Napoléon 1er et l’Europe (Textes et images) PROCLAMATION AUX VAINQUEURS D'AUSTERLITZ (1805) « Soldats! )e suis content de vous.

Vous avez, à la journée d'Austerlitz, justifié tout ce que j'attendais de votre intrépidité; vous avez décoré vos aigles d'une immortelle gloire; une armée de cent mille hommes, commandée par les empereurs de Russie ei d'Autriche, a été, en moins de quatre heures, ou coupée ou dispersée. Quatre drapeaux, les étendards de la Garde impériale, de la Carde russe, cent vingt pièces de canon, vingt généraux, plus de trente mille prisonniers, sont les résultats de cette journée à jamais célèbre!... Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France. Là, vous serez l'objet de mes tendres sollicitudes. Mon peuple vous reverra avec joie, et il vous suffira de dire : « l'étais à la bataille d'Austerlitz », pour qu'on vous réponde: « Voilà un brave! » EXTRAITS DE LETTRES DE SOLDATS DE LA RETRAITE DE RUSSIE (1812) « II y avait 28° degrés au-dessous de zéro. Les chevaux mouraient de faim et froid. Les pistes étaient comme des miroirs. Les chevaux tombaient sans pouvoir se relever. Nos soldats exténués n'avaient plus la force de porter leurs armes; le canon de leur fusil prenait après leurs mains par la force de la gelée. Maïs la Carde ne quitta son sac et son fusil qu'avec la vie. Pour vivre, il fallait avoir recours aux chevaux qui tombaient sur la glace. » (Capitaine Cochet) «... Une poignée d'or n'eût pu procurer un morceau de pain. Les malheureux isolés se nourrissaient la plupart du temps de la chair des chevaux. On dépeçait ces animaux avant de les tuer ! On se jetait dessus et leurs maîtres auraient eu quelquefois bien de la peine à les défendre. Les plus heureux faisaient de la bouillie avec une farine sale et le plus souvent du son ramassé dans la poussière des greniers... Ceux qui trouvaient des pommes de terre étaient l'objet de l'envie de tout le monde, » (De Caulaincourt)