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Analyse de la Chartreuse de Parme

« La Chartreuse de Parme » est un roman en deux volumes de Stendhal publié en 1839. L’œuvre est
aujourd’hui considérée comme une pièce majeure de sa bibliographie. La compréhension du livre passera ici par
trois points distincts : l’analyse des lieux du roman, le rôle des personnages et le style imprimé par l’auteur.

Les lieux du roman
Stendhal choisit de placer son histoire dans un cadre étranger, plus propice aux romans d’aventure. Souvent
discuté, le choix de la ville de Parme comme lieu de l’action est expliqué par son auteur lors d’un échange
épistolaire avec Balzac. Il voit en Parme le lieu le moins dangereux d’Italie. En 1838, moment de l’écriture du
roman, le duché de Parme et Plaisance se trouve dans une situation politique particulièrement calme. La ville est
à l’abri de tout acte de violence, puisqu’elle n’entre plus dans le cadre des rivalités des puissances occidentales.
Elle est administrée par la seconde épouse de Napoléon Ier, Marie-Louise. Stendhal visitera d’ailleurs la ville
avant d’entreprendre l’écriture du livre, qu’il trouvera assez banale.
Le récit de « La Chartreuse de Parme » s’opère dans un cadre résolument réaliste. Pour autant, Stendhal
insuffle une bonne part d’imagination à l’histoire, notamment dans les lieux traversés. La description
topographique de la ville se montre volontiers fantaisiste, selon les désirs de l’auteur. Il invente un régent à la cité,
le fictif Ernest-Ranuce IV Farnèse, ainsi que l’un des hauts-lieux du roman, l’imposante Tour Farnèse. On peut
voir là l’un des traits récurrents du roman, propre au style de Stendhal : le recours à l’ironie pour sublimer la
fiction.

Le rôle des personnages dansLa Chartreuse de Parme
De nombreux personnages parsèment cette fresque historique. Fabrice del Dongo est le héros de l’histoire :
jeune, naïf et d’une grande beauté, cet aristocrate découvre la guerre en participant à la bataille de Waterloo, puis
fait l’expérience de la vie de cour, à Parme, où il rejoint sa tante. Par bien des aspects, il correspond aux canons
des héros masculins qui apparaissent dans l’œuvre de Stendhal. Volontaire, énergique, il se démarque par sa
soif d’aventure et d’accomplissement. Il se révèle néanmoins original dans la mesure où il est débarrassé des
passions négatives des habituels personnages stendhaliens. Généreux et ouvert aux autres, sa carrière n’est pas
son but principal, sa quête réelle étant la recherche du bonheur. Il ne survit d’ailleurs pas à la perte de la femme
qu’il aime, Clélia, et de leur enfant.
A côté du héros, les autres personnages ont tous une fonction propre. Sa tante, la duchesse Sanseverina, est
la figure tutélaire du récit. Elle protège le héros, le sauve et le défend, puis finit par tomber amoureuse de lui, sa
jalousie devenant l’un des moteurs de l’action. Clélia est la jeune femme amoureuse caractéristique de toute
histoire romanesque. Elle trahit sa famille pour son amant, mais sa moralité irréprochable l’empêche de profiter
du bonheur. Le comte Mosca, politique manipulateur, est le personnage le plus lucide du roman. Il épouse
finalement la duchesse Sanseverina, et demeure l’un des seuls personnages principaux en vie à la fin du récit.

Le style romanesque et poétique
L’inspiration de Stendhal est à chercher dans les chroniques italiennes de la Renaissance et les récits militaires
contemporains. Il ne cherche pourtant pas le réalisme à tout prix, et use souvent de subjectivité pour donner du
sel au récit. C’est le cas dans la scène de la bataille de Waterloo, où les remarques ironiques de l’auteur
retranscrivent la naïveté du héros. Cette ironie, qui imprime tout le texte, transparaît dès l’« Avertissement »
par lequel s’ouvre le livre.

Stendhal opte pour la satire lorsqu’il s’agit de décrire la vie de cour et le fonctionnement de l’Etat. dans lequel le style lyrique de Stendhal fait merveille. . Derrière le roman d’aventure se cache un récit sur les amours heureux ou contrariés. au moyen d’un style poétique recherché. Les remarques acerbes qu’il destine à cette cour imaginaire de Parme sont bien évidemment transposables aux gouvernements existants à son époque. L’ironie est enfin contrebalancée par le déploiement d’un véritable idéal esthétique.

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