…Mon Blog pour un échange avec les lecteurs.

On y trouve : ma présentation du projet, des commentaires… mes vidéos ainsi que les croquis des costumes…

« Demain comme jamais (10.39).doc » : Date : // Pages : 48 / Mots : 18360 (21944)// ME CONTACTER : 7 rue Anatole France 78110 Le Vésinet // Blog : http://demain-comme-jamais.blogspot.com/

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PROLOGUE
H2 est aveugle mais à l’aise dans ces déplacements qu’il débute sur scène avant l’arrivée du public qu’il ignore. Le décor est sobre (atemporel, indéterminé). Une vidéo (image) est projetée derrière lui… *Autre mémoire comme le sera le répondeur… Procédé utilisé par H1 pour communiquer : médiation] PF (pour petite fille) est derrière H2, et, sans le toucher, semble le guider sans bruit.

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H2 : S’adressant à ses pieds (autre que le public) Je ne sais plus. A l'âge de 8 ans, je voyais encore devant moi. Puis quelques docteurs soucieux-aux-pathes ont affirmé que cela ne durerait pas. A 10 ans je partais pour le Franklinzin, dans une petite bourgade où vivait seul un oncle… un ami… quelqu’un de connu de mes parents… Je pris le train pour la première fois. Il était magnifique à ce que j’en pensais, merveilleux… le plus beau des trains qui n’est jamais été… un souvenir de gamin déjà nourris d’imaginaire… d’inventions blotties, piochées au fond d’un sac. Et du haut de mes trois pommes, il me semblait le sentir rugir comme font les chats les jours de neige. On me bouscula pour monter. Puis elle s'éloigna, me laissant à m’intérieur. Les portes glissèrent… un fracas… elles... Je restais là, assis sur une sorte de banquette… rembourrée de mousse… aux extrémités froides, glacées même (découvre ce qui l’entoure par le touché). Des H0 rentrés progressivement l’entourent sans bruit. Pas un bruit (ou silence). Puis il me semble qu'il y eut un élan en avant indécis. J'étais seul pour la première fois de ma vie. Les voix s’éloignaient avec les pas, les appels… Ils ne revinrent pas. Les reflets des rails traversaient mon oreille… Les secousses incessantes du wagon, chaque cris du dehors, chaque silence, chaque frisson, chaque senteur... Tant à saisir, tant de vitesse, d’indécision à capter, à garder au fond de soi pour se nourrir, se relier à ce qui en dépassait : des films de westerns, quelques idées rêvées. Le sol siffla pour la cent trente-quatrième fois, alourdissant mon corps sous le poids du temps et de l'ivresse fulgurante d’un paysage... invention de mouvements verdoyants. (Courte pause où il semble s’endormir) Les H0 sortent. PF, qui ne le touche pas, s’approche le plus de lui (derrière pour l’image). Une main, douce, se posa délicatement sur mon cou, certainement plus chaud. PF/voix off : Où allons-nous ? H2 : Attend ! Où es-tu ? Comment es-tu entrée ? Je…

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PF : Avec toi. Cela m’asseoir maintenant ? H2 (méfiant) : Non !
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fait

longtemps

que

je

t'observe.

Je

peux

PF : Bien, comme tu veux. Tu te souviens où nous nous rendons ? (Attend sa réponse) Alors ? H2 : Mon père m'a dit... PF : Bien ! Si tu veux discuter tout seul… Et puis je ne suis pas vraiment inconnue. H2 : C’est que je ne me…

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PF : Tu penses que tu pourrais m'oublier ? Même mon visage, tu le connais... sans le voir ni l’effleurer ! H2 : Pourquoi faire ? Pourquoi t'oublier, pourquoi… PF : Il y en a qui rêvent de m’oublier… Pour voir ! H2 : Tu n'as qu'à partir, et je t'oublierai !

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PF : On ne se débarrasse pas de moi comme ça ! Et si je de restais plantée là… H2 : C’est pour cela que nous partons ? Une fuite en avant… PF : Je ne sais pas... Quelle heure penses-tu qu'il soit ? (Elle ferme les yeux pour
l’écouter.)

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H2 attentif : C’est comme quand… quand papa va bientôt retourner travailler pour les machines qui lui font peur. PF : Tout à fait ! (court silence) Il met son gros blouson marron, serre ses chaussures… Il ajuste sa casquette en l’embrassant… Cela me plaît ! H2 : J'ai vu juste ? PF : Pas mal en avance sur…

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H2 : En avance ? Les cours ! Maman j’y vais… mon sac… je suis en retard… PF : (place de la mère) Calme toi ! Voilà, du calme, regardes-moi… ici… là… H2 : Tu vas faire le voyage avec moi ? Il est long, tu sais… L’oncle sera content de te voir… PF : En tout cas je ne partirai pas sans toi… et arrête : je ne suis pas ta mère !

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H2 : Ils savent que tu es là ?

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PF : Non. Ils ne pensent pas… à moi… Tu m'as invitée à monter ici, à t'accompagner en quelques sortes. Et, même si tu leur disais, ils ne t'écouteraient pas. Ils ont peur… Oh regarde, le cloché, la tour, les… Nous arrivons à Veugle ! H2 : A cette époque-là, je lui disais "tu" (« tu » est dit avec PF). Elle était ma petite sœur avant de faire partie de moi. Pause. A Veugle le train ouvrit ses portes... PF : 2 minutes d’arrêt en bordure du quai attention à la fermeture des portes. H2 : J'ai entendu ce même frottement de tôle rouillée qu'au départ. Elle m'avait laissé des cendres… (Elle lui donne une pelote de laine tirée de sa poche puis s’écarte.) Rentrer chez soi. Au pied d’un chêne en feu aux racines baignées d’encre ou de mots volant en fumée… PF : Prends ça et, quand tu voudras te souvenir de moi, serres-la très fort contre ton cœur. (Il sort une pelote de laine de sa poche.)
H2 : C’est doux…

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PF : Je te laisse, on m'entend. H2 Joueur il serre la pelote contre lui puis la tend vers PF
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PF : J’ai plus le temps Lui arrive… [« Lui » fait référence à « H1 » omniprésent et est accompagné d’une mimique quand il est nommé (H1 la répète)] H2 touche PF avec la pelote. Baisse progressive de la lumière : Les murs de ma chambre sont vert comme la casquette de papa ? Il y a de la lumière, même la nuit, et cela ne me dérange pas. Tout le monde dort… PF En s’éloignant : Tu es le dernier ici. H2 : Ah oui ? (attentif) Tu as raison ! Résonnance des pas… écho… silence qu'a la maison lors des départs en vacances quand… Abandonnée. Oncle ? (Apelle) Les murs me regardent, me parlent…Tous alignés, imperturbablement présents. Et toi, tu... tu m'observes... C'est ça ? PF : Je t'observe… H2 Il tourne le dos au public : Je suis... PF : A Veugle, de nouveau. Retour de la lumière. H2 : Ne me laisses pas seul… L’oncle sera content de te voir.
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PF : Je suis là… tu ne veux pas m’oublier. Regarde autour de toi. N’es pas magnifique ? H2 : Je ne sais pas… PF : Tu trouve ça beau ?

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H2 : Je…
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PF : Tout seul… enfin. Pause Où allons-nous ? H2 : Nous… PF : C’est vert ? H2 : Non ! PF : C’est beau ?

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H2 : Oui ! PF : Qu’y a-t-il ? H2 : Du calme… PF : Où ? H2 : Loin de tout !

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PF : Tu aime ? H2 : Oui…
(Un dialogue rapide où PF questionne H2 sans attendre sa réponse peut continuer *…+)

PF : Aimes-tu cette Primalodérodonna ? H2 : Oui !
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PF : Tu mens ! Tu n’en a jamais vu ! H2 : C’est un mélange de Primanelade du Granthé méridionale et d’une Dronna des terres Thélriènes… PF : Tu es le fou qui fait si peur à transpercer les réalités, à tordre les espaces, à révéler les points qui ne se touchent jamais pour en former une seule et même ligne qu'on leur a dit transversale. Ils ont si peur que toi ! Ouverture d'un vertige tourné vers l'horizon monstrueux alors que tout te quitte… retour à Veugle... H2 et PF alors qu’ils s’écroulent. PF s’éloigne et fait écho à H2 : Où est tu ? Reviens !
Court silence. H2 est seul et se recroqueville en boule, il est dans le contact avec luimême, avec son corps… Puis PF se rapproche de H2. Ils se parlent comme à travers une porte.

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H2 : Pourquoi cette porte ? PF : L’oncle y vit, heureux ? H2 Regarde derrière lui, cherche : Il est à l’abri, derrière, protégé, invisible…

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PF : Quand pourrons nous la franchir ?
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H2 : Il est assis dans son fauteuil rembourré… en cuir. Il ne le quitte presque plus. PF : Pourquoi, il n’aime pas le soleil ? H2 : Non… Ils s’assoient dos à dos contre la porte imaginée. PF : Tout autour un cercle aux fées… des cendres ici… tout autour de lui ? H2 : Il… Il n’a plus besoin de soleil…

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PF : Emmitouflé dans sa robe de nuit. H2 : Oui… Tout autour, une robe de nuit et des étoiles à dessiner… PF et H2 : A destiner… A deviner…
PF se lève, fait quelques pas attentive à quelque chose de l’extérieur (coulisses)

H2 : C’est eux ? Je ne les ai pas oubliés au fond !
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PF : Ils ont condamné toutes les portes et caveaux… pour eux il n’existe rien audedans… Lui a décrété, ils ont entendu… PF et H2 : Sans moi tu n’es rien à leurs yeux… PF : L’oncle a raison… tu n’es pas pareil qu’eux. H2 : Ils ne le voient pas, et eux ? Il indique un point dans le public en se prosternant pour attirer les regards vers ce point… Pionniers de la grande coure vêtus d’apparats qui en disent long en un silence… (Il regarde quelque chose d’invisible et semble admiratif)

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PF : Le stoppant Tu pourras aller sans moi ? Promet-moi que tu seras fort d’avancer sans toi ! Que tu pourras dessiner le monde sans crayons ni compas… Modeler l’univers que tu veux. H2 : M’affirmer quand je n’aurais rien dit… Tout laissé derrière toi. PF : Ici, dans cette grande chambre bleue. H2 : Elle est d’un vert… PF : A Veugle, toutes ces couleurs que tu lui donnes… Toute cette ampleur que tu lui dessines… Je ne toucherai à rien… J’observe derrière toi ces grains d’à venir que tu donnes au temps pour s’écrouler. H2 : Tu vas attendre que tous mes repères prennent place… Que toutes mes envies animent le silence ? PF : Quel visage me donnes-tu ? Qui es tu au fond… Qui étais-tu hier ? Quelle Prizlathe préfères-tu ? Montre leur à eux… qu’on te croit !

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H2 : Je ne sais pas si je pourrai me réinventer demain… PF : Tu lâcheras ma main… seul, tourné vers autre chose qui te dépasse encore… H2 : Je t’aime ! Je t’aime ! Je t’aime ! PF En s’éloignant quand il l’appelle : Moi aussi…
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H2 : Reviens ! Ne me laisse pas dans ces vertiges, tâtonnement d’inconnu… PF il la cherche. Elle tente de s’en éloigner puis, après un long silence : Nous n’aurions pas dû franchir leurs remparts… ils nous en veulent d’être d’un notre côté… H2 : Et comment tout cela finira-t-il ? PF : C’est à toi de voir ! Je sais juste que tout commença ainsi, dans ce wagon.

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H2 : Nous allons à Veugle alors ! PF : Pour se voiler la face et… Elle observe H2 absorbé, pensif… H2 : Deux étoiles abattues contre la muraille… Et le temps qui court, tout autour, toujours… PF : Tu es fou !

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H2 (comme une révélation) : Je sais… PF et H2 : La guerre éclate à Bangkok… au 7 de la rue de Batheft, à Prague, une oie se maquille… la vie continue. PF et H2 (tout les deux) : Le train en partance marque un arrêt ou boissons fraîches vous sont agréable bar vous souhaite un joyeux parmi nous 2 minutes d’arrêt bordure du voyage… Deux personnes « H0 » rentrent sur scène. H2 : Je finissais ma phrase en serrant ce bout de laine, cette pelote, comme si s’était ma vie… Comme si tout était là, au creux de ma main… à la peau de ma paume posée. Les gens portaient des chapeaux aux formes. Ils étaient dans leurs villes affublés de cette joie de se reconnaître ainsi en l’autre. Autres formes cousues sur leurs têtes. Comment m’accueilleraient-ils, moi, sans tête couverte ? Ils portent des chaussures à pois bleus le matin et à lassés orangés la nuit. Je ne suis rien. Tous les matins Lui parle et réveille ces têtes perdues dans les étoiles qu’ils ne regardent jamais… Alors que moi je ne les oublie pas ces mortes…
(Pause durant laquelle les H0 s’assoient, dos au public, près d’un écran blanc qui descend à leur niveau). Ils l’écoutent… Lui est écouté, comme un conte à qui l’on doit

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tout. Et tous les matins ils écoutent leur histoire, ils s’informent, pour savoir, pour s’instruire… Ils s’informent, ils s’uni-forment d’un haut de forme, ils se déforment et se réforment… pour se voir en vie et sans envie. A Veugle j’avais loisir d’oublier ces dires que l’on mâche. Le temps d’inscrire au grand chêne quelques signes sans noms. A Veugle je donnais au soleil un nom de planète et je le regardais en face sans peur de me brûler les ailes. Loin d’eux reclus dans mes calcules sans résultats, dans mes constructions sans fondations… loin.

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H1 depuis le public/l’écran : « nulle part ».
200 H2 : Et là… Chaque chose n’avait qu’un parfum… le soleil changeait aussi souvent de robe que les pierres changent de souvenirs. Un jour, alors que je dormais, elle est revenue. Elle n’était presque plus… Comme une mort ?

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PF : Chut… Il faut que tu y retourne… que tu prennes l’herbe entre tes mains, que tu t’y allonge et regarde le ciel… Peut importe ma présence. H2 : Derrière la porte… le soleil… PF (en aidant H2 à s’allonger sur scène) : Du calme. Attend moi ici…

210 PF sort et les H0 restent sur scène… l’écran s’éteint (H1 disparait).

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PREMIÈRE PARTIE
215 H2 est couché sur scène. Les H0 se lèvent sans y faire attention et alignent des chaises comme sur un quai. Des spots en direction du public les mettent en contre jour... L’écran s’allume, présence de H1. Dialogue entre les deux H0 : « 1 » et « 2 ».

1 : Tu viens, on s’assoit. Il y a de la place, là, un peu plus loin. 2 : Attends, on ne se met pas trop loin non plus… 1 : Tiens… Lui tend un journal.
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2 : Merci j’allais l’oublier. Comme que donc dit donc que je suis absent ! (H2 se
lève alors que les deux autres sont absorbés dans leur lecture.)

1 : Il a l’air bien triste, celui-là ! Tu ne trouves pas ? 2 : Où ? Lui, adossé au pilonne ? Et puis lis plutôt, on n’aura peut-être pas le temps sur le trajet !
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1 : Non… le grand qui est debout derrière la ligne. Il regarde l’heure… 2 : Bien oui, sur le quai d’une gare… 1 : Attends ! Tu crois qu’il nous a vus ? 2 : Mais… 1 : Il nous a vus ?

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2 : Je pense que… Lui le voit alors il peut nous voir… C’est dans l’ordre de ces choses ! On va nous entendre, calme toi à la fin ! Lis ! 1 : Il est louche ! Il n’arrête pas de regarder autour de lui… Et puis, il tient quelque chose au niveau de son ventre. Avoue que c’est bizarre de se tenir comme ça, en public, sur un quai !

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2 : Tu as raison, il fait même très étrange avec ses tongs ; il pleut dehors ! Et puis arrête, Lui va nous entendre… On ne devrait pas s’en occuper ! Tu veux qu’il rapplique ici et qu’on nous embarque ? 1 Parlant moins fort : Il a encore reluqué l’horloge… Je ne le sens pas, ce type. Je ne le sens pas !

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2 : Tu veux appeler la sécurité ? H1 apparait à l’écran durant la prochaine réplique. 4 Rentrant au niveau de 1 et 2, il passe sa main devant leurs yeux comme pour les endormir : On se sent mieux, là : ce ciel bleu, ces soucis qui s’envolent, ce silence… Merci qui ? Dit en sortant : Merci la grande CoMédia ! 2 : Le train, il arrive dans deux minutes.

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1 : Il fait un pas en avant ! 2 : Pas la peine de me marcher sur les pieds… 1 : Il devrait être assis, il lui reste une minute… il se tient bien près du bord. 2 : Tu penses à quoi ? Tu devrais sortir plus souvent, arpenter le monde pour voir les habitudes des uns…

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1 : Je suis bien mieux chez moi à regarder et écouter la… 2 : C’est plus facile. 1 : Lui nous parle sans nous poser de questions… Il a encore regardé l’heure et dans le tunnel ! 2 : Il est anxieux ou en retard !

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1 : Il va sauter… 2 : Un suicide ? Les trains s’arrêtent avant ! T’imagines pas, sinon ! On n’arriverait jamais à l’heure ! 1 : Il a une bombe ! Voix off (H2) : Même sous la torture, je parlerai… Qu’on comprenne ce qui s’est passé… Les chaises sont déplacées dans l’agitation par les H0 puis d’autres, venus des
coulisses s’assoient, le calme revient quand H1 rentre sur scène. Ils se mettent à lire des journaux… (Extinction des lumières le temps que le public soit calme et attentif : variable). H1 va et vient.

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H1 parle à H2 qui est pensif et pousse des petits cris (onomatopées) : Ceux qui sont debout se sont rassis (Les H0 sont assis, se relèvent quand H1 commence sa phrase et se rassoient…) Et tout ce bruit a déjà agité quelques branches sur les cimes, lointaines comme elles sont ! De temps d'aujourd'hui on n'a pas vu d'entendu ça. Il y a eu certains rêveurs, des clowns en pate, des génies analphabètes, étouffés, neutralisés par le Média... (Futur « HD ») oubliés… Il éclate de rire en regardant des
hommes (Futurs « H00 »), vêtus de noir, rentrés pour attraper H2 qui prend la fuite à la dernière seconde. Ils le poursuivent… H2 disparait dans les coulisses (ils le suivent). H1 annonce une station. H2 réapparaît directement par d’autres coulisses avec les H00 en blanc. Ils s’assoient et lisent des journaux. H1 ne fait plus attention à eux et sort. Un écran s'allume doucement et on y voit le visage de H1 plan fixe et peu éclairé... *L’installation d’un écran suggère une présence extérieure, lointaine, mais omniprésente] Puis H1 ressort de l’écran… effervescence sur scène… et réapparait sur scène, le calme revient.

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H1 tourne autour de H2, l’ausculte puis donne une leçon au public Il est à la fois excité et fier : L'Homme est assis devant moi, à-Veugle. Il n'a ni lecture ni pensée avec lui. Bonne cachète, ingénieux silences… Il n'a rien, et c'est bien triste de le voir surgir dans le silence en cette fin de journée. Il n'est pas si jeune que ça. Il a pris sa tête

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dans ses mains. Il n'a plus que sa tête à porter vu qu'il n'a rien amené ! Il y a le « Matin sup' » et le « CityParici » qui viennent de sortir. Mais il n'a rien. On (avec les H0/H00 et depuis les coulisses) se va toujours, portant la lecture sous le bras... pour voir… je dirais... (Il sort un journal de sa poche) une guerre… une famine… quelques titres et mots pour instruire la journée. Par exemple ce matin, (Les H0
sont au courant de ces informations et accompagnent H1… Il dicte et écrit (selon si sur scène ou à l’écran) on compte 56 arrestations, 2 interpellations, 3 délits non trai-

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tés. Il y a eut 19 inaugurations. On compte 68 points de naissance et donc, comme je vous l’expliquais tout à l’heure, chose toujours inexpliquée : 1 décès. Quelques offres d'emploi, 53 abandons dont 3 graves. 69 directives en cours d'abrogation... Il loupe quelque chose ! Ses yeux sont tout mouillés ! Il ne pleut pas au dehors. Tout est clair dehors.
Un arrêt de métro : nom de gare, annonce (de H1). Extinction des lumières puis retour très progressif jusqu’à l’aveuglement du public. PF rentre et se met à son aise sans se soucier de H1. H1 est sur scène et sur l’écran d’où les H0 peuvent le voir : Trois hommes vont entrer.

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Ils vont s’assoir comme le font toutes personnes qui vont pour êtres assises (les H00/H2 s’assoient). Ils ouvrent leur journal page une, comme le font toutes personnes qui ouvrent leur journal page une. Il est assis, lui aussi. On ouvre son journal (ordre)… Merci. Tout va comme tout va, ils vont ! Ils sont tous tombés sur la fameuse demande d'emplois qui va nourrir l'espoir du soir. Ils ont tout le temps qu'ils veulent. Et quand la lumière se fera… il aura sûrement disparu (H2).
Tous sortent. L’écran s’éteint et PF se met face à H2.

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Texte souligné : H2 et PF le disent ensemble. Différences: H2/PF.

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H2 : Je me nettoie le visage… Ça fait depuis ce matin, depuis tout à l’heure. J’ai mis une autre chemise qu’on ne me reconnaisse pas. Une belle chemise. J’ai regardé le miroir et celui qui s’y trouvait m’a surement fixé, lui aussi… dans les yeux peut-être ? Je me suis assis, sans l’oublier… ce temps… s’est il arrêté, dans cette bulle de savon à la vanille ? Qu’a-t-elle vu, elle qui me regarde, qui m’observe ? Suis-je beau ? Suis-je élégant au moins ? Elle a tourné le regard… c’est ça ? Elle a baissé les yeux pour les reposer sur ses genoux ? Elle s’est nettoyé le visage… sans se poser sur mon nez, ma joue, mon oreille… en s’oubliant d’un coin d’œil. PF face à H2 : Le soleil se reflétait sur l’écran et toute sa chaleur pénétrante emplissait mon corps comme il le fait des fois avec les caves, les chaussées, les entrepôts… par une fenêtre perchée qui ne s’attend plus à être traversée. H2 avec PF : Les larmes pour nettoyer le visage et que le soleil entre, s’il peut, s’il n’a pas trop peur de moi… Changer les choses, être soi-même un/une autre.

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PF : Se regarder en face/farce… choisir. Je me serais noyé pour changer de peau ça n’aurait rien changé… un acronyme dans un journal quelconque qui m’aurait, lui, vu passé par là ? J’ai été lâche. Quand on ne voit plus au dehors… On reste là,

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proche en soi, en espérant qu’il n’y fasse pas si sombre… et qu’on pousse la porte sans rien demander et qu’il soit con.
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H1 (voix off) : Il est parmi nous. Il s’est assis comme font toutes les personnes en s’asseyant… Euh… Il respire… Il a les yeux ouverts… Comme nous… Mais il n’a de lecture ni d’idée. Il transite. Si vous le rencontrez merci de nous le préserver. Excusez le pour ce désagrément.
330 Tous se tournent vers H2, assis, et, dès qu’il bouge, font mine de ne pas l’avoir vu. H1 (En parlant de H2 depuis l’écran) : Il... H1 marque une pause et on entend le nom de la station : on sort/rentre. Il ne bouge pas. Il n'a pas de journal. Le « A nous Pa-

tous » vient de paraître ce matin.

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DEUXIÈME PARTIE
Tous, sauf H2 et un H0 -dans le rôle de « Machin »-, sortent. Dialogue entre H2 et Machin dont l’intonation donne un autre sens aux mots.

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Machin : Les voyageurs en partance pour Uruk-mère suivent le protocole 1.1.3,6.3,3.33.3.3.3.33.3.3.12.3.3.3,3… H2 : J’ai peur de m’être mal fait comprendre… Machin : Une double portion avec… H2 : Avant tout, qui… qui êtes-vous ? Je veux dire, on se connaît ? Machin : La machine à frites.

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H2 : Vous êtes nombreuses en ce moment… J’aime bien vous voir. Machin : Les menus maxi 1 et maxi 3 sont en réduction. H2 : Vous avez… je veux dire tu… as appris ça où ? Machin : La PatateCorporation version 5.2.2.3.2.2.2.3.3.6.6.3.33.3.33.3.3.3.33… H2 : Je vois. Tu as de la famille en ville ? Des enfants ?

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Machin : Trois Patoides pour une portion simple… 3 pour 1 ! H2 : Et vous avez pensé à faire autre chose. Je me sens si seul… J’ai envie de… Machin : Clisodium, Soufrure de sulfate ardu d’oubliliasé compordicé d’amidon calbouditien primaire soulsifié en 22.5. 5 Milililitre de clispodien fondu ! H2 : Non… j’y ai pensé mais il y a tant de choses à voir dans le monde ! Je…

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Machin (le coupant) : Je ne pense pas, j’obéis : commandez et vous aurez ce que vous voulez ! H2 : Bon conseil mais ca ne me ramènera jamais mes souvenirs, mes rêves. Machin : Votre commande est prête si vous voulez. H2 : Ca n’a pas été trop dur ?

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Machin : Deux Cryspiz en bonus, rien de plus… Un sourire au caramel, un instant unique d’ivresse… découvrez vite notre offre mervilla ! H2 : Ca me manque aussi ! Machin : Veuillez renifler votre carte. Bon appétit ne rend pas la journée bonne. H2 : Vous n’avez pas à me parler comme ça ! Laissez-moi si c’est comme ça !

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Machin (en sortant) : Au plaisir… Et, entre nous, il pense que tu es le mort. H2 alors que PF rentre : Laisse-moi un peu parmi eux. J’ai le droit de voir… PF : Ne rentre pas trop tard ! H2 : Laisse-moi ! J’en ai assez, va-t-en, laisse moi dans cette danse qui prend !
Un orage gronde au loin... un lieu extérieur à H1. PF sort. Depuis les coulisses, ou dans le public, annonce à la criée des titres de journaux dont « CityParici »… Bref flash lumineux. Même situation qu’au début de la première partie.

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H2 : En défaisant la pelote que lui avait donnée PF en descendant du train. Je ne sais pas ce qui m'arrive... Je me suis réveillé et je ne me rappelle de rien. Ah si... quand même. Je me souviens que c'était bien. Elle m’a laissé… ça…
375 Ce qui suit, des passages où deux textes se mélangent (entre H0 et H00), doivent être pensé ainsi. Un groupe vient compléter l’autre, le déformer, lui et son propos… A force ces souvenirs se dissolvent… L’histoire se réécrit selon son aventure entre H1/PF.

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H00/H0 Et si dehors j’avais oublié quelque chose ? Si… dans le jardin ? Je cours ! Le ciel est plus beau que tous les ciels… Je sens tout mon souffle, tout mon corps, l’herbe sous mes pieds… Je crie ! Je chute… H2 : En me levant, j'ai regardé cette petite lumière, cette petite fille. De quoi se refaire une beauté… H00/H0 Le vent crépite dans l'interrupteur. Les grandes avenues se vident avec le soir qui monte. Un parfum d'été qui rappelle sa fin s’empare de son épaule. Ces odeurs d'herbes, d'un chant d'été reposé à l'oreille, d'une chanson qui peut entendre/attendre. Deux grands bras de sourires flottent dans le vent vaporeux. Et... Il n'y a rien... absolument rien. Le vent siffle et joue dans ce sommeil qui se veut d'un hiver d'hier. Juste comme ça.. Retour total de la lumière… qui crée une
coupure, un retour.

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H1 à l’écran et sur scène : Les nouvelles donnes ont fait de la banque Nambruss une banque du présent d’avenir : 60% de la population aurait récemment pu répondre positivement à cette affirmation... (Pause, il appuie pour annoncer la nouvelle station. Des H00 rentrent et certains sortent. Il fait 64°4 F en cabine et 30°C en extérieur. H2 : à mi-voix comme s’il oubliait : Je me suis levé et j'ai... j'ai... (Bref flash lumineux
aveuglant)… H1 coupe H2, l’empêche d’avancer, de finir sa phrase, de penser.

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H1 : Un homme se serait évadé cette nuit de sa chambre. Il est comme vous. Si vous le trouvez, merci de me le signaler au plus vite. Il serait assis et habillé. Il n’a pas de journal avec lui et voyage seul. Les H0/H00 s’observent discrètement, craintifs.
L’écran (présence de H1) s’éteint : Agitation entre les H0/H00.

H0 et H00 : Le vent crépite dans l'interphone. Il n'y a personne dehors. Le parfum humide d'un été qui rappelle sa fin. Le silence lancine et cette chanson qui

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405

peut entendre... Marcel vient tout juste de rentrer et Lui l'entend. Le noir cri du ciel perche son attente sur cette porte fermée... et il n'y a rien... absolument rien. Le vent siffle et joue dans ce sommeil qui se veut d'un hiver d'hier. C'est tout. Il est entré et par l'interphone chuchote : Silence. Il n'y a dans cette ville que le son d'un acte qui oublie déjà sa fin. H2 : Je suis retourné sous le grand chêne pour y enterrer ce qu’on ne comprendrait pas demain. Pour garder à la mémoire de quoi se souvenir… Quand nous aurons oublié… je n’ai pas fait de carte à boussole.
PF rentre et dépose une dizaine de pelotes de laine à ses pieds (elle les sort de sa poche : son costume²) et les H0/H00 se jettent dessus comme des charognes affamées.

410

415

H2 : Alors, tu abandonnes tout : tes envies, tes rêves, tes conquêtes ? Sans toi, je ne suis rien… Mais sans moi, il te reste des passés. Notre oncle, maman, papa, cette nuit d’étoiles, Frankzin… nos voyages… toi… et qui sait tout ce que j’y ai laissé ? PF : Elles ne m’appartiennent plus (elle montre les pelotes présentes dans sa poche) Et puis vois comme ils sont affamés ! Ils n’en ont pas eu depuis longtemps… Seul toi, dernier de notre longue lignée tournée vers ton espérance… Écoute, ils vont tout brûler, tout ça… Tu seras seul, sans toi… perdu dans les rues… Plus d’étoiles… Des murs sans barreaux ni fenêtres… plus d’étoiles… Laisse-toi aller sans tous ces murs qui t’entourent… la plus haute des tours… Le plus beau détour… Plus d’étoile.
Extinction des lumières le temps de la réplique de H2.

420

425

H2 : La fenêtre est fermée sur la maison. s’évapore… des murs sans barreaux ni fenêtres…

Une

nuit

et

tout

La lumière revient, H2 est au milieu de la scène et tient la pelote de laine donnée par PF serrée contre lui. 430

435

H0/H00 s’adressent à H2 : Vous vous êtes peut-être trompé de mots. Deuxième escalier a droit à son premier! Au moins deux mots pour un mois d'avril et d'espoir. Vous auriez dû dire que c'était le plus beau jour de votre vie jusque là. Vous oubliez toujours l'essentiel ! (Ils lui tendent des « médicalements » qu’il ne prend pas.) Et là, vous pourriez raconter, continuer... préciser... sans tout dévoiler... mais dites-le maintenant... Ce temps qui vous connaît n’attend pas (bref
flash).

H2/PF : Et je n'ai rien dis à cette merveille/de cette réalité qui me... (Réflexion, ils se regardent, court silence.) Que demain/hier n’existe plus. Merveille qui m’a… (La
440 superposition de ce que PF dit avec H2 les rendent incompréhensible… Il oublie, H00 ne le coupe pas.)

445

H00/H0 (la Co-Média, grande éloquence) : Bienvenue parmi nous… Un oubli magnifique, des absences formidables ! La Grande Co-Média vous salut, splendides portes fermées, belles craintes, belles cages, heureuses fausses et cachots ! Nous allons murer tout ça… Et puis pourquoi ne pas choisir la couleur tant que vous y êtes ? Laissez-nous/vous faire ! PF : Laissez-le ! Vous ne connaissez rien… de lui… du reste !

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450

H0/H00 Un rire dans le silence, un sourire, un œil qui me cherche, des larmes/lames… je m’écoule… léger, au sol vert. Mon cœur sur l’herbe… un œil qui me cherche, mon cœur qui me traverse, un rire qui m’éveil. Je suis tout présent… Le souffle cour, je regarde… j’échappe, j’ai le cœur qui bat, la tête ici. Un silence puis un son, un mot, un œil qui me cherche, un sourire… H2 : Je veux voir ce qu’on me réserve.

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460

465

PF (toute seule) : La guerre éclate à Bangkok… au 7 de la rue de Batheft, à Prague, une oie se maquille… Deux serviteurs ont prêté allégeance à la reine cuillère des serviettes pliées dessert un 17/20 à toute l’administration des choux à la crème qui décernent un 15/20 à tous les fêtards aux cernes protubérantes… La guerre entre les oies et leurs gaveurs de Prague prend fin dans un coincement d’aile et quelques plumes en moins… Quelques nains de jardins aspirent devant chez eux à des vacances à la plage et conformément à la législation qui interdit d’élever la voix publique dans les jardins anglais et que les pelouses en polyuréthane sont revenues à la mode dans la confection d’espaces vert automatisés… H1 : Sortez !

470

PF s’enfuit et H2 s’évanouit et les H0/H00 le retiennent puis l’assoient en finissant d’installer le décor... PF rentre et lui met une pelote de laine dans la poche en lui adressant un adieu.

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TROISIÈME PARTIE
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H0/H00 (discrets) Il a pris un café trop noir... Bisou, mon gros nous nous nous nounours. Après que PF soit revenue sur scène l’un d’eux embrasse H2 sur la joue, ce qui
le réveille en sursaut.

480

H2 : [Souligné fin : Joué/dit] Et après je me suis réveillé, mortifié ; les épaules lourdes et le regard léger… là-bas… révélé. Il s’est passé que… c’était beau… PF2 : (autre perception de PF : elle a la robe rouge que PF avait, apparente, sous son
costume. Elle fait des pelotes et tir le fil de celle défaite par H2 et qu’il a laissé dans l’une de ses poches) qui est rentrée et s’est assise avant le réveil de H2… Et c'est tout ça qui

t'a rêveillé ?
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H2 qui n’est plus aveugle : Au rêve veillé… PF2 : Tu étais seul ? Je me suis dis que… Tu m’as manqué… (Elle poursuit, plus affectueusement) Tu as bien fait de la quitter… Et puis c’était pas un travail sérieux ! H2 : Je... Rien n'est sûr. Il y a dans ce jardin abandonné une grande bâtisse, haute de murs blanc au toit large. Il y a là-bas un soleil qui ne veut de mal à personne.

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PF2 : Comment le soleil pourrait-il vouloir du mal aux gens ? H2 : Si j’y étais rentré me protéger… Il prend des médicalements. PF2 : Mais il n’y a rien dans la demeure… reste tranquille ! Et puis d’abord comment es tu rentré ? Tu sais bien : c’est fermé ! (Va vérifier dans les coulisses) Ca va… H2 : A l’intérieur, j’aurais cousu des flamants au rosé cuits au fou. Le soleil, il m'a vu oublier qui j'étais quand je l'ai fixé en face. Une boule de feu, du rouge, puis plus rien. Je suis rentré… Tout est magnifiquement unique (il semble découvrir avec
extase une table, une chaise – Seuls éléments présents dans le décor –… comme s’il n’en avait jamais vu).

495

500

PF2 : Carl, Léonie ? Tout, vraiment ? Ton nom ? Ma main sur ton épaule ?... Tu ne te souviens plus où nous en sommes ? H2 : L’oncle est surement mort pourfendu au soleil. Je peux te tutoyer ? PF2 : C’est que… H2 : Tu crois qu’ils vont nous trouver. Ils se rappellent de nous ? PF remet son costume sur scène (fait parti du décor/dans une armoire).

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H2 : L’oncle va-t-il s’en sortir ? Hein ? S’il y a une chose dont je me souviens c’est qu’il avait promis que nous retournerions au chêne, avec lui… Ca te dit quelque chose le… le chêne ? A son retour… il est…

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PF : Il est au front, à la porte de la Grande CoMédia. Il n’a jamais été aussi seul… à se sentir battre le cœur. C’est ça qu’il lui est arrivé quand ils t’ont retrouvé.
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H2 : J’ai pleur… De l'eau, restée longtemps dans mes yeux a décidé de voir dehors, ailleurs, en espérant... peut-être que c'est cela... PF : (voix-off) C’est moi qui fais couler tes yeux… Tu n’es plus à Veugle… Vois ce qui t’a toujours été refusé, tout ce que le soleil t’a laissé de liberté… imaginé démaginé… oublier. La lumière va en diminuant.

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H2 : Tant affronts m’entourent depuis mon retour… Tant de découvertes qui n’en sont pas… Ca n’a pas changé alors. PF : Si, lui il a changé… ce regard et celui là, et l’autre ou celui-ci ! Ils t’observent, tous, tournés vers toi. Tout le monde t’observe, tu le sens qui te respire et te répondent en leur présence… (Elle parlait des objets l’environnant.)

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H2 : Tu… PF : Ces larmes c’est tout ce qu’il te reste d’hier… quand tu as décidé de partir. Tu vas les essuyer et voir clair pour de bon ? H2 : Il faut choisir. Alors qu’elle va pour le serrer dans ses bras : retour immédiat d'une
lumière très forte...

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H1 affolé (Depuis l’écran) : Trois nouveaux complexes et deux découvertes sont présentés nouvellement en page 8 et 12, dans leurs rubriques respectives. On note également une nette amélioration des censeurs et des CoMédiens.
Les H0/H00 (rentrés sur scène dans le noir) reprennent leurs journaux, terrifiés, et lisent à voix haute les prévisions météorologiques : 60 °F pour 35 °C, temps orageux, prévi-

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sion de tempête ascendante par nord nord est sud-ouest… Les conseils sont : rester calfeutré chez soi… n’adresser la parole à personne, pas même à ses voisins… Consolider ses portes à l’aide n’importe quoi. Cyclone et vent agité à très agité, à très très agité en quart nord nord sud-sud. Il est également conseillé de dormir jusqu’à nouvel ordre… Silence H0 et H00 Je dois retourner au chêne déterrer les trésors que j’ai cachés… Me rappeler du goût de l’oubli, de la patience de l’absence et retrouver le plaisir de parler des langues mortes… H1 et H2 : Assis ! (l’écran s’éteint en même temps que les lumières de la scène). H0/H00 Se regarder en face. Je me serais noyé pour changer de peau… Ça n’aurait rien changé… un acronyme dans un journal quelconque qui m’aurait, lui, vu passé par là ? PF : J’oublie parfois… (La lumière revient doucement jusqu’à la fin de sa réplique. Ils reprennent leurs conversations). Quand je dors, je laisse toutes mes craintes, déli-

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vrée au-delà des rives… eaux des rives, sans barrages... A Veugle, je t’y aurais laissé, libre… Mais tu vas prendre goût aux pépites… à leur couleur qui n’appartenait qu’à toi… H2 : Je ne sais pas ce qui m’attend, j’ai tout oublié quand ils m’ont trouvé. Un H0 : Aux dernières nouvelles un complexe hôtelier serait implanté dans les bas-fonds de la ville. Toute rébellion s’est dissipée…

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PF : Ils pensent que l’oncle est mort… H2 : Le serait-il ? Il est si loin qu’on ne le voit plus… PF : Il est à l’autre bout de Veugle, aux confluents de la Trizda et du Ritzianéta… H2 : Il s’est posé pour voir si un message, par nous, ne glissait entre les flots… PF : Ils…

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H2 : Qui ? PF : Eux, tous… nous cherchent pour brûler la Veuglette, puis, à Veugle, ils construiront des tours… Ils éclaireront tout, ils expliqueront tout… Des gyrophares, des chercheurs, des radars… Que lumière soit faite...
PF sort en même temps que rentre un dernier personnage. Il est vêtu d'une cape noire réversible en blanc (« HD »). Il tire deux longs rideaux sur la scène qui la fait ressembler à une chambre d'hôpital (espace intime) voire à un confessionnal.

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H2 : qui ne l’a pas vu rentrer (après un court silence) Tu me manques.
A l’extérieur, une violente explosion…

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HD après un court silence : Vous n’avez pas à vous en faire… Elle va vous laisser la retrouver votre mémoire. Vous l’attendez depuis longtemps ? H2 : Qu’est-ce que vous y connaissez ? HD : … Vous attendez ? H2 : Elle… ça me manque pour être… HD : Seulement, elle s’en est allée. Vous êtes seul… avec moi bien sûr.

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H2 : Je… Je ne suis même pas sûr de la reconnaître. HD : Mais je comprends… On était amoureux de toutes ces jolies inconnues ? De tous ces jolis inconscients qu’on gardait le plus près de soi… Nous avons les plus grands spécialistes avec nous et donc avec vous... Pour ma part, je ne suis pas là pour vous guérir… Une clope… ? Non, vous ne fumez pas, c’est juste ! Attendez un instant. (Il met en place les quelques éléments de décor de cette chambre d'hôpital.)

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H2 : Et tout ça… Ça a toujours existé ? HD : Cette chaise je viens de l’amener… elle est née avant votre arrivée bien sûr ! H2 : Avant c’était moi qui… J’ai toujours imité le monde… HD : Ce qui veut dire ?
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H2 : A Veugle je n’ai jamais… le monde était plus… cachotier, prudent, secret… HD : Alors vous allez me prendre… Du stricon Barfiolé 6500… Quelque chose comme 2… non 3 Stripoliozéthamines de Protéine en M34 sans A33 à 100 dosettes par paquet, venez me voir quand vous en aurez plus… Puis, toujours, avant les repas et les non-repas, une injection de Criodonnée… (Épelle Criodonnée) en 9 millilitres. Ça ira ou je vous le note ?
Des H0/H00 rentrent sur scène…

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HD / H0 et H00 : Je pense que nous sommes d’accord… Bon début ! (H2 se redresse) Il est déjà 8 heures… Ça vous dirait, un thé ? Ah non… C’est juste, vous ne buvez pas de thé ? Tais-toi ! Une glace, alors ? Ah non, vous n’aimez pas les glaces ! Voyez vous cette belle grimace qui se dessine ?
HD et Les H0/H00 tendent un miroir vers H2 qui se cache.

HD / H0 et H00 : Vous voulez vous asseoir ? Non, c’est juste, vous vous sentez mieux debout… dehors ! Vous allez bien ? Vous avez faim ?
Extinction 595 progressive de la lumière le temps de la prochaine réplique.

600

H0/H00/[H2] Il est entré, et de mémoire on ne s'en souvenait pas. [On a essayé de se souvenir] si on s'était souvenu... [Mais le temps qu'on] se souvienne, nous, nous, nous, nous avions oublié. Oublié la réponse, la question qui devait suivre. Puis nous nous sommes réveillés. Et Lui aussi… Et, dans ce jardin, nous avons oublié la question... Ou plutôt nous n'étions pas invités (PF est sortie du groupe et a rejoint H2). marcel est arrivé de l'autre côté, heureux, merveilleux dans son costume, fidèle à lui-même, beau, tranquille... Et il n'a rien dit, plongé dans cet éclat de soleil. Pétrifié par la vision de son astre. Depuis, nous, nous, nous, nous, nous, nous, nous ne savons plus. Et il a préféré tout oublier : ce qui restera. La grande bâtisse… PF : Un peu d’avenir écrit il y a longtemps déjà… H2 (ne voit pas PF) : Je n’ai pas osé lui dire à quel point… PF : Tu te souviens de ces pas… H2 : J’ai si froid et faim maintenant… Depuis que le silence est un vide qui se comble par sa présence et qu’il est l’inverse de ce qui l’entoure…

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PF : Tu te souviens hein ? De cet air de piano ? J’en frisonne ! Tu m’as manqué… Quand j’ai su qu’ils t’avaient retrouvé… Je regardais si tu n’avais pas écris un mot… J’ai laissé toute la poussière sur les meubles, les murs… les portent ouvertes… en grand. H2 : depuis que les choses s’imposent d’elle-même…

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PF : Toute cette poussière pour rien… pas une lettre sur cette épaisseur de toile… Tendue comme à l’enfance. Tu te souviens ? Silence H0 : Et il crie de tout son cœur que ce silence ait été prononcé par un autre. H2 : Demain comme jamais. Il y avait tant en ce monde, tant à dire, à voir à vivre… Que je n’ai pas su lui dire à quel point je l’aimais… Ce silence qui ne devait rien changer… J’aurais dû le voir ce temps qui passe ! PF : Elle souffle comme sur une vitre pour y écrire un mot (sur la buée) Je suis là… H0/H00/PF : (paroles « soufflées » vers H2) La fenêtre est fermée sur la maison. Et il y a eu ce contentement... cette immensité de silence sensible. Cette grande bâtisse est toujours fermée… Lui raconte que [avec H2 : « même les fous n’y sont jamais rentrés… »] Elle l’y attend/entend (en échos). HD : Alors eux... vous les entendez ! (Il rallume l'écran à l'arrière... sur lequel apparaît H1) Bisou mon gros nounours ! Et tâche d'être un peu seul ! Je reviens (sort). H2 : Il ne me reste pas grand chose. Il y avait sûrement beaucoup de bonheur pour que je pleure tout à l'heure… que tout ressorte par les eaux plutôt que par les mots. Silence… C’est beau ! PF : Comment ça, pleurer ? H2 : Pourquoi m’avoir laissé ? Tu ne penses pas que je souffre suffisamment ? PF : Tu… H2 : Tout ici crie de se taire, de regarder et d’attendre… J’ai pris goût à tout cela… A ces réponses faciles qui ne demandent rien. Ce magnifique intérieur… cette table, cette chaise…Trop de tout… je suis seul. Loin d’être à Veugle tout est là, sagement ordonné. PF : Moi ça me calme, c’est rassurant de se savoir entouré… d’exister. H2 : Tu étais sûrement plus belle…

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H1 et HD ricanent à l'écran.

PF : Ces restent de toi qui coulent… (Touche son visage, mime des larmes) Elle, elle, elle (goute par goute)... ça fait mal ? H2 : Je... Tu as sûrement raison… Mais ça soulage.

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PF : Ah... Tu va y retourner, alors ?
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H2 : Il y a cette lumière derrière moi (l'écran) qui pèse et assombrit ce souvenir mêlant colique et doute. Cette époque me fatigue… (Il ne trouve pas de mots alors il se frappe la main, violemment sur quelque chose de dur) Ca fait mal… Cette chaise… PF : C’est une tasse à pied et à oreilles ! H2 : Une chaise ! [Escalade calme durant laquelle PF prend le dessus (...) Je ne continue

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pas le texte il est important que l’effervescence soit spontanée, improvisée.+

H2 : La grande CoMédia… Ou était-ce ton sourire que j’ai vu dans cette fleur. Ils ont raison d’avoir peur de nous voir perdus dans ces allées fleuries… loin d’eux, de toute cette agitation sans vie, de tous ces bruits qui ne veulent rien dire. Quel chemin prendre maintenant ?
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PF : Si jamais ils me prennent, serre-moi dans ton cœur… Tu pourras faire ça pour toi ? C’est bien. H2 : L’oncle est mort… Lui en parlera bientôt aux infos. On en fera beaucoup de bruit… oui, du bruit… qu’on oublie tout le reste. PF : Ils…

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H2 : Ils ne peuvent pas rentrer… Ça ira. H0/H00 : On a essayé de se souvenir si On s'était souvenu... Mais le temps que On se souvienne, nous, nous, nous, nous avions oublié. Marcel tenait cette petite balle bleue. Et nous nous sommes réveillés. Marcel est arrivé de l'autre côté, heureux, merveilleux dans son costume, fidèle avec lui-même… lui m’aime... Et il n'a rien dit. Depuis nous nous, nous, nous, nous, nous, nous ne savons plus. Et il préfère tout oublier… Ça a déjà commencé. Marcel a donné la balle à la petite fille (elle sort une pelote de laine bleue de sa poche). Marcel lui a sourit (H2 sourit). Sur... Saut... Suspend. Des gens... Me veulent... Pressant le pas. Que tout avance... Poum, poum, poum ! Du meilleur au pire ? Est-il mieux d'attendre... Que ma tête s'en remette... Et que tout reprenne place... Pour réfléchir ce qui me vient... Voir ce qui a ma rive n'advient ? Passeur des passés, des sources. S'asseoir et se voir en reflet... Soi, ici, à la barre posé, fort.

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Attente... attendrissante... Attendre... Attendre... Attentes... tendues... Ou sourire ou périr ? Ou sourire de souffrir ? Un sas avant de passer... D'être d'autre rive en visage ? Présage du naufragé... s'aborder ? D'autres rides au passage... y aller ? Partir ou s'abandonner aux siens, seul. De construire comme pré vu... survivre... Dé construire, courir et mourir... se sentir libre... Ou oublier au masculin et sans "e"... l'oubliée ? Des rives en visage où se nicher et écrire dans l’âge... Inspirer avant d'exprimer... Exprimer sans respirer ? Comme une pause en suspension sur de l'abysse qui prend. Poudrière poussiéreuse... oublieuse des oubliettes à mèche. Sur un lit de mots qu'on prend pour des cailloux... des grains... Du temps pausé, allongé, sur la grève, la peau salée, sablée... Ces montagnes, belles majestés, face à l'inconnue des horizons nés... Ces grains au sol aux vents et terres azurées tenaient face, un silence. Et les plus grands réduits au nombre de leur taille... passés, passif... Du temps à naître... à n'être plus rien qu'une masse, sans couleur... Une autre rive... une rivale qui s'éclate de rire au rocher. Qui s'entend vivre dans une vague ivresse tangue... Comme les gens mélangés d'êtres... Poum, Poum, Poum ! Ce on qui n'est rien... Ces mélanges... Ces sons... Cessons. Ce con. Qu'on. Ce on. Con.
-----Bref flash et extinction des autres lumières. Seul l'écran reste allumé. Les H0/00 re-

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prennent leurs journaux, terrifiés... L’un d’entre eux chasse PF…----

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H1 (toujours depuis l’écran mais entre également sur scène en criant) : Silence ! Silence ! Silence ! Les groupes terroristes ont, cet après-midi, tenté de renverser l’État instauré par… par moi et votre coopération dévouée. La nouvelle est grande : Le Médiateur a résolu cette discontinuité protubérante afin de vous assurer le calme qui nous est requis pour le bon déroulement des alinéas communicatifs de l’ordre et du silence. Merci pour votre concentration. Votre dévoué CoMédiateur.
Retour progressif à la normale (les lumières se rallument et l'écran s'éteint alors que l’on voit H1 reprendre une lecture et sortir de scène)

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H2 : J’ai fondu en larmes… recoloré ce reste de moi, ce reste d’un mois ou plus… un passé si lointain… Un trésor nourri à l’ombre d’un chêne trop bavard.

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QUATRIÈME PARTIE
Noir, on discerne les H0/H00 installant le décor d'intérieur : une chaise, un tabouret, une table basse, une malle, un coffre à alcool (décors plus rempli d’objets)... Une lumière arrive de la droite par les coulisses, en laissant le visage de H2 dans l’ombre. 740 H2, après avoir appelé à l’interphone : Je suis revenu à ma chambre, et j'y ai dormi il me semble. (Il se couche) HD rentre sur scène… Les H0/H00 en chœur enjoué : On n’est pas là… HD ressort.

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H0/H00 : Il a marché droit vers elle en jouant de la trompette pour nous oublier, nous mettre de côté. On a essayé de se souvenir si On s'était souvenu... Mais le temps qu’On se souvienne, nous, nous, nous, nous avions oublié. Marcel tenait cette petite balle bleue qu’il voudrait laisser. Et nous nous sommes éveillés. Une vague de sourires dégoulinant par la plaie… Des boulevards… solitaires… des traces de pas dans le vide. Et il n'a rien dit. Depuis, nous nous, nous, nous, nous, nous, nous ne savons plus. Et il préfère tout oublier… Lui a tout gardé pour lui mais je ne m’en souviens pas. Nous oublier avec ses parcs verts et ses ciels bleus. Ça commence ! Garde-la avec toi… Un gouffre à combler. Ils s’assoient partout sur scène, attendent sans bruit... H2 prend un café, s’allume une cigarette qu’il écrase aussi tôt. Il s’assoit, se relève de suite puis cherche quelque chose qu’il ne trouve pas.

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H2 : Il n'y avait personne à l'intérieur. Alors, j'ai écouté le répondeur à bande [Mémoire artificielle]. Répondeur (diction extérieure de PF) : Vous n'avez pas de nouveaux messages. Les
H0 peuvent faire un écho discret. 760

H2 : Original, je me suis dit. Répondeur (l’annonce est cette fois une voix artificielle) : Vous n'avez pas de nouveaux messages…
Voix (PF2) : Nabami... Nabami ? Décroche, s'il te plaît ! Il faut qu'on se revoie pour

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en parler... Si tu veux, demain, au parc de Heligs. Ça te dit ? Prends soin de toi. Bisou, mon gros nounour... Salut, rappelle-moi... PF (rentre sur scène. H2 ne la voit pas) : Marcel, continue. (H2 l’ignore et ne la regarde
pas du tout). [H2 et PF parlent en même temps (deux répliques). H2 plus fort.]

H2 : J'ai pris un café trop noir... Elle est morte… elle est morte… morte ! PF : L’oncle est mort… Veugle, Marcel, moi… nous.
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H2 : Je ne peux plus… PF : Tu ne peux pas… Non !

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H2 : Des prises qui s’éloignent à mon regard. (Il tente de s’agripper à des H0 qui se
retirent à son approche.)

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Voix (PF) S’il te plaît… S’il te plaît… Dis-moi que tu vas le faire. Dis-moi que tu ne vas pas tout laisser tomber… Continue, tu es seul maintenant… Je ne t’empêcherai plus d’y retourner. Tu n’as pas répondu, enfin... Tu as surement tout fermé comme Lui l’a demandé… Ce répondeur te laisse.
Après s’être assis un temps au calme H2 débute un dialogue avec lui-même. Il parle seul avec lui-même : « 0H ».

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0H : Et tu as bien eu raison de faire appel à toi. H2 : Quoi ? (Courte pause) Tu es revenue ? 0H : On n'est jamais mieux servi par soi que par soi-même ! Tu as du doute en toi ?… Rappelle-toi ! H2 : Je voudrais juste savoir si j'ai rêvé... Il y a de ces fois où j’ai rêvé de me souvenir… de ces visages, des choses que Lui, seul, oublie… du poids des gens… voir net en sentir ce que sont les réalités pour vous. Voir comme vous cette lumière… comprendre au présent sans penser en homme à Veugle… si, enfin, demain s’annonce tel qu’hier. 0H détaché, peu accueillant, désagréable : Peu importe, en fait ! Le « problème », c'est plutôt que tu t'en souviennes. Penses-tu vraiment avoir dormi pour échapper à une voix du passé ? Ce café ne t'a pas arrêté... Je regarde ? (Il se penche dans une direction, vers les coulisses côté cour) Non ! Crois-moi, cela sera fort vain... Tu iras voir la petite fille demain, très tôt. Lui te regardera et tu ne le supporteras pas... Impossible pour toi de penser à ce que tu vas vivre maintenant... Et pourtant on est là… dans le silence qui Lui fait si peur ! La Grande CoMédia a dressé ses drapeaux, et plus personne ne le conteste. Tous, excepté toi, parti à Veugle, seul et trop tôt, à temps... Tu n’as plus besoin d’elle. Elle n’est qu’un mensonge qui a laissé place à la liberté ! La vraie : celle de voir le monde tel qu’il t’est donné de le voir… H2 : Mais je ne suis pas allé à Veugle pour cela ! Je suis prêt à m'en vouloir. Allons-y… Voyons ce que j’ai au passé… 0H : Dépassé tant de choses sont passées… Mais ne t’inquiète pas, une petite danse et on y arrive : tu es si naïf ! H2 Que me réserve t-il alors que j’arpentais rues et jardin dans une conscience à Veugle ? 0H : Tu vas tant vouloir revenir... Rends-moi la balle bleue ! H2 : Non, je lui rendrai…

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0H : Rend la moi ! Tu n’en as plus besoin… Tu ne la supportais plus de toute manière. C’est elle ou toi… Hier ou demain !
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H2 : Pousse toi, tu me fatigues ! Rouge ou blanc… 0H : Qu’est ce que ça veut dire ! H2 : Pauvre gamin présomptueux… Laisse-moi cette part obscure où tu te cachais… je ne veux pas t’avoir sans cesse sur le dos ! Allé, vas t’en ! 0H : Vraiment ? Tous ces échecs ? Toutes ces mascarades qui t’étripent ?

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H2 : Oust, hors d’ici… 0H : Rend la moi ! J’ai faim d’avenir… s’il te plait ! S’il te plait… H2 : Sans ces masques, je ne suis rien ! Alors laisse moi y retourner, je ne veux plus de ces réalités futiles, de ces matins où l'on m'appelle Marcel, de ces nuits où j'ai tellement hâte de me réveiller que je ne dors plus... Tu me laisseras exister vagabond dans mon futur ? Il m’appartient… Et quand j’aurais mis le masque je pourrai enfin le brûler. 0H : Je la décolorai alors… H2 : Non !
825 Des H0 rajoutent des meubles au décor jusqu’à rendre la scène inexploitable, comme un grenier où tout s’entasse.

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H0/H00 Cette fois, je ne pense pas que tu puisses oublier. Qu’est-ce qu’oublier sinon renaître ailleurs, sans soi pour se porter, pour se déporter, se reprocher, se rapprocher… se reprocher ?
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H2 : Oui, de l’enfance… de l’absence. Un espace où se blottir… aveuglement… sans hier, sans demain… libre de ne pas l’être. 0H : Je… je… je… Je n’ai rien oublié : tout est là… si tu me la rendais maintenant ?
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H0/H00 : Et dehors… à courir… 0H : Jamais ! Mais on peut être amis et je te la prêterai… H0/H00 : Puis à vivre, à courir, à s’élancer au jardin… libre, au soleil… sans nous, sous le soleil et un ciel… tout simplement : les pieds par terre, dans l’herbe, à s’écouler… à s’écrouler… à rêver… à réveiller les pierres tombées à terre… Et si présent, tombé, qu’il y reste… à la terre tombale. 0H : Ok mec. C’est vrai… tu es aussi Marcel… C’est à elle que tu dois ce nom ridicule (il est très énervé) ! Ce que tu veux dépoussiérer sans peur, tu n’y connais rien ! Ce n’est pas une de ces réalités que tu as inventées, déliré de toute logique ! Et écoute bien : je ne vais pas te laisser entrer si facilement… Personne n’est jamais revenu ici voir ce qu’il a laissé derrière lui. Voir le soleil en face te

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brûlerait moins les ailes que tout ce que nous allons, ensemble, ouvrir… Tout ce que tu as abandonné pour Veugle est là, à l’ombre. H2 : Tout, vraiment ? 0H : Et il n’y a ni de grand ni de petit… de petit ou de plus grand…
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H2 : De grand ou de plus grand… 0H (avec un H0 ou H2…) : Tout est lié sans différence… Et une lumière à la barque, un son d’automne à la cannelle, la douceur d’une nappe amidonnée… H2 : … Les tartes dorées au four sur une crème pleine d’amour (se mime en train d’en manger les yeux fermés)…

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0H (le coupant) : On ne peut retourner dans son avenir… Il vaut mieux oublier. Ce ne sont que choses dépassées ! H2 : Ne t’arrête pas, j’en veux encore ! 0H (agacé) : Moi, je suis spécialisé dans le passé… Pas de rêves qu’elle appelle « révélations créatrices » ou « élévations »… Mais dans les antiquités de poussière, les parchemins de mensonges, les passes-passes et les clefs rouillées, les sortilèges, les sorties de secours… Enfin, tous ces trucs-là ! Alors, ne venez pas me salir le plancher. Il y en à assez de ce monopole high-tech. Je suis un artisan : vous pensez qu’on peut survivre, nous, face à la montée du marché de l’autre continent ?… Ah ! C’est qu’il faut se rendre compte, môsieur, que bientôt il n’y aura plus le choix si on se laisse marcher sur les pieds ! H2 : Mais si ! 0H : Mais nan… H2 : Mais si ! 0H : Mais nan… Et vous pensez que l’avenir se fera sans nous ? Vous y croyez, vous, à tout ça ? Il faut choisir ses rêves… Moi, je ne fais pas dans le raccommodage ! Tout ce qui est resté depuis la chute de la tour jusqu’à l’essor de la Grande CoMédia… Tout est là, sous vide, pré usagé, arrivé par mes secrets… Libre à toi de tout défaire ou de t’en défaire ! (Flashs lumineux puis lumière aveuglante vers le public à qui 0H s’adresse.) Vous n’en reviendrez pas… Offres réduites pour les moins de 6 mois et les synesthètes. D’ailleurs, si vous en connaissez… ils se font plutôt rare, et j’ai toujours adoré me lier à eux… ce tissage… visage qu’ils mettent au monde. Ma carte de visite, au cas où ! (Il tend – à H2 – une carte qu’il fait tomber à ses pieds. Demande-lui, à elle, si tu veux rentrer. Elle pourra peut-être t’aider ? ! Tu veux rentrer maintenant que nous t’avons sorti dans ce beau jardin ? H2 : Je… Je ne sais pas… Tu sais j’ai… 0H : Ah ne compte pas sur moi pour t’éclairer là-dessus ! Moi, les choix… J’observe les conséquences… j’emmagasine ce qui se transforme en demain. H2 : Vous avez beaucoup en commun au fond de moi.

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0H : Mais moi je te laisse voir, farfouiller, faire ton choix et essayer de sortir tout ça de son aile qui te protège ! H2 : Je…

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0H : Si si, tu as du temps… gratis, pour toi, aujourd’hui ! Tout en pièces des passés… La grande bâtisse : encore un de ces rêves idiots, idolâtres îlots lyriques… Ca ne marchera jamais… Tu ne veux pas rentrer ? Regardes toutes ces belles choses qui t’entourent ! H2 : Je… 0H : T’aurais mieux fait de cadenasser tout ça… de tout enterrer ça t’aurait mieux sauvé !

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H2 : Du silence… 0H : Pour imaginer ? De la fuite ! Passé sous le nez ! Ne pas prendre part. H2 : Deux grandes portes ont fait face… Deux imposantes gardiennes de mystère. Pour qu’il y ait solution à trouver et questions à inventer… Y voir serait y brûler tout Veugle en sa fondation… *Cette réplique a valeur d’exorcisme face à 0H… Dernier

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opposant à sa liberté : lui-même].

H2 (0H déstabilisé) : Toutes les… Très belle décoration... Toutes les demandes sont d'abord... Joli mobilier... Tu vas devoir sentir... 0H : C'est fort inutile et un peu méprisant de votre part de m'accueillir ainsi, moi qui… Je peux vous tutoyer ? Moi qui t'ai tant volé, pillé, menti, violé, saccagé, estampillé... Me traiter de menteur, va encore... mais la fanfare qui vient... j'espérais la reconnaissance d'un pareil service. Cette réaction qu’ont les gens m'étonne toujours. Voir à quel point ceux qui ont peur de moi peuvent être si inconsidérément prêts à me tourner le dos alors que nous nous-nous, nounours, nounous… nous-nous connaissons, que je les connais si bien... Oublions ce que j'ai pu dire. Tu devras souffrir pour être belle... Vois là ! (Il fait des allés retour
comme pour un défilé de mode… ensuite il retourne en coulisses.

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H2 : Vous n'avez aucun pouvoir. Vous ne tiendrez plus longtemps.
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0H : C'est là tout mon pouvoir de n’en avoir aucun. Et puis on passe mieux les frontières quand on peut se charger de babioles au retour. C’est Carl qui le disait… H2 : Carl ? Parlez moi de lui… S’il te plait ?

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0H : J’aime mieux ça ! Je sais que tu t’en souviens… le cher Papa, le géant des foires. « Tu te trimballes avec un ouvre-boîte et quelques coupe-ongles et tu restes planté deux jours au poste à expliquer tes relations avec ton épicier la veille du jour de la Pâque... Non, toi, si tu veux ». Un brave…
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H2 : Vous avez les poches pleines… Vous tenez trop à vous… Votre poussière vous ressemble… vous n’avez plus prise sur moi ! (Il se met une claque et poursuit) Je peux toujours rentrer à Veugle su je veux ! Cette chaise est rose, cette girafe orange… Je me laisse de la place… Un coin à l’ombre, à Veugle… Tant de portes fermées ! Une courgette cleptomane, une paire de chaussons paumés, des

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phares à brouillard… Des calles basses pour grands chalutiers… 0H : Non !
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PF (rentrée discrètement par derrière) : Le monde te modèle par sa présence, son regard… Fais-lui farce ! H2 : Les portes sont ouvertes, je n’ai plus de raison d’entrer.

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H0/H00 Et si présent, tombé, qu’il y reste… À la terre tombée ! Tourné vers cette promise : au-delà. A la nuit tombée ! De retour au pays…

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CINQUIÈME PARTIE
Un H0 (« 4 ») place des pelotes de laine blanche dans toutes les poches… 945

PF en voix off : Continues à y croire… Nous y sommes presque. L’écran redescend
doucement… On y voit une illustration de révoltes (clichés/archives), ou bien il peut rester éclairé (vide). Le décor d’intérieur peut être retiré progressivement et à vue plutôt qu’à la fin de la réplique (il n y a pas de coupure temporelle !)

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H2 : (H0 rajoutent des détails visuels à ses souvenirs…) Puis je me suis réveillé à 21 ans. Je me souviens de ce jour où avec papa nous nous sommes rendus à la grande fête du village. Il y avait tant de monde pour notre si petite ville. Pour la première fois de ma vie je découvrais les pavés de nos rues invisibles, piétinés par tant d'inconnus. Mon papa m'a emmené manger ces nuages roses qui collent aux doigts. J'en ai mis dans ces oreilles toutes poilues parce que je fais trop de bruit. Puis nous avons continué tout droit sur l'allée centrale. Et je ne sais plus très bien... Il m'a reposé au sol. Je me suis agrippé à sa jambe comme il aime que je fasse. Je savais qu'il était heureux que je sois là. A midi le soleil s'est placé au dessus de nos têtes. Mon papa me fait de l'ombre avec sa main. Les gens le regardent. Mon papa aime bien qu'on le regarde, il dit. Mais ces yeux étaient tout bazar. Je ne sais pas trop ce que c'était, mais mon papa il avait l'air ailleurs comme ça... comme quand on se lève le matin et qu'on pensait être parti de la chambre. Et, pour finir, il a plu un temps, de très très grosses grosses gouttes sont tombées sur mon nez et j'ai éternué... c'était froid et la barbe à papa a toute fondu. HD : Génialisimospectaculario !

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H0/H00 Qu’est-ce qu’oublier sinon renaître ailleurs ? Sans soi pour se déporter, pour se supporter, se détacher, se dépasser ? Puis à courir au jardin… Au dehors de hors… tout simplement : les pieds dans l’herbe, les yeux dans ce vert, dans les cieux, à s’écouter… à s’essouffler… à Rêver… à réveiller ce qui tiens, ici, dans le creux de sa main. H2 : Puis je me suis réveillé à 18 ans cette fois. Avec ce regard nouveau… porté sur Veugle et ses remparts. Je n'ai pas oublié qu'il était plus grand que moi, c'était un géant... Et c'est ainsi qu'il m'abandonna pour faire les foires, attirer le passant. La cage était là… et les gens le regardaient… Fières d’une liberté acquise. Mon père était heureux et ils étaient certains qu’il réfléchissait leur arrogance… Que sa tête s’abreuvait et qu’ainsi ils l’éduquaient à reconnaître les formes qui sont leurs. Ainsi, des deux côtés On regarda l’autre comme le plus pauvre… de la pitié pour ce qu’on ne connaissait pas… ou plus. [Les gens, nombreux (H0/H00) font face à lui (H2) et on ne se rend pas trop compte de qui est derrière les barreaux]… Mon père aimait me raconter cette histoire. Il disait qu’en être à regarder avait fait de lui un gardien. Qu'être penseur lui avait montré que les barrières n'existent pas. Il est tout dans son monde, prêchant la parole folle, annonçant qu'il sauvera ceux et celles qui y croient, là, depuis sa cage aux barreaux sciés. H2 s’assoit… Et 1 et 2 (des
H0/H00) rentrent et montrent H2 du doigt.

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2 : On en a trouvé un dehors ! 1 : Encore un ? Où donc ? (Ambigüité sur leur rôle… Sont-ils là pour le soutenir ?) 2 : Hors zones ! (Ils sont tout excités) 1 : Ah ! Et pas de journaux non plus, je suppose ? 2 et 1 : Eh bien, non !

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1 : Ton nom ? 2 : Tu te rappelles de ton nom ? 3 (H2) : Nom/Non ? 2 : Tu ne te rappel pas ? Comment te nomme-t-on ? 1 : Quel visage te donne-ton ? Ton nom ?

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3 : Heu… non, je ne crois pas. 1 : Il n’a pas honte l’ami ? (3, hésitant secoue la tête dans tous les sens) H2 (3) après réflexion : Marcel ? Marcel ! 2 : Un miraculé ! 1 : Oui, regarde, ils ont bien dû le raser ! (il montre le costume de H2 avec de courts bouts de laine colorés). Moi je ne me savais même plus aimer quand je m’en suis sauvé ! 2 : Je l’adore, cette petite. Pas toi, camarade ? 1 : Viens là voyou que je t’embrasse ! 2 : Combien de doigts ?

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H2 (réfléchit puis, face à son oubli décide d’inventer quelque chose) : Douze ! 1 : Et là ? (Joueur, en montre d’avantage) H2 : Quatre ! (Sans réfléchir et tout aussi joueur)
1 et 2 vont pour serrer/retenir H2 dans leurs bras mais PF prend sa place et H2 se relève.

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H2 (Le texte souligné indique que les H0/H00 réagissent ou l’accompagnent) : Le sol est trempé. Les néons projettent de l'ombre au sol. Les yeux fermés, le codeur qui bat, doucement. Un éclat de lune, deux étoiles, quatre chaises, deux messieurs, huit fenêtres, trois horizons, dix-neuf nuages… (Liste dit comme une liste, un constat découpé, sans liens entre les choses vues… Toute la suite défile devant ses yeux, très vite. Ressent un suspens.) Puis lentement. Il est assis pour mieux se pencher. Les

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lumières argentés défilent dans le noir crissement de métal. Les portes s'ou-

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vrent. Le froid cynisme du dehors se couche à ses yeux. Il lève la tête. Le vent est seul à jouer sur le quai. Seul à visiter les rues toutes ruisselantes d'un silence… Elle a le regret bleu et l'œil marron… Marmoneuse la lune ! Marmoneuse, la lune ! Elle éclaire à peine de sa main cette chose qui penche... ce tranchant regard perdu dans l'inconnu (parle de lui-même), dans ce reflet d'absence qui est sien. Il a raison. L'ombre est là, portée par la lune ni présente, ni absente, ni différente, quittée des regards. Point aveugle sur l’horizon… somnoleuse, lumineuse, obnubileuse, homme de bille heureuse… 4 (un H0/H00 sorti discrètement) Entre en courant et coupe H2 qui n’écoute pas, dans des idées lointaines… : On a une place ! Des années de lutte, de conflit, d’humiliations… de refus sourds… Et qu’ils veulent notre avis ! PF rentre en courant des coulisses : Comment ça ? 4 un papier à la main : Ils disent vouloir reconstruite et compter avec nous… H1 et HD depuis l’écran alors que 4 lit leur message : « Nous voulons faire lumière sur nos divergences passées. » 2 : Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? 1 : Ils arrêtent tout ? Les coupes ? Les… 4 : Ils veulent reconstruire « un rapport de tolérance et d’ouverture » ! Finies les réunions secrètes dans ces caches sordides… J’ai la tête pleine de poussière à respirer ici ! Je me rappelle à peine : le soleil, il change de couleurs selon les saisons ? PF : Pourquoi arrêter ? Quel intérêt a-t-il tout lumineux et blanc ? 2 : Adieu les utopies… Nous allons de l’avant : nos rêves se réalisent à présent ! 4 : Plus besoin de penser tout bas ce qu’on aimerait ne pas avoir à crier…

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2 et 4 : Le monde nous attend. 1 : Vous voulez y aller… les rejoindre ? Sortir et aller demander vos journaux ? C’est ça qu’ils offrent, non ? Ils offrent leur liberté et ses règles que Lui seul conteste ! Et si c’était un piège ? 2 : Réclamons des otages !

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4 : C’est prévu dans ce dit contrat ! (indique le passage concerné) 1 : C’est pour demain que je me bas ! PF : Moi aussi ! Je… porte tous ces pas dépassés… Tous ces bouts de passés qui attendent… Je… 2/4 : Allons-y ! (H2 est toujours dans ces pensées)

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PF : La liberté pour laquelle je me bas n’en a rien à faire de la reconnaissance… Elle vit sans cet apparat, cette satisfaction bornée… Ma liberté n’a pas de fin ! 4 : Alors, pourquoi se cacher ici ? (il distribue les tractes) Pourquoi espérer sans cesse ce qui là, à notre portée ? Pourquoi attendre d’être enfin heureux ? PF : Ne lisez pas… Leurs places… Vous allez prendre leurs places dans leurs mascarades… Et Lui ou lui (peut montrer l’écran et H2)… Vous devez choisir l’un des deux (H2 ou H1) ! Il a besoin de nous… de ces passés qu’il porte… C’est temps des passés qui l’emportent… de moments qu’il apporte… Pour naître de nouveau. 4 : Et nous ? PF : Il m’aime ! Il vous aime… et bientôt il n’aura plus honte…

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Tous sauf PF : C’est aujourd’hui que nous aurons le temps… le présent, lui, n’attend pas… PF : On ne doit pas le laisser disparaitre ! C’est tout ce qu’il reste de… (Les autres sortent et elle va pour les retenir sans finir sa phrase)… Attendez ! Ce que vous leur donnerez, ils ne vous le rendront jamais… Mieux encore, dans votre satisfaction des grands jours, vous les rejoindrez… Allez parler avec eux, qu’ils aient de quoi discuter et s’animer… Il n’y a chez vous que la culture intime, l’impalpable, la folie, le secret, l’unique, l’humanité de Veugle… Bientôt des plus-values… 4 : C’est aujourd’hui qu’il faut tenter l’impossible qu’il le devienne enfin… 1 : N’ais pas si peur… Il est peut-être temps de le laisser affronter ce qui l’entoure… de le laisser comme prévu et pour de bon. Nous avons déjà tant attendu de lui (montrant H2). PF : Attendez jusqu’à demain… pour lui… pour nous deux… qu’il se souvienne de de(ux)main(s) tendu(es) vers lui !
Tous vont s’assoir en acquiesçant... Dès qu’ils sont assis H2 se lève. PF reste debout et l’observe.

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H2 : Puis ils déterrèrent tout ce qu'ils venaient de cacher au soleil. Ils prirent les paroles et les choses que Lui ne veut plus croire et les offrirent à un fou dans une foire… un fou que l'on prendrait pour un fou, à notre tour. Le sage, instruit des plus hautes sphères, n'en tint pas compte, et continua sa rive de paroles dites. L'homme rentra chez lui et but sa soupe froide, abandonnée pour une pareille rencontre. C'est ici également que les hommes ont fait pleurer la lune en une et une belle fois seulement... en décidant que l'on ne devait pas fixer le soleil de peur de devenir à Veugle... Le fou aurait le dernier mot, et il serait seul à se le dire. Ils donnèrent aux hommes ce qu'ils n'avaient plus vu jusqu'alors… Pour penser et panser le passé tant de temps qu’il lui faudrait.

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H0 : Ils ne firent rien… ou plutôt ils brûlèrent tout… Que Lui, seul, ne leur reproche rien. H2 : Silence de solitude. La nuit était tombée pour une fois si bien que l'on pourrait penser ce qui était vu au jour... un moment où chacun se glisserait dans son intimité… sans gêne… se réfléchissant, se préservant, s’inspirant du lendemain… tant que l'on respecterait les pleurs de la lune en méditant comme elle, de plus haut. Il reprit ces mots que balbutiait la lune mêlant colique au doute face à ce vénérable avenir… sûrement déjà éclipsé sur un autre de ses flancs cachés au monde. Les portes closes, de nouveau sûr d'être seul, l'homme se remit où il était. Lui entreprit de réveiller ceux qui suivirent le fou. On ouvrit les yeux de ceux qui s’en dormaient
(H1/HD rentrent et bousculent ceux qui dorment. Puis ils sortent tous sauf H2/PF qui se sont rapproché l’un de l’autre, assis dans un coin)… Alors, il leva les yeux sur le monde

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implacable qui frappait à sa porte. A l’abri de la lune, compagne fidèle… Marmoneuse… (Pause avant que 1 et 2 rentrent sur scène accompagnés de deux personnes qui
1100 restent extérieures à leurs agissements –H0/H00-)

1 : Encore un ! (Ne font pas attention à PF comme invisible.) 2 : Où l’as-tu trouvé ? 1 : Juste là : près de la zone ! 2 : Des journaux ?
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1 : Vous avez vos papiers ? 2 : Il n’a pas l’air de nous comprendre ! 1 : Monsieur… Vous vous souvenez d’avant, de Veugle et des Médiateurs ? H2 : Je ne peux pas ! Je ne peux plus… 1 : Tu vois qu’il parle… le brusque pas.

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2 : Bien ! Alors, nous vous laissons là… Vous êtes libre, après tout ! 1 : Tenez… (Il lui met un journal dans sa poche et récupère une pelote dedans puis ils sortent –H0/H00 restent sur scène, toujours silencieux-). H2 : On le verrait le matin, tout endormi de voyage. Il sortit de sa poche une petite pelote de fil blanc… Trop petite pour être vue. Et, la tenant d'une main droite plus ferme, il retourna sur les traces, toutes les traces qu'il avait en mémoire… Avec lui, la terre en sang promit de garder à l'écart du soleil cette triste justice faite aux hommes et aux femmes de Veugle. Seul avec un bout de ficelle baignant dans ses restes… n’y croyant plus tout à fait… Pourquoi ne pas tout rejoindre ? Pourquoi… Il jette le journal au sol.

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H0/H00 : Silence (dit comme une consigne et un constat) ! Il n'y a dans cette ville que le son d'un acte qui oublie déjà sa fin. Il est temps, regardez cette mère assise à la pierre… Un frère qui s’en va, un ami. 1 rentre accompagné de H1 et s’adresse à H2 : Dans le monde d’aujourd’hui, vous n’avez pas votre place, M. Komindo Nabami. Il pourrait brûler un papier comme
symbole de sa disparition fictive. Ils passent devant une tombe imaginaire. H2 est devant, assis, face au public. Puis PF2 / H1 / HD sortent.

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H2 : C’est comme si ces mots résonnaient encore et toujours dans ma tête pour la première fois. Comme si…
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PF (voix off comme un souffle –elle est hors de la scène-) : Conviens que tu t’es toujours appelé Marcel… H2 en sortant : (…) Comme s’ils ne m’appartenaient pas vraiment… Comme s’ils étaient à d’un autre passé, là, devant moi.
H1 apparaît sur scène et aide H2 à sortir en le tenant par l’épaule !

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PF (rentre) : Je m’appel Marcel ! H00 (1, 2 et 5…) absorbés dans leur lecture : Votre nom, c’est Komindo Nabami ! H2 rentre en courant à la rencontre de PF : Marcel ! H0 : Appelez vous comme bon vous semble… Silence, ils se remettent à lire. 1 (H00) : Nous savons quel furent nos erreurs… Tout est écrit, nous avons gagné !

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H0/H00 : Mais nous ne nous sommes jamais battus. Pourquoi avoir ainsi peur de nous ? Nous ne vous voulons que du bien… Si, vraiment ! H2 : Vous ne voulez rien du tout ! H0 : Si, la paix… H00 : L’entente…

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H2 : Regardez-moi ! Regardez-moi ! Vous ne vous souvenez même plus de moi ! PF : De notre fin à tout les deux ! H0 / H00 : Vous êtes fou ou bien il y a méprise… Laissez-moi finir… cette lecture… je vous prie. Mais je vous écoute. Si allez-y, vraiment… Oui, très bien, assurément ! Vous ne pouvez qu’avoir raison. Effectivement… Nous y consentons volontiers ! Assurément. Ne le prenez pas mal mais vous avez raison.

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PF / H2 : C’est à vous… A toi que je veux parler ! H0 On écoute… PF Tient la tête de H00 pour qu’il l’ait orientée vers l’extérieur.
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H2 : Et là, 5 cm au-dessus ? Vous ne savez plus ce que c’est que la haine, la guerre, l’union, l’amour… H0/H00 Si, attendez… (S’indiquant réciproquement un endroit sur la page) Ah c’est ici ! H2 : Mais lâchez moi ces… H0 et H00 (tout énervés par son insistance) : On doit lire !
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PF/H2 : Levez le nez au-dehors… Il vous a… obligés… H0 et H00 / PF et H2 : Non ! Si ! Non ! Si ! Non ! [...]
1170 A la fin, H2 cède… Les H0/H00 ont réussi à couvrir sa voix et à vider le conflit… à le dévitaliser en le rendant mécanique.

PF vient fermer les yeux de H2 avec ses mains et chuchote… : Imaginez l’illisible… Connaissez l’occulté… Écoutez les cris de derrière les portes des châteaux forts…
1175 Les H0/ H00 sortent en courant… PF garde fermés les yeux de H2 et l’aide à s’assoir face au public sur l’avant de la scène… flash lumineux. PF retire ses mains et H2 a les yeux fermés.

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SIXIÈME PARTIE
1180 PF sort… silence. H2 se couche sur scène… silence. Puis PF rentre sur scène, doucement. Elle l’aide à se relever et l’habille d’un autre costume [à voir].Elle le recouche. PF retire une partie de son costume et se retrouve en robe (PF2)… H2 a toujours les yeux fermés…

H2 se réveillant et voyant PF : Désolé d’arriver si tôt ! Ma femme habitait ici avant… Moi aussi, d’ailleurs, je m’y suis habitué...
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PF : C’était il y a long temps ? H2 : Elle vous ressemblait… si si, vraiment. PF : Je… Marcel… H2 : Nous allions souvent au parc Heligs. Êtes-vous déjà allé au parc ? Enfin… il ouvrait encore le soir à cette époque… Vous… On se connait depuis longtemps… enfin bref je ne vais pas vous embêter avec mes pulsions ! (PF2 lui propose un café). Non je ne prends plus de café : Ça m’excite, et après, je ne sais plus ou donner de la tête. H0/H00 (rentrés discrètement) : Il a pris un café trop noir... Bisou, mon gros nounours ! (L’un d’eux embrasse H2 sur la joue.) Des sourires en flot au coin d’un boulevard plus vide qu’en nature… Une pierre tombale, au hasard d’un jardin surtout fleuri… Un cœur essoufflé… Une telle présence qu’il ne s’en relèvera pas… Tant de… PF2 : Toujours pas de café, alors… comme tu veux. As-tu quelque chose à me raconter de ta journée ? H2/H0 et H00 (comme un souvenir) : Je… Tu sais très bien ce qu’on en pense… Tu n’aurais pas dû retourner tout seul au parc… PF2 : Tu y es retourné n’est-ce pas ? (H2 hoche de la tête, gêné comme le serait un enfant face à un inconnu…) Vous ne devriez pas prendre ces choses-là ! Les… les Médi-Calmants… Ça va vous rendre vulnérable ! H2 : Mes Médi-Calmants ! Il parle doucement et, pendant ce temps, sans passer devant lui, les H0/H00 retirent le décor intérieur. Autre espace… Ouverture, plus de lumière…H2 se prend un verre pour prendre ses Médi-Calmants et PF remet son costume.

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PF : L’oncle…
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H2 : Laisse-moi ! PF : Il… H2 : … Il est grand le parc, immense, j’ai failli me perdre… Je passe par-dessus les grilles maintenant… (Courte pause.) Avant… Avant, elle poussait la porte. Il me

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parait si vide sans elle… Ca présence à emplir mon monde : celui qui m’était réservé. Tant de vide maintenant que j’y vois ! PF : Tu n’y étais jamais allé sans nous… L’onc… H2 : … Mais maintenant ce n’est pas la même chose… Tu crois qu’ils ont coupé les arbres, hein ? PF : Je ne sais pas. Cela changerait quelque chose ? Tu ne l’a pas vu… Je veux dire tu ne… H2 : J’y ai enterré ton cœur… je crois que c’était le tien… Ils étaient hauts et protecteurs… Là je n’y ai rien vu de tel ! PF2 + H1 /H0 : Rien ne change plus, les rêves des enfants s’évaporent et ils marcheront sans broncher sur nos pas sans explorer les coins d’ombres, les taillis abandonnés des regards. Tout restera dans l’ordre consenti. La nature cessera de croire, et tout finira en cancer… dans un accord mélodieux lancé d’une corniche… Il avait raison. H2 : Jamais je ne le reconnaitrais si je le voyais dans les rues avec ca robe d’étoiles…

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PF : Les histoires n’auront plus l’envie de se cacher sous les lits… Les hommes bleus déserteront nos villes pour s’enterrer avec leurs trésors… Les étoiles ne brilleront plus en été et personne ne verra ces animaux réfugiés loin des chemins (Décor/vidéo possible évoquant des constellations)… Ces nuages en forme de baleine ou de banane, de pigeons volcaniques, de coccinelles violettes à pois vert, des Prizampolinacés et leurs œufs, un yalinthézorus au coup déformé… H2 : Je ne te connais pas… c’est comme si, au fond… Pourquoi sommes-nous revenus ici alors ? Tu es sûre qu’on ne se connait pas ? H0/H00 : Un rire m’éveille. Le souffle court… H2 : C’était un beau connard.

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H0/H00 : Le souffle cour, je regarde… j’échappe, j’ai le cœur sans … H2 : Arrête avec ça… Il est trop tard… Le rideau est tombé… La Grande ComMedia est seul public à ses représentations… PF : J’ai cru qu’en me voyant te souviendrais de ton nom et de ces deux mots enfouis sous terre…

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H2 : Je voulais juste me souvenir que je les avais enterrés… Tu comprends ? Ils appartiennent à un autre temps dépassé. Mais je ne les oublierai jamais ! Je veux juste… partir d’ailleurs. (Silence) PF : Et Lui ?

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H2 : A Veugle ils ne nous trouveront pas…

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Ils se regardent puis s’assoient face au public, sans bouger… (ils sont face à un couché de soleil ou un beau paysage… attendris par le silence, le calme : un autre lieux… Ils ne tiennent pas compte du public et profitent juste d’un moment présent même si ailleurs).

H2 : Est-ce la première fois que nous venons ici ?

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4 (porte le costume de H1 et annonce depuis l’écran comme sur scène en tournant le dos au public)… Des H0/H00 se tiennent derrière lui et applaudissent : La première réunion de notre union se tiendra cet après-midi… Je solliciterai votre attention… Pour qu’à l’avenir le dialogue soit fait et construise la rencontre tant attendue mais jamais atteinte. Merci encore à vous tous… Courte extinction de lumière suivie d’un
flash lumineux.

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Le décor d’intérieur est remis (par les H0/H00) très vite dans l’agitation et le bruit (joué)… Saut inattendu dans le temps. H2 s’assoit sur le premier fauteuil venu puis attend… Long silence, ancrage, calme… Tout se repose – coupure d’électricité, puis retour faiblard de la lumière (lampe avec ampoule et à allumage lent).

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H2, plus calme : J’ai cette vague idée que rien ne m’aurais retenu ici… une chambre minable, une vue sur rien, des en-vies… oui des en-vies en bocaux… Comme boire, manger et boire et dormir et reboire tant qu’il est encore soif ! Ne plus dormir avec tout ce café dans le sang… Je m’dégoûte… Ce n’est même pas du café : c’est du Kroumf (en regardant un pot de café sur sa table) ! Et j’ai de moins en moins envie… Je préfère mes conserves maintenant ! Me préserver de ce que seule la vie garde en réserve ! À quoi cela peut-il me servir de rembobiner tout ça ? On ne peut pas revivre son passé, alors que… tout est là ! Il hurle puis grimace,
fait le clown ou imite un lapin, une grenouille avant de se jeter dans un fauteuil où, après un peu de calme, il s’endort… nécessite une bonne « improvisation ». Les H0/H00 le portent dans un autre fauteuil… et remettent quelques bibelots en place et rajoutent des éléments choisis, anachroniques, grotesques. La lumière diminue, la nuit tombe (la lumière projetée sur l’écran s’éteint et ne se rallume pas)… puis la lumière revient doucement (avec le jour). Dans ce temps, on entend des annonces radiophoniques invitant au calme et à l’arrêt d’émeutes. Les H0/H00 restent sur scène, assis en demi-cercle devant H2. Ils installent un écran en silence… Les images projetées d’autodafés laissent seulement place à une réalité pleine de bonheur, de sourires et de liesse.

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SEPTIÈME PARTIE
L’écran s’éteint. Puis H2 s’éveille.

H0 : Bonjour. Bien vécu ?
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H2 (Le texte souligné indique que le peuple parle : voix extérieure. HD est sur scène à orchestrer, à danser, à courir : effervescence.) : On a chanté que rien ne serait plus comme avant. 90% de la population a cru à ce rêve si bleu. (Souligné : Pas forcément dis… Portrait de ce qui peut être joué sur scène.) Et on a déposé des dizaines de pelotes de laine d’un bleu prussien (si le costume le permet des pelotes sont découpées de ce dernier)… Des brouettes emplies de ces belles pelotes bleues bringuebalées, bondissantes… de ces fils fuyards qui s’en mêlent, qui s’en fuient… Des enfants qui rient. Un amour inconditionnel pour l’avenir ou plutôt une joie du présent… une satisfaction béate ! Des enfants crient tant ils sont tous heureux, là, à jouer avec ces bouts d’laine qui s’entassent dans les rues et qui enflent… qui enflent … qui enflent… Ils ont laissé leurs espérances dirigées par eux, se sentant plus que jamais soudés, unis dans ces idéaux... HD est accompagné par de plus en plus de monde (des personnes rentrent sur scène) : Hier, nous vous promettions le changement… Aujourd’hui, je vous promets de ne plus faire les erreurs passées ! Hier est dépassé… Les craintes de le revivre ont fait de nous des hommes angoissés et fatigués de tout ce bagage affligeant… De tous ces souvenirs macabres, qui, toujours plus vieux soient-ils, nous sont reprochés comme aux premiers jours… Je vous promets la différence permanente… Un oubli des mots d’échec pour des horizons accueillants : une vie réussie ! (ils sortent.)

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2 et 3 qui étaient en spectateur…

2 : En somme, ils avaient bien raison là-haut… Une nouvelle ère commence ! Une ère de miracles prônés par des miraculés qui s’en prennent aux dieux. 3 : Odieux… T’as bien raison… On ne peut pas rester les bras croisés à les entendre, à les voir, maintenant si heureux face au drame qu’ils bâtissent.
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3 : Ils défoncent les portes, ils démurent… Puis ils bouclent tout : nul lieu où se cacher, où ne pas être retrouvé. 1 : À Veugle, il fait nuit… C’est beau… 3 : Une flamme… crépitement nocturne. 1 : Hé dis… hé ? Tu… c’est vrai que c’est beau… (Silence.)

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3 : Nous ne sommes plus très nombreux. 1 : Que vont-ils faire de toutes ces pelotes ?

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3 : Ils vont tisser, repiquer, découper… 1 : Et celui qui les fait rêver portera ce manteau d’histoires tissées entre les hommes…
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4 : Tant de bonheur ! 1 : Au diable ! 4 : Oui (ou cris de joie alors qu’il se sépare de ses pelotes de laine) ! Ils se battent (3 empêche 1. 4 ne comprend rien.) 1 : À quoi bon ? Laisse-le !

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3 : Ils ne voient rien venir… Rien. Face à un grand brouillard qu’ils n’osent traverser… 1 : Et On leur a tout pris… en leur promettant la lune… 3 : Ils ne la regardent plus. Ils sont « pressés » Lui avait-il dit. Elle est belle ce soir. 1 : Elle doit se sentir bien mal aimée par tout ceux et celles qui l’oublient cette « sphère ». 3 : Alors, c’est fini ? Les farces, les inepties, les choses de la vie, les interdits, les nuits de fête et d’oubli passagère, les courses après son ombre?… les folies de la vie qui la rendent… 1 : Vivante !

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3 : Ces histoires qui font vivre debout, ces savoirs et ces doutes de toujours… ce silence… 3 : Ces mots qui lançaient les journées des hommes dans l’inconnu de leur temps. 3 : Et si on dormait ?

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1 : Bonne idée ! 3 : Comme les ours. Et on reviendrait voir, un siècle ou deux plus tard, si tous les fous sont morts ou réveiller les derniers… Debout les petits choux ! Debout, debout, debout, debout, debout, debout, debout… 1 : Des comme nous il n’y en aura plus beaucoup ! Les autres ours auront trois oreilles au moins et des palmes au bout des pates arrière ! 3 : J’aime les ours ! Ils sont si doux dans leurs grottes à entendre le temps passer, à dessiner sur les murs des histoires rêvées…

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1 : Tu crois que les ours, ceux qui dorment… tu penses qu’ils sont plus intelligents ou plus heureux ?
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3 : Dors, et tu verras bien ! 1 Ils doivent ruminer leurs histoires et imaginer leurs futures conquêtes amoureuses, s’inspirant du vide qui les protège… de ces yeux fermés… pour dessiner comme aux parois des grottes… 3 : Et sentir les poils qui leur poussent sur le dos… (Ils sont très joueurs)

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1 : Sur les oreilles… C’est là qu’ils sont le plus long à leur réveil ? 3 : Sûrement ! Mais ils ont tellement voyagé, vu… vagabondant dans des restes d’avenir. 4 : J’aimerais bien être coiffeur d’ours… J’ai toujours voulu aider les ours. 3 : Je pense que ça pousse mieux sur les épaules… C’est plus pratique les épaules poilues… 4 : C’est plus utile les épaules poilues pour les ours… 1 : Même pour les albinos ou ceux aux yeux bleus ! 4 : C’est beau, les yeux des ours… 3 Surtout, lorsqu’ils ont les yeux bleus et quand ça mange du caramel à la cacahouète… 1 C’est bon les cacahouètes… pour les moustaches (Ils s’endorment tout souriant). Voix off (HD) forte : « La Grande Co-Média ! Laissez nous rentrer ! » H2 : C’est que j’étais en train… (Paniqué) en train oui… de dormir. HD (rentre par les coulisses) : Il se fait tard… Je me suis toujours demandé ce qu’il y avait dans cette bâtisse… H2 : Vous venez pour quelles raisons ? HD : Ah c’est vous ! Je croyais que nous étions d’accord ? Je vous ait attendu à la boutique… Ca fait déjà un mois de ça. Vous dormiez ? H2 : C'est-à-dire que…

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HD : Oui les MédiCamants… Il vous en reste ? H2 : Quels médicaments ? HD : Vous êtes venu me voir… Je savais que la dose était trop forte !

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H2 après réflexion : Ah oui vous enquêtiez sur mon passé, ça fait long temps… je n’ai pas besoin de vous… J’ai mieux à faire maintenant.
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HD : Ne dites pas de sottises ! Je venais juste vous dire de diminuer les doses prescrites : vous devriez… vous vous sentirez mieux avec la moitié. Je vous redonne ma carte de visite, tenez... H2 : Je… HD : C’est la seule chose à faire pour retrouver votre vue et votre sang froid.

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H2 : Je ne suis plus à Veugle depuis que j’ai retrouvé cette « formidable capacité qu’est la vision »… J’ai perdu tous mes souvenirs, mes rêves… elle est partie, vous avez ce que vous vouliez, sortez d’ici avant que je ne vous fende le crâne en deux ! HD : Vous n’y voyez pas plus clair… je ne parlais pas de mon visage mais d’hier. C’est toujours aussi flou pour vous… Vous avez tout oublié et même vos souvenirs intimes quand, à votre enfance vous dessiniez le monde avec des crayons… H2 : Je… HD : Maintenant c’est Lui qui vous regarde, tout entier. Passez à la boutique à l’occasion, récupérer vos affaires et discuter shopping autour d’un lait de coco. Mais vous avez déjà bien fait le ménage…

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H2 : Sortez… HD : Une dernière petite question : Pourquoi vous obstinez vous à garder cette casquette et cette pelote de laine ? H2 : Ils sont tous mes restes des passés… Prenez le reste je n’en ai plus besoin… Mais vous le savez déjà. Partez maintenant.

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HD retire les éléments du décor et le sort par les coulisses puis sort à son tour.

H0 à l’écran ou en voix off : Je suis fou… (Succèdent d’autres personnes telles que PF et
PF2 ou H2.. qui reprennent cette réplique comme des condamnés.)

H0 : Le nouveau pouvoir est déjà en place. Que vous est-il arrivé enfin ? H2 : La Co-Média se positionne déjà sur les rempares qu’elle a montés pour se cacher du temps, du dehors : des Maux et des forêts profondes, des coins obscurs, des bastions perdus, des ombres dissimulatrices… des puits sans lumière où vivent lutins et farfadets. Extinction de l’écran progressif. Un H0 qui avait réveillé H2 : Cet après-midi, tu vas revoir celle que tu ne nomme plus… une première fois. Tu… (H2 acquisse d’un geste) Bien !
1410 Tout le monde, sauf H2, sort de scène. Une série de regards (yeux ouverts de face) sont projetés, sur deux écrans... cela répond directement à la suite de personnes venues annoncer leur folie… Elles pleurent et sont souriantes (filmé au préalable).

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H2 est dans une réflexion qui va peu à peu le submerger et dans laquelle il va rentrer et changer d’espace. Il peut, pour différencier les degrés de présence, agir librement (en se préparant à manger ou en nettoyant son appartement..) et perdre peu à peu la concentration sur son activité et la donner plutôt à ce qu’il pense. Les questions qu’il se pose trouvent alors une réponse… L’idée est donc qu’il se parle et prenne peu à peu conscience de son état… PF peut être face à lui mais il ne s’adresse pas à elle qui le regarde. La présence de HD est possible.

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[Texte Souligné : H2+HD/ Emphase : H2+PF] H2 : Regarder les choses en face. Lui doit regarder les choses en face à l’heure qu’il est. Mais les choses les plus proches, les plus collées à nous. Si près qu’une table sue l’époque d’un temps baigné d’amour, de marmots, d’alcool, de silence un mois d’août… Et, dans l’œil de l’autre, on ne voit que le sien, celui de l’incertitude d’un néant refermé sur luimême… que des joies, des tristesses, des moments seuls, existant solitaires… entre eux et pour eux : sueur du vide. Ruines, friches, accrochées à ce qui se construit sans elles… Lui n’y voit rien dans son histoire ! HD fanfaronne avec H1 ils sont là pour le déstabiliser... H2 : Il y a ce même silence dans un œil sourd : une impassible concentration sur ce qui reste autour malgré tout… A ce regard ouvert, cet iris béant… regard sur un océan sans côtes… Le regard ouvert dans les deux sens… tourné vers les deux mondes : vu ou non de tous ; existant ou non pour tous… estuaire accueillant la vague à lame, étincelle Prusse dans ce vert hypnotique...
HD et PF se battent, ils parlent entre eux, H2 est un objet de leur convoitise.

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H2 : Le regard ouvert dans les deux sens… Il y a ce jardin abandonné si près de soit qu’il en est invisible, caché d’habitudes… cette lueure dans l’œil, l’immensité du regard ouvert de l’enfant… moment indicible de vulnérabilité. Il n’y a pas tant de souffrance que ça. Souvent du vide, de l’absence à combler… PF : Tu vois que je n’ai pas disparu !

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HD : Il veut savoir qui est son Oncle sa mère… Pourquoi le monde lui a été caché si longtemps… H2 et PF : désemparés : Je n’ai eu de cesse d’être à Veugle pour espérer le meilleur et construite l’horizon de mes rêves… HD : Un passé qui s’efface pour te laisser nu.

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PF : Un vide abyssal solitaire reculant les frontières… HD : Sombre… happé par un avenir de décombres… PF : … Te laissant modeler les prises sur cette paroi glissante. HD sort. H2 (parlant de plus en plus fort il fait face et s’affirme) Quand elle m’a regardé dans les yeux, elle a pleuré. Elle se voyait comme je l’avais vue… unique force et réalité

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au monde… Ces pas de danse au parc… Elle comprit que non, jamais je n’avais pu l’oublier… Que Veugle était là, tout proche… PF : Allez, petit ! Il nous manque assez… H2 : C’est pour cela que nous sommes partis ? C’était toi dans le train en partance pour le Franklinzin ?

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H2 s’est placée au centre de la scène, recroquevillé, la tête cachée entre ses jambes… Puis
les H0 remettent le décor du train – Le premier, épuré, ce qui signifie qu’un élément doit l’énoncer –. Ils disposent des journaux au sol qui tapissent alors la scène comme des feuilles mortes. Abandon des lieux (des sonorités rappelant celles du vent peuvent aider à constituer ce décor d’absence, de vide : Lieu de potentiel, espace où il est encore

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possible de ne plus entendre parler de Lui… H2 se relève alors qu’on entend la chute d’un immeuble : La Grande Co-Média s’effondre… Et un repère lumineux, comme au début de la première partie est reproduit
(lumière frontale au public). A la place de la vidéo des regards la vidéo de métro est projetée sur les écrans : lieux vides, déserts… lenteur.

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PF : Je ne veux pas te déranger… Ca va ? Si… Si tu as besoin de quelque chose… on est à côté. H2 : Merci… ça ira.
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H2 ou voix off (car il est seul et se parle en s’adressant à PF) : Le métro clôt ses portes, et nous reprenons la route (les écrans remontent). Et de notre siège, le regard reflété sur le dehors, nous voyons cette station toute entière qui s’éloigne, dans la nuit. Le quai, les lampes, les pancartes, le public qui attend… Elle m’a souri. J’ai répondu par le même sourire encourageant… C’est la seule chose qui me resterait à mon départ, au terminus. Tout le monde, par la fenêtre, l’a regardée, stupéfait par tant d’ingéniosité. Une pelote de laine atterrit dans ma poche… elle était de couleur et vous me dites que c’était cela « une couleur » (Une multi-diction en plusieurs langues : « rouge »). Je pense que, pour une fois, le monde vit quelle humanité il devrait engendrer : plus cruelle, plus dépecée, plus conscience d’ellemême pour voir le monde par ses yeux fermés. Volonté d’un homme à Veugle. Et On la regarda se vider de son sang : elle n’était déjà plus. Au prochain arrêt, elle devrait descendre sans me dire « au revoir » : être la même inconnue… inspirée dans la vie d’un autre. Lui en mourût un peu aussi… Oui un peu… Juste assez pour perdre son image.
PF sort. Un H0 présent au réveil de H2 : En un regard, tout cela ?

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H2 : Je ne crois pas que nous nous soyons revus depuis… Aura-t-elle fait un pas vers moi

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cette vie qui me dépasse ? Un rayon de soleil… Un seul tout m’est revenu. Il sort de scène.

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H2 : (H0/H00) C’est ce qu’on appelle « retour » ? C’est à toi que j’ai acheté mon dernier rêve ? Une pierre tombale, au hasard d’un larcin fleuri… Un cœur essoufflé… une telle présence qu’il ne s’en relèvera pas… Telle une pierre tombée… Tant de… Et il n’a rien dit… si bien que la question n’existerait plus… Nous nous nous nous… nours nous… nounou nous nours… nounours… Inutilité sans fond… Aux portes du parc fermé.
Les H0 et H00 sortent.

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ÉPILOGUE
H2 : Nous ne formions plus qu’un. Elle connut les battements d’un cœur, le froid du vent sur sa peau, la conscience du poids de ses os, de la tension de ses muscles… Une concentration… une présence spontanée qui fait d’un acte une réalité qui se répond en conséquence…
*Il faudrait trouver un moyen physique d’exprimer cette conscience du monde liée au corps, incarnée. Je pensais à l’introduction d’une chorégraphie (danse).+ PF2 rentre sur scène aveuglée par un flash. H2 se met derrière elle comme elle l’avait fait au début de la pièce, éclairage de H2 due dessus, douche ne l’éclairant que lui (retournement de situation).

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H2 : en sortant… Voit ce qu’est l’abandon de ses repères, de sa vie… PF2 : Tout m’agresse… Oui j’arrive… Où donc ? Oui mon petit, tout va bien… Prague ?
Note pour les prochaines répliques : quand H0 coupe PF, c’est comme s’il avait laissé échapper un mot en respirant ce qu’elle allait lui dire.

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PF2 : Je me suis sentie… H0 : …vide… On sait. PF : Alors, pourquoi n’avoir rien fait ? H2 : C’était le mieux à faire… Te laisser le temps de croire en moi.
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H0 : Être aussi à Veugle… sourde… muette… incertaine… unique… intelligente… cruelle… juste… réelle… solitaire… amoureuse… seule… oubliée… perdue… belle… étonnante… joyeuse… sans nom… sans visage… PF2 : Pour lui… H0 : N’y retourne pas avec lui… c’est à la porte qu’il doit se cogner, gratter. On a failli le perdre la dernière fois… Ça faisait trop d’y être pour lui… trop à saisir pour un être de Veugle. PF2 : Mais il était si libre… Qui va m’accompa… H0 : Tu accompagneras H2… il porte le nom que nous lui donnerons. (Souligné :
avec d’autres H0/H00.)

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PF2 : Je… H0 : Il n’y aura plus rien, même au-dehors… rien que toi, nue. Voilà qui il est maintenant… de quoi oublier et se réinventer… PF2 : Pour qu’il…

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On entend d’avantage les cris du vent. 1535

H0 : Promet-moi seulement de lui laisser la place. Toi aussi, tu vas disparaître… comme l’oncle. Lui sera le seul à rester vivant. Les avenues seront vides et, enfin, il n’y aura plus d’avenue. Il lui faudra ce silence pour écouter et ne plus rien æntendre… Seul face à la toile blanche qu’il aura dépeinte… PF2 : Pour qu’il y ait de nouveau assez de place pour le voir…

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H0 : Oui… tout recommencer. PF2 : Tiens… (lui tant une pelote reprise à H2) H0 Merci. PF2 : N… H0 : Montre-lui comment réincarner le monde à sa manière… Ce dernier homme de Veugle… PF : Et tout son oubli lui donnerait une nouvelle liberté… vierge mais à son image… sans même qu’il s’en souvienne. H2 entré par les coulisses du fond : Ne m’appelle plus Marcel.

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PF2 : Je t’aime. Tu n’a jamais raison et juste envie… H2 (sortant une pelote de sa poche) : Je ne pouvais pas tout laisser tomber… J’ai fait un rêve… je n’ais pas pu te laisser m’abandonner à eux. Prends cette pelote et quand tu voudras te souvenir de toi sers ce bout de moi entre tes doigts.

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PF2 : Plus maintenant… Ca va aller, ça commence, ça commence... Rêveilles toi… je reste à côté de toi, voilà… H2 : Et si dehors j’avais oublié quelque chose ? Si… Dans le jardin. Je cours. Le ciel est plus beau que tous les ciels… Je sens tout mon souffle, tout mon corps, l’herbe sous mes pieds… Je cris ! J’ai le souffle court… je regarde… j’échappe, j’ai le cœur qui bat… Un rire dans le silence, un sourire, un œil qui me cherche, des larmes… je m’écoule… léger, au sol vert. Mon cœur sur l’herbe… un œil qui me cherche, mon cœur qui me traverse, un rire qui m’éveille. Je suis tout présent… Le souffle cour, je regarde… j’échappe, j’ai le cœur qui bat, la tête ici. Un silence puis un son, un mot, un œil qui me cherche, un sourire… Le vent qui vibre, la terre sous les pieds… je m’écoule… léger, au sol vert. Un rire m’éveille. Le souffle cour, je regarde… j’échappe, j’ai le cœur sans questions… L’heure y est, la terre sous les pieds, le vent qui siffle, un oiseau qui passe, les mains entre dans les cheveux… Mon cœur sur l’herbe… un rire qui vermeil, mon cœur qui court encore, qui tourne sous le soleil, le ciel si bleu. Et j’y suis, pour de bon. Dans le jardin. Je cours. Le ciel est plus beau que tous les ciels… je m’écroule… Plus de ques-

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tions, juste le temps qui ne s’en pose plus. Rien entre moi et le présent, plus rien… juste moi et le présent qui court devant moi, le soleil, une main dans les cheveux, du vert dans les yeux. Mon cœur y va… J’ai toujours… J’avais oublié… Ça me manque… Laisse-moi sortir ! J’ai fixé le soleil. PF : Oui. H2 : C’est comme ca que c’est arrivé ? PF et H2 : Oui. PF : On… je… On n’y retournera pas ? Jamais ?

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H2 : Non… jamais plus. PF : C’est le dernier rêve que j’ai vu ? H2 : Oui. PF : Tu sais… sers moi dans tes bras ca suffira. H2 : Chut… Il faut que tu y retournes… seule, avec toi, que tu prennes l’herbe entre tes mains, que tu t’y allonges et regarde le ciel… PF : Mais… H2 : Si… tu verras. Fais-toi confiance à présent.

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PF : Je… H2 : Moi aussi… si tu savais comment !
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PF : Tu… H2 : Tout est si simple finalement… Il te laissera repartir si tu lui demande. PF : Nous…

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H2 et PF : Réveille-toi, ouvre les yeux… à nouveau. H0/H00 : Personne n’est sorti de la grande bâtisse… Les plus fous attendent aux pieds des grands chênes… On fut fort sage et libéra les quelques secrets qui pouvaient réconcilier les hommes. On descendit, pour finir, protéger les rêves et enseigner le passé qui fut caché aux hommes… pour que l’avenir ne recommence pas ! Mise en scène entre H2 et PF similaire à celle à l’ouverture en première partie…

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