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French - Défis et enjeux d'une nouvelle traduction écrit

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DEFIS ET ENJEUX D’UNE NOUVELLE TRADUCTION FRANCAISE DU CORAN SAMI ALDEEB

(texte provisoire)

Site personnel: www.sami-aldeeb.com Adresse email: saldeeb@bluewin.ch Cet ouvrage peut être commandé auprès de son éditeur suisse: Éditions de l'Aire, Vevey: http://www.editions-aire.ch/details.php?id=1382 ou auprès d'Amazon.fr: www.amazon.fr/Coran-AbuSalieh/dp/288108849X/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1211 Le lecteur trouve la préface, l'avant-propos, l'introduction et les dix premiers chapitres du Coran dans: http://www.samialdeeb.com/files/article/282/Arabic_Coran_preface_et_introduction.pdf Les propos tenus dans ce texte n'engagent que leur auteur.

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1) Raisons personnelles derrière cette traduction.......................................................3 2) Ordre chronologique du Coran..............................................................................4 3) Orthographe du Coran..........................................................................................10 4) Variantes et lectures du Coran.............................................................................11 5) Abrogation de versets du Coran...........................................................................13 6) Renvoi aux écrits juifs et chrétiens......................................................................15 7) Méthode de traduction.........................................................................................16 8) Index des noms et des notions..............................................................................18 9) Regards musulmans sur cette nouvelle édition du Coran....................................18

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1) Raisons personnelles derrière cette traduction Chaque fois qu'un étudiant vient me voir pour choisir un sujet de mémoire ou de thèse, je lui demande: "En quoi cela te touche personnellement?" Sans un intérêt personnel, on ne met pas de passion dans le travail. Et sans passion rien de bon ne se fait. J'ai publié une vingtaine de livres, et chaque livre était une réponse à des questionnements personnels. Ma traduction du Coran s'inscrit dans cette optique. Je suis né à Zababdeh, près de Jénine, en 1949. Village palestinien de Cis-Jordanie, à majorité chrétienne, entouré de 80 villages musulmans. Avec nos frères musulmans, la cohabitation était parfois cordiale, parfois conflictuelle, jusqu'au sang. Dès mon jeune âge je me suis intéressé à la religion. À l'âge de 10 ans, un instituteur de mon village m'a même demandé de formuler les questions pour l'examen de religion d'une classe supérieure. En 1961 je suis entré au Petit Séminaire de Beit-Jala pour devenir curé. Mais en 1965, j'ai été renvoyé: "Ce garçon n'est pas normal, gardez-le au village", écrit père Pierre Grech, directeur du Séminaire, au curé de ma paroisse, le Père Fouad Hijazine. De 1965 à 1968, j'ai appris le métier de tailleur chez les Pères salésiens de Bethléem. En 1970, j'ai fait ma maturité littéraire comme autodidacte, et obtenu une bourse de l'œuvre St-Justin de Fribourg, grâce à un prêtre dominicain, le Père Adrien Schenker, que je remercie. J'ai fait mes études de droit à l'Université de Fribourg, avec un doctorat sur les non-musulmans en pays d'Islam, cas de l'Égypte. Depuis 1980, je travaille comme juriste responsable du droit arabe et musulman à Lausanne et ces dernières années j'ai donné des cours sur ce droit à Aixen-Provence et à Palerme. Pendant mes études et dans mon travail, le Coran est un instrument de travail indispensable. Écrivant surtout en français, j'utilise plusieurs traductions françaises du Coran. Pourquoi donc une nouvelle traduction du Coran? Habitant parmi les musulmans et m'intéressant à la religion, il était normal que je lise le Coran, lequel fait partie de ma culture d'arabe, étant le premier livre en langue arabe. J'ai acquis mon premier Coran à l'âge de 16 ans à la gare centrale des bus de Jérusalem. Mais comme je n'en comprenais rien, je l'ai vite offert à un ami musulman. Je n'y suis retourné qu'à l'âge de 24 lorsque j'ai commencé ma thèse de doctorat à Fribourg. Mais j'ai toujours éprouvé des difficultés à le lire et à le comprendre. J'ai fait part de ces difficultés à un professeur égyptien, Muhammad Ahmad Khalaf-Allah, rencontré au Caire en 1977. Il m'a expliqué que pour lire le Coran, il faut le classer par ordre chronologique. Il m'a signalé un livre écrit en 1977 où il plaide pour la publication du Coran par ordre chronologique: Dirasat fil-nudhum wal-tashri'at alislamiyyah, Maktabat al-anglo-al-masriyyah, le Caire, 1977, p. 245-257. En 1986, j'ai rédigé un petit fascicule de 34 pages à l'intention de mes étudiants à l'Institut de droit canonique de Strasbourg intitulé: Introduction à la lecture juridique du Coran. Cela m'a forcé à lire de nombreux ouvrages sur le Coran.

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Le Coran est mon instrument de travail presque quotidien. Écrivant surtout en français, je me suis servi de différentes traductions. Mais je devais aussi revenir au texte arabe pour vérifier la traduction. Je devais souvent retoucher les versets que je citais. Mais les éditions arabes et les traductions françaises ne répondaient pas à mes questionnements. Je voulais lire le Coran par ordre chronologique, comme me le conseillait le professeur égyptien, ensuite je voulais connaître les versets abrogés et abrogés, les variantes du Coran et ses sources d'inspiration. Il fallait me référer à d'autres ouvrages, difficilement accessibles, pour répondre à ces informations. Je me suis alors proposé de faire une édition bilingue du Coran qui répond à tous ces besoins. Cette traduction m'a pris 5 ans de travail et elle est sortie le 1er avril 2008 aux Éditions de l'Aire, à Vevey, après avoir été refusé par 40 éditeurs français, belges et suisses. C'est donc une édition faite sur mesure, pour répondre à mes propres questionnements, mais qui peut aussi être utiles à d'autres qui ont les mêmes difficultés à border le Coran. Voyons donc en quoi diffère cette édition bilingue du Coran par rapport aux autres éditions qui existent dans les bibliothèques et les librairies. 2) Ordre chronologique du Coran Pour comprendre cette question, il faut rappeler quelques faits: Mahomet est né à la Mecque en 570. Vers 610, il commence à entendre un message provenant, selon la tradition musulmane, de l'ange Gabriel. En 622, il quitte la Mecque pour Yathrib, devenue depuis Médine. En 632, il meurt à Médine. La révélation a donc duré environ 22 ans, dont 12 à la Mecque, et 10 à Médine.

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Selon la tradition musulmane, le Coran aurait existé par écrit du temps de Mahomet sur de nombreux objets: morceaux de cuir, des tessons de poterie, des nervures médianes de palmes, des omoplates ou des côtes de chameaux. Objets difficiles à classer, à consulter, à transporter, ou à mettre sur les rayons des bibliothèques. Il fallait donc réunir les passages dispersés du Coran dans un livre, similaire à celui en usage chez les juifs et les chrétiens. Plusieurs compagnons de Mahomet avaient leurs propres recueils du Coran, mais qui divergeaient l'un de l'autre. Pour éviter de telles divergences, l'État musulman a promulgué sa propre édition du Coran, la seule agréée, ordonnant la destruction de toute autre version qui se trouvait auprès des compagnons de Mahomet, non sans résistance de la part de ces derniers. Une première édition a été faite sous le règne du Calife Abu-Bakr (décédé en 634), et une deuxième sous le règne du Calife 'Uthman (décédé en 65). C'est l'édition qui circule actuellement parmi les musulmans. On parle du Coran de 'Uthman.

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Le Coran de 'Uthman classe les 114 chapitres du Coran, à quelques exceptions près, en fonction de leur longueur. Certains auteurs musulmans croient que cet ordre a été approuvé par Mahomet, sur indication de l'ange Gabriel. Mais l'opinion dominante soutient que seul l'ordre des versets à l'intérieur des chapitres a été approuvé par Mahomet, alors que l'ordre des chapitres a été fixé par la commission qui a établi le Coran. On invoque le fait que des compagnons de Mahomet avaient des versions du Coran classant les chapitres de façon différente de l'ordre actuel du Coran. On ignore les raisons pour lesquelles le Coran actuel a été mis dans cet ordre. On peut avancer l'hypothèse que l'autorité politique était intéressée par les chapitres qui comportaient des versets normatifs. On rejeta alors vers la fin les chapitres du début de la révélation ayant un caractère moraliste et poétique. Il n'existe aucune édition du Coran en langue arabe qui classe les chapitres par ordre chronologique. Régis Blachère a publié, 1949-1950, une traduction du Coran intitulée: "Le Coran, traduction selon un essai de reclassement des sourates". Mais dans les éditions suivantes, il est revenu à l'ordre normal des chapitres, sans donner de raison. On peut donc dire qu'actuellement mon ouvrage constitue le seul Coran bilingue par ordre chronologique qui existe sur le marché, toutes langues confondues. L'ordre chronologique du Coran a les avantages suivants: Il permet de voir l'évolution de la révélation reçue par Mahomet, et de la société du temps de ce dernier. Il permet de voir l'évolution des rapports entre la communauté musulmane naissantes et les communautés religieuses qui existaient du temps de Mahomet. Il permet de voir les versets abrogeants et abrogés: des versets révélés au début ont été abrogés par le Coran par la suite. Pour savoir ce qui a été révélé en premier, il faut donc classer ces versets par ordre de révélation.

L'ordre chronologique du Coran n'est cependant pas facile à établir. Il n'y a pas d'unanimité ni entre les savants musulmans ni entre les orientalistes occidentaux. La classification qui acquiert le plus d'adhésion parmi les musulmans et que je suis, est celle adoptée par la commission de l'Azhar dans l'édition égyptienne du Coran en 1923, appelé Mushaf du Roi Fu'ad. Cette édition du Coran indique sous le titre de chaque chapitre son ordre chronologique. Pour remettre les chapitres dans l'ordre chronologique, il suffit donc de mettre le Coran sur ordinateur et trier les chapitres dans cet ordre. Ce n'est donc pas très magique. N'importe qui peut le faire, mais personne ne l'a fait, le texte du Coran étant censé intouchable. L'ordre chronologique du Coran ne resoud cependant pas tous les problèmes. En effet, trente-cinq chapitres de l'époque mecquoise comportent des versets de l'époque hégirienne (dite aussi médinoise). Comme on ne sait pas dans quel chapitre médinois mettre ces versets, j'ai dû les laisser là où ils sont, tout en les indiquant avec la lettre H en rouge. Et ce problème s'ajoute celui des nombreuses répétitions à l'intérieur du Coran. Par exemple l'histoire de Moïse ou de Noé est racontée dans plusieurs chapitres. S'agit-il de plusieurs révélations consécutives, ou d'une transposition de différents manuscrits du Coran? On l'ignore.

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Je donne ici l'exemple de quatre classification du Coran: Selon l'Azhar en 1923, selon Noldeke (décédé en 1930), selon Blachère (décédé en 1973) et selon 'Uthman (décédé en 656). Le rouge indique les chapitres et les versets médinois: Ordre chronologique selon L'Azhar Nolde Blachère ke 5 48 46 87 91 93 89 97 99 92 112 55 39 88 113 51 52 53 96 72 54 70 50 69 44 45 73 103 74 102 42 47 100 114 89 87 95 113 84 75 77 90 76 57 73 67 69 58 55 65 107 64 105 66 56 102 116 91 89 97 115 86 77 79 92 78 59 75 74 70 60 57 67 109 66 107 68 58 Ordre actuel selon le Coran de 'Uthman Nom, nombre des versets et période du chapitre 1: ‫الفاتحة‬ La liminaire - 7 versets - mecquois 2: ‫البقرة‬ La vache - 286 versets - hégirien 3: ‫آل عمران‬ La famille d'Imran - 200 versets hégirien 4: ‫النساء‬ Les femmes - 176 versets - hégirien 5: ‫المائدة‬ Le banquet - 120 versets - hégirien 6: ‫النعام‬ Les bétails - 165 versets - mecquois [sauf: 20, 23, 91, 93, 114, 141, 151153] 7: ‫العراف‬ Les redans - 206 versets - mecquois [sauf: 163-170] 8: ‫النفال‬ Le butin - 75 versets - hégirien 9: ‫التوبة‬ Le revenir - 129 versets - hégirien 10: ‫يونس‬ Jonas - 109 versets - mecquois [sauf: 40, 94-96] 11: ‫هود‬ Houd - 123 versets - mecquois [sauf: 12, 17, 114] 12: ‫يوسف‬ Joseph - 111 versets - mecquois [sauf: 1-3, 7] 13: ‫الرعد‬ Le tonnerre - 43 versets - hégirien 14: ‫ابراهيم‬ Abraham - 52 versets - mecquois [sauf: 28-29] 15: ‫الحجر‬ Al-hijr - 99 versets - mecquois [sauf: 87] 16: ‫النحل‬ Les abeilles - 128 versets - mecquois [sauf: 126-128] 17: ‫السراء‬ Le voyage nocturne - 111 versets mecquois [sauf: 26, 32-33, 57, 73-80] 18: ‫الكهف‬ La caverne - 110 versets - mecquois [sauf: 28, 83-101] 19: ‫مريم‬ Marie - 98 versets - mecquois [sauf: 58, 71] 20: ‫طه‬ Taha - 135 versets - mecquois [sauf: 130-131] 21: ‫النبياء‬ Les prophètes - 112 versets - mecquois 22: ‫الحج‬ Le pèlerinage - 78 versets - hégirien 23: ‫المؤمنون‬ Les croyants - 118 versets - mecquois 24: ‫النور‬ La lumière - 64 versets - hégirien 25: ‫الفرقان‬ La délivrance - 77 versets - mecquois [sauf: 68-70] 26: ‫الشعراء‬ Les poètes - 227 versets - mecquois

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48 49 85 84 57 75 90 58 43 41 56 38 59 60 61 62 63 64 65 66 95 111 106 34 67 76 23 37 97 46

68 79 81 74 82 70 103 85 86 60 50 59 80 78 71 82 61 53 72 88 96 108 112 54 39 40 28 49 43 41

69 81 83 76 84 71 105 87 88 62 52 61 82 80 72 85 63 55 73 90 98 110 114 56 49 22 30 50 28 23

27: ‫النمل‬ 28: ‫القصص‬ 29: ‫العنكبوت‬ 30: ‫الروم‬ 31: ‫لقمان‬ 32: ‫السجدة‬ 33: ‫الحزاب‬ 34: ‫سبا‬ 35: ‫فاطر‬ 36: ‫يس‬ 37: ‫الصافات‬ 38: ‫ص‬ 39: ‫الزمر‬ 40: ‫غافر‬ 41: ‫فصلت‬ 42: ‫الشورى‬ 43: ‫الزخرف‬ 44: ‫الدخان‬ 45: ‫الجاثية‬ 46: ‫الحقاف‬ 47: ‫محمد‬ 48: ‫الفتح‬ 49: ‫الحجرات‬ 50: ‫ق‬ 51: ‫الذاريات‬ 52: ‫الطور‬ 53: ‫النجم‬ 54: ‫القمر‬ 55: ‫الرحمن‬ 56: ‫الواقعة‬

[sauf: 197, 224-227] Les fourmis - 93 versets - mecquois La narration - 88 versets - mecquois [sauf: 52-55] L'araignée - 69 versets - mecquois [sauf: 1-11] Les romains - 60 versets - mecquois [sauf: 17] Luqman - 34 versets - mecquois [sauf: 27-29] La prosternation - 30 versets - mecquois [sauf: 16-20] Les coalisés - 73 versets - hégirien Sabaa - 54 versets - mecquois [sauf: 6] Le créateur - 45 versets - mecquois Yasin - 83 versets – mecquois [sauf: 45] Les rangés - 182 versets - mecquois Sad - 88 versets - mecquois Les groupes - 75 versets – mecquois [sauf: 52-54] Le pardonneur - 85 versets - mecquois [sauf: 56-57] Les versets exposés - 54 versets mecquois La consultation - 53 versets - mecquois [sauf: 23-25, 27] Les ornements - 89 versets - mecquois [sauf: 54] La fumée - 59 versets - mecquois L'agenouillée - 37 versets - mecquois [sauf: 4] Al-Ahqaf - 35 versets – mecquois [sauf: 10, 15, 35] Mahomet - 38 versets - hégirien La conquête - 29 versets - hégirien Les clôtures - 18 versets - hégirien Qaf - 45 versets - mecquois [sauf: 38] Les vanneurs - 60 versets - mecquois Le mont - 49 versets - mecquois L'astre - 62 versets - mecquois [sauf: 32] La lune - 55 versets - mecquois [sauf: 44-46] Le tout miséricordieux - 78 versets hégirien L'avènement - 96 versets - mecquois [sauf: 81-82]

8

94 105 101 91 109 110 104 108 99 107 77 2 78 79 71 40 3 4 31 98 33 80 81 24 7 82 86 83 27 36 8 68 10 35 26 9 11 12 28 1 25 100 93

99 106 102 110 98 94 104 93 101 109 63 18 24 42 51 62 23 2 36 52 32 33 31 17 27 26 37 29 22 15 19 34 35 11 16 10 13 12 20 1 14 92 25

101 108 104 112 100 96 106 95 103 111 65 51 24 33 53 64 34 2, 36 27 34 bis 25 26 20 17 18 15 35 19 43 9 16 21 42 40 7 14 4 5 10 1, 32 29 94 11

57: ‫الحديد‬ 58: ‫المجادلة‬ 59: ‫الحشر‬ 60: ‫الممتحنة‬ 61: ‫الصف‬ 62: ‫الجمعة‬ 63: ‫المنافقون‬ 64: ‫التغابن‬ 65: ‫الطلق‬ 66: ‫التحريم‬ 67: ‫الملك‬ 68: ‫القلم‬ 69: ‫الحاقة‬ 70: ‫المعارج‬ 71: ‫نوح‬ 72: ‫الجن‬ 73: ‫المزمل‬ 74: ‫المدثر‬ 75: ‫القيامة‬ 76: ‫النسان‬ 77: ‫المرسلت‬ 78: ‫النبأ‬ 79: ‫النازعات‬ 80: ‫عبس‬ 81: ‫التكوير‬ 82: ‫النفطار‬ 83: ‫المطففين‬ 84: ‫النشقاق‬ 85: ‫البروج‬ 86: ‫الطارق‬ 87: ‫العلى‬ 88: ‫الغاشية‬ 89: ‫الفجر‬ 90: ‫البلد‬ 91: ‫الشمس‬ 92: ‫الليل‬ 93: ‫الضحى‬ 94: ‫الشرح‬ 95: ‫التين‬ 96: ‫العلق‬ 97: ‫القدر‬ 98: ‫البينة‬ 99: ‫الزلزلة‬

Le fer - 29 versets - hégirien La dispute - 22 versets - hégirien Le rassemblement - 24 versets hégirien L'éprouvée - 13 versets - hégirien Le rang - 14 versets - hégirien Le vendredi - 11 versets - hégirien Les hypocrites - 11 versets - hégirien La duperie mutuelle - 18 versets hégirien La répudiation - 12 versets - hégirien L'interdiction - 12 versets - hégirien Le royaume - 30 versets - mecquois Le calame - 52 versets - mecquois [sauf: 17-33, 48-52] L'avérante - 52 versets - mecquois Les escaliers - 44 versets - mecquois Noé - 28 versets - mecquois Les djinns - 28 versets - mecquois L'emmitouflé - 20 versets - mecquois [sauf: 10-11, 20] L'enveloppé - 56 versets - mecquois La résurrection - 40 versets - mecquois L'humain - 31 versets - hégirien Les envoyées - 50 versets - mecquois [sauf: 48] La nouvelle - 40 versets - mecquois Les arracheurs - 46 versets - mecquois Il a froncé - 42 versets - mecquois L'enroulement - 29 versets - mecquois L'entrouverture - 19 versets - mecquois Les fraudeurs - 36 versets - mecquois La fissuration - 25 versets - mecquois Les constellations - 22 versets mecquois L'astre nocturne - 17 versets - mecquois Le plus élevé - 19 versets - mecquois L'enveloppante - 26 versets - mecquois L'aube - 30 versets - mecquois La contrée - 20 versets - mecquois Le soleil - 15 versets - mecquois La nuit - 21 versets - mecquois Le plein soleil - 11 versets - mecquois L'ouverture - 8 versets - mecquois Le figuier - 8 versets - mecquois Les adhérences - 19 versets - mecquois La prédétermination - 5 versets mecquois La preuve - 8 versets - hégirien La secousse - 8 versets - hégirien

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14 30 16 13 32 19 29 17 15 18 114 6 22 20 21

30 24 8 21 6 9 4 3 5 45 111 3 44 46 47

13 12 31 6 39 41 3 8 38 45 113 37 44 47 48

100: ‫العاديات‬ 101: ‫القارعة‬ 102: ‫التكاثر‬ 103: ‫العصر‬ 104: ‫الهمزة‬ 105: ‫الفيل‬ 106: ‫قريش‬ 107: ‫الماعون‬

Les coursiers - 11 versets - mecquois Le cataclysme - 11 versets - mecquois La multiplication - 8 versets - mecquois L'époque - 3 versets - mecquois Le calomniateur - 9 versets - mecquois L'éléphant - 5 versets - mecquois Quraysh - 4 versets - mecquois Le refuge - 7 versets - mecquois [sauf: 4-7] 108: ‫الكوثر‬ L'abondance - 3 versets - mecquois 109: ‫ الكافرون‬Les mécréants - 6 versets - mecquois 110: ‫النصر‬ Le secours - 3 versets - hégirien 111: ‫المسد‬ Les fibres - 5 versets - mecquois 112: ‫ الخلص‬La pureté - 4 versets - mecquois 113: ‫الفلق‬ La fente - 5 versets - mecquois 114: ‫الناس‬ Les humains - 6 versets - mecquois

L'ordre chronologique du Coran ne touche pas au texte du Coran. Mais par respect à ceux qui préfèrent lire le Coran dans l'ordre habituel, j'ai ajouté à la fin de mon édition deux tables des matières. La première comporte la liste des chapitres par ordre chronologique et la deuxième, la liste des chapitres par ordre normal. Ainsi le lecteur peut lire le coran dans l'ordre de son choix. Chaque verset comporte aussi une double numérotation: l'ordre chronologique et l'ordre normal. Exemple: M-53/12:40. 3) Orthographe du Coran L'orthographe arabe a connu plusieurs étapes. Celle adoptée dans le Coran se situe au milieu de cette évolution. Du temps de Mahomet, l'écriture arabe notait les consonnes, les voyelles longues, mais jamais les voyelles brèves. En outre, certaines lettres de forme identique notaient des consonnes différentes. Ainsi, un signe unique rendait b, t, th, n et y. Des points (nuqat) distinguant les consonnes, et des accents (harakat) désignant les voyelles courtes ont été ajoutés ultérieurement et progressivement au Coran. Sans ces points et ces accents, la lecture exacte du Coran est pratiquement impossible et reste tributaire des personnes qui l'ont appris par cœur. Même avec l'introduction des points et des accents, l'orthographe du Coran s'écarte très sensiblement de celle en usage depuis plus d'un millénaire dans les autres écrits en langue arabe. On constate aussi qu'à l'intérieur du Coran, certains mots sont écrits de différentes manières. Ainsi le nom Ibrahim (Abraham) est écrit 15 fois dans le chapitre 87/2 sous la forme Ibrahm (sans le i), et 54 fois ailleurs sous la forme Ibrahim (avec le i). Des auteurs musulmans estiment que l'orthographe des mots a été indiquée par Mahomet à ceux qui écrivaient la révélation de son temps. Certains vont jusqu'à attribuer un sens ésotérique aux erreurs d'écriture. Mais Ibn-Khaldoun (décédé en 1406) est d'avis que l'orthographe du Coran est tout simplement défectueuse. Je laisse cette question aux chercheurs. Il existe sur ordinateur des versions du Coran avec l'orthographe moderne, notamment pour faciliter la recherche par Word. À ma connaissance, la seule version complète du Coran utilisant l'orthographe moderne est celle accompagnant la traduction italienne

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faite par Gabriele Mandel Khan, éditée par UTET, Turin, 2004. Après avoir longuement hésité, j'ai renoncé à produire la version en orthographe moderne afin de ne pas toucher au texte sacré des musulmans. Pour faciliter la lecture de ce texte, j'ai donné une liste indicative des termes dont l'orthographe moderne diffère de l'orthographe coranique originale. Voilà quelques exemples: Orthographe coranique            Orthographe Orthographe Orthographe moderne coranique moderne ْ ِ ِ َ َْ ‫أبصارهم‬ ِ َ ِْ     ‫إبراهيم‬  ‫الثمرات‬ َ َّ ‫خاسئين‬ ِِ َ ‫الزكاة‬ َّ             ‫ثلثة‬ ََ َ ‫الحياة‬ ََ ْ ْ ُ َْ َ َ ‫رزقناهم‬ Orthographe Orthographe coranique moderne َّْ  ‫التوراة‬  َُ َ َ   ‫تظاهرون‬     َّ  ‫جنات‬ ِّ َّ    ‫ربانيين‬    ََ ّ  ‫الصلة‬   َ َّ َ  ‫يا أيها‬  َ ُ َ  ‫يا موسى‬ 

ََ ّ  ‫الضللة‬  ّ ِِ َ َ  ‫يا سامري‬   َ ُ ِ ْ َْ َ  ‫يستأخرون‬  

ُ ََ ّ ‫الضعفاء‬

ّ َِ َ ‫يا بني‬

َ َُ ْ َ   ‫يسألونك‬  

4) Variantes et lectures du Coran La différence entre l'orthographe coranique et l'orthographe moderne est à distinguer de la question des variantes du Coran, même si les deux questions se recoupent. Des chi'ites accusent le Calife 'Uthman (décédé en 656) d'avoir supprimé ou modifié les passages dans lesquels il est fait mention de 'Ali (décédé en 661), son rival politique. Des chapitres entiers et de nombreux versets auraient ainsi disparu ou auraient été tronqués du Coran. Muhammad Mal-Allah, un auteur sunnite, donne 208 exemples de falsifications prétendues par les chi'ites. Tout en ne niant pas que certains courants chi'ites aient prétendu la falsification du Coran, un petit ouvrage anonyme, sans éditeur et sans maison d'édition, rejette l'attribution d'une telle prétention au chi'isme. Il ajoute que de telles prétentions de falsification se retrouvent en plus grand nombre aussi dans des ouvrages sunnites. Ces discussions irritent les musulmans religieux qui affirment avec force que le Coran n'a jamais été altéré, contrairement à la Bible et à l'Évangile. Cette affirmation relève du dogme musulman. Le Coran ne dit-il pas: "C'est nous qui avons fait descendre le rappel, et nous le garderons" (54/15:9)? Je n'entends pas entrer dans cette polémique. Ma tâche est plus modeste et se focalise sur des variantes du Coran admises par les autorités musulmanes. D'où proviennent ces variantes? 11

Les sources musulmanes rapportent que 'Umar (décédé en 644) avait entendu quelqu'un réciter le chapitre 42/25 autrement que lui. Il l'amena à Mahomet qui fit réciter à chacun sa version et il les approuva toutes les deux en disant que le Coran a été révélé en sept lettres. Des récits similaires sont rapportés concernant d'autres chapitres du Coran. Que signifie le terme lettres dans le récit mentionné? Certains estiment que le Coran a été révélé en sept variantes qui tiennent compte des différents dialectes arabes, afin de faciliter l'accès du Coran aux tribus qui ne parlaient pas le dialecte de Quraysh, tribu de Mahomet. À part la révélation du Coran en sept lettres, les sources musulmanes parlent de différentes lectures du Coran. Ces lectures seraient dues au fait que l'écriture initiale du Coran était difficile à déchiffrer sans l'aide de ceux qui ont mémorisé le Coran. On a admis ainsi quatorze lectures attribuées à des lecteurs au bénéfice d'une chaîne de garants remontant aux compagnons de Mahomet. L'édition de l'Azhar, la plus répandue de nos jours, a favorisé celle de Hafs, telle que transmise par 'Asim. C'est cette lecture qui sert de base pour le texte du Coran que je publie. L'édition tunisienne du Coran suit la lecture de Nafi', telle que rapportée par Qalun, alors que l'édition marocaine du Coran suit la lecture de Nafi', telle que rapporté par Warsh. Ces variantes, selon la doctrine islamique unanime, appartiennent à la révélation. Elles fournissent des informations importantes sur la manière de prononcer l'arabe par les différentes tribus, et constituent un moyen pour comprendre un texte coranique qui originairement était sans points et sans accents. Elles ont aussi des conséquences juridiques lorsqu'elles touchent des passages normatifs. Les variantes du Coran figurent dans les différentes lectures du Coran et sont rapportées par les ouvrages islamiques classiques. Afin d'éviter les polémiques, je me base exclusivement sur les sources modernes suivantes approuvées par les autorités religieuses islamiques: ► 'Umar, Ahmad Mukhtar et Makram, 'Abd-al-'Al Salim: Mu'jam al-qira'at alqur'aniyyah ma' muqaddimah fil-qira'at wa-ashhar al-qurra', 6 volumes, 3ème édition, 'Alam Al-kutub, le Caire, 1997. Les deux premières éditions ont été publiées par l'Université du Kuwait. Ce recueil est approuvé par l'Académie des recherches islamiques de l'Azhar. ► Al-Khatib, 'Abd-al-Latif: Mu'jam al-qira'at, 11 volumes, Dar Sa'd-al-Din, Damas, 2000. Cet ouvrage est approuvé par la Direction de l'ifta' et de l'enseignement religieux en Syrie. Il indique souvent, en plus des variantes, leur sens. ► Al-Qira'at, dans: http://www.altafsir.com/Recitations.asp. Ce site est géré par Aal Al-Bayt Institute for Islamic Thought, qui dépend de la famille royale jordanienne. Il existe un très grand nombre de variantes. La première source utilisée indique plus de 10'000 mots du Coran qui ont une ou plusieurs variantes. Comme il n'est pas possible de les reprendre toutes, j'ai sélectionné surtout celles qui peuvent influencer le sens, comportent une modification grammaticale d'un mot, suppriment ou ajoutent un mot ou un passage, et substituent un mot ou un passage à un autre. J'ai omis les variantes se limitant à une élision de deux mots. Le lecteur intéressé par l'ensemble des variantes peut revenir à mes trois sources. Malgré ce choix réduit, les variantes indiquées dans mon ouvrage touchent 3462 versets sur les 6236 que comporte l'édition de l'Azhar, sans tenir compte des différences entre l'orthographe moderne et l'orthographe coranique dont j'ai parlé plus haut. En outre, j'ai omis les variantes des termes suivants qui se répètent souvent:

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‫إبراهام، إبراهم، إبراهم، إبراهم، إبرهم‬ َُ َ ِ ُ َ َ ْ ‫ِ ْ َ ِ َ ِ ْ َ ِ َ ِ ْ َِ َ ِ ْ َ ِ َ ِ ْ َ َ ِ ْ َ ِ َ أ‬ ‫إسرايل، إسراييل، إسريل، إسرائل، إسرال، إسرائن، َسرال‬ ‫النجيل‬ َ ‫بيس‬ ‫باس‬ ‫بيوت‬ ُِ ‫ذرية، ذرية، ذرية، ذرية‬ ِّ َ َ ّ َ َ ّ ِ َ ّ ُ ‫رؤف، رووف، روف، رئف‬ َِ ٌ ْ َ َُ َُ ّ َ َّ ‫ربي، رب‬ ُُْ ‫رسل‬ ‫رضوان، رضوان‬ ُ ُ ْ ُ ‫السجن‬ ّْ ‫سراط، زراط‬ ‫عليهم، عليهم، عليهمو، عليهمو، عليهم، عليهم، عليهمي، علي ُمي‬ ِ ‫ََ ْ ُ ْ ََ ْ ُ ُ ََ ْ ُ ُ ََ ْ ِ ُ ََ ْ ِ ُ ََ ْ ِ ِ ََ ْ ِ ِ ََ ْه‬ ‫فيهم‬ ُ ‫القران‬ َ ُْ ‫مومن‬ ‫نبيء‬ ََْ ‫وه و‬ ُْ َ َ ‫يا قوم‬ ‫يوسف، يوسف‬ ِ ُ َ ُ ‫يونس، يونس، يؤنس‬ ِ ُ َ ُ ِ ُ 5) Abrogation de versets du Coran

‫إبراهيم‬ ‫إسرائيل‬ ‫النجيل‬ ِ ‫بئس‬ ‫بأس‬ َْ ‫بيوت‬ ُُ ‫ذرية‬ ‫رؤوف‬ َُ ّ َ ‫رب‬ ُُُ ‫رسل‬ ‫رضوان‬ ْ ِ ‫السجن‬ ّْ ‫صراط‬ َِ ‫عليهم‬ ِ ‫فيهم‬ ِ ‫القرآن‬ َْ ُ ْ ‫مؤمن‬ ّ ‫نبي‬ ََُ ‫وهو‬ ِْ َ َ ‫يا قوم‬ ‫يوسف‬ ُ ُ ‫يونس‬ ُ ُ

Le Coran a été révélé en 22 ans et a accompagné une société en mutation. Comme tout système normatif, il a subi des modifications. On parle d'abrogation, notion définie en droit musulman comme étant "l'annulation partielle ou totale de l'application d'une prescription de la shari'ah sur la base d'une indication postérieure annonçant explicitement ou implicitement cette annulation". De nombreux auteurs classiques ont écrit sur ce sujet considéré comme indispensable pour comprendre le Coran et, partant, pour exercer la fonction de juriste. L'abrogation a suscité des polémiques du temps de Mahomet. Ses adversaires l'accusaient de modifier les ordres donnés aux croyants. C'est alors que des versets coraniques ont été révélés indiquant que c'est Dieu qui a voulu ce changement par le biais de l'abrogation: Lorsque nous échangeons un signe par un autre, et Dieu sait le mieux ce qu'il fait descendre, ils disent: "Tu n'es qu'un fabulateur". Mais la plupart d'entre eux ne savent pas (70/16:101). Si nous abrogeons un signe ou que nous le fassions oublier, nous en apportons un meilleur, ou un semblable. Ne sais-tu pas que Dieu est puissant sur toute chose? (87/2:106). Les juristes musulmans ont distingué différentes formes d'abrogations: ► Un verset peut en abroger un autre, mais tous deux sont maintenus dans le Coran. On parle alors de l'abrogation de la norme et du maintien de la récitation. Ainsi le verset 87/2:115 relatif à la direction de la prière serait abrogé par le verset 87/2:144 qui fixe la direction de la prière vers la Kaaba.

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Des versets normatifs auraient été révélés à Mahomet, ensuite ils auraient été remplacés par d'autres versets à contenu différent. Mais ni les premiers, ni les derniers n'ont été inclus dans le Coran. Ainsi, la révélation aurait comporté, selon le témoignage de 'Ayshah, femme de Mahomet, un verset établissant l'interdiction du mariage entre parentés de lait s'il y a eu plus de dix tétées, chiffre ramené ultérieurement à cinq par un autre verset. Ces deux versets ont disparu du Coran, mais le dernier est toujours en vigueur. ► Un verset révélé qui se trouve dans le Coran peut être abrogé par un verset qui a disparu du Coran. Ainsi le verset 102/24:2 prévoit 100 coups de fouet en cas de fornication. Ce verset se trouve toujours dans le Coran, mais il serait abrogé par un autre verset ne figurant plus dans le Coran rapporté par le Calife 'Umar (décédé en 644) et qui prévoit la lapidation pour ce délit. ► Des versets ont été révélés à Mahomet, mais Dieu les lui a fait oublier. Ces versets, parfois transcrits par ses scribes, étaient effacés par miracle, et ceux qui les avaient appris par cœur les ont aussi oubliés par miracle. Le Coran fait écho de ce phénomène (8/87:6-7 et 87/2:106). ► Des versets sont révélés par le satan, mais abrogés par Dieu. Ceci est indiqué dans le verset 103/22:52. Appartiennent à cette catégorie les fameux versets sataniques (titre de l'ouvrage de Salman Rushdie) dont font écho les versets 23/53:19-23. ► Des versets du Coran sont abrogés par la Sunnah (tradition) de Mahomet. Ainsi le Coran dit: "On vous a prescrit, lorsque la mort se présente à l'un de vous et s'il laisse des biens, le testament en faveur des deux géniteurs et des plus proches selon les convenances. C'est un devoir pour ceux qui craignent [Dieu]" (87/2:180). Ce verset aurait été abrogé par la parole de Mahomet: "Pas de legs pour un héritier". ► Une parole de Mahomet est abrogée par un verset coranique. Ainsi, le pacte d'armistice signé entre Mahomet et la Mecque avant sa conquête comportait une clause selon laquelle Mahomet devait livrer tout homme qui se convertirait à l'islam pour le rejoindre. Cet accord a cependant été abrogé par le verset 91/60:10. ► Abrogations multiples: Un cas fameux est celui de l'interdiction de la consommation du vin, réglé progressivement par les versets 87/2:219, 92/4:43 et 112/5:90-91. Voilà donc trois versets coraniques s'abrogeant l'un l'autre, ne prévoyant aucune peine, et qui ont été abrogés (ou complétés) par un récit de Mahomet selon lequel il aurait flagellé le consommateur du vin. Aujourd'hui encore, l'abrogation suscite beaucoup de controverses. Elle a coûté la vie au penseur soudanais Mahmud Muhammad Taha, pendu en 1985 par Numeiri. Taha avait défendu l'idée que la première partie du Coran révélée à la Mecque, avant l'hégire, constitue le véritable islam, et que la deuxième partie révélée après l'hégire a un caractère conjoncturel. Par conséquent, selon Taha, la première partie abroge la deuxième partie. Les auteurs musulmans contemporains qui soutiennent le phénomène de l'abrogation au sein du Coran signalent que ce phénomène se trouve aussi dans l'Ancien et le Nouveau Testaments. Les auteurs musulmans ne sont pas d'accord sur le nombre des versets coraniques abrogés. Ainsi, Ibn-al-Jawzi (décédé en 1200) indique 247 versets abrogés, alors qu'Al-Suyuti (décédé en 1505) ne compte que les 22 suivants: 3/73:1-3*; 87/2:180; 87/2:183; 87/2:184; 87/2:217; 87/2:240; 87/2:284; 88/8:65*; 89/3:102*; 90/33:52; 91/60:11; 92/4:8; 92/4:15*; 92/4:16*; 92/4:33*; 102/24:2; 102/24:58; 105/58:12*; 112/5:2; 112/5:42; 112/5:106; 113/9:41. Passant en revue ces versets, une

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encyclopédie coranique publiée par le Ministère égyptien des waqfs en 2003 n'en retient que les versets marqués par (*). Mustafa Zayd compile les versets abrogés selon les différents auteurs classiques et parvient à 293 versets abrogés, mais luimême n'en retient que les six suivants: 3/73:1-3; 88/8:65; 92/4:15; 92/4:16; 92/4:43; 105/58:12. L'écart énorme entre les positions des auteurs musulmans doit inciter le lecteur à beaucoup de prudence avant de se prononcer sur ce qui est abrogé dans le Coran et ce qui ne l'est pas. Je me limite dans mon ouvrage à indiquer les versets qui sont abrogés et ceux qui les abrogent selon ces sources contradictoires, sans porter de jugement. L'abrogation soulève un problème sensible notamment en rapport avec ce que les sources classiques appellent le verset du sabre qui serait, selon l'opinion dominante, le verset suivant: Une fois écoulés les mois interdits, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Prenez-les, assiégez-les et restez assis aux aguets contre eux. Si ensuite ils sont revenus, ont élevé la prière et donné l'[aumône] épuratrice, alors dégagez leur voie. Dieu est pardonneur et très miséricordieux (113/9:5). Des auteurs classiques estiment que ce verset à lui seul abroge 124, voire 140 versets tolérants du Coran. On peut probablement expliquer l'attitude de ces auteurs (parfois reprise par les islamistes) par les tensions entre les musulmans et les non-musulmans. Des auteurs modernes contestent les conclusions de leurs aînés et préfèrent insister sur le caractère ouvert du Coran. Je signale ces versets dans les notes sans jugement de ma part. Les versets que j'indique comme abrogés dans mon ouvrage sont ceux qui existent encore dans le Coran. Les auteurs classiques signalent que le Coran aurait comporté un certain nombre de versets qui ont disparu. Selon ces auteurs, l'Ange Gabriel révisait annuellement le Coran avec Mahomet, la dernière révision ayant eu lieu avant sa mort. À chaque révision, l'ange supprimait des versets. Al-Suyuti (décédé en 1505) indique que le chapitre 90/33 était initialement de 200 versets, voire plus long que le chapitre 87/2 (286 versets), alors qu'il n'en reste dans le Coran que 73 versets. Il donne d'autres exemples de chapitres ou de versets disparus du Coran. 6) Renvoi aux écrits juifs et chrétiens Les musulmans savent que le Coran comporte des récits et des noms qui figurent dans l'Ancien et le Nouveau Testaments. Mais pour eux, cela ne tient pas au fait que Mahomet les a repris de ces ouvrages, mais au fait que ceux-ci, comme le Coran, ont pour auteur le même Dieu. Ceci relève d'un dogme qu'un musulman ne saurait mettre en question sans s'exposer à un grave danger. Mon but n'est pas de contredire ce dogme, mais de fournir au lecteur intéressé (comme le font d'autres traducteurs: Hamidullah, Boubakeur, Mandel, Masson, etc.), quelques éléments de comparaison, sans aucune prétention d'exhaustivité, en me limitant aux écrits juifs et chrétiens reconnus ou apocryphes qui ont précédé le Coran. Je signale ici que les renvois qui figurent dans la 1ère édition publiée à Paris en 1963 et la 12ème édition publiée à Beyrouth, s.d., ont disparu dans l'édition faite en Arabie saoudite par le Complexe du Roi Fahd pour l'impression du Noble Coran. Les renvois qui figurent dans l'édition publiée à Paris en 1967 dans la collection de la Pléiade ont aussi disparu dans la version revue par Sobhi El-Saleh et publiée à Beyrouth, s.d., avec l'autorisation de l'Azhar.

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7) Méthode de traduction Le Coran a été souvent traduit en français, principalement par des non-musulmans. Mais ces dernières décennies, des musulmans se sont mis à leur tour à le traduire. Dans ma traduction, j'ai tiré profit d'une vingtaine de traductions, en suivant les démarches suivantes: ► Lorsque j'ai traduit un terme dans un verset, j'ai recherché ce terme et ses dérivés à travers tout le Coran et j'ai essayé de trouver un seul terme français qui convienne partout, pour autant que la langue française le permette et sans faire violence au sens du terme arabe dans son contexte. Ainsi le terme ‫ أوحى‬et ses dérivés sont traduits partout par le terme révéler et ses dérivés français. De même le terme ‫ الغيب‬est traduit partout par secret (voir les sens donnés à ce terme dans la note de 87/2:3). Le terme ‫( آية‬pl. ‫ )آيات‬peut être traduit, soit par verset, soit par signe (dans le sens de miracle). Comme le contexte ne permet pas toujours de voir lequel de ces deux sens est le plus plausible, j'ai opté pour le terme unique de signe, dans la mesure où, selon le Coran et les musulmans, chaque verset constitue un signe, un miracle. ► Après la traduction des termes, j'ai contrôlé si le verset concerné ou une partie de ce verset se répétait ailleurs, et avons adopté la même traduction partout. Ceci a permis d'éviter le manque d'harmonie constaté dans certaines traductions précédentes. Ainsi Hamidullah traduit le verset 73/21:7: "Demandez donc aux érudits du Livre si vous ne savez pas", et le verset 70/16:43: "Demandez donc aux gens du rappel si vous ne savez pas", alors que le texte arabe dans les deux versets est le même: ‫.فاسألوا َهل الذكر إن كنتم ل تعلمون‬ َ ُ َْ َ َ ْ ُ ْ ُ ْ ِ ِ ْ ّ َ ْ ‫َ َُْ أ‬ Il traduit le verset 41/36:38: "Telle est la détermination du Tout Puissant, de l'Omniscient", le verset 55/6:96: "Voilà l'ordre conçu par le Puissant, l'Omniscient", et le verset 61/41:12: "Tel est l'ordre établi par le Puissant, l'Omniscient", alors que le texte arabe dans les trois versets est le même: ‫ذلك تقدير‬ ُ ِ ْ َ َ َِ ِ َِ ْ ِ ِ َ ْ ‫.العزيز العليم‬ Il traduit le verset 43/35:38: "connaît le contenu des poitrines", le verset 52/11:5: "connaît certes le contenu des poitrines", le verset 57/31:23: "connaît bien le contenu des poitrines", le verset 59/39:7: "connaît parfaitement le contenu des poitrines", le verset 88/8:43: "connait le contenu des cœurs", le verset 89/3:119: "connaît fort bien le contenu des cœurs", le verset 89/3:154: "connaît ce qu'il y a dans les cœurs", le verset 112/5:7: "connaît parfaitement le contenu des cœurs", alors que le texte arabe dans tous ces versets est le même: ‫.إنه عليم بذات الصدور‬ ِ ُ ّ ِ َ ِ ٌ َِ ُ ّ ِ ► Il y a différentes manières de traduire le Coran. Le traducteur peut paraphraser un passage en français, sans tenir compte de tous les mots. Cette méthode a été suivie notamment par Daouda et par Chiadmi qui se donnent une grande liberté, surtout dans les passages laconiques du Coran. Il y a ensuite la traduction littérale qui colle à la racine des termes. Cette méthode a été suivie surtout par Chouraqui, qui ne craint pas de recourir à des néologismes et parfois à une translittération des termes arabes. C'est ainsi qu'il traduit l'invocation en tête des chapitres par: "Au nom d'Allah, le Matriciant, le Matriciel", sous prétexte que les deux termes arabes Rahman et Rahim dérivent du terme rahm, la matrice. Chouraqui a préféré garder le terme Allah, alors que d'autres traductions, dont la nôtre, préfèrent le terme Dieu. Entre la traduction littérale et la traduction paraphrasique, j'ai choisi une voie médiane, en essayant de tenir compte autant que possible de chaque terme arabe pour le rendre par un terme français. C'est la 16

méthode suivie généralement par Blachère, Hamidullah et Boubakeur. La traduction mot à mot n'est cependant pas possible pour certaines expressions arabes, pour lesquelles il fallait trouver une expression française aussi proche que possible de l'expression arabe, en signalant la traduction littérale dans une note. La langue arabe utilise des termes pour indiquer les genres. Les traductions actuelles tiennent rarement compte de cet élément. Ainsi le terme ‫ إنسان‬est généralement traduit par homme, ce terme désignant en français aussi bien l'homme que la femme. Or, le correspondant français du terme arabe ‫ ,إنسان‬est humain, terme utilisé dans ma traduction. J'ai aussi traduit le pluriel de ce mot ‫ الناس‬par humains, au lieu d'hommes ou de gens. Il faut signaler que le terme ‫ إنسان‬est utilisé par le Coran par opposition aux esprits, aux animaux, aux plantes et aux matériaux inertes. Le terme arabe ‫ قوم‬qui indique un groupement humain réduit est traduit tantôt par gens, tantôt par tribu. J'ai préféré garder le seul terme de gens. Les termes arabes qui ont un équivalent francisé ont été rendus par ce dernier. Ainsi le terme shaytan a été rendu par satan (au lieu de diable); les deux termes jahim et jahannam, par géhenne (au lieu d'enfer ou fournaise); le terme ifrit, par Afrite (au lieu de polisson ou rusé); le terme qalam, par calame (au lieu de plume ou roseau taillé); le terme jin, par djinn (au lieu d'esprit); le terme majnoun, par possédé d'un djinn (au lieu de fou ou possédé par un esprit). Il en est de même des noms de personnes comme Abraham (Ibrahim), Jacob (Ya'qub), Jean (Yahya), Jésus (Isa), Job (Ayyub), Mahomet (Muhammad), Marie (Miryam), Moïse (Moussa), Noé (Nuh); ou des noms de lieux comme Égypte (Misr), Mecque (Makkah), Médine (Madinah), etc. Je suis parti du principe qu'il n'existe pas de synonymes parfaits, ni en arabe, ni en français. De ce fait, j'ai toujours essayé de trouver un terme français pour chaque terme arabe. Ainsi, les trois termes arabes ‫ الهم أوحى انزل‬sont traduits respectivement par descendre, révéler, inspirer. La traduction de Hamidullah, pour ne citer que celle-ci, ne fait pas de distinction entre ces trois termes. Les termes ‫ أراد شاء رغب‬sont traduits respectivement par désirer, souhaiter, vouloir. J'ai évité le recours aux néologismes, largement utilisés par André Chouraqui et, à un moindre degré, par Zeinab Abdelaziz, pour ne citer qu'eux. J'ai vérifié l'existence de chaque mot français, notamment dans le Trésor de la langue française informatisé (http://atilf.atilf.fr/tlfi/). Lorsqu'un terme français admis dans les dictionnaires m'a semblé peu accessible au public, j'ai indiqué son sens dans la note. J'ai aussi essayé d'éviter les paraphrases, autant que faire se peut, pour rendre un terme ou une expression arabe. Le Coran est connu, surtout dans ses premiers chapitres, pour son style concis, voire laconique, empreint de nondits, considéré comme une marque d'éloquence en langue arabe. De ce fait, j'ai opté pour la concision dans ma traduction pour mieux rendre l'esprit du Coran. Ainsi j'ai traduit la locution ٌ ‫ فصبر جمي‬par "Belle endurance!" (53/12:18), au lieu ‫َ َْ ٌ َ ِ ل‬ de "Il ne me reste plus donc qu'une belle patience!" (Hamidullah). J'ai aussi cherché à faire découvrir au lecteur non arabisant des expressions arabes au lieu de les adapter aux expressions françaises (p. ex. 52/11:56: comparez ma traduction à celles indiquées dans la note). Certains versets semblent lacunaires. Pour faciliter la compréhension, j'ai ajouté des mots entre crochets [ ], lorsque le sens était évident. Parfois j'ai indiqué ces lacunes par trois points de suspension entre crochets […], sans les compléter, même si d'autres traductions tentent de le faire (p. ex.: 59/39:22 et 24).

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► ► ►

Comme signalé plus haut, les sources islamiques admettent l'existence de nombreuses variantes. Je les indique dans les notes, mais je n'en donne que rarement la traduction (p. ex.: 3/73:17). Ces variantes s'adressent surtout aux spécialistes qui connaissent la langue arabe. J'ai suivi dans ma traduction la version arabe telle que fixée dans l'édition de l'Azhar, sauf indication contraire (p. ex.: 38/38:83). La langue arabe utilise souvent la particule et au début de la phrase et là où la langue française se satisfait d'une virgule ou d'un point. Cette particule est supprimée dans ma traduction lorsqu'elle est superflue en français. La langue arabe ne fait pas de distinction entre les lettres majuscules et minuscules. Certaines traductions utilisent la majuscule pour les adjectifs et les pronoms qui renvoient à Dieu. J'ai évité cet usage. Le Coran appartient à une culture orale qui affecte la rime. Il passe souvent du singulier au pluriel au sein de la même phrase, les terminaisons du pluriel un et in étant plus appropriées pour maintenir la rime que le singulier. J'ai respecté cette caractéristique coranique (p. ex.: 45/20:75). Certains termes ou passages sont ambivalents, se prêtant à différentes traductions. Je donne la traduction qui me semble la plus appropriée. Je signale cependant dans les notes, à titre indicatif, une ou plusieurs autres traductions, faites notamment par des musulmans (p. ex.: 39/7:199), même lorsque ces derniers ont copié parfois des traducteurs non-musulmans. C'est le cas par exemple des différentes traductions de Hamidullah largement tributaires de la traduction de Blachère. Mon but est de donner au lecteur le choix entre différentes traductions et de lui montrer la difficulté à traduire certains passages du Coran, même par des musulmans hautement qualifiés. Il existe des tentatives de traduire le Coran ou certains de ses passages en partant de l'hébreu et du syriaque. C'est notamment le cas des traductions de Christoph Luxenberg et de Bruno Bonnet-Eymard. Bien qu'enrichissantes, ces traductions restent isolées et s'écartent de celles connues. Je les ai parfois signalées dans les notes pour les lecteurs intéressés, sans prendre parti.

8) Index des noms et des notions A la fin de l'ouvrage, j'ai ajouté un index qui comporte les noms et les notions les plus importantes. Ceci facilite la recherche dans le Coran. 9) Regards musulmans sur cette nouvelle édition du Coran Il est normal qu'une nouvelle édition du Coran suscite des réactions favorables ou défavorables de la part des lecteurs musulmans ou non-musulmans. Voilà certains reproches qu'on m'a faits: 1) On me reproche de n'avoir pas soumis mon édition du Coran à une autorité islamique. J'y réponds que le Coran rejette toute autorité religieuse. Soumettre mon édition à une autorité religieuse quelconque, serait une violation du Coran lui-même.

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H-113/9:31. Ils ont pris leurs docteurs, leurs moines, et le Messie fils de Marie, comme Seigneurs hors de Dieu, alors qu'il ne leur a été ordonné de n'adorer qu'un seul Dieu. H-89/3:64 . Dis: "Ô gens du livre! Venez à une parole égale entre nous et vous: que nous n'adorions que Dieu, que nous ne lui associions rien, et que nous ne nous prenions point les uns les autres pour des Seigneurs hors de Dieu". Si ensuite ils tournent le dos, dites: "Soyez témoins que nous sommes soumis". D'autre part, le Coran étant un livre universel n'est la propriété de personne, et il fait partie du domaine public. Chacun a donc le droit de le traduire, et les lecteurs ou les experts le jugeront favorablement ou défavorablement, mais il n'est pas question de demander une autorisation pour une telle traduction. Il ne viendrait à l'esprit de personne de demander l'autorisation du parlement italien pour la traduction de la Comédie divine de Dante. Enfin, le Coran appartenant à tous, et étant un message adressé à tous selon la conception musulman, à qui faut-il demander l'autorisation: au Pape du Vatican, au Pape Shenouda des coptes d'Égypte, aux Président du Parti communiste chinois, etc. Et à ma connaissance aucune autorisation n'est requise pour traduire l'Ancien Testament ou le Nouveau Testament, à moins que cette traduction ne soit faite par un religieux soumis à une autorité religieuse, pour obtenir le nihil obstat. En fait cette objection de la part de certains musulmans provient du fait que dans les pays arabes et musulmans l'édition du Coran est du ressort des autorités religieuses officielles de chaque pays, et aucune édition du Coran ou traduction du Coran n'y circule qu'avec l'autorisation d'une telle autorité. On signalera ici qu'à partir de 1080, suite à de nombreux incidents, le Pape, les Conciles de l'Église et les évêques finirent par interdire la traduction de la Bible dans la langue vernaculaire, c'est-à-dire dans la langue parlée par tout le monde. William Tyndale fut étranglé et brûlé le 6 septembre 1536 comme hérétique pour avoir traduit la Bible en anglais 2) On me reproche d'avoir touché à l'ordre du Coran. J'y réponds que l'ordre actuel du Coran, selon l'opinion dominante, n'est pas fixé par Dieu ou par Mahomet, mais par la commission qui a compilé l'actuel Coran. Pour preuve, le Calife 'Ali avait sa propre édition du Coran par ordre chronologique. Si l'ordre actuel était révélé par Dieu ou établi par Mahomet, on ne voit pas comment il a pu établir sa propre édition. J'ajoute que j'ai mis à la fin de mon édition une table des matières indiquant les chapitres par ordre normal, laissant aux lecteurs la liberté de lire le Coran dans l'ordre qu'ils préfèrent. 3) On me reproche de troubler la foi des musulmans en proposant cette nouvelle édition du Coran dans un ordre différent de celui usuel. J'y réponds que cette édition s'adresse en premier lieu à moi. Les lecteurs musulmans ou non-musulmans sont libres de l'acheter. Et j'estime que cet ordre du Coran facilite sa lecture. Si mon édition trouble certains musulmans, cela les poussera à réfléchir, comme l'exige le Coran dans maints versets. Interdire aux musulmans l'accès à la

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connaissance par peur de troubler leur foi relève de la manipulation et d'une volonté à les garder dans l'ignorance. 4) On me reproche l'ajout des variantes et des renvois aux écrits juifs et chrétiens. J'y réponds que les variantes aident à comprendre le Coran. Des juristes musulmans s'y réfèrent. Et ces variantes font partie de la révélation selon la conception musulmane. Quant aux écrits juifs et chrétiens, je signale que les commentateurs musulmans classiques ont rapporté de nombreux récits juifs et chrétiens visant à expliquer le Coran. Et les sources ajoutées dans mon édition permettent une comparaison entre les textes juifs et chrétiens d'une part, et le texte du Coran. 5) On me reproche de m'enrichir avec cette édition du Coran, en exploitant l'intérêt croissant du public à cet ouvrage. J'y réponds que si j'avais passé les cinq ans de travail sur le Coran à balayer les rues de Lausanne, j'aurais certainement gagné plus d'argent qu'avec mon édition du Coran. Je reçois en fait 3 francs pour chaque exemplaire vendu à 48 Sfr. alors que c'est moi qui a fait la mise en page de l'ouvrage. Ceci couvre à peine l'électricité que j'ai consommée pour la traduction.

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