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7 façons de trouver des sujets de

conversation
Mon article sur les moyens de soutenir une conversation a remporté un certain succès.
Toutefois, au vu des retours obtenus, il me semble important de revenir sur certains points
pour approfondir le sujet.
Comme les plus attentifs d’entre vous me l’auront fait remarquer, certaines situations sont
incompatibles avec la technique de l’écoute active, laquelle donne alors de mauvais
résultats, ou ne peut tout simplement plus être appliquée.

Quand l’écoute ne suffit pas
La première faiblesse de cette méthode, c’est qu’elle suppose un faible nombre de
participants à la conversation, c’est à dire pas plus de deux ou trois. En effet, si vous
entretenez quelqu’un en tête à tête, il est facile de lui laisser le privilège de s’exprimer en
vous réservant le rôle d’auditeur. En revanche, dans une conversation mondaine mettant
en jeu plus de 4 personnes, la dynamique n’est pas la même, et repose plus sur des
échanges rapides que sur le discours d’une seule personne. Le temps de parole imparti à
chacun a tendance à raccourcir, et il est par conséquent plus difficile d’aborder des
questions personnelles.
Si vous tentez d’appliquer la technique de l’écoute attentive dans un groupe, notamment
avec des personnes que vous ne connaissez pas ou peu, la personne que vous écoutiez se
vera ravir la parole en un rien de temps, et la conversation portera sur d’autres sujets. Au
final, vous vous retrouverez dans la situation de départ : vous restez comme deux ronds
de flands sans rien à dire.
Le deuxième cas dans lequel le premier article ne s’applique pas, c’est quand vient votre
tour de parler. Et oui, c’est bien beau d’écouter, mais viendra bien un moment ou il faudra
vous exprimer. Lorsque votre interlocuteur est aussi timide que vous, par exemple. Ou
bien s’il lit le même blog que vous ;) . Si chacun écoute l’autre, on ne va pas s’en sortir.
Pour pallier à ces inconvéniants, voici 7 méthodes pour briller dans une conversation :

1) Commencez par les grands classiques
Le grand art de la petite conversation
Debra Fine

Utiliser un sujet passe-partout est toujours un bon point de départ. Après tout, peut-être
que votre interlocuteur est aussi perdu que vous, et se creuse désespérement la mémoire
pour trouver quelque chose à dire. D’ailleurs, Jules Renard ne disait-il pas :
Si le temps ne changeait jamais, la moitié des hommes n’auraient aucun sujet de
conversation
En commençant par une banalité, vous êtes sûr que quelqu’un pourra rebondir. De plus, si
vous ne connaissez pas ceux auxquels vous vous adressez, vous ne savez pas à priori
quels sont leurs centres d’intérêts. En commençant par évoquer le beau temps, vous
pourrez prendre la température du groupe. Avec de la chance, vous tomberez sur un
météorologue qui se lancera sur une thèse portant sur les anticyclones et les courants d’air
chaud :) .
Voici quelques sujets de base à utiliser :

La météo : Le summum de la banalité. Evoquez le beau temps pour la saison, les
chutes de neige à venir, la pluie incessante, etc. Faites attention, si vous ne
procédez pas avec finesse, vous risquez de passer pour un abruti complet, surtout
si vous vous contentez de regarder par la fenêtre en proférant avec fierté une
énorme évidence du genre : « Tiens, il pleut ».
Faites donc preuve d’un minimum de subtilité. Demandez aux autres s’ils n’ont
pas eu d’embouteillages à cause de la pluie, si personne n’est enrhumé à cause du
froid, que sais-je encore ? Creusez vous la cervelle un minimum, je ne vais pas
tout faire pour vous ;)

La politique : Si vous vous y connaissez un peu, lancez un débat politique. Faites
remarquer l’éloquence de tel candidat, commentez les derniers sondages. Si vous
avez la chance de vous trouver en periode d’élections, vous avez toutes les
chances de lancer un débat enflammé. Au pire, vous ferez un flop, mais passerez
pour quelqu’un d’engagé et cultivé.
Le sport : Si votre auditoire est majoritairement masculin, il peut être intéressant
de commencer par commenter quelque résultat sportif actuel. Il est trés probable
que vous déclencherez de vives réactions. Attention, toutefois : les supporters sont
souvent trés attachés à leur équipe favorite, et vous devrez procéder avec
diplomatie si vous ne voulez pas vous faire d’ennemis ni voir le débat dégénerer
en bataille de hooligans :) .

L’actualité : Commentez un fait divers d’actualité, cela permettra trés souvent de
rebondir sur des sujets un peu plus profond. N’hésitez pas à lire la presse pour être
en mesure d’avoir matière à alimenter les débats.

Le cinéma : Racontez le dernier film que vous êtes aller voir, demandez ce qu’il
en est pour vos interlocuteurs, annoncez que le dernier chef-d’oeuvre de tel
réalisateur est en fait une vraie bouse, encensez tel film d’auteur (ce qui aura

l’avantage de vous parer d’une aura d’intelligence et du culture), les sujets de
manquent pas en matière de cinéma.

Les commérages : Si les membres du groupe se connaissent déjà un minimum,
vous pouvez évoquer les frasques de telle personne absente (les absents ont
toujours tort), ou gloser sur la relation naissante entre machine et machin. Mon
expérience personnelle à prouvée que ces sujets fonctionnent beaucoup mieux
avec un auditoire majoritairement féminin.

Ces divers sujets bateaux ont fait leur preuve lorsqu’il s’agit de lancer une conversation.
Attention toutefois de ne pas en abuser, sous peine d’être rapidement étiqueté comme
celui ou celle qui n’a pas de conversation. Si vous lisez ceci, c’est que vous voulez
l’éviter, n’est-ce pas ? Les grands classiques doivent si possible être réservés aux débuts
de conversation.

2) Identifiez ce qui intéresse les autres
Soyez assez observateur pour découvrir quels seront les sujets qui intéresseront tout le
monde. En général, les groupes ne se forment pas par hasard, il y a souvent des points
communs entre ses différents membres. Une fois que vous avez identifié ces affinités,
lancez une question à la ronde en rapport avec un sujet qui concerne l’ensemble du
groupe.
Voici quelques points que vous pouvez considérer pour déterminer la tendance d’un
groupe :

Le sexe : Le groupe est-il mixte ? majoritairement masculin ? féminin ? Si la
répartition des sexe dans le groupe est équilibrée, la conversation portera sur des
sujets plus généraux. Si l’un des deux genre est trés majoritairement représenté,
certains sujets plus « typiques » (l’autre sexe, le sport, les voitures, le boulot, la
famille, les relations interpersonnelles, etc.) seront sûrement abordés.
L’âge : Avez vous affaire à une bande de jeunes ? A un groupe de vieux croutons ?
Là encore, comme les centres d’intérêts, les sujets préférés diffèrent en fonction
de l’âge. Je me rappelle d’une époque ou j’étais trés porté sur les jeux vidéos,
alors qu’aujourd’hui je me fous des nouvelles consoles comme de ma première
tétine. Il est bien évident que vous ne pourrez pas demander des nouvelles sur les
oreillons du petit dernier si la moyenne d’âge est de 17 ans. A vous de vous
adapter.

La catégorie socio-professionnelle : Examinez discrètement les vêtements, le
vocabulaire, la posture, les coiffures de vos interlocuteurs, et tentez d’en déduire
leur catégorie socioprofessionnelle. Ne parlez pas de fusions de PME si vous vous
adressez à un groupe d’ouvriers.

Les convictions politiques et religieuses : Attention, danger ! Evitez d’aborder le
sujet si vous ne savez pas qui pense quoi. Les gens sont souvent trés attachés à

leurs convictions, et vous aurez vite fait de commetre une gaffe si vous n’y prenez
garde.

3) Soyez cultivé
Comment se faire des amis
Dale Carnegie
A priori, dans une conversation, on ne peut jamais savoir à l’avance quels sujets vont être
abordés. Qui n’a jamais eu la surprise, après un moment d’inattention, de constater que
l’on débat ardemment de la sexualité des drosophiles alors qu’il y a trentes secondes à
peine, vous déploriez la hausse du prix du gruyère ?
Le meilleur moyen de rester dans la conversation, c’est d’avoir de la culture. On ne peut
disserter sur les sujets que l’on ne maîtrise pas, à moins de passer pour le lourd
prétentieux qui n’y connait rien. Si vous êtes cultivé, si vous savez tout sur tout, vous
aurez toujours une information à ajouter au débat, vous pourrez rebondir sur une
affirmation pour la corriger ou la compléter, vous pourrez répondre aux questions posées,
bref ! vous aurez quelque chose à dire, ce qui normalement est ce que vous cherchez, si
vous lisez cet article.
Certains sujets reviennent plus souvent que d’autres (cf. les grands classiques). Essayez
de devenir incollables dans ces domaines. Abonnez vous à des revues spécialisées, et
parcourez-les régulièrement. Ne vous contentez pas de regarder le JT, savoir ce que tout
le monde sait, c’est ne rien savoir. Tenez vous au courant de l’actualité scientifique et
politique, c’est un excellent moyen d’avoir des anecdotes intéressantes à raconter.
Si la conversation porte sur un sujet que vous ne maîtrisez pas, vous pouvez également
jouer au naïf. Prétendez que vous êtes intéressé, mais que vous n’y connaissez pas grand
chose, et posez des questions techniques et précises. Si votre interlocuteur connait son
domaine, il se retrouvera au centre de la conversation, et vous accordera toute son
attention pour satisfaire votre curiosité. Ce sera à vous d’en tirer avantage en ne laissant
pas s’épuiser le sujet.
Si vous êtes spécialiste dans certains domaines, ce sera peut-être même vous que l’on
interrogera. N’ayez pas peur d’ennuyer les gens en leur parlant des sujets techniques qui
vous tiennent à coeur. S’ils posent la question, c’est que ça les intéresse. Mais n’hésitez
pas à vous mettre au niveau de vos interlocuteurs, soyez compréhensible, vulgarisez. Et
surtout, soyez passionné. Si vous aimez un sujet, partagez votre enthousiame.
Moi même, je maîtrise relativement bien le domaine de l’informatique. Lorsqu’un non
initié m’interrogeais, j’avais pour habitude de répondre « Bof, tu sais, c’est trés
technique, ça ne t’intéressera pas ». Forcément, un tel manque de conviction ne pouvait
passionner les foules. Pourtant, il y a tellement de choses à raconter ! Maintenant, je

disserte avec volubilité des logiciels libres, d’Internet, des nouvelles technologies de
l’information, etc. Le tout est de trouver le juste milieu entre partager vos passions et
ennuyer l’auditoire avec votre petite personne.

4) Racontez des anecdotes
Rien de tel qu’une petite anecdote ou une parabole1 pour illustrer et pimenter la
conversation. Au cours du débat, n’hésitez pas à lancer un « Ca me rappelle la fois ou… »
ou un « C’est comme l’histoire de ce type qui… » avant d’enchaîner sur une petite
histoire en rapport avec le sujet. C’est un excellent moyen de capter l’attention, et surtout
de la retenir pendant un temps. Si vous savez bien raconter, personne ne vous
interrompra, et celui qui s’y risquera se fera remettre à sa place illico-presto.
Plusieurs précautions à prendre toutefois. D’abord, votre histoire ne doit pas tomber
comme un cheveux sur la soupe, restez en rapport avec le sujet, et apportez quelque
chose de concret à la conversation. Si vous racontez les vacances de votre mémé
jacquotte pour illustrer les derniers résultats sportifs, vous allez gentiment vous faire
rembarrer, et passer pour un gros lourd.
Votre anecdote ne doit pas être trop longue. N’oubliez pas que pendant que vous la
racontez, vous détenez le monopole exclusif de la parole. Si vous le conservez trop
longtemps, vous allez finir par lasser, voire énerver. Soyez courtois : une conversation est
un échange, alors ne volez pas le tour du voisin.
Si possible, tâchez de n’utiliser que des histoires véridiques. Elles auront plus de poids, et
surtout, vous risquez moins de vous embrouiller en les racontant. Si vous inventez, ne
mentez pas quand à la véracité de vos paroles, et si on vous questionne, prenez un air
mystérieux, ça passera pour de l’humour.

5) Ayez de l’humour
Comment appelle-t-on un chat qui…
Veron & Bancel
Plutôt qu’une anecdote, pourquoi ne pas raconter une bonne blague pour détendre
l’atmosphère ? Dans ce cas, vous allez de même monopoliser l’attention du public
pendant quelques secondes. Ce sera à vous, et rien qu’à vous de parler. Notez que les
précautions indiquées juste au dessus s’appliquent également dans ce cas : restez dans le
sujet, et ne soyez pas trop long.
Prenez également garde au fait que les histoires drôles sont potentiellement blessantes si
elles mettent en jeu des membres de minorités (les belges, les blondes, les juifs, les noirs,
etc.) Ayez du tact, et faites bien attention à ne froisser personne, car comme le disait
Desproges, on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui.

Notez que vous ne pourrez jamais faire de plus gros bide qu’en oubliant la fin d’une
histoire, alors soyez sûr de votre mémoire. Et soyez original. Certaines histoires ont déjà
été entendue maintes et maintes fois, tâchez de sortir du lot. Il existe de trés bons
dictionnaires d’histoires drôles, n’hésitez pas à vous documenter.
Par ailleurs, en fonction de votre public et du sujet de conversation actuel, une histoire
drôle ne sera pas forcément trés bien perçue. Ne sortez pas la dernière de toto en plein
milieu d’un repas d’affaire, ou lorsqu’untel évoque l’enterrement de mémé jaquotte.
Certaines histoires sont plus « fines » que d’autres, et seront mieux acceptées en fonction
des circonstances. Sachez vous adapter, et ne pas aller trop loin.
Et surtout, surtout, surtout… Sachez raconter ! Il n’est rien de plus pénible, rien de plus
ennuyeux, rien de plus pathétique que quelqu’un qui ne sache pas raconter les histoires
drôles. Si vous n’êtes pas capable de jouer un rôle, de donner vie à votre histoire, de
grâce, par pitié, abstenez vous ! Raconter une blague est une affaire serieuse.
A part les histoires drôles, vous pouvez également vous permettre d’interrompre votre
interlocuteur pour placer un calembour, un jeu de mot, etc. Soyez taquin. Mais l’humour
ne s’improvise pas. Si vous n’êtes pas sûr de vous, mieux vaut attendre d’avoir acquis un
peu d’entraînement.

6) Parlez de vous
Comment se faire des amis
Dale Carnegie
Puisqu’il faut absolument parler, et bien pourquoi ne pas aborder le sujet que vous
connaissez le mieux, à savoir vous ? Parlez de votre vie, de vos sentiments, de vos
opinions, de vos émotions, lâchez-vous, que diantre !
Un excellent moyen d’immiscer votre petite personne dans la conversation, c’est de
commencer par exprimer votre opinion. Vous avez des opinions, n’est-ce pas ? Pourquoi
ne pas rebondir sur un sujet en commençant votre phrase par « Je pense que », « A mon
avis », « Il me semble que », etc. Donnez votre avis, expliquez ce que vous pensez, faites
part de vos réflexions personnelles (ce qui bien sûr suppose que vous ayez des réflexions
personnelles)…
L’avantage, en exprimant ce que vous pensez, c’est que vous prouvez tout simplement
que vous êtes capable de penser. Si vous procédez avec suffisamment de tact, étaler votre
point de vue vous confèrera un air intelligent et cultivé. Attention toutefois de ne pas
raconter tout et n’importe quoi. Sélectionnez vos idées avec soin, et si vous ne vous
sentez pas capable de les défendre, abstenez vous. Si la majorité du groupe partage vos
opinions, vous n’aurez pas de problème, mais dans le cas contraire, soyez prêt à vous
engager dans une joute verbale. Ne soyez pas non plus à 100% catégorique, accordez

vous une marge d’erreur, et acceptez de vous tromper. Vous aurez l’air moins bête si
quelqu’un vous démontre que vous avez tort.
Si votre public est majoritairement féminin, faites lui part de vos sentiments, en restant
dans les limites de la pudeur. Pour les hommes qui lisent ceci, sachez que les femmes
accordent beaucoup d’importance aux émotions, et qu’elles n’hésitent pas à les partager
entre elles. Aussi, si vous savez exterioriser les vôtres, vous gagnerez en crédit auprès de
la gente féminine. Attention toutefois, n’appliquez jamais ce conseil si des hommes se
trouvent dans l’auditoire, les résultats seraient catastrophique pour votre image.
N’oubliez pas que pour un homme, exposer ses sentiments est un signe de faiblesse.

7) Un peu de conviction, que diable !
Si vous voulez être certain que les autres vous considèrent charismatique, si vous désirez
qu’ils vous trouvent du bagout, commencez par en être convaincu vous même. Saviez
vous que l’opinion qu’ont les autres de vous n’est jamais que le reflet de ce que vous
pensez de vous-même ?
Si vous commencez à parler en regardant vos pieds, si vous interpelez quelqu’un en
murmurant dans votre barbe, personne ne vous écoutera, et vous ne pourrez pas finir la
moindre phrase de plus de trois mots sans être interrompu. Jamais vous ne susciterez
l’intérêt chez vos interlocuteurs s’ils ne vous entendent même pas. Jamais vous ne
pourrez les rallier à vos idées si vous n’avez pas l’air vous mêmes convaincu.
Il va falloir que vous sachiez ce que vous voulez. Si vous désirez vous adresser à une
personne, alors faites le vraiment. Regardez-la, appelez-la par son nom, et parlez haut et
fort (sauf si vous êtes au cinéma). Si vous voulez être entendu, pourquoi marmonnez vous
? Si vous voulez qu’on vous écoute, pourquoi discutez-vous avec le sol ?
Un bon orateur doit savoir capter l’attention de son public. Parmi les éléments les plus
importants à prendre en compte, on trouve le regard et le timbre de voix. D’une part,
contraignez vous à maintenir un contact oculaire avec vos interlocuteurs, et d’autre part
parlez distinctement, avec un volume suffisant pour pouvoir être entendu sans effort,
mais sans pour autant hurler.

Pour finir (enfin)
Avec tout ça, vous disposez de bonnes bases pour vous lancer dans des conversations à
batons rompus. Ne pensez pas toutefois que vous allez devenir un redoutable bretteur
verbal du jour au lendemain. C’est quelque chose qui requièrt un peu d’entraînement, si
vous y mettez du vôtre, vous verrez trés rapidement apparaître les premiers progrès. Et si
vous connaissez d’autres méthodes auxquelles je n’aurais pas pensé, n’hésitez pas à en
faire profiter les copains en laissant un commentaire.

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