Berbères

Les Berbères ou Imazighen sont un ensemble d'ethnies autochtones d'Afrique du Nord. Ils occupaient, à une certaine époque, un large territoire qui allait de l'Ouest de la vallée de Nil jusqu'à l'Atlantique et l'ensemble du Sahara et y fondèrent de puissants royaumes, formés de tribus confédérées. Connus dans l'Antiquité sous les noms de Libyens,Maures, Gétules, Garamantes ou encore Numides, ils subirent ensuite l'occupation romaine, la christianisation, l'invasion vandale avant d'être convertis à l'islam. Le plus connus des royaumes berbères fut la Numidie et ses rois tels que Gaïa, Syphax et Massinissa. On peut aussi parler de l'ancienne Libye ainsi que les tribus connus tels que les Libus , et leur fameuse dynastie de pharaons : Sheshonq. Sans oublier l'Africa où fut crée la civilisation de Carthage par les colons Phéniciens. Il a existé aussi des expansions berbères à travers le Sud du Sahara : dont la plus récentes est celle des Touaregs et la plus ancienne celle des Capsien. Plus réduites, les zones berbérophones d'aujourd'hui sont inégalement réparties dans des pays tels que le Maroc, l'Algérie, la Libye, la Tunisie et l'Égypte. Les langues berbères forment une branche de la famille des langues afro-asiatiques. Autrefois, leur alphabet était le tifinagh, encore utilisé par les Touaregs. Les Berbères constituent donc une mosaïque de peuples de l'Égypte au Maroc, se caractérisant par des relations linguistiques , culturelles et ethniques. On distingue plusieurs formes de langues berbères : chleuh, kabyle et Tamasheq sont les plus importants composants du Tamazight (c'est-àdire "langues des Imazighen"). À travers l’histoire, les Berbères et leurs langues ont connus des influences romaines, puniques,arabes, turque ou encore françaises, ce qui fait que de nos jours, sont

appelés officiellement "berbères", les ethnies du Maghreb parlant, se considérant et se réclamant berbère. Selon Charles-Robert Ageron, « dans l'usage courant, qui continue la tradition arabe, on appelle Berbères l'ensemble des populations du Maghreb ».

Étymologie
Étymologie du mot berbère
À l’origine, le terme barbare — emprunté en 1308 au latin barbarus, lui-même issu du grec ancien βάρϐαρος bárbaros (« étranger ») — était un mot utilisé par les anciens Grecs pour désigner d’autres peuples n’appartenant pas à leur civilisation, dont ils ne parvenaient pas à comprendre la langue. Bárbaros n’a à l’origine, aucune nuance péjorative, il signifie simplement « non grec » ou plus largement toute personne dont les Grecs ne comprennent pas la langue, quelqu’un qui s’exprime par onomatopées : « bar-bar ». Le nom de Berbère apparait pour la première fois explicitement après la fin de l'Empire romain. La pertinence de son usage pour la période précédente n'est pas admise par tous les historiens de l'antiquité. L'usage du terme s'est répandu à la période suivant l'arrivée des Vandales lors des grandes invasions. Qualifiés de Barbares par les Romains d'Afrique romaine, les Vandales proviennent de la péninsule Ibérique. Sur les hauteurs à l'Est de la Numidie fut assemblée la coalition numido-vandale, qui prit Carthage et supprima l'influence de Rome dans toute l'Afrique. Le récit du consul romain en Afrique de l'époque utilisa pour la première fois le terme « barbare » pour décrire les Numides. Les historiens arabes adopteront à leur tour plus tard le mot « barbares3 » (en arabe : ‫, بربر‬ َ َ prononcé berbères).

Étymologie du mot amazigh
L'équivalent en berbère est Imazighen (Imaziγen), pluriel de amazigh, dont l'étymologie n'est pas connue avec certitude. Selon une version fréquente, il aurait le sens d'« homme libre ». Cependant, d'après Ibn Hazm et Ibn Khaldoun, le mot Amazigh désignerait le patriarche du peuple berbère, dans la généalogie établie par ces deux historiens. Le terme amazigh/imazighen a été perdu chez certaines ethnies berbères mais est resté présent chez des berbères du Maroc et d'Algérie. L'utilisation de ce terme a été ravivée à partir des années 1940 avec l'émergence du mouvement berbériste kabyle. Ces termes, et leurs néologismes, se sont généralisés et ont été adoptés au Maghreb.

Origines

Le Medracen, à Batna, est un mausolée numide, l'un des plus anciens monuments de l'actuelle Algérie (300 av. J.-C.)

La question de l’origine des Berbères s’est posée tout au long de l’histoire de l’Afrique du Nord. Selon les récits de l'Antiquité, notamment Hérodote (Ve siècle av. J.-C.), relatant les informations collectées pendant ses voyages en Afrique du Nord, les Lybiens (terme générique pour NA) se disaient descendre des Troyens, par ailleurs le terme de « Maxies » était utilisé par les Africains pour se dénommer. Au Moyen Âge, les thèses s'appuyaient sur des récits bibliques, ainsi que sur des références historiques comme Ibn Khaldoun qui donnait à ce peuple une origine sémitique. Aux XIXe et XXe siècles, plusieurs auteurs lui attribuèrent une origine européenne et nordique.

Recherches modernes
Actuellement, plusieurs études – génétiques, anthropologiques et linguistiques – sont menées : des datations au carbone 14 sur d'anciens fossiles, des tests génétiques sur les populations modernes, mais aussi sur des ossements, et enfin des études comparatives entre la langue berbère avec les autres langues sont les moyens utilisés. Ces études génétiques ainsi que les écrits d'historiens tels que Gabriel Camps et Charles-André Julien tendent à prouver que les Nord-Africains actuels (arabophones ou berbérophones) descendent des Berbères.

Selon les théories génétiques

Les migrations humaines suivant l'ADNmt

Le chromosome Y est transmis de père en fils, l'étude des polymorphismes présents permet en théorie de suivre la lignée mâle – directe – d'une famille, d'une ethnie ou d'une espèce. La majorité des haplogroupes masculin des Nord-Africains berbérophones et arabophones sont E1b1b (40 % à 80 %)6 et J (20 % à 40 %) d'origine majoritairement néolithique. L'haplogroupe R1b (M269), présents surtout en Europe de l'ouest arrive ensuite avec des fréquences entre 0 et 15% selon les régions. Un sous-groupe particulier de l'haplogroupe E1b1b, l'haplogroupeE1b1b1b caractérisé par le marqueur M81, est très fréquent chez les Berbères et voit sa fréquence décroître d'Ouest en Est8. Son origine est l'haplogroupe E1b1b de l'Est qui date de 10 000 ans. L'ADN mitochondrial étant essentiellement transmis de mère à fille, son étude génétique permet de suivre la lignée maternelle – directe – d'une famille, d'une ethnie ou d'une espèce. La majorité des Berbères ont un ADN mitochondrial d'origine ouest-eurasienne. La lignée maternelle directe des Berbères la plus ancienne date du paléolithique (30 000 ans avant notre ère) représentée par l'haplogroupe U6 (d'origine ouest-eurasienne). Cet haplogroupe est spécifique aux Berbères et sa fréquence s'accroît quand on va à l'Ouest. L'ADN autosomal permet de déterminer l'affinité génétique de certaines populations humaines par rapport à d'autres. À l'exception des Touaregs, la majorité des Berbères sont génétiquement plus proches des Européens et des Moyen-Orientaux que des autres populations humaines – les Touaregs se situant dans une position intermédiaire entre les sub-sahariens et le reste des Berbères. D'après une étude récente de Adams et al. en 2008 14 les habitants de la péninsule Ibérique aurait en moyenne environ 11% d'ancêtres Nord-Africains avec des variations géographiques importantes allant de 2% en Catalogne à près de 22% en Castille du Nord-Ouest.

Anthropologie

Mechta el Arbi a été trouvé près de Constantine

Au Paléolithique, vivait l'homme de Taforalt et celui d'Afalou : ils étaient de type « cromagnoïde ». Des tests génétiques sur les squelettes de Taforalt ont confirmé l'origine ouest-eurasienne de ce type anthropologique. Au Néolithique, selon M.C. Chamla, l'Afalou fut remplacé par le Capsien de type « méditerranoïde » venant de l'Est de la Tunisie. La culture capsienne est souvent décrite comme proto-berbère.

Linguistique
La langue berbère appartient à la famille des langues afro-asiatiques (langues couchitiques, copte, langues sémitiques, langues tchadiques…). La majorité des linguistes sont arrivés à la conclusion que l’afro-asiatique vient d’Afrique orientale. Le proto-Afrasien (afro-asiatique) remonte à 10 000 ans selon certains et 17 000 selon d’autres.

Ouvrages
De nombreux ouvrages traitent de ou des origines des différentes ethnies berbères allant de l'Afrique sub-saharienne à l'Égypte en passant par le Maghreb Dans son ouvrage « The Muslim conquest and settlement of North Africa and Spain », Abd al-Wāḥid Dhannūn Ṭāhā, s'appuyant sur plusieurs sources bibliographiques dont celles d'Ibn Khaldoun, apporte entre autres des informations sur la classification des différentes tribus et branches tribales berbères, sur les personnages et les circonstances de la conquête ainsi que les différentes tribus ou ethnies (arabes, berbères et sub-africaines) ayant participé à la prise de l'Espagne wisigoth

Récits de l'Antiquité et du Moyen Âge
Selon Salluste

Un Libyen peint sur la tombe de Séthi Ier

Salluste consacra les chapitres XVII et XIX de son ouvrage La Guerre de Jugurtha à une digression sur le pays de l'Afrique du Nord et ses habitants, d'après les traditions numides et les livres puniques du roi Hiempsal II. Après une description du pays – limites, climat, faune et flore –, l'historien présente les Gétules et les Libyens comme les premiers habitants de l'Afrique, « rudes, grossiers, nourris de la chair des fauves, mangeant de l'herbe comme des bêtes. » Le demi-dieu Hercule mourut en Espagne selon la « croyance africaine », et son armée composée de divers peuples se démantela. Les Mèdes, les Perses, les Arméniens de son armée passèrent par bateau en Afrique et s'établirent sur la côte. Les Perses s'établirent à l'Ouest, « plus près de l'Océan », habitant dans les coques renversées de leurs bateaux, faute de matériel de construction. Ils s'allièrent par mariage avec les Gétules. Conduits à se déplacer sans cesse, ils se donnèrent le nom de « Nomades » (Numides). Salluste tient pour preuve de ce récit les habitations des paysans numides, rappelant celles des coques renversées de l'armée d'Hercule.

Un Maure, par Jean-Léon Gérôme

Les Mèdes et les Arméniens s'unirent aux Libyens. Ils « bâtirent des places fortes » et « pratiquaient des échanges commerciaux avec l'Espagne ». Altérant le nom des Mèdes, les Libyens indigènes se seraient mis à les appeler Maures. Par la suite, les Perses et les Gétules grandirent en puissance et s'installèrent à l'Ouest de Carthage sous le nom de Numides. Enfin, ils annexèrent la Libye. La presque totalité du Nord de l'Afrique fut annexée par les Numides, « les vaincus se fondirent avec les vainqueurs, qui leur donnèrent leur nom de Numides ».

Selon Hérodote
Hérodote (484-425 av. J.-C.) dit que les Maxyes — les Berbères — prétendent descendre des Troyens.

Selon Ibn Khaldoun

Ibn Khaldoun, photo de la statue d'Ibn Khaldoun à Tunis, il a consacré sa vie à l'étude de l'histoire des Berbères

Ibn Khaldoun (1332-1406) fait remonter l'origine des Berbères à Mazigh fils de Canaan. D'après lui, ils descendent de Canaan, fils de Cham. Ibn Khaldoun fait une étude comparative des différents généalogistes arabes et berbères existant bien avant lui et tire sa propre analyse sur l'origine des Berbères. Dans son livre sur l'Histoire des Berbères, Ibn Khaldoun cite presque tous les travaux déjà faits sur la généalogie ancienne. Ibn Khaldoun désigne deux grandes familles : Madghis (Medghassen) et Barnis.
XIXe-XXe

siècle [modifier]

Le mausolée royal de Maurétanie, surnommé tombeau de la Chrétienne, face Est à Tipaza en Algérie

Le premier auteur à avoir évoqué l'origine nordique des Berbères fut Thomas Shaw dans son ouvrageTravels or Observations Relating to Several Parts of Barbary and the Levant publié en 1738. Selon lui, les berbères blonds descendaient des Vandales de Genséric, retirés dans les montagnes après qu'ils eurent été défaits par Bélisaire. Un siècle plus tard, un autre texte fondateur de l'origine nordique des Berbères fut l'article de Laurent-Charles Féraud intitulé Monuments dits celtiques dans la province de Constantine et publié en 1863 où il suggérait que les Berbères blonds descendaient des Gaulois mercenaires de Rome, à cause de la présence des dolmens en Algérie. Par la suite, le docteur Lucien Bertholon, qui consacra sa vie à l'anthropologie berbère, même s'il n'en continuait pas moins à affirmer l'origine nordique des Berbères, en fit les descendants des peuples égéens. Contrairement à ces auteurs, l'anthropologue italien Giuseppe Sergi ne pensait pas que les Berbères provenaient du Nord, mais au contraire, que les Nordiques provenaient du Sud. Pour Sergi, il existait une race méditerranéenne, originaire d'Afrique, dont était issue la race nordique; cette race méditerranéenne étant elle-même issue des Chamites, qui occupaient le Nord de l'Afrique. Les théories de l'origine nordique de Berbères furent reprises, dans la première moitié du XXe siècle, par certains auteurs allemands. Ainsi Hans Günther, raciologue du Troisième Reich, ou encore Alfred Rosenberg, théoricien du nazisme considéraient les Berbères comme descendants des peuples aryens atlanto-nordiques. Pour Henri Vallois écrivant en 1944, il était également certain que les « Berbères blonds » appartenaient à la race nordique. Dans un ouvrage de 1882 consacré à la forme des crânes humains, Armand de Quatrefages et Ernest Hamy assimilaient l’homme de Cro-Magnon aux Basques, aux Kabyles et aux Guanches.

Écritures tifinagh anciennes, site des gravures rupestres d'Intédeni près d'Essouk au Mali.

Groupes ethniques
Les Berbères sont dispersés en plusieurs groupes ethniques en Afrique du Nord :

           

les Chleuhs dans le Haut et l'Anti-Atlas (Maroc) les Soussi dans la vallée du Souss (Maroc) les Rifains dans le Rif (Maroc) les Zayanes dans le Moyen Atlas (Maroc) les Chaouis dans les Aurès (Algérie) les Chenouis dans le Chenoua (Algérie) les Kabyles en Kabylie (Algérie) les Beni Snous (Aït Snus) dans la wilaya de Tlemcen (Algérie) les Mozabites dans la vallée du Mzab (Algérie) les Zenagui dans la Saoura (Algérie) et de l'autre côté de la frontière (Maroc) les Siwis dans le Siwa (Égypte) les Touaregs, dont l'aire de nomadisation s'étend sur plusieurs

pays : Algérie, Libye, Niger, Mali et Burkina Faso     les Infusen à Adrar Nfusa (Libye) les Izenten à Gourara (Algérie) les Matmatis à Ain Defla en (Algérie) les Zemmours dans la région de Khémisset (Maroc).

Berbères au pluriel

Carte de l'empire des Almoravides au début de leur pénétration

Plusieurs nations sont venues partager le mode de vie des Berbères. Selon Salluste, les Maures faisaient partie de l'armée d'Hercule venus d'Espagne composé des Perses, d'Arméniens, et de Mèdes. Ils se sont mêlés aux populations autochtones Gétules du Maghreb actuel. Ils se sont installés dans les montagnes du Maroc et aux Aurès en Algérie et en Libye. Il s'ensuit plusieurs ethnies qui se sont fondues dans les tribus berbères comme les Phéniciens, les Vandales, les Juifs, les Byzantins, les Romains, les Arabes, les peuples d'Afrique, les Européens, les Turcs, etc

Répartition géographique des berbérophones

Tlemcen fut la capitale Abdalwadides(connue par Zianides), elle abrite plusieurs berbères

Le nombre de berbérophone est difficile à évaluer en l'absence de recensements linguistiques fiables. On entend par berbérophone ceux qui ont le berbère pour langue maternelle.  Au Maroc, 15 à 18 millions de berbérophones. Ils se situent principalement dans trois zones:

le Haut-Atlas et l'Anti-Atlas où on parle le tachelhit, dans le Moyen Atlas le tamazight, et dans la région du Rif, le tarifit.  En Algérie, 7 à 8 millions de berbérophones. Les berbérophones Chaouis sont environ

2 870 000 en 2005. Ils se situent en Kabylie à l'est d'Alger et dans le massif des de l'Aurès où l'on parle chaouia.  En France, 40% des immigrés d'origine algérienne et de 50% des immigrés d'origine

marocaine selon les sources    Les Touaregs en Afrique subsaharienne, représentent environ 3 millions de berbérophones. Au Niger, Mali, Burkina Faso, 3 millions. En Libye, la population est Berbère, mais elle a été arabisée. Environ 4% de la population y

maîtrise le berbère, de même qu'en Tunisie.   En Mauritanie, 20 à 25% de la population. En Égypte, entre 10 000 et 50 000.

Histoire

Ibn Battuta, il a été un grand voyageur et écrivain à l'époque des Mérinides

Portrait du roi Massinissa.

Les groupes liés de près et de loin avec les Berbères dans l'histoire sont:     les Africains orientaux. les Ibères, les Grecs, les Égyptiens. les Cananéens et sémitiques (les Yémenites) les Nordiques44, etc.

Les Corses

Préhistoire

Localisation du noyau à l’origine de la culture capsienne

La préhistoire se définissant comme les époques précédant l'invention ou l'usage de l'écriture, de la production de documents écrits transmettant la mémoire aux générations à venir, la préhistoire des peuples berbères à l'ouest de la vallée du Nil se recoupe avec une grande partie de l'histoire de l'Égypte ancienne. Dans les textes égyptiens, ces peuples apparaissent sous les noms de Libou, Tehenou, Temehou, Machaouach. Un chef libou (libyen) monta sur le trône d'Égypte en tant que Sheshonq Ier, fondant la XXIIe dynastie égyptienne. De ce côté, il est donc possible de dire que les Berbères entrent dans l'histoire.

Antiquité

Extension du territoire carthaginois avant la Première Guerre punique vers264 av. J.-C.

Ruines des thermes d'Antonin, Carthage en Tunisie

Les Berbères, formés de plusieurs confédérations dont les Gétules, les Garamantes, les Libyens, etc., dispersés dans le vaste territoire du Maghreb actuel depuis les temps anciens, vont connaître des relations culturelles avec lesPhéniciens (ce qui donnera la civilisation carthaginoise), l' Afrique noire, l'Égypte ancienne, la Grèce antique, etc. Le monument Madracen date de 300 av. J-C appartiendrait donc à la grande archéologie méditerranéenne de l'époque hellénistique manifestant un goût archaïsant, mais aussi une très bonne connaissance du vocabulaire architectural le plus récent comme en témoigne la présence d'une gorge égyptienne.Mais le monument pose un gigantesque problème qui demeure non résolu. Durant les Phéniciens, plusieurs villes portuaires sont construites dont Carthage.

Le roi berbère Massinissa, fondateur du royaume de Numidie(vers 201 av. J.-C.)

La Première Guerre punique se déclenche par la suite. Massinissa forme le premier État dont le nom est la Numidie. Plusieurs Guerres puniques se déclenchent en Afrique du Nord pendant l'Antiquité. Durant l'ère pré-romaine, plusieurs États indépendants se succédèrent (Massaesyles, Massyles,Maures (berbères nomades), etc.). Plusieurs provinces connues sous les noms: la province romaine d’Afrique correspondait au territoire naturel de Carthage et la côte Ouest de la Libye (l’Africa Vetus et de l’Africa Nova, sera divisée par Dioclétien en trois : la Tripolitaine, la Byzacène et l'Afrique proconsulaire résiduelle, aussi appelée Zeugitane.), la Numidie, la Maurétanie désigne le territoire des Maures dans l'Antiquité. Il s'étendait sur le Nord-ouest et central de l'actuelle Algérie, et une partie du Nord marocain actuel. Le roi Massinissa unifie la Numidie. Il fond la capitale Cirta. Au cours de la Deuxième guerre punique, les Massaesyles, commandés par Syphax, sont alliés à Carthage, tandis que les Massyles, commandés par Massinissa, s'allient à Rome, après avoir été spoliés par Syphax. À la fin de la guerre, les Romains attribuent tout le territoire numide à Massinissa. Son nouveau territoire entoure désormais celui de Carthage, sauf du côté de la mer. En -148, à la mort de Massinissa, Scipion Émilien partage la Numidie entre les trois fils du roi. De même, Rome oblige Micipsa, dernier fils de Massinissa, à partager sa part entre ses deux fils et le fils naturel de son frère, Jugurtha. Ce dernier, voulant restaurer l'unité du royaume, fait assassiner ses cousins, et, en -113, se rebelle contre Rome à qui il va infliger de sévères défaites au cours d'une guerre longue et difficile qui durera de -111 à -105. Incapables de remporter une victoire militaire, les Romains usent de traîtrise pour le capturer. En -105, à la faveur d'un guet-apens, Jugurtha est livré par Bocchus, son beau-père et jusque-là son allié, à Sylla qui avait soudoyé l'entourage de ce dernier. La Numidie est partagée : sa partie occidentale est attribuée à Bocchus, roi de Maurétanie, le reste est laissé sous l'autorité d'un roi vassal de Rome. Par la suite, les Romains pénètrent dans le Maghreb actuel vers le début de notre ère. Sous Rome, le territoire fut divisé en provinces Par la suite les Vandales et les Byzantins envahissent une partie du Maghreb actuel.

La Numidie

Carte représentant la Numidie Occidentale (en vert) et la Numidie Orientale (en jaune) gouvernées respectivement par Syphax et Gaïa en -220 avant notre ère

Maurétanie Tingitane (à l'ouest), Maurétanie Césarienne(au centre-ouest), Numidie (au centre-est), Africa (à l'est) et la Gétulie, au premier siècle de notre ère

Au IIIe siècle av. J.-C., l'Afrique du Nord était divisée en trois royaumes berbères : celui des Maures avec royaume de Maurétanie qui s'étend de l'Atlantique au fleuve Mulucha, au centre celui des Masaesyles, entre le Mulucha et la rivière Amsaga, sur lequel règne le roi Syphax et enfin, à l'Est près de Carthage, le royaume des Massyles, entre la rivière Ampsaga (Oued-el-Kebir) et les territoires de Carthage. Les Masaesyles et les Massyles s'affrontèrent, en 203 av. J.-C. à la fin de la seconde guerre punique, suite à laquelle Massinissa, chef des Massyles, contribua de façon décisive à la victoire de l'Empire romain sur Carthage, Massinissa parvint dès lors à unifier la Numidie qui s'étendit alors du fleuve Moulouya à l'Ouest jusqu'à la Cyrénaïque à l'Est. Il réussit sous sa conduite à préserver l'indépendance de son royaume en jouant habilement de la rivalité régionale qui prévalait à l'époque, tout en lui garantissant une prospérité économique certaine, grâce au remarquable développement de l'agriculture et de l'élevage. Sur le plan de l'organisation politique, Massinissa plaça à la tête de chaque province un gouverneur et à la tête de chaque tribu un « Amokrane » (le chef). Son conseil,

formé de dix personnes, le seconda efficacement dans sa politique et son administration générale. Au nombre de ces dix conseillers il avait trois de ses fils : Micipsaqui le suppléait en plusieurs affaires, Gulussa, chargé de la conduite des armées et Mastanabal chargé du trésor royal. Il mit en circulation une monnaie frappée à son effigie, « avec des traits réguliers, un œil largement ouvert sous un sourcil assez épais, des cheveux abondants et bouclés, une barbe allongée et bien taillée ». Le règne de Massinissa prit fin lorsqu'il mourut en 148 av. J.-C..

Mausolée royal de Maurétanie, construit probablement entre BocchusIer à Juba II, 100 av. J.-C. et 25 av. J.-C.

Site de Sauma, tombeau de Massinissa, 148 av. J.-C.

Ainsi après la mort du grand roi fondateur, une crise de succession, vue d'un bon œil par Rome se produisit et qui plaça la Numidie dans des troubles politiques. Micipsa, fils de Massinissa succédera au trône de son père. Durant son règne, il fit envoyer le très populaire Jugurtha, petit-fils de Massinissa, comme représentant en Ibérie pour l'éloigner du pouvoir. Micipsa nomme Gulussa vice-roi et ministre de la Guerre et Mastanabal vice-roi et ministre de la Justice. Après le bref règne de Micipsa, ses deux fils Adherbal et Hiempsal finissent par détruire tout le travail d'unification de

Massinissa en divisant la Numidie de nouveau en Numidie orientale et occidentale. La crise politique encore larvée à ce stade entre Rome et la Numidie, finit par se déclarer officiellement lorsque Jugurtha, le très populaire petit-fils de Massinissa revient en Numidie et se saisit du pouvoir par la force en 118 av. J.-C., en s'attaquant aux petits-fils de Massinissa (tuant Hiempsal et expulsant Adherbal qui s'enfuit à Rome) pour réunifier la Numidie et la remettre sur le chemin de la stabilité et du développement.

L'effigie de Jugurtha

Rome qui ne voit pas d'un bon œil cette réunification, se met alors à chercher des problèmes politiques à Jugurtha, en lui demandant de s'expliquer sur sa prise de pouvoir violente et l'expulsion d'Adherbal qui se réfugia chez eux. Jugurtha aurait répliqué dans son entourage qu'il est une chose qu'il avait apprise des Romains lors de son séjour en Ibérie : « Roma est urbs venalia » (trad. « Rome est une ville à acheter »), faisant ainsi référence à l'étendue de la corruption chez les officiels romains. C'est ainsi que Jugurtha se résout à acheter un répit en offrant de l'argent à des membres de la classe politique romaine pour les corrompre. Rome accepte alors de le laisser régner, mais seulement à condition que la Numidie reste divisée. Elle lui offre la reconnaissance diplomatique sur la Numidie occidentale, à condition de remettre Adherbal sur le trône en Numidie orientale. Jugurtha accepta dans un premier temps l'offre de Rome. Cependant, son intention de restaurer la Numidie unifiée demeure forte, ce qui le conduisit incessamment à envahir en 112 av. J.-C. la Numidie orientale, réunifiant ainsi de nouveau la Numidie. Au passage il fit exécuter plusieurs hommes d'affaires romains opérant en Numidie orientale. Le gouvernement romain, furieux d'un tel développement, est sur le point de lui déclarer la guerre, lorsque Jugurtha réussit une nouvelle fois avec grande habileté à corrompre les responsables en place à Rome. Cela a pour conséquence d'atténuer l'animosité qui s'était emparée de la classe politique romaine à son encontre, et même de lui procurer un traité de paix avantageux. Toutefois, ce traité sera aussitôt remis en cause, après les profonds changements que connut la classe dirigeante romaine ; excédé, Jugurtha fit exécuter Adherbal en réponse à cet acte. La classe politique romaine se déchaîne alors et finit par demander l'invasion de la Numidie. Rome envoie alors le consul Metellus en Numidie à la tête de plusieurs légions pour punir Jugurtha et le déposer. Jugurtha parvint avec intelligence à résister durant des années, en combinant des

manœuvres militaires face aux Romains et politiques avec son voisin de l'ouest, le roi Bocchus de Maurétanie. L'adjoint du consul Metellus, Gaius Marius, entrevoyant une opportunité, retourne à Rome pour se plaindre de l'inefficacité suspecte de son chef et demande à être élu consul à sa place, ce qu'il obtint. C'est alors que Gaius Marius envoie son questeur, Lucius Cornelius Sulla, en mission en Maurétanie pour négocier l'aide de Bocchus Ier. Bocchus accepte alors de trahir Jugurtha, et aide les Romains à le capturer dans un guet-apens. Jugurtha est alors envoyé à la fameuse prison de Tullianum. Il fut exécuté tout de suite après la tradition du triomphe romain en 104 av. J.-C. à la prison de Tullianum. Dès lors, la Numidie est partagée : sa partie occidentale est attribuée à Bocchus, roi de Maurétanie, le reste est laissé sous l'autorité d'un roi vassal de Rome.

Buste du roi érudit Juba II exposé au musée de Cherchell.

Amphithéâtre d'El Jem comme apothéose de la culture romaine en Tunisie

La situation perdure jusqu'à la guerre civile entre Jules César et Pompée. Juba Ier, partisan de Pompée, perd son royaume en -46 après la défaite de Thapsus contre César. César accorde à Sittius un territoire vaste autour de Cirta (Constantine). La Numidie devient alors la province d’Africa nova, jusqu'à ce qu'Auguste réunisse les deux provinces en un seul ensemble, l'Afrique proconsulaire. Cette dernière est dirigée par un proconsul, qui conduisit un moment l'armée d'Afrique. Auguste rend son royaume à Juba II, fils du précédent, après la bataille d'Actium (-31). En -25, Juba II reçoit le trône de Maurétanie, et la Numidie est partagée entre la Maurétanie et la province d'Afrique. La partie intégrée à la province d'Afrique en constitue une région et, en théorie, n'a pas d'autonomie administrative, puisqu'elle dépend du proconsul assisté de légats. Par la suite, les Romains pénètrent dans le Maghreb actuel vers le début de notre ère. Sous Rome, le territoire fut divisé en provinces :  Maurétanie Césarienne, qui correspond à l'Algérie centrale et occidentale. La capitale était

Caesarea (actuelle Cherchel ou Cherchell).  Maurétanie Sitifienne, créée par Dioclétien pour la partie orientale de la Maurétanie

Césarienne avec Sitifis (actuelle Sétif en Algérie) comme capitale.  Maurétanie Tingitane, qui correspond à peu près au Nord du Maroc actuel. Les villes

principales sont Volubilis, Sala, Lixus, Banasa, Ceuta, Melilla et Tingis (actuelle Tanger) qui en était le chef-lieu. Elle fut attachée administrativement à la province d'Espagne (la Bétique).  Etc.

Lambèse fut la première capitale romaine, par la suite Timgad va être construite au temps de Trajan. L'agriculture se développe grâce à la plantation de plusieurs milliers d'oliviers pour faire de l'huile d'olive en Algérie. La civilisation berbère est à son apogée, plusieurs grandes villes sont construites au Nord au Sud dans le désert. La nationalité romaine est offerte aux Berbères, cela facilite l'intégration de certains nomades au monde romain. Plusieurs mariages mixtes entre Romains et Berbères naturalisés sont célébrés dans les grandes villes. La pratique des cultes berbères est représentée dans les fresques romaines. De même, les jeux romains sont source de distraction et de joie pour la plupart des Berbères. De plus, les bains publics étaient un luxe pour tout le monde. À Timgad, il y avait vingt-sept bains. Il n'y avait pas de remparts autour des villes pour faciliter les relations entre les Berbères et les Romains. Les arts sont développés par les artisans berbères (la céramique, la poterie, etc.). Plusieurs amphithéâtres sont construits. Le théâtre de Timgad pouvait contenir 4000 personnes de l'Aurès. La population globale de l'Aurès était estimée entre huit à dixmille habitants, pendant les premières années de l'Empire romain en Afrique du Nord.

Timgad, vue d'ensemble, construite en 100 ap. J.-C par les Romains

Mausolée libyco-punique dans son état actuel à Dougga en Tunisie

Septime Sévère, d'origine berbère, a été empereur de Rome

Les populations se rebellent de nombreuses fois surtout les Zénètes, vers le début du premier siècle. Les Maghraoua auraient été très nombreux dans les environs d'Icosium (Alger) et Ptolémée de Maurétanie devait les contenir .Ptolémée de Maurétanie, fera transférer une partie des Maghraoua vers le chlef. Cela provoque une succession d'actions militaires de Rome, soldées parfois par de graves défaites romaines. Les alentours de Tlemcen auraient été composés des royaumes Gétules dans l'antiquité. Ils auraient vécu dans cette partie du Maghreb. Plusieurs rois Gétules purent contrebalancer l'Empire Romain. L'exemple du héros Tacfarinas, Vers 17 ans après J-C,Tacfarinas qui soulève tous les tribus Gétules . Tacfarinas mourut à Pomaria (Tlemcen actuellement). En effet, sept ans durant, Tacfarinas résiste aux Romains, malgré Tibère qui transfère une seconde légion pour appuyer la troisième légion Auguste (seule ensuite). Dès 39 apr. J.-C., Caligula confie la conduite de la région de Numidie à un représentant personnel – « légat de l'empereur » – chargé de commander la troisième légion Auguste. C'est ainsi qu'il met fin à une exception politique : celle d'une armée importante placée sous les ordres d'un proconsul et non d'un légat. Le Sénat perd la dernière légion qui était sous ses ordres. Bien que toujours officiellement intégrée à la province d'Afrique proconsulaire, la Numidie en constitue une région à part, placée sous l'autorité de son légat qui dirige la troisième légion Auguste et ne rend de compte qu'à l'empereur. C'est une province de fait, mais non de droit, statut relativement unique dans l'empire. Après 193, sous Septime Sévère, la Numidie est officiellement détachée de la province d'Afrique et constitue une province à part entière, gouvernée par un légat impérial. Sous Dioclétien, elle constitue une simple province dans la réorganisation tétrarchique, puis est brièvement divisée en deux : Numidie militaire et Numidie cirtéenne.

À l'époque du Bas-Empire romain, les Levathae (Luwata) se révèlent tellement agressifs que les Romains font élever un limes pour les contenir. Après la crise économique que vécut la grande cité romaine de Leptis Magna, la ville connut plusieurs razzias de la part des populations locales.

De 256 à 640, christianisme, invasion vandale

Saint Augustin d'origine berbère, il est l’un des principaux Pères de l’Église latine et l’un des 33 Docteurs de l'Église

Portrait du philosophe et théologien saint Augustin

Le christianisme apparaît vers l'an 256, et durant le siècle suivant, les populations des villes côtières algériennes, ainsi qu'une minorité de la population dans les campagnes se convertissent à la nouvelle religion. En 313, les crises politiques et économiques poussent les populations à une nouvelle révolte qui sera encore une fois Amazigh. Mais cette fois la révolte est religieuse et politique. En effet, le donatisme (du nom de l'évêque Donatus) s'est développée en Algérie à Baghaï, dans les Aurès et en Tunisie : ses partisans refusent la réintégration dans l'Église des clercs ayant apostasié lors des persécutions du début du siècle Le donatisme quittera rapidement le champ religieux pour devenir une opposition politique à Rome. En effet, les donatistes récusent la politique religieuse de Constantin Ier, le premier empereur romain chrétien, et, exigeant la séparation de l'État et de la religion, finissent par déclarer l'empereur comme étant le diable en personne. Ils rejettent aussi le rite romain. Dès lors, Constantin envoie ses troupes les réduire au silence, dans ce qui est considéré comme la première persécution de chrétiens par d'autres chrétiens. La répression ne fait qu'accroître le soutien populaire des donatistes; en 321 les légions romaines se retirent. Toutefois vers l'an 340, l'idéologie donatiste donne naissance à une secte populaire, celle des « circoncellions », (ceux qui encerclent les fermes). Les donatistes, à l'instar des autres chrétiens, célébrant les martyrs, les circoncellions, ouvriers agricoles, deviennent des radicaux qui, considérant le martyre comme la plus grande vertu chrétienne, abandonnent toutes les autres valeurs (Humilité, Charité, Agape, etc.). Leur but étant de mourir au combat, les circoncellions, munis de matraques de bois, - ils refusent de porter des armes en fer en vertu du précepte évangélique : « Qui a vécu par l'épée, périra par l'épée » - attaquent les voyageurs, cernent puis rançonnent les exploitations agricoles (d'où leur nom), tuant, violant, volant les stocks, exigeant l'affranchissement des esclaves. Lorsqu'ils n'arrivent pas à se faire tuer, ils se suicident en sautant du haut d'une falaise. Ce dérapage du culte donatiste noircit encore plus leur réputation à Rome. Mouvement social autant que religieux, la secte des circoncellions, violemment réprimée, finit par disparaître vers le IVe siècle.

Invasion Vandales

L'apogée de l'Empire byzantin avec les conquêtes de Justinien.

En 395 l'Empire romain faisant face à de sérieux problèmes internes, qui réduisent le contrôle qu’exerce Rome sur l’ Afrique du Nord, les donatistes, essaient de dominer la scène politique et religieuse. L'empereur les déclare hérétiques en 409 et leur enjoint de restituer toutes les églises en leur possession en Afrique du Nord. Il envoie plusieurs légions qui sont d'une férocité terrible envers les responsables religieux du culte, et parfois même envers la population locale. Saint Augustin, évêque catholique d'Hippone (actuellement Annaba), essaie de calmer la violence de l'administration romaine, en plaidant pour un traitement plus humain des donatistes. Malgré les appels pressants de plusieurs parties, les donatistes disparurent presque complètement de la scène religieuse, seule une minuscule communauté survivant dans la clandestinité jusqu'au VIe siècle. Quelques années plus tard, en 430, c'est tout l'Empire romain qui se retire de l'Afrique du Nord sous la pression des Vandales. Le 28 août 430, Saint Augustin, l'un des derniers symboles de l'intégration de la population berbère au sein de l'Empire romain, trouve la mort durant le siège d'Annaba par les Vandales.

L'Empire byzantin annexe les provinces de l'Afrique du Nord notamment l'Ifriqiya, cela marque la fin du royaume des vandales et des Alains qui se réfugièrent dans l'ouest de leur royaume en Kabylie au nord de l'Algérie et s'intégrèrent peu à peu à la population berbère locale. En 544, les Byzantins exerceront un pouvoir juste dans la province de Constantine et dans l'Ifriqiya. Cependant, l'émergence d'insurrection berbère contre les Byzantins provoque l'organisation de plusieurs États puissants les Djerawa, les Banou Ifren, les Maghraouas, les Awarbas, et les Zénètes.

Moyen Âge
Conquête arabo-musulmane

Statue de Kahena à Baghaï dans lesAurès.

La première expédition arabe sur la Tunisie est lancée en 647. En 661, une deuxième offensive se termine par la prise de Bizerte. La troisième, menée en 670 par Oqba Ibn Nafi Al Fihri, est décisive :

ce dernier fonde la ville de Kairouan au cours de la même année et cette ville devient la base des expéditions contre le nord et l’ouest du Maghreb. L’invasion complète manque d’échouer avec la mort d’Ibn Nafi en 683. Envoyé en 693 avec une puissante armée arabe, le général ghassani de Hassan Ibn Numan réussit à vaincre l’exarque et à prendre Carthage en 695. Seuls résistent certains Berbères dirigés par la Kahena. Les Byzantins, profitant de leur supériorité navale, débarquent une armée qui s’empare de Carthage en 696 pendant que la Kahena remporte une bataille contre les Arabes en 697. Ces derniers, au prix d’un nouvel effort, finissent cependant par reprendre définitivement Carthage en 698 et par vaincre et tuer la Kahena.

Ribat de Monastir

Contrairement aux précédents envahisseurs, les Arabes ne se contentent pas d’occuper la côte et entreprennent de conquérir l’intérieur du pays. Après avoir résisté, les Berbères se convertissent à la religion de leurs vainqueurs, principalement à travers leur recrutement dans les rangs de l’armée victorieuse. Des centres de formation religieuse s’organisent alors, comme à Kairouan, au sein des nouveaux ribats. On ne saurait toutefois estimer l’ampleur de ce mouvement d’adhésion à l’islam. D’ailleurs, refusant l’assimilation, nombreux sont ceux qui rejettent la religion dominante et adhèrent au kharidjisme, hérésie née en Orient et proclamant l’égalité de tous les musulmans sans distinction de race ni de classe. La région reste une province omeyyade jusqu’en 750, quand la lutte entre Omeyyades et Abbassides voit ces derniers l’emporter. De 767 à 776, les kharidjites berbères sous le commandement d’Abou Qurra s’emparent de tout le territoire, mais ils se retirent finalement dans leur royaume de Tlemcen, après avoir tué Omar ibn Hafs, surnommé Hezarmerd, dirigeant de la Tunisie à cette époque. En 800, le calife abbasside Haroun ar-Rachid délègue son pouvoir en Ifriqiya à l’émir Ibrahim ibn AlAghlab et lui donne le droit de transmettre ses fonctions par voie héréditaire. Al-Aghlab établit la dynastie des Aghlabides, qui règne durant un siècle sur le Maghreb central et oriental. Le territoire

bénéficie d’une indépendance formelle tout en reconnaissant la souveraineté abbasside. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan et de sa Grande mosquée, un centre intellectuel de haute renommée. À la fin du règne de Ziadet Allah Ier (817-838), Tunis devient la capitale de l’émirat jusqu’en 909. Appuyée par les tribus Kutama qui forment une armée fanatisée, l’action du prosélyte ismaélien Abu Abd Allah ach-Chi'i entraîne la disparition de l’émirat en une quinzaine d’années (893-909). En décembre 909, Ubayd Allah al-Mahdi se proclame calife et fonde la dynastie des Fatimides, qui déclare usurpateurs les califes omeyyades et abbassides ralliés au sunnisme. L’État fatimide s’impose progressivement sur toute l’Afrique du Nord en contrôlant les routes caravanières et le commerce avec l’Afrique subsaharienne. En 945, Abu Yazid, de la grande tribu des Banou Ifren, organise sans succès une grande révolte berbère pour chasser les Fatimides. Le troisième calife, Ismâ`îl al-Mansûr, transfère alors la capitale à Kairouan et s’empare de la Sicile78 en 948. Lorsque la dynastie fatimide déplace sa base vers l’est en 972, trois ans après la conquête finale de la région, et sans abandonner pour autant sa suzeraineté sur l’Ifriqiya, le calife Al-Muizz li-Dîn Allah confie à Bologhine ibn Ziri — fondateur de la dynastie des Zirides — le soin de gouverner la province en son nom. Les Zirides prennent peu à peu leur indépendance vis-à-vis du calife fatimide, ce qui culmine avec la rupture avec ce suzerain devenu lointain et inaugure l’ère de l’émancipation berbère. L’envoi depuis l’Égypte de tribus arabes nomades sur l’Ifriqiya marque la réplique des Fatimides à cette trahison. Les Hilaliens suivis des Banu Sulaym — dont le nombre total est estimé à 50 000 guerriers et 200 000 bédouins — se mettent en route après que de véritables titres de propriété leur ont été distribués au nom du calife fatimide. Kairouan résiste pendant cinq ans avant d’être occupée et pillée. Le souverain se réfugie alors à Mahdia en 1057 tandis que les nomades continuent de se répandre en direction de l’Algérie, la vallée de la Medjerda restant la seule route fréquentée par les marchands. Ayant échoué dans sa tentative pour s’établir dans la Sicile reprise par les Normands, la dynastie ziride s’efforce sans succès pendant 90 ans de récupérer une partie de son territoire pour organiser des expéditions de piraterie et s’enrichir grâce au commerce maritime. Les historiens arabes sont unanimes à considérer cette migration comme l’événement le plus décisif du Moyen Âge maghrébin, caractérisé par une progression diffuse de familles entières qui a rompu l’équilibre traditionnel entre nomades et sédentaires berbères Les conséquences sociales et ethniques marquent ainsi définitivement l’histoire du Maghreb avec un métissage de la population. Depuis la seconde moitié du VIIe siècle, la langue arabe demeurait l’apanage des élites citadines et des gens de cour. Avec l’invasion hilalienne, les dialectes berbères sont plus ou moins influencés par l’arabisation, à commencer par ceux de l’Ifriqiya orientale

Dynasties et grandes formations berbères
Selon Ibn Khaldoun, les Berbères se divisent en deux branches, les deux sont issues de leur ancêtre Mazigh. Les deux branches Botr et Barnès se seraient elles-mêmes subdivisées en tribus et auraient Medracen comme ancêtre ; chaque région du Maghreb étant constituée de plusieurs tribus.

Les grandes tribus ou peuples berbères sont Sanhadja, Houaras, Zénète, Masmouda, Kutama, Awarba, Berghouata,Zouaouas, etc. Chaque tribu est décomposée en des sous-tribus, ayant une indépendance territoriale et décisionnelle Plusieurs dynasties berbères ont émergé pendant le Moyen Âge au Maghreb, au Soudan, en AlAndalus, en Italie, Au Mali, au Niger, au Sénégal, en Égypte, au Portugal, etc. Ibn Khaldoun fait un tableau résumant celles au Maghreb dont les dynasties berbères Zirides, Ifren,Maghraoua, Almoravide, Hammadides, Almohade, Mérinide, Abdalwadides, W attassides, Meknassa, Hafsides, etc. De plus, plusieurs chefs arabes et perses avaient des épouses berbères comme Idris, Ibn Rustom, etc. Ce qui donnera par la suite les dynasties Idrissides ,Rostémides, etc. La dynastie des Ifrenides des (Banou Ifren) a été reconnue comme étant la seule qui a défendu les Africains dans le Maghreb. Les Almohades ont pu faire l'unification religieuse du Maghreb. Et les berbères du Moyen Âge ont contribué à l'arabisation du Maghreb. En revanche, lors de la dynastie des Zianides de Tlemcen, l'identité et la langue berbère étaient le centre d'intérêt du roi Yghomracen Ibn Zyan.

Empire Almohade entre 1147et 1269 (Apr |Empire Mérinide entre 1258et 1420 (Apr J.-C) Empire Almoravides partiel (1073-1147). Carte des États méditerranéens au XIVe siècle parmi lesquels l'État à partir de gaucheMérinides, Zianides etHafsides. JC).

Les conflits berbères

Les Almohades, après avoir évincés lesAlmoravides, ils vont en guerre contre les chrétiens en Al-Andalus.

Tour Hassan à Raba tconstruite en 1196 par les Almohades

Les deux cofondateurs des Almohades furent leur rencontre non loin de Béjaïa pour l'unification du Magherb. Béjaïa redevint une place commerciale, scientifique et culturelle prospère sous lesHafsides du XIIIe auXVe siècle av. J.-C.

Pendant l'Antiquité, les Berbères se disputaient le pouvoir. Massinissa et Syphax s'affrontèrent lors de la deuxième guerre punique. Le premier avait la Numidie occidentale et le deuxième la Numidie orientale. Massinissa gagne la bataille, mais le fils de Syphax, Vermina, reprend la guerre contre Massinissa. Massinissa était allié des Romains et Vermina était avec les Cartaginois. Vermina demande la rémission à Rome. À la fin, Massinissa réussit à unifier la Numidie. Après Micipsa, une lutte interne entre les petits-fils de Massinisa se déclenche pour la succession. Jugurtha tue Adherbal pour la prise du pouvoir de la Numidie. Jugurtha rompe avec les Romains. Mais Bocchus, beau-père de Jugurtha, capture et livre Jugurtha aux Romains. Au Moyen Âge, au Maghreb central, la plus puissante tribu berbère était des Banou Ifren après avoir servi la Dihya. En 745, ces derniers choisissent le dogme sufrite (kharidjite) et désignent Abou Qurra comme calife. Ce dernier sera à la tête d'une armée composée de 350 000 cavaliers berbères. Il reprend le Maghreb aux deux puissantes dynasties (les Omeyades et les Abbassides), revient à Tlemcen après que Yazid- Ibn- Haten a brisé la coalition berbère. Le premier conflit important berbère au VIIIe survient alors, raconté par Ibn Khaldoun, historien du XIVe siècle85. Les Banou Ifren avaient 40 000 cavaliers dans cette guerre . Abou Qurra a pu unir tous les Berbères. Par la suite, les Berbères se sont divisés en deux parties distingues l'une de l'autre. Cette division a créé un grand conflit entre les Sanhadjas et les Zénètes. Ce conflit a débuté au Maghreb, avant d'être transposé en Andalus. Les Sanhadja (chiite) ont attaqué les Zénètes kharidjites (Banou Ifren, Maghraoua, etc.), créant une séparation territoriale entre les deux tribus berbères. Les Zénètes furent ainsi amenés à se déplacer vers l'Ouest du Maghreb et au Sud devant la poussée des Zirides (tribu des Sanhadja, chiite). Cependant, plusieurs tribus des Banou Ifrenet des Maghraouas se sont ralliées aux Fatimides dans ce conflit complexe, qui n'est ni de religion ni de « race », d'après Yves Lacoste et al. D'autres parts, plusieurs Fatimides ont changé de camps pour s'engager du côté des Omeyades. Au contraire, selon le dictionnaire de Michel Mourre, le pouvoir et la religion seraient les sources des conflits des Berbères. Les Sanhadja se divisent pour former deux dynasties distinctes (les Zirides (chiite) et les Hammadides(sunnite)). Les Zénètes, eux aussi sont divisés sur la question de pouvoir, trois dynasties sont formées Banou Ifren, Maghraoua et Meknassa. Une lutte acharnée au pouvoir des tribus Zénètes est signalée par Ibn Khaldoun. Ensuite survient le deuxième plus important conflit entre les Almoravides (tribu des Sanhadja) et sunnite Malékites et les Zénètes. Après la défaite des Zénètes à l'ouest du Maghreb par les Almoravides, les Zénètes qui restent en vie et minoritaire par rapport aux Sanhadjas sont confrontés dans une guerre contre une alliance Hammadides- Hilaliens. Les Almohades (qui signifie unificateur, les Almohades s'opposent au malékisme) défont les Almoravides tribu des Sanhadja. Les Almohades étaient composés des Masmouda . Le fondateurs du mouvement religieux est Ibn Toumert de la tribu Masmouda ; son disciple Abd al-Mumin de la tribu Zénète prit la tète des Masmouda et deviendra le premier calife Almohade. Un premier conflit

apparait dans la grande famille des Masmoudas, les Almohades détruisent les Berghouata. Puis, un deuxième conflit surgit entre deux fractions des Masmouda, ce qui provoque une guerre entre les Almohades et les Hafsides. Après le massacre des Zénètes vers le XIe siècle, et suite au déclin des Almohades, trois dynasties Zénètes vont surgir au Maghreb et en Al-Andalus (les Hafsides, les Zianides et les Mérinides). Les deux dernières dynasties berbères Zénètes se font la guerre, les Zianides contre les Mérinides (ils adoptent un nouveau malékisme). Les Mérinides sont refoulés au Maroc actuel par les Banou Ifren qui reprennent Tlemcen grâce aux Hafsides en 143793, une trentaine d'années après la promulgation de la Charte d'Ajarif (1405), qui détaille notamment la qisas (vengeance) et la diya (compensation financière) prévue par le droit musulman. Les Mérinides prennent la Tunisie et font tomber les Hafsides. En effet, Abou el Hassen souverain Mérinides de Constantine et de Béjaïa s'empare de la Tunisie, Ibrahim abou Fadhel sera le souverain de la Tunisie, mais l'histoire ne révèlera pas tous les noms des souverains mérinides en Tunisie. Les dynasties berbères sont achevées par l'arrivée des Espagnols et des Ottomans. Depuis ces conflits, les Berbères sont séparés dans leur profond, ce qui a mené à la création de plusieurs tribus qui n'ont aucun lien commun ni dans la langue, ni dans la tradition, ni dans l'espace géographique, ni dans la religion, ni dans les mœurs, etc., au Maghreb, en Al-Andalus, au Sahel africain Le conflit entre Sanhadja et Zénètes est le plus important dans l'histoire des Berbères et a été révélé par tous les historiens du Moyen Âge et contemporains (Ibn Khaldoun, Ibn Hazm, Émile Félix Gautier, Gabriel Camps, Rachid Bellil, etc.). Du coup, quelques historiens comme Émile Félix Gautier et Gabriel Camps entre autres, ils tirent des conclusions et des thèses de ce conflit majeur. Ces thèses seront contredites par certains historiens contemporains comme Rachid Bellil, Benabou, Potiron, etc. Ces derniers rejoignent l'approche historique d'Ibn Khaldoun.

Influence des Berbères en Afrique de l'Ouest et en Al-Andalus

Carte de l'Empire songhaï

Carte historique de la péninsule Ibérique présentant l'époque des taifas et les petits royaumes chrétiens émergents. Quelques taifas étaient berbère comme les Zirides et lesBanou Ifren, etc.

La dynastie Sonrhaïs des Dia, fut fondée à Koukia au XIe siècle, résultat d'un métissage entre Berbères dirigés par le chef berbère Za el-Ayamen, qui fuyait devant l'invasion arabe, et les sonhrais, peuple noir. Plus tard la dynastie des dia fondera le royaume sonhrais de Gao, au niveau du fleuve Niger, qui sera vassale de l'Empire du Ghana créé par les soninkés, puis l'Empire du Mali. Durant le XVe siècle, les sonhrais, après plusieurs conquêtes militaires, supplante l'Empire du Mali, et le royaume sonhrais de Gao devient un empire, sous la dynastie des Si, du conquérant Sonni Ali Ber, qui se verra succéder par la dynastie des Askia d'origine soninkés, fondée par Askia Mohammed Touré, avec la ville de Gao pour capital. Il s'étend sur plus ou moins le Niger, le Mali et une partie du Nigeria actuel. L'empire s'effondre a la fin du XVIe siècle, suite à la bataille de Tondibi. Les Zirides prennent le Sud de l'Italie avec l'aide des Fatimides et une partie de l'Égypte. Les Berbères avaient des États indépendants en Al-Andalus à l'époque des taifas. L'Al-Andalus est prise par les Almoravides et ensuite par les Almohades et à la fin par les Mérinides.

Époque moderne
De 1400 à 1900]

Unique photographie connue de Lalla Fatma N'Soumer

Lalla Fatma N'Soumer

Pendant la période de 1400 à 1500, l'effondrement des dernières dynasties berbères englobe les deux territoires l'Andalousie et le Maghreb du centre et de l'Ouest. Les espagnoles et les Portugais reprennent leurs territoires et envahissent le Maghreb. Ensuite, les Ottomans chassent les Espagnols et prennent l'Algérie, la Tunisie et la Libye. Quelques Berbères se replient dans les montagnes et demeurent isolés surtout dans les régions de l'Aurès ou en Kabylie et au Sahara. Le Maroc résiste grâce à l'émergence de la dynastie desWattassides puis des Saadiens et ensuite de la dynastie alaouite. Les Espagnols prennent les territoires du Rif du Sahara occidental et quelques villes dont(Sidi Ifni). Le Rif engage une révolte pour se défendre. Les Français attaquent les Ottomans et prennent l'Algérie, la Tunisie. La Libye est prise par les Italiens. Plusieurs Berbères (l'émir Abd El-Kader (prétendait descendre des Banou Ifren), Lalla Fatma

N'Soumer, Bataille de Zaatcha, Révolte des Mokrani, Cheikh Bouamama (rassemble les Ouled sidi Chikh, les Zénètes, les Sanhadjas…), etc., se révoltent et organisent plusieurs guerre pour reprendre leurs territoires. La France déploie tout dans l'industrialisation et dans la construction des villes digne de la civilisation moderne, mais les zones montagneuses et les zones rurales sont épargnées. Plusieurs Européens viennent pour investir et pour exploiter les richesses. L'Algérie française devient le « grenier de l'Europe ».

Les confréries berbères et le mouvement des Saints berbères entre 1500 et 1900

cérémonie religieuse à Adrar

Portrait d'Abd el-Kader originaire des Ifrenideset chef de la confrérie en Algérie

Plusieurs Berbères notamment du Sud ont créé des confréries musulmanes dont le but d'aider la population après le déchirement des dynasties berbères. Leur apport était éducatif en premier. Plusieurs monuments, Ksours, mosquées, etc., ont été construits dans les différentes régions du Maghreb. Les principaux chefs avaient la notoriété de Saint et ils étaient pour la plupart des hommes de connaissance et de savoir. Ces chefs ont écrit plusieurs livres qui ont été conservés à nos jours. L'instruction du Coran était importante surtout dans le Sud. L'organisation de cérémonie avait un rôle important dans la consolidation des règles de vie entre les différentes communautés. Les Zaouïas avaient un rôle juridique important au sein des populations pour le règlement des crises. Les Ottomans devaient négocier avec les chefs de confrérie. Par la suite, l'Armée française a trouvé des difficultés à contrôler les mouvements dirigés principalement par les confréries.

Contemporain
De 1900 à 2000
Après la colonisation française, italienne, espagnol, etc., les berbères se voient marginalisés, occupés, exploités par des forces étrangères. Ce qui fait qu'un vaste mouvement de révoltes s'enchaine par les années dans tous les territoires du Maghreb. Par la suite après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis imposent aux Européens de se retirer de tous les colonies dans le plan Marshall. Après quelques années tous les pays se libèrent progressivement. Actuellement, la plupart des Berbères sont sédentaires. Ils se désignent d'abord par leur ethnie régionale et par leur parlé berbère : en Algérie, on trouve les Chaouis, les Kabyles, les Mozabites, les Touaregs, les Beni Snous, les Chenouis, les habitants du Ouarsenis (Banou Ifren et Maghraoua), etc). Au Maroc, on trouve les Rifains, les Chleuhs, les Béni-Snassen, les Awarba, les Zayanes, etc. En Libye, on trouve lesYafran, etc. En Tunisie, il y a les habitants de Djerba, etc. En Espagne, il y a les habitants de l' Îles Canaries. Plusieurs ethnies d'origine berbères parlent l'arabe et ne s'identifient pas aux régions cités. L'ensemble des ethnies berbères est appelé par Imazighen (le pluriel d’Amazigh), et l'espace géographique nord-africain par Tamazgha.

La mosquée de laKoutoubia à Marrakech au Maroc, fondée au XIIe siècle par les Almohades

Répartition des Berbères en Afrique du Nord.

Chleuhs Rifains Kabyles Touareg

Zayanes Chenouis Chaouis Berbères sahariens

Plusieurs monuments historiques témoignent de la grandeur de l'art archituctural chez les Berbères au Maghreb et en Al-Andalus. Plusieurs villes et monuments au Maghreb et en Al-Andalus sont considérés comme patrimoine mondial. La culture et la langue berbère ont survécu depuis les grandes conquêtes vandales, romaines, byzantines, arabes (VIIe siècle) jusqu'à l'occupation française, en passant par la présence turque (à l'exception notable du Maroc). À partir de 1881, en Kabylie, l'administration française attribuera des patronymes arabes aux populations qui, jusqu'à cette époque, portaient encore pour certains des noms à consonance latine.

Minaret de la Kalâa des Béni Hammad en Algérie

Ainsi, certains tiennent la colonisation française pour responsable en grande partie de l'arabisation de l'Afrique du Nord à l'instar de l'historien Eugène Guernier qui affirme, en 1950, que la France « facilite la diffusion de la civilisation arabe, par la langue, par la loi et par la foi musulmanes. » La culture berbère reste vivante en Algérie et au Maroc, qui comprennent une grande partie des Berbères. Elle est aussi présente en Libye et en Tunisie et dans une grande partie du Sahara — Touaregs en Algérie, au Burkina Faso, au Mali et au Niger. En 1980 éclatent les manifestations du Printemps berbère, au cours desquelles les berbérophones de Kabylie réclament l'officialisation de leur langue. En 1996, une réforme de la Constitution algérienne fait officiellement de l'amazighité, aux côtés de l'islam et de l'arabité, l'une des composantes fondamentales de l'identité nationale. Parallèlement, les autorités fondent un Haut Commissariat à l'amazighité. En 2000, la chaîne Berbère Télévision commence à émettre ses ondes de Paris. Au printemps 2001, des émeutes éclatent en Kabylie, réclamant notamment l'officialisation de la langue berbère. Le 17 octobre 2001, le roi Mohammed VI du Maroc crée un Institut royal de la culture amazigh (IRCAM) pour promouvoir la culture berbère.

Diaspora

Zinedine Zidane

Les Berbères sont également largement représentés dans les populations issues de l'immigration en Europe, notamment en France (Saïd Taghmaoui et Zinedine Zidane en sont de célèbres représentants), en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne, mais aussi aux États-Unis et au Canada.

Cultes berbères
Pendant l'Antiquité, les cultes berbères étaient pratiqués librement au début de la présence romaine. Au musée deTimgad, plusieurs fresques représentent les divers cultes Berbères.  En Berbère la lune et le dieu lunaire portent le même nom : Ayyur. Hérodote mentionne que

les Berbères antiques vénéraient la lune et le soleil, auxquels ils offraient des sacrifices : « Les sacrifices des nomades se font de cette manière : ils commencent par couper l'oreille de la victime (cela leur tient lieu de prémices), et la jettent sur le faîte de leurs maisons ; cela fait, ils lui tordent le cou : ils n'en immolent qu'au Soleil et à la Lune. Tous les Libyens font des sacrifices à ces deux divinités». D'autres auteurs attestent ce culte, ainsi que des graffitis, comme un « Solo Deo Invicto » relevé à Thagaste.  Ifri, déesse de la guerre, très influente en Afrique du Nord, était considérée comme la

protectrice des marchands et figurait à ce titre sur les pièces de monnaie berbères. Pline l'Ancien écrit qu'en Afrique, personne ne prenait de décision sans invoquer Africa (nom latin d'Ifri). Après la conquête romaine, elle figurait toujours sur les pièces. 

As d'Hadrien (136), représentant sur l'avers Africa, portant une dépouille d'éléphant, tenant un scorpion et une corne d'abondance, un modius de blé à ses pieds.

Mosaïque de la Domus Africa de Thysdrus

Afrique ou Africa provient de Ifren, Ifri est une divinité berbère, le pluriel est Ifren. La traduction ou l'emprunt latin nous donne Africa (Afrique) qui a été une déesse berbère avant la conquête des Romains. Dea Africa signifie déesse Africa et représente un symbole à l'époque romaine. Et aussi Ifri désigne les populations locales des Afers. Ifru symbolise les rites dans les cavernes pour protéger les commerçants. La grotte non loin de Constantine à Guechguech et la pièce de monnaie romaine indiquent le mythe de la protection. Ifru était une déesse solaire et en même titre un dieu des cavernes et protecteur du foyer, etc .Ifru est une sorte de Vesta Berbère.

Gurzil (ou Agurzil) est une divinité à la tête de taureau, fils d'Ammon. Corippus mentionne un

certain Laguatan (la tribu des Luwata et sontZénète), grand prêtre de Gurzil, combattant les Byzantins, qui l'auraient tué alors qu'il tentait de s'enfuir avec les icônes de Gurzil113. Parmi les ruines de Ghirza, en Libye, se trouve un temple qui est peut-être dédié à Gurzil — d'où par ailleurs pourrait provenir le nom de la cité.  Pendant la Numidie, à N'Gaous dans les Aurès, plusieurs stèles africaines (Molchornor"

sacrifice d'un agneau ou stèles de Saturne avec mention d'un sacrifice particulier) ont été trouvées par les chercheurs et signalées par les historiens.

Culture berbère

Une famille berbère traversant un gué avec son bétail (Algérie, 1890)

Ghardaia, la vieille ville

Mozabite

Cavalier berbère à Agadir au (Maroc (Fantasia))

Tapis de Kabylie (Algérie)

Traditionnellement, les hommes s’occupent du bétail. Ils migrent en suivant le cycle naturel des pâturages, et en recherchant des sources d’eau et des abris. Ils sont ainsi assurés d’une abondance de laine, de coton et de plantes pour la teinture. De leur côté, les femmes s'occupent des biens de la famille et confectionnent les objets artisanaux — tout d’abord pour leur usage personnel, et ensuite pour la vente dans les souks de leur localité. Les tribus berbères tissent des kilims. Les tapisseries traditionnelles conservent l’apparence et le caractère distinct de la région d'origine de chaque tribu, qui possède en effet son propre répertoire de dessins. Le tissage d’armure toile est représenté par une grande variété de bandes, et plus rarement par des motifs géométriques, tels les triangles et le losange. Les décorations additionnelles, comme les paillettes ou les franges, sont

typiquement des tissés berbères du Maroc. Le mode de vie nomade ou semi-nomade des Berbères convient très bien au tissage des kilims. Les us et coutumes diffèrent d'une région à une autre1. Les Berbères en côtoyant différentes civilisations (les Égyptiens, les Phéniciens, les Romains, les Byzantins, les Arabes, etc.) se sont inspirés et ont pu être démontré leur savoir. Medracen, Septime Sévère, Massinissa, Juba, Syphax, Jugurtha, etc., ils étaient de grands bâtisseurs, ils ont bâti de grands monuments historiques. Les Berbères ont brillé lors du Moyen Âge au Maghreb et en Al-Andalus. Plusieurs Berbères étaient des éminents savants, écrivains, traducteurs, architectes, artistes, musiciens, philosophes, théologien, etc. La structure sociale des Berbères est tribale. Un chef est désigné pour commander la tribu. Au Moyen Âge, plusieurs femmes ont eu le pouvoir de gouverner comme la Kahina dans les Aurès. Il y a eu plusieurs chefs ou reines berbères comme Tin Hinan au Hoggar, Chemci (elle est issue de la grande tribu des Aït Iraten de la Kabylie), Fatma Tazoughert dans les Aurès. Lalla Fatma N'Soumer était une femme berbère de la région kabyle qui a combattu les Français. La majorité des tribus berbères ont actuellement des hommes comme chef de tribu. En Algérie, la plateforme d'el Kseur en Kabylie (le Gouvernement algérien et les Arouchs (tribu) Kabyles se sont convenus à cette plateforme) donne le droit aux tribus d'émettre des sanctions pécuniaires à l'encontre des délinquants. Dans les régions des chaouis, les chefs de tribus décrètent des sanctions contre les hors-la-loi. Les Touareg ont un roi qui décide du sort de la tribu et qui est connu sous le nom de Amenokal. C'est une société très hiérarchisée. Les Mozabites sont régis par les chefs spirituels du Ibadisme. Les mozabites ont une vie communautaire. Lors de la crise de Berriane, les notables de chaque tribu ont réglé le problème et ils ont entamé des pourparlers pour arrêter la crise entre Malékite etIbadite. Dans les mariages, c'est l'homme qui choisit la femme, et souvent, c'est la famille qui décide, tout dépend de la tribu. Par contre chez les Touareg, c'est la femme qui choisit son futur époux. Les rites de mariages sont différents pour chaque tribu. Les familles sont soit patriarcales ou matriarcales, selon la tribu. La musique berbère est une musique traditionnelle d'Afrique du Nord présentant de grande variété de styles suivant les régions et répandue particulièrement par la musique marocaine, la musique populaire kabyle, la musique des Aurès (chaouis) et la musique des différents régions d'Algérie, la musique touareg du Niger, du Mali et du Burkina Faso, etc. Les instruments utilisés sont le bendir (grand tambourin rustique) et le gambri ou encore la flûte, qui accompagnent les chants et les danses en rythmant une poésie berbère riche et colorée. Plusieurs rites de fantasia sont organisées au Maghreb. Le cheval est important chez les Berbères. Le barbe est un cheval berbère. Les Zénètes étaient des experts dans la manière de monter un cheval (la jineta).

Des rois et des Saints

Mosaïque de la Domus Africa

Septime Sévère, d'origine berbère, Le roi berbère Massinissa, fondateur du a été empereur deRome royaume deNumidie (vers 201 av. J.-C.).

L'effigie de Jugurtha en Algérie.

Syphax reçoit Scipion l'Africain. Fresque d'Alessandro Allori

Statue de la Buste du roi érudit Juba IIexposé au musée de Cherchellen Algérie. Buste de Ptolémée, v. 30–40 ap. J.C., musée du Louvre enFrance Reine Kahina àKhenchela

Macrin

Le philosophe et théologiensaint Augustin

Caracalla

Cyprien de Carthage

Tertullien

Le pape Miltiade

Ary Scheffer, saint Augustin etsainte Monique

Juba Ier

Monuments

Site de Sauma en Algérie

Village de Petite Kabylie en Minaret de la Mosquée Sidi Boumediène à Tlemcen enAlgérie Algérie.

Sebkha de Timimoun enAlgérie.

Les Aurès en Algérie

Ghardaia ou Taghradayt en langue du Mzab en Algérie.

Peinture rupestre du Hoggar en Algérie

Les ruines de Tipaza enAlgérie.

Façade du théâtre romain deGuelma en Algérie

Patio des zianides à Tlemcenen Algérie

L'oasis de Taghirt vue depuis le mausolée Marabautique enAlgérie.

Site de Chella au Maroc

La porte de Chella au Maroc Bassins à mosaïques àVolubilis au Maroc

Mihrab de la mosquée deTinmel, fief originel de la doctrine almohade au Maroc

Début de la construction de laKoutoubia à Marrakech en1120 par les Almoravides, fortement transformée par lesalmohades en 1162 , au Maroc

Nécropole de Chella au Maroc

Medersa Bou Inania(Mérinides) de Meknès auMaroc

Tour Hassan à Rabat construite en 1196 au Maroc

la mosquée fut construite par les Banou Ifren dans la ville deSalé au Maroc

Pièces de monnaies hafsides du Giralda de Séville construite en 1184 pendant lesAlmohades en Andalousie Une partie de la muraille de la ville de Ronda édifiée parAbou Nour des Banou Ifren Musée du Bardo à Tunis enTunisie Porte de la Mansourah, mosquée bâtie sous le sultanMérinide Abu Yaqub Yusuf anNasr à Tlemcen en Algérie

Minaret de la Mansourah àTlemcen en Algérie Koutoubia à Marrakech, elle fut construite sous Abd al-Mumin (Almohades) au Maroc La Casbah d'Alger fondée par Bologhin Ibn Ziri des Zirides.

Berbères connus

Berbères connus

Les plus connus d'entre eux étaient:

                  

le roi Massinissa, Jugurtha (Bello Jugurthino) petit fils de Massinissa l'auteur romain Apulée, l'empereur romain Septime Sévère, le pape Saint Victor Ier, le pape saint Gélase Ier, le pape saint Miltiade, Saint Cyprien, Saint Flavien, Tertullien, Saint Augustin119, Youssef Ibn Tachfin Koceila, la Kahena, Cheikh Zaid Oubjna, Lalla Fatma N'Soumer, le conquérant Tariq ibn Ziyad, le roi Zianide de Tlemcen : Yghomracen Ibn Zyan Lounès Matoub, chanteur algérien de musique kabyle, célèbre pour son engagement dans la

revendication de l'identité berbère,

Tamazgha

Tamazgha ou le monde berbère

Tamazgha est un néologisme utilisé par les militants berbéristes pour désigner le "monde berbère", c'est-àdire ce qui constitue selon eux la patrie historique du peuple berbère. Il comprend l'ensemble de 5 pays (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye et Mauritanie), et partiellement 4 autres pays (nord du Mali, nord du Niger, une partie de l'ouest de l'Égypte, les territoires espagnoles de Melilla, Ceuta et les Îles Canaries). Tamazgha a été créé par des militants berbéristes kabyles. Il est l'expression du nationalisme berbère puisqu'il affirme l'existence d'une nation et d'un peuple unis transcendant les sous-groupes berbères et les frontières géopolitiques actuels.

Le terme
Le mot monde berbère a d'abord été utilisé par les intellectuels berbéristes, au Maroc et en Algérie, en tant que concept qui donne à l'identité berbère un contexte géographique moderne bien défini. Le fait que des millions des Berbères sont dispersés sur de grandes surfaces dans plusieurs pays avec des régimes différents, fait des Berbères d'Afrique du Nord un des principaux blocs de l'Afrique. Les anciens mots français Barbarie et Barbaresque avaient été utilisés par les Français pour géographiquement distinguer le pays des Berbères du reste de l'Afrique ou d'autres régions à majorité musulmane.

Langues berbères
Les langues berbères forment un groupe de langues afro-asiatiques dérivées du berbère ancien, séparé en deux branches : langues berbères du Nord et du Sud. Elles sont présentes depuis le Maroc jusqu'à l'Égypte, en passant par l'Algérie, la Tunisie, le Niger et le Mali. On dénombre une trentaine de variétés. Le berbère ou tamazight possède son propre système d'écriture, celui que les Touareg ont conservé : le tifinagh. Les langues berbères ont assimilé plusieurs emprunts : à l'hébreu, au phénicien, au latin, au turc, à l'arabe, au français, ou encore à l'espagnol. Il n'existe pas de chiffres officiels concernant le nombre de berbérophones, mais on estime le nombre de locuteurs de 40 à 50 millions.

Répartition géographique
Les langues berbères, dispersées sur une aire géographique très vaste, sont soumises à une pression de l'arabe maghrébin et dans une moindre mesure du français. Des villes et des régions majoritairement berbérophones au début du XXe siècle ne le sont plus du tout aujourd'hui (Batna, Oum El Bouaghi, etc.), l'arabe maghrébin ayant remplacé le berbère.

Localisation des variantes berbères en Afrique du Nord.
Chleuh Rifain Kabyle Touareg Braber Chenoui Chaoui Berbères sahariens(zenaga, mozabite, siwi)

Maroc
Le Maroc est, en pourcentage, le principal État berbérophone avec 60 %.

Fillette berbère du Haut Atlas au Maroc (vallée de l'Imlil).

Le tachelhit (ou chleuh) est parlé par les Chleuhs dans le Haut Atlas, dans l'Anti-Atlas au sud, et

dans la plaine de Souss, au Sahara et ailleurs partout dans le royaume. C'est le dialecte berbère le plus parlé

Le tamazight du Maroc central, appelé aussi tamazight tout court ou braber, est parlé dans

le Haut et le Moyen Atlas, de Azilal à la campagne au sud de Taza, ainsi qu'au centre du royaume.

Le tarifit (ou rifain) est parlé par les Rifains, habitants du Rif oriental, au nord-est du

Maroc : Nador, Al-Hoceima, Berkane, Melilla, Kebdana.

Algérie

Ghardaïa une ville berbère mozabite capitale de la région du Mzab en Algérie

Carte linguistique Touggourt, Ouargla,Mzab, etc.

le Nord partiellement

L'Algérie compte environ 25% de berbérophones.

Le kabyle (tha kvayelith) avec 5 millions de locuteurs en Kabylie est la deuxième langue la plus

parlée après le chleuh dans les 7 wilaya — Béjaïa, Tizi-Ouzou, Bouira, Boumerdès, Bordj-BouArreridj, Jijel,Sétif. Pres de 5.5 millions dans le monde (en Europe,Canada, Australie, États-Unis).

Le chenoui est présent dans la wilaya de Tipaza et le littoral de la wilaya de Chlef à l'ouest

d'Alger (15 000 locuteurs)

Le chaoui (tachawit) est parlé par environ 2 millions de personnes à l'est du pays, surtout dans

les Aurès — wilayas de Batna, Khenchela, Oum-El-Bouaghi, Tébessa, Souk Ahras, Sétif partie extrême sud et dans une partie des wilayas de Guelma, et Biskra.

Le mozabite, est parlé au Mzab, dans le sud : 800 000 locuteurs à Ghardaia

Le touareg (c'est-à-dire les variantes tamasheq, tamahaq, tamajaq) est parlé dans le sud de

l'Algérie, le sud est de la Libye, au Mali, au Niger et au nord du Burkina Faso.

Le chelha est parlé à Beni Boussaid, un âarch berbère de 13 000 habitants situé au mont Asfour

dans la wilaya de Tlemcen, et à Bousemghoune, et Assla des villages situés dans la région d'Elbayadh ainsi qu'à Beni Snous, une commune de la wilaya de Tlemcen, composée d'une douzaine de villages.

Le tagargrent est parlé dans la région de Ouargla et de N'Goussa ainsi que Tougourt et sa région

Righa.

Le Zénètes parlait à Gourara wilaya d'Adrar.

L'enseignement du berbère a connu une forte demande chez les Kabyles. Dans les régions Chaouis et le Mzab, la demande pour l'enseignement du berbère a connu une baisse.

Mali et Niger
Le touareg, plus précisément les variantes tamasheq et tamajaq . Les Touaregs représentent environ 10 % de chacune des populations malienne et nigérienne.

Tunisie

Jeune femme berbère de Tunisie (début des années 1900).

En Tunisie, pays arabophone à 99 %, le chelha est parlé dans les villages semi-berbérophones du sud — Chenini, Douiret, Matmata, Tamezrett, etc. — ainsi que dans quelques villages de l'île de Djerba (surtout Guellala/Iqellalen, Ajim, Sedouikech/Azdyuch, Ouirsighen/At et beni maaguel/Ursighen).

Libye

Le nafusi est parlé en Libye, à Aoudjila , Sokna et Zouara — 20 % de la population. Le tamahaq est également parlé dans la région de Ghat par environ 17 000 personnes (Johnstone 1993). La région de Yafran, le Ifren est parlé.

Mauritanie
Le zenaga est parlé à Medredra. Le tamasheq est également utilisé. Mais la plupart des non-arabophones de Mauritanie parlent les langues nigéro-congolaises.

Îles Canaries
Dans les îles Canaries, se parlait jadis le guanche, aujourd'hui disparu. Une partie de la population actuelle de ces îles espagnoles se revendique berbère mais ne parle aucun dialecte de cette langue. Cette revendication berbère est notamment portée par le Congrès national canarien (CNC), parti indépendantiste canarien, branche politique du mouvement de libération des îles Canaries, le MPAIAC.

Égypte
Les Siwis parlent le seul dialecte berbère égyptien, le siwi, présent dans les environs de l'Oasis de Siwa. Cette oasis du nord-ouest de l'Égypte représente le plus oriental des groupes berbères.

Écriture

Entrée à Kidal, ville touareg du Mali, au centre du massif de l'Adrar des Ifoghas. Sur le côté gauche du rocher, Kidal est écrit en caractère tifinagh

Le berbère est noté, depuis le milieu du premier millénaire avant l'ère chrétienne, au moyen de l'alphabet tifinagh ou libyco-berbère. Il comporte des voyelles et des consonnes, dont il existe plusieurs variantes. Depuis le début du XXe siècle, le berbère a surtout été écrit au moyen de l'alphabet latin ou de l'alphabet arabe, bien que les Touaregs continuent de l'utiliser couramment. Cependant, des propositions de tifinagh standard ont vu le jour à partir de la fin du XXe siècle. L'Académie berbère, travailla sur une version, révisée ensuite par le professeur Salem Chaker de l'Inalco. L'Ircam officialisa une version de l'alphabet tifinagh en 2003.

La principale difficulté de la mise en place d'un alphabet standard réside dans la localisation progressive des langues berbères, qui a engendré une différenciation de certains phonèmes et lettres.

Statut

Pancarte de bienvenue multilingue de la commune d'Isser (Boumerdès, Algérie) transcrit en arabe, en berbère (tifinagh), et en français.

Le berbère n'est langue officielle dans aucun pays, il est langue nationale au Mali, au Niger et en Algérie depuis 2002. Si le berbère est aujourd'hui très minoritaire tant en Tunisie qu'en Libye, il est cependant très présent en Algérie mais aussi, et surtout, au Maroc. Les États d'Afrique septentrionale concernés (Maroc, Algérie, Mali, Niger, Libye, Égypte, Tunisie,Mauritanie, etc.) ont, dès l'accession aux indépendances, adopté au sujet des langues locales autres que l'arabe officiel — geolectes arabes ou berbères, langues négro-africaines, français, voire espagnol — des politiques extrêmement différenciées, souvent hostiles. Aujourd'hui, les politiques linguistiques lancées après les indépendances avaient pour objectif de remplacer le français par l'arabe au détriment du berbère. Le mouvement revendicatif berbère a fait irruption sur la scène algérienne en 1980 en Kabylie. Cependant, si par exemple en Algérie, le berbère a été déclaré langue nationale par la révision constitutionnelle du 10 avril 2002 (article 3 bis), ou au Maroc introduit dans l'enseignement primaire, celui-ci n'est dans aucun de ces pays enseigné comme idiome majoritaire au long des cursus scolaires et universitaires. En conséquence, les langues berbères qui ne bénéficient nullement d'un soutien massif au niveau de la politique nationale, se transmettent de plus en plus difficilement dans les zones urbaines et, même au sein de la matrice rurale originelle, résistent de plus en plus mal aux concurrences des arabes locaux et standard, des langues des anciennes puissances coloniales ou de l'anglais.

Tifinagh

Entrée à Kidal, ville touareg du Mali, au centre du massif de l'Adrar des Ifoghas. Sur le côté gauche du rocher, Kidal est écrit en caractères tifinaghes.

Panneau de signalisation trilingueincluant une version en tifinaghe, à Tizi-Ouzou en Kabylie (Algérie)

Le tifinagh (aussi écrit tifinaghe se prononce tifinar) ou libyco-berbère est un alphabet utilisé par les Berbères, essentiellement les Touaregs. C'était autrefois un abjad, un alphabet consonantique. Cet alphabet a subi des modifications et des variations inévitables depuis son origine jusqu'à nos jours. Du libyque jusqu'aux néotifinaghes en passant par le tifinaghe saharien et les tifinaghes Touaregs, nous retraçons ci-dessous les aspects les plus importants de chacune de ces étapes.

Étymologie
Le site MondeBerbere.com rapporte au sujet de l'étymologie du nom tifinaghe, que des Berbères« ont développé une version fréquemment citée pour consacrer l'origine autochtone de cet alphabet » : Tifinaghe serait un mot composé deTifi qui signifie « trouvaille » ou « découverte » et de l'adjectif possessif nnagh qui signifie « notre ». Le site poursuit en qualifiant cette interprétation de « simpliste et très probablement erronée, [qui] ne tient pas compte des variations régionales et de l'évolution de la langue amazighe ; le berbère d'il y a plus de 2 500 ans n'est certainement plus le même que le chleuh ou le kabyle parlés actuellement » ; pour Jean Servier, le mot « tifinagh » renvoie à « une racine FNK rappelant l'origine phénicienne, évidente, de cet alphabe ». D'après Slaouti Taklit, enseignante de linguistique au département de français à l'université d'Alger et auteur de l'ouvrage L'alphabet latin serait-il d'origine berbère ? (éditions L'Harmattan, 2004), certains signes de l'alphabet libyque remonteraient au capsien (page 108). Ces signes auraient été tout d'abord des symboles religieux (page 106), ils permettaient de nommer des êtres ou des objets, car donner un nom

c'est donner une réalité à ce que l'on nomme, une seconde vie. Elle remarque que « l'écriture Libyque semble être une écriture basée sur des croyances religieuses où les divinités astrales jouent un rôle primordial » (page 106). Citant pages 106 et 107 J.-P. Maître (Contribution à la préhistoire de l'Ahaggar, Tefedest central, Mémoire du CRAPE, éd. Arts et Métiers, Paris ou Alger, 1971) : « Tifinagh est le pluriel de Tafineq qui signifie caractère d'écriture en touarègue. Par extension, tifinagh désigne toutes les gravures et les peintures aussi bien que les caractères alphabétiques. On peut même dire que c'est ce dernier sens qui prévaut en certains cas. »

Libyque
Libyque Caractéristiques Type Langue(s) Abjad Vieux libyen Historique Époque Système(s) parent(s)
IIIe

siècle av. J.-C. - IIIe siècle

Protosinaïtique Phénicien Libyque

Système(s) dérivé(s)

Tifinagh, néotifinaghe

 

Il y a deux formes du libyque, l'orientale et l'occidentale ; La forme occidentale a été utilisée le long de la côte méditerranéenne de la Kabylie

jusqu'au Maroc et aux Îles Canaries. La forme orientale a été utilisée dans la région constantinoise, dans les Aurès (Algérie) en Tunisie et en Libye ;

Seule la forme orientale a été déchiffrée grâce notamment à l'existence d'importantes inscriptions

bilingues punico-libyques. Ce déchiffrement a permis de déterminer la valeur de 22 signes sur 24 ;

Selon Février (1964-65), la forme occidentale serait plus primitive, la forme orientale étant

influencée par l'écriture punique ;

    

L'alphabet libyque est strictement consonantique La gémination n'était pas notée ; La forme occidentale comporte 13 lettres supplémentaires ; Les inscriptions sont souvent des dédicaces ou épitaphes. La plupart sont brèves ; Le sens de l'écriture n'est pas fixé (mais c'est plus souvent verticalement de bas en haut). Chaque

ligne constitue un mot phonétique ou un sens complet ;

Une minorité de lettres permettaient de déterminer le début de la ligne. Ces lettres sont appelées

lettres directrices ou signes directeurs ;

Une hypothèse a été avancée que certaines lettres seraient secondaires par rapport à d'autres.

Tifinaghe saharien ]

Ècritures tifinaghes anciennes, site des gravures rupestres d'Intédeni près d'Essouk au Mali.

Le tifinaghe saharien est un alphabet touareg ancien. Il contient des signes supplémentaires, comme le trait vertical pour noter la voyelle finale /a/. L'âge des inscriptions les plus récentes est peut-être de quelque 200 ans. Les modalités du passage entre le libyque et le tifinaghe saharien sont inconnues. On ne sait pas si cet alphabet était contemporain des formes libyques, ni même s'il est comparable à la forme occidentale ou orientale du libyque. La période d'utilisation de cet alphabet, si elle n'est pas établie avec précision, est largement antérieure aux conquêtes musulmanes. La seule certitude nous vient d'une inscription qui porte une date : celle du temple du roi berbère Massinissa qui attribue la construction du temple à l'an 10 du règne de ce roi ; c.-à-d. 139 ans avant notre ère. La valeur des signes nous est transmise par Charles de Foucauld.

Tifinaghe touareg
Tifinaghe Caractéristiques Type Langue(s) Abjad Touareg Historique Époque Système(s) parent(s) ? - actuellement Protosinaïtique Libyque Tifinaghe Système(s) dérivé(s) Néo-tifinaghe

Il existe au sein du tifinaghe touareg quelques divergences des valeurs des signes qui correspondent aux variations dialectales touarègues. Si d'une région à une autre, la forme et le nombre des signes peuvent

changer, les textes restent en général mutuellement intelligibles car la plupart des différences graphiques suivent la logique des variations phonétiques dialectales.

Particularités
L'innovation la plus frappante est la ligature à dernière consonne /t/ ou à première consonne /n/. Comme pour le saharien, le tifinaghe touarègue dispose d'un signe /./ pour noter les voyelles finales appelées tighratin (masc. tighrit). Dans les régions du Hoggar, duGhat et de l'Adrar, ce signe ne s'emploie que pour la voyelle /a/. Les voyelles /i/ et /u/ sont notées par les signes correspondant aux /y/ et /w/. Les autres dialectes l'emploient pour toutes les voyelles finales et, selon le père de Foucauld, pour toutes les voyelles initiales sans distinction. Les lettres sont épelées de différentes façons suivant les régions. Dans le Ghat, la prononciation suit le modèle « ya-valeur consonantique ». Par exemple, /b/ se lit « yab », /d/ « yad », etc. Dans l'Ayer et chez les Iwelmaden, ce sera plutôt « e-valeur consonantique redoublée » : /b/ « ebba » ; /d/ : « edda », etc. Une légère variation dans le sud colore « ebba » en « abba ». Parmi les tribus maraboutiques de la région de Tombouctou, on a relevé l'emploi des diacritiques arabes pour noter les voyelles brèves.

Usage
À part quelques rares utilisations pour la notation de textes longs, les tifinaghes touaregs ont souvent été utilisés pour des inscriptions sur des objets (bijoux, armes, tapis, etc.), pour des déclarations amoureuses et pour des épitaphes. Toute transcription commence par la formule « awa nekk [Untel] innân », c’est-àdire « c'est moi [Untel] qui ai dit ». Il semblerait qu'un homme sur trois et une femme sur deux l'écrivent sans hésitation. Depuis peu, les tifinaghes sont utilisés comme support pédagogique pour la campagne contre l'analphabétisme. Il n'y a pas d'ordre pour énoncer les lettres de l'alphabet. Mais une formule mnémotechnique, citée par Foucauld (1920), contient toutes les lettres ou presque : « awa näk, Fadîmata ult Ughnis, aghebbir-nnit ur itweddis, taggalt-nnit märaw iyesân d sedîs .» (« C'est moi, Fadimata, fille d'Oughnis : sa hanche ne se touche pas, sa dot est de seize chevaux. »)

Néotifinaghes
Néotifinaghe

Exemple d'écriture néotifinaghe

Caractéristiques

Type Langue(s)

Alphabet Langues berbères Historique

Époque Système(s) parent(s)

1980 - actuellement Protosinaïtique Phénicien Libyque Tifinagh Néotifinaghe Encodage

Unicode ISO 15924

U+2D30 à U+2D7F

Tfng

À la fin des années 1960, une association culturelle, l'Académie berbère (AB), se forma en Algérie dans le but d'établir un alphabet standard sur la base des tifinaghes diffusés au Maroc et en Algérie, afin de le faire revivre et de pouvoir transcrire l'ensemble des dialectes berbères. Salem Chaker, professeur de l'INALCO, proposa une révision de cet alphabet (v. Tafsut. 1990 n° 14.). D'autres systèmes ont été proposés par l'association Afus Deg Wfus (Roubaix), la revue Tifinagh (éditée au Maroc), par le logiciel d'Arabia Ware Benelux Arabia Ware Benelux et l'IRCAM, et sont relativement similaires.

Normalisation internationale (Unicode)
À compter de la version 4.10 de la norme Unicode, les caractères tifinaghes sont codés dans la plage U+2D30 à U+2D7F. Il y a 55 caractères définis dans la norme mais nous savons qu'il existe un nombre beaucoup plus grand de caractères qui ne font pas partie de la norme Unicode.

Représentation Unicode des glyphes (de gauche à droite) Code U+2D30 U+2D40 U+2D50 U+2D60 U+2D70
Voici un tableau comparatif entre les glyphes et les translittérations en caractères latins et arabes.

+0 +1 +2 +3 +4 +5 +6 +7 +8 +9 +A +B +C +D +E +F

Codes couleur Couleu r Signification

Tifinaghe de base selon l'IRCAM Tifinaghe étendu (IRCAM) Autres lettres tifinaghes Lettres Touareg modernes Ces cases ne devraient pas être utilisées Lettres simples (et lettres modifiées) Translittération Unicod Translittération Code Glyphe Nom Unicod e Code Glyphe Latin Arabe e Latin Arabe U+2D30 ⴰ a ‫ا‬ ya U+2D31 U+2D32 U+2D33 U+2D34 U+2D35 U+2D36 U+2D37 U+2D38 U+2D39 U+2D3A U+2D3B U+2D3C U+2D3D U+2D3E U+2D3F U+2D40 ⴱ ⴲ ⴳ ⴴ ⴵ ⴶ ⴷ ⴸ ⴹ ⴺ ⴻ ⴼ ⴽ ⴾ ⴿ ⵀ b bh g gh dj dj d ḍ ḍ ḍ e f k k kh h b h h ḥ æ (ɛ) kh kh q q i j j j ‫ب‬ ‫ٻ‬ ‫گ‬ ‫ڲ‬ ‫ج‬ ‫ج‬ ‫د‬ ‫ض‬ ‫ض‬ ‫ض‬ ‫ه‬ ‫ف‬ ‫ک‬ ‫ک‬ ‫خ‬ ‫ھ‬ ‫ب‬ ‫ھ‬ ‫ھ‬ ‫ح‬ ‫ع‬ ‫خ‬ ‫خ‬ ‫ق‬ ‫ق‬ ‫ي‬ ‫ج‬ ‫ج‬ ‫ج‬ yab yabh yag yagh U+2D4D U+2D4E ⵍ ⵎ ⵏ ⵐ l m n ny ‫ل‬ ‫م‬ ‫ن‬ ‫ني‬ yal yam yan yagn touareg yang touareg yap yu = yaw Touareg yar yarr yagh yagh touareg Ayer yagh = yaj de l'Adrar yas yass yash yat yath

Nom

yaj selon U+2D4F l'Académie berbère U+2D50 yaj yad yadh yadd yaddh yey yaf yak yak touareg yakhh yah = yab Touareg U+2D54 U+2D55 U+2D53 U+2D52 U+2D51

ⵑ ⵒ

ng p u w r ṛ gh (ɣ) gh (ɣ)

‫ڭ‬ ‫پ‬ ‫و‬ ‫ۉ‬ ‫ر‬ ‫ڕ‬ ‫غ‬ ‫غ‬

ⵔ ⵕ ⵖ ⵗ

U+2D41 U+2D42 U+2D43 U+2D44 U+2D45 U+2D46 U+2D47 U+2D48 U+2D49 U+2D4A U+2D4B U+2D4C

ⵁ ⵂ ⵃ ⵄ ⵅ ⵆ ⵇ ⵈ ⵉ ⵊ ⵋ ⵌ

yah selon l'Académie U+2D56 berbère yah touareg U+2D57 yahh yaʿ yakh yakh touareg yaq yaq touareg yi yazh yazh de l'Ahaggar yazh touareg U+2D59 U+2D5A U+2D5B U+2D5C U+2D5D U+2D58

gh (ɣ) dj s ṣ sh (ʃ) t ṭ

‫غ‬ ‫ج‬ ‫س‬ ‫ص‬ ‫ش‬ ‫ت‬ ‫ط‬

ⵙ ⵚ ⵛ ⵜ ⵝ

U+2D5E U+2D5F U+2D60 U+2D61 U+2D62 U+2D63

ⵞ ⵟ ⵠ ⵡ ⵢ ⵣ

ch (tʃ) ṭ v w y z

‫تش‬ ‫ط‬ ‫ۋ‬ ‫ۉ‬ ‫ي‬ ‫ز‬

yach yatt yav yaw yay yaz Tawellemet yaz = yaz harpon yazz marque delabiovélarisation

U+2D64

z

‫ز‬

U+2D65

‫دز‬

U+2D6F

+w

+ ‫ۥ‬

= Tamatart = <super> 2D61

Code U+2D5C U+2D59 U+2D37 U+2D63

Digrammes (ligatures possibles) Translittération Unicod Unicod Translittération Glyphe Nom Code Glyphe Nom e e Latin Arabe Latin Arabe ⵜⵙ ⴷⵣ ts dz ‫تس‬ ‫دز‬ yats U+2D5C U+2D5B ⵜⵛ ⴷⵊ tch (tʃ) dj ‫تش‬ ‫دج‬ yatch

yadz U+2D37 U+2D4A

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Croyances berbères
La mythologie berbère et les croyances berbères concernent les croyances des premiers Berbères d'Afrique du Nord. Celles-ci sont influencées, et ont elles-même influencé les croyances des autres peuples de la région : Phéniciens, Grecs, Romains.

Croyances concernant la mort
Tombes et pratiques funéraires

Les Berbères et leurs ancêtres (Capsiens et Ibéromaurusiens) croyaient à la vie après la mort. Tout d'abord, ils enterraient leurs morts dans des trous à même le sol. Quand ils se rendirent compte que les animaux pouvaient les déterrer, ils se mirent à les brûler, dans des trous plus grands. Plus tard, ils ont brûlé les corps dans des tombeaux, tumulus, monuments funéraires en pierres, et autres tombes. Ces tombes, d'abord simples, ont évolué vers des formes plus élaborées, comme les tombes pyramidales, dans lesquelles n'étaient enterrées que les personnalités les plus importantes. La pyramide berbère la plus connue est celle de Medghassen. L'archéologie révèle que les corps des morts étaient peints en rouge, pratique d'origine capsienne. Ils étaient enterrés avec des œufs d'autruche, des bijoux et des armes. Ils pouvaient être enterrés dans un linceul ou brûlés en position fœtale. Les Guanches quant à eux momifiaient leurs morts.

Le culte des morts
Le culte des morts chez les Berbères était différent de celui des autres peuples antiques. Pomponius Mela rapporte que les Auguléens5divinisaient et vénéraient leurs ancêtres. Lorsqu'ils les invoquaient afin de leur demander quelque chose, ils dormaient dans leurs tombes pour que leur réponse arrive durant le sommeil. Hérodote remarque la même pratique parmi les Nasamons, habitant autour de Siwa et Augila : « Voici leur manière de faire des serments et d'exercer la divination. Ils posent la main sur le tombeau des hommes qui parmi eux ont la réputation d'avoir été les plus justes et qui sont considérés comme ayant été des gens de bien, et jurent par eux. Pour exercer la divination, ils se rendent aux tombeaux de leurs ancêtres ; ils y font leurs prières, et y dorment ensuite. Si, pendant leur sommeil, ils ont quelque songe, ils en font usage dans leur conduite. »

Le culte du sacrifice
Pendant la Numidie, à N'Gaous dans les Aurès, plusieurs stèles africaines (Molchornor" sacrifice d'un agneau" ou stèles de Saturne avec mention d'un sacrifice particulier) ont été trouvées par les chercheurs et signalées par les historiens.

Autres croyances
La culture mégalithique
Pour les Berbères, comme pour beaucoup de peuples préhistoriques, la roche est sacrée. Il existe plusieurs sites en Afrique du Nord, dont le plus connu est le cromlech de Mzora (ou Msoura). Le monument de Mzora est composé de cercles de mégalithes entourant un tumulus. Le plus grand d'entre eux culmine à plus de cinq mètres de hauteur. Selon la légende, il s'agit de la tombe du mythique roi libyen Antée.

Cultes du Soleil et de la Lune

En Berbère la lune et le dieu lunaire portent le même nom : Ayyur. Hérodote mentionne que les Berbères antiques vénéraient la lune et le soleil, auxquels ils offraient des sacrifices : « Les sacrifices des nomades se font de cette manière : ils commencent par couper l'oreille de la victime (cela leur tient lieu de prémices), et la jettent sur le faîte de leurs maisons ; cela fait, ils lui tordent le cou : ils n'en immolent qu'au Soleil et à la Lune. Tous les Libyens font des sacrifices à ces deux divinités ». D'autres auteurs attestent ce culte, ainsi que des graffitis, comme un « Solo Deo Invicto » relevé à Thagaste.

Croyances partagées avec les Égyptiens
Les Égyptiens de l'Antiquité étaient les voisins des Berbères, et leurs mythologies partagent de nombreux traits. Les Berbères antiques orientaux vénéraient Isis et Seth, comme le montre ce passage d'Hérodote : « [Les libyens] ne mangent point de vaches, non plus que les Égyptiens, et ne se nourrissent point de porcs. Les femmes de Cyrène ne se permettent pas non plus de manger de la vache, par respect pour la déesse Isis, qu'on adore en Égypte ; elles jeûnent même, et célèbrent des fêtes solennelles en son honneur. Les femmes de Barcé non seulement ne mangent point de vache, mais elles s'abstiennent encore de manger de la chair de porc. » Osiris était lui aussi vénéré en Libye, et pour Budge (et d'autres universitaires), Osiris serait d'origine libyenne : « Toutes les sources connues concernant Osiris montrent que c'était à l'origine un dieu de l'Afrique nord-orientale, peut-être de Libye. » De leur côté, les Égyptiens reconnaissaient l'origine libyenne de Neith, venu selon leur mythologie depuis la Libye pour s'établir dans le delta du Nil. Certains portraits de dieux égyptiens, comme Ament, les montrent pourvus d'attributs et bijoux typiquement berbères. Le dieu commun le plus remarquable est cependant Amon, peut-être le plus important des dieux berbères. Honoré par les Grecs de Cyrénaïque, il a été unifié à Baal suite à l'influence libyenne. Le plus grand temple libyen dédié à Amon est celui de l'oasis Siwa. Les noms Garamantes et Nasamons, désignant deux tribus berbères antiques, pourraient également provenir du nom de ce dieu.

Croyances partagées avec les Phéniciens
Les Phéniciens, fondateurs de Carthage en -814, se sont retrouvés à partir de cette date en contact avec les Berbères. Dans un premier temps, ils ont conservé leurs dieux (dont les deux principaux étaient Baal et Astarté) et ont évité les Berbères. Cependant, après la défaite d'Himere, les Carthaginois s'allient avec les Berbères, et leurs mythologies tendent à se confondre : le dieu libyen Amon devient BaalAmon, Astarté est remplacée par Tanit, etc.

Croyances partagées avec les Grecs

Les Berbères et les Grecs de l'Antiquité sont entrés en contact en Cyrénaïque. Là aussi, les influences ont été réciproques. Leurs relations, d'abord marquées par la paix, connaissent un tournant après la bataille d'Irassa.

Avant la bataille d'Irassa (-570)
Le premier aspect notable de l'influence libyenne sur les croyances gréco-cyrénaïques est le nom « Cyrénaïque » lui-même. À l'origine, celui-ci désigne une figure légendaire berbère, une femme guerrière, connue aussi sous le nom de « Cyre ». Selon la légende, Cyre était une courageuse chasseuse de lion. Les émigrants grecs en firent, aux côtés d'Apollon, leur déesse protectrice. Les Gréco-Cyrénaïques semblent également avoir adopté quelques habitudes et coutumes libyennes, car il ne leur était pas interdit d'épouser des femmes berbères. Hérodote (Book IV 120) rapporte que les Libyens ont apppris aux Grecs la manière d'arnacher quatre chevaux à un attelage. Les Gréco-Cyrénaïques construisirent des temples pour le dieu libyen Amon, au lieu de leur dieu habituel Zeus. Plus tard, ils assimilèrent Zeus au dieu Amon .Et certains d'entre eux continuèrent à vénérer Amon. Le culte de ce dieu se propageait tant parmi les Grecs, que même Alexandre le Grand se déclara « fils de Zeus » dans le temple de Siwa, lequel était dédié au dieu Amon. Les historiens antiques mentionnent que plusieurs divinités grecques étaient d'origine libyenne. Athena, la fille de Zeus, était considérée par plusieurs historiens antiques de la même manière qu'Hérodotus, pour avoir été d'origine libyenne. Ces historiens prétendaient qu'à l'origine, celle-ci était honorée par les Berbères autour du lac Tritonis où, selon la légende libyenne, elle était née du dieu Poséidon. Hérodote écrivit qu'Aegis et les vêtements d'Athéna étaient typiquement ceux des femmes berbères. L'historien prétend même que Poséidon (le dieu grec de la mer) a été adopté par les Grecs et qu'à l'origine, il serait un dieu libyen. Il insiste sur le fait que personne ne vénérait Poséidon autant que les Libyens qui diffusaient son culte : « (...) leurs noms viennent des Pélasges ; j'en excepte Neptune, dont ils ont appris le nom des Libyens ; car, dans les premiers temps, le nom de Neptune n'était connu que des Libyens, qui ont toujours pour ce dieu une grande vénération. » D'autres divinités sont liées à la Libye. Les Grecs en faisaient provenir Lamia, Méduse, la Gorgone et Triton. Ils croyaient également que les Hespérides étaient localisées au Maroc actuel. Le dieu Atlas, père des Hespérides, est associé par Hérodote aux montagnes de l'Atlas, que les Berbères vénéraient.

Après la bataille d'Irassa

On représente Antée avec de longs cheveux et une longue barbe, contrairement à Héraclès.

Les bonnes relations entre Grecs et Libyens commencèrent à se détériorer sous le règne de Battus II.. Battus II commença à inviter d'autres groupes grecs à venir en Libye, ce que ses sujets considérèrent comme une menace qui devait cesser. Les Berbères commencèrent à se battre contre les Grecs, avec parfois l'aide des Égyptiens ou des Carthaginois. Mais les Grecs gagnaient toujours. Pour certains historiens, le mythe d'Antée est le reflet de ces guerres gréco-libyennes. Selon la légende, Antée était l'invicible protecteur des Libyens, le fils de Poséidon et de Gaïa, et le mari de la déesse berbère Tingis. Il protégeait les terres berbères jusqu'à ce qu'il fût défait par le héros grec Héraclès, qui prit Tingis pour femme et enfanta Syphax, dont quelques rois libyens, tel Juba I, revendiquaient la descendance. Bien que certaines sources le fissent roi d'Irasse, Plutarque rapporte que les Libyens l'enterrèrent à Tanger : « C'est là, [à Tanger,] disent les Africains, qu'Antée est enterré. Sertorius, qui n'ajoutait pas foi à ce que les Berbères disaient de la taille démesurée de ce géant, fit ouvrir son tombeau, où il trouva, dit-on, un corps de soixante coudées. » L'iconographie grecque distingue clairement Antée des Grecs en lui faisant porter de longs cheveux et une longue barbe, attributs typiques des Libyens de l'est.

Croyances partagées avec les Romains
Tout d'abord alliée de la Numidie contre Carthage, la Libye finit par être annexée à l'Empire romain.

Avant la romanisation : les dieux guerriers berbères
Les divinités guerrières des Berbères étaient Agurzil et Ifru. Afrique dérive d'Ifru. Ifri, déesse de la guerre, très influente en Afrique du Nord, était considérée comme la protectrice des marchands et figurait à ce titre sur les pièces de monnaie berbères. Pline l'Ancien écrit qu'en Afrique, personne ne prenait de décision sans invoquer Africa (nom latin d'Ifri). Après la conquête romaine, elle figurait toujours sur les pièces. Afrique ou Africa provient de Ifren , Ifri est une divinité berbère, le pluriel est Ifren. La traduction ou l'emprunt latin nous donne Africa (Afrique) qui a été une déesse Berbère avant la conquête des Romains. Dea Africa signifie déesse Africa et représente un symbole à l'époque romaine. Et aussi Ifri désigne les

populations locales des Afers. Ifru symbolise les rites dans les cavernes pour protéger les commerçants .La grotte non loin de Constantine à Guechguech et la pièce de monnaie romaine indiquent le mythe de la protection Ifru était une déesse solaire et en même titre un dieu des cavernes et protecteur du foyer, etc. .Ifru est une sorte de Vesta Berbère.

Gurzil (ou Agurzil) est une divinité à la tête de taureau, fils d'Ammon. Corippus mentionne un certain Laguatan, grand prêtre de Gurzil, combattant les Byzantins, qui l'auraient tué alors qu'il tentait de s'enfuir avec les icônes de Gurzi. Parmi les ruines de Ghirza, en Libye, se trouve un temple qui est peut-être dédié à Gurzil — d'où par ailleurs pourrait provenir le nom de la cité.

L'influence romaine
Lorsque l'Afrique du Nord est rattachée à l'Empire romain, les Berbères commencent à vénérer les divinités romaines, comme Jupiter, appelé Mastiman, et rapproché d'Ammon. Saturne était également très craint, et, selon Tertullien, les Africains du Nord le vénéraient par des sacrifices d'enfants. Les historiens considèrent que ce culte se rapprochait plutôt du culte ancien de Baal que de celui de Saturne à proprement parler Lorsque Septime Sévère, d'origine libyenne, devient empereur, le culte de Tanit est introduit à Rome.

Panthéon berbère
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Tanit : déesse de la fertilité Ba'al Hammon : dieu de la fécondité et des récoltes Anzar : dieu du ciel et de la pluie Gubul : toponyme antique dans le Nord tunisien Gurzil : représenté par une tête de taureau chez les nomades Luwata. Ce même dieu est emmené

par la Kahina lors de chacun de ses combats contre les Arabes.

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Idir : ou Baal Idir, Dieu vivant Iesden Ifru Iyuch : dieu de la pluie chez les Berghwata du Maroc Iunam Lilu Makurgun Maqurtam Massiden Massidiqa Matilam

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Nabel Sinifer : Dieu guerrier chez les Luwata Suggan : Nom que l'on retrouve de nos jours vers Aïn M'lila en Algérie Wakkurtum Warsisima Warsutima Wihinam Yam Yeru Yuba

Tanit

Poids carré en plomb portant le signe de Tanit à gauche, musée du Louvre

Tanit est une déesse d'origine berbère chargée de veiller à la fertilité, aux naissances et à la croissance. Elle était la déesse tutélaire de la ville de Serepta et son culte prit de l'ampleur à Carthage où elle était nommée Oum. Elle était la parèdre du dieu Ba'al Hammon. Tanit est dénommée Tanit péné Baal (littéralement « face de baal ») après environ 400 av. J.-C., ainsi que Tinit ou Tinêt. Tanit a été interprétée par les Romains comme une forme particulière de Junon : Iuno Caelestis, vite devenue Caelestis. Selon certaines sources, Didon reine de Carthage serait un avatar de Tanit.

signe de Tanit

Le signe de Tanit pourrait être un symbole représentant une personne priant, les bras levés vers le ciel. Il peut avoir une signification apotropaïque. On le retrouve très fréquemment sur les stèles carthaginoises. Denis Lépée propose une théorie étonnante sur l'influence du signe de Tanit dans l'architecture des grands lieux de pouvoir. Certains voient dans la croix d'Agadez (symbole Touareg du Niger) la préservation du signe de Tanit. Tanit est assimilée à Astarté chez les phéniciens, Ishtar chez les babyloniens, Innana chez les summériens, Vénus chez les romains, Aphrodite chez les grecs, Isis chez les égyptiens, Anaïtis chez les libyens, Dercéto chez les syriens, et Mylitta chez les chaldéens d'Assyrie.

Ba'al Hammon

Brûle-parfum à tête de Ba'al Hammon (Musée national de Carthage)

Ba'al Hammon ou Baal Hammon, parfois surnommé le « Saturne africain », est la divinité centrale de la religion carthaginoise à qui est offert le sacrifice du molk. Dieu cosmique, il occupe une place première dans le panthéon berbéro-punique, possède son sacerdoce, ses sanctuaires (tophet), ses représentations et ses attributs attitrés. Il avait pour parèdre Tanit. Son culte était particulièrement exigeant et demandait une totale confiance de la part de ses fidèles. Dieu de la fécondité et des récoltes, il semble avoir, par sa spécificité, constitué un élément de permanence dans le monde berbère et, par son caractère central (hénothéisme), ouvert la voie au monothéisme en Afrique romaine. Avec la romanisation de l'Afrique du Nord, ce dieu d'origine sémitique est capté par la divinité romaine Saturne (syncrétisme d'association) avant de disparaître avec le triomphe du christianisme. Toutefois, il y a une certaine survivance dans l'onomastique et plus précisément l'anthroponymie, certains prénoms en usage particulièrement en Tunisie se greffant au nom du dieu. Yigael Yadin, archéologue israélien, pense qu'un culte était rendu à Ba'al Hammon et à Tanit pendant l'âge du bronze à Hazor. Il a ainsi retrouvé dans les ruines de cette ville des stèles, des masques et un étendard qu'il rapproche du culte de ce dieu de la culture punique. Par ailleurs, certains commentateurs ont rapproché Ba'al Hammon du dieu Moloch cité dans la tradition hébraïque, à cause notamment des sacrifices prétendument rendus à ce dieu à Carthage, le nom Moloch renvoyant probablement au

terme molk ou sacrifice. La question des sacrifices humains à Carthage est loin d'être résolue, du fait de la faiblesse des indices archéologiques et de la nature partisane des sources littéraires.

Anzar
Anzar est dans la mythologie berbère le dieu du ciel et de la pluie (souvent appelé aguellid, c'est-à-dire « roi »). Un rite connu sous le nom de Tislit n Anzar (« la fiancée d'Anzar ») lui était consacré en Afrique du nord lors des périodes de sécheresse pour faire pleuvoir. Cette tradition a été attestée au Rif, en Kabylie, dans l'Atlas, et dans les Aurès.

ANZAR
CAMPS Gabriel
Encyclopédie Berbère, Edisud, Aix-en-Provence, 1989, vol. VI, p. 795-797.
La fiancée de la pluie à Tabelbala, Saouara, Algérie, Paris, musée de l'Homme.

C’est le nom masculin de la pluie, mais celle-ci est personnalisée. Anzar apparaît comme l’élément bienfaisant qui renforce la végétation, donne les récoltes et assure le croît du troupeau. La pluie, ellemême assimilée à la semence, entre donc dans les pratiques de magie sympathique. Pour obtenir la pluie longue à venir, il faut solliciter Anzar et tout faire pour provoquer son action fécondante. Tout naturellement et sans doute depuis un temps très ancien, les Berbères ont pensé que la plus efficace

des sollicitations était d’offrir à Anzar une « fiancée » qui, en provoquant le désir sexuel, créerait les conditions favorables à l’écoulement de l’eau fécondante. Cette symbolique sexuelle naïve entre dans les mêmes systèmes de pensée que d’autres pratiques telles que les baignades de femmes nues au solstice d’été, pendant l’Awusu et déjà condamnées par Saint Augustin au Ve siècle, les « nuits de l’erreur » signalées en Afrique du Nord, en divers lieux et à différentes époques, et durant l’Antiquité, les pratiques sexuelles plus ou moins symboliques qui accompagnaient le culte des Cereres. Dans le cas de la fiancée d’Anzar, pratique universelle dans le Maghreb mais plus vivace dans les régions prédésertiques, on habille de chiffons une poupée de bois, simplement suggérée par un pilon ou une louche et dont les bras sont figurés par deux cuillers destinées à recevoir et à conserver symboliquement l’eau de pluie tant attendue. En certains lieux, comme à Tabelbala (Saoura), c’est un véritable vêtement qui est taillé et cousu autour de l’assemblage de bois, des parures diverses, colliers et bracelets confortant l’idée qu’il s’agit bien d’une cérémonie nuptiale. Le nom le plus répandue donné à cette poupée est celui de ghanja sous différentes formes(Taghonja, Tarenza...) par allusion à la cuiller symbole et réceptacle lié à l’alimentation et donc doublement efficace. Plus simplement la poupée est appelée Tislit n unzâr (fiancée d’Anzar) ou Tislit n waman (la fiancée de l’eau). Dans le Rif on utilisait de préférence à la cuiller, la pelle à vanner pour servir d’armature à la poupée : en cela aussi le symbole bénéfique est évident : la pelle est aussi un réceptacle, elle est en outre sacralisée par sa fonction liée à la récolte. La poupée féminine est, dans certaines régions (Tasemtit, Haut-Atlas), accompagnée de l’image d’Anzar lui-même. Anzar est vêtu de noir par assimilation à un ciel chargé de nuages prometteurs de pluie. La fiancée d’Anzar est portée par une femme qui, parfois se contente de brandir une simple louche ou cuiller à pot lors de la procession (Tunis, Jerba, M’zab...). Là où le rite dégénère, il peut être repris, sous forme carnavalesque, par les enfants qui se souviennent cependant des rogations pour la pluie. Plusieurs observations ou récits permettent de penser que la poupée actuelle n’est qu’un simulacre destiné à remplacer une véritable « fiancée » offerte à la pluie. Un texte recueilli par H. Genevois chez les At Ziki du haut Sebaou (Kabylie) est tout à fait explicite. Il comprend deux parties : une légende qui explique l’origine du rite et la description du rite lui-même tel qu’il se pratiquait « à l’époque où les At Qasi et les At Jennad se battaient contre les Turcs », c’est-à-dire au XVIIIe siècle. La légende peut être résumée ainsi : Anzar, le roi de la pluie (le terme aguellid est ici expressément employé) désirait épouser une jeune fille d’une merveilleuse beauté qui avait l’habitude de se baigner toute nue dans une rivière; comme elle se refusait à lui par crainte du qu’en-dira-t-on, Anzar tourna la bague qu’il portait au doigt et la rivière tarit immédiatement. La jeune fille appela alors Anzar à grands cris, il reparut et s’unit à elle, la rivière se remit à couler et la terre reverdit. Le récit précise : « Voilà l’origine de cette coutume, en cas de sécheresse on célèbre sans tarder Anzar et la jeune fille choisie pour la circonstance doit s’offrir nue ». Effectivement, le rite pour obtenir la pluie, tel qu’il est rapporté par ce récit kabyle, était organisé par les femmes bien que la plus grande partie de la population y participât. La matrone du village préparait la toilette de la fiancée d’Anzar et remettait à la jeune fille une cuiller à pot (aghonja). Tout au long de la procession, la fiancée ne cessait de psalmodier, en réclamant, en termes précis, l’intervention d’Anzar. Au cours de la procession, les familles visitées offraient de la nourriture et aspergeaient le cortège en visant la fiancée. Arrivées à l’un des sanctuaires du village, les femmes préparaient un repas avec les produits offerts pendant la procession. Après quoi la matrone dénudait la fiancée qui s’enveloppait dans un des filets servant au transport des gerbes ou du fourrage. Elle implorait à nouveau Anzar, en tournant autour du sanctuaire, exprimant son consentement, s’offrant au Maître de la pluie, citant tous les êtres vivants, hommes, animaux, végétaux qui attendent, comme elle, l’eau bienfaisante. Les femmes chantaient aussi, faisant appel à Anzar au nom de la Terre-Mère sans force et desséchée. Pendant ce temps, les jeunes filles pubères s’assemblaient autour de la fiancée d’Anzar, toujours nue, et entamaient une partie de zerzari, jeu de balle très répandu au Maghreb et plus souvent connu sous le nom de koura ou takurt. Ce jeu se pratique avec une crosse, les joueurs se disputent une balle en liège, ailleurs en chiffons, jusqu’à ce que celle-ci tombe dans le trou préparé à cet effet. À ce moment, la fiancée entonnait un nouveau chant encore plus pressant auquel répondait le chœur des jeunes filles. La balle était enterrée dans le trou, comme le serait une

semence, et toutes les femmes retourneraient au village. La pluie ne manquait pas de tomber dans les jours qui suivaient. L. Jouleaud, à la suite de Doutté, Westermarck et Laoust, n’a pas manqué de signaler la conjonction entre le jeu de la koura, très ancien en Afrique du nord et les rites d’obtention de la pluie. D’après Westermarck (1914, p. 121), chez les Aït Waraïn du nord-est du Moyen Atlas, deux ou trois femmes entièrement nues jouaient à la koura pour obtenir la pluie. Il en était de même chez les Tsul, au nordouest de Taza, où les joueuses utilisaient une cuiller pour lancer la balle. Ainsi se trouvent étroitement rassemblés dans le même jeu rituel, la nudité provocante, le symbole de la cuiller réceptrice et le jeu de la balle, image de la semence qui pénètre dans la terre. BIBLIOGRAPHIE • • • • • • • • • Doutte E., Marrakech, Paris, Comité du Maroc, 1905. Bel A., « Quelques rites pour obtenir la pluie en cas de sécheresse », XIVe congrès des Orientalistes, Alger, 1905. Westermarck, Ceremonies and Beliefs connected agriculture, certain dates of the solar year and the weather in Morocco, Helsingfors-Londres, 1914. Laoust E., Mots et choses berbères, Paris, Larose, 1920. Benoît F., « Survivances des civilisations méditerranéennes chez les Berbères. Le mystère de la ‘nuit de l’erreur’ », Rev. anthrop., t. XL, 1930, 16 p. Probst-Biraben J. A., « Les rites d’obtention de la pluie dans la province de Constantine », Journ. de la soc. des Africanistes, t. II, 1932, pp. 95-102. Joleaud L., « Gravures rupestres et rites de l’eau en Afrique du Nord », Journ. de la soc. des Africanistes, t. II, 1933, pp. 197-282. Genevois H., « Un rite d’obtention de la pluie. La ‘fiancée d’Anzar’ », Proceeding of the second international congress of studies on cultures of the western Mediterranean, Malte, 1976, pp. 393-400. Camps G., « Les croyances protohistoriques en Afrique du Nord », Mythes et croyances du monde entier, Lidis, Paris, 1985, t. III, pp. 304-319.

Medracen

Le Medracen (tombeau Imedghassen) ou Medghassen ou Madghis est un mausolée numide situé à Boumia (commun de la Wilaya de Batna) dans la wilaya de Batna en actuelle Algérie, et datant du IIIe siècle av. J.-C.. C'est un gigantesque dôme cerclé de colonnes surmontées de chapiteaux de style dorique. C'est le plus ancien mausolée royal antique d'Afrique du nord. D'après des historiens médiévaux, il tirerait son nom d'un roi de Numidie. Il a été soumis pour figurer dans la liste du patrimoine mondial par les autorités algériennes en 2002. Il est classé parmi les 100 monuments les plus en danger sur la Planète.

Description
De l'extérieur, Medghassen se présente sous la forme d'un socle cylindrique, souvent vu comme typiquement berbère et interprété comme une bazina à degrés, c'est-à-dire une construction de forme cylindrique surmontée d'un cône formé de gradins, mais à la fois plus grande que les bazinas courantes. D'un diamètre de 59 mètres et 18,50 mètres de haut, le tout en pierre de tailles rendues solidaires par des crampons en bois de cèdre enrobé de plomb… Habillé d'un décor sobre emprunté à la civilisation hellénistique peut-être à partir d'intermédiaires puniques, 60 colonnes doriques surmontées d'une corniche dont la gorge égyptienne réparties entre de fausses portes, sculptées en trois points équidistants. Une plateforme au sommet supportait peut être une sculpture : lions, chariots, statues ailées ou autre sujet.

Etat de dégradation avancée
Le Medracen est en effet à ce jour en état de dégradation inquiétante . L'infiltration de l'eau dans cette région très pluvieuse d'Algérie ainsi que l'usure liée au temps a une incidence grave . Le Medracen attend que l’on “panse” ses blessures causées par les affres des intempéries ou les mains des pilleurs. Les quelques pierres de taille n’ont pas encore été remises à leur place au niveau des gradins. Les brèches sont béantes et les quelques feuilles de zinc, qui les couvrent, semblent insuffisantes pour les protéger contre les ruissellements des eaux de pluie qui risquent, avec le temps, de s’infiltrer entre les pierres de taille et pourrir les troncs d’arbres qui continuent solidement à prêter “leurs dos” à la charge de ces montagnes de pierres de taille. “Combien de temps, ces troncs d’arbre résistent-ils à l’écrasement ?” Telle est la question qui se pose. Medracen mérite un sort meilleur parce que les travaux d’urgence entrepris jusque là, sont loin d’atténuer les dégradations en attendant que les travaux de réhabilitation démarrent. L’opération de l’étude spécifique à la réhabilitation du mausolée de Medracen d’un montant de 40 000 000 DA inscrite par la direction de l’urbanisme et de la construction de Batna n’a pas reçu l’approbation du ministère de la Culture. La situation appelle l'urgence

Le Medracen Pierres affaissées Dégradations multiples du Medracen Pilier en fer de soutien précaire

Interprétation archéologique

Pour Gabriel Camps les grands monuments funéraires berbères comme le Medracen , le Mausolée Royal de Maurétanie dit le tombeau de la chrétienne et les Djeddars de Frenda à Tiaret sont liés par une même tradition architecturale autochtone. Ils constitueraient une forme magnifiée des sépulture dites Bazinas attestées en Afrique du Nord depuis des milliers d'années. Au contraire selon Yvon Thébert et Filippo Coarelli, le Medracen doit être compris comme le signe d'une nouveauté historique et culturelle : la vision de Camps est critiquée et considérée comme enfermant les peuples du nord de l'Afrique dans une immobilité culturelle et un isolement. Arguant du fait que le Medracen doit être daté de la fin du IIIème siècle avant notre ère ou de la première moitié du IIe siècleav. J.-C., ces deux archéologues et historiens considèrent que le Medracen, comme les autres grands mausolées numides, ne doit pas être interprété comme la manifestation de la continuité culturelle locale, par comparaison avec les bazinas, mais par comparaison avec les mausolées hellénistiques comme le signe d'une rupture dans la société numide : les souverains numides adoptent le vocabulaire architectural et funéraire des grands royaumes hellénistiques et manifestent ainsi leur insertion dans le monde méditerranéen et leurs ambitions : « par son tombeau, la nouvelle dynastie proclame que les temps ont changé ». Le Medracen appartiendrait donc à la grande archéologie méditerranéenne de l'époque

hellénistique manifestant un goût archaïsant mais aussi une très bonne connaissance du vocabulaire architectural le plus récent comme en témoigne la présence d'une gorge égyptienne. Le Médracen témoignerait donc pleinement de l'hellénisation choisie et active d'une aristocratie numide et de son insertion dans les puissances politiques méditerranéennes, hellénisation attestée aussi par les sources numismatiques et épigraphiques. Le Mausolée Royal de Maurétanie, souvent nommé Tombeau de la Chrétienne est un monument similaire mais un peu plus tardif. Quant aux Djeddars, ils seraient plutôt dérivés des tumulus.

Historiographie
Moyen Âge
L'historien égyptien du XIe siècle Al Bakri était le premier à décrire le monument dans sa description de l'Afrique septentrionale. Il raconte que Madghis était un roi du pays et que dans le passé, un ordre fut donné à un grand nombre d'individus pour détruire le monument mais que le résultat est resté sans succès. Al Bakri parla aussi de beaux bas reliefs qui décoraient le mausolée représentant des animaux divers et couronné d'un arbre ou une structure, nul trace ne subsiste aujourd'hui de tels reliefs. Ibn Khaldoun rapporte au XIVe siècle que, selon les références d'historiens berbères, Madghis serait l'ancêtre des Numides. Il cite Madghis comme un ancêtre des Berbères de la branche Botr ( botr est le surnom de Madghis, Ibn Khaldoun , Histoire des Berbères ) : Zénètes, Ifren,Maghraoua (Aimgharen), Djerawa, Zianides, Mérinides, etc. Medracen serait aussi l'ancêtre des Sanhadja (Zirides, Hammadides,Almoravides) et des autres tribus berbères Kutama, etc… Note: Sur l'origine des Berbères, de nombreux historiens (comme Ibn Khaldoun Ibn Hazm, Salluste ou Hérodote) ou contemporains (comme Emile Félix Gautier ou encore Gabriel Camps), pour ne citer que les plus connus, divergent ; d'une façon globale entre eux et font l'objet de discussions ou de désaccords.

Premières fouilles

Medracen , la sépulture des rois Numides, interprétés par Ibn Khaldoun comme patriarche des Amazighs

Les archéologues du XIXe siècle n'ont rien trouvé du tout, des restes du défunt ni du mobilier funéraire qui devait l'accompagner. Des générations de pillards avaient déjà tout emporté, surtout à l'époque turque. Le sommet du monument, incomplet devait être occupé par un édicule, qui a disparu lui aussi. D'après une rumeur qui courait dans la région des Aurès vers 1866, l'ottoman Saleh Bey, gouverneur de Constantine en son temps, avait voulu entrer de force dans le monument, et a ordonné de tirer au canon sur le mausolée. Cependant, d'après les fouilles de l'époque, M. Beckers dément de telles allégations, même si d'autres sources indiquent qu'il y a réellement une brèche dans la pyramide de Madracen et que cela aurait été le fait de Saleh Bey Lorsque les Français ont entrepris les fouilles au milieu du XIXe siècle, ils ont demandé aux habitants l'appellation du monument. Les habitants des Aurès l'appellent Madr-Hazem ou Madrazen. Les Français le nomment Madracen. Dès le début des fouilles, le Mausolée fut attribué à plusieurs noms comme Syphax ou des parents de Massinissa ou de Micipsa. Le monument fut décerné aussi aux Romains, et l'hypothèse fantaisiste fut avancée que Probus aurait érigé ce monument à la gloire d'Aradion, hypothèse par la suite démentie par les chercheurs. Une fouille rapide a été entreprise par l'armée française en 1854 sous le commandement de M. Brunon. Quelques pièces archéologiques ont été retrouvées par l'équipe chargée de la fouille dont M. Cahen, celui qui a rédigé un rapport sur la fouille Les objets trouvés à proximité du monument d'après le rapport M Cahen grand-rabbin : des morceaux de silex de plusieurs formes, des colliers, du cuir, de la laine, un bout de cuivre, des bracelets et anneaux, un

crochet en fer, du plomb, une hachette, des plats en bois et en terre cuite, deux crânes, des ossements, de l'ivoire, une lampe en terre cuite, des médailles, etc. Les objets en question ont été envoyés au musée de Paris. Les objets ont curieusement disparu du musée de Paris sans aucune explication de la part des responsables. D'après le zoologue Jules René Bourguignat qui s'était penché sur les antiquités algériennes, le monument appartiendrait aux rois Numides et serait leur sépulture. L'auteur dément catégoriquement que Madracen est un monument romain. Le chercheur Jules-René Bourguignat signale que Madracen est un monument Libyque qui atteste l'origine des Chaouis, des Kabyles, etc. Et d'après Honoré Gibert en 1882, Madghassen serait le plus beau et le plus important site berbère de l'Algérie. Le monument représente Madrès (Madghis) qui serait le père fondateur de la Numidie et donc un probable ancêtre de Massinissa

Légende orale
D'après la légende orale, la Kahina ( la reine Dihya ) venait souvent à cet endroit pour se recueillir devant le mausolée. D'après Ibn Khaldoun, Medghassen étant l'ancêtre des Zénètes, il était donc indirectement celui de la Kahina.

Postérité
L'aéroport de Batna portait le nom de Madghacen. L'architecture de son salon d'honneur a été inspirée par le Medracen Le président Liamine Zéroual avait nommé l'aéroport de Batna à la gloire du roi berbère Medracen, mais, après l'aéroport changea de nom pour devenir Mostefa Ben Boulaïd. Le mausolée de Medghassen est classé parmi les 100 monuments historiques les plus menacés dans le monde Non loin du monument, la nouvelle ville est un projet de construction de la Wilaya de Batna.

Mausolée royal de Maurétanie

Le mausolée royal de Maurétanie

Le Mausolée royale de Maurétanie, surnommé à tort le Mausolée royal de Maurétanie, ou Tombeau de la Chrétienne, en arabe Kbour-er-Roumia, est un monument de l'époque numide, situé en Algérie à une soixantaine de kilomètres à l'ouest d'Alger. Inscrit en 1982 au patrimoine mondial au titre de « Tipaza » pour les critères (iii)(iv), le mausolée royal de Maurétanie est en outre sur la liste indicative du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2002 au titre des « Les Mausolées Royaux de Numidie, de la Maurétanie et les monuments funéraires pré-islamiques » pour les critères (ii)(iii)(iv)1.

Description
L'édifice, un tumulus de pierre d'environ 80 000 m3, ressemble de loin à une énorme meule de foin. Il mesure 60,9 m de diamètre et 32,4 m de hauteur. Érigé non loin de Tipaza (près du village de Sidi Rached), sur une crête des collines du Sahel, il domine la plaine de la Mitidja à 261 m d'altitude. Il comporte une partie cylindrique ornée sur son périmètre, dont le développement est de 185,5 m, de 60 colonnes engagées surmontées de chapiteaux ioniques et supportant une corniche. Cette partie présente quatre fausses portes situées aux points cardinaux. Ce sont des panneaux de pierre de 6,9 m de haut, encadrés dans un chambranle et partagés au centre par des moulures disposées en croix. C'est cet ornement qui a justifié le nom traditionnel de Tombeau de la Chrétienne. Au-dessus, la partie conique est constituée de 33 assises de pierres, hautes de 58 cm, et se termine par une plate-forme. Elle est largement échancrée au-dessus de la fausse porte de l'Est.

Plan de l'édifice

L'entrée véritable du monument, longtemps ignorée, se situe dans le soubassement, sous la fausse porte de l'Est. Elle a été découverte lors de la campagne de fouilles menée en 1865 par Adrien Berbrügger, inspecteur des Monuments historiques, à la demande de Napoléon III. C'est une porte basse, 1,1 m de haut, et étroite, qui donnait sur une dalle coulissante en grès, trouvée brisée. Ensuite un couloir d'accès très bas conduit au vestibule des lions. Il est ainsi appelé parce qu'on y voit un lion et une lionne sculptés en relief au-dessus de l'accès au couloir intérieur. Ce vestibule voûté mesure 5,33 m de long, 2,52 m de large et 3,20 m de haut. Cette entrée est aujourd'hui condamnée et est inaccessible aux visiteurs. De ce vestibule on accède en gravissant 7 marches à la galerie circulaire. Celle-ci suit un tracé circulaire horizontal formant un cercle presque complet, qui partant de la fausse porte Est passe successivement derrière les fausses portes du Nord, de l'ouest et du Sud, avant de tourner vers le centre du monument.

Au bout de la galerie, une porte munie d'une herse, brisée elle-aussi, ouvre sur un vestibule de 4,04 m de long, 1,58 m de large et 2,73 de haut. De ce vestibule, un couloir surbaissé mène à la chambre centrale située au cur du monument. Fermée par une porte à herse coulissante, trouvée aussi brisée, ce caveau voûté mesure 4,04 de long, 3,06 de large et 3,43 de haut. Orienté nord-sud, avec l'entrée à l'est, il comporte 3 niches sur chacune des parois nord, sud et ouest. Le monument est entièrement vide de tout mobilier. Aucune chambre secrète n'a été trouvée, malgré de nombreuses recherches. La date de construction et la fonction réelle de ce monument ne sont pas connues avec certitude. Sur la date, on sait qu'il est mentionné dans un texte du géographe Pomponius Mela, daté des années 40 ap. J.C., époque où le royaume de Maurétanie fut annexé par Rome. Certains historiens pensent qu'il s'agit d'un mausolée royal construit par le roi Juba II qui régna de 25 av. J.-C. à 23 ap. J.-C. et son épouse, la reine Cléopâtre Séléné. Pour d'autres, l'étude architecturale du monument permettrait de le dater approximativement au Ie ou IIe siècleav. J.-C. et donc antérieurement à la domination romaine sur l'Afrique du Nord. Stéphane Gsell a bien dit à son sujet : « C'est une construction de type indigène couverte d'une chemise grecque. »

Historique du nom donné à ce tombeau

L'Assise du monument

Sommet du monument

Juba II fut un des hommes les plus savants de son temps : Pline et Plutarque le citent souvent dans leurs ouvrages à titre de référence incontestable, notamment dans les domaines de l'histoire, de la géographie, de la grammaire, de l'éducation, de la philosophie, de l'archéologie, de l'histoire naturelle, de la botanique, de l'art lyrique, de la peinture, etc. Quant à son impériale épouse, si ses actes n'ont pas pris place dans les bibliothèques sous forme de livres, c'est qu'elle se dévouait sans compter pour le bien-être de son peuple dont elle était aimée, voire vénérée. C'est cette vénération qui s'est traduite, après la mort de Séléné, par un mausolée dénommé par les populations locales : Tombeau de la Romaine. Malheureusement, la colonisation française a confondu en une seule et même signification Roumi qui veut dire Romain, ou Roumia, qui veut dire Romaine, avec Chrétien ou Chrétienne. Une telle assimilation et un tel amalgame ne peuvent être que faux puisque, à cette époque, c'est-à-dire au début du Ier siècle de l'ère chrétienne, le christianisme n' avait pas encore dépassé les limites de la Palestine. Il n'atteindra que plus tard ce pays berbère, où il sera adopté et pratiqué par ses indigènes. Un monument analogue se trouve dans l'Est algérien, c'est le Medracen situé près de Batna. Il en diffère cependant par la taille, seulement 18,5 m de haut, la structure interne, et est certainement plus ancien.

Numidie

Cartes des royaumes de Numidie Occidentale et de Numidie Orientale avant leur unification par Massinissa

La Numidie (202 av. J.-C. – 46 av. J.-C.) (en latin Numidia) (en grec nomadia (Νομαδια) le pays des nomados (νομαδος) qui changent de pâturage ; nomades) est un ancien royaume berbère qui alterna ensuite entre le statut de province et état vassal de l'Empire romain. Elle est située sur la bordure nord de l'Algérie moderne, bordé par la province romaine de Maurétanie (de nos jours l'Algérie et le Maroc) à l'ouest, la province romaine d'Afrique (Tunisie moderne) à l'est, la mer Méditerranée vers le nord , et le désert du Sahara vers le sud. Ses habitants étaient les Numides.

Histoire

Le roi berbère Massinissa, fondateur du royaume de Numidie (vers 201 av. J.-C.)

Au IIIe siècle av. J.-C., l'Afrique du Nord était divisée en trois royaumes berbères : celui des Maures avec le royaume de Maurétanie qui s'étend de l'Atlantique au fleuve Mulucha, au centre celui des Masaesyles, du Mulucha à la rivière Amsaga (Rhummel), sur lequel règne le roi Syphax et enfin, à l'Est près de Carthage, le royaume des Massyles, entre la rivière Ampsaga ( Oued-el-Kebir) et les territoires de Carthage. Les Masaesyles et les Massyles s'affrontèrent, en 203 av. J.-C.(Bataille des Grandes Plaines) à la fin de la seconde guerre punique, suite à laquelle Massinissa, chef des Massyles, contribua de façon décisive à la victoire de l'Empire romain sur Carthage, Massinissa parvint dès lors à unifier la Numidie qui s'étendit alors du fleuve Moulouya à l'Ouest jusqu'à la Cyrénaïque à l'Est. Il réussit sous sa conduite à préserver l'indépendance de son royaume en jouant habilement de la rivalité régionale qui prévalait à l'époque, tout en lui garantissant une prospérité économique certaine, grâce au remarquable développement de l'agriculture et de l'élevage. Sur le plan de l'organisation politique, Massinissa plaça à la tête de chaque province un gouverneur et à la tête de chaque tribu un « Amokrane » (le chef). Son conseil, formé de dix personnes, le seconda efficacement dans sa politique et son administration générale. Au nombre de ces dix conseillers il avait trois de ses fils :Micipsa qui le suppléait en plusieurs affaires, Gulussa, chargé de la conduite des armées et Mastanabal chargé du trésor royal. Il mit en circulation une monnaie frappée à son effigie, « avec des traits réguliers, un œil largement ouvert sous un sourcil assez épais, des cheveux abondants et bouclés, une barbe allongée et bien taillée ». Le règne de Massinissa prit fin lorsqu'il mourut en 148 av. J.-C.. Après la mort du grand roi fondateur, une crise de succession, vue d'un bon œil par Rome se produisit et qui plaça la Numidie dans des troubles politiques. Micipsa, fils de Massinissa, succèdera au trône de son père. Durant son règne, inqiet de la popularité croissante de Jugurtha, petit-fils de Massinissa, « Mais n'osant pas le faire périr, par crainte d'une révolte de ses sujets, il l'aurait envoyé devant Numance, avec l'espoir qu'il s'y ferait tuer, victime de sa bravoure » . Micipsa nomme Gulussa vice-roi et ministre de la Guerre et Mastanabal vice-roi et ministre de la Justice. Lorsque Micipsa mourut en 118 av. J.-C., la Numidie fut partagé entre ses deux fils, Hiempsal I et Adherbal et son neveu qu'il a adopté, Jugurtha, qui a été très populaire parmi les Numidians. Hiempsal et Jugurtha se querellèrent immédiatement après la mort de Micipsa. Jugurtha le fit assasiner en 117 av. J.C. à Thirmida, Adherbal livre bataille à Jugurtha mais il est vaincu et chassé du royaume. Il se rend alors à Rome où il demande l'aide du Sénat.

Pièce de monnaie à l'effigie de Jugurtha

Jugurtha aurait répliqué dans son entourage qu'il est une chose qu'il avait apprise des Romains lors de son séjour en Ibérie : « Roma est urbs venalia » (trad. « Rome est une ville à acheter »), faisant ainsi référence à l'étendue de la corruption chez les officiels Romains. C'est ainsi que Jugurtha se résout à acheter un répit en offrant de l'argent à des membres de la classe politique romaine pour les corrompre. Rome accepte alors de le laisser régner, mais seulement à condition que la Numidie reste divisée. Elle lui offre la reconnaissance diplomatique sur la Numidie occidentale, à condition de remettre Adherbal sur le trône en Numidie orientale. Jugurtha accepta dans un premier temps l'offre de Rome.

Guerre avec Rome
Cependant, son intention de restaurer la Numidie unifiée demeure forte, ce qui le conduisit à envahir en 112 av. J.-C. la Numidie orientale, réunifiant ainsi de nouveau la Numidie. Au passage, il fit exécuter plusieurs hommes d'affaires romains opérant en Numidie orientale. Le gouvernement romain, furieux d'un tel développement, est sur le point de lui déclarer la guerre, lorsque Jugurtha réussit une nouvelle fois avec grande habileté à corrompre les responsables en place à Rome. Cela a pour conséquence d'atténuer l'animosité qui s'était emparée de la classe politique romaine à son encontre, et même de lui procurer un traité de paix avantageux. Toutefois, ce traité sera aussitôt remis en cause, après les profonds changements que connut la classe dirigeante romaine ; excédé, Jugurtha fit exécuter Adherbal en réponse à cet acte. La classe politique romaine se déchaîne alors et finit par demander l'invasion de la Numidie. Rome envoie alors le consul Metellus en Numidie à la tête de plusieurs légions pour punir Jugurtha et le déposer. Jugurtha parvint avec intelligence à résister durant des années, en combinant des manœuvres militaires face aux Romains et politiques avec son voisin de l'ouest, le roi Bocchus Ierde Maurétanie. L'adjoint du consul Metellus, Gaius Marius, entrevoyant une opportunité, retourne à Rome pour se plaindre de l'inefficacité suspecte de son chef et demande à être élu consul à sa place, ce qu'il obtint. C'est alors que Gaius Marius envoie son questeur, Lucius Cornelius Sulla, en mission en Maurétanie pour négocier l'aide de Bocchus Ier. Bocchus accepte alors de trahir Jugurtha, et aide les Romains à le capturer dans un

guet-apens. Jugurtha est alors envoyé à la fameuse prison de Tullianum. Il fut exécuté tout de suite après la tradition du triomphe romain en 104 av. J.-C. à la prison de Tullianum.

Province romaine
Après la mort de Jugurtha la Numidie est partagée : sa partie occidentale est attribuée à Bocchus, roi de Maurétanie, le reste est laissé sous l'autorité d'un roi vassal de Rome. La situation perdure jusqu'à la guerre civile entre Jules César et Pompée. Juba Ier, partisan de Pompée, perd son royaume en -46 après la défaite de Thapsus contre César. César accorde à Sittius un territoire vaste autour de Cirta (Constantine). La Numidie devient alors la province d’Africa nova, jusqu'à ce qu'Auguste réunisse les deux provinces en un seul ensemble, l'Afrique proconsulaire. Cette dernière est dirigée par un proconsul, qui conduisit un moment l'armée d'Afrique. Auguste rend son royaume à Juba II, fils du précédent, après la bataille d'Actium (-31). En -25, Juba II reçoit le trône de Maurétanie, et la Numidie est partagée entre la Maurétanie et la province d'Afrique. La partie intégrée à la province d'Afrique en constitue une région et, en théorie, n'a pas d'autonomie administrative, puisqu'elle dépend du proconsul assisté de légats. Les populations se rebellent de nombreuses fois surtout les Zénètes, vers le début du premier siècle. Les Maghraoua auraient été très nombreux dans les environs d'Icosium (Alger)et Ptolémée de Maurétanie devait les contenir.Ptolémée de Maurétanie, fera transférer une partie des Maghraoua vers le chlef . Cela provoque une succession d'actions militaires de Rome, soldées parfois par de graves défaites romaines. Sept ans durant, Tacfarinas résiste aux Romains, malgré Tibère qui transfère une seconde légion pour appuyer la troisième légion Auguste (seule ensuite). Dès 39 apr. J.-C., Caligula confie la conduite de la région de Numidie à un représentant personnel — « légat de l'empereur » — chargé de commander la troisième légion Auguste. C'est ainsi qu'il met fin à une exception politique : celle d'une armée importante placée sous les ordres d'un proconsul et non d'un légat. Le Sénat perd la dernière légion qui était sous ses ordres. Bien que toujours officiellement intégrée à la province d'Afrique proconsulaire, la Numidie en constitue une région à part, placée sous l'autorité de son légat qui dirige la troisième légion Auguste et ne rend de compte qu'à l'empereur. C'est une province de fait, mais non de droit, statut relativement unique dans l'empire. Après 193, sous Septime Sévère, la Numidie est officiellement détachée de la province d'Afrique et constitue une province à part entière, gouvernée par un légat impérial. Sous Dioclétien, elle constitue une simple province dans la réorganisation tétrarchique, puis est brièvement divisée en deux : Numidie militaire et Numidie cirtéenne.

La Numidie romaine

Maurétanie Tingitane (à l'ouest), Maurétanie Césarienne (au centre-ouest), Numidie (au centre-est), et Africa (à l'est), au centre la Gétulie

Dès le IIe siècle, la province est christianisée, mais rapidement elle adhère à l'hérésie donatiste tout en connaissant des hommes de foi aussi illustres que Saint Augustin, évêque d'Hippone. En428, les Vandales commencent leurs incursions en Numidie. Ils parviennent même à y créer un royaume entre 432 et 534, date à laquelle la province passe sous l'autorité byzantine. La région est conquise par les armées musulmanes entre 696 et 708.

Histoire de la province d'Afrique
ÉVOLUTION DE LA PROVINCE AFRICAINE

Début de la conquete romaine

Carthage

Royaume deNumidie orientale (Massyles)

Numidie occidentale (Massaessyles)

Royaume de Maurétanie

de 146 av. J.Afrique C.

Numidie

Maurétanie

Africa (après annexion de 105 av. J.d'une partie Numidie orientale C. de la Numidie)

Numidie occidentale

Mauretanie

de 45 av. J.Africa Vetus Africa Nova C.

Numidie Maurétanie orientale (après occidentale (auMauretanie annexion de la Numidie delà: IV Coloniae occidentale occidentale) Cirtensium)

de 27 av. J.Afrique Proconsulaire C.

Maurétanie

de 41 après J.-C.

Afrique Proconsulaire

Maurétanie Césarienne

Maurétanie Tingitane

de 193

Afrique Proconsulaire

Numidie

Maurétanie Césarienne

Maurétanie Tingitane

Après la Afrique réforme Zeugitane deDioclétien

Afrique Bizacène

Numidie

Maurétanie Césarienne

Maurétanie Sétifienne

Maurétanie Tingitane

Maurétanie

Maurétanie Tingitane (à l'ouest) [orange], Maurétanie Césarienne (au centre-ouest) [orange], Numidie (au centre-est) [rose], et Africa (à l'est) [rose]

La Maurétanie désigne le territoire des Maures dans l'Antiquité. Il s'étendait sur le Nord-ouest et central de l'actuelle Algérie, et une partie du nord Marocain. Sous Rome, le territoire fut divisé en provinces :

Maurétanie Césarienne, qui correspond à l'Algérie centrale et occidentale. La capitale

était Caesarea (actuelle Cherchel ou Cherchell).

Maurétanie Sitifienne , créée par Dioclétien pour la partie orientale de la Maurétanie Césarienne

avec Sitifis (actuelle Sétif en Algérie) comme capitale.

Maurétanie Tingitane, qui correspond à peu près au Nord du Maroc actuel. Les villes principales

sont Volubilis, Sala, Lixus, Banasa,Ceuta, Melilla et Tingis (actuelle Tanger) qui en était le chef-lieu. Elle fut attachée administrativement à la province d'Espagne (la Bétique) Le nom a donné aujourd'hui Mauritanie, qui est un État d'Afrique de l'ouest, situé au sud du Sahara, adhérant à la Ligue arabe.

Histoire de la province d'Afrique
ÉVOLUTION DE LA PROVINCE AFRICAINE

Début de la conquête romaine

Carthage

Royaume deNumidie orientale (Massyles)

Numidie occidentale (Massaessyles)

Royaume de Maurétanie

de 146 av. J.Afrique C.

Numidie

Maurétanie

Africa (après annexion de 105 av. J.d'une partie Numidie orientale C. de la Numidie)

Numidie occidentale

Maurétanie

de 45 av. J.Africa Vetus Africa Nova C.

Numidie Maurétanie orientale (après occidentale (auMaurétanie annexion de la Numidie delà: IV Coloniae occidentale occidentale) Cirtensium)

de 27 av. J.Afrique Proconsulaire C.

Maurétanie

de 41 après J.-C.

Afrique Proconsulaire

Maurétanie Césarienne

Maurétanie Tingitane

de 193

Afrique Proconsulaire

Numidie

Maurétanie Césarienne

Maurétanie Tingitane

Après la Afrique réforme Zeugitane deDioclétien

Afrique Bizacène

Numidie

Maurétanie Césarienne

Maurétanie Sétifienne

Maurétanie Tingitane

La Maurétanie pré-romaine
Souverains
Depuis 111 av. J.-C., jusqu'à l'annexion par l'Empire romain en 40 ap. J.-C. :

* * * * * * * * *

Bocchus Bogud ou Bogudes Bocchus II Juba Ier (Numidie orientale) Juba II (52 av. J.-C.-23 ap. J.-C.) Ptolémée de Maurétanie (23 à 40) Bagga Ancien roi de Maurétanie env. 206 av. J.-C. Buccar Ancien roi de Maurétanie env. 180 av. J.-C. Bocchus I L'Ancien roi de Maurétanie 111-80 av. J.-C. * X reine de Numidie. épouse: Jugurtha roi de Numidie. * Sosus Mastanesosus, Masta-Nazan inscription sur des pièces avec son efigie 62 av. J.-C. * Bocchus II co-roi de Maurétanie 70-50, puis rois de Maurétanie Césarienne 49-33. * Bogud II co-roi de Maurétanie 49-45. * Bocchus IV co-roi de Maurétanie 45-33. * Bogud I co-roi de Maurétanie 70-50, puis rois de Maurétanie Tingitane 49-38. * Bocchus III co-roi de Maurétanie 49-40. * Boggud III co-roi de Maurétanie 40-38 * Hiarbas co-roi de Maurétanie 106-80 av. J.-C. abdique * Massinissa II co-roi de Maurétanie 80-46 av. J.-C. * Arabion roi de Maurétanie 44-43. * Hiempsal II co-roi de Numidie 88-84 et 80-? av. J.-C. * Juba Ier roi de Maurétanie 43-42. * Juba II roi de Maurétanie 25 av. J.-C.- 24 apr. J.-C. épouse: Glaphyra épouse: Cléopâtre Séléné fille de Marc-Antoine (voir dynastie Lagide). * Drusilla de Maurétanie. * Ptolémée de Maurétanie roi de Maurétanie 24-40 apr. J.-C. épouse Julia Urania * Drusilla de Maurétanie épouse: Antonius Felix. épouse: Caius Julius Sohæmus prêtre-roi d'Émèse (Homs) * Agrippa * Caius Julius Alexio prêtre-roi d'Émèse * Iotape

* Aedemon roi de Maurétanie 40-42 apr. J.-C. Possible qu'il ait été adopté par Juba II * Tacfarinas Chef des Musulames 24 apr. J.-C.

Maurétanie romaine
Avec l'importance croissante de l'Empire romain, la Maurétanie est devenue un royaume client (vassal) de Rome. Les Romains y ont placé Juba II de Numidie comme roi-client. Quand Juba II est mort en 23, son fils, instruit à la façon romaine, Ptolémée de Maurétanie lui a succédé sur le trône, mais Caligula l'a tué dans 40 et Claudius a annexé la Maurétanie directement comme province romaine dans 44, sous un gouverneur impérial (non sénatorial). Ne pas priver les Maures de leur ligne des rois aurait contribué à préserver la fidélité et ordre, semble-t-il : "les Maures, en effet, adorent manifestement les rois" a observé Cyprien en 247, citant sans doute un géographe, en dégonflant les dieux dans "Sur la vanité des idoles". Au premier siècle, l'empereur Claudius a divisé la province romaine de la Maurétanie en Maurétanie Césarienne et Maurétanie Tingitane suivant la ligne du fleuve Mulucha (Moulouya), à environ 60 kilomètres à l'ouest de l'actuelle ville d'Oran :

Maurétanie Tingitane, du nom de sa capitale Tingis (aujourd'hui Tanger) ; comprenant le nord du

Maroc

Maurétanie Césarienne, comprenant l'Algérie occidentale et centrale et les territoires jusqu'à

la Kabylie. La Maurétanie a donné à l'empire un souverain, Macrin, qui s'est emparé du pouvoir après l'assassinat de Caracalla en 217 et qui à lui-même été défait et exécuté par Élagabal l'année suivante. Depuis la réforme tétrarchique sous le règne de Dioclétien (293), le pays a encore été divisé en trois provinces, comme la petite et orientale région de Maurétanie Sitifienne a été dédoublée au loin de Maurétanie Caesariensis. Le Notitia Dignitatum (vers 400) les mentionne toujours, deux étant sous l'autorité du vicaire (vicarius) du diocèse d'Afrique :

un Dux et provinciae Mauritaniae et Caesariensis, c'est-à-dire un gouverneur romain de praeses du

grade des spectabilis de Vir, qui tient également le grade militaire supérieur de 'duc ', comme le supérieur de huit commandants de garnison de frontière, de chaque limitis dénommé de Praepositus, appelés (des formes de génitif) Columnatensis, Vidensis, inferioris de limitis de Praepositus (c.-à-d. frontière inférieure), Fortensis, Muticitani, Audiensis, Caputcellensis et Augustensis.

un Praeses (civil) dans la province de la Mauritanie Sitifensis.

Et, sous l'autorité du Vicarius du diocèse d' Hispanie :

un comes rei militaris de Tingitana, se rangeant également comme spectabilis de vir, responsable

des commandants suivants de garnison de frontière (Limitanei) : préfet des ailes de cavalerie Herculeae, tribun de la cohorte secundae Hispanorum de cohortis de Tribunus à Douga, tribun de la

cohorte primae Herculeae à Aulucos, tribun de la cohorte primae Ityraeorum à Castrabarensis, tibun de la cohorte à Sala, tribun de la cohorte Pacatianensis à Pacatiana, tribun de la cohorte tertiae Asturum à Tabernas et tribun de la cohorte Friglensis Friglas ; et à qui trois unités extraordinaires de cavalerie sont assignées : Seniores de scutarii d'Equites, seniores et Equites Cordueni de sagittarii d'Equites,

un praeses (gouverneur civil) de la même province.

Maures

Un maure, par Jean-Léon Gérôme

Les Maures désignent à la base durant l'antiquité des populations berbères peuplant la partie Ouest du Maghreb. Ce terme a changé de signification durant plusieurs périodes de l'histoire médievale et contemporaine. De la conquête arabo-musulmane à l'Espagne musulmane : A partir des conquêtes arabo-musulmanes du VIIe siècle, l'Empire arabe ommeyade à l'aide du général Tariq Ibn Zyad, conquis l'Espagne, sous le nom d'Al Andalus. C'est le début de l'Espagne musulmane. A partir de cet époque, le terme "Maure" va devenir un synonyme de "Musulman", plus particulièrement de n'importe quel musulman vivant en Andalousie, qu'il soit d'origine berbère,arabe ou ibérique. Les termes "Sarrasins" et "Maures" sont différentiables, quoique, au départ, les armées mauresques de l'Empire arabe étaient appelés "sarrasins" et que souvent les musulmans étaient désignés par le terme "sarrasins" notamment ceux originaires du Moyen-Orient ou encore d'Afrique du nord. En résumé : le mot "Maure" a désigné plusieurs sortes de populations selon l'époque. Durant l'antiquité , il désignait les Berbères de l'ouest de

l'Afrique du nord. Durant le Moyen-Age , il désignait les Musulmans d'Espagne (souvent composés de berbères, d'arabes et d'espagnols islamisés). "Maure" a aussi commencé à devenir synonyme d'arabes , étant donné que Al Andalus fut graduellement arabisée à partir de la conquête, et devenue le centre du Monde Arabe (Grenade). A savoir sur les différentes utilisations de ce terme plus tard : Certains auteurs européens ont utilisé le terme "Maure" à d'autres façons. chez certains "Maures" est utilisé pour désigner les "Turcs musulmans , d'autres pour les noirs musulmans du sahara , parfois le terme "Maure" s'agrandit , perdant sa signification originelle. Durant le colonialisme français , les "mauresques" était aussi un des termes utilisés pour désigner la population algérienne autochtone .

Étymologie

Portrait d'un ambassadeur maure reçu par la reine Élisabeth I (1600)

Selon l'étymologie communément admise, cette appellation est dérivée du terme Moros en grec e tMauri en latin, qui désigne à l'époque romaine les Berbères d'Afrique du Nord, et plus précisément les Berbères de la Maurétanie de cette époque qui inclut le nord et l'est du Maroc actuel et le nord-ouest de l'Algérie. Cependant certains pensent que le terme pourrait avoir une origine locale (berbère) ou étrangère. Selon Salluste, les Maures font partie de l'armée d'Hercule venus d'Espagne, composée des Perses, d'Arméniens, et de Mèdes. Ils se mêlent aux populations autochtones Gétules (Zénètes) Berbères du Maghreb actuel. Ils s'installent dans les montagnes au Maroc, dans les Aurès en Algérie et dans la Libye. La majorité de la population des Aurès est Gétules (Zénètes).

Le terme maures est introduit par l'historien romain Procope et par Saint Augustin pour désigner la population des Aurès non romanisée, et les populations indigènes qui se soulèvent contre Rome. Coripus désigne les populations qui se soulèvent contre Rome pendant le règne de Justinien vers le V siècle sous le vocable d'Ifuraces. A contrario, les autochtones qui étaient favorables au régime romain sont désignés par le terme Afris. Les Banou Ifren ou Ait Ifren sont les Afris, et ils appartiennent aux Zénètes, anciennement appelés Gétules. Au Moyen Âge, le terme latin Mauri passe en français sous la forme maure, mais aussi en espagnol sous la forme Moros et en breton sous la forme Morianed pour désigner les musulmans, mais aussi les arabes à l'origine de la conquête de la péninsule Ibérique au VIIIe siècle.

Période préislamique
Peuple de cavaliers, les Maures offrirent indifféremment leurs services tant aux Carthaginois qu'aux Romains lors des guerres puniques.Jugurtha, ayant pris pour femme la fille de leur roi, bénéficia quelque temps de leur appui mais fut livré à ses ennemis aussitôt qu'il leur demanda asile. La Maurétanie fut petit à petit conquise par Rome et constitua deux provinces de l'empire, l'une en 37, l'autre en 40 ou 41 sous Caligula. Engagés aux côtés des forces romaines, des Maures contribuèrent à établir la pax romana en Gaule et établirent des colonies. Dans la péninsule armoricaine, des soldats maures furent cantonnés, au territoire des Vénètes et des Osismes, d'où le nom de Mauri Veneti et deMauri osismiaci que leur donne la Notitia Dignitatum. Plusieurs localités appelées Mortaigne ou Mortagne, tant en France qu'ennBelgique, seraient dérivées de Mauretania17, mais une autre interprétation y voit l'invocation d'une eau morte (par opposition à eau vive). La Maurétanie fournit aussi à l'Empire romain, plusieurs généraux tels Gildon, qui se rebella ensuite contre Rome, et surtout Lusius Quietus que Trajan aurait selon certains auteurs songé à choisir pour successeur. Quietus et sa cavalerie maure sont immortalisés sur la colonne Trajane à Rome. La Maurétanie donna même à Rome un empereur éphémère, Macrin. Partiellement romanisés puis christianisés dès le IIIe siècle, les Maures furent partiellement séduits par le schisme donatiste. Aux persécutions païennes succédèrent les persécutions chrétiennes quand l'empire érigea le christianisme en religion d'État. Au Ve siècle, des Vandales et leurs alliés alains, harcelés par les Wisigoths, franchirent le détroit de Gibraltar et se taillèrent un royaume en Afrique du Nord en 431. Les Maures collaborèrent aux expéditions de pillage organisées par les Vandales, notamment le second sac de Rome en 455. Les prisonniers romains furent emmenés en esclavage par les Maures. Ils furent cependant défaits par Justinien Ier, empereur romain d'Orient, en 533. La domination byzantine n'était cependant que très relative quand, en 647, survint l'islamisation. La résistance de chefs tels que Kusayla oual Kahina n'empêcha pas qu'au VIIIe siècle une grande partie des tribus de se convertir à l'islam pour le propager à leur tour, à l'image de la Kahena qui ordonna à ses fils d'embrasser la nouvelle religion, et le pays des Maures fut annexé au califat des Omeyyades. Le fait que

les envahisseurs islamique de l'Andalousie étaient appelés "Maures" accentue les contributions berbères (Maures, notamment)à la culture andalous

Conquête de la péninsule Ibérique
En 711, les Maures envahirent l'Espagne. Sous le commandement de Tariq ibn-Ziyad, ils imposèrent à une grande partie de l'Espagne et du Portugal le règne islamique jusqu'en 1492. Ils étendirent leur influence au Midi de la France, et firent des incursions jusque dans le nord de la France, mais furent arrêtés à la bataille de Toulouse en 721 et par Charles Martel à la Bataille de Poitiers en 732. Dans la péninsule Ibérique, seuls le nord-ouest et les régions majoritairement basques des Pyrénées échappèrent à leur domination. L'état maure subit quelques conflits civils dans les années 750. Le pays, al-Andalus, fut ensuite divisé en un nombre de petits territoires principalement islamiques, nommés les taifas. En 1212, les royaumes chrétiens, sous le commandement d'Alphonse VIII de Castille, repoussèrent les Maures du sud de l'Espagne. C'est la période de la Reconquista proprement dite. Cependant le royaume de Grenade (au sud-est) résista durant près de trois siècles. Le 2 janvier1492, l'armée de l'Espagne chrétienne, récemment unie, assiégea Grenade, et les Maures restant furent obligés de quitter l'Espagne ou de se convertir au christianisme. Certains convertis restèrent sur le sol d'Espagne et furent appelés les Morisques. Ils en furent définitivement chassés en 1609.

Le terme Maure d'aujourdhui
Acception étendue
Les Maures (ou Mauri) est le nom donné aux populations arabo-berbères métissés vivant au Sahara et dans les territoires sud , cotoyant les populations noires. Quoique , Ils n'ont pas grand chose à avoir avec les Maures d'Espagne , étant donné que ni leur dialecte ni leur culture ne sont apparentés. Le terme "Maure" leur a été attribué car ils étaient la seule population d'origine nord-africaine trouvée dans le sud du Sahara. Jusqu'au début du XXe siècle, le vocable « Maures » était souvent utilisé par les géographes occidentaux pour désigner les Arabo-berbères nord-africains métissés, spécialement ceux des villes pour les différencier des arabophones et des berbérophones considérés en tant qu'ethnies. Ainsi l'Encyclopædia Britannica de 1911 définit « Maure » comme « le nom qui, selon l'habitude actuelle, est librement appliquée aux natifs du Maroc, mais strictement, devrait s'appliquer seulement aux hommes de la ville de descendance mélangée ». Mais cependant, elle reconnaît que ce terme n'a pas de valeur ethnologique réelle.

Distribution géographique

Aujourd'hui, l'aire sociale maure regroupe approximativement le sud du Maroc, le Sahara occidental et la Mauritanie, soit une zone ayant pour communauté une culture et la langue hassaniyya. Selon le recensement de 1988 au Sénégal, les Maures y étaient 67 726, sur une population totale estimée à 6 773 417 habitants, soit 1 %. Ils y sont très dispersés. L'ensemble des Maures est musulman sunnite de rite malékite. L'unité linguistique autour de la langue Hassaniyya est relativement forte chez les Maures. Historiquement, les Maures étaient berbèrophones. Quelques tribus parlent encore cette langue dans le sud de la Mauritanie, notamment près du Sénégal: les Zénagas. Mais l'arabisation engagée depuis des siècles a fait des maures des purs arabophones. En 1978, dans le vocabulaire officiel mauritanien, le terme « Arabo-Berbère » a été définitivement remplacé par « Arabe ».

Organisation sociale
Les populations maures se regroupes en nombreux groupes d'ordre politique:

Émirats

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Trarza Brakna Adrar Tagant ...

Confédération orientale

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Awlâd deyman Awlâd m'barîk Ahl sîdi mahmûd Awlâd an-nâsir Mashdûf ...

Sociétés tribales non stratifiées du nord

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Reguibat (ou Rgaybât) Awlâd d'lim Tawbbalt

La base de la société maure est la tribu (qabîla) composée des descendants d'un ancêtre commun. Cependant cette organisation sociale reste ouverte aux affiliations extérieures par mariage. Dans les Émirats maures, l'organisation hiérarchique est très marquée (castes):

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les guerriers (hassân) les religieux (zawâya)

les tributaires (znâga)

Économie et mode de vie
Les maures sont historiquement des éleveurs nomades de dromadaires dans le nord et ovins dans le sud et sur les berges du fleuve Sénégal). L'agriculture est toujours resté marginale et pratiquée dans les quelques oasis de leur territoire. De par leur culture nomade et leur élevage, le commerce tenait une part importante dans leur économie. Aujourd'hui ce mode de vie est en voie de disparition. Les politiques de sédentarisation aidant, l'exode vers les villes croit, notamment Nouakchott en Mauritanie. Cette sédentarisation influe également sur leur culture commerçante.

Maures Darmanko

Localisation des Maures Darmanko sur une carte de l'Abbé Boilat (1853)

Les Maures Darmanko (parfois appelés Darmankours dans les récits français d'autrefois) font partie de la grande communauté des Maures qui sont aujourd'hui répartis entre le Maroc, le Sahara Occidental, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, et le Niger. C'est en Mauritanie, au Sénégal et au Mali que l'on rencontre le plus grand nombre de Maures. Les Darmanko sont particulièrement nombreux au Sénégal, où ils sont appelés Naar ou "Naaru Kajoor" (maures du Kayor) ce qui signifie Arabesen Wolof.

Histoire
Les Maures sont à l'origine du mouvement fanatique guerrier musulman almoravide qui regroupait plusieurs fractions d'origine Noir africaines et arabo-berbère : les Sanhadja, les Lemtuna, les Zénètes. A son apogée, ce mouvement éphémère né au XIe siècle dominait le sud de l'Espagne, le Maroc, la Mauritanie, jusqu'aux rives de la vallée du fleuve Sénégal où était situé le royaume du Tekrour. Ceux-ci ont participé à la chute de l'empire du Ghana, en Afrique de l'Ouest, mais n'en sont pas les véritables responsables. Contrairement à ce que beaucoup pensent, les Almoravides ne sont pas à l'origine de l'introduction de l'islam en Afrique de l'Ouest. Ce sont les commerçants arabo-berbères qui, bien avant les Almoravides, introduisirent cette religion en Afrique. Ils convertirent pacifiquement les Dyulas d'origine mandingue, qui jouaient le rôle d'intermédiaires entre ces commerçants et les populations noires. Ce sont ces mêmes Dyulas qui convertiront les différentes ethnies noires, en premier les Toucouleurs du Tekrour, ainsi que les Soninkés qui étaient à cette époque les maîtres de l'empire du Ghana, qui allaient à leur tour diffuser l'islam soit pacifiquement, soit par le biais du djihad.

« Jeune Maure, Darmenkour » (aquarelle du père Boilat (1853)

Les Darmanko sont originaires de Mauritanie. D'après les traditions orales de leur communauté, ils seraient les descendants d'Ayoba Lansar. Dans l'histoire de l'islam, Ayoba Lansar est l'homme qui accueillit le

prophète Mahomet, lors de son arrivée à Médine, ville dont Lansar était le chef. Seule leurs tradition orales relate cette origine. Les Darmanko ont tenu un grand rôle dans l'histoire du Sénégal, pays où ils sont installés depuis des siècles. Ils y étaient le plus souvent marabouts musulmans ou commerçants, en particulier de la gomme arabique. Jadis dans le royaume wolof du Cayor où ils étaient appelés Naari kajoor, (Maure du Cayor), ceux-ci ont intégré l'aristocratie, en temps que conseiller a la cour, serviteur, ou le rang des castés. Au Cayor, le représentant des Maures portait le titre de Bëcc. Les Naari Kajoor de la cour royale du cayor, étaient comme la plupart des wolofs de l'époque, de religion Tiédos. Ceux-ci prennaient le nom de Maure DarSakete, pour se distinguer des Dar-Manko musulmans. Avant l'hégémonie Arabe qui allait commencer en maurétanie a partir du XVIIe siècles, l'impérialisme des autochtones africains poussèrent de nombreuses familles maures a s'allier et cohabité avec les divers royaumes africains. Aujourd'hui les Darmanko, qui pratiquent pour beaucoup l'endogamie stricte, sont métissés avec les diverses ethnies voisines, notamment wolofs et peuls. Physiquement, les Darmanko avaient à l'origine le teint basané, les yeux noisette, la chevelure bouclée, que beaucoup d'hommes portaient longs, encore aujourd'hui. Les métissages étant fréquents depuis des décennies, beaucoup ont aujourd'hui le teint plus ou moins noir et la chevelure crépue. La plupart ne se démarquent pratiquement plus des Wolofs dont tous en parlent la langue, et n'ont de darmanko plus que le patronyme, et parfois quelques traits physiques. En effet beaucoup de Darmanko sont devenus Wolofs, ont intégré leur système social et adopté leur langue que tous parlent. Ce phénomène de wolofisation, concerne aussi les Mandingues, les Peuls et les Sérères, ainsi que d'autres peuples.

Organisation sociale
Les Maures Darmanko représentent l'un des nombreux sous-groupes maures, tels que les Trarza, les Kounta, les Brakna ou les Dowiche. Les diverses tribus maures sont elles-mêmes regroupées en deux grands groupes : les Zaouias ou Tolba, groupe maraboutique, religieux, et les Hassans groupe guerrier. La société maure est issue du métissage entre les Arabo-berbères et les Noirs. Les Maures blancs, d'origine arabo-berbère, sont appelés beydane ou bidan, alors que les Maures noirs et métis – bien plus nombreux que les premiers – sont appelés haratin. Les haratin seraient pour beaucoup d'origine bambara. Les autres ethnies noires non maures sont appelées kouwar, notamment les Halpulaar'en (toucouleur et peul), les Wolofs, les Soninkés, etc. Aujourd'hui les Beydane sont en priorité les descendants des Arabes ayant conquis la Maurétanie au XVIIe siècles. C'est avec la conquête arabe que les autochtones africains qui dominaient la société maure, allaient régresser dans la hiérarchie, ce sont les Haratin d'aujourd'hui. Depuis cette époque de la conquête arabe, la communauté beydane dominante, ne cesse sa politique d'arabisation envers les Haratin et les autres populations africaines.

Les beydane, sont les plus haut placés dans la hiérarchie : ils représentent la noblesse. Les haratin se situent au bas de l'échelle et beaucoup d'entre eux sont des descendants d'esclaves des beydane, capturés lors des razzias. En Mauritanie, certaines familles mauresbeydane pratiquent toujours l'esclavage. Les esclaves appelés Abid naissent dans les familles et font partie de l'héritage familial. De nombreux dispositifs de lutte contre cette pratique ancestrale ont été mis en place, et l'esclavage diminue chaque année. Depuis toujours, beaucoup de Maures pratiquent l'élevage de dromadaires, de chèvres, et ont un mode de vie nomade, ils habitent dans des tentes. Ils sont aussi commerçants dans les grandes villes d'Afrique de l'Ouest, en particulier à Dakar, Bamako, Conakry, etc. Les Maures artisans sont les mallem, ils sont forgerons, cordonniers et boisseliers. Il y a aussi les griots maures, les Igaoun, spécialistes des chants épiques, guerriers et amoureux, guitaristes, généalogistes, historiens, mais d'une façon générale tous peuvent faire de la musique. Les nobles ne dansent pas, ce sont les serviles qui étaient chargés de danser de façon acrobatique lors des festivités. La société maure est très proche, historiquement et culturellement, de celle des Touaregs, ou Tamachek.

Langue
Les Maures parlent le dialecte hassaniyya, langue arabo-berbère, où l'on remarque de nombreux mots empruntés au wolof, au français, au soninké, etc. Cette langue s'est crée à partir de celle des Banu Hassan d'origine arabe (Bédouins), et de celle des Berbères Sanhadja.

Patronymes
Les Darmanko portent les patronymes suivants : Aidara, Abbas, Amar, Hadj, Chérif, Diagne, Kounta, Sougoufara, Diakhoumpa, Sady, Roussoul, Tandiné, Nar, Koundoul, Goumbala, Babou, Tambedou, Sabara. D'autres familles non Darmanko, ce sont ajoutés a eux, raison pour laquelle l'ont peut trouvé d'autres noms. Dans la société wolof, chez les geers qui représente la classe des nobles, ou Nyenyo artisans, des familles portent des patronymes darmanko, notamment Sady, Diakhoumpa, Coundoul, Babou, Hadj, etc.

Religion]
Les Darmanko, tous musulmans, appartiennent aux confréries islamiques soufi : mouride, qadiriyya, tidjaniya. Avec les Toucouleurs et les Soninkés, les Darmanko furent également des propagateurs de l'islam au Sénégal. Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, originaire du Baol, créateur du mouridisme, reçut un grand soutien de la communauté darmanko. C'est pourquoi il y a de fortes communautés darmanko dans la région de Diourbel, située dans l'ancien Baol, l'un des hauts lieux du mouridisme. De manière générale, les Darmanko sont répartis sur tout le territoire sénégalais.

Libyens
. Avant de désigner les habitants de l'actuelle Libye, les Libyens (ou Libyques) étaient un ensemble de peuples habitant le nord de l'Afrique avant l'arrivée des Phéniciens (entre Atlantique et Tripolitaine). Les populations libyques se sont maintenues sous la domination phénico-punique puis romaine même si elles étaient en partie marginalisées et/ou acculturées. On parle d'ailleurs parfois de Libophéniciens(ou Libyphéniciens, ou Libyophéniciens) pour désigner ces populations qui se sont mélangées (par mariage intercommunautaire ou acculturation). Ce sont, en outre, les ancêtres des actuels peuples berbères.

Origines
Leur nom s'explique par l'utilisation antique du nom « Libye » : selon Pline l'Ancien, « les Grecs ont appelé l'Afrique, Libye, et la mer qui l'affronte Libyque ». Le mot grec Libyh était dérivé d'un peuple établi en Cyrénaïque et dans le delta du Nil, les Libous ; le terme s'étant petit à petit étendu à tout le continent. Ces peuples seraient pour la plupart originaires de l'Afrique orientale (ce qui expliquerait le lien étymologique avec les Libous) avec des apports très précoces de populations à la fois négroïdes (venus du sud) et leucodermes (venus du nord) .

Un Libyen peint sur la tombe de Séthi Ier

Des représentations de Libyens se retrouvent parmi certaines fresques égyptiennes comme celles du tombeau de Séthi Ier : on y voit quatre Libyens (leucodermes) habillés de longues robes colorées, arborant tatouages et plumes d'oiseaux sur la tête.

Diversité des peuples
La plus ancienne mention de ces peuples libyques date du Ve siècle av. J.-C., dans l'œuvre de Hérodote : l'historien grec y évoque une multitude de peuples autochtones, nomades, semi-nomades, voire sédentaires. La langue libyque et la culture semblaient créer une certaine unité entre ces peuples mais on peut dégager deux ensembles dans les populations libyques :

Un premier ensemble de peuples plutôt mal repérés et localisés par les auteurs anciens, portant

différents noms : les Nasamons, les Nigrites, les Atlantes, les Troglodytes, les Baquates, les Bavares, les Suburbures, les Musulames, les Gétules7, les Garamantes, les Austuriens, etc.

Un deuxième ensemble qui comprend les Maures et les Numides, ces derniers étant divisés

en Massyles et Massaessyles. Ces divers peuples libyques étaient organisés sur un mode généralement tribal avec un chef ou un roi à leur tête, mais certains (Maures et Massyles notamment) ont su développer une organisation plus élaborée.

Plusieurs significations
Le terme Libyens a pu désigner d'autres peuples selon le point de vue culturel et selon l'époque :

En Grèce antique, les Libyens étaient soit l'ensemble des habitants d'Afrique du Nord, soit une

partie d'entre eux.

À partir du Ve siècle, la Libye désigne l'ensemble des terres connues sur le continent africain donc

les acceptions des termes Libyens etLibyques diffèrent. Les Égyptiens et les Hébreux parlaient de Libyens pour les peuples côtiers situés entre Égypte et Syrie, alors que les Grecs appliquaient cette désignation pour ceux qui habitaient dans l'arrière-pays de Cyrène.

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Les Libyens sont aussi un des noms donnés pour désigner les ancêtres des Berbères. De nos jours, les Libyens sont les citoyens de la Libye.

Capsien

Localisation du noyau à l’origine de la culture capsienne

Le Capsien est une culture de l'Épipaléolithique d'Afrique du Nord. Il doit son nom à la ville de Gafsa en Tunisie, anciennement appelée Capsa, près de laquelle fut découvert le site d'El Mekta. Les gisements capsiens sont souvent des escargotières, amas de coquilles d'escargots et de cendres auxquelles sont mêlés des outils et des débris de cuisine. L'un des éléments culturels originaux du Capsien est la réalisation de gravures sur œufs d'autruche. Le Capsien s'étend essentiellement sur le territoire actuel de laTunisie et de l'Algérie, surtout dans les Aurès . Inconnu sur le littoral, il ne semble pas présent au Maroc. Le Capsien dure d'environ 6 800 av. J.-C. à 4 500 av. J.-C. Il a été produit par des Hommes anatomiquement modernes.

Touareg

Un homme bleu du désert

Les Touareg (au singulier un Targui) ou, sous sa forme francisée, les Touaregs (au singulier unTouareg) ou encore Kel Tamasheq sont un peuple de Berbères nomades vivant dans le Sahara central, l’Algérie, la Libye et sur les bordures du Sahel, Niger, Mali, et Burkina Faso. Leur langue est le tamajaq ou tamasheq ou encore tamahaq selon les régions. Ils utilisent un alphabet appelé tifinagh (prononcer tifinar). Ce sont les descendants des premiers habitants de l'Afrique du Nord. Les Touareg sont parfois appelés les « hommes bleus », d’après la couleur de leur chèche. Teinte avec de l’indigo, elle décolore sur la peau avec le temps. Aujourd’hui, certains Touareg sont métissés avec les populations noires d’Afrique subsaharienne. Ces populations sont confrontées à des formes d’assimilation culturelle et linguistique, à une marginalisation économique et politique qui les ont conduites à la lutte armée dans les années 1990. Beaucoup ont abandonné le nomadisme pour se fixer dans les grandes villes en bordure du Sahara, comme Tamanrasset en Algérie ou Agadez au Niger.

Étymologie
L’origine de ce nom est inconnue. Certains pensent qu’il provient d’un mot arabe qui signifie « abandonnés », d’autres qu’il dérive du nom d’une région libyenne appelée encore à ce jour Targa (« rigole » ou « vallée »). C’est la région de Oubari, dans le Fezzan. La dénomination d’origine Aw-Targa (fils de Targa) en berbère atargi, à l’origine du nom pour certains, tandis que d’autres retiennent que depuis le milieu duXIXe siècle, les chroniqueurs médiévaux arabes les appelaient tawwareq. À l’époque coloniale, les Français ont utilisé et popularisé le mot Touareg comme le pluriel de Targui en français (féminin Targuia, pluriel Twareg). Cette distinction est souvent abandonnée et l’on accorde

parfois le mot comme en français (un Touareg, des Touaregs et touareg(s) pour l’adjectif avec quelquefois touarègue(s) au féminin). Les Touareg préfèrent d’ailleurs se désigner eux-mêmes par Imajaghan ou Imuhagh (noble et libre) ou par Kel Tamajaq (les gens de Tamajaq). Tamahaq, Tamajaq et Tamachaq sont toutes les trois des déformations de Tamazight dues à une altération par les accents du sud.

Pays [modifier]

Carte de localisation du territoire touareg

Divisés en plusieurs confédérations et tribus, un million et demi de Touareg vivent sur cinq pays du continent africain (barrières pour un peuple sans frontière). À l’intérieur de ce territoire, les Kel Tamasheq se sont longtemps joués des limites des états. Ceux-ci ont pourtant réussi à leur inculquer les normes de la douane et des passeports. Ce territoire, appelé tinariwen (les déserts), est comme son nom l’indique découpé en plusieurs terres. De ces nombreux déserts, il y a le désert proprement dit : le Ténéré. Les autres terres sont plus ou moins arides, plates et montagneuses, parmi lesquels on peut citer celles qui font l’objet d’un article : Adrar, Azawagh, Hoggar, Tadmait, Tanezruft, Tassili n'Ajjer, Tawat (Touat), Tadmaït, le Désert Libyque ou encore Tibesti. Des villes et villages touareg font l’objet d’un article. Elles sont listées ci-dessous, avec en italique la transcription de l’équivalent en berbère :

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Abalagh ; Agadez ;

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Aguel'hoc ; Essouk ; Djanet ; Illizi (Alezi) ; Gao (Gawa) ; Ghat ; Tchin-Tabaraden (In Tibaraden) ; Keita ; Kidal ; Tamanrasset (Tamanghasat) ; Tessalit ; Tombouctou (Tin Bektu).

Vie sociale

Bijou Touareg, Musée du quai Branly, Paris

La société touareg était très hiérarchisée, on peut rapidement classer les individus dans les catégories suivantes :

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Imajaghan : tribus nobles, essentiellement guerriers ; Ineslemen : tribus maraboutiques (au singulier ineslem signifie « musulman »), nobles aussi; Imrad : tribus vassales ; Inaden : forgerons (en fait les artisans) noirs, nobles ; Irawellan : anciens captifs touareg ; Iklan : esclaves noirs (au singulier akli signifie « noir ») ; Bellas : esclaves libérés de langue Songhaï ; Bouzou : esclaves libérés de langue haoussa.

Les Touareg sont monogames, sauf quelques exceptions. Le futur marié doit apporter une dot composée de dromadaires et de bœufs à la famille de la mariée. La tente et son ameublement est fournie au couple par la famille de la mariée, cette dernière en gardera la propriété en cas de divorce, laissant son ex-mari sans toit. Les mariés appartiennent presque toujours à la même caste Les Touareg portent traditionnellement une sorte de long vêtement souvent nommé boubou (en étoffe de coton nommé « bazin ») et un chèche, appelé aussi taguelmoust (tagelmust en berbère) ou encore « turban ». Le chèche est une sorte de turban d’environ quatre-cinq mètres de long qui s’enroule sur la tête pour se protéger du soleil, du vent, de la pluie, du sable, du froid… Traditionnellement, l’homme ne quitte jamais son turban. Il peut être de différentes couleurs, telles que rouge, jaune, vert, mais deux couleurs ont une signification spéciale. Le blanc est porté pour montrer un signe de respect, un jour particulier. Le chèche indigo est fait à partir de lin, souvent avec un tissage complexe. Il est porté les jours de fête (et les jours de froid car il est plus chaud que le chèche en coton). Sa teinture tend à déteindre sur la peau, donnant au targui le surnom d’« homme bleu ».

Culture

Touareg en déplacement

L’origine exacte des Touareg est berbère, ils sont vraisemblablement descendants des tribus des premiers habitants de l'Afrique du Nord. Leur culture berbère est confirmée par l'usage du même alphabet, du tifinagh, et de la même base linguistique le tamasheq. Le cérémonial du thé est une manière de montrer l’hospitalité et un prétexte pour discuter avec le visiteur de passage. Le thé a été introduit au début du XXe siècle au travers de l’influence arabo-musulmane. Refuser un thé ou de ne pas boire les trois thés est jugé impoli. En effet les mêmes feuilles de thé vert sont utilisées pour confectionner trois services à la suite ; «Le premier thé est amer comme la vie, le second est fort comme l'amour et le dernier est doux comme la mort». Le plat de base des touaregs est la taguella. Chaque année, en janvier, a lieu le festival du désert à Essakane, près deTombouctou au Mali, ainsi que celui d’Essouk, près de Kidal. Plusieurs autres festivals ont lieu à travers le pays Touareg, manifestations qui offrent une vraie occasion pour découvrir la culture touareg : la cure salée à In-Gall, près d’Agadez. Les fêtes traditionnelles de Gani et Bianou à Agadez. Depuis les années 1990 la musique touareg s’est enrichie d’un nouveau courant : le blues touareg avec notamment le groupe Tinariwen ou bien Toumast. Les festivals de tourisme de Ghat et Ghadames en Libye. La fête de Sabiba à Djanet en Algérie.

Histoire

Touareg lors de l'exposition coloniale de 1907

Jusqu’aux années 1900, le monde touareg était organisé en confédérations ayant chacune sont propre ettabel (tambour) symbole de la chefferie et un Amenokal (pluriel Imenokalan), chef traditionnel élu par les sages à l’issue des palabres. Les principaux groupes confédérés sont :

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Kel Ajjer dans la région du Tassili N'Ajjer, entre Ghat et Djanet ; Kel Ahaggar, dans les montagnes du Ahaggar ; Ouelleminden Kel Ataram (ceux de l’ouest) avec pour centre [Gao,Kidal et Tin Bouctou] ; Imididaghane dans la boucle du Niger Arabanda,Hawssa, avec pour centre [ Gao, Tombouctou] ; Ioullemiden Kel Denneg (ceux de l’est, appelés aussi Tagaraygarayt (le centre). Le fief des Kel

Denneg se trouve dans la région de Azawagh, vers Abalagh , Tchin-TabaradenetTahoua ;

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Kel Gress, dans le Damergou (Tanut) ; Kel Aïr, dans les montagnes de l’Aïr, dont les grandes villes sont Agadez, Timia et Iférouane.

Quelques Imenokalan touaregs :

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Tin Hinan, ou Tamenokalt, matriarche et reine de Ahaggar ; Koceilatta ,Roi de Tadamakkat au moyenne Age,amenokal des Imididaghanes et des tous les

Touregs d Essouk;

Karidanna, premier amenokal et fondateur de la fédération des Ioullemiden ;

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Ibrahim ag Abakkada, chef des Azjer ; Moussa ag Amastan, amenokal d’Ahaggar ; El Jilani Ag Khamed Ibrahim, Amenokal et Imam de Tagaraygarayt (Kel Dennig). Début

du XIXe siècle.

              

Koceilatta Roi de Tadamakkat au moyenne Age Makhammad ag Katamay, chef des Iwillimidan Kel Denneg ; Abdurrahman Tagama, sultan d'Agadez ; Al Khorer, résistant, chef des Ioullemiden Kel Denneg ; Fihrun ag Amansar, résistant, chef des Ouelleminden Kel Ataram ; Warilyess , résistant, chef des Imididaghan kel Gossi; Guarayane Ag OUbagzane, chef des Imididaghan ke Adagh; Amud, chef des Kel Ajjer ; Mohamed Ali ag Attaher, amenokal des Kel Ansar, décédé en exil au Maroc en 1994 ; Ahna Ag Amouzar, amenokal des Imididaghan de Tessit; Egarwaye Ag Mataly, amenokal des Imididaghane Hawssa; Mohamed Elmehdi ag Attaher, actuel Amenokal des Kel Ansar. Kili Kili Najim actuel Aménokal des Imaghads de l'Azawak; Khamzata Mouhamed El Khourer, Chef des Kel Nan Zaïnou Mohamed, Chef des Kel Eghlal

Tribus touarègues :

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Ait Awari (Iberkorayane de Tagaraygarayt , région de l'Azawak, Niger) Awraghan

Imididagh (Kel Adagh,Ihadakatane,kel Alkitt, kel Gossi,kel Agheriss, kel Serrere,kel Oulli,Ilokane,imididaghane Tin Bouctou,Ighinaghissane)

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Alwalitan ( Tagaraygarayt , région de l'Azawak, Niger) Ashsharifan (Iberkorayane de Tagaraygarayt , région de l'Azawak, Niger) Dabbakar ( Tagaraygarayt , région de l'Azawak, Niger) Itaguane Daw Sahak (Tagaraygarayt , région de l'Azawak) Idnan Ibarogan Ifughas Iherherane (Iwillimidan Kel Dennig, région de l'Azawak)

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Igdalan Igoran (Tagaraygarayt, région de l'Azawak) Ihaggaran Ijawanjawatan (Tagaraygarayt, région de l'Azawak) Ikanawan (Tagaraygarayt, région de l'Azawak) Ilabakkan (Iwillimidan Kel Dennig, région de l'Azawak) Imanghasatan Imannan Imaqqarghasan Ikanawan (Tagaraygarayt , région de l'Azawak) Irawalan (Iwillimidan Kel Dennig, région de l'Azawak) Ihadanharan Izawitan (Tagaraygarayt, région de l'Azawak) Illisawan Kel Aghlal (Iberkorayane de Tagaraygarayt , région de l'Azawak, Niger) Kel Assuk Kel Away Kel Faday Kel Ferwan Kel Ghala Kel Ansar Kel Nan (Iwillimidan Kel Dennig, région de l'Azawak) Kel Tadaley Kel Tafidat Kel Takriza Kel Tin Alkum Kel Ghat Taitoq Teggermet (Iwillimidan Kel Dennig, région de l'Azawak) Tellem Edes (Iwillimidan Kel Dennig, région de l'Azawak) Udalan

Personnalités touareg

Mohamed Abdoullahi, homme d'État nigérien. Un des fondateurs du Front Populaire de Libération

du Niger en 1981 (opposition touarègue au régime militaire de Seyni Kountché),Président de l'UDPSamana (Parti politique fédéraliste et à majorité touareg) durant son apogée, élu plusieurs fois au

parlement nigérien au titre du département d'Abalagh (la région de Tahoua), actuel Ministre des Mines et de l'Energie du Niger. Sous son exercice le Niger a adopté une politique minière de diversification des partenaires (en plus de la France qui avait un certain monopole, il y a la Chine, le Canada, l'Afrique du Sud, etc...). Il est aussi à la base d'une loi minière qui octroie à une région, en plus des programmes nationaux de développement, 15% de la richesse qui y est extraite. Ce qui est favorable au régions touaregs.

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Mohamed Almokhtar ag Hawad, marabout des kel Ansar ; Aligurran ou Anigourran, sage et héros des légendes anciennes ; Afellan, guerrier libre de l'Azawagh (milieu du 19e siècle), cavalier et poète ; Kaocen, chef de la résistance contre la colonisation française en 1916 ; Alla ag Albachir, résistant de l’Adrar des Ifoghas des années 1960 ; Hadj Moussa Hakhamoukh, militant du FLN pendant la guerre d’indépendance d’Algérie ; Alladi ag Alla, résistant; Firhun, Amenokal des Iwellemeden, a mené la lutte contre la colonisation française en 1916; Khammed Moussa Amadou, premier député des Touareg Azawagh Niger, membre fondateur de la

rébelion armée en Libye.

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[Abdelmomomin], leader de la rebellion Touareg, assassiné par l'armée nigerienne en 1990. Mohamed Moussa, ingénieur de l'aviation civile, il a été syndicaliste et très actif lors de la

conférence nationale souveraine du Niger tenue en 1992. Il participa au gouvernement de transition comme ministre de l’intérieur et ministre des transports en 1992 et 1993 ;

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Mohamed In-Alkher, dit Tazoughe, un des chefs Touareg des années 1990. Mano Dayak, leader de la résistance des années 1990, dans l’Ayr ; Hammed Attaher Abdelmomin, un des chefs de la résistance Touareg dans les annees 1990. Alhadi Elhiji, principal fondateur du FLAA, president du FPLN des annees 1990. Il a mene le raid

commando de Tchintabaraden 1985.

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Kedhou ag Ossad, chanteur et guitariste ; Amanaya Ag IRRICHID promoteur de la culture de la paix dans l'Azawak; Abdallah ag Oumbadougou, chanteur et guitariste de la résistance ; Rhissa ag Boula, chef de la principale rébellion armée du Niger des années 1990, il signa en avril

1994 des accords de paix qui permirent la fin de la rébellion, le retour de la paix au Niger. Il participa à plusieurs gouvernements

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Moussa Ag Assarid, écrivain, journaliste, conteur et comédien habitant en France. Hawad, poète; Mohamed Ali ag Attaher al Ansari, Amenokal, résistant, mort en exil au Maroc en 1994; Ibrahim ag Alhabib, dit « Abraybone » (guitare, chant, composition) fondateur du groupe Tinarwen, Iyad ag Ghali, dirigeant de la rébellion de 1990 au Mali.

Massinissa

Portrait du roi Massinissa. Son nomberbère est écrit dessous en tifinagh et enlatin. (MASNSEN)

Massinissa, est un roi Amazigh et le premier roi de la Numidie unifiée. Son nom a été retrouvé dans son tombeau à Cirta, l'actuelle Constantine sous la forme consonnique MSNSN (à lire MAS-N-SEN, qui veut dire « Leur Seigneur »). Fils du roi Gaïa (agellid en berbère) (G.Y.Y, inscription punique), petit-fils de Zelalsan et arrière petit-fils d'Ilès. Il est né vers 238 av. J.-C. dans la tribu des Massyles (Mis Ilès) et meurt début janvier 148 av. J.-C.. À la mort de Gaïa, Massinissa passant dans le camp de Rome, en 203 av. J.-C. contribue à la capture et la victoire sur Syphax roi des Massaesyles par le commandant romain Gaius Laelius. Syphax est alors envoyé à Rome en tant que prisonnier où il meurt en 202 ou 203 av. J.-C. et les Romains accordent au roi Massinissa le royaume de Syphax en remerciement de son aide. Il contribua largement à la victoire de la bataille de Zama à la tête de sa fameuse cavalerie numide.

Jeunesse durant la Deuxième Guerre punique

Carte de la Numidie en rose

Maurétanie Tingitane (à l'ouest), Maurétanie Césarienne (au centre-ouest), Numidie (au centre-est), Africa (à l'est)

Durant la Deuxième Guerre punique, Rome cherchait à se faire des alliés en Afrique du Nord. Syphax, roi des Massaessyles en Numidie occidentale, cherchait à annexer les territoires de la Numidie orientale, dirigée par Gaïa, roi des Massyles. C'est ainsi que Syphax accepta trois centuries romaines et se tourna contre Carthage. Carthage vint en aide à Gaïa, en échange de cinq mille cavaliers numides sous le commandement du jeune Massinissa, âgé de vingt-cinq ans, à partir de 212 ou 211 av. J.-C.. Massinissa rejoignit les troupes carthaginoises avec son fidèle ami Laminius en Espagne jusqu'à l'automne 206 av. J.-C.. Il remporta une victoire décisive contre Syphax, et mena avec succès une campagne de guérilla contre les Romains en Ibérie. Les Carthaginois, battus à Ilipa, finirent par perdre leurs possessions en Méditerranée. Le général romain Scipion, qui commandait l'armée en Espagne, songeait à porter la guerre en Afrique et s'assurer le soutien des royaumes numides. Il gagna l'amitié de Massinissa à partir de 206 av. J.-C., avec lequel il avait

passé un accord en secret, puis il se rendit en Afrique pour tenter de convaincre Syphax de rester dans l'alliance. Mais le roi massaessyle, ayant eu vent de l'accord avec Massinissa, s'était déjà rapproché de Carthage.

Accession au trône
A la mort de Gaïa (206 av. J.-C.), son frère Oezalces (Oulzacen) lui succède. Marié à une Carthaginoise nièce d'Hannibal, il bénéficie de l'appui des Carthaginois contre ses voisins et ses vassaux turbulents. Mais Oezalces meurt et Capussa monte sur le trône.

Usurpation
Capussa est immédiatement contesté par Meztul son cousin, issu de la fraction rivale de la branche régnante. Meztul obtient des armes et des renforts de Syphax et s'attaque aux forces de Capussa. Le combat entre les deux clans donna la victoire à Meztul. Capussa mourut en pleine bataille, Meztul s'empara du pouvoir pour placer sur le trône Lacumazes, alors que, selon la tradition, le trône revenait à Massinissa. Carthage, approuvant cette usurpation, scella alliance avec Meztul et lui donna pour épouse la veuve de Oezalces.

Luttes

Massinissa.

Massinissa apprit ces évènements alors qu'il était en Espagne; il décida de quitter Gadès pour la Maurétanie (-206), et craignant les représailles de Syphax, allié de son cousin, il demanda l'aide de Baga, roi des Maures. Celui-ci lui offrit une escorte de 4000 hommes qui l'accompagna jusqu'aux limites de ses terres. Après avoir rassemblé 500 cavaliers parmi les siens et les fidèles partisans de la famille, il s'attaqua à ses adversaires. Lacumazes, qui s'apprêtait à quitter Thapsus (actuelle Tunisie), siège de son gouvernement pour se rendre à Cirta afin de présenter ses hommages à Syphax, fut attaqué par Massinissa dans un défilé non loin de la ville. Vaincu dans cette embuscade, Lacumazes parvint néanmoins à prendre la fuite et à rejoindre Cirta. Cette victoire valut à Massinissa un afflux de partisans qui lui permirent de consolider sa position.

Lacumazes et Maztul rassemblèrent des hommes de leur clan, obtinrent l'aide de Syphax et revinrent à la charge avec 15 000 fantassins et 10 000 cavaliers. Malgré un nombre d'hommes bien moindre, Massinissa est encore victorieux et leur inflige une dure défaite. Battus et abandonnés par les leurs, Lacumazes et Meztul se réfugient à Carthage cette fois, chez leurs beaux-parents. Massinissa occupa alors Thapsus, qui devint la capitale des Massyles. Afin de consolider son pouvoir, il mena une lutte efficace contre Carthage et prôna l'union de tous les Numides. À Lacumazes et Meztul il offrit de leur rendre leur bien et la considération due à leur rang s'ils revenaient dans leur patrie. Ceux-ci, rassurés quant à la sincérité de leur cousin, quittèrent Carthage et le rejoignirent. Ce regroupement des forces numides inquiéta les suffètes qui dépêchèrent alors Hasdrubal Gisco auprès de Syphax pour le persuader du danger que représentait désormais un tel voisin. Syphax prétexta alors une vieille querelle concernant des territoires qu'il avait autrefois disputés à Gaïa pour attaquer Massinissa et le contraindre à épuiser ses faibles moyens. Massinissa accepta le combat, son armée fut mise en déroute et Syphax s'appropria alors une partie du royaume massyle. Massinissa, réfugié dans les montagnes, avec une poignée de fidèles, connut une vie de proscrit. Il ne continua pas moins à harceler ses ennemis par des raids organisés contre les campagnes carthaginoises et les hommes de Syphax ne réussirent pas à venir à bout de lui. L'insécurité qu'il fit peser sur les colons et sa popularité grandissante en Numidie inquiétèrent une fois de plus les suffètes carthaginois. Des expéditions contre Massinissa furent envoyées, on le crut mort. Mais une fois ses plaies cicatrisées Massinissa revenait à la charge et marchait une fois de plus contre Syphax. Peu à peu, ses compatriotes le reconnurent, lui adressèrent leur allégeance et lui offrirent les moyens dont il manquait.

Récupération
Son royaume récupéré, Massinissa s'attaqua alors aux territoires voisins. Les colons carthaginois, pour se défendre, se lièrent avec lesMassaesyles et rassemblèrent une grande armée contre les Massyles. Syphax était à la tête d'un vaste royaume et sa guerre contre Massinissa ne lui procura que plus de prestige encore. Satisfait de sa victoire qui ne sera guère durable, Syphax accorde en dot au mariage de la belle Sophonisbe, les territoires qu'il avait usurpés à Gaïa. Tout cela se déroula en 205 av. J.-C., moins d'un an après le retour d'Espagne de Massinissa.

Intervention romaine en Afrique [modifier]

Massinissa

Scipion, décidé à en finir avec Carthage, débarqua en Afrique. Le rusé Romain essaya une nouvelle fois d'attirer Syphax qui rejeta de nouveau l'alliance proposée. Il se tourna alors vers Massinissa. Les premiers combats tournèrent en faveur des deux alliés. Ces derniers, encouragés par leurs succès, s'attaquèrent à Utique, place forte carthaginoise, mais l'intervention de Syphax les obligea à se retirer. Ils prirent leurs quartiers d'hiver et Scipion, en cachette de Massinissa, entra de nouveau en contact avec Syphax. Faute de pouvoir le détacher des Carthaginois, il lui demanda de proposer une solution pour mettre fin au conflit entre Rome et Carthage. Syphax proposa que les Carthaginois évacuent l'Italie, où ils étaient en campagne, en échange de quoi les Romains quitteraient l'Afrique. Si le général Asdrubal, qui commandait les Carthaginois, accepta l'offre, Scipion, qui voulait en fait la reddition pure et simple de la Cité punique, la rejeta. Massinissa et le général romain Scipion l'Africain reprirent leurs attaques, obligeant cette fois-ci les troupes puniques à se replier sur Carthage. Syphax, lui, ne voulant pas perdre plus d'hommes, se retira dans son royaume. Les Carthaginois, comprenant que les Romains ne leur laisseraient pas de répit, décidèrent, après avoir adopté une attitude défensive, de passer à l'offensive. Ils levèrent une forte armée qui, rejointe par Syphax, donna l'assaut. Ce fut la bataille des Grandes Plaines (avril 203 av. J.-C.) qui s'acheva par la victoire des forces coalisées de Massinissa et de Scipion. Il y eut un répit au cours duquel chaque camp reconstitua ses troupes, puis la guerre reprit. Un combat s'engagea entre Massinissa et Syphax, et ce dernier, entouré par de nombreux soldats, était sur le point de l'emporter, quand l'armée romaine intervint. Jeté à terre, Syphax fut arrêté. On l'enchaîna et on le conduisit sous les murs de Cirta qui, voyant son roi en piteux état, décida de se rendre. Massinissa se rendit aussitôt au palais où il retrouva Sophonisbe, épouse de Syphax et fille d'Hasdrubal Gisco (qui d'après Appien lui avait été auparavant promise) et l'épousa sur le champ. Mais Scipion désapprouva ce mariage hâtif, et Massinissa se résolut à faire parvenir du poison à la

reine afin de lui éviter le déshonneur de la captivité (il est cependant difficile d'établir la réalité historique de ces faits). Massinissa, après plusieurs années d'errance, put ainsi reprendre le royaume de ses pères. Carthage, vaincue, fut obligée de signer une paix qui la priva d'une grande partie de ses territoires et de sa flotte. Le retour de Hannibal, qui avait mis fin à la campagne d'Italie, souleva les espoirs de la cité. Un incident rompit bientôt la paix et la guerre reprit.

Guerre contre Hannibal
Hannibal s'allia à Vermina, le fils et successeur de Syphax et, ensemble, ils envahirent le royaume des Massyles. Massinissa et Scipion les rejoignirent à Zama et une grande bataille s'engagea (202 av. J.C.). Le choc fut rude et il y eut des pertes des deux côtés, puis la bataille tourna à l'avantage de Massinissa et de Scipion. L'historien latin Tite-Live fait un récit très imagé de cette bataille : « Un combat singulier s'engage entre Massinissa et Hannibal. Hannibal pare un javelot avec son bouclier et abat le cheval de son adversaire. Massinissa se relève et, à pied, s'élance vers Hannibal, à travers une grêle de traits, qu'il reçoit sur son bouclier en peau d'éléphant. Il arrache un des javelots et vise Hannibal qu'il manque encore. Pendant qu'il en arrache un autre, il est blessé au bras et se retire un peu à l'écart... Sa blessure bandée, il revient dans la mêlée, sur un autre cheval. La lutte reprend avec un nouvel acharnement, car les soldats sont excités par la présence de leurs chefs. Hannibal voit ses soldats fléchir peu à peu, certains s'éloignent du champ de bataille pour panser leurs blessures, d'autres se retirent définitivement. Il se porte partout, encourage ses hommes, abat par-ci, par-là ses adversaires, mais ses efforts demeurent vains. Désespéré, il ne pense qu'à sauver les restes de son armée. Il s'élance en avant, entouré de quelques cavaliers, se fraie un chemin et quitte le champ de bataille. Massinissa qui l'aperçoit se lance avec son groupe derrière lui. Il le presse, malgré la douleur que lui cause sa blessure, car il brûle de le ramener prisonnier. Hannibal s'échappe à la faveur de la nuit dont les ténèbres commencent à couvrir la nature. » Carthage fut de nouveau contrainte à négocier. Mais le précédent traité fut révisé et la cité punique dut restituer à Massinissa tous les territoires qui avaient été arrachés à ses ancêtres. Hannibal se révolta et essaya de s'opposer au traité mais, menacé d'être livré aux Romains, il s'enfuit en Syrie où il se suicidera en 183 av. J.-C..

Le personnage et l'œuvre
Appien dit de lui: « qu'il était beau dans sa jeunesse et de taille élevée. Il garda, jusqu'à l'âge le plus avancé, une étonnante vigueur. Il pouvait rester une journée entière debout ou à cheval; octogénaire, il sautait sur sa monture sans aucune aide et, comme les autres Numides, il dédaignait l'usage de la selle. Il bravait tête nue le froid et la pluie. À 88 ans, il commanda son armée dans une grande bataille contre les Carthaginois; le lendemain, Scipion Emilien le trouva sur pied devant sa tente, tenant un morceau de galette sec qui constituait tout son repas. »

Massinissa eut plusieurs épouses et un nombre considérable d'enfants dont quarante-trois garçons ; parmi ses nombreuses filles, plusieurs furent mariées à des nobles carthaginois. La plupart des enfants de Massinissa disparurent avant lui mais il en resta, à sa mort, une dizaine (Mikusan dit Micipsa, Gulusan, Mastanabal, Masucan...). Massinissa adorait les enfants et il garda durant plusieurs années auprès de lui certains de ses petits-enfants. À des marchands grecs, venus acheter des singes en Numidie, pour distraire des riches oisifs, il aurait dit:« Les femmes de votre pays, ne vous donnent-elles donc pas d'enfants ? » Massinissa, qui était un rude guerrier, encouragera la littérature et les arts, envoya ses enfants étudier en Grèce et reçut à sa cour de nombreux écrivains et artistes étrangers. Ce fut un homme courageux et un roi généreux (pardon accordé à Lacumazes et Meztul, protection accordée à Sophonisbe). Après la bataille de Zama, Massinissa vécut encore de nombreuses années. Il garda sa vie durant l'amitié de Rome sans jamais être son vassal et, contre ses appétits impérialistes, déclara, dans une formule restée célèbre : « l'Afrique appartient aux Africains ». Il récupéra non seulement les territoires que lui accordait le traité passé avec Carthage mais aussi de nombreuses villes et régions sous l'autorité des Carthaginois ou de Vermina, le fils de Syphax. De 174 à 172, il occupa soixante-dix villes et forts. Mais Massinissa savait aussi se comporter en souverain raffiné, portant de riches vêtements et une couronne sur la tête, donnant, dans son palais de Cirta, des banquets où les tables étaient chargées de vaisselle d'or et d'argent et où se produisaient les musiciens venus de Grèce. Massinissa avait combattu les Carthaginois mais il ne dédaigna guère la civilisation carthaginoise, dont il sut tirer avantage. La langue punique fut d'usage courant dans sa capitale où on parlait également, en plus du berbère, les langues grecque et latine. L'œuvre sociale et politique de Massinissa fut aussi grande que son œuvre militaire. Il sédentarisa les Amazighs, édifia un État numide puissant et le dota d'institutions, inspirées de celles de Rome et de Carthage. Il fit frapper une monnaie nationale et entretint une armée régulière et une flotte qu'il mit parfois au service de ses alliés romains. Ce fut un grand aguellid, qui pétrit son peuple de ses mains puissantes et s'efforça de faire de la Berbérie un État unifié et indépendant. Jamais ce pays ne fut plus près de réaliser l'ébauche d'une nation libre et de développer sa civilisation autonome. La tentative de Massinissa mit en relief ses qualités exceptionnelles de souverain.

Postérité

Tombeau de Massinissa à El-Khroub (dit : Soumâa El-Khroub) près de Constantine

Massinissa, fut célèbre dans tous les pays de la Méditerranée et l'île de Délos, en Grèce, lui éleva trois statues. Vers la fin de sa vie, il voulut s'emparer de Carthage pour en faire sa capitale. Les Romains, qui redoutaient qu'il n'acquière une puissance encore plus grande que celle des Carthaginois et qu'il ne se retourne contre eux, s'opposèrent à ce projet. Caton, attirant l'attention sur le danger que représentait Massinissa, lança sa célèbre formule: « Delenda est Carthago! » (« Carthage doit être détruite ! »). Ce fut de nouveau la guerre en Afrique et, après d'âpres combats, Carthage fut livrée aux flammes, puis au pillage. Les survivants furent réduits en esclavage et la ville fut entièrement rasée (146 av. J.-C.). Massinissa, mort quelque temps plus tôt, n'avait pas assisté à la chute de la ville convoitée. Ses sujets, qui l'aimaient, lui dressèrent un mausolée, non loin de Cirta, aujourd'huiConstantine (Algérie), sa capitale, et un temple à Thougga, l'actuelle Dougga, en Tunisie.

Jugurtha

Monnaie romaine avec, sur la face de droite, le triomphe de Sylla et Jugurtha enchaîné derrière le trône

Jugurtha, né vers 160 av. J.-C. et décédé vers 104 avant J.-C., est un roi de Numidie. Il s'oppose durant sept ans à la puissance romaine entre 111 av. J.-C. et 105 av. J.-C..

Biographie
Jugurtha est le petit-fils du roi numide Massinissa dont le tombeau se trouve à Cirta, l'actuelle Constantine, et qui fut un grand allié de Rome durant les guerres puniques ; il recevra le titre d'« ami de Rome ». Son père est Mastanabal, frère de Micipsa, tandis que sa mère est une esclave concubine. Comme il s'agit d'un successeur potentiel — le fils légitime de Mastanabal, Gauda, étant maladif —, Micipsa, roi de Numidie à l'époque, veut se débarrasser de Jugurtha en l'envoyant en Hispanie (actuelle Espagne) combattre avec les troupes auxiliaires de l'armée romaine. Jugurtha se montre brave et courageux et les armées numide et romaine sont victorieuses à Numance. Jugurtha se fait beaucoup d'amis à Rome — non seulement grâce à sa valeur mais aussi, quand il le faut, grâce à son argent — et c'est peut-être suite à des pressions des Romains que Micipsa finit par l'adopter trois ans avant sa mort, ce qui en fait l'un des héritiers du pouvoir. Après sa mort, le royaume est partagé entre ses fils Adherbal et Hiempsal et son fils adoptif Jugurtha. Jugurtha, qui ne veut pas voir le royaume de Numidie divisé de cette manière, n'accepte pas la décision du sénat numide. En outre, ses cousins ne l'apprécient guère et ne se privent pas de railler son ascendance peu glorieuse. La même année, Jugurtha fait assassiner Hiempsal, le plus jeune des deux frères. Le sénat ne paraît pas offusqué par cet étrange décès et la Numidie est partagée entre Adherbal et Jugurtha. Les deux hommes continuent néanmoins à se faire la guerre jusqu'en 113 av. J.-C., date à laquelle Adherbal est assassiné par Jugurtha. En outre, ce dernier s'empare aussi de la cité de Cirta, massacrant les commerçants romains qui s'y trouvent. Rome accepte mal que ses ressortissants aient été massacrés, ni le fait que Jugurtha veuille mettre en place un royaume de Numidie fort et uni. Le consulCalpurnius est alors envoyé en Afrique du Nord et le conflit dure jusqu'en 111 av. J.-C., date à laquelle Jugurtha accepte de faire la paix. À Rome, les avis sont divisés sur la question numide : les optimates considèrent que la Numidie doit rester un royaume indépendant, les populares considérant au contraire que la Numidie est une propriété du peuple romain. Jugurtha est alors convoqué devant le Sénat romain. C'est alors que le consul Postimius Albinus propose de régler le problème en donnant la couronne à Massiva, un cousin de Jugurtha. Ce dernier tue Massiva et s'enfuit. Les hostilités reprennent alors. Postimius Albinus ayant été vaincu par Jugurtha à la bataille de Calama, il est remplacé par un nouveau consul, Quintus Caecilius Metellus qui gagnera son surnom de Numidicus au cours de cette guerre. Ce dernier est secondé par le consul Caius Marius soutenu par les populares, Caecilius Metellus étant le patron de Marius. Caecilius Metellus sort victorieux, s'emparant des villes de Zama et Thala et repoussant Jugurtha en Maurétanie. Cependant, il est relevé de son commandement en107 av. J.-C. au profit de Marius. Ce dernier remporte de nouvelles victoires contre Jugurtha à Cirta et à Capsa, l'actuelle Gafsa.

Jugurtha emprisonné par les Romains : gravure provenant d'une édition espagnole duBellum Iugurthinum (La Guerra de Jugurta por Cayo Salustio Crispo) imprimée à Madrid parJoaquin Ibarra en 1772

En 105 av. J.-C., à l'initiative du questeur Sylla, Jugurtha est capturé par son beau-père Bocchus, roi de Maurétanie, qui le livre à Rome. Bocchus reçoit le titre d'« ami de Rome » et la Numidie n'est pas annexée. Elle est cependant étroitement surveillée en devenant un royaume client de Rome. Les Romains placent sur le trône Gauda, fils légitime de Mastanabal. Marius est alors réélu consul en 105 av. J.-C. puis reçoit les honneurs du triomphe lorsqu'il retourne à Rome. Quant à Jugurtha, il meurt — sans doute étranglé — dans la prison de Tullianum vers 104 av. J.-C.

Juba Ier de Numidie

Juba Ier

Juba Ier (en berbère Yuba, tifinagh ) (v. 85 av. J.-C. - 46 av. J.-C.), dernier roi de Numidie orientale. Il fut le fils et successeur du roi Hiempsal II. Il est le père de Juba II, son successeur, roi de Maurétanie (52 av. J.C. - 23 ap. J.-C.). Il fut roi de 60 à 46 av. J.-C. Allié de Pompée il fut vaincu par Jules César à la bataille de Thapsus. Avec Petreius Marcus, il voulut se réfugier dans la ville tunisienne de Zama, célèbre pour la bataille qui s'y déroula en 200 av. J.-C., qui lui ferma ses portes. Ils se donnèrent mutuellement la mort en 46 av. J.-C. dans une maison isolée. Son royaume fut alors transformé en province, l'Africa nova

Juba II

Juba II

Juba II est un roi berbère de la Maurétanie (partie occidentale de la Berbérie, à partir de l'actuel Maroc, en passant par tout le nord de l'actuelle Algérie, jusqu'aux frontières de l'actuelle Tunisie). Fils de Juba Ier, il règne sous la tutelle romaine à partir de sa capitale Caeserea (Césarée, aujourd’hui Cherchell au centre nord de l’Algérie dans la région des berbères Chenoui).

Biographie
Après la défaite de Juba Ier, César fait une entrée triomphale à Zama. C'est dans l'habitation de l'Aguellid défunt (roi berbère) qu'il décide du partage de l'Afrique et du sort de la famille royale. Juba II alors âgé de cinq ans à peine est envoyé en otage à Rome où il figure, par la suite, au triomphe de César derrière Vercingétorix de Gaule et Arsinoé, sœur de Cléopâtre d'Égypte.

Pièce de monnaie à l'effigie de Juba II

Nous ne savons pas ce qu'il advient des autres membres de la famille de Juba, toujours est-il, que Juba II est élevé dans une captivité dorée par Octavie, la sœur d'Octave, le futur empereur Auguste. Juba s'attire l'amitié de son protecteur qui lui offre des occasions de se distinguer et de s'élever au rang des autres princes. Octave lui accorde le droit de cité romaine et Juba prend alors les noms et prénoms de son protecteur: Gaius Iulius et les transmettra plus tard à ses affranchis, mais il s'abstiendra de le porter après avoir reçu le titre de roi. Il participe probablement à la campagne d'Orient de 31 à 29 contre Cléopâtre et Marc Antoine, et sûrement à celle d'Espagne de 26 à 25 où Octave apprécie sa fidélité et son adresse. C'est au retour de cette campagne qu'il reçoit en récompense une partie des États de Bocchus et Boguden plus de ce qu'il restait du royaume de son père. À la sixième année de son règne, en 19 av. J.-C., il épouse Cléopâtre Séléné (la gréco-égyptienne), fille de Cléopâtre reine d'Égypte et de Marc Antoine, qui avait été élevée avec son frère jumeau Alexandre Hélios par la sœur d'Octave. C'est cette même Octavie, épouse répudiée de Marc Antoine, qui avait élevé Juba II. Cléopâtre Séléné est couronnée à son tour en raison de son ascendance maternelle et est officiellement associée au pouvoir sans qu'il y ait toutefois partage territorial d'autorité. Ce territoire, malgré certaines amputations au profit des colonies romaines, s'étend donc de l'Atlantique à l'ouest, à l'embouchure de l'Ampsaga (Oued el kebir) à l'est et comprend les régions de Sétif au sud ainsi qu'une partie des territoires des Gétules du sud-est algérien et tunisien. Le rétablissement de ce vaste royaume, supérieur en superficie à celui de Massinissa dans ses grands jours, ne constitue pas pour autant un recul dans la politique coloniale romaine. Il marque seulement une pause. Auguste abandonne moins à Juba la propriété que l'usufruit de son royaume, disposant des

territoires, les divisant, les morcelant à sa guise, sans que le roi numide ne manifeste la moindre résistance, tellement son esprit, par l'éducation qui lui avait été dispensée, était obnubilé par l'obédience à Rome. Mais son fond berbère ne disparut pas, et Juba II s'intéresse tout de même à ses origines et à l'étude du libyque et du punique, langues de culture de ses ancêtres. Cet intérêt d'ordre culturel n'est pas accompagné de patriotisme et jamais Juba ne ressentira ce sentiment patriotique pour lequel luttèrent et moururent tant de Numides et de Maures. En renonçant à l'annexion de la Maurétanie, l'empereur sait ce qu'il fait : avec Juba II à la tête de ces vastes territoires où se sont enracinés de nombreuses colonies romaines indépendantes du roi, il peut, sans crainte, confier l'administration des indigènes à un chef « indigène » qui, plus habilement que des fonctionnaires romains, saurait maintenir la paix. L'Afrique continue donc à pourvoir Rome de ses produits divers en général et agricoles en particulier. Les Grecs lui érigèrent une statue auprès de la bibliothèque du gymnase de Ptolémée à Pausanias. Son règne est marqué par son sens de la démocratie et l'attention qu'il eut pour son peuple. Son fils et successeur Ptolémée de Maurétanie poursuit en partie la politique de son père, mais n'héritera pas des vertus de celui-ci.

Un homme de science et de lettres
Les loisirs que lui laisse l'administration de son royaume, Juba II les consacre à l'étude et bientôt, il acquiert dans les sciences et dans les lettres une grande réputation. Toujours désireux de connaître ses origines, il fait remonter sa généalogie jusqu'à Hercule qui épousa la Libyenne Tingé (Tendja), veuve d'Antée de la légende grecque. Il fait construire de nombreux édifices publics, des places ou forums, des théâtres, des thermes, des temples, des jardins publics… Beaucoup de vestiges confirment la grandeur de Juba II qui possède une grande puissance de travail et d'assimilation (sculpture,architecture…) Son œuvre est d'une grande valeur mais n'est pas conservée par le temps bien qu'elle ait permis à plusieurs écrivains grecs et latins d'y puiser leur documentation tant elle était riche. Il expédie de nombreux copistes dans les capitales du monde civilisé pour lui rapporter les découvertes des penseurs de l'époque, il organise des expéditions chargées de découvrir les sources du Nil et d'étudier l'archipel des Canaries. Il écrit un traité sur son pays natal intitulé Libuca ; en trois volumes, contenant géographie, histoire naturelle, mythologie, croyances de toutes sortes… Il laisse des écrits sur les Assyriens, l'Arabie, les plantes (l'euphorbe, d'après Pline, l'histoire romaine…) Il est connu des Grecs et des Romains en tant que savant, artiste, homme de lettres, auteur de plusieurs traités sur les lettres, la peinture, le théâtre, l’histoire, la géographie et la médecine. Il est à l’origine de la

découverte de l’euphorbe (à laquelle il a donné ce nom, qui était celui de son médecin personnel) et son traité sur cette plante inspirera, plus tard, plusieurs médecins grecs. Ses manuscrits sont autant de références pour plusieurs historiens grecs, tels que Tite-Live, Alexandre de Milet, Diodore de Sicile. Pline l'Ancien qui le cite dans ses livres dit de lui « qu’il était encore plus connu pour son savoir que pour son règne ».

Tombeau
Son épouse Cléopâtre Séléné, n'oubliera jamais quant à elle ses origines grecques et égyptiennes, elle obtient de Juba qu'ils soient tous deux ensevelis dans un édifice funéraire semblable aux pyramides d'Égypte ainsi qu'aux tumulus royaux macédoniens. Ce qui amène le roi à faire construire ce tombeau proche de Tipasa appelé de nos jours (sans doute à cause de l'inclusion ultérieure de fausses portes ornées de croix) le « tombeau de la Chrétienne ». Il allie le tumulus funéraire berbère à la pyramide égyptienne par sa forme extérieure (forme cylindrique couvrant une base carrée et coiffée d'un cône en gradins).

Koceila
Koceila (ou Kusayla), prince berbère des Aurès au VIIe siècle. Les berbères l' appellent Aksil. Chrétien, Koceila fut chef de la résistance à la conquête musulmane du Maghreb. Ensuite, il se convertit à l'islam, puis il s'oppose radicalement à Oqba Ibn Nafi Al Fihri, le chef berbère prend Kairouan des mains omeyyades. Il revient par la suite au christianisme. Il sera tué lors d'une bataille contre les Omeyyades.

Étymologie
Son nom est orthographié de différentes façons par les auteurs musulmans : Kosayla, Qosayla, Kusila. On l'a rapproché du nom latin Caecilianus, Cécilien, prononcé Kekilianus et entendu par les Arabes « Kacilia ». C'est une hypothèse vraisemblable si on admet que Koceila était chrétien ; mais son nom peut aussi provenir du berbère. Les différents dialectes amazighs de l'Aurès, dont serait issu Kusila, connaissent de nos jours une racine KSL dont dériverait aksil, le nom du guépard. Un autre nom amazigh du guépard,aghilas / ghilas, est aussi employé comme nom propre au mont Chenoua, à l'ouest d'Alger et dans le grand Sud signifiant « lionceau ».

Biographie
Koceila, s'opposant à la progression des omeyades, est décrit comme le chef de la puissante tribu des Awraba (Branès sédentaires) des Aurès en Algérie.

À la suite de la défaite à la bataille d'Al Alurit, aux sources de Tlemcen, Koceila s'est converti à l'islam (675). Il aurait réussi à gagner la confiance du chef musulman Abû al Muhadjîr Dinâr et serait devenu même l'un de ses proches collaborateurs. En 681, Uqba Ibn Nafi'ê, ce conquérant de l'Afrique du Nord, rappelé quelques années plus tôt en Orient, revint au Maghreb. Il se serait vengé de son successeur Abû Dinâr et aurait traité avec dureté Koceila. Il l'aurait fait couvrir de chaînes et l'aurait traîné comme un trophée vivant tout au long de sa chevauchée à travers le Maghreb. « Parmi les traits insultants qu'il se serait permit envers lui, on raconte le récit suivant : il venait de recevoir des moutons et, voulant en faire égorger un, il ordonna à Koceila de l'écorcher" « Que Dieu dirige l'émir vers le bien ! dit le chef amazigh, j'ai ici mes jeunes gens et mes serviteurs qui pourront m'éviter cette peine » Uqba lui répondit par des paroles offensantes et lui ordonna de sortir : Koceila se retira avec colère et ayant égorgé le mouton, il essuya sa main encore sanglante sur sa barbe. Quelques Arabes s'approchèrent alors et lui dirent : « Que fais-tu Amazigh ? » À quoi il répondit: « Cela est bon pour les poils » Mais un vieillard d'entre les Arabes passa et s'écria : « Ce n'est pas la raison, c'est une menace que cet Amazigh vous lance ! » Alors, Abu Muhadjir Dinar s'adressa à Uqba et lui dit : « Que viens-tu de faire ! Voilà un homme des plus distingués parmi son peuple, un homme qui était encore polythéiste il y a peu de temps et tu prends à tâche de faire naître la rancune dans son cœur ! Je te conseille maintenant de lui faire lier les mains derrière le dos, autrement tu seras victime de sa perfidie. »» (D'après Al-Nowaïri.)2 Koceila aurait réussi, en effet, à s'enfuir et à rejoindre ses hommes. Il aurait abjuré l'islam et, s'alliant aux Byzantins, il aurait repris, à la tête d'une importante armée, la guerre contre les omeyyades. Il aurait surpris Uqba près de Tehuda, non loin de Biskra et, après une terrible bataille, il l'aurait tué ainsi que la plupart de ses hommes (683)2 mais selon Ibn Khaldoun, Dahiya a vengé la mort de Koceila en ordonnant de tuer Oqba Ibn Nafi Al Fihri,4 Suite à sa marche et à sa prise de Kairouan, la place forte des omeyades, Il aurait berbérisé son nom en « Taqirwant » et fit de Kairouan sa capitale. Il se fit couronné et aurait régné pendant trois ans, de 683 à 686, c'est-à-dire jusqu'à sa mort, à la bataille de Mems, près de Kairouan. Son autorité aurait été reconnue selon l'avis même de certains auteurs musulmans ; il aurait traité avec justice ses sujets amazighs et musulmans et aurait laissé ces derniers pratiquer librement leur religion. Cependant, Koceila ne réussit ni à regrouper les Imazighen ni à créer un État. En 686, le calife Abd al Malek envoya des renforts avec, pour mission de reprendre Kairouan. Le chef berbère, devant l'importance des forces ennemies, se replia, appelant à l'aide diverses tribus chaouis des Aurès et les Byzantins, mais il ne reçut pas les renforts attendus. À la fin, les musulmans, plus nombreux, remportèrent la victoire. Koceila fut tué et les Amazighs furent dispersés. Ainsi prit fin la résistance de Koceila.

Mais quelques années après, la région s'enflamme de nouveau, avec cette fois-ci, une femme à la tête de la résistance (Kahina), dans l'Aurès en Algérie, en Tunisie.

Kahena

Kahena (de signifiant prêtresse), de son vrai nom Dihya ou Damya est une reine guerrière berbère zénète des Aurès qui combattit les Omeyadeslors de l'expansion islamique en Afrique du Nord au VIIe siècle. Plusieurs femmes ont écrit des romans sur la Kahina au XXe siècle et plusieurs penseurs disent que c'est une des premières féministes bien avant le Moyen Âge et une des premières reines guerrières de l'Histoire. De nombreux auteurs la considèrent comme juive, d'autres comme chrétienne et Ibn Khaldoun lui attribue des pouvoirs surnaturels

Étymologie

Pour les Berbères des Aurès, elle s'appelait Dyhia Tadmut qui veut dire la belle gazelle en berbère. D'autres Chaouis disent Damya, qui vient du verbe edmy en amazigh, qui signifie devineresse. Les écrivains en langue arabes au Moyen-âge rapportent le nom de Dihya et le surnom de Kahina à l'exemple d'Ibn Khaldoun. La majorité des écrits sur cette femme reprennent son surnom Kahina dans les récits historiques ou littéraires. Le surnom Kahina a plusieurs significations en arabe, en hébreux ou en grec. En arabe, Kahina désigne une devineresse ou une sorcière, ce qui est péjoratif pour certaines interprétations. En grec, Kahina est tiré de Karina qui signifie être pur. En hébreux le mot est proche de Cohen qui a un sens de prêtre. (En français, le nom Corinne a le sens d'être pur.) Dans la région des Aurès, les chaouis l'appellent Yemma El Kahina (maman Kahina) et plusieurs chansons lui sont dédiées dans le terroir chaouis, soit en arabe soit en chaouis. Le groupe le plus connu de la ville de Batna et en Algérie portait le nom de El Kahina dans les années 80.

Histoire
La conquête de l'Afrique du Nord est décidée par le chef de la dynastie omeyade, Muawiya Ier. À l'aube de l'invasion, l'unité politique et administrative de la Berbérie Orientale et centrale (les Aurès, actuellement à l'est de l'Algérie et de la Tunisie) était en grande partie réalisée par Kusayla, chef de la résistance à la Conquête musulmane du Maghreb (règne de 660 à 686). Kusayla, converti à l'islam, entre en conflit avec Oqba Ibn Nafi Al Fihri, général de l'armée des Omeyades. À son décès en 686, Dihya prend la tête de la résistance. Elle était issue de la tribu des Djerawa, une tribu berbère zénète de Numidie, selon les chroniqueur en langue arabe au Moyen-âge. Fille unique, elle aurait été élue ou nommée par sa tribu après la mort de son père. Dihya procéda à l'appel de nombreuses tribus de l'Afrique du Nord orientale et du Sud pour déclencher la guerre contre les Omeyades. Elle défait par deux fois la grande armée des Omeyyades grâce à l'apport des cavaliers des Banou Ifren. Elle règne sur tout l'Ifriqiya pendant cinq ans. Vaincue en 693 par Hassan Ibn en N'uman dans la dernière bataille contre les Omeyyades, elle se réfugie dans l'Amphithéâtre d'El Jem. Elle est enfin faite prisonnière, puis décapitée au lieudit Bir El Kahina. Les chefs de l'armée Omeyades envoient sa tête en trophée au calife Abd al-Malik en Syrie. Dihya sera la seule femme de l'histoire à combattre l'empire omeyyade. Les Omeyyades demandent aux Zénètes de leur fournir douze mille combattants pour la conquête de l'Andalousie comme condition à la cessation de la guerre. L'intervention de Musa ben Nusayr règle le problème avec les Berbères en nommant Tariq ibn Ziyad à la tête de l'armée zénète et des autres Berbères. Son fils devient gouverneur de la région des Aurès et par la suite sa tribu aura un pouvoir lors des Zirides dans les Aurès. Une statue à l' effigie de la Kahena a été élevée à Khenchela en 2003.

Récits médiévaux
Selon l'historien arabe Ibn Khaldoun, à la veille de la conquête musulmane du Maghreb, plusieurs tribus berbères pratiquaient le judaïsme. Kahena était réputée user de pouvoirs magiques : « Hassan accorda au fils de la Khahina le commandement en chef des Djerawa et le gouvernement du Mont Awres, il faut savoir que d'après les conseils de cette femme, conseils dictés par les connaissances surnaturelles que ses démons familiers lui avaient enseignées, ses deux fils s'étaient rendus aux Arabes avant la dernière bataille » Parmi les tribus berbères, Ibn Khaldoun distinguait :

  

les Djeraoua (ou Djerawa), tribu qui habitait les Aurès et à laquelle appartenait Kahena ; les Nefousas (ou Nefzaouas), des berbères de l'Ifriqiya ; les Fendelaoua, les Medîouna, les Behloula, les Ghîatha et les Fazaz, Berbères du Maghreb-el-

acsa (nom arabe correspondant auMaroc). Parmi ces tribus originaires de l'actuelle Tunisie (ancienne Ifriqiya), des Aurès et de l'actuel Maroc, la tribu des Djerawa est une des plus puissantes de la confédération des Zénètes. Dihya commande la tribu des Djerawas pendant soixante-cinq ans. Ad Darisi prétend qu'elle a vécu cent vingt sept ans et a gouverné l'Ifriqiya pendant cinq ans. Dihya ordonne la mort du général omeyade Oqba Ibn Nafi Al Fihri. Les Berbères Tahuda exécutent cet ordre, ce qui déclenche la guerre entre les Berbères et les Omeyades. La tribu berbère des Banou Ifren Zénète sera la première à défendre les territoires au côté de la Kahina. Alors, Dihya sort triomphante de cette guerre. Hassan Ibn en N'uman demande alors les renforts musulmans. En 693, l'armée consolidée d'Hassan écrase les troupes berbères commandées par Dihya. Par la suite, les Zénètes sont invités à former une armée sous le commandement de Tariq ibn Ziyad pour conquérir l'Andalousie. Le fils de la Kahina obtient la gouvernance des Aurès.

Parcours
Alors que les musulmans ont déjà conquis un vaste territoire ils butent sur la résistance des byzantins (chrétiens), implantés essentiellement sur les côtes et en particulier à Carthage et Septum, mais aussi celle des Berbères. Les troupes musulmanes dirigés par Hassan Ibn Numan cherchaient à s'emparer de Carthage pour posséder l'Ifriqiya et se frayer un chemin vers l'Ouest. Le roi Kusayla, les Carthaginois et Dihya se liguèrent pour empêcher ce passage. Carthage finit par tomber aux mains des troupes musulmanes en 695 et Hassan Ibn Numan se fait nommer gouverneur d'Ifriqiya. L'empereur Leonitos récupère Carthage pour trois ans. La seule résistance qui demeurait alors était celle de Dihya. Hassan demandera les renforts

musulams. En 693, Après le renforcement des troupes musulmanes, Hassan écrasera les troupes berbère commandés par Dihya. À la première bataille, Dihya remporte une victoire sur les troupes d'Ibn Numan à Miskiana (entre Tebessa et Aïn Beïda, dans la région constantinoise). Dans la vallée déserte et asséchée, Dihya dissimule son armée pendant la nuit, en partie dans la montagne, en partie derrière, sa cavalerie et ses troupeaux de chameaux, pour prendre en embuscade les troupes d'Ibn Numan. Lorsque les Arabes attaquent, ils sont accueillis par une pluie de flèches tirées entre les jambes des chameaux des Berbères. Les Arabes écrasés, les Aurésiens les poursuivent jusqu’à Gabès. Cette prestigieuse victoire, appelée aussi « bataille des chameaux », leur permet de repousser les troupes du calife jusqu'en Tripolitaine. Ibn Numan est à nouveau battu par Dihya en 695 près de Tabarqa. En 699, Ibn Numan reporte ses efforts sur Carthage, qu'il reprend, avec la maitrise des mers et du bassin occidental de la Méditerranée. Il demande alors un supplément d'hommes au calife Ibn Marwan pour s'attaquer aux Aurès qui constituent un ultime bastion. Sachant sa défaite imminente, Dihya fait pratiquer la politique de la terre brûlée pour dissuader l'envahisseur de s'approprier les terres, s'aliénant par là une partie de son peuple : citadins berbères sédentaires, nomades des campagnes. Dihya s'engage une dernière fois dans la bataille en 702 à Tabarqa. La défaite de ses troupes est en partie due à la trahison de Khalid, jeune Arabe que la reine avait épargné et adopté selon la coutume de l'anaïa (protection) en vigueur chez les anciens Berbères. Constatant que tout est perdu, Dyhia envoie ses deux fils, Ifran et Yezdia, auprès d'Hassan. Elle continua de combattre mais, trahie, elle est capturée. Puis, elle aurait été décapitée dans les environs d'El-Djem et sa tête remise au calife. Suite à cette victoire, Hassan réclame aux Berbères 12 000 cavaliers, dont il confie le commandement aux deux fils de Dyhia, auxquels il attribue aussi le gouvernement du mont Aurès.

Divergences historiques
Le rôle joué par Dihya a constitué un enjeu considérable pour ses commentateurs. Les sources que nous avons sur Dihya, symbole de la résistance à l'expansion musulmane, proviennent en grande partie des historiens musulmans. C'est donc pour certains d'entre eux, sur des arrière-pensées et vues politiques que sont basées leurs affirmations. Cela est d'autant plus difficile à vérifier que les sources diverses sont rares.

Religion
La question de la religion de Yemma al Kahina (notre mère Kahina) a été traitée par plusieurs historiens du Moyen-Âge ou contemporains. Plusieurs hypothèses ont été émises, soit qu'elle fut monothéiste ou animiste ou autre. Selon l'historien Gabriel Camps, spécialiste du Maghreb, les tribus zénètes n'étaient pas juives mais bien chrétiennes. Toutefois, pour Paul Sebag « c'est aller à l'encontre des textes, difficilement récusables» qui donnent la Kahena pour juive, et membre d'une tribu berbère judaïsée.

Ibn Khaldoun ne cite nullement la religion de Dihya et réfute les thèses selon lesquelles les Zénètes descendent de Goliath (en arabe Djallut). Ibn Khaldoun, en citant ses sources, donne son accord à la version d'Ibn Hazm qui, d'après lui, est la plus logique. Selon cette version, Dihya descend des Zénètes et a comme ancêtre Medghassen.Ibn Khaldoun ajoute, selon les propos des Zénètes, qu'ils avaient un prophète du nom de Moussa Ibn Salih. Cependant, lors de l'époque romaine et byzantine, certains Zénètes étaient chrétiens. Certains (c'est le cas de Gabriel Camps dans son livreBerbères - Au marges de l'histoire) pensent que Dihya était chrétienne parce qu'elle était la fille de Matya lui-même fils de Tifan. Des noms qui seraient les déformations de Matthieu (comme l'Apôtre) et Théophane (repris par de nombreux Saints chrétiens). En outre, le christianisme était largement répandu, une grande partie des populations berbères du nord ayant été christianisés sous l'empire romain. Les Zénètes et le reste des Berbères (plusieurs tribus non Zénètes comme les Houaras ou les Awraba) ont fait partie des troupes de la Kahina pour combattre les musulmans. Ibn Khaldoun nomme sa source Hani b. Bakur Ad Darisi. Ce dernier, donne les renseignements sur la vie de Dihya et ajoute que Dihya avait des démons qui lui dictaient des prédictions La Kahina était considérée comme sorcière ou possédée Selon l'historien et géographe français Émile-Félix Gautier : « Les Djeraouas ne sont plus des chrétiens comme les Aurébas, mais bien des juifs ». Auparavant, Strabon avait témoigné à l'époque romaine que les juifs étaient nombreux en Afrique du Nord. Certains y étaient venus librement au fil des siècles avec les phéniciens, dès le temps des Carthaginois, tandis que d'autres y avaient été déportés par Trajan, après avoir tenu tête en Cyrénaïque aux légions romaines. Ainsi avaient-ils participé à la conversion de nombreuses tribus berbères. D'autres laissent entendre que Dihya aurait pu être animiste sans pouvoir pour autant préciser de quel culte il s'agirait, les Berbères ayant été païens avant l'arrivée du christianisme. Ainsi, la signification prêtresse et être pure de son nom Kahena, correspondrait à une tradition animiste en Afrique du Nord, selon laquelle les prêtresses subiraient un rituel de purification. (La reine touareg Tin Hinan, que l'on supposait, de la même manière, chrétienne, était sans doute animiste, comme le laisse penser son tombeau récemment découvert. Selon certains historiens , elle serait juive, issue de la tribu des Djerawa. Selon les dernières recherches[ effectuées notamment à l'université de Cambridge autour des manuscrits découverts à la Guenizah du Caire (découverts au début du XXe siècle et analysés depuis l'an 2000), le père de la reine Kahena s'appelait Maatia, dérivatif de Mattathias, en hommage au prêtre juif qui a bouté les Séleucides de Judée en -165, (commémoré par la fête de Hanoucca) et père de Judas Macchabée. Certaines tribus berbères étaient bien judaïsées comme le prouvent les lettres manuscrites retrouvées au Caire, mais ils gardaient les traditions animistes, voire plutôt superstitieuses des temps anciens, comme la main ou le chiffre 5 pour se protéger du mauvais œil..

Politique de la terre brûlée
L'historiographie a également mis l'accent sur la politique de la terre brûlée qui aurait été pratiquée sous la Kahena, d'après Ibn Khaldoun, E.F Gautier, Ibn El Athir et Le Bayan, ce qui aurait motivé le mécontentement des cultivateurs de la côte. Cette version est contestée par certains selon lesquels, il se serait agi, pour les historiens musulmans, de discréditer la reine berbère hostile à l'expansion musulmane : des villes et des villages auraient certes effectivement été brûlés, mais cela s'expliquerait non par l'invasion arabe, mais par le fait que l'Afrique du Nord, depuis la chute de l'empire romain d'Occident, était le théâtre d'affrontements entre Byzantins et autochtones, voire entre Berbères nomades et sédentaires.

Archéologie

El Djem

En Algérie, dans la région des Aurès, aucune étude sérieuse n'a été entreprise à ce jour. Mais depuis 2006, les autorités algérienne affirment entreprendre des recherches. En Tunisie, le seul endroit qui témoigne de l'existence de la Kahena est l'amphithéâtre d'El Djem. La ville antique de Baghaï, où est supposé être le château de la Kahina (si elle a habité un palais, ce que ne démontre aucune étude archélogique), pourtant classée monument du patrimoine national, est en péril dans la wilaya de Khenchela, ce que déplorent les spécialistes algériens sur place.

Postérité
Une seule statue a été construite au Maghreb à la mémoire de la Kahena : Élevée par l'association Aurès El-Kahina au centre ville de Baghaï, elle a été inaugurée par le président algérien en février 2003. Certains kabyles protestèrent car aucune inscription en langue amazighe ne figure sur le socle de la statue, son nom étant écrit en langue arabe. Khenchela, est le nom que portait la fille de la reine berbère Kahina[ .

Tradition orale
Entre l'antique Thevest romaine (aujourd'hui Tebessa) et l'agglomération de Bir El Ater se trouve un puits appelé « Bir el kahina » (le puits de la kahina), en référence ou en souvenir du lieu où elle aurait été tuée. À Baghaï, petit village à une vingtaine de kilomètres de Khenchela, les habitants désignent certaines ruines anciennes comme les ruines du « palais de la Kahina ».

Le nom de la rivière Meskian, où Kahina remporta sa première victoire contre le général Ibn Numan, ainsi que celui du village de Meskiana qu'elle traverse, viendrait des mots berbères Mis n Kahina qui signifie « les fils de Kahina ». Certains berbères chaouis des Aurès disent qu'ils ont le « nez de la Kahina », un nez particulier d'une grande beauté, un peu comme celui de Cléopâtre. le nez dont il est question, veut dire le Khanchouch, c'est à dire la fierté. Dans toute la region des Aurès, le nom Diyya est assez courant chez les chaouis. Aussi, le personnage historique de Dihya est devenue de nos jours un symbole, aux côtés de Massinissa et de Jugurtha, etc. La tradition orale des chaouis ne donne pas beaucoup de renseignements précis sur tout le parcours historique de la Kahina. Mais elle reste la reine des chaouis.

Portrait dans la littérature moderne

Portrait de la Reine Berbère Dihya, Peinture de Noureddine Zekara

Plusieurs femmes ont évoqué la Kahina, comme Gisèle Halimi dans son livre La Kahina ou Baya JurquetBouhoune dans son livre Femmes algériennes : de la Kahina au Code de la Famille, où elle dénonce le code de la famille adopté le 9 juin 1984 en Algérie. Gisèle Halimi a déclaré pour sa part : « J’ai voulu clore ce cycle par la Kahina. Dans son contexte historique, je l’ai fait vivre, aimer, guerroyer, mourir. Comme mon père, Edouard le Magnifique, l’aurait peut-être imaginée. La Kahina était-elle son ancêtre ? Peut-être. L’ai-je aimée en la faisant revivre. Oui. Passionnément.» Dans la littérature algérienne contemporaine, Kahena est évoquée dans les œuvres de Kateb Yacine ainsi que beaucoup d'autres écrivains.

« L’originalité de Kateb, suivant l’essayiste, est d’avoir fait de Kahina une païenne au sens non idolâtre ou polythéiste, mais dont le paganisme s’apparente à un matérialisme moderne. Dans la «femme sauvage» Kateb présente la Kahina comme une adoratrice de la terre, seule divinité qu’elle reconnaisse. Cette passion pour la terre est synonyme de patriotisme. (p. 108). Kahina prend alors l’image de “la vierge aux abois” nommée la “Numidie”, abandonnée mourante par “Jugurtha”, comme l’évoque Rachid dans son roman Nedjma en se disant : « Et c’est moi, Rachid, nomade en résidence forcée, d’entrevoir l’irrésistible forme de la vierge aux abois (Kahina), mon sang et mon pays; à moi de voir grandir sous son premier nom arabe la Numidie que Jugurtha laissa pour morte. » (p. 41). Mohammed Khaïr-Eddine : « Khaïr-Eddine, selon Zemmouri, évoque Kahina dans ses textes comme une ancêtre emblématique (…). Dans Agadir le héros reconnaît comme divinité la «Déesse Sudique Rutilante» qui semble désigner à la fois Kahina et la terre du sud (…). L’histoire devient alors mythe. Mais alors que Farès et Kateb exaltent et célèbrent en elle la femme qui symbolise la résistance aux envahisseurs arabomusulmans, Khaïr-Eddine, lui, préfère voir en elle le symbole de la révolte (contre l’ordre établi). » – Op.cit., p. 106. Dans ce même roman Kahina proclame: “ Je suis Kahina La Berbère. Les roumis m’appellent la Reine Serpent de Barbarie. Mais je suis communiste …” (p. 57). »

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