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FASOVIAT

015

Novembre– Décembre
2015

LE BIMENSUEL D’INFORMATIONS ET DE FORMATION DES VIATEURS DE LA FONDATION DU BURKINA FASO

Le Père Noël et nos tout-petits au GSSV à Ouagadougou

En pleine messe de la noël des enfants à St-Viateur de Banfora

Editorial : La miséricorde au quotidien!
"Viens, on va cohabiter, est-ce à
dire : viens on va s’engueuler’’
Une
communauté
locale
est
composée de plusieurs membres.
Chaque membre a son caractère
(dur, bon, mauvais, sans façon,
imposant…). C’est tout cela qui
donne une beauté à la communauté :
chacun avec ses qualités et ses
défauts, ses forces et ses faiblesses.
‘’ A chaque jour suffit sa peine’’;
dans le vécu quotidien, nous avons
besoin tellement de vivre dans la
miséricorde pour mieux aimer,
comprendre et accepter l’autre tel
qu’il est. Quels actes concrets
pouvons-nous
poser
pour
la
miséricorde au quotidien ?
 Accepter que l’autre est
différent de moi : dans une
communauté
donnée
les
membres sont différents les
uns des autres. Nous avons
des manières différentes de :
parler, voir et faire. Cette
différence fait de nous des
personnes complémentaires.
 Savoir apprécier l’autre : des
fois nous avons tendance à
négliger et à ignorer l’autre.
mais par des petites paroles
nous pouvons élever ou
donner de la valeur à l’autre :
par exemple ta chemise est
belle, tu as fait un bon
travail…

 Cultiver
le
pardon
au
quotidien : vivre ensemble,
c’est se heurter à tout moment.
Nous partons de l’exemple de
la langue et des dents qui se
mordent
souvent
et
continuent leur route ensemble
sans s’accuser. Tous les jours
on se manque, tous les jours
on se pardonne car on s’aime
en frère. Le pardon nous
aidera à faire une partie du
chemin ensemble, car nul
n’est parfait et quand on faute
on demande pardon.
Nous pourrons également cultiver
des vertus telles que : l’humilité,
le dialogue, la patience…et tout
cela soutenu par la prière.
Frère Cyrille Ouédraogo, csv

La paroisse Saint-Viateur fait son bout de chemin.
Une année après son
jubilé de paille, la
paroisse Saint-Viateur fait
son petit bout de chemin,
tant sur le plan matériel
que sur le plan spirituel.
Bureaux en chantier

Ainsi
beaucoup
d’autres pierres se
sont ajoutées à la
première et les
formes de l’Eglise
sont nettement très
visibles.

Façade de l’Eglise en chantier

A côté de l’église, les agents pastoraux attendent actuellement seulement les
finitions pour occuper avec joie leurs bureaux. Que Dieu lui-même permette
l’achèvement de ce qu’il a permis que l’homme commence. Si matériellement la
paroisse, ou mieux, les locaux de la paroisse prennent résolument forme, des
activités de tous genres animent sa vie.
C’est également le cas de la dernière activité majeure de la paroisse qui a vu les
enfants de la paroisse exprimer de façon particulière leur joie d’accueillir
l’Enfant-Jésus. C’était le 03 janvier dernier, à l’occasion de l’Epiphanie. Une
belle fête sous la conduite du F. Cyrile Ouédraogo, qui a permis d’éveiller chez
beaucoup d’enfants le goût de participer aux mouvements d’action de l’enfance
catholique.
Après la messe…

les enfants et Armel (encadreur) ont animé…

Le repas n’était
pas loin
et ils ont bien
festoyé.

Ainsi en est-il des activités de formation, telle la remise à niveau des acteurs
liturgiques, le 08 novembre 2015, afin que les célébrations soient plus belles et
plus priantes. C’est l’Abbé André Kambou, chargé de liturgie du diocèse de
Banfora, qui a assuré cette formation. Il a fait beaucoup de recadrage à l’égard
des participants, et tous en sont sortis satisfaits.

Abbé Kambou et les participants à la session

Des activités pastorales ont également jalonné la vie de la paroisse. C’est le cas
de l’envoi en mission des papas et mamans catéchistes, visant à souligner
l’importance de leur « ministère » et à implorer la grâce de Dieu pour eux.
Frère Irénée Hien, csv

ELoQ accueille le petit Jésus
En cette matinée du samedi 19 décembre, une ambiance particulière règne à
l’Etablissement Louis Querbes de Banfora. Et pour cause : c’est le jour choisi
pour célébrer en communauté scolaire la nativité de l’Enfant Jésus. Et pour la
circonstance, le bureau des élèves, fraîchement mis en place, aidé de tous les
élèves, a travaillé pour la mise en œuvre du programme concocté à l’occasion.
Le point focal de la journée fut la grande messe animée par une chorale « Santa
Maria » (chorale de l’établissement) en pleine recomposition, et présidée par le
Directeur Diocésain de l’Enseignement Catholique de Banfora, l’abbé
Alexandre Bingo. Une belle célébration qui a apaisé un peu les esprits
surchauffés de quelques élèves. Après la célébration, les élèves ont continué la
fête par une animation faite de prestations diverses. Mais ils n’ont pas oublié que
ce Divin Enfant est promis à verser son sang pour le salut des hommes. C’est
pourquoi ils ont aussi organisé un don de sang en marge de l’animation. C’est
par le partage d’un gâteau de Noël que les élèves se sont dit au revoir.
Frère Irénée Hien, csv

Abbé Bingo et F. Irénée en début de célébration

Théâtre ; musique, animation

Elèves à l’échange de la paix

et collecte de sang

Noel au préscolaire et au primaire du GSSV
Les 17 et 18 décembre, l’aumônerie a organisé une projection d’un film de Noël
sur la naissance de Jésus, en dessin animé, suivi d’une animation réalisée par le
frère Fulbert Bamazé. Puis le samedi 19 décembre, il y a eu la messe de Noël
suivi de l’arbre de Noël où papa Noel a remis des cadeaux aux 466 enfants du
préscolaire et du primaire. Le tout s’est terminé par un repas organisé par
l’Association des parents d’élèves.

Frère Bamazé et ses mignons enfants …

ont reçu des cadeaux du père noël

Une projection pour plonger les tous petits dans l’univers du petit Jésus

Frère Fulbert Bamazé, csv

Noël anticipé au Groupe Scolaire Saint Viateur
Le Mercredi 23 décembre 2015, nous avons fêté la Noël anticipée avec les
élèves avant d’aller en congé du 1er trimestre.
En effet, au programme de cette dernière journée d’école du 1 er trimestre, une
messe d’action de grâce pour le trimestre qui s’achève a été dite par le Père
Macaire; les élèves étaient nombreux à participer à cette eucharistie où chacun a
pu rendre grâce à DIEU pour le trimestre qui s’achève et également lui confier
les trimestres à venir. Après la messe, les élèves ont rejoint leurs classes où les
attendaient les professeurs principaux pour la remise des bulletins de notes du
premier trimestre.
Pour finir en beauté le trimestre, chaque classe avec l’appui de l’aumônerie, a
organisé une agape fraternelle où les professeurs étaient invités ; ils ont, au
cours de ce repas fraternel, ressoudé les liens, fait le bilan du trimestre et
envisagé la suite de l’année scolaire.
A la fin du partage, aux environs de 14 heures, les élèves ont nettoyé les salles
de classes, se sont souhaité le Joyeux Noël et la Bonne Année avant que chacun
rentre chez lui pour un repos bien mérité.
Ils n’ont pas oublié de se donner rendez-vous pour l’année prochaine, c’est-àdire au retour des congés en janvier 2016.

Le repas de fête par classe….

… après le repas eucharistique.

Frère Désiré Legma, csv

Un réveillon pas comme les autres
Il n’est pas coutumier de voir des consacrés hors de leurs murs à une heure
tardive pour des festivités. Mais en cette nuit exceptionnelle de la nativité, après
avoir exulté avec tous les fidèles à l’annonce de la naissance du divin enfant,
l’Emmanuel, les consacrés de Banfora ont convergé vers le collège Sainte
Thérèse (tenu par les Sœurs de l’Annonciation de Bobo, une congrégation
religieuse autochtone du Burkina). Ils seront rejoints quelques instants plus tard
par le Père Evêque, Mgr Lucas Sanou, et quelques membres de son
presbyterium. Les visages pétillent de joie et les embrassades fusent de partout :
C’est l’échange de vœux à l’occasion du Noël et du Nouvel An. La suite se
passera autour du partage fraternel d’un pot. C’est ainsi que nous avons passé
notre réveillon de Noël en cette année sainte. Dans la joie et les retrouvailles.
Qu’il en soit ainsi les années à venir.
Frère Irénée Hien, csv

Les têtes « se sont cognées »

et les consacrés se sont réjouis

….

le champagne a été sauté…

devant Mgr Lucas et ses collaborateurs

Les viateurs de Banfora consolident leur fraternité

Tous ont pris une grande bouffée d’oxygène.

Jean Vannier a bien raison de
dire que la communauté doit
être un « lieu de fête et de
pardon ». En effet, comment
vivre la fraternité si l’on ne
sait pas s’apaiser mutuellement les cœurs, pour que la
communauté toute entière
baigne dans ce fruit de l’esprit
qu’est la paix ?

C’est pour vivre de façon particulière ce fruit de l’esprit, que la communauté SaintViateur de Banfora s’est retrouvée le vendredi 04 décembre pour une célébration
de paix et de réconciliation. Ce fut une occasion de faire un examen de conscience
collectif et d’ouvrir à chaque frère, la voie vers une démarche personnelle de
réconciliation envers Dieu et envers les confrères. Et la fête dans tout ça ? Eh bien,
quand on est réconcilié, on redécouvre la joie de se côtoyer et de vivre ensemble, et
tout s’oxygène.
De l’oxygène, voilà ce dont la communauté a profité dans les bois de la
Guinguette, ce 11 décembre, jour de la fête nationale, à l’occasion d’une sortie
détente. Pour une détente, c’en a été vraiment une, au point où certaines parties du
corps étaient tendues, pour ne pas dire arrondies. Entre randonnées et bouchées, les
frères sont repartis épanouis et ragaillardis de cette sortie, et bien des jours après,
certains confrères avaient toujours la nostalgie de cette ʽʽguinguetaʼʼ. Ne me
demandez pas lesquels ?
Frère Irénée Hien, csv

Les postulants se sont égayés…

… pendant que les plus âgés
se reposaient

L’UPB de Saint-Viateur se réveille
Autour du curé et de son équipe pastorale, se
regroupe tous les consacrés intervenant ou vivant
sur le territoire paroissial. C’est l’Unité Pastorale
de Base (l’UPB). Dans cette structure, ils prennent
une part active dans la vie de leurs paroisses. C’est
dans ce sens donc, (et peut-être aussi pour mieux se
faire épauler, lui qui est quasiment tout seul à la
paroisse), que notre curé, le P. Céraphin, a voulu
que l’UPB de Saint-Viateur s’anime davantage. Il
aura réussi, puisque tous les consacrés de la
paroisse se sont associés à un service ou à un
groupe de la paroisse. En sus, l’UPB, en tant que
regroupement s’est dotée de quelques activités
communes.
La première a consisté à animer une messe dominicale. C’était le 29 novembre
2015. Une belle célébration qui a révélé les talents de certains de nos confrères.
La deuxième a été une récollection intercommunautaire d’entrée dans le temps de
l’Avent. Elle a eu lieu les 12 et 13 décembre 2015 dans les locaux des Viateurs et
des Sœurs de la Présentation de Marie. C’est l’Abbé Olivier Hema qui a présidé
cette récollection sous le thème : « Avec Notre Dame de l’Avent, vivons la beauté de la
vie consacrée ». C’est donc avec elle, Notre Dame de l’Avent, que nous avons
préparé et accueilli la venue du Messie.

Le « chœur d’anges » à la messe du 29

On s’est retrouvé 1es 12 et 13 décembre
autour du prédicateur Abbé Olivier Hema
pour la récollection.

ELOQ A L’ECOLE DE LA DEMOCRATIE
Le vent nouveau de démocratie qui souffle sur le Burkina depuis deux ans n’a pas
épargné l’Etablissement Louis Querbes. En effet, depuis l’an passé, c’est par une
élection au suffrage direct qu’est désormais désigné le délégué « général » des
élèves de l’ELoQ. Cette année, les querbesiens se sont prêtés à cet exercice dans la
semaine suivant les élections nationales au Burkina. Et à ce jeu, c’est l’élève Paré
Lionel de la 1ère D (et son pseudo parti, l’APR) qui s’en est sorti largement
vainqueur de sa confrontation avec notre Saran Sérémé locale, l’élève Houitte
Rebecca de la 2nde C, soutenue par le PUR. Ils ont été accompagnés dans leur duel
par un troisième candidat, de la F3 I arrivé troisième. Vu l’atmosphère de la
campagne, on s’attendait à un duel serré entre l’APR et le PUR. Le duel n’aura
duré que le temps de la campagne. Les urnes ont nettement départagé nos
candidats, tout comme au niveau national. Le délégué nouvellement élu a déjà mis
en place son bureau. Bon vent à eux.

Candidats et partisans étaient assidus…

au dépouillement.

A l’arrivée, c’est lui le délégué élu
(photo au don du sang de l’école)

Frère Denis Kima, csv

Echo de l’Institut Théologien de la Compagnie de Jésus.
Quand Dieu nous parle dans notre langage.
L’institut de Théologie de la Compagnie de Jésus dans sa mission principale d’offrir une
formation qui établisse un dialogue critique entre la théologie et la culture humaine à
partir des expériences concrètes, dans sa quête de promouvoir la recherche d’une
meilleure interprétation de la vie et de la foi chrétiennes et dans son service aux
communautés chrétiennes en quête d’intelligence de leur foi et désireuses de rendre
compte de leur espérance à ceux et celles qui, dans nos sociétés, le leur demandent,
maintient que l’orientation de l’enseignement théologique de cette année prend l’Afrique
comme point de départ dans l’initiation à l’acte théologique. Cela justifie l’allocution du
Pape Jean-Paul II dans son exhortation apostolique Ecclésia in Africa :
« La célébration de l'Assemblée spéciale manifesta au monde entier que les Églises locales
d'Afrique ont une place légitime dans la communion de l'Église, qu'elles ont le droit de garder et de
développer leurs « traditions propres, sans qu'il soit porté atteinte au primat de la Chaire de
Pierre qui préside l'universelle assemblée de la charité, protège les légitimes diversités et veille en
même temps à ce que les particularités, au lieu de nuire à l'unité, lui soient au contraire
profitables»1.

Voilà pourquoi tous nos travaux de recherches et les exposés sont particulièrement à
transmettre le patrimoine théologique des Saintes Ecritures et de la Tradition de l’Eglise,
en dialogue avec les contextes et les cultures pour servir l’Eglise et la société africaine,
en particulier :« Dans ce sens, le Peuple de Dieu est un ‘magistère qui précède’, et qui doit être
ensuite approfondi et accueilli intellectuellement par la théologie. Puissent les théologiens se
placent toujours à l’écoute de cette source de la foi et conservent l’humilité et la simplicité du
contexte »2.

Alors, comment parler de Dieu à un homme Africain ? Comment l’auto communication
de Dieu et son automanifestation est reçue par l’homme Africain ? Le même ressentiment
du F. Louis Alvarez Torres dans son mot ; ‘Le charisme de Louis Querbes et les diverses
cultures de la Congrégation’ : « je me suis interrogé : comment aurait fait le père Querbes s’il avait
été destiné à fonder dans ces nations? Comment se retrouveraient ces communautés aujourd’hui, fidèles
à ce qu’il aurait fondé il y a cinquante… cent ans? » 3. En parcourant l’article du Père Céraphin, il

est vraiment clair dans son propre mot que : personne ne saurait nier ces faits qui ont
pesé d’une certaine façon sur la courbe évolutive du pays des hommes intègres mais qu’à
cela ne tienne, le père QUERBESANOU s’est vite rendu à l’évidence qu’avec le Christ,
l’avenir reste ouvert; même les situations les plus désastreuses peuvent se transformer en
grâces. Il n’est donc pas opportun de se confiner dans une fatalité de l’histoire4.Dieu nous parle
1

Pape Jean-Paul II : « Ecclésia in Africa », exhortation apostolique post-synodale aux évêques, aux prêtres et aux
diacres, aux religieux et aux religieuses et à tous les fidèles laïcs sur l'église en Afrique et sa mission évangélisatrice
vers l'an 2000, no : 11.
2
Benoît XVI, Audience générale à Rome, 17 juillet 2010.
3
Louis alvarez TORRES : « Si Querbes vivait chez toi, aujourd’hui ?, viatorweb, Décembre 2015, no : 68.
4
Céraphin OUEDRAOGO, Il était une fois un homme de foi Burkinabé, viatorweb, Décembre 2015, no : 68.

à travers les évènements qui nous entourent. Il s’agit de la parole révélée et communiquée
comme une réalisation des concepts de révélation et de communication de la Révélation5.
C’est évident que l’objectif principal de la révélation transcendentalement surnaturelle est
l’homme conscient de son histoire. Cette expérience historique de l’homme dans sa
multiplicité et diversité a une direction sensée et unique.
Chaque société humaine, demeure très largement dépendante du cadre de vie qui est le
sien, dans lequel elle puise la quasi-totalité de ses ressources. Et le langage qu'elle-même
élabore trouve ses signifiances dans le monde concret de son expérience. La vie prête son
visage à la pensée. Aussi comprend-on que le monde religieux à Abidjan n'est pas celui
du paysan fidèle à Ferkessédougou. Que le lagunaire d’Ebrié et le nomade Senufo à
Korgho, n'ont pas la même mythologie de l'eau. De telles réalités, j’ai découvert
comment la révélation de Dieu nous rejoint dans nos différences, nos diversités et nos
histoires. Et la beauté de cette manifestation s’exprime dans cela. Comme le dit le groupe
West-life « What makes you different, makes you beautiful »6.
L'Evangile du Christ se doit d'entrer en heurt avec le réel africain pour que la foi devienne une
expression du langage africain. Il sera question selon les mots de Jean Marc ELA : « de faire
renaître en nous-mêmes ce qui, ailleurs, a été dit de Dieu et de sa Révélation à l'homme de tous
les temps, de toutes les langues et de toutes les élévations »7.Au constat de cette situation, nous
pouvons affirmer qu’au-delà de la théologie de la parole du Karl Bath, la théologie de l’existence
du Rudolph Bultmann, la théologie de l’expérience du Jürgen Moltmann et la théologie de la
politique du Jean-Baptiste Metz, qu'il est préférable de parler de la transcendance de Dieu à
l’homme africaine dans l’unicité de la foi, à la diversité de l’idée et au pluralisme d’expression.
Il s’agit simplement de l’idée primordiale de Claude Geffré. C’est simplement une relecture de la
Révélation qui partira de son particularisme pour en venir à son enjeu universaliste dont
l'Afrique en saisira pour elle-même le caractère singulier.

Frère Darius ; frère Kingsley, deux amis, frère Gabriel

Frère Kingsley Ogudo, csv
5

Bienvenu MAYEMBA : cours de la Théologie de la révélation, narrative de Dieu qui se révèle à l’homme dans la conception
Rahnienne à ITCJ, semestre 1, 2015.
6

7

WESTLIFE : Whatmakesyoudifferent, makesyoubeautiful, la beauté dans notre diversité, London, 2008.
Jean-Marc ELA, Repenser la théologie africaine : Le Dieu qui libère, Paris, Karthala 2003, p. 8.

La visite pastorale en Côte d’Ivoire du Père Supérieur de la Fondation
SANDOUIDI Macaire et son assistant, Père OUEDRAOGO Céraphin
Entrée dans la Miséricorde
Du 3 décembre au 9 décembre 2015, les Pères Sandouidi Macaire et Ouedraogo
Céraphin nous ont rendu une visite pastorale ici à Abidjan. Au-delà d’une visite de
retrouvailles, cela fut un moment des échanges mutuels, des rencontres
individuelles et communautaires. Après un tour d’horizon des événements récents
ou à venir, et après la rencontre de la CCVAO, ils ont a pris le pouls de
l’investissement de chacun de nous dans nos différentes expériences d’adaptation
académique et d’implantation communautaire avant de répondre à quelques
questions. C’est une visite particulière, pour prendre des nouvelles, pour faire
connaissance, pour garder le lien et pour le partage de vie. C’est une visite de
pasteur qui se tient proche et qui crée des liens de vie et de foi, comme une forme
de respiration commune, un accompagnement de vie, un temps d’échange à bible
ouverte.

Debout : Père Céraphin Ouédraogo, Frère Gabriel Ouédraogo, Frère Kingsley Ogudo,
Père Macaire Sandouidi
Devant : Frère Marius Sanou et Frère François Zoma

Dans le même esprit de l’Église universelle qui ouvre son année jubilaire de la
Miséricorde, Dieu reste très présent dans les affaires humaines. Il est proche de son
peuple. C’est d’ailleurs cette proximité qui impressionne les peuples païens, autant sinon
plus que la grande puissance de Dieu. Ils s’exclament: « Quelle est la grande nation qui a
des dieux aussi proches d’elle que l’Eternel? » (Dt 4,7). Le Dieu créateur cultive une
proximité surprenante avec sa création, sans toutefois perdre son identité divine, son
altérité ou sa grandeur infinie. C’est un Dieu dont son peuple dira: « Il ne reste pas loin
de nous, il vient vers nous, il nous rejoint là où nous nous trouvons… chez nous »8. C’est
une des raisons pour lesquelles Jésus est appelé « berger ». Le berger reste proche de son
troupeau. Il l’accompagne dans les pâturages. Comme le berger, Dieu se déplace de son
lieu de demeure habituel pour se rendre dans le lieu de vie de son peuple. Dieu quitte son
« chez lui » pour se rendre « chez l’autre ». Cela indique comment le salut qui est
l’histoire de l’auto-communication libre et aimante de Dieu suscite les événements, les
dirige et donne sens à l’homme9. Cette répartition des deux grands lieux cosmiques
n’éloigne pas pour autant le Créateur de sa création. Que cette année de miséricorde nous
donne l’occasion de parler avec Dieu afin que nous puissions discerner le sens des choses
et le sens de notre propre espérance et existence.

Frère Kingsley Ogudo, csv

Vie du noviciat
Installation du curé de la paroisse Christ-Roi de Pissy
Le 22 novembre 2015, dimanche marquant la fin
du temps ordinaire de l’année liturgique B,
l’Abbé Wenceslas Michel Tiendrebeogo a été
installé officiellement, comme curé de la paroisse
Christ-Roi de Pissy (secteur 28 Ouagadougou)
par Mgr Léopold Ouédraogo, évêque auxiliaire
de l’archidiocèse de Ouagadougou. Tous étaient
au rendez-vous : prêtres diocésains, religieux (es),
fidèles, parents, amis et connaissances de l’élu.
Alors que le frère Mathieu était à Vourles, la
L’abbé Wenceslas prêtant serment
communauté du noviciat, relevant de ladite
paroisse, a rejoint ses paroissiens (es) pour non seulement commémorer la
solennité du Christ-Roi, mais aussi soutenir le premier responsable de la cure. Au
terme de la messe, le cardinal Philipe Ouédraogo, empêché pour une noble cause
lors de la célébration, nous a honorés de sa présence effective en partageant un
repas avec ses collaborateurs (prêtres).

8

Harold KALLEMEYN : La visite pastorale, La revue de théologie de la Faculté Jean Calvin, Paris, Edition
Kerygma, p. 3.
99
René Latourelle : Démembrement ou renouveau de la théologie fondamentale, edition du cerf, Paris, pg. 35.

Absence du frère Mathieu (papi) et repos à Vourles
« L’ouvrier qui travaille mérite bien un repos » dit-on !
C’est le 16 novembre 2015 que le frère Mathieu nous dit au revoir et prit l’avion
(Air France) en direction du berceau de la Congrégation (Vourles), pour un temps
de repos. Cinq jours plus tôt, pendant son cours (Constitution), le frère Mathieu
nous annonçait son départ ; les novices se posaient la question : quand le frère
Mathieu partira, qui allons-nous taquiner sinon le
maître, c’est donc le père Julien Rainville qui cumulera
les fonctions de Maître des novices et du socius.
Le 18 décembre le frère est revenu au Burkina, une
heure plus tard que prévu, sa venue était en effet
annoncée pour 20h, mais à cause d’un retard de la
compagnie, c’est aux environs de 23h qu’il a atterri au
Burkina. Il a visité pour la Nième fois la tombe du P.
Querbes, les communautés locales de Vourles, Lyon,
Rodez, Villefranche. Il s’est bien reposé, nous a- t-il
rassuré.

L’entrée officielle des postulantes dominicaines
Le 21 novembre 2015, les aspirantes des sœurs de charité dominicaine de la
Présentation de la sainte Vierge, sont entrées officiellement au postulat, première
étape de la vie religieuse, au cours d’une messe présidée par le père Raoul
(camélien). C’est d’ailleurs lui qui a animé leur retraite avant l’entrée officielle. Le
père Julien, quant à lui, il s’est fait accompagner par la triade (novices). Après la
messe, nous avons pris un repas fraternel avec les sœurs et autres invités. Nous
avons fini par un temps d’animation suivi de quelques pas de danse au son du
tambour.

Sœurs et postulantes dominicaines

le père Julien et le père Raoul (camillien)

Sortie de détente sur Bazoule
Le 11 décembre 2015, alors que tous les burkinabè du Faso était en fête
relativement au 55eme anniversaire de l’indépendance, la communauté du
noviciat, accompagnée du frère Jocelyn Dubeau et du frère Fulbert SAM (résident
à Boassa) a effectué une sortie de détente à Bazoulé, un village regorgeant
d’importants sites touristiques. Situé à une vingtaine de km de la ville de
Ouagadougou, Bazoulé, en effet, est un petit village où le sacré a toujours sa raison
d’être. La mare du village abrite les crocodiles depuis des lustres, des crocodiles
ayant une valeur sacrée dans ce sens où ils sont considérés comme partie intégrante
de la population ayant droits aux funérailles mieux encore sont inhumés comme
des êtres humains. C’est ce lieu sacré qui a fait l’objet de notre sortie. Après la
visite des crocodiles nous avons visités le musée du village, un vrai patrimoine
culturel de l’ethnie mossi. Ce fut une splendide découverte

Camille, Benjamin, Venceslas

F. Jocelyn

F. Fulbert sur le plus vieux crocodile

Deuxième Inter-noviciat, thème : la liturgie
Dans le cadre de la formation intégrale des novices, des inter-noviciats sont
organisés sur différents thèmes.
Cette fois–ci, c’est autour de la thématique de la liturgie que les novices du
Burkina Faso se sont rassemblés pour s’imprégner des notions de base liturgiques.
Le rendez-vous a eu lieu du 4 décembre au 9 décembre au Centre de Formation
Professionnelle des Religieux(es). L’abbé François de Sales (prêtre diocésain) était
l’animateur.

Cinq jours durant, nous avons appris tant de choses relativement au thème : les
grandes parties d’une messe ; les gestes liturgiques et leurs sens ; la liturgie des
heures et même des sous-thèmes tels les dévotions.

Le séjour des postulants au noviciat
Comme à l’accoutumée depuis la première promotion du noviciat sous père
Julien Rainville, les postulants viennent passer quelques jours au noviciat pendant
le temps des Fêtes. Cela en effet permet aux postulants, futurs novices d’avoir une
idée sur ce qu’est la vie du noviciat et mettre de côté les mille et une appréhensions
vis-à-vis de la vie du noviciat.
Et pour les novices, c’est toujours une grande joie d’accueillir à bras ouverts les
postulants, parce que leur présence change un temps soit peu la vie quotidienne,
l’atmosphère. Dans ce sens, avec eux, nous réalisons des sorties et nous nous
enquérons des nouvelles des deux communautés, celle du noviciat et celle de
Banfora où, nous novices, avons fait notre postulat. Cette année nous avons
accueilli Dongo Nicolas (Togolais) et Arnaud Tougma (Burkinabé).

L’équipe du Noviciat

Doulougou : projet d’investissement des Clercs de Saint Viateur
La fondation œuvre à installer en profondeur notre congrégation au Burkina et
aussi à lui assurer un bon avenir. C’est la raison pour laquelle elle a œuvré à
l’acquisition d’un vaste terrain à Doulougou, village situé à quarante-cinq
kilomètres de Ouagadougou.
Les deux représentants du Domaine
(au centre de l’image avec les
papiers) établissent les papiers
officiels pour l’acquisition de deux
terrains à Doulougou pour notre
congrégation. A la même occasion,
les sœurs Caméliennes, les
Dominicains et les Chemins neufs
(communauté nouvelle) de même
que les frères de Sainte Famille et
les Caméliens ont acquis des terrains dans la même commune. Cette ville
deviendra un petit Vatican dans quelques années. En tout neuf propriétaires
terriens ont donné leurs accords pour que notre congrégation acquière 21 hectares .

Frère François Savadogo signe les papiers au nom de notre congrégation ainsi que le chef du village.

Doulougou est une commune qui comprend le périmètre urbanisé dans la province
du Bazèga et la région Centre-Sud au Burkina Faso. La commune a une population
de 27990 habitants en 2005 répartis en 35
villages ruraux (ethnies Mosé et Fulbé).
Le village principal où la communauté a
acquis le terrain donne son nom à la
commune. Le nom de la ville provient du
moré dulgu, signifiant "callao". La ville a
été fondée par le Naba Monmdé, chef
mossi.
Le Callao à bec rouge du Burkina Faso

Première élection démocratique vraiment libre après 27 ans
de règne de Blaise Compaoré.
Le Burkina Faso a un régime
présidentiel comme la France, un
héritage de la colonisation quand, en
1960, la nation a eu son indépendance.
Le Groupe Scolaire Saint Viateur a
accueilli neuf bureaux de vote le
dimanche 29 novembre 2015, en
moyenne quatre cents personnes par
bureau. Samedi nuit, après le départ
des élèves du cours du soir, vers
21h45, les agents de la CENI (commission des élections nationales indépendantes)
ont pris possession de notre école. Dès 6h00 du matin, la population, aux moins
4000 personnes, ont franchi notre portail pour faire leur devoir civique.
Notre école a été aussi le lieu de la confection des cartes électorales. Chaque futur
électeur devait venir à l’école avec son extrait de naissance ou sa CIB (carte
d’identification burkinabè) pour se faire enregistrer sur la liste électorale. Le
processus est complexe car malheureusement tout le monde n’est pas enregistré
dès la naissance, ni ne fréquente l’école
dès l’âge de 6 ans.
Les bureaux de vote ont été ouvert
jusqu’à 18h00 et les résultats ont été
publiés en direct le lundi 30 novembre à
23h45 sur la télévision nationale. Une
grande réussite technologue, car de
nombreux postes de votes en région n’ont
pas d’électricité ni de couverture
d’internet, un système par satellite a été mis au point par l’Union Européenne
(principal bailleur de fonds) afin de collecter l’ensemble des données.
Les élections ont été couplées (législatif et présidentiel), dans chaque bureau de
votes, il y avait deux boîtes pour déposer ses bulletins de votes. Une boîte pour
élire le Président et une seconde boîte de votes pour élire les parlementaires (127
députés). Le résultat pour les députés ne fut disponible que le mercredi 2 décembre
2015.
Aucun Parti et aucun groupe n’a remis en cause les résultats des élections.
Monsieur Rock KABORE, nouveau chef du pays, a été élu avec 53% des voix
contre 29% pour son principal adversaire. Son parti, le Mouvement du Peuple pour
le Progrès, a obtenu 55 députés à l’Assemblée Nationale.

Qui est-il?
Roch Marc Christian Kaboré est né le 25 avril
1957, catholique, issu de l'ethnie mossi, est le fils
de Charles Bila Kaboré ancien vice-gouverneur de
la Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest.
Il fait ses études secondaires au collège SaintJean-Baptiste-de-la-Salle à Ouagadougou et
poursuit des études universitaires en sciences
économiques à l’université de Dijon
où il
décroche, en 1979, la Maîtrise en sciences
économiques, option gestion.
Le 4 août 1983, Thomas Sankara prend la tête de la révolution et s'installe au
pouvoir. L'année suivante, Rock Kaboré, âgé de 27 ans, est nommé directeur
général de la Banque internationale du Burkina, l'une des deux principales
institutions financières du pays. Il occupe ce poste jusqu'en 1989, date à laquelle il
est nommé par le chef de l'État, Blaise Compaoré, ministre des Transports et de la
Communication. En 1990, il devient ministre d'État, puis en 1991, ministre chargé
de l’Action gouvernementale. Entre 1992 et 1993, il occupe successivement les
postes de ministre des Finances, puis chargé des Relations avec les institutions. Le
11 janvier 1994, Blaise Compaoré décide de nommer Roch Marc Christian Kaboré
au poste de Premier ministre. Le 6 février 1996, Blaise Compaoré le relègue à un
poste de conseiller spécial à la Présidence. Cependant, réélu comme député en mai
1997, il devient Premier vice-président de l’Assemblée nationale. Il est reconduit
lors des élections législatives de 2002 et le 6 juin de la même année, il devient
président de l’Assemblée nationale. Il sera président durant 10 ans 6 mois et 22
jours. En 2011, la population se mobilise contre la vie chère. L'exaspération monte
dans la rue.
Devant l’impossibilité de réformer le parti, Roch Marc Christian quitte la direction
du CDP. Redevenu simple militant, il tente de dissuader le président de modifier
l’article 37 de la Constitution qui interdit au président de se représenter en 2015.
La décision de Blaise de modifier la constitution amènera Roch Marc Christian
Kaboré à basculer définitivement dans l’opposition. Le 4 janvier 2014, Roch Marc
Christian Kaboré et deux autres piliers du CDP, Simon Compaoré et Salif Dialo
démissionnent en signant une lettre ouverte dans laquelle ils dénoncent la
« caporalisation » du parti. Ils seront suivis le lendemain par 72 autres membres du
parti. Ils créent le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et Roch Marc
Christian Kaboré en prend la tête. Le MPP rejoint les rangs de l'opposition dès
février 2014.Les 30 et 31 octobre 2014, le peuple se soulève contre la modification
de l’article 37 de la Constitution et chasse Blaise Compaoré du pouvoir. Une
nouvelle page d’histoire s’ouvre aux Burkinabè.
Frère Dubeau Jocelyn, csv

Nouvelles brèves
Des précisions importantes
Dans la parution du fasoviat n° 14, nous n’avions pas
précisé la date des premiers vœux du frère Victor Zongo.
Cette première profession a eu lieu le 04 septembre 2010.
Nous annoncions également dans notre éditorial du même
numéro, un étudiant à Paris. C’est plutôt à Lyon et il
s’agit du Père Norbert Zongo.
Ça y est ! P.
Norbert est à
Lyon depuis
le début de ce
mois de janvier. Avant de s’en allé, il a
dit au revoir à son communauté locale
temporaire de Banfora et à la paroisse
St-Viateur. Son séjour aura été court,
mais remarquable. Nous lui souhaitons
de très bonnes études et à nous revoir.
F. Cyrile remettant le cadeau d’au revoir à P. Norbert

L’Evêque auxiliaire de Ouagadougou visite la communauté StViateur de Banfora
Venu se reposer chez son frère évêque
de Banfora, Mgr Léopold a, le temps
d’un midi, fait un crochet dans la
communauté locale de Banfora. Ce fut
un excellent moment de convivialité
entre des viateurs et un évêque (cela
fait penser à saint Viateur et à saint
Just).

Mgr Léopold à table

In Memoriam :
Le papa du père Céraphin Ouédraogo a fait son entrée dans la Vie Eternelle le
mardi 5 janvier 2016. Union de prière

Dossier : Etre éducateur, un métier d’aujourd’hui
pour faire des Hommes de demain
UNE PROFESSION DE PLUS EN PLUS RECONNUE AU BURKINA FASO.
Le surveillant d’autrefois laisse place à un véritable professionnel de l’éducation, de la
prévention et de la médiation. Le titre officiel est «auxiliaire d’éducation ».Une formation se
donne à l’Université de Koudougou en deux années. L’éducateur en milieu scolaire est amené à
tenir un rôle essentiel : considérer chaque élève dans sa singularité de sujet et l’aider à trouver
une place dans son environnement scolaire et social. Ce travail se réalise en partenariat avec les
parents et les autres professionnels de l’enseignement et du social. Dès lors, « la vie scolaire» est
le terrain d’action de l’éducateur, terrain de la médiation entre le jeune ou l’adulte et son milieu.
Le métier d’éducateur en milieu scolaire s’articule autour de l’accompagnement et il comprend
des éléments pédagogiques, sociaux et administratifs. Ces éléments constituent un tout
indissociable.
1-L’ACCUEIL ET L’ENCADREMENT
L’accueil et l’encadrement des élèves en dehors des temps de cours sont attribués prioritairement
aux éducateurs. Durant ces moments, l’éducateur est une personne-ressource à l’écoute des
élèves et un animateur favorisant la mise en place de projets. La capacité de l’éducateur à mettre
les élèves en projet est un des meilleurs atouts pour le rendre crédible tant à l’égard de ceux-ci
que des autres intervenants de la communauté scolaire. L’éducateur même s’il gère le non-cours
est un intervenant important pour accompagner l’élève ou l’étudiant dans ses compétences tant
transversales que disciplinaires.
C’est notamment le cas durant les études que l’éducateur anime. Outre le fait qu’à ces moments,
il crée une ambiance propice au travail, il aide les élèves dans leurs recherches scolaires, leur
fournit les documents et les bibliographies disponibles, suscite la relation des élèves plus doués
avec les plus faibles, explicite des méthodes de travail. On peut dire que l’éducateur est un
véritable levier dans une structure scolaire tant pour l’élève que pour le corps enseignant. Il tient
le rôle de garant de la sécurité et du bien-être de chaque élève. Cela nécessite une approche
positive des situations conflictuelles et des médiations sont souvent utiles
2-L’EDUCATEUR ET LA RELATION
Il est souhaitable de confier à chaque éducateur une partie du nombre de classes ou d’élèves. En
construisant ainsi une relation de groupe et une relation personnelle, l’éducateur sera en mesure
d’aboutir à un suivi de qualité des jeunes et des adultes placés sous sa responsabilité. En effet, on
remarque que l’adolescent voire l’adulte a besoin d’une personne de référence qui le suit au
niveau administratif et dans les relations avec les enseignants, avec les pairs, avec la famille et ce
généralement pendant la durée du degré ou de sa scolarité.
3-L’EDUCATEUR ET LA PARTICIPATION
L’éducateur a un rôle important en matière de participation des élèves à la vie de l’école. En
effet, il collabore activement à la mise en place du bureau des élèves. Une des meilleures façons
de travailler le rapport à la règle et la loi n’est-elle pas d’associer les élèves à la construction du «
vivre ensemble » et de leurs permettre progressivement de s’approprier la vie scolaire ? Le
bureau des élèves devient alors un véritable « banc d’essais » pour la formation des citoyens à
l’exercice de leurs droits et devoirs, ainsi qu’à la mise en place de leurs capacités d’initiative et
de créativité.

4-L’EDUCATEUR ET LA PREVENTION
L’éducateur a aussi un rôle central en matière de prévention des violences, de vols, de racket, de
la consommation de produits (alcools, stupéfiants, …) et des assuétudes. En tant
qu’accompagnateur du jeune, l’éducateur refuse la loi du plus fort et cherche à imposer la loi du
respect. Il joue la carte de la solidarité là où la seule compétition n’aboutit qu’à l’exclusion. Il
cherche à se donner les moyens, tant individuellement que collectivement, de développer des
projets qui éduquent au respect des biens et des personnes, à la solidarité, à la santé. L’éducateur
favorise une dynamique horizontale plutôt que verticale afin d’équilibrer la relation qui, la
plupart du temps en milieu scolaire, subit un déséquilibre. Il est parfois le porte-parole du jeune.
Cette orientation se prend en collaboration avec l’ensemble des intervenants du milieu scolaire et
en particulier avec le chef d’établissement.
5- L’EDUCATEUR EST UN DES GARANTS DU RESPECT DE LA REGLE
A cet égard, nous distinguons d’une part ce qui relève des contraintes extérieures à l’école : la loi
pénale, les décrets… et d’autre part ce qui relève des règles internes de fonctionnement ainsi que
du projet de l’établissement. Dans les règles internes, il faut encore distinguer ce qui est
négociable et ce qui ne l’est pas, selon un classement qui peut aller des conventions
interpersonnelles, des coutumes et des habitudes aux règles techniques, légales, morales et aux
principes éthiques. L’interdit de violence, par exemple, ne se discute pas puisqu’il est
précisément ce par quoi un dialogue est possible. En outre, il s’applique à tous les intervenants
en milieu scolaire. Désamorcer des conflits, établir à nouveau les conditions d’un dialogue entre
les différents acteurs, ces actions font partie du quotidien de l’éducateur. Dans certains cas,
l’éducateur devra recourir à la sanction en concertation avec les autres acteurs de l’école. Les
finalités de cette sanction viseront toujours à réconcilier le jeune avec lui-même, à le
responsabiliser par rapport à ses actes et à rappeler la loi. La sanction éducative ne condamne pas
la personne mais un comportement précis. Une règle d’or est « une sanction ne peut être acceptée
et comprise que si auparavant, elle a été discutée ».
6-L’EDUCATEUR TRAVAILLE EN EQUIPE
Il est dès lors coresponsable de l’épanouissement intellectuel et socio-affectif de l’élève en
collaboration avec les autres membres de l’équipe : directeur, professeurs, titulaires, agents,
autres travailleurs sociaux. Cette notion d’équipe est essentielle parce qu’elle permet la
concertation, la coopération et la coordination.
7-L’EDUCATEUR A UNE REPRESENTATION
ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL

CLAIRE

DE

SON

Il n’est pas exceptionnel aujourd’hui que des personnes se croisent au sein d’une institution
scolaire sans savoir qui elles sont et ce qu’elles font. Les écoles sont devenues des systèmes
complexes traversés par des flux importants d’informations. L’absence de représentation d’un
organigramme clair rend difficilement identifiables les circuits de communication et favorise les
dérives dans le repérage des niveaux hiérarchiques. La dérive la plus commune est le recours
trop rapide à l’échelon hiérarchique supérieur, pour discuter d’une situation ou d’un problème,
sans avoir pris le soin d’une concertation et d’une réflexion approfondie avec les coéquipiers.

9-L’UTILISATION DU RESEAU
L’éducateur est un interlocuteur privilégié pour le jeune et sa famille. Il sert d’interface entre les
différents acteurs et est un relais avec les parents. Grâce à ses nombreuses interventions et à sa
présence, l’éducateur joue également un rôle d’intermédiaire au sein des différentes situations
rencontrées. Il s’agit pour l’éducateur d’inventer et de garantir ces réseaux et ces espaces autour
de l’élève, de l’aider à s’y retrouver, de faire route avec lui. Cela ne veut évidemment pas dire
que l’éducateur doit être partout et encore moins qu’il ait un regard totalitaire sur tout ce que vit
l’élève. Il est cet adulte qui permet à un sujet de tisser du lien social, celui qui va l’aider à trouver
cette autonomie recherchée.
10-L’EDUCATEUR ET LE CONSEIL DE CLASSE
Par sa situation privilégiée qui résulte du contact journalier avec les élèves, l’éducateur est
compétent pour émettre des avis lors des conseils de classe et des réunions de parents. A cet
égard, nous encourageons les éducateurs à travailler la communication de leur pratique, que
ce soit sous la forme de l’écrit ou de l’oral.
S’il est chargé de tenir un dossier individuel pour certains élèves dont il a la responsabilité, il
peut y noter ses constatations sur l’évolution scolaire et psychosociale de l’élève, l’aidant à
communiquer les informations qui servent le travail avec l’enfant/adolescent.
CONCLUSION
La description du métier d’éducateur en milieu scolaire montre combien son rôle est celui de
médiateur de première ligne, celui qui facilite la communication et qui cherche à éviter et à
lever les situations de blocage. Celui qui joue un rôle tampon et qui aide l’adolescent à
comprendre et affronter des situations délicates.
L’espace de la médiation est aujourd’hui
borné par les projets Educatif et
Pédagogique, par le Règlement des
Etudes, d’Ordre Intérieur et le Projet
d’Etablissement. Dans cet espace, le jeune
viendra souvent se confronter au cadre,
aux limites, aux interdits et, ainsi,
questionner son rapport aux autres à
travers la rencontre avec un éducateur.
Cette rencontre, comme toute rencontre
humaine constituera l’espace même de la
relation éducative.
Evidemment, l’éducateur ne saurait se
substituer aux parents et aux enseignants,
mais la spécificité de son travail le conduit
à accompagner un jeune dans sa
croissance et à lui proposer son appui sur
le chemin de l’autonomie et de la
responsabilisation.
Frère OUEDRAOGO Clément, csv
Directeur d’Education et d’Encadrement
Scolaire au GSSV

LE VERBE S’EST FAIT CHAIR
IL DEMEURE PARMI NOUS

Dieu est venu partager« Notre lit de paille »,
Pour nous introduire dans sa Vie de Miséricorde.

C’est avec ces mots que toute l’équipe de rédaction du fasoviat souhaite à
toutes et tous, une
BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2016
En compagnie du visage de la miséricorde du Père, le Christ Jésus.

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