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La houle et les courants marins représentent un potentiel dénergie inépuisable et «propre». Encore faudrait-il que V'Etat et les industriels frangais y croient... La mer nien fini pas de fasciner. Dautant qu’aThorizon, se profile ‘un nouvel eldorado, celui d'une lectricité propre et renouvela- ble & portée de main, entre va- ‘gues et courants, Le Conseil ‘mondial de I'énergie, une ONG regroupant les principaux diri- -geants du secteur, est forme la seule forve de la houle pourrait satisfaire la consommation délectricité de ta plandte entis- re! En ces temps de pénurie de pétrolet démissions records de ‘gaz toxiques, le gisement-a de ‘quoi faire fantasmer. La course a innovation commence. ‘ailleurs, les Entretiens Science et Ethique de Brest ont pris pour theme, cette année, les énergies delamer(lirep. 46). Des techniques émergent, les premiéres machines sorter de ‘eau pour exploiter la force de lahoule, terme & préférer& ce- I de vagues. Ca les vagues se brisent sur littoral, alors que lahoule désigne un mouvement vertical de onde marine : on parle d’énengie houlomottice. [Les machines peuentanssi t= liser a pusssnce des courants est énergie hydrocinétique La houle produit beaucoup énergie en période dépres- sionnaire, automne, hiver et printemps, mais elle a un dé- faut: son amplitude, et done ia production électrique garantie, est peuprévisible. En evanche, elle est présente partout; on peut done installer les machi- {0 SCIENCES ET AVENIR - OCTOBRE 2007 nes 1a ob elles génent le moins les autres activités maritimes Liés anx coefficients des ma- 1ées, les courants sont, eux, pparfaitement prédictibles. Pro- bleme:: seuls certains endroits trés précis sont exploitables, comme Jes pertais ou les esta res qui présentent des vitesse écoulement d'eau élevées. Bn Europe, le Royaume-Uni et la France possédent le meilleur potentiel d'énergie maritime. Avec es seuls courants, les Bri fanniques pourraient obtenir 10 gigawats, les Francais 5 GW, soit Péquivalent de cing tran. ches de centrales nuciéaires. Messieurstes Anglais ont tréles pregniers. Cet autonane, les tra- ‘vauxk dinsallation d'une grande Golienne sous marine, ou hydro Tienne, le Seagen, vont commen- cer danse Strangford Lough, un large bras de mersitué’ six Kilo- -étres au sud de Belfast (Ilan de du Nord), Les marées y sont fortes et la vitesse des courant, dépasse les 4 m/s. Le liew idéal pourimplanter un pieu ivé dans Jesoussol marin affublé de deux. rotors de 16 metres de diametre engin produira de Vélectricité avec la force de eau, comme une Golienne le faitavec le vent: ainsi un pieu Seagen a une puis- sance de 12.méyawalt et peut allmenter 1000 ménages. Com- ‘me la machine seraplantée en i- sidre d'une importante réserve ‘marine, Yexpétience va permet- ‘re de vérifier qu'elle n'a pas de cconsséquence néfaste pourtaflo- rect la faune ~ notamment pour Jes mammiféres marins, nom- Dreux fréquenter fendroit. Pour la socicté Marine Current ‘Turbines (MCT), fabricant duu Seagen, celle construction mar ‘que le début d'une ere de pro- duction industrielle. Depuis 1904, MCT taste ses engins dans Jes courants les plus forts des fles Britanniques. Aidée par les powoirs publics anglais, épau- |e par des banques et des fonds ‘inanciers, la société a pu déve- lopper ses idées et les tester en. taille réelle. Sous Feeil bien- veillant de Tindustrie dela cons- ‘ruction pétroligre, en mal de reconversion avec la fin pro- grammée de exploitation des sisements de la mer du Nord. MCT a déja étudié de pres le fonctionnement'une premiere ‘machine baptisée Seaflow, ins- {allée en 2008 dans les eaux cO- tdres du détroit de Bristol. Ce pilier de 29 métres de haut pour ‘un diametre de 2,1 métres ne ‘supporiait qu'une hélice d'un diamétre de 11 métres pour une puissance de 200 kW. Mais ce Le raz de Sein et Ouessani présentent des vitesses de marée jusqu’a 4 m/s prototype a permis de mesurer Tarésistance des matériaux Ala puissince des eaux, la tenue de Ja machine dans les tempétes, Yusure du rotor etlesdificultés de maintenance. Comme avec Moteur tydraulique etalternateur entrée parla pression hulle ‘Seagen, les exploitants peuvent ‘remonter hélice 2 la surface pour réparer et nettoyer une mécanique simple et robust. Les ambitions sont grandes: « Aprés essai de Seagen dans le Strangford Lough, nows al- los construire wne ferme a Véchelle industrielle, 10 MW, Wright, directeur exécutif de MCT Bt nous pensons qu'il est lout @ fait réatiste d'instalter 500 MW de capacité dict a 2015 avec cette technologie. » Le courant passe moins sur le continent, pourtant largement: exposé Ini aussi aux marées ‘océaniques. Malgré des organis- mes de recherche compétents, et des projets techniquement, intéressants, la France n'est toujours pas dans la course: «Pourtant, le raz de Sein, ‘Quessant etleraz Blanchard, & 1a poinie du Cotentin, présen- tent des vitesses de marée pow vant dépasser 4 m/s. Bt nous caus dencellents pertuis a RE et Oléron », indique Jean-Fran- ois Daviau, ingénieur & Hydro- Haix, Cette PME quimpéroisea rms au point sa propre techno- logie de turbines appelée Mare- nergie, mais recherche toujours Jes premiers financements qui lui permettraient de mettre enfin sa machine eau, ‘Marenergie se présente sous la forme de turbines préorientées avec pales bidirectionnells les utlisent a foree du fox et du reflux et fonctionnent ainsi sur la totalité du cycle des ma- ‘ées, Les modules seraient pasés sur le fond main les uns & cté des autres, en Geran, pour éviter les effets de détournement des flots et optimiser le eee (OCTOBRE 2007 - SCIENCES ET AVENIR « 81 eee captage de Iénergie. Les ‘turbines sont installées sur des caillebotis d'acier maintenus au ‘sol par des lests: « C'est une technologie tres simple, robus te, qui ne nécessite que des in- terventions décennales >, ass- re Jean-Francois Daviau. Entourées d'un anneau de pro- tection de 10 metres de diamé- tre, elles ne forment pas dobs- tacle & la circulation maritime, su contraire de Seagen. AA Grenoble, le Laboratoire des Geoulements géophysiques et industriels (Legi) promeut, lu, un systéme baplisé Harvest, beaucoup plus perfectionné. IL svagit d'une hydrolienne & axe de rotation vertical : les pales emprantent & l'industrie aéro- antique leurs formes optimi- sées pour augmenter la produc- tivité, D’un diamétre inférieur un métre, ces engins seraient 1iés les uns aux antres pour for. ‘mer de longues chaines vertica- Jes entre un flottour en surface ct un point d’ancrage au fond. Les deux technologies francai- ses ont 6t6 testées en laboratoi- re, notamment 2 cole centra- lede Nantes qui passéde le plus grand bassin & vagues et cou rants d'Europe. Mais les projets peinent& passer échelle réel- le. Un prototype d'HHarvest est testé dans le détroit de Messine, entrela Sicile et la péninsule it~ lienne, mais il n'y a pas pour Pheure de projet de développe ment. Quant & Marenergie, aucun financeur n'a encore avaneé les 10 millions d'euros nécessaires & la construction une centrale expérimentale. IL faut done réduire la voilure des ambitions: « Nous avons un projet de réatisation dwn petit, prilote avec Vaide des collect 1és territoriales bretonnes et des PME locales, explique Jean Francois Daviau. Appelé Sabel- la, il consiste & installer une turbine de 3 metres de diam). tre, soit 10 kilowatts de puis- ssance, dans Vestuaire deTOdet, 4 Bénodet. » La région vient de décider de financer ce projet, dont instalation est prévue en Janvier 2008, HydroHilix espére ensuite enchainer avec le déve- Joppement incusizil ‘Diautant qu'un obstacle régle- a2. rmentaire a éélevé au début de année concemant la fourniture énergie. Le ministére de Vin- ddusirie a publié le décret thant untarif de rachat de Télectrcité Issue de la mer. Les 15 centimes dukW accordésne sont pas tres Glevés (FAngleterre assure 22 centimes, le Portugal 25), mais, ils permettent de faire les pre- :miers calculs de dimensionne- ment des centrales et de retour ‘sur investissement. A condition