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20091231 Époque Freudienne Bulletin Psychologues Freudiens No33

20091231 Époque Freudienne Bulletin Psychologues Freudiens No33

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Bulletin de l’Association des Psychologues Freudiens, 31 décembre 2009 nº 33.
— “L’Europe” (EuroPsy) par Marie-Hélène Bigot
— “Les rapports de l’AERES : du chiffre et des lettres” par René Saboural
— “Le point sur la réglementation de la psychothérapie (loi 21) et l’Ordre des Psychologues au Québec” par Anne Béraud
— “Les ‘Rased’ : suppression et persévérance” par Dominique Rousseau
— “Assemblée générale de l’association des psychologues freudiens 7 novembre 2009, Rapport moral” par la présidente, Nathalie Georges.
Bulletin de l’Association des Psychologues Freudiens, 31 décembre 2009 nº 33.
— “L’Europe” (EuroPsy) par Marie-Hélène Bigot
— “Les rapports de l’AERES : du chiffre et des lettres” par René Saboural
— “Le point sur la réglementation de la psychothérapie (loi 21) et l’Ordre des Psychologues au Québec” par Anne Béraud
— “Les ‘Rased’ : suppression et persévérance” par Dominique Rousseau
— “Assemblée générale de l’association des psychologues freudiens 7 novembre 2009, Rapport moral” par la présidente, Nathalie Georges.

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ℒ'Époque

freudiennℯ

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N°33 – Paris – 31 décembre 2009
www.psychologuesfreudiens.org epoque-freudienne@orange.fr

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L'Epoque freudienne change autrement, différemment En cette fin d'année 2009, voici les premiers textes que nous publions ⏏ qui furent à l'honneur de notre Assemblée générale de l'année 2009. D'autres textes viendront prendre place pour les prochains n° de l'année 2010. Ces textes viennent de France ☂ et du Canada ☀ Les sujets abordés ♨ sont brûlants A lire aussi, le rapport moral ⁕ de l'Association pour l'année 2009 La rédaction vous présente ses meilleurs voeux pour l'année 2010 ♬ Luc Garcia

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▦▧▩ L'Europe par Marie-Hélène Bigot
Pendant ces deux années, la Commission Europe de l’Association des Psychologues Freudiens, avec Marie-Claude Sureau et moi-même, a continué de s’intéresser aux objectifs que poursuivent certaines associations de psychologues, en particulier à ceux de la FEAP (Fédération Européenne des Associations de Psychologues) et de la FFPP, son représentant en France. Ce questionnement et ces recherches m’ont amenée à écrire des textes où j’ai cherché à exposer, à développer les conséquences qu’auraient ces orientations pour les psychologues, en particulier pour ceux qui s’orientent de la psychanalyse. Présentés à des après-midi, à des journées organisées par l’Envers de Paris, l’ACF Ile de France, par l’ACF Val de Loire Bretagne, ces articles sont tous consultables sur le site internet des Psychologues Freudiens. Un lien avec le site de l’InterCoPsychos donne aussi accès au texte de janvier 2009, écrit en réponse à la lettre que Monsieur Quéheillard, secrétaire du Syndicat National des Psychologues, avait adressé au Président de la FEAP. Que se passe-t-il maintenant, que feronsnous ? En France, la FFPP a mis en place un Comité National, le CoFraDec, qui prétend accréditer les psychologues et les lieux de formation jugés conformes aux critères requis par la Fédération Européenne. Des psychologues « référents EuroPsy » seront désignés au début de 2010 (1). Monsieur Lécuyer, président de ce Comité, mais aussi membre du nouveau Conseil Exécutif de la FEAP depuis juillet, a envoyé une lettre aux Présidents d’Université. Il y donne le CoFraDec comme représentatif de la profession et de la discipline, cela alors qu’il n’a aucun statut légal et que la prétendue diversité des personnes nommées à ce poste, toutes désignées par la seule FFPP, ne le rend d’aucune façon représentatif de la profession. La FFPP organisera bientôt une journée pour présenter ce Comité. La situation des psychologues au Royaume Uni et au Québec, entre autres, avec leurs pratiques de supervision instituées y seront présentées. Le but poursuivi n’est pas, comme il est dit, de rendre compatibles les diplômes nationaux entre eux, mais de les aligner sur les normes EuroPsy, normes disent être conformes aux critères d’une psychologie dite scientifique. Cela amène Monsieur Grosbois, chargé de mission « Psychothérapie » à la FFPP, à évoquer « l’opportunité de ne pas encourager les psychologues français à entrer dans le processus d’autorisation légale type article 52 », et à valoriser au contraire « la reconnaissance par l’EFPA des psychologues se spécialisant en psychothérapie » au motif qu’ils auraient, eux, une « vraie formation psychothérapique » (2). In fine, cette formation, conforme aux vœux de la FEAP, procède de la supervision et de l’évaluation. Elle évacuerait toute possibilité pour un psychologue d’interroger en propre ce qui fait désir chez l’humain et priverait tous les lieux de formation existants de leur autonomie, du libre-choix de leurs enseignements et de leur responsabilité. La Société Française de Psychologie a fait sien ce point de vue. Elle a accepté d’avoir des représentants au sein du CoFraDec et siège aux côtés de la FFPP au titre de représentant en France d’associations internationales comme l’IUPsyS (Union Internationale de Psychologie Scientifique) et l’IAAP (Association Internationale de Psychologie Appliquée). Le Syndicat National des Psychologues entend pour sa part combattre ce projet EuroPsy en instaurant un Ordre des Psychologues, ce qu’il présente comme un « projet nécessaire pour garantir l’identité de la profession », alors que nous savons combien sa création modifierait le visage de la psychologie en France. Il a prévu pour sa part une journée d’information en janvier 2010. L’une et l’autre associations appellent à la légalisation du Code de Déontologie. Face à cette accélération des événements, il nous semblerait important, « judicieux », pour reprendre un terme de Stella Harrison, d’étoffer la Commission Europe, et de créer un petit groupe qui travaillerait sur ce thème « d’EuroPsy ». Les membres du groupe se tiendraient informés des projets en cours, pourraient communiquer par mail ou téléphone, se rencontrer si besoin est, et décider des réponses à apporter à ce qui se trame ici, qui met en danger la possibilité même pour les psychologues d’une pratique qui s’oriente de la psychanalyse.
(1) CoFraDec EuroPsy. Présentation. www.europsy.fr/Presentation_EuroPsy2009.pps (2) Fédérer. Bulletin FFPP septembre 2009. Philippe Grosbois, chargé de mission psychothérapie FFPP, Page 16

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▦▧▩ Les rapports de l’AERES des lettres par René Saboural
Le juriste François-R. Dupont- Muzart (2) a attiré notre attention sur une série de documents de l’AERES, les rapports d’habilitations des masters en psychologie. Il développe l’aspect juridique sur lequel je ne reviens pas. J’ai parcouru une partie des avis de l’AERES (3), de Nice à Paris 7 en passant par Aix, Strasbourg, Rennes , Nantes et Angers. Je voudrais, en cédant la parole aux enseignants qui sont confrontés à ces experts, sur le terrain de l’université, leur faire part d’une réflexion qui m’est venue à la lecture de cette littérature grise et leur proposer de nous donner l’éclairage issu de leur expérience. Des lettres : Ces experts délivrent des mentions aux dossiers d’habilitation des Masters suivant une échelle allant de A à C, mentions assorties de recommandations, et parfois de refus d’habilitation comme ce fut le cas pour le master « Psychanalyse, ethnologie et productions culturelles » de Nice ou encore à Nantes pour le Master de « Psychologie clinique et pathologique : clinique psychanalytique du lien social ». Les rapports de l’AERES frappent par la pauvreté de l’analyse et des arguments. Et les appréciations sont loin de présenter un caractère cohérent et homogène sur l’ensemble des universités françaises : ce qui est valable à Paris 7 ne le sera plus à Nice ou n’amènera pas les mêmes conclusions à Strasbourg ou à Rennes. Ces apparentes contradictions ne cachent pas le parti pris anti- psychanalyse que tente de dissimuler le souci d’offrir une plus grande diversité d’approches et de débouchés. Ils présentent une direction essentiellement idéologique, la volonté d’isoler la psychanalyse de la psychologie : c’est le cas à Nice avec l’injonction à réserver la psychanalyse à un master spécifique et tout autant à Paris 7 qui bénéficie d’ une tolérance en un lieu très circonscrit. Comme si l’AERES construisait des murs pour contenir la psychanalyse hors la psychologie. Du chiffre : Ces experts font peu de cas du contenu des enseignements décrits dans les dossiers: Le chiffre remplace l’analyse. Ils reprochent à plusieurs dossiers de faire la part trop belle au qualitatif au détriment de la quantification. Ils usent et abusent du chiffre, c’est leur mot d’ordre. Ils en donnent et oublient d’argumenter. Ils préfèrent s’intéresser aux « flux » d’étudiants, à ce qui entre et sort du tube université. distance.

(1)

: du chiffre et

Ils vouent un culte au chiffre, sans

Ils abusent aussi du souci des débouchés pour préconiser des réductions du nombre d’étudiants, réductions plutôt ciblées. Ce qui est valable pour des filières comme la psychologie clinique ne l’est plus parfois pour d’autres. Ici et là ils réclament une augmentation du nombre de places pour les variantes de la neuropsychologie ou de la psychologie sociale, même quand ces dernières sont boudées par les étudiants. La psychologie sociale, l’ergonomie, les ressources humaines, le management et le marketing sont souvent décrétés modèles porteurs, « aux débouchés certifiés » (4)… Comme si « la forte demande sociale » qu’ils appellent de leurs vœux se traduisait mécaniquement par l’existence de « forts débouchés ». Concernant les réponses que font les universités à ces rapports, elles varient aussi. Certaines cèdent à l’exigence. Par exemple l’université de Nice sommée d’isoler la psychanalyse de la psychologie en créant un master de psychanalyse, va au devant et répond en supprimant cet intitulé et en modifiant le contenu du master. Au contraire, d’autres justifient leurs choix (à Rennes), les maintiennent en les étayant vigoureusement (à Strasbourg). A l’objectif de l’AERES de réduire les effectifs en psychologie clinique et pathologique, filières jugées « trop adossées à la psychanalyse », qui « font trop de place à la psychanalyse », qui « se focalisent sur le modèle psychanalytique »… certaines universités répondent aussi par du chiffre, en donnant les pourcentages de nouveaux diplômés ayant trouvé un emploi 2 ans après le diplôme ( ces chiffres varient de 69 à 79% selon les estimations des observatoires de la vie étudiante d’après enquêtes ). On pourrait développer le cas de Paris 7, mais le temps nous manque. J’en retiens juste une hypothèse. Ce qui ne l’était pas à Nice, « est acceptable à Paris 7», nous dit l’AERES, parce que l’offre en Ile de France, entendez en matière d’orientation cognitiviste, est suffisamment variée pour lui permettre de tolérer quelques temps encore cette anomalie. La psychanalyse circonscrite à Paris 7, les étudiants d’Ile de France peuvent bénéficier de la variété des orientations cognitivistes de Paris 5, Paris 10 et

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autres universités. (5) Le rapport le traduit ainsi: le dossier de Paris 7 est jugé « adéquat et original sur le plan régional et national» … malgré « une formation à la psychologie et à la psychopathologie clinique avec la psychanalyse pour principale trame théorique ». Le master de « Psychopathologie et psychanalyse » (mention A) a un « point fort », nous disent les experts, son « fort ancrage de l’abord psychopathologique à partir de la psychanalyse ». Quant à celui de « Psychologie clinique et psychopathologie » (mention A) il est suggéré de «refléter dans le titre l’orientation psychanalytique générale » (6). Ce qui était refusé à Nice devient ici une recommandation. Alors se pose une question : Voudraient-ils nous interdire, à l’avenir, d’associer psychologue et freudien ? interdire que la psychanalyse se fasse encore entendre dans les enseignements de psychologie ? (7) Postscriptum : Les interventions des enseignants (*) nous ont confirmé les pratiques de l’AERES sur le terrain de l’université, notamment à Nantes et à Rennes. Nous avons pu bénéficier de leurs analyses et informations complémentaires. Je retiens deux points forts : Un découplage de l’AERES et de la DGES assure une complémentarité optimale à ces deux administrations: « l’AERES évalue tandis que la DGES décide en invoquant les recommandations de la première » (A. Abelhauser). Autrement dit, la DGES doit, à l’avenir, abandonner ses missions d’évaluation et prendre ses décisions en fonction des évaluations de l’AERES. Un tel fonctionnement « s’apparente », pour reprendre l’expression de Jean-Claude Maleval, « à une police épistémologique ». Le professeur Roger Lécuyer, aujourd’hui retraité, ancien président de la FFPP, qui figurait parallèlement parmi les experts de l’AERES a pris place dans le dispositif COFRADEC d’Europsy pour une nouvelle fonction d’expertise. La FEAP, représentée en France par la FFPP, assure la promotion de ce projet de certification des formations et des psychologues. Ainsi voyons nous les idéologues de l’évaluation, supporters d’une « psychologie scientifique », poursuivre leur mission d’un dispositif à l’autre. (*)Jean-Claude Maleval, Sophie Marret, Fabienne Hulak, Alain Abelhauser, Fabian Fajnwaks, Michel Normand, Jean -Louis Bonnat . (1) L’AERES est l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur ; elle dresse aussi le palmarès des universités. (2) Site de FR Dupont Muzart : http://www.frdm.fr (3) Site de l’AERES : http://www.aeresevaluation.fr (4) Se manifestent de nouvelles tendances : à partir de ces disciplines apparentées à la psychologie sociale ou à la psychologie du travail se constituent de nouvelles filières que l’AERES propose parfois de « sortir » du cursus classique de psychologie (cf l’ingénierie psychologique …). De nouveaux masters ne donnent pas accès au titre de psychologue parce qu’ouverts à des étudiants non titulaires du cursus complet licence+ master1 ; ce que critique l’AERES. (5) « C’est la seule université parisienne disposant d’une telle spécificité et telle unité quel que soit le secteur d’application… », dit le rapport qui justifie cette tolérance : « …dans la mesure où l’on adhère, évidemment, au parti pris de formation axée sur la psychanalyse (ce qui est acceptable dans le contexte d’une région vaste comme la région parisienne, qui offre d’autres alternatives dans d’autres universités ». (6) Ce qui lui vaut une réplique de l’université: « Nous tenons à distinguer la psychanalyse comme référence paradigmatique dans la recherche, de la formation clinique des psychologues dont la référence à la psychanalyse sert de modèle de fonctionnement de l’appareil psychique qui ouvre à une clinique de la souffrance psychique ». (7) Dans ce contexte, le choix de l’université de Montpellier, avec le master de son département de psychanalyse « Communauté et identité en psychanalyse » paraît particulier. Il n’est présenté ni comme lieu de recherche ni comme lieu de formation complémentaire. Cet enseignement semble plutôt adapté à la nouvelle donne créée par la loi HPST de juin 2009 qui intègre l‘article 52. Je cite : « ….Le département de psychanalyse délivre un diplôme de master qui ouvre à la formation de psychothérapeute, conformément à la loi HPST. » C’est une orientation qui diffère de celle du département de psychanalyse de Paris 8.

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▦▧▩ Le point sur la réglementation de la psychothérapie (loi 21) et l'Ordre des Psychologues au Québec par Anne Béraud
Le projet de loi n° 21 sur la réglementation de la psychothérapie a été adopté à l'unanimité par l'Assemblée nationale du Québec le 18 juin 2009. Le moment de son entrée en vigueur est actuellement indéterminé. La loi prévoit l'encadrement de la pratique de la psychothérapie, une définition de la psychothérapie, une réserve de la pratique et du titre de psychothérapeute aux médecins, aux psychologues et aux membres de certains ordres professionnels, la gestion du permis par l'Ordre des psychologues du Québec et la création d'un conseil consultatif interdisciplinaire sur l'exercice de la psychothérapie. Le Pont Freudien (association que j'ai co-fondée à Montréal en 1998 et relevant du Champ Freudien) a déposé devant la commission de l'Assemblée nationale qui s'occupait du projet de Loi 21 un dossier avec lettres du Président de l'AMP et des Présidents de toutes les Écoles de l'AMP, afin de faire valoir le fait que la psychanalyse ne relève pas de la psychothérapie. D'autres associations psychanalytiques ont également déposé des dossiers en ce sens. Nos arguments ont été rejetés. Ainsi, les psychanalystes tombent sous le coup de cette loi et sont considérés comme pratiquant la psychothérapie. Une fois la loi en vigueur, toute personne ni médecin, ni psychologue, qui voudra pratiquer la psychothérapie et porter le titre de psychothérapeute devra satisfaire à des critères de formation et de compétence édictés dans un règlement de l’Office des professions du Québec, être membre de l’un des ordres professionnels œuvrant en santé mentale et en relations humaines et obtenir un permis délivré par l’Ordre des psychologues du Québec. J'insiste sur ce dernier point aux lourdes conséquences, puisque les nombreuses règles édictées par l'Ordre des psychologues sont antinomiques avec la pratique de la psychanalyse lacanienne (voir plus bas). Ce qu’est la psychothérapie… La loi n° 21 définit la psychothérapie « comme étant un traitement psychologique pour un trouble mental, pour des perturbations comportementales ou pour tout autre problème entraînant une souffrance ou une détresse psychologique, qui a pour but de favoriser chez le client des changements significatifs dans son fonctionnement cognitif, émotionnel ou comportemental, dans son système interpersonnel, dans sa personnalité ou dans son état de santé. Ce traitement va au-delà d'une aide visant à faire face aux difficultés courantes ou d'un rapport de conseils ou de soutien. Par ailleurs, outre le respect des lois et règlements qui régissent l’exercice de la psychothérapie, toute personne l’exerçant doit : 1. établir un processus interactionnel structuré avec le client ; 2. procéder à une évaluation initiale rigoureuse ; 3. appliquer des modalités thérapeutiques basées sur la communication; 4. s'appuyer sur des modèles théoriques scientifiquement reconnus et sur des méthodes d'intervention validées qui respectent la dignité humaine. »1 La loi 21 réserve ces activités à plusieurs professions de la santé mentale et des relations humaines : travailleurs sociaux (assistantes sociales), thérapeutes conjugaux et familiaux, conseillers d’orientation et psychoéducateurs, infirmières, ergothérapeutes, médecins et psychologues. Concernant « la qualité de la pratique », l’Ordre des Psychologues continuera d’assurer la surveillance de l’exercice de la psychothérapie par ses membres, ainsi que celle des psychothérapeutes qui détiennent déjà les compétences requises, mais qui ne sont pas admissibles à un ordre professionnel (PCNA, droits acquis) (j'explique un peu plus loin que sont les PCNA). Les autres ordres professionnels concernés se porteront garants de la compétence de leurs membres exerçant la psychothérapie. Cependant, toute poursuite pénale pour exercice illégal de la psychothérapie ou pour usurpation du titre de psychothérapeute sera intentée par l’Ordre des psychologues du Québec. Que sont les PCNA ? Les Psychothérapeutes Compétents Non Affiliés. C'est-à-dire par exemple les psychanalystes membres d'aucun ordre professionnel (j'en suis moi-même. Bien que détentrice d'un diplôme de psychologue en France, j'ai, par choix, refusé de demander mon intégration à l'Ordre des psychologues du Québec qui, à mon sens, empêche une pratique de la psychanalyse lacanienne) ; les psychanalystes de 1 http://www.ordrepsy.qc.ca/fr/ordre/psychotherapie50.h tml

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formation telle la philosophie, la théologie (plusieurs lacaniens au Québec proviennent de cette formation). Cela signifie également que prend fin pour les générations futures la possibilité de l'exercice de la psychanalyse sans être médecin ou psychologue. S'ils peuvent bénéficier de droits acquis par une pratique et une formation qu'ils devront justifier, leur pratique sera désormais surveillée par l'ordre des psychologues. Pourront se prévaloir des droits acquis:

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les membres de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation et des psychoéducatrices et psychoéducateurs accrédités à titre de psychothérapeutes; les psychothérapeutes non admissibles à un ordre professionnel, membres de la Société canadienne de psychanalyse, ou de l’Association des psychothérapeutes psychanalytiques du Québec, ou de la Société québécoise des psychothérapeutes professionnels.

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Ainsi, les psychanalystes lacaniens au Québec (parmi les P.C.N.A.) ont, pour la plupart, demandé leur admission à l’Association des psychothérapeutes psychanalytiques du Québec, afin de pouvoir poursuivre leur pratique en toute légalité. Association qui pour l'instant est plutôt proche de l'IPA, mais les lacaniens, plus ils sont nombreux à y entrer, mieux ils pourront influer sur les orientations de cette association. Peut-être est-il utile de rappeler ce qu’exige l’appartenance à l’Ordre des psychologues du Québec, sachant que bientôt la pratique des psychanalystes sera surveillée par l'ordre des psychologues : La signature par le client (je reprends ici volontairement le qualificatif en usage chez les psychologues québécois) d’un contrat de consentement éclairé à la thérapie. L’obligation de transmettre le dossier

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d’un client si celui-ci change de psychologue, à la demande soit du client, soit du nouveau psychologue avec le consentement du client (pratique répandue). Les séances manquées par le client sont dues ou non, en fonction de critères préétablis tels le délai dans lequel le client a prévenu de son absence. C’est l’Ordre qui décide de cela et non le clinicien. Le tarif de la séance est un tarif horaire. Autrement dit, c’est tant de l’heure et non tant la séance. Certains psychologues recevant des clients moins fortunés divisent le temps consacré à la séance ainsi que leurs honoraires : une heure peut-être divisée par 2 et donc le tarif/horaire par 2 également. L’obligation de témoigner, en Cour, lors de divorces ou de litiges dans un couple, soit à la demande du client, soit à la demande du conjoint du client. L’obligation de se soumettre aux vérifications-évaluations de l’Ordre des psychologues. N’importe quel psychologue peut être évalué et contrôlé (pas dans le sens de la pratique lacanienne des contrôles bien sûr) : il devra alors soumettre ses dossiers au contrôle, en dévoiler la bonne ou mauvaise tenue, devra montrer son efficacité thérapeutique : vers la disparition des symptômes. (Tout ceci implique, bien entendu, qu’il n’y a pas de véritable confidentialité possible.) Les clients peuvent se plaindre à l’Ordre de leur insatisfaction ou mécontentement face à un psychologue, et éventuellement obtenir réparation. En quelque sorte, nous sommes dans la logique du satisfait ou remboursé.

Nous devons admettre que nous avons, au Québec, perdu la bataille. Anne Béraud, Montréal, le 1er novembre 2009

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▦▧▩ Les rased : suppression et persévérance
Dominique Rousseau
Nombre de postes supprimés La pétition en ligne « sauvonslesrased » a recueilli l’an passé 234 000 signatures auxquelles se sont ajoutées les 50 000 manuscrites. C’est dire combien le refus de voir disparaître les Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté a été affirmé. Malheureusement, le projet de démantèlement de ce dispositif d’aides aux enfants les plus fragiles est toujours en cours, à la fois de manière manifeste par la suppression massive d’emplois dans l’Education Nationale mais tout autant de manière subreptice par des finasseries gestionnaires et lexicales. Les 16 000 postes prévus à la suppression dans l’Education Nationale pour 2010 –qui font suite aux 11 200 en 2008 et aux 13 500 en 2009confirment la détermination à maîtriser les dépenses publiques, notamment en ce qui concerne « le premier budget de la nation ». En ce qui concerne les postes proprement RASED, où en sommes-nous ? Ce qui a été pris comme un fléchissement, soit 1500 suppressions de postes au lieu des 3000 annoncés après la pétition en ligne, les manifestations, les rencontres avec les sénateurs, les actions locales auprès des inspections et dans les écoles, etc. est une erreur. Car en vérité, outre les 1500 suppressions sèches, ces 1500 postes soit disant « sauvés » en ayant été dits « sédentarisés » font bel et bien partie de ces 3000 suppressions d’emplois inscrites au budget 2009. De plus, cette « sédentarisation » qui devait se faire sur 1 ou 2 groupes scolaires pour mieux concentrer l’effort sur les élèves en difficulté, s’exerce pour un certain nombre de ré-éducateurs par exemple sur un nombre d’écoles bien plus important. L’argument du « soutien pédagogique » aux élèves en difficulté Cette suppression massive de postes serait compensée par un soutien pédagogique hebdomadaire de 2 heures: tel était l’argument avancé. Or, lors des « Assises de la rééducation » du 24 octobre dernier à Paris 8, le professeur de psychopathologie Jean-Jacques Guillarmé, a mené une étude comparative entre « aide individualisée » et « aide spécialisée des RASED » en primaire auprès de 144 enfants. L’intervention du RASED s’y montre radicalement plus efficace essentiellement parce qu’elle prend en compte une multiplicité de facteurs dans le traitement des difficultés à l’école et non les seuls obstacles pédagogiques. Effondrement spécialisées de la formation aux aides

par

Non seulement les fermetures de postes RASED existant se poursuivent mais le nombre de départs en stage de spécialisation pour les enseignants qui le souhaiteraient a été réduit drastiquement, ce qui est encore une façon de « dégraisser ». Certains s’enthousiasment à la rumeur d’une extension des RASED au collège…S’agit-il d’une bonne nouvelle ? Rien n’est moins sûr car au collège, les enseignants qui veulent se « spécialiser » auprès des « élèves à besoins éducatifs particuliers » effectuent une formation des moins robustes (et donc des moins coûteuses): 150 heures en tout réparties sur plusieurs sessions de formation (formation « 2CA-SH »). Sur ce modèle, on peut donc imaginer comment se « développerait » les RASED dans le second degré, voire dans le premier: des équipes d’enseignants formés « à la 6-4-2 » appliquant anonymement des protocoles « ayant fait leur preuve » sur quelques « points chauds » dans les établissements d’enseignement. Nouvelle circulaire RASED Au bulletin officiel n°31 du 27 août 2009, a paru une nouvelle circulaire, n°2009-088, organisant les fonctions des personnels spécialisés de l’Education Nationale. Un pseudo « acte manqué » concernant le titre de ce nouveau texte a du être corrigé par une organisation syndicale : « l’oubli » du mot « RASED » dans Fonctions des personnels spécialisés DES RASED dans le traitement de la difficulté scolaire à l’école primaire …Les 3 composantes du Réseau : maîtres E et G, psychologues, y sont réaffirmées, certes, mais les rééducateurs de l’Education Nationale par exemple s’inquiètent de la réduction à l’extrême (3 lignes !) du descriptif de leurs missions qui se voient ainsi simplifiées à l’extrême, et donc opacifiées, réduites à des fins d’adaptation scolaire, voire à du pur comportementalisme. Conclusion Apprendre n’est pas une activité mécanique: c’est le b-a-ba de l’enseignement. La suppression des aides spécialisées au profit du « tout pédagogique » participe d’une vision déshumanisante, sans désir et « techniciste » des apprentissages aux dépens de la relation du sujet à l’Autre. La suppression dans les faits des aides spécialisées est une grave erreur : elle risque de décupler l’échec scolaire, d’entraîner une immense souffrance de tous à l’école en s’obstinant à ne pas vouloir prendre en compte

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les difficultés « autres » entrelacées aux problèmes pédagogiques manifestes, en ne voulant rien savoir du défaut de structure qui fait qu’en chacun d’entre nous quelque chose reste inéducable. Si nous ne persévérons pas, il n’y aura bientôt plus personne de vraiment qualifié à qui parler dans les établissements d’enseignement et surtout, plus personne pour répondre à celui qui souffre dans l’école de manière responsable, c’est-à-dire en lui disant « je ».

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Assemblée générale de l’association des psychologues freudiens 7 novembre 2009 RAPPORT MORAL
Le nom de l’association c’est son programme : faire exister la psychologie freudienne, en tant qu’elle est un oxymore, c’est-à-dire une contradiction dans les termes, rétive à toute habilitation officielle et néanmoins partie prenante dans le grand malentendu qui sévit au moment où, à couvert de l’union européenne, les appétits se déchaînent pour conquérir le plus de parts possibles du marché des psychothérapies. Mobilisable sur le front des atteintes à la mise en œuvre de l’offre freudienne dans tous les lieux où elle peut avoir cours, non pas dans la visée de conquérir quelque monopole que ce soit mais au contraire, dans un esprit de libre concurrence, l’association a donc une activité de veille, dont ses membres se font responsables. Les actions de l’association en 2009 ont été discrètes mais déterminées. Une veille se poursuit, concernant le progrès de l’Europsy et de l’ordre des psychologues. Les travaux de François-Régis Dupond-Muzart nous aident à déchiffrer la jungle des textes qui reconfigurent le champ psy. L’association a aujourd’hui nettement pris son parti de la promotion de la formation psychanalytique, freudienne certes mais pas sans Lacan. Elle n’est prête au compromis que lorsqu’il prend valeur de symptôme, ce qui n’est jamais acquis et doit toujours être démontré. C’est pourquoi elle ne participe pas aux actions de défense des intérêts de la profession de psychologue. En revanche, elle a pris nettement position contre l’ordre professionnel. Elle a développé des partenariats diversifiés. Avec l’association Pasde0deconduite, pour animer des soirées-débats sur la question de l’autoévaluation de leurs troubles par les jeunes enfants au moyen des protocoles made in Québec, avec la librairie Lipsy pour inviter des auteurs à débattre de questions touchant à la clinique telle que la psychanalyse l’éclaire. Une collaboration limitée avec L’appel des appels lui a fourni l’occasion d’un repérage plus fin des frontières internes au champ psy. L’association est largement ouverte aux étudiants, pour leur permettre de nouer un lien entre eux et avec leurs aînés à travers ces questions qui ouvrent sur les négociations dont leur avenir fait l’objet. Elle s’honore de compter parmi ses membres plusieurs enseignants universitaires, qui peuvent faire relais de son existence auprès des jeunes générations. Il reste que porter ces enjeux de société à la hauteur du débat public est ce qui anime l’esprit des Forums des psys. Le prochain est annoncé pour le 7 février. Vous pouvez rejoindre ceux qui travaillent déjà les questions cruciales que sont la certification Europsy (Marie-Hélène Bigot), les méfaits de l’Ordre (Anne Béraud nous explique que l’Ordre des psychologues au Québec est un obstacle à une pratique lacanienne), la politique de l’AERES dans la promotion de pratiques qui rendent intenable le concept d’unité de la psychologie déjà bien mis à mal (René Saboural). Une commission pourrait aussi se constituer sur les conséquences cliniques de la mise en place de la loi HPST, sur l’avenir de l’article 52, l’évaluation des psychothérapies, les stages professionnels, etc. L’association des psychologues freudiens est prête à ouvrir ces commissions à ses alliés de la première heure : le MUPP et l’InterCoPsychos. La présidente, Nathalie Georges

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