LE MOYEN AGE

On appelle Moyen Age, la période historique qui s’étend du 5ème siècle (de la chute de l’Empire romain en 476) à la fin du 15ème siècle (prise de Constantinople par les turcs en 1453). Le Moyen Age est une longue période d’environ 10 siècles. De la rencontre du monde gallo-romain en partie christianisé avec des envahisseurs d’origine germanique, les Francs, naît une nouvelle société. Le pays change de nom : la Francie. La christianisation gagne les campagnes, les activités économiques et la vie urbaine tendent à s’organiser tandis que les liens d’homme à homme se renforcent. On passe ainsi lentement de l’Antiquité au Moyen Age...

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SOMMAIRE

INTRODUCTION LES FAITS MARQUANTS DU MOYEN AGE UN PEU D’HISTOIRE .... V ème au VIII ème Mérovingiens IX ème et X ème XI ème et XIII ème XIV ème et XV ème

les les Carolingiens les Capétiens les Valois

LA LITTERATURE LA MUSIQUE L’ART PICTURAL L’ARCHITECTURE LA TAPISSERIE LE MOBILIER ANNEXES

LES CROISADES LA GUERRE DE CENT ANS LE MOYEN-AGE ORIENTAL : BYZANCE ! LA RECETTE DE LA GALIMAFREE

LA FIN DU MOYEN-AGE SOURCES - LEXIQUE

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INTRODUCTION
L’Histoire se répartit en 3 périodes : 1. la période antique : l’Antiquité 2. la période médiévale (où “intermédiaire”) : le Moyen Age 3. la période moderne : de la Renaissance à nos jours. C’est vers le 14è – 15è siècle que des Lettrés de l’humanisme italien ont conçu l’idée d’un “intervalle de plusieurs siècles”, entre 2 âges “medium tempus”, temps du milieu, de l’intervalle (d’où le Moyen Age) c’est-à-dire entre la culture des Anciens (la prestigieuse Antiquité) et la culture de leur “Renaissance” (les temps modernes). Après l’Antiquité, au 5è siècle, les débuts du Moyen Age furent sombres. Il a fallu faire face et gérer : - la chute de l’Empire Romain, - les intégrations ethniques, c’est-à-dire les barbares qui nous ont envahis - trouver de nouvelles formes d’organisation, - la crise de réadaptation que traverse l’Europe privée de références et inapte à fonctionner. Le Moyen Age a duré 1000 ans (du 5e au 15e siècle). Ces 1000 années ne se sont pas déroulées de manière uniforme. Seule une période centrale autour de l’an 1000, de 5 ou 6 siècles, était assez cohérente (de l’expansion des Francs à l’essor des communes/des bourgs) apparaissant comme l’enfance de l’Europe moderne, le creuset de sa culture essentiellement latino-germanique. La périodisation du Moyen Age varie d’une culture à l’autre. Par exemple : Les italiens, considèrent une bipartition qui colle parfaitement avec leur culture dans les siècles qui suivront : - le haut Moyen Age : du 5è au 10è siècle - le bas Moyen Age : du 10è au 15è siècle. Quant aux autres, une tripartition correspond à des modèles sociaux, politiques et économiques que l’on peut identifier clairement : Les français - “l’Antiquité tardive” : les 5è et 6è siècles - l’époque médiévale : du 7è au 14è siècle - les temps modernes : le 15è siècle.

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Les allemands : - Frühmittelalter (1er moyen age) : du 5è au 8è siècle - Hochmittelalter (haut moyen age) : du 9è au 11è siècle - Spätmittelalter ( moyen age tardif) : du 12è au 15è siècle.

Les anglo-saxons, eux, utilisent l’expression “high Middle Age” pour désigner l’”apogée” du Moyen Age, c’est-à-dire les 12è et 13è siècles.

Au Moyen Age, le Royaume de France à la recherche de ses frontières se constitue lentement. L’autorité du royaume longtemps affaiblie a du mal à s’imposer face à la puissance des Seigneurs et face aux structures féodales. Les guerres se succèdent (invasions, guerres de conquêtes, luttes privées de seigneur à seigneur, guerre de Cent Ans) tandis qu’une foi ardente est à l’origine des Croisades et de l’épanouissement de l’architecture romane et gothique. Ces siècles d’instabilité voient cependant éclore notre langue et notre littérature. Cette littérature a été influencée par les évolutions de la société au cours de cette longue période, par les mentalités et les évènements de son histoire...

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Les faits marquants du Moyen Age
 Les Croisades - 1270  La Guerre de Cent ans - 1475 1095

1337

Mais aussi :

Création d’une littérature en langue française

 La Féodalité  La Christianisation :
- Apparition d’ordres religieux, - Construction de cathédrales, abbayes, monastères, églises - Art roman et Art gothique

Invention de l’imprimerie
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UN PEU D’HISTOIRE ....
Contexte historique et social
Les premiers siècles du Moyen Age ont permis la fusion des traditions différentes (gauloises, romaines, barbares) avec l’intégration profonde des Francs. Après l’arrivée des Francs dans la Gaule méridionale, on célèbre des mariages mixtes, alliant l’aristocratie gallo-romaine avec l’aristocratie franque. On assiste à une fusion des styles de vie de ces milieux. A partir du VIIIème s. sous les dynasties mérovingiennes puis carolingiennes, la culture germanique (valeur guerrière, mobilité, on commande des hommes) et la culture latine (composantes religieuses et littéraires, héritage compétence administrative, mise en valeur des domaines, pouvoir sur un territoire) entrent en symbiose. Par exemple, dans des familles issues de mariages mixtes, des noms germaniques sont donnés à certains de leurs enfants et des noms latins à d’autres ! L’aristocratie gallo-romaine peut orienter ses enfants vers la carrière militaire de la tradition germanique, et l’aristocratie germanique, constatant l’énorme prestige et le poids politique et social des évêques de la région, pousse ses enfants vers la carrière ecclésiastique. Cette intégration réussie de l’Europe franque est la base sur laquelle l’empire carolingien sera édifié : le maintien de fortes puissances germaniques et parallèlement, l’inspiration institutionnelle romano-byzantine. Les années où règne la dynastie saxonne des Otton de Germanie sont déterminantes (Xè au XIIIè s.). Ils sont plus particulièrement actifs à l’Est : la Bohême, la Pologne, la Hongrie se convertissent d’abord – tout en conservant une forte autonomie – au “Regnum Theutonicorum”. Tous les éléments font apparaître à l’Est une frange slavo-hongroise dans l’occident chrétien (et non pas de Byzance). La culture européenne d’il y a mille ans repose sur les monastères et les écoles épiscopales qui sont des centres de propagande et de diffusion d’identité isolés et indépendants du contexte local, mais en étroite relation entre eux. Ces centres sont animés par des intellectuels, moines et clercs de la noblesse, qui, en même temps que ses activités militaires d’une grande mobilité, et à la recherche de nouveaux espaces, voit ses horizons s’élargir avec ses charges religieuses qu’elle assure (envoi de missionnaires). Il y a eu au Moyen Age un contraste énorme entre : les cultures locales très diversifiées, et une culture homogène à travers l’Europe d’une forme élevée et savante donnée par les ecclésiastiques.

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Structure sociale au Moyen Age
Le roi Saxon Alfred le Grand (891-901) disait que, pour gouverner avec vertu et efficacité, le roi doit avoir “des hommes de prières, des hommes de guerre et des hommes de labeur”. Trois classes distinctes composent cette société : − Oratores, ceux qui prient : le clergé − Bellatores, ceux qui combattent : la noblesse − Laborantes, ceux qui travaillent : les roturiers. Ces trois ordres ont été abolis à la Révolution. Du XIème au XIIIème siècle, la société féodale rurale repose sur les liens personnels qui unissent un suzerain à son vassal. Le vassal doit obéissance et service à son suzerain. Quant à lui, le suzerain doit protection militaire et juridique à son vassal. Suzerain lui-même d’un plus puissant Seigneur, et ainsi de suite jusqu’au roi de France qui est au sommet de cette pyramide hiérarchique. La société féodale est une société de type pyramidale. Dés le XIIIème siècle, l’essor des villes transforme peu à peu cette organisation. Apparaît le début de la spécialisation des métiers, la création de confréries urbaines socioprofessionnelles, des « corporations », où les bourgeois obtiennent des privilèges économiques et juridiques qui concurrencent les pouvoirs des seigneurs.

Contexte culturel
− Le contexte culturel est essentiellement religieux : enseignants, étudiants, hommes de loi dépendent tous de l’autorité religieuse. Ils écrivent et parlent en latin. − Mais il y a une volonté de créer une culture profane en favorisant le progrès du français. Les lois de la société féodale sont rédigées en français et prennent peu à peu leur autonomie par rapport aux institutions religieuses. − Une foi ardente anime toutes les couches de la société qui se traduit par les Croisades, la construction de cathédrales romanes et gothiques (Notre-Dame de Paris débute en 1163) − Une vie intellectuelle assurée par des clercs, puis par des universités créées au XIIIème siècle (la Sorbonne construite en 1200 avec comme 1er directeur Robert Sorbon en 1252, d’où son nom). Le savoir n’appartient plus seulement aux moines et aux clercs.

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Contexte religieux
L’esprit sémitique1, au déclin du vieux monde, tenta de conquérir l’Europe par les apôtres du Christ, comme il allait s’emparer de l’Asie occidentale et de l’Afrique par l’Islam :

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Mais la religion de Mahomed reste près des sources : le désert, le ciel nu, la vie immobile ! La religion de saint Paul (juive), quant à elle, a un cadre moins bien fait pour l’Europe : le contact des terres cultivées, des bois, des eaux courantes... La forme mobile et vivante s’est imposée sous une forme sensuelle et concrète qui la détourne peu à peu de son sens primitif mais s’adapte à la voie de la destinée naturelle des peuples de l’Occident. L’empreinte est prise. L’apostolat juif peuple la solitude intérieure des masses oubliées par les civilisations disparues. Son impitoyable aspiration vers la justice y fortifie l’instinct social. Et c’est grâce à lui, que l’esprit sémitique effectue lentement en Occident un accord désiré par Jésus... Puis l’Eglise, passant outre le sémitisme de saint Paul, rejoint l’esprit fraternel de celui qui est né dans une étable, qui traîne des bandes de pauvres, qui accueille les femmes adultères parcequ’elles sortent d’un état social encore plus dur que le vieux monde, et qu’une insurrection de tendresse virile devient l’universel besoin !

En règle générale, on considère que : ♦ L’Occident est soucieux d’organisation et de Droit, ♦ le monde Celte et Anglo-Saxon de morale, ♦ et l’Orient est animé de préoccupations théologiques. Par dessus le malheur des peuples (invasions répétées des barbares, faim, torpeur, misère affreuse entre la chute de l’Empire romain en 476, et les Croisades 10951270) une alliance instinctive rapproche les chefs militaires ralliés à la lettre du christianisme organisé par le haut clergé dont l’esprit devient de plus en plus rude. Grégoire le Grand (créateur des “chants grégoriens”) ordonne de détruire tout ce qui reste des vieilles bibliothèques et des temples des anciens dieux ! L’âme antique est bien morte !

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Vient de « Sem », fils de Noé. Appartient à un groupe de langues d’Asie occidentale et d’Afrique présentant des caractères communs : arabe, hébreux...

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Les communautés religieuses sont, jusqu’aux Croisades, les seuls îlots clairs dans l’Europe obscure... Elles sont les centres d’actions du peuple des campagnes qui s’y regroupe au temps des mérovingiens, dans le chaos des moeurs, des races, des langues, des villes incendiées, des moissons détruites... Dans le midi au contraire, la tradition antique vit encore profondément. Les aqueducs, les arènes, les thermes, les temples, les amphithéâtres, sont debout au milieu des campagnes. Les sarcophages sculptés bordaient toujours les voies ombragées de platanes. Sur la terre brûlée de la Francie méridionale, l’art galloromain unit l’élégance hellénique et la verdeur de la Gaule. Quand les Arabes passent, l’Asie nomade mêle son sang à la Gaule gréco-latine (du sud) et c’est un monde étrange, cruel et pervers, mais de vie intense, égalitaire, plus libre. Il est séparé du Nord qui commence à se débattre avec les Francs et les Normands.

Voyons maintenant comment se déroulent les siècles du Moyen Age !

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Vè-VIIIè siècles : Règne des Mérovingiens
481-511 751-768 Clovis – puis ses descendants se partageant le royaume, jusqu’en : Pépin le Bref, le dernier.
516-540 : règne du Roi Arthur en Bretagne (=Angleterre)

A la fin du Vème siècle, l’essentiel de la terre gauloise est passée sous le contrôle d’envahisseurs germaniques qui ont créé une série de petits royaumes :
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au sud : les Visigoths (roi Alaric II) en Alsace : les Alamans à l’est : les Burgondes au nord : les Francs (roi Clovis).

Descendant de Mérovée (d’où le nom des mérovingiens), Childéric a constitué un royaume Franc aux environs de Tournai. Son fils Chlodweg ou Clovis, 15 ans, lui succède en 481. Excellent meneur d’hommes, rusé, souvent cruel, Clovis réussit en quelques années à étendre sa domination sur la majeur partie du territoire gaulois. Clovis écrasera successivement le romain Syagrius à Soissons en 986, les Alamans à Tolbiac 496, Alaric II roi des Wisigoths ariens à Vouillé près de Poitiers en 507. Ses fils élimineront la royauté burgonde et occuperont la Provence. Sous l’influence de sa 2ème épouse Clotilde, Clovis se fait baptiser à Reims en 498, suivi en masse des guerriers francs.

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LA ROYAUTE Il est impossible de gouverner sans l’appui de l’aristocratie : aussi le roi mérovingien s’attache t’il, par un serment prêté en sa présence, les personnages les plus influents qui deviennent ses “leudes” ou fidèles. Ce serment est unilatéral et ne suppose pas de réciprocité d’engagement et “les cadeaux royaux sont laissés à la libre appréciation du bienfaiteur”. Ce qui fait que les membres de l’aristocratie franque soutiennent le roi le plus généreux, ce que font les leudes du roi Racagnaire débauchés par Clovis à son profit. Lors des partages du royaume et des guerres qui s’en suivent, les enchères montent pour attirer les fidèles de l’autre parti. Les leudes eux-mêmes peuvent spontanément transférer leur fidélité d’un roi à un autre. Les mérovingiens n’ont aucun sens de l’unité de l’Etat. Le royaume franc apparaît comme la propriété de la famille mérovingienne et les 4 fils du roi se partagent le royaume paternel. De trop nombreux partages de succession, une administration faible, l’absence de bonnes ressources fiscales affaiblissent considérablement la dynastie franque. Certains rois barbares, incapables de s’élever jusqu’à l’idée d’Etat, distribuent inconsidérément des terres et privilèges pour avoir la fidélité de grands aristocrates guerriers. Dans ces conditions, les patrimoines royaux diminuent très rapidement et au VIIIème siècle, certaines familles sont plus riches que les souverains. De plus, bien des rois en bas âge accèdent au trône et passent vite sous la domination des maires du palais : ces grands aristocrates favorisent les débauches de leurs jeunes maîtres, les “rois fainéants” pour mieux contrôler leur pouvoir... Le maire du palais (major domus) occupe une place prépondérante. Il surveille l’ensemble des serviteurs, jouit de la confiance particulière du roi, si bien que ses attributions très étendues prennent une tournure de plus en plus politique, et sont quasi illimitées jusqu’à supplanter celles du roi dans le gouvernement du royaume à la fin du XIIème et au XIIIème siècle. C’est ainsi que le maire du palais Pépin le Bref a déposé le dernier roi mérovingien Chidéric III et a pris lui-même le titre de Roi ! Le Palais (palatium) : c’est l’ensemble des dignitaires et conseillers qui suivent le roi dans ses déplacements sans oublier sa garde personnelle. Lieu où les carrières se décident. Le palais attire dés le VIIème siècle les jeunes aristocrates de la Gaule. Leur famille les envoie à la Cour recevoir leur éducation et gagner la confiance royale. Le palais se déplace fréquemment d’un domaine royal à un autre et les dignitaires chargés de mission publique et de services propres à la cour, le tribunal et le Trésor, l’accompagnent. Sous les mérovingiens, on commence une carrière à la Cour, et on la termine en province. Là, ils sont agents territoriaux du Roi, Comtes (gallo-romains au Sud de la Loire, germaniques au Nord), chargés d’administrer une circonscription, exerçant toutes les fonctions de l’autorité publique : il rend la justice, administre, lève les impôts, commande les troupes... Le premier rôle du Comte consiste à faire régner la paix au sein des populations franques, romaines, burgondes ou autres. Il doit assurer la protection des faibles.

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Chaque année, il apporte au Trésor Royal ce qui est dû au fisc. Bien souvent, les gens de la cité se plaignent des Comtes aux évêques, les chargeant de transmettre leur plainte au roi. Et c’est ainsi que petit à petit, il y a eu ingérence progressive de l’Episcopat dans les pouvoirs des Comtes, et l’administration locale est exercée à la fois par une aristocratie laïque et une aristocratie ecclésiastique. Il y avait environ 600 à 700 Comtes. Par la suite, les Comtes doivent rendre des comptes à de grands agents royaux, des archevêques, responsables de plusieurs comtés, et qui sont l’intermédiaire entre les Comtes et le Roi. Dés lors, le pouvoir est assuré de manière efficace et remarquable pour le Roi (notamment militaire), les rouages de la hiérarchie ecclésiastique sont utilisés à cette fin.

LA VIE SOUS LES MEROVINGIENS Les V et VIème siècles du haut Moyen Age se distinguent indéniablement par des conditions de vie difficiles (guerres continuelles, migrations de populations : Vandales, Hérules, Goths, raids de Saxons et de Frisons), réduction des espaces cultivables, expansion parallèle des forêts et des marécages, famines, multiples épidémies (variole, lèpre, peste), ravages de pirates, insécurité. Au cours des VII et VIIIème siècles du haut Moyen Age, la forêt couvre une bonne partie du territoire et encercle villes et villages. A l’extérieur de la partie habitée, s’étend la zone cultivée dépendant du village qui se compose de champs de céréales, de vignes et de prés. Plus loin s’étire une bande de terre commune entretenue par la collectivité, pâture et bois, où les hommes ramassent feuilles, branchages et bois de chauffage, et où les cochons fourragent à la recherche des glands de chêne dont ils se nourrissent. Au-delà de ces trois zones (zone habitée, zone cultivée, terres communes) se déploie la forêt qui sert à la chasse et que l’on ne parcourt qu’occasionnellement. Le commerce s’effectue par les célèbres voies romaines vers l’Italie et l’empire byzantin. En retour : importation de soie, épices, objets de luxe (voir récits de Grégoire de Tours). Dans les campagnes : nombreux guérisseurs, rites magiques...

LA RELIGION
Les célèbres routes romaines construites pour assurer le déplacement des légions servent pour le commerce et pour les apôtres de la foi qui diffusent en Gaule le christianisme. Au IVème siècle l’évangélisation des campagnes se fait à grande échelle. Au Vème siècle le célèbre concile oecuménique de Nicée définit le symbole des apôtres, coeur du Credo catholique, contre l’arianisme2. D’autres suivront pendant tout le Vème siècle.

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Hérésie des ariens, qui niait la consubstantialité du Fils avec le Père, et fut condamnée au concile de Nicée en 325. Hérésie = doctrine, opinion émise au sein de l’Eglise catholique et condamnée par elle comme corrompant les dogmes. Principales hérésies : adamisme, arianisme, calvinisme, protestantisme, jansénisme, luthérisme, manichéisme, quiétisme...

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La diffusion du christianisme entraîne la création de paroisses, de monastères où de nombreuses communautés monastiques (de moines) provenant des Celtes (Irlande, Ecosse, Pays de Galle, Cornouailles) sont fondées principalement en Gaule du Nord (env.200 fondations). Les évêques, issus de familles riches, deviennent puissants, indépendants de Rome, sont exempts d’impôts et perçoivent la dîme payée par les paysans ; ils jouissent d’une autonomie judiciaire ; en période trouble, ils organisent la défense de la ville. Pour contrôler leur puissance, les souverains nommeront directement eux-mêmes les évêques. Il y avait le clergé séculier (qui vit dans le monde, dans son siècle) et le clergé régulier (qui vit retiré du monde, dans des monastères, en se soumettant à l’autorité d’une règle, ex. Saint Benoît = les Bénédictins). Au début des mérovingiens, c’est l’épiscopat (=les évêques) qui prévaut (plus tard, ce seront les moines qui prendront le relais). L’évêque a le pouvoir d’ordre. Il peut seul consacrer un autre évêque et ordonner les prêtres. Il détient aussi un pouvoir de juridiction spirituelle sur le clergé et sur les fidèles. Sa fonction sociale s’accroît. Porte-parole des populations comme au temps des invasions, les évêques sont des personnages considérables. Leur origine sociale n‘y est pas étrangère. Selon les règles canoniques3, l’évêque est désigné par le clergé et le peuple de la cité où les grandes familles pèsent d’un poids prépondérant. Son rôle : célébration du culte divin, prédication, évangélisation. Pour ce faire, il lui faut implanter des lieux de culte et créer des paroisses dans les villes et dans les campagnes dans tous les domaines du royaume. De ce fait, l’évêque devient un grand bâtisseur et un grand administrateur. L’évêque rempli un rôle d’intermédiaire entre : - le Comte, qui administre la cité, et - le peuple. Aux siècles suivants, les évêques vont peu à peu annexer dans leur villes les droits du Comte. Très habile : car aux yeux du peuple, l’évêque est bien souvent le garant d’une justice fiscale meilleure ! Mais en attendant, devenus gestionnaires des fonds publics, les évêques sont désormais en mesure de faire réaliser de véritables travaux publics : construction ou réparation de remparts, l’adduction d’eau, faire élever des digues contre les inondations, etc... A côté de cela, il ne faut pas oublier la fonction sociale de l’Eglise soutenue par l’évêque : instruction, assistance (veuves et orphelins, soin des malades, rachat des prisonniers...). Aux premiers temps des mérovingiens, le prélat fait facilement figure de héros, et on comprend qu’un prélat bienfaisant soit porté sur l’autel. Nombre d’entre eux prendront place dans la cohorte des saints !!! Dans un pays immense dépourvu d’unité politique où les rois sont faibles, de vastes territoires se transforment rapidement en principautés indépendantes (Bretagne, Pays Basque, Aquitaine). Plus tard, Dagobert, Charles Martel et ses 2 fils Carloman et Pépin le Bref (= le petit) vont essayer de reconstituer le royaume des francs. Avec eux arrive la dynastie des Carolingiens !

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loi ecclésiastique, règle, décret des conciles en matière de foi et discipline. Age canonique : 40 ans , âge minimum pour être servante chez un ecclésiastique ! Etre d’un âge canonique = respectable !

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QUELQUES DATES IMPORTANTES DE CETTE PERIODE ...

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550 : le “roman” remplace progressivement le latin comme langue parlée 545 : mort du roi scythe Denys le Petit qui vivait à Rome ; c’est lui qui a calculé la date de naissance du Christ et le début de l’ère chrétienne, fournissant les bases de notre calendrier fixé bien plus tard. 556 : les Francs soumettent les Saxons 568-572 : les Lombards envahissent l’Italie du Nord 570 : naissance de Mahomet 633-638 : les Arabes conquièrent la Perse et la Syrie 638 : les Arabes prennent Jérusalem 639-751 : époque dite “des Rois Fainéants”, déclin progressif des Mérovingiens avec pouvoir réel aux “Maires du Palais” 647 : conquête de l’Afrique de Nord par les Arabes 656 : mort du roi des Angles (en Angleterre) 670 : le parchemin remplace progressivement le papyrus 700 : en Bretagne (=Angleterre) les premiers “normands” (= Vikings4) s’installent en Ecosse 709 : conquête du Magreb par les Arabes 712-744 : en Italie, règne du roi Lombard, Liutprand 714 : domination arabe sur toute l’Espagne 719-738 : campagne de Charles Martel contre les Saxons qu’il finit par vaincre. 720-725 : les Arabes ravagent le Sud de la Gaule. 732 : Charles Martel les bat à Poitiers 737 : Charles Martel reprend la Septmanie (=Languedoc) aux Arabes 758 : Pépin le Bref bat les Saxons 772-803 : Charlemagne mène 3 campagnes en Saxe pour soumettre et convertir les Saxons au christianisme. 773 : apparition de la numération “arabe” qui ne sera adoptée que très progressivement vers l’an 1000 774 : Charlemagne bat le roi des Lombards en Italie et se fait couronné à sa place roi d'Italie. 788-194 : Maroc : domination arabe, les Idrissides 793 : 1er raid Viking en Ecosse 795 : les Vikings s’établissent sur les côtes d’Irlande 799 : 1ères attaques des Normands en Gaule

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les Hommes du Nord se dénommaient eux-mêmes « Vikings », mais les chroniqueurs carolingiens les appellent Normands

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IXe-Xe siècles : règne des Carolingiens
768-814 814-840 840-877 877-879 879-882 885-887 Charlemagne Louis 1er le Pieux Charles II le Chauve Louis II le Bègue Louis III + Carloman jusqu’en 885 Charles le Gros 888-898 893-923 922-923 923-936 936-954 954-986 986-987 Eudes (Robertien) Charles III le Simple Robert 1er (Robertien) Raoul (Robertien) Louis IV d’Outremer Lothaire Louis V le Fainéant

Deux grandes zones culturelles se dessinent à l’intérieur de la vieille zone de domination carolingienne :

La Francie occidentale (la future France) où la synthèse latino-germanique tend à faire prévaloir des éléments linguistiques et culturels d’origine latine, La Francie orientale (la future Allemagne) où la même synthèse tend à faire prévaloir des composantes plus nettement germaniques.

C’est au IXème siècle sous Charlemagne que la culture trouve un nouveau souffle dans le monde rural et les villes, au sein des écoles monastiques. L’Europe postcarolingienne est un vaste territoire où prévaut la tradition carolingienne, sans domination absolue des Francs.

LA ROYAUTE Charlemagne reconstitue en quelque sorte l’Empire romain en Occident, incluant de nombreux éléments de la société traditionnelle germanique. Il est sacré Empereur en l’an 800. Il favorise le développement artistique et intellectuel et étend son empire, mais il ne peut venir à bout des Sarrasins (musulmans d’Espagne): son arrièregarde, conduite par son neveu Roland, est écrasée au col de Roncevaux en 778. Charlemagne mènera 55 guerres en 46 années de règne. Ses successeurs, Charles le Chauve et Louis le Pieux, seront également de très bons chefs militaires. L’armée carolingienne supérieure à ses ennemis tant qu’elle mènera des guerres offensives, ne perdra sa supériorité tactique que lors des invasions normandes car elle aura une position de défense ! Charles le Chauve, devant le harcèlement des Vikings, prendra d’ingénieuses mesures pour combattre, en plus, les féroces dissensions de l’aristocratie (les ducs de Bourgogne sont contre lui) qui se montre défaillante à la 2 ème moitié du Xème siècle. Il n’a pratiquement plus de défenseurs à ses côtés !

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A la mort de Charlemagne, l’empire se désagrège. Il sera divisé entre ses trois fils :

Depuis le IXème s. les Normands venus de Suède et du Danemark (les Vikings) ont pris l’habitude de piller villes et monastères en remontant les fleuves. Rouen et Paris ont été mis à sac en 847, Nantes en 843, Bordeaux en 844 et 847. Contre ces envahisseurs utilisant la voie d’eau avec leurs barques plates et rapides (les Drakkars), la lourde artillerie franque est inefficace. En 911, Charles le Simple accorde au chef normand Rollon le commandement du comté de Rouen et en échange, demande à ce que tous ses Vikings se convertissent au catholicisme. Son nom de baptême sera Robert. Il gouvernera la Normandie aidé de son fils Guillaume Longue-Epée. Il s’engage à défendre la Seine contre les autres Normands --> ainsi naît la principauté de Normandie ! Ensuite, en 930, c’est le Midi qui est exposé aux raids des Sarrasins (musulmans d’Espagne), puis l’Est et le Sud-Est sont envahis par des Hongrois (d’origine turcomongole) jusqu’à Nîmes, particulièrement cruels. C’est le roi de Germanie, Otton 1er, qui écrasent en 955 ces envahisseurs venus de l’Est. Ces invasions ont affaibli l’autorité des rois carolingiens incapables de repousser l’envahisseur. Jusqu’au Xème siècle, le droit de fortification d’une ville était un monopole royal : il passe aux mains des princes, et est ensuite usurpé par les Comtes. Ces derniers ne se contentent plus d’être des administrateurs, ils s’érigent eux aussi en chefs politiques désormais héréditaires : après les principautés indépendantes, apparaissent des comtés autonomes !

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Au cours du Xème siècle, de nombreux princes, comtes ou même Roi éprouvent de sérieuses difficultés à se faire obéir et à imposer leur autorité. Dans leurs principautés ou comtés, des zones territoriales plus ou moins vastes échappent à leur emprise. Cette dislocation et la multiplication des « seigneuries » au siècle suivant constituent la rupture majeure avec le passé. La seigneurie représentera la structure essentielle des temps féodaux : transformation des hommes libres du terroir en de véritables serfs dépendant corps et bien du seigneur local, le sire, par des liens de vassalité. Fin Xème siècle, une nouvelle aristocratie de guerriers apparaît : possesseurs de terres et de châteaux forts, ils constituent la classe féodale des seigneurs et détiennent tous les pouvoirs dans leurs vastes domaines. Les princes héréditaires exercent dans leur principauté, à leur profit, tous les pouvoirs anciennement dévolus au roi. Politique intérieure et extérieure, guerre et justice relèvent désormais de l’autorité du Prince. Evêchés et abbayes passent sous son autorité. Il fait même frapper la monnaie à son nom. Seul le rattache au roi le lien personnel, plus ou moins fidèle, de la vassalité. La dissociation politique se fait avec la création et l’indépendance des principautés. Puis, la puissance des princes va être minée par l’ambition des comtes et vicomtes.

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LA RELIGION Les papes détenant l’auctoritas sont responsables devant Dieu des rois qui n’ont qu’une protestas. Le roi doit “orienter les âmes vers le salut” ; il est “vengeur des crimes, correcteur des erreurs et pacificateur”. Le roi doit conduire le peuple chrétien vers le salut et protéger l’Eglise et les faibles. Dés lors, le gouvernement carolingien est théocratique, qui ne sépare plus le domaine politique du domaine religieux, selon les positions de Saint Augustin. Soutenu par l’Eglise et l’aristocratie, le maire du palais Pépin le Bref dépose le dernier roi mérovingien, Childéric III et prend lui-même le titre de roi. Ce coup d’état était savamment préparé par les diplomates : le pape Zacharie fut concerté pour savoir qui devait être le Roi. Les grandes abbayes sont des foyers intellectuels et religieux, mais aussi des centres principaux du travail matériel, de l’activité artistique et industrielle. La fortune de l’Eglise est constituée de bien-fonds considérables (obtenus par les impôts des fidèles et la dîme). Les moines, grands défricheurs, éclaircissent les forêts, assèchent les marais, fondent des établissements florissants dans des endroits déserts et hostiles. De plus, tout au long de l’époque franque, les dons des rois, des grands et des fidèles ont copieusement augmenté le patrimoine ecclésiastique. Les biens ecclésiastiques ont une double vocation : assurer le culte divin et l’entretien du clergé, et accomplir la charité chrétienne. Ainsi, un monastère héberge en moyenne 300 pauvres, malades ou voyageurs et 150 veuves. De plus, les monastères, grands centres agricoles, contiennent des ateliers (menuiserie, verrerie…), des greniers à vivres, des moulins, des bâtiments d’exploitation et suscitent aux alentours la création de services artisanaux nécessaires pour le monastère lui-même et pour les domaines voisins. Les monastères sont des étapes sur les axes commerciaux et offrent aux marchands l’hospitalité, contribuent à la sécurité des échanges, appliquant une politique douanière attrayante, avec des foires autour des sanctuaires comme à Saint Denis. Si l’on ajoute les services financiers qu’ils pouvaient rendre (dépôt d’argent encombrant à emmener sur les routes), on peut imaginer le rôle moteur que l’Eglise a pu jouer dans la société ! Cette organisation conçue par Charlemagne a admirablement servi son prestige militaire. Au total, finances, armée, justice, administration, élaboration de la loi, économie : il n’est pas un secteur des institutions qui ne soit pas touché et irrigué par cette action de l’Eglise, contrefort du pouvoir carolingien. Cependant, certains prélats jugent ce rôle écrasant et remettent en cause le système sur lequel s’appuient les premiers carolingiens, surtout à l’heure des périls intérieurs et scandinaves. Les Vikings pillent les églises, monastères… les richesses étant concentrées là ! Mais cette indépendance épiscopale s’est affermie jusqu’à former des principautés guerrières. Alors progressivement, on a fait marche arrière : l’évêque n’aura plus la charge des fonctions publiques qui retourne au comte.

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Au XIème siècle, les princes et les comtes se sont emparés des fonctions et des biens ecclésiastiques sur leur territoire et ont imposé leurs candidats – des membres de leur famille – sur les sièges épiscopaux (évêque) ou abbatiaux (abbés) et dans les collégiales de chanoines (moines) : l’Eglise est passée aux mains des laïques. Ces nouveaux évêques ou abbés, investis de leur dignité et de leurs possessions temporelles sont pour la plupart devenus de véritables seigneurs exerçant les droits publics et gouvernant leurs territoires avec leurs clientèles chevaleresques. Ces abbayes sont réparties en trois groupes : 1. celles destinées aux “prières pour le salut de l’Empire”, 2. celles qui remettent les impôts au roi, et 3. le groupe le plus important : situé dans le Nord pour des raisons stratégiques, et sur les routes conduisant à l’Italie, celles qui doivent mettre à la disposition de l’Etat des équipes guerrières. C’est ainsi qu’en une demi journée les guerriers prévenus par évêques et abbés se mirent en marche pour passer les Alpes.

LA VIE SOUS LES CAROLINGIENS Dés le milieu du Xème siècle, amorce d’un renouveau économique : accroissement démographique, extension des surfaces cultivables (défrichements) facilité par un essor des techniques, création de bourgs urbains, rassemblements des marchands. Le roi des Francs (ainsi appelé jusqu’à fin 12è) n’exerce qu’un pouvoir théorique sur un pays immense, boisé, dont les routes sont mauvaises et peu sûres. Le pays est divisé en 12 principautés (duché de Normandie, d’Aquitaine, d’Anjou, de Bourgogne, de Flandre, Toulouse...). De 1 à 3 jours de cheval pour traverser ses terres, le seigneur peut se faire obéir ; au-delà, il doit déléguer ses pouvoirs à un petit seigneur vassal. Le pays est ainsi morcelé en des milliers de seigneuries au sein desquelles des châtelains exercent sur les paysans la puissance publique, jugent, lèvent des taxes, réquisitionnent, exigent des corvées. A cette époque, édification de châteaux en bois (facile à débiter) le plus souvent, puis en pierre (qui résiste mieux aux incendies). Les propriétaires partagent leur vaste domaine en une réserve autour de la villa et en « manses » confiées à des paysans libres, les colons, ou à des esclaves, qui en échange, versent des redevances et assurent des corvées. L’homme du temps des carolingiens est un “affamé qui vit au milieu des bois”. Mauvaise qualité des sols, mauvais rendements, famines dues à d’épouvantables conditions climatiques et catastrophes naturelles, disette (806-809), lourds prélèvements d’impôts par les laïques sur les produits de la terre (céréales), spéculations, etc... La politique de conquête de Charlemagne avec entre autre l’annexion du royaume lombard, permet l’accès à l’Orient, donc à des échanges internationaux : importation de produits de luxe (soieries, épices, parfums, ivoires) et exportation d’esclaves (venus du monde slave, d’où son nom), de blé vers Byzance, de bois et d’armes vers le monde musulman. Les Arabes et les Vikings recherchent particulièrement les armes et armures franques. Mais les incursions permanentes des scandinaves (2ème
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moitié du Xème s.) pillant les domaines des abbayes et monastères qui servaient largement la vie économique du pays (en fournissant l’armée de soldats, de charrettes, d’armes..) ont désorganisé les bases économiques des domaines, donc la production et les échanges. Une des bases du monde carolingien se désagrège ainsi. Les marchés existent déjà et Charlemagne conseille à ses régisseurs de veiller à ce que les cultivateurs n’y perdent pas de temps. Les foires se multiplient, aussi le surplus des domaines alimente non seulement les marchés proches, mais est distribué à plus longues distances. Ainsi on a retrouvé des produits de l’abbaye de Prum en Germanie. A cette époque, la polygamie est encore pratique courante, avec rapt des femmes (Charlemagne a eu 4 épouses successives et 6 concubines - ses propres filles n’ont pas été mariées, mais avaient des enfants... ). Charlemagne prend des mesures pour l’éducation de ses sujets (lui-même ne savait pas lire !). Les curés sont formés dans les écoles des évêchés et des monastères, et enseignent à leur tour aux enfants de leur paroisse l’écriture, le calcul, la lecture, le chant et les rudiments de la Bible. Charlemagne donne l’exemple en créant une école dans son palais impérial à Aix-la-Chapelle regroupant et formant une élite sociale d’où sortiront les évêques, abbés, prêtres et aristocrates. Il y encourage les Lettres et les Arts. Il appelle auprès de lui des maîtres de qualité, les plus érudits et les plus célèbres de l’époque, d’illustres savants comme Pierre de Pise et surtout l’anglo-saxon Alcuin qui conseillera remarquablement Charlemagne en ces matières. Dans le reste de l’empire, monastères et cathédrales créent des établissements similaires qui permettent de former un clergé plus instruit selon un programme méthodique d’études. Le latin, épuré, ré-étudié, devient la langue des savants, incompréhensible au reste de la population. Dans les cloîtres, une forte activité de copie permet de sauvegarder une part considérable de la pensée antique ; les manuscrits sont souvent décorés de très riches et très fines miniatures (les “enluminures”). Les ducs d’Ile-de-France se distinguent entre tous les grands seigneurs français par leur prestige et leur ambition et en 987, c’est le duc d’Ile-de-France, Hugues Capet, qui est élu roi et commence avec lui la dynastie des Capétiens !

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QUELQUES DATES IMPORTANTES DE CETTE PERIODE ...
813 : le concile de Tours ordonne aux prêtres de prêcher en langue vulgaire le “roman” et non plus en latin, afin d’être compris par le peuple 820 : 836 : Marseille pillée par les Sarrasins (= arabes d’Espagne) 839 : création d’un royaume Viking en Irlande 840-850 : les Sarrasins attaquent la Provence ; la Méditerranée devient un “lac arabe” 851 : indépendance de la Bretagne reconnue par Charles le Chauve à Erispoë, lequel devient roi de Bretagne 870 : 1er livre imprimé en Chine 890 : Louis, fils de Boson, sacré roi de Provence 900 : apparition du fer à cheval 909 : conquête de l’Afrique du Nord par les Arabes, les Fatimides. 911 : le chef des Vikings Rollon devient duc de Normandie 924 : raid hongrois destructeur en Provence et l’allée du Rhône 950 : réunion des contes et nouvelles qui formeront les contes des “Mille et une nuits” 957 : 1ère “foire aux pains d’épices”, future Foire du Trône à Paris 962 : Otton 1er le Grand couronné Empereur à Rome ; c’est la naissance du Saint Empire Romain Germanique 963 : fondation du comté du Luxembourg, duché en 1354. 972 : Tunisie : les Fatimides mettent en place la dynastie berbère des Zinides 973 : le comte de Provence, Guillaume le Libérateur, expulse définitivement les Sarrasins de Provence.

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XIe au XIIIème siècle : Règne des Capétiens. Les temps féodaux
XIè siècle
987-996 996-1031 1031-1060 1060-1108 Hugues Capet Robert le Pieux Henri 1er Philippe 1er

XIIè siècle
1108-1137 1137-1180 1180-1223

XIIIè siècle
Louis VI le Gros 1223-1226 Louis VIII le Lion Louis VII le Jeune 1226-1270 Louis IX, St Louis Philippe II Auguste 1270-1285 Philippe IIIlLe Hardi 1285-1314 Philippe IV le Bel Début XIVè siècle 1314-1316 Louis X le Hutin 1316-1322 Philippe V le Long 1322-1328 Charles IV le Bel

En 987, Hugues Capet est couronné Roi. C’est le début de la dynastie capétienne qui compte 3 branches : − les Capétiens directs de 987 à 1328 − les Valois de 1328 à 1589 − les Bourbons de 1589 à 1792 puis de 1815 à 1848. Les premiers Capétiens n’ont pas réussi à faire reconnaître leur autorité par les grands seigneurs français. Les guerres féodales, la conquête de l’Angleterre en 1066, la première Croisade (1099), favorisent l’éclosion des « Chansons de Geste » qui célèbrent l’héroïsme guerrier. Au XIIème siècle, avec Louis VI le Gros et Louis VII, le pouvoir royal se renforce un peu. Louis VII participe à la 2ème croisade (1147-1149) jusqu’en Syrie avec son épouse Aliénor d’Aquitaine. La cour royale accueille dorénavant des grands seigneurs sous Louis VII (jadis, c’étaient les chevaliers du domaine). Sous Philippe Auguste (1180-1223), les provinces de Nord de la France et le duché de Normandie reviennent à la couronne de France. Il fait paver les premières rues de Paris qui devient la capitale fixe et construire la forteresse du Louvre. Sous Louis VIII (1223-1226), la pratique des « apanages » est inaugurée, qui donne des principautés aux princes : risques d'indépendance comme on l'a vu avec la Bourgogne. Saint Louis (Louis IX 1226-1270) continue la reconquête des provinces françaises sous tutelle étrangère, et devient le souverain d’Occident. Il fait édifier la Sainte Chapelle dans l’Ile de la Cité où se trouve le palais du Roi, qui servira de reliquaire à la couronne de Jésus ramenée par les Croisés. C’est le temps des Croisades dont l’idéal est perverti : on pille les villes comme Constantinople (= Istanbul). Seul Louis IX (St Louis) respecte l’esprit pieux d’origine. Les Croisades ont un coût exorbitant, on multiplie donc les levées fiscales.

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LA FEODALITE
La féodalité est une organisation politique et sociale mise en place dés le IX ème siècle, reposant sur des liens de réciprocité entre un seigneur suzerain et son vassal qui en échange le protège et lui accorde une terre à titre de fief. Le système de la vassalité s’est étendu par la suite : les seigneurs ont été vassaux de grands seigneurs, eux-mêmes reconnus vassaux du roi (société de type pyramidale). Le régime féodal s’appuie sur une morale chevaleresque très exigeante : vertus guerrières, sens de l’honneur et le sentiment de la foi. A cette époque féodale, de jeunes guerriers célibataires vivent au château, aident le châtelain à défendre son fief, et participent aux expéditions : ils deviennent des professionnels, des “Chevaliers”. Le chevalier est vassal d’une grande bravoure qui s’engage à servir son seigneur avec l’épée et la lance et qui combat à cheval, d’où son nom ! Le chevalier, envers et contre tout, est fidèle à son seigneur et à son Dieu. Les chevaliers royaux ne sont pas seulement des guerriers efficaces, ils prennent aussi une part active aux décisions et leur présence continuelle fait privilégier leur conseil. C’est avec l’ensemble de ses compagnons que le roi rend la justice. Sur leur avis, il décide des expéditions, pardonne à des comtes rebelles. Parfois, le roi capétien réunit de grandes assemblées où seront conviés les vassaux les plus importants : il ne le fait qu’après avoir consulté au préalable les gens de sa maison (ses chevaliers fidèles) ; il en est de même pour les actions politiques du Roi, quelque soit son ampleur. En 1137, c’est sur leur conseil que Louis VI à la veille de sa mort, décide de marier son fils Louis VII à Aliénor, fille du Duc d’Aquitaine et héritière du Duché ainsi réuni au domaine royal. C’est un avis privilégié que celui des chevaliers royaux. Au XIème siècle, pour faire face à l’insécurité et aux raids de pillards, des places fortes s’élèvent dans les campagnes : des châteaux forts. D’abord construits par le Roi, ce sont les princes et les comtes qui les maîtriseront. Puis rapidement, ces châteaux sont passés au service de Grands. Ils ont constitué autour d’eux des bandes d’hommes en armes, des soldats, des chevaliers qui sont le plus souvent leurs vassaux. Forts de la puissance que leur donne le château et sa garnison, ils peuvent résister à la tutelle politique du prince ou du comte, fortifier de nouveaux sites pour mieux quadriller la région, et fonder sur les terroirs à l’entour, leur propre domination autonome : seigneurie où ils exercent pour leur propre compte les droits de la puissance politique. Le pays est alors quadrillé par une série de châteaux édifiés sur une hauteur : 1 forteresse pour 20 à 30 communautés rurales et 10 châteaux pour 1 comté avec fossé, palissade, vaste cour avec cabanes, 1 écurie, des magasins, parfois 1 chapelle et au centre le donjon dans lequel vit le châtelain avec sa famille et ses jeunes guerriers. Ces forteresses sont d’abord construites en bois (le bois est facile à débiter). Mais les incendies et les guerres locales très nombreuses vont favoriser la construction en pierre avec des tours rondes et des remparts en pierre. Ces châteaux sont nombreux dans le Midi où la féodalité est épanouie et où les nobles ont conservé l’habitude de vivre en ville.

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Les nobles et les chevaliers tendent à se confondre. L’existence de ces bandes de jeunes guerriers impulsifs expliquent la multiplication des guerres locales. Le châtelain organise des tournois pour que ses jeunes guerriers ne perdent pas la main entre les guerres locales ! Chaque seigneur cherche à étendre son territoire au détriment de son voisin. Le seigneur attaqué réagit. Vers l’an 1000, l’insécurité est partout : rapts, viols, massacres, incendies, destructions. Le pouvoir seigneurial s’est imposé difficilement, l’établissement de la seigneurie s’est fait dans une phase de terrorisme. Les nouvelles prétentions des Sires n’arrangent pas l’affaire des communautés paysannes et des propriétaires locaux. Le seigneur et ses gens multiplient des raids dévastateurs, brûlent des chaumières, pillent les réserves, font des otages, pour imposer leur volonté. Les récalcitrants sont pendus, massacrés ou brûlés, mutilés, torturés. A leur tour, les paysans se rebellent, brûlent des châteaux (ce qui mènera à la Jacquerie au siècle suivant. Le Sire administre la Justice (du sang !), perçoit des amendes, des taxes (la Taille), exige des paysans des contributions à l’édification ou l’entretien de la forteresse, service de garde, corvées de construction de routes, ponts, et pour lui et ses hommes, des droits de gîte. Pour ceux qui traversent sa seigneurie, il perçoit des droits de péage, de transit, d’entrepôt, sur les marchandises qui circulent par terre ou par eau. Il contrôle les foires et les marchés. Il taxe les étrangers de passage. Il détourne vers ses coffres et ses greniers une part de la production, demande des redevances aux ruraux qui viennent moudre leur blé dans son moulin, cuire le pain dans son four, porter le raisin en son pressoir, etc... A partir du XIIème siècle, les moeurs des féodaux s’adoucissent : les seigneurs goûtent un nouvel art de vivre, fait d’élégance et de raffinement. Sous l’influence d’Aliénor d’Aquitaine et de ses deux filles (fils = Richard Cœur de Lion), la cour devient le centre de la vie mondaine et les femmes y occupent une place privilégiée. A côté de l’héroïsme guerrier, se développe le “service d’amour” : « l’esprit courtois » est né. Le chevalier courtois est au service de sa dame, généralement une femme mariée de haut rang, à qui il voue un véritable culte et qu’il sert comme le vassal sert son suzerain. Les troubadours créent la poésie courtoise qui célèbre l’amour et la femme. Les habitants des villes (bourgs) appelés « bourgeois » cherchent à avoir un droit de regard sur la gestion de la ville, et s’unissent. On parle de « commune », sorte de franchise accordée par le seigneur. C’est l’essor des activités artisanales et commerciales. Les bourgs sont rattachés à la ville. L’emploi de la monnaie se généralise (40 deniers = 20 sous = 1 livre). Les transports progressent. Les pillards de grands chemins aussi ! On construit des ponts de bois ou de pierre. Organisation de Foires à la porte des villes, sous des tentes. La Champagne est un centre de négoce particulièrement important, les foires de longue durée se succédant sans cesse. Les Comtes de Champagne assurent la sécurité des marchands qui font le voyage. On échange des marchandises (troc) puis on se livre à des opérations bancaires. Le Droit et les premiers Notaires apparaissent.

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LA VIE SOUS LES CAPÉTIENS
C’est un monde très rural concentré à proximité des côtes, surtout méditerranéennes, mais lorsqu’on s’enfonce dans les terres, les grandes villes se font rares. Le prestige des villes est grand. Cela est dû à leur centralité traditionnelle (héritage de l’Antiquité) de la vitalité économique de leurs classes marchandes et financières, du charisme de leurs évêques. Les comtes francs s’y sont établis, les dynasties princières et seigneuriales ont cherché à s’appuyer sur elles. L’expansion agricole (nouvelles cultures : sarrasin, houblon, abricots...), les défrichements, se maintiennent. La monnaie est d’un usage courant, et les serfs peuvent s’affranchir contre argent. Les fêtes villageoises, les processions sont très nombreuses. L’apparition du rouet stimule la production du textile (Rouen, Reims, Beauvais) organisée par de riches négociants. Dans les villes se développe le travail du bois, cuir, fer, métaux précieux, objets de luxe. Au XIIè siècle, de ce fait, émigration vers les villes : de nombreux ruraux affluent donc vers les villes, mais le terrain est rare et cher, les places publiques petites, les rues étroites et sales ; on construit alors des maisons hautes, à encorbellement. Les communes affirment leur liberté, ont un sceau, des registres... Les différences sociales s’accentuent : les riches bourgeois exploitent des artisans qui se regroupent par métier en constituant des « corporations ». Activités et métiers nouveaux émergent de la société qui se constitue peu à peu pour bâtir les habitations, paver les rues, apporter de la campagne les légumes et le bois, abattre les bêtes, les tondre, tanner le cuir, forger le fer et voient leurs intérêts communs accroître leur solidarité. La concentration des forces sociales donne une vigueur extraordinaire, celle qui naît spontanément de la synergie de tous les éléments qui s’accordent dans “la volonté d’une même but". Les corps de métiers tous ensemble ont créé leur “corporation” respective, organe central résumant et coordonnant, nécessité impérieuse pour répondre aux demandes de la puissante commune. Ces puissantes associations et corporations d’artisans sont dotées de règles propres et de pouvoirs spécifiques. Elles se doublent de confréries (placées sous la protection d’un saint). Elles sont contrôlées et surveillées par les autorités municipales, seigneuriales et royales. Ces corporations de charpentiers, maçons, tailleurs de pierre, verriers, plâtriers, plombiers, peintres, vont chercher dans le bas peuple leurs besoins de main d’oeuvre. Le maître d’oeuvre dessine le plan, distribue l’ouvrage, puis chacun dans l’indépendance de ses instincts exécute son travail, son oeuvre. Le XIIème siècle est donc un siècle de renouveau, de progrès économique, d’urbanisation croissante et de rayonnement culturel et religieux (3 Croisades, fondations d’ordres religieux - tels que les dominicains, franciscains, augustins, carmes..- épanouissement de l’art roman et gothique).

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La noblesse, la petite noblesse surtout, devient de plus en plus vulnérable. Pour stopper le morcellement du royaume, leur statut juridique est fait de manière à ne plus permettre de nouvelles seigneuries, voire à les supprimer : les profits de leurs seigneurs sont détournés par les ministériaux et leur échappent. Ce système de rentes, la dépréciation constante de leur monnaie ne leur permettent plus de faire face à la nouvelle conjoncture économique, la montée des prix, à l’apparition des goûts et aux besoins nouveaux pour les nobles depuis la Croisade. Pour tenir un rang de plus en plus menacé, ils doivent emprunter en donnant en gage leurs terres ou à vendre directement par pans entiers leurs biens et leurs droits. Ils tombent alors à la merci de tous ceux qui s’enrichissent au gré des grands courants renaissants de production et d’échange : les bourgeois, mais surtout les aristocrates que sont les rois et les princes. Parmi les princes les mieux servis, citons Henri II Plantagénêt et le duc de Bourgogne. Exemple : L’Empire Plantagénêt : depuis la conquête de l’Angleterre en 1066 par Guillaume le Conquérant, le duc de Normandie est devenu l’égal du Roi de France en dignité royale. Au milieu du XIIème siècle, le royaume d’Angleterre et le duché normand tombent aux mains d’Henri II Plantagénêt, prince angevin, qui acquiert l’Aquitaine par son mariage en 1153 avec Aliénor, répudiée par son premier époux Louis VII, puis aura la maîtrise en 1158 de la Bretagne (=Angleterre). Il possède alors l’Aquitaine, l’Anjou, la Normandie, l’Angleterre et les possessions anglaises en France !.

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Au XIIIème siècle, apparition des écoles les plus importantes, et des universités voient le jour (Sorbonne 1257). C’est la naissance du quartier latin ! Le dialecte de l’Ile de France, le francien, s’impose par son prestige et par son génie propre, et donnera naissance au français. Le développement économique et culturel est en pleine expansion. La population urbaine ne cesse d’augmenter. Les « bourgeois » (habitants des villes et des bourgs) prennent une place grandissante dans la société. Une littérature destinée à ce nouveau public apparaît : elle cultive la gaieté, le réalisme et la satire (Fabliaux, le Roman de Renart), tandis que naissent les créations dramatiques à l’occasion des fêtes religieuses : ce sont les premiers drames sacrés. Les « communes » cherchent à s’autogouverner, à bénéficier d’une autonomie aussi grande que possible sans l’ambition de se tailler des possessions territoriales. Elles se préoccupent surtout de régler leur cohabitation avec l’interprète localement le plus accrédité de ce pouvoir public : un évêque, un prince territorial, souvent le roi luimême avec ses représentants. Le bas Moyen Age a une culture plus urbaine. La ville c’est le marché, le lien ou les familles aristocratiques se font, où l’on devient vassal d’un évêque. La ville filtre les expériences avant de les exporter vers les campagnes. Elle est un moteur de l’innovation. On voit monter un flot de fortes villes de la France du Nord (Le Mans, Cambrai, Noyon, Laon, Sens, Amiens, Soissons, Reims, Beauvais) soutenues par la monarchie qui sent en elles un appui contre les seigneurs. Ces villes s’érigent en communes libres par le refus de l’impôt, les proscriptions, l’insurrection à main armée (il y a eu des cadavres d’évêques traînés par les rues). Ce mouvement communal contre l’esprit du christianisme des conciles, c’est l’esprit de la France, qui devait par la Renaissance et l’Encyclopédie, mener à la Révolution, et qui s’est révélé ici pour la première fois avec une force extraordinaire. Dans bien des régions, des communautés urbaines ou semi-villageoises issues du renouveau économique et du développement des échanges des XIème et XIIème siècle aspirent à s’émanciper de la tutelle seigneuriale et être autonomes. Ce mouvement général d’émancipation municipale n’aboutira pas partout de la même façon, mais la phase de troubles et de conflits passée, des modèles d’organisation urbaine se déterminent et l’exercice des fonctions municipales se règle : la commune s’administre, se gouverne de manière autonome, englobant toute la population urbaine (ville, faubourgs et banlieue). Elle répond à un certain nombre d’aspirations collectives de paix, de justice, de liberté, d’intérêts semblables, nées du développement de la conjoncture économique. Pour créer une commune, il faut acheter au clergé la permission de créer une commune moyennant une somme honnête. Un serment constitutif d’aide mutuelle est prêtée “par le clergé, les grands et le peuple” et scelle ensemble le Pacte de Paix. Nombre de seigneurs s’efforcent d’attirer la population rurale vers des localités qu’ils ont créées ou souhaitent développer. En contrepartie, ils s’engagent par des chartes à assurer la protection et à garantir les droits de ceux qui viendront s’installer sur ces territoires.

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On constate que nombre de villes sont finalement entre les mains d’une aristocratie bourgeoise, essentiellement commerçante. Les mécanismes de représentation et de réglementation des différentes professions sont bien souvent faussés par les maîtres qui les divisent. Des luttes éclatent entre un patriciat urbain qui accaparent dignités et fonctions municipales et le menu peuple souvent opprimé et pressuré. Une telle situation aggravée à la fin du siècle par la crise économique et la mauvaise gestion de villes trop endettées conduit dans bien des cas la royauté à intervenir, au détriment des libertés et de l’autonomie urbaine. Commence alors à se mettre en place un système de gestion municipal contrôlé qui annonce celui des “bonnes villes du Royaume”. Une pratique ancienne de la royauté capétienne de concéder aux princes royaux, pour subvenir à leur besoins, des dotations en terre ou apanages (ad panem = pour le pain). Ainsi, Henri 1er donne la Bourgogne à son frère. Au XIIIème siècle, ces concessions se multiplient. Louis VII accorde à son deuxième fils l’Artois, au troisième l’Anjou et la Touraine, et au quatrième le Poitou. Il s’agissait là d’amputations majeures du domaine royal où l’autorité et l’administration des princes se substituaient à celles du Roi.

LA RELIGION
Le XIème s., c’est le 1000e anniversaire de la naissance et mort de Jésus --> croyances, magie, on distingue mal le naturel du surnaturel, rites magiques ; on craint la lune, les jeteurs de sort, le loup-garou. Le clergé est médiocre. Prêtres et évêques ont des concubines et des enfants auxquels ils lèguent leur paroisse ou évêché. On est très loin de l’idéal chrétien de pauvreté et de simplicité.

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L’Eglise carolingienne avait été dominée par les évêques. Celle du début des temps féodaux le sera par les moines, dont les fondations furent des pépinières de réformateurs (ex. Cluny en Bourgogne au XIème). Ce fut le déclin de l’épiscopat avec “l’Exemption” (plus d’ordres à recevoir des évêques) et le renouveau du monachisme (surtout Cluny) : c’est une remise en cause fondamentale des structures carolingiennes d’une Eglise qui a bien du mal à surmonter la crise seigneuriale. En 1095, le pape Urbain II prêche la 1ère Croisade pour délivrer le tombeau du Christ et les chrétiens d’Orient opprimés par l’Islam. Le pape tire profit de la violence des chevaliers et canalise leur énergie. Le combat des armes devient l’instrument de la restauration de la foi. Le pape décline des privilèges pour protéger la personne et les biens (voire les royaumes) de ceux qui y participent. Le pape s’est adressé directement aux laïques et d’abord à la chevalerie sans passer par l’intermédiaire des Rois. Ensuite, les Sires et châtelains s’approprient à leur tour des églises paroissiales. Les églises avec leurs droits, leurs impôts (dîme, casuel) font l’objet de transactions privées (donations, partages, concessions en fief) ce qui conduit à l’émiettement des patrimoines ecclésiastiques. Nombre de monastères aussi ont vu leur administration et les biens exploités confiés à des abbés laïques. Mais dans l’ensemble, les monastères ont même résisté à l’empire féodo-seigneurial. Au XIIème siècle, on assiste à un renouveau érémitique (=d’ermite) comme La Chaise-Dieu, la Chartreuse, Cîteaux, des ordres charitables, confréries laïques ou religieuses, des ordres militaires (hospitaliers, templiers), ordre des moniales comme à Fontevraud et au XIIIème siècle, des ordres mendiants : Dominicains (Frères Prêcheurs) et Franciscains (Frères mineurs). Ceci correspond à une société en pleine mutation qui cherche des réponses par l’ascèse, la solitude, le travail, l’étude, le mépris du monde, le combat des armes, la charité... Voici ci-après deux cartes sommaires montrant : les abbayes construites par l’Ordre de Cluny les abbayes construites par l’Ordre de Citeaux

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L’Eglise va qualifier d’hérétique certains, comme les “Manichéens” (qui se nommeront ensuite les Cathares = purifiés), venant de Champagne, fustigeront en terres méridionales les désordres et l’hypocrisie de l’Eglise établie. De fait, c’est l’époque des missionnaires, des prédicateurs vagabonds et errants s’adressant aux hommes et aux femmes de toutes conditions, suscitant enthousiasme et adeptes. La culture ranimée par les Grégoriens se transforme et se déplace des écoles monastiques vers les évêchés et les collégiales, jusque dans l’université du XIIIème siècle. On imagine alors les disputes savantes avec les nouveaux maîtres du savoir...

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QUELQUES DATES IMPORTANTES DE CETTE PERIODE ...
1015 : le duc de Bourgogne, Robert II, choisit Dijon comme capitale de son duché 1015-1152 : Algérie : domination à l’est des Arabes les Hammabides, et à l’ouest des principautés berbères Zénata 1042-1066 : règne du dernier roi anglo-saxon Edouard le Confesseur 1043-1094 : construction de l’actuelle basilique St Marc de Venise 1049 : le pape Léon IX condamne la “simonie” (= le mariage des prêtres) et débute la réforme grégorienne 1050 : invention des caractères mobiles en imprimerie, en Asie 1056-1147 : Maroc : début conquête du Magreb par les Arabes , les Almohades 1059 : création de la ville de Rouen 1066 : victoire d’Hastings remportée par Guillaume le Conquérant, roi des Normands sur Harold, roi des Saxons. Cette bataille est représentée sur la fameuse Tapisserie de Bayeux. En 1097, Guillaume est couronné roi d’Angleterre et a créé un royaume anglo-normand. 1095 : une vague antisémite se développe le long de la route des Croisés 1096 : massacre des juifs en Rhénanie (Allemagne) au 12ème siècle, la royauté adopte la Fleur de Lys et la couleur bleue comme symbole (empruntée à la symbolique de la Vierge Marie) 1114 : développement de l’hérésie cathare dans le midi de la Francie 1122-1204 : vie d’Aliénor d’Aquitaine 1132 : apparition de la croisée d’ogives dans l’église de Morienval (Oise) ; cela permettra le gothique... 1140 : début du lyrisme courtois 1145-1250 : âge d’or du vitrail 1163-1182 : construction de Notre-Dame de Paris 1185 : 1er pavage des rues de Paris par Philippe Auguste 1189-1199 : règne de Richard Coeur de Lion (fils d’Aliénor et Henri Plantagénet) en Angleterre. 1192-1322 : construction de la cathédrale de Cologne 1194-1260 : construction de la cathédrale de Chartres (vitraux 1220-1270) 1198 : fondation de l’Ordre des Chevaliers Teutoniques 1200 : des théologiens “inventent” le Purgatoire ! ! Fin 12ème et début 13ème siècle : au Danemark est mentionné le prince Hamlet immortalisé plus tard par Shakespeare 13è au 15è siècle : construction de la cathédrale de Rouen 1204 : Philippe Auguste s’empare de Château Gaillard (construit par Richard Cœur de Lion) et la Normandie devient française. 1204 : Gengis Khan (de son vrai nom Tamudjin), chef guerrier du clan Mongol de Sibérie, devient Maître de la Mongolie en exterminant les Tatars avec l’aide des Kéraïts contre lesquels il se retournera. Il fonde l’Etat Mongol avec Karakorum pour capitale. 1209 : fondation de l’Université de Cambridge par des professeurs et étudiants fuyant Oxford 1214 : la Flandre devient française
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1215 : les Mongols de Gengis Khan s’emparent de Pékin 1217 : le fromage de Brie connaît un succès à la Cour Royale 1219 : début des invasions mongoles en Asie centrale et en Russie 1227 : mort de Gengis Khan 1228 : début de la construction de la basilique d’Assise. 1228-1574 : domination des Arabes, les Hafsides. Tunis, capitale. 1231: l’Inquisition 1234 : les Mongols occupent la Chine du Nord et détruisent l’empire des Song 1240-1285 : construction des fortifications de Carcassonne 1241 : victoire mongole contre les Allemands et les Polonais à Liegnitz 1243-1248 : Saint Louis (Louis IX) fait édifier la Sainte Chapelle de Paris pour abriter des reliques (la couronne d’épine du Christ) 1258 : les Mongols s’emparent de Bagdad 1260-1294 : règne du grand-Khan Kubilaï (petit-fils de Gengis Khan), fondateur de la dynastie mongole des Yuan en Chine. 1271-1295 : voyages de Marco Polo en Chine. Marco Polo reste 16 ans au service de koubilaï Khan. 1278-1360 : construction de l’église Santa Maria Novella à Florence 1280 : création du lycée Saint Louis à Paris 1291 : Fondation de la Confédération Helvétique par les 3 cantons pour se défendre contre les Habsbourg 1298-1299 : Marco Polo, captif à Gênes, dicte son “Livre des Merveilles” récit de ses voyages en Asie.

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XIVe et XVe siècles : le règne des Valois
.......-1328 1328-1350 1350-1364 1364-1380 1380-1422 1422-1461 1461-1483 1483-1491 1492-1498 1498-1515 les derniers capétiens directs Philippe VI de Valois Jean II le Bon Charles V le Sage Charles VI le Fou Charles VII le Victorieux Louis XI Régence de Anne, fille de Louis XI Charles VIII Louis XII

Ces deux derniers siècles du Moyen Age déterminent largement l’image que l’on se fait du Moyen Age. C’est ce Moyen Age là que l’on connaît, à l’aube de l’époque moderne, et auquel on assimile les siècles précédents. Grâce au renouveau intellectuel du XIIIème siècle qui a fixé des doctrines politiques et juridiques, la royauté française s’est affirmée. Au XIVème siècle avec Philippe Le Bel et ses fils (de 1314 à 1328), les derniers capétiens directs, s’amorce un renforcement de l’autorité du Roi devenu “empereur en son royaume”. Mettre au pas la féodalité et l’Eglise avec l’aide d’une administration qui prend forme, établir un pouvoir plus centralisé, sont les axes de la politique que vont poursuivre les Valois de Philippe VI en 1328 à Louis XI mort en 1483 : ce sera la fin du Moyen Age ! Durant ce lent cheminement vers une monarchie moderne surviennent deux épreuves bénéfiques à long terme pour la royauté : la Guerre de Cent Ans (1337-1475) En 1328 éclate la rivalité entre la France et l’Angleterre. Evincé de la succession à la couronne de France, Edouard III (1312-1377) roi d’Angleterre (sa mère est Isabelle de France, fille de Philippe le Bel) déclenche la guerre de Cent Ans. Les ravages de cette guerre, la grande peste de 1348, les famines, accentuent la dépression économique commencée vers 1280. Les déséquilibres sociaux dûs à la lente désagrégation du vieux cadre féodal, l’appauvrissement général de toutes les couches sociales provoquent révoltes urbaines et rurales (batailles de Crécy 1346 et de Poitiers 1356). Le royaume est dépecé, affaibli par la captivité du roi Jean le Bon (1350-1364), face à des difficultés financières, subit les troubles d’une révolution parisienne. Menés par Etienne Marcel, les Etats Généraux tentent d’imposer à la Royauté incarnée par le dauphin Charles qui sort victorieux et devient le roi Charles V (1364-1380). Il opère un redressement général appuyé sur des succès militaires et un rayonnement culturel incomparable. Cette guerre se terminera le 29 août 1475 par le traité de Picquigny signé entre Louis XI et Edouard IV.

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la folie de Charles VI (1380-1422), fils et successeur de Charles V qui suscite les ambitions rivales de son frère le duc d’Orléans et de son oncle, le duc de Bourgogne. Cette lutte pour le pouvoir provoquera une guerre civile aggravée en 1415 (désastre d’Azincourt) par une invasion des anglais. Les Bourguignons s’allient avec les anglais et en 1418 s’emparent du roi et du pouvoir. Ils vont contraindre Charles VI (traité de Troyes 1420) à adopter comme successeur le roi d’Angleterre, et exhéréder (= exclure l’héritier de la succession) le dauphin Charles (futur Charles VII). Le dauphin se replie dans le Berry et grâce à Jeanne d’Arc, voit sa légitimité triompher et se fait sacrer à Reims en 1429 (merci Jeanne !). Bientôt la paix conclue avec le duc de Bourgogne à Arras et les anglais chassés (victoire de Castillon 1453), la reconquête du royaume est entreprise. Ces temps d’épreuves ont permis le renforcement des institutions monarchiques que consacre le règne du pragmatique, prudent, mais autoritaire Louis XI. Il clôt la rivalité franco-anglaise, s’assujettit les grands féodaux, anéantit la maison de Bourgogne et dans le lent retour de la prospérité économique, engage la royauté sur la voie d’un pouvoir souverain. L'héritage des grands mécènes à l'approche de la Renaissance : La France du XIVème siècle bénéficie de deux grands foyers de vie intellectuelle et d'incitation artistique : 1. La cour du roi : De Philippe le Bel à Charles V, les rois n'avaient cessé de s'entourer de philosophes et de juristes, de construire palais et châteaux, de commander et de collectionner manuscrits et objets d'art. Le mécénat royal a connu son plus haut poids sous Charles V et les frères du roi, dont le duc de Berry, n'étaient pas en reste. Dans leurs hôtels parisiens comme dans les châteaux de leurs principautés, les ducs de Bourgogne, d'Anjou et de Berry ne cessaient de renouveler le décor et d'enrichir librairies et collections. 2. La cour pontificale : A Avignon, à partir du pontificat de Clément VI, le pape et ses cardinaux attirent peintres et musiciens. Le palais pontifical est une oeuvre d'art en soi, et les dignitaires de l'Eglise rivalisent pour le luxe de leurs hôtels que l'on appelait les "livrées". La mort de Charles V et le Grand Schisme d'Occident ont sonné le glas du mécénat royal et pontifical. La cour d'Avignon s'est dispersée. Les frères du roi se sont partagés les collections du roi, éclatant une librairie royale qui ne sera rassemblée que par François 1er. Jean de Berry en a eu la plus grande part. C’est alors que, par la suite, l'activité artistique s'est déplacée : les princes se soucient maintenant de leur propre cour. - C'est Philippe le Bon, duc de Bourgogne, qui attire les artistes. - Le ("bon") roi René, duc d’Anjou et de Lorraine, Comte de Provence, marié à Isabelle de Lorraine, entretient en Anjou et en Provence une cour brillante où se pressent poètes et peintres. Il écrit des poèmes et un roman "le Coeur d'Amour épris" (Vienne, Nationalbibliothek). Il illustre lui-même un "Livre d'Heures" réalisé
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en 1435 (Londres, British Library) et fait illustrer son "Traité des Tournois" vers 1460-1465 (Paris, Bibliothèque Nationale de France - ms français 2695). François Villon a cherché protection, audience et gagne-pain, chez lui entre autres à Angers. Le roi René a commandé en 1476 le triptyque du "Buisson Ardent" destiné à la chapelle des Carmes (Aix, Cathédrale Saint-sauveur). Charles d'Orléans entretient à Blois un milieu littéraire où s'illustre François Villon. Dans le midi, ils y a deux cours brillantes : celle des Albrets (dont une des descendances sera le futur Henri IV) et celle des Foix, notamment Gaston de Foix ou Gaston Phoebus.

En Italie, la Renaissance fleurit depuis le début du XVème siècle. Or fin XVème en France on imagine encore mal ce qu'est la Renaissance. Si les humanistes français sont à l'écoute de l'Italie parcequ'ils reçoivent lettres et livres, les artistes et mécènes ne le sont pas. Fouquet, seul, a visité Rome. Le roi René a connu Naples, mais le foyer de création artistique ne s'y développe qu'après son départ. Les autres princes qui auraient pu être des mécènes, ne découvrirent la Renaissance qu'avec les guerres d’Italie de Louis XII. Les livres parviennent à la Sorbonne, mais on ignore dans les cours ce qu'il faut avoir vu pour connaître l'architecture, la peinture, la sculpture. Bien que les caractères mobiles aient déjà été inventés en Chine en 1050, l'imprimerie ne fit son apparition en Occident qu'au milieu du XVème siècle. Elle fut tout de suite un instrument au service de l'humanisme. Elle avait été précédée d'une autre invention de haute portée : le papier ! C'est à la Sorbonne que s'établit la première presse du royaume. Très vite, l'imprimerie devient à la fois un instrument d'érudition et un moyen de diffusion. Les premiers imprimeurs parisiens publient à partir de 1470 des œuvres de l'Antiquité classique et de la Renaissance italienne. En même temps, on imprime toute une littérature destinée à des bourgeois qui ne pouvaient pas commander des manuscrits. En 1475, il y a trois ateliers d'imprimerie dans la capitale, puis, à la mort de Louis XI en 1483, il y en aura 94. Le XIVème siècle maudit A cette époque, temps rudes, guerre civile, guerre de Cent Ans contre les anglais, peste effroyable, troubles sociaux, agitation révolutionnaire, famines, hivers rudes, épuisements économiques. Alors que les conflits entre France et Angleterre se succèdent depuis 1337, une vaste épidémie se propage à partir de 1346, la Peste Noire, originaire de l’Inde, s’est répandue en Occident par les navires génois qui débarquent dans les ports méditerranéens. L’épidémie durera jusqu’en 1353 et tuera 25 millions d’individus, soit environ le tiers de la population. A la campagne, baisse de la production céréalière. Apparition de la laitue et des fraisiers vers la fin du 14ème s. Recul des labours. Fortification de villages entiers pour se mettre à l’abri des soldats pillards car les habitants, obligés d’abandonner leur village, se réfugient avec leur famille dans les bois pour se cacher. La « Jacquerie », 1358, en Ile-de-France/Beauvais, est nettement anti-seigneuriale: les paysans pillent les châteaux, violent les nobles Dames, mettent à mort des Gentilshommes. Les communautés paysannes engagent de longs procès pour arracher aux seigneurs des concessions.

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Et pourtant, les échanges commerciaux à longues distances et les grandes foires se maintiennent. Les guerres sont nombreuses, les révoltes paysannes de plus en plus fréquentes. On s’ouvre à de nouveaux mondes, on assiste à un épanouissement des cultures, pourtant la superstition est importante et les persécutions religieuses plus féroces encore. La guerre de Cent Ans (1337-1453) a ruiné le pays et affaibli l’activité littéraire. Les « Chroniqueurs » (personne faisant le récit des faits historiques rédigé au jour le jour, constituant la 1ère forme de l’Histoire comme genre littéraire) se font les témoins de leur temps. Après 1430, dans le "Journal d'un Bourgeois de Paris" l'auteur commence à dire "les français" (et non plus les "francs"). Citons quelques rois et princes du XIVème siècle : Charles V le Sage (=le savant, l'avisé) (1338/1364–1380) : succède à son père Jean II Le Bon, prisonnier des anglais qui mourra en prison. Marié à Jeanne de Bourbon, il est un roi cultivé, ami des lettres et des arts. Sa cour est celle d'un Valois, mais d'un Valois savant, ce qui est nouveau. Plus porté sur les constructions et les collections de livres et d'objets précieux, il se fait traduire Aristote "Politique" et Saint Augustin "La cité de Dieu", et recherche les discussions avec les théoriciens du droit et de l'autorité monarchique. Il réunit au Louvre plus de 900 manuscrits précieux, sur tous les sujets, religieux et profanes, qui forment sa librairie et le premier fond de la bibliothèque des rois de France. La plupart de ces livres manuscrits se trouvent aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale. Parmi tous les rois de la France médiévale, il est celui qui cherche le plus fortement à conduire son gouvernement et à appuyer sa politique sur des principes théoriques essentiellement d'Aristote. Il fait construire des galeries au Louvre, la forteresse de la Bastille. Les rois quittent le palais de la Cité, pour l’hôtel St Paul, constitué d’une série de pavillons décorés avec soin et entourés de jardins. La grande aristocratie oublie la rudesse des temps et organise des chasses que suivent d’élégantes dames. La vie de cour sous Charles V resplendit de tous ses feux. Paris est la capitale des modes aristocratiques. Charles VI le Fou (1368/1380-1422), son fils. Sans avoir été catastrophique, le gouvernement des oncles (pendant 8 ans) à savoir - le duc d'Anjou Louis 1er (1339-1384) - le duc de Berry, Jean (1340-1416) - le duc de Bourgogne Philippe III le Hardi (1342-1404) - le duc de Bourbon Louis II (1337-1400) a en quelques années compromis les bénéfices du règne de Charles V ! Les caisses de l'Etat étaient vides et l'agitation ne demandait qu'à reprendre. Charles VI, sous l'influence de son épouse Isabeau de Bavière, décide à 23 ans de s'affranchir de la tutelle de ses oncles et gouverner seul. Il rappelle les anciens conseillers de son père, détestés de la cour, des oncles et de l'aristocratie en général. On les surnomme les "Marmousets" (= petites figures grotesques et sans valeur).

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En automne 1392, les oncles du roi reviennent au pouvoir, chassant les Marmousets. Les fêtes recommencent. S'engagent alors une lutte incessante entre Jean sans Peur, fils de Philippe III le Hardi, duc de Bourgogne qui à la mort de ce dernier hérite de la Bourgogne et de la Flandre, et veut, comme son père, tenir la 1 ère place au conseil du roi, et le Prince, le duc Louis d'Orléans, frère du roi Charles VI. La cour et le royaume sont pendant trois ans agités par la lutte incessante des deux princes. Le duc de Berry n'a eu de cesse de tenter de les réconcilier. Le 23/11/1407, Louis d'Orléans est assassiné par des hommes d'armes de Jean sans Peur. Cet assassinat dégénère en une guerre civile : Armagnacs (Midi et Ouest) et contre Bourguignons (Paris, Nord et Est) avec des violences atroces qui se déroulaient essentiellement à Paris. Philippe III le Hardi (1342-1404), duc de Bourgogne (dernier fils de Jean le Bon et frère du duc Jean de Berry) et des Flandres par son mariage avec Marguerite de Flandres. Il est l'un des princes les plus riches et les plus puissants d'Occident. Il met les bases de l'empire bourguignon qui menace le royaume de France au XVème siècle. Au XVème siècle Dernier siècle du Moyen Age. Une même politique animera les règnes successifs. La progression de l’Etat monarchique commencée avec Charles VII se poursuit avec ses successeurs, son fils Louis XI, son petit-fils Charles VIII (1483-1498), le cousin de ce dernier Louis XII (1498-1515). La royauté surmonte les obstacles à son pouvoir : domestiquer la noblesse, contrôler les corps sociaux et de l’Eglise et des villes, mise à l’écart des Etats Généraux... En parallèle, elle renforce ses moyens et en crée de nouveaux pour gouverner, administrer. Elle étoffe ses structures, et devient plus efficace dans ses procédures. Elle s’apprête à entrer dans les temps modernes, le XVIème siècle, celui de la Renaissance ! La situation économique tend à s’améliorer. Commence une grande phase d’expansion. La sécurité est plus grande. Les couples se marient plus tôt et ont beaucoup d’enfants --> rajeunissement de la population. Dans les villes, les constructions en pierre se multiplient ; le textile connaît une nouvelle vigueur. La sécurité favorise les échanges ; les foires de Lyon, Caen et Rouen sont célèbres sous Louis XI qui favorise le travail de la soie à Tours et Lyon et institue le système des "Postes" en 1479, toutes les 7 lieues, soit env. 28 km (« les bottes de 7 lieues » !). Il fait noter par les Juristes des régions les "coutumes" de chacune d'elle afin que l'on use en son royaume "d'une coutume, d'un poids, d'une mesure et d'une monnaie", et que toutes ces coutumes soient réunies en français dans un livre pour éviter la "pillerie" des avocats. Il souhaitait que la France soit soumise à une loi unique. Mais c'est en 1483, l'année où il meurt. A cette époque, apparaissent les 1ères horloges mécaniques, le papier fabriqué à partir de chiffons (1ères cartes maritimes), le 1er haut fourneau à Liège, boussole et gouvernail, et sur les grandes routes, des auberges.

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La longévité des adultes a augmenté de 10 ans en 1/2 siècle : nombreux sont les sexagénaires. Les dépenses pour l'immobilier ont changé. A côté de petites forteresses urbaines, le logement des grands n'était jadis fait que de la réunion de plusieurs maisons à pignons sur rue. Il est maintenant fait de résidences somptueuses, de riches hôtels au décor qui se montre et aux collections réputées... Aux châteaux forts succèdent à la campagne la résidence de plaisir qu'il faut tenir au goût du jour. Les grands axes routiers sont définis en fonction du réseau des grandes foires, et avant tout des fameuses foires de Champagne. Peu à peu, Paris détrône la Champagne, plus stable qu'une place tournante. Le réseau qui conduit de l'Italie et des ports méditerranéens vers l'Europe du Nord s'est agrandi, ouvrant d'autres routes plus rapides pour les denrées de valeurs comme les draps de luxe, les soieries et les épices.. mais aussi sel, vin, grains ou bois. Les recompositions politiques donnent naissance à de nouveaux Etats centralisés (France, Espagne, Grande Bretagne) ou décentralisés et divisés en régions (Allemagne, Italie). L’art gothique se transforme en art flamboyant, décoration exubérante, art de la délicatesse (église St Maclou et Palais de Justice de Rouen - Hôtel particulier de Jacques Coeur à Bourges - « la Merveille » du Mt St Michel).

Citons quelques princes du XVème siècle : Charles VII (1422 – 1461), fils de Charles VI, est fait sacré à Reims en 1429 grâce à Jeanne d’Arc (Agnès Sorel est sa célèbre maîtresse). Ayant chassé les anglais petit à petit, Charles VII réuni l'Etat Français et l'impôt de guerre devient permanent. On ne parle plus des Etats de langue d'Öl et ceux d'Oc, mais de taux et d'impôts directs permanents pour tous. L'armée va être permanente et rétribuée : plus de « compagnies », « d'écorcheurs », qu'on a migrés hors de France comme mercenaires en Espagne, en Allemagne, en Suisse... pour être éliminés ( merci du Guesclin !). Il mate ses suzerains et met fin à la guerre civile en plus de celle de Cent Ans toujours présente. Il restaure la couronne de France dans sa dignité, le pouvoir royal plus établi que jamais, le royaume uni et en cours de modernisation. Charles VII s'appuie sur les forces vives des villes pour fortifier l'autorité royale. Il s'entoure d'habiles conseillers (comme Jacques cœur à Bourges), établit définitivement la permanence des impôts. Il se heurte à l'opposition des princes et à l'ambition du duc de Bourgogne, Philippe le Bon, qui règne sur la Flandre et la Bourgogne. Il souhaite annexer la Champagne et la Lorraine afin de constituer un état cohérent. Louis XI (1461 – 1483) son fils, trouve à ses débuts une France dont le royaume est cerné de principautés, qui, telles la Bourgogne ou la Bretagne, se tiennent pour indépendantes, et forment des principautés qui comme le duché de Bourbon ou d'Anjou estiment ne rien devoir au roi ! Deux cas existent : les princes apanagés et les autres.

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Depuis la fondation capétienne, les rois ont dédommagé les fils laissés sans revenu, l'aîné héritant du royaume, en leur donnant des principautés, duchés, comtés. Jusqu'au XIIIème siècle, ces dons étaient transmissibles sans condition. En 1314, Philippe le Bel a introduit une clause essentielle, caractéristique de l'apanage => retour du comté au domaine royal en cas de "défaut d'hoir mâle". Peuvent être donnés en succession à des femmes des seigneuries, des fiefs qui ne doivent rien à une concession royale comme l'Aquitaine, la Flandre ou la Bretagne. Il en va de même pour les Terres d'Empire comme la Provence. Sont en revanche touchés par les règles de la dévolution masculine les apanages issus d'un frère de Charles V l'Anjou, le Berry, et du frère de Charles VI Orléans et Angoulême. Pour ce qui concerne la Bourgogne, la concession en 1363 n'a pas stipulé de masculinité et peut donc revenir à une fille (comme Marie de Bourgogne). C'est la toute la différence dans les perspectives de succession. Ce sont ces mesures entre autres qui assurent définitivement l’unité du Royaume jusqu’à l’approche du XVIème siècle, celui de la Renaissance. Tout comme son père Charles VII, il doit lutter également contre les princes d'Armagnac, d'Alençon, de Bourbon et le nouveau duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. Il achète la paix aux anglais et parvient à ses fins par la ruse, l'intrigue, la guerre, et annexe la Bourgogne, l'Artois et la Picardie (1482) après s'être emparé de la Provence par héritage en1481 (à la mort du roi René). Louis XI réorganise les corporations, conclut des traités de commerce avec l'étranger, favorise l'essor industriel, plus particulièrement les activités de luxe : dentelles, soieries, tapisseries... La petite noblesse ruinée par la guerre et les crises se met au service du roi Louis XI. La monarchie victorieuse s'oriente vers l'absolutisme. Les Etats Généraux, assemblée de notables des trois ordres (clergé, noblesse, tiers état), contrepoids à l'autorité royale, ne sont réunis qu'une seule fois par Louis XI en 1468. Charles VIII (règne 1483-1498), son fils, sera jusqu'à sa majorité sous la tutelle de sa soeur Anne, épouse de Pierre de Beaujeu de la Maison des Bourbons. Il épouse Anne de Bretagne et rattache ainsi la Bretagne à la France. C'est sous son règne qu'est menée la première des campagnes d'Italie (1494) qui se prolongeront jusqu'en 1515, dont l'origine est le legs par René d'Anjou (notre fameux "bon Roi René") à Louis XI de ses droits sur la couronne de Naples. La deuxième campagne sera menée par son cousin, Louis XII (règne 1498-1515) qui lui succède. Il signe la paix avec les coalisés de la Sainte Ligue (Pape Jules II + Etats italiens + Henri VIII d'Angleterre + Maximilien empereur d'Allemagne + les Suisses). Le cousin de Louis XII, François 1er, marié à Claude l'une de ses filles, aura la lourde tâche de redresser la situation dés les premières années de son règne. Chassés des champs de bataille par la place de plus en plus importante qu'occupaient l'infanterie et l'artillerie, les usages chevaleresques se réfugient au XVème siècle dans les fêtes et les tournois princiers organisés à la cour.. La féodalité entre lentement en déclin !

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QUELQUES DATES IMPORTANTES DE CETTE PERIODE ...
14è siècle : installation d’ateliers de tapisserie à Aubusson – création du vignoble du “Chateauneuf-du-Pape” – à Florence, construction du Ponte Vecchio (=vieux pont) 1302 : début construction du Palais Royal de la cité à Paris (=la Conciergerie) 1306 : expulsion des juifs et confiscation de leurs biens 1307-1321 : Dante compose “la Divine Comédie”, poème en 3 parties : l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis 1307-1377 : style gothique “orné” en Angleterre 1308 : un Grimaldi achète la seigneurie de Monaco aux Génois ! 1308-1312 : procès, condamnation et suppression de l’ordre des Templiers 1309 : le pape Clément V s’installe à Avignon à la demande de Philippe Le Bel 1316-1403 : Avignon devient résidence officielle des papes 1322 : expulsion des juifs 1332 : installation de la 1ère horloge publique de Paris, sur la tour de l’Horloge à la Conciergerie actuelle 1337-1400 : vie de l’historien Jean Froissart 1337-1453 : “Guerre de Cent Ans” 1340-1416 : vie du duc de Berry, grand mécène 1340-1424 : construction de l’actuel Palais des Doges de Venise 1347 : prise de Calais par Edouard III roi d’Angleterre après un siège de 11 mois --> épisode des “Bourgeois de Calais” 1347-1350 : la grande Peste Noire 1350 : mort de Philippe VI de Valois. Jean II le Bon, son fils aîné, duc de Normandie lui succède 1350 : début de la Renaissance en Italie 1358 : la Jacquerie : soulèvement populaire 1362-1365 : les “grandes Compagnies” licenciées après le traité de Brétigny (1360) ravagent le pays 1361-1431 : vie de Christine de Pisan, écrivain (née à Venise) 1367 : début de la construction du Kremlin 1379 : le cuisinier royal Taillevent rédige son “Viandier”, 1er livre de cuisine en français 1380 : l’armure remplace progressivement la cotte de mailles 1380 : découverte de la fabrication de la fonte 1408-1416 : réalisation des miniatures “les Très Riches Heures” du duc de Berry par Pol, Jean et Hermon de Limbourg 1394 : Charles VI expulse les juifs du royaume en confisquant leurs biens 1395-1456 : vie de Jacques Coeur (à Bourges) ; grand commerçant, banquier, ministre, mécène. Il réorganise les finances du royaume et permet un certain enrichissement de la France (et du sien) et son essor économique. 1395-1468 : vie de Gutemberg qui inventa les caractères mobiles en imprimerie 1409 : création de l’université de Aix en Provence 1409-1480 : vie du duc de Lorraine, René 1er d’Anjou, dit “le Roi René”, grand mécène 1410 : victoire des polonais contre les Chevaliers Teutoniques à la bataille de Tannenberg 1412-1434 : vie de Jeanne d’Arc
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1415 : défaite française à Azincourt. La chevalerie est anéantie. 1419 : les 1ers gitans signalés à Chatillon-sur-Chalaronne (Ain) 1422 –21 oct : mort de Charles VI, avènement de Charles VII. 1423-1483 : vie de Louis XI 1439 : hiver : grande invasion de loups autour de Paris 1444-1452 : construction du palais Médicis à Florence 1445-1509 : vie de l’historien Philippe de Commynes 1450 : Charles VII accorde à Lyon le monopole de la vente de la soie dans le royaume 1452-1519 : vie de Léonard de Vinci en Italie 1453 : prise de Constantinople aux Byzantins par les Ottomans (turcs) 1455 : invention des caractères mobiles pour l’imprimerie par Gutenberg. La 1ère presse à imprimer est installée à la Sorbonne en 1470. 1464 : institution des relais pour la poste royale 1465 : le roi René compose son poème “Coeur d’amour épris”, texte allégorique illustré de miniatures 1467 : mort du duc de Bourgogne Philippe le Bon et avènement de son fils Charles le Téméraire (1467-1477) 1469-1527 : vie de Machiavel, politique, diplomate, écrivain, dramaturge (Italie) 1471-1528 : vie du peintre et graveur Dürer (Allemand) 1473 : naissance de l’astronome Copernic en Pologne 1472 : les Pays-Bas font partie du duché de Bourgogne 1473-1481 : construction de la chapelle Sixtine, au Vatican, décorée des fresques de Michel-Ange 1474 : le Roussillon est incorporé à la France 1475 – 29 août : traité de Piquigny entre Louis XI et Edouard IV qui met fin à la “Guerre de Cent Ans” 1475 : naissance de Michel-Angelo 1477 : Charles le Téméraire meurt et Louis XI annexe au domaine royal la Bourgogne, l’Artois et la Picardie 1480 : naissance de Lucrèce Borgia, fille naturelle du futur pape Alexandre VI 1480 : réalisation de la Tapisserie de “la Dame à la Licorne” 1481 : à la mort du Roi René, ses comtés d’Anjou et du Maine, et de la Provence sont réunis au domaine royal 1483 : naissance du peintre Raphaël. 1483 : mort de Louis XI et avènement de Charles VIII (1483-1498) avec régence d’Anne de Beaujeu. Louis XI est momifié et enterré à Notre-Dame-de Cléry (Val de Loire) 1485 : construction de l’hôtel de Cluny à Paris (l’actuel musée du Moyen Age) 1486 : les “Etats” de Provence ratifient la réunion de la Provence à la France 1488 : naissance du peintre Titien 1488-1495 : construction du château d’Amboise où se manifestent les débuts de la Renaissance française. 1491 : mariage de Charles VIII avec Anne de Bretagne, demeurant souveraine de Bretagne 1492 : 31 mars en Espagne : les juifs doivent choisir entre baptême chrétien ou expulsion 1492 : Christophe Colomb découvre le Nouveau Monde (Cuba puis Haïti).

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1498 : prise de Grenade et fin de l’Etat Arabe en Espagne (= fin de la Reconquista)

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