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Droit l2s2

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III – 1 – 2 : Clauses relatives à la preuve

Les parties peuvent convenir de la charge de la preuve et notamment préciser si elles
entendent que les obligations soient de moyen ou de résultat . Ces clauses sont valables
sau si elles concernent les obligations de sécurité touchant à la personne humaine. Les
clauses peuvent aussi prévoir les modes de preuve qui seront employé et notamment
imposer une e!pertise. " l#instar de clause de non$responsabilité% ces clauses sont nulles
dans certains contrats &e!emple : certains contrats avec un consommateur' ou en présence
d#une aute dolosive .
III – 2 :Clauses relatives au montant des réparations.
III – 2$ 1 : Clauses limitatives de réparation
(e nombreu! contrats comprennent un plaond au$delà duquel plus aucune réparation ne
peut )tre ordonnée. Ces clauses peuvent prendre dierents aspects : i!ation d#un montant
ma!imal de dommages et interets ou bien encore garantie du simple remplacement de
l#ob*et deectueu!. Les conditions de validité de ces clauses sont identiques au régime des
clauses de non$responsabilité.
III – 2 – 2 : Clauses pénales
Ce sont les clauses qui i!ent à l#avance le montant des dommages et interets d+s en cas
d#iné!ecution du contrat . Ce syst,me de orait présente l#avantage d#éviter les discussions
lors de l#évaluation des pré*udices. -i le montant de la clause pénale parait disproportionner%
le *uge peut réviser le montant de la clause pénale.
CHAPITRE 2 : L’EXCEPTION D’INEXECUTION
I – (éinition
.n réponse à une partie qui n#e!ecute pas ces obligations% l#autre partie peut opposer
l#e!ception d#ine!ecution c$à$d reuser d#e!écuter la contre$prestation prévue au contrat
&e!emple : si un produit n#est pas livré% l#acheteur peut reuser de payer le pri!'. L#e!ception
d#ine!écution est le droit à chaque partie d#un contrat synallagmatique de reuser d#e!écuter
la prestation à laquelle elle est tenue tant qu#elle n#a pas re/u la prestation qui lui est due.
L#e!ception d#ine!écution a pour eet de suspendre l#e!écution du contrat% elle n#a pas pour
eet de procéder à la destruction du contrat% celui$ci reste en vigueur. C#est une voie de
*ustice privée . Celui qui invoque l#e!ception d#ine!écution le ait de sa propre autorité sans
décision préalable du *uge. 0outeois si l#e!ception d#ine!écution est soulevée à tort% l#autre
partie peut saisir et réclamer la réparation du pré*udice subie.
II – Conditions
L#e!ception d#ine!écution s#applique lorsqu#un contrat synallagmatique a été conclu%
comprenant des obligations inter$dépendantes et à e!écution simultanée et qu#une partie n#a
pas satisait à son obligation.
II – 1 (es obligations inter$dépendantes
L#e!ception d#ine!écution ne peut evidemment pas s#appliquer lorsqu#un contrat unilatéral a
été conclu. Celui$ci ne crée en eet d#obligation qu#à la charge d#une des parties. (e m)me
l#e!ception d#ine!écution ne peut *ouer entre deu! personnes qui sont respectivement
créanci,res et débitrices de l#autre mais dont les obligations ne sont pas inter$dépendantes.
C#est le cas notamment lorsque des conventions distinctes ont été conclues entre les deu!
parties.
II – 2 : (es obligations à eet simultané
L#e!ception d#ine!écution suppose que les obligations s#e!écutent simultanément. C#est le
cas par e!emple de la vente au comptant% l#acheteur paie au moment m)me o1 le vendeur
lui livre le bien. (ans ce cas de igure% si une partie n#e!écute pas son obligation% l#autre
partie peut suspendre la sienne. L#e!ception d#ine!écution ne *oue en revanche pas
lorsqu#un des cocontractants doit e!écuter son obligation avant l#autre partie &e!emple : le
restaurateur est payé à la in du repas'.
II – 2 : l#ine!écution de l#obligation
3our que l#e!ception d#ine!écution puisse )tre invoquée il aut une ine!écution par une partie
de son obligation. L#origine de cette ine!écution importe peu. .lle peut résulter d#une aute
du débiteur% ou bien encore d#un év,nement de orce ma*eure &exterieur, irresistible,
imprevisible'.
III – 4ne mise en 5uvre de l#e!ception d#ine!écution
L#e!ception d#ine!écution constitue une voie de *ustice privée qui ne rend pas nécessaire le
recours à un tribunal. .lle ne suppose pas une mise en demeure préalable. L#avantage de
l#e!ception d#ine!écution tient en sa souplesse et sa rapidité. .lle doit cependant )tre
employée avec mesure% en eet l#e!cipiens &celui qui l#utilise' emploie cette mesure à ses
risques et périls. -i un tribunal estime par la suite qu#il a suspendu sa prestation à tort% il aura
manqué à ses obligations et s#e!posera à d#éventuelles sanctions. Il appartient en outre à
l#e!cipiens de prouver l#ine!écution de l#obligation par l#autre partie.
I6 – .et de l#e!ception d#ine!écution
I6 – 1 : .et de l#e!ception d#ine!écution entre les parties.
L#e!ception d#ine!écution aura pour eet de suspendre l#e!écution du contrat. Le contrat
reste valable et n#est pas anéanti. "ussi% d,s lors que l#autre partie a e!écuté ses obligations%
il appartient à l#e!cipiens de reprendre à son tour l#e!écution du contrat.
I6 – 2 : .et de l#e!ception d#ine!écution à l#égard des tiers
L#e!ception d#ine!écution est opposable au! tiers &e!emple : les créanciers du contractant
qui n#e!écute pas ses obligations ne peuvent pas saisir les biens de celui qui oppose
l#e!ception d#ine!écution'.
C!pitre " : L! r#s$luti$% &es '$%tr!ts p$ur i%ex#'uti$%
I – 7otion de résolution
Lorsque dans un contrat n#obtient pas satisaction elle peut soit solliciter l#e!écution orcée
du contrat% soit solliciter la résolution du contrat avec en plus des dommages et int)rets en
réparation du pré*udice que lui cause l#ine!écution.
II – La résolution *udiciaire
II – 1 Les conditions
II – 1 – 1 : Condition de ond
"' Condition relative au contrat ine!écuté : "u! termes de l#article 1189 du CC la
résolution ne *oue que dans les contrats synallagmatiques. La *urisprudence a
progressivement étendue la résolution *udici,re à d#autres contrats non$
synallagmatiques.
$ La résolution *oue naturellement en mati,re de contrats synallagmatiques. Le
droit de résolution trouve son ondement non pas e!clusi mais principal dans la
notion de cause. .n eet d,s lors que l#une des parties n#e!écute pas son
obligation% il est *uste de donner également à l#autre partie le droit de s#en
dispenser.
$ 3ar e!ception l#article 1189 du CC ne s#applique pas à certains contrats
synallagmatiques aléatoires. "insi en mati,re d#assurance% le droit positi
substitue à la résolution un syst,me de déchéance. -i l#assuré ne paie pas sa
prime% l#assurance est suspendue pendant 2: *ours puis l#assureur peut résilier la
police ou en poursuivre l#e!écution en *ustice.
$ La résolution a été étendue à certains contrats unilatérau! à titre onéreu! et en
particulier au! contrats de gages à titre onéreu!.
;' Conditions relatives à l#ine!écution du contrat
Il n#est pas nécessaire pour obtenir la résolution du contrat que le créancier et subit un
pré*udice. .n revanche% il est indispensable qu#il y ait eu ine!écution de l#obligation par le
débiteur. Celle$ci n#est pas nécessairement autive ou totale.
$ L#ine!écution peut )tre autive ou résulter d#un év,nement de orce ma*eure.
$ L#ine!écution peut )tre totale ou partielle notamment lorsque le débiteur est tenu
de plusieurs obligations.
II – 1 – 2 : conditions d#e!ercice : une décision *udiciaire
"' Le caract,re *udiciaire de la résolution est e!pressément posé par l#article
1189 du CC : < la résolution doit )tre demandée en *ustice =. .lle peut )tre
sollicitée par le cocontractant insatisait mais non par le débiteur déaillant. .n
cours d#instance% le débiteur peut écarter la résolution en orant d#e!écuter
ses obligations. Le *uge devra alors apprécier si l#ore d#e!écution est ou non
trop tardive.
;' .tendu des pouvoirs du *uge : Le *uge dispose d#un large pouvoir
d#appréciation pour ordonner la résolution ou non du contrat. .n général% le
*uge prononce la résolution du contrat s#il estime que l#altération du contrat est
telle que le demandeur n#aurait pas contractée s#il l#avait prévue. .n d#autres
termes% il doit s#assurer que la prestation non$e!écutée constitue bien la
cause de l#obligation du demandeur. Le *uge peut prendre d#autres mesures
que la résolution *udiciaire% il peut notamment accordé un délai de gr>ce ou
condamné le déendeur à des dommages et intér)ts ou bien encore
prononcer une résolution partielle.
II – 2 : .et de la résolution *udiciaire
II – 2 – 1 : eet de la résolution *udiciaire entre les parties
0ant que la résolution n#a pas été ordonnée% le contrat conserve son caract,re
obligatoire. 4ne ois la résolution prononcée% le contrat est considéré comme n#ayant
*amais été conclu. Il est anéanti rétroactivement. -i les obligations ont été e!écutées
totalement ou partiellement% chacun doit restituer ce qu#il a re/u. Lorsque les choses
ne peuvent )tre restituées en nature% parce qu#elles ont été consommées ou parce
qu#il est matériellement ou *uridiquement impossible de les atteindre &par e!emple : la
chose a été cédée à un tiers' la restitution se era alors en valeur augmentée
éventuellement des ruits ou des intér)ts. -#agissant des contrats à e!écution
successives% il est prévu que les contrats ne seront pas résolus mais résiliés pour
l#avenir. "utrement dit% aucune restitution n#est due.
II – 2 $2 : eet de la résolution *udiciaire à l#égard des tiers
La résolution des contrats anéantie les droits qui en découlent pour les parties mais
également pour leurs ayant$causes. La *urisprudence a donc assouplie ce principe en
mati,re mobili,re% le sous$acquéreur de bonne oi est protégé par l#article 22?@ du
CC qui dispose que < en ait de meuble% la possession vaut titre =.
TITRE 2 : LA RE(PON(A)ILITE DELICTUELLE
-elon Alour et "uber% la responsabilité civile est l#obligation mise à la charge d#une
personne de réparer le dommage subit par une autre. La responsabilité civile englobe
les notions de responsabilité contractuelle et de responsabilité délictuelle. La
responsabilité délictuelle se distingue de la responsabilité contractuelle dans la
mesure o1 le dommage est indépendant de toute obligation contractuelle liant l#auteur
à la victime.
" titre liminaire% ondement de la responsabilité délictuelle
La recherche du ondement de la responsabilité civile a conduit la doctrine a proposé
plusieurs analyses du ondement de la responsabilité civile.
I – La aute
Bistoriquement la distinction entre droit civil et droit pénal était relativement loue. La
loi (utalion &5il pour 5il% dent pour dent' constitue ainsi une illustration ancienne du
lien entre la notion de aute et celle de peine. La loi du tallion crée un premier
syst,me d#équilibre dans les peines prononcées en évitant les vendettas et réponses
disproportionnées à la aute commise. 3rogressivement le droit a procédé à une
séparation entre les sanctions prononcées par l#.tat% qui constituent les sanctions
pénales et les sanctions au bénéice de la victime% qui visent à réparer le pré*udice
subi. "insi les peines corporelles et les amendes sont reservées à l#.tat tandis que
les dommages et intér)ts sont versés à la victime.
"u*ourd#hui la séparation entre responsabilité civile et responsabilité pénale se
caractérise de la mani,re suivante :
1' Les domaines des responsabilités civile et pénale sont distincts. -euls les délits
les plus dangereu! pour la société constituent des inractions pénales. Il est
nécessaire qu#une loi e!iste pour qu#une sanction pénale puisse )tre ordonnée.
Le principe < pas d#inraction sans te!te = s#applique. .n revanche un délit civil
consiste en n#importe quel ait quelconque y compris d#imprudence ou de
négligence qui cause un dommage à autrui. Il n#est pas nécessaire qu#un te!te
particulier e!iste pour engager la responsabilité civile d#une personne.
Inversement% il peut e!ister un délit pénal sans délit civil &e! : un port d#arme
prohibé% mendicitéC'
2' Les ob*ectis des responsabilités civile et pénale sont diérents. La responsabilité
pénale a pour ob*ecti d#écarter certains dangers causés à la société. La
responsabilité civile a seulement pour ob*ecti de permettre la réparation des
dommages. La responsabilité pénale est engagée par le biais d#une action
publique devant les *uridictions répressives. .lle est déclenchée par le minist,re
public devant les *uridictions civiles. C#est la victime du délit civil qui engage
l#action civile pour obtenir réparation.
2' Les sanctions attachées au! responsabilités civile et pénale sont con/ues et
i!ées de mani,re diérente. La responsabilité pénale vise le coupable et pose
une sanction proportionnelle à la aute commise. La responsabilité civile vise à
réparer les dommages subis et néglige généralement le degré de la aute
commise.
7éanmoins malgré la séparation entre la responsabilité pénale et la responsabilité
civile% le concept de aute reste au c5ur du syst,me de la responsabilité civile. La
ma*eure partie des articles du CC consacrés à la responsabilité civile renvoient ainsi
à la notion de aute. " titre d#e!emple% l#article *"+2 du CC dispose ainsi que < tout
ait quelconque de l#homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la aute
duquel il est arrivé à le réparer =. -ur le ondement de cet article% il a donc été retenu
qu#une victime ne peut solliciter des dommages et intér)ts que si elle établit
l#e!istence d#une aute% éventuellement présumée commise par un tiers. La
conception de la aute des rédacteurs du CC est dite sub*ective car elle suppose une
analyse du comportement de l#individu auteur de la aute. Cette vision sub*ective de
la aute est la traduction de l#homme libre de son comportement et responsable de
celui$ci. .tre libre c#est )tre responsable &-artre'. L#importance de ce principe a
encore été consacrée par le conseil constitutionnel par un arr)t du 22 octobre 1@82
qui a posé que < toute victime d#un dommage causé par une aute civile d#une
personne de droit privé est en droit d#obtenir réparation du dommage subi =. Il a
cependant été progressivement porté des limites à la notion de aute% ainsi dans
certaines situations il a été considéré que la responsabilité d#une partie ne peut )tre
engagée qu#en cas de aute caractérisée. La principale limite à la place centrale de la
notion de aute tient cependant en l#ob*ectivisation de celle$ci% c#est la théorie du
risque.
II – Le risque
"u milieu du DID,me si,cle% la société prend conscience des bouleversements apportés par
la révolution industrielle. Les accidents deviennent de plus en plus dangereu! et grave% la
aute commise est également de plus en plus anonyme. .lle n#est plus causée
nécessairement par la aute d#une personne mais peut résultée de la aute d#une société%
d#une associationC Cet essor est concomitant avec le développement de l#assurance$
responsabilité et de l#.tat$providence. Ce développement crée une certaine irresponsabilité
des acteurs économiques. Il permet également plus acilement de condamner une personne
< innocente = à payer une indemnité puisque celle$ci sera in ine &au inal' supportée par son
assurance. Certains auteurs ont donc considéré que la réparation due à la victime était donc
ondée non pas sur la aute commise par l#auteur d#un délit mais sur la notion de risque
social% en particulier% une théorie ob*ective et non plus sub*ective de la responsabilité a été
proposée par -aleilles. Il ait reposer la responsabilité sur le risque. Cette théorie du risque a
donc re/u une certaine consécration par la *urisprudence et par la loi dans les syst,mes
suivants :
1' La *urisprudence a interprété l#article 1289 du CC et a posé un principe de
responsabilité du ait des choses. Le gardien est responsable des choses qu#il a sous
sa garde% y compris lorsqu#il n#a pas commis de aute.
2' Le législateur a adopté en 18@8 une r,glementation relative au! accidents du travail.
La victime bénéicie d#une indemnisation de la sécurité sociale quasi$automatique
m)me sans aute commise par son employeur. Ce dernier bénéicie pour sa part
d#une immunité sau s#il a commis une aute intentionnelle.
2' Le développement de la circulation automobile a obligé également le législateur a
s#interroger sur l#indemnisation des victimes d#accidents de la circulation. 4ne loi a
été mise en place en 1@8E% il s#agit de la loi ;adinter.
3lus généralement la théorie du risque a marqué une inle!ion du droit de la responsabilité
civile vers une meilleure prise en compte des victimes.
III$ La garantie
Le proesseur -tarF a établit une nouvelle théorie de la responsabilité civile% il reproche à la
aute et au risque de rechercher le ondement de la responsabilité civile en s#intéressant
uniquement à l#auteur du dommage qui serait auti ou créateur de risque. L#idée du
proesseur -tarF est qu#il e!iste un droit à la sécurité tout comme il e!iste un droit à la vie
privée ou bien à l#honneur% il consid,re donc que le droit à la réparation des dommages subis
est ondé non pas sur la aute commise mais sur l#atteinte à un droit de la victime.
CHAPITRE I : LE DO,,A-E
La responsabilité désigne en droit civil l#obligation de répondre% d#)tre garant de ses actes% et
de réparer les dommages causés à autrui. Le dommage est donc la premi,re condition de
mise en 5uvre de la responsabilité civile. Le principe est celui d#une réparation intégrale du
dommage subi par la victime% cette réparation devant s#eectuer en principe sans perte ni
proit pour la victime. " la diérence de la responsabilité civile contractuelle% la responsabilité
civile délictuelle ne limite pas les dommages à ceu! qui été prévisibles. Il n#est pas possible
d#écarter la réparation par le biais de clauses limitatives ou e!onératoires de responsabilité.
"ucune mise en demeure préalable n#est nécessaire% la seule sanction envisageable est
l#obtention de dommages et intér)ts. Il n#est pas possible de bénéicier d#autres voies de droit
comme la résolution *udiciaire% l#e!ception d#ine!écutionC Galgré ces quelques diérences
entre HC contractuelle et HC délictuelle les caract,res du dommage réparable sont
identiques entre les deu! ordres de responsabilité.
I – les caract,res classiques du pré*udice
La cour de cassation réairme constamment que le pré*udice pour )tre réparable% doit )tre
direct % actuel et certain% il doit également )tre personnellement subi.
I – 1 : le dommage doit )tre certain
Le terme < certain = est utilisé dans son sens commun% un pré*udice certain est un pré*udice
avéré% indubitable% c#est$à$dire qu#il ne peut )tre mis en doute. Le dommage certain est
généralement un dommage qui s#est dé*à produit. Il peut également s#agir d#un dommage
utur% d,s lors qu#il ne peut manquer de se produire. " l#inverse% les dommages éventuels ne
peuvent pas donnés lieu à réparation. 0outeois si le dommage éventuel se réalise% une
action en indemnisation est paraitement envisageable &e!emple : la cour de cassation par
un arr)t du 1@ évrier 2::9 a eu l#occasion de se prononcer sur le cas d#une personne qui est
devenue handicapée à la suite d#un accident. .lle avait re/u une indemnisation mais par la
suite% elle a sollicité une indemnisation complémentaire alors m)me que son état était
demeuré stable. -implement au cours de son e!istence et en particulier du ait de la
naissance d#enant% la vie avec le dommage s#est avérée plus co+teuse que prévue% car le
besoin d#assistance s#est accru. La cour de cassation a accepté d#accorder une
indemnisation complémentaire car il s#agit d#un pré*udice économique nouveau qui n#avait
pas été pris en compte par le *ugement et qui devait )tre rattrapé'.
La distinction entre le pré*udice utur réparable et le pré*udice éventuel non$réparable se
manieste généralement dans le cas d#une perte de chance. La *urisprudence a admis que la
perte d#une chance réelle et sérieuse constitue un pré*udice certain devant )tre réparé. La
mesure de la probabilité ne sert pas seulement à déterminer si la perte de chance donne
droit à réparation mais aussi à i!er le montant de la réparation. Cette appréciation rel,ve du
pouvoir souverain des *uges du ond &e!emple : le propriétaire d#un I#7"-- qui ne peut pas
participer à un concours a perdu une chance de remporter le pri! et pourra donc se voir
attribuer à titre de dommages et intér)ts une part plus ou moins importante de cette
récompense en onction des chances qu#il avait d#emporter la course'.
I – 2 : le dommage doit )tre direct
L#article 11E1 du CC dispose que < les dommages et intér)ts ne doivent comprendre à
l#égard de la perte éprouvée par le créancier et du gain manqué dont il été privé que ce qui
est une suite immédiate et directe de l#ine!écution de la convention =.
Cet article pose un probl,me en principe contractuel qui est également praticable en mati,re
délictuelle. Il convient de rechercher s#il e!iste un lien de causalité entre le ait générateur de
responsabilité et le dommage.
I – 2 : le dommage doit )tre actuel
(ans la grande ma*orité des cas% l#e!istence du droit à réparation ne ait gu,re de diiculté
puisque le dommage s#est dé*à réalisé. La victime ayant éprouvé une perte &damnum
emergens' ou manqué un gain &lucrum cessans' : Cette situation correspond à l#e!igence
posée par la *urisprudence d#un pré*udice actuel. (ans certaines circonstances un dommage
utur peut également )tre considéré comme actuel% il sera cependant nécessaire de
démontrer que ce dommage utur est certain. " titre d#e!emple% la *urisprudence consid,re
que la victime séropositive ne peut obtenir indemnisation que de sa séropositivité mais non
des conséquences du sida puisque le développement du sida n#est pas un pré*udice certain
I – 9 : le dommage doit )tre personnellement subi
L#e!igence du caract,re personnel du dommage ormulé par la *urisprudence signiie que
seule la personne qui en a souert peut en demander réparation. Le caract,re personnel du
dommage ne s#oppose pas à ce qu#un tiers puisse invoquer un pré*udice qu#il subit
personnellement du ait du pré*udice subi par la victime directe. La réparation du pré*udice
par ricochet est en eet permise. Il arrive en eet réquemment que le pré*udice causé à la
victime immédiate emporte des conséquences négatives pour les tiers &e!emple : le déc,s
d#une personne prive son con*oint et ses enants des subsides sur lesquels ils pouvaient
compter'. La victime d#un dommage par ricochet doit également prouver qu#elle a subit un
pré*udice direct% actuel% certain et personnel &e!emple : une m,re de amille qui cesse ses
activités proessionnelles pour s#occuper de son ils handicapé à la suite d#un accident ne
subit pas de pré*udices d,s lors que l#abandon de son activité proessionnelle a résulté d#un
choi! personnel et non d#une contrainte puisque son ils était dé*à assisté par des tierces
personnes'.
II – les conditions de réparation du dommage :le dommage doit )tre légitime
II – 1 : évolution de la *urisprudence
Il est considéré qu#il n#est possible d#obtenir réparation d#un dommage que lorsque celui$ci
est légitime. "insi un criminel qui est découvert par la police du ait d#un tiers ne peut
engager la responsabilité civile de celui$ci pour obtenir réparation du pré*udice qu#il a subi.
La question s#est en particulier posée en mati,re de concubinage.
1' .n 1@2?% il s#est posé de déterminer si la mort par accident d#une personne pouvait
permettre à son concubin d#obtenir réparation du pré*udice subi correspondant à la
perte d#une chance de poursuivre la vie commune. La cour de cassation a considéré
que la concubine n#avait pas le droit à des dommages et intér)ts car les relations
concubines ne peuvent% en raison de leur irrégularité% présenter la valeur d#intér)ts
*uridiques légitimement protégés.
2' La *urisprudence a ensuite évoluée en acceptant une telle réclamation d,s lors que le
concubinage n#avait pas pour conséquence une relation adultérine.
2' La *urisprudence a ensuite admis qu#une telle réclamation soit présentée m)me
lorsque le concubinage résulte d#une relation adultérine.
9' La cour de cassation s#est également prononcée sur le ait de déterminer si le
concubinage homose!uel pouvait donner lieu à un dommage légitime. .lle a reusé
cette solution en estimant que le concubinage ne peut résulter que < d#une relation
stable et continue ayant l#apparence du mariage donc entre un homme et une
emme = .
E' Cette position de la cour de cassation a obligé le législateur à intervenir pour
permettre au concubin de réclamer l#indemnisation du pré*udice subi.
II – 2 : la bioéthique
La *urisprudence a eu à trancher la question suivante : une erreur commise par un
laboratoire d#analyses médicales% relative à un cas de rubéole cheJ une emme enceinte
et une négligence d#un praticien ne aisant pas procédé à une vériication de résultats
incertains% a laissé une emme donner naissance à un enant gravement handicapé. Les
parents ont agi en *ustice pour obtenir réparation du pré*udice personnel qu#ils ont subi%
ce qui a été accepté. .n revanche% la question s#est posée de déterminer s#ils pouvaient
demander au nom de l#enant la réparation du pré*udice subi par celui$ci. Il s#agit de
l#arr)t 3erruche du 1? novembre 2:::. La cour de cassation retient que d,s lors que les
autes commises par le médecin et le laboratoire dans l#e!écution des contrats avec
madame D avait emp)ché celle$ci d#e!ercer son droit d#interrompre sa grossesse ain
d#éviter la naissance d#un enant atteint d#un handicap% ce dernier peut demander
réparation du pré*udice résultant de ce handicap. La diiculté tient en ce que la aute du
médecin et du laboratoire n#a pas emp)ché la réalisation du handicap% elle a seulement
emp)ché la m,re d#interrompre sa grossesse. Les lésions de l#enant ne résultent pas
directement de la aute médicale. "utrement dit% c#est la naissance et non le handicap qui
constitue le dommage. .n acceptant d#indemniser ce pré*udice% on s#est demandé si la
*urisprudence n#allait pas autoriser à terme à un enant handicapé d#engager une action
contre ses parents% lui ayant donné à tort la vie.
.n réponse à l#arr)t 3erruche et sous la pression du lobbying médical% le législateur a
adopté une loi le 9 mars 2::2 < nul ne peut se prévaloir d#un pré*udice du seul ait de sa
naissance =. (ésormais le pré*udice résultant de la naissance ne constitue donc plus un
dommage légitime.
CHAPITRE 2 : LE .AIT -ENERATEUR
-.C0IK7 1 : L. A"I0 3.H-K77.L
I – contenu de la aute
La aute vient du latin < Aallere = qui signiie < aillir = ou < manquer =. La aute évoque
ainsi l#idée d#une déaillance% d#un manquement à une r,gle. Il e!iste cependant aucune
déinition précise de la aute. Il s#agit selon certains auteurs de l#une des questions les
plus comple!es du droit de la responsabilité civile. La aute délictuelle présente 2 aspects
principau! :
1' .lément légal : la aute délictuelle suppose un manquement à une obligation
déontologique% réglementaire ou légale. La aute civile% à l#inverse de la aute pénale%
ne suppose néanmoins pas nécessairement que le te!te légal soit suisamment clair.
2' .lément matériel : la aute délictuelle suppose qu#un comportement répréhensible a
été adopté par l#auteur du délit. Ce comportement peut consister en une aute de
commission &un acte volontaire' ou en une aute d#abstention. La aute par
abstention pure et simple et su*ette à débat lorsque l#auteur de cette aute n#avait pas
l#intention de nuire. "insi la *urisprudence consid,re que lorsqu#une personne
spécialement à m)me de surveiller une autre personne ou une chose s#abstient de le
aire% elle engage sa responsabilité. .n revanche% en dehors de ce cas de igure% il
n#est pas établit qu#une aute d#abstention pure et simple engage la responsabilité de
l#auteur de la aute.
2' .lément moral : la aute comporte nécessairement un élément moral. 4n individu
engage sa responsabilité parce qu#il n#a pas adopté un comportement normal. "
déaut de libre arbitre il ne peut pas y avoir de aute. Il reste que l#e!istence d#un
élément moral est discutée.
La aute délictuelle est appréciée in abstracto% c#est$à$dire par rapport au comportement
du bon p,re de amille.
II – l#imputabilité de la aute
II – 1 : l#imputabilité des actes commis par les inans.
L#inans est le mineur n#ayant pas encore atteint l#>ge de raison. Il y a un temps% il était
considéré qu#il n#engage pas sa responsabilité personnelle lorsqu#il causait un dommage
à autrui. Le tr,s *eune enant ne répondait donc pas lui$m)me de ses actes sur le
ondement de l#article 1282 du CC car son discernement n#était pas démontré. (epuis un
revirement de *urisprudence en 1@89% la cour de cassation consid,re qu#il n#y a pas lieu
de vériier si un mineur est capable de discerner les conséquences de ses actes% pour
décider% que victime d#un accident% son comportement auti *ustiiait la réduction de
l#indemnité due. Cette *urisprudence concerne la situation d#enants qui sont les victimes
d#un dommage. Il y a également tout lieu de considérer que l#inans% auteur d#un acte
causant un dommage à autrui% peut voir sa responsabilité personnelle distincte de celle
de ses parents% )tre engagée. 4ne grande ma*orité de la doctrine est hostile à cette
solution au moti que l#utilité de la responsabilité de l#enant n#apparaLt gu,re. (#un point
de vue pratique% on comprend mal cette solution puisque l#enant est généralement
insolvable et que la victime dispose dé*à d#un recours contre ses parents.
II – 2 : l#imputabilité des actes commis par la personne atteinte d#un trouble mental
La doctrine classique avait d#abord approuvée ma*oritairement la *urisprudence de la cour
de cassation posant un principe de non$responsabilité de l#aliéné au nom de l#e!igence
d#une volonté libre cheJ l#agent comme condition d#imputabilité de la aute. .n ayant pas
conscience de leur acte% les aliénés ou déments ne pouvaient voir leur responsabilité
engagée. La diiculté de cette solution est qu#elle privait les victimes d#une
indemnisation. 3ar une réorme législative% en date du 2 *anvier 1@M8% la solution
traditionnelle a été abandonnée. Il a été introduit dans le code civil% un article 98@$2 au!
termes duquel il est indiqué que <celui qui a causé un dommage à autrui alors qu#il était
sous l#empire d#un trouble mental n#en est pas moins obligé à réparation =.
III – la aute dans l#e!ercice d#un droit : l#abus de droit
III – 1 : la notion d#abus de droit
III – 1 – 1 : controverse doctrinale
" – la th,se inaliste
-elon la th,se inaliste de l#abus de droit du proesseur Nosserand% l#abus de droit
consiste en un détournement des droits sub*ectis de leur onction. < l#acte abusi est
l#acte contraire au but de l#institution% à son esprit% à sa inalité =. l#abus de droit est
inséparable de l#idée d#une onction sociale des droits sub*ectis. Ceci doivent lors de leur
usage < demeurés dans le plan de la onction à laquelle ils correspondent sinon leur
titulaire commet un détournement% un abus de droit =.
Cette th,se impose une double démarche% il importe d#apprécier le but en vue duquel la
prérogative en cause a été accordée à son titulaire% ce qui est dans certains cas%
particuli,rement délicat. Il aut également rechercher les mobiles qui ont animés le
titulaire du droit. -i le titulaire a agi avec l#intention de nuire à autrui ou sans but légitime%
il peut )tre présumé qu#il a abusé de son droit.
; – critique de la th,se inaliste
(eu! critiques essentielles ont été portées à l#encontre de la théorie inaliste de l#abus de
droit :
$ La notion m)me d# =abus de droit = a été critiquée par le proesseur 3laniol. 3our
le proesseur 3laniol% la ormule < usage abusi d#un droit = n#est qu#une pure
logomachie &mots sans aucun sens'. < -#il y a abus% c#est qu#il n#y a pas de droit =
car < le droit cesse o1 l#abus commence = .
$ 3our Hipert% les droits ont eectivement un caract,re absolu. L#e!ercice des
droits% pour cet auteur% doit cependant )tre conorme au! e!igences morales de la
conscience individuelle. -elon Hipert% c#est dans cette réérence morale que l#on
peut trouver un crit,re plus précis de la notion d#abus de droit que celui proposé
par la conception inaliste.
La doctrine contemporaine limite son analyse à considérer que la théorie de
l#abus de droit constitue < un procédé d#équités modératrices à la disposition du
*uge =.
III – 1 – 2 : évolution *urisprudentielle de la notion d#abus de droit
3our les tribunau!% l#abus de droit apparaLt comme le moyen de réparer les
conséquences de autes commises par ou à l#occasion de l#e!ercice d#un droit. La
question que se pose le *uge est de déterminer si le pré*udice allégué est la
conséquence d#une aute commise dans l#e!ercice d#un droit et donc% de nature à
engager la responsabilité de l#utilisateur. Le *uge devra donc apprécier le degré de
la aute commise. Kn constate que la typologie des autes qualiiées d#abus de
droit est tr,s large% puisque dans certains cas% le *uge recherche une mauvaise oi
intentionnelle du titulaire d#un droit alors que dans d#autres cas% il a pu se
contenter d#une simple lég,reté bl>mable. La notion d#abus de droit a été utilisée
dans les domaines suivants : historiquement% c#est le droit de propriété qui est à
l#origine de cette théorie. La notion d#abus de droit est apparue dans l#arr)t (oerr
&18EE' relati à une aaire de ausse cheminée destinée à priver son voisin de
lumi,re. La notion d#abus de droit a progressivement été mise de coté en mati,re
de droit de propriété car le législateur a mis en place d#autres instruments comme
le permis de construire ou la notion d#inconvénient anormal de voisinage O l#abus
de droit a été pendant longtemps utilisé en droit social pour contrPler le droit de
congédiement de l#employeur. L#abus de droit n#est cependant plus utilisé depuis
la mise en place du régime *uridique des licenciements ondés sur une cause
réelle et sérieuse O dans les relations contractuelles% la notion d#abus est utilisée
comme contrepoids à la aculté de rupture unilatérale des engagements à durée
indéterminée. .n pratique l#abus de droit n#est souvent qu#une maniestation de la
mauvaise oi de l#auteur de la rupture O l#abus de droit est tou*ours utilisé de
mani,re réguli,re en mati,re de procédure. Il est souvent reproché à une partie
d#avoir abusé de son droit d#agir en *ustice. .t il est en conséquence% souvent
demander des dommages et intér)ts.
III – 1 – 2 : politique législative
La notion d#abus de droit% 5uvre prétorienne &*urisprudentielle' et ob*et de
controverse doctrinale a ait lentement son apparition dans les te!tes législatis. "
l#origine% la notion d#abus de droit n#apparaissait qu#à l#article M18 du CC qui
dispose que < l#usuruit peut cesser par l#abus que l#usuruitier ait de sa
*ouissance =. (e m)me l#article 1?@ précise que si l#opposition à mariage est
re*etée < les opposants% autres néanmoins que les ascendants% pourront )tre
condamnées à des dommages et intér)ts =. C#est sans doute parce que
l#opposition est considérée comme abusive qu#elle ouvre la voie à une action en
réparation du pré*udice qu#elle a causée.
III – 2 : réparation et sanction de l#abus de droit
III – 2 – 1 : allocation de dommages et intér)ts
La compensation pécuniaire est le droit commun de la réparation du dommage.
La victime de l#abus de droit recevra les dommages et intér)ts destinés à assurer
l#indemnisation intégrale du pré*udice.
III – 2 $2 : condamnation non$pécuniaire
-i la réparation pécuniaire apparaLt comme le droit commun de la réparation% elle
n#est pas l#unique voie. 4ne réparation en nature est également possible. -a
orme la plus eicace parce que radicale est la suppression de l#ob*et qui
matérialise l#abus de droit. L#illustration la plus évidente concerne l#abus du droit
de propriété. La condamnation de l#abus de droit se manieste par la démolition
de l#ouvrage abusivement construit. 3our atteindre leur pleine eicacité% ces
décisions sont généralement assorties d#une astreinte.
I6 – les aits *ustiicatis
Les aits *ustiicatis sont des causes d#irresponsabilité ob*ective. Ils résultent de la prise en
compte par le droit des circonstances dans lesquelles l#acte dommageable a été accompli.
.lles permettent de *ustiier l#acte a posteriori. La notion de aits *ustiicatis était à l#origine
une notion issue du droit pénal.
I6 – 1 : ordre de la loi
Lorsque la loi ordonne% aucune aute ne saurait )tre reprochée à celui qui s#est conormé à
l#ordre de la loi. Ce ait *ustiicati qui est e!pressément ormulé par le code pénal% est
également admis en droit civil. " titre d#e!emple :
$ Le non$respect du secret proessionnel ne peut )tre reproché à l#auteur d#un ait
dommageable d,s lors que c#est la loi qui impose ou autorise la révélation du
secret. Il en est ainsi notamment pour la révélation des sévices inligés à un
mineur de moins de 1E ans ou à une personne pas en état de se protéger% ou des
sévices permettant de présumer des violences se!uelles.
$ L#article 222 – M du Code 3énal oblige tout individu à emp)cher par son action
immédiate tout crime ou délit contre l#intégrité corporelle% et à porter secours à
une personne en péril. (,s lors la responsabilité de celui qui s#est conormé à cet
ordre de la loi et qui a causé un dommage à autrui ne peut )tre retenu
L#eet *ustiicati de l#ordre de la loi n#est cependant pas absolu. Celui qui dépasserait l#ordre
ou commettrait une aute de maladresse ou d#impudence dans son e!écution demeurerait
responsable du dommage causé.
I6 – 2 : commandement de l#autorité légitime
L#ordre donné par un supérieur hiérarchique peut constituer% sous certaines conditions% une
cause de *ustiication de l#acte dommageable.
I6 – 2 – 1 : condition relative à l#autorité
" – une autorité publique
La *urisprudence estime que l#ordre doit émaner d#une autorité publique% qu#elle soit civile ou
militaire. .lle e!clut donc toute e!onération à ce titre% si l#ordre a été donné par une autorité
privée &un employeur'.
; – une autorité agissant dans la limite de ces attributions
L#autorité doit avoir agit dans la limite de ces attributions% à déaut l#acte du subordonnée qui
s#est conormé à l#ordre% ne serait pas *ustiié. La *urisprudence ait cependant preuve de
souplesse en raison de la diiculté pour l#agent d#apprécier la compétence de son supérieur
hiérarchique. Le ait *ustiicati est donc admis lorsque l#agent a% en se ondant sur les
apparences% légitimement pu croire que l#ordre donné% n#e!cédait pas les compétences de
son supérieur.
C – une autorité légitime
L#autorité doit )tre investie réguli,rement du pouvoir de donner des ordres. Le probl,me s#est
notamment posé en Arance au lendemain de la seconde Querre Gondiale. &gouvernement
de 6ichy : autorité illégitime'. 4ne ordonnance du 28 novembre 1@99 est venue au secours
des onctionnaires qui de bonne oi avait obéit à leurs supérieurs hiérarchiques en
établissant un ait *ustiicati spécial en leur aveur. 0outeois% restés e!clu de son bénéice
ceu! qui avaient volontairement participé à un acte anti$national% car leur bonne oi ne
pouvait plus )tre retenue.
I6 – 2 – 2 : conditions relatives à l#ordre
L#ordre doit )tre légal. 4n ordre illégal ne saurait% en principe% *ustiier l#attitude du
subordonné. La *urisprudence a assoupli cette condition en airmant que constitue un ait
*ustiicati% le respect d#un ordre qui n#est pas maniestement illégal.
I6 – 2 – 2 : absence de aute de l#agent
Le subordonné répond de ses autes d#imprudence ou de maladresse dans l#e!écution de
l#ordre re/u. Le commandement de l#autorité légitime ne peut couvrir les e!c,s de J,le du
subordonné.
I6 – 2 : permission de la loi ou de la coutume
La loi ou la coutume autorise parois certains actes qui% sans cela% serait illicite. Il e!iste
plusieurs aits *ustiicatis susceptibles de rentrer dans cette catégorie. " titre d#e!emple :
$ Les débats parlementaires% pas plus que leur reproduction ne peuvent donner lieu
à une action en *ustice pour diamation.
$ La violation du secret proessionnel est e!ceptionnellement admise lorsqu#elle est
*ustiiée par l#autorisation de témoigner en aveur d#un innocent.
$ Les gendarmes sont e!ceptionnellement autorisés à aire usage de leur arme
dans certaines conditions pour immobiliser les véhicules lorsque les conducteurs
n#ont pas obtempérés à leur ordre d#arr)t.
$ Les membres des proessions médicales bénéicient d#une autorisation
coutumi,re de porter atteinte dans un but curati à l#intégrité physique de leur
patient% lorsque l#atteinte est médicalement nécessaire.
$ La pratique de sport et de *eu! qui impliquent une certaine dose de violence
physique *ustiie% par une autorisation coutumi,re% que certains coups soient
portés entre les participants.
Lorsque la loi con,re un droit à une personne% la responsabilité de celle$ci ne peut )tre
engagée pour les dommages causés dans l#e!ercice de ce droit. Celui$ci Pte tout caract,re
illicite au ait dommageable. Cependant la responsabilité pourra )tre engagée en cas d#abus
dans l#e!ercice du droit.
I6 – 9 : la légitime déense
.lle constitue un ait *ustiicati e!pressément prévu par la loi pénale. .lle est également
considérée comme une cause de *ustiication en mati,re civile. Les conditions de la légitime
déense sont les suivantes :
$ L#agression doit )tre imminente. Il reste que le caract,re imminent est souvent
délicat à apprécier.
$ L#agression doit )tre in*uste. 4ne agression *ustiiée ne légitime pas une riposte.
$ La légitime déense doit )tre nécessaire car c#est à cette condition seulement que
l#on peut admettre une dérogation au principe selon lequel < nul ne peut se aire
*ustice soi$m)me =.
$ La légitime déense doit )tre mesurée% c#est$à$dire proportionnée à l#attaque.
I6 – E : l#état de nécessité
L#état de nécessité est la situation de la personne qui pour éviter un mal se retrouve dans
l#obligation d#en causer un autre de moindre gravité. Les conditions sont les suivantes :
$ L#auteur du ait dommageable doit )tre menacé par un péril réel ou du moins% qui
pouvait raisonnablement croire tel. Le danger peut menacer directement la
personne concernée% mais aussi un tiers ou bien encore% les biens d#une
personne.
$ L#acte dommageable doit )tre nécessaire pour parer au danger qui menace. Il doit
)tre le seul moyen% ou le meilleur moyen pour éviter un mal plus grand.
$ 3our *ustiier le dommage causé% l#acte ne doit pas )tre simplement nécessaire% il
doit en outre% apparaLtre socialement utile. L#état de nécessité% postulant un choi!
entre plusieurs intér)ts en conlit% l#intér)t sauvegardé ne doit pas )tre de valeur
inérieure à l#intér)t sacriié.
(ECTION 2 : LE .AIT DE( CHO(E(
Les codiicateurs de 18:9 n#avaient pas envisagé de principe général de responsabilité du
ait des choses% mais avaient prévu seulement deu! cas particuliers : la responsabilité du ait
des animau!% et la responsabilité du ait des b>timents en ruine.
3our tous les autres cas% ils considéraient qu#une chose n#est que l#instrument d#une action
humaine% et qu#il convenait d#apprécier sur le terrain de l#article 1282 du CC si l#auteur de cet
action avait ou non commis une aute.
"vec le développement du machinisme et des accidents industriels% dans lesquels la part de
l#homme est souvent diicile à déterminer% et sa aute% impossible à prouver% la *urisprudence
à développer un principe de responsabilité du ait des choses. Ce principe a été déduit de
l#article 1289 alinéa 1 du CC qui dispose que / $% est resp$%s!ble, %$% seuleme%t &u
&$mm!0e 1ue l’$% '!use p!r s$% pr$pre 2!it, m!is e%'$re &e 'elui 1ui est '!us# p!r le
2!it &es pers$%%es &$%t $% &$it r#p$%&re $u &es '$ses 1ue l’$% ! s$us s! 0!r&e 3.
-e ondant sur ce te!te% la *urisprudence a découvert le principe de la responsabilité du ait
des choses par un arr)t dit < du remorqueur = en 18@M. (ans cette aaire% la chaudi,re d#un
remorqueur avait e!plosé et tué un ouvrier% les *uges du ond avaient attribués l#accident à un
déaut de soudure. Le propriétaire du remorqueur ignorait ce vice et ne pouvait pas le
connaLtre% il n#avait donc commis aucune aute personnelle. La cour de cassation a
néanmoins considéré que la responsabilité du propriétaire du navire était engagée vis$à$vis
de la veuve car il était responsable des choses qu#il avait sous sa garde. La *urisprudence a
donc% par cet arr)t% posé le principe général d#une responsabilité du ait des choses. .lle
permet d#engager la responsabilité du gardien de la chose dommageable sans devoir établir
sa aute.
I – les conditions de mise en *eu de la responsabilité du gardien d#une chose
I – 1 : le ait d#une chose
I – 1 – 1 : une chose
Le terme chose est e!tr)mement vague. Il peut s#agir d#un meuble ou d#un immeuble% d#une
chose dangereuse ou non$dangereuse% d#une chose inerte ou en mouvement% d#une chose
aectée d#un vice interne ou non. .n déinitive% la responsabilité du ait des choses
s#applique à toute chose à l#e!ception de celles qui ont l#ob*et d#un régime *uridique
spéciique% c#est le cas notamment des véhicules% des animau!% et des b>timents en ruine.
I – 1 – 2 : le ait de la chose
I – 1 – 2 $ 1 : principe
La notion de < ait de la chose = est relativement loue :
$ Il n#est pas nécessaire qu#il y ait eu un contact entre la chose et la victime
&e!emple : pour éviter un obstacle% un cycliste reine et chute'
$ Il n#est pas nécessaire que la chose est été en mouvement. L#immobilité de la
chose n#e!clut pas% en elle seule% son intervention dans un dommage &e!emple :
un sol glissant'
$ Il n#est pas nécessaire de distinguer les choses actionnées par la main de
l#homme pour lesquelles certains auteurs proposaient de n#admettre comme seul
ondement que l#article 1282 du CC et les choses dotées d#un dynamisme
propre. 4ne telle orientation% si elle avait été suivie% aurait eu pour eet de réduire
sensiblement le champ d#application de l#article 1289 du CC. La *urisprudence n#a
pas suivi cette position% l#article 1289 s#applique notamment également en cas de
dommages causés par le porte$aiguille manié par un chirurgien ou par le sFi%
resté au pied du sFieur.
Il est en revanche indispensable que la chose est *oué un rPle acti dans la survenue
du dommage. La *urisprudence utilise l#e!pression suivante < la chose doit avoir été
l#instrument du dommage =% à titre d#e!emple une chose n#est pas l#instrument du
dommage lorsque le comportement de la chose a été normal &e!emple : une
personne glisse dans un escalier qui n#est pas glissant'.
I – 1 – 2 $2 : preuve
"in de rapporter la preuve que la chose a été l#instrument du dommage% la
*urisprudence a procédé à une décomposition de la preuve en deu! éléments :
l#intervention matérielle de la cause et son rPle causal
$ Il incombe à la victime de prouver que la chose est intervenue matériellement
dans la production de son dommage. " titre d#e!emple% le cycliste qui tombe doit
prouver que sa chute est liée à une tranchée mal remblayée. Cette preuve peut
)tre rapportée par tout moyen% y compris par des indices démontrant
l#impossibilité d#une autre cause.
$ La victime doit également prouvé que le ait de la chose est la < cause
génératrice = du dommage. "in de aciliter la production de cette preuve% la
*urisprudence a créé dans certains cas% une présomption de causalité.
 Lorsque la chose est en mouvement et est rentré en contact% il e!iste une
présomption de causalité. Il n#appartient alors pas à la victime de prouver
que le ait de cette chose est la cause génératrice du dommage. 3our
s#e!onérer de cette présomption% le gardien est obligé de rapporter la
preuve d#un év,nement de orce ma*eure &e!emple : un ballon qui roule
sur la chaussée et qui renverse un cycliste% est une chose en mouvement
qui est entrée en contact. Il e!iste donc une présomption que ce ballon est
la cause génératrice de la chute du cycliste.
 .n revanche% lorsque la chose est inerte% ou qu#elle n#est pas entrée en
contact% il n#e!iste pas alors de présomption de causalité. Il appartient
donc à la victime de prouver que la chose inerte présente un caract,re
anormal &e!emple : une chaussée glissante ou mal éclairée'. -#agissant
d#une chose en mouvement qui n#est pas entré en contact% la victime devra
prouver que cette chose a été la cause génératrice du dommage
&e!emple : man5uvre d#évitement d#un ballon qui roule% qui provoque la
chute d#un cycliste'
I – 2 : la garde de la chose
La *urisprudence par un arr)t ArancF a déini la garde de la chose de la mani,re suivante :
est gardien% celui qui détient < l#usage% la direction et le contrPle de la chose =. cette
déinition prend donc en compte la situation matérielle et non le pouvoir *uridique sur la
chose. 3ar e!emple% en cas de vol% le propriétaire% qui est pourtant e seul titulaire de droit sur
la chose% n#est pas considéré comme le gardien% c#est le voleur qui a la garde de la chose.
"utrement dit% le gardien est le détenteur de la chose.
"in d#éviter que la victime n#e!erce un recours contre un gardien qui se rév,lerait insolvable%
diérentes limites ont été posées :
$ Le préposé ne peut pas )tre considéré comme le gardien de la chose. C#est
nécessairement son commettant qui est le gardien de la chose. C#est seulement
dans l#hypoth,se o1 le préposé a outrepassé ses onctions que le commettant
peut perdre la qualité de gardien.
$ 3eu compatible avec la r,gle précédente% il a été considéré que le dément% l#inant
peut avoir la garde de la chose.
La garde de la chose est appréciée au moment du ait dommageable. C#est en eet à ce
moment que le gardien pouvait prévenir le dommage. Il en résulte que la qualité de gardien
peut )tre momentanée voire éphém,re. " titre d#e!emple% celui qui donne un coup de pied
dans une bouteille est l#espace d#un instant le gardien de cette chose.
.n tout état de cause% le propriétaire de la cause est présumé en avoir la cause. Il lui
incombe de prouver qu#il a perdu la maLtrise de la chose% à la suite d#un ait matériel &perte
ou vol' ou d#un acte *uridique &location% pr)t'. Lorsqu#une aute est sous la garde commune
de plusieurs personnes% on admet au*ourd#hui la notion de < garde commune =. C#est le cas
par e!emple d#un groupe de *oueur utilisant un ballon. " l#égard des tiers% leur responsabilité
en qualité de gardien du ballon peut )tre recherchée en commun. (e m)me% la
responsabilité d#un groupe de chasseurs a été reconnue lorsqu#il n#a pas été possible
d#identiier celui qui avait tiré le pro*ectile. Kn a considéré que les chasseurs avaient la garde
de la < gerbe de plomb =
Certains arr)ts ont adopté une proposition doctrinale subtile distinguant la garde de la
structure et la garde du comportement. -elon cette théorie% le abriquant de la chose resterait
le gardien de sa structure m)me apr,s son transert à un utilisateur quine serait pour sa part%
que le gardien du comportement de la chose. Il aut alors rechercher si le dommage est d+ à
la structure de la chose ou à l#usage qu#on en ait &e!emple : l#e!plosion d#une bouteille d+ à
son dynamisme propre resterait imputable au abricant R l#implosion d#un téléviseur à la suite
d#un vice de abrication% le abricant est supposé avoir conservé la garde de la structure
m)me ? années apr,s sa vente.
II – les moyens d#e!onération du gardien
L#e!onération consiste à permettre au gardien de se dégager de ses responsabilités en
rapportant la preuve d#une cause étrang,re% à savoir% un cas ortuit% la orce ma*eure% le ait
du tiers ou le ait de la victime. .n revanche% le gardien ne peut s#e!onérer de sa
responsabilité en rapportant la preuve qu#il n#a commis aucune aute :
$ Le gardien s#e!on,re de sa responsabilité en rapportant la preuve que le
dommage est d+ à un cas de orce ma*eure% c#est$à$dire un év,nement
irrésistible% imprévisible et e!terieur.
$ Le gardien s#e!on,re de sa responsabilité en rapportant la preuve que le
dommage est% d+ à une aute de la victime. .lle peut l#e!onérer totalement ou
partiellement. .lle l#e!on,re totalement si elle présente les caract,res d#un
év,nement de orce ma*eure% à déaut% l#e!onération n#est que partielle.
$ Le gardien s#e!on,re de sa responsabilité en rapportant la preuve que le
dommage est d+ à un ait du tiers. Le ait du tiers l#e!on,re enti,rement s#il
présente les caract,res de la orce ma*eure. .n revanche% si tel n#est pas le cas%
le gardien reste enti,rement responsable vis$à$vis de la victime mais peut
engager une action récursoire à l#encontre du tiers. .n onction de la gravité de la
aute commise% le tiers prendra à sa charge une partie plus ou moins importante
des dommages.
C!s pr!ti1ue : 4!ri%e 1ui !bite u% '$1uet !pp!rteme%t situ# 5 R$s%67s$us7
)$is8 Elle ! i%st!ll# &es p$ts &e 2leurs sur s$% b!l'$%8 ,!leureuseme%t u% p$t
&e 2leurs est t$mb# sur u%e v$iture et ! e%2$%'# le '!p$t &e 'elle7'i8
(ur 1uel 2$%&eme%t 9uri&i1ue, le pr$pri#t!ire &e l! v$iture peut7il !0ir 5
l’e%'$%tre &e 4!ri%e :
;uelles ser!ie%t les '!%'es &e su''<s &u pr$pri#t!ire &e l! v$iture s’il #t#
#t!bli 1u’il est 0!r# &!%s u%e rue pi#t$%%e sur u%e pl!'e p!r '$%s#1ue%t,
stri'teme%t i%ter&ite !u v$iture :
L! situ!ti$% ser!it7elle &i22#re%te si l! v$iture !pp!rte%!it 5 u% m#&e'i%
ur0e%tiste, 1ui s’#t!it 0!r# 5 'et empl!'eme%t !2i% &e pr$&i0uer u% m!ss!0e
'!r&i!1ue 5 u% v$isi% &e 4!ri%e vi'time &’u%e 'rise '!r&i!1ue :
Le m#&e'i% ur0e%tiste est7il 2$%&# 5 s$lli'iter &es &$mm!0es et i%t#r=ts
'$rresp$%&!%t !ux 2r!is &e r#p!r!ti$% &e l! v$iture :
Le m#&e'i% ur0e%tiste est7il 2$%&# 5 s$lli'iter &es &$mm!0es et i%t#r=ts
'$rresp$%&!%t 5 l! perte &e '!%'e &e remp$rter !ve' s! v$iture u% r!llie
!ut$m$bile !u1uel il s’#t!it i%s'rit :
1 'Le propriétaire de la voiture pourrait agir contre Iarine sur le ondement de la
responsabilité du ait des choses. Su#est$ce qu#une chose T la chose doit avoir
été l#instrument du dommage. absence de presomption R est gardien celui qui
detient l#usage% direction et contrPle.
2 ' L#e!onération du gardien en cas de : orce ma*eure% cas ortuit% ait tiers% ait
victime.
2'
9' le dommage doit etre 'ert!i%, &ire't !'tuel et pers$%%elleme%t subit
(ECTION " : LE .AIT D’AUTRUI
La responsabilité du ait d#autrui est à la convergence de plusieurs idées :
$ La protection des victimes% certains responsables comme les mineurs ou les
employés sont souvent peu solvables et la victime aurait peu de chance d#obtenir
une réparation réelle si personne ne répondait de leurs actions.
$ Il semble également nécessaire de responsabiliser les personnes disposant d#une
autorité sur autrui
3endant longtemps% en raison du caract,re individuel de la responsabilité% il était considéré
qu#un individu n#est responsable des dommages causés par autrui que dans certains cas
spéciiques. Cependant% à l#instar de la responsabilité du ait des choses% mais beaucoup
plus récemment% il est émergé un principe autonome de responsabilité du ait des personnes
dont on doit répondre.
I – Les substitutions de responsabilité : la responsabilité de l#.tat% du ait des
membres de l#enseignement public.
Il e!istait dans le code civil% une présomption de responsabilité des instituteurs à
l#égard des dommages causés au! tiers ou à d#autres él,ves par les él,ves dont ils ont la
garde et la surveillance.
3ar une loi du E avril 1@2?% aisant suite à l#aaire Leblanc o1 un instituteur perdit la raison
apr,s avoir été *ugé responsable de dommages causés par ses él,ves% la présomption de
responsabilité des instituteurs igurant à l#article 128M alinéa M du CC a été atténué par
l#article 1289 alinéa 8 du CC qui dispose que < en ce qui concerne les instituteurs% les autes
imprudence ou négligence invoquées comme ayant causé le ait dommageables devront )tre
prouvées conormément au droit commun par le demandeur à l#instance. "utrement dit% ain
d#obtenir une aute de l#instituteur% il conviendra de démontrer qu#il n#a pas agi comme un
instituteur diligent &e! : un instituteur sera responsable s#il a manqué à ses obligations de
surveillance% en revanche sa responsabilité ne sera pas retenu si l#acte de l#él,ve a été trop
soudain'
(e surcroLt la loi du E avril 1@2? a renorcé la responsabilité de l#.tat en posant un régime de
substitution de responsabilité. La responsabilité e l#.tat sera substitué à celle de l#instituteur
d,s lors que les él,ves étaient sous la surveillance de leur instituteur.
II – la responsabilité pour autrui
(ans un certains nombres de cas% une personne est responsable pour autrui% ce qui signiie
non pas que l#auteur du dommage n#est pas responsable mais qu#une autre personne est
également responsable des conséquences de son acte. Il s#agit de l#a*out d#un autre
responsable.
II – 1 : la responsabilité des p,res et m,res% du ait de leurs enants mineurs
II – 1 $1 : qui sont les responsables T
L#article 1289 alinéa 9 du CC précise que les p,res et m,res sont responsables.
II – 1 – 2 : les conditions de la présomption de responsabilité
Il ressort de l#article 1289 alinéa 9 du CC que les p,res et m,res sont responsables d#un
enant :
$ -#il est mineur : la présomption de responsabilité ne *oue plus pour un enant
ma*eur m)me aliéné
$ -i un dommage a été causé par un ait de l#enant : la présomption de
responsabilité des parents *oue m)me lorsque l#enant a commis une aute
ob*ective% c$à$d sans en avoir conscience &e!emple : un *eune enant' ou bien
encore lorsque c#est le ait d#une chose sous la garde de l#enant qui est à l#origine
du dommage.
$ -#il habite avec ses parents O il est cependant considéré que l#enant habite avec
ses parents m)me lorsqu#il est placé en internat% en centre de soin ou bien encore
en camp de vacances% il s#agit ici d#une cohabitation au sens *uridique.
.n tout état de cause% dans le cas d#un divorce avec garde alternée% l#enant dispose de sa
résidence habituelle cheJ ses deu! parents divorcés. La victime d#un éventuel dommage
pourra donc agir contre ses deu! parents et proité de la présomption de responsabilité de
l#article 1289 alinéa 9
II – 1 – 2 : les eets de la présomption de responsabilité
3endant longtemps% la cour de cassation avait airmé que les parents pouvaient s#e!onérer
de leurs responsabilités en établissant que le dommage n#est pas d+ à une aute de
surveillance ou d#éducation de leur part. autrement dit la responsabilité des parents était
rattachée à l#idée de aute. " l#occasion d#une aaire relative à une collision entre une
motocyclette et une bicyclette conduite par un enant de 12 ans% le conducteur de la
motocyclette blessé demanda réparation au p,re de l#enant. Celui$ci e!pliqua qu#il n#avait
commis aucune aute dans la surveillance et l#éducation de l#enant. .t tenta d#échapper à
son éventuelle responsabilité. 3ar un arr)t ;ertrand en @?% la cour de cassation a considéré
que < seule l! 2$r'e m!9eure $u l! 2!ute &e l! vi'time p$uv!it ex$%#rer le p<re &e l!
resp$%s!bilit# &e plei% &r$it e%'$uru &u 2!it &es &$mm!0es '!us#s p!r s$% 2ils
mi%eur !bit!%t !ve' lui 3 et a a*outé < qu#elle n#avait pas à rechercher l#e!istence d#un
déaut de surveillance du p,re =. Les parents sont donc tenu d#une responsabilité de plein
droit. "utrement dit% ils ne peuvent s#e!onérer que :
$ .n rapportant la preuve d#un év,nement de orce ma*eure
$ .n démontrant que la aute de la victime ou d#un tiers présente les
caractéristiques d#un év,nement de orce ma*eure.
II – 2 : la responsabilité des artisans du ait de leur apprenti
La *urisprudence a transposé le régime de responsabilité des parents. Il e!iste donc une
présomption de responsabilité si l#apprenti vit cheJ son patron.
III – la responsabilité des commettants du ait de leur préposé.
L#article 1289 alinéa E dispose que < les maLtres et les commettants sont responsables du
dommage causé par leur domestique et préposé dans les onctions au!quelles ils les ont
employé =
III – 1 : les conditions de la responsabilité des commettants
Les conditions de la responsabilité des commettants du ait des préposés sont les
suivantes :
Le lien devant unir le préposé et le commettant est un lien de subordination% le rapport
d#autorité constitue l#élément essentiel du lien de préposition. Le lien de préposition résulte
généralement d#un contrat de travail puisqu#il e!iste un lien de subordinatiton entre les
partis. .n revanche% un lien de préposition n#e!iste pas lorsqu#un contrat d#entreprise a été
conclu entre les partis% puisque dans le cas d#un contrat d#entreprise le co$contractant
conserve une certaine indépendance vis$à$vis de son client.
Kn retient également la notion de préposé occasionnel lorsqu#une personne sans contrat se
place momentanément sous l#autorité de ait d#une autre. Comme il n#e!iste pas de contrat%
cette autorité est inormelle. .lle peut résulter d#un lien de amille% de concubinage% d#amitié
ou de complaisance occasionnelle d,s lors qu#un rapport d#autorité e!iste. &e!emple : la
personne qui conie le volant de sa voiture à un ami tout en restant au coté du conducteur
devant le commettant et l#ami le préposé occasionnel. Il n#est pas e!clu qu#un préposé
puisse servir plusieurs commettants. Ils sont alors responsables en cette qualité. 3ar ailleurs%
un préposé peut )tre mis temporairement par son employeur au service d#un tiers. Il peut
s#agir notamment d#un détachement du salarié aupr,s d#un client ou de la situation d#une
entreprise de travail intérimaire. (ans cette circonstance le salarié ne perd pas sa qualité de
préposé mais le commettant peut changer. -i l#employeur initial a transéré au tiers le droit
de donner des ordres au préposé% c##est ce tiers qui devient le commettant U Le ait
dommageable du préposé doit entrainé la responabilité du commettant.
2 conditions sont nécéssaires pour que le ait dommageables du préposé entraine la
responsabilité du commettant :
$ Il doit s#agir d#un ait illicite : le commettant engage sa responsabilité d,s lors que
le préposé a commis un ait illicite. Il peut s#agir d#une aute personnelle du
préposé ou de la mise en *eu de sa responsabilité du ait d#une chose dont il a la
garde.
$ Ce ait doit avoir été commis dans l#e!ercice ou à l#occasion des onctions du
préposé. Le commettant n#est pas responsable lorsque le préposé commet une
aute en dehors de son travail avec des moyens qui lui sont propres et dans un
dessein étranger au service de l#employeur.
Il est plus délicat de se prononcer lorsque l#acte constitue un abus de onction. (eu!
raisonnements s#opposent :
$ (ans une conception etroite on consid,re que la responsabilité du commettant
cesse d#)tre engagé à chaque ois que l#employé s#est soustrait à son autorité.
$ (ans une conception large% on retient la responsabilité du commettant a chaque
ois que le préposé a agit à l#occasion de ses onctions grace a des moyens qu#il
n#aurait pas eu sans les dites onctions.
(urant plusieurs décénies la chambre criminelle de la cour de cassation a prééré une
conception large de la responsabilité du commettant alors que les chambres civiles
retenaient une conception étroite.
Kn a *ugé que lecommettant ne s#e!onére de sa responsabilité que si son préposé a agi hors
des ocntions au!quelles il était employé sans autorisation et a des ins etrangeres à ses
attributions.
"utrement dit le commettant ne pourra ecarter sa responsabilité qu#en apportant la preuve
que ces 2 conditions sont réunies : hors des onctions% sans autorisation% ins etrangeres.
III – 2 : le recul de la responsabilité du préposé.
3endant longtemps% la responsabilité du commettant constituait une simple garantie qui
laissait ouverte la possibilité de mettre en cause la responsabilité du préposé. Cette solution
a été critiqué car le ait de rendre personnellement responsable le préposé des dommages
causés dans l#e!ercice de ses onctions alors qu#il travaille pour le compte et sous l#autorité
du commettant% en usant des moyens que celui$ci lui donne% c#était lui aire supporter les
éventuels déauts d#organisation de l#entreprise% qui ne lui sont pourtant pas imputables.
"ussi par un arr)t du 2E évrier 2:::% la cour de cassation a *ugé que < n#engage pas sa
responsabilité à l#égard des tiers% le préposé qui agLt sans e!céder les limites de la mission
qui lui a été imparti par son commettant =.
"utrement dit% une victime ne peut désormais plus agir contre le préposé. 4ne seule
e!ception a été admise% il s#agit du cas o1 le préposé a commis un délit pénal.
I6 – la responsabilité générale du ait d#autrui
L#article 1289 alinéa 1 dispose que < on est responsable non seulement du dommage que
l#on cause par son propre ait mais encore de celui qui est causé par le ait des personnes
dont on doit répondre ou des choses que l#on a sous sa garde =.
3r,s d#un si,cle apr,s la découverte du principe général de responsabilité du ait des
choses% la *urisprudence par un arr)t ;licF a posé le principe de responsabilité générale du
ait d#autrui. Cet arr)t est intervenu à propos de personnes handicapées dont la vie est
organisée et prise en charge par un organisme spécialisé. .n l#esp,ce% un handicapé mental
avait mis le eu à une or)t appartenant au! consorts &les épou!' ;licF au cours d#un travail
qu#il eectuait en milieu libre.
I6 – 1 : domaine de la présomption
Kn s#est interrogé sur le domaine d#application de cette *urisprudence et en particulier si ce
principe général de responsabilité allait s#appliquer à toutes les personnes dépendantes
d#autrui ou seulement au! personnes présentant un risque social particulier. 4ne premi,re
vague *urisprudentielle a concerné les dommages causés par les personnes handicapées ou
les mineurs en danger dont la garde a été coniée à des organismes privés. -#agissant en
revanche des personnes physiques ayant la qualité de gardien% leur responsabilité pour
autrui a été plus diicilement retenue par les tribunau!. La cour de cassation s#est en
particulier interrogée dans le cas d#enants coniés à titre temporaire et occasionnel par les
parents à des membres de la amille. La *urisprudence semble admettre que dans certains
cas% les grand$parents &ou autre' puissent )tre responsable du ait de leur petits$enants.
La *urisprudence ;licF s#est également étendue au! associations sportives ayant pour
mission d#organiser% de diriger et de contrPler l#activité de leurs membres au cours des
compétitions sportives au!quelles ils participent. Cette solution est étonnante puisque les
sportis ne sont soumis à aucune incapacité *uridique et que le club sporti n#a aucun rPle de
tutorat.
I6 – 2 : condition et portée de la présomption
3ar 2 arr)ts en date du 2M mars 1@@?% la cour de cassation a posé le principe selon lequel
les personnes tenues de répondre du ait d#autrui ne peuvent s#e!onérer de la responsabilité
de plein droit% résultant de ce te!te% en démontrant qu#elles n#ont commis aucune aute. La
cour de cassation a donc posé un principe de responsabilité de plein droit. Le gardien ne
peut s#e!onérer qu#en démontrant l#e!istence d#un év,nement de orce ma*eure% ou le ait
d#un tiers qui dispose des caractéristiques de la orce ma*eure.
La cour de cassation a également précisé la notion de garde d#autrui. Le gardien est celui qui
a le pouvoir d#organiser% de diriger et de contrPler le mode de vie d#autrui.
CHAPITRE " : LE LIEN DE CAU(ALITE
La réparation des dommages n#est pas subordonné e!clusivement à la double e!istence
d#un dommage et d#un ait générateur de responsabilité. Il aut encore que ce dommage se
rattache à ce ait générateur de responsabilité par un lien de causalité.
I – l#e!igence du lien de causalité
I – 1 : la nécessité d#un lien de causalité
L#e!igence d#un lien de causalité s#impose quel que soit le ait générateur de responsabilité. Il
est nécessaire d#identiier parmi les antécédents du dommage% une aute ou un ait qui soit la
cause génératrice du dommage
I – 2 : les caract,res du lien de causalité
Kn s#est interrogé sur le point de déterminer s#il allait consacrer la théorie de l#équivalence
des conditions ou celle de la causalité adéquate. -elon la théorie de l#équivalence des
conditions% il y a responsabilité d,s lors que le ait illicite a concouru à la réalisation du
dommage m)me si le ait dommageable n#a *oué qu#un rPle modeste. Cette théorie pose un
principe d#égalité entre toutes les causes à l#origine d#un dommage
La théorie de la causalité adéquate s#eorce de rattacher le dommage à celui de ses
antécédents qui normalement d#apr,s la suite naturelle des év,nements étaient de nature à
produire le dommage alors que les autres antécédents n#ont entraLné le dommage qu#en
raison de circonstances e!ceptionnelles. Il e!iste dans cette théorie une sélection parmi les
causes du dommage.
La *urisprudence semble privilégié cette deu!i,me théorie.
I – 2 : la preuve du bien de causalité
Il appartient au demandeur de rapporter la preuve d#un lien de causalité entre le ait
générateur et le dommage.
II – la pluralité des causes
II – 1 O concours entre un év,nement naturel et le ait reproché au déendeur. Il est
e!tr)mement réquent que le ait reproché au déendeur soit en concours avec un
év,nement anonyme apparaissant comme l#une des causes du dommage. (ans ce cas de
igure% si l#év,nement anonyme présente les caractéristiques de la orce ma*eure% il e!on,re
totalement le déendeur de sa responsabilité. Kn s#est en revanche interrogé sur les
conséquences pour le déendeur d#un év,nement qui ne présente pas les caractéristiques
de la orce ma*eure. (ans les années E:% des arr)ts de la cour de cassation ont admis
l#e!onération partielle du déendeur en raison de l#e!istence d#un év,nement naturel ayant
contribué à la production du dommage. La cour de cassation est au*ourd#hui revenu sur cette
*urisprudence et n#admet plus l#e!onération partielle du déendeur en cas de concours avec
un év,nement naturel non$caractéristique de la orce ma*eure. Il s#applique donc un syst,me
du tout ou rien. Le déendeur est soit totalement% soit pas du tout responsable selon que
l#év,nement naturel ait été ou non qualiié de orce ma*eure.
II – 2 : concours entre le ait du tiers et le ait reproché au déendeur
" l#instar des év,nements naturels% le ait irrésistible et imprévisible d#un tiers e!on,re le
déendeur de toute responsabilité. Lorsque le ait d#un tiers est en concours avec celui qui
est reproché au déendeur% il se pose alors la question de savoir s#il est possible de
condamner les co$responsables à indemniser en totalité la victime. La *urisprudence répond
par l#airmative en admettant alors la responsabilité intégrale du déendeur mais aussi des
autres responsables autrement dit le demandeur peut décider d#agir contre un seul
déendeur est obtenir l#indemnisation intégrale de son pré*udice. (ans cet épisode le droit
positi ouvre en principe un recours à celui qui a intégralement indemnisé la victime. Ce
recours n#intéresse que les rapports entre les co$obligés à la dette de réparation. Kn
distingue généralement la notion d#obligation à la dette qui concerne les relations entre la
victime et les responsables du sinistre et la contribution à la dette qui concerne uniquement
les relations entre les responsables du sinistre. Celui qui a indemnisé intégralement la
victime dispose d#un recours récursoire contre les autres responsables du sinistre dans les
cas suivants :
$ Lorsque les co$responsables ont tous commis une aute personnelle sur le
ondement 1282 du CC
$ Lorsqu#aucun des deu! responsables n#a commis une aute personnelle% mais
qu#ils ont seulement engagé leur responsabilité sur le ondement de la
responsabilité du ait des choses ou du ait d#autrui.
$ Lorsque le gardien d#une chose condamné sur le ondement des articles 1289
alinéa 1 engage un recours récursoire contre un co$auteur responsable en raison
de sa aute personnelle.
.n revanche les recours récursoire sont interdits lorsqu#il s#agit du recours d#un co$
auteur ayant commis une aute personnelle &article 1282' contre un co$auteur n#ayant
pas commis de aute personnelle mais susceptible d#engager sa responsabilité sur le
ondement de l#article 1289 alinéa 1.
Le recours récursoire de celui qui a indemnisé la victime contre les autres
responsables sera divisé en onction de la part de responsabilité de chacun.
Qénéralement les tribunau! eectuent le partage en onction de la gravité des autes
commises par chacun. .n revanche lorsque les recours sont e!ercé entre des co$
responsables n#ayant pas commis de aute personnelle% les *uges procéderont à un
partage par parts égales.
II – 2 : concours entre le ait de la victime et le ait reproché au déendeur
Le comportement de la victime est un moyen eicace pour le déendeur dont la
responsabilité est reconnu d#obtenir une atténuation de cette responsabilité et une
réduction de l#indemnité mise à sa charge. -i une aut de la victime est en priincipe
nécessaire pour réduire son droit à indémnisation% la *urisprudence étend touteois
cette solution au cas o1 la victime est responsable du ait d#autrui. 0el est le cas%
lorsque le déendeur peut opposer à la victime le ait de son enant mineur ou de son
préposé.

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