Où en sommes-nous ?

Le terme rétablissement est la traduction
française de « recovery ». Derrière ce
mot se cache plusieurs concepts.
La philosophie du rétablissement.
A partir de sa propre expérience de la
schizophrénie, Deegan, une professeur
de droit américaine résume ainsi le
rétablissement : « Un processus, pas un
point final ou une destination. Le
rétablissement est une attitude, une
façon d'aborder le quotidien et les défis
que je rencontre. Être en processus de
rétablissement signifie que je sais que
j'ai certaines limitations et des choses
que je ne peux pas faire. Mais plutôt que
ces limitations soient une occasion de
désespérer et d'abandonner c’est en
apprenant ce que je ne peux pas faire,
que j'ai aussi découvert les possibilités
de toutes les choses que je peux faire ». à
travers ce témoignage, le rétablissement
est défini un peu comme un parcours, un
voyage. Il ne s’agit pas d’une expérience
linéaire mais d’un mouvement avec des
ajustements constant.
The recovery movement (le mouvement
pour le rétablissement). Dans les années
80 aux USA, en réaction avec un
système de soin en parfaite contradiction
avec la philosophie du rétablissement et
for de l’expérience de certains groupes
d’auto support comme les 12-step
program (alcooliques anonymes)
s’appuyant l a phi l osophi e du
rétablissement, des groupes d’ex-patients
se sont réunis sous le nom de
« psychiatricsurvivors » (les survivants
de la psychiatrie) pour demander que les
soins proposés par les centres de santé
mentale soient orientés autour du
rétablissement des personnes. C’est donc
un mouvement citoyen qui est à l’origine
des recommandations admises dans de
nombreux pays à travers le monde.
Les soins ou l’accompagnement orientés
autour du rétablissement.
Cette approche qui met l’accent sur la
capacité des personnes à se rétablir
pourrait se résumer pour les équipes qui
tenteraient de l’appliquer en 5 points :
1. Promouvoir le réveil du pouvoir des
personnes
2. Orienter les décisions vers le choix
des personnes
3. Baser l’accompagnement sur les
espoirs et les rêves
4. Le professionnel doit s’adapter au
contexte et à la vie des personnes et non
l’inverse
5. Avoir comme objectif d’augmenter les
capacités et la qualité de vie des
personnes

Rapahel
Février 2014
Septembre
Numéro 1
La feuille de chou
« Du côté du chez-soi »

Sommaire :
• Au fait j’ai un chez-moi
• Où en sommes-nous?
• Témoignage : Contrer la
schizophrénie paranoïde en 6 points
• Regard croisés : « Je trouve ca
louche »
• Sortir de Chez-soi
• En dehors du chez –soi: La
bricothèque
• La recette : Gâteau au chocolat de
Nadia

Edito — La Rétablissement c’est…

Comme en varappe, c’est de
retrouver à l’aide de son corps et de
ses muscles un équilibre nécessaire à
la poursuite de la voie.
Un voyage qui permet de se sentir
mieux dans les sentiers de la vie.
L'évolution du psychisme d’une
personne tendant du mal-être
jusqu’au bien-être.
Retrouver un bien-être psychique et
moral.
Retrouver du respect envers les
autres mais aussi envers soi-même et
croire que l’on est capable de réaliser
ses rêves.

La rédaction : Pablo, Raphaël, Clément,
Guillaume, Livia, Mourad, Célia, Tony,
Audrey, Nadia, Karim, Isabelle
Mener à bien notre entreprise et notre science
Au fait, j’ai un chez-moi !
« Avoir un chez-soi, pouvoir virer tout le monde quand les gens deviennent
trop cons (chose impossible, par définition, dans la rue …)
Guillaume
Le rétablissement, c’est quoi ?
2. Sortez régulièrement, 45-60min par jour ;
3. Ayez des activités (sport(s), dessin,
lecture…), ça favorise la concentration et donc
la paix intérieure ;
4. Le traitement est indispensable au
rétablissement, ne l’oubliez pas même en cas
d’amélioration ;
5. Surtout, n’oubliez pas que vous avez le droit
de vivre, comme tout le monde, et que votre vie
a de la valeur ;
6. Ayez des amis (potes, copine / copain…),
indispensables à un bon rétablissement, c’est le
plus important avec le traitement.
Voilà, j’espère que mon témoignage vous sera
utile. Bonne chance ! Tony
Contrer la schizophrénie paranoïde en 6 points (aussi effrayante soit-elle
cette maladie a des faiblesses) :
1. Si une crise se fait sentir, éteignez tout (nuisances sonores : TV,
radio…) ;
Des chiffres et des lettres
Témoignage Contrer la schizophrénie paranoïde
en 6 points
C’est qui qui arrose les plantes ?
La voie du cosmos
«De par ton génie créateur, toutes tes
fautes te sont pardonnées. Il te suffit
juste d’accorder une parcelle de vérité
du tout puissant aux écrits sur la
réalité »
Pablo
Journée pour tous du 28/11/13 au théâtre Daki Ling. En tout de 20 à
30 participants à cette journée. Après un café convivial,
présentation des chiffres relatifs au programme et témoignages,
avant de déguster un splendide couscous puis d’enchainer l’après-
midi avec des ateliers de réflexion sur l’emploi et sur la
participation. Une journée instructive, constructive qui nous a
montré un peu les tenants et les aboutissants de ce que nous faisons
ici, à Marseille.
Le gouvernement a acté
récemment que le programme un
chez soi d’abord se poursuit pour
les 2 ans à venir, avec des
financements identiques aux
années précédentes.
Où en sommes-nous ? (suite)
Rencontre nationale Housing First, Paris.
J’ai été invité, le 13 novembre 2013, pour assister à la
rencontre nationale du programme Housing First. Quatre
ateliers étaient mis en place : Emploi, Formalisation,
Participation et médiateurs de santé / travailleurs pairs.
J’ai tout d’abord participé à l’atelier sur l’emploi, table
ronde très intéressante d’infos et d’échanges sur le sujet
de l’insertion professionnelle (CV, lettre de motivation,
RQTH, Emmaüs Défi, Club Houses…).
J’ai ensuite assisté à l’atelier formalisation, où je me suis
interrogé sur la raison du travail en binôme pour les
visites à domicile : est-ce une mesure de sécurité ? Je
prévois pour mon prochain séjour de rendre visite à ces
associations et creuser le sujet.
L’utilisation du terme « Usagers » de la part de
professionnels m’a dérangé, pour moi c’est un terme qui
renvoie à l’usage de drogues, fortement connoté.
Cette rencontre m’a permis de mieux comprendre le
fonctionnement du programme Housing First, ainsi que
des différents projets des différentes villes. Je regrette
cependant que cette rencontre fût trop brève.
Regards croisés
« Je trouve ça louche »
Les conseils avisés

« Un usager de drogue à la
rue n’est pas un toxico mais
une âme perdue »
Isabelle

« On ne peut pas remettre
en cause le chaud et le
froid »
Nadia

« Jamais intégré toujours
intègre »
« Toujours en équilibre
jamais par terre »
Karim
Le regard
V
ivre en
logement,
c’est avoir
des clés
pour choisir. Des clés
pour être libre d’entrer ou
de sortir, d’être dedans
ou d’être dehors, d’être
seul(e) ou entouré(e).
C’est avoir le droit
d’avoir le choix.
Vivre en logement, c’est
pouvoir inventer un
espace rien qu’à soi,
poser des meubles pour
ne pas entendre l’écho
des pièces vides, se
remplir de soi pour
mieux se (ré.
Vivre en logement, c’est
se permettre l’intimité
qui permet la
reconnaissance. Ou bien
la connaissance de soi.
Tout simplement.
Pouvoir sortir des rangs
sans regards inquisiteurs.
Vivre en logement, c’est
aussi soi et quatre murs
parfois. Soi tout seul,
quand la rue ou les lieux
collectifs ont toujours
rythmé la vie de quelques
un(e)s. Alors difficile, le
chez-soi tout seul,
parfois.
Vivre en logement, c’est
aussi être tout seul avec
soi-même. Se regarder en
face. Sans concessions.
Sans négociations. Ca
pète à la tronche parfois,
alors qu’on n’avait pas
prévu ça.
Vivre en logement, c’est
pas juste quatre murs,
une clé et une porte.
C’est pas juste un toit sur
la tête. C’est pas juste de
la tapisserie et quelques
meubles. C’est d’abord
une rencontre imprévue
avec soi. Une quête peut-
être.
Alors, pour vivre en
logement, peut-être que
parfois, pas toujours, on a
besoin de ne pas être seul
(e). De sentir que là, tout
près, quelques personnes
constituent des
ressources. Au cas où.
Juste au cas où.
Q
uand on est à la rue,
on a les ongles
noirs. On a le regard
des autres qui pèse
sur nous, comme une lourdeur
qui nous détruit. Etre à la rue,
c’est ne plus avoir d’identité,
ni de repères. On s’accroche,
mais on s’accroche à quoi ?
Essayer d’être quelqu’un qui
n’a plus d’identité, c’est un
chemin sans fin, on perd nos
réalités. On n’a aucun soin, on
pète les plombs, on use de
produits illicites, ce qui permet
de s’évader mais dure est à la
réalité.
Partir en psychiatrie ; on avale
des cachetons, on a un toit
mais tout ça ne dure pas. J’ai
eu la chance de tirer la bonne
enveloppe, un appartement
m’a été donné, je me suis
remontée. Avoir un appart,
c’est quoi ? C’est pouvoir se
gérer, se reconstruire, avoir le
goût du propre, pouvoir
cuisiner, pouvoir se doucher,
aller de l’avant, être quelqu’un
dans la société. Comme Pierre,
Paul ou Jacques. On peut boire
de l’alcool sans être regardé,
on est à l’abri, on n’a plus
froid, c’est plus un squat. C’est
notre appart. On regagne notre
dignité, on refait notre identité,
on va chez le médecin, on
s’occupe de soi, on devient un-
e citoyen-ne dans la société
qui, à un moment, nous a
lâché. Avoir le plaisir de
manger à toute heure, de
pouvoir se doucher, d’être
comme tout le monde, avoir un
voisinage sans un regard
bizarre, faire ses commissions,
refaire ses papiers, avoir enfin
une identité.
La réalité est un plaisir comme
la rue en été, mais l’hiver, la
précarité… Où aller pour bien
squatter ?
Donc avoir un chez-soi, c’est
un cheminement droit. On se
sent enfin revivre, on part plus
à la dérive. Quel plaisir d’avoir
un toit. On reçoit ou on ne
reçoit pas. Avoir ses clés, c’est
se dire « j’ai un chez-moi, j’ai
le droit de vivre ». Quand la
vie prend un tournant tel que la
mort à tout instant, on a la peur
au ventre, on est mal. On a
beau crier notre mal-être, nul
ne s’y intéresse. Quand on a un
appart, on rencontre des gens
qui restent anonymes sauf par
leur nom. Tel ou tel voisin ou
voisine, avec le respect, on
peut tirer à n’importe quel
moment la sonnette d’alarme
car nous ne sommes plus seuls.
Isabelle
Sortir de chez soi
Atelier « De fil en aiguille… » :
On vient tous de quelque part, certains de la rue pour enfin
trouver son cocon. Je propose, à l’aide de cet atelier, de
visiter d’une part l’exécution d’un objet utile à son chez
soi (coussin, pochette, sets de table, rideaux…), et d’autre
part la réalisation de boutonnières, rapiècement des
vêtements ou napperons. On compte sur vous, venez
nombreux !
Date : le 26 Février 2014 de 14h à 16h / Contact :
Permanence téléphonique Un Chez Soi d’Abord :
06.12.50.27.93 .
Du côté des Calanques :
Venez respirer l’air du côté des Calanques, une journée
prévue avant tout pour s’amuser et se détendre qui plus est
dans un milieu aimé de tous. Prévoyez le Pic-Nic et
surtout venez nombreux !
Date : 12 février, rdv au 44 cours Belsunce 10h pour qui
veux.






Le gâteau au chocolat de Nadia
Les ingrédients pour 6 personnes:
- un bol de farine à la levure
- un bol de sucre (ou un pot de yaourt
aux fruits aromatisés)
- 3 œufs
- un bol de benco chocolat en poudre
- un bol d'huile
Dans un saladier, mettre la farine, le
sucre (ou le pot de yaourt aromatisé), le
chocolat, l'huile et mélanger jusqu'à
obtenir une pate homogène.
Ajouter les œufs et mélanger à nouveau.
Préchauffer 10 min. le four à 220°C.
Verser la pâte dans un moule huilé et
enfourner pendant 35 min.
Démoulez et déguster avec une glace
vanille ou une crème anglaise.
A vos papilles!
En dehors du chez-soi : La Bricothèque
La Bricothèque c'est comme une bibliothèque mais au lieu de louer des livres, on
loue des outils.
Il s'agit d'un centre de ressources mutualisé de prêt d'outillage et de bricolage
solidaire!
Un projet expérimental et unique sur le département.
- Pour qui? un public prescrit par des organismes sociaux, orienté par des acteurs
du logement.
- Pour quoi? *lutter contre la précarité par le prêt d'outillage,
*aider les locataires, par les ateliers, à mieux "habiter" leur
logement.
- Comment? grâce à un système de prêt d'outillage, un service de documentation,
des ateliers de sensibilisation et une tarification solidaire.
- Qui d'autre peut emprunter? les adhérents à l'association en tant que membre
solidaire.
La Bricothèque propose des prêts d'outillage, des conseils de bricolage et des
ateliers de décoration à des prix solidaires (2€ par semaine et par article loué,
pour les locataires).
C'est un lieu d'insertion professionnelle et de rencontres culturelles.
La Bricothèque/ 30, rue Flégier - 13001 Marseille (Métro Réformés Canebière)
*Le mardi et jeudi (pour la location d'outils) de 9h à 12h30 et de 13h00 à 17h.
*Le mardi après-midi (pour les ateliers de formation).
Deux ateliers de formation sont programmés sur deux modules chaque mois
(comment prendre possession de son appartement).
Contacts: David et Véronique - Tél.: 04.96.21.20.07 - email:
labricothèque@hotmail.fr
Se munir d'une pièce d'identité et de son assurance habitation multi-risques.
Au milieu de plusieurs formes exotiques qui évoluent en image
nait un petit oiseau et puis j’ai pris une photo et j’ai voyagé avec
elle.
Atelier Photo : tous les jeudi de 14h à 17h au centre « La
compagnie » 19 rue francis de pressensé. Se rapprocher de
Wilfried (07-77-97-10-80) ou de Carole (06-23-83-30-49).
A bientôt pour le prochain numéro selon les inspirations….

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful