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Système d’information Hospitalier

Liste des Chapitres
Chapitre 1 : Organisation et gestion de systèmes d'information hospitalières
Chapitre 2 : Le dossier Patient informatisé
Chapitre 3 : Intégration de ce système d'information dans son environnement
Chapitre 4 : Initiation sur les Bases de données

Objectif de cours :
L’objectif de ce cours peut être résumé comme suit :

Pouvoir expliquer quels sont les objectifs d’un système d’information hospitalier et
lister les principales fonctions pouvant faire l’objet d’une informatisation ;

savoir analyser la circulation, dans un hôpital, des informations relatives aux examens
biologiques ou radiologiques et connaître les principales étapes qui peuvent bénéficier
au mieux d’une informatisation, d’une automatisation ;

savoir analyser la circulation, dans un hôpital, des informations relatives aux
prescriptions thérapeutiques ; quelles étapes peuvent bénéficier au mieux d'une
informatisation, d’une automatisation ?

pouvoir citer les principaux sous-systèmes et ensembles de fonctions d’un SIH ;

pouvoir citer les avantages et les inconvénients des architectures horizontales (par
processus métier), verticales (par structures) et mixtes ;

pouvoir citer les bénéfices que l’on peut attendre d’un système d’information
hospitalier ;
savoir quels sont les principaux problèmes liés à la mise en œuvre d’un SIH.

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1. Introduction – Histoire
Un Système d’Information Hospitalier (SIH) peut être défini comme un système informatique
destine à faciliter la gestion de l’ensemble des informations médicales et administratives d’un
hôpital. Il s’agit d’améliorer la qualité des soins distribués dans l’hôpital tout en augmentant
son efficience. Un SIH peut être aussi considéré comme de système intégré de communication
et de traitement de l’information hospitalière.

Le développement des premiers SIH, essentiellement aux Etats-Unis et dans quelques pays
d’Europe comme les Pays-Bas, la Suède ou la Suisse, remonte au milieu des années 1960. Il a
suivi l’évolution générale des technologies de l’information (TI) (fig. 1) : développement des
ordinateurs centraux, apparition des mini-ordinateurs pouvant être relies en réseau, arrivée des
microordinateurs, développement de l’internet puis du « cloud computing ».

Fig.1 : Evolution des concepts en matière de systèmes d’information en sante.
SI = Système d’information ; DI = Dossier informatique ; TI = Technologie de l’information.
C’est ainsi que les premiers SIH, développés pour des ordinateurs centraux, ont permis
de gérer bases de données centralisées de dossiers patients.
Le développement des mini-ordinateurs et en particulier du système d’exploitation
Unix permet apparition de multiples applications départementales dédiées à des structures
plus petites qu’un hôpital, en particulier au niveau des plateaux techniques (biologie,
pathologie, imagerie, pharmacie) et de quelques spécialités médicales.
L’arrivée des premiers micro-ordinateurs démocratise l’accès aux fonctions
informatiques plus large et permet le développement d’interfaces plus conviviales. Car le

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micro-ordinateur est à la fois un outil d’accès au SI et de travail personnel (« Personal
Computer ») et bureautique.
Les années 2000 correspondent à l’intégration en réseau des ordinateurs personnels
avec les ordinateurs centraux ou départementaux.
Avec le développement de l’internet haut débit, l’accès à des applications à distance
sur la toile (« Cloud computing ») devient possible et les serveurs informatiques peuvent en
théorie quitter les salles machines des hôpitaux. L’informatique hospitalière peut s’ouvrir vers
l’extérieur et participer à la constitution de dossiers partages a un niveau régional, national ou
international.
Alors que plusieurs centaines de SIH sont commercialisées dans le monde, peu
d’hôpitaux ont atteint un niveau d’intégration et de maturité (sagesse) suffisant pour faciliter
le partage des données individuelles des patients entre professionnels de santé et l’accès aux
connaissances contextuelles nécessaires à l’application des règles de bonne pratique de la
médecine. Cela revient à la diversité des taches à assurer, des acteurs impliqués, des
organisations existantes…ect. Malgré ces difficultés, la mise en place d’un SIH apparait
désormais comme une nécessité et bénéficie d’un large consensus (acceptation) de la part des
différents acteurs du système de santé et tout particulièrement des décideurs.
La réussite d’un SIH est soumise à plusieurs conditions. Parmi les plus importantes,
citons :
– La mise en œuvre d’une gouvernance informatique adaptée à la complexité des taches
d’informatisation;
– Un plan d’urbanisation du système d’information de l’hôpital a partir d’une analyse fine des
processus métiers;
– Une informatisation par étapes progressives avec des calendriers de mise en œuvre réalistes
et une stratégie de conduite du changement;
– Une estimation juste des ressources nécessaires au déploiement puis à l’exploitation du
SIH ;
– Une bonne compréhension de la sociologie des organisations de l’hôpital et une bonne
communication, interne entre les différents acteurs de l’hôpital et externe avec son
environnement;
– Une analyse des risques et un plan précis de continuité de service.

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Chapitre 1 :
ORGANISATION ET GESTION DE SYSTEMES
D'INFORMATION HOSPITALIERES
Avant d’aller plus loin, commençons d’abord par une introduction sur la définition d’une
information.

1. Qu’est-ce qu’une information ?
L’informaticien parle souvent de « données » (data en anglais). Il ne parle pas
«d’informations ». En effet, une donnée se caractérise principalement par son type :
alphabétique, alphanumérique, numérique, temporelle (date, heure), binaire, etc. Par contre
une information se caractérise par son sens : elle signifie quelque chose.
L’information ne prend son sens que dans un cerveau: elle implique une compréhension de la
donnée, et l’idée de son utilisation.

Compréhension
Pour comprendre une donnée, il convient de connaître souvent d’autres données connexes, qui
constituent ensemble un contexte cohérent pour un mécanisme de déductions successives,
autrement appelées «inférences».
Prenons un exemple : si je vous dis «85», vous savez que c’est un nombre, mais vous
ne savez pas si c’est une quantité, un poids, une longueur, etc.
Je rajoute une autre donnée : « kg ». Vous savez maintenant que je vous parle d’un
poids, mais vous ne savez pas encore si c’est un poids important ou non, car vous ne savez
pas ce que nous pesons.
Autre donnée: «Bensuici». Ah, nous parlons d’une personne. 85 kg, ce qui n’est pas
mal, mais nous ne savons pas le sexe de cette personne.
Autre donnée : «Fayçal ». Bon, c’est un homme. Il doit être grassouillet, ou costaud.
Autre donnée: «196 ». 196 quoi ?
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Autre donnée : « cm». Je m’en doutais, c’est sa taille. Finalement, il est plutôt mince. Ce doit
être un sportif en pleine forme.
Autre donnée: «11 ». Allons bon, qu’est-ce que c’est encore ?
Autre donnée: « ans ». Quoi, il a 11 ans ? Mais alors, cet enfant a un problème de croissance !
Cet exemple montre qu’une donnée en soi n’a pas de signification, qu’elle soit d’ailleurs
fournie par un individu, un dossier papier ou un ordinateur.
Si on prend chaque donnée fournie individuellement, on ne sait pas la qualifier
objectivement.

Heureusement, lorsque nous sommes renseignés, nous recevons simultanément beaucoup de
données cohérentes. Nous sommes donc capables de confronter toutes ces données pour en
tirer un certain nombre d’informations. Mais il manque parfois des données pour
véritablement en tirer des informations. C’est le cas lorsque le message transmis est
incomplet, négligé, ou qu’il faut encore recueillir des données au cours d’une enquête
complémentaire (en mettant le patient en observation, par exemple, ou en procédant à des
recherches dans les dossiers).
La qualité d’un système d’information se mesurera donc en fonction de sa capacité à fournir
des données cohérentes et complètes. Ceci a un certain nombre d’implications que nous
détaillerons plus loin, en particulier sur le besoin que nous avons de le doter de transversalité,
ou pour parler plus clairement, de nous affranchir du cloisonnement des logiciels
fonctionnels.

Utilisation
Nous venons de voir qu’une donnée ne peut produire une information que si elle est
confrontée à d’autres données constituant un contexte cohérent.
Ce contexte est indispensable pour la qualification des données, mais la valeur des
informations se mesure à leur finalité. Une information qui ne sert à rien… ne sert à rien.
Par contre, elle coûte, en moyens de transmissions (ne serait-ce que du temps, du papier, etc.),
en charge intellectuelle (pour son interprétation, sa mémorisation), en moyens d’archivage,
etc.
Pour travailler vite et bien, il faut toutes les informations nécessaires à la réalisation de
d’une tache. Un bon système d’information se caractérise donc par sa pertinence.
Ceci pose une série de problèmes que nous détaillerons également plus loin. À ce
stade de notre démonstration, il convient de prendre conscience que le système
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Pourquoi un système d’information est important La constitution d’un système d’information est souvent considérée d’abord comme une tâche technique. 3. en fournissant des données constituant un contexte compréhensible pour le destinataire. et donc peu intéressante pour un dirigeant. mais que cela ne suffit pas à son efficacité. Le système d’information doit aussi intégrer une dimension sémantique. Il faut. et ce pour trois raisons principales que nous allons détailler : • La première. mais autour de la demande de soins. Ces biens intangibles (immatériels) sont classés selon plusieurs catégories : 6 .d’information est susceptible de fournir des données nombreuses et variées. Cependant. c’est qu’il est un levier important pour repenser l’organisation de l’hôpital non plus autour de l’offre de soins. sortir des raisonnements comptables traditionnels. c’est que le système d’information participe à l’augmentation de la valeur de votre établissement. 2. La valorisation d’un établissement Le système d’information devient important si ce dernier représente une valeur. par là même peu politique. • La seconde. Il doit enfin prendre en compte la finalité de ces données pour la réalisation d’une tâche sans saturer le destinataire de données surnuméraires finissant par constituer un bruit de fond nuisible à son efficacité. le domaine de l’information est le terrain d’expression d’une nouvelle culture d’entreprise qui place la technologie. pour apprécier cette valeur. Il existe des biens matériels que l’on achète et que l’on revend éventuellement. • La troisième. le développement du savoir et l’optimisation des méthodes au centre des enjeux stratégiques. qui pour la plupart remontent à plus de 500 ans. À côté de ces biens matériels. Mais la valeur d’un hôpital ne se mesure pas uniquement de manière comptable. Nous passons d’une culture du possible à une culture du souhaitable. une richesse à l’établissement. Un hôpital est doté d’une valeur liée à des biens immatériels. il existe des biens immatériels parmi lesquels on place par exemple les licences logicielles ou les droits de propriété intellectuelle. c’est une erreur de la considérer comme neutre. qu’on appelle aussi « actifs intangibles ». c’est que s’il est encore considéré comme essentiellement technique. un capital.

tels que ceux qui résultent d’une activité de recherche et de développement pour une entreprise.  Une bonne information du patient et de son entourage. parmi lesquels l’outil informatique. Mais je souhaite attirer votre attention sur le fait que vous pouvez. Je ne néglige pas les procédés traditionnels et efficaces utilisés dans nos établissements. il faut non seulement une culture de l’enseignement et de la recherche. grâce à une bonne maîtrise des outils technologiques. le système d’information joue son rôle. Là aussi. Là aussi.  Une absence d’erreurs dans les transmissions et l’exécution des tâches. et transformer cette valeur subjective en valeur objective par l’amélioration de votre activité et en accroissant les possibilités de financement. la satisfaction de la demande. mais aussi des moyens informatiques. comme de bonnes relations avec les tutelles ou une politique de communication soignée.  D’une manière générale. à la fois par des résultats réels. une capacité à fédérer les compétences autour du patient. présente un aspect rassurant. L’établissement. Il s’agit en gros de ses méthodes de travail et de sa manière d’être. Il faut faire constater par le patient combien votre établissement est performant. une bonne fluidité des processus. mais aussi par des explications sur les moyens qui ont été mis en œuvre pour le soigner.  La qualité de l’accueil. et donc souvent un système d’information performant. ou de la recherche scientifique pour un hôpital. Les actifs liés à l’innovation. La supériorité perçue par ces établissements est largement liée à une tradition ancienne de recherche scientifique bien médiatisée.  La qualité de prise en charge des patients.  Les actifs structurels. Il faut admettre que nos systèmes d’information actuels sont bien faibles sur ce plan. et à sa façon de répondre à la demande. est l’objectif de tout système d’information. en vous attachant les services de personnes de grande compétence. ne serait-ce qu’une connexion à Internet. améliorer la valeur subjective de d’un établissement. 7 . comme une aide à la coordination.  Une véritable capacité à gérer les problèmes complexes. ce qui n’a que peu de choses à voir avec le système d’information. perçu comme maîtrisant la haute technicité de la médecine moderne. liés à la constitution de l’hôpital. ce qui implique une logistique sans faille.

2 L’alignement stratégique IT L’alignement stratégique IT consiste à aligner les objectifs du SI sur les objectifs de l’entreprise. Sept secteurs sont concernés par la technologie d’information : l’alignement stratégique. la maturité. la gestion de la performance et des services. à savoir soigner au mieux et au moindre cout pour un établissement hospitalier (tableau I). la maitrise des risques. 4. Iatrogène La qualité des soins est définie par l’Institut de médecine (IOM) aux Etats-Unis comme « la capacité des services de sante destinés aux individus et aux populations d’augmenter la 8 . le management. La loi Sarbanes-Oxley (SOX). la valeur. l’audit et le contrôle. Le plan de gouvernance informatique 4. votée en 2002 par le Congrès américain.4.1 Le concept d’e-Gouvernance Les scandales financiers des 20 dernières années comme celui de la société Enron en 2001 aux Etats-Unis ou plus récemment de la Société Générale (2008) en France ont montré la nécessité d’organiser de façon formelle la gouvernance des entreprises parmi eux les hôpitaux et de mettre en œuvre des processus d’audit et de contrôle internes et externes. La gouvernance informatique ou gouvernance IT (Information Technology) ou encore eGouvernance est la déclinaison au niveau informatique des principes de la gouvernance d’entreprise. CobiT et ITIL constituent trois exemples de référentiels complémentaires fournissant un cadre de bonne pratique pour l’e-Gouvernance. a donné lieu à de nombreuses déclinaisons nationales ou internationales et a fourni un cadre pour mieux garantir la transparence des comptes et le développement de processus d’alertes. la gestion des ressources. Les référentiels COSO.

Le développement d’outils d’aide à la décision médicale est un élément contributif majeur de la qualité et peut être utile à toutes les étapes de la démarche médicale (préventive. en conformité avec les connaissances professionnelles du moment ». (D’après Georgel.3 Le management IT De nombreux hôpitaux subissent une dualité informatique dans laquelle l’informatique dite administrative (facturation des séjours. ce qui pour un hôpital peut se traduire par une plus grande attractivité et/ou une plus grande efficience (fig. gestion économique) est séparée de l’informatique dite médicale (fig. d’améliorer les résultats (outcome) et de réduire l’iatrogénie médicale. 2009). Avec l’augmentation de la durée de vie et l’apparition de nouvelles thérapeutiques. 9 . par exemple l’âge d’un malade. L’alignement stratégique IT est la première étape d’un processus visant à créer de la valeur pour une entreprise. 2 – L’alignement stratégique du système d’information génère de la valeur. la maitrise des couts de sante devient un paramètre essentiel dans la décision d’informatiser les processus de sante. est une donnée administrative comme elle peut être une donnée médicale selon l’usage qui en est fait. diagnostique. à la fois. Il s’agit. thérapeutique. Une information. colonne de gauche). Fig. 3. 2). Le SIH est une technologie qui permet d’utiliser une donnée quelconque dans tous les services selon le besoin.probabilité d’atteindre les résultats de sante souhaités. pronostique). L’analyse du système d’information de l’hôpital montre que le maintien de cette dualité est l’un des objectifs importants d’un SIH. 4. paie du personnel.

Pour une structure hospitalière. – L’analyse du choix d’applications informatiques pouvant servir de support aux processus métiers et à leur intégration. 5 Le plan d’urbanisation du SI 5.1 Le modèle des quatre cadrans Sous le terme d’urbanisation du SI. 3 – Les structures de management IT.et extrahospitaliers). Des groupes « ad hoc » (Qui convient parfaitement à une situation) sont constitués autant que de besoin et en fonction des projets informatiques. lui-même rattaché au comité de gouvernance de l’entreprise et garantissant l’alignement de l’informatique de l’entreprise sur sa stratégie d’ensemble. – L’analyse des activités et de l’enchainement des taches (processus métiers). 10 . La commission informatique (ou les décideurs informatiques) peuvent discuter avec les utilisateurs sur des modalités de mise en œuvre du plan d’informatisation. Le comité de pilotage définit la stratégie du changement qui sera nécessaire lors de la mise en œuvre du SIH. le management IT doit être défini par un comité de gouvernance IT (ou comité de pilotage). 4) : – La compréhension des finalités de l’entreprise concernée (ici l’hôpital) et des acteurs concernés (intra. on regroupe habituellement différentes étapes de mise en œuvre allant de l’analyse du système d’information à la sélection des composants informatiques et des conditions de déploiement (fig.Fig. – L’analyse des données et informations échangées.

Paris.– Le choix d’une stratégie de conduite du changement et de déploiement. Les activités en dessous de la ligne en pointilles ont une forte connotation informatique.1. 5. Les consultations. la vue externe Dans un modèle d’environnement. Lavoisier). les avis médicaux représentent les interactions principales liées au cœur du métier hospitalier. Fig. Les patients interviennent comme clients de l’entreprise traites en interne mais également comme groupes de pression externes au travers d’associations de patients ou des réseaux sociaux.1 L’environnement du système d’information. Les missions de l’hôpital sont à l’évidence le soin mais également l’enseignement et la recherche pour les hôpitaux universitaires. 11 . 4–Le modèle des quatre cadrans (d’après Le Roux B (2009) La transformation stratégique du système d’information. Les acteurs extérieurs se situent au niveau des organismes de tutelle mais également des assurances. La figure 5 illustre la diversité des acteurs impliqués de façon directe ou indirecte par le système d’information hospitalier. l’entreprise est considérée comme une boite noire (black box) en partenariat avec le système d’information de sante (médecine libérale ou organismes d’assurance par exemple). les admissions ou les sorties. des industriels ou des medias.

pharmaciens et biologistes. personnels infirmiers. a l’inverse des pays nord-américains ou les ressources matérielles (lits. des ressources matérielles et humaines. 5 – Les acteurs d’un système d’information hospitalier (SIH). services. 12 . paramédicaux. (D’après Degoulet P. les structures et les processus métier Au niveau interne de l’hôpital.2 La vue interne.) et les personnels administratifs et logistiques. Masson. 6). plateaux techniques) sont plus volontiers partagées par des ensembles de ressources humaines (départements) (fig. etc. Paris. L’analyse structurelle considère l’entreprise comme une boite de verre (« glass box ») et fournit une représentation détaillée de l’organisation. 3e Edition.Fig. les acteurs sont à l’évidence les personnels de soins (médecins. unités fonctionnelles). Fieschi M (1998) Informatique médicale.) 5. La France est caractérisée par une dépendance étroite entre des structures matérielles et humaines fortement hiérarchisées (pôles.1. ingénieurs biomédicaux.

Inversement. 3e édition. devient une ressource mise à la disposition des autres structures ou de l’extérieur. destiné à prendre en charge le suivi des malades... Un laboratoire peut prendre en charge des catégories particulières de malades (par exemple des hémophiles ou des malades sous anticoagulants pour un service d’hématologie). 13 . (D’après Degoulet P. chacune de ces structures. il arrive qu’un service clinique développe une activité d’exploration pour le reste de l’hôpital ou pour des structures extérieures (par ex. En pratique. un service medico-technique n’est pas. comme une unité de soins classique. Masson.Fig. médicales ou médicotechniques. L’analyse fonctionnelle part de l’activité hospitalière pour en déduire des circuits de gestion de l’information qui permettront de déterminer les différentes fonctions du SI puis de choisir celles qui feront l’objet d’une informatisation. endoscopie. En termes d’analyse du système d’information. Fieschi M (1998) Informatique médicale. générant des actes. l’expérience des dernières années montre que la distinction entre service médicotechnique et service clinique n’est pas toujours nette. produisant de l’information et consommant d’autres ressources. 6 – Les structures hospitalières.). échocardiographie.) En principe. Paris.

1 Le processus d’informatisation Le processus d’informatisation consiste à regrouper des ensembles de fonctions ou de processus dans des applications informatiques qu’il sera nécessaire de les faire communiquer entre elles. Une approche inappropriée peut conduire à des impasses technologiques. 14 . Fig. les dirigeants sont lancés depuis une dizaine d’années dans un processus d’évolution de leur système d’information. 7 – Informatisation des structures et application « verticales ». par structures Le SIH peut être construit sur la base d’une architecture centralisée (approche verticale). à des blocages organisationnels et finalement à des dépenses inutiles. Par conséquent. où les fonctions de l’ensemble de l’hôpital seront pris en charge dans une même architecture matérielle et logicielle. 6. Généralement. La stratégie d’informatisation 6. A cet effet. deux approches peuvent être suivies dans l’installation d’un SI : une approche verticale et une approche horizontale. le SIH est dirigé progressivement vers un système décentralisé (approche horizontale). Le principe dominant de ce type d’architecture est que l’information est saisie une seule fois et stockée en un point unique de la base de données centrale. Le modèle d’une architecture centralisée ne répondait plus aux besoins de l’hôpital. Tenant compte d’une augmentation progressive du nombre d’applications à gérer au fil des années ainsi que du développement technologique.6.2 Approches verticale. le choix d’une approche appropriée est très important.

Le changement d’une information au niveau du système source (BHIS) impliquait un changement de cette information pour chaque interface. L'évolution en peut se faire que par à-coups lors d'un changement de version • Peu de prise en compte des besoins périphériques spécifiques • Standardisation élevée 6. suivies d’autres unités comme la gynécologie. répétant ainsi trois fois la modification de la même information. • Mise en service et maintenance facilitée des modules applicatifs • Contrôle facile du système • Système clé en main Inconvénients • Forte dépendance face à un constructeur ou couple constructeur/vendeur de SIH • Évolution non progressive. il s’agit de l’informatisation de modules indépendants dans différents départements. Dans le cas de la figure 8. etc. c’est-à-dire que chaque système départemental était relié directement à BHIS (AXYA) (Figure 6). Fig. les soins intensifs. à l’interface des laboratoires. il n’y avait pas d’interconnexion des systèmes entre eux. on devait ainsi annoncer le changement de nom d’un patient. Le mécanisme d’interfaces a permis d’avoir des références uniques pour un patient mais sa maintenance était complexe car chaque système possédait son propre mode de communication et le moindre changement entraînait des frais importants. Initialement. donnant ainsi naissance aux systèmes départementaux. 15 . par exemple. La cohérence des données patients a été assurée par des interfaces du type point à point. par processus En d’autres termes. Les premières unités concernées ont été les laboratoires.3 Approches horizontales. 8 – Informatisation par processus et application « horizontales ». à celui de la pathologie et à celui de la radiologie. l’anatomo-pathologie et la radiologie.– – Avantages • Système intégré centré sur le patient.

La nouvelle approche permet un investissement progressif par acquisitions successives de différentes applications.– – Avantages • Meilleurs adaptation des produits à la demande des utilisateurs. vers un SIH distribué. centralisée (verticale) et décentralisée (horizontale). 9 – Approche mixte « horizontale » et « verticale ». Il s’agit d’une combinaison des deux approches précédentes. les dirigeants se sont orientés à la fin des années 90. 16 . • Dissociation du matériel et du logiciel • Investissement progressif • Applications multi-hospitalières (notion de filières) Inconvénients • Babélisation du SIH • Redondance de l'information • Difficulté de maintenir l'intégrité et la cohérance de l'information • Coût élevé de l'intégration en l'absence de standard de communication (norme HL7) 6. Fig. La nouvelle architecture a fourni un moteur d’intégration connu sous le nom « middleware » permettant le contrôle du flux de l’information ainsi que la communication entre les différentes applications du SIH (Figure 9).4 Approches mixtes horizontales et verticales Tenant compte des inconvénients de l’architecture décentralisée. reparties sur plusieurs processeurs.

La conduite de projet 7. – Stade 5: prise en charge du circuit complet des médicaments (de la prescription a la distribution) . Elle doit se faire par étapes ou phases en suivant les recommandations des organismes nationaux ou internationaux. – Stade 3: documentation médicale et infirmière. – Stade 1: information des plateaux techniques biologie. Elles doivent bien sur être adaptées en fonction du contexte local de départ et des applications informatiques retenues : – Stade 0: pas d’informatisation. Les composants logiciels du middleware assurent la communication entre les applications quels que soient les ordinateurs impliqués et quelles que soient les caractéristiques matérielles et logicielles des réseaux informatiques. – Stade 4: système de gestion des actes (CPOE) associe aux outils de décision. 7. des protocoles réseau. pharmacie. génération de pancartes et plans de soins. Chaque étape définit un état d’avancement du SI. Les étapes suivantes correspondent aux recommandations du groupement HIMMS aux Etats-Unis. dossier patient partage alimente par les plateaux techniques et base sur un référentiel commun.1 Les étapes d’informatisation d’un hôpital L’informatisation d’un hôpital est une procédure longue (3 à 10 ans) et difficile car bouleversant les habitudes de travail des utilisateurs. des systèmes d'exploitation impliqués. Le réseau est mis en œuvre par l'utilisation d'une même technique d'échange d'informations dans toutes les applications impliquées à l'aide de composants logiciels. – Stade 6: PACS généralise sur l’hôpital. Le middleware (anglicisme) ou intergiciel en architecture informatique est un logiciel tiers qui crée un réseau d'échange d'informations entre différentes applications informatiques. mise en place du PACS . recueil de données par formulaires spécialisés possible . imagerie. – Stade 2: gestion des identités et mouvements.Un des avantages majeurs de l’architecture distribuée consiste dans le fait que le changement d’un des modules ne remet pas en cause l’ensemble du système. 17 . – Stade 7: SI ouvert sur l’extérieur.

15. – les modifications permanentes demandées aux systèmes informatiques sont génératrices de frustrations (délai de réalisation). Elle est également préférable pour la formation des professionnels qui retrouveront le même niveau d’informatisation dans chacun des services ou ils seront conduits à intervenir. Elle peut être à l’ origine d’effets inattendus voire de rejets de la part de certains groupes d’utilisateurs qu’il importe de minimiser et/ ou de gérer. partie droite) afin d’eviter la constitution d’ilots informatiques qui disposeraient d’un maximum de fonctionnalités. Il faut pouvoir assurer une intégration harmonieuse des compétences administratives. 7. même les plus informatises. 7. sont encore dans une phase de forte croissance de leur informatique : accroissement du nombre de postes de saisie de l’information.3 Les effets inattendus et l’analyse des risques La mise en place d’un SIH modifie l’organisation des entreprises et les relations entre professionnels. accroissement des capacités d’archivage. – Augmentation de la charge de travail pour certaines taches: une prescription par ordinateur peut être plus longue qu’une prescription papier. accroissement du volume des communications avec l’apparition des transferts d’images. le déploiement doit être le plus global possible (fig. difficiles à prévenir si le résultat est cohérent par rapport aux habitudes médicales (ajout d’un zéro pour une prescription d heparine par exemple) . Les changements suivants sont parmi les plus significatifs : – Possibilité de travailler de façon désynchronisée (par rapport au mode synchronise des visites en salle par exemple): un médecin effectuant une prescription à distance du malade n’a pas l’assurance que la prescription sera bien comprise par le personnel soignant et/ou le patient . d’erreurs (bogues informatiques qu'il importe de corriger au 18 . Les hôpitaux.A chaque stade. dégager les ressources humaines nécessaires au développement et au bon fonctionnement d’un SIH et enfin préparer l’ensemble des personnels à son utilisation. hospitalières et universitaires. les autres unités restant à un niveau inférieur de leur informatisation. La prise en compte des ressources humaines est l’une des conditions les plus importantes de succès d’un SIH.2 Ressources nécessaires L’estimation des couts de mise en place et de fonctionnement d’un SIH et leur évolution sont difficiles à cerner. – de nouvelles erreurs sont possibles (erreurs de frappe).

plus vite) ou de régressions fonctionnelles (une fonction utilisée en routine se met a dysfonctionner) . La prise en compte des effets inattendus possibles doit s’analyser dans une analyse plus globale des risques lies a l’introduction de nouvelles technologies. de même qu’un plan de crise (panne complète ou partielle du SIH) et des procédures écrites de reprise sur incident. Les éléments suivants sont considères comme des facteurs favorisant le succès d’un SIH : – La mise en place d’une structure d’e-Gouvernance visible. – Une formation adaptée à chaque profession avec l’individualisation dans chaque structure de l’hôpital de « super-utilisateurs » mieux formes et pouvant servir de relais auprès de leurs collègues de travail. – La constitution d’équipes mixtes « ingénieurs – professionnels de l’informatique médicale – utilisateurs ». Les risques IT augmentent avec le nombre d’unités et d’hôpitaux concernes par le même SIH. – la facilite plus grande des professionnels les plus jeunes pour utiliser une application informatique peut être mal perçue par les professionnels les plus âges. Le plan de gestion des risques doit être réalisé avant la mise en œuvre d’un SIH. – Une présentation objective des bénéfices et des difficultés attendues. 7. Les risques IT sont d’ordre humains (erreurs intentionnelles ou non intentionnelles) et technologiques (perte de disponibilité du SIH. – Une évaluation permanente de la satisfaction des utilisateurs. – des réactions émotionnelles inappropriées car exagérées sont fréquentes lorsqu’une nouvelle technologie est mise en place.4 La conduite du changement La conduite du changement regroupe toutes les démarches visant à faciliter la transition d’une institution pour passer d’un état A à un état B de son système d’information. en situation de décideurs . – La participation des utilisateurs dès les phases de sélection d’une offre SIH. perte d’intégrité des données. perte de confidentialité des informations nominatives stockées dans le SIH). – Une bonne réactivité des équipes informatiques pour répondre aux demandes des utilisateurs et réparer les matériels en panne. 8 Résumé et conclusions 19 .

Le remplacement des deux logiciels internes de gestion des laboratoires par un produit industriel conforme aux normes d’échange internationales (HL7) doit être effectue au plus tôt. financières et organisationnelles d’un tel projet. d’une part. supprimer ou envisager de supprimer à terme ? R1 La situation décrite dans cet exercice est une situation fréquente dans les hôpitaux français avec un début d’informatisation du circuit administratif et des principaux plateaux techniques. déployer et assurer la maintenance d’un SIH intègre en prenant en compte les dimensions techniques. le serveur de résultats et le logiciel des urgences remplaces par le dossier patient intégré. développes au cours des 40 dernières années. facturation) développé en interne. Dans un contexte économique difficile.Les systèmes d’informations hospitaliers. un système de gestion de la radiologie avec son outil propre de gestion des rendez-vous. Une fois une solution retenue pour le 20 . deux systèmes de gestion de laboratoires (biologie. une décennie peut représenter la bonne échelle de temps pour mener à bien un tel projet. Les sous-ensembles applicatifs pouvant être amenés à disparaitre à court ou moyen termes sont les suivants : le module de gestion des identités remplace par le composant identité/mouvement du SIH. Le développement en interne d’applications d’informatique hospitalière est progressivement abandonne remplace par l’achat et le paramétrage de progiciels intègres. le composant gestion de rendez-vous de radiologie remplace par un composant générique de gestion des ressources de l’hôpital. 9 Exercices d’application Q1 Un hôpital de 700 lits dispose des applications informatiques suivantes : un système de gestion administrative des patient (identité/mouvements. un logiciel de gestion de la pharmacie permettant la saisie des prescriptions thérapeutiques. L’informatisation des plateaux techniques reste considérée comme l’étape préalable a la mise en œuvre d’un dossier patient partage et des outils de prescription. ont démontré leur efficience et fait preuve d’une maturité suffisante pour envisager leur généralisation. un logiciel spécialise de gestion des urgences. bactériologie et immunologie de l’autre) déversant leurs résultats sur un serveur de résultats développes tous trois en interne. Elle doit être suivie par la mise en œuvre d’un dossier patient électronique partage puis des outils de prescription d’actes et de gestion des rendez-vous. Se pose dans ces conditions la question de la ou des stratégies les plus adaptées pour choisir. Quels composants faut-il conserver. Proposez une stratégie de poursuite de l’informatisation a 5 ans. la partie prescription du logiciel de pharmacie remplacée par un composant général de gestion des actes.

le déploiement informatique est habituellement planifie en deux ou trois phases. dossiers de spécialités). Paramétrage de fonctions avancées (par exemple protocoles complexes. Certains systèmes d’information cliniques intègrent leur propre outil de gestion de laboratoires (approche horizontale décrite dans ce chapitre). Si tel est le cas. Formation des utilisateurs aux fonctions de bases. le paramétrage des progiciels pour les phases suivantes peut être effectue en parallèle. - Etape 3 (12-18 mois) : déploiement des fonctions de base. Formation des utilisateurs aux fonctions avancées. rendez-vous). - Etape 1 (12-18 mois) : définition de la structure d-e-Gouvernance. de la rédaction du cahier des charges et du dépouillement des offres. Le calendrier réel doit bien sur tenir compte du choix exact de la solution retenue et du niveau d’investissement. dossier patient intégrant les données des plateaux techniques). Choix d’une stratégie de gestion des infrastructures informatique (en interne ou externalisée sur un site sécurisé et agrée). Paramétrage d’un second ensemble de fonctionnalités (prescription des actes simples et composes. - Etape 4 (12-18 mois) : déploiement de la seconde phase. Le déploiement des fonctions du PACS peut être planifie au cours des étapes 3 et 4 du projet. 21 . paramétrage du système du système de laboratoire sera concomitant de celui du dossier patient (Etape 2). mise en place d’une équipe de projet chargée de la réalisation du plan d’urbanisation. Correction des bogues sur les fonctions avancées. Il en est de même du système de communication et d’archivage des images (PACS). Pendant le déploiement d’une phase. outils d’aide à la décision. - Etape 2 (6-12 mois) : paramétrage des fonctions de base du SIH (identités/mouvements.système d’information clinique. puis adapte en fonction des retours des utilisateurs dès les premiers déploiements. Corrections des bogues sur les fonctions de base. Les quatre grandes étapes ci-dessous constituent un exemple de stratégie validée.

1) :  Prescrire un médicament . comptesrendus…). Dans le langage informatique. de coordination et d'information entre les Professionnels et avec les patients.  Signer la Prescription et visualiser les alertes données par la base scientifique éventuellement interfacée.  Choisir la fréquence d’administration .  Son dossier de Soins . Plusieurs fonctionnalités peuvent être intégrées de manière à former un module ayant une cohérence fonctionnelle.  Ses prescriptions .  Choisir la durée de la prescription . 2.  Son dossier médical . Les fonctionnalités du Dossier Patient Une fonctionnalité est un ensemble de données qui seront informatisées dans un langage propre. Il permet de suivre et de comprendre le parcours hospitalier du patient. 22 . le Dossier Patient représente l’ensemble de toutes les fonctionnalités du logiciel qui contiennent les informations propres au patient :  Son dossier administratif . Le Dossier Patient assure la traçabilité de toutes les actions effectuées par les Professionnels de Santé.Chapitre 2 : Le dossier Patient informatisé 1. A titre d’exemple les fonctionnalités suivantes forment le module de la Prescription (Figure 2. Introduction Le Dossier Patient est l’ensemble de toutes les informations du patient lorsqu’il est hospitalisé ou en consultation à l’hôpital. Il est un outil de communication.  Choisir la posologie (dosage) . Il est un élément primordial de la qualité des soins en permettant leur continuité dans le cadre d'une prise en charge pluri-professionnelle et pluridisciplinaire.  Toutes les correspondances (courriers entre Professionnels de Santé.

pour certains. fonctionner de manière autonome (Figure 2. et de fournir une articulation judicieuse des modules entre eux.2). Les modules sont capables de communiquer entre eux ou savent. générique.Figure 2. La cartographie est en réalité la cible de fonctionnement que l’on souhaite atteindre dans l’utilisation standard du SIH. Il faut anticiper la communication des modules. 23 . d’autant qu’il est possible que deux modules soient développés dans des langages informatiques différents et ceux pour des raisons de fonctionnalités. L’urbanisation d’un SIH est matérialisée par sa cartographie.1 : Représentation schématique du module de Prescription d’un SIH Dans le SIH. Cette problématique de communication ou non des modules entre eux est un point d’attention fort lorsqu’un Système d’Information Hospitalier est développé. il est fréquent que les modules soient imbriqués les uns dans les autres. Il est nécessaire de mettre en œuvre un plan d’urbanisation de ces modules afin qu’ils sachent communiquer entre eux. L'urbanisation du Système d'Information permet entre autre de décrire le Système d'Information de façon complète.

2 : Représentation schématique non-exhaustive de la cartographie d’un SIH (Dossier Patient) La classification des Systèmes d’Information par modules est la plus utilisée en termes de pilotage de projets puisqu’elle traite des fonctionnalités métiers des utilisateurs. Cela permet à l’établissement :  D’engager un moindre coût dans le projet d’informatisation en ne choisissant que les modules jugés nécessaires par la Direction Générale et/ou l’équipe « projet » .  Ou d’informatiser son Etablissement de manière progressive . En résumé : Un ensemble de fonctionnalités = Un module Un ensemble de modules = Dossier Patient Informatisé Chaque établissement peut choisir les modules dont il souhaite disposer dans son Dossier Patient.  Le personnel administratif .  Ou d’informatiser son Etablissement en interfaçant avec des SI éventuellement existants. Elle est commune et utilisée par :  Les Equipes « Projet » hospitalières en charge de la spécification et du déploiement d’un SIH .  Les personnels soignants et personnels non-soignants . 24 . Un établissement de santé a la possibilité de n’acheter que certains des modules proposés par l’éditeur.  Les équipes fonctionnelles en charge du projet du côté de l’éditeur et/ou de l’intégrateur du SIH.Figure 2.

son adresse. et permet également une meilleure coordination des soins. 25 . Il permet de renseigner le nom du patient. sa date et lieu de naissance. la personne de confiance et/ou la personne à prévenir en cas d’urgence (Figure 2. mais aussi son médecin traitant. La création d’un Dossier Administratif permet de générer un numéro unique de dossier.4). inconscient. ce numéro unique de patient permet de l’identifier toute sa vie à chacune de ses venues ou consultations dans ce même groupement d’Hôpitaux. spécifique au patient. son sexe. Ce numéro unique de patient permet d’éviter les doublonnages de dossier et d’identité. les erreurs de saisie. s’il est éventuellement né sous X). les identités particulières (patient confidentiel.1 L’identification du patient Il s’agit d’un module nommé « Dossier Administratif ». Lorsque le Système d’Information Hospitalier permet aux hôpitaux d’un même groupement ou d’une même ville de communiquer entre eux.Les modules classiquement représentés dans un Système d’Information Hospitalier sont :  L’identification du patient  Le dossier médical du patient  Le dossier de soins  La prescription  La gestion de la Pharmacie à Usage Interne  L’administration du produit de santé au malade 2. Ces informations sont généralement saisies par le Bureau des Entrées (agents administratifs).

 Les lettres et compte-rendu d’examens complémentaires… 2. Il permet de stocker les informations suivantes :  Motif d’entrée ou de consultation . Elle est souvent appelée pancarte dans le cadre informatique.  La fiche de liaison infirmière : il s’agit du document destiné à être remis au service ou à l'établissement receveur lors de la sortie ou du transfert du patient. telles que :  La feuille de surveillance ou relevé des constantes (poids.Figure 2. Osoft de Medibase 2. tension artérielle) qui permet d’enregistrer et suivre leur évolution. 26 .4 : Exemple d’écran d’Identité du Patient (partie haute de l’écran). ce relevé de constantes remplace le dossier papier.2 Le dossier médical du patient Il est renseigné par le médecin qui prend en charge le patient lors de son hospitalisation. historiquement accroché au fond du lit du patient.  Les fiches de transmission des infirmières donnant des informations générales ou spécifiques de l’état du patient : c’est le résumé qui est saisi après la réunion faite entre les Infirmiers travaillant la nuit et ceux qui prennent la relève de jour .3 Le dossier de soins Il permet de recueillir les données de soins du patient. Informatiquement.  Antécédents et allergies . taille.

 La prescription d’actes médicaux Infirmiers et de séances de soins Infirmiers .4 La prescription La prescription fait partie du dossier médical dans l’arborescence d’un Système d’Information Hospitalier. Hématologie.Figure 2. d’Infectiologie.  La prescription d’actes paramédicaux. Radioimmuno-analyse. et Biologie de la Reproduction). Elle est l’ensemble de conduite écrite pour le malade. Biologie Moléculaire.  La prescription d’actes de biologie médicale. échographie. OncoBiologie. Biologie Cellulaire. les ambulanciers et les diététiciens (expert en nutrition et alimentation) sont les professions paramédicales principalement représentées dans les établissements de santé et qui font l’objet d’une prescription d’acte paramédical.5 : Représentation schématique du Dossier de Soins 2. Elle peut aussi être présente de manière autonome. Il s’agit de la prescription faite par un médecin habilité. d’Anatomo-pathologie et de Neuropathologie . Pharmacotoxicologie. scanner à rayon X et Imagerie par Résonnance Magnétique (IRM)) . Immunologie. Les kinésithérapeutes. Ce sont les examens de biologie médicale (Biochimie. Elle se fait sur ordonnance. 27 . La prescription peut être de plusieurs types :  La prescription de produits de santé (médicaments et/ou dispositifs médicaux) . Génétique. La prescription est un acte médical réalisé par un médecin en situation d'exercice (inscrit au Tableau de l'Ordre).  La demande d’examens de radiologie et d’imagerie médicale (radiologie conventionnelle.

Les modules de prescription sont classiquement interfacés avec des référentiels :  Référentiel médicamenteux (Vidal. il s’agit alors d’une prescription « multimodale » ou « complexe ». 28 .  Référentiel des actes de Biologie (Nomenclature des Actes de Biologie Médicale). il s’agit de prescriptions unitaires.Lorsque les différents types de prescriptions sont gérés sur un même écran. Thériaque. Lorsque les différents types sont gérés sur des écrans séparés. Thesorimed…) .  Référentiel des actes de radiologie (Classification Commune des Actes Médicaux Figure 11).

Le logiciel propose alors une ou 29 . Focus sur des Actes de Radiologie17 Un référentiel. qu’il soit pour des médicaments. des actes de Biologie ou de Radiologie.Figure 2. a une double fonction :  Il permet au Médecin qui prescrit de retrouver la dénomination exacte recherchée en tapant les premières lettres du médicament ou de l’acte.6 : Extrait de la Classification Commune des Actes Médicaux.

8 pour exemple : Code LHQH002-Scanographie de plusieurs segments de la colonne vertébrale. 30 .plusieurs réponses. le Médecin tape les lettres (Figure2.illustrations de l’écriture intuitive dans la recherche d’un médicament   Il permet au médicament ou à l’acte d’être codé dans le logiciel (Figure 2. o CARDIO. A titre d’exemple. le référentiel propose 6 références soient 4 médicaments différents. Figure 2.7 : Extrait du référentiel Thériaque .7): o SPASF. Le Médecin n’a plus qu’à valider son choix (c’est le principe de l’écriture intuitive que l’on retrouve dans l’écriture des SMS) . le référentiel Thériaque propose 5 références du médicament Spasfon . avec injection intraveineuse de produit de contraste). Ce code peut être ensuite exploité pour la facturation du séjour du patient.

Le Pharmacien est responsable de la cohérence de la prescription. et sous condition que les deux modules soient interfacés. Le Pharmacien est aussi responsable de la substitution des médicaments. Orbis Agfa Healthcare 2. défavorable ou permettre d’attirer l’attention du Médecin Prescripteur sur un point en particulier. est sous la responsabilité de la PUI. Pour définir les spécificités de la substitution à l’hôpital. Le livret thérapeutique. 31 . en fonction des données patient qui ont été renseignées par les Médecins et Infirmières. mais aussi en termes de dosage et d’analyse des interactions. sauf en cas d’urgence et dans l’intérêt du patient. la prescription arrive sous forme électronique à la pharmacie pour avis pharmaceutique. Pour gérer les exigences des marchés publics passés avec un hôpital. En effet. dès lors qu’une prescription de produits de santé est réalisée et signée par le prescripteur. informatisé ou non. mais est établi conjointement avec les Médecins représentants l’Etablissement. « Le Pharmacien ne peut délivrer un médicament autre que celui qui a été prescrit avec l’accord exprès et préalable du prescripteur.8 : Exemple d’écran de prescription. L’avis peut être favorable. Le Pharmacien peut électroniquement apposer un avis sur la prescription dans sa globalité ou même par ligne de prescription.5 La gestion de la Pharmacie à Usage Interne (PUI) La gestion de la Pharmacie à Usage Interne est intimement liée à la prescription des produits de santé. il est nécessaire de reprendre la définition propre de la substitution.Figure 2. le module de gestion de la Pharmacie à Usage Interne permet la création du livret thérapeutique. Le livret thérapeutique est un document listant les produits pharmaceutiques à utiliser préférentiellement dans un Etablissement.

associant à sa délivrance :  l’analyse pharmaceutique de l’ordonnance médicale. La communication est améliorée puisque les Médecins et Infirmières ont généralement accès à ce livret en consultation.L’informatisation de la PUI a donc permis une meilleure gestion. des ruptures. » 32 . peut faire évoluer le livret en fonction des marchés. des retraits de lots.  la préparation éventuelle des doses à administrer . Seul le Pharmacien.9 : Exemple de Livret Thérapeutique à l’AP-HP et extrait de ses références. et donc y rajouter ou retirer des références de produits de santé disponibles dans l’Etablissement. Orbis Agfa Healthcare Une fois la prescription signée par le Médecin Prescripteur et validée par le Pharmacien. Chef de Service.  la mise à disposition des informations et les conseils nécessaires au bon usage du médicament. elle peut être délivrée dans le service puis au patient: c’est la dispensation. « Le Pharmacien doit assurer dans son intégralité l’acte de dispensation du médicament. Figure 2. plus transparente et simplifiée (Figure 14).

la DJIN est gérée par un robot (automate). Orbis Agfa Healthcare Il existe plusieurs manières de distribuer les produits de santé depuis la PUI. avec l’analyse des prescriptions. sur la base d’une prescription médicale individuelle analysée par le Pharmacien. Ce mode de dispensation. Sur 33 . Dans certaines Pharmacies à Usage Interne. pour chacun des patients. Il s’agit ensuite de délivrer ces doses à l’unité de soins. Le préparateur n’a plus qu’à lire le plan de cueillette (aller chercher les médicaments dans leur lieu de stockage) proposé par le système. Le robot prépare ensuite des « guirlandes » de sachets (ou autre reconditionnement) : chaque sachet comporte les comprimés d’un médicament pour un jour de traitement. Le robot est interfacé avec le Système d’Information et calcule le nombre de comprimés à dispenser. à préparer les doses de médicament. puisque les doses de médicaments calculées chaque jour pour être dispensées nommément au patient. En pratique. a permis le développement de la Pharmacie Clinique à l’hôpital. prise par prise. Il s’agit d’un acte pharmaceutique qui consiste.Figure 2. le robot peut avoir une fonctionnalité de « déconditionneur » des comprimés de leurs emballages primaires et secondaires. sont basées sur la prescription qui est saisie et signée dans le système. Les modes de distribution sont gérés par le Système d’Information Hospitalier et sont les suivants: (1) Dispensation Journalière Individuelle Nominative La dispensation journalière individuelle et nominative du médicament (DJIN) est préconisée pour sécuriser le circuit du médicament et éviter le gaspillage des médicaments. Cette manipulation peut être faite par du personnel de la Pharmacie.10 : Exemple d’écran de validation pharmaceutique. Ce mode de dispensation est géré dans son intégralité par le Système d’Information. selon l’Etablissement et/ou les problématiques organisationnelles et/ou le service.

La liste est envoyée à la PUI selon une fréquence (nombre de fois par semaine) définie en amont. En pratique. Un tel appareil représente un lourd investissement mais permet de décharger le personnel de la pharmacie de la phase de « picking ». sa date de naissance. une fois effectuée par l’unité de soins. ainsi que des stocks de médicaments au sein de l’unité de soins (armoire de l’unité de soins). (3) Commande de service selon un modèle Les différentes unités de soins en accord avec la PUI de l’établissement. le Système d’Information se base sur le nombre de comprimés (ou autres unités) administrés au chevet du patient par l’Infirmière pour calculer ce qui est réellement consommé. ce dernier peut ou non ajouter des produits ou modifier les quantités demandées sur la liste au moment de transmettre la commande à la PUI. on ne tient pas compte de la prescription de chacun des patients. Selon les droits que l’on donne à la personne qui utilise le SIH (ici l’Infirmier). le nom et dosage du médicament. Aujourd’hui. mais uniquement des prescriptions globalement faites sur le service. Il est donc dépendant du type de service (durée d’hospitalisation longue ou courte. on pallie ce manquement grâce aux Systèmes d’Information qui calculent des seuils minima et maxima de médicaments distribués en fonction de la consommation du service clinique. Dans ce cas. type de pathologie traitée…). C’est à partir de cette dotation que les Infirmières distribuent les traitements de chaque patient. Le Pharmacien ne visualise aucune prescription et ignore ce qui a été administré aux patients.chacun des sachets est inscrit le nom du patient. Cette liste représente les médicaments les plus consommés dans chacune des unités de soins. ces robots sont principalement localisés dans les hôpitaux de taille importante. modifiée si besoin (en cas de quantités non respectées ou de produits 34 . c'est-à-dire ayant un nombre de lits (au moins 500 lits) et un débit de médicaments suffisamment importants pour que l’investissement devienne rentable. (2) Dispensation globale Les médicaments sont délivrés globalement à l’unité de soins. son numéro de lot et sa date de péremption. Les quantités demandées à la PUI sont appelées « dotation ». sur la base d’une commande passée par l’unité de soins elle-même. ainsi que la posologie. Cette liste est appelée « modèle de commande ». arrive dans la liste des actions de la PUI. Les besoins de l’unité sont évalués par les seuls Infirmiers et ce mode de délivrance ne permet pas de contrôler la dotation des services. établissent une liste de médicaments. Au vu de leur coût. son numéro d’identification à l’hôpital. La commande. Elle est alors analysée.

Ils permettent de ne pas devoir gérer manuellement la phase de cueillette des médicaments.6 L’administration du produit de santé au malade Cette étape fait en réalité partie du Dossier de Soins géré par l’Infirmière.soumis à des règlementations plus strictes) et validée par le Pharmacien. 2. « validation pharmaceutique ». Il s’agit. on parle de « circuit du médicament ». « distribution » et « dispensation du médicament » (Figure 16). d’autre part permet au Système d’Information de calculer les quantités nécessaires à réassortir (commande de service. de les administrer au bon patient et de consigner cette administration électroniquement. le préparateur procède au « picking ». des automates peuvent assurer la préparation de la commande de Service dans des caisses. Ce terme représente l’ensemble des étapes « prescription ». De la même manière que pour la Dispensation Nominative. quelle que soit la méthode utilisée pour dispenser les Produits de Santé. dispensation globale). Dans le cadre de l’informatisation d’un Dossier Patient mais aussi dans le langage du personnel hospitalier. Ceci permet d’une part une meilleure sécurité. Une fois imprimée sous forme de plan de cueillette. Figure 16 : Représentation schématique du Circuit du Médicament dans un SIH 35 .

le dossier médical du patient. les communément utilisés sont : L’identification du patient. La détermination d’un circuit du médicament est très importante dans la gestion de la PUI.3. Tous ces modules doivent être interconnectés et gérés par un SIH. Conclusion L'informatisation du dossier médical est possible et certainement utile pour améliorer la continuité des soins. le dossier de soins. Le dossier médical regroupe plusieurs modules. la prescription. 36 . la gestion de la Pharmacie à Usage Interne.

la cancérologie. Les hôpitaux commencent à s’informatiser. ne peuvent s’envisager aujourd’hui sans informatisation. Le gros challenge pour les hôpitaux actuellement est la mise en place d’un système d’information permettant l’échange. le diagnostic assisté par ordinateur. Pareil les autres services comme. dossier médical en ligne. l’archivage et de partage de données numérisées. et en particulier des images. Introduction La révolution numérique est en marche et investit les hôpitaux. au même titre que la lecture et l’analyse. Ces systèmes appelés PACS (Picture Archiving and Communication System) pour les images ou RIS (Radiology Information System) pour les autres données. sans parler des autres spécialités médicales. Beaucoup de chemin reste à parcourir pour généraliser les PACS et les mutualiser au niveau régional et national. Ce dernier a connu les évolutions technologiques les plus fulgurantes par l’avènement de la 3D et la modélisation. le suivi des patients. Le numérique est en train de révolutionner l’univers de la santé et ses possibilités sont immenses. Afin de suivre le développement technologique connu dans le domaine d’imagerie médical.Chapitre 3 : Informatisation en imagerie (RIS/PACS) 1. la Consultation simultanée d’images radiologiques. En effet. la cardiologie ou encore la neurologie. mais plus personne ne conteste aujourd’hui l’intérêt de supprimer les vieux 37 . tout ça est devenu possible grâce à la technologie de l’information. la radiologie numérique se substitue à la radiologie analogique. Le domaine de santé le plus concernée par les progrès technologiques est celui de l’imagerie médicale. Comme il représente un formidable outil de gestion des coûts financiers. Mais ces évolutions créent de nouveaux besoins liés à l’augmentation de la production d’images dont il faut faciliter l’archivage et la circulation.

 Dans la prise en charge des urgences. mammographie… Des équipements réseautiques sont nécessaires. leurs avantages pour les établissements de santé et les patients et leurs enjeux. l’accompagnement et le suivi d’un nombre croissant de pathologies. Les progrès technologiques en matière d’imagerie. L’imagerie intervient à tous les niveaux du processus de soin : dépistage. 38 . diagnostic. un plateau d’urgence ne peut accueillir des patients sans un accès privilégié et dédié au scanner. au cœur de la pratique de santé L’imagerie médicale est le domaine qui a le plus contribué au progrès médical depuis 20 ans. Cela a entraîné une utilisation croissante des techniques de traitement et d’analyse automatiques des images. Son usage optimise la prévention. bilan pré-thérapeutique. non seulement pour optimiser l’usage des images mais aussi pour permettre leur bonne utilisation.  Pour les pathologies vasculaires et cardiovasculaires. les scanners et l’IRM cardiaque font référence. notamment pour la maladie d’Alzheimer. aide à la décision. échographie. 2. l’IRM corps entier et le TEP sont les examens clés du diagnostic. ainsi qu’en communication facilitent et optimisent les échanges des images entre les différents praticiens. planification et orientation des traitements et suivi de l’efficacité de certains traitements. Par exemple :  En cancérologie. radiographie conventionnelle (plaques au phosphore et capteurs). la proportion d’images médicales obtenues sous forme numérique croit considérablement et constitue la base du diagnostic clinique. scanner. L’imagerie médicale.  En neurologie : l’IRM est nécessaire pour de nombreuses pathologies. D’année en année. Ce chapitre vous invite à découvrir les réseaux de partage d’images numériques. s’imposant comme un pivot du développement futur de la médecine.clichés d’antan. Les images sous forme de données numériques ont permis le développement de stations et consoles de visualisation et d’interprétation sur écran. L’acquisition des images sous forme numérique s’applique à différents équipements : IRM. angiographie. du bilan d’extension pré-thérapeutique et du suivi de la recherche de récidive dans la plupart des cancers. scintigraphie.

 Transférer rapidement les images à l’intérieur et à l’extérieur des établissements pour accélérer et optimiser les processus diagnostiques et thérapeutiques. améliorer la qualité des soins et assurer un meilleur suivi des patients. Deux éléments interviennent pour structurer un réseau d’imagerie : le RIS et le PACS. modifier et traiter des images.Radiology Information System ou Système d’Information en Radiologie .est un système réseautique de gestion des activités d’un service radiologique.  Partager l’imagerie avec les différents médecins en charge du patient tout au long de sa maladie et dans le cas de maladies chroniques. Les modalités d’imagerie sont des équipements technologiques capables de créer. tels que les consoles de post-traitement dédiées. il y a aussi les outils de traitement et d’archivage des images. de leur production à leur interprétation. Les réseaux d’imagerie médicale Les réseaux d’imagerie ont plusieurs objectifs :  Interconnecter les différents équipements d’imagerie médicale pour réduire les opérations manuelles et optimiser la circulation des images. L’optimisation de ce système nécessite l’utilisation d’un PACS (Picture Archive and Communication System) pour permettre la diffusion des demandes de médecins. 3. il faut donc considérer l’ensemble des outils de l’imagerie. Or. le RIS ne diffusant que sur les stations d’interprétation dans les services de radiologie.1 Les modalités d’imagerie Le RIS et le PACS ont une relation directe avec les différentes modalités d’imagerie. tels que les scanners. ou encore les PACS. etc. biologique ou thérapeutique. 39 . les soignants parleront de modalités d’imagerie en faisant référence aux outils d’acquisition des images. 3. tout un système de réseau et d’archivage doit être mis en place afin de bien mener la gestion du dossier d’imagerie qui un module important dans le dossier médical du patient. de stockage et de communication rapide. Dans le monde médical. Ses capacités sont très supérieures à tous les équipements existants et offrent des perspectives de développement des réseaux d’imagerie à grande échelle et sur le long terme.A cet effet. etc. Il optimise le RIS dont il est le complément indispensable pour la gestion des images.  Le PACS .Picture Archiving and Communication System .  Archiver de façon rationnelle et durable les images réalisées pour en disposer de façon rapide à la demande des équipes en charge du malade. les serveurs d’application. Sous le terme « modalité d’imagerie ».est un système de gestion électronique des images médicales avec des fonctions d'archivage. des images et des comptes rendus. les graveurs de CD/DVD. en termes de modalité d’imagerie.  Le RIS . les IRM.

manipulateurs. Le PACS pour archiver les images D’une manière simplifiée. de la prise de rendez-vous jusqu’aux statistiques d’activité. Il est le sous ensemble du système d’information hospitalier (SIH) permettant de collecter. l’impression et l’envoi d’images à l’intérieur et en dehors de l’hôpital ainsi que l’échange d’informations administratives avec les systèmes informatiques radiologiques (RIS) et hospitaliers (SIH). il permet au service du patient et des praticiens :  De gérer le dossier du patient et son historique  De consulter l’historique commun des patients de n’importe quel endroit du réseau  De conserver sur plusieurs années tous les évènements entrant dans le dossier patient  Aux médecins de produire des comptes-rendus en utilisant la puissance de la dictée numérique afin de numériser le circuit des comptes rendus  De produire. C’est un logiciel qui est un outil de production du service d’imagerie médicale qui gère et fiabilise l’ensemble des données du dossier du patient. la consultation de ces images sur des consoles de visualisation. radiologues. Le PACS représente l’évolution naturelle des nouvelles technologies numériques vers un environnement global numérique où les activités basées sur le film sont progressivement remplacées par leur équivalent numérique pour aboutir à une pratique sans film.Composé d’une partie gestion et d’une partie image. communément appelé le RIS (pour Radiology Information System). d’archiver et de diffuser des comptes-rendus  L’indexation des images au dossier du patient et la gestion de l’historique complet sur une durée de plusieurs années  La diffusion des images produites par le service dans l’hôpital  De stocker les images issues du scanner.4. secrétaires). IRM et autres modalités d’imageurs au format DICOM 5. Les multi-fonctionnalités et multi-optionnels composant ce logiciel permettent de définir et de gérer de manière spécifique des profils utilisateurs différents (prescripteurs. Le système d’information de radiologie (RIS) Le système d’information de radiologie ou SIR. le PACS est un système informatisé qui centralise et qui gère l’acquisition numérique de tous les examens radiologiques. Ces fonctionnalités sont très importantes dans le cas où l’hôpital n’est pas équipé d’un système d’information hospitalier. stocker et archiver des images dans 40 .

Différence entre le stockage et l’archivage Le stockage des données est l’enregistrement des données sur un support physique. tel qu’un disque dur (quel que soit son type). Cette fonction permet une meilleure qualité de soins et est particulièrement cruciale pour les programmes de dépistage et la prise en charge des maladies chroniques. notamment légale.  La gestion et la mise en réseau de toute la production d’images numérisées avec un accès simultané à la même image à partir de n’importe quel poste de travail. 5. une bande magnétique. etc. en permettant la manipulation et le traitement local des images. sauf sous contrôle strict. de même pour leur destruction.  L’échange d’informations administratives avec les systèmes informatiques radiologiques (RIS) et hospitaliers (SIH). permettant ainsi l’échange optimisé de ces informations. L’archivage de données consiste à les placer dans un système qui assure leur préservation. La fonction d’archivage assurée par le PACS est la condition pour utiliser au mieux les images en garantissant leur bonne conservation et leur accès rapide.  L’archivage.1 Les principales fonctions du PACS sont :  Le stockage de tous les examens radiologiques.  Le partage et l’envoi d’images dans et en dehors du service ou de l’hôpital pour rendre l’accès facile et rapide à toutes les images pour tous les médecins concernés.  La consultation d’examens radiologiques sur des stations ou consoles de visualisation. en assurant la conservation des images numériques sans risque de perte ou de détérioration de leur contenu.  Le diagnostic. 41 . mais aussi leur sécurisation. les données conservent leur valeur. une clé USB. La modification des documents est interdite. Ainsi.une banque d’images accessible de n’importe quel point de l’hôpital par tous les professionnels concernés. Toute action effectuée sur le document est tracée.

Elle s’appuie sur un serveur principal de grosse capacité qui assure toutes les fonctions d’acquisition. Mode de fonctionnement : Envoi automatisé des images sur un premier serveur au moment où elles arrivent. de stockage et de diffusion des images vers les consoles d’interprétation et les cliniciens. 42 . d’indexation sur une base de données. Ce serveur principal reçoit les données saisies et diffuse les images.2 Le PACS : infrastructure et fonctionnement Simplicité et facilité de mise en œuvre caractérisent l’infrastructure développée.5.

La concertation peut se faire à tout moment. il n’a plus besoin de porter ou faire suivre son dossier à chaque consultation. Enfin. vision d’ensemble. De plus. le PACS facilite l’interprétation dans la mesure où le dossier radiologique est complet et mis à jour au fur et à mesure des examens et interventions et en ligne 24h/24 et 7j/7. le risque de perte ou de dégradation des films ou des CDROM disparaît. concertation et échanges facilités pour les cliniciens. en interne ou à l’extérieur. Les secrétaires n’ont plus de dossier radiologique à gérer et sont donc plus disponibles pour mieux organiser leur travail et les archivistes voient leur carrière évoluer. Rapidité d’accès aux informations. Les manipulateurs. l’accès aux examens antérieurs facilite la reproductibilité des examens successifs pour la surveillance. Parallèlement. chaque médecin ayant accès directement et simultanément aux images.3 Les avantages du PACS Pour les patients. quant à eux. même en consultation. C’est également un outil d’aide à la prise de décision du fait de la facilité et de la rapidité des échanges entre médecins qu’il induit. - Premier stockage sur un espace court terme d’accès très rapide qui contient 2 années d’examens en ligne. validation par les radiologues et conservation de tous les examens sur les consoles d’acquisition. gagnent un temps précieux qu’ils peuvent consacrer aux patients. Pour les radiologues et médecins cliniciens. 5. le PACS est un gage de qualité des soins supplémentaire à tous les niveaux de la prise en charge (du diagnostic au suivi thérapeutique).- Indexation dans une base de données Oracle. impression des clichés sur films ou CD-ROM et archivage de la liste des examens du jour pour une vérification ultérieure. - Archivage sur un second dispositif de plus grosse capacité qui sert également de stockage secondaire et permet d’avoir l’intégralité des examens en ligne avec des temps d’accès légèrement moins performants. 43 . Le dossier image intégré au dossier médical informatisé du patient est l’assurance d’un meilleur suivi. Des procédures spécifiques de crise en « mode dégradé » ont été mises en place en cas de dysfonctionnement ou de panne majeure : utilisation du serveur back up éteint en temps normal. - Envoi des images vers un second serveur qui va piloter un robot de sauvegarde sur bandes pour une sauvegarde externalisée en cas d’incident technique majeur. renforcent la qualité du diagnostic et de la décision médicale.

 Le IHE (Integrating the Healthcare Enterprise) défini pour assurer le partage d’informations entre professionnels de santé.  Le HL7 (Health Level 7) pour l’échange d’informations textuelles qui assure l’uniformité et la compatibilité entre les RIS et les SIH. coûts d’administration). En 2007.. le « sans film » a fait évoluer les pratiques professionnelles en facilitant la gestion des images. 6 Conditions du développement de ces réseaux La transmission des images au travers d’un réseau nécessite une standardisation du format des messages et le respect des normes et protocoles établis par l’industrie pour assurer la cohérence et l’inter compatibilité des systèmes. et ouvert de nouvelles perspectives pour les manipulateurs et les archivistes. Ces économies sont néanmoins en partie réduites par l’ensemble des coûts de fonctionnement du PACS (maintenance. Le système RIS/PACS. renouvellement matériel. les frais de films de l’Institut Curie (en France) s’élevaient à 500 000 euros par an. de nombreux pays l’ont compris et ont investi dans les réseaux d’imagerie RIS et PACS pour entrer en cohérence avec le développement des installations d’appareils d’imagerie multi-coupes (scanners. les frais de maintenance sur les reprographes ont chuté drastiquement. ils n’étaient plus que de 20 000 euros (principalement pour les mammographies). pour améliorer la qualité des soins et pour réduire les coûts de santé. 44 . intégré au SIH est un outil d’avenir pour constituer le dossier d’imagerie du patient. Il améliore la qualité des soins en favorisant la communication entre les praticiens autour de l’imagerie et plus généralement du dossier patient auquel l’image doit être intégrée. Ces normes sont :  Le DICOM (Digital Imaging Communication in Medicine . l’ensemble des données patient étant reliées en ligne. les réseaux d’imagerie intra hospitaliers permettront à terme une communication inter établissements et la réalisation d’un dossier patient. Ces équipements sont fondamentaux.) dont ils optimisent les fonctionnalités. transmission d’imagerie médicale numérique). le PACS représente une économie considérable sur le coût des films : en 2003. En Europe et dans le Monde.D’un point de vue économique. Du point de vue de l’organisation du travail. En améliorant la circulation des images dans la structure hospitalière. A cela s’ajoutent des avantages écologiques évidents. En outre. IRM.

etc. prénom. il est possible.6. 6. puis une de L1 vers L3 et une L3 vers L1. sexe. Valeur ajoutée de la standardisation de la communication entre les applications Considérons un système d’information de santé composé de six logiciels différents : un d’admission (L1). cette règle se généralise au développement et à la maintenance de n*(n-1) interfaces : c’est absolument ingérable ! Pour l’exemple précédent. pour échanger ces informations. dossier administratif patient…) ». Une de L1 vers L2. date de naissance. un d’imagerie (L5) et un logiciel de facturation (L6). il faudrait développer deux interfaces entre chaque logiciel. un de prescription de médicaments (L2). de décliner dans chacune de ces six applications ses informations d’identité.1 Un format de message commun : le standard HL7 Définition Tout comme la langue de Shakespeare est le « standard » de la communication orale et écrite entre les individus de notre planète. à savoir ses nom. avec le standard HL7. adresse et identifiant. et ainsi de faciliter le développement d’interfaces. laboratoires. Dans le cas où il n’y aurait pas de norme de communication entre les différents logiciels. financières et administratives entre différents systèmes d’information hospitaliers (imagerie. soins infirmiers. Les standards et normes de l’imagerie médicale Les standards et les normes en informatique permettent de simplifier et d’uniformiser la communication entre les applications. Lorsqu’un patient se rend dans un établissement de santé. dans le cadre de son parcours de soins. à maintenir et à faire évoluer ! Illustration de 30 interfaces Pour un SI composé de n éléments. Ce qui représente un total de 30 interfaces d’échange à développer. il n’y a plus qu’une seule interface d’échange car les six logiciels parlent un langage commun. un de planification des rendez-vous (L3). HL7 (Health Level 7) est le « standard » de communication « qui définit un format de message pour les échanges informatisés de données cliniques. une L2 vers L1. un de biologie (L4). Illustration d’une interface 45 .

les informations « à diffuser » aux autres applications sont regroupées dans un fichier. HL7 obtient une accréditation de l’American National Standard Institute (ANSI) pour le standard de communication HL7. Elles sont positionnées dans des « cases ». Ce fichier est ensuite diffusé et décodé par les autres applications qui le reçoivent. que l’on appelle « des segments ».Illustration d’une interface 6.3 Principe Chaque application stocke ses informations dans sa base de données et dans son propre langage. Puis. 6. 46 .2 Historique HL7 est une organisation née en 1987 aux États-Unis et dont l’objectif est de créer un standard de communication pour les systèmes informatiques hospitaliers. pour chaque patient. En 1994. Voici l’exemple d’un fichier HL7 pour le patient « Paul Durand ».

l’IPP du patient figurera toujours dans le segment n°3 (ici la valeur 011796171).1 Définition DICOM est l’acronyme de Digital Imaging and COmmunications in Medecine. Il existe des variantes du standard HL7 en fonction des pays. ou encore d’une structure commune pour la gestion informatique de l’imagerie médicale. notamment pour la prise en compte des différences de construction des noms de famille ou pour la gestion d’informations complémentaires. À titre d’exemple. la version 2014 s’est vue enrichie d’un package comportant 14 nouveaux éléments ! 47 . d’un standard. Puis le septième segment contiendra invariablement la valeur « date de naissance » si elle est connue. Certains nouveaux chapitres sont en cours de réflexion et de rédaction alors que d’autres ont été annulés. la cinquième « case » contiendra toujours les valeurs NOM^PRENOM (valeur « DURAND^PAUL » dans notre exemple). Ce standard évolue en permanence en étendant son domaine d’application. Il s’agit d’une norme.Exemple d’un fichier HL7 avec un éditeur HL7 Sur la ligne PID (Patient IDentification). Le standard DICOM pour les images 7. 7. Sur cette même ligne PID.

0 2011 ou encore DICOM 3. à la thermographie.3 Principe Des modalités DICOM bien définies telles qu’un scanner.). Derrière cette définition un peu floue. une date de naissance. 48 . avec la version 3 que naît le standard DICOM en tant que tel. le National Electrical Manufacturers Association (NEMA). etc. à l’ophtalmologie.2 Historique C’est en 1985 qu’une société savante américaine de radiologues. etc. 7. une valeur de numéro unique d’examen. Ces données seront par exemple une image au format . Des mécanismes pourront ensuite être appliqués à cet objet. Actuellement. se rassemblent et établissent la première version du standard lié à l’imagerie médicale : la norme ACR/NEMA. 7. Les données de l’objet sont appelées des champs DICOM ou encore des tags DICOM. à la radiothérapie. copie.0 mars 2014. vont traiter des objets DICOM (les images) en leur appliquant des services (affichage. 7.1 Objets DICOM Qu’est-ce qu’un objet informatique ? Un objet est un conteneur symbolique qui possède sa propre existence et incorpore des informations et des mécanismes en rapport avec le monde réel. des informations sur les examens.jpg. une IRM ou encore un PACS. cependant. il faut concevoir un « objet » DICOM comme une encapsulation de données DICOM. etc. il n’y a plus d’incrémentation. Une seconde version vit le jour en 1988. un IPP patient. Nous parlerons donc de Version DICOM 3. DICOM prend alors le numéro de versioning 3. impression. EEG). et un groupement d’industriels. l’American College of Radiology (ACR). mais c’est réellement en 1990. une vidéo au format AVI. une valeur de numéro unique d’image. La version 3. Ce dernier peut contenir un ou plusieurs autres objets. elle est en constante évolution et adaptation. et qui sont traités dans un programme.0.3.DICOM s’applique maintenant aux signaux (ECG.0 existe toujours.

Considérons que cet examen est contenu dans une grosse boîte. on y découvre d’autres boîtes : une intitulée « données patient ». Boîte « Scanner Thorax Abdomen Pelvis de Paul Durand » 49 . soit une série du thorax. Le libellé de l’examen « Scanner Thorax Abdomen Pelvis de Paul Durand » y est inscrit.Image DICOM et objets associés Pour comprendre simplement la notion d’objet DICOM Prenons l’exemple du patient Paul Durand qui a scanner de 600 images composé de trois séries de 200 images chacune. etc. une « série pelvis ». une « données de l’examen d’imagerie ». À l’ouverture. une de l’abdomen et une du pelvis (bassin). une autre « série Thorax ». Il s’agit d’une série par région anatomique scannée. Cette boîte représente un objet DICOM. une « série abdominale ».

la boîte « données patient » contient également d’autres boîtes : celles du nom. jusqu’à « image 200 ». 50 .jpg. Chacune des boîtes « images n » contient deux objets DICOM : une valeur « image » et un objet « données associées à l’image ». compressée avec ou sans perte : le format « jpeg lossy » pour les images compressées avec pertes et le format « jpeg lossless » pour celles compressées sans perte. La valeur « image » est l’image réalisée en tant que telle. Ces mêmes contenants renfermeront des valeurs. « libellé de l’examen ». Dans la boîte « données de l’examen d’imagerie ».À l’ouverture. Celle intitulée « numéro unique d’identification de l’examen » contient une valeur qui n’est autre que le numéro unique de l’examen (l’accession number). L’objet « données associées à l’image » contient entre autres la valeur « numéro unique de l’image ». « image 002 ». de la date de naissance. la boîte « série Thorax ». Il s’agit par exemple d’une image au format . puis 200 boîtes libellées « image 001 ». se décompose en une boîte « libellé de la série » contenant la valeur « Thorax ». Boîtes « données patient » et « données de l’examen d’imagerie » Enfin. etc. ou encore « modalité d’imagerie utilisée ». « lieu de réalisation de l’examen ». « date de l’examen ». à savoir « Durand » pour la boîte « nom » et « Paul » pour « prénom ». du prénom. nous trouverons les boîtes « numéro unique d’identification de l’examen ».

il s’agit du transfert d’informations d’une modalité DICOM vers une imprimante DICOM. 51 .4 Comprendre les services DICOM Reprenons l’exemple de l’objet DICOM Scanner Thorax Abdomen Pelvis de Paul Durand du paragraphe précédent et appliquons-lui différents services.2 Services DICOM Le traitement des objets DICOM se fait par l’application de mécanismes qu’on appelle des services. etc.  Service Storage (par exemple rangement/copie) : nous demandons au scanner d’envoyer.  Query/Retrieve DICOM : interrogation d’objets DICOM.  Storage DICOM : copie d’images d’une modalité DICOM vers une autre. au format DICOM. une copie de l’objet DICOM « Scanner Thorax Abdomen Pelvis de Paul Durand » qu’il vient de créer. ou encore des séries d’examens pour afficher des images sur l’écran de l’ordinateur. l’exemple le plus fréquent étant le transfert des images de la modalité d’acquisition vers le système d’archivage. Nous présentons ici une série d’exemples de services DICOM nécessaires au transfert d’informations entre les modalités d’imagerie et les outils informatiques. à savoir un ou plusieurs examens.  Print DICOM : impression de films/images .Boîtes « série Thorax » et « image 01 » 7.3. 7. à la destination système PACS de gestion des archives.  C_Find DICOM : acquisition de la worklist. comme un reprographe.

Pour cela. Le reprographe destinataire comprendra le message et réalisera l’opération d’impression. Cette boîte aux lettres est située à une adresse précise . Enfin. en langage DICOM. la modalité d’imagerie doit posséder un nom propre qu’on appelle un AET. Un port d’écoute est un numéro logique qui permet de différencier les services auxquels on peut accéder. de même pour la modalité qui est aussi localisée à une adresse précise et fixé du réseau informatique de l’établissement : il s’agit de l’adresse IP (Internet Protocol). si nous souhaitons imprimer sur film une image du « Scanner Thorax Abdomen Pelvis de Paul Durand ». Pour cela. nous appliquons le service de Query/Retrieve sur l’objet DICOM « Scanner Thorax Abdomen et Pelvis de Paul Durand » archivé sur le PACS. Tout comme une boîte aux lettres est dotée d’un nom. nous interrogeons. soit Application Entity Title. Par conséquent. chaque modalité possède trois informations de paramétrage indispensables à la communication. Cela revient à dire ici qu’elle « autorise » le courrier à y être déposé par le facteur. Le PACS répond en présentant à l’utilisateur la liste des examens d’imagerie archivés pour le patient sélectionné. la trappe de la boîte aux lettres doit être accessible et ouverte pour y glisser le courrier. nous choisissons dans la liste l’examen (l’objet DICOM) « Scanner Thorax Abdomen et Pelvis de Paul Durand » pour l’afficher sur notre écran : c’est le service « Retrieve »  Service Print : enfin. De manière identique la modalité d’imagerie doit autoriser la communication des informations d’imagerie médicale. Identification DICOM Pour traiter et échanger des objets. Ensuite. installé sur un PC du réseau. il faut que son port d’écoute soit ouvert. nous appliquons un service « Print » à l’image affichée. les modalités d’imagerie doivent impérativement discuter entre elles et se comprendre (standard DICOM). Nous pouvons comparer cette « localisation » aux informations nécessaires pour le courrier postal. Elles doivent aussi se localiser logiquement sur le réseau. le PACS pour qu’il nous liste les examens disponibles en visualisation pour le patient Paul Durand : c’est le service « Query » (Questionnement). Service Query/Retrieve : puis à partir d’un visualiseur d’images DICOM quelconque. 52 .

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