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Le Mensonge d'Ulysse - Paul Rassinier, 1950

Le Mensonge d'Ulysse - Paul Rassinier, 1950

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05/25/2014

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« Dans les premières années, le personnel sanitaire [199] n’avait aucune
compétence. Mais il acquit peu à peu une grande expérience pratique. Le premier Kapo
de l’infirmerie de Buchenwald était, de son métier, imprimeur ; son successeur Walter
Kramer était une forte et courageuse personnalité, très travailleur et ayant le sens de
l’organisation. Avec le temps il devint un remarquable spécialiste pour les blessures et
pour les opérations. Par sa position le Kapo de l’infirmerie exerçait dans tous les camps
une influence considérable sur les conditions générales d’existence. AUSSI LES
DÉTENUS2

NE POUSSÈRENT-ILS JAMAIS UN SPÉCIALISTE À CETTE PLACE,
BIEN QUE CELA EUT ÉTÉ POSSIBLE EN DE NOMBREUX CAMPS, MAIS UNE
PERSONNE QUI FUT ENTIÈREMENT DEVOUÉE À LA COUCHE RÉGNANTE
dans le camp. Lorsque, par exemple, en novembre 1941, le Kapo Kramer et son plus
proche collaborateur Peix furent fusillés par la S.S., la direction de l’infirmerie ne passa
pas à un médecin, mais elle fut confiée, au contraire à l’ancien député communiste au
Reichstag, Ernst Busse qui avec son adjoint Otto Kipp, de Dresde, s’attacha au côté
purement administratif3

de ce service dont l’activité ne cessait de croître, et participa
grandement à la stabilisation grandissante des conditions d’existence. Un spécialiste,
placé à la tête de ce service, aurait sans aucun doute mené le camp à une catastrophe car il
n’aurait jamais pu être capable de dominer toutes les intrigues compliquées et allant fort
loin, dont l’issue était bien souvent mortelle. » (Page 135)

On frémit à la pensée que semblable raisonnement ait pu être produit sans
sourciller, par son auteur, et répandu dans le public sans soulever d’irrésistibles
mouvements de protestations indignées. Pour en bien saisir toute l’horreur, il importe
de savoir qu’à son tour le Kapo choisissait ses collaborateurs en fonction
d’impératifs qui n’avaient, eux non plus, rien de commun avec la compétence. Et de
réaliser que ces soi-disant « chefs des détenus », exposant des milliers de malheureux
à la maladie, en les frappant et en leur volant leur nourriture, les faisaient soigner, en
fin de circuit, sans que la S.S. les y obligeât, par des gens qui étaient absolument
incompétents. [200]

Le drame commençait à la porte de l’infirmerie :

« Quand le malade y était enfin arrivé, il lui fallait d’abord faire la queue dehors
par n’importe quel temps et avec des chaussures nettoyées. Comme il n’était pas possible
d’examiner tous les malades, et comme il se trouvait d’ailleurs parmi eux toujours des

1

David Rousset a également fait état d’une ordonnance du IIIe Reich sur la protection des
grenouilles, et il en a rapproché le texte de l’impensable régime imposé aux concentrationnaires. Est-il
besoin de remarquer que la France républicaine possède, elle, des recueils entiers de textes légiférant
sur la protection des grenouilles, des poissons, etc. tous les ans répercutés à tous les échos par toutes
les Préfectures ? Et qu’on en pourrait tirer d’heureux effets de plume, si on les rapprochait de ceux qui
concernent l’enfance malheureuse, ou le sort des peuples coloniaux, voire le régime pénitentiaire ?

2

Cette généralisation est abusive : il s’agit seulement de ceux qui s’étaient improvisés leurs
chefs à la faveur de l’autorité qu’ils détenaient des S.S..

3

Tous les détenus de Buchenwald peuvent témoigner que son point de vue était prédominant

en matière sanitaire et médicale.

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détenus qui n’avaient que le désir compréhensible en soi de fuir le travail, un robuste
portier détenu procédait à la première sélection radicale des malades. » (Page 130)

Le Kapo, choisi parce qu’il était communiste, choisissait un portier, non parce
qu’il était capable de discerner les malades des autres ou, entre les malades, ceux qui
l’étaient le plus de ceux qui l’étaient le moins, mais parce qu’il était robuste et
pouvait administrer de solides raclées. Il va sans dire qu’il l’entretenait en forme par
des soupes supplémentaires. Les raisons qui présidaient au choix des infirmiers, si
elles n’étaient pas de même nature, étaient d’aussi noble inspiration. S’il y eut des
médecins sur le tard, dans les infirmeries des camps, c’est que les S.S. l’imposèrent.
Encore fallut-il qu’ils vinssent, eux-mêmes, les séparer de la masse, à l’arrivée des
convois. Je passe sur les humiliations, voire les mesures de rétorsion, dont ces
médecins furent victimes, chaque fois qu’ils opposèrent les impératifs de la
conscience professionnelle aux nécessités de la politique et de l’intrigue.
Eugen Kogon voit des avantages au procédé : le Kapo Kramer était devenu
« un remarquable spécialiste pour les blessures et pour les opérations » et ajoute-t-il :

« Un bon ami à moi, Willi Jellineck, était pâtissier à Vienne. À Buchenwald, il
était croque-mort, c’est-à-dire un zéro dans la hiérarchie du camp. En sa qualité de Juif,
jeune, de haute taille et d’une force peu ordinaire, il avait peu de chances de survivre au
temps de Koch. Et pourtant qu’est-il devenu ? Notre meilleur expert de tuberculose, un
remarquable praticien qui a porté secours à maints camarades et, en plus, un
bactériologue du Block 50 » (Page 324)

Je veux bien Je veux bien faire abstraction de l’utilisation et du sort des
médecins de métier que la Häfttingsführung jugea, individuellement et
collectivement, moins intéressants que MM. Kramer et Jellineck. Je veux bien, de
même faire abstraction aussi du nombre de morts qui ont payé la remarquable
performance de ces derniers. Mais, s’il est admis que ces considérations sont
négligeables, il n’y a [201] plus de raison de ne pas étendre cette expérience au
monde non-concentrationnaire et de ne pas la généraliser. On peut, en tout
tranquillité, prendre tout de suite deux décrets : le premier supprimerait toutes les
Facultés de médecine et les remplacerait par des centres d’apprentissage des métiers
de pâtissier et de tourneur sur métaux ; le second enverrait dans les entreprises de
travaux publics, tous les médecins qui encombrent les hôpitaux ou qui tiennent
cabinet pour les remplacer par des pâtissiers ou des tourneurs sur métaux
communistes ou communisants.
Je ne doute pas que ces derniers s’en tireraient honorablement : au lieu de leur
faire grief des morts en tous genres qu’ils provoqueraient, on mettrait à leur crédit le
doigté avec lequel ils triompheraient dans toutes les intrigues de la vie politique.
C’est une manière de voir.

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