Les raisons d’échec de certaines enseignes au Maroc

Introduction
Il a été estimé que dans plusieurs pays dont le Maroc, le taux d’échec parmi les franchisés est en moyenne 5 fois moins important que dans le cas des PME indépendantes. Malgré un fort taux de succès de ce modèle de développement, il est important de savoir pourquoi certains concepts ne réussissent pas. Les raisons d’échec de certaines franchises peuvent avoir plusieurs origines : ~ L’environnement socio-économique, fiscal et juridique du Maroc ~ Le franchiseur ~ Le franchisé lui-même.

Les raisons liées à l’environnement des affaires
L’incertitude quant aux dates de baisse des tarifs douaniers avec certains marchés : de nombreux franchisés ont du mal à prévoir leur besoin en trésorerie du fait des retards pris dans la baisse des droits de douane sur une série de biens. La frilosité des banques à considérer la franchise comme un secteur à part entière : les franchisés qui désirent investir dans la franchise sont traités par les banquiers locaux de la même manière que les PME indépendantes. De ce fait, ils ne disposent d’aucun privilège de taux, ou de rapidité d’octroie de crédit. Certains secteurs, notamment le prêt-àporter, étant régis par une saisonnalité (collections automnehiver et printempsété) se retrouvent à subir des pertes dû à une retard dans la validation d’un crédit demandé. La rareté et la cherté des locaux commerciaux est également une cause d’échec. L’inexistence d’une loi en faveur des franchisés. Une loi qui oblige le franchiseur à fournir à ses franchisés une information précontractuelle et un délai de réflexion peut permettre d’éviter certains échecs.

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Les raisons liées au franchiseur
Ils n’ont aucune connaissance du nouveau marché d’implantation : certains franchiseurs qui vendent des produits ne prennent pas suffisamment en compte les délais de transport et de dédouanement du marché marocain. Cette méconnaissance des procédures peut mettre en péril le succès de certaines enseignes. Les marchés d’export étant souvent différents des marchés d’origine, il faut que les franchiseurs les abordent d’une manière spécifique. Certains franchiseurs ne se sont pas montrés regardant quant au choix de leurs partenaires. Attirés par l’internationalisation de leur concept, certains franchiseurs ne se sont pas penchés suffisamment sur le profil des candidats à leur enseigne avant de contracter. Les franchiseurs qui contractent avec des franchisés aux moyens financiers insuffisants peuvent se retrouver devant des fermetures très rapides. Un franchiseur doit par exemple éviter de se lier à un franchisé qui ne va recourir qu’à l’endettement pour financer son activité. L’incapacité de certains franchiseurs à livrer la quantité de produits demandés. Certains franchiseurs ne fournissent aucune assistance technique. Un maillage du territoire plus important que prévu à la base et non respect des clauses d’exclusivité Aucune publicité ou publicité uniquement pour le développement Produits liés à une mode passagère Franchiseurs qui manquent de moyens humains et financiers pour faire face à un rapide développement. Droits d’entrée et royalties trop élevés pour le marché marocain Franchiseurs qui ne mettent pas à jour leur concept

« Droits d’entrée et Royalties trop élevés pour le marché marocain ».

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Les raisons liées au franchisé
Sa personnalité est inadaptée à l’entreprenariat ou au secteur qu’il a visé : le franchisé est avant tout r esponsab l e d’une PME, il doit de ce fait avoir toutes les aptitudes managériales pour mener à bien son activité. Il faudrait par ailleurs que le franchisé ait un profil adapté au secteur dans lequel il va se lancer. On ne s’improvise par exemple pas restaurateur du jour au lendemain. La formation initiale aide certes à disposer de certaines connaissances, mais ne peut en aucun cas permettre d’obtenir la bonne attitude face à un métier. Il fait un mauvais choix d’emplacement : le franchisé peut choisir un emplacement qui ne répond pas aux spécificités du métier choisi. Il peut également avoir choisi le bon emplacement dont les caractéristiques ont évolué avec le temps. Il doit donc s’informer en permanence de l’évolution des projets urbains et routiers dans sa zone de chalandise. A titre d’exemple, si la rue dans laquelle il exerce devient du jour au lendemain piétonnière, cela peut mettre en péril son activité. Il dispose de moyens financiers insuffisants : le franchisé qui veut réussir doit prévoir une trésorerie suffisante pour financer son développement et les périodes exceptionnelles de chute de l’activité. Il doit effectuer des remboursements bancaires trop élevés : les banquiers qui se couvrent de garanties peuvent avoir tendance à octroyer des crédits sans apport personnel. Cela peut plomber l’activité du franchisé et entraîner l’échec. Il peut choisir de ne pas respecter les clauses contractuelles : un franchisé qui ne respecte pas l’exclusivité d’approvisionnement auprès de son franchiseur, qui ne paye pas ses royalties et qui décide de ne pas former son personnel, peut échouer. Le manque de conseil auprès de spécialistes : (juriste, transport, transit, assurance, expert comptable, étude de marché) : en omettant de payer certaines assurances transport de marchandise, certains franchisés se sont retrouvés à payer de la marchandise volée ou égarée pendant le transport.