You are on page 1of 10

Saint François recevant les stigmates.

Vers 1295 - 1300


(Tempera sur bois H. : 3,13 m. ;
L. : 1,63 m.), Musée du Louvre.

À la prédelle scènes de la vie du Saint:


- Le songe d'Innocent III -
Le pape approuvant les statuts de l'ordre -
Saint François prêchant aux oiseaux
La scène principale
1. Signature, attribution, datation

• Signé en bas sur le cadre d'origine : OPUS


IOCTI FlORENTINI
• Décrit en 1550 et 1568 par Vasari dans
l'église San Francesco de Pise, le retable
provient sans doute d'une des chapelles du
transept.
• Pourtant attribution contestée
• Iconographie proche du cycle de la Vie du
saint peint à fresco à la basilique d’Assise au
début du XIV siècle.
2. Aspects techniques

• le bois : matériau fréquent au Moyen Age


• des peintures intégrées dans des vastes et massifs
ensembles : les retables
• - Type 1
• - Type 2 à predelle avec fronton appelé « arc en
mitre » comme le St François de Giotto
• - Type 3 (façade : grande image et derrière une série
narrative dans des compartiments rectangulaires) cf.-
> image
• Maesta de Duccio à la Cathédrale (Duomo-
de sienne 1308 – 1311)
• Tempera : pigments avec un liant à l’œuf
(jaune ou blanc ou les deux et parfois à
l’huile de lin).
Autre possibilité pour le bois 

• à la détrempe (liant : gomme ou colle) ;


Couche picturale mince et uniforme, pas
d’empâtements (couches épaisses et
mélanges de couleurs
3. Sujet/iconographie
• . Le thème de la stigmatisation, un des miracles de prédilection de la
légende franciscaine
• c'est Giotto qui, dans les vingt-cinq des vingt-huit fresques de la basilique
supérieure d'Assise, créa l'iconographie franciscaine composition très proche
de celle du LouvreLa prédelle figure trois épisodes de la vie de saint François,
également proches des fresques d'Assise:
• * Le songe d'Innocent III. - Le pape voit en rêve la basilique du Latran
s'écrouler. Un homme d'apparence frêle maintient à lui seul tout l'édifice:
François, dont la doctrine devait soutenir l'Eglise (mais ≠ réalité historique)
• * La Confirmation des statuts de l'ordre.
1210 - Innocent III, convaincu par sa vision de la nécessité du nouvel ordre que
François lui demande de créer, approuve la règle et confie aux Frères la mission
d'accompagner le saint dans ses prêches (+tonsure). Une image qui cache la
réalité : plusieurs tentatives de François auprès d’Innocent III, règle remaniée
plusieurs fois -> 1223 (« Regula bullata ») pour retirer les aspects les plus
« révolutionnaires » (désobéissance aux supérieurs indignes, prescriptions d’une
pauvreté extrême..)
• * La prédication aux oiseaux. - Saint François, au grand émoi de son
disciple, se penche vers ses "frères oiseaux" et leur prêche l'amour de Dieu, qui
s'étend à toute la nature.
• Mais c’est une représentation nouvelle définitivement imposée par
Giotto:.
Autre œuvre sur le même sujet :
voir le Saint François de Bonaventura
Berlinghieri
• Ici SF est représenté comme un second Christ,
proche des hommes, qu’on pouvair écouter, toucher.
Nauf ans après sa mort (détrempe sur bois de 1235)
panneau à Pescia.
• Peint à la façon des icônes byzantines,
rigoureusement frontal, sorte d’autorité celeste.
• Représenté avec la robe de bure, la cordelière à 3
nœuds (vœux de pauvreté, chasteté et
obéissance) et marqué par les stigmates.
• Scènes latérales : scènes de sa vie : miracles et
guérisons, exorcisations, stigmatisation, prêche aux
oiseaux…
4. Composition de très grande dimension
dominée par …
• Le corps du saint dans une position de recul, d’éblouissement
ou de crainte.
• Le flanc de la montagne dont le versant est parallèle au
séraphin marque le paysage. Les arbres minutieusement
détaillés.
• Esquisse de paysage qui s’ajoute au fond (d’or : présence
divine) traditionnellement doré sous l’influence byzantine.
• Autre élément important la présence de deux chapelles vues
de trois-quarts amorcent les réflexions sur la perspective
• Tendance à une représentation la plus rationnelle possible de
l'espace. -> effets de perpective. (Reconnaissance de l’ordre)
5. Représentation : figure/dessin/couleur,
lumière : corps, édifices,
• Les peintures de panneau exécutées autour de 1300 ont une
intensité du regard fixe des figures qui est commune à tous.
• l'effort évident fait par l'artiste pour réaliser des personnages raffinés
et « naturels ».
• - Une représentation non traditionnelle
• Giotto a choisi de représenter sur la partie principale du panneau, non
plus une figure en pied, hiératique, comme on le voit
traditionnellement sur les retables au XIIIe siècle,
• poésie et réalisme les différentes espèces venues écouter le saint,.
• -image du Christ, encore proche des figures sacrées de l'art
byzantin, s'oppose à celle de saint François : l'intensité de
l'expression, l'émotion que contient son regard, mais également les
traits de son visage modelés par la lumière, lui donnent toute sa
réalité et son humanité.
• Sens empirique de la perspective en trompe l’œil et souci du détail : tympan
avec une Vierge à l’enfant, porte de la chapelle à droite ouverte, icône
suspendue, feuillage, torse du Christ, ondulations du drapé du vêtement de
Saint François
6. Le style : un grand maître du « Gothique »

• Décorateur de chapelles, de nefs, par des fresques, des panneaux, des


crucifix : commanditaires publics (clergé de Rome, Robert d’Anjou à Naples
ou privés (Scrovegni à Padoue). Nombreux voyage en Italie.

• Peintre novateur :
- technique de la fesque maîtrisée (giornate)
- association des vies du Christ et de la Vierge (Arena)
- nouvelle majesté et humanité donnée aux personnages,
- représentations naturalistes des arbres et des animaux.
- traitemement de l’espace dans des mises en scène architecturales et par
les « raccourcis » (personnages de 3/4) -> perspective primitive en trompe
l’oeil
(Chapelle Scrovegni, Arena)
- position et volume des corps, lumière naturelle, douceur et contrastes des
couleurs, matière dense.
- souci du détail dans le rendu des objets, des décors architecturaux.
- premier autoportrait ? dans la chapelle Scrovegni, et portrait de Dante, Enrico
Scrovegni de Padoue (une des premières représentations d’un commanditaire
laïc n’apparteant pas aux cercles du