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N°4 du jeudi 3 décembre 201 5

Sommaire

Organe de presse mensuel de l'Union pour le Salut National
Prix : 200 FDJ

Page 1 : Le fuyard rattrapé
Page 2 : Meeting USN du 20

novembre: Simplement historique
Page 3 : Quelques témoignages
autour du meeting du 20/11 /1 5
Page 4 : Meeting USN du 20
novembre: Le carton rouge du
peuple
Page 5 : Accord-cadre politique du
30 décembre 201 5
Page 7 : Chine-Djibouti : Ces
projets douteux par lesquels le
régime nous crible de dettes
Page 8 : Le secteur informel
Page 9 : Le Sida: maladie mortelle
et moyen juteux de prédation à
Djibouti
Page 11 : Vous avez dit gestion
des ordures de la capitale ?
Page 13 : Nous ne les oublions
pas

Page 14 : Tribune libre

Siège : Cité Progrès, Djiboutiville
Courriel :
journal.aurore@gmail.com
Tel : 00 253 21 35 84 73
Volume de tirage : 500
exemplaires
Directeur de publication :
Aden Mohamed Abdou
Co-directeur :
Kadar Abdi Ibrahim

Meeting de l'USN du 20novembre 201 5 à Balbala Cheik Moussa

-EditorialLe fuyard rattrapé
Fuir c’est échouer, avons-nous conclu
dans notre précédent éditorial,
particulièrement en politique. Et pour
cause puisque l’on ne peut
durablement fuir les réalités d’un
pays : elles finissent toujours par
rattraper le politicard fuyard.
Les derniers développements de la
situation politique dans notre pays
confirment cette conclusion. Cette
évidence, devrions-nous dire.
En effet, le meeting de masse que
l’Union pour le salut national (USN),
coalition des partis djiboutiens
d’opposition, a tenu à Balbala Cheik
Moussa, dans la capitale
djiboutienne, a rappelé à la réalité le
régime et son chef. En répondant
massivement à l’appel des dirigeants
de l’opposition, le peuple djiboutien a
réaffirmé son choix du changement
qui passe par l’alternance
démocratique. Il a réaffirmé son
aspiration à des reformes

démocratiques immédiates, ce que
prévoir précisément l’accord-cadre
du 30 décembre 2014, afin que
cessent, entre autres abus, les hold-up
électoraux et les atteintes aux droits
humains et libertés publiques. Le
slogan éloquent ‘’Pas de CENI, pas
d’élection’’ a retenti avec une force
rare.
Ce, en dépit de toutes les tentatives,
de toutes les entraves et de tous les
obstacles que le pouvoir fuyard a pu
imaginer pour saboter ce meeting.
Bravant ces agissements du régime,
les démocrates ont afflué à Cheik
Moussa, sur-emplissant le grand
terrain de football jouxtant la caserne
des pompiers. A vive allure, ils ont
provoqué un ras-de marée humain. Il
en a aussitôt résulté un contraste
saisissant avec la petite foule peu
consentante rassemblée le 1er
novembre 2015 sur l’esplanade du
Palais du Peuple par le régime, petite
1

foule convoquée en soutien au projet de 4eme mandat du
président Ismaël Omar Guelleh qui est au pouvoir depuis
mai 1999. Du côté USN, une masse compacte et
enthousiaste de Djiboutiens de toutes les couches sociales;
de l’autre, des rangs clairsemés et contraints de
fonctionnaires et militaires en civil accompagnés de leurs
familles et de ressortissants en situation irrégulière des
pays limitrophes.

A l’inverse, on l’imagine aisément, le meeting a fait exulter
le camp des démocrates djiboutiens. Ils ont savouré la
vérité redite par cette masse djiboutienne majestueuse. Un
sourire de satisfaction sur les lèvres devant la débâcle du
mensonge éhonté.

Pour les observateurs et autres analystes de la politique
djiboutienne, l’USN a confirmé en ce 20 novembre 2015 sa
de force politique majoritaire. Il y a, dans ce pays,
L’impact d’une telle démonstration de force a été position
majorité aussi large que durable (USN) et une minorité
immédiat. Il a été dévastateur pour le régime qui s’est une
instantanément retrouvé à nu. L’événement lui a ôté les durablement déclinante (le régime).
piètres habits de faux et d’archi-faux dont il a tenté de se Le politicard fuyard, qui a n’a pas trouvé mieux que de fuir
couvrir à coups de centaines de millions de nos francs, en avant et de tourner ainsi le dos au peuple, a bel et bien
d’images falsifiées et de chiffres truqués. Le mensonge été rattrapé. Par ce même peuple. Tel un mirage, le
grossier lui est retombé sur la face avec un fracas dont il se mensonge dont il s’est péniblement vêtu s’est dissipé
souviendra longtemps. En cette après-midi du 20 novembre devant le réel.
2015, le khat avait un goût bien amer chez les faussaires et Rattrapé.
leur donneur d’ordres.

-PolitiqueMeeting USN du 20 novembre 2015 : Simplement historique

Quelle massive participation ! Quelle ferveur ! Quelle transportant les militants du PK12, de Buldhuqo (à la
détermination !
périphérie de Balbala) mais aussi de la Commune de
Boualos ont été pour beaucoup refoulés par les gendarmes
qui agissaient sur ordre du colonel Zakaria Hassan Aden,
leur chef d’état-major, c’est-à-dire du pouvoir. Également,
le président mal élu du syndicat des bus, Abdillahi Elmi
Okieh, frère de Djama Elmi Okieh, l’agité ministre de
l’Éducation et gendre du président Ismaël Omar Guelleh,
a intimé aux chauffeurs de bus de ne pas laisser monter à
bord les militants de l’USN sous peine de représailles. Il a
été vu aux abords de l’annexe du parti au pouvoir à Cheik
Moussa, relevant les immatriculations des bus qui
ignoraient ses instructions illégales et antiprofessionnelles. De même, les dignitaires du régime
Un mot, un seul, vient à l’esprit pour qualifier le succès du avaient reçu l’instruction d’organiser chacun un
meeting de masse organisé le 20 novembre 2015 par événement social le même jour et à la même heure que le
l’Union pour le salut national (USN) à Balbala Cheik meeting dans l’espoir d’attirer des sympathisants USN,
Moussa, sur le grand terrain de football jouxtant la caserne d’où les bœufs et autres moutons égorgés ici et là en ce
des pompiers. Ce mot, vous le devinez, vous qui avez pris vendredi 20 novembre, à l‘exemple du jeune Dirieh
part à l’événement ou qui l’avez observé objectivement. Hachim, secrétaire à la jeunesse du parti au pouvoir, ou de
Ce mot ne s’ose pas facilement : Historique. Oui, c’était l’agité ministre de l’Éducation, Djama Elmi Okieh.
historique. Pareille mobilisation était rarement arrivée L’imagination négative du régime fonctionnait ainsi à
sous nos cieux.
plein depuis des jours pour tirer vers le bas la participation
au meeting de l’USN. En vain.
Le qualificatif ‘’historique’’ est d’autant plus mérité que le
régime n’a pas lésiné sur les moyens pour saboter ce Ces tentatives ridicules se sont révélées comme autant
meeting. D’abord, les militants des régions de province d’auto-fracassages contre le roc de la détermination qui
ont été empêchés de venir à ce meeting par les gendarmes anime militants et sympathisants actifs de l’USN. Autant
et policiers localement en poste. Ensuite, les bus d’échecs pour les pense-bas du pouvoir.
2

Pas de bus ? Marche à pied si l’on habite la capitale!
Invitation à relent tribal à quelque festin offert avec de
l’argent mal acquis ? Non, merci ! En avant pour le
meeting de l’USN ! Résultat, insistons: réponse en masse à
l’appel de la direction de l’USN.

nouvelle page de la lutte pacifique s’ouvre avec l’exigence
que l’accord-cadre politique soit appliqué avant la date de
son premier anniversaire du 30 décembre 2015, que la
prochaine élection présidentielle ne puisse se dérouler sans
une véritable CENI, mais aussi avec la détermination de
l’USN à recourir à tous les moyens pacifiques et
constitutionnels d’action pour tenir le pouvoir à ses
obligations.
Bog cusub. Page cusub. Cusbo page.

Il y avait là, entassée sans se gêner, une belle multitude
militante, à l’enthousiasme intact en dépit des efforts
fournis et des sacrifices consentis depuis février 2013, date
de début de la crise postélectorale.
Politiquement, quel message puissant que celui délivré par
l’USN en ce vendredi 20 novembre 2015 au pays et au
monde ! Message clair comme l’eau de roche : une
Quelques témoignages autour du meeting historique du 20 novembre 2015

Haybado Djama, habitante du Quartier Mousquetaire et
mère de quatre enfants dont celui qu’elle portait sur le dos
en ce vendredi 20 novembre 2015: ‘’ Je suis venue à pied
du quartier Mousquetaire pour répondre à l’appel des
leaders de l’USN et prendre part au changement dans mon
pays malgré les intimidations de gendarmes qui nous ont
refoulés à PK12. Il m’a été impossible de poursuivre ce
long parcours jusqu’à Cheik Moussa, avec mon fils de 11
mois sur mon dos. Mon corps s’est épuisé et m’a lâché.
J’ai été récupérée sur la route, au niveau du complexe
hospitalier Al-Rahma, par les voitures des leaders de
l’USN venus lever le barrage installé par les gendarmes. ’’

il y a peu de temps (. . . ). Le moment poignant de l'hymne
national repris en chœur dans les deux langues nationales
par toute l'assistance, les doigts des mains des deux bras
levés en V, m'a même arraché quelques larmes de fierté.
Tantôt les gens chantaient, dansaient, riaient, tantôt ils
écoutaient religieusement leurs leaders avant de s'écrier
comme un seul homme : Vive l'USN, Vive Djibouti, Vive la
République ! Que mon peuple est beau ! Décidément, nous
le savons tous maintenant : En 2016, «RIEN NE SERA
PLUS JAMAIS COMME AVANT À DJIBOUTI !» .’’

Maydaneh Abdallah Okiye (Haut-cadre USN et
journaliste), Mohamed Ibrahim Waiss (Haut-cadre USN
Hiliyeh Hassan Guireh, haut fonctionnaire et ancien et journaliste), Idriss Abdillahi Guedi (Sage USN) et
directeur de la Poste de Djibouti : ’’LE 20 NOVEMBRE Saïd Omar Toukale (jeune militant USN) : ‘ ’Nous avons
2015 : J'Y ÉTAIS ! Malgré l'important dispositif policier,

les interdictions des lignes de bus sur le quartier Cheick
Osman et les limitations de déplacement de la population,
plusieurs milliers de personnes, de tous âges, de toutes
conditions et de tous horizons, ont rallié dès 13 heures,
pour la plupart à pied, le siège de l'USN à Balbala ce
vendredi 20 novembre 2015. La liesse sereine, la
discipline, la courtoisie et la bienveillance altruiste des
gens faisaient tellement plaisir à voir. Plus encore, voir
des policiers fraterniser avec la foule immense et
applaudir aux discours a été une si belle surprise. J'ai
même pu croiser des familles entières venues assister à
cette véritable communion patriotique. Impensable encore,

été illégalement arrêtés par la gendarmerie vendredi 20
novembre 2015 vers 18 heures à Balbala Cheik Moussa, à
la fin du meeting USN, sur le site même où venait de se
tenir ce meeting historique de l’USN. Nous avons été
arrêtés au moment du démontage de l’estrade du meeting
et du ramassage du matériel de sonorisation. Nous avons
été jetés à la brigade de gendarmerie voisine de Cheik
Moussa où le zélé commandant de brigade, Mahdi
Ibrahim Kayad, nous a injustement accusés de troubles à
l’ordre public et nous a intimé de nous dévêtir, geste
dégradant que nous avons fermement refusé. Nous sommes
restés en détention près d’une heure et demie’’.

3

Meeting USN du 20 novembre 2015 : Le carton rouge du peuple

Inconscients de l’abîme qui s’est creusé entre le régime et
le peuple, les flagorneurs continuent à utiliser leur
raisonnement et leurs paroles captieux, le tribalisme,
l’argent du contribuable et la menace pour mobiliser les
djiboutiens pour une énième usurpation du pouvoir du
peuple.
Dans les annexes, dans les meetings ou dans les mabrazes,
ils martèlent le même message : sans notre Président, le
pays court à sa perte. En d’autres termes, le Président
serait ce taureau, selon la légende, qui tient sur ses cornes,
la planète. Ses éternuements seraient à l’origine des
tremblements de terre (souriez si vous voulez, messieurs
les scientifiques). Son départ, il n’en est pas question,
Djibouti va chanceler, voire disparaître, la région va
trembler, selon eux. Le message est relayé non seulement
par ceux qui souffrent, et ils s'en rendent pas compte, du
syndrome de Stockholm - ils redoutent le moment de
séparation d’avec leur bourreau - mais également et
surtout par des sangsues très lucides qui profitent du
système soutenus. Bien sûr, la RTD remporte la palme.
Mais leur argumentation n’est fausse que partiellement. Ils
ne croient pas si bien dire. Jamais dans l’histoire du pays,
un homme n’a impacté aussi négativement les institutions
et leur arsenal législatif. La Présidence, l’Assemblée
Nationale, la Justice, l’Armée Nationale, la Constitution,
les partis politiques et leur statut, le statut des
fonctionnaires, les organisations syndicales, bref l’Etat
n’aura jamais été aussi perverti. Il ne reste que des
bâtiments. Ce verbe sur toutes les lèvres, ces dernières
semaines (chez les défenseurs du changement comme chez
les partisans de l’abrutissement), «pleurer pour le
Président» nous fait penser à cette pratique sociale dans
certaines régions du monde où l'on loue les services de
quelques femmes pour pleurer les morts. L’analogie est
flagrante. Ces femmes tout comme les partisans du « oui »
sont avant tout des prestataires de services, ensuite ces
pleureuses pleurent le disparu alors qu’elles ne le
connaissent pas et leurs rémunérations sont à la hauteur de
leurs cris et larmes de crocodile ; nos comédiens, eux,
savent pertinemment que l’avenir de Djibouti, sera
meilleur avec une alternance politique et un recadrage de
notre façon de gérer la chose publique.

libres, qu’il aspire au changement et à la démocratie.
Le 20 novembre 2015 est un jour pas comme les autres
; le peuple a dégainé le carton rouge. La marée humaine
qui a investi le terrain des pompiers et ses alentours est
une réponse éclatante à la mascarade et la marche forcée
des partisans de la politique de l’abêtissement. Elle a crié
haut et fort que la récréation est terminée (sur une
banderole, on voyait GAME OVER, sur une autre nous
voulons la démocratie en action et disons NON au 4ème
mandat).
Jeunes et moins jeunes, enfin ceux pour lesquels les
notions de démocratie, liberté, justice sociale,
développement socio-économique, épanouissement
intellectuel ont un sens, ont répondu présent à l’appel sous
le regard inquiet et désabusé des schizophrènes du
régime.
Le sursaut d’orgueil de la nation n’a jamais été aussi
éclatant. La « déiogisation » de la république est entamée.
Le peuple, cet arbitre objectif a, en sanctionnant ainsi le
veneur, pardon le meneur de l’équipe, sifflé la fin du
match. Il voyait depuis longtemps que les verts ne
respectaient ni les règles du jeu ni leur adversaire.
Quel arbitre accepterait un ailier qui siffle lui même à
chaque trébuchement de son capitaine causé plutôt par ses
lacets et sa surcharge pondérale ?
Quel arbitre accepterait un stoppeur qui fauche avec ses
tacles et ses pieds levés, malgré les avertissements et les
mises en garde de l’homme en jaune, non seulement les
joueurs de l’équipe adverse mais aussi les supporteurs qui
jonchent le long de la ligne de touche ?
Quel arbitre accepterait un numéro huit, qui évolue à
quelques mètres du capitaine, qui fait des clins d’œil aux
supportrices et sort toutes les deux minutes pour
s’abreuver et abreuver leurs fans auprès de son ami
Boulboul, assis à côté de la touche avec une glacière
pleine de sucreries ?

Quel arbitre validerait la victoire des verts alors que leur
Pourtant, ils continuent. Cependant, ce verbiage des avant centre, seul habilité à marquer, a toujours tiré à côté.
arrivistes se heurte souvent sur la formidable lucidité du
peuple. Depuis les élections législatives de 2013, le peuple L’arbitre, droit sur ses bottes, a sifflé la fin du match. La
ne cesse de montrer, à travers les manifestations et les victoire des oranges est indiscutable.
réunions, les réseaux sociaux et les organes de presse
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Accord­cadre politique du 30 décembre 2014 :
Si à la date du 30 décembre 2015, il n’est toujours pas appliqué, l’USN le
considérera comme dénoncé par la partie gouvernementale

Le 30 décembre 2014, l’Union pour le salut national – l’Organisation d’une session parlementaire extraordinaire
(USN) et le Gouvernement signaient un accord-cadre sur en l’honneur de l’intégration des députés de l’USN.
le dialogue politique dont voici la teneur :
‘’I. Des questions immédiates :
II. Mise en place d’une commission parlementaire
paritaire :
1. Amnistie en faveur des trois religieux qui recouvrent
leurs droits civiques et des membres de l’USN condamnés – Les deux parties conviennent de la mise en place d’une
à compter du 23 février 2013 en vertu de cet accord cadre ; commission parlementaire paritaire sous huitaine à
compter de la date de l’accord cadre.
2. Rétablissement dans leurs droits et fonctions des élus
locaux s’il s’avère qu’ils aient perdus ces droits de manière – Dès la signature de l’accord cadre, les projets de lois
illégale ;
relatifs à la commission Électorale Nationale Indépendante
(CENI), au statut de l’opposition, au code de conduite des
3. Arrêt de tout acte pouvant conduire à des situations de partis politiques seront conjointement discutés, conçus et
tensions entre les pouvoirs publics et les militants de élaborés par ladite commission paritaire qui transmettra
l’opposition ;
dans les 30 jours ses propositions consensuelles de
l’accord cadre au Président de la République pour
4. Rétablissement dans leurs droits des personnes approbation en Conseil de Ministres et pour transmission à
suspendues, licenciées et celles ayant subi des préjudices si l’Assemblée Nationale, en vue de son adoption.
ces faits sont établis ;
III. Partis politiques
5. Intégration des huit (8) députés de l’opposition à
l’assemblée nationale avec le paiement de leurs indemnités Les parties à l’accord cadre conviennent de recommander
à compter du 23 février 2013 ;
aux institutions compétentes de statuer sur les requêtes de
légalisation des partis politiques qui en font la demande.
6. Engagement des deux parties à veiller sur l’exercice de
l’ordre constitutionnel, des lois, des libertés fondamentales IV. Les reformes institutionnelles à court et moyen
en vue de garantir et renforcer ensemble la démocratie en terme
République de Djibouti ;
Les deux parties conviennent de se concerter
7. Réformes Démocratiques et institutionnelles mutuellement, d’échanger des propositions et de dialoguer
immédiates.
en permanence sur toutes les réformes renforçant notre
jeune démocratie en vue de permettre à la République de
Les deux parties conviennent de :
Djibouti de consolider les acquis et de permettre l’exercice
d’une démocratie apaisée. Parmi ces reformes, priorité est
– La réforme de la Commission Électorale Nationale accordée à :
Indépendante (CENI) existante en une commission
Électorale Nationale Indépendante paritaire ;
– La reforme de la loi sur la communication adoptée en
1992 ;
– L’Adoption d’un Statut de l’Opposition Politique ;
– Le renforcement de la décentralisation ;
– L’Adoption d’un Code de Conduite de Partis Politiques
Légalement Constitués ;
– La consolidation et le renforcement de mécanismes
nationaux régulant et garantissant les questions relatives
Les deux parties conviennent d’initier sous huitaine à aux droits de l’Homme et aux libertés publiques ;
compter de la signature de l’accord-cadre :
– L’octroi de la nationalité à qui de droit etc.
– La mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés ;
Des commissions paritaires parlementaires seront
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constituées à l’Assemblée Nationale à la demande de la communication adoptée en 1992, la consolidation et le
l’opposition en vue de proposer conjointement des lois de renforcement de mécanismes nationaux régulant et
reformes consensuelles sur les points énumérées ci-dessus. garantissant les questions relatives aux droits de l’Homme
et aux libertés publiques, l’octroi de la nationalité à qui de
V. Consultations entre le gouvernement et l’opposition droit, etc.
Afin de consolider la jeune démocratie Djiboutienne et
dans le souci d’apaiser la vie politique, les deux parties Les négociations sont dans l’impasse sur l’amnistie des
s’accordent sur l’intérêt et l’importance de se consulter membres de l’USN (autres que les trois oulémas)
condamnés depuis le 23 février 2013 et le rétablissement
régulièrement et mutuellement.
des personnes lésées dans leurs droits (en dehors de deux
VI. De l’Unité nationale face au terrorisme ou trois personnes), dans l’impasse sur le statut de
l’opposition, et elles n’ont même pas débuté sur la CENI,
international
ni sur le code de conduite des partis politiques, encore
Face aux dangers du terrorisme international dont a été moins sur les réformes démocratiques et institutionnelles à
victime la République de Djibouti le samedi 24 mai 2014, court et moyen termes. Sur le statut de l’opposition, le
et face aux multiples défis de l’avenir du pays, les deux pouvoir dénie notamment à ce texte la dignité de loi
parties conviennent de sceller l’Union Sacrée et d’associer organique et à l’opposition le droit de rencontrer les
leurs efforts politiques sur les grands sujets d’intérêt diplomates accrédités en République de Djibouti et les
personnalités officielles (extérieures) en visite sur le sol
national.
national.
VII. Mécanisme de suivi de l’Accord-cadre et de la
mise en œuvre d’une politique nationale apaisée et Ni les questions immédiates, ni les réformes
démocratiques immédiates ne sont donc mises en œuvre,
démocratique
encore moins les autres engagements gouvernementaux,
Les deux parties conviennent d’établir, à compter de la alors que les huit députés de l’USN ont fait leur entrée à
date de signature de l’accord cadre, la confiance mutuelle l’Assemblée nationale dès le 7 janvier 2015 et que l’USN
et d’engager l’exercice d’une politique nationale apaisée et a interrompu dès la signature de l’accord ses activités de
démocratique dans l’Unité et dans l’intérêt suprême de la protestation contre le hold-up électoral du 22 février 2013.
Patiente et responsable, l’USN a régulièrement pris à
Nation à travers :
– La création d’une commission parlementaire paritaire et témoin la communauté internationale et le peuple
djiboutien de la volonté gouvernementale évidente de nonpermanente ;
– La mise en place d’un mécanicisme national de dialogue respect de ses engagements. Elle a régulièrement rappelé
le Chef de l’État à ses obligations et à son engagement
politique permanent entre la majorité et l’opposition.’’
solennel à garantir le respect de chaque terme de cet
A moins d’un mois de son premier anniversaire, cet accord-cadre du 30 décembre 2014. L’USN a donné à la
accord-cadre sur le dialogue politique entre l’USN et le partie gouvernementale du temps, beaucoup de temps. De
Gouvernement n’est toujours pas appliqué par la partie la même manière qu’elle a fait preuve de sagesse en
gouvernementale. En dehors du versement de leurs arriérés signant cet accord-cadre avec le Gouvernement, renonçant
d’indemnités aux huit députés de l’USN, l’amnistie de par le même geste à 42 de ses 52 sièges de députés, l’USN
trois oulémas et la possibilité plus que précaire pour les a fait preuve de patience en attendant une année durant
opposants de re-circuler et de re-tenir meeting. Or, l’application de ce qui devait prendre quelques semaines
l’accord-cadre devait, selon le calendrier dûment convenu, (amnistie générale, rétablissement des personnes lésées
commencer à produire ses effets dans les huit jours pour dans leurs droits), un mois (Commission électorale
les réparations en faveur des victimes de la répression nationale indépendante ou CENI, statut de l’opposition et
postélectorale, se mettre en œuvre dans un délai de 30 code de conduite des partis politiques) ou quelques mois
jours pour les réformes démocratiques immédiates (réformes démocratiques à court terme). Elle n’a donc rien
(Commission électorale nationale indépendante ou CENI, à se reprocher.
statut de l’opposition et code de conduite des partis
politiques) et se concrétiser dans les quelques mois pour Aussi considérera-t-elle que la partie gouvernementale a
les réformes démocratiques à court terme telles que le dénoncé l’accord-cadre du 30 décembre 2014 si à la date
renforcement de la décentralisation, la reforme de la loi sur du 30 décembre 2015 il n’est toujours pas appliqué.
6

-Economie-DéveloppemntChine­Djibouti :
Ces projets douteux par lesquels le régime nous crible de dettes

Le régime se glorifie d’entretenir des relations fructueuses
avec la Chine et d’obtenir d’elle tous les financements
qu’il souhaite, financements qui passeraient difficilement
auprès du reste la communauté internationale. Et pour
cause…
Ainsi, le pouvoir en place a lancé une série de projets
coûteux sur financement chinois. Mais ces chantiers
interpellent en termes de qualité de réalisation, de viabilité
voire d’opportunité, quand ce n’est pas sous les trois
rapports à la fois. Ces projets se chiffrent par centaines de
millions de dollars américains, dépassant allégrement le
milliard de dollars. Parmi eux, le projet d’adduction d’eau
potable depuis Shinilé en Éthiopie pour un prêt de la
banque Import-export de Chine de 327 millions de dollars,
le projet de reconstruction de la portion djiboutienne du
chemin de fer djibouto-éthiopien sur un autre financement
chinois de 505 millions de dollars américains, le Port
multiservices de Doraleh qui nous vaut un autre prêt d’au
moins 400 millions de dollars américains, ou encore le
Port à sel du Ghoubet et celui à bétail de Damerjog qui
nous coûtent respectivement 62 millions et 70 millions de
dollars américains de dette. Sans compter les projets
d’aéroports de Bidley et d’Obock, ou encore celui de Port
de Tadjourah. Tous ces chantiers sont confiés à des
entreprises chinoises.
Certains de ces projets tels que le projet d’adduction d’eau
potable depuis Shinilé soulèvent la question de leur
opportunité. Les ressources en eau de notre pays sont-elles
à ce point épuisées que nous devons solliciter nos voisins
en la matière ? Quid des nappes de la Plaine de Hanle au
sud-ouest de la République de Djibouti ? Qui des millions
de m3 d’eau de pluie qui se déversent chaque année dans
la mer par les oueds de Wea et d’Ambouli mais aussi par
d’autres oueds du Sud et du Nord du pays ? Quid du
dessalement de l’eau de mer dont un projet est en cours de
réalisation sur financement européen? Avons-nous fait un
inventaire sérieux et exhaustif de nos possibilités en eau
potable avant de prendre la décision de franchir la
frontière? Et s’il fallait absolument aller chercher de l’eau
chez nos voisins, étions-nous obligés d’aller jusqu'à
Shinilé avec toutes les charges de maintenance et les
risques d’endommagement inhérents ? Pourquoi ne pas
avoir regardé du côté de Barisle, juste de l’autre côté de la
frontière avec le Somaliland, où se jettent les eaux nonretenues de nos hauteurs montagneuses ? Ne pourrionsnous pas, d’ailleurs, trouver moyen de capter les eaux de

Barisle en amont, avant qu’elles ne franchissent la
frontière ?
D’autres projets tels que le Port de Damerjog et celui du
Ghoubet suscitent des interrogations quant à leur viabilité.
Seront-ils réellement rentables ?
Et tous les projets qu’exécutent les Chinois interpellent par
la qualité douteuse de leur réalisation. Non que nous
doutions du savoir-faire chinois mais parce qu’il y a une
telle opacité autour de la gestion financière et technique de
ces chantiers et une telle culture de corruption chez les
gouvernants djiboutiens que la réalisation des projets ne
peut qu’en pâtir.
Témoin, la reconstruction de la portion djiboutienne du
chemin de fer qui relie notre pays à Addis-Abeba. A l'heure
où l’Éthiopie savoure la mise en service de son train
électrique, il nous faut oublier l’électrification de notre
voie ferrée, pour cause de mauvaise gestion. Notre train
fonctionnera au diésel, faisant triste figure auprès de son
homologue éthiopien, et polluera d’autant notre
environnement. De plus, les travaux de notre chemin de fer
sont mal exécutés et la pérennité de l'ouvrage sérieusement
compromise, comme on peut le voir sur la photo ci-contre.

En effet, lorsque le remblai atteint une certaine hauteur,
supérieure ou égale à 3m, on le protège du sommet à la
base par du perré maçonné. Il s'agit d'un revêtement
constitué de maçonnerie de moellons hourdis au mortier à
300kg de ciment. Or, la photo montre l'absence de cette
protection qui est réduite à uniquement 50 cm vers le
sommet.
7

Déjà, avant même la mise en service, les eaux de
ruissellement ont entraîné le départ de matériaux, d'où la
formation d'un trou sur le remblai, comme le montre cette
autre photo.

trains chargés et de l'érosion due aux eaux de pluie. Dès
lors, l'intégrité du talus de remblai sera fortement
endommagée, ce qui entrainera des risques sérieux de
rupture de l'ouvrage et d’accidents graves pour les trains.
Ici comme en d’autres endroits tels que l’enjambement de
l’oued d’Ambouli par l’ouvrage, les règles de l'art ne sont
pas respectées. C’est grave, très grave.
C’est dire qu’avec les financements chinois, nous perdons
sur toute la ligne. Nous nous endettons lourdement,
compromettant d’autant notre avenir proche et à terme,
pour des projets point toujours opportuns , parfois peu
viables et dont la qualité de réalisation laisse
généralement à désirer.
Il est temps de revoir la copie. Il est urgent de demander
des comptes à ce régime pour ce gâchis et ces atteintes
graves à notre avenir.

Ce défaut se propagera sous l’effet conjugué du poids des

A suivre de très près.

Secteur informel :
Moyen de survie et facteur de developpement à prendre en
compte

Au début de chaque année scolaire pour toutes nos écoles,
c’est le même rituel. Les premières tâches auxquelles
s’attelle un directeur d’établissement consiste à remplir les
incontournables fiches de renseignements des élèves. A ce
moment précis, l’enseignant ne peut pas prédire qu’une
telle situation banale à priori va le faire réfléchir pendant
de longues mois.
Une fois remplies par les enseignants, toutes ces fiches
atterrissent au bureau de la direction de l’école où les
données sont traitées. A la ligne «fonction de la mère», à
chaque fois qu’apparaît «vendeuse de beignets, de
légumes, de viande, etc.’’, la direction remplace cela par
«sans» voulant dire «sans travail» !
Depuis, éclaboussé par cette situation de manque de
respect et de liberté, notre enseignant entreprend de lire et
de faire des recherches sur la problématique du commerce
informel.
D’abord, il serait très important de comprendre que c’est la
politique économique gouvernementale, très désordonnée
et incapable de nous faire sortir de cette situation
désastreuse tant au niveau humain que matériel, qui fait du
commerce informel le premier pourvoyeur de petites
activités génératrices de revenus à Djibouti et dans tous les
pays en voie de développement. Face à la démission des
pouvoirs publics et à la déconfiture de l’État, le secteur
informel s’est étendu. Ne sont-ce pas, par exemple, les
défaillances des pouvoirs publics et les politiques
d’ajustement structurel souvent imposés aux pays en

développement, notamment africains, avec leurs effets
pervers (réduction des salaires, diminution des effectifs de
la fonction publique, privatisation des entreprises d’État,
etc.), qui ont largement contribué à aggraver la situation
économique du continent, rejetant encore plus d’actifs
dans le secteur informel ? En d’autres termes, l’essor de
l’informel s’explique par l’incapacité des économies
africaines à créer assez d’emplois pour résorber le
chômage urbain, conséquence logique de la mauvaise
gouvernance et des crises économiques.
Les statistiques très politisées de la DISED (Direction de
la statistique et des études démographiques) ne
contrediraient certainement pas notre enseignant si elles
étaient objectives et honnêtes.

De la fameuse charchari aux vendeurs de pains, les chiffres
sont sans équivoque : ce secteur ignoré fournit plus de
70% de nos activités génératrices de petits revenus !
En effet, le fait que les investissements étrangers pourtant
conséquents sont jalousement contrôlés par 10% de la
population, la majorité des Djiboutiens se tournent vers
cette économie «parallèle» pour survivre. A commencer
8

par

les

pauvres

et

les

plus

pauvres. Du reste, l'informel et le formel ne sont pas sans liens, ne
serait-ce que par la monnaie dont ils font un usage
N’empêche, (cf enquêtes sur le secteur informel réalisées commun et leurs échanges économiques (sous une forme
à Djibouti par Ismaël MAHAMOUD et Philippe ADAIR ou sous une autre, l’informel est client du formel).
en 2006), le secteur informel est décrié pour non-respect L'idéal serait qu'ils fassent bon ménage dans une
des lois sociales, non-paiement des impôts, concurrence dynamique intégrationniste. Quand est-ce que les
déloyale (...). Or, l’attitude des pouvoirs publics est gouvernants concernés reconnaîtront les aspects positifs
ambiguë: tantôt, l’État le réprime parce que le secteur de ce secteur qui s'avère rentable, productif et créatif et
formel (la chambre de commerce de Djibouti) se plaint de inséreront ses activités dans les stratégies de
concurrence déloyale, tantôt il observe de l’indifférence et développement ?
parle de «cadre stratégique de lutte contre la pauvreté».
Aujourd’hui, nombreux comme l’Éthiopie sont les pays
A la fois combattue et appréciée par nos dirigeants qui cherchent à intégrer ces travailleurs dans l’économie
africains parce qu’elle est très utile en temps de crise, formelle avec comme objectif, entre autres, d’en faire une
l’économie informelle est donc considérée par ses source de croissance.
détracteurs comme une économie à abattre parce qu’elle Il faut insérer sans tergiverser le très utile et pauvre
se réalise en marge du secteur formel, échappant ainsi à la vendeur de pain ou la non moins utile vendeuse de fruits
comptabilité nationale du pays !
et légumes ou de beignets dans le commerce formel de
L’informel n’en reste pas moins une question de survie notre pays et de les aider à être encore plus utiles à euxpour une population paupérisée et rejetée par le secteur mêmes et aux leurs comme à la collectivité.
formel.
Il est temps de faire droit à l’informel et de l’intégrer
Est-ce que ces 70% représentent un frein ou un facteur de intelligemment dans l’économie formelle. Il y a urgence.
développement dans notre pays ?

-Corruption-SantéLe Sida :
Maladie mortelle et moyen juteux de prédation à Djibouti

Au commencement la rapacité sans scrupules
“Seuls

investissent en République de Djibouti des
personnages douteux», cette affirmation souvent entendue

dans la sphère de la finance internationale a de quoi nous
interpeller. Chauvinisme mis à part, force est de remarquer
que ce type de commentaire tenu dans cette sphère, ne
provient pas nécessairement d’«impérialistes» et autres
‘’affreux’’ capitalistes’’ qui veulent mettre notre pays sous
leur joug. Ce commentaire exprime un constat établi sur la
base de décennies d’analyse des profils des investisseurs
étrangers, analyse menée par diverses organisations
financières internationales. Le constat pointe, au niveau
des investissements, une autre facette de la logique
Corruption Connection qui règne sous nos cieux.

l’abri des détournements de fonds érigés en mode de
gestion par divers acteurs locaux encouragés par
l’impunité. Ainsi le Sida, maladie ô combien mortelle, a
été une source d’enrichissement personnel d’un nombre de
personnalités sans scrupules pullulant autour de la lutte
contre cette pandémie. Nous ne mettons pas en cause tous
les acteurs publics et privés tant nationaux
qu’internationaux intervenant dans la lutte contre cette
maladie, beaucoup d’entre eux ont été des agents dévoués
à la cause et se sont engagés sincèrement dans l’arrêt de la
propagation de cette maladie. Nous pointons certaines
responsabilités, car il y va de la crédibilité de notre pays. Il
nous faut, en effet, dénoncer les actes criminels commis
par les détenteurs de la puissance publique qui ont
énormément déçu les attentes populaires dans ce domaine.

Malheureusement, la prédation par les investissements
Avec l’entrée en scène d’Abdallah Abdillahi Miguil,
n’épargne aucun domaine ni secteur, y compris les secteurs
main basse sur les fonds anti-Sida
dits vitaux comme l’Éducation ou la Santé. Intéressonsnous un peu à la Santé en ces quelques lignes.
Sur le Sida, comme c’est un mal terrible qui n’épargne
aucune couche sociale ni aucun secteur d’activités,
Notons d’entrée que les maladies prioritaires ne sont pas à l’ensemble des secteurs privés et publics sont sollicités
9

dans la prévention. C’est ce que l’on appelle la
Institutions de contrôle aveugles
multisectorialité de la lutte contre les trois maladies
prioritaires que sont le Sida, la Tuberculose et le Ces utilisations inappropriées sont faites alors que le pays
Paludisme.
est doté de plusieurs organes de contrôle public. Où sont
donc ces diverses institutions lorsqu’autant de
Mise en œuvre dès 2006, cette lutte fait appel à 11 secteurs passées
publics sont détournés ? Ni la Cour des Comptes,
différents coiffés par un Comité multisectoriel dont la deniers
l’inspection générale d’État, ni l’inspection des Finances
présidence est assurée par le Premier Ministre et la vice- ni
ne
sont capables de relever la moindre fraude pendant ces
présidence par le Ministre de la Santé. Pour réaliser les années.
activités de gestion quotidienne, est créé un organe nommé
Secrétariat Exécutif du Comité technique interministériel Pourquoi ? Question d’incompétence ? Loin de là, nos
de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose.
organes de contrôle sont dotés de ressources humaines de
Seulement, elles sont pétrifiées dès qu’il s’agit de
Très vite, des financements arrivent en 2002 de la Banque qualité.
des décisions courageuses tant elles sont soumises
Mondiale et en 2004 du Fonds Mondial de Lutte contre le prendre
bon vouloir de l’Exécutif. Quant à l’Assemblée
Sida, la Tuberculose et la Malaria. En peu de temps, le au
Nationale,
ni dans sa culture ni dans ses soucis que
Secrétariat exécutif croule sous les multiples fonds dédiés à d’enquêter cesurn’est
quelconque malversation. Il est fort
ces trois maladies, secrétariat incapable d’utiliser à bon probable que launereprésentation
n’ait entendu
escient autant de subventions. A la mi-2007, arrive à la tête parler de ce scandale qu’avec les nationale
éléments donnés par la
du ministère de la Santé, Monsieur Abdallah Abdillahi presse internationale.
Miguil. A compter de ce jour, les deniers accordés aux
bénéficiaires des maladies prioritaires prennent un tout
Le PNUD gère les subventions de Djibouti
autre chemin.
Le Comité interministériel est rendu quasiment inopérant
suite à une querelle entre le nouveau ministre de la Santé et
le Premier Ministre de la période, M. Dileita Mohamed
Dileita. Et le Chef de l’État et de gouvernement se garde
d’intervenir, bien que le Premier Ministre l’ait alerté.
Décontenancé, Dileita abandonne ses prérogatives au
Ministre de la Santé qui se retrouve ainsi à la fois président
du Comité intersectoriel, président de la Commission de
coordination et ministre de tutelle des trois maladies
prioritaires. Cette multiplication de casquettes et le régime
de terreur instauré par Miguil au sein du ministère de la
Santé sont donc les causes profondes de la prédation que la
lutte anti-Sida a connue.
8, 2 millions de dollars volatilisés
Ainsi, l’enquête effectuée en 2012 par l’ONUSIDA révèle
que 8,2 millions USD de fonds décaissés au titre des
subventions du Fonds mondial à Djibouti ne sont pas
utilisés conformément aux dispositions de l’accord de
subvention.

Depuis la publication de cette enquête, les bailleurs de
fonds ont pris des mesures visant à garantir la pérennité de
la lutte contre les trois maladies en République de Djibouti.
Constatant l’absence de contrôle et de sanctions dans la
sphère publique, le Fonds Mondial a décidé de transférer la
gestion des fonds au PNUD. Ainsi donc, à l’instar des pays
en guerre comme la Somalie ou la Syrie, la République de
Djibouti voit ses subventions gérées par une institution
internationale. Et durant plus de 3 ans, toutes les activités
de prévention ont été arrêtées, ce qui a aggravé la
prévalence du Sida dans notre pays et particulièrement
chez les jeunes qui souffrent déjà des maux de la pauvreté.
Sans que le ministre Abdallah Abdillahi Miguil ne soit
inquiété. Bien au contraire, il est nommé ambassadeur de
Djibouti en Chine, le pays qui inonde l’État de Djibouti de
dettes douteuses et qui se frotte les mains pour s’emparer
de nos principaux actifs qu’il a ‘’financés’’ (ports, chemin
de fer, etc.) en cas de difficultés de remboursement de la
dette par le pouvoir corrompu en place. Il est vrai que le
ministre Miguil a toujours clamé qu’il n’a aucune envie de
payer seul pour cette affaire et qu’il parlera s’il doit
répondre de ses actes, ce qui suggère que le Chef de l’État
ne l’a pas laisse faire pour rien…

Huit millions de dollars us représentant près d’un milliard
et demi de nos francs sont donc abusivement détournés au Ainsi va la gouvernance du président Ismaël Omar Guelleh
su et au vu de tout le monde à partir du Secrétariat exécutif qui veut s’arroger par la fraude et la force un quatrième
du programme.
mandat de cinq ans au pouvoir.

10

-Environnement-Gestion urbaineVous avez dit gestion des ordures de la capitale ?

La gestion des déchets est, de nos jours, une priorité
gouvernementale partout dans le monde. Evidemment, les
résultats d'une telle gestion varient selon le degré de
développement des pays car plus qu'un simple ramassage,
gérer les déchets solides d'une ville implique tout un
travail en chaîne et nécessite donc la mise en place d'une
véritable stratégie. En effet, on entend par gestion des
déchets l'ensemble des dispositions permettant la collecte,
le transport et l'élimination écologiquement responsable
des déchets.

il!
Partout dans la ville, les rues et les quartiers sont jonchés
d'ordures ménagères alors qu'une pléthore de personnel de
nettoyage a été recrutée pour collecter nuit et jour les
déchets de la ville. L'hypocrisie va encore plus loin: ces
équipes d'éboueurs et de balayeuses ne s'occupent que des
quartiers huppés et des voies principales exposées aux
yeux des différents ressortissants étrangers présents à
Djibouti !

Ainsi, en matière de gestion des déchets aussi, et comme
toujours, le gouvernement djiboutien, incapable de mettre
en place des programmes de développement socioéconomiques cohérents, camoufle son lamentable échec
derrière des façades. Des façades bien propres derrière
lesquelles s'amoncellent des tonnes de déchets, des
façades ''nickel-chrome'' derrière lesquelles, dans
La situation de la ville de Djibouti par rapport à cette l'insouciance gouvernementale la plus terrible, vit la
gestion est tout simplement catastrophique! Elle se tourbe dans la bourbe !
caractérise par une gestion centralisée (le service de
l'OVD, esseulé et en manque de moyens, est en charge de
la collecte et du traitement des détritus) comme par un
trop faible taux de collecte et l'exclusion pure et simple de
certaines zones et quartiers !
Pour ce faire, il faut prendre en compte tous les facteurs
d'ordre sanitaire, technique, scientifique, esthétique,
économique, social (attitude des populations) et
environnemental. C'est pourquoi la gestion des déchets
reste problématique en Afrique en général et à Djibouti en
particulier.

À l'heure où le reste du Monde en développement prend
conscience de l'ampleur du problème et amorce une
révolution dans sa manière de gérer ses déchets, les
autorités djiboutiennes semblent avoir raté le train. Triste
est de constater qu'il n'existe toujours aucune volonté et
encore moins de stratégies claires pour atteindre les
objectifs que les autres pays se sont fixés, à savoir :
• Étape 1: assainissement
• Étape 2: neutralisation des déchets
• Étape 3: réduction des impacts environnementaux
• Étape 4: conservation des ressources naturelles
(assainissement écologique)
Pire encore, l'assainissement, qui est la première étape de
ces objectifs, n'est pas atteint ni même envisagé, semble-t11

-HistoireMettre notre histoire debout

Certains définissent l’histoire comme étant «la science du
passé», ce qui fait d’elle le réceptacle d´une série
d’événements non contemporains. Il s’agit là d’une
acception gravement dépréciative de la discipline. Mais
très subtilement, pour Marc Bloch, elle est «la science des
hommes dans le temps». Dans cet essai de définition, il
considère d’abord l’historien comme un érudit qui a pour
objet de recherche les hommes. «Là où il flaire la chair
humaine, il sait que là est son gibier », écrit-il. Elle «est la
science des sociétés humaines», note Fustel. L’étude de
l’homme en société devient donc, selon Fustel de
Coulanges, Michelet et Bloch, une dimension essentielle
afin de donner un sens véritable à l’histoire. L’humain est
placé au centre de l’écriture historique puisque c’est lui
qui donne vie à tous les moments saillants de l’existence
du monde. Ensuite, «l’historien ne pense pas seulement
humain » étant donné que «l’atmosphère où sa pensée
respire naturellement est la catégorie de la durée», ajouteil. En fait, le temps de l’histoire est là où habitent les
événements et où l’intelligibilité de l’action humaine
devient possible. C’est grâce au temps, simple mesure
pour d’autres disciplines, une réalité concrète et vivante
pour l’histoire, qu’on arrive à appréhender une suite
d’événements.
La définition de Bloch, établie bien avant par Michelet et
Fustel, interpelle notre réflexion puisque nous soutenons
que la réhabilitation de l’histoire par le biais de l’éducation
s’impose pour trouver des solutions à nos problèmes
politiques. Effectivement, nous estimons qu’une volonté
active a sciemment démantelé la société, pièce par pièce,

afin qu’elle soit entièrement paralysée. Justement, chez
nous, «les hommes dans le temps», c’est-à-dire l’histoire, a
fait l’objet d’un oubli calculé.
Si nous restons fidèles à Bloch, chez nous, «les hommes»
sont les héros qui ont bravement tout donné pour que ce
pays soit libre. Ceux-là sont rarement présents dans la
mémoire collective et leurs noms se prononcent
timidement lors des cérémonies officielles pour
commémorer le jour de l’indépendance. Ces hommes ne
sont jamais enseignés à l’école. Leurs œuvres,
accompagnées de sacrifices, de courage et d’intelligence,
restent méconnues par l’immense majorité des citoyens. Et
«le temps» de notre histoire est la période où le peuple a
décidé de conquérir son émancipation par le don de soi.
C’est l’époque où le dominant a pris conscience du
caractère irréversible de la décision du dominé de prendre
en charge son destin.
Interrogeons «nos hommes dans notre temps» puisqu’ils
ont surmonté une crise plus douloureuse que la nôtre. En
l’occurrence, l’occupation. Comment le chemin qu’ils ont
tracé a été dévié de telle manière qu’ils ont disparu tous
déçus ? Comment a eu lieu «cette distorsion de l’histoire»
?
En partie, c’est en redressant «les hommes dans le temps»
à travers l’enseignement que nous allons parvenir à rétablir
le pays. Mettre l’histoire debout, c’est mettre le pays
debout.

Changer est universel
«Le changement est la caractéristique fondamentale de les périodes de l’histoire. Chaque période met fin à la
tout être vivant, le contraire étant synonyme d'inanimé», a précédente par l’apport d’un changement (invention de

écrit Dr. Omar Osman Rabeh dans son livre La Mentalité
Nomade.
L’outil le plus précieux de l’humanité, c’est bien sa
mémoire. Sa mémoire, c’est son histoire. L’histoire est
faite de changements ô combien nécessaires et coûteux.
Parfois brusques, parfois acquis au prix de sacrifices
incommensurables de toutes natures. L’homme, être
perfectible tel que le pensait Rousseau, tricote son histoire
en payant toujours de ses biens, le plus souvent de sa
liberté, parfois de son âme.
Une frise chronologique, par dates et événements, expose

l’écriture, chute de l’empire Romain d’Occident,
découverte de l’Amérique…). Un apport qui rend la
civilisation humaine encore plus noble puisque, par ces
changements, s’universalisent et se précisent davantage les
principes de dignité, de liberté et d’autodétermination de
l’Homme.
A Djibouti, le mal est suffisamment commis. Il a dépouillé
la République de ses valeurs, la Constitution de sa force,
les lois de leur substance, le citoyen de sa dignité. Ce
même mal condamne aujourd’hui ceux qui l’ont commis
car c’est la fin logique de toute dictature : la chute, parfois
12

tragique, suit la puissance du dictateur. Régner en
étouffant la presse, l’opposition et l’opinion publique,
c’est accepter de tendre la joue à la gifle de l’histoire.
Dénier au peuple une justice équitable, c’est déchirer un
tissu social qui ne se recoud que par la chute de
l’oppresseur.
Tout régime de cette sorte ne se réveille que lorsque c’est
trop tard, si tant est qu’il le fasse. N’est-ce pas le cas du
régime quadragénaire de notre pays ? Le parti unique
d’hier, après quatre décennies d’oisiveté, essaie
péniblement de se recoller, de se maquiller la face,
d’épousseter les annexes depuis longtemps transformées
en mabrazes, de louer la loyauté de certains par des billets
de banque, de tenir des réunions extraordinaires pour faire
diversion auprès de l’opinion publique. Bref, il s’agite.
Mais c’est sans compter avec la marche de l’histoire,
laquelle ne pardonne pas car le peuple ne renonce pas à
son idéal de vie digne et décente sous un État de
démocratie et de droit : le changement est inéluctable.
Il ne sert à rien de verser à flot son énergie pour aller à
contre-courant du changement. C’est absurde. C’est
contre-histoire. Ni la propagande télévisée, radiodiffusée
ou écrite, ni les cris de loups hors-contexte et hypocrites
appelant à préserver la paix (elle n’est menacée que par le
pouvoir), ni les fanfaronnades pathétiques devenues
amusettes d’enfants, ni les retouches des lois à son
avantage, ni le jeu d’allumettes pour embraser le pays, ne

peuvent retarder une volonté populaire décidée et
déterminée. La stratégie de la sous-traitance et le silence
du chef de l’Etat, conséquence de la confusion et du
manque de stratégie politique responsable, n’y peuvent
rien non plus. Face au combat d’arrière-garde qui tente de
la détruire, l’idée dont le temps est venu gagne toujours.
Incarcérer, radier de la fonction publique les militants du
changement ou leur confisquer commerce et biens,
renvoyer leurs enfants de l’école…ne sont que du vent. Et,
comme le disait l’éternel combattant palestinien Yasser
Arafat, puisse son âme séjourner au Paradis, ‘ ’le vent ne
renversera jamais la montagne (entendre l’idée) ’’.
Ce changement, affaire de tous puisque salut de tous, n’est
point l’apanage de quelqu’un, ni d’un groupe. La dictature
s’est établie par l’inaction de la masse populaire, le
changement naît de sa mise en mouvement. La victoire du
22 février 2013 a été un point fort de notre lutte nonviolente. Le peuple de Djibouti a, en ce jour historique,
après d’autres jours de la même hauteur, clairement
exprimé son aspiration à un pouvoir public juste,
responsable et compétent.
Jamais l’histoire n’est injuste, il n’est pas dans sa nature
de marginaliser un peuple. Il tient à nous de briser le
silence qui fige notre histoire et notre fierté nationale et de
rendre hommage à nos braves d’hier en concrétisant
l’alternance tant désirée. Ensemble, au cri de « Pas de
CENI, pas d’Élection », joignons-nous au salut national.

-Atteintes aux droits de l'HommeNous ne les oublions pas

Nous n’oublions aucune victime de la répression politique
qui s’est abattue avant ou après le 22 février 2013. Nous
rendons un vibrant hommage à tous ces femmes et
hommes courageux qui ont refusé de se résigner. La
Nation leur sera éternellement reconnaissante des
sacrifices consentis au nom de la lutte pour la liberté et de
la dignité.
Nous n’oublions pas Mohamoud Elmi Rayaleh, retrouvé
mort dans sa cellule de la prison centrale de Gabode le 29
août 2013, ni Omar Hassan Youssouf, 17 ans, fils de
l’opposant de longue date Hassan Youssouf Rayaleh et luimême jeune militant USN, assassiné en février 2014 au
Quartier 6 de la capitale et dont la famille attend toujours
que justice lui rendue.
Nous n’oublions pas les détenus, comme Mohamed
Ahmed Ebo dit Djabha, emprisonné sans jugement à la
sinistre prison centrale de Gabode depuis juin 2010, ainsi
que Badoul Youssouf Moussa, Houmed Badoul Gohar,
Aboubaker Mohamed Daoud, Mohamed Youssouf
Mohamed, Ali Abakar, Omar Mohamed Daoud, Mohamed
Abdallah Mohamed, Hassan Houmed Hamadou,
Mohamed Ahmed Hassan, Hamadou Hassan, Houssein
Houmed Mohamed, Omar Abdoulkadir Daoud, Aboubaker
Abdoulkadir Daoud, Iwad Mohamed Iwad, Houmed

Moussa Hamadou, Hassan Mohamed Ali, Abdo Hamadou
Dabaleh, Abdou Hassan Ahmed, Mohamed Omar Aden,
tous arbitrairement détenus à Gabode. Mais aussi les sept
jeunes opposants arrêtés par la gendarmerie à Ali-Sabieh le
8 novembre 2015, relaxés par le juge de première instance
le 12 novembre 2015 mais arbitrairement maintenus en
détention à Gabode : Hamza Mohamed Robleh, Ainan
Absieh Omar, Aptidon Omar Aden, Yacin Mahamoud
Omar, Aden Djama Robleh, Abdo Sougueh Kalab et Ali
Daher Abdillah. Ou encore les 25 jeunes diplômés
chômeurs arrêtés et détenus par la police depuis le 28
novembre 2015.
Nous n’oublions pas les ayants-droits non-indemnisés des
quatre jeunes morts et ceux blessés dans un accident de
véhicule de police lors d’une opération de recrutement
dans ce corps en date du 10 novembre 2013 à Nagad.
Nous n’oublions pas ceux qui ont été déchus de leur
nationalité et expulsés du pays, comme Mohamed Daher
Robleh.
Nous n’oublions pas ceux qui sont encore privés de
passeport, comme Cheik Abdourahman Souleiman Bachir.
Nous n’oublions pas non plus tous ces jeunes d’un grand
courage qui luttent au quotidien, ni ces mères et pères de
13
famille qui font de même. Nous les en félicitons.

-Tribune libreHomme/Femme :
Question de complémentarité et d’équilibre

Si un homme déclarait que la nuit et le jour sont égaux,
tout le monde le prendrait pour un faible d’esprit ou qu’il
raisonne en dehors de toute logique, car il sous-entendrait
par-là qu’ils ont les mêmes caractéristiques et la même
fonction, ce que suppose la notion d’égalité.
Or, tout ce qui est sur cette terre a des spécificités et un
rôle déterminé : il n’existe pas deux éléments ayant la
même fonction.
Alors pourquoi admettons-nous plus facilement que les
hommes et les femmes sont égaux ?
S’ils étaient égaux, nous n’aurions pas deux sexes
différents mais un seul. Cependant, et contrairement aux
autres espèces de la nature, la femme peut accomplir des
taches socialement réservées aux hommes et vice-versa.
On va parler alors non pas d’égalité mais de
complémentarité : c’est dans cette perspective que le
couple doit envisager sa relation.
Or chacun des parties pense que l’autre doit le traiter sur le
même pied d’égalité. Y-a-t-il une recette pour assurer la
réussite du couple ? Non, elle n’existe pas. Il appartient à
chacun de la construire, la modeler au fil du temps. Le
mariage doit être l’occasion de s’observer mutuellement,
de mettre à l’épreuve sa capacité de patience, un effort
continuel où chacun tente de trouver l’équilibre entre les
moments de complicité et les instants de tension.
En aucun cas, les réponses à vos questions ne viendront
pas de ce que vit votre meilleur ami (e) ou votre voisine,
car ce qui est valable pour l’un ne l’est pas forcément pour
l’autre. Il est important pour chacun de trouver les
solutions qui lui permettent une vie de couple
mutuellement épanouissante.
Envisager sa relation conjugale sous le signe de l’égalité
conduit au mur, car on part alors du principe que l’un et
l’autre ont une activité professionnelle et que chacun doit
contribuer au budget du ménage, s’occuper des enfants,
prendre sa part des taches ménagères… Dès lors, quand la
femme revient du travail extenuée et qu’elle doit en plus
s’occuper du ménage et des enfants, alors que Monsieur
rentre tranquillement pour manger et ensuite repartir
khater avec ses amis, cela pose problème. Là, commencent
tensions et conflits.

rappeler que son conjoint n’est pas que négatif et que l’on
a aussi des défauts qu’il supporte.
En effet, cette autre personne avec qui je me suis engagée
n’est-elle pas celle qui m’aime malgré mes défauts bien
qu’elle soit plus consciente de ma réalité qu’au début de
notre amour ? Et moi, n’ai-je pas appris à supporter ses
défauts et à aimer cette personne telle qu’elle est et non
telle que j’aurais souhaité qu’elle soit ?
Pourquoi se marier ? Au-delà des compromis, la réussite
du mariage dépend de la réponse à cette question. Sans
une réponse sincère de la part de chaque partie,
l’entreprise risque d’échouer. Les réponses sont multiples
du fait de la diversité humaine et de la diversité affective et
intellectuelle qu’elle entraîne, mais elles ne sont pas
toujours suffisantes :

Mais envisager son couple sous le signe de la
complémentarité, c’est au contraire apaiser les tensions et
augmenter la complicité : à chaque fois que l’une des
parties dépasse les bornes, au lieu de se mettre en colère et
d’énumérer tous ses défauts, vaut mieux se retenir, se

Au total, égalité de droit ne signifie pas égalité réelle entre
homme et femme mais complémentarité objective. Et il
n’y a pas de recette pour la réussite de la vie de couple, car
chaque cas est différent et doit trouver son équilibre.
Chacun doit donner et recevoir en vue de cet équilibre.
14

-Je me marie parce que les autres le font,
-Je me marie pour entrer dans une famille riche ou célèbre,
-Je me marie parce que je suis amoureux,
-Je me marie parce que je veux avoir des enfants,
-Je me marie pour échapper à la solitude,
-Etc.
C’est pourquoi celles et ceux qui croient s’en remettent au
Dieu, Le Créateur, et se disent : ‘’Si nous sommes sur cette
terre, c’est pour une raison, une mission. Donc si le
mariage comme tous les autres actes de notre vie n’entrent
pas dans ce projet, nos actions ne nous apporteront pas
cette paix du cœur que nous recherchons. Par mon
mariage, je dois participer à la construction de cette nation
(musulmane, chrétienne, juive ou autre selon sa
confession) à laquelle j’appartiens car une société c’est la
somme de toutes les familles. A travers cette perspective,
je me remets à Celui qui Connait parfaitement les cœurs de
tous et qui à Lui Seul peut me rapprocher du cœur de celui
ou celle que j’aime et dont je partage la vie ou dont je
m’apprête à partager la vie’’.
Raisonnement différent de celui des Laïcs qui eux s’en
remettent à la raison humaine et se guident aux valeurs
universelles telles que le respect de l’Autre.