-dire relativement concr. non plus précieusement élaborées mais comme spontanément surgies de la nature.rent vite une victoire facile au* films d7outre-?tlantique.tes puisqu7elles c!oisissent et assemblent surtout des données sensorielles brutes% Hl reste que la culture de beaucoup la plus répandue dans notre .gle logique% Mais ce sont l9 des cas particuliers. plus saturées de culture. subtile% -n @rance. qui laisse une grande liberté 9 l7intuition et oG le sentiment n7est pas tellement tenu pour inférieur et subordonné 9 la raison L d7autre part. Le Cinéma du diable . et se laissaient porter par elle. caractérisées par l7importance qu7y prend l7activité tr. !umblement soumises 9 la Furisprudence de la déduction raisonnable% :on que toute culture installe obligatoirement dans l7esprit la suprématie de la démarc!e raisonnante% ?insi. d7un cMté et de l7autre de l7Jcéan : d7une part. avanSant au !asard.Jean -pstein. américain. sans trop se soucier de la diriger ni mDme de savoir oG elle les menait% L7empirisme dominait et une surabondante e*périence. la prenaient oG et telle qu7ils la trouvaient. les cultures picturale ou musicale. on connaRt les causes psyc!ologiques Q qui ne sont pas les moindres Q de ces développements inégau* du cinématograp!e./0123 44 l7enric!issement des films en éléments p!otogéniques. la primitivité relative de la mentalité américaine. d7aristocrates de la sensibilité et de la pensée% ?u contraire. de snobs. sa Feunesse pour mieu* dire. selon le Fugement de la maForité mondiale du public% -ntre autres. dédaignait de se constituer une t!éorie% L7immense ric!esse de ces images dynamiques. européen. dont la découverte et la multiplication ne se firent pas partout de la mDme faSon ni au mDme degré% Eans l7ancien monde. dans le nouveau monde. il s7agissait de l7Ouvre d7une élite pour une élite. ont pour dominante l7épanouissement d7une sensibilité peu soumise 9 la r. 9 l7état natif. lente.s spécialisée d7un seul sens% e sont des cultures presque e*clusivement vues et entendues. dans les pays scandinaves. la rec!erc!e du p!otogénique fut surtout consciente. patiemment étudiée. résultant de conditions organiques e*ceptionnelles. et leur démocratique simplicité de signification donn. davantage c!argées de tradition. d7artistes blasés. en ?llemagne.

l7imprimerie qui vulgarise 9 l7e*trDme tous les grap!ismes. Le Cinéma du diable .Jean -pstein. il lui faut touFours raisonner% Les mots.re 9 constituer un langage qui pUt Dtre compris de tous ceu* qui se soumettaient 9 ce code% 5lus cette culture est développée. c7est-9-dire logiques. surtout./0123 4' civilisation est une culture parlée. tout te*te imprimé était. dont celui-ci se dégourdit.rement classique L il est obligé. s7enorgueillit Fusqu79 se croire permises toutes les !ardiesses. c7est-9-dire tout le monde. se codifie davantage lorsque l7écriture fi*e matériellement l7e*pression orale% -nfin. qui contribue immensément au perfectionnement et 9 la complication de la langue. le livre mérita la suspicion. emploient une bonne dou&aine de mots différents pour signifier la neige selon qu7elle est fondante.ces e*actement engrenées% Ee ce mécanisme essentiellement déductif. plus il e*ige de rigoureuse construction logique dans une p!rase plus nombreuse et plus divisée% L7agencement grammatical et synta*ique.s générau* Q les lettres et les mots. plus un vocabulaire devient analytique et général.res permanents et c!acun des attributs variables d7un obFet% Mais.gles universelles. confirme les écrivains et les lecteurs. par e*emple. en mDme temps qu7elle en assure la stabilité. le livre ne peut agir que par la voie fonci.re de la syllogistique. etc%. c7est qu7ils n7ont pas atteint le stade intellectuel oG ils seraient capables de concevoir séparément l7ensemble des caract. il ne peut . de mani. de par sa structure mDme et quelle que pUt Dtre sa signification seconde. les c!iffres et les nombres Q pour désigner indirectement les c!oses par les idées des c!oses% 7est cette culture-l9 qui a profondément rationalisé l7esprit par la nécessité oG elle se trouvait d7ordonner les symboles qu7elle utilisait. de suivre les c!emins de cet ordre mDme% 8uoi que le livre soutienne pour combattre la raison ou pour s7y soustraire. m. imprimée et. selon des r. glacée. dans laquelle les ort!odo*es n7ont pas encore cessé tout 9 fait de le tenir. toutes les témérités% Mais. encore asse& flottant tant qu7il n7est que parlé. dans ses entreprises les plus révolutionnaires. par l9. relativement abstraite puisqu7elle se sert de signes tr. plus sa langue est analytique et abstraite% "i les -squimau*. les p!rases l7e*igent. dans l7!abitude de penser rationnellement et de s7e*primer logiquement% "ans doute. aXeule du rationalisme cartésien et Yantien% ?insi. s7ils ne connaissent pas notre entité : la neige tout court. grammaticales et mat!ématiques. le propagateur de la logique du langage. qui ordonnent la pensée selon leurs pi. écrite. car il servit de vé!icule 9 toutes les !érésies et. se fortifia. s7il attaque l7ordre raisonnable. d7un certain point de vue. poudreuse. il apporta. une surabondance de nourriture 9 l7esprit. d7abord. sans c!oisir entre la% bonne et la mauvaise.

mais. avant que cette évocation soit en pouvoir. comme dans le discours des peuplades primitives.de par séquences qui Fouent le rMle d7alinéas ou de p!rases. ce parall. tr. etc% Mais. malgré toute la variété imaginable d7une série de prises de vues. on ne peut le pousser bien loin L on en sent vite l7ine*actitude. qui ne constitue peut-Dtre pas le mode mental dominant mais qui paraRt le faire parce qu7elle en caractérise l7activité la plus consciente% Le film n7a pas pu s7empDc!er de se laisser un peu couler dans le moule de la raison et il en a déF9 reSu une articulation.Jean -pstein. qui s7adresse 9 l7émotivité du spectateur presque sans avoir besoin d7utiliser . circonstanciels . qu7il représente. l7obFet et de multiples qualités de celui-ci% Malgré le morcellement le plus poussé d7un découpage.s éloigné de l7obFet% ?ussi.s proc!e de la réalité sensible. des images-substantifs. de la c!asse-9-l7élan ou de la c!asse-au-p!oque ou de la c!asse-9-la-baleine. l7image est un symbole. toutefois un symbole tr. une mani. suFets ou compléments directs. l7e*pression cinématograp!ique ne parvient pas 9 standardiser. en une seule image.plans d7action3. élaboré par la raison et. 9 laquelle il correspond. 9 son tour.te que l7image cinématograp!ique se prDte mal 9 la sc!ématisation qui permettrait la classification rigoureuse. il ne s7agit Famais de la c!asse tout court. de mettre en branle le sentiment% ?u contraire. pour émouvoir le lecteur. tandis que le mot constitue un symbole indirect. Le Cinéma du diable . l7artifice% 5our que la comparaison soit valable. ce que ce dernier fait et le résultat de cette activité L le plan-substantif dépeint. les images du film disent volontiers beaucoup de c!oses 9 la fois% La plupart du temps.le. il faut revenir 9 la langue des -squimau*% omme les mots de celle-ci. etc% 7est parce qu7elle reste touFours précisément et ric!ement concr. le plan d7action montre simultanément le suFet. l7image animée forme elle-mDme une représentation déF9 9 demi confectionnée. le mot doit repasser par le relais de cette raison qui l7a fait et qui doit déc!iffrer et assortir logiquement ce signe avant qu7il puisse déclenc!er la représentation de la réalité lointaine.re de grammaire et de synta*e. le découpage proc. naturellement et frustement analogues 9 celles du langage parlé et écrit% ?insi. des images-adFectifs . indirects. nécessaire 9 une arc!itecture logique un peu compliquée% ertes./0123 41 sortir qu7un tissu serré de déductions% Le film n7est pas e*empt de cette logique rationnelle.plans de détail3. 9 abstraire ses éléments% ? l7écran. par elle. d7un seul coup. dans lesquels on pourrait distinguer des images-verbes .les uns et les autres étant des plans statiques3.

en fait. un contrMle beaucoup plus efficace sur les suggestions provenant de la lecture que sur celles qu7apporte le spectacle cinématograp!ique% 8uel que soit le dynamisme sentimental. toute une alg. le film. ont semblé ou prétendu s7affranc!ir de la contrainte raisonnable. en un mot. mDme les écrivains qui. des figures particuli. les représentations fournies par le film. par son impuissance 9 formuler des déductions. se trouve dispensé d7avoir 9 faire appel 9 de laborieuses digestions intellectuelles% ?insi le film et le livre s7opposent% Le te*te ne parle au sentiment qu79 travers le filtre de la raison% Les images de l7écran ne font que glisser sur l7esprit de géométrie pour atteindre aussitMt l7esprit de finesse% La raison se trouve donc en posture d7e*ercer une influence bien plus marquée.res. le livre reste une voie surveillée par la raison. des termes abstraits. que les signes doivent subir avant d7Dtre transformés en conviction c!e& le lecteur% 7est que l7usage de la logique ne% va pas sans celui de la critique. par la pauvreté de sa construction logique.se plus concr.tent et assemblent. e*ige non seulement une sensibilité subtile mais encore une !abileté tec!nique comme celle d7un virtuose des mots croisés% ?u* antipodes de toutes ces ambiguXtés. de surcroRt. l7e*trDme simplicité avec laquelle doit se contenter d7Dtre agencée une séquence de film. selon l7ordre logique. y perdent peu de leur force émouvante et viennent touc!er brutalement la sensibilité du spectateur% ette puissance supérieure de contagion mentale. qui interpr. pour Dtre comprise et éprouvée. une voie sur laquelle l7idée préc. par son incapacité d7abstraire.imbaud au* surréalistes. dont tous les éléments sont. Le Cinéma du diable . pour résoudre les probl. dont un te*te puisse Dtre c!argé.te% 5ar contre. pour en déduire une synt!. abouti seulement 9 compliquer et 9 dissimuler la structure logique de l7e*pression. de . une voie. les dispositions légales la ./0123 4> l7intermédiaire du raisonnement% La p!rase reste un cryptogramme incapable de susciter un état sentimental tant que cette formule n7a pas été traduite en claires données sensibles par des opérations intellectuelles. pour que les signes de l7écran acqui. de sorte qu7il faut mettre en Ouvre toute une mat!ématique grammaticale.Jean -pstein.mes d7une poésie qui.rent leur plein effet d7émotion% -n littérature. une partie de cette énergie se dissipe au cours des opérations logiques.de et gouverne le sentiment. ne nécessite qu7un effort minimum de décryptage et de raFustement. ont. si tant est qu7il soit possible de concevoir l7une de ces facultés comme séparée de l7autre% MDme lorsqu7il tend 9 propager l7irraisonné ou l7irraisonnable.bre synta*ique. classique% E7autre part. parce qu7elles ne sont soumises qu79 un tri logique et critique beaucoup plus sommaire.

une voie sur laquelle la propagation du sentiment l7emporte de vitesse sur la formation de l7idée. dont la scolastique 9 son apogée peut servir d7e*emple et oG le foisonnement des abstractions et des raisonnements étouffe la raison mDme. par le moyen de ses r. somme toute. alors que la presse a été affranc!ie Q en principe tout au moins Q de la tutelle des pouvoirs publics% Le premier aperSu raisonnable de l7image cinématograp!ique est si fugace que la véritable idée.s que le sentiment a déF9 été mis en branle et sous l7influence de celui-ci% MDme s7il répand des convictions qui pourront Dtre ultérieurement confirmées par le raisonnement. proc. une relative stabilité au flu* et au reflu* perpétuels qui agitent le domaine affectif. ratiocinante. une voie peu rationnelle. de stupidité. d7ailleurs.s de l7intellectualisme conduisent 9 une autre forme.gles fi*es.rement en Ouvre des facultés plus anciennes. la loi de .econnaissons que le cinématograp!e est effectivement une école d7irrationalisme.dent directement du démonisme primordial de la p!otogénie du mouvement% Eans la vie de l7Pme. ce qui veut dire plus récemment acquises : le pouvoir d7abstraire. une certaine mesure. on peut conclure que ce rem. c!erc!e 9 imposer un certain ordre. par lui-mDme. romantique% L7invention du cinématograp!e marquera-t-elle. donc fondamentales. de déduire% Le spectacle cinématograp!ique met premi. 9 nouveau. 9 laquelle cette image peut donner naissance. une voie. une date aussi importante que celle de la découverte de l7imprimerie K Jn voit. la lecture développe les qualités considérées comme !autes. le film reste. c7est-9-dire d7aucune vérité% "i le livre a reSu son antidote dans le cinéma. des caract. tandis que le film tend 9 raviver une mentalité plus instinctive% ela semble Fustifier l7opinion de ceu* qui accusent le cinématograp!e d7Dtre une école d7abDtissement% Mais les e*c. Le Cinéma du diable . en tout cas.res démoniaques% eu*-ci. constitue nettement le facteur mental le moins mobile% ?insi. que l7influence du film et celle du livre s7e*ercent en des sens bien différents% Ee l7Pme. ne se produit qu7apr. la raison. de romantisme et qu7il manifeste ainsi. qu7on qualifie de primitives : celles de s7émouvoir et d7induire% Le livre apparaRt comme un agent d7intellectualisation. au* fortes marées et au* furieuses tempDtes qui bouleversent sans cesse le monde des instincts% "7il n7y a pas 9 la prétendre immuable. de classer.Jean -pstein./0123 4C reconnaissent implicitement au cinématograp!e partout oG elles maintiennent une censure des films. dans l7!istoire de la civilisation. la raison. l7éloigne de la réalité au point de ne plus permettre la naissance d7une proposition utile.de était devenu nécessaire% . néanmoins.

les empDc!ait d7e*ercer le nouvel art aussi ingénument que le faisaient leurs concurrents américains. cette audience se sent respectée dans la faiblesse ou la paresse intellectuelle de son immense maForité% -t.etour 9 la table des mati. l7instrument d7une propagande plus efficace que celle de la c!ose imprimée% LE PÉC9É C5NT6E LA 6AIS5N L-IMA:E C5NT6E LE M5T . qui transformaient déF9 le sentier de la découverte en une large voie carrossable% ependant.ival de la lecture. enfin. sentimentale% . parce que l7enseignement qu7apporte le film va droit au cOur. une partie de la production. c7est-9-dire potentiel ne demandant qu79 travailler. cet acquis devient tout de suite passion. qu79 se déc!arger en actes 9 l7imitation de ceu* au spectacle desquels il est né% ?insi le cinématograp!e semble pouvoir devenir. ni les illettrés : car elle ne se limite pas au* usagers de certaines langues ou de certains dialectes L car elle comprend mDme les muets et Fusqu7au* sourds L car elle n7a pas besoin de traducteurs et ne craint pas leurs contresens L car. plus diverse qu7un public de lecteurs. dota d7une originalité remarquable. qu7ils subissaient. notamment en @rance et en ?llemagne% onscients de l7influence littéraire et t!éPtrale.res Le classicisme de leur culture gDnait donc les cinéastes européens.rent pour tPc!e d7e*clure de leurs films tout ce qui pouvait rappeler cet asservissement% ?insi.Jean -pstein./0123 42 p!otogénie laissait déF9 prévoir que toute interprétation rationnelle du monde se prDterait moins 9 la représentation cinématograp!ique que toute conception intuitive. par la réaction qu7elle provoquait c!e& ceu* qui s7efforSaient de la surmonter. parce qu7il ne laisse gu. Le Cinéma du diable . quelques di&aines de films dits d7avant-garde virent le Four . car elle n7e*clut ni les demi-lettrés. des réalisateurs se propos. le spectacle cinématograp!ique n7est assurément pas incapable de la dépasser en influence% Hl s7adresse 9 une audience qui peut Dtre plus nombreuse.re de temps ni d7occasion 9 la critique de le censurer au préalable. cette difficulté. s7il ne l7est déF9. mais révoltés contre elles.

de la fraRc!eur culturelle d7une race tout Fuste formée par de rudes et naXfs pionniers. du romantisme brutal du ranc!. dont l7Ouvre de Briffit! marque l7épanouissement.s différente. de l7adapter 9 la tec!nique cinématograp!ique. l7équilibre. qui ne connaissaient gu. Le Cinéma du diable . s7étaient trouvés avantagés par rapport au* c!erc!eurs européens. raFeunie encore et avivée par la transplantation. par e*emple. la maturité% ? vrai dire. donc. qui ne se sentaient point tellement tenus de respecter un millénaire testament intellectuel. d7une r. les ?méricains e*ploitaient. ni par emprunt 9 d7autres beau* arts.rement de sous-titres L ils tendaient 9 tout e*primer. comprenaient peu notre besoin de nous libérer de cet ordre. Famais la cinématograp!ie américaine ne connut d7avant-garde de cette sorte L Famais elle ne produisit de films 9 caract.re si fortement. sur qui l7!éritage de l7ordre classique pesait moins lourdement. par le seul moyen de l7image animée L ils s7en trouvaient amenés 9 multiplier les virtuosités p!otograp!iques. qui ne possédaient ni liturgie t!éPtrale.res au cinématograp!e. tous peu développés au* 6tats-Unis% es découvreurs qui partaient de la sentimentalité anglo-sa*onne. dont ils avaient l7!abitude d7user% 5ar c!ance. et y incorporer la dose modérée de logique et d7est!étique. purent saisir plus facilement les quelques facultés particuli. d. on a peu su innover% . tout en élevant celle-ci Fusqu79 lui% Mais. une formule tr. tout en y satisfaisant.s /0/>.gle de pensée et d7e*pression.Jean -pstein. sur une vaste éc!elle. si !ypocritement intellectuel L et elle n7accueillit les nMtres que comme des monstres curieu*. d7une est!étique épurée par +oileau. d7une dramaturgie remontant 9 orneille.s raisonnante% E7elle-mDme./0123 4= entre /0/' et /040% Hls se voulaient consacrés e*clusivement au* aspects les plus p!otogéniques des Dtres et des c!oses L ils réduisaient au minimum l7emploi de l7écriture et réussissaient parfois 9 se passer enti. sans estimer qu7il y eUt l9 un effort qui valut d7Dtre repris. poussé davantage% Les réalisateurs d7outre-?tlantique. depuis cette étape et dans cette voie. ni canon artistique. qui n7était née ni par réaction contre une tradition trop faible pour Dtre gDnante. au* @ranSais. Fusque sur le visage des acteurs L et ils rebutaient l7ordinaire indolence du public par des films qui puisaient leur alléguée virginité anticulturelle dans les calculs compliqués d7une érudition tr. les truquages décoratifs. réputée inviolable depuis Naugelas et Eescartes% Les ?méricains. cela suffit 9 constituer un mode et un style d7e*pression. qui traRnaient le lourd bagage d7une r!étorique datant de icéron. les raffinements picturau*. l7obFectif autant que le subFectif.re de formes taboues du langage.

comme cristallisation d7un climat érotique bien déterminé et mDme unique. on ne s7attac!a pas au probl. l9 encore soumis au* !abitudes livresques. malgré son éc!ec. provient des ?méricains. encore auFourd7!ui utilisés. de touc!e. aussi. celles-ci auraient dU étendre considérablement leur pouvoir de signification et. ait été sans intérDt% ?u* 6tats-Unis. et rigoureuse% 5our un familier de l7Ouvre de Boet!e ou de Bounod. de ressusciter des métap!ores et des allégories datant de Noiture ou de Eelavigne% ependant. ce probl.me de la suppression des sous-titres. 9 cMté de tels errements. le mérite d7avoir tout au moins indiqué la voie pouvant conduire 9 l7idéal de la véritable pureté. pendant quelques années encore.dent une e*actitude. comme de lui-mDme.re éminemment concret. d7un destin. qui tendaient vers la qualité purement cinématograp!ique% Hl n7est pas certain que ce mouvement n7eUt pas abouti 9 transformer radicalement la langue de l7écran. s7il n7avait été interrompu par l7invention du film parlant% -n tout cas. ni généraliser.re. ce sont des représentations de sentiments. dont elles étaient marquées% ette e*tension ne pouvait gu. elles-mDmes sentimentales% e qui en résulte en guise de p!ilosop!ie. de toutes les réalisations européennes. certaines images d7un sens métap!ysique spécial% Un obFet. son propre vocabulaire idéal. dépasser le caract. de multiplier et d7étendre le sens d7une image sans la sc!ématiser. déF9. s7abandonnaient 9 la facilité d7employer de vieu* symboles préfabriqués par des littérateurs. de rester particuli. d7un amour. cette poésie poss.s et mDme trop visible dans la plupart des Ouvres des novateurs% eu*ci. pour cela.me resta la pierre d7ac!oppement et. mais ne valait pour aucun autre% ar c7est une loi de la symbolisation cinématograp!ique. Le Cinéma du diable .re Dtre tentée que par la symbolisation qui.Jean -pstein. de l7autonomie compl. les films américains ne prétendant faire e*primer au* images animées que ce que celles-ci s7offraient d7elles-mDmes 9 dire% Mais. le film c!argeait parfois. engagés dans une rec!erc!e plus difficile. tout 9 fait banal en soi. fut tr.s grande maForité des résultats. lequel ne peut s7accorder 9 aucune autre Marguerite ./0123 40 "i la tr. sans abstraire vraiment% La métap!ysique du langage visuel n7est pas tant intellectuelle qu7émotive% e qui y fait fonction d7idées. cet effort garde. d7une espérance. le nom de Marguerite personnifie l7idéal !éroXne de @aust. qui valait pour ce film-l9.te% Les réalisateurs d7avant-garde eussent-ils réussi 9 imposer universellement leur volonté de ne s7e*primer que par images. c7est de la poésie% es représentations émues. parce que sa solution n7y paraissait pas de nécessité pratique. devenait le signe d7une foi. d7une pensée% !aque film pouvait et devait se créer son ordre personnel de conventions. ce n7est pourtant pas que l7effort des réalisateurs européens.

puisque film et rDve constituent. si imparfaite qu7elle soit. mais plus vaste. Le Cinéma du diable . dont la mémoire des rDves. mais tout aussi personnelle% L7analogie entre le langage du film et le discours du rDve ne se limite pas 9 cet élargissement symbolique et sentimental du sens de certaines images% Ee mDme que le film.te. aussi impersonnels que possible.res communs développent et appuient une communauté fondamentale de nature. parents. car elle ne crée pas de signes aussi communs. tr. et dont l7agencement général est soumis 9 une orientation affective% Le film. isole des détails représentatifs. puisqu7il use d7images semblablement c!argées de valences sentimentales. des discours visuels. par e*emple. un étui 9 lunettes en vient 9 signifier grand-m. d7oG on peut conclure que le cinématograp!e doit devenir l7instrument approprié 9 la description de cette vie mentale profonde.re% Ee mDme que le rDve. 9 l7usage d7une alg. des représentations quelconques reSoivent un sens symbolique. annoncent la facilité avec laquelle il lui appartient de traduire la poésie imagée.s différent de leur sens commun pratique et qui constitue une sorte d7idéalisation sentimentale% ?insi. se trouve plus naturellement capable de les assembler selon le syst. celle du rDve ne constitue pas une véritable abstraction. nous donne un asse& bon e*emple% 8uand le sommeil la lib.s particulier. de la langue parlée ou écrite% Toutes les difficultés que le cinéma éprouve 9 e*primer des idées raisonnables. d7Dtre plus lent ou plus rapide que ce dernier% Tous ces caract. en déclenc!ant tout le comple*e affectif Q filial. familial Q attac!é au souvenir d7une personne% omme l7idéalisation du film. le rDve grossit. m. maternel. plus ric!ement définie.re. famille.Jean -pstein.re.re du contrMle de la raison. par ressemblance. tr.me irrationnel de la te*ture onirique. la signification d7une image Fusqu79 une autre signification 9 peine moins concr.bre universelle : elle ne fait que dilater. l7activité de l7Pme ne devient pas anarc!ique L on y découvre encore un ordre qui consiste surtout en associations par contiguXté. que des noms propres% Hl e*iste une étroite parenté entre les faSons dont se forment les valeurs significatives d7un cinégramme et d7une image onirique% Eans le rDve aussi. qui est la métap!ysique du sentiment et de l7instinct% ?insi se confirme la . capable de différer largement du temps de la vie e*térieure. de faSon analogue. que selon la logique de la pensée 9 l7état de veille. le film peut dérouler son temps propre. les produit au premier plan de l7attention qu7ils occupent tout enti. tous deu*. par voie d7associations émouvantes./0123 '( dans le monde entier% Les noms que crée le cinématograp!e ne sont.

res3 qui marquent les tout premiers pas. avec son perpétuel remuement./0123 '/ nature de l7obstacle fondamental. 9 moitié perdu en d7ingrats efforts pour seulement répéter ce que la parole et l7écriture signifiaient facilement. son inquiétant empire d7ombres c!argées de sentiment et d7instinct% e domaine. plus merveilleuse et plus nécessaire peut-Dtre que toute les autres. ses tén. le film s7était e*ercé 9 employer les enc!aRnements du songe et de la rDverie. Un Chien andalou. sa mystérieuse spontanéité. un Four ou l7autre. 9 cMté de la découverte des domaines de l7infiniment grand et de l7infiniment petit. en de!ors de la capacité naturelle de l7instrument. irrationnel. touFours inconnu. qu79 de pi. qui. son symbolisme secret.moins voulus. plus proc!e de la réalité subFective. commence 9 dégrossir% ulture réputée dangereuse pour la raison et la morale. puisqu7elle est puisée dans l7étude du moi affectif.rement les images au* mots. mais il aurait appris 9 saisir. Le Cinéma du diable . plus sinc.re. de l7infiniment sinc. le cinématograp!e Q répétons-le Q apparaRt comme évidemment désigné pour en répandre la connaissance% -t.gne en maRtresse dans ce fief romantique et diabolique. 9 suivre. 9 s7effrayer. plus obscure et plus vraie% Tr. dont les mouvements sont antérieurs 9 toute opération logique ou ét!ique% ulture. ce fut et c7est encore pour beaucoup le laboratoire oG le Eiable distille ses poisons% 5uisque la représentation visuelle r.me d7e*pression d7une e*trDme subtilité. dénaturé.Jean -pstein. comme il est facile de le comprendre. il aurait pu constituer déF9 un syst. que c!acun porte en soi et dont c!acun vient. ses méandres enc!evDtrés. d7une e*traordinaire puissance et d7une ric!e originalité% e langage-l9 ne se serait pas gauc!i. touFours nouveau. pour obliger le cinématograp!e 9 transmettre intégralement la pensée raisonnée% ette voie de fausse utilisation ne pouvait aboutir. 9 publier la fine et mobile trame d7une pensée moins superficielle. d7autre part. au lieu de prétendre 9 imiter les procédés littéraires. instaure la science de l7infiniment !umain.tres résultats% Mais si. vers la révélation 9 l7écran d7une vie intérieure plus profonde. Le Sang d’un o!te3 ou mDme des fragments de films .comme La Coquille et le Clergyman. si cet instrument peut. cependant. timidement faits. que rencontraient les réalisateurs européens dans leurs tentatives pour substituer enti.bres peu pénétrables 9 la conscience et 9 la volonté. en ce qu7elle remonte au* sources de la pensée qui Fuge de toute grandeur et de toute petitesse% "7il est normal que l7!omme éprouve du vertige 9 .s rares sont les films . il doit contribuer de faSon éminente 9 établir et 9 vulgariser une forme de culture presque ignorée Fusqu79 !ier et que la psyc!analyse.

que le bon!eur soit la fin derni. de son efficacité quasi magique. vaut bien que de nouveau* argonautes affrontent la rage d7un dragon imaginaire% "ait-on quelle peut Dtre la puissance directe de signification d7une langue de seules images. Le Cinéma du diable . des inventeurs courageu*. . lui aussi. au lieu d7obéir 9 l7énergie de mouvement. e*empte de la plupart des surc!arges et des dérivations étymologiques. @ranSois +acon et Eescartes.de un sens absolu. obtenues principalement par la suppression du relais de l7abstraction verbale entre la c!ose !ors du suFet et la représentation sensible de la c!ose dans le suFet% ?insi s7annonSaient une e*périence d7une portée incalculable. non plus.ibot et @reud. 9 tort ou 9 raison. et cent autres s7étaient soumis 9 la force d7inertie. destinés 9 marquer prop!ylactiquement le seuil des connaissances nocives% Hci. de mDme qu7il en a ressenti en tentant. une réforme fondamentale de l7intelligence : l7!omme aurait pu . puisées dans une e*trDme fidélité 9 l7obFet.s poss. qui émoussent les langues parlées et écrites depuis trop longtemps K Z9 et l9. s7abandonner 9 la pusillanimité. il n7est pas certain que le progr. avec lequel il n7a peut-Dtre aucun rapport de causalité% Hl n7est pas sUr. comme celle d7une autre toison d7or. qui étouffent. 9 l7appétit d7apprendre et d7acquérir touFours davantage K Le cinématograp!e trouvera-t-il. urie et de +roglie. qui alourdissent. Lut!er et alvin. oG en serait restée cette évolution si Balilée et opernic.re de l7individu ou de l7!umanité% :éanmoins. qui lui assureront la pleine réalisation de son originalité comme moyen de traduire une forme primordiale de pensée par un Fuste procédé d7e*pression K ette conquDte.se est d7une actualité qui se renouvelle 9 c!aque fois que l7!omme s7apprDte 9 cueillir un autre fruit sur l7arbre de la connaissance% "ans doute. se laisser arrDter par de prétendus conseils d7!ygi. des contraintes et des complications grammaticales. pour la premi.ne mentale.Jean -pstein. ni qu7il conduise au bon!eur. 9 la défense d7aller plus loin. nous estimons au plus !aut pri* le développement de l7intelligence et de la civilisation% Jr. des fraudes et des embarras de la r!étorique. reviendrait 9 renoncer 9 une conquDte dont on soupSonne que la valeur doit Dtre proportionnée 9 la rigueur des interdits qui voudraient en barrer le c!emin% L7allégorie de la Ben. il semble puéril de respecter de tels malaises au point de les tenir pour des avertissements providentiels./0123 '4 sonder ses propres abRmes. de saisir l7immensité des gala*ies ou l7infimité des électrons auFourd7!ui. Eiderot et omte. déF9 la nouvelle langue vive a offert les prémices de son e*traordinaire force de conviction.re fois.

ort!odo*e et la novation d7un procédé irrationnel. 9 peine repérée 9 la surface de l7inconscient comme sur une mer nocturne de nuages% "7il paraRt téméraire de préFuger e*actement le c!angement qui aurait pu déF9 se produire ou qui se produira un Four. révolutionnaire. l7!omme e*erSait presque e*clusivement ses facultés psyc!iques conscientes% L7instrument spécifique. le cinématograp!e commenSait 9 promettre de pouvoir le devenir pour le développement d7une culture romantique./0123 '' désapprendre 9 ne penser qu79 travers l7épaisseur et la rigidité des mots.re cartésienne. d7un c!oi* Q qui ne constitue d7ailleurs pas touFours une alternative Q entre la poursuite de la démarc!e raisonnante. comme en rDve. pouvait s7élargir. depuis des millénaires et particuli. menaSait cependant toute la mét!ode rationnelle. sentimentale et intuitive. si peu qu7il ait cultivé le germe de cette révolution mentale. il est légitime de signaler.Jean -pstein.s maintenant. !érétique. de l7esprit de géométrie. entre l7immobilité. d. de ce moment dans l7!istoire de la culture. si précisément proc!es de la réalité que l7intensité de leur action émouvante eUt été partout équivalente 9 celle des obFets et des faits eu*-mDmes% Hl n7est pas e*agéré de dire que le cinéma muet. traditionnelle. 9 Famais instable.rement au cours de l7. 9 inventer. d7un renversement dans l7équilibre. l7impassibilité divines et les ferments démoniaques d7agitation% LA LAN:UE DE LA :6ANDE 6É75LTE . la signification. au moyen d7images visuelles. de l7esprit de finesse% ?insi. selon laquelle. grPce au cinématograp!e. Fusqu7alors mal connue. peu sUre. dans le rapport entre les importances respectives de ces deu* modes d7accroissement intellectuel. s7éclairer. déductive et logique. devant le mouvement continu de la civilisation. oG celle-ci reSoit la possibilité d7une bifurcation. que l7imprimerie a été et continue 9 Dtre pour l7e*pansion de la culture classique. éventuellement capitale. Le Cinéma du diable . s7!abituer 9 concevoir. s7affermir une seconde route.

se-divinité. ac!. est retombé en agonie. auFourd7!ui entrée en décrépitude% ? son tour.res Eepuis +abel. en un sens. ne réussirent Famais qu79 faire figure de monstres. fUt-il . restreintes. qui se manifestent dans tout ensemble !umain un peu nombreu*% Le film apparaRt donc comme le vé!icule des signes les plus aptes 9 Dtre connus de tout un peuple.ve de mourir tout 9 fait dans une rigidité déF9 cadavérique% Le franSais se trouva ensuite élevé 9 une primauté diplomatique. le film. produire un cOur en assemblant des molécules inorganiques% 7est pourquoi aussi tous ceu* qui travaillent 9 une génération linguiste artificielle. mais peut-Dtre tr. prolonger l7e*istence 9 l7usage t!éocratique et scientifique. dont des grammairiens ne peuvent pas plus réaliser la synt!. s7accorde remarquablement avec les facultés psyc!iques particuli.s dissemblable de tout ce qu7on s7en préfigurait% Le latin dont on a pu. les !ommes connaissent le besoin d7une langue qui leur soit commune et ils rDvent de la créer% Un si. déduit difficilement L il ne prouve que par évidence. l7anglais r. celle du sentiment% -lles ne déduisent ni ne critiquent L elles éprouvent. tout d7abord ne la reconnut-on pas. paraissent empiéter sur l7Ouvre du réateur. lui aussi. que les c!imistes ne savent. car les langues sont des formes vivantes. elles agissent% -t. Le Cinéma du diable .se 9 partir des éléments d7un alp!abet.gne commercialement.res et. depuis ce prototype des grands travau*./0123 '1 . ne peut Dtre qu7une mac!ination suspecte d7intentions impies. la langue universelle était née dans le sous-sol d7un café parisien% Eénuée de voi*. s7adressant non pas au* oreilles mais au* yeu*% ?ussi.te. encore présentement. bien qu7elle possédPt le caract.etour 9 la table des mati. que celles-ci sont peu soumises au raisonnement% -lles suivent plus volontiers une autre loi. un temps. inventés de toutes pi.ces. elles induisent.re essentiel. il ne convainc que par amour ou !aine% ?insi.cle ou l7autre. simple et concr. qui lui permettait d7Dtre comprise de toutes les foules : celui de s7e*primer selon la psyc!ologie de ces foules et non selon la raison des individus% L7observation des mentalités collectives montre. elles s7émeuvent. se rendre coupables d7une sorte de l. sans qu7on y eUt pris garde. comme on sait. mais rien n7annonce un déclin plus sUrement qu7un apogée% Le volapuY et l7espéranto. elle balbutiait cependant sur l7écran. en ce qu7elle facilite la coalition des créatures contre leur suprDme maRtre% Jr.Jean -pstein. en effet. comme l7indique l7épisode biblique% Toute tentative des !ommes pour s7entre-comprendre immédiatement sur toute la surface de la terre. un langage universel se constituera donc. l7éloquence du cinématograp!e.

l76glise voit. 9 ce langage direct du regard au cOur. le soutien de tout gouvernement. démocratique parce que diabolique. réalise une démocratie au plein sens étymologique du mot.me diabolique% "ans doute.te. un dieu populaire. pour user du langage parlé. en aiguillant le film sur la voie du parlant qui divisa l7unité du discours cinématograp!ique. voire particuli. le contrerévolutionnaire par e*cellence% Ees milliers de témoignages montrent qu7au Fugement de la maForité des croyants. reste-t-il. la grande révolution franSaise fut une Ouvre essentiellement diabolique% Tout le syst. Le Cinéma du diable .rement bienveillant 9 l7égard des petites gens qui sont le nombre% -t il fut un temps oG. malgré qu7on en puisse avoir. quand celle-ci s7ignore encore ou quand elle en vient 9 se nier elle-mDme% 5ar un travail de termites. dont le besoin devient c!aque Four plus réel et plus pressant% Mais la 5rovidence veillait L elle renouvela 9 temps le coup de +abel. forme !istoriquement premi.ome. la démocratie est devenue un syst. le gendarme suprDme. dans la tra!ison des doublages L le parlant ramena brutalement le r.re le cinématograp!e paraissait prédestiné 9 donner naissance 9 cette langue vraiment universelle. plus que Famais. capitaliste et impérialiste 9 son tour% Eieu. dans la diversité des idiomes. dans le labyrint!e de malentendus réciproques. le protecteur des princes. tout pr. le Eiable% Eiabolique parce que démocratique.Jean -pstein. de toute mani. elle-mDme. Eieu.me démocratique. ne peut donc provenir que du Eiable également% Le fait est que l76glise a éprouvé de longues difficultés 9 s7accorder au régime républicain% 7est un fait aussi qu7auFourd7!ui. qui.re de la démocratie./0123 '> analp!ab. avant que celui-ci eUt seulement pris conscience de ses possibilités% Le parlant fit mDme plus que reFeter le cinéma dans le cloisonnement des nationalités.gne de l7imitation littéraire et t!éPtrale% Eevenu surtout un préte*te 9 dialogue. c7est-9-dire le dieu c!rétien. apparut surtout comme l7ami des puissants. le communisme c!rétien parvint 9 s7installer 9 . transformée par le pouvoir et la ric!esse dont elle venait 9 disposer L elle devenait seigneuriale et féodale. le film négligea la rec!erc!e de ses propres moyens d7e*pression. issu de cette révolution ou appuyé sur elle.s de son origine. dont les vieilles et rigides lois ne peuvent que propager la forme . dans le communisme soviétique. en principe. tout fait. le c!ristianisme réalisa une organisation communiste. en mDme temps que l76glise s7emparait des leviers impériau* de commande. accessible 9 tous. conquise. elle était. comme un moyen de persuasion au plus !aut point égalitaire et démocratique% Jr. dans la cacop!onie des traductions. mais.re et peut-Dtre aussi derni. d.s lors.

9 régner finalement en maRtre.gne encore la p!ilosop!ie et la science% "i Eescartes et Tant. Eieu est.res 6ternel. plus difficile.re-plan d7autres préoccupations pour la presque totalité des réalisateurs% "oulignons l9 un e*emple.re ne varietur d7une analyse géométrique de l7esprit dans le cadre des coordonnées espace et temps.s le principe. impassible. devenu auFourd7!ui asse& rare. le pMle autour duquel s7organisent toutes les valeurs fi*es% ertes. apr. depuis lors./0123 'C classique de la pensée% La paresse Q ce mode !umain et animal de l7universel principe p!ysique du minimum d7action Q maintient. ignorent que l7Pme et la raison sont des fonctions essentiellement variables. le plus !aut symbole de l7absolu. tMt ou tard. on doit s7étonner de ce que notre esprit se croie capable de concevoir quelque forme moins variable qu7il ne l7est lui-mDme. le cinéma dans le lit déF9 creusé du discours rationnel et la création. Le Cinéma du diable . c7est que les méditations de ces p!ilosop!es se trouvent retenues 9 l7ancre de cet a*iome : la perpétuelle coXncidence de Eieu avec luimDme% Ee l9. puisque les c!oses agissent non pas tant par ce qu7elles sont. avec ce fi*isme t!éologique. partout ailleurs. d7une éloquence originale de l7image animée a passé 9 l7arri. comme avec une réalité. qu7il y parvient touFours. d7une victoire de la force conservatrice sur le perpétuel mouvement novateur de la vie% Mais n7est-elle pas que temporaire. d7un cadastre des facultés qui conSoivent une étendue.etour 9 la table des mati. nos deu* grands maRtres 9 penser.Jean -pstein. si bien pris en main et étendu le gouvernement de son domaine. qui impr. immuable. cette défaite du Eiable qui a. d. et soupSonner l7illusion dans tout syst. par définition. une . il faut opérer. la prétention au caract.s Eieu ou mDme avant K :UE66E .me qui prétend la pure permanence% ependant. L-ABS5LU . qu7en vertu de ce pour quoi on les tient.

oG la stabilité de la créature paraRt nécessitée en dernier ressort.gles générales. repose sur une géométrie d7arpenteur. l7absolutisme religieu* a créé la rigueur du déterminisme causal scientifique. a créé de clair dans le confus. aveugle comme elle% ?insi s7édifia progressivement toute la représentation fi*iste de l7univers. doit Fustifier la causalité% 5arfait cercle vicieu* qu7aucun tribunal n7admettrait. dans un domaine de r. des mesures d7espace et de temps. dans la formule du divin constructeur% ?vec se sentiment de glorieu* soulagement.Jean -pstein. la mat!ématique statistique. est devenu d7une telle valeur pratique qu7il semble qu7on ne puisse le mettre en doute sans risquer de perdre tous les avantages de la culture acquise% 7est le plus !aut orgueil. oG une c!ose voudrait prouver ce qui veut la prouver et oG rien ne démontre rien que par anticipation . le Eiable se !eurte 9 l7utilité. et sur une c!ronologie de graveur de cadrans solaires. l7euclidienne. la relativité. la meilleure sécurité de l7!omme : croire avoir pu surprendre quelque c!ose de défini et d7indéréglable dans le plan du suprDme arc!itecte. le Eiable. une causalité. qui a oublié qu7il est issu d7une foi aveugle et qu7il reste.ne a reSu sa nature et sa place e*actes. supposées inamovibles% 5ar !éritage. ellemDme précisément. la mécanique probabiliste peinent 9 y introduire l7inquiétude d7une vérité moins respectueuse du repos et de la !iérarc!ie de droit divin% Eans la plupart des cas particuliers. Noltaire mirlitonnait : %%% "lus #’y songe et moins #e "uis "enser $ue cette horloge marche et n’ait "oint d’horloger% ette mécanique déiste. toute circonstancielle./0123 '2 durée. trouve sa propagande facilitée par le témoignage des sens% Mais ici. et oG c!aque p!énom. au*quelles rien ne devrait Famais rien c!anger% e fantMme d7un monde mU par une volonté parfaite. galiléenne et ne#tonienne. en tant que principe de variance. découle la foi en une indéfectible causalité qui prétend Fustifier la permanence de tous les rapports de coe*istence et de succession L permanence qui. par l7équilibre statique du créateur. qui tient aussi l7!eure pour solide et Faugeable comme du marbre% La commodité. elle aussi vivement sensible. de ce dogme. des points de vue aussi bien matériel que spirituel. Le Cinéma du diable . se trouve l9 élevée au rang de vérité transcendante et. par e*tension de proc!e en proc!e. des constantes qui sont la marque et le masque de Eieu% e que l7abstraction logique a distillé d7invariable 9 partir du variable. au fond.

ainsi révélé. appPtés par l7attrait sensuel et romanesque de ce qui semble n7Dtre qu7une superficielle diversion 9 l7ennui et au souci de vivre% Ee faSon analogue. impuissante 9 dominer l7entendement% ?lors. dans un autre% ?bsolument. le Eiable suscita 9 son secours l7instrument cinématograp!ique% . et elles devaient varier quand on les envisageait. contre l7apaisante persuasion de pouvoir comprendre le dessein divin et d7ainsi y participer. car. scientifique apporte une précieuse protection contre l7angoisse que l7esprit se trouve touFours enclin 9 éprouver devant l7incertain et l7illimité% La plupart des !ommes n7osaient renoncer 9 ce rem. déF9 et d7abord. oG rien ne résout rien qu7en supposant interc!angeables la solution et les données. camouflé le dangereu* empire de l7imprimerie naissante. le fi*isme religieu*. Le Cinéma du diable .mes. p!ilosop!ique.use admirablement montée. dénuée d7utilité immédiate. non moins nécessairement elles ne pouvaient Dtre valables que dans les limites du syst. touFours égocentrique. cette argumentation faisait long feu% 7est qu7ici. trop tard. qu7en acceptant l7absence de preuve comme preuve présumée% es obFections et d7autres. le Eiable luttait aussi contre lui-mDme. les images animées . en !eurtant la vanité !umaine. de toute la métrique des rapports. on ne pouvait connaRtre ni elles ni rien qui fUt% Eans le flottement. le Eiable avait. quand il n7était qu7un corollaire de l7e*actitude des relations dans l7espace et le temps K ependant. qui se flattait d7avoir clairement saisi des secrets de la création% -n outre. comment l7enc!aRnement de cause 9 effet aurait-il pu rester rigoureu*.Jean -pstein. absolument. la nouvelle t!. contre l7!orreur de l7inquiétude. en la laissant servir 9 répandre les te*tes sacrés% 5lus tard seulement. il apparut combien cette divulgation pouvait devenir destructive 9 l7égard de la piété% "emblablement sous une apparence innocente ou peu condamnable. le Eiable Q devenu statisticien et relativiste par le perfectionnement de sa mobilité Q commenSa 9 les souffler pour atteindre la crédulité de l7!omme en un impeccable planisme divin% Toutes ces mesures d7étendue et de durée.me de références. qu7avaient-elles vraiment d7universel et d7éternel K 6valuations nées d7une e*périence nécessaire mais limitée./0123 '= et !ypot!. sur lesquelles reposait en définitive l7ordre supposé de la création. 9 laquelle se laissent prendre des foules de spectateurs. de l7un de ces syst. trop subtile et trop lointaine.de% ontre la peur de l7indéfini. on ignorait si elles étaient susceptibles ou non d7e*ister.se. par rapport auquel elles avaient été conSues.se diabolique se montrait faible.

le principe de la relativité mécanique serait longtemps resté un secret 9 l7usage de quelques rares savants. qu7une c!ose qui n7est pas située dans le temps. le courage réel du cinématograp!e entrant dans cette !aute guerre. qui ne se trouve ni dans le passé. qu7une c!ose qui n7est pas située dans l7espace. d7autant plus . la vraie force. d7!ermétiques mat!ématiciens% . ni dans le présent. que. d7autre part. si le cinématograp!e n7en révélait une forme visuelle. pensable comme réalité : un tel événement n7a pas d7e*istence% ?insi. depuis la révolte des anges.estreinte ou généralisée.res Jn ne peut situer l7instrument cinématograp!ique 9 sa vraie place dans la !iérarc!ie de l7outillage.mes de données relatives et variables 9 volonté% La moustac!ette de !arlot et le rire de @ernandel doivent cesser de tromper% "ous ces masques. comme dessinée en filigrane. n7est pas.etour 9 la table des mati. toute réalité a pour condition nécessaire de pouvoir Dtre située dans l7espace et dans le temps% -t toute représentation d7une réalité se montre d7autant plus efficace. n7est pas pensable comme réalité : une telle c!ose n7e*iste pas% 7est une autre évidence.re. Le Cinéma du diable . comme des syst. le cinématograp!e les fait visiblement apparaRtre comme des concepts d7origine sensorielle et de nature e*périmentale.s générales% 7est une évidence.ne le premier des aventuriers% ESPACES M5U7ANTS . accessible 9 un immense public% L7espace. sans se référer 9 quelques notions tr. se lanSant dans cette grande aventure de l7esprit. pour des catégories préconSues et infrangibles de l7Dtre universel. m. on découvre l7e*pression d7une anarc!ie fonci. qui ne se trouve nulle part. la menace d7un bouleversement qui fissure déF9 les assises les plus profondes. les plus anciennes de toute l7idéologie% ? travers les prouesses et les !Pbleries des !éros de l7écran. on devine. le temps. la causalité qu7on tenait pour des entités révélées par Eieu et immuables comme lui. non plus. ni dans l7avenir.Jean -pstein./0123 '0 vé!iculent sournoisement l7enseignement révolutionnaire d7un relativisme bien plus général encore que celui qu7élaborent.

sur un relief quadridimensionnel L d7autre part. un incessant apprentissage. fi*istes.re. dans une mDme figure. bien avant la découverte du cinématograp!e. cette synt!.s de généralisation et tr. 9 la fois tr.s longtemps. général et unique. pourvues simultanément de leurs valeurs spatiales et temporelles% 5endant tr. devenu ou resté inconscient.te de l7obFet représenté. la notion d7espace constitue probablement la plus ancienne de nos idées. dans l7espace et dans le temps% Un bon instrument de représentation doit donc Dtre capable de donner des images du monde. elle n7accomplit cette synt!. sc!ématisation e*trDme d7innombrables e*périences. on connaissait nombre de procédés pouvant situer les obFets dans l7étendue et on disposait de quelques appareils capables d7évaluer la durée des p!énom. rien de fi*e. Le Cinéma du diable . puisqu7il peut réaliser une localisation compl. pour leur claire compré!ension. variables 9 l7infini% E7une part. l7optique cinématograp!ique permet de faire un point.se qu7en lui spécifiant une signification touFours particuli. au contraire.mes absolutistes. a constitué une difficulté quasi insurmontable% L7espace et le temps apparaissaient comme des valeurs absolument distinctes. pour pouvoir saisir correctement la c!ose convoitée et se diriger comme il désirait aller% ?insi se sont personnifiées les trois .te.s vague par e*c. mais vint le moment oG elle devait Dtre dépassée% Jr.re et relative% -n définitive. de coordonner ses mouvements relativement 9 trois obFets de rep. mais on manquait tout 9 fait d7un instrument qui sUt dépeindre les c!oses. il démontre aussi que toutes ces relations n7ont rien d7absolu. a plié l7!omme 9 la commodité de connaRtre trois rapports de coe*istence. le cinématograp!e inscrit la dimension dans le temps avec la dimension dans l7espace. de l7univers% Mais. dUt venir appuyer les conceptions les plus définies. on connaissait une certaine relativité des valeurs spatiales% ?bstraction numéro un. 9 la fois. dans leurs perspectives propres et d7espace et de temps% et instrument est enfin né : c7est le cinématograp!e% Hl semblerait que le cinématograp!e. naturellement et e*périmentalement. les plus catégoriques. si. effectivement et automatiquement.nes.Jean -pstein. qu7elles sont. loin de soutenir les syst. 9 la fois.s rigide par vieillesse% ?u cours de ces millénaires d7évolution psyc!ique.se des données de l7espace et des données du temps. elle les condamne% "ans doute. que l7enfant semble revivre en quelques années. qui e*igeaient./0123 1( convaincante qu7elle implique une localisation plus compl. d7Dtre traitées séparément% ette !abitude analytique de l7esprit ne fut pas d7abord sans utilité.

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directions, les trois distances de l7espace, qui n7ont pas d7autre réalité matérielle que celle de l7usage que nous en faisons, que celle de leur fonction% -t la mDme e*périence a suscité ces fantMmes utiles de trois ordres de mesure, nous a ensuite appris 9 Fouer asse& librement de la perspective spatiale dans nos représentations grap!iques et plastiques de l7univers% ;ien ne nous étonne de la virtuosité et de la !ardiesse, avec lesquelles cartograp!es, peintres, dessinateurs, arc!itectes, maquettistes, ingénieurs, etc%, symbolisent des volumes 9 trois dimensions, au moyen de figures planes 9 deu* dimensions% ? partir de ces sc!émas, nous concevons aisément le relief d7un continent ou d7un atome, d7une gala*ie ou d7une molécule% ette facilité, avec laquelle nous sommes parvenus 9 spéculer sur les valeurs spatiales, provient d7abord de ce que nous percevons celles-ci principalement par les organes de nos sens e*térieurs, dont les données sont 9 la fois relativement nettes et tr,s variables% :ous mesurons les distances avec nos yeu*, nos oreilles, notre ne& mDme, avec notre tact aussi, avec notre sens musculaire% L7espace s7entend, se touc!e en quelque sorte et, surtout, il se voit% Jr, comme on sait, la vue constitue, pour le développement culturel de l7!omme, le sens maFeur, celui qui nourrit l7intelligence avec le plus de ric!esse et d7e*actitude% 7est parce que l7espace est visible qu7il peut Dtre si facilement figuré de faSon visible aussi et que ses figures sont si maniables, e*tensibles et compressibles 9 volonté, selon une infinie variété d7éc!elles, qui permet 9 notre imagination d7embrasser les structures de l7infiniment petit et de l7infiniment grand% Ee plus, l7espace se représente dans l7espace, c7est-9-dire dans sa propre catégorie, dans sa propre esp,ce de concept% Les figures, par lesquelles se symbolisent les Dtres 9 trois dimensions spatiales, sont, elles-mDmes, des Dtres 9 deu* dimensions spatiales% -ntre ces signes et leur mod,le, il n7y a qu7une différence de degré de réalité% ?insi, une nombreuse optique d7usage quotidien, a pu nous !abituer depuis longtemps 9 nous servir de perspectives spatiales prodigieusement variées% Mais Famais avant le cinématograp!e, notre imagination n7avait été entraRnée 9 un e*ercice aussi acrobatique de la représentation de l7espace, que celui auquel nous obligent les films oG se succ,dent sans cesse gros plans et long& shots, vues plongeantes et montantes, normales et obliques selon tous les rayons de la sp!,re% ? l7écran, l7Oil peut Dtre plus grand que la tDte, et, 9 l7instant d7apr,s, l7!omme plus petit qu7une fourmi% Nu d7un avion, le village minuscule se balance comme une tac!e sur

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une feuille morte, portée par un vent léger% Mais, nous voici au pied du cloc!er, immobile et droit, qui nie qu7il ait Famais pu ou puisse bouger et qui, tout 9 coup, tourne sur lui-mDme, s7incline selon la courbe qu7une voiture décrit pour le quitter% 8ui est-ce qui se déplace K -st-ce le voyageur ou le paysage K L7un et l7autre K :i l7un ni l7autre K%%% !acun peut maintenant vérifier de ses yeu* qu7il n7y a pas un !aut et un bas, mais trente-si* !auts et trente-si* bas interc!angeables L qu7il n7y a pas de distance certaine, ni de grandeur fi*e% e brassage d7une multiplicité infinie d7éc!elles et d7angles dimensionnels constitue la meilleure e*périence préparatoire 9 la critique et 9 l7assouplissement de toutes les vieilles notions qui se prétendaient absolues, 9 la formation de cette mentalité relativiste, qui, auFourd7!ui, pén,tre généralement tous les domaines de la connaissance%

TEMPS 8L5TTANTS
;etour 9 la table des mati,res

?bstraction numéro deu*, sc!ématisation aussi d7une innombrable e*périence, le temps est une idée également tr,s ancienne mais plus difficile encore 9 penser que celle de l7espace% L7e*périence qui nous a appris 9 distinguer trois sortes de dimensions, perpendiculaires entre elles, pour nous orienter commodément dans l7espace, ne nous a enseigné, grosso modo, qu7une seule dimension de temps% elle-ci a ceci de particulier que nous lui attribuons, touFours en gros, un sens rigoureusement unique, comme d7écoulement entre le passé et l7avenir% ette irréversibilité constitue une donnée purement empirique, 9 laquelle il n7y a aucune e*plication% La dégradation de l7énergie, que l7on constate partout dans l7univers et qui traduit l7irréversibilité de la suite des événements, n7est, en effet, ni plus logique, ni plus absurde que le serait la diminution perpétuelle de l7entropie, si telle était /a loi générale% ette irréversibilité de la durée rend la notion de temps beaucoup moins maniable que celle de l7espace oG il semble que nous puissions nous déplacer 9 volonté dans tous les sens autour de n7importe quel point%

Jean -pstein, Le Cinéma du diable ./0123

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ependant, une analyse sommaire montre déF9 que le temps contient le myst,re d7une dualité, d7une unité en deu* valeurs ou deu* groupes de valeurs différentes, les unes e*térieures, les autres intérieures 9 l7!omme% "ans doute y a-t-il aussi plus d7une acception de l7étendue% "i, par de nombreuses et nettes perceptions, nous acquérons une asse& ric!e connaissance de l7espace e*térieur, dans lequel nous nous mouvons, en outre, nous tirons de nos mouvements un certain sentiment d7espace vécu% ette connaissance intérieure, cependant, soumet généralement ses velléités particularistes au* données spatiales e*ternes et, nos Fugements sur l7espace, nous avons si bien dU les abandonner au gouvernement des sens du de!ors, notamment 9 celui de la vue, que, dans l7obscurité par e*emple, nous nous trompons sans cesse dans l7évaluation des distances et des directions% Hl arrive que le mDme but nous semble tantMt plus lointain, tantMt plus proc!e L que la mDme altitude ou profondeur nous paraissent ici effrayantes, l9 rassurantes% :éanmoins l7étendue subFective se laisse touFours ramener, sans grande difficulté, au mod,le de l7espace p!ysiquement e*périmenté% Hl se peut encore qu7il faille presque une troisi,me sorte d7espace ou situer les énormes intervalles de l7infiniment petit% et espace microscopique diff,re bien de l7espace macroscopique d7abord par cela que les distances les plus courtes y sont celles qui éloignent le plus% Mais nous avons fini par concevoir la structure de cet espace infinitésimal comme inversement symétrique de celle de l7espace géométrique 9 notre éc!elle, qui reste donc le type unique auquel se ram,nent toutes nos représentations spatiales% Hl n7en est pas de mDme pour le temps, quand, au lieu de l7évaluer par l7observation des mouvements e*térieurs, l7!omme interroge sa perception intérieure, dont les renseignements confus, divers, contradictoires restent irréductibles 9 une commune mesure e*acte% "ouvent il semble mDme qu7il n7y ait pas de durée du tout, dans un esprit absorbé par le présent au point d7Dtre inconscient de soi et qui ne pense 9 penser un temps, que lorsque celui-ci a fui, que lorsqu7il n7est plus que l7erre d7un souvenir% -t ce temps intérieur est encore plus malaisément dénombrable que le temps p!ysique, avec lequel il concorde d7ailleurs rarement, tantMt avanSant, tantMt retardant sur lui, selon la faim ou la satiété, la Foie ou le c!agrin, l7intérDt ou la distraction ou l7ennui% Hl y a l9 deu* modes de temps, qui ne sont évidemment pas indépendants l7un de l7autre, mais qui ne sont pas, non plus, e*actement superposables l7un 9 l7autre%

ces diagrammes. fOtale. pour agir en pai*. d7une suite d7événements./0123 11 L7inconstance. etc%. dont le mouvement paraRt parfaitement régulier.Jean -pstein. il ne se voit pas directement% Jr.ce que la sienne et qui ne poss. il restait difficile de saisir qu7il pUt y avoir une infinité de valeurs différentes sur l7éc!elle de la dimension temporelle. pour préciser les rapports de succession. tr. dans lequel se somme et confond une foule de sensations indistinctes. comme l7est l7espace 9 trois dimensions dans l7espace 9 deu* dimensions% Le temps ne se trouve pas représenté dans le temps. obtus. c7est qu7elle est incapable de comprendre dans sa représentation et qu7elle est obligée d7en éliminer le facteur sans lequel il n7y a pas de rapports de succession. qu7une image pauvre. c!aque fois et autant qu7il le peut.s faible% "urtout. mais il est transposé en signes d7espace plan et immobile. Le Cinéma du diable . le vague du temps vécu proviennent de ce que la durée du moi est perSue par un sens intérieur comple*e.res% "ensibilité primitive. nettement visibles% E7oG ces grap!iques. n7est pas représenté dans sa propre catégorie. comme il y en a sur l7éc!elle des dimensions spatiales% 5arce qu7elles dépendent 9 la fois du mécanisme astronomique et géo-p!ysique.s imparfaitement consciente.s animale. et de l7organisme psyc!op!ysiologique.s éloignée de l7intellect qui.dent qu7un pouvoir évocateur tout 9 fait conventionnel. l7élément sans lequel il n7y a pas de temps : le mouvement% @aute d7une traduction visuelle adéquate. en état d7in!ibition.re semblable% :éanmoins. tr. de nos visc. le temps ne se touc!e pas et. nous ne comprenons et ne mesurons bien qu79 travers les yeu*% 7est pourquoi les meilleures tentatives que l7on ait faites pour e*plorer la dimension temporelle. tr. tr. tous ces symboles ne peuvent donner. ces tableau* c!ronologiques synoptiques. que nous trouvons si utiles et qui présupposent déF9 une parenté entre les dimensions de l7espace et la dimension du temps. surtout. recueillies par la sensibilité. imprécis : la cénest!ésie% elle-ci constitue le sentiment général de vivre. ont consisté 9 créer des moyens de voir le temps. puisqu7elles peuvent toutes Dtre représentativement traitées de mani. ce qui fait que cette symbolisation arbitraire éc!oue 9 nous révéler aucune perspective temporelle vraie. d7en assimiler les perspectives 9 des perspectives spatiales. en signes d7une tout autre esp. se met. de mani.re 9 e*clure les messages de la bDte !umaine% -*térieur ou intérieur. ici. trop indirecte% Hnsuffisance qui tient 9 ce que le temps. dont le fonctionnement semble arbitrairement .

l7!omme possédait un dispositif. le temps serait pour nous imperceptible.s mal définies. qui est essentiellement connaissance du mouvement% "i toutes les durées étaient égales. infi*ables% !acun parvenait 9 s7imaginer sans peine. qu7il fUt une variable% Hl semblait que l7!omme dUt 9 Famais rester prisonnier de son temps terrestre et !umain. absolument fi*es. en un sens. nous ne possédons qu7une notion si incertaine. pour le son. pratiquement invariable% La vraie mac!ine 9 comprendre le temps doit donc Dtre un instrument capable de faire voir les variations. tr. au moyen desquelles nous e*plorons l7espace% Ee plus. de largeur./0123 1> capricieu*. comme font les grap!iques des statisticiens. de ce temps pourtant multiple et divers. les valeurs de temps se trouvaient parado*alement tenues pour Dtre. perpétuellement fluentes. 9 leur mouvement% ette condition vaut aussi. dont le fonctionnement implique la mise en Ouvre d7un temps artificiel. tout en étant.Jean -pstein.me terrestre de références. pour la saveur. qu7il fUt e*tensible et compressible.cles. de mDme que le microscope et le télescope introduisent d7immenses variations de longueur. 9 en créer de nouvelles. ine*istant% -t si. nous ne connaRtrions aucune sensation de c!aud ni de froid. nous y situons tous nos mouvements e*térieurs dans un ryt!me général de succession. mais personne ne savait penser l7aspect d7un univers 9 temps cent fois plus rapide ou di* fois plus lent que celui dans lequel s7inscrit notre vie% +ien peu de gens mDme concevaient que le ryt!me temporel pUt Dtre modifié. nous n7aurions donc aucune idée de température : la température n7e*isterait pas% Ee mDme pour la couleur. si nous n7avions Famais le sentiment de vivre plus ou moins vite. en valeur de durée% Eepuis des si. inconnaissable. les différences du temps. de !auteur. pour la connaissance du temps. 9 leurs variations. apparemment constant. un royaume de Lilliput ou une cité de Titans. 9 grossir celles qui e*istent et. etc% :ous ne percevons les c!oses que grPce 9 leurs différences. compliqué et rudimentaire. 9 voir avec asse& de précision ce que pourrait Dtre un monde rapetissé ou grandi en volume. au besoin. Le Cinéma du diable . c7est Fustement qu7inclus dans le syst. dont rien ne réussirait 9 l7arrac!er pour lui révéler la diversité de la vie sous d7autres apparences de durée% "i nous vivions dans un monde 9 température constante. en un autre sens. mais elle doit représenter les c!angements de temps dans le temps mDme. cette vraie mac!ine 9 connaRtre le temps ne doit pas transposer les variations temporelles en proportions spatiales. modifiable 9 volonté% et embryonnaire outil 9 . pour la distance. et mDme essentiellement.

les variations de temps sont entrées dans le domaine e*périmental% Eésormais. la plus grande importance de l7invention de cet instrument. comme sont connues de multiples grandeurs et de multiples directions de l7espace% +ien que l7étude du temps par le cinématograp!e soit 9 peine ébauc!ée. d7espace et de temps% L7accéléré et le ralenti nous montrent des fragments de l7univers. d7intermittences du temps ordinaire% La vraie optique. des rapports arbitraires de succession.cles suivants. 9 la cadence normale% Hl s7agit l9 non pas d7un continu accéléré mais de simples brisures.Jean -pstein. les vraies Fumelles permettant de grossir et de rapetisser le temps. un raccourci du temps. le rend .de de lui-mDme 9 opérer sur la valeur temps. vus sous les aspects différents qu7ils reSoivent de temps différents% Eans tel film. le cinématograp!e démultiplie notre temps. les auteurs et metteurs en sc. Fusqu79 la fin du Moyen-?ge. en effet. on peut affirmer assurément que.ne de t!éPtre se sont appliqués 9 rendre le temps scénique aussi semblable que possible au temps !istorique% e réalisme temporel fut nécessaire tant que le public ne se trouva pas en état de comprendre une perspective. La 'oue et (l Dorado./0123 1C comprimer et 9 dilater la durée. ce ne sera pas d7avoir permis Cabiria et Le Lys brisé. d7innombrables grandeurs et deu* sens du temps peuvent Dtre connus. le peu d7aptitude et d7!abitude que l7esprit !umain poss. les classiques puis les romantiques purent utiliser des temps fictifs progressivement accélérés% Lentement. implicitement. c7est le cinématograp!e qui. la dimension temporelle s7assouplissait% ependant. pour voir ce qui s7y passe quand on l7étire ou quand on le comprime. qui définissent et font régner sur la sc. Le Cinéma du diable .ne un temps conventionnel. mais ce sera de conduire l7esprit 9 modifier profondément ses notions fondamentales de forme et de mouvement. c7est le t!éPtre% Tout spectacle. toutes les perspectives t!éPtrales présentent un grave défaut% L7accélération n7y est nullement montrée L elle est seulement sous-entendue% Jn ne la voit pas% -lle n7a lieu que pendant les entractes. a fait que. tandis que les actes se déroulent en gestes et en paroles. les a fournies par les procédés du ralenti et de l7accéléré% BrPce au cinématograp!e. oG tout aurait éc!oué 9 créer l7illusion dramatique% ?u cours des si. tout 9 coup. dans l7!istoire du développement intellectuel de l7!umanité. oG tout lui aurait paru incroyable. crée entre les actions qu7il représente. un temps fictif local% Mais.

elle produit des variations de durée dans la durée mDme% -lle inscrit un mouvement dans un autre mouvement. de faSon qu7elle ne dure qu7un cinquante milli. par voie d7analyse L secondairement et avec moins de facilité.re synt!étique de la représentation 9 l7écran% L7intelligence !umaine est ainsi faite qu7elle proc. ainsi que dans la réalité.de. toute une année de la vie d7une plante% 7est dire qu7il contracte c!aque seconde de notre temps. qu7il est une éc!elle de dimensions variables% Eémonstration e*trDmement convaincante parce que. par le moyen de la synt!. elle s7adresse 9 la vue et d7autre part. sans sortir de cette qualité.se toute faite d7un espace-temps oG les valeurs spatiales.me de seconde 9 l7écran% BrPce 9 l7esp.le incapable de figurer un espace abstrait du temps% La proFection 9 l7écran ne sait que donner automatiquement la synt!. l7accéléré et le ralenti démontrent. nous concevons séparément les entités espace et temps L il nous faut plus ou moins d7effort pour imaginer l7unité espace-temps% ette tendance naturelle 9 penser séparément les valeurs Q parce qu7aussi celles-ci émanent de perception en partie distinctes Q n7est pas étrang. toute mesure n7a-t-elle pas beaucoup de c!ances d7y demeurer longtemps valable K L7illusoire permanence des dimensions spatiales vient alors confirmer l7illusion dans laquelle apparaRt la constance du ryt!me temporel% ?u contraire.re 9 notre sympat!ie primitive pour les t!éories absolutistes et fi*istes% onsidérée dans un seul syst.ce de miracle qu7est cette réalisation visuelle de la variance du temps. le temps cinématograp!ique condense le nMtre L il peut Dtre Fusqu79 cinquante mille fois plus rapide. nous découvrons des apparences Famais encore vues. dont nous avons infiniment 9 apprendre% E7abord.se% E7!abitude. par évidence. en di* minutes de proFection.Jean -pstein. ces valeurs n7ont d7absolu que d7Dtre absolument variables selon les modalités de la prise de vues et de la proFection% . en les rapportant 9 leur a*e spécifique de coordonnées référentielles% L7enseignement relativiste de l7image animée se trouve appuyé par le caract. c7est-9-dire qu7il étire c!acune de nos secondes de sorte qu7elle occupe quatre secondes de proFection% Eans tel autre film. que le temps n7a pas de valeur absolue. d7une part. sont indissolublement liées 9 leur valeur temporelle% "patiales ou temporelles. un temps dans un autre temps% -lle compare des vitesses différentes mais de mDme qualité. principalement et d7abord.me de références./0123 12 quatre fois plus lent par e*emple. Le Cinéma du diable . le cinématograp!e se rév. quand il résume.

les grandeurs de temps. ce postulat suprDme.etour 9 la table des mati. par défaut de finitude. dans laquelle la pensée ne peut pénétrer qu7en se colorant progressivement. de variance viennent ici se multiplier l7une l7autre. entretient autour de lui une &one !ypot!étique.ces de relativité.c!e donc par instabilité maFeure. les plus mystérieuses parmi les grandeurs réputées fi*es.res Les c!oses Q voit-on 9 l7écran Q ne se mesurent pas selon un étalon révélé L elles se mesurent seulement entre elles% -n particulier. qu7en renonSant 9 ses prétentions catégoriques.Jean -pstein. Le Cinéma du diable .s. qu7en acceptant de certifier de moins en moins./0123 1= Eeu* esp. la représentation cinématograp!ique p. se conFuguer en une relativité supérieure. de leur secret. d. ont perdu de leur inaccessibilité. qu7en se reconnaissant enfin une valeur purement problématique% L-ANTI-UNI7E6S . tout comme . de la foi dans l7absolu. élevé 9 la seconde puissance% e vice selon l7ordre classique est le pri* dont il faut payer l7approc!e de la réalité qui n7apparaRt ferme que tant qu7elle reste une vue lointaine et qui. forment des qualités contradictoires en perpétuel balancement de compensation dans un équilibre touFours 9 retrouver% L7obFet. TEMPS C5NT6AI6E .res conditionnels. de caract. se résout en flottements de probabilités de plus en plus lPc!es% Hl faut se rendre 9 cette constatation c!oquante : d7une part. elle aussi. la précision et l7immuabilité.s qu7elle se sent cernée de pr. de leur rigueur% Le temps a cessé de passer pour une constante dont on ne savait pas imaginer les transformations% Le temps est devenu une variable dont les c!angements. en une variance plus profonde% Eu point de vue de l7ort!odo*ie fi*iste. d7autre part la fidélité au réel. celles qui semblaient venir réellement d7en !aut.

/0123 10 les c!angements des variables d7espace.ces de grandeurs mesurables% Le temps Q nous le constatons de nos yeu* Q est une quatri. venant de l7avenir. 9 quatre esp. nous ne parlons encore de temps. peu 9 peu. la dimension de temps nous apparaRt essentiellement mobile L elle semble un courant perpétuel. mDme inculte Q p!ilosop!e sans le savoir. atténuer l7énorme prédominance des symboles de l7espace sur les symboles du temps dans les opérations de la pensée% -t ce ne sera pas l9 un mince c!angement.me dimension des p!énom.re nous et l7avenir devant. nous formulons des notions de temps en termes d7espace% ?insi nous croyons mieu* comprendre et mieu* nous faire comprendre. lui. l7unique dimension temporelle se . vivre du passé vers l7avenir. nous. qui se combinent au* perspectives spatiales pour définir un nouveau relief. tant les données venues de l7espace tr. on ne doute gu.nes% "ans doute. le plus souvent. que le temps traverse. ni de ce qu7il soit 9 sens unique% ?insi. c7est que ceu*-ci e*priment surtout des concepts d7origine visuelle et d7e*périence spatiale% -n disant que le passé est derri. Le Cinéma du diable .Jean -pstein. se meut comme 9 travers nous% :ous avons le sentiment d7Dtre le perpétuel présent. mais nous pouvons nous déplacer facilement dans leur cadre% ?u contraire. le développement de la culture cinématograp!ique pourra.re de ce que ce mouvement e*iste. un flu* ininterrompu% Eans cet écoulement dont nous ne savons ni suspendre ni modifier le cours. apporté 9 cette p!ilosop!ie élémentaire. comme Jourdain ignorait qu7il fUt un prosateur Q se sert continuellement dans le cours de la vie% -n attendant. produisent une série illimitée de perspectives diverses. s7en allant vers le passé% TantMt nous nous sentons. plus comple*e. il ne convient pas de pousser l7assimilation de la dimension temporelle au* dimensions spatiales Fusqu79 l7identité% Les dimensions de l7espace nous paraissent immobiles. 9 travers le présent% "i l7orientation de la dimension temporelle se laisse malaisément définir par des mots. que par transposition dans l7espace% es métap!ores ne donnent qu7une fausse clarté% 8uoi qu7il en soit de la difficulté 9 définir le mouvement du temps. qui régit les Fugements dont tout individu. nous nous sentons d7une impuissance totalement passive% TantMt nous avons l7impression d7Dtre immobiles dans ce temps qui. mais primordiale et !umainement universelle.s visible dominent touFours en nous les données se rapportant au temps qui se manifeste beaucoup moins fortement et moins souvent 9 la vue% Eans la mesure oG il nous fera acquérir une e*périence visuelle des variations de temps.

re : il ne signifie pas la Foie du cOur mais le déroutement de l7esprit% e rire traduit une réaction de défense Q provoquée par l7étonnement./0123 >( distingue nettement des trois dimensions spatiales par son caract. on ne peut attribuer. folle c!im. l7accélération. sinon comme d7une fantasmagorie 9 peine imaginable% Mystérieuse. latente. il faut penser qu7aucune réalité n7est tout 9 fait certainement réelle.re. Fusqu7ici. seraient de purs fantMmes optiques% "ans doute.Jean -pstein. qu7elle l7est d7autant moins qu7elle se situe plus loin de la limite des perceptions sensorielles directes et qu7elle résulte de la mise en Ouvre d7un dispositif e*périmental plus compliqué% -n effet.re. mais que l7écran présente comme une autre réalité sensible% . le cinématograp!e apporte la premi. les infusoires. non seulement les valeurs d7espace et de temps constituent des co-variants inséparables.de aussi sa force d7inertie% elle-ci commande le rire qui dissipe l7alarme. n7avait eu aucune idée.re possibilité de voir le monde vivre plus vite ou plus lentement. les cirques lunaires.re que l7anti-univers.te inquiétude Q contre la portée subversive d7images qui opposent une si flagrante contradiction 9 la routine. détourne de la rec!erc!e. . dans notre esprit. 9 toute forme qui n7apparaRt qu79 la suite d7une e*périence. les corpuscules de lumi. évite le c!angement d7opinion. dont il semble que peu de spectateurs aient encore bien reconnu l7importance% Jn croit volontiers qu7elle ne mérite que le rire qu7elle suscite d7abord% E7ailleurs. tant de fois millénaire.évélation révolutionnaire. les notions générales d7espace et de temps% Mais le cinématograp!e montre les c!oses tout autrement% "elon lui. les spermato&oXdes.re vision d7un univers qui peut se mouvoir 9 rebours% 6trange spectacle dont l7!omme. de notre figure de l7univers% Un état mental poss.re essentiel de mobilité pratiquement irréversible% ette différence tr. monstre qu7on Furait inviable. aucun soupSon.s frappante contribue 9 séparer. sugg. apparu 9 l7écran. par une secr. avant cette e*périence et en de!ors d7elle. ce rire sonne d7une faSon particuli. qu7une e*istence virtuelle. n7est que le vain produit d7un artifice. voire tout simplement la mouc!e sur le visage d7une actrice qu7un spectateur observe 9 la Fumelle. mais encore le mouvement dans le temps devient parfaitement réversible% ?vec la premi. Le Cinéma du diable . les bPtonnets microbiens. dénué de toute signification réelle% JbFection facile d7un quiétisme qui tient l7inversion. les calottes polaires de Mars. ne mériteraient pas davantage de crédit. le ralentissement du temps pour des apparences irréelles parce qu7obtenues par le moyen d7une certaine instrumentation% ? ce compte.

ne et cet !ydrog. aussi et surtout. devenir négative% -t l7inversion du temps ne reste pas un accident isolé L elle entraRne. et comme. voire dénaturer. ou qu79 l7analyse c!imique d7un corps quelconque par les raies spectrales% L7ostracisme qui frappe les apparences 9 temps variable. cet o*yg. le temps demeure une notion si confuse.ce et cette quantité temporelles de mouvement consentent 9 se manifester peu ou prou% L7univers représenté 9 l7écran. qu79 un amas stellaire. traverse nos pi. inactuelles et factices. qui crée de l7!ydrog. constitue le syst. ceu*-ci n7e*istent qu79 l7état futur. la moindre observation est une e*périence qui ne peut s7accomplir sans troubler. notre quasiincapacité d7opérer mentalement sur la valeurs temps% 8uelqu7effort qu7on fasse. il reste bien peu de ce qu7on appelle réalités./0123 >/ conditionnelle% 5réalablement 9 l7analyse de l7eau.Jean -pstein. les e*périences ne peuvent gu. soit immesurable. proc. imperceptible dans certains de nos syst.mes% Eans d7autres syst. lequel. qui ne soient médiates et subrogées. qui met en évidence la plupart des mouvements par notre pouvoir de les faire varier dans ce cadre. dans tout le continu oG . 9 laquelle nous accordons une réalité individuelle réellement ine*istante% 5uis nous nous étonnons de ce que ce fantMme éc!appe 9 notre c!asse. présentées par le cinématograp!e% Hl est donc inFuste d7accorder moins d7e*istence 9 l7anti-univers d7un film proFeté 9 contre-sens de l7enregistrement.re prouver du présent au passé. cette valeur temps. cette esp. différentielle. le p!énom. ni n7auront Famais e*isté dans la seule réalité actuelle de leur combinaison en eau% ? y regarder de pr. ni n7e*isteront. puisqu7elle peut Dtre inversée. c7est-9-dire qu7ils pourront ou qu7ils pourraient e*ister si on fait ou si on faisait l7e*périence% Mais. produites 9 l7écran. Le Cinéma du diable . se trouve fort éloigné de la foi classique en un temps absolu% ? l7écran.ne et de l7o*yg.mes. du mouvement universel. comme on sait depuis ?ristote. notre maladresse insigne.le mDme plus déformable que les valeurs d7espace. dont on ignorait l7élasticité.dent. qu7on se prend 9 soupSonner qu7il s7agit l9 d7un myt!e% Le temps est une interprétation singuli.s.re. d7ailleurs.ges sans y laisser de trace. se rév. la disqualification qui les ta*e de fantastiques.me actuellement le mieu* doué pour accréditer un certain réalisme temporel. tout autant ou tout aussi peu réelles que les déformations du temps. si l7analyse n7a Famais lieu. en fait.ne constaté. d7une autre raison : notre énorme manque d7!abitude. aperSu dans l7oculaire d7un télescope.ne n7e*istent. si fuyante.ne.

les successions 9 sens unique gardent./0123 >4 elle se produit. de voir 9 l7écran.encore que le proverbe dise : 5as de fumée sans feu. dans la suite nuit-Four-nuit-Four.ge de paraRtre pourvues de la vertu déterminante% -n outre. c7est arbitrairement qu7on isole des successions nuit-Four ou des successions Four-nuit% L7analyse abusive d7une alternance continue. Le Cinéma du diable . la nuit succ.me tout entier. qui. pas plus qu7entre la nuit et le Four.de 9 la nuit. fUt-ce cent fois. lorsqu7une succession ne reSoit pas d7attribution causale. mais cela compromet la supposée détermination de la fumée par le feu et Fette un doute sur le principe mDme de la causalité% Eoute qui peut conduire 9 élucider quelque peu l7origine d7une induction dont l7utilité est fondamentale. mais dont la prétention est e*cessive.bres qu7elles sont plus rares. pourvu du moindre esprit critique. on voit que toutes les conséquences sont parfaitement réversibles L qu7il n7e*iste pas de succession 9 orientation unique L que le rapport fumée-feu est tout aussi valable que le rapport feu-fumée% ?ssurément. pour réalité essentielle% . cela ne prouve pas que le feu puisse Dtre nécessité par la fumée . dans son ensemble. il ne peut y avoir de rapport causal. immédiats ou médiats% e n7est qu79 fau* qu7on cite des e*ceptions d7autant plus cél. dans notre esprit. seules. ce que nous tenons pour des rapports de cause 9 effet.re : les deu* causalités contraires s7annulent% Hl faut donc préciser que. comme celle du Four qui succ. ne sont rien d7autre que des rapports de succession. une perturbation totale de la causalité% "ans doute. simples ou comple*es. celui de la rotation de la terre sur elle-mDme par rapport au soleil% -ntre le Four et la nuit. y fait surgir l7apparence aberrante d7une succession intérieure entre leurs deu* pseudo-éléments. et ce second rapport de succession inverse donne naissance 9 une induction causale opposée 9 la premi. dans la presque totalité des cas. il ne suffira pas 9 un spectateur. sans pourtant Dtre tenu pour résulter d7elle% E7abord. pour la raison qu7il ne peut e*ister de succession au sein d7une unité% Eans notre univers. 9 passer pour vérité absolue. alors que c7est le syst. il faut touFours soupSonner qu7elle n7est pas une véritable succession 9 direction unique. suit un autre ryt!me. ce qui implique une ébauc!e de causalité inverse3.de aussi au Four. le privil. qui crée ces couples.Jean -pstein. la fumée précéder le feu pour croire que la fumée soit la cause du feu% Mais il faut bien reconnaRtre que. qu7elle dissimule un double sens ou une coe*istence inFustement divisée en termes décalés% Eans l7univers cinématograp!ique.

s7av. les grandeurs ressortissant au* deu* premi. la variance dont ils viennent d7Dtre reconnus porteurs% ?insi. comme essentiellement relatives et variables. l7e*périence cinématograp!ique.s avoir montré l7union profonde de deu* notions non moins capitales : celle de la forme et . par l7esp.etour 9 la table des mati.ne. le Feu. non plus.Jean -pstein. plutMt ils constituent eu*-mDmes. Le Cinéma du diable .res Eans le monde 9 double sens temporel. qu7il fait apparaRtre dans toutes nos estimations d7espace et de temps. tantMt l7autre% ?insi.res catégories Yantiennes de l7esprit. 9 laquelle ils transmettent. d7une faSon si directe et si radicale.rent incapables de rien modifier 9 c!aque terme des relations dans lesquelles on les introduit. apr. de ce fait. que nous montre l7écran et qui réalise. ceu*-ci se trouvent 9 l7origine de toute idée d7un rapport de cause 9 effet. admet aussi la conception statistique de l7univers% 5ar la mobilité qu7il découvre en toutes c!oses. 9 la fois.re accidentel de tous les rapports de coe*istence et de succession% Jr. ce que. connues grPce au cinématograp!e./0123 >' CAUSES BALLANTES . la causalité se rév. ou. mais par identité.me catégorie ne connaRt pas. que la troisi.le Dtre une variable directement subordonnée au sens du mouvement temporel% Ee plus. sinon l7orientation du temps auquel on les confie% ? son tour. en nous apprenant 9 reFuger. nous enseigne encore. le cinématograp!e met aussi en évidence le caract. des trois ordres fondamentau* de la pensée. tout au moins figurativement. tantMt l7une. l7incertitude.ce de fantaisie. le monde idéal de la dynamique classique au* formules idéalement réversibles. sous une autre appellation. de valeur absolue% onFoncture Fusqu7ici unique dans l7!istoire de la culture. cette idée elle-mDme. les deu* qualités contraires du temps. d7autre part. tout effet pouvant devenir sa propre cause. rien ne distingue l7effet de la cause. on se sent fort embarrassé pour retrouver ou reconstituer le déterminisme partout inséparable de cette mDme mécanique% Toute cause pouvant Dtre son propre effet. non seulement la causalité est une variable inopérante% Hl faut donc reconnaRtre qu7elle n7est pas un p!énom. comme réformateur. qu7un seul et mDme instrument agisse. non par causalité.

Jean -pstein.me centim. il y a lieu de croire que cette transformation accompagne déF9 un certain devenir de l7activité e*térieure. l7inversion du temps. peuvent. 9 tort ou 9 raison. dont l7e*pansion atteint des &ones dimensionnelles plus ou moins éloignées du syst. la route que va suivre une voiture et. cette clarté ne gouverne pas le mouvement auquel elle est associée% Mais. l7une autant que l7autre. parmi des milliers d7autres. par leur c!angement. qu7il se produit une modification dans la marc!e de la mac!ine ou de l7organisme. on peut soutenir d7abord qu7il n7est pas sUr du tout que la pensée guide le comportement dont elle ne pourrait Dtre qu7un témoin par ailleurs inutile% La lumi. pour valable% Eans la mesure oG une e*périence.re comme la pensée montrent. lorsque la pensée découvre qu7elle est en train d7évoluer de faSon ou d7autre./0123 >1 celle du mouvement% ontre cette importance attribuée 9 une novation dans les principes les plus générau* de l7intelligence. Le Cinéma du diable . la lumi. oG se situe notre norme% Jn peut soutenir enfin Q comme il a été dit plus !aut Q que l7e*périence cinématograp!ique. 9 longue distance. soit d7orientation soit de procédé. qui paraRt présider 9 une réforme idéologique ou tout au moins illustrer celle-ci. n7apporte que des images dénaturées. symétriques. dans l7immense maForité des circonstances de la vie courante% Mais l7!istoire et l7e*périence directe nous enseignent que l7!omme est incapable de penser inutilement% ?insi. mDme. cependant.re des p!ares indique bien. le ralenti et l7inversé ne constitue qu7une application. n7Dtre qu7un myt!e d7origine statistique% . obtenues par un artifice arbitraire% Hmages éventuellement aberrantes quant 9 l7état actuel de la réalité% 7est l9 une réserve qui doit Dtre prise en considération et. quelle que soit la cause de cet événement. qui touFours substitue l7effet 9 la cause dans un film proFeté 9 contresens de l7enregistrement. étendue 9 tout résultat de la mét!ode e*périmentale L au sein de laquelle l7étude des variations du temps par l7accéléré.tre-gramme-seconde. mais non superposables. quelle qu7elle soit. directrice ou non. peut prouver quoi que ce soit. démontre que l7inversion des rapports de succession détruit l7!abituelle causalité apparente et tend 9 y substituer le fantMme d7une causalité contraire% es deu* causalités. ainsi que dans un déterminisme rigoureu* continue 9 se montrer utile. d7un procédé de probation universellement tenu. voire indispensable. si cause il y a% Jn peut obFecter aussi que ce renouvellement de l7idée reste sans effet pratiquement appréciable parce que la foi dans la valeur absolue des mesures spatiales et temporelles.

Jean -pstein. d7une finalité et. 9 les e*aminer un peu. pure cause. comme origine ou comme fin. Le Cinéma du diable . par e*emple. selon la direction du temps. etc%. tous les corps sont mus vers le centre de gravité du c!amp. en général. toutes les supposées forces causales. par rapport 9 laquelle cette série se trouve ordonnée% 7est le vecteur de la dimension temporelle. selon la place qui lui est assignée dans une série.re un masque de t!éPtre. d7une insondable simplicité% Eerri.éduite 9 sa nudité la plus essentielle. comment et pourquoi elle agit. sans cesse c!angeante et parfois réversible% Les fonctions de cause ou d7effet ne constituent que des aspects de localisation temporelle. la cause de toutes les causes est une attraction qu7un certain point de l7avenir.re. sont des représentations dérivées. qui est figé dans le tragique. 9 cause de la pesanteur% Mais ce qu7est cette attraction. électriques. cause-type% Jr.re le rigoureu* trompe-l7Oil d7une nécessité causale bloquée dans un déterminisme qualitatif 9 sens unique. dans le sens d7une certaine progression des événements% eu*-ci s7en trouvent tenus pour engendrés les uns par les autres. ne paraRt aussi que précipiter partout tous les événements vers un centre d7attraction temporelle% . la causalité cac!e le myst. comme de p. plus grand.lent Dtre des concepts d7une vacuité égale 9 celle du concept de la pesanteur% Le mDme insaisissable rien qui est censé causer le mouvement des masses vers un centre d7attraction gravifique. qui entraRne et oriente le continu auquel il appartient.res en fils. des antérieurs au* postérieurs% L7espace-temps se suffit 9 lui-mDme pour offrir l7aspect d7un c!amp de forces causales.ne apparaRt comme cause ou comme effet./0123 >> Le mDme p!énom. cette pesanteur. dont les c!amps gravifiques. mais encore la cause et la fin qu7il fait% . se rév. qu7une sorte de centre du temps e*ercerait sur tout le contenu de son espace% "ous le disparate d7innombrables énigmes particuli. partielles% Eans le c!amp terrestre. que des figures de temps% 8ue le pMle attractif du temps soit tout 9 coup reporté dans le passé. il n7y a qu7un visage neutre mais vivant et capable aussi de traduire la Foie% Eerri. il n7y a qu7une suite quantitative dans le temps.ge d7une causalité.res. d7une logique diamétralement opposées 9 celles du continu qui se meut dans le sens des aiguilles de nos montres% :os !orloges ne nous indiquent pas seulement l7!eure qu7il est. nul ne le sait L elle est cause. qui semblent agir dans le continu rationnellement déterminé. aussitMt tout l7espace-temps devient apparemment le si.

elle. sous ce radieu* clinquant. l7une de l7autre.re% ?u bout d7un an. la nébuleuse. la valeur la plus significative de l7invention du cinéma reste d7avoir apporté la possibilité d7e*périences qui contribuent 9 promouvoir le relativisme aussi caractéristique de l7esprit de notre temps que l7!umanisme et l7encyclopédisme furent caractéristiques respectivement de la . depuis. du temps et de la causalité.te interdépendance de l7espace.mes absolus% e relativisme n7est pas 9 confondre avec la relativité einsteinienne. pendant lequel. manifesté par certains interlocuteurs de l7un ou l7autre des fr. datant de cent ans et si* mois d7apr. c7est aussi du temps% ette ine*tricable compénétration. occurrence la plus famili. c7est aussi de l7espace L la cause. qui comprRt la Fustesse de cette orgueilleuse modestie% Hl se peut que.re. un tel c!angement de ryt!me nous frappe comme s7il était miraculeu*. nous. au cours du laps de temps.res% 5ar e*emple. une prestidigitation pour amuser et faire rire en société% Hl peut encore souvenir 9 quelques-uns de l7étonnement scandalisé. les Lumi. que par un tour de p!ysique amusante% Le miracle de Josué est devenu une récréation mécanique.re se soient inclinés 9 admettre le prestige artistique de l7industrie cinématograp!ique% Mais. des valeurs fi*es et des syst.Jean -pstein. dans quelque domaine que ce soit. cette compl.enaissance et de la .res Lumi.cle% L7e*pansion de l7univers peut faire que cette gala*ie et notre globe s7éloignent. nous la voyons auFourd7!ui dans son état d7il y a e*actement un si. tous deu* animés d7une vitesse égale au* trois quarts de celle de la lumi. on entend une forme de mentalité consciente de son incapacité de connaRtre ou de créer. qui n7est point si isolée d7observations Fugées plus scientifiques qu7elle ne puisse Dtre confirmée par ces derni.s la parution d7)ntolérance Q 9 avouer qu7ils tenaient le prodigieu* développement du cinématograp!e comme art spectaculaire pour un accident d7importance secondaire% es inventeurs semblaient déconsidérer leur propre découverte. nous pourrons voir la nébuleuse dans un état antérieur.évolution% 5ar relativisme. qu7un Fouet de savants% Hl n7y eut presque personne alors. le cinématograp!e nous les rend maniables. aura raFeuni sous notre regard. 9 c!aque fois que ceu*-ci se laissaient aller Q mDme longtemps apr.s notre c!ronologie% Eonc.re qui soit% Le temps. mais il se réduit 9 n7Dtre qu7un c!angement de distances spatiales. telle nébuleuse. Le Cinéma du diable . qui n7en constitue . en continuant 9 n7y voir surtout qu7un instrument de laboratoire./0123 >C 7est bien ce que nous montre l7e*périence cinématograp!ique. nous aurons vieilli en vivant une année dirigée du passé vers l7avenir. dévécu si* mois dirigés de l7avenir vers le passé% 5arce que nous n7avons pas l7occasion de le rencontrer souvent. visibles aussi facilement que par un Feu.

n7en était pas 9 un myst. la foi. dans la conception. parfaitement détac!ables de la nature intime des c!oses% "i l7esprit s7!abitue 9 une conception statistique. actuellement courante dans le domaine scientifique.me d7?ristote.re.s et acceptait ce cumul illogique% elui-ci ne se montra gDnant que lorsqu7il conduisit 9 soupSonner que la cause et la fin.re% 8ue cette cause originelle dUt aussi apparaRtre comme fin derni. destructrice de tout ordre ferme.Jean -pstein. le plus intelligent des premiers cartésiens et leur meilleur t!éologien. constituaient non pas des valeurs essentielles mais seulement des aspects fonctionnels. pour rationnelle qu7elle prétendRt devenir.etour 9 la table des mati. englobée dans un vaste vent de pensée. contradictoire en partie.res :ous n7avons pas épuisé le scandale que nous propose l7antiunivers visible 9 l7écran% . on ne voit pas comment le postulat t!éologique peut s7accommoder d7une cause suprDme.re gigogne de tous les rapports de cause 9 effet. dans le mécanisme rationnel de l7univers.re et. m. de passionnantes intrigues vulgarisent subrepticement une p!ilosop!ie révolutionnaire. autant que possible. l7induction p!ysique de Eieu. Le Cinéma du diable . ennemie de toute stabilité. facultative et appro*imative.re pr./0123 >2 qu7une doctrine particuli. diabolique assurément% Malebranc!e. reprenant un t!. dont le souffle fait reculer et supplante le climat cartésien et Yantien% et anticyclone se propage par le moyen de l7écran oG de merveilleu* personnages. d7une causalité restreinte 9 l7état probable. lui devient inutile% EéF9. intégrait Eieu. sous forme de cause premi. d7ailleurs. la cause-fin ou la fin-cause. qui n7est plus que partiellement maRtresse de ses effets% PLU6ALITÉ DU TEMPS ET MULTIPLICATI5N DU 6ÉEL .

on doit distinguer. qui est touFours 9 dimension unique. cette énumération suffit cependant 9 montrer que nous pouvons concevoir plus ou moins clairement ou confusément une foule de temps qui demeurent difficilement comparables entre eu*% ertains de ces temps se rév. on ne connaRt touFours pas de rapport d7équivalence entre le temps géologique et le temps !istorique. lui. réversibles L quelques-uns. qui. notre esprit néglige la fantaisie du temps intime. au*quels. en général. nous éprouvons qu7ils peuvent varier aussi quantitativement. le propre des images animées est Fustement de pouvoir faire réapparaRtre et d7accréditer la réversibilité du temps Q tenue Fusqu7ici pour un artifice purement intérieur Q comme résultat d7une e*périence visuelle.re de temps. devient douteuse3 et le temps astronomique. pourtant proc!es l7un de l7autre. ressortissent de la mDme catégorie irréversible% Hrréversible encore. pour y inscrire les événements. d7ailleurs. s7annonce capable peut-Dtre de servir 9 l7établissement d7un étalon p!ysique universel% Hncompl.ne et stable% Mais cet aspect d7unité et de fi*ité ne résiste pas 9 l7e*amen% Eans le temps irréversible. mais 9 double sens% "i cette spécialité ne nous reste pas enti. recueillie au de!ors% ?insi.lent e*périmentalement variables L d7autres. c7est-9-dire qu7ils embrassent une gamme infinie de ryt!mes différents. constituer une valeur !omog. variables en quantité et réversibles% .rement incompré!ensible.te. Le Cinéma du diable . si peu connu qu7il soit. c7est que nous en possédions déF9 une certaine e*périence psyc!ique : il nous arrive parfois de rec!erc!er un souvenir en partant d7éléments plus récemment enregistrés par la mémoire. au premier abord. l7autre irréversible% Les temps réversibles de l7e*périence psyc!ique et de l7e*périence cinématograp!ique. le temps irréversible de l7e*périence p!ysique et p!ysiologique nous semble.dont l7irréversibilité. qui lui vient des données sensorielles% Jr. pour reconnaRtre le ma*imum d7importance 9 la notion de temps irréversible. nous accordons peu d7attention 9 notre vie mentale la plus intérieure% Largement e*traverti. qui. plus ou moins rapides% 5ar contre. une qualité particuli. le temps cosmogonique . nous pouvons déF9 distinguer au moins deu* sortes de temps l7un réversible. malgré leur parenté. en effet. se montre variable par la vitesse variable des proliférations cellulaires% -nfin. pour redécouvrir un passé plus ancien% ertains de nos rDves peuvent aussi s7ordonner de cette faSon-l9% Mais. le temps de la vie atomique./0123 >= La découverte de ce monde 9 l7envers nous a appris que l7appareil cinématograp!ique fabrique. tous deu*. plus ou moins lents.Jean -pstein. le temps biologique. on n7a encore découvert aucune commune mesure% 5areillement.

qui ne parviennent 9 s7accorder. on ne sait plus alors de quoi vraiment il s7agit% ?insi. une matrice de ryt!mes divers et qui présente variabilité de vitesse et réversibilité sous des aspects visuels particuli. dans la symétrie temporelle inverse de ce monde !ypot!étique. ne fait que mieu* attirer notre attention sur la pluralité fondamentale de l7idée de temps% :ous appelons temps le résultat d7une cote mal taillée entre un grand nombre de données disparates.ne apparaRt comme fonction directe d7une certaine pluralité de comparaisons. puisse signifier passé pour un autre. Le Cinéma du diable . nous pourrions voir. imbriqués ou contradictoires. sans avoir 9 prouver. Fu*taposés ou inco!érents. sinon comme symbole mécanique% Hl y a un foisonnement de temps individuels./0123 >0 Le temps cinématograp!ique. inconsciemment calculée 9 partir de valeurs parfois si différentes qu7elles ne devraient pas pouvoir Dtre appariées% ?ssurément. que ce qui a été accompli une fois. la réalité d7un p!énom. d7ailleurs. puisse ou ne puisse pas Dtre défait ou refait% Lorsque. les assassinés recevoir la vie des coups de leurs assassins% ?insi. il apparaRt que les événements de l7un de ces temps raFeunissent. on peut dire et mDme voir que le second train recule par rapport au premier% Ee faSon analogue lorsque deu* temps de mDme sens mais de vitesses tr. si on en Fuge selon les rep. il arrive qu7il faille opérer sur des pommes.s différentes viennent 9 se mettre en parall.les. il n7y a d7avenir ni de passé absolus. !ybrides. puis e*primer la somme ou la différence en fruits L seulement. les vaincus triomp!er de leurs vainqueurs. que tr.rement e*plicites. de mDme que notre bas se traduit par !aut en :ouvelle-[élande% 5as plus que de !aut et de bas.s appro*imativement L une moyenne souvent trompeuse. des fraises et des noi*. on saisit que ce qui signifie avenir pour un observateur. par différence entre elles% 5artout. sur deu* voies parall. quand elles y parviennent. pour les besoins de la vie courante. qui forme. et que nous disposions de moyens d7investigation suffisamment puissants. il n7e*iste pas de temps pur et uniforme. déF9 9 lui seul. universels% :ous ne connaissons que des vitesses et des directions relatives. de . un train en devance un autre. définies par comparaison. les poursuivis poursuivre les poursuivants. les prédécesseurs remplacer leurs successeurs. uniques. que. touFours.les.Jean -pstein. dont la supériorité sur les autres n7est que d7utilité pratique% ette pluralité du temps conduit 9 la compré!ension aisée d7une certaine réversibilité du temps. on force 9 se raccorder tant bien que mal 9 l7un d7eu*.res de l7autre temps% ? supposer qu7il e*iste une autre Terre dans l7une des gala*ies lointaines qui nous semblent en fuite.

en deS9 duquel aucune sensation ne se produit.Jean -pstein. dans laquelle cette mac!ine 9 démultiplier les ryt!mes des ondes 9 p!otons. de ryt!mes que cumule un p!énom. c7est-9-dire de pensées K Tout est dimension et fonction de rien./0123 C( relations spatiales et temporelles% -t. comme d7évidence. rien ne peut e*ister pour nous% -ntre les deu* &ones e*trDmes de réalité naissante et de réalité évanescente. l7idéalisme pur le soutient avec . on peut tracer une courbe oG se situent tous les degrés du réel. d7abord croissants puis décroissants. ne sait plus calculer% Ee part et d7autre de l7infragrave et du supra-aigu. qui. ce qui en fait fonction. fonction de sa pluralité% Le réel n7a pas de valeur absolue L il n7est pas une essence permanente sous une diversité d7attributs relatifs L il n7est. le cinématograp!e apporte maintenant son énorme puissance de divulgation% 8ue tout ne soit que pensée. de mDme qu7il e*iste un seuil d7e*citation. de dimensions. un multiple de relations mobiles dans l7espace et le temps. décorées en liens de nécessité. 9 laquelle aboutit la quDte de l7obFet : il n7y a pas d7obFet. de part et d7autre de ces bornes de la réalité. lui-mDme. il y a un seuil de localisation. dimension et fonction pures% Tel se rév. qui est Feune mais qui mUrira et qui sera dépassée 9 son tour.le un syst. qu7il est vain de c!erc!er. il n7y a que silence% 5areillement. qu7une fonction de relations% La plus e*trDme réalité que nous sac!ions atteindre d7un obFet. en enc!aRnement de cause 9 effet% Mais oG est la substance qui tendrait ce réseau de mesures. de simultanéités et de successions appro*imatives. qui vaut ce qu7elle vaut. non seulement on ne réussit 9 rien établir de plus ferme. qu7il n7y a rien 9 découvrir% Telle est la fin de non-recevoir. c7est aussi une fonction. un nOud de rapports variables. notre esprit n7est accordé 9 concevoir le réel que dans une certaine &one quantitative de données spatio-temporelles% "7il n7y a pas asse& ou s7il y a trop de références. en deS9 duquel la conscience n7enregistre pas de réalité% !acun de nos sens n7est capable de connaRtre qu7une gamme limitée de certains mouvements% Ee part et d7autre de l7infrarouge et de l7ultraviolet. c7est une fonction. il n7y a qu7une nuit. pas de support. dimension de dimension et fonction de fonction. c7est-9-dire de relation dans l7espace-temps. pas de permanence% e qui en tient lieu.ne% Toute réalité Q et celle du temps Q apparaRt comme un p!énom. Le Cinéma du diable . ce sont des relations% ?u-del9 de cette e*istence fonctionnelle et relative.ne quantifié et variable. varient de faSon d7abord directement puis inversement proportionnelle au nombre de références.me de relativité vraiment générale% ? cette p!ilosop!ie créée par les mac!ines des p!ysiciens. cette boRte de vitesses qu7est la rétine. mais encore on a le sentiment.

re./0123 C/ constance depuis quelques millénaires% ependant. en s7écartant de la formule classique qui nie l7e*istence matérielle de la mati. qui fait.rent définis d7asse& nombreu* rapports spatio-temporels. se sert la science% 5ar e*emple. enfin. c7est-9-dire quand son action se trouve quantifiée et située par un nombre suffisant de mesures. peu 9 peu. considérée comme une illusion ou une !allucination% L7idéalisme nouveau prétend. elle cesse de paraRtre un p!énom. pour se transformer en actions de vapeurs. impondérable et 9 peine mesurable il y a deu* si.re.ne purement intérieur. d7!umeurs peccantes Q conception déF9 semi-matérielle Q et. bientMt elle ne fut plus qu7un comple*e de réactions bio. au contraire.cles. les instruments qui ont multiplié les composantes pensables de la vague idée qu7était l7électricité. en définitive.Jean -pstein. e*pliquent les p!ysiciens. ce sont des instruments qui. l7idéalisme mac!iniste et relativiste peut lui apporter renouvellement et précision. c7est la pensée qui. de fluides. celles-ci quittaient le rang de pures entités. soumise 9 certaines limites. que la substance est un produit réel de la pensée% La mati. se fait d7énergie. de relations% L7énergie se transforme en mati. en s7aFoutant 9 ce vieu* corps de doctrines.ce de pensée% 8uand une idée atteint une certaine densité. en ont fait un groupe de corps quasi tangibles : les électrons% Ee mDme. dans la mesure oG se compliquait le faisceau de références permettant de situer des maladies. en into*ications microbiennes. d. une réalisation mentale et immatérielle L elle se produit dans le monde e*térieur comme une réalité p!ysique L elle devient une pensée matérielle.re. quelque c!ose de plus ou moins réel% Tout n7est que pensée. op. de plus en plus. la multiplicité de l7idée qu7on peut se faire de quoi que ce soit se trouvant encore 9 l7état de rien matériel.et p!oto-c!imiques% Eans tous ces cas et des milliers d7autres. en créant de nouvelles apparences et de nouvelles relations. elle émerge du domaine de l7esprit. ont étoffé la . Le Cinéma du diable . quand celle-ci se condense en grains. de ce plus ou moins irréel. dans cette Pme.s clairement dans les résultats au*quels a abouti la mise en Ouvre de l7importante instrumentation dont.re la miraculeuse transmutation de l7immatériel en matériel L c7est. les vitalistes trouvaient 9 y placer une Pme de /7oeil% Mais. se trouv. un obFet% ette création de la réalité par la pensée apparaRt tr. mais non pas touFours et partout de la mDme esp. parce que. aspects du courrou* des dieu* et de la virulence des démons. en floculations de colloXdes% Tant que la fonction visuelle ne pouvait Dtre pensée que confusément dans son ensemble.s que l7esprit peut la penser dans le cadre complet de l7espace-temps% ?insi. un certain nombre.

le. et les figures qui se trouvent déplacées dans un tel mouvement. une pluralité supplémentaire peut compliquer. sérieusement nier que les sécrétions de l7!ypop!yse et du corps Faune soient tout de mDme des symboles plus c!argés de réalités fonctionnelles que la métap!ore du carquois et des fl.cles de si. cartésien aussi. du rapport 4 au rapport /1. en les dotant d7innombrables réseau* de relations inédites. une représentation visuelle d7un univers transcartésien.te. ni uniformément accéléré ou ralenti. rencontre naturellement la méfiance de notre esprit empiriquement dressé. le cinématograp!e détient un pouvoir de multiplication du réel. d7abord. nul ne peut.le un foisonnement d7Dtres qui n7avaient pas encore e*isté% Le temps. nul ne peut sérieusement le contester% ependant. l7instrument cinématograp!ique apporte sa part qui n7est pas des moindres% -n effet. d7autre part. enregistré de sorte que la valeur temps y passe. des dispositifs qui fassent Fouer non seulement le ralentissement variable mais encore l7accélération variable et l7inversion du temps cinématograp!ique. le cinématograp!e distingue dans la pluralité du temps et y aFoute une nouvelle esp. parce qu79 l7écran.re fois. non déformant et indéformable. Le Cinéma du diable . sans lequel il n7y a d7idée compl. 9 rationaliser l7e*périence d7un continu euclidien. alourdir. en multipliant la pensée. c7est-9-dire !omog. nous rencontrons. dans un film de ralenti. touFours modifiables. sans cesse renouvelées% ?insi. plutMt galiléen mDme que ne#tonien.ne et asymétrique. des apparences ainsi obtenues. supérieur 9 celui de tout autre instrument Fusqu7ici connu et utilisé. ni vraie ni fausse. on voit bien que les images successives d7un mDme geste ne sont pas superposables% -n utilisant. qui. partout et touFours identique% Mais. oG la forme est fonction d7un mouvement .ne. depuis on ne sait combien de si. vient 9 Dtre lui-mDme diversifié 9 un point qu7on ne savait Fusqu7ici imaginer% Eésormais. d7un continu 9 quatre inconstantes. pour la représentation d7un mDme mod. d7un espace-temps !étérog. en cours de prise de vues.cles. pour la premi. on verrait aussi que.c!es d76ros% Les instruments.ce de temps. e*trDmement déformable% e temps-l9 n7est nécessairement ni uniforme. de rien. aucune n7est égale 9 une autre% Hnconstante mobilité des formes.dent. l7écran rév. ont multiplié le réel% ? cette prolifération de la réalité matérielle par alourdissement quantitatif des représentations idéales. ne restent pas semblables 9 elles-mDmes% ?insi. comme une prodigieuse ric!esse. non plus.Jean -pstein.re imaginaire des myt!es au*quels elles succ. matérialiser une foule de symboles./0123 C4 pensée au point de lui permettre de créer de nouvelles réalités% 8ue celles-ci gardent quelque c!ose du caract.

puis. ses dompteurs avec toute leur esp./0123 C' variablement varié. plus sUrement. on obtient une mobilisation générale des formes : des cristau* vég. d7abord par ignorance.ce% L7e*traordinaire force réalisante. comme toute réalité. d7autant plus aptes 9 Dtre matérialisés qu7ils se montrent plus ric!es fonctionnellement% L7univers cinématograp!ique peut encore sembler e*posé 9 une autre contradiction% Jn sait qu79 l7écran. le cinématograp!e. que des nOuds d7idées.Jean -pstein. que des groupements de références. dont elle suit la mobilité% et étonnant pouvoir L il est vrai.res Le cinématograp!e nous est apparu comme le propagandiste d7un irréalisme qui tient la fonction pour derni. les électrons mobilisés se sont contentés de percer un petit trou dans le gilet de 5ierre urie% L-9É6ÉSIE M5NISTE . du cinéma rayonne déF9 9 travers la banalité des scénarios. matérialisante.res% ?vant d7écraser le Japon.re substance. agit comme un génial augmentateur de la réalité des c!oses% e double rMle du mDme instrument n7est pas contradictoire. ce n7est pas impunément que l7on met en Ouvre la puissance et l7intelligence de mac!ines 9 peine nées. sauvages. la relation immatérielle pour seule réalité matérielle% -n mDme temps. pour brUler de conviction des populations enti. qui obéissent plus ou moins 9 la gouverne !umaine et qui.tent et se déplacent L des plantes agissent et s7e*priment L des visages et des gestes !umains s7abDtissent et s7animalisent L des Dtres vivants involuent et se minéralisent. ensuite par une sorte de crainte obscure. notamment par le Feu de l7accéléré et du ralenti. par de simples variations de la perspective spatio-temporelle. parce qu7il crée des rapports nouveau* entre les figures du monde. on ne l7emploie encore que par le détour du spectacle amusant. au récit desquels on l7emploie. mal domestiquées. timidement. 9 volonté. de vague répugnance devant un mystérieu* danger% Eanger il y a% "ouvent. d7un coup. retrouvent leur . puisque les réalités révélées 9 l7écran ne sont. Le Cinéma du diable . gouvernent l7!omme% Jn ne sait pas encore ce que fera ou ne fera pas la bombe atomique et si la désintégration ne dévorera pas.etour 9 la table des mati. se réaniment.

le corps et l7Pme l7instinct et l7intelligence% Toute forme n7est qu7un moment d7équilibre dans le Feu des ryt!mes dont le mouvement constitue partout toutes les formes. de l7alc!imie. dans la pénombre de vastes salles% Mais.re en tant que principes antagonistes. se réclamer ni de l7esprit ni de la mati. puisqu7ils ne les distinguent pas l7un de l7autre et ne les connaissent pas comme qualités différentes% 5our des !omuncules qui verraient tout en rouge ou tout en vert. qui ne peut passer pour monot!éisme qu79 la faveur d7une absence quasi totale d7esprit critique. soutenir le myt!e divin% "7il n7en est rien. que le cinématograp!e enseigne aussi K Eans les religions évoluées. qualitativement irréductible.re et l7esprit. parce qu7il n7y a pas de couleurs. en esprit et en mati. compartimenter l7unité de la nature% ?insi. la t!éologie se développa sur deu* plans tr.re arbitraire et relatif des fronti. forme ce qu7on appelle communément le spiritualisme et qui. voire de la bonté. pour permettre 9 Eieu d7Dtre l7un et le tout. Le Cinéma du diable . touFours sur le mode confidentiel.Jean -pstein. c7est que le monot!éisme a dU se construire une p!ilosop!ie dualiste% -n effet. de tant de doctrines ésotériques. se trouve 9 nouveau prDc!é. en mDme temps que la perfection de la Fustice. toute la vie% Le vieu* monisme de la Yabbale. complémentaires ni autres.s différents : l7un rationnel. vRnt. l7autre moral% ?ussi. !ors de ce tout divin./0123 C1 intelligence et leur Pme% ?insi devient évident le caract. il semblerait que la croyance 9 un dieu unique dUt présider 9 l7édification de doctrines purement monistes% Jn pourrait donc s7attendre 9 ce que le cinématograp!e moniste. par lesquelles nos classifications ont voulu segmenter la continuité des formes.res. est la seule conception vraiment matérialiste du monde. .re. il n7y aurait ni vert ni rouge. le monot!éisme fut obligé de reFeter. 9 partir de ses postulats traditionnels. en contredisant ici ses tendances diaboliques. le mécanique et l7organique. la mati. en bien et en mal. dans une vision monoc!romatique% Eans le vert e*clusif comme dans le rouge e*clusif. en effet. une masse d7éléments devenus incompatibles avec l7affinement de l7ét!ique% E7oG une doctrine qui divise l7univers en un empire noble et un empire bas. cette p!ilosop!ie d7unicité ne s7oppose-t-elle pas 9 la pluralité essentielle du réel.re par opposition 9 un pur esprit% Les monismes aut!entiques. en Eieu et en Eiable% e dualisme essentiellement qualitatif. la seule qui admette l7e*istence d7une pure mati. idéalisme et matérialisme purs. s7effritent les cloisons étanc!es établies entre l7inerte et le vivant. ne peuvent. en fait. pour une fois. il y a seulement des degrés différents d7intensité lumineuse% -t les voyeurs de rouge seul ainsi que les voyeurs de vert seul parleraient le mDme langage. de proc!e en proc!e.

gnes sans fronti. depuis des années. la pleine clarté% Ee faSon analogue. intermédiaires entre la pensée et la c!ose. la mDme . Fanséniste et bergsonienne. concourants. car il s7agit d7un pluralisme e*clusivement quantitatif% "7il e*iste. qui est mati. notre contemporain% Le dualisme classique est une pluralité double de qualités. la science. interc!angeables% ?uFourd7!ui la p!ysique embrasse aussi un domaine de !aute spiritualité. les unes spirituelles. s7il n7y a que mati.re. le germe d7inco!érence aussi. simultanément. d7une foule d7Dtres. bien au contraire. notamment la p!ysique elle-mDme. sans cesser d7Dtre un ryt!me. Le Cinéma du diable . l7antit!. reste réductible 9 l7unité. coopérants. pour isoler artificiellement l7Pme et la vie.re ou s7il n7y a qu7esprit. elles ne prétendent cependant pas Dtre d7essences différentes et inconciliables L elles admettent toutes. la pureté du pur esprit 9 l7impureté de la pure mati. devient. le point de rupture de toute l7idéologie officiellement admise. oG la mati.re. a été. oG l7obFet n7e*iste encore qu79 l7état virtuel. bien qu7il soit non pas seulement double. dont l7!ypot!. quand l7e*périence oblige continuellement 9 confronter les éléments appartenant 9 c!acun des deu* ensembles qualitatifs% E7autre part. plus ou moins mati.re. a cessé d7Dtre matérialiste% -lle n7oppose pas l7atome matériel 9 la radiation immatérielle.re ni esprit. une idée% 5ar contre./0123 C> apprécieraient uniquement l7ombre. plus ou moins esprit. le dualisme t!éologique reste le refuge du matérialisme qui. d7un groupe 9 l7autre% E7oG d7insurmontables difficultés dans toute tentative de construction de l7univers. elle les inscrit dans le mDme sc!éma de généralité mat!ématique et de possibilité p!énoménale L elle les montre unissables.Jean -pstein.re et esprit% -n ce sens. l7assise.re. procédant l7une de l7autre. toutes sortes de qualités infiniment diverses. la pénombre. et toute une suite ininterrompue de r. que les apparences les plus brutes. dans la création.que p. au sein de celui-ci. c7est qu7il n7y a ni mati. mais infiniment nombreu*. ne veut naXvement connaRtre. le dogme fondamental. oG la fonction se fait poids. que nous en donnent le sens% La catégorique simplicité qui oppose. depuis l7origine des religions et des p!ilosop!ies. le pluralisme du réel. mais quelque c!ose ou rien qui est. une éventualité. formes étroitement apparentées. tel qu7il est indiqué ou confirmé par le cinématograp!e. qui se veulent incommensurables entre elles. les autres matérielles. fille du nombre.se encore lourdement Fusque sur les rudiments de pensée et les moindres propos de l7!omme de la rue. oG le mouvement se situe.se manic!éiste et cartésienne.

res qui sont devenus inutiles% ?insi. sinon toutes.ces différentes de corpuscules ou. toutes. elle reste incompré!ensible. veut que périssent aussi les myst. que par sa quantité de temps. de quantité relative de temps% 7est par une multiplication de leurs propres mouvements fonctionnels. qui ne laisse vivre que ce qui sert. il se concentre% Tout p!énom.res% Mais la loi d7économie. enseigner et garder tant de vieilles doctrines initiatiques% "i la qualité n7est pas construction du nombre. ne disparaRt pas mais il se résume. résulte d7une accélération ou d7un ralentissement de mouvement. impénétrables 9 l7intelligence. Le Cinéma du diable .re. autant d7essences. des effets du nombre.re.re. c7est-9-dire de douer cette forme d7un autre ryt!me temporel. la mer. comme une essence inanalysable.re devient organisme. d7une augmentation ou d7une diminution de vitesse. qu7une seule esp. leur commune mesure d7analyse et le moyen commun d7e*pression de leurs formes% es orgueilleuses essences qui se prétendaient intangibles. de . qu7est-ce que le temps. sur le plan mat!ématique. du minéral en végétal. une mesure des mouvements d7un p!énom. les centaines de couleurs. autant de créations premi.ne revient 9 n7Dtre qu7un acte accompli par tr. ne sont encore que des attributs nombrés de quelque c!ose dont on ne sait rien d7autre que cela qu7il est nombrable% 5ar e*emple. les milliers de teintes. que la pensée devient mati. toutes. spécifique% ?utant de qualités. dont le ciel./0123 CC origine. ici plus rapide% Jr. de mouvement. d7une qualité spécifique en une autre. par e*emple.Jean -pstein. la mDme nature profonde L elles sont. qui e*ige sa création particuli. en fermant un cycle que voulaient déF9 désigner et dissimuler tant de vieu* symboles. la plupart de ces spécificités. trouvent auFourd7!ui. dans la représentation cinématograp!ique. que la mati. pour faire passer. il suffit de modifier le rapport entre les vitesses d7enregistrement et de proFection. effets et aspects parfaitement déductibles les uns des autres et mariables les uns au* autres% -ffectivement. qui ne varie que par son ryt!me.ne K La transmutation de l7inerte en vivant. 9 vrai dire. mDme. telle forme de l7inertie cristalline 9 la vie végétale ou animale.ce de vibration. nous savons qu7elles ne sont. sinon une dimension.s peu d7esp. qui faisaient de la nature comme un peuple de personnalités non pareilles. qu7estce que le ryt!me temporel. que la réaction bio-c!imique devient pensée. des aspects de la quantification du mouvement-forme. que par son nombre% Le myst. la montagne se parent 9 l7aurore ou au couc!ant et qui !ypnotisent le spectateur dans une e*tase mystique.

d.rent davantage seulement par les nombres./0123 C2 possibilités corpusculaires. le nombre en mouvement. par quoi ?ristote entendait seulement les 9-cMtés de la p!ysique. l7aliment totalement dépourvu de réalité matérielle. ainsi que leurs radiations immatérielles. le fondement de toute connaissance. en ont assurément tracé un sc!éma% Les mac!ines de notre époque nous obligent 9 le repenser% E7-instein 9 MilliYan. tout le réel solide et pondérable% e syst. comme le montre l7e*périence cinématograp!ique. professait le magistral disciple de "ocrate% L7essence. l7énergie. les investigations des grands savants contemporains le confirment% Ee . de 5lancY 9 de +roglie. 5yt!agore et 5laton.s qu7on modifie le ryt!me temporel dans lequel un p!énom. que par nombre% Jr. les études des grands p!ilosop!es modernes le précisent% L7essence est nombre. Le Cinéma du diable . est idée de nombre en mouvement% La métap!ysique. enseignait le sage mystérieu* de rotone% L7essence est idée. de localisations spatiotemporelles. la plus réaliste des sciences% L-9É6ÉSIE PANT9ÉISTE . sugg. en fin de compte.ne est représenté. qui ne se diversifie que par quantifications différentes. selon lesquels leurs groupements s7organisent et se meuvent% es corpuscules matériels eu*-mDmes. reFeté d7une catégorie dans une autre% Tout le matériel et l7immatériel n7est fondamentalement que mouvement% Mais mouvement de quoi K Ee cette véritable essence des c!oses. tout au moins l7énergie actualisée. donc nombreuse aussi% Le nombrable mobile. s7il n7est pas sUr qu7ils l7aient inventé. qui constituent. est devenue la protop!ysique. le mouvement plural et quantifié.res différences dans une unique nature commune.rent nos instruments actuels. ne sont d7ailleurs pas loin d7avoir résolu leurs derni. sur et avec lequel la pensée construit le réseau de relations.Jean -pstein. celui-ci se trouve comme miraculeusement dénaturé. qui diff. qu7est l7énergie.me. sinon mouvement K Toute c!ose n7est donc que mouvement quantifié.ibot 9 5oincaré et d7-ddington 9 +ac!elard. qui serait la c!ose mue. nous savons seulement qu7elle doit Dtre mobile et nombrable. tel est le support absolument dénué de consistance. trans-spécifié. c7est-9-dire mouvement pensé au moyen de l7espace-temps% -t voil9 pourquoi.

dont l7arc!itecture. et qui.re purement cartésienne et spino&ienne. par connaissance visuelle. qui posaient le temps comme un élément simple de la pensée. ait fait apparaRtre les valeurs de temps dans le c!amp de l7e*périence et qui ait créé ainsi un temps dirigeable% Mais. une notion d7espace 9 temps variable% ?insi s7est déF9 ouverte une nouvelle ./0123 C= . que le cinématograp!e ne doit certes pas prétendre avoir inaugurée. puisque ces p!ilosop!es manquaient de moyens e*périmentau* qui leur pussent fournir mati.mes de l7. aussi directe et aussi éloquente qu7il soit possible de l7imaginer. eu*mDmes.mes de l7. principalement. 9 proposer de tout e*pliquer sous le Four de la déformation temporelle% ette tendance trouve 9 s7e*ercer d7autant mieu* qu7elle correspond 9 une réaction normale. la fonction du temps dans leurs syst.re la durée% "7il n7est. cependant. plus fruste encore.de la microp!ysique. dans les domaines de l7astro.re Yantienne 9 peine close. cette nouvelle économie du temps dispose aussi de moyens de s7accréditer.s indirectement sensibles. de curiosité et d7engouement.res 5arce que son organisation native est celle d7un appareil 9 faire varier les vitesses de temps. comme tous les spécialistes.re 9 penser et repenser le temps. remarquons ici que ce sont . le cinématograp!e. elle n7offre que des formes abstraites ou tr. pas Fuste de reproc!er 9 Eescartes et 9 "pino&a d7avoir si peu connu le temps. n7e*plicitait gu. tout récemment. oG. avaient succédé au* syst. mais dans laquelle il est Fusqu7ici seul 9 Fouer le rMle indispensable d7appareil vulgarisateur% 7est en bonne partie grPce 9 cette mac!ine que nous paraissent si périmés auFourd7!ui les syst. il serait inFuste aussi de blPmer certains t!éoriciens actuels de développer. qui attirent l7attention seulement de quelques initiés% 5ar contre. le cinématograp!e n7est pas absolument le seul instrument qui.etour 9 la table des mati. Le Cinéma du diable . peut-Dtre avec quelque e*agération. quand l7e*périence moderne crée des données qui obligent ces observateurs 9 concevoir et reconcevoir sans cesse des normes temporelles différentes% -ncore une fois. tend 9 e*agérer peut-Dtre l7importance de sa spécialité.re p!ilosop!ique. révélé et immuable. l7écran est bien le premier lieu oG la masse d7un public moyen puisse acquérir.Jean -pstein. dans notre esprit rendu enfin conscient de sa précédente pénurie d7intuitions concernant le temps% "ans doute.mes. ni 9 Tant de l7avoir tant méconnu.

qui sont les grands responsables de la transformation des p!ilosop!ies 9 unique et fi*e valeur de temps./0123 C0 des instruments.ne si banal% Mais voici qu79 l7écran. une germination n7est pas un myst. la désorganisation du normal. le temps qui r. s7écartent de la verticale. comme un bec de poussin émergeant de sa coquille% e bec s7ouvre en deu* tentacules qui s7allongent. entre leur bien et leur mal. les corrigent.re de cent myst. progressivement resserré Fusqu79 un degré de précision. di* mille fois accéléré dans le temps. un doigt. surgis d7un nouvel au-del9 et y retournant s7évanouir. comme un parc international du merveilleu*. se gonfle de toute sa puissance de vie. de . assurément encore imparfait mais pratiquement suffisant% ?insi vue grPce au cinématograp!e.s. tel apparaRt d7abord. elles se laissent abuser et stimuler par de fau* soleils. 9 c!oisir entre les tén. des mécanismes. se distend puis se contracte dans l7effort. apprennent 9 distinguer le !aut et le bas. simple mais suffisant et nécessaire pour y diriger leurs mouvements% eu*-ci sont loin d7Dtre parfaits d7emblée% Eans leurs obscurs calculs d7orientation. en p!ilosop!ies 9 temps multiple et variable. le miracle de mille miracles% "7agit-il de botanique ou. qui conduit par analyse 9 la désintégration du réel. et qui encadrent le but visé d7un réseau de relations. ou trop loin ou trop pr. décrivent autour d7elle une interprétation spirale approc!ée% omme l7!omme. puis un peu trop 9 droite. ensemble.re. deu* cents fois grossi dans l7espace. déprimer par de fausses nuits% Leur geste rappelle ceu* des tout petits enfants qui. se ride d7épuisement. !ésitent. 9 tous les spectateurs. nous réapprend le miracle% Tout le monde croyait savoir ce qu7est la germination d7une graine et personne ne Fugeait plus digne d7attention un p!énom.bres et la lumi.Jean -pstein. tendant 9 y revenir. un vulgaire !aricot. de c!imie et de mat!ématique. pas un miracle L elle est le myst. éclate. laisse Faillir un stylet. 9 temps miraculeu*% Miraculeu*. aussi étonnants par leur apparition que par leur disparition% "ous ce Four brut de mystique. les aspects de l7univers. et qui construisent ainsi un syst.re réserve du féerique.res.me d7univers.gne 9 l7écran et qui entretient l9 comme une derni. tressaille dans les affres de l7enfantement.re.ce vieillissante du prodige% ?vant d7Dtre disséqués parfois Fusqu79 leur squelette abstrait. oG l7!omme préserve de l7e*tinction totale l7esp. pour saisir un obFet. Le Cinéma du diable . la tige comme la racine commettent des erreurs. lancent leur main d7abord un peu trop 9 gauc!e. un ver. sont touFours et restent souvent 9 Famais de mystérieu* fantMmes. se déc!ire enfin. tPtonnent. e*périmentent. révélés par la souplesse de l7espace-temps cinématograp!ique.

les conFonctures les plus communes. renouvelé par la représentation cinématograp!ique. leur profonde consubstantialité% La mati. de notre aveuglement par l7!abitude% "ous leur innocent air d7aller de soi. c7est-9-dire mouvement quantifié. la plus féconde dans un climat mental d7inquiétude suffisante% Eevant le spectacle de la nature. par l7impossibilité de renier tout 9 fait le matérialisme p!ysique de la conception dualiste. savons-nous. les plus claires. plus e*actement.re. la reptation de l7eau ou du feu. que prétendait le p!ilosop!e% Hl y éc!oua. appartient au vieil ordre animiste et mystique% La vie est une essence universelle./0123 2( psyc!ologie et de p!ysique. incompatibles par définition entre elles : la pensée et l7étendue. Le Cinéma du diable .mes trop coutumiers% -cYermann fait dire 9 Boet!e que l7étonnement est l7attitude spirituelle la plus noble% 7est. qui régnait presque sans partage 9 l7époque% 7est 9 établir une p!ysique de Eieu.re ou. manifestation primordiale de l7e*istence divine% 5uisque la mDme vie meut toutes les apparences. constitue une réalité en quelque sorte amp!ibie. le mDme Eieu. des c!ocs primitifs de surprise. "pino&a donne. pour nous. vue au ralenti. constitue le principe immanent de toute c!ose% E7un tel pant!éisme moniste. organisation de nombres.me d7éc!ange entre les deu* substances cartésiennes fondamentales. rév. sans doute. unique et un. l7!omme retrouve quelque c!ose de son enfance spirituelle. l7e*plication qui s7impose d7abord au spectateur. la formule la plus rationalisée mais viciée. devant ces merveilles que sont la naissance d7une plante ou la multiplication de cristau*. usés par la routine des aspects et des probl. faute de connaRtre un syst. le volume. mais aussi l7instinct et l7intelligence et l7Pme% La transformation des apparences dans la variabilité de l7espacetemps cinématograp!ique nous guérit de notre inattention. celles qui n7e*igeaient plus aucune e*plication. 9 double forme de vie. de l7ancienne fraRc!eur de sa sensibilité et de sa pensée. en tout cas.Jean -pstein.nes de . de géométrie et de mécanique K :on seulement la vie est partout. le solide% Mais. qui ont provoqué et dirigé sa compré!ension du monde% ?insi. virtuel et mat!ématique. en son centre. n7étant qu7énergie appro*imativement localisée. contient les probabilités qui régissent ses propres mues en p!énom. vues 9 l7accéléré. dont un stade. les développements de l7ultra-p!ysique nous !abituent 9 admettre presque facilement l7articulation entre l7esprit et la mati.lent soudain une comple*ité stupéfiante et une ine*plicable obscurité% Le cinématograp!e rend l7acuité de l7étonnement 9 notre regard et 9 notre esprit.

les. c7est en nous et par nous seulement qu7ils se constituent et qu7ils e*istent L c7est de nous qu7ils sont émis.que au* nombres qui le font% La mati. s7il est esprit par e*cellence. la piété de quelques savants conSoit volontiers Eieu mat!ématicien% Hl ne s7agit pas tout 9 fait de cela% Hl s7agit de Eieu qui est la mat!ématique elle-mDme. des nombres. Dtre elle% ?uFourd7!ui. nous voyons trop bien.tent ces possibilités de réel% La symétrie des formes. cela revient touFours 9 nombrer dans le cadre des algorit!mes organiques de l7intelligence% Une mac!ine comptable. doit aussi former la mati. sont surtout des créations spontanées. la plus élevée de la tendance religieuse. et en ce sens. 9 leur point de départ.s difficilement coercible% La fonction fondamentale de l7esprit !umain est celle d7un miroir qui serait en mDme temps une mac!ine 9 calculer algébriquement. !ors . dans lequel se refl. il prDte foi L il ne se limite pas 9 les considérer sous le seul Four de leur vérité pratique. différentiel. nourries principalement d7elles-mDmes. sans se préoccuper de leur degré de réalité ou d7irréalité. y résider. consciemment. le ryt!me des mouvements. il ne sait rien et n7a Famais seulement entendu parler de calcul infinitésimal. que la forme du mécanisme intellectuel.s que ses rouages tournent. l7infinité de l7étendue% ?insi on aperSoit que toutes nos constructions idéologiques. la plus simple appréciation% -stimer. dont l7univers constitue une opération sensible% e pant!éisme pyt!agorique et platonicien.re et l7esprit ne sont que./0123 2/ l7autre stade.re par e*cellence. produit et ordonne lui aussi. maintenant. l7un de l7autre.s qu7il est mis en branle.me pensant de deu* miroirs parall. déterminé% Le principe est in!érent 9 l7obFet. comment se fabriquent les éléments de cette transcendance et le peu de sUreté qu7ils peuvent lui donner% ? un syst. pondérable. déF9 virtuelle en soi. une vérité éternelle% ependant. d. l7!armonie des nombres et des formes. il suffirait d7un seul obFet. si elles ont peut-Dtre. comprendre. imaginer. 9 ces nombres. Le Cinéma du diable . faisant connaRtre non pas tant une réalité. produit et ordonne des c!iffres. ni d7opérations sur les groupes et les ensembles. intégral. illimité. symétrique. des modes interc!angeables% Eieu. cette mystique de l7algorit!me représentent la manifestation la plus abstraite. matériel. de vérité relative ou absolue% L7esprit. comme l7obFet est intrins. qu7il faut reconnaRtre tr. mais. parfaitement asymétrique et e*actement borné. d. et mac!ine fort compliquée% Tout !omme.Jean -pstein. de leur utilité L il en e*ige une signification transcendante. mDme si. inconsciemment met sans cesse en Ouvre tous ces procédés mat!ématiques pour former le moindre Fugement. pour concevoir un univers multiple. quelque rapport avec une fonction d7obFet.

le et de s7écarter notablement de ce dernier% ?insi s7e*cuse la simplicité fonci. dans son ordre systématique. la force et les défaillances L que l7intelligence immanente. en grande série. de la réaction c!imique au tropisme et 9 la volition L cet équilibre compensateur. s7en tient au seul dessin qui lui a été donné et qu7il ne réussit Famais qu79 copier appro*imativement% e que nous portons comme fantaisie au crédit du démiurge. tout cela.s petit nombre de types originau*. du déterminé et de l7aléatoire. mal!abile et dénué d7imagination.ne au radium. de la bactérie 9 l7!omme. émane seulement de notre esprit dont elle imprime partout le caract. de ses !ésitations.re de la création qui. de l7onde au muscle. végétal ou cristallin L celle. que l7on croit constater de l7atome 9 la gala*ie. sous une plét!ore de fioritures variées. porte la mDme marque de fabrique. qui peut Dtre reFugée aussi comme une incapacité et de reproduire. e*actement le mDme mod. véritable créateur de l7univers. ces merveilleuses correspondances entre ce qui est en !aut et ce qui est en bas. surenc!érit sur elle pour la surestimer ensuite% Hl se pourrait qu7en définitive. n7est que la marge de ses erreurs./0123 24 de nous qu7ils sont proFetés en figure d7univers% es étonnantes !omologies entre le macrocosme et le microcosme.Jean -pstein. que révéraient les Yabbalistes et qu7admirent aussi les savants contemporains L cette évidente unité du style arc!itectural. d7un clou par e*emple. est beaucoup plus simple que la suppose l7!omme qui la complique. Eieu% LE D5UTE . si elle e*iste. Le Cinéma du diable . absolument toute l7intelligence de la nature ne fUt qu7en l7!omme. par e*emple !umain.re. comme un artisan. le label de l7esprit !umain : *ade in human mind% ?insi s7e*plique la prétendue ric!esse est!étique de la nature. de l7!ydrog. encore. de l7insuffisance de son réglage% Jn sait que la courbe des malfaSons dans l7usinage d7un obFet quelconque. dissimule une e*trDme indigence d7invention et ne sait que reproduire maladroitement un tr. est également celle des écarts individuels dans la mensuration de n7importe quel type spécifique. qui apparaRt dans les balancements complémentaires du continu et du discontinu. qu7inscrit la c!ute des gouttes d7eau autour du point idéal d7impact selon la verticale% :ous sommes donc bien induits 9 penser que toute la mat!ématique qui est Eieu dans l7univers.

sinon que Mary 5icYford ne savait pas qu7elle était Mary 5icYford L qu7elle ignorait Dtre la personne dont des millions de témoins oculaires pourraient encore auFourd7!ui attester l7identité% ette aventure.re fois% 8u7est-ce 9 dire./0123 2' SU6 LA PE6S5NNE . on dit : L9. ce n7est pas du tout lui% Mais. déSue. est le lot de la plupart de ceu* et de celles qui reSoivent le baptDme de l7écran% Leur étonnement rappelle ces récits anciens de voyageurs. si nous ne les connaissions encore que par ouX-dire% Le cinématograp!e nous montre des aspects de nous-mDme que nous n7avions encore Famais vus ni entendus% L7image de l7écran n7est pas celle que nous donnent le miroir ou la p!oto% L7image cinématograp!ique d7un !omme est non seulement différente de toutes ses images non cinématograp!iques. qui disent l7émerveillement et l7effroi avec lesquels des sauvages apercevaient. leur visage qu7ils n7avaient encore Famais vu avec cette précision% Mais songeons quelle prodigieuse révélation ce serait. le visage filmé d7un ami.re e*périence cinématograp!ique. en général pénible. il est vraiment lui-mDme L ici. peut-on soutenir. entre tous ces portraits. le cinématograp!e. les avis s7opposent : dans telle image. comme une évidence. accuse . s7il avait plu 9 Mary 5icYford d7affirmer : Je pense donc Fe suis.etour 9 la table des mati. image par image. puis quelques bouts de films. Le Cinéma du diable . dans un bout de miroir. pour c!acun de nous.Jean -pstein. la couleur de nos yeu* et la forme de notre bouc!e. on remarque.res Hncrédule. quelques-unes de ses p!otos L Ouvres de professionnels ou instantanés d7amateurs. il lui aurait fallu aFouter cette grave restriction : Mais ne Fe sais pas qui Fe suis% Jr. qu7on est. quand est-il quelqu7un et qui K ? la suite de sa premi. l7!omme qui est lui-mDme pour les uns n7est pas lui pour d7autres% ?lors. de découvrir. Mary 5icYford pleura quand elle se vit 9 l7écran pour la premi. quand on ignore qui on est K ?insi. d7un mDme suFet. mais encore elle devient continuellement différente d7elle-mDme% 8u7on passe en revue. s7il y a plusieurs Fuges. scandalisée. dans une glace. s7il ne l7introduit pas. d7une redécouverte de soi. de telles dissemblances qu7on est tenté de les attribuer 9 plusieurs personnalités distinctes% 7est ainsi qu7en regardant.

eu*-mDmes. une et indivisible% !acun savait aussi qu7il pouvait Dtre Fugé beau. comme le type spécifique. une fois pour toutes. l7!omme a décidément 9 la rec!erc!er parmi une foule de personnalisations possibles et plus ou moins probables% L7individualité est un comple*e mobile. on savait que toutes les cellules du corps !umain se renouvellent presque enti. bon et intelligent par ses amis L laid. produit.rement en quelques années.Jean -pstein. sur l7identité de la personne. si la subFectivité constitue.rement un doute d7une grande importance : le doute sur l7unité et sur la permanence du moi. mais on persistait 9 croire communément que cette colonie régénérait un polype touFours identique 9 lui-mDme.lement la sienne% Eans l7!ésitation entre les deu* portraits. voici une mac!ine. Le Cinéma du diable . l7image mécanique doit se voir reconnaRtre plus de c!ances d7Dtre vraie. et qui. semble donner généralement d7e*cellents portraits% Ee faSon surprenante. ne rencontre qu7une nouvelle instabilité et une nouvelle confusion% La figure de son moi. une variable% +ien avant le cinématograp!e. dont la nature psyc!ique avait été établie. elle aussi. une image que celui-ci Furerait Dtre d7un autre L qu7il Fure. que la représentation psyc!ique que le suFet se forme de lui-mDme% Mais cette vérité p!oto-c!imique se montre inégale 9 elle-mDme L elle a ses angles et ses caprices L elle manifeste des préférences ine*pliquées L elle e*prime des sincérités successives et discordantes L elle est influenSable et partiale L elle laisse donc apparaRtre. tenues pour des erreurs d7ordre subFectif% Jr. sinon toutes. au résultat du fonctionnement de laquelle on n7ose attribuer encore aucune subFectivité. que c!acun. qui servent de piliers 9 nos conceptions du monde et de la vie. 9 partir d7une diversité d7aspects qui. d7un !omme. lorsque le suFet subit une transposition. sont fort loin d7Dtre simples ou .ge. cette mécanique dont on comprend toute la marc!e et qui semble ne pouvoir dissimuler ni malice ni pi. plus ou moins consciemment./0123 21 singuli. dans d7autres espaces-temps% omme la plupart des notions fondamentales. le moi cesse tout 9 fait de paraRtre une valeur simple et fi*e L il devient évidemment une réalité comple*e et relative. doit se c!oisir et se construire. une source abondante d7erreurs. par ailleurs. puis réaménager sans cesse. une sorte de subFectivité% Le suFet qui espérait trouver l9 un gabarit certain. sur l7Dtre% Eoute qui tend 9 devenir méconnaissance totale. par l7accéléré ou le ralenti. en tout cas. comme on l7estime. une pierre de touc!e pouvant servir 9 séparer le Fuste du fau* dans toutes ses autres images. méc!ant et sot par ses ennemis L mais c!acun persévérait dans l7opinion plus ou moins favorable qu7il s7était faite de lui-mDme malgré ces contradictions. n7Dtre pas fid. reniement.

de nombre% .ne inscrit dans certaines limites de quantité. la réalité du moi. est une variable dont telle ou telle configuration ne fait que réaliser l7une ou l7autre d7innombrables possibilités./0123 2> permanents. qu7une cinqui. comme issues d7un mDme moule% Le moi. de revenir 9 son état natif de virtualité mat!ématique% Les cél. d7e*istence% La réalité du moi présente un caract. que celle-ci en risquera de s7évanouir.bres inégalités de \eisenberg précisent algébriquement cette fuite du réel. un si grand trouble dans l7idée que nous pouvons nous faire de cette réalité. tout comme celle du grain. par e*emple. l7effet de relief n7apparaRt sans le double aspect des c!oses. surabondamment situé. plus ou moins probables. l7individu parvient difficilement 9 se désigner et 9 se conserver une forme nette% ?lors.res et irréductible 9 elles Q vienne tenter de mieu* identifier son électron. c7est9-dire n7e*iste. cette éclipse de l7identité. le plus simple% 7est dire que la personnalité obéit 9 la loi générale. d7un polymorp!isme qui tend vers l7amorp!e et qui se dissout dans le courant de ses eau*-m. moyenne de probabilités.res% -t voici qu7on retrouve cette similitude suspecte. ne parvient plus 9 se concentrer avec le degré de précision nécessaire pour définir un Dtre unique% Un e*c. et dans la masse desquels. selon laquelle toute réalisation dépend d7une quantification dans l7espace-temps% ?insi. elle apporte. le moi est un Dtre . par laquelle les e*trDmes de notre connaissance se touc!ent. bien qu7il puisse accepter une infinité d7autres références éparpillées dans l7espace et dans le temps% omme celle de l7électron.ésultat d7un calcul. donné par la vision binoculaire% Mais.me référence Q qui soit distincte des quatre premi. quand ils sont trop nombreu*.re appro*imatif et probabiliste.Jean -pstein. Le Cinéma du diable . dans un cas-type :celui d7un corpuscule qui ne parvient pas 9 réunir le quorum de quatre relations concourantes en lui.s de possibilités divergentes disperse évidemment la probabilité de localisation ainsi que l7effet quantique de réalisation% Le principe de 5auli pose qu7un électron n7est identifiable. cette structure psyc!ique des organismes matériels tr. dessinent des figures superposables. un moi insuffisamment pourvu de variantes ne réussit pas 9 se constituer une individualité. au contraire. tandis qu7un moi trop diversement décrit. matériel et énergétique. en deS9 duquel l7effet de réalité ne se produit pas plus que.s comple*es. que si on peut lui attribuer quatre valeurs différentes et simultanées de référence spatio-temporelle% e minimum de quatre relations est le seuil. est un p!énom. c7est-9-dire son identité. la supposée personnalité devient un Dtre diffus.

re et le lieu. le réel n7est plus 9 considérer comme un continu. qui est l7intégrale de toutes les minimes réalisations discontinues. plus ou moins réelles et irréelles. mais l7interprétation en est vicieuse.Jean -pstein. l7un par l7autre% L7évidence cartésienne nous apparaRt alors comme une vérité d7aspect% ?spect superficiel. du moins en fait Q d7oG émerge le moi unifié et rationalisé.re du réel et de l7irréel. l7a*iome le premier posé sur V la table rase W reste une assise encore résistante% L7équation +e "ense . de réalités parfaitement assises et spécifiées telles 9 Famais.le les formes du réel% E7autre part. mais la nonmati. une figure de l7esprit comme le triangle ou la parabole. du continu et du discontinu. oG le réseau mat!ématique de l7esprit pDc!e et mod. l7édifice du rationalisme montre auFourd7!ui des lé&ardes de vieillissement. dont elle représente le mode le plus probable d7action% ette abstraction purement subFective. dont la netteté et la constance spécifiques sont imaginaires et couvrent une large &one d7innombrables réalisations appro*imatives possibles% L7abstraction d7un moi unique et permanent proc. d7improbabilité de plus en plus profonde et qui enfin signifie l7irréalité compl. qui sont liés par de fines transitions et qui se font et se défont. la vérité fondamentale% La gamme du réalisable Q réalisable sinon en substance. que nous tenons pour aberrantes. pour pouvoir passer au réel% L7irréel n7est pas le néant. mais bien plutMt comme une poussi. entouré d7une mer de probabilité de plus en plus faible. l7un dans l7autre. du monde sommaire des réalités tout 9 fait cristallisées% 5ourtant il faut reconnaRtre que. mais ce qui y est. vibrant entre tous les degrés d7e*istence et d7ine*istence% ?insi. au-dessus. Le Cinéma du diable . l7un de l7autre. +e suis n7offre qu7une faible prise 9 la critique. si. de l7aléatoire et du déterminé. ne se trouve pas asse& référencié ou se trouve l7Dtre trop.re de réalisations plus ou moins aléatoires.te% e n7est pas que rien n7y soit./0123 2C mat!ématique et statistique. qui postule l7Dtre en de!ors de la pensée d7Dtre% 5enser ne suffit pas 9 prouver qu7on soit quelque c!ose d7autre que l7idée d7une e*istence% Je pense donc Fe puis penser que Fe sois% 8ue Fe sois quoi K rien de plus que la pensée qui me pense comme le . plus ou moins prononcées. nous la créditions du ma*imum de réalité. uniformément déterminé.re et de l7esprit. alors que ce sont elles qui constituent. ici. mais réalité qui reste e*clusivement fonctionnelle et virtuelle. nous indique aussi la communauté fonci. macroscopique% Nérité valable 9 l7éc!elle de l7ordinaire pratique !umaine. le cinématograp!e qui nous a déF9 conduit 9 penser l7équivalence profonde de la mati. forme ellemDme un Rlot.de d7une foule de personnalisations locales et momentanées.

la souffrance de ne pas Dtre asse&% Je pense donc Fe ne suis pas% L7Dtre est fort mDlé de non-Dtre% Je pense donc Fe ne suis pas ce que Fe tends 9 Dtre% Toute conviction d7e*ister s7appuie d7abord sur ce qui n7e*iste pas% 8uelques-unes de tant de débutantes qui se sont Fugées défigurées dans leur bout d7essai. par ses difficultés. Le Cinéma du diable . ses lacunes. c!aque réalisation du moi n7est qu7un groupe de c!ances. que par ce qu7elle réalise% 5ersonne ne sait seulement dessiner un couteau parfait. on soupSonne que cette part irréelle du moi est une immensité sans terme. se manifeste surtout. une partie intégrante du moi% -ncore qu7elle ne soit qu79 peine et tr. se trouvent si profondément incorporées au . dans ce paquet de virtualités. en quoi il ne réussit pas 9 e*ister totalement% Le moi. bien qu7ine*istantes 9 proprement parler.Jean -pstein. l9 oG il ne lui est pas donné de se réaliser% ?lors apparaRt la conscience. dont la série n7a pourtant. encore qu7elle éc!appe 9 toute qualification. en quoi il est imparfait. un nombre de nombres% -t. peut-Dtre. c!aque fois qu7il ne parvient pas 9 s7accomplir.s faibles. c!acun est fait aussi de ce qu7il n7est pas et. comme celle de la perfection par e*emple./0123 22 produit aléatoire d7un long Feu de possibles% Eans le faisceau de ces probabilités. et qui laissent et donnent au* autres l7occasion de se réaliser plus précisément. elles aussi. elle non plus. c7est-9-dire la douleur. mieu* définie par ce qu7elle manque 9 réaliser. parce qu7elles se référencient insuffisamment ou trop. mais elle permet 9 l7into*ication de s7installer sournoisement dans l7organisme.tement. ont-elles formé clairement de telles réfle*ions K Le film n7e*erce son action dissolvante sur les concrétions traditionnelles de la pensée qu7avec discrétion et lenteur L il distille son subtil venin intellectuel 9 doses touFours tr. dont elle proc.de% omme beaucoup d7autres. avant que celui-ci soit asse& averti du danger pour pouvoir réagir 9 temps% Les convictions que l7e*périence cinématograp!ique tend 9 modifier. mais des milliers de gens indiquent aisément en quoi tel ou tel couteau se trouve insuffisant. aucune fin% "ous ce Four. la notion du moi paraRt alors surtout négative. sinon uniquement. celles qui ne se réalisent pas ou ne le font pas compl. noyées dans un énorme e*cipient d7images séduisantes et inoffensives en apparence% ette abondante édulcoration de la pilule en retarde l7effet. lui aussi.s indirectement connaissable. plus largement que de ce qu7il est% L7évidence d7Dtre entraRne celle de non-Dtre. comme l7innombrable suite des nombres irrationnels constitue une infinité incomparablement supérieure 9 celle des nombres réels. constituent. par ses défaillances.

la marc!e touFours additive de la connaissance n7aurait pu aboutir au* géométries transeuclidiennes. e*iste. :e#ton. les savants n7auraient rien construit de l7édifice de leur vertigineuse p!ysique% Eu portefai* 9 l7académicien. dont les principes se trouvent résumés dans la mét!ode et l7analyse cartésiennes% E7un e*trDme 9 l7autre des valeurs intellectuelles. nous sommes portés 9 considérer les syst. qu7elles en semblent devenues incorruptibles% Jn rencontre des sceptiques qui doutent du ciel et de l7enfer ou de la providence Fustici. sans @resnel.Jean -pstein. si solidement cristallisées dans leur utilité pratique et leur vieille respectabilité.me particulier. sans elles. sans :e#ton. Eescartes ne fut que l7un des importants docteurs qui ont codifié le culte de la raison. -instein. ou mDme d7un dieu quelconque.les% "ans doute. mais il est arrivé que son nom est devenu comme le symbole de toute la métap!ysique rationaliste. que la force en apparaRt et e*ige une contreviolence% ?insi. @resnel. 9 l7optique transfresnelienne% "i le rationalisme cartésien nous a conduits enfin au-del9 de luimDme. sur un pur myt!e : l7e*istence de parall. d. comme anticartésiens% ependant. tous. inclus dans une généralité plus vaste. moins déterminée sinon indéterminée% . . que tous les p!énom. au* mécaniques transne#toniennes. tout !omme.gles et./0123 2= fonctionnement de l7intelligence. reposait en définitive sur un dogme absurde. que l7évidence est inviolable. il a été et il est un guide dont on mesure l7importance 9 l7e*trDme difficulté que l7esprit éprouve 9 seulement le reléguer parfois au rang de syst. sinon plus. vénérée autant. que le catéc!isme. mais en procédant d7elle et en l7englobant dans des conceptions plus générales% "ans -uclide. que toutes c!oses sont liées par effet et par cause. par e*emple. ne fUt-ce qu7un peu et par intermittence. enseignée.re.nes se succ. mais tout le monde croit Q et d7une foi qui n7a plus besoin de martyrs Q que qui pense.éforme qui prend figure de scandale et qui ne touc!erait peut-Dtre Famais la mentalité du grand public sans la propagande discr. Le Cinéma du diable .iemann.s qu7il parle ou écrit ordonne sa pensée selon ces r. moins rationnelle sinon irrationnelle. de +roglie ont dépassé -uclide. lorsqu7il a fallu reconnaRtre que la géométrie lue.te mais tenace et infiniment répandue de cet . nous sommes devenus si profondément et si naturellement cartésiens que nous avons 9 peine conscience de l7Dtre% e n7est qu7au moment oG il faut s7éloigner. non pas du tout en réduisant 9 néant l7Ouvre de ces derniers. de cette !abitude. on s7en est aperSu.dent selon des lois fermes% La mécanique constitue ainsi la véritable religion cat!olique Q c7est-9-dire universellement admise Q du monde civilisé% 8u7il s7agit bien d7une religion. que la raison est infaillible.mes non cartésiens en ébauc!e.

apparaRt plus ou moins c!e& tous les coupables. qui semblent pressentir que l7obFectif est capable de percer en eu* quelque secret bien organisé. qui peut aider 9 dépister un refoulement et 9 le vaincre% Ee l9.re une sorte de mimique de psyc!analyse. psyc!oses collectives.Jean -pstein. au*quels ils s7efforcent de ne pas penser./0123 20 instrument de représentation transcartésienne. qu7est essentiellement le cinématograp!e% P5ÉSIE ET M56ALE DES < :AN:STE6S = . libératrice. étouffent. d7acte ou d7intention. sans lequel ils croient qu7ils ne pourraient plus vivre% Tout 9 fait banal c!e& le vieillard ou le laideron. il n7est presque personne de si scrupuleu* qu7il ne puisse se sentir criminel ou débauc!é. canalisent. ce mDme refus de se constater autres qu7ils se voudraient et qu7ils se croient. estimés supérieurs au* besoins individuels% ette adaptation plus ou moins pénible de l7!omme 9 la vie sociale ne va pas sans refoulements imparfaits dans un grand nombre de consciences qui en restent troublées% -n se sommant dans une Pme de foule. de velléité ou de rDve% ette atteinte individuelle des mentalités correspond. curative% -n général. le degré d7une civilisation est en raison directe des contraintes que la société impose 9 l7individu% Les codes et les usages brident. 9 un régime de l7Pme collective. c!e& beaucoup de suFets.res 5ar la révélation qu7il apporte d7une foule de variantes dans l7e*pression d7une personnalité. sur lesquelles le cinématograp!e a également le pouvoir d7e*ercer une action apaisante. obligent 9 sublimer certaines aspirations et certains instincts selon les besoins de la communauté. sur le plan social.etour 9 la table des mati. qui évitent ce qui peut leur rappeler leur Pge ou leur difformité. Le Cinéma du diable . qui e*priment une moyenne des malaises de c!acun et . c!e& ceu* qui savent comme c!e& ceu* qui ignorent ce qu7ils ont 9 se reproc!er% Jr. qui constitue aussi des psyc!oses. Fustement les plus intéressants. une sourde répugnance 9 se laisser cinématograp!ier. ces malaises forment des névroses ou des psyc!oses collectives. le cinématograp!e op.

9 satisfaire en partie ses tendances opprimées. de tous les moyens d7e*pression. on découvre au* guerres. au* religions. de tous les arts spectaculaires. les spectateurs s7abandonnent 9 une sorte de lét!argie oG ils se sentent délivrés de leur monde e*térieur quotidien. une poésie déF9 au* trois quarts imaginée.mes politiques. corollaires des raisons matérielles !abituellement invoquées et au moins aussi vraies que ces derni. 9 tous les développements !istoriques. dans le cours de l7!istoire. aucun ne se prDte mieu* que le cinématograp!e 9 la vulgarisation% Le film déploie une éloquence simple.re L ils ont 9 peine conscience qu7ils continuent 9 penser L ils vivent un rDve préfabriqué. toutes les conditions !abituelles. directement émouvante. concourent 9 accuser la similitude entre les images oniriques et celles de l7écran% Hmmobiles. de toute esp. au* vagues de criminalité./0123 =( dont la psyc!ose du péc!é originel constitue peut-Dtre l7e*emple le plus typique% "ous ce Four d7une psyc!analyse des morales sociales. parfaitement apte 9 touc!er l7Pme d7une foule et 9 agir sur un malaise mental. d7abord individuels.te conduit 9 d7autres désordres. intérieurs. dans lesquelles a lieu la proFection des films.te et sentimentale. qui menacent aussi de se manifester finalement au-de!ors et de détruire l7!armonie de la vie publique% L7art. si peu de soutien au* po. au* syst. de la rDverie. des raisons mentales.tes et au* autres artistes% La poésie et l7art en général sont e*trDmement utiles 9 la société parce qu7ils permettent l7assouvissement innocent de désirs dont une réalisation plus e*térieure se trouve interdite comme contraire 9 l7ordre et dont l7insatisfaction compl. comme rem.Jean -pstein.re et ces seuls bruits qui viennent de l7image animée% Hls raisonnent peu et ne critiquent gu. commun 9 tout un groupement !umain% :ous avons constaté aussi que le film est un discours visuel. nous avons déF9 remarqué que. par le moyen du rDve. si peu d7estime. la poésie sont des procédés de sublimation et de délivrance. mais qui se trouvent aussi organisés pour une action collective sous forme de spectacles dont nous voyons l7effet souvent employé.ce de fiction% ?ussi est-ce inFustement que la république Q et non pas seulement celle de 5laton Q accorde souvent si peu de place. au* doctrines économiques. étroitement apparenté au rDve. détendus dans l7ombre protectrice qui les entoure. 9 l7!ypnose qu7e*ercent cette seule lumi. que leur apporte la pellicule. commodément assis. Le Cinéma du diable . e*utoire naturel de toute tendance censurée% Ee plus.de au mécontentement et 9 l7agitation populaires% Jr. concr. qui leur est fournie prDte 9 absorber .res% Jn sait que l7!omme parvient 9 supporter ses refoulements.

car on sait que le Eiable s7introduit facilement dans la rDverie pour l7orienter 9 sa guise% ependant. plus ou moins étouffées. notre civilisation occidentale e*ige une e*traversion de l7esprit et un rationalisme. par éducation consciente. que plus on s7intéresse 9 ses rDves. fort discuté parmi les transformistes comme parmi leurs adversaires. réglementée. un . quand tout témoigne en faveur d7une conFoncture sans préséance% Eans son état actuel. malgré ces rappels 9 la raison. qui tiennent le rDve pour une dangereuse inutilité et la poésie pour un lu*e tout désigné 9 la sévérité des lois somptuaires% 5armi leurs Feunes auditoires.me ventricule.me. nous avons des po. Le Cinéma du diable . de rDvasser. de rDver pendant son sommeil% Mais ce n7est peut-Dtre pas tout 9 fait une illusion non plus. standardisée dans une économie de plus en plus dirigée.tes qui remplissent leur rMle de t!érapeutes spirituels% Mais c7est le grand public qui se trouve détourné de la poésie par une vie de plus en plus mécanisée. qui ont suscité la faculté de rDver. que l7!omme puisse Dtre dés!abitué. rationalisée% :ous avons bien un ?ragon. ou le besoin de cette création a-t-il fait surgir l7outil K Mais pourquoi supposer et c!erc!er une priorité de la fonction sur l7organe ou de l7organe sur la fonction. cette persécution de la fantaisie porte aussi un danger. les pédagogues traquent ces facultés !érétiques : Un tel. de savoir qu7est-ce qui. vous rDve& I vous baye& au* corneilles I Mais les cailles rMties ne tombent pas d7elles-mDmes dans les bouc!es ouvertes I%%% -t l7enfant qui./0123 =/ et 9 user un potentiel d7émotion en quDte d7emploi% ?insi. ou est-ce l7e*ercice du rDve et de la poésie qui a formé ce centre cérébral K -st-ce l7instrument cinématograp!ique qui a fait apparaRtre une nouvelle esp. le meilleur succédané du rDve dont la fonction libératrice se trouve transposée et multipliée 9 l7éc!elle d7un besoin collectif.ce. si elles dépendent avant tout de dispositions innées. mieu* on c!erc!e 9 se les rappeler. de l7organe ou de la fonction. continue 9 laisser courir plus librement ses pensées. parce que l7e*ercice du rDve et de la poésie est un facteur d7!ygi. par mesure volontaire% ?uFourd7!ui comme autrefois. sans doute. il est évident qu7elles peuvent Dtre plus ou moins développées. indispensable 9 l7équilibre psyc!ique% :on. est soupSonné de se livrer 9 des délectations moroses. et plus on en a% 8uant 9 la rDverie et 9 la poésie. de poétiser. d7une Ouvre d7utilité et de salubrité publiques% 7est un probl.Jean -pstein. crée l7autre% "ont-ce les neurones du planc!er du quatri. de création poétique. tout s7accorde pour faire du spectacle cinématograp!ique le meilleur adFuvant de la rDverie. imagée.ne mentale.

de ne plus savoir sublimer ses aspirations refoulées L que cette !umanité se soit mise 9 user et 9 abuser du cinématograp!e comme art-médicament.Jean -pstein. qui calculent plus vite que le cerveau. réalisés 9 tout !asard. tout sc!ématiser. le cinématograp!e apparut sans qu7on sUt. e*cessivement poétique. de raisonner. qui était en danger de manquer de po. multiplient notre pouvoir d7abstraire. e*trDmement émouvant. de mat!ématiser L des centaines de procédés mécanograp!iques. qui. ce n7est que par détournement de l7usage auquel ils sont normalement destinés% E7autre part. mais nous n7avons plus de po. ne comptait gu. par réaction.re que deu* types d7appareils : ceu* qui servent 9 la p!otograp!ie et ceu* qu7on emploie 9 l7enregistrement ou 9 la reproduction mécaniques de la musique% 5roduit d7un croisement entre l7appareil p!otograp!ique et la lanterne magique. ni de Lamartine. propagent la pensée logiquement articulée L des mac!ines comptables.cle% ./0123 =4 -luard. 9 l7occasion. 9 la création artistique. et des appareils 9 tout analyser. Le Cinéma du diable .s subtile. l7instinct de la foule pressentit confusément les e*traordinaires possibilités de l7image animée comme agent d7e*pression et de transmission d7un mode de penser simple. bon gré. 9 l7usage d7un petit nombre de spécialistes. ni mDme de Laprade ou de Eelavigne. qui. 9 quoi e*actement il pourrait Dtre employé% Mais. l7instrumentation qu7on peut considérer comme principalement et directement consacrée 9 l7e*pression de la sensibilité. dont l7Hmprimerie nationale puisse s7attendre 9 avoir 9 éditer l7Ouvre :ous possédons d7innombrables instruments qui. nous aider 9 rDver. tout mesurer. ni de Nictor \ugo.s proc!e de la réalité sensible. d7abord. de désapprendre 9 rDver. mal gré. comme plaisir-soupape de sUreté. 9 faire de l7art et de la poésie. produisent une poésie tr.tes et de poésie. merveilleusement apte 9 vé!iculer une forme de poésie accessible 9 tous% La mac!ine 9 usiner le rDve en grande série Q mac!ine dont la civilisation avait le plus urgent besoin pour combattre l7e*c. tr. c7est ce qui e*plique le cMté mystérieu* que gardait la prodigieuse réussite du spectacle cinématograp!ique au cours du dernier quart de si. tout réduire en figures géométriques et en nombres% "i quelques-uns de ces outils peuvent.tes populaires. mais quelquefois on découvre qu7on c!erc!ait Fustement ce qu7on vient de trouver% 8u7une large part d7!umanité.s de sa rationalisation Q venait s7offrir comme d7elle-mDme au public qui ne comprit qu7il était en quDte d7une telle découverte qu7au moment qu7il l7eut faite% Jn ne trouve pas touFours ce qu7on c!erc!e. de préférence ou e*clusivement. dans les premiers films.

/0123 =' Ee ce point de vue. e*térieure aussi. transposer le besoin. devenues innombrables et tyranniques. il convient de corriger le Fugement de nocivité qu7on porte si souvent sur certains films et sur tout un genre de fiction. touFours davantage bourrelée de tendances condamnées. mais elle e*ige des qualités individuelles de créativité et des circonstances qui. un spectacle% Ee tous ces suraliments offerts 9 l7imagination. la troisi. socialement indifférente L tric!er tout 9 fait. psyc!ique. que personne ne sait vivre auFourd7!ui sans enfreindre un r. dérouter. les contraintes sociales. qui menacent soit de rompre l7interdit soit de créer un état mental franc!ement pat!ologique% 5our éc!apper 9 la névrose qui le guette ou qui déF9 s7installe en lui. la plus passionnée. font défaut dans la plupart des cas% La seconde solution. telle qu7en présente un Fournal. voire la plus criminelle% Jn accuse ces spectacles et ces livres. plus facile et plus généralement adoptée. le plus . Le Cinéma du diable . de ses aspirations personnelles% Les pouvoirs publics eu*-mDmes ne parviennent plus 9 se retrouver dans le labyrint!e des mesures d7ordre.Jean -pstein. mais il ne la contient pas tout enti. nourrie. qu7ils ont établies et qui font que tout semble défendu. celui que propose le film est le plus directement assimilable par elle. 9 ne prendre pour idéal que l7assouvissement de leurs instincts% e reproc!e ne manque pas enti. d7inciter les !ommes 9 s7abandonner 9 toutes leurs impulsions. socialement dangereuse L céder 9 demi et conduire le désir 9 un simili assouvissement de réalisation intérieure. vivifiée par un apport frais de représentations venues du de!ors : de la réalité naturelle ou d7une réalité artificiellement combinée. de mani. un livre. l7esprit n7a que le c!oi* entre trois moyens : céder tout 9 fait et laisser l7acte défendu s7accomplir en réalité e*térieure.glement ou un autre% "ous cet aspect grotesque de la question. 9 se révolter contre toute loi. un tableau. utile 9 la société% Moralement. est d7un immense secours pour le maintien de l7équilibre mental c!e& le civilisé moyen% -lle ne nécessite que de l7imagination% Mais celle-ci apparaRt insuffisante c!e& beaucoup de suFets quand ils restent abandonnés 9 eu*-mDmes% L9. l7imagination ne réussit 9 suppléer plus ou moins la réalité e*térieure qu7apr. les unes ou les autres. sur leur apparence immorale. il y a le drame de l7Pme.re% Eans notre civilisation. qui résistent au refoulement. de plus en plus étroitement canalisée.me solution est évidemment préférable.re 9 ce qu7il puisse Dtre satisfait dans une Ouvre. ne permettent 9 l7individu de réaliser qu7une part. pour déc!arger son potentiel d7instincts insatisfaits.s avoir été mise en branle. stimulée. qui dépeint avec complaisance la vie la plus aventureuse.rement de vérité.

9 se guérir d7une insatisfaction qui. de temps 9 autre./0123 =1 sentimentalement actif. les déc!aRne% ?insi on accuse volontiers certains films de développer la criminalité plutMt que de la combattre% 7est probablement l9 une vue superficielle% ? petite dose. tantMt lancinante. voleur.s d7émotivité inemployée% "ouvent.ge de mauvais désirs avec des images d7aust. puis le dégoUt% Les tendances immorales se trouvent fatiguées. tout fait.Jean -pstein. et l7e*orciste faible ou maladroit. dont les spectateurs ont 9 Dtre délivrés% 5as plus qu7on n7attrape des mouc!es avec du vinaigre. le désintérDt. le film est. la vue de quelques V policiers W ou V gangsters W peut effectivement e*citer les instincts de désordre au lieu de les calmer% Mais. vaincues par leur propre Feu% Une pro!ibition totale. le plus proc!e de la rDverie 9 susciter pour qu7y soit absorbé l7e*c. tel que% Mais puisque ce sont les tendances immorales qui doivent Dtre accroc!ées et usées par le film-rDve et puisque la tr.me film de ce genre. touFours l7e*orcisme est proc!e parent de l7envoUtement. mieu* encore qu7un nourricier de songe. en conduisant 9 des dér. assassin% Mille fois millénaire. tantMt sourde. s7oppose 9 la pai* de l7esprit% "ans doute.glements pires que ceu* qu7elle prétendait avoir interdits% 7est qu7on ne supprime au commandement un besoin naturel ni de l7esprit ni du corps L ou on pousse 9 la révolte l7instinct contrecarré ou on réussit 9 le gouverner. il faut bien que le cinématograp!e.re. les e*cite. apparaissent d7abord la satiété. de toutes les vieilles nécessités qui . e*cédé de l7ordre monotone de ses occupations quotidiennes. 9 le détendre. épuisées. on le sait.s grande maForité de tous les publics se compose d7Pmes peu capables de transmuter leurs aspirations antisociales au point de pouvoir les attac!er 9 des obFectifs sociau*. 9 le neutraliser en l7amusant de satisfactions imaginaires% Jr. une sorte de rDve de remplacement. que des esprits peu imaginatifs et peu personnels s7empressent d7utiliser presque sans retouc!e. qu7un !omme. on ne pi.re vertu% 7est en vivant mentalement. la nature !umaine n7est pas qu7amour du proc!ain% L7enfant de l7!omme. lui-mDme. 9 user ses tentations d7éc!apper 9 l7orni. 9 le Fuger sur son premier comportement. Le Cinéma du diable . généralement éc!oue. présente aussi une forte proportion d7Ouvres surtout destinées 9 fi*er facilement et fortement ces velléités mauvaises. parvient 9 tromper sa faim d7aventures. au lieu de c!asser les démons. au spectacle du vingti. c7est l7!éritage de la perpétuelle lutte pour l7e*istence.me ou du cinquanti. mais avec intensité. s7il veut remplir son rMle moralisateur. les fortes émotions d7une vie de bandit. de la trop longue soumission 9 la loi du plus fort et du plus malin. mal réprimées. naRt salace.

d7une maison.s et qu7elle n7a pas 9 gPc!er en poésie% Hl est inconséquent.res . et c7est pourquoi on n7y réussit gu. de Mandrin. il faut. d7?l apone% L9 est la morale des films de gangsters% L9 est aussi leur poésie% E7éminents critiques ont remarqué qu7avec de bons sentiments on ne fait que de la mauvaise littérature% 7est que l7est!étique n7éc!appe pas au principe général d7utilité : la véritable beauté d7une mac!ine./0123 => ont constitué et inscrit. peu de c!ose 9 l7!omme : rDver parfois. SEC5NDE 6AIS5N . peu capables d7action morale et. en définitive. doit Dtre économisé et réservé 9 l7usage pratique% ?insi. devraient s7e*primer en actes% ?ussi bien. tant de films V bien pensants W. il peut Dtre périlleu* de faire de l7art avec du bien.Jean -pstein.re% Le bien. encore Feune. 9 tuer. une Ouvre d7art qui ne représente que vertu est non seulement peu utile mais mDme dangereusement prodigue. surtout ennuyeu*% . pauvre. d7un meuble. comme périmés% ela n7est faisable qu79 condition d7accorder au naturel démodé Q touFours impatient de revenir au galop Q de s7en aller Feter son feu dans quelque no man’s land. sont des contresens. tel que la pensée sait en créer 9 cet usage% 5our pouvoir vraiment renoncer en fait 9 violer. pendant quelques quarts d7!eure.etour 9 la table des mati. ainsi. en imaginaire activité de remplacement. 9 piller. des aspirations morales qu7en général elle ne poss. rare. en réalité dénués de valeur poétique. Le Cinéma du diable . insuffisant par rapport 9 la demande. 9 leur degré le plus raffiné de confort% Jr. car elle gaspille des tendances qui. Fusque dans notre germe.de pas en e*c. de tout obFet et de tout ouvrage tient au ma*imum de leur commodité. une vie d7?ttila. des réfle*es d7animal c!asseur et prédateur% Une organisation sociale relativement récente nous impose de refouler ces instincts crus. 9 leur plus minutieuse adaptation 9 l7usage. qu7on voit évidemment faits d7e*cellente intention. au lieu d7Dtre dilapidées en contemplation. l7Pme n7éprouve nul besoin de brUler. SEC5NDE 6ÉALITÉ.

et celle-ci se reconnaRt l7autorité de casser les Fugements de la raison simple comme mal informés et. élaborerait-elle autre c!ose qu7une quintessence de tromperies K ?gissant comme un super-organe sensoriel comple*e. le mouvement étant universel et variablement variable./0123 =C 8ue les sens trompent. toute forme est inconstante. c7est le lieu commun le plus rebattu% Hl sous-entend que la raison Q qu7on appelle aussi le bon sens Q permet de constater et de corriger les erreurs des cinq ou di* autres mauvais sens. celle de la t!éorie des ensembles% Une troisi. donc. elle aussi capitale. est due 9 l7e*trDme mobilisation cinématograp!ique des rapports spatiau*.me différence primordiale entre la réalité directement . qui voit. le cinématograp!e nous montre que la forme n7est que l7état précaire d7une mobilité fondamentale. qui sont 9 mouvement constant ou faiblement et uniformément varié% La fluidité. réalité de l7e*périence cinématograp!ique. 9 sa mani. la partie peut Dtre égale au tout ou plus grande que lui% ette relation d7absurdité. en travaillant sur ces renseignements reSus comme de seconde main. doit pourtant Dtre reFugée comme une vérité valable non seulement dans le domaine cinématograp!ique mais encore dans l7univers de la plus vaste généralité mat!ématique. inconsistante.re. autant que les sens% onclusion.re et de la seconde raison. et que.Jean -pstein. qui n7op. Le Cinéma du diable . grPce 9 la p!otogénie du mouvement.mes d7ordinaire e*périence et d7éc!elle !umaine. entre les pensées de la premi. de la faSon la plus générale. une structure ga&euse% Une autre différence. le cinématograp!e fournit de nouvelles images du monde.re que sur les résultats de l7e*périence d7une sensibilité trompeuse. elle-mDme fort logique : comment la raison. inadmissible pour le bon sens. 9 un autre aspect de la p!otogénie du mouvement% ? l7écran.re de super-raison. la raison se constitue en une mani. est aussi la réalité de la conception scientifique. fluide% Le solide se trouve tout 9 coup menacé dans sa suprématie L il ne représente plus qu7un genre particulier d7apparences propres au* syst. comme déF9 d7un sous-cerveau partiel. que la raison tient d7abord pour encore plus suspectes de fausseté que les données organiques naturelles% :éanmoins. on pourrait le faire en disant : la raison nous trompe. erronés% ?insi. au* données desquels il ne faut pas trop se fier% "7il fallait conclure d7une p!rase la leSon que nous apporte le cinématograp!e. en toute substance.

parcourue. cette vitesse. nous n7aurions pu individualiser une notion temps. commune 9 tous deu*. si le cinématograp!e parvient 9 créer de nouveau* temps.s sensiblement les rapports !abituellement constatés entre les déplacements naturels des Dtres ou des c!oses et le déplacement-type du rayon lumineu*% Le temps revient 9 n7Dtre ainsi que de l7espace consommé.tres du lieu oG nous sommes.re% ependant. une séparation. c7est seulement une distance d7espace% e n7est pas que sous ce Four. Le Cinéma du diable .re% E7ailleurs. oG rien ne se situe. le départ de toute série. puis par le tonnerre. qui permet d7établir la comparaison% -ffectivement. sert universellement 9 marquer le point actuel./0123 =2 sensible et la réalité de l7écran. le temps n7e*iste pas. cet invariant e*iste. entre l7éclair et le tonnerre. par le ralenti. distincte de la notion espace% -ntre la vue et le bruit d7un ballon de football tombant 9 cMté de nous. de lieu du néant. par l7accéléré. quand celle-ci s7e*erce dans les perspectives temporelles% L7écran présente 9 volonté les événements dans un ryt!me de succession plus rapide ou plus lent que celui de l7observation normale% e Fugement d7accélération ou de ralentissement d7un monde par rapport 9 un autre suppose une vitesse de mouvement constante. modifier tr.Jean -pstein. par différence quantitative avec la consommation qu7en fait la lumi. nous observons déF9 l7apparition d7un faible laps de temps% elui-ci ne peut venir que de ce qui a c!angé entre l7une et l7autre e*périence% Jr. nous constatons qu7il ne s7écoule aucun temps% -ntre la vue et le bruit de ce mDme ballon tombant 9 quelques centaines de m. un relief.re orageuse. rien ne se passe% L7étendue ne se crée qu7au fur et 9 mesure de son utilisation L elle n7e*iste qu7agie. d7une certaine action dans l7espace. que nous croyons Dtre du temps% "i tous les messages qui nous parviennent utilisaient l7étendue et interprétaient la distance spatiale e*actement de la mDme faSon. un intervalle. entre des deu* raisons correspondantes.re se propage dans l7espace plus vite que le son% 7est cette différence entre deu* quantités de mouvement spatial qui crée. car la lumi. il n7y a pas d7espace vierge.re% -t. action que nous évaluons par rapport 9 l7action de déplacement de la lumi. ce qui a c!angé. nous la connaissons d7abord par l7éclair. provient encore de la p!otogénie du mouvement. c7est qu7il sait. une perspective que nous appelons temps. consommée L elle n7e*iste que si elle est aussi temps% . le &éro de la coordonnée temporelle% 8uand une déc!arge électrique se produit dans une atmosp!. par le fait qu7on n7en connaRt pas de plus grande et qu7elle assure la transmission pratiquement instantanée de tout signal. mais il n7est que l7allégorisation d7un certain mode d7occuper et de traduire l7étendue. constitué par la vitesse de la lumi.

me de grandeurs fi*es.Jean -pstein. une idéologie dont les multiples branc!es. de la permanence% 5ar e*emple. n7est que c!asse 9 ce permanent. toutes. d7oG les Brecs s7efforSaient d7e*clure tout soupSon de l7illimité. avec un effarement qui est encore celui d7une grande partie de nos contemporains devant ce qui ne se calcule pas e*actement% La géométrie d7-uclide n7est pas concevable ailleurs que dans le monde solide.re général d7Dtre des p!ilosop!ies de la solidité. mDme quand il y s7agit de liquides ou de ga&. l7espace et le temps sont indissolublement unis pour constituer un cadre d7espacetemps. rattac!é 9 un étalon absolu% et absolutisme. 9 laquelle pourtant tout se rapporte et dont tout reSoit son pri* ne varietur pour l7éternité% La mat!ématique. intelligence de poisson ou d7oiseau.re de religion. si -uclide. oG coe*istences et successions se produisent dans un ordre d7une détermination immuable% Les p!énom.ne. mais un liquide ou un ga&. oG coe*istences et successions présentent ordres et ryt!mes variables Fusqu79 la réversibilité% L9. dans l7e*périence duquel elle est née% "i notre !abitat était non pas la terre ferme. pour référencier les . l7espace et le temps. le caract. l7espace et le temps constituent deu* cadres distincts. avait composé des livres d7aquamétrie ou d7aérométrie. nous n7y trouverions pas de notions si rigoureuses de parallélisme des !oules ou de symétrie des vents% Toute la p!ysique enseignée dans les écoles. prend pour norme de départ et d7aboutissement les lois du solide% ?u surplus. Le Cinéma du diable . 9 ce stade. touFours égau* 9 eu*mDmes. au c!amp. durables au cOur de ce qui ne se maintient pas% Eans la représentation cinématograp!ique. quelle qu7elle soit. bien qu7elles puissent se contredire sur une foule de points de détails. ce fi*isme. conditionnent un continu ou un discontinu. au moyen d7un syst. ce déterminisme proviennent de ce qu7ici. rec!erc!e de ce solide que sont les rapports-lois invariables 9 travers les c!angements des c!oses. lui aussi touFours égal 9 lui-mDme en tous ses points. il n7y a de Eieu qu7immuable. en tous ses moments% "7il y a un mouvement dans ce c!amp !omog./0123 == Eans la réalité et dans la conception classiques. en mati. une apparente symétrie% Ee l9. ce ne peut Dtre qu7un mouvement uniforme ou uniformément accéléré ou ralenti% 5ar suite aussi de la faible amplitude et de la lenteur de ses variations. est la science des seuls nombres finis. suprDme démesure. acceptent. voire de radiations. de rigidité% Toute science.nes peuvent y Dtre localisés et évalués avec certitude. l7idée mDme de loi est une idée de permanence. ce mouvement laisse au* formes une permanence relative et.

parce que le mouvement qui y r. mat!ématique. mais plutMt d7une imperfection dans l7absence des lois. tant que la nouvelle réalité semblait devoir rester une rareté. on risque de perdre toute idée de loi.Jean -pstein. d7un e*pédient. successives. comme un dernier !avre de sécurité restreinte./0123 =0 p!énom. la forme ne se conserve plus L la symétrie disparaRt% Eeu* figures instantanées. géométrique. cessent d7Dtre superposables% Ee l9 naRt une idéologie qui ne peut plus s7appuyer sur l7e*périence d7un monde solide L une p!ilosop!ie de la fluidité. au point de subir des accélérations et des ralentissements qui modifient tr. de ce c!angement% ?insi. on voit déF9. logique% JG tout si généralement se meut et c!ange. on considérait que son influence révolutionnaire n7intéresserait qu7un tr. mais d7un succédané.le un défaut empDc!ant la perfection du désordre% Hl n7est pas surprenant que l7!omme s7inqui. comme dans l7univers cinématograp!ique. il restera la loi !ors les lois.re% Eans un tel c!amp de mouvement. sous forme de limite plus ou moins problématique 9 la variance% Hl ne s7agit plus l9 d7une loi qui caractérise un ordre.mes de relations mouvantes.ne. l7invariant subit des éclipses qui peuvent indiquer son inutilité. oG rien ni personne ne sont ce qu7ils sont. la probabilité% "eulement. se mobiliser aussi% Eans l7infiniment petit. d7un mDme obFet.s petit nombre de spéculateurs savan- . sans lesquelles il semble qu7il ne puisse y avoir de connaissance% "ans doute. ce relativisme général conditionnent un c!amp qui ne reste pas touFours égal 9 lui-mDme% Le continu qui apparaRt 9 l7écran est !étérog. p!ysique. mais d7un e*istentialisme qui ne se limite pas 9 la psyc!ologie et 9 la morale. Le Cinéma du diable . qui est.nes. qu7on ne trouve 9 rattac!er 9 aucune valeur fi*e% ette mobilité quasi compl.rement obtenue dans les laboratoires. le p!ilosop!e. sinon loi de cette mobilité. aussi et d7abord. présager sa disparition% Le savant. les rapports déterminants prendre du Feu. les structures permanentes. la loi des grands nombres. le cinéaste se demandent alors avec inquiétude quel sera le pouvoir de l7esprit dans des mondes oG se seront relPc!ées.gne est non seulement variable mais variable de faSon variable.te en constatant l7importance du c!angement qu7il découvre dans son e*périence et dans sa pensée% -ncore. il n7e*iste que des syst. on peut dire que l7univers cinématograp!ique est sartrien. il ne s7agit plus l9 d7un véritable invariant. en ultrap!ysique et en ultramécanique. difficilement et c!. variable avec inconstance et variable au point de pouvoir atteindre des vitesses et des lenteurs relativement énormes. dissoutes. qui rév.s profondément les caract.te. mais deviennent ce qu7ils deviennent% -n ce sens. évanouies. admettre une incertitude.res de la réalité premi.

plus elle risque d7Dtre une épaisse accumulation de mensonges% Ee . les sentiments que le te*te cac!e en prétendant les e*primer% 8u7enfin. oG la logique raisonnable peut se trouver en défaut% HH faut.acine 9 Naléry. apportant. psyc!analyse. Le Cinéma du diable . de plus en plus difficile. le grand art de l7écrivain. voici qu79 \iros!ima. la simplifier ou la surc!arger. plus rationnel que la mét!ode cartésienne de foi aveugle et e*clusive dans l7infaillible rectitude des Fugements raisonnés% 7est la raison elle-mDme. la synta*e sont des mac!ines 9 traduire l7idée qui est avant tout image. l7e*istence d7une Pme profonde. sans la dénaturer. tout analyser. 9 vouloir tout raisonner. l7éloigner de sa signification originelle. l7obFet du nombre L 9 contraindre l7esprit 9 n7estimer que cette part de lui-mDme qui se laisse formuler selon les r. qui nous avertit de ses propres inconvénients% 7est la critique de la seconde raison qui fait apparaRtre les manques et les abus de la premi. en effet.Jean -pstein.gles. pour que ce dernier devine. +iYini. qu7imaginaires% Noici le cinématograp!e qui. la preuve que tout ce qu7on avait imaginé de l7étrange organisation de l7infiniment petit. a ceci de logique qu7il réunit trois mét!odes d7accéder 9 une réalité seconde. non plus. dont les bi&arreries de comportement ne sont donc pas. la désintégration atomique fait irruption dans les mOurs !umaines. la grammaire. cinéma.re avoir d7incidence appréciable sur la vie pratique. mais ces mac!ines ne peuvent fonctionner sans tra!ir la pensée-image. plus absurdes que toutes celles que les savants sont parvenus secr.cles précédents. par le crit. préciser que cet irrationalisme qui se l. en un sens. en apparence disparate.re% Noici que la t!érapeutique freudienne confirme. qui caractérise la pensée des si. plus encore qu7une puissante arme de guerre. auquel il oblige le lecteur. la forme du mouvement.re raison% "i un certain public ressent vivement comme danger le développement de l7irrationalisme dans la mentalité contemporaine. cependant. sur le sens commun% Mais. traduit publiquement l7univers en figures encore plus désordonnées. . tout abstraire L 9 tenter de séparer partout l7attribut de la c!ose. selon les r. cet assemblage.tement 9 deviner% Eésintégration. lui aussi./0123 0( tissimes. il faut reconnaRtre que l7épanouissement despotique de la logique. de sa sincérité% 5lus une p!rase est p!rase.ve 9 l7!ori&on culturel est encore e*cessivement rationnel et mDme. plus elle est correctement belle. un péril% Hl y a une fausseté.gles classiques de l7e*pression parlée ou écrite% Le vocabulaire. n7est pas absolument une c!im. dont les t!éories ne pourraient gu. comporte. c7est le Feu. l7appauvrir ou l7alourdir. comme en se Fouant. :agasaYi.re de l7utilité. d7abord nécessaire.

Le Cinéma du diable . en un Fardin 9 la franSaise. développe et ré!abilite un mode de penser tr. pour que c!ose et ordre soient% La premi.le un soupSon. S9 et l9. touFours tracé au cordeau.Jean -pstein. tombe en panne% 5our suivre la novation dans la structure des c!oses. d7un devenir qui ne respecte aucun étalon. comme. d7une . surgissent des Rles d7une autre réalité. sur un éc!iquier. d7e*poser un ordre. mais sans touFours le détruire.te% La plupart des Rles de la nouvelle réalité sont difficilement accessibles% :7y pén. d7un univers fluide et métalogique. la marc!e bondissante et brisée du cavalier traverse le mouvement rectiligne des autres pi. géométriquement tracé.mes que la raison tire d7elle-mDme et oG. ne rencontrant Famais que sa propre image. répandant partout un nominalisme taoXste. parfois. c!efd7Ouvre de la r.gle. mais 9 un second concret. il faut une novation aussi dans la nature et l7organisation des idées% Le retour au concret. faussement clair.s !abiles p!ysiciens./0123 0/ neuf lecteurs sur di* n7y comprennent rien du tout ou comprennent n7importe quoi qui leur passe par la tDte.trent Q encore est-ce par effraction Q que de tr. qui se refuse 9 endosser e*actement le sc!éma rationnel% La pensée logique s7y sent dépaysée et. elle prend ce reflet pour une attestation de copie conforme% Tout cela est bien trop spécieu* pour pouvoir durer indéfiniment% Eepuis quelques di&aines d7années.s ancien Q par image et par analogie. au moins.ces et s7y aFoute pour dessiner les figures d7une stratégie compl. les mots ont proliféré. oG le courant sentimental se manifeste avec moins de force.re% Eans les domaines scientifique et p!ilosop!ique.re réalité concr. impuissante% Le Feu de l7induction et la déduction a des ratés. l7écran rév.te n7est plus qu7un souvenir d7un lointain point de départ de tant de syst. le langage a transformé la poésie. une véritable magie. selon laquelle il suffit de prononcer une c!ose. définitivement épuré de toute émotion sinc. !abitat sauvage et ténébreu* du sentiment. scandaleuse. de tr. puis dégénéré en un labyrint!e faussement obscur. ce peut Dtre la fin du fin de ce style% La pensée de l7auteur et la psyc!ologie de ses personnages se Fouent au* mots croisés% ?insi. d7une mobilité 9 quatre variables. par représentation visuelle et par métap!ore Q qui était tombé presque en désuétude% et ordre analogique et métap!orique traverse l7ordre plus étroitement rationnel et s7aFoute 9 lui.s audacieu* psyc!iatres% "eul. le domaine cinématograp!ique entrouvre sa porte au grand public% ? tout spectateur un tant soit peu attentif. la rationalisation a trouvé 9 Fouer une partie encore plus belle% omme un cancer.

au-del9 et en deS9 d7eu*. lente. grammaticale et synta*ique. le livre. c7est-9-dire par poésie. au plus !umain de l7!omme. surimpressions.tes de l7Pme. touFours relatifs. nouvelle sous-variété de l7\omme raisonnant% ? la science par raisonnement. Le Cinéma du diable . sans que celui-ci ait 9 s7immobiliser ou 9 ralentir seulement son mouvement. le mot visualiser fut 9 la mode pendant quelques années% -n effet. on ne saurait mieu* caractériser la culture cinématograp!ique. certes. concr. oG. les murs foisonnent d7affic!es qui sont faites pour Dtre comprises du passant. d7un bien. sentimentale et magique.s l7\omme artisan et l7\omme savant. rigide. qu7en disant qu7elle rend plus visuelle la pensée% ?pr. e! bien. mais il s7!abitue 9 ne faire que regarder et 9 penser comme il voit% 5armi les producteurs de films. vient se mDler la connaissance par émotion. et qui emploient tous les procédés de l7image animée : gros plans. parties plus grandes que le tout etc% ? !anter les salles de cinéma. le retour au concret est aussi un retour au mystique% Mystique d7un beau. recueillie directement surtout par le regard% 5arado*alement./0123 04 réalité qui n7est qu7inconstante relation parmi des nombres de mouvement% -t mDme le spectateur inattentif reSoit du film une orientation mentale qui l7encourage 9 penser en de!ors de la rigueur rationnelle. pour le devenir contre la permanence% -t. rédigés en style télégrap!ique. des images% "i cette mystique est dangereuse. on voit ainsi apparaRtre l7\omme spectateur. trop correct% EéF9. d7un te*te trop écrit. le cinématograp!e est dangereu* et il est grand temps de réagir% EéF9. souple. les Fournau* présentent leurs comptes rendus comme des V films W de ceci ou de cela. d7avance perdue% . abstraite. les mots sont autant que possible remplacés par des illustrations% EéF9. de surcroRt. le cinématograp!e n7y est pas pour rien% "i c7est l9 une Ouvre du Eiable. s7est laissé contaminer : il a désormais !onte. le cinématograp!e est diabolique et il n7est mDme plus temps de lui déclarer une guerre sainte. en rupture et en marge des mots. e! bien. rapide. parce qu7elle puise au plus profond. comme d7un mensonge.Jean -pstein. selon la mystique. le public désapprend 9 lire et 9 penser comme il lit ou écrit.te. cet ordonnateur-né de la forme classique du langage. parce qu7elle met en Ouvre le meilleur et le pire des puissances secr. le nouveau @ranSais moyen a pris parti pour le mouvement contre la forme. d7un vrai non plus immuables mais perpétuellement mobiles. infiniment transformables% La vieille bataille entre anciens et modernes cesse d7Dtre indécise% Le nouvel !omme de la rue.

/0123 0' @in du te*te .Jean -pstein. Le Cinéma du diable .