c Christophe Bertault - MPSI

Calculs algébriques
On rappelle que pour tous m, n ∈ Z tels que m n : m, n =
_
k ∈ Z/ m k n
_
. Combien d’éléments dans cet
ensemble ? Réponse : n −m +1 éléments. N’oubliez pas le « +1 » !
1 Suites arithmético-géométriques
Définition (Suite arithmétique/géométrique) Soient (un)
n∈N
une suite complexe et q, r ∈ C.
• On dit que (un)
n∈N
est arithmétique de raison r si pour tout n ∈ N : un+1 = un + r.
Alors pour tout n ∈ N : un = u0 + nr.
• On dit que (un)
n∈N
est géométrique de raison q si pour tout n ∈ N : un+1 = qun.
Alors pour tout n ∈ N : un = q
n
u0.
Explication Dans le cas des suites arithmétiques : u0 u1 u2
. . . un
+r +r +r +r
+nr
Définition (Suite arithmético-géométrique) Soient (un)
n∈N
une suite complexe et a, b ∈ C. On dit que (un)
n∈N
est
arithmético-géométrique (de raison géométrique a et de raison arithmétique b) si pour tout n ∈ N : un+1 = aun + b.
En pratique Il est possible d’exprimer un explicitement en fonction de n. C’est facile et il faut savoir le faire. On
peut supposer a = 1, car pour a = 1, (un)
n∈N
est simplement arithmétique.
• Idée : Couper b en deux morceaux, les distribuer sur un et un+1 et se ramener ainsi au cas d’une suite géométrique.
un+1 = aun + b
Suite géométrique de raison a
¸ .. ¸
(un+1 −ℓ) = a(un −ℓ) un −ℓ = a
n
(u0 −ℓ)
• Conformément à cette stratégie, on cherche un nombre ℓ pour lequel b = ℓ − aℓ, i.e. aℓ + b = ℓ. Bref, on pose ℓ =
b
1 −a
.
Alors pour tout n ∈ N : (un+1 −ℓ) =
_
(aun + b) −(aℓ + b)
_
= a(un −ℓ), donc la suite (un −ℓ)
n∈N
est géométrique de
raison a, donc pour tout n ∈ N : un −ℓ = a
n
(u0 −ℓ). Après simplification : un = a
n
u0 + b
1 −a
n
1 −a
.
2 Le symbole somme

Définition (Symbole

)
• Soient I un ensemble fini et (zi)i∈I une famille de nombres complexes indexée par I.
On note

i∈I
zi la somme des éléments de la famille (zi)i∈I.
• Dans le cas où I = m, n avec m, n ∈ Z tels que m n, on note plutôt
n

k=m
z
k
ou

mkn
z
k
cette somme.
• Dans le cas où I = m, n × p, q avec m, n, p, q ∈ Z tels que m n et p q, on note plutôt

mkn
plq
z
kl
. On peut
voir cette somme comme la somme des termes d’un tableau à deux entrées k et l décrivant respectivement m, n et p, q,
et dont le terme en position (k, l) est précisément z
kl
.
Exemple
n

k=1
1
k
= 1 +
1
2
+
1
3
+ . . . +
1
n
.
2n

p=0

p =
2n

p=1

p = 1 +

2 +

3 + . . . +

2n −1 +

2n.
. ¸¸ .
Forme dite in extenso
de la somme
1
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Pour tout α ∈ C :
n

k=m
α = α
.¸¸.
k=m
+ α
.¸¸.
k=m+1
+. . . + α
.¸¸.
k=n
= α + α + . . . + α
. ¸¸ .
n−m+1 fois
= (n −m +1 ) α.
Attention ! Dans
n

k=1
z
k
, les lettres k et n ont des statuts très différents qu’il ne faut surtout pas confondre. Cette
somme z1 + z2 + . . . + zn dépend clairement de n mais pas de k.
• Elle dépend de n, donc n a dû être introduit à l’extérieur par quelque chose comme « Soit n ∈ N

».
• Elle ne dépend pas de k, donc k peut être remplacé par n’importe quelle lettre non encore utilisée :
n

k=1
z
k
=
n

p=1
zp = . . .
L’exemple suivant illustre bien la différence énorme n/k :
n

k=1
n = n + n + . . . + n
. ¸¸ .
n fois
= 1 + 2 + 3 + . . . + n =
n

k=1
k.
En pratique Il est courant qu’on effectue des changements d’indice pour transformer une somme. Deux exemples
valent ici mieux qu’un long discours.
n

k=1
z
k
=
n−1

p=0
zp+1
Changement d’indice k = p + 1
p
0 1 2 · · · n −2 n −1
k 1 2 3 · · · n −1 n
n

k=0
z
k
=
n

p=0
zn−p
Changement d’indice k = n −p
p n n −1 n −2 · · · 1 0
k 0 1 2 · · · n −1 n
Il existe d’autres changements d’indice plus compliqués. Le point central, c’est qu’il faut toujours bien garantir qu’on n’a ni
supprimé, ni ajouté aucun terme à la somme initiale : on a juste changé le nom de l’indice.
Théorème (Simplifications télescopiques) Soit (z
k
)
mkn+1
une famille de nombres complexes.
n

k=m
(z
k+1
−z
k
) = zn+1 −zm.
Démonstration
n

k=m
(z
k+1
−z
k
) = (zn+1
simplification
¸ .. ¸
−zn) + (zn
simplification
¸ .. ¸
−zn−1) + (zn−1 −zn−2) + . . . + (zm+2
simplification
¸ .. ¸
−zm+1) + (zm+1 −zm) = zn+1 −zm.
Exemple
n

k=1
1
k(k + 1)
=
n

k=1
_
1
k

1
k + 1
_
= 1−
1
n + 1
.
n

p=1
ln
_
1 +
1
p
_
=
n

p=1
_
ln(p+1)−lnp
_
= ln(n+1).
Théorème (Permutation des

) Soit (zij)
1i,jn
une famille de nombres complexes.

1in
1jn
zij =
n

i=1
n

j=1
zij =
n

j=1
n

i=1
zij,

1ijn
zij =
n

j=1
j

i=1
zij =
n

i=1
n

j=i
zij,

1i<jn
zij =
n

j=2
j−1

i=1
zij =
n−1

i=1
n

j=i+1
zij.
Démonstration Pour la troisième série d’égalités, on procède comme pour la deuxième, mais on retire les
termes diagonaux z11, z22, . . . , znn du tableau.
Première série d’égalités :
i
j
1 2 · · ·
n
1
2
.
.
.
n
z11 z12
· · ·
z1n
z21 z22
· · ·
z2n
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
zn1 zn2
· · ·
znn
n

j=1
z1j
n

j=1
z2j
.
.
.
n

j=1
znj
_
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
_
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
_
n

i=1
n

j=1
zij
n

i=1
zi1
n

i=1
zi2
n

i=1
zin
_
n

j=1
n

i=1
zij
Deuxième série d’égalités :
i
j
1 2 · · ·
n
1
2
.
.
.
n
z11 z12
· · ·
z1n
z22
· · ·
z2n
.
.
.
.
.
.
znn
n

j=1
z1j
n

j=2
z2j
.
.
.
n

j=n
znj
_
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
_
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
_
n

i=1
n

j=i
zij
1

i=1
zi1
2

i=1
zi2
n

i=1
zin
_
n

j=1
j

i=1
zij
2
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3 Le symbole produit

Nous passerons plus vite sur les produits que sur les sommes, car une fois qu’on a compris

, on a compris

.
Définition (Symbole

) Soient I un ensemble fini et (zi)i∈I une famille de nombres complexes indexée par I.
On note

i∈I
zi le produit des éléments de la famille (zi)i∈I.
Exemple Pour tout α ∈ C :
n

k=m
α =
n−m+1 fois
¸ .. ¸
α ×α ×. . . ×α = α
n−m+1
.
Définition (Factorielle) Pour tout n ∈ N

, on appelle factorielle n, notée n!, l’entier n! =
n

k=1
k = 1 ×2 ×3 ×. . . ×n.
Par convention : 0! = 1.
Exemple n
n
=
n

k=1
n =
n fois
¸ .. ¸
n ×n ×. . . ×n = 1 ×2 ×3 ×. . . ×n =
n

k=1
k = n!. Ne pas confondre n et k !
On rappelle que le logarithme transforme les produits en sommes :
n

k=1
ln k = ln
n

k=1
k = ln
_
n!
_
.
Théorème (Simplifications télescopiques) Soit (z
k
)
mkn+1
une famille de nombres complexes non nuls.
n

k=m
z
k+1
z
k
=
zn+1
zm
.
Théorème (Permutation des

) Soit (zij)
1i,jn
une famille de nombres complexes.

1in
1jn
zij =
n

i=1
n

j=1
zij =
n

j=1
n

i=1
zij,

1ijn
zij =
n

j=1
j

i=1
zij =
n

i=1
n

j=i
zij,

1i<jn
zij =
n

j=2
j−1

i=1
zij =
n−1

i=1
n

j=i+1
zij.
Exemple La notation

1i,jn
_
ij
2
_
est un résumé pour

1in
1jn
_
ij
2
_
.

1i,jn
_
ij
2
_
=
n

i=1
n

j=1
_
ij
2
_
=
n

i=1
_
i
n
n

j=1
j
2
_
=
_
n

i=1
i
n
__
n

j=1
j
2
_
n
=
_
n

i=1
i
_
n
_
n

j=1
j
_
2n
= (n!)
n
(n!)
2n
= (n!)
3n
.
Attention ! Les symboles

et

ne peuvent pas être permutés en général. Ainsi :
n

i=1
n

j=1
1 =
n

i=1
n = n
n
= n =
n

j=1
1 =
n

j=1
n

i=1
1.
Ce n’est pas trop étonnant cela dit car c’est déjà faux en général avec deux termes : (a + b)(c + d) = ab + cd.
3
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4 Quelques formules à connaître par cœur
Définition (Coefficients binomiaux)
• Pour tous n, k ∈ Z, on appelle (coefficient binomial) k parmi n, noté
_
n
k
_
, le nombre :
_
n
k
_
=
_
¸
¸
_
¸
¸
_
n!
k!(n −k)!
si 0 k n
0 sinon.
Ce nombre est toujours un entier naturel.
• Pour n 0 :
_
n
0
_
= 1. Pour n 1 :
_
n
1
_
= n. Pour n 2 :
_
n
2
_
=
n(n −1)
2
.
• Symétrie : Pour tout n, k ∈ Z :
_
n
k
_
=
_
n
n −k
_
.
• Formule de Pascal : Pour tous n, k ∈ Z :
_
n
k
_
+
_
n
k + 1
_
=
_
n + 1
k + 1
_
.
Explication Le tableau ci-dessous donnant la valeur de
_
n
k
_
en fonction de n et k est appelé le triangle de Pascal.
n
k
0 1 2 3 4 5 · · ·
0 1
1 1 1
2 1 2 1
3 1 3 3 1
4 1 4 6 4 1
5 1 5 10 10 5 1
.
.
.
.
.
.
.
.
.
Symétrie
n
k
0 1 2 3 4 5 · · ·
0 1
1 1 1
2 1 2 1
3 1 3 3 1
4 1 4 6 4 1
5 1 5 10 10 5 1
.
.
.
.
.
.
.
.
.
_
n
k
_
+
_
n
k + 1
_
=
_
n + 1
k + 1
_
Formule de Pascal
Démonstration Contentons-nous de montrer que
_
n
k
_
∈ N pour tous n ∈ N et k ∈ Z. Nous allons en fait
établir par récurrence la proposition « ∀k ∈ Z,
_
n
k
_
∈ N » pour tout n ∈ N.
• Initialisation : Pour tout k ∈ Z :
_
0
k
_
=
_
1 si k = 0
0 sinon,
donc
_
0
k
_
∈ N.
• Hérédité : Soit n ∈ N. On suppose que
_
n
k
_
∈ N pour tout k ∈ Z. Alors pour tout k ∈ Z,
_
n
k −1
_
∈ N
et
_
n
k
_
∈ N par hypothèse de récurrence, donc
_
n + 1
k
_
∈ N d’après la formule de Pascal.
Théorème (Formule du binôme) Pour tous n ∈ N et a, b ∈ C : (a + b)
n
=
n

k=0
_
n
k
_
a
k
b
n−k
.
Démonstration Soient a, b ∈ C fixés. Raisonnons par récurrence.
• Initialisation : (a + b)
0
= 1 =
_
0
0
_
a
0
b
0−0
=
0

k=0
_
0
k
_
a
k
b
0−k
.
• Hérédité : Soit n ∈ N. On suppose que (a + b)
n
=
n

k=0
_
n
k
_
a
k
b
n−k
.
(a + b)
n+1
= (a + b)(a + b)
n
= (a + b)
n

k=0
_
n
k
_
a
k
b
n−k
= a
n

k=0
_
n
k
_
a
k
b
n−k
+ b
n

l=0
_
n
l
_
a
l
b
n−l
4
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=
n

k=0
_
n
k
_
a
k+1
b
n−k
+
n

l=0
_
n
l
_
a
l
b
n−l+1
= a
n+1
+
n−1

k=0
_
n
k
_
a
k+1
b
n−k
+
n

l=1
_
n
l
_
a
l
b
n−l+1
+ b
n+1
= a
n+1
+
n

k

=1
_
n
k

−1
_
a
k

b
n−k

+1
+
n

l=1
_
n
l
_
a
l
b
n−l+1
+ b
n+1
(changement d’indice k

= k + 1)
= a
n+1
+
n

k=1
__
n
k −1
_
+
_
n
k
__
a
k
b
(n+1)−k
+ b
n+1
= a
n+1
+
n

k=1
_
n + 1
k
_
a
k
b
(n+1)−k
+ b
n+1
(formule de Pascal)
=
n+1

k=0
_
n + 1
k
_
a
k
b
(n+1)−k
. Fin de la récurrence.
Théorème Pour tout n ∈ N :
n

k=0
k =
n(n + 1)
2
et
n

k=0
k
2
=
n(n + 1)(2n + 1)
6
.
Démonstration Soit n ∈ N.
• Posons S =
n

k=0
k et faisons simplement de deux manières la somme de tous les termes du tableau suivant :
n n −1 n −2 · · · 1 0
0 1 2 · · · n −1 n
S
S
_
2S
n n n n n

n(n + 1)
Conclusion :
2S = n(n + 1),
i.e. S =
n(n + 1)
2
.
• Pour tout k ∈ 0, n : (k + 1)
3
− k
3
= 3k
2
+ 3k + 1 d’après la formule du binôme. Sommons de k = 0
à k = n :
n

k=0
_
(k + 1)
3
− k
3
_
= 3
n

k=0
k
2
+ 3
n

k=0
k +
n

k=0
1. On peut faire à gauche une simplification
télescopique. D’autre part
n

k=0
1 = n + 1 et
n

k=0
k =
n(n + 1)
2
.
Du coup : (n + 1)
3
= 3
n

k=0
k
2
+ 3
n(n + 1)
2
+ (n + 1). Reste à isoler
n

k=0
k
2
et simplifier les calculs.
Théorème Pour tous n ∈ N et a, b ∈ C : a
n
−b
n
= (a −b)
n−1

k=0
a
k
b
n−k−1
.
Attention ! Gare à ceux qui confondent cette formule avec la formule du binôme !
Démonstration Pour tous n ∈ N et a, b ∈ C, développons le membre de droite de la formule :
(a −b)
n−1

k=0
a
k
b
n−k−1
= a
n−1

k=0
a
k
b
n−k−1
−b
n−1

k=0
a
k
b
n−k−1
=
n−1

k=0
a
k+1
b
n−(k+1)

n−1

k=0
a
k
b
n−k
=
n−1

k=0
_
a
k+1
b
n−(k+1)
−a
k
b
n−k
_
= a
n
−b
n
par simplification télescopique.
En particulier, pour b = 1, on obtient le résultat fondamental suivant :
Théorème (Sommes de termes consécutifs d’une suite géométrique) Pour tous n ∈ N et q ∈ C :
n−1

k=0
q
k
=
_
_
_
q
n
−1
q −1
si q = 1
n si q = 1.
Nombre de termes
¸ .. ¸
Premier terme
Et plus généralement, pour tous m, n ∈ N et q ∈ C tels que m n :
n

k=m
q
k
=
_
_
_
q
m
×
q
n−m+1
−1
q −1
si q = 1
n −m + 1 si q = 1.
5

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