Science économique

II- Mondialisation, finance internationale et
intégration européenne

Acquis de première : gains à l'échange.
Notions : commerce intra-firme,
compétitivité prix et hors prix,
délocalisation, externalisation, firmes
multinationales, spécialisation.

2.1 Quels sont les fondements du commerce international et

Thème 213 – Comment expliquer la mondialisation de la production ?

Tâche complexe réalisée par : Pascale et Frédéric Lafon
Lycée Jay de Beaufort Périgueux(24)
Durée estimée : 3 heures

Caractéristiques
générales de la
tâche complexe

Circonstances

Activité en classe entière par groupe de 4 élèves

Lien entre
l'activité et le
programme

Niveau : Terminale
Thème 2 : Mondialisation, finance internationale et intégration européenne
Question : 2.1 Quels sont les fondements du commerce international et de
l'internationalisation de la production ?

 Pré-requis nécessaires :
Acquis de première : gains à l'échange.
Notions : commerce intra­firme, compétitivité prix et hors prix, délocalisation, 
externalisation, firmes multinationales, spécialisation.
Objectifs :

On analysera les choix de localisation des entreprises et leurs
stratégies d'internationalisation. On étudiera à cette occasion les
principaux déterminants de la division internationale du travail, en
insistant sur le rôle des coûts et la recherche d'une compétitivité
hors prix
On s’interrogera sur les stratégies de délocalisation, relocalisation
de la production pour une industrie et un territoire précis : le
secteur du cuir et la branche du luxe en Dordogne

Compétences :
– Capacité à mobiliser les informations pertinentes d’un dossier
– Capacité à mobiliser les connaissances pertinentes
– Capacité à transférer les connaissances pertinentes
– Capacité à argumenter

En amont de la tâche complexe :

Mobilisation du thème
21

Exercices de
remédiation

Exercices progressifs

Un exercice sur la maîtrise des avantages
comparatifs : Révisions sur Ricardo par I.
Gautier

Un exercice sur Les fondements du
commerce
international
et
de
l’internationalisation de la production
(qcm - texte à trous)
Deux exercices sur les effets des
fluctuations de change : Les effets des
fluctuations des changes sur la sphère
productive et Les effets des fluctuations
des changes
Exercice de synthèse

Prérequis du thème
213
En complément

Vidéos pour
remobiliser
les savoirs
Pastilles
vidéos

Un exercice sur les déterminants de la
spécialisation, les délocalisations et leur
réalité : Délocalisation et dumping

Pour visionner les pastilles vidéos : cliquez ici
Cliquez : ici
un pearltrees sur l’industrie du cuir et du luxe en Dordogne

Le scénario de la tâche complexe :
La France est confrontée, depuis plus de 30 ans, à une désindustrialisation qui, dans un contexte de fort
chômage, se traduit par un mécontentement croissant de la population. En France comme aux Etats-Unis
lors des campagnes électorales, de nombreuses voix s’élèvent pour accuser la mondialisation d’être
responsable de cette évolution. Le dumping fiscal et social multiplierait les délocalisations et donc les
fermetures d’usines qui conduiraient à une désertification de pans entiers du territoire. Afin de répondre à
ces inquiétudes, le Conseil Régional de la région Aquitaine Limousin Poitou Charentes vous a chargés de
montrer que les délocalisations ne sont pas une fatalité. A partir de l’exemple des métiers du cuir et du luxe,
vous prouverez que l’articulation des actions des institutionnels et des entreprises a permis de relancer une
industrie qui paraissait condamnée.
Vous appartenez à une équipe de quatre chercheurs du CEPII : Centre de recherche français dans le domaine de
l’économie internationale
Le CEPII produit études, recherches, bases de données et analyses sur les grands enjeux de l’économie mondiale. Il
organise des conférences et colloques sur des questions liées à l’économie internationale. Service du Premier ministre
créé en 1978, il est membre du réseau coordonné par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective.
Le CEPII s’adresse aux décideurs publics et privés, aux institutions internationales, aux économistes, à la société
civile, à la presse.
Le Conseil Régional de la région ALPC vous a chargés de rédiger un numéro de la lettre du CEPII de 4 pages afin
d’éclairer simplement la population sur les enjeux de la relocalisation d’une industrie du cuir et du luxe en Dordogne.
Pour vous aider dans vos recherches un dossier documentaire est mis à votre disposition

Complétez le tableau ci-dessous en utilisant les documents (2 heures)
A partir des documents 1 et 2, montrez
que l’industrie du cuir et de la
chaussure était jusqu’aux années 80 un
acteur majeur de l’emploi en
Dordogne
Explicitez en les raisons
A partir des documents 3 et 4,
explicitez les raisons de la crise à
laquelle a été confrontée l’industrie du
cuir et de la chaussure
A partir des documents 3 à 5, montrezen les répercussions
En utilisant le document 6, pointez les
forces et les faiblesses de l’industrie
du cuir et de la chaussure en France
Quelles sont les mesures à mettre en
œuvre pour lutter contre les
délocalisations et relocaliser la
production en France ?
En vous servant des documents 7 et
8, montrez que l’entreprise Repetto a
parfaitement adapté les préconisations
opérées à la question précédente
Quelles en sont les répercussions ?
A partir des documents 9 et 10,
montrez que les entreprises ont été
confrontées à une pénurie de main
d’oeuvre qualifiée
Comment ont-elles répondu à la perte
de savoir faire des années 80-90 ?
En utilisant les documents 11 et 12
montrez que l’articulation des acteurs
(région , ministère de l’éducation
nationale et entreprises ) a permis non
seulement de créer des emplois mais
aussi de redynamiser un secteur
apparemment condamné
En utilisant le document 13 montrez
qu’un cluster (à définir) est en voie de

constitution qui crée une dynamique
dans la nouvelle région

A partir des éléments que vous avez construits dans le tableau
problématiserez
(1 heure)

élaborez le plan de votre article que vous

Dossier documentaire :

Document 1 :
Jusque dans les années quatre-vingt, les industries des vêtements et de la chaussure, à l’exception de la haute
couture, se caractérisaient par la production de masse de modèles normalisés qui ne changeaient guère d’une
saison à l’autre. L’essentiel de la production de matières premières et de produits finis se déroulait
relativement près des consommateurs finaux. Aux Etats-Unis et dans de nombreux pays d’Europe, les
industries du textile, des vêtements, du cuir et de la chaussure étaient florissantes. Les activités étaient
déterminées par l’offre, les cycles de production étaient prévisibles, la base de fournisseurs était
généralement régionale et assez stable et on dénombrait deux collections saisonnières (printemps/été et
automne/hiver).
Source : Salaires et temps de travail dans les industries du textile, des vêtements, du cuir et de la chaussure,
Organisation internationale du travail, 2014.
Document 2 : Un savoir-faire industriel historique
La vallée de l’Isle, territoire historique des industries de la chaussure et de l’habillement en Dordogne. Une
main d’œuvre alors abondante, principalement féminine, rendue disponible grâce à la mécanisation de
l’agriculture, a attiré de nombreuses entreprises du secteur dans la période d’après-guerre, pour compter
jusqu’à 8 000 emplois à son maximum entre 1968 et 1975. Un nombre d’emploi qui, à la fin des années
1990, ne s’élèvera plus qu’à 2 500, du fait, notamment, de l’ouverture à la concurrence internationale, et à
moins de 1000 aujourd’hui.
Source : http://www.aquitaine.fr/actions/innovation-et-emploi/economie/l-aquitaine-terre-d-avenir/un-poled-excellence-aquitain-du-cuir-et-du-luxe-en-perigord
Document 3 :
Dans les années quatre-vingt-dix, les distributeurs des industries du textile, des vêtements, du cuir et de la
chaussure ont commencé à développer leurs gammes de produits. La formule consistant à associer des
modèles plus à la mode, la création de marques distinctes et la recherche de coûts de production plus faibles
à l’étranger s’est révélée rentable. La forte concurrence a poussé les distributeurs à se regrouper, ce qui a
augmenté le pouvoir de négociation des entreprises acheteuses. Les marques et les distributeurs de
vêtements et de chaussures ont commencé à déplacer les activités de production à l’étranger et à externaliser
les activités manufacturières, en quête d’une main-d’œuvre et de possibilités de production peu coûteuses.
Aujourd’hui, la concurrence entre les marques et les distributeurs est plus féroce que jamais, et la plupart des
entreprises de vêtements conçoivent et commercialisent leurs produits dans les pays développés, tandis
qu’elles sous-traitent la production à des fabricants établis dans des pays en développement. Au cours des
vingt-cinq dernières années, le nombre de collections par an a considérablement augmenté, certaines
marques de mode présentant jusqu’à 20 collections chaque année.
La destruction d’emplois avait déjà commencé avant 2005, mais l’Europe a conservé sa place de premier
fabricant et de premier exportateur de cuir, textile et de vêtements au niveau mondial jusqu’en 2010.
L’abandon progressif de l’Arrangement multifibres, la crise financière et la hausse du coût du travail, des
matières premières et des transports ont eu une incidence majeure sur l’emploi en Europe, où la moitié des
emplois des industries du cuir, textile et des vêtements ont été détruits au cours de la dernière décennie

D’après des sources sectorielles, la Chine contribue pour 53,4 pour cent à l’emploi mondial dans l’industrie
de la chaussure. Cette contribution est de 12 pour cent pour l’Inde et l’Asie centrale (Turquie), de 19,8 pour
cent pour l’Asie du Sud-Est, de 5,2 pour cent pour l’Europe, de 4,9 pour cent pour le Brésil et de 0,6 pour
cent pour le reste de l’Amérique du Sud, de 2,2 pour cent pour l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Océanie et de
seulement 1,9 pour cent pour les Etats-Unis.
Source : Salaires et temps de travail dans les industries du textile, des vêtements, du cuir et de la chaussure,
Organisation internationale du travail, 2014.

Document 4 :
Conséquence de la perte de ses principaux marchés, l’usine Marbot-Bata, spécialisée dans la fabrication de
chaussures militaires qui emploie 74 salariés à Neuvic-sur-L’isle (Dordogne), va fermer ses portes.
La semaine dernière, le PDG de Bata s’est rendu sur le site périgourdin pour annoncer aux employés la
cessation d’activité quasi incontournable de l’usine qui fabrique des rangers. Travaillant pour l’armée de
terre, la gendarmerie et la police nationale, elle a peu à peu perdu ses principaux clients.
Ironie du sort, il y a quelques semaines, les salariés de l’entreprise étaient conviés à découvrir un film
montrant leur savoir-faire et les différentes étapes de fabrication des chaussures militaires. Une soixantaine
d’étapes est nécessaire pour transformer les peaux de cuir en chaussures d’une robustesse exceptionnelle.
L’idée d’envoyer le film au Président de la République, Nicolas Sarkozy, montrant un savoir-faire qui risque
de partir en fumée, a germé dans les esprits.
Source : Marbot s’avance à grands pas vers la fermeture, C Goinière in l’usine nouvelle ,oct 2009 ;
http://www.usinenouvelle.com/article/marbot-s-avance-a-grands-pas-vers-la-fermeture.N119409
Document 5
Voilà plus d'un an que l'usine de chaussures Marbot-Bata de Neuvic a officiellement disparu via une
liquidation judiciaire. Dans sa chute, elle a entraîné la perte de 73 postes. Certains employés sont partis à la
retraite ou en pré-retraite, une poignée a retrouvé un emploi, peu se sont lancés dans une formation et
beaucoup cherchent un CDI.
Marbot était une institution à Neuvic. Ses parents, ses grands parents y travaillaient. Elle avait attendu avril
2000 pour y entrer.
Alain Belondrade, installé à Saint-Léon-sur-l'Isle, est aussi un ancien Marbot. Il a quitté l'entreprise en 2008,
au tout début de la tempête. De nouveaux remous dans la vie de celui qui avait travaillé pendant vingt-cinq
ans chez le chausseur Aster, également disparu. Coupeur pour Aster, Alain s'occupait des premières semelles
chez Marbot.
« J'ai eu des hauts et des bas. Je me suis dit que j'étais sur la touche. C'est pas simple de retrouver un emploi
quand on a 50 ans, une maison, une famille et qu'on n'a connu que le cuir et la chaussure », confie l'ancien
ouvrier. Comme les autres, Alain est passé par la case intérim et CDD. Il a postulé dans des entreprises
comme Repetto. Il a aussi pensé se recycler dans les parcs et jardins, avant de constater que le secteur était
bouché.
Dernièrement, il a eu plusieurs contrats aidés en tant qu'agent d'entretien à la maison de retraite de SaintLéon. Il est actuellement en attente d'un poste définitif.
Avec ses 130 heures, il gagne autour de 900 euros par mois. Alors, pour améliorer l'ordinaire, il est aussi
auto-entrepreneur pour animer les bals et mariages. « Je ne pensais pas qu'à mon âge je recommencerais à
faire le Guignol derrière mes platines. Je ne suis pas David Guetta, mais je me débrouille », sourit-il.
Alain n'a pas gardé de contacts avec ses anciens collègues. Pourtant, il ne peut retenir une pointe d'amertume
quand il repense à Marbot. « J'ai trouvé lamentable la façon dont nous avons perdu les contrats pour les
rangers de l'armée. On faisait de la bonne chaussure en cuir. On avait beaucoup de travail, mais on se
reposait trop sur ces commandes de l'État. On n'avait pas développé autre chose, une poire pour la soif. Ça
fait mal au cœur de voir partir ce savoir-faire. Déjà que j'avais connu ça chez Aster »
Comme Florence ou d'autres anciens de Marbot-Bata, le discours ambiant sur le « made in France » le fait
rire jaune. Il y a trois ans, c'est le ministère de la Défense français qui n'a pas retenu l'entreprise dans ses
appels d'offres.
Source : http://www.sudouest.fr/2012/03/02/on-nous-a-totalement-oublies-647888-710.php

Document 6 :
A:

B:

Source :
http://www.entreprises.gouv.fr/files/files/directions_services/secteurs-professionnels/etudes/c12cuir-chaussure.pdf
Document 7 : Valoriser le made in France
En ces temps de morosité ambiante et de démagogie partagée, il ne faut pas bouder son plaisir. Quand Jean-Marc Gaucher vient
raconter comment il a transformé une ex icone de la danse en pleine déconfiture en hérault d'un certain chic français dans le
monde entier, on cède au charme de l'histoire(…).
En 2000, Repetto fabriquait pour Carrefour avec une marge brute de 10 %. Autrement dit, il produisait à perte. Pour maintenir une
production locale, dans son usine périgourdine, la société procède dans l'autre sens. La marge minimum est de 50 %, ce qui fixe le
prix final autour de 150 à 200 euros la paire. Soit 30 à 40 % plus cher qu'une fabrication en Chine. D'où le positionnement luxe et
danse. Car en Asie, les clientes réclament le « made in France » au dos de la semelle et sont prêtes à le payer. La rotation des
collections aide aussi. Comme Zara, le petit nombre de pièces par modèle, et a fortiori le sur-mesure, limite toute tentation
industrielle asiatique.
Source : Repetto : la certitude du coureur de fond,Les Echos n° 21154 du 28 Mars 2012 • page 10

Document 8 : Le fabricant de chaussons de danses et de chaussures vient de procéder à l’extension de
son usine de Saint-Médard d’Excideuil.

Repetto inaugure vendredi 16 novembre, en milieu d’après-midi, l’extension de ses nouveaux locaux, sur son site
industriel de Saint-Médard-d’Excideuil (Dordogne), qui emploie 170 salariés. Une inauguration en présence d’Arnaud
Montebourg, le ministre du Redressement productif.Ce sont 3 000 m² supplémentaires qui ont été érigés pour
permettre de passer à court terme de 2000 à 6 000 paires de chaussons et ballerines par jour. Et ainsi satisfaire la
demande qui ne cesse de grossir. Sur les 3 000 m² d’ateliers supplémentaires, qui ont nécessité un investissement de 3
millions d’euros, 250 m² sont dédiés à un centre de formation. L’entreprise dispose d’un savoir-faire, la technique du
"cousu retourné" : chaque semelle de cuir est cousue à l’envers avant d’être retournée.
Source : Repetto inaugure l’extension de son site de Dordogne,Par Colette Goinère (Aquitaine) - Publié le 16
novembre 2012, © Jean-Louis Salque - L'Usine Nouvelle

Document 9 :
"Je n'avais jamais eu de CDI", dit fièrement Aurore, 34 ans, qui vient d'intégrer l'usine de fabrication de chaussures
Repetto à Saint-Médard-d'Excideuil (Dordogne). "Avant, j'avais travaillé comme intérimaire dans des tas de trucs
différents : pièces de voiture, ramassage des fraises, décoration, peinture... C'était toujours des petits boulots, des
missions, je cherchais un vrai job, à long terme", explique-t-elle.
Comme Stéphanie (37 ans) et Nathalie (45 ans), Aurore vient de terminer une formation de quatre mois et demi et
toutes trois débutent tout juste sur le site de production, au piquage et à la finition. Annie, du haut de ses 42 ans de
maison, supervise leur travail et leur donne des coups de main.
Ces nouvelles recrues sont les premières d'une longue série. Elles ont été sélectionnées en collaboration avec Pôle
emploi, après avoir passé des tests de dextérité, de logique, puis une formation théorique et technique
A cinq kilomètres du site de Repetto, dans le lycée professionnel des métiers du bâtiment de Chardeuil, deux espaces
sont réservés à la formation des prochaines recrues : quatre jeunes femmes s'initient en trois semaines au
"bichonnage", la finition des chaussures et leur mise en boîte. Deux d'entre elles étaient auparavant au chômage.
Dans un autre atelier, Gaël, Adil et Sabrina, venus d'horizons variés – implants chirurgicaux, ordonnancement dans un
groupe papetier, chimie cosmétique – sont en formation longue (six mois) avant de diriger une ligne de production
dans l'usine. Tous les trois sont déjà salariés, en CDI.
"Une entreprise qui recrute et forme son personnel, c'est rare", dit Gaël. D'autant plus que les nouveaux emplois en
Dordogne ne sont pas légion
Source :
http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/03/19/le-chausseur-repetto-veut-tripler-la-production-deson-site-en-dordogne-et-embauche_1672073_3234.html#uRUpassVG5QCDZ15.99

Document 10 :
Pour leurs ateliers de maroquinerie, Vuitton et Hermès privilégient les qualités d'écoute, de travail en équipe et de
dextérité manuelle, et assurent la formation.
Laurence travaillait dans une usine de steak haché, Céline était prothésiste dentaire et Katie experte en toilettage
canin. Rien ne les prédestinait à travailler dans un atelier de maroquinerie. Pourtant, elles font aujourd'hui partie des
précieuses petites mains du nouveau site de Louis Vuitton, ouvert il y a moins d'un an, à Marsaz (Drôme). Pour
augmenter ses capacités de production, la marque de luxe a mis en place un système de recrutement dit par «
simulation ». Pas besoin d'expérience particulière en couture ou surpiquage ! Toute la formation se fait en interne. Un
système privilégié de plus en plus dans l'industrie. Et particulièrement dans le luxe, « tant il n'existe pas ou peu de
formations adaptées », d'après les responsables de ces ateliers de fabrication.

Source : Le luxe préfère l'habileté au CV,Par Adrien Cahuzac - Publié le 01 mars 2012 | L'Usine Nouvelle
n° 3274
Document 11 : En 2012, un pôle d’excellence aquitain du cuir et du luxe, un outil mutualisé de formation à destination
des industriels, a été créé à Thiviers
Le pôle d'excellence aquitain du cuir et du luxe de Thiviers part d'une très bonne idée : doter les entreprises
charentaises, périgourdines et limousines du cuir et du luxe d'un outil de formation mutualisé au top de la technologie.
Une étude de marché avait chiffré fin 2013 à quelque 103 entreprises (représentant 5000 emplois) le potentiel
d'utilisateurs de ce centre de formation.
On compte en effet dans un rayon de près de 50 kilomètres autour de Thiviers (Dordogne) quelques fleurons français
du secteur comme Weston (Haute-Vienne), Ferrand (Charente), Repetto et Hermès (Dordogne). « C'est un exemple
très original en France de mutualisation de moyens », confirme Françoise Nicolas du centre technique du cuir de
Lyon.
Le Conseil régional a investi un million d'euros dans de nouveaux locaux dédiés, hébergés par le lycée professionnel
Portes d'Aquitaine de Thiviers, spécialisé dans les formations aux métiers d'art et à l'ébénisterie. Il accueille 260 élèves

des trois régions, dont 160 internes. La Région a aussi mis 500 000 euros dans l'achat de matériel pédagogique de
premier plan.

Source : Comment la Dordogne forme aux métiers du luxe,Sud Ouest Éco ,Publié le 08/01/2016 par
Jean-Bernard Gilles
Document 12 : Hermès, Repetto, J.M. Weston... dès novembre, 13 entreprises formeront à tour de rôle
des artisans dans les métiers du cuir haut de gamme. L'initiative vise à reconvertir des demandeurs
d'emploi, tout en comblant un besoin en main d'oeuvre qualifiée.
L'initiative est inédite en France: dans les métiers du cuir haut de gamme, où l'on peine à trouver de la main d'oeuvre
qualifiée, 13 entreprises dont Hermès et Repetto vont former des artisans, chacune à leur tour, sur une plateforme
commune financée sur fonds publics. Ce "Pôle d'excellence aquitain des métiers du cuir et du luxe" a été inauguré
vendredi à Thiviers dans le Périgord et une première formation y est prévue dès novembre.
Pour les régions partenaires du projet, à savoir l'Aquitaine, le Limousin et le Poitou-Charentes où sont implantées
beaucoup d'entreprises du cuir et du luxe, le but est à la fois social et industriel: il s'agit de reconvertir des demandeurs
d'emploi et de participer au développement d'entreprises du terroir. Objectif: former plus de 100 personnes par an.
Laurent Duray, PDG de CWD, spécialisée dans la fabrication de selles d'équitation, est "emballé": "Il était très
compliqué pour nous de former des recrues au sein de notre unité de production. Là, on va pouvoir le faire. On lance
le 4 novembre à Thiviers une session de formation initiale de trois mois pour 8 personnes, qui sera suivie de contrats
en alternance", dit-il à l'AFP.
"C'est une approche innovante pour le monde de l'entreprise, qui va entrer dans la sphère de l'enseignement puisque la
plateforme est adossée au lycée professionnel de Thiviers. Et on pourra profiter de la restauration et de l'hébergement
au sein de l'internat", relève Laurent Duray.
(…)
Ensemble, l'Aquitaine, le Limousin et le Poitou-Charentes emploient 2055 salariés dans la fabrication de chaussures et
près de 1600 dans la sellerie-maroquinerie, dont 300 chez Weston à Limoges, 350 chez Arco à Châtellerault ou encore
380 à la Maroquinerie des Orgues en Corrèze.

Source : Des marques du luxe s'unissent pour former des ... - L'Express,23 sept. 2014
Document 13 : Dordogne et Charente : les portes du cuir
L'idée lancée à Nontron (24) continue de faire son chemin : rassembler une fois par an tous les acteurs de la filière cuir
du bassin du Périgord Limousin Charentais dans une ville différente. Ainsi sont nées les Portes du cuir, un salon
itinérant pour réunir les professionnels et leur donner une vitrine auprès du grand public (..)
Le rôle d'Hermès
Au pays des charentaises, il y aura également l'exposition des résultats d'un concours professionnel : « Repensez la
chaussure d'intérieur ». Six jeunes designers de toute la France y participent. Le lieu des portes du cuir de cette année
n'a pas été choisi par hasard, car Montbron accueille le dernier né des ateliers de maroquinerie Hermès, inauguré au
printemps.
Cela rappelle et confirme le poids du champion du luxe dans le renouveau de cette filière dans la région qui fut un très
gros bassin d'emploi de la chaussure avant de décliner. Et c'est d'ailleurs après la fermeture de l'usine Adidas de
Nontron, que le patron d'Hermès, sensibilisé par des proches au drame des ouvrières, avait installé un atelier dans cette
ville il y a plus de vingt ans. D'abord pour de la porcelaine et des cravates, avant d'arriver dans le cuir de métier avec
de la petite maroquinerie en cuir, puis des sacs de prestige. Non loin de là, la société a aussi repris la ganterie de SaintJunien qu'elle continue de relancer.
Des pépites industrielles
Ce bassin comporte aussi de belles pépites industrielles dans le cuir et le luxe : Repetto et ses légendaires ballerines
fabriquées à Saint-Médard-d'Excideuil que l'entrepreneur Jean-Marc Gaucher a relancé au niveau mondial.
À Limoges, ce sont les non moins légendaires chaussures Weston qui font briller la filière cuir. Surtout connue des
cavaliers, la fabrique de selles de compétition CWD créée à Nontron par des anciens d'Hermès (encore) est l'une des
entreprises les plus dynamiques du secteur. Il y a aussi les tanneries de Chamont en Dordogne ou Gal à Bellac qui sont
très réputées. Sans oublier le rôle du Pôle des métiers d'art de Nontron qui fédère de nombreux artisans d'art et qui
héberge l'association des Portes du cuir.
5 000 emplois
Un pôle d'excellence rural permet aussi l'approvisionnement en peaux de qualité en provenance du Périgord vert et
même au-delà grâce à l'engagement de la Sobeval à Boulazac qui fournit des peaux de veaux. Plus largement, un
projet de cluster industriel est en gestation.

Source : Dordogne et Charente : les forces du cuir,Publié le 29/09/2015 . Mis à jour à 11h24 par Hervé
Chassain