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Année Universitaire : 2012-2013

Licence Sciences et Techniques : Eau et Environnement

MEMOIRE DE FIN D’ÉTUDES
Pour l’Obtention du Diplôme de Licence Sciences et
Techniques

Étude Géotechnique
Projet d’Aménagement et d’Urbanisation des Immeubles
du
Lot 126 de l’ancien aéroport d’Anfa
Casablanca
Présenté par:

Ouiam El MSIEH
Encadré par:
- Aziza KASSAM : Ingénieur LPEE
- Abderrahim LAHRACH : professeur FST - Fès

Soutenu Le 13 Juin 2013 devant le jury composé de:

- Monsieur A. LAHRACH
- Monsieur M. BENABDELHADI
- Monsieur L. BENAABIDATE
Stage effectué à : LPEE, Casablanca

Remerciements

Il m’est agréable de m’acquitter d’une dette de reconnaissance auprès de toutes les personnes
qui m’ont bien accueilli et qui sont intervenus dans la réussite de ce stage.
Ma profonde gratitude est adressée à Monsieur GOURRI directeur du CES.
Je remercie aussi Mme GHARBI chef Division ouvrages d’art et ouvrages portuaires pour son
aide.
J’exprime ma profonde reconnaissance à Mme Aziza KASSAM, Ingénieur dans le CES pour
sa disponibilité, sa sympathie, ses orientations et son accueil.
Mes vifs remerciements aussi à Mme KOBEIS, secrétariat division reconnaissances et essais,
pour son aide et son soutien.
Mes vifs remerciements aussi sont adressés à Monsieur LAHRACH Abderrahim, professeur à
la FSTF ainsi qu’à l’ensemble du corps professoral de la filière Eaux et Environnement pour
leurs formations.
Je tiens à remercier spécialement le Professeur Mohammed BENABDELHADI pour son
aide, ses conseils précieux et sa grande disponibilité.

Je présente aussi mes remerciements à l’ensemble du personnel du CES, qui de près ou de
loin m’ont apporté un soutien moral et technique.

2

Sommaire
Introduction .................................................................................................................... 4
Chapitre 1 : Présentation de l’organisme d’accueil ......................................................... 5
Présentation du LPEE ...................................................................................................... 5
1. Généralités ............................................................................................................................... 5
2. Secteurs d’activités .................................................................................................................. 5
3. Organigramme de la société .................................................................................................... 5
4. Les centres et les missions du LPEE Casablanca .................................................................... 6
II.
Le Centre Expérimental des Sols : CES ........................................................................ 7
1. Généralités ............................................................................................................................... 7
2. Secteurs d’activités .................................................................................................................. 7
3. Organigramme de CES ............................................................................................................ 7
I.

Chapitre 2 : Présentation du projet ................................................................................. 8
I.
II.

Objet de l’étude ..................................................................................................................... 11
Programme de reconnaissance .............................................................................................. 11

Chapitre 3 : Présentation du site de projet ...................................................................... 13
Chapitre 4 : Reconnaissances géotechnique................................................................... 20
Les essais de laboratoire ................................................................................................. 20
3. Les essais d’identifications .................................................................................................... 21
4. Essai mécanique sur sols ...................................................................................................... 26
5. Expression des résultats......................................................................................................... 27
II.
Essai in situ ................................................................................................................ 28
1. L’essai Pressiométrique ........................................................................................................ 29
I.

Chapitre 5 : Etude géotechnique ..................................................................................... 34
I.

Les fondations ................................................................................................................ 34
1. Les différents type de fondations .......................................................................................... 34
2. Facteurs de choix du type de fondation ................................................................................. 35
3. Calcule de contrainte admissible ........................................................................................... 36
4. Calcule de tassement ............................................................................................................. 37
5. Modalités de fondation .......................................................................................................... 38
6. Terrassements ........................................................................................................................ 38

Conclusion ..................................................................................................................... 39
Bibliographie ................................................................................................................. 40
Annexes ......................................................................................................................... 41

3

Introduction
La présente mémoire est réalisé dans le cadre spécialisé de la formation licence « Eau et
Environnement » à la faculté des sciences et techniques de Fès il s’est programmé un stage
de fin d’études visant à accomplir nos études théoriques par une expérience au niveau
professionnel.
De ce fait, mon projet de fin d’études a été effectué au sein de laboratoire public des essais
et des études (LPEE) et plus précisément au Centre Expérimentale des Sols (CES), dans le
but de réaliser une étude géotechnique du site réservé au future projet d’aménagement et
d’urbanisation des immeubles du lot 126 de l’ancien aéroport d’Anfa.
ASMA INVEST (La Société Séoudio-Marocaine d’Investissement pour le
Développement) à confié la mission de réalisation de la campagne géotechnique au
LPEE/CES. Cette campagne de reconnaissance géotechnique comprend la réalisation
d’essais in situ et de laboratoire.
Pour mieux cerner l’étude, Nous avons commencé par l’identification du contexte
géologique de la zone d’étude , regrouper tous les résultats d’essais in situ et de laboratoire
pour enfin réaliser une corrélation entre les principales paramètres géotechniques
indispensables pour le calculs de la contrainte admissible et du tassement à fin de
déterminer les modalités de la fondation

4

Chapitre 1 : Présentation de l’organisme d’accueil
I.

Présentation du LPEE

1. Généralités
Le Laboratoire Public d’Essais et d’Etudes (LPEE) est l’un des intervenants majeurs dans
la réalisation des grands chantiers relatifs aux travaux publics et au bâtiment au Maroc.
La création de LPEE remonte à la date de 1947. Depuis son existence, le Laboratoire
contribue activement à la réalisation de la plupart des grands chantiers au Maroc. Et ce
n’est qu’en 1973 qu’il est devenu une entreprise publique au statut de société anonyme,
mais toujours sous la tutelle du Ministère de l’Equipement et des Transports. Sa
contribution dans le développement du Maroc se manifeste à travers les prestations qu’il
offre dans les différents domaines du bâtiment, des travaux publics, de l’environnement et
des industries associées.
2. Secteurs d’activités
Comme activités de base, le LPEE a commencé par le sol, les matériaux et structures, les
infrastructures de transport, les aménagements hydrauliques et portuaires, ensuite il a
étendu ses activités à l’environnement et la pollution, la métallurgie, l’emballage et le
conditionnement, la métrologie et la certification, et la prévention des risques naturels.

3. Organigramme de la société

DIRECTION GNERALE

5

DIRECTION
CONTROLE
DE GESTION

DIRECTION
AUDIT, CONSEIL &
INSEPCTION

DIRECTION
TECHNIQUE &
SCIENTIFIQUE

Centre
Expérimental des
Sols
Centre
Expérimental des
Grands Travaux
Centre
Expérimental de
l’Hydraulique
Centre
Expérimental des
Matériaux &
Génie Industriel

Centre
Expérimental &
de Recherche des
Infrastructures
des Transports

DIRECTION QUALITE
HYGIENE &
SECURITE

DIRECTION DE LA
LOGISTIQUE & DE
RESSOURCES
HUMAINES
Centre Expérimental &
de Recherche de
l’Environnement &
Pollution
Centre Scientifique
des Techniques de
Construction
Laboratoire
National de
Métrologie
Centre
Expérimental des
Essais & Etudes
Electriques

Centre Spécialisé de
Bâtiment

DIRECTION DE
L’ORGANISATION
& DES SYSTEMES
D’INFO

DIRECTION EXPORT

Centre Technique
Régional Casablanca

DIRECTION
FINANCIERE &
COMMERCIALE

DIRECTION DE LA
COORDINATION & DU
DEVELOPPEMENT
REGIONAL
Centre Technique
Régional Tanger

Centre Technique
Régional Agadir

Centre Technique
Régional Meknès

Centre Technique
Régional Fès

Centre Technique
Régional Tétouan

Centre Technique
Régional Kenitra

Laboratoire
Régional El Jadida

Centre Technique
Régional Marrakech

Laboratoire
Régional Safi

Centre Technique
Régional Oujda

Laboratoire
Régional Beni Mellal

4. Les centres et les missions du LPEE Casablanca

6

Le L.P.E.E Km 7 route d’El JADIDA est composé de plusieurs centres :
 C.E.E.E : Centre d’Essais et d’Etudes Electriques.
 C.E.H : Centre Expérimental de l’Hydraulique.
 L.N.M : Laboratoire National de Métrologie.
 C.E.R.I.T : Centre d’Etudes et Recherche des Infrastructures de Transport.
 C.E.G.T : Centre Expérimental des Grands Travaux.
 C.E.S : Centre Expérimental des Sols.

Mon stage c’est déroulé au sein du CES de LPEE central Casablanca (Km 7 route d’EL
JADIDA). Il ferra l’objet donc de cette présentation.

II.

Le Centre Expérimental des Sols : CES

1. Généralités
Le CES représente le pôle géotechnique du LPEE et il est le premier centre dans les études
géotechniques au Maroc. Il a pour vocation de traiter des questions relatives aux sciences
de la terre regroupant les domaines de la géologie, de la géophysique, de l’hydrogéologie
et de la géotechnique.
Le centre est composé de trois laboratoires et une agence des essais in-situ :



Le laboratoire des essais d’identification.
Le laboratoire des essais de mécanique des sols.
Le laboratoire des essais mécaniques sur roches.
A.C.R.E.I.: Agence Centrale de Réalisation des Essais In-situ.

2. Secteurs d’activités
Parmi les domaines d’intervention du CES, il y a : Les barrages et les digues, les travaux
souterrains, les ouvrages portuaires, les ouvrages d’arts, le bâtiment, la recherche de l’eau

3. Organigramme de CES

DIRECTEUR DU CES
M. A. GOURRI
CORRSPONDANT QUALITE,
SECURITE & ENVIRONNEMENT
7
M. N. AZIZI ALAOUI

DIVISION RECONNAISSANCES &
ESSAIS
M. M. HADJAM
SECRETARIAT
Mme L. KOBEIS

TECHNICIENS
TECHNICIENS

SONDEURS

OPERATEURS

AIDES SONDEURS

Chapitre 2 : Présentation du projet
Le site Casablanca Anfa est un ancien aéroport proche du centre-ville de Casablanca :
capitale économique du pays située sur la côte atlantique au centre ouest du Maroc à
environ 80 km au sud de Rabat, la capitale administrative.

8

M. B. EL HNI

SECTION GESTION DES ECHANTILLONS

M. M. NAIM

SECTION ESSAIS SUR ROCHES

M. S. HANAFI

SECTION ESSAIS MECANIQUES

M. A.IDABDERRAHIM

SECTION ESSAIS D’IDENTIFICATION
& ESSAIS PARTICULIERS

M. M. EL FAROKI

SECTION TRAITEMENT & SUIVI
ACTIVITE RESEAU LPEE

M. Y. DEZZAZ

SECTION REGION NORD

M. M. BOUACHRI

SECTION REGION CENTRE

M. M. BOUCDAIR

SECTION REGION SUD

M. T. MOUTAOUAKIL

SECTION ESSAIS IN SITU

M. Y. KACIMI

SECTION ESSAIS D’EAU

M. A. TEBARANI

M. K.KHABBAZ

M. A. SASSAOUI

M. Y. EL KHAMMARI

SECTION ESSAIS PARTICULIERS

SERVICE ESSAIS DE
LABORATOIRE

SERVICE PRELEVEMENTS & ESSAIS
IN SITU

SERVICE ESSAIS PARTICULIERS &
ESSAIS D’EAU

Fig 1 : vue aérienne du site

D’une superficie de 359 hectares, le site de l’ancien aéroport d’Anfa est structuré
autour de huit quartiers dont le quartier « Anfa Cité de l’Air ».
L’objectif de ce projet est de :
 Favoriser la mixité sociale en reliant, en équipant et en complétant les
quartiers existants
 Construire une nouvelle centralité pour Casablanca
 Concevoir un quartier emblématique du Maroc d’aujourd’hui en termes
économique, culturelle et environnemental
Pour ce rapport, on se limite à l’étude géotechnique d’une partie de ce projet. Il s’agit du
lot 126 –ANFA – AUDA.

9

Fig 2 : localisation du terrain d’étude

Le futur projet consiste à la réalisation d’un ensemble immobilier avec deux sous sols, un
rez-de-chaussée et des étages variant de R + 4 à R + 9.
La figure ci-après illustre la conception architecturale de la zone d’étude.

10

Fig 3 : conception architecturale de la zone d’étude

Objet de l’étude

I.

Conformément à la demande formulée par ASMA INVEST et dans le cadre du projet
d’aménagement et d’urbanisation de l’aéroport d’ANFA-AUDA, le LPEE a procédé à une
étude géologique et géotechnique du site réservé au futur projet afin de définir les
contraintes géotechniques du projet.

Dans cette étude, on a tenu compte de deux sous-sols. Sur toute la surface du projet,
nous avons procédé à la caractérisation des éléments géotechniques suivants :
 Etude du contexte lithologique local.

Définition des modalités de fondation : contrainte admissible du sol, assise et
niveau de fondation.

 Appréciation des tassements et des opérations de terrassement.
 Détermination du niveau de la nappe phréatique.
 Classification du sol suivant le code parasismique RPS2000.
II.

Programme de reconnaissance

La reconnaissance géotechnique a été entreprise au moyen de différents essais, à la fois in
situ à savoir les sondages carottés (SC), les sondages

pressiometriques (SCP) et de

laboratoire comme l’analyse granulométrique, les limites d’Atterberg, la valeur au bleu de
méthylène et l’essai de gonflement.
En effet, ces essais ont été réalisés dans le but de caractériser le sol étudié du point de vue
mécanique, pour enfin déterminer la capacité portante du sol et calculer le tassement de ce
dernier sous une charge donnée.

Le programme de reconnaissance consiste à la réalisation de :

2 sondages carottés profond de 15 m.

6 sondages carottés profond de 15 à 18.50 m, jumelé à des essais
pressiometriques avec un pas de 1.5 m.

Des essais en laboratoire.
11

Le tableau ci-après récapitule les coordonnées Lambert des sondages réalisés

Cordonnées Lambert

Profondeur (m)

Sondages

X

Y

Z

SCP1

290858

331303

44

15.50

SCP2

290832

331323

45

15

SC3

290812

333290

47

15

SCP4

290787

333242

50

15

SCP5

290777

331212

55

18.50

SC6

290789

331182

60

15

SCP7

290821

331237

52

17

SCP8

290756

331119

57

17

Tableau 1 : coordonnées Lambert et de la profondeur des sondages
Réalisés.

12

Fig 4: implantation en 2 D des sondages réalisés
dans la zone d’étude.

Chapitre 3 : Présentation du site de projet

13

1. Géologie régionale
La région de Casablanca fait partie de la grande unité géologique connue sous le nom de la
Meseta Côtière marocaine s'étendant entre l'Atlantique et l'ensemble des massifs et plaines du
Maroc Central.
La série stratigraphique régionale débute par des schistes et des quartzites marins très épais
d’âge Cambrien et Ordovicien passant à des psammites dans leur partie supérieure. Ces
terrains primaires sont recouverts par des formations permo-triasiques, formées de
conglomérats à la base, auxquels font suite des argiles rouges. Ces dépôts sont surmontés de
calcaire et marno-calcaires cénomaniens et miocènes.
À cette série succèdent des formations plio-quaternaires recouvrant la totalité des plateaux
renfermant des calcaires dunaires, des conglomérats régressifs, des limons et des argiles
sableux. Durant le Quaternaire, la Meseta côtière a subi une succession d’épisodes marins
(transgression et régression) qui ont donné lieu à des limons rouges, des épandages
caillouteux et des éboulis de pente.

Fig 5 : carte géologique (MONITION.L 1958 )

Le tableau ci-dessous synthétise l’ensemble des âges traversés et les formations rencontrées.

T
e
r
t
i
a
i
r
e

Age
Lumachelles

Série
et
conglomérats
14

Plio-Quaternaire

Mésozoïque

Miocène (mm)
Cénomanien (cm)
Permo-Trias (pt)

Primaire

Llandeillo (Si2)
Ordovicien

Cambrien

Arenig (Si1)
Cambrien sup. (Ks2)
Acadien (Ks1)

surmontés de calcaire dunaires et
coiffés de limons
Marnes sableuses jaunes
Calcaires et marno-calcaires
Argiles rouges et vertes parfois
gypsifères, entrecoupées de coulées
basaltiques
Quartzites et psammites intercalés
avec les schistes
Schistes et psammites
Quartzites d’El Hank
Schistes à paradoxides coiffés de
grès psammitiques

Tableau synthétique de la succession lithostratigraphique de la région de Casablanca et ses
environs.( MONITION .L 1953 Etude géologique et hydrogéologique du périmètre
Casablanca-sidi hajaj-ain et harouda ) .

2. Géologie locale

La colonne lithologique du site étudié est constituée de haut en bas de :

Un remblai hétérogène épais de moins de 0.40 m.

Une terre végétale rougeâtre de type Hamri, épaisse de 0.30 à 1.50 m.

Des tufs calcaires limono-graveleux compacts, ont été traversés sur des profondeurs
variant de 0.80 à 2.50 m.

Des sables graveleux tuffacés, ont été recoupés localement, au niveau des sondages
carottés SC 6 et SCP 8. Ces passages sableux s’étalent sur une profondeur moyenne de
2.20 m.

Des grès calcaires conglomératiques indurés, entrecoupés de passages fragmentés, Ces
formations se présentent avec des épaisseurs variant de 1.60 à 4 m.

Des alternances de marne et de calcaire marno-sableux induré et/ou altéré. Ces
alternances sont atteintes à des profondeurs variant entre 4.80 et 9 m.

Des schistes du substratum primaires, altérés en surfaces, ont été recoupés à des
profondeurs variant entre 11.20 m au niveau du SC3 et 16.80 m dans le SCP 5.

Les figures en annexe synthétisent les coupes lithologiques des sondages carottés réalisés.

15

L’examen corrélatif des coupes lithologiques ainsi levées (voir annexes), laisse déduire une
relative homogénéité et continuité horizontale des faciès, notamment les grès calcaires
conglomératique et les marno-calcaires qui constitueront en général l’assise de fondation des
immeubles.
Le substratum schisteux est surmonté soit par des marno-calcaire soit par des grès calcaires
conglomératique.

3. Aperçu hydrogéologique
La nappe s’écoulant dans la région de Casablanca est celle de la Chaouia côtière, existant à
cheval entre la wilaya de Casablanca, la wilaya de Settat et la province d’El Jadida. L’aquifère
est totalement dépourvu de nappes d’eaux souterraines continues et étendues.
L’horizon aquifère est constitué par les calcarénites plio-quaternaires, mais qui peut s’étendre
aux zones fracturées ou altérées des formations schisto-quartzitiques d’âge primaire.
4. Caractérisation du niveau de la nappe du site d’étude
Dans le but d’avoir une idée sur la circulation de la nappe à l’échelle de la région d’étude
nous avons effectuées des mesures piézométriques durant la réalisation des sondages qui
laissent déduire que la nappe d’eau s’écoulant à l’échelle du site étudié a été interceptée à
des profondeurs variant entre 8 et 11 m alors que les niveaux piézométriques mesurés
oscillent entre 37 et 49 m.
A partir de l’analyse de la carte piézométrique ainsi établie (Fig.6) on constate que la
direction générale de l’écoulement de la nappe à une direction de SW vers le NE.

Sondages

X

Y

Z

NE (m)

NP (m)

SCP1

290858

331303

44

7,9

36,1

SCP2

290832

331323

45

8,1

36,9

SCP3

290812

331290

47

8,32

38,68

SCP4

290787

331242

50

8,8

41,2

16

SCP5

290777

331212

55

7,8

47,2

SCP6

290789

331182

60

11

49

SCP7

290821

331237

52

11

41

SCP8

290756

331119

57

8

49

Tableau récapitulatif des niveaux d’eau mesurés dans les sondages réalisés de la zone
d’étude.

°


y

Fig 6: Représentation en 2 D de la carte piézométrique de la nappe circulant
y
à l’échelle du site d’étude (réalisation en Mai 2013 avec le logiciel Surfer

5. Climatologie

Suite aux données climatiques de la station Casablanca Anfa, la région de Casablanca est
classée en zone semi-aride.
La moyenne pluviométrique annuelle sur une période de trente années de mesure (1933-1963)
est de 443mm.
Le mois le plus pluvieux est Décembre, par contre les mois secs sont Juillet et Août.

17

Les statistiques des températures moyennes de Casablanca varient de 21,25° Pour la
température maximale et 13,61°C pour la température minimale.
L’évapotranspiration réelle d’après Thornthwait est de 400 mm.
La région est souvent ventée. Les vents dominants sont nord-sud, avec des vitesses inférieures
7m/s.
JANV

FEV

MARS

AVRIL

MAI

JUIN

JUILLET

AOUT

SEPT

OCT

NOV

DEC

ANN

Pluvio
moyenne
(mm)
Tmin(°C )

71

55

53

37

22

3

0

1

6

38

67

90

443

7.9

8.2

11.0

11.5

14

17.1

19.0

19.3

16.0

15.1

11.8

9.4

13.4

Tmax(°C)

17.2

17.9

22.0

20.8

22.2

24.1

26.0

26.7

25.9

18.0

24.0

20.8

18

Tableau : données climatiques de la station Casablanca Anfa (1933-1963)

6. Classification de la zone sismique du site

Le territoire national est divisé en 3 zones sismiques classées comme suit

 Zone 1 : Faible sismicité
 Zone 2 : Moyenne sismicité
 Zone 3 : Forte sismicité

18

A chaque zone correspond un coefficient d’accélération
A=Amax/g
0.01
0.08
0.16

Zones
1
2
3

L’intensité avec laquelle un séisme est ressenti en un lieu donné, dépend dans une large
mesure de la nature des sols traversés par l’onde sismique. un classement des sites en trois
types est adopté en fonction de la classe des sols. Les sols sont classés selon leurs
caractéristiques mécaniques.
Le choix du site tient compte à la fois de la classe de sol et de son épaisseur.

Sites

Classe du sol

S1

Rocher sur toute la profondeur
On trouve le Sol ferme a une épaisseur <15 m
On trouve le Sol ferme a une épaisseur >15 m
Sol moyennement ferme épaisseur <15 m
Sol Mous épaisseur <10 m
Sol moyennement ferme épaisseur >15 m
Sols Mous épaisseur >10 m

S2

S3

À chaque type de site correspond un coefficient d’influence donné.
Sites
S1
S2

Coefficient
1
1,2

S3

1,5

Dans notre cas les paramètres à prendre en compte sont :

Zone sismique : II

Accélération maximale : 0,08g
19

Type de site : S1

Cœfficient du site : 1

Chapitre 4 : Reconnaissances géotechnique
I.

Les essais de laboratoire

Le déroulement du travail au Centre Expérimental des Sols (CES) suit les étapes
suivantes :




Prélèvement d’échantillons.
Réception d’échantillons.
Elaboration du programme d’essais.
Exécution des essais.
Rédaction des rapports des essais.

Lors de la sortie sur terrain nous avons prélevé des échantillons afin d’analyser leurs
propriétés au laboratoire. Il existe plusieurs techniques de prélèvement qui sont toutes
normalisées:



Prélèvements dans des puits.
Prélèvements grâce à un forage .
Prélèvements manuels de blocs.
Prélèvements manuels à l’aide de boîtes.

1. Échantillonnage :
20

Les échantillons doivent être représentatifs de l’échantillon global. Cette préparation
s’effectue de manières différentes :

Par quartage ou fractionnement manuel d’une quantité de matériau (si les quantités
à préparer sont importantes).
 Au moyen de diviseurs échantillonneurs (il permet de séparer en parties égales une
quantité donnée du matériau).
2. Lavage :
Le lavage est une méthode très importante et essentielle pour aborder à n’importe quels
essais d’identification.
Les échantillons prélevés et pesés en fonction du type d’essai à réaliser, sont pesés afin de
déterminer leur teneur en eau. On les place ensuite dans une étuve à 105° C pendant une
heure s’il s’agit d’un matériau peu sensible à la chaleur, ou dans une étuve à 50° C pendant
deux heures si le matériau est sensible à la chaleur (s’il contient des matières organiques
par exemple).
Le matériau est ensuite lavé à l’eau et brossé sur des tamis dont l’ouverture dépend du
type d’essai à effectuer.
Essai

Granulométrie

Valeur au bleu de méthylène
V.B.S

Limites
d’Atterberg

Ouverture
tamis

Refus 80 m

Passants 5mm

Passants
400m

Tableau : récapitulatif de la granulométrie de l’échantillon en fonction de l’essai à réaliser
3. Les essais d’identifications
Les essais d’identification sont les premiers essais à réaliser sur un sol. Ils vont permettre
de déterminer les caractéristiques élémentaires de ce dernier et d’établir ainsi ses propriétés
physiques Dans le but de déterminer les caractéristiques géotechniques de notre sol étudié

 L’analyse granulométrique : Méthode par tamisage sec après lavage
Principe de l’essai :
L’essai consiste à séparer les grains agglomérés d’une masse connue du matériau par
brassage sous l’eau (lavage). Une fois séché ce sol est fractionné à l’aide d’une série de
tamis. Le refus cumulé sur chaque tamis est ensuite pesé. Cette masse de refus cumulée sur
chacun des tamis est enfin rapportée à la masse totale sèche de l’échantillon soumis à
l’analyse.

21

Détermination de la granularité ou de la granuolométrie :
La totalité du matériau sec est versé au sommet d’une colonne d’au moins trois tamis de
mailles décroissantes du haut vers le bas. Le dernier tamis a des mailles égales à celles sur
lesquelles s’est fait le fractionnement, sous ce dernier tamis on dispose d’un fond de tamis
pour recueillir les passants éventuels.
On agite manuellement la colonne de tamis, on termine le tamisage en remuant le matériau
à la main afin de s’assurer que plus aucun élément ne passe à travers les mailles de chaque
tamis.
Les refus sur chaque tamis sont pesés successivement puis cumulés.

La valeur au bleu de methylène d’un sol V.B.S

Principe de l’essai :
La détermination de la valeur au bleu de méthylène d’un sol (V.B.S.) a pour but de
mesurer la quantité et l’activité argileuse d’un sol par dosage de la quantité de bleu de
méthylène pouvant s’adsorber sur la prise d’essai. Cette valeur est rapportée par
proportionnalité directe à la fraction 0/50 mm du sol.

Détermination de la V.B.S. :
On prépare trois prises d’essais de la fraction 0/5m de masse .
La première prise d’essai sert à la détermination de la V.B.S. La deuxième servira à la
mesure de la teneur en eau. Quant à la troisième, elle est conservée en prévision au cas où
l’essai devrait être renouvelé.
On introduit la première prise d’essai dans un bécher de 3000 ml. On ajoute 500 ml d’eau
distillée. Cette solution est homogénéisée par agitation mécanique pendant 5 minutes à 700
tours par minute.
Grâce au dispositif de dosage, on injecte 5 à 10 ml de bleu de méthylène dans la solution
en agitation, au bout d’une minute, on procède à l’essai à la tâche. Pour ce faire on prélève
à l’aide d’une baguette en verre une goutte de la solution et on la dépose sur un papier filtre
La tâche ainsi formée se compose d’un dépôt central de matériau coloré bleu sombre
entouré d’une zone humide incolore.
22

Fig7 : tâche avec auréole sur papier filtre

On procède à des injections successives, par paliers de 5 à 10 ml, avec prélèvements
comme indiqué ci-avant jusqu’à ce qu’apparaisse une auréole bleu clair dans la zone
périphérique de la zone humide de la tâche.
Expression des résultats :
La masse de bleu (B) introduite est directement déduite du volume:
B=V*0.01
Où: V: volume de solution de bleu utilisée (cm3).
La Valeur au Bleu de méthylène du Sol (V.B.S.) (en grammes de bleu pour 100 g de sol
sec) vaut donc:
VBS= (B/ m0)*100
Où: m0: masse sèche de la prise d’essai :
m0 = m1 / (1 + w)
Avec m1: masse humide de la prise d’essai
W : teneur en eau

Les limites d’Atterberg

23

Principe de l’essai :
Les limites d’Atterberg sont des paramètres géotechniques permettant d’identifier un sol.
Ces limites ont donc pour but de définir les états d’humidité correspondant aux limites
entre les états liquide, plastique et solide, l’état d’humidité du sol étant exprimé par sa
teneur en eau.
Les limites d’Atterberg sont :

la limite de liquidité wL qui traduit le passage entre l’état liquide et
plastique.
la limite de plasticité wP traduisant le passage entre l’état plastique et
solide.

Ces limites permettent de calculer l’indice de plasticité noté Ip.

Détermination des limites d’Atterberg:

principe de l’essai

A fin de derminer les limites de liquidité et celle de plasticité on passe par l’étape suivante :
On prélève une prise d’essai que l’on étale sur une plaque en marbre afin d’homogénéiser
cette prise d’essai et de l’humidifier.

Fig 8 : étalage de échantillon

Limite de liquidité

Méthode de pénétromètre à cône :

24

Fig 9 : pénétromètre à cône

Fig 10: contacte pénétromètre/pâte avant
pènétration

Une portion de la pâte homogénéisée est prélevée et introduite dans une coupelle que l’on
place sous le cône du pénétromètre. Il faut veiller à ce que la pointe du cône soit en contact
avec la pâte mais ne s’y enfonce pas.
Le pénétromètre est ensuite déclenché et le cône s’enfonce dans la pâte ; il suffit alors de
lire la profondeur d’enfoncement sur le cadran.
On cherche à obtenir de l’échantillon une teneur en eau telle que l’on puisse avoir quatre
valeurs de pénétration du cône dans l’intervalle 10-25mm.
La limite de liquidité wl est la teneur en eau du matériau qui correspond
conventionnellement à un enfoncement de 17mm du cône.

Limite de plasticité

On prélève une portion d’échantillon afin de former une boule. Celle-ci est roulée à la
main sur la plaque de marbre dans le but d’obtenir un rouleau qui est aminci
progressivement jusqu’à ce qu’il atteigne 3 mm de diamètre. Au moment où il atteint 3 mm
de diamètre, le rouleau doit mesurer environ 10 cm de long. La limite de plasticité est
atteinte lorsque simultanément le rouleau se fissure et que son diamètre est de 3 mm  0.5
mm.
Une fois les fissures apparues, le centre du rouleau est prélevé et placé dans une boîte de
Piétri afin de mesurer sa teneur en eau.
La limite de plasticité wP est la teneur en eau conventionnelle d’un rouleau de sol qui se
fissure au moment où son diamètre atteint 3 mm  0.5 mm.
Indice de plasticité =limite de liquidité – limite de plasticité
IP = wL - wP
Avec l’indice de plasticité on peut classer un sol suivant son degré de plasticité :

25

IP
0à5
5 à15
15 à40
>40

Degré de plasticité
du sol
Sol non plastique
Sol peu plastique
Sol plastique
Sol très plastique

 Plus l’indice de plasticité est élevé, plus le sol est sensible aux effets de gonflement
par son humidification ou de retrait par sa dessiccation.

4. Essai mécanique sur sols
Essai de compression à l'oedomètre :
Le sol est un matériau compressible, lorsqu'une charge est appliquée à sa surface, le sol se
déforme, le tassement c’est la déformation verticale par diminution de l’épaisseur de la
couche sollicitée.
Les tassements subis par le sol sous l'effet d'une contrainte sont dus à 3 phénomènes :
 La compression des grains solides du sol.
 La compression de l'air contenu.
 L'évacuation de l'eau et de l'air contenu.
Sous l'action d'une charge, le sol se consolide : son indice de vide décroît pour se stabiliser
à une valeur en fonction de la charge appliquée.
L’essai oedométrique est un essai de compression de sol avec un champ de déformation
uni axial aussi appelé essai de compression confinée ou encore essai de consolidation.

26

Fig 11 : Photo d’une cellule oedométrique avec son schéma

Principe :
L’essai Oedometrique permet de déterminer certaines caractéristiques du sol nécessaire
pour pouvoir évaluer les tassements de celui-ci suite à l’application de charges.
L’essai consiste à exercer des cycles de chargement et de déchargement sur un échantillon
de sol drainé sur deux faces à l’intérieur d’une cellule rigide.
La courbe Oedométrique qui représente l’indice des vides (e) en fonction de la contrainte
verticale effective appliquée (σ’) nous permet d’estimer :
L’indice de gonflement : Cs = pente de la courbe de déchargement
L’indice de compression : Cc = pente de la courbe de chargement
La pression de pré-consolidation : σ’p qui correspond a la plus grande contrainte supportée
par le sol
5. Expression des résultats
Dans le but de définir les caractéristiques intrinsèques de l’assise de fondation, il a été
procédé à la réalisation d’une série d’essais en laboratoire sur les passages marno-sableux
(analyse granulométrique, limites d’Atterberg, essai oedométrique)

27

Les passages marno-sableux : montrent les caractéristiques géotechniques

suivantes
-

Une plasticité non mesurable

-

Une granulométrie comportant

-

87 à 98 % de fines

-

2 à 13 % de sable


 Un indice de gonflement de : Ig = 0.01 traduisant un sol non expansif.
 Un indice de compression de : Ic = 0.09 ce qui implique un sol peu compressible.
L’examen analytique des résultats obtenus montre qu’il s’agit d’un sol fin non plastique, non
expansif et peu compressible.

II.

Essai in situ

28

Les essais in situ (ou en place) de géotechnique servent à déterminer des paramètres de
comportement mécanique du sol en place.
1. L’essai Pressiométrique

Fig 12 : principe de l’essai pressiométrique
L’essai pressiométrique de Ménard est un essai de chargement du sol en place. Il consiste à
dilater radialement au sein du sol, une sonde cylindrique et à déterminer la relation entre la
pression appliquée, selon un programme de chargement imposé, et le déplacement de la
paroi de la sonde. Il permet de déterminer une caractéristique de déformabilité (Em) et une
caractéristique de rupture (PL).
Un pressiomètre est l’ensemble de l’appareillage nécessaire à la réalisation de l’essai.
L'appareil comprend 2 parties :

la sonde (introduite dans le forage) : La sonde est constituée d'une armature
cylindrique recouverte d'une enveloppe en caoutchouc. Cette armature se
décompose en 3 cellules une cellule médiane dite cellule de mesure et deux cellules
extérieures dites cellules de garde. Les cellules de garde sont soumises à une
pression de gaz alors que la cellule de mesure est soumise à une pression d'eau.

le dispositif de mesure (restant à la surface du sol) : se compose d'un contrôleur
pression-volume (CPV) constitué d'un volumètre et d'un manomètre de mesure. La
source de pression est une bouteille de CO2 délivrant jusqu'à 60 bars.

29

Fig 13: Sonde / Pressiomètre
1. Conduite de l'essai
La pression régnant à l'intérieure de la sonde est absorbée en partie par la déformation de
l'enveloppe. Il y a donc lieu de procéder avant tout essai à un étalonnage de la sonde en
traçant la courbe donnant l'augmentation de volume ΔV en fonction de la pression P. Il en
résulte une correction de pression variable avec le volume d'eau injectée. De plus, la pression
de la sonde est égale à la pression lue au manomètre augmentée de la hauteur d'eau jusqu'au
Niveau de mesure.
L'essai est réalisé en augmentant la pression par palier. A chaque palier, on note les valeurs
de l'augmentation de volume ΔV au bout de 15s, 30s et 60s après la fin de la mise à la
pression. On trace la courbe : V60 = f(P)

Fig 14 : Courbe de pressiomètre

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2. Paramètres géomécaniques mesurés
L’essai pressiométrique est le seul essai en place permettant de donner une loi de
comportements en contraintes – déformations. Les paramètres déduits à cet effet sont les
suivants :
 Le module pressiométrique Em qui définit le comportement pseudo élastique du sol.
 La pression limite PL qui caractérise la résistance de rupture du sol.
 La pression de fluage Pf qui définit la limite entre le comportement pseudo élastique et
l’état plastique.
La courbe pressiométrique est composée des trois phases suivantes :
Phase I de recompactage :
Il s’agit de la mise en contact de la paroi de la sonde avec le sol, elle est limité par la
Pression horizontale totale des terres au repos.
Phase II pseudo élastique :
Elle est délimitée par la pression horizontale totale des terres au repos et la pression de
fluage Pf qui caractérise l’apparition de déformations plastiques importantes au voisinage de
la sonde (limite supérieure de la phase pseudo élastique). Cette phase est caractérisée par un
module pressiométrique (Em) défini par l’expression suivante :
Em= 2 .(1+ υ).(V0-Vm).P/V
υ : Coefficient de poisson du sol.
V0: Volume initial de la sonde au repos.
Vm: Variation de volume correspondant à la valeur moyenne de la pression
appliquée dans la phase pseudo élastique.
P/V : L’inverse de la pente de la partie linéaire de la courbe.
Phase III de grandes déformations :
Elle est délimitée par la pression de fluage Pf et l’asymptote verticale caractérisant la
rupture du sol appelée pression limite PL, par convention cette pression est enregistrée
lorsque le volume de la sonde est égal au double de son volume initial.

3. Avantages et inconvénients du Pressiomètre
Avantage :
L'appareillage est relativement simple, robuste et léger. Les essais sont réalisables dans
31

tous les types de sols à condition de bien choisir la technique de mise en place de la sonde.
Cet essai permet d'évaluer valablement les tassements lorsque ceux-ci sont faibles (quelques
centimètres),de plus on obtient quasi instantanément un ordre de grandeur de contrainte
admissible du sol.
Inconvénients :
Pour la mise en place de la sonde, il est nécessaire de faire un forage de bonne qualité.
C'est un essai rapide ne permettant pas d'aborder les problèmes de consolidation ou de
stabilité à long terme.

4. Résultats de l’essai pressiométrique

Six sondages préssiométriques ont été réalisés dans le site d’étude. Le pressiomètre utilisé est
un pressiomètre Ménard. Le principe de l’essai consiste à descendre à différents intervalles de
profondeur 1.5m dans notre étude une sonde électrique gonflable
e. Bien entendu, on mesure la résistance du sol vis-vis de la contrainte horizontale appliquée
par la sonde sur les parois du sondage. Les variations du volume du sol sont mesurées en
fonction de la pression radiale appliquée selon un pas de chargement conditionné par la
lithologie des terrains traversés.
Trois paramètres sont déduits à travers cet essai :

le module pressiométrique EM

La pression limite Pl

La pression de fluage Pf

Les résultats des essais pressiométriques sont récapitulés dans les tableaux en annexe de ce
rapport, les variations verticales des différents paramètres préssiométriques sont enregistrés
sous forme de diagrammes synoptiques dans les coupes lithologiques joint en annexe
En se référant aux mesures effectuées dans les sondages pressiométriquse, nous constatons un
caractère mécanique hétérogène le long des formations traversées.
Les résultats obtenus par les essais pressiométriques sont :

Les tufs calcaires :
1.12 Mpa  PL  2.76 Mpa
19.5 Mpa  EM  50.5 Mpa
32

Les sables graveleux tuffacés :
2.01 Mpa  PL  3.56.30 Mpa
42.9 Mpa  EM  68.1 Mpa

Les grès calcaires conglomératiques:
2.07 Mpa  PL  5.02 Mpa
34.3 Mpa  EM  600 Mpa

Les alternances marneuses et marno-calacire indurés et altérés:
2.96 Mpa  PL  5.43 Mpa
57.6 Mpa  EM  190 Mpa

Le substratum schisteux :
PL > 5.03 Mpa
133.6  EM  1627 Mpa

Au vu de ces résultats, on constate que les formations rencontrées entre 0 et 18 m de
profondeur sont dotés d’une résistance mécanique élevée à très élevés et montrent des
caractéristiques préssiométriques d’un sol surconsolidé.

33

Chapitre 5 : Etude géotechnique

I.

Les fondations

La fondations d’un ouvrage est l’élément de liaison fondamentale entre celui-ci et le sol , elle
est chargés de transmettre à ce dernier des charges et des surcharges engendrées par la
construction en service .
1. Les différents type de fondations
Il existe deux grandes familles de fondations :

Fondations superficielles
Fondations profondes

Entre les deux extrêmes, fondations superficielles et fondations profondes, on trouve les
fondations semi-profondes.

34

Fondations profondes
Les fondations profondes sont celles qui permettent de reporter les charges dues à l’ouvrage
qu’elles supportent sur des couches situées depuis la surface jusqu’à une profondeur variant
de quelques mètres à plusieurs dizaines de mètres: ce sont les pieux, les puits et les barrettes.
Fondations semi-profondes
Ce sont les fondations, dont la base se situe au-dessus de la profondeur critique, il s’agit des
pieux. Il n’y a pas de méthode de calcul propre à cette catégorie de fondations qui ne
constituent que des cas.
Fondations superficielles :
La fondation superficielle est, par définition, une fondation qui repose sur le sol ou qui n’y est
que faiblement encastrée. Les charges qu’elle transmet ne sollicitent que les couches
superficielle et peu profondes.
On distingue :

Les semelles filantes, généralement de largeur B modeste et de grande longueur L.

Les semelles isolées, dont les dimensions en plan B et L sont toutes deux au plus de
quelques mètres ; cette catégorie inclut les semelles carrées (B/L = 1) et les semelles
circulaires (de diamètre B).

Les radiers ou dallages, de dimensions B et L importantes.

2. Facteurs de choix du type de fondation

35

La nature de l'ouvrage à fonder : pont, bâtiment D’habitation, bâtiment industriel,
soutènement.

La nature du terrain : reconnaissance géotechnique du terrain par sondages et
appréciation des caractéristiques.

Le site : urbain, campagne, montagne, bord de mer.

La mise en œuvre des fondations : terrain sec, présence d'eau.

Le type d'entreprise : matériel disponible et compétences.

Le coût des fondations : facteur important mais non décisif.

Faisant référence au descriptif lithologique des sondages réalisé et aux propriétés du terrain
en place, les fondations adoptées seront des fondations superficielles à l’aide d’appuis isolés
ancrés dans les grès calcaires conglomératiques ou les calcaires marno-sableux indurés.
3. Calcule de contrainte admissible
Pour le calcul de la contrainte admissible on va se baser sur le calcul au pressiomètre de
Ménard. Les calcules on été effectués avec le logiciel FOXTA 2
La Contrainte admissible est la valeur limite que peut supporter le matériau pour le mode de
sollicitation (compression, traction, flexion…).
La contrainte admissible est calculée par la formule suivante :
σa = Pl*. Kp /F
Avec :
Pl* pression limite dans les calcaires marno-sableux à passages marneux.
Kp facteur de portance pressiométrique (Kp = 0.8 ) ;
F : Coefficient de sécurité (F = 3).

Compte tenu de l’hétérogénéité de l’assise de fondation, la présence de passages, fracturés,
fragmentés et altérés et les intercalations marneuses peu compressibles, la contrainte
admissible du sol en place sera :

σa = 3 bars

36

4. Calcule de tassement

Le tassement

pour une semelle isolée de largeur B = 2 m se calcule de la manière suivante:

S =S +S
f

c

d

.

Coefficient rhéologique = ½
q : la contrainte appliquée par la semelle.
EC et Ed : sont les modules pressiométriques équivalents du sol
Le calcul des modules Ec et Ed se fait de la manière suivante : Ec est pris égal au module E1
mesuré dans la tranche d’épaisseur B/2 située sous la fondation : Ec = E1.
Ed est obtenu par l’expression :

Où Ei,j est la moyenne harmonique des modules mesurés dans les couches situées de la
profondeur i B/2 à la profondeur j B/2 .

Si les valeurs de E9 à E16 ne sont pas connues, on calcule Ed de la manière suivante :

Il en est de même si les valeurs de E6 à E8 ne sont pas connues :

37

Compte tenu des paramètres obtenus et le taux de travail recommandé, les tassements obtenus
demeurent admissibles.
5. Modalités de fondation
Faisant référence au descriptif lithologique du sondage réalisé et aux propriétés intrinsèques
des terrains en place, les modalités de fondation ainsi recommandées seront comme suit :

Adopter un système de fondation superficiel à l’aide d’appuis isolés ancrés dans les
grès calcaires conglomératiques ou les calcaires marno-sableux indurés.

L’assise de fondation correspond aux formations gréso-calcaires ou aux calcaires
marno-sableux, atteints entre 2.30 et 5 m de profondeur avec un ancrage de 0.40 m.

Le taux de travail sera limité à 3 bars.

6. Terrassements
Les terrassements s’effectueront sur :

La partie meuble (remblai, terre végétale, tufs-calcaires, sable tuffacé graveleux) à
l’aide d’outils classiques telles que les pelles, les pioches ou la pelle mécanique.

La partie rocheuse (grès calcaire conglomératique, calcaire sablo-marneux induré), sur
une épaisseur variable, nécessite l’emploi des engins pneumatiques adéquats tels que
la brise- roche ou le marteau piqueur.

38

Conclusion

La présente étude s’inscrit dans le cadre du projet d’aménagement des immeubles du lot 126
de l’ancien aéroport Anfa. La campagne de reconnaissance, par sondages mécaniques et
essais pressiometriques, dans le site d’étude montre que le sol de ce site est essentiellement
constitué par :
 une formation superficielle de nature tuffacé
 Des sable graveleux tuffacés.
 Des grès calcaires conglomératiques indurés, entrecoupés de passages fragmentés
 Des alternances de marne et de calcaire marno-sableux induré et/ou altéré.
 Des schistes du substratum primaires, altérés en surfaces.
En se basant sur les coupes des sondages et sur les résultats des essais pressiometriques et en
tenant compte du type de l’ouvrage projeté nous proposons les éléments de fondation
suivants :
 Assise de fondation : grès calcaires conglomératiques ou les calcaires marno-sableux
indurés
 Ancrage : 0.40 m
 Taux de travail : 3 bars
 Tassements : admissible
les paramètres à prendre en compte sont
 Zone sismique : II
 Accélération maximale : 0,08g
 Type de site : S1
39

Cœfficient du site : 1

Bibliographie

Norme Française P 94-056 (1996) : analyse granulométrique (méthode par tamisage
à sec après lavage)

Norme Française P 94-068 (1993): mesure de la quantité et de l’activité de la
fraction argileuse, détermination de la Valeur au Bleu de méthylène d’un Sol par
l’essai à la tâche.

Norme Française P 94-051 (1993): détermination des limites d’Atterberg, limite de
liquidité et limite de.

Norme Française P 94-090-1 (1997): essai oedométrique.

Fascicule n° 62 titre V (1993) : règles techniques de conception et de calcul des
fondations des ouvrages de génie civil.

O. Sadaoui : analyse critique des résultats des essais in situ.

M. COMBE, M.FERRÉ & Jean-Pierre THAUVIN : Méséta centrale et Méséta
côtière. (ressources en eau )

Parasismique (R.P.S 2002) règlement de construction

Document interne de LPEE .

Carte géologique : MONITION.L 1958 5( ressources en eau Maroc )

40

Annexes
41