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HISTOIRE DE LA MÉDECINE / HISTORY OF MEDICINE

La coloproctologie médicochirurgicale : une histoire française…
« pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient »
Jacques Soullard (1910-1996)
V. de Parades
© Springer-Verlag France 2012
Jacques Soullard est né le 7 juin 1910 à Loudun dans la
Vienne. Formé chez les jésuites, il décide de suivre le sillage
de son père médecin mais déjà avec la démarche originale
qui sera la sienne. Il dira en effet : « c’était donc sans déplai-
sir, et même avec un certain élan de curiosité, que j’accep-
tais de faire la médecine. Mais ce n’était pas une vocation…
Et si j’ai appris ma spécialité à plusieurs générations d’étu-
diants et écrit trois livres sur les mêmes sujets, ce n’est pas
par amour de la médecine, mais bien pour le plaisir délec-
table de m’exprimer (quelle que soit la matière) et la joie de
transmettre à la jeunesse mon savoir (quel que soit son
objet) ».
Il commence ainsi ses études de médecine à Poitiers,
en 1928, sous la houlette de son premier maître, le Profes-
seur René Morichau-Beauchant (1873-1951), puis les pour-
suit à Paris où il est nommé Interne des Hôpitaux en 1935. Il
est notamment l’élève de Jacques Decourt (1898-1989) et de
Louis-Pasteur Vallery-Radot (1886-1970) qui sera le prési-
dent du jury de sa thèse soutenue le 5 novembre 1941. Il
croise également le chemin d’André Cain (1885-1944) mais
c’est Alfred Bensaude (1908-1982) qui lui enseigne, à la fin
de la guerre, les rudiments de la proctologie.
Il exerce à l’Hôpital Bichat dans le service d’André
Lambling (1899-1986) (Fig. 1), « mon patron Lambling »
disait-il, et restera l’attaché de Jean-Jacques Bernier et de
Serge Bonfils. Il est également médecin-résident de l’Ecole
Normale Supérieure de la rue d’Ulm.
Il s’intéresse peu à la pratique chirurgicale mais son
apport à la colo-proctologie française est essentiel. En effet,
comme me l’a bien expliqué Jean-François Contou, il va
apporter à la proctologie la dimension « académique » de
la médecine interne. Ainsi, il s’intéresse aux maladies
inflammatoires, aux infections sexuellement transmises,
aux troubles de la statique rectale, à la séquence polype-
cancer ou aux polyposes familiales. Il est le premier en
France, avec Alfred Bensaude, à incriminer le rôle de
shunts artério-veineux dans les saignements hémorroï-
daires internes. C’est lui qui introduit en France, dans les
années 60, la ligature élastique sur une idée du Professeur
Paul Zeitoun [1]. Soucieux de transmettre son savoir, il
écrit un premier livre intitulé « Les recto-colites hémorra-
giques », édité en 1941 par la Librairie Louis Arnette, puis
un deuxième intitulé « Proctologie », édité en 1975 chez
Masson et qui fera référence pendant au moins dix ans, puis
un dernier en collaboration avec Jean-François Contou,
intitulé « Colo-proctologie », édité en 1984 toujours chez
Masson et qui reste en bonne place dans ma bibliothèque.
Enfin, il est cofondateur en 1959 de la Société Nationale
Fig. 1 Jacques Soullard vers 1960 (flèche blanche) (service
d’André Lambling (coll. Yves Le Quintrec)
V. de Parades (*)
Service de Proctologie Médico-Interventionnelle,
Centre hospitalier Diaconesses -Croix Saint-Simon,
18, rue du Sergent Bauchat, 75012 Paris
e-mail : proctologie@hopital-dcss.org
Service de Gastroentérologie, hôpital Européen Georges Pompidou,
20, rue Leblanc, 75015 Paris
Colon Rectum (2012) 6:37-38
DOI 10.1007/s11725-012-0353-6
Française de Proctologie dont il sera nommé président
en 1978.
Ce médecin humaniste (Figs 1,2) est, d’après Alfred
Saint-Pierre, « d’une grande gentillesse et beaucoup trop
modeste car plein de qualités, qualités humaines avant tout
mais aussi bourré d’idées et de connaissances tant théoriques
que pratiques ». Il faut dire que Jacques Soullard insiste sur
le fait que « l’écoute du médecin est vaine s’il n’y est pas
engagé mais elle est vraie lorsqu’elle exprime une disponi-
bilité volontaire et chaleureuse… Savoir écouter, écouter
tout, même les divagations, les plaintes leitmotivées, les
récriminations puériles, les justifications ou les pauvres
vantardises ; tout compte… ». Sa fille, Catherine, surenchérit
en soulignant que « élégance, distinction, discrétion, atten-
tion, désintéressement, gentillesse, bonté » sont autant de
vertus qui le caractérisent. De fait, il acquiert une grande
réputation, a une clientèle importante et est amené à soigner
entre autres Edith Piaf, Madeleine Renaud, Georges Braque,
Nicolas de Staël, et même Georges Pompidou auprès duquel
il sera appelé à l’Élysée, au printemps 1974, par le médecin
présidentiel, le Professeur Jean Vignalou (1910-1982).
Il prend sa retraite en janvier 1985 et meurt le 13 avril
1996 à Paris des suites d’une insuffisance cardiaque.
Références
1. Soullard J, Zeitoun P, Delineau J (1966) La ligature élastique : pro-
cédé d’exérèse ambulatoire des hémorroïdes. Technique et indica-
tions. Presse Med 74:1201–3
Fig. 2 Jacques Soullard vers 1960 (coll. Catherine Soullard)
38 Colon Rectum (2012) 6:37-38

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