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UNIS

Techniques de règlement

Chapitre I : La lettre de change
Pour renforcer l’harmonisation des systèmes de paiement dans les Etats membres de
l’union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), un Règlement a été
élaboré en septembre 2002. Il s’agit du règlement N°15/2002/CM/UEMOA relatif aux
systèmes de paiement. Ce Règlement abroge et remplace toutes dispositions de droit
interne contraires ou traitant du même objet (article 244) du règlement.
C’est dans le titre III de la 3ème partie consacrée aux instruments de paiement que l’on
trouve le dispositif de la lettre de change.
La lettre de change ou « traite » est définie comme étant un titre par lequel une
personne dénommée "tireur" donne l'ordre à une autre personne appelée "tiré" de
payer une somme d'argent à une date déterminée au profit d'une troisième personne
dénommée « porteur », « preneur » ou« bénéficiaire ».
La lettre de change présente ainsi plusieurs caractères :
 il s’agit d’un titre négociable.
 Il s’agit d’un acte de commerce quelles que soient les personnes en cause ou
l'origine de la dette. En cas de litiges, le tribunal de commerce est donc
compétent.
 Il s’agit d’un instrument de paiement.
 Elle peut également être un instrument de crédit.
Les trois personnages (Tireur, Tiré, Bénéficiaire) sont indiqués au recto de la lettre de
change.
La lettre de change suppose une relation de créancier à débiteur pour que l’ordre
donné par le tireur au tiré de payer le bénéficiaire soit justifié.
Il en résulte deux créances fondamentales : la provision et la valeur fournie.
1

La créance de la provision, c’est la créance du tireur sur le tiré. Cette créance est
transmise sous l’effet de la lettre au bénéficiaire qui acquiert le droit de demander à
tout porteur de celle-ci le paiement au titre de la provision. En effet, la créance va être
transmise à chaque émission de la lettre de change. C’est en quelque sorte une cession
de créance, un transfert de fonds. Ainsi, le dernier porteur pourra demander
systématiquement le paiement au tiré au titre de la provision : par exemple, si le tireur
avait livré des marchandises au tiré, son acheteur, le fournisseur à qui le tireur avait
transmis la lettre pourra s’adresser à l’échéance à l’acheteur (tiré) pour demander le
paiement de la provision.
Quant à la valeur fournie, elle représente la créance du bénéficiaire sur le tireur.
La valeur correspond au montant de la provision. Donc le créancier de la valeur
fournie demeure toujours le bénéficiaire, et que le débiteur de la valeur fournie est
toujours le précédent endosseur. Aussi, à l’échéance, le porteur pourra demander au
choix le paiement au tiré ou au débiteur de la valeur fournie.
En effet, la simple signature engage l’auteur dans le champ cambiaire, dans la mesure
où le porteur de la lettre pourra toujours poursuivre les personnes qui l’ont signée. Or,
la première personne qui signe, c’est le tireur qui se reconnaît débiteur cambiaire de
tous les porteurs de la lettre de change ; le tiré qui accepte de payer la lettre, quand
bien même il n’a pas reçu provision ; l’endosseur est également considéré comme
débiteur cambiaire, s’il signe la lettre et la transmet.
En clair, la particularité de la dette cambiaire s’apprécie dans la création et l’émission
de la lettre de change (Section I), l’acceptation et l’endossement (Section II), l’aval
et le paiement (Section III).
Section préliminaire : Illustration du mécanisme de la lettre de change
La lettre de change est un mode de raisonnement triangulaire comprenant le tireur, le
tiré et le tiers bénéficiaire.
1° Relation antérieure entre le tireur et le tiers bénéficiaire : le tireur est débiteur du
tiers bénéficiaire
2° Le tireur offre une prestation de service ou un bien au tiré. Il s’agit du « rapport
fondamental ».
2

Si la lettre de change est considérée comme un titre formaliste. La dénomination de lettre de change insérée dans le texte même du titre et exprimée dans la langue employée pour la rédaction de ce titre. C’est la loi qui prévoit comment le tireur crée la lettre de change (Section 1). Paragraphe 1 : La création de la lettre de change. Cependant la signature de la lettre de change nécessite le respect des conditions de fond.3° Le tiré reçoit l’ordre du tireur d’effectuer le paiement auprès du tiers bénéficiaire. La création et l’émission de la lettre de change. Il s’agit du « rapport cambiaire » càd en vertu de la lettre de change Section 1. Pour être valable. 3 . la lettre de change doit contenir les mentions prévues par l’article 149 du Règlement de l’UEMOA (article 511-1-II du code de commerce français). Les parties peuvent y ajouter des mentions facultatives (2°). L’utilisation du terme « traite » a été admise par la jurisprudence. 1° Les mentions obligatoires : Il s’agit : 1 De la dénomination de la lettre de change. notamment la capacité et le consentement (Paragraphe 2). c’est parce qu’elle est soumise à des conditions de forme (Paragraphe 1). A/ Les Exigences de forme de la lettre de change. Ces mentions sont obligatoires (1°). Mais il y a concrètement émission lorsque le tireur transmet la lettre au bénéficiaire (Section 2). ce dernier devient alors créancier du tiré.

com. Pérochon. n° 191 . Mais le caractère substantiel et non simplement probatoire2 rend difficile l’admission de la signature électronique. Bonhomme et F. une lettre de change qui ne comporte pas le nom du bénéficiaire ne vaut pas comme lettre de change. n° 627. Ainsi la cour de cassation française a jugé que l’omission du nom du tireur n’entraîne pas la nullité de la lettre.G. En effet.. op. cit. 2 du code civil (loi du 12 mars 2002) et sur la réponse ministérielle en date du 30 novembre 2000. 4 . L’indication du montant est une mention obligatoire. op. d’où l’effet de complaisance. dispose que la signature de la lettre de change peut être apposée par tout procédé non manuscrit. le porteur doit pouvoir connaître ses droits. Il s’agit d’indiquer le nom du tiré. Le problème se pose lorsque le tiré appose sa signature au moment où le nom du bénéficiaire n’a pas encore été indiqué. Pour ce qui est de la signature du tireur. le tireur peut l’indiquer et ensuite endosser la lettre de change. 3 De la dénomination des parties. 2006. p. Donc. RJDA 2/94. 12 octobre 1993. elle peut être effectuée par tout procédé manuscrit (art. c’est sa signature qui est exigée).). on peut être tenté ainsi de soutenir que la signature électronique peut être utilisée pour créer la lettre de change. p. C’est le mandat donné par le tireur au tiré de payer une somme déterminée. Puisque l’article 149 du R. n° 628. 4 De L’indication du montant de la lettre. la régularisation est admise par la jurisprudence. Toutefois la chambre commerciale de la Cour de cassation française a admis que la régularisation n’est rejetée qu’en cas d’altération.D. La stipulation d’intérêts est possible dans le cadre d’une lettre de change à vue ou à un 1 La loi cambiaire ne précise que le nom du tireur doit être indiquée. R. Il en est autrement si le tiré n’avait aucune intention d’honorer son engagement cambiaire. En principe. Il ne faut donc pas distinguer la où la loi ne distingue pas. même si le porteur ajoute son nom. c'est-à-dire qu’à la lecture de la lettre. qui se fondent sur l’article 1316-4 al.2 De l’ordre pur et simple de payer. 149 du R. Bonhomme et F. du bénéficiaire. 639. 7 e édition. Quant au nom du bénéficiaire. L...J. cit. et il ne faut pas interpréter si le texte est clair. dans la mesure où cela ne modifie rien dans l’engagement du tiré. 639. et de la signature du tireur1 (la loi précise seulement que c’est le nom du tiré et celui du bénéficiaire qui doit être mentionné et pour le tireur. Pérochon. 2 R. la Cour se fonde sur les raisons d’être du formalisme cambiaire. Le caractère pur et simple de ce mandat signifie qu’il ne doit être assorti d’aucune condition. La somme doit être déterminée.

par exemple. du lieu de création. à 45 jours ou à 60 jours à compter de la date de création. Donc la lettre devra être présentée au paiement à compter de la date de l’acceptation. L’indication de la date de création est nécessaire pour la détermination de la capacité et du pouvoir de l’émetteur. à défaut la clause est réputée non écrite (art.). Si. Dans ces cas. A un certain délai de date. Néanmoins le Règlement précise qu’en cas d’omission. la somme la plus faible est prise en compte. A vue. et d’autre part. la simple indication de la date. 152 du R. C’est d’abord la date d’émission (ou date de création) : Dakar le 9 février 2016. (art. Ainsi on peut indiquer l’échéance à date fixe.)3. Si les deux sommes sont différentes. Plusieurs modalités d’indication de l’échéance existent. fait foi entre les parties et à l’égard des tiers. la lettre de change devient un instrument de crédit. Par ce biais. C’est ensuite la date d’échéance. comme le chèque. en droit cambiaire. la somme en toutes lettres est prise en compte.certain délai de vue. 5 . par exemple le 9 février 2016. c'est-à-dire qu’elle est payable tant de jours ou de mois à compter de l’acceptation ou du refus d’acceptation par le tiré. En pratique. l’acte doit être enregistré pour que la date fasse foi entre les parties et à l’égard des tiers. 6 De l’indication des lieux. la lettre doit être payée. d’après l’article 152 in fine. C’est dire que la lettre de change est valable nonobstant le défaut d’indication des 3 Ecrit en plusieurs fois. l’adresse du tireur est supposée être le lieu de création . à défaut du lieu de paiement c’est l’adresse du tiré. Il s’agit. 151 du R. 5 De l’indication des dates. de la moindre somme. L’indication de la date d’échéance offre la possibilité d’endossement et facilite la pratique d’escompte. Si la somme est indiquée plusieurs fois en chiffres ou en lettres. c’est la date de présentation à l’acceptation qui fait courir le délai. en cas de différence. De même la lettre de change peut être stipulée à un certain délai de vue. en droit commun. Il est d’usage de les indiquer en chiffres et en lettres. la loi exige que le taux d’intérêt soit indiqué dans la lettre. la lettre de change devient un instrument de paiement. sans enregistrement de la lettre. par exemple. du lieu de paiement. on tient compte. d’une part.

la stipulation d’intérêts. Il en est ainsi lorsque les lieux ne sont pas indiqués ou lorsque la date d’échéance n’est pas prévue. II. comme commencement de preuve par écrit. l’endossement est interdit. si en réalité l’indication couvre l’absence d’une condition essentielle de validité de la lettre de change. elle comporte respectivement les adresses du tireur et celle du tiré. 1989. le législateur de l’UEMOA. 9 mars 1976. lorsqu’il existe sur la lettre des mentions permettant de remédier aux inconvénients de l’omission. lorsqu’on indique une fausse date pour empêcher la découverte de l’incapacité du signataire. 21345. 2° Les mentions facultatives : Plusieurs clauses peuvent être insérées dans la lettre par les parties. soit valable. Voilà les mentions exigées par la loi pour que la lettre de change.. lui-même. Il en est ainsi. n° 85. A défaut de l’une des mentions obligatoires. Ainsi l’opportunité est offerte à la jurisprudence pour sauver la validité de la lettre de change. bien sûr. 5 Com. La loi prévoit respectivement dans ces cas. il faut suivre les formalités de l’article 241 du COCC. c’est la théorie de l’acte apparent qui joue. c'est-à-dire si la lettre est nominative. Bull. que les adresses du tireur et du tiré serviront de lieux de création et de paiement. lui-même. par exemple. Ainsi. Par ailleurs. a prévu un système de suppléance. En effet. 7 Seulement en cas de clause non à ordre. Néanmoins la lettre de change ne peut être considérée comme valable. l’acte peut valoir comme billet à ordre ou comme reconnaissance de dette ou. JCP (G).lieux de création et de paiement. il a été décidé que l’omission du nom du bénéficiaire n’empêche pas la lettre d’être valable. la lettre ne vaut pas comme lettre de change4. 6 . ce qui signifie que l’écrit peut valoir à autre chose sur le plan juridique. ce que Putman appelle le formalisme à retardement6. La pratique bancaire a ajouté au dispositif de création de la lettre de change d’autres éléments facultatifs. Pour céder la lettre. notamment la domiciliation. la clause non endossable ou non à ordre7. est le bénéficiaire qui a endossé le titre au tiers porteur5. encore. dans la mesure où on suppose que le tireur. 6 E. que l’échéance est à vue. C’est pour montrer la force de la théorie de la validité de la lettre de change. une doctrine consistant à réduire le champ d’application des nullités par le formalisme par équivalent et par la technique de la régularisation avant la présentation au paiement. si. la 4 Quant à l’inexactitude ou la supposition. par exemple. Putman.

En clair. C’est pourquoi la banque a intérêt à s’assurer que le client a bien donné l’ordre de payer avant de le faire. C’est l’hypothèse où le tiré indique sa banque comme lieu de paiement. les parties peuvent prévoir une clause dite sans frais ou sans protêt. En conséquence. Dans le rapport banquier-porteur. A défaut. La banque domiciliataire est une simple mandatrice. la clause sans frais n’interdit pas l’établissement d’un protêt. le mandat de payer la lettre de change. Alors. Il résulte du même texte que la lettre de change acceptée est un titre exécutoire. il perd ses recours cambiaires. Il en est ainsi lorsque le porteur veut appliquer une mesure conservatoire sur les biens du débiteur. la constatation du défaut de paiement ne nécessite pas le protêt. 55 de l’Acte uniforme sur les procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution : AUPSRVE)9. en d’autres termes. nonobstant la clause sans frais. ce qui permet d’éviter les frais de recouvrement. Mais le texte précise que la constatation du défaut de paiement. l’exigence du protêt relève d’une disposition supplétive de la loi cambiaire. le porteur doit faire dresser protêt. donc le protêt. D’ailleurs.). Le protêt vaut normalement commandement de payer. Donc ce sont les règles du mandat qui s’appliquent dans le rapport banque-tiré. Pour éviter les frais supplémentaires inhérents à l’accomplissement de cette opération. En cas de refus du tiré. un loyer impayé après commandement est un titre exécutoire. celui-ci n’a aucun droit cambiaire contre celui-là. aux termes de 8 Aux termes de l’article 154 du R. le tiré peux s’exonérer de la garantie de l’acceptation. si. Toutefois. En vertu de l’article 55 de l’AUPSRVE. En effet. le porteur peut avoir intérêt à faire dresser protêt. Elle reçoit. Il doit donc être considéré comme un titre exécutoire. mais elle ne s’engage pas dans le lien cambiaire. est un préalable indispensable 9 7 . 1 La domiciliation bancaire. Dans ce cas.. Nous allons particulièrement nous appesantir sur la domiciliation bancaire et la clause sans frais (art. Le protêt est un acte par lequel l’huissier de justice constate le défaut de paiement ou d’acceptation de la lettre de change. le protêt d’une lettre de change acceptée permet de pratiquer la saisie conservatoire (art. sous peine d’engager sa responsabilité. 186 du R. la clause permet de dispenser du protêt.clause non acceptable8 et la clause sans frais. chargée de présenter la lettre pour paiement à la chambre de compensation. 2 La clause sans frais ou sans protêt.

si elle justifie de circonstances de nature à en menacer le recouvrement ». depuis 1974. il résulte de l’article 153 du R. dûment établi. que les lettres de changes souscrites par des mineurs. l’autorisation préalable de la juridiction compétente est inutile si le créancier a un titre exécutoire. et leur interdit d’accepter des lettres de change dans le cadre d’un crédit à la consommation. une lettre de change signée par un mineur émancipé. le signataire de la lettre de change doit être capable10. comme le défaut de paiement. d’une lettre de change acceptée (art. n’est pas valable. Bonhomme et F. 55 de l’AUPSRVE). le mineur ne peut pas accomplir des actes de commerce par la forme. En principe. De même la lettre doit avoir un objet licite. 1. La capacité. le mineur ne peut pas être commerçant11. Pérochon. peu importe que le porteur soit de bonne foi. 8 . Lire. op. pour la controverse doctrinale au sujet de la signature de la lettre de change par un mineur émancipé ou par un représentant légal. la lettre de change étant un acte de commerce par la forme. Aussi. en raison de la spéculation qui caractérise le monde des affaires. En effet. Il convient toutefois de préciser que la lettre n’en est pas moins valable à l’endroit des autres signataires en raison de l’indépendance des signataires.l’article 54 du même Acte. en droit français. Aux conditions de forme s’ajoutent des conditions de fond. Le mineur commerçant est-il suffisamment protégé contre la rigueur cambiaire ? Il nous semble que non. et une cause licite. 11 Loi du 5 juillet 1974 qui modifie le code de commerce . Il en est de même en matière de crédit immobilier (loi du 13 juillet 1979). le législateur assimile les consommateurs à des incapables majeurs. la question du pouvoir n’en demeure pas moins importante. sont nulles à leur égard. sans commandement préalable. par requête. car. C’est pourquoi. Sont généralement visés les mineurs et les incapables majeurs.. R. Mais c’est en 2000 qu’on a supprimé l’expression non négociants. solliciter de la juridiction compétente du domicile ou du lieu où demeure le débiteur. Bien évidemment. avec la loi du 10 janvier 1978. 10 La capacité du signataire relève du droit commun (capacité de jouissance et capacité d’exercice). B/ Les conditions de fond. 647. cit. A propos de la capacité. l’autorisation de pratiquer une mesure conservatoire sur tous les biens mobiliers corporels ou incorporels de son débiteur. n° 636. « toute personne dont la créance paraît fondée en son principe peut. p. En France. la nullité du titre à l’égard du mineur est fortement justifiée.

c’est le principe de l’indépendance des signatures qui s’applique (art. 2). seul le tireur pour compte est tenu à l’égard du porteur de la lettre de change. Une telle attitude peut être renouvelée pour plusieurs lettres. le prétendu signataire n’est pas tenu de payer la lettre de change. en son nom mais pour le compte d’autrui. Le consentement. Il s’exprime par la signature de la lettre de change. la théorie du mandat ne joue qu’entre les parties à la convention qui a prévu le tirage pour compte. il n’y a pas de consentement. Et lorsque la signature est altérée. 153 al. S’agissant ainsi d’un directeur de société qui agit pour le compte d’une société. donc au nom et pour le compte d’autrui. d’où les effets de 12 Il y a deux façons d’émettre une lettre de change pour autrui : soit en tant que mandataire.2. la première chambre civile de la cour de cassation a retenu dans le champ cambiaire une société : 15 décembre 1976. L’exigence d’une cause licite. 9 . dans le cadre du tirage pour compte (art. 3. 163. Egalement il peut refuser de payer le supplément en cas de modification du montant de la lettre. C’est le problème du pouvoir du signataire. 150 du R. En effet. 1977. En outre. Il en est autrement que si le directeur agit alors que son mandat est. s’il s’agit d’un vice de consentement (erreur. la théorie de l’apparence risque de jouer13. Dans cette hypothèse. IR. celle-ci est en principe engagée dans le lien du change. D. dol et violence). même à l’égard d’un porteur de bonne foi. la nullité n’est pas opposable au porteur de bonne foi. p. c’est lorsque le tiré prête sa signature.). Certainement le tiré a dû signer pour permettre au tireur d’obtenir du crédit auprès de sa banque. c'est-à-dire dans le cas où le véritable tireur n’est pas identifiable. la nullité relative n’a pas la même portée que la nullité absolue qui s’impose en cas d’absence de consentement. Cependant il appartient à celui dont la signature a été imitée d’apporter la preuve du faux. Dans ce cas. En outre. Donc l’effet de complaisance. par exemple fini ou sans autorisation du conseil d’administration. il arrive qu’une lettre de change soit émise pour autrui12. 4. 13 Dans cette hypothèse. et en tant que tireur pour compte. L’effet de commerce est qualifié de complaisance lorsque le titre est émis. C’est pourquoi lorsqu’elle est fausse. Ainsi on distingue l’effet financier du mauvais effet de complaisance. comme en droit commun. alors qu’il n’y a aucune créance entre le tiré et le tireur. La cause pose le problème des effets de commerce. Néanmoins. sans avoir l’intention d’honorer ses engagements. Lorsque les circonstances ne permettent pas au porteur d’en vérifier les pouvoirs. Le pouvoir. surtout dans le cas des sociétés. et en se fondant sur la règle de l’inopposabilité des exceptions.

S’il n’accepte pas. B/ Les conséquences de l’émission sur le plan cambiaire. L’émission entraîne des conséquences. Alors qu’en matière civile. il s’implique dans le lien cambiaire et l’existence ou non de la provision importe peu. sans qu’il soit besoin d’accomplir les formalités de cession de créance14. Sur le plan fondamental. si bien que la provision n’est pas une condition de validité de la lettre de change. Lorsque les conditions exigées sont respectées. l’effet est nul.). Mais si le tiré accepte. et ainsi de suite. En l’absence de cause. c'està-dire de la créance de la somme d’argent du tireur sur le tiré. A/ Les conséquences de l’émission sur le plan fondamental. Ainsi le bénéficiaire devient normalement propriétaire de la provision. 153 al 2 du R. à la fois. il peut lui être défendu de payer le tireur. L’engagement cambiaire se caractérise particulièrement par l’indépendance des signataires (art. ce favorise l’endossement et l’escompte. 191 du R. L’émission de la lettre de change consiste à transmettre la lettre de change régulièrement créée au bénéficiaire. l’émission de la lettre de change emporte transfert de la provision. Paragraphe 2 : L’émission de la lettre de change. 15 10 . la solidarité des signataires (art. Et on parle d’escroquerie si l’opération révèle des manœuvres frauduleuses. l’absence de délai de grâce15 (c'est-à-dire de paiement) et l’inopposabilité des exceptions (art. 14 Article 241 du code sénégalais des obligations civiles et commerciales et article 1690 du code civil français.). Seulement le droit à la provision n’est définitif que si la provision existe à l’échéance.).cavalerie : un effet qui fait payer un effet. sur le plan fondamental et sur le plan cambiaire. la lettre peut régulièrement être émise. 160 du R. l’article 1244-1 du Code civil permet au débiteur de demander des délais de paiement jusqu’à deux ans. l’escompte aidant. Quelles sont les conséquences de l’émission de la lettre sur le plan cambiaire. mais cette nullité n’est pas opposable au porteur de bonne foi.

16 TRHD. Le principe de l’inopposabilité des exceptions signifie que le débiteur ne peut opposer au porteur de bonne foi aucune exception tirée des rapports personnels. 250. il en est autrement lorsque le poursuivant et le poursuivi entretiennent des rapports personnels. Il en est de même en cas de fausse signature. et nous avons déjà évoqué le cas du mineur incapable. d’incapacité et de prescription. 1995-1996. l’endossataire qui a signé la lettre est tenu. c'est-à-dire lorsqu’il agit sciemment au détriment du débiteur. qui a admis que la non livraison de 100 cyclomoteurs ne pouvait pas être opposée au porteur de la lettre de change17. inédit. une machine à glace16. sans que le porteur de la lettre ait à respecter un ordre précis. l’on retrouve la règle générale : Nemo plus juris ad alium transferre potest quam ipse habet (Nul ne peut transférer à autrui plus de droits qu’il n’en a lui-même). Ainsi jugé par le Tribunal Régional Hors Classe de Dakar (TRHD) qui rejette l’opposition à une injonction de payer formulée par le tiré qui se fondait sur la non-conformité de la marchandise livrée. quand bien même les autres signatures ne sont pas valables. 27 octobre 2004. Le principe ne joue pas lorsque le porteur est de mauvaise foi. en l’espèce.L’indépendance des signataires. Dans cette dernière hypothèse. Aussi l’exception née des rapports personnels entre le poursuivant et le poursuivi peut-elle être invoquée par le débiteur cambiaire. le principe ne s’applique pas lorsque la lettre est entachée d’un vice de forme. 11 . Si avec le principe de l’inopposabilité des exceptions le lien cambiaire se détache du rapport fondamental. alors même que son endosseur n’a pas signé ou que sa signature a été falsifiée. après émission ou acceptation. L’exception de la mauvaise foi a été rappelée par la Cour de Cassation sénégalaise le 3 avril 1996. 2 Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et de voies d’exécution : AUPSRVE). Par exemple. c’est lorsque le signataire d’une lettre est considéré comme tenu sur le plan cambiaire. p. La solidarité des signataires signifie qu’après le tiré. chacun des signataires est tenu de payer. et ce pour la totalité du montant de la lettre et les frais du recouvrement. la provision de l’effet s’est révélée inexistante ou insuffisante (art. Le recouvrement de la créance de la provision peut être demandé suivant la procédure d’injonction de payer si. Même s’il est de bonne foi. 17 Rec.

Paragraphe 1 : L’endossement de la lettre de change. l’article 156 du R. puis de l’acceptation. Le Règlement 2002 de l’UEMOA traite d’abord de l’endossement. Nous allons voir l’endossement à titre de propriété. al 2. c'est-à-dire non à ordre.. « Toute lettre de change non expressément tirée à ordre est transmissible par la voie d’endossement ». se conformer aux formalités de l’article du Code des obligations civiles et commerciales : être constaté par écrit et être signifié au débiteur18. L’endossement à titre de propriété consiste. C’est la pratique de l’escompte. pour céder la créance. Il y a trois sortes d’endossement : translatif de propriété . La présomption est simple. au porteur et en blanc. en signant au dos de l’effet. surtout lorsque la lettre de change est acceptée. Section 2 : L’endossement et l’acceptation. Voir d’ailleurs. A/ Endossement translatif de propriété. à titre de procuration et pignoratif. l’endossement est présumé translatif de propriété. le banquier à qui on transmet la lettre de change devient propriétaire. 18 Article 241. avant de présenter les autres types d’endossement. Aux termes de l’article 156 du R. L’endossement translatif peut être effectué de façon nominative. 1° Les conditions et les effets de l’endossement à titre de propriété. endossement translatif de propriété. Il suffit donc d’en rapporter la preuve contraire L’endossement par acte séparé est concevable. il faut. à transmettre la propriété de la lettre de change. Si les conditions sont réunies. A défaut de la mention. 12 . En présence d’une clause contraire.Ces différentes caractéristiques de l’engagement cambiaire profitent à l’endossataire.

Ainsi également le banquier pourra se refinancer. 1984.). l’escompteur. le titulaire remet le titre par endossement20 et le banquier transmet les fonds à hauteur de la lettre de change. Cabrillac. I. 1998. Com 17 mars 1998. 20 mars 1984. car il faut tenir compte de sa rémunération. à partir du taux bancaire. IV. le montant de celle-ci. JCF (G) 1977. n° 38 . p. 13 . 156). 2° La pratique d’escompte : L’escompte est l’opération par laquelle un fournisseur de crédit. bien entendu. en réescomptant la lettre notamment au profit de la banque centrale. avance au crédité. contre son transfert en propriété. 18694 . 648. le plus souvent une banque. souvent le porteur d’une lettre de change. p. p. il n’est cependant pas tenu de verser le montant de l’effet. les effets de complaisance ou les effets qui correspondent à des opérations anormales. le warrant et le chèque : Paris. 2° P. Banque. Il s’agit des intérêts et des commissions. 156 al 4 du R. Com. Très souvent l’acceptation du banquier se traduit par la remise au client d’un bordereau d’escompte désignant le titre escompté et explicitant les conditions de l’escompte. l’inscription au compte. titulaire d’une créance au court terme. doit créditer le compte du client. généralement au compte courant. civ. L’endossement conditionnel est une clause réputée non écrite. n° 103. moyennant rémunération (agios. IV. constitue normalement une preuve de l’accord. 18 juin 1974. de celle du papier. civ. sauf. En pratique. Bull. comme objet d’escompte. l’escompte nécessite un échange de consentements entre le titulaire et le banquier. Les intérêts sont encore appelés agios ou escompte. Ainsi le billet. Com. 15 juin 1976. D’autres titres également peuvent être escomptés. Ainsi le porteur de la lettre de change pourra se décharger du recouvrement de la lettre19. Donc.. 20 Dans ce cas. 30 janvier 1979. commission) et sous réserve d’encaissement à l’échéance. Si le banquier. L’escompte est retenu à la source et calculé sur le montant nominal de la lettre de change. 2902 . Banque 1975. L’endossement partiel est nul (al 5 Art. l’endossement doit être pur et simple (art.. En tout état de cause. 548. obs. du temps restant à courir entre le jour de la remise de l’effet 19 Il n’y a pas que la lettre de change. Généralement il y a un accord préliminaire par lequel le banquier s’engage à l’avance à escompter les effets que le client présentera. RTDcom. 855.De même. L’endossement translatif de propriété conduit à la pratique d’escompte. en acceptant. le transfert de propriété s’opère le jour de l’endossement : Com. Bull. en fonction notamment de la qualité du client. JCP 1978.

« L’escompte d’effets de commerce et les recours du banquier ». in : Journal d’annonces légales et d’informations juridiques édité par E. D. dans les deux cas. le créditeur fait une avance ou ouvre une ligne de crédit au client à hauteur du montant qui figure sur la lettre de change. p. B/ Les autres types d’endossement. l’escompte est souvent calculé sur un nombre de jours fixes. Le taux légal est appliqué. 2. En principe l’escompte prend fin par le paiement de l’effet. à défaut de paiement.J. les exceptions nées des relations personnelles. 468. On ne peut transférer plus de droits qu’on en a. De même sont pris en compte les frais de gestion du papier commercial. et non la remise de la lettre de change au banquier à titre de propriété. L’escompte ne doit pas être confondu avec la remise du titre pour encaissement ou à titre de gage : ce sont les autres types d’endossement. Makhtar Sakho. p. De même. p. Lorsqu’à l’échéance l’effet n’est pas honoré. Pour son compte. 22 Lecture conseillée. 1 et 2. Gaz.et celui de l’échéance21. C’est l’endossement à titre de procuration et l’endossement à titre de gage. 1965. 19 janvier 1982. 6 mai 1964.A. Aussi la banque peut-elle prélever une commission particulière si l’effet est payable à l’étranger. Crim. En effet. le banquier ne pourra exercer que des recours cambiaires pour le compte de son client. Quant aux commissions. il paie un agio majoré sur le montant utilisé et pour la durée d’utilisation. Pal. il ne dispose que d’une action née du contrat de crédit. si le client utilise la somme créditée. 235 . 1982.. 1° L’endossement à titre de procuration : La procuration vise le recouvrement de la lettre de change. 21 Lorsque l’échéance est proche. En outre. 212. mais il n’est pas propriétaire de l’effet. le banquier bénéficie d’un recours basé sur le titre escompté et d’un recours fondé sur le compte d’escompte lui-même22. 14 . à défaut d’écrit : Com. Ainsi.D. il n’en devient pas pour autant propriétaire de l’effet. 1946. 18 octobre 1946. pp. En conséquence. les peines de l’usure sont appliquées en cas d’intérêts successifs : Crim. elles correspondent aux charges et au service rendu au client qui se libère du recouvrement de la lettre de change. Même si le banquier avance le montant de la lettre au client. 2. Pal. Gaz. on pourra opposer au banquier les exceptions que l’on pouvait opposer au tireur. l’opération de la présentation de la lettre à défaut de domiciliation dans le cadre d’une commission dite commission de service ou de traitement.

23 Alors que l’endossement par acte séparé est envisageable. rendre l’effet au client. 165 al 6). Ce qui interdit l’acceptation par acte séparé23. s’il est payé. mais elle doit être faite sur la lettre de change. Or. alors que le prêt n’est pas arrivé à terme. En cas d’acceptation. Par contre. Mais le tiré peut restreindre son acceptation à une partie du montant. 2° L’endossement à titre de gage ou pignoratif : Ici la lettre de change sert à garantir le remboursement des fonds avancés par le banquier. 15 . L’acceptation est la signature du tiré qui s’engage à payer la lettre de change à l’échéance. S’il n’est pas payé. 165 infine). A/ Les conditions de l’acceptation. le banquier devra.). Il y a lieu aussi de signaler que l’acceptation par acte séparé est valable en droit commun. 165 al 1 du R.Il y a difficulté lorsque l’endossement à titre de mandat n’est pas précisé au moment de la remise de la lettre. l’endossement est présumé translatif de propriété. puis il devra conserver l’argent jusqu’à l’échéance du contrat de prêt. La lettre de change peut être remise à titre de gage. il attendra l’échéance pour exercer les recours cambiaires et se faire payer. D’après le Règlement de l’UEMOA. Une simple signature suffit pour l’acceptation du tiré (art. A l’échéance de la lettre de change. si le contrat de prêt arrive le premier à l’échéance. Voyons les conditions de l’acceptation et ses effets juridiques. puisqu’elle peut constituer une reconnaissance de dette ou un commencement de preuve par écrit. Le tiré est tenu dans les termes de son acceptation (art. l’endossataire bénéficie d’une garantie du paiement de la lettre de change. Paragraphe 2 : L’acceptation de la lettre de change. le banquier peut présenter la lettre au paiement. nous avons vu qu’à défaut de précision. Donc celle-ci doit lui être présentée par le bénéficiaire ou le porteur. Ce qui équivaut à un refus partiel. l’acceptation doit être pure et simple (art.

en clair. en cas d’acceptation. Cette action est une action cambiaire. C’est dire. que l’acceptation exprime l’obligation du tiré de payer la lettre de change. Il ressort de cet article que le tiré est obligé d’accepter à l’expiration d’un délai conforme aux usages normaux du commerce en matière de reconnaissance de marchandises. 1969. facultative27. le tireur et les autres obligés (…) même avant l’échéance s’il y a eu refus total ou partiel d’acceptation ». même s’il est le tireur. Cela signifie concrètement qu’il n’accepte pas tout court. Puis. le tiré ne peut plus payer le tireur. S’il paie. 26 CHANTEUX-BUI. p. S’il considère qu’il y a refus. Com. Une telle situation se produit généralement entre des personnes qui entretiennent des relations d’affaires considérables. dispose d’une action directe contre lui. que la modification sur la lettre interpelle le porteur. 16 . l’acceptation par intervention est possible pour le compte du tireur 24. précisément le délai imparti au tiré pour contrôler des marchandises avant de reconnaître. car celle-ci a pour conséquence d’immobiliser au profit du porteur et de rendre indisponible en même temps la créance de provision. p. ni réclamer le paiement de la lettre. En effet. Bull. RTDcom. C’est pourquoi s’il ne paye pas.). Avec l’acceptation le droit du porteur est solidement garanti. Egalement.). ce dernier a le choix entre : considérer que le tiré a refusé d’accepter ou considérer qu’il est tenu pour les indications qu’il a voulu accepter. in : RTDcom 1978. une obligation cambiaire de payer la lettre de change. le porteur. Aux termes de l’article 185 du R.Le refus est total relativement à toute autre modification que le montant.. n° 211. il peut alors exercer ses recours cambiaires avant l’échéance. 707. il paie mal. Il résulte de l’article 167 du R. en effet. Par conséquent la provision sort du patrimoine du tireur qui ne peut plus ni la céder25. Il ne refuse pas non plus. Le tiré est obligé cependant d’accepter dans l’hypothèse d’une lettre de change créée en exécution d’une convention relative à des fournitures de marchandises (article 163 du R. 4 juillet 1989. 137 . L’acceptation est. 25 Paris 18 juin 1968. cette convention doit avoir été conclue entre des 24 Le tiré peut accepter par intervention. Seulement cette opération n’est envisageable que lorsque le tiré n’accepte pas la lettre. si bien qu’il n’est pas tenu d’accepter26. « Le refus d’accepter une lettre de change ». Dès lors. 27 Au lieu de refuser le tiré peut demander à ce qu’une seconde présentation lui soit faite (art.. 164 du R. Mais il se réserve un recours cambiaire à l’encontre du tireur. « Le porteur peut exercer ses recours contre les endosseurs. Quels sont les effets de l’acceptation ? B/ Les effets de l’acceptation.

Quels sont les effets de l’aval ? 28 Ces dispositions correspondent à celles de l’ancien article 124 al 9 et al 10 du Code de commerce français (décret-loi du 2 mai 1938). l’aval par acte séparé est possible. très souvent le tireur ou le tiré. 169 al 5 du R. La sanction du refus est la déchéance du terme. Le porteur pourra donc réclamer le paiement de la lettre de change. l’aval est également une garantie supplémentaire de paiement de la lettre de change. L’acceptation est un moyen qui consolide les droits du porteur. 29 Qui ne peut être interrompu. ni suspendu. L’aval garantit le paiement de la lettre de change. L’aval est normalement exprimé par la formule « Bon pour aval » ou par toute autre formule équivalente (art. Il suffit de faire intervenir un juge pour constater l’écoulement de ce délai préfix29. Cela signifie que la créance devient immédiatement exigible. L’aval traduit la signature d’une personne au recto de la lettre de change30 qui s’engage à payer à la place d’un débiteur cambiaire. et que le juge doit soulever d’office. 169 al 3). 17 . mais cet aval ne profite qu’au porteur de l’acte31. Section 3: L’aval et le paiement de la lettre de change. A défaut d’indication la loi présume que l’aval est du côté du tireur (art. Paragraphe 1 : L’aval de la lettre de change. Il suffit d’indiquer en faveur de qui la signature d’aval est faite. Contrairement à l’acceptation. La Cour de cassation française a jugé que cette présomption est irréfragable. 30 Le signataire est encore appelé avaliste ou avaliseur.). Quels sont les conditions et les effets de l’aval ? A/ Les conditions de l’aval. 31 Donc l’acte n’accompagne pas l’endossement de la lettre de change.commerçants. aussi bien du côté du tiré qu’à l’endroit du tireur qui a fait provision28.

Aussi l’avaliste peut profiter. cit. à savoir l’incapacité et l’absence de consentement. C’est l’article 169 al 9 du R. Néanmoins. Il exerce son action à lui. il n’exerce pas l’action du tiré. Bull. qui règle le sort de l’aval qui a payé. p. l’avaliseur du tiré peut opposer au tireur redevenu porteur l’absence de provision32. Voir R. par exemple. Il se soumet alors au particularisme cambiaire. Bonhomme et F.. Le paiement se fait du porteur au tiré le jour de l’échéance ou 32 Com. il ne peut plus bénéficier utilement du jeu de la subrogation légale dans les droits de celui-ci33. 26 janvier 1971. « Son engagement est valable alors même que l’obligation qu’il a garantie serait nulle pour toute cause autre qu’un vice de forme ». C’est dire que l’avaliste peut opposer au porteur toutes les exceptions tirées des rapports personnels entre le porteur et le débiteur qu’il garantit. En signant la lettre de change. 33 18 . Mais il n’est pas interchangeable avec celui de qui il était aval. de la négligence du porteur ou se prévaloir de la prescription. Présentée au paiement. 703. Ainsi. en tant que caution. Pérochon. Là encore réside le particularisme du droit cambiaire qui écarte le caractère accessoire du cautionnement.B/ Les effets de l’aval. par exemple. l’absence de délais de grâce. la solidarité des signatures et l’indépendance des signataires. l’avaliseur se constitue débiteur cambiaire. selon l’article 169 al 8. il acquiert les droits résultant de la lettre de change contre le garanti et contre ceux qui sont tenus envers ce dernier en vertu de la lettre de change. le dénouement de la lettre de change se traduit en principe par un paiement normal. L’aval a pour but en réalité de garantir le dénouement de la lettre de change. par exemple. notamment le principe de l’inopposabilité des exceptions. l’avaliseur peut refuser de payer si. par la faute du porteur. S’il est l’aval du tireur. l’avaliste ne pourra se prévaloir des exceptions personnelles au débiteur garanti. Paragraphe 2 Le paiement de la lettre de change. n° 27. De même. D’ailleurs. En vertu de cet article. n° 704 qui précisent que le débiteur garanti n’a pas d’action contre son avaliste. op. l’engagement du donneur d’aval n’en demeure pas moins un cautionnement (article 169 al 6). Selon ce texte.

Il peut. S’il fait dresser protêt. 1983. Et également lorsqu’il ne fait pas dresser protêt dans le délai de 2 jours ouvrables qui suivent l’échéance. exiger de recevoir la lettre de change acquittée. Dans cette hypothèse la jurisprudence considère que la banque est hors du cadre cambiaire. Elle risque même d’engager sa responsabilité si elle n’exige pas l’instruction du tiré. Contrairement au droit commun où le paiement est indivisible. C’est ce qu’on appelle la domiciliation35. Ainsi elle ne pourrait soulever aucun moyen de défense pour refuser le paiement. afin de pouvoir saisir les biens du débiteur sans l’intervention d’un juge. Par ailleurs. le paiement partiel en droit cambiaire est faisable. 19 . Il arrive cependant que le tiré refuse de payer. p. le porteur risque la perte de ses recours cambiaires. Si à l’échéance le tiré paie. RTDcom. Le paiement peut être effectué chez une banque qui reçoit l’ordre de payer du tiré. le porteur diligent va pouvoir demander paiement à qui il veut sans avoir un ordre à respecter dans la mesure où tous les signataires son codébiteurs solidaires. à cet effet. 93. Il en est ainsi principalement lorsqu’il agit hors du délai prévu. En cas de négligence. en 34 35 Une satisfaction d’une exigence de la convention de Genève. Com. Toutefois la clause ne dispense pas la présentation au paiement. on peut s’opposer au paiement de la lettre de change en cas de perte ou de vol ou encore en cas de liquidation des biens ou de redressement judiciaire Qu’en est-il en cas de refus de paiement ? B/ Le refus de paiement de la lettre de change. sauf si dans la lettre de change existe une clause sans frais ou sans protêt.dans les 2 jours qui suivent l’échéance34. Le porteur doit faire dresser protêt. il va mettre fin à la vie de la lettre de change. A/ Le paiement de la lettre de change. 8 juin 1982. Elle n’interdit pas non plus de dresser protêt aux frais du porteur. Nous allons donc voir l’hypothèse du paiement et le refus de paiement. Le porteur peut avoir intérêt à dresser protêt nonobstant l’existence de cette clause. c'est-à-dire qui permet d’éviter les frais d’huissier.

on applique les règles étudiées dans le cadre de la lettre de change. Aussi le porteur est-il négligent. 223 du R. en précisant la dénomination billet à ordre. si on examine les règles en matière d’endossement. D’où notre chapitre 2. 20 . entre les endosseurs et contre le tireur (6 mois à partir du jour où le garant qui agit a payé ou a été assigné) (art. d’aval. Egalement le billet à ordre se présente comme une lettre de change simple.). Enfin il y a négligence lorsque la présentation n’a pas été faite dans un délai d’un an lorsque la lettre de change est à vue c'est-à-dire sans date d’échéance. les titres de paiement dont le chèque. Et. Seulement le billet à ordre ne connaît que deux personnages : un souscripteur qui s’engage à payer le bénéficiaire. en cas de négligence. relatif au chèque. Cependant le porteur peut. il peut demander paiement au plan fondamental. lorsque la lettre de change a été stipulée avec une présentation à l’acceptation obligatoire et que cette présentation n’a pas été faite avant la date indiquée.l’absence bien entendu d’une clause sans frais. exercer ses recours cambiaires contre le tiré accepteur. Le délai de prescription varie selon que l’action est dirigée contre le tiré accepteur (3 ans à partir de l’échéance). notamment le billet à ordre. Le droit du change s’étend également aux autres effets de commerce. Outre les titres de crédit. soit au tireur au titre de la valeur fournie. C’est pourquoi dans la création du billet à ordre. les différents personnages. permettent également de transférer des fonds. contre le tireur qui n’a pas fait provision et contre les avals de ceux-ci. soit au tiré au titre de la provision. contre le tireur et les endosseurs (1 an à partir du protêt). Voilà les règles fondamentales applicables à la lettre de change. Il n’y a alors que la valeur fournie. mais l’ordre de payer n’est pas envisageable. de paiement. dans tous les cas.