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Carlos Castaneda - 1968 - L'herbe du diable et la petite fumée

Carlos Castaneda - 1968 - L'herbe du diable et la petite fumée

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dredi 29 octobre 1965
Le jeudi 30 septembre 1965, je suis allé voir don Juan. Ces états de réalité non-ordinaire
s’étaient répétés, malgré mes efforts pour m’en débarrasser, sur les conseils de don Juan. Il
m’a semblé que cela empirait, et la durée de ces états augmentait. J’étais devenu très sensible
au bruit des avions. Lorsqu’ils passaient au-dessus de moi, leurs moteurs captivaient mon
attention, à tel point qu’il me semblait suivre l’avion, ou même être à bord. C’était une sensation
inquiétante, car je ne pouvais y échapper.
Don Juan m’a attentivement écouté lui donner tous les détails. Sa conclusion : je souffrais d’un
manque d’âme. J’ai précisé que ces hallucinations s’étaient répétées depuis la dernière fois ou
j’avais fumé ces champignons, mais il a affirmé qu’il s’agissait d’une évolution. D’après lui,
d’abord j’avais eu peur et j’avais rêvé de « choses sans signification ». Maintenant je me
trouvais vraiment ensorcelé. La preuve, le bruit des avions suffisait à m’emporter. D’ordinaire,
affirmait-il, c’était le bruit d’un ruisseau ou d’une rivière qui pouvait ensorceler un' homme ayant
perdu son âme, pour l’entraîner à la mort. Il m’a demandé de lui décrire tout ce que j’avais fait
juste avant ces hallucinations. Je lui ai raconté tout ce que j’ai pu retrouver. Et c’est d’après ces
données qu’il a déterminé l’endroit où j’avais perdu mon âme.
Don Juan semblait sérieusement inquiet, ce qui n’était pas fréquent chez lui. Et cela n’a fait
qu’augmenter mon inquiétude. Il ne savait pas trop qui pouvait bien retenir mon âme
prisonnière, mais c’était certainement quelqu’un qui souhaitait me tuer, ou au moins me rendre
très malade. Il m’a ensuite donné des instructions très précises concernant une « attitude de
combat », une position qu’il me faudrait garder alors que je serais à l’endroit bénéfique que
j’avais découvert. Il était indispensable de conserver cette position de combat (una forma para
pelear).
Je lui ai demandé à quoi cela allait me servir, et contre qui j’allais me battre. Il m’a répondu qu’il
allait partir à la recherche de ce qui m’avait pris mon âme, pour essayer de la reprendre.
Pendant tout ce temps, j’étais censé rester à ma place bénéfique, pour attendre son retour.
Cette position de combat était en fait une précaution, au cas où il se passerait quelque chose

pendant son absence, et je devrais m’en servir si l’on m’attaquait. Cela consistait à me frapper
le mollet et

L’HERB

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