BIBLIOTHEQUE

DE PHILOSOPHIE EXPÉRIMENTALE Directeur E. PEILLAUBE VI

Essai sur la

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N. VASCHIDE Direeteur-adjoint du Laboratoire de Psychologie pathologique de l'École des Hautes-Études

AVEC _J7 PLANCHES HORS TEXTE

PARIS MARCEL ÉDITEUR RIVIÈRE, 31, Rue Jacob 1909

N. VASCIl'iD'E (1874-1907)

^Essai y'fsur la

Psychologie

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BIBLIOTHÈQUE DE Philosophie Expérimentale Dirigée par le Professeur E. PEILLAUBE parus : I. Le Psychisme inférieur, par le Dr J. GHASSET, professeur de Clinique Médicale à l'Université de Montpellier. 1 vol.in-8" e510 d broché 0 francs — pages, relié 10 lr. 50 II. La Théorie physique, son objet et sa structure, par M.DUHEM, professeur de Physique théorique à la Faculté des Sciences de Bordeaux. 1vol.in-8° e450 d b 8 francs pages, roché relié 9 fr. 50 III. Dieu. L'Expérience en métaphysique, par XAVIER MOISANT. 1volin-fi" exm i 300 d b 7 francs pages, roché — relié 8 fr. 50 IV. Principes de linguistique psychologique. Essai de docteur de l'Université de Leyde. GINNEKF.N, synthèse,par VAN 1vol.in-8", broché 12francs — relié 13fr. 50 V. Gournot et la Renaissance du probabilisme, par M. F. MF.NTRÉ, professeur à l'Ecole des Roches. 1vol.in-8°, broché 12francs relié 13fr. 50 Essai sur la Psychologie de la main, par M. N.VASCHIDE, Directeur-adjoint du Laboratoire de Psychologie pathologique à l'Ecole pratique des Hautes-Études. 1 vol.in-8° broché 10francs relié 11fr. 50 Volumes Volumes à paraître : Les Images. Essai sur la mémoire el l'imaginalion, par E. PEILLAUBE, professeur à l'Institut Catholique de Paris, directeur de la « Revue de Philosophie ». La Psychologie, par W. JAMES. L'Activité biologique, par M. P. VIGNON, Laboratoire du de Zoologie à la Sorhonne. Les Fondements métaphysiques des Sciences, par M. J. lîui.i.ioT, professeur de Logique et Métaphysique à l'Institut Catholique de Paris.

BIBLIOTHÈQUE

DE PHILOSOPHIE EXPÉRIMENTALE Directeur E. PEILLAUBE VI

Essai sur la

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main

N. VASCHIDE Directeur-adjoint du Laboratoire de Psychologie pathologique de l'École des Hautes-Études

AVEC }1 PLANCHES HORS TEXTE

PARIS MARCEL ÉDITEUR RIVIÈRE, 31, Rue Jacob 1909

PREFACE

Ce n'est pas sans émotion que je vois en tête de ce livre le nom de N. Vaschide. Quoi de plus dramatique et de plus douloureux qu'une mort prématurée frappant un jeune homme en plein labeur, alors que tout lui présageait un avenir glorieux ! Toutes les rares et exquises se qualités de Vaschide retrouvent en cet ouvrage : une érudition sûre et une perspicacité en universelle, toujours analytique de vues et de style sans éveil, et cette ingéniosité les oeuvres les plus profondes ne comptent laquelle était inachevé encore la mort pas. L'ouvrage quand imbécile est venue surprendre l'ouvrier. Une pieuse tendresse a recueilli ces documents inachevés pour les mettre en bon ordre et leur donner forme définitive, celle-là même que N. Vaschide, s'il avait vécu, eût certainement adoptée. Ce livre sur la main sera, à n'en pas douter, bien du public. C'est une monographie, mais une accueilli où il y a un peu de toute science, monographie psychologie, et médecine. métapsychique, Chacun de ces esthétique, physiologie divers chapitres forme

II

PREFACE

est d'une harmoun tout, et l'ensemble belle allure, comme il convient nieuse, lorsqu'on parle de l'organe la main, harmonique agile et adroit par excellence, de notre souple intelligence. instrument on ne doit pas tomber dans l'erreur des Certes, chiromanciens des pouvoir, par l'étude qui croient les plus substiles délicalignes de la main, pénétrer voire même prévoir les événements tesses du caractère, les événements les plus et retrouver futurs passés, Je doute en fort qu'on jamais, insignifiants. puisse d'un individu, la main qu'il sera, regardant prédire ou qu'il a mis dans deux ans, frappé par la, foudre, deux morceaux de sucre dans son café. Ce jusqu'ici sont là des enfantillages qui, non sans raison, prêtent à rire et qu'il faut laisser aux baraques de la foire. reconnaissons main Cependant, qu'il y a à chaque à tous une individualité bien nette qui se révélera ceux qui sont perspicaces. Il n'y a pas deux feuilles semblables toutes parmi les feuilles de la forêt : encore moins trouverait-on, toutes les mains deux mains idenhumaines, parmi Il y a des mains audacieuses et des mains tiques. des mains sensuelles et des mains mystiques, timides, des mains d'action et des mains de rêve. Il n'est pas douteux de la pensée n'exerce son que la forme sur la forme du corps. L'âme se reflète influence dans la structure de notre être ; dans la physionomie, les traits du visage, et la configuration des mains. Ce n'est pas un préjugé que d'attacher quelque imporle caractère, à l'aspect extérieur de tance, pour juger l'être. Pour moi, au risque d'être accusé de puérilité, ma confiance à d'accorder je me sentirais incapable

PRÉFACE

III

un homme dont les mains seraient tortueuses, dysharet grossières. moniques au point de vue esthétique, on admettra De même, vraiment femme belle, et de noble difficilement qu'une mains. Les mains de duchesse race, ait de vilaines beauté Les sont d'une et d'une élégance proverbiales. devraient donc ne pas les masquer avec des duchesses Une princesse de sang royal, gants. qui, sans aucune a conté au public ses amours, raconte honte, fausse : la conversation eut avec un jeune qu'elle officier « Otc tes gants ! », lui dit-il. Telle fut sa première la première vint, au rendez-vous. fois qu'elle parole on Encore soit un peu bizarre, que cette déclaration trouvera avait et que cet amoureux liaison, peut-être un connaisseur. que c'était Les mouvements de la main traduisent fidèlement les mouvements de l'âme. Les physiologistes ont pu, minutieuses et précises, établir par des observations sur les muscles émotion retentit de la que chaque et que des frémissements main, presque impercepdes intérieure. tibles trahissent doigts l'agitation Souvent même ces frémissements ne sont pas imperde la main sont assez éloet les attitudes ceptibles, nos passions. Un acteur serait quentes pour exprimer s'il bien maladroit ses mains gardait immobiles, collées au corps et inertes. Elles concourent puissamment à son jeu, et il peut obtenir des effets admirables de la main. Se tordre les mains, par les mouvements dans les grands est un geste d'une beauté désespoirs, sublime. La menace, la colère, la prière, ne l'horreur, se peuvent bien exprimer en que si la main parle même temps que la voix et les yeux.

IV

PREFACE

nous notre écriture est écrivons, Donc, lorsque Le principe n'est pas douteux. l'image de nous-même. cette pénétration Reste à savoir dans quelles limites de notre être intime peut être en fait appréciée par l'examen de notre écriture. Là encore, que de naïves illusions se font les graphologistes ! Mais soyons bien de la graphologie est vrai, persuadés que le principe et qu'il sur une base solide, repose scientifique, à savoir le retentissement des émotions inattaquable, sur les gestes. La main, par sa forme et ses mouvements, est une d'humanité. Si elle classe les véritable caractéristique à plus forte raison fera-t-elle une différence hommes, êtres. On a appelé les entre l'homme et les autres comme s'ils avaient singes des quadrumanes, quatre mains. C'est presque une profanation. En réalité, ils n'ont pas de mains ! ou du moins l'organe pourvu à l'extrémité de doigts de leur long qu'ils portent bras n'a que de lointaines ressemblances! avec la main humaine aux autres doigts, ; le pouce, opposable si parfait fait, de la main, un instrument que, par cela et l'animal, cet animal seul, il y a entre l'homme fût-il un grand singe, une différence essentielle. de la main Cette habileté n'est d'ailleurs qu'une cérébrale. habileté Lorsqu'on parle de la main adroite ou du violoniste, on oublie trop que du chirurgien, cette dextérité manuelle est un phénomène intellectuel. La main n'est, somme toute, qu'un appareil d'obéissance. Elle ne fait rien qui ne soit commandé Toute son activité lui vient du cerveau par le cerveau. Un grand violoniste, qui dirige et donne l'impulsion. un grand sont adroits chirurgien, par leur cerveau,

PKÉI'ACt;

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leur main est très habile. Pareillement ne lorsque de déclarer très craindrai-je pas qu'une grande maladresse manuelle est une véritable défectuosité cérébrale. établit L'opposition qu'on tfop souvent entre l'adresse el l'intelligence parait donc assez mal fondée. Mais je n'ai pas la prétention de résumer l'ingénieux livre de mon regretté ami N. Vaschide. Je voulais seulement l'intérêt d'une oeuvre faite indiquer et d'érudition, deux qualités d'originalité qui sont bien rares, même isolées, et qu'on trouve réunies ici. Charks-MICHET.

Tout bonheur que la main n'atteint pas n'est qu'un rêve. » ""* JOSÉPHINOULARY. S « De tous temps, dit-on, l'homme fut de glace pour les vérités et. de l'eu pour les mensonges . il est surtout l'ami du merveilleux. » DEPLAKCY COLLIN {DictionnaireInfernal, VI' éd., 1863,p. 430).

INTRODUCTION

de mille La vie intellectuelle peut être envisagée sans pour cela — fait extrêmemanières différentes — détruire ses qualités sa physionomie, ment curieux son indiviles éléments qui caractérisent premières, même. On ne fait toujours, en somme, dualité qu'anaou de nouveaux aspects, que pénétrer plus lyser dans les rouages de son mécanisme moins intimement ou plutôt de son la indéfinissable architecture, la plus oscillante, construction la plus protéique, mouvement de la vie, même de l'insaisissable l'image de « conscience en tant que phénomène », de l'évoet subconsciente de toute l'existence lution spontanée individuelle ou physique.

I la pensée était la plus reculée, Dans l'antiquité comme une entité métaphysique considérée qui avait surloul extérieure une existence ; et les manifestations sont à la portée anciennes des civilisations religieuses de toutes les investigations cette insoupour préciser

INTRODUCTION de la subjecciance, cette absence de préoccupation tivité de l'intelligence. reliLes plus curieuses pages de cette conception dans les livres boudgieuse se trouvent certainement des sensations de l'existence dhistes; l'anéantissement dans le « Grand Tout », source du calme et du bienêtre, était la fin, la conclusion logique de nos formes Le à notre physique. de sensibilité peu adéquates bouddhiste esquisse pour sa vie pratique rapidement On connaît cepencette conception philosophique. des nombreuses et les oscillations dant les variations Je désire essayer seulement de croyances bouddhistes. les presuggérer, par ces quelques mois, l'essence, de cette doctrine métaphysique miers principes (1). des Grecs était toute métaphysique, La philosophie il est parfois et pour le psychologue contemporain, étrange de lire les anciens penseurs grecs, de prendre et de saisir la de leur psychologie connaissance de leurs mobiles mentaux. nuance toute métaphysique Ils ne se préoccupaient guère des sources corporelles, du siège de cette « intelligence)), mais ils cherchaient à spéculer sur des données, surles éléments conscients consciemment et subconsde la pensée, confondue avec les forces ciemment avec les forces physiques, SOCRATF. avec l'ambiance cosmiques, métaphysique. sur le « soi-même » fut le premier attirant l'attention car si l'on considère comme conscient, psychologue tout analyste, tout rêveur, tout conspsychologue (1) Voir surtout : les deux admirables livres de (XDHNHEHG. — Bouddha, 1 vol. Bibl. de. Pliil. conlemp., et iVirv/t(îna. Ibid. Alcan, édit.

IiNTIÎOIlLCTIOM tructeur qui brode autour des données médiates ou immédiates de la conscience, on doit étendre cette à tous les rêveurs de tous les temps, aux épithète poètes surtout, les analystes par excellence de toutes les époques (1). Il faut faire une exception pour AmsTOTE qui, tout en étant métaphysicien, fut logicien et naturaliste en même temps et, implicitement, fut plus près des phénomènes psychologiques que les autres penseurs de l'antiquité, qui se montrèrent des construcsurtout d'admirables métaphysiciens, teurs de la vie en elle-même, de la vie totale, dont la vie humaine n'est qu'une parcelle, une bien minuscule donnée.

II

comme DESCAHTES, modernes, philosophes écossais surtout, furent plus KANT, et les philosophes Les problèmes analystes tout en restant métaphysiciens. On de la conscience furent posés plus clairement. laissa les sources de la vie de côté, et tout en admetde la pensée, on analysa tant la genèse métaphysique de l'intellisurtout le problème de la vie humaine, des phénomèmes de conscience. gence en elle-même, Les problèmes de la physique, de la vie cosmique, les de plus en plus les spécialistes, préoccupèrent tandis que la philoet les mathématiciens, physiciens (1) CiiAïuxiiT. La psychologie des philosophes ijrecs, 5 vol.

Des

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INTRODUCTION

sophie se limite, sans qu'elle puisse s'en apercevoir, au domaine si complexe, si peu limitable d'ailleurs, de Et si les philosophes la conscience. des temps modernes agitent les mêmes données essentielles que les philosophes un langage plus grecs, ils emploient Le « phyprécis, plus spécialisé, plus psychologique. » sont délimités tout sique » et le « psychique d'abord pour l'intelligence du problème, ensuite par nécessité analytique. La métaphysique, tout en inspirant tout, tout en laissant sa merveilleuse intellectuelle sur empreinte toutes les spéculations devenait de philosophiques, plus en plus une science trop générale, pour suffire à toutes les exigences de l'esprit. Les données de l'intelligence posaient de nouveaux problèmes, que les connaissances alimentaient continuellescientifiques ment par leurs investigations sévères et toujours « L'âme » ne fut pas la seule donnée révolutionnaires. autour de laquelle les penseurs devaient s'eniêter à et nous assistons, dans tout le Moyen âge, réfléchir, cette curieuse lutte intellectuelle, moins pendant stérile qu'on ne le pense, dunominalisme et du réalisme, à des essais la limite du qui voulaient préciser réel et de l'irréel (1). L'attention fut portée sur l'esprit, en tant qu'esprit humain surtout, à la suite de LOCKE qui essaya de fixer humain; sur les conflits des l'objet de l'entendement innées et les données de l'expéqualités psychiques de la réalité. rience, des sensations, La philosophie écossaise fut la plus psychologique, (1) Voir PICAVET.

INTRODUCTION et pour la première la plus humaine, fois, le mot « expérience » fut introduit en philosophie. des nuages des métaphysiciens On descendit pour analyser, pour creuser des données plus immédiates de l'esprit, et plus intelligibles. de l'idéaLa « raison pure » de KANT si empreinte lisme de BERKELEY est une des grandes étapes de la dise M. W. JAMES, qui con; quoiqu'en philosophie de ne pas s'en occuper, elle seille aux pragmatistes comme une nouvelle édition du peut être considérée « Connais-toi toi-même » de SOCUATE,et en tout cas au môme titre. Elle marque un point capital dans l'orientation de nos analyses et de nos conceptions philosophiques et intellectuelles. à l'évolution philosophique, les conParallèlement en documents; les naissances scientifiques augmentent savants précisèrent les mobiles de leurs investigations ; se créèrent, et « la vie » fut des sciences nouvelles ses sous toutes examinée sous toutes ses formes, données. Des faits précis, des idées nouvelles surgissent et de toute cette longue et persévérante élaboration, à mesure qu'on explore la nature physique et la vie et qu'on essaye de saisir le mécanisme biologique, de la vie cosmique dépassant la marche éternelle des astres et des lois astronomiques qui règlent toute cette on explore architecture grandiose macrocosmique, on exaselon les mômes méthodes, la vie humaine, tout d'abord mine l'homme, en décrivant et constatant son anatomie des ensuite à l'examen pour passer des organes et de fonctions du mécanisme biologique l'harmonie comme disait ce biologique, polyzoïque, DURAND DE GROS, en grand méconnu, philosophe

INTRODUCTION « vie humaine un mot, tout ce que l'on appelle ». aussi le cerveau, et seulement On explora depuis un siècle, depuis l'époque curieuse de GAI.t. et- Siujitet ne connaît malheureuseZUEIM, dont on n'apprécie ment que les travaux destinés au grand public, à localiser les pensées dans le cerveau, on songea un rôle secondaire organe qui jouait jusqu'alors pour ne pas dire nul (1). La belle histoire des doctrines du fonctionnement et de la structure du système nerveux central de M. Jules SOUUY, cette majestueuse pierre tombale du xix° siècle (2), développe magistralement la plus belle page des cette thèse, et l'on y retrouve histoires des sciences, depuis AWSTOTE jusqu'à FLECHSIU et Goun.

III un siècle, le philosophe ne peut plus se Depuis de ses données passer des connaissances scientifiques, et il en doit tenir compte, expérimentales précises, ne fut-ce que par tenue mentale. Les médecins et les philosophes du comfrançais mencement du siècle furent les premiers agitateurs de ce mouvement et les travaux îles psychologique, médecins et des aliénistes de l'époque : des français GEORUET, des PIXEL, des MOREAU DE TOURS, des LÉLLT, des I'KISSE, des DURAND DE GROS, etc., contiennent despages à relire même de nos jours. La tradition philo(1) HPURZHEIM. (2) Jules Souitv.

INTRODUCTION

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et aux faits nouveaux faire doit place sophique La de cet effort. tenir doit au moins compte un culte idole, demande science, comme une nouvelle nouveau. son exerce encore kantienne La philosophie de Le néo-criticisme de nos influence jours. mais pâle éclat, de HENOUVIER lui ajouta un nouveau, aménéo-kantiens modernes même que les courants surtout avec ROYCE et DEWEY — qui la raniricains, et par ment si brillamment par leurs investigations du rapport de l'expéobsédante la préoccupation de la conscience. rience et des phénomènes dans la vie Mais il y avait autre chose à considérer dans l'intelligence, mentale, que les données abstraites et si l'on doit tenir de la métaphysique classique, de la pensée, les des éléuienLs inanalysables compte définissables mais absles formes éléments innés, traites de la raison pure, on trouve autre chose que des Si KANT fut avant entités, que de pures abstractions. il fut aussi un peu psychologue. tout un grand moraliste, de l'esfondamentales aux constructions 11 s'intéresse il s'occupe des lois de son action, dé sa prit humain, un dans sa morale pratique manifestation ; il cherche une consécration de ses idées théoriques. critérium, des êtres les conflits La raison réglait pratique et en groupe, il n'oublia en masse vivant pas la « L'anet la raison pure, isolée. raison individuelle » et la « Raison pratique » de KANT sont thropologie des conflits des livres à relire à cause de l'analyse comme dirait le regretté TARDE, intcr-psychologiques actuellement à l'ordre du jour. des conLes recherches scientifiques apportèrent

INTRODUCTION structions encore réduisant sensiblement plus précises, les légendes et les points des constructeurs d'appui Avec le matérialisme un peu grossier métaphysiques. de CAHANIS, des et des anatomistes psychologues nous décrivirent le fonctionnement de la mécanique cérébrale. FIUTSCH et IIITZIG, en 1870, décrivent l'irriet depuis, la pensée tabilité de l'écorcc cérébrale fut localisée dans le cerveau. Au lieu de chercher dans les éléments dans l'atmosphère ambiante, cosmiques, la source, le siège de cette mystérieuse intelligence, on la localise dans cette incompréhensible glande. Les rapports du corps et de l'esprit furent de nouveau agités, et c'est au siècle dernier trouvèrent qu'ils une position toute La psycho-physique scientifique. de G. FECHNEU, et toute l'oeuvre de ce grand a esprit le mérite d'avoir d'avoir au moins voulu précisé, ce problème. Les données préciser philosophiques, ou métaphyinspirées par des notions scientifiques s'étaient dans les deux rangées siques classiques théories : le spiritualisme et le matérialisme, qui existent d'ailleurs mais rajeunies, enriaujourd'hui, chies et mises en compatibilité avec nos exigences et avec les notions intellectuelles scientifiques la possibilité d'un le premier entre la sensation et la perceprapport mathématique tion. il fallait A côté des parallélismes classiques, un autre : le psychologique. ajouter parallélisme La psychologie est née de la psychoexpérimentale encore de toutes ces investiga; elle procède physique tions du commencement du psycho-philosophiques en France de trouver surtout, siècle, qui essayèrent posa acquises. G.-T. FECHNER

INTRODUCTION un

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—et des fondements objectifs scientifique rapport — de la pensée. la valeur Connaissant physiocorporels iis s'étonle cerveau, de la mystérieuse glande, logique de nos inductions. de la pauvreté nèrent titre au même en France MAINE DE BTRAN représente de de transition, en Allemagne l'époque qu'HERRART de la philosoentre les phases réflexion métaphysiques 11 est scientifiques. psychologiques phie et les phases et la philosophie de réunion entre l'anneau classique en France au si florissante la philosophie médicale, si curieuses du siècle, sur les questions commencement et de l'hypnotisme si intelligibles aujourd'hui jadis, des contemdu magnétisme, l'esprit qui troublaient de Gall, ce au même titre que la phrénologie porains amoureux du malheureusement trop grand esprit savant de ses contemporains, et de la sympathie bruit de nos jours pour l'époque. trop trop moderne,

IV

si l'on voudu vingtième Au commencement siècle, les tendances lait résumer la question, philosophiques — et toutes les spéculations sous ce terme je désigne — ou impressionnistes mentales peuscientifiques : d'une courants à ces quelques vent être réduites de traditionalisme, le courant classique plein part, de la philosophie ayant métaphysique empreinte les et tous courants de son côte certains religieux les scientifiques, traditionnels éléments ; de l'autre, qui, diffémanières la matière de mille tout en concevant

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INTRODUCTION

des spéculations les plus élémentaires rentes, parlant selon l'habitude embrouillées scientifiques, métaphyde la plus haute physique sique, jusqu'aux conceptions de LARMOOR, J.-J. THOMSON ou de l'électrodyiiamique de LORENZ, attribuent à la matière toutes les qualités Dans cette catégorie, il faut faire rentrer les psychiques. et les physiologistes scientifiques qui, tout en s'acharnant noblement à l'étude des phénomènes psycholol'idée conçue ou plutôt sentie poursuivent giques, a priori que l'organisme le cerveau, le syshumain, tème nerveux est le siège de l'intelligence. Ceux-là, après avoir localisé les différentes modalités des réactions sensilïvo-sensorielles, avec méthode poursuivent, et la préciet en érudifs qu'ils sont, la connaissance vivant ; ce sont des sion du mécanisme dynamique biologistes puisqu'il faut y faire rentrer tous les zoolodes sciences biologiques. gistes et tous les chercheurs Pour les premiers, la pensée, l'intelligence est encore une enlité métaphysique de la ; elle est envisagée même façon que par les anciens. — Les connaissances acquises et ajoutées depuis, mises en balance, seraient bien pauvres et j'entends les quelpar connaissances tant ques notions nouvelles précises qui avanceraient Les phénomènes de soit peu les données du problème. conscience constituent un monde indépendant et la branche de la philosophie, un aurait psychologie, domaine objectif à cause de ce monde de sensations et d'images des rapports qui ont des contingences, plus ou moins étroits avec les données psychologiques et physiques Cette manière d'envisager organiques. la philosophie est tout aussi spiritualisée, tout aussi éthérée du xvn° siècle ou que les que la philosophie

INTRODUCTION

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des Grecs, avec cette différence qu'ils spéculations de leurs spéculations, objet plus l'objet spécialisent et plus délimité toutes prerestreint que les notions mières des philosophes. la les scientifiques, la conscience et toute Pour ne seraient que des réactions propres psychologie des qualités de l'ordu système nerveux, particulières et dont on peut suivre l'évolution, l'involufion ganisme et les lois de leur genèse. A côté de ces grands il existe une troigroupes, sième grande des sciences dites psychiques, catégorie ou inssciences qui font la joie des masses ignorantes toutes ces sciences dites divinatoires truites, qui ont cheminé dans toutes les époques à côté des doctrines soit au temps des anciens quand elles émaclassiques, naient directement des influences soit au religieuses, où elles sont plus organisées, mieux temps moderne la lutte. armées Ces sciences ont le monopour et n'appartiennent à aucun pole du miracle dogme, à tout hasard des observations et des res'inspirant souvent judicieuses, elles osent tout, se permarques mettent de considérer tous les phénomènes avec la d'un poète ou avec la sensibilité d'un littéralégèreté teur. N'ayant pas l'éducation des hommes scientifique de science, ni les notions générales des philosophes, elles enregistrent les phénomènes avec croyance plutôt qu'avec science, leurs faits dans une enveloppant sur l'ignorance ou la soif d'un rhétorique qui spécule inconnu de l'humanité. la Ces sciences, auxquelles science doit des découvertes et des observations il faut l'avouer, soit dans le domaine des réelles, sciences soif dans celui du magnétisme, divinatoires,

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.7',

INTRODUCTION

de l'hypnotisme, de la télépathie, etc.. contiennent des faits très intéressants. Il a dans leurs documents existé dans tous les temps, et il existe encore dans ce monde composé d'aliénés, de charlad'ignorants, de remarquables ou d'illusionnés, tans, de croyants des esprits de tout premier ordre qui observateurs, ont publié et observé des faits d'une valeur incontestée. Leur ingéniosité naïve touche parfois au génie, par leur puissance intuitive. C'est ainsi qu'en science rien n'est méprisable, et môme les plus humbles, que toutes les données, Dans la conception sont à considérer. des représentants de ces sciences la conscience et psychiques, ont toujours une existence indépendante ; l'intelligence elles existent sous des formes différentes qui varient des alchimistes jusdepuis les catégories physiques des spirites, mais qu'aux conceptions métaphysiques tout comme dans les données elles n'ont toujours, des philosophes, métaphysiques que des contingences avec le physique, avec l'organisme. Ce sont des physans le savoir, avoir saisi le siciens qui crurent et mystère de la vie, donc le secret de la conscience de la pensée humaine. Cet ordre de recherches attirant de plus en plus des savants conduisit des penseurs l'attention et de science à déterminer des hommes les limites d'un autre ordre de connaissances : la mëlapsychie, la préoccupation terme par lequel il faut entendre des connaissances limitées au domaine métaphysique La métaphysique était une purement psychique. science trop générale, trop complexe; elle faisait une de la vie ; et l'ancienne place à foutes les manifestations

INTRODUCTION de même que fout le bagage conception aristotélique, admettait des philosophics modernes, implicitement du critérium. cette dénomination générale constituée en science La psychologie expérimentale toute l'ancienne indépendante remplacera psychologie, le domaine, rectidont elle modifie déjà sensiblement et lui imposant les notions fiant des erreurs grossières acquises par les sciences expérimentales. scientifiques l'étude des problèmes Elle écarte métaphysiques, avec la possibilité de nos invescomme incompatibles actuelles. Toute science est liée à ses métigations ne sont enregistrables thodes et les résultats qu'en sont rigoureuses et excellentes. tant que les méthodes mais La psychologie expérimentale, improprement en l'état actuel, toute psyparlant—car logiquement chologie doit être expérimentale,— attaque la vie psyles proen elle-même, et tout en écartant chologique limite elle conserve comme blèmes métaphysiques, le parallélisme de ses recherches psychopossible à contribue Ainsi organisée, la psychologie physique. la création d'une nouvelle ; elle est sur le pédagogie et l'esthétique, et de la psychiatrie point de modifier dans l'esprit loin on aperçoit son influence heureuse et à son désavanmédical dépourvu généralement, et psyphilosophique tage, de toute préoccupation considérable de cette nouvelle chologique. L'avantage de l'esprit laisles phénomènes manière d'envisager de se formuler, sait au jugement toute la liberté le seul critérium étant le seul garant, l'expérience décisif. Aussi, il ne faut pas s'étonner que parmi les ou conservèrent certains s'arrangèrent psychologues, clasdes sympathies profondes .pour la métaphysique

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INTRODUCTION

parfois poétique, souvent imposée sique, sympathie tandis que d'autres, comme un besoin personnel, surtout à la médecine ou qui ceux qui touchèrent furent désorientés par le bruit des vagues sciences considérèrent la pensée sociales contemporaines, et toutes leurs comme un produit de l'organisme, vers la précision de la hase dite forces s'orientèrent de la pensée. Ceux-là, les plus nomanafoinique breux, sont les unilatéraux ; ils ne veulent prêter de l'oreille à aucun fait qui sorte du dogmatisme leurs conceptions. ne les tourmente malheureuseLa métaphysique ment pas, ils n'ont aucun besoin de saisir, de broder, de contempler l'au-delà ou le grand inconnu qui aux préoccupe eciiains d'entre nous. Ils s'intéressent faits et, logiques avec eux-mêmes, ils demandent des faits et des documents.

V Tel est, résumé en quelques mots, l'état actuel de la philosophie cl. des idées psychologiques. Dernièrement il faut ajouter le mouvement pragmatique, que W. JAMES contribue de plus en plus à rendre sinon mais plus connu, du moins toujours plus sympathique, dont on trouve des tendances fout aussi visibles, non seulement dans PIERCE, qui formule ces quelques idées, mais dans tous les philosophes classiques qui gardèrent l'envergure spéculative des anciens métatout en connaissant et en utilisant des physiciens,' connaissances modernes. BERGSON en scientifiques

INTRODUCTION

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France et J. WARD en Angleterre, peuvent être cités les plus brillants de ce mouvecomme les exemples ne sont, en somme, ment. Les pragmatiques à mon avis, que des philosophes expérimentaux qui veulent faite. après documentation philosopher A ce titre, tous les psychologues expérimentaux font du pragmatisme, car tous ceux qui ont un passé de recherches arrivent, par la force des choses, par la position des problèmes qu'ils étudient, à philosopher. Font-ils quelque chose de nouveau, ajoutent-ils pour cela un esprit vraiment nouveau à leur personnalité? Nullement, et, à mon avis, la sympathie pour les est une sympathie surtout verbale pour pragmatiques des idées générales à la totalité des qui manquent Mais au fond, à quoi expérimentaux. psychologues bon broder et pourquoi des inductions compliquées, quand après avoir touché de si près les éléments qu'on croit premiers de la pensée humaine, on est tout aussi sur les données générales, sur leur cause ignorant infime. Il faut seulement retenir de cette nouvelle tendance le besoin de la sensibilité, la nécessité individuelle d'une métaphysique et cela à une pratique, est bouleversée époque où la vie sociale par des conflits perpétuels, des croyances, des impulsions et des désirs. Quelle que soit la nature intime des phénomènes il reste acquis pourtant intellectuels, qu'ils ont un domaine à eux, et je suis étonné que des psychologues consentent à faire de la psychologie, tantôt un chapitre de la physiologie, tantôt une branche des sciences mêlées de ces feintes sociales dont philosophiques, ni le sens, ni la valeur réelle, j avoue ne comprendre

18 malgré entoure. tout le bruit

INTRODUCTION et toute l'autorité dont on les

VI J'ai voulu esquisser la situation du prorapidement blème de l'intelligence philosophique pour mieux pré« la ciser la position de la question dont je m'occupe, de la main », et surtout dans lequel psychologie l'esprit toute la délicatesse de ces si envisager j'ai cru devoir études. complexes Je m'explique. On oublie la sensation de toujours la vie, et, voulant schématiser les nombreuses données ses multiples on envisage de l'existence, aspects, ces aspects sous l'angle d'une faculté isolée, toujours en lui-même. d'un élément considéré C'est le cas de De nos jours, les données tous ceux qui expérimentent. sont empreintes, me semble-t-il, de de la sensibilité action, que jadis. 11 y a dans chaque plus de conscience dans chaque une exigence dans chaque geste, pensée, à d'autres On est revenu peu connue époques. par à réenvisager la vie dans son ensemble, côtés d'autres dans sa grandiose construction tout métaphysique, le souvenir des tendances et des en gardant précis non seulebesoins psychologiques qui demandaient des choses mais aussi le « comment». ment le pourquoi tous de la métaphysique, souvent sans Nous faisons et en même l'ennui le savoir ; c'est le charme temps consdomaine réel de notre de la porfée praliquedu le soin et la cience. Laisser aux expériences futures denousdécouvrir les données et les causes possibilité

INTRODUCTION intimes

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de nos sensations est une besogne labobelle, mais n'avance en rieuse, qui ne résout pas et surtout nos besoins rien actuels. il ne faut individuels Car que l'expérience pas oublier n'explique jamais l'expérience. Toutes les formules celles de pragmatiques, W. JAMES, comme celles de SCHILLER, et toute la discussion si intéressante des philosophes anglo-américains ne représentent ; or, foute que des conséquences vérité ne peut avoir des conséquences immépratiques et puis, la vérité n'est dans diates; pas uniquement les conséquences Le grand de ceux tort pratiques. font de la a été de qui psychologie n'envisager la vie en elle-même, telle sous sa est, que qu'elle forme sensible. Nos travaux et nos recherches manet le travail le plus quent large, banal, d'atmosphère le plus médiocre des philosophes a, à cet classiques d'horizon. on comprend facileAussi, égard, plus ment de certains peu dogmatique l'esprit expérimendes pescurs de soit disant états taux, d'âme, qui sont de rigoureux mais dont les observateurs, parfois recherches souffrent d'une atmosphère trop peu aérée. On a souvent faussé la belle conception scientifique de la mesure. Le physiologiste qui ne pèse pas avec autant de précision corlains enrephénomènes qu'il est-il moins gistre, scientifique que le psychologue qui croit avoir décrit un phénomène en psychologique mesurant en dixièmes de millimètres la courbe graà la suite du claquement de ses simplistes phique mains? et tous les psychologues Non, expérimentaux le savent, mais il est cxlreniement difficile d'enseigner de surtout à ceux sont l'esprit, l'expérience qui

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INTRODUCTION

nourris de vagues idées générales et dépourvus de toute finesse psychologique. Ce livre n'a que la prétention d'être une monodans le sens large du mot — graphie expérimentale— d'une question mais peu connue, pas du tout étudiée, dont chacun à la suite d'une analyse introstrouvera, pective, des indications qui préciseront l'esprit qui a Tout en travaillant guidé son auteur. expérimentalement, tout en tenant rigoureusement compte des faits et des observations nous n'avons enregistrables, pas voulu nous arrêter seulement aux données immédiates du fait. Et en cela, tout en étant pénétré par l'esprit de la méthode nous avons voulu rattacher à scientifique, chose de «vivant», à des faits de la vie, les quelque et les observations données ; nous avons voulu trouver une hypothèse mais qui fût une conclusion nécessaire, en construire nullement une, une possibilité d'élargir, de classer, d'encadrer nos observations. Aussi, depuis les quelques années que j'étudie les phénomènes subde penser à conscients, je n'ai pas cessé un instant notre sujet. Le plan primitif du travail était de faire sur le sens musculaire, une monographie sur la psychodu mouvement. J'ai étudié, et physiologie analysé le sens musculaire sur des centaines expérimenté de sujets et sous tous ses aspects depuis l'histologie la physiologie La besogne a jusqu'à expérimentale. été longue, mais féconde pour ma pensée ; j'ai appris à connaître mon sujet. J'espère complètement publier un jour mes recherches J'ai la conviescientifiques. lion expérimentale que le sens musculaire existe, qu'il a un terrain fout aussi défini que foules les autres sensations. La grande masse musculaire, de même que

INTRODUCTION tous les

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tissus tendineux ont une sensibilité presque et qui joue un rôle considérable dans l'orgaspéciale nisme. l'innervation musculaire est Histologiquement, comme on le sait, dans une phase nouvelle et entrée, on est sur le point de dresser la topographie des trajets neuro-musculaires, déjà délimités par certains auteurs. entre temps, travaux ont Mais, plusieurs soit des revues générales, soit des paru sur ce sujet, L'idée tout particumonographies. qui m'intéressait c'était motrice au lièrement, ; mais l'étudier l'image serait revoir toute la physiopoint de vue psychique serait faire un chapitre et pas considérable logie, on connaît la littérature si riche des nouveau, quand mouvements oculaires ou encore celle de par exemple la pathologie sensitivo-sensorielle. « le mouvement » à plus d'une Etudiant reprise, nous avons été surpris liés par certains phénomènes intimement à la genèse, à l'évolution et à l'involution des images motrices. Le problème s'est élargi petit à et comme il arrive pour tous petit dans notre esprit, les sujets avec lesquels on a vécu et qu'on un connaît sien. Les préoccupeu, on finit par le croire naïvement la manière les questions mentales, pations d'envisager subconsciemment et on est conduit s'y greffent logivers une conception quement plus large, plus philoAussi je ne donne ce travail sophique. que sous la essai ; j'ai essayé l'orme d'un simple de préciser non seulement un problème mais d'exposer psychologique, des idées personnelles sur le mécanisme subconscient de la pensée ; je n'ai jamais perdu de vue l'expérience et je n'aurais mon éducation pu faire autrement, proétant toute prement philosophique expérimentale.

INTRODUCTION Mais voulant tenir compte de la sensibilité de la vie, des besoins et des tendances psychologiques de l'orintellectuel son affinité pour les ganisme malgré nous sommes de nous rendre curieux croyances, compte du pourquoi et du comment de ses penchants émotifs. Loin dénia pensée de toucher à la métaphysique de la question ; volontairement j'ai voulu faire oeuvre de psychologie, subconsciemmais, peut-être et ma symmenf, nies penchants pour la métaphysique ont pathie pour les spéculations philosophiques dirigé mes pas vers le domaine des abstractions, partant, loin de mon sujet. L'idée qui domine fout ce travail n'est autre que celle d'un psychologue expérimental qui désire élargir l'esprit de ses observations et qui ne s'est pas contenté du fait simple, brut, mais qui se sentant vivre et ayant l'esprit ouvert à toute vérité s'est penché vers la vie, essayant d'interde ses aspects, de la comprendre préter quelques-uns avec son peu de savoir, d'analyser et de concevoir l'être en activité, comme disait Goethe. La psychologie de la main est, en effet, un sujet des car la main représente plus complexes, pour moi le elle serait en siège principal de la sensibilité motrice; d'autres mots l'organe sensoriel de la mofilifé, comme la peau est celui de la sensibilité tactile et l'oeil celui de la vision. Je dis qu'elle est l'organe principal, car le siège physiologique de la sensibilité motrice est le dissémuscle, mais ce n'est que l'élément fondamental miné d'ailleurs dans tout l'organisme sur une surface si considérable cl. arrivé, particulièrement dans la région de la main, par la synthèse des multiples à constigestes cl formes d'activité si différenciées,

INTRODUCTION Le un siège sensifivo-sensoiïel. tuer un organe, mouvement est l'élément le plus intime de la pensée ; et nous examinerons la psycholonous analyserons seulement en tant qu'il se trouve gie du mouvement à la psychologie de l'image motrice, dont la rattaché le foyer principal. Nous laisserons main représente de côté les données histo-physiologiques et purement pour ne nous occuper que de la psyphysiologiques Mais pour donner une monochologie de la question. sur la main, pour mieux délimiter graphie complète la portée et le rôle de la main, nous avons passé en revue tous les chapitres de notre sujet, depuis la chirode la main jusqu'à de mancie et l'anafomie l'analyse motrice. Nous voudrions l'image préciser l'imporde la main. tance, la valeur et le rôle psychologique si Si par hasard nous avons attaqué le problème, ardent et si sympathique à toutes les foules, de la divination notre point de vue a été chiromantique, d'aborder L'oeil u'a-t-il l'aspect social de la question. pas l'art, la couleur et la lumière comme extériorisation sociale? L'oreille n'a-t-elle pas la musique comme des bruits divers et portée sociale et l'interprétation La peau, de la vie sociale et de la nature? compliqués d'activité n'aavec ses multiples formes sensorielle, immédiate des t-elle directe, pas la connaissance et si fines du monde objectif et notions si précises et de l'atmosphère sociale ou cosmique qui extérieur nous entoure ? La main, par la toute particulière sensibisynthèse motrice et tactile qu'elle représente, bilité de contact, thermique, musculaire, douloureuse, de chatouillement, de relief, sensation de pression, le plus tanle point le plus précis, etc., représente

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INTRODUCTION

extérieure. Si la lumière, gible de notre objectivation de la rétine, sensibles nous qui frappe les éléments du milieu ambiant, renseigne sur la clarté et l'obscurité et si, par la prodigieuse et riche des connaissance milliers de nuances des couleurs, l'oeil non seulement nous ravit, mais enrichit notre intelligence sensible, il ne nous donne que des notions de rapport, des rapdont la physique et l'expérience vériports lointains, fient seules la réelle portée. Il faut que la main touche les choses pour sentir elle-même, expérimentalement, la notion de cette vie extérieure sur laquelle les autres sens ne font que nous documenter. La peau et toutes les formes de la sensibilité tactile nous donnent quelques notions plus directes de cette vie extérieure, mais ce sont des données brutes, grossières et empresque, d'une subjectivité considérable. 11 faut que preintes la main touche les choses, il faut qu'elle délimite bien, les contours des objets sentis, vus,. musculairement, se précise en perçus, pour que la vie tout entière bloc et d'une manière définie à notre intelligence. les traditions et les croyances des Inconsciemment, ont attaché à la main le grand rôle qu'elle peuples de l'avenir. Le creux de la joue dans la divination avec la géographie si compliquée des lignes main, les arabesques si curieuses et si indéqui dessinent chiffrables à cause de qu'on connaît, a été considéré, cela, comme le résumé de toute la vie, du passé et de l'avenir. avait trouvé dans cette surface L'astrologie de quoi loger foute sa rêverie microscopique grandiose et tout le firmament étoile. Aussi, qu'on ne considère pas l'attention accordée à la divination chiroà la possibilité de définir mantique, psychiqueinenl

INTRODUCTION La main définit l'être comme superflue. l'individu, humain plus que l'oeil, plus qu'aucun autre domaine sensoriel et les phases de notre vie y laissent plus de traces qu'ailleurs. L'être humain, dans sa plus intime structure psychique est un organisme craintif, inquiet, de s'il n'est pas inconscient ; d'où la préoccupation de notre future évolution sociale l'avenir, l'inquiétude La chiromancie et son grand succès, ou psychique. son éternel succès, sont, explicables par cette crainte et par cette curiosité. Nous n'avons jamais perdu de vue l'aspect psychogique de notre sujet, et il nous a paru plus logique de nous contenter d'une exposition précise et documentée et sur des des faits, que de discourir sur des abstractions L' « image motrice » est étroitehypothèses possibles. ment liée, par la définition que nous lui donnons, d'après à la connaissance du subconscient, son contenu, de ce grand tout qui caractérise plus que n'importe au mécanisme le plus délicat, quel fait la psychologie, le plus intime de la pensée. A ce titré, les hypothèses et les constructions des données possibles seraient de facilement formulées. Nous nous contenterons de ses de la délimitation du problème, l'exposition et la seule hypothèse données, que nous oserons c'est celle qui se rapporte à « l'intuition », esquisser, revenir sous sur lequel nous comptons phénomène peu dans un autre travail et qui, à son four, évoque le problème encore plus ardent : celui de la possibilité de penser sans image. Le mouvement peut exister sans en lui-même et il peut définir une sensation, avoir besoin d'une épithète, d'une image résiduelle comme on a l'habitude de le croire. Notre conception

2ii

INTRODUCTION

est un peu différente de la de «l'image motrice» et nous l'avons des images classique conception pour ne pas provoemployée et uliliséc précisément quer une-confusion par anticipation. Tel est l'esprit de ce travail. Son contenu est varié et il touche à toutes les sciences et à tous les aspects du sujet. Nous serions heureux si nous avions pu arriver à faire cette synthèse des problèmes disparates et nombreux, autour de l'analyse psychologique de la la portée, la main, et en même temps à délimiter valeur et le contenu d'un phénomène psychologique plus complexe et plus délicat : « l'image motrice ».

CHAPITRE

PREMIER

LES SCIENCESDIVINATOIRES CIIIUOMANTIQUES

I La vie est intéressante en elle-même ; elle l'est surtout par les coefficients émotifs, par la sensibilité que nous y mettons ; elle n'est, autrement, qu'une suite longue et banale de besognes, de luttes et de conflits qui, parfois, ne manquent pas de beauté, mais qui, dans le plus grand nombre de cas, sont dénués de de toute préoccupation loute sensibilité personnelle, des cimes n'est rcspirable intellectuelle. L'atmosphère que dans notre pensée, dans cette vie intérieure dont l'éinotivifô nous affranchit souvent du pacte social, de la vie quotidienne dans laquelle nous nous confonà la vie subconsciemnient dons, nous abandonnant anonyme des masses, à cette vie sociale que certains hélas ! nous présentent, penseurs contemporains comme l'idéal, comme la forme définitive où nos doivent et peuvent s'épanouir ou se crissensibilités talliser. de ce mot « définiOn sait pourtant la signification tif » et la portée réelle de son contenu ; on sait que de toute c'est une affirmation verbale dépourvue

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CHAPITREPREMIER

intellecfualité et qu'on répète automatiquement et en inverse de la pénétration et de la mentale rapport finesse d'analyse de l'observateur. De tout temps, la connaissance de l'être humain a été l'effort le plus remarquable, le plus obsédant et le de la raison, de l'intelligence plus immédiat s'analysant elle-même, cherchant des points des d'appui, ou des états émotifs dans ses propres justifications élaborations Ce qui se passe dans la mystérieuses. ses souffrances comme ses évolutions et mentalité, ses formes futures ont toujours passionné l'insatiable raison humaine, surtout à cause de l'angoisse de l'inconnu et de la soif de bonheur et de bien-être qu'elle à cause môme delà source éprouve subconscienmient, de ses forces psychiques, du goût de la vie, de ce de l'euphorie de la sensation de la vie qui principe passe... On désire se connaître, on l'a toujours désiré, et l'avenir est devenu plus tentant et plus troublant du moment où l'on a cru pouvoir pénétrer la pensée, le cette présent et même le passé de notre personnalité, d'émofivifés si diverses, si multiples et si agrégation anodines. On trouve dans ce désir subconscient toute la psydes croyances, et l'on comprend aisément chologie le succès des sciences divinatoires. La raison humaine ne se contente de saisir pas seulement quelques de son mécanisme mais elle pousse infime, rouages la curiosité vouloir saisir la trace même de jusqu'à sa genèse ; elle s'attendrit quand elle ne s'effraie pas ; elle brode autour de quelques données métaphysiques devant de quand elle ne se prosterne pas aveuglément

C LES SCIENCESDIVINATOIRES IIIROMANTIOUEK

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froides idoles, leur confiant tous ses rêves et sa troublante émotivité. nous donne bien peu la vraie science, La science, dont nous avons tous de cette émotion individuelle soif; elle est grave et sévère, et, dans sa belle mission, elle jette les humbles graines de vérité, sans s'inquiésans vouloir embrasser à ter du sort de la semence, ni toutes les connaisla fois ni la vérité tout entière, sances possibles. D'autres esprits, d'autres chercheurs ces vérités, les interpréteront et les comreprendront un jour lointain, pour qu'un jour, perdu pléteront où coule notre notion de l'infini, toute dans l'espace dans sa beauté froide et grandiose. la vérité apparaisse dans l'éternité avec la joie Un vrai savant s'endort un d'avoir fait quelque chose, d'avoir pu comprendre nouveaux faits au ajouté quelques peu plus, d'avoir Un vrai savant bagage des connaissances acquises. — au moins, l'inconnaissable il devrait le regarde — soit avec courage soit avec et froideur, regarder une certaine poésie qui, si elle n'est pas religieuse, est toujours pleine d'une majestueuse métaphysique. Mais le reste de l'humanité, de l'humanité qui n'est a plus de hâte ; pressée de savoir et de pas savante, elle est naïvement De là, sa connaître, exigeante. occultes et l'avidité avec passion pour les sciences En effet, il est si facile de laquelle elle les recherche. leurs données arrivent formuler à que ces sciences contenter tout le monde et toutes les intelligences : le scrupule étant remplacé scientifique par une criles conclusions deviennent tique large et bienveillante, elles se mêlent de poésie, et les forplus élastiques, mules scientifiques se transforment en bréviaires lifté-

'M)

CHAPITREPREMIER

raires à la portée de toutes les pensées. La foule, aisément croyante, est toujours pleine de sympathie pour ces formules : elle trouve de la profondeur aux plus cl s'incline devant fout ce qu'on banalités, grandes sait lui imposer par l'autorité, l'adresse ou la sentimentalité. J'éludie depuis des années les connaissances acquises sciences occultes, surfont par les différentes par les « sciences psychiques soi-disant » qui jouissent encore d'une si grande faveur. J'avais eu l'intention de soudans nos laboratoires, mettre, dès le commencement, à la vérification les quelques données expérimentale, de ces milieux qui sont comme la monnaie; courante -voire des milieux publics les plus extra-scientifiques, la chose est l'aile. intelligents. Aujourd'hui, Dans ce travail, j'essayerai de formuler les données les plus précises et d'une portée vraiment générale, qui sont le résultat de mes recherches sur la psychologie des de l'aire, en d autres investigations chiromanciques, un essai sur la « Psychologie de la main », fermes, de laborapsychologie appuyée sur des recherches toire et sur des recherches psycho-sociales. Je liens à déclarer, avant de passer à l'exposé de nies recherches et au contenu de ce livre, (pion a fort de mépriser en bloc les sciences occultes : on trouve dans les travaux de leurs adeptes des documents d'une valeur réelle, et foules contiennent quelques données mais réellement vraies. Qu'on déformées, amplifiées, est la plus riche n'oublie pas que la vie. individuelle ces sciences, source de vérilé ; avant de critiquer d'innombrables qu'on qu'elles synthétisent songe de milliers d'années, dont expériences, expériences

LES SCIENCES DIVINATOIRESCII1R0MANT1QUES est empreinte consciemment la vie humaine 11 s'agit d'une expérience subconsciemment. ancestrale.

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et surtoul en somme

II

de la chiromanJe ne tiens pas à faire l'historique des connaissances en ce cie, ni la synthèse acquises Je désire seulement métier psychologique. exposer mes recherches et mes idées dans h; rapidement domaine de la psychologie de la main, esquissant données en toute hâte, quelques seulement, générales de la longue série d'investigaet donner un chapitre où j'ai soumis à ailleurs, tions, qui seront exposées la du hasard, allant jusqu'à le problème l'expérience de la tireuse de cartes et de la diseuse psychologie mes recherches de bonne aventure. Dans niestravauxef travaux sur la croyance dans les rêves prophétiques, déjà anciens et datant du début de mes investigations j'avais déjà pris date, comme nous psychologiques, le disons en science. les sciences dites On a étudié la main dans de vue difféà deux surtout points psychiques rents : au point de vue de la « physionomie », de alors comme de la main, et on la considère l'aspect au faisant de la chirognomonic ; ou encore partie des lignes de la main point de vue de l'inspection

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CHAPITREPREMIER

l'avenir ; l'étude tient dans ce second pour deviner cas de la chiromancie. Ces deux sciences et anciennes ne prétentieuses font en somme seule les différents qu'une malgré de vue dans lesquels se placent les maîtres points les plus autorisés de ces hardies mais menues invesdu caractère humain. La première de ces tigations la chirognomonie ne s'intéresse sciences, pas à elle n'analyse et l'avenir; que les données du présent aucune elle n'envisage ; mais elle se proprophétie de connaître, de classer le caractère pose seulement humain d'après la simple inspection des mains. La au contraire, est une science purement chiromancie, divinatoire de saisir la trame mys; elle a la prétention térieuse de l'avenir, de fixer les grandes étapes de notre future et de préciser non seulement nos biographie futures douleurs mais les chagrins d'ordre psychiques, ou familial. moral, individuel Les livres classiques de chiromancie, de môme que les chiromanciennes émérites nous dévoilent facilement les chagrins des êtres que nous aimons, qui sont liés à l'évolution de notre vie, et avec le calme le ces Pythonisses nous parlent des plus obséquieux même de notre famille par alliance. L'esprit chagrins comme on le voit, brode inutilehumain, toujours ment et systématiquement, naïvement, quoique autour de la plus banale Il désire intuition. avoir une métaphysique toute prête à sa conception mentale du moment présent. Les livres, les discussions ne manquent pas dans chacune de ces deux soi-disant et depuis sciences, la plus légendaire, dernières edil'antiquité jusqu'aux

LES SCIENCES DIVINATOIRES CHIROMANTIQUES

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ceux qui entre les mains de tous lions populaires tout il y a des bibliothèques savent lire ou écrire, mais la grande majorité de ces ouvrages ne entières; les quelques données font que rabâcher personnelles des auteurs connus ou de ceux qui ont ajouté quelques menus faits par l'expérience de leur métier productif Dictionnaire nous donnera les et facile. Le premier « chirognomonie ; les articles », classiques aperçus <( chiromancie » et « main » du Grand Dictionnaire sont parmi les mieux faits. Il y a des Larousse dans le données et claires précieuses également Lexicon. Il faut également citer l'article Meyer's « Main » du Dictionnaire de J. COLLIN DE Infernal en 1818; la édition parut PLANCY, dont la première sixième édition est la plus complète ; elle a été publiée vers 1863 (Henri Tous les Pion, imp.-édit., Paris). sont judicieusede ce dictionnaire renseignements ment catalogués et analysés avec une réelle compétence. Le Dictionnaire des Sciences raisonné du xviii 0 siècle, ou en d'autres mots YEncyclopédie de DIDEROTet d'ALEMBERT nous relate seulement l'opinion de CUREAUDE LA CHAMBRE et celle plus favorable du père DELRIO. NOUS trouvons citée cette curieuse jésuite phrase de MUNSTER sur l'usage de la chiromancie par les bohémiennes, ce qui donne une idée assez exacte de l'esprit du XVIII0 siècle : Anus eorum chiromanlise cl dioinalioni intendunt, alque intérim quo quoerenlibus dant responsa, sicut maritos, uxores, quoi pueros, habilari miro astu et agilitale emmenas quxreniium rimanlur et évacuant (Lib. III, p. 257). Voir aussi « Chiromancie » du même l'article Dictionnaire, t. III, M. DCCLIII, p. 349. Pour le xvc et xvi° siècle, il 3

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CHAPITRE PREMIER

faut se référer auxprécieuxrenscignemcnls de IL CORN, le contemporain AGRIPPA (Nettesheim), si célèbre d'Erasme De incertitudine et ; il faut lire surtout vanilate en 1530 à Anvers. Il scientiarum, publié existe deux traductions l'une faite en françaises, en 1726, faite 1682, par TUREPET et la seconde par GUEDEN. Il faut lire encore De Occulta philosophise (1531), du même auteur, traduit par A. Levasseur en 1727. On peut aussi trouver des renseignements intéressants dans La Magie au dix-neuvième siècle par GOUGENOTDES MOUSSEAUX.A lire également PAPUS (1), Traité des sciences 1882 ; méthodique occultes, LEIIMANN : Aberglaube und Zauberei (2) et PHILIPPE MAY DE FRANCONIE : La chiromancie médicinale, d'un traité de physionomie et d'un aulre,. accompagnée des marques qui paraissent sur les ongles des doigts. Trad. fr. par TREUCHESDE WEZHAUSEN. La Haye, chez. Levijn van Dyck, 1665, 1 vol. in-12, volume intéressant surtout pour ses 32 planches en taille douce, et (1) A lire aussi du même auteur : Les arts divinatoires, graphologie, chiromancie, physiognomonie, astrologie. Brocli. in18 ; Bibl. Chacornac. Collection des articles publiés dans le « Figaro ». (2) Alfred LEIIMANN,Aberglaube und Zauberei von dm alleslen Zeilen an bis in die Gegenwarl. Deutsche autorisierte ausgabe von Dr Peterscn. Stuttgart. Verlag von Ferdinand Enke, 1898, 1 vol., 557 p. ; pp. 180-185. Bibliographie riche mais de seconde main. On trouve également des renseignements généraux dans K. SPRENZEL,Versuch eincr pragmnlischen geschichle der Arzneikunde. Autl, 3 Bd 3-4, Halle 1827— et dans KIESEWËTTKU Geschichle der neueren Oe.culC. lismus, Bd 1 u. 2 Leipzig 1891 et 1898.

LES SCIENCES DIVINATOIRES CIIIROMANTIQUES

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Nous avons utilisé un grand des plus documentés. nombre de ses documents (1). Un livre des plus curieux à lire est aussi : L'art de lire dans les lignes et caractères qui sont dans les 1787. Amsterdam, mains, ou éléments de chiromancie. du nouvel occultisme : Lire aussi un classique FLAMEL HORTENSIUS (ELIPHAS LÉVI) — Le livre d'or, des destinées humaines au moyen de la chirévélations la nécromancie, la physioromancie transcendante, la cristallomancie, et toutes nomancie, la géomancie, les sciences divinatoires. Paris, Toirque, 1842, 1 vol. in-16. — On peut citer du même auteur : Dogme et Riluel de haute-magie, Paris, 1861, 2 vol. in-8. si puissant de l'école ANAXAGORE, le naturiste l'utilité d'examiionienne, mentionne déjà, parait-il, individuel. Sa ner la main pour saisir le caractère IN ChiroVONCOBURG FRANCKENLANDT, il) PIIILIPPI MEYKNS manlia Medica Mil einem anhang von dc.n Zeichen auf den Ndglen der Finger. Neben einem Tractaflein von rier PhyT siognomia medica. Kaag. 1GG7. el est le titre exact. Pour ce qui concerne la date, il doit y avoir une erreur, ou en tout cas l'exemplaire que j'ai eu entre mes mains, celui de la Faculté de Médecine de Paris (n° 7fi.879) porte la date écrite à la main, le bord la première page manque, 1 vol. 158 p. — pp. 1-100 et 101-124. La grande majorité des traités de chiromancie ont copié ou paraphrasé les données de PHILIPPE MAY FRANCONIE, le présage des ongles et sur les signes DE sur cabalistiques qui accompagnent les terminaisons des lignes. Le volume est considéré comme extrêmement rare, et à juste raison. M. Lrnest Bosc vienl de republier à la Librairie des Sciences occultes de Paris, on 1895, la traduction française de La chiromancie médicinale, etc., ayant trouvé par hasard un dans une bibliothèque d'un grand père maternel de Treusches de exemplaire de la première traduction Wezhausen, 1 vol., 199 pages.

36 théorie

CHAPITRE PREMIER des homoemeries

cadre admirablement avec sa de l'homme, mais je n'ai cosmologique conception du passage dont on parle pas pu trouver l'indication dans tous les articles et livres chirognovaguement DÉMOCRITE, RTÉMIDORE, A moniques. On cite également CHALCHINDUS parmi les anciens comme s'étant adonnés à des recherches de chirognomonie ; dans les temps modernes, le cardinal d'AiLLY, SAVONAROLE,le P. Niseulement QUET, etc. Ces derniers auteurs apportent Le Miroir astropersonnelles. quelques observations très curieuse logique du XVIIe siècle, une publication riche en documents et extrêmement précis malgré la naïveté de la rédaction, est à lire ; à ce sujet, on trouve une classification étrange des mains, classification qui est loin d'être banale, mais pleine de confusion, et d'autant plus dangereuse qu'elle est formulée d'une manière Le chevalier quasi dogmatique. S. D'ARPENTIGNY (1), connu surtout par son talent d'écrivain en 1843, un très humoristique, publia, sur la « Science curieux travail de la main ». Il réussit à attirer l'attention d'un public plus sérieux, déjà distrait des anciennes préoccupations chirognofonder une moniques, quoique cet auteur prétende de la main. Il nouvelle selon l'inspection science, annonce qu'il s'est guidé dans ses conclusions par des recherches et par la logique de l'observation sérieusement coordonnée. La (I) S. d'Aupp.NTiGNY, science de la main ou arl de reconnaître les tendances intelligentes d'après les formes de la main. Paris, 1865, 1 vol. in-12, 3e éd., 348 p. Première édition : Chirognomonie ou la Science de la main, par le capitaine d'AiiPENTiGNY, Coulon-Pineau, 1856.

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III La chiromancie a une histoire plus connue ; on la première du moitié n'a guère recouru jusqu'à aux données de la chirognoxixc siècle spécialement, dans une seule et même science : la monie, confondues Les anciens connaissaient non seulement chiromancie. de cette science, d'ailleurs à la portée les principes de n'importe si humble fut-elle, quelle intelligence, mais ils les utilisaient avec art et avec une connaissance parfaite du métier. C'est dans la Kabbalah Aux Indes, qu'on trouve des traces de la chiromancie. il en très appréciée, la chiromancie était, paraît-il, chez les Égyptiens était de même chez les Chaldéens, et chez les Hébreux. à titre d'historique, le curieux Ici, il faut évoquer, à savoir si la chiroproblème qui reste à résoudre, mancie est née indépendamment de l'astrologie ou si elle n'est qu'une application immédiate des sciences Il n'est fait nulle part. ; Phistorique astrologiques n'existe que de vagues opinions. La chiromancie ne semble être pour moi qu'une nouvelle de l'éternelle application astrologie, application une évocomme qui doit être considérée lution de la position du problème des sciences divinatoires. Pendant tout le moyen âge, voire même dans les temps modernes, les Traités ont accordé une estime toute particulière à la transposition des horoscopes astraux dans la divination chiromanlique. En dehors de la terminologie de la chiromancie,

38 toute presque cpii fourmillent logie, arrêtent Celle évolution étudiée. Nous rait constituer

CHAPITREPREMIER

les signes cabalistiques, astrologique, dans les traités de Kabbale et d'astrocontinuellement l'attention des initiés. serait certainement intéressante à être la signalons car elle pourseulement, de recherches nombreuses et l'objet vu la richesse des documents et la vaqui constitueraient, leur historique des problèmes humaines des croyances codifiées, le sujet d'un livre. Nous citons en note queldont la lecture nous instruire ques auteurs pourrait sur l'astrologie et la position des problèmes, mais qui malheureusement n'ont même pas été attirés par cette curieuse et intéressante genèse de la chiromancie (1). auteurs et particulièrement D'après d'autres d'après le psychologue danois ALFRED LEHMANN, la chiromancie aurait une origine Celte manière indépendante. de voir peut certainement se défendre surtout quand de la chiromancie n'est guère fait et l'historique (1) En dehors des traités de ELIPIIAS LÉVI (Histoire de la (La Magie, Paris, 1860) et A. MAURY Magie el VAstrologie dans l'antiquité et au moyen âge, Ed. 4, Paris, 1877), SAYCE(The Astronomy and Aslrologg of l/ie Dabbi/lonia, I. Transaction of the Society of Biblical Archaeofogy. Vol. 3, 1874), LENORMANT (Die Magie und Wahrsagekunsl der Chaldiier. Jena, 1878), FRANCK (La Kabbale, 2e éd., Paris, 1889), il faut lire : SCHOTT, Magia Universalis nalurac el arlis. Tm. 1-3, Herbipol, 1G87; KOPP, Die Alchemie in altérer und neurer Zeil. T. 1-2. HeidelDes berg, 1886; BKRTHELOT, origines de l'Alchimie, Paris, 1885; De BEUCHLIN, arle Cabbalislica, Hagenau, 1517, Fol.; CACCAEUS, Aslrologiae methodus, Bascl, 1576, Fol., et les écrits sur la magie de IIALLÉ(J. S.), de PORTA,de I. N. MARTIUS (surtout.Unterrichl von der Magia naturali und derselbcn medicinischen Gebrauch. Frankfurt und Leipzig, 1851), et de Jou (J.G.), Anleilung zu den curieuser Wissenschaftcn, Phgsionomie,Chiromanlie, Astrologie. Frankfurt und Leipzig, 1737.

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se contentent de généralement -quand tous les auteurs sans contrôler ne recopier mutuellement la moindre citation. Il faut se souvenir avant de critipourtant, de travail, que la plupart des traiquer celle méthode avoir puisé leurs savants tés annoncent horoscopes dans des traités arabes ou grecs, et dont ou anciens, Il existe dans toutes les bine trouve guère la trace. du monde ; j'en ai trouvé au British bliothèques et on m'afMuséum, il y en a à la Bibliothèque nationale, firme qu'il existe des quantités dans les de manuscrits d'un pareil travail bibliothèques d'Allemagne. L'objet mériterait toute l'attention des héritiers des croyances de l'humanité systématisées pensante. Ne connaissant chiropas la genèse des sciences et étant sur les sciences manliques, plus renseigné et sur la Kabbale, cette seconde opinion astrologiques Le Dr LEHMANN cite à nous paraît plus critiquable. du fait que les Bohémiens les l'appui représentaient vrais maîtres de la chiromancie, ce passage du Faustbuch de WIDMAN (1550) : « Quand le D 1' Faust, écrit cet auteur, avec ses compagnons chez légers arrivait les Bohémiens ou chez les Tartares no(Zigeunern) mades (Herumziehende il demeurait Tatarcn), longuement chez eux et il apprenait d'eux et d'après sa prola chiromancie et comme on peut prédire pre opinion n'ont d'après les mains (1). » Les magiciens européens traité que très tard de la chiromancie et on remarque dans leurs écrits des essais d'une de constitution science. d'iNDAGiNus, un des plus vieux ouvrages L'ouvrage (1) Alfred LEIIMANN,op. cit., p. 181.

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CHAPITRE PREMIER

la chiromancie, n'est aux yeux de M. LEHMANN qu'un essai d'encadrer (« ist zwar ein anerkcnnensdans l'astrologie, werter Versuch ») la chiromancie « Mais les principales, ainsi qu'AcniPPA le relate. de la chiromancie ne s'endoctrines, écrit Lehmann, ». Ce qui cadrent absolument pas dans l'astrologie prouverait aux yeux de cet auteur que la chiromancie de l'astrologie. Pours'est développée indépendante des sept monts par les noms des tant la dénomination sept planètes, cités d'après INDAGINUSpar M. ALI-HED. LEIIMANN, et le travail môme du classique IOANNES, cité à satiété par tous les auteurs, font qu'on se demande pourquoi il ne serait pas possible de consicomme une application dedérer la chiromancie l'astrologie? Toutes les sciences divinatoires de la procèdent et des quelques rapports contemplation astronomique et surtout plus ou moins constants liés consciemment des husubconsciemment aux gestes et à l'avenir mains. La chiromancie est alimentée par le même esprit et qui devient même plus précis. C'est ainsi medicinalis. L'orgaque fut fondée la Chiromanlia nisme humain portant en lui et avec lui toute sa en germe des évosource de vie et toute l'évolution lutions et transformations et ayant été futures, présidé par les astres, qui ont brillé le jour de sa naissance, il me semble lout naturel d'admettre que la ne fut qu'une astrologie humaine, orgachiromancie localisée dans la physiognomonique, microscopique, de la main. nie et dans la géographie La lecture de ADRIEN SICLER est extrêment instructive à ce sujet. Sa Chiromancie royale et nouvelle est

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docuun précieux recueil, nourri de faits, richement sur la sur les signes qu'on peut découvrir menté peau, signes qui tiennent de la Kabbale et de l'astrologie. ADRIEN SICLER qui cite presque tous les auteurs et qui note connus à l'époque (MDCLXVI) classiques ses observations analyse personnelles, soigneusement tous les signes plus ou moins cabaavec attention sur la surface de la figurer listiques qui peuvent main. et empreinte Il trouve, dans une préface spirituelle d'une érudition pour son époque, peu prétentieuse secrète et tout naturel qu'il y ait une correspondance » entre les signes intérieurs tracés « toute particulière sur la main et notre évolution future. La mam se plie, des figures est donc la multiplicité elle est mobile; logique. « Le cerveau, dit-il, qui ne se meut, ni ne se de de traits, quantité pas d'avoir plie, ne laisse de la psycholignes, et de figures. » Les recherches toutes sensiblement moderne changent physiologie la souces données mais, connaissant empiriques, on ne rhéloriciens, plesse de ces argumentateurs à leurs manières s'ils utiliseront saura pas s'étonner ce modernes. Tout nos données scientifiques volume est divisé en sept livres et cela pour rapporter les faits « aux sept planètes et aux sept étoiles », du Fils vit en la main droite que « saint Jean in dextera sua Stellas de l'Homme : et habebat septem ». Toute l'astrologie y passe ; tous les signes cabaKabbale et toutes les transmulistiques de l'ancienne et illustations astrologiques sont étudiés, expliqués de trés par de nombreux Les traités exemples.

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CHAPITREPREMIER

JEAN-BAPTISTE DELLA PORTA (1), de l'abbé JEAN BELOT, d'Isaac KEMKER, l'auLcur d'une fameuse Harmonie chide Georgius VALLA, un habile connaisseur romantique, des signes des ongles, les Ecritures saintes, et INDAGINEsont particulièrement mis à profit. Ce qu'elle a de curieux cette « Nouvelle chiromancie » et en quoi réside son importance au point de vue de l'influence des sciences sur la chirogénétique astrologiques c'est qu'on examine dans les sept livres les mancie, doigts et les signes qu'on peut déceler, les empreintes de toutes sortes : le doigt de milieu étant dirigé par Saturne (livre I), l'Indicateur par Jupiter (livre II), le creux de la main et le poignet, le Rascelte et la Plaine de Mars, par Mars (livre III) ; l'annulaire par le Soleil (livre IV), le pouce par Venus — la ligne de vie aussi — (livre V), le petit doigt par la planète Mer« les aphoriscure (livre VI), et le livre VII contient mes de chaque ligure qui se trouvera dans la percussion de la main, qui est sous l'influence de la Lune ». Mais on ne saura jamais attendre une démonstration précise en s'appuyant seulement sur les auteurs du moyen âge, compilateurs diligents, peu scrude la dipuleux, curieux et bavards quand ils traitent vination et des sciences que nous appelons aujourd'hui Sciences occultes. Les manuscrits non encore utilisés et l'étude des auteurs grecs nous renseigneraient certainement Le travail aura sa davantage. car rien n'est utilité, grande plus touchant que (1) J.-B. niîLLAPORTA, La Magie naturelle en quatre livres. Lyon M.DC.L. — Et son autre édition : Magiae naluralis, Anlverpiae, M. D. I.XI.

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d'une croyance sociale en marge de toute l'histoire de toute forme officielle, foute science, qui intrigue et vers le domaine la pensée de laquelle une société convaincue s'oriente d'avance et émue, toujours confiante.

IV comme ARISTOTE, ANAXAGrèce, les penseurs une imporCORE, PLATON, PTOLÉMÉE, etc., accordaient aux lignes delà main et à leur valeur tance considérable divinatrice. Les stoïciens et les péripatéticiens discouraient sur la chiromancie. Les pythagoriciens judes hommes gaient aisément l'esprit par les linéaments des mains et du visage MAY, pré(Philippe le fait que le Stagirique face). On cite partout envoya à Alexandre le Grand, son illustre élève, le livre sur la chiromancie en lettres écrit sur un d'or, trouvé autel dédié à Hermès, avec la plus flatteuse recommandation. Une traduction de ce livre, écrit en traduction arabe, fut faite en latin, que j'ai essayé de retrouver mais sans connaissance, pour en prendre arriver à aucun résultat. Je n'ai pas trouvé non plus la traduction de l'arabe du livre de TRISMF.GISTE dont nous parle ARISTOTE, qui aurait fait un traité qui serait traduit de l'arabe, par Jean HISPANUS, selon tous les auteurs ARISdu moyen âge et de la Renaissance. TOTE considérait la chiromancie comme une pourtant véritable science précise. On trouve dans VIndex Aristolelicus, de Hcrmannus BONITZ au mot y_sip tous les renvois des textes concerEn

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CHAPITREPREMIER

avec nant la main dans les divers oeuvres du Stagirite, la mention exacte des textes. Nous nous contenterons aux annotations de renvoyer les lecteurs de Bonitz, de BARTHEL. SAINTrésumant la traduction d'après les sources les plus importantes. HILAIRE, indiquant écrire tout un chapitre sur la main dans On pourrait ses idées sur la dynaet faire comprendre Aristote et fonctionnelle et cette curieuse mique organique avec un sentiment logique des faits pesée et analysée scientifique presque moderne (1). est la seule L'édition F. DIDOT des oeuvres d'Aristote et saisir que nous ayons étudiée pour mieux contrôler de Barthélémy Saint-Hilaire les traductions (2). CAMUS traduisit, en 1783, l'Histoire des Anise maux (3), mais la plus grande partie des références des animaux trouvent dans le traité Des parties (4). doit sa ANAXAGORE avait soutenu que l'homme à • l'usage de ses aux autres animaux, supériorité à la puissance de ses extrémités mains, supérieures. cette opinion dans le Traité des ARISTOTE critique Parties des animaux, dans une belle page, solide et écriinstructive. On sait que HELVETIUS et quelques vains du xvme siècle avaient repris les idées d'ANAXAGORE. Voici brièvement son argumentation. L'homme B (1) HERMANNUS ONITZ.Index Arislolelicus. Berolini. Typis et Impensis Georgii Reimeri, 1870, 1 vol., 878 ; voir pp. 847, 848. — mot X£'-POPÉRAOMNIA.Didot, 1848. (2) ARISTOTELIS (3) Voir aussi trad. allemande de A. KARSCH, 1855, Stutt gart. 1 (4) Voir aussi la trad. allemande de A. V. FRANTZIUS, 853, Leipzig. « Arisloleles ûber die Theile der Thiere. »

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des mains et des bras en place a reçu de la nature et des pieds des autres animaux. des membres antérieurs seul est l'animal droite L'homme qui a une station divine. Le privilège parce que sa nature est d'essence « c'est de penser et de de divinité de cette souche ». II serait difficile de penser que la partie réfléchir car le poids du corps était lourde, rend supérieure et l'activité sensorielle difficile grossière. l'esprit matérielle le corps des C'est la pesanteur qui abaisse n'a des mains que vers la terre. « L'homme animaux Les mains, en effet, sont parce qu'il est si intelligent. sait toujours comme le un instrument ; et la nature, attribuer les choses à un homme ferait sage, de s'en servir. N'est-il pas convequi est capable de cet une flûte à qui sait jouer nable de donner à celui qui a un instrument, plutôt que d'imposer à en jouer? La instrument de ce genre d'apprendre nature a accordé le plus petit au plus grand el au plus et non point du fout le plus grand et le plus puissant, au plus petit. Si donc cette disposition de précieux choses est meilleure, et si la nature vise toujours à réaliser ce qui est le mieux possible, dans des conditions données, il faut en conclure que ce n'est pas a des mains qu'il a une intelliparce que l'homme gence supérieure ; mais que c'est, au contraire, parce qu'il est éminemment intelligent qu'il a des mains. C'est en effet le plus intelligent des êtres qui peut se bien servir du plus grand nombre d'instruments. Or, la main n'est pas un instrument unique, c'est plusieurs instruments à la fois, elle est, on peut dire, l'instrument qui remplace tous les instruments. C'est donc à l'être qui était susceptible de pratiquer le plus grand

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CHAPITRE REMIER P

nombre d'arts et d'industries que la nature a concédé la main, qui, de tous les instruments, est applicable au plus grand nombre d'emplois (1). » Et plus loin : « La main devient tour à tour griffe, pince, corne, lance, épée, ou toute autre arme et tout autre instrument. Si elle peut être tout cela, c'est qu'elle peut tout saisir et tout retenir. La conformation même de la main a été parfaitement adaptée à sa destination naturelle. Elle est à la fois capable de s'écarter et de se diviser en plusieurs segments ; c'est parce qu'elle peut s'écarter, qu'elle peut aussi se réunir, bien que la faculté de se réunir n'implique pas nécessairement celle de s'écarter. On peut se servir de la main d'une seule façon, ou de deux, ou même de plusieurs. Les flexions des doigts permettent aisément de tout saisir et de tout presser. De côté, il n'y a qu'un seul doigt, et celui-là est court et épais, il n'est pas long. De même que sans la main on ne pourrait absolument rien de même on ne le pourrait pas davantage, si prendre, ce doigt n'était pas ainsi placé de côté ; il presse alors de bas en haut ce que les autres doigts pressent de haut en bas. Cette disposition était indipensable pour qu'il pût fortement serrer ce qu'il prend, comme fait un lien puissant, et que, dans son isolement, il pût égaler l'action de tous les autres. S'il est court, (1) ARISTOTE, Traité des parties des animaux, liv. IV, chap. x, §§ 15-16, p. 199. — Ed. Dr de Frantzius, p. 222. — Ed. Leng Kavcl, p. 122. — Préface BARTH. AINT-HILAIRE, Histoire des animaux, t. I, S pp. 136-138.

C LES SCIENCESDIVINATOIRES IIIROMANTIOI'ES c'est

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aussi qu'il ait la force indispensable, pour pas été du tout utile s'il eût parce qu'il n'aurait Il convient aussi été long. que le dernier doigt soit petit et que celui du milieu soit allongé, comme la rame au milieu du navire ; car il faut de toute nécescirculairement sité que l'objet saisi soit saisi surtout à ce qu'on par son milieu, pour qu'on puisse l'utiliser veut faire. C'est pour cela qu'on appelle le pouce le car on peut grand doigt, bien qu'il soit très petit; ne serviraient dire que, sans lui, les autres doigts à rien (1). » presque des ongles chez l'homme est La conformation nature, conçue par cette merveilleuse qu'ARiSTOTE admire sans cesse, selon le même plan. Les autres au animaux ont des ongles pour s'en servir ; l'homme contraire les extrémités pour défendre, pour protéger des doigts. L'esprit de finalité a fait aussi que, pour les flexions du bras soient disl'usage de la nourriture, de ce qui doit se passer chez les posées à l'inverse « Il n'y a rien dans les membres de quadrupèdes. devant des animaux ni qui ressemble quadrupèdes aux bras ni aux mains », écrit ARISTOTE (2). Et plus — loin : « C'est encore pour cela — l'utilité pratique animaux ont cinq doigts que quelques polydactyles aux pieds de devant, et qu'ils n'en ont que quatre aux pieds de derrière ; tels sont les lions et les loups, les chiens et les léopards. Ce cinquième doigt tient chez eux la place du grand cinquième doigt de la main. îl) ARISTOTE,Des Parties des animaux, t. II, liv. IV, chap. x, SS17-20, pp. 201-203. (2) ARISTOTE, Des parties des animaux, t. II, liv. IV, chap. x, g 21, p. 204.

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CHAPITREPREMIER

ils ont aussi cinq doigts Quant aux petits polydactyles, et afin aux pieds de derrière, parce qu'ils rampent, sur un plus grand nombre de doigts, ils qu'appuyés vers tout ce qui les montent plus aisément en rampant et est au-dessus de leur tête (1). » dépasse « Comme les acteset les mouvements des animauxsonf excessivement variés, soit pour le corps entier, soit pour les parties dont on vient de parler, il est de toute nécessité que les éléments qui les constituent aient aussi des forces non moins dissemblables. Pour certaines parties c'est de la mollesse qu'il faut; pour d'autres, c'est de la dureté; les unes doivent pouvoir se tendre, d'autres se fléchir, aussi les parties similaires ontpouvoir elles été douées partiellement de puissances el de propriétés de ce genre. L'une est molle, l'autre est sèche ; celle-ci est visqueuse, celle-là est cassante. Les parties ont aussi des fonctions non similaires et des forces très diverses, combinées entre elles de cent façons. En effet, telle de ces forces permet à la main de serrer les choses; telle autre lui permet de les saisir... C'est donc en vue d'une certaine fin qui doit être atteinte par cette cause, que ces dernières parties sont faites, comme on vient de le dire (2). » Voici comment ARISTOTE décrit la main : « Dans la la paume, et les doigts au nombre main, on distingue de cinq ; dans les doigts, on distingue encore la partie ; et celle qui ne fléchit qui peut fléchir, l'articulation Le gros doigt, le pouce, n'a qu'une pas, la phalange. (1) ARISTOTE, Des parties des animaux, t. II, liv. IV, chap. x, §22, p. 205. (2) ARISTOTE, Des parties des animaux, liv. II, chap. i, §§9 et 10, p. 79.

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en ont deux. La flexion nrficulation ; les autres en dehors, se fait toujours aussi bien pour d'ailleurs le bras que pour les doigts. C'est au coude que se fait L'intérieur de la main, la paume, la flexion du bras. raies. est. charnue ; et elle est partagée par plusieurs vivre longtemps, une ou deux Chez ceux qui doivent toute la main ; chez ceux dont de ces raies traversent il y a deux raies qui ne traversent la vie est courte, L'articulation de la main et du pas la main entière. ou carpe ; le dessus de la main est bras est le poignet, de muscles et n'a pas reçu de nom spécomposé cial (l). » Les hommes qui ont une raie dans toute la largeur — vivraient, de la main — une ligne sécante selon Cela parce que les animaux ARISTOTE, plus longtemps. dont la vie est courte sont précisément ceux qui n'ont les animaux pas d'articulations, aquatiques par exemserait donc vrai : les êtres qui sont ple; le contraire articulés doivent vivre plus L'intérieur longtemps. de la main ne doit pas avoir d'articulations très marla longueur réelle de quées ; le fait positif indiquerait la vie. Déduction et trop fortuite, sommaire trop comme la plupart des réponses à ses ingénieux proà relire. Pourtant si l'on blèmes, qui seront toujours (1) ARISTOTE, Histoire des animaux, liv. 1, chap. xu, §§3 et 4, pp. 04-66. « Vilac brevis signa plures in manu incisurae nec perpetuae ; contra longae vilae in manu nna aut duae incisurae longae ». — Fragmenta Aristotelica, 261, 1526 a, 18, 20 — apiid BONITZ, p. 848. « To't'ç u.sv [.laxpopîo!:;(xà xrtç '/s'.pôî Oivap -/.a! tir/jpT/ca!)É.V! oui! 81 ô'Xoo,xo'iz oï [bpa^j(i''oi; OJCTÏ où 3! 6'X.oo r, "TOI -ïTjVoià XTJÇstpôç TO[JI-^V y ïyouai oY oXr,? |j.«y.aaj}«ôispo'.Zia, 15, 493 b 33. » Apud. BONITZ, p'. 848, col. 2. 4

M)

CHAPITRE PREMIER

la in abslraclo, on peut concevoir facilement raisonne et pas démontrée, entre; le relation, quoique lointaine bien saine, bien accentuée, rapport d'une articulation vitale bien, signe d'une résistance large, fonctionnant à une articulation à peine assez grande par rapport ou ankilosée, comme les articulations dans mobile, des cas d'athétose (1). Le membre est un ensemble de parties qui forme un distout qui renferme encore en lui d'autres parties tinctes. La main ne se divise pas en plusieurs mains, comme le visage qui ne se divise pas en plusieurs à la pince de cervisages (2). La main est analogue tains animaux (3). Si on a des petits pieds, on a aussi de petites mains (4). « L'homme a des pieds plus grands que ceux d'aucun autre animal, à la dimension comparativement bien. Comme il est de son corps ; et on le comprend le seul être qui se tienne droit, les deux pieds devant à eux seuls supporter tout le poids du corps, doivent des avoir aussi longueur et largeur. La dimension dans les pieds doigts est, avec toute raison contraire, et dans les mains. La fonction des mains étant de saisir et de serrer les objets, il faut que les doigts soient la main enveloppe les objets longs, puisque saisis par sa partie fléchissante ; mais la fonction des pieds est de rendre la marche aussi sûre que (1) ARISTOTE,Les Problèmes, ibid., sect. x, parag. 49,2; p. 298 et sect. xx.xiv, parag. 10, 2e vol., p. 405. (2) ARISTOTE, Histoire des animaux, liv. I, chap. i, § 3 p. 3. (3) ARISTOTE,ibid., liv. I, chap. i, . § 8, p. 6. (4) ARISTOTE,ibid., liv. I. chap. xi, i.

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et l'on doit croire que c'est à cela que serf possible; comme les la partie du pied qui n'est pas fendue 11 est préférable soit fendue doigts. que l'extrémité plutôt qu'elle ne le soit pas. Car le pied fout entier la souffrance d'une seule ressentirait par sympathie de ses parties ; mais cet effet ne se produit plus autant des doigts telle qu'elle est. De plus, avec la division avoir beaucoup moins les doigts étant courts peuvent Voilà comment les pieds de l'homme à souffrir. ont et comment les doigts n'en sont divisions, plusieurs C'est encore la même raison pour que pas longs. l'homme a également des ongles sur les mains, dont les extrémités doivent être couvertes plus que tout le reste, à cause de leur délicatesse (1). » dit encore ARISTOTE, « a mis en nous deux Dieu, et à l'aide desquels nous organes qu'il nous a donnés les instruments la main dans extérieurs, employons le corps et l'intelligence dans l'âme ». La nature a l'ait l'intelligence ; la volonté n'y est pour rien. On ne sait se servir de ses mains de suite après la naisla nature les a comsance, mais seulement lorsque « Ce n'est, en effet, qu'après plètement développées. la faculté de nous servir de nos mains que l'intellien nous, gence se manifeste parce que les instruments de l'intelligence ne viennent aussi qu'après les instruments dont la main se sert. de Or, l'organe c'est la science ; car la science, l'intelligence, qui est à l'usage de l'âme, est comme la flûte au musicien Les mains ont aussi une foule qui sait en jouer. (1) ARISTOTE, Des parties chap. x, §§43 et 44, p. 220. des animaux, t. II, liv. IV,

CHAPITRE REMIER P mais la nature est antérieure d'instruments naturels; à la science, ainsi que tout ce qu'elle produit (1). » ARISTOTE, remarque « pourquoi sue-f-on davantage quand on se fatigue par un travail des mains, bien dans son état ordique le reste du corps demeure naire ? » La cause serait parce que cette partie du corps aurait plus de force, elle se rapproche plus de l'effort. Ayant plus de force à cause du travail on retient sa respiration, d'où la sueur. accompli Quand on se frotte les mains, Aristote croit, en outre, que quand nous que « nous faisons plus d'efforts frôlions tout autre membre », question d'ailleurs résolue presque dans des termes identiques par THÉOPIIUASTE(2). el. le refroidissement sont plus L'engourdissement perçus aux mains et aux pieds, selon ARISTOTE,parce étant un refroidissement, donc que l'engourdissement du sang, et les produit par l'absence et le déplacement inférieures et supérieures extrémités ayant peu de chair et beaucoup de nerfs et de muscles, les pieds se refroidissent plus vile que les mains, et les mains plus vite que les autres régions du corps (3). La main tremble quand on a peur, ainsi que la lèvre inférieure, parce que l'émotion de la peur supL (1) ARISTOTE, es Problèmes, 2 vol., section xxx, parag. 5, p. 336. L (2) ARISTOTE, es Problèmes, sect. n, parag. 5, p. 58. Trad. BARTII.SAINT-IIILAIRE. texte grec est à peu près exact ; le Le traducteur d'ailleurs attire l'attention de la difficulté, de traduction. Voir pour le texte grec. Même allusion an rapport de la sueur et de la respiration, voir Les Problèmes, sect. v, §25, p. 73. Les (3) ARISTOTE, Problèmes, sect. vi, parag. 7, p. 209.

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des parties supérieures qui descend prime la chaleur du corps — d'où la pâleur. La main, tout comme la du souffle voix, car dans la conception aristotélique les mains se rattachent à la poitrine, pneumique, le principe s'arrête puisque qui met la voix en mouvement s'est refroidi tout particulièrement. Les mains les organes et les lèvres sont, en outre, les plus mobiles et ceux qui ont le moins de sang, ajoute ARISTOTE (1). se proGALIEN, tout nourri de l'esprit aristotélicien, nonce contre l'avis d'ANAXAGORE sur la main, sur son rôle exclusif au point de vue de l'intelligence humaine. Comme ARISTOTE, il croit qu'ANAXAGORE avait pris l'effet pour la cause. Il n'est pas pourtant du même avis qu'ArusTOTE sur le rôle des ongles ; il n'en aurait Futilité physiologique. pas bien compris GALIEN a consacré tout un chapitre à la main. il nous Enthousiaste, curieux, documenté, toujours donne un résumé excellent de la psycho-physiologie de la main. Curieux il nous a laissé observateur, des pages excellentes avec relira qu'on toujours et que tous les auteurs d'ailleurs ont utiplaisir, lisées largement, sinon plus, que les autant, presque données il d'AmsTOTi:. Dans les premiers chapitres, d'AmsTOTE, qu'il met à contrirappelle les doctrines et insiste sur les facultés des animaux bution, et le rapport avec leurs pattes, puis il examine l'utilité de la division et de la main en doigts de l'opposition du pouce avec les autres, l'utilité de (1) ARISTOTE,Les Problèmes, 7, p. 286. 2 vol., sect. xxvn, parag. 6 et

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CHAPITREPREMIER

des doigts, l'utilité des ongles et leur la structure actuelle. Examinant il conformation des ongles, PLATON : ne néglige pas de critiquer ironiquement. « imitateur d'IIippoeiiATE » qui aurait traité avec peu de soin des ongles dans Timêe (1) ; il n'est guère plus tendre pour ARISTOTE. N'oublions pas que GALIEN se HIPPOCRATE, qui pose connue celui qui compléterait n'aurait « rien écrit de mauvais », mais qui aurait pourbien des choses et en aurait tant exprimé obscurément ensuite l'acte de la omis d'autres. GALIEN examine (p. 130), il analyse les muscles qui jouent préhension sur la un rôle principal dans cet acte et il revient nécessité des ongles, de même que sur l'utilité des os des doigts, dont, la multiplicité serait réellement II passe en revue successivement l'utiavantageuse. lité de la chair des doigts, la grandeur et le nombre des des doigts, les tendons des doigts doigts, l'articulation et en particulier ceux du pouce, la distribution des nerfs, les mouvements directs de flexion et d'exles mouvements l'étendue des tension, latéraux, tendineuses mouvements des doigts, les insertions du pouce, sa comparaison avec le pouce du singe, l'utilité du nombre des doigts, l'inégalité des doigts, les fonctions des muscles des doigts, particulières les doigts, des muscles de l'avant-bras qui meuvent des muscles palmaires grêles, etc.

(1) GALIEN, OKlivres analomiques, physiologiques et médicales. Trad. D'' Ch. Daremberg, Paris, Bailliôre, 1854, t. I, V. — De l'utilité des parties du corps humain (fis?! '/o~'<-'J-c, ;j.opiiov) livre Ier, De. la main, pp. 111-198.

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les plus intédes remarques Voici quelques-unes de GALIEN : ressantes il y a une position indo« Pour toute articulation, les positions en deçà ou lente et moyenne ; foutes si elles se rapprochent au delà sont moins douloureuses et plus si elles s'en éloignent : sont de la moyenne, au les positions extrêmes tout à fait douloureuses car on ne peut ni fléchir, ni étendre, delà desquelles ont lieu quand les muscles ces positions qui les proune tension extrême duisent prennent (1). » les « En partant de cette qui maintient position on reconnaîtra clairement quelle est la doigts droits, En de chacun des mouvements latéraux. puissance du mouvement de cette façon, la brièveté jugeant latéral interne sera manifeste pour fous (2). » « Ainsi l'homme est le plus sage de tous les animaux, ainsi les mains sont des instruments qui conn'est pas le plus viennent à un être sage ; car l'homme le comme parce qu'il a des mains, sage des animaux mais il a eu des mains parce qu'il est dit Anaxagorc, le plus sage, comme le proclame Aristote (3). » « Comme beaucoup de corps ont un volume trop a fait seule main suffise, la nature grand pour qu'une de sorte que foules deux, l'une l'auxiliaire de l'autre, en saisissant les objets volumineux par deux côtés ne le cèdent opposés, pas à une main qui serait très en regard Les mains ont donc été tournées grande.

(1) GALIEN,op. cit., p. 155. (2) GALIEN, op. cit., p. 158. (3) GALIEN, op. cit., chap. ni, p. 114.

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CHAPITRE PREMIER

absolument l'une de l'autre et elles ont été construites semblables (1). » Et à la question de savoir pourquoi les doigts sont GALIEN trouve comme à foule question une inégaux, réponse toute prête. « Pourquoi les doigts sont-ils inégaux? Pourquoi celui du milieu est-il plus long que les autres? C'est sans doute parce qu'il était plus convenable que leurs, toutes sur la même ligne, lorsarrivassent extrémités certains corps volumineux, et quand qu'ils embrassent entre les doigts quelques on veut retenir objetsliquides ou petits... « Si la main veut se fermer pour retenir un corpsest d'une utilité évidente,, petit et liquide, l'inégalité puisque le grand doigt jeté sur l'index devient une sorte de couvercle pour combler l'espace vide (2). » « Nous avons démontré qu'il (le pouce) présente à celle des quatre doigts réunisune utilité équivalente qui lui sont opposés. C'est, il me paraît, pour avoir songé à cette utilité du pouce, que le vulgaire l'a à toute la comme s'il équivalait appelé antimain, main (3). » JUVÉNAL nous enseigne que de son temps la chiromancie est à la mode à Rome (Satyre VI) : vati crebrum manumque popisma Proebibit royanti. VIRGILE et PLAIITE témoignent qu'ils connaissaient Chez leset qu'ils s'y intéressaient. la chiromancie les. et particulièrement à Rome, malgré Romains (1) GALIEN,op. cit., p. 118. (2) GALIEN, p cit., passim. o (3) GALIEN, p. cit., p. 161. o

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la chiromancie faisait partie des moyens sceptiques, étudiés divinatoires par le Conseil des Augures. ARTÉMIDORE, un écrivain ÇI'ANTONIN. contemporain la chiromancie. LE PIEUX, défendait Nous ne posséson livre sur la « Chirodons pas malheureusement mancie », niais si l'on juge d'après sa curieuse « Interdes Songes un document », nous perdons prétation de toute première valeur. LUCIUS SYLLA, CÉSAR et AUGUSTE, nous sont cités comme de forts habiles chiromanciens. JOSÈPHE (Lib. A ni. Jud) rapporte que CÉSAR, était si habile « qu'il étoit impossible homme dont il avait qu'un vou la main le pust tromper en aucune manière : de sorte qu'il reconnut facilement un jour qu'un certain, fils d'IIérode, était un iinposqui se disoit Alexandre à la main aucune marque de Royauté ». teur, n'ayant (D'après Pcrruchio, p. 3.) PTOLÉMÉE (1), GALIEN, CHALCIUNDUS, PETRUS PRIMODARIUS, SCOT, AVICENNE, AVERROÈS, ALBERT LE GRAND, ANTTOCIIUS TIBERTUS (2), GEORGIO VALLA, SAVONAROLE, BARTHÉLÉMY COCLÈS Ed. Camcrarius, Norim(1) PTOLEMAEUS,Quadriparlitum, berg, 1535, in-4. TIRERTI. DOCTORISCheiromanlia, Libri III de (2) XVNTIOCIII non recogniti, in ordinem digesti. Eiusdem argumenti de cheiromantia, incerti cuiusdam authoris liber, hastenus non dnrn typis excusus per Joannem-Dryandrum Medicum Excusum in aedibus Juonis SchoefMarpargensem-Moguntiae fer, anno MUXLI Joanncm n'est pas un autre que INDAGINE. ; Le livre d'ANTiociius est à lire surtout pour la thèse qu'il se propose de démontrer que la chiromancie est une science. Voir surtout les pp. 23-66, chap. i et n, m et vu pointa transmutation de l'astrologie dans la paume de la main.

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CHAPITREPREMIER

(DELLA ROCCA) (1), PATRICIO TniCASSO DA CESARI, II.-C. AGRIPPA (2), PARACELSE (3), TAISNIER (4), JEAN BELOT (5), JOANNES DE INDAGINE (6), J.-B. DELLA DELLA ROCCA,dit), Compendium (1) COCLÈS (BARTHÉLÉMY physiognomiae (Strasbourg, 1533, ih-8); traduit on français sous le titre : Le compendium et brief enseignement de physionomie et chiromancie montrant par le regard du visage et lignes de la main, les moeurs et les complexions des gens, Paris, 1 vol. in-8, 1546. (2) H. G. AGRIPPA, De occulta philosophia, Colon. Agrip., 1531-1533, in-fol. — Et aussi le second travail du même auteur : Opéra in duos tomos digesta. Vol. 1-2, Lugd., 1600. (3) PARACELSUS, Opéra, Ed. Il user, Bd. 1-2, Strasburg, 1603. OU (4) TAISNERIUS TAISNIER,Joli. Taisnerius Opus mathemalicum oclo libros complecleus in quibus chiromanliae naturalis astrologiae et arlis divinairicis doclrina conlinelur. 1 vol. fol., 1562. — C'est une vulgaire copie, comme le remarque aussi ERNESTBOSC,dutravailde BARTHÉLEMY.COjudicieusementM. CLÈS,cité par un grand nombre d'auteurs comme un devin sûr. (5) JEAN BELOT, Instructions familières pour apprendre les sciences de chiromancie et de physiognomie, Paris, 1619. (6) INDAGINE, Introducliones apotelesmalicae elegantae in Chtjromanliam, Astrologiam naluralem, etc., 1522, FYaucof. Du môme auteur : Aslrologia naturalis, etc., Strasbourg, 1630, et surtout sa Chiromanlia. L'édition de Chiromantia de 1531 (apud Joannem Schittuin Cargent), contient le résumé des traités d'Indagine. Voici le titre exact : 1. Chiromanlia. — 2. Physiognomia ex aspeclu membrorum Ilominis. — 3.1'eriaxiomala, de faciebus signorum. — 4. Canones aslrologici, de judiciis degritudinum. — 5. Aslrologia naturalis. — 6. Complexionum nolicia, iuxla dominium Planetarum, 1 vol., 138 pag., A la dernière page on peut voir les 1531, éd. illustrée. oeuvres d'Indagine. La Chiromanlia est un d'Indagine livre documenté, clair, et l'on peut suivre de tout près les rapports et l'influence de l'astrologie avec la chiromancie ; on trouve à côté des nombreux renseignements sur la chiromancie, vraie, des données sur la chiromancie astrale. Bon résumé de ce livre dans le volume â'Anliochus Tibertus, à la fin du volume.

Le ('.liimmîiiir.ifiiI»3I ;

PLANCIU: l

D LES SCIENCES IVINATOIRES CHIROMANTIOLES 59 PORTA (1), DEL RIO, ROBERT FLUDD, MANSKELD, IIARTLIEKE,PAMPHILUS, BRAISE DE PARME, ALSARABE, CORYAEUS, ISAAC KEMKER, COMERCILS, GOZELIN, LE PÈRE NIOUET, PERRUCHIO (2), ADAMANTIUS, CUREAU DE LA CHAMBRE (3), ADRIEN SICLEU (4), MOLDENAIRE,DAVID LAIGNEAU et RONPIIILE (5), sont les le auteurs les plus cités et ceux qui ont contribué des formules et des oracles plus à la constitution divinatoires de la chiromancie médicinale ou astrologique. Tous ces auteurs n'examinaient pas seulement les lignes de la main en vue de prononcer des oracles, mais ils s'intéressaient à la également et longuement La (1) PORTA(GIAMBATTISTA DKLLA), magie, naturelle divisée en quatre livres, contenant les secrets et Miracles de la nature. Lyon, MIICL.— Et, aussi Maijiae Naturalis, etc., Antverpiae, MDLXI. Die RKICIILIN-WELDEGG, deutschen Volksbiicher von Johann lùuist und Chrisloph Wagner. Bd 1-3, 1819. ScuEiiiLE(J.), D* Johann Faust Bd 1-4, Stuttgart, 1846-1849. La (2, PERRUCHIO, chiromancie, la physionomie el la géomancie avec la signification des nombres, et l'usage de ta Roue lie Pylhagore par la science. Paris, chez Louis Billoire, au second pilier de la grande salle du Palais à la Palme, et au Grand Caesar. MDCLXIII vol. Ex.-Bibl. École de méde1 cine, 343 pages. DE D (3) CUREAU LACHAMBRE, iscours sur les principes de la chiromancie, Paris, 1653, in-8. (4) ADRIANSICLER, La Chiromancie Royale et Nouvelle, enrichie de figures el d'exemples; el de quantité d'observations de la Cabale, avec les Prognoslics de chiromanliens, anciens et modernes. Ouvrage extrêmement utile à toutes sortes de personnes de toute profession par le sieur A. S., Médecin spagyrique, avec Lyon, chez Daniel Gayet, MDLLXVI, approbation et Privilège du Boy. I vol., 227 pp. (5) RONPIIILE,La chyromancie naturelle de. Ronphile, traduite en français par le sieur Bainpalle, Paris, 1666, in-12.

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CHAPITREREMIER P

de la main, révélatrice pour eux d'un physionomie grand nombre de secrets du caractère humain. Au moyen âge, l'époque où les sciences divinatoires leur vogue, la chiromancie branancienne, reprirent un rapport infime entre che de la Kabbale, établissait La main, selon la Kabbale, le physique et le psychique. est le microcosme de foule l'évolution synthétique de foute vie humaine, elle porte les traces indéniables future ; elle est révélatrice non seulement de l'âme mais de loulc la vie. On subit la vie et les humaine individuelles sont nulles. On sait les perséréactions au cutions chiromanciennes que subirent plusieurs cl moyen âge, pendant la guerre contre les sorciers Les Bohémiens et les Sorciers les astrologues. s'emet le contide ce métier facile el. productif parèrent nuèrent avec plus d'ardeur encore ; souvent, en effet, cet art valait par ce que le chiromancien était capable d'évoquer et de faire miroiter devant les yeux du client naïf el, docile, comme tous ceux qui demandent à l'inconnu sa curieuse et sa mystérieuse cristallisation future. Ils sont en vogue en pleine Renaissance et nous savons par les auteurs que les plus grands personnages ne dédaignaient (Tomopas leurs horoscopes sinus). Avec la phrénologie, les sciences divinatoires, qui évoluaient lentement et péniblement en Europe avec une certaine recrudescence pendant fout le xvn", dans le xviii" siècle, gagnèrent en importance. La doctrine de GALL et de SPURZHEIM agita toutes les poussières des vieilles croyances humaines. Le père jésuite DELRIO distinguait deux chiromancies : une non physique et une non astrologique ; il

LES SCIENCESDIVINATOIRES CIIIR0MANT1OUES

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DELRIO était pourtant sévère pour rejetait la seconde. à l'Église et au gouverneces sciences et il demandait les diseuses de bonne aventure ment d'empocher leur métier. d'exercer L'Eglise pourtant, qui avait les praticiens des arts magiques, pourchassé toujours à la chiromancie de se développer avait permis DELMO était et. d'en faire sévère surtout usage. Il n'admettait astrologique. pour la chiromancie pas C'est clans le livre de JOB les signatures planétaires. qu'on lit : « Dieu met des signes dans la main de tous, se connaître. » (In manu afin que chacun puisse Deus signa posuit ut noverint omnium singuli opéra citer bien des textes des Écritures sua.) El on pourrait de l'importance aux signes de la saintes, qui donnent ARISTOTE attesterait main, cet organe qui d'après notre origine divine. Dans la version de J.-F. OSTERVAI.D : La Sainle l'ancien et le Bible, qui contient, nouveau Testament (Paris, 1862, Impr., Ch. Meyrueis), je ne retrouve pas cette citation, que tous les auteurs à satiété, v. pp. 545 et 546. recopient Les éléments mentaux relevant indubitablement des les sciences psychiques divinatoires signes physiques, devaient fleurir nécessairement à cause de leur veret léger et à -cause des nombreuses biage facile affirmations et dénuées de tout scrupule plaisantes de tout contrôle. Le capitaine STANISLAS scientifique, I>'ARPI-:NTIGNV avec sa Science de la main et DESI'.MIOI.LESavec ses Mystères de la main (1859) marquent les deux principales étapes de fous les tâtonnements de la première moitié du xixG siècle. Le capitaine d'AnPENTiGNY fit rapidement école. Grâce à la force habiles de d'esprit de ces deux hommes, explorateurs

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CHAPITRE PREMIER

la main, et à leur pénétration la psychologique, avec de sens critique, revint chiromancie, plus à l'ordre du jour et notre sensibilité fut rejcfée à l'éuiotivité du Moyen Age. Puis, la vie presque sociale, et la notion plus présente de la lutte pour la dans l'esprit humain vie, glissèrent plus de curiosité et la curiosité engendra la soif de l'inconnu. Le mécanisme est simple ; plus la vie est psychologique la logique et intense, plus les émotions obscurcissent le raisonnement, el comme on ne vit que dans l'espoir d'un avenir rêvé, ou du inoins soupçonné, formulé selon des voeux et des probabilités toutes faites, la moindre parole nous révélant ce coin obscur est, par ce l'ail, agréable à entendre. Aujourd'hui, les sciences sont de nouveau à la mode et ce n'est pas divinatoires car nous sommes en pleine époque de transétonnant, formation de croyances. Notre vie, faite de croyances systématisées, métaphysiques peut difficilement s'adapter aux exigences étroites et anodines des formes sociales ; notre sensibilité est empreinte d'une mélancolie de plus en plus grave, et si les croyances dans les sciences divinatoires ne sont pas solides, elles elles tiennent à nos rêves et amusent, compagnie elles calment notre angoisse devant les étapes futures et fragiles de notre vie.

CHAPITRE

II

LA CllinOGNOMONlE ET LA PHYSIONOMIE DE LA MAIN

de la main, au point de vue chiromantique el chiiognomonique, peut être divisée en deux parties : l'étude de la main dans sa forme [paume el doigts) — — et dans ses — l'élude chirognomonique lignes l'élude chiromantique. Selon l'harmonie qui existe entre la paume et les on peut présumer de l'équilibre mental et doigts, de l'individu. La paume les physique représente facultés personnelles, du cerles éléments subjectifs de la individuels veau, les éléments caractéristiques et la plus ou moins grande résistance de la mentalité, santé physique et morale. l'exLes doigts indiquent la forme pression, cl, au que l'on donne à la pensée, ce qu'on appelle, dans le lanpoint de vue physique, « les lois ataviques gage usuel des chiromanciennes, du tempérament ». Ils personnifient, en d'autres teret les formes le sens artistique, etc.. nies, l'élégance, diverses du tempérament l'acte psycho-physique, <1fig'ir, l'acte de la du contact. préhension, Les peuples peu civilisés, dont l'âme enfansimples, L'étude

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CHAPITRE II

line et obscure s'exprime difficilement, qui non seulement n'ont point trouvé la formule de leur sensibilité, mais ne la cherchent même pas, ont paraît-il des mal avec la paume. doigts informes qui s'harmonisent J'ai pu confirmer cette affirmation d'après les photoLes Esquigraphies et les documents des voyageurs. maux n'ont pas la main fine, non plus les Cannibales Au et les habitants des Iles Océaniques. indigènes — les êtres affinés presque maladivement contraire, les trop civilisés, disons le mot — possèdent des doigts allongés, trop souples et presque dénués de a laissé des traces consistance. La vie ancestrale des gestes et des notoires de la variété des impulsions, penchants ébauchés. Le capitaine d'Am'ENTiGNY réclamait emphatiquement l'honneur d'avoir songé à ériger en système les connaissances On toutes chirognomoniques. s'adressera à cet auteur pour fout ce qui concerne la de cette douteuse science technique psychologique nouvelle, car si sa priorité n'intéresse personne, il est toutefois bien documenté, empreint d'une psychologie toute personnelle et intéressant à lire, surtout si l'on sait dégager les faits de, sa littérature. DESBAROLLES les données du chelargement complète et emprunte valier d'ARPENTiGNY. L'essentiel dans la chirognomodes types de main, de coordonnie est de distinguer ner en somme les caractères essentiels des extrémités avec les et de les mettre en harmonie supérieures des caractères éléments psychiques tout particuliers humains. Voici d'après les auteurs classiques, connus surtout par leur compétence le nomchiromantique, bre des types des mains distingués.

ET D LA CHIROC.NOMONIE LA PHYSIONOMIE E LA MAIN 6i) cent soixante-dix de CORVAEUS distingue espèces mains (170). CORNÉLIUSAGRIPPA distingue cent cinquante espèces de mains (150). seulement PATRICE TRICASSUS distingue quatrevingts types de mains (80). soixante-dix de ISAAC KEMKER distingue types mains (70). ÏAINERIUS distingue quarante types de mains (40). INDAGINE distingue types de mains (37). trente-sept JEAN CORUS distingue vingt types de mains (20). douze types de mains (12). MÉLOMPUS distingue huit types de mains (8). COMPOTUS distingue PERRUCHIO distingue sept types de mains (7). six types de mains (6). ROMPHILIUS distingue Le curé JEAN BÉLOT distingue de quatre types mains (4). Le capitaine d'ARPENTiGNY distingue sept formes de mains ou plutôt sept types chirognomoniques, confirmés par DESBAROLLESet utilisés ou adoptés par tous ceux qui étudient empiriquement la main : 1° La main élémentaire ou grande paume ; 2" La main nécessaire en forme de pelle, de spalule, ou de battoir; 3'1 La main artistique, effilée, conique ; 1° La main utile, anguleuse ou carrée ; 5" La main philosophique ou noueuse; 6" La main psychique ou pointue ; 7" La main mixte, qui à proprement parler n'est pas un type mais une forme intermédiaire. I. La main élémentaire est large, épaisse, aux doigts

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CHAPITRE II

forts et gros, dénués de souplesse, au pouce recourbé en dehors ; paume « d'une ampleur, d'une épaisseur et d'une dureté excessives ». Elle appartient aux « gens grossiers » à « imagina« aux travaux grossiers » tion lente », qui s'adonnent et sont « paresseux et indifférents ». Voilà ce que pensent de cette forme de mains toutes les Pythonisses ; j'ai choisi, parmi les épilhètes, les plus significatives ; car il y en a qui ajoutent des pléonasmes de ce genre : « des gens qui pensent peu », « des gens rudes », « des paysans » (sic !). D'après les livres clascette main paraît se trouver rarement en siques Europe, elle est surtout une main « d'asiatique », des « Lithuaniens », des « Lapons » et des « parias de l'Inde ». Quelle chance pour l'Europe de ne pas avoir des échantillons de ces types d'humanité ! Les Pythonisses se chargent de les découvrir facilement. IL La main nécessaire, en forme de battoir, a le de chaque pouce « grand » et la dernière phalange doigt en forme de « spatule plus ou moins évasée ». Cette main appartient aux « gens de travail », « gens d'affaires », « gens de chiffres », « l'arithmétique les elle dénote une activité énergique, décigouverne»; au travail. sive, de l'application pcrsistanle des chiromanciennes Quelques-unes ajoutent gratuitement que cette forme de main est le symbole de la « fidélité en amour » et du « sentiment familial » ! Il est touchant de prendre un pareil critérium pour estimer la fidélité sentimentale. Celte forme de main est encore le signe d'un fort penchant scientifique. Les Kabyles ont la main type en spatule. On trouve,

ET LA CHIROGNOMONIE LA PHYSIONOMIE LA MAIN 67 DE les auteurs, cette physionomie de main chez les en Belgique, peuples du Nord, surtout en Allemagne, en Ecosse, en Angleterre, dans particulièrement du Nord et d'après certains auteurs « dans l'Amérique les pays de montagne », sur « les versants des montagnes selon le chevalier et des collines», d'AnPENTiGNY, touen Espagne, dans les provinces jours bien renseigné; de la Galice et des Asturies. Ce type de main est l'antipode de la vie artistique. « La main en spatule à grand pouce, écrit CI'ARPENdes zones où la rigueur TIGNY, est sans doute originaire relative du sol rendent du climat et la stérilité plus l'action, obligatoires que dans le Sud la locomotion, et la pratique des arts par qui la faiblesse le mouvement, de l'homme est protégée physique (1) ». Les mains en spatule sont des mains de colons; on aime « les biens matériels du sol ». Ce sont des gens Le sens pratique des mobiles, aimant la locomotion. vient de l'abondance de ces mains de Américains métier. L'Espagne aux en transplantant et la France, colonies de ce ces mains ont souffert nécessaires, et d'une grande des éléments d'ordre, dépeuplement Charles utilité immédiate. Quint doit sa gloire aux mains qualités qu'il trouva dans les mains flamandes, d'hommes laborieux, froids, lents, éléments opposés à la nature espagnole, avenimaginative, romanesque, « C'était avec ses Flamands, tureuse. gens à grosses mains carrées, exploique Charles Quint conservait, administrait les terres qu'il avait contait, organisait, selon

(1; D'ARPENTICNY, p. cil., p. 126. o

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CHAPITRE H

gens à mains sèches et quises avec ses Espagnols, pointues (1). est féconde surtout en mains spatulées L'Angleterre et elle couvre les continents de ses colonies el, les mers de ses vaisseaux, tandis que la France est féconde en mains philosophiques. Les mains romaines étaient des mains fortes, spatulées. Hercule est le modèle des hommes spatules. « Ils auront les nerfs en harmonie avec leur tempérament, lequel sera sanguin, et avec leurs os, lesquels seront gros et forts (2) ». Or CHOPIN, quoique « spatule à petit pouce », ne remplissait il y avait une pas, selon cet auteur, ces conditions, entre son physique et sa vitalité. L'abbé discordance de LAMENNAISfut une seconde anomalie du type en spatule « grand pouce ». Chopin péchait par les nerfs, ». Les deux l'abbé de Lamennais par la charpente de ces anomalies du type portraits psychologiques spatule sont très fins et très curieusement posés. Et le chevalier d'Ani'ENTiGNY fait l'éloge dythirambique des mains en spatule. « Gloire aux mains en spatule ! Sans elles, il ne saurait exister de société solide et puissante. Sans l'art du verrier, pour ne parler que de celui-là, sans l'invention des cheminées (telles qu'elles sont aujourd'hui), qui ne remonte, diton, qu'au xiv° siècle, et qui sans doute leur apparop. (1) D'ARPENTIGNV, cil., p. 139. Voir à ce sujet les chap. XII et xm du même livre sur « les mains anglaises » et « les mains do l'Amérique du Nord » (p. 151et 169); à vrai dire, des chapitres sur la psychologie de ces peuples, où il est rarement question des mains. Voir aussi chap. xv : « Les mains romaines », p. 177. (2) IVAIU'ENTIGN'Y, cit., p. 185. op.

ET DE LA CHIROGNOMONIE LA PHYSIONOMIE LA MAIN 69 encore nous ne serions tient, que des demi-barbares (1) ». Les mains des « caporalistes », des admide la Révolution rateurs française, napoléoniens à notre psychologue, natures qui ne plaisent guère furent selon lui, tout comme les mains du petit capo« Au reste, les mains de ce ral, des mains spatulées. ni fines, n'étaient beaucoup trop vantées, personnage, assez fortes, elles étaient au contraire ni délicates, assez épaisses et très courtes. Aussi, fut-il un homme choses (en de détail, et qui, s'il tendit à de grandes est-il sans beauté et sans fécondité ?) n'y alla que par aux les petites (2). » Pourtant, que dire de l'hymne !... mains spatulées « Etrangères éléà tout entraînement, les mains des sens lourds et paresseux, une mentaires indiquent une insouciance lente, une âme inerte, imagination Elles étaient beaucoup dans plus communes profonde. les Gaules, quand le renne et le castor y trouvaient un climat conforme à leur organisation, qu'aujourd'hui (3). » Ces mains sont très lentes, et il est difficile se modimouvementées, qu'elles deviennent qu'elles fient en d'autres termes. Le chevalier d'AuPENTiCNY des choses du xiv°siècle, pour s'appuie sur l'immuabilité soutenir cette opinion. Les mains élémentaires sont accessibles à la poésie, mais à la poésie simpliste, très peu à lascience. « Cefutauxlyriquesaccentsdelavoixd'Orphée et aux accords de la flûte d'Amphion que, dans (1) D'ARPENTIGNY, p. cit., p. 185. o (2) D'ARPENTIGNY,op. cit., p. 189. L (3) D'ARPENTIGNY, a Science de la main, ouv. cit., 3e édit., 1865, p. 107.

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II CHAPITRE

d'hommes le monde grec, les premières agglomérations villes furent furent formées, et que les premières bâties. » C'est un échantillon, du jugement littéraire Selon cet auteur, du fougueux chevalier. ajoutons résistent peu à la encore que les mains élémentaires douleur et au chagrin et qu'elles dénotent très peu de ressort moral. Une chiromancienne anglaise, versée dans quelques me disait un jour ces mots, que lectures historiques, je cite textuellement d'après mes notes prises immédiatement après la visite. « C'est un type oriental, éliminé par la sélection sociale. Les types à imagination lente sont des débiles, des paresseux à notre point de et c'est la vue. Ces gens pensent peu en apparence vérité, car qui songerait à mesurer la vie intérieure, souvent illusoire !... » Elle aurait pu très bien faire ! une rédaction pour un concours universitaire surtout par est caractérisée III. La main artistique le fait que les doigts seuls sont pointus, tandis que la paume et le reste de la main passent pour avoir la Le pouce est le critéforme habituelle proportionnée. de la forme artistique rium du modelage psychique de l'individu, car dans ce type le pouce peut avoir des d'où la variété des formes extrêmement différentes, D'après sous-types de cette grande classe psychique. d'ARPENiTGNY, il y aurait à distinguer trois principaux types : 1° la main souple avec le pouce petit et une paume moyenne ; 2° la main souple avec le pouce grand et la paume large et épaisse ; et 3° la main très ferme, la paume grande, la main également grande. Le premier sous-type serait une main artistique, dont

DE ET LA CHIROGNOMONIE LA PHYSIONOMIE LA MAIN 71 aurait des penchants le propriétaire pour la forme, pour la beauté de la ligne. Le second sous-type est plus incline vers les affaires finan: l'individu matériel cières, il rentre par certains éléments dans la première des types (catégoriel). C'est une main d'amcatégorie tend vers la vie senbitieux. Le troisième sous-type est caractérisé suelle. Le premier sous-type par « l'enthousiasme », le second par « la ruse », le dernier ». En général celte troisième catégopar « la volupté la mentalité rie représente mobile, légère, inconstante, de non dépourvue de profondeur impressionnable, à réactions immédiates, pensée, mais une intelligence enthousiastes. rapides, spontanées, Les doigts de la main artistique sont, selon d'ARà leur première PENTIGNY, « volumineux phalange, vont en s'amincissantjusqu'à l'extrémité, qui présente la forme d'un cône plus ou moins obtus. Son pouce est petit, comme je viens de le dire, et sa paume assez » (1). Puis l'auteur, selon sa bonne habidéveloppée tude, analyse ce qu'il entend par « esprit intellectuel il conçoit la main ca», et voici comment artistique des artistes : « Une paume assez grande ractéristique donc, des doigts lisses, un pouce faible, plus de phades grands appétits sans c'est-à-dire langes coniques, frein moral suffisant, un esprit manquant de force pour les sens à sa domination ; — le tout broassujettir chant sur un fond d'idées médiocrement spiritualistcs — tel est, si je ne me trompe, le caractère des artistes en général (2). » L'esprit se trouverait très artistique (1) D'ARPENTIGNY, cit., p. 193. op. (2) D'ARPENTIGNY, bid., p. 194. i

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CHAPITREI I

fréquent « chez toutes les nations des îles de la mer du Sud ». Le chevalier d'AnpENTiGNY dissèque, avec de l'ingéniosité parfois, avec du bon sens toujours, il le retrouve dans les qualités de l'esprit artistique; l'armée, et c'est grâce à cette inspiration, conséquence « que les de la main artistique-conique, immédiate généraux, tel Murât à la bataille de Smolensk, gagnent des victoires » ! La main artistique régna jadis sur la société ; la de celte époque fut « un spiritualimes caractéristique relatif et de l'amour ». On le retrouve depuis le comXII"siècle (Abélnrd et saint Bernard)jusmencementdu qu'à la fin du xin». Les mains artistiques sont toujours conduites par les mains psychiques, qui fournissent les modèles, les objets et les sujets d'enthousiasme. Ce fut donc l'époque des cathédrales. Plus tard cette main ne domine plus l'époque. La main de François I" « en ce sens que la paume en était était artistique grande, le pouce petit et les doigts lisses, mais les extérieures en étaient sensiblement phalanges spatulées ». D'ARPENTIGNY l'a décrit d'après la stalue du prince à Saint-Denis (1). Au xvr" siècle, la main artistique est rctrouvable, mais avec plusieurs sous-lypes ; en dehors des décors brillants, a des l'aristocratie, « mains encore rudes et grossières du xvip siècle » (2). Le XIII" siècle fut l'époque qui a toutes les sympathies de cet analyste de talent, car il procède de Dieu, lan(1) D'ARPENTIGNY, cil., p. 214. Lire à ce sujet dans le op. xvnc chap., « Les mains artistiques du xvi" siècle », qui n'est en somme qu'une très savante description du goût, et des tendances de la renaissance. ibid. (2) D'ARPENTIGNY, p. 217.

DE ET LA CHIROGNOMONIE LA PHYSIONOMIE LA MAIN 73 dis que le xvm° que de l'homme, siècle. ne procéda curieux, siècle, quoique l'homme de ce et Voltaire représente

est le type IV. La main utile, carrée ou anguleuse ordonnée. C'est une main de la mentalité méthodique, sérieux ». « Elle de « bon employé », de « fonctionnaire est bonne chez un colonial », me disait une pytho« il faut choisir dans ce type des nissc, ou encore, de conde bureau, de recette et des hommes garçons fiance. » C'est une intelligence médiocre, capable de c'est la main la « plus faire un admirable sous-ordre, mais plutôt ». C'est une main moyenne, commune grande que petite, aux doigts « noueux », la paume » et qui a en particulier « moyenne la forme non spaC'est une tulée, mais carrée des dernières phalanges. avec une ». Le « pouce est grand, main « d'esclave creuse et assez racine développée ; la paume moyenne, écrit d'ARPENTiGNY sur cette ferme ». « La terre, est leur unique intellectuelle d'hommes, catégorie ne vont pas plus loin. domaine , leurs regards Ils ne savent du monde des idées que ce que l'oeil nu sait du firmament. d'ailleurs, Toujours prêts, à nier ce qu'ils ne peuvent ni sentir, ni comprendre, celles de leur et à donner à la nature, pour bornes compréhension (1). » Ce fut au xvii" siècle que ces de la direction mains utiles prirent, selon cet auteur, la France ; les monuments de Louis XIV gardent l'emIls sont semide fantaisie. preinte de celle absence C'est le « savoir-vivre, palais, semi-casernes. érigé en science ». On voit que le chevalier d'Aïu'ENTiGNY est (1) D'ARPENTIGNY, p. cil., chap. xvm, p. 232. o

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II CHAPITRE

sous l'influence du spirituel et profond observateur que fut SAINT-SIMON, cl la page citée est vraiment bien choisie. La critique du xvn'' siècle, confondue avec les observations sévères que mériterait la main L'inconnu utile, est pleine d'humour et d'érudition. est suspect à celte époque, la muse de ce siècle est méticuleuse et elle ne s'aventure que sur les routes frayées, « aimant mieux procéder par la mémoire que parle sentiment » (1). « Plutôt bourgeois que citoyens, les hommes à phalanges carrées s'accommodent mieux des privilèges que de la liberté (2). » Cousrou, CovSEVOX PUGET ne donnent que la vie au marbre, mais et sans le beau. « LE POUSSINs'exile en Italie, LESUEUR s'enferme dans un cloître et CLAUDELORRAINdans la nature (3). » Le cardinal de Richelieu n'avait pas les o doigts pointus et, selon d'ARPENTiGNY, n le représente à tort comme tel dans un très beau portrait du cardinal, par PHILIPPE DE CIIAMPAIGNE (du musée de Caen). « C'est là une flatterie gratuite s'il en fut (si pourtant flatterie il y a, car la main se montrant de profil, les autrement doigts ne peuvent guère apparaître que ce parangon du pointus) (4). » Ainsi « qu'Aristote, type carré, ainsi que Boileau, ce prototype des poètes selon la règle, ainsi que Turenne et Vauban, ces généraux selon la science, Richelieu, écrit d'ARPENTiGNY, eut des phalanges carrées et non des phalanges poin(1) D'ARPENTIGNY, cil., p. 237. op. ibid., p. 240. (2) D'ARPENTIGNY, (3) D'ARPENTIGNY, p. 242, d'après LAMENNAIS. ibid., (4) D'ARPENTIGNY, ibid., p. 249.

ET DE LA CTimOGNOMO.NIE LA PHYSIONOMIE LA MAIN / i> tues » (1). Les mains utiles aiment l'ordre pour luiles Anglais et les Américains même, l'ordre comme « qui froisse notre goût artistique et nous l'entendent, » (2). Ces doigts à phalanges carrées est antipathique l'immense des mains charnues : constituent majorité social et les idées sociales expliquent largel'esprit On vit selon « l'usage» ment cette prédominance. (3). C'est tout comme au xvn" siècle en France : « On savait à la cour de Louis XIV, mais on y mal l'ortographe savait saluer avec plus de grâce qu'en aucun lieu du inonde (4). » V. La main philosophique est caractérisée par des et noueux ; la paume est également larges doigts L'extrémité des doigts n'est ni large, mais élastique. ni spatulée, carrée mais ovoïde, légèrement quasi conique. Le pouce en est grand et divisé en deux moitiés à peu près égales par une articulation franche et bien délimitée. Par la forme des doigts, la main philo« l'inrévèle de la sentimentalité sophique poétique, tuition de la poésie le capitaine relative », dirait d'ARPENTiGNY, du « calcul » — cause des nodosités — des déductions inductions déduites rigoureuses, avec autant de logique que de décision, à cause de la division exacte du pouce. Dans son ensemble la main philosophique indique, selon d'ARPENTiGNY, « l'instinct (1) D'ARPENTIGNY, p. cil., p. 245. A lire les pages vraiment o intéressantes de cet auteur sur le xvue siècle et sur l'époque de Louis XIV. Chap. xvm, pp. 229-150. (2) D'ARPENTIGNY, p. cil., p. 255. o (3) D'ARPENTIGNY, p. cit., Les mains charnues, chap. xix, o pp. 258-267. (4) D'ARPENTIGNY,op. cit., p. 259.

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CHAPITRE II

», ou celui « de la critique aiguë ». métaphysique C'est une main d'Européen ! Les mains philosophiques sortirent des mains popude Louis XV. C'était comme laires dès l'avènement une réaction aux mains utiles du xvii" siècle. Philoencore plus facile. sophie facile et à interprétation des faits historiques Détermination qui fait concurrence à ceux des historiens qui croient pouvoir démontrer que l'histoire est une science. Les « phalanges la philosophie des entraves ovoïdes affranchirent de la foi, de la tradition, de la révélation» (1). « Les mains à noeuds quasi carrées, quasi coniques, ont l'éclectisme », et c'est à cause de ce fait que d'ARPENTiGNYleur a donné le nom de mains philosophiques. Très grandes, ces mains tendent à l'analyse ; petites, à la domination du grand pouce indiquela synthèse; rait la domination de la raison ; au contraire, le pouce de l'avantage aux sentiments du petit donnerait coeur. VI. La main psychique est la plus belle et la plus rare. Elle est petite, agréable au toucher, les doigts ondulés, effilés et sans noeuds, le pouce légèrement petit, élégant et fin, c'est-à-dire d'une forme régulière et bien modelée, la dernière phalange un peu plus longue que les deux autres. de la main psychique s'arrête à une L'inspection « harmonie de lignes et de relief », « très agréable à voir », comme s'exclament les classiques de ce métier. Ce type de main appartient aux gens doués d'une réelle intelligence, voire même « d'une grande intel(1) D'ARPENTIGNY, cit., p. 276. op.

DE ET LA CHIROGNOMONIE LA PHYSIONOMIE LA MAIN 77 au-dessus de ligence », la main de ceux qui s'élèvent leur milieu, des « idéalistes », des « admirateurs », la des « apôtres main des idéologues, », la main de la ». On trouve rare« noblesse », du « désintéressement inférieures »!... ment cette main dans les « classes aiment à distinguer l'huLes sciences chiromantiques et cette et inférieures manité en classes supérieures caracsociale repose sur des constatations distinction sur des données a et nullement, téristiques paraît-il, priori. de la beauté aux Les mains psychiques ajoutent Ces mains n'ont oeuvres du penseur. pu parvenir domination en Europe, comme les autres à aucune ajoute d'ARPENTiGNY, n'y types de main. « Peut-être, ont-elles jamais prétendu, dédaigneuses qu'elles sont, dans la haute sphère -où les retient le génie qui les anime, des intérêts matériels (1). » Toutefois on trouve dans les drames humains des traces de leur présence aiment les les plus poignants. Les mains psychiques grec, elles se grandes luttes. Au temps du sensualisme du résumèrent dans Platon ; au temps de l'apogée sensualisme en Jésus. Fénélon serait le type à romain, à Bossucl et Diderot ; à Voltaire opposer s'opposeraient Vauvenargucs et Rousseau, et au xix" siècle des hommes comme Chateaubriand, Constant, Benjamin Mine de Staël représenteraient le parfait type psychique. de nature, à conteste, D'ARPENTIGNY, observateur l'cncontre les auteurs, de tous que ce type soit d'une race héraldique on le ; au contraire l'apanage « dans les classes trouverait où il les plus abjectes (1) D'ARPENTIGNY, p. cil., p. 286. o

CHAPITRE1 1 végète, s'ignorant lui-môme, incompris et dédaigné, à cause de son inaptitude relative aux travaux manuels. Apollon, hélas ! a gardé les vaches (1) ! » du mysLa main psychique serait le caractéristique ticisme, de la largeur d'idées, et elle se retrouverait où chez un grand nombre dans l'Asie méridionale, le génie contemplatif domine la vie sociale et où l'on méprise les méthodes d'analyse. En effet, il faut dire avec d'ARPENTiGNYque la morne et somnolente Asie a été le berceau de toutes les grandes religions, tandis que l'Europe laborieuse, la terre des « ivresses légères », a été le lieu d'origine des philosophies qui ont lutté contre les religions. L'Orient est le pays de la métaphysique ; on le répète depuis Aristote ! En Europe, l'Allemagne serait le pays où il y aurait le plus de mains psychiques. Lamartine, Milton, Klopstock, Victor Hugo, G. Sand, de Vigny seraient des parLa main psychique feits types de mains psychiques. de l'abde l'inspiration, donne de l'enthousiasme, négation. Ce type aurait régné, même aux ïndes Orientales, jusqu'au xmc siècle, quand il fut supplanté par les Tartares mahométans qui « le reléguèrent dans les temples » (2). Les civilisations espagnole et italienne seraient nées sous l'influence des mains artistiques et psychiques ; la civilisation française au contraire procède des instincts, des mains utiles et des L'histoire des premières civimains philosophiques. lisations serait plus intéressante, tandis que celle de la dernière, plus instructive. op. (1) D'ARPENTIGNY, cil., p. 287. op. (2) D'ARPENTIGNY, cil., pp. 298.

ET LA CHIROGNOMONIE LA PHYSIONOMIE LA MAIN 79 DE se suffisent à eux mêmes, Les peuples orientaux ne se défont de l'ennui et tandis que les occidentaux suffit à ce du spleen que par le travail. L'imagination Mahomet avait les mains peuple des mains psychiques. très dures. « La main psychique de race, si littéralement dotée qu'elle soit, n'a pourtant qu'une entente médiocre des choses du monde extérieur et de la vie réelle; elle les regarde de trop haut pour les bien voir (1). » VIL La main mixte est constituée par les types nullement définis qui appartiennent à plusieurs de ces sans pouvoir être classés dans aucune. Ce catégories, « propres à tout » et à sont des types intermédiaires, « rien », et qui peuvent exceller dans la « littérature commerciale ! note pour le journalisme », — mauvaise — dans « l'arl industriel », dans des métiers qui peuvent « mener à tout »! ! ! « L'intelligence une main mixte parque représente attachée à chacun des deux ticipe de l'intelligence types que sa forme rappelle (2). » Ces mains seraient l'élément constitutif des masses modératrices, comdes mains mixtes est toujours ; l'esprit pensatrices varié. Les Juifs auraient ce type de mains, de même que les Normands. Nous pouvons maintenant analyser les types de ces des éléments sept catégories d'après la prédominance de la topographie de la main ; ce sont des détails révélés par des signes complémentaires analytiques, soi disant « indépendants ». La paume étroite indi(1) D'ARPENTIGNY, cit., p. 302. op. (2) D'ARPENTIGNY, cil., p. 309. Voir le chap. xxm sur op. « les mains artistico-élémentaires », p. 315-329.

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CHAPITRE II

faible et stérile ; épaisse et querait un tempérament d'une dureté excessive, la paume serait l'indice d'une vie instinctive, brutale, ou encore elle serait le signe bien définie. La main molle est le d'une individualité de l'inactivité intellectuelle, symbole de l'incertitude, de la paresse ; le contraire serait révélé plutôt par une main dure (1). Les Juifs auraient la main molle. L'activité serait encore plus grande si les doigts sont spatules. La main molle dénote une activité passive; la main dure une vie active ; dans le premier cas on aime jouir de la vie, landis que dans le second il paraît qu'on aime agir. La main aux doigts spatules évoque le plus l'activité. Lorsque la main est grande, c'est un signe de force physique, ce qui paraît d'ailleurs logique ; on est d'autant plus robuste cpie la main est dure ; plus la paume de la main est petite, avec l'architecture généplus elle est en désharmonie rale de la main, plus les goûts sont affinés, plus le sujet est curieux. La mollesse de la main en dehors une tendance vers le mystide la paume indiquerait cisme, un « goût pour le merveilleux ». l'attention Le pouce occupa fout particulièrement du capitaine d'ARPENTiGNY, et nous trouvons dans sou livre de nombreux détails, que nous n'utiliserons pas à cause de leur absence de portée psychologique il s'agit plutôt du métier, de l'art, de saisir directe; quelque donnée révélatrice par l'analyse de l'architecture de la main (2). La première phalange est le signe « A défaut de la logique, et la deuxième de l'invention. (1)D'ARPENTIGNY, cit., chap. v, pp. 71-83. op. o/i. (2) D'ARI'ENTIGNY, cit., chap. IV, i). 59.

LA CHIROGNOMONIE LA PHYSIONOMIE LA MAIN 81 ET DE d'autres preuves, disait NEWTON, le pouce me convainde Dieu » ; voici une des citations crait de l'existence mais devenue des plus banales, qu'on les plus heureuses retrouve partout et que d'ARPENTiGNY cite également au début de son chapitre. Le pouce représente la volonté raisonnée. « L'animal supérieur estdans la main, l'homme est dans le pouce (1). » Le Pollex truncatus —pouce la catégorie des coupé — des Romains indiquait le pouce pour ne pas porter citoyens qui se coupaient les armes, d'où le terme poltron, que les langues néoencore avec une signification latines conservent toute Il faut songer que chez les Romains lever méprisante. le pouce était le signe de la demande du pardon, de la grâce. Le pouce des singes est fort flexible, tandis à lui tout seul toute que le pouce humain représente la volonté psychique qu'on oppose aux instincts. « Les idiots de naissance viennent au monde sans pouce, ou avec des pouces impuissants et atrophiés ; ce qui est le symbole doit logique, car, où l'essence manque, faire défaut » (2). Les nourrissons tiennent toujours les mains fermées, les « doigts par dessus le pouce », et ce n'est qu'avec le temps que le pouce prend son indépendance et qu'il « se ferme par dessus les doigts » (3). « ferment le pouce avant les doigts », Les épilepliques « ce qui signifie que ce mal, qui est éprouvé avant d'être senti, atteint le principe par lequel on pense, avant le principe par lequel on sent » (4). Les mori(1) D'ARPENTIGNY, op. (2) D'ARPENTIGNY, op. (3) D'ARPENTIGNY, op. (4) D'ARPENTIGNY, op. cit., chap. iv, p. 60. cit., chap. îv, p. 61. et loc. cit. et loc. cil.

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CHAPITREII

moi aussi tant de bonds, comme je l'avais remarqué « L'homme le ponce sous les doigts. fois, rentrent la raison, seul, parce qu'il a un pouce, c'est-à-dire connaît la mort (1). » Le mont du pouce, l'éminence de Vénus, car, « au fhénar est le siège de l'amour, fait : aimer c'est vouloir ». el, grêle, la deuxième Étroite signifierait phalange douceur. Le pouce polit absence complète de décision, le signe des « vierges folles », des impulsifs, serait des intuitifs. Albert DURER, à cause des instinctifs, si triste à sa femme, de sa soumission HOMÈRE,. SHAKESPEARE, MONTAIGNE, LA FONTAINE, LOUIS XVI selon d'ARPENTiGNY, de très petits pouces. avaient, SOUVAROFE, DANTON, GALILÉE, DESCARTES, NEWTON, LEIRNITZ, SAINT-SIMON, CHARLES FOURIER, ROREHT OVVEN, etc., de même que les Corses, avaient de très DAVID, FONTENELLE avaient aussi de grands pouces; du monde dont le VOLTAIRE, « l'homme gros pouces; coeur fut le plus assujetti au cerveau », avait, ainsi que le prouve sa statue (au Théâtre Français), des pouces » (2). IIOUDON n'aurait énormes pas ciselé le marbre avec ce détail analomique, si « les mains bien connues » du modèle ne lui en avaient imposé l'obligation. Le Lama « lève fièrement le pouce de la main droite et se dit : Je suis ainsi » (3) ; le geste indique une fois de plus la valeur psychique du pouce. Il y a en outre une différence 1res grande entre la main féminine et la main masculine. Sur cent femmes.. (1; D'ARPENTIGNY, p. et loc. cil. o (2) D'ARPENTIGNY, p. cit., p. 05. o {3j D'ARPENTIGNY,op. ci!., p. 66.

ET LA CHIROGNOMONIE LA PHYSIONOMIE DE LA MAIN 83 en France, : trouve selon l'auteur de la Chirognomonie, au type — — ; ; on en

40 p. 100 appartenant — 30 p. 100 — 30 p. 100

conique carré; spatule

Le mains élémentaires sont rares parmi les femmes. sont extrêmement rares chez les Les doigts noueux leur difficulté, c'est ainsi femmes, s'explique qu'on de concevoir l'abstraction et sinon leur impossibilité de la pensée. La grande les données métaphysiques exclusivedes femmes presque majorité appartient à ces trois ment ; les catégories chirognomoniques aiment ce qui fait femmes de la première catégorie facilement celles du bruit et elles se laissent dominer; sont des femmes de la seconde ambitieuses, catégorie et celles de la troisième catéadroites, prudentes, des vraies femmes, délicieuses, gorie sont des femmes chez la Le pouce étant des êtres de coeur. grand du raisonfemme révélerait une sentimentalité pauvre, de nement ; le contraire serait une preuve de tendresse, nos à pouvoir subir une passion. Choisissons faculté C'est un ménagères parmi les femmes aux doigts carrés. toutes les chiromanciennes avis prudent, sur lequel comme conseil et qu'elles ne cessent de répéter insistent intime à tous les bons bourgeois goûter qui désirent les la délicieuse fuyons paix chez eux. Au contraire, le aux pouces et souples femmes ; elles révèlent petits « besoin d'une activité du foyer ». L'expresen dehors à nous sion est courtoise ef de nature et correcte forcer à réfléchir sérieusement. « ont généralement la phalange déliLes Anglaises

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CHAPITREII

« ont les mains carrée ». Les Orientales cafemcnt pures avec des petits pouces » (1). CHARLOTTE CORDAY, SOPHIE DE CONDORCET, LUCILE DESMOULINS « avaient ROLAND « avait de les doigts très effilés » (2). Madame » (3). La spirituelle mains spatulées belles grandes au type carré. Madame de MAINTENON appartient très intéressant CARUS, dans un opuscule (Ucber und Bedeutung der verschiedenen Formen der Grand les différentes formes de main en a classe Iland), moral : à la 4 types, et il leur donne comme prototype Sancho main élémentaire, Pança ; à la main motrice, à la main à la main sensible, le Tasse;, Marius; Jésus-Christ. psychique, o (1) D'ARPENTIGNY, p. cit., p. 335. (2) D'ARPENTIGNY,od. loc. (3) D'ARPENTIGNY,op. cil., p. 338. (4) CARUS,1 vol., Stuttgart, 184G, p. 7.

CHAPITRE

III

I. ETUDE DE LA MAIN SELON LA CHIROMANCIE CLASSIQUE

Le premier son coup d'oeil de la chiromancienne, examen le plus sérieux, son attention la plus soutenue, vont à la paume de la main. Au point de vue métier (1), les conseils et d'après des ouvrages chirotechniques on doit considérer cette de la gnomoniques, région main d'abord dans ses dimensions, puis dans son degré » — le de fermeté, intérieure enfin dans sa « couleur — c'est-à-dire terme est presque au point classique de vue de la physionomie tactilo-musculaire. si précis et si personnels (1) En dehors des renseignements de Mmc FRAYA, voici une liste de quelques livres qu'on le plus clairepourrait consulter avec profit et qui synthétisent ment possible les données classiques de la chiromancie. Je laisse de côté INDAGINE, la réédition de PHILIPPE MAY, SICLER, à la connaissance de la grande majorité etc., qui échappent des prophéteurs. AROLA, L'art de lire dans la main. La chiromancie dévoilée, Des schémas clairs. Bon Paris, M. Masson, éd., 72 pages. résumé. JULES ANDRIEU, Chiromancie-élude sur la main, le crâne, la face. Excellente, miscaupointdela «Collection excellente ». des Salons. Librairie Jules Taridc, 1 vol. Bibliothèque 150 pages.

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CHAPITRE111

I La paume large et très ferme, presque dure, signifie de travail, idées pour la chiromancienne puissance et quelque Quelpeu intransigeantes. personnelles caracvolontiers : honnêteté, ajouteraient ques-unes et loyal ; d'autres comme tère brusque souligneraient notes toutes activité intellectuelle et particulières, santé robuste. physique, La paume large, mais souple, c'est l'esprit assimilafeur pouvant s'élever à la compréhension des idées « Connaissances étencaractère générales; spontané. « indulou encore dues », ajouteraient d'aucunes, mentale ; plus d'activité gence que philosophique ». Pour certaines elle sera chiromanciennes, physique le signe d'un caractère affable et bienveillant : « Désir de rendre ces charmantes service », murmureront « Santé délicate, mais résistante », sera prophétesses. la dernière réflexion suggérée par ce type palmaire. La paume très grande et très proéminente, disproavec les doigts, serait l'indice de la violence portionnée « Nature très dangereuse, et de la malice. déséquilibre à craindre l'oracle avec un regard », chuchoterait de crainte et de compassion. Son contraire, empreint une paume étroite et grêle, équivaudrait à élroitesse mentale lente et débile ; pas de conception d'esprit, clarté dans les idées ; illogisme, caractère enieleinent, méfiant et ombrageux ; impressionnabilité ; manque La paume étroite, mais presque absolu de franchise. de l'égoïsme et de la forte, serait le signe physique cl. d'un caractère irritable. sensualité,

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et bien proportionnée Une paume moyenne, souple en même temps mental, l'équilibre qu'une évoquerait « Assimilation, sa fragilité. santé très solide malgré les livres vive, clareté, », disent intelligence jugement La paume dure et grosde la chiromancie. classiques une grande activité le goût sière signifierait physique, du mouvement. L'individu serait violent des sports, à zéro. Si la paume est et sa sensibilité équivalente le sujet aurait certainement et ferme, une souple délicatesse de sentiments ; sou intelligence grande serait docile et perfectible ; son caractère active, serait de loyauté et de droiture. La paume empreint « goûts voluptueux » — pour très molle, c'est paresse, — une volonté le terme consacré chanceemployer Des mains voire absente ; santé très délicate. lante, sèches et sans relief sont, pour une docte chiromanl'indice de l'ambition, du positivisme, de cienne, au gain, de l'orgueil et de la susceptibilité. l'àpreté Caractère autoritaire et dominateur ; dissimulations. Troubles des voies digeslives. Paume et dure : épaisse » et de « matérialité » : de « sensualisme beaucoup combativité entière. Paume et molle, ; volonté épaisse à réagir lâcheté ; impuissance veulerie, paresse, contre les instincts. La main est une main grande la main moyenne indiquerait l'esprit analytique, mains le synfhéfisme. ; les très petites synoptique

Il des doigts n'est pas moindre L'importance mancie Cette science que celle de la paume. en chiros'attache

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CHAPITREIII

et dans le détail de dans leur ensemble à les observer doit donc être leurs proportions. Chaque phalange d'abord isoléavec un soin particulier, considérée aux autres. ment, puis comparativement La phalange », à onglée, dite « première phalange les cause de sa situation représente prédominante, les esprits fonctions cérébrales pures. Les penseurs, ceux qui, chez les chiromanciennes, cultivés, passent — oh ! le vilain mot ! — ont pour des intellectuels relativeune première phalange toujours, paraît-il, La réflexion, le goût ment plus longue que les autres. abstraites sont indiet des sciences de la philosophie les plus qués, s'il faut en croire les livres classiques, Maet particulièrement prophétesses remarquables de la dame FRAYA, par la forme légèrement spatulée JACQUARD,VAUCANSON, CONSTANTIN première phalange. très spatules, selon d'AnPERRIER avaient les doigts avec les données concorde PENTIGNY. Ceci d'ailleurs rentrent les gens qui Dans cette catégorie classiques. « ont besoin de mouvement », de « l'action physique », des « audaquand même », « amour sans tendresse cieux », selon le chevalier d'ARPENTiGNY. Au contraire, les esprits que logiprimesautiers, plus spontanés de la phaà la forme conique ciens, se reconnaissent est presque quand il s'agit langette, laquelle pointue des intuitifs, des extatiques, de théoriciens utopistes, et à noeuds appardes inventeurs. Les doigts spatuleux tiennent aux gens doués pour les sciences mécaniques, tels VAURAN, ARAGO, MONGE, GARNOT, pour la stratégie, la maindeLiszr, etc., de même qu'aux instrumentistes: : main ce jongleur du piano, est un exemple typique très spatulées. très grande, doigts noueux, phalanges

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elle est révélatrice de bons sens, de méthode Carrée, et de positivisme, de la simplicité, de l'obéissance « aux choses convenues de l'ordre, de », de l'amour mais sans initiative. d'organisation, l'esprit existant La deuxième indique l'équilibre phalange le degré de entre les facultés idéalistes et utilitaires, individuel. Si elle est plus élevée sens pratique que et les qualités d'ordre les autres, le raisonnement le rêve l'em; si elle est courte, prédominent positif sur le bon sens. porte le domaine La troisième représente phalange la violence les impressions sensuelles, matériel, plus des instincts. Cette ou moins phalange, impétueuse une nature voluptueuse, épaisse, indique toujours sensible aux joies du confortable, du luxe et du farde elle signifie une sécheresse sèche ou maigre, niente; Bien proporirrémédiables. coeur et une malveillance et de bonté douce elle atteste des qualités tionnée, aller jusqu'au dévouement. d'affectivité qui peuvent médicide la Chiromancie PHILIPPE MAY, l'auteur à « la proporun chapitre nale, déjà citée, a consacré » (1). Il doit y avoir « une tion de la main et des doigts si grande, et une égalité si admirable que proportion en grandeur de la grosl'une ne surpasse pas l'autre le fera voir à comme seur d'un cheveu, l'expérience ». Voici sa techde les mesurer celuy qui sera curieux il la proportion de la main, mesurer nique : « Pour des montagnes faut commencer par les deux milieux de Treusches, (1) PHILIPPE MAY, op. cil., trad. français édit. Ernest Bosc. chap. vni, pp. 52-58. Ch.vn dans l'édition allemande de 1667, pp. 37-41.

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CHAPITRE m

les du Soleil (1) et de Mercure (2), comme indiquent lettres A et B dans la sixième figure (3), et il faut que la grandeur de cet espace se trouve fois dans quatre la largeur de la main (c'est-à-dire dans les montagnes) et neuf fois dans la longueur (c'est-à-dire depuis la fin la Rascettc, du doigt du milieu comme le jusqu'à montrent les figures de 1 à 9), la proportion des doigts se trouve depuis la lettre A jusqu'au B. Le petit doigt et le pouce sont d'une mais il faut égale grandeur, du premier article du pouce. L'index est aussi compter grand que le doigt du Soleil, pourveu qu'il soit proà la main et s'estend la lettre B, portionné depuis C. Le doigt du milieu doit estre aussy long que jusqu'à la distance qu'il y a entre la lettre C et la lettre B, C'est-à-dire de la largeur de la main au-dessus de la se rencontre elle ligne C, B. Or, où cette proportion : 1° une bonne santé ; 2° un bon tempérament; indique 3° un homme de coeur, courageux et vertueux. Mais où elle ne se rencontre pas, elle signifie : 1° un mauvais tempérament et débile ; faible ; 2° une nature 3° des catharres ; 4° un homme superbe (p. orgueilefféminé et paresseux. Chez les femmes leux), laschc, seraient les présages ces proportions des « mesmes » effects et encore plus grands que chez les hommes. La main plus large chez la femme sera un signe défavorable pour son esprit ; mais au point de vue de l'ac« les mains inégales, et plus couchement, plus grandes un signe « qu'elle larges qu'elles doivent être » seraient dans ses couches ». sera très heureuse (1) L'annulaire. (2) Petit doigt. (3) Numéros delà

ligure du texte de PHILIPPE MAY.

Fig. 1. — La main chiromancienne.

Fig. 2. — La main cliiroinnin-icnne

Fig. ''> — La main cliiionianeionno.

11 PLANCHE

L'ÉTUDE LA MAIN DE Il faut chercher surtout l'harmonie

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et compléter l'impression première par l'inspection des lignes. « Il faut que la main et le visage soient d'une mesme longueur », dit PHILIPPE MAY avec son habitude d'affirmer sans donner des preuves. A son époque, d'ailleurs, l'expérience était une somme d'observations globales enregistrées grâce à des dons personnels, intuitifs, comme on les nommerait de nos jours. Dire aussi diagnostiquer la que PHILIPPE MAY voulait nature des blessures, leur quantité et les coups obtenus dans la « meslée ». II dit, analysant cette proportion entre la main et le visage que dans certains cas, à la guerre, « les vêtements seront plutôt endommagés que son corps » ! Lorsque les doigts, considérés dans leurs rapports avec la paume, sont longs, larges et proportionnels fermes, ils indiquent une pensée forte, un puissant équilibre et beaucoup d'énergie. « Lorsque les doigts et sont passent les bornes de leur juste proportion plus longs qu'ils ne doivent estre, écrit PHILIPPE MAY, ils dénotent : 1° une nature faible et débile ; 2" un homme timide et sans courage, mais d'abord fort libéral et propre pour apprendre quelque chose en peu de temps; mais au contraire quand ils sont plus courts qu'ils ne doivent être, ils dénotent un homme avare et qui n'est projirc à rien. Doigts longs et effilés : recherche excessive du détail, observation, analyse minutieuse, goûts affinés, sensibilité qui peut devenir maladive, santé fragile. Doigts des diplomates, des « aigrefins ». (1) PHILIPPEMAY, p. cit., édit. E. Rose, p. 57. o

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CHAPITRE III

et spatules : pessimisme, irritabilité, Doigts longs « acerbe » méfiant et taciturne caractère ; sens critique — peu de bienveil— le mot est, paraît-il, consacré lance ; satisfaction de soi. : avec la paume bien proportionnés Doigts moyens, aisément connaissances ; intelgénéralisées équilibre, et claire. ligence rapide courts et gros : caractère violence, impulsif; Doigts maladresse, irréflexion, éfourderie, précipitation, inconséquence. : de la cruauté, de très courts et très gros Doigts l'entêtement. courts et carrés : plus de synthèse que d'anaDoigts actif ; raisonnement, clair, loyauté, lyse ; esprit fidélité. et pointus : mensonge, courts imagination Doigts de pondération, ; manepic égoïsme. déréglée et charnus, à racine gracieusement Doigts élégants féroce de soi ; inconscience : amour excessif fuselée « Nature à évid'autrui de la douleur ; soif de luxe. les chiromandiscrètement ter » ! nous conseilleront ciennes amies... de se mais et capables inélégants souples, Doigts en arriére : générosité grandeur impulsive, replier mais faid'âme, altruisme, d'intelligence, souplesse de volonté. blesse : intelligence active et fermes sans rigidité Doigts volonté originale, précise. » l'expression « crochus Inutile de parler des doigts Elle évoque un type psychologique est assez connue. bien défini. : aucune durs, ne fléchissant que difficilement Doigts

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irritable et ergoteur; causmentale; esprit souplesse ticité; pas de générosité. et maladroits Les doigts gourds, épais apparaux êtres inférieurs le monde tiennent que tient pour accoutumés aux durs des prophétesses ; « aux êtres leur labeurs », ajoutent, pour compléter physiques nos aristocratiques ils Difformes, voyantes. pensée, des âmes grossières ou méchantes, souvent révèlent el cruelles et mal des vicieuses ; contournés faits, inférieures caractères ; des irritables, intelligences et déséquilibrés mesquins (1). La chirognomonie divisait les hommes en deux catédes doigts : ceux qui avaient gories d'après l'aspect les doigts lisses et ceux qui avaient les doigts noueux. Chez les premiers on trouvait de l'imprcssionnabilité, de la spontanéité, du caprice, du coup de l'intuition, du goût les seconds d'oeil rapide, de ; chez artistique la réflexion, de la logique, du calcul, de l'application intellectuelle précise. des doigts noueux. DESCARTES, PASCAL avaient comme en chirognomonie, En chiromancie, le pouce à lui seul une vie spéciale. Sa position le rend possède des autres il semble indépendant doigts auxquels Et la science lui confère commander. chiromantique un symbolisme curieux et complexe : il confient à lui seul le plus de renseignements possibles. est un signe Le pouce, par son opposition, presque (1) ANTIOCIII TIRERTI DOCTORIS, De Cheiromanlia, op. cil., lit). B. II, 114 « Digili crassi vel ampli brèves et, curvi honiinem stultum avarum et temerarium, etc. » invidum, audacem, Le livre le plus curieux à lire sur l'influence de l'astrologie, du zodiaque et de la chiromancie.

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CHAPITRE III

distinclif humain. Un petit pouce annonce un esprit, tandis de la puissance domiindécis, qu'un grand, de l'autorité. Souvenons-nous natrice, que Voltaire avait des pouces très grands. aussi. On cite Napoléon dans la chirognomonie. ces exemples assez souvent A la naissance, le pouce est presque toujours replié, caché : je l'ai vu dix fois clans par les autres doigts dix cas d'accouchement le dévelop; ce n'est qu'avec une allure de l'âge et de l'instinct qu'il prend pement le voit peu à peu s'ouvrir et s'agiqu'on personnelle, dans l'inconscience, c'est-à-dire ter. Dans le sommeil, ce doigt se replie selon nos savantes chiromanciennes, enfance de la dans la première comme ; au moment sous les autres les agonisants le dissimulent mort, en fermant la main, tout comme au moment de doigts la naissance. Ce réflexe serait le signe d'une cessation moi-même J'ai pu observer ces de la personnalité. sur le somfaits dans mes recherches deux derniers De là, nos meil et sur les mourants. prophétesses d'actiavec logique déduisent possède que plus l'être est nettement détaché des vité mentale, plus le pouce est rapproché de l'index autres doigts. Lorsqu'il une âme inférieure, il manifeste de souplesse, dénué Au contraire, et inapte à se perfectionner. inculte en dehors, il indique de la et bien orienté flexible de la généet dans le caractère, dans l'esprit souplesse de la magnanimité. rosité, suffirait à Sa première (onglée) presque, phalange les facultés toutes à manifester elle seule, d'énergie, élevée et plus haute Très et d'activité. de décision un inébranlable entêelle indiquera que la deuxième, mais consde la volonté tement modérée, ; moyenne,

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un esprit réfléchi la faiblesse ; courte, ; très tante, et très rejetéc en arrière, le défaut de positicourte une volonté visme, l'impressionnabililé, l'insouciance, incohérente. La deuxième dit : logique, phalange, longue, prudence, pouvoir aigu, défaut de spontanéité. analytique : sagesse, bon sens, droiture. Moyenne « coups : irréflexion, de tête à Courte étourderie, ». redouter « mettre » pour bien connue les pouces L'expression viendrait du rôle céder, prépondérant joué par lo de psychologie humaine pouce dans les actes décisifs (Larousse).

III les Quant aux lignes de la main, ce sont les facteurs et les plus connus des sciences chiroplus généraux Leur objet à vraiment intéresse, inantiques. parler, seulement la chiromancie. Il est impossible, en l'état actuel de nos connaissances, de dire à quoi fient cette dénomination des lignes et quel est le rapport du contenu de ces ternies linavec leur propre valeur On trouve même dans ARISTOTE le terme de guistique. citent les ligne de vie, et tous les auteurs postérieurs livres arabes et s'y rapportent. Au moyen âge les livres de chiromancie connus qui se répètent presque textuellement les uns les autres, ne s'ind'après de ce problème. Dans bon nombre de quiètent guère textes et de citations il y a des confusions dans la des lignes ; la ligne du coeur est souvent topographie

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CHAPITRE ni

avec la ligne de tête : Linea vilse et quu: confondue dit INDAGINE, (page cordis linea appelât, l.)). On de vie, en compte : les lignes quatre principales de tête, de coeur, et de chance ou de fortune. est tiré selon leur forme, selon leur lonL'horoscope « Ceux-là ou leur se trompent, gueur profondeur. écrit SICLER, qui disent que les Lignes des Mains sont ou figurées causées par hasard, par des plis, formées le poing : car s'il était il selon ferme ainsi, qu'on comme tous les hommes ferment la faudrait que, : fussent semblables Main de la même sorte, les Lignes nous fait voir, au lieu ipic l'expérience que de mille il ne s'en trouve pas deux, qui ayent quelque rapport » (Ouv. cit. Préface.) entre elles. La ligne de vie délimite l'éminence thénar (Mont de entre le pouce et l'index, elle se Commençant Vénus). termine vers le poignet, de la ou moins plus près du bracelet nom classique linéaire du poirascetle, dont le rôle en chiromancie n'est gnet, pas moins comme nous le verrons considérable, plus loin : son nom lui vient de ce qu'on prétend déterminer pouvoir elle l'âge du sujet et la durée de sa vie. L'exad'après men doit donc en être fait minutieusement, sans néglide ses éléments, forme, couleur, étendue, ger aucun etc. Les mesures se font rigoureusement profondeur, et le compas à la main, de la manière la plus suivante, classique (1). (1) Voir surtout medica, II eh. « p. 26, et m0 chap. Ildonnc de même voire même celle le livre de PHILIPPI MEYENS : ^Chiromanlia Von abmessung der linie des Hertzens » « Von abmessung der Kopfslinie », p. 30. la technique des mesures desautres lignes, du foie, des poumons et de l'estomac.

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Voici sommairement une des techniques courantes elles varient, de la chiromancie; généralement quoique à d'autres données Une classiques. peu, par rapport des pointes du compas demeure fixe à la base de l'index et l'autre décrit des arcs de cercle vers la ligne de vie ; pour les trente années de la vie, ces premières soit de la racine arcs de cercle doivent de l'anpartir soit du milieu de la racine du petit nulaire, doigt ; années de vie, l'arc de cercle doit pour cinquante aboutir au commencement de la ligne du coeur. Pour les autres la longueur totale de la ligne âges on mesure en trois de vie, on la divise et on se rend compte de combien elle dépasse les unités obtenues comme nous venons de le dire. On peut faire le même calcul pour les autres Cette manière de mesurer la ligne lignes. de vie nous vient des anciens divicabbalistes, qui saient cette empiriquement ligne en sept ou dix pardont chacune une durée de vie de dix celles, signifiait années. DESBAROLLES signale la technique courante et celle de PHILIPPE MAY . Il va de soi la ligne que de vie courte une brève existence. Proindique elle signifie une santé florissante et durable. fonde, Sa coloration fournit : pâle, « disde précieux indices continue elle est un signe de maladie, », et large, d'instincts méchants ; bleuâtre, livide, de folie ; rouge, elle indique un tempérament et cramoisie, colérique à l'emportement ; les affections sujet cardiaques y seraient cercles. La réunion à figurées par de petits la ligne de tête signifierait et grêle Longue prudence. elle annoncerait un caractère envieux ; mélancolique, ridée elle serait le prodrome des états maladifs. Un 7 y'U<Mi '•""X

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sur celle ligne fondamentale de la vie point profond serait le signe certain mort d'une violente ; des « ronds », maladie, ou même perte des yeux, des deux s'il y avait deux ronds. » serait le signe Un « cercle fatal d'une atavique tendance au meurtre. La ligne de tête commence fout près de la ligne de vie, et son tracé se dirige obliquement vers la perde la main, en divisant cussion en deux la paume dans le sens de la largeur. en passant, Remarquons, avec DESBAROLLES, qu'elle joue dans la géographie de la main un rôle très important au point de vue chirole canton ; c'est elle, en effet, qui sépare mantique ou matériel, de la zone septentrionale, ou méridional, la région de la fatalité, du domaine de la spirituelle, Elle se termine liberté. au niveau de la base de l'émiProfonde nence hypothénar. el nette, elle révèle une volonlé ferme et catégorique. La volonté est plus elle s'avance ferme quand vers le mont de Mars. Plus elle indique des penchants rêveur, longue, l'esprit de l'imagination, se sentimentaux, pourvu qu'elle musculaire dirige vers le Mont de la Lune (l'éminence du bord interne de la main). Si elle s'incline plus de ce côté, ce serait un signe de la folie. Courte, elle dit : et horizontale, hésitation ; longue ; pâle, égoïsme indécision. Et le sentiment elle se triomphe quand de la ligne de coeur. rapproche La ligne de coeur commence vers la base de l'articulation du petit doigt et finit vers la base du monticule interne de l'index. Commençant par de petits elle indique un caractère et prérameaux, agréable, Au contraire, commençant sage une vie heureuse. elle ferait du la sécheresse brusquement, présumer

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L'inconstance et l'esprit seraient coeur. capricieux » ou en « chaîne révélés », par le tracé en « anneaux des amours le symbole nombreuses. Aboutissant au elle signifie la mort violente de médius, ; traversée des obstacles en amour... inconsbarres, ; fragmentée, tance sentimentale. et sa durée L'attachement seraient selon liés, de cette « Si elle DESBAROLLES, à la longueur ligne. et ne commence dit-il, par le haut manque, qu'à la du Mont de Saturne, hauteur on aimera sensuelplutôt le coeur, on pourra lement mais à qu'avec s'attacher, » Pour des plaisirs cause sensuels. aimer du « fond du coeur », il faut que cette ligne partant du Mont de n'arrive Mercure : La coloration pas jusqu'à Jupiter vif indiquera un amour violent ; la coloration rouge « la débauche froide d'un homme », signe pâle « blasé ». La mort violente aussi par peut se révéler le fait d'une union de la ligne de coeur avec la ligne de tête et avec la ligne de vie, entre le pouce et l'index ; ce signe se retrouvant dans les deux mains serait le d'un crime ; surtout il s'incline vers la présage quand ligne de tête. La ligne de coeur traversée par d'autres serait l'indication lignes que les lignes principales d'un long cortège de déceptions. ha ligne de chance, ou de fortune, qui est celle de la de la destinée est la seule ligne verticale importante main : commençant à la rascette, elle s'élève à travers le creux de la main ou plaine de Mars, pour finir à la base du Médius. elle présage des Brisée, tronçonnée, obstacles à surmonter, la lutte, mais aussi les réusde bon sites prodigieuses la ligne de fatalité ; c'est nombre avant de grands créateurs. Si elle disparaît

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la fin de la vie. malheurs vers son terme normal, le deuil et à la ligne de coeur, elle présage S'arrêtant d'un être bien aimé. la fin du bonheur par le trépas de toutes ces lignes, hâtons-nous L'étude complète la matière de vingt chapitres de le dire, constituerait et nous ne formulons ici que des génévolumineux, et la substance de tout ce verbiage, ralités parfois naïf et généralement dogmatique. toujours pompeux, émettre une N'oublions surfout, pour pas, que seule ne suffit l'étude d'une affirmation, ligne pas, en mais qu'il faut les considérer dans leur ensemble, de la nature de la peau, de la forme, tenant compte eu un mot de la physionomie de la de la couleur, main. la Citons ses lignes encore, parmi principales, vers l'extrémité de la ligne hépatique, qui commence de coeur. Elle à la ligne ligne de vie et se termine délimite avec ces deux lignes le triangle connu sous la santé, de Mars. Elle indiquerait le nom de plaine la solidité, de la pensée elle est l'équilibre quand nette et bien des maladies fré; barrée, indiquée faible. et tortueuse, une constitution quentes, la base du pouce, au point La voie lactée occupe et de la ligne hépad'intersection de la ligne de chance Elle est presque à la ligne de chance, tique. parallèle et indiquerait les passions et la sensualité. L'Anneau de Vénus est la ligne courbe qui se dessine autour des articulations du médius et de l'annulaire ; elle serait le symbole de la passion irrésistible, on la rencontre en même lemps que la surtout quand voie lactée. Pour certaines elle chiromanciennes, aussi une sensibilité, une impressionnabiindiquerait

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et l'aptitude aux sciences lité extrêmes, occultes. Les lignes du poignet, ou rascelte, sont le symbole « volonté en action de l'élément ». Prode l'énergie, et apparentes, une vie active fondes elles disent et et sinueuses, la réussite. laborieuse ; compliquées Elles seraient aussi l'indice de l'âge, mais elles tirent leur interprétation du rapport avec les autres lignes de leur orientation. de la main et surtout La ligne de l'intuition est la moins elle définie; vers le Mont d'Apollon, selon la plupart convergerait on ne l'examine des auteurs; presque pas dans la chiromancie courante.

IV des lignes, il existe En dehors dans la topographie de la main de nombreux dont les chiromansignes font grand cas (1). Le caractère deces dessins ciennes est généralement Citons : géométrique. : puissance, dans la région Les carrés ou énergie à laquelle elle se réfère ; dans la faculté Les croix : des ennuis ; : de la réussite, mais cachée Les étoiles ; un événeen dehors de notre volonté el « du libre ment ». arbitre : réussite Les cercles éclatante, gloire ; (1) La chiromancie royale de SICLER n'est qu'une collection des signes, de tous les signes qu'on trouve dans la main et sur les doigts et avec toute l'interprétation astrozodiacale, et chiromantique Je renvoie le lecteur logique possible. curieux à ce travail, un des mieux faits de ce genre.

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Des triangles : talent, ; adresse, persévérance Des points noirs : blessures, ; signe maléfique Des points blancs : signe découverte favorable; scientifique (!) ; Des grilles : de la malchance ; Des chaînes : de la contrariété, des difficultés ; Des rameaux : signes favorables ils sont quand défavorables dans le sens contraire. ascendants, Des lignes courbes et rompues : des chances négades luttes à soutenir. tives, : la perte d'un oeil ou la gloire. L'auréole Il nous reste encore à parler des ongles et des monts de la main. Ces derniers sont au nombre de les noms des planètes. L'éminence sept, et portent thénar est dédiée à Vénus ; l'éminence à hypothénar la Lune ; l'élévation de la base de l'index, à Jupiter ; celle du médius, à Saturne au ; celle de l'annulaire, ou Apollon, et celle de l'auriculaire, à MerSoleil, cure. On est en pleines considérations astrologiques. La prédominence d'un de ces monts serait la domination du de notre esprit par la planète respective l'excès de Le développement Zodiaque. exagéré serait celte influence la serait ; de même que le contraire se de l'élément négation Zodiaque auquel le monticule réfère. Le Mont de Vénus l'amour dans marque passion son caractère sencharnel ; une sentimentalité plutôt un le goût de la femme ; peu élevé, il indique suelle, état habituel de mysticisme et de rêverie, une transformation de la Vénus terrestre en Uranie. Le Mont de Jupiter révèle la bonté, la rectitude

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la subtilité, l'amour de la mais, -d'esprit, trop élevé, il indique de la gaieté. nature; Le Mont de Saturne un indique tempérament le bon sens, la calme, mièvre, mélancolique, casanier, chance. tristesse. En astrologie, Fatalité, profonde est la planète Saturne Elle maléfique par excellence. la douleur, donne la solitude, la misanthropie, etc. Le Mont du Soleil, ou d'Apollon, marque l'ingéla tolérance, le savoir faire (?) le goût des niosité, les dons moraux et surtout les dons arts, spirituels les plus brillants. II donne aussi le goût des lettres, de la gloire, de la célébrité, de tout ce qui brille (naturellement). Le Mont de Mercure, la finesse, la normal, indique subtilité un penchant ; un peu relevé, pour le menet le vol, la vie pratique il ; proéminent, songe pour serait le signe de l'hypocrisie et d'aptitudes commerciales. Le goût de la science. de Mars, La Plaine le creux de la main, nette et le courage, le calme, la résignapure, proclamerait tion ; de petits sillons la traversant seraient les signes de la bestialité, de la violence et de caractéristiques l'injustice. Sur le Mont de la Lune siègent la rêverie, la poésie, l'amour de la solitude il présage; disproportionné, rait la folie, la mort subite. La couleur des montagnes est à considérer. Il faut « directement se trouve et que montagne chaque immédiatement au-dessous de son doigt » (PHILIPPE directement MAY). Les planètes n'agiraient que de la sorte ! Des taches et blanches sur les collines rouges « changement dénoteraient de sang ».

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durs Les ongles et rosés manifestent une santé une intelligence vive ; pâles et mous, une robuste, mauvaise une volonté faible. Ils sont courts santé, chez les gens minutieux, amoureux de méthodiques, l'ordre et du détail ; rongés chez les individus nervoire envieux et sournois. Ce veux, agités, inquiets, dernier est généralement d'un fâcheux signe augure des quant à la valeur morale du sujet. La proportion PHILIPPE MAY, ongles est encore à considérer. D'après les ongles seraient mous dans les maladies vénériennes. On rencontre sur les ongles de petits points parfois d'un gris blanchâtre, blanc ou rose (1) ; leur colorafoncée une tion ou moins constituerait toute plus dont les notes les pins basses correspondraient gamme à de mauvais tandis présages, que les notes élevées seraient d'un heureux Leur signification varie augure. d'ailleurs avec leur accentuation et leur forme : à peine ils présagent des illuindiqués, par exemple, plutôt sions et des soucis... Les taches seraient d'un jaunes bon présage. Le père jésuite DELRIO, un des sévèresde la chiromancie, admet volontiers critiques que les sur les ongles points noirs et blancs qui apparaissent servir comme des étals malapourraient diagnostic difs ou de santé. Mais il proteste contre la probabilité d'un signe prophétique car « l'avenir est indépendant de la volonté de l'homme ». la racine jusqu'au bout,. Chaque ongle croît depuis (1) Voir le Traité des points et des taches qui paraissent quelquefois sur les ongles des doigls, de PHILIPPE MAY, « Anniedicae », pp. 106-124, éd., de 1667, hang der chiromantiae Éd. Bosc, pp. 133-162.

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en l'auteur de la Chiromancie médicinale, il faut le mois. Dès signe paraît, qu'un à sa position : car comme il dans le temps rapporter est convenu s'annoncentd'avance, que les événements il faut savoir les prévenir et au besoin Il y a réagir. des auteurs médicale de la qui exigent l'inspection main ; la fatalité pour la thérapeutique peut être conil s'agit surtout de troubles jurée parfois, quand de perturbations 11 faut secondaires, organiques. donc diviser : chaque les ongles en trois parties partie à un mois. On peut, selon PHILIPPE correspondrait aux médicades signes MAY, constater par rapport ments ! « Afin donc, écrit cet auteur, ingérés qu'un médecin s'il sera heureux ou malheupuisse sçavoir reux en sa pratique, de considérer je lui conseille de son et de prendre s'il y a l'ongle garde pouce heureux ou infortuné, et suivant la quelque signe nature de celuy il pourra du rencontrera, qu'il juger succès de son entreprise, car Mars, qui a l'intendance sur les médecins..., etc. médical (1). » Le conseil et à retenir. paraît simple

V Une jamais sont au digestion, chiromancienne à l'inspection consciencieuse ne procède des mains qu'après que celles-ci environ trois heures la ; après repos depuis « quand les viandes sont bien digérées », le p. 161.

(1) PHILIPPE MAY, op. cit.,

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CHAl'ITHli III

dans un état d'esprit calme ; à aucun sujet doit être et fatiguées les mains durcies prix, elles n'examinera des mains d'en(1). Il en sera de môme par le travail ne sont fants au-dessous de sept ans, où les lignes ou des formées des vieillards ; de celles pas encore les déformations de l'âge ou pathologiques infirmes, troublant et bouleversant toute leur physionomie linéaire. Elle étudiera de préférence la main droite chez les hommes, et la gauche chez les femmes. ici une observation très intéNotons psychologique dans le symborante : la main gauche représente, la fatalité les facultés lisme chiromanfique, organique, innées ; la droite, au contraire, au milieu, l'adaptation les réactions la lutte et l'acquis ; les verspirituelles, tus conquises se gravent dans sa paume. Il est donc d'examiner la main chez les logique plutôt gauche infiniment femmes, qui sont plus impulsives, plus naturelles et primitives, au sens du mot, profond mâles. seront La peau et les lignes que les individus à la loupe, observées dans une chambre bien éclairée, et de préférence à la lumière du soleil. On maintiendra cette une température modérée dans ; le sujet pièce excès être à devra n'avoir fait aucun et, si possible, jeun. « Pour bien examiner toutes les lignes de la main, il faut qu'elle soit nette, écrit PERRUCUIO, sans tumeur, sans gale et non altérée du travail ; que la personne soitbonnementà jeun, de sorte que huit et neuf heures du matin : il sont très commodes en connaistre pour (U Voir PHILIPPE MAY sur les conseils chop. n, éd. Bosc. chiromantique, dans la pratique

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soit sans et que le lieu où l'on émotion, qu'elle soit sans être néanmoins à une sera, clair, exposé clarté facilement éblouir la trop grande, qui pourrait vue oster le moyen aux sens et, par conséquent, et de connoistrc d'opérer (2). » ny l'effet, ny la cause Avec tous ces éléments, la pythonissc expérimentée ou les médecins, on disait comme au xvie siècle, a entre les mains des notions très précises empiriques la phraséologie pour elle, et qui, de fait, endehorsde habituelle à ce genre de vaticinations, ont une certaine valeur Elle elle affirme, expérimentale. palpe, elle essaie de se documenter du par la physionomie Nous tous un sujet et son aspect général. possédons subconscient extrêmement nous tangible, quand savons ou au moins l'ébranler, l'agiter. Une bonne une habile chiromancienne est toujours Ses ont une tournure diplomate. phrases spéciale; : tout ce qu'elle dit pourra à sa louange être interprété Aio te, Eacide, Romanos Elle n'affirme vincereposse. sont de sans ses oracles restrictions; jamais pleins et lui sont en partie dictés rélicences, par les mouveles changements les altérade physionomie, ments, tions de du visage du sujet. Elle sent que les signes la main, la valeur leur attribue toute malgré qu'elle de ne constituent une source scientifiquement, pas à celle qu'est le visage ; renseignements comparable c'est au visage des miroir fidèle émotions, surtout, où viennent se peindre où les agitations psychiques, en images les oscillations les mentales, apparaissent du de la conversation phases intérieur, dialogue (2) PERHUCIIIO, op. cit., p. 74.

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intime de l'èlre avec soi-même, que la chiromancienne recueille les plus précieux indices ; un geste réprimé, une altération de la un mouvement qui s'ébauche, ses investigations. Puis elles, la guident dans voix, sur d'avenir tout en brodant nous parlent toujours l'inconnu et dans le vague, suggesparoles pourtant tives soit son pour n'importe quel être, quelle que et sa culture. intelligence d'un auteur de bon sens résumeUne page plein fort bien la croyance habituellement accordée aux ainsi que le scepticisme chiromantiques, manigances dans certains Nous graves. qu'elle évoque esprits au Dictionnaire infernal l'empruntons (1) de GOLLIN DE' sa sixième l'auteur de PLANCY, de 1863, dans édition, lesla Bibliothèque des Légendes, assez connu par la psychologie desfolkloristes et ceux qui ont étudié croyances. « Gardez-vous, en chiromancie, dit M. SALGUES (2), des circulaires la totalité lignes qui embrasseraient les nomment de du l'anneau ; les cabbalistes pouce et ADRIEN SICLEII, nous prévient Gygès, que ceux qui courent le risque un lacet les portent qu'un jour, fatal ne leur serre la jugulaire. Pour le prouver, il de vaisseau, cite Jacquin Caumont, enseigne qui fut ne s'étant méfié de cette funeste pendu, pas assez Ce serait bien était double en figure. pis si ce cercle et simple en dedans : alors nul doute dehors, que ne se terminât votre triste carrière sur une roue. Le même ADRIEN SICLER a connu à Nîmes un fameux (1) Paris, Fume, Jouvet etC1', 1 vol., 723 pages. et des préjugés, (2) SALGUES, Des erreurs etc., t. II, p. 49 et suiv. Cité d'après COLIN DÉ PLANCY, Dicl. Inf., p. 434.

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ce signe qui fut roué en 1559, et qui portait impie Il m'est impossible mortel à la première de phalange. vous tracer toutes les lignes décrites et indiquées illustres chiromanciens découvrir pour par les plus la destinée et fixer l'horoscope de chaque individu ; mais il est bon que vous sachiez qu'IsAAC KEM-KEU soixante-dix de mains .a donné au public ; figures Je docte le profond MÉI.OMPITS, douze; COMPOTUS, le subtil ROMPHI.huit; JEAN DE HAGEN, trente-sept; ; JEAN LIUS, six ; l'érudit CORVAEUS, cent-cinquante PATRICE TRICASSUS, quarante et PERCORUS, vingt; fait de bon RUCHIO, six ; ce qui compte quatre cent vingt-trois mains sur lesquelles votre sagacité peut s'exercer. Mais, dites-vous, l'expérience de la chiromancie. Un et les faits parlent en faveur duc de Toscane, de Médicis, Grec prédit à Alexandre d'une mort de la main qu'il mourrait .sur l'inspection de violente ; et il fut, en effet, assassiné par Laurent rien ; son cousin. De tels faits ne prouvent Médicis, une fois ou car si un chiromancien rencontre juste raisonmille fois. A quel homme deux, il se trompe en effet, que le soleil se mêle nable persuadera-t-on, de son index le de régler le mouvement (comme disent les maîtres en chiromancie ? que astrologique) de son petit Vénus a soin de son pouce, et Mercure est éloigné de vous immenséQuoi! doigt? Jupiter ment : il est quatorze fois plus gros que le petit globe et décrit dans son orbite des années que vous habitez, de douze ans, et vous voulez de votre qu'il s'occupe doigt médius !... » fort scepEt GOLLIN DE PLANCY qui est d'ailleurs BUÉIIIER et celui du tique, cite le cas du docteur

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célèbre M. RAILLON, assez connu dans le xviuc siècle, dans les prophéties se réalesquels chiromantiques lisèrent Le premier auteur dans pleinement. raconte, ses Caprices de l'Imagination, le cas d'un homme de ans qui mourut un mois après que le bohéquarante mien lui eut annoncé cette fin. RAILLON mourut sur le tombant d'un échafaud comme on le lui avait coup, prédit (1). Ce sont sans doute des cas probables qu'on cite et qui se perdent dans le nombre des cas négatifs ne cite pas ! qu'on PHILIPPE DE MÉLANCIITON pronostique en 1550, « voyant la main de la femme de Sébastien Redingerus, docteur en médecine, Catherine appelée Landschuckin, ne passerait trente effectivequ'elle ans, ce qui arriva ment ; car elle mourut en travail d'enfant, précisément la trentième année de son âge » (2). le volume Ouvrez de SICLER et vous trouverez des milliers toutes de « bonne foi », soit d'attestations, les auteurs soit comme font citées, d'après classiques, DELLA PORTA, ANTIOCHUS TIBERTUS et INDAGINE, J.-B. PHILIPPE MAY, des observations DESBApersonnelles. ROLLES est encore intéressant à connaître à ce sujet par sa documentation toute Le curé JEAN personnelle. BELOT avait remarqué une étoile dans une jointure du étoile de mauvais « en la personne médius, présage, d'un de ses amis » et qui fut assassiné gentilhomme dans ses bras le 24 juillet 1623 (3). Il y a des signes qui (1) J. COLLIN DE PLANCY, op. cit., p. 434. (2) PHILIPPE MAY, Epislre Dédicaloire, p. ix, édition, Bosc. (3) SICLER, op. cil, p. 6 et PEIIIIUCHIO, liv. IV, ch. vm. C'est le premier qui aurait assigné à la présence de l'étoile la fatalité d'être assassiné.

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varient selon la latitude, et SICLER conseille aux personnes à leurs qui ont certains signes jointures du médius de chercher les régions dominées par la constellation du Cancer, et il nous donne une liste des dont le séjour serait plus détaillées (1) des localités favorable. de la main a son Chaque hiéroglyphe son pronostic et sa thérapeutique! interprétation, Les Planètes conduire tous nos pas, tous paraissent nos gestes ; le Zodiaque de la main n'est qu'un écho de la constellation et l'analyse. des qui nous protège signes seule peut donner aux lignes de la main, à sa conformation la possibilité d'une intelchiromantique de sa destinée et de sa manière ligence précise d'être. Le signe hiéroglyphe tient son importance en dehors de son dessin, de la constellation qui dirige le de la base de l'articulation doigt, ou du monticule du doigt. Le doigt du milieu aurait des « sympathies» avec la rate et SICLER s'appuie sur HIPPOCRATE, qui avait constaté des rapports de maigrissement de la rate quand le corps s'engraisse et vice versa, pour faire et des constatations des pronostics médicinales (2). CAMILLE BALDE découvrait, selon SICLER, les personnes timides « par les mains subtiles et longues » (3). « à la longue nommé ARTAXERXÈS, roi des Perses, main » était « fort faible et débile ». Heureusement retrouve lumineux, qu'on quelques aperçus qui mal parfois avec cette exubérance cadrent d'érudimais qui mettent au point la valeur de ces tion, (1) SICLER, ibid., 7 et8. (2) SICLER, ibid., p. 25. (3) Manus subtiles et longée timidorum

propriee, ibid., p. 81.

112 curieuses

CHAPITRE m

constatations, véridiques parfois, étranges à contrôler souvent. Il s'agit des difficiles toujours, la racine du médius et qui dénoentrecoupant lignes selon à la poitrine, teraient, PERRUCHIO, des plaies des plaies à la tête, si ces lignes à la s'entrecoupent racine de l'index, au bras si elles sont localisées à etc. l'annulaire, « Et j'ay souvent si les lignes remarqué que sont les playes sont fort fourchues, ; si légères elles se terminent en une croix, elles sont de difficile et si elles se finissent en une croix spéciale guérison, le texte il y a un dessin), elles sont mor(sous telles. « Que si une desdites descend lignes pour fendre le Cingulum elles menacent de mort violente Verens, de cette à •et c'est possible ligne que COCLÈS prédit devoir mort mourir de personnes quarante-cinq d'où CARDAN remarque violente, que de son temps il n'en restoit à qui le malheur ne fût que deux, arrivé. « Je vis la même à un certain natif de Jacquet, menacé de mourir Pezenas, auquel je dis qu'il était des mains de la justice, ce qui luy arriva pour avoir assassiné Monsieur le Comte d'Uzès, son maître; mais en cela que les yeux humains ne sont pas assez j'avoue et que les règles de la chiromancie n'étant clairsvoyans fondées on ne peut que sur des faibles conjectures, les événements futurs pas par conséquent prévoir un million de nuages qu'à travers épais, qui empêchent les professeurs de pouvoir absolument prédire un événement de toute ses circonstances accompagné et dépendances, du divin, cela tenant comme dit le

I. ETUDEDE LA MAIN

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lsaïe : Annoncez les choses qui doivent prophète futur et nous connaîtrons venir au temps que vous êtes Dieu (1). » (1) SICLER, La Chiromancie, royale, \'e partie, p. 25 : « Annuntiate quoe ventura sunt in futurum et sciemus quia Dei eslis vos. «

CHAPITRE

IV

LE CANON ARTISTIQUE DE LA MAIN 1 de la beauté est certainement la conception à supposer même qu'un jour on préplus variable, cise scientifiquement ce qu'il faut entendre par il faudra modifie sensiblement ses beauté, qu'elle car nos idées évoluent, sous des canons, changent influences extrêmement différentes et inattendues, d'où des goûts et des tendances et nouvelles artistiques éternellement renouvables. II n'y a pas une beauté ; il La beauté vivante est souvent extrêy a des beautés. mement insaisissable. MM. DUVAL, LANGER, BRÛCKE; de BICIIER, STRATZ (1) essayèrent THOMSON, P. (1) BRUCHE,Schônhcit und Fehler des menschlichen Gestalt, 1890. — LANGER,Anaiomie der âusseren Formen des menschlichen Kôrpers, 1884. — WESSELY, Der oeeibliche Modell in seiner geschichle Enlwickelung, Leipzig, 1884. — P. RICHER, Anaiomie artistique, 1890. — Canon des proportions du corps humain, 1893. — Physiologie artistique, 1895. — Dialogues sur l'art et la science. Nouvelle Revue, t. cvn. — La Revue de l'art ancien et moderne, 1897, i'os 3 et 4. — M. VACHON,La femme dans l'art, 1891. — M. DUVALet BICAL, L'analomie des maîtres. — Histoire de l'analomie plastique, 1890, Quentin. On trouve d'excellentes sur DA VINCI, BUONAROTTI, remarques La

116 nous

CHAPITRE IV

le cadre anatoencore de nos jours, donner, artiset artistique de la beauté des canons mique nous en ont laisse quelcomme les anciens tiques, leurs écrits dans peu ques-uns que certainement d'artistes de talent avaient consultés. ce et à Litre de document Voici d'après ces auteurs d'une belle qu'on pense anatomico-artistiquement Les peintres comme tous les artistes main. qui n'ont canons eu aucune idée des soi-disant anatomiques l'index ou plus font volontairement long plus court D RAPHAËL,RUBENS, REMBRANDT, URER. — HENKE, Die, menschen des Michel-Angelo ira Vergleich mil der Anlike. Rostock, 1892. — HOUDOY, La beauté des femmes dans la littérature et dans l'art du XIF au XVI" siècle, 1876. Paris, 1 vol., 185 pages. — Malerei. BruckSCH/EFFEH, Die Frau in der Venezianische of mann, 1899. — A. WALKER, Analysis and classification — beauly in woman, London, 1846, 2e éd., 1 vol., 396 pages. Pour LEONARDODA VINCI voir : Ch. RAVAISSON,Les manuscrits de Léonard de Vinci, t. I, 1881, t. II, 1883 et t. III, 1881 (nouv. édit. K) et J.-P. RICHTER, The lilerarg works of Leonardo da Vinci, Londou, Sampson Low, Marston, Searle et Rivington, 1883. — N. GERDEY, Anaiomie des formes extérieures du corps humain. Paris, 1829. — Louis PEISSE, La médecine et les médecins, Paris, 1857. Surtout les chapitres « l'art à l'académie de médecine » (t. II, p. 306) et « de l'usage des études anatodans les arts du dessin » (t. II, miques et physiologiques à un cours d'anatomie p. 338). — N. TRÉI.AT, Introduction 1863. — H. KUHMIOLZ, Paris, appliquée aux beaux-arts, Caldoni sur l'analomie appliquée à la Réflexions de Floriano 1845. — CH. LEVÈQUE, La Science du peinture, Montpellier, Beau, 1861, Paris, Ang. Durand. — HAY, The géométrie beauly of the hurnan figure defined, 1851. -- ZHISING, Ncue Lehre von den Proporlionnen des Menschlichen Kôrpers, Leipzig, 1854. — G. AURRAN, Les proportions du corps humain mesurées sur les Paris, Audran, MDCLXXXIII., plus belles figures de l'antiquité. minutieusesont mesurées 44 pi. Les figures de l'antiquité ment. Rien à retenir de ce travail, sauf ces quelques renseigne-

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à la grande de MANTEGAZZA que l'annulaire surprise amèrement aux artistes cette ignorance qui reproche des Weibes, trad. ail. 1894, et Teu[Psychologie cette ches). Mais pourquoi disposition anatomique la beauté? Est-ce qu'une main est représenterait-elle plus belle avec ou sans index plus court que l'annulaire? L'histoire de l'art nous fournit des mains qui nous paraissent belles et qui appartiennent également aux deux catégories. La beauté n'est pas liée à un type mais à des types. Il n'y a pas une beauté anatomique, mais des beautés, comme il y a des vérités et pas une vérité ! Si l'antiquité était observatrice et avait le grecque menls que je trouve écrits à la main à la fin do l'exemplaire de la Bibliothèque nationale, un ancien exemplaire de « Monasterii B. M. Ordinis S. Benedictii » : POUR'HOMME LA. L POUR FEMME Hauteur : Du coude à la naissance des doigts 6 3 4 4 DuJ"" Du poignet à la naissance des doigts 14 16 Lo second des doigts, ou le plus long 16 14 Largeur : Le gros de l'avant-bras. .16 14 » Le poignet 11 1 La main » » 18 Pour les hommes, les mesures ont été prises d'après les proportions d'Apollon Pythien du Vatican, et pour les mesures des femmes selon Vénus Aphrodite dite de Médicis. On nomme partie la quatrième partie du visage, comme par exemple la distance du menton au nez. Une minute est la douzième part d'une partie. Parties MinutesParties Minutes — — — —

118

CHAPITRE IV

Paul modernes, coup d'oeil sûr, ainsi que les auteurs l'ont démontré, la Renaissance, RICIIER entre autres, nous donne sa somnolence malgré psychologique, harmonieuses et même d'assez beaux des extrémités Le type physique est intimement lié à échantillons. de la beauté ! L'éducanotre possibilité d'intelligence était certainement à l'imition du regard supérieure d'une idéologie mais il y a, tation servile innovatrice, nous venons de le dire, beauté et beauté. comme sont belles Les mains des statues antiques parce de ce calme LANGER, la que calmes, qui fait selon de l'art D'accord avec grec. grande supériorité sont souLANGER, je crois que les saillies musculaires il y a vent mal placées chez les Grecs, tout comme des erreurs dans l'art du moyen âge et systématiques de la Renaissance. Le canon nous donne, des enseignements paraît-il, sur ce qu'on précieux peut concevoir par une belle main (1). Les choisissaient comme unité de Égyptiens selon Cn. BLANC, la longueur du médian, mesure, qui « était comprise dix-neuf fois dans la hauteur totale » (STRATZ). C'était du corps le module, l'unité de mesure du canon, des règles de la beauté. Les Grecs des canons et on vit bien des s'inspirèrent égyptiens, canons de la beauté chez les Grecs : celui de POLYCLÈTE dont nous retrouvons des dans renseignements VITRIIVE, GALIENCI, PLINE. LEONARDO DA VINCI, ALBRECHT (1) Il y a un chapitre sommaire mais clairement rédigé dans le livre plein de bon sens et vraiment intéressant du Dr. STRATZ, La beauté de la femme, Gaultier-Magnier, Paris. Trad. de l'allemand de Robert Waltz. Chap. iv, pp. 37-54.

LE CANONARTISTIQUE LA MAIN DE

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DURER et AGRIPPA s'occupèrent jilus tard des proportions de la beauté, y mêlant comme AGRIPPA, dans sa fameuse De occultaphilosophia (de 1531, t. II,ch.xxvn), même la beauté des astres (1). ZEISING résume toute l'histoire du canon de la beauté dans sa classique Ncuc Lehre von den Proportionen des menschlichen Kôrpevs (1854), ainsi que HAY qui est, comme toujours, extrêmement documenté : The géométrie beautg of thc. human figure defîned (1851), et de même que OUETELET : Des du corps humain. de VAcadémie proportions [Ballet, des sciences, lettres et beaux-arts de Belgique, XV.) En 1899, FRITSC.Hnous a donné un travail très sérieux sur le canon artistique dans sa Die Gestalt des Mensc.hen (1899) ; citons aussi les essais de SCHMIDT (18-19), de CAR us (1854) et de SOHADOW en Allemagne ; de SARGENT en Amérique, et de P. RICIIER en France. /

II de POLYCLÈTE (2), dont il n'existait que la et cela encore vague, du temps de VITRUVE, tradition, nous est totalement inconnu. On sait seulement qu'il le système du sculpteur PYTHAGORE DE perfectionna RIIEGIUM et qu'il dressa une statue, célèbre par ce que nous rapporte tout son traité. l'antiquité, qui résumait (1) Le volume d'AGRippA était connu en 1510 (BEYLE,Diction., IX, art. Agrippa). est (2) J.-J. WINCKELMANN le premier qui quité et ses monuments avec une méthode ses nombreux ouvrages. Lui aussi croit que CLÈTEest représenté par le Doryphore. manuscrit depuis Le canon

ait étudié l'antiscientifique, dans le canon de POLY-

120 Cette armé statue d'une

CHAPITRE IV

« représentait un garde du roi de Perse un doryphore ». Quant à la loi des lance, dans la statue de POLYCLÈTE, nous l'ignoproportions Ch. BLANC, qui rapporte le rons, quoiqu'en pense de GALIEN. Ce dernier écrit passage que le doigt était du canon de POLYCLÈTE. « Il pense, l'unité GALIEN — en de CHRYSIPPE — que la beauté consiste non parlant des éléments dans la convenance (le froid et le chaud, dans et le sec), mais l'harmonie des meml'humide du doigt avec le doigt, dans le rapport savoir, bres, et le carpe, des doigts avec le métacarpe de ces parties du cubitus avec le cubitus, avec le bras, et de tous avec l'ensemble ces membres du corps, ainsi qu'il est le canon de POLYCLÈTE » (1). écrit dans vero non inelementorum sed in mem(1) « Pulchritudinom brorum congrucnta, digili videlicet ad digilum, digilorumque et ad manus articulum, omnium ad palmam et horuin ad omnium denique ad omnia posicubitum, cubiti ad braohium, tam esse censet ; perinde atque in Polycleti normâ Ltteris » GALIEN, De Hippocralis cl Plalonis mandalum conspicitur. Liv. V, p. 255 de l'édition decretis. in-folio de Venise, 1565. Cité d'après Ch. BLANC, p. 47. —A. BOSSE, Recueil de à dessiner sans maître le portrait, les figures pour apprendre 1737. Paris, G.-A. Jombcrt. figures, l'histoire et le paysage, Une seule image de main (pi. 9). — GÉRARD DE LAIRESSE, Le grand livre des peintres ou l'art de la peinture considérée dans toutes les parties et démontrée par principes. Trad. du hollandais sur la seconde édition, 2 vol. MIHXI.XXXVI. Paris, chez Moutard, 527 p. ; cxxxv pi. Ou trouve quelques notions— mais banales. Ch. vu : De la beauté. Ch. vm : Du mouvement des membres, p. 86. Polyclète ou théorie des mesures de l'homme selon le sexe, et l'âge avec indication des grandeurs réelles sur la diversité d'après le pied du Rhin, suivie d'une dissertation des formes de la face et de la conformation de la tête des peuples de la terre. Continuation de ce que PIERRE CAUTER a écrit sur celte mesure, par GODEFROYSCHADOW. Berlin, 1834.

LE CANONARTISTIQUEDE LA MAIN Parmi les anciens, citons encore des opinions et des formules de la géométriques LYSIPPE, EUPHRANOR,

121 artisbeauté

tiques d'AscLEPTonoR, VlTRtiVE.

PHILOSTRATE,

de DIODORE, parle des VITRIIVE, contemporain tout en nous oubliées, règles antiques qui étaient « Le corps d'une manière inexacte. renseignant dit-il dans son troisième humain, livre, a naturellement et ordinairement cette le que proportion visage, qui comprend l'espace qu'il y a du menton haut du front, où est la racine des cheveux, jusqu'au en est la dixième est La môme partie. longueur le pli du poignet l'extrémité du doigt depuis jusqu'à qui est au milieu de la main. Toute la tête, qui comle menton jusqu'au sommet, prend ce qui est depuis est la huitième du corps entier ; la même partie mesure est depuis l'extrémité inférieure du col, par il y a, depuis le haut de la poitrine derrière; jusqu'à la racine des cheveux, une sixième et jusqu'au partie, La cinquième sommet une quatrième. partie du visage est depuis le bas du menton jusqu'au dessous du nez, il y en a autant le dessous du nez jusqu'aux depuis et autant encore de là jusqu'à la racine des sourcils, le fronl. cheveux Le pied a la sixième qui termine de la hauteur de tout le corps, le coude la partie de même que la poitrine. Les autres parquatrième, leurs ties ont chacune mesures et proportions sur les excellents et sculpteurs de lesquelles peintres se sont toujours l'antiquité, que l'on estime tant, Le centre du corps est naturellement au nomréglés. et qui a les mains bril, car, si à un homme couché, et les pieds étendus, on met une branche du compas

122

CHAPITRE IV

au nombril et que l'on décrive un cercle, la circonférence touchera l'extrémité des mains et des doigts, des pieds. Et comme le corps, ainsi étendu, a rapport avec un cercle, on trouvera qu'il a le même rapport avec un carré, car, si on prend la distance qu'il y a de l'extrémité des pieds à celle de la tête, et qu'on la à celle des mains on trouvera étendues, rapporte que la largeur et la longueur sont pareilles, comme elles sont en un carré fait à l'équerre (1). » « Il est malaisé, sans doute, écrit CHARLES BLANC (2) en parlant des canons et de ses recherches personnelles au Musée du Louvre, de vérifier ces mesures sur les statues la plupart sont mutilées et antiques, puisque sont presque des restauraque leurs doigts toujours tions modernes, nous mais, comme la règle égyptienne le montre, le médius est égal à la hauteur de la cheville interne, à la longueur du genou, à la dislance de la base du nez au pli des frontaux, et l'une ou l'autre de ces mesures étant facile à prendre, nous avons pu les comparer à celle du canon et voici le égyptien, résultat de nos opérations». Sur les figures archaïques du temple et les plus anciennes statues d'Egine grectelles que YAthlète et YAchille, nous ques du Louvre, avons trouvé justes toutes ces mesures, mais seulement quand nous avons mesuré les longueurs déterminées des os. La distance du nombril aux par est la seule qui ne soit pas exacte. Dans le pectoraux modèle cette distance est de trois médius, égyptien, (1) D'après Ch. BLANC, Grammaire Renouard, 1 vol., 720 p. ; p. 40. (2) Ibid., p. 48. du dessin, 1867. Paris,

DE .E CANONARTISTIQUE LA MAIN

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dont nous parlons elle est les figures dans toutes la différence Toutefois il faut remarquer moindre. entre le modèle égyptien et celles des autres d'attitude modèles qui portent toujours sur une hanche et ne sont jamais dans la position d'un homme que l'on mesure. d'une dimension ils sont variable, Quant aux membres Voici un exemple : au canon égyptien. tous conformes totale de 2 m. 035; en déduiYAchille a une hauteur mais si sant la hauteur du casque il reste 2 mètres, et la figure droite, on la tête relevée l'on suppose les 35 millimètres que nous précisément regagnera La hauteur restera donc de 2 m. 035. avons retranchés. du médius, redressée D'un autre côté, la longueur et vérifiée d'aild'après les calculs les plus rigoureux, de la base du nez aux frontaux, leurs par la distance est de 0 m. 107, qui, multipliés par 19 = 2 m. 033, la hauteur totale de la statue à 0 m. 0002 c'est-à-dire près. « La clef des proportions de l'homme une fois trouvée nous conduisait à cherdans le médius (1), l'analogie celle delà les petites mesures, cher dans ses phalanges mais c'est l'index qui les contient. face par exemple, « Le Vénitien PAOLO PINO, en son Dialogo dipittura, observe que du bout de l'index à la phalange moyenne il y a la même distance que du menton à l'ouverture la mesure également des lèvres et que cette longueur de l'inbouche et les oreilles. La phalange onguéale la longueur des yeux et par consédex détermine cette la distance puisque quent qui les sépare, distance doit être égale à un oeil. Mais c'est le (1) Ibid., p. 52.

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CHAPITRE IV

médius et non plus l'index l'intervalle qui précise entre le nez et d'oreille. Il faut croire que ces rapétaient connus des Egyptiens, car on trouve ports dans toutes les collections d'antiquités égyptiennes, au Louvre, et notamment des doigts en pierre de ou en basalte, sur lesquels touche sont marquées des divisions Tantôt le médius est seul, tantôt il inégales. l'index ». Dans le canon un doigt estjointà égyptien, est toujours un signe numéral, soit pris, soit comme comme d'unité. Deux doigts et non symbole joints et index, signifient fléchis, médius droit, règle, justice, et par analogie la mesure est une mesure, puisque comme le droit est une règle morale. règle matérielle, fut faite par le docteur Une vérification HENSZLMANN (1) sur l'unité de mesure des édifices Ce savant, antiques. (( après avoir mesuré le corps humain à sa manière, a constaté que dans les séries numériques corresponaux divisions et décroissantes dant croissantes de l'échelle les proporqu'il a inventée pour déterminer tions dans l'architecture se trouvait la mesure antique exacte du médius, de égale à la dix-neuvième partie » (2). la hauteur « La proportion de la main consiste en 3 mesures de nez, de laquelle et proportions mesure faut faire et marquez 3 carrés égaux, pointez perpendiculairement 1, 2, 3 dont la base du tiers carré d'enbas se en deux parties divise une égales, pour y adjouter faisant une tierce partie de la dite base marmoitié, dans l'archi(1) Dr HENSZLMANN,Méthode des proportions tecture égyptienne, d'origine cl du moyen âge. Paris, 1859. (2) CH, BLANC, op. cit., p. 54.

LE CANONAUT1STTOUE LA MAIN DE

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quée 1, 2, 3, qui nous donne le poignet du poulce et le une ligne premier doigt près du dit poulce montant à la somité de l'angle, le dextre du poinclée jusques carré marque dans une quille 1, faisant poinclée du quel laquelle est le dit premier doigt, la grandeur n'excède la première joincture extrême d'en haut du les 2 parties de doigt du milieu, en 3 parties esgales, la dite joincture d'en haut du dit tiers doigt, comme il appert le en la figure de la main, représentant la joincture dedans marqué B, et le poulce n'excède seconde du premier Reste la quarte doigt. partie faisant le poignet, qui est la mesure du nez, dont la base est divisée en 4 parties, qui nous sert aux mains vues de costé. Les mesmes mesures sont observées, tout en dehors de la main marquée A, comme en dedans BC et aux dites mains de costé semblablemarquée : mais les ment, y font observer les mesmes mesures mains estant vues de costé, ne contiennent que 3 meil appert aux sures de la base du poignet, comme des dites mains figures cy dcssouls représentées, ou diago1, 2, 3, 4 sur une ligne penchante marquées du poignet nale, dans une forme d'ovalle, au dcssouls ou plan B & A qui nous représente l'ombre, marqué » Mais JEAN COUSIN (1) du dit poignet. géométrique minous donne dans son langage mi-mathémalique, sur des renseignements tout aussi précieux arfistique de maislre Jean (1) Jean COUSIN, Livre de Pourlraiclurc Cousin, peintre et géomélrien très excellent. Paris, 1595. « Particularités des mains veues par dedans, par dehors et par le costé». — Voir aussi l'édition de JIIICLVII,MDCXXXXII.— La première édition chez Jean le Clerc, la seconde et la troisième chez Guillaume Le Bé.

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CHAPITREIV

les « particularités des mains avec leurs proportions et mesures des mesures de la », sur les proportions de l'enfant, vu chacun soit de côté, soit de face femme, ou par derrière. Le canon d'ALBERT DURER (1) serait trop long à résumer ; il fait usage des mathématiques et de la géométrie à l'excès. Un grand nombre des canons postérieurs eu ont été inspirés, et les Durer sont restés On trouvera dans la traduction classiques. française de LOUYS MAIGRET LIONOIS la reproduction fidèle et exacte du texte de l'auteur avec toute sa prodigieuse, mais hélas inutile précision. BRAMANTE (1514) aurait écrit sur la quadrature des aux proportions du corps corps et il l'aurait appliquée humain. GIUSEPPE BOSSI, qui avait écrit un travail sur la Saint-Cène de LEONARDO DA VINCI vers 1810, à d'un certain LUCA CINGIASIO Milan, signale l'ouvrage de déterminer les qui avait essayé mathématiquement du corps d'où auraient humain, proportions puisé VINCENZO FOPPA et même DURER. LEONARDO DA VINCI nous laisse également des observations, de même que PAOLO PINO, POGGI, JÉRÔME CARDAN, FRANCESCO MAZ(1) Les quatre livres «('ALBERT DURER, peintre et géomélricn très excellent. De la proportion des parties et pourtraicts des corps humains. Traduits par LOUYSMEIGRET LIONOIS, de langue latine en française, chez Jean Jeantz, 125 p., 1613, Arnheim, p. 24. V. aussi LUIJWIG JUSTI, Konslruierle Figurai und Kôpfe unler dcnWcrken Albrechl Diïrcrs. Unlcrsuchungen und Rekonstruklionen. Leipzig, 1902. KerneW. Hiermann, 1 vol., 72 p. — ALRERT v. ZAHN, Dilrers Kunsllehrc und sein Verte, zur Renaissance. Leipzig, 1866. — LANGER,.Durer* ùsthelisches Glaubensbekenlnis. [Zeilschrift fur bildende Kunst, N. F., ix, 121, 187, x, 220, 255.)

LE CANON DE LA .MAIN ARTISTIQUE

127

zi;oLi, LAMAZZO, GIOVANNI-BAPTISTA ASMKENI, BARRARO DANIEL (15C>7), MACOLANO, BARCA, PINO, TROÏÏI, E. SALMEGGIO DE BERGAME, VOLPATO, BANDINELLI, etc. (1). Citons encore les Canons de GIOTTO — des curieuses de la beauté de ce primitif conceptions dont Florence et Sienne gardent encore des oeuvres émouvantes —, de PIEDRO DELLA FRANCESCA, de GHIRtout LANDAJO, de RAPII. ALRERTI (1398). On trouvera des « canons » avec des détails l'historique précis dans l'introduction de la traduction de DURER de LOUYS MAIGRET LIONOIS, citée plus haut. Il ne faut les analyses et les canons de CH. RIGIIET pas oublier et pénétrer les intenqui avait cru pouvoir distinguer tions du créateur, dans les harmonies et mystérieuses des formes géométriques précises (2). Pour ce qui concerne le canon moderne, en dehors deCii. BLANC, citons P. RICHER(3), l'homme qui a cer« Le tainement le mieux compris l'action vivante. membre dans sa totalité, devrait être supérieur, mesuré de l'acromion du sommet à l'extrémité du Mais cette mesure, doigt médius. pour être exacte, la subdivision de notre module exigerait (la hauteur SCIIADOW (1) D'après GODEFROY (qui nous donne un historique très savant des différents auteurs et travaux sur les proportions du corps humain). — LANGLOISimprima en 1651, à Pau, son traité de peinture. En 1796 parut l'édition de DETERVILLE, où l'on trouve des observations sur la longueur des membres du corps. — Cité dern. dans Bossi. (2) CH. RICHET, Le prototype humain ou les douze lois fondamentales de la géométrie des formes. {Bull. Soc. Anlhrop., 1897.) (3) P. BICIIER, Canon des proportions du corps humain, 1893, Paris, Dclagrave, p. 38.

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CHAPITREiv incommodes et que nous

de la tète) en des fractions avons tenu à éviter. « C'est

ainsi que le membre de notre type supérieur mesuré de cette façon, compte, plus de trois têtes et à fait trois têtes et demie. Si l'on veut se pas tout contenter d'un à peu près, cette dernière mesure peut à la rigueur suffire. Mais comme nous prétendons à plus de précision, nous proposons de mesurer le d'une autre façon. membre « Si nous la longueur du enlevons, par exemple, ce qui, sur le modèle, s'obtient faciledoigt médius, fermer le poing, nous constatons ment, en lui faisant ainsi raccourci, que le membre supérieur, compte exactement trois tôles du dessus de l'acromion audessous de la tête du 3e métacarpien. D'où il suit du médius est inférieure à une demique la longueur le membre dans sa totalité, ne doit pas tête, puisque atteindre trois têtes et demie, ainsi que je viens de le dire. « Si, pour mesurer le membre dans sa totalité, nous notre point de départ en bas, à l'extrémité du prenons au lieu de le prendre comme tout à l'heure, médius, en haut, à l'acromion, nous constatons que la mesure de trois têtes remonte fond du creux de l'aisjusqu'au dans la profondeur, selle, en un point qui correspond, de l'articulation à la partie inférieure scapulo-humérale et qui, nécessairement, se trouve du desséparé sus de l'acromion, de moins d'une par une longueur à celle avons nous demi-tetc, longueur égale que trouvée en bas, c'est-à-dire du doigt par égale » médius.

LE CANONARTISTIQUE LA MAIN DE Pour

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on les les subdivisions du membre supérieur, compte en commençant par le bas. La main et le poignet forment, selon P. RICHER, la de peu, trois tête, la main seule dépasse première quarts de tête. Le doigt médius, plus la tête du troisième métacarpien, égale une demi-tête. Le diamètre de la tête du troiantéro-postérieur est ce qui manque sième métacarpien au membre trois têtes et demie. supérieur pour atteindre « Le canon, dit P. RICHER, de huit tètes, reproduit les proportions du membre de la figure supérieur d'ensemble de J. COUSIN, le même membre supérieur des proportions bien moindres sur les présentant aux membres figures consacrées séparés. Par contre, c'est sur ces derniers dessins inféque le membre rieur est conforme à celui de notre canon, pendant bien plus long. qu'il est, sur la figure d'ensemble, « La longueur du membre supérieur, moins la main, et cinq ans, triplée entre est doublée entre quatre treize et quatorze au moment ans, puis quadruplée du développement complet. « D'autre part, la main est doublée entre cinq et sept ans, puis triplée à l'âge adulte. « Des os du membre ce sont ceux de supérieur, » l'avant-bras avec le plus d'intensité. qui croissent TOPINARD (1) croit que l'École française s'est tenue au canon de COUSIN, légèrement modifié par CH. BLANC, ce qu'il appelle Canon des ateliers (CH. BLANC, faille = 100. etc..) (1) TOPINARD,op. cit., p. 1060.

130 ,, Membres supérieurs 4. (COUSIN)

CHAPITRE IV au haut f Epaule , . . \ du poignet. . 01M 2teles j s „ . , ,. ! Poignet , 1/4» 1 visage J Main Q nez 8 , » 1 3 5 » » „_ A 25,0 „ , 3,1 9,3 15,6 ' . ] / .,„ r [ 37,5 J

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III Dans le volume de HOUDOY, où est analysée minutieusement la beauté de la femme dans la littérature et dans l'art du xu° jusqu'au xvi° siècle, on parle rarement de la beauté de la main; on s'arrête à l'exaltation de la beauté des bras. On ne trouve aucune citation précise ni dans les chansons ni dans les de gestes, du xn° siècle où l'on parle « de la plus belle que épopées fût née (1) », le portrait de la toute délicieux jamais belle Blanchcfleur lors de son entrée à Paris. On nous mais parle des grands Bcrthe, pieds de la charmeuse on ne nous renseigne Au xnc siècle, pas sur ses mains. « les petits écrit HOUDOY, étaient un signe de pieds, et l'un des caractères noblesse de la beauté de la et femme et pulchri (2). » Pedes parvi fornicatorem innuunt devant la blanjocosum (3). On s'extasie cheur de la peau, devant la souplesse des hanches, (1) Garin le Loherain, cité par HOUDOY,p. 23. (2) HOUDOY,op. cil., p. 25. (3) Spéculum nalurale, LXXIX,C. CXIIII.

LE CANONARTISTIQUE DE LA MAIN

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devant la finesse des cheveux blonds — les seuls qui se prêtent à la tendresse caressante de l'oeil, condition de la beauté, dirais-je, avec ceux du xn° et essentielle mais la du XIIIC siècle, avec les Grecs et les Romains, main ne paraît pas intéresser ces amants de la beauté Tout au plus si l'on trouve que les hommes, plastique. bien esthétiquement, doivent entre autres, avoir, « les poings bien carrés », et c'est logique par ce où la beauté du mâle était synotemps chevaleresque ! nyme de force physique Au xni° siècle, on trouve quelques renseignements. Il faut que les mains soient « mignonnes, délicates ». ROULUT DE HI.OLS (1), dans son Coset allongées toiement des Dames, au sexe féminin des prodigue conseils sur les soins à donner aux mains : Vos mains moult nétement gardés, Sovent les ongles recopés, Ne doivent pas la chair passer Cordure ne puiest amasser sur les mains dans les cantates Rien de particulier amoureuses du trouvère ADAM DE LA HALLE, peintre enivré de sa belle dont « Dieu ne viendrait plus à un visage pareil à celui que j'admibout de refaire suivante : rais alors! (2) », que la simple description « Que dirais-je de ses blanches mains, dont les doigts aux jointures non noueuses, se terminaient allongés, à la chair finement par un ongle rosé, qui se rattachait par une ligne unie et nette ! (3) » op. (1) HOUDOY, cit., p. 47. (2) HOUDOY, cit., p. 53. op. DELA HALLE,oeuv. cit. par ED. COUSSKMACKER, 1872. (3) ADAM

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CHAPITREIV

Pour le môme contraste l'homme, qu'au par les mains tenailles xii° siècle, étaient « de véritables la poignée de destinées à porter la lance, à serrer « nerveuses et carrées », tandis l'épée » ; elles étaient ». avaient les « bras longs et maigres que les femmes cette antithèse dans HOUDOY, qui constate typique ne la retrouve la littérature, pas dans la peinture. Pendant le xiv" et le xve siècle, et surtout dès les l'école flaannées du xv° siècle, primitive premières mande, ce qui n'est pas mon avis, donne une attention les mains d'Eve, plus marquée aux mains. Il remarque du célèbre polyplique de l'Agneau, de VAN EYCK : « Les sont maigres et sans distinction, bras et les jambes mais la main est fine et véritablement délicate (1). » reconTout me semble dessiné avec cette délicatesse nue de HOUDOY, un homme de goût et vraiment fin. du CORNÉLIUS AGRIPPA, celte curieuse personnalité du xvi" siècle, nous donne quelques commencement sur la beauté curieux de la femme, renseignements De praecellenlia dans son classique feminis ouvrage HOUDOY donne sexus, auquel l'importance qu'il « Les hanches mérite. et la croupe «coxas » sont opuest charnu et les extrémités des lentes ; le mollet mains et des pieds sont dessinées par une courbure arrondie et élégante (2). » La carnation devient plus riche au xvi" siècle ; la beauté de type, pour ainsi dire, et la main change littérature constitue de toute une immense l'objet de de la beauté, vue ; au point chiromantique o (1) HOUDOY, p. cil., p. 71. (2) HOUDOY,op. cit., p. 78.

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devant les arides et fatigants nous nous retrouvons beauté. La main « potelée » canons de la soi-disant les données soient semble être appréciée, quoique avec sa nuance L'art flamand, relativement pauvres. brutalement sensuelle, exprimée, pittoresque parfois intéresde documentation est un champ toujours, sante. Le xvi" siècle célèbre la chair : des poètes comme et sentimental CLÉMENT MAROT, et même le délicat comme BRANTÔME — qui RONSARD, des littérateurs cette n'avait point « froid aux yeux » — nous précisent pour opinion par leur enthousiasme pour la couleur, la forme floue. Ils s'éloignent de la ligne, et Diane de Poitiers ne fût-elle pas une des plus célèbres dames de » de la Renaisrurale l'époque ? La « température TAINE (1) se fait singulièrement sance, dont parlait dans les oeuvres d'art, et RONSARD célèbre les apprécier « la beauté maigre et la beauté grasse ». deux beautés, dont la Renaissance nous proLa femme opulente, la grades échantillons nombreux, remplace digue du xn" siècle. Il est vrai que cieuse et frêle créature et aussi en pleine résurrection nous sommes antique tâtonnements à la période des premiers anatomiques. RIIRENS est l'âme de cette époque et la main « canocomme une unité géométrique nisée » est considérée obèses et épade ces corps de Vénus bien portants, nouis. IV FRITSCH, dont nous empruntons quelques D'après données dans le livre du docteur STRATZ, le module (1) TAINE, Philosophie de l'art, Baillièrc, 1865.

134 du

CHAPITREIV

canon serait la longueur de la colonne vertébord supérieur brale, « depuis la base du nez jusqu'au de la symphise le corps est parpubienne, lorsque faitement droit » (p. 41). FRORIEP, dans son Anaiomie Kùnstler 2e édit.), utilisait comme fur (1890, « module » la longueur de la tête, comme le délicat et sensible docteur Nno; P. RICHER prend la même unité de mesure. On trouvera dans le chapitre cité du docleur STRATZ des considérations d'ordre anatomiques très clairement mises au point ; mais il général sur les régions des détails et, en manque partielles, sur les membres particulier, supérieurs. on le sait, être longs, de manière Les bras doivent, soit à la hauteur de la taille et le poique le coude du Mont de Vénus; à l'état de repos gnet à la hauteur le long du corps. La les bras tombent naturellement de l'articulation de l'épaule à l'articulation dislance du coude doit être égale à celle qui la sépare du mamelon au côté opposé ; la distance de l'articulation du coude au poignet doit être égale à celle du mamelon au nombril LANGER, la longueur (STRATZ). D'après de la main doit correspondre à la distance du nombril à l'articulation de la hanche ou « un neuvième » « Une petite main passe pour de la hauteur totale. au point de vue belle, écrit STRATZ. En nous plaçant nous ne pouvons chose, anatomique, exiger qu'une c'est que la longueur de la main corresponde au neuLa main sera donc, chez vième de la hauteur totale. la femme, plus petite que chez l'homme. Nous considérons comme des défauts les mains larges et épaisses, cl crochus, les doigts gros, courts les doigts noueux, » (p. 188). Tous les poignets saillants ces défauts

LE CANONARTISTIQUEDE LA MAIN d'ailleurs, être dûs

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l'auteur incline à le reconnaître, peuvent « Plus au rachitisme. les extrémités sont larges, plus les ongles eux aussi seront larges, courts et plats. Les muscles de la main n'ont guère de rondeur des formes de la relief; mais une certaine du tissu adimain, due à la présence plus abondante un des caractères sexuels secondaires peux, constitue de la femme les plus connus ; lorsque la peau est il se forme en outre des fossuffisamment élastique, settes sur les articulations. On pourra donc considérer comme des qualités : l'étroitesse et la forme légède la main, les fossettes sur les surrement arrondie et effilés, faces articulaires, des doigts des longs » (STRATZ, bombés et plus longs que larges. ongles p. 188). La main doit, PLINE, VARRON, VITRUVE, d'après du visage. «Les mains, A. NIPHUS, avoir la dimension ont extérieurement la blancheur de la neige, potelées la teinte de l'ivoire et à l'intérieur (1) » ; « un peu « crasciusculos », elles auront les doigts grassouillettes non noueuses, terminées finement aux jointures par convexe un ongle légèrement (2). » du médius est un problème dont La longueur MANTEGAZZA se réjouissent CASANOVA et dernièrement Le médius doit être plus long que le en l'examinant. ; c'est une qualité doigt, selon ces auteurs quatrième une évolution de tout premier ordre et elle représente « avancée ». raffinée, définitive, plus plus plus (1) NIPHUS, dans le Portrait HOUDOY, . 95. p o (2) HOUDOY, p. cil., p. 168. de Jeanne d'Aragon, cité par

136

CHAPITREIV

et en outre, Il a été observé, que chez les Lapons l'index était le plus long. RRAUNE chez les Hindous Karl STRATZ [Festgabe le docteur cité fiir par a démontré 1876, que Vogcl), Ludwig, Leipzig, à cause de son articulation l'index est raccourci qui est oblique sur le métacarpe ; sur 70 p. 100 cas de ses et il est plus il est plus long que le quatrième sujets, chez les femmes. facilement trouvable de, la main Caractères chez la femme, d'après Qualités bien proportionnée Stratz (p. 202) :

de la main

mince ; Poignet Main étroite ; Index plus long que l'annulaire Peau fine ; Petite main ; Main longue ; Ongles longs et bombés. Défauts de la main

;

:

massif ; Poignet Main large ; Annulaire plus long que Peau épaisse; main ; Grande Main courte et large ; Ongles larges et plats.

l'index;

Mes recherches ne concordent pas avec celles des et puis je ne vois pas, des auteurs, malgré l'opinion auteurs si convaincus comme MANTEGAZZA, l'harmonie

LE CANONARTISTIQUE LA MAIN DE

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et les coefficients de beauté qui résultent du fait que l'index soit plus long que le quatrième doigt. Sur 100 femmes dont j'ai mesuré l'index françaises et le quatrième adultes doigt sur le vivant, femmes de la population de parisienne, essayant toujours déterminer les coefficients comtoujours ethniques 10 p. 100 qui ont l'inpliqués, j'ai trouvé seulement dex plus long que le quatrième doigt et à peine d'une en moyenne à deux millimètres. différence égale les deux doigts presque égaux. Chez 6 p. 100 avaient sont encore plus sensibles les hommes, les différences ; seulement 7 p. 100 qui avaient l'index j'ai trouvé doigt et d'une grandeur plus long que le quatrième d'un millimètre et demi de moins. en moyenne Sur nous sommes ce point seulement d'accoi'd avec les à savoir que les femmes ont parfois l'index auteurs, plus grand que le quatrième doigt. Pour ce qui touche l'index étant plus petit que le quatrième la beauté, esthépas, au moins à notre avis, l'harmonie n'empêche tique de la main ; sans doute cela ne doit pas dépascar comme certains ser certaines auteurs le limites, le fait pourrait servir comme indice du soipensent, disant état de dégénérescence. Cette différence ne doit réelle et normale, la dépasser, pour une harmonie d'un centimètre environ. La longueur de longueur l'index donne, il est vrai, parfois' une facture plus à la main, elle nuance plus l'opposition des élégante quatre doigts, qui font pour ainsi dire corps au pouce, mais une petite différence entre la longueur de ces deux doigts donne, à mon avis, une physionomie plus à la main, car elle nuance les bouts des personnelle de la forme de la doigts et assure le vrai caractère

138 main

CHAPITREIV

des quatre bouts des doigts, rappar le rapport la signature de la main. port qui est comme Je ne saurais achever ce chapitre sans évoquer d'une des plus belles mains que j'ai pu voir et l'image examiner dans ma vie. Par hasard, vue je l'avais une fois jouer au piano la Mort d'Yseult, de WAGNER, sur les arrangée par LISZT. Cette petite main glissait touches du clavier avec une fougue prodigieuse. Avant d'attaquer le morceau, ces mains avaient une toute particulière; aussi petites physionomie petites, une main de femme, elles se conqu'on peut imaginer tinuaient d'une structure par des poignets anatomique des plus harmonieuses était retenue dans ; l'ossature une gaîne de tendons frôles et définissables dans leurs fibreuses à travers un réseau veineux dont enveloppes étaient délimitées les mailles tout par des annelets délicats du moyen aussi que ceux des armures âge. mains faisaient à ces mains Ces petites en songer des musées d'Italie, marbre avec nonchaqui reposent de velours lance sur des coussins à peine chiffonnés. La proportion des lignes rappelait par leur vie les mains des saintes, peintes par Luini, ou encore celles de l'art chrétien, mais ces mafns-étaient encore plus et pas du tout potelées. Ceux qui ont visité des petites d'Italie et particulièrement musées ceux de Milan, doivent se souvenir des mains peintes par Luini et surtout des proportions si heureuses des mains de ses Le poignet était si fin que l'espace Madones. délimité critérium ordipar l'index et le pouce de la personne, naire de la finesse de ces attaches et conseillé par les canons de la beauté, ce qui est rare, un braélaient, celet trop large. La paume de la main é'ait dessinée

DE LE CANON ARTISTIQUE LA MAIN

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avec un luxe de détails qui mettait en relief, qui délimitait tous les groupes musculaires et en même une temps laissait à la peau et aux tissus subjacenLs et en accentuant physionomie propre en se repliant les sillons normaux d'une manière des plus agréables à l'oeil. On aurait dit qu'un mouleur artiste avait pris la paume de la main de Vénus d'Arles et qu'il s'était amusé à la rendre plus vivante, à ciseler, à nuancer les grandes mais visibles lignes à peine ébauchées, de la déesse. Le creux de la main, sans être profond, s'évasait harmonieusement vers les articulations et l'oeil ne rencontrait aucun digitales, pli, aucun relief disgracieux. Les doigts étaient comme ceux de mains des saintes vierges en bois du ces admirables xvi° siècle, chez lesquelles le modelé des articulations et des tendons est si soigne. L'index plus long que l'annulaire : le canon de la beauté parfaite des mains était réalisé. L'image que j'évoquai pour fixer dans ma pensée cette délicieuse main, et la seule qui me vint à l'esprit, fut celle d'une main d'une sainte momifiée, que j'avais vue jadis en Orient un jour de Je veux sécheresse, pendant que la foule l'invoquait. de la sainte Pliilofteia de Curtca d'Argeg parler (1) (1) « Curtca d'Argcs. », célèbre monastère de Roumanie, bâti, dit-on, sous le règne du prince valaque Néagoé Bassarab, au commencement du xvi° siècle, par l'espagnol Manuel Gomez. Il existe à ce sujet une touchante légende. Il parait que l'architecte et les maçons, désespérés de voir que les murailles qu'ils élevaient dans la journée s'effondraient pendant la nuit, firent le voeu d'emmurer celle do leur femme qui viendrait la première au-devant de son mari, avec le déjeuner du matin. C'est à la femme de l'architecte qu'échut ce triste sort. Aussitôt, la cathédrale s'éleva majestueusement, mais

140 une

CHAPITREIV

toute jeune fille aux mains dont les d'enfant, d'une musdoigts avaient gardé l'empreinte parfaite culature finie et chez laquelle les articulations ankyencore et losées, desséchées, paraissaient souples la quenouille. capables d'empoigner Les bouts des doigts étaient frêleinent et modelés, d'une manière si suggestive que l'idée d'une caresse vous était imposée comme une tentation immédiate, presque obsédante, àchaque coup d'oeil... On pensait—impres— se trouver devant la sion peut-être trop personnelle seule main de femme capable le geste de d'esquisser la caresse, le plus touchant, le plus humain de toutes : une mère caresse plus volonles caresses féminines tiers et plus instinctivement l'enfant qu'elle ne l'embrasse. Les ongles bombés avaient cet éclat nacréde ces mains plus modelées, violet des mains mortes, lut. réellement belle, plus défiquand la main vivante nies encore à cause du relâchement des tissus, des mains de mortes chez lesquelles a été l'asphyxie et l'agonie instantanée. Le dos de rapide, brusque, la main une surface tactile à présentait agréable suivre dans tous ses plis ; on était obsédé par l'harmonie des fossettes et par les capricieux des trajets veines. La peau était d'un tissu si fin que la maille veineuse était visible ; elle était si souple, si blanche sur le tissu que les vaisseaux subjacent, sanguins une fois l'édifice achevé, le maître maçon Manuel (Mcsterul Manolc), de désespoir, se précipita dans le vide, du haut du monastère. A l'endroit où il tomba, une fontaine jaillit. Il existe là-dessus une jolie ballade populaire roumaine ; voir aussi la petite brochure Mejerul Manolc de N.-D. POPPESCU, Bucarest, 2° éd., 1882.

III PLANCHE

LE CANON DE ARTISTIQUE LA MAIN

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être comme sous une action vasoparaissaient motrice manifeste même à l'oeil nu : ils étaient souvent dans une vaso-dilalation constante, conservant tout leur calibre réel. Les collatérales veineuses des doigts rappelaient, par le détail si achevé des ramuscules du plus petit calibre, la dissection rêvée par des anatomistes poètes, s'il y en avait! La chiromancienne, toutes les chiromanciennes d'ailleurs dans les mêmes termes, me s'exprimaient disait tout bas, examinant cette main merveilleuse : « Il faudrait un poète pour chanter cette forme parfaite et un grand statuaire pour la modeler ; il serait dommage qu'une pareille main ne restât pas comme document dans nos musées d'art. » Et, en effet, cette main évoquait dans la pensée de tous les hommes une vision de beauté obsédante, une de ces hallucinations étranges que l'imagination conçoit dans les moments de fièvre, une de ces mains fantômes des fées qu'ils invoquent dans des moments de détresse pour caresser leur front ou pour serrer leurs mains. Quand cette belle petite main attaqua le morceau, ce fut un double délice ; l'oeil jouissait autant que l'oreille. Les petites mains devenaient tout à fait vaporeuses ; on n'aurait jamais su deviner le jeu d'une On reconnaît femme, le jeu de si petites extrémités. facilement le jeu d'un homme au piano, il y a une sonorité plus grande, en dehors de la manière toute le morceau, surtout pour la particulière d'attaquer musique wagnérienne, qui exige une main non seulement souple, mais élastique, 1extensible. Les arpèges coulaient harmonieux, et la wagnériens vigoureux, divine musique vibrait telle que le maître nous

142

CHAPTRE IV le symbole d'un spasme

l'avoir raconte conçue, d'amour. Des accords attaqués des notes passionnées, mais rendant effleurées,

à succédaient violemment douces et tendres, à peine et limun son exact, sonore était unique. Et l'oeil s'enivrait pide. L'interprétation de cette le toucher sublime de suivre sur le clavier frêle structure. Tantôt la main devenait griffe. Tantôt à faire elle grandissait à un tel point qu'elle arrivait ou bien, s'éfant faite plus des légati impossibles, en soudain et plus câline, elle se transformait petite main de madone à la musculature vigoureuse, pour nuancer un puissant accord d'amour avec de la gravité et de l'orgueil On ne distinguait accompli. plus le relief des vaisseaux on avait l'impression sanguins, et décharnée le clavier d'une main osseuse attaquant dans un délire... on pouvait Parfois, s'imaginer qu'une des délicieuses créatures et voluptueuses de graves Van Dyck, ou encore une des saintes madones si humainement mais avec conçues par la Renaissance, belles des mains comme encore, plus jouait par miracle du piano avec leurs belles mains ranimées, toutes en chair. Les articulations de ces mains étaient tantôt comme tantôt ; rigides, ankylosées, souples la peau devenait alors si pâle, si anémiée, qu'on aurait encore là de cette main de pu croire qu'il s'agissait tout à l'heure ; de cette main volontaire qui, sous le — fouet d'une excitation musicale ou wagnérienne — tous les musiciens mon insistance comprendront savait soumettre le clavier et lui arracher, jonglant difficultés ces accords aveclcsplus grandes techniques, surhumains brutes ne donnent que les cordes qu'à

LE CANONARTISTIQUEDE LA MAIN

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rare do leur transceux qui possèdent le don intuitif mettre leur âme. Il me sera difficile d'oublier cette belle petite main sur le clavier, évoluant sans cesse, avec une glissant vue si l'avoir nouvelle, élégance toujours après ! Les accords si peu humaine les plus diffivivante, ciles étaient exécutés avec une rare maestria par ces mupetites mains de sainte passionnée qui paraissaient siciennes autant et qui elle-même, que la personne la sensibilité toute cette affectiféminine, évoquaient vité motrice, cette avalanche musculaires, d'images si discrètement que le thème musical suggère quand les impulsions chevauchent et peuvent se cristalliser ou se résoudre mais, hélas ! toujours passionnément, si tristement. elles Quand les petites mains avaient cessé déjouer, nouvelle était une physionomie ; la peau prenaient sèche ; il paraissait dans n'y avoir que des tendons cette main nerveuse, au repos, qui semblait, appartenir de ces belles absorbées à l'une mystiques de leurs idées fixes, et dont la pensée, par la beauté fixée par leur rêve, a épuisé tout le charme physique cette émotivité ardente pour nourrir qui le consomme si gravement. Ces mains anémiées étaient des mains de morte, des mains immatérielles. faile à l'aide Or, toute cette psychologie évoquée, des images visuelles de la main, était exactement celle de la personne, cristallisée de la psychologie manière la plus étrange de la musique. par l'émolivilé Les états d'âme de cette belle sensibilité ceuxétaient là mêmes les changements de physioqu'évoquaient les gestes de cetle main. Des chironomie, petite

144

IV CHAPITRE

celte psychologie manciennes habiles avaient pénétré de avant la scène et, quelque que je viens temps tout entière, examinant l'avaient raconter, esquissée la main dans tous ses non les gestes, mais seulement moi : « Il y a dans votre main, détails et cela devant chose disaient-elles entre au sujet, quelque autres, de gestes de bête fauve, de femme qui vous accuse et, en même temps, les signes manifestes passionnée, la portée de d'un être de passion grave qui mesure d'autant ses actes, mais devient qu'il plus impulsive de Il y a un mélange raisonne étrange davantage. et d'intuition, raison incompréhensible. mélange avec la puissance d'une sentimentalité Vous souffrez à de tête difficile Vous êtes une femme d'homme... » Et saisir. Vous êtes maître de votre physionomie. vraiment c'était vrai ! Il y avait une harmonie étrange mental dans cet organisme ; une imagination vagade modelée bonde et passionnée, par une sensibilité et grave, et conduite par une mystérieuse mystique, volonté insaisissable, féroce, par un orgueil piesque morbide...

CHAPITRE

V

LA MAIN DANS LES OEUVRES D ART

sur bien des points au peut nous documenter sur la topographie et surpoint de vue des caractères, tout sur la physionomie des mains. Si des détails de son architecture nous échappent, comme dans toute forme dessinée et projetée sans aucune attention spémaîtres nous fournissent des mains ciale, les grands vivantes et qui se prêtent à l'analyse la plus presque minutieuse. Dans mes voyages en Espagne, en Italie, en Angleterre, en Allemagne dans les et surtout musées de France, cherché, j'ai toujours préoccupé comme je le suis par l'étude de la physionomie, à examiner surfout la manière dont les peintres et les la main, le rôle, la forme, et les sculpteurs envisagent tirer de leurs oeuvres. renseignements qu'on pouvait Les porches des cathédrales, comme celles de la cathédrale de Chartres, ne m'ont pas entre autres, laissé inattenfif comme certains des; des broderies, sins sur des étoffes persanes, des» ciselures, des deset toutes les formes de l'activité sins, des gravures, nous dévoilent de petits coins, peuvent nous artistique ces trois points de vue, peuvent nous évopréciser de la main ou simplement nous quer une psychologie lu

L'art

14() documenter se rendra joue dans

CIIAPITTtEY sur la main.

L'examinateur consciencieux du rôle que la main compte par lui-même le geste et la psychologie humaine étudiant dans toute oeuvre capitale qu'elle acquiert l'importance ne saura donner l'exSans mains, l'artiste artistique. de son oeuvre. définitive, personnelle pression de notes, de rapides J'ai sous mes yeux des centaines et et des descriptions de mains des tableaux aperçus dans les musées. Je autres oeuvres d'art remarquées seulement et après avoir choisirai quelques exemples La classification classé mes documents. peut être faite à des points de vue bien différents. 11 y a à considérer la main pour ainsi dire au point de vue anthropolodu Nord n'aura jamais gique — une main de peuples la môme physionomie que la main des peuples du Sud; la main d'un Caire n'a guère la conformation, plutôt la de la main d'un Italien ou d'un physionomie psychique, Une main d'Anglaise, avec son architecEspagnol. lâche et déveture osseuse, longue, avec l'articulation se distingue au tout premier loppée, coup d'oeil de la main potelée d'une slave, d'une femlne adulte slave, dont les articulations souvent de finesse, mais manquent dont le poignet est mobile, la paume est large et épaisse et les doigts rarement pointus ; la chair enveloppe l'architecture osseuse. Il n'existe copieusement pas malheureusement de travaux comanthropologiques à peine ce genre parés sur la main ; on a commencé et il faut citer les recherches faites au Labod'études, ratoire des Hautes Études de Paris sur le pied et sa conformation sous la direction de M. MAanaLomique, dans les derniers NOUVRIER, par M. VOLKOV et publiées mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris. Ces

LA MAINDANSLES OEUVRES D'ART

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de pays, pour ne pas employer le mot osé différences de race, sont assez sensibles dans les oeuvres d'art. Les mains peintes par FRA FILIPPO LIPPI, par FRA ANGELICO, par BENOZZO GOZZOI.I, par LORENZO DI CREDI ou par ANTONIO PoLi.AJUOLneressemblent guère à celles dessinées par LUCAS CRANACH, CHRISTOPHE AMBERGER du ou MARTIN SCIIAFNER. La renaissance italienne xie siècle ne peint pas de la même manière que les de la renaissance allemande. Non seulement peintres le point de vue de la facture des sujets artistique de l'âme qu'ils de la personnalité, qui les intéressent, on se rend veulent diffère ; mais encore peindre, leurs yeux avaient devant compte que les artistes des modèles ou plutôt de simples images appartenant à des catégories pour ainsi anthropologiques dire toutes différentes. Il en est de même pour les avec ses différentes régions d'un môme pays : l'Italie, nombreuses écoles et provinces est un exemple vivant. Notre classification se basera sur les formes des mains individuelle ou sculptées, sur la physionomie peintes déchiffrer dans la facture ; qu'on pourrait artistique en d'autres nous avions voulu nous rendre termes, compte si en dehors de toute conformation physique, chion pourrait des types psychologiques, distinguer chère au rognomoniques l'expression pour employer d'ARPENTiGNY. capitaine des arts illusUne rapide excursion dans l'histoire et documentées contrôlables trera nos affirmations, certainement plus par des hommes plus et mieux réellement et par des connaisseurs procompétents fonds et érudits de l'histoire de l'art. Pour les oeuvres d'art que je n'ai pas pu voir moi-même, je me suis

148

CHAPITRE Y

l'art photographique n'est procuré des photographies; dans une pareille étude et j'ai pu me pas à dédaigner assez précise, d'une manière faisant tourenseigner d'un examen précis, car, en peinture jours la réserve avant tout d'examioù, il importe plus que n'importe ner la tache, de saisir la couleur pour mieux comle modelage prendre anatomique. Les premières civilisations sont intéressantes à être connues à cause des formes définies dans lesquelles la pensée devait s'encadrer. L'Inde et l'Egypte sont les pays par excellence des croyances et religieuses des manifestations sociales, qui imposaient classiques définies à toute forme d'art. presque Les mains des Egyptiens étaient de petites mains, et sans noeud, comme les analysa étroites, spatulées d'AaPENTiGNY d'après les fragments de sculpture que nous possédons. Les pyramides, les temples de la et de l'Inde, ont été construits Haute-Egypte par des de riz, de concombres, c'est-àmangeurs d'oignons, dire par les peuples les plus faibles et les mains les du monde (1). plus délicates Une petite statuette en bronze damasquiné du LouZa renie Kairomana nous montre malvre, représentant sans fermés une main d'adolescente gré ses poignels aucune expression, est dictée par ou plutôt l'expression le bras, par le geste. C'est une des poses hiératiques aux artiscivilisations caractéristiques premières chez les nomtiques. J'ai pu faire la même remarque breuses du roi Ramsès statues II, dont des échantillons plus grandioses cavernes ornent les deux temples (1) D'ARPENTIGNY,op. cit., p. 98.

Fit;. 1. — lias reliai assyrien i, ouvre). L

1MI>\ — Rus-relief assyrien 2. ; Louvre).

Kit;. ''• — Bas-relief assyrien .Louvre)

PLANCHE IV

LA MAINDANSLES OEUVRES 'ART D

149

d'Abou-Simbel ; la statue du musée de Turin a toufermé el l'artiste ne paraît s'être jours le poignet le pouce se détache d'une occupé que du geste; manière plus définie ; mais il est dessiné d'une manière trop anguleuse et il n'y a pas de modelage. Une phode la statue du même roi du temple de tographie Karnak nous a laissé la même impression ; comme d'ailleurs la belle stèle funéraire du Louvre représentant Osiris, Isis et Ilorus, et la stèle funéraire de la XIIe dynastie. Les mains sont mortes, crispées dans une position hiératique, la même ; le éternellement indégeste le domine, la main n'a pas de physionomie pendante. on peut voir et Au British Muséum de Londres examiner de près des bas-reliefs de l'ancien palais du la Chasse au lion, pour se rendre roi Assourbanipal, compte du même aspect de la main dans l'art Chalou encore la Libation du même roi, du déo-Assyrien, même musée ; le bas-relief représente des gestes nombreux et compliqués et les mains esquissent presque et uniformes ; toutes les mêmes gestes monotones chez le conducteur du char qui paraît serrer pourtant, la main davantage, le pouce s'appuie plus énergiquement sur les brides. Les archers du roi perse Darius, du musée du Louvre, peuvent nous servir encore de démonstration, quoique les reliefs ne soient pas fameusement conservés , mais ils le sont d'une manière sur l'art perse. suffisante pour porter un jugement Il faut arriver à l'art grec, pour saisir une main plus modelée, plus définie, plus variée comme type et gestes. « De toutes les statues antiques que possèdent les musées de l'Europe, écrit d'ARPENTiGNY,deux seules

150 nous cune nous

CHAPITRE V

sont parvenues avec des mains, ou plutôt chad'elles avec une main. Sans ces restes précieux, comment les Grecs ignorerions complètement la beauté do la main. Or, ils la voulaient comprenaient grande, avec des doigts lisses et forts, le pouce dévela phalange carrée. Telle loppé, la paume moyenne, main de l'admirable statue est, du moins, l'unique des Fils de Niobé qu'on voit à Florence (1) ». Or, je ne suis guère d'accord avec cet auteur sur le nombre Ils ne manquent des documents. pas, hélas ! 11 a raison pourtant la présence des mains d'expliquer grandes et dures, par le fait que les Grecs n'admettaient pas le beau sans la force. Une belle main devrait être une main forte. Le fragment de la délicieuse frise des « danseuses » à devant un portique du Louvre, nous renseigne corinthiens, pilastres déjà sur les différentes manières de se donner la main, et ne peuvent quoique toutes les mains se ressemblent l'une de l'autre. La main commence pas se distinguer à s'évaser, les doigts s'écartent, le geste varie et se au détriment du bras, qui domine quand personnalise même la main dans toute la sculpture grecque. Voyez \a jeune fille Spartiate du Vatican, la main s'ouvre d'une manière maladroite non seulement parce que l'artiste a voulu représenter une jeune fille, mais pour peu qu'on ait examiné la main on sent sa maladresse. Mais c'est : on aperçoit le creux de la déjà un grand progrès main et même quelques vagues lignes. La reine assise, du Louvre, échantillon de l'art cypriote, nous présente une main dont les doigts, même à l'état de repos, (1) D'ARPENTIGNY, cil., p. 96. op.

l-'iu;.I. — Sl.alue Clinliléeiine , I .ouvre).

'i. I•"iu.. — lias-relief assyrien J.ouvre:.

VI PLANCHE

Fii;. 1. —-Ainiclaenseignant (.lapon, xvc siècle).

Fit;. 2. — Djou-Ilclii-Meii-Koau-On Persnnnilical.ion <lela C.liarilé el de la Grâce (Japon).

— Kiiç.'.'>. l'orlrail d'aneèlre (xvi*siècle, Japon) (Musée (luiinel;.

Fit;. I. — La religieuse Tcliiou-Ojo-lloni ^wn" siée., Japon,

Vil PLANCHE

Fit;. 1. — lîraliina (liule).

I iu. y. — Çiva Tnnilava. Dieu île la 1leslrurl ion Inilei (lii'on/.e du Musée (iiiiiiiel,.

Fig. 3. — Koan-ln à douze liras (xvui*siècle, Chine).

Fijj. 1. — Chine, xwir siècle

PLANCHE VIII

D LA MAINDANSLES OEUVRES 'ART

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ont un aspect individuel aux reliefs bien définis malgré la nature de la matière brute — pierre calcaire — ils sont ciselés. Et les exemples dans laquelle : examinez tout l'art grec archaïque abondent jusqu'au vi° siècle. Au Louvre, on peut également admirer les gestes des mains si gracieuses du bas-relief de Thasos qui date, je crois, du vi" siècle et qui représente Hermès et une des Charités ; la femme paraît tenir un collier dans ses mains, qu'elle examine avec une grâce naïve, mais exquise, tandis qu'Hermès a la main franchement ouverte, mais vivante et faisant le geste d'une direction à suivre ou de préciser un point de l'horizon tout proche* A partir du vi° siècle le bras se modèle de plus en plus. Les muscles se dessinent avec leur relief anatomique sur le vivant et la main gagne sinon en forme du moins en force. Elle esquisse le geste, les doigts sont plus adroits et on peut classer déjà quelques la main de primitives, types. Dans les civilisations non par la forme, mais par sa femme se distinguait petitesse ; chez les Grecs de la belle époque, la main féminine n'est pas petite, mais elle devient féminine individuelle. par son architecture, par sa physionomie de la frise orientale du Parthénon, la Le Poséidon frise où il y a Poséidon, Dionysos et Peitho, a une main gauche extrêmement modelée ; on remarque même une belle ligne de vie qui se perd dans les lignes transversales du poignet, ligne de vie d'ailleurs qu'on retrouve tout aussi délicate dès qu'on représente des divinités masculines, des athlètes, des soldats. Insl'idée de la force obligeait les artistes à tinctivement, donner plus de vie au groupe des muscles thénar

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V CHAPITRE

de la musculature comme conséquence immédiate du torse et des bras en particulier. Comme type dans cet ordre d'idées je citerai le Discobole du Vatican; la statue n'est, paraît-il, qu'une ancienne une déesse de MYRON, d'après copie mais elle date bien du ve siècle avant Jésus-Christ. Chacune des mains a une physionomie ; personnelle on ne saurait pas imaginer une position plus empreinte d'adresse que celle de la droite, toute prête à lancer le disque. On remarque môme les mouvements synergiques de la main gauche qui passe de l'état de repos « à vide » à un état de contraction que j'appellerai musculaire. Le pouce droit presque par coordination aplati, les muscles de la région thénare très dévelopla paume artistique, large et pés et d'une manière être citée comme type d'une « belle solide, pourrait main » élémentaire de chirognomonique. La belle époque de l'art grec est extrêmement riche Les statuettes de Tanagra of les terres en documents. cuites nous donnent même des détails grecques l'artiste s'étant préoccupé surtout quoique uniformes, du geste, de la ligne. Dans la collection du Louvre, aucune forme bien modelée et je n'ai pu examiner minutieusement. L'art staqu'on pourrait analyser tuaire grec nous fournit des échantillons de toutes de mains : on dirait sortes de formes que depuis de Périclès la main intéresse plus l'attention l'époque du sculpteur, d'ailleurs c'est le siècle d'Anaxagorc qui tant de foi à la chiromancie. accordait La main d'Apollon ne ressemble guère à la main de Vénus, et Mercure n'a pas la même forme de main que Mars ou Jupiter. Les déesses se féminisent et tandis que l'athlète a sa

LA MAIN DANS LES OEUVRESI)'ART

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main de la force, Apollon a la vigoureuse, symbole main plus fine, plus gracieuse, Parcouplus modelée. rez les images des statues de cette époque et des siècles suivants et vous remarquerez cette grande différence à peine sensible dans certaines oeuvres d'art de l'époque Examinez la main de YApollon Sauroctone archaïque. — la première du Vatican, une copie de PRAXITÈLE et la seconde une copie de LIOCIIARÈS, donc du iv" siècle — et comparez cette main presque féminine au pre: le type de la main mier coup d'oeil, mais vigoureuse de la Chiromancie, avec la main de l'athlète psychique la fameuse copie en marbre du Vatican, Apoxgomenos du bronze de LYSIPPE, et on est stupéfait de la différence du type physique de la main. La grande main de l'Athlète est bien une main élémentaire, main du muscle et il évoque adroit, vigoureux d'ignorant, tout autant un physique la main développé que du Belvé; mais cette belle main d'Apollon d'Apollon dère est une main intelligente, et qui mobile, souple, à elle toute seule le beau type mythoévoque presque divinité Le Mercure au païenne. logique de la grande a la main active, ou plutôt repos, du musée de Naplcs, la main en forme d'abattoir, la « main utile » presque des physionomies des types de la main. classiques » ; elle se distingue Vénus a la « main artistique de la main d'Apollon par la largeur de la paume de la main, effilés plus pointus, par les doigts presque, par la à peine potelée de la main, par un pouce physionomie plus petit, mieux dessiné ; le pouce est généralement fort petit. Je citerai comme exemple, entre tant d'autres, la Vénus de Médicis, de PRAXITÈLE, du musée des une des Vénus les mieux modeOffices de Florence,

154 lées.

CHAPITREV

La main de Diane n'est guère belle : elle se rapd'une main d'homme de petite taille; proche souvent elle a rarement une physionomie à elle. d'ailleurs la Diane Examinez entre autres de Versailles, du musée du Louvre, due à l'école de SCOPAS. de Dcmosthène, du musée du Vatican, La statue une copie d'une oeuvre de POLYEUCTOS, est extrêmement intéressante à être examinée au point de vue de la main; c'est le type de la main noueuse, et bien des» ; on ne peut pas examiner sinée, dite « philosophique toute la main, mais les pouces, les index et le dos de la main nous renseignent suffisamment. L'Aphrodite a une main plus belle, plus petite, au Bain, du Vatican, la paume des plus réduite que la main habituelle aucune énergie, mais une paresse Vénus ; elle n'évoque et caressante ; les naïades, molle, une main nerveuse ont en général des mains comme l'Aphroles nymphes le type de la dite, dont la main est essentiellement « main psychique ». Parmi mes notes je trouve comme main marquée scythe du musée des Offices de type celle de l'esclave la statue en marbre connue sous le nom Florence, de YArsotiho, c'est une main anguleuse, la carrée, main des subordonnés, des esclaves de la classification du chevalier d'Ar.PENTiGNY. Laocoon assez intelligente rhodiens et ses fils, l'oeuvre des sculpteurs qui se est intéressante trouve au Vatican pour des attitudes la main de Laocoon, une main élémentaire, de mains; aux mains « artisfait un contraste curieux par rapport de celui tiques » de ses deux fils et particulièrement de sa gauche. La main d'homme dans présente plus de variations

LA MAIN DANS LES OEUVRESD'ART

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de types ; on de femme a moins l'art grec ; la main vérifiera cette impression dans une curieuse peinture et trouvée dans la région du musée de Naples grecque : Les Joueuses d'Osselets. Il y a cinq d'Herculanum femmes et toutes ont la même forme de main, la main de Vénus schématisée et loin d'être modifiée, tandis des bras sont des plus belle, que les gestes La main de femme est encore du gracieux. empreinte type de la main de l'homme. il répète L'art romain rien de nouveau, n'ajoute de l'antiquité sans la les modèles grecque ajouter ni moindre nuance a aucune ; il n'y originalité, aucune invention les qualités de tout premier malgré sommes ordre Une que nous prêts à lui reconnaître. des plus gracieuses mains de femme de cette époque statue de jeune est celle de la délicieuse femme de cette du Palais des Conservateurs à Rome ; époque elle n'est pas belle, elle n'a pas de type défini, quoila classer dans le type de la « main qu'on pourrait de reliefs et de », mais elle a un ensemble, psychique la main d'Aphrolignes qui rappellent gracieusement sont romaines, dite, mais pliée. Les mains de Minerve, « carrées » féminines, et les mains des mains des Muses ne sont guère intéressantes à examiner; seules les Victoires ont des extrémités supérieures plus fines; telle la Victoire en bronze du musée de Brescia et le Pudicèle du Vatican. Des mains rudiélémentaires, mentaircs se trouvent chez les Silènes, chez les Bacchus qu'on retrouve dans tous les musées. Le type de mains et belle est celle du noueuse philosophique, Marc-Aurèle à cheval, statue en bronze qui se trouve sur la place du Capitole, à Rome ; sa main gauche est

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CHAPITRE V

Sur une quarantaine de déterminations de typique. chiromanciennes aucune ne s'est trompée sur sa valeur certainement psychique; présenté je n'avais que la autant que possible mes de tromper main, essayant examinatrices. La main à'A uguste du musée du Vatican est aussi une « main philosophique ». Une main de l'art romain qui ne peut guère dérouter personne, c'est la main de la statue d'Esclave du palais Pitti de Florence : c'est encore une main « utile », carrée. Ces différents types de mains, leurs qualités et leurs phyen dehors des sionomies peuvent s'étudier facilement admirables bas-reliefs de la Colonne Trajane de Rome, où il y a des mains types des « barbares », et des « soldats romains », cl surtout sur des sarcophages, dont on trouve même au Louvre Le quelques-uns. trouvé à Bordeaux est intéressant par la sarcophage variété de formes de mains, quoique très peu modeet d'Herculanum sont lées. Les fresques de Pompéi il mais où la variété manque; une source inépuisable, trouvée à Pompéi, y a quelques types. La peinture Le boulanger et sa femme du musée Papus Proculus de Naples, est curieuse par les mains des deux est une ; la main du boulanger sexes, assez distinctes main bien élémentaire, aux doigts écartés, tandis que de la paume épaisse et la boulangère a, en dehors forte, des doigts très pointus. L'art chrétien primitif manque de données ; j'ai vu échantillons : le dessin est malapourtant quelques fraîche et on assiste à droit, la couleur pas toujours des tâtonnements timides d'expressions musculaires. La main de la statue de pâtre du ive siècle du musée » comme Latran de Rome est une main « élémentaire

Fit,'. 1. — Salle de la Renaissance au Louvre.

Via, 2. — Vierge. École vénilienne xv" siècle (Louvre).

! iy.:i.— Louis de l'onchei', conseiller du roi, par (iiiillnuine lieyuanel, MD0-1K!3 (Louvre\ PLANCHE IX

Fis,'. I. — Slalue lomliale (Louvre;.

Fis?.L — Slalue loinhale. Ynlnndérie Pîalbiani Germain Pilon (Louvre).

I'ig. 'i. — Vierge de douleur Germain Pilon (Louvre).

I-'iiî.S. — Hené liirague Clievalier de France Germain Pilon (Louvre).

Fig. I. — Pieriie d'Fvreux Navarre. Kcnle française (Première inoilié du xv'siècle) (Louvre). PLANCHE X

LA MAINDANS LES OEUVRES D'ART

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la main de saint Pierre ; la statue en bronze de la Basià Rome est une « main philosolique de Saint-Pierre phique » ; les bouts des doigts sont ovoïdes, l'architecture est froide et bien délimitée. Les mains de la de mosaïque de la Basilique de Sainte-Rudentienne Rome ont toutes la même facture : je les ai examinées et j'ai gardé la même de près sur des photographies Le sujet est le Christ trônant entre les impression. apôtres; la main est la même, la différence se réduit à des changements de position, des doigts plus ou moins écartés chez les uns et chez les autres ; ce à la paume grande, aux sont des mains élémentaires, doigts noueux et larges. Je n'ai pu distinguer aucune différence individuelle. L'art byzantin, dont j'ai bien étudié les nombreuses images sur les icônes et les dessins sur étoffe destinée à l'usage des services religieux, nous présente une main dont les doigts tendent à s'égaliser, tendance notoire dans la toute première civilisation ; l'index s'individualise et la paume garde l'énergie païenne, et ceci provient de la manière dont on fait le signe de croix orthodoxe. Les doigts s'écartent un peu et la main, quoique d'un dessin souvent médiocre, a une facture délicate ; elle est rarement lourde, mais elle de la main se manque de mobilité. Les mouvements et on trouve dans les icônes religieuses stéréotypent actuelles et dans les peintures murales les mêmes gestes et les mêmes attitudes. Dans le style roman, manifestation de l'Europe catholique du x" au xnn siècle, on retrouve la même maladresse que dans l'art byzantin ; les mains des statues des cathédrales sont presque toutes ouvertes

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CHAPITRE V

surtout à l'expression du cl les artistes s'intéressent de cathédrales, celles d'Autun les statuettes visage; être citées comme exemples. par exemple, peuvent est l'époque de l'éveil de l'esprit Le style gothique de plus les détails. on examine près critique; de Chartres, avec ses nombreuses staLa cathédrale de mains. Je tues, nous offre une variété d'attitudes ne dirai pas qu'il y a des types différents comme chez de génie, mais on peut les Grecs, ces observateurs et distinguer les mains des « apôtres » remarquer la clôture du choeur des mains de saintes. Examinez et les statues du porche du nord. A mon avis, descelle la formation d'une main « d'osépoque commence sature », une main osseuse, qui se retrouve dans toute à côté de la « main d'évêque », extréla Renaissance mité supérieure aux orbes onctueux, aux formes arronet gros. dies et aux doigts coniques de Cologne et la cathédrale de StrasLa cathédrale être bourg, parmi celles que j'ai visitées, peuvent citées à l'appui de ma thèse. Dans la cathédrale de on pourra une statue de Strasbourg, remarquer femme aux mains très agiles et souples ; c'est une des rares mains dont les doigts se plient souplement, et que j'ai pu trouver dans mes recherches. L'index et le tout évoque un spécimen très est harmonieux beau d'une « main psychique ». Notre-Dame de Paris possède des types variés de mains ; le tympan de la cl le tympan de la porte rouge n'ont porte centrale guère les mêmes types de mains. A côté de la main aux gestes stéréotypés, aux doigts collés, il y a des mains ouvertes à demi, dont les doigts sont souples et finement modelés. Les statues des apôtres ont des

LA MAINDANSLES OEUVRESD'ART

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mains typiques et qui ont des rapprochements sensibles avec de belles mains de divinités mâles païennes. Une descente de croix du musée du Louvre nous présente une main, la main de la jeune femme qui pleure et soutient la main de Jésus-Chrisl, d'une grâce parfaite et très à voir, surtout à cause des agréable reflets de l'ivoire En Italie, la patiné par le temps. madone de CIMABUÉ, la Madone trônante de Florence des et celle de GIOTTO, (Académie Beaux-Arts) le type de la main d'une femme nous présentent à la aux doigts effilés, aux gestes timides paume moyenne, retrouvera dans les premières manifestations qu'on de la renaissance italienne. La Crucification de GIOTTO, de Padoue (église de l'Areno), est encore à citer ; on remarquera que les paumes des mains ne se distinguent entre les formes des mains el la longuère : la différence gueur des doigts chez les femmes el leur facture est simplement plus fine, plus frôle. A Sienne, Duccio DI BUONINSEGNAIIOUS offre un spécimen » de « main d'évôque de la Cathédrale) du ; je veux parler typique (musée du retable. Le pouce s'individualisant donne fragment toute la paume de la main, tandis que les doigts prennent une forme légèrement à paume conique, conique. Pour le style gothique du xv° siècle en France, j'ai de tout premier : trouvé un exemple ordre au Louvre Le tombeau de Philippe de BourPot, grand sénéchal Tandis du grand de gogne. que la main seigneur est une main presque les mains Bourgogne artistique, des figures sa statue couchée sonl qui soutiennent des mains « utiles, carrées », plus ou moins ouvertes, mais toutes de la même facture. Je ne pourrais pas parler de l'art de cette époque

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CHAPITREV

de sans ciler la main de la Dame à la corbeille de la Licorne, el qui se trouve roses de la tapisserie au musée de Cluny, à Paris. C'est un type de belle si lourd, si gros chez les main et dont le poignet, Grecs et même jusqu'aux \ine et XVe siècle, est large, mais fin ; il évoque une articulation fragile. La main » des cliirognomonisles. est une main « psychique fournir des documents L'art flamand pourrait pour un long article, car il compte parmi ses représen tants JEAN VAN EYCK, un vrai peintre des mains. Le à l'aùllet, aux L'homme musée de Berlin possède mais mains noueuses et harmonieuses, grandes, de distinction le type d'une empreinte évoquant cl de raisonnement ; c'est une « main philologique et de sa femme à ». Le portrait d'Arnolfini sophique des nous présente la National de Londres Gallery à la même certainement mains qui appartiennent chez classe, mais dont la masse musculaire prédomine des deux Examinez les masses musculaires l'homme. cl on ne pourra pouces mis l'un à côté de l'autre, : la main de la femme a faire que cette comparaison les doigts très larges et très effilés, la paume étroite, les articulations thénar bien la région délimitée, la main de l'homme ayant la même franches ; landisque On est plus osseuse, architecture, plus grande. faire remarquer que le petit doigt est un pourrait dégénérés. (Oh! le peu courbé comme chez certains Les mouvements mot vague el inutile!) synergiques des doigts ne permettent guère une pareille flexion à Une belle main « utile », moins de cas exceptionnels. de la dans la main d'homme nous la retrouvons du Louvre. Vierge au donateur

LA MAIN DANS LES OEUVRESD'ART

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flamands nous documenter Les peintres peuvent des mains ouvertes, aussi sur la main ; ils peignent des gestes de bénédes mains joinles pour la prière, H y a un essai naïf diction avec plus d'expression. des mouvements des doigts et d'analyse synergiques dans une assez juste observation de certaine position Nous avons les portraits de HUGO VAN DER l'espace. des mains GOES, de THIERRY BOUTS — qui ont peint « intuitives et utiles » — dans la Récolte de la manne de l'ancienne de Munich. Il ne faut pas Pinacothèque de belles mains en prière, oublier MEMLING, auteur : Portrait de Martin van Nieuvenmains d'hommes Sainl-Jean de Bruges, et mains de hove, de l'hôpital femme : Portrait de Barbara van Vlaedenberg, du musée de Bruxelles. Dans une Descente de Croix de l'Ecole de Cologne, des mains on peut remarquer qu'on trouve au Louvre, individualisées. En dehors de la jointes extrêmement main du Christ, main carrée, fatiguée, propre, un mélange de raisonnement et d'inreprésentant il y a des tuition à cause des bouts de doigts pointus, mains de femme fines ou potelées, artistiques, « volontaires » ou « autoritaires ». La main courtes, de femme, la main droite qui tient le bras droit du Christ est une bien belle main « psychique ». On m'a parlé de belles mains de STEPIIAN LOCHNER, du musée ni de Cologne, mais je ne les ai pas encore vues, de Croix même en photographie. Dans la Descente de M. WOIILGEMUTII, de Munich, les femmes qui pleuet variées comme rent, ont de belles mains artistiques celle de la droite du Christ. forme, surtout La Renaissance italienne ainsi dire le perd pour n

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CHAPITRE V

assez dont l'esprit critique goût de l'observation, curieux au xm 0 siècle avait conduit à des finesses cervaleur. On revient à des tainement d'une grande on copie ou des « types » physiques formes classiques, ou encore, sous l'influence d'une certaine tendance vers du corps humain, on exal'observation scientifique la physionomie mine plus attentivement humaine, l'expression de la chair, si ce terme m'est permis. Voir ainsi les mains de LUCA DELLA ROBBIA, de MATTEOCIVITALI [La Foi, du Musée national de Florence) même celles les mains bouffies de ROSSELLINO et, en particulier, des anges et les mains des madones aux doigts longs, ou d'une finesse qui cadre mais à paume grossière des doigts. Il semble qu'on mal avec l'architecture de la chair sur des mains du xn° ou du ajoute xme siècle. Une main curieuse à examiner Ôst celle de l'admirable David en bronze d'ANDRÉA UELVERROCCHIO, de Florence : c'est une main du Musée national « psychique » d'homme, bien modelée. MASACCIO, à de saint des Carmes de Florence (Tribut l'Eglise Pierre) nous donne des mains « carrées » ou « élémensurtout taires » d'homme, d'une petitesse étrange si arbitraires. FRA dessinent des gestes lorsqu'ils ANGELICO, FILIPPO LIPPI, BOTTICELLI, essayent d' « humaniser » moins la main. Chez FRA ANGELICO, les mains d'homme paraissent comme faites en ivoire, les doigts sont fusiformes (la fresque du couvent ont de Saint-Marc de Florence) ; les anges pourtant toujours les mêmes classiques mains potelées. La Vierge du musée de Berlin de LIPPI, a la main « positive », quoique plus humaine que celle du xu° et du xme siècle. BOTTICELLI peint les mains de ses

— Primavera. BOTTICELLI.' XI PLANCHE

— Deposi/.ione. Tableau de Giainbellino(pliot. Tnrennelli

PLANCHE I X

LA MAINDANSLES OEUVRES I)'AHT

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avec la paume de la main grande, beautés physiques, le poignet. Sa Vénus et mais il amincit sensiblement sa Primavera ont des mains gracieuses, mais dominées par l'ossature. Les peintres de la Renaissance italienne font et tandis que d'ailleurs plus attention aux poignets, les primitifs spiritualisaient les mains, ils les regardent avec des tendances humaines païennes, j'oserais dire, tout en pensant que peut-être la race ait changé de Les conceptions de la beauté types ethno-esthétiques. de avaient certainement Nous retrouvons changé. belles mains chez MELAZZODA FORLI, dont son admirable Ange musicien qui se trouve à Rome dans une Belles mains fresque de la sacristie de Saint-Pierre. aussi chez PINTURICCIIIO,dont le portrait de .Lucrèce de Borgia à Rome) est une (appartements Borgia illustration typique : c'est la main avec le pouce large, la paume épaisse^ le second type de mains artistiques, qui révèle l'être mobile, sensuel, impressionnable. Le Saint Antoine de Padoue du COSLMATURA nous donne le type d'une main « élémentaire », mais : on approche de l'époque des trop tourmentée de la tendance à fausses préoccupations artistiques, peindre tout et à observer les détails d'une manière Dans la Pinacothèque de Milan, il y a incomplète. une Vierge à l'enfant, de CUIVEI.I.I, qui peut servir sans articomme exemple de ces doigts classiques, comme en bois, délicatement culation, quoique sculptés : c'est le souvenir de la main classique, antérieur à la Renaissance. A l'académie Brera, de Milan, il existe un autre type de main : l'a main aux tendons visibles, aux extenseurs et aux doigts presque

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CHAPITRE V

de GIOVANNI modelées ; je parle anatomiquemcnt mort. BEIXINI et de son Christ GIOVANNI et ANTONIO DA MURANO ou VIVARTNT,BELLINI, SEBASTIANO VINCF.NZO CATANEO, CARPACCIO, VERONÈSE, et tous ceux de l'école DEL PIOMBO, GIORGIONE, etc., ont donné une attention vénitienne, parlicurrère"Tiur aussi belles ne sont pas toujours mains. Si elles que elles ont toutes madones de CRIVELLI, celles des à paume main d'une oedématique, potelée l'aspect les femmes de CARPACCI, comme, par exemple, large— — main comme entre autres sa Sainte Ursula grasse, dans les oeuvres on trouvera des exemples typiques ROTARI (1). de BARTOI.OMMEO DE VENZI et dans consiitalien nous conduit en pleines Le xvi° siècle avec la tradition dérations anatomiques, qui formèrent succesdont on trouve du classicisme grec un mélange LEONARDO DA beauté chez des types de toute sivement VINCI, chez LUINI, chez RAPHAËL et chez MICHEL ANGE. main une La main de la Gioconda est, en somme, de Vénus, mais plus humanisée, plus couclassique une et la main verte de chair : le poignet précisent harmomais une forte musculature, large paume et vénitienne italienne (l) Voir à ce sujet, sur la peinture : suivants les ouvrages en particulier, Venezia, BOSCHINI, Le ricche minere délia pilura veniziana. 1.664. 1884. di Venezia. Torino, MOLMENDI, La dogaressa CECCHETTI, La donna net medioevo a Venezia. Venezia, 1885. Malerei. EMIL SciiiEFFER, Die Frau in der Venezianischen Bruckmann, 1899, 1 vol., 188 p. Mûnchen, Vcrlagsanstalt 1891. MUSATTI, La donna in Venezia, Padova, à l'époque de la RenaisRODOCANACHI, La femme italienne et sance. Hachette, 1907. De belles reproductions artistiques des images. un choix judicieux

Jeanne

d'Aragon'

[Musée du Louvre)

PLANCHE XIII

LA MAINDANS LES OEUVRES D'ART

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nieuse, le pouce est large, pas modelé, court et non dessiné. BERNARDINOLUINI a peint une belle main dans le même genre, mais avec des doigts plus longs toute la main, dans le Silence du qui dominent Louvre el dans le Cortège funéraire de angélique sainte Catherine, de l'académie Brera, de Milan. On peut citer de RAPHAËL, la main du pape Jules II, du musée « des Offices » de Florence, « main d'homme aimant les arts », comme diraient les chiromanciennes. de RAPHAËL, ou plutôt de JULES Jeanne d'Aragon, ROMAIN, qui se trouve au Louvre (collection François F1') et qui passe pour une des plus belles femmes, la preuve de la beauté vraie, « la beauté parfaite », a réellement de belles mains. RAPHAËLnous.a laissé, selon HOUDOY, « l'exquise délicatesse de ses mains. » Voici d'après HOUDOYla belle description de sa main, de l'enthousiaste médecin NIFO, un des intimes de la grande dame : « Les mains potelées ont extérieurede la neige, et à l'intérieur [Silment la blancheur vestri parte), la teinte de l'ivoire, elles ont pour juste dimension la hauteur de la face, les doigts pleins et ronds sont allongés et se terminent par un ongle fin, convexe, et d'une couleur suave (1). » On comprend l'enthousiasme du médecin qui vit aussi le corps de la princesse ; le portrait nous évoque cette beauté avec le velouté de la peau et sa couleur toujours suave. (1) NIPHUS,De Pulchro et Amore. Lyon, 1549. Apud BerinDE L gos fratres. Voir aussi GABRIEL MINUT, a Beauté avec la Paulegraphie, ou description d'une dame tholosaine, nommée la belle Paule (Paule de Viguier). Lyon, 1587. Voir les documents et le travail de JÉRÔME sur RUSCELLI

166 MICHEL

CHAPITRE v

chante la toute belle Villoria ANGE, qui des mains à l'antique, mais Colonna, sculpte presque modelées en tant ; je que doigts plus petites, plus à titre de souvenir sa Pieta, de Saint citerai Pierre son Jérémie, du plafond de la chapelle du Vatican, : main « philosophique d'ailleurs Sixline les », comme in Vincili mains de son Moïse de l'Eglise San Pietro main vigoureuse aux tendons (Rome), trop prononcés, aux aponévroses et à ce genre de peaux trop tendues car elles facilitent aux vaisseaux santrop souples, de garder leur calibre normal. La main guins presque de Médicis, de l'Eglise San Lorenzo, à de Laurent est caractéristique dans cet ordre d'idées. On Florence, et la recherche de prévoit la tendance anatomique et inutiles connaissances des inserciser les vagues tions musculaires. TITIEN est peut-être un des rares de la Renaissance qui, à notre point de vue, peintres les fût influencé, plutôt par le classicisme, que par de l'époque. C'est vrai qu'il lit surtout idées des por« des du Titien, traits. Les mains de la Belle du musée en sont un exemple est Offices » de Florence, ; la paume et l'index mais elle est dictée par le pouce ; il n'y large, a pas de tendons ni des aponévroses contractés, palcomme chez des peintres maires la plupart crispées de la Renaissance. Jeanne d'Aragon : TEMPLO AI.IA, Divina Signora donna Giovanna da lulli ipue gcnlili spirili et in tutti le d'Aragona fabricalo de.l rnondo. Venise, 1558. lingue principuli AUGUSTIN NIPHUS, Le beau et l'amour, analysé à la fin du livre de J. HOUDOY : La beauté des femmes dans la littérature cl dans l'art du XII au XVI" siècle, 1886, pp. 139-182. Voir aussi ISEYLE, IJicl. hisl., sur A. NIFO et RENAN ; Auerroès et l'auerroïsme.

LA MAIN DANS LES OEUVRES D'ART

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A Londres, à la National Gallcry, j'ai vu le type d'une main élémentaire dans d'un le portrait souple, tailleur de MORONI. La plus riche collection se des formes nous paraît trouver au premier coup d'oeil dans les Noces de Cana, de VÉRONÈSE, du Louvre, mais on pourrait le réduire tout à deux outroistypes, dans toute celte multitudedc mains les plus et les qui font les gestes compliqués Néanmoins la main du Christ n'a pas plus différents. la même facture la main des musiciens, ni la que main des convives n'est pas la même que celle des Dans la Sainte Cène de LEONARDO DA VINCI, serviteurs. Mario des Grâces de Milan, il y a, de l'église de Sainte au contraire, une vraie distribution de caractères non seulement le visage, mais psychiques, d'après la facture de quelques mains être qui peuvent d'après analysées. La Renaissance en France et a tous les défauts les qualités de la Renaissance toutes italienne. Les mains des statues du choeur de la cathédrale de Chartres être citées comme avec la exemple, peuvent différence s'attache à la pureté des que l'artiste plus Et cela se relrouve encore dans l'harmonieuse lignes. main si souple de JEAN GOUJON, de la nymphe de la des Innocents de Paris, et on devine Fontaine presque FRAGONARD et la gracieuse mobilité des attitudes du XVIII 0 siècle. La Renaissance flamande garde pins que les autres les traditions et elle ne subit gothiques pas plus tard l'influence de l'antiquité. Au musée d'Anvers, classique il y a, paraît-il, les mains bien dessinées de QUENTIN le triptyque de YEnsevelissement du METSYS dans

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CHAPITRE v

mais vu que des Christ, je n'ai photographies difficile tout, examen médiocres et qui rendent minutieux. Les mains chez BREUGHET. LE VIEUX, dont j'ai vu au Louvre sont foutes quelques spécimens, agitées des aveugles) et elles se prêtent [La parabole peu à l'analyse. J'ai vu une belle main cadavérique chez DANS HOLBEIN au musée de Râle. La position de la main de son mort est trop artificielle, mais le mouvement Christ est bien pris et la physionomie est bien d'un mort dont les mains sont anémiées, tendineuses et sèches. » HOLBEIN nous a laissé la belle main « philosophique d'Erasme du Louvre) et ces mains (musée soignées, des Ambassadeurs féminines de la National presque « carrée » de Il faut citer la belle main Gallery. femme de LAÏS CORINTIIIACA du musée de Bâle. LUCAS CRANACH peint, en général, des mains élémentaires, du reste donner ; il paraît énergiques, vigoureuses une attention au pouce, et mis en visible spéciale dans ses nombreux à Breslau, relief soit portraits, soit à Heidelberg ou Anvers. En Espagne, souvenir d'une très j'ai gardé comme belle main « psychique» et intuitive de la Renaissance, celle de YInfante de SANCHEZ Isabelle-Claire-Eugénie, de Prado, mais je ne saurais COCLLO, du musée pas la décrire. La main droite, si j'ai bonne mémoire, sur un fauteuil, el le pouce était très délicat s'appuyait Les mains peintes et court. par DEL GRECO sont toutes et agitées nerveuses ; je n'ai vu des mains que dans des tableaux de genre et dans des compositions reliLe xvii 0 siècle, en Espagne, avec RIRERA et gieuses. la même archiMURILLO, nous fait retrouver presque

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tecture des mains de la Renaissance : les madones ont des doigts pointus et longs et les bergers les mains lourdes el élémentaires. Y'Adoration des Bergers du est un exemple. VELASOUEZU réussi à nous donLouvre ner des mains pathologiques de toute chez précision ses nains, chez ses myxoedémateux et les dégénérés du Prado mains d'enfant dont les musées et de Madrid une si richecollection. Comme main d'enfant, possèdent il faut citer celle de la charmante YInfante poupée, Marie-Thérèse du Prado, mains de femme d'Autriche, en miniature, celle du Prince ou encore Balthazar du même musée. Je n'ai pas vu le portrait Charles, du Pape Innocent à X, de VELASQUKZ, qui se trouve Rome à la galerie Doria. Elle m'a été citée comme main « d'autoritaire». une belle Une main vraiment m'a été citée, mais je n'ai pu la voir qu'en espagnole : c'est la Sainte d'ALONSo CANO, photographie Agnès du musée de Berlin. Le pouce se délache du poignet, la paume est moyenne, mais le dos potelé ; les doigts sont proportionnés, mais les phalanges et les petites fusiformes. doigts « Le peintre RIRERA, écrit D'ARPENTIGNY (1), que sa nature entraînait vers l'expression du laid, a toutefois comme MURILI.O et ZURUARAN, des doigts donné, plus ou inoins à tous ses personnages ; ce qu'il pointus n'eût certes pas fait si la généralité des mains de son pays ne lui en eût fait une loi. Les gros doigtscarrés et en spatule au contraire, sur les toiles des abondent, maîtres hollandais et flamands. » L'art hollandais du xvic et du xvn" siècle nous apprend (1) D'ARPENTIGNY, op. cit., p. 128.

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CHAPITRE.V

sur la psychologie et sur l'esthétique peu de choses tandis que celle du xv° siècle était si perde la main; des souvecelles des siècles suivants sonnelle, gardent de la Renaissance nirs précis avec toutes italienne, et avec toutes ses tenses préoccupations esthétiques si systématisées. FRANZ HAT.S nous peint raredances main mais ses mains ont ment une aristocratique, saisie. adorable de l'individualité sentie, l'empreinte Examinez les du musée d'Amsterdam, Ivrognes de VAN OSTADE, du d'AoRiEN BROUWER, les Musiciens, musée de la Haye, et vous aurez en petit la tendance de HAT.s ; on trouvera des mains « élési personnelle » très bien observées et examinées, au point mentaires de découvrir même des nuances individuelles ; on : JAN STEEN et GABRIEL peut citer dans cet ordre d'idéec un contraste intéMETSU. REMBRANDT nous a donné et desPèleressant dans le dessin des mains du Christ rins d'Emmaùs, du musée du Louvre. Autant la main du pèlerin à la gauche du Christ est simple, rude, éléautant celle du Christ est une main presque mentaire, « féminine une «main bonne ». », unemaindecaresse, Dans l'école flamande du xvi« siècle, je ne citerai les noms de VAN DYCK, RUBENS et que pour mémoire — de VAN DYCK (musée TENIERS. Le Christ d'Anvers) de la main, artiste maniéré et plein de dispeintre — est presque tinction la copie de la forme la plus des mains du Christ au lombeau ; la main classique est en demi-pronation lâche el aux muscles bien mis en relief. Comme belle main, enlrc tant d'autres de de cet artiste, celle de la Baronne Spencer, je citerai la collection du comte Spencer, et les mains si fémides lords John et Bernard minées de la collccStuart,

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Mon du comte VAN DYCK peint la Darnly. toujours même main et les mûmes formes. N'oublions pas la belle main de Charles du I, roi cl Angleterre (musée RUBENS excelle en contorsions inusculeuses Louvre). ; ses mains sont anguleuses, les fléchisseurs et les contracteurs son l nuancés à l'excès, et dans le tableau : Le coup de lance, dumusée on trouvera une d'Anvers, illustration de nos affirmations. Pourtant il a précise les mains mais et trop peint belles, pointues trop modelées archiduchesse du d'Anne-Marie, d'Autriche, musée d'Amsterdam : c'est une main en ivoire. Il a aussi la main de sa première femme Isabelle peint Brant de Munich) sort (musée qui, sans être belle, des mains habituelles main peintes par RUBENS..La du peintre, du même est un type intéressant tableau, de « main artistique ». JORDACNS, dans le Satyre el le les mômes mains que RUBENS, Paysan, peint presque mais on peut dans la paume examiner de la main droite de la femme, des conformations curieuses des de la main et les mouvements et lignes synergiques habituels de l'index et du pouce étendus dans l'extrême des oeuvres d'art. D. TENIERS, comme l'a si bien majorité défini PAUL MANZ, « est un Van Dyck en 18° ». Il est moins mais il a sa précision et sa distinction maniéré, dans Les du musée de Sens, l'arrangement. Cinq Bruxelles nous présentent des mains de tout genre, mais pour la plupart « utiles » et bien flamandes. Le xvne sièclefrançais surtout les statuaires, accorde, une attention à la main. Le poignet s'afparticulière à l'art français ce soin de mofine, et il faut attribuer deler non seulement la main, mais en môme temps le bras et tout particulièrement le poignet. 11 n'y a pas

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CHAPITRE V

du dans des mains l'antiquité plus belles que celles xvii" siècle. les mains de la statue de Madame Regardez Adélaïde de Savoie de COYSEVOX (Louvre), les mains de Crolone), de COUSTOU, d'hommes de PUGET [Milon de de GIRARDIN, de AUGUIER, et on se rendra compte la différence notoire des mains de la Renaissance COYSEVOX est d'ailleurs le maître. En classique. duclassicisme. POUSSIN est pourtant peinture, empli chez LE NAIN de belles mains de paysanne On trouve ; voir notamment ses Paysannes assises du Louvre, PHILIPPE ou encore le Repas des Paysans (Louvre). le cardinal de Richelieu DE CHAMPAIGNE nous peint est un type de main « philosodont la main (Louvre), » —quoiqu'un modelée dise d'Aru>ENTiGNY,— phique sans aucune et sans aucun anatomique préoccupation La même forme souvenir de la Renaissance. de main au pouce mais moins autoritaire, plus intuitive, plus de HYACINTHE est la main de Bossuet (Louvre), large, RIGAUD. On ne peut pas passer sous silence les si gramains de femme du peintre cieuses LARGILLIÈRL-, des si bien dessinés, à la paume et mains aux poignets légère au pouce et énergique délicatement évasée, ; petit le Portrait de l'Artiste et de sa Famille, du voyez En passant, citons encore Musée du Louvre. MIGNARD, dont les mains de femme sont assez telles belles, celles de Marie Mancini Colonna. la main touche à la perfection de la Au xvmE siècle, J'avoue humblement trouver grâce. plus d'harmonie, de distinction, de charme à regarder ces plus plus belles mains de ce siècle dans les gracieux, que oeuvres de l'antiquité Chez les classiques grecque. nous trouvons des mains modede femmes statuaires,

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distinctions et toute la caractél'art voire ristique indiquées par chirognomonique, même le plus difficile, comme celles de CLODION, de de Voltaire tout PIGALLE, de IIOUDON. La main peint et IIOUDON n'a pas oublié de nous la copier l'homme, avec son pouce et avec ses doigts gros, énergique noueux et indiquant le bon sens critique et la raison La peinture ne compte-t-eUe philosophique. pas LANCRET, WATTEAU, FRAGONARD, CHARDIN, GREUZE, MAURICE QUENTIN DE LA TOUR, NATTIER? Le xviu" siècle n'est exclusivement et aussi presque que français, évoquet-il le goût, la finesse, la délicatesse d'une de époque sensiblerie et de grâce. Dans YEmbarquement pour Cgde FRAGONARD (Louvre), les mains, voire même thère, des petits celles de leur vol l'emanges qui précèdent mains tendues soulever barquement, jusqu'aux pour une compagne ou jusqu'à celles et qui qui esquissent des pensées toutes intimes soulignent pendant qu'on sont toutes de formes conte et de grâce fleurette, variées. L'architecture est maniérée, les doigts mais être habiles, le poignet et fin, et la paraissent souple de la main adorable à toucher. Les mains paume potelées mais harmonieuses de la Guimard, de FRAGONARD, ne terminent-elles fin, rondelet, pas un poignet symbole d'une articulation et gracieuse ? Les souple mains de de WATTEAU (Louvre), sont d'une Gilles, facture heureuse et bien à des mains des opposée de la Renaissance. J'oublie VAN LOO et sa peintres si maniérée, si xviii 0 siècle. Les mains de ces grâce et en même dames sont soignées précieuses temps les doigts et habitués à caresser les mobiles souples, l'index est plus grand souvent perles, que l'annulaire,

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CHAPITRE V

— signe de dégénérescence, crieraient des aimables — mais il donne morlicolcs à la main une tenue qui attire l'oeil et le repose, et ce qui est tout au point de vue môme de l'art. L'accordée de village, de GREUZE la main « utile », bonne nous fait retrouver (Louvre), à tout faire, signe de la banale el si bêle boulé et docilité humaines. NATTIER — voyez plutôt le Portrait de Madame Louise et la Marquise enfant (à Versailles), — la gracieuse de Prye de du charme marquise toutes les toiles de NATTIER sont empresque laquelle — est tout aussi xviir" siècle que VAN LOO et preintes certainement plus que BOUCHER, qui frôle la Renaissance et les allégories et s'en souvient classiques Le poignet est fin et la région hypothénar trop. — les muscles de la région du petit doigt soignée à la main une tenue toute pleine donnent de distinction—. J'ai eu la chance de voir une main, encore plus Louise belle que celle de Madame enfant, peinte par NATTIER; elle avait le creux de la main encore mieux mais tout aussi évasé et si délicatement modessiné, delé ; clic avait en plus la grâce de la châtelaine de de jadis, de si parfaite distinction bien Prye pour des artistes. Un mot encore sur la du anglaise peinture xviii" siècle, terminer celle et rapide longue pour excursion documentaire. Le xixu siècle est louL près de nous. La chiromancie est vivante, on parle continuellement des mains ; la photographie des précise l'oeuvre d'art poses rapidementel fugitivcinenlpriseset devient à nous documenter. moins intéressante L'art devient non seulement l'écho des idées indirectement, mais des connaissances sociales, que l'artiste acquises

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est forcé lui impose en d'utiliser, qu'on presque, de la tradition dehors même au classique qui domine du xx" siècle commencement la production artistique contemporaine. Les mains d'une toute mains élégance anglaise, bien ces types de dessinées, musclées, légèrement mains nerveuses des mains très qui passent pour chez THOMAS GAINSBOROUGH, belles, nous les retrouvons cet admirateur de VAN DYCK et chez REYNOLDS. J'ai admiré tout les belles « artisdernièrement mains » el vigoureuses de Mrs Siddons, de GAINStiques On cite également BOROUGH, à la National Gallery. comme mains belles de Mistress celles Sheridan de la collection de lord Rothschild. Les mains des diffèrent essentiellement de celles des peintres anglais est plus grande, la chair ; l'ossature français peintres et les muscles est plus absente, sans être dessinés modèlent des longues et charmantes mains au repos. REYNOLDS est plus italianisé que GAINSBOROUGH ; on a eu raison de comparer sa Nelly 0' Brien à la Joconde de VINCI. On peut encore citer comme les exemple mains de Mistress Howe de la Galerie Wallace. Citons encore les portraits de G. ROMNEY, surtout ceux de la si gracieuse le modèle Hamillon, Lady du peintre, et ceux de HOPPNER, peintre si en préféré à la fin du xvme siècle. ROMNEY est le seul vogue le plus sensiblement peintre anglais qui se rapprocha du xviii 0 siècle Chez LAWRENCE, il faut cherfrançais. cher le génie du chiffre, le savoir-faire, mais nullement des traits des observations caractéristiques, justes. Dans noire nous avons voulu préincursion, rapide ciser quelques de la psychologie étapes physiologique

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CHAPITRE V

La main dessinée en bloc, peut individuaartistique. liser dans son ensemble; elle arrive chez les Grecs à des types bien distincts, des types psychologiques différents. Les doigts commencent à s'ouvrir, presque mais instinctivement; ils paraissent mobiles et agiles, et la paume s'allège de plus en plus. Avant la Renaisde l'art gothique sance, l'esprit critique ajoute quelà l'individualité de la main, mais sous ques nuances l'influence des idées religieuses, le geste domine la même la place prédomimain, le bras occupe quand La Renaissance nante. attire notre attention sur les sur les mouvements de la main. muscles, synergiques La main s'ouvre ; on voit plus le physiologiqucinent creux de la main; les doigts s'écartent moins naïvemais souvent ment; pour se figer en des formes conlorsionnées. Le xvme siècle a donné, à mon humble les plus beaux échantillons de mains. On avis, fois le poignet; les articuremarque pour la première lations s'affirment, le creux de la main s'ouvre harmola main devient vivante et personnelle. nieusement, Les bouts des doigts ne sont pas immobiles et ne sont pas figés dans des formules ; on sent stéréotypes s'en sert pour se coiffer et qu'on se recueille, qu'on la beauté d'une belle remarque inexprimable qu'on et si intense main féminine avec toute sa troublante La représentation de la main dans l'oeuvre psychologie. d'art suit certainement l'évolution el l'anaartistique, à cause de la valeur psylyse en est surtout intéressante examinés nous peuvent chologique que les documents révéler sur la psychologie individuelle. L'argénérale tiste poursuit parfois dans son oeuvre la représentation, la cristallisation des images qui l'ont ému ; il dessine

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d'un souvent se rapprocher souvenir vivant, pour comme tendre créatrice, qui est dans son imagination où il est fois il copie simplement des modèles d'autres ou des tendances d'école. influencé par des doctrines Une partie du corps humain, partie aussi spiritualisée, aussi intellectuelle nous révéler, que la main, pourrait nous ne lïïl-cc évoquer, que vaguement, quelques traits psychiques de la personnalité, peinte ou sculptée, banales en dehors des considérations chiromantiques. Une précieuse, nonchalante et rêveuse du XVIII0 siècle comme nous le savons a eu certainement, d'ailleurs, une psychologie différente d'osde celle d'une joueuse éléselets du temps certains d'ilerculanum, malgré communs de leur vie psycho-sociale ments ; elle n'aura mains, pas les mômes pas la môme physiode la sculpnomie des mains. La légendaire Minerve ture antique ne saura être figurée avec des poignets et des mains à la Jeanne ; de même qu'un d'Aragon barbare ou un légionnaire romain n'auront scythe, donc les mômes mains pas la même musculature, que les saints et les anges du xui" cl. xiv° siècle. La main comme l'avons nous souvent dit, notre représente, en action ; le geste est l'apanage vie intellectuelle de la main, comme la caresse, comme la manifestalion spontanée ou voulue de nos émotions violentes. L'artiste ne pourra donc s'il que nous documenter, est vraiment sur la psychologie de la main, artiste, par son dessin, par sa coloration, par son architecture. MM. CARTAII.IIAC et l'abbé BREUIL ont signalé dans les cavernes d'Altamira et de Marsoulas, des emde mains humaines. M. F. REGNAULT, deToupreintes 12

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CHAPITRE V

à ce siijcl et il a communiqué à la Solouse, revient ciété d'Anthropologie, séance du 5 juillet 1906, ses sur l'examen de la grotte minutieux de impressions « On peut voir très licitement, l'emécrit-il, Gargas. de deux mains sur un fond rouge brun se détapreinte et formant, chant en rose clair, çà et là, de larges une main est imtaches au milieu rouges desquelles » Ces empreintes se trouvent faites sur les primée. de la voûte, et draperies slalagmitiques qui tombent Il y a même une petite chambre elles sont nombreuses. de 4 à 5 mètres do long sur 2 et 2 m. 50 de large, où de pareilles taches sont abondantes et garrouges nissent toute la paroi de la roche ; les empreintes des mains sont très nombreuses et les cinq doigts sont tournés en hauteur. Celle a toujours grotte donc toutes les ressemblances avec les dessins ou de la grotte de la Dordogne et de Marempreintes souins. M. C. FABRE, professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse, a analysé des fragments de peinture de Marsoulas et il rouge de la grotte (Haute-Garonne), a trouvé étaient obtenues de fer. qu'elles par l'oxyde à la grotte de On a trouvé des résultats identiques de fer donc avoir servi aux Gargas. L'oxyde paraît artistes de nos cavernes et on s'en est préhistoriques aussi servi certains silex taillés et des pour colorer de flèche en or, des armes do choix selon pointes M. REGNAUI.T (1). Il faut citer aussi les recherches d'archéologie pré(I) F. IÎECNAUI.T (Toulouse), Empreintes de mains humaines dans la grotte de. Gargas (Hautes-Pyrénées). [Bull, el mém. soc. d'Anlhropol, Paris, t. VII, l'asc. 4, 1906, p. 331.)

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du regretté E. PIETTE, une des plus belles historique des chercheurs du dernier siècle et à qui on ligures doit la collection si admirable des documents préhisdo Saint-Germain notes toriques (1), et tant d'autres sur l'ethnographie préhistorique. (1) E. PIETTE, La grotte de Gourdon pendant l'âge du renne {Bull. soc. Anlhropol, Paris, 2U série, t. VIII, p. 384).— Equidés de la période quaternaire d'après les gravures de ce temps. Matériaux pour Vhistoire primitive el naturelle de l'homme, m0 série, t. IV, p. 359. — Phases successives de la civilisation etc. pendant l'âge du renne, dans le midi de la France, (Grottes du Mas d'Azil). Ass. tr. p. A S. Paris, 215, p. 49.

CHAPITRE

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L ANATOMO-PIIYSIOLOGIE DE LA MAIN

On peut examiner les données scientifiquement qui être retenues certains éléments peuvent pour soutenir de la doctrine ce ; en d'autres termes, chiromantique ou fournir d'indications peut évoquer que la main sur le passé, le présent et l'avenir. psychologiques C'est ce que nous allons faire maintenant. la main est un organe des plus Anatomiquement, Des quantités de muscles, de forme, de compliqués. bien différentes en enveet de fonctions puissance le squelette et délicat. Je fais grâce loppent complexe stériles et au lecteur des détails anatomiques inutiles, constitue le titre de gloire de dont la connaissance à tant d'intelligences assidues. Je renverrai le lecteur relire de préférence les ouvrages d'anatomie de sur M. PAUL RICHER, auteur d'ouvrages remarquables la vraie, la seule, qui puisse nous l'anatomie vivante, son influence, aride a intéresser. Sous l'anatomie les artistes et commencé à intéresser avec sympathie les cerveaux tandis curieux, que jadis, par ses nombreuses des plans des corps géomédescriptions l'anatomie était restée uniquement triques imaginaires,

CHAPITRE

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L ANAT0MO-PHYSIOLOGIE

DE LA MAIN

les données On peut examiner scientifiquement qui être retenues certains éléments peuvent pour soutenir de la doctrine ce ; en d'autres termes, chiromantique ou fournir d'indications peut évoquer que la main sur le passé, le présent et l'avenir. psychologiques C'est ce que nous allons faire maintenant. la main est un organe des plus Anatomiquement, de muscles, Des quantités de forme, de compliqués. et do fonctions bien différentes en envepuissance le squelette et délicat. Je fais grâce complexe loppent au lecteur des détails stériles et inutiles, anatomiques constitue le titre de gloire de dont la connaissance le lecteur à tant d'intelligences assidues. Je renverrai les d'anatomie de relire de préférence ouvrages M. PAUL RICHER, auteur sur d'ouvrages remarquables la vraie, la seule, nous l'anatomie vivante, qui puisse intéresser. Sous son l'anatomie aride a influence, les artistes et commencé à intéresser avec sympathie les cerveaux tandis curieux, que jadis, par ses nomdes plans des breuses géomédescriptions corps l'anatomie était restée uniquement triques imaginaires,

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CHAPITRE VI

si l'on examine le de concours (1). Mais, à ce point de vue, on remarquera que tout problème se et l'épaule même se dessinent, le bras évoluent, de se cristalliser dans la formation et doivent dirigent delà main est aplati Le poignet la main. généralement « ALLIOT au dire de MALGAIGNE, qui transversalement. a signalé vérifié le fait aurait fois, que plusieurs des diamètres du poiphysiologique l'augmentation faible et obtuse une accusait (2). » intelligence gnet nombre de mouvements d'un La main est capable indéfinis musculaires ; on peut cataloguer compter, le bras et l'avantdont l'épaule, tous les mouvements En de la main, non. ceux sont bras susceptibles; ou de ceux mouvements dehors des synergiques, à la ceux du bras, la main, concordants avec grâce la faculté de ses doigts, possède pour ainsi souplesse de les mouvements de multiplier à l'infini dire unique Les combinaisons. de même leurs formes, que leurs cristallisent la multiplicité des mouvements digitaux et de l'intelligence motrices ; ces mouvements images soit soit instinctivement, ceux du bras entier, peuvent, de l'homme en artistique (1) Voir P. RICHER, Physiologie 0. Doin; — De la forme du corps en mouvement mouvement, Mars et Avril 1895, de la Salpêlricre., [Nouvelle Iconographie de H. MF.IGE sur l'oeuvre pp. 122-135). — Voir aussi l'article 1907. de PAUL RICHER, Iconographie, avec appli(2) P. TILLAUX, Traité a"Anaiomie lopographique 11e édition, cation à la chirurgie, 1903, Assclin et Houzeau, v et vi : «Du poignet et de la main» p. 559. — Les chapitres sont parmi les plus clairs des traités d'anatomie, quoiqu'on dont la science réclame des efforts de disent les anatomistes souvent grotesques des mémoire inutiles et des descriptions de l'anatomie morte, organes

Kig.1. — Souelellede la main humaine.

Fig. 2. — Squelette <lupoignet.

PLANCHE XIV

I.'ANATOMO-PIIVSIOLOGIE MAIN DE L\

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à cause de l'éducation, révéler parfois toute notre mentalité : l'affectivité comme le raisonnement, l'imla nonchalance et la pulsivité comme la douceur; tristesse (1). Trois nerfs : le médian, le cubital et le radial, branches terminales du plexus brachial, gros faisceau nerveux qui est constitué par la réunion des dernières racines nerveuses qui sortent de la moelle cervicale, activent la inutilité et la sensibilité du bras et de l'avant-bras et se terminent dans la main de la façon Il y a dans celle innervation la plus compliquée. une activité fonctionnelle des plus physiologique intéressantes à analyser, à cause du mécanisme sensitivo-sensoricl alimenté par ces branches importantes du plexus brachial et surtout du rôle défini de chaque territoire musculaire. Le nerf médian innerve la majeure partie des muscles de l'éminence thénar — le Mont de Vénus des chiromanciennes, la partie de la paume de la main du côté du pouce — sauf l'adduc(1) Pour l'anatomie artistique de la main, voir surtout les études de LÉONARD EVINCI la musculature de l'épaule, D sur du bras et de l'avant-bras, dessins conservés à Windsor et et reproduits dans DUVAL BICAL, p. cit., pi. x et pi. xni; le o dessin de GÉRICAULT (Ecole nationale des Beaux-Arts), et pi. xn, pi. xv, dans DUVAL RICAL le dessin de MICHEL; ANGE (British Muséum), pi. xm, xiv. Ibid. ; les études anatomiques de RAPHAËL (musée de Bille), pi. xx, et les trois dessins de RAPHAËL (musée de Venise), pi xxvm, Ibid.; do môme que les deux études de BREIJGHEL d'après un cadavre (Florence, Offices),fil. xxix. Ibid. POLAILLON, Main, anaiomie [Diclionn. encyclop. des se. médic, t. IV, 1871,pp. 4-34). E. DALLY, Main, anaiomie comparée et anthropologie ( Diclionn. encyclop. des se. médic, f. IV, pp. 34-49).

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CHAPITREVI

teur du pouce ; il fournit également des ramifications nerveuses aux deux lombricaux externes, petits muscles intrinsèques de la paume de la main. En ce qui concerne la sensibilité, le nerf médian innerve le tégument de la face palmaire en partie, la peau du creux de la main, la face palmaire du pouce, la face dorsale de la main, les deux dernières de l'index, phalanges du médius, et la moitié externe de l'annulaire. Le cubital innerve les muscles de l'éminencc hypothénar — la région du petit doigt — les muscles interosseux et dorsaux, l'adducteur du pouce et les deux palmaires derniers lombricaux Au point de vue (les internes). de la sensibilité, il innerve directement la moitié interne du dos de la main, la face palmaire interne la moitié interne de l'annulaire (éminence hypothénar), et le petit doigt. Le radial innerve entre autres, par sa branche les quatre muscles de la couche postérieure, de la région musculaire, de la paume de la profonde du côté du pouce (long adducteur du pouce, main, court extenseur du pouce, extenseur propre de l'index), l'articulation du dos de la main, et par sa branche antérieure sensitive la moitié externe du dos de la main, la face dorsale du pouce, la face dorsale (moitié de la première du médius, la face externe) phalange dorsale de la première de l'index. phalange Pour bien concevoir la richesse de cette activité il faut songer encore aux nombreux musmusculaire, cles extenseurs la région postérieure de qui occupent de même qu'aux muscles fléchisseurs l'avant-bras, qui la région antérieure dont les muscles occupent insertion sur les os de l'avant-bras et dont les prennent tendons insertion sur l'ossature de la mainprennent

I"ig. 1. Innervation de la main.

Pig. 2. —Musculature de la main, d'après DEIIIEIUIK.

PLANCHE V X

L'ANATOMO-PHYSIOLOGIE MAIN DE LA ALIX nous donne une page intéressante souplesse musculaire.

185 sur cette

prodigieuse « L'opposition s'opère principalement par l'écart ou le rapprochement du métacarpien, par de légères inclinaisons de ces os, et surtout par sa rotation. Les phalanges ne font qu'achever et compléter le mouvement commencé par le métacarpien. Le pouce ne s'oppose pas de la même manière à tous les doigts. est directe, du pouce à l'auriculaire L'opposition mais son opposition à l'index est latérale ; elle est un peu moins latérale pour le médius, moins encore pour l'annulaire. Il y a là une dégradation dont on peut les ongles; en effet, l'ongle du juger en considérant sous celui de pouce peut se placer complètement l'auriculaire et réciproquement; mais, si l'on veut le cela n'est déjà plus placer sous celui de l'annulaire, possible, les deux ongles se croisent; pour le médius, le croisement est plus prononcé ; il l'est bien plus encore pour l'index. Tandis que les doigts peuvent toute la paume de la main, le pouce n'en parcourir peut toucher que l'extrémité digitale, et encore n'alteint-il directement que l'émincnce palmaire du cinquième doigt, ne pouvant entrer en contact avec les autres que par sa partie latérale. Les doigts étant il n'atteint que la première phalange de étendus, l'index. Une très légère flexion des autres doigts suffit pour qu'il atteigne leur première phalange, même de l'index, il faut déjà une flexion sensible des doigts ; enfin, il est nécessaire que la flexion des doigts soit très prononcée leurs pour que le pouce atteigne terminales. Il suit de là <rue l'opposition phalanges résulte d'un mouvement combiné : ce n'est pas seule-

18fi

CHAPITRE VI

ment le pouce qui s'oppose aux doigts, ce sont aussi les doigts au pouce. Souvent même le qui s'opposent du pouce très borné, mouvement mais par cela même très rapide, consiste à se tourner et à se uniquement dans une situation fixe, et les doigts, poser par un mouvement viennent à sa renbeaucoup plus étendu, contre. De là l'importance des muscles extenseurs dans les mouvements du pouce (1). » De ces trois nerfs, le radial est le nerf de l'extension et le cubital sont ceux de la ; le médian par excellence flexion. Ils animent donc par leur innervation toute la musculaire du membre dynamique supérieur, dynamique qui ne se concrétise, pour ainsi dire, que dans les mouvements de la main. des muscles Aucun du voire même de l'épaule, n'a bras, ni de l'avant-bras, de rôle précis ; leur jeu, leurs mouvements isolés ou associés ne prennent un sens que lorsqu'ils aboutissent à une synergie musculaire de la main. Autrement, tous ces mouvements musculaires restent incainformes, un geste, et sont dénués de tout élépables d'ébaucher ment psychique. L'élément réflexe, seul, y est plus ou moins définissable. Ce mécanisme se précise davantage encore de ces nerfs, quand on songe aux anastomoses et les anastomoses avec les autres branches du plexus, de môme qu'aux relations intimes fonctionnelles qui leur innervation dans la moelle cervicale. régissent Les recherches de 0. POLIMANTE (2) sur la distribution fonctionnelle des racines motrices dans les muscles des membres montrent comment entre autres (1) ALIX, op. et loc. cit. (2) Archives italiennes de Biologie, III, 1895,

L'ANATOMO-PIIYSIOI.OGIE LA MAIN DE il fallait

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le mécanisme fonctionnel du comprendre L'innervation des membres plexus brachial. présente dans les origines médullaires une systématisation est fonctionnelle, évidente. Cette systématisation l'hérédité et l'habitude ont établi des conditions qui facilitent l'activité des centres SCHWALEE supérieurs. a montré depuis longtemps que les nerfs de la région radiale les fibres de la cinquième, sixième reçoivent et septième tandis que ceux paire des nerfs cervicaux, de la région cubitale cutané interne, (brachial cubital) les tient du dernier nerf cervical etpremicr thoracique. La pathologie nous fait comprendre cette activité fonccar on se trouve devant des paralysies ou tionnelle, des parésies d'une fonction, sans paralysies distinctes musculaires des groupes bien définies (1). Au point de vue embryologie il faut savoir que c'est vers la fin de la troisième semaine que les membres supérieurs Les premiers sur la vestiges apparaissent. paraissent « la forme de petites sous crête de Wolf, saillies constitués arrondies, par une masse de tissu embryon» naire revêtue d'une couche continue ectodermique tout d'abord (VIALLETON). On ne peut pas distinguer musculaires les éléments des éléments qui devienVers la onzième semaine l'ébaudront squelcttiques. che des membres est faite en ce sens qu'on distingue de la (1) Pour la comparaison anatomo-anthropologique main et du pied, voir : ALEXIS JULIEN, De l'homotypie des membres thoraciques et abdominaux [Revue d'anlhropol., 1879). — DURANDDE GROS, De la torsion de l'humérus et des origines animales de l'homme [Bull. soc. d'anlhropol., 1868). — Cn. MARTIN, art. Membres (Diclionn. des se. médic.) — VIRCIIOW [Werke der Berlin. Anthrop. Gesel. 1895).

188 l'amorce

CHAPITRE VI

du pied, et secondement des incisions indila forme des doigts A six quant (bourrelet digital). semaines de la vie embryonnaire on distingue les des bras et de l'avant-bras. Successivement segments la première la seconde, etc. apparaissent phalange, La main deux sillons de séparation : l'un présente entre le pouce et l'index et le second entre le médius et l'annulaire. dans DUFFO, (V. chapitre Embryologie conférences op. cit., résumé Cunès.) On ne se rend bien compte du rôle capital que la main dans l'organisme a pu joue que lorsqu'on étudier les illusions des amputés des ; en dehors hallucinations des membres on remarque la fantômes, monotonie des mouvements, de la totalité des mouvements toute la musréaliser; que les sujets peuvent culature du bras et de l'épaule rendue inutile, paraît et les grimaces les grimaces des gestes musculaires, de suppléer au geste absent, sont typiques qui tentent à cet égard. On fait appel aux muscles du thorax, du moins muscles associés habituellement à la cou, musculaire de la main, el soit pour le dynamique soit pour le geste le plus comgeste le plus simple, les efforts se multiplient souvent infructueusepliqué, ment et ils se traduisent de quelques par la répétition et informes associations dénuées de motrices, vagues toute expression. Il en est de même dans le cas des ou des amyotrophies, ou encore dans les paralysies cas d'hémiplégie Les mouvements organique. expressont lourds, à peine ébauchés sifs, les gestes (1). Le (1) On trouvera ces détails dans la première édition de l'admirable Traité de l'Eleclrisalion localisée cl de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutique de DUCHENNE

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se réduit, non seulement avec la vie réelle contact mais la pensée s'appauvrit. la physionomie Pour anatomo-topograpréciser la riche de la main, on ne doit pas oublier phique cubiLes artères les tissus. vasculafure qui irrigue dans les tissus muscutales et radiales se terminent les de la main, formant ou profonds laires superficiels sous le nom « d'arcades connues en anatomic arcades » et « d'ar» et « profondes palmaires superficielles dues aux entrecroisements cades dorsales », arcades la première faite des artères, des portions terminales et la seconde surtout, cubitale, par la par l'artère à peu près radiale. L'arcade correspond superficielle déterminé de l'angle à la bissectrice par les plis palsortent De ces arcades et moyen. maires supérieur collatérales des branches digitales, qui s'anastoles tissus des phamosent entre elles et qui irriguent des fines, dans langes pour finir dans des mailles des pulpes des doigts, minuscules arcades après La nerveux. anneaux avoir traversé des nombreux sinon est tout aussi riche, circulation veineuse plus artérielle riche en arborisations ; que la circulation les arcades veinules des nombreuses qui construisent des des réseaux à concavité pulpaires supérieure et les réseaux les réseaux dorsaux doigts se forment DE BOULOGNE, vol. Paris, Baillicrc, 1858, 926, dans le chap. i. 1 — Deux parties : action individuelle et usage des muscles qui meuvent le petit doigt, et, les doits de la main démontrés par Toute la physioet l'électro-pathologie. l'éleefro-physiologie logie de la main, la physiologie des muscles qui meuvent les doigts, le pouce, la main, intéressante à lire pour tout auteur de qui voudra connaître la question de l'anatomo-physiologie la main (pp. 171-207).

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et particulièrement les arcades dorsous-unguéaux sales évoluent et se terdigitales, qui à leur tour minent dans les arcades des veines métacarpiennes ou dorsales et dans les veines marginales palmaires de la main. Le débit sanguin est versé ensuite dans la veine cubitale et dans la veine radiale superficielle superficielle. encore des nombreux os qui Qu'on tienne compte rentrent dans l'architecture de la paume de la main et du poignet, les os du carpe aux articulations comet délicates four à tour comme plexes qui servent de levier à des nombreuses contractions muspoints culaires ou de point à des mouvements du d'appui aussi tous les tissus qui consQu'on considère corps. tituent les cloisons ou inferosseuses et qui délimitent les gaines de tant de tendons qui forment qui ne font de même que toutes les bourses séreuses, qu'y passer, les capsules et les synovies des articulations, ou encore les riches vascularisafions des lymphatiques, et on aura une idée de la complexité des éléments en jeu, qui se modifient ou qui peuvent qui rentrent se modifier et transformer la main d'une manière constante. La main n'est immuable. On sait pas un organe de volume ; elle suit les évolutions qu'elle change de la pulsation ou dimicardiaque, augmentant nuant de volume à chacune d'elles tous ; comme les autres elle a un est organes, pouls, qu'il facile de même d'enregistrer, que le pouls digital la découverte du plefhysmographc, depuis appareil à enregistrer destiné les variations des tissus des Un des plus récents de ce genre, organes. appareils

L'ANATOMO-PHYSIOLOUIE LA MAIN DE

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le français, imaginé par deux savants physiologistes et COMTE, a permis entre plothysmographedcllALLiON le pouls digital et d'arriver, autres après d'analyser à la connaissance de délicates investigations, précise des quelques des coefficients phénophysiologiques A l'émotion un mènes correspond physiologiques. de la main ; la quantité de volume changement contient ne sont du sang comme la qualité qu'elle Une mélan: sa physionomie change. plus les mêmes vasoune anémie d'origine colie prolongée provoque Ces de la main. motrice des vaisseaux sanguins se resserrent, et la main devient vaisseaux plus petite, de même que par un temps froid. En hiver, on y peut de vaso-contraction observer un phénomène qui la à la tandis estivale, propice que la chaleur rapetisse, normale du mécanisme et à l'activité vaso-dilatation son volume. Le procirculatoire, légèrement amplifie un des plus ingénieux fesseur PATRIZI, de Modène, nous a psycho-physiologistes, expérimentateurs dans ses recherches sur les dernièrement montré et du cerveau, sous vasculaires des membres Réflexes conditions excitations et sous différentes différentes el expérimentales pourrait (1), qu'on psychologiques individes distinctions'physiologiques même établir de ces à la connaissance duelles, approfondie grâce des types vasoIl y aurait réflexes vaso-moteurs. et auditifs moteurs visuels et des types vaso-moteurs ces nos recherches confirment pleinement personnelles admirables Selon PATRIZI, il y aurait investigations. ces réflexes intime entre non seulement un rapport (1) liiv. Spe.rm. di Frcnialria, 1896.

192 vasculaires

CHAPITRE VI

mais les courbes et l'idéation, pléthysde l'orgale critérium seront comme mographiques cérébrale. nisation psychologique de HALLION et Il y a lieu de citer les recherches COMTE, d'ANGELL et THOMPSON, de RINET et COURle critérium sur TIER, de MENTZ, etc., psychode ces réactions vasculaires ; de physiologique de RINET et VASCIIIDE, môme que celles de Mosso, des doigts de KIESOW, sur la pression sanguine et de ses humaine de la mentalité comme critérium Un ou sensorielles. réactions affectives multiples à été de la psychologie expérimentale grand chapitre créé grâce à l'étude de ces réactions psycho-physiolocomme le Des agents physiques giques de la main. donc la forme et la phyfroid et la chaleur modifient de la main. Il en est de même de nombreux sionomie sont cl les nerveux et les aliénés facteurs psychiques, des à cet égard. H y a des catatoniques, typiques déteridéfiniment des attitudes malades qui gardent des troubles vaso-moteurs d'où découlent minées, qui en changent d'abord la main, congestionnent puis la forme. Toutes les secousses psygraduellement de même chiques, que les excitations physiques, dans la main. Il suffit de laissent leur empreinte savoir lire dans la main pour les y retrouver, d'y lire, mais comme non pas comme les chiromanciennes, les cliniciens, du premier coup d'oeil, qui parviennent, à établir les diagnostics et précis. La tension rapides celle des tendons et de toutes les artides synovies, culations varie fout comme le calibre des vaisseaux comme le réflexe du poignet de la main. capillaires, ALIX consacre à la main quelques belles pages dans

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son travail consciencieux sur les Lignes papillaires de la main (1). « C'est en vain, écrit ALIX, que l'on s'efforcerait de un organe concevoir mieux disposé pour servir une dans les usages Quelle variété intelligence. auxquels il convient? Tout ce que peut rêver l'imagination semble réalisé dans la main. « Placée à l'extrémité d'un bras mobile dans tous les du corps où sens, il n'est pas un point de la surface elle ne puisse atteindre. Si la douleur, sentinelle cric alarme en quelque la main s'y endroit, vigilante, le mal ou pour y remédier. pour écarter porte aussitôt à l'homme de couvrir Sans elle, serait-il sa permis nudité? Elle seule peut revêtir le corps des tissus a fabriqués; elle seule peut, par ses soins, lui qu'elle conserver son éclat et sa pureté ou chercher à l'embellir par la parure et les ornements. « Sa mobilité, son agilité, sa souplesse, la faculté a de se tourner el de s'incliner dans tous les qu'elle comme un ressort sens, de se plier sur elle-même et surtout sa division terminale en cinq brisé, se fléchissent et s'étendent à branches, qui tantôt la fois et d'un commun tantôt se meuvent accord, à volonté ou se s'écarter isolément, qui peuvent les unes des autres, et, dans ces actes rapprocher savent se prêter un mutuel en l'ont variés, appui, un instrument l'art est incapable de reproque duire. (1) ALIX, Recherches sur la disposition des lignes papillaires de la main et du pied, précédées de considérations sur la forme et les fondions de ces deux organes [Annales des sciences naturelles, 1808, t. VIII, p. 295; t. IX, p. 5). 1M

191 « Aussi les rité (adresse) en l'habileté, « Puissante connaît toutes caresse et la anciens

CHAPITREVI

choisi le mol dextéavaient-ils la justesse, la précision, pour désigner un mot la science des mouvements. à mesurer et à modérer ses actions, elle la plus douce les nuances qui séparent la plus légère de l'étreinte la pression et du coup le plus violent. En s'ouplus énergique elle se montre aux regards sous sa forme la vrant, tel est l'aspect d'une main qui donne plus gracieuse; ou qui accorde. En se fermant, elle devient un symbole de puissance ou de menace ; elle change de nom, c'est alors le poing, véritable masse d'armes hérissée à frapper comme un marteau ; d'inégalités, prête ce marteau mais, par une disposition admirable, qui vicnl s'ouvre aussitôt Ces de frapper pour saisir. merveilles des mouvements de la main ne dépassent La conscience des déplapas celles de sa sensibilité. la cements fait connaître à l'esprit qu'elle éprouve en même l'orme des objets dont elle suit les contours; les moindres de la surtemps elle apprécie inégalités leur volume el leur consistance, face ; elle connaît leur température, leur degré d'humidité ; enfin, par de la peau qui la recouvre, elle devient l'organisation le plus délicat. le siège du loucher « Ajoutons et de sa qu'en raison de sa conformation la main peut en quelque sorte se prolonger sensibilité, à l'aide des instruments à distance saisit; qu'elle au loucher, c'est par elle surtout que organe principal des corps. nous connaissons la résistance « En dépit de ces perfections, la main fût restée une inutile si elle n'avait pas été placée au voisimerveille au membre appartient-elle nage de la tète. Aussi

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sont calculées de dont les dimensions thoracique, avec les manière à la mettre facilement en contact différentes de la face du crâne. régions (c Les mamelles au nombre de deux de la femme, et répondent sont situées sur la poitrine, seulement, à la facilité son enfant sur ses a de soutenir qu'elle bras. « Elle devient l'organe de la préhension des aliments, et la bouche, se trouve affranchie des actes ennoblie, ou cruels. grossiers « La main se place au devant du visage pour la elle soutient la le te fatiguée, elle vient protéger, en aide à la vue et à l'ouïe, soit pour modérer, à soit pour accroître Les sens, leurs perceptions. leur tour, la sur elle. L'oeil sans cesse réagissent el la guide, surveille et, comme elle peut facilement lui montrer toutes ses faces, il distingue ses moindres lésions. « Associée continuellement à la pensée, la main la traduit comme le visage, et concourt à la physionomie. Par divers mouvements, elle attire, elle repousse; elle refuse, elle accepte; elle ordonne, elle implore; elle maudit, elle bénit. Par les gestes dont elle accomelle permet à l'art oratoire de pagne les discours, toute sa puissance. elle Enfin, non seulement déployer a son langage, de l'art, elle vient mais, par un prodige la parole, cl le sourd-muet, à la rendu suppléer sa place dans la famille el dans la société, reprend nation. « Dans le repos, la main fait encore partie de la soit qu'elle se place en des poinls déterphysionomie, minés du corps dont elle marque harmonieusement

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CHAPITREVI

ou que, s'approchanl de la les divisions principales, Il est pertète, elle vienne en compléter l'expression. mis au peintre de cacher sous les plis des vêtements le reste du corps ; en l'absence de la main, le tableau » reste incomplet.

CHAPITRE

VII

LA PSYCHO-PHYSIOLOGIE DE LA MAIN

Il y a des mains des mains neurasthéabattues, comme il y a des mains gaies, des mains niques, des mains nerveuses et des mains mélancoagiles, Certaines mains sont tendres et voluptueuses; liques. d'autres sont d'autres encore paresseuses, pleines La plus belle main que j'ai vue dans ma vie d'énergie. donnait de la parfaite de l'harbeauté, l'impression monie la plus accomplie. Chez certains neurasthéles doigts arrivent à ne plus une niques, garder motilité les mouvements sont propre indépendante; le geste des malades atteints limités, fixes tout comme de stupeur ou de confusion mentale. I Un premier élément à considérer dans la main, c'est la peau, les chiromanciennes que envisagent tout d'abord, car elle constitue une source de documentation Le bout des doigts, précise remarquable. est une région extrêmement sensible où par exemple, les corpuscules tactiles abondent, et, soit à cause de la présence des éléments soit à cause spécifiques, des riches vascularisations ils occupent un sanguines,

98 des rôles

CHAPITRE VII

les plus élevés dans la finesse de la topoorbicutactile graphie après les lèvres et les régions laires. La sensibilité est duc certainede ces régions de ment à la présence notoire de corpuscules tactiles PACCINI. La face palmaire est plus riche que la face l'innerve outre que le nerf médian dorsale, pour ainsi ou dos de dire plus activement que la région dorsale la main. La paume présente en dehors des terminaicomme renflements sons nerveuses reconnus, quelques comme tactiles, par des hislologisles corpuscules KÔLLIKER , IIENLE, DENONVILLIERS et surtout par sont plus nombreux tactiles PACCINI. Ces corpuscules entre les espaces lieux où se trouvcntles interdigitaux, du derme, et leur nombre renflements peut atteindre d'une seule main à même 300 dans la paume parfois tout près d'un espace des doigts, la partie collatérale BÉCLARD avait présenté, dans sa Physiointerdigitaire. du toucher par excellence, logie, la main comme l'organe etc'est juste. Elle n'était pour DALLY que l'orpresque du lact. Les deux définitions peuventêtre gane essentiel admises comme vraies ; d'ailleurs elles se complètent. et chez certains Chez les aveugles sujets qui ont cette faculté atteint leur sensibilité tactile, développé inouïe. en rapport avec la disune finesse Toujours elle est plus obtuse tribution des corpuscules tactiles, de la main, à la paume plus aiguë sur les bords et à la face dorsale. La coloration et la finesse de la peau sont des coefde tout premier ordre. ficients psycho-physiologiques et de la peau peut indiquer Le loucher rapidement el le métier du sujet examiné, facilement l'occupation, sa forme de sensibilité. il peut nous indiquer surtout

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Les lignes de la main : elles aussi ne changent sont pas fixes, et si leur topographie n'est pas définise guider on peut tivement même établie, quand et surtout selon leur conformation générale d'après leur physionomie. La « ligne de la vie » n'est qu'une démarcation musculo-tendineuse des muscles de la du pouce, et la « ligne du coeur «n'est région que le pli dicté mécaniquement par l'articulation inétacarpoCe sont dos lignes dictées phalangienne. par des besoins et on comprendra alors leur dynamiques, rôle fondamental dans l'élude de la psychologie de la la « ligne de la tête », elle est moins main. Quanta précise ; c'est un pli cutané moins ; il palmaire profond n'est dicté ni par aucune articulation, par aucune insertion musculaire un pli physioloC'est précise. forcé, dicté, gique imprimé par deux pressions pour ainsi dire opposées : la dynamique de la de la paume main et celle des articulations des doigts. Le triangle connu sous le nom.de la « plaine de Mars » est palmaire aussi la résultante mais indirecte de cette pression ; il est surtout formé par les plis imprimés mécaniquement à la main : mouvements et tendimusculaires neux de la région du pouce et de celle du bord interne de la main. tactile L'élude de la sensibilité el particulièrement celle de la main a été l'objet d'un nombre considérable de recherches les traexpérimentales depuis vaux de E.-II. WERER (1). On connaît actuellement non seulement la topographie de la sensibilité Laclile, (1) E. H. WERER, 4" édit., 1864. De pulsu, resorpsione, audilu el laclu,

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mais la localisation des sensations et même tactiles, ses troubles son organisme sous un pathologiques, avec des données et plus jour nouveau, plus précises La peau perçoit non seulement le contact, analytiques. mais elle a le souvenir de ce contact, elle analyse la forme linéaire ou autre de ce contact, elle localise cette excitation et les auteurs sont arrivés à distin: YOrlsinn tactiles guer deux formes de localisation des allemands, la vraie localisation des sensations et le Raumsinn, le sens du lieu de la peau tactiles, dont AURERT et KAMMER, HOFFMANN et Mônius et d'autres nous ont donné des aperçus neurologistes, et cliniques des plus ingénieux, expérimentaux depuis du premier travail d'AuBERT et KAMMER, de l'époque 1858. On doit à E.-H. WERER les premières recherches sur la sensibilité et son travail en tactile, publié latin date déjà de 1829. LICHTENFELS (1851) et plus tard VIERORDT (1861) et son école : KOLTENKAMPF et ULRICH, RIECKER, PAULUS, HARTMANN, etc., apportèrent contributions. Les travaux de d'importantes FECHNER et de G.-E. MUI.LER sont les plus belles méthode de psycho-physiologie. étapes de la nouvelle ces recherches, el contrôlées D'après précisées par de nombreux travaux la face palmaire des modernes, et particulièrement celle de la troisième doigts, phadans l'échelle de lange, les bouts des doigts, occupent la forme de la sensibilité la seconde La preplace. mière est occupée el si l'on par le point de la langue, la dislance minhna do deux points sur le bout perçoit de la langue à une distance de 1 mm. 1, la moyenne n'est que de 2 mm. 2, el il faut pour le bord rouge

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des lèvres ainsi que pour la face palmaire de la deuxième phalange 4 mm. 5. Mentionnons encore la loi de VIERORDT qui s'énonce comme il suit : « La forme du sens de lieu d'une partie de la peau est d'autant que cette plus développée » Gela a été vérifié pour toutes est plus mobile. partie les parties On comprend alors la source du corps. et la forme des renseignements que les inépuisable bouts des doigts nous fournissent. sensation tactile GRATIOLET distingua une nouvelle ». « Cepende la main : « le toucher sous-onguéal dant toute l'épaisseur est sensible de la peau et, si à la superficie, elle ne l'est elle est impressionnable La peau peut donc pas moins par sa face profonde. de l'une ou l'autre recevoir des impressions affectant ses deux faces. « Aussi partout où la nature a voulu rendre le toucher a-t-elle soustrait graisplus parfait, par des coussins immédiat seux la face profonde de la peau au contact des parties dures sous-jacentes. « La sensation de pression commence quand la sensibilité de la face profonde entre enjeu. Mais l'appréciation mesurée des pressions plus ou moins fortes de nouveaux Ici les ongles jouent suppose appareils. un rôle important. nous appliQuand, par exemple, d'un corps, les moindres quons le doigt à la surface la pulpe digitale et la refoulent pressions déplacent contre ce qui est assez prouvé par ces zones l'ongle, de lui. blanches alors au-dessous qui se dessinent De là une sensation de particulière qui se propage en proche à la face de la face palmaire proche sous le dorsale de la phalange et que je désigne

202 nom

CHAPITREVII

de loucher aussi sensation) sous(il l'appelait onguéal (1). » Il existe des différences individuelles notoires cl de VALENTIN de 1810, depuis les premières expériences on possède une riche documentation. L'homme et la femme n'ont tactile ; selon pas la même sensibilité moins fine LOMBROSO, la femme aurait une sensibilité d'où l'explication de son insensibilité que l'homme, dans le crime. Elle serait, au contraire, à supérieure la sensibilité de l'homme selon les recherches de GALTON el RANDAL, recherches faites sur la sensibilité de l'homme et de la femme dans la région comparée de la nuque. W. DENETT et A. STERN n'ont trouvé aucune différence la sensibi; selon ces deux auteurs lité tactile serait plus développée chez les personnes et plus obtuse chez les personnes instruites non instruites. Chez les criminels, LOMRROSO et OTTOLENGIII accusent une diminution notoire (2). KROHN a publié en 1894 le cas d'un professeur de gymnastique ayant eu l'avant-bras gauche fracturé, qui perdit la sensibilité de ce bras, au défaut des mouvements des bras (3). Sous l'influence de l'exercice et de la fatigue, la sensibilité tactile varie 11 faut considérablement. (1) GRATIOLET, Anaiomie comparée du système nerveux, p. 407. (2) ED. SÉGUIN, Traitement moral, hygiène el éducation des idiots el des autres enfants arriérés. Edil. Progrès médical, Paris, 1906, pp. 108, 374, 485; — et Education psycho-phgsiolagique d'une main idiote. Bull, d'éduc. spéciale, vol. III, 1895. Rapport el mémoires de SÉGUIN sur l'éducation des enfants normaux et anormaux à l'Exposition internationale de Vienne, 1877. (3) Psyrhological Revicw, vol. I, n° 3, p. 280.

DE LA MAIN LA PSYCHO-PHYSIOLOGIE

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remonter en 1858, donc à VOLKMANN, pour retrouver L'exercice a recherches les premières méthodiques. et notoire sur la sensibilité tactile une influence moins sensibles surtout sur les régions ; l'influence et elle se perd n'est durable parfois pas toujours a cessé. 11 y a des après que l'exercice quelque temps le à distinguer, ouvrières par le contact qui arrivent des doigts, même le plus léger des bouts frôlement à FUNKE RART et à de soie. Nous devons les nuances très préDRESSLAR de nombreuses F.-R. expériences La fatigue diminue de l'exercice. cises sur l'influence cette la sensibilité de la peau. GRIESRACII a étudié de et la mesure influence de la fatigue dans les écoles même une méthode tactile constitue la sensibilité de la fatigue intellectuelle. pour l'appréciation à considérer; la des excitants est encore La qualité des liée à l'intensité est, en outre, intimement qualité Les expériences de CZERMAK, KLUG, RAUBER, contacts. GOLDSGHEIDER, RILEY et DESSOIR, ALRUTZ ont démontré a besoin d'un écarteesthésiométrique que le compas du contact mont plus grand les impressions lorsque . sont froides. sont chaudes que lorsqu'elles en d'autres La perception des figures, des lignes, de l'excitation tactile est des plus noies des formes à examiner. Les recherches intéressantes déjà de PARde WEBER, et celles plus récentes anciennes RTSII, NICHOLS, JUDD, RUMPF, EISNER, sont extrêmemême à cet égard. On a appliqué ment instructives sur la peau, des formes de figures variées des lettres et il résulte de ces curieuses investigations qu'une la au contact courte droite que ligne plus paraît môme distance ; esthésiométrique perçue au compas

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CHAPITRE VII

constitue des points cette moine longueur descriptifs contribuant de la distance : à augmenter l'impression tout en paraissant courte elle réalité, plus qu'en plus longue qu'une ligne droite (NICHOLS). Les paraît lettres enfin ne sont sont perçues que lorsqu'elles autrement on perçoit la forme, écrites inversement; mais on ne peut pas reconnaître la lettre dessinée. VlERORDT, C/ERMAK, IIALL, STANLEY, TAWNEY, V. SOLMONS , DONALDSON et PILLSBIJRY, HENRI, la percepNICHOLS, SCIUPTURE, PARRISIT, ont examiné tion des mouvements sur la peau ; la perceptibilité de la région de la vitesse est liée à la sensibilité touchée ; le premier mouvement est perçu comme plus rapide par des régions plus sensibles que par des est obtuse. régions dont la sensibilité Citons aussi BRYAN et HARTER avec leurs recherches et la psychologie du langage télésur la Physiologie Janvier fteview, 1897, 1, graphique. [Psychological les variations indivipp. 27-53.) On arrive à distinguer duelles de ceux le télégraphe Morse, qui emploient variations être précieuses ù cause de leur qui peuvent constance. On arrive à reconnaître la personne qui téléet on a pour ainsi dire le diagramme de celui graphie; le message. On trouve des remarques qui envoie prédans ce travail et on assiste en outre à la concieuses naissance de l'apprentissage du télégraphe. Le goût de l'exercice est notoire au début, il se ralentit pour il atteint devenir ce que nous les stationnaire, puis nous appelons la limite de sa perfectibipsychologues lité. Du moment l'individuaqu'on arrive à distinguer lité de quelqu'un les simples bruits auditifs d'après à disLance, ne pas accorder transmis du crépourquoi

DK LA PSYCIIO-PIIYSIOI.OGIK LA MAIN

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de la main, dit à une possibilité d'examen plus précise encore les retouchée? Citons contractée, remuée, cherches de RuMi'i'-, KniiMER, KLINKENBERG, ISRAËL sur l'influence du chloroforme, dcréfher, dunilrated'amyle et de l'acide carbonique ; celles de KER sur le phénol ; celles de ASCII, KLINKENBERG, SCREBZENNI, KER, celles BUCCOLA et SEPPILLI, etc., sur les sinapismes; de SUSLOWA et SPAUKE; sur l'influence de l'électricité celles de KLINKENBERG, ALSBERG, STOLKIKOW, ISRAËL, sur le frottement, et sur l'inl'anémie, l'hypérémie, du chaud cL du froid. Tous ces agents modifluence le tact, ou iienL sensiblement engourdissent plus moins la sensibilité tactile et pour une durée de temps de la substance avec la quantité qui varie toxique ou avec la durée de l'agent ingérée, mécanique qu'on Kn général la sensibilité diminue examine. ; souvent une insensibilité. Dans l'excielle est réduite jusqu'à tation diminue la sensibilité de la l'anode électrique, ; le frottement l'augpeau et la cathode l'augmente de même que toute cause extérieure mente également, L'anémie la diminue. qui provoque l'hypérémie. La tension de la peau peut influencer sensiblement Aussi chez les femmes sur la finesse de la sensibilité. de la tension sur le à cause de la peau enceintes, la sensibilité la tension ventre, diminue; serait, selon direct CZERMAK, HARTMANN et TEUFKEL, en rapport de la peau. Des recherches avec la valeur de la tension sur la tension de la peau précisent expérimentales ces données. amplement comme la datui'ine, la Les narcotiques, l'atropine, le chloroforme, l'alcool et le la strychnine, morphine, influencent sensiblement le tact. Les expétabac,

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CUAl'ITKEVII

riences de LICIITENFELS sont à citer, quoiqu'elles dalenl de 1851. La pathologie nous renseigne continuellement sur la dissociation si complète et si délicate des phénomènes de la sensibilité tactile. Les sensations de contact rester intactes tandis que leur locapeuvent lisation on perçoit la chaleur peut être défectueuse; et non le froid. On se trompe non seulement sur la localisation dimais aussi on n'arrive recte, immédiate, pas à disla région droite de la région tinguer (l'allogauche Les travaux anciens de LAEIIR, HOFFMANN et chirie). LOTZE sont encore à lire. OUEKSTEINER et FERMER chez les hystériques retrouvée l'allochirie, signalèrent plus tard, entre autres par M. PIERRE JANET. de CZERMAK, GOLTZ, GÀRTTNER Selon les recherches et A. STERN, les aveugles auraient une sensibilité tactile plus développée Seul, HOCHEISEN que les voyanls. est à peine sensible. trouve que cette différence Les sont plus sensibles enfants au toucher aveugles que et cette supériorité de la sensibiles enfants voyants, n'est guère limitée aux régions lité tactile exercées, mais elle se répète à foutes les régions du corps. Le cas de Hellcn Keller est un exemple admirable de la finesse tactile et musculaire; cette jeune fille était aveugle et sourde, comme la célèbre Laura Bridgman (JASTROW). A. STERN, examinant la sensibilité de la pulpe des chez les typographes, la trouve doigts développée toute particulière; elle serait supérieure d'une manière non seulement aux autres adultes mais aussi aux aveugles.

LA PSYCH0-PHYS10LOC1IE LA JIAIN DE

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Nous trouvons dans la Revue de Paris du 1er janvier 1901, un intéressant article de M. P.-FÉLIX THOMAS, sur l'éducation d'une sourdeintitulé Marie Heurlin, muette et aveugle de naissance, dont nous détachons et le toucher : les notes suivantes concernant l'odorat « De tels progrès seraient si Marie inexplicables Heurtin n'était douée d'une intelligence peu commune. et le toucher Il est à remarquer, d'abord, que l'odorat ont, chez elle, une délicatesse qui ne se rencontre chez les personnes douées delà jamais probablement pas du goût dont parole et de l'ouïe. Nous ne parlons au point de vue intellectuel, est seconl'importance, ne pouvaient à daire, et que ses maîtresses songer développer beaucoup. « Son odorat est si subtil qu'il lui fait d'ordinaire reconnaître les personnes, bien avant qu'elle ait eu le Il semble même que chacun de les toucher. temps un signe disait, pour elle, une odeur particulière, fleur comme a son parfum tinctif, qui ne chaque de se rendre La prie-t-on, par exemple, trompe jamais. un avis à quelqu'une de à l'ouvroir pour transmettre vivement elle se dirige vers la place ses compagnes, et si elle ne l'y habituelle occupée par son amie, tourne trouve on la voit aussitôt qui s'arrête, point, en respirant, un indice qui la tête lentement et cherche 11 est bien rare alors cherche la renseigne. qu'elle » longtemps. Et plus loin, à propos actif : du toucher « La prodigieuse finesse de ce sens est surfout — ce qu'elle Marie, Heurtin aime lorsque frappante — cherche à causer un instant avec ceux beaucoup mieux nous en rendre Pour compte qui l'entourent.

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CHAPITRE II V

d'ailleurs, supposons que la nuit, obligé au silence, notre main, par hasard, rencontre celle d'un ami et que nous désirions avec lui échanger des confidences; comme les moindres mouvements alors prennent de et comme nous sommes habiles à les l'importance percevoir et à les traduire! Or, Marie Heurtin n'estellcpas dans une situation semblable, elle qui vit dans la nuit la plus profonde et dans le silence le plus avec autrui d'autre absolu, n'ayant pour communiquer ressource Aussi, dès que sa main que le toucher? rencontre la nôtre, elle la presse, l'explore, promptemont l'interroge. Si nul signe connu ne lui répond, si les doigts qu'elle touche restent inertes, on voit qu'elle est surprise, déçue, et, comme à regret, elle se retire. Mais si, au contraire, les doigts s'animent, alors immédiatement sa physionomie s'éclaire et ses mains parlent. Rien de saisissant comme ce muet langage. On sent que dans cette main qui vibre une âme est là, présente, inquiète, avide de savoir. Son attention est si vive qu'elle vous comprend pour ainsi dire à demi mot, et achève sa pensée avant même que l'expression en soit complète... S'il en était autrement, d'ailleurs, toute conversation un peu longue paraîtrait bien vite extrêmement lente et pénible. En effet, dès que la conversation est rapide, Marie Heurtin, ne voyant pas, ne peut guère saisir que des fragments de mouvements et des ébauches de gestes ; il faut donc que ces ébauches et ces fragments lui suffisent. Parfois même il lui suffit de toucher le poignet de soeur SainteMarguerite et d'en sentir les muscles se déplacer, sa pensée, semblable à un musipour interpréter cien qui jugerait d'une mélodie, sans l'entendre,

LA PSYCHO-PHYSIOLOGIELA MAIN DE

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aux seules vibrations des cordes placées sous ses doigts. » Les théories physiologistes de WUNDT, G.-E. MÛLde FEGIINER,CRAMER LER, les théories psychologiques et NICHOLS, essayent d'expliquer le mécanisme psydu phénomène de la perception cho-physiologique de deux points malgré le contact isolé d'une seule Ces théories, menpointe de compas esthésiométrique. tionnées ici en passant, sont à lire, car elles évoquent la grande complexité des phénomènes psycho-physiola simple sensation du logiques qui accompagnent toucher. Les théories sur le mécanisme de la sensibilité tacfile sont nombreuses; nous les rappelons rapidement pour préciser une fois de plus la richesse des données d'un contact de mains et la difficulté d'une conception précise, scientifique de la dynamique sensorielle tactile. WEBER admettait ce qu'il appelle des cercles de sensation. La peau serait partagée en cercles et dans chacun se trouveraient des ramifications d'une fibre nerveuse. Ces cercles ont des grandeurs et des formes d'où la variabilité de la qui varient extrêmement, de la sensibilité tactile. Sous l'influence topographie des idées de KÔLLIKERet de LOTZE, WEBER admet que l'expérience y est pour beaucoup et que ce n'est pas seulement une question de structure anatomique cérébrale. MEISSNER incline à croire qu'il s'agit d'une irradiation de la sensibilité produite par le contact de la peau. J. MÛLLER admettait aussi l'irradiation, mais une irradiation des ramifications nerveuses dans les centres nerveux et nullement à la périphérie. Quoique

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CHAPITRE VU

ancienne, car cette théorie date depuis 1S44, elle a été reprise en 1871 par BERNSTEIN. LOTZE dans sa Medicinische Psychologie admettait le signe local, c'est-à-dire l'existence de points sur la peau qui ont la propriété d'avoir une certaine qualité Il y aurait une relation infime psychospécifique. On entre la sensation et le contact. physiologique trouve dans WUNDT une exposition des développée signes locaux de LOTZE. CZERMACK admettait comme LOTZE que chaque sensation de contact de la peau avait un signe local. Mais autour de chaque signe local il y aurait, selon lui, un cercle de sensation qui limiterait la variation des modifications des points locaux. Rui*p, au dernier congrès allemand de Psychologie 18-21 avril 1907), a comexpérimentale (Wùrzbourg, muniqué le résultat de ses recherches sur « la localisation des excitations tactiles des doigts », soit au la mobilité point de vue spatial, soit pour déterminer de cette localisation Les pour un doigt déterminé. Le données sont contradictoires. expérimentales temps de réaction est allongé toutes les fois que les des positions peu usuelles. Souvent doigts prennent les sujets localisaient aussi, fait d'ailleurs connu, indifféremment sur un doigt ou sur un autre. Il faut tenir encore et surtout compte de la mobilité des doigts, et de cette sensibilité musculaire qui a sa modalité. ses illusions, ses lois psycho-physiques, KRAEPELIN et son école ont étudié minutieusement l'influence de la fatigue, de l'exercice, des excitations sensorielles ou narcotiques sur la mobilité volontaire. Les Psychologische Arbeilen sont à ce sujet une des

LA PSYCHO-PHYSIOLOGIE 1)1'.LA MAIN meilleures

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archives psychologiques. Depuis ARISTOTE, illusions muscuqui signale une des plus curieuses a laires tactiles, l'activité musculaire des doigts constitué de recherches l'objet d'un grand nombre dynamoméfriques (GOLDSCIIEIDER, DRESLAR, RIVERS, KRAEPELIN). Le muscle plus que la peau se modèle, se contracte selon l'idée active qui dirige, qui coordonne ou qui perçoit nos multiples et nombreuses réactions cérébrales ou du monde extérieur. P. RICHER nous a d'ailleurs montré qu'il faut contrairement aux idées courantes, admettre, que le muscle sur le vivant n'est pas toujours en état de tende sion, mais peut être dans un état de relâchement, musculaire physiologirepos (Note sur la contraction que. Soc. Biol., 27 janvier et 18 février 1S94).LINK etJOTEYKO viennent tout dernièrement de constater que lorsqu'on ausculte le muscle dans diverses affections du système musculaire et nerveux, on peut la nature de la pathologie du mécadiagnostiquer nisme La contraction musculaire. physiologique est discontinue, tandis que la contraction anisotrope serait continue et silencieuse. sarcoplasmatique L'absence de bruit serait un signe du muscle dégénéré. La première des contractions, selon LINK et JOTEYKO, seraient due à l'action des centres moteurs tandis que la seconde aux centres méducérébraux, laires (1). A.-E. SEGSWORTIIa expérimenté sur la différence de A (1) M"° JOTEYKO, propos de récente travaux sur l'auscultation des muscles dans les parali/sies, la contraction cl la réaction de dégénérescence. Quelques considérations sur la théorie motrice, du sarcoplasme. [Journ. de Neurologie, 1(,)0G, 11.) uu

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CHAPITREVII

des dislances à l'aide des sensibilité pour l'évaluation mouvements du bras (American Journ. of Psychology, les mouvements On avait examiné VI, pp. 369-408). du bras par rapport à la courbe tracée par le bras et secondairement son rapport à l'angle ou parcouru La sensibilité est plus fine pour les mouvedéveloppé. ments tout petits, la vitesse diminue la sensibilité, et conclusion : « Quand on citons encore cette dernière égal à essaye de faire avec une main un mouvement celui qu'on exécute avec l'autre main, la copie par la main gauche est plus grande que le modèle ; la copie par la main droite est au contraire plus petite. » Citons en outre le travail de PATRIZI sur la simultades impulsions volontaires néité et la succession t. XIX, italiennes de Biologie, symétriques. (Archives la succession du 1893, pp. 126-140.) Selon cet auteur, travail des deux mains en tant qu'efforts volontaires, est avantageuse nerveux symétriques, pour le système autant que l'activité simultanée. très intéresE.-A. PACE a publié des expériences la valeur et la variété de santes pour faire préciser tactile de l'épaisseur Amer. l'estimation (Procedings Journ. 1893, p. 5). association, Psych. estimer Le toucher utilise trois moyens pour avec les d'un objet : a) on tâto l'objet l'épaisseur doigts ; h) on serre l'objet ; c) on se fie aux sensations le mouvement des doigts ou tactiles qui accompagnent par eux. Pour des surfaces épaisses qui sont évoquées est 5 millimètres, le contact continu qui dépassent utiles ; tandis que les plus précis en renseignements avec jusmouvements des doigts peuvent apprécier et autesse une épaisseur d'environ 5 millimètres

LA PSYCHO-PHYSIOLOGIE E LA MAIN H

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dessous les même, pour les toutes petites épaisseurs, erreurs deviennent considérables. Ch. FERÉ a publié un cas très curieux de l'influence de l'éducation de la molilité volontaire sur la sensibilité (Revue Philosophique, 1897, décembre, pp. 591avait développé la sensibilité tactile 604). L'éducateur et motrice de la main dans des proportions inouïes. du pouce au petit doigt d'abord était L'opposition des deux côtés, les deux doigts n'arrivaient impossible môme pas au contact. La pulpe du petit doigt s'applià celle du pouce dans la moitié de son quait ensuite étendue. Les mouvements de latéralité, d'écartement, de flexion, tirent des progrès et cela pendant intenses, année. La modification d'une de l'acte de l'espace la préhension fut sensible; les empreintes .digitales montrent les intervalles des comment postérieures se modèlent, tandis début doigts s'égalisent, qu'au de l'expérience, on voyait un écartement considérable du pouce et de l'index et les autres très doigts rapprochés. A ces éléments, si on ajoute encore l'innervation des poils, la sensibilité trichestésique (1) de VASCIIIBE et terminaisons nerveuses des éléBOUSSEAU, les riches ments tactiles différenciés du tact comme les nerfs, de froid et de la sensation disposés jusqu'à présent, comme pensait le Suédois MAGNUS BLIX en de chaud, 1882, GOLDSCIIEUIEU, V. FREY et KIESOW, NAGEL, la main OrPENiiEiM, et tous les coefficients nerveux, (1) Voir N. VASCIIIDK et lJ. ROUSSEAU, Recherches Expérimentales sur une. nouvelle forme de la sensibilité tactile : La Trichcstésie (Ballet. Inst. Génér. Psijch., 1902, décembre.)

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CHAPITREVII

de la mentalité servir comme critérium peut vraiment humaine. : Selon les reclierchcs de Ch. FF.RÉ, il résulterait « 1° Les doigts les plus différenciés au point de vue une plus moteur (1), le pouce et l'index, présentent le fait est variété de formes des empreintes, grande encore plus évident pour le gros orteil. D'une manière on peut dire que la variété des formes des générale, de la pulpe des doigts et des orteils dimiempreintes au cinquième. nue du premier 2° J'ai vu d'autre part d'une organisation inférieure, que chez les individus la disposition des lignes papillaires se rapproche plus de la disposition normale souvent par sa simplicité » chez les singes. E.-II. WEBER avait déjà remarqué que les deux de contact de son compas sont mieux senties pointes dans la direction de l'axe du quand elles sont placées donc FÉRÉ vérifia cette longitudinalenicnt. doigt, constatation et observa que la condition la plus favorable à la perception des deux pointes du compas, coïncidait avec la direction aux lignes perpendiculaire de la main. La sensibilité cutanée est intipapillaires mement liée avec la disposition des lignes papillaires. On sait d'ailleurs débiles et arriéres que les individus ont des lignes papillaires La différenciation simples. tant au point de vue de la certifiée, physiologique sensibilité corresqu'au point de vue de la motilité, pond à une différenciation morphologique. Le tact est favorisé, les recherches de L'ÈRE, d'après (1) CH. I<Ï:RE, Note sur la sensibilité de la pulpe des doigts (II. Soc. Biol., 1895, 19 oct., pp. 057-659).

LA PSYCHO-PHYSIOLOGIE DE LA MAIN

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la plus grande par la môme attitude qui lacilitcraif des mouvements des c'est-à-dire rapidité doigts, « dans l'attitude est plus grande de la préhenqu'elle sion réalisée du pouce aux quatre par l'opposition autres doigts réunis » (1). L'association de l'abduction forcée considérablement le temps des réacallonge tions. Le doigt le plus spécialisé le plus vite. réagit Habituellement c'est le pouce, mais ce peut être le médius ou même le petit doigt. Mais dans l'index, les expériences de FÉRÉ on a constaté un retard de 0"113 pour le pouce, 0"172 pour le médius, 0"255 et de 0"300 pour le petit doigt. pour l'annulaire Selon FREY, les corpuscules de MEISSNER correspondent aux sensations de pression dans la région de la de poils. Dans les régions où il y a peau dépourvue des poils, les organes de pression sont les terminaisons nerveuses mêmes de la racine des poils. Les de la sensibilité douloureuse sont tout difféorganes rents de celle de la pression tactile. Les recherches de V. FREY, LUCKE (2), W. MITCIIELL, RICIIET, F. MAC DONALO, MAX DESSOIR, GoLosciiEinER, etc., sont démonsà cet égard. tratives CAVAZZANI et MONCA ont montré, même nerveuses expérimentalement que les fibres la sensibilité tactile ne peuvent qui conduisent pas être les mêmes sur la tempéqui nous renseignent rature . (1) CH. FÉRÉ, Noie sur la dissociation des mouvements des doigts (Rev. Soc. Blol., 1895, p. 587). (2) Voir surtout son travail : Untersuchungen liber die Sinnesfunclioncn der menschliechen Haut (Abhand der palh. phijs. classe d. Koniql Silch. Gesx, d. Wiss., Leipzig, 1890, 1 vol., 98 p.).

216

CHAPITREVII

doit savoir, au moins empiriLa chiromancienne de l'épiqu'il existe des saillies temporaires quement, derme, en outre des saillies permanentes, anatomiques, du derme et leurs systèmes formées par les papilles Ces premières saillies sont de courbes concentriques. des follicules déterminées par la projection pileux, dont l'irritation élément psycho-physiologique, prode la peau le phénomène connu voque à la surface sous le nom de « chair de poule », qui se manifeste du froid ou consécutivement surtout sous l'influence à une violente émotion. Elle doit savoir encore la nature des distinguer sillons et des plis de la peau, et ne pas confondre, par les sillons interpapillaires avec les plis musexemple, déterminés fortuites des culaires par les contractions dont la forme peut fibres musculaires sous-jacentes, A la longue, avec l'usure de varier considérablement. sur la peau, ils laissent la vie, ces plis s'impriment des traces des empreintes visibles durables, pour Elle les distinguera des plis articulaires, tous. des les différentes articulamarquant plis de locomotion, tions des nombreuses de la main. pièces du squelette une vieille main à l'apparition des Elle reconnaîtra rides fatales de la vieillesse dues à la displis séniles, de la graisse des téguments et à la rétraction parition de la peau, qui ne sont pas, à proprement parler, des de plis. plis, mais des ébauches Elle reconnaîtra de même au tact que les régions les plus sensibles et les plus mobiles de la main sont situées du côté externe, la paume étant à peu près immobile. Elle étudiera aussi la distribution physiola finesse normale, logique appréciant empiriquement

DE LA PSYCHO-PHYSIOLOGIE LA MAIN

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de la répartition de la main. fopographiquc qualitative Elle ne négligera séreuses souspas les bourses cutanées de la peau. Ces produites par le frottement creusées dans le tissu cellulaire sous-cutané cavités, et destinées à favoriser le glissement de la peau, peuvent fournir certaines indications sur l'âge du sujet à En effet, elles sont plus volumineuses chez examiner. et réduites à leur minile vieillard que chez l'adulte, séreuses mum chez l'enfant. Certaines de ces bourses d'autres on peut donc les sont acquises, congénitales, trouver dans la vie foetale. Il en est de professionà la à un observateur nelles, perspicace, qui indiquent du sujet examiné, la nature du méfier grande surprise ce dernier. les ouvriers en Par exemple, qu'exerce une bourse peints présentent qui se dévepapiers à la partie du cubitus et gauche, loppe postérieure sous la face dorsale des 4e et 5e métacarpiens gauches, ne se développent alors que, normalement, ces bourses Nous ne parlerons pas dans ces régions. que pour des callus et des durillons des manoeuvres mémoire ; nombreux et précis qu'un oeil habivoilà des indices et à l'aide tué à interroger la main découvre aisément, il est possible avec une certaine desquels d'esquisser de un caractère et même, rigueur psychologique, du sujet la vie sociale localiser, approximativement, examiné.

CHAPITRE

VIII

LES EMPREINTES DIGITALES

des doigts est parcourue par des en apparence, mais qui semarabesques compliquées certains blenlpourtantsuivrecertaineslois, dessinsprécisés avec un grand luxe de détails La auteurs. parles médecine de GALTON, légale, à la suite des recherches en a fait une preuve d'identité Pour pure de l'individu. le sens de ces lignes et de ces mieux faire comprendre d'une manière si variée, il faut reliefs, qui évoluent tout d'abord de la technique parler employée pour ensuite leur examen ; nous les princiexposerons des auteurs et nous résumerons en pales recherches les plus précises mots les données quelques qui paraissent de fous ces travaux. ressortir La surface cutanée

I La technique des empreintes a été l'objet digitales de nombreuses recherches. Le Dr R. FORGEOT a publié, sous l'inspiration du professeur LACASSAGNE, une thèse de doctorat en médecine parfaitement qui résume

220 l'état

CHAPITREVIII

du problème tous les rensei(1). On trouvera nécessaires dans les travaux de MM. LACASgnements SAGNE, GALTON, FÉRÉ, AUBERT, COUTAGNË, FLORENCE. des empreintes est. vieille ; on en eut l'idée L'origine dans tous les temps. On trouve chez les peuples primitifs et chez les sauvages des traces indéniables, mais la méthode vraiment est toute récente, et scientifique nous la devons presque exclusivement à GALTON (1888), qui connaissait parfaitement l'emploi qu'en fit J.-W. des Indes. La F'aculté de HERSCHELL, haut fonctionnaire à la connaissance Lyon contribua largement plus préutilisable surtout de la technique des cise, plus et elle fut vulgarisée et répandue dans le empreintes, du Dr BERTILLON, qui en fit un des public sous l'influence de l'identité judiciaire critériums du système bien connu, à la justice. qui rend tous les jours de grands services On doit à PURKINJE, l'anatomiste très connu de les premières notions des crêtes Breslau, précises pade la main ; il nous a laissé une description pillaires détaillée des dessins si compliqués de ces crêtes, des anatomisles du xvne siècle, après les remarques comme MALPIGIII, RUYSCII, ALBINUS, mais sans s'ocIl avait remarqué cuper de leur utilité médico-légale. un certain rapport avec le tact. Le travail de 1823, de lui PURKIN.IE, est un travail scientifique (2) ; nous (1) Dr R. FOHGEOT. Les empreintes latentes relevées par des procédés spéciaux au point de vue d'anthropologie criminelle. Thèse do médecine do, Lyon, 1891. 1 vol. 98 p. et 4 pi. — Voir aussi les Archives d'anthropologie criminelle, n° 34, 15 juillet 1891, et Soc. des Sciences méd. Lyon, 29 juillet 1891. (2) PURKINJE, Commenlalio de examine physiologico organi visûs et sijstemaiis culanei, Breslau, 1823.

LES EMPREINTESDIGITALES devons surtout

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l'idée à de système qu'il a attaché des dessins des cinq phalangettes. chaque disposition de GRATIOLET, vers Plus fard ALL\(1), sous l'influence de la main 1868, nous donne une étude comparative de l'homme avec la main des primates, et on retrouve dans son travail, comme dans celui de CH. BELL, toute du darwinisme de l'atmosphère scientifique empreinte Il faut arriver à IIERSCHELL, qui utilisa l'époque. pendant quarante années du pouce comme l'empreinte sceau d'identification aux Indes, et à GALTON (2), comme un travail méthodique nous l'avons dit, pour retrouver et fondamental. Décrivons la technique avant d'exposer les données et médico-légales de l'empreinte. physiologiques Parmi les procédés utilidivers, signalons ceux.qui sent le prolonitratc de mercure, de l'hyposulfife l'azotate l'acide soude, l'iode, l'éosinc, d'argent, le procédé à l'encre, et celui de POITEVIN. osmique, Selon le D1 FORGEOT, il faut reconnaître le D 1' Auque BEIVTest « le premier sur les qui ait appelé l'attention obtenues sur le papier avec l'aide des sels empreintes » : il analysait le plus souvent la sueur avec chimiques des papiers imbibés au préalable de certains sels. Le procédé avec du prolonitrale de mercure est intéselon M. AUBERT, « pour déceler et déterressant, miner la quantité ou moins des sels plus grande 1808, (1) ALIX, dans les Annales des Sciences naturelles, t. VIII, p. 295 et t. IX, p. 5. (2) GALTON,dans la Nature, 1888, I. XXXVIII, p. 201 et, dans Transactions, Philasophical 1891, t. CLXXXII, p. 15. IL DE VARIUNY a donné un résumé des idées de GALTON, dans la Revue scientifique, 1891, t. XI.V1I, pp. 557-562.

222 alcalins

CHAPITREVIII

de la sueur » ; le procédé POITEVIN utilise un et de chlorure de mélange de liquide photographique de soude de FLORENCE cons\Jhyposulfite palladium. titue un procédé plus utilisable que les plus pratique, deux premiers. Voici d'après FRÉCON (1), cité par le de ce procédé : « Lorsqu'on a D 1' FORGEOT, la technique fortement la pulpe des doigts ou même toute appuyé la surface de la main sur un papier blanc, palmaire même en regardant cette feuille par transparence, de souvent l'on ne voit aucune trace de l'application Mais si celte main, ou bien celte trace reste confuse. l'on vient à tremper le papier dans une solution de soude à 10 p. 100, additionnée aqueuse d'hyposulfitc de quelques on découvre aussitôt d'alcool, gouttes de la main, dessinant fines strial'empreinte jusqu'aux lions de l'épidémie et se montrant sous forme d'une » Selon FORGEOT, ce procédé ne donnetache d'huile. rait pas des détails cl fout au plus une image « en gros ». Le procédé du doigt sous forme de tache d'huile avec de avec de l'iode consiste, soit en badigeonnages la teinture, soif surtout sous l'action des vapeurs de d'iode. On soumet le papier qui a subi un contact la main « à un dégagement de vapeurs d'iode (AUBERT, obtenue est fugitive ; elle COULIER) ». L'empreinte et l'on doit opérer après le condisparaît rapidement tact « sous peine d'avoir ». des résultats négatifs Selon FRÉCON, on pourrait rendre stable cette méthode de l'acéto-nitrate et de l'acide par l'emploi d'argent On pourrait adresser les mômes gallique. presque (1) FRÉCON. (Thèse de niéd. de Lyon. Travail du labor. de méd. légale de Lyon., 1 vol. 112 p. ; 14 ligures. — Storck, 1889).

LES EMPREINTES DIGITALES critiques obtenue

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au procédé avec Vazolale ; l'image d'argent est peu stable. les recherches de M. FORGEOT, la dose D'après d'azotate nécessaire avoir les lignes d'argent pour nettes serait de 4 à 6 grammes p. 100 au papillaires lieu de 0,50 à 1 gramme le conseillait p. 100, comme le Dc AUBERT. La dose à 8 p. 100 paraît préférable, devient car à une dose plus élevée la feinte renforcée L Vos «Vie est utilisée noirâtre, au titre de 2 p. 100; Les lignes digitales c'est un procédé do laboratoire. extrêmement nettes et j'ai pu, pourtant apparaissent de la précision fois, me rendre plus d'une compte du dessin. L'acide par excelosmique est « le réactif et le révélateur d'un lence des sudorates parfait d'une main. » Il y a pourpapier ayant subi le contact tant peu de netteté dans les images. Le procédé à l'encre du Dr FORGEOT paraît des plus les images sont précises et ; il est simple, pratiques sont facilement conservées. les empreintes Voici, en ce procédé : ou prend une feuille de papier, résumé, on la touche, dessus une teinte plate puis on passe d'encre ordinaire. L'empreinte apparaît plus ou moins nette. De toutes ses recherches, M. FORGEOT a constaté : « 1° Les bases avec la potasse) (j'ai expérimenté décolorent le fond qui vire uniformément au jaune marron ; l'ensemble de l'empreinte ressort peut-être mais les détails sont, flous : d'où la plus nettement, être rejelées conclusion ; qui; les bases doivent « 2° Les acides d'acide sul(j'ai pris une dilution le papier change l'encre en partie, furique) dissolvent sa teinte noire; en lilas clair ; les ligues apparaissent

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CHAPITRE vm

plus facilement à l'examen direct et gagnent de ce côlé ce qu'elles perdent si on les regarde par transparence ; — Ce réactif est celui qui donne « 3" Sel d'oseille. les meilleurs résultats. une empreinte 1res Plongez noire, trop foncée, à détails peu nets dans une solution de sel d'oseille commun ; tout le fond s'éclaircit, tire au violet clair, en même temps que les doigts ou la main ressorlent de plus en plus et que les détails s'accusent. « La décoloration au sel d'oseille vulgaire est une bonne méthode pour toutes les empreintes trop foncées ou faites avec une encre trop noire. Dans ces cas, » (1). elle doit être employée cl le sera utilement Pour faire apparaître de doigts ou de l'empreinte mains en passant une teinte plate d'encre sur un papier touché au préalable, la qualité du papier est à consi• dérer : des papiers donnent, de bons résultats, d'autres sont négatifs et il y a les intermédiaires; la réussite de du papier. l'empreinte dépend souvent de l'épaisseur Les empreintes obtenues dans de bonnes conditions sont visibles directement, mais les détails ne se voient ; il faut donc que le papier ne que par transparence soit pas trop épais ; les papiers spongieux doivent être les résultats étant à peu près négatifs. éliminés, Les papiers ordinaires destinés à l'écriture sont les maximum plus favorables ; ils donnent une empreinte pour les papiers minces tels que : papier blanc écolier, papier à lettre de mauvaise qualité ; le papier à lettre dit anglais et les cartes de visite fournissent des bien accusées, mais visibles que directeempreintes (1) FORGEOT,op. cit., pp. 37 el 38.

PLANCHE VI X

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et les détails sont moins ment, pas par transparence, nets et moins faciles à étudier. Les imprimés, les journaux donnent des résultats très variables ; quelques-uns donnent de belles épreuves par le badigeonnage à l'encre, les feuilles quotidiennes sont inférieures et certains papiers à journaux sont tout à fait négatifs. Les papiers à pâte de bois sont les plus défectueux; les publications luxueuses, fines et glacées, donnent de bonnes empreintes. La réussite plus ou moins bonne des empreintes sur le papier dépend de la composition des pûtes de papier. On obtient empreintes sur les imfeuilles d'administration primés, reçus, formulaires, une partie en blanc destinée à être qui présentent la plupart de ces papiers sont remplie à l'encre; minces. Certains papiers sont tellement sensibles « qu'une feuille prise au milieu d'une « main » avec des pinces et passée à l'encre, révèle souvent sur les bords des empreintes de doigt provenant du papetier » (1). Les papiers dits à tapisser, de couleur claire, qui fournissent recouvrent les murs des appartements, souvent des empreintes nettes et visibles directement. La qualité, la couleur et le genre de ce papier rendent les résultats assez variables. est de beaucoup Le procédé au nitrate d'argent préférable. La qualité de l'encre est encore à être prise en conde très bonnes

(1) FORGEOT, cit., p. 21. op.

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CHAPITREvin

sidéral ion : pour l'état de la peau, la topographie la durée; du contact et le temps écoulé avant intérieure, la durée de l'empreinte, etc. l'imprégnation, La plupart des encres font, apparaître les empreintes latentes laissées sur un papier ; les [dus fines, les plus les plus vieilles ont celte propriété. mauvaises, les encres de couleur, sauf les violettes Cependant et bleues, doivent être éliminées; elles ne donnent aucun résultat. La teinte noire est seule supérieure. Les encres rouges doivent être rejetées. encres noires Les meilleures sont celles à teinte de franchement comme l'encre dite Gardot, noire, valent moins. Dijon ; les nuances d'un noir rougeàtre 11 est essentiel débouque l'encre soit fraîchement chée et qu'elle n'ait pu s'oxyder. « Pourvu, dit M. FORGEOT, qu'il n'y ait pas de « lie » ou de poussières, l'encre noire, la première venue, l'ail une empreinte restée même depuis longapparaître temps à l'état latent sur le papier. » M. FORGEOT a obtenu des empreintes très variables de avec des encres préparées les formules d'après LEWIS, KIBAUCOURT, ROBINSON, RUNGE, LEMERY, GEOFFROY. de l'encre D'après WURTZ : « La base colorante noire ordinaire n'est pas encore assez connue scientidonner une théorie fiquement pour que l'on puisse de ce complète de ce qui se passe dans la préparation n'est pas due exclusivement à produit. La coloration » l'acide tannique... L'encre dédoublée ne donne presque rien, cl si la couche est trop épaisse, l'empreinte transparente perd sa netteté.

LES EMPREINTES DIGITALES

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Pour obtenir un bon résultai, on charge un pinceau d'encre et on couvre la partie de la feuille supérieure d'un coup de pinceau « on passe au-deshorizontal, en descendant d'autres de sous, lentement, coups au premier à pinceaux », mais en soulevant contigus « On obtient mesure le papier. ainsi une teinte plate, et un fond régulier sur lequel se détache uniforme, l'empreinte. Il ne faut pas employer le virage de la feuille sur un bain d'encre, l'encre sèche et toute netinégalement teté manque à l'épreuve. Au point de vue de l'état de la peau, les mains sèches donnent ; un léger peu ou pas d'empreintes est très favorable ; une sueur abondegré de moiteur dante ou riche en principes des empreintes grus fournit très foncées mais sans détails. Une peau propre, avec un léger degré de moiteur, touchant le papier, donne l'image rapidement parfaite à grands détails des lignes papillaires. Plus la main est en sueur, plus les contours obtenus sont tranchés, mais plus l'intérieur est noir. Les deux extrêmes défavorables sont donc : la grande sueur et la main très sèche. En hiver, les criminels au moment de l'atprésentent, une sueur nerveuse tentat, qui les met dans de bonnes conditions de leurs empreintes. pour la recherche Le procédé à l'encre n'est dans la pas applicable recherche des empreintes de pieds. Les empreintes à l'encre de la tête, présentent, peu d'utilité les empreintes soient netlcs, pratique, quoique les poils de barbe, l'oreille fines, et que les cheveux, s'accusent parfaitement par l'imprégnation.

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CHAPITREVIII

Dans la formation des empreintes, le temps nécessaire au contact et l'intervalle de temps à s'écouler avant l'imprégnation sont très importants. M. le D'AURERT demande un contact d'une demi à trois minutes. 11ne serait guère possible que la niuin criminelle restât une demi à trois minutes posée sur un papier pour laisser une trace. La durée du contact par le procédé à l'encre est plus courte. Quelques secondes suffisent. est Plus la main est en sueur, plus le contact réduit ; une peau moite donnera une empreinte plus détaillée si la main louche légèrement le papier, que si elle s'y appuie ou s'y attarde. Une main sèche demandera un contact prolongé. Dans un contact sans pression, les détails sont fins, est bien séparés les uns des autres ; si la pression et se confonforte, les lignes s'écrasent, s'élargissent dent. Moins il s'écoule de temps entre le contact et l'imprégation, plus l'image a de chance d'être nette. La durée de l'empreinte à l'encre est indéfinie ; cette si l'on stabilité parfaite est un très grand avantage, compare cette méthode aux précédentes. Avec l'iode, la durée de l'image varie de quelques et l'éosine minutes à une journée; l'acide osmique est, secondaire ont la fixité, mais la conservation données a peu à conserver; les empreintes lorsqu'on s'effacent à la lumière lorspar le nitrate d'argent qu'elles ne sont pas fixées, et, la fixation n'est obtenue qu'en les atténuant par le bain d'hyposulfite. sur les poignets, qui constitue l'objet L'empreinte

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d'un chapitre du travail du D 1' FORGEOT, conspécial cerne surtout l'étude des empreintes des pieds, qui sort un peu de notre sujet. Rappelons toujours que les empreintes des pieds n'offrent des traces jamais aussi délicates que celles de la main, et cela tiendrait, selon TROMMSDORF D'ERFURT, au fait que la composition des pieds ne serait de la sueur chimique pas la même Le docteur FORGEOT a que celle des mains. bien des réactifs visibleexpérimenté pour détacher ment l'empreinte des pieds, et le seul qui lui ait donné des résultats serait le nitrate excellents au d'argent titre do 8 p. 100, qui ferait paraître sur le parquet les traces des pieds tout nus qui auraient pu y laisser leurs Les détails sont pauvres, car les empreintes. de pieds n'ont pas les arabesques si" variables doigts de la main, des doigts et dans leur constitution on décèle des lignes presque toujours papillaires parallèles (La variété A de GALTON, R. A. C. R. P. C. de utilisent FÉRÉ, selon FORGEOT) (1). Les chasseurs admirablement la connaissance des empreintes des animaux et ils dirigent leurs opérations selon la fraîla profondeur, la variabilité de ces tracés pracheur, les gestes de toute une activité tiques qui synthétisent variable et délicate. complexe, de la main sur le verre a facilité dans L'empreinte bien des cas les recherches de l'enquête criminelle surtout on connaît la sécrétion scientifique, quand (1) Voir à ce sujet COUTAGNEet FLORENCE. Les empreintes dans les expertises médico-judiciaires {Arch.d'anlhrop. crimin., 1'CAUSSE, Traité d'Hygiène militaire, et 1889). — Voir aussi : D l'étude de DE VIKY sur le pied, dont les figures sont reproduites dans FORGEOT, p. 43.

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CHAPITRE vm

du crime; c'est abondante de la sueur au moment une réaction vaso-motrice connue. L'acide nitrique (2 p. 100) peut servir, mais grosso modo, pour l'étude sur verre; mais c'est surtout à l'acide de l'empreinte fluorhydriquc qu'il faut demander des résultats précis. voici en Au point de vue des résutats obtenus, de Cu. FÉRÉ : résumé les conclusions « Mes recherches ont porté sur personnelles démon service sur lesquels j'ai pris 182 épileptiques non plus seulement des pouces des empreintes, comme GALTON, mais de tous les doigts et des gros ne pouvaient orteils. Mes observations que confirmer décrites par GALl'existence des formes principales ont manqué TON. Quant aux variétés, quelques-unes et quelques nouvelles se sont présentées. « Les dix types admis par GALTON sont représentés dans ma statistique variétés. par une ou plusieurs ne se présentent Mais ces variétés pas à tous les doigts. Dans ma série, il n'y a que le pouce qui ait présenté tous les types ; 1 manque à l'index, 4 manquent 3 à l'annulaire. Si on au médius et à l'auriculaire, les variétés, on voit que le pouce en préconsidère 26 et sente 33, l'index 29, le médius 23, l'annulaire l'auriculaire seulement 18. On voit qu'en somme, à part l'annulaire qui fait une exception peu considérable d'ailleurs, la tendance à la variation morphotactile augmente du petit doigt logique de l'appareil au pouce. Ce fait mérite d'être rapproché delà différenciation nettement plus marquée au point de vue fonc(1) Ch.FÉRÉ. Les empreintes des doigts et des orteils. (Journ de l'Anal, et de la Physiol., t. XXIX, pp. 229, 232.)

Tableau des tonnés des schématique tourbillons par les lignes papillaires phalangettes Noiiiciiilalui'c<lcMM.(inllon, Kcrccl Tcslul

C '.,ll. 1rsiniliv* lal-lllssilicalmil il"' le 1-hilTri Mlil nmilél-ii ili'IN.I-Y-IV; I,' ,l|, l d'unir,' ||L. ,| ii..ui.-ii.-laliirc. Il laclassilic.-iticni il<><lall,.n. I'. leslrllivs l1,-shilïivs .iix ,lclau.Miiriiclaluiv auteur. c c s.jnl .! i-cl T lyiirsde lal'iiissiliraliiiii dricslnl. II!-' aux Figures aj'iiiléos n'jmcnclaUu'es pivcéileiilcs-\1. par r'«>re;et,i PLANCHE XVII

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tionnel du pouce et de l'index; non seulement ces deux organes sont les plus différenciés, mais ils paraissent encore conserver la plus grande tendance à la variation. Notons encore qu'en général l'énergie et la rapidité des mouvements décroît du pouce au des petit doigt, comme la variété des dispositions organes tactiles. Quant à la fréquence des variétés et môme des types, elle est extrêmement différente, tandis que le type AR-PR se présente sur l'ensemble des doigts 67,15 fois p. 100, quatre autres types ne se rencontrent pas une fois sur 100. Cette fréquence des différents types ou des différentes variétés est, du reste, variable avec les différents doigts. Tandis qu'au petit doigt, par exemple, la variété 17, la plus fréquente (K 2 de GALTON) se présente au petit doigt, plus de 59 fois p. 100, elle ne se présente au pouce que dans la proportion de de moitié moins souvent. 28,57 p. 100, c'est-à-dire D'autres formes relativement rares aux autres doigts sont, au contraire, fréquentes au pouce et à l'index, chercher leur voie de perfectionnequi paraissent ment. » « M. GALTON, écrit M. Ch. FÉRÉ, me paraît s'être trop avancé en admettant, sans s'appuyer sur l'expérience, la similitude de la disposition des empreintes. Il faut remarquer toutefois que la dissimilifude que j'ai relevée peut tenir en grande partie à ce que les à une classe sujets que j'ai observés appartiennent particulière d'individus : ce sont des dégénérés chez lesquels on est exposé à trouver à la fois des formes » (Voir figures.) régressives et progressives. GALTONavait remarqué la « constance presque de

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CHAPITRE V11I

des empreintes des deux pouces règle de la symétrie », ce qui ne concorde de FÉRÉ. pas avec les recherches Voici chiffres de FÉRÉ montrant, « qu'il quelques entre la dissymétrie et la variay a un certain rapport bilité : les doigts dont l'empreinte est la moins variable sont aussi ceux qui présentent le plus souvent la dis» symétrique. position Symétrie Pouce Index Médius Annulaire Auriculaire très rarement C'est que contre symétriquement. La symétrie homologue : manière suivante A 1 doigt A 2 — — A3 A 4 — A 5 — La symétrie avec différentes A 2 doigts A3 A4 — A 5 95 75 103 96 137 la même s'est ou ou ou ou ou 52,19 p. 100 — 41,09 — 56,59 — 52,74 — 75,27 variété se rende 69 52 29 15 7 fois — — — mais fois — — — la

présentée

à plusieurs s'est présentée doigts, variétés (symétrie héférologuc). 33 38 16 16

En somme, la symétrie absolue de dix doigts ne se rencontre FÉRÉ, que 4 fois sur 100. d'après Le nombre des variétés se rencontrer qui peuvent chez un même individu varie comme la fréquence de la symétrie :

LES EMPREINTES DIGITALES 1 variété chez — 2 — 3 — 4 — 5 — 6 — 7 8 — 9 7 sujets 14 — — 24 45 — — 41 — 25 17 — 6 — 3 — 182 sujets

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\

est peu fréquente, la dissyméfrie symétrie FÉRÉ, est encore complète, d'après plus rare. « Si nous les résultats obtenus rapprochons par GALTON sur les empreintes du pouce, et ces résultats être considérés comme l'expression de la vérité, peuvent son examen a porté sur plus de 2.000 sujets, puisque nous voyons se présente avec une fréque l'asymétrie très considérable chez les sujets quence que nous avons existe dans de la examinés, puisqu'elle près moitié des cas. C'est un fait intéressant à remarquer, car on sait que l'asymétrie est chez les dégénérés un des caractères les plus et les physiques fréquents ce caractère devoir se retrouplus importants; paraît ver même dans les détails les plus minuscules de » l'organisation. « Le gros orteil n'a présenté chez mes 182 sujets que 7 types 18 variétés. Le type AR-PR et comprenant le type primaire qui ont été considérés par PURKINJE, les seuls qui existent par ALIX et par GALTON comme à ces orteils, sont en effet les plus fréquents ; le premier est plus fréquent au gros orteil qu'à l'ensemble des doigts, dans la proportion de 79,36 p. 100 à est aussi plus fréquent à l'or67,15 p. 100; le second

Si

la

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CHAPITRE VIII

tcil dans la proportion de 8,51 p. 100 à 4,56 p. 100. Les variétés sont moins nombreuses le gros pour la symétrie est pourtant On orteil, plus fréquente. la trouve 182 cas, soif FÉRÉ, 135 fois sur d'après elle n'existe 74,12 p. 100, tandis qu'au pouce que 52,19 p. 100. Voici le résumé des nouvelles recherches de GALTON (1) publiées dans les Philosophical Transactions, et excellemment analysées par M. DE VARIGNY, dont nous suivons le résumé, sous les yeux le texte ayant de GALTON. Au point de vue des moyens les d'identification, recherches de GALTON portent sur l'examen de 2.500 environ. A chacune, il a demandé l'empersonnes de la face des deux pouces, avec preinte palmaire celle de quelques Pour avoir des observations doigts. il est préférable de prendre symétriques, l'empreinte de chaque est généralement pouce parce que le dessin et plus net. plus vaste Pour ces empreintes, on peut appuyer le prendre couvert de noir de fumée pouce sur un papier qu'on vernit à la gomme ou au vernis, ou on passe laque, le doigt sur une plaque humectée d'encre légèrement Direclories. Macmil(1) GALTON FR. Fingerprinî London, Journal lan, 1895, 1 vol. 127 p. — Personal identification, 25 th. May, 1888, and Nature, 28 th. June, Royal Institution, in Thumb and Fingcr 1888, t. XXXVIII, p. 201. — Thepallerns Marks. Philosoph. Trans. Royal Soc, vol., eh. XXXII, 1891, pp. 1-23. — Mclhod of Indexing Fingcr Marks, Pro. Royal, Soc, vol. XIX, 1891. — Identification by Finyer Tips. — Nincleenlh 1891. — Finyer Peints, MacCentury, August., niillan and C°, 1892. — Deciphcrment of Blured finyer Prinl.i, Macmillan and C°, 1893.

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et, on l'appuie sur une feuille de papier d'imprimerie « l'empreinte la ordinaire à obtenir ; on doit chercher » ; pour ce et en largeur étendue en longueur plus « au doigt ou au pouce, il faut un faire, imprimer et do roulis ». de tangage petit mouvement Ces méthodes ont l'inconvénient d'être salissantes, au procédé mais elles sont d'empreinte préférables de la cire à dans du plâtre, de la terre à modeler, etc. cacheter, un on voit, En considérant doigt quelconque, des crêtes est GALTON, que le sens général d'après à l'axe de ceux-ci d'une face ; partant perpendiculaire elles vont presque tout droit à l'autre. Il en latérale, est de même à la base de la phalangette, mais à l'exà les crêtes sont parallèles, trémité, près de l'ongle, et elles longent à l'axe du doigt, près, peu de chose à de l'ongle d'une face latérale les bords pour passer C'est entre les crêtes et les l'autre. perpendiculaires les dessins à l'axe du doigt que se trouvent obliques dont il va être question. (( Dans un cas sur trente environ, il n'y a pas de dessins : les crêtes deviennent obliques perpendiculaires à la face palmaire le parallélisme en cessant de garder : au lieu de sur les faces latérales présentent qu'elles former des arches, elles font des anses ; souvent il y a entre les deux systèmes un lacis de crêtes qui forme » de ceux-ci. un dessin net et facile à distinguer Dans beaucoup de cas, les deux systèmes divergent sur les deux faces latérales du doigt, symétriquement à la face palmaire un espace dont de façon à laisser (1) H. DE VARIGNY, ouv. cit., p. 558.

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CHAPITRE VIII

les deux moitiés, à droite et à gauche de la ligne médiane de la face palmaire du doigt, sont symétriques ; dans d'autres, la symétrie et la divergence manque n'est prononcée d'où un que d'un seul côté du doigt, et déjeté. espace palmaire irrégulier Pour l'étude faciliter des dessins formés dans M. GALTON a indiqué certains l'espace palmaire, points de repère : « ce sont deux petits fort nets triangles au qui se voient des deux côtés de la face palmaire, où les systèmes et oblique point perpendiculaire. l'un de l'autre ». divergent ces triangles On'peul désigner par des lettres : W le est le plus proche du pouce triangle qui, sur l'index, et V celui qui, sur le même doigt, est près du médius. Etant donné un dessin, on trace une ligne parallèle à l'axe du doigt, qui passe par le milieu de ce dessin, et on appelle S et R les points où cette ligne vient les systèmes et perpendiculaire. Ces couper oblique sont nécessairement sur une crête qui vient de points V ou de W, ou va de l'un à l'autre, le d'où, pour ' ainsi : point S, trois alternatives qu'on peut désigner SV, SW et VSW. Également pour le point B. Chacune des trois alternatives de S pouvant se combiner avec chacune des trois alternatives de B, il ce qui fait dix cas, y a neuf combinaisons possibles, le cas où la divergence du système enjoignant oblique et perpendiculaire se fait graduellement, sans laisser libre pour un dessin. d'espace Pour déterminer la catégorie à laquelle rapidement une empreinte il faut savoir anadonnée, appartient celle-ci et pouvoir schématiser vivement. On lyser en renforçant au crayon les lignes maîpeut y arriver

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et prenant les points V tresses, pour point de départ et W. M. GALTON a examiné, après analyse et agrandissement photographique, ; il a plus de mille empreintes vu que presque toutes se rangent dans les dix catéoù se citées, et il constate gories que la proportion rencontre une catégorie déterminée varie de 1 à 65 très rares et de très frép. 100. Il est des catégories le des; et dans la moitié des cas, on observe quentes sin A' 2, et dans près de 1/4, l'un des dessins C (1). Il du tableau des schémas de s'agit des adnotations des dessins GALTON et S1 représente et observés classés par catégories (1-IX, et a, qui forme la catéou sans dessin) subdigorie des empreintes primaires visées en un certain nombre de variétés. Dans ce tableau, et V à droite ; on W est à gauche voit des empreintes du pouce gauche, ce qui porte à le pouce droit. Pour les comparer, il faut regarder les regarder renversées Tous ces des(par un miroir). sins variés ont pourtant une origine, commune et se rattacher peuvent plus ou moins à la forme caracde dessin. térisée par l'absence Au point de vue de l'identification, il est démontré selon les époques où que les crêtes et sillons varient les empreintes ont été prises et si elles sont séparées où la croissance ou la décadence par des périodes ont été rapides ci intenses. Dans ces cas, il peut se des modifications mais il est produire appréciables, de constater l'identité des dessins. toujours possible Pour obvier à ces modifications, M. GALTON a trouvé (1) H. DE VAIÎIGNY,art. cité, p. 560.

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CHAPITRE VTII

« qui consiste une méthode à tracer par des points déterminés des lignes on trace ensuite, auxquelles par des points fixés d'avance, des perpendiculaires. On a, de cette façon, secteurs dans l'un quelconque quatre il est plus aisé de se retrouver desquels que dans l'endu dessin semble ». Il est pourtant des cas où cette méthode d'identification offre des difficultés en raison de certaines très faibles, mais appréciables différences, seulement Il faut songer encore pour l'oeil exercé. que ces différences être ducs à l'imperfection peuvent de l'une des empreintes. Les figures de quelle dans a, b, c montrent façon, la réalité, deux crêtes se convertir en trois peuvent défectuo; par suite d'une (ou réciproquement) petite sité dans l'impression, on peut obtenir une empreinte En supposant qui ne correspond pas à la réalité. que du petit îlot de d, une seulement des bords partie : les figures e et f résultantes sont dissems'imprime blables de l'original, et un vice d'impression transforme h et i en g dont ils diffèrent grandement (1). les causes d'erreur les Malgré possibles, malgré variations se produire dans la réalité, qui peuvent reste à elle-même, au l'empreinte digitale identique cours de l'existence entière dans ses dispositions fondamentales. Sir WILLIAM IIERSCHEL, cité par GALTON, l'a démontré en prenant des empreintes des digitales mêmes et de lui-même, à plusieurs années personnes d'intervalle (de 28 à 31 ans). Dans les d'enfants aux empreintes comparées d'adolescents ou les empreintes d'adultes empreintes (1) II. DK VAUIGNY, art. cité, p. 560.

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23'.)

aux des mêmes personnes comparées empreintes atteint au moins 55 ou 60 ans, il est facile de ayant « que la similitude constater est, nette, et que les années ne changent, ». point l'empreinte M. GALTON squeleltise ses ; il note empreintes bifurcation ou continence, cratère ou chaque chaque des cas précités, il trouve de 27 à îlot, et dans chacun « sous la forme de débuts 55 points de comparaison ou fins de crêtes, de bifurcations ou confluences ». 8 sujets examinés de comparaiont fourni 296 points à l'appel ; dans aucun son, pas un seul n'a manqué « différence une dans le cas, il ne s'est présente nombre des crêtes entre 2 points donnés », et « il crête ancienne n'est né aucune crête nouvelle ; aucune ». n'a disparu selon les recherches demeure, digitale L'empreinte de GALTON, constante et inusable dans son ensemble, de ses moindres l'immense détails reste telle majorité quelle. M. GALTON n'a vu qu'un seul cas où une crête « qui se bifurquait en partie chez l'enfant ne se bifurquait ». plus chez l'adolescent « que le dessin On peut donc considérer digital, qui existe à partir du sixième mois de la vie intra-utérine, cette époque et les crêtes sont développées puisqu'à forment un demeure immuable la dessin, depuis naissance moment où, par la putréfaction, jusqu'au la peau se désagrège et se décompose, immuable dans ses immuable dans les fondamentales, dispositions moindres tandis détails, que les dimensions générales du corps et de ses parties s'altèrent avec le de la peau et des cheveux, l'cxtemps, que la couleur

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CHAPITRE VIII

les traits, les gestes, l'écriture et la colorapression, tion de l'oeil changent avec l'âge (1) ». On peut croire entre les catégoque les différences ries de dessins sont faciles à distinguer ; clans la plupart des cas, elles le sont, mais pas dans tous, parce ne pas reproduire certaines que les empreintes peuvent détails du dessin de crêtes et certains portions digital qui décident de la place du dessin dans la classification. on arrive à reconnaître la nature Pourtant, « qu'en opéexacte des dessins, et M. GALTON montre la mensuration rant des éléments fournis par des et pourvues de même espèce, empreintes squolettisées des figures on arrive à donner voulues, géométriques » de l'espèce le schéma des moyen par la dimension différentes et, le nombre des crêtes lignes compris entre tels et tels points. Cette méthode est appliquée proposée par M. GALTON dans Nalural Inherilance en un ; « elle consiste, les longueurs de différentes mot, à recueillir lignes idéales reliant différents géométriques points de repère réels et le nombre des crêtes dans une région compris donnée de distinguer les mensura; il est important tions faites sur le côté gauche de celles du côté droit : ce dernier offre un dessin ». plus ample En ce qui concerne la variabilité des dessins d'un chez le môme à l'autre M. GALTON dit : doigt sujet, « J'ai des raisons à l'hérédité de croire des dessins Je ne possède les données voulues digitaux. point ma croyance à l'épreuve de l'investipour soumettre mais celle-ci en partie sur directe, gation repose (1) H. DE VAIUGNY, art. cité, p. 561.

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et en particulier sur l'existence assurée l'analogie d'une tendance à la symétrie. Quand, prononcée par il y a un dessin exemple, primaire (a de la classificail y a bien près de dix tion) sur l'un des pouces, chances contre une pour qu'il se; retrouve sur l'autre De même si un pouce présente une anse (m pouce. il y a de fortes chances par exemple), pour que l'autre en possède une aussi. Il en est de même pour chaque paire de doigts correspondants (1). »

II et sillons qui sont, marqués Les crêtes en un point à l'extrémité où les autres font défaut, des lignes sur la face palmaire île la dernière doigts, phalange, ne sont pas le caractère exclusif de la phalange les croies se retrouvent unguénale; plus ou moins sur foule la surface des doigts et marquées palmaire dans la paume de la main, sauf sur l'émiuoncc fhénar, cela peut être discuté du ; au-dessus et, encore, et à son niveau, les dessins de poignet disparaissent, des doigts et de la main ; môme sur les faces latérales il n'en existe mais on en pas sur leur face dorsale, voilà la face plantaire du pied. sont nets, cl complexes à la Ces dessins délicats en l'un des points de la peau où unguénale, phalange la sensibilité tactile est la plus délicate. une grande finesse de La peau des doigts présente; sensibilité e;l cela e;st dû en-rfaineinenl à la tactile;, (1) GALTON, cité d'après art. YAUIGNY,p. 562.

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CHAPITRE Y1II

<;onsieIérable de papilles ipiantilé qu'on y trouve 1. Des recherches nous ont montré analomo-histologiques ces papilles cf h:s étroite entre qu'il y a une relation' des doigts. arabe:sque;s « à quoi e;orrespondent Pour répondre; à la question il faut analyse;! 1 les travaux de les lignes papillaires», ceux de GALPURKINJE, ALIX, KOLLMANN et surtout TON, F'ÉRÉ Ct l'ORGEOT. auteur PURKINJE, en 1823, a été le premier qui ait cherché à grouper les elivers dessins de la peau; on lui doit le dessin du pejucc connu sous le nom de « vorlex ». duplicalos conclusion En 1883 KOLLMANN (1) a donné comme « ejue les sillons à l'intervalle entre les correspondent alors que les crêtes séparées par les sillons papilles, les papilles et l'orifice renferment des glandes sudorides papilles cet anaserait, pares ». Chacune d'après « bicéphale et se termine tomiste, par deux pointes des à la façon branches divergentes, divergentes Y ». Le:s canaux d'un entre les sudoripares passent des Y juxtaposés, branches etsi l'on repréadjacentes sente ces canaux YJYJYIY1Y par 1 on a, à la suite, des coupes de crêtes; la crête e;sf qui représentent « figurée d'un I avec les branches par l'union adjacentes des de'iix i voisins, alors corque les sillons à l'intervalle entre elles les que laissent respondent ele chaque Y* (2) ». branches divergentes la classification de GALTON, les lignes D'après der Iland, 1883. il) A. KeiLi.MANN, Der Taslupparul (2) D'après II. DE V.UUGNY, Les empreintes digitales d'après Gallon [Revue scientifique, I. xi.vn,n" 18,2 mai 1891, pp. 557-563).

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de la l'ace palmaire ou plantaire des phapapillaires une disposition constante : langes présentent générale 1" « il existe à la base de la phalangette, parallèlement au pli articulaire, eles lignes transpapillaires » ; 2" « tout le pourtour versales de la phalangette est dont les postéparcouru par des ligues elliptiques, rieures moins une concavité présentent graduellement de sorte elles dans cas prononcée, que quelques finissent leur direction avec les lignes par confondre ele la base » (1). parallèles GALION nomme cette disposition l'orme primaire. « Les lignes transversales et les lignes elliptiques laissent entre un intervalle; elles, le plus souvent, qui se trouve rempli de formes par des lignes papillaires » diverses. se; sont Ces dessins dans surajoutés l'interligne de selon de la présence formés, GALTON, « en raison « quand existe », ils peuvent l'ongle l'ongle; manepier sans déformation entre ni anomalie et on les retrouve les systèmes de;s lignes courbes et longitudinales de réminence ». hypothénar Si l'espace; est symétrique, il est limité latéralement aux points de rencontre par deux angles répondant des lignes et des ligues transversales. elliptiques « conLes angles et il faut alors peuvent manquer struire leur position à relativement syméfriepiemenf, une ligne; passant de la ligure qui rempar le centre ». plit l'espace et Gomplcsren(1) Cli. FÉRÉ, Noies sur les emprei'nlexdcsdoigls dus de la Soc. biol., 1891, n° 23, 27 juin : « Du gros orteil. » — 11 résume toutes les recherches de; (JAI.TON et nous utilisons sou analyse.

211

CHAPITRE VIII

« Nommons C l'angle, ée-ril Ch. FÉRÉ, elonl le sommet est dirigé ve;rs le bord cubital ele la phalangette et R cedui qui se dirige vers le bord radial ; appelons A la dernière crête elliptique en qui limite l'espace et P la première transversale avant, ligne epii le en arrière;. limite Ces deux lignes peuvent présenter » avec C et R des rapports elifi'éreiils. La classification d<; M. GALTON s'accorde ave;c cedle de; M. FOR<;KOT ci ne; diffère de; e-olle de M. FÉRÉ un lettres : des (jue par changement employées au lieu ele S.R.W.V. ele GALTON, ce epii A.P.B.C., el'ailleurs n'a aucune importance. Dans les ele;ux cas, écrit M. FOK<H:OT, les figures : sont schématisées eu 41 types elifférenls e;n R e;f C en circons1° Les ligues A <4 P passent Ce dernier crivant un espace libre régulier. peut être très rempli par eles lignes aiiléro-posférieures, figure rare chez mais signalée; l'homme, par ALIX chez les est rempli, le plus sousinges anthropoïdes. L'espace ou en en cercle vent, par des lignes concentriques moins allongée. C'est le type BAC-RPC spirale plusou de FÉRÉ qui correspond à WSB-WVB de GALTON ; 2" Les deux lignes A et P passent chacune par un et AR-PG de el'où la formule; AC-PH différent, angle F'ÉRÉ pour S\Y-\YVB de GALTON. 3" Les lignes A el P ont un point de commun, soit : le seul point commun C ou R, d'où les deux formules AK-PH à SY'-BY de GALTON de FÉRÉ correspondant, et AG-PC de SVV-BW du môme. analogue 4" L'une les deux des ligues A ou P passe par C el W et l'autre points ligne par un seul de; ces points, d'où : e

LES EMPREINTES DIGITALES BAC. HAC. BPC. RPC. PU PC AR AC et de FÉRÉ — pour — — — — WSY. WSV. WBV. WSV. BV de BW WS SW GALTON. — — —

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M. le professeur TESTUT a dressé, de son côté, une nomenclature simplifiée (1) : cubital ou interneriez au C L'angle correspond de FÉRÉ et W. de GALTON. radial ou externe —e — correspond à R de L'angle FÉRÉ cl, V de GALTON. « Le système intermédiaire est limité en bas par la des lignes courbes plus étroite désignées par C; en haut des lignes par la plus inférieure transversales, nommée ligne T. » Les relations des lignes C et T avec les points c et i sont très variables; c'est sur la variabilité de ces que GALTON a basé sa nomenclature. rapports Pour M. TESTUT, il existe neuf combinaisons des e et i avec les lignes C et T qui forment, avec angles dix types différents le primaire, : — 2" G ci Te/; — 3° Ce T/; 1° Type primaire; — 5° Ci — 4° Ci Te; 17; — 6° Ce/ T/; — 7°C/e — 10" Ce/ Te. Te/; — 8" Ce Té; — 9" Ce Te/; Cette nomenclature est intéressante à schématique car elle; peut faire les grandes retenir, comprendre des principales combinaisons des lignes des lignes digitales. empreintes Des recherches de FORGEOT, il faut refe;personnelles (1) TESTUT, Traité éditeur. d'Analomie, 51' édit., 4 vol. in-4°, Doin,

246 nir tout d'aborel dessins papillaires criminels. Si les criminels les

CHAPITRE VIII observations spéciales présentent on les aux êtes sur variétés de et aux dégénérés les

de types spéciaux l'auteur, regarde, pense lignes papillaires, » et « la variété comme des « prédisposés spéciale serait comme le sceau des dessins de phalangettes et la responsabilité fatal dont ils seraient marqués», devrait, donc être atténuée par ce fatalisme. des grands Aux a trouvé aux phalangettes singes ainsi décrire : « De un assemblage spécial qu'on peut des mêmes la base de la phalangette partent points au pli artideux sortes de lignes, les unes parallèles à point summum d'autres culaire, elliptiques placé du doigt. Ce système de lignes de l'extrémité près un espace circonscrit triangulaire epii, chez le singe, droites est occupé antero-postérieures par des lignes » à l'axe du doigt et disposées en éventail. parallèles n'est Cette variété signalée par GALTON, mais pas trouvée M. FÉRÉ dit l'avoir cinq fois dans son service el'épileptiques. selon communs chez les anthropoïdes, Ces dessins, « seraient rares chez le trait et l'homme, ALIX, ». Certains auteurs inclined'union de l'un à l'autre très accusé dans les à croire; que ce fait serait raient, de celui des anthropoïdes, étant les plus voisins types Mais le mot des dégénérés. dégénéré l'apanage et la doctrine si des explications, encore, demande, à être un peu intéressante de M. MAGNAN demande el intrinsèque valeur sa grande modernisée, malgré scientifique. A ces variétés simples, « on doit leur donner le nom

LES EMPREINTES DIGITALES

247

de primaires. F. GALTON a employé cette dénomination sa variété pour désigner (a), mais que, d'après il faut étendre avec M. FÉRÉ, aux l'auteur, cinq » variétés du type RAC RPC. A la colonie de Bologne pénitentiaire (Haute-Marne) Parisiens et qui ne contient que de tout jeunes gens, condamnés « la divers surtout, Vosgiens délits, pour tant dégénérescence frappe par l'ensemble général, le faciès taille de ces détenus, », que par « la très petite dont un système osseux très quelques-uns présentent toutes les mains sont labou», et presque développé rées de cicatrices de foutes formes et de toutes grandeurs. un tableau minutieux de ses recherches, Analysant M. FORGEOT fait remarquer que « le n° 2 de FÉRÉ n'a » ; un dessin tel qu'il se pas été rencontré l'indique a été trouvé et compté comme n° 2*. rapprochant n° 16 comprend La variété le 16 vrai indiqué sur le schéma de FÉRÉ et aussi deux variétés très communes de transition entre le 16 et le 17. Le 17 qui servent est le même celui de FÉRÉ; au 18, cette que quant variété n'est les dessins rangée que dans présentant nettement la boucle. Il ressort de cette statistique que sur 1800 doigts il a été trouvé : 73 21 115 132 75 l'ois — --• — — le la le; le le n° 1 de variété n° 3 de n" 4 n» 5. FÉRÉ ou n° 2*. FÉRÉ OH — ou cas (a) de GALTON. l>[ de GALTON. — b'2 de formes primaires,

Ce qui fait un total soit 23,11 p. 100,

de 416

248 Sur trouve 182 : 83 6 65 135 6 épileptiques, fois — — — —

CHAPITRE VIII nous avons vu que M. FÉRÉ

le n° 1. son n° 2. le n" 3. le n" 4. le n" 5.

de 16,18 p. 100. C'est, une fréquence « Le chiffre de M. FÉRÉ, écrit M. FORGEOT, donne chez des types une proportion primaires plus grande ma les épileptiques saines; que chez les personnes sur les détenus de la colonie pénitentiaire statistique D'où bien plus élevée. une proportion encore accuse une fréla conclusion que les « dégénérés présentent de dites des formes primaires grande quence plus leurs dessins papillaires (1). » n'est pas, pense avec De môme que la microcéphalie un signe exclusivement le docteur raison FemoEor, de même pour les amoindrie, atrophiée, d'intelligence très dessins ; certains fréquents papillaires lignes exne leur sont pas absolument chez les dégénérés à l'hérédité des ce point de vue se rattache clusifs; dessins. me permette ele le dire, ne Le pénitencier, qu'on les prédisposés au crime, seulement renferme pas d'individus au crime bon nombre mais poussés psycho-sociale;s par des conditions par la vie sociale, à être précisées. encore qui restent FORGEOT pense qu'au point ele A ce sujet, le docteur vue criminel, de M. BERTILLON n'est l'anthropométrie (1) D 1' FORGEOT, ouv. cité., p. 64.

LES EMPREINTES DIGITALES pas tant

249

ou devrait la perfectionner en y ajousuffisante; les empreintes eles doigts, tout comme à l'institut de GALTON, OÙ l'empreinte du pouce anthropométrique à côté d'autres caractères ^l'identité. figure Retenons donc du travail de FORGEOT ses quelques sur les détails des lignes papillaires et sur remarques sa manière d'étudier l'empreinte. Les plus des lignes longues interruptions papillaires rarement trois on les centimètres, dépassent trouve dans la main au niveau de la naissance de l'émincnce thénar : ces lignes sont courtes avec de fréquentes interruptions. « par prolongation Parfois les crêtes naissent bout » (pi. n"s 1 et 2), le plus à bout avec la précédente « elles paraissent souvent entre deux lignes voisines ». Dans ce cas, ou ces lignes forment un angle entre elles et la nouvelle; a sa place toute faite (n" 3), ou, au contraire, elles se coudent de l'espour lui laisser pace (fig. 4). Le coude peut être pins ou moins brusque « plusieurs crêtes (lig. 5). Quelquefois papillaires naissent entre elles le long autre d'une parallèles ligne ». « Le coude crête d'une peut en circonpapillaire scrire une autre suivant 7 ou 8. » Les une eles figures ramifications les plus simples sont les plus communes, » (fig. 9), en fourche elles ont lieu « par dédoublement fois « c'est une sorte de pont jeté entre d'autres deux » (lig. 10) ou un bouepiet crêtes ayant une ligne droite comme source commune; (fig. 11), oblique (fig. 12) ou courbe (fig. 13), enfin le dédoublement triangulaire (fig. 14). Ces combinaisons se; trouvent au centre de surtout

2i)0

CHAPITRE vin

« les des lignes et formeuit convergence papillaires clés de voûte ele leurs ligures ». Les lignes papillaires se dédoubler momenpeuvent « en anneaux » (fig. 15), « di;jelés tanément simples de côté » (fig. 16) ou « e;n pointe; » (lig. 17); dans ce « plusieurs dernier de ces dédoublecas, on trouve » (fig. 18). ments l'un sur l'autre « Une dernière sorte de combinaison est formée par les points et pointillés. Ils dérivent de l'interruption des lignes se rencontrer (fig. 19) mais ils peuvent intercalés entre deux crêtes de (lig. 20), ou servir entre deux lignes (lig. 21) »; ils se trouvent séparation « remplissage » chaque fois que les crôtes comme laissent entre elles un espace inoccupé (fig. 22 et 23). Rarement il les points sont isolés, le plus souvent disséminés dans la môme région. y en a plusieurs l'emPour ce epii concerne; la manière d'étudier du docteur voici un procédé preinte, plus pratique F'ORGEOT. On a une empreinte sous le;s yeux pour l'analyser avec celle d'un prévenu : et la comparer e< Tracer très fines au sur l'empreinte des raies d'un et espacées régulièrement crayon, parallèles au plus. Une fois l'empreinte couverte denii-ccnlimèlrc ele ces barres à la même distance régulières placées ele l'-aulrc, à ces l'une mener perpendiculairement, d'un d'autres lignes lignes espacées pareillement sera ainsi couverte d'un demi-centimètre. L'empreinte de; lignes formant de petits réseau par leur croisement ele côté. » carrés d'un demi-centimètre semblable sur une feuille de On trace un rése;au mais les mailles auront de trois à quatre papier blanc,

LES EMPREINTES DIGITALES

251

« 11 ne restera centimètres de côté. dessiner les qu'à crêtes de l'empreinte et les détails qu'elles présentent en copiant carré de l'image dans le chaque petit » carré ele papier. grand Le dessinateur est obligé ele suivre ligne par ligne et forcé de remarquer le plus petit détail. « La planche ainsi obtenue est la pièce à conviction la plus expli» cite pour un jury. Le dessin est utile la par agrandissement pour démonstration et comme à conviction, mais pièce aussi pour la « confrontation » avec l'empreinte d'un prévenu. Si la justice a sous la main l'auteur d'un présumé crime et qu'on ail pu recueillir « une empreinte latente » (la phalangette d'une main d'un doigt est suffisante établir une; identité on dessinera en pour certaine), ou le fragment l'on l'agrandissant l'empreinte que avec la main du prévenu; s'il y a concorcomparera dance dans les signes, ce sera une preuve et absolue de culpabilité; « le dans le cas contraire, flagrante ne serait une prévenu pas celui dont on posséderait trace ». Pour obtenir une empreinte, il suffit, « de faire toucher un papier à pâte régulière en plaçant dessus la main une sans de minute, pendant appuyer, passer suite une couche de; solution de nitrate'd'argent à 8 p. 100 ». M. BERTILLON, sa technique et le proVoici, d'après cédé employé à son laboraloire du Palais de Justice. « On désigne sous ce nom la reproduction des destrès variées, l'extrémité sins, de formes que présente des doigls. antérieure Ces dessins à leur sont, quant

eaïAi'iTRKvin fixes ediez le même individu et, forme, entièrement à un autre. Ils extrêmement variables d'un individu de constituent donc une; excclliiiite caractéristique l'identité De plus, ils ne sont pas susindividuelle. moelid'être dissimulés ni volontairement ceptibles fiés par le sujet. « On relèvera successivememl eles quatre l'empreinte doigts de la main droite, savoir : le; Pouce, premiers droits. l'Index, le Médius et l'Annulaire L'emplacement réservé à celte impression se trouve à la partie droite ele la nouvelle fiche anthropoméinférieure sur 45 et porte l'intrique. Il mesure 95 millimètres dication eles doigts qui doivemt y être imprimés. « Ces impressions sont relevées au moyen d'encre à cet usage. Le d'imprimerie spécialement préparée mode opératoire est le suivant, : « Déposer sur la plaque à encrer (en bois) une d'encre approximativement quantité égale à une lentille et l'étendre à l'aide élu rouleau spécial. Quand le rouleau est .suffisamment d'encre, on le imprégné promène en tous sens sur la plaque (ele zinc) à imprimer, jusqu'à ce qu'on ait obtenu une coeiche parfaitement uniforme très peu chargée, d'encre. quoique L'opérateur, après avoir invité le sujet à s'essuyer les toute doigts sur un linge sec dans le; but d'enlever trace d'humidité ou de; sueur, saisit le doigt du sujet ele la manière suivante : le; pouce et l'index gauches enserrent l'extrémité du doigt du sujet en même temps à la que le pouce et l'index droits sont, appliqués est apdeuxième jointure. Le doigt ainsi immobilisé puyé par sa face antérieure; sur la couche d'encre, en le contact sur le côté externe et en t'aicommençant

Knipi'ciiiles.

PLANCHE XVIII

LES EMPREINTES IGITALES D

253

sauf rouler légèrement le doigt ele façon à bien encrer la totalité de la face antérieure. transL'opérateur porte ensuite le doigt sur l'emplacement qui lui est réserve; sur la fiche anthropométrique et l'y appuie en exécutant le môme roulement très légèrement que On ne eloil jamais revenir en arrière pour l'encrage. ni laisser le doigt, glisser ou frotter sur le carton, sous brouillée et qu'une impression peine ele n'obtenir confuse. « A la fin de chaque séance, il faut nettoyer entièrement les deux plaques ainsi que le rouleau au moyen d'un chiffon imbibé d'essence de térébenthine ou de pétrole ordinaire, qui servira également à nefloyer la plaque à impression quand l'encre, au milieu d'une séance, paraîtra s'être quelque peu desséchée. « Dans le cas d'amputation ou el'ankytose non recllligne d'un ou plusieurs doigts, on inscrit la mention « amputé » ou « ankylosé » à la place qu'aurait dû » occuper l'empreinte. Tous les systèmes elaclylaircs onl ainsi été modifiés, surtout en vue de la commodité pratique ; d'abord en Angleterre M. E.-Iv. HENRY, chef du service de Londres (1901), e;n Indo-Chine par M. POTTECHER,en Allemagne et, Autriche par WINDTCI KOI)H;EK, à la Plafa par VuCE'IICII (1903) et, au lieu ele différencier, classer les du pouce en quarante-et-un elactylogrnvures types, comme le faisait GALTON, deijà réeluif à dix par TESà huit, TUT, M. POTTECHER a réduit les empreintes J. VUCETR;Hà quatre el, E. K. HENRY, WINDT el Konie:EK à deux, quoique trop sommairement. Voici le système de Jmx VL'C.KTIC.II, d'après le rapport de M. DASTRE, système epii eut les faveurs de la

254 commission

CHAPITREVIII

nu académique 1, quoiepie très analogue d<; M. A. BERTII.LON. « Il dislingue, écrit système M. D ASTRE, élans les lignes directrices, quatre catégories de formes : l'arc, la boucle inte;rne, (fournée du côté interne ou cubital de la main), la boucle externe du côté externe), le verlicille ou spirale, (fournée désignée respectivement par les lettres A, I, E, V, lorsqu'il s'agit du pouce et par les chiffres 1, 2, 3,4, lorsqu'il La formule A, 2431 exprimes'agit des autres doigts. rait par exemple qu'il y a un arc au pouce, une boucle interne à l'index, un verlicille au médius, une boucle externe à l'annulaire, un arc enfin à l'auriculaire. « Av'eo les deux mains, cette .notation un comporte nombre considérable ele combinaisons réalisables v\insi, sans entrer dans l'élude détaillée de (1.048.576). et e;n s'en tenant simplement à la chaque empreinte forme générale en arc, en boucle et en spirale pour on peut chaque doigt, forme très facile à reconnaître, créer un répertoire de plus d'un million (4'") de fiches » La diversité différentes. si l'on désire augmentera individuellement les empreintes ; mais ici analyser le procédé de VUCETH.H emprunte clasles caractères : des dessins tracés siques de tous les autres procédés au milieu des lignes papillaires, du point l'examen des points caractéristiques, de la naissance central, des lignes el de leurs bifurcations, du dédoublement de l'anneau, etc. (1). Par une lettre du 6 novembre 1906, M. le Ministre de la Justice invitait l'Académie des Sciences à « lui (1) DASTRE, /)es empreintes digitales comme procédé d'identification, art. cité, pp. 35 el 36.

Fis;. '•'•— Kiiipreinlcs. XIX PLANCHE

LES EMPREINTES IGITALES D son sentiment faire connaître sur le crédit qu'il faut accorder aux méthodes relatives anthropométriques aux empreintes îles doigts pour fixer l'identité d'un individu, et sur les moyens de contrôle à établir pour dans leurs applications, les eleduelions prévenir, inexactes (1) ». L'Académie a constitué, dans la séance du 12 novembre, une commission de composée MM. d'ARsoNVAL, CIIAUVEAL, DARROLX, DASTRE el TROOST et, après deux réunions, le 3 décembre 1906 et le 18 janvier 1907, M. DASTREa déposé un rapport détaillé dans la séance du 1"' juillet 1907. A cette demande officielle, un peu anodine, car l'Académie, ne; peut pas juger malgré sa haute portée scientifique, une question sur laquelle elle n'est guère compétente d'une manière toute particulière, M. DASTRE a su répondre avec érudition et bon sens, on faisant remarquer avec justesse que; M. le Minisire de la Justice aurait pu frapper avec plus de profit qu'en s'adressant à l'Académie des Sciences, s'il voulait une étude la sûreté, les avantages comparée sur la commodité, et les inconvénients des méthodes d'identification en usage. Et ces portes, toutes indiquées par M. DASTRE, avec son bon sens habituel, auraient conduit aux titulaires des chaires de médecine légale dans les Facultés de Médecine et dans quelques Universités étrangères. Voici les réflexions de M. DASTRE (2) : « La considération des empreintes digitales conduit (1) DASTRE,Des Empreintes digitales comme procédé d'identification. Rapport présenté au nom d'une commission nommée 1' par l'Acailémie' C. R. Acad. Sciences, t. CXLV, n° 1, 1e juillet 1907, pp. 28-47. a ci) DASTRE, rt. cité, p. 45.

256

CHAPITRE VIII

à des niéthoeles de classification qui n'ont point ces inconvénients. Le nombre de ces dessins (dix poulies deux mains) les variétés ele leurs formes, la multiplicité des particularités eju'ils présentent, permettent des divisions et des subdivisions nombreuses. Toutefois la première de classification, méthode celle de délicat et compliqué. GALION, était d'un maniement Elle comportait quaranlc-ct-un types créés plutôt dans le but d'analyser les empreintes que de classer des fiches d'identification. « Le nombre de ces formes de dépari a été successiréduit à dix, puis à six, puis à quatre. vement M. E.-K. HENRY, chef de la Commission ele police à Londres, a proposé un système de métropolitaine notation el, d'enregistrement qui permet de distribuer à les fiches ele chaque sujet. Ce système fonctionne Il vient d'être introLondres et dans le Royaume-Uni. il est, beaucoup duit à Vienne. Toutefois, plus coinque celui qui est en pliqué et moins aisé à pratiquer Dans l'Indo-Chinc, il ne fut pas posusage à Saigon. la méthode de M. BERTILLON : les sible d'appliquer contre la mensuration Chinois protestaient anthropoils acceptèrent la dactyloscopie. M. POTmétrique; eles TECHER, en 1897, créa une méthode d'utilisation l'ondée sur la considération de digitales, empreintes huit formes typiques; nous n'avons pas à l'exposer ici : il est seulement permis de dire qu'au point de elle constituait un progrès senvue de la simplicité, sible sur celle de HENRY. « Mais le progrès définitif semble avoir été réalisé de la par M. VucETie.ii, chef du Service; d'identification considérait Cet -observateur République Argentine.

Kniprcinte digilulc

XX PLANCHK

LUS EMPREINTES DIGITALES

257

et seulement quatre formes très faciles à distinguer, dans chacun des dessins digitaux six espèces de parLa division ou points ticularités caractéristiques. de la en série est formée par les dessins primaire secondaires ou sections main droite ; les divisions par ceux de la main gauche. La première subdivision dans la série est déterminée parle pouce (les suivantes par les autres doigts, dans leur ordre de succession, de l'index à l'auriculaire). « Les groupes secondaires se forment aussi facileune le système ment et, en fin de compte, présente une facilité d'emploi qui Te* une commodité, simplicité, dès à présent à l'adoption ele tous les recommandent le principe dactyloscopique. pays qui ont accueilli extrêmement un numérotage Une notation, ingénieux ici de faire servir les empreintes digitales permettent à l'identification judiciaire. d En résumé, le système daclyloscopique comporte claire suffisamment une systématisation pour être » pratique. parfaitement ele celle commission acaEt voici les conclusions démique : considérées chez I. — « Les empreintes digitales un même individu sont immuables depuis le plus bas la vieillesse la plus avancée. age jusqu'à « Elles diffèrent d'un doigt à l'autre, d'un individu des empreintes il l'autre. La concordance digitales des et dix doigts, examinées dans leur forme générale dans les six espèces de particularités que l'on y disune presque certitude d'identité. lingue, constituerait La chance d'erreur serait au-dessous de 1 sur 64 milliards. 17

258 <c La

eaiAPi'TREvin

de plusieurs concordance des empreintes encore une ou même d'un seul constitue doigts forte. La valeur d'identité extrêmement présomption est au moins de l'empreinte digitale signalétique de caractères égale à celle de fout autre ensemble physiques. des empreintes IL — « La considération digitales d'un catalogue suffit à l'établissement (dactyloscopie) Les trois opérations d'identification. qui méthodique à à la fixation d'identité et qui consistent concourent sont établir la (iche, à la classer el à la retrouver facilitées dans le procédé dactylosparticulièrement de VLCETKJI. copique e< Le système a, sur tout autre, dactyloscopique de tout d'être applicable aux individus l'avantage aux jeunes et, gens, aux adultes, âge, aux enfants, à la aux délinquants juvéniles, par conséquent, aux comme des colonies population pénitentiaires son adultes. Il est le moins récidivistes coûteux, nombreux fonctionnement n'exige point un personnel et long à dresser. à <( Il tend chaque jour davantage à se substituer la mensuration anthropométrique. ec 11 peut être recommandé l'établissement pour dont feraient d'une fiche internationale, usage les polices de tous les étals civilisés pour la recherche » des criminels. commune les empreintes sont comme En résumé, digitales de l'individualité immuables les stigmates presque toute l'aile, indéniable. humaine : c'est une signature bien eles cas dans les annales judiciaires On connaît furent trouvés où les criminels grâce à ces traces

DIGITALES LES EMPREINTES laissées

259

soit sur le parquet, soif sur le verre, sur des ele vitrier. de bois, soit sur le mastic poteaux directeur du service M. A. BERTILLON, l'éminenf élu Palais de Justice compte à son anthropométrique actif bien des exploits célèbres. 11 avait fourni à la justice plus d'une fois le nom, le portrait et le signaleM. BERTILLON ment anthropométrique des criminels. de son a bien voulu me confier quelques documents service et me donner quelques conseils pour lesquels M. NICEEORO, dans un à le remercier. je m'empresse livre; extrêmement intéressant qui vient, de paraître (1), cite plusieurs des cas connus, des célèbres découvertes criminelles familières d'ailleurs à tous ceux qui se ele près à cette question. sont intéressés La pratique des empreintes digitales paraît remonter à des époques cerbien lointaines. D'après tains auteurs, elles ont servi comme sceau chez certains peuples de l'Extrême-Orient. M. DASTRE cite le cas « de la praliepie; de l'apposition du pouce sur un contrat ou une charte écrite, sur un sceau de cire ou de laque molle, qui a été signalée à Siam et au Cambodge par M. J. H ARMAND,autrefois consul à Bangkok et ambassadeur ». Aux Indes, sir J.-W. HERhonoraire SCHELLavait, utilisé pendant plus de 40 ans l'empreinte du pouce comme signature dans les contrats officiels. GALTON doit d'ailleurs bien de ses remarques ingénieuses aux constatations de sir J.-W. 11ERpratiques SCUELL. Les lignes papillaires sont, en outre, nous l'avons vu, (1) A. Nicw-'OHo,La police el l'enquête judiciaire scientifique, 1907, p. 126.

260

CHAPITRE\m

liées intimement à la structure ele la peau. Elles apparaissent elès les premiers mois de la vie intra-utérine et la mort même n'efface pas leur dessin. Dès la constitution du derme, les crêtes papillaires pour apparaissent ne disparaître qu'avec la désorganisation complète de la peau. Les saillies papillaires sont donc définitives; elles sont séparées par des sillons où analomiqueinent, suintent délicatement, des goutteimperceptiblement lettes de sueur ; les orifices des glandes sudoripares débouchent vers le sommet des presque toujours crêtes papillaires. L'entrelacement des crêtes papillaires n'est donc la topographie est intelligible, tant au pas confus; point de vue analomiquc qu'au point de vue physioLes cicatrices, les traumalismes, les brûlures logique. détériorent le dessin et quoi qu'en disent les auteurs, — c'est d'ailleurs aussi l'avis du rapporteur de F Acadé— il résulte mie eles Sciences eles perturbations intenses dans la topographie Tout un dessin papillaire. peut être modifié, sa physionomie changée de manière à ne plus le reconnaître. M. A. BERTILLON me disait que les Romanichels pour dépister la justice s'écrasent avec des épingles les bouts des doigts, cl que la consde l'identité tatation dans ces conditions devient encore plus difficile. On cite pourtant des cas affirmafifs. A. YVERT aurait retrouvé dans le cas d'un telle quelle, récidiviste, l'empreinte dactyloscopique même après que le sujet eût trempé ses mains dans l'eau bouillante. Le docteur LOCARD affirme de son côté que s'étant brûlé avec un fer rouge, la pellicule conservait le dessin primitif; qui recouvre la phlycfène le derme, aurait l'emaprès guérison, reproduit

L'iiipreinle diidlalo. PLANCHE XXI

LES EMPREINTES IGITALES D

261

personnelles, preinte (1). Dans quelques observations sur 20 cas, je n'ai pu en constater un seul où les Iraumaauraient laissé intactes les aratismes, les brûlures besques digitales. Certainement,, les parties par retraits antéet le derme sous-jaccnt gardent la physionomie rieure intacte, mais les filigranes, les dessins perdent de leur physionomie personnelle et l'on ne retrouve qu'avec de grandes difficultés, et encore, le dessin primitif. Normalement, malgré la grande habitude de ceux qui des empreintes, il n'est pas élu classement s'occupent commode; de suivre les dessins de la topotoujours Un sillon détruit, une bifurcation graphie papillaire. une boucle seulement effacée, et le type de disparue, Moi-même, l'empreinte n'est pas aisément retrouvable. m'étant coupé légèrement au médius gauche, je n'ai difficultés mon qu'avec de grandes pu reconnaître empreinte dans une série d'autres ; et pourtant la destruction traumaliepic était extrêmement légère et la cicatrice occupait à peine une surface de 3 millimètres e;t demi. est en usage dans Le procédé dactylographique et seul, tous les pays civilisés, et il sert exclusivement, : eu Egypte, où, en pour l'identification judiciaire femmes el les prostituées ont plus, les domestique;s aux sur leur carte d'identité l'empreinte digitale; Aren Angleterre, en République Indes anglaises, dans une partie de l'Italie, au Brésil, Urugentine, guay, Chili, etc. M. GALTONinclinait à croire à l'hérédité de ces elessius. Sans oser avoir une opinion à ce sujet, j'ai pu a (1) DASTRE, rt. cité, p. 39.

262 conslaterlcfait

CHAPITREvin

suivant: dcmesrecherchessurla main, de près de 1.000 mains phoje possède une collection et, j'ai une collection d'autant dessinées, tographiées, Le fait suivant, m'a semblé d'empreintes. pourtant assez constant. Comme il y a une physionomie de la de famille, il y a aussi main, qui tient en moyenne des points communs, non dans l'empreinte individuelle d'un doigt, mais dans la physionomie, dans la diversité eles empreintes des cinq doigts. Les digitales se contournent, diffèrent selon les mêmes arabesques Il y aurait, en somme, des lignes dans une famille. points communs. ele l'âge d'après Le jugement une empreinte, est assez aisé à être formulé, mais en faisant toutes les réserves Le doigt d'un adulte a, selon FORpossibles. à celle du doigt d'un GEOT, une surface supérieure les crêtes papillaires seront donc plus jeune enfant; espacées chez le premier. Prenant comme unité de mesure 5 millimètres en longueur; portant celle longueur perpendiculairement à des lignes papillaires de la phalangette d'un nouveauné et comptant le nombre de crêtes comprises dans ces 5 millimètres, on trouvera, FORpar exemple,-dit « La mesure appliquée GEOT : dix-huit. sur le môme doigt du même sujet âgé de 20 ans ne donnera plus D'où une première évaluation que 10 lignes papillaires. de l'âge. » des statistiques aux D'après (1), FORGEOT arrive chiffres suivants comme en prenant moyenne, pour unité de longueur 5 millimètres. o (1) FORGEOT, uv. cité, p. 86,

Trace laissée par la phalangette d*un doigt Dessin d réseaux agrandi ar la méthodefis p d'étudier n particulier e touslesdétails t points e repère e d permettant présemés les lignearpnpillaircs par XXII Pl.ANCHK

LES EMPREINTES KUTALES D « La mensuration part du point A, summum figure formée par le tourbillon des phalangettes. « On a : Chez le jeune entant. A 8 ans A 12 ans A 20 ans 15 à 18 lignes 13 12 9 à 10

2().'J de la

pour 5 niillim. — — — — — —

« Au-dessus, ce chiffre peut descendre pour les grosses mains à 7 et même à 6. » Les crêtes papillaires chez les femmes sont toujours plus serrées. Plus on se rapproche de l'enfance, plus, selon FORsont fines et à contours GEOT, les lignes papillaires nettement arrêtés ; c'est un indice macroscopique pour établir l'âge approximatif. Une empreinte de personne âgée se reconnaît, selon FORGEOT,du premier coup d'oeil : « Les grosses lignes ou rides de la main sont très nombreuses; les crêtes ele toute la main sont comme usées, papillaires sont aplaties, à bords flous, le;s détails de l'empreinte du nuageux, ce qui forme un ensemble caractéristique grand âge. du La durée des empreintes latentes, justiciables procédé à l'encre, dépend de l'état de moiteur de la peau au moment élu contact, mais les traces peuvent apparaître après plusieurs années. M. FORGEOT cite à ce sujet une observation intéressante. M. CHANTRE,envoyé en mission, en mars 1890, dans l'Arménie un certain nombre de russe, a rapporté ORV.cité, p. 87, et Comm. Soc. Anlhrop. Lyon, ;1) Fe>ne;i;e)T, 1891.

2fi4

CIIAl'ITRE VIII

sur lesquelles il feuilles de note;s anlhropomélriques des les contours avait pris plus ou moins parfaitement doigts et île la main droite. de ces feuilles, frotvingt-trois Après deux années, à tées et secouées le voyage, furent passées pendant ele mains seulement resl'encre et quelepies contours tèrent négatifs. « Les détails des phalangettes des eloigts étaient et le tourbillon visibles des lignes pour beaucoup élu affectait en grande; en ovales partie les formes numéro 4 de FÉRÉ. » Aux éminenecs fhénar et hypolhénar, la face palmaire avait, une grande netteté ele lignes papillaires. avec un fini parfait. Deux mains ressorlaienl Sur une de ces empreintes, eh;s FORGEOT trouva traces d'une petite main d'emfant de 10 ans et d'un pied d'un jeune Tatar droit du même âge ; clle;s provenaient de la ville de Choucha. Le docteur I'ORGEOT avait donc deviné juste, M. CHANTRE n'ayant communiqué l'existence réelle de ce jeune lalar. qu'ensuite de ces empreintes au bout de deux L'apparition années montre le point de vue pratique par le procédé à l'encre celte méthode en ; on pourrait employer médecine légale.

CHAPITRE

IX

LA PATHOLOGIE LA MAIN DE

La peau, la nature des tissus subjacents et surtout la physionomie de la main peuvent aider le clinicien dans rétablissement de son diagnostic. S'il ne s'aventure pas dans le domaine de; la chiromancienne, s'il ne songe pas à ses faciles prédictions, non seulement l'étude ele la main peut lui révéler au premier coup d'oeil les maladies de la peau, les rhumatismes chroniques, mais encore clic le fait sesouvenirde toute une littérature médicale qui a classé méthodiquement les troubles elles modifications de la physionomie de la main. L'astrologie du xvu° siècle décrivait ainsi la main d'un alcoolique invétéré : « Abondance de chair, main d'ivrogne. » File ajoutait que les mains grasses appartenaient à ceux qui étaient « lourds d'esprit » et <e amoureux des dames ». Ch. FÉRÉ (1) nous a montré d'ailleurs qu'il existe un rapport intime entre la forme et la disposition des crêtes papillaires des doigls d'une part avec la mobi(1)Ch. FÉRÉ,Soc.Biol., 15octobre 1895, p.657-660,el.,1891. p i

2()G

CHAPITREIX

des lilé des doigts, cl de l'autre part avec la sensibilité est liée surtout à la disposition eloigts. La sensibilité elles sont lignes papillaires; plus ou moins courbedes En est absolue. la sensibilité transversales quand des crêtes dehors du rapport entre la complication pulpaires des doigts, décrite et analysée par GALION et par Ch. FÉRÉ (1), ce dernier auteur a étudié les extréde la main. mités digitales dans l'étuele des fonctions la position des des croies peut indiquer L'étude voire même doigts dans les actes de la préhension, Pour saisir leur rôle, F'ÉRÉ avait les plus délicats. nous de GALTON, comme selon la méthode enduit, les bouts venons de le voir dans le précédent chapitre, et on saisissait des doigts avec de l'encre d'imprimerie, des balles en cuir blanc. L'extrémité digitale était des crêtes nette et facile à éître examinée ; la direction des la position certainement indiquera papillaires doigts. Selon FÉRÉ, plus on est adroit et intelligent, plus on saisit l'objet avec toute la main ou plutôt avec la maladresse tous les doigts écartés. Habituellement, des quatre doigts serait traitée par le rapprochement de cl, par le fait de placer le pouce dans le voisinage du petit doigt. l'index, à le coller môme, en l'écartant Souvent on se rend compte de cette maladresse par l'absence de contact d'un doigt ou par son application seulement touchant la balle blanche maladroite par une partie de la pulpe d'un doigt ou des doigts. Toud'adresse la main serait cher avec toute ; signe de l'excitation c'est le geste de la caresse, d'ailleurs, délicat d'une plus grande surface tactile, du contact (1) Soc. Biol., 1897, Ie' janv. pp. 1114-1116.

I. linti' I'i-li>'': li.'Hlipl,'»i,|urs. IL- (.irlpl... I'ijî.2.l-'iii. M.ihi i:uliili>-|i,'ilu>:iiri' l'uiilt! cli'.-. I'i(î. ; \tn,|>llhr.'-n-l,|-;,1,-;. (KiK'li.imi;1il.^n îlelï.li'-|.iriisi1j i-;.

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X PLANCHE XItl

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1 ili' l'if.'. 1. Muin siui;i11'. Ilii-lii'i;.

LA PATHOLOGIE U LA MAIN D

267

d'une surface de peau plus considérable, propre à de la sensibilité dont le mécal'irradiation tactile, nisme nous est encore tout, aussi étrange que tout ce qui concerne ta dynamique du système nerveux. Mais cela n'empêche des faits de pas la précision conscience. Fin effet, cet organe possède à lui seul toute une N'a-t-on pas même, vers 1891, à la suite séméiologie. des recherches de GALTON, comme nous venons de le le plus ingénieux critérium de l'idenvoir, constitué tité judiciaire par les empreintes digitales?

I les principales données Esquissons rapidement de la main. médicales de la séméiologie La coloration delà peau est un élément trop simple, trop banal même pour que nous nous y arrêtions. Elle fournira à un oeil exercé des indications sur les — l'ictère — les états d'anémie el troubles hépatiques la maladie d'Addison (teinte bronzée), — de chlorose, les affections des capsules surrénales, etc., etc. Selon GUITTON, chez les idiots, la main serait peu sensible, et à cause de l'abus ou de la pauvreté des corpuscules de Paccini. circulatoire sont intéLes affections de l'appareil à considérer ressantes autant au point de vue psychoque clinique. physiologique — des stases sanguines — Depuis la teinte cyanosée bleu pâle et la teinte rouge la cramoisie, jusqu'à atteints d'affections teinte noirâtre des individus der-

208

CHAPITRE IX

ou eles addisode;s intoxiqués par l'arsenic, iniques, constitue foute la coloration des téguments niens, nous renseigner, une échelle dont le;s nuances peuvent mais aussi d'une souvent très vaguement, parfois coiaine sur la quantité manière sur la qualité précise, du sang contenu dans les tissus. La peau est un admirable tracé Celle graphique. la main, comme celle du corps tout qui recouvre les traces de fontes les vicissitudes conserve; entier, de; môme que de la vie. Un o;il e;xe;re-é y découvrira, les modifications de foule autre les vestiges nature;, des plus anciennes cicatrices. El le dermatologue sera certainement un des premiers à s'en apercevoir. médicale Au point de vue de la séméiologie (1), on de la main des déformations les altitudes distinguera la On rangera dans les premières pathologiques. des affections les mains grande majorité congénitales, la déviation de la main sur l'a van lbotes, par exemple, surtout si l'on lient compte des bras, qui constituent, malformations un problème médical des osseuses, La main bote paralytique, la main plus compliqués. bote spasmodique des hémiplégiques, appartiennent aussi à ce type de déviations les ; de même que les rhumalismes chrocontractures hystériques, CHARC.OT et Joui'T'ROY onL décril, un niques. quoique la main dite « du prédicateur peu schématiqucmenl, (1) Voir article T.ONDE, Membre, in Manuel de diagnostic médical (le DKISOVEET ACIIARD, t. I, pp. 137-176 ; pp. 160-176. BOUVIER, « Main, bote; », Dicl. encycl. des Sciences médicales, t. IV, pp. 162-191. Diction, encycl.des Sciences POLAILLON','1 Main, Pathologie», médicales, t.. IV, pp. 119-161.

LA PATUOLOliiEDE LA MAIN

20',)

surtout », caractérisée emplialiepie par une llexion C. MAIUNESCO, le forcée du poignet. Le; docteur savant roumain bien connu, a décrit dernièrement. celle déviation d'attitude dite du « Prédicateur », observée dans la syringomyclic, maladie de la moelle caractérisée des cavités de notoires, par des lésions la substance médullaire. Des affections musculaires souvent aussi de pareilles modifications. présentent SELUNG vient de décrire celle déformation dans le sclérose en plaques (1). comCHARCOT, le rhumatisme D'après chronique mencerait des extenseurs, d'où il s'enpar l'atrophie suivrait des fléchisseurs que, la contracture prédomide la main évoluerait vers la lentement nant, l'altitude main bote. Une nuire altitude ele la main est la pathologique d'un des trois nerfs griffe due; à la paralysie; qui innervent la main ; il y a une griffe cubitale, comme il y en a une radiale el une (paralysie saturnine) médiane. Quand le médian elle cubital sont paralysés, nous avons la griffe dite interosseuse. Dans le cas de la section élu médian, on remarque surtout le creux la déformation du palmaire plus accentué, forte; saillie élu premier l'index pouce, métacarpien, et le pouce sont dans l'extension. Les mouvements du pouce; sont supprimés. Les actes ele d'opposition sont gênés. Dans la section du cubital, on préhension une dépression de la région remarque hypothénar, dans la région Ihénar de l'ad(alrophie dépression (1) SELI.INC, De la déformation dite « main de prédicateur > dans la sclérose en plaques. (Munchener Med. Wochenschrifl, 1906, H» 17.}

270

CHAPITREIX

dans du pouce), creux intcrmétacarpien le ducteur dos de la main (atrophie des inlerosseux), extension mobilité vades premières phalanges, permanente à cause de leur innerriable des autres phalanges le médian en vation nerfs, réglée par les autres Dans le cas de la section du radial, parfiticulier. surtout la chute du poignet et la paraon remarque lysie de tous les extenseurs. encore : la griffe de la polynévrite Citons pneude J.-M. GILVRCOT et DUTIL, la main de tnonique contoxiques singe de P. RICHER, etc. Les paralysies tribuent à la formation do nombreux de celte types la main tout La paralysie arsenicale déforme altitude. saturnine : main lépreuse autant que la paralysie du type dit : « main de singe». On peut comme variation familiales citer les amyolrophies également spinales cl la paralysie radi(amyofrophie Charcol-Marie) affections d'un certain culaire, particulières groupe La nature de muscles, affection souvent héréditaire. et la forme de celle attitude dite de « griffe » varient selon son degré d'intensité et les muscles affectés et des autres, selon les causes traumatiques qui en sont les causes (1). (1) MEILLET, Thèse ele Paris, 1874. — RICHEI.OT, in Arch. Physiol, 1875. — LONDU,Thèse de Paris, 1860. — MITCHKLL, e MORKHOUSKt KEEN, Gunshl vounds and olher injuries of'nerves, Thèse de Strasbourg-, 1864.— Philadelphie, 1864. — IJUAUGRAND, CH. RICIIET, Thèse ele Paris, 1877.— TILLAUX,Thèse;. agi-ég., T Paris, 1866.— MOUGEOT, hèse ele Paris, 1867. — LETIÉVANT, DE Traité des sections nerveuses, 1872.— DCCHKNNK BOULOGNE, Physiologie des mouvements e;t Traité de Téleclrisalion localisée. — AVE/.OU, Thèse de; Paris, 1879. — IJihl. COYISAS,'thèse, 1871. -- V. HI.I-.M,vol. cité, pp. 136-146.

LA PATHOLOGIEHE LA .MAIN

271

C'est, élans le rhumatisme renqu'on chronique contre les variations les plus nombreuses. GHARI:OT en a décrit : de flexion el. les deux types classiques cela par rapport à la phalangine. Biusd'extension, SAUD a décrit la déviation en « coup de vent », caracen niasse ele;s phalanges térisée par la déviation sur le bord cubital de la main. Citons comme encore, à celle catégorie, la griffe renversée de appartenant etc. DUCHF.NNE, le poignet, fléchi en forme de nageoire, Dans la goutte chronique, on rencontre aussi des déviations surfout à cause des déformations typiques, de la physionomie des doigts el particulièrement des bourses de dépôts, ou par séreuses, par la formation l'infiltration On rencontre souvent des déviauranique. tions angulaires des doigts. Les nodosilés d'IlEREROEN sont classiques ; elles sont constituées par des nodosilés aux articulations des dernières localisées phalanges. Les nodosilés de Borcn.vun et LEGENDRE indiquent selon ces auteurs, une dilatation de l'estotoujours, mac, ; elles siègent au niveau des articulafionsdes phad'une hypertrophie osseuse, langes et sont le résultat et elles s'expliqueraient selon la doctrine du professeur BOUCHARD (Revue de Médecine, 1882, Ocf.), par des phéà ceux du rhumatisme. nomènes toxiques, identiques Le professeur LÎOUCUARD(1), à la suite de l'analyse de 220 cas de dilatation de l'estomac, qu'il a pu perconclut : « Les noelosilés sonnellement observer, (I) Prof. BOUCHARD,DU rôle pathagénique de la dilatation de l'estomac el des relations cliniques de celle maladie avec divers accidents morbides. [Bull, el Mémoires de Soc. Médicale des hôpil. de Paris, 1889. Kxlr. 13 p.) — Pp. 6 el 8. — Voir aussi st^s Leçons sur l'antisepsie.

CHAPITRUIX eles doigts semblentappararticulations des secondes à la dilatation de l'estomac; elles tenir en propre avant tout interrogatoire du m'ont permis souvent, de l'estomac, de diagnostiquer une dilnlalion malade, dont j'ai ensuite pu vérifier la réalité à l'aide des signes en saillies latéElles consistent parfois physiques. à la face dorsale rales proéminant de la deuxième soit en dedans, soit en dehors. Plus souarticulation, elles sont constituées vent, par un élargissement ou base, de la deulatéral de l'extrémilé supérieure A ces nodosités xième phalange. fréquems'ajoutent des direction eles phalanges, ment des changements au lieu de telle sorte que l'axe du doigt en extension, est constitué d'être recliligne, par une ligne brisée. » le professeur BOUCHARD Sur 100 cas de dilatation, avait, rencontré le rhumatisme articulaire aigu 5 fois, le rhumatisme chronique partiel 3 fois, le rhumatisme musculaire 2 fois, le rhumatisme vague 9 fois, les nodositésd'IlERERDEN 4 fois, les nodosités des secondes des doigts 20 fois. Le; docteur articulations Adolphe l'exisdans un travail intéressant, BLOCII a constaté, tence de ces nodosités et leurs relations avec les dilatations de I'e;slomac. Il pense qu'elles représentent du doigt chez certains indiviune forme particulière dus dont l'hérédité serait assez chargée (1). des aponévroses sont la Les rétractions palmaires de déviations, caractécause d'une autre catégorie des risées par des flexions plus ou moins généralisées latérale ; c'est un chapitre doigts ou par leur déviation (1) AIJOLI'HK BLOCII, La forme du doigt cl les nodosilés de Bouchard. [Assoc. p. Avarie des Sciences, ouv. cité, 1899.)

LA PATHOLOGIE LAMAIN DE

273

de difformités qui siège; dans le tissu fibreux, des plus intéressants à connaître. La grille lépreuse de DUCIIENXEDE BOILOGNE est la plus classique parmi ces affections aponévroliques (1). L'Ostéopathie hyperlrophian le pneuuiique de PIERRE MARIEdéforme aussi les articulations digitales, mais à leur extrémité supérieure. Le doigt hippocraiique est caractérisé par une déformation de la phalangette en « baguette de tambour »; la pulpe du doigt est hypertrophiée. HIPPOGRATE avait remarqué que toute forme spalulée des dernières phalanges, el surtout de l'index, correspondait généralement à la phtisie'. Le syndrome clinique de; l'osléo-arlhropalhie hyperlrophianle pnenmique <lée;rifpar M. PIERREMARIE a été l'ail tout d'abord pour débarrasser le champ de laci-omégalic des faits qui l'encombraieiiil. L'affection est caractérisée en outre par l'élargissement el par la courbure exagérée- des ongles (doigts en baguclles ele tambour, doigts hippocratiques). Les mains sont énormes, elles l'ont naître l'impression de quelque chose d'inouï, de; non vu; ce ne sont pas sculcmeml de grosses mains, ce sont des mains déformées. Pour un peu on dirait que; e-e;ne sont pus des mains; d'ailleurs le terme « pattes » revient dans toutes les ERR.: Le maobservations allemandes ele FRIEDUEISCII lt] I)rJ. BOUYGUES (d'Aiirillac), De la rétraction de l'aponévrose palmaire. [Arch-yénér. demédecine,n" 40, t. 11,83e nnée, a 196p., 2:.13-^27.) Thèse ele Paris, 1898. (I) HÉBERT, 18 '

274

IX CHAPITRE

était dénommé « grosse patte ». ladc Gouraud-Marie Ce ferme de « pattes » ne semble pourtant pas juste à M. PIERRE MARIE. Voici la description des doigts selon notre maître : Les doigts sont un peu allongés, mais considérablement, élargis, « c'est ainsi qu'on voit la circonférence de la première phalange du méelius, pur et demi ou même exemple, atteindre neuf centimètres dix centimètres. Ces dimensions dépassent celles des de près d'un centimètre. La doigts de l'acromégalie forme des doigts dans l'ostéo-arthropalhie hyperfrophiante pneumique présente ceci de particulier que la dernière phalange, la phalangette, se renfle considérablement el devient bulbeuse, à tel point que c'est celle phalange el parfois même qui, relativement, des trois. Aussi réellement, est la plus hypertrophiée les doigts prennent-ils l'aspect de « baguette de tambour » ou « de battant de cloche » pour le pouce, ce où les proporqui n'a jamais lieu dans l'acromégalie tions de chacun des segments digitaux sont très bien conservées. du doigt L'ongle qui coiffe l'extrémité ainsi déformé participe à cette déformation, il est considérablement élargi (deux centimètres et demi et plus, pour celui du médius), il esl en outre un peu de allongé et surtout recourbé (aspect hippocraiique), telle façon que l'extrémité dn pouce de notre malade, par exemple, vue de profil, rappelle, à s'y méprendre, « le contour d'une tôle de perroquet avec son bec recourbé » (1). Les ongles sont striés longitudinale(I) PIERRE MARIE,De l'osléo-arlhropalhie hijperlrophianle pneumique. In Revue de Médecine, 1890, 1,.X, janvier. Kxtr. hroeh. 36 p., pp.-23,24, -.25.— aussi SOLLIER,Sur une affecV. tion singulière du système nerveux caractérisée essentiellement

LA PATUOI.eHHK LA MAIN DE ment, ils ont une tendance marquée à se fendre et « à présenter des éclats dans le sens de leur longueur ». e<Leur extrémité périphérique présente assez souvent une coloration » La d'un rose vif assez accentué. main proprement dite, la paume de la main ne des dimensions et que très sensiblement s'éloigne delà forme d'une main normale, « sauf une hypertro». Les poignets sont phie des têtes des métacarpiens mauifeslements déformés. Ce syndrome clinique est bien autonome el, il n'a que des rapports très lointains, mais peu communs et, cliniques, avec la maladie de PIERRE MARIE (l'acromégalie). Dans foutes les dont M. PIERRE MARIE rend compte dans observations, son travail, on constate des affections chroniques el qui concordent d'une graves plcuro-pulmonaires manière indéniable avec l'osléo-arfhropalhie hyperdes huit cas publiés, quatre cas sont affirtrophiautc; malifs au point de vue de la dialhèse, trois douteux el deux négatifs. Ce syndrome est donc toujours « sous la dépendance d'une affection pulmonaire antérieure », le terme pneumique comprenant non seulement la dénomination des poumons, mais aussi des bronches. Le mécanisme de ce processus serait analogue, selon M. PIERRE MARIE, à celui ele ces pseudo-rhumatismes du professeur BOUCHARD,donc un processus loxi-infecLieux et nullement un réflexe. Les substances toxiques choisissent de préférence certaines parties des os et par de l'hypertrophie des extrémités des membres, des phénomènes paralytiques, el des troubles variés de la sensibilité. [France médicale, 1889, n°»68, 69.)

270 des

CHAPITRE IX

les tissus de ce qui déterminerait articulations, l'ostéo-arfhi'opalliie hypeiirophiepie. MM. FERN. BE/.ANCONet S. ISRAËL UE Dernièrement JONG (1), dans un travail d'ordre purement, critique, suivantes : « 1° Le eloigt arrivèrent aux conclusions ou des autres malades des tuberculeux hippocraiique n'a d'affection atteints broncho-plcuro-pulmonairc avec l'osléo-arlhropathie aucun hypertrorapport à l'heure 2" Les observations étiquetées phianle; actuelle hypertrophianfe pneuostéo-arthropalhic : A : De;s obsermiquc se rangent en quatre catégories rares d'une affection mal connue des extrévations mités, rentrant dans le; syndrome primitif de; M. PIERRE de; simples doigts hippoMARIE; B : Des observations d'ostéites ou d'arthrites cratiques ; C : Des observations ou toxique; D : Des infectieuse subaiguës d'origine et d'osléo-arlhrites, cas d'association d'hippocralisme de l'autre. » l'un n'étant nullement sous la dépendance en rien auA lire attentivement, ce travail n'attaque de M. PIERRE MARIE ; d'ailleurs cune des conclusions les auteurs eux-mêmes constatent, parmi le nombre des e;as d'une affection mal connue des observations, rentrant dans le syndrome des extrémités, primitif de M. PIERRE MARIE. Il est vrai, d'autre part, que certains auteurs sont allés trop loin, plus loin que le créateur du symptôme — le lexle de M. PIERRE MARIE est clair et précis — cl qu'ils se sont appuyés dans leur diagnostic des ostéo-arthropathies hypertroDE cl, (1) F. RKZANC.ONS. ISRAËL JONG, Doigts hippocraliques et osléo-arthropalhie hyperlrop/iiunle pneumique. [Archives générales de médecine, 1904, t. Il, pp. 3100-3113. Bibliographie assez complète, 79 litres.)

lis- 1-— Asloaiïhropalhie

I'i;>.'i. — tlsléo-artlimpalliie imeiuniipi<;(Tlioiueil).

Fit;. '.!.— Oncles eu verre de nionlre.

I l-'it»'. . — Hémiplégie.

l l-'ii{.i.— Osléo-ai'llii'opalliii' l'ijî. ">.— (Isléii-Mi-Iliriipalliiehvpiieuiniipie (t'hoinni;. |ier|m|ilii,-inle non piuMiiuiipie '.Tli. de l.eiiiei'ciei-). XXV PLANCHE

Fit;. 1. — Syringoiniélie.

Fil;'. 2. — Syriiiifoniiélic.

Fit;. '.!.— Syriiigumiélie.

Fij,'. 1. — Debmidniplasie.

l'ii-'.». — Syringomiéliu. x'

Fig. (i. — Tuberculose; culanée.

XXVI PLANCHE

LA PATHOLOGIE E LA MAIN D

277

Les phiaiiles sur de simples doigts hippocratiques. cas de VODEL, VILI.ARD, GERAUD, I1A.VN.UJD AIJDITET, el GRASSET-el BAH/.IER, COMRV, JANENAY, TEI.ETY, etc. mais cela ne plaide; iiulleêtre multipliés; pourraient menl contre l'individualité du syndrome de M. PIERRE MARIE. L'ongle normal ne doit rien avoir de la griffe ; il couvre la pointe supérieure et la dernière phalange sans avoir une physionomie à lui, et s'applique suite doigt. Dans la tuberculose c'est un pulmonaire, fait d'observation vulgaire que; dans cette affection en les doigts subissent la déformation fréquemment « baguettes de tambour» (PIERRE MARIE). BAMRERGER, la présence cité par M. PIERRE MARIE, avait remarqué « chez les individus atteints de doigts hippocratiques de la dilatation des bronches sans tuberuniquement culose (1) ». est constitué L'ongle hippocraiique par une courbure anléro-poslérieurc exagérée. Cet ongle en « verre de montre » sérail, d'après M. PIERRE MARIE, l'indice de prédisd'affections cl témoignerait pulmonaires invesà la tuberculose; de nombreuses positions sont venues confirmer la justesse de celle tigations Il estd'ailleurs observation. facile de se rendre compte, sinon du mécanisme du de celte ostéo-arlhropathie, moins de ses rapports avec la phtisie. Dans le service de M. PIERRE MARIE, à Bicètre, j'ai eu plus d'une fois l'occasion de renconLrcr ce signe séméiologique : c'est la meilleure confirmation de ce maître, dont on conSoc. des Médecins de Vienne, 1889. Séance (1) BAMRERGER, du 8 mars, d'après M. PIERREMARIE.

27S naît d'ailleurs

CHAPITRE IX

et la conscience intuitive la rigueur scientifique (1). profonde, selon le cheLes doigts ronds en forme de boudin, un signe que les filets valier d'AnPENTiGNv, seraient leurs terminaux n'arriveraient nerveux pas à remplir fonctions la forme étant qùadrangulaire, normales, notoires de la sensibilité. d'où des modifications d'un Toute partie ridée des doigts serait le diagnostic la sensibilité état des papilles mauvais qui président selon ce physionomiste de la main, tactile. Toujours de la paume de des monticules l'absence interdigitaux de des corpuscules une pauvreté la main prouverait être nombreux. ii cette région ils doivent Paccini; ou déformations des doigts, les daclglites, Parmi des autres affections diail faut signaler, en dehors la classique venlosa, infectieuses, spina thosiques el affection tuberculeuse, infantile, toujours presque des la première phalange qui atteint particulièrement et le premier métasurtout celle du médius doigts, à cause de la boursou: l'os devient fusiforme carpien La syphilis cl la tuberculose flure du canal osseux. de dactylites; les doigts sont des sources abondantes des doigts deviennent se raccourcissent, s'allongent, « en lorgnette La pre», comme on dit couramment. à celte mière enfance semble prédisposée toujours le sexe masculin maladie; plus que le sexe féminin GOKTZ). (22 garçons pour 13 filles, d'après mutilantes dues Il ne faut pas oublier les affections à la à la sclérodermie, à la lèpre, à la syringomyélie, (1) Voir aussi VILLEIUUIN, Des ongles, leur importance médecine judiciaire. [Thèse Fac. Méd, Lyon, 1883.) en

LA PATHOLOGIE LA MAIN DE

27'.l

maladie de Raynaud (asphyxie symétrique; des extrémités), à l'acromégalie, etc.. Le D1'SOUOUES vient de communiquer dernièrement à la Soc. Méd. des llôpitauxunmoyen(l), dit le « signe des doigts », qui n'est qu'un mouvement associé des inlerosseux de la main du même côté de l'hémiplégie se plaorganique. « Les deux dernières phalanges dans l'extension en môme idaient involontairement 11observa ce fait temps que les doigts s'écartaient». 17 fois sur 27 cas d'hémiplégie. (Le phénomène des interosseux de la main dit, « phénomène des doigts » dans l'hémiplégie organique). La main succulente de PIERRE MARIEet MARINESCO est une main atrophique potelée à la face dorsale; la main de prédicateur de MARINESCO pathognomique, est selon cet auteur, dans la syringoinyélie et dans l'acrol mégalie. La lèpre, la maladie de BAYNACD,a sclérodermie, sont des affections qui ont des altitudes mutilaloires bien pathognomiques, qu'un clinicien habile elistingue el devine aisément et rapidement. Il nous reste à parler des ongles et des stigmates professionnels. L'inspection des ongles est extrêmement instructive à tous les points de vue. Tontes les maladies de nutrition y laissent des traces prolbneles. De la fièvre typhoïde à l'hémiplégie, au mal de mer, elles y impriment leur marque. H y a des arrêts typiques dans la croissance de l'ongle, arrêts qui sont presque toujours la conséquence d'un étal pathologique. Ces arrêts sont marqués sur l'ongle par un sillon transversal. On peut même évaluer le; fe;nips qui sépare (1) 8 juin 1907.

280

IX CHAPITRE

la durée de la maladie, le ces sillons, par conséquent en laps de temps écoulé depuis, et cela en mesurant millimètres l'espace compris entre le bord postérieur de l'ongle et le sillon. Le nombre de millimètres, à celui des semaines d'après les auteurs, équivaudrait des ongles écoulées depuis la maladie. La croissance est plus rapide pour les mains que pour les pieds; pour ces derniers elle serait quatre ou cinq fois moindre. l'incurvation Des névrites trauinatiques provoquent des ongles (W. MITCHELI.)el leur épaississcmenl ; la les dermatoses, la syphilis, etc., scrofule, rarlhritisme, Et déforment les ongles e;t empêchent leur croissance. je ne parlerai pas des affections des hystériques. la main el le Le rachitisme; modifie sensiblement bras. VIEROROT nous donne des aperçus très docuund Osleo-Maladie mentés dans sa Rachitis (1896, dont les ravages sont Ilôkler). On doit au rachitisme, dans les classes pou fortunées, surtout considérables à cause des mauvaises conditions d'hygiène, l'épaississement du poignet, surtout la région du petit doigt à cause de l'apohyse styloïde. On cite aussi la déviacl en dehors. Celle molion en sabre de l'avanl-bras dification est très banale, car plus de 30 pour 100 ele rachitisme, soit direcdes hommes sont atteints selon SENATORet RITCIHE. tement, soit par l'hérédité, La main étroite el maigre n'a-l-elle pas été citée à la phtisie, d'après comme un signede prédisposition de STIUJMPELL (l)? C'est un des nombreux signes l'habilus phtisique ou de la scrofule. Speciallc Pathologie und Thérapie der inneren (1) STRHMPELL, Krunkheilen, 1894, I, p. 363.

Fit;. F — Maladie île Morvnu.

I iu.'-'. - Maladie de Murvaii.

1 3. - Maladie île l'ai-kinson. •'ïs-V.

l-'ijî. I. - Maladie de Finie.

.Y l-'ifj-. — TulieiTiilose des doiirls

PLANCHE XXVll

Fil;. 1. — Ainyolliér.ipliie e;iian;ol-!\lnrie.

Fie. 2. — Neurofihroinalose.

Fisc.3. — Camptndaetylie

Fia. 4. — Maigreur PLANCHE XXVUt

LA PATHOLOGIE E LA MAIN D

281

Le poignet inélégant, lourd et épais, est également, dans une grande; majorité des cas, dû à un épaississemcnt rachitique, auquel on doit d'ailleurs un grand des os de nombre des déformations des articulations la main. La graisse, l'inévitable graisse qu'on devine se former chez certaines belles mains est un signe de elle est plus visible dans les mains fémivieillesse; nines dont la peau est plus mince et la couche de graisse normalement plus épaisse. Je citerai, à litre documentaire cl d'après TAMYIEU: Mémoire sur les modifications physiques et chimiques l'exercice des diverses professions, que détermine de l'identité. pour servir à la recherche médico-légale Annales d'Hygiène, l. XL11, Les stigmates professionnels (1). Les tourneurs en bois ont les doigts serrés et des durillons au rebord de l'index, à la base du pouce et sur le bord interne; les fleuristes ont la dernière phalange du pouce el ele l'index élargie; les raboteurs ele parejucls oui des bourses séreuses à la face inlerne des pouces; les pouces en spatule se trouvent chez les vitriers, les repasseurs et les cordonniers; ces derniers ont seulement le pouce gauche à la hase de la face antéspatule et des durillons rieure de la première phalange du pouce droit. Les en gros, les horlogers usent les ongles blanchisseuses en dendu pouce el de l'index (LONDE). L'ouvrière en telle aurait, selon DUPUYTREN, une contracture des quatre derniers flexion des dernières phalanges (1) Voir aussi le travail intéressant quoique Dr VERNON, la main des ouvriers, Paris, 1862. De ancien du

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IX CHAPITRE

de métaux préeloigfs. La main droite élu découpeur du côté de l'index et du sente des bourses séreuses pouce à la base de la dernière phalange ; le corroycur à chaque main, du côté de a eles durillons palmaires les tonneliers, des durillons l'éminence hypothénar; les brunisseuscs sur la ligne de l'annulaire; palmaires ont la paume droite celluleusc et noire; les cochers, deux sillons calleux à la main gauche, entre le pouce L'écrivain et l'index et cnlre le médius et l'annulaire. à la et le copiste ont des empreintes, des dépressions du phalange partie externe du rebord de la dernière médius, de même qu'il fous les doigts qui contribuent à la réalisation du geste d'écrire. Les doreurs en les ébénistes, etc., métaux, les coiffeurs, les menuisiers, ont des traces correspondantes avec leur métier. Qui ne reconnaît pas une main qui attaque souvent le clavier? Les bouts des doigts, leur mobilité et leur physionomie sont des critérium difficiles à nous induire en erreur. de la N'omctlons pas de parler des tremblements de la main et des doigts : c'est un chapitre important de cet organe. Dans la paralysie séméiologie agitante, on a la main dans l'attitude de tenir la plume : c'est des tremblements, constantes une des rares altitudes car les autres tremblements sont transversaux ou ou passagers, librillaires ou horizontaux, permanents en masse, et ils ne cristallisent pas sous une forme Les tremblements peuvent spéciale caractéristi([ue. être volontaires ou involontaires. Citons ceux de la maladie de PARKINSON, maladie nerveuse bien caractéle geste qu'on ferait pour ristique, qui rappellent de pain, Le tremblemeut sénile rouler une boulelle

LA PATHOLOGIE LAMAIN DE

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des doigts peut difficilement être considéré comme un critérium séméiologiquc des autres maladies toxiques ou nerveuses. Dans la maladie de BASSEDOAV, caractérisée entre autres par de l'exophlalmie, les yeux sortent des orbites, les doigts ne tremblent pas isoléde la main. ment, mais ils suivent les mouvements Les troubles intentionnels, c'est-à-dire qui se manifestent en s'exagéranl quand le.sujet veut exécuter un acte, sont caractéristiques dans les scléroses en héréplaque. Il faut signaler aussi les tremblements ditaires, qui se manifestemt dès l'enfance, et tous les troubles d'ordre émotif ou de nature nerveuse fonctionnelle comme ceux, par exemple, qu'on observe avant, pendant et après les crises hystériques ou épileptiques, de môme que les tremblements eboréiques, les tremblements les tremblements des paralytiques, alcooliques, séniles, etc., etc. Il y a aussi une pathologie toute particulière de la main chez les névrosés, chez les aliénés. J'ai vu plusieurs cas de malades qui, comme l'empereur Caligula e(s'étant dégoûté de toutes les plus belles femmes », firent l'amour à la Lune, et les sensations de la main jouaient un grand rôle. Nous verrons ailleurs, dans le rôle sexuel de la main. l'analyse de l'imagination, 11 y a des mains neurasthéniques, des mains bêles, comme il y a des mains « vivantes, épuisées, fatiguées ». Des études de perversion sexuelle signalent entre autres comme des cas de fétichisme possible, les amants de la main. On doit à M. ALFRED BINET, l'auteur qui pour la première fois a employé ce mol, banal depuis, le fétichisme dans l'amour, des observations

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CHAPITREIX

bien curieuses et étranges amousur celte obsession de la main reuse (1). M. BINET croit que le fétichisme et il cite à l'appui le cas d'un jeune est très fréquent, la homme qui aurait préféré dans la femme surtout main. « La vue d'une jolie main détermine chez lui, dit M. BINET, une curiosité dont la nature sexuelle n'est pas douteuse, car en se prolongeant elle pron'est Toute main, indistinctement, voque l'érection. pas capable de produire; chez lui une érection sexuelle. les Il faut éliminer tout de suite les mains d'homme, mains d'enfant, et les mains des personnes âgées. les mains vieilles, Chose curieuse, ridées, Hoiries et les mains rouges d'une tricoteuse, les mains jaunes et un dégoût maladives d'un cachectique lui inspirent » Ce jeune insurmontable. homme était, à mon avis, ne aussi un homme de goût, car toute sa pathologie repose sur rien de précis. Quelle raison pathologique tirer du fait qu'il préférait la main et pourpourrait-on dans quoi celle manière banale de voir de la pathologie toutes les impulsions aimer la possibles. Pourquoi femme en bloc et obéir au réflexe spinal et ne pas les motifs de ses goûts? Tout est sexuel dans analyser cl la main est certainement, le tout comme l'amour, pied, un point de repère sexuel précis, sans que cela fasse partie du domaine de la pathologie. L'homme moderne et est un être plus raffine;, plus analytique, il a fait de la sexualité un instinct Il pensera artistique. à l'amour un coucher du soleil s'assombrira quand tendrement vers le lointain d'une mer calme, comme (1) A. BINET, Le fétichisme dans l'amour. phique, 1887, pp. 143-168, 252-279, p. 189.) (Revue philoso-

Fil,'. 1. — OEdèmecardiaque

Fin. 2. — Olîdèmerliiiiualisinnl (main cli'oile).

Fi!;. 3. — Psoriasis.

Fig. I. — lioulle.

Fi?;, â. — Aiuyoli'opliie Fliarcol-Murie.

l'iy;.<> Ainyolropliie (3iarci)l-M,-ii-ie, PLANCIIH XXIX

Fig 1. — lîliiimalisnie.

Fig. 2. — llliiiiiialisnie.

— Fig. '•>• Rliuinalisiiie déliirmanl.

l-'ijr.4. — Rhumatisme chronique déCormaiil.

— Fig. T>. Rliuiiialisme clirouiipie. Déviation en euup de vent.

— Fig. r>. Kliuniatismochronique.

Fin. 7. — Rhumatisme chronique. PLANCHE XXX

LA l'ATHOLOlHE E LA MAIN D

28-ri

il pensera à l'amour quand il pensera à la tendresse d'une caresse, au geste divin d'une poignée de main. et On n'est pas malade, quand on s'enthousiasme, et on sait aimer la vie sous ses formes vivantes réelles. Le malade, ou considéré comme tel par M. BINET, est désolé quand il voit une belle main gantée : « Quand il s'adresse à une femme gantée, c'est comme s'il faisait la cour à une femme voilée. Quand le gant est tiré, il n'a d'yeux que pour son objet de prédilection. La sont ses plus grands plaisirs »... prendre el, l'embrasser Tout cela serait du pathologique. Mais où commence l'amour normal? Serait-ce l'excitation réflexe spinale, sans objet el, sans image précise ? Je me rangerais neltcmement dans la catégorie des êtres pathologiques. La vue d'une belle main, d'un geste gracieux, sont des de vie, de; sensibilité réelle, qui images chargées mais glissent dans notre pemsée non ele la pathologie, des sensations humaines, sensations qui analytiques nous précisent le goùl de la vie et qui nous obligent à considérer la vie sous un aspect moins automatique et routinier que ne le considère la psychologie de cabinet. Quel vent large souffle à ce point de vue dans ce que l'automatisme intellectuel considère comme pathologique? Il y a de; l'envergure, de la d'un mystère sensibilité et un penchant empreint refoule continuelletendre, que la vie normale au fond du centre subment et systématiquement M. BINET désire-l-il conscient. Pourquoi que l'amour normal soit polythéiste ? Quelle; symphonie grocéneslhésiqno spinale ! tesque; que celte exoitalion Le détail est un fait de l'amour, et la pathologie

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CHAPITRE IX

à des détails. saurait commencer l'analyse on Dans la môme catégorie que les tremblements, doit citer les spasmes cl les convulsions choréiques est le type et les tics ; la crampe des écrivains de toutes ces crampes dites fonctionnelles. on sait Au point de vue de la localisation cérébrale, rattache le centre du ou en écrit, qu'on langage termes de l'écriture, au pied de la deuplus explicites donc en avant xième circonvolution frontale gauche, le langage de la zone loul comme motrice, articulé, battue en selon la doctrine classique, qui siégeait brèche M. le professeur PIERRE MARIE, au pied par de la troisième circonvolution frontale le gauche, de Broca. La lésion de ce centre centre provoquerait Il faut la perte du langage donc écrit, l'agraphie. être ces deux centres du pour précis, que ajouter, cl du langage ne sont pas conarticulé écrit langage sidérés comme des centres moteurs par les anatomistes mais ce sont des centres d'activité dits, proprement centres de coordination et d'assodes intellectuelle, ciation des autres centres de la force motrice, qui tiennent directemécaniquement, anatomiquement, l'innervation des musculo-sensoricls ment, organes à l'expression du langage. L'acte de qui contribuent ne nous lié nécessairement à l'écriture semble pas les toulcs dernières et un centre fonctionnel malgré recherches de; MAAS (1) et de LIEPMANN (2) récentes vers du centre qui inclinent l'intégration graphique gauche el du corps calleux (1) MAAS, Du rôle de l'hémisphère au point de vue des mouvements. (Soc. de Méd. Berlinoise. Se';ance du 5 juin 1907. In Semaine médicale, p. 24, 12 juin 1907.) (2) LIEPMANN, Ibid.

LA PATHOLOGIEDE LA MAIN

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combattu jadis si éloqucmmenl par WKRVTCKE. LIEPMANN avait droits remarepié que les hémiplégiques sont souvent de faire certains avec incapables gestes la main gauche, tandis que chez, les hémiplégiques on ne constaterait rien d'analogue. A la gauches, suite du cas de MAAS, il pense que les centres moteurs du cerveau exercent une action sur gauches spéciale les mouvements des membres du côté en gauche même temps que sur la molilité du côté droit, grâce à un trajet des fibres el à la participation des spécial calleux. M. PIERRE MARIE a combattu cette corps manière de voir (1).

II de la pathologie Il y a tout un chapitre de la main, bien rapidement en revue, que je ne ferai que passer la chirurgie de la main. Les traités de chirurgie et les abondenlen documents intéressants ouvrages spéciaux et pour le physiologue, car de la pour le psychologue est faite, dont une synomanière dont une luxation dont, une plaie se cicalrise, l'analomovite évolue, de la main se précise et aussi physiologic davantage sa physionomie Le travail du docteur psychologique. A. BLUM esl un excellent résumé à ce point de vue, il n'a que le défaut d'être un peu vieux (2). Le premier (1) P. MARIE, in Semaine médicale, 1906, p. 242j note de la col. m. C (2) A. BI.U.M, hirurgie de la main, Paris, Asselin et Cic. Ed. 1882, 1 vol., 207 p., p. 18.

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CHAPITRE IX

les traité tombé sous la main complétera rapidement fexdonnées classiques epi'on ree-.opie habituellement en médecine, sans ajouter des découvertes luellcmeml ou ele;s recherches nouvelles. De la question des fracos se fracturele fait que certains tures, il faut retenir ront plus aisément Voici deux statisque les autres. même la quand tiques déjà anciennes qui indiquent : vérité expérimentale lll'-.S IIS U l'HACTl Ï:S 1" Hiélnrcapion — 2" — 3° — 4" — 5» SI A'I'ISTiyiF. POLAILI.ON' 8 l'ois 16 — 34 — 3.-J — 9 — 102 l'ois hTATISTIOI'I! HOLIN 27 l'ois 16 — 9 12 — 14 — 78 l'ois

métacarMALGAIGNE (1) admettait que le quatrième le; plus souvent ; DELPEI.II penche pien se fracturerait La main droite est plus particupour le cinquième. el toutes le's fractures lièrement afleiiite s'observent chez les hommes entre; 20 el, 25 ans, et habituellement il faut citer pour parmi les causes les plus fréquenles, el. le cinquième la chute d'un le deuxième métacarpien, choc commucorps pesant ou coup de pied ele cheval, etc. avec un coup de; bâton, un coup de poing, nique sont fracturés surtout indiLes autres métacarpiens sont moins Les luxations rectement. intéressantes; elles montrent seulement la variabilité des mouvede la ments associés eles divers éléments anatomiques T (I j MAI.UAIONE, raité des fractures, Paris, 1847. — POI.AII.I.ON, in Dicl. Dechambre. Art.. «Main», 1871.

LA PATIlOLOlilKDl'. LA MAIN main ; les plaies la vascularisalion tomo-fonctionnelle.

28'.)

d'autre pari, la richesse de montrent, delà main, sa complication analo Des affections inflammatoires le panaris, intéressant surtout aiguës, signalons par ce fait qu'il indique souvent une genèse pathologique toute spéciale. Il est plus fréquent chez l'homme que chez la femme, et selon la statistique de VELPEAU (1), il aurait la proportion de 183 hommes pour 89 femmes (2). La main droite aurait été affectée 120 fois pour 82 fois de la gauche. Voici encore, d'après VELPEAU, la fréaux doigts : quence des panaris par rapport Le pouce; L'index Le médius L'annulaire L'auriculaire Le 85 l'ois le panaris 81 — 58 — 36 — 8

est plus sujet aux tempérament lymphatique et selon POURIEU (3) la tuberculose panaris jouerait un grand rôle ; sur 400 phtisiques il aurait trouvé des traces de panaris. 38 cas portant LIEUTAUD a observé en outre que c'est pendant l'automne qu'il y aurait plus de panaris. Les synovites rusèches, aiguës ou chroniques, nous montrent à etc., gueuses, hémorrhagiqucs, cl le volume de la main est élastique quel point (1) VELPEAU,Gazette des Hôpitaux, 1838. Arsenal de la Chirurgie, (2) Voir aussi GAUJOTel, SPILLMANN, 2 vol., 1867, Paris, pp. 300-383. Ankylose des doigts. Anlcylose du poignet; pp. 399, 400-409; pp. 598-622; pp. 622-635, cliap. m. Appareils employés pour les déviations du membre supérieur. (3) POURIEU, Thèse Agréy. de Paris, 1874. ni

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CHAPITRE IX

les troubles combien inflammatoires les plus légers modifient essentiellement sa forme el sa topographie ; il en est de même les ostéites et les arthrites. pour N'oublions l'affection connue sous le nom de pas si bien décrite doigl à ressort par NOTTE en 1856 (1), intéressante fournit d'une pathopar la preuve qu'elle de la main ; il s'agit en espèce logie des tissus fibreux d'une nodosité tendineuse (A. Bi.i;M).Lescasdedigitointéresser. plastie ne peu ventguèrenous (Voir le volume de NÉLATON et OMRREDANNE sur les autoplasties.) On cas de guérison la peut citer quelques qui prouvent vilalilé des ti-ssus (NICOLADON). Nous avons des déformations de la parlé acquises nous Ces déformations main, n'y reviendrons plus. sont innombrables, surtout on sait qu'en dehors quand accidentelles il y a des des causes professionnelles, à précicauses médicales aussi variées que difficiles des difformités museulo-tendiser, à partir d'origine neusc brûlures et aux tumeurs, dont la jusqu'aux vraiment à être serait inutile gamme pathologique continuée ici. Les amputations nous intéressent chirurgicales par la psychologie des membres en d'autres terfracturés, bien condes amputés, illusions mes, par les illusions la psychologie à faire. nues mais dont reste encore ces AMRROISE PARÉ avait été un des premiers à signaler illusions et c'est à WEIII MITCIIELL qu'on doit le terme de des sur une affection particulière, (1) NOTTE, Recherches gaines tendineuses de la main, caractérisée par le développement d'une nodosité sur le trajel des tendons fléchisseurs des de leurs mouvements. [Archives doigts et par l'empêchement générales de médecine, 1850.)

LA PATHOI.OC.IE LA MAIN DE

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« membre fantôme ». C'est tout à l'ait normal de sentir encore son bras coupé, sa main absente. Nous devons à RISET une des premières elle fut faite statistiques; sur les soldats du premier Empire et il constata que 14 seulement n'avaient illusion dans le pas celle nombre total de 455 amputés. PITRES (1), auquel nous devons un travail des plus documentés sur la quesl'absence de cette illusion dans un tion, avait constaté cas seulement sur 30. Cette sensation en apparaît au bout d'un mois ; les auteurs moyenne signalent mais son apparition immédiatement après l'opération, c'est assez rare. Cette illusion peut se décrire de la sorte : le malade a la notion précise de la position il la sent; clic est mobile de sa main dans l'espace, et il accuse toutes les sensations physio-psycholoest chaude et La main absente giques normales. elle a froid; elle; a des crampes, clc Parfois, gourde, on ne sent que les extrémités et le reste de digitales la main est flou. Un malade de PITRES avait l'illuétait plus petite, comme sion que sa main amputée une main de fillette. Les sensations sont complexes et nombreuses est rarement ; l'illusion précise ; elle est elle est persistante et elle (loue, instable, parfois devient presque une idée fixe (WEIR-MITCHELL). Le membre fantôme est parfois vu en imagination ; les est illusions varient. Bien qu'on l'ait dénié, l'habitude encore une des causes principales de cette illusion. analoOn essaye d'expliquer ces membres fantômes des ; dans la cicatrice miquement guérie, il existerait (1) PITUES, Les sensations Médico Psych., 1889.) illusoires des amputés. [Arch.

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CHAPITRE IX

causes d'irritation fonctionnelle qui provoqueraient de l'extrémité l'évocation de l'image et des sensations a absente. La théorie des excitations périphériques du vrai; mais, avec PITRES, nous accorcertainement des perturbations dons à des phénomènes psychiques du moiLes excitations sensorielles. périphériques tout d'abord elles ont été pratiquées par gnon, comme WEIR-MITCIIELL et dernièrement par SOUQUES, implile rôle prépondérant qu'elles jouent, dans la queraient faraUne excitation de cette illusion. systématisation l'illusion du membre comme fantôme, dique éveillerait de cocaïne abolirait une injection pour un certain temps et Les docteurs A. MARIE, de Villejuif, l'illusion. fandernièrement les membres PELLETIER ont examiné tômes chez les amputés délirants (1). Le docteur consacré sa thèse à PAPILLON (2) avait inaugurale du même l'analyse sujet et il avait constaté que cersurasecondaires tains aliénés des troubles présentent surtout aux troubles normaux ; cela se rencontre joutés chez des aliénés caractérisés par de l'affaiblissement intellectuel notoire. Les docteurs MARIE et PELLETIER trois cas ele délirants actifs où les délires publièrent se greffent sur des sensations douloureuses du membre ou avec des poussées locales. de suppurations amputé Le processus serait facilement analomo-physiologique si l'on tient compte de recherches faites sur explicable la dégénérescence et centrifuge des nerfs ; centripète (1) D 1'AUG. MARIE et M. PELLETIER, Les membres fantômes chez les amputés délirante. [Bull. Insl. gêner. Psycliol., n° 3, 5 juin 1905. Extrait. 15 p.) délirantes et des (2) Dr PAPILLON, Des interprétations hallucinations chez les amputés aliénés. (4'hèse ele Lyon, 1905.)

LA PATHOLOGIEDE LA MAIN

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à la variabilité mais, une fois de plus, il faut songer des ressources cérébrales psychologiques qui aliraniment ou font revivre des processus dont mentenL, l'automatisme était bien el définitivement établi. Exposant mes recherches sur l'image motrice, j'analyserai mes cinq observations où l'image n'était, personnelles de l'isolement en somme, que le résultat psycho-fonctionnel d'un processus et associé organique compliqué strictement à l'automatisme organique général. Nous ici, à litre de document, publions l'image a fait des progrès d'une main artificielle ; la prothèse énormes et l'on arrive à suppléer bien des trouhlesfoncJ'ai vu des tionncls et même tout un bras amputé. se servir admirablement de leur bras grâce amputés à des appareils orthopédiques.

CHAPITRE

X

LA CRAMPE DES ÉCRIVAINS (1)

I La crampe des écrivains, improprement d'ailleurs nommée ainsi, paraît avoir été signalée pour la première fois par un auteur allemand BRÛCK, vers 1831. En effet, on ne retrouve aucune citation, aucune antérieure au travail de BRÛCK. date bibliographique —Les observations de GIERL, ALEERS et HEYFELDER considéré à tort par GAU.IOT 622) comme le premier (p. auteur qui ait écrit sur la crampe des écrivains — se suivent de tout près, mais elles sont postérieures : 1832, 1835 et 1838. WU.DE R., cité pour la première (I) Crampe des écrivains, Synonymes = Chorea scriplorum Névrose coordinalrice des (les anciens), Mogigraphie (HIRSCH), écrivains de profession (BENUDIKT). Dyskinésie des écrivains Paralysie anapeiratique (HAMMOXU). professionnels (JACCOUD). Contracture par abus fonctionnel (W VILLE'/.). Impotencefonctionnelle (GAI.LARD). Spasme el impotence musculaire fonctionnelle DE BOULOGNE). pasme fonctionnel (ZUUER). (DUCIIENNE S Schreiberkrampf (îles Allemands). Tremblement oscillatoire Béyayement des muscles de la main (DEBOUT). (CAZIÎNAVE). VALLERX« Cette affection consiste dans l'impossibilité : d'écrire, par suite de contraction particulière des muscles fléchisseurs, ou plus rarement des extemseurs des doigts, quoique, en général, la main exécute facilement tous les mouvements quand il s'agit d'un auto-acte.»

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CHAPITRE X

en effet, un passage de fois par ZURER, reproduit, CH. BELL (Recherches, etc.) — qu'il n'a pas pu d'ailleurs ne lui retrouver— maladie qui indiquerait que cette « J'ai observé, la perte de était pas inconnue. dit-il, des mouvements nécessaires la combinaison pour l'écriture ou bien une telle des mouveirrégularité ments de la main, les lettres étaient tracées en que des bras à travailler que l'aptitude zigzag, pendant » à faire des armes, restait entière. vigoureusement, d'une manière cetle HEYFELDER décrivit plus précise L'affee-tion selon cet affection en 1835. consisterait, « eu un tremblement convulsif des trois auteur, premiers de la main droite la doigts qui font divaguer sur le papier et dans un égarement involontaire plume la plume. de ces mêmes doigts qui les font lâcher ils jouissent Hors de l'action de la même d'écrire, de la même de la même sûreté et de adresse, force, » la même de mouvement. promptitude son article du ZURER, dans Spasmes fonctionnels la Dictionnaire avec raison encgclopédique, critique traduction .de la dénomination mauvaise française allemande : Schreiberkrampf des écripar crampe ei erreur, d'introvains, dit-il, qui a eu pour résultat la science contre duire dans un mol bizarre française ont protesté trente; ans tous les auteurs lequel depuis de la question. Le mot restera qui se sont occupés ». Ce fut le docteur précisément, parce qu'il est, bizarre CAZENAVE de Bordeaux qui l'employa pour la première fois en France, en 1835. Des formes de crampes variées fonctionnelles furent citées ainsi celle conceraprès, nant la traite des vaches par BASEDOW en 1851, celle des cordonniers des coupar GLEMRNS en 1856, celles

LA CRAMPEnES ÉCRIVAINS

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turières celle par LOC.IIER BALRER à la même époque, des télégraphistes d'autres par ONIMUS, el quantité fonctionnels spasmes par DUCHENNE DE BOULOGNE et les auteurs postérieurs. Pour mieux faciliter de cette l'intelligence clinique nous parlerons tout d'abord des travaux cliaffection, et des observations des auteurs, niques puis nous de traiter de son mécanisme, et à la fin essayerons nous examinerons la question de la thérapeutique (1). (I)ALRERS. In Mecl. Z'eil. v. Verein f. Ileilk., 1835; — In Zeils. f. rat. Méd., t. X, 31. — AXENFF.LD.Névroses, t. II de la Pathologie de Requin, Paris, 1863. BASKROWV. Melkerkrampf, Casper's Wochens., 1851. — BKARR. Writcr's Cramp ; ils symtoms and treatment, Philad. med. Times, 1877, fév. 317 ; — In New-York mcd. Record, 1879. — BELMONDO.Sopra una forma prevalentementc alonica di sulle patogenesi degli mogigrafia con alcune considerazioni spasmi fonzionali, Rivisla di palol. nervosa e mentale, vol. I, l'asc. 8, août 1896. — BENEIMKT.Sur la crampe, Club médical viennois, 23 janv. (d'après Revue neurol., 1898, p. 333, — In und Eleklrolherapie, Nervenpalhologie 1874, pp. 267-349. — BIANCHI (L.). Il crampo degli scritlori, // Morgagni, 1873, fasc. i, [>. 36.— Bior;. Orlhopraxy, etc., I.ondon 1865, p. 34.— BLUM.Chirurgie de la main. 1 vol. Paris, 1882, 207 p. — BONNIER (Pierre). Sur un cas de crampe professionnelle symptomatique do la maladie ele Bright, Soc. neurol., in Revue neurol., 1896, p. 414. — BmicK. Caspers's Krit Repertorium, XXX, 1831, liv. II, p. 2; — In Hufeland's Journal, 1835, p. 4. — BURCKHARDT. Die physiol. Diagnoslik d. Nervenh., 1875, p. 147. CANSTATT.Lehrbuch der speziellen Pathologie und Thérapie (d'après Zuber). — CARRIEU. De la fatigue el de. son influence Th. pour l'agi", de Paris, 1878.— CARTER. lu palhogénique, Clinical Sociely's Transactions, vol. II. — CAZKNAVH. quelDe à l'action ques infirmités do la main droite qui s'opposent d'écrire, Gazelle méd., 1835; — Sur quelques infirmités de la main droite [crampe des écrivains) qui s'opposent (t ce que les malades puissent écrire et sur les moyens de remédier à ces infirmités, 1845, broch. avec pi. : — Observations de tremble-

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CHAPITRE X

II Observations et documents cliniques

des à plusieurs CAZENAVE s'est reprises occupé delà main ; il a étudié en 1846, et en 1852, un crampes selon lui, tout spécial de la main tremblement que, de la main droite guéris ou palliés avec ou ments oscillatoires sans le secours d'une machine orthopédique appelée portemain, Gaz. méd. de Paris, 1852, pp. 212-215, 225-227, 326-327. — GEDERSCHJÔLD.In Schmidl's Jahrbùcher, 180, p. 121 (d'après Zeils. f. rai. Med., Zuber), 772. — GLEMUKS. Schusterkrampft, 1856. destinés à prévenir DEBOUT. Sur les appareils prothétiques l'exercice de la main et des spasmes pendant la production la crampe des écrivains, Bull. gén. de thérap. méd. spécialement et chir., 1860, LVIII, 327, 332, 377; — Coup (l'oeil sur quelques appareils destinés aux malades affectés de paralysie partielle des membres, Bull. gén. de thérap., 1860. — DECHAMBRE[Dict.). t. XXI, CRAMPE DES ÉCRIVAINS, V. Spasmes fonctionnels, Mécanisme de lr" série, p. 378. — DUCIIENNE (de Boulogne). la physionomie humaine, Paris, 1876, 2" édit. ; — Spasme foncBull, de Thérap., tionnel et paralysie musculaire fonctionnelle, 1860 ; — De Téleclrisalion localisée, Paris, 1861, 2° édit., localisée, 3e édit., p. 1028. p. 849 et suiv. ;— De Téleclrisalion DZONDY.In Aesculap, nouv. série, t. I, pp. 2 et 5. der spccialen Pathologie und ERR. In Ziemssen's Ilandbuch Thérapie (Zuber). — KULENUURG. Lchrbuch der Nervenkrankheilen, 1878, t. II, p. 194. FRANK SMITH. Heplioestie Hémiplégie (Hammer Palsy), The fingerLancet, 1869, 27 mars. — FRITZ. Ueher Reflexions 1844, t. XLVI et XLVII. — FROkrampf. OEslerr. Jahrbiicher, RIEP. Heilwirkungeler Elcctricitât boi des Kheumal-Schwiele, p. 181 (Zulier). GALLARO(T.). Crampe des écrivains. fonctionImpotence nelle, in Clinique méd. de la Pitié, 1877, pp. 485-493; — Progrès méd., 1877, n 05 25, 26, 28. — GAUJOT et SPILLMANN. Arse-

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n'avait encore tremblement signalé, qu'il personne « parce qu'il consiste en un mouoscillatoire appelle de la main droite vement en sens contraire alternatif, « C'est ainsi elle est placée comme pour écrire. quand et auriculaire étant appuyés que les doigts annulaire nal de la chirurgie contemporaine, Paris, 1867, t. 1 (Appareils pp. 622-634.— GEIGEL. Der pour la crampe des écrivains), Schrcibekrampr, Wiirzburyer med. Zeits., 1864. — GIERL, In Salzburg. med. Chir. Zeil., 1832.— GOI.DSCHMIDT.In Casper's Wochens., 1838, n" 2. — GUYON.Moyen de faire cesser immédialement la crampe des écrivains, Gazelle méd. de Paris, 1852. HARTELIUS.Crampe des écrivains traitée par la méthode des mouvements, Hggieia, XXXVIII, 1876. — IIASSK. In Virchoufs Pathologie, t. IV, l'" partie, p. 142. -- HAUPT. Nemoliber die Schreibekrankheil, 1860. — Wiesbaden, graphie HERTZKA.Traitement de la crampe des pianistes par le geselminum semper virews, Pesl med. Chir. Presse, 1876, n° 12. — HEYKKLDKR. Med. /.eitung non Verein f. Heilk. in Preussen, 1838 (cité par Zuber). — HIRSCH. Spinalneuroscn, 1843, p. 430. JACCOUD.Traité de pathologie interne, 1878, t. I, p. 524; — écrit dans son Traité de pathologie interne : « L'acte d'écrire n'est pas le seul qui puisse être troublé par ces anomalies; on les observe, mais plus rarement, dans certains mouvements professionnels qui, comme ceux de l'écriture, sont le résultat d'une coordination artificielle acquise par l'exercice. » KOPP. Denkwiirdigheilen, U III, p. 406. — KRAVSSOLD. eber einemoderne Erkrankungderuntercn Extremilâten, Ceniralbl. f. Chir., 1878, n°33. LANCER (IL). Contribution à la prophylaxie et au traitement delà crampe des écrivains, Munch. med. Wochens. (d'après Revue neurol., 1893, p. 402). — LANGENRECK.In Vereins-ZeiSoc. de chir., lung, 1835, n° 19. — LARRSY. Discussion, 12 déc. 1866. — LOCHER-BALBKK.In Schweiz. Zeits. f. Med., 1836. MEYER. Schmerzhal'te Druckpunkte der Wirbelsacidc, etc., in Berl. klin. Wochens., 1878, n» 51 ; — Zur Thérapie der Verh. d. Berlin. IRrzle des., 1867, I. — Schreibekrankheil, MILLER (J.). Schustcrkrampf, Deids. Klinik, 1868, n°28.

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CHAPITRE X

sur le papier, la plume étant tenue par les trois premiers la main se balance, oscille plus ou moins doigts, droite à gauche, de façon que le malade rapidemenlde cet acte complexe qui écrit est obligé d'accomplir par en quelque sorte. » Les perde l'escamoter surprise, NAECKK. La crampe des liseurs, in Ncurol. Cenlralbl., 1906, n" 19. — NAPIAS (H.). Note sur un nouveau cas de crampe Revue d'Hygiène, 1879, I, 927. professionnelle, Gazette, méd. ONIMUS. Crampe des employés au télégraphe, de Paris, 1875, p. 175, et Soc. de biol., mars 1875; — Le mal ou crampe télégraphique, C. r. de la Soc. de télégraphique biol., 1878, pp. 92-97. POOHE (V.). An analysis of seventy-fivc Cases of « Writer's Power, Medico-chirurç/ical Cranip » and impaired wiiling and t. LXI, — Writer's Transactions, cramp, its Pathology The Praclilioner, Trealmcnt, 1873, juin-août. — Elcctricity in The Lancel, affections and Writer's cramp, Spasmodie 23 janv. 1875. RAYMOND.Crampe des écrivains, Journ. de méd. et de chir. cramp or prat., 10 janv. 1895. — REUBEN VENCE. Writer's Scrivener's Palsy. Boston med. andsurg. Journ., mars 1873. — REVII.I.OUT. Spasme fonctionnel et tétanie chez un athlète. Gaz. des hôpit., 1880, n° 68. — RICHTER. Grundriss der inneren Klinik, Schmidl's Jahrb. 1838, t. II, p. 123. — ROMBERG. in Lehrbuch d. Nerver-Krankheil., Berlin, Schreibekrampf, 1881, 2" édit., p. 354. — RUNGE. Zur Genèse und Behand. d. Berl. klln. Wochens., 1873, n° 21. Schreibekrankheil, Wicn. med. WoSCIIULTZ. De la crampe des danseuses, chens., 1876. — SF.CCAMANI.Crampe des écrivains guérie par Gazette méd. de Paris, 1859. — SHERIGMUI.I.ER. l'électricité, Zur Pathogcnio der peripheren Krampfe, St-Petersburger Medicinich. Wochens., 1881, n° 2. — SKIEFEW, Atlas und Grundriss des allgemcinor Diagn. u. Thés, des Nervenkrankh., 1902, Miinich, p. 322. — SIIEARER. Diseases of Considération in tlic Fonctions ofReading and Writner, Journ. of med. Se, janv. 1876. — SIEROF.IH. In Med. Verein-Zcitung f. Preeussen, 1835, n» 19 (d'après Zuber). — SIMON (F.). Ein. Beilrag. z. l.ehro. vond. Tétanie, Th. de Breslau, 1874.— SIMON (J.). Art.

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atteintes de cette infirmité sonnes si, par hasard, une gène difficile à elles peuvent écrire, éprouvent et elles méfient un temps incalculable vaincre, par au temps nécessaire quand la main écrit dans rapport des malades normales. La plupart les conditions absolue de conduire sont pourtant dans l'impossibilité CRAMPE, Nouveau Dicl. de méd. et de chir. (Jnccoud), 1869, t. X, pp. 143-148; pp. 144-148. - - SIMON (A.-C). D'une nouvelle variété de spasmes musculaires fonctionnels, Th. de Paris, 1878, n° 338. - SOI.LY. Lectures ou Scrivencr's Palsy, The Lancet, 1865 et 1867(d'après Zubcr).— STICII. Neuropathology und Thérapie Mitheilungen, Archiv f. klin. Med., fasc. 4 et 5. — STRAUSS(,L). Des contractures, Th. d'agr. do Paris, 1878.— U STROMEYF.R. eber tien Schrcibekrampf, Bayerisch med. Corresp. Blatl, 1840, n" 8. TniF.LMANN.Fall von Nakekrampf, Med. Zeit. Russlandcr, D 1889, n° 44,— TROUSSEAU. es diverses espèces de cliorée, in Clinique méd., 4e édit., 1875, t. II, p. 268.— TUPPERT. Zur (1er Schreibckrankeit, Behandlung Bags. /Erlze Inlelligenzblall, 1860, n" 24. ULRIK. Et. apparat und Skrivekrampe, Ugesk. f. Lager, 15, p. 465 (d'après Zubcr). VALLKROUX DF.LTHIL.In Union méd., 1853. -*-VAI.LEIX. In et Guide du médecin praticien, 3e édit., t. IV, p. 003 ; 5e édit revue par Lorain, Paris, 1866, t. I, lig. - VASCUIDK (N.). La crampe des écrivains, Conférence à VEcole de graphologie de Mme Salberg, juin 1907. WKIR-MITCHELL. Ou Functioual Spasmes, Amer. Journ. of med. Se, oct. 1876.—WILIIKLM. Ueber einege Fiillc von Coordinations neurosenbeiKi'intlcrn, Allg. Wein. med. Zeit., 1876, n° 16. — WILDE (R.). Ueber Schreibkrampf und analoge Zuslande, Th. de Rreslau, 1875. — In Cenlralbl. f. Chir., 1875. Dicl. cncgclop. des se. ZUBKR(C). Spasmes fonctionnels, méd., 1881, t. X, 2e édit., pp. 754-780; — Crampes, Dicl. cncgclop. des se. méd., t. XXI, \rc série, pp. 367-378. ZURADELLI. Del crampo degli scritl.ori, Gaz. med. ilal. Lomb., 1857, n» 3642; et Ann. Univ., 1864.

302 « une plume mot ». Une longue CAZENAVE à d'instruments son appareil de

CHAPITRE X former des lettres, d'écrire, en un

aurait décidé le docteur expérience faire construire chez un constructeur de chirurgie de Bordeaux, M. Bataille, autre Toute porle-main. qu'il appelle lui paraissait les moyens illusoire ettous thérapeutique conseillés en pareil de cas, lui semblaient palliatifs leurres. Son traitement, comme l'avoue l'ausimples teur même avec une conscience qui lui fait honneur, n'arrivait le tremblement oscillatoire de pas à guérir la main et des doigts, mais simplement à pallier et à Le traitement médicette infirmité usuelle. soulager cal est douloureux comme il le constate lui-même, et souvent inutile. difficile, complexe CAZENAVE publie trois observa fions très documentées ou palliées par son traitement orthopédique. guéries de Bordeaux, cas est un chirurgien Le premier G..., oscillatoire des deux mains, qui avait le tremblement iiabiieté mais qui avait gardé quand même une grande « En le voyant des instruprendre opératoire. et de on le taxait ments d'imprudence pour opérer, surtant le tremblement de la main droite témérité, en suivant les considérable. Néanmoins, tout, était de ses opérations, on était rassuré, de chacune phases et qu'il voucar dès qu'il avait pris sa détermination sa main était sûre, lait agir, le tremblement cessait, aux ordres de sa d'une grande complètement prestesse, » La seconde volonté. se rapportait observalioji égaleoscillatoire des mains et ment à un cas de tremblement athlédes doigts, mais « chez un monsieur de formes et âgé de 50 ans, sarcocèle tiques opéré avec succès;

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». La troisième du tremblement oscillatoire guérison observation était le cas d'un jeune homme de 24 ans On changea sa vie, ses ayant de la fatigue cérébrale. habitudes ses éludes el le tremblement ; il cessa oscillatoire de la main droite et des doigts cessa après deux ans, à tel point qu'il put écrire assez facilement à condition La quatrième qu'il n'écrivît pas longtemps. observation concerne le tremblement oscillatoire des deux mains, de la droite à la suite de surtout, malheurs était un employé ; le sujet domestiques de l'enregistrement Le de 52 ans. supérieur âgé malade d'écrire au traitement put continuer grâce le tremblement oscillatoire de sa CAZUNAVE, malgré main droite. La cinquième observation peut se résumer ainsi : tremblement oscillatoire de la main droite ; alimentation choisie et précautions hygiéniques produisant un amendement; heureuse influence de la le Comte Le sujet, X., âgé de musique; guérison. 48 ans, nerveux et très impressionnable, fut guéri surtout par l'influence musicale. La sixième observation : et tremblement oscillatoire de la main droite goutte chez un homme d'un vériâgé de 67 ans, et atteint table nervosisme Le sujet était un négo; guérison. il s'était servi avec du porte-main, ciant; avantage il a écrit de trois mois avec cette pendant plus machine et le tremblement orthopédique disparut complètement. ONIMIIS décrivit en 1875 la crampe des employés au L'affection serait identique à la crampe des télégraphe. cl, elle surviendrait chez certaines écrivains, personnes « à la suite de mouvements et, avant lui, répétés»; l'auteur ne croit pas qu'on ait signalé celte crampe,

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non seulement mais aussi chez les écrivains, constatée, chez les dessinateurs, chez les graveurs et chez les musiciens.11 eut l'occasion d'observer deux cas, dont l'un intéressant. Ce très caractéristique et particulièrement au malade était très intelligent dernier et, employé dix-neuf ans, avait suivi la malatélégraphe depuis son apparition les premiers die depuis ; il constata diffiune certaine symptômes par le fait d'éprouver culté à faire les points et surtout une série de points. Dans le télégraphe Morse, ou sait que les lettres sont et de points, de traits représentées par une réunion et « les premières lettres il éprouve pour lesquelles sont l'.s, qui est une certaine raideur de manipulation formé de trois points, Vi qui est formé de deux points et le v de deux points et un Irait. Le d, qui commence se faisait mieux que le v, par un trait et deux points, terminant le trait mouvement parce que le premier assurance à l'ensemble du donnait une plus grande Peu à peu, la formation de foute espèce mouvement. de traits et de points est devenue avec la impossible le malade main dans la position ordinaire; essaye avec le pouce alors d'agir sur le manipulateur seul, et, pendant près de deux ans, il peut ainsi transmettre le pouce est pris les dépêches. Après celte période, de crampes, et le malade se serf alors successiveet du médius. ment de l'index Chacun de ces doigls de manipuler deux à trois peut lui permettre pendant mais tous deux sont à leur tour de mois, pris Enfin il se sert du poignet, mais les mouvespasmes. ments coordonnés deviennent bientôt également et tandis que pour les doigls il éprouvait impossibles, de raideur, une sorte du poignet détermine l'usage

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et convulsifs des mouvements de l'avanlrapides bras dès qu'il veut lancer une dépèche ». Si le malade voulait surmonter toutes ces difficuldans le bras et tés, des frémissements apparaissaient même dans la jambe du même il se plaignait côté; de douleurs à la nuque et parfois d'un sentiment de vertige et d'insomnie. Selon ne serait ONIMUS, cette affection pas rare des télégraphes, et surtout parmi les employés pour ceux qui utilisent Les malades Morse. l'appareil entre eux cette affcctienpar désigneraient l'expression de mal télégraphique. Comme ONIMUS conseille de faire thérapeutique, de temps en temps l'appareil de l'expéditeur, changer et cela dès qu'il se plaint, dès l'apparition des premiers en le remplaçant symptômes, par le système dans tous JJughs, qui se trouve également employé les bureaux télégraphiques. Dans un second ONIMUS insiste, eu travail, ayant l'occasion de nouveaux d'observer faits, sur ce point « la des écrivains n'est pas 'seulement que la crampe des mêmes mouvements répétition fréquente qui amènent la crampe, mais bien le plus ou moins d'irritabilité ». Ce fait, constaté par ONIMUS chez les du mal télégraphique, serait identisujets atteints le même dans le cas des crampes des écriquement vains. 11 y aurait des caractères communs pour tous les spasmes fonctionnels. Les phénomènes seraient chez les télégraphistes plus généraux ; le télégraphe Morse exige une attention dans la transmisspéciale sion des traits et des lignes. Un employé intelligent lui avait communiqué défectueuse queia transmission 211

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« peut tronquer E par exemple, le d'une seule lettre, ». Un employé différentes mot référé de 447 manières habileté transmet et reçoit environ d'une moyenne à l'heure, environ 7.000 donc 49.000 par signaux la durée du service comme étant de jour, en calculant La tension est un des facteurs sept heures. d'esprit dans la genèse des crampes fonctionintéressants nelles. La transmission des dépêches comme offre, tout acte d'habitude, des mouvements réflexes incons« La main, cients. écrit le docteur ONIMUS, n'obéit aux déterminations de la volonté. Soupas toujours vent même, un mot mal lu est transmis correctement. D'un autre côté, un employé dont la transmission est ne s'interrompt lente naturellement pas toujours vient à sommeiller; dans ce cas, il transmet lorsqu'il à son correspondant les pensées qui accompagnent ce demi-rêve, car il continue à faire marcher le levier avec sa main et à expédier des dépèches ». La main va plus vile que la volonté, et les désordres arrivent la main est entraînée une heure de quand après elle a atteint son maximum de manipulation, quand vitesse. « D'après les renseignements, écrit ONIMUS, que nous avons les obtenus, symptômes généraux en outre, bien plus fréquents et se produiseraient, raient bien plus rapidement chez la femme que chez l'homme. Ces symptômes se manifestent surtout par des palpitations, des vertiges, de l'insomnie et peulôlre un affaiblissement de la vue ; les employés anciens et laborieux Dans font, la plupart, usage de lunettes. cette affection, comme dans la fatigue cérébrale amenée progressivement activité du cerpar une grande

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de conslricveau, il existe à la nuque un sentiment comme dans un étau, la tion, qui semble maintenir, du crâne. Celle sensation est assez partie postérieure et M. BnowNchez les hommes d'affaires, fréquente SÉOUARU nous a dit qu'elle existait presque constamment chez les Américains rendus malades ou surexà la suite de grandes cités fie préoccupations commerce ou d'industrie. Elle surtout apparaît veuf forcer les fonctions intellectuelles lorsqu'on nous l'avons observée chez plusieurs déjà fatiguées; dans ces conditions. personnes « A la surexcitation succède rabattement, la tristesse atonie physique et morale. Le sujet et une complète et on m'a assuré que la folie môme perd la mémoire, années de cet étal peut survenir au boni de quelques » pathologique. Le docteur des ONIMUS, pour faciliter l'intelligence de ses malades atteints du mal télétroubles moteurs de MAXIME DU cite cette page intéressante graphique, sa vie et ses organes : CAMP, Paris, « La fatigue que cause le travail de manipulation est desservi par deux agents : est excessive. L'appareil l'autre la traduit si l'un reçoit ou expédie la dépêche, Morse ; on la coupe, on elle est arrivée par l'appareil la colle sur la feuille de roule si elle est parvenue par Cela n'a l'air de rien au premier Iluglis. l'appareil d'une abord; être assis sur une chaise en présence fonctionner d'ellemachine intelligente qui paraît suivre du regard les traits dessine; même, qu'elle lentement une bande de papier ; c'est là fout dérouler èlre bien le travail fait, il ; mais pour apparent nécessite une rapidité de main, une fixité de regard,

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et souvent même un déploiement une tension d'esprit Tout l'être à la foncde force considérable. participe d'inadvertance amener une tion ; un instant peut il faut savoir les éviter. 11 n'y a pas une erreur, et surexciseconde de repos, tous les nerfs sont tendus même des dépêches tés ; la diversité qui se succèdent amène une lassitude de plus : affaires de sans relâche commerde bourse, famille, opérations tripotages lettres nouvelles chiffrées, ciales, langues politiques, hollandaise, italienne, française, espagnole, anglaise, arrivent l'une comme les allemande, l'autre, après d'une el infatibattements régulièrement pendule, dans l'espace du même A quart-d'heure. gablement il faut ajouter des appale bruit cela, ininterrompu bruit nerveux, reils, saccadé, aigre tant il est presque sans de se reproduire discontisec, et qui, à force les natures les plus finit par ébranler nuité, vigoureuses. « Si jamais on arrive à écrire l'histoire des maladies de métier, de chaque corps persuadé que le je suis un contingent remarfournira électrique télégraphe et tout à fait particulier .» quable DurniENNE DE BOULOGNE appelait spasme fonction« une affecmusculaire fonctionnelle nel et parulqsie tion caractérisée, soif par des contractions patholodouloureuses ou indolentes, soif continues, giques ou des tremblements, par des contractions cloniques soit enfin par une paralysie ; affection qui se manifeste seulement l'exercice de certains moupendant vements volontaires ou instinctifs, et qui peut siéger « peut dans toutes les régions ». Le spasme fonctionnel son siège ou affecter établir dans toutes les régions

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un grand nombre de mouvements volontaires ou instinctifs ». L'abus d'une fonction musculaire provole spasme. Voici en résumé les observations querait de cet auteur. Obs. I. Un agent de change « chez de l'index se flélequel les deux dernières phalanges chissaient s'étendait sur le pendant, que la première dès qu'il avait écrit quelques métacarpien, premier mots ». Obs. IL Un employé du ministère de la guerre « dont les deux premiers dans une doigts se plaçaient attitude c'est-à-dire opposée, que la première phaétaient lange était fléchie, tandis que les deux dernières ». Obs. III. Deux malades « dont dans l'extension un mouvement la main exécutait, de supination sitôt avaient tracé un mot; de sorte que le bec de qu'ils leur plume regardait en l'air sans qu'ils puissent s'y ». opposer DUCUENNE remarque fonctionnel que ce spasme n'affecte pas seulement la main et les écrivains, comme son nom et il cite plusieurs observations de l'indique atteints fonctionnels. malades d'autres Voici spasmes : Obs. 1. Un tailleur touren résumé ses observations nait violemment le bras en dedans en contracfuranf dès qu'il commençait à coudre. son sous-scapulairc lui était possible. Tout autre exercice Obs. IL Chez « du côté qui tenait l'humérus un maître d'armes, tournait en dedans sitôt qu'il se mettait, en l'épéc, « lorsqu'il ferblantier, garde ». Obs. III. Un ouvrier de métal, le deltoïde et le voulait planer une plaque du membre se qui fient le marteau biceps supérieur contracturaient douloureusement». Obs. IV. Chez un « les fléchisseurs du pied sur la jambe se tourneur, contracturaient dès qu'il l'appliquait sur la planche

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son tour ». Obs. V. L'observation pour faire mouvoir « dont la tète se d'ANDPiAi. concernant un monsieur tourne à droite des muscles rotapar la contraction ce qu'il ait rejeté son veuf lire, jusqu'à teurs, lorsqu'il était également atteint de la livre (1855) ». Ce malade « éprouObs. VI. Un savetier des écrivains. crampe droits de vait les mêmes contractures dans les rotateurs muscles de l'épaule droite et la tôle, et dans quelques travail». Obs. VIL Un de la face des qu'il se mettaifau années à traduire des savant qui avait passé plusieurs mais dont, la vue était bonne, ne présenmanuscrits, dans le tait aucun trouble de la vision quand il regardait « mais quelques secondes vague, après que ses yeux s'étaient arrêtés sur un objet, il voyaitdouble». Ce phémorbide de la contracture nomène dépendait spasmodroit interne de l'oeil gauche. Obs. VIII. Un diquedu de Strasbourg étudiant qui s'était adonné à un travail intellectuel intense et continu, ne pouvait se livrer à la les phénomènes suilecture sans éprouver morbides : « J'ai constaté, ses vants écrit, DUCIIENNE, qu'alors sourcils étaient élevés par la contracture des frontaux, et que ses paupières se fermaient par la contracture des orbiculaircs, et que ses que sa face s'injectait veines temporelles Le jeune homme, élaienlgonflécs». ne pouvant se guérir, se tua de désespoir. Obs. IX. Chez « se contracun paveur, les deux sterno-mastoïdiens turaient la contraction instinctive des muscles pendant la fêle en équilibre entre la flexion qui maintiennent el l'extension. Cette contracture était telle que sa tète se fléchissait avec une force extrême ». Dès que la tête la contracture cessait. Obs. X. Un s'appuyait, curé de campagne les troubles suivants dans présentait

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de la respiration : « A chaque le mécanisme inspiracle son abdomen se tend et tion, tout le côté gauche se déprime que du côté gauche, pendant l'ôpigastre ». Ce trouble, le plus curieux est soulevé normalement observé par DUCHENNE DE BOULOGNE, était du uniqueà la contraction et douloureuse ment spasmodique des muscles de l'abdomen du côté droit. DUCHENNE DE BOULOGNE distingue, comme nous de spasmes l'avons fonctionvu, une autre catégorie nels qui ne sont pas des crampes. Il cite plusieurs La douleur exemples. n'accompagne pas nécessairefonctionnels ment, selon DUCHENNE, les troubles ; la douleur serait provoquée quelquefois par une névralgie Citons encore une dertemporaire (obs. GCXXIX). nière remarque de DUCHENNE : « L'exercice de certains volontaires mouvements la paraproduit quelquefois d'un ou de plusieurs muscles lysie temporaire qui concourent à ces mouvements. foncCette paralysie tionnelle affecle les mômes muscles que le spasme fonctionnel et CCXXI). (obs. CCXXX de la crampe En dehors on peut trouver : 1° des ; 2° des trembleparalysies plus ou moins complètes ments musculaires; 3° des convulsions choréiformes ; 4° des troubles de la sensibilité et 5° des musculaire de la sensibilité troubles cutanée. une longue GALLARD consacra à la leçon clinique Pitié sur la crampe des écrivains et présenta deux cas aLteints de cette cas était un affection. Le premier de 18 ans, qui dès l'âge de 10 ans, fut jeune homme dans une étude d'avoué à copier des rôles. employé Il changea de profession à l'âge de 15 ans et demi et devint commis mercier. Deux ans après avoir cessé

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en de la fatigue à se plaindre il commence d'écrire, la main minutes écrivant. d'écriture, vingt Après « l'index se raidissaient, et le médius lourde devenait de plus en plus, la flexion de ces doigts, s'étendaient devenait bientôt à l'acte d'écrire, si nécessaire imposse voyait obligé de suspendre sible et ce jeune homme l'anesthésie ». Les accidents son travail s'aggravèrent, et se générafut plus complet et le désordre apparut, des doigts n'était lisa. L'attitude pénible que lorsqu'ils en contact avec une plume se trouvaient ; « rien de toutes les fois que les muscles pareil ne se produisait en contraction entraient des avant-bras pour un autre le sujet, il faioù il présenta ». Au moment usage lentoul en écrivant sait remarquer que le malade trace de trémuaucune son nom ne présentait tement de le docteur GALLARD l'examen Voici d'après lafion. « Les lignes sont loin d'être son écriture.' parallèles, courante d'une personne dans l'écriture comme qui de ses mouvede la liberté est en pleine possession avec une grande et s'abaissent ments ; elles s'élèvent forment mot Les lettres chaque irrégularité. qui : certains n'ont pas toutes des dimensions égales jamtrès haut, de L ou de B montent empiètent bages au contraire, même sur la ligne supérieure ; d'autres, très réduites. Les ne présentent que des dimensions et les déliés se succèdent sans ordre ; ou plutôt pleins un plein se habituel est souvent l'ordre interverti, trouve à la place d'un délié et réciproquement (p. 450). » le maximum, Ces désordres quand le malade atteignent se se sert de la plume ; il préfère pour ces raisons Les troubles servir du crayon. fonctionnels, après à la à l'acte d'écrire, se font sentir avoir été limités

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une certaine longue <( dans fous les actes qui exigent coordination des mouvements des doigts ». Le docteur GALL\RD faisait à ses élèves son remarquer que malade n'avait eu de crampes à proprement jamais mais « une simple non douloucontracture, parler, bientôt suivie d'un certain reuse, degré d'anesthésie et de paralysie de la sensibilité tactile (p. 451) ». Son second cas était un employé d'administration le docteur GALLARD avait donné âgé de 47 ans, auquel des soins depuis mais malheureuannées, plusieurs sement infructueux. Il était entré à l'âge de 25 ans dans l'administration, et comme son écriture laissait à désirer, il prit quelques senleçons qui modifièrent siblement sa manière d'écrire. Il eut à lutter pendant années de longues à son écriture une pour assurer forme définitive. Plus tard, étant obligé d'écrire suides livres de caisse, donc rapidement et sans prendre des aises, il commence à éprouver de la fatigue dans et dans la main. Atteint l'avant-bras de rhumatisme à l'épaule droite la guerre, on trouve tout pendant une d'abord certaine des mouvements de gêne de véritables l'épaule seulement, puis des contractures, « Ces crampes douloureuses des doigts. affeccrampes taient surtout sur le l'indicateur, qui se contractait de façon à le briser ou à le tordre, et qui porte-plume accentuaient le mouvement de flexion de ce parfois de l'ongle doigt, à tel point que l'extrémité marquait son empreinte dans la paume de la main ; le médius ne farda pas à être entraîné dans le même mouvement de flexion convulsive, et l'écriture devint absolument cet homme impossible (p. 453). » Pendant, longtemps, chercha à dissimuler son infirmité de crainte de

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les plus cherchant les positions sa place, perdre — il de service écrire. Changé étranges pour pouvoir — sa sur les quittances, mobiles des timbres collait fonctionnait main droite irrégulièrement toujours carrés « elle avait de la peine à bien saisir ces petits sur l'éponge mouillée». de papier, pour les passer toutes les fois qu'il s'agisL'inhabileté réapparaissait des et bien coordonnée sait d'une contraction régulière de la main et des doigts ; « il lui était imposmuscles sible de saisir une épingle, pour la fixer sur une étoffe, les feuillets de tourner de faire le noeud de sa cravate, ». Les troubles de la aux cartes d'un livre, de jouer surtout dans les mouvements motilité se produisaient alternative la flexion et l'extension qui nécessitaient » Pour obtenir le résultat des doigts. voulu, le malade des de la crampe faisait comme tous ceux atteints « et de l'extension il essayait de supprimer écrivains, derniers dans la main de façon doigls plier les quatre de l'un ou non plus l'extrémité à opposer au pouce, des mais bien la face externe de l'autre de ces doigts, de l'indicateur deux premières (p. 455) ». phalanges un cas publié Le docteur GALLARD cite encore par DUCHENNE (315, p. 1022) et il conclut que ces malades ne sont pas atteints à proprement parler d'une crampe. invoest une contraction Une crampe spasmodique, et elle n'existait ; lontaire, pas chez tous ses malades nettement cette un seul cas, il a pu constater dans observés véritable. Chez les malades par le crampe GALLARD à la Pitié, les désordres des mouvedocteur aussi d'autres ments se produire peuvent pendant de Ce serait une erreur actes que ceux de l'écriture. ces se muscles selon croire, GALLARD, que qui

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l'acte de l'écriture sont dociles à crampent pendant d'autres l'exécution mouvements. La mainne demeure »; tous les autres mouvements pas « apte à accomplir l'examen de ses malades fait foi de ses affirmations 11 cite encore à l'appui les observations de cliniques. la variété des crampes foncDUCHENNE, puis montre tionnelles professionnelles, crampes qui attaquent de muscles de la dynamique presque tous les groupes latéral jusqu'au sternoorganique, depuis le premier clido-masloïdien. La maladie n'est pas spéciale aux écrivains et il partage l'avis de complètement DUCHENNE DE BOULOGNE pour cette qu'on appelle « spasme et impotence fonctionnelle », mais crampe il n'est pas d'avis de garder le mot spasme et il protout court impotence foncpose de la dénommer « II y a dans tous les cas, non pas faitionnelle. de la contractihilité blesse ou exagération musculaire; non pas impuissance mais seulement d'agir, impossiune action régulière et bien coordonnée, bilité d'obtenir ce qui constitue à proprement une véritable parler « impotence » bien plutôt qu'une gêne causée par une » lésion anatomique quelconque. BELMONDO, tout dernièrement (18%), a voulujoindre aux formes de crampes fonctionnelles une décrites, forme dont le symptôme serait l'alaxie ; les unique tant contractions dites, spasmodiques proprement de la main et de l'avanl-bras cloniques que toniques du trouble sont insuffisantes rendre compte pour Son cas l'oblige à penser à l'exisgrave de l'écriture. ancien de la main droite, tence d'un choc traumatique au moment où il commençait à écrire. et de suivre de près d'examiner J'ai eu l'occasion

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CHAPITRE X

trois cas de crampe d'écrivains. Voici en résumé mes observations : Observation I. Sujet bien portant. Aucune hérédité Des goutteux dans la famille, mais névropathique. littérateur. qui n'en a pas? Agé de 34 ans. Écrivain Il a remarqué depuis sept mois que sa main ne supla plume écrivait, guère pendant qu'il portait qu'il créait. Dans des travaux de copie, cette sensation dismais violemment dès paraissait, pour apparaître de l'écriture de la plus qu'il s'agissait spontanée, sans écrite sans modèle. Au dictée, simple phrase moment où nous avons pu l'examiner, il lui était imd'écrire même une lettre d'une spontanément, possible certaine et pour faire sa correspondance, longueur, il passait toute sa journée. Le pouce se contractait l'index devenait raide et la main spasmodiquement, et cloniquement, de sorte s'ouvrait rythmiquement entre les doigts ne pouvait être gardée que la plume Son infirmité surtout longuement. l'ennuyait parce il lui était de de sa plume, que vivant impossible sa vie. On employa des plumes l'électricité, gagner de toutes formes, lourdes, ; la série des callégères mants fut vite épuisée et l'hydrothérapie ne faisait J'eus l'énerver l'idée que davantage. d'employer Le sujet était mais on n'a suggestible, l'hypnotisme. bout de quatre car il séances, qu'au pu l'endormir avait une certaine méfiance contre l'hypnotisme. Au bout de quatre mois de traitement, pendant au commencement deux fois par lequel on suggéra était et ensuite une fois, sa main semaine, que « engourdie » et qu'elle à très bien s'adapter pouvait écrire et sans pour cela qu'il fasse d'autre exercice que

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celui île copie — chaque jour, il copiait soif des pages soit, des pages d'auteurs de ses anciens clasécrits, Il lui était défendu de faire le moindre essai siques. d'écriture Au réveil, sa main était laissée spontanée. il faut ajouter légèrement engourdie, que le sujet ne aucun trouble sensoriel. Au bout de deux présentait à écrire d'abord le mois, le sujet, commença pendant sommeil et quelque avant hynoptique temps après, même la fin du troisième à écrire mois, il commença mais il ne pouvait tout doucespontanément, qu'écrire lentement et éprouvant une certaine ment, gêne dans et au coude. Le malade fut guéri et il recoml'épaule sa vie, gardant de son infirmité une vague mença toutes les fois qu'il s'agissait de comappréhension mencer un travail, et une impossibilité d'écrire aussi vite qu'auparavant. Bendu à ses propres eut forces,il une rechute, mais assez légère, au bout de sept mois, mais depuis, voici trois ans qu'il continue à travailler sans se plaindre d'autre chose que de l'impossibilité « d'écrire de saisir sa pensée, vite ». Observation H.— Il s'agit d'un fonctionnaire comptable âgé de 27 ans. Iléridité un peu sujette à caution. Mère nerveuse, soeur malade (crises?), grand'mcre Il éprouva les spasmes connus de la épilepliquc. des écrivains à la suite de chagrins moraux. crampe Il tomba amoureux d'une jeune les fille, et pendant heures du bureau, sa pensée, longues automatiquevers la personne ne ment, le conduisait qui, coquette, faisait attention à ses exploits. La que vaguement jeune fille se marie; la main de mon sujet devient petit à petit lourde et incapable de tenir la plume. 11 associa subconsciemmcnl le geste de colère à celui de

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Il s'ingénia tenir sa plume. plus de quatre pendant mois à changer à des artide plume, à avoir recours fices aussi savants qu'inutiles, mais son mal ne faisait, Il avait en outre sa qu'augmenter. peur de perdre 11 obtint des congés et à plusieurs place. reprises vint se soigner à Paris. Il suivit des conseils médicaux l'électricité améliora un peu nombreux; galvanique son état de santé, mais seulement une très pendant courte durée. le rendit à son travail, à L'hypnotisme la suite d'une trentaine de séances, pendant lesquelles on essaya de mettre au second plan ses préoccupalions sentimentales. Aucune récidive un an depuis et demi. — Journaliste, III. Observation âgé de 40 ans. Activité forcée et pris à toute heure par des articles II a toujours écrit dans de mauvaises d'informations. conditions écrivant dans le train, au coin d'hygiène, d'une table de café, sur un calepin, etc. Son écriture devint à peine déchiffrable ses pour imprimeurs habituels. Vers l'âge de 34 ans, il s'est aperçu qu'il avait une certaine difficulté à faire ses articles, à les la plume devenait ses doigts écrire, lourde, gesticulaient sur la plume ou se raidissaient capricieusement. nous l'avons il suivait des Quand examiné, traitements il prenait de neurasthénie, des quantités considérables de bromure, des douches, avoir après des semaines. Son mal pris de la belladone pendant ne faisait qu'empirer. Il mettait des heures à écrire un article lui demandait une demiqui, habituellement, et il était forcé de faire appel à toute son heure, contre de ses doigts. la raideur énergie pour lutter Il pouvait donc encore la main n'étant écrire, pas

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arrivée au maximum de contracture, mais le travail était pénible, et son attention angoissant, s'épuisait Par quelques séances aidées rapidement. d'hypnose, et une discipline de sa vie, on est arrivé par le repos à diminuer et les crampes l'angoisse spasmodiques des doigts, lout en ayant soin de laisser la main du sujet un peu engourdie après le réveil. NAECKE (d'IIubertusburg) (1) vient tout dernièrement de publier très remarques quelques cliniques sur la crampe des liseurs : « crampe de la précises ». Cette comme toutes les autres, nuque crampe, se développait sur des terrains d'ailleurs, prédisposés et de préférence ; son cas personnel neurasthéniques en serait un exemple. Celte crampe est causée par l'inclinaison de la tête pendant de trop prolongée heures La lêle se penche nombreuses consécutives. surtout du côté gauche, selon NAECKE, car la position du livre n'étant la tôle suivrait cette droite, jamais du livre, dictée il position parfois par la lumière, faut le dire. On garderait même en dehors de toute cette habitude de tenir la tête dans cette crampe ou encore la marche , pendant position stéréotypée la position debout. La myopie et les vices de pendant réfraction accentueraient cette inclinaison de la tête ; NAECKE cite encore comme causes : l'usage des l'effort mental lunettes, pour mieux voir et l'éclairage insuffisant. Sur l'auteur ces causes même, n'agissent écrit durant des heures entières pas ; il lorsqu'il troubles n'éprouve pas les mêmes lit, que lorsqu'il (1) NAECKE, La N° 19, 1906.) crampe des liseurs. (In Ncurol. Cenlralb.

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les conditions seraient encore mauquoique plus vaises et les vices de réfraction La tension identiques. les muscles, tout comme dans la nerveuse épuiserait des écrivains les muscles finissent par se crampe à titre de document fatiguer. Rappelons que, en et des liseurs, on a publié des dehors des écrivains cas de crampe des pianistes (DUCHENNE, EULENHURG), des violonistes (ONIMUS, WILILEIM), crampe crampe des des des couturières tailleurs, cordonniers, (CLEMENS, LOCHER-BALRKR, MILLER, STICII, SIMON, des forgerons TIIIELMANN), la crampe (DUCHENNE, de la traite FRANCK SMITH, EULENRURG), crampe des télégraphistes (ONI(BASEDOW, WILDE), crampe des cigarières des MUS), crampe (WILDE), crampe des dan(W. MITCHELL, WILDE), crampe horlogers des seuses (SIIULTZ, KRAUSSOLD, ONIMUS), crampe foutes photographes (NAPIAS), etc., etc. ; en somme, fonctionnelles les crampes Je ne connais possibles. de dactylographes, et aucun cas de crampe pourtant est possible, car la main joue un rôle l'explication ne subit et ne modèle aucune rien, automatique subconsciente comme pur exemple dans modification l'art de l'écriture. un cas de crampe P. BONNIER signala professionde la maladie de Bright nelle syniptomaliquc : « 11 serait intéressant, de recherconclut l'auteur, les crampes cher dans quelle proportion professionsi fréquentes et souvent si tenaces, connue nelles, céderaient à un traitement celle-ci, symptomatique de l'étal, souvent négligée, justifié par la recherche, être le predont elles semblent brighlique, pouvoir » mier et pendant symptôme. longtemps l'unique

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lit - La crampe des écrivains, et èliologic. Diagnostic des vieilles recherches en dehors de ZUKADELI.I, IIAUPT et BURCKHARDT sur l'écriture en elle-même, n'a été des éludes de ce genre, les seules guère l'objet de nous éclairer sur le mécanisme pourtant capables de celte affection. Car si cette maladie pathologique n'atteint l'acte ceux qui écrivent, pas exclusivement de l'écriture est le seul dont la psychologie; nous soif et plus précise. L'acte d'écrire plus connue exige non seulement une certaine coordination motrice, mais une habileté toute particulière. La main tout entière se transforme dans un appareil et par unique l'action des fléchisseurs, des lombricaux, synergique des interosscux, il résulte une activité harmonieuse, se dynamique souple et rigide à la fois, cet appareil modelant et rapidesensiblement, automatiquement ment aux exigences du dessin des lettres et complexes aux images élaborées adéquates par la pensée. Selon musculaires BURCKHARDT, trois groupes dans l'acte d'écrire, indifféjouent un rôle important si l'acte est tonique remment de la main et (fixation de la plume), ou clonique des caractères): (formation 1" le groupe des interosseux des longs ; 2° le groupe extenseurs Les exten; 3° celui des longs fléchisseurs. seurs viendraient surtout en aide quand les mouvements sont plus étendus et ils auraient une action Les fléchisseurs sont des vériLables plutôt tonique. des sont à la fois interosscux, antagonistes qui et cloniques. Mais conimme le fait remartoniques

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qucr BURCKHARDT, et plus fard ZURER, l'acte d'écrire une activité musexige une individualité dynamique, « Quand on songe à la culaire spéciale, individuelle. des organes musculaires of nerveux, écrit multiplicité à la ZURER, mis en jeu par l'acte que nous étudions, et, à la longue durée de la distribution nerrégularité au consensus de toutes veuse nécessaire harmonique sortes d'appareils à agir simultanément, peu destinés on arrive à s'étonner fonctionque les altérations nelles de cet acte compliqué entre tous ne soient pas » plus fréquentes. La plupart des auteurs à la qui avaient songé de cette maladie ont accepté foutes les palhogénie sans aucun contrôle EULENMEVER hypothèses critique. entre avec ses n'avail-il autres, pas fait époque ? ERLENMEYER fut paradoxes clinico-physiologiques un des premiers auteurs à la nécessité qui songèrent d'un centre cortical. Il pense même que les Juifs et les peuriles de l'antiquité, de droile à qui écrivaient étaient droitiers du cerveau, et ils devaient gauche, écrire avec la main gauche. La direction de l'écriture est de gauche la plus naturelle à droite, dans le sens de l'abduction de la main. L'écriture se fera de droite à gauche, donc toujours dans le sens de l'abduction, étant détruit, il y a supquand le centre de l'écriture d'un centre du côté droit. Les paralytiques pléance selon écriraient cette loi physiologique, donc de droite à gauche, comme ces peuples orientaux. ERD mais n'admet pas un centre propre de coordination, il incline vers la possibilité d'une systématisation Mais des volitions, devenues réflexes par l'habitude. l'acte de l'écriture n'est foncpas le seul geste

LA CRAMPEDES ÉCRIVAINS tionncl atteint ; donc il faut envisager autrement

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problème. DUCHENNE DE BOULOGNE s'est demandé les parmi serait la nature de cette maladie. premiers quelle Esl-clle donc aux muscles limitée périphérique, qui concourent à l'accomplissement de la fonction musculaire ? centrale définie, ou bien serait-elle d'origine Le centre nerveux, en d'autres mots, serait surexcité, continuelle fonctionnelle. épuisé par la répétition avoir des preuves, incline vers la DUCHENNE, sans seconde « Comment, en effet, admettre hypothèse. serait plus surexcitable el se contractequ'un muscle rait ou s'agiterait ou qu'il aurait convulsivement, son aptitude à réagir sous l'influence de l'exciperdu tant nerveux, cerlaines foncquand il aurait à remplir normalement tions, tandis qu'il se contracterait pour toutes les autres fonctions ? » « Existerait-il, écrit DUCHENNE, un point des centres nerveux qui, surexcité ou épuisé souvent de certaines par l'exercice répété fonctions tantôt ferait une décharge musculaires, nerveuse et produirait la contractrop considérable ture de certains tantôt leur enverrait l'excimuscles, tant nerveux et occasionnerait des irrégulièrement tremblements ou des mouvements tantôt cloniques, enfin cesserait de leur distribuer la force nerveuse, et tout cela seulement de pendant l'accomplissement ces mômes fonctions musculaires ?... J'avoue que je ne suis pas actuellement en mesure de résoudre cet mais je penche important problème, beaucoup pour celte hypothèse. » (3°p. 1028.) UEYNOLD [Encyclopédie classait la crampe classique) des écrivains les maladies nerveuses parmi générales

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musculaire. par un état d'incoordination de l'origine (BÉNÉDIKT). V. POORE est un des défenseurs de de celle affection. Le bon sens périphérique malDUCHENNE DE BOULOGNE reste pourtant debout, toute théorique de l'auteur anglais. gré l'ingéniosité considère des lésions Cet auteur qu'il y a toujours mais hâtons-nous de dire qu'il entend périphériques, les contractures musculaires, par lésions les parésies, etc. Il les tremblements, les troubles sensoriels, en plus l'existence admet d'un centre vague graLa crampe serait en outre d'être phique. capable Le fait n'esl pas provoquée par l'excitation faradique vrai. Sur moi-même, je j'ai essayé à plusieurs reprises; n'ai pas pu obtenir autre chose qu'une convulsion musculaire Citons plus ou moins banale ou brusque. encore de POORE sa soi-disant les arguments parmi le seul à retenir. musculaire, fatigue chronique Ajoutons encore que pour cet auteur, fait cette affection partie de la nié nie famille que les névralgies Toutes les théories fout et aucune expliquent le problème. n'avance Dans la pafhogénie de ceLfe singulière 1»; affection, docteur GALLARD partage l'avis de DUCHENNE, qu'on ne peut pas la localiser dans les muscles, ni dans les lésions des nerfs, mais dans la moelle. peut-être « Mais, ajoule-f-il, en vain la nature de je cherche l'altération morbide à ces symptômes, qui correspond le point de l'axe et, ce qui est plus grave, précis médullaire sur lequel devrait se fixer celte altération de nature inconnue GALLARD (p. 475) ». Le docteur « qu'un inclinerait plutôt à ne voir dans cette maladie trouble ou sans lésion d'organes fonctionnel, simple

LA CRAMPE DES ÉCRIVAINS de tissus »,

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ce qui expliquerait la variété de ses La fatigue n'est pas la principale cause, symptômes. et parmi les éléments il faut pathogènes signalés, citer le froid, l'influence du rhumatisme et des affections diathésiques et surtout l'hérédité. Le docteur GALLARD a connu une famille dans laquelle la mère et deux enfants sont affectés de l'impotence fonctionnelle. La névrose des écrivains, dit JACCOUD, présente en réalité modalités : la faiquatre pathogéniques blesse paralytique, le tremblement, les mouvements les contractions d'association, Elle spasmodiques... les formes connues toutes des désordres de présente la motilité, semble résumer en elle : c'est une qu'elle c'est un trouble de stabilité akinésie, (tremblement), c'est une ataxie (anomalie des irradiations spinales), c'est une hyperkinésie ou spasmes). (crampes J. SIMON nous donne une définition anapresque des écrivains à logue : « On donne le nom de crampe la raideur des muscles rarement des fléchisseurs, extenseurs des doigts, au moment d'écrire. Quelquefois la crampe est produite pourtant, par l'immobilisation simultanée des fléchisseurs et des extenseurs, et même des muscles de la main. Cet organe propres » reste apte à tous les autres mouvements. La symptomalologie est ainsi extrêmement variable, mais ne correspond à la réalité clinique. pas toujours CANSTATT ne divisait-il en deux catépas les malades : ceux dont la contracture est caractérisée gories par la prédominance des fléchisseurs et ceux chez qui les extenseurs sont tout spécialement atteints. Bien déplus des modulations faux, quand on songe à la multiplicité de la main pour écrire la plus simple des propositions.

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un des mieux faits sur les ZURER, dans son article, la desse contente d'admettre fonctionnels, spasmes de DUCHENNE DE BOULOGNE : cription symptomatique Les et la forme la forme paralytique. spasmodique avec sa pénétracas de DUCHENNE, quoique analysés ne plaident tion scientifique connue, pas pourtant S'il n'y a symptomatique. pour cette classification le pense GALLARD, il y comme spasme, pas toujours Tout acte même des formes a quand spasmodiques. à mon avis, a un peu de l'activité fonctionnel, spasil s'agit d'atteindre un et surtout, quand modique la limite ultima de son automaet d'obtenir maximum sont rareLes formes tisme musculaire. paralytiques foncment vraiment ; il y a des impotences paralytiques musculaires tout au plus. Les des parésies tionnelles, de ne se produisent contractures que sous l'influence le plus de l'acte d'écrire l'acte fonctionnel, surtout, Les des actes fonctionnels musculaires. émotionnel ont des formes ondulées et les traits de l'écriture Certains lettres n'ont presque hyspas de continuité. Pour ce auraient des graphismes identiques. tériques on constate un la forme paralytique, qui concerne de dégénérescence, commencement D'après vague cas : deux fois l'inPOORE : trois fois sur trente-deux une fois les extenseurs et le court terosseux dorsal, en outre, du pouce. EuLENRURoa constaté, fléchisseur une exagéélectrique (galvanique), par l'exploration du dans des cas de contracture ration de l'irritabilité pouce. de cette affection n'existe L'anafomie pathologique son mépas; de môme qu'il reste à faire et à connaître et sa psycho-pathologie. canisme physio-pathologique

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les auteurs ne soient En résumé, quoique pas on pourrait à tort d'accord, penser qu'on a nommé « crampe des écrivains cette maladie », et que si, par elle attaque ceux cette hasard, plus qui écrivent, se retrouve dans tous les actes affection pathologique fonctionnels de la main. Le mot de « spasme fonc» semble donc tionnel ou encore pour plus indiqué, le terme du docteur GALLARD : « impotence employer fonctionnelle n'est pas toujours adé», car le spasme quat à cette affection. Si l'on parcourt les auteurs on retrouve classiques, de significations de cette une variété pathologiques affection. Ainsi, elle est considérée par : BRÛCKE, comme ALDEIIS HEYFELDER DZONDY ROMUERG synonyme — — — — du bégayement vertige chorèe ;

DUCHENNE DE BOU•— LOGNE — GALLARD

JACCOUD

; partiel locale; due à une parafaiblesse lysie desantagonistes; maladie réd'origine flexe ; maladie réd'origine flexe centrale; maladie réd'origine médulflexe plutôt laire ; névrose : faiblesse paratremblement, lytique, troubles des mouvements d'association, contraction spasmodique.

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CHAPITREx

de la maladie ne nous Les symptômes indiquent rien sur sa pathogénie ; on comprend plus facilement de sa pathologie. Il faut distinguer deux le mécanisme contradictoires loutes les deux par opinions éfayées la des observations à l'appui; selon certains auteurs, serait limitée pour le spasme en fonctionnel, crampe d'autres le sujet utiliser les muscles mots, pourrait de la main pour toute autre activité sauf musculaire, Le fait ne serait pas exact l'acte d'écrire, par exemple. et pour la main fout entière, toute auteurs, pourd'aulrcs activité musculaire deviendrait ou non, spasmodique mais elle ne serait pas capable d'une activité fonctionnelle précise. si cette maladie n'est Pourtant, pas exclusivement liée à l'acte elle est plus d'écrire, intéressante à être étudiée à ce point de vue, car l'acte d'écrire est qualitativement plus compliqué, de nous donner quelques plus capable renseignements de balayer, ou que l'acte que le geste du cordonnier celui de la tille de ferme qui trait les vaches. A mon dans cette affection deux éléavis, il faut distinguer ments : l'élément fonctionnel, automatique, physiolode la coordination l'habitude gique, systématique, indéfiniment d'un certain nombre de mouverépétée ments pour un geste fonctionnel et Yacte psychique, l'attention fonctionnel. qui entre en jeu dans l'acte Nos trois observations nous ont [tennis personnelles de nous faire une idée précise à ce sujet, et elle a été confirmée des auteurs. par la lecture des observations Tout acte fonctionnel arrivé à un degré d'automatisme plus ou moins grand est sujet à des troubles certainement la coordinapathologiques qui attaquent tion systématique musculaire Les combispécialisée.

LA CRAMPE DES ÉCRIVAINS liaisons des

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mouvements de la main sont infinies ; et quantitativement, les muscles de la qualitativement main ébaucher des centaines de mille de peuvent sa physionomie combinaisons, ayant chacune dynason activité bien définie. mique, Or, certains propre, de ces gestes, celui de rouler une cigapar exemple avec des ciseaux, rette, de couper etc., sont dénués d'activité est parfait, ; l'automatisme psychologique l'attention est nulle, et rarement psychologique l'écorce cérébrale est effleurée par cette activité purement médullaire. Mais l'acte d'écrire, aussi automaune activité tique qu'il soit, demande psychologique, il réclame de l'attention et une orientation psychique définie. Le mécanisme n'est donc guère le même ; ou s'il y a des éléments ils font partie des communs, des actes réflexes habituels. musculaires, synergies C'est à cause de ce fait que je ne suis pas de l'avis des auteurs de confondre » la « crampe des écrivains avec toutes les crampes ou si cliniquefonctionnelles, ment elles ont quelques éléments il faut, communs, faire une place à part aux crampes fonctionnelles psyla crampe comme des écrivains, caractérisée chiques surtout par des troubles notoires. Lorspsychologiques les observations sur la crampe qu'on lit attentivement des écrivains, on remarquera, tout comme chez mes l'idée d'écrire, l'évocation de l'acte sujets, que souvent suffit pour provoquer d'écrire la crise musculaire, la chorée fonctionnelle. Chez le typique spasmodique malade de LARREY, la main tremblait dès qu'il se servait de la plume sous les yeux de quelqu'un. Dans les autres d'une fatigue, cas, il paraît qu'il s'agit plutôt d'un d'une dissonance, de musculaire, épuisement

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Dans mes observations, la synergie l'automatisme. au musculaire était liée strictement et intimement toute seul acte de l'écriture, et la main avait gardé actes sa souplesse merveilleuse pour les nombreux de sur l'aphasie fonctionnels. Les idées récentes M. PIERRE MARIE ont jeté une lumière nouvelle sur la considérée fonction cérébrale, trop automatiquement, au point de vue des centres trop dogmatiquement cérébraux. Admettre un centre de l'écriture, malgré me semble anodin, les quelques faits cliniques, peu mais un esprit On aime les schémas, scientifique. de leur doit faire complète abstraction scientifique L'acte de l'écriture est une des multiples usage. en plus d'une actimusculaires, adaptations empreint d'attention vité intellectuelle d'un processus spéciale, cérébrale, depuis l'auqui fait appel à toute l'activité la tomatisme banal jusqu'à la création intellectuelle, création littéraire et scientifique. fonctionnelles HAUFT a publié sept cas de crampes et il a constaté une certaine des muscles parésie en jeu des muscles l'entrée isolés, que provoquerait Pour lui, la maladie débuterait antagonistes. par de la suivraient de tout près, et ; les contractures paralysie foute la musculature intéressée dans l'acte d'écrire ou en totalité de la isolément être la cause pourrait mais ces muscles de préférence maladie, parmi les interosscux seraient et ceux de l'éminencc atteints, thénar. BURCKHARDT a constaté également que les interosseux sont le plus atteints. L'exploration myograet plus péremptoirement, l'irritaphique préciserait, tion latente de la conduefibililé périphérique.

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« Dans la crampe des écrivains, écrit,G. VIVIAN la puissance de ténacité POORE, c'est plutôt que la force brutale La conclusion qui est altérée. que le malade est émise hâtipeut tout faire, excepté écrire, » Un rapide examen, vement. selon cet auteur, prouverait que les actes qu'il exécute diffèrent sensiblement de celui « Un de ses malades d'écrire. avait de la difficulté à mouvoir le régulateur de pourtant sa montre avec la pointe d'un canif. Un autre avait d'abord nié tout dérangement en dehors de l'écriture, puis avait fini par admettre qu'en tenant une cuillère à thé, il trouvait que son index glissait sur le manche, et que dans ses affaires il avait (il était banquier), une grande difficulté à épingler les billets de banque. Un troisième dimimalade, qui avait une irritabilité nuée du court fléchisseur et de l'adducteur du pouce, avait de la difficulté à tenir une pièce de monnaie entre le pouce et la tôte du cinquième » métacarpien. Voici comment POORE explique le fait que certains malades écrire assez bien avec le crayon, peuvent tout en étant incapables de manier la plume. « 1° La pointe du crayon un certain peut supporter à rendre au malade le poids ; elle arrive par suite même service que la béquille à l'estropié ; 2° La façon de saisir le crayon, surtout s'il est court, n'est pas la même la plume ; 3° La pointe tenir du que pour ne pénètre dans le papier. Un de nos crayon jamais malade qui avait une très grande irritabilité du long du pouce trouvait fléchisseur que par suite de la contracture la plume subissait de ce muscle, une rotation et le bec pénétrait Avec un crayon, dans le papier. une pareille rotation eût été insignifiante ; 4° Avec un

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on n'a pas à craindre de salir ou de détériocrayon, rer le manuscrit, si l'écrivain est mieux à son aise. » GOWERS, J. MÛLLER, SHEVER, POORE, MORITZMEYEH, des observations ERR, GOLDSCHMITT, etc., ont rapporté des crampes et particulièrement des professionnelles des écrivains, avec des troubles sensoriels, crampes le domaine des soit des anesthésics étendues dans nerfs cubital et médian (GALLARD, GOWERS), soit des abolitions de la sensibilité musculaire (DUCHENNE, POORE, J. MÛLLER), soit des douleurs névralgiques. intéZUBER rapporte SHEVER une observation d'après « Un homme ans fut pris ressante. de quarante-deux mais d'une faiblesse subite sans perte de connaissance, il dût s'appuyer instants contre la. muraille quelques Le lendemain, il remarqua qu'il pour ne pas tomber. à cause d'un sentiment inexne pouvait plus écrire dès que sa main de frayeur qui le prenait plicable Il se passait, les caractères. disait-il, traçait quelque dans sa tète. Cet état s'améliora chose de particulier au point de lui permettre d'écrire pendant quelque et avec elle l'impossibilité temps, puis la peur revenait les yeux, tout allait bien, d'écrire. fermait Lorsqu'il » etc.. aucune trace de paralysie, de contracture, de la crampe des écriAu point de vue de l'Eliologie et les plus les plus anodines les opinions vains, ont été formulées. La fameuse variées prédisposition à côté des symptômes a été certainement invoquée le rhumatisme les plus divers, (IIAUPT) jusdepuis du qu'aux palpitations (CAZENAVE) et aux spasmes larynx et du pharynx (ROGGEN, LANGENRECK, BRUCKE, KOPP, ALRERS, GOLDSCHMITT, TROCIIEL). En d'autres mots, toute affection peut être considérée pathologique

LA CRAMPEDES ÉCRIVAINS comme comme

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la cause de la première desaffeclionséludiées, dans la géographie jadis toute voie, conduisait à Rome. Il fautretenir seulement antique, cesquelques faits de toute la verbologie L'abus de l'écriclinique. ture ou de tout acte manuel serait, une des causes cite des cas où cette affecprincipales, quoiqu'on tion serait survenue sans qu'il y ait réellement surtel le cas d'EuLENisup.r, à peine menage, qui écrivait une lettre de temps à autre ou donnait rarement sa ou encore ceux de GALLARD, SPRING. Mais signature, ce ne sont que des cas isolés ; habituellement, tous les cas publiés en réfèrent à des surmenés, à des cerveaux fatigués, épuisés par un automatisme trop forcé. Les femmes ne paraissent pas souvent atteintes de cette affection. serait duc surtout au L'explication fait que dans la comptabilité et dans les écritures, la femme n'avait très secondaire ; elle qu'un emploi commence à y être largement et on verra sous admise, de pareilles affections chez les certainement, peu, femmes. BERNHARDT admet comme prédisposition les terrains BISWANGER pense hystériques etépileptiques. des écrivains est la seule maladie que la crampe qui constitue une névrose mais ne faut certaine, qu'il jamais penser à la neurasthénie. La position défectueuse et la nature de la plume ont été citées comme des causes efficaces. employée La plume d'acier rend plus pénible l'acte de l'écriture, de même la main ; que toute cause qui fatiguerait mais on a constaté des cas chez des sujets pourtant utilisant la plume d'oie. — Les cas de traumatisme invoqués par HURERT-VALLEROUX, FRORIEP, RUNGE, RKMAK et MEYEP,, comme des écricause des crampes

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bien problématiques, et je partage vains, me semblent du fait que les malades l'avis de ZUBER pour douter atteints de la crampe sont vraiment de ces auteurs des écrivains. la crampe des écrivains : 1° Est une En résumé, dont l'étiologie est des plus obscures. On maladie lui a attribué les causes les plus complexes et les plus les auteurs veulent variées ; 2° Certains généraliser à tous les spasmes de celte affection foncsymptômes de spasme ou impod'où la dénomination tionnels, tence fonctionnelle. Il nous semblé pourtant que le n'est guère le môme mécanisme psycho-pathologique il existe des analogies dans et que si par hasard les crampes il y a toute une toutes fonctionnelles, de la crampe spéciale, particulière symptomafologie est assez à des écrivains ; 3° Son pronostic grave, moins des nombreux qu'un moyens thérapeutiques que la puisse guérir le malade ; 4° Il faut considérer de ces malades, atteints surtoutdans leur psychologie d'entre n'est pas encore connue ; certains attention, eux entrent des phobiques de toute dans la catégorie surmenés sorte et des névropathes, par une activité et automate. obligatoire IV Thérapeutique L'élude peutique crampes l'étiologie des auteurs nous révèle qu'en fait de thérade la crampe des écrivains ou plutôt des tout reste à faire. Comme fonctionnelles, et comme est complexe, inconnue lès sup-

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sont nombreuses, il résulte toute une thérapositions peutique vague et qui n'a que la qualité d'être extrêvariée et compliquée donc capable mement parfois, d'intéresser le malade. Citons en première intéligne la médicamenlatioii rieure. On a administré des toniques, des ferrugineux, de la slycbnine, de la belladone, de l'atropine, des etc. Le docteur une DEBOUT n employé narcotiques, solution de chlorhydrate de morphine et de sulfate d'atropine. « Une fermière des environs de Saint-Quentin, écrit DEBOUT, était affectée années, depuis plusieurs d'une crampe de l'extension du gros orteil qui se prola duisait fois chaque nuit et réveillait plusieurs malade. Pendant une année, les compressions de la de la jambe avaient suffi pour partie supérieure de cet accident et rendre le sommeil à cette triompher de ce moyen femme. L'action s'ctant thérapeutique eûmes l'idée de recourir aux injections usée, nous d'une solution ainsi formulée : Eau distillée Chlorhydrate de morphine... Sulfate d'atropine Une 30 grammes 60 cenligr. 30 centigr.

de 20 gouttes de cette solution narinjection fut pratiquée tous les trois jours le cotique pendant mois d'août 1885. Sous l'influence de ces injections, faites dans la partie charnue du muscle, la crampe discl, la cure se maintient encore parut aujourd'hui (p. 383). » Le docleur le cas de STROMEVEU, DEBOUT, citant son il retient intervention critique chirurgicale,

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CHAPITRE X

l'usage du mélange d'opium et de belladone et il plaide pour l'usage de la seringue de Pravaz. « Notre but était de vérifier l'antagonisme des deux agents cl de nous assurer si, par leur médicamenteux, la dose de chamélange, il était permis d'augmenter cun d'eux sans provoquer d'accidents toxiques. Les résultats de notre expérimentation nous ont prouvé on une fois de plus que, grâce à celle association, des médications locales plus puispourra produire santes. En effet, l'action topique de ces deux substances vient s'ajouter, taudis que leurs effets géné» raux, inutiles dans l'espèce, s'amoindrissent. Le docteur DEBOUT conseille d'utiliser ces deux car en dehors de l'ignorance du mécasubstances, il faut penser à la nisme de la puissance antagoniste, question des idiosyncrasies. BIANCHIet ROSANDERrecommandent des injections de 1 milligr. environ tous les deux de strychnine jours. BIANCHIaurait obtenu une guérison après six injections... REUBEN VENUE conseille des injections de sulfale à dose de 9 milligr. à peu près tous les d'atropine deux jours. Comme traitement extérieur, il faut citer le massage sous toutes ses formes, combiné ou non avec des injections. CEDERSCH.IÔLD, médecin suédois a conseillé un l'irritation mécanique des troncs nerveux. On cherche le tronc par un massage méthodique écartant soigneusement les muscles et on exerce alors une pression 11 obtint ainsi plusieurs guérisons radivigoureuse. cales des crampes des écrivains. Normalement, celte dans la région touchée des opération provoquerait

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douleurs et, des fourmillements, ce qui n'arrive pas dans les cas de crampe et prouverait des écrivains, nerveuse est diminuée. que la conductibilité \ 'électricité a été utilisée sous toutes ses formes. DUCHENNE, quoique un artiste dans le méfier, échoua; mais des cas de guérisons furent rapportés parla suite par différents auteurs. Ainsi MivYEReut deuxcasdeguérison avec le courant continu : le premier par faradisalion des muscles extenseurs, le second par l'usage du pinceau électrique. EULENRURGCIBERGER réussirent médiocrement dans l'emploi de l'électricité et considérèrent même le traitement comme nuisible. Le courant il faut tenir compte galvanique serait plus avantageux; dans ce cas du siège et de la nature du spasme. Le ou aux formes fréinulenles pôle positif conviendrait sur la colonne vertébrale; paralytiques, appliqué tandis que le pôle négatif convient à la périphérie, appliqué sur les muscles et les nerfs malades ou considérés comme tels. Le courant doit contenir de 15 à et il faut qu'il soit appliqué 6 fois par 30 éléments, mois sans dépasser, à chaque un quart application d'heure. BERGER n'aurait obtenu aucun succès (4 cas). Comme traitement, cette maladie exige, selon GALdes plus variées. S'il s'agit LARD, une thérapeutique d'une vraie crampe, il faut songer aux narcotiques, aux calmanls et aux anli-spasmodiqucs administrés intérieurement et extérieurement. GALLARD nous rapporte qu'il a très bien réussi chez un de ses malades par l'administration de préparations arsenicales. Le malade de SECCAMANIétait atteint de la crampe des écrivains, survenue à la suite d'une l'aligne réelle

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CHAPITRE X

dans son cas, que les de la main ; il est à remarquer, muscles de la main et ceux des doigts étaient sensiblement paralysés. Son malade fut guéri par le traitement électrique. STROOn a pensé encore au traitement chirurgical. du long MEYER pratiqua la section par la ténotomie fléchisseur du pouce et son malade fut guéri ; depuis, ont avorté toutes tentatives (LANGENchirurgicales on y a renoncé comBECK, DII'I'ENBACII) et aujourd'hui plètement. à CAZENAVE(de BorLe cas STROMEYERcommuniqué deaux). « M. M... avait perdu la faculté d'écrire avec la main droite depuis un an, et fut forcé de le faire avec la gauche. Je trouvai, dit-il, en le voyant s'exerétait due à cer, que cette perte de la faculté d'écrire muscles du pouce, des petits un spasme qui ne se où il voulait se mettre à faisait sentir qu'au moment des petits muscles le mettait l'oeuvre. L'acuponcture mots. en état de tenir la plume et de tracer quelques Alors, je passai un séton de deux fils de soie à travers les petits muscles du pouce. Ce séton fut maintenu on le mouillait chaque matin pendant cinq semaines; et d'extrait de belladone. avec une solution d'opium recouvré Après cela, le jeune homme a complètement le pouvoir de se servir de cette main pour écrire. Penleur les petits dant que le séton traversait muscles, dans une et le pouce se trouvait action était anéantie » Quatre mois plus tard, la crampe abduction complète. d'écrire. avait reparu, donc l'impossibilité 30 ténotomies sur un bras sans TUPPERT pratique la inoindre amélioration. observer est de moyens Une autre catégorie thérapeutiques

Fis. 1. — Appareil de Duchenne (de Boulogne).

l'ig'. 2. — Premier modèle de Cazenavc.

PLANCHE XXXI

LA CRAMPE DES ÉCRIVAINS

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des appareils qui semcelle des moyens mécaniques, blaient, à ZUBER une pure plaisanterie. Les plumes ne manquent et les procédés mécaniques pas. CAZENAVE Bordeaux) nous donne un premier spéci(de men, deux plus tard, et depuis nous connaissons fous ayant pour principe quantité d'autres appareils, la plume sans de permettre à la main de conduire que les doigts soient forcés de bouger. : G A[MOT divise les appareils en deux catégories ceux qui maintiennent les doigls (CAZENAVE,F. MARl'attitude de TIN, MATHIEU) el ceux qui maintiennent la main (VELPEAU, CIIARRIÈRE, MATHIEU, CAZENAVE, DUCHENNE). CAZENAVE Bordeaux) a réussi à guérir un malade (de d'un bandage serré autour des par l'application muscles de l'avant-bras (1846). de CAZENAVEconsiste « en une tablette L'appareil et aux quatre angles de laquelle d'acajou, au-dessous jouent quatre boules en ivoire qui font l'office de roulettes. Sur les côtés de cette tablette, vue par sa face ou manuelle, sont deux moulants matesupérieure lassés qu'on éloigne ou qu'on rapproche à volonté à l'aide de deux mortaises horizontales et de deux vis de deux ou trois centimètres ; en avant est un support qu'on peut abaisser ou élever en faisant jouer une vis de pression. Ce support, qu'on peut, supprimer pour le plus petit nombre des malades, est presque toujours un bon appui pour la paume de la main qu'il sert à fixer ». Pour se servir de cet appareil, « il faut placer la main droite armée d'une plume entre les montants, la paume de cette main sur le support et appuyer écrire sans s'occuper du déplacement du porte-main,

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CHAPITRE \

sans embarras et sans effort aucun, qui s'effectue grâce au jeu des quatre roulettes en ivoire ». CAZENAVEmodifia à plusieurs reprises ce modèle, et auteurs à la suite. On le perfectionna puis d'autres en utilisant des crochets à la place des surtout anneaux, comme on voit, par exemple, dans le porteplume à anneaux de MATHIEU. de FERDINAND MARTIN est un simple L'appareil en bois de liège, en bois ou de préférence porte-plume dans lequel on creuse des sillons, des empreintes pour les doigts, préalablement fixées par les traces laissées par la main sur une couche de cire à modeler déposée sur l'appareil. fois vu son JULES SIMON nous dit avoir maintes maître VELPEAU « se servir d'une sorte de boucle de la main pour donner maintenue par la concavité à ses doigts le point d'appui qui leur était indispensable ». VELPEAU, écrit, GALLARD « avait imaginé un appareil tout aussi simple, qui permet d'écrire en saisissant le à pleine main et en faisant exécuter, non porte-plume plus par les doigts ni même par la main ou le poignet, les mouvements nécessités mais bien par l'avanf-bras, Un de mes malades s'était confectionné par l'écriture. un porte-plume assez semblable à celui de lui-même VELPEAU et voici en quels termes il nous le décrit, en : nous indiquant la manière très simple de le préparer « Pour faire un porte-plume dont l'extrémité supérieure s'appuie dans le creux de la main, sa grosseur aux doigls de s'allonger sur toute son permettant on prend un porte-plume on le étendue, ordinaire, on le couvre de bande;coupe à la longueur déterminée,

l''ig. 1.— Appareil Velpeau

' l''i'K-,'. — Appareil de Ferdinand Marlin.

3 I'"ifï. . — Appareil de Duclieuue ,de noulogne : nouveau dispositif. l'i.ANCIIEXXX11

LA CRAMPE ES ÉCRIVAINS D

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lettes de linge, sur lesquelles on appliquera de la ouate en donnant la forme nécessaire, puis on l'enveloppe d'un taffetas posé en spirale et cousu à chaque pli. » DUCHENNE DE BOULOGNE a modifié l'appareil de CAZENAVE ne mettant qu'un palet et en le plaçant en sur un support au plus élevé et moins glissant, moyen d'un galet roulant. « Mais on comprend que l'usage en sera bien plus commode, écrit GALLARD,si comme l'a fait AUBRY, ou a soin de prendre au préalable l'empreinte de la main du sujet auquel il est descette empreinte tiné et de reproduire sur la partie supérieure du galet, de façon à ce que la main s'y » adapte exactement. Ces divers appareils répondent, écrit GALLARD, « à les indications foules des exigées par chacune variétés de l'impotence fonctionnelle des écrivains, et lorsqu'on les examine, ou même lorsqu'on les essaie, comme vous venez de le faire, sans être affligé de l'infirmité qui oblige à y avoir recours, on se prend facilement à les admirer. Mais cette admiration est loin d'être partagée par ceux qui se trouvent dans la douloureuse obligation d'y avoir recours. — Ils les avec un certain enthousiasme ; mais, après prennent un très court usage, ils ne tardent pas à les abandondéfecner, préférant suppléer à leurs mouvements tueux par des combinaisons plus ou moins compliquées, dans lesquelles ils mettent en jeu des muscles très différents de ceux qui devraient être physiologiquement appelés à produire ces mouvements ». II. LANGERet son frère, sujets à la crampe des écrivains, sont arrivés à s'en guérir par le procédé suivant :

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CHAPITRE X

« Au lieu de tenir leur porte-plume selon l'usage, ils le placent entre l'index et le médius. Ce dernier doigt est recourbé en crochet et, c'est sur sa face radiale que repose le porte-plume, qu'y appuie le et le petit doigt à demi fléchis pouce. L'annulaire à servent de point d'appui. On arrive très rapidement écrire par ce procédé ; l'écriture même, revient plus rapide et la fatigue vient moins vite. » le plus connu, en Allemagne, « c'est le L'appareil bracelet de NUSSBAUM,qui est maintenu et distendu par fous les doigls écartés ; le bracelet porte en haut on se sert pour le portephime ; de celte manière, écrire des extenseurs de la main et des doigts, au lieu des llexeurs malades. des crampes de l'écriLe principe du traitement ture est le remplacement d'un groupe de muscles malades par d'autres qui fonctionnent encore. de traitement, Toutes les autres méthodes exceptelles que l'électrition faite des mesures générales, cité, le massage, l'hydrothérapie, etc., reposent sur ce principe. de ce genre, il y a le Parmi les autres appareils ainsi que le indiqué par ZACLUDOWSKI, porte-plume porte-plume de Girru; celui-ci consiste en un morceau de liège qui est traversé par le pouce el par le porteest plume, de sorte que la conduite du porte-plume soustraite à certains muscles et confiée à la main Le même principe, de dégager entière. certains muscles, se trouve dans les manières d'écrire, en tenant le porte-plume entre l'index et le troisième doigt, ou entre le troisième et le quatrième, ou avec toute la à écrire de la main main, ou bien en apprenant

LA CRAMPE ES ÉCRIVAINS D .

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gauche. Ouand toutes ces méthodes ne réussissent pas, ou quand la main gauche devient aussi impropre à écrire, il ne reste plus d'autre secours que d'apprendre à écrire à la machine. » Les appareils peuvent donc avoir leur utilité et ils no sont pas de pures plaisanteries, comme écrivait, un peu trop légèrement ZUBEU. Ils peuvent rendre de réels services, car presque tous répondent à ces deux desiderata : 1° immobiliser les doigts et donner à la main une nouvelle synergie musculaire, et 2° la nouvelle position de l'écriture, la tenue musculaire de la main sont toutes autres. Il nous reste à parler de la psycho-thérapie. Certains auteurs conseillent le repos; d'autres conseillent d'apprendre à écrire avec l'autre main — ce qui n'est pas avantageux, car presque toujours la crampe réapparaît. dans mes cas, a donné des résultats L'hypnotisme, excellents, mais je n'ose pas généraliser l'application, car ce traitement est d'une délicatesse extrême. Je conseillerai d'endormir le toujours profondément malade et d'attaquer la genèse de ses préoccupations sans s'inquiéter du spasme fonctionnel. A mon avis, les malades atteints de cette affection ont tous des il faut troubles notoires d'attention. Secondairement, le bras, simplement engourdir systématiquement l'engourdir. Je conseillerai encore de faire écrire les sujets pendant le sommeil et les obliger à apprendre à écrire avec la machine à écrire. CAZENAVE conseille aussi la musique comme agent thérapeutique. En parlant d'un de ses cas, il nous dit : (t La musique, que le malade cultivait comme har-

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CHAPITRE X

moniste et comme violoncelliste lui vint remarquable, en aide, mais sous la condition expresse heureusement que la mélodie dominât et qu'il n'entendît que de On ne saurait faibles, que de rares effets d'harmonie. et bienfaisant, imaginer l'effet prodigieux que produisaient toujours sur le comte de X... quelques airs tendres et mélodieux exécutés en ut mineur sur le cor anglais par son beau-frère, qui est un instrumentiste de première force (p. 326). »

CHAPITRE

XI

LA MAINCHEZLES DEGENERES ET DANS LES AFFECTIONSCONGÉNITALES

Je détache d'un travail écrit en collaboration avec M. VURPAS sur les Signes physiques de dégénérescence, di Nevrologia publié dans les Annali (fasc. I, 1903, sur pp. 1-73 ; pp. 29-34), ces quelques renseignements la main chez les dégénérés, que j'ai complétés par quelques données nouvelles. Les membres et être, selon ces auteurs peuvent selon la conception de la dégénérescence, classique le siège d'anomalies considérées comme stigmates de Il peut y avoir des vices de confordégénérescence. rétraction mation, congénitale, hypertrophie congénitale. Les chirurgiens ont depuis longtemps songé à remédier à certaines et les travaux de infirmités, ANNANDALE, BlLLROTH, HoLMES, LANNELONGUE, LANCEREAUX, DUPUYTREN, VERNEUIL, SÉDILLOT, DLDOT, ZELLER, LAVALLÉE, HUGUIER, VELPEAU, BROCA, MURRAY, GIRALDÈS, etc., sont trop connus par tous les chirurgiens pour qu'on les cite, ainsi que leurs procédés opératoires. Nous nous contenterons de les au lecteur. rappeler On a signalé leur développement leur considérable,

310

XI CHAPITRE

volume excessif aussi bien dans le sens de la longueur les deux coexistant et (pic dans celui de la grosseur, marchant de pair, ou l'un d'eux se manifestant exclusivement sans entraîner une modification correspondante fendant, par son exagération proportionnelle, détruit par une prédominenec à rétablir l'équilibre d'accroissement dans un sens donné; parfois même on révélerait plutôt une exagération en sens opposé, des membres à savoir par exemple l'épaississemenf ou bien leur leur raccourcissement; accompagnant coïncidant avec leur état exagéré de allongement est désignée sous le nom ténuité, celle malformation la gracilité de mégalomélie (1) ; ailleurs, on remarquera ou non d'alexcessive des membres s'acconipagnant ; c'est Yoligolongement plus ou inoins proportionnel mélie des auteurs. La longueur ou le raccourcissement exagéré des membres porte aussi bien sur le membre inférieur que sur le membre supérieur. sont trop longs, Lorsque les membres supérieurs on note une envergure notablement plus grande que la taille ; elle est sensiblement plus petite si les membres sont trop courts. La colonne vertébrale, elle aussi, peut acquérir un excessif par rapport aux membres. développement Cette disposition se manifeste à première vue à l'attention de l'observateur de vergelures par l'apparence au niveau de la région lombo-sacréc, que celle malformation paraît déterminer. Antoine, Mains énormes. [Cours d'Analomie médi(1) PORTÉE cale, 1893, t. I, p. 14.;

LA MAINCHEZLES DÉGÉNÉRÉS

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On cite également, écrivent VASCIIIRE et VERRAS, Yectromélie, ou absence plus ou moins complète d'un membre réduit à un moignon plus ou moins développé; Yhémimèlie, qui consiste dans la disparition du segment inférieur d'un plus ou moins complète membre comme la main ou le pied, réduits au point d'être méconnaissables dans laquelle ; la phocomélie, la racine et la portion d'un membre supérieure ou sont réduites à des dimensions tout à manquent fait disproportionnées, les extrémités restant normales ou à peu près ; la symélie, qui est la soudure plus ou moins complète des deux membres inférieurs portant sur des régions plus ou moins étendues et variables de leur parcours (1). (1) Voir également sur les mains et les membres supérieurs des dégénérés et des congénitaux : U ÂI.KRECIIT, eber den marphologischen Werth ùberzahligen Fingcr und Zehcn. (Cenlrabl. fur chirurgie, 1886.) Ai.w, Recherches sur la disposition des lignes populaires de la main et du pied. (Annales des Sciences naturelles, 18G7. Série VI, I.) The ANNANDALK, malformation diseases and injuries of the /ingéra and locs and Iheir surgical treatmenl. Edimbourg, 1885. AMREIN Ein Fait von herediliiren Ifexadactglie nebst G G., weileren Fiillen von Polgdaclijlie. Basel, 1903, 2 p. AunKRERTet LASSAIONES, Note sur un cas de polgdaclijlie héréditaire. (Toulouse médicale, 1904, 21, VI, p. 128.) BEAUVAIS., Observation de poltjdaclijlic. (Gazelle des HôpiL taux, 1875, XL, VIII, pp. 379, 387.)' BECIIET,Un doigt surnuméraire. (Bull. Soc. Anal, de Paris, 1851, XXXVI, p. 244.) BERGOMÉ, Radiographie. Cas curieux de polgdaclijlie. (Arch. d'électricité médicale. Bordeaux, 1900, VIII, p. 282,'1 pi.) P Bu.HAUT, ouce surnuméraire de la main gauche. (Annales de chir. et d'orlhop. Paris, 1902, XV, pp. G5,(i8, 1 iîg.) BLOCH La forme des doigls et les nodosités de Bouchard. A., (Assoc, Franc, pour l'Avancement des Sciences, 1889.)

348 On a noté

CHAPITRE XI

la polydaclylie également (COPSEY, SÉDILLOT, GIIÉRINI, GAILLARD, GRUBER, MURRAY, RICHET, MOSENGHIEL,VOIGHT), qui consiste dans l'augBLOMME Considérations sur la polydaclylie. Paris, I.. G., Boyor, 1905, 1 vol., 46 p. A. BLUM,Chirurgie de la main. Asselin (d. O, édit., 1882. 1 vol. 207 p., cliap. ier, avec lig., pp. 1-16. BOURNEVILLE, Exemples de malformations des membres chez les dégénérés. (XIe Congrès des Médecins aliénisles et neurologisles. Limoges, 1901.) Main présentant un pouce surnuméraire. ( But. BOUTEILLKR, Soc. Anal, de Paris, 1851, XXVI, p. 297.) — Un pouce surnuméraire. (Ibid., 1881, XXVI, p. 231.) BROCA,Pouce surnuméraire. (Bull. Soc. Chirurgie de Paris, 1860, 1, 2, 5, I, p. 544.) — Six orteils à chaque pied, six doigts à ta main droite, cinq à la main gauche. Les 4' et 1er doigls de la main droite, à compter du pouce, sonl palmes presque complètement. (Bull. Soc. Anal. Paris, 1849,XXIV, pp. 236-342.) CAZAL,Un cas de polgdaclijlie héréditaire. (Toulouse médicale, 1904, 21, VI, p. 186.) Cas CHUQUET, de polydaclylie. (Bull. Soc. Anat. 1876, déc., p. 608 et Progr. médical, Paris, 1877, pp. 219, LU, p. 725.) Vice DAMOURETTE, de conformation de la main droite (2 index supplémentaires au lieu du pouce). (Arch. genèr. de méd. Paris, 1890, II, pp. 660-675.) DuruYTREN,Leçons orales, t. II. FÉRÉ Ch., Les empreintes des doigls et des orteils. (Journ. d'Anal, et de Phgsiol., 1893, p. 232.) FORLI, Contribution à l'étude des difformités familiales des extrémités. Broch. 23 p. avec 5 fig., 1905. FORT,Difformilés congénitales et acquises des doigts. (Thèse d'agrégation, Paris, 1869.) Kriiische Bemerkurgen iiber Polgdaclijlie als GEGENBAUER, Alavismus. (Morphol. Jahrbuch, 1880.) HAEI.STA. VON, Contribution à l'élude de la polydaclylie. (Belgique médicale, 1902, IX, pp. 275-279.) LANNOISt CARRIER, élire mélancolique chez un dégénéré ù e D malformations multiples. (Lyon médical, 1905.) LEVIN, Ueber die analomischen Verludlnissc uberziihligen

LA MAINCHEZLES DÉGÉNÉRÉS

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nientalion du nombre des doigts (1). VOIGIIT (2) cite le cas d'un enfant qui avait treize doigts à chaque main et douze orteils à chaque pied (BLUM). L'hérédité joue un rôle considérable dans ces affections congénitales ; le cas deTn. COPSEY (3) est classique : il avait,, ainsi que trois de ses soeurs, quatorze doigts et treize orteils. « La mère, le père et le frère de la mère étaient atteints de la même difformité ; cinq frères et quatre soeurs avaient un doigt supplémentaire et douze orteils (A. BLUM)(4). » Kleines Finger und Zehen. (Arch. /'. Palliol. Anal, u Phgsiol. Berlin, 1895, CXLU.) et A MARION BARON, nalomie d'une main et d'un pied hexadaclyles. (Bull. Soc. Anal, de Paris. 1898, LXXIV, p. 458.) Des MiRAiiKL, déformations des doigls et des orteils dans leurs rapports avec l'hérédité. (Thèse de Paris, 1873.) MOUHSTIN Doigls et orteils surnuméraires. (Bull. mens. IL, Soc. Anal, de Paris. 1902,60, IV, pp. 64-66.) POIRIER in Thèse d'agrégation, Paris. P., Article Doigt. (Lu Dicl. Dechambre) I'OI.AILLON, F. RAYMOND et JANETP., Malformations des mains en « pince de homard » et asymétrie du corps chez un épilepligue. (Nouv. Iconographie de la Salp., X, 1897, p. 309, 5 fig. et 3 pi.) Note sur deux cas de polydaclylie. (Ann. d'Orlhop. RENARD, et de chirurgie pratique. Paris, 1892, V. 273, 277 avee fig.) Un Souoi'Es et I.ECI.ERC, cas de bidactylie de la main droite par amputation congénitale. (Iconographie de lu Salpêirière. l'aris, 1899, VII, pp! 212-245.) TAPIE, De la polgdaclijlie. Paris, 1885, 1 vol. 54 p. et pi. .1. VALORRE, i/formilé congénitale des membres (Nouv. D Iconographie de la Salpêirière, XVIII, n° 5, pp. 560-584, sept.oct. 1905.) (1) BAIION,Sex-digitaire atteint de sgndactyliepartielle. (Soc. Anthr., 5 mai 1892 ; Bull. 1892, pp. 334-336.)' i (2) VOIOHT,n Dictionnaire de chirurgie, t. 1, p. 404. in (3) COI'SEV, London médical Gazelle, 1839. (4) A. BLUM, p. cit., p. 4. o

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WENTZEL GRUBKR conclue comme il suif à la suite : « Dans un certain nombre de 127 observations 14 sur 00, l'hérédité de familles, est démontrée, bien une ou plusieurs généqu'elle puisse laisser indemne vices de rations. Sept fois sur 127, il existait d'autres Le doigt surnuméraire est le pouce conformation. dans les 2/5 des cas, ou le petit doigt dans les 3/5. Le surnuméraire csl doigt petit exceptionnellement sur un cinquième bifide ou sur implanté métacarpien 11 possède un métacarpien trois, supplémentaire. une phalange, mais le plus ordideux, ou seulement il ne renferme ou nairement, d'os, qu'un rudiment bien il se compose de peau et de tissu adipeux. Sur 42 observations on a rencontré de scxdigitaires, 30 fois des orteils supplémentaires (1). » La polydactylie a préoccupé le plus, parmi les déformations les auteurs de tous les congénitales, temps. Au xvu° siècle, BIOLAN paraît inspiré des idées de tuer larges « en disant qu'il n'est pas indispensable les scxdigitaires, les géants, les nains, et qu'on peut se contenter de les soustraire à tous les regards (2) ». Les polydactyles faisaient partie, comme on le sait, de la catégorie des fléaux divins, que les lois anciennes à mort. Nous trouvons condamnaient toute la discussion et toutes les théories concernant la genèse et l'étiologie de la polydactylie dans la thèse du docteur ADRIEN FOA, inspiré par le regretté professeur (1) GRIIRER, in Bull, de l'Acad. des Se. de St-Pélersbourg, t. XV, p. 460. — D'après BLUM,op. cit., p. 4. ADRIEN DIJEEO,Contribution à l'élude de la Polydaclylie. (Thèse de médecine de Paris, 1905. 1 vol. ; éd. Jules Rousset, 67 p. ; p. 11. Très bonne bibliographie.

detigmates Squelette s dégénéralifs.

1. l)uii;l lïg.— suppléinenlaire.

— il<> 2. «iniirl Fig. Formation -upplémenlaiiv

PLANCHE XXXIII

l*i>ii""t manquant.

PLANCHE XXXIV

LA MAINCHEZLES DÉGÉNÉRÉS

351

POIRIER. Les anciens comme WINSLOW, HALLES et GEOFFROY-SAINT-IIILAIRK ont discuté à perte de vue sur les causes de cette monstruosité, en l'attribuant soit à des arrêts de développement, soit à des anomalies du système vasculaire, soif à des troubles l'incubation des oeufs, pendant provoqués fout en discutant si le germe avait été anormal à s'il y avait fusion de deux germes, ou l'origine, Les donquelles étaient les causes occasionnelles. nées embryologiques modernes, précisées par les recherches de DARESTE, admettent téralologiques comme cause de celle pathologie de la main la théorie simplement A la théorie atavique, pathologique. on a opposé la invoquée par DARWIN et critiquée, théorie franchement les malgré pathologique, recherches et les opinions d'ALBRECirr et de POIRIER. Des facteurs multiples peuvent intervenir pour procertaines formes de cette malvoquer ou déterminer à côté des influences formation, embryologiques, comme les brides et les adhérences amnioLiques, qui expliquent des quantités de faits, mais qui sont quand Nous avons vu que l'hérédité joue même insuffisantes. rôle ; les faits de WINSLOW, FOLTZ, un grand ALBRECIIT, GIARD, GHERINI, LOUIS BOLK, H'ÉRÉ, VAN suffisamment. HALI.ST, etc., l'expliquent Au point de vue anatomo-palbologique, le docteur DUFFO dislingue quatre groupes : 1° doigts surnuméraires placés dans le prolongement de la série nor3° doigls surnumémale; 2" pouces surnuméraires; raires situés sur le bord cubital, et 4° bifurcation de la main. D'après les recherches du bibliographiques docteur DUFFO, le nombre des doigts dépasse rare-

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CHAPITREXI

ment 24; SAVIARD aurait vu 40, et UUEFF, chirurgien de Zurich, cite un cas de 48 doigts. Anatomiquement, les doigts ne possèdent pas leurs tendons propres; la dépendance LEVIN (1895) a démontré anatomo-phydes autres. La des doigts surnuméraires siologique a été le sujet de nomde la polydactylie fréquence discussions. Voici en résumé, d'après les aubreuses chiffres : MAUPERTUIS aurait trouvé teurs, quelques de Berlin au xvme siècle, 3 cas sur 100.000 habitants DANYAUobservait 10 cas pendant une période de 24 ans; en 1851, en BÉCHET, aux Enfants-Trouvés, signala 7 mois, 1 cas sur 2.500 entrées ; GIRALDÈS rencontra à l'hôpital enfants examinés 1 cas sur 10.000 ; du Guy's Hospital de LEFORT, d'après les statistiques de Vienne, et du Gebar und Findelhaus Londres trouvé aucun cas. POLAILLON signale en 1873 n'aurait à Cochin (1). nouveaux-nés 4 cas sur 3.726 enfants en 1884, on trouve 5 cas de Paris, A la Maternité La Bible cite aussi le cas d'un sur 2.200 naissances. Philistin sexdigitaire, qui aurait été tué par les Juifs aussi d'un cas semBois). PLINE parlerait (Livredes blable, et ce serait le poète VOLLATIUS ; et il « signalait la même anomalie chez les deux filles du patricien aurait été sexCAIUS IIOBATIUS. » Un des apôtres cl le docteur DUFFO, à qui j'emprunte digitaire, « constate cette remarque, que LEONABDO DA VINCI dans son chefcelte particularité aurait consigné d'oeuvre de Milan (2) ». Je n'ai pas pu trouver sur des le est sexdigitaire, lequel des apôtres reproductions (1) DUFFO,op. cit., p. 15. (2) DUFEO,op. cit., p. 15.

M.tin* de éi/rnérés. d

Mains ikdégénérés.

— des 2. annulaires l'iii.Brièveté etles doigts. î petits Le deroporlion< mi dél'aiil d'un p plusieurs assez est doiglscarnrlénsliaux déuéucrés Cu. i|ne d'après Fiîr.É;.

— P V Fiir.Guuldp. M7. 1. cd yli!

— 1. Fig.Anencéidiale (Vaschide-Vurnn .

— du édius, d petits 3. Fis;.Brièvetédes et es doigts m annulaires enrucliels. courbés c La enrochetpetitet rappelle li' forme <|iie dniyt, lu onformation c revêt qui c «lu.ii-ti-il, depremière flexion due l'exlcnlioii etla à pclile~t:'i lu pliolan-e deseconde. forcée,le jamais lu Même dans l'extension n'arrive petit doigt àdépasser (U'aprèsfamille la demi-flexion. névropa'thiijue, CM. La l'énr, p. -2S-I,. l'LANCIIK XXXV

LA MAINCHEZLES DKGKNKHKS

35H

docteur DUFFOne nous le dit pas, et mes souvenirs de la merveilleuse fresque de Santa Maria délie Grazie ne me précisent aucune image certaine. Le docteur DUFFO nous cite encore comme polydaclylique ANNE DE BOLEYN, femme de HENRI VIII, qui aurait eu en plus une mamelle supplémentaire (1). On a encore noté la mégalodaclylie, qui est le déveconsidérable d'un ou de plusieurs doigts loppement — dans certains cas, le poignet prend l'aspect et la — Yectrodaclyde l'orteil similaire; configuration lie (2), dans laquelle il manque un ou plusieurs doigls aux deux mains on à l'une des deux seulement ; la dans laquelle le nombre de phalanges macrodaclylie, est augmenté ; la brachydaclylie, dans laquelle il manque une ou plusieurs phalanges à un ou plusieurs d'un ou de plusieurs doigts, l'atrophie congénitale dans laquelle le doigt est doigts ; Yoligodaclylie, non seulement très court, mais aussi très grêle ; la syndaclylie (DUI'UVTREN, MOREL-LA\ ALLÉE,VERNEIIIL, GAILLARD, DIDOT, SIRUT, BLUM, etc.), dans laquelle un ou plusieurs doigls sonL soudés ensemble, parfois tous les doigls, — le pouce y compris, ou à l'exception Observation d'une femme,qui (1) Voir aussi MCRKAY-JAHDINK, V possédait trois mains. (Med. Times, 18IS2. ol. IL, p. (V70.) (2) Le 1> Marcus POUI.AI.ION publie dans une fort intéressante note un « cas d'ecl.rodactylie congénitale, avec, absence totale du métacarpien correspondant. Ectromélie de l'auriculaire et du cinquième métacarpien du côté gauche ». in M. POUI.AI.ION, Archives de médecine, uosnov. et déc. 1891. D1"BIÎDART, Eclrodaclglic. quadruple des pieds et des mains se transmettant pendant trois générations. (Soc. Anlli., 5 maj 1892. Bull, de la Soc. d'Anlhrop., 1892, t. III, IV» série, pp. :Î3(;-:M3.)

354

CIIAI'ITHK xi

du pouce, — sont soudés en une pièce unique, constituant dans le dernier cas la disposition désignée sous le nom de « pince de homard ». Parfois, il y a fusion des os et des parties molles, ou encore une connexion de la peau et des parties molles des doigts. La synne serait pas due à un vice de dactylie congénitale conformation niais au simple arrêt organo-génésique, « dû à la persistance d'un état de développement anormal » (A. BLUM). de dégénéOn a relevé comme un signe fréquent des anomalies des proportions des doigts et rescence, « Les doigls sont trop longs ou trop des orteils. d'un ou plusieurs courts, il y a défaut de proportion doigts ; au dire de FÉRÉ, la brièveté de tous les doigls est plus commune dans les dégénérescences graves (1).» On a insisté fout spécialement sur une disposition qui de valeur que chez, l'homme et qui n'aurait n'aurait chez la femme. la Normalement, pas de signification main étant dans le prolongement direct de I'avanL; l'égalité bras, l'index sorail plus court que l'annulaire ou la supériorité de leur longueur au prolit de l'index serait un signe de dégénérescence. Il est également une autre anomalie sur laquelle les auteurs ont, scmblc-l-il, peu insisté ; FÉRÉ l'a décrite et en a donné des photographies dans « la » : c'esl la disposition en croFamille névropafique chet du petit doigt. Habituellement, l'extension du est complète celle des autres comme petit doigt (1) Ch. Fiiité, La famille névropalhique. — Théorie léralologique de l'hérédité et de la prédisposition morbide et de la dégénérescence. 1894, L vol.; Alcan, 332 p., ch. xvn, xvm, pp. 286-303.

LA MAIN CHEZLUS DKGKNRÉS K

355

; chez doigls, eu dehors de toute lésion pathologique certains l'extension ne peut être obtenue sujets, le petit doigt reste toujours en état de complètement, demi-flexion revêtant plus ou moins une forme en au crochet, disposition que l'on trouve normalement niveau du petit orteil, et qui serait un stigmate de dégénérescence siège au niveau du petit lorsqu'elle doigt. Il faut encore signaler la malformation congénitale décrite sous le nom de pied bot ou de main bote, dans laquelle l'extrémité du membre est déformée, et privée de la plupart de ses fonctions atrophiée habituelles. physiologiques Les anomalies peuvent se porter au niveau des articulations cl déterminer des troubles fonctionnels variables. Les surfaces articulaires et les ligaments soit séparépeuvent être atteints, soif simultanément, ment. Touchant les surfaces articulaires, on a relevé d'une extrémité articulaire des l'absence amenant fonctionnels consécutifs et l'impotence du troubles rendant membre, ou bien une ankylosc congénitale certains mouvements déterminés. impossibles Une trop grande laxilé des ligaments ou diasfasis congénitale peut amener à la suite une facilité plus de luxations. grande, même extrême, à la production On a noté des déviations congénitales provoquant des troubles fonctionnels plus ou moins accusés. On a regardé comme un stigmate de dégénérescence l'épaississcmenf, l'empâtement s'accompagnant de raccourcissement et de rabougrisscmeiif des G'esf principalement extrémités. chez les crétins, les myxoedémateux, que l'on a signalé cette disposition.

35G

CHAl'lTHK XI

on la rencontrerait à des Mais d'une façon générale, divers et diversement degrés de déformation exagérés dans les diverses catégories de dégénérés. « Du côté de la peau et des appendices cutanés, VASCIIIDE et VURPAS écrivent, qu'on a relevé certaines dispositions, que l'on a classées dans les stigmates de la dégénérescence. taches pigmenAinsi, certaines taircs de coloration variée allant du rose au rouge foncé ou au violet, ou au brun chocolat. Tels sont les divers noevi dus à des dilatations des vaisseaux ; ainsi en est-il du vitiligo, dû à capillaires superficiels des troubles pigmcnlaircs. On a également rangé dans ces stigmates des troubles Irophiques plus ou moins et sous la dépendance de lésions, de cergénéralisés, tains organes importants générale, pour la nutrition comme la glande thyroïde, dont l'absence ou la dégénérescence provoquenlc.es (roubles connus sous le nom de myxoedème caractérisée par un épaississemenf de la peau, du tissu sous-cutané, des d'épaississement lèvres, de la langue, des troubles du côté des pieds et des mains qui sont gros et courts, etc. On a fait rentrer également dans les troubles la dégénératifs la stéatopygie, le mélanisinc, le dcrmalopolysarcic, lysis, les lésions du côté de la peau comme l'ichlyose. On y a également classé la sénilité précoce, ou certaines taches éreclilcs très étendues coincidant avec » locale des extrémités. l'asphyxie Du côté du système pileux, qui sert à nous renseide la personne, gner sur le tempérament biologique VASCIIIDE et VURPAS ont relevé la polytrichie, soif soit les hypertrichoses locapolytrichie généralisée, lisées.

LA MAINCHEZLES DÉGÉNÉRÉS

357

L'absence complète des poils ne présentc-t-clle pas de même que chez une tendance vers le féminisme, la femme la présence de la barbe, la voix fortement timbrée, le bras poilu, n'évoquent-ils pas des cas de « masculinisme » ? Chez les androgynes, la conformade la main est admirablement tion anatomique révélatrice. Du côté des ongles, VASCIIIDEel VURPAS signalent « leur absence plus ou moins généralisée, leur atro; d'autres fois, leur minceur phie, leur hypertrophie excessive rappelant l'état foetal des ongles ». « Lorsque l'on prend l'empreinte des dispositions de la pulpe des doigts et des orteils, on papillaires relève tout un système de sillons, de plis et de replis Parfois, on plus ou moins compliqués et enchevêtrés. observe sont plus que les sillons régulièrement moins embrouillés et enchevêtrés. Cette dirigés, normale a disposition plus simple que la disposition été considérée par certains auteurs comme un signe de dégénérescence ». MM. FÉRÉ et GIUFFRIDA-BIIGGERI ont consacré à ce sujet des articles particulièrement intéressants ; nous nous contentons seulement de citer ces conclusions. Nous emprunterons au travail bien connu de d'un cas MM. MAGNAN et GALIPPE la description de soi-disant dégénéré physique classique (1). 11 d'un sujet de trente-cinq ans ayant une s'agissait et (1) MAGNAN GALIPPE,Communical. Soc. Biol., 30 juillet 1892. — Voir aussi MAGNAN, Recherches sur les centres nerin veux. 2° série, 1893; G. Masson, pp. 229-242. — VASCHIDU et VURPAS: art. cité in Annali di Ncvroloyia, 1903, t. pp. 45-52.

358 hérédité, accidents

CHAPITRE XI

très lourde ligue maternelle, (alcoolisme, « Les membres nerveux et cérébraux). mesurent 62 centimètres, ils ne peuvent supérieurs étendus ; les mouvements du pas être entièrement sont limités »... « Le bord externe bras sur l'épaule du membre, au lieu d'être sensiblement rectiligne, forme un angle rentrant au niveau de l'articulation du le coude est, en dedans, coude... la main est écartée est incomplète et la face en dehors ; la supination ne peut pas être portée en antérieure entièrement l'extension de l'avanf-bras sur le bras est avant, et l'avant-bras reste légèrement fléchi. » incomplète « Les deux mains offrent le même vice do conforles doigts sont entièrement mation ; sur les deux, sauf la dernière du réunis (syndactylie), phalange ; dans son ensemble, petit doigt, restée indépendante la main a la forme d'une cuiller un peu profonde. « Sur la main droite, les trois premiers métacarpiens sont apparents, le quatrième et le cinquième paraissent soudés en arrière, mais en avant, les deux têtes se Le métacarpien du pouce s'arnettement. distinguent ticule en avant avec la première phalange qui suit une direction mais la deuxième rectiligne, phalange, luxée sur le bord externe, s'incurve en avant pour au bord externe de l'indicateur qui est s'appliquer fléchi et légèrement incliné en dedans ; un ongle de dimension à peu près normale recouvre la deuxième du pouce. Le deuxième s'artiphalange métacarpien cule avec la première phalange qui suit la direction est fléchie à angle ; la deuxième phalange rectiligne droit, et appliquée sur le pouce ; la troisième phalange suif la direction de la deuxième sans ligne de démar-

Les prineipaux stigmates de la main des dégénérés.

PLANCHE XXXVI

/.es principaux stigmates de lit main des dégénérés.

PLANCHE XXXVII

LA MAINCHEZLES DÉGÉNÉRÉS

359

cation tranchée ; cette dernière, distincte de la deuxième phalange du pouce, est juxtaposée à celle du médius, les deux ongles de ces deux doigts sont unis par leur bord et semblent ne former qu'un seul ongle à forme angulaire, recouvrant par chaque côté de cet angle l'extrémité de la phalangette correspondante. du troisième doigt est très La première phalange allongée, oblique en bas et en dehors, la deuxième et la troisième phalanges sont incurvées en dedans et se juxtaposent aux deux dernières du phalanges deuxième doigt ; pour le quatrième doigt, on distingue bien la première phalange, mais la deuxième et la troisième sont atrophiées, dirigées en dedans à côté des phalanges du médius ; l'extrémité n'a qu'un ongle rudimenfaire. Le petit doigt a sa première phalange assez larges, rectiligne, la deuxième et la troisième, soudées ; l'ongle est large comme la phaparaissent langette. Ce doigt est très mobile, et, quoique adhérent, se prête aux usages les plus variés ; le malade peut même écrire, il retient d'une façon assez adroite le porte-plume entre l'angle formé par la première et deuxième phalange du petit doigt. « Sur la main gauche, les cinq métacarpiens sont sentis facilement sous la peau, mais les doigts réunis ont une disposition analogue à celle du côté droit; toutefois, ils sont un peu moins ramassés, et le creux de la main est moins profond. La deuxième phalange du pouce est, comme de l'autre côté, luxée sur le bord externe et incurvée en avant, elle a un ongle distinct; les trois autres doigts ont les ongles soudés; mais la lame cornée qu'elle porte recouvre les phalangettes ; le petit doigt a un ongle indépendant. »

360

CHAPITRE XI

N. VASCIIIDE et CL. VURPAS résument ainsi, dans les signes des troubles leur tableau morphologiques, de la dégénérescence de la main d'un physiques 56) : typique(p. dégénéré Ectromélie (absence complète d'un membre). Hémimélie (absence complète du segment inf. d'un membre). d'un membre avec Phocomclie complète (absence extrémités). Polydactylie. et Bnsch, Chassaignac, (Friederich Mégalodactylie Broça, Trelat et Monod). Macrodactylic (nombre plus grand des phalanges du pouce). en nombre des (diminution spontanée Ectrodactylie doigts). Oligodaclylie (doigts non seulement très courts, mais très grêles). Brachydactylie (diminution du nombre des phalanges). Atrophie congénitale d'un ou de plusieurs doigts. Syndactylie. Absence d'une, extrémité articulaire. : clinodactylies. Déviations congénitales Membres supérieurs trop courts ou trop longs ; dans ce cas envergure notablement plus grande que la taille. Anomalies de proportions des doigts et des orteils très fréquentes chez les dégénérés (doigts trop longs ou trop courts). I.a brièveté de tous les doigts est, plus commune dans les dégénérescences graves. Défaut de proportions d'un ou de plusieurs doigts. Déformation eu crochet du petit doigt, qui rappelle celle du petit orteil. Chez les dégénérés souvent les extrémités inférieurs, sont épaisses, empâtées. Mégalomélie (volume excessif des membres). Oligomélie (gracililé des membres). Anomalie des articulations affectant soit les surfaces soit les ligaments. articulaires, Ankylose congénitale.

j oe I -v •5P ^ ^ « g / 1§ \ g* I * g "g 2 ~ j \

LA MAIN CHEZ LES DÉGÉNÉRÉS /Taches (Noevi, Vitiligo). pigmentaires ! Dermalolysis. g •S ' ^ i Myxoedènie. s \ Polysarcie. g'g ISteatopygie. a .3 \ Sénilité précoce. * 4J ^3 1 <" o J Mélanisme. très S des taches érectiles CD f Coïncidence Pu I asphyxie locale des extrémités. \ Ichtyose.

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étendues

avec

anomalies de nombre. / Absence, atrophie, . I Hypertrophie. .2 1 Minceur excessive ou état foetal des ongles. de la symétrie de la disposition des lignes a" ) Fréquence *-* de la pulpe des doigts et des orteils, et la [ papillaires relative des dispositions les plus simples. \ fréquence

CHAPITRE

XII

LA MAINAU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE

I Nous entendons les exposer dans ce chapitre données anthropologiques concernant l'extrémité du membre supérieur, ce qui veut dire, en d'autres mots, la technique anthropométrique et les faits d'anatomie sont comparée classiques. Les traités d'anthropologie très pauvres et les recherches restent encore à faire (1). Au laboratoire de M. MANOUVRIER, j'ai eu où la bonne occasion d'apprendre la technique anthropologique, voilà bientôt neuf ans que je l'entends parler de la main, et je regrette que ses recherches ne soient pas encore publiées. On doit pourtant à ce savant intègre un très succinct article sur la main (2), de BROCA, et on trouvera inspiré des recherches dans son mémoire sur les quelques renseignements du corps humain (3). Il faut principales proportions (L) On peut toujours consulter avec profit pour la géométrie des formes les remarquables analyses de notre Maître et ami, M. Cit. RICHET,dont nous venons de parler, à propos du canon artistique de la main (voir plus haut p. 127). Main. (2) L. MANOUVRIER, (Dictionnaire des sciences anthropologiques, pp. 692-098.) Elude sur les rapports anlhropomé(3) L. MANOUVRIER,

364 citer

CHAPITREXII

les mémoires de BROCA et l'article de capitaux des sciences DALLY, du Dictionnaire encyclopédique et auquel nous ferons de assez documenté médicales, larges emprunts. Une première l'anthroquestion qui intéresserait c'est la définition de la main, question pologie, qui a soulevé bon nombre de discussions, qui n'auraient aucune raison BROCA et MANOUVRIER, d'être, d'après « si l'on se plaçait au point de vue de l'anatomie dit BROCA cité par MANOUpure ». « On a préféré, et on ne l'a fait VRIER, le point de vue physiologique, d'élasticité et de manquait que parce que l'anatomie complaisance, parce qu'elle ne se prêtait pas aux illusions dont on avait besoin l'ordre des pour établir la main « l'extréVICQ D'AZYR dépeint quadrumanes. du membre des vertébrés mité terminale thoraciquc ». D'après CUVIER, la main aurait la « faculté supérieurs le pouce aux autres doigts pour saisir les d'opposer choses ». BROCA et d'autres plus petites anthropoloni la préhensigistes ont montré que ni l'opposabilité bilité ne peuvent venir des caractères de spécifiques la main. ISIDORE GEOFFROY la dépeint d'autre part « La main, dit-il, est une extrémité il suit: comme de doigts divisés, pourvue allongés, profondément très flexibles, et par suite susceptibles très mobiles, d'autre de saisir (1). » BROCA a montré part que cette définition ne concerne la main pas exclusivement triques en général et sur les principales proportions du corps. (Bull, et Mém. delà Soc. d'Anthropol. de Paris, t. IL, 3e série, 1902,204 p.) (1) Isidore GEOFFROY,Histoire Naturelle des règnes organiques, t. II, n°209.

LA MAIN AU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE

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mais qu'elle bien s'appliquer aux pieds humaine, peut des perroquets et des caméléons (1). BROCA, à qui on doit les plus belles d'érudition sur pages anatomique la main, la dépeint ainsi : « La main est un pied modifié et devenu ainsi à de nouvelles foncapte tions ». M. MANOUVRIER est d'avis faut appeler qu'il la main le « segment terminal du membre thoracique sans ». « La définition autre distinction purement de la main, écrit cet auteur, est nécessaianatomique rement exacte autant Elle ne suppose que générale. nullement une similitude absolue dans les fonctions, de môme la définition du cerveau à que s'applique toutes les espèces d'un le crâne, pourvues depuis sommet de la série des vertébrés, bien basjusqu'au le moins, autant de différence entre qu'il y ait, pour le cerveau d'un batracien et celui de l'homme qu'entre leurs mains la main « un (2). » BLAINVILLE appelait à cinq branches ». compas Une toute à discuter est celle première question en quoi la main de voir anatomiquement de l'homme diffère ou s'approche de la main des autres animaux de lui dans l'échelle plus rapprochés zoologiquc. BROCA l'a examinée dans des mémoires devenus Les seraient, classiques. points principaux d'après BROCA entre la direction de l'axe de la main, autres, la pronalion et la supination, la direction de l'axe de — Parallèle (1) P. BROCA, L'ordre des primates. anatomique de l'homme et des singes. (Soc. d'Anthropologie, 1er avril 1869. Bull. Soc. d'Anthropologie de Paris, 1869, pp. 228-401, surtout Soc. d'Anthropologie, pp. 258-323. —Bull. 1869, p. 295.) t. XXVII, pp. 275-299. BROCA, Bull. Soc. Anatomique, (2) L. MANOUVKIEU, Main. (Dicl. Soc. Anlhr., p. G93.)

366 la fêle

CHAPITREXII

les la musculature de la main, humérale, et les plis de la main, et enfin les lignes papillaires de la main. proportions —An point de vue de la direction de 1er Caractère. se distinguent des l'axe de la main, les anthropoïdes serf soit fait que la main, lorsqu'elle singes « parle à la locomotion, soit à la station, ne s'appuie pas sur sa face palmaire, mais « seulement par la face dorsale de ses doigts plus ou moins fléchis ». En comme le résume ces animaux, d'autres ternies, BROCA, « s'appuient plus ou moins sur leurs mains », mais ne marchent pas sur leurs mains, « tandis qu'ils sur leurs pieds ». marchent — Au point de vue de la supination 2° Caractère. les singes anthropoïdes et de la pronalion seulement, l'étendue de 180", chiffre atteindre qui peuvent humaine infé; les singes représente l'amplitude rieurs ne dépassent de 90°. Chez guère l'amplitude il n'y aurait qu'un de 140° ; le chimpanzé, angle chez la mono (cercopilhecus mono) de 100°. « En dit BROCA, la supination, résumé, qui n'est que d'un s'élève angle droit environ chez les singes inférieurs, à deux angles droits chez les anthropoïdes. Sous ce il n'y a pas de différence rapport, j>ar conséquent, notable entre l'homme et les anthropoïdes, tandis qu'il entre ceux-ci et les autres y en a une très grande singes (1). » — Direction 3n Caractère. de l'axe de la tête de « La torsion l'humérus. de l'humérus intrinsèque chez les singes ordinaires n'est pas d'un seul angle (1) BnocA, art. cité p. 301.

LA MAIN AU POINT DE VUE ANTIIUOPOLOUIO.LE droit

367

comme chez les quadrupèdes; chez les anthroelle approche de deux droits comme poïdes, angles chez l'homme. Par conséquent, les caracpar tous tères essentiels de leurs membres les thoraciques, sont très voisins de l'homme, beaucoup anthropoïdes de lui qu'ils ne le sont non seulement voisins plus mais des encore des inférieurs, singes pithécieus fut le traducteur eux-mêmes de (1) ». DALI.Y, qui de HUXLEY, La place de l'homme dans la l'ouvrage et dont le nom est intimement lié à la position nature, de l'élude des primates, et à de la question anatomique sur L'ordre des mémoire qui on doit un remarquable et le Transformisme, antérieur année Primates d'une au mémoire de BROCA, s'exprime ainsi dans son article du Dictionnaire des sciences médicales (2). « Citons aussi mémoire les recherches fondamentales de pour à l'aide de l'appareil de GEGENRAUER, qui a déterminé » (3). de torsion de l'humérus LUCAS le caractère « Pour de l'humérus, il faut ce qui est de la torsion la belle se découverte de rappeler que, d'après cet os n'est fémur CHARLES MARTIN (1), qu'un retourné l'humé; en d'autres termes, pour comparer en dehors, il faut placer rus au fémur, l'épitrochlôc en dedans, les et alors on retrouve foules l'épicondylc alors le radius, du homologics, qui devient l'analogue (1) BHOCA, art. cité p. 309. — Dic(2) A. DALLY, Analomie comparée cl anthropologie. tionnaire Dechambre. (Main), pp. 34-49, 134. 21 mai 1808, (3) (JEUENitAUF.R, Bull, de la Soc. d'Anlhrop., t. 111, pp. 320-327. Soc. d'Anlhrop., MARTIN, Bull. 1861, t. II, (4) Charles p. 630.

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CHAPITREXII

tibia se trouvera en dedans, et le cubitus, analogue du péroné, muni de son olécrane se trouvera (rotule) en deliors ; le pouce sera, comme le gros orteil, en de l'humérus dedans, etc. Or, celte détorsion donne, la mesure de la modificaantérieur, pour le membre tion qui s'est opérée chez les vertébrés ; supérieurs et celte mesure est approximativement représentée chez l'homme soit 168°. par une demi-circonférence, Ce chiffre décroît régulièrement des races supérieures humain du genre aux anthropoïdes jusqu'aux quaoù l'angle de torsion ne dépasse 95°. drupèdes guère Cet angle se mesure en projetant sur un plan horizontal l'axe de la fêle humerai et l'axe transversal du coude. Il est évident que les conséquences de cette torsion se font sentir sur les mouvements de la main à leur façon, exigent la rotation qui, pour se produire de la tète du radius sur le condyle (1). BROCA a recherché les caractères fixes auxquels on chez l'homme les membres fhorapeut reconnaître du membre il a déterminé trois abdominal, ciques se résumer ainsi: la main des points qui peuvent sera d'autant à celle de primates plus semblable l'homme que les angles de torsion décrits par l'humérus sur la cavité glénoïde et par le radius sur l'épiseront et que l'axe de la main condyle plus grands, sera plus sensiblement la prolongation de l'axe de lavant-bras. 4e Caractère.— Au point de vue du squelette, il y a une loi quasi géométrique de symétrie entre le pied et (L) Voy. Bull, de la Soc. j). 695, 1809, p. 228 et sq. d'Anlhr., 1868, p. 321 et sq., cl

LA MAIN AU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE

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la main, comme l'a démontré Koi/rz. Cette excellemcnt élude d'analomie ne nous intéresse d'ailcomparée leurs qu'indirectement, et nous renvoyons le lecteur au travail documenté de FOLTZ (1). (Contentons-nous de dire que sur le vivant, celle configuration géométrique est de vue du au point plus frappante, quoique transformisme et de la question qui nous occupe, elle nous procure une forte dissociation fonctionnelle cl de tout premier ordre. « Si les épiphyses, écrit os long sont relativeDALLV, d'un volumineuses, ment à la diapbyse, on est à peu près de assuré les articulations très grosses trouver foutes et les très larges extrémités et très courtes du ; les traits semblent même participer à cette tendance, la visage face s'élargit souvent et le crâne est brachycéphale. Par contre, les épiphyses délicates s'associent géné;'i un type élevé et à la dolichocéplialie ralement (2). » Selon 9 os au lieu de GUYIER, le carpe compte 8 chez fous les singes, sauf chez le chimpanzé ; l'os ne serait dédoublement du supplémentaire qu'un ALIX et BLAINVII.LE, du scaphoïde. os, d'après grand 5° Au point de vue des différences du système musson ainsi résume culaire, BROCA, dans mémoire, l'étude des muscles de la main dans l'ordre des primates : « Parmi les muscles courts de la main, les les lonibricaux les mêmes sont chez interosscux, l'homme et chez les singes ; les muscles de l'éminenec fhénar et de l'éminence du gorille hypoLhénar (1) FOLTZ, Sur l'homologie des membres pelviens et Ihorat. VI, 1863.) ciques. (Journal de Physiol. rie Broivn-Séipiard, (2) DALLY, art. cité p. 42. a

370

CHAPITRE XII

distincts comme et du chimpanzé sont bien chez l'homme ils tendent ; mais chez l'orang, déjà à se fusionner un peu, et cette fusion se manifeste de plus chez, les singes proprement dits ; quelquefois même, entièla démarcation des muscles se trouve presque rement effacée. Ce sont les muscles longs des doigts notables. Le seuls des différences qui présentent si puissant du pouce, muscle chez fléchisseur propre faire entièreau premier l'homme, abord, paraît, ment défaut chez les anthropoïdes ; mais, en réalité, il n'est et fusionné avec le fléchisseur qu'atrophié des doigls qui se rend à l'index. profond (( Chez le gorille, un tendon grêle se détache du bord externe du tendon volumineux, fléchisque le commun seur profond envoie à ce dernier doigt, et va se rendre au pouce où il remplace mais non pour I'analoinislc, le fléchisseur pour le physiologiste, propre de ce doigl. Chez le chimpanzé, ce tendon est plus grêle encore. et les gibbons, il fait tout à fait défaut; Chez l'orang ce n'est mais un des commun, plus le fléchisseur le muscles l'adducteur du pouce, thénar, qui fournit Au point de vue de la foncpetit tendon fléchisseur. est plus efficace que celle qui tion, cette disposition existe chez le gorille et le chimpanzé ; mais au point le fléchisseur du de vue de la constitution anatomique, singes diffère moins de celui pouce de ces deux derniers et des gibbons. de l'homme que de celui de l'orang « Du côté des extenseurs, aucune différence entre et celle du la main de l'homme, celle du gorille noir n'avait On a dit que le chimpanzé chimpanzé. pas d'extenseur propre de l'index, clou en a conclu que les plus eel animal était privé de l'un des caractères

LA .MAIN AU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE

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celui qui l'ait de l'indinobles de la main de l'homme, et qui lui a valu son cateur un doigt indépendant, Il faut croire de l'index nom. que si l'extenseur propre sur le chimpanzé manquait disséqué par FROELICK, et purement car ce c'était un fait anormal individuel, existe et est parfaitement adroite muscle développé, sur les deux comme à gauche, chimpanzés que je les conserve dans mon laboratoire. Mais chez l'orang, cl, probablement chez tous les primates, pithéciens, nous trouvons comme d'ailleurs chez les carnassiers, diffère entièrement du une disposition qui type le gorille et les chimpanzés. observé chez l'homme, « Au lieu d'un extenseur et d'un de l'index propre du 5" doigt, et les singes extenseur l'orang propre ont un seul muscle de ces 4 tendons, ordinaires qui comles 4 derniers en sus de l'extenseur étend doigts comme eux. 11 en résulte mun que nous possédons d'avoir à chacun de ces doigts eux l'avantage pour nous le 31' et 2 fendons tandis extenseurs, que chez n'ont extenseur le 4° doigts seul tendon ; mais qu'un cet avantage n'est qu'apparent cl l'auriculaire ; l'index des autres la facilité de se détacher doigls y perdent sont associés au 3e et au 4e doigt qu'ils par la parce est communauté de leurs muscles. La main privée des mouvements et délicats qui en font à la partiels fois un merveilleux outil et un organe d'expression. une difféaux singes C'est ordinaires, là, de l'homme et le gorille rence considérable le chimpanzé ; mais se séparent se rattacher ici des autres primates pour au type humain exactement (1). » (1) BROCA, arL. cité pp. 320-322.

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CHAPITRE XII

à ce propos les 11 serait intéressant de parcourir de HUXLEY sur la main et sur la pages si lumineuses des anthrodifférence de la main anthropologique et celle de l'homme, sur l'opposition du gros poïdes orteil, etc. (1). sur la disposition des lignes papilDans un travail d'autres laires de la main et du pied (2), ALIX a signalé différences Chez les anthropoïdes, le caractérisques. et les pouce n'est pas aussi long que chez l'homme, à la face palsont arquées; elles forment phalanges maire des gouttières où se logent les tendons. Les et les dernières ongles sont plus courbés phalanges sont sensiblement que chez l'homme (2). plus courtes l'ensemble Voici ses conclusions : « Si nous résumons des observations que nous avons faites sur la disposition des lignes papillaires, nous voyons que, pour ce qui concerne la phalange nous trouterminale, vons chez le maki une sorte de type moyen, auquel les autres, et qui en rend la nous pouvons rapporter de facile. Le faisceau plus conception beaucoup du maki est remplacé chez les lignes longitudinales un faisceau de lignes singes par longitudinales entouré ou incomplètes, et chez d'ellipses complètes l'homme Les variétés par le sinus oblique. que l'on voit chez l'homme n'ont pas été constatées chez les en de l'ancien tandis continent, singes qu'on peut dans les singes contidu nouveau partie les retrouver nent et surtout dans d'autres ordres ; ainsi les lignes (1) HUXLEY, TH. II. De la place de l'homme dans la nature. Trad. DALLY. lîaillicre, 1868; 1 vol. 368 p., Vil, pp. 211-220. (2) Ann. des Se. nul., I. VIII, 1868. — ALIX, op. cil., p. 39.

LA MAIN AU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE transversales

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existent les carnassiers et les parmi et le cercle les didelphes. rongeurs, parmi « Les des deux autres lignes phalanges, quoique moins sont difficiles à variables, cependant plus à un type commun. ramener « Quant il y a un type qui au sinus de la paume, celui de l'homme, sans pourtant le réaliser, rappelle aux scmnopifhèqucs et qui est commun à l'orang, et et un autre commun aux aux aux atèles, gorilles, aux cynocéphales et aux makis, macaques, type que chez les carnassiers l'on ne trouve et les ronque » geurs. ALIX a dressé un tableau les particulaqui résume rités sur on peut faire la compalesquelles porter raison. — Saillie, Radius et cubitus. forme et longueur des Forme des facettes articulaires. styloïdes. apophyses Etendue de la pronation et de la supination. Ligament son absence. ; ses proportions, triangulaire — Nombre, forme des os. — Pisivolume, Carpe. : la direction et l'élcnduc de sa saillie en forme forme de talon au pyramidal ; sa position ; ses par rapport avec d'autres avec l'os os, avec le cubitus, rapports — Apophyses avec le 5' 3 métacarpien. du crochu, du pyramidal, du trapèze et de l'os croscaphoïde, chu. Soudure de certains os et du carpe. Os surnuméraire : intermédiaire, hors de rang, etc. trapèze — Longueur, et courbure des Métacarpe. grosseur os. Mode d'articulation avec les os du carpe. Sôsamoïdes. — Longueur des phalanges considérées eu Doigts. considérées relativement aux autres et elles-mêmes,

374 à celles

CHAPITREXII

des autres Courbure des phalanges, doigts. Forme de l'extrémité de leur face palmaire. goulLières de ses de la dernière relative ; proportion phalange diverses parties. — Principalement et tendons. des muscles Muscles fléchisseurs. — La position Vaisseaux. de l'artère radiale. — Son aspect, Peau de la face dorsale. suivant Les plis. — est nue ou velue. Les callosités. qu'elle Palmure des doigts. — Leur courbure, leur enroulement, leur Ongles. carénure. Intermédiaires gradués jusdepuis l'ongle qu'à la griffe. — Son étendue. Paume. La quantité dont elle soit sur le soit sur les premières s'avance, phalanges, talon de la main. Ses éminences plus ou moins saillantes, confondues, plus ou moins plus ou moins Ses plis ou sillons ; leur forme, leur étendue. séparées transversaux ou longitudinaux. Ses lignes papillaires. — Plis. Pelotes. des doigts. Forme Face palmaire du torus tactile des phalanges terminales ; position de son sommet. Lignes papillaircs. ou l'absence du pli palBROCA, la présence D'après maire chez le chimpanzé comme unique dépendrait, « de la conformation et chez l'homme, du squelette surtout de la longueur relative du second métacarde perfection du mouvepien, plutôt que du degré du pouce » (1). ment d'opposition G. JXKPVEUa décrit et étudié au laboratoire de BROCA (1) BROCA,op. cit., p. 327,

LA MAIN Ali POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE

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les corpuscules de Pacini chez les primates. GUITTON les avait sur les nègres et sur un singe remarqués ces étaient à peu près semmacaque, corpuscules à ceux du nègre, blables moins mais gros, presque aussi nombreux (1). NEPVEU observa le blanc, le charma, le chimpanzé le moue le papion (Trogl. Niger), (Cercopith. mono), le sajou et au point de vue (Cynoc. sphinx), (Cebus), du volume, il trouva une dégradation entre régulière les trois premiers sujets (2). de la main simienne vont ALIX, les plis D'après directement d'un côté de la main à l'autre ; aucun pli ne correspond à la flexion des trois derniers doigts reste étendu. pendant que l'index sur deux chimpanzés BROCA a relevé l'existence du double lui-même ; ALIX l'a reconnu ; un pli palmaire troisième n'offrait des singes. que le pli unique « Les de la paume de la main ont été plis trop étudiés incomplètement pour que l'on puisse indiquer les différences suivant les races... qu'ils présentent variations Leurs individuelles sont considérables ; c'est une raison de plus pour leur étude mérite que d'être mais elle n'a pas été faite jusqu'à poursuivie, avec un véritable présent esprit scientifique (3). » BROCA connaissait une daine chez fort distinguée le pli de flexion de la main était et laquelle unique du pouce fût parfaite. continu, quoique l'opposition (L) Thèse de Paris, 1893. de (2) Obs. sur les corps de Pacini chez le singe. In Biblioth. l'Ecole des Hautes Etudes, t. I, 1870. Main. des Sciences (3) L. MANOUVRIER, art. (Diclionn. anlhropol., p. 694.)

376

CHAPITREXII

M.HASIV a retrouvé ce fait chez un étudiant en médecine. D'autre part, le chimpanzé, pour BROCA, aurait de l'homme, caracle double pli palmaire quelquefois tère exclusivement humain, selon ALIX, d'après qui, comme nous avons vu, la ligne transversale, ligne de du bord et se fend directement flexion, est unique externe au bord interne de la main. le moulage d'une main M. MANOUVRIER a présenté au laboratoire d'anthropologie qu'il a fait exécuter d'un cas de pli palmaire par M. Félix Flandincttc, unique (1). « (iette à un homme main, dit-il, appartenant de la société, offre cette particularité adulle, membre un seul pli de la peau est cpie, sur sa face palmaire, bien marqué. C'est un pli transversal résultant de la fusion complète des deux plis normaux correspon» dant aux articulations méfacarpo-phalangiennes. M. MANOUVRIER fait remarquer que cette disposition chez certains celle que l'on constate singes rappelle Il ajoute que le père du sujet dont il anthropoïdes. une disposition du même genre. s'agit, présente A la suite de celle présentation, un autre membre de la société, M. C. II..., montre sur ses propres mains une disposition semblable. de la main Au point de vue de cette distinction il serait humaine et de la main des anthropoïdes, curieux de citer la si intéressante note de M" 10CLÉMENCEBOYER sur Lu force musculaire chez les nou» veaux-nés. Pli (1) !.. MANOUVRIER, palmaire unique. (Soc. d'Anthropologie, séance du 4 février 1892, p. 62.)

LA MAIN AU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE

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M" 1" CLÉMENCE BOYER (1) lit un article du journal Le Radical, à des observations relatif faites par le docteur BORINSON sur la force musculaire des nouveaux-nés. « M. BORINSON a suspendu des enfants les par à une barre mains tout en prenant les transversale, afin que nul accident ne pût nécessaires, précautions se produire. « Et ces enfants se tenaient sans émocramponnés, sans à la dite barre. Des nés tion, effroi, bébés, heures à peine, ont ainsi depuis quelques pu rester durant 2 minutes très digne suspendus 1/2, et, détail d'être la quinzaine noté, ce n'est que durant qui suit la naissance cette subsiste. Elle fend que poigne notablement à disparaître dès que le corps du prend c'est-à-dire la seconde semaine. poids, après « Le plus sans des petits contredit, remarquable, à M. IIOBINSON pour ses expésujets qui oui servi riences est certainement celui qui, d'une seule main, resta suspendu durants et qui, vaincu secondes, par la fatigue, au moment de lâcher se raccrocha prise, de l'autre main. brusquement « M. BODINSON fut conduit à faire ces expériences d'un de chasse du voyageur par la lecture épisode WALLACE. anglais « Cet explorateur, au mépris de notre proche parenté avec les grands tua une femelle singes anthropoïdes, Cette femelle mère était et, quand d'orang-outang. elle tomba, elle portait son petit qui, épouvanté par chez les nou(L) Mm<!CLÉMENCE ROYEH, Force musculaire veaux-nés. (Soc. Anlhropol., 4 fév. 1892, p. 63.)

378 la détonation

CHAPITRE XII de l'arme et par la chute aux poils qui couvraient de sa mère, se sa poitrine

cramponnait velue. « Ce jeune orang était âgé de quelques jours à peine. Entre le chasseur et le pauvre vigoureux orphelin, Pas moyen de décroune lutte acharnée s'engagea. mains s'agrippaient cher le singe dont les mignonnes aux poils avec une vigueur invincible maternels; il se celui-ci la barbe de Wallace, aperçut quand vivement retourna et, sans hésiter, poil pour poil, il à la barbe du meurtrier. se suspendit « Wallace sa ne se souciait avec pas de jouer mais endolorie, le rôle de mère-singe. barbe soyeuse, « Heureusement, un de ses compagnons eut l'idée une peau de lièvre à longs de présenter à l'orang et il n'en, fallut pas davantage pour délivrer poils, cette barbe humaine. « L'exemple de la poigne développée par ce singele docteur RODINSON. Il pense que si la enfant séduisit des enfants de l'homme ne persiste pas, c'est poigne d'exercice ; mais il n'en conclut par suite d'un manque les résultats de ses qu'il faut voir dans pas moins » un phénomène d'atavisme très marqué. recherches de pure critique à la Société ALIX, clans un travail par d'Anthropologie (1), résume d'une manière précise, de la main au la position ces quelques propositions, : « 11 est évident de vue du transformisme que point vue caractérise ce que nous avons tous, et à première eL la c'est la longueur, une main, l'indépendance (Bull, de la Soc. (11 ALIX, Discussion sur la transformation. de Paris, 1869; séance du 20 mai : pp.424-439 ; d'Anlhropol. p. 436.)

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forme des doigls, de vue, tous les singes et, à ce point ont des mains ces mains diffèrent de celles ; seulement de l'homme sons divers rapports. « Les Grecs dans la main deux parties : distinguaient la main ce qui est opposé dite, proprement puis '/dp, à la main le pouce. La main humaine est a.w.yjip, de Ya.v-i.ydp, celle remarquable par le développement du singe l'excessive réduction de anthropoïde, par cette partie. Le pouce étant moins développé que chez un macaque ou un cynocéphale, il en résulte que sous le macaque ce rapport, ou le cynocéphale est plus voisin de l'homme qu'un singe anthropoïde. « La main de l'homme caractérisée est, en outre, par ses proportions : la paume est à peu la carrée, près du doigt médius est à peu près égale à celle longueur de la paume, le pouce atteint la moitié de la première de l'index. Chez les singes la phalange anthropoïdes, est plus ce qui donne à la paume longue que large, main une forme La paume beaucoup plus allongée. est chez le gorille, mais cela tient au plus large volume des articulations ; métacarpo-phalangiennes le carpe ne participe de largeur. pas à cet excès « L'étude de la face palmaire de la main nous fournit d'autres considérations. La des plupart singes marchent sur la paume de la main ; ils appuient prinsur la partie où se trouvent antérieure, cipalement des bourrelets métales articulations qui recouvrent Les singes chez carpo-phalangiennes. anthropoïdes, sont moins se servent qui ces bourrelets développés, sur de leurs mains mais ils s'appuient marcher, pour : chez la paume est la face dorsale des eux, doigts la main tout entière est affranchie. Chez l'homme,

380

CHAPITREXII

et ne sert plus à la marche. Sous ce rapaffranchie incontestable que je port, il y a une série ascendante ne cherche pas à dissimuler. <( La paume de la main des plis dont présente une attention méritent Ainsi, spéciale. quelques-uns il y a trois plis principaux : l'un qui chez l'homme, thénar et qui correscontourne la base de l'émiiience pond à la flexion du pouce ; un autre qui part de la l'extrémité antérieure de ce pli et qui traverse (il indique la flexion simulpaume d'un côté à l'autre tanée des quatre doigts proprement dits) ; et un troisième, placé en avant du second, qui part du bord marche d'abord en libre de l'émiiience bypolhénar, entre ligne droite et se courbe pour aller se terminer Ce dernier correspond à la le médius et l'indicateur. flexion des trois derniers doigts, lorsque l'index reste étendu. Jusqu'ici je ne l'ai pas observé sur les singes m'ont montré deux qui, au contraire, anthropoïdes, traversant la paume et plis parallèles complètement des tous les deux la flexion simultanée indiquant quatre doigts. « La face palmaire de la main est remarquable, en de lignes ou stries formées outre, par la présence de papilles. Ne pouvant en par des séries régulières ici une description donner complète, je nie bornerai à dire que les figures décrites par les lignes papillaires entre l'homme établissent des différences remarquables » et les singes anthropoïdes. fonctionnel Le perfectionnement peut donc causer des distinctions nombreuses et diverses. profondes conclut BROCA « dans le parallèle des C'est pourquoi, des la comparaison hommes et des anthropoïdes,

LA MAIN AU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE

38î

tandis ne montre légères, organes que des différences en révèle de beaudes fonctions que la comparaison L'anatomie morte n'autoriserait coup plus grandes... l'anatomie vivante nous celle mais conclusion, pas la famille sans vain de dire orgueil, que permet à une grande humaine s'élève, par son organisation, au-dessus de celle qui en approche le plus (1) ». distance Il de tout près question qui intéresse de la main. est la proportion l'authropologie un mémoire GADDI, dans (que je n'ai pas pu trouver delà sur la supériorité et ([ue DAI.LY cite vaguement) main humaine 18G6), a dit : « qu'à la main, (Modène, le pouce de l'homme s'écarte beaucoup plus que le est vrai tandis simien, pour que le contraire pouce l'axe offre une Chez de la main le pied. l'homme, chez les d'environ 0 in. 20 ; la proportion longueur à une bailleur de 1 m. 70 est singes par rapport 1 : 8. L'ouverture de la main esl, à la haucomme 1 : 23 ». L'oude 1 m. 01, comme teur supposée, la largeur n'est verture que de 0 m. 07. En général, esl supérieure d'un dixième de de la main humaine elle serait la moitié de sa longueur ; chez les singes, deux dixièmes d'un ce qui donne inférieure dixième, de différence. courante du dessin du contour Voici la technique : de la main en anthropométrie TOPI« La longueur maximum de la main, écrit Une seconde (1) BROCA, niém. cité p. 400.

38?

CHAPITRE vu

NARD (1), (in prenant soin qu'elle soit dans le môme axe que l'avant-bras, et la longueur du pied ne présentent aucune Mais il faut insister difficulté. sur les de repère intérieurs de ces deux organes. Les points à fixer, sont les deux extrémités premiers, peu difficiles de la ligne noduleuse le métacarpe oblique qui sépare des et des orteils. A la ou le métatarse phalanges on fait fermer fortement le poing, et les deux main, extrémités saillantes de cette se dessinent ; il ligne en vérifiant si la marque n'y a plus qu'à les marquer, est bien placée, n redressé les doigls. Au lorsqu'on en faisant on agit de même les orteils le pied, plier A la rigueur, on pourrait mesurer direcplus possible. tement la longueur de ces deux lignes; à la main, il à pleine main le comn'y aurait qu'à faire empoigner les deux glissières. Mais ces deux mesures pas entre se rattachent à un système particulier que je recomcelui des contours. Soil la main. Un crayon mande, ordinaire est fendu dans les deux tiers de sa longueur, de façon à obtenir d'un côLé une surface longitudinale La main est placée sur une feuille de papier, plate. son axe passant et le dos du poignet, par le médius se continuant avec l'axe de l'avant-bras. Le crayon, et tenu au papier ainsi d'une façon perpendiculaire cl aveugle, trace alors fout le contour et, rigoureuse en passant, en dehors, sucpar une secousse marque des deux apophyses cessivement les sommets styloïdes de l'avant-bras, le fond du premier espace intcrdigifal et les deux extrémités de la ligne mélacarpo-phalan(1) TOPINAKI), Éléments Adrien Dolahayc, p. 1134. d'Anthropologie. L^aris, 1888. —

LA MAIN AU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE gienne. ci-contre ensuite

383

En réunissant ces lignes, on obtient comme une d'éléments l'on série que compare eux par le système des indices, entre la londe la main étant = 100. » gueur M. MANOUVRIER, dans son article « Main », conseille de calculer l'indice de la main, « c'est-à-dire le rapport — 100 ». Pour avoir le à sa longueur de sa largeur M. MANOUVRIER suit le contour contour de la main, de la main posée à plat, « les doigts étant rapproches les uns des autres et le pouce dans sa position natudoit être fendu longifudinalcment relle ». Le crayon « La base de la main cl, tenu verticalement. corsur ces dessins au premier du respond pli articulaire à partir de la paume de la main. Une ligne poignet tirée du milieu de ce pli à l'extrémité du médius la longueur est mesurée mesure de la main ; la largeur sur une ligne tracée au niveau de la tète des métacar» Voici ses chiffres : piens (largeur maxinia). Luiijr. Singalais — — Noir de Bombay.... Araucans — — Indiens Omahas ... .... — .... Galibis — Fuégiens — 9 hommes 5 femmes 2 enfants (5 ans) 16 ans 5 hommes 2 Ibnunes 3 enfants 9 hommes 4 i'emmes 2 onfauts 4 hommes 4 femmes 4 enfants 1 homme 4 femmes 181,2 159,6 112,0 185,0 182,0 169,0 » 189,7 180,3 158,0 168,2 153,2 103,3 181,0 170,1 Larg'. 88,1 75,5 57,2 81,5 85,9 79,5 » 88,3 87,5 79,2 80,2 69,1 48.7 80,0 76,6 initiée 48,6 47,3 51,1 44,0 47,2 47,0 50,6 46,5 48,5 50,1 17,6 45,1 47,1 47,1 45,0

381

CHAPITREXll

La longueur de la main augmente certainement si l'on prend la mesure à partir de l'apophyse styloïde du radius. Voici quelques mesures données par les anthropoles docteurs logisfes QUÉTELET, TOPINARD, belges, HICIIER, mais ne reposant que sur un petit nombre de cas. Le docteur TOPINARD mesure la longueur du torse chez l'homme assis ; cette méthode est excellente sur sur le squelette. le vivant, mais inapplicable Riclier Tupiiniril QuiHelcl » Olécràne à naissance de la main. 14,4 14,4 Main 11,3 11,5 11,3 BROCA a établi par des chiffres les rapports proporet de leurs segments. tionnels des membres D'après cet auteur, la longueur de l'humérus étant représentée est chez les nègres 79,40, par 100, celle du radius chez les blancs 73,93. La longueur de l'avant-bras est donc plus longue chez le nègre que chez l'Européen (1). La main de squelette la plus longue qui ait été mesurée d'après DALLY (1871), est celle du géant du de BROCA qui, en réalité, était une petite laboratoire à 2 mètres ; s'élevant main, vu sa faille osseuse une main de nègre du Muséum qui mesure 19 centimètres est, longue pour une taille de 1 m. 65. Les mesures suivantes ont été [irises sur le vivant : sur 76 indiGII.LEBERT DHERCOURTa pris les mesures 6 Mozabites, gènes de l'Algérie (17 Berbères-Kabyles, (1) BROCA,Bull, de la Soc. d'Anlhrop., p. 641. 1862, p. 162; 1867,

LA MAIN AU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE

3)85

S Arabes des villes ou Maures, 23 Arabes des tribus, 4 Kourouglis, 12 nègres, (3 Israélites) ; il a trouvé, les longueurs suivantes en pour la main, moyennes millimètres : : hommes, 175 ; femmes, 171. — MozaKabyles 170. — Arabes des villes : hommes, 185 ; bites, 174. — Arabes des tribus 185 ; : hommes, femmes, 176. — Kourouglis, 189. — Nègres : hommes, femmes, 194 ; femmes, 179. — Israélites : hommes, 182 ; 191. femmes, En prenant deux des types algériens, le Kabyle et le nègre, abstraction des femmes et prenant comme faille moyenne les chiffres de GILLERERT qui sont de 1703 pour les Kabyles et de 1615 pour les nègres, on trouve à 100, donne : longueur que la faille, ramenée de main aux Kabyles, 10,2; aux nègres, près de 11,8. Pour une taille de 2 mètres, la longueur de la main serait de 23,6 pour le nègre et 20,4 pour le Kabyle. Oesfaifs concorderaient avec les chiffres obtenus sur les 42 squelettes de la galerie du d'anthropologie Muséum par DALLY. BOURGAREL (1) a trouvé sur 12 Calédoniens adultes, une faille moyenne de 167,1 et une longueur moyenne de main de 19,3. La taille étant représentée par 100, la longueur de la main est de 11,5. Dans un fascicule, le docteur WEISIJACH (2) a conles résultats signé numériques communiqués par SCHERZER et SCHWARTZ, lors d'un voyage entrepris par la frégate Novara en 1857, 1858 et 1859 : « Sur (1) Boi.iKiAiiEi., Mémoires Soc. d'Anlhrop. i,2) YVEISRACII,Reise der f regalle Novara... gen bcarbeilel Weishach, Vienne, L867. Korpermessuni".

381)

CHAPITRE XII

la longueur a été de 26 Chinois, de la main moyenne de Nico21 (J (faille moyenne, 1632) ; sur 36 indigènes 203 (faille bar, 213 (taille moyenne, 1757) ; 7 Haïtiens, 209 (taille moyenne, moyenne, 1650) ; 4 Australiens, 1617). » Les mêmes auteurs, BOURGAREL, DIIERCOURT, BOUtaille donnent BAUD, WEISBACII, DALLY, etc., pour et pour lonaux Allemands 1680 millimètres moyenne de taille de main, 202 ; aux 1678 Slaves, gueur et 213 de longueur de main. Les mains les moyenne selon sont, DALLY, celles d'un insulaire plus longues de l'île Stewart 265 millimètres; qui mesuraient puis celles des Néo-Zélandais, 241 ; insulaires des îles de la Sonde, de Nicobar, 226; Javanais, 220; indigènes 214 ; Australiens, 208 ; etc. Dans un mémoire couronné en 1869 par la Société E. Bouiuun 18 observad'anthropologie, (1) a donné tions sur les peuples de l'Inde méridionale : 3 Toulkou à peau 9 Dravidas à peau chocolat, jaunâtre, à comme 6 Moundas considérés noire, peau autochthoncs. de la main a été : Toulkou, La longueur 183 ; Drade 74, 83, 82. 189; Moundas, vidas, 183; la largeur la Par rapport à la taille, 1 mètre de hauteur, pour est de 113 millimètres, la largeur est de 46, longueur 49, 51 millimètres. la stature Comme étant représentée conclusion, par 1 mètre, la longueur les races de la main sera pour observées savoir : Néo-Slcwardiens, jusqu'à présent, 148 millimètres 137 ; Sondaniens, ; Néo-Zélandais, (1) HOUBAL'D,Mém. Soc. d'Anlhrop., 1869.

LA MAINAU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE

387

136 ; Icobardieus, 131 ; Chinois, 128 ; Australiens, 121; nègres 118; Néo-Calédoniens, d'Algérie, 115; 102 ; Allemands, 120 ; Slaves, 127 ; Indous Kabyles, du Sud, 113. La longueur relative de la main est un caractère différentiel très important, de ethnique qui permet constater dans les races humaines ou anthropoïdes à une gradation des types inférieurs l'homme, régulière aux supérieurs. Voici quelques chiffres sur la croissance de la main de TOPINARU (1). d'après l'anthropologie Membre super, moins In main Naissances mesure absolue, en niill... -2 ans ... — 5 ... — 10 — ... — ... 15 — — 20 — ... Rapports : 30 ans à naissance (=) 100 a cessé Age où L'accroissement Naissance, mes. relat. Taille = 100.. — 15 ans .. — 25 — .. Accroissement (+) ou diminution (—) progressive par rapport à la taille. Age où le rapport à la taille devient fixe Accroissement à 15 ans par rapport. à 10 ans =100 Accroissement à 20 ans par rapport à 15 ans =100 Accroissement total de 10 à 20 ans.. 206 331 422 556 675 758 328 30 29,0 33,3 34,2 -f25 21,2 12,3 33,5 Main 61 93 112 143 171 188 311 30 12,2 11,3 11,3 — 8 13,1 7,0 20,1

(1) TOPINAUI), o/). cil., p. 1030. Voir aussi surtout les travaux de IIUMPUUY, A Ircalise on the Human Skelelon. Camclassiques de QU'ETEI-ET. — bridge, 1858 et les recherches

388 Rapport

CHAPITRE XII de la main et du pied à la taille = 100. ANTHROPOLOGIE TOPINARD, (L) 7 Tziganes 100 Parisiens 24 Slaves du Nord 26 Roumains 20 Magyars 20 Juifs 184 Kabyles 17 Nubiens 10 Siamois 20 Chinois du Nord 12 Japonais 12 Javanais 9 Polynésiens 9 Galibis 3 Patngons 10 Negus d'Algérie — du Congo 5 3 Cafrcs 3 Hottentols 3 Australiens 50 Australiens 11,5 11,6 11,7 11,6 11,7 11,8 11,9 11,6 11,5 12,3 12,8 13,0 12,6 10,5 12,7 11,7 12,5 12,1 11,8 11,9 — 15,4 14,8 15,5 15,2 15,4 15,6 14,8 15,5 15,1 14,9 16,3 15,2 13,7 .... 15,3 14,6 15,2 15,0 15,1

de ce tableau, dressé par TOPINARD, que les plus petites mains s'observent chez les Européens et encore plus chez les Tziganes ; les mains les plus grandes se trouvent dans les races jaunes, et les nègres liennenL le milieu. DALLYa dressé un tableau, reproduit en partie par sur les proportions de la longueur absolue MANOUVRIER, Voir aussi Dr OODIN,Recherches anlhropol. sur la croissance des diverses parties du corps entre 1.1 et 18 ans. Paris, Maloine, L902. (1) TOPINARD, p. cit., p. 1089. o

Il résulte

LA MAINAUPOINTDE VUEANTHROPOLOGIQUE 389 de la main et de la longueur colonne vertébrale. relative par rapport à la

Chiffres INDIVIDUS du Squelettes Muséum 1

de Dally

:

LONGUEUR ABSOLUE LONGUEUR RELATIVE delamain .. -_»de lu colonne delà.. pour 100 verlebrale main decol.vcrUîhrale c<;nl. cent. oont. 28,2 60 68 60 58 78 58 56,8 60 71 65 68 57 92 69 65 72 70 » 1 '.' » 67 10 27 25 21 22 25 18 17,9 18 21 19 20 16 20 19 17 19,5 21 » 20 22 20 18,5 57 45 37 35 33 33,3 32,4 30 30 29,8 29 28 28 27,5 29,6 26,1 27 30 » ? » » 27

4 Gibbons (moyenne) Orang adulte..' Troglodyte tsego Gorille femelle Troglodyte Niger (chimpanzé) (iorille mAIe 8 nègres (moyenne) 6 négresses (moyenne) Malabar 8 Taïliens Néo-Guinéen Néo-Calédonien Indien de Bombay (squelette naturel) 2 Français (moyenne) Turc de Smyrne Arabe Océanien Nègre du laboratoire do Broca — Géant .. O'Brian (géant) Freemann Laponne (géante) 8 squelettes divers (supposés français)

d MANOUVRIER, ans son article Main, a réuni dans le calculées selon tableau suivant quelques moyennes

390

CIIAP1T1IEMl conformé-

faites les observations anthropométriques de BP.OCA (projection). ment aux instructions

G. DIIERCOURT. L0 Arabes — 10 Nègres d'Algérie DE.MKF.n 6 Kalmouks — 5 femmes id ROUUAUD 18 Hindous MOMMÈIU!.... . Annamites — Minh-Iluongs — Chinoises Cambodgiennes.. MANOUVRIER... 3 Galibis ... 4 hommes — ... 4 Fuégiens — ... 4 femmes — ... 4Araucans BOUHGARF.I 12 Néo-Calédoniens.

Loii-ç. de la main 't'aille Rapport millim. mètres 185 1606 11,1 . 194 1645 11,8 180 1013 11,1 1 27? 164,8 11,1 > » 11,3 » » 10,19 » » 11,65 » » 11,70 » » 11,95 L 395 166,3 11,91 186 1555 11,96 1612 182,5 11,3 180 1516 11,8 1612 183,2 11,36 193 1674 11,5

nombre Des voyageurs nous ont légué un grand d'erreurs et de croyances sur les proportions de la nous vivons encore faute de tramain, sur lesquelles vaux scientifiques. Les mains suisses, en particulier, seraient genevoises selon DALLY, ce qui proverbiales par leur volume, contraste fort avec la petitesse des poignées d'épéc dont se servaient les anciens à l'époque de l'âge du selon les remarques de DESOR et VOGT. DALLY bronze, cite II. MARTIN (1), d'après les Irlandais, à lequel, du bronze et les Indiens de la caste première l'époque (levaient avoir des extrémités fort exisupérieures guës, etc. (1) II. MARTIN, in Congrès rique. 1868, p. 304. inlcrn. d'Anlhropol. préhisto-

LA MAIN AU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE 391

III On trouvera dans les instructions anthropologiques de BROCA (1) la description de la manière classique dont il faut prendre les mesures de la main. Nous donnerons celle utilisée au laboratoire de également M. MANOUVRIER, le successeur de BROCA, et telles ont été utilisées qu'elles par MM. MANOUVRIER (2) et sur PAPILLAUT, dans leurs mémoires anthropologiques les proportions du corps humain et sur l'homme moyen. Il faut analyser ces deux mémoires pour exposer les dernières données sur les proanthropologiques du corps donc aussi sur la main. humain, portions Ces deux mémoires ont paru presque en même temps, et il semble la y avoir un même esprit scientifique, même idée directrice. Le mémoire de M. MANOUVRIER (3) concerne des mesures sur le vivant, soit prises directement par lui, les dossiers de M. Bertillon; soittriéesdans le mémoire de M. PAPILLAUT concerne des mesures généralement de l'École de Médeprises sur les cadavres pratique cine. Il faut lire attentivement ces deux mémoires, et celui du professeur surfout MANOUVRIER pour extraire Masson, (1) BROCA, Instructions générales anthropologiques. 2° éd. sur l'anthropométrie. (2) L. MANOUVRIER, Généralités de Paris, 1900.) — PAPIL(Revue de l'Ecole d'Anthropologie LAUT, L'homme moyen à Paris. (3) L. MANOUVRIER,Éludes sur les rapports anthropométriques en général cl sur les principales proportions du corps humain. (Bulletin et Mémoires de la Soc. d'Anlhropol. de Paris, Mémoire, t. 11, 3e' série, 3 l'asc, 1-203 p.)

392

CHAPITRE XII

concerne documents ; la question qui nous quelques un peu partout, elle se trouve discutée à est éparpillée de questions tout autres et bien différentes. propos la systématisation Examinant du choix des rapports M. MANOUVRIER considère entre anthropométriques, les dimensions celle d'admettre autres possibilités, de compad'une comme terme universel phalangette et il est d'avis raison, que toute cette systématisation, en des comparaisons nombreuses et qui consisterait et de plus en plus générales, à partir de la multiples, d'une avec les phalangettes comparaison phalangette la comparaison des segments des autres doigts jusqu'à du pied avec ceux de la main, est bien complexe et car elle est intimement liée à une foule de inutile, à solutions variées et mulbiologiques, questions formulées. ou pas encore tiples, Dans une série de 3.071 hommes, de 21 à âgés 44 ans, la il ordonnée suivant taille, parisiens, les calculs de M. MANOUVRIER, que, à résulte d'après « la main (si on la reprémesure s'élève, que la taille sente diminue un peu relativement à par le médius) mais au un peu relativement l'avant-bras, s'allonge buste. La main mais très diminue, (médius) peu, au pied (1) ». Au point relativement de vue du sexe, les membres cl inférieurs étant plus courts supérieurs relativement à la faille et au buste dans le sexe fémila différence sexuelle serait nin, pourtant plus proHOLLET (2), pour le membre noncée, d'après supé(1) L. MANOUVRIER, m6m. cité p. 74. des os longs des (2) Dr K. ROLI.ET, De la mensuration membres dans ses rapports avec l'anlhropolqgie, la clinique et la médecine judiciaire. Lyon, A. Stock, 1889, 1 vol. 128 p.

LA MAIN AU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE

393

rieur. Le membre serait supérieur plus court dans le sexe féminin. Le sexe introduit, comme dans toutes les mesures une influence indéanthropométriques de la taille seulement dans une certaine pendante selon MANOUVRIER. D'après un tableau de mesure, suivant le sexe, dressé moyennes générales par M. MANOUVRIER, d'après 2.695 hommes âgés de 26 à 44 ans et 130 femmes de 20 à 45 ans, il françaises résulterait chez que « ce qui esl le plus développé les femmes, c'est le crâne. Puis vient dont l'oreille, la largeur semble liée à celle du crâne. Ensuite vient le buste, inférieur puis le membre (pied non compris), puis la main et le pied, et, au dernier rang, le membre supérieur (sans la main) (1) ». La main, considérée comme au proportionnelle — doigt médius— point de critérium anthropologique est plus courte chez la femme, « relativement au tronc », elle est « un peu plus longue mais relativement à l'avant-bras », qui est toutefois plus court par rapport au bras. La main serait en outre un peu plus longue mais sans que cela puisse constituer une que le pied, différence notoire. Dans des moyennes concernant des hommes et des femmes de même taille (30 hommes et 40 femmes), le doigt auriculaire est, selon MANOUsensiblement VRIER, chez les femmes, plus court par au médius, sans qu'il puisse trouver rapport pourtant des variations la taille, parmi suivant les identiques, « Peut-être hommes. d'une insufs'agit-il simplement de la série féminine, fisance ou de quelque ajoute-t-il, attitude fléchie du doigt auriculaire chez les plus (1) L. MANOUVRIER,mém, cité p. 80.

39-1

CHAPITRE XII

il semblerait femmes. du Autrement, que la réduction le doigt membre féminin affecte supérieur davantage central encoreauriculaire epic le doigt (1) ». Ajoutons les mesures en fonction ce fait que parmi qui varient le rapport de la main au pied est le plus de la taille, le moins aux variations. stable, sujet Du sur les variations suivant l'indice chapitre la couleur des l'habitat et la cheveux, céphalique, 1° les femmes retenons les faits suivants: profession, brunes aux femmes auraient, blondes, par rapport la même faille et la même du membre longueur ayant au buste, le membre inférieur relativement supérieur un court urbaine tend à ; 2° l'influence peu plus et le pied. raccourcir le membre supérieur du membre Toutes ces variétés dans les segments selon M. MANOUVRIER: 1° par l'influence s'expliquent, de la presssion 2° par l'activité fonctionnelle verticale; « tendant, les os des à augmenter membres, pour ou transversal l'accroissement au détripériostique » ; 3" par enchondral la ment de l'accroissement suractivité et l'inaction musculaire la pretendant, mière à favoriser, la deuxième à diminuer ces deux influences l'une cl, l'autre à l'curyplastic qui tendent inférieur (2) ». Chez les anthropoïdes, pour le membre « le travail écrit loin du MANOUVRIER, exigé plus esl, membre supérieur par la locomotion suspendue d'une traction énorme et toujours accompagné puissante exercée du corps, traction par le poids qui les de la conjugaison, cartilages représente, pour (1) !.. MANOUVRIER, mém. (2) L. MANOI-VIUER, mém. cité p. 81. cité p. 136.

LA MAIN AU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE

395

diminution de pression, donc tendance à l'allongeici avec l'accroissement en grosseur. ment, coïncidant Le membre donc en même s'allonge temps qu'il L'avant-bras, grossit. qui est le plus violemment tiré, relativement et la main, s'allonge davantage, qui les branches, saisit est plus encore allongée (1) ». Les travaux durs tendent à rapprocher sous ce rapdes anthropoïdes humaine ; l'évolution port l'homme a rendu moins nécessaire de tout être à l'application la nécessité des travaux La suractivité musfatigants. culaire humaine n'entraîne la traction pas pourtant comme chez les anthropoïdes. Le mode de radicale, locomotion des anthropoïdes une tendance implique à l'allongement de la main, car son rôle est de toute s'accrochent ; les anthropoïdes première importance en effet aux branches des arbres, d'où il résulte une traction sur les os et indirectement, selon MANOUVRIEH, « une diminution de pression consécutive favorisant la croissance en longueur les (2) ». Chez l'homme, travaux manuels rudes de la même agissent presque manière musculaire est intense, ; plus le travail plus il exige des instruments lourds et difficiles à manier, la main deviendra Les différents plus grande. segments se séparent qui la composent s'espacent, petit à petit les uns des autres, et comme la main supporte toutes les réactions, et comme elle est « le point d'apdu travail de tout le membre cette plication supérieur», de la main est intelligible. Les travaux de augmentation la main sont toutefois fort minimes comparativement (1) L. MANOUVRIER,mém. (2) L. MANOUVRIER,mém. cité p. 137. cité p. 141.

396

CHAPITRE XII

la concordent donc avec au travail du pied. Ces faits énerdu travail théorie de MANOUVRIER sur l'influence de chaque du sur les proportions segment, gétique la longueur du bras et la Il va de soi que, selon corps. motrice de la main, il y aurait une activité grandeur si longs, et si des hommes aux bras qui, appropriée, se le docteur G. DELAUNAY le pense, comme peuvent se baisser, les les genoux sans d'autres, ayant gratter auraient un cercle d'ammembres courts, supérieurs et qui influencerait cermotrice plitude plus restreint en un ses gestes, tainement sa mimique expressive, d'être et plus dignes mot, importantes qualités plus métiers où en considération dans les multiples prises ainsi dire du corps font partie les proportions pour du métier. les chiffres et les en somme, 11 résulte d'après d'abord considérations de M. MANOUVRIER tout (1), les proportions du la taille toutes s'élève, que lorsque en moyenne. Le membre accroissent supérieur corps le membre inférieur. Chez moins s'allonge que « la main un peu relativediminue l'homme grand, chez un peu au contraire ment au pied, et s'allonge aux contrairement la femme grande (2) ». Les femmes, ont le membre de petite hommes taille, supérieur « Un inférieur. au membre court relativement plus en moyenne selon cet auteur, pied coïncide, grand relativement au de la main, avec un allongement relativement au buste de celui-ci membre supérieur, de même sans et au membre inférieur, allongement (1) L. MANOUVRIER, mém. cité p. 193. nés à Paris et des (2) Il s'agit des Français

Françaises.

LA MAIN AU POINT DE VUE ANTHHOPOLOC.IOUE ce dernier. L'indice

397

tend un peu vers la céphalique sollicitation fonctionnelle brachycéphalie (1) ». La sociale explique l'influence dans la sélection pourquoi se traduit le raccourcissement des des villes par du membre et surfout Citons membres, supérieur. encore le fait que les segments dislaux des mains et surtout des pieds « s'allongent moins que les segments (2) ». proximaux avec les déterminations anthroCes faits coïncident de GODIN et de PAPILLAUT, quoique l'étude pométriques de ces auteurs ait porté sur d'autres du sujet aspects aient été faites à un autre et leurs recherches point de vue. (1) L. MANOUVRIER,mém. cité p. L95. Ce n'est qu'une coïncidence. (2) I,. MANOUVRIER,mém. cité p. 196. du reste

CHAPITRE

XIII

LA « POIGNEE

DE MAIN » ET LE GESTE

de renseignements ne nous révèleprécis « bonjour t-il pas, le banal et le quotidien », la simple de main ! Les anciens avaient an moins poignée sur nous de ne pas se mettre en contact l'avantage les uns avec les autres et peut-être si intime la confiance plus grande de jadis tenait-elle aussi en partie à celle absence de souvenirs musculaires subconsdes doutes, de cients, qui nous glissent aujourd'hui la méfiance, de l'irritabilité envers l'être dont nous venons de Loucher la peau et serrer la main, en appaaffectueusement. rence, Il y a toute une psychologie de première importance dans ce contact musculo-tactile que j'appellerais « mental ». On se trompe même rarement on quand » se souvient de la manière dont on se dit « bonjour ou souhaite le « bonsoir »... On arrive à distinguer sans aucune des soi-même, arrière-pensée, types d'individus. Oui ne connaît pas dans sa vie la poignée de main franche, avec le sincère, loyale, qui concorde affectueux et honnête, de regard limpide, poignée main très rare et que la lutte sociale, la vie avec toutes Combien

400

CHAPITRE XIII

rend de plus en plus difficile et introuses exigences la poignée de main monvable. On se rappelle encore à analyintéressante froide, correcte, daine, pourtant à dominer arrivent ser, car extrêmement peu de gens si perfide tous leurs penchants, le cortège des penchants et à maîtriser vraiment leur mentalité et humains, de leur sensibilité. Très souvent, les tourments pourvu ait un peu l'habitude d'examiner les hommes qu'on on arrive à déchiffrer et leurs masques, l'expansif, la banale et l'intuitif, et même que l'impulsif poignée » ». La « poignée des « doigts des doigts j'appellerais l'abclasse un homme ; on sent la peur, rapidement intérieure sence de franchise, on saisit une sensibilité bouleversée la vie qui ne se inquiète, jalouse, par ou à ses caprices, et haineux, plie pas prétentieux tourmentée des une sensibilité devenue par la vision » aisément. Sa le « dévisager visages qui peuvent de combinaisons conscience sociales, lourde, pleine aux antipodes des mots des onctueux, expressions choisies à votre adresse avec tact, qu'il répétera courtoisie et savoir-faire, est troublée par ce contact musculaire. On n'oubliera la main est, jamais que « le résumé comme disaient les anciens Kabalisfes, de tous les résumés ». Une poignée de main peut être révélatrice au plus haut car par la chaleur de degré, la peau, les corpuscutanée, par la sensibilité par cules de Pacini, les plus délicates qui emmagasinent et imperceptibles des décharges nerveuses cérébrales, active de sang artériel ou veineux par la circulation celle région qui arrosent anatomique, par les soubresauts des tendons, des et des muscles aponévroses tendus ou lâches ou les innervations qui subissent

LA « POIGNEE DE MAIN » ET LE GESTE les

401

bulbaires ou décharges nerveuses, médulaires, toute la vie psychique corticales, s'immobilise, peut se cristalliser, dans un instant, au conpeut s'écouler tact d'un autre appareil nerveux. Le sublil poète écrit que fut RODENBACH (1), avait un poème sur « la main », d'une rare finesse psycholoNous détachons vers : gique. quelques Douceur des mains où sont cachés des viatiques, Les mains qui sont un peu notre âme faite chair ! Mains modestes, mains calmantes, mains magnétiques, Pâles d'avoir semé des fluides dans l'air. Mains complices de tous les actes, de tous les Elans de l'âme ! Mains qui sont comme des clés Pour ouvrir tous les coeurs et toutes les serrures. O si subtiles aux luxures, mains, expertes la langueur Qui dosent le péché, qui graduent ; O si subtiles aux prières, mains, expertes Jointes comme les mains des Saints dans les verrières Mains — des outils pour se façonner son bonlieur ! Toutes ces mains : d'amants, de héros, de fileuses ; Les mains ont des reflets comme le fil d'une eau, Les mains ont des échos sans lin, ô receleuses Des secrets de l'alcôve et de ceux du tombeau ! Souvent on voit des mains qui sont faibles et lasses D'avoir voulu cueillir ; trop de roses ou d'âmes Elles pendent le long du corps comme des rames, Et ce n'est que du silence qu'elles déplacent En remuant, de temps en temps, dans l'air à peine ! Mains qui voudraient un peu s'amarrer à, la rive, Mais que la vie, au fil de son courant, entraîne, et sans désirs, à la dérive... Mains sans espoirs (1) G. RODENIJACH, Les vies encloses. L896, L vol., p. 70. 20

;

402

CHAPITRE XHI

11 y a des milliers de façons de donner la main; les doigls à peine frottent les autres, la main ou encore la forte dépose la paume entre vos doigts, et ennuyeuse de main caractérisée poignée par une non seudouloureuse, puissante dépense énergique, lement mais musculaire démesurée, par la pression sentimentale, par la froideur psychique, par l'absence C'est la poignée de par l'indifférence qui l'accompagne. main « d'étranger » ou de civilisé », de « paysan peu ou qui désire raffiné, qui cache son jeu maladroitement le cacher crânement. On serait pourtant porté à croire de main, américaine on une autre de que la poignée ce genre, l'observation de la psyempêche analytique de la main. Nullement, et on saisit chologie quand la poignée de main « mode », la senmême, malgré sibilité qui s'en dégage. La main est, évocatrice de foute une sensibilité cachée. ne glisse dans Qu'elle poésie, quelle tendresse la pensée, le contact d'une main aimée ! Il y a dans ce frêle contact un poème que les poètes feront touLa poignée de main d' « adieu » jours bien de chanter. ou d' « au revoir » des êtres qui s'aiment est une des et belles cristallisations de la pensée plus franches humaine. Les muscles s'adaptent harmoniquement aux mouvements câlins des autres la peau muscles, alimente continuellement fraîches avec des sensations et intenses, la poignée de plus en plus serrée et les une des plus doigls entrelacés précisent éloqueinmenl et grandioses adorables de l'humanité vivant étapes et surfout se sentant vivre. On garde le souvenir de ces poignées de mains ; on ne les confond jamais avec les autres, et dans le langage affectif de - certains

» LA« POIGNEE DEMAIN ET'LEGESTE

103

peuples, le roumain par exemple, on évoque comme le summum des joies d'avoir auprès de soi, au moment de la mort, la personne aimée pour vous serrer la main et pour vous fermer les paupières. La mort serait douce et belle ! Les êtres qui vivent sentimentalement dans la même communion d'idées, combien de choses ne se disent-ils pas dans une furfive poignée de main, devant les yeux de tous, devant la convention sociale la plus emplie de traditions et de préjugés. Un de mes amis, un littérateur, me disait avoir garde foule sa vie le souvenir d'uni; poignée de main donnée par la petite main gantée de noir d'une de ses amies, qu'il n'avait pas vue depuis quelque temps et qui était sous le poids d'un grand chagrin. Et des exemples analogues, nous pourrions tous en évoquer à volonté, si nous avons vécu et si nous avons saisi un peu la sensibilité troublante du fait de vivre. La poignée de main pourrait nous tromper certainement, car la civilisation nous apprend, entre autres choses, à savoir nous mentir adroitement même à nous-mêmes. Cela ne nous empêcherait pas pourtant de sentir la tendresse d'une caresse et de considérer la caresse de la main comme l'hommage le plus désiré, le plus humain. Quelle vie il y a dans la petite caresse d'une main d'enfant qui, de ses menottes maladroites, touche calmement le visage d'une mère. Sur sa main, la vie n'a pas laissé les inscriptions tristes de sa dure expérience, et la peau est rose et les mouvements spontanés, nerveux. Les doigt s'agitent nerveusement, d'une manière réflexe, tandis qu'il contemple lui-même ses mains, grâce auxquelles il saisira plus lard les objets, il prendra contact

404

CHAPITRE XIII

vivre ou mourir. avec la vie, il se sentira intimement d'une manière RODENHAGH esquisse ses sensations précise et belle dans sa langue poétique un peu précieuse : Dans h^ portraits anciens où le temps collabore, Les mains ont mûri, Mains comme des fruits ambrés ! ! Combien de souvenirs tout à coup remembrés Car dans ces mains, c'est toute une âme qu'on explore ; Dans ces veines, c'est tout un sang qui transparaît. Les mains no sont-ce pas les échos du visage Qui divulguent ee qu'il taisait comme un secret ? Comment élucider le sens d'un paysage ? Mais voici l'aide et la logique des chemins ; Or elles ont aussi leurs longs chemins, les mains, Oui se croisent et se quittent, comme en des feintes, Lignes où s'éclaircit l'énigme des mains peintes ! One de signes encore aux mains dos vieux portraits : Un pli, comme d'avoir trop feuilleté la Bible ; Des bagues prolongeant, sur les doigts leurs ors frais Où quelque opale ou quelque améthyste, sensible Comme un oeil, éternise un ancien amour mort ; Ou bien encore un spectre, une rose tenue, Mains probantes, eticor qu'elles se soient fanées. Mains qui conservent des reflets comme un miroir, Mains des anciens portraits où tout peut se revoir, Dont les lignes sont des indices et des preuves Recomposant l'homme ou la femme du portrait. Comme un royaume, mort, encor se connaîtrait Par le cours survécu des ruisseaux et des fleuves. 'Foutes ces mains : les mains des morts enfin inertes Oui tiennent droit un vieux crucifix comme une arme, On bien parfois quelques violettes de Parme ; Et d'autres mains, les mains d'amants qui sont expertes

» LA « POIGNÉE MAIN ET LE GESTE DE A manier A la bien A l'agiter Qui, dans la chevelure d'une amante, partager en deux sur chaque épaule, comme le feuillage d'un saule le vent changeant, s'étrécit ou s'augmente.

405

Toutes les mains s'évertuant vers des bonheurs, Mains mystiques, mains guerrières, si variées : Les mains, couleur de la lune, des mariées ; Les mains, couleur de grand soleil, des moissonneurs 'foutes : celles semant du grain ou des idées ; Accouchant le bloc de marbre, de la statue, Ou la mère, do l'enfant qui la perpétue, Toutes les mains, jeunes, vieilles, lisses, ridées, Toutes ont pour tourment caché ces lignes fines, Ces méandres de plis, cet enchevêtrement ; Or, on dirait des cicatrices de racines, Nos racines que nous portons, secrètement. C'est là, nous le sentons, que gît l'essentiel ; Ces lignes sont vraiment les racines de l'être ; Et c'est par là, quand nous commençâmes de naître, Que nous avons été déracinés du ciel. La main en a gardé la preuve indélébile ; Et c'est pourquoi, malgré bonheurs, bijoux, baisers, Elle souffre de tous ces fils entrecroisés Qui font pleurer en elle une plaie immobile.

;

examiné dans l'asile d'aliénés de Villejuif la psychologie de la poignée de main, et je suis arrivé à la conclusion qu'elle peut nous renseigner sur la mentalité des sujets, tout comme la pression de nos doigts par une main étrangère indique au clinicien sa force et sa puissance musculaire Les dynamométriqne. maniaques ne vous donneront jamais la main avec la

J'ai

•LOT) même sincérité que

CHAPITREXIII les

dont on accueille délirants, les évocations délirantes. Avec syinpalhiquemeiit fourberie les persécutés touchent quelle hypocrite votre main ; je n'ai jamais de songer pu in'enipêcher aux humains soi-disant à ceux en dehors normaux, de l'asile, toutes les l'ois qu'un persécuté touchait ma main. Dans son oeil, dans sa physionomie, clans la du persécuté, musculaire toute je sentais pression dans l'autre l'inquiétude qu'un être humain évoque toutes les fois qu'il arrive à ce contact intime : direct, de main. la poignée N'est-elle d'angoisse, pas digne en effet, cette jalousie, disons cette lutte haiplutôt neuse des hommes qui se tourmentent pour quelques vagues honneurs, pour de l'argent, pour des situations, a d'une femme ? Le persécuté pour le désir qu'on ébauche toute cette physionomie sociale. Devant, le un nouveau venu dans son milieu est un persécuté, en dehors ennemi, c'est l'inconnu ; dans la vie sociale, de l'asile, on a souvent cette étrange on impression, de main le sentira si l'on est psychopar la poignée logue, tout comme les vieux amis sentent parfois et saiavec tristesse la monotonie d'une sissent vie passée, et sans aucune nouvelle émotion à l'horizon. usée, Les mégalomanes, les délirants ne daiéloquents la main quand vous gnaient pas vous donner parfois ne reconnaissiez de leurs pas la grandeur omnipotente tout au ; ils vous accordaient Majestés Pathologiques de vous donner les bouts des doigts, plus l'honneur ou même la main quand vous acceptiez leur comédie et toutes ses exigences sociales pathologiques, guère différentes des exigences sociales banales. normales, Les mélancoliques vous donnent, comme les mys-

LA « POIGNEE DE MAIN)) ET LE GESTE

407

le bras et nullement la main ; les tiques hallucinés, la main est comme anédoigts n'ont aucune mobilité, sa volonté absente se tramiée, les muscles lâches; duit par l'inertie de sa main. Les hallucinés ou ceux en proie à leurs illusions vous serrent la main ou ils vous la donnent d'une manière et en rapharmonique Les déments port direct avec leurs visions mentales. n'ont pas de poignée de main, ils vous tiennent tout comme les idiots, les imbéciles, les arriérés ; ces malades ne paraissent pas savoir faire usage de leurs normains, je veux parler d'un usage psychologique mal. Ils sont désorientés devant eux-mêmes, devant la a perdu foute sa délicieuse et riche vie, et la main sensibilité psychique. Chez les paralytiques on peut suivre les généraux, nombreuses fatale de la terrible phases de la marche ou inquiet, le paralytique maladie; mégalomane général vous donne des poignées de main exagérées ; il se s'il ne vous méprise cramponne, pas de son regard il devient il immuable et sans éclat. Puis dément, de la main, et quand l'usage perd, comme les idiots, il vous la donne tremblante et maigre, elle s'accroche à vous, elle ne sait même pas donner le bras ou tenir la main comme certains arriérés. Les épileptiques trahissent de la première rapidement, poignée demain, toute leur pensée et incohérente fourbe, inconstante, mêlée d'impulsions et saines. On se rend pathologiques s'ils sont après la crise, non seulement compte d'après de force musculaire, mais d'après l'incoorl'absence dination des doigts, d'après la manière indécise dont ils vous donnent la main. Il serait intéressant d'étudier de près ces poignées

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CHAPITRE XIII

des épilcptiques, nombreuses dans la vie de main si peuplée où les sujets normale ont, d'épilepfiques, curieux des équivalents au lieu des crises, psychiques à mon avis les éléments et bien définissables, psyles plus empreints de conflits psycho-sociaux chiques à la frontière de la folie. Pour ceux-là, qui fleurissent comme les hystériques, le diagnostic est facile pour nous est révélée, comme celle des et leur mentalité circulaires ou des névropathes. Je n'insiste malades de main des erotiques ; la main pas sur la poignée une pieuvre se tend comme et elle vous serre, qu'on me pardonne cette comme dans brutale, comparaison un spasme Les impulsions sexuelles seraient vaginal. décelables chez les épileptiques, facilement chez les ou dans les cas des autres névropathes impulsions la manière de mettre la main dans erotiques, par ces sujets ne donnent la main, ils la la nôtre; pas mettent dans la vôtre et ils l'attendent volontiers. fine distinguera Une sensibilité aussi une sorte de de la peau, à cause des glandes sudoqualité spéciale une peau humide et mate ; la paume de la ripares, main est plus active, nerveuse plus agitée, plus que les doigts, et on sent des pressions saccadées spasseule modiques, plutôt qu'une pression. et intimement des morphiInterrogez longuement des cocaïnomanes, ou plutôt des alcooliques nomanes, à impulsions, lâchez de les trouver dans une de ces crises de jalousie toute morbide, qui peint si souvent leur mentalité, de leur faire un peu de morale, essayez de leur parler vous sentirez d'alcool, bientôt, ayant sa main dans la vôtre, comme elle se crispe par moment ou comme elle ainsi devient, dire, pour

LA « POIGNÉE DE MAIN » ET LE GESTE

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surtout on les regarde dans le blanc méfiante, quand des et on doit s'attendre à une yeux, promesse formelle. Je pourrais les exemples et surtout ceux multiplier des femmes aliénées ; pour mieux les connaître, j'avais vécu intimement leur vie, cherchant non seulement à leurs cas pour les cataloguer médicalement, analyser mais en psychologue désirant intimement pénétrer leur émotivité, leur idéal et leur inquiétude. Il m'est arrivé rarement de me tromper dans mes pronostics et je crois que le vieux docteur FALRET, de la Salpéavait raison, reconnaître la trière, lorsqu'il prétendait mentalité de ses internées de la main. par l'examen Au laboratoire de Psychologie de expérimentale l'Ecole des Hautes Études de l'asile de Villejuif, pendant des années, en d'étudier, pris l'habitude j'avais dehors des mourantes, des phénomènes l'ensemble qui et qui peuvent la divination, nous faciliter le précèdent disons-le d'un changement médicalement, diagnostic, d'état mental. de la main, de la poignée L'inspection de main en particulier, me rendait souvent de grands services. Le fait de presser la main surtout d'autrui, d'une personne connaissait intimement, que le malade hésitation une certaine dans la sponglissait toujours tanéité des dans la manifestation des impulsions, avant même les bouffées de délire phobies, que aient fait leur comme en tactile, déjà apparition dans la mentalité de mes sujets. J'ai pu sourdine, ainsi facilement découvrir une malade kleptomaneun objet, d'ailleurs sans hystérique qui avait dérobé la pression musculaire élait tremvaleur; hésitante, et si on tenait la main plus longuement, on blotante,

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CIIAPITRI: xin

secousses musculaires des de légères remarquait du pouce. La main voulait de la région muscles on sait que du contact comme révélateur; s'échapper chez de pareilles mentalités systématisée l'inquiétude seulenon est une des manifestations qui précèdent un état d'agitation, mais qui facilite ment une crise, révélations saisissables les quelques par un examen et rapide. attentif ou qu'on endort complèteLorsqu'on suggestionne de la « poignée de la psychologie ment un malade, utilité. Je laisse décote main » vous est d'une grande source l'examen du pouls radial, d'ailleurs, précieuse en l'examide main seule est capable, mais la poignée sur la mennant pour avoir quelques points de repère du sujet, par l'état de contraction talité subconsciente des doigts, des muscles, par par l'écartement globale de la main, par l'aspect l'état de flexion de la position saisissable sur les et du ongles pouls capillaire Voici tant au contact musculaire. saisissable aussi à un oeil habitué, d'indices qui, peuvent précieux de sa de réels services. Le pouce, rendre l'agitation l'attention doit attirer musculature particulièrement ce le malade de l'opérateur, surtout simule, lorsque cas de suggestion. dans certains pas rare qui n'est — pour ma part, je n'ai pu jamais On n'arrive pas, — à une grande habitude arriver, hypnotique malgré une paralysie du long flépar suggestion provoquer — momentanée du pouce ou une paralysie chisseur — des muscles des doigts certainement extenseurs » d'une isolés. à obtenir le « semblant On arrive seulement indirectement agissant pareille suggestion « actes », comme sur des états de conscience, surdos

LA. « POI(lNi:E DR MAIN» KT I.K (IKSTK

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en suggérant ou en répétant les propopar exemple, : « Vous ne pourrez sitions classiques pas serrer la : «' vous n'arriverez main », ou encore pas à étendre vos doigts », ce qui donne des résultats excellents; tandis qu'on obtient à peine quelques vagues paraau malade sont lysies en suggérant que les doigts de que la main ne pourra paralysés, pas changer etc.. Par des moyens indirects on peut position, encore arriver, surtout commence lorsqu'on systémales doigts ou par demander tiquement par engourdir au sujet des actes adroitement ou conseiller déguisés. des mouvements de la La dissociation musculaires main dans les états d'hypnose et d'hypnotisme étant rarement on pourrait utiliser l'étude psychopossible, de la « poignée de main » dans le sommeil graphique certains douhypnotique pour préciser diagnostics teux des soi-disant toutes paralysies hystériques, différentes de celles organiques, qui peuvent attaquer isolément certains musculaires. groupes la poignée Au point de vue de la mentalité, de main vous guide sur la profondeur, sur l'état de sur l'état d'engourdissement des sujets endorcalme, mis. Non seulement la force musculaire diminue ou mais la main peut prendre des attitudes augmente, et variées, soit sur l'ordre du médecin, différentes soit subconsciemment sous l'influence d'une phobie, « la poid'une crise avortée. Le geste de la main, J'ai vu des malades gnée de main », est significatif. dont les bras et les mains profondément endormis, étaient sérieusement cÇ qui devenaient engourdis, humides et tremblotants, l'inle corps étant sous lluence d'une émotion, avec d'un rêve qui traversait

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CHAPITRE XIII

le calme violence de la mentalité du sujet. apparent » des La « poignée de main et j'ai mourants, malheureusement une longue sur cette expérience de notre sensibilité, est bien curieuse à étape étrange examiner à ce point de vue. Avant même la que cette sueur abondante des mourants, sueur, trempe la paume de la main, avant que les phénomènes d'un arrivent à colorer bleu de Prusse d'asphyxie les extrémités, la main s'agite d'une manière spécial elle esquisse le geste de quelqu'un incohérente, qui cherche un appui, ou de vouloir ramener tout à soi. La poignée de main est impossible. Il y a dans tous ces tourments musculaires une psychologie particuou par les fraglière, éclairée parfois par les paroles ments des phrases des bouffées et il n'est délirantes, serrer les mains, sans pas rare de voir des mourants la main, se cramponnera donner leurs draps, pouvoir comme d'eux-mêmes, pour prendre plus connaissance dans l'affectivité de la nébuleuse pour se ressaisir avant le spasme le réflexe final, pensée qui vacille, extenseur la dernière neractivité qui accompagne veuse bulbaire, traduite des par la cessation brusque mouvements du coeur et par la respiration rythmiques et intense bien connue des mourants. La profonde de la main, sa gesticulation, sa nervophysionomie de la « poignée de main », de la dissosité, l'analyse ciation de la synergie son musculaire, agitation, facilitent bien des pronostics des agonisants, et un on connaîtra le mécajour, quand plus intimement nisme du rapport des différentes maladies avec cette « folie musculaire » et leur terminaison on finale, avec de nombreux faits cliniques à pourra préciser

LA « l'oiiiNKi': ni: MAIN» HT LE CKSTE

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la profonde et grave des états psychologie l'appui, « la poignée d'âme liés à ce geste, de main », geste de loute notre vie en apparence banal, mais révélateur mentale subconsciente. de rencombien Aussi, étant initié à ces recherches, tristes, amusants seignements parfois, ne découvre-t-on dans les salons et dans pas dans la vie, la vie sociale la rue où la poignée de main gantée, parfois, esquisse toute une psychologie, toute une sensibilité cachée, dont la découverte vous fait plus de mal que de bien, car on se rend une fois de plus compte de fout ce et de touchant qu'il y a de brutal, de laid, d'instinctif tout le cortège dans ce mot « humain », qui évoque de la si artificielle de luttes vie sociale, déguisées aux aspects si pratiques et si étouffants pour l'individualité ! La secte hérétique des Barbariles, des premières de l'Eglise chrétienne, époques que la prétendait main est la synthèse de toute la vie humaine. L'homme serait « homme » grâce à ses mains. A l'origine, les des pattes comme hommes, prétend-on (!), avaient les chiens, et ils vécurent dans la plus grande félicité extrémités C'était le grâce à de pareilles supérieures. On doit les mains à un vilain génie paradis. qui prit les hommes en affection, car la présence des vilain, mains mit fin à la concorde. La main développa l'esprit donc haineux. Grâce aux mains, l'homme humain, sut l'aire l'usage des armes et dominer la nature. Toute la civilisation n'est que l'oeuvre des mains, car ôtez les mains, et ni architecture, ni sculpture, ni peinture, ni guerre ne sont possibles. cette déliL'ignorance, cieuse vrai bonheur, serait de étape.du l'équivalent

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CHAPITRE XIII

l'humanité sans mains, et c'est vers diraient elles, ccrlains des sciences occultes, partisans pratiques que l'usure des époques les converge contemporaines, car l'homme et ses bras nôtres, dégénère s'atrophieront un jour. C'est de l'histoire mais on légendaire; brode quand môme, autour du vrai. Les « manchots », de coordonner si des mouvements donc, incapables et si révélateurs de nos inquiétudes mencompliqués sont les seuls mortels frôlés tales, par l'intangible Oh ! les admirables bonheur. échantillons de l'humanité future. On oublie dirait-on pourtant, l'étrange miroir le regard humain. car l'oeil Non, qu'est rien de précis ; c'est un nid à illusions, n'évoque et menteuses, comme tout ce qui est flou trompeuses indéfinissable et pas concret. Le regard est une abstandis de main » est une traction, que la « poignée cristallisation d'une somme de sensations et de peret formulées ceptions tangibles déjà par l'esprit. On trouvera dans les chapitres sur la « dynamométrie » (1), sur « l'ergographie » et sur « la sensibilité musculaire et les sensations soi-disant des internes», et des données sur des renseignements l'analyse de la main, d'après les recherches (1) La force musculaire cl dyiiamométriques, devait être étudiée ici. ergographiques La maladie a surpris N. Vascliide au moment, où il allait écrire ce chapitre de psychologie Les lecteurs physiologique. qui désireraient, trouver ses documents sur celle question, peuvent se rapporter aux Année psychologique de 1897 et 1898 où se trouvent l'exposition et les applications de la technique de de l'excitation l'auteur, ainsi que ses travaux sur l'influence sexuelle sur l'effort musculaire cl. la psychologie physiolo— Voir aussi : Archiuio de. Psisexuelle. gique de l'impulsion criminelle, 190,'i et 1906. chalvia, Scienle Penalia edunlhropologia V. N. V.

LA « POIGNEE I)K MAIN» ET LE GESTE éléments quelques capitaux: force musculaire, fatigue et fatigue musculaire mouvements subconsnerveuse, en jeu lorsqu'on motrice, cients, intuition qui rentrent ébauche le moindre de main »... geste de la « poignée nous avons voulu traiter seulement Dans ce chapitre, révélatrice de ce de la signification psychologique le plus geste de la main, le geste le plus synthétique, et un de ceux grâce auxquels les individus cristallisé, le premier contact de la contact, tangible prennent La « poignée de main » révèle vie psycho-sociale. nos troubles tacitement, subconsciemmcnt, psyavec la main L'enfant qui vient au monde chiques. fermée l'ouvre de suite d'une manière et les réflexe, se tournent d'une manière doigts s'agitent, toujours tournant les muscles et les frêles tendons. réflexe, Pour fermer sa main, il a besoin de vivre, de coorréflexes ; un geste s'apprend, donner ses mouvements la main. On a et le plus difficile est celui de donner comme une peur instinctive de toucher une autre la psychologie des enfants main, et ceux qui étudient savoir avec quelle aisance et avec quelle doivent curiosité ils touchent fout, même plus tard presque ils grandissent, sauf la main. à quand Apprendre serrer la main à un enfant est une besogne difficile, et longue. pénible

CHAPITRE

XIV

LA MAIN AU POINT DE VUE PSYCHO-SOCIAL

Dans sa Nouvelle L. («UITTON a dit et croît développe

classification zoologique (1854), se que « l'intelligence apparaît, suivant une prograduellement, à mesure que la main, d'abord portion mathématique, à l'état d'ébauche, se prend une forme mieux définie, se moule, pour atteindre enfin ce haut degré dessine, de perfection chez l'homme ». qu'elle présente La psychologie de la main a intéressé indirectement d'un et la richesse des expressions plus penseur, d'autre dénote, linguistiques part, le rôle considérable manifestation que la main joue dans foule pratique de la psychologie Il n'existe humaine. pas de langue des fermes toute une qui ne possède qui résument vie expérimentale, et des usages révèlent la qui conscience non seulement précise capitale que lamain dans la vie psychique mais aussi dans individuelle, la vie psycho-sociale. ANAXACORAS disait avec une certaine raison que l'homme doit sa sagesse et sa supériorité à l'usage de lamain, cl GAI.IKN {De usu parlib. Lit). II, cap. m)

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n'est dans la création le plus pensait que l'homme raisonnable parce qu'il a des mains, mais parce qu'il a le plus de raison de ses mains; la main serait en somme l'origine de la raison (1). HODEXBACHa bien cette supériorité des mains dans les vers exprimé suivants : La main règne, Ne s'accomplit Pour le nid du Et, pour le vin d'un air impérieux, car tout que par elle, tout dépend d'elle ; bonheur, elle est une hirondelle ; de joie, elle est le raisin d'août.

ainsi Or, pondn.nl que la main s'enorgueillit D'être belle, et de se convaincre qu'elle embaume, Lus plis mystérieux s'aggravent da.ns la paume Et vont commencer d'être un écheveau transi. Vain orgueil, jeu coquet do la main pavanée Qui rit, de ses bijoux, des ongles lins, des fards ; Cependant qu'en dessous, avec fies lits épa.rs, La Mort fisse déjà sa toile d'araignée. Mains de ma destinée où tout se présagea ! lit le premier émoi de mes mains dans ces mains ! définitifs qu'on croit bénins, Attouchements Endroit minime où l'on se possède déjà. ne faisaient-ils pas de la main le Egyptiens symbole de la force et les Romains de la foi ? NUMA — l'histoire nous le raconte — consacra ce symbole avec une grande solennité, et on sait le rôle qu'il Deux droites unies a joué dans la vie romaine. le plus touchant, le plus franc étaient le message Les (1) Voir aussi Dictionnaire raisonné des sciences, art. « Main », I. IX, p. 874, MDCCI.XV.

LA MAIXAl POINTIIE VUEPSVUUO-SOCI AL

ll'J

pour la paix, pour la concorde cl pour l'amitié, et la « main votive » rappelait reconnaiscette tendresse touchante. TACITE nous raconte sante, qu'Otto et Vifellius avaient envoyé le centurion Siscna à Home avec cette classique « main droite », symbole de la paix et de leurs bonnes intentions. Les anciens Perses tenaient les mains constamment de leurs robes en présence cachées dans les.manches du roi, (Xénophon, d'après d'Ani'EN'iTCiNV) comme signe de soumission. La main n est pas seulement la partie du corps humain qui termine le bras cl qui serf à la préhension des corps et au loucher, comme la définissent LITTT.É et Koiiix, elle est l'organe de nos contacts concrets avec la vie réelle. On a voulu définir l'homme comme l'unique animal qui aurait deux extrémités supérieures, deux mains, mais les théories darwinisl.es et néodarwinisles nous ont précisé, depuis, l'erreur de cette définition ; l'étude anafoinique et embryologique des extrémités supérieures des quadrumanes comparée à celle des hommes, a montré que chez les singes supéa une mobirieurs, l'orteil des extrémités supérieures lité particulière : ce n'est pas un pied, c'est une ». extrémité « préhcnsible La civilisation et l'usage psychologique des mains ont accentué la différence plus grande, plus radicale entre les extrémités inférieures et celles supérieures. C'est à ce contact de la main, timide fout de nos ancêtres, avec la vie réelle, plus d'abord, hardie et plus raffinée plus lard, que nous devons notre connaissance du monde, précise que nous avons pu objectiver d'une manière expérimentale et

120 sûre, nous avait avait

CUAI'ITRL XIV

nos sensations et nos intuitions HUXLEY spatiales. cite le cas d'une femme blanche que THÉMAUX vu retombée à l'état en Afrique, sauvage qui comme ceux des les pelifs orteils plus allongés, sur des terou des hommes qui marchent sauvages d'obstacles ou qui grimpent dans les rains pleins orteil était écarté et le plus arbres ; le gros plus (BAKY I>E SAINT-VINCENT). opposable Knlrc le pied et la main, il n'y a anatomiquemenf foute différente des osselels du que la disposition au carpe; de la main, et puis la prétarse, analogue la dynamique est sence de certains dont muscles, le long péroné, tout autrement utilisée, par exemple la mobilité et la solidité du gros orteil, est qui assure à la main. En outre, on peut signaler absent aussi, mais sans ajouter une grande les muscles : importance, et court des doigts du court extenseur fléchisseur Cela facilite une mobipied qui sont longs à lamain. lité plus des mouvements des grande, plus variée, de la main, aux un peu limités et réduits doigts les muscles de l'émincncc doigts des pieds. Lorsque thénar sont atrophiés, la main de l'homme prend non seulement comme on se le dit en simiesque, l'aspect mais clic est réellement, clinique, anatomiqucmcnl, une main de singe (DUCIIENNE DE BOULOGNE). Des muscles de la main, le plus «psychique », si ce terme m'est permis, le muscle qui serl le plus aux fonctions est le long fléchisseur du pouce et ensuite psychiques Dans tous les autres muscles fléchisseurs des doigts. la crampe des écrivains, dans la crampe nerveuse, il est à dans les paralysies infectieuses ou autres, sont particulièrement remarquer que les fléchisseurs

LAMAIN POINT VUEPSVCHO-SOCIAI.421 AU DE atteints; il est probable que cela tient, en dehors des considérations psychologiques et de la marche des processus toxiques, à une disposition foute particulière des neurones d'origine, d'innervation. Chez, le singe, le pouce n'est pas fléchi par un muscle indépendant. Les extenseurs sont presque identiques chez l'homme et chez le singe ; le long extenseur du pouce est rarement atteint dans les atrophies ; il en est de même des muscles interosseux et des lombricaux. La main n'est donc pas seulement l'apanage de l'homme en tant que conformation anatomique, mais elle l'est au point de vue psychologique, au point de vue de sa grande mobilité, de l'usage que nous en faisons et du grand rôle qu'elle joue dans la psychologie sociale. Il serait puéril de reprendre la discussion sur la supériorité de l'homme due à la main et d'analyser les affirmations de HELVETIUS, s'amusait à nier la qui possibilité du progrès humain, si l'homme avait eu des sabots à la place de mains. Une pareille dissertation serait sinon oiseuse, mais plaisante et facile à mener à bon port, car qui nierait le contraire? SWIFT, dans son amusant et pittoresque Voyage au pays des chevaux, lui seul, aurait pu encore formuler des raisonnements paradoxaux semblables et agréables à lire. Il y a eu des chiromanciennes qui ont examiné le pouce et la main des singes ; moi-même, en compagnie de quelques-uns du métier, nous nous sommes longuement arrêtés à l'analyse des rides et surtout à la physionomie des extrémités supérieures de quelques orang-outangs vivants ou d'après les moulages. Rarement le pouce est long, il porte la trace indéniable

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(( de la doniinalion des instincts, et les plis de la base la marque du pouce indiquent pour Louf observateur et la d'une absence de sentimentalité, d'idéalisme, des poussées sexuelles basses ». C'est domination de pareils de formuler facile, dira-t-on, horoscopes à un singe, on sent que la main appartient quand n'est pas là, il se trouve posé dans mais le problème des données la confirmation cbironiantiques par l'examen de la physionomie de la main d'un soidisant quadrumane. F. REGNAULT, dans une note communiquée à la Société de Biologie 1891, p. 21T)), sur « la (9 nov. des doigts de la main et mouvements courbure d'opposition », nous a montré le que dans la main humaine, et le troisième sont courbés vers le deuxième doigts et h; cinquième le quatrième ont une quatrième doigt, le troisième. courbe concave Les doigts regardant sont courbés, même chez un foetus de neuf mois. Le les doigts sans au contraire, droits, aurait, singe Cela tient, selon REGNAULT, aucune courbure concave. du pouce, mouvements aux mouvements d'opposition extrêmement rudimenfaires chez les anthropoïdes. même de deux ans, aurait des mouvements L'enfant, « Pour opposer au du pouce. le pouce d'opposition ou au cinquième en effet, doigt, l'enfant, quatrième le incline ses doigts vers le troisième; pour opposer au pouce, il faut les et le troisième deuxième doigls » L'acte de la préhension incliner vers le quatrième. derchez le singe consiste dans la flexion des quatre l'index pour saisir niers doigts ou encore en mouvant vers la pulpe du pouce, l'objet et en le poussant placé vers le bord radial de l'index.

LA MAIN AU POINT I1E VUE PSYCIIO-SOGIAL

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sur l'haHANCOCK, dans ses études préliminaires bileté motrice n° 1, III, (Pedagogical Seminary, oct. 1894, pp. 9-29), ayant expérimenté sur des enfants de cinq à sept ans avec les appareils de DANA et de JASTROW pour la mesure de l'habileté arrive motrice, à cette conclusion, à retenir par les pédagogues, que le contrôle volontaire des mouvements est plus dévetout d'abord loppé chez les enfants, pour ce qui concerne les mouvements du corps secondaireentier, ment pour ceux du bras et seulement en dernière ligne pour ceux du doigt. Il faut donc, selon HANCOCK, dévetout d'abord chez l'enfant l'habileté des moulopper vements du corps, ensuite celle des bras et, en troisième lieu, celle des doigts. de la main explique son rôle L'usage psycho-social considérable dans notre dynamique psycho-physique. En dehors de la poignée de main du salut, qui met les hommes en rapport avec leurs semblables, il y a à considérer aussi l'usage. Comme il y a des mains bêtes ou intelligentes, des mains agréables à regarder, ou « antipathiques », il y a des conceptions psychosociales toute cette révélation qui suggèrent possible de la main. Depuis l'enfance notre âge adulte, jusqu'à en enrichissant notre intelligence, dével'éducation, de la main. Les psychologues loppe, augmente l'agilité des enfants nous renseignent à ce sujet. Il amplement ne faut que lire PREYER, SULLY, BALDWIN, BINET, de l'homme tient à sa HANCOCK, etc. La supériorité main et la supériorité de la main tient à l'homme, disait justement DALLY. Nous avons vu que la sensibilité tactile s'affine avec l'âge et avec l'expérience ; il en est de même pour les

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ne font que Les doigts musculaires. mouvements et de l'être humain, l'évolution suivre expérimentale de la main d'un adulte vous laisse parfois l'inspection de l'adresse de juger de son expérience, la possibilité de sa délicatesse de ses mains, de son doigt artistique, la main qui touche sentimentale. On voit rapidement les fleurs dans des ou celle qui sait ranger un clavier vases, ou encore la main aristocratique quia une tenue main aux attitudes de distinction, musculaire pleine une fois dans à voir. On saisit quclebibelot agréables sera mis en vue avec goût, sa main, entre ses doigts, de repos, sa main à l'état saura tenir ou qu'elle et dont peu d'êtres sont extrêmement difficile besogne et un coup d'oeil reposant de nous donner capables du d'être à la vue. Sans doute qu'à moins agréable on ne saura distinguer individuelleet encore, métier, d'une main de conment la main d'une repasseuse années mais une main qui a passé de longues tralto, heures la soie, à vivre de longues de sa vie à caresser tout au et à soigner sa toilette, de paresse esquissant au piano, ne à autre accords quelques plus de temps la môme grâce que la peut pas avoir la môme tenue, blanchisseuse main d'une ménagère, que celle d'une dans une Mais tout de même, ou d'une paysanne. une dans un milieu social, classe sociale bien définie, à disaisément habitude du métier arrive intelligente : on remarque dans le geste de les individus tinguer la main son mouchoir ou de se boutonner, prendre la main d'un exécutant comme instrumental, paresnerveuse. On classe aiséseuse ou la main impulsive, les individus. ment psychiquement de la main On ne saura comprendre la psychologie

LA MAIN AU POINT DE VUE PSYCHO-SOCIAL

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le moindre acte de que lorsqu'on essayera d'analyser la vie courante : l'acte d'écrire. Quelle supériorité, sensibilité adorable la main qui sait quelle acquiert J'ai fait l'expérience tenir une plume. suivante dernièrement : j'ai pris cinq personnes lire qui savaient et écrire et cinq autres qui ne le savaient pas : c'étaient, de la même race et du même groupe des individus social, et je voulais savoir si elle était exacte, l'affirmation d'un chirognoiniste adroit, à savoir qu'on pouvait les personnes facilement distinguer qui savent écrire des autres qui ne le savent pas. Je me suis trompé une fois sur les cinq cas. Le critérium est seulement le suivant : on recommande aux sujets de prendre vertiavec leur main droite une position transversale, en dedans et les doigts légèrecale, la main ouverte ment tendus. Ceux qui savent écrire approchent autole pouce de l'index, tandis que les autres matiquement au bout d'une vingtaine de secondes. doigts fléchissent Dans le cas négatif, le sujet savait à peine écrire, et au régiment. il avait appris Ce diagnostic est certainement plus facile pour les souvent ou pour les copistes ; personnes qui écrivent et encore un oeil observateur facilement diagnostique le méfier de calligraphe de l'écrivain qui, en traoublie les dessins des lettres et fait appel à vaillant, l'activité cérébrale. Le fait de toucher une plume ne à écrire; dit presque rien à l'individu peu habitué au contraire, il réveille on sensible, l'intelligence souvent contact avec soi-même ; prend plus intime les images la main va merveilleusement, s'évoquent elle se crispe ou elle glisse plus vile, plus lestement, les doigts se cramponnent sur la vertigineusement,

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mieux saisir cette fugitive inspiration, pour plume alimentée de mise en marche, évoquée, par le geste ou par l'irritabilité vouloir écrire, psychique provode l'écrivain. quée par l'attention la plus est la plus habile, Des deux mains, la droite raila plus active. Dans le Dictionnaire intelligente, dans les encyclopédies sonné des sciences, classiques on et même dans celles du xi\" siècle, et anciennes, la de la main par l'usage, cette supériorité explique Les deux mains étant une loi de la nature. symétrie et physiologiqucmcnt sont égales ; anafomiquenienl il fortifie la droite en creuse cette différence, l'usage ancesla main gauche. L'habitude stationnaire laissant de laissé le legs du privilège trale nous a, sans doute, ont précisé Les recherches modernes la main droite. et je renvoie le lecteur cette asymétrie sensorielle, VAN du psychologue aux belles recherches belge Il est difficile de de détails. BIERVLIET, pour plus conformation la genèse de notre savoir organique, ne paraît en tout cas, un fait mais l'asymétrie pas, 11 y a des auteurs qui sont allés plus loin, tel acquis. hémisdans l'existence des deux MYERS qui voyait de la double cérébraux, personl'explication phères et du subconscient. ARISTOTE ne nalité du conscient « comme un être privilégié, citait-il pas l'écrevisse droite a la patte beaucoup grosse plus parce qu'il »? que la gauche C'est avec la main droite que nous nous nourrissons, et les actes les plus difficiles que nous accomplissons de la vie, tandis les plus compliqués que la main les cas de gauchers, n'est qu'un sauf dans gauche, sont rares auxiliaire. Les ambidextres ; la femme

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Les recherches plus ambidextre parait que l'homme. nous ont fait voir que expérimentales psychologiques la fatigue les forces des deux mains et que égalise chez la femme, elle se laisse plus vite apercevoir. 11 entre les deux mains. y a une grande synergie Malgré cette différence, la gaucho esquisse, prend part indirectement à l'activité de la main droite. Dans des faites recherches avec M. ALFRED BINET, dans les écoles communales de jeunes filles gens et de jeunes et du déparlement de Paris de la Seine (voir les vingt dans l'Année mémoires publiés 1898, Psychologique, IV, pp. 1 -303), nous avons constaté que la fatigue d'une main se fait sentir rapidement, sur l'autre; grâce à des tracés ergographiques, cette influence est mesurable, la main qui ne travaille pas se fatigue quand même. dans nos recherches Les faibles, avec M. BINET, étaient souvent ou plus ambidextres que les forts, « les faibles encore sont comme les individus qui » (BINET et VASCIIIDE. auraient deux mains gauches Année Psychologique, IV, p. 194). 11 y a des types musculaires intimement liés non seulement à la force musculaire du bras et à celle du poignet, mais à des coefficients dont nous psycho-physiologiques avons précisé la grande valeur dans nos recherches avec M. BINET et dans l'étude de la corrélation des tests Des éléments interemployés. psychiques viennent sans comme l'ambicesse, l'émulation, l'activité ou redoublent tion, l'orgueil, qui activent musculaire réelle. La fatigue modèle, augmente, non seulement accentue les différences individuelles, en tant que, sensibilité de vue mais au point tactile, musculaire et de l'habileté motrice en particulier.

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L'élément volonté activer et l'éducapeut l'agilité tion de la mnin gauche, et il n'est pas rare de voir des soit soif qui ont le liras droit sujets hémiplégiques, ou la main coupée, s'habituer à se servir de la main tout aussi habilement gauche que de la main droite. on arrive Les mains étant à donner absentes, parfois aux pieds môme cette aux extréagilité qui manque mités ont perdu inférieures, lesquelles par l'absence la vieille et classique normale d'usage, agilité qu'on retrouve encore chez certains habitués à paysans marcher ou chez les sauvages. Le peintre nus, pieds Ducornet arrive à dessiner avec les pieds, c'est de l'agilité, pas de l'art en tout cas. La main droite a toujours eu un grand prestige, voire même chez les sauvages à l'alimen; elle servait elle tenait et de nos jours, elle tient la tation, l'épée, Elle dans la croyance ou devint, plume. religieuse le symbole de la loyauté, de la force, du ressociale, tandis la main et passe de pect, gauche que passa nos comme le symbole des des insuccès, jours le mauvais sort, en somme, superstitions qui apportent des idées négatives et opposées à celles de la main Chez les Perses on faisait droite. et chez les Mèdcs, avec la main serment droite. Cette donna de la noblesse à la main opposition droite on cachait sous et, chez les Romains, presque le manteau la main comme de la gauche, indigne faire voir, comme Chez les sauvages nègres impure. de la côte de Guinée, il existerait, selon LANOYE, ta distinction même fondamentale entre la main droite e et la main la première est soigneusement gauche, entretenue tandis à est destinée que la main gauche

LA MAIN AU POINT 1)1-:VUE PSYCIK l-SOCIAI.

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servir à des usages de toute sorte. La main droite est seule digne à porter l'aliment à la bouche. Un habitant de Malabar ne mangerait pas des aliments de la main gauche touchés (DE PLANCY). Je n'ai pas pu préciser ce détail, d'ailleurs extrêmement s'il était vrai ; je le cite de seconde curieux main et on le trouve cité un peu partout. On sait que les Romains se couchaient à table sur la main gauche. Le même fait de prédominance d'un membre sur l'autre se présente dans le pied droit et dans le gauche, et pourtant le pied droit n'est pas plus fréquemment utilisé que le pied gauche. Dans aucune race de la main humaine, l'usage n'est aussi fréquent gauche que celui de la droite. la main HECQUART, dans le grand Bassani, D'après droite seule sert à manger; la gauche, dont les ongles croissent n'est librement, employée qu'aux occupations malpropres. RAKFENFL remarque le même fait pour les indigènes de l'isthme de Daricn. Chez les Ilotlentots et les Bushmen, d'après WAITZ (1), l'usage d'une seule main est si prépondérant qu'ils semblent être manchots. GRATIOLET a expliqué le l'ail des droitiers par la du développement des circonvolutions de précocité aux droites ; par l'hémisphère gauche par rapport cet ordre de développement serait interconséquent, verti chez les gauchers. Mais c'était à l'époque où l'on croyait tout expliquer des circonvopar l'examen lutions cérébrales. (1) WAITZ, Anlhr. der Nalurvolkcr, I, seel. 2.

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La linguistique est une source de documentation unique pour nous fixer sur le rite de la main dans la Les mots de l'activité psycho-sociale. psychologie vivent, naissent, meurent, évoluent fout comme les êtres vivants, ils ont, parfois des expressions qui foute une expérience séculaire. Ouvrez cristallisent et de n'importe n'imporle quel dictionnaire quelle linlangue et vous trouverez une riche terminologie à ce sujet,. Contentons-nous de quelques guistique tirés de la langue lrnuçaise. Soit qu'il exemples à d'une direction s'agisse d'une facilité d'exécution, prendre, d'un effet, d'une part active, de l'intégrité, etc., on utilisera par analogie le mot « main » dans une foule d'expressions facilement évoquables par n'importe quelle mémoire. VOLNEY disait « la main du temps, et plus encore » VOLTAIREécrivait qu'il « faut celle des hommes... instruire les mains ». BOSSUETa écrit plus d'une fois : « La main de Dieu », et on retrouve l'expression dans les auteurs classiques utilisés d'une manière des expressions comme : « la main de la courante, mort », « la main de la liberté », « main sûre », « main morte », « nu connue la main », « acheter à la main », « mettre la main à l'oeuvre », « mettre la main à la charrue », « coups de main », « forcer la main », « avoir la main crochue », « faire argent de toute main », « lever la main », « être en bonnes mains », « lâcher la main », « lier les mains à quelqu'un », « tenir la main haute », « faire sa main », « avoir lamain malheureuse», « souiller ses mains », « mettre la main au l'eu », « avoir les mains nettes », « avoir le coeur sur la main », « se donner la main »,

LA MAINAU POINTDE VUEPSYCHO-SOCIAL

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« demander la main de quelqu'un », « mariage de la main gauche », « s'en laver les mains », « aller bride en main », « mettre la main à la pâte », « sous main », K haut la main », « main de roi », etc., et tant d'autres expressions courantes dans la jurisprudence, comme « avoir la main », « de la main à la main », etc. Tous ces termes qu'on pourrait multiplier à volonté précisent foute une vie sociale, dans laquelle la main, dans l'actipar son usage, par son rôle prépondérant vité intellectuelle ou psycho-sociale, a toute une histoire vécue qui s'étend de la jurisprudence jusqu'aux menus fails de la vie. Ils prouvent ce que nous ne cessons à la main et pas de redire, que grâce seulement à la main, les hommes prennent contact à son actiavec la vie, grâce à elle, à sa mobilité, et psychovité, tous ses conflits psycho-sensoriels sociaux sonL modelés, formulés, voire môme codifiés. C'est pourquoi la main droite est en si grand honneur. Il y a une erreur : on donne la main gauche aux femmes et la linguistique ne s'explique pas sur ce sujet. Mais comme le moyen âge était l'époque de la et qu'on faisait largegalanterie, codifiée socialement, ment usage de la droite, on pourrait conclure que c'était pour mieux défendre la femme qu'on lui offrait le bras gauche. La superstition a brodé largement sur la symbolique conception de la main et l'histoire écrite ou légendaire nous donne des détails curieux à lire sur « la main de gloire », « main de 1er », et l'asle tronomie môme a donné à une des constellations si nom de « main de justice », dénommée autrement, « le Sceptre ». je suis bien documenté,

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de la force, de la supréLa main a été le symbole dit MANOU, sont la proie « Les êtres immobiles, matie. de de ceux qui se meuvent ; les êtres privés de dents, de ceux qui en ceux qui en ont ; les êtres sans mains, — Que la partie de la main située à la sont pourvus. aux Védas, la partie du racine du pouce est consacrée est la racine du petit doigt (le doigt du coeur créateur est pointu parce que le coeur esf toujours plus ou moins celle des dieux croyant), poète et, par conséquent, de l'action comme regardée symbole (probablement les métiers, dans les arts, les sciences, s'cxerçanf, (1). » etc.), au bout des doigts sont empreintes du presLes croyances populaires Au Tripoli, tige que la main joue dans leur idéologie. du Sud et dans un grand de dans l'Italie pays des mains ou on les du Sud, on suspend l'Europe contre le mauvais oeil. porte sur soi comme défense aux élèves femmes le questionnaire Dans envoyé de Wellcsley, du collège Miles, et dont par Caroline ont été publiés dans le American Journal les résultats A Individual Psychology, [A Sludy of Psychology on trouve sur VI, 4, pp. que 1895, 531-558), leur main droite de 33 reconnaissent 100 femmes, des assoleur main gauche par l'habitude, invoquant l'acte de manger ciations ; d'écrire, automatiques, se rendent 27 répondent parce qu'elles compte que, de force et il y a une différence dans les deux mains, si l'instinct 37 invoquent d'habileté; et, à la question, à prendre une main pour l'autre, elles hésitent parfois sur 100, 57 seulement négativement. répondent (1) IVARPUNTIONY,op. cit., p. 92.

CHAPITRE

XV

METHODE DES RECHERCHES PERSONNELLES

des travaux anciens Après avoir pris connaissance et récents sur la matière, après la froide technique des livres, j'ai commencé de fréquenter les charmantes diseuses de bonne aventure : tireuses de cartes, devineresses du tarot, par le marc de cale, prophétesses chiromanciennes, graphologues, physiognomistes,j'ai à toutes les portes! A différentes et frappé époques sous des noms différents, de plusieurs de accompagné mes amis, je les ai consultées sur mes peines imaginaires ou réelles et sur mon avenir. Je n'ai visité aucun ville sans courir à l'augure, à la pays, aucune du lieu. J'ai noté judicieusement tous les somnambule dix ans, j'ai avis et foutes les prophéties et, depuis de tout, premier ordre. J'ai poussé réuni une collection loin. Pour me renseigner sur les l'expérience plus et plus spécialement sur lu méthodes de mes devins, valeur do leurs des méthodes, je leur ai conduit intimedes personnes malades, que je connaissais me ment indéfiniment, ; je répétais l'expérience de souvent la perspicacité déguisant éprouver pour si facilement mes devineresses : le costume change la psychologie des êtres !

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d'entre elles ; Je suis devenu l'ami de certaines de elles m'ont entretenu sincèrement de leur méfier, de leur clientèle leurs procédés, de la psychologie ; et mon a épuisé sur elles goût pour l'expérience sûre et prétoutes les formes do la critique possibles cise. Cette méthode, à foutes mes recherches, générale et était corroborée par des expériences personnelles des vraies recherches de laboratoire. méthodiques, entre autres, J'ai eu la lionne fortune de rencontrer une devineresse en ce qui concerne la chiromancie, tout aussi intelligente que sympathique: je veux parbien connue. ler de M" 10 Fraya, la chiromancienne de lui exprimer ici mes plus sinme permette Qu'elle sa touchante cères remerciements sincérité, pour si amicale et pleine scientifique, pour sa collaboration tant entre de désintéressement. Elle a bien voulu, et m'expliquer ses examiner tous mes sujets d'autres, me donnant ainsi la clef de sa mentaux, processus du procédé de mentalité... De mon côté, m'inspirant GALTON pour la recherche des empreintes digitales, de mains d'enfants, j'ai pris plus de mille empreintes d'hommes de femmes, ; de peu civilisés, pour ne pas et et de civilisés dire de sauvages, ; de malades bien portants... Je les ai examinées, tantôt d'individus de M" 10 Fraya, avec le concours seul, tantôt que je de de me donner son avis sur ces graphiques priais et J'avais choisi les cas les plus difficiles mains. et mêlé des mains de cadavres à celles de sauvages de la même d'individus sains; empreintes plusieurs et pendant des états à des époques prises personne, lui furent soumises, différents, également psychiques années et j'attendis, mon compte, de longues pour

METHODEDES RECHERCHESPERSONNEL!. suivre la formation des soi-disant le la lignepour main depuis le jour de la naissance é[ oqucs jusqu'aux les plus lointaines, de suivre mes où il me fut possible recherches. M" 10 Fraya, avec une pénétration hors se ligne, à si rarement rarement, trompa que j'en fus stimulé mes recherches et à essayer de saisir le poursuivre mécanisme de son travail mental. J'espère pouvoir sous peu le résultat de mes recherches sur publier 1' « intuition», où je tenterai une concepd'exposer tion nouvelle de cette admirable sensibilité humaine subconscienle. Non seulement la compétence chiromancienne de certains de toute sujets est à l'abri mais ils sont doués de cette faculté (si ce critique, terme philosophique utilisé en psypeut être encore à plus d'un de celte possibilité chologie), mystérieuse litre. Si les chiromanciennes une science possèdent assez, sûre, le problème pratique peut se résoudre par la connaissance et, de ses données de sa technique .l'ai exposé, fondamentales. les plus remard'après chiromanciennes cl chirognomoniennes, et quables d'après M'"° Fraya, dont j'ai loué plus particulièrement et d'après les auteurs haut l'admirable perspicacité, et des temps modernes, les de l'antiquité classiques données sur lesquelles foute leur science quelques de mes recherches et de Je parlerai ensuite repose. de cette que je forme pour l'intelligence l'hypothèse occulte en apparence, mais en réalité fort science, claire. J'oublie de dire à quel poinL les oeuvres d'art m'ont : le dessin d'une aidé dans ma tâche expérimentale

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main, un pied modelé par un artiste de grande valeur me précisent 11 faut ajoutoute une psychologie... ter encore des nombreuses de laboratoire recherches sur la motililé de la main, sur des sujets normaux ou anormaux et sur « l'image motrice » que j'essayerai de préciser plus loin. J'ai exposé ici quelques-uns les de mes résultats de la main, soif plus précis, soit sur la physionomie sur les empreintes soit sur la psycho-phydigitales, de la main ; dans le chapitre suivant, siologie la question de l'image motrice. j'examine

CHAPITRE

XVI

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I 11 n est pas dans mon intention de faire ici l'histoil sera fait ailleurs et dans rique du sens musculaire; un autre travail. Grâce aux recherches physiologiques, cliniques et on sait aujourd'hui que la sensibilité psychologiques, à la douleur, la sensibilité thermogène et la sensibilité musculaire sont des sensations distinctes, bien définies et indépendantes fonctionnellement des sensations tactiles. Les idées et les doctrines varient, et elles sont malheureusement, nombreuses ; les faits, pourtant, plaident pour l'existence d'une sensibilité musculaire toute particulière. La notion est certainement récente, et les dernières recherches histologiques sont sur le point de nous préciser môme les voies du trajet sensitivo-sensoriel musculaire. DARWIN fut un des premiers auteurs qui parla d'une sensibilité dite « d'extension », distincte de la sensibilité tactile ; mais la remarque de cet auteur est confuse, et, à tort, on a voulu retrouver dans sa dénomination les traces

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d'activité musculaire ». Comme de la « sensation c'est à CHAULES BELL que nous nous l'avons dit, on oublie ce fait, la habituellement devons, quoique sensibinette d'une distinction psycho-physiologique WERER fit plus lité musculaire propre et bien définie. et le subtil tard un sens spécial, GERDY, qui paraisde Cn. BELL, la dénomme les travaux sait ignorer de musculaire ». Les travaux « sentiment d'activité DUCHENNE DE BOULOGNE, LANDRY, WERER, WUNDT, initiales les hésitations SCIHFF et BASTIAN précisèrent diverses des impressions et la variabilité développées par les auteurs.

II DUCHENNE DE BOULOGNE (1) fut un des premiers après de la sensil'existence CH. BELL qui mit en lumière avec le sens et son identité bilité électro-musculaire l'existence de la de Cn. BELL, OU plutôt musculaire avant DUCHENNE musculaire. On contestait sensibilité la sensibilité électro-musculaire ; il la démontra expéà plusieurs et il revint à la charge rimentalement, dans la seconde dans son oeuvre. On trouvera reprises localisée de son Étectrisation édition (2) la critique alleet juste adressée au physiologiste assez sévère de la doctrine de mand BEMAK, qui était partisan localisée cl de (1) DUCHENNE DE BOULOGNE,De l'électrisalioii son application à la physiologie, à la pathologie et à la théraDeulique. Paris, Baillière, 1 vol., 1855, 926 p. localisée.; et (2) DUCHENNEDE BOULOGNE, De l'èlectrisalion 2 éd. 1801, 1046 p. ; p. 389, ch. xn.

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l'insensibilité et il avait les musculaire, interprété sensations accusées faradisés selon la par les sujets de DUCHENNE « uniquement méthode à l'excitation des nerfs cutanés ». Les muscles selon posséderaient, DUCHENNE aussi, une sensation toute de particulière ; il avait vu des malades, pression ayant perdu la sensibilité du contact, conserver celle de la pression. La sensibilité électro-musculaire de DUCHENNE DE de CH. BELL et l'acte vital BOULOGNE, le sens musculaire de GERDY seraient musculaire des symptômes d'une irritabilité même musculaire. Les troubles patholocette sensibilité muscugiques préciseraient davantage laire. Les sujets atteints de cette affection patholodes troubles fonctionnels dans le gique éprouveraient domaine de la locomotion, sans que les mouvements volontaires soient atteints. CH. BELL avait constaté cette sensibilité musculaire en dehors des expériences de vivisection d'un cas pathologique : par l'examen « Une mère, nourrissant son enfant, atteinte de paramusculaire d'un côté du corps lysie, perd la puissance et en même de l'autre. Circonstemps la sensibilité tance extraordinaire et fâcheuse ! Aussi longtemps son enfant, elle pouvait le présenter qu'elle regardait à son sein, du bras qui avait conservé la puissance musculaire environnants venaient ; mais si des objets à distraire son attention de la position de son bras, les muscles fléchisseurs de ce dernier se relâchaient courait le risque de tomber. peu à peu et l'enfant Nous voyons d'abord dans ce cas, ajoutc-t-il, que les nerfs du bras jouissent de deux propriétés distinctes, ou sont conservées selon la perte qui disparaissent des uns ou l'intégrité des autres ; ensuite, que ces

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à un ordre spécial doivent l'existence deux propriétés musculaire est de nerfs, et enfin que la puissance des membres, insuffisante pour régler les mouvements si la sensibilité musculaire n'est là pour l'accompanous que percevons gner (1) ». CH. BELL pensait l'action des muscles. Les muscles, pour lui, étaient de deux ordres de nerfs, dont une catégorie pourvus « pas d'action directe sur le excitée, n'ayant quoique ». Il y a à produire la sensation est destinée muscle, et des nerfs de mouvement. des nerfs de sensibilité « Je me suis attaché à prouver du que pour l'exercice de la main et des doigts sens du toucher, le mouvement de l'action des muscles, en produisant et le sentiment être combinés avec la sensace mouvement, doivent de contact de l'objet. A cette conscience de tion l'effort, je donne le nom de sens musculaire, l'appelant sens. » On connaît les travaux de GERDY et un sixième les critiques des physiologistes dans qui n'envisagent de Cn. BELL que des phénomènes de les expériences sensibilité DUCHENNE DE BOULOGNE, admigénérale. rateur de CH. BELL, s'explique l'indifférence et l'ignoà son égard rance des physiologistes parce que son « admirable » est perdu dans un livre peu chapitre connu et où l'on ne devait, guère penser le chercher. ce livre eut un grand succès et fut un des Pourtant, « Un de l'époque. plus lus des livres de physiologie écrit DUCHENNE, qui avait perdu de la lord, l'usage avait promis un prix de 50.000 francs à celui main, (1) CH. BELL, The hand, ils mechanism and vital endovmenls, accoincing design., 5e édition, 1852, cliap. ix, Muscular sensé, p. 244.

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le meilleur traité sur la main. CH. BELL, qui publierait dont le nom était déjà illustre dans la science, envoya à ce concours son livre sur la mécanique de la main. Ce livre, clans lequel on trouve d'anatomie beaucoup et de physiologie rien à vraiment comparée, n'ajoute ce que l'on savait alors sur l'usage de la main, mais un tout petit chapitre on y découvre (la perle de ce du sens musculaire. Ce livre, illustré livre), qui traite de figures (dessinées par un grand nombre par l'auun grand n'a pas été teur, qui était aussi artiste), traduit en français, ce qui explique il est si pourquoi nous. Si je n'avais dû le consulter parmi peu connu avant de publier mes recherches sur la main, j'ignorerais encore l'existence du curieux dont j'ai chapitre un extrait. » J'ai cité cette page traduit précédemment de DUCHENNE à cause de l'appréciation si juste de ce livre de BELL, intéressant à tous les points de vue. DUCHENNE s'explique par ce l'ait que les recherches postérieures de LANDRY (1) sur la sensibilité musculaire ne mentionnent GERDY. guère CH. BELL, mais seulement On sait comme DUCHENNE protesta même à l'Académie contre des sciences des recherches de l'ignorance CH. BELL. Le cas de DUCHENNE (obs. LXXX) est à tous les points démonstratif de vue. L'abolition de la sensibilité musculaire n'empêche pas l'exécution et pathologiques (1) LANDRY, Recherches physiologiques sur les sensations lacliles. (Arch. yen. de Méd. 1853, t. IX, pp. 2G8-275). LANDRY' passa sous silence de nouveau et quand mémo l'oeuvre de CH. BELL, en 1858, lors de la publication des nouveaux faits. (Moniteur des Hôpitaux, 1858, p. 1174.) 11 se, contente de dire que l'activité musculaire fut « entrevue par DARWIN » et « nettement indiquée par GERDY».

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normale de tous les mouvements de la parfaitement « on n'empêche main et des doigts, quand pas son malade de voir (1) ». WUNDT dénomme tard le sens musculaire plus « sens d'innervation ». SCHIFF attribue à la peau la des sensibilités musculaires les ; et citons genèse de BASTIAN, qui préféra recherches au sens du mouvement le terme de « sens kinesthétique ». Parmi les nombreux auteurs citons surtout GOLDpostérieurs, SCHEIDER (2), ANTON (3), OPPENHEIM (4), REDLICH (5) et BERNHARDT. On trouvera une exposition complète, souvent de seconde main, dans la revue généquoique rale de V. HENRI, de YAnnée psychologique (IIIcannée). (1) DUCHENNE, op.'cil., p. 398. Voir aussi.§ III du môme chapitre, pp. 396-403. — Voir aussi DUCHENNEDE BOULOGNE, De réleclrisalion musculocalisée, op. cit., 2° édit. Prothèse laire de la main, pp. 841-855, avec des dissertations et des très complets. — DUCHENNE, Orthopédie physiolodocuments gique de la main (noies sur V). (Académie de médecine, de Paris, 1856.) ilber den muskelsinn. (2) GOLDSCIIEIDKK, Unlcrsuchuiigen Arch. 1889.) — GOLDSCHEIDER und (Du Bois Reymond's, des Widerslandes, 1894. BLECHER, Versuchc iïber Empfindung (3) G. ANTON, Beilriige zur klinischen beurlheilung und zur der Muskelsinn slfirungen ins Grosshirn. (ZeilschLocalisation rift fiir Ileilkunde, 1893). — Zeilschrift fur Ileilkunde, XIV, 1894. (4) OPPENHEIM, Ueber eine durch eine Klinisch bisher nichl verwerlhelc méthode, ermillelle Unlersuchungen forme der Sensibilitdls der Grosstôrung bei einseiligen Erkranlcungen shirns. (Neurol. Cenlralbl., 1885, p. 529.) des muskelsinns und des (5) REDLICH, Ueber stôrungen Sinnes bei der cerebralen slereognosliscJien Hémiplégie. (Wiener klinisch 1893, pp. 429, 456, 477, 493, Wochexchrift, 513,532, 552.)

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ces divergences Mettre un ordre dans toutes d'opila difficulté de la tâche, la chose est nion, malgré caria des auteurs des sensapossible, plupart parlent d'ordre tions tout autres, plutôt des sensations général musculaires. et confuses, sensations que des vraies les résumer en quelques On pourrait propositions : 1° la sensation muscuopinions dignes d'être retenues laire ne serait autre chose que la connaissance, l'appréciation de la contraction musculaire ; 2° la sensation musculaire serait la sensation de poids et de résistance, musculaire serait la notion de 3° la sensation d'effort; la position des membres, muset enfin, 4° la sensation culaire serait l'ensemble de toutes les impressions musculaires. Le clinicien tendineuses, aponévrotiques, de « sens BASTIAN trouvait même le terme anglais » vague de musculaire et confus, et à la dénomination « sens kinesthéfique » et à son opinion se rattachèrent D. FERRIER etCuARCor. BASTIAN attira en outre l'attention sur l'existence sensations réelle des nombreuses motrices de la synsubconscientes, qui résulteraient thèse coordinatrice musculaire des différents organes. les quelques Rappelons rapidement opinions plus laissant de côté la localisation de cette senprécises, d'oriconsidérée auteurs comme sibilité, par certains d'autres centrale, d'origine gine par périphérique. et Les travaux des derniers temps ergographiques surtout ceux de notre savant collègue M"c JOTEYKO sont à lire. On trouvera à ce sujet dans le livre de notre Le excellent ami le WOODWORTII sur professeur de la Bibliothèque de Psychologie Mouvement, expéune exposition claire et judirimentale internationale, cieuse de ces problèmes. Cri. BASTIAN, qui donne

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consiun grand rôle aux sensations kinesthésiques, comme d'ordre essendère la sensibilité musculaire La sensation dans certains tiellement sensitif. dérive, et elle peut de ses éléments, de l'activité musculaire, de nous renseigner sur la contractibilité musculaire, » le mouvement. même que sur l'effort qui « produit Des idées de BASTIAN furent reprises par GOLDSCHEIsurtout DER, BLECHER et par ANTON. Ces auteurs, la sensation musculaire GOLDSCHEIDER, considèrent comme une sensation comme une résultante, synthésensations qui la constique, et parmi les principales trois : 1° sensation il faut en distinguer surtout tituent, être passive ou active ; des mouvements qui peut des membres, et 3° sensation de position 2° sensation II y a donc une relation interne fonctionnelle du poids. et les sensations musculaire entre la sensation qui des des émanent des articulations, aponévroses, et si par hasard de la peau muscles, (BASTIAN), comme on l'a prouvé elle peut être indépendante, ou dans des affections cliniques, expérimentalement elle peut aussi être sensiblement atteinte indirectement par les troubles ordres de sensibilité des autres La qualité du mouvement serait due, qui l'alimentent. selon ces auteurs, selon BASTIAN tout particulièrcàces sensations inconscientes. rcment, kinesthésiques à la genèse Elles furent conscientes de l'acte volonelles devinrent taire, mais avec l'activité continuelle, Les recherches de HOCHEISEN sur les automatiques. confirment cette opinion aveugles (I). (1) HOCHEISEN, Ueber den muskelsinn Deutsche medicin. Zeitung, 1894, p. 885.) bei Blinden. (Extr.

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vers des opinions CHARCOT et PITRES (1) inclinent tant que fout en ne voulant, qu'en analogues, parler Les représentations motrices cliniciens. sont, d'après des élaborations des centres moteurs ces auteurs, nerveuses motrices cérécorticaux dans les cellules donc centrales ; ce serait, comme une décharge brales, Au contraire, kinesthénerveuse. les impressions viennent des organes périphésiques ou musculaires des capsules des des tendons, articulaires, riques, et elles de la peau, des muscles, etc., aponévroses, « s'emmagasineraient dans les centres sensitifs cortides leur sert caux ». La sensibilité hystériques toute schémade point de vue, dans cette conception conduisent ces auteurs à distintique, et ex cathedra sensilive sensorielle cette périphérique guer partie d'une part, et d'autre part les paralysies psychiques, des mouvel'abolition des représentations motrices ments volontaires. il faut rappeler ordre le Dans un autre d'idées, et de la distinction de la reconnaissance problème avec le indifféremment ou concurremment des poids, auteurs sens tactile. WERER fut un des premiers qui avec toute sa classique l'étudia expérimentalement cl, que tous les auteurs et intuitive postéprécision, sous plusieurs de vue. 11 y rieurs confirmèrent points musde l'appréciation à l'avantage a une différence culaire, lorsqu'on comparativement essaye d'apprécier cutanée ou et parallèlement les poids par pression musculaire. Celle serait, appréciation par contact (1) CHARCOTet PITRES, Sur quelques controverses de la doctrine des localisations cérébrales. (Arch. cliniques de Bordeaux, sept. 1894.)

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WEBER, d'un fiers du poids lorsqu'on juge la d'après différence totale, et de l/17du poids quand parprcssion en jeu nos muscles. Dans les troubles nous mettons et, dans certaines maladies nerveuses hémiplégiques les cliniciens ont constaté organiques, depuis longde celte conscience mustemps l'abolition aneslhésique culaire et les troubles ; ces troubles qu'elle provoque se traduisent chez ces sujets par des mouvements et par la perte de l'image désordonnés de la position de leurs membres dans l'espace. Le physiologiste J. MÙLI.ER affirme après WEBER, à la suite de recherches personnelles, qu'il faut distinde résistance et d'appréciation guer dans la sensation deux faits : une espèce des poids, physiologiques de faculté et secondairement, locomotrice, d'activité, « notre énergie mentale un fait purement psychique, motrice ». La première donnée nous renseigne, la différence des poids, mesure mais note, prend c'est un fait me niai. MÛLLER, quant à l'appréciation, les proselon sa bonne habitude, complique toujours autrement et à blèmes s'il n'arrive pas à les formuler de point de vue. changer BERNIIARDT admet aussi la double alimentation centrale et périphérique dans l'appréciation des poids et, dans la sensation de résistance. Il démontre, en outre, ce faitde toute importance, contractés que les muscles même la sont électriquement capables d'apprécier différence des poids. Les sensations cutanées de pression ne sont pas aussi sensibles dans l'estimation des (1) BERNIIARDT,Troubles sensilifs d'origine fur Psgchalrie, XII, 1872. ; cérébrale. (Arch.

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surtout, il s'agit d'un quand poids que les muscles, d'effort soutenu. La sensibimouvement d'élévation, centout en étant sous la dépendance lité musculaire, trale, est une forme de sensibilité préindépendante, cise et délimitable. des à WUNDT et à BAIN. Les sensations Arrivons sont d'ordre elles siègent dans mouvements central; et les sensations les cellules nerveuses motrices, qui la contraction muscunaissent ou qui accompagnent dans les fibres nerveuses, laire tiennent leur genèse de l'excitale canal centrifuge qui sont, en somme, selon La conscience de l'effort, bilité musculaire. à part et n'aurait WUNDT, serait une sensation que de muscuavec la contraction et confus rapports vagues laire. BAIN se sépare en ceci de WUNDT : pour lui, les musde nos impressions nerfs moteurs sont la source il admet bien d'autres culaires. Comme auteurs, que est un fait musculaire la conscience de la contraction avec les sensations à part et qui n'a aucun rapport de la serait la résultante Celte conscience centripètes. et contraction musculaire. Tout cela est bien vague bien théorique.

III les plus capiles données Esquissant rapidement à nous tales de la sensibilité n'avons, musculaire, dessein, pas parlé de la main et aucun auteur n'a songé, en dehors de Cn. BELL, à la main, à son rôle préponmusculaire. Si et unique jusque clans l'activité dérant ailleurs la peau apprécie que sur la main des formes

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de corps et des poids différents, elle réagit dans ces manière conditions d'une rudimengrossièrement, cette puissance de nous faire. La main seule possède des corps qui sont autour sur la nature de renseigner sur notre sensibilité musculaire. Les nous, propre sont des gens mutilés même mentalement à amputés ce point de vue. J'ai pu étudier une dizaine de cas. Aucun n'avait cette celle notion conscience, gardé Leurs rêves seuls des objets qu'il louchait. précise avaient gardé par la conservation hallude l'élément de la cinatoire vagues traces de la mobilité, quelques richesse prodigieuse d'informations, que lu main seule tout comme un sens. formule, communique synthétise, Nos recherches nous personnelles permettent l'existence d'une sensibilité d'une d'affirmer, part, de loulo autre sensation et musculaire indépendante soit déceler expérimentalement, qu'on peut facilement les mains soit sur la périphérie surtout, organique, Nous avons donné un résumé au psychiquement. de Psychologie de Paris (1). Congrès à l'exposition et à l'analyse Mais avant de passer de cette sensibilité il faut dire quelques musculaire, surtout dans la mots sur la physiologie des muscles, contraction musculaire. Cela complétera notre exposition et nous permettra de préciser nos davantage idées sur l'image motrice et sur la structure psyde la sensibilité musculaire, chique et physiologique soil active ou passive. à Le jeu des muscles est intéressant antagonistes (1) N. VASCIUDK,Recherches expérimentales sur la sensibilité musculaire. (C. R. Congrès de Psychologie expérimenlfde de Paris.)

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être étudié au point de vue de l'activité et de l'expression dynamique de la main. On doit, en particulier, à M. BEAUNIS, des connaissances sur le rôle précises de ces muscles. Jadis on croyait physiologique que les muscles inactifs aucune résistance n'opposaient ». BEAUNIS nous a montré que celle de leur « tonicité les muscles que le plus souvent antagonistes agissent ils se contractent en môme simultanément, temps. D'autres cas certainement se présenter, peuvent un seul muscle se contracte c'est-à-dire et l'autre est — exception, immobile selon BEAUNIS, — ou encore tandis que le muscle se contracte, son antagoniste se relâche et s'allonge, mais ce sont des formes qui du type normal. PAUL RICHER (1) a confirmé s'éloignent sur l'homme les expériences sur les animaux faites se contractent, par BEAUNIS. Les muscles antagonistes « à tour de rôle pour selon cet auteur, énergiquement le membre entraîner de son alternativement chacun nous constatons côté, et, en même temps, que chacun des muscles cesse son action subitement avant que le membre ait achevé son mouvement en qui se continue vertu delà seule inertie des parties ». La physiologie le colossal musculaire, malgré nombre de travaux est encore à l'étude. y consacrés, Il est difficile de tirer des conclusions et précises admises par tous les chercheurs. Aussi nous évoquons cette du problème, à titre de rapidement partie sans vouloir nous attarder document, longuement. Nous renvoyons les lecteurs à l'excellent travail de (1) Dr PAUL RICHER, De la forme du corps en mouvement. (Nouvelle feonoy. de la Salpâtrière, mars-avril 1895, pp. 122-136.)

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CH. UICIIET (1), où les questions sont amplement, il manque les travaux certainement ultédiscutées; BEAUNIS (2) nous rieurs, d'il y a une dizaine d'années. a donné une exposition claire et complète du proen même ses recherches blème, exposant temps devenues Voici les expérimentales depuis classiques. conclusions les plus importantes et qui puissent nous intéresser directement. Nous laissons de côté les faits purement concernant la contracphysiologiques tion musculaire et foutes ses manières d'être et les d'arrêt « 1° Les phéréflexes. purement phénomènes — au point de vue psychique — se nomènes d'arrêt montrent dans les actes comme dans psychiques toutes les autres manifestations de l'activité nerveuse. est la résultante 2° Tout processus de deux psychique une action actions une action contraires, impulsive, 3° Cette dualité se trouve d'arrêt. au fond de toute, manifestation mouvement volontaire, psychique, 4" La prédominance détermination, passion, pensée. de l'impulsion ou de l'arrêt détermine relative chez le caractère. » Or, ce qui nous intéresse l'homme c'est de savoir surtout muscuque la contraction subit les lois de la simple laire volontaire toutes contraction avec en plus une activité réflexe, propre, et déterminant les modelant, régissant particulière, réflexes nerveux propres qui déterminent physiologiles réflexes musculaires. Ces faits nous quement (1) Cn. IIIC.IIHT,Physiologie des muscles et des nerfs. (2) A. BEAUNIS, Recherches sur les formes de la contraction musculaire et sur les phénomènes d'arrêt. — In Recherches sur l'activité cérébrale, III, pp. 81-166.

L'IMAGE MOTRICE

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semblent intéressants car ils précisent la possibilité d'une image propre pbysio-musculaire, qui est la se conduirésultante des contractions musculaires, sant, et réagissant comme toutes les autres images, différences sur nous avec des lesquelles propres insisterons (1). une (1) Ici manquent — V. N. V. retrouver. dizaine de pages que je n'ai pu

CHAPITRE

XVII

RECHERCHES EXPERIMENTALES SUR LA DIVINATION DE L'AVENIR

Les Pour

provisions

chiromanliques

mieux les données du dégager expérimentales et pour faciliter des quelques problème l'intelligence conclusions de donner possibles, je tâcherai quelques et des chiffres. Au fur et à mesure tableaux que j'avais l'occasion de faire une expérience ou une observation, dans mes notes pour je la marquais scrupuleusement si possible, tard, pouvoir dégager plus quelques Les chiffres moyennes. représentent pour la plupart faites sur le vif, dans la vie ; je veux des expériences dire par ces affirmations que les faits n'ont pas été en vue d'une et que toujours arrangés expérience, de saisir le fait tel qu'il se produisait dans j'essayais Je ne crois la vie réelle. aient pu pas que mes sujets se rendre des recherches, compte que je poursuivais car je ne et, en fait, ils avaient raison, parfaitement désirais des faits psychologiques dans que surprendre leur cadre et dans les conditions réelles. Dans une série de recherches, nous avons essayé

454 de savoir

CHAPITREXVII

si les chiromanciennes expérimentalement reconnaître facilement une main d'homme peuvent les sujets étaient des adultes d'une main de femme; et autant que possible aux mêmes condiappartenant tions sociales. de la On a tenu compte de la toilette difficilement et qui certainemain, élément réglable, ment indiquera la voie à la divinatrice. toujours de chiromanciennes Sur une quarantaine que j'ai le nombre de fois où elles pu voir, j'aurais pu compter se sont trompées ; il ne dépasse guère 9 ou 10 p. 100. du nombre d'erreurs a eu lieu sur des Le maximum mains de paysan, des mains qui travaillent, ou encore cherche volontairement des mains d'homme lorsqu'on et, de femme vraiment similaires. Les mains étaient à l'examinatrice de manière à ce toujours présentées ne puisse voir les personnes, ni avoir aucun qu'elle Dans des recherches la main indice. méthodiques, de judas et le poignet était passait par une sorte couvert de dentelles. toujours Toutes affirmaient le plus facilitait que le poignet souvent la divination, en somme facile ; mais la difficulté s'agrandit il s'agit des adolescents. Des quand mains de fillettes de 12 ou 13 ans ont été confondues assez souvent avec des mains de jeunes gens, et cela de 25 p. 100. La main de fillette dans une proportion est souvent surtout deux ou trois ans indéfinissable, avant la puberté biolo; il y a comme un parallélisme entre les deux sexes autour de dix ans, et gique le sexe féminin se dégage et duquel par une brusque n'arrive à égaliser rapide évolution, que l'homme que Pour plus fard, à vingt ans, et après son adolescence. les mains de jeune citer comme une fille, je pourrais

RECHERCHESEXPÉRIMENTALES

.455

des plus belles mains celle de la fille du duc de dont la momie se trouve conservée dans un Nassau, état dans la cathédrale de Strasbourg. La parfait momification a gardé aux dessins de la ligne une à regarder, l'articulapureté de reliefs très agréables tion des doigts et des phalangettes, très bien attadans toute leur harmochées, d'ailleurs, apparaissent nie primitive, aux plis de la peau bien dessinés et continuant insensiblement avec la surface de presque la peau voisine, tendue et lisse. Je n'ai vu qu'une seule main vivante aussi artistiquement modelée. Le second à résoudre, d'ailproblème, peu facile arrivent leurs, a été de savoir si les chiromanciennes à distinguer toutes les chiromanl'âge. Presque au premier de ciennes, abord, paraissent capables déceler Par suite de la l'âge de la main d'un sujet. de deviner, ce qu'elles ne trop grande préoccupation savent et ce que leur clientèle l'avenir, pas, d'ailleurs, leur demande les professionnelles toujours beaucoup, à négliger arrivent l'examen de la chirognomonique et d'où la difficulté de s'attacher à des promain, blèmes aussi précis, mais très dénués d'intérêt réel dans la vie pratique. Voici un tableau ces qui résume recherches quelques expérimentales indépendamment du sexe. Nous avons toujours demandé à l'expérimentateur de nous donner l'âge. Nous approximativement donnons d'erreurs (voir tableau, page 456) le nombre de déterminations faites. au nombre par rapport Le premier ce tableau, le dans chiffre, indique nombre de fois où l'expérimentateur a donné l'âge en lui accordant comme cause exactement presque en plus ou en moins ; le minime d'erreur une année

456 second terme

CHAPITRE XVII de la fraction le nombre indique faites sur des sujets du même âge, CO i-* <N s? „ O QO OO 00 -1 O oe~ 10 (N~ IN o o" to ira ,-* T* -HM(Nira>—i o ira i—i o o o -i trï H ci" —" <r5" ira" ~ ~* C. o? , 05rf"^| ^D O ira <^T t-H ^ o co ^. en o ^ t-« l —" o o" o» i I co ffi I-H" o" oo -<* o »—< ^H 1-»" O" (M ira *?" r-<" c* __ o i-i (N o - -. --o» c> <—t H Gi M _„ -, <* o i-i Ci | | 1 ® .5?. ira o | des âge I I

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I

Nous avons considéré comme non qu'il devait deviner. divination une appréciation de trois ans qui dépassait en plus ou en moins Nous n'avons l'âge du sujet.

RECHERCHES EXPERIMENTALES tenu dont

457

des fractions en mois de l'âge, guère compte à avoir des chiffres à nous cherchons toujours Nous donnons ces explications peu près exacts. pour exacte de ces chiffres, l'intelligence l'expérimentation on le voit, toujours et de la était, comme avantagée considérer même manière, pour que nous puissions comme cause d'erreur une appréciation qui dépassait de trois ans l'âge réel. nous indique Le total que c'est à trente ans tout d'abord l'âge (60/98), qu'on distingue plus facilement ans et à des mains, à quarante puis à vingt ans, soixante ans ; ensuite vers l'âge de dix ans. L'erreur et la détermination devient donc plus diffiaugmente cile surtout à six ans (18/93), ensuite vers cinquanteans. N'oublions cinq ans et vers trente-cinq pas que ces déterminations ont été faites par différents expérimentateurs en dehors de toute entente et sans aucune entente en vue d'une expérience préalable à Les expérimentateurs sont d'accord quelconque. l'extrême difficulté a à distinguer reconnaître qu'on la main du jeune âge. Aussi les traités de chiromancie éliminent-ils sous prétexte que les systématiquement, des très marquées, lignes ne sont pas encore l'âge enfants avant six ans. de dix, vingt, trente, L'âge et soixante ans sont, de l'avis de quarante, cinquante tous les expérimentateurs, des étapes de notre évaluation organique ; on a la main d'une de ces étapes, contiet aux yeux de tous, l'expérience prouve nuellement, qu'il s'agit d'époques psycho-biolobien définies. Entre ces étapes, il y a des giques surévolutions et des involutions difficiles à saisir, tout vers l'adolescence et la fin de la vie. La vieillesse

458

CHAPITREXVII

la physionomie des mains. Les mains de égalise vieillards des deux sexes se ressemblent souvent. Comme la physionomie des visages, celle des mains : la chez les vieillards fend vers un type uniforme forme osseuse, la peau ridée, aux articulatachetée, tions raides, aux aponévroses à l'intérieur de tendues, la main traversé dont on par des lignes accidentelles ni le genre, ne peut pas saisir la trace, les ongles de leur éclat et ils s'anémient le presque; perdent est d'ailleurs difficilement enregispouls capillaire Voici le total de ces raptrable chez les vieillards. selon leur coefficient d'exactitude expérimenports tale: Détermination — _ _ faite pour l'âge de — — _ — __ _ — — — — — — — — — — — 30 ans 20 — 60 — 4() — 10 — 14 — 35 — 25 — 55 — 6 — : : : : : : : : : : GO/98 52/109 46/95 45/101 35/91 22/52 16/68 10/28 11/55 18/93 cas — — — — — — — — —

— —

Je n'ai pas voulu apprécier réduisant mes résultats, le fout à des coefficients ne possédant, pour cent, suffisantes. Les phénopas le nombre d'expériences en jeu dans la constimènes qui entrent subjectifs fulion à de ces moyennes, d'ailleurs, critiquables, ce point de vue, sont plutôt comme schématiques les et les moyennes seraient toutes moyennes, les résultats, vraiment artificielles. Je n'ai calculé les données à des coefficients en réduisant pour cent un nombre suffisant d'expé-que lorsque je possédais

RECHERCHESEXPÉRIMENTALES riences.

459

il serait, bien facile de faire dix Autrement, et d'induire a expériences que, du moment qu'on trois cas de vrai sur dix, on doit avoir trente obtenu ce que l'expérience cas sur cent, vérifie d'ailleurs rarement. Un troisième intéressant à résoudre était problème de savoir dans quelle mesure l'examen de la main faciliter la divination d'une part du caractère pourrait de la personne et secondairement de sa mentalité présente. Avant à notre causes une pareille il fallait recherche, d'organiser avis connaître et éliminer si possible les d'erreur de la technique et chiromantique en d'autres d'écarter, mots, les coefficients qui aident divination à remplacer la soi-disant l'expérimentateur exclusive selon les caractères de la main. Nous avons dit, on se souvient, toujours que la et c'est vrai. aide l'examinateur, Nos physionomie recherches le prouvent. Dans le tableau où suivant, nature de recherches a au moins cent déterchaque du nous avons remarqué minations, que le visage sans parole aide l'examen de sa physionomie sujet, considérablement l'expérimentateur. le chiffre indique la supériorilé et l'auxiliaire Ainsi, de l'examen : physiognomonique Pour l'âge la physionomie a facilité la exacte de — le caractère — le tempérament — la nuance du caractère et des mentales . . préoccupations — la synthèse de la personnalité du sujet détermination 75 0/0 des cas — 310/0 — 13 0/0 56 0/0 89 0/0 — —

4fi0

ciiAPrrnE xvn

et le tempérament seraient Le caractère plus indide la main. qués par l'examen l'examen des tracés de la Dans mes recherches, ou celui des moulages main, des empreintes digitales diminuent le coefficient de la précision du toujours de la caractère du sujet. II faut tâfer les muscles la peau et il faut aussi connaître main, il faut toucher le visage de la personne, et souvent il faut l'entendre plus proche de la vérité parler pour faire un diagnostic de la main. Les sensations tactiles selon l'inspection sont donc nécessaires à un travail chiroet visuelles et même de toute première nécessité. Le mantique, est d'un grand secours langage pour la chiromannon seulement cienne, par son coefficient psychologique personnel, par éléments psycho-physiologiques mais surtout de la parole, par son contenu, par le La première sens des paroles révélation prononcées. rare, une puissance indique une finesse psychologique de discernation assez difficile à trouver, tandis que le contenu de la parole oriente facilement la pythonisse de son métier, conduit le sujet en expéqui, maître rience à donner lui-même son caractère, à se laisser facilement. C'est un travail l'anad'enfant, analyser individus à l'inconnu lyse de certains qui demandent : ils se décrivent des prophéties d'eux-mêmes dans les toutes premières phrases prononcées. La qualité et la finesse de l'expérimentateur entrent en jeu surtout chez des femmes comme Mmn de Thèbes, comme ma chère collaboratrice Fraya, et comme tant d'autres de des artistes, professionnelles qui sont véritables ni de ne manquant d'instruction, juges ni d'érudition. La main présentée à l'état de finesse,

RECHERCHES EXPERIMENTALES « muet

461

désoriente les », si j'osais ainsi, m'exprimer les plus et les erreurs Pythonisses expérimentées foui calcul aussi dépassent mathématique, simple soit-il ; il rentre dans le domaine de l'appréciation intuitive et précise. simple, Dans une série d'élèves d'une école de la Ville de Paris, accidentellement, pendant que je m'occupais d'une série de recherches sur la psychologie individe faire préciser leur psychologie duelle, j'essayais selon les données de la chiromancie et de classiques la chirognomonie, à mes investigations parallèlement Les enfants étaient de 10 à psychologiques. âgés 12 ans et on avait en vue les formes de la classiques classification des ; l'intelligence chirognomonique leur était ou élèves, capacité psychologique plus moins connue soit à antérieures, par nos recherches l'aide des mental lests soit suivant du l'appréciation et les notes du travail. Les dix premiers professeur d'une classe à des types de main utile appartenaient ou carrée, des mains de besogne, de travail, avec des erreurs l'erreur de deux sur qui ne dépassaient guère dix appréciations. Les derniers de la classe m'ont les plus variés comme paru, chose étrange, types : le est fréquent, on trouve rarement des type artistique mains ou des mains des psychiques philosophiques, types qui appartiennent plutôt à des mains dont l'évolution est finie. Dans des groupes moyens prédomine le type mixte et le type de main élémentaire, de main nécessaire. Dans un groupe une chiromancienne a d'ouvriers, non seulement des cas pathologiques, pu me définir mais des tempéraments des alcooliques, morbides,

4G2

CHAPITREXVII

Dans d'erreur avec des coefficients peu nombreux. sur des perfaites par les Pythonisses les recherches les coeffisonnes j'ai pu obtenir que je connaissais, sous toute la réserve cients suivants, que je donne d'une classification et d'une appréciation personnelle. me semble bien Toute classification des caractères distin; le seul critérium qui pourrait schématique d'indiviguer des catégories plus ou moins distinctes à mon avis, pour des considérations dus serait, trop à être développées de réagir ici, la manière longues et surtout la vitesse de leur réaction. des individus Aussi n'ai-je voulu savoir que si la chiromancienne un sujet à réaction lente d'un distinguer pourrait La mesure des recherches autre à réaction rapide. m'était d'une part, par la mesure des temps indiquée, de la vitesse de réaction et, de l'autre, par la mesure et de réaction des principaux psychiques processus dynamiques. comme On aura beau considérer critérium scientitous les processus de la pensée, voire fique du caractère des idées et même parmi les plus naïfs, l'association la réaction on n'aura jamais trouvé sociale, plus de de la qualité individuelle justification psychologique que dans la vitesse de la réaction. veuf dire vitesse, et vitesse toute Réaction indique lien du processus le plus capital de la une idéation, des phénomènes celui qui donna quantité psychiques, le coloris de l'idéation : l'attention. Les temps de réaction et psychologiqueanalysés judicieusement nous à mon avis, malgré les ment, renseigneront, affirmations certaines d'un grand nombre de psychosur la qualité et sur la nature de notre synlogues,

RECHERCHES EXPÉRIMENTALES

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thèse psychique et particulièrement sur la forme de notre réaction psycho-sociale. Examinés dans les conditions ordinaires de la chion a pu distinguer les indiromancie, plus facilement vidus à réaction lente. rapide que ceux à réaction sur 100 individus de chaque le Aussi, catégorie, nombre des justifications exactes fut-il de presque 59 p. 100 pour les individus à réaction et rapide seulement de 38 p. 100 pour ceux de la seconde catégorie. Dans la première on pouvait catégorie, distinguer et analyser des sous-types à cause de la variété et de la multiplicité des images la pensée du qui peuplent tandis la seconde soit la sujet, que dans catégorie, soit l'inertie, soit rarement l'intensité de pauvreté, certaines rendait toute difficile. images, analyse La divination des grosses mentales préoccupations immédiates est une chose facile les gens du pour elle est, j'oserais le dire, même banale. Voici métier, chiffres de trois expérimentations quelques qui nous ces affirmations : précisent ARC Etat de scrupule caché — d'anxiété cachée Ennuis d'argent — moraux Impulsions Etat de mélancolie — d'abattement — passionnel 7/21 3/27 6/11 15/17 7/11 3/17 1/4 9/10 2/10 — 2/4 7/9 8/12 3/15 2/2 2/3 3/15 6/31 1/3 3/3 9/11 1/9 6/7 3/4 TOTAL 12/46 9/58 9/18 25/29 24/33 7/41 9/13 14/17

464 Les

CHAPITREXVII

états d'ennuis moraux (25/29), d'impulsions et les états passionnels sont les plus facile(24/33) ment décelés de nos états d'âme ; nos expériences sont assez nombreuses et variées pour nous permettre d'avancer une pareille conclusion. état a été Chaque considéré sous ses vrais angles, dominant pour ainsi dire la mentalité du présent. Dans un autre ordre d'idées, le problème qui devait se poser nécessairement a été celui du diagnostic du du sujet, de son étal présent et de son passé clinique et moral. Elucidons tout d'abord le avenir biologique du sujet et la possibilité casier de l'expathologique de le saisir. périmentateur Le tableau suivant résume quelques expériences sur le passé pathologique du sujet bien portant au consulter la chiromancienne et moment où il vient tout autres que son passé. pour des préoccupations DÉSIGNATION DESCOUl'ITClliNTS JUSTESSE ET DE PLUSIEURS EXPERIMENTATEURS. "~ '^ " C TOTAL A I! 3/7 3/21 6/11 2/20 19/21 2/17 2/20 9,11 3,9 3/U 8/21 1/5 7/15 1/15 2/10 913 7,21 1/5 4/16 10/46 6/10 20/42 2/9 5/34 5/7 31/13 3/16 6/48 7/16 11/46 8/9 26/33

NATURE DE LA MALADIEDEVINÉE

Maladies de la peau — mentales — du tube digestif — infectieuses (croup, typhoïde, etc.) L'arthritismc Maladies de la gorge — du foie — des pounions (tuberculose)

RECHERCHESEXPÉRIMENTALES

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Tous ces sujets accusent avoir eu dans leur passé des des maladies franchement diagnostiquées, graves, maladies dans leur vie passée ; pour qui comptaient les états pneumoniques, j'ai mis dans un même groupe Il va de soi que, toutes les affections pulmonaires. dans notre tableau, nous n'avons fait aucune distinction de sexe ou d'âge. Il résulte les malaque parmi devinent dies dont les prophéfesses plus facilement et rhumatiles traces, se trouvent les états arthritiques sants, les affections lieu, et, en troisième pulmonaires de l'appareil Pour les affections les troubles digestif. l'état des articulations, leur souplesse, arthritiques, la nature et la forme des rides et des plis de la peau, mettaient la chiromancienne facilement sur des pistes les ongles et la forme des doigts sûres, pour les états et la coloration les des lignes pour pneumoniques troubles Elles ne précisent pas de maladies digestifs. more medico, mais elles indiquent les maladies par comme : « vous avez les poumons très des fermes malades été très délicat », », « votre foie a toujours « votre cerveau a eu des effervescences ». L'expression est pittoresque, mais exacte : « vous avez été à malade de la tête », « vous avez eu des migraines a été, même de votre vous rendre fou », votre gorge foute première très délicate », etc.. jeunesse, même la date de Les plus expérimentées précisent : elles cette affection prédominante, caractéristique et le nombre des accusations se trompent souvent est extrêmement 11 y a eu des cas où réduit. précises chiromanciennes ont pu localiser exactequelques Dans le métier, on a l'intuition ment ces maladies. dans la est plus courante vague que telle maladie 30

466

CHAPITREXVII

une autre vers l'âge adulte, vers première jeunesse, et on case les individus l'adolescence, etc., quasi dans ces grands cadres dictés par arithmétiquement et classique. l'expérience quotidienne Pour les maladies présen fan I,des affections cliniques, mais qui existaient et dont l'individu a accidentelles, au moment de l'expérience, le nombre des souffert déterminations : les troubles augmente précises phasont facilement la goutte, les décelables, ringiens affections de la gorge et aussi les préoccupations avec toute leur riche variété mentales morbides si Voici un résumé difficile à saisir, môme en clinique. : classique DÉSIGNATION IIOEI'I'ICIKNTS DE DES PRÉCISION MALADIES PARnii'i'ÉDI;SRÉVÉLATIONS lOENTS EXPÉRIMENTA TEIHS. """" """ DONTLE SUJET ÉTAIT ATTEINT B C TOTAL A Troubles hystériques Etat mental après une crise relativement récente Epilepsie Après une crise récente d'épilepsie Crise de goutte Élat de tuberculose pulmonaire Étal, de phobie Bounees délirantes Des idées (ixes Tuberculose du larynx Calculs du l'oie et crise hépatique I 8/10 3/4 5/10 5/3 6/9 2/5 3/5 5/6 2/5 5/12 — 2/2 3/5 1/2 4/7 9/11 1/5 0/2 3/7 1/5 0. 4 10/15 8/11 13/21 0/10 15/28 36/40 6/21 5/16 15/25 2/10 2/20 !

12/14 .15/15 2/6 3/10 4/9 1/5 12/15 0/3 1/3 0/2 19 . 1-7 ,

RECHERCHESEXPÉRIMENTALES

467

Les intellectuels troubles ne sont pas toujours aussi difficiles à deviner serait incliné à le qu'on croire ; une idée se révèle par un état spasmddique des muscles et des tendons, les crises caractéristique relative des extrémités d'épilepsic par une asphyxie et par une douleur sourde des articulations révélée de l'opposant encore dans l'extension, par l'empreinte ou dans et rythdélicate l'hystérie par une secousse des muscles extenseurs. L'examen du poignet mique est aussi une source riche de renseignements psychoLa parole, les détails fournis physiologiques. par les sont certainement d'un grand auxiliaire. sujets Si les chiromanciennes J'arrive aux présages. dans une mesure deviner le quelconque, peuvent, en dehors de tout aide du hasard, si elles passé deviner aussi notre mentalité ses peuvent présente, ses phobies, ses peines, et comment préoccupations, mesure dans nous quelle pourraient-elles prédire comment et dans mesure l'avenir, quelle précise aux questions peuvent-elles répondre qui préoccupent toute leur clientèle et nous autres sur l'avenir ? Précisons chiffres nos données avant par quelques de discuter la conclusion. Examinons les tableaux concernant les sujets que j'ai pu suivre à dislance, et dont, je pouvais contrôler la réalisation. Un grand nombre de mes sujets ont été laissés en dehors de mes calculs, fussent soit qu'ils de vue, soif perdus ait été impossible de contrôler les résultats. qu'il Tous ces accidents réalisés ne tiennent pas seulement à la fatalité et ils rentrent prévue par la pythonisse, dans la possibilité du hasard, coefficient qui accomfoute évolution et foute activité pagne organique

168

CHAPITREXVII

intellectuelle et son cadre d'évolution et physique, son genre de vie. Le tableau toutes qui suit résume six ans, des présages nos recherches annonpendant cés comme devant se réaliser nécessairement pendant ce laps de temps. Nous aurions pu suivre quelquesuns de nos sujets encore pendant quelque temps, mais le fait n'aurait, à notre avis, qu'une valeur bien même dans le cas d'une réelle réalisation, secondaire, car il y a tant de facteurs en jeu et qui qui entrent la même la manière d'agir changent, qui modifient en Toutes ces réalisations rentrent plus stéréotypée. outre dans le cadre de la probabilité due au hasard, à la portée de toute dividevinée, probabilité présage de la nation de tout jugement en dehors banale, sans faire nullement à des sciences recours qualité, divinatoires (Voir tableau, page 469). Pour mieux comparer les résultats, nous avons l'ait la somme totale des coefficients et ajouté, en cent la somme des cas isolés, et plus des coefficients, moins que cent de toutes nos déterminations. C'est une NOMBRE IIES CAS PRÉVUS ETNON RÉALISÉS Présage réalisé à une dislance de quelques jours Présage réalisé à unedistance d'un mois. — — — de trois mois. — — — de six mois.. d'un an — — — de trois ans.. — — — delroisàsixans.

96/146 75/114 54/159 25/139 16/114 10/103 10/114

0/124 0/300 0/410 0/402 0/G02 0/413

Chiromanciens des Tableau prophétiques Présages des

GLOBAL NOMBRE NOMBRE N0M PAR A PRÉVISIONS 100 RÉALISÉES JeujetsDES PROPHÉTIQUES des PRÉVISIONS RAPPORT deux s ' mryr , des sexes ~~j , ~~~~ suumis à | une une à A dis-A une dis-jA dis-A des une dis-A dis-A l'expérience dis-'A une une une disEXPERIMEN'TATEL'RS de! de de de différentes de de tance tance tance tance tance tance épo- dej tance mois. mois. 6 an. ans.àans. ques. 15 1 3mois. 1 3 36 jours.| A M=" — B — G — U — E — F — G — II — 1 — J — K — L — M 21 23 15 .100 7p.100 3p.100 p.100 p.100 p 3p.100 1p.100 37—12—2 —0 —0 - 6 —3 — 9— 7— 8 —6— 1—0— 0 — 11—0 —1 —9 —2 —1 —1 _ ! 6— 4— 3— 0— 0— 0— 2 — 2— 3 —15—10— 0— 0— 0 — — — — —1,6 2/15— 02 — 0/1 0/4 — 0/5 — —0 —3/212.100 —0 —1/4 — — 1/4 — — — — —0,6 1/102,4 1/1 0 —0 — 0/9 — — 0 - 1/1 1,3 0/6 0/10- —0/5 0/2 7 —11- 3— 0— 4— 2— 0 — — — — — 0 —4,8 0 —1/1 0/1 0/1 0/24— — — —1/1 1/2 1,15— 0 —0/3 — — 0/1 1/4 1 140 96/114 54/159 16/114 I10/114 175/114 2539 10/103 37 14 31 2 19 6 1 1 2 1 24 1 1

170

CIIAPITTÎI: VII X

et à laquelle il faut méthode de comparaison simple dont le nombre ajouter les cas non suivis de réalisation, Voici est d'autant s'éloigne. plus grand que la distance faites pendant les les résultats de foules les recherches six ans, sur 140 sujets des deux sexes et de lout âge (Voir tableau, page 468). concernent tous Tous ces présages prophétiques les événements arrivés: accidents, maladies, changeet dont le sujet en expérience ments de situation, lui l'expérimentateur. La preuve renseignait malgré notoire et brusque est visible dans cette diminution dès que le temps à prévoir n'est pas à la portée des du indiquées prévisions possibles par la connaissance Une maladie présent. pouvait être avancée facilement est cachectique, on assure le malade quand quand on parle longueavoir des crises hépatiques, quand ment de ses crises répétées ; quand la peau se jaunit, qui ne prédirait pas la jaunisse? quand on docula pythonisse mente sur des amis malades et des car on est bavard sur les événements qui parents, arrivent aux siens, sur des ennuis à prévoir, et rien à la femme car elle sage cl prévoyante, n'échappe sait écouter. Mais plus on s'éloigne de la possibilité banale, couà laquelle rante, plus il est difficile de limiter l'époque des voyages ! Le bon on se promet d'entreprendre sens pressent des événements à une époque rarement et les lignes de la chiromancienne ne disent lointaine, au moins dans la faible pas non plus grand' chose, mesure de mon expérimentation, rien de plus que les données concordantes ce grand et par le hasard, facteur étrange cosmique, qui glisse imprudemment.

RRCIIERCIllCSEXPÉRIMENTALES

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fortuit dans l'enchaînement des événements futurs, des données et troublantes. étranges de plus près les détails des chiffres de Analysant mon on reconnaît la difficulté de prévoir tableau, manière d'une l'avenir. Un détail nous rigoureuse éclairera Sur le nombre colossal des maladies plus. de toutes sortes, prévues par les chiromanciennes, 4 p. 100 des prévisions seulement se réalisent en dehors de toute considération pathognomonique formulée. Je veux dire par cela que préalablement qui a des cavernes pour un tuberculeux pulmonaires, et qui crache devant la chiromancienne et qui tousse dont, le faciès est facilement la prévision décelable, de sa mort prochaine est nulle, car le premier venu dirait et avec autant une proximité tout presque aussi Des cas de mort brusque, inattendue, grande. survenue comme et prévue la par surprise, par sont les seuls chiromancienne, qui me paraissent à infirmer de nature le présage, et ces cas sont extrêmement rares. Dans mes sur observations annoncées dans un laps de temps plus de 500 morts morts dues à des accidents ou morts court, spontaou des d'accidents nées, inattendues, présages seulement trois cas se sont réalisés ; un sujet graves, fut gravement blessé dans un accident de chemin de — un second, fer — un express, un obèse, fut trouvé mort le matin dans son lit, quatre la jours après de la chiromancienne, et un troisième prédiction trouva sa mort dans un accident de voiture, deux ans la prévision. C'est du simple hasard. Il faut après encore du présage a souvent ajouter que l'annonce une influence anxieuse sur les malades débilitante,

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CHAPITREXVII

ou avec un peu minés par des affections chroniques sensibles. Dans chacun des cas, la des mentalités à la suite d'une annonce mort est survenue prémod'un présage chiromancien nitoire, (1). nos recherches sur les prévisions Ici se terminent Il résuite que : chiromantiques. 1° La technique et chirognomochiromantique les données de la main, nique utilise non seulement et secondairemais aussi celles de la physionomie, fournis ment, elle utilise tous les renseignements par et surtout verbaux le langage par les renseignements et qui et par les gestes qui ébauchent, qui soulignent d'une physiola divination d'un caractère, facilitent ou la possibilité de formules ou nomie intellectuelle, ; présages si 2° La main peut nous renseigner par elle-même, sa psychologie, son langage l'on connaît musculaire, sur notre mentalité et peu surtout passée et présente des chiromanciens, sur'celle de l'avenir. Le métier des tracés dictés par l'expérience, l'art de comprendre Les doigts, la la tâche de leurs expériences. facilitent les articulations et surtout les mouvements peau, sur notre mentalité. Il ne faut pennous renseignent le fait que (1) Je citerai, comme simple coïncidence, Mmc Fraya avait prédit à l'auteur de cet ouvrage, pendant l'hiver 1904, qu'il mourrait à 33 ans d'une pneumonie. Mmc la comtesse M. de Noailles qui assistait à l'entretien, Mm0 Fraya et N. Vaschide lui-même m'ont confirmé cette prédiction, qui malheureusement s'est trouvée réalisée le 13 octobre 1907, de point en point. — Un an avant la mort de N. Vaschide, en de Roumanie lui avait renouvelé le 1906, une bohémienne présage, en lui annonçant sa mort, pour l'année qui suivrait. — V. N. V.

RECHERCHES EXPÉRIMENTALES ser

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mouvements inconscients accomqu'aux qui nécessairement toute pensée, de même pagnent que le dessin des médiums, le langage pour comprendre musculaire si riche de la main ; 3° L'avenir et le présage des événements sont à caution. Ils demandent en tout cas l'institusujets tion de nouvelles fouillées, expériences plus plus délicates ; 4° Le du caractère sa psychologie est sujet, extrêmement à analyser facile par la chiromancie. les yeux et le langage, la main qualifie facileAprès ment l'être Le caractère humain. est un problème non seulement mais difficile à délicat, psychologique classifier. toute classification nous Or, paraît précaire. La chiromancienne, tout comme le psychologue, cette conscience a de soi-même, cette évoque qu'on illusion mais vague et flou, dont la réacsubjective, tion varie selon les contacts mentaux et sociaux si différents. On croit agir et penser d'une manière quelet comme on documente soi-même la chiroconque, on se trouve réellement de mancienne, plus près l'individu que dans un examen psychologique objectif. C'est pour cela que le diagnostic d'une pythonissc tout ce monde de mensonge plaît plus, car il évoque et de création des illusions de nousinappréciables, de fabrication et frêle, mêmes, facile, pensées légère et dont nous projetons, la souvent, orgueilleusement Le caractère n'est de notre portée. pas le critérium il est souvent la modalité selon synthèse personnelle; nous ramassons nos mensonges, les produits laquelle de notre broder de cérébration, fragmentaires pour

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CHAPITRE XVII

nouveau, pour agir, pour nous mettre en des rapports avec la vie réelle. Toutes ces sensations tangibles vraies, qui n'ont rien à faire avec le raisonnement, artificiel de la civilisation et de la lutte pour produit sont réalisées et l'existence, devinées, classées, modelées chiromancienne souvent d'élite, par une de méfier. mieux que par des psychologues

CHAPITRE

XVIII

ESSAI D UNE THEORIE A L APPUI DE LA POSSIRILITK D'UNE RÉVÉLATION PSYCHIQUE PAR LA MAIN

des tout en chiromanciennes, terminologie de la séméiologie de médicale n'ayant pas la précision la main, ne manque A la réflexion, tous pas de sûreté. ces termes toutes ces épithètes enrimythologiques, chies souvent par le verbe de la prophétesse, reposent sur des remarques sur des observations, que le bon et que nous sens le plus élémentaire trouvera justes, trouvons confirmées et précisées non seulement par MACROBE et les vieux mais PARACELSE, auteurs, comme DALLY, par des modernes, l'anthropologisle médicale moderne. LUCAS et toute la séméiologie le contenu de chaque terme et de chaque Analysant on remarquera tout d'abord symbole, qu'on a trans— dans le domaine des sciences divinatoires, porté c'est dans foutes les d'ailleurs le procédé employé — les quelques autres données élémentaires sciences, fournies courante, par l'expérience par la vie : d'acun point noir cord avec le symbolisme primordial, forcément des ennemis, des ennuis ; les signifiera ce qui est pale, de la non de l'exubérance, saillies,

La

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CHAPITREXVIII

de la mélancolie de la ; ce qui est tortueux, activité, des malheurs, des obstacles, etc. nonchalance, On trouve dans cette interprétation tout ce que nous pouvons penser et croire dans les limites de la la plus simpliste des faits et des gestes conception humains. Nous avons précisé dans les autres chala physionomie, de la main peut être pitres comment le caractère, la nature de de nous révéler capable et de nous donner l'individu, vaguement quelques indications sur l'avenir. Il y n beaucoup d'observations dans la littérature des sciences occultes, remarquables un grand nombre d'observations on y rencontre judile pédanlismc et l'obscucieuses et précises, malgré rantisme de tous ces auteurs ! qui voile le jugement Les lignes et leur topographie n'ont pas été déterde l'inminées au hasard ; il y a dans ces graphiques de l'intuition à profusion, une interprétatelligence, tion lumineuse, souvent des données très justes. Sans des chiromanciennes doit-il être doute, le boniment à une petite part de la vérité, mais cette part réduit de vérité existe, elle est incontestable. Les lignes de la main évoluent de ; elles changent et les plis que ; la peau, et les saillies, physionomie sa surface, se sensibilisent parfois plus que présente ou s'adaptent de coutume ; les mains s'individualisent II est aux exigences des besoins psycho-corporels. comme que ces grands plis, considérés remarquable les plus importants aient des par les chiromanciennes, intimes avec des saillies musculaires, avec rapports avec des insertions des articulations métacarpiennes, ou tendineuses. musculaires, aponévrotiques Nous avons vu que les maladies, les troubles phy-

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modifient essentiellement la physionomie de la siqucs main, et que ces modifications n'échappent pas à un ceil exercé, à un clinicien môme maladroit et novice. ne pas admettre alors que les coefficients Pourquoi laissent des traces tout et personnalisent psychiques cet organe essentiellement sensible? Dans sa forme rudimenfairc toute menconsciente, talité humaine a comme base fondamentale des impuldes tendances, des éléments moteurs. Il y a du sions, « mouvement » dans toute élaboration mentale. Nous nous répétons tous à nous-mêmes, en l'élabole rôle plein d'énergie intellectuelle et émotive rant, de notre activité mentale. Le langage est la intérieur forme intime de cette expressive, psychologique, motilité Il n'est des psychique. que juste d'admettre comme il y a d'autres sensomotrices, images images rielles ; le muscle est un organe tout aussi capital que l'oeil et l'oreille; le sens musculaire est un sens indiscutable comme ; et on le considérera tel, quand nous nous habituerons à trouver bien vieillie notre ancienne classification des sens. Ce n'est pas ici que j'exposerais mes idées et mes recherches sur l'image motrice ; tout un chapitre. Je veux seulement j'y ai consacré brèves données, évoquer rapidement quelques pour rendre mon explication du plus claire psychologique critérium de la main et de sa physionomie psychophysiologique. Toute forme de pensée, consciente ou subconse traduirait sciente, donc, ou, pour mieux dire, pourrait se traduire sous une forme motrice ; l'élément moteur interviendrait d'une manière et agiteréflexe, rait indirectement non seulement les muscles, mais

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CHAPITREXVUI

les sources cérébro-médullaires et qui innervent de sensibilité les téguments et les qui abreuvent tissus Nous avons vu à quel point la sous-jacents. est un organe où les main, par son architecture, secousses les images motrices psychiques, peuvent laisser des empreintes durables. La nature humaine intime est foute esquissée par des gestes : la rage, la la tristesse, la crainte et la sentimentalité, jalousie, toute la gamme des sentiments n'est-elle pas exprimée musculaires? par des contractions, par des secousses Les fléchisseurs et les extenseurs des membres supérieurs sont les plus agités ; à vrai dire, ils le sont Le psychologue H. MÏINSTERBERG et plus toujours. tard G.-W. STÔRRING, n'ont-ils pas démontré que « les sentiments les mouvements de agréables augmentent diminuent ceux flexion, tandis que ceux désagréables de flexion et augmentent les mouvements d'extension » (1). La main, en outre, réagit plus vite que le et le bras bras, plus vile que l'épaule (Me KEEN CATELL et Cri.-S. DOLLEY; FÉRÉ). Combien de fois par jour les pauvres doigts humains ne se tournent-ils Combien de fois pas inutilement? ne s'agitent-ils ou cristalliser pas pour mieux dévider les pensées môme les plus confuses, les images à Sans fin, la main se conlorsionne, peine ébauchées? elle change de physionomie de ; sans fin, les muscles la main ou ceux dont les fendons insertion prennent sur la main se contractent ensemble ou isolément, : aponévroet, avec eux, tous les tissus sous-jacents (1) S'ioiiiiiNCr, In Philosophische Sludien, XII, pp. 475-525 : Zur I.ehre vom Ein/luss der GefUtile auf die Vorstellungen und ihrcn Verlauf.

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séreux, tendineux, tiques, etc., etc. Un caractère fort, une nature grave ne réagissent pas de la même façon être fatigué, Le cadre mécaqu'un neurasthénique. musculaire n'est le même, en tant nique pas que forme chez l'homme et chez la femme. sensible, Les articulations n'ont pas, chez tous les individus, une égale souplesse, la même agilité, ni la même fermeté. Il y a toujours un rapport entre l'énergie innerentre le tonus donc psyvatrice, central, cérébral, et la vitalité de tous ces mécanismes. Et la chique, indubitable de cela, nous la trouvons dans le preuve fait que, dès que notre organisation psychique change, notre s'en ressent. Les neurasorganisme physique les hystériques, les érjileptiques, les aliéthéniques, nés et beaucoup d'autres malades n'ont pas la même de la main au cours de leur physionomie dynamique maladie ou après ou encore elle, qu'avant pendant, avant ou après leurs crises. Les expériences de TUCKER sur « les mouvements volontaires chez les enfants » (1) sont et les adultes à connaître intéressantes à ce sujet. Il y a constamment dans la main une tendance à exécuter impulsive des mouvements à trahir les préoccupainconscients, tions de la pensée, à les ébaucher suhconsciemment. Les enfants ont celle'tendance moins marquée que les adultes. JASTROW (2) avait comme remarqué, d'ailleurs tant d'autres cette motiexpérimentateurs, lité involonlaire de la main. Dans des états d'attenun mouvement des mains vers l'objet. tion, on aperçoit (1) American (2) American Journ. Journ. of. Psychologie, of. Psychologie, VIII, 3, pp. 394-404. IV, p. 338 et V, p. 223.

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CHAPITREXVIII

sur des hystériques et BINET et FÉRÉ ont expérimenté musculaire des ils ont mis en relief cette impulsivité et se relâchent suimains. Les muscles se contractent l'idéation des sujets. la chiromancie vant Quand a-t-clle dit autre chose ? La graphologie n'cst-cllc pas autre chose qu'une démonstration de la psychologie révéexpérimentale de la main ? L'analyse des mouvements de latrice est pourtant encore un travail expérimental l'écriture à faire. Le graphographe d'Omci est à ce sujet un instrument admirable d'analyse (1). Citons encore le du professeur SOMMER, qui analyse psychographe dans les lro*s dimensions de des mouvements transmission de la pensée (2). La soi-disant l'espace en dehors des procédés trouver, pourrait classiques toute une psychologie dans l'expéconnus, possible rimentation des phénomènes subconscients de l'esprit, des mouvements musculaires subconpar l'analyse et peu contrôlables scients, involontaires par la raison et par l'attention. Il est donc évident que la main peut évoluer ; elle et de nos victoires porte la trace de nos défaites psychiques ; n'est-ce pas grâce à clic que nous prenons contact avec le inonde extérieur? C'est avec la main et qu'on localise, qu'on touche, qu'on caresse qu'on rend tangibles les choses du monde extérieur; grâce à elle, nous cristallisons nos impressions, nous nous sentons tout en prenant connaissance nous-mêmes, (1) V. Riu. di Patologia nerv. c mentale, juillet 1897, t. VII. 1>.289 et Rio. di Frenialria, IV, 1897. (2) Zeilschrifl fur Psychol. und Phgsiol. d. Sinnesargan, vol. XVI, pp. 175-247.

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La réalité du monde sensible est du monde extérieur. à nos mains, au contact de nos due en grande partie émus. doigts Voilà des années de ces questions ; que je m'occupe sur mon lors, j'ai pu constater jour par jour, depuis êtres qui me sont chers, et sur d'autres petit garçon et les métamorphoses de la la formation, révolution le main. ne gardent Les lignes pas immuablement môme leur variation est infinie, mais elle se aspect; dans fait en modifiant un type bien individuel. J'ai, mes notes, les observations sur l'apparition précises : des lignes de la main de mon fils et sur leur histoire à avoir une phyla main de, mon enfant ne commence La main de sionomie que vers six ans et cinq mois. la puberté n'est pas celle de l'adolescence ; la main d'une vierge femme n'est pas la même que celle d'une mariée ou enceinte. Les tissus les empreintes gardent Sans crainte les psycho-biologiques. d'outrepasser bornes de nos connaissances nous pouscientifiques, suffivons dire que la main peut fournir des notions santes sur le caractère individuel. Ne sait-on pas que, même dans le sommeil et les états la subconscients, main peut se modifier, en d'autres vivre, gesticuler, nos états d'àmc, de sensibilité? fermes, de ce fait est aisée. l'inL'avare, L'explication dividu lâche ou craintif, les natures d'oser, incapables leurs états celles d'àmc, qui cachent que tout conflit avec les autres créatures ou la vie rend tremblantes, n'useraient extenseurs autant pas de leurs que les les volontaires, individus les orgueilleux, mâles, qui vivent sur eux-mêmes, et dont la pensée toujours des mouvements des contractions imprime énergiques,

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CHAPITREXVIII

aux muscles de la main. Chez ces parfois violentes les fléchisseurs et, fout le mécanisme musderniers, culo-nerveux adéquat seront moins utilisés, moins souvent mis en marche. Voici donc deux catégories mentales bien typiques et fort dissemblables qui activent la main d'une manière toute différente. 11en résultera nécessairement des modifications ; certaines spéciales articulations deviendront d'autres conplus souples, tracteront de la raideur; l'aponévrose palmaire profonde sera plus lâche dans certains cas, plus tendue dans d'autres des deux emmenées thé; les muscles nar et hypofhénar se contracteront d'une façon fout d'une des manière dans chacun autre, particulière cas. De là, des plis, des lignes, des replis, des téguments ayant une physionomie bien distincte dans les deux cas, bien différente. au geste le plus Songez : qu'il simple de la main, à celui du banal bonjour est instructif! comme nous l'avons vu, c'csl Parfois, tout l'individu toute sa ligne de conqu'il dessine, duite musculaire ! L'architecture de la peau, sa température, la consistance des téguments, la rigidité des articulations, nous donnent, en vertu même de ce principe que toute tout acte conscient se répercute mentale, agitation dans la main, des points de repère nombreux et précis. Les muscles n'auront pas la même physionomie chez un être impulsif et nerveux que chez l'individu de nature apathique, sans aucune de réacpuissance tion ; la musculature de la main ne sera pas la môme chose chez un bilieux, comme disaient les anciens, chez un individu à tempérament que chez un sanguin, ou hyposfhéiiique, comme dirait M. MANOUslliénique

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VRIER. Si l'on tient compte, d'autre part, de la variété des mouvements et de la nature si différente des territoires on arrive à comprendre innervés, quel constitue la main, clef elle est de la alphabet quelle elle mime en dehors humaine, pensée quel langage de notre savoir ! J'ai soumis à des chiromanciennes professionnelles, en particulier à M1"" Fraya, de nombreux cas ; elle s'est rarement sur leur nature et sur leur trompée caractère. On aurait dit souvent la Pytboiiisse que les avait sous les yeux, alors même n'étudiait qu'elle en dit La main vivante que l'empreinte galfonienne. dit tout. A l'étude des lignes, de la coloration, plus, le toucher de la main, le contact avec sensis'ajoute à la chiromancienne, bilité du sujet, qui dicte souvent sans le secours du raisonnement, des données prédes cises et des plus curieuses. Avec l'interprétation des sécrétions de la peau de la main, des irritations on a devant soi toute poils de la peau et de la sueur, une séméiologie. Qu'on classe tons ces éléments, qu'on : comles coordonne, et la réponse vient d'elle-même ment ne pas affirmer, par exemple, que telle personne est émotive faciquand le creux de la main s'humecte si earactécette moiteur si reconnaissable, lement,, il y a de la huée sur celte de plaine tisfique quand endroit où se rencontrent des glandes sudoriMars, pares? Il y a une adaptation motrice de foutes nos secousses et il de toute notre rumination mentale, psychiques, il doit s'imprimer nécessairement des traces reste, tendans tous les tissus aponévrofiques, articulaires, et riches en dineux et musculaires, tissus sensibles

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CHAPITRE XVIII

et en filets sensitivo-scnsoriels. sanguins Mais pour comprendre la est logique. L'explication d'une « divination », précision parfois si remarquable secondaires on doit songer aux éléments qui interLa physionoviennent dans le cours de l'expérience. mie a des lois, comme nous le verrons dans d'autres est encore plus riche et travaux ; sa fine musculature sur le pourquoi et plus capable de nous documenter le comment de nos états d'âme. La parole intervient aussi : le timbre et tout le contenu si psychologique, si intime de la parole, nous sont de précieux indices. sont Les devins qui, malgré leur simplicité apparente, des hommes de bon sens et de savoir-faire, toujours Tout en examitireront parti de Lous ces avantages. nant à la loupe, — comme le font les plus savants, — sans tout en palpant votre main, ils vous regardent la que vous vous aperceviez qu'ils vous adressent la plus et l'âme humaine la plus forte, parole, l'inconnu. est timide devant vaillante, Intelligents ou naïfs, nous nous comportons souvent de la même du mysmanière devant les problèmes étranges rennos questions avenir. Notre térieux attitude, la chiromancienne ; souvent, elle seignent amplement les lignes de votre main n'a pas besoin d'interroger si et de répéter une leçon que tous les almanachs, nous apprennent en kabale et chiromancie, documentés Dès que nous ouvrons pour nous dire notre caractère. une surprise ou une la bouche, que nous manifestons curiosité, nous sommes perdus : on n'a souvent besoin que d'un instant pour se glisser dans notre pensée, nous, nous renseiMalgré quand on sait observer. nous la documentons et, gnons la chiromancienne,

ESSAID UNE THEORIE

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tout en voulant la dérouter ou lui poser des énigmes, nous nous découvrons nous-mêmes naïvement. L'écriture et les dessins médiumniques automatique ne révèlent-ils cristallisée pas toute la vie psychique dans nos doigts, pour ainsi dire, vie qui échappe à tout contrôle logique ? Un effort pénible intellectuel ne met-il pas en jeu la main, tout comme un désir qui traverse d'une manière fulgurante l'esprit ? le passé, Cela pour La main pour le présent. certainement nous sur ces pourrait renseigner « formes » de notre vie d'une manière approximative. elle pourrait fournir des prévisions Parfois même, sur l'avenir immédiat, comme nous l'avons vu, mais et avec des causes d'erreur nombreuses. difficilement, J'ai vu, entre autres, M'nE Fraya faire des prophéties admirables ; révéler le passé de personnes qu'elle ne connaissait de pas, et je n'oublierai pas la surprise mon ami le docteur Von Schrenck Nofzing, le psyallemand munichois bien connu, quand elle chologue lui traça, chez moi, sou portrait avec psychologique une richesse de détails exubérante. J'ignorais, pour ma part, ces détails, et Mmc Fraya était dans l'impossibilité absolue non seulement de les connaître avant sa consultation, mais môme d'avoir pensé à se documenter d'une manière quelconque : je l'avais priée de venir par une dépêche et au pied levé. Les exemples de ce genre ne manquent pas. Ce qui est encore plus c'est qu'elle traça les caractères complexe à analyser, et les événements de la vie des membres de la famille! Pour l'avenir, je serais plus sceptique. Les prédicne me paraissent tions, les pronostics pas être soutenus, quoique au fond l'avenir doive se trouver néecs-

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sairemenf en nous, dans nos réactions psychologiques, dans notre manière de sentir, dans notre d'agir, sensibilité. Quels événements, quel avenir prédire à une sensibilité tendre que celui-là tient de sa nature même si malheureuse et si frêle ? L'impulsif réagira selon les exigences de son mécanisme autrement, La fatalité des anciens est, à ce psycho-organique. point de vue, pleine de logique. Des divinités cruelles ne nous persécutent est en nousplus ; la fatalité elle se mêmes, nous nous persécutons nous-mêmes, trouve dans les souples claviers de notre organisme, dans la forme de notre émotivité. Nous nous meuren somme, de nos propres mains et malgré trissons, nous. En principe, on pourrait être induit à admettre La probabilité qu'il est possible de prévoir l'avenir... est infinie. Le souci de ceux qui mathématique les chiromanciennes, consultent c'est l'avenir, c'est l'inconnu. Forts ou sceptiques, ou railleurs, penseurs nous demeurons des songeurs lorsque nous écoutons sur nôtres vie. Au fond, tout est possible ; prédictions notre existence se dérouler ou peut capricieuse revêtir telle autre forme ; mais, en tout cas, nous ne sommes maîtres d'elle que si nous connaissons expérimentalement l'ironie et les oscillations du passé, de ce tombeau de nos sensations d'où surgissent leurs fantômes souvent pour nous attrister, si obsédants, rarement ou pour nous conpour nous encourager soler. la possibilité Aussi, si nous admettons scientifique de certains faits de la chiromancie, nous ne sommes à croire complètement aux prophéties. pas enclins Scientifiquement, je ne dois rien dire. Il existe des

ESSAID'UNE THÉORIE ôtres doués d'une sensibilité savoir les

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unique, intuitive, qui lois capricieuses du peut-être peuvent hasard. Fraya est plus remarquable, comme d'ailleurs tous les devins de race, quand elle ne raisonne pas, quand elle n'arrange pas ses conclusions, quand elle se laisse de chiromanciennes, parler ; beaucoup cette qualité de justesse et d'observation, connaissant des sensations traduisent immédiates, rapidement leurs impressions, comme si elles répétaient une leçon. 11 se peut donc que des sujets nerveux, doués « l'intuition de cette faculté mystérieuse, », saisissent des données les données de l'inconnu ! inconnues, Pauvre comme elle s'exalte humanité, toujours devant l'impossible, et comme il lui est difficile de se dessaisir du manteau lourd du présent! Je sais bien les que, quoi qu'on dise, on n'empêchera jamais hommes de broder sur l'imbroglio d'une chiromanleur vie intime à des inconnus cienne, de dévoiler Que d'intipour recueillir des avis de la pythonissc... mité pénètrent ces femmes d'esprit! des âmes banales, souvent ! Combien d'amours ne guident-elles pas ! A toucher ainsi le fond de la naïveté douce des à la fin des philosophes... humains, elles deviennent les proJadis, je souriais à demi quand j'écoutais de bonne aventure. phéties de ces diseuses Depuis que je poursuis l'étude de ces problèmes, je souris encore au pronostic des conjectures, à l'affirmation naïve des événements mais je qui nous attendent; me suis rendu de connaiscompte de la quantité sances et d'éléments psychologiques que peut nous fournir l'étude d'un organe aussi compliqué, aussi intellectuel que la main. Ces données peuvent être

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CHAPITREXVIII

utilisées de nos états de sensipour la connaissance de bilité et de notre caractère. S'il n'est pas possible du moins formuler les lois de cette sensibilité, de la reconnaître. La plupart existe-t-il des moyens de défide méfier sont incapables des psychologues aussi rapidement, aussi parfaitement nir un caractère d'une qui, associant que certains de ces êtres intuitifs les sensations manière étrange qu'ils perçoivent, souvent au hasard et dans le vague, mais improvisent à la vérité. ne méprise Qu'on parfois parviennent à côté; qu'on en tienne compte, pas ces recherches ne fût-ce que de la plus simple observation. J'ai vu vieillis dans les des laboratoires, psychologues, considérables sur toutes sortes auteurs de mémoires de psychologie, devant la senside problèmes n'être, bilité d'une chiromancienne, que de piètres débutants de l'âme humaine. Comble de naïveté dans l'étude ils savent suivre, sur un tracé plethysmotouchante, les traces d'une émotion graphique, provoquée par un claquement de mains dans la paisible atmosphère du laboratoire, tout en étant, le plus souvent, malgré et toute de l'érudition, les titres universitaires l'orgueil une mise en scène d'une tapageuse, affligeante médiocrité psychologique.

J'ai tenu à respecter intégralement le texte de cet ouvrage et je n'ai voulu y faire aucune addition ; c'est ainsi qu'on remarquera qu'il manque quelques pages sur la Main dans l'Art des civilisations de l'Extrême-Orient ; les figures, du moins, nous le font croire. VICTORIA N-.--VASCiiinn.

TABLE

DES

NOMS

D'AUTEUR

ARISTOTE, pp. 5, 8, 43, 44, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, AniiARD, p. 208. 53, 54, 55, 01, 95, 211, 426. Ano LA, p. 85. ADAMANTTCS, 59. p. ADAMDE LA HALLE, p. 131. ARPENTTONY (S. D'), pp. 36, AGRIPPA (H.-G.), PP- 34, -40, 61, 64, 05, 07, 68, 69, 70, 58, 05, 119, 132. 71, 72, 73, 74, 75, 76, 77, D'AII.LY (CARDINAL),p. 30. 78, 79, 80, 81, 82, 84, 88, ALBERS, pp. 295, 297, 327, 147, 148, 149, 150, 154, 332. 169, 172, 278, 419, 432. ALBERTLE GRAND, p. 57. ARSONVAL(D'), p. 255. ALBERTI(RAPH.), p. 127. ARTÉMIDORE, pp. 36, 57. ALDINUS,p. 220. ASCH, p. 205. ALBRECHT,pp. 347, 351. ASCLEPIODOR,p. 121. ALEMHERT(D'), p. 33. ASMEUNI (GlOV.-BAPT.), p. 127. ALIX, pp. 185, 186, 192, 193, 221, 233, 242, 246, 369, AUBERT, pp. 200, 220, 221, 372, 373, 375, 376, 378. 222, 223, 228. ALLIOT, p. 182. AIIDEBERT, p. 347. ALRUTZ, p. 203. AUDITET,p. 277. AUDRAN (G.), p. 116. ALSARABE,p. 59. ALSRERG,p. 205. AVERROÈS, p. 57. AIAV, p. 347. AVEZOU,p. 270. AMREIN, p. 347. AVICENNE,p. 57. ANAXAGORE, p. 35, 43, 44, p AXENEELD,pp. 295, 297. 53, 417. ANDRAL, p. 310. ANDRIEU(JULES), p. 85. B ANCELL, p. 192. ANNANDALE, 345, 347. BAIN, p. 447. pp. BALDWIN. p. 423. ANTON, pp. 442, 444.

A

4VI0

TABLE DES NOMS D'AUTEUR

BINET (A.), pp. 192, 283, 284, BAMBERGER,p. 277. 285, 423, 427, 480. BANDINELLI,p. 127. BISWANGER, p. 333. BARCA, p. 127. BLANC (CH.), pp. 118, 120, BARON, p. 349. 122, 123, 124, 127, 129. BARY DE SAINT-VINCENT, p. BLAINVILLE, pp. 365, 369. 420. BLECIIER, p. 444. BASSEDOW,pp. 296, 297, 320. BIJX (MAGNUS),p. 213. BASTIAN, pp. 438, 442, 443, BLOIS (ROBERT DE), p. 131. 444. BLOCII (ADOLPHE), pp. 272, BEARD, 297. 347. 270. BEAUGRAND, . p BLOMME,p. 348. BEAUNIS, pp. 449, 450. BLUM, pp. 270, 287, 290, 297, BEAUVAIS(L.), p. 347. 348, 349, 350, 353, 354. 352. BÉCHET, pp. 347, BOLK (LOUIS), p. 351. 198. BÉCLARD, p. BONNIER (PIERRE), pp. 297, 353. BÉDARD,p. 320. BELL (CIL), pp. 221, 296, 438, BONITZ (H.), pp. 43, 44, 49. 447. 439, 440, 441, BOSCHINI, p. 164. 315. BELMONDO,pp. 297, 42, Boso (ERNEST), pp. 35, 58, BÉLOT (L'ABBÉJEAN), pp. 89, 104, 110. 110. 58, 65, BOSSE (A.), p. 120. BENEDIKT, pp. 295, 297, 324. BOSSI (GIUSEPPE), pp. 126, BERGER, p. 337. 127. BERGONIÉ,p. 347. BOSSUET, p. 430. BERGSON, p. 16. BOUCHARD, p. 271, 272, 275. p BERKELEY',p. 7. BOURGAREL, pp. 385, 386, 442 BERNHARDT, pp. 333, 390. 440. BOURNEVILLE,p. 348. BERNSTEIN, p. 210. BOUTEILLER, p. 348. BERTHELOT,p. 38. BOUVIER, p. 268. BERTILLON,pp. 220, 248, 251 BOUYGUES(J.), p. 273. 254, 256, 259, 260, 391. BRAMANTE,p. 126. BEYLE, pp. 119, 166. BRANTÔME,p. 133. BEZANÇON(FERN.), p. 276. BRAUNE, p. 136. BIANCHI, pp. 297, 336. BREUIL (L'ABBÉ),p. 177. BICAL, pp. 115, 183. BRISSAUD, p. 271. BIERVLIUT (VAN), p. 426. BROCA, pp. 345, 348, 363, BIGG, p. 297. 304, 365, 366, 367, 368, 369, 371, 374, 375, 376, BILIIAUT, p. 347. 380, 381, 384, 390, 391. BII.LROTH, p. 345,

TAULE DES NOMS D AUTEUR BROYVN-SÉOUARD, 307. p. BRÛCK, pp. 295, 297. BRÛCKE pp. 115, 327, 332. BRYAN, p. 204. BUGCOLA,p. 205. BURÛKHARDT,pp. 297, 321, 322, 330. c CABANIS,p. 10. CACCAEUS,p. 38. CAMP (MAXIMEDU), p. 307. CAMUS,p. 44. CANSTATT, p. 297, 325. p CARDAN (JÉRÔME), pp. 112, 126. CARRIER, p. 348. CARIUEU,p. 297. CARTAILHAG, 17. p. CARTER, p. 257. GARUS,pp. 84, 119. CASANOVA,p. 135. CAUSSE, p. 229. CAUTER (PIERRE). CAVAZZANI, 215. p. CAZAL,p. 348. CAZENAVE, p. 295, 296, 297, p 298, 302, 303, 332, 338, 339, 340, 341, 343. GECGHETTT, 164. p. CEDERSCHJÔLD,pp. 298 (par erreur écrit aveo G au lieu do C), 336. CHAIGNET, . 5. p GHALCIIINDUS, p. 36, 57. p M. DE LA CHAMBRE (Voir Cureau de la Chambre). CHANTRE,pp. 263, 264. CHARCOT,pp. 268, 269, 270, 271, 443, 445.

491

CIIARRIÈRE, p. 339. CHAUVEAU,p. 255. CHUQUET,p. 348. CINGIASIO(LUCA), p. 126. CLEMENS, pp. 296, 298, 320. COCLÈS (BARTHÉLÉMY'), pp. 57, 58, 112. COLLINDE PLANCY, in Motto, pp. 33, 108, 109, 110, 429. COMBY,p. 277. GOMERGIUS,p. 59. COMPOTUS,p. 65. COMTE, pp. 191, 192. COPSEY, pp. 348, 349. CORUS (J.), pp. 65, 109. CORVAEUS,pp. 59, 65, 109. COULIER,p. 222. COURTIER,p. 192. COUSIN (JEAN), pp. 125, 129. COUTAGNE, p. 220, 229. p COYBAS,p. 290. CRAMER, p. 209. CUREAUDE LA CHAMBRE,pp. 33, 59. CUVIKR, pp. 364, 369. CZERMAK,pp. 203, 204, 206, 210. D DALLY (E.), pp. 183, 198, 364, 367, 369, 372, 381, 384, 385, 386, 388, 389, 390, 423, 475. DAMOURETTE,p. 348. DANA, p. 423. DANIEL (BARIIARO), p. 127. DANYAII,p. 352. DARBOUX, pp. 255, 325, 330. DAREMBERG(CH.), p. 54. DARESTE, p. 351.

492

TABLE DES NOMSD AUTEUR DURER, pp. 119, 126, 127. DUT-IL,p. 270. DUVAL,pp. 115, 183. DZONDY,pp. 298, 327. E EISNER, p. 203. ELIPHASLEVI, pp. 35, 38. ERB, pp. 273, 298, 332. ERLENMEYER, . 322. p EULENBOURG, p. 298, 320, p 326, 333, 337. EUPHRANOR, . 120. p F FABRE (C), p. 178. FALRET,p. 409. FECHNER,pp. 10, 200, 200. FÉRÉ (CH.), pp. 213, 214, 215, 220, 229, 230, 231, 232, 233, 234, 242, 243, 244, 245, 240, 247, 248, 205, 266, 348, 351, 354, 357, 478, 480. FERRIER, pp. 206, 443. FLAMELHORTENSIUS Eli(V. phas liévi). FLANDINETTE (F.), p. 376. FLEGHSIC,p. 8. FLORENCE, p. 220, 222, 229. p FLUDD (ROBERT),p. 59. FOA (A.), p. 350. FOLTZ, pp. 351, 369. FOPPA (VINCENZO),p. 126. FORGEOT,pp. 219, 220, 221, 222, 223, 224, 225, 226, 229, 242, 244, 247, 248, 249, 262, 203, 264.

DARWIN, pp. 351, 437, 441. DASTRE, pp. 253, 254, 255, 259. DECHAMBRE, 298. p. DEBOUT,pp. 295, 298. DEBOVE,p. 268. DELAUNAY (G.), p. 396. DELRIO, pp. 33, 59 (écrit par erreur DEL RIO), 60, 61, 104. DELTHIL, p. 301. DÉMOGRITE,p. 36. W. DENETT, p. 202. DENIKER, p. 390. DENONVILLIERS, 198. p. DESBAROLLES, 61, 64, 65, pp. 97, 98, 99, 110. DESCARTES,p. 5. DESOR, p. 390. DESSOIR, pp. 203, 215. DEWEY, p. 9. DIDEROT,p. 33. DIDOT, pp. 345, 353. DIPPENBAGH, 338. p. DOLLEY(CH.-S.), p. 478. DONALDSON, 204. p. DRESSLAR (F.-B.), pp. 203, 211. DUCHENNE Boulogne), pp. (de 188, 270, 271, 273, 295, 297, 298, 308, 309, 310, 311, 314, 315, 320, 323, 324, 326^ 327, 332, 337, 339, 341, 420, 438, 439, 440, 441, 442. DUPPO,pp. 188, 350, 351, 352, 353. DUPUYTREN, pp. 281, 345, 348, 353. DURANDDE GROS, pp. 7, 8, 187.

TABLEDES NOMSD'AUTEUR FORLI, p. 348. FORT, p. 348. FRANCESCA(PIEDRO DELLA), p. 127. FRANCK, p. 38. FRANK SMITH, pp. 298, 320. FRANTZIUS (A.-V.), pp. 44, 46. FRAYA (M""), pp. 85, 88, 434, 435, 460, 472, 483, 485, 487. FRÉCON, p. 222. FREY (V.), pp. 213, 215. FRITSGH, pp. 10, 119, 133. FRITZ, p. 298. FROELICK,p. 371. FRORIEP, pp. 134, 298, 333. FUNKE BART, p. 203. G GADDI, p. 381. GAILLARD, p. 348, 353. p GALIEN, pp. 53, 54, 55, 56, 57, 118, 120, 417. GALIPPE, p. 357. GALL,pp. 8, 11, 14, 60. GALLARD,pp. 295, 298, 311, 312, 313, 314, 324, 325, 326, 327, 332, 333, 337, 340, 341. GALTON, pp. 202, 219, 220, 221, 229, 230, 231, 233, 234, 235, 236, 237, 238, 239, 240, 241, 242, 243, 244, 245, 246, 247, 248, 249, 253, 259, 261, 266, 267. GARTTNER,p. 206. GALJOT, pp. 289, 295, 298, 339.

493

GEOFFROY,p. 226. GEOFFROY(ISODORE), p. 364. GEOFFROY-SAINT-HILAIRE, . p 351. GEGENBAUIÎR, 348, 367. pp. GEIGEL,p. 299. CEORGET,p. 8. GERAUD,p. 277. GERDEY(W.), p. 116. GERDY, pp. 438, 439, 441. GÉRICAULT, . 183. p GHERINI, pp. 348, 351. GHIRLANDAJO, 127. p. GIARD, p. 351. GIOTTO, p. 127. GIERL, pp. 295, 298. GILLEBIÎRT-DHERCOURT,pp. 384, 385, 386, 390. GIRALDÈS,pp. 345, 352. GIUPPRIDA-RUGGERI, 357. p. GODIN, pp. 388, 397. GOETHE,p. 22. GOETZ,p. 278. GOLGI, p. 8. GOLDSCHEIDER, pp. 203, 211, 213, 215, 442, 444. GOLDSCHMIDT, 299, 332. pp. GOZELIN,p. 59. GOUGENOTDES MOUSSEAUX, p. 34. GOWERS, p. 332. GRASSET, p. 277. GRATIOLET, 201, 202, 221, pp. GRIESBAGH, . 203. p GRUBER,p. 350. GUEDEN,p. 34. GLUTTON, 207, 375, 417. pp. GUTH, p. 342. GUYON,p. 299.

494 H

TABLEDES NOMS1)AUTEUR HOLMES,p. 345. ITOUDOY, p. 116, 130, 13Ï, p 132, 135, 165, 166. HUGUIER,p. 345. HUMPHRY', 387. p. HUXLEY,pp. 367, 372, 420. I INDAGINUS,pp. 39, 40, 57, 58, 65, 85, 90, 110. IOANNES(v. INDAGINUS). ISRAËL, p. 205. J JAGGOUD, p. 295, 299, 301, p 325, 327. M.-W. JAMES,pp. 7, 10, 19. JANENAY, . 277. p JANET (PIERRE), pp. 206, 349. JASTROW, pp. 206, 423, 479. JOB (J.-.B.), p. 38. JONG (S. ISRAËLDE), p. 276. JOSÈPHE, p. 57. JOTEYKO(M""), pp. 211, 443. JOUFFROY, p. 208. JUDD, p. 203. JULIEN (ALEXIS), p. 187. JUSTI (LUDWIG),p. 126. JUVÉNAL,p. 56. K KANT, pp. 5, 7, 9. KAMMER, . 200. p KARSCII(A.), p. 44. KENN, p. 270.

HAGEN(J. DE), p. 109. HALL, p. 204. HALLE (J.-S.), p. 38. HALLES,p. 351. HALLION,pp. 191, 192. IIAELST(A. VON), p. 348. HALLST(VAN), p. 351. HAMMOND, 295. p. HAMY,p. 376. HANCOCK, 423. p. HARMAND (J.), p. 259. IIARTKLJUS, . 298. p HARTER, p. 204. HARTLICKE, 59. p. HARTMANN, 200, 205. pp. IIASSE, p. 299. HAUPT,pp. 299, 321, 330, 332. HAY, pp. 116, 119. HEBERDEN, p. 271, 272. p HÉBERT,p. 273. IIECQUART, . 429. p HELVÉTIUS,pp. 44, 421. HENKE, p. 116. IIENLE, p. 198. HENRI (V.), pp. 204, 442. HENRY (E.-K.), pp. 253, 256. HENSZLMANN, 124. p. IÏERBART,p. 11. HERSCHELL (J.-W.), pp. 220, 221, 238, 259. HERTZKA, . 299. p HEYFELDER, pp. 295, 296, 299, 327. HIPPOCRATE, 54, 111, 273. pp. HIRSCH,pp. 295, 299. HlSPANUS(J.), p. 43. HlTZIG, p. 10. HOCHEISEN, p. 200, 444. p HOFFMANN, 200, 206. pp.

TAULEDES NOMSD AUTEUR KEMKIOH (TSAAG),pp. 42, 59, 65, 109. KER, p. 205. KlESEWETTER(C), p. 34. KIESOW, pp. 192, 213. KLINKENBERG, . 205. p KLUG, p. 203. KODIGEK,p. 253. KOLLIKER,pp. 198, 209. KOLLMANN, . 242. p KOLTENKAMPF, 200. p. KOPP, pp. 38, 299, 332. KRAEPELIN,pp. 210, 211. KREMER, p. 205. KRAUSSOLD, p. 299, 320. p KROHN, p. 202. KUHNHOLZ(H.), p. 116. L LACASSAGNE, 219, 220. pp. LAEHR, p. 206. LAIGNEAU ), p. 59. (D LAIRESSE (GÉRARD DE), p. 120. LAMAZZO, 127. p. LANGEREAUX, 345. p. LANDRY',pp. 438, 441. LANNELONGUE, 345. p. LANGENBEGK, p. 299, 332, p 423 LANGLOIS,p. 127. LANGER, pp. 115, 117, 126, 134. LANGER(H.), pp. 299, 341. LANNOIS,p. 348. LANOYE, p. 428. LARMOOR,p. 12. LARREY, pp. 299, 329. LAROUSSE, p. 33.

495

LASSAIGNE, . 347. p LAVALLÉE, 345. p. LECLERG,p. 349. LEFORT, p. 352. LEGENDRE, . 271. p LEHMANN, p. 34, 38, 39, 40. p LÉLUT, p. 8. LEMERY, p. 220. LENORMANT, 38. p. 2 LETIÉVANT, 70. LEVASSEUR, . 34. p LEVÊQUE (CIL), p. 116. LEVIN, p. 348. LEWIS, p. 226. LICHTENFELS, p. 200, 206. p LIEPMANN,pp. 286, 287, LIEUTAUD,p. 289. LINK, p. 211. LITTRÉ, p. 419. LOCARD,p. 200. LOGHER-BALBER, pp. 297, 299, 320. LOCKE, p. 6. LOMBROSO,p. 202. LONDE,pp. 270, 281. LORENZ, p. 12. LOTZE, pp. 206, 209, 210. LUCAS,pp. 367, 475. LUCKE, p. 215. LYSIPPE, pp. 121, 153. M MAAS,pp. 286, 287. F. MACDONALD, . 215. p MACKEEN CATELL, . 478. p MACOLANO, 127. p. MACRORE, 475. p. MAINEDE BIRAN, p. 11. MAGNAN, 240, 357. pp.

496

TABLE DES NOMSD AUTEUR MENT/, p. 172. MEYER,pp. 33, 299, 332, 333, 337. MILLER (J.), pp. 299, 320. MILES (CAROLINE),p. 432. MINUT (GABRIELDE), p. 165. MIRABEL,p. 349. MITGHELL,pp. 270, 320. MÔBIUS,p. 200. MOLDENAIRE, 59. p. MOLMENDI, . 164. p MONCA,p. 215. MONDIÈRE,p. 390. MOREAUDE TOURS, p. 8. MOREHOUSE, . 270. p MOREL-LAVALLÉE, . 353. £ MORESTIN,p. 349. MORITZ MEYER, p. 332. MOSSENGIIIEL, . 348. p MOUGEOT, . 270. p MULLER(G.-E.), pp. 200, 209. MULLER(J.), p. 209, 332, 440. MUNSTER,p. 33. MUNSTERBERG (H.), p. 478. MURRAY,pp. 345, 348. MURRAY-JARDINE, p. 353. MUSATTI,p. 164. MYERS, p. 426. N NAEGKE, p. 300, 319. p NAGEL,p. 213. NAPIAS, pp. 300, 320. NÉLATON,p. 290. NEPVEU (G.), pp. 374, 375. NEWTON, p. 81. NIGEFORO (A.), p. 259. NICHOLS,pp. 203, 204, 209. NICOLAIHIN,p. 290.

MAIGRET LIONOIS (LOUYS), pp. 126, 127. MALGAIGNE, pp. 182, 288. MALPIGHI,p. 220. MANOUVRIER,pp. 146, 363, 364, 365, 375, 376, 383, 388, 389, 390, 391, 392, 393, 394, 395, 396, 397, 482'. MANTEGAZZA, pp. 117, 135, 136. MANSFELD, . 59. p MANZ(PAUL), p. 17t. MARIE (AUG.), p. 292. MARIE(PIERRE), pp. 273, 274, 275, 276, 277, 279, 280, 287, 330. MAIUNESGO (G.), pp. 269, 279. MARION,p. 349. MAROT(CLÉMENT),p. 133. MARTIN(CH.), pp. 187, 367. MARTIN(F.), pp. 339, 340. MARTIN(IL), p. 390. MARTTUS,p. 38. MATHIEU,pp. 399, 340. MAUPERTUIS,p. 352. MAURY(A.), p. 38. MAY DE FRANCONIE(PHILIPPE), pp. 34, 35, 43, 85, 89, 90, 91, 96 (par erreur on a mis le génétif de son nom latinisé), 97, 103, 104, 105, 106, 110. MAZZUOLI (FRANGESCO), p. 320. MEIGE(H.), p. 18. MEILLET,p. 270. MEISSNER, p. 209. MÉLANCIITON (Pli. de), p. 110. MÉLOMPUS,pp. 05, 109.

TABLE DES NOMSD AUTEUR NIPO (Dr) ou NIPHUS (A.), pp. 134, 135, 165, 166. JS'IQUET (Le Père), pp. 36, 59. NOTTE, p. 290. NUSSBAUM,p. 342. O OBEHSTEINER, p. 200. OBIGI, p. 480. OLDENBERG, . 4. p p OMBREDANNE, . 290. ONIMUS, pp. 297, 300, 303, 305, 300, 320. OPPENHEIM, pp. 213, 442. OSTERVALD(J.-F.), p. 01. OTTOLENGUI, . 202. p P PAGE (E.-A.), p. 212. PACINI, p. 198. PAMPHILUS,p. 59. PAPILLAUT,pp. 391, 397. PAPILLON, p. 292. PAPUS, p. 34. PARAGELSE,pp. 58, 475. PARÉ (AMBROISE), p. 290. PARISH, pp. 203, 204. PARKINSON,p. 282. PARME (Biaise de), p. 59. PATRIZZI, pp. 191, 212. PAULUS, p. 200. PEIRCE, p. 16. PEISSE, pp. 8, 116. PELLETIER. (MADELEINE), p. 292. PERRUGHIO, pp. 57, 59, 65, 106, 107, 109, 110.

197

PHILOSTRATE, p. 120. PICAVET, p. G. PIETTE (E.), p. 179. PlLLSBURY',p. 204. PlNEL, p. 8. PINO (PAOLO), pp. 122, 120. PITRES, pp. 291, 292, 445. . PLATON, pp. 43, 54. PLAUTE, p. 56. PLINE, pp. 118, 135, 352. POGGI, p. 126. POIRIER (P.), pp. 349, 351. POITEVIN, pp. 221, 222. POLAILLON,pp. 183, 268, 288, 349, 352. POLIMANTE(O.), p. 186. POLY'GLÈTE, pp. 118, 119, 120. POORE (V.), pp. 300, 324, 320, 331, 332. PORTA (J.-BAPTISTE), pp. 38, 42, 58, 110. PORTEL (ANT.), p. 346. POTTECHER, pp. 253, 250. POULALION(MARCUS), p. 353. POURIEU, p. 289. PREYER, p. 423. PRIMODARIUS (PETRUS), p. 57. PTOLÉMÉE, pp. 43, 57. PURKINJE, pp. 220, 233, 242. Q QUETELET,pp. 119, 384, 387. R RAFFENEL,p. 429. RAHON, p. 349.

498

TABLEDES NOMSD AUTEUR ROMBERG, 300, 327. pp. ROSANDER, 336. p. ROUBAUD, 386, 390. pp. ROUSSEAU (P.), p. 213. ROYCE, p. 9. ROYER(M'"°C), pp. 376, 377. RUEFF, p. 352. RUMPF, pp. 203, 205. RUNGE, p. 226, 300, 333. p RUPP, p. 210. RUSCELLI JÉRÔME),p. 165. ( RUYSCII,p. 220.

RANDAL,p. 202. RAVAISSON (CH.), p. 110. RAUBER,p. 203. RAUZIER,p. 277. RAYMOND, 300, 349. pp. RAYNAUD, 277, 279. pp. REDLICH,p. 442. REGNAULTF.), pp. 177, 178, ( 422. REICHLIN-WELDEGG, 59. p. REIMAK,pp. 333, 438. RENAN,p. 166. RENARD,p. 349. REUBENVENGE,pp. 300, 366. REUCHLIN, . 38. p p REVILLOUT, . 300. REYNOLD, . 323. p RIBAUCOURT, 226. p. RICHELOT, 270. p. RIGHET (CHARLES), pp. 127, 215, 270, 348, 363, 450. RIECKER, . 200. p RICHER (P.), pp. 115, 119, 127, 129, 134, 181, 182, 211, 270, 384, 449. RlCHTER (J.-P-), pp. 116, 300. RILEY,p. 203. RIOLAN,p. 350. RISET, p. 291. RITGIIIE,p. 280. RIVEIIS, p. 211. ROBIN,p. 419. p ROBINSON, p. 226, 377, 378. RODENBAGH(G.), pp. 401, 404, 418. RODOGANACHI, 164. p. ROGGEN, . 332. p ROLLET,p. 392. RONPHILE,pp. 59, 05, 109. RONSARD,p. 133.

S SAINT-HILAIRE(BARTH.), pp. 44, 40, 52. SAINT-SIMON, . 74. p SALGUES, . 108. p SALMEGGIO (E.), p. 127. SARGENT, . 119. p SAVIARD, . 352. p SAVONAROLE, 36, 57. pp. SAYGE,p. 38. SGHADOW (GODEFROY), pp. 119, 120, 127. SCHIFFER (EMIL), pp. 116, 104. SCHEIBLE,p. 59. SCHERZER, . 385. p SCHIFF, pp. 438, 442. SCHILLER, . 19. p SCHMIDT, . 119. p SCHOTT,p. 38. SCHULTZ,pp. 300, 320. SCHWALBE, 187. p. SCHWARTZ, 385. p. SCOT, p. 57. SCREBZENNI, 205. p.

TABLEDES NOMSD AUTEUR SGRIPTURE, . 204. p SECCAMANI, 300. p. SÉDILLOT,pp. 345, 348. SEELIGMÙLLER, 300, 337. pp. SEGSWORTII(A.-E.), p. 211. SÉGUIN(E.), p. 202. SEIFFEW, p. 300. SELLING,p. 269. SENATOR,p. 280. SEPPILLI, p. 205. SHEARER,p. 300. SHEVER, p. 332. SIBUT, p. 353. SIGLER (ADRIEN), pp. 40, 41, 59, 65, 101, 108, 110, 111, 113. SIEBOEDI,p. 300. SIMON (A.-C), p. 301. SIMON (F.), p. 300. SIMON (J.), p. 300, 320, 325, 340. SOCRATE,pp. 4, 7. SELLIER,p. 274. SOLLY, p. 300. SOLMONS, . 204. p SOMMER,p. 480. SOULARY(J.) (In Motto). SOUQUES(ACHILLE),pp. 279, 292, 349. SOURY, p. 8. SPAUKE, p. 205. SPILLMANN, 289, 298. pp. SPRENZEL(K.), p. 34. SPRING, p. 333. SPURZIIEIM,pp. 8, 60. STANLEY,p. 204. STERN (A.), pp. 202, 206. STIGH,pp. 301, 320. STOLKIKOW,p. 205. STORRING (G.-W.ï, p. 478.

499

STRATZ (D1), pp. 115, 118, 133, 134, 135, 136. STRAUSS(J.), p. 301. STROMEYER, pp. 301, 335, 338. STRÛMPELL, . 280. p SULLY, p. 423. SUSLOWA,p. 205. SWIFT, p. 421. T TACITE, p. 419. TAINE, p. 133. TAISNIER,pp. 58, 65. TAPIE, p. 349. TARDE, p. 9. TARDIEU,p. 281. TAWNEY, p. 204. TELETY, p. 277. TESTUT, pp. 245, 253. TEUFFEL, p. 205. THÈBES (M"" DE), p. 460. THÉOPHRASTE,p. 52. TIHELMANN, p. 301, 320. p THOMAS (P.-FÉLIX), p. 207. THOMPSON,pp. 115, 192. THOMSON (J.-J.), p. 12. TIBERTUS (ANTIOCHUS),pp. 57, 58, 93, 110. TILLAUX (P.), pp. 182, 270. TOPINARD,pp. 129, 382, 384, 387, 388. TRÉLAT (W.), p. 116. TRÉMAUX, p. 420. TREUCIIES DE WESHAUSEN, pp. 34, 35, 80. TRICASSUS DA C/ESERI (PATRTGIUS),pp. 58, 05, 109. TllISMEGISTE,p. 43.

500

TABLE DES NOMS D'AUTEUR VINCI (LEONARDO DA), 118, 126, 183. VIRCHOW, p. 187. VIRGILE, p. 56. VIRY (DE) p. 229. VITRUVE, pp. 118, 119, 135. VODEL, p. 277. VOGT, p. 390. VOIGHT, pp. 348, 349. VOLNEY, p. 430. VOLKMANN, p. 203. VOLKOV, p. 140. VOLPATO, p. 127. VOLTAIRE, p. 430. VUCETIGH (J.), pp. 215, 256, 258. VURPAS (CL.), pp. 345, 350, 357. 360. w WAITZ, p. 429. WALKER (A.), p. 116. WALLACE, pp. 377, 378. J. WARD, p. 17. WEBER, pp. 203, 209, 438, 445, 446. WEBER (G.-H.), pp. 199, 200, 214. WEIR - MITCHELL, pp. 215, 280, 290, 291, 292, 301. WEISRACH, pp. 385, 386. WENTZEL-GRUBER, p. 350. WERWIGKE, p. 287. WESSELY, p. 115. WIDMAN, p. 39. WILDE (A.), pp. 295, 301, 320. WILHELM, pp. 301, 320. WINGKELMANN (J.-.I.), p. 119. pp.

TROCHEL, p. 332. TROMMSDORFF, p. 229. TROOST, p. 255. TROTTI, p. 127. TUCKER, pp. 301, 338. TUPPERT, pp. 301, 338. TUREPET, p. 34. u ULRICH, p. 200. ULRIK, p. 301. V VACHON (M.), p. 115. VALENTTN,p. 202. VALEUX, p. 295. VALLA (GEORGIO), pp. 42, 57. VALLEIX, p. 301. VALLEROUX,pp. 301, 333. VALOBRE, p. 349. VARIGNY (H. DE), pp. 221, 234, 235, 237, 238, 240, 241, 242. VASCHIDE (N.), pp. 192, 213, 301, 345, 347, 356, 357, 360, 414, 427, 448, 472. VARRON, p. 135. VELPEAU, pp. 289, 339, 340, 345. VERNEUIL, pp. 345, 353. VERNON, p. 281. VIALLETON, p. 187. Vico D'AZYR, p. 364. VIERORDT, pp. 200, 201, 204, 280. VlLLARD, p. 277. VlLLEBRUN, p. 278.

121,

254, 347,

D TABLE DESNOMS AUTEUR WINDT,p. 253. WINSLOW, . 351. p WOODWORTH, 443. p. WUILLEZ, . 295. p WUNDT, p. 209, 210, 438. p 442, 447. WURTZ,p. 226. Y VVERT(A.),p. 260. z

501

ZABLIIDOWSKI,342. p. ZAHN(ALBERT VON),p. 126. ZELLER, . 345. p ZEISING, 116, 119. pp. ZUBER, pp. 295, 296, 301, 322, 226, 332, 334, 339, 343. ZURADLLL. E jap-401,321.

Librairie

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Paris.

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