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PANOFSKY : La Renaissance et ses avant-courriers

Le 3e Renouveau (classique) en Europe du Nord (fin XIIe XIIIe)

Essor de la grande sculpture sur pierre presque disparue jusqu’au jusqu’au XIe siècle et qui pénètre
progressivement au Sud. C’est un contact nouveau avec l’art antique : qu’en restait-t-il au XIIIe ?
Sculptures, ornements d’architecture, orfèvrerie, monnaies, pierres précieuses… -> c’est à dire tous les
arts visuels à trois dimensions.
L’apogée de ce retour de l’Antiquité à trois dimensions est visible sur le revers ( : intérieur) du mur
occidental) de la cathédrale de Reims : statues nichées magnifiques datant du ½ du XIIIe

http://www.culture.gouv.fr/documentation/merimee/accueil.htm
Choisir « Edifices », Liste alphabétique puis à gauche « caba/cuis » puis aller à « cathédrale » Images
(flèche bleue)
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Localisation : Reims
Edifices : cathédrale
Texte libre : revers
Dans la barre de votre navigateur allez dans édition – rechercher dans la page et taper « revers »
Chercher ensuite les statues du revers de façade ouest. Les photos sont parfois petites mais certaines
sont de taille suffisamment grande pour se rendre compte de leur caractère « classique » (au sens
antiquisant) comme l’affirme Panofsky.

Visitation de la Vierge de Reims.


http://faculty.cva.edu/Stout/Gothic/Reims2.jpg
Voir aussi la fameuse statue d’Adam de Notre-Dame de Paris,
http://static.flickr.com/3/5919654_a501138b09.jpg

De même pour les magnifiques apôtres « classiques » de la Sainte Chapelle (1240 – 1250) :
http://www.musee-moyenage.fr/pages/page_id18396_u1l2.htm

-> Au XIIIe siècle le gothique fait donc jeu égal avec l’art classique de l’Antiquité.

Pourquoi ce retour au classique dans la sculpture gothique au XIIIe ?


Deux facteurs :
- Vision du corps en sculpture change : retour à l’interprétation du corps humain comme une
entité à part entière ; mouvements, liberté -> draperie beaucoup plus libre et marquée tout en soulignant
les corps.
L’architecture connaît parallèlement sa mutation gothique : l’axialité perdue dans le roman
revient : cette fois elle est verticale avec colonnes et nervures circulaires conçues comme une forme
autour d’un axe.
La combinaison de ces deux facteurs marque le retour de l’humanitas greco-romaine, poses
souples, des attitudes de contrapposto, des draperies qui accentuent le corps au lieu de la cacher, les
figures commencent à s’animer et à communiquer entre elles.

->>>> Apogée de ce renouveau : la Cathédrale de Reims :

Apôtres des ébrasements du Portail du Jugement , deux magnifiques figures, une de St Pierre
(inspiré du buste d’Antonin le Pieux -> Rome musée national) et une de St Paul, l’« Homme à la
tête d’Ulysse »
La Visitation était attribuée pendant longtemps au XVIe et non pas au XIII !!!
Voir aussi Mater dolorosa Fribourg-Brisgau.

Voir aussi Cène cathédrale de NAUMBURG (jubé) pour l’Europe germanique.


http://www.wga.hu/frames-e.html?/html/zgothic/gothic/2/naumburg/index.html
(en noir et blanc)
http://rubens.anu.edu.au/raider5/germany/naumburg/cathedral/interior_to_sort/west_choirscreen
(et en couleur)

Inspiration statuettes en bronze ou en argent p. ex Junon Vienne Kunsthistorisches museum


qui s’inspire d’une Figurine de Tanagra (localité grecque) aujourd’hui Metropolitan Museum of New
York.
En fait l’inspiration classique romane fut attirée vers le Nord, dans le gothique de
Champagne, Notre-Dame de Paris, dans le monde germanique p. ex.

L’Italie du Sud.

L’influence « française » vers l’Italie du Sud (Apulie Sicile) -> (cf. Nicola Pisano) s’ajoute à la proto -
renaissance indigène. (chapiteaux de Monreale ressemblent à ceux portail et transept de Chartres), putti
nus, Venus Pudica (Prudence) imitation maladroite en général.
Influence de Frédéric II (« Second Auguste ») au XIIIe mais surtout influence française. Ce n’est pas
une « renaissance » mais une nouvelle impulsion à un mvt préexistant. De plus les autres tendances
n’ont pas été exclues (byzantines, sarracéniques = arabes…).
L’Embarquement de Noè : camée (British Museum) est postérieur le berceau reste donc français.
http://www.thebritishmuseum.ac.uk/compass/ixbin/goto?id=OBJ579

Nicola Pisano : (1205 – 1280). -> synthèse du classique et du gothique la plus aboutie. Favorisée par
le contexte frédéricien.
Premier artiste à avoir fixé le Christ crucifié par trois clous au lieu de quatre. C’est une influence
française. On reprocha aux artistes « français » de rompre avec cette tradition séculaire pour des motifs
purement « artistiques ».
Nicola Pisano est le dernier des artistes « classiques » du MA. Dans la chaire de Pise (vers 1260) il
transforme un Dionysos soutenu par un satyre (vase Pise Camposanto) en vieux Siméon soutenu par un
acolyte. Un Hercule à une Force chrétienne, une Phèdre en Vierge Marie, dans le Massacre des
Innocents à Sienne le geste de désespoir vient du sarcophage de Méléagre. Pisano ne fait que ce que
les maîtres de Reims ont fait une génération avant.

Les lettres connaissent la même évolution, on peut parler de proto-renaissance (au sens
artistique) mais aussi de proto-humanisme (au sens littéraire) du XIIe – XIIIe.

Angleterre, France, Italie -> littérature (redécouverte de la mythologie, de la poésie antiques).


Intérêt pour les lettres classiques (poésie, dialectique…) et la sculpture antique dès le XIIe :
Magister Gregorius of Oxford ressent un « attrait magique » devant une statue de Vénus. Hildebert de
Lavardin louait la beauté des ruines romaines et des dieux romains même si leur destruction a été
« nécessaire pour assurer la victoire de la croix».
La fascination pour la mythologie, la poésie et les lettres classiques s’étend tellement au XIIe
que des voix s’élèvent pour condamner. Mais le goût se répand même au-delà des cercles érudits du
clergé : traductions en langue vulgaire (Le roman de Troie, le Roman d’Enée…) pour les cours princières.
Au XIVe c’est Pétrarque, Boccace qui sont traduits en ancien français.

Dans les Arts : des thèmes classiques sont christianisés dès l’époque paléo-chrétienne :

- Orphée en Christ,
- Polymnie (Muse Fille de Mnémosyné et Zeus "celle qui dit de nombreux hymnes", est la Muse présidant
aux hymnes et à la pantomime. On la disait inspiratrice des hymnes sacrés) en Vierge Marie,
- les poètes classiques en évangélistes,
- les Victoires en anges.

Le renouveau carolingien avait déjà connu ces pratiques mais les les images étaient reprises telles
quelles. Or le proto-humanisme et la proto-renaissance du XIIIe siècle opèrent un changement
essentiel.
Les sculpteurs (Nicola Pisano) du XIIe et du XIIIe siècles opèrent de nouveau ce que les artistes paléo-
chrétiens avaient déjà fait ; une interpretatio christiana. Hercule en vertu « Force », Phèdre en Vierge
Marie et Dionysos en Siméon dans le Présentation au Temple…
Au même moment une autre tendance s’affirme : la mise en image de personnages antiques
indépendamment des sources de représentation classiques : Platon, Socrate, Quatre éléments, Sept
arts libéraux, Sénèque, Pythagore, Euclide…les héros de la guerre de Troie… P. ex dans la stauaire de la
Cathédrale de Sienne (Platon de Giovanni Pisano très « gothique »).

-> Panofsky définit ici le Principe de disjonction :


toute oeuvre d’art empruntée au répertoire classique (païen) est immédiatement investie d’une
signification chrétienne et représentée sous forme contemporaine (héros grecs et troyens -> barons et
damoiselles, Achille et Patrocle jouent aux échecs, -> jeu contemporain mais personnages antiques.
L’apogée du « classicisme médiéval » est atteint dans le cadre du gothique comme au XVII le
classicisme est à son apogée dans le cadre du baroque et le classicisme de la fin du XVIII et début du
XIXe dans le cadre du romantisme.
Mais le principe de « disjonction » change à la fin du MA :
Avant, quand une œuvre empruntait sa forme à l’Antiquité classique celle-ci est investie d’une signification
chrétienne.
Le style « classicisant » se retrouve donc spécialement dans les édifices religieux.

En revanche, si l’on emprunte des thèmes antiques (mythologie, histoire, légendes, poésie…) ceux-ci sont
illustrés de façon contemporaine (médiévale) signe d’un anachronisme généralisé. Pour des manuscrits
destinés aux « laïcs » p. ex. on « modernise » les personnages antiques p. ex. Jupiter est représenté
comme un seigneur du MA, les divinités païennes nues deviennet des Vices (sauf dans le cas du
Hercule de Nicolas Pisano à Pise).
Sur le avant 1300. (la figure de l’empereur n’a été rajoutée qu’au XVIe).
On voit Heracles Musarum (avec lyre)
Nu : Amor carnalis p. ex homme armé est le dieu Mars _> discorde, dureté de cœur, homme qui tient un
scèptre à la main Pluton confondu avec Plotos _> richesse-> Avarice.
Mithra : cathédrale Monreale entre 1172 et 1189 copie Mithra relief romain du Museo Capitolino,
idem Vezelay (sacrifice d’un taureau portail central, détail du linteau), Besse-en-Chandesse, Charlieu ->
thème du sacrifice païen remplacé par le sacrifice du Christ et l’eucharistie. Allusion à la nouvelle alliance
en reprenant les paroles de Saint Paul à l’épître au Hébreux 10, 4 : « car il est impossible que le sang des
taureaux et des boucs enlève les péchés ».

-> A partir du XIIe donc le MA a intégré l’Antiquité mais en la décomposant.

* La Renaissance italienne en revanche réintégrera tous les éléments séparés. La Renaissance met
donc un terme à la pratique paradoxale du MA de réserver les représentations classiques à des sujets
non classiques et la représentation contemporaine aux sujets classiques. Elle brise aussi le monopole de
la sculpture et de l’architecture sur le style antiquisant (bien que la peinture ne les ait rattrapées que dans
la 2e ½ du XVe).
Comparer p. ex le Virgile de Mantoue du XIII de Benedetto Antelami ( ?), poète et « saint patron
séculier » de la ville sous les traits d’un érudit ou canoniste médiéval au Palazzo Ducale -> idem sur la
monnaie de Mantova qui imite le « grosso » vénitien avec le Virgile , projet d’Andrea Mantegna pour la
statue de 1499 (musée du Louvre). Toute l’évolution est là !

-> Mais la Renaissance du Quattrocento naît finalement d’un recul du « classique » au XIVe.
Effectivement dans un premier temps en Italie, une réaction s’est opérée au XIVe entre la proto -
Renaissance et la Renaissance.
Giovanni Pisano, répugnait le « style formel classique » de son père (même si sa Venus Pudica ->
prudence de Pise est un contre-exemple).
Donatello, Ghiberti sortent plutôt du passage au gothique du Trecento que du classicisme de
Nicola du Dugento.
De même à Reims, l’Annonciation (gothique) avec son contrapposto déguisé est postérieure à la
Visitation classique -> vers 1270– 1280 car le classique n’est plus à la mode. Pour Panofsky cependant
les deux participent du même mvt vers un naturalisme plus affirmé (le contrapposto a été absorbé par
gothique et modifié en un déhanchement inverse).
Dans la pose de la figure all’antica, l’épaule se trouvant au-dessus de la jambe qui supporte le corps
s’abaisse (la fonction de la jambe et la même que celle d’une colonne qui supporte le poids de
l’entablement).
Dans le cas d’une figure en ligne serpentine gothique l’épaule placée au-dessus de la jambe de support
remonte (la fonction de la jambe est comparable à un pilier transmettant l’énergie aux nervures de la
voûte). Ce qui était le résultat d’une force naturelle d’équilibre devient une force surnaturelle qui domine
tout et devient insaisissable.
De même en littérature, à la fin du XIIIe les écrits latins s’émancipent des modèles classiques ->
affirmation de la scolastique qui va supplanter le proto-humanisme. Le principe de disjonction n’est pas
dû à une sorte d’oubli mais un abandon pur et simple par choix, que ce soit au niveau des textes
qu’au niveau de l’iconographie, des formes classiques.

La Renaissance réalisera cette intégration que le renouveau carolingien, et celui de la proto -


Renaissance (XIIIe-XIVe) n’ont âs réussie. Les deux renouveaux médiévaux étaient transitoires,
limités, la Renaissance est totale permanente.

La « rénovation carolingienne » était limitée dans le temps et dans l’espace géographique et social
(monastères). Elle a « sauvé » les modèles littéraires et artistiques voués à la disparition. Mais elle n’a
rien créé avec eux notamment en sculpture (simple copie d’éléments tardifs du Ve VIe s.).
Le « renouveau classique du XIe -> ½ du XIIIe » a en revanche pénétré de nombreuses couches de la
société et a réintroduit la monumentalité. Ce renouveau est remonté plus loin, il a réinterprété le
message classique en lui donnant de nouvelles formes et en insufflant un sens nouveaux aux formes
classiques.
Dans les arts la proto - Renaisssance a été restreinte à la sculpture et à l’architecture sans
s’étendre à la peinture. Dans la littérature et les arts : divorce du contenu et de la forme classiques.
Dans les deux cas de ces rénovations s’est opéré un «éloignement progressif des traditions esthétiques
classiques ».

En résumé, au MA, l’Antiquité a connu des retours cycliques et limités dans le temps. Mai,s
depuis la Renaissance du Quattrocento, elle est restée avec nous même comme repoussoir pour certains
: maths, sciences nat, le théâtre, la philologie, l’histoire, l’archéologie…
La Renaissance prend de la distance avec l’Antiquité, elle l’observe comme un objet que regarde l’œil
centré sur le point de fuite. Les hommes du MA n’ont jamais compris qu’ils étaient « médiévaux ». Les
carolingiens ont ravivé la flamme pour des besoins précis : liturgiques, administratifs et non pas
artistiques.

Mais au XIIIe siècle l’attitude envers l’Antiquité est ambivalente :


Certes nous sommes héritiers du monde gréco - romain se disent les créateurs (math, philosophie,
littérature…) mais celui-ci est à la fois familier et dangereux on qualifie les Romains de « Sarrasins » en
employant le même mot d’infidèle qu’à l’époque médiévale. « Chaque phénomène du passé classique
devait obligatoirement avoir un point de contact avec le pésent médiéval ».
Les dieux antiques étaient acceptables tant que leur beauté était comparable à celle des saints, d’Eve
ou de Marie ; une Vénus ou un Mars gardant sa signification était inacceptable ( = idole).
Anecdote : Lorenzo Ghiberti raconte que les Siennois avaient découvert une statue de Vénus attribuée
à Lysippe après l’avoir érigée et admiré, ils l’ont descendue et brisée, puis enterrée par morceaux chez
leur voisin après une défaite face à Florence attribuée à cet événement.
Pour la Renaissance donc l’Antiquité est considérée comme une réalité passée, définitivement
enterrée, sorte d’idéal perdu appartenant au passé et non pas un répertoire dans lequel on se sert sans
aucun sentiment de nostalgie (sauf Pétrarque). Pour la Renaissance du XVe et XVIe, l’Antiquité est de
l’ordre du concept, de l’esprit, de la civilisation et non pas de la pratique.
C’est la naissance de l’espace moderne : un espace greco - romain vu par le tempérament gothique :
certes ce sont des éléments qui manquent souvent de consistance mais qui ont une certaine cohérence
selon des principes illustrés par la sculpture (cf. La Cène du jubé de la cathédrale de Naumburg vers
1260). 7e image, partie gauche Remarquez la polychromie, l ‘expressivité et la plasticité de ces bas-reliefs
extraordinaires dans lesquels apparaît un souci du rendu de l’espace tridimensionnel.
http://rubens.anu.edu.au/raider5/germany/naumburg/cathedral/interior_to_sort/west_choirscreen

Naumburg
L'intérieur du chœur occidental de la cathédrale de Naumburg en Allemagne est décoré de douze
statues qui surmontaient autrefois les stalles et qui sont couronnées par une succession de petits
gables. La conception de ces statues et des reliefs du jubé qui clôture le chœur est attribuée à un maître
anonyme, le Maître de Naumburg, dont l'atelier dut venir de Mayence vers 1249 pour travailler à
Naumburg jusqu'aux environs de 1260. Les statues ne représentent ni les Apôtres ni des saints mais, fait
unique dans une église gothique du XIIIe siècle, des laïques, les nobles saxons fondateurs de la
cathédrale, dont la célèbre margravine Uta. Leur iconographie a été rapprochée de celle des vitraux et
on pense que ces personnages sont liés à la liturgie funéraire qui, depuis l'époque carolingienne,
se célébrait en Allemagne dans les chœurs occidentaux.
L'originalité du Maître de Naumburg ne s'en manifeste pas moins dans le style de ces figures très
animées, très expressives bien que non individualisées comme des portraits, en costume du XIIIe
siècle qui indiquent leur condition sociale élevée, avec des attributs précis qui caractérisent chacune
d'entre elles. Les draperies lourdes et gonflées de leurs vêtements se retrouvent dans certaines
sculptures françaises du milieu du XIIIe siècle. Le souvenir de la cathédrale de Reims, en particulier des
linteaux des portails occidentaux, apparaît dans les reliefs des scènes de la Passion juxtaposées sur le
jubé, mais ce souvenir est transfiguré par le génie personnel du Maître de Naumburg. La partie
méridionale du jubé est sans doute un peu plus tardive : les groupes de personnages superposés y sont
plus compacts, certains plis de vêtements se cassent et l'influence de la sculpture française a disparu.

Uta
Il y a un sens de la tension dramatique marquée dans la sculpture de l'ouest de la chorale Cathédrale de
Naumburg. À l'intérieur de la chorale les murs sont décorés avec des figures de grande taille, à la
manière de la Sainte Chapelle à Paris. Les chiffres sont bienfaiteurs de laïques de la cathédrale. Ils sont
dramatique pose de façon inattendue, figurant à communiquer les uns avec les autres à travers la largeur
de l'église. Bien que de leur inscription, une grande variété de types humains et les différents états
émotionnels, les sculpteurs en général évité le grotesque et la plus catégorique.

Les sculptures semblent avoir dérivé de Bamberg. La draperie est épais et lourds et les figures n'ont pas
l'élégance de la tradition Strasbourg.

Cette recherche des formes dans leur singularité, ce désir de rendre des particularités de chaque
individu est illustré avec éclat par le Maître de Naumburg, appellation conventionnelle donnée à l'artiste
qui réalisa le décor de cette cathédrale. Avec Eckhart et Uta (vers 1260-1270, chœur occidental de la
cathédrale de Naumburg), qui gardent encore des traces de leur polychromie, il représente la comtesse
Uta, accompagnée de son époux Eckhart, margrave de Meissen. Les visages sont taillés avec une telle
intensité, leurs traits sont si nettement marqués que l'on y lit de véritables portraits.