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La victoire face à la

Grippe A
passe par les Huiles essentielles
Docteur Jean-Pierre WILLEM Anthropologue, aromatologue

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Les livres du Dr Jean Pierre WILLEM

Ensemble, sauvons notre planète (ouvrage collectif), Ed. Guy Trédaniel, 2005 Prévenir et vaincre le Cancer, Ed. Guy Trédaniel, 2004 Le Secret des Peuples Sans Cancer, Ed. du Dauphin, 3ème réédition revue et augmentée (mars 2009) Les Secrets du Régime Crétois, Ed. du Dauphin, 1999 Les Antibiotiques Naturels, Ed. Sully, 2003 Les Huiles Essentielles, Médecine d’Avenir, Ed du Dauphin Au Diable Arthrose et Arthrite !, Ed. Robert Jauze, 2003 Au Diable la Vieillesse !, Ed. du Dauphin Aroma-minceur, Ed. Albin Michel, 2004 Aroma-stress, Ed. Albin Michel, 2005 Aroma-famille, Ed. Albin Michel, 2005 Aroma-allergies, Ed. Albin Michel, 2005 L'Ethnomédecine, une alliance entre science et tradition, Ed. Jouvence et Biocontact, 2006 100 maladies du XXIème siècle, Editions TESTEZ...(Marco Pietteur), 2008 (couverture ci-jointe) Mémoires d'un médecin aux pieds nus, Editions Albin Michel (février 2009) 100 maladies émergentes, Editions Trédaniel (sortie en septembre 2009)

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Aucune entrée d'index n'a été trouvée. Sommaire Prologue 1 – Les virus 2 – La grippe saisonnière 3 – La grippe A dans le temps et l’espace 4 – Conditions d’émergence d’une épidémie 5 - La grippe espagnole : une référence épidémiologique 6 – Mobilisation générale 7 – Le tamiflu 8 – La vaccination 9 – Comment se protéger 10 – Mes expériences 11 – L’Homme électromagnétique 12 – Traitement naturel Epilogue Glossaire

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Prologue
L’Homme a été créé par un virus et il disparaîtra par un virus. C’est le syndrome apocalyptique. Souvenons-nous que chaque siècle connaît trois ou quatre pandémies. Celui-ci ne fera pas exception. Il n’a échappé à personne qu’au mois d'avril de cette année, s'est développée au Mexique une épidémie de grippe dite « porcine », due à un virus H1N1...à ne pas confondre avec celui de la grippe « aviaire », H5N1, qui depuis plusieurs années fait craindre l’apparition d’une nouvelle pandémie. Dans les deux cas, des plans de santé publique ont été déployés en période aigue, les journaux se sont empares des « H » et des N » pour en faire des « Unes » jusqu'à l'épuisement ». Peut-on lire dans le « Journal International de Médecine ». « Mais entre deux poussées de panique médiatique, les chercheurs n'ont jamais arrêté d’explorer des pistes prometteuses, avançant sur le chemin d'un vaccin anti-grippe multitâches, qui pourrait protéger contre plusieurs souches de ce redoutable mutant en série ». « Sommes-nous à l’aube d’une catastrophe sanitaire d'une ampleur comparable à celle de l'épidémie de grippe espagnole de 1918. Si le pire n'est pas sûr et si l'on ne peut qu'émettre des conjectures sur ce que sera la gravité réelle de la pandémie actuelle de grippe A (H11N1), une chose est certaine, les professionnels de santé se doivent d’être informés en temps réel. Sur les progrès de la propagation de l'épidémie, sur les mesures préventives prises et à prendre à l'échelon individuel et collectif, sur les résultats des recherches sur ce nouveau virus et sur les vaccins en cours de mise au point et plus simplement sur la prise en charge individuelle des patients ».

L’Organisation Mondiale de la Santé a annoncé le 2 septembre 2005 que le risque de pandémie grippale est grand, qu’il va durer, que les moyens de l’éviter sont faibles et que les traitements manqueront. Cela conforte les craintes de la communauté scientifique. Fin juillet 2009, l’OMS annonce que l’ensemble de la planète sera contaminée. Devant la rapidité de propagation du virus et le nombre de pays atteints, on ne peut oublier les ravages de l’épidémie de grippe espagnole de 1918. En fait, on devrait plutôt englober les années 1918-1919, du fait que cette pandémie, qui causa la mort d’au moins 70 millions de personnes dans le monde, s’est étalée sur 15 mois. Trois pics se sont en effet succédé. Comme pour la grippe A de 2009, la première vague de grippe espagnole est apparue au printemps. Elle est restée bénigne. Mais la seconde vague, qui est survenue en septembre 1918, s’est montrée beaucoup plus meurtrière. La mort survient par une infection pulmonaire directement liée au virus ou surtout par des surinfections survenant sur des organismes affaiblis. Il faut préciser qu’elle surprit le monde médical tant ce n’était pas la saison la plus favorable à l’expansion d’un virus grippal. Lequel s’exacerbe normalement 4

quand les températures sont basses et l’humidité forte. La troisième vague, survenue en février 1919 a été elle aussi, particulièrement ravageuse. L’exemple de la grippe espagnole peut nous servir de référence. Les pandémies évoluant par vagues, après un premier pic inoffensif, il faudra s’attendre à ce que les nouveaux virus mutés reviennent à l’attaque avec une dangerosité amplifiée. Surtout si la recombinaison se fait avec le virus H5N1, celui de la grippe aviaire. Il ya de fortes chances que la prochaine pandémie pourrait se caler sur celle de la grippe espagnole dans leur durée et leur fréquence, mais aggravée par un certain nombre de paramètres contemporains (transports aériens, bouleversements climatiques, populations concentrées, pullulements d’agents pathogènes). Dans ce décor qui peut toucher au cataclysme, il y aura certainement des périodes de répit auxquelles il conviendra de ne pas trop se fier. Si rien n’est fait ; c’est par centaines de millions que l’on pourrait compter le nombre de victimes de grippe aviaire. Notre virus actuel peut encore évoluer et se combiner à d’autres virus. Le porc est l’animal idéal pour faciliter le mariage entre le virus de la grippe aviaire et celui de la grippe humaine tant ces deux types de virus peuvent s’introduire très aisément dans la même cellule humaine et se réassortir. Rappelons que les patrimoines génétiques du porc et de l’homme sont identiques à 99%, ce qui illustre qu’un virus s’ajustant aux cellules de porc pourra plus facilement s’adapter et se développer chez l’homme. C’est ainsi que le virus de la grippe mexicaine a pu pénétrer la barrière des espèces et passer du cochon à l’homme. Une fois cette première étape franchie, ce nouveau virus meurtrier peut se propager d’homme à homme avec d’autant plus de facilité qu’il s’est déjà adapté à l’espèce humaine. De quelles armes disposerons-nous ? Le Tamiflu commence à s’avérer inopérant. Le vaccin ne pourra être mis au point avant plusieurs mois. Il faudra prendre en considération les mutations des différentes souches de virus. Que se passera-t-il si le virus A (H1N1) se recombine avec celui de la grippe aviaire H5N1, qui a causé plus de 70% de mortalité en Thaïlande ? A ce jour nous sommes démunis et contraints à un rapport au temps dont nous ne sommes pas les maîtres. Il y a des grandes chances que les vaccins disponibles soient mis au point après la bataille. Il n’y a cependant pas de fatalité, et des moyens existent pour y faire face, notamment en faisant appel à des thérapies naturelles telles les huiles essentielles. Ce livre fait le point sur ces questions de façon concrète et pragmatique : sur les aspects les plus récents de la grippe, sur les virus et les risques de mutations, sur les traitements et les stratégies. Il explique pourquoi et comment l’actuelle maladie des oiseaux peut devenir humaine. Je propose des solutions pratiques pour se préparer à cette nouvelle pandémie, se protéger des virus qui surgissent et échapper au désastre. Je rappelle l’aphorisme : « Prévenir, c’est guérir ». Notre santé et notre vie en dépendent. 5

CHAPITRE I : LES VIRUS
Le péril infectieux Les maladies infectieuses représentent désormais la première cause de mortalité dans le monde. Selon un rapport de l'OMS de 1998, les maladies infectieuses représentent 43 % des décès des pays les plus pauvres contre 1 % dans les pays riches. L’écart ne peut que s’élargir et la menace n'a pas disparu pour autant. Suite à l’attaque des virus, des bactéries, des champignons et autres parasites qui contaminent l'organisme, les maladies infectieuses causent la mort chaque année de 14 millions de personnes à travers la planète. Grippe, dengue, tuberculose, hépatites, fièvre jaune, variole, fièvres hémorragiques, paludisme, choléra... ce péril infectieux a toujours attaqué l’homme sous forme d’épidémies ou de pandémies. Aucun continent n’a été épargné. Il faut y ajouter le Sida identifié en 1983, année où l'équipe de Luc Montagnier isola le virus VIH. Le monde prit connaissance de cette menace infectieuse, qui se révèle dramatique : au fil des années, 27 millions de morts en vingt-sept ans d'épidémie. Que peut-on attendre de la recherche scientifique ? Les dangers qui menacent l'homme ne font que croître. En 1885, la réalisation du premier vaccin contre la rage par Louis Pasteur et en 1929 la découverte de la pénicilline, premier antibiotique par Alexander Fleming, ont donné l'espoir que les infections pouvaient être jugulées. Alexander Fleming proclamait : « II y a 25 ans, bien rares étaient les microbes dont on pouvait délivrer le corps humain... mais ils seront anéantis avant l'an 2000 ! » L’espoir s’est transformé en illusion relative.

Certes, on a constaté une chute spectaculaire de la mortalité durant le début du XXe siècle grâce aux vaccinations, aux antibiotiques et aux mesures d'hygiène, mais il faut admettre que nous n'avons pas encore éradiqué l’ensemble des pathologies infectieuses et par ailleurs, on relève des résistances. L’infection cause 43 % environ de décès dans les pays du tiers monde. Mais les pays industrialisés ne sont absolument pas à l'abri de ce péril infectieux si l’on considère l’émergence de nouvelles pathologies infectieuses apparues dans les trente dernières années - le Sida, Ebola, le SRAS, la grippe aviaire -, les maladies dites « émergentes », causent des ravages d’une façon inexorable. Certaines émergent, d’autres ré émergent (tuberculose, grippe A). Ces maladies contemporaines sont médiatisées à partir des années quatre-vingt. C’est une époque où on se sent désarmé, on ne croit plus à la disparition des pathologies infectieuses, pis on redoute les récentes épidémies qui ont fait brutalement irruption en plusieurs points du globe, même dans des populations que l'on pensait à l’abri. En 1996, dans son rapport sur la santé dans le monde, l'OMS annonce : « Nous sommes à l'aube d'une crise mondiale due aux maladies infectieuses. » 6

L'invasion des pathologies virales émergentes Les mégalopoles et le développement des transports aériens facilitent la propagation de virus jusque-là tapis dans les forêts équatoriales. Après de multiples mutations, ces « nouveaux » virus deviennent mortels pour l'homme. Si la majorité des « nouveaux» virus restent pour l'instant localisés dans les continents où ils sont apparus, rien n'empêche que, demain, ils se répandent dans le reste du monde comme le virus du sida, le SRAS, la Grippe A, la Grippe saisonnière. Personne ne peut prédire quand. Tout ce que l'on sait, c'est que les virus se moquent du temps et qu'ils vont continuer à contaminer la planète. Ils surgiront d'autant plus facilement que le terrain est prêt pour faciliter leur explosion : migrations humaines de plus en plus importantes ; concentration toujours plus massive des populations dans les grandes villes ; développement des transports aériens, dans des endroits toujours plus reculés et sans protection sanitaire. La catastrophe sera d'autant plus ravageuse que pour la plupart de ces « nouveaux » virus, il n’existe ni traitement, ni vaccin, ni aucune structure sanitaire pour s’en protéger.

Les alertes à répétition —le SRAS, Ebola, les méningites, la grippe aviaire et désormais la grippe A partie du Mexique... — constituent autant de signes des risques infectieux actuels ou à venir. Quels sont les vrais dangers de ces nouveaux virus ? La planète va-t-elle être submergée avec les perspectives que l’on n’ose imaginer ? Le mois d'avril 2009 a fait tous les titres de la presse sous forme d’une campagne médiatique sans précédent relative aux risques d'une pandémie grippale due à un virus H1N1. Tandis que le virus de la grippe aviaire se laisse oublier, dans l'attente d'un réveil ultérieur, la grippe A a essaimé dans l'Hémisphère Nord à vive allure. Ce virus H1N1 appartient à la «famille» des influenza A. À l'origine, tous les virus grippaux du porc viennent de l'homme. C'est la raison pour laquelle les deux espèces ont les mêmes souches H1N1, H3N2, H2N2, etc. Rappelons que les sous-types viraux sont définis par leur hémagglutinine (H) et leur neuraminidase (N), deux protéines de surface indispensables à l'entrée du virus dans les cellules et à la multiplication virale. C'est ainsi que ce nouveau virus est un hybride de deux virus l'un est un H1N1 « classique» (ce virus a une histoire commune avec l'homme, il a été identifié en 1931), l'autre est un H1N1 « eurasien » également appelé « avian-like ». Il vient des oiseaux et a supplanté en Europe les virus classiques chez le porc. Aujourd’hui, on parle de pandémie dès lors que la planète sera contaminée (les 2 hémisphères). Les 2 hémisphères Nord et Sud ont un écosystème différent. La virulence sera plus accentuée dans l'hémisphère nord lorsque nous serons en hiver. Aujourd'hui, la situation évolutive est encore très incertaine du fait qu'on ne connaît pas réellement le nouveau virus H1N1 et son comportement dû à la spécificité de son génie. Ce virus est pour l'instant faiblement pathogène. Il touche particulièrement les jeunes adultes en bonne santé et les bébés, Les personnes les plus âgées auraient pu être en contact dans 7

leur jeunesse avec le virus H1N1 en circulation à partir de 1918. Peut être qu’elles réactivent une très vieille mémoire immunitaire. «Il est fort possible que le virus change. Quand les virus évoluent, ils peuvent devenir beaucoup plus dangereux » a déclaré Keiji Fukuda, le vice-directeur général de l'OMS par intérim, chargé des questions de sécurité sanitaire et environnementale. À l'inverse de la grippe aviaire (avian flu) qui, en 2006, avait épargné les Européens, ne frappant que les volailles, la planète se retrouve confrontée, cette fois, à un risque marqué de propagation humaine du virus. Nos biologistes doivent tenir compte d'un hybride dès lors qu'il s'agit d'une recombinaison entre un virus aviaire, un virus humain et un virus porcin, ce qui compliquera sa mise au point d'un vaccin. L'élaboration d'un vaccin reste aléatoire et pourrait prendre de trop nombreux mois s'il reste en l'état.

Origine de la grippe A. Les premiers cas sont apparus au Mexique, en ville, en l'absence de contacts entre le porc et l'homme. Il s'agit d'une épidémie avec transmission interhumaine. C'est pour cette raison que l'OMS a remplacé l'appellation "grippe porcine" par "grippe A/ H1N1 Pourquoi avoir mêlé le porc à cette épidémie ? Parce que ces animaux sont connus pour être des « réservoirs » de virus. En outre, le virus A/1-I IN contient un mélange de gènes provenant des virus du porc, du poulet et de l'homme. Cette combinaison a probablement eu lieu à partir du contact entre ces trois espèces. Où, et quand ? On n'en sait rien.

Les pandémies ont toujours existé : En 1348, la Peste noire atteint le sol européen via les navires partis d’Asie par la route de la soie. Elle tua plus d’un tiers de la population européenne. De 1628 à 1631, la Peste de Toulouse En 1918, la grippe espagnole (H1N1) a causé 60 millions de morts En 1957, la grippe asiatique (H2N2) a causé 4 millions de morts En 1968, la grippe de Hong Kong (H3N2) fit 2 millions de morts Rappelons que depuis 25 ans, les virus en circulation sont des descendants de ce virus En 1997, la grippe aviaire (H5N1) n’a causé que 250 morts, mais son taux de mortalité est de 60% En 2002, le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) a représenté la première épidémie de grande ampleur. 8

Rappelons qu'en 1918 la grippe espagnole — due à un virus H1N1 comme celui de la grippe mexicaine de 2009 — avait au final fait entre 60 et 90 millions de morts dans le monde et que la pandémie s'est étalée sur 15 mois avec des poussées successives et des périodes de retrait de la maladie.

Dans le cas de la grippe porcine, rebaptisée grippe A (H1N1) pour tenter d'effacer la responsabilité de la société nord-américaine Smithfield (le plus grand producteur de porcs aux USA qui vivotent dans un contexte concentrationnaire à ciel ouvert), on peut seulement dire qu'il s'agit d'une affection plutôt bénigne, peu agressive mais très contagieuse. Progressivement, tous les pays seront atteints mais sans grand dommage, l’OMS annonce 2 milliards de contaminés). Comme le fait remarquer dans le New York Times le Dr Rosenthal, un bon lavage des mains vaut bien mieux que les masques et le Tamiflu. Il ne nous reste plus qu'a suivre la remontée des cours boursiers des laboratoires pharmaceutiques qui le fabriquent pour comprendre que tout n'est pas perdu pour tout le monde. A l'heure de faire le bilan de cette pandémie, il est intéressant d'observer la manière dont les différents acteurs de ce grand spectacle médiatique ont fait converger leurs efforts pour nous persuader d'un danger imminent. Ce qui est le cas.

On peut en effet distinguer d'abord les organismes institutionnels nationaux et internationaux qui ont embouché les trompettes d'alarme pour affoler la planète. L'Organisation mondiale de la santé, le ministère de la Santé la Direction générale de la santé, ont fait savoir que toutes les précautions étaient prises en cas de pandémie. L'OMS situe cette pandémie au niveau 6, le dernier niveau qui suppose que la vie planétaire va se faire au ralenti. Nous allons subir une longue hibernation en attendant de trouver les vaccins et autres parades. « Viennent ensuite comme le signale le Pr Pierre Cornillot, biologiste hospitalier, les inévitables experts qui parlent de manière assez définitive de tout et de n'importe quoi, sur les caractéristiques de cette grippe, sa contagiosité, sa létalité, les particularités génétiques du virus, les formes de traitements et j'en passe. Un seul point commun, ils n'en ont pas vu un cas..., mais ça ne saurait avoir d'importance tant l'avis est docte. Il faut toutefois observer que ces experts représentent une catégorie d'informateurs dont les médias sont très friands sans toujours saisir que l'auto proclamation de la plupart de ces « experts » est au service d'une autopromotion médiatique sans aucune garantie ».

Les virus
Découverte 9

Les maladies virales comme la rage, la fièvre jaune, la variole, affectent les humains depuis des siècles. Des hiéroglyphes mettent en évidence la poliomyélite dans l'Égypte antique, les écrits de l'Antiquité gréco-romaine et d'Extrême-Orient décrivent certaines maladies virales. Cependant, la cause de ces maladies est restée inconnue pendant longtemps. À la fin du XIXe siècle, la conception d'agents infectieux qui n'étaient ni des bactéries, ni des champignons, ni des parasites était encore difficile. À la même époque, le virus de la fièvre aphteuse est le premier virus identifié par Friedrich Leiffler et Paul Frosch. Le virus de la fièvre jaune est le premier virus pathogène de l'Homme identifié entre 1900 et 1902.

Le biochimiste américain Wendel Stanley cristallisa le virus de la mosaïque du tabac sous forme de cristal protéique en 1935. L'année suivante des études complémentaires montrèrent que ce cristal contenait également de l'ARN. Les études ultérieures montrèrent que selon les virus étudiés, ceux-ci étaient composés soit de protéines et d'ARN, soit de protéines et d'ADN. C'est en 1957 que André Lwoff proposa une définition claire et moderne des virus. A partir des années 1960, le développement des cultures cellulaires, de la microscopie électronique, puis de la biologie moléculaire permit aux scientifiques de progresser dans la compréhension des mécanismes de réplication des virus, dans la réalisation de diagnostics fiables et dans l'élaboration de vaccins.

Différents des bactéries par la taille, bien inférieure à o,3 micromètre, les virus ont d'autres particularités qui les mettent tout à fait à part dans le monde de l'infiniment petit. Avec les progrès récents de la microscopie électronique et de la biologie moléculaire, il est devenu possible de les visualiser et de connaître leur structure. On sait maintenant qu'ils présentent une extraordinaire variété de formes et de structures — à la base, d'ailleurs, de leur classification actuelle. Mais tous sont composés de 2 parties, une molécule d'acide nucléique (ADN ou ARN, mais jamais les deux) portant l'information génétique ; et, entourant et protégeant ce génome, une coque de protéines (la capside), de symétrie cubique ou hélicoïdale. Cette capside peut elle-même être entourée d'une enveloppe lipidique contenant des protéines. Le virus ne forme donc pas vraiment une cellule comme la bactérie. De plus, du fait qu'il ne contient jamais à la fois de l'ADN et de l'ARN, il ne peut faire exprimer son patrimoine génétique ni se multiplier tout seul il a besoin de la machinerie d'une cellule. Autrement dit, c'est obligatoirement un parasite intracellulaire, dont l'hôte peut être une cellule végétale ou animale ou encore une bactérie (pour les bactériophages). Ainsi, le virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme extracellulaire ou intracellulaire. Sous la forme intracellulaire (à l'intérieur de fa cellule hôte), les virus sont des éléments génétiques qui peuvent se répliquer de façon indépendante par rapport au 10

chromosome, mais non indépendamment de la cellule hôte. Sous la forme extracellulaire, les virus sont des particules infectieuses constituées au minimum d'un acide nucléique et de protéines.

Les souches des virus Les souches des virus sont regroupés en 3 grands types : • type A : virus les plus fréquents, les plus graves, ayant un pouvoir évolutif avec cycle court de 2 à 3 ans • type B : ces souches sont moins sévères, avec cycle long de 5 à 6 ans, les foyers sont plus localisés • type C : cette souche est très rare, avec foyers localisés ou sporadiques, il n’y a pas de mutations. Les virus B et C sont presque exclusivement humains. Les virus A sont essentiellement aviaires, et seule une minorité d'entre eux affecte les mammifères. On dénombre seize types d'hémagglutinines et neuf de neuraminidases. Les sous-types possibles de ce virus sont donc au nombre de 9 X 16 = 144. Seul un petit nombre a été détecté chez l'homme. Ce sont : les souches (H1N1), (H1N2), (H2N2) et (H3N2). Récemment, de nouveaux sous-types ont été mis au jour dans des maladies humaines : (H5N1), (H7N7) et (H9N2).

Une infinité de stratégies Pour assurer leur pérennité, les virus déploient une infinité de stratégies qui leur permettent d'envahir les cellules cibles, de s'y multiplier, d'infecter des organismes vivants, parfois en les tuant, et de passer d'un sujet infecté à un autre de manière assez directe. Du virus de la grippe à celui de l’hépatite, du zona, du papillomavirus, de l’herpès et du sida, leurs voies de transmission sont multiples : respiratoire, digestive, cutanée, traumatique, transplacentaire, sanguine ou par les muqueuses. Du lieu de pénétration jusqu'aux tissus cibles, le virus devra ensuite parcourir un trajet plus ou moins long, dans le sang ou caché dans une cellule, ou encore le long des nerfs, comme le font les virus responsables de la rage, de l'herpès et du zona. Une fois la cellule sensible atteinte, le cycle de réplication du virus se fait en plusieurs étapes, depuis l'attache sur un récepteur, à la surface membranaire de la cellule, jusqu'à la libération de centaines de particules virales. Mais, là encore, chaque virus développe une stratégie qui lui est propre.

La perversité des virus 11

La grande force des virus c'est bien leur capacité à se multiplier rapidement donc à muter : mille fois plus vite que les bactéries, et un million de fois plus rapidement que l'homme. Ainsi, le virus du sida change pratiquement sous nos yeux. Son profil varie non seulement d'un individu à l'autre, mais aussi, ou fil du temps, chez un même individu. Les modifications peuvent être des mutations, c'est-à-dire des « fautes de frappe » produites au cours de la réplication virale, comme le remplacement d'une base azotée par une autre. Ce peut être aussi l'échange de matériel génétique de virus à virus ; c'est ainsi que le virus de la grippe humaine emprunte parfois des gènes à des virus de grippe porcine. Lorsque les virus s'incorporent dans l'ADN d'une cellule, ils peuvent aussi se saisir d'une partie de celui-ci.

À l'origine d'une épidémie de l’un de ces virus, on trouve souvent la rupture d'un équilibre écologique, provoquée par l'homme (barrage, déforestation, guerre...). Dans leur grande majorité, ces maladies sont dues à des agents pathogènes présents depuis très longtemps dans l'environnement. Si de tels virus arrivent aujourd'hui à sortir de l'ombre, la faute en incombe souvent — mais pas de façon systématique — à l'homme lui-même. Par son action, il perturbe l'environnement du virus et facilite son transfert de l'animal à l'homme ou son introduction dans une population jusque-là épargnée, puis sa dissémination au sein de cette population.

Identification des virus La virologie est la branche de la microbiologie qui étudie les virus. C’est la spécialité des virologues ou des virologistes. Le mot virus est issu du mot latin virus, qui signifie « poison ». Un virus ne peut se multiplier seul par division sinon en recourant à une cellule hôte : c’est un parasite intracellulaire obligatoire. Il est composé d'une molécule d'acide nucléique (soit d'ADN soit d'ARN, simple ou double brin) entourée d'une coque de protéines appelée la capside et parfois d'une enveloppe. Il ne possède en général aucune enzyme pouvant produire de l'énergie. Les virus sont le plus souvent de très petite taille (comparée à celle d'une bactérie), en règle générale inférieure à 250 nanomètres. La forme libre du virus (ou particule virale) s'appelle le virion. Il existe une très grande diversité de virus, beaucoup plus nombreuse que la diversité des trois règnes réunis (Bactéries, Archaea, Eucaryotes).

Structure
Une particule virale complète, appelé virion, est composée d'un filament d'acide nucléique, généralement stabilisé par des nucléoprotéines basiques, enfermé dans une coque protéique protectrice appelée capside. La forme de la capside est à la base des différentes morphologies des virus. La taille des virus se situe entre 10 et 400 nm. Les 12

génomes des virus ne comportent que de quelques gènes à 1 200 gènes. Le plus petit virus connu est le virus delta qui parasite lui- même celui de l'hépatite B. Il ne comporte qu'un seul gène. Le plus gros virus connu est le mimivirus avec un diamètre qui atteint 400 nanomètres et un génome qui comporte 1 200 gènes.

Acide nucléique
Le filament d'acide nucléique peut être de l'ADN ou de l'ARN. Il représente le génome viral. Il peut être circulaire ou linéaire, bicaténaire (double brin) ou monocaténaire (simple brin). Le génome sous forme d'ADN est généralement bicaténaire. Le génome sous forme d'ARN est généralement monocaténaire et peut être à polarité positive (dans le même sens qu'un ARN messager) ou à polarité négative (complémentaire d'un ARN messager). Le peloton central d'acide nucléique est dénommé nucléoïde.

Capside
La capside est une coque qui entoure et protège l'acide nucléique viral. Elle est constituée par l'assemblage de structures protéiques. La capside est constituée de sous-unités protéiques appelées protomères. L'ensemble capside et nucléoïde est nommé nucléocapside. La structure de la capside entraîne la forme du virus, ce qui permet de distinguer deux groupes principaux de virus : les virus à symétrie cubique et les virus à symétrie hélicoïdale.

Enveloppe
De nombreux virus sont entourés d'une enveloppe (ou péplos) qui prend naissance au cours de la traversée des membranes cellulaires. Sa constitution est complexe et présente un mélange d'éléments cellulaires et d'éléments d'origine virale. On y trouve des protéines, des glucides et des lipides. Les virus possédant une enveloppe sont les virus enveloppés. Les virus ne possédant pas d'enveloppe sont les virus nus.

Tous les êtres vivants peuvent être infectés par des virus. Il existe des virus de bactéries (les bactériophages), des virus d'Archaea, des virus d'algues, des virus de plantes, des virus fongiques, des virus d'invertébrés, des virus de vertébrés chez lesquels on trouve de nombreux agents pathogènes, et même des virus de virus.

Origine des virus Il existe plusieurs hypothèses concernant l'origine et l'évolution des virus. Il est probable que tous les virus ne dérivent pas d'une même origine commune. • Les virus et les cellules seraient apparus dans la « soupe primordiale » en même temps et évoluer parallèlement. 13

Dans ce scénario, des apparitions de la vie, les plus anciens systèmes génétiques d'auto-réplication (probablement de l'ARN) sont devenus plus complexes et se sont enveloppés dans un sac lipidique pour aboutir au progénote à l'origine des cellules. Une autre forme réplicative aurait pu garder sa simplicité pour former des particules virales. • Les virus pourraient dériver de cellules qui ont subi une régression. Selon cette hypothèse, les ancêtres des virus auraient été des êtres vivants libres ou des microorganismes devenus des prédateurs ou des parasites dépendants de leur hôte. Les relations de parasitisme entraînent la perte de nombreux gènes qui ne sont plus nécessaires dès lors que leur hôte leur en fournit. Cet organisme aurait co-évolué avec la cellule hôte et n'aurait conservé que sa capacité à répliquer son acide nucléique et le mécanisme de transfert de cellule à cellule. Cette hypothèse s'appuie notamment sur l'existence des rickettsies, petites bactéries ayant régressé à un tel point qu'elles ne peuvent survivre que dans une cellule hôtes, tels les virus. Les virus pourraient être des morceaux d'acides nucléiques qui se sont « échappés » du génome cellulaire et devenir des entités à la suite d'erreurs au cours de la réplication du matériel génétique.

Nature Il y a débat sur la nature des virus. Les virus possèdent des constituants en commun avec les cellules vivantes, comme un acide nucléique (ADN ou ARN) et des protéines. Cependant, selon la définition du biochimiste Wendell Stanley, les virus sont de « simples » associations de molécules biologiques. Ils sont le fruit d'une auto-organisation de molécules organiques et ne sont donc pas vivants. François Jacob insiste aussi sur cette caractéristique des virus : « placés en suspension dans un lieu de culture, ils ne peuvent ni métaboliser, ni produire ou utiliser de l'énergie, ni croître, ni se multiplier, toutes les fonctions communes aux êtres vivants ». Les virus ne peuvent se multiplier qu'en utilisant l'équipement enzymatique d'une cellule vivante.

Les virus ont aussi un rôle dans l'évolution. Patrick Forterre propose même l'hypothèse que les virus seraient les « inventeurs » de l'ADN . À l'origine de la vie, l'ARN dominait (hypothèse du monde à ARN) et assurait à la fois les fonctions de stockage et transmission de l'information génétique et de catalyse des réactions chimiques. L'ADN serait apparu ensuite et sélectionné en raison de sa plus grande stabilité.. L'ADN conférerait au virus le pouvoir de résister à des enzymes dégradant les génomes à ARN, une arme de défense probable des protocellules. On retrouve le même principe chez des virus actuels, qui altèrent leur ADN pour résister à des enzymes produites par des bactéries infectées. Le débat entre le caractère vivant ou inerte des virus est encore aujourd'hui ouvert. Répondre à cette question en amène une autre : qu'est-ce que la vie? D'après Ali Saïb, « la notion du vivant est une notion dynamique, évoluant en fonction de nos connaissances. En conséquence, la frontière entre la matière inerte et le vivant est tout aussi instable »

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Reproduction ou Multiplication virale Les virus ne peuvent se multiplier qu’au sein de cellules vivantes, par réplication de leur acide nucléique. C'est l’interaction du génome viral et de la cellule hôte qui aboutit à la production de nouvelles particules virales. L’infection d'une cellule par un virus, puis la multiplication du virus peuvent se résumer en différentes étapes. Toutefois, après pénétration du virus dans la cellule, ces étapes peuvent différer selon la nature du virus en question et notamment selon qu'il s'agit d'un virus à ADN ou d'un virus à ARN.

1. Absorption du virus au contact de la membrane de la cellule infectée, grâce à des récepteurs spécifiques "). 2. Pénétration dans la cellule 3. Décapsidation (libération de l'acide nucléique) 4. Réplication du génome viral 5. Synthèse de protéines virales 6. Assemblage et encapsidation des particules virales produites 7. Libération des virions hors de la cellule-hôte Afin de mieux connaître leur biologie, leur multiplication, leur cycle de reproduction et éventuellement afin de préparer des vaccins, il est nécessaire de cultiver les virus. Ceux-ci se multiplient uniquement au sein de cellules vivantes. Les virus infectant les cellules eucaryotes sont cultivés sur des cultures de cellules obtenues à partir de tissus animaux ou végétaux. Les cellules sont cultivées dans un récipient en verre ou en plastique, puis sont infectées par le virus étudié. Les virus animaux peuvent aussi être cultivés sur œufs embryonnés et parfois chez l'animal, lorsque la culture in vitro est impossible. Les virus bactériens peuvent également être cultivés par inoculation d'une culture bactérienne sensible. Les virus de végétaux peuvent aussi être cultivés sur des monocouches de tissus végétaux, des suspensions cellulaires ou sur des plantes entières. Les virus peuvent être purifiés grâce à diverses méthodes de biochimie (centrifugation différentielle, précipitation, dénaturation, digestion enzymatique).

Typologie

Classification des virus
Les virus sont classifiés selon la nature de l'acide nucléique de leur génome (ADN ou ARN), la structure de l'acide nucléique (monocaténaire ou bicaténaire), la forme de l'acide nucléique (linéaire, circulaire, segmenté ou non). Les données morphologiques peuvent également être prises en compte (présence ou absence d'enveloppe, symétrie de la capside). Souvent, le sérogroupage est encore utilisé pour raffiner la définition des différences entre virus très proche La classification n’en est qu’à ses débuts. Les subdivisions tiennent compte du type d’acide nucléique, de la taille, de la forme, de la spécificité parasitaire et des symptômes. On distingue : 15

Les virus des procaryotes Il existe deux catégories de virus de procaryotes selon le type d'hôte qu'ils parasitent. La première catégorie regroupe ceux qui infectent les bactéries et sont appelés bactériophages. La deuxième catégorie regroupe ceux qui infectent les Archaea. Il existe quatre grands groupes morphologiques de virus de procaryotes. Les virus des plantes La structure des virus des plantes ou phytovirus, est similaire à celle des virus bactériens et animaux. Beaucoup de virus végétaux se présentent sous la forme de minces et longues hélices. La majorité ont un génome composé d'ARN. Les virus de végétaux peuvent être disséminés par le vent ou par des vecteurs comme les insectes et les nématodes, parfois par les graines et le pollen. Les virus peuvent aussi contaminer la plante par l'intermédiaire d'une blessure ou d'une greffe. Différents types de symptômes peuvent apparaître sur la plante infectée. Les virus peuvent provoquer des taches ou des flétrissements sur les feuilles et les fleurs. Des tumeurs peuvent survenir sur les tiges ou les feuilles. Le virus de la mosaïque du tabac est un exemple très étudié de virus de végétaux.

Virus des insectes La larve de l'insecte s'infecte en ingérant de la nourriture. À partir du tube digestif, l'infection peut se transmettre aux autres tissus. L'utilisation de virus pathogènes d'invertébrés dans la lutte contre les insectes ravageurs des cultures et des forêts pourraient être l'un des moyens pour limiter ou remplacer les insecticides chimiques. Les virus des champignons Les champignons filamenteux comme le Penicillium ou le champignon de Paris peuvent également être infectés par des virus, ce qui peut entraîner des problèmes lors de la production.Il a été imaginé d'utiliser ces virus dans le cadre d'une lutte biologique contre des champignons pathogènes. Le virus humain Le rhume, la grippe, la varicelle, le zona, l’herpès, les hépatites, la mononucléose infectieuse sont des exemples de maladies humaines virales relativement courantes. Des maladies plus sévères comme le SIDA, le SRAS, la grippe aviaire, Ebola, la variole sont aussi causées par des virus. La capacité d'un virus d'entraîner une maladie est décrite en termes de virulence. Les virus possèdent différentes stratégies, différents mécanismes grâce auxquels ils peuvent générer des maladies. Le virus pénètre dans une cellule hôte spécifique et prend le contrôle de ses fonctions normales. Au niveau cellulaire, les virus occasionnent divers effets néfastes : ils inhibent les capacités de synthèse des protéines des cellules infectées. Des particules virales s'accumulent dans le cytoplasme ou le noyau des cellules infectées. Les virus provoquent ensuite la lyse et la mort des cellules hôtes. La lyse des cellules entraîne la libération des particules virales qui assurent la dissémination du virus.

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CHAPITRE II : LA GRIPPE SAISONNIERE

Maladie infectieuse aiguë très contagieuse, sous forme d’épidémies ou de pandémies hivernales, due à un virus de la famille des Myxovirus influenzae dont les caractéristiques sont très variables d'une année à l'autre. La transmission ne s’effectue de personne à personne par des gouttelettes de salive en suspension dans l'air respiré. Le délai entre la contamination et la déclaration de la maladie est d'1 à 4 jours, c’est la période d’incubation. La convalescence s’étend sur 1 à 3 semaines. La toux peut se prolonger durant quelques semaines.

Appelée « influenza » par les Anciens, la grippe est une maladie infectieuse due à des ultravirus de souches diverses. Cette affection surtout hivernale touche près de 2 millions de Français chaque année. Elle est bénigne le plus souvent, mais parfois responsable de complications graves, principalement parmi les personnes âgées et les sujets fragiles ; les cas de mortalité sont dus aux surinfections (complications pulmonaires, neurologiques) et aux maladies chroniques (respiratoires, cardiaques, néphropathies, diabète immunodéprimés).

La grippe s'installe rapidement après une courte période d'incubation. Le début est explosif avec une fièvre élevée à 39-40°C accompagnée d'une fatigue intense, de courbatures, de douleurs musculaires ou articulaires, voire de manifestations du carrefour ORL. Elle est très contagieuse par les gouttelettes de virus contenues dans la salive et la respiration. Au Japon, nombreux sont ceux qui portent un masque pour ne pas transmettre cette maladie. Le diagnostic est porté sur la notion d'une période épidémique. C'est une affection qui confère une immunité solide mais temporaire et seulement vis-à-vis du virus qui l'a provoquée. La grippe se manifeste cliniquement par :

• un syndrome infectieux avec catarrhe des muqueuses (respiratoires ou digestives) ; • un syndrome nerveux avec céphalées (qui prédominent dans les formes encéphaliques) et courbatures généralisées (qui prédominent dans les formes arthralgiques) ; • parfois un syndrome hémorragique dans les formes graves (épistaxis, règles avancées, purpuras). 17

Ces modes réactionnels caractéristiques de la maladie sont le fait de virus filtrants dont la nature varie d'une année à l'autre, ou même d'une épidémie saisonnière à une autre. Il arrive que les vaccins antigrippaux ne présentent aucune efficacité. La grippe étant une affection virale, les antibiotiques sont inopérants et inutiles, et pourtant trop souvent prescrits. Ils doivent être réservés aux infections bactériennes, en s’assurant qu’ils ne sont pas devenus résistants.

Examens Prélèvements sous forme d’écouvillonnage nasal ou de l’oropharynx. La recherche du virus n'est utile pour le diagnostic que dans les formes graves (l’analyse virologique permet d’identifier la ou les souches virales en cause). Le bilan sanguin montre une évolution puis une diminution des globules blancs comme dans de nombreuses infections virales. Parfois on observe un état inflammatoire (augmentation de la vitesse de sédimentation et de la C. Réative protéine –CRP)

Evolution et complications L'évolution est rapidement favorable en 2 à 4 jours chez les personnes initialement en bonne santé, mais une fatigue persiste pendant une plus longue période. La principale complication est une surinfection par des bactéries, nécessitant un traitement antibiotique. Les formes graves ou malignes se traduisent par une insuffisance respiratoire aiguë. Les complications concernent environ 10% des cas (broncho-pulmonaires, sphère ORL, cœur, muscles, systèmes nerveux)

Complications respiratoires On constate qu'à l'ombre des épidémies de grippe sévissent des épidémies beaucoup plus graves de pneumopathies bactériennes. Ce sont elles qui sont directement responsables de l'augmentation de la mortalité observée durant les épidémies de grippe, essentiellement chez les personnes âgées.

• Grippe maligne ou pneumopathie virale primaire : rare, souvent fatale, entraînant un œdème pulmonaire lésionnel parfois associé à une myocardite, hépatite, insuffisance rénale, méningo-encéphalite 18

• Les surinfections bactériennes sont fréquentes, Staphylocoque doré, Haemophilus influenzae, Streptococcus pneumoniae, bacilles gram négatifs, anaérobies, sont responsables de pneumopathies qui peuvent survenir à partir du 5ème jour de début de la grippe • La bronchite aigue est très fréquente Autres infections : Otite moyenne aiguë, sinusite, méningites, myocardites, myosites, polyradiculonévrites. .

Épidémiologie Cette infection virale survient de façon épidémique, surtout dans les régions tempérées : de novembre à février en France. La grippe se particularise par :

• • •

sa contagiosité extrême ses modes épidémiques réactionnels (diathèses des homéopathes) sa variabilité antigénique ; elle peut muter selon deux processus :

Cassure : le changement antigénique brusque et complet d'une hémagglutinine et/ou de la neuraminidase entraîne une pandémie ou une épidémie contagieuse, dans ce cas la maladie s'étend rapidement : elle est fréquemment mortelle. Elle naît en un foyer donné et diffuse à l'ensemble de la planète.

Glissement : l’évolution progressive et permanente des antigènes de surface entraîne des épidémies saisonnières (hiver) environ tous les ans. Malheureusement, tous les vingt-cinq ou trente ans en moyenne, le virus mute si radicalement qu'il échappe à l'immunité accumulée au fil des ans dans la population et infecte en quelques mois une proportion importante des habitants de la planète. C'est la pandémie tant redoutée. En se recombinant chez le porc avec des virus de la grippe aviaire, il peut cumuler une grande contagiosité avec une forte virulence.

Physiopathologie Le Myxovirus influenzae présente sur son enveloppe des glycoprotéines antigéniques qui joue un rôle majeur dans sa virulence du fait de leur grande labilité.

La surface du virus comporte notamment deux types de protéines, l'hémagglutinine et la neuraminidase, qui lui permettent de se fixer sur les cellules pour les infecter. Ces protéines, présentes à cinq cents exemplaires à la surface de chaque particule virale pour l'hémagglutinine et à cent exemplaires pour la neuraminidase, sont identifiées par le 19

système immunitaire qui fabrique des anticorps spécifiques qui s'attachent à elles'. Leurs mutations fréquentes mais limitées permettent au virus d'échapper partiellement au système immunitaire. Malgré ces variations, les épidémies hivernales se ressemblent, même si certaines grippes sont plus agressives que d'autres. • L’hémagglutinine : fixe le virus sur les récepteurs cellulaires et détermine en partie la virulence • La neuraminidase libère la particule virale fixée sur les cellules respiratoires, provoque leur nécrose, et favorise sa dissémination dans l'épithélium respiratoire

Un vaccin sujet à caution Lorsque les campagnes de santé publique encouragent la vaccination contre la grippe, elles omettent de préciser que, sans stimulation de leur système immunitaire, un grand nombre de personnes ne répondent pas ou mal à la vaccination et attrapent la grippe. On a relevé qu’une personne âgée sur 5 répond à la vaccination.

Diagnostic différentiel Attention il faut savoir distinguer la grippe saisonnière des infections virales ou bactériennes qui présentent les mêmes signes cliniques. On peut aussi trouver des tableaux cliniques semblables qui surviennent avec d’autres virus: adénovirus, rhinovirus, virus respiratoire syncitial, virus para influenza. On peut confondre aussi avec d’autres pathologies infectieuses (légionellose, maladies à mycoplasmes, psittacose) qui développent des maladies respiratoires bactériennes. Seule l’analyse virologique permet de faire le diagnostic. Parmi les grippes saisonnières, on peut en distinguer qui présentent des points communs mais avec des signes plus marqués. Grippe de l’enfant : leur système immunitaire n’est pas encore mature, ils sont plus enclins à subir les pathologies virales. En dessous de cinq ans, la clinique peut-être trompeuse avec des signes digestifs et des convulsions dans les hyperthermies. Grippe du senior : les 90 % de la mortalité survient chez les plus de 70 ans, due à la présence de maladies cliniques associées et à l’efficacité relative de la vaccination. Les grippes aviaires de type A ne sont pas spécifiques de l’homme. Elles touchent les mammifères terrestres et marins. Entre 1959 et 1999, on a recensé 18 épidémies de grippes aviaires transmissibles à l’homme. Certaines peuvent passer la barrière d’espèce (H5N1, H3N2, H7N7) par l’entremise du porc dont le patrimoine génétique est très proche de celui de l’homme.

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CHAPITRE III : LA GRIPPE A DANS LE TEMPS ET L'ESPACE

On attendait une pandémie de grippe aviaire et c'est la grippe porcine qui est arrivée. Cette grippe partie du Mexique a flambé sur l'ensemble des continents pour devenir une véritable pandémie. Elle a subitement changé de nom et s'appelle à présent grippe A, car rien ne prouve que ce virus soit réellement d'origine animale, aucun animal n'étant atteint. Pourquoi l’appellation initiale de grippe porcine est devenue « mexicaine » puis A ? ce ne serait pas une publicité ni pour les producteurs de porcs, ni pour les bureaux de tourisme mexicains. Le terme de grippe A, plus neutre, n'engage donc l'image et la réputation de personne. Mais est-ce la bonne appellation de ce virus grippal de type A, un nouveau cocktail composé de différentes souches porcine, aviaire et humaine dont la recombinaison a probablement eu lieu sur le continent américain. Ce virus aurait pu être créé dans un laboratoire militaire américain comme l'affirme Sylvie Simon dans la revue « Votre Santé » de juin 2009. « Il faut garder en mémoire que ce n'est pas la première fois que règne une telle panique. Ainsi, en 1976 la première épidémie de grippe porcine s'est produite à Fort Dix, dans le New Jersey, où 200 soldats ont été contaminés et quelques uns en sont morts. Nombreux sont ceux qui pensent que ce virus a été créé dans un laboratoire militaire américain. Le présidant Ford s'est alors fait vacciné à grand renfort de publicité devant les caméras de la télévision américaine, ce qui a entraîné la vaccination de 40 millions de personnes. Cependant, on dénombra très rapidement une centaine de morts et plus de 400 cas de paralysie de type Guillain- Barré, de sévères complications neurologiques, des maladies de Parkinson, des inflammations articulaires et de multiples scléroses. La Campagne fut aussitôt suspendue et les Américains découvrirent le scandale. Or les milieux officiels étaient parfaitement au courant de ces dangers autant que de l'inefficacité du vaccin, alors qu'ils n'en avaient aucune preuve », constatait le Dr Hermann dans le National Inquirer du 2 janvier 1977, qui relata toute l'affaire. Mais tout le monde a oublié ce scandale ». Le porc est un animal idéal pour la rencontre entre le virus de la grippe aviaire (H5N1) et celui de la grippe humaine (H3N2) tant ces deux types de virus peuvent s'introduire très aisément dans la même cellule humaine et se réassortir. Rappelons que les patrimoines génétiques du porc et de l'homme sont à 99% identiques, ce qui explique qu'un virus s'adaptant aux cellules de porc saura plus aisément s'adapter et se développer chez l'homme. C'est ainsi que le virus de la grippe mexicaine a pu franchir la barrière des espèces et passer du porc à l'homme. Une fois cette première étape franchie, il peut se propager d'homme à homme avec beaucoup plus de facilité dès lors que le travail d'adaptation à l'espèce humaine a déjà été réalisé. Nos experts ignoraient que les virus des animaux étaient différents de ceux des humains. Aujourd'hui on réalise que les 3 grippes (A, humaine, aviaire) présentent des ressemblances. De ce fait, les mesures de prévention ne seront pas les mêmes pour les 21

animaux et pour les hommes. Aujourd'hui on peut affirmer que les virus qu'on croyait réservés aux animaux peuvent évoluer brusquement devenir des virus encore plus redoutables pour l'organisme humain. La prévention et le traitement de cette épidémie doivent donc être ciblés en premier lieu sur les risques probables de sa transmission à l'homme. Si une personne exposée au mélange était infectée simultanément par le H5N1 et le H3N2, elle pourrait servir d'incubateur à un virus hybride capable de se propager facilement d'un humain à un autre. Ce mélange de souches appelé réassortiment, est l'une des deux manières de créer un virus pandémique. Une étude, publiée en juin 2008 par des scientifiques des CDC des Etats-Unis, indiquait que, dans le laboratoire, les virus du H5N1 et du H3N2 s'accouplaient facilement et qu'un certain nombre de rejetons de ces deux virus semblaient conserver au moins une partie du pouvoir mortel de leurs dangereux parents. Les autorités américaines tentent de découvrir comment la compagnie Baxter International, qui est sur le point d'obtenir une licence européenne pour un vaccin contre le H5N1 a pu produire puis envoyer à une entreprise autrichienne du « matériel viral expérimental » basé sur une souche de la grippe humaine, mais contaminé par le virus H5N1 de la grippe aviaire. Les autorités de quatre pays européens examinent l’incident, et leurs efforts sont suivis de près par l'OMS et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Irrésistible progression de la grippe aviaire A (H5N1) Le virus H5N1 a été identifié il ya plus de quarante ans. Il présente des particularités, notamment sa contagiosité et sa virulence qui s’aggravent dans le temps et l’espace. Il est meurtrier auprès des poulets alors qu’il épargne le canard. Par ailleurs, il gagne en virulence après cinq passages. A l’arrivée ce virus est toujours présent, ce qui s’explique par le fait que, outre la présence des oiseaux sauvages, traditionnels réservoirs de ces virus, les canards domestiques sont devenus des porteurs sains du virus A (H5N1). Ils sont aptes à le transmettre tout en n’étant pas malades. Leur présence représente une épée de Damoclès. Le virus à l’origine de notre grippe contemporaine s’est collé au virus de la grippe aviaire et à celui de la grippe humaine. Ce mariage a donné naissance au virus actuel de type H1N1… mais il peut encore évoluer et absorber d’autres virus. Le porc est un animal idéal qui peut servir de cheval de Troie pour introduire la grippe aviaire dans l’organisme Humain. C’est ainsi que le virus de la grippe mexicaine a pu franchir la barrière des espèces et passer du cochon à l’homme. Après cette première étape franchie, il peut contaminer l’espèce humaine d’autant plus aisément que le travail d’adaptation à l’Homme a déjà été effectué. Désormais on peut affirmer que des virus qu’on pensait réservés aux animaux pouvaient évoluer sur le mode accéléré et devenir encore plus redoutable pour notre organisme. Il faut retenir que la grippe aviaire et la grippe A sont causées par des virus de la même famille, appelée Influenza de type A. Ces virus sont des cousins présentant des ressemblances. Le distinguo se situe au niveau de certains de leurs composants en 22

particulier les deux protéines : l’hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N)qu’on simplifie par leurs initiales : H et N qui identifient le type de grippe viral. Ainsi le virus de la grippe A est appelé H1N1 parce qu’il contient l’hémagglutinine de type 1 et la neuraminidase de type 1, tandis que le virus H5N1 de la grippe aviaire contient l’hémagglutine de type 5 et la neuraminidase de type 1.

Lorsque deux virus se rencontrent, ils peuvent échanger leurs composants ou les mélanger afin d’en créer de nouveaux. Ce qui explique que la menace de transmission humaine d’un virus aviaire change la donne du fait de l’extrême dangerosité de ce virus plongé dans un environnement qui lui est favorable. Il faudra tenir compte de nouveaux paramètres : l’extension de la zone d’activité, la proximité du porc, sa virulence, la rapidité de ses transformations qui pourraient faciliter les échanges interhumains, et donner lieu à une pandémie dévastatrice.

La Peste de Camus Pour terminer ce chapitre qui laisse un goût de désespérance, je ne peux m’empêcher de faire référence au best-seller d’Albert Camus : la Peste. (Ed. Gallimard, 1975) Naturellement, vous savez ce que c'est, Rieux ? J'attends le résultat des analyses. Moi, je le sais. Et je n'ai pas besoin d'analyses. J'ai fait une partie de ma carrière en Chine, et j'ai vu quelques cas à Paris, il y a une vingtaine d'années. Seulement, on n'a pas ose leur donner un nom, sur le moment... Et puis, comme disait un confrère : « C'est impossible, tout le monde sait qu'elle a disparu de l'Occident. » Oui, tout le monde le savait, sauf les Allons, Rieux, vous savez aussi bien que c'est... Oui, Castel, dit-il, c'est à peine croyable Mais il semble bien que ce soit la peste. (....) « Mais le docteur s’impatientait. Il se laissait aller et il ne le fallait pas. Quelques cas ne font pas une épidémie et il suffit de prendre des précautions. Il fallait s'en tenir à ce qu'on savait, la stupeur et la prostration, les yeux rouges, la bouche sale, les maux de tète, les bubons, la soif terrible, le délire, les taches sur le corps, l'écartèlement intérieur, et au bout de tout cela... Au bout de tout cela, une phrase revenait au docteur Rieux, une phrase qui terminait justement dans son manuel l'énumération des symptômes : « Le pouls devient filiforme et la mort survient à l'occasion d'un mouvement insignifiant. Oui, au bout de tout cela, on était pendu à un fil et les trois quarts des gens – c'était le chiffre exact-, étaient assez impatients pour faire ce mouvement imperceptible qui les précipitait. Et une tranquillité si pacifique et si indifférente niait presque sans effort les vieilles images du fléau, Athènes empestée et désertée par les oiseaux, les villes chinoises remplies d'agonisants silencieux, les bagnards de Marseille empilant dans des trous les 23

corps dégoulinants, la construction en Provence du grand mur qui devait arrêter le vent furieux de la peste, Jaffa et ses hideux mendiants, les lits humides et pourris collés à la terre battue de l'hôpital de Constantinople, les malades tirés avec des crochets, le carnaval des médecins masqués pendant la Peste noire, les accouplements des vivants dans les cimetières de Milan, les charrettes de morts dans Londres épouvanté, et les nuits et les jours remplis partout et toujours du cri interminable des hommes. Non, tout cela n’était pas encore assez fort pour tuer la paix de cette journée ».

Rassurez-vous, nous sommes parés pour ne pas subir un tel tableau de désespérance... NB : Pour le traitement de la grippe saisonnière, voir mon livre : « Les Antibiotiques Naturels », Editions Sully Ou « Les 100 maladies du XXIème siècle », Editions Testez...

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CHAPITRE IV : CONDITIONS D’EMERGENCE D’UNE EPIDEMIE

L'émergence d'une maladie infectieuse est un phénomène complexe qui dépend d'interactions entre quatre éléments majeurs : l'agent pathogène, l'hôte animal ou humain, l'environnement et les moyens de transport. Certains agents pathogènes peuvent provoquer de graves symptômes chez les personnes dont le système immunitaire est déficient : les personnes âgées, les patients immunodéprimés, les femmes enceintes et ceux qui présentent des tares (diabète, hypertension artérielle, pathologies cardiovasculaires, dépression, état inflammatoire,...).C’est ainsi qu’une maladie infectieuse ne se propagera pas de la même manière si la population contaminée est en bonne santé ou pas, bien alimentée ou pas, stressé ou pas, dans un mauvais environnement, ... L'état physiologique d'un organisme conditionne la nature et l'importance de l'infection. La réponse immunitaire diffère en effet selon la condition physique et l’âge.

L'agent pathogène représente l’élément clé de l'émergence d'une maladie infectieuse. Il peut se modifier suite à des mutations de son ADN selon la sélection naturelle et, en un deuxième temps faire face à des conditions climatiques plus défavorables, disséminer dans de nouvelles zones, infecter d’autres hôtes déjà résistants C’est ainsi que le virus aviaire a subi différents remaniements de son génome : le virus à l'origine des pandémies de 1957 et 1968 résultait de l'échange de segments de gènes entre une souche humaine et une souche animale. En développant un nouveau génome, ce sous-type viral n'a pas été identifié et de ce fait, il n’a pas pu être neutralisé par le système immunitaire. Autre facteur important, le pullulement des agents pathogènes qui peuvent foisonner dans des conditions environnementales et climatiques favorables, et, dès lors, provoquer d’autres infections. C’est ainsi que le moustique est devenu un insecte cosmopolite qui ne reste pas inactif.

La « transhumance » des moustiques et des oiseaux Les moustiques, depuis plusieurs années sont sur le devant de l'actualité du fait de leur capacité à propager à grande vitesse des maladies infectieuses graves. Personne n’a oublié l'épidémie de chikungunya à l’ile de la Réunion. Pour expliquer la violence de l'épidémie (1/4 de la population de l’île de la Réunion aurait été atteinte), l’explication réside dans les milliers de voyageurs débarquent des îles de Madagascar, Mayotte, et des Comores où de nombreux virus transmis par les moustiques exercent leurs ravages.

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Si le virus du chikungunya est apparu sur le devant de la scène en 2006 en réalité il est connu depuis un demi-siècle pour ses ravages à travers la planète, des analyses effectuées au Nigeria et à Java ont révélé que 70 % des habitants avaient été infectés ! En août 2007, une épidémie de dengue fit irruption dans les Antilles.La dengue est normalement une maladie des pays chauds, et pourtant le virus contamine les zones plus tempérées. Là encore des moustiques vecteurs proliférèrent et colonisèrent de nouvelles régions géographiques. La France n’est pas épargnée, on a repéré la présence du moustique Aedes albopictus dans les Alpes-Maritimes depuis 2005, en Corse depuis 2006 et dans le Var depuis 2007, des cas de chikungunya ont été signalés en Italie pendant la période d'activité du moustique. C’est ainsi que le risque de transmission régionale de la dengue et du chikungunya peut survenir dans le sud de la France. L'extension géographique de l'habitat des moustiques augmente le risque d'épidémies pour les prochaines années. La menace est à nos portes. Les bouleversements météorologiques que génèrent les changements climatiques, l’adoucissement des températures et l’augmentation de la pluviométrie deviennent des facteurs déterminants. Des températures plus douces ont favorisé la prolifération des moustiques en latitude mais aussi en altitude. On a observé des espèces qui vivaient au Mexique habituellement à moins de 1 200 mètres atteignent maintenant 1 600 mètres. Autre paramètre péjoratif : le bouleversement climatique peut allonger la durée du cycle de vie des agents infectieux, ce que suppose leur multiplication et leur dissémination. Les insectes sont capables de coloniser tous types d'environnements, même ultra-hostiles puisque les extrêmophiles vivent dans des glaciers ou les déserts. Dans les environnements urbains, ils s'en donnent à cœur joie. Hélas, derrière leur aspect banal se cachent des vecteurs à l'origine de multiples pathologies infectieuses. Ils fourmillent en effet d'hôtes indésirables, d'agents pathogènes, de bactéries et virus variés qui grandissent et se reproduisent dans leurs organismes. Dans le règne animal, ce sont les arthropodes et les petits mammifères qui s'avèrent sources de nombreuses zoonoses émergentes. Quand on songe qu'un million d'espèces d'insectes ont été recensées par l'homme et qu'il en existe certainement beaucoup plus, on prend conscience du risque d'épidémie que constitue ce minuscule vecteur. Les insectes sont d'« efficaces » porteurs d'agents pathogènes, leur organisme offre en outre des conditions idéales au développement et à la maturation de certains bactéries et parasites. En 2004, Le Dr Julie Gerberding, directrice des Centres pour le contrôle et la prévention `des maladies aux États-Unis, dresse un constat étonnant « Onze des douze dernières maladies infectieuses émergentes dans le monde sont de source animale. » Ce qui signifie que les agents pathogènes présents chez des animaux aussi bien sauvages (cerf, écureuil, renard), que domestiques (poulet, mouton) ou familiers (chien, chat), ont été capables de s'adapter avec succès pour franchir la barrière des espèces. Et donner naissance aux maladies infectieuses dites zoonoses. On pense que les épidémies de grippe aviaire n’étaient pas transmissibles à l'homme. Et pourtant, ils peuvent occasionnellement passer la barrière d'espèce. Il est donc 26

vraisemblable que l'introduction du virus A (H5N1) se fasse par des oiseaux migrateurs contaminés. Les animaux malades décèdent quelques jours après leur contamination, ce qui limite la diffusion du virus. Par contre, un oiseau porteur sain du virus peut le propager pendant des semaines et contaminer d'autres espèces. L'extension internationale de l'aire d'implantation des moustiques et des oiseaux est une épée de Damoclès pour l'humanité entière. Les oiseaux migrateurs sont, eux aussi, des vecteurs importants de transmission d’agents pathogènes. Au printemps, ils remontent dans les zones tempérées d'Europe, se font piquer par des moustiques locaux, et à leur tour sont contaminés. Les oiseaux sauvages sont les principaux réservoirs des virus de la grippe A. Ils représentent un vecteur de diffusion particulièrement efficace. Il existe en effet environ cinq milliards d'oiseaux appartenant à plus de trois cents espèces qui migrent annuellement entre les différents continents. Ils deviennent les vecteurs de certaines maladies infectieuses et se les transmettent entre individus d'une même espèce ; elles peuvent aussi passer d'une espèce à une autre. On pensait que la plupart des souches aviaires de la grippe ne pouvaient se transmettre à l'homme. Pourtant des cas de grippe aviaire A H5N1, H7N7 et H9N2 ont été démontré chez l’Homme. Il ne faut pas négliger la relation qui existe entre oiseaux domestiques, oiseaux sauvages sédentaires et oiseaux migrateurs, dont les contacts jouent un rôle majeur dans l'extension et la diffusion de la grippe. Si les oiseaux se sont révélés être non seulement les espèces qui annoncent le printemps mais aussi, directement ou par des vecteurs qui leur sont étrangers, ils sont responsables de la diffusion de maladies contagieuses. Ces risques sont amplifiés du fait de la réduction des lieux de séjour, souvent due aux bouleversements environnementaux causés par l'homme. C’est ainsi qu’on assiste au regroupement et mélange d'espèces différentes sur ces lieux d'accueil, qui accroissent les occasions de transmettre des agents pathogènes et de générer les mutations virales. Ils séjournent dans des lieux dont l'écologie microbienne et parasitaire est différente, et peuvent y contracter ou y apporter des différents miasmes. Ce contexte inhabituel assure à la pathologie infectieuse un potentiel nouveau et multiplie les risques, en changeant la structure du virus, en créant un nouveau virus qui peut générer une pandémie humaine. Ce scénario pourrait être l’une des hypothèses pour expliquer la virulence de la grippe espagnole de 1918-19.

L’environnement Troisième paramètre à prendre en considération dans l'émergence d'une épidémie, l'environnement, un vaste décor particulier qui peut exacerber le processus infectieux. Les bouleversements climatiques au réchauffement de la planète, la déforestation jouent un rôle-clé. 27

De multiples facteurs environnementaux, socioculturels et économiques favorisent l'émergence des maladies infectieuses dès lors qu'ils accroissent, directement ou indirectement, la probabilité de rencontre entre l'agent infectieux et les organismes vivants. Viennent en tête les dégradations générées par l'homme sur les écosystèmes naturels. L'exploitation des ressources naturelles, la construction de barrages rompt l'équilibre, compromet la biodiversité des biotopes. La forêt, véritable réservoir de la biodiversité, grouille de virus et autres micro-organismes potentiellement pathogènes. Interviennent aussi d’autres facteurs économiques qui modifient nos façons de vivre, comme de produire et de rejeter des déchets qui recèlent des agents infectieux en puissance. L'industrialisation de la chaîne alimentaire en est la démonstration de l'évolution des procédés technologiques dans l'industrie agroalimentaire. Elle contribue à propager des agents pathologiques (farines animales). La transmission des encéphalites spongiformes bovines en est l’illustration. Pour répondre à notre surconsommation alimentaire, la mise en place accélérée du nombre d’élevages en plein air accélère l’émergence de maladies infectieuses. Nous n’avons pas oublié l'abattage massif et excessif des volailles durant l'épidémie de la grippe aviaire. L’élevage intensif multiplie les possibilités du virus d'entrer en contact avec un grand nombre d'hôtes qui deviennent des vecteurs potentiels. Par ailleurs, les volailles et le porc sont des espèces qui permettent le réassortiment des gènes des virus de la grippe aviaire sous de nouvelles formes virales qui, une fois transmises aux oiseaux migrateurs, peuvent se propager et entraîner des épidémies massives. La grippe A, partie du Mexique, en est l’illustration en recombinant un fragment de virus aviaire, un autre de virus porcin et un troisième de virus humain. Les moyens de transport Les déplacements des populations ont toujours joué un rôle préjudiciable dans la dissémination des agents pathogènes. Les transports aériens représentent la principale voie de propagation à travers les continents. On voyage de plus en plus, que ce soit pour des raisons professionnelles ou touristiques. Le réseau aérien est devenu une arme redoutable propageant les virus. Il est le seul à relier autant de pays entre eux, et à essaimer les pathologies infectieuses. Comment s’est propagé le SRAS ?. C’est un chinois contaminé, de la province de Canton, qui a pris le train pour rejoindre Hong Kong en février 2003. Il a séjourné dans un hôtel international et a contaminé des voyageurs emportant le virus dans trente pays dont Singapour et le canada. L’avion reste le véhicule privilégié pour contaminer les continents. Mais le bateau peut également être en cause, en embarquant des migrants clandestins porteurs du virus. Les transports terrestres – trains, camions – sont aussi des vecteurs, d’autant que le contrôle est particulièrement difficile et aléatoire, étant donné la porosité des frontières sur l’ensemble des continents. 28

C’est ainsi que la surveillance des ports et surtout des aéroports est essentielle. Elle implique des moyens de détection des cas suspects, ainsi que des lieux de quarantaine pour isoler ceux qui sont susceptibles d'avoir contracté la grippe. Tous les transports en commun deviennent des lieux privilégiés de diffusion du virus. On se trouve devant des dilemmes insolubles. Comment les interdire ? Les activités économiques assurant la production des biens et leur distribution, doivent continuer à fonctionner. Comment privilégier les activités commerciales indispensables, et sous quelles modalités : alimentation, stations-service, les magasins, les kiosques à journaux, les hypermarchés géants ? Les crèches, les écoles et les facultés, ces lieux de rencontre seront fermés en cas de pandémie grippale. Les forces de l’ordre seront très sollicitées : assurer la circulation des véhicules, sécuriser les hôpitaux, assurer l’accès aux approvisionnements nécessaires, empêcher les agissements criminels, qui vont s’accroitre dans une telle situation troublée, protéger les biens et les personnes confinées à leur domicile et qui seront plus vulnérables du fait de la désorganisation de la vie sociale. L’activité criminelle s’en trouvera facilitée avec le port du masque qui permet de se dissimuler plus aisément. Le risque terroriste sera encore plus présent, et l’arrestation des criminels plus difficile. Les forces de l’ordre risquent d’être débordées et malmenées. Et pourtant, la sécurité doit rester le maître mot.

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CHAPITRE V : LA GRIPPE ESPAGNOLE, UNE REFERENCEEPIDEMIOLOGIQUE

Nous sommes aujourd’hui dans une pandémie dont l’origine est la grippe porcine. Les pays sont atteints les uns après les autres comme la chute de dominos. Celle-ci ne semble pas trop agressive. Qu’en sera-t-il demain ? Nous aimerions en connaître le scénario, d’autant qu’elle ne peut qu’être virulente. Quelles en seront les modalités ? Peut-on compter sur un vaccin adapté et dans quel délai ? La référence épidémiologique qui s’impose est celle de la grippe espagnole. Récemment, l'identification de certaines parties du virus responsable a relancé l'interrogation sur le passage à l'homme des virus aviaires. Dans le contexte de l'extension de l'épidémie A (H5N1) chez les oiseaux, la crainte d'une diffusion mondiale de cette forme de grippe, laisse planer le spectre, à la faveur d'une mutation du virus, du retour d'une redoutable pandémie humaine. La grippe espagnole de 1918 recueillit cette appellation du fait que le roi d'Espagne en fut victime. On aurait pu aussi l'appeler brésilienne puisqu'elle emporta le président du Brésil. N'oublions pas que de grands personnages firent partie de l'hécatombe : Guillaume Apollinaire, Gustave Klimt, Edmond Rostand, le Général Pershing, Lloyd George, le président Wilson. La grippe espagnole frappa en trois coups : une première poussée, au printemps 1918 d'intensité modérée ; une deuxième, à l'automne, d'une extrême violence ; et une troisième, au printemps 1919, aussi dévastatrice. Puis elle s’éteignit.

Une pandémie en trois vagues En fait, cette pandémie s'est étalée sur les années 1918-1919 .Trois vagues se sont en effet succédées sur 15 mois. Comme pour la grippe A de 2009, la première vague de grippe espagnole est apparue au printemps avec un premier cas déclaré aux États-Unis en mars 1918. L’épidémie actuelle est relativement bénigne. En revanche, la seconde vague, apparue en septembre 1918, s'est avérée beaucoup plus destructrice. Le monde médical ne s'attendait pas à cette forte contagiosité dès lors que ce n'était pas la saison propice à l'essaimage d'un virus grippal, qui frappe normalement quand les températures sont basses et un taux d'humidité élevé La troisième vague apparue en février 1919 a été, elle aussi, particulièrement meurtrière. Au final, la pandémie de la grippe espagnole de 19181919 peut servir de référence aux spécialistes de l'épidémiologie. C'était la première fois qu'on assistait à une succession illogique et imprévisible de vagues d'infections.

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La grippe espagnole a été la plus grande catastrophe sanitaire du XX ème siècle, due à un virus recombiné, probablement d’origine mixte, aviaire et humaine. Cette pandémie révéla la dangerosité due à de brusques mutations des virus grippaux A. Elle se distingua par certains aspects qui méritent d’être étudiés avec un grand soin. Les populations les plus atteintes ne furent pas celles qui sont d'ordinaire les plus vulnérables à la maladie, à savoir les enfants de moins de quatre ans et les sujets de plus de soixantecinq ans. La sous-mortalité des sujets les plus âgés serait attribuée à une immunité qui aurait été acquise par eux lors de la pandémie de 1890. Ainsi la grippe espagnole fut-elle particulièrement mortelle chez les nourrissons et les adultes jeunes. Elle fut meurtrière par sa localisation et ses complications pulmonaires, essentiellement bactériennes, (pneumocoque, Haemophilus influenzae, staphylocoque doré ou streptocoques) qui provoquèrent des bronchopneumonies hémorragiques. Nous retrouvons aujourd’hui ce même phénomène. Les plus de 59 ans seraient privilégiés. Depuis 1919, la grippe espagnole n'est pas réapparue chez l'homme. Ce fut comme un tsunami puis, elle s'est en apparence volatilisée. On a fini par l’oublier. Malheureusement, les raisons de l'exceptionnelle virulence de la grippe espagnole n'ont pas été identifiées avec certitude, ni ses « caprices » (les 3 périodes inexpliquées, l’atteinte des jeunes, son extinction...).

Des apprentis sorciers Rappelons que la grippe espagnole, s'est déclarée pour la première fois en 1918, dans le camp militaire de Fort Riley au Kansas. Avant de rejoindre l'Europe, les soldats furent systématiquement vaccinés contre des virus et des bactéries. Dans tous les camps militaires des Etats-Unis, les soldats cobayes furent inoculés contre la variole, la diphtérie, le tétanos, la rage et la typhoïde. Les médecins de l'époque notèrent qu'un grand nombre de soldats décédèrent immédiatement après les vaccinations ou ont manifesté les symptômes des maladies dont ils étaient supposés être protégés. Toute la population civile fut vaccinée et c'est à la suite de ces vaccinations de masse que l'épidémie dite grippe espagnole s'est déclarée aux Etats-Unis. Elle s'est propagée à travers le monde, contaminée par des milliers de soldats qui dûment vaccinés traversèrent alors l’Atlantique. En 2003, des scientifiques de l'armée des Etats-Unis ont recréé le virus de la "grippe espagnole" en laboratoire. Ces experts ont déclaré que plusieurs gènes du virus de la grippe de 1918 ont été isolés et introduits dans les souches de la grippe contemporaine. Cette mixture bricolée tua toutes les souris alors que le virus composé à partir de gènes, issus de la grippe actuelle, resta inoffensif. Ne disposant plus de génome du virus de la "grippe espagnole" complètement disparu de la surface de la planète, une équipe de chercheurs américains, se rendit en automne 2006 en Alaska pour retrouver trace de la souche du XXe siècle. Ayant eu connaissance d'un village dévasté par la grippe espagnole à cette époque, les experts émirent l'hypothèse qu'il 31

était possible de récupérer les virus sur les cadavres conservés dans la glace. Dans le petit cimetière à la sortie du village, ils exhumèrent ainsi le corps d'une jeune fille en parfait état de conservation et identifièrent la présence du sous-type H1N1. A la suite de cette « résurrection », le virus actuel, qui présente des similitudes avec celui de la grippe espagnole, menace maintenant la planète, Dans les temps présents la référence à la grippe espagnole est en vérité riche d'enseignements. Les pandémies évoluant par vagues, après un premier pic, il faut savoir qu'elles reviennent en force avec une mortalité plus forte. Que ces hauts et bas, surprenants et illogiques, nous servent de leçons ! Si la grippe A contemporaine a connu une vaste extension planétaire en quelques mois, heureusement sans grand dégât, on peut s'attendre à une pause ou une exacerbation, suivie d'un grand point d'interrogation. Il faut accepter le fait que les prochaines épidémies pourraient ressembler à. celle de la grippe espagnole dans leur durée et leur fréquence. Si nous connaissons des périodes de répit, il ne faudra pas abaisser la garde.

Evolution de la Grippe A Avril-Mai 2009: L'évolution de l'épidémie de grippe A, d'abord appelée grippe porcine puis grippe mexicaine, a envahi tous les continents en quelques mois et a amené l'OMS à déclencher le niveau 6 - sur une échelle de 6 - d'alerte pandémique mondiale. Devant la rapidité de la propagation du virus et le nombre de pays atteints, on ne peut qu'évoquer les ravages de l'épidémie de grippe espagnole de 1918. La comparaison restera-t-elle valable quant-à son évolution, son impact planétaire, ses morts? 27/06/09 : Premier cas de résistance au Tamiflu constaté au Danemark puis au Japon. Cela supposerait il que le virus A aurait quelque peu muté ? La prescription systématique de Tamiflu à toute personne présentant des symptômes grippaux ou ayant été en contact avec des personnes malades, telle qu'elle est pratiquée en France, n'est peut-être pas aussi judicieuse qu'il y parait, estime le Professeur Patrick Berche, Chef de service de microbiologie à l’Hôpital Necker. Le risque de voir se développer des résistances est réel et l'on pourrait avoir beaucoup plus besoin de ce traitement au cours de l'automne si le virus ne mute pas. « Le plan actuel contre la grippe a été fait pour lutter contre le H5NI qui a un taux de mortalité de 60 %, rappelle Patrick Berche. Il doit être plus souple. Il faut s’adapter à la situation ». Le vaccin contre la grippe A (H1N1) sera prêt au mieux à l'automne, si tout se passe comme prévu. Pour l'instant, toutes les firmes pharmaceutiques ont reçu le 27 mai dernier, la souche du virus qui leur a été adressée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Puis elles ont « préparé » ladite souche. Le vaccin est en effet fabriqué à partir de virus de la grippe tué. Il faut donc d'abord, cultiver ce virus pour en obtenir des milliards de particules, en général sur des œufs embryons (certaines firmes ont annoncé utiliser des cultures de cellules). Puis détruire ces virus, conditionner des doses de vaccins avec et sans adjuvant (un produit pour renforcer 32

l'immunité), tester différentes posologies...Il y a enfin incompressible et des conditions réglementaires à respecter.

une phase

d'analyses

«L'impact de ce vaccin sur la pandémie dépendra du moment où il sera disponible, assure le professeur Jean-Claude Manuguerra (virologue, Institut Pasteur, Paris). Mais pour l'instant, personne ne peut prédire le moment où il sera sur le marché. Il est certain que les travaux préparatoires faits il y a quelques années, avec un vaccin pré pandémique contre le H5N1 nous ont permis d'avancer avec des procédures plus rapides».

Des essais cliniques début août La production de vaccin a été lancée le 20 juin et les firmes ont commencé d'ores et déjà à inactiver le virus et à produire les premières doses qui seront utilisées pour les essais cliniques. Ces derniers «pourront commencer dès le début du mois d'août», assure Albert Garcia. Mais il faudra faire une série de tests, avec des doses différentes, en présence ou pas d'adjuvant, sur des catégories de population d'âges variables. A priori, pour obtenir une bonne immunité, deux doses de vaccin délivrées à trois semaines d'intervalle seront nécessaires. «Il faudra donc vacciner les volontaires, faire un test au bout de trois semaines, leur injecter la seconde dose et attendre encore trois semaines, avant d'évaluer le taux d'anticorps pour mesurer l'immunité obtenue », ajoute le spécialiste. Il y a enfin un temps incompressible pour analyser les résultats, vérifier l'absence d'effets secondaires et décider de la meilleure dose et de la stratégie optimale. «Il est hors de question de mettre sur le marché, un vaccin qui n'aurait pas été évalué dans les règles de l'art», insistent les experts.

Quelle leçon tirer de la grippe espagnole ? Le contexte contemporain, comparé à celui de 1918 présente des différences et d’autres paramètres défavorables. L'environnement est hautement péjoratif, la donne est différente. La population mondiale a augmenté, (6 milliards 700), les transports aériens facilitent le déplacement des hommes à travers les continents, les virus évoluent et se propagent à leur tour. Un seul individu infecté peut contaminer très vite des centaines de personnes, comme une allumette enflamme une meule de paille. Quant au réchauffement climatique, il favorise une pullulation de moustiques de plus en plus résistants, qui remontent vers le nord, et emportent leurs miasmes contaminants. Les virus sont imprévisibles, personne ne peut prévoir quand et pourquoi, d'un seul coup, leur virulence monte en flèche, le mal se transmettant d'une espèce à l'autre en menaçant de larges populations désarmées. Considérant que le virus actuel est plutôt bénin, certains estiment qu'il vaudrait mieux avoir la grippe afin de s'immuniser contre le H1N1 qui risque d'être plus virulent à l'automne. Des Anglais et des Américains franchissent le pas et se transmettent leur virus lors de soirées ludiques qu’ils appellent « swine flue parties » (« fêtes de grippe porcine ») 33

pour se fabriquer des anticorps qui pourraient les préserver lors du 2ème pic, une vaccination naturelle, en quelque sorte, mais qui est une fausse bonne idée. L'expérience de la grippe espagnole avait montré que ceux qui avaient eu la grippe au printemps quand elle était bénigne ont mieux résisté à la deuxième vague beaucoup plus meurtrière que ceux qui ne l'avaient pas eue. La stratégie des Anglais pourrait être logique dès lors que le virus reste le même. Mais sera-ce le cas ? Attraper délibérément la grippe n’est pas anodin. Même si les spécialistes s’accordent à dire que les chiffres officiels de cas confirmés et de décès sont loin de refléter la réalité, les données de l’OMS montrent que 4,5 cas sur mille ont été mortels Aujourd’hui, un million d'Américains auraient contracté le virus grippal A, identificateurs anticorps. L'évaluation a été faite par les chercheurs des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC). La moitié des personnes qui ont été infectées sont des habitants de la ville de New York. La plupart des décisions de santé publique s'appuient sur des modèles mathématiques, qui sont affinés et ajustés en fonction des différents épisodes grippaux qui se produisent dans le monde. «Le nombre des cas confirmés enregistrés par l'OMS ne représente que le sommet de l'iceberg», souligne le Pr Patrick Berche. L’analyse virologique sous-estime dans des proportions considérables le nombre de gens réellement infectés, aussi bien ceux qui ont eu des symptômes bénins et n'ont eu aucun traitement particulier et toutes les personnes asymptomatiques qui n'ont même pas su qu'elles avaient la grippe. La présence d'anticorps contre le H1N1 dans de nombreux tests sanguins réalisés prouve que de nombreux Américains ont été en contact avec le virus. Si on analyse l'histoire des pandémies, on relève un certain nombre de constantes. Elles diffèrent selon qu’il s'agit d'une première exposition à l’infection (les populations atteintes en ont déjà eu l'expérience) et de recombinaison des virus. Ainsi l'exposition première à une épidémie grave posera-t-elle des questions de nature différente : identifier le virus combiné, trouver des traitements même approximatifs, empêcher sa diffusion, garantir l'ordre public et la sécurité, maintenir l'activité économique, et, en premier lieu, pourvoir à l'alimentation de la population.

Quelques scénarios à prévoir Dans le cycle de réplication du virus de la grippe A, on relève 8 stades : 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. Amarrage du virus sur la membrane cellulaire ; l’hémagglutinine assure la fixation. Pénétration dans la cellule. Fusion de la membrane du virus avec celle de la cellule. Transcription. Réplication à partir des ARN viraux. Traduction et exportation. Assemblage. Bourgeonnement des virus non formés. Libération à l’extérieur de la cellule. La neuraminidase coupe les liaisons. 34

Soulignons que l'enzyme qui assure la transcription (recopiage) de l'ARN commet beaucoup de fautes De plus, il n'y a pas correction des erreurs lors de la synthèse de l'ARN. C’est ainsi que la structure du génome se modifie en permanence. Face à ces transformations, une sélection est opérée par les anticorps neutralisants fabriqués par l'organisme en réponse à l'agression virale. Les souches virales sont de ce fait modifiées, particulièrement marquée pour les virus A. Cette modification correspond à une « dérive génétique » appelée drift en anglais. De ce fait, les fautes de recopiage et la réaction de l'organisme au virus sont à l'origine d'un changement régulier de la structure de ce dernier. À la fois identique et différent, le virus ne se laisse pas piéger par les systèmes de reconnaissance de l'organisme. Le virus, parasite et ennemi absolu de tout être vivant est apte à déjouer les pièges tendus par chaque organisme. Le virus dispose d’autres modificateurs génétiques : le réassortiment, appelé « shift » par les Anglais. Ce dernier se produit lorsqu'un hôte (le cochon) est infecté en même temps par un virus humain et par un virus aviaire pour donner naissance à un hybride. Lorsque deux virus se rencontrent ils peuvent échanger leurs composantes ou les mélanger afin de créer de nouveaux. C'est ce qui est survenu lors de la grippe de Hong Kong, la dernière pandémie grippale du XXe siècle : on a assisté à la recombinaison chez le porc d'un virus A (H3N2), provenant du virus humain A (H2N2) et d'un virus aviaire A (H3Nx). Il s’est accaparé d’une hémagglutinine provenant du virus du canard et d’une neuraminidase du virus humain. Sachant que le système de défense de l'organisme ne reconnaît que ce qu’il a déjà vu, l’irruption soudaine de sites antigéniques inconnus l’a surpris et déstabilisé, ce contretemps peut engendrer des conséquences dramatiques qu’il sera difficile de colmater. Toutes ces modifications virales par glissement ou par réassortiment (cassure) devront être prises en compte lors la composition du vaccin. Si on assiste à un changement majeur de la structure du virus les défenses de l'organisme seront débordées. Par ailleurs le vaccin, fabriqué à partir de souches rencontrées auparavant, ne présente aucune efficacité.

La forme humaine de la grippe A (H5N1) Comme les autres virus aviaires, on pensait que le virus grippal A (H5N1) n'était a priori pas susceptible d'infecter l'homme. D’où la surprise de la communauté scientifique lors de son apparition chez l'homme à Hong Kong en 1997. Que s’est-il passé ? On suppose que la spécificité du récepteur permettant d’amarrer A (H5N1), après réplications multiples chez l'homme ou chez le porc, serait passé du type aviaire au type humain. Cette supposition a pu être confirmée lors des pandémies de 1918, 1957 et 1968. Les virus étaient porteurs d'une hémagglutinine aviaire, mais l'ancrage de cette protéine se faisait sur le récepteur humain. Il a par ailleurs été récemment montré que la liaison de l'hémagglutinine des virus A (H5N1) et A (H9N2) avait une affinité moindre pour les récepteurs de type aviaire chez le poulet que chez les oiseaux sauvages. Comble de malheur, ce récepteur avait acquis 35

certaines modifications moléculaires le rapprochant des récepteurs humains. De ce fait, les risques d'une évolution et d'un passage du virus aviaire à l'homme sont plus à craindre à partir du poulet qu'à partir des oiseaux sauvages. La propagation de la grippe aviaire chez les oiseaux migrateurs va s’étendre sur tous les continents en contaminant d'autres oiseaux et l'homme. Le prix à payer pour contenir, a été monstrueux : plus de cent vingt millions de volailles ont été sacrifiées lors des deux premiers mois de 2004. Et pourtant, l’épidémie animale n’a pas été éteinte. En ce qui concerne le virus A (H5N1), il faut d'abord remarquer qu'un vaccin ne peut concerner que celui qui circule actuellement chez les oiseaux et qui, dans un petit nombre de cas, a touché l'homme. Autrement dit, les seuls vaccins que l'on puisse fabriquer à partir du virus ne peuvent protéger que contre sa forme actuelle, c'est-à-dire contre le virus non muté. Autrement dit, l'incertitude est totale concernant leur efficacité réelle chez l'homme. La mise au point d'un tel vaccin est cependant d'importance majeure. En effet, la virulence du virus dans sa configuration actuelle est telle qu'il tue l'embryon de poule, le milieu de culture usuel ; il est impossible de fabriquer un vaccin en utilisant les méthodes classiques. Aujourd’hui, on redoute l’irruption d’un virus A (H5N1) avec une diffusion accélérée, une contagiosité et une virulence insoupçonnée. L’organisation mondiale de la santé a annoncé le 2 septembre 2005 que le risque de pandémie grippale est grand, qu’il va durer, que les moyens de l’éviter sont faibles et que les traitements manqueront Cela conforte les craintes de la communauté scientifique. De ce fait, chaque année, le vaccin doit tenir compte de cette variation. En effet, au sein d'un même sous-type, A (H3N2) par exemple, les changements de la structure même du virus se font avec une rapidité telle que si la composition du vaccin restait la même d'année en année et ne suivait pas ces modifications pour s'adapter en conséquence, il n'aurait rapidement plus d'efficacité et n'assurerait donc plus de protection. En 1918-1919, et, en l’absence de solutions, c'est par dizaines de millions qu’on pourrait compter le nombre de victimes de la prochaine grippe mondiale. Il n’y a cependant pas de fatalité, et des moyens existent pour y faire face. La solution thérapeutique ne sera pas celle à laquelle on s’attend ! des thérapeutiques ont déjà fait la preuve de leur efficacité !

La Psychose Les réactions face à la pandémie sont différentes lorsqu'il s'agit d'un premier contact à la pandémie lorsque les populations atteintes en ont déjà eu l'expérience. La première prise de conscience d’un tél évènement dramatique par une phase d’étonnement ou une consternation : la tragédie est grave, rien ne peut s'opposer à l’arrivée de la catastrophe. Le savoir des experts et des universitaires est inefficace. Les médecins généralistes, en charge des malades, seront les premiers à contracter la maladie, et parfois à en mourir. 36

Elle contamine également ceux qui – les prêtres, les autorités civiles, les infirmières et les proches – sont au contact des mourants. Ces professions peuvent payer un lourd tribut à la maladie. Certains seront emportés laissant ainsi la société désorganisée, ce qui peut entraîner une anarchie. La vie économique s'arrête, les métiers sont désorganisés, la famine survient.

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CHAPITRE VI : MOBILISATION GENERALE

Face à une pandémie grippale, l’OMS, qui coiffe tous les ministères de la santé de la planète, dispose d’une stratégie de prévention et de lutte. Chaque Etat a mis au point sa propre stratégie de prévention et de lutte regroupé dans un plan national. Selon l’évolution de l’épidémie, l’OMS procède à une hiérarchisation. C’est ainsi qu’elle établit un ensemble de mesures adaptées selon chaque étape. A son tour, chaque Etat met au point ses propres dispositions.

Situation 1 : Absence de circulation de nouveau virus hautement pathogène chez l'animal et chez l'homme Période interpandémique — Phase 1 OMS

Des mesures qui sont établies relèvent d'une posture permanente de sécurité et ont vocation à être mises en œuvre dès la situation 1, mais aussi à être poursuivies clans les différentes situations.

Situation 2A : Épizootie à l'étranger provoquée par un virus hautement pathogène, sans cas humain Période interpandémique — Phase 2 OMS

Les mesures préconisées constituent des propositions à examiner au cas par cas. L'apparition d'une épizootie d'origine grippale, même sans cas humain avéré, est un facteur de risque dès lors que la souche virale a été caractérisée comme hautement pathogène par 1111 laboratoire reconnu.

Situation 2B : Épizootie en France provoquée par un virus hautement pathogène, sans cas humain 38

Période interpandémique — Phase 2 OMS Les mesures préconisées constituent des propositions à examiner au cas par cas.

Situation 3A : Cas isolés à l'étranger sans transmission interhumaine Période d'alerte pandémique Phase 3 OMS

Situation 3B : Cas humains isolés en France sans transmission interhumaine Période d'alerte pandémique — Phase 3 OMS

Cette situation correspond soit à des cas importés, soit à des cas liés à un foyer d'épizootie sur le territoire national. La maladie ne change pas de nature. La vie de la population ne devrait pas être bouleversée mais il ne faut pas sous-estimer les réactions psychologiques et I 'apparition de nombreux faux cas mobilisant les moyens médicaux.

Situation 4A : Cas humains groupés à l'étranger, limités et localisés Période d'alerte pandémique — Phase 4 OMS

Cette situation, si elle correspond bien à un changement de nature du virus, doit être considérée comme un signal d'alerte. La coopération internationale pour éviter l'exportation du virus et la projection de moyens sanitaires pour circonscrire les foyers, constitueront vraisemblablement la stratégie la plus efficace.

Situation 4B : Cas humains groupés en France, limités et localisés Période d'alerte pandémique — Phase 4 OMS

L'apparition de cas groupés en France, quelle qu'en soit l'origine, conduit à suspecter une transmission interhumaine et constitue un événement majeur. Si elle correspond à un changement de nature du virus, elle peut précéder sa diffusion rapide et, dans un scénario sévère, la pandémie elle-même. A cette étape, il est possible de circonscrire les foyers et, 39

conjointement, de prendre les mesures pour éviter la diffusion du virus dans et hors nos frontières. Situation 5A : Larges foyers de cas humains groupés non maîtrisés à l’étranger Période d'alerte pandémique — Phase 5 OMS

Cette phase peut constituer le démarrage d'une pandémie. Sans avoir besoin d'attendre une confirmation de l'OMS, elle témoigne du changeaient de nature du virus et doit conduire à une mobilisation des autorités pour empêcher l'introduction du virus sur le territoire et préparer le pays à affronter la pandémie.

Situation 5B/6 : En 5 B, de larges foyers de cas groupés non maîtrisés sont présents en France : cette situation équivaut à un démarrage de la pandémie sur le territoire français et justifie l'examen des mêmes mesures que la situation pandémique 6. Pandémie grippale Période d’alerte pandémique -Phase 5 OMS Période pandémique —Phase 6 OMS

La grippe est une infection respiratoire aiguë, contagieuse, d'origine virale. Une épidémie saisonnière hivernale peut toucher 5 à 15 % de la population. Le délai d'incubation est de un à sept jours et les signes cliniques durent cinq à dix jours : le malade est contagieux 24 à 48 heures avant l'apparition des signes cliniques et le demeure pendant la période symptomatique de la maladie. La persistance depuis 2003 d'un virus influenza aviaire hautement pathogène (H5N1) dans l'environnement et dans l'avifaune, tant sauvage que domestique, dans de nombreux pays ainsi que le franchissement de la barrière d'espèces, observé dans les conditions naturelles, font craindre l'émergence d'un virus grippal pandémique à partir de ce virus H5N1, sans qu'il faille pour autant exclure que la pandémie puisse être provoquée par un autre virus influenza (H7 ou H9 par exemple, voire H2). La cinétique et l'impact d'une pandémie ont été modélisés en France par l'Institut de veille sanitaire sur la base des pandémies historiques. En l'absence d'intervention sanitaire, le bilan français réalisé en 2006 pourrait s'établir de 9 à 21 millions de malades, et de 91 000 à 212 000 décès en fin de pandémie. 500 000 à un million de personnes pourraient développer des complications nécessitant leur hospitalisation. Mais en 2009 bien des choses ont changé ! 40

L'extension d'une pandémie se fait classiquement en vagues successives pouvant s'installer en deux à quatre semaines et durer chacune 8 à 12 semaines, séparées de quelques mois voire davantage. Cependant, en raison de la mondialisation des échanges, une extension de la pandémie, sans vagues successives, mais avec des pics associés à un fond permanent de cas est possible. Outre son impact sanitaire majeur, une pandémie pourrait provoquer durablement :

− une désorganisation du système de santé en raison de la saturation rapide des services de soins qui seront confiés en France aux médecins généralistes ; − une désorganisation de la vie sociale et économique ; − une paralysie partielle de services essentiels au fonctionnement de la société et de l'État.
Situation 7 : Fin de la pandémie ou période comprise entre deux vagues

En l'absence de critères actuels permettant de distinguer la fin d'une vague pandémique et la fin d'une pandémie, la situation 7 ne pourra être déclenchée que si les éléments suivants sont notés :

− −

Annonce de la diminution de cas à l'étranger par l'OMS ; Baisse des cas en dessous du seuil épidémique, constaté sur la courbe des cas (l'expérience des pandémies passées, en 1918-1920 notamment, témoigne d'une fin de vague lorsque le nombre de cas recensés sur une semaine descend à moins de 10 % du nombre enregistré lors de la semaine de pic pandémique). Une vague suivante peut toutefois survenir dans un délai rapproché (entre deux semaines et quelques mois). Remise en condition du dispositif de réponse et de surveillance en cas de vague nouvelle

Fonctionnement de l’OMS L'organisation mondiale de la santé (OMS) a tiré la sonnette d'alarme sur la gravité du virus de la grippe A le 25 avril dernier. Alors que le Mexique recensait une vingtaine de morts, le comité d'urgence de l'OMS estimait que la maladie avait « un potentiel pandémique » et que l'apparition de ce virus transmissible d'homme à homme représentait « une urgence en termes de santé publique et une préoccupation internationale ». La directrice générale de l'OMS, Margaret Chan, recommandait à tous les pays d'intensifier « leur surveillance des cas inhabituels de maladie ressemblant à une grippe ou à une grave pneumonie ». La situation est « sérieuse », « imprévisible » et « évolue vite », avertissait-elle. Forte de 8 000 spécialistes de la santé publique du monde entier (médecins, épidémiologistes, scientifiques...), l'OMS, créée en avril 1948, établit des normes sanitaires et aide les pays à faire face aux problèmes de santé publique. Elle a notamment coordonné la campagne menée pour éradiquer la variole à la fin des années 1970. 41

Dès le mois de janvier 2006, le directeur régional de l'OMS pour l'Europe, Marc Danzon, estimait que, « dans les dix ans », il y aurait « une pandémie due à un virus qui se sera échappé du règne animal ». « L'incertitude porte sur le degré de sévérité qu'elle revêtira », ajoutait-il. Le 17 juillet 2009, l'OMS indiquait que le virus de la grippe porcine se propageait dans le monde à une vitesse « sans précédent par rapport à d'autres épidémies ».

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CHAPITRE VII : LE TAMIFLU

Depuis plusieurs années, le Tamiflu est le remède messie. Médiatisé, il s’est répandu urbi et orbi. Considéré comme le paratonnerre face à la grippe. Mais qu’en est-il ? Le Tamiflu s'est aujourd'hui imposé comme le remède de référence contre la grippe, et son rôle, jusqu'ici relativement modeste dans la prise en charge de la grippe non compliquée du sujet jeune et sain, aurait pu devenir central en cas de pandémie. C'est d'ailleurs sur l'utilisation du Tamiflu seul, que reposent les stratégies récemment mises au point pour neutraliser les éventuelles éclosions de grippe A. Le Tamiflu est extrait de l’Anis Etoilé, le fruit du badianier. L'anisier étoilé est cultivé en Asie, en particulier au Vietnam, en Chine et au Japon. Le fruit séché contient une huile essentielle très riche en trans-anéthole (80-90%) et en monoterpènes. On y trouve aussi des flavonoïdes, des tanins et divers acides phénoliques (acide shikimique, acide caféique, etc.). Son indication thérapeutique habituelle est le traitement symptomatique des troubles digestifs (ballonnements, flatulences) et des états inflammatoires des voies respiratoires. L'anis étoilé contient de grandes quantités d'acide shikimique, molécule de départ clef pour la synthèse totale du Tamiflu® ou phosphate d'oseltamivir, un médicament antiviral pour la prophylaxie et le traitement de la grippe de type A et de type B. La crainte de la grippe aviaire est bien là et le besoin de produire des grandes quantités de phosphate d'oseltamivir existe. La Chine produit des tonnes d'anis étoilé pour en extraire l'acide shikimique, mais arrivera-t-elle à couvrir tous les besoins de l'industrie pharmaceutique ? La synthèse du précurseur clef, l'acide shikimique a déjà été réalisée, mais pour le moment, il est économiquement plus rentable de l'extraire de la badiane de Chine, car 13 g de fruits séchés, débarrassés des graines, fournissent 1.3 g d'acide shikimique pur. En une dizaine d'opérations chimiques, on obtient environ 1 g de phosphate d'oseltamivir servant à la formulation et à l'obtention de 10 capsules à 75 mg de Tamiflu®. Le phosphate d'oseltamivir est en réalité une prodrogue (ou promédicament) qui se transforme rapidement dans le tractus gastro-intestinal en son métabolite actif (carboxylate d'oseltamivir) par les estérases du foie et de la paroi intestinale.

Mode d’action L'absorption de ce promédicament est très rapide : la concentration maximale est atteinte en trente minutes ; la biodisponibilité est élevée : 75 à 80 %. Son absorption n'est pas modifiée par la prise d'aliments. Le produit actif se distribue dans tous les sites de multiplication du virus, et sa demi-vie dans le plasma est de six à dix heures. Il est éliminé presque exclusivement par le rein. Il n'inhibe pas la réponse immunitaire. 43

L’oscitamivir est un inhibiteur de la neuraminidase qui joue un rôle essentiel dans la multiplication des virus. Elle empêche que les virus libérés s’agglutinent les uns aux autres et facilite leur passage au travers du mucus.

Limites de l’action du Tamiflu Les études effectuées chez l'adulte et chez l'enfant auraient montré une certaine efficacité dans le traitement curatif de la grippe (réduction de la durée, diminution des symptômes). Il doit être pris dans les quarante-huit heures qui suivent l'apparition des symptômes : plus la prise est précoce plus l'efficacité est grande. Administré avant la douzième heure, il diminue d'environ trois jours la durée des symptômes. Passé ce délai, le médicament perd progressivement ses propriétés thérapeutiques. Pourtant rien ne nous permet de dire pour le moment que ce médicament conçu pour lutter contre la grippe soit réellement efficace contre ce nouveau virus. On sait d'abord que le médicament perd son efficacité s'il n'est pas administré immédiatement. On a aussi du mal à discerner si le virus de la grippe A, plutôt bénin pour le moment, ne disparaît pas tout seul au bout de quelques jours, même si l'on affirme que c'est le Tamiflu qui en vient à bout. Enfin, il faut savoir que ce médicament ne présente aucune efficacité en prévention. Ce qui n'empêche pas le protocole français de prévoir un traitement antiviral pour les personnes qui ont été en contact avec une personne malade. Une stratégie qui peut au contraire favoriser le développement d'une souche résistante au Tamiflu. En résumé, pour le moment l'effet du Tamiflu se fait surtout sentir chez le gouvernement, bien content de justifier sa commande de quelques 33 millions de doses qui, soit dit en passant, seront bientôt périmées. Mais les labos planchent déjà sur le prochain vaccin, quelle chance. A signaler que la badiane de Chine est malheureusement parfois confondue avec la badiane du Japon. Cette dernière est toxique et provoque des convulsions. Plusieurs cas ont été rapportés ces dernières années, notamment des intoxications chez de très jeunes enfants après ingestion d'infusion médicinale de badiane et chez les adultes ayant consommé du vin chaud aromatisé avec des grandes quantités de badiane. La substitution partielle de la badiane de Chine par celle du Japon a sans aucun doute été liée à la pénurie dont a fait l'objet la Chine. Depuis 2007, on trouve à nouveau la badiane de Chine sous différentes formes et des contrôles ont été mis en place afin qu'il n'y ait plus de confusion.

La teinture mère de badiane Longtemps, on a extrait l'acide shikimique, la molécule active antigrippe du fameux Tamiflu, de l'anis étoilé. Ce n'est que depuis 2006 que des chercheurs de l'université de Tokyo ont réussi à synthétiser la molécule artificiellement (pour un meilleur rendement), mais l'anis étoilé n'a aucunement perdu de ses qualités thérapeutiques. Avoir toujours quelques fruits séchés de badiane dans ses réserves semble être une bonne mesure de 44

prévention, et 1oo % naturelle ! En attendant l'éventuelle épidémie, rien ne vous empêche de prendre de la tisane de badiane. Mettez trois ou quatre étoiles dans le fond de votre tasse, versez de l'eau bouillante, couvrez et attendez dix minutes avant de boire. Vous pouvez la prendre le matin au réveil, ou bien un quart d'heure avant les repas, voire une heure après les repas. Vous pouvez aussi prendre la badiane en teinture mère (achetez un flacon de 120 ml, boire 2 fois 40 gouttes + eau). Les plantes, comme par le passé, fournissent des molécules utilisables directement comme médicaments ou comme substances de départ pour la synthèse de ces derniers. À une époque où les pouvoirs publics investissent beaucoup d'argent pour la recherche de médicaments issus de la génétique et de la génomique, il est nécessaire de rappeler que de nombreux médicaments de demain proviendront encore du règne végétal. À signaler qu'une autre molécule d'origine naturelle, à savoir l'acide quinique, sert aussi de substance de départ pour la synthèse du phosphaté d'oseltamivir. Cette molécule est extraite de l'écorce du quinquina ou Cinchona succirubra (Rubiacée). Cependant, les étapes qui mènent de l'acide quinique au phosphate d'oseltamivir sont plus longues. Précisons que les molécules de départ pour la synthèse du phosphate d'oseltamivir, l'acide shikimique et l'acide quinique, sont dépourvues d'activités antivirales. C’est ainsi que l'anis étoilé pris comme tel, n'a aucun effet sur la grippe. C’est un excellent antispasmodique.

Exit le Tamiflu ? Nous rappelons que cette molécule : N’agit pas à titre préventif Agit dans les 48 premières heures Est efficace dans la Grippe A porcine Ne sera plus efficace dès lors que le virus aura muté

En ce jour du 29-06-2009, le Tamiflu s’avère résistant au Danemark et au Japon. Des tonnes de Tamiflu vont rester sur les bras des actionnaires, à moins qu’ils trouvent une stratégie pour les recycler. Heureusement il existe des thérapies naturelles qui ont déjà fait leurs preuves.

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CHAPITRE VIII : LA VACCINATION

Le combat officiel contre la grippe inclut en premier lieu la vaccination, les antiviraux spécifiques, les thérapies symptomatiques, les mesures de protection et la mise en quarantaine. Sans oublier les remèdes nécessaires pour juguler les complications, et autres surinfections bactériennes (masques, hygiène). La thérapie peut être préventive ou curative. La vaccination prévient l’apparition de l’infection en stimulant les défenses immunitaires et en lui offrant la mémoire immunitaire qui permettra à l’organisme d’identifier les intrus et combattre ainsi le virus contre lequel le vaccin aura été réalisé. Parmi toutes ces approches : seule la vaccination accorde une mémoire biologique. Si la protection vaccinale était de 100 %, autrement dit évitait à tous les sujets vaccinés de développer la grippe, ce serait idéal. Tel n'est pas le cas. Malgré tout, un certain pourcentage de sujets vaccinés développe la maladie. Rien d’alarmant quand il s'agit d'une grippe banale qui frappe des sujets jeunes et bien portants : sinon, la grippe cause des ravages mais surtout chez les sujets âgés et à risques (immunodéprimés ou porteurs de maladies chroniques). Mais le contexte change en cas de pandémie. La situation peut devenir alarmante. Un système immunitaire renforcé se joue des intrus : exposé pour la première fois à un agent pathogène, l’organisme est apte à produire les armes spécifiques sous forme d’anticorps qui inondent l'organisme. Lors de l'infection suivante, l'agent pathogène est automatiquement identifié et neutralisé grâce à la mémoire immunitaire. La protection sera différée mais durable.

Historique Officiellement, la vaccination scientifique officielle a commencé à la fin du XVIIIe siècle, avec le médecin anglais Edward Jennet, qui, afin de protéger les hommes de la variole entreprit d'inoculer la vaccine, maladie spécifique des bovins proche de la variole, maladie tout aussi spécifique des êtres humains. L'idée n'était pas sans intérêt, car elle favorisait la prévention ; encore eût-il fallu s'assurer de la justesse des mécanismes mis en jeu et de l'innocuité des procédés. Les Anciens avaient déjà observé que le fait de contracter une maladie infectieuse et contagieuse, tels les oreillons, protégeait ensuite de cette maladie. C'est le principe de la « mithridatisation ». Le ralliement enthousiaste que connut cette méthode novatrice, notamment dans les classes aisées, a masqué la réalité des faits et neutralisé provisoirement la vive opposition que cette pratique avait généré dès ces débuts. 46

Jenner a simplement remplacé le pus variolique, transmis par la variolisation, sous forme de pus d'abord prélevé sur des vaches, puis purifié. C'est ainsi que ce premier vaccin artisanal et empirique a été administré tel quel à des milliers de personnes à travers le monde. Si la variolisation avait contribué à répandre la variole, à amplifier les foyers infectieux et à rendre la maladie permanente, en revanche le vaccin de Jenner mit un terme à l'inoculation, mais n'a pas pour autant fait avancer les choses, sinon ouvert la voie à une contamination plus complexe et ingérable, dès, lors qu'on introduisait sciemment et directement dans le corps un élément étranger, autrement dit de l'ADN d'une autre espèce, provenant de surcroît d'un animal malade. Ce risque non calculé a généré des effets délétères encore présents aujourd'hui et pour plusieurs siècles. Le génie de l'homme a donc réussi, à la fin du XVIIIe siècle, à bouleverser l'écosystème en facilitant le passage de micro-organismes d'une espèce à une autre. La barrière d'espèce était franchie, c'était les prémisses de l'« animalisation » de l'homme ou « minotaurisation de l'espèce humaine», selon les termes de Pierre Darmon. Évidemment, cette façon de procéder était contre-nature. Jenner se comportait en apprenti sorcier.

Classification des virus On dispose des : • vaccins vivants ou atténués : fabriqués à partir d’agents pathogènes qu’on fait muter pour qu’ils perdent leur pouvoir infectieux (rubéole, rougeole). o Efficaces après une dose unique o La protection immunitaire est accélérée et prolongée o Présence de manifestations retardées de nature infectieuse vaccins inactivés : fabriqués à partir d’agents pathogènes qu’on a tués auparavant (grippe, tétanos) o Dépourvus de pouvoir infectant o Entiers ou fractions antigéniques (anatoxines, antigènes capsulaires ou membranaires) o Le renforcement de la protection est souvent nécessaire pour la répétition de doses espacées dans le temps o manifestations précoces de nature toxique ou d’hypersensibilité. Vaccins issus du génie génétique produits à partir d’agents pathogènes dont on a inhibé les gènes responsables du pouvoir infectieux (hépatite B) Vaccins potentialisés

• •

Auparavant, les vaccins contre la grippe, étaient constitués de virus entiers inactivés, puis ont succédé à des vaccins à virus éclatés purifiés pour en limiter les effets secondaires. La biologie actuelle permet de limiter la virulence des virus grâce à des vaccins vivants atténués, avec une approche plus adaptée que la méthode classique de passages successifs en culture. De nombreux travaux sont entrepris pour perfectionner leur mise au point et les rendre plus efficaces en incorporant des adjuvants, ces excipients injectés en même temps que le 47

produit vaccinal, composés le plus souvent de sels d’aluminium, destinés à renforcer la défense immunitaire, mais l'amélioration de l'efficacité est minime et on les accuse de provoquer des effets délétères. C'est le cas de l'aluminium suspecté de générer des lésions musculaires chroniques.

Mécanisme : Apporte deux types de réponses : • Réponse primaire : premier contact antigénique entraînant une augmentation lente (pic en 2 à 4 semaines) et différée des anticorps à faible niveau suivie d'une décroissance rapide de leur taux. Réponse secondaire : un contact ultérieur au même antigène met en jeu la mémoire immune et entraîne en quelques jours une élévation importante et durable des anticorps protecteurs.

La maturité immunologique apparaît à 6-8 semaines de vie, âge minimum pour la plupart des vaccinations, et décroît progressivement avec l'âge.

Effets indésirables mineurs : • • • • • • Réaction locale Episode fébrile Convulsions après vaccinations Eruption Arthralgies, arthrites : rubéole, hépatite B Parotidite, réaction méningée : oreillons

Accidents graves : • • • Choc anaphylactique (œdème de la face) Maladie de Guillain-Barré Sclérose en plaques

En ce qui concerne la grippe A et la possibilité de mutations, comment réaliser un vaccin adapté ? La problématique du vaccin contre le virus de la grippe est qu’il change en permanence de structure, il est impossible de le maîtriser. Il en résulté que ces modifications virales par glissement ou par réassortiment (cassure) expliquent pourquoi la composition du vaccin contre la grippe doit s'adapter à celles-ci. Si la structure du virus change, les défenses de l'organisme seront facilement débordées.

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Et c’est une nouvelle course qui s’engage. De nombreux laboratoires, à la recherche d'un vaccin opérant, prennent en compte d’autres éléments à la place des propriétés immunologiques des protéines de surface. Mais lesquels ? La mise au point d'un vaccin reste donc hypothétique : il faut découvrir le défaut de la cuirasse du virus, ce qui suppose la connaissance de son mode de fonctionnement. le style de vie du virus, ses modes de cheminement dans l’organisme, les types de cellules qu'il aborde préférentiellement. Une fois mis au point le vaccin subit une multitude de contrôles et essais pour obtenir son autorisation. Il faut ajuster les doses efficaces pour les enfants et les adultes, contrôler l’absence d'effets secondaires, enfin s’assurer que la protection sera durable. On comprend dès lors pourquoi le délai entre le début de l'épidémie et la mise à disposition d'un vaccin efficace s'avère souvent trop long. En fait, nous ne disposons pas de moyens rapides pour éradiquer les virus qui possèdent, en plus de leur capacité à se recombiner sans cesse, des visages différents. Les armes produites risquent d’être très vite périmées et à, nouveau c’est la course à la recherche de nouvelles parades.

Un dogme sécurisant Notre société accueille favorablement les vaccins. Nous sommes devenus des consommateurs dépendants, toujours désireux d'en « avoir plus ». Les fabricants l'ont bien compris qui n'ont qu'a entretenir cette dépendance. Le vaccin, en effet, reflète bien à lui seul notre conception de la maladie, du rôle du médecin et de la prise en charge de la santé au niveau individuel et collectif. « Le vaccin évite de se responsabiliser, de s'investir», écrit Sylvie Simon dans son livre « Vaccination, l'overdose ». Au départ, on a procédé aux vaccinations sans connaître les mécanismes des microbes, des bactéries, des virus et encore moins du système immunitaire. Malgré cette absence de connaissances, la vaccination s'est très vite généralisée dans la pratique médicale. Convaincus que la vaccination était une panacée, les tenants de cette pratique l'ont imposée dans le monde entier sous forme de campagnes vaccinales, de calendriers vaccinaux, de programmes élargis de vaccinations, de lois d'obligation vaccinale, etc. La vaccination est devenue culturelle telle une idéologie pour laquelle on doit être prêt à immoler un petit nombre afin de sauvegarder le groupe. Solution de facilité, approche sécurisante, la vaccination offre une alternative commode que nulle autre pratique médicale ne possède. Certes, sa mise au point a nécessité un investissement chiffrable, mais qui a vite été amorti par des bénéfices alléchants qui poussent à une surenchère commerciale incessante.

Des risques considérables pour un bénéfice illusoire Parmi les nombreux effets secondaires, dont parfois ceux de la grippe elle-même, il faut citer les péricardites aiguës, les problèmes cardiaques, les vertiges et les céphalées, mais également les pathologies neurologiques ; encéphalite, myélopathie, occlusion de la veine 49

centrale de la rétine, paraplégie, radiculite sans compter l'aggravation de l'arthrite inflammatoire dont sont atteints la plupart des gens âgés. Pas plus que les constats de non-efficacité du vaccin, ces mises en garde n'ont empêché les auteurs du « Guide des vaccinations » d'affirmer : « La grippe constitue un problème majeur de santé publique contre lequel nous ne disposons que d'une arme opérationnelle la vaccination ». Le Guide se garde bien de nous avertir qu'outre les virus de la grippe le vaccin contient des antibiotiques, des protéines de poulet, du thiomersal (dérivé du mercure très toxique) et du formaldéhyde, classifié dans le même groupe de drogues que le cyanure et l'arsenic, qui crée également des dommages dans certaines protéines des cellules comme les enzymes, les microtubules et autres composants qui pourraient détériorer l'ADN, accroître l'activité carcinogène et générer des effets mutagènes.

Les enfants sont de plus en plus malades Dans le cas de la grippe saisonnière, le calendrier vaccinal 2008 préconise même la vaccination de l'entourage familial des nourrissons de 0 à 6 mois présentant des facteurs de risque comme les prématurés. Quand on sait qu’un nourrisson a un système immunitaire immature. A-t-on bien réfléchi quant aux conséquences. Nombreux sont les médecins qui ont constaté que ce sont les enfants non vaccinés qui se portent le mieux, surtout parmi les populations bien nourries et qui vivent dans de bonnes conditions d'hygiène. Nous avons échangé les bénignes maladies de l'enfance contre de graves pathologies. A l'échelle mondiale, le Dr Michel Odent constatait en 1994 dans Jama (vol. 212) que l'asthme de l'enfance est devenu le problème numéro un en pédiatrie. D'après l'OMS, dans l'ensemble de l'Europe occidentale, l'incidence de l'asthme a doublé en dix ans. Et depuis le début des années 1980, le nombre d'asthmatiques a augmenté de plus de 60 % aux Etats-Unis. De même, la sclérose en plaques était quasiment inconnue chez le jeune adulte avant l'introduction du vaccin contre l'hépatite B, tout comme le diabète insulinodépendant. Quant à la fréquence de l'arthrite juvénile chronique, elle a plus que doublé depuis la mise en route de cette vaccination de masse. Au cours des vingt dernières années, les troubles de l'attention ont doublé. Les problèmes d'apprentissage ont triplé et l'autisme a augmenté de manière vertigineuse à travers le monde sans compter les maladies auto-immunes. Personne ne peut nier que les "maladies de civilisation" ont explosé depuis que les vaccinations de masse sont pratiquées. Après cette litanie d’effets délétères, le cancer est devenu la seconde cause de mortalité chez les enfants de moins de 12 ans.

L'immunité naturelle a disparu

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Selon la médecine officielle, la santé est l'absence de maladies, ce qui a généré ce que l'on appelle "la médecine préventive", mais la véritable prévention ne consiste pas à multiplier les vaccins pour "prévenir" les maladies. Nous devrions abandonner cette logique de guerre contre les microbes, car sans eux la vie n'existerait pas. En outre, la vaccination de masse empêche l'installation de l'immunité naturelle conférée par la confrontation avec les virus et les microbes et qui se transmet d'une génération à l'autre. A présent les mères n'ont qu'une immunité vaccinale qui est loin d'être permanente ; ne peut se transmettre à leurs enfants et elle permet ainsi aux maladies de l'enfance de se manifester à des âges où elles sont beaucoup plus dangereuses. Si nous continuons sur cette lancée, nous risquons de disparaître avant notre planète, tout aussi menacée. Il est d'autant plus important d'être ainsi avertis que les vaccins ne sont pas des médicaments. Ils sont destinés à des êtres en bonne santé dans le dessein de prévenir une maladie hypothétique et la plupart de temps bénigne. Aussi, lorsqu'on parle du rapport bénéfice-risque des vaccins, il ne faut pas le comparer au dilemme qui peut se poser lors d'une très grave maladie qui peut être soignée par un médicament qui met en péril notre vie. C'est loin d'être le cas. « Cette désinformation, souligne Sylvie Simon, nous a conduits à croire que la vie serait impossible sans vaccinations et que, de toute façon, si elles ne font pas de bien elles ne peuvent pas faire de mal, puisque la médecine est censée rétablir la santé des gens malades et non rendre malade des gens bien portants, certitude qui est déjà une erreur magistrale, car tout traitement actif a des effets secondaires ».

Une vision prophétique En janvier 1958, dans sa « Revue de pathologie générale et de physiologie clinique », le Pr Louis Claude Vincent écrivait : « Vous avez dû vous apercevoir, messieurs, au cours de nos discussions, que je n'étais pas partisan de l'utilisation des vaccins. Ce n'est pas une question de principe. C'est une question, je dirai, raisonnée. C'est une question de physique, que je voudrais vous exposer dans ses grandes lignes, et justifier dans ses fondements ». « Les virus sont des excédents de sels qui se cristallisent, retournent à l'état cristallin parce qu'il y a sursaturation ou déficience du solvant, c'est-à-dire de l'eau. Et cette cristallisation du virus se produit toujours en terrain suroxydé, soit avec un rH2 élevé, supérieur à 28. D'où les dangers des vaccins, qui favorisent l’obtention d’un terrain suroxydé, immunisant, bien sûr, vis à vis des microbes réducteurs, mais favorisant la cristallisation et la formation du virus. Quant aux réactions de précipitations antigènes-anticorps, elles correspondent toutes obligatoirement à des précipitations produites par le passage, lors du mélange des deux, à un pH et un potentiel d'oxydo-réduction dit « iso-électrique », pour une résistivité ou une concentration donnée. 51

Ce que l'on ne peut nier, d'après le bio-électronigramme, c'est que le vaccin modifie le terrain du vacciné le pousse vers un terrain alcalin et oxydé : celui du cancer et des virus. Le fait n'est plus niable. C’est pour cela que je n’ai pas pu voter les vœux demandant que l'application des vaccins soit étendue. Avec les vaccins, nous préparons les maladies de la civilisation, c'est-à-dire les malades à virus. Quand on s’est attaqué aux microbes pour s'épargner quelques maladies à microbes, c'est la ruée vers les maladies à virus. J'espère que vous voudrez bien réfléchir à quelques-uns des points exposés. Vous m'excuserez en tous cas si j'ai pu vous heurter dans vos convictions vaccinales, mais j'estime qu'avant tout je vous devais la franchise de ces explications ». Immédiatement, le professeur Vincent, chargé de la gestion des eaux d’Ile-de-France fut destitué. On ne touche pas au vaccin qui est sacro-saint.

La vaccination, geste incontournable Face à la grippe, le vaccin reste cependant le traitement de base, même si son efficacité n'est pas maximale. La vaccination fait référence à la mémoire. Considérant la variabilité du virus, le vaccin ne peut pas être parfait. Il est difficile d’apprécier l'influence d'une ou de plusieurs vaccinations successives, de même, on ignore l’impact des épisodes grippaux sur cette mémoire qui peut expliquer la faible mortalité observée en 1918-19 chez les plus de soixante-cinq ans et qui serait due à une immunisation acquise au cours de la grippe de 1890. Les anticorps secrétés à cette occasion ont préservé la population. Ainsi je préconise cette vaccination faite d’un vaccin efficace. Lors du deuxième pic nous serons immunisés et la catastrophe sera limitée. Mais ce vaccin sera-t-il au point et dans des délais assez brefs ?

Un vaccin multi-tâches « Vaccins et Tamiflu ne suffit pas » affirme le Pr Jean-Philippe Derenne. « L’expérience mexicaine a montré que, lors de l'émergence du nouveau virus sur les malades présentant une grippe clinique, seuls 21 % étaient atteints par le mutant A (H1N1). Ce qui implique que si on soignait tout le monde par le Tamiflu, ce serait en pure perte quatre fois sur cinq. Et cette proportion est de l'ordre de ce qui est constaté lors des grippes saisonnières. Si, à l'automne, arrivent soudain des millions de malades, sur quels critères pourra-t-on savoir que tel patient vu en urgence est porteur du virus ? Il n'y a à ce jour pas de test permettant, dans ces conditions, de le savoir. Donnera-t- on du Tamiflu à tout le monde au risque de le gaspiller, voire de faire émerger des souches résistantes ? » 52

« Mais entre deux poussées de panique médiatique, les chercheurs n'ont jamais arrêté d'explorer des pistes prometteuses, avançant sur le chemin d'un vaccin anti-grippe multitâches, qui pourrait protéger contre plusieurs souches de ce redoutable mutant en série », peut-on lire dans le « Journal International de Médecine ».

« En décembre 2008, une équipe de chercheurs provenant de différents pays européens et de Hong Kong publiait ainsi les résultats d'un travail qui leur a permis d'identifier à partir d'une «bibliothèque» d'anticorps humains, ceux d'entre eux qui étaient capables de protéger simultanément contre des virus H1N1 et des H5N1. Cette bibliothèque avait été constituée à partir du sérum d'individus sains, immunisés naturellement ou vaccinés contre la grippe. Certains de ces anticorps ont eu un effet protecteur chez des souris soumises à l'injection de doses létales, aussi bien de virus de la souche H5N1, que de virus de la souche H1N1. Ces chercheurs affirmaient donc fin 2008 que ces anticorps pourraient constituer le point de départ du développement de nouveaux vaccins ou antiviraux efficaces. Ultérieurement, en mars 2009 deux autres publications de travaux réalisés par deux équipes indépendantes américaines faisaient état de résultats similaires confirmant qu'il est possible d'identifier chez l'homme des anticorps qui protègent simultanément contre plusieurs souches de grippe, soit-elle aviaire, porcine ou autre. La poursuite de cette voie va demander encore beaucoup de temps avant que ce vaccin multi-tâches ne puisse être produit, mais elle est très prometteuse. Actuellement, les vaccins anti-grippaux sont mis au point annuellement, sur la base de calculs qui tentent de prévoir la prochaine souche mutante et sont efficaces uniquement contre celle-ci. »

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CHAPITRE IX : COMMENT SE PROTEGER ?

Avoir des connaissances sur les nouvelles épidémies qui menacent l'homme ne suffit pas. Il reste à connaître les pratiques et les gestes qui peuvent prévenir et guérir. Pour se familiariser avec les outils et les mesures efficaces dont nous pouvons disposer, il est impératif de connaître-les principes de la contamination. Et plus particulièrement sur la grippe humaine. Les virus de celle-ci ont un impact respiratoire, autrement dit, ils se transmettent par des petites gouttelettes projetées par les malades lors de toux, d'éternuements ou de postillons émis en parlant. Si les particules virales contaminantes restent exposées plusieurs heures sur un objet, leur degré de virulence décroît et elles deviennent moins dangereuses. Plus les virus sont « frais », plus ils sont actifs. Si le virus ne rencontre pas d'hôte, il devient inactif et s’éteint rapidement sur une surface sèche. Dès lors que la température et l'humidité sont des paramètres importants et conditionnent sa survie, l'hygiène devient une arme essentielle pour neutraliser le virus. Le virus A grippal emprunte des voies de passage spécifique. En premier lieu, ce virus ne peut pas pénétrer à l'intérieur d'un organisme humain dès lors que la peau est saine. Seules les muqueuses au sens large - bouche, lèvres, narines ou yeux -, constituent des portes d'entrée. Ensuite, il chemine par le carrefour ORL, dans la trachée, les bronches puis les poumons. Les modes de contamination se font essentiellement par l’inhalation de particules virales émises par une personne atteinte qui tousse, éternue, ou postillonne en parlant. Le fait de porter sa main contaminée à ses yeux, sa bouche ou son nez suffisent. Tout naturellement, il est impératif de se laver les mains et surtout les ongles avec une brosse dès lors qu’on a touché des objets contaminants. Le risque infectieux dépend de la quantité de virus qui atteint l'individu et qui correspond à la notion de charge virale. Deuxième notion. Plus le virus pénètre profondément, plus il va se multiplier et plus le risque est important. Un seul virus ne suffit pas pour donner la grippe. Il y a de grandes chances pour qu’il soit neutralisé par le système immunitaire, arrêté par les poils du nez, englué dans le mucus des voies respiratoires puis évacué par la toux ou détruit par les cellules du système immunitaire, très présentes dans ce carrefour ORL ouvert à tous les miasmes. Seule une quantité élevée de virus peuvent parvenir à franchir ces obstacles et atteindre les cellules cibles, dans lesquelles ils vont se reproduire. Puis commence un processus complexe en huit étapes. Le virus devient un prédateur intégral. Les cellules infectées se feront subtiliser des éléments indispensables et 54

constitutifs pour que le virus devienne une entité agissante (acides nucléiques protéines di erses et enveloppe). Puis les cellules altérées vont exploser en essaimant dans les tissus environnants les particules virales qui partent alors à l'assaut d'autres cellules cibles de l'organisme pour infecter d’autres personnes et finissent par quitter. Pour se défendre contre l’envahisseur, le système immunitaire déploie une stratégie militaire : confronté pour la première fois à un agent pathogène, il produit ses propres armes qu’on appelle les anticorps. Désormais ils seront intégrés dans l’organisme. À l'infection suivante, l'agent pathogène est automatiquement reconnu et neutralisé. La vaccination consiste à induire cc mécanisme de renforcement des défenses immunitaires en introduisant une très petite quantité d'agent pathogène dans l’organisme. Le système immunitaire est capable de procéder à la mémorisation de l'agent pathogène, ces anticorps spécifiques. Face à l’attaque massive et pernicieuse des virus, aucune mesure isolée ne permet d'atteindre le risque zéro de contamination. Il faudrait faire appel à tout un arsenal composé de mesures de prévention et d'hygiène pour écarter un tel danger. Quand la pandémie est programmée, le premier réflexe est de prendre en compte dans les temps les plus brefs de l’ensemble des nouvelles données en adoptant de nouveaux comportements, pas forcément faciles à appliquer. L’Homme va devoir livrer un combat rude et long. Toute la communauté est impliquée. Son décor habituel est bouleversé.

Des petits gestes au quotidien. Le virus de la grippe se transmet principalement par les gouttelettes respiratoires. Le premier geste est de mettre la main devant sa bouche chaque fois que l’on tousse pour ne pas contaminer les autres. De même se couvrir le nez et la bouche chaque fois que l'on éternue vaut bien des masques. Il est essentiel aussi de se moucher ou de cracher dans des mouchoirs en papier à usage unique qui seront jetés dans une poubelle fermée par un couvercle. Proscrire absolument les mouchoirs en tissu et les mouchoirs en papier réutilisés qui recèlent de millions de particules virales. Dans le même-esprit, avoir le réflexe de se laver systématiquement les mains après avoir touché le moindre objet susceptible d'être contaminé, type la banale poignée de porte. En période de pandémie, c'est une des parades contre la contagion. Il faut savoir que le virus de la grippe porcine, aviaire ou la plus classique résiste sur des surfaces non poreuses, entre 24 à 48 heures, et le papier ou les tissus pendant 8 à 12 heures. La poignée de mains est un vecteur de transmission des microbes. Pasteur ne serrait jamais la main. Le geste systématique de séchage des mains ne doit pas être négligé, des lors que des mains humides transportent cinq cents fois plus de germes. Se servir des serviettes à usage unique, des rouleaux oui se dévident. Quand une personne contaminée par un virus de type grippe A tousse instinctivement, elle porte sa main à la bouche et même temps, elle pulvérise sur sa paume 4 millions de 55

germes émis par les postillons lors de la toux. Ensuite si cette même personne vous serre la main dans la foulée vous serez contaminé à votre tour quand vous porterez à votre tour vos mains à votre bouche ! On a constaté que 70 % des personnes enrhumées l'ont été par des germes véhiculés par les mains. Par ailleurs, ne pas oublier de désinfecter régulièrement les bagues, colliers, bracelets et verre de la montre - exposés toute la journée aux infections. Dans la réalité, rien n’est évident parce que nos réflexes de base vont prendre le dessus. Ainsi, comme en période de guerre, mieux vaut avoir quelques réserves alimentaires dans son placard – un vieux réflexe – plutôt que de se précipiter chez les commerçants au risque d'écoper d'un virus. De bonnes habitudes d'hygiène s'imposent au quotidien pour mieux se protéger des virus. Des recommandations simples efficaces pour limiter l’essaimage des virus. Le premier geste, un peu négligé, qu'est le lavage des mains réduit considérablement les risques de contamination. Il faut insister sur ce geste banal qui consiste à se laver les mains en arrivant au bureau, (in rentrant chez soi, avant de passer à table, à la sortie des toilettes. Serrer la main d'une personne sortant des toilettes sans s'être lavé les mains, faisait courir le risque une fois sur trois de retrouver ses germes fécaux dans votre bouche dans les deux heures suivent. D'où la rapidité de propagation des gastroentérites. Le masque sur le visage constitue une parade efficace en cas d'épidémies par contamination aérienne. S'ils ne sont pas des barrières hermétiques, ils limitent sensiblement les contaminations virales. Il est donc utile de conserver chez soi quelques boîtes de masques dont il existe différents types pas tous aussi efficaces. Les masques sont classés par les organismes officiels en fonction de leur efficacité. Les FFP1 filtrent 78 % des particules, contre 92 % pour les FFP2 et 98 % pour les FFP3. Le prix varie en fonction du degré de protection, mais la durée de vie change également : les FFP2 peuvent être portés quatre heures contre huit pour les FFP3. Quand on sait que le virus de la grippe peut rester actif huit à douze heures sur un papier ou un tissu, on comprend l'enjeu du bon geste.

L’Homme a eu l’occasion durant des siècles à se confronter à une multitude d’épidémies et de pandémies, toutes plus meurtrières et dévastatrices les unes que les autres. La dernière en 1968 était une grippe. Aujourd'hui, on doit faire face à une nouvelle pandémie grippale. La sécurité doit être le maître mot s’il déplait aux grincheux et aux contestataires. Privilégier la sécurité en période de pandémie consiste à mettre en œuvre tous les moyens pour la prévenir, la contenir et la traiter. Cette mobilisation permettra d’éviter que la catastrophe annoncée ne se transforme en apocalypse. Au diable les attitudes lénifiantes, les formules creuses et les lieux communs tout autant que les embrasements psychotiques , l’attitude sécuritaire consiste à prendre en considération chacun des aspects médicaux et non médicaux de la pandémie à venir, à recenser les meilleurs moyens de lutte, à n'en négliger aucun, à identifier les failles dans le système, à prévoir des solutions alternatives, 56

à recourir à des recettes empiriques et aux médecines naturelles qui tiennent compte du terrain. La stratégie sécuritaire assure la protection, maximale invente de nouvelles façons de vivre encourage des gestes citoyens et une solidarité intercommunautaire. Considérant la complexité de ce défi et la certitude que, malgré l’optimisation de la stratégie, on ne disposera pas de traitements efficaces à 100 %, autrement dit qu'il y aura de nombreux morts. Face à ce challenge qui consiste à mettre au point des stratégies à adopter, des populations à protéger, des remèdes efficaces à se procurer. On ne peut connaître à ce jour la date et le lieu d'émergence, la virulence, la rapidité de diffusion dans le monde, le ou les pays à partir desquels elle pourrait toucher l'Europe. De même sont incertaines l'efficacité des vaccins contre la grippe et contre la grippe aviaire A (H5N1) non mutée. Lequel vaccin est déjà disponible. Mais dès lors que le virus A (H5N1) aura muté, les premiers vaccins seront à jeter. La situation actuelle marque un nouveau bond qualitatif. Il ne s’agit plus d’une maladie émergente apparue soudainement. C'est une maladie infectieuse qui n’existe pas encore et dont on ignore l'agent responsable, même si on pense qu'il sera engendré par la mutation d'un virus aviaire connu. Tout comme on ignore sa virulence et sa contagiosité, même si on a toutes les raisons de s'attendre à une maladie particulièrement dangereuse. La situation est donc inquiétante, car il est possible que ce qui s'annonce soit une catastrophe sanitaire sans précédent. Face à l'émergence vraisemblable de ce fléau, la mobilisation de la communauté scientifique est considérable réseaux épidémiologiques en alerte, laboratoires de virologie spécialisés multipliant les recherches, laboratoires pharmaceutiques testant de nouvelles thérapeutiques. Il est réconfortant que certains puissent mettre au point des modèles de contention de la maladie. Même si ces modèles n'avaient pour effet que de retarder son extension, cela pourrait avoir des conséquences majeures, puisque l'enjeu de la lutte contre elle, au début de son émergence, est d'identifier la nature précise de son virus afin de mettre au point un vaccin efficace. Etant donné la contagiosité de la grippe, une explosion très rapide du nombre de cas est possible, avec des risques de diffusion très vite incontrôlables.

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Chapitre X : MES EXPERIENCES

Loin de moi l’idée de faire fi de la médecine moderne. Durant mes 50 ans de pratique médicale à travers la planète, j’ai fait appel aux remèdes chimiques. Lors de mes missions humanitaires, bien souvent j’ai du me contenter des thérapies trouvées sur place lorsque les containers contenant des remèdes allopathiques étaient vides. Dans de telles situations on est condamné à devenir des « techniciens de l’improvisation ». Pendant ma longue pérégrination, je me suis penché sur les médecines traditionnelles et populaires. Toutes ces « médecines d’ailleurs » font appel principalement aux plantes. Je rappelle que les 4/5 des habitants de la planète y recourent faute de pouvoir se payer des médicaments chimiques trop chers pour leur bourse. Parmi les avantages qu’offre la phytothérapie, ou « science qui utilise les plantes pour soigner les malades », on peut relever quelques points importants : — L'antériorité de l'utilisation en médecine des plantes (5 000 ans) sur la thérapie par la chimie qui remonte à 60 ans. — La sûreté et l'efficacité des plantes médicinales. Les glossaires de plantes remontent à des millénaires ou plus dans l'histoire de l'humanité. Toutes les familles ont utilisé ces plantes médicinales sans incident quand elles respectaient l'enseignement de la tradition. — Cinq mille ans d'expérimentation clinique des plantes médicinales sont garants de leur innocuité et de leur efficacité. Celles-ci sont consommées depuis des millénaires par les patients et vérifiables par l'expérience quotidienne. Les grandes épidémies historiques ont pu être maîtrisées, dans certains cas et dans certaines régions, par le recours aux plantes utilisées par des thérapeutes compétents. La science moderne décrypte maintenant cette efficacité en extrayant les principes actifs des plantes, ce qui permet d'en comprendre mieux l'action.

Ulcère torpide dans les Grands Lacs (1966) Régulièrement, je me heurte à des pathologies typiquement tropicales, extrêmement redoutées parce que rebelles aux traitements habituels. Lors de mon service militaire, effectué au Rwanda dans la région des Grands Lacs, j’ai été confronté à des pathologies infectieuses : la tuberculose, le paludisme, l’amibiase, la lèpre pour lesquels nous disposions de thérapies relativement efficaces. D’autres posaient des problèmes, notamment l’ulcère phagédénique, une pathologie infectieuse qui atteint les membres inférieurs et contre laquelle les antibiotiques sont inopérants. J’avais fait connaissance de cette maladie en 1964 lorsque j’étais assistant du Docteur Schweitzer à Lambaréné au Gabon. Elle se caractérise par une ulcération extensive, accompagnée d'une nécrose étendue des tissus et de l'os. Cet ulcère tropical est si douloureux que ceux qui sont atteints parfois se 58

suicident, ou alors acceptent l’amputation du membre atteint plutôt que d'endurer le supplice inhérent à leur mal. Je dois pratiquer à la chaîne des interventions d'un autre temps. Pour un médecin, rien n'est plus frustrant que de mutiler un jeune homme à vie. Toutes ces amputations sont un pis-aller. Elles motivent ma quête pour trouver une solution plus adéquate. Il me reste à cogiter pour trouver une solution plus conservatrice et parfois une inspiration jaillit. Les Anciens ne disposeraient-ils pas de recettes empiriques. Justement il me vient à l’esprit une réminiscence historique qui devrait m’être utile. Les procédés de conservation utilisés par les embaumeurs de l'Égypte antique sur les momies, qui permettaient d'éviter la putréfaction des chairs. Ils imprégnaient les corps d'un sel appelé natron et d'extraits aromatiques.qui étaient en quelque sorte les précurseurs des huiles essentielles. Il me reste à tester certaines de ces huiles essentielles bactéricides. Après avoir déniché un flacon d'huile essentielle d'eucalyptus et un autre de laurier noble dans un lot que j'avais emporté avec moi. J'applique quelques gouttes sur les plaies infectées, deux à trois fois par jour. Des résultats surprenants se manifestent dès les premiers jours. Trois semaines plus tard, la plaie est propre. Après un mois, un bourgeonnement apparaît, suivi d'une cicatrisation manifeste. La pathologie redoutée est en voie d'éradication. La rumeur de la victoire sur un tel mal se répand vite dans la région des Grands Lacs.

Eucalyptus contre grippe aviaire (1977) En 1975, les trois pays de l’ex-Indochine deviennent communistes. Des centaines de milliers d’habitants fuient leur pays pour gagner la frontière thaïlandaise. Les associations humanitaires se précipitent pour leur porter secours. Ayant été médecin au Cambodge quelques années plus tôt, je me devais d’aller les rejoindre. Le Cambodge n’était plus le « pays du sourire »que j’avais connu. De Bangkok, il est facile de rejoindre le camp d'Aranyaprathet qui emprisonne plus de 100 000 naufragés. La route bitumée est très fréquentée. Les premières images de ce camp immense ont fait le tour de la planète. Après trois heures de bus climatisé, j'arrive au camp. J'y retrouve mes confrères de Médecins sans frontières. J'arpente les allées du camp entourées de milliers de paillot. L'un des réfugiés me prend à l'écart. Sa demande me paraît insolite. Il me parle de poules qui crèvent les unes après les autres. Il m'invite à le suivre et me désigne une parcelle de terre clôturée par une haie d'épineux. Des centaines de poules gisent sur le sol, elles sont en piteux état. « J'ai fait venir un vétérinaire thaïlandais, me dit-il. Il m'a fait acheter des antibiotiques qui n'ont rien changé. Que pouvez-vous faire ? Je sais que ces pauvres gens sont traités par les Médecins sans frontières qui ne sont pas censés prendre en charge leurs volailles. Beaucoup de familles disposent de poulaillers. Je réalise que ces poules représentent un apport substantiel en protéines. Dans un tel environnement concentrationnaire, une épidémie de grippe aviaire avait fait irruption. Que puis-je leur proposer ? Pourquoi ne pas leur donner des huiles essentielles anti 59

infectieuses ? Au Rwanda, ces petites « bombes » biochimiques m'avaient permis de traiter l'ulcère phagédénique. Je profite de la navette d'une association humanitaire pour me rendre dans la ville voisine acheter un demi-litre d'huile essentielle d'eucalyptus. Deux heures plus tard, mon éleveur cambodgien m'attend au même endroit. Je lui explique ma stratégie et je verse une grosse poignée d’essence d'eucalyptus dans la petite caisse en bois qui contient des grains de maïs. Je malaxe le tout. Les poules les plus gaillardes se hasardent à picorer les céréales. Les volailles ne semblent pas dégoûtées par l'odeur intense et la sensation piquante du liquide. Je donne la marche à suivre l’éleveur pour qu’il poursuivre le traitement. Trois jours plus tard, le Cambodgien accourt : « Docteur Willem ! C’est un miracle ! Vous avez sauvé mes poules, elles caquettent et les coqs chantent ! » Je n'arrête pas là mon expérimentation. Je la rends plus scientifique. Je fais mettre deux baquets, l'un contenant uniquement du maïs, l'autre du maïs imprégné d'huile essentielle. Mes yeux sont braqués sur les volailles. À mon grand étonnement, elles se dirigent vers le baquet contenant les arômes. L'odeur ne les repousse pas. Leur instinct les a guidés vers le chemin de la guérison. J’en conclus que le rhinencéphale des gallinacés est plus performant que le cerveau de nos scientifiques !

Les huiles essentielles contre le sida Je ne pouvais pas rester les bras croisés face à l'épidémie du sida. Certes, la trithérapie permet de retarder l'échéance, mais à quel prix ? Certains scientifiques et biologistes sont convaincus de l'efficacité des huiles essentielles dans les infections virales ; ils les ont expérimentées en catimini. Depuis plusieurs années, je traite des sidéens qui ne supportent plus la trithérapie avec des huiles essentielles, des nutriments adaptés et je neutralise le stress oxydatif qui perturbe tous les métabolismes. Leur état général s’améliore dans les premières semaines Les tests biologiques, la charge virale, les lymphocytes T3 et T4 qui permettent de suivre l'évolution de l'infection se normalisent après plusieurs mois. Considérant que les Africains sont les plus touchés, je prends contact avec les médecins africains en charge de cette pathologie. J'emporte avec moi des litres d'huiles essentielles, des compléments alimentaires, des antioxydants que je leur confie pour procéder à une expérimentation. Ces médecins me réservent un accueil chaleureux et enthousiaste. Dès les premiers essais, ils constatent que l'état des patients s'améliore en quelques semaines. Ces thérapies naturelles atteignent leur cible. Les sidéens des pays pauvres, par ce biais, pourront-ils enfin accéder aux soins ? Bien que la démonstration soit faite, que les preuves soient évidentes, mes confrères africains stoppent les échanges et les expérimentations. Des organismes sanitaires internationaux sont passés par là pour nous contrer. Pour propager ma stratégie, je fais appel aux Médecins aux pieds nus, une association humanitaire que j’ai créée en 1987. Les thérapeutes ont reçu une double formation dans la Faculté libre de médecines naturelles fondée en 1986 à la Sorbonne. 60

Cet enseignement original est destiné à apprendre les « médecines d’ailleurs », une conception médicale que j’ai appelé ethnomédecine et la phyto-aromathérapie qui met à leur disposition des outils adaptés et disponibles sur place. Ils réalisent un jardin médicinal et à partir des espèces cultivées, ils fabriquent des remèdes sous différentes préparations galéniques : sirop, teinture, comprimés, gélules, huiles essentielles. Les populations secourues disposent ainsi de thérapies pas chères, efficaces et disponibles toute l’année. Pour l’heure, ils reçoivent une formation approfondie sur les huiles essentielles capables d’enrayer toute infection bactérienne, parasitaire et virales. Devant les fins de recevoir que nous recevons dans certains pays, sous la pression des lobbies pharmaceutiques et des universitaires, il n’est pas question d’abdiquer. Désormais, nous savons que l'Afrique, entre autres continents, est la chasse gardée des lobbies pharmaceutiques et que nous devons prendre du champ. Il n’est pas question de rester inactifs ; nous continuons à nous mobiliser. En 1990, munis d'accords officiels, nous nous rendons au Vietnam et au Chili pour déployer notre stratégie anti-VIH, en respectant le protocole de l'OMS. Nous faisons les relevés cliniques et biologiques (charge virale, lymphocytes T4, T8). Le bilan biologique après quelques mois est inespéré. La rumeur envahit les rues de Hô Chi Minh-Ville. Les petits toxicomanes ayant contracté la maladie peuvent espérer des lendemains plus joyeux. Mais là aussi, il faut se rendre à l'évidence, l'ONUSIDA, organisme rattaché à l'OMS, veille au grain ! C'est en quelque sorte le pot de terre contre le pot de fer, l'équipe des MAPN se résigne et rentre au bercail. Les responsables sanitaires évoquent la sortie prochaine d'un vaccin. Qui dit virus dit vaccin. De prime abord cette équation semble logique, mais cela fait vingt-cinq ans que l'on annonce la sortie d'un vaccin qui éradiquera cette épidémie ravageuse. Tout biologiste compétent sait qu'un virus qui mute trois fois par an ne peut donner lieu à aucun vaccin. On continue à endormir l'opinion publique mondiale. Pendant ce temps, les trusts pharmaceutiques continuent à engranger des dividendes colossaux Pourquoi ne pas changer de continent ? En 2001, au Chili, un professeur de faculté et directeur d'une clinique universitaire s'intéresse à notre proposition. Un thérapeute italien de notre association dont le père a été ambassadeur dans le pays l'a convaincu de l'efficacité de notre approche. Deux médecins débarquent à Santiago, les valises pleines de flacons d'huiles essentielles. Avant de procéder aux expérimentations dans la clinique universitaire catholique, ils sélectionnent trente sidéens. Après quatre mois de traitement, on dresse le bilan. Là aussi, les résultats sont inespérés. La charge virale s'effondre, les lymphocytes T4 remontent. Les malades retrouvent l'espoir. Ici aussi, la rumeur atteint les milieux universitaires et les malades qui ne disposent pas de traitement. Nous sommes enthousiastes. En revanche, le professeur s'incline devant la pression des autorités de son pays. Les trente malades sont mis sous trithérapie, censée avoir endigué le mal. Décidément, il faut une persévérance accrue pour imposer une idée porteuse. Dans chaque pays ou sévit le virus HIV, des associations locales se mobilisent pour apporter un confort légitime aux sidéens. Les statistiques matérialisent l'accroissement de gens infectés. Nous sommes contactés par deux associations africaines qui réclament notre aide. Une équipe de MAPN rejoint le pays et met en place un protocole destiné à prendre en charge deux cents enfants sidéens. L'expérimentation doit durer trois ans. Au 61

sixième mois, je rejoins l'équipe. Les universitaires africains suivent de près les essais. La plupart des signes cliniques liés à la maladie disparaissent (diarrhée, Kaposi, insomnie, etc.). A ce jour, nous n'avons pas rencontré d'obstacles. Nous allons pouvoir faire le bilan. Ebola (2001) Le virus Ebola, qui porte le nom d'une petite rivière zaïroise, a commencé à se signaler en 1976 causant plus de quatre cents victimes. Une autre flambée épidémique, s’est déclarée en 2001 au Zaïre et en 2003 au Gabon. Ce virus est redoutable, les symptômes qu'il provoque sont d'une violence et d'une rapidité jamais connues jusqu'à présent. Ebola appartient à la famille des Filoviridae, connue pour entraîner des maladies hémorragiques (avec la dengue et la fièvre hémorragique). Cette infection virale présente une période d'incubation de quatre à neuf jours, suivie de fièvre, douleurs musculaires, diarrhées, vomissements et se termine par une insuffisance hépatique ou rénale. Le coma et la mort surviennent à la suite de complications respiratoires et hémorragiques. La mortalité avoisine les 80 %. La mort en général survient une semaine après le début des premiers symptômes ! Le virus Ebola a pour particularité de provoquer une sorte d’implosion. La maladie se propage sur le mode exponentiel, causant une destruction massive dans une zone restreinte puis s’arrête, on ne sait pourquoi. Peut-être va-t-elle rejaillir dans plusieurs années ! Ebola reste un virus très mystérieux parce qu'il est particulièrement difficile à circonscrire. Trente ans après sa découverte, on ignore ses réservoirs naturels et ses vecteurs de prédilection. On devine qu'il est niché quelque part dans les forêts tropicales d'Afrique et que les singes pourraient être des hôtes privilégiés. En effet, lorsque des chasseurs ont manipulé des cadavres de gorilles et de chimpanzés dans un parc national du Zaïre, ils ont été contaminés. Mais on s’est rendu compte que ces singes n’attrapaient pas la maladie, autrement dit, ils étaient des porteurs sains. Les experts se trouvaient devant un mystère. On ne dispose d’aucun médicament efficace ni de vaccin. Il reste l'isolement du patient et l'obligation pour le personnel soignant de porter des vêtements isolants, des masques, des gants et des lunettes de protection. Il est recommande d'enterrer très rapidement les morts et d'éviter de s’approcher des personnes atteintes pouvant favoriser sa transmission. Quand le virus Ebola fit irruption en 2001à Kikwit au Zaïre et foudroya une partie minime de la population de cette ville de 450.000 habitants, la nouvelle se répandit à travers la planète. Une équipe d’experts américains rejoignit Kikwit dans les plus brefs délais. Encagoulés, les scientifiques firent leurs prélèvements et rejoignirent les Etats-Unis sans donner d’explications. La population zaïroise, consternée et sous le choc, ne sut quoi penser. Dès lors que de tels évènements dramatiques surviennent, les Zaïrois, comme tous les Africains, imprégnés de magie, attribuèrent la cause de ce mal très mystérieux aux Blancs. Mais comment sortir de cette situation à l’avenir incertain ? 62

Ayant été en mission à l’hôpital des indigents de Mama Yémo à Kinshasa et dans une autre mission avec la Croix Rouge internationale dans la Mayombé, une province du Bas-Congo, les officiels zaïrois se souvinrent de mon nom. L’Evêque de Kikwit et le maire me supplièrent de venir à leur secours pour informer la population désarmée. Devant cet appel pathétique, je finis par prendre l’avion en emportant 5 litres d’huiles essentielles. Je fus accueilli comme le Messie. Le chirurgien, le premier qui fit le diagnostic m’expliqua les circonstances d’apparition de cette maladie. « Les chairs des patients étaient pourries » dit-il. Je fis une série de conférences auprès du corps médical et dans les trois universités pour expliquer la survenue d’un tel virus mystérieux. Dès lors qu’ils furent rassurés quant au développement explosif de la maladie, je pus rejoindre la France.

L'épidémie de chikungunya (2006) Depuis le début de l'épidémie survenue en 2006 sur l'île de la Réunion, le virus du chikungunya a touché près de 200 000 personnes et provoqué 150 décès. Le nom scientifique qui désigne l'ennemi est Aedes albopictus, un moustique au corps velu, de 2 mm, rayé de noir et de blanc, mieux connu sous le nom de « tigre d'Asie ”. Il manifeste une agressivité et une remarquable voracité. Le chikungunya, au nom barbare signifiant en swahili « l'homme courbé », est répertorié pour la première fois en Afrique en 1953. Il se répand à toute vitesse. La maladie apparaît brutalement après sept jours d'incubation. En moins d'une heure, la température du corps passe de 37 à 41 °C, puis surviennent les migraines souvent suivies d'épouvantables douleurs articulaires et musculaires qui font courber le patient de douleur. Face à l'ampleur de l'épidémie à la Réunion, les médecins sont désemparés. C'est le branle- bas de combat ! Les autorités sanitaires et politiques imposent le silence, elles cherchent à étouffer l'information. En raison du tourisme qui conditionne l'économie de l'île, une épidémie n'est jamais la bienvenue. Ne disposant d’aucune thérapie valable, d’aucun vaccin à l’horizon, la psychose envahit la Réunion. Un journaliste en poste à Saint-Pierre, que j'ai connu lors d'une mission rocambolesque à l'île d'Anjouan dans les Comores, se rappelle à mon bon souvenir. Il n'a pas oublié les nombreuses discussions que nous avions eues relatives à l'action bénéfique des huiles essentielles. A la demande de trente médecins, il me rejoint à Paris. Il m'interroge sur le protocole de cette thérapie à base d'huiles essentielles. Bien entendu, je lui confie mes formules destinées à mes confrères réunionnais. C’est le black-out. Je n'aurai plus aucune nouvelle. Les échanges Internet s'arrêtent net. Silence total ! Il était prévu que j'aille faire à la Réunion une série de conférences auprès des confrères, mon voyage est annulé. Par la revue « Pratiques de santé », que j'anime à cette époque et qui est diffusée sur l'île, je parviens à faire passer le message. Ceux qui ont pu se procurer les gélules à base d'huiles essentielles couplées au chlorure de magnésium et quelques autres remèdes 63

homéopathiques crient au miracle. En quarante-huit heures, la fièvre tombe, les douleurs disparaissent.

À nouveau, les autorités de l'île et de la métropole montent au créneau pour s'opposer à cette thérapie « charlatanesque ». Les quatre députés en charge de la population suivent le mouvement, sauf Paul Vergés, président du conseil régional, qui fait preuve de courage et de liberté. Désormais les Réunionnais savent qu'une thérapie efficace existe. Depuis, l'épidémie s'est implantée en Afrique et particulièrement au Gabon. Aujourd'hui, elle sévit également dans le midi de la France mais ne cause pas de dommages en raison du climat. La saga des virus à travers la planète continue d'alimenter les grands médias. Nous avons connu Ebola, la fièvre du Nil, le SRAS. Aujourd'hui, la grippe aviaire fait redouter le pire.

Les infections hospitalières Les maladies infectieuses attrapées en milieu hospitalier, ou maladies nosocomiales, touchent désormais quelque 20 % des malades qui entrent à l'hôpital (beaucoup plus dans certains services). Conséquence : près d’un million et demi de personnes sont infectées chaque année. 20 000 en succombent. Et le phénomène s'aggrave chaque jour... La fulgurante progression de ces infections devrait amener à une remise en cause du fonctionnement de la médecine moderne, et des hôpitaux en particulier. La résistance croissante des germes aux antibiotiques n'est pas la seule en cause. Les lacunes de certaines méthodes d'asepsie, l'ultra spécialisation des soins ainsi que le traitement du malade par une succession de spécialistes manquant de perspective globale, mais aussi le recours de plus en plus fréquent aux techniques médicinales « invasives » (chirurgie. exploration...) ou l'emploi de traitements immunodépresseurs (chimiothérapie, greffe...) constituent des facteurs aggravants. Virus et bactéries (staphylocoque, pyocyanique) sont les principaux germes infectieux. Comme tout ce qui vit, ces agents pathogènes évoluent ; au fil des générations, leurs gènes subissent des mutations. Lorsque le milieu devient défavorable — par exemple, par l'invasion de bactéries et par le hasard des mutations qui peut permettre à certains d'échapper à leur neutralisation —. Le microbe devient résistant et capable de survivre à toute tentative de lutte contre ces infections. Quand on sature l'organisme par les antibiotiques, il faut en prévoir les conséquences (chute de l’immunité, antibiorésistance). Il est possible d'aseptiser les blocs opératoires, les crèches, les dispensaires, les appartements par la diffusion d'huiles essentielles, en mettant, par exemple, dans un diffuseur atmosphérique des huiles essentielles anti-infectieuses. Cette technique est d'ailleurs employée aujourd'hui par plusieurs cliniques américaines. En vingt-quatre heures, les infections sont en général enrayées (2 fois 20 minutes par jour).

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Trop simple et jugé peu crédible par les autorités sanitaires, ce type de traitement préventif et curatif ne sera sans doute pas mis en œuvre en France avant plusieurs années. Et beaucoup de nos proches le paieront, malheureusement, de leur vie. Il semble que la santé soit devenue un marché, et les médicaments des produits de consommation classique. Les prescriptions d'antibiotiques abusives pendant des décennies sont responsables de la baisse de notre système immunitaire. Des solutions naturelles peuvent rétablir les défenses de l'organisme. Les antibiotiques comparés aux huiles essentielles Pourquoi recourir systématiquement aux antibiotiques — certes efficaces dans certaines infections bactériennes — mais causant des effets secondaires ? Pourquoi ne pas réserver les antibiotiques dans des cas infectieux urgents et les ménager lors d'épidémies (méningites, staphylococcies...) ? Je préfère recourir aux huiles essentielles, notamment aux familles biochimiques représentées par les phénols et monoterpénols : ces huiles essentielles sont viricides, bactéricides, fongicides et parasiticides. Par ailleurs, elles sont « eubiotiques »: elles restaurent le terrain et sont très peu résistantes. Si l'on compare les antibiotiques aux huiles essentielles : 1. Les antibiotiques ne sont apparus dans l'histoire humaine qu'il y a un demi-siècle. Les plantes aromatiques, en revanche, ont toujours fait partie de l'environnement naturel de l'être humain, et leurs usages (culinaire, pharmaceutique, esthétique, cosmétique et sacré) se retrouvent dans toutes les civilisations, à toutes les époques et sur tous les continents. 2. Chimiquement, les antibiotiques sont constitués d'une molécule unique, produite en masse par l'industrie pharmaceutique. Les huiles essentielles produites par le monde végétal sont constituées de multiples molécules leur conférant une gamme de propriétés variées (la Lavande vraie, par exemple, contient 300 principes actifs). 3. A l’ origine, les antibiotiques sont également issus d'êtres vivants, telles les moisissures hétérotrophes, et tirent leur énergie de la dégradation de ces substances organiques. Quant aux huiles essentielles, elles sont issues du métabolisme de plantes supérieures, chlorophylliennes, donc autotrophes ; elles convertissent le rayonnement électromagnétique grâce aux photons en liaisons riches en énergie sous forme de réactions enzymatiques spécifiques. Dès lors que l'antibiotique est constitué d'une seule molécule, il sera facile pour une bactérie de synthétiser une enzyme capable de l'inactiver. Le processus métabolique peut même s'inverser au point que certaines bactéries se nourrissent de ces principes actifs. En revanche, ce phénomène inattendu ne se produit jamais avec les huiles essentielles ; si des résistances apparaissent c’est sur un mode mineur et à petite échelle. La molécule synthétique présente seulement une action bactériostatique ou bactéricide. L'huile essentielle va au-delà, et, outre la déstructuration de l'enveloppe bactérienne et l'attaque des organites cytoplasmiques, elle agit parallèlement sur l'organisme en son entier. 65

Cette approche globale est corroborée par l'activité bioélectronique des principes aromatiques qui modifie les paramètres fondamentaux des liquides organiques et change le terrain en le rendant impropre au développement de toute infection.

4. Les huiles essentielles sont de remarquables correcteurs de terrain et suscitent à ce titre un grand intérêt, tant en hygiène qu'en thérapeutique : Elles sont acides et corrigent efficacement l'alcalinisation organique qui favorise les infections. Elles sont réductrices et, à ce titre, atténuent les effets du stress, favorisent la conservation de l'énergie et du tonus, ralentissent le vieillissement cellulaire et prolongent la jeunesse des tissus, associées aux autres produits naturels antioxydants. 5. Elles augmentent la résistivité. Le corps peut se comparer à un accumulateur polarisé, et les huiles essentielles, possédant une résistivité extraordinairement élevée (5 000 à 100 000 Ohms), agissent comme de puissants correcteurs de la résistivité organique. 6. L'accroissement des effets iatrogènes des antibiotiques est de première importance dans le monde moderne. Outre l'apparition de phénomènes d'antibiorésistances, et la création de souches bactériennes mutantes redoutables, certaines molécules antibiotiques attaquent les tissus et les organes (foie, rein, nerf auditif, etc...). Si les antibiotiques luttent, par définition, contre la vie, les huiles essentielles vont dans le sens de la vie. Elles exercent un pouvoir énergisant. Les HE émettent des rayonnements électromagnétiques dont les longueurs d'ondes varient suivant les molécules qu'elles contiennent. Elles rechargent ainsi les organes déficients en énergie en leur cédant leurs électrons.

La notion de terrain En réalité, la notion de « terrain » n'est pas nouvelle. Son importance est reconnue par des expressions qui, depuis longtemps, sont devenues des lieux communs : « Il n'y a pas de maladies, mais des malades » ou bien « le microbe n'est rien, c'est le terrain qui est tout ». Toute maladie résulte effectivement d'un vice de fonctionnement de l'organisme consécutif à un des équilibres plus ou moins marqué de la composition du milieu intérieur ou de son état physique. Il est possible — et facile d'ailleurs — de provoquer artificiellement des états morbides en modifiant la composition du milieu intérieur. Ne craignons donc pas de l'affirmer : tous les symptômes prennent naissance dans une modification du milieu intérieur, mais nos moyens d'investigation sont souvent malheureusement impuissants à nous permettre d'en découvrir les relations de cause à effet. Cependant, si cette notion de terrain biologique est généralement admise en médecine, il n'existait jusqu'à présent aucune méthode scientifique permettant d'en connaître la réalité. Nous en étions à l'empirisme pur en ce qui concerne la connaissance de l'équilibre 66

du milieu intérieur et de ses perturbations, et en ce qui concerne les moyens de pallier — ou mieux, de prévenir — les perturbations dangereuses. Or, grâce à une prise de sang et à des appareils de mesure spécialement conçus, trois chiffres permettent de situer le terrain d'un sujet, ce sont le pH (qui se situe dans une échelle entre 1 et 14), la résistivité et le pouvoir oxydo-réducteur.

Tous les praticiens connaissent les lois des séries Brusquement, dans leur clientèle, ils assistent à de véritables épidémies. Sans raison apparente, à des époques déterminées, ils enregistrent une aggravation des ulcères gastroduodénaux, des névroses, des infections, des douleurs rhumatismales de leurs patients ou bien ils voient se multiplier les cas de phlébites, de coliques néphrétiques, sans parler des suicides. De récentes découvertes scientifiques ont mis en relief les liens existants entre l'électromagnétisme et la vie ainsi que l'histoire, longtemps dissimulée, de ces thérapies ondulatoires, que certains médecins ont mis en application pour soigner des patients réputés inguérissables par la médecine classique. Ces thérapies électromagnétiques représentent un espoir énorme et la théorie du bioélectromagnétisme s'annonce comme un des grands chantiers du troisième millénaire et apparaît comme une autre réponse face au tout biologique concernant l'équilibre et la santé du vivant. C’est ainsi qu’on peut expliquer certaines aggravations apparentes de certaines maladies (si ces facteurs se modifient, le terrain qu'ils caractérisent se modifie également).On peut aussi expliquer l'échec fréquent de certaines thérapies à certaines époques de l'année bien qu’elles soient bien indiquées. Dans cet effort d'explication scientifique de l’activité des plantes et des essences aromatiques, la méthode « bioélectronique » de Louis-Claude Vincent, nous apporte un certain nombre de réponses relatives à la nature du terrain biologique humain, et à une meilleure utilisation des remèdes en fonction de leur pH, de leur potentiel d’oxydo réduction et de leur résistivité, trois valeurs qui conditionnent leurs propriétés.

NB : vous pouvez retrouver la description exhaustive de mes expériences dans le récit de ma vie « Mémoires d’un Médecin aux Pieds Nus », Editions Albin Michel.

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Chapitre XI : L’Homme électromagnétique

Des ouvrages spécialisés font le recensement de l'influence des facteurs physiques sur la santé humaine, depuis celle de la température jusqu’à celle des taches solaires et des positions astrales en passant par celle de l'ionisation de l'atmosphère et de la pression barométrique. Jusqu'à présent, ces ouvrages ne nous apportaient que des observations systématisées, mais aucune explication des phénomènes observés. La doctrine bioélectronique éclaire d'un jour particulièrement nouveau, cette troublante question : « Pourquoi un certain nombre d'individus présente-t-il les mêmes symptômes à un moment déterminé?» « Aucun physicien ni aucun chimiste ne peut plus nier de nos jours que la fonction « onde » organise le monde intérieur er extérieur tour aussi essentiellement et puissamment que la particule. Qu'il s'agisse d'une particule, d'un atome ou d'une protéine, cela peut être considéré comme une petite région de l'espace, où ont lieu des oscillations qui se propagent à une certaine vitesse. Ces oscillations sont caractérisées par une longueur d'onde moyenne : l'onde de Broglie ». Comme le rappelle François Tropani dans son livre « Une médecine pour demain ».

« En ce qui concerne le biologique, avoir séparé l'onde de la particule en vue de soigner ou de guérir est tout simplement un non-sens. Il n'existe en effet aucune réaction chimique sans un corollaire électrique ou électromagnétique et on peut désormais, sans risque d'erreur, envisager la matière, comme je le disais précédemment, ni plus ni moins que comme de l'onde ou du plasma localement épaissi. De ce fait, il serait pour le moins étonnant que seul l'être humain et la médecine échappent - on ne sait trop comment - à ces avancées récentes de la recherche sur l'origine de la vie, la constitution des corps eu celle de l'univers, lui-même en majeure partie constitué d'ondes et de plasmas ».

« Comme la pensée dominante en médecine se doit « d'être moléculaire », qu'elle a - sauf pour certains diagnostics - éliminé de son vocabulaire et de sa pratique quasiment toute idée se référant à des « Fréquences », à l'électromagnétisme, au magnétisme, etc. - c'està-dire, à tout ce qui inclinerait à penser que l'homme et ses maladies ne sont pas uniquement régis par de la chimie rapprochée -, route correspondance entre l'homme et le reste de l'univers par ces champs de force est généralement bannie. Il est vrai qu'une fois admis, ce fait dévoilerait sans doute des erreurs conceptuelles aux conséquences biologiques, présentes et futures, innombrables, lesquelles pèsent déjà et vont certainement peser d'un poids considérable sur cette civilisation » Rappelons que les astres décrivent dans l'espace des solénoïdes variés qui, comme tels, sont créateurs de champs polarisés. Du fait de leurs mouvements réciproques, on assiste à des interférences variées entre champs qui peuvent, suivant leur position, générer des excès de charges positives ou des excès de charges négatives. Il y a, en somme, analogie 68

mais avec une complexité beaucoup plus grande avec les phénomènes tels que nous les observons sur les marées. Il est logique d'admettre que tout ce qui existe sur terre subit obligatoirement l'influence de ces champs, y compris, bien entendu, celui de la terre ellemême. Cette influence cosmo tellurique a été confirmée par des mesures quotidiennes effectuées pendant des années, selon les principes de la bio électronique, sur les eaux de mer, de pluie, de source et sur les sols, mesurés qui ont montré qu'il existait des variations du pH, du rH2, de la résistivité.

La Bioélectronique Comme la pensée dominante en médecine se doit « d'être moléculaire », qu'elle a — sauf pour certains diagnostics — éliminé de son vocabulaire et de sa pratique quasiment toute idée se référant à des fréquences », à l'électromagnétisme, au magnétisme, etc. — c'est-àdire, a tout ce qui inclinerait à penser que l'homme et ses maladies ne sont pas uniquement régis par de la chimie rapprochée —, toute correspondance entre l'homme et le reste de l'univers par ces champs de force est généralement bannie. Le vivant, par ses analogies frappantes avec certaines des propriétés du monde ondulatoire, suit les lois « des grands nombres » et celles du « simultané ». Il s'est structuré par rapport aux énergies conjuguées de la terre, du cosmos, (le l'eau et de la lumière et ne subsiste que par de continuelles adaptations avec ces forces qui sont loin d'être exclusivement chimiques. Tout être vivant, comme tout minéral en solution, est rigoureusement défini par trois facteurs correspondant à ces trois valeurs électroniques : — Le pH matérialise, par un chiffre, l'acidité ou l'alcalinité d'une solution. Il varie de 0 à 14. Plus le pH est faible, plus la solution est pourvue d'ions positifs (H +I-), plus elle est acide. — L’oxydo réduction représentée par le facteur rH2 mesure la teneur en électrons. La perte d'électrons correspond à son oxydation, un gain d'électrons correspond à sa réduction. L’oxydation est synonyme de vieillissement prématuré. La vie va du stade réducteur (la naissance) au stade oxydé (la mort). La rouille est de l’oxydation totale. Une réducteur est capable de céder des électrons, il s’oxyde alors. Tout ce qui est au-dessus de 28 est oxydé. Le rH2 indique si la solution est réductrice ou oxydante. Il peut osciller entre 0 et 42. De 0 à 28 , la solution est réductrice, de 29 à 42 elle est oxydante. — La résistivité, inverse de la pression osmotique due aux ions, est la propriété d'une solution à s’opposer à la transmission de la chaleur ou de l’électricité. Plus une solution est pure, plus elle s'oppose à la transmission électrique. 69

Autrement dit une eau très minéralisée est préjudiciable à la santé. En biologie, il existe deux grandes classifications des êtres vivants :

Les autotrophes (plantes, micro-organismes) qui ont seuls la possibilité d’assimiler directement le minéral. Les hétérotrophes (homme, animal) sont incapables d’assimiler directement les minéraux s’ils ne sont pas transformés au préalable par les plantes et les végétaux (fruits, céréales, et légumes) Les minéraux contenus dans les eaux ne sont donc pas assimilables par notre organisme et ne font que l’encrasser, contribuant ainsi, comme l’a démontré le Prix Nobel Warburg, à l’apparition du cancer, par perturbation de la pression osmotique extra-cellulaire. Le Dr Damoor a démontré dès 1917 que lorsqu’on perfuse un rein avec de l’eau chargée en minéraux le rein gonfle et la membrane rénale se ferme. En revanche, si on le perfuse ensuite avec de l’eau pure, le rein dégonfle et la membrane rénale s’ouvre permettant ainsi l’élimination des toxines. Les travaux du Professeur Vincent et du Professeur Richard ont permis d’établir que les reins fonctionnent suivant des principes d’osmose et de contre osmose et qu’il est nécessaire de boire de l’eau très pure à très haute résistivité pour éliminer parfaitement les toxines et purifier le sang. Cette pureté de l’eau s’exprime en ohms. Plus l’eau est pure, plus le nombre d’ohms est élevé. Ce paramètre s’appelle la résistivité. Les études ont démontré que la résistivité de l’eau doit être supérieure à 8 000 ohms pour assurer un bon fonctionnement des reins. La résistivité de l’eau du robinet n’est que de 2 000 ohms, celle de la quasi-totalité des eaux en bouteille est comprise entre 500 et 5 000 ohms à cause d’une forte teneur en minéraux inassimilables par l’organisme. La résistivité de l’eau osmosée dépasse 30 000 ohms. Plus la résistivité est élevée, plus on évolue vers la bonne santé. D'une manière générale, les essences naturelles ont un pH acide et surtout une résistivité très importante. L'expérience et aussi les mesures bioélectroniques conduisent à constater que : Le pH acide des huiles essentielles, abaisse le pH sanguin lorsqu’il est trop alcalin. Le terrain propice alcalinité favorisa la pullulation microbienne. On comprend, dès lors, les propriétés bactéricides des essences naturelles. Le pouvoir oxydo-réducteur des essences naturelles joue un rôle régulateur dans l'organisme. Il active les oxydations, ou les réduit, selon les cas. Leur résistivité élevée s'oppose à la diffusion de l'infection et des toxines. 70

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Les affections microbiennes se situant en terrain alcalin et réducteur, il paraît logique de leur opposer un traitement présentant les caractéristiques inverses, c'est-à-dire un traitement acide et oxydant. En corrigeant le terrain dans le sens favorable, il empêchera la propagation comme la survie des germes infectieux. Or, de nombreuses huiles essentielles ont un pH acide et un rH2 supérieur à 28, en plus d'une résistivité élevée, caractéristique commune à toutes les essences aromatiques. En revanche, les affections virales, se trouvent en terrain alcalin-oxydé, avec un pH supérieur à 7, un rH2 supérieur à 24 - 25 et une résistivité inférieure à 180 - 190. Les traitements indiqués, examinés sous cet angle, devront donc être acides et réducteurs. La bioélectronique apporte donc des renseignements très intéressants dans beaucoup de domaines. Ce n’est pas par hasard que la Nasa l’a adoptée, puis utilisée en vue du contrôle de l’état de santé des astronautes des fusées Appolo dans leurs vols lunaires. Une cinquantaine de publications confirmèrent la bioélectronique comme une science exacte et complète. On pouvait dès lors mesurer notre perturbation pathologique, et la chiffrer. La bioélectronique nous informera sur l’analyse d’un médicament, d’une plante, d’un minéral, de la fertilité de la terre, de la santé de notre organisme et de celui des animaux mais aussi de la prévention des cataclysmes de la pollution atmosphérique etc.

L’acidose neutralise les virus De nombreux exemples illustrent le bien fondé de la bio-électronique. On recèle très peu de cancer du muscle dû à la présence d’acide lactique. Les peuples qui présentent une longévité exceptionnelle et à l’abri du cancer sont ceux qui précèdent à une réduction alimentaire qui met leur organisme en acidocétose. Les Hunzas, les habitants de Vilacomba en Equateur, les habitants de l’Ile d’Okinawa présentent une longévité exceptionnelle, à l’abri de toute infection. Du reste, les 3 religions monothéistes recommandent le jeûne. On ne trouve pas d’HIV au niveau de l’appareil génital féminin qui présente un pH acide (5,5). En revanche, la contamination du HIV se fait au niveau des injections (toxicomanes) et par la pratique de la sodomie (le pH du rectum est alcalin)

Le vinaigre des quatre voleurs Ce remède très particulier qui ressemble à une thériaque est composé de plantes et de vinaigre :

− 40 grammes de chacune de ces plantes : petite et grande absinthe, romarin, sauge, menthe, rue, lavande
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− De condiments : girofle, muscade, ail (5 grammes de chaque) − De camphre : 10 grammes − D’acide acétique cristallisé : 40 grammes − De vinaigre blanc : 2,5 litres

Faire macérer les plantes dans le vinaigre pendant une dizaine de jours. Passer avec expression. Ajouter le camphre dissous dans l'acide acétique et filtrer. On s'en frotte les mains et le visage, on en brûle dans les appartements. On peut, par ailleurs, garnir de petits flacons pour en respirer les vapeurs (en cas de syncope.) On raconte que cette formule fut révélée, au XVIIe siècle par quatre détrousseurs de cadavres, arrêtés en flagrant délit lors des grandes pestes de Toulouse, de 1628 à 1631. Leur mépris de la contagion avait fortement étonné les juges... Les archives du Parlement de Toulouse rapportent que : «Quatre voleurs furent convaincus, lors de l'ancienne grande peste, qu'ils allaient chez les pestiférés, les étranglaient dans leur lit et après volaient leurs maisons : pourquoi ils furent condamnés à être brûlés vifs et pour qu'on leur adoucît la peine, ils découvrirent leur secret préservatif; après quoi ils furent pendus. »

Il existe d’autres formules : Vinaigre aromatique anglais (sels pour respirer) : Acide acétique concret Camphre Huiles essentielle de lavande Huiles essentielle de girofle Huiles essentielle de cannelle 250 g 60 g 0,50 g 2g 1g

Ces peuples avaient découvert, par intuition ou par observation, que l’état acide (le vinaigre est à un pH très bas) luttait contre les infections bactériennes et virales. Le bioélectromètre n’était pas encore inventé.

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CHAPITRE XII : TRAITEMENT NATUREL

Nous savons que les antibiotiques n’ont aucune action sur les virus. En revanche les huiles essentielles, dans la famille des phénols et monoterpénols sont aptes à neutraliser et à tuer les virus. De nombreux travaux scientifiques le prouvent chaque jour. Les huiles essentielles font merveille notamment dans les pathologies virales et bactériennes. Pour prévenir et maîtriser l’attaque virale nous pouvons faire appel à quelques huiles essentielles bien choisies selon des critères précis (principes actifs, polarité, pH).

1) La prévention
Cette prévention doit commencer le plus tôt possible. Dès que l’épidémie sera présente dans votre entourage, l’organisme pourra se défendre. Notre santé dépend en grande partie du fonctionnement optimal de nos systèmes naturels de défenses contre les agressions de tous types. Lorsqu'ils sont performants, ils nous prémunissent.  AROMAFORCE®

AROMAFORCE® est spécialement destiné à booster l’organisme pour qu'il renforce ses défenses naturelles. Les huiles essentielles de la famille des phénols et monoterpénols sont parmi les meilleurs stimulants de l'immunité. AROMAFORCE ® potentialise nos possibilités réactionnelles face aux infections infectieuses (virus, bactéries, parasites). Prendre 2 gélules avant les 2 repas dès maintenant A prolonger durant la pandémie (on peut en prendre jusqu’à 8 gélules). Boite de 100 gélules

2) Action curative
Les virus de la grippe sont aériens ; ils pullulent dans l’atmosphère. Pour cela nous disposons de 2 produits antiviraux :  SPRAYFORCE® Un spray nasal qui contient des huiles essentielles biologiques, de la propolis, de l’extrait d’hamamélis, du plasma de Quinton, préparation sans sucres, sans colorants, sans menthe ni menthol. 73

4 à 5 pulvérisations par narine et par jour sont nécessaires. Vaporiser les mouchoirs en papier et la taie d’oreiller. Prévoir plusieurs sprays par membre de la famille. Flacon vaporisateur de 20 ml. Enfants à partir de 3 ans, autorisé aux femmes enceintes  INHALAFORCE® Un complexe diffusible composé de 4 huiles essentielles destinées à neutraliser le virus. Mettre 10 ml du mélange dans un diffuseur. A diffuser durant 20 minutes, 3 fois par jour (plus si virus dans le voisinage). Flacon compte gouttes de 30 ml Laboratoire AROMAPROTECT Site : aromaprotect.com

AUTRES PRODUITS  ORTHOFLORE®

La flore intestinale joue un rôle essentiel ; elle assure 70% des défenses naturelles. La gélule devra comporter des pré et probiotiques. Ils devront contenir plus de 8 milliards de bactéries amies reparties en plusieurs souches. ORTHOFLORE® contient plus de 10 milliards de bactéries par gélule issue de 8 souches différentes. Prendre une gélule le matin à jeun (Labo Phyt’Inov – 72 Bas du Village – 2904 BRESSAUCOURT – SUISSE. Tél : 0041 32 466 89 14. Site : phyt-inov.com. Règlement en chèques, par CB)  A-FLU®

C’est interféron alpha naturel leucocytaire (16 sous espèces d’interférons) Propriétés immunomodulatrices et immunostimulatrices Neutralisation et élimination des cellules infectées Induction de la résistance cellulaire à l’infection virale Potentialisation de l’effet des macrophages (acteurs clés dans la défense contre les infections) Forme galénique originale : la forme SUBLINGUALE Evite la dégradation des molécules d'interféron alpha par les sucs digestifs. Permet une meilleure tolérance négativisation des pathologies infectieuses à qui l'on a administré simultanément des huiles essentielles 74

POSOLOGIE & MODE D'EMPLOI Un comprimé sublingual 2 fois par jour à jeun au moins 30 minutes avant de manger. Laisser fondre lentement le comprimé sous la langue et le malaxer jusqu'à .dissolution complète. Ne pas avaler de liquide tout de suite après la prise du médicament. Pendant le traitement, il est recommandé de ne pas consommer des produits ou aliments contenant du menthol, de l'eucalyptus ou du camphre. En présence de la pandémie 2 fois 2 comprimés CONTRE-INDICATIONS -Allergie connue à l'interféron. EFFETS SECONDAIRES -Aucun effet secondaire ou indésirable n'a été observé avec AFLU ®. Le faible dosage du produit met à l'abri des effets secondaires ou réactions observées avec les interférons injectables fortement dosés: troubles digestifs, cardiovasculaires, hématopoïétiques, rénaux, cutano-muqueux et pulmonaires. PRÉCAUTIONS D'EMPLOI - Pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 6 ans, un avis médical est recommandé. CONSERVATION À température ambiante dans un endroit sec à l'abri de l'humidité. Stocker en dessous de 30°C, A-FLU ® est distribué par Avenir Pharma 5, Route du Chêne, - 1206 GENEVE – SUISSE Tél : 00412234634 34 Fax : 00412234634 35

 DECRYPTASE® Composé de hautes dilutions hahnemanniennes de transcryptase inverse. Il est indiqué dans les viroses. « Les virus ne peuvent se reproduire qu'en accaparant l'appareil bio- synthétique de la cellule " L'information génétique des virus passe de l'ADN à l'ARN puis aux protéines cellulaires. Les virus deviennent pathogènes quand ils arrivent à pénétrer dans la cellule La pénétration de ce "petit morceau d'information génétique" dans la cellule est favorisée par la présence sur les parois cellulaires de récepteurs sensibles aux "antennes protéiques" du virus. La paroi cellulaire étant franchie, le virus se reproduit en accaparant « les composants de la cellule » dont il devient partie intégrante. Tous les constituants de la cellule envahie vont contribuer à la ruine de l'organisme 75

• en participant à la multiplication débridée du virus • en libérant dans l'organisme des particules protéiques qui affolent ou bloquent les défenses immunitaires • en rejetant dans I' économie du malade des toxines particulièrement néfastes pour les parenchymes nobles. Il est d'autant plus difficile de faire face à l'avalanche des situations pathologiques qui en découlent qu'elles sont innombrables, inattendues et imprévisibles. Le virus profite de la présence sur les parois cellulaires de récepteurs sensibles pour pénétrer à l'intérieur de la cellule où il s'intègre au programme génétique qu'il transforme. La seule cible qui paraît accessible à la thérapeutique est donc le stade initial de l'infestation par le virus . Les rétrovirus ont un appareil génétique constitué d'ARN qui doit être transformé en ADN pour parasiter le noyau cellulaire. Une enzyme : la transcriptase inverse est indispensable à cette transformation. La modification de la transcriptase fait obstacle à la maladie virale. Il devient un « leurre » susceptible d’inhiber la mutation des protéines virales. Tout se passe comme si la DECRYPTASE® intervenait pour inhiber la pénétration du virus dans l'intimité de la cellule. POSOLOGIE : Deux à Dix gouttes 4 à 6 fois par jour pendant les premiers jours de l'atteinte virale, puis 4 fois par jour pendant 10 jours . ENTRETIEN Dix gouttes par jour – Flacon de 30 ml. Acheter plusieurs flacons. Mode d'administration : la voie sublinguale est la plus efficace (garder les gouttes en bouches 30 secondes puis avaler). Les Grands Espaces Thérapeutiques 4, rue de la Prade 34 880 LA VERUNE Tél : 04 67 07 00 71 www.get-34.fr HOMEOPATHIE Fièvre  Aconit 7 CH : Fièvre brutale, visage rouge, absence de sueurs, angoisse avec agitation  Belladona 7 CH : Fièvre brutale, oscillante, visage rouge couvert de sueurs, aggravation à la lumière et au bruit, délire 5 granules 4 fois par jour 76

Douleurs  Rhus tox 7 CH : frissons, courbatures, besoin de changer de ...  Eupatorium perfoliatum 5 CH : douleurs intenses dans les os, la tête, les globes oculaires)  Gelsemium 9 CH : prostration, abattement, céphalée, raideur de la nuque, absence de soif Prendre 3 granules de chaque, 3 fois par jour du remède adapté à votre cas. Toux  Bryonica 7 CH : douleur aigue dans la trachée et les bronches, toux douloureuse, muqueuses sèches, soif intense.  Ferrum phosphoricum 9 Ch, fièvre modérée, inflammation des bronches et des tympans, toux sèche et douloureuse. 5 granules 4 fois par jour du remède adapté Convalescence (fatigue)    Sulfur iodatum 5 CH – 5 granules le matin pendant 8 jours China et Kalium phosphoricum 5 CH – 5 granules de chaque avant les 2 repas Influenzinum – 15 CH – 1 dose unique

CHLORURE DE MAGNESIUM :  Mettre un sachet dans une bouteille d’eau peu minéralisée. Boire 2 à 3 verres par jour (diminuer si diarrhée) Acheter en pharmacie

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EPILOGUE
Il ne s’agit pas de créer une psychose qui ne peut que compliquer la situation. Mais il faut être réaliste et analyser la situation évolutive. Jusqu’à ce jour, la pandémie a gagné un grand nombre de pays sans trop causer de dommages. Les cas mortels sont survenus chez les gens fragilisés par une maladie ou qui ont été victimes de surinfections bactériennes. La pandémie peut toutefois prendre une tournure plus dramatique, c’est ce qui s’est produit lors de la grippe espagnole. Il faut donc redouter un réajustement du virus H1N1. Si la recombinaison s’opère avec le virus de la grippe aviaire (H5N1), le contexte sera plus ravageur. Le Tamiflu deviendra inopérant, le nouveau vaccin ne pourra être mis en place avant de longs mois. Les caractéristiques du virus se modifiant, de nouveaux vaccins doivent être réinventés pour se calquer sur les nouveaux paramètres, et les nouvelles données, mécanisme qui suppose de trop long mois. Tandis que les populations attendent des résultats tangibles et rapides, la société occidentale ne comprend pas pourquoi, face à un phénomène infectieux d’une telle envergure, nos pays riches dotés de moyens techniques avancés ne puissent agir en conséquence. On va sur la lune, on se prépare à visiter Mars et on est désarmé face à l’attaque des virus ? Il n’en demeure pas moins que nous allons devoir vivre ou survivre dans les prochaines années, avec une épée de Damoclès au dessus de nos têtes. Nous avons eu l’occasion de vérifier depuis un siècle qu’une pandémie ne surgit pas du jour au lendemain, que souvent elle est précédée de fausses alertes : des pics infectieux suivis d’une pause qui pourrait s’éterniser durant plusieurs mois durant laquelle nous risquons de relâcher la garde. Et pendant ce temps, le virus reste silencieux, il pourra se modifier, s’adapter, s’activer pour finalement déclencher brusquement, en quelques jours, une pandémie redoutable. Sous peu, on saura la vérité quant aux gros titres de la presse « info » ou « intox ». Heureusement nous disposons d’une alternative efficace : les huiles essentielles.

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GLOSSAIRE
Agent infectieux : micro-organisme capable de franchir les barrières de l'immunité naturelle et/ou de se multiplier dans les tissus vivants.

Agent pathogène : tout micro-organisme pouvant provoquer des maladies.

Anticorps: substance produite par certaines cellules en présence d'un antigène spécifique, qui se joint à cet antigène pour le neutraliser, l'empêcher de se multiplier ou le détruire,

Antigène: substance qui, lorsqu'elle est introduite dans les tissus ou dans le sang, provoque la formation d'anticorps ou réagit avec eux.

Auto-anticorps: anticorps que fabrique l'organisme contre ses propres constituants. Il s'agit là d'une déviation du comportement normal des cellules censées défendre l'organisme

Bactérie : micro-organisme unicellulaire sans noyau (procaryote) dont le génome est constitué d'ADN.

Charge virale : terme utilisé pour décrire la quantité d'agent viral présent dans le sang (hépatite, HIV, grippe).

Épidémie : phase d'expansion de la transmission d'une maladie au sein d'une population donnée. Le nombre de nouveaux cas augmente significativement par rapport à la situation habituelle.

Équilibre acido-basique : tout organisme vivant est dans un état de constant équilibre dynamique entre les éléments acides et les éléments basiques. Voir pH.

Grippe aviaire : infection humaine causée par un virus grippal aviaire de type Influenza virus A. Le sous- type H5N1 est hautement pathogène mais transmissible d'homme à 79

homme par la présence du porc dont le potentiel génétique est très voisin. Il existe d'autres sous-types de virus grippaux aviaires, plus faiblement pathogènes pour l'homme, mais également capables d'infecter d'autres espèces comme le porc, les équidés.

Grippe mexicaine (ou nord-américaine) : infection humaine due à une nouvelle souche de virus grippal H1N1. Cette affection respiratoire provoque des symptômes similaires à ceux de la grippe saisonnière humaine (fièvre, courbatures, toux et fatigue). L'OMS a appelé cette nouvelle grippe A/H1N1

Immunologie: branche des sciences biologiques qui consiste à étudier les mécanismes de défense de l'organisme contre des envahisseurs tels que des bactéries. Immunosuppresseur : se dit d'un médicament ou d'un traitement capable de diminuer ou de supprimer les réactions immunitaires.

Maladie émergente : maladie dont la fréquence de nouveaux cas dans une population et une région donnée augmente de manière inhabituelle comparée aux années antérieures. Ce peut être une nouvelle maladie pour l'homme (Ebola, SRAS, Marburg), l'émergence d'une maladie sur un territoire jusqu'à présent préservé ou encore une maladie qui avait disparu et qui réapparaissent.

Masque FFP2 : demi-masque jetable couvrant le nez, la bouche et le menton et qui permet de se protéger des agents infectieux transmis par voie aérienne, tels que le virus de la grippe.

Métabolisme: terme général qui englobe toutes les réactions chimiques et physiques qui se produisent dans l'organisme. Le métabolisme comprend deux types de réactions: le catabolisme et l'anabolisme.

Pandémie: épidémie touchant une part exceptionnellement importante de la population et présente sur une large zone géographique. Elle englobe les hémisphères Sud et Nord dont les écosystèmes sont différents. Pour l'Organisation mondiale de la santé, l'apparition d'un nouveau sous-type de virus est le facteur déclencheur d'un plan de prévention. Le risque de pandémie devient important quand de grandes infections interhumaines ont lieu dans plusieurs pays.

Oxydation: perte d'électrons et d'ions hydrogène (atomes d'hydrogène) d'une molécule ou, plus rarement, gain d'oxygène d'une molécule. Voir pouvoir oxydo-réducteur de la bioélectronique. 80

pH: symbole de mesure de la concentration des ions hydrogène dans une solution. L'échelle du pH est graduée de 0 à 14; un pH de 7 exprime la neutralité, un pH inférieur à 7 signifie une augmentation de l'acidité, et un pH supérieur à 7 indique une alcalinité accrue.

Phagocytose: processus par lequel une cellule capture et ingère des particules. Se rapporte notamment à l'ingestion et à la destruction de microbes, de débris cellulaires et d'autres substances étrangères.

Réassortissement : Réorganisation du matériel génétique entre deux souches de virus. Le nouveau virus issu de cette recombinaison peut présenter une pathogénicité accrue.

SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère) : Infection humaine par le virus SARS-CoV. Appelée auparavant « pneumonie atypique », la contamination interhumaine se fait par inhalation de gouttelettes de salives infectées ou par contact direct avec les sécrétions nasales provenant d'une personne infectée. Nous ne disposons pas à ce jour d'agent antiviral efficace contre le virus du SRAS.

Virus H1N1 : nouvelle souche de virus grippal de type H1N1. Comme la plupart des virus grippaux, cette souche contient des gènes de virus grippaux de porc, d'oiseau et d'homme, mais dans une combinaison jamais observée à ce jour.

Virus H5N1 : virus aviaire de la souche Influenza hautement pathogène. Le virus H5N1 se transmet préférentiellement entre oiseaux. Lors de contacts prolongés et très proches entre oiseaux infectés, porc et homme, le H5N 1 peut être transmissible à l'homme. Le porc présentant un patrimoine génétique très voisin de l’homme, joue le rôle de cheval de Troie et atteint l’organisme humain.

Virulence : mesure de la sévérité des symptômes provoqués chez l'animal ou l'homme par un agent infectieux de type virus ou bactéries.

Virus : Entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. 81

Zoonose : Maladie animale transmissible à l'homme et inversement. Elle peut être causée par divers agents infectieux. La grippe aviaire est une zoonose présente chez les oiseaux et qui peut se transmettre dans des conditions bien spécifiques à l’homme

NB : pour ceux qui veulent suivre une formation en aromathérapie ou en médecine naturelle (naturopathie), la Faculté Libre de Médecines Naturelles et d’Ethnomédecine propose plusieurs cycles. Site : www.flmne.org

En savoir plus sur l’actualité du Dr WILLEM Site : www.docteurwillem.fr

Connaître les activités des Médecins aux Pieds Nus : Site : www.mapn.org

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