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ÉCRITS DE MUSICIENS

XV

-

XVIII»

SIÈCLES

DU MÊME AUTEUR

Hector Berlioz,
grave, édit.)

sa vie

el ses

œuvres (1803-1869). (Delàépuisé.

Les Symphonies de Beethoven. Ouvrage couronné par vol. l'Académie française fDelagrave, édit.)
.
.

1

Le Cycle FiERLioz

:

vol. I. Ln Dninnaiion de Fausl. IL L'Enfance du Christ iFisch bâ\

cher, édit.)

....

I

vol.
vol.

Pagamm

iLaui-ens, édit.)
(Edit. des Porlrails d'hier).
Id.

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Richard Wagner.

1

vol.
vol.

Franz Liszt.

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En

collaboration avec Ch. A. Bertrand
B.

:

L'Anneau du Xibelung de des Dieux

Wagner

:

Le Crépusculeépuisé.

Souvenirs de Wilhel.m Lierkxecht,

trad.

de
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l'alle1

mand; avec

2 portraits. (Libr. socialiste)

vol.

En
GouNOD, sa

collahoralion avec A. Dandelof
vie
el ses

:

œuxres, avec 40

pi.
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hors
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le.xte..

(Delagrave, édit.)

9 vol.

En

collahoralion avec

Dr

F. IIoll et F. Caillé

:

oeuvres en prose de Richard Wagner, en coins
publication ;Delagrave, édit.)
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J.-G.

PRODHOMME
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Ecrits

de xMusiciens
(XVe
JPALESTRINA
J.S.
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XVIir
DE LASSUS
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siècles)

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LULLY

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MARCELLO

BACH - H.T:NDEL - RAMEAU HASSE - GLUCK - SACCHIM - ETC.

TROISIEME EDITION

PARIS

MERCVRE DE FRANCE
XXVI,

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CONDÉ, XXVl-j_

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BIBLiOTHECA
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fîavens'^*

Hlo^'-i? JUSTIFICATION DU TIRAGK 2. 4 35 M L .

dans plus indivi1. qui que fixent. dans les difTérenls pays de l'Europe occidentale. . le les connaîtra et les il aimera dix-neu- vième siècle. a subi.PREFACE fois Les documents réunis ici pour la première embrassent une période de plus de trois au cours desquels la siècles. Musique. de motets et de madrigaux des quinzième et seizième siècles. y a une continuité d'edorts incesl'art le sants pour exprimer. jusqu'aux maîtres du dix-huitième. une évolution lente et con- tinue dont les travaux rains font peu à peu modernes et contempoéléments les distinguer les complexes et la suite logique. comme tous les arts. les formes de l'Opéra et de telles Symphonie. Depuis com- positeurs de messes. au moins pour un la temps.

lignes l'histoire de la C'est un musique ancienne chapitre. Des travaux de recherche entrepris de tous comme près à l'étranger. mort en 1759. — ont à peu fixé dans ses grandes (i). mi-auto- biographique. Aussi. qui lui survécut un demi-siècle. et selon les genres. Selon les cas. mi-anecdotique. le plus immédiat et le plus sympathique qui soit. religieuse ou Sous ses différentes ou purement instrumentale. dix-sep- dix-huitième siècles. les sentiments et les aspirations. seizième. mieux et plus profondément que les arts plastiques. cette limite se place entre 1750 et 1790. sinon les idées d'une époque. de cette histoire qui est esquissé dans la présente anthologie littéraire de quelques musiciens tième et des quinzième. — on en trouvera de nombreuses indications dans ce vo- lume. la Musique possède ce don d'évoquer. voire 18uO. est parfois plus moderne que Haydn. Faisant abstrac- (1 On ne peut tracer de limite exacte entre la musique dite ancienne et la moderne. Bach. une profane. en France la vie d'autrefois. formes.KCniTS DE MUSICIEN? duel. de s'explique-t-il par la curiosité qu'on nos jours. des sociétés ou des croyances abolies. Fintérèt qui s'attache à la résurrection des œuvres musicales anciennes montre. vocale civilisation disparue. pour côtés. .

— lettres. presque incon- nus. on n'y a fait figurer que 7 ] des artistes ayant exercé leurs talents. manifestes. versité allemande. Mais.PHEFACE lion des théoriciens purs. etc. soit comme plement compositeurs. d'autres enfin. souve- nirs. d'autres sont sim- célèbres. dédicaces. pendant des siècles. Quelques-uns sont illustres. en la iMusique : émanant des musiciens eux-mêmes ou rédigés sous leur dictée. tous ces documents. à la veille la . Ceux-ci d'ailleurs ne sont pas toujours les moins instructifs ni les moins amusants dans leurs écrits. soit leur — de quelle que importance matérielle. Si telle préface ou telle dédicace. telle autre. ont un intérêt gé- néral qui dépasse même l'histoire montrent. ils effet. A €Ôté des familiarités rabelaisiennes que se permet un Roland de Lassus avec un duc de Bavière qui l'honore de sa faveur. n'apprend en apparence que peu de chose sur son auteur et son temps. ou la fierté invincible d'un Gluck. quelle fut. soit comme exécutants. est d'un tout autre in- pour l'histoire de l'art musical. d'un de Gouy ou d'un térêt Muft'at. l^nr Qondiiiqn sociale. on voit les démêlés pénibles d'un Jean-Sébastien Bach avec une Unide Révolution. signée du nom glorieux d'un Palestrina ou d'un Lully.

ne pourrait mieux montrer ce que style est furent ces artistes d'autrefois que leurs écrits mêmes. qu'on nous reprocherait peut-être de ne pas trouver — « le leurs l'homme même ». en raison de leurs rapports avec la France. On remarquera que l'Ecole française y est largement (et très inégalement) représentée. allemands. et que les citations empruntées aux musiciens étrangers l'ont été. de Buffon. Tous les documents ont été collationnés ou traduits. soit sur les textes originaux. hormis œuvres. Très succinctes pour grands musiciens qui ont été l'objet de travaux nombreux. néerlandais. figurent dans cetteanthologie. ECRITS DE MUSICIENS Peu prit à peu. flamands. italiens. rien.. soit sur les publications de première en a main qui les ont les reproduits. La plupart des grands musiciens français. et sur lesquels il est facile à tout lec- . l'essi inonde moderne. au cours de ces premiers siècles du l'artiste. chaque fois qu'il a été possible. chez d'émancipation le et d'individualisme et — ici suivant mot célèbre de M. se développe. On indiqué exactement sources. Des notices donnent les indications bio-biblioles graphiques essentielles.

on peut citer.). tel est le cas pour plusieurs musiciens français. la Ri- L'Editeur. Dictionary de Grove (récemment réédité) et d'érudition musicale tels que les fiir les recueils Monalshefte Miisik-Geschichle d'Eitner. vista musicale ilaliana. etc. parmi les ouvrages géné- raux à consulter le : Ouellen-Lexikon d'Eitner. la Vierieljahresschrift fur Musikwissenschaft. les publications de la Société internationale de Musique [Sammelbande trimestriels. elles sont plus étendues lorsqu'il s'agit d'artistes moins connus de nos jours . M. mensuelle. Outre les monographies indiquées dans ces le notices.teur de se renseigner. Zeitschrift I. . et bulletin français S.

.

X. qui a servi à la pré. Le testament de Du Fay. il lut nommé chanoine de Cambrai.7^) pelle pontificale. i.pulilié par M. . Ordonné prêtre à Pai'is. Eitner.1 ILLALMK DUFAY (i4oo?-i/. Il mourut dans cette ville. Il y resta jusqu'en 1436.le traduction. dès U"28. en 1430. partie. vers 1400. il passa quelque temps à la cour de Philippe le Bon. qui vécut à Home de 1380 à iiM. une gratification. le 21 avril I45I. d'après >t's récents biographes (Jules Houdoy. etc. Il fit Chapelle pontificale.(. en Bourgogne. lils du duc de Bourgogne. comme son homonyme. Haberl.ser^. son Longtemps confondu avec un chanteur de la chahomonyme. époque à laquelle il entra au chapitre de la cathédrale de Camijrai. A partir de 1437. Celte |)ui>Iicalion. il vécut sept ans en Savoie ienlre l»43et 1450 au plus tard). . Van der Straeten. à Chimay. de la le 27 novenfijre 1474. il y obtint de ses collègues. Précepteur musical du duc de Charolais. comme ayant « illustré leur église par ses chants ». Guillaume du Fay ou Dufoy naquit.1. où il devint maître ès-arls et bachelier ès-décref s vers 14i5J. (1) Houdoy 1).

pp. X. à propos d'une publication anglaise de J. de Trente aujourd'hui à Vienne). Haberl. Quellen-Lexicon et Joii. p HIC INFERIUS JACET VENERABILIS VIR vjr Il» DIÈ XXVll' ME. .12 KCRITS DE MUSICIENS donne quelques autres renseignements intéressants pour la biographie du vieux maître. porte cette épitaphe. et Cecie Stainer. de Fulda comme le premier musicien qui écrivit dans une forme régulière. avec Binchois et l'Anglais Dunstable. F.\NO DM. l'ouvrage capital sur Du Fay. MILLESIMD QADRIN. Sa pierre tombale.. la Musique aux Pays-Bas avant le dix-neuvième siècle (1867-1888 F.. qui fut inhumé dans la cathédrale. La bibliographie de ses œuvres a été donnée par Ha- berl et Eitnér. Voir J. 1880).. G. Eitner. Van der Straeten. Dufay und seine Zeil. d'après les manuscrits de Bruxelles. dans les Sammelbiinde der I. R. GUILLERMUS. 150 et suiv. Considéré comme l'un des grands maîtres contrapontistes de son temps. de Cambrai {Lille. HouDOY. de Paris et de Munich. de Bologne.-i corlains faite avec tout le soin désirable: passages ne sont pas exempts d'obscurilé. . I. . Guillaume du Fay est mentionné par le musicographe Ad. suivant ses dernières volontés..NSIS XOVEMBBI.S. de Rome. au-dessous d'un bas-relief: MAGR. dans la Vievleljahresschrifl fur Musikwissenschafl. Hisl. M. artislique de la Cafhédr. Wolff. des motets et des chansons françaises. t. de Cambrai. magnum iniliiim formalilalis. I '1884). retrouvée il y a une cinquantaine d'années.DUFAY MUSIC' BACCALAREUS L\ DECRETIS OLIM HU' ECCLESIE CHORIALIS DEIXDE CAXONIC' ET SCE WALDETRUDIS MONlEX OUI OBllT A. Elle comprend des messes. . ne parait pas avoir été aus.

de la contemplation de son auteur et de son souverain bien. de peur que. Esprit. et il n'y a rien de plus heureux dans la destinée des hommes. tandis que le cœur s'élève toujours plus haut. On y atteint d'autant plus facilement et on agit avec d'autant plus de prudence que. v. avec attention. mes (1) Ces expressions sont tirées des Psaumes 8. il n'y a aucune autre félicité au-dessus de celle de terminer la vie présente par une bonne mort. et bien que la nécessité en soit certaine pour tous. moi. au nom du Père et du Fils et du S. lie David. nul ne sait cependant ni quand ni de quelle façon elle viendra. occupé aux petites choses. bien plus. nous courons à pas rapides vers la mort. (2) Sainte Waudru ou Waidetrude. chanoine prébende des églises de Cambrai et de Sa!nte-^^'audru de Mons (2\ ne voulant pas décéder intestat de ce monde. j'exprime mon testament. Ce qu'envisageant. morte en fi8t>. rendant d'abord gi'âces à Dieu pour tous les dons qu'il m'a largement dispensés au-delà de mes mérites. 101. . les graves soucis ne croissent. profitant d'abord du bonheur.GUILLAUME DUFAY 13 TESTAMENT Nos jours ont décliné comme une ombre et comme une eauqui passe (i). Guillaume du Fay. on pense à disposer des biens temporels. patronne de Mons. 12 et 57. qui détournent l'esprit. V. Ps.

rine. et vivre el mourir en elle. item je veux de par moi être payées mes dettes et mes forfaits expiés. si c'est un doyen. à son clerc cinq sous. Nicolas. Pierre. qu'enseigne et prêche Noire Sainte Église. je coutume d'admiou savais remets. cadavre recevra] la sépulture la dans ladite vénérable église de Cambrai.Vnlhoine. le révoque et l'annule. lequel emplacement messieurs les chanoines m'ont gracieusement concédé. déclarant que si^ que cela n'advienne. . D'abord je confesse garder la foi calholique. de quoi je lei:rrends grâce. la folie. demandant pour moi. monnaie de Cambrai. et à toute corps ou vil Mon . Item je veux qu'il me soit fait honnêtement des obsèques dans ecclésiasliijue. la mon âme. à Dieu mon seigneur. XL sous. à l'immaculée viergeMarie mèrede Dieu. Item je lègue au prêtre qui m'administrera les sacrements in extremis vingt sous Par [isis]. Kathecour des citoyens célestes. jusqu'à ce qu'elle soit sortie de prison du corps. JeanBaptiste. la vie m'abandonnant. humblement et dévotement. l'infirraité ou quelque autre événement funeste me contraignait à l'avenir à faire ou à dire quelque chose qui parût contraire à la sincérité de celte foi. vraie et orthodoxe. Barbe.liCBITS on MUSICIENS arrangements ou dernière volonlé. le sacrement ecclésiastique qu'on doit et qu'on a nistrer.auxsaiRts Michel archange. Paul. à savoir dans la chapelle de Saint-Étienne devant ma représentation en pierre que j'y ai fait faire à mes frais. la démence. je fais el ordonne mes dispositions de la manière qui suit. je le désavoue dès maintenant. el si par hasard alors je ne pouvais le demander.

un rosaire.moi qui. afin qu'ils psalmodient et chantent en même temps à ces obsèques et soient défrayés honnêtement le jour même en outre promis huit livres P. aux enfants de chœur. ù . ayant servi enfant dans leur ordre. et qu'il soit donné à chaque célébrant III sous III deniers. au maître des cérémonies. et pour «ijrands vicaires III le rosaire III sous III de- niers. [avoir] mon épilaphe dans ladite chapelle de Saint. X sous.elc. XL sous.'i l(''i»-uc XX aux 1 sous. et qu'il soit chanté à la messe la séquence c//e. .(iu'ily ait en même l(. aux petits vicaires VII sous deniers. je . lout luminaire et l'accension de quatre cierges devant l'ymage de saint Authoine de Padoue. avec sonnerie dé cloches. autant de messes qu'il pourra être trouvé de prêtres.aux chapelains et francs serg-ents et bailli ^ I sous VIII deniers. pour mon aine et celle de mes parents et bienfaiteurs.s illa.'mps autant de deniers distribués aux pauvres qu'il y aura de pains. au chajxdijin et au clerc du revestiaire pour leurs peines à chacun X sous. Item qu'il soit dit Ijien et distinctement avec sonnerie de cloches. Item qu'il soit dit le même jour.GUII I. [arisis] et aux enfants de chœur en même temps pour qu'ils prient poui. chacun des sieurs chanoines ([ui y assisteront.Etienne. déclare que les honneurs et les avantages dont j'ai joui ont eu leur origine dans ce service. Item aux vicaires grands et petits. et qu'il soit payé aux petits vicaires et au cloclRleur. aux petits sergents etaw sergent baiili et aux clercs des chapelains III sous IIll deniers. et (ju'il soit distribué VI mesuresde blé converti en pain. au thuriféraire.Al ME DLKAY le l'ég-lisede Cambrai.

et que je semblerai approcher de l'agonie. l'hymne terminé. après que les sacrements de l'église m'auront été administrés. . un autre livre en papier de grand format contenant la messe de Saint Anthoine de Vienne et ma messe de Requiem. était le plus rii-lie de la calliédrale de Cambrai. après ma mort. des chàs=es. Item je lègue à la chapelle de Saint-Étienne. si l'heure le permet. les enfants de chœur présents avec leur maître et deux des compagnons. Cet autel.10 ECRITS DE MUSICIENS des miens présents. aux grands vicaires X deniers. huit des compagnons [du chœur] de l'église près de mon lit. et le livre de mes biens. un de mes Agnus Dei d'or pur. la discrélion pût. le livre dans lequel est en latin la légende de sainte Bîirbe.st l'hymne Magna salti/is gaudio. en parchemin. Item (1) C'est-à-dire. Item je lègue à Anthoine Hardi. Item je veux que celui de mes seigneurs qui aurait ma maison. et immédiatement de même chantent mon motet Ave Reyina Cœlorum. pour quoi je leur lègue XXX sous.. XX deniers. Item je lègue à l'hymage de la bienheureuse [Vierge] Marie de Cambrai sur l'autel des fiertés i le grand Agnus Dei en argent doré. il y ail. consacré à NotreDa::io. Item je lègue à ma commère. qui chantent à voix bas. aux autres du chœur VI deniers à chacun. choisir le ma chapelle fulsita V? telle <pi"elleest pour prix [auquel elle sera] prisée. dans le transfert de ma dépouille funèbre à l'église. femme de Jacques Hardi. s'il le veut. pour quoi je lègue XL sous P. Item je veux et ordonne que. avec le livre dans lequel est contenue la messe de Saint Anlhoine de Padoiie. mon filleul. et que.

martyr mort en (2j . afin qu'il soit placé aux jours de fête et aux jours de son obit el du mien au-dessus de l'autel. évéqiie d'Arras (1103-1499). au cas où il me servirait au jour de mon décès. Gobe ou Goijin. Item je lègue à messire Gobert Le Mannier 3) la figure de la mort.8. pour les services à moi renfois. évoque de C'-amt^nii et d'Arras. que j'ai eu du même sieur Symon le Breton. Pierre VII de Raiiehicoiirt. (1) Saint Auhert.'lise. Item je lègue à messire Alexandre mon serviteur. le Breton. mort un an avant s'occupait de transcrire la musi(4ue sur les livres d"é<. à l'ymage de la bienheureuse Marie de Grâce dans la chapelle de la Trinité pour qu'il. Item je lègue un Agnus Dei. dans leur église.soit placé avec les autres joyaux.3) G(. Item je lègue aux grands vicaires le tableau que m'envoya messire et mon confrère messire Symon le Breton (4)i où est limage de la bienheureuse vierge Marie avec la représentation de ce même messire Symon. Item je lègue à M. à charge que les religieux soient tenus de célébrer pour mon âme. Martin le portrait du roi que m'envoya Jehan de Fontenoy.GUILLAUME DUFAY je lègue à l'église de Sainl-Aubert de ]7 Cambrai la (i. ï . Item je lègue à messire mon révérend seigneur évêqne d'Arras (2) mon petit couteau royal que m'envoya le roi de Sicile. chanoine. pour une Courtois mon aula au-dessus de un obil solennel. avec le tableau qui est au-dessus de la porte de ma chambre qu'il m'apporta lui-même de Tours. chanteur atlaciié à la maîtrise de Cam- brai. (i) Symon Il Dufay. musicien. le tableau qui est dans cheminée.

après ma mort. . Item je lègue à maître Gérard. îivec le bréviaire des curés. Item au couvent des Frères Prêcheurs de Yalenciennes.>? dus. etc. qui est dans la petite chambre dans laquelle est l'ymage de la bienheureuse vierge associée aux ymages des Apôtres Pierre et Paul. et et le livre que m'a donné frère Guillaume Porée. Item je lègue à M. parce que je suis aux recommandalious de leur ordre. C sous. accepler aulaût de biens après Messieurs mes cxéculeurs testamentaires susnommés que le prix imposé auquel se monte le dit legs de cent livres. selon sa discrétion. ainsi que les autres tableaux.is iXRiTS ni: MLSici:. Item je lègue à Pierre du Gué ce tableau qu'il me donna. je veux qui! puisse. médecin. Item à la Fabrique de l'église de Cambrai XL livres. Pierre du Gué XX livres. dans laquelle j'ai trouvé très souvent et d'une manière distinguée l'hospitalité. au lendemain des obsèques. XX livres pour services à moi rendus.< Pnrisis. Item je veux que XII des suffîcii'Jîles (?). ceiil li\i-e. soit les grands.chanoine d'Arras. vita coinile (?). chantent ma messe de . Item je lègue à la mense du seigneur abbé de Saint-Auberl. Ilem je lègue à la grande Chartreuse XX livres. ainsi qu'il est dit plus explicitement par une lettre que j'ai faite auparavant. Item au couvent des Frères mineurs de cette ville. parce que de même je suis aux recommandations des prières et dévolions de tout l'ordre. C sous. soit les petits vicaires. X livres à chacun desdits seigneurs et amis. Item à la Fabrique de légiise de Saint-Waudru de Mons XX livres et à la Fabrique de l'église de la bienheureuse Marie de Condé C sous.

Item je lèg'ue aux hôpi- taux. et Item je veux. gnation suit. sous. de Saint-Julien de S. VI deniers. item aux pi-isonniers au châSellis XV sous. ilem aux lépreux X sous. . et ces cierges à eux. et pour cela je lègue 111 livres Parisis. -Jacques teau de item à chacun des prêtres des anciens X sous et X sous. ilem à la recluse de Sainl-Vaast XX sous. disent une des autres séquences qu'ils voudront ensuite de pro/'undis avec la collecte Inclina et Fideliiim. item à et chaque beghinage des Saints Vaast de Lille X sous. soient faites à mes frais par les grands D'abord je veux avoir. de St-Jean XX hommes George de el Saint-Pierre de Bieves H sous. dont vicaires. el par les mêmes vi- caires être célébré dans la chapelle de Saint-Etienne un obit chaque année mon àme pour la à perpétuité pour le salut de de celles de mes parents et bienfaiteurs. fonde trois ordonne dans la même les chatrois cierges être allumés tlevant ymages et un devant TEpitaphe. au saint jour de Pâques et de saint Anthoine de Padoue et aussi de sainte \\'audru à toutes heures et messes de Saint Guillaume le Confesseur et à chacun des jours de samedi et aux autres auxquels sera chantée l'antienne Salve Begina. aussi longtemps que celle antienne durera avec Il II le verset et la collecte. après rer/uicscant in /^ace. c'est-à-dire aux grands vicaires. la dési- item je veux que certaines fondations.GUILLAUME nri-AY ]!> JRequiem dans lachapelle de Saint-l*]lienne el à la fin de la messe. item au Beghinage de Cantimpré XV sous. peine de quoi ils percevront annuellement et XXX p'^ille sous. à savoir.

à laquelle messe assisteet ront le maître des enfants les tous les officiants de petits vicaires. chœur. les la compagnonsqui auront étéà proies Hispanise sur le messe à laditechapelle de Saint-Etienne viennent pour chanter l'antienne plain-chant. puis que les enfants disent le verset et les prêtres la collecte. et qu'après les complies. à savoir à la fêle de la Xativilé du Seigneur et à la fête de saint Anthoine de Padoue. je veux en outre qu'à la fin de cette messe soit lu de profanais ainsi qu'à la messe de la chapelle de la Trinité. ou bien grands ou ou les chapelains. . tous répondant. à la provision des dits grands vicaires qui chanteront la messe par moi composée. donc à chacun XXX deniers. avec les oraisons Inclina et fîdelium. et pour l'estimition de deux livres de cire j'assigne annuellement XIII sous IIII deniers. les six enfants qui après les complies chanteront dans la vigile de la fête de ce saint le répons si quœveris miracula avec le verset et gloria ainsi que le motet sydiis Ilispanise dite portion. auxquels j'assigne III sous dit XXX sous. le prêtre commençant. qui font ensemble XLI sous VIII deniers.20 ECRITS DE MUSICIENS je décide que la provision en sera renouvelée deux fois par an. outre lala somme de je IIII deniers. donc à chacun veux cependant que le susmaître des enfants ait pour sa peine. item j'inslitue une messe à célébrer solennellement au jour de saint Anthoine de Padoue dans la susdite chapelle à perpétuité du même caires prêtres saint par trois de ces grands viou diacres. du même saint et le lendemain à la messe Et in terra pax^ reçoivent X sous. XX deniers.

une messe soit célébrée à l'instar de celle de maître Grégoire Xico- pour cette messe. à chacun de ces huit chanteurs à chaque messe II sous. Item je veux que. du corps de l'église: j'ordonne en conséquence de donner au prêtre pour celte messe III sous. Toutes les messes à dire pour moi fondées pour un cycle annale sont au nombre de XVII. .ME DUFAY 21 après quoi les enfants diront sie le motet lumen eccle- avec un autre au choix de leur maître. soit faite dans ces messes la mémoire des défunts. soit ensemble XL sous. fondateur d'un monastère en Ilainaut. Oue si. je fonde et ordonne que chaque mois. ou à d'autres jours empêchés. des officiants pourraient suppléer leur absence. et semblablement qu'au jour de saint (luillaume confesseur (i. A la tin desquelles et de laï 12) et sous un (1) Saint Guillaume de Belgique.GLILLAL. quelques-uns desdits grands vicaires manquaient.K II était (2i Chanoine de l'église de Cambrai. pour chanter ces deux messes. qui est le dixième de février. Item ibidem. au jour de sainte W'audru. prêtre et solitaire. le second jour du mois. mort en 1241. ou que des ydoines soient par eux appelés. soil ensemble XXXVIII sous VIII deniers.111 deniers. les solennités des messes seront remises au lendemain ou à d'autres jours plus convenables pour supprimer la concurrence. en \W. soit chantée par les messe de mêmes vicaires dans* ladite chapelle une la même sainte. j'ordonne et institue III deniers. Si la fêle des saints Anthoine. Guillaume ou sainte Waudru tombait un samedi ou un lundi. mort amateur de m isique.

qu'ils soient contents de ce legs que je leur fais moi-même. lesquels je supplie la chai'ge humblement de vouloir empêché bien assumer de l'exécution de mes biens. outre son salaire de notaire s'il est exercé. que j'ai nourri pendant X^ III (1) le 20 Chapelain de Dufay. commodité en argent par mes exécuteurs testamentaires. je lègue à chacun un marc d'argent. chapelains de l'église de Cambrai. mon cousin de Tournai. aux dits exécuteurs qui feront mon exécution.U. Item je lègue à monseigneur Jacques de Riers. moi Guillaume. l'un de vaquer par hasard à cette chose. je veux qu'il soit remis et délibéré aux mêmes £^rands vicaires et pour leur faile célébrant sur ma tombe. savoir maître Pierre du Gué et Alexandre. ce IcstamenL les De sie nomme et ordonne exéciilenrs testamentaires sul. Bouillart mourut peu après août ll'. quant aux deux autres. Jehan du HoiUioul Mortier chanoines. Pierre du Gué et Alexandre Bouillart(i. la somme de cent je et vingt écus évalués à XL sous Parisis. vénérables et très chers mes- us seig-ncurs Reginal de Liège.ECRITS DE MUSICIEN? chacune sera le une aspersion et bénédiclion par et pour toutes et chacune (idèlement et pieusement faire et accomplir convenablement. . les trois restants puissent tout faire et exécuter comme si tous étaient présents. pour services rendus à moi et j'espère à me rendre encore. secrétaire du chapitre. lui. A trois desquels seigneurs chanoines et à messire Guillaume Bouchel. ce que je ne crois pas qu'il refuse. De telle sorte que trois d'entre eux.

diminuer. je casse le présent legs. ou fait quelque nouveau legs. voulant celui-ci valoir par droit de testament codi- ou volonté dernière selon le mode de droit ou meilleure coutume possibles. Je veux en outre que si par ime cédule de ma main. lequel [testament] je me réserve le pouvoir. Ilem je veux et ordonne que s'il restait quelque chose de mes biens après que toutes les fondations et ordonnances susdites seront accomplies. donnant à mes susdit exéculeure testamentaires le pouvoir. à la célébration de messes jusques à y en a un an- nuale. s'il assez. Par ce présent mien testament. il était constaté que j'aie changé dans les prémisses. et par le témoignage de personnes honnêtes. ou écrite ou signée par personne publique ou authentique. s'il y a des obscurités. changer. que son père avait destinée aussi longtemps qu'il vécut. augmenter. ajouté ou retranché. indiction septième huitième jour du mois de juillet la troisième très saint pontificat année du en Christ du Père et . et autres œuvres de piété à la discrétion de mes exécuteurs. L'an du Seigneur M. cela soit appliqué. je révoque tout et chacun des teslaments précédents par moi faits. tant que j'existerai sain d'esprit. mais il en faisait mention. révoquer et annuler. de varier. ceux-ci valent comme cilles s'ils étaient décrits dans le présent testament. IIII' LXXIIII. je pense que lui et ses parents me tiendront quitte paiement d'une caméra ?) à figure de pélicai:Psur laquelle est écrit siw le rose me repose.GUILLAUME DUFAY 23 mois OU environ. vingt écus de France. d'en élucider le sens.

sage et d'esprit. et IN icaise de Lépine. fait legs. docteur des décrets. pape par la di- homme maître Guillaume du Fay. élu des exécuteurs et fait et voulu comme il est écrit ci-dessus en demandant acte. cette église. présents à icelui vénérables et sages hommes maîtres Jean du Bois. prêtres chapelain de lonté. a rédigé quatrième. grand ministre. sain de corps son testament ou dernière vorévoqué les précédents. chanoine de l'église de Cambrai.2i ECRITS DE MUSICIENS noire seigneur Sixte vine providence. . témoins et appelés. Cet acte fut à Cambrai au chapitre de l'église de Cambrai. Jacques Michel chanoine.

p. VI. Il était donc tout à fait contemporain de Guillaume Du Fay. 317). Giorgetti. à Mme La Mara [Musiker- t.ANTONIO SQLARCIALIPÎ Anlonio Squarcialupi ou Anlonius de Sqiiarcialnpis de Florenlia diclus magisler Anlonius de organis. 1. ce célèbre organiste et compositeur. dans sa Musique aux Pays-Bas. p. au Dùmede P'iorence. briefe. c'està-dire Maître Antoine l'organiste. serait né en 1417 et mort avant 1480. M. D'après des renseignements com- muniqués par M. pourrait bien être traduit du llamaml W'olfenbrouck. Van der Straeten. (t. Nous savons seulement qu'il fut au service des Médicis. et notamment du prince Lorenzo. 1). dont il mit en musique des poésies et qui rédigea l'inscription (jui accompagne le buste de riiypollièse l'organiste. a émis que Squarcialupi (lont le nom signifie à peu près Ecorche-loup). . dont on ne connaît que peu d'œuvres. vécut à Florence au milieu du XV*^ siècle.

de sorle qu'il nombre — me fut impossible d'aller vous rendre visite et non seulement cela m'a empêché d'aller vous voir. 2t! fi). Dieu soit loué de tout. c'est une chose qui vaut vrai.nra 3j aime beaucoup son orgue de roseau (^i. 160-161. et depuis il n'a cessé de pleuvoir. sans faute. comme vous devez le savoir. novembris 1450..M.. il a grandement raison car. il me faudrait au moins prendre à m:\ solde pendant cinq jours tous les scribes qui sont à la cour de Rome. 1839. Si je voulais vous parler de Xaples et de Sa Majesté le roi (2) et de sa cour.HCj KCRITS DE MUSICIENS A GIOVAXM DE MEDICI de Siene. Carleyyio d'Arlisli. : . (2) (3) (4) Alfonso V. Très cher compère. . roi de Naples 'Ulfi-145S Sancta Maria noslra. p. qui vraiment sont de grandes choses et magnifiques à raconter. c'est-à-dire Xotre-Daine. mais parce que j'ai entretenu encore de vous écrire l'espérance que le temps devrait mettre une fin à tant de pluie. . en italien. que le cardinal de Scta. canna. Firenze. Roseau. A respectable homme Giovanni di Medici à Vollerra. (1) Lettre en italien publiée par Gaye. H y a environ un mois que je suis revenu de Xaples. . Je ne parlerai pas de celte chose pour le moment et vous manderai en bref. je me recommande à vgiîg un infini de fois.

sans faute.Marend très certain qu'il sera content que' je veuille vous le faire voir et entendre. Compère A GUILLAUME DU FAY^i. je vous promets qu'à voire retour. souvent relu votre très aimable lettre.ANTONIO SOUARCIALUPI ment le prix . et moi qui lésai entendus. qui aime (1) Gaye. . la contessina el à M. 1"=' mai 1407. 208-209. les meilleurs ainsi que vous m'écrivez. j'arrive facilement à le croire. De Florence. Carteggio. et j'ai réuni de tout cœur compagnons chanteurs que vous avez envoyés de votre église. — ASienele XX\'I Novembr. je me recommande pas. Piero ainsi qu'à tous les autres. dont la civilité Antonio di . et par le charme de la voix et par la science et l'art de chanter. a élé destiné à je vous en ferai entendre un qui ne vous déplaira gliorino. Mon Asec les honorable père et au-dessus de tous honorable par le mérite. L'original est en latin. il me à M. j'ai lu et la plus grande joie d'esprit. Car ils sont excellents. i^oo pour votre anlonio degli org-hani. On ne peut dire quel plaisir vous laites à notre magnilique Pielro di Medici. mais sans plus tarder. et dignes de vous leur maître. pp.

vous admire de même que les autres beaux arts. Je suis tout vôtre. votre faveur par sa aussi vous vertu et sa me grand plaisir et je A moi vous en rendrai grandes grâces. Et partant il admire votre art et vous honore et vénère comme un père. El il assure. fils de Pierre. ferez très 11 'le prince' est digne de libéralité.28 E'^RITS DE MUSICIENS beaucoup certes voire paternilé. il aime aussi passionnément cette musique raffinée qu'est la vôtre. grâce à la supériorité de son esprit divin. Certes. et parle toujours de vous de la façon la plus honorable. Je vous prie donc instamment de faire ce 'travail] et de [le] lui envoyer. chose de votre très excellent talent. De florence premier jour du mois de Mai Anlonius de squarcialpis de florentia diclus magister Anlonius de org-anis florenlie. je ne mettrais rien au-dessus de ce Je plaisir. me recommande à vous. cette lettre. Puissé-je vous voir et entendre. \^(y~. De même Laurent de Medicis. le . ce que vous aussi semblez désirer dans votre lettre. C'est pourquoi une chanson est jointe à. . que vous êtes le plus grand ornement de notre âge. qu'il désire être par vous mise en musique et ornée de chant. ce que j'assure volontiers aussi. Aussi désire-t-il posséder en propre quelque .

qui Et connus vis chacun de mes pensers. et dans une telle douleur. patri meo eolendissimo. {Adresse : Venerabili patri suo Guglielmo Magistro musice artis excellentissimo Canonico Cameraten. Si tu possèdes l'arc et le carquois. Pourquoi ne perces-tu pas ce cœur inébranlable ? Une dame mortelle ne s'opposera pas au dieu Considère ton honneur. ou tu me fais mourir. amour. seigneur. Certes. fidèle devoir. Donne une fin à mon long martyre. L'âme remplie de soupirs et de plaintes. mourir serait plus doux.ANTONIO SOUARCIALUPI 29 Canzone(I) Amour. mon désir. mon Salisfais-moi.) (1. . Parce que déjà approche le dernier soupir. En italien. . Rester dans une vie si dure.

Van der Straeten. Considéré comme le fondateur de lÉcole vénitienne. Pendant dix ans. à la fin de sa vie. et qu'il arriva en Italie en 1316. Wigliar!. il fut nommé maître de chapelle de Saint-Marc de Venise. genre qui lui fut suggéré. à toucher 200 ducats). en 1490. d'après l'historien de la Musique aux Pays-Bas. . il vécut •d'abord à Rome. dit-on. aux appointements annuels de 70 ducats (il arriva. le Flamand Willaert passe pour être l'inventeur de la composition pour doubles chœurs.1062) Willaert (ou Vuilliart. parla disposition même de la basilique de Venise. puis à Ferrare et à la cour du roi de Hongrie et de Bohême. Louis 11. au plus tard. .ADUIEX WILLAEUÏ (1490?. On sait qu'il lut l'élève de Jean Mouton (mort en 1522 à Saint-Quentin) et de Josquin Després (1450 ?)-1521 qu'il étudia le droit à Paris. Le 12 décembre •lo27. ou simplement Adriano) naquit. avec ses deux galeries pourvues chacune de grandes orgues. à Bruges ou à Roulers.

assez considérable pour l'époque. le livre de Francesco Caffi. domini dont les omvres (1. [. S'a? et suiv..56. le 7 décembre d562.'iponti?le. une Inîavolahiva degli Madrigali di Verdelello da canlare et sonare nel laiilo (Tablature de chansons de Verdelot. Adriani peliee ecclesise Sancli (2). sauf les formules initiales. de sept testaments et codicilles. avec accompagnement de luth) . Cyprien de Rore. chez Le Roy «t Ballard. . p. entre autres). même année. dans les Monalnh. (2) Adrien \\illacrt ne fil pas moins. de lôG2 à 1.ADRIEN WILLALRT 31 11 publia."). Willaert revit •deux fois son pays natal. n'onlpas encoreétci l'objet d'une édition critique d'ensemble. montre quelle fortune. à lo62. :gaux (avec de puis des livres de motets à six voix des madriRore. son élève et successeur) des . De loo2 il ne fit pas moins de sept testaments ou codidont le texte. fur M. etc. p. lui succéda (voir ci-après. magistri filii ca- Marc! ^'enetiarunl. VT. -G.es cinq premiers sont en latin. du même.) et reproduit ci-a|)rès. la monograpliie publiée par Eitncr.. les trois derniers en italien. \\'ilaei-t. des psaumes. publié d'abord par Van der StràeTEN [la Musique aux Pays-Bas. Willaert mourut à Venise. des chansons françaises (à Paris. laissait le maître de chapelle <le Saint-Marc de Venise. en 15i2 et en looG. . un premier livre de cinq messes la •et. en io36. son compatriote et son élève. . Voir sur ce grand conlr. hymnes. TESTAMENTS Testanientum D. t. cilles. l'ouvraî^e cité de Van der Sliaein Venezia dal 1318 al 1707 ten. Au cours de son existence vénitienne. Sloria délia Musica sacra. iB). (1887) el le Quel'en-LexUion. en 1360.

Aloyse. Je. voulant mettre ordre à mes biens. j'ai mandé et lait venir à moi Francesco De Micheli. cent la même somme mon ducats. et qu'elle jouisse de tout ce bien et qu'après sa mort [ce : aux pauvres . à comme gage trois . Adrien \Mlaert. : à Zorzi (i). ou Louis. en lespeclant les usages de V^enise lequel notaire a écrit mot à mol. 155-2. (1) (2) et Loy Harout. (sic) est ici d'une de mes avec moi. jurés et appelés. Indiclione XI. que j'ai prié d'écrire tout au long ce mien testament. retourne en ma femme. je lègue Susana. fils de maître Denis. mes fils sœurs. l'excellent messire Antonio Georges. sœurs. S. au Riallo. die quinto mensis octobris. père dudit mon neveu. à savoir je lègue . le mercredi cinq du mois d'oc- tobre. mon frère. mais de corps languissant au lit. aux clauses accoutumées. de quo rogalus fui. Indiction XI. y achète maison lui ou propriété. Rivoalli. \'eaeliarum nolarius sub anno ab Incar- natione Domini i552. et pour exécuter après ma mort. lequel Aluvise le reste à neveu. c'est-à-dire [à raison de^ cent chacune je lègue cent ducats à Alluvigi (2). d'atïection. lurent présents les témoins sous- signés. sain d'esprit par la grâce de Dieu. . je nomme mes commissaires m. maître de chapelle de l'église Marc de Venise. ego Franciscus de MiMercurii chaelibus. notaire à Venise. Alvise. comme je l'ai dicté. selon ce qui bien] aille paraîtra le mieux. contenant mes dernières volontés. pour qu'avec cela elle Flandre après ma mort.32 ECRITS DE MUSICIENS Dionisii. pre Piero Goemare AJuviggi.

je déclare je lègue aux hospices de San Zanepolo. an. cl aux Converties.. [et] le jour [anniversaire] de la mort de feu mon père.. Je. . Arélin. Indictione prima.xtc est en italien. de ma mère et le jour de ma mort et pour faire le dit effet. . je recommande mon âme à mesprendre sii-e Seigneur Dieu. et prié.. Rivoalti. prsesentibus infrascriptis juratis cl rogalis teslibus. Antli Negri dai Stendardi. que je prie de vouloir la en sa grâce et miséricorde je laisse mon corps àja terre je nomme mes commissaires (2) raesser pre. [fils] de MaLteo Scorticci. Pietro Pasquaglio. et m. témoin juré i558. qu'il soit acquis autant de biens qu'il sera nécessaire pour les frais dudit annuel à Pielà. de la tonio : deux ducats Seigneur Dieu pour mon par âme je veux qu'il me soit fait un annuel chaque année. Sanlo Isoppo. (1) (2) Chantre à Sainl-Marc.ADRIEN \VILLAEaT 33 Deschalzo.. : . Marc'Anlonio Cavazon (i). sain d'esprit mais de corps languissant (non cependant au lit . dit Juamari [fils] de messer Francesco de Zuan et ai été Je. prelerea et si guis etc. afin qu'ils prient le . témoin juré et prié. perpétuité.. die sabbali XXVI Meuse Martii.. La suite du te. gui luec fleri rogavit. m. Interrogé par le notaire au sujet des fondations pieuses. Incurables. Je. . signiim etc.

messer Zuano. médecin. les lettres de Roland de Lassus. et messerPielro (îaelan. c'est-à-dire tout. lesquels denierset au monastère des Converties : seront libres. au monastère de Santo lsoppo. s'il ne voulait les tenir plus longtemps entie ses mains et payer ce qu'il paye maintenant d'intérêt. à savoir aux paula vres de l'hôpital de S. d'année en année. donnant chaque année le revenu qui se trouvera en provenir à ladite Susana. et aussitôt que la dite Susana sera morte. Flamand. sa vie Zuan Jacopo. avec le moins de pompe possible. en 1565. à durant. contralto à San Marco. lequel messer les capital. je le fais pour qu'ils aient l'occasion de prier Dieu pour mou àme les autres deniers et biens que j'ai en ils . et cela.N.. à regard de ma sépulture. lesquels feront. aux pauvres de l'hôpital des Incurables. banquier tyrolien. à la Pietà. (liJean Ilendrickx. ténoriste en l'église de San Marco. de tous se trouveront être à mes deniers qui moi entre (2). à l'école de Pas- sion.S Hieronimo Vinci. Fiamengho (i). et pourront en disposer comme il plaira aux gouverneurs desdils lieux. chanteurs. à Zuan Jacopo Focheri Susana. et messer Apollonio Massa. . Jean-Jacques Fugger. à l'église de San Zulian. Zanepolo. mes commissaires seront obligés de les placer aux Monts. 04 et ëuiv. \'oir plus loin pp. Je lègue tout ce qui écherra. ou à la Monnaie. ce qu'ils voudront. en sept parties égales.aumonastèredesreligieusesdela Malamocho. (2. le ma femme mains du signor l'époque de ma mort. raesser Mario Antonio Cavezon.ai liCfilTS DE MLSICIE. je lègue lesdits deniers.

Ecclesi* Sancti Mai'ci Venetiarum Dionisii. Le reste de lous à ladite Susana. moi ledit notaire. de S. mais de corps languissant au lit. de filii quon- dam quo rogatus fui. mes autres biens meubles. ego Franciscus de !\Iichaelibus. signé. Je. prié Francesco de Micheli. Adriano Willaert. Rivoaiti Je Adrien Willaert. Venetiarum notarius sub anno ab Incarnatione Domini i558. juré Codicillum domini Adriani pella^ \\'illoerl. ayant. Marco. notaire vénitien. pre Piiano. maître de l'église la chapelle de de S..AljRIEM WILLAEHT 85 Flandres. lunae 28 meusis novembris. [je le] lègue ma femme. de [faire] mon testament. el voulant faire un codicille. . à peler et venir chez (1) (2^ cause de la goutte. Marco. témoin. ai fait apprié et l'ai Ces formules finales sont en Le texte est en italien. Prœlerea. au vie. laquelle [jejprie qu'elle (i). je les lègue à cas où mes diles mes sœurs et à leurs sœurs ne seraient plus en fils. Je. . le 26 du mois de mars dernier. sous-chanoine et prié. lalin. donne aux pauvres tout l'excédent le Interrogé par : notaire au sujet des fondations pieuses. etc. sain d'esprit. die (2). magistri ca.. Indictione secunda. suis content et affirme ce qui est écrit ci-dessus. fils de feu messire Denis. je dis je ci- ne veux faire autre chose que ce qui est écrit dessus. autrefois Francesco.

Jurassin. pre Piramo. quil échoit à l'autre. de quo rogatus ego Fran- . l'un mourant. à savoir quand je donne par mon tes: tament les deniers que se trouveront. suis content et affirme ce qui est écrit ci-dessus. et aille. Si qiiis. témoin juré prié. signé. mon neveu. pour être parfait et exécuté obser- après ma mort. soit à ladite Susana et à mondit neveu Alvise. qu'il soit divisé en sept parts susdit. et l'un mourant. capelhe Sancti Marci. Marco. les priant de prier Dieu pour moi. signé. sous-secrétaire de S. je veux que le revenu desdits deniers soit à ladite Susana. Je. au survivant. et à Alvise. témoin juré et prié. etc. autrefois Francesco. ma femme. et tous deux morts. que tout le reste qui se trouvera de mes biens meubles que j"ai légués à ladite Susana. éga- lement à eux deux. sous-chanoine de S. à l'époque de le ma mort. Je. Je. avec les clauses ordinaires et vées les lois de S'enise: lequel notaire a écrit comme je lui ai dicté. fils de ma sœur Jeanautres de nette. sa vie durant. et dont le revenu [a été assigné] à ma femme Susana. magistri fui. pre Alvise Marco.36 ECniTS DE MUSICIENS d'écrire ce mien codicille. Testamentum domini Adriani Willaert. ou à tous deux également. Adriano Willaert. auxquels femme et neveu je recommande mon âme. comme il a été ordonné par mon testament Et semblablemenl. posséder signor Zuan Jacopo Focheri ou ma main.

N WlLLAEnX 37 ciscus de Michaelibus. à sept fondations pieuses. Je laisse : mon la terre. en pital sept parts. Marc et docteur. à Susana. savoir à rhôpital de San Zannepolo. Jacopo Focheri. à l'hôpital de Pielà. chantre de S. et messer Marco Antonio Cavazon. qui peuvent être de mille et six cents ducats environ. siib ab Incarnalione Domini iSSg. anno die Mei'curii XXVII mensis deccmbris. à savoir i) Je casse et révoque tout autre testament. . lequel je prie de vou: loir bien la recevoir en grâce et miséricorde. en l'église de San Zulian.ADRIE. Je. voulant mettre mes biens en ordre.. chanoine de léglise de S. auxquelsjelègue is'ils acceptent mon mandat) cinq ducats chacun. ai appelé et fait venir à moi Francesco de Michaeli. . au couvent de Saint-Joseph. Veneliarum noLarius. je lègue tous lesdits seize cents corps à ducats environ. Indiclione lerlia. aux Con- verties. médecin. nolaire. Marco. à la l'hô- des Incurables. j'institue mes commissaires messer pre. ma femme. les priant d'exécuter ma volonté de bon cœur et fidèlement. lequel notaire a écrit (tel que je lai dicté. sa vie durant. je recommande mon âme à raesser Seigneur Dieu. fait par moi jusqu'ici. mais de corps languissant au lit. et après la mort de ma dite femme. Je lègue le revenu de tous mes deniers qui sont entre les mains du sig"" Gio.. Rivoalli. également enire lesdites sept fondations.. sain d'espril par la grâce de Dieu. Hieronimo Vinci.. Le reste (1 du texte est en italien. au couvent de Malamocho. et à lécole de la Passion. Texcellent docteur raesser Apollonio Massa...

devront faire restituer la somme parledit signorGio. Etsi par hasard ledit sig. Prœlerea etc. ma femme. je le lui laisse. cent écus pour une seule foi». et je veux qu'ils revenu qu'il me paie.). chose de moi.LCRITS DE MUSICIENS les priant de faire prier Dieu la quels commissaires. je le lègue à ladite Susana. je meubles et toutes autres choses.Je pre. etc. je recommande les pauvres.). je les dispense à mes sœurs et neveux. . pre Piramo.. qui se trouveront à Venise. et qu'il soit ce que je lui laisse.. . afin qu'elle en puisse disposer comme de et choses à elle propre . lesdils feront restituer et les mettront en placement soient libres. Gio Giacomo ne voulait plus les garder contre ledit commissaires se les le mieux <{u'il se pourra. . Alvise Jurassin. qui est ac- tuellement à Rome.. deniers.Je. après pour mon âme lesmort de ladite Susana. Je lègue à mon frère Zorzi. . je lui recommande mon àme ce que je lui ai laissé. veux qu'il n'ait aucune immédiatement privé de Le reste de tous mes autres biens. et au cas où aucun de mes légataires venait à molester mes commissaires. Giacomo [Focheri] et répartir ou distribuer aux dites sept fondations (comme ci-dessus). (etc. Les deniers que j'ai en Flandre. . etc. ou dans tout autre lieu (excepté en Flandre). même remariée ou non mariée à elle aussi fêtant donné ce dont elle pourra disposer). librement. Interrogé par le notaire. et cela seulement pendant la vie de ladite Susana.

signé. notaire vénitien. prié Francesco de Micheli. i562. témoin. tisserand. pour être parfait et réalisé après ma mort. Rivoalti.odicilIe. lo 4 février 1<)90 (n. messer pre Joseph Zarlino (1). de Vicenza. sub anno ab ïncarnalione Domini i56i.Indiclione quinto sis deccrahris. que j'ai prié d'écrire ce mien codicille. me trouvant sain d'esprit. Die 8 Je. je ne veux autre chose. soussigné. s'il accepte la mienne commission. avec les clauses d'usage..AI>F^IEN WILLAERT 89 Codicilliim domini Adriani Willaerl. Je. né à Cliioïgia 151G-1.. Je Piero Marrhini. Si f/uis : <elc. l'an du Seigneur Indiclion 3".")19.). mais de corps débile. mort à Venise. Le célôbre lliéoricien Gioscffo Znrlino.. le mercredi XXVIP jour du mois 1559. die MarLis XX-Mnensis januarii.. témoin. (1) vers . -et Zuan Maria de Veclii. men- publicalum viso cadaverte.) Klève de WillaerL il fut mailre de chapelle de San Marco en 15(j5. juré prié. voulant faire un <. Adriano Willaerl ayant. fuit (sic). de [rédiger] mon testament. à qui je laisse cinq ducats. s. j'ai fait appeler et venir à moi ledit notaire. •de décembre. à savoir je nomme pour mon commissaire après tous les auires commissaires désignés dans mon testament'.(sic).

me retrouvant avec un esprit sain. et ayant voulu. quinze lire de pizoli. j'ai Micheli fait appeler savoir lequel notaire a écrit. les deux cent quatrevingt-quatre écus d'or environ qu'il me doit. Adrien Willaerl ai prié Francesco de de !^rédiger' mon testament. comme il le voudra. dix ducats en effets ou argent comptant. : comme je lui messer pre Iseppo Zarlino. par un Al vise de sa main. pour chacun et chaque année [à compter] de Noël. Ri- 8 mensis [sic). mais de corps débile. tant (|ue vivra ma femme Susana. Je lègue à Harut. et à cause de cela ai dicté. mon commissaire. et après la mort de ladite Susana. outre les cinq ducats que je lui laisse par mondit codicille. [je veux] qu'ils reçoivent immédiatement ce que je leur lègue par mondit testament. mon neveu. je laisse aux lieux pieux avantagés par moi. mensis maji.40 ECRITS DE MUSICIENS Codicillum Domini Adriani W'iilaert voalli. Je dérlaro avoir donné de mon vivant à mon frère Georgi les cent écus que j'ai légués par mondit testament. In- diclione quinta. lesquels seront libres ensemble avec les intérêts qu'il me devra donner pour lesécrit . d'un mien codicille pos^é ]p XX de janvier dernier. faire de nouveau un codicille. fuit publicatum viso cadaverae Je. i5()2. die 1662. decembiis. à je lègue à je lui lègue dix écus d'or seulement. die VenerisXXIÎ. dans mondit testament.

auxdites sept fondations pieuses déclarées ci-des- . j'ordonne et veux qu'après la mort de ma femme. autrefois Francesco. Bernardino Gavalli. notaire à Venise. die Jovis duodecimo mensis novembris. et un mien codicille le XX janvier mai dernier cille. de [rédiger] mon : testament. Je.)Piramo. Indictione sexta. pre ma mort. juré et prié.ADRIFN WILLAERT 41 dits deniers. codemo da sub anno Codicillum Domini Adriani \Mllaert ab Incarnatione domini i562. i562. à l'époque de Je. pre. Die 8 mensis decembris. mais de corps déFrancesco de bile. signé. da verse ai prié [sic). sous-cha- noine. : comme . aux sept fondations pieuses déclarées dans ledit testament. léuioin. mon ils neveu. à Susana. je lui ai dicté. à savoir en suite de mondit testament. gisant au lit. pensoient libres dant sa vie et qu'après sa mort. ai fait appeler me Micheli le lequel notaire a écrit. item mon autre codicille du XXII ayant voulu de nouveau faire un codiretrouvant sain d'esprit. i56i. et après sa mort. ma femme. autrefois messer NiCagli. fuit publicatum viso ca- Je. je lègue produit des seize cents ducats environ que j'ai aux mains de Focheri. Si quis (etc. Rivoalti. etc. sa vie durant. tout le j)roduii des dits deniers soit à Alvise Harut. Adrien Willaert Francesco de Micheli. le XVII décembre i559.

Susana ou Alvise. Antonio Barges. de l'ordre mineur. de donner aux sept fondations susdites. Severo. . [du 20 janvier ib&i] . témoin juré et prié.et huit autres à ma commère Anlonia Murara. etc. témoin juré et prié. Daniel Crison était un homme « ajant les vertus distinguées ». Si guis. ainsi que j'ai ordonné dans mondit codicille. signé (i). leur vie durant. Severo et cantor de Marco. à chacune d'elles. sa vie durant. signé. pre Daniel Crisonio. domiciliée à S. chapelain de S. chaque année. comme Venezia dal 1318 al 17ît7 . femme de Terentio. fra (de chapelle du Je.42 ECRITS DE MUSICIENS cille exprimée dans raondit codiet de plus je veux que de celui d'entre eux. avec l'obligation. chaque année quinze lires de pizoli. Je. huit autres à Librera. et de plus. pour chacune desdites sept fondations pieuses. les. Quant aux autres parties qui ne sont pas en contradiction avec cette mienne volonté. de Willaert durant sa dernière maître de chant. à l'époque de l'échéance -du dit revenu. dit Caffi Sloria délia rnusica sacra nelle gia cappella ducale di San Marco in (1) Barges faisait l'intérim maladie.dits ma commère Agnese testaments et codicilles devront rester en leur force et vigueur. maître dôme de Tarvis. Cattarina Riza. huit ducats à ma commère SUS. qui aura l'usufruit. soit obligé.

puis retourna dans sa patrie en 15D7-io58 (voir la leltre du "21 sept. sous le règne du duc Hercule IV. 11 résigna ses lonctions au bout de deux ans. il devint maître de chapelle à la cour de Ferrare. lo58 au duc de Ferrare). il dut aller de bonne heure en Italie. L'œuvre de Cyprien de Rore est considérable. pour obtenir les mêmes à Parme. comme : . maître de chai)elle. vécut quelque temps à Munich. vers la fin de i56i. Fitncr en a donné la i)il. Né à Anvers. Il y mourut lannéo même de sa nomination. ou à Malines en 1516. essaya de retrouver sa place à Ferrare l'année suivante.CYPRÏP]N DE RORE (i5i6-i565) Cipriano de Rore était son maître. mais ne l'obtint pas. Élève do Willaert à originaire du Nord. en io65.ili(>graphie. Il fut alors engagé comme sous-maîlre de (liai)elle à Saint-Marc. Après avoir été chantre à Saint-Marc. après la mort de son maître Willaert. et y devint. Les plus anciens recueils imprimés sont deux volumes de Madi'if/aux à i Toix (\^'ti ei l')i3' il ilonna pirs<iue en même tcmi>s cinq \'eiiise.

et le Guide musical (janvier 1889 . . la Musique aux Paijfi-Das. ce que je désire ment et suprêmement. Phalese et autres.4 1 ÉCRITS DE MUSICIENS livres de Madrifjali cromalici à o voix '1542-1566). lors de ayant rencontré le comte Camillo Bersanino à Anvers.. Casa Cappella Kstense. Les recueils du temps. que j'ai dû travailler pendant cinq mois pour les débrouiller et mettre en ordre. j'ai trouvé mes affaires tellement embrouillées. l. Voir Van deb Straeten. VI. je résolus aussitôt de retourner auprès de V.. à la fête Toussaint. ce dans les premiers jours de mai. dan. t. d'après loriginal conservé aux Arctiives d'Étal de Modène (Arrliivio Ducale Secrelo. chez moi. qui eut lieu Lorsque je suis arrivé en Flandre.s par Susato. cela étant fait. départ. AU DUC DE FERRARE HERCULES 111™° et Ecc"'". IV (\) S"^ mio. Ex*^^ selon la promesse que vous aviez reçue à présent. avec l'aide de Dieu. et et mon que je de ferai toute diligence la pour me retrouver. la Musique aux Pays-Bas. \l. des psaumes. je me recommande par (1) Lettre en italien. publiée par Van deiî Straeten. publi('. je n'ai point voulu manquer à vous donner avis par son intermédiaire que je suis prêta me mettre en route de jour en jour. Ex''. contien- nent un grand nombre de ses œuvres. auprès de V. des motets. et ainsi vous baisant cordialehumblement la main. des messes.

avec une bonne licence duquel (comme V. de condoléance avec la pré- au sujet de la mort de rill™" et Ecc™' Seigneur votre père. je Si j'avais su d'abord votre résidence visite. je suis parti un peu contre ma volonté. D'Anvers. AU DUC DE FERRARE ALFONSO 111'"° II (i) et Ecc"" Sig»'' mio. bien que ma pauvreté se fût trouvée mieux de rester à son service. contentant du sort. bien que me fusse proposé de vivre avec eux en liberté et repos. or. mort le 3 octobre 155'J. (1) Même origine que la lettre préfédente. ayant retrouvé parents.CYPniEN DE ROUE 45 conlinualion el prie le Dieu Toul-ptiissant I' qu'il vous donne la félicité. V. (Adresse : AU 111'"° et Ecc""" il signer Duca di Ferrara. dans le des- ma vie avec mes parents. Alfon^o II. S. Ex"" doit très bien le savoir sans sein de passer le reste de me autres explications. iluc de Ferrare. comme V. humble ClPRIAN'O DE RORE. Ex*^*^ doit le savoir). vous aurais rendu une sente. Hercules IV. le 24 do septembre de [année^ 1358. patron mio oss™"). que Dieu ait son ame. depuis ces miens mon départ de là [de Ferrare] ruinés je à la suite de nombreux malheurs. D. fixe. 111""". comme je le désirais. 3. venait de succéder à son père. serviteur. .

je baise très humblement les mains de V. ayant toujours été. je laisserai toute chose pour elle. 111""' et Ex''"'= humble serviteur (^IPRIANO DE RORE.ECRITS DE MUSICIENS je fus l'orcc élé de reprendre un nouveau joug. De V. D'Anvers. pour lui montrer ma bonne volonté. terminant avec cette bonne volonté. comme autre part. le 12 novembre de loo9. que j'aie ni il lui plaise de me faire avertir plus ni moins à rester où je même très aCfectionné à Votre maison. très comme je le suis encore. \*. dévoué à cette 111"''' maison. tout de 111"'<= reuse autant qu'elle le désire. aACC des ofVres de bons partis. Ayant recherché par plusieurs en Italie. et dans le cas où elle n'aurait plus besoin de moi. Ex'". afin de savoir comment me gouverner. autant que comporte ma fonction. je n'ai cru de- voir prêter l'oreille à personne avant d'avoir consulté V. . Si Ex'' est con- tente de ]e mes services passés et à venir. Ex'^^^ priant Notre Seigneur Dieu de la conserver et rendre heume trouve.

les Amours de Ronsard. ne fut ni le « fonà peu près dateur de l'École de Rome ». Toutes ses œuvres. et. . X. il publiait son premier recueil chez Duchemin. il fd paraître. dont il fut l'associé pendant quelques années. Paris. en 1553. p. dans une i)réface de 1551 qu'on trouvera ci-après). [13-^211). parurent en France. les Orfc*. nulle pièce d'archives ne révèlent sa présence à Rome. d'ailleurs. Metz et Lyon. en 1898 t. né à Besançon. Bien qu'il se déclaj-î'd l'adversaire de la composition profane.auteur de la légende romaine de Goudimel. On sait que Claude Goudimel. et nul écrivain italien ancien. il publia un grand nombre de motels. sauf l'abbé Baini. A Paris. De lool à looî^. en 1555. ni le maître de Palestrina et de Roland de Lassus. dès 1549. Il n'alla même jamais de sa vie à Rome. Goudimel passa sa vie entre la Franche-Comté.CLALDE GOLDLMEL (i5o5(?) -1572) La biographie de ce célèbre compositeur français est connue aujourd'hui. vers 1505. grâce à l'excellent travail publié par Michel Brenet dans les Annales franc comloises. d'Horace.

DEDIDACE DU PREMIER LIURE. du 28 au 31 août. de 1549 à 1597. célébrèrent en des pièces de vers la mémoire de Goudimel. Brenet a donné. de messes et de psaumes en langue française. C'est là probablement qu'il fît la connaissance de Scliede ou Melissus. dans ses Maillées musiciens de la Renaissance française. auquel il adresse deux lettres dont la dernière est antérieure de quelques jours à la mort du compositeur. CONTENANT HUYCT PSEAULMES DE DAVID (i A très noble et très illustre personnage. contenant fiuycl Pseautmes de David. traduictz par Clément Marot. Goudimel fut tué et son cadavre jeté dans le Rhône ou la Saône. A la suite de la SaintBarthélémy parisienne ^o août 1572).48 IXRITS DE MrSICIENS de Magnificat. on trouve Goudimel à Metz (voir la préface datée de Metz. des massacres eurent lieu à Lyon. où il resta peut-être une dizaine d'années. Considéré à tort ou à raison comme huguenot. Expert a réédité 150 Psaumes de Goudimel. Plusieurs poètes latins de l'époque. une bibliographie complète des anciennes éditions de ce compositeur. Rien ne prouve d'ailleurs qu'il ait été protestant. dans son étude sur Goudimel citée plus haut. 20 juin). En 1557. Melissus entre autres. seigneur de (1) Premier Liure. M. Monsei\'illaines et conseil- gneur Jean Brinon. et mis en musique an long (en . H. Il s'était fixé à Lyon vers 1570. M.

Majesté. De rinq)rimei-ie de Nieolas du Chemin. curieusement cherchées. et neantmoins (ô injure exécrable !) nous la voyons aujourd'huy par lascives. . et bonnes. . par Adrien Le I^oy et iiobert Bal lard. réédité. comme la faincle apparence. et fausse similitude des choses vrayes. en 1557. que maints bons espritz se sont du tout corrompus. et couleur de bien. Plus les connnandeinens de Dieu à quatre parties. pour la contemplation de sa haulte et divjne . forme . (pour la coininodité des musiciens) sonl à trois. à Paris.CLAUDE GOUDIMEL 49 1er du Roy en son Parlemenl à Paris. et aussi à voix pareilles. et appliquées à maulvais usage. qui jusques à présent se sont plus occupez a ouvrages lascifs. ni qui induise à erreur les humains. desordonnez. comme nous appert clairement des Painctres. lubricques. Que diray ie de la très noble. rue S. Poètes. ont esté corrompues. et damnables. et excellenle science de Musique? Que Strabon au dixiesme de sa Géographie par le tesmoignage des pythagoriques appelle [>hilosophie. Ce recueil fut.-Jeande-Latran.i. soubz umbre. à l'expiration du privilège. et à einti parties. et desguisée. Claude Goudimel prie humble salut. qu'à employer leur esprit à exalter. sales. dont il est advenu que par cy devant tant de sciences libérales. et divinement inspirées. et impudivques chansons tant dépravée. et aultres. 1551. à l'enseigne du Gryphon d'argent. Le divin Platon escript entre aultres choses (très illustre Sénateur) qu'il n'y a entre les hommes rien de decepvable. et glorifier le nom du Tout-Puissant qui a voulu toutes sciences estre cognues à l'homme. à quatre. dont aulcuns vers île mollelz' par Clavde Govdimf.\vec privilège du Roy pour six ans.

ne : s^achanl à qui plus dignement : ie le puisse dédier. et sonl par vous divinement sou- tenues. Et cognoissant de long temps qu'en vous. a esté plus illustrée en ce pays de France. De Paris. : et fidèles à limitalion desquelz (mon très honoré Seigneur) inspiré d'un bon vouloir. . mon bons et rendre digne de vostre seigneurie. sera receu agréable des Vous suppliant le recepvoir. el d'aousl i55i. altaint de l'esprit de Dieu. et défenseur. (rejeclée tout impudique imtootliciléjse sont exercez à composer Mollelz. et bienfaictz. m'ait plus obligé que vous soubz le nom duquel présent ouvrage se tiendra asseuré de la morsure des mesdisanlz. ne qui par la multitude de ses grâces. ce 6" jour tron. qu'elle i'ay pris la hardiesse n'a iamais esté par cy devant de vous offrir. comme un mi- racle apparoissent. me suis mis en debvoir de publier les louan- ges du Créateur. et appuy de voslrc noblesse bien née. le ne veux pour cela accuser ceulx qui et cantiques saints. et soubz un tel pavertueux. et qu'entre tous les arts la Musique par vostre moyen. et exquises sciences. et envieux. et alïection chrestienne. Psalmes.ECniTS DE MUSICIENS el elleiniiiez. toutes singulières vertus. et consacrer ce mien petit labeur.

et RoIj. M. qui seul m'avez amiablement contraint de changer.' selon la vérité liébraïque). de riniprimerie d'Adrian Le Hoy. Avec privilège du Roy. la cour de Parlement de Paris. à l'enseigne saincte Genevieue. la prophane lyre du Tiers Livre conlenanl huit pseaumes de David. pour dix ans. et mis en Musique au long (en l'orme de motelz. A Paris.CLAUDE GOUOniEL 51 DELICACE DU TIERS LIVRE CO>'TENANT IVIT PSEAVMES DE DAVID (i) Monsieur de La Bloctièrcs. (1) rythme . à quatre et cinq parties. G. que de vous présenter ce mien troisiesme livre de Musique sur les vers du divin et royal Prophète. son bon amy désire salut. Claude Belol. Iraduili en rran(. Aussi ne pourray ie aucunement choisir l'homme. advocat en devoir favorizer ce mien petit labeur de meilleur cœur que vous. voire quiter.oist. lô?7. Goudiniel. rue ^aiiit . qui me semblast xA angevin.. ie n'ay peu inventer meilleur moyen ne plus conyenabte à la singulière faveur et révérence de vous envers les lettres et les Muses. par CIcinent JVIarot. Monsieur pour vousasseurer du bon vouloir que i'ay tousiours eu de n'ensevelir par ingratitude le devoir qui m'oblige à l'amitié que de vostre bonne grâce me porlez. Ballard. par Clavde Govdimel. Imprimeurs du Uoy.Jean de I3eauvais.

De Metz. reçois-la avec bienveillance Car si j'avais eu plus de temps. SCIIEDE. qu'il augmente vostre esprit de iour et iour en la perfection de la vraye et divine harmonie. rude. et bon aray. A P. en 1. MELISSUS (P.55. . permis. chez Du Chemin. des Odes d'Horace en musique. du 28 octobre 1874 d'après l'édition de 1. recoignoissez maintenant pour tout vostre.575 des. (1. et discordante. Goudiniel avait publié. musique. échange! Là qu'ay ie peu chanter que chanson mal agréable. . ce qui l'estoit desja par avant a demy et le recevez d'aussi bon visage et bonne volonté qu'il vous est addressé par celuy qui prie Dieu tout puissant. ainsi que la suivante.l/e//ss/ Sche. (2) Je t'envoie la seconde partie de ton épigramme ornée décomposition musicaleautant que la brièveté du temps me l'a comme je te l'ofl're. pour mon instruction et consola- Or donc.^ICIENS prophane poète Horate (i).5. indigne certes d'un vray chrestien icy. et hardiment entreprendre de loucher et manier la très désiré harpe sacrée de notre grand David. pour mellre en main. ce 20 de Juing 1557. douce et consommée en sa perfec: tion de tion. que puis ie ouyr sinon une Calliope accordée. a été publiée et traduite par H. Bellebmann {Allijemeine niusikalische Zeitung.Monsieur.52 ECRITS DE MU. aulheur et distributeur de tous biens. (2) Cette lettre.

simul violenter ulrisque Absorplos visi plangere gurgitibus. atlends-le de moi. diasmatuin Reliquiœ.CLAUDE GOUDIMEI. Mais il est des choses humaines de se tromper. Tu salueras en Truchel. Je regrette avec la plus grande douleur de n'avoir eu que loisir. On trouve dans épitaphe du compositeur français : le même recueil cette Goudimel ille meus. Car j'ai préféré montrer mon ignorance plutôt que de manquer [de parole^ à un homme [tel que toi] tout ce qu'on peut j'ai peu de Tu sauras cependant que attendre d'un ami. . cependant si tu trouvais quelque chose à y reprendre. Testes vos Arar et Pihodane Semineces virosque. Brunel. meus (elieu '. Comte. Claudius Goudimel. surtout dans ce qui est fait à la hâte. Ecrit le dernier du mois de novembre. il t'appartient de l'amender.) Goudimel ille est Ocrisus. iSjo. la mon non anno Ton jusqu'à mort. Adieu mon Melissus. 53 je le l'aui'ais faite plus polie et plus ornée. si employé et consommé toute la journée d'hier à la mettre en musique.

et c'est là la raison pour laipielle je n'ai pu encore mettre en musique ton symbolum. mon créancier se boucha les oreilles. et dès mon arrivée à Lyon. et en mappuyant sur l'article de la restitution. j'ai reçu tes lettres... cause de l'argent prêté à mon qui m'a suscité les plus grands désagréments. est fixé. Dès que j'y fus arrivé. tandis que j'avais complètement atteint mon but. menta et Mais. non sans les plus grands ennuis.. et ton les habiles symbolum en même temps que poésies composées d'après ma recomet mandation. Si je très suite à tes lettres. Nous plaidâmes pendant deux mois.i:CRlTS DE MUSICIEN^ AU MÊME Mon deux Melissus. je quitterai mon nid et reprendrai des forces. c'est-à-dire dès que j'aperçus les murs de la ville.. dès qu'avec le secours de Dieu. jetais occupé d'aiïaires d'intérêt à p. le jugement fut rendu contre mon adversaire si bien qu'il perdit le procès. doux comme du miel. il comparut. de sorte que je chantais à un sourd ou à un mort. ma main ressaisira . je fus saisi d'une horrible fièvre qui me tour- m'éprouva pendant un mois d'une singulière manière. Je lappelai en justice. Après avoir quitté Besançon. après que le fond eût été suffisamment discuté. au point que j'ai été obligé de faire le voyage de Besançon où ce p. je te prie de me pas répondu tout de pardonner. qui furent trouvées très excellents n"ai par plusieurs savants. Enfin.

le XXIII aoùf. et son corps jeté dans le Rhône ou la Saône. Goudimel. MDLXXII. et je laisserai se tout l'art que les muses m'ont (Jé[)ai-ti. probablement. qui. A Lyon. GOLDIMEL (l). 1) Quelques jour» plus lard. la plume. fut massacré. et garde-moi comme de coutume ton amitié. C. la Saint-BarlhéJemy de Paris ayant été connue.CLAUDE GOUDIMEL cerlainemenl sur lui répandre Adieu. mon Melissus 1res cher. Encore une fois adieu. le 28. n'avail pas encore quitté son « nid ». des massacres de prot<'s(ants commencèrent à Lyon ils durèrent jusqu'au 31. : .

Aujourd'hui. Pierluigi revenait comme maître de chapelle à Palestrina. l'œuvre de Palestrina est connu entièrement. qui a été confondu avec Goudimel (voir ci-dessus. Selon les anciens biographes. . en 4909. 47-48). p. vint à Rome en 1540 pour étudier la musique. il n'en aurait eu que quatorze. « personnifié l'art catholique » (suivant l'ex- pression de Michel Brenet pendant près de trois Jusqu'à la publication de la grande édition critique de son œuvre complet commencée par Franz Espagne et de Witt et terminée par Haberl. Né à Palestrina (l'antique Prœneste).PIERLLIGI DA PALESÏRINA (i5i4-i594) Le nom de Giovanni Pierluigi da Paleslrina a. étant né en 15'26. En 1544. où il enseigna siècles. pour ainsi dire. fils de Santé. 11 étudia peut-être avec Tommaso Cimolio. Il n'en est pas de même de sa biographie. Pierluigi. il aurait alors été âgé de vingt-cinq ans selon Haberl. on attribuait encore au plus célèbre des compositeurs religieux de la Renaissance un grand nombre d'oeuvres polyphoniques de ses contemporains ou de «es successeurs. .

soit à sa mémoire la légende relative à cette messe célèbre a été détruite par Ilaberl et M. Nommé de nouveau à la tète de la chapelle Julia (à . très nombreux à celte époque. entre autres la Messe du pape Marcel. Marié peu après. « Joannes de Palestrina » dans le corps des chanteurs de la chapelle pontificale. — — . le 1'^'' octobre looo. Paul IV. Quant à la musique i)rofane. Son premier recueil de messes. qui ne régna que six semaines (23 mars30 avril toSo n'eut guère le temps de témoigner sa bienveillance au compositeur qui lavait naguère accompagné au Concile de Trente. Il composa pendant ces cinq années ses célèbres Iinproperia. le second livre de ses Lamenlalions. le 13 janvier suivant. à plusieurs voix. où se recrutaient les chantres de la chamoyennant six scudi par mois de pelle Sixtine. De cette époque datent un granil nombre de ses madrigaux. Son activité n'était pas moindre dans la musique profane. qu'il dédia soit à ce pape éphémère. qui nomma. Brenet). jeure. parut vers la fin de loo4. des messes. Le pape Marcel II. il fut appelé à Rome par le pape Jules III. Palestrina ne publia pas Pendant ces dix ans passés à Sainte-Marie-Mamoins de quatre grands recueils de motets et de messes. voulant réformer l'église. avec une maigre pension mensuelle de 6 scudi. avec des appointements de 9 scudi par mois. soit dans des recueils collectifs. le compositeur était nommé à Saint-Jean-de-Latran. dédié à Jules III. comme maître des enfants de la chapelle Julia. éloigna Palestrina. ils paraissaient soit isolément. etc. Deux mois plus tard. aux madrigaux. traitement fixe. où il resta jusqu'à la fin de février 1361. à 4 et à 5 voix. des Magnifical.PIERLUIGI DA PALESTPINA 57 la musique et le chant aux chanoines et aux enfants de chœur. Son successeur.

assisté. Wilhelm. un recueil de Magnificat. Palestrina demeura à Rome. il fallait avoir quinze années de service dans pouvoir prétendre à sa direction. depuis plusieurs années. ou plutôt se désintéressa bientôt d'un travail auquel la légende a cependant conservé son nom. 11 y publia sept volumes de motets. Mais le compositeur devait rester à Rome et y mourir. on n'en connaît pas le résultat. puis. il dédiait au nouveau pape Grégoire XIV (1390-1391). Ce fut le dernier ouvrage publié de son vivant. il par Philippe de Xeri. Liber sepliinus. désireux de réformer les livres liturgiques. son fils Igino dédiait au pape lui-même un Missee quinqiie. il avait projeté de se faire nommer maître de la chapelle pontificale. de messes et de madrigaux (de -1581 à 4386). fut probablement une tentative faite pour entrer au service de ce prince. le chœur pour L'année de la mort de ce pape (1390).. L'ceuvre de Pierluigi se répandait d'ailleurs en Allemagne.. élu le 20 janvier l.'i92. et dédia au pape Sixte-Ouinl son Lamenlalioniim Liber I. Il semble que Palestrina s'y intéressa peu. pour entrer au service des Gonzague. Dès l'avènement de ce pape. neveu du pape Clé- ment VIII.ECRITS DE MUSICIENS mort d'Aninuiccia. le patron de Roland de Lassus. la dédicace d'un recueil de huit meSses [Missarum Liber quinlus) au duc de Bavière. en lp94. Après une tentative faite. mais il échoua devant la été charg' par le 1 les volontés réformatrices de Sixte-Quiiit. dit-on. 4 vocibus 1388). Palestrina était mort le 2 février 1394. i aco vocibus. un recueil de messes au cardinal Aldobrandini. Mais immédiatement après sa mort. qui réduisit -24 (en 1588) le nombre des chanteurs de à 2-1 . en loS3. de la revision du Graduel. dont était l'ami et le collabo- . En 1591. 31 mars 157 1\ Palestrina aurait pape Grégoire XIII.

Quant à la littérature palestrinienne. est aujourd'hui terminée. . pour les inciter Motets.pii:r[. Brenet 'Paris. chez les liéritiers Dorici. PRINCE HYPPOLYTE D'P:STE S. R. Salut. un cei-tain nombre de manuscrits qui formèrent de 1599 à 1601. A LILLUSTRISS. t. en 15fi9. à Home. fut public. Le Liber primus loannis Pelralotjsi p/wnei^tinus motellorum qtiae parlim quinis.estbina rateur à la congrégation de l'Oratoire. à Leipzig. d'après lo Ge(1) Dédicace du premier livre de xcimmlausyahe de liiîKiTKori et H. parlim senis. . Ceux-là méritent d'autant plus d'être blâmés. six recueils de messes (de VIII à XIll La grande édition modei'ne commencée en 1862. non seulement pour des choses légères et frivoles. 1906 . partim seplenis uocibus concinanlur. mais encore.l"igi n. et tous les jours la chose se confirme d'elle-même. on en trouvera une bibliographie comiilèle dans le Paleslrina de M. C'est une grande force de la musique.\ pai. comme si les hommes n'étaient pas assez portes d'euxmômes vers les choses mauvaises.krtel. et tous les plus sages de ranliquilé l'ont dit. de Agnelis et de Argenlis. 1. PRETRE CARDINAL DE FERRARE (i) Joannes Pelraloysius Pnçiieslinus. non seuleel diriger ment <le d'ci>ayer mais encore de conduire tous colés les âmes des hommes. E. qui abusent d'uîi si magnifique présent de Dieu. Son iils Igino vendit à deux amateurs.

GREGORIO XIII (i) Il y a trop de vers des poètes qui ne chantent que des amours étrangères à la profession et au nom (l) loysii Pneneslini Dédicace du quatrième livre de Motets. par lesquels tu verras que les grâces me que tu chaque jour n'ont pas été placées chez un homme. fais SAXCTISSIMO D. suivront. Comme j'avais désormais décidé de le faire à jamais. même étant jeune.60 ECRITS DE MUSICIENS plus encore au plaisir et à la paresse. de genre différent. comme hommage de mon âme. je l'offre. Rome. D'autres. nullement remarquable sans doute.. Joannis PetraMolellorum quinque vocis liber quartus ex . ni adonné à l'inerte oisiveté. si la vie le permet. je me suis toujours. je rappliquerai cependant ce petit [talent] tout entier à des choses graves et sérieuses et dignes de Ihomine Chrétien. mais certainement ni paresseux. en ce qui me concerne. Certes. écarté de cette coutume et jai pris grand soin. si peu que ce soit. aux Nonesde Mai MDI. D'un âge déjà muret penchant vers la vieillesse. si Dieu le veut. Prince Illustris.XIX. ce livre dans lequel j'ai renfermé un choix de morceaux qu'on a coutume de chanter à l'Église. M. qu'il ne provienne de moi rien qui pût rendre quelqu'un mauvais et malhonnête. adapté aux principales fêtes de l'année. et tout ce qui appartient en moi à cette faculté. il vaut d'autant mieux pour moi que je persiste dans cette conduite.

un grand nombre de musiciens ont consacré tous leur talent et tous leurs artifices.PIERLUIGI I)A PALESTHINA 61 même de Chrélien. et que ce qui est fait ne saurait n'être pas fait. ils ont. œuvres d'hommes visiblement égarés. J'ai employé un genre un peu plus gai que celui dont j'ai l'habitude dans les chants Ecclésiastiques Car j'ai compris que le sujet lui-même l'exigeait. je rougis et je m'afflige aujourd'hui. à qui je ne doute pas qu'il ne donne satisfaction. A ces poèmes. apiid . D'avoir été moi- du nombre de ces musiciens. Ainsi.le cantique de Salomon. je te donne satisfaction par la chose elle-même. ofl'ensé et des hommes honnêtes graves. : même j'ai voulu olTrir cet ouvrage à ta Sainteté. Canlicis Canlironim cum priuilegio. Mais puisque le passé ne peut être changé.72 au 10 avril 1585. le Pasteur très vigilant et d'autres. ."i driim Gaidaniun. (Jue notre Dieu conserve le plus longtemps possible GREGOIRE. mais surtout -pour l'intention . et j'ai choisi ceux qui renferment l'amour divin du Christ et de l'épouse de son àmc. Roma'. je serai encouragé à en publier que j'estimerai devoir être agréables à la Sainteté.Vlexan. et de sa tVès Sainte mère. Grégoire XIII. (|iii PalesIriiia dédia ce recueil. plaise à Dieu que cela . D'après le texte de la Gesammlausgabe. lui pape du 1" mai 1".soit. peutêtre un peu pour la chose elle-même. Quoi qu'il en soit. IV. la Vierge MARIE. t. bien qu'ils aient recueilli la gloire due à leur génie. et l'elTort Mais si. par le vice de pareils sujets. C'est pourquoi je me suis consacré aux poèmes écrits sur les louanges de Notre Seigneur JÉSUS-CHRIST. j'ai changé de dessein. MDLXWHII.

Ou'aurais-je produit di mieux. comme 4 vocibas concinendi. . AU PAPE SIXTE V GIOVANNI PIERLUIGI DA (i) AU BIENHEUREUX ET SAINT PERE LE PAPE SIXTE V PALESTRINA. et le comble de toutes les fécilités. [Son] humble serviteur JoAX. . à gaspiller ce don divin en choses futiles. Rome. A. t. depuis longtemps. je m'en tiens la mon principe. Je ne fais rien plus volontiers.enestinus.•<i2 ECRITS DE MUSICIENS très alTectueux pour son troupeau. en elTet? Ou bien. de ne faire que des œuvres à sées. selon mes propres forces. Tor(1) Hijnini lolius anni nerio. au don de la musique. et qui sont précieux. que lorsque je me consacre. comme à je n'ai été nullement poussé par d'autres. Gardano Gesammtaiixr/.. d'après leur propre j)oids en paroles et en pen- même temps soutenues par lart musical. 1589 et Venise. et qui. J'ai déjà ce genre. à laquelle j'ai voué ma vie: c'est-à-dire. aurais-je dû dépenser autrement les deux talents que j'ai reçus du Seigneur. et en plus grande gloire de Dieu.NES Aloysus Pr. Très Saint Pèr^. produit beaucoup en puissent éveiller facilement les bonnes disi)ositions de riîomme à la piété. en temps et en argent. VIII.

j'espère que mes eflorts rencontreront la même approbation. tel qu'il est. . Giovanni Pierluigi. (1) Saint Paul. à ^'otre Sainteté est de plus Rome Je 16 avril 1589.FIERLUIGI DA PALESTRINA 6:5 loiil or. sinon à cause du talent et de l'art [que j'y ai mis]. des hymmes et des cantiques spirituels. et chanlez-les du fond de vos cœurs au Seigneur avec reconnaissance. du moins à cause de ma bonne volonté et de mon efTorl. par ces mois: Exhortez-vous les uns les autres par des psaumes. III. je me suis occupé de [composer] les hymnes quotidiens des : vêpres. comme le sujet même en plus cher à Votre Sainteté. je le présente en toute humi- mais. Ce lité travail. 16. Dernièrement donc. ainsi que l'enseigne l'apôLre (i). Épilre aux Colossiens.

où il publia son premier livre de madrigaux à quatre voix l'tandis que Gardane. en io30 ou 1d. auprès du duc Albrecht V de Bavière. On le trouve ensuite auprès du marquis G. voix. à Venise éditait son premier livre de madrigaux à cinq voix Par l'intermédiaire de l'ambassadeur bavarois à Bruxelles. Plus tard. Nommé maître de chapelle en 45G3 il l'était en fait depuis 1558). où l'on admirait sa belle égale à suivit en Italie le vice-roi de Sicile. à Mons. . d'Azzia à Xaples. David Fugger.ROLAND DE LASSl S (i53o-i594) Contemporain de Palestrina. à Anvers. il vécut à Milan. Roland de Lassus naquit en Hainaut. Roland fut mandé à Munich l'année suivante. B. puis à Rome il y succéda à Ruliino.^2. et se fixa sur le continent. où il connut le maître hollandais Hermann Verecorensis. comme maître de chapelle de Saint-Jean-deLatran. Enfant de chœur de l'église Saint-Xicolas de cette ville. . ou Orlando di Lasso. il partit pour la France et l'Angleterre. Feril dinand de Gonzague. d'une gloire presque la sienne. . Roland de Lassus. en lo44. En looo.

la même année. fit plusieurs voyages à l'étranger. à la mode italienne. qui avait publié plusieurs ou4. Lassus. outre les déplacements assez fréquents que lui imposaient ses fonctions à la cour. duc 11 (voir sa lettre du 14 mai 1574). mais en 1591. Charles IX. il était à Paris.. Lassus publia des œuvres chez Le Roy. fille de Marguerite Wackinger et du chancelier de la ville de Landshut. en 1558. et payés à l'enlumineur Muelich 3. Cependant. en Italie en 1571. Lassus. son effectif remontait au chiffre de 38. Il se maria. ornés d'enluminures (de 4363 à 4570. décédé il en eut plusieurs enfants. En 4567.Saxe de venir remplacer Antonio Scandelli à Dresde (voir la lettre du 13 février 1580). L'année suivante. Le maître de chapelle.. au début de 1574. moyennant 400 florins annuels. A ce moment même. avec Regina. « J'ay veu avec aultans d'ayse et plaisir que en est digne la grande et rare science. Lassus voyageait en Italie. était réduite de 44 à Si! membres. . lui fit faire des propositions de se fixer à Paris. elle n'en avait que 17. en mai 1. retournait encore à Venise.S78. on le trouve à la cour d'Alphonse II. porteur de recommandations pour le roi et la reine de France. il composait ses Psaumes de la Pénitence dont les deux volumes manuscrits. je n'avoye garde de faillir à luy ce tout bon accueil. à la recherche d'artistes pour la cour de son . . » écrit Charles IX au duc de Bavière. passa toute sa vie au service de la cour bavaroise.. En 1581. Le duc Albert V étant mort l'année suivante. repoussa les offres que lui faisait le duc Auguste de . à Paris. à Munich.ROLAND DE LASSUS 65 comme il se désignait lui-même. la chapelle du duc Wilhelm. qui est en luy.800 florins) sont un des joyaux de la Bibliothèque Nationale de Munich. qui venait de s'engager à rester sa vie durant au service de la cour de Bavière.

dont trois. le 14 juin. fît un dernier voyage au-delà des monts. un recueil de Canliones sacras à 6 voi. Le Roy et Ballard faisait paraître. à 840. en 1383. Rodolphe. il dédiait un livre de Psaumes à labbé d'Ottobeuren. en 1592. son organiste. où sa famille lui fît élever un monument. En 1588. . deux ouvrages importants. à la chapelle de Munich. des Chansons allemandes dédiées à la mémoire du feu duc. En son absence.x.592. de madrigaux. il fit un pèlerinage à Lorette. cependant. L'année suivante. 11 visita ensuite la cour de Ferrare. il donnait ses Psaumes de la Pénitence^ En septembre et octobre 1585. Travaillant avec une activité fébrile.6r> ECRITS DE iMUSICIENS (en 1577. il y passa en partie ses dernières années. Ferdinand un moment au service des Hohenzollem et Ernst. depuis 1575. en 1. étaient. il écrivait « Ceschansons seront peut-être les dernières que je composerai en cette langue. Roland de Lassus mourut quelques jours plus tard. le 24 mai 1594. le duc lui faisait don du domaine de Schœngeising (dans la vallée de l'Amper.81 et 82j. et les Larmes de Sainl-Pierre. produisant une quantité innombrable de motets. dans la préface d'un recueil de Chansons allemandes el françaises. Son traitement. on le trouve encore une fois en Italie où. au sud de Munich i. et fut enseveli à léglise des Franciscains. comme on surnommait Lassus. qui. fut porté. Deux ans auparavant. » Il publiait encore. L'œuvre considérable de Lassus ne comprend pas (1) Roland de Lassus avait quatre fils. quil dédia au : pape Clément VIII. l'année suivante. s'élevait à 550 florins. de cantiques. en compagnie de Giuseppe Ascanio. en janvier 1387. composé en collaboration avec son fils Rodolphe (1). vrages chez des éditeurs parisiens. le « prince des musiciens ».

l'édition monumentale. Sandberger. de Munich qui a consacré de nombreuses études au « prince des musiciens » (voir notamment ses Beitrsege zur Geschichle der baijrischen Hofkapelle). contraire sera. Expert a publié. Orlando di Lasso (1894). 1. autrement. di Lasso (vol. . Il existe de Lassus une biographie par Delmotte. s'elle a ie ne tien v" faici. nous somes ariues a (1) D'après la publication du Dr. Notice biogr. On en trouvera Ténumération dans Eitner. au tome \"Ae ses Mailves musiciens les Meslanges de 1576. En France. en a commencé. résidence du duc. en 1894.ROLAND DE LASSUS moins de deux mille numéros. en allemand par Dkhn (1838 Cf. Ad. Irad. elle Ex"'' ne fait le laisse aussi ^lier. Le professeur Ad. Quant au reste. Sandiserger. Hofkapelle unler 0. AU DUC WILHELM DE BAVIÈRE (T Mons-- mon maislre : et C. Theil). M. Vn prince tou ce quil luy plait : mais pour cela n'est pas parfait or sus j'ai vn peu trop de plait. En parlant de lantzhuet (2j ie receu mes stimfe (?) par andré seruiteur de salle ou de chambre. chez Breitkopf. Destouches. dans les Beitrœge zur Geschichle der hayr. 1836). (2) Landshut. et en ce que v"^* Ex*"* veut savoir que ie tien délie quant a : mihy. . Dokumenle. le . connu sous le nom d'Orland de Lassus (Valenciennes. si bien le trouvera. III. sur Roland Delattre.

car trop y a que nay foutu. le A Mons'"Mons'"raon seigneur et raaistre : prince Guillaume Duc bauiere bauiere bauiere A lantz-sot :) environ au milieu de la route de Munich à (1) Erding. . f. en beuuant pour : mon E. Ce soir.De minich sabato hora tertia post prandium. (4) Adieu. De vre Ex*"® humble seruulinorum. Du mois Juillet 1572.4£/resse. Landshut. A de palro (4). Munich.G8 ECRITS DE MUSICIENS erding (i) Et auons esté guetlerding. qui est bien bonne. c'est une chose naturelle. icy en mon Jardin. (3 Voici quant à l'avenir: Votre Excellence princière [Eure fursUiche Gnade). nous disputerons sans latin et serons Joyeux par mon arae. g. Orlando Lasso : — (. sed pour autant. (2. maislre guillaume. car elle sent bien les grouselle. quil est quasi temps de aller ad vesperas et non possum intromittere de faire une petite visite au pays bas de ma femme pour l'honneur de mons*" de fou cotu. si corne sire Adrian a veu de ses yeux frian puis partis somes de gi'an malin sans auoir beu ne eau ne vin. (3) sera totis Was weiter wirt werden remboursé de mons"" vre aumônier : Del totum in cedit per totas . Je menvoy droit monter sur elle. non pas belle. De ore prudentis pro- mel : Ego certissime plus scriberem. patron. la pluie nos a fait compaf^nie Jusque a minichen la Jolie (2).

: . et en somme moi . mon seigneur. irem ad starenberghen.i79. A Dachau. sinon de celuy. Moi poûre gentil home charbonier. et abdiqua peu après. près de Munich ancienne résidence. antworlet bin (1) Six semaines. et de Heurs et d'odeurs. qui peut plus que tous. Respondit placido. come les alijs sodalibus eranl. de maison. en faveur de son (2) lîls. Abandonné. ou assez de vt . Je veux dire. Guillaume V. délaissé de tous. (3) . En exil. non pas cuit. quod familia mea erat plusquara salis. salus el gaudio. \vochen(i) en mon jardin il gran duca albert misit mihi litteram. loing du né. devint duc de Bavière en l.4) Maximilion \". La peste sévissait alors à Munich. sein g. de tout bien n'ai plus rien Voilà la fesle que me fait la maie peste. en 1596. de buisson. mon très excellent prince el seigneur. vt visitarem suam Allitudinem. . gens. <>. ou dans le deuil [Klend à Landshul. mon duc. va del resto. icii qui tro|i me pince. et sic fuit faclum mais le temps fuit tantum temperalus par trop par ainsi interrogaui Ducum de ce que ie deuoie faire.3i. la mémoire de mon inihi : prince. quod deberem exire tachau (2).ROLAND DE LASSUS AU MÊME Mons'" mon prince. poiivre homme. mon maistre. le Pieux. Ad euitandum morbum pesliferum (. Ego respondit. de tous fruit.el quod libentim Exirem a faire pénitence in der elent zu lanlzhuet (^i) pour f. ({ue après avoir demourest par. de jardin au matin.

car sans elle rien de bon.me p. non. Ici fais fin a ma leçon. g. non. le prince ferdinando. : (1) Son Excellence princière {seine furstliche Gnnde me répondit: je suis bien content. A cosi ou par ainsj ich bin aspellando il mio prudentissimo s'% si corne fanno i giudeij il messie. mais il ne vient pas pour eux. te meiu perderfl. Son Excellence répondit bien.diye moj. mais c'est la conclusion. sed illos non veniat.?j du grand turc. (?). videbo. ne le croyez-vous pas assez ? si loi peut être sans toi: . dis-moi. Mais .1£CRITS DE MUSICIENS \\o\ zufriden. mais mon maistre si. est-il possible que mon patron puisse vivre sans son poltron ? je parle demoi. je verrai. (i) Je parle corne un couillon. E. et ainsi aller de côté et d'autre. é possibil ch'el mio patron possa star sensa il suo poltron ? parlo de mi et de moj^ non lo credete saie voi se ti puo star senza Ij.si scriberem et Respondit sua Ex''^ etiam mihi dare fecit peuelhem ad regierura in ciuitaten iantzfutum. iours et nuit pour vous prion en bonne deuolion tourné maislre a la maison. na^ wenn ad E. tu pourrais de temps à autre venir chez nous en promenade. je viens près de toi tout de suite. du nuechst auch ein Zeil zu dem anderir lier zu vns spalzieren und also hin vnd na. baisant en loutle humilité les mains de vrc Ex' « et de mons. garde bien la clef ducon. Ainsi j'attends montrés sage Seigneur.f. . ma de si. comme font les juifs le messie. Xotre seigneur manliene Yoz Ex""' saines et gagliardes et desireus de retoursubito venio. ziehen . mais mon maître sir mais de si. bien et il me lit donner un r?) pour le gouverneur dans la ville de Landshut. si V. .si j'écrivais. Drauff: nun wol wol . afin (juils me reçoivent avec lanternes. Ma potta del gran turco. vt me cum fustibus et lanternis deberani accipere.

De lantzhuet 7« d'oltobre iBja. que je n'eusse jusque a ceste heure escript selon ma coutume quel- que chose ioieuse pour nouelles i). il temps sans plus ex''^ larder. jusques a ce que on cognoisse la . si esse que cognoissant ma conscience n'estre souillée Muict et iour. ne scay comc maintenant me trouasse vif. De vre très humble serviteur. mon bon seigneur a jamais : Je croi bien. ie me suis résolu d'auoir patience.quon appelle mauuaise forlune ma tant trauaille mon peure et debil esprit de qui nous le peult donner. é bassa oss""\ : ecc""" s"' prinla Duca de s"'® bauiere alla et mio si et patrone sempre Ex''''). {Adresse: Al Illuslrissimo et cipe Guilhelmo. . Doue Irouua sua AU iMËME Tresilluslre prince. euidemment pure vcrile et pour point plus donner faceric a vre ox<« auecq mes faceux propos Altendray l'opor(1 Pour Noël. ORLANDO DE LASSUS.ROLAND DE LASSUS car est Tier. que vre Ex" ne me tient j)as si dé- fjourueu de sens ou entendement. que sans l'aide <le ce que sa m*^" me met sus. principalement ^ ccluy. a qui ie doi plus que ie ne pense valloir. mais vue ténébreuse carogne.

Le bracherj m'escrit aussi. : oRLANDo Lasso (Adresse : A Tresillustre prince Mons' le duc guillaurne de bauiere.574. qui fait le Zannj plus oultre que par Ex'^*. .. Jai receu lettre fera toute diligence De vre Ex "= très humble sclaue a Jamais. La princesse épousée en février 1568. come le duc alberl veut auoir les premiers hommes du monde encore que ne soient Adam caira ne abel) a son seruice. mais pour l'heure il ne se peut ne veut enquester de telles choses en Venize. Le reste ferai entendre a vre Ex'^ de plus près. et entre eux il ia vn. De minich le 26* de novembre iSjS (2). (2) Lassus partit en février suivant pour l'Italie. qui sera la fin après auoir baise les tresbonnes mains de vre Ex^* et a madame la princesse renée. con alcuny bofTony. qui pour toujours bien faire est née (i). etc. du fran/^ bracherj. \'oir la lettre suivante.) : Renée de Lorraine. 11 était de retour à Munich en mai 1. pour ce que le franciscazzo est illec faisant les brauades. mon bening prince et seigneur A Fridberg. priant le créateur donner a vos ex"' en santé longue et heureuse vie et paradis a la fin. qu'il ia pour l'heure en Venise vne compagnie de Comedians qui demoreront la pour tout le Carnouale. et de brief «lenera mirabilia.il m'escrit quil pour recouurer ou entendre la ou on poldra recouvrer ce que vre Ex'* désire. que le prince avait (1.KCBITS DE MUSICIENS tunitc de les pouoir déclarer de bouche a vre béni- gne ex"'^.

(1) Le jeu de pale-mail. de . Quant aux affaire de dit Anthoine sa lettre me demonstre quil voudroit seruir v^ Ex"^® en Italie auecqz la sicut placuerunt saltj facientes. datée de Mantoue. Ex'^'. je croi.ROLAND DE LASS'JS AU MÊME lUuslrissimo et Ecc'"° mon'' mon maislre Azza : Jo mi Irouo con la lettra di vra Ex''" et intellexi. mois de mons"" le duc père de vre. La lettre de vre Ex" baillaj moi mesme en la propre main de mons"" mon gros maitre et monstrant celle du s' Fouescus le . est diferentia de Anthonio et de illum. Jen laisseraj la charge a vre Ex'''. Roland de Lassus parlait dun sexagénaire « pieno difranzosum malorum » et d'un certain Anthonio délia Viola auquel il avait écrit de Trente à Home.En somme.'onscrvé en Angle- terre.i5. . et vodroit aussi tirer les . scudj. : prouision de . qui s'est (.100. quando ludendo palamalium (i) non habeo de mien propre. quil en face son bon plaisir. et aliura puer.i3. (2) Dans une lettre du 2(j février. quil pense que v'<= Ex*"® n'ai autre chose a faire qu'a luj mander de larjent pour luj faire guérir son mai françois (2). Je suis un bel dominus asinus. annis vel plus. quod non habentem violam propriam est sicut ego.

se je suis vn petit entré en la melencolie. quis perlinebat . que vre Ex imposait mihi.Joachim. le neueu de andreas. que luj Fera jamais seruiteur quil aie: mais il nia pas vn peu de recognoissance. bien est vray queie n'aj mené guerres de chose rare a Son Ex'% mais ie n'aj pas laissé de faire toutte ma diligence. Josquin des bruieres. frères: par ainsi n oseraie venir sans le sceu de mons"" albert. 4. V'^ Ex. aftin quil ne me tint pour presomptues. . Je remercie dieu et après ie vre Ex'«. si premièrement ne me donne le vre moien Ex rité. . Son Ex'^ ne ma pas vsé de courtoisie quelquonque. Janbalista violin. qui est cause que ie serve et seruiraj a mons'" vrë père. hans tischer. e peus penser la vé- iai fait autant dhonneur au s"" duc albert par toutleslieuxou me suis lrouué(pour home dequalité. mais quil ne pense de estre inuilé ou prié a disiier ou souper.foucre auecqz vn billet de ce.74 ÉCRITS DE MUSICIENS cre il (i) me demanda. que -^ de le pouuoir faire a ses dépens. Par ainsi le matin le dit s"" foucre me rencontra venant de la messe. .henrj. ie luj dis.. il s»" principe gui- lelmo quelio sia seguito. nescio. me lamen- après la mort.le pense. si come a faict libéralement. mais- ne respondit mot ainsi le mandFaJj subitement au S". me pardonne. et me dit ie men voie "= : adesso a far quelio mi comanda . . ie ni penseraj plus. président de la Chambre di* duc Albrecht V. tant de mes petites brouilleries (1) Jean-Jacques Fugger. Le messagier piero aspetla la lotira. Son Ex'^ na mené avecq luj seulement Josef organista. par ainsi luj suis moins obligé. marco des. .

i^. telle- ment. del del 74. di vra Ex.. Di vra Ex"' humiliss" _ présente maio seruo a Jamais Orlando lasso [Adresse et Eccmo Duca de le Duebauiere. auecqz la grande humilité.''* serua In frelta di monaco adj. que vre Ex^« vse enuers moi son 1res affeclionné bien que petiti seruiteur. que ie nai force ne puissance pour rendre grâce conucMiiente a vre Ex" de sa bénigne et bonne volunté selon mon extrême deuoir. (prince excellent^. . a luj donner tout ce gloire de qu'on peut souhaiter e demander. mio e patrone : : Al Illustrissimo S"'' principe guglielmo.ROLAND DE LASSUS si l'Ecc'"' vre che luimilmente baso le manj ad nesforeis annis. : . qui est sa saincle paradis Amen aiant ferme espérance. m'est entrée au plus profond de mon poure cueur. s»- sempre ossero"'" in Fridberff. seulement pour une petite recompense m'exercerai de vrai zèle a prier le créateur jour et nuicl.) AU MÊME Illustrissimo principe. La grande aniilie. per et in lolum omni parte : et C.

Quant 1 ) a venir visiter vre Ex^' n'estant encore malade. désire ex toto corde meo. A donc en pleur' et en douleur fuions l'honneur plein de malheur. si gralieux. (2i J'ai donc demandé aussi à ma femme.. o allégresse. J'ai entendu la volunte de vre Ex'^ Also hab ich auch mein Weib gepetten.o quel plaisir. o lieu heureux.76 ECRITS DE MUSICIENS que estans la trouuerons assez de quoj passer le temps. qui pour luj meur'. quant il me souuient. Oui en sueur faict le sauteur. des bien auteur. que mon seruice jusque au retour du (1) Mon très gracieux seigneur. en Ions temps Estans tousiours jaloux. la grand faueur. en louant Dieu en rhascun lieu. sans desplaisir. h. o grand douceur. prenons donc l'heur. bien plantureux. et ne sera pas la dernière fois. chantant. donnant couleur a ma l'aideur. et le jouueur en grand labeur. quod illa ne prende in malam partemf mes petites folies jolies. Aions horreur de nos erreur'. sain. garni de fleur. mais elle doit . quelle ne prenne pas en mauvaise part. conlenl sans argent. gagliard. sans faire desordre. est ist mein vnterthenig bit a E. coment vre Ex'^^^ ma escript ce mot. Moi grand pécheur fai le prescheur.?) . f. mais vre suis obligé a faire Ex»^" ie le ie scit. h. c'est ma très humble prière à Votre Excellence princière. oiant musique bien magnifique. non pas veau. dansant. que le sau- ueur donne a tout cueur. point pagiiai'd. aber si muess thain (2). suiuons sans peur sa grand valeur. jeune. beau. Je ne puis tenir de rire. tout plein d'odeur. bien en ordre. Mein aller:g. le chemin seur est le créateur. c'est le teneur d'un composeur. c'est le pasteur. plein de liesse.

. de Muçha gente. mons' trouués moien et place. : : Lasso son di odiar. et die giouis accipere quod indignissimus sum . De minichen le 28. Et aliuum placente Deo volo etiam soluere Die mercurij. : bauiere mio s""" et Duca de le due patrone osser"'" in lantzhulum). uxor mea libenler Du muess Ihain faciat Debitoribus noslris. ma femme et mesnage et moi treshumblement mains. quod credo non facere auec la grâce de Dieu.ROLAND DE LASSUS fossa. De mea confessione et communione. parcat nobis omnipotens deus. vint de V'' grâce. martij del 76. propterea princeps 111'"°. jam soluj unum debitura. qui . qui nous donne ses grâce. mol formé de l'allemand. après quil n'i aura perdre la plus de glace. hu militer cogo ut parcesmihj. questo è un Arheilem. que vers vous venir on me face. Quantum ad arbeiteni (i) obtinet. et nunc et in hora mortis amen. [A (blesse : Al Illustrissime et eccelenliss° principe guilhelmo. AU MÊME Mons"" mons"" de plusieurs monsuries. a qui je rendis aussi grâce et pour point grâce de Dieu. (1) ma non d'amor. travail. seigneur. A tout vre Ex'" et a mon petit baisons les madae la princesse. si vnquam te offendj. patron. OHLANDo LASSO. bon. De vre Ex'® humilissimo et deuotissimo seruitore ma di bon core. aianl ainsi receu la grâce.vsque ad aliam vicem. Arbeil.

Quant à ce que v* Ex'" demande quel kurtweil nous treibons (3). le balon. aura plus a crier. célèbre imprimeur de musique à Munich de 1540 à 1599 <[ui publia un Palrocinium Musicum. ne joue pas. Je viendrai 1res volonlier a visiter vre Ex'* encore quelle n'est pas malade.emand. dont les cin*! premiers sont exclusivement de Lassus. affin quil : . et moj je ne luj voj point trop rompre la leste. che vre Ex^^mihiscripsit. petit ]\l[z]Ianni mangiarlardo. par ainsi je mande a vre Ex"^ vn libro missarum. a venise et a paris. et M. que je despendraj seulement tous et lieder (1) Avec d'autres motets en bergainasque ou en •all. jours. ce que nous faisons. Mot forgé de l'allemand Ireiben comment nous passons notre temps. se vre Ex"' la fera paier. en dix volumes.10. demandant en la stampate de tel chacun logo tutte l'opère musica ordanlesca par ainsi quelle . ou le Ionbas. : . m'apelle besle. (2) Adam Berg. car ie n'en voi guère sortir de luj il ne demande pas après moj. . auecque venir a gregerdorf. cum alijs molteltis et liedlin auf bergamasco oder leûtsch (i). Domine ita. le reste que demande vre Ex"' se peut trouuer a noremberg. le prince Ernesto ne manco lo vedo si non la dominica a la messa il me semble tout plain de vertu.ECRITS DE MUSICIENS parle la linea : prelatio J'ai leu la lettre prima. en ainsi je supplie vre le s' Ex'^'' faisant mes deuotion. interde vre E'*^ et asses bien en- tendu la volunte d'icelle. sera seruita et obedita. mais demain sil plaist Adieu. (3. et no lo vesto il pescare fa mangiare. et demourer en mon logis . par minich. Je mande la il ceni dule d'adamberg (2) . mais le palamag^lio fa sonaglio. Coraenceraj entrer en Jubilation.

100. mio Guilhelmo. a Cosimo. de maj lojO. que v" Ex'^ scauroit recouurer toutte sa vie. receuant tel contentement que Jai receu de ma vie. qui sera la fin après tréEx"'*' humblement avoir baisé les mains de vre et de madame la princesse renée. mon gro maistre. (3 . de dieu aimée. E si di questo io mento. Duca de la patrone sempre s""" et Due oss"-" in ce thui là (3. et tenes compagnie a vn des plus leal seruiteur très humble. pigliar non possa il sacramento. Venes don.. mon tré doux maistre. le . expecto la risposta. ce seront . et lai mandé a nions. auecque vne lettre visable. in posta o a sbalto .J'ai aussi escript au prince Ferdinando.ROLAND DE LASSLS les 79 jours . La. De Munich. sol. lantshuet <1) . Depuis le parlement de vre Ex'^^ Jaj finj vn motlet le quel plaira a vre E'"^ pour la façon nouuelle. De vre Ex*^ humilissimo seruo e schiauo : Orlando 4. a mon Amy licentiat et alijs. florins des- perdu sans auoir este pendus. H t=j (2)- [Adresse: Al illustrissirao et excellentissimo Principi bauiere.24. florins. Ces mois incompréhensibles semblent former un ana:gramnie du nom de Landsiiul.10.(2) :) Manich.je tien la copie pour la montrer a vre Ex" quand elle viendre a moine (i).

Duca de le due bauiere. vers 1575-1580]. Si Madame sa ferame bien se porte. Je ne m'en plains ni deconforte. S'elle a la C'est signe. Mons' du Rhin e C. Si Ex" N'a pas de mal Cela demande mons/ daumal: vre Ex" a son plaisir Je n'en ai pas de déplaisir. palatin. Dachau . : Si vre Ev<=% se porte bien Cela va bien Si vre . Tré puissant seigneur.80 KCRITS DE MUSICIENS AU MÊME [De Munich. Cela vient du cul remuéer C'est la sentence de En disant Janobbo meser gobbo Celsitudine Vestrum Bon di : seruitoribus — vris seruitor : Orlando Di Lassus {Adresse : Al illustrissimo et excellentis- simo s°' principe Guilhelmo. sent son enfant remuer. prince. et mio s°' sempre osseru'"° in (1) Tacha w fi). S'elle panse bien enllee que Taues bien pressée. Duc.

kapellmoisltM. Prince et Seigneur duc Wilhelm. à Dresde. Car je sais que V. de pension annuelle qu'a daigné m'accorder le Haut et Vénéré Duc Albrecht. Et je Excellence S. . son bien aimé fils. et que surtout je possède au pays de Bavière maison. \' était morl en octobre 157y. E. a de tout temps été bonne envers ses serviteurs. G. avec tout l'empressement possible. Mais comme après la mort de mon très gracieux Prince et Seigneur de très louable mémoire le duc Albrecht de Bavière (ai je me suis fait de nouveau engager par son contenu. je fais savoir ici très humblement à Votre Excellence Electorale. Elect.de né à Brescia en 1517. Wilhelm le Pieux. et aussi ^oo fl. E. P. sans compter ce que me domie le Seigneur régnant Je : l'Électeur de Saxe. E. très gracieux Prince et Seigneur.ROLAND DE LASSUS 81 A AUGUSTE. de l'honneur singulier que me fait V. jardin et autres biens attenants. Et qu'en outre je commence à vieillir. ARCHIDUC DE SAXE Très haut et très puissant Prince. (1) Antonio Scandelli. M. que j'ai reçu celle qu'Elle m'a écrite et que j'en ai bien compris tout le commence par remercier très humblement V. lui succéda. de réclamer mes humbles services (i). je le ferai bien volontiers de tout cœur. élail mort le 2s janvier 1580. Elect. le protecteur de Roland de Lassus. E. Et Dieu sait que ce que je pourrai faire. Elect. (2) Le duc de Bavière Albrecht Son fils.

c'est un bon Miisicus. 3 Jacobus Regnart fut au service de lAutiiche de 1575 à 1599. c'est] un compositeur passable. parle bien l'allemand. Elle pourrait voir. Si Y. de m"ex- cuser ne puis consentir à la servir. a été réuni à celui de Munich au dix-neuvième siècle. une chapelle. un Néerlandais. très (2) Fondé au huitième siècle. s'appelle Jacobus 'il] Regnart (3). à la Chapelle à de Sa Maj. il peut de jour en jour devenir meilleur. Il est à Prague. Elect. P. y a aussi chez le Duc de Wirtenbergt un jeune qui a été mon disciple. où il apprend aux enfants à chanter et à composer. Roy.S2 IvCBITS DE MUSICIENS Elect. modeste il raisonnable: et autant qu'il m'en souvient. .. et comme il est jeune. et s'appelle Balduinus Hoynus. l'évèché de important alors. et à enseio-ner le chant Il aux jeunes gens. E. compositeur d'origine 1) Antonio flamande probablement. recherchait ses services. E. me semble-t-il. (i) s'est fait De même Antonius Goswino engager comme Duc maître de chapelle pour sa vie durant par le Ernst évêque de Freising (21. Goswino ou Gossuin. Elect.. E. si je ration de toutes ces circonstances^ susdites. Il homme. a pour femme la fille du Kapellmeister de \Mrtenberg. pour fonder à S. et connaît aussi d'autres ^langues]. et très capable d'une telle fonction. y en a un autre qui. que et c'est un homme C'est ex- cellent. en considé- prie donc humblement Voire E. Et en somme. pourrait bien entrer au service de V. Je puis dire le lui faire sa- en vérité. [ilj est originaire de Liège. de sorte qu'il a à s'en occuper. Freising.

ROLAND DE LAP-SUS 83 Voilà en hâte ce que jai à à V.. qu'Elle veuille bien en tout cas rester mon très gracieux Seigneur. Elect. lorsque je fis remettre à S. Elect.. Archiduc de Saxe. E. à ]Mûnchen. haut et puissant. Et mander humblement si ma très humble prière parvient à V. une Messe et quelques *iutres morceaux que j'avais composés. Orlando {Adresse : A Son Altesse. en toute humilité. E. E. Elect. sur son ordre. le très humble serviteur di Lasso. E. le i3 février i58o. Elect. Seigneur et Maître. etc. et promesse Regenspurgk. Elect.) . Mons' Auguste. De V. Et je baise les mains de V. Datum veuille à cette occasion se souvenir de la quElle a daigné me faire. E.

de 1603). Magnificat. chapelain de la cour de Philippe II. vers 1540.TOMAS LUIZ DE VICTORIA (i54o?-i6i3?) Né à Avila.3. en 1602. avec les il du Collegium germanicum. il composa. que les Italiens appelèrent Vittoria. Victoria. Ce Requiem fut publié en 1605. etc. il publia. Escobedo et Morales. Maître de chajjelle (?. où en qualité de chantre et de prêtre dès 1366. en 1381 dédia un livre de Messes à Philippe II en 158. un premier livre de Motels. etc. qui est regardé comme son chef-d'œuvre. de 1373 environ à 1602 était . est l'un des successeurs immédiats de Palestrina. à Madrid. Tomas Luiz de Victoria vinl de bonne heure à Rome. à 6 et 8 voix. un livre de Magnificat et d'Antiennes à la Vierge. Victoria vivait en Espagne dans les premières années du dixseptième siècle (voir la lettre traduite plus loin. un Requiem [Officium defunctoriim sex L'ocibus]. Nommé en 1598. où il eut pour maîtres deux de ses compatriotes. . pour les funérailles de l'impératrice Marie. à Madrid. en Espagne. un livre de Messes. puis en 1576. Il fit partie de la Chapelle pontificale. en 1372..

qui octo vocibus rnodulanlur. Ma. A(l (jregoriuni XI] I Pont. . et auxquelles je semble me connaître. y Maestro parut à Naples en 1613) prolongent sa vie au moins jusqu'à cette époque. que je me consacre et travaille non sans bonheur. pro praecipuis festiiiitalibus. publie ses M. Vna cum quattuor Psalmis. qui quailiior concinuntar vocibus.\. on a dit quelquefois que Victoria en était le Schubert. D. à Leipzig. La date de sa mort n'est pas encore connue avec certitude. d'après Cerone (dont El Melopeo . LXXXI. Victoria. Très Bienheureux Père. Comparant Pierliiigi à Beethoven. à Rome. M.TOMAS LUIZ DE VICTORIA 85 œuvres duquel on a pu souvent confondre les siennes. vers lesquelles je suis porté par un instinct naturel depuis de nombreuses années déjà. A NOTRE TRES SAINT Xlil. Pour reconnaître ce bienfait et ce divin don. en 1608 d'autres. l^KRE ET SEIGNEUR (i GRÉGOIRE SOUVERAIN PONTIFE C'est surtout aux musiques sacrées et ecclésiasti- ques. Cette édition définitive sera prochainement terminée. ex Tvpographia Dominici Basce. qui a particulièrement étudié Œuvres complètes chez Breitkopf très et Haertel. Romae. au jugement d'autrui. j'ai voué cet ouvrage à celui dont pro(1) Thomœ Ludovici a Victoria Abulensis Ilgmni tolius anni secundum Sanclse Romanœ Ecclesiœ consiietudinem. Felippe Pedrell. Certains biographes le font mourir.

Alt" dix petits livres de musique de mille choses parmi lesquelles il y avait une messe de la Bataille qui fit grand plaisir à Monseigneur le Roi. j'ai décidé d'en envoyer d'autres à Votre Altesse et de supplier de les recevoir et avec eux ma volonté. A FRANCESCO MARIA II DELLA ROVERE. Madrid. DUC d'uRBIN Sérénissime Seigneur. etc. . Thomas Ludovicus a Victoria. ma vie et je prierai nre pour celle v. et puisque V.86 ECRITS DE MUSICIENS viennent tous biens. frustrant ainsi le maître du fruit qu'il attend justement. L'an passé j'envoyai à V.. Le Très humble serviteur de Votre Sainteté.. et si je déterrais le talent qui m'a été confié. puis les Messes mises par moi sur des modes nouveaux seraient reçues avec des âmes et des oreilles favorables. Alt'. C'est pourquoi dans l'espoir que les Motets d'abord. car je serais un ingrat si je languissais dans une oisiveté inerte et honteuse. Alt" daigne me faire quelque largesse pour subvenir à celle qui la gravure de et de me sera faite j'en serai reconnaissant toute S. Alt^ et de. j'entrepris un autre ouvrage dont je dédie l'effort audacieux et la réalisation à la bonté divine. 10 juin 1603. ne m'en a pas lait accuser réception. Et si V.

sont dix cahiers séparés de l'édition de ItiOO. Chapelain de Sa Majesté (1) Francesco de Soto de Langa. comprenant des parties vocales.. compositeur espagnol ^anlor et directeur de la chapelle pontificale. Rome Fran" de S. des «compositions à 4 voix. des pièces d'orgue. 1910. Les dix livres dont il est question dans cette lettre. G. (2) F. M. apud Flandrum.). Malriti (Madrid). . p. Pedrell. être remise à AU'' voudrait à me faire pourrait (i). (21. -169 et suiv. Sotlo Chape- lain et Cantor de sa Sainteté. der I. Thome de Victoria.TOMAS LUIZ DE VICTORIA La largesse que V. Quelques commentaires à une lettre de l'in- signe maître Victoria Sammelb.

et tout pénétré de musique ». fut : // Comballimenlo composée sur un poème de Rardi. Le apparat. lorsqu'il eut fréquenté les réunions artistiques des palais Rardi et Corsi. où il mourut. Sa première œuvre dramatique d'Appolline col serpente {io90). Ses premières œuvres furent des madrigaux à la mode du temps. pour les noces de Marie de MéHenri IV. Rolland car elle a consacré définitivement l'avènement do l'opéra.GlULIO CACCIM (i55o ? - 1618). vinrent ensuite la Dafne de Rinuccini. dit Giulio le vers 1618. naquit à Rome milieu du seizième siècle. également avec Rinuccini 1600). dil M. Caccini fut l'un des fondateurs du nouveau style musical de la fin du seizième siècle. Mais. il se fit l'initiateur des tendances nou- cembre velles. qu'il a expliqué lui-même dans ses Nuove Miisiche (1601). Romano. Elève de Scipione del Palla. puis une £'«/'/(//ce. le slilo rappresenlalivo. Romain Rolland. le 6 octobre. Elle fut représentée en grand Pitti. « cœur ingénu. célèbre chanteur. . qui lui enseigna aussi le luth. le 10 déGiulio Caccini. Homme de bonne compagnie. a dit de lui M. il vint vers 1563-64 à Florence. au palais dicis avec . en collaboration avec Péri 1594). « La date est restée mémorable dans l'histoire. R. de véritable artiste.

. et presque aussitôt dans celles de l'étranger. faite par Eitner (en 4881). Settimia et Franscesca. Caccini était venu à Paris avec ses deux fdles.. et 1607). de VEwidice de Caccini. III à V. un éclatant écho. de VOpéra en Europe très Il existe avant Lully et la et Scarlatti. (hiver de 1604-1603) d'où sa gloire se répand jusqu'en Angleterre et excite les convoitises de la reine. In Venetia. qui lui fit une grande réputation. bibliographie qui termine cet ouvrage (Paris. 1893). Elle publia en 4623. Celle-ci. les Origines du Théâlve lyrique moderne. Rolland. AL'X LECTEURS (i) Si je n'ai pas publié jusqu'à présent les éludes de musique que j'ai faites sur le noble art du chant. qui chanta lui-même le rôle d'Orphée avec un art admirable. la Liberazione di Ruggiero. » Aussi trouve-t-on Caccini à la cour de France. et mes autres compositions de plusieurs (1) Préface des CINI LE NUOVE MVSICHE DI GIVLIO CACDETTO ROMAXO. la part que prirent à la représentation les plus fameux musiciens et les plus nobles seigneurs de l'Italie. mon maître. fut également compositeur. qui devait susciter la jalousie des Princes à servir l'art nouveau. Musico del Serenissimo Gran Duca appresso Alessandro Roverii (1601 di Tosfana. Hist. Voir R. une réédition.GIULIO CACCINI 89 solennel retentissement des fêtes. notamment les chap. qui me fui enseigné par le fameux Scipione del Palla. surnommée la Cecchina. le génie de Péri. eurent dans toutes les cours italiennes. un opéra. à Florence. .

de ces compositions circulent a4térées. emmêléesl'une dans l'autre. des exclamations. et de montrer aux lecteurs. c'est- à-dire redoublées.90 KCrtlTS DE MUSICIENS madrigaux et airs. et d'autre part [ayant remarqué] l'usage indifférent qu"on fait des sons enflés et diminués. et défigurées. trilli et gruppi et autres jolis agréments de la belle manière de chanter. en étant continuellement exécutées par trices d'Italie. frappé du mauvais usage que l'on fait de ces grands traits de notes simples. j'en puis laisser quelque trace en cet écrit. afin que les temps anciens ni les époques plus modernes n'ayant eu l'habitude fque je sache) de musique d'une telle grâce intérieure que [celle] que je sens résonner en mon âme. . et autres nobles fameux chanteurs et cantaamateurs de cette profession. petite étincelle aide un grand incendie v. composés par moi à différentes époques. les raisons qui m'ont conduit à un semblable genre de chant pour une voix seule. et que d'autres puissent ajouter à la perfection car « Poca favilla gran fiamma secunda » (i). plus propre aux instruments à vent et à cordes qu'aux voix. cela vient de ce que je ne les estimais pas dignes d'être publiées il me semblait que mes com: positions avaient été assez honorées. et doubles. et même plus qu'elles ne le méritaient. voyant que beaucoup les plus et. mais aujourd hui. par ce discours. (1) « Une I.! traits] inventés par moi pour remplacer celte ancienne manière des passages déjà usitée. M). j'ai compris la nécessité de faire imprimer les dites miennes musiques. de plus. encouragé par des amis. » (Dante Paradis.

dit Jean-Jacques Rousseau.ause de la multitude des passages cordes. qu'en plus de trente ans de contrepoint car ces très savant-s g-entilshommes m'ont très noble . empêchant d'entendre les paroles. lequel est composé de plusieurs notes ou diminutions qui se chantent et se jouent très légèreanent » [Dictiunn. et les Poètes et Philosophes de la Ville. pour l'ordinaire assez court. notamment en chantant un solo avec un instrument à <. à (i ). à l'époque où brillèrent à Florence la Chambrée de rillustrissime Signor Giovanni Bardi. (1) On un (' ornement dont on charge un . de sorte qu'on n'entendait pas les paroles. détruisent la pensée. qui déchire la Poésie.GlULIO CACCIM 91 Vraiemenl. tant sur les voyelles brèves que sur les longues. de Musique). et non pas le contraire . souvent encouragé par les raisons les plus éclata:ites à ne pas admirer ces sortes de musiques qui. mais encore les premiers musiciens el hommes ingénieux. bien qu'au moyen de ceux-ci [passages]. et le vers. des Comtes de Vernio. mais à me plier à la manière tant louée par Platon et antres Philosophes. et en tout genre de musique. et le rythme et enfin le son. et je puis dire que j'ai plus appris de leurs doctes entretiens. qui affir- ment que la musique n'est [autre chose] que le mot. trait de chant. entendait par passage. tantôt en allongeant. j'y fréquentai. -et à vouloir qu'elle puisse pénétrer dans l'esprit •d'autrui et y produire ces admirables effets qu'admirent les Écrivains et que ne pouvaient faire nos mo- dernes musiques au moyen du contre-point. tantôt en abrégeant les syllabes pour s'accommoder au contre-point. où accouraient non seulement une grande partie de la noblesse.

en passant parfois par des dissonances. il me vint à l'idée d'introduire une espèce de chant où il fùtpresque possible de parler comme en musique. entendus dans cette chambrée avec un bienveillant applaudissement et des exhortations à continuer jusqu'au bout mon essai dans la même voie. excepté au cas où je voulais m'en servir ture noble selon la pratique ordinaire. et autres. et particulièrement l'air sur l'Eglogue du Sanazzaro Ilene ail ombra degli amcni faggi. que de tels musiques et musiciens ne donnaient d'autre plaisir que celui que peut donner l'harmonie à l'oreille seule. Vedrol mio sol . comme je lai dit. et en tenant la corde de la basse fondamentale. en m'y servant (comme je l'ai dit autre part. Ces madrigaux et air. avec les parties intermé- par l'instrument pour exprimer quelque sentiment. . Douro dunqiie morire . pensant qu'ils auraient plus de force pour plaire et émouvoir que plusieurs voix ensemble. [ces parties] n'étant pas bonnes à autre chose. m'incitèrent à me rendre à Rome pour y tenter encore le même essai y ayant fait entendre ces madrigaux et air dans la maison du diaires touchées : : . d'une certaine rup- du chant. dans ce style propre dont je me servis depuis pour les pièces chantées que je fis représenter à Florence. puisqu'ils ne pouvaient émouvoir l'esprit sans l'intelligence des paroles. Ayant donc vu. et composai en ces temps-là les madrigaux Perfidissimo volto . Je commençai donc vers celte époque [à composer^ ces chants pour une voix seule.92 liCRITS Di: MUSICIENS ils fussent exaltés et acclamés par la foule comme admirables chanteurs.

ils n'avaient jamais entendu de musique à voix seule.GIULIO CACOiM !l3 sig-nor Nero Xeri. eût en soi étant de là retourné à Florence. là aussi. les musiciens n'exécutaient que quelques canzonette [composées] pour la plupart sur des paroles vulgaires. de même que le signor Gabbriello Chiabrera. il me vint à l'idée de composer quelques canzonnette en forme d'air. . qui eurent la courtoisie de me mettre en vers plusieurs canzonette de mètres diverses. me fournissant une grande occasion de variété ces [poèmes]. et particulièrement au me rendirent bon témoignage en mexhortanl à continuer l'entreprise commencée ils me dirent que jusque-là. qui eût autant de force quecesmadrigaux pour émouvoir l'âme soit à cause de la nouveauté du style. il ne leur semblait pas que signor Lione Strozzi. tous : : l'artifice la partie des parties correspondantes entre lesquelles de soprano était chantée seule. ont été depuis fort goûtées de toute l'Italie et quiconque a vouhi composer pour une aucun effet . et m'étant rendu compte que. à un grand nombre de gentils- hommes qui s'y réunissaient. de temps à autre. sur un simple instrument. . pour pouvoir servira un concert de plusieurs instruments à cordes et je communiquai mon projet à plusieurs gentilshommes de la ville. et qui n'étaient pas estimables des gens intelligents. soit parce qu'à cette époque on avait l'habitude de chanter à voix seule les madrigaux imprimés pour plusieurs voix. qui m'en fit une grande quantité et très (lilTércntes de toutes les autres. qui me parurent inconvenantes. tous composés par moi sur des airs différents. . .

et ce ne sont pas des passages. grâce à leur bonté» j'ai produit sans cesse en ce genre tant dans les madrigaux que dans les airs. et elles peuvent être permises. pu voir et entendre à plaisir. d'ailleurs le jugement spécial [du composi. car s'ils le savaient. mais- puisque j'ai parlé plus haut du mauvais usage des longs porls de voix. et qui auraient une grâce particulière ayant soin de cacher autant que possible l'art du contrepoint. tout le a monde . mais. j"ai employé quelques croches. tout ce que teurj fait subir à toute règle des exceptions. je crois un certain chatouillement de l'oreille de ceux qui ne savent pas ce que c'est que chanter avec saires à la plutôt. j'observerai que les passages n'ont pas été introduits parce qu'ils étaient néces- bonne manière du chant. recherchant les cordes plus ou moins sympathiques à leurs sentiments.ECRITS DE MUSICIKNS voix seule s'est servi de ce style. j'ai toujours cherché l'imitation du sens des mots. sur des syllabes brèves. jusqu'à la valeur d'un quart de mesure ou d'une demie au plus. rien n'étant plus con- traire à l'émotion donc j'ai dit qu'on employait mal les longs porls de voix. et quant à moi. à expression. étant depuis trente-sept ans au service de ces Sérénissimes Princes. celles-ci passant vite. ils délesteraient sans aucun doute les passages. et évitant les brèves. et de placer les consonances sur les syllabes longues. pourtant afin d'obtenir un certain enjolivement. et particulièrement ici à Florence où. je ne m'en suis servi «juc dans 1rs morceaux moins exprès: . mais une sorte d'embellissement. observant la même règle dans les passages.

comprendre le l'idée et les [bon] goût el son imitation. comme aussi plus propres et plus faciles à exercer . et plutôt pour accompagner le sentiment que pour faire de l'artifice on verra encore combien plus d'etTet et de plaisir fera un air ou un madrigal conipcsé dans . et fait la voyelle « » mieux dans le Ténor que la voyelle u ». il est beaucoup mots. quant aux voyelles. que ne ferait un autre avec Imit l'arl du contre-point rien ne peut . non au hasard ou d'après la pratique du contreil serait donc utile de préparer d'abord les traits. et pour éviter certaines erreurs notables et liei- quelques duretés. le plus important de tion. i u » {ou en français] fait meilleur efïet dans « de soprano que dans celle de Ténor. les dispositions du chanteur] et comme pourtant on doit encore employer ces ports de voix. afin qu'il soit chaulé de la l)Oune manière.. . et de chanter avec émo- que de savoir! contre-point . non sur dans les cadences finales d'ailleurs. et . composer et chanter dans ce style. ce style d'après le sens des paroles. je ne fais d'autre observation sifs. sur lesdits ports de voix que [celle-ci] <( : la voyelle la voix.. et contre-point de faire en sorte de ne pas considérer le comme tenant lieu de tout pour bien . et seulement sur les syllabes longues. car je ne me suis servi de ce dernier que pour mettre d'accord deux parties ensemble. on le fera en observant la même règle que dans mes œuvres.GIULIO GACCIM 95 les brèves. toutes les autres étant plus sonores ouvertes que fermées. dans les œuvres d'autrui qu'on veut chanter et point : seul.

(2) Cette lettre et la suivante. en les remerciant pour le grand honneur et la grâce qu'elles m'ont faits. année 1881 (art.90 ECRITS DE MUSICIENS en donner de meilleure raison que l'expérienre elle- même (i). que. On peut en recommander l'étude aux personnes qui voudraient interpréter ces premiers spécimens de l'art monodique. (3) Henri IV et Marie de Médicis. Leurs Majestés Très-Chrétiennes raient que je laisse j'ai (3 m'ayant fait savoir par le Sig. qu'Elles dési- ma fille Cecchina \ en France répondu à Leurs Majestés. dans VAnnuaire du Conservaloire de Musique de Bruxelles. de Gevaekt. écrites en italien. appartiennent à l'Archivio di Stato Mediceo à Florence. \oir la notice ci-dessus. à son service. Ce texte a été publié. et en général la musique de cette époque. AU GRAND DUC DE TOSCANE (2) Sérénissime Grand Duc. avec les exemples. (4) Francesca. 178-203). fl La fin seils sur la pp. de cette préface aux lecteurs renferme des conmanière de chanter les compositions de Caccini. . serviteur à la solde de Votre Altesse. fille de Caccini. Concino Concini.

que le Roi dit queCecchinachantaitmieuxque personne en France. il me reste encore une autre [femme] que la Cecchina. en français. car pour le service de \'otre Altesse. savoir à d'autant plus que Votre Altesse m'avait mon départ de Floren<îe par une lettre de M. et ce fut ce soir-là et non auparavant. outre les quatre personnes de ma maison et en vous exprimant le respect le plus humble. le matin même. en espagnol et en italien. Piccena. et que je voulus la demander au Roi. de quoi je la prie instamment. et que nulle pai't il n'y avait un concert qui fût égal au nôtre. ce fut l'occasion de m'envoyer le lendemain le message susdit. . Lorsque le soir même. où nous chantâmes (bien plus qu'auparavant) avec l'applaudissement du Roi et de tous les Princes présents. je ferais que tout ce que fait pour le service de Leurs Maj. car lorsque je demandai à la Reine la permission de retourner en Italie. . que 1\L lo Grande s'approcha de ma illle et lui demanda si elle resterait volontiers en France au service de Leurs Majestés.le remarquai aussi ce même soir. je . J'espère que Votre Altesse voudra bien me faire connaître Sa volonté.GIULIO CACCIM je désirais vous il en référer et m'assurer est si toutefois était du goût de Votre Altesse que qu'il je servisse Leurs Majestés autant en mon fait pouvoir. Votre Altesse le considérerait comme ayant été pour sa propre personne. je me retrouvai au Louvre avec toutes mes femmes. Elle m'opposa que les temps étaient en ce moment trop peu favorables.. Ce succès est un événement tout nouveau. qui d'ici très peu de temps ne sera pas moins habile dans la musique.

Concini fut fait maiéchal d'Ancre en 16U. le 19' février i6o5. \. Au Sérénissime Grand Duc de et Toscane mon unique ) très vénéré sei- A BELISARIO VLXTO Très noble et très honoré Seigneur. qui fui brûlée pour sorcellerie. en 1600. De votre Altesse. Concino Concini iule la bienveil- lance qu'il m'a témoignée dès les premiers jours. J'adresse un rapport au Grand-Duc. Favori de la reine. du succès résultat de et je n'écris à nos entreprises. Excellence. dite Galigaï. et de la bonne volonté qu'il a toujours mise à nous . arrivé en France à la suite de Marie de Médicis. et premier ministre. le très humble et très obéissant Serviteur GiLLio Caccim di Roma. après la mort de Henri IV. [Adresse: gneur. Eleonora Dori. avait épousé une dame d'honneur de Ja reine. et à sa très mon Maître gracieuse Epouse. le 8 juillet 1617. comble de loules^ De Paris.1) Concino Concini. que pour lui taire savoir combien je suis extrêmement obligé au Sig.î)8 ECRITS DE MUSICIENS prie Notre Seigneur Dieu qu'il vous les prospérités. . sous Louis XIII. Il tomba en l'iir.

«jIULIO caccini

aider.

Tout

cela, dit-il,

il

l'a fait

grâce à
écrivit

la

lettre

pour nous rec<îmmander, car il désirait avoir l'occasion de la servir. Mais comme tout ce que nous pouvons espérer de bien dépend de lui, je souhaite que Son Altesse me fasse la grâce de nous recommander encore à lui par une nouvelle lettre concernant ce que le Roi et la Reine veulent nous donner libéralement dont nous pourrons bénéficier, et que nous pourrons montrer pour notre honneur à notre retour en Ualie, sans avoir besoin de le dépenser pour le voyage. Nous savons tous combien Votre Excellence aime notre maison et notre bien; c'est pourquoi nous la prions tous ensemble en notre faveur, d'avoir part à notre reconnaissance. Il sera facile en l'occurrence d'obtenir tous avantages de Leurs Majestés; car Elles nous marquent une grande sympathie, et ce serait pour moi le plus grand des bienfaits si le Concino apprenait par vous combien je me félicite <le son amabilité, comme je le ferai en tout temps; pour le moment, je ne puis payer qu'avec des mots celte grosse dette, que je suis prêt [à payer] de toute bonne action en toute circonstance, môme au prix de ma vie. Le seigneur duc di Lenos (i), le premier prince de la cour d'Angleterre, nous a entendus et bien honorés, et a pris un tel plaisir à nous [entendre^ qu'il nous aurait bien emmenés chez sa Reine et qu'il nous a assurés de toutes les distinctions et de tous les avantages. Ce serait chose facile pour moi de me produire chez la Reine, parce qu'elle a adressé
la

que

très i^racieuse

Dame

lui

(1)

Lennox.

3^'

BIBLIOTHEC
ttav

ens'v^

KX)

ECRITS DE MUSICIENS

à celle d'ici par lettre la prière de

nous donner un mois

de congé;

comme
la

elle

disait qu'elle prenait le plus
et à

la langue italienne pour nous. Je donne connaissance de tout cela à Votre Excellence, au souvenir de laquelleje me rappelle avec dévouement, en même temps que je baise les mains au Sig. Sinolfo. Que Dieu vous garde

grand

plaisir à

musique

cela serait infîniraenl flatteur

!

Paris

le 19'' février i6o5.

De Votre Excellence,
le très

reconnaissant serviteur

GlULIO Caccini
di

Roma.
honorable Sei-

{Adresse

:

A

très noble et très

gneur Chevalier Belisario Vinto. premier Secrétaire d'Etat de Son Altesse le Grand Duc. A Florence).

JAN PIETERSZOOX

S\\

EELLXCK

(1562-1621)

Jan Pietersau seizième siècle, une place analogue à celle d'un Palestrina en Italie, ou d'un Victoria en Espagne. Né vers le milieu de l'année 1562, à Amsterdam, il marque d'ailleurs la fin des maîtres madrigalisles, et de l'art qu'il dut étudier, dans sa jeunesse, avec Zarlino, Gabrieli et peut-être Cyprien de Rore, à Venise. Il annonce aussi, de loin, l'avènement d'un Jean-Sébastien Bach qui développera, au dix-huitième siècle, la fugue d'orgue, basée sur un seul sujet, et dont on attribue l'invention à Sweelinck. Nommé, en 1580 on I08I, organiste de la Vieille-Eglise d'Amsterdam, l'onction que son père occupait à l'époque de sa mort, en loTS marié en 1590, Jan Pieterszoon ne paraît pas avoir quitté sa patrie jusqu'à l'époque de sa mort, qui survint le i6 octobre 1621. Il publia plusieurs livres de Psaumes, en langue française (Voir les préfaces publiées plus loin), des Rimes françaises el italiennes (Leyde, IGI"}), des Canliones sacrx (Anvers, 1619;, etc.
l'histoire musicale des Pays-Bas,
tient,

Dans

zoon Sweelinck

;

Son influence, comme organiste, se fit sentir surtout dans l'Allemagne du Nord, notamment à Ilambnurg

102

IXRITS DE MUSICIENS

(voir M. Seifkeht. Mallhias

Musiciim

in

Weckmann iind das Collegium Hambourg (Sammelb. der I. M. G., t. II, 1900,

pp. 71 et suiv.). Les OEuvres complètes de Sweelinck ont été publiées par le Dr. Seiffert, en dix volumes, chex Breitkopf et
Hsertel (1894-1910). Il existe sur lui des études de (en hollandais), et du Dr. Seiffert.

Dozy

préface des

CLNOUAME PSEAUMES DE DAVID (i)
Aux
la Ville

Maiinifiques et

Vertueux Seigneurs,

Mes-

sieurs l'Escoutetle, Bourg-maislres et Eschevins de

d'Amsterdam. il y a une telle correspondance de la Musique avec nostre ame, que plusieurs, recerchans soig-neusement l'essence d'icelle, ont jugé qu'elle est pleine d'accords harmonieux, voire que c'est une pure harmonie. Toute la Nature mesmes,
Messieurs,
a dire vray, n'est autre chose qu'une parfaite Musi-

que, que

le Créateur fait retentir aux oreilles de l'entendement de l'homme, pour luy donner plaisir.

OîNQTJANTE PSEAVMES DE DAVID, niis en musiquc à 4.5,6 et parties par lan Sweelinck, organiste, a amsterleda.m, M.UC.IIII. Une seconde édition parut, en 1623, chez D.V. Horenbeeck, à Haerlem. Un certain Martin Marlinius les fil connaître en Allemagne 'à 4 et 6 voix seulement en 1616 et 1618,
ri)

7

,

un choix de Psaumes tiré des trois premiers livres de S.voelinck. Celte dédicace est rédicéc en iVancais.
dïins

JAN IMETERSZOON SWEELINCK

103

et l'allraire

doucemeni

à soy:

comme nous

le

voyons

à l'œil en l'ordre tant bien agencé, an nombre si bien proportionné, es mouvements et révolutions
si

bien accordantes des corps célestes

:

ce qui a
est le pa-

meu aucuns

de dire, que

le
:

Firmament

tron original de la Musique laquelle aussi est une vraye image de la région élémentaire, comme on le peut appercevoir au nombre des elemens et <le leurs quatre premières qualités, et en l'accord ad-

mirable de leurs contrariétés. Voilà pourquoy les sages du temps ancien, considerans qu'une chacune chose a ceste propriété, de se mouvoir, tourner et cncliner à son semblable et par son semblable, se sont servis de la Musique, et l'ont mis en usage, non seulement pour donner du plaisir aux oreilles, mais principalement pour modérer ou esmouvoir les affections de Famé, et lont appropriée à leurs oracles, à fin d'instiller doucement, et incorporer fermement leur doctrine en nos esprits, et les esveillans les eslever plus aisément à la contemplation
admiration des œuvres divines. Orphée entre les et David entre les Hebrieux, se sont estudiés à cela. Cestuy-cy vrayment inspiré de l'Esprit de Dieu, a composé des Pseaumes, qu'il a baillé à des
et

Payens

maistres Chantres, pour estre entonnés sur divers instruments. Son œuvre a esté conservé par l'im-

muable fermeté de

Ja Vérité divine; mais la besoigne de ses Chantres nous demeure incognue par l'injure des temps. Ayant jeclé les yeux sur un subjecl si excellent, je me suis entremis de le reuestir d'une

nouvelle Musique.

Vray

est

que plusieurs par cy

104

KCHITS

Dli

MUSICIENS

se soul employés à cela. Mais comme des humaines il ne s'en trouve point qui se ressemblent en tout et par tout, ainsi en prend des conceptions et ouvrages de nostre esprit. Ce qui me fait penser que ce mien essay ne sera pas rejeclé de ceux, pour l'usage et délectation desquels je l'ay

(levant

faces

mis en lumière

:

ausquels

si

j'apperçoy qu'il soit

aggréable, je prendray l'occasion avec le temps, moyennant la grâce de Dieu, de produire le reste.

Ce pendant je pren la hardiesse de présenter à vos Seigneuries ces prémices de mes labeurs, non pour la valeur de la chose, ny le mérite de celuy
qui
la

présente, ny encor moins pour espérance ou

désir d'aucun

emoluemenl
:

et

avantage qui m'en
le

puisse revenir

ains seulement, en partie pour donà ce

ner plus de
vrant de
la

splendeur
faveur du

mien ouvrage,

cou-

de vos Seigneuris, en partie pour une recognoissance de l'estroitte obliga-

nom

tion qui m'astreint à

ceux que je recongnoy vrais

Pères de ma patrie, desquels j'ay esté gratifié en maintes sortes dès ma jeunesse, qui eslans studieux et amateurs de tous les honnestes arts et disciplines, m'ont establi en la charge que j'exerce
depuis plusieurs années en ceste
labeuret
le

ville.

Priant vos Seigneuries de vouloir accepter ce mien

prendre d'aussi bonne part, comme

il

vous

est présenté de

cœur sincère

et

humble
très

aflection.

D'Amsterdam, ce 3o. Mars, en De Vos Seigneuries

l'an i6o3.

humble

et

obéissant cerviteur,

Jan Swelinck.

JAX PIHTERSZOON SWEEI.INCK

105

DÉDICACE DU LIVRE SECOND
DES PSEAUMES DE DAVID
A MESSIEVHS,
(i)

MESSIEYUS

Gommer Spranger. David de W'eekdt. Piiu.ippe Calandrin, Pierre de Schilder. Iean Harinchoeck, Robert Bernaert, Iacoues Wyneghum. Philomuses en la Iresrenommee ville d'Amslelredam.
(iûDEnT Ki:ucK[UNCK,

MESSIEVRS,
lassent de

les

Muses

et les

Grâces sonl sœurs,

qui jamais ne se laissent, & qui jamais aussi ne se
recréer, orner et honorer

ceux qui

les

chérissent.
elle

Vous

les

affectionnez,

Messieurs, aussi

vous honnorent. Et

comme

vous vous assemesprits

blez ordinairement, pour, joignant vos voix en vn

doux concert Musical, imiter l'harmonie des

(1) Livre SECOND DES pseacmes he david novvellement mis EN MvsiocE, à 4, 5, (>, 7, 8 parties, par Ian P. Sweelinck, Organisiez Contenant XXX Pseauraes. desquels aucuns sont tout au long. A .\MSTnLREDAM, Aux despensde Hendric Bahentsen. M. Dr.. XIII. On les vend à Froncforl chez Clirisloffle van Harlichuelt. La nièine tiédicace, datée du 2.î décembre 1613, se lit en léte du recueil portant le titre suivant livre olatriesme ET CONCLUSIONAL DE PSEAV.MES DE DAVID NOVVELLE.MENT MIS EN MVSiQVE, à 4, 5, t). 7,8 parties. Par Iean P. Sweelinck, Organiste, dWmslerdam. Contenant XLVIIl Pseaunies, desquels aucuns sont tout nu long. A Harlk.m, Imprimé aux despensde David van Morkniieeck, Par Hauman .\NruoiNE KraNEPOEL. ANXO M. L). C. XXI.
:

106

ECRITS DE MUSICIENS

qui
aussi

sont
ceste

consommés

en

très

parfaicl

accord,

mesme Musique, que souvent vous

avez chantée, ores estant reueslue de nouuelles pour prendre vn plus grand vol, que vos accouragements & acclamations luy ont donné, s'en retourne gracieusement à vous, portant vos
aisles,

noms

son frontispice, en lesmoignage de ce faueer cause de sa liberté, lauleur ne s'estant disposé à l'émanciper qu'à
en
qu'elle

recongnoist vostre

voslre intercession, pour contenter

le

saincl zèle de

ceux, qui en plusieurs sortes
s'accorder avec David,
et

& correspondre à l'affection

veulent chanter

que vous luy portez, en
volonté,

satisfaisant à vostre désir et

comme il

se recongnoist.

MESSIÈVRS,
Totalement vostre,
Ian p. Sweelinck.

D'Amslelredcim. ce 25
Juillet 1613.

CLAL DIO MONTE\ ERDI
(1567-1 643)

Monteverdi, dont VOrfeo, après les essais de Péri el éti^e considéré comme le premier opéra, Claudio Joannes Antonius Monteverdi naquit à Crémone, en mai 1567. Elève de Marcantonio Ingegneri, il entra très jeune au service des ducs de Gonzague, comme joueurde viole et chanteur (1390). Marié, en 1594, avec une chanteuse, Claudia, fille d'un joueurde viole, il fit, en 1593, un voyage en Autriche, et en 1599 un voyage à Spa, tous deux avec le duc Vincenzo. En 1603, il succédait à Pallavicino, comme maître de la musique ducale. Quatre ans plus tard, il donnait son Ovf'eo, « favola in musica », représenté à Mantoue et publié en 1609. Le poème est d'Alessandro Striggio. Le traitement de Monteverdi s'élevait alors (i6u9) à :^Û0 écus par an. L'année suivante, il visita Rome et
Caccini, peut

Florence.
quitta

Le duc \'incenzo étant mort, en 16L2, Monteverdi Mantoue à la fin de juillet, recevant "23 écus pour 22 ans et demi de services. Il devint, le 19 août IGI3

Son œuvre considérable comprend. psaumes. des chansons. lyrique. La place de Claudio Monteverdi dans l'histoire de la musique est considérable. il resta à Venise jusquà la fin de sa vie. Adone (1639). le Nozze di Elena con Lavinia. « une Renaissance du cœur dans la langue musicale » (R.108 ECRITS DE MUSICIENS maître de chapelle de Saint-Marc de Venise. et si l'on a pu lui contester. tout au moins la généralisa-t-il le succès de ses œuvres dans le style nouveau. son harmonie originale. Il Rilovno d'L'lisse (1641). le 29 novembre 1643. archéologique des Florentins. à Mantoue. Monteverdi fait quelque chose de vibrant. et r Incoronazione di Poppea (1642). et l'àpreté de certaines critiques (celles entre autres du chanoine bolonais Artusi. etc. dès 1600) prouvent que 1^ génie du compositeur qui fut le véritable créateur du drame . motets. Malgré que fit à diverses reprises la cour des Gonzague pour le rappeler à Mantoue voir la lettre du 13 mars 1620). une véritable renaissance musicale. et notamment de l'accord de septième diminuée. lui enlever même l'invention ('e l'emploi des dissonances. de vivant que les Bardiet lesCorsi n'ont pas soupçonné dans leurs essais. Monteverdi mourut à Venise. par exemple). s'ouvre avec lui. . des madrigaux. Son instrumentation e^t neuve. Rolland). Monteverdi leur donna son Arianna (1638. avait pressenti l'importance de la révolution musicale qu'il préparait. presque moderne. non sans faire quelques voyages en Italie (à Bologne en juillet 16'20. E)u drame encore sec et vide. dans l'hiver de 1616. outre ses ouvrages dramatiques. les tentatives Lorsque les premiers théâtres publics d'opéra s'ou- vrirent à Venise (à partir de 1637. des messes. Au début du xvii* siècle. texte de Rinuccini).

Cf. A VINCENZO GONZAGA. R. ainsi que le Couronnement de Poppée. Le .). 1575 à 1612. Choron. et de vive voix. mais comme comme le théâtre même. NER. R. dit M. pp. S"'-. Voir pour la bibliographie le Quellen-Lexikon. chap. Winterfeld. concert. Le seul ouvrage biographique précis publié sur le compositeur d'0/-/eo et iVArianna.NTEVERDI « 109 mourut Monteverde. d'EiTde r Opéra en Europe. Rolsemblait presque accompli. enfin retrouvée après des siècles de barbarie. AH. VI. Rolland. depuis quelques années. Cesari (nii'isla musicale ifaliana. par G. DUC DE MANTOUE (l) Si je ne me suis pas pressé de demander à la bonne grâce de V. etc. 132 etsuiv. son rêve . sont les Notizie bio- graphiche del dislinlo Maeslro di musica Claudio Monteverdi desunti dai Documenli delV Archivio storico Gonzaga. A une forme plus parfaite du théâtre.CLAUDIO MO. dans les célèbres General Ilisîory of Music. non pas comme un spectacle mondain ni même l'heure où lond. On consultera avec intérêt létude sur l'Orfeo. de Blrney et de Hawkins puis par Kiesewetter. quia été exécuté plusieurs fois à Paris. ///s/. Le drame musical avait gagné sa cause il s'établissait en Italie. à roccasion (1) Lettre traduite d'après le duc Vincenzo Gonzaga régna à Mantoue de texte publié par Davari. Eitner a réédité VOrfeo. soit à la scène. 1910. la tragédie normale. 1883). par Stefano Davari (Mantova. soit au depuis . » Quelques œuvres de Monteverdi ont été rééditées le xvii« siècle. telle qu'elle avait brillé au temps de Périclès.

à de bonnes conclusions.K>. S™" aurait des raisons parti- culières de se plaindre justement d'un service né- gligé par moi. s'employer à salir le bon souvenir que Y.J'Jô. A. tout le monde m'ayant vu persévérer dans le service de V. et y mourut le 6 mai 15'. compositeur de madrigaux et de motets. ou d'une trop bonne opinion de moi-même et qu'ainsi j'attendais tranquillement et avec orgueil ce que je devais (comme un humble serviieur que je suis) demander et solliciter de vous avec une humilité particulière. S'""" a de moi. ni l'envie ni les mauvaises dispositions des autres ne pourront pas plus oralement que musicalement. né en 1. A. en outre."^^ avec mon la et avec votre bonne grâce. ne recherchait pas le meilleur moyen de me montrer au goût raffiné de son oreille et de valoir encore quelque peu dans les motets et les messes. Elle pourrait se plaindre de moi avec raison. il vécut à Mantoue dès l'époque de François 11. se présente. De même que. S. peut-être qu'à mon grand désavantage. . Les dictionnaires biographiques le font vivre jusqu'en 161C. ils pourraient faire croire que cela vient de quelque crainte de mon inhabileté. de même. Et finalement.110 ÉcruTS dl. ou di Reggio. si je ne cherchais plus. depuis grand désir mort du fameux (1) Benedelto Pailavicino. La lettre présente de .Monteverdi montre qu'il mourut au plus tard en 160L (2j Giache de Wert. V. vint 1res jeune en Italie. à avoir une occasion de La servir lorsqu'elle de la le Sig. si mon faible savoir. I! puijlia ses œuvres de 1570 à l. belge. avec de semblables moyens si apparents. musiciens mort de Palavicino (i) le lilre donl jouissait Giaches(2) à la musique. A. était originaire de Crémone.53»).

d'apiès la lettre de Montcverdi. et de la chambre et de la chapelle. il fut un des premiers com- positeurs trintermèdes. Francescino et finalement encore depuis celle de Témérité Mes. . de me nommer Maître musique. qu'il dut niMurir à la 'fin du seizième siècle. et troisièmement celle de Texc."^. G (1) : M. . et si sa Bonté et Sa Grâce m'en reconnaissent digne.35. A.sle renommé. je recevrai le titre avec cette humilité qui convient demande en la suppliant. encore depuis celle de l'excellent Sig. de Alessandro Sli-iggio naquit à Maiitoue vers 15.CLAUDIO MONTEVEBDI 111 Sig. mais pour le mérite du fidèle et singulier dévouement que j"ai toujours conservé pour le service de V. A. et si je n'avais recherché. S. le litre susdit. et que en demandé avec grande on pourrait avec toutes instance et humilité raison. Benedetto Palavicino. Pour les raisons susdites. t>8 Obre 1601. la place maintenant vacante dans cette partie de tout et pour tout je n'ai pas l'église. n'ayant ja- mais dédaigné d'écouter mes faibles compositions. lorsqu'il se trouve favorisé et gratifié par un grand Prince comme V. non pour le mérite de mon talent. murmurer contre ma négligence.loueur luth et ori^ani. et depuis <jiaches. S'"% devant laquelle je m'incline en lui faisant ma très humble révérence Mantoue. et peut-être bonté pourrait ajouter à je lui mon pour ce que votre bonheur. Il semble. Sig. Striggio (i). de la à un faible serviteur.

A. pensais qu'à moi seul. (jui Le duc l-'erdinaiid. S. je serais obligé de voler. vu que les années passées pendant ma jeunesse à ce S""" service. Je dirai donc tout d'abord à V. m'a été m'a paru^ d'une telle faveur.sonne. je prierai Dieu pour elle et je lui souhaiterai la plus grande félicité qu'un serviteur à elle soumis et obligé puisse lui souhaiter et lui désirer. m'ont vraiment enraciné au cœur un tel souvenir d'obligation et de bienveillance et de respect envers cette S"® maison que tant que je vivrai. 111. que j'avoue ne pas avoir de mots pour exprimer cetle grâce signalée. en S. 111. sans autre pensée ni prétention. mourut le 21» octobre 1026. S. âgé . (2} a fait à ma me faisant cette grâce si spéciale de m'offrir à nouveau son service. Je viens répondre au second chapitre de la lettre de V. A.112 ECRITS DK MUSICIENS AU COMTE ALESSAXDRO STRIGGI. "'^ et très vénéré Protecteur. CONSEILLER DU DUC DE MANTOUE 11) Monseigneur 111. que V. S. "'' auquel j"ai pris le temps de répondre jusqu'au présent ordinaire. S. mais ayant et celte République S™^ et des enfants qui m'obligent à penser à autre chose. S. Elle me permettra pourtant de pouvoir parler un peu de (1 (2) D'après le texte publié par Davari. que l'honneur singulier que per. plutôt que que de courir aux ordres de S. Et certainement. de quarante ans. si 111"'^ soit assurée je le pouvais. si je ne et agréable au cœur.

m'ont au contraire honoré et m'honorent encore de telle sorte qu'on n'accepte aucun chanteur à la Chapelle. S. République n'a jamais donné auparavant à mon prédécesseur. espérant en cela aussi une aide de la bonté de V. Je donc considérer à V. que toute la ville y court. voir ci-dessus.Zarlino. sans avoir pris d'abord l'avis du .CLAUDIO MONTEVERDl 113 ces deux chefs. On ne possède que peu d'œuvres musicale^ de Zarlino. 111. que ce soit Adriano ou Cipriano. cette S'^^. entre autres les Islilaziuni arnwniche ^1558).faveur cpie je ne dois pas laisser passer ainsi à la légère sans une grande considération.31et43. par conséquent. sachant combien Elle vaut fe- par sa prudence rai par sa charité fraternelle. il n'y a Gentilhommequi ne m'estime et honore. et quand je vais faire de la musique. de même qu'ils n'acceptent ni organistes ni Sous-Maîtres s'ils n'ont l'avis et le rapport du Maître de chapelle lui-même. et 111. mort à Venise. cette g-râce particulière doit être très bien considérée par moi. 111""' que cette S""^. soit de chambre soit d'église. (Ij Sur Adrien Willaert et Cypricn de Rore. comme maître de chapelle de Saint-Marc. S. S. le U février 1590.le 22 mars 1517.né à Chioggia. avait été élève de Willaert et successeur de de Rore. je jure à V. 111'"^ S^"'. ils ne veulent d'autre rapport sur les chanteurs que ceux du Maître de chapelle. qui doit surtout sa célébrité à ses ouvrages lliéoriques et didactiques. je sont jamais ils le répète). p. puisqu'ils ne s'en repentis après me l'avoir accordée. . ou Zerlino ou un autre. puisque. que deux cents ducals de salaire. et à moi elle en donne ^oo. S''^ ne fait aucune innovation sans bien réfléchir.Maître de Chapelle..

et l'argent remis à domicile à temps .grs Gardiens des Ecoles. parce que ceux qui peuvent avoir le Maître de chapelle [de S. de lui donner ou ( permision [de s'a?jsenter?]. mais il y a s'il — encore et le casuel. et le remercient encore avec de belles paroles. tare e disponlare presser ou ralentir. A. le service est très doux parce que toute le chapelle est soumise au ponto. personne ne peut lui en faire un reproche. S et voie si je pourrais l'échanger (1 Ponlo.sens de mesure.lit ECRITS DE MUSICIENS De la plus. point. 200 ducats par an. que V. supplié par les S. qui est que. : . et en faisant toujours son service très fidèlement et avec honneur. ce qu'elle m'a offert au "'^ nom de S. 111. pour lui] de son traitement peut lui être ne va pas le chercher lui-même et cela est le premier égard [qu'on a quant à ce qui est l'essentiel. ne manquent jamais de le prendre. Panaller en mesure et changer de mesure. je prié gagne facilement en dehors de San Marco. pèse avec la balance de son jugement le plus lucide. excepté Maître de chapelle. et son traitement lui est assuré jusqu'à la mort. après [le service]. a peut-être ici le . d'extraordinaire. et s'il ne va pas à la chapelle. qui a dans sa main la faculté de pontare ou disponlare i) le chanteur. Marc] pour faire leurs musiques pour une somme de 3o et môme \o et jusqu'à oo ducats pour deux vêpres et une messe. Maintenant. il pourra espérer toujours davantage et non par le [moyen] con- non la traire. S. sans que la mort des Procurateurs ni du prince le mette en danger.

un Campagnolo. comme faisait le Que de la ne me ? Il avec raison est vrai reprocheraient pas ces S. si je consentais à ce que cet argent que je retrouve dans ma vie se changeât en celui de la Trésorerie de Mantoue. oll'ert C'était S. A. S. pour aller en toucher 3oo. Santi. A.ampa- . d'extraordinaire. mais à cela je réponds qu'il n'est pas S'""" me donne ce qui est à moi. moi ? Et de Venise S. m'eai doit déjà loo. que vous m'ajoutez encore part de S. en laissant en outre 4^0 ducats de que je me trouve recevoir Mantoue. et d'abord que V. A. 111. que V. veuille considérer de grâce quel dommage 111°'^* cela causerait à S^"""^ ma réputation auprès de ces de S. les plus et de beaucoup. il n'est donc pas nécessaire de mettre en compte ce qui a déjà été acquis avec mes soeurs et une fatigue infinie de sorte que cela ne ferait eai tout qiie 35o et qu'ici je m'en gagne ^ho plus 200 besoin que le . S. i5o écus de terres qui seront ma propriété.CLAUDIO MONTEVERDl 115 contre un fonds réel et solide. ijui bien voir ce que tout dirait monde sont jusqu'ici. elle-même. puisque S. Sr. et sans parler des autres. la ville 111. et. que ne diraient pas une Adriana. un |)arli bien meilleur que m'avait par l'inlcnnédiairt' du S.eurs.r C. en les voyant plus considérés que puis. A. de cette Trésorie de Venise.S. ? Je le laisse à penser à V. un Don Bassano. veuille de moi. le 111. [car] cela ne ferait pas i5o mais bien 5o. [argent] qui se perd à la mort du Prince ou à son moindre caet price. S. |ou] son frère. Ainsi donc. les plus estimés et considérés? Et quelle honte n'aurais-je pas d'eux.

en même temps que les autres très Exe. en allant tous les jours le supplier de me donner ce qui m'appartient? Dieu m'en garde. S. de 3oo écus en revenu foncier. Quand. ce qui m'était dû à M. censive. le Trésorier. et le tout ensemble formait une somme de 600 écus de Mantoue. .rs le S. il est juste qu'il me : (Il Livello. reconnus en propre jusqu'à ma mort. Je prie V. à la mort du S. Excell'"'' Procurateur Landi. Sanli. et maintenant S. et non avec ses mérites les plus singuliers. Je n'ai de ma vie soutVert de plus grande affliction d'esprit que celle d'aller. m'écouter avec son infinie humanité. faute de ne pouvoir faire autrement. qui veut avoir un serviteur honorable doit le traiter honorablement. S. si le Seigneur Duc a l'intention de me voir vivre honorablement. on m'en offrit 200 autres de pension.]16 ECRITS DE MUSICIENS gnolo. Ainsi.r et Excell'°'= Collègue. quémander presque pour l'amour de Dieu. qui suis de tout cœur son serviteur. voudrait que je m'adressasse. ce S. au S. quand j'en avais besoin. fut sur le point de m'augmenter de 100 ducats. logé chez ledit S. 111. A. et 100 pour payement de mon livello (\) ou donation. S. de me pardonner si je lui parle librement et de vouloir bien pour cette fois et par amitié pour moi.r Trésorier. à iépoque où je me trouvais à Manloue. était Campagnolo.r me dit ces mots textuels S. et comme j'avais dit que je ne voulais lequel [partij dont 200 devaient ra'être rien avoir à faire avec la Trésorerie. j'aimerais mieux aller mendier que d'en retomber à une pareille humiliation.

Evè(iue de Mantoue vient de passer dans une vie meilleure. A. esL celle-ci que. A. maintenant que l'Ill. quant à Claudio. il se met dès maintenant en tout et pour tout aux ordres et commandement de S. S. pour l'honneur de soi-même et de la maison qui lui survit. ont obtenu plus que lui.r. pour son honneur.. S. et qu'il ne puisse être bafoué par ceux qui. a le désir et le devoir de les avoir. A. S. même si je ne le suppas de ne pas se déranger. elle sait très bien quels égards doit avoir un père qui. est-ce qu'il demanderait l'impossible ? Il demande en somme bien moins que ce ([u'avait . puisque je me conduis honorablement et que V. ni être blâmé par le monde ni par les enfants. S. et pour Claudio. avec une pension et un peu plus de terres. sinon changer en mieux. de par la loi naturelle. pourrait très bien et à son gré satisfaire le Monteverdi. j'en parle à V. S. sans le mettre dans [le cas d'essuyer] les caprices de la Trésorerie et son incertitude même. afin qu'il puisse prendre congé de ces Ex'"** Seigneurs à sa réelle satisfaction. et considérant les raisons susdites. il ne peut changer. question des enfants. Je passe sur la III. avec peu de mérite. 111. puisque qui est Elle aussi père de fa- mille.CLAUDIO MONTEVEBDI de celle manière.. me Sr. Quatre cents écus de Mantoue de pension et 3oo de terres seraient en somme peu de choses pour S.rs si honoré et favorisé. étant par ces S. s'en intraite plie forme. S. Ma conclusion. ce serait son vrai et réel repos. Et S. 111.

. A. et S. De Venise. A. n'y voit d'autre différence que il peu de stabide lité [des biens meubles]. le i3 mars liîao. elle verra que pour la servir il se lèvera même en pleine nuit de son lit. puisque les 4oo ducats que je me trouve ici sont comme une pension. plus Sur Seltimia Caccini. S.r Claudio Monteverdi. me Dame. par le très honoré intermédiaire de V. Que V.. V. S. je m'en tiendrai donc au capital. S. loin.. la mère de Leonora Baroni. donation de la leur laissait grâce à cette Maison de (jonzague. et je suis certain que. p. et il de- mande Il ce qu'il gagne à présent. 111. 111'"*^ me pardonne si j'ai été trop long. 111. le très Ob. pour lui prouver l'obéissance la plus grande. ce serait encore à l'honneur éternel de cette maison davoir aidé un serviS"!- teur aussi âgé. pour l'instant il ne me reste qu'à remercier cordialement y. aura bien payé son serviteur. S. (1) Adriana. et si elle daigne lui commander. S. S. 89. voir ci-d-essu?. 143-144. ils seront bien goûtés et accueillis. De V. si Et cela paraissait trop à S. et peul-ètre assez apprécié des Piin- m'honopeu de terres. 111™° pour la faveur singulière qu'elle m'a faite en présentant mes madrigaux à cette ces.lis ECRITS DE MUSICIENS une Adriana et peul-ètre une Seltimia le i).. S. de faisant rer en me assigner mon S. p. . mais est mon deet la voir délaisser quelque petite chose s'il aux enfants.

E.ervatoire de Pari. E.CLAUDIO MONTEVERDI 119 AU MARQLiS BENTIVOGLIO. je n'ai pas donné réponse à la 1res bonne lettre de V. 111. 111.-. je prie Votre Excellence de croire que j'en ai éprouvé un véritable chagrin dans mon âme. 111. ayant mon du départ du le mercredi dernier passé. qui fut le 24 du courant et m'étant aperçu que j'y avais manqué. Youlant se prévaloir de ma personne. et ce fut le jour le même courrier. la raison en est que carino. dans une certaine cérémonie musicale. A PARME 111"" (i) et exe"'" Seigneur et très respectable Protecteur. je voudrais supplier V. me (1) qu'elle daignât m'accorder la grâce la que je Autograplie à Bibliothèque du Con?. E. fils le très exe. j'ai trouvé la lettre de V. me. me. contenant un très bel Intermède. Seig. temps contre ma volonté. m'a letena à Chioggia un jou. m. comme je l'éprouverai encore jusqu'à ce que V.r de plus une particulier seigneur. 111. . E. Je supplie V. E. Procurateur Fos- un de ses Podestat à Chioggia et ce Seig. en revenant jeudi soir et non . me m'ait honoré d'un nouvel avis de sa satisfaction ayant donc passé ce peu de je n'avais cru. me de ne pas être surprise si par l'ordinaire de mercredi dernier. et en même temps la commission que j'aurais dû me trouver à Ferrare hier.

Exe. Aussitôt cette cérémonie (11 terminée. S. 25 sept'"^® 1627. les fêtes (1) (2) (lu Monteverdi écrivait alors cinq intermèdes pour mariage d'Odoardo Farnese à Parme.120 ECRITS DE MUSICIENS puisse restera Venise jusqu'au 7 du mois prochain. 111. me quelque chose et la meilleure que je trouverai et en faisant mon humble révérence à Votre Excellence illustrissime. et à cette occasion on chantera de la musique solennelle. en attendant je travaille et j'écris. ce qui ne sera pas chose facile (suivant moij de concerter les nombreux et variés que je trouve dans ce magnifique intermède. de l'heureuse victoire navale. Funlione di musica. afin de pouvoir montrer ensuite à V. parce que Sa Seigneurie Doge s'en ira précisément ce jour-là à Santa Justina. De Venise. je prie Dieu notre Seigneur. rendre grâces à Dieu N.meverdi. je m'embarquerai avec le courrier. et je viendrai obéir aux ordres de V. E. De V. me. discours . Ce sera chose sainte d'aller voir le théâtre à Parme (2). pour pouvoir autant que possible adapter les harmonies divines convenables à la grandeur de la salle]. et ira avec tout le Sénat. qu'il lui accorde le comble du plus grand bonheur. Exe. . 111. de tout mon cœur. 111. me le très Humble et très obligé S'' Claudio Mo.

Un convoi de cinquante prêtres y conduisit son corps. puis du roi. Louis XIII (voir il en dédia plusieurs au roi musicien . la fille de Guédron.ANTHOINE BOESSET (i585(?)-i643) Né vers 1585. dont il publia seize recueils jusqu'à sa mort. arrosèrent son tombeau de leurs larmes ». Le 16 février. Deux ans plus tard. Intendant en i6^1. surintendant en 1632. les religieuses « à qui il avait appris à chanter. il devenait lui-même maître de la musique de la reine. en 1617. il avait succédé à son futur beaupère comme maître des enfants de la Chambre du Roy. majeur de vingt ans passés. d'une famille qui habitait Blois. Anthoine Boësset fut surtout célèbre par ses Airs de Cour. en février 1613. « maître et superintendant de la Chambre du Roy ». le 9 décembre 1643. et. épousa. nolile Anlhoine Boësset. au dire de l'historien homme parisien Sauvai. S'' de Villedieu. Maître de musique des Dames de Montmartre. maître d'hôtel du roi et conseiller en ses conseils. Boësset fut enterré dans l'église de l'abbaye. il mourut.

Si vous en demandez la raison. p. Sauvai lappelle « le Génie ». noble et tendre. 49). Boësset grand des précurseurs français » de Lully en ce genre. Lully et son opéra firent oublier jusqu'à nos jours l'ancien compositeur de Louis XIII. et furent. et leur redonner la réputation. dit Saint-Evremont. amples. bientôt laissés pour des chansonnettes. . de musique douce « Les airs de Boësset. je vous dirai que l'industrie lient lieu en France du plus grand mérite. furent. continuèrent cependant. « Pathétique. comme lui. (2) R. surintendants de la musique du roi. Jean-Baptiste (1613-1680) et Claude Jean-Baptiste Boësset (né le 3 août 166o) seigneur de Haut et de Villedieu. donne plus souvent la réputation que ce cju'on veut. RoLLAXD. que Luigi les vint admirer d'Italie. Lully. Les Boësset ont fait l'objet dune étude biographique. » (i) Comme fut « le plus compositeur des ballets de la cour. pour nous faire repentir de cet abandonnement. qu'une pure fantaisie leur avait ôtée. Observations sur le goût et le discernement des François (Edit. (1) Saint-Evremont. Musiciens d'autrefois. du Mercure de France. sous Louis XIV. la gloire d'Anthoine.il inaugura en musique le style Louis XIV » {'2). largement déclamés.]22 ECRITS DE MUSICIENS l^lus loin la ces dédicaces). sont le premier dessein des grandsmonologues lyriques d'Amadis et d'Annide. mais aucun de ses ballets n'existe que dans les recueils imprimés ou manuscrits de son temps. d'une majestueuse mélancolie. et il fallut que Luigi [RossiJ. I. et que l'art de se faire valoir. Claude démissioiina vers 1694-9a. qui charmèrent autrefois si justement toute la cour. Quelques « airs » de Boësset ont été réédités récemment. Certains de ses beaux airs. le premier homme de l'univers en son art.

(i) Ayant résolu de donner au public ces airs de ma composition. dans les Procès-ver- baux de la Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des Départements (1888. tellement parfait en la cognoissance de la Musique.ANTHOI>E B0E3SET ll"5 assez sommaire. 313 et suiv. que les plus habiles en cette profession le peuuent receuoir comme une loy. et ont quelque-fois d'entretien rien discerner dre. Maistre de la Musique de la Chapelle du Roy.) AU ROY Sire. Hervé. par Pierre B. puisqu'ils ont esté faits pour le bon-heur de luy seruir aux heures de son repos. p. et une reigle certaine de leur science. je leur ferois tort de les offrir à d'autre qu'à Vostre Majesté. A Paris. Aussy n'est-ce pas seulement la musique mais en tout ce que Vostre Majesté se veut appliquer qu'elle a vue si parfaite intelligence. imprimeur de la Musiijue du Roy. Le privilège de ce recueil est daté du 10 octobre IGll. signée A. qu'à grand peine les meilleurs esprits.\llard. et les plus expérimentez ne peuuent elle. C'est le principal auantage que je pretens qu'ils ayent dans le monde avec celuy d'estre approuués par le jugement de Vostre Majesté. (1) si De façon qu'il clairement ny si facilement entenseroit malaysé de parler de Dédicace du premier recueil d'Ains de cour à 4 et par Anthoine Boësset. . 5 parties. avec privilège de Sa Majesté.

humble. et que desjà Tage ne tient plus renfermées.124 ECRITS DE MUSICIENS quelque chose que ce soit. de laquelle on ne trouue que Vostre Majesté a de très-grandes cognoissances. Sire. me ressens par dessus tout obligé à prier Dieu. le plus puissant et le plus accompli de tous les monaïques de la terre. De Le très ^'ost^e Majesté. . et. Pour l'augmentation de votre grandeur. très obéissant et très fidelle sujet et serviteur. Boësset. ain-si le désire et l'attend toute \'oslre France et moy particulièrement qui ayant eu l'honneur d'estre nourry dès mon enfance pour le service de Vostre Majesté. de sçauoir entièrement tout ce qui est nécessaire a vn grand Prince nous pouuons être asseurés que pratiquant toutes les vertus qui sont en vous. difficiles. mesme des plus esloignées. Vostre Majesté se rendra bientost le plus grand. Tellement qu'outre la louange qui vous est deûe Sire. prospérité et santé. et comblé de jour à autre de ses bien-faits.

et de nous ouïr. que j'estime assez grand. Le VIP livre parut en 1630. qui comme je leur élection. ny moins ne pense a tesmoins ensemble. l'en appelle ascapables de cette profession. (i) guerres ciuiles ou eslrangeres ont le repos quelle continué d'oster à Vostre Majesté plus employé de j'ay désire donnera ses peuples.sont plus conpiré quelques-vns. loysir de je croy. continuellement pour Votre Majesté. que Vostre Majesté m'en a des-ja a celle de luy préhardiesse C'est ce qui me fait prendre la volume. ny de meilleurs. dont le titre est semblable musicien. puisqu'il contient des choses qui luy prières et des vœux et qu'il rend tesmoignage des Sire.ANTHOINE BOËSSET 125 Sire. je si ce heureux progrez et n'est lors Majesté m'ont obligé de conles victoires de Vostre de triomphe a sa sacrer quelque nouueau chant aussy qu'elle s'est donnée le gloire. que fait Son tres-humble. tres-obeissant et très fidelle ser- viteur et sujet. senter ce petit sont agréables. Les moments m'en ont insse faire voir. BoËssET. qm je m'en les plus approbation leur seure. n'ay pris de plaisir qu'a la musique principalement que les et des trompettes. Et sidérables par pas en avoir misjamaisau jour. Tant que les temps à prier Dieu pour sa prospérité qu'à composer bruit des des airs. que par leur nombre. Et cependant qu'elle n'oyoit que le canons et le son des tambours des églises. m aux dWirs de Cour. adjousteront tres-volontiers donnée. Il est le troisième dédié au roi précédents. .

que je fonde à vous rendre mon tres-humble service. En novembre-décembre lf3l. MoxsEiGNEVR. MONSEIGIMEVR. (1) (2. et par mesme moyen d'obéir aux commandements de YosTRE ËMixENCE. si dauenlure vous avez depuis daigné penser en raoy. que vostre jugement n'ayl preueu toutes les raisons que je luy en sçaurois rendre. Je diray seulement qu'a moins que d'vne maladie je n'aurois pas perdu le plus grand honneur qui me sçauroit arriver. et dire toutes les difficultez qui m'ont empesché de suiure Sa Majesté au voyage de Chasteau Thierry (2). il me faudroit chercher des excuses ou mesmes je ne serois point coupable. mes actions à quelque ou populaire. . Mais je ne doute point. Dédicace du Iluilième Livre d'Airs de Cour (1632). comme venans de celuy qui laisse tres-volontiers la quantité des ouurages aux autres. Monseigneur. Cependant je me donne la hardiesse de présenter à Yostre Excellence ces airs qui ne sont pas en grand nombre. A MONSEIGNEVR MONSEIGNEVR LE CaRDI. et ne les ayt creu fort légitimes. affin que ma voLx puisse tenir quelque rang parmy celles de la HenomSi j'auois à rendre conte de esprit médiocre.12(1 ECRITS DE MUSICIENS A RICHELIEU (i).NAL DuC DE RiCHELIEU. et qui trauaille pour l'eslite plus que pour la multitude^ l'essaye de faire.

Par Robert Ballard. à l'enseigne du\\}onl-Parnasse. Le tres-humble et tres-obeissanl serviteur. qui des-ja tant de lois a fait entendre voslre d'vn bout du inonde a l'autre.ANTHOINE BOËSSET 127 mée. les vns en sont estonnez. Ce qui Louclie si diuersement les esprits des hommes. d"AiBS de colr avec la (1) Dédicace du seizième livre TABLATL RE DE LuTH. La dédicace de ce dernier ouvrage de Boësset la partiest la seule où le nom de l'auteur soit précédé de cule De. Surintendant Seide la Musique de la Chambre du Roy et de la Royne. demeurant rue Saint-Jean-de-BeauPrivilège vais. ziESME LIVRE. avec de Sa Majesté. d'ÀNTHOYNE DE BoiËssET. A MONSEIGNEUR SEGVIER CHANCELIER DE FRANCE (l) MONSEIGNEVR. seul imprimeur de la musique du Roy. . BOESSET. Les meilleures productions que j'ay sçeu tirer de mou exercice ordinaire. 1643. les autres en rendent grâces nom au Ciel. n'ont point eu d'autre but que le diuertissement et la satisfaction de Sa Majesté. A Parls. que voyant toutes vos glorieuses actions. si MONSEIGNEVR. et raoy je me glorifie d'estre né sujet d'vn grand Roy et de Vostre Excellence.

de vous présenter ces Airs dont quelet qui fait de la vie. l'ay pris aussi hardiesse de luy dédier presque tout ce que j'ay mis au jour. de quelque bien- veillance. si je n'eusse fait profession d'un Art que les plus grands hommes employent volontiers au soulagement de leurs plus grands labeurs. ça esté pour rendre mon hommage à ceux que le Roy luy-mesme honorait de ses plus grandes faneurs. ny me promettre tant de grâce de vostre bonté. le n'eusse pourtant osé me mettre de ce rang. (1) Pierre Segiiier (1588-1672) étaitgarde des Sceaux depuis depuis 1635. et l'estime que vous faite des Arts et des Sciences dont les plus excellentes vous sont acquises. d'vn si digne chef de la lustice. 1633. Il fut l'un des fondateurs de l'Académie française qui tint ses séances chez lui jusqu'à sa mort. gratifier et mesme vous a obligé de Monseigneur. L'élection qu'il a faite en vous. lices une bonne part des plus raisonnables déce qui m'a donné la résolution.128 ECRITS DE MUSICIENS qui les cog-noist et les ayme de la telle sorte que j'ay trouué dans son approbation plus haute récomla pense que j'en pouuois désirer. MoNSEiGNEVR. MoNSEiGNEVR. et si j'ay t'ait la mesme ofïrancle a quelque eminente vertu. C'est quefois qui le concert ne vous a pas esté désagréable. chancelier . Vostre tres-humble et tres-obéissant serviteur De Boesset. fait que ceux qui taschent de les acquérir cherchent en vostre protection le comble de leur gloire (i).

écrit. Haute-contre de la Chapelle. Annibal Gantez. il fut maître de musique à Saint-Quentin. Mais HautCousteau Maistre de la Saincte Chapelle fait parfaitement tous les deux. à propos des maîtres . en 1681 puis. de 1613 à 1627 ou de 1616 à 1629.i656?) Arthus Aux-Cousteaux. à titre provisoire. comme haute-contre. on doit pourtant dire qu'il n'a que ce qu'il meritte. comme Fermât. car encores qu'on ic qu'il ne lient ceste Maistrise qu'à la faveur du premier Président. et devint maître de mai 16 i2 à mai 1651. en 1634. en 1639. Il entra. c'est Veillot Maistre de Xostre-Dame. Cosset. en 1633 maître des enfants de chœur de la cathédrale d'Amiens. dirigea la maîtrise. qu'il y entendit « : Celuy que j'ay trouvé en ce païs le i)lus agréable en la Musique. Picard de naissance. était vraisemblablement originaire d'Amiens. et Gobert.AIVniLS AUX-COLSTEAUX (i5?. qui se trouvait à Paris à cette époque. et . et celuy que j'ay rencontré le plus grave en la sienne. à la Sainte-Chapelle. c'est Pechon Maistre de Sainct Germain.

. Auxil . Godeau. Nat. Cousteaux est le représentant d'une : tion entre deux écoles celle Annibal Gantez. i'2) « Qui ne vouloit suivre que sa teste où il croyoit que toute la science imaginable étoit renfermée et qui.52. une Suite de cette première partie à Mathieu Mole. Diclionn. reproduite ci-après. de Brossard p. En 1643. Cf. » (Séb.. Ses œuvres ne sont pas d'un grand intérêt. Thoi140).. o et 6 voix. à Messire Nicolas Le Jay. Chanoine de Saint-Jacques l'Hôpital. successeur de Le Jay. fr. Ouittard. de Musique.. Aux-Cousteaux dans sa dédicace de 16. BreNET. Mathieu. de Brossard. chap. Il donna •encore. il avait publié un livre de Meslanges à 4. et celle qui va l'emporter avec Lully. que Brossard appelle « un pédant » (2 dédia. rappelait les bienfaits dont il était redevable à Mathieu Mole. . premier président de la cour de Parlement. s'imaginoit que tout lui devoit céder et que rien n'étoit supportable que ce qu'il faisolt ou inventoit. son protecteur et. remplacé. . L'Entretien des Musiciens (édit. mourut époque de transiqui ne survit guère à Louis Xlll. en I6o0 et 46oo. mss. mais les préfaces qui les expliquent sont des docu. Séb. auquel Gantez tait alkision. parce qu"il occupoit le meilleur poste du royaume. p. 43 3) Aux-Cousleaux publia cette année-là des Psaumes de (1) nan. deux livres de Xoels et Caniiques spirituels. en 1652. M.180 ECRITS DE MUSICIENS qu'on sçait bien que nous sommes en un (1) siècle que bon droit a besoin d'ayde. 214 Bibl.. vers 1636 3 Écrivant dans le style « madrigalesque » qui commençait à passer de mode au milieu du dix-septième siècle. ments curieux pour l'histoire de la musique à cette époque. à Paris.. en 1643 une première série des Quatrains de Mr.» fieffé Aux-Cousteaux. Voir H. fut nommé premier président en novembre 1G41. Mathieu Mole. Henrij Du Mont. II. p. sans doute. . peu à peu par 1' « air de cour ».

Pierre Mathieu. ou Tableiles de la Vie el de la Morl (comprenant 274 quatrains. 1613. Mathiev. ouvrages de valeur. du Boy en ses Conseils. DE LA MVSIOVE DV ROV. divisés en trois centuries. La dédicace d'Aux-Cousleaux est suivie d'un sonnet de Bénserade à ^L Le Jay et de deux pièces de vers adressées au compositeur par Belot et Poirier.ARTHUS AUX-COUSTEAUX 131 DEDICACE DES QUATRAINS DE M' MATHIEU (i) A MONSEIGNEVR. le 12 octobre 1020. poète et historien. 11 avait été attaché aux rois Henri I\' et Louis XIIL C'est de ses fameux Quatrains de la vanilé du monde. naquit à Pesmes (Franche-Comté). : . A PARIS. CONFLAN &C.. que parle Sganarelle Les quatrains de Pibrac elles doctes tableUes Du conseiller Mathieu. NICOLAS LE JAY. Outre la recognoissance. Par ARTH\'S A\'XCOVSTEAVX. ^l"' . seignevr de S. MONSEIGNEVR. FARGEAV. conseiller. par Robert Ballard. (1) Les qvatrains de M. Monseif^neur. le deiioir le plus legilime du monde m'oblige à vous présenter ce liure. et mourut à Toulouse. mis ex mlsioue a trois PARTIES Selon l'Ordre des Douze Modes. Premier Président de Sa Covr de Parlementa Garde des Sceaux TILLE et MAISON ROVGE. Conseiller de ses Ordres.

rer tout le plus pure si &: la mon dessein n'auroit pas esté il hardy. & ne m'en reseruerois qu'vne. de vostre grandeur. & de rhonnevr de passer agréablement dans vos oreilles. qui fait trembler les crimes et qui n'est regardée la sans crainte que dans l'innocence plus auerée. par qui vous faites vn modelle de vostre incomparable vie. A. Le tres-humble & tres- obeissant seruitevr. Si je n'avois jette les yeux que sur cette pompe estonnanle k vénérable dont vous estes environné. le voudrois auoir autant de voix que la Renommée. qui suffîroit auec mon zele pour vous témoigner que je suis en toute humilité &: monde la cet accueil fauorable vous adoucissez MONSEIGNEVR. pour publier dignement tant de hautes &: de rares vertus. AVXCOUSTEAUX.]32 ECRITS DE MUSICIENS c'est le petit trauail d'vn homme dont vosire approqui la voix a eu bation fait toute la g-loire. mais ceste bonté par laquelle vous plait d'asseu- dont majesté rude & seuere de vostre pourpre. . je les employerois tous.

Mis 8 . selon l'ordre des dou/.e modes et dédiez à Messire Messire Mathieu Mole. A PARIS. Monseignevr. vous ne laissez pas de jetter les yeux sur vne de vos plus petites Créatures. qui m'a esté conserué par vostre recommandation. par AKTVS AUX-COVSTEAVX. est de telle importance pour ma vie. premier Président du Parlement de Paris. MDCLII. Les faueurs que j'ay receues de vostre bonté sont en si grand nombre.MATHlKU. Ballard. que je me puis vanter par tout de vous première Parlie des O VAen Musique à trois Voix. A peine ay-je eu le temps de vous remercier des premières. que vous m'en faites de nouuelles & parmy les plus grandes affaires de France que vous conduisez auec <1(^ si prodigieux trauaux. Le dernier Bénéfice. (liez Ch. et Garde des Sceaux de France. que je désespère d'en pouuoir jamais recognoistre la moindre partie.ARTHUS AUX-COUSTEAUX 133 A MESSIRE M^ MATHIEU MOLE Premier Président du Parlement de Paris ET Garde des Sceaux de France (i) Monseigneur. et de songer aux moyens de me faire viure. (Il Dédicace de la Svile de la TRAINS DE M.

en \CA8.IM <leuoir tous les IXRITS DE MUSICIENS momens que je respireray dans le monde. que je médite tous les jours sur les Grâces que j'ay receuës de vous où je fais des vœux au Ciel pour vostre prospérité & celle de vostre Illustre Famille. ce que vousauez continué avec tant de peine et de péril. Vous auez veu cent fois la mort deuant vos yeux auec vn visage esgal. La France ne doit point douter que le Ciel ne fauorise vos desseins. . le ne vous donne. et animé contre vostre . sans autre secours que celuy de votre grand cœur Vous avez passé cent fois au trauers dvn peuple armé. Vostre Grandevr m'a donné main pour me releuer. et pour le salut de la France. Il «nourut en 16. Monseignevr.xEVR. le prie Dieu. MonSEiG. que ce qui esta vous. Moxseignevr. et je puis dire véritablement que par les moyens que vostre bonté m'en a donnez. puisla . qu'il vous fasse la grâce d'acheiier avec joye. que vous auez eu de courage pour mespriser vostre vie et la sacrifier pour l'Authorité du Roy. un rôle important pendant la Fronde parlementaire. & où j'ay acheué cette Ouurage que je prends la hardiesse de vous dédier. qu'ils sont justes et sincères. Mathieu Mole avait joué. et une constance inébranlable. Ce sont les Quatrains de la Vie et de la Mort que j'ay mis en Musique. et que je vous présente auec autant d'humilité.Justice. . En ce temps de misère où vn million de personnes languissent.55 à làge de 71 ans. et qu'ils n'ont (1) Voir la notice. C'est lui qui signa la paix de Rueil avec la cour (11 juin 1649). C'est en ce lieu. &: m'a fait auoir vn loisir honnesle et vn azile assuré (i).

mais pour instruire les Escholiers Ce n'est pas qu'il n'y ail des Maîtres. mais au Naturel seulement. celuy qui est De Vostre Grand evr. MONSEIGXEVR. et n'ay pas eu dessein de trauailler pour les Maîtres. Le Ires-humble. Harmoniques petit : Arithmétiques.ARTHUS AUX-COUSTEAL'X d'autre but 13. où prend part. je te prie d'agréer cette seconde partie dvn Ouurage que j'ay donné au Public il y a long-temps J'ay composé la première partie sur les douze Modes Naturels et Transposez. ou qu'ils en soient rebutez par la difficulté Et quand on leur dit qu'ils n'imitent pas ces illustres Anciens. je te prie d'en excuser les défauts l'ay composé cecy pour me délasser de plus grands Ouurages. Claudin le Jeune. du : : : & . bien que tres-habiles. tres-obeissant & très oblig-é seruiteur. A. Orlande. Et la seconde aussi. ont vue entière satisfaction d'eux mesme. et la tranquilité Publique. sur les douze Modes. ADVERTISSEMENT Av Lectevr Lectevr. qui après auoir Composé sur deux ou trois Modes.> que la gloire du Roy. AVX-COVSTEAVX.

puis à la Sainte-Chapelle de Paris mit en musique des Quatrains de Pibrac 1622. comme le Phrygien porte au desespoir. consa«Ta une partie de sefj Discours ptiilosophiques (Lyon 1555 à la musique. directeur de la Chapelle puis surintendant de la musique du lîoi. Jean de Bournonville. de considérer si cela s'il se doit faire f'^'. Roland de Lassus. le peut estre. . qui depuis quelque temps ayant entrepris de faire vne pièce du cinquiesme Mode. dit M. qui reçoit en luy toutes les autres te prie. & Bournonuille . Du Caurroy Eustache). Il a esté contraint Claude Le(1) Orlande.. y a fait quelque cadence empruntée. mort à Paris le 7 août 1609. Claudin ou jeune. pour ne pas parler des Anciens. à N'oyon. &: ainsi la mode du temps nous fait perdre Ivsage des douze Modes. & le Dorien à la douceur. ce qui m'a esté rapporté d'vn grand Maistre de notre siècle. lit une Messe des morts célèbre. ce qui se peut voir dans le Solitaire second de Pontus de Thiard {2).k dans les escrits du Père Mersene (3). le ne sçaurois m'empescher de réciter icy. n'est pas la cadences. et La Composition et usage du Monochonde. né vers lô8ô. Lectevr. s à son goût réel de i applique particulièrement modulation et à sa préfé- rence exclusive pour certains modes : le premier et le . le père. contraponliste célèbre né à Valenciennes vers 1530. ou irreguliere. (2) Pontus de Tyard. que nous pouuons appliquer aux passions. Modes. Du universelle 1636). mort à Paris le 23 septembre 15Gi. l'un des membres de la Pléiade. & jMode abondant. maître de chapelle à Amiens. Mersenne (1588-1648) le célèbre minime. né près de Beauvais en 1549. ceci. Ouittard. voulant dire que c'est vn Caurroy.j 13(5 ECRITS DE MUSICIENS ils responclent que ce (i mode. que l'on appelle vulgairement quatriesme ton de l'Eglise. sous le titre Solitaire second ou Discours de la Musique. auteur (3) Marin : : de à l" Harmonie (4) «Tout Mont.

qui après auoir entendu trois ou qu'il n'y . s'en vont haussant les yeux et les espaules. . 33-34. p. quatre belles voix.) S. à plus forte raison nous doit plaire et agréer dauan tage. qui est le verbe du discours. Du Mont. La Musicjue se doit faire pour trois fins La première. & les autres Instrumens bien touchez pour suppléer au défaut de la Musique. les Violes. & continuée de la sorte jusques à la cadence finale. les Thuorbes. Voilà ce que j'ay appris des : deuxième surtout (pour nous ré mineur et -mï mineur) on lesquels est écrite la plus grande partie de ses compositions. disant par tout. et bien : : chantée. non pas comme des Enfants de Chœur. celle qui est bien composée. par vn bon deuant. Qu'il ne faut plus rien entendre après ces merueilles Ceux qui les croiroient en demeureroient là. pour attirer l'attention des xVuditeurs . chants qui les puisse animer à bien chanter. auec les Luths. & Ils mespriseroient tous les autres Compositeurs disent pour toutes ces raisons que la Musique n'est faite que pour contenter l'oreille de ceux qui n'y cognoissent rien. par vne belle et agréable harmonie accommodée au sujet la seconde. à qui l'on apprend Partie auec des le plus souuent à chanter leur larmes La troisiesme. par des . pour plaire aux Chantres. » (//.ARTIIUS AUX-COUSTEAUX 137 pourtant de s'excuser à quelqu'vn de ses Auditeurs C'est vn de ces Admiraeognoist gueres teurs ignorants. mais je leur responds que si la Musique mal composée et bien chantée nous plaist. bien polie. vh bon présent & un bel après. pour les yeux des Maistres. voyans la Partition d'vne pièce bien commencée.

comme ne coignoissent pas leurs detïauts ils ayment tellement leurs Ouurages qu'ils ne trouuent rien de bon que ce qu'ils font. ou ils faudroit oster la tapisserie et : Bref. Lectevr. la salle est il trop basse. le Gros. Berthod ou Bertaut. célèbre chanteur de voir plus loin. à redire . pour bonne. note 5. consisle qu'eu (jui ne disent pas que trois la la Musique ne deux ou belles voix. ayant tousiours quelque chose i . ils ne se sçaucnt à quoy s'en prendre. p. . de te marquer les fautes de leur Musique afin qu'ils excusent les miennes je ne reprens que leur vanité. & plusieurs autres. ta Censure.quisanseuxn'auroient tels Maistres ne reçoiuent pas tant de réputation d'ordinaire dans leurs concerts que ceux qui n'en Ils nesont qu'Amateurs et non pas cognoissans trouuent jamais de lieux asssez fanorablespourfairechanter leur Musique. tanstost l'Eglise est trop haute. et me soumets librement à . le n'ay pas entrepris. la <1) Musique du Roi . et n'y veulent pas introduire les- cognoissans de peur de n'estre pas approuuez. par les ornemens qu'elles y apportent comme les voix de Messieurs Berthod ( Hedouïn. qui font esclater leschant& de quelques Maislres dusiecle.13K ECRITS DE MUSICIENS bons Maislres. . 166. . qui sont capables de faire passer plus raeschante Musique .

en 1863 Son biographe n'a pu découvrir la date de sa naissance. interprète du Roy en langue anglaise ». il publiait une nouvelle traduction de Bacon. dédié à Auguste de Loménie. Musicien de la musique de Jacquçs P''. André Maugars. un traité de Bacon. . secrétaire. En 1634. Le Progrez et advancemenl aux sciences diuines et humaines. n'est guère connu que par sa Response faite à un Curieux sur le Senlimenl de la Musique en Italie Escrile a Rome le Premier Octobre dGSOj réimprimée parTlioinan. célèbre joueur de viole. quinze dernières années du seizième siècle. On sait que Maugars vécut quatre ans en Angleterre (de 1620 à 16"24). .ANDRE MALGARS fxvii» siècle. des Considéralions politiques pour entreprendre la guerre contre l'Espagne. Nommé vers cette époque interprète du roi en langue anglaise. « par le sieur Maugard. il traduisit à son retour. musicien du cardinal de Richelieu. conseiller. qui se place vraisemblablement dans les dix ou. il voyagea en Espagne avec Bautou.

. l'estime que les Italiens font de ceux qui excellent sur les Instrumens. le prieuré de Saint-Pierre- En 1638. {Fragment.140 ECRITS DE MUSICIENS Richelieu lui fit accorder Eynac. en Auvergne.Vous ne sçauriez croire. Monsieur. l'opuscule dont on trouvera ci-après un extrait. qu'ils l'ont jugé digne d'estre communiqué au public à son insceu. disgracié pour avoir prononcé un mot malheureux à l'adresse du roi. d'où il rapporta ou adressa réellement à un « curieux » c'est-à-dire à un amateur. disans qu'un homme seul peut produire de plus belles inventions que quatre voix ensemble. que la Vocale. il fit un voyage en Italie.. RESPONSE faite a vn Cvrievx sur de la le senliraent Mvsique le d'Italie. La date de la mort de ce célèbre joueur de viole est inconnue.) . » \Note de l'édileur de la première édition. et combien ils prisent plus la Musique instrumentale. Escrile a Rome premier Octobre 1689 (1).) . et qu'elle a des charmes et des licences que la Vocale n'a pas. Mais je ne serois « Ce sentiment a été trouvé si judicieux et si véritable (1 par les Amateurs de la belle Musique et pour des personnes d'honneur qui ont cogneu TAutheur à Rome.

auxquels je n'euz jamais guère créance. Cecy suffira pour le présent. et de la façon de chanter d'Italie. je les laisse à part. de fort belles Tailles comme mentale: je que . un concert dAnges qui doux et le plus charmant de tous les Instrumens. Pour soustenir qu'il est aisé cette opinion. David chassoit les mauvois Esprits qui possédoient Saûl. de luy faire oûyr une des joies des célébrans la force : . égales.et de plusieurs autres mais comme ces autres exemples ont été rapportez par les Poètes. 141 s'il se pouvoil trouver quatre voix bien justes. entendit joûoient de la Viole. ainsi de prouver par les Histoires anciennes et la vertu de la Lyre de Pithagore Pythagoras perturbationes animi lijrà componebat de la Harpe de Timothée. : Bien-heureux. touchant la Musique instruestant le plus Il reste maintenant. El Saincte Françoise demandant à Dieu dans la ferveur de ses méditations. suivant mes desseins. ils disent la qu'elle a produit de plus puissants efïets que Vocale. et rendoit son âme tranquille par les accens mélodieux de la Harpe. pour me servir seulement de deux ou trois Histoires sainctes. accordanles. qui emouvoit les passions d'Alexandre comme bon lui sembloit. cantanlibus organis. vous entretienne de la Vocale. des Chantres. Saincte Cécile fit abjurer le Paganisme à Tiburce et à Valère et leur fit embrasser la Foi Chrestienne. et qui ne poussassent pas plus les unes que les autres. Il y a un grand nombre de Casfra/i pour le Dessus et pour la Haute-Contre.ANDRE MAUGARS pas absolument de cet avis. de peur de passer les bornes d'une lettre.

et taille : 2 On nommait ainsi. en dessus. leurs passages (2) aujourd'huy ils commencent à s'en corriger. Les voix se divisaient. Ils» asseurez de leurs parties. mais fort peu de Basses creuses! i). Encyclopédie mélhodique.. bas-dessus. bonnes ou mauvaises. mort en 1.142 ECRITS DE MUSICIE>S naturelles. haute-contre. que les chanteurs ([ui ont du goût ou qui croient en avoir. font en certains endroits des morceaux qu'ils chantent ». Angelucci. et chantent à livre ouvert la plus difficile Musique. Pour leur façon de chanter. Campagnuola. 'aux dix-septième . Gregori. elle est bien plus ani- mée que la nostre voix que nous n'avons point. De MoMiGSY. ils sont sont très presque tous comédiens naturellement et pour cette raison qu'ils réussissent si parfaitement dans leurs Comédies Musicales. mais encore pour . autrefois. non seulement pour le chant.) •< . écrivant à la même époque que Maugars en Ifi-ti* disait que les caslrali étaient alors très communs sur les théâtres d'Italie. Outre ce. mais : ils ont certaines flexions il est (1 Les premiers caslrati de la Chapelle pontificale seraient venus d'Espagne. l'expression des paroles. Le voyageur Pietro dclla Valie. la troisième était un ténor plus élevé qu'aujourd'hui elle était souvent chantée par les caslrali.. Les deux premières correspondaient aux voix de femmes. Musique. et basse-taille et basse-contre. sous Sixte V. des postures et des gestes des personnages qu'ils représentent naturellement bien. dix-huitième siècles. de vray qu'ils font avec bien plus de rudesse. Les plus fameux étaient alors Guidobaldo.et Loretto Vittori cité par notre auteur. les additions. c'est .j!)0. Je les en ay veu représenter trois ou quatre cet hyver dernier mais il faut avouer avec vérité qu'ils sont incomparables et inimitables en ceste Musique Scénique.

née à Mantoue en décembre 16n. lui dédia une pièce devers latins où il la comparait à la Léonore du Tasse. qui pour célébrer dignement le mérite de cette incomparableDame. Voir R. qu'ils ont fait imprimer à Rome. fille de cette belle miracle de son temps. né à Spolete vers 1600. ont grossyun Volumed'excellentespièces Latines. contemporain de Loretto. Millon. mais ne me semble qu'ils ne chantent pas si agréablement les airs que la Leonora. le chevallier Loretta (i) . 117-118.Antonio '2) tiennent le premier rang.ANDRE MAUGARS 143 Parmy :il les excellens. Le pape Clément IX l'appelait une dolce sirena. plusieurs milliers d'écus de joyaux. chezles Barberini. IMantoûane. La reine la combla d'argent et de bijoux. . Françoises. Marco Antonio Pasquelini. des pendants doreille. qu'elle a le (1) (2'' Loretto Mltori. Le recueil dont parle Maugars parut en 1639 et fut réédité en 1641. sur l'ordre de Mazarin elle repartit de Paris le 10 avril 1645. à Borne en 1639). je ne vous : faisois : dire. castrat.qui assista. qui a esté le mettant au monde bien chanter (3). un brevet de pension de mille écus ». Kolland. à des représentations d'opéra. p. un collier de perles. « d\x mille livres pour shabiller à la française. la plus parfaite personne pour le de cette illustre mention d'elle comme merveille du monde mais je ne prétens pas pourtant renchérir sur ces puissans Génies d'Italie. p. et qui en a produit encore un plus grand en Adriana. vint en France en 1044. . 57 et suivantes. qu'elle est doiiée d'un l>el esprit. Musiciens d'aulrefuis. et ci-dessus. Grecques. sous le titre d'Applausi poëtici aile glorie délia Signora Leonora Baroni Je me contenteray seulement de vous Je croirois faire tort à la vertu si Leonora. (3i Leonora Baroni. Italiennes et Espagnoles. et Marco.

Ses eslans et souspirs ne sont point lascifs. harmonieuse. sa mère touchant la Lyre. Ce concert composé de trois belles voix et de trois instrumens dilTerens. avec une généreuse modestie. sonore. harmonique . mais elle n'est pas désagréable ny coquette. Elle chante avec une pudeur asseurée. Enfin. qu'elle composoit elle-mesme. juste. elle honneste fait fille. avec des seconds et des troisiesmes couplets. Elle ne se picque pas d'être belle. Sa voix est d'une haute estendue. Elle n'a pas besoin de mendier l'aide d'ime Thuorbe. pour discerner . j'ay eu le bien de l'entendre chanter plusieurs fois plus de trente airs difTerens. sa sœur la Harpe. Il faut que je vous dise qu'un jour elle me fit la grâce particulière de chanter avec sa mère et sa sœur.m jugement d'avec la ECRITS DE MUSICIENS fort bon. avec tant d'adresse et peisonne qui ne soit ravy à celte belle et difficile méthode de chanter. et ses gestes sont de la bien-séance d'une ton à l'autre. ou d'une \'iole. me surprit si fort les sens et me d'agreemcnt. En passant d'un quelquefois sentir les divisions des genres Enet qu'il n'y a Chromatique. voire mesme qu'elle y compose ce qui possède absolument ce qu'elle chante. et qu'elle prononce et exprime parfaitement bien le sens des paroles. ses regards n'ont rien d'impudique. la mauvaise bonne Musique qu'elle l'entend parfaite: fait qu'elle ment bien. . sans l'une desquelles son chant seroit imparfait car elle-mesme touche les deux instrumeiis parfaitement. l'adoucissant et la renforçant sans peine et sans faire aucunes grimaces. et elle la Thuorbe. et avec une douce gravité.

et creuz estre desia parmy anges. j'ay esté visité des honestes gens curieux. le propre de la musique est. Depuis.c l)remièrement obligé. où nous ne sommes que trop enclins naturellement. un [leu trop raffinez. et i)ar trop retenus à applaudir les estrangers. qu'ils disoient que je joiiois fort bien des pièces estudiée> je leur donnay tant de sortes <le préludes et de fantaisies cette seconde fois. lesquels après m'avoir ouy attentivement me flattèrent de quelques louanges mais ce ne fût pas sans jalousie. et non pas les porter aux vices par des gestes lascifs. cela ne fust pas encore assez. ils obligèrent la Signora Leonora. en touchant nos cœurs. ma Viole ne voulant point sortir de ma chambre que pour la Pourpre. fut dans celte vertueuse maison. . à la prière de ces rares personnes. de faire paroistre dans Rome le talent qu'il a plen à Dieu nie donner. pour gagner absolument celle des gens du mestier. que j'oubliay ma les condition mortelle. où je fus ('. On : . en présence encore des dix ou douze des plus inlelligens de toute l'Italie. de les élever à Dieu puisque c'est un eschantillon en ce monde de la joye éternelle. I*our m'esprouver davantage. que véritablement ils m'estimèrent plus qu'ils navoieni pas fait la première. de garder ma Viole. : : .ANDRE MAUGARS porta dans un tel UB ravissement. jouyssant des contentcmens des bien-heu- reux Aussi pour vous parler Chrestiennement. . et de Mie prier de revenir le lendemain ce que je feis et ayant esté adverty par un amy. à qui elle est accousluniée d'obeïr depuis tant d'années. Après l'estime des honnesles gens.

où ayant esté reçu avec applaudissement. le bruit en vint jusqu'aux oreilles de Sa Saincteté. après le troisième Kyrie Eleison. qui peu de jours après me fist une grâce Cette action me procura : que je recevray . qu'ils en demeurèrent très satisfaits. et de la présence de vingt-trois Cardinaux qui assistèrent à la Messe. Monsieur.]4H ECRITS DE MUSICIENS me donna advis qu'ils confessoient que je joûois fori bien seul. de monter dans une tribune. mais je me retiray en ma chambre pour mo reposer. où je ne réussis pas le moins. lequel jediversifîay avec tant de sortes d'inventions. et me firent prier de la part des Cardinaux de jouer encore une fois après VAgnus Dei. qu'ils en furent Irès-estonnez. en entendant une fier un subjet c'est là que excellente musique qui s'y faisoit . et de vitesse. Ces mesmes paroles m'ayant esté dites la veille de SainclLouys dans l'Eglise des François. de l'honneur de la Nation. je fusse capable de traitter et diversià l'improviste. le plus grand honneur car estant espandiie par jamais tout Rome. lesquels je Iraitay avec tant de varietz. de dilïérens mouvemens. tant Franrois. un peu plus gay que le premier. on me donna quinze ou vingt notes pour sonner avec un petit orgue. ^ ous sçavez. cela me fît ré- soudre le lendemain matin. animé de ce sainct nom de Louys. et qu'ils n'avoient jamais ouy toucher tant mais qu'ils doutoient qu'esdéparties sur la Viole . Je ni'eslimay bien heureux de rendre ce petit service à une si éminente Compagnie on m'envoya un autre subjet . et vindrent aussitôt pour me payer de complimens.

lents ne reiissiront « (1 On enlendoit a . et de la difficulté qu'il y a de toucher des parties. et les une pen- sées . main pour exécuter promptement c'est pourquoy les naturels froids et jamais bien.-J. RoussKAi p. ijuc pour vous faire cognoistre. tout homme qui touche un instrument. Je ne vous diray point icy la satisfaction que Sa Sainctelé me tesmoigna.ANDRE MAUGARS spéciale de m'envoyer quérir. excellent. qui vous en feront un paroles celles-cy : Noi habbiamo la sentito che lei una Virtu singolare. et particulièrement à cause la Viole. Mais deux qualités essentrès nécessaires par {sic) naturelles sont cet effet. après m'avoir fait l'honneur de m'entendre plus de deux heures vous verrez un jour des personnages dignes de foy. s'il ne le sçait faire.J. et (i) et des agréables. .iqiie. soit bien ferré croyent pas que nous soyons capables de traitter un subjet à l'improviste. et de produire de l>elles inventions tliminutions tielles. passages quon (. que vous ne m'accuserez point de vanité dans cette disgression. et H7 dit me entre autres ha senliremmo volontieri. qu'il est nécessaire qu'un François qui désire acquérir de la réputation d'autant qu'ils ne dans Rome. du peu de chordes.ir ce iiiof loiis les fredons cl autres depuis appelés roiilemens ou roulades. avoir l'imagination vitesse de vive et forte. ample récit. Lamitié que vous avez pour moi. me persuade. Monsieur.) Dirlionnaire . qui estant de soy ingrate. » (le miif. Et certes. que je n'ay faite à autre fin. son propre talent est de s'égayer sur le subjel présenté. ne mérite pas d'estre estimé .

que si nos Chantres vouloienl prendre un peu plus de peine à esludier. que toute la Musique d'Italie. cet illustre Intendant de la Musique du Roy. le l'honneur de servir plus juste et plus intelligent s'ils vouloient un peu plus s'émanciper de leurs règles pedantesques. mon sentiment est.14S t. né à Il De Bayonne vers l. ses n'ont pas dénié leurs plus la singulières faveurs. qui hérita de sa charge.Jii7. mon senliest. (|ui La Fontaine a dédié i'épître si souvent citée. ne sera jamais assez puis- Monarque du monde.CRITS DE MUSICIENS Mais pour conclure ce Raisonnemenl. et faire quelques voyages pour observer les musiques étrangères. puis premier valet de chambre depuis 1(J58. vrier 1682. et dans sa manière de bien chanter. qui a si bien ajusté les Françoise. dans ses Airsravissans. Son fils. qui sçait toucher si judicieusement les belles chordes dans ses charmans Motets. Thoinan pense que Maugars veut désigner ici de Nyerl. et à fréquenter les cstrangers. et a le d'autres bonnes qualitez possède. Pour nos Compositeurs. fut valet . qu'ils réussiroient mieux qu'ils ne font pas. reçut à plusieurs reprises des gratifications considérables du roi. qu'il en a ral méthode Italienne avec la reçu un applaudissement génémérité avec d'avoir qu'il de tous honnestes gens. mourût à Paris le K. Ce n'est pas que je ne sçache que nous en avons de très capables en France. à qui les Mu- ment . et entre les autres. ils réussiroienl aussi agréablement qu'eux pour le bien chanter ainsi nous en avons un excellent en un Gentilhomme François i). fé- de la garde-robe du roi depuis 163S. (1) le célèbre chanteur à Nyert.

Nous louchons l'Espinette excellemment. et les Italiens très bien de l'Archilulh. eussent leurs belles Varietez.ANDRE MALGABS sanle de niérile et 14!) me faire peitlre l'eslime ( que je lais de son de sa vertu i . elles Italiens dansTexcez. el les Italiens très sçavamment. que nous péchons dans Il le défaut. nous ne les devons pas mé- priser. mais je m'apperroisd'un crime. n'y a point de pays qui nayl quelque chose de Nous composons admirablement bien les Airs de mouvement et les Italiens merveilleusement bien la musique de Chapelle. \oir ci-dessus. 1) Anllioine Boi'ssol. et les Anglois louchent la Viole par- faitement. dans les agréables diminutions. bien du Luth . mais non pas en d'autres choses la naissance et la nourriture françoise nous donnant cet advanlage au-dessus de toutes les autres Nations (ju'elles ne sçauroient nous égaler dans les beaux mouvements. . pp. que ma mémoire m'alloit faire commettre. ou. et que je les ay imitez dans leurs accords. Je linissois en cet endroit. Et pour tirer enfin quelque utilité de ce Discours j'ay observé en général. 121 el suiv. et particulièrement dans les chants naturels des Courantes et des Ballets. Nous jouons fort singulier. Je confesse que je leur ay i[uelque obligation. Xous sonnons l'Orgue très agréablement. . seroit aisé à <[ui me semble qu'il un bel esprit de faire des Compositions. A ce II verù lerrœ ferre omnes omnia possunt. sans avoir toute- fois leurs extravagances.

il ne m'importe. et que vous me ferez perdre leurs bonnes grâces Néantmoins s'ils veulent un peu désiller les yeux. tant pour les Instrument que pour les Voix.150 ECRITS DE MUSICIENS grand Mon/ererde. je ne satisferay pas à la vanité de quelques uns de nos présomptueux Musiciens. donné quelprogrez dans leur obstina- m'empescher que je n'aye mon âme. à la m'estimeray bienheureux d'avoir qu'ouverture pour faire un plus grand la Musique mais s'ils persistent dans tion. du moins ils ne . comme je suis blianl ce l'Eglise Sainct-Marc. ils pour opiniastres ennemis de trouveront que j'ay fait un jugement et sincère et véritable. d'avoir rendu un . Monsieur. à moins que d'estre tenus la raison. feront sans doute prolit de mes observations. qui m'oblige à vous le proposer comme un des premiers Compositeurs du monde. 107 el suiv. touchant la Musique d'Italie mais je prévois qu'en satisfaisant à vostre curiosité. lorsque Dieu me fera la grâce de passer à Venise (i). Voilà. en faisant ré. Maistre Compositeur de une nouvelle manière de composer très-admirable. qui a trouvé : : destaché de toutes sortes d'intérêts et qu'ils considèrent et pèsent ce Raisonnement. bonne heure. et se despoûiller de passion. flexion sur leurs Musiques par trop régulières .1) cette satisfaction fidèle pourront pas dans à la tesmoignage Voir ci-tle?sus. je Si cela arrive. . pp. si vous leur communiquez cette Lettre. duquel je vous envoyerai les œuvres nouvelles. ce que vous avez désiré avec tant de passion de sravoir.

ANDRE MAUGARS vérité. 151 en salisfaisauL aux devoirs de l'amitié de n'estre pas indigne de la . ainsi. et et de profession que j'ay tousiours faite d'estre. MONSIKUR. j'espère de contenter les personnes de mérite S(. et très alïectionné serviteur. M. sans feinlise. .avoir. A'ostre très humble.

et mort à Paris en 1670. Tout ce qu'on sait de lui. de Paris. recueils . de Lyon. qui fut maître de luth d'Anne d'Autriche et du cardinal de Richelieu. le jeune. plusieurs luthistes célèbres du nom de Gaultier ou (jautier. de son temps. corrigées par M. Bre)iet. Malgré les recherches de M. Oskar Fleischer. à Villetlt'.. 11 y eut.lACOUES GAULTIER (xvir siècle I Il y eut. un Ennemond Gaultier. et qu'il y était encore en 1647. qui nous sont parvenus. 11 mourut en 1653. valet de chambre de Marie de Médicis jusqu'en 1621. a laissé une réputation beaucoup plus considi'rable. Né vers 1597. Denis Gaultier. près de Vienne. on n"a pu encore distinguer d'œuvres de sa composition. c'est que le correspondant de Huygens fut luthiste à la cour d'Ang^leterre depuis i6il. Rien ne prouve que Jacques Gaultier soit né à Lyon en 1600. Dans (la plupart manuscrits) du dix-septième siècle. ou (i. au dix-septième siècle. on n'est pas encore absolument (ixé sur les rapports qu'ils peuvent avoir entre eux. On l'appelle les pour cette raison Gaultier d'Angleterre.

. . Voir Oskar Fleischer. Cette leUre e<t la quatrième dune série dont la première est datée du 7 octobre 1<. un privilège pour la gravure de pièces de luth de sa composition et de celle de « feu Aymond lEnnemondj Gaultier son cousin ». il mourut en 1672.JACQUES GAULTIER 153 probablement le 8 à . « orléanois ». (1) liènie siècle. octolire 1670. 11 obtint. La souvenier quavez des petliz devoirs que iay tachés de vous rendre son cy peu de chose qui ne merile de vous le moindre remercimenl.a Haye (i) [Paris. I3RENET.Marseille. J'ai receu colle dont il vous a plu honnorer voslre serviteur. Xolcs sur Vllisloire du Lulh en . A CONSTANTIN HL YGENS A Monsieur. a i. p. 16V7. Jespere et mon Ambition esl qu'auparavant que mon jeu de luth diminue aller exprés pour avoir l'honneur do paroistrc devant vous comme celuy que je choisis . France {IHrisla mu. les Gaullier ( Vierlelj.47. Musiquc el Musiciens au dix-sepCCVII. 1898-1899).Monsieur de Zulcum.loNCKULOET et Land. Pierre. 1886 et surtout M. faisait graver des pièces de luth.sic.] Monseignieur. iay eu cy peu de temps a l'aire quelque chose devant mons"" vostre filx: que cesl pluslost sa courtoisie que mon bien joué du lulh. en 1638.. à Rome. Uni. . Un quatrième luthiste du nom de Gaultier.

el en jouerez comparrey ainsi quil vous plaira.. 2. et achetté par un nommé Jehan (-2 Ballard jouer de luth de Sa Majesté et luy a cousl»' soixante pistoles le corps et la table seulement depuis chant luth Slaford men a parlé sans rien conclure estant lavant l'ait accommoder et apporté en Angleterre dule rant la vie dudit Jehan Ballart jamais avoir ledit luth pour fut. ii. Ledit lulh a esté choisi dans une quantité dautre uenant de Bolonnie et le seul de Laux Maller mort cent cinquant ans passés (i). Je vous laisse don Monseignieur le juge de celle aflaire. il ny aura jamais personne que vous qui lave pour quelque grand somme que ce soit. on ltjl2. qui enseigna Louis. p. El lexcellence dun bon lulh augmente ou diminue le jeu daucune personne.154 ECRITS DE MUSICIENS pour en juger [juis et me (Jonner le dernier espérer. .s'agit le luth à piobablcmenl de Robert Ballard. a-t-on donné cent Et après le Roy me la donné qui est .Je vous diray le lillre que j} doncq Monseignieur lou- que desirez avoir de moy Madame malaise si vous nentendez mais raisons. 177. Roi na sceu l'home venant a aucun argent ou menace que se mourir et le luth et demeuré entre les mains de quelques pauvres parans qui aprais plusieurs livre Esterlin la débats et marchez. ou dun de ses parents. Et pour traiter avec vous comme avec celuy que j'onore au de'r]nier poinl si lavez agr[e]able je envoieray et le le lulh. XIII. seule chose que jay de reste après trente Anne de service. ci-après. Est peult estre que l'humeur vous passera et serez raçasié en ayant joué pourveu que me le renvoyez montrerez et (1) Cf. i2) Il .

JACQUES GAULTIER 15"> sein et sauf je sçray conlonl. . Gaultier. Est le si le desireis avoir au Roy. J. Jaymerois mieux perdre le luth que de vous desplaire en quoy que ce fui. Je ne désire rien plus que de me conserpris sera ce qui la couslé ver en la calite de Monseignieur et 1res Vostre très humble obéissant serviteur.

Nal.. évêque de \'ence et de Grasse. 47. S. par une lettre adressée aux évoques de Beauvais. Noyon. qu'il n'en est pour ainsi dire pas un seul de quelque réputation qui n'ait cru devoir les mettre en chant 1 Le recueil d'Airs à i/iialre parlies. eut un tel succès dans le monde des musiciens. par . Gobert. //. de Gouy. QuiTTARD. Lardenois. estime qu'il faut empescher cet usage dans l'étendue de notre diocèse. 0' reg. Laon.. fol. Godeau. Meaux (Bossuet). publié en iC. après avoir interdit de laisser lire la Bible et chanter les Psaumes de Marot aux nouveaux convertis. du Monl. janvier 1686. Elle eut un tel succès également chez les « religionnaires ». et il yen a même qui ont pris l'habitude de la chanterau lieu de ceux de Marot. p. 30. B2-33). le 21 Ces mesmes nouveaux convertis ont demandé la traduction des Psaumes faite par M. publièrent leurs Psaumes entre 1650 et 1656. M.JACOl ES DK GOLY fxvii'' siècle La Paraphrase des Psaumes de Dacid en vers frunrais par (jodeau. (1) H. Orléans et Chartres.. SenlTs. » {Arch.jO.. ajoutait : <• des livres de . que Louis XIV.. Aux-Cousteaux. Soissons.

Ce canonicat dut être purement lionorilique. de i381 à 1642. On ignore ètre était-il (1) JoNGBLOET ct Land.JACQUES DE GOUY 157 Jacques de Gouy. les avait arrangés de telle sorte qu'on pût les exécuter même à une seule voix. en est une preuve.. notamment le 13 janvier 1641 (1). de Picardie ou de Normandie. 108. cf. p. et dont une branche a pris le nom de de Gouy d'Arcy"? Le titre de son ouvrage nous apprend que. dit-il. La préfaceen est curieuse. durent avoir un certain succès. . De Gouy est cité plusieurs fois dans des lettres de Ban (ou Banius) à Mersenne. bien que natif très probablement de l'Artois. au milieu du dix-septième siècle. pp. Musiquc et Musiciens. est la plus difficile de toutes ». C'est à peu près le seul témoignage qui nous reste de l'existence de ce compositeur. Ban et Mersenne semblent le considérer comme une autorité en musique. et le nomment à côté de l'illustre Anthoinc Boësset. conipost'-s dans le style nouveau. qui fournit plusieurs chanoinesses aux chapitres de Dinan et de Remiremont. ainsi qu'il l'explique. qui avait Godeau pour titulaire dépendait de cet archevêché). F^eutapparenté à la famille de Gouy. l'origine de Jacques de Gouy. Ces Psaumes. les préférences du public pour les « airs ». il fut chanoine d'Embrun (l'évêché de Nice et de Vence. dont « la composition. d'autant plus que le musicien. 110 et 111. et montre quelles étaient. chanoine d'Embi-un.

. Evesque de Grasse. les Eslrennes pour Messieurs el Dames du Concert de la Musi<{ue almérique. afin de les in- troduire au lieu de tant de Chansons lasciues deshonnestes.\é vers 1580 à Chaumont en Champagne. de commencer par des Motels pour les Festes de Tannée.158 ECRITS DE MUSICIENS PRÉFACE DES AiHS A Quatre Parties ''i) Ayant fail résolution depuis quelques années. & diuisez en trois parties. par Robert Ballard. & a l'édification de mon prochain. quon entend chanter de la toutes parts au mespris de gloire de Dieu. & & principalement en noslre langue. L. (2) . Jean Leraaire vécut à Toulouse dès l'âge de douze ans.\ntoine (ioDEAv. présentées par M. et publia dans ce système. selon ma profession Jay jugé très a propos. à Irauailler pour la gloire de Dieu. d'employer le reste de mes jours. mort au plus tôt en 1647. chanoine de lEgiiseCathédrale (1 Ambrun. premier professeur en icelle. en l'année 1042. A Paris. Il inventa une notation qui) appela Almérie.. DC. C'est pourquoy. . M. selon l'Art de l'incomparable Monsieur Le Maire '^2 Mais considérant que ce n'esloit pas assez pour la fin : . que je me : suis proposé. composez par laqves de Govy. Paraphrase des (1) AIRS A QUATRE PARTIES sur la Pseauines de Messire . . & faire en suite vne table en faueur des Ecclésiastiques. pour apprendre facilement le Plain-Chant. d'auoir fait des chants pour lEglise J'ay creu qu'il estoit de mon deuoir de faire aussi des Airs spirituels pour chanter en particulier. Gouy..

de composer des paroles pour toutes les Festes de l'année.JACQUES DE GOUY 15» j'auois prié quelques peisonnes 1res enleuduës à la Poësie françoise. suiuant en cela le dessein de cet llliislrc Prelal. Estant donc persuadt. que toutes les bonnes Ames receuroient de ce noble trauail. si utile à la consolation & au saincladuerle quitter. si selon son désir on accommodoit à sa Poësie des chants 1) Les Psaumes de David. mais vne autre matière plus conforme à sa condition l'obligea je voyant donc frustré de mon attente. si glorieusement acheué vn si grand oeuure. El faisant rellexion sur le bien. je l'ay leu plusieurs fois auec admiration. à laquelle je peusse donner des Airs agréables & faciles le H. & avant lemarqué dans la Préface des Eloges aduantageux pour la Musique. je me suis trouué plus puissamment touché de la passion que j'auois d'en faciliter la prati(|ue. Vn de excellent Poëte commença ce trauail. Ion ne trouuoit point quelque Poësie sainte. du Garrouge Chartreux me proposa la Paraphrase des cent cinquante Pseaumes de David. afin que les Ames pieuses eussent de quoy sentretenir saintement aux jours destinez pour la célébration des louanges du diuin Sauueur de nos Ames. &. . qui a si constamment poursuiui. D. &. & m'asseura que sa version estoit l'vne des meilleures de nostre siècle. traduits par Goileou. parurent en 1648. que Monseigneur l'Eueque de Grasse (i) auoit mis en vers frangois.de l'excellence de cet Ouurage par le mérite de TAutheur. Me si m'informay : lissemenl des Ghrestiens. P.

pour y reconnoistre mes forces. Apres tout cela. temps. C'est à la vérité. espérant que celuy pour qui je tiauaillerois me donneroit les forces & les lumières nécessaires pour l'acheuer. j'ay voulu tenter ce dessein. on m'a conseillé de m'accommoder au temps. & receus auec plusd"agréemens. el les mettre. & après vne sérieuse délibération. & principalement par les PP. poussé de la gloire de Dieu. jay trauaillé longla manière dont je compo- Pseaumes. de la Mission. luy eussent laissé vn loisir conforme à son zèle. & les soins du goiiuernement de tant de peuples en des temps si fascheux. si les affaires d'un grand Estât comme le sien. Je m'estonnay que personne n'eust encore n'auroit peutpris cet employ. en la place de tant de paroles vaines ou dangereuses. & rendre ce petit seruice à l'Eglise. Je me suis sonnent esprouué en cet Art. excité parles souhaits de mon Autheur. & faire des chants sur le modèle des Airs de Cour. & sollicité par mes amis. que le feu Roy i estre pas quitté. . après l'essay d'vn si grand Monarque en vn sujet si relevé. qui reçoiuent aujourd'hui tous les ornemens de la Musique. bien hardie.lOit ECRITS DE MUSICIENS conuenables pour les rendre populaires. afin d'inciter toutes sortes de personnes à les chanter. (l) Louis Xin. pour laquelle il seroit besoin d'une particulière assistance de Dieu. pour déterminer serois ces Mais auant que de commencer. pour estre introduits par tout auec plus de facilité. de difficile exécution. vne entreprise bien haute.

il esl bon. que pour vne Paraphrase les chants ne dévoient pas eslre simples.JACOUES DE GOUV 161 El de vray. que leur nouueaulé soil aulhorisée par la couslume présente. afin grâces. Toutefois. aussi agréable- ment que le Dessus. à trois. la facilité. Ecclésiastiques Relii^ieux. un peu pour leur donner les leur particulier. conformément au diuers nombre des personnes qui se peuuenl rencontrer ensemble. mais proportionnez à J'ay creu aussi. dautani que h^ Musicien esl obligé d'expi-imer . mais aussi les autres parties. bien . dans qu'elles soienl plus figurées ce que j'ay fait. ou toutes les quatre parties ensemble. afin de plaire plus vniuerseliement. j'espère : qu'on Irouuera qu'il n'y en a point de plus aisez Celle facilité se Irouue non seulement dans le Dessus. en fauueur des faire Encore n'estoit-ce pas assez parties se chantassent seules agréablement. Dauantage j'ay pensé cju'on deuoit choisir vn mode ou vne manière de chanter conuenable a tous les Pseaumes. tle que toutes les mais pour donner moyen de faire vn concert. de joindre à ces chants passionnez pour les rendre communs. aussi. portant T Image des passions & et des sentimens <[u'\ sont r'enfermez dans les paroles. j'ay considéré qu'il estoit à propos. puisque nous souhaitions que ces ohants soienl eu toutes les bouches. mais pnrticulieremenl au pi'emier couplet. je les ay disposé en sorte qu'ils se peuuenl chenler (pielquefois à deux. la <!^ Poësie. & des Heligieuses. c'est-à-dire pleins de diuers mouuemens. qu'elles demandent en qu'elles se pussent chanter seules.

pour donner sujet à ceux qui sçauenl la manière de chanter. qu'il estoit expédient de faire des reprises. où l'occasion se trouueroit favorable & de ne mettre pareillement que les paroles du second couplet. l'Art sur ces saintes paroles. plus remarquable en cela partant le mon mode luy doit plustost conuenir qu'à nul autre. & à d'aduoiier que je n'ay pas la donné tant de tems composition des quatre parties de chaque . non pas celles des autres versets. neantmoins on n'y marque pas toutes les pensées qui le composent. s'ajustast à tous les autres. De plus.162 ECRITS DE MUSICIENS les passions (jui s'y r'encontrent. Cette dernière considération m'a arresté prés de sans oser entreprendre ce trauail. aduis. Je me sens icy obligé de déclarer ma foiblesse. j'ay obserué pour "me rendre conforme aux Airs de Cour. parce qu'on a vue veiie générale de toute la matière. comme estant le premier mobile. six mois. Il en est de raesme de larguraent d'un discours. croyant qu'il estoit impossible de trouuer l'inuenlion d'vne commune mesure à tant de couplets dillerents. mais seulement celles qui sont les plus considérables. d'employer tous les artifices de . j'aurois & presque inutile à rendu cet Ouurage toute sorte de per- sonnes. que mesure ou la prononciation du premier couplet de toutes les parties. j'ay jugé qu'il estoil nécessaire. & par ainsi. le Or le premier couplet est à . &. qui donne le à tout le reste le : mouuement car autrement on auroit négligé de chanter: imparfait. la Finalement.

: : ordinaire contrepoint. Com- s'imaginent que : cette manière n'est pas considérable mais je trouue que l'on peut quatre Motets pour vn Air qui aura faire trois ou toutes ses parties bien proportionnées.JACOLES DE GOLV 163 ijuil Pseaume. est la plus diflicilo de daulanl que le Dessus la Basse (estant composez. les Motets. & tju'elles soient dans la contrainte des reigles de la composilion simple. autant m'a esté possible. est incomparablement bien plus pénible que la mesrae pour figurée : dautant qu'en icy. on esuite toutes vont ensemble. qu'on ne peut pas donner à mes Pseaumes tous les ornemens (|ue les autres . la les (lifficultez qui se présentent. qu'à ["artifice de bien accommoder. Pour une autre raison. & la prononciation. . pour faire les autres parties selon la volonté du Compositeur. ce qui est impossible de faire où toutes les parties Jo sçay que ceux qui ne s'adonnent pas à position des Airs. il manière de composilion est la faut considère encore. figui'ant. qu'elles chantent agréablement. est pas de notte contre notle. & bien aâjuslées.Mrs peuuent receuoir parce que fai. qu'on nomme La composition des Airs : toutes «S. . Il n'en ny pour les Meslanges. ny de Basse qu'on ne change. auec toutes les circonstances que j'ay desja dites. la prononciation du picmier couplet à tous les autres. parce qu'il n'y a point de Dessus. Outre que cette plus contrainte. on ne les change pas pour y faire les autres parties Et neantmoins il faut qu'elles expriment les passions. cette façon de composer.

favorable. ni Molière. le mort à Paris. avec toutes les politesses que l'Art nous a pu descouurir jusques à présent.4 ECRITS DE MUSICIENS sant chanter tous les autres couplets sur le premier. les plus célèbres Festin ridicule : Nous n'avons aujourd'tiui ni Lambert. on ny n'y peut pas faire entrer les parties les vnes après es autres. qui auoit esté fait sur le premier verset pour m'assujettir à tout le reste du Pseaume. né à Vivonne (Poitou). le 27 juin 1696. . pour la composition des beaux Airs. Mais un très grand nombre de ses oeuvres font partie de recueils du temps imprimés : ou manuscrits. beau-père de Lully. je les mis entre les mains et les soumis au jugement de Monsieur Lambert (i).lt. son jugement me fut si reste. en 16(i<j. qu'il m'obligea de la continuer le Et (1) il semble mesme que Prouidence diuine Michel Lambert. J'ay esté quelquefois contraint de changer les plus beaux endroits du chant. fut un de son temps. en 1698. elle doit estre d'vn vers entier ou bien de la moitié. parce que conviendroient pas. Lambert publia lui-même un recueil d\4/rs el brunetles.Quesil'on fait les autres n'y quel- que répétition. en rité des chanteurs Boileau. mesme vers.. faire des silences dans vn ny repeter vn ou deux mots seulement.. l'vn des premiers hommes de nostre siècle. réédité en 1689 après sa mort. & des parties. Sa populaest attestée notamment par la satire bien connue de mars 1610. Les cinquante premiers Pseaumes estans ainsi acheuez. un recueil tlM/rs el dialogues. ik sur tout pour les bien exécuter. il parut.

cite Constantin comme luthiste et professeur de . l'Orgue. 174 el suiv. qui n'avait pas la réputation de bien payer ses serviteurs. si je passoissous silence le nom de tant d'Illustres personnes. voir ci-après. qui n'excelle pas seulement en la composition des Instruments mais encore en celle des voix. & le Clauecin. que toute l'Europe a ouy & que tout l'uniuers seroil ravi d'én(2). Metru et Massé comme étant les « trois plus fameux el affamés Maistres de Paris. & pour les instruments comme s'ils eussent voulu introduire icy bas le véritable ministère des Anges. . : l'Espinette.\ngoulesme ». Et je croirois certainement faire tort à l'élection que celte sagesse infinie en a faite. 119). sans parler de la manière incomparable dont il se sert à bien toucher. suivant son acte de décès. qu'elle a choisies pour vne . (2) •< de-Grâce. mourut le 2û octobre U'y'û. C'est là où Messieurs Constantin Vincent (3)^ et ^^a famille. pp. Les premiers concerts furent faits chez Monsieur de la Barre Organiste du Roi (i). tondre. cite N'incent. violoniste. paroisse Saint-Sulpice ». successeur de François Kichomme comme « roi des ménétriers ». et ne croyez pas que je me mocque. Mersenne chant. (S) Gantez. fin si glorieuse. dans son Enlrelien des Musiciens (p. tant vanter. & pour les voix.JACQUES DE GOUY Ifî» ayt tousiours eu vn soin particulier de faire reiissir car au mesme instant cet Ouurage pour sa gloire on forme diuers concerts. de tous les plus excellens hommes du siècle. puiscjue le premier a esté maistre de Monsieur d'. Il habitait sur les Fossés de Xesle au Hàvre(1) Sur La Barre Constantin.

ont fait des merueilles qui n'ont point d'exemple. Lambert. il reprit son service dans la musique du rci. sieur de Sa)ilièies. (4) Joseph de Chabanceau . p. 16. frère de Louis XIV dès cette époque. !3) II faut lire probablement Louis Donc.Ifi6 ECRITS DE MISICIE. organiste de la Sainte-Chapelle en 1633.1/.7'. dans sa Muze hisloritjue. les Originea de l'Opéra (1) senter. à propos du privilège de rOpéra. avril et mai Hi08. QuiTTARD la Première Comédie française en musi<iue dans le Bulletin franc.i.qui lui donna le bénéfice de l'abbaye . 174-175. ce chanteur étant à sa fenêtre. : pp. parle souvent de Biaise Berthod ou Bertaut. Bertaut Laza- Jean de Granouilhet. 25ô. I. et lesquels Monsieur Bertaut chante de si bon cœur ». En 16. qui fit repréun livret de Henry Guichard. Voir ci-après. Morel. i .) (2) II s'agit sans doute de Michel de Laguerre. dit Gantez (p. un opéra de Diane et Endijmion. par ses interminables démêlés avec LuUy. « ne sont pas mauvais. Loret. Il est surtout coimu. sur sa démission: il figurait encore sur Vétat de 1700. à Versailles. . à chanter les grandeurs de leur Créateur.. Guéri. Granouilhet dut mourir au plus lard en 1700. de La Barre. ainsi que son collaborateur. Messieurs ma fait l'honneur (5). que Dieu semble auoir choisie pourinuiter à son imitation toutes <^elles de son sexe. mort le 12 novembre n. basse. & En d'autres concerts qu'on d'assembler ailleurs.54 S.NS Granoïiillet l'aisné. puisqu'ils ont ladveu des Dames de Paris. Dom (3.1 (5) Les airs de M.5. Voir H. au-dessous de lui.. (Voir Nlitter et Tuoixan. au lieu des vanitez des Créatures. sur français.5. & surtout Mademoiselle de la Bai're. la Barre son frère Joseph '\). le 3 novembre 1671. ordinaire de la musique de la chambre il avait dès 1673 un survivancier. 297 et suiv.. Daguerre !>). fut blessé d'un coup de pistolet déchargé maladroitement par un domestifiue. de la [le Triomphe de l'Amour. Intendant de la musique de Monsieur.

(4) Estier est sans doute une faute d'impression. devenu vacant par la mort de Veillot (1662). Le maréchal en faisait avec Louis XIII. On publia. Hotnian. 17. et Madame que Masa sœur Mareschale de Schomberg (5). ^3) Henry Du Mont. El sans le zèle & la pieté de ces Dames. des Airs à boire à trois parties. en Kitis. que (iantez (2) Hautement. appelle des secondes Vespres. Déjà célèbre à lépoque où Mersenne publiait son Harmonie universelle (163fi|. le 27 décembre 1(. 196 et suiv. Son lils Nicolas lui succéda. chez Ballard. il y (igurait encore en 1723. llauLemeut (2. vers IfiôO. qu'il est impossible de pouuoir mieux faire. Euesques. le 16 mars 1653. & Estier (4. à les honorer de leur présence. ou Hothman. Membre de la musique >> du roi. Voir plus loin. luthiste. de la chapelle du roi <lepuis 16. Henry (3). 11 mourut vers 1723-1724. . vingt-quatre \'io(1) Lazarin lons du Roi. Tannée suivante. les chants que i'ay misaux Pseaumes de Monseigneur TEuesque quis. La renommée de ces concerts dame la Duchesse de Liancour la spirituels. Il mourut en 1670. tellement excellé. llolman mourut après les fêtes de Pâques de 1S63 (Loret annonce sa mort le 14 avril). Lully lui succéda en cette qualité. c'est pour « le manche <p.77. Lazzarini était l'un de^.y onl. il avait épousé en secondes noces. âgé de 65 ans.54 et maître de luth des pages. doyen de celte chapelle. (5) Les Schomberg étaient très amateurs de musique. Mar- & autres personnes très considérables. Appartenant à la chapelle du roi depuis 1*534. Ducs. il organisait chez lui des concerts. Nommé compositeur de la Musique de la Chambre. Marie de Ilautefort (1616-1691). Comtes. pp. il mourut. pour Itbier (Léonard]. du Bois-Aubry. de feu M.. que cela obligea plusieurs Archeuesques. fut si célèbre. Haulmann.5) nomme « l'unique dans Paris d'un Luth et l'archet dune Viole ».JACQUES DE GOUY Hw riii (i).

168

ÉCRITS DE MUSICIENS

(le

Grasse n'auroient peul-eslre jamais esté sous
d'illustres

la

presse.

Apres l'estime de tant
firmé par ses
letli-es,

personnes,

&

l'adueu de monseigneur l'Euesque de Grasse, con-

mon

trau^il en lumière

la faire

de Neantmoins auant que de voir en public & pour mettre la dernière
J'ay mis la première partie
;

main à cet Ouurage, j'ay souhaitté d'auoir vne seconde approbation de M. Lambert, & celle de Monsieur Moulinier 1) Maistre de la Musique de son Altesse Royalle, dont le nom s'est rendu recommandable à ceux de sa profession, comme à tous ceux qui ont quelque inclination pour vne si belle science; il est merueilleux, non seulement en l'Art de bien chanter, mais encore en la composition des Airs & des Motets, & si la Musique auec tout ses agreemens1

il seroit capable de les restabiir, & de luy donner de nouuelles i^races, la preuve, de cette vérité est trop manifeste, elle se verra encore plus esclatante par ses glorieux meslanges qui sont

estoit anéantie,

prêts de voir le jour.
J'ay retranché dans l'impression par l'aduis de ce?-

excellens Juges beaucoup de choses que j'estimoi>

en quelque façon suportables,
Elienne Moulinier. maître de

comme

les ports

de

(1)

la

musique du duc dOi-

léans, avait un frère Antoine, chanteur à la Cour, depuis IGl'.i. qui a été confondu quelquefois avec lui. Ce dernier mourut par accident en 165t>. Etienne en conçut un violent rhatriii»

pendant plusieurs années il fit célébrer un service anniversaire en grande pompe et en musique, auquel prenaient part les premiers ailistes. I.es Moulinier étaient languedociens.
et,

jAcoi

r:s

DE GouY

u;;»

voix

&

les

liaisons qui

lu*

se'mbloienl rendre les

chants de mes parties 1res ap^reables, j'auois marqué ces agréemens en faneur de ceux qui ne sçauenl pas Mais je les ay ostez, afin de la manière de chanter
:

me

rendre conforme aux autres Airs, qui pour
la liberté

l'or-

dinaire s'escriuent simplement, laissant à chacun

selon sa disposition,
lui

de faire ce (}ue bon

semble.

de Cour, a
d'Airs.

La conformité qu'il y a de mes Pseaumes aux Airs fait que j"ay donné à mon Liure le titre

J'ay diuisé tout ce trauail en trois parties,
;

&

cha-

cune partie s'imprimera deux fois La première avec quatre parties de Musique, & les paroles du premier & du second couplet, & la seconde s'imprimera avec le Dessus seulement, & tous les Versets de chaque Pseaume, qui se chanteront aussi facilement que le
Mais pour en auoir la satisfaction toute faudra en attendre l'impression, suiuant changement que Monseigneur l'Euesque de le (irasse a fait de beaucoup de stances qui ne se pouuoient pas chanter commodément sur l'Air des

premier

:

entière,

il

premiers.

Que si dans les Pseaumes à quatre parties il n'y a que les paroles du premier et du second couplet de chaque Pseaume, c'est qu'aux Concerts (jui se font dans les maisons particulières, on a acconstumé d'en user de la sorte pour les Airs, oii l'on cherche le
plaisir
«Se

de l'ouye, qui demande la diuersité des châlits, non pas la fréquente répétition du mesmeAir. bien
des stances soient toutes dilTercnles.
10

tjue les paroles

ECRITS DE MUSICIENS

On

doit pouilant sauoir

ivont pas esté

de dire;

que ces chants Spirituels, composez pour la fin que nous venons mais seulement pour loiier Dieu, et pour

profiter des excellentes pensées qu'on y trouue en les

chantant. Ces,l pourquoy on doit aucir sur tout vne

grande attention aux paroles,
...

si

on désire en user

selon lintention de l'esprit qui les a dictées.

Les Censeurs remarqueront beaucoup d'ende la composition commune, la pluspart desquels empeschent de bien faire chanter les parties, de bien exprimer les passions, & de bien obseruer la prononciation des paroles; mais s'ils en jugent plustost par l'oreille que par vne mauuaise pratique, ils trouueront que ces endroits ont des agréemens qui ne sont pas moins
droits, qui sont contre les reigles

receuables que

le reste.

Les reigles ont esté inuenléespour la beauté& pour la grâce; mais si en les obseruant on ne la rencontre pas, il est permis d'en inuenter d'autres pour arriuer
à ce but.

Nous ne sommes pas du temps de Pythagoras,

de dire le Maistre l'a dict ainsi permis de disputer aujourd'huy contre Aristote, je croy qu'il n'est pas moins permis de disputer contre ceux qui ont estably les reigles de la Musique, veu qu'elles ont bien moins de fondement, que les principes de la Philosophie. Si tous mes chants ne paroissent pas de mesme force, c'est qu'ils sont dilïerens selon la nature des sujets traitez en chaque Pseaume, & les Musiciens judicieux sçanent bien que quand il faut exprimer
c'estoit assez
:

S'il est

JACQUES DE GOUY

171

(les

passions, les chants sont en apparence plus forts, parce qu'ils sont plus passionnez, encore (ju'en effet ils ne soient pas plus inijenieux; mais cette variété

sera peut-eslre cause qu'ils auront tous leurs partisans.
I.es

sçauants en cette profession

&

ceux qui sont

dliumeur melancholique, aymeroni les chants tristes cl passionnez, où se trouuent les beautez de l'Art. Ceux qui sont gays, se plairont aux chants de mouuement, & je ne croy pas qu'aucun voulut prétendre à
la

gloire de satisfaire à tout

le

monde

par

vne

mesme

voye.

Aussi afin que chacun trouue selon sa disposition des Pseaumes qui auront des chants pr-oportionnez à son humeur; je me suis estudié particulièrement
à

exprimer

les

sentimens du Piophele, qui sont tansérieux,

tosl
les

tristes, tantost

&

tantost gays, selon

sentimens qui

prédominent

dans

ce

grand

homme.
... Le Maistre, auanl que de faire chanter les Pseaumes, doit au moins lire vne fois les paroles du premier couplet, & remarquer les passions, & les

mouuemens
ler

qui s'y rencontrent, afin d'alentir

la

mehas-

sure quand ce seront des passions tristes,
lors qu'elles sont gayes,

&

la

ou lors qu'elles son!
si

piecipitées; on doit sur tout prendre garde, à bien

oitseruer les

mouuemens

selon les passions,

l'on

désire toucher les Auditeurs.

Quand
eslre vn

il

n'y a point de passion, la
le

mesure
tel

doit

peu graue, puisque

sujet est

de sa

nature.

172

ECRITS DE MUSICIENS

Ces obseruations ne sont pas pour les tarauds tous ceux qui n'entendent pas toutes les grâces de la Musi(jiio. Si les Maislres, pour bien conduire la Musique, iioiuent lire vue fois ou deux les paroles, je croy que ceux qui les veulent chanler, y sont encore plus esIroitement obligez Car sils ne possèdent pas parfaitement le sens des paroles, ils ne sçauroient jamais animer ce qu'ils chantent. Pour bien exprimer les passions, on doit tantosl adoucir la voix, & tantost la forlifier; l'adoucir aux passions Irisles, et la fortifier aux paroles où il y a ^luelque véhémence. Et cela se fait à dessein de

hommes; mais pour

:

mieux

faire paroistre les contraires,

comme

il

se

void au quatriesme Pseaume, en voicy un exemple,

Quand

l'esprit

accablé sous

le

faix des douleurs,

c'est

une fagon qui se doit chanter doucement, & Par mes cris, mes soupirs, mes plaintes, mes pleurs, auec plus de douceur, & ainsi dans les autres rencontres. Ceux qui savent l'Art de chanter, n'ignorent pas ces agreemens, aussi ce n'est pas à ceux là à qui s'adressent ces aduis, parce que j'espère que les grâces, & et les ornemens qu'ils donneront à mes
chants, les rendront considérables.
Il

ne faut pas s'estonner que
le

la

Musique

soit des-

cheiie de l'estime qu'elle auoil autrefois,

&

([u'elle

ayt perdu

don de

se faire admirer, c'est
la

vn

effet

de

la

juste

indignation de Dieu qui

priuée de

toutes ses grâces, pour nous punir du mauuais usage

aille

que nous en auons fait Ce n'est pas vu exercice qu'il profaaer pour entretenir les agreemens d'vne
;

.lACOUES

UE GOIY

17;^

ilesbauche de table, ou pour plaire à des objets de

péché dont
bles, C'est

la llaterie fait de fausses diùinitez visiun Art sacré qui ne doit estre employé,

que pour payer

à Dieu les tributs & hommages de nos reconnoissances, par de continuels sacrifices de louanges.

El

si

j'osois faire des

vœux en faneur de

cet

Ou-

urage, je supplierois sa saincte miséricorde, de com-

<iui

muniquer à ces chants les bénédictions de l'esprit eu a dicté les paroles, afin que ceux qui ont eu
jusqu'à présent ({uelque auersion pour les Airs Spirituels, soient

louchez de respecte^ d'amour pour ce

bel Art, aussi bien y sont exprimées,

&

que pour les sainctes veritez qui que ceux qui les oui souhaittez

la

par lessenlimens de leur pielé puissent y rencontrer satisfaction qui leur est deiie C'est la seule fin
:

pour laquelle j'ay trauaillé, & c'est le principal effet que je demande à Dieu pour ce tiauail, afin qu'un jour nous puissions tous ensemble chanter ses grandeurs dans le concert des Anges, & <lans la suite de
tous les siècles.

M.

l.i:S

CHABANCKAl
ixvii*^

llK

LA lîAUHF

siècle

nom

y eut, au dix-liuitième siècle, jtlusicuiv musiciens du de La Barre. Pierre de Chabanceau. lils df Pierre Cliabanceau, sieur de La Barre, organiste de NotreIl

i)roliableinent vers 1590. En KiOS. son pèripour lui et sa sœur Jehanne, de leur grandtante Denise Fenyn, une somme de liuit cents livres, par donation du 26 juillet, « poui- leur donner le moyen dètre mieux pourvus par mariage ». La Barre tenait lorgne de la chapelle tlu roi depuis il était claveciniste le milieu du règne de Louis XIII de la reine mère deux de ses fils. Joseph et CharlesHenry, lui succédèrent respectiveuient dans ces deux charges. Lorsqu'il mourut, en 1656, il fut enterré à SaintGermain l'Auxerrois. le vendredi 3i mars. .loseph de Chaijanceau, sieur de La Barre, qui rem-

Dame, naquit
acceptait

;

:

plaça son père à l'orgue de la chapelle et 1678, voyagea pendant plusieurs années,
sa sœur. Anne. L'acte qui
lui
f

mourut en
ainsi

que

oncède

la

succession

de son père fait état de « sa capacité en la compotoucher de sition de la musique, sa dextérité à l'orgue et lexpérience qu'il sest acquise en cet exer-

LES CHABANCEAU DE LA BARRE
cice dans les divers pays où ses voyages et la curiosité

font obligé de demeurer pendant plusieurs années, niesme en Suède auprès de la Reyne Christine, qui l'y appela pour ses lionnes qualité/. ». Abbé de SaintHilaire dans le diocèse de Carcassonne. le fils de Lully lui succéda dans ce bénéfice, le 6 mai 1678. Il puljliii eii 1669. des Airs à deux parties, arec le second couple!
en diminulions.

Son frère Charles-Henry, fut claveciniste de h» reimmère et de la reine Marie-Thérèse 1 Anne de La Bai-re. reçue à la musique delà Chambre en 4661, se maria avec un sieur Coquerel. Elle était veuve lorsqu'elle mourut, en mars ou avril 1088. Son
.

l'rère lui

survécut.
('..

Voir, sur ces mvisiciens, la Correspondance de
f/ens. et

IIuij

H. Ouittard, Henri/

Du Mon!,

p. 39.

AN\f: DE LA liAHRK
A CONSTANTIN IIUYGENS
2)

;^Paris, 31 juillel 16iS.
.Mo.N-«IKl H,

.ray creu estre obligée de vous
le
l'ai

l'aire

paroislre

ici

ressentimeni que j'ay de Ihoneui- que vous
lies
|)ar l'est inie

me
la

que vous avés de moy dans

(1) Pierre Ch.-^haïKcau, son fils (.'), joueur de lulli de la musique di' la C.ii.unbrp. était remplacé par .I.-Noi-l Marchand.

le ]S ;ivi-il
i2')

1710.

Lettre publiée par

Miisicieris

au

<li.r-seplièine siècle,

Jo.\f;nLuErn et L.wd. Musique pp. (.l.\ll-('.l.VnL

e!

176

ECRITS DE MUSICIENS

que vous maves l'ail Ihoneur de urescrire, si liljerale que vous me faicles de voslre maison où je me souhaitterois pour vous faire entendre ce que nous avons de vous. J'ay fait entendre vos œuvres à Monsieur Lambert qui est le meilleur maistre de Paris pourléchant et a quantité d'autres personnes qui s'y cognoissent qui les ont trouvé admirables. J'espère un de ces jours de les faire entendre a Monsieur le marquis de Mortemart 1) et a Monsieur de Bellingant 2). Je crois que vous entendes parfaittemenl les laniiues oi^i vous composés veu la belle expression de la parole laquelle je tascho de bien exprimer. le finiray en vous suppliant de croire ([ue ie suis. Monsieur, Votre très humble servante
lestre

outre l'ofre

1

Anne de La Barre.

PIEHRE DE LA BARUE
AU MKME
3)

ce jeudy lo™^ octobre

46i-8.

Monsieur,
J'ay receu celle qu'il vous a plu de m'escrire dattée
.
.

par laquelle j'apprends que vous estes en voiage,

Gabriel de Rocliechoiiai-I, né en KJiK), duc el pair en gouverneur de Paris en IGO'.i, mort en l(>7."). favori de Louis XIII, el son pre[2] Henri Beringhen (? mier écuyer. (3) .loNGDLOETii et Land. op. ciL, pp. C\L^'III('.XLX.
(1)

KiôO,

Charles I"^ d'Angleterre paya lOn livres sterling un luth de Mahler. 3| L'église Sainl-. mais comme il est fori vieil il esl bien cassé et mesme il y a quelques pièces. le Premier qui a celle affaire (1) (2 Sur les Gaultier. Son prix est de quinze pislolles pour le plus. rue Sainl-Marlin actuelle.">). Chacun a son goût. intendant de Mr. vers 1415. Dans huit jours je le j)ourray entendre el vous manderay ce qui en est. J'advertiray de tout cecy Mr. de mesme prix mais beaucoup plus beau et entier que l'autre. Je ne vous j)nis rien dire de sa bonté parce qu'il n'a point de manche. Un luth théorhé de cette date serait conservé au South Kensington Muséum de Londres. p. 152 el suiv. 11 ap|)arlienl a un M'" feseur de luth qui se nomme Lesselier et demeure en la rue St. on travaille appres. Laux (Nicolas ou Lucas Maliler. Mederic (. Martin proche St. joint qu'il me semble qu'il estime plus les luths neufs de Desmoulins. L'autre luth est de la mesme taille a neuf costes et de Hens Fri. .LES CHABANCKAU DE LA BARRE 177 ce que j'avois desia appris de J'avois escrit en vostre absence particulières. Ce n'est pas l'opinion de Mrs les Gauliers (i) et autres excellents joueurs de Luth. Suivant donc ce que vous m'avez mandé jay fait perquisition chez tous ceux qui ont des Luths d" Allemagne à vendre. faclcur de luths à Bologne. M"" de Verpré auquel pour quelques afî'aires ne luy ayant rien communiqué de la recherche que vous failles d'un excellent Luth de Bologne. Tassin. J'en ay trouvé deux de la mesme taille de la mesure que vous m'avez envoyez dont l'un est de Laux Maler (21 a neuf cosles.Merry. voir ci-dessus. Il est excellent d'harmonie.

Gautier (2) et . nommé un cuMr. et qui n'espargnera rien en ce passe temps la. ou Gaultier d'Angleterre.de me dire leurs advis faillir car j'ay tousiours ouy dire qu'il vaut mieux avec conseil que de bien faire de soy mesme. Je suis aussy appies a (i) a en voir quelques autres qui appartiennent rieux homme de qualité. j'ay creu vous en avoir mandé ie la vérité. je sçauray combien il veut vendre un Luth qu'il a comme vous les demandez que Ton dit estre le plus excellent qui soit a Paris. mais peut estre me suis mal expliqué contre mon intention. il y a trois mois. Denis Gaultier. quand il sora revenu de la campag-ne.17s ECRITS DE MUSICIENS en recommandation. de la Noue. qui achepte. je prieray Mr. lequel ne me semble pas si bon que le premier dont ie vous ay parlé: mais en cette affaire. et par conséquent le travail en es^ (1) (2) Un collectionneur. non pas a la mode de Flandre. avec (rente ou quarante autres de grande valeur. ce sont deux clavesins joints en un. Un de meî> intimes amis en achepta un comme vous le demandez.". Pour ce qui est du prix des clavesins de Paris. suivant ce que vous m'avez escrit. Car la vérité est que ce m'^ qui est encore ieune. lequel. de peur de se mespreiidre. d'autres excellensm. suivant la resolution que vous manderez. qui ne jouent que les mesmes cordes. qui revend pour son plaisir. mais différent en ce que ceux-ci font sonner difl'erentes cordes sur chaque clavier: et a proprement parler. un anialeur. au commencement qu'il eust trouvé l'invention de faire des clavesins a deux claviers. C'est un homme qui trocque. ^o pistolles et plus. .

(1.LES CHABANCEAU DE LA BARRE A la nouveauté les premiers qu'il fîst furent vendus deux cent escus. et il est vray que le mien qu'il ne m'a cousté que deux cent cinquante livres. Et a présent depuis qu'il a fait le mien et quelques autres. ils m'en a fait quelque El pour ceux qu'il ne vent ne sont qu'a que un clavier . et si il les vent moins du tiers. Monsieur. Votre très humble serviteur ie lui : De La Barre. quoy qu'a mon gré ils ne fussent guaire bons. puis bien avoir mandé . Joseph et Anne de La Barre les hôtes étaient vraisemblablement à cette époque de Iluygens. . sans la peinture. duquel il me demande jusques a six ou sept cent livres. Je vous double. Je vous remercie très humblement de la bonne volonté que vous m'avez tcsmoigné avoir pour mes enfans (i ) cela les (obligera avec moy. ils me semblent bien meilleurs. soixante escus. Et en ay proposé un de quelque autre invention plus jolie. mais aussy est-il vi-ay meilleur marché accause que ie luy fais fois gaigner de l'argent.<-omme je vous puis avoir mandé. de rechercher les occasions de vous tesmoigner que je suis véritablement. ce qui se pourra peut estre achever cette année.

en février 1601. Marié. Il avait été clavecmisfe de Henri IV et organiste de sa chapelle. Seine-et-Marne). organiste la nette du roi (dans (1) comme (jOO État des Officiers de la Maison du Roi le porte joueur dépinette. tit-fîls de Thomas Champion. Un . depuis 1590 au moins. octogénaire vers 1629. Le fils de Thomas. vivait peut-être encore en 1641^ (1). à Plessis-Feu-Aussous (près de Rozoy en-Brie. comme claveciniste de la Chambre. A plusieurs reprises. Jacques. descendant peut-être d'une famille de musiciens picards.CHAMPION DE CHAMBONMERES (1602-1679). était pcet joueur dépiseconde moitié du seizième siècle). en 1643. Chambonnières tenta de quitter la cour de France. naquit en 1602. sieur de la Chapelle. Jacques Champion. Il succéda à son père. JacquesChampion eut un fils. Jacques Champion de Cliamhonnières. Huygens. « et Jacques son fils à survivance. qui l'estimait beaucoup. fdle de Robert Chatriot. dit de Chambonnières. livres ». en 16i3. qui rendit son nom célèbre par sa virtuositésur le clavecin. avec Anne. au dire de Mersenne. sieur de Chambonnières.

I3RENKT.mbonnières s'était trouvé « si dégousté. lUnr. dont on trouvera api'ès la curieuse préface.. parut sans doute peu après cette déclaration. en 1655. au baron de Schwerin. comme il a toujours faict icy ». par M. » 17!tO . Olittaro. second recueil fut publié après sa mort. s'il trouvoit un prince digne. Ce recueil. Consulter.) Mais le « très illustre » claveciniste resta à Paris. en datte du ci. M. amateur de sa science et capable de le faire vivre avec un peu d'honneur.CHAMPION DE CIlAMBONMlinES le IHl proposa au sieur d'Aunoy. la reine Christine de Suède. gentilhomme de et. (1 Jean-IIenry d'Anf^leiteil ou 1700.5 septembre et 1'' octobre 1898). 414 (:-5] Un (Mat de la Musique de la Chambre pour 168(i porte cependant encore « Jacques Champion. sept ans plus tard. (31 août 1662. de se veoir ostée par le bas et mauvois mesnage qui règne en ceste Cour une [jcnsion d'environ mil escus par an. mourut en 1672 (.")H à Sanimelb. qu'il y auroit moyen d'en chevir (sortir). la Librairie musicale en France. de 1H.. Dés 1664. p. On suppose que le claveciniste. Cha.3. : 11 . (300 livres. et ce pour le temps de dix années. Chambonnières présentait à la communauté des libraires un « priviège par luy obtenu de Sa Majesté pour un livre qu'il a composé intitulé les pièces de musique pour le clavessin. Le "27 juillet 1671. Jean-Henry d'Anglebert (1) le remplaça comme claveciniste du l'oi. 2. fort influent à la cour de Brandel)ourg. G. dont Un il est le seul monument gravé. qui prépare une réédition de l'œuvre de ce claveciniste.T aoust 1670 » (2). der I. sur Chambonnières. dit Huygens. mort avant (2^ M. Danglebcit. né vers KUO. l'étude publiée dans la Revue inlernalionale de Musique (1. II. joueur d'Epinette et Jean-IIenry Danghiberre en survivance.

digne de mériter la grâce de vostre agrément. Madame. 1G70. . Auecpriuilège du Roy. Il n'y a personne qui paisse rien olïrir à vostre Al- tesse Serenissime qui ne soit beaucoup au-dessous du mérite quil faut avoir po' parétre deuant vos yeux. Aussi ne vous presenté-ie ces petits fruicts de mon labeur que pour ne pas commettre la faute que jaurois cru faire si j'auois dédié mon Liure à vne autre qu'a vous. chez Jollain. J'espère qu'en Les imitant. le scay. souffrent L'encens des moindres personnes comme celuy des Roys. Madame. Ln petit volume ohlong. vous excuserés ma témérité.lauessin de Monsieur de Chamhonnieres sei vendent à Paris.182 l'XRITS DE MUSICIENS DÉDICACE DES PIÈCES DE CLAVESSIN A Madame Madame la Duchesse d'Anguien ij Madame. (1) Les Pièces de t'.} gravé. rue Saint-Jacques à La Mlle de] Cologne. puis que les Dieux auec qui vous auez tant de rapport. mais. et considérés seulementmon zèle. et la passion auec laquelle je suis.^ quil faut estre bien persuadé de vostre bonté pour ne pas craindre de vous déplaire en vous faisant vn présent si peu .

de Thou. QUESNEI-. le très Seienissiine.CHAMPION DE CHAMBONNIERES 18B De Vostre Altesse Madame. PREFACE DU MÊME OUVRAGE quil y a ordinairement a donner ouurages au public m'auoit fait résoudre de me contenter de l'approbation que les personnes les plus augustes de l'Europe ont eu la bonté de donner a ces pièces. Au Mesme Chambonier (air). Lors que jai eu l'honneur. Sanolin. Illustre Chambcmier («iVl je pariray pour vous. Ce pendant les auis que je reçois de ditTe- Le desauantage ses (1) la Les deux quatrains que duchesse d'Engliien: A Monxieur Ton voici. : C. humble. donl les mains sans paieilles Semblent enlever l'ame perdes tons si diuers A quoy te peut seruir la loiiange et nos vers Puisque tout l'iiriiverB admire tes merveilles.). de [les] leur faire entendre. Uibliotliécaire de M'. Illuslri' . suivent la dédicatc à de Cliamboniére clijirmenl Clauessin lient dans son doux empire Les mortels el les Dieux qu'il a rendu Jaloux Qu'Orphée employé icy tous les tons de sa lyre. . 1res obéissant et très obligé Seruiteur De Chambonmhres ' i .

. et pour le faire auec plus d'auanlag-e po' ceux qui s'en seruiront ne pouuanl auec les nottes ordinaires marquer certains traits qui donnent beaucoup d agrément a ces pièces Je l'ay fait par les marques suiuantes po"" roissent sous . elles seront sans doute. qui pamon nom. ou l'on a la connoissance du Clauessin. que toutes ces copies infidèles. et plus vtiles au public Et plus honorables moy. par les copies que l'on en distribue quoy qu'auec beaucoup de defTauls cl ainsi fort a mon préjudice. O()e-nvgiv»tvatu>o'>t* hv»-v«jm«. m'ont fait croire que je deuois donner volontiers ce que l'on motoit auec violence Et que je deuois mettre au jour moy mesme ce que d'aulres y auoient desja mis a demy pour moy: puis qu'aussi bien les donnant auec tous leurs agremens comme je fais en ce recueil.. C'est ce que j'ay taché de faire en ce liure.184 ECRITS DE MUSICIENS rens lieux quil s'en l'ait vn espèce de commerce presque dans toutes les villes du monde.

Bien ({ue ses ennemis veuillent dire que c'est par la laveur de Son Eniinence. pp. Gobert resta seul en fonctions mais. dès l'année suivante. en 1630. Gobert. Après trente ans de services. édition Thoinan.. » du seizième siècle vraisemblablement.. li'i-lio). qui et roi. car à Paris ils sont mesdisans. A la mr)rt de Jean Veillot. « et de là fit un beau saut che/. en d608. Au dire dAunilial Gantez {IKnlrelien des Musiciens. il avait été nommé chanoine de Saint-Quentin. Gobert se retira. puis qu'il est Maîstre de sa Chapelle laquelle gaigna au prix. . et un meilleur chez le Uoy. pourvu d'un canonicat à la Sainte-Cliapelle. Né à la fin . lun des deux maîtres de chapelle du roi. il avaitdabord été maître à Péronne. sous Louis XIII . toutesfois on ne le doit pas Thomas Gol)ert.THOMAS GOREHT i 7-1672) fui maître de la Chapelle du Louis XIV était originaire de Picardie. Du Mont. croire. celles-ci furent ré|)artics entre piatre organistes. Monsieur le Cardinal. Robert et Lx• pilly.

ou les dissonnances sont parfaictement bien recherchées et employées. avec belles expressions et scantion de la lettre. . » en -1609. la Paraphrase des Pseaumes de David. le 30 septemtrre. La lettre est Musiciens au dix-sepreproduite d'après uni- <opie faite par Huycens. Je me ressens infiniment honoré de vous a plu mescrire. A HLYGENS(i) [Le sieur GOBEBT maislre de Chapelle (2). de sa PaIhodia. . laquelle me donne l'occasion de Vous tesmoigner moy mesme que jay eu grand contentement à chanter el considérer Vos beaux pseaumes. Gohert était en rapports suivis avec Constantin Iluygens et surveilla l'impression.186 KCniTS DE MUSICIENS tout en conservant jusquii sa mort. p. j JoNCKBLOET et Laxd. Musi(]ue et lième siècle. pleins de belles chordes et beaux chants. Ouittard. en 1647. à Paris. Ils sont propres à celle qu'il 1. entre Du Mont et Robert (voir H. Monsieur. du Roy Tres-Chretiiien] 20 may 16^6. Cette charge fut partagée. CCXIII. Henry Du Mont. en 1672.'2) Note de la main de Huygens. qui parut chez Balland. en sorte que l'on peut asseurer qu'en france ou en Italie on ne peut point trouver une plus belle manière. par Godeau. le titre de composjteur de la musique de la Chapelle du Roi. 11 avait « mis en chant.

ayant esté a vandangeensuitte du congé que la Beine nous en avoit donné depuis mois précèdent.THOMAS GOlîERT 187 loucher et esmouvoir les passions. Je seré bien ayse demployer le temps quils méritent a les consi- . Monsieur. qui est une coustume le d" du ordinaire. oslans bien exéLes plus intelliii^ens qui les verront el qui ignorent Vos qualités. mais pluslost fl'une méditation sérieuse. J'ay veu beaucoup de belles choses tant dans vos airs Italiens (jue françois. Monsieur. qui ont fait cognoistre Vostre nom partout et qui sera désormais en particulier honneur à nos praclisiens et renouvelle par my la conversation de beaucoup de gens d'honneur.altesse M' le Prince d'Orange. ce qui ma fait manquer a ma promesse à ce mien retour. Ce sont mes sentiments. n'ignorant point Vos universelles el rares qualités. etc. iGOBERT. que je tesmoigneray tousiours cutés.J AU MÊME v Monsieur Huygens «Conseiller d'estat de son . J'ai receu celles qu'il vous a pieu m'adresser depuis que je ne me suis donné l'honneur de vous rescrire. partout. ne les prendront jamais pour de productions de Vos divertissements.

appelé par (1 Mazarin. Vous demandant mille excuses de ne vous avoir point donné advis de mon absence. vous avois mandé cy devant comme nos ouvrages sont ordinairement pour IKgliso et pièces fort longues de celle manière Je vous ay envoyé un magnificat. je chaque partie. dont j'espère vous donner des preuves dans le soing que j auré d'exécuter voslre dessein. pour d'en vous supplie. et avoir Ihon" neur de voslre bienveillance espei-ant aler en holande et veoir ce pays en ayant grande passion. le grand chœur est a cinq csl(s/c)tousiours rcmply de quantité de voix. Le seign"" Louygyfi) m"avoil chargé des Fonteine beleau des presens airs italiens. et reserver au premier ordinaire de vous en entretenir. Ballard Imprimeur et le disposer a travailler au pluslot.188 KCRITS DE MUSICIENS derer et estudier. et qui fit jouer à Paris. qui était alors en France. avec ses très humbles baises main. je corriger defl'auts. ce que j'estime a une singulière faveur. Jeluy ay 11 ! fait veoir vos pseaumes quil a treuvé fort beaux. aux petits cluieurs les voix y sont seules de le reste qui est les de moy. m'. le Mariivje dOrphée et crEurydice. craignant que vous ne doubtiez que je naye pas assez de ressentiment de ihonneur que je recois de vous par celles quil vous plaist m 'adresser et de vo& ouvrages. Si vous lui faites l'honneur de luy escrire quelque mol en sa langue il s'en tiendra beaucoup honnoré. le reste se sont Antiennes recilalives Luigi Ros^i. le 2 mars lt)47. pour vous les envoyer. Je ne manquere ces jours cy de veoir Mr. désire vous envoyer d'autres airs. .

lay 189 nous mcslons quehjuefois après créa les qiiil les pseaumes. if/. ce 17" oct. de Paris. et très ol)eissant serviteur \'ostre très humble GOBERT.THOMAS GOBEUT i[\w . en- esloit trop incommode de vous qu'au voyer parties séparer cl contrere vous verres mieux dans les partitions. Je recebveré avec faveur ett^race vos sentiments sur ces petits eschantillons.(>. estant. 11. Monsieur. .

il remplit par la suite <?es fonctions à Saint- Honoré. il se maria le 30 juin 1635. nan (Arch. de Mémoire de Camberl au roi. organiste de la reinemère.. naquit à Paris en 1628. « ayant eu la pensée d'introduire les comédies en musique comme on en faisoit en Italie ». Élève de Champion de Chambonnières voir ci-dessus p. qui dut avoir un certain succès. Son père était fourbisseur. 108 et suiv.spèce de dialogue ». Anne d'Autriche. il était alors orga<< français niste . Dès 1658.1(377) Robert Camberl. ainsi qu'on l'a justement appelé. l'un des vrais créateurs de l'Opéra ». Le poète Perrin « ayant entendu cette qui réussissoit avec succez et qui n'ennuyoit point quoiqu'elle dunU tant en symphonies qu'en récits trois bons quarts d'heure. Cambert. cité par \uitter la Comédie frani^ai^e)..riOBERT CAMIÎERT (iJ)28. commença « une élégie à trois voix différentes en e. la Miietle ingrate. et Thoi- . prit de là envie de pièce composer une (1) petite pastorale » \ . et fut nommé en 1066.

dit SainlKviemond. en vers françois ». C'est là qu'il écrivit le et Bacchus. le privilège de l'Opéra ^mars 1672). et non Ariane. au même endroit. du Cambert. après avoir été répété en 4669. Unejeunechanteuse.. représentée. le « privilège pour l'establissemenf des Académies dOpéra. vers la fin d'avril 16o9. de La Haye. paroles de Gilbert.ROBERT CAMBEnT Ce fut. était beau. dans ce vil- M. fut donnée la première représentation de cet « opéra ou représentation en musique » de Perrin et Cambert. les Peines et les Plaisirs de l'Amour. qu'on représenta. mais qui ne fut jamais représenté. profitant de sa faveur auprès des ennuis. au château de Vincennes. à Paris. la Marie Brigogne. Perrin était alors en prison. et que LuUy. premier domicile de celui-ci. Le 19 mars 1671. lage. ou Représentations en Musique. que Cambert composa à de Mazarin. et le Tombeau de Climène fut admiré. ses associés. chez pour certaines l'invitation affaires d'argent. confirma le succès de la nouvelle académie. pastorale en cinq actes. fondait l'Opéra de Paris. dont les répétitions n'avaient pas été sans difficultés. La musique n'en est pas connue. voyant l'engouement du public pour les pièces en musique. Perrin ayant obtenu. représentée en février ou mars 1672. poème d'Ariane Une seconde pièce. ou ses concessionnaires. rue Mazarine. la 1<)1 Paslorale d'Issy. le 28 juin 1669.. qui n'avait jamais été à proprement parler . se fit céder par Perrin. moyennant une rente. Les voix et les instruments s'étoient déjà mieux formés pour l'exécution ». C'est alors roi. Mais ce fut Pomone. des procès incessants de Perrin avec ses créanciers. Lully. « Le prologue. Le succès en fut tel que le roi voulut l'entendre (fin maii. y obtint tant de succès qu'on ne surnomma plus que « la petite Climène ».

pp. croit-on. une partie du premier acte des Peines el des Plaisirs de l'Amour. le premier acte de Pomone. Rolland. puis maître de la musique du roi. et peut-être. Le Mercure d'avril IH77. dans la collection Michaelis. Charles II. qui aimait la musique Irançaise.Lr. Outre les Airs à boire de 1665 dont on lira ici la préface). 11 fut chei' de musique d'un régiment. l'Opéra en Europe avant Lulli/ el Scarlalli. assassiné circonstance dont profitèrent d'ailleurs. « Il ne reste de lui que le triode Cariselli. (juilta la France pour l'Ang-leterre. porte toutefois l'empreinte d'une science musicale réelle ». A. . Pougin. 309-310 cf. Cambert collabora à différents recueils tels qu'en publiaient alors les éditeurs de musique. C'est trop peu pour formuler une appréciation définitive et raisonnée sur son œuvre qui. le fit venir vers la fin de 1673. et la basse seule des chansons à boire. Xuitter et Thoinax. c'est certain. . les Origines de l'Opéra français. lui consacrait un article nécrologique. les vrais Créaleurs de l'Opéra français R. : . Ce qui subsiste des opéras de Cambert a été publié par Weckerlin. l'associé où le roi . Il fil joaer Ariadne.rUTS DE MISICIENS de Pcirin. 205. Perrin el Camberl. 11 dut donc mourir vers cette épotpic il fut. les Peines el les Plaisirs. à la cour. les ennemis de Lully. ainsi que les ouvrages cités p. eu anglais.

très petit format oblong.ROBERT CAMBERT . seul imprimeur du Hoypour la musique. . le vous aduouë. . que dans l'Auguste Employ dont vous vous acquitez si dignement. Auec priuilège de Sa Majesté.MOKT Conseiller dv Roy : en Sa Cour de Parlement de Paris i) Monsieur. de Basse. si je n'auois remarqué plusieurs fois. AP. De M.de Paris.\nis. Les autres parties sont perdues. j'ozasse presque en mesnie si temps vous présenter ces que voulant chercher une protection au premier ouvrag-e que j'ay mis au jour. (lAMIîKin Maislre et Compositeur de Musi(iue de la iJoyne Mère. vous (1) Dédicace des Aivs ù Boire. connoissances si esclairées de toules choses. et organiste en IKglise Collegialle de Saint-Honon. \[l-i A MONSIELU DV MESML MUM.par Robert iiallard. vous Airs à Boire. Comme depuis peu de jours Ion vous a dodié vu Irouueriez peul-eslre esLran<^e que je ne Recueil des plus beaux Airs qui aycnl eslé mis en lumière. Hlii"). Monsieur. je n'ay pas creu en pouuoir trouuer vne meilleure que la vostre. qu'outre les grandes lumières qui donnent a vostre esprit des vous faisois entendre. A deux et a trois Parties. j'aurois mauuaise grâce a vous présenter vn ouurage de si peu de conséquence que des Airs à Boire. Monsieur. que vous preniez quelque sorte de satislaclion à les entendre chanter: le sçay. 1 vol.

(^t moy d'autre dessein que de vous tesmoigner que je suis. & par des comme Motets. Lectevr. ce que jay fait pendant l'Impresl'espère. ADVIS AV LEr.\e luy refusez donc pas (s'il vous plaist) votre protection. & peut-estre plus auantageux de débuter par des Motets. & Airs à Boire eust esté plus séant pour moy. ECRITS DE MUSICIENS auez Toreille extremraement <lelicate.194 . il ne parut i(ue ce dernior. Votre tres-humble Ires-obeïssant seruiteur . el quainsy vous ne manquerez pas de trouuer «le grands deffauls <lans ce petit ouvrage. pièces graves & sérieuses. & mis en bon ordre mes Motets. ce que jaurois fait si je n'auois esté extrêmement pressé par quelques vns de mes amis de commencer l'Impression avant que jeusse transcrit. MONSIEVR.. & que la beaiilé des paroles sur lesquelles ils sont composez suppléera au defl'aul : 1) De tous ces ouvrages annoncés. el de luy faire vn bon accueil.TEVR Ayant plusieurs ouurages de Musique jour il à donner au . puis qu'il n'a autre but que de vous diuertir. c'est aussi. i !. si-tost que Ion croira qu'il vous aura plu. .^ Cambert. mais si vous avez la bonté de les excuser. je suis certain qu'il aggreéra à tout le monde. Lecteur. Airs de Cour. qu'ils ne vous sion de ces Airs seront pas désagréables. .

& le Dessus de Viole.ROBERT CAMBERT 195 de la Musique. vous y trouuerez quelques nouueautez singulières. uA. dont tous les couplets ont des Airs diflerenls. Aussi bien quà chanter.) Mille brindes à ta sant»'. CES Airs mélodieux sont des Chants à ta gloire. Oue j'entends à pintcr. comme les Dialogues pour des Dames. vous obseruerez aussi (jue la pluspart des Airs a trois se peuuent chanter en Basse et en Dessus sans la troisiesme Partie et se jouer en Symphonie avec la Basse. A MONSIEUR CAMBERT Sur son Liuro d'Airs à Boire. & des Chansons a trois. Madrigal. Oui nous obligeront à Boire. . RESPOXSE DE L AVTHEVR Pour vous faire raison je vuideray Et je feray voir à la trouppe. que tout le monde reconnoil pour excellent & incomparable pour la composition des paroles de Musique. ainsi que je l'ay pratique dans quelques Concerts. puis que la meilleure partie est de M" Perrin. P. la couppe. & qui n'ont point esté pratiquées par ceux qui m'ont deuancé.pres que nous aurons chanté.

pendant lesquels il épousa dix-sept ans à Maestricht. grâce aux Messes en plain-chanl miisicaL donl le texte. Deux ans plus tard. où . n'a cessé de faire partie du répertoire des maîtrises françaises. veufve de très puissant seigneur Mgr Honoré d'Albert. M. Ouittard. Ce n'est qu'en 165"2 qu'il publiait. Du Mont vint à Paris. est resté populaire jusqu'y nos jours. il était reçu organiste de Saint Paul.Moût. Du Mont retournait à MaestrichL quelques jours seulement. dédié à « très haulte et très puissante Dame Charlotte d'Ailly. chanteur de la maîtrise et organiste. L'année suivante. H.^. plus ou moins altéré.HENRY DL MOT (i6io-i68. non sans faire de fréquentes al^sences et sans revoir de temps en temps sa patrie de Liège. Daprès son récent biographe. né à Liège en 1010. chez Robert Ballard. r)u Mont — de son vrai nom De Thier — vécut pendant il fut enfant de chœur.j Le nom de Henry Du . duc de Chaulnes )». son recueil de Canlica sacra. vers 1638. Subitement.

.^3). QuiTTAïuj. Du Mont s'intitulait « organiste de la chapelle royale » Ce n'est qu'en juillet 1663. il . il se démettait. d'un style analogue à celui des Canlica sacra. H. le 23 mars 1676. et où il fut enseveli. cependant. laissée vacante par la moi't d\i vieux Gobert (voir p. Nommé musique de la reine et. . En 1657. abbé de Xotre-Dame-de-Silly. de Me. Du Mont lit son testament. près de l'église dont il avait été organiste depuis (luarante-ti-ois ans. 1906). Deux ans plus tard.) Tannée suivante. ville française depuis 1673. de ses fonctions de maître de musique de la reine. 185 et suiv. le 30 avril dédia aussitôt au roi un recueil de Molels à deux voix. accompagné d'un supplément musical Société du Mercure île France.iii:mu dlmont 197 du lie compatriote. Toujours organiste de Saint-Paul. n'avait fait paraître que ses Messes en plain-chant musical. il devenait directeur de la 1667. Robert et Expilly. dont il assura pendant cin<| ans le service avec (jol)ert. dédiait au roi un nouveau recueil de Molels à II. . était nommé chanoine de Saint-Servais de Maestricht. Quittard. il lit de même de sa charge d'organiste du roi Robert également. Quatre successeurs se partagèrent leurs deux semestres. Dans l'acte de mariage. l'amilie de juristes. dit M. le 6 novembre 1683 il mourut le 8 mai suivant. depuis treize ans. Du Mont. En 1672. qu'il fut nommé organiste de la chapelle. III el IV parlics.Mechtilde Loyens (21 août 16. En 1681. publié un recueil de pièces profanes..sil avait iiiic lunges. qui. dans la cour Saint-Pierre. Voir sur Ilenrij Du Monl l'ouvrage publié i)ar M. La môme année. . le 10 mai 1685. il partagea avec Robert la charge de compositeur de musique de la Chapelle.

. Frère uni<iuedu Roy & en l'Eglise S. Contenant Plusieurs Chansons. (?-e n'est pas sans sujet que les plus grands Esprits de l'Antiquité ont crû que la Musique esloit un don du Ciel. Paris. Paul. Organiste de Son Altesse Royale le duc D'Anjou.Co.. Liure Second. L"VII.. iv et v parties. Par le sieur Du Mont. avkc Basse. CONSEILLER DU ROY en sa Cour de Pai-lement de Mets {i) MONSIEVR. enuoyé sur la tene pour le plaisir des Hommes. par Robert Baulard.198 ECRITS DE MUSICIENS A MONSIEUR DE HALUS SEIGNEUR DE COVRBEVOYE. & encore heureusement inspiré d'un Génie qu'on peut dire nestre pasà nous Quand les anciens Théologiens nous ont asseuré que les mouvemens des Cicux ne subsistoient que par elle. & que par l'opposition de ses accords tout l'Vnivers s'entretenoit dans une éternelle Paix Oue c'estoitpar elle que les plus fameux Chanti-es des Siècles passez avoient fait descendre les Arbres des plus hautes : 1) Dédicace des \IeslaN(. il faut eslre comme hors de soy. Préludes & Allemandes pour l'Orgue & pour les Violes. FI les Litanies de la Vierge. M D C. . Motets. mi. Il est certain que l'Harmonie qu'elle compose a quelque chose de divin. puis qu'elle est une production de la plus haute et de la plus pure imagination que l'Esprit humain puisse concevoir. Dessus. Magnificats.ntinle.es a ii. & que pour en faire voir l'excellence..

Les Anciens l'appeloient à leurs plus magnifiques esbats. & endort les les douplus efface la tristesse & rejoiïyt mesme misérables. apprivoisé bestes les plus farouches. . que vous ayez de l'amour pour une chose pour laquelle toute la Terre . Elle presidoit aux Théâtres & aux Cirques. pitoyable basty les murailles d'une des plus su- perbes Villes du Monde. & en un mot de toutes leurs belles actions. Elle appaise leurs. & les rendoit invincibles. de leurs triomphes.HENni DUMONT 19!» Montagnes. & jamais ces grands Hommes n'estoient en paix ny en guerre sans elle. Elle estoit inséparable compagne de leurs batailles. si De tous les sens il n'y en a pas un qui se sente par ses- agréables objets. de tristesse. Parmy les Grecs le Ton Lydien s'il excitoit des gravité. selon les choses que ses accords annoncent à l'oreille. de leur gloire. ils & rendu mesme TEnfer nous ont sans doute voulu montrer l'empire qu'elle a sur toutes les passions de l'Ame. En effet nous voyons par expérience. Ce eii n'est donc l'a eTi pas merveille. les calmé les mers. d'aversion ou de haine. l'Ionien la joye. qu'elle donne le bransle aux mouvemens de l'Esprit. le Dorien la & celuy qui esloit employé aux nombres les soldats à la qu'on nommoit Pyrriques animoit guerre. arresté le cours des impétueux. Monsievr. puissamment charmé que l'oiiye l'est par la douceur des sons. & qu'on ne se sente esmeu de joye. de compassion. animé fleuves les les plus Rochers. & il n'y a presque personne qui ne i'esprouve en luy-mesme. appaisé les vents. n'est tout à fait stupide. larmes. de leurs victoires.

je m'esti- meray infiniment heureux de vous avoir tesmoigné mon ressentiment en cela : & me sentirav excité . Comme vous remarquez en elle le juste tempérament qui règne en vos mœurs. cœur.2u0 i. par lequel vous tenez constamment extremilez des le milieu qui est entre les deux nations humaines. & ({ue vous pratiquez si avantageusement vous-mesme. qui receut comme vue chose tres-precieuse de l'eau qu'un simple Soldat luy olîrit. & en cela vous imiterez ce grand Monarque de la Grèce. vous eussiez pu avoir de la froideur ou de l'indifférence pour celle divine (jualité qui tire son origine du Ciel. & vous approche si inséparablement de la Vertu. vosLre Ijienveillance. La connoissance que vous en avez. Si ma gratitude est bien receuë. que je vous fais dautanl plus librement que vous la verrez en luy. et en tout ce que vous laites. 11 n"est pas croyable qu'ayant une extrême passion.CRITS DE MUSICIENS ni que vous miionoriez de pour le progrez quil vous semble que jay fait dans sa cognoissance. S'il est au dessous de ce que vous pouviez raisonnablement attendre de tout autre que moy. vous ne vous estes pii deflendre de Taymer sans haïr en vos sentimens. Ce que j'ay eu de plus digne pour payer l'amitié dont vous m'honorez consiste en ce que je vous ofïre de bon do loiil lenijDs si grande. comme vous avez pour toutes les grandes Vertus qui se pratiquent dans le Monde. cet admirable concert de l'Ame qui vous esloigne si fort du vice. vous aurez la bonté davoir à cet égard ce que j'ay pu. & l'amour que vous avez pour elle m'ont inspiré le dessein de vous oITrir ce petit présent.

MONSIEVR. Du Mont. & Ires- obeïssanl seruiteur. H.HENRI DL'MONT 201 à ravenii" en celto rencontre comme en tout autre. . Vostre tres-humble. de vous faire paroistre que je suis véritablement.

nous est aujourd'hui connue. de Lorenzo Lulli et de Caterina del Serra. avait demandé de lui ramener de Flo- rence un jeune garçon avec qui elle pût faire la conversation en italien. Prunières. auquel sa cousine. . le Balle! Déjà habile violoniste. On sait maintenant que. il parut le 23 février 1853. Roger de Lorraine. Amené en France (en avril 1644) par le chevalier de Guise. et plut tout de suite au roi le 16 mars.JEAN-BAPTISTE DE LILLY (1632-1687) La personnalité de Lully. et qui symbolise toute la musique du temps de Louis XIV. grâce aux travaux tout récents de MM. né à Florence. où il ne remplissait pas moins de cinq rôles. le jeune Giovanni Battista Lulli resta huit ans auprès de la fille de Gaston d'Orléans. le futur surintendant de la Musique du Roy était vraisemblablement lîls d'un meunier. le lundi 29 novembre 1632 (et non en -1633). . dans de la Nuil. Mlle de Montpensier. autour de laquelle s'étaient accumulées tant de légendes. de La Laurencie et H. comme le voulait la légende.

et obtenait. Gigaull et P. avec Alcesle (L. que signèrent le roi. la notice sur Camhert). dans le contrat. qu'il avait connue chez Mademoiselle. Lully se le fit octroyer après avoir traité avec Perrin (voir ci-dessus. le -13 mars 1672. qui ne tardèrent pas à les surpasser. Ir 29 décembre 1681) produisit chaque année (1) Noir ci-après les deux lettres à Colbert. et de morceaux Le 11 janvier suivant. ipii divertissaient la cour du jeune roi. de la part des associés de Perrin. Jean-Bapliste de Lully (qui se fit anoblir et nommer secrétaire . vacant par la mort de Molière. il ouvrait.JEAN-r.oberday devenait. : du roi. et probablement en novembre. fort de l'appui de Colbert et de la protection royale. compositeur exclusif des ballets du roi. Il épousait peu après la fille du célèbre chanteur et compositeur Lambert. En opposition aux fameux \'ingt-quatre Violons du Boy. 191-19^2. Comprenant le parti qu'il pouvait tirer du privilège de l'Opéra. dès 165'). la première salle d'opéra digne de ce nom. Ce privilège fut la source. au Palais-Boyal. des lettres de naturalité. Pendant dix ans encore. Dès lors.APTISTE Ï)E LULLY 20:{ Louis XIV le nommait composifeui'de la musique instiumentale. une pastorale. rue de Vaugirard. p. en 1661. Lully composa les ballets et les comédies-ballets de Molière. la reine-mère. . faisait fermer l'opéia de la rue Mazarine. Ambitieux et travailleur. Sa fortune fut rapide. Benserade et autres. d'une suite interminable <le procès. Mais Lully. et. faite de pièces les Feules de V Amour et de Bacchiis. il complétait son éducation musicale avec les organistes Métni. Lulii créa les Petits-Violons. en remplacement de feu Lazzarini. il se faisait appeler « de LuUy ». donnait pour inaugurer son « Académie » au jeu de paume de Bequet. le duc de Rochechouart (14 juillet 166:2).

comme l'italien Teobaldo di Gatti. Cousser (1 Keyser même. L'œuvre de Lully devint immédiatement populaire et jusqu'à l'époque de Gluck. p. (1) -Cousser resta comme . p. dé Mansard et de La Fontaine. {Musiciens d'au. I trefois. on reprit ses opéras tels que Thésée en il~i9. et l'on prétend] quAivnide était la plus belle œuvre qui eût vu le j<un depuis la mort de Néron ». opc-ra. 203). l'anglais Pelhani Humphry. 11. et fut enseveli à l'église des Petits-Pères. épris de noble. et notauiment le buste majestueux que sculpta Coysevox. qui vint se fixer en France.sse héroïque et de raison non moins que de magnificencr et de charme voluptueux.204 ÉCRITS DE MUSICIKNS un nouvel <^uinaiilt. '216 et suiv. De retoiu' à Stuttgart. le fondateur de l'opéra allemand.MulT. Elle était l'expression de l'âme du Grand Siècle. plus loin. subirent directement ou non son influence. « L'œuvre d'art réalisée par Lully. les allemands Muffat (voir Johann Fischer. l'omain Rolland.\ ans à Paris. dont la plii|jart eurent pour librettisle 11 mourut. On fit dater de son apparition l'avènement de la musique en France.it. en 1G82.. le 22 niai-s 1687. Son inlluence personnelle fut européenne. Piunièi-es). « La tragédie en musique de Lully répondait à meiveille aux aspirations des contemporains de Corneille.Dinposiliorin de Musique suivanl la Méthode fran- ' t.). Des compositeurs étrangers.Amadis en 1771. n'est pas moins que la tragédie classique et les nobles jardins de Versailles. . dit M. si. Proserpine en 1758. un monument durable de la l'obuste époque qui fut l'été de notre i-ace ». des (^. qui conserve encore aujourd'liui les restes de son tombeau.aise.-lc/s el Galalhée en I76''2. il y dédia an giatul-duc de Wurtemberg.

L'original n'a pu élrc retrouvé. CklLEK le Sicilien. . dans la collection Lemoine. 36. Depuis rpie j'ai eu l'iionueui' de vous ealrelenir dt. en réduction pour piano. porL. Un trouvera toutes les indications bibliographiques . 206. et que dans le commencement je croiois qu'ils prendroient la mesme. Biblioth. Cliaravay (IST-l. par Sauzay. que je n'ay pris d'autre route dans celte atlaire que celle que vous m'avez prescrille. par L. par laquelle vous connoislrcz. fol. ( concernant Lulli/ dans les tant ce titre. Le Mariage foi'cé.sse de vous envoyer la dernière. p. de MM. Cc.Monseigneur. eux qui ont présenté plusieurs placcts à Sa Majesté et qui sçavoient mieux que moy ses intentions. ACOLBKHTiij MoNSEIGNElIi. qu'ils exposent faux en' loul. LaLalkencik. 110). dont je j^i'ends la hardi(. dans la colleetion Michaelis. PRUMÈBKS et deux ouvraires récents. Vous sçavez. Quelques morceaux.ULLY jnô Les opéras de LuUy ont été presque tous réédités. rAcad(Mnie royale de Musicjue Ton nie fait journellement de nouvelles chicanes. cl en premier lieu quand ils disent qu ils oui obtenu les lettres patentes par le Roy soubs le nom et en second lieu en exposant que j'ay de Perrin surpris le Roy. H.BAPTISTE DE l. AJélanyes. Nat.. par ievaert. di. 12 . comédie-ballet en 3 actes. Monsoip^neur.JEAN. malgré ces intli(•ation^. (1) Daprès le texte publié par Ulysso Robeht clans la Revue des Documents historiques de.

Monseigneur. et que vous me . sçachanl bien cune imposture de celles prétendent imposer au de se soubmettre à vostreque vous ne souffririez auqu ils supposent et quïls Parlement et dont vous avez la connoissance plus que personne du monde. Monsei- gneur. dans laquelle je ferois incessamment travailler. Quinault pour vous montrer quelque projet pour le retour du Roy. ce S' juin 1672. par mesme moyen de le détromper de tout ce qu'ils exposent dans leurs rapports. et aurois l'honneur de vous voir avec M. .sgrande charité du monde.•2()C. salle m'accordera réussisse lorsipi'il aura votre approbation. la que par votre bonté le Roy du Louvre. que je ne doute point qu'il ne J'espère. faites la grâce d'honorer de votre protection. estant enfin dans la dernière désolation de me voir condamné à combattre contre des faussetez. pendant que je devrois travailler à ce que le Roy m'a demandé. IXBITS DE MUSICIENS pendant ils n'ont eu garde jugement. Vous me faites la grâce de me faire espérer un mot en ma faveur à y\. De Paris. Monseigneur. non obstant les chicanes du procès. vous me fairiez la plu. du Coudray Géniers. Si j'osois vous supplier. Je suis avec tout le respect que je dois. mon rapporteur. vostre tres-humble et tres-obéissant serviteur Jean-Baptiste Lullv.

et qui menassent ruine. M. Elle demande aussi. Il y a aux deux costéz de TOnuerture du Théâtre deux piliers de pierre qui ne sont d'aucun service. vol. (II Biblioth. et Vigarani. auant que d'y pouvoir faire trauailler. fr. et qui au contraire embarassenl extrêmement L'espace des Décorations On supplie très humblescavoir an demande à : Mélanges Colberl. a causse. cet exaussemenl se pouuant faire sans aucun préjudice de la fermeture du susdit Palais. qui sont dans la d*^ salle.. t. et sans rien gaster à la siramelrie ny a la beauté du palais royal. on peut « Mon fils décliillVer quelques mots de la main de Colbert inonireia ce mémoire au roy et prendra les ordres de Sa Majesté sunequ il contient.JEAN-BAPTISTE DE Lfl. '2) Lr mot Monseigneur a été bitTé. que L'on change des poutres. livres. Culbert (2. année lfj74: « 5 octobre.esl 1res huml)lcinent supplié de faire Roy que l'Académie royale de musique Sa Majesté permission d'exausser La parLie de La Salle du Palais royal. Tout On lit en marge ce «luo le s' Lully demande se peut faire sans dépense de la part du roy. qu'il seroit impossible d'y faire aucunes machines aiiec seurelé. » Cest-à-dire de la scène.Jiii!let 1673]. qui est au-dessus du Théâtre 3). Complesdes lUUini. qui sont cassées. fol. col. 157.f. I. 1. 74*i. Mss..LY 207 AU MKME I !. el sans toucher à pas un des Logemens. Xat. » Au dos de ee document. « (.1 sous Louis XIV. oO'» Salle des comédies. . : >• : (lu liotj aux sieurs Lully 3. Cela presse. pour les réparations de la 3.

(3) C'est pour Vostre Maiesté. L'Académie estant présentement dans la nécessité de paier Les Loyers du lieu ou elle est. Tragédie mise en musique. sans comprendre les gages.2US rCRlTS DE MUSICIENS ment sa Majesté d'accorder La permission de les pour l'exaussemenl susdit des murs du Théâtre. Louis XIV avait accordé à LuUy la salle tlu Palais. qu'elle supplie 1res humblement Sa Majesté de considérer. l. que j'ay entrepris cet Ouvrage.e lendemain du jour où le roi el la cour étaient venus au théâtre de la rue de Vaugirard (au jeu de paume du FJel-Air). par 12. Leioul à condition.Royal(3) Dédicace de Pebsée. et (1 La fin du mot Monseigneur a été elTacée. el de se seniir de la pierre Sa Majesté el nuprouvez par Mons (i Colbert. toutes ces dépenses sont si grandes. que son eslablissement ou sa ruine dépend entièrement d'une Pièce nouuelle dans le Palais royal auant L'hyuer blir Jean-Bai TisTE Lullv (2 . de le reslaj en sortant. AU ROY Sn^E. de paier Les Loyers des Comédiens Italiens et de faire la dépense nécessaire pour la construction du nouueau Théâtre. de faire tratsporler la salle et les machines au Palais royal. je doy ne le consacrer qu'à ^'ous. que les Lieux. le 28 avril. Molière était mort le 17 février 1()73. et Les ouvrages qu'on propose seront auparauant visitez par les Officiers des baslimens de osier. et entrelenemens ordinaires des Académiciens. . Sire.

Vous avez bien voulu en faire le que j'y ay ietté les yeux. Eticiujer. En elïel. La partition fut publiée la même année par Christophe Ballard. on présence du Daupiiin et de LL. je n'ay rion cete Tragédie bon. choix. ne suffit pas pour me contenter. que je n'ay pas eu de peine à m'y attacher fortement. .iviil 1(.82. à l'Académie royale de Musi. Couronne de France ot de .' Sire. & je ne croy jamais avoir reiissi. représente la force redoutable de son Courage Les Talonnicres ailées dont il soin extraordinaire que tre : : pour voler où la Victoire l'appelle. j'y ay découvert l'Image de Vostre Majesté.Jt-AN-BAPTISTE DE LULLY 209 VOUS seul qui en devez faire la deslinée. 12. et Sur-lnlcndaiit de la Musique de Sa Majesté. . composé avec tant d'ar- avec tant d'aplicaliou que ?• . AA. Royales el à Versailles. monstre sa diligence dans l'exécution de ses desseins Le se sert : Bouclier de Pallas dont il se couvre est le symbole M. que quand je suis assuré c'est timent que mon deur el tiavail a eu le lusqu'à-presenl. Mai^^oii. Conseiller Secréiaire du Roij. le 17 ou is .jue. je ne pouvois manryi-r u'y trouver de puissants charmes. Le sendu Public quelque avantageux qu'il me puisse estre. la Fable ingénieuse propose Persée comme une idée d'un Héros accomply Les faveurs dont les Dieux le si tosl : & comblent.'uusique de Le sujet m'en r. (jui fut représenté pour la première lois.ses Fiiiniices. au mois de juillet suivant.heur de vous plaire. : Vous-mesme. SinE. sont des misteres qu'il est facile de développer Sa naissance divine & miraculeuse marque le : le ciel a pris de la faire naisavec des avantages qui l'eslevent au-dessus des autres Hommes L'Espée <iui luy est donnée par le Dieu qui forge la foudre. de Lullij. paru si beau.

de Lully. Sire. les Entreprises eslonnantes qu'il a achevées si glorieusement. fais d'estre toute ma De Vostre Majesté. . il est mesme au dessus de la plus sublime Eloquence Cependant je m'aperçoy qu'en descrivant les Dons véritables que Persée a re: ceus des Dieux. & il contraint enfin la jalousie que sa gloire a excitée. : : tout le trois Monde : Il : détruit la puissance ellroyable des Gorgones le Il ne se repose pas.210 ECRITS DE MUSICIENS la Prudence qu'il voit avec la Valeur & le Casque de Plnlon qui le rend invisible. que jen'ay pas dû en ceste occasion me proposer de publier vos louanges Ce n'est pas seulement pour moy que vostre Eloge est suré repos de la Terre : vn sujet trop eslevé. je négligeois de le retenir la je me haste de le borner par Sire. protestation respectable que je vie. à céder à son invincible Vertu. après avoir as: Il surmonte sur la Mer vn Monstre terrible. trop loin si le sens que mon zélé m'emporteroil . très-obeissant & tres-fidele ser\'iteur& sujet Jeax-Bapt. & & des Actions prodigieuses de Vostre Majesté. est la figure de rimpenelrabililé de son secret. Il respond dignement aux grâces qu'il reçoit du Ciel I! n'entreprend rien que de juste 11 ne combat que pour le bien de de . Le très-humble. je trace un Portrait des Uualitez héroïques. le sçay bien.

Coiilonne de France et de ses Finances et Sur-Intendant de la Musique de S. le lundi 8 février 1717. suivie du Carnaval Masiarade enfin. La première représentation eut lieu. chez Colbert de Villacerf. il m'eust esté bien difficile de ne pas réussir sur un sujet aussi heureux & aussi propre à échauffer mon génie que les louanges de V. de La Laurencie l'attribue à Pélisson). M. On dit que dans la Poésie & dans la Musi([ue. pour bien exprimer une passion. de Quinault (M. divertissement en un acte. Et de tant de pas1) L)<klicacc de IIdylle slr la Paix avec l'églocte de \'krsailles et plusieurs pièces de ^symphonie. M. à Sceaux.Escuyer. Elle reparut à la cour en 1G85. précédét' le Vldijlle sur la Paix. A la vérité. Sire. Elle fut jouée la même année à l'Opéra en même temps que celle-ci. Conseiller Secrétaire du Roy. devant le Roi. L'Eglotjue de Versailles. qui y représenta une Nymphe iansanlc.JÇAN-BAPTISTE DE LULLY 211 AU ROY Sire. Maison. la même année. il est nécessaire avant toutes choses de la ressentir soi mesme. par M. suivie des Fêles de l'Amour et de Bacchus puis le dimanche 11 juillet 1700. Le i)oènie est de Jean Racine. avec plusieurs fraernenls. ce petit ouvrage avec d'autant plus de confiance. le 1C> juillet 1685. (1 Je présente k Votre Majesté. & m'assurer mcsme qu'il lui avoit plû. sous le titre la Grolle de }'ersailles. • : : : : . fut donnée d abord à la cour. qu'Elle a bien voulu l'honorer plusieurs fois de son attention. de LuLLV. et ensuite il Paris. et y eut plusieurs reprises d abord en 1696. en ItWiS.

Après s'il cela. On sçait mesme que si j'ay quelque connoissance & quelque habileté dans mon Art. Sire. Et le Public. Sire. durée de vostre glorieuse vie à . mes biens. ma fortune. ne vous suis-je pas redevable mesnie de l'empressement que le Public a pour ce que je fais? Ouï. on voit que \'. fait le plus souvent tout le mérite de que l'Ouvrage.ue je puis avoir. M. Voila d'où me viennent ces heureux succez qui sont si forts au-dessus de mes espérances. se fait une espèce d'honneur de se divertir aux mesmes choses qui contribuent à vos divertissemens.212 ECRITS DE MUSICIENS sions que j'ay tasché d'exprimer par a-l'il une seule que j'aye si le chant. M. Voila ce qui le préoccupe si avantageusement en ma faveur. qui jusques dans les plus petites choses prend soin de se conformer au goust & au jugement de V. La bonté qu'on sçait que vous avez pour l'Auteur. je l'ay acquise à force d'estudier ce goust excellent que vous avez pour tous les beaux Arts. l'admiration. que tout ce que je suis. & tout ce que je possède. qu'il égale. le zelc. sont autant de l-iits de vos biens-faits? En effet. ce peu de réputation >. veut bien quelquefois se délasser à entendre mes compositions. y en verilabiemenl ressentie. que me resle-t-il à faire que de la prier le Ciel avec ces se peut. la reconnoissance que les Bergers de cette Idylle tesmoignent pour Vostre Majesté ? Ne puis-je pas dire avec encore bien plus de raison qu'eux. sans parler icy des grâces dont vostre libéralité m'a si souvent comblé. la mesmes Bergers.

Tragédies que i'ay mises en Musique le Public a tesmoigné estre le plus salisfail: C'est un Spectacle où l'on court en foule. dent que j'avois de l'achever dans & le le désir ar- temps que VosTRE Majesté le souhaittoit. puisqu'il n'a que j'estime le moins pas encore eu l'avantage de paroistre devantVosTREALv. dont la première représentation fut donnée à Paris le 15 lévrier 1680. La partiiion l'ut publiée la même année. Dédicace (l'An. de l'Univers? Ce sont les vœux que lous les jours. De VosTRE Majesté. VosOi"dres. m'a fait oublier le péril où j'estois exposé. AU HOY(i) Sire.JEAX-BAPTISTE DE LULLY 213 durée fait mesme Sire. cependant.jESTÉ.MiDK. d'efïorts Mais ([ue me sert-t'il. d'avoir fait tant pour me hasler de Vous ollVir ce•^ nouveaux (1. Le tres-humble. & jusqu'icy on n'en a point veu qui ait receu plus De toutes les voicy celle dont d'aplaudissements . Le GrantI Uaupliin y assistait. c'est de tous les Ouvrages que j'ay faits ceiuy heureux. & m'a louché plus vivement que les plus violentes douleurs (jue j'ay souffertes. .SiRE ont engagé d'y travailler avec soin & avec empressement: Vn mal dangereux dont j'ay esté surpris n'a pas esté capable d'interrompre mon travail. tres-obeissant Ircs-tRlelle Serviteur & & Sujet Ll'llv. Sire.

tres-obeïssant Ires-fidelle Serviteur & Sujet LULLY. que je me serve de soit occasion pour renouveller la protestation d'estre toute très ma vie avec un zèle très ardent & un profond respect. J'avoûray que les louanges de tout Paris ne me suffisent pas ce n'est qu'à Vous. de Lully. SmE. Ires-humble. Elle n'en a voulu prendnd'autre plaisir que celuy de les faire servir au diveitissement de ses Peuples. Permetque dans l'impatience où je suis de vou> le Opéra.parM. offrir cet celle de tout le reste compte du Monde. De le (S: A'ostre Majesté. 11 fui . je vous qu'il présente sur le papier en allendant cette me voir sur le Théâtre. AU ROY Sire. que je veux consacrer toutes les productions de mon génie je ne puis aspirer à un moindre . paroles de Campistron. Sur-Intendant delà Musique du Roy. Sire.2U ÉCRITS DE MUSICIENS Goncerls? Vostre Majesté ne s'est pas trouvée eu estai de les entendre. Pastorale héroïque mise en mvsiqve. (1) Dédicace d'Acis et Galatke. prix qu'à la gloire de Vostre Majesté. Sire. . &. je pour rien tez. (1) faite Bien que cette Pastorale n'ayl pas esté précisément pour le Divertissement de Vostre Majesté. fut le dernier ouvrage de Lully. & permis de vous le faire souffrez.

chez le duc de Vendôme. agréer l'hommag-e que je vous fais de ce qu'elles m'ont inspiré j'ose me vanter de les pousser encore plus loin au moindre de vos commandements. et ù Paris. De Lully. De Vostre Majesté. tres-fidele serviteur & sujet. il n'est rien dont je ne vienne à bout (juand il faudra vous obéir Heureux si vos Ordres me mettent bientôt en estât de le faire voir à toute la France .Je suis avec le plus profond res. Sire. Oiiy. 1res- obéissant.') je ne laisse pas de vous l'olTrir. Toutes les produc- mon Génie vous son consacrées dès le moment que je commence à les imag-iner & de quelque fécondité que le Publie me flatte. Cette assurance m'a élevé au-dessus de moy-mesme : remply de ces divines fureurs que je ne puis . . Vous avez eu la bonté de me dire qu'en travaillant pour MoNSEiGNEiR LE Dauphiin j'allois en quelque manière travailler pour Vostre Majesté mesme. Sire. : ! & ma ! pect. non à Neisailles devant le mais au château clAnet. pour la première fois. puisque la tendresse dont vous l'honorez vous tout fait intéresser fortement dans ce qui le regarde. en présence du Dauphin. si je n'es- uniquement animé par le désir de vous plaire.JEAN-BAPTISTE DE LULLY 21. Sire. il me seroit imtions de . le vendredi 6 septembre 1HS6. & n-présciilé itoi.sentir que pour le service de Vostre Majestp: Daignez. possible de rien exécuter dans tois mon Art. vers la (in tlu UK^me mois. le tres-hùmble.

Muffat entra au service delévéquede Passau. Georg Muffat naquit à Schelesladt. pendant six ans. il étudia le violon et le style nouveau de Lully. August-lioftlieb (ou Théophile). à Salzbourg et enfin à Passau. édita lui-même. el qui passa en Autriche laissait . Muffat fit un voyagea Rome. un fils. peut-être au milieu de 16S7). qui naquit à Passau en avril KJyO. d'un Florilegium secundum. dans sa jeunesse.1704. à Paris. d'un père savoyard. II nous apprend lui-même. Pendant son séjour à Snlzljourg (de KiSO. à Prague. qu'il revint ensuite en Alsace (il fut organiste à Strasbourg jusqu'en 4675}. où. mourut à Passau. C'est en cette ville qu'il comi)Osa son Florilegium primum (publié à Augsbourg en IGOj qu'il fit suivre. dont l'œuvre est si intéressante en ce qu'elle montre quelle fut l'inflLienco française sur les premiers compositeurs symphoniques allemands. dont il était maître de chapelle et organiste. Lorsque lévèque de Salzbourg. vécut à Vienne. qu"il . le 2 Il ! février 170 1. dans la préface de son Florilegium primum. en Alsace. en 1598. mourut. Il alla.GEORG ML FF AT (16?. Muffat.

il mourut le 10 décembre 1770. en 1894-1896.o Vindelicorum 'Aug?bourg MDCXCV. ainsi que les Flovilerjia de Georg Muffat. français et italien. ginale : Intin. dans la collection des Denkmàler der Tonkunsl in OEslerreich. August. & de la chaleur. mes ont qu'a Votre Altesse Reverendissime. & le froid & qu'elle se fomente. mais encor à La Musique a cela de (1) Dédicace et préface du Florilegium primum. (1651-1711 fut nommé évèque en 1689. en 17i7. non seulement à prendre force. & croit par la vertu de la lumière. Cet ouvrage. fleurir. C'est pour cela. qu'elle craint l'ombre. qu'elles commencé. Élève de Fux. puisque esté sous c'a sa bénigne influence. ÉVÊQUE RÉGNANT DE PASSAU (l) Monseigneur. Jean-Philippe. commun avec les fleurs.11 était évéque régnant de Passau depuis 1699. cardinal en 1699. Il publia. organiste de cour à Vienne. retraité en i764. . que ces . A JEAN-PHILIPPE. ont été réédités. Je ne scay personne a qui je puisse dédier avec plus de Justice ce Premier Recueil des fleurs de airs. en 1727. 13 . des Componimenti miiaicali pour piano (avec un traité des ornernents). & a s'elevei*.GEORG MUFFAT après la 217 la mort de son père. COMTE DE LAMBERG. Ces dédicace et préface sont imprimées en quatre langues dans l'édition ori- comte de Lamberg allemand.

estanf restées comme éloufées clans leur naissance. et que la perfection dans la diversité de plupour la gloire. fournir par une généreuse libéralité ce nécessaire pour cultiver . Elle a daigné me remettre le soin de Gouverner que de ses Pages. lorsqu'Elle a eu la bonté de m'honnorer de la charge de Maitre de sa Musique. & de chaleur. que pour avoir l'honneur de divertir V. les Ayant retiré du gravier. que Jay receu la lumière. Monseigneur. sous l'ombre de l'Emulation. C'est de V. quoyque semées. A. qu'après que les bonlez de V. Enfin V. ou par l'orage de l'Envie. Par cette heureuse transplantation. & espèces^ des Illustres éclate hommes sieurs vertus unies ensembles . je aussitôt me suis vu tout comblé de tout ce que la douceur de l'air & la fertilité du terrein peuvent contribuer de meilleur aux fleurs. Reverendiss. elles ont pu former ces bouquets.. & que me croyant peut être encor capable de quelque chose de plus. de même J'ay crû. A. qui estoit l'art pour soulager le trapour encourager aux veilles. C'a esté adiouter a cette lumière le suc vital si nécessaire aux nouvelles plantes. que pour s'être diversement multipliées. & plantées ailleurs. &: composer ce Recueil. et vail. comme un Prince d'une sagesse & d'une Vertu de diverses formes. a inspiré une telle vertu végétative aux fleurs animées. n'ont Jamais pu s'élever. A. n'y paroitre. Or comme la variété des plantes & des fleurs est leplus grand charme des Jardins.218 ECRITS DK MUSICIENS fleurs. & pour la félicité publique. A. & des mottes stériles les a bien voulu enclorre dans le Jardin de sa Cour de Passau. de suc.

aux chordes. &. & si achevé par l'Expérience des Cours. a ceux & lorsque je mêlé des : airs François.(. <â: me font passer pour indigne de la bienveillance des Allemans dans ce temps de la suiet à craindre d'un soins. la daignerez pas (1) Monseigneur. . le Ou d'animer Dieu Mars au combat (i) Ma armes. Je m'exerce a l'Etude d'Une douce symphonie. Profession est bien éloignée du tumulte des des raisons d'Estat qui les font prendre. y ay appris les principes de la Musique sous les meilleurs maîtres. a l'aymable Paix. vous ne déMusique sont 'sic) avant coureuse. discernement si délicat. selon les occurences du plus sçavant mélange que J'aye pu acfjuerir par la pratique de diverses nations. m'imputent faussement une trop grande inclination pour celte nalion. ou d'une même méthode mais. des Allemans. ce n'est pas émouvoir une Guerre mais plustol préluder peut-être a l'harmonie de tant de nations. qui parce que J'ay esté en France. Marlem<iue uccendere canlu. ou esprits foibles. RcvERENDissiMEla critique téméraire de certains malveillans. Certes J'ay bien d'autres que ceux D'exciter le trouble des armes. Guerre avec la France.L:onG MLFFAT 21» 11 ne me falloit pas servir d'un simple slyle seul. Si vous la chérissez.ï!ra ciere Viros. et aux sons. Iraduclions de ce texte : En latin dans les . & des Italiens. & des atïaires comme est celui de V. & Je m'occupe aux notes. Je n'auray pas pour ce . A.

augmentée par Tlllustre Ambassade & par le fidel Ministère de Son Excellence Feu Monseigneur Voire Père. estant un Fils de la Paix. & concorde. . avec la crainte la pru. [jarmy les applaudissements de la renommée. Vous scavez souvent accorder. & de l'âme. Veuille-t-il toujours propice.220 ECRITS DE MUSICIENS fidelle compagne. & unir d'une dextérité tout afait admirable des choses. A. sous l'aspect de tant de grans Astres pour lors d'accords ensembles. De sorte que d'un si bel accord de tant de sule blimes vertus. . Reverendiss. Monseigneur. la promptitude a exécuter. Duquel estant animé. nous osons serat pas contraire aux espérer que Ciel ne vœux de votre Eglise. qui au reste semblent fort discordantes. avec la Pieté d'un Prélat. n'a pu recevoir d'une de la si favorable constellation autre esprit avec celuy de la Vie que celuy de la paix. A. Que si selon l'Écriture même. non seu- V. avec la Magnificence d'un Prince. et de vôtre Diocèse. les astres ne parcourent leurs sphères. & les éloges de . la & éloignées les unes des autres. . que par un espèce de concert harmonieux {Concentum enim cœli dormire quis & facielT) V. mais aussy lement inspirer a mes Muses des tons agréables a la conserver une infinité d'années de son glorieux Begne dans une parfaite harmonie du corps. Comme splendeur de l'Eglise. & nourri. dence a délibérer. venu au monde au tems de la réjouissance publique de la paix de Munster. avec l'éclat de la Cour la libéralité avec l'épargne le travail avec la Joie l'amour de vos suiets.

PRÉFACE AU LECTEUR. Ce sont les vœux les plus ardens de celuy qui est avec un très profond respect Monseigneur. applications a la Musi^iue j'avois fait autrefois a Paris pendant six ans un assez grand Et dont a mon retour de France je fus peut- estre le premier qui en apportay quelque Idée assez agréable aux Musiciens de bon goust. et très obligé serviteur George Muffat. . et l'approbation de quelques excellents Musiciens d'Allemagne & d'Italie m'ont fait résoudre de les faire imprimer. OU AMATEUR DE MUSIQUE Voicy. les prières de mes Amis./. avant que de Salsbourg je vins m'établir à Passan. très obéissant. . lesquels ie remets à vôtre Jugement et divertissement. en Alsace. Apres avoir eu l'honneur de plaire a plusieurs composé pour Princes. & d'être loués de quantité d'Illustres Per- sonnes. que la plus pari a la Françoise.GEOHG MIFFAT 221 l'histoire. A quoy je me suis d'autant plus laissé entraîner. Baptiste de Lully. J'avois mon cher Lecteur des Airs de Balets. Très humble. que J'ay vu. De Votre Altesse Reverendissime. mes autres Etude . entre . que ce style commençoit chez nos Allemans peu à peu a se mettre en vogue du quel en sa fleur sous le fameux Mr.

a Prague.222 ICCfilTS DE MUSICIENS puis chassé par la fi^uerre precedenle aussy a Vienne en Autriche. . qui y prenoient plaisir ayant peut-estre remarqué. a s'y accoutumer. se treuvani hors de leur vray mouvement. A. qu'il 7 avoit plus d'Art et de difficulté en ce qu'ils avoient appris auparavant. Serenissime Electorale on a commencé a en Juger plus favorablement. Baptiste. a qui la manière Françoise esloit inconnue. &. . être vray a l'esgard de ce style. ce qu'un Piince d'un grand Jugement m'avoit fait l'honneur de dire un Jour: a scavoir. après les avoir entendu exécuter avec plus d'exactitude par quelques Musiciens Eslrangers a Vienne & peu-apres en leur dernière perfection en Bavière par ceux de S. des dimides sauts trop frequens & rudes. que faire la multitude des artifices. & sur tout à ceux qui atîectoient moins la douceur. : . & privées de leurs agréemens ordinaires. qu'en ce bizarres. ou qui par une haine particulière de la vertu d'autruy ou d'ailleurs lui estoient Ennemis Il s"est treuvé qu'elles ne reusissoient guère. & enfin ensiiille a Salsbourg. a Passau. fort éloigné des artifices superflus. eurent le malheur au commancement de ne pas plaire d'abord a beaucoup de nos Musiciens & nutions extravagantes. & a en étudier la beauté pours'accOmoder au génie des Princes & Seigneurs. Cependant ces pièces de Mr. ou d'un style a peu près semblable au sien pour en être la mélodie naturelle. Mais depuis qu'on se mit a les goûter un peu mieux. ou des Inventions C'est pourquoy les voulant quelquefois Jouer par des gens. d'un chant facile et coulant. .

GEORG MUFFAT qu'ils auroienl (sic) l'oreille. ou parmy d'autres ayant emprunté ces noms ou de leurs causes ou de leurs «ffets. [1698] . Mon cher Lecteur. comte de IvuelTstein. & l'aversion.déâ'\é à Jol)anii Traucomte du Saint-Empire romain. : ties. ou de l'humeur où je me i'addresse qu'ils & leur . 223 pu apprendre per C'est {sic : pour) flatter pourquoy voyant que le mépris inconsidéré. commanroit à tom- ber. seii^neur de KuelT^^tein. Et quelque fois de l'événement des choses •qui me sont arrivées. Au reste il ne serat pas nécessaire. sembleront simples. . qui auront d'autant plus besoin de de la bienveillance des Musiciens. •GUEiL de (1) Préfnce du Florilegium secundum. ({ue je "VOUS rende compte des noms que J'ay donné a chaque partie de celte œuvre puisque ce n'a esté que pour les distinguer entre eux. chanoine de la catiiédraie de Passau. Irouvois. que le Premier Remes airs de Balets imprimés à Augspourg. Le titre en français est Second Recueil de Fcelus dine PLUS DOUCE H VKMOME INSTRUMENTALE u'AlRS DE P>ALET>. Contenant soixanle-deux pièces choisies selon le style qui commence à fleurir en ces Pays pour le violon a 4 ou 5 Pargott. J'ay crû pouvoir en seureté paroîlre en public avec ces Airs. que quelques uns avoient eu pour celte méthode. et à son frère Liebgol. & nuds d'euxmêmes. PREFACE DU FLORILEGIUM SECUNDUM(ii Ayant vu.

& données avec assez d'applaudissement. au goût duquel il avoit esté particulièrement destiné. contient une bonne part des pièces nouvelles. qui scavent estimer un Style coulant. y ayant été Jouées. que J'ay précédent. Et ayant déterminé un certain iour. comme aussy à quelques Sérénades. Je fus prié de Monsr. «S: de Table. comme un Avant-coureur de plusieurs autres œuvres. comme tant Mes- Pages aux nobles exercices. & voir ce qu'ils scavoient faire en celuy de la danse. ne laissent pas de devoir bien plus leur origine à la vigilance de Son Altesse Reverendissime. quelques autres productions de mon peu de génie J'ay crû être obligé d'offrir à vôtre honnête divertissement. Qui pour avoir servi du depuis (sic) en plusieurs autres occurrences. que composées a Passau. & valet de chambre de Sa dit te Altesse Beveren- . non Seulement avoil esté très bien receu des Amateurs de Musique^sur tout de ceux. -que Jaurois pu avoir de chatouiller l'oreille par mes Concerts. qu'au Seul désir. Mais avoit aussy fait naistre un grand désir de voir bientôt. Mon Maître. Car Luy ayant plù d'examiner. que Messieurs les de sa Cour profitaient aux études. plus curieux pour leur diversité. plus riche en nombre d'airs. ce Second Recueil.224 ECRITS DE MUSICIENS que Je clonnay au Public l'année passée 1695. et Juste discernement. pour sieurs ses Illustres Neveux. pour la noble éducation d'une Illustre Jeunesse. Kriinner maitre à danser. & : comme Il J'espère plus recommandable par le les utiles observations. comme aux Musiques de Chambre. & naturel. que J'y ay attachées.

& autres Illustres Personnages. Ce n'est que Je voulusse être mis au nombre 18. Mais Elle nous comme d'une espèce de Spectacle pour réception de quelques Princes. Selon nous œil si fit la grâce de voir nôtre mon peu de capacité.. &. quelque chose de tant soit peu ordinaire. ou trop bizarre. ny à rudesse de Style. qui donnent facilement en chaques caprices. A commun travail d'un propice. afin que si quelques unes des pièces contenues en Cet oeuvre sembloient offrir à C'est Mon vos oreilles délicates. que nous en avons produit. mais seulement à la nécessité des représentations naturelles qu'il a fallu faire en la danse. sur des fiction ingénieuse qu'il avoit choisi pour danser ces Jeunes Seigneurs avec d'autant plus d'éclat en habits comiques. suiets 22Ô d'une de composer des airs nouveaux. A la demande duquel ayant faire taché de Satisfaire. de ceux. dequoy J'ay Voulu vous avertir par avance. la Basse Continue & du Dessus. que non Seulement Elle nous ordon- nât de continuer de donner a l'avenir de semblables preuves de nôtre peu de talent. de quelques figures du Frontispice gravé en taille douce. qui de fois a autres sont venus. Et a tousiours eu la bonté de témoigner de les agréer. Vous ne l'attribuiez ny à stérilité. chacun selon sa profession. pour l'exercice de la la voulut bien aussi les faire servir. Ce que Vous pourrez facilement conjecturer des titres de ces pièces. toutes les fois. . en cette Cour. S. cher Lecteur. danse. qu'on a mis à dessein au devant de pas. à l'aide de quelques appareils de Théâtre. GEORG MLFFAT dissime.

les paroles. Ce que Je tâcherai d'expliquer le plus brièvement qu'il me serat possible. Baptiste de Lulîy. ou de la Basse. voudroient bien Scavoir en quoy Elle consiste. Et qui souvent tiennent li'S plus grandes extravagances. 11 est neanlmoins des têms. avouant ingénument. pour ne pas encourir le blâme d'avoir excédé sur ce point. et les gestes de ceux qu'on représente. Vous avez outre cela en ce Second Recueil mes Premières Observations sur la belle méthode de bien exécuter ces sortes d'airs Selon le goût de feu Monsr. pour des chefs d'oeuvre de dont on pourroit dire avec Horace Aimiiim patienter utriimfjue. Mais parce qu'il y faut beaucoup de circonspection. que moy. auxquels Selon l'exigence du suiet. & en quoy Elle diffère des autres. qu'un autre. Je me suis étudié d'adoucir ce qui se trouveroit de moins naturel dans l'air du Dessus. Et de relever ce qui pourroit paroître trop vulgaire. -\e dicam stulti mirati. qui Scachant sans cela parfaitement cette méthode feroit profession du Violon (comme nous en voyons desia plusieurs en ces Pays) s'en seroit pu acquitter beaucoup mieux. comme Je vous avois promis dans Pour la curiosité de ceux. on se peut permettre quelque chose en faveur d'une Imitation. qui semble devoir quelques fois exprimer les meurs. qui n'en ayant le Premier : pas encore entière connoissance. l'Art. .226 ECRITS DE MUSICIENS qui s'offrent a leur pensée. par le docte artifice des parties du milieu. par le meslange des belles consonnaaces.

que si avec l'asseurance. : . & perfection de la Musique qu'ils ont à Jouer à l'imprcvûe tout ce qu'on leur présente. Comme celle du premiev Florilegium. et labeurs. en dix paragraphes. auxquelles Je les ay composées. & le nombre des artifices qu'ils possèdent. & avec l'agilité de la main. contient. 11 en est de même des Observations. sans appliqués à cette méthode. & les années. à la suite de celle préface. que J'ay de^ia donné. avec les tons. Au reste J'ay adiouté a la fin de celte oeuvre vne sublimes. Vous receviez d'autant plus favorablement ces essays. Ils vouloient aussy se mettre à cette agréable vivacité de l'Ecole de Monsr. qui sont plus dont Je reconnois avec vénération que fleurit Ne doutant point. si Vous trouviez dans d'autres Autheurs quelque choses de Semblable a mes inventions. comme aussy une Liste des autres oeuvres. Adieu T.GEORG MUFFAT 227 De plus Je Vous proteste qu'en tout ce ([ue J'en pourra}' dire. Ils pourroienl facilement égaler. Je ne pretens en aucune façon de déro- ger a s'être la réputation. & de celles que J'ay envie de donner bientôt au Public a fînque d'unepart. . que d'autres habiles Violons. & même surpasser les Estrangers. se sont acquise par plusieurs autres parties de cet art. & l'Allemagne : table de chaque partie. (1) Le Florilegium sccundum. Baptiste de Lully.\a préface est en quatre langues. la supputation du tems vous empêche de m'accuser de les avoir emprunté ailleurs &: que de l'autre ayant connoissance de ce a quoy Je travaille pour vôtre Satisfaction. les < Fremières Observations de l'Autheur sur la manière de Joui r les airs de Balets à la Framboise selon la méthode de fcii Monsieur de Lully ».

réussissoient très bien sur l'orgue. Ces trois frères. Le maître de la maison fut surpris agréablement. raconte Titon du Tillet. daller à son chasteau lui donner une aubade.FRANÇOIS COUPERLN (1668-1733) La famille des Couperin était originaire de la Chaumes. Chambonnières fît aussitost son compliment à Louis Couperin et l'enga- en Brie. de même : . Chambonnières. un jour de la feste de M. gens d'esprit et ayant du goût pour la musique. : région que le sieur de Chambonnières. firent partie. avec de leurs amis. Ils y arrivèrent et se placèrent à la porte de la salle où Chambonnières étoit à table avec plusieurs convives. par la bonne symphonie qui se fît entendre. qui fît leur connaissance de la façon suivante Les trois frères Couperin « jouoient du violon. et les deux aisnés. Chambonnières pria les personnes qui exécutoient d'entrer dans la salle et leur demanda d'abord de qui estoit la composition des airs qu'ils avoient joués un d'entre eux lui dit qu'elle étoit de Louis Couperin qu'il lui présenta. de même que toute la compagnie.

fils de François. en faveur de sa fille Marguerite-Antoinette.1716. comme organiste de Saint-Gervais. François (1631-1698 ou 1701?). et y dernier mourut en 1733. Une autre de ses filles entra en religion. Il était alors « hors d'état » de remplir ses fonctions. 181). Son cousin. ce que Louis Couperin accepta avec plaisir. .-B. 11 succéda à son oncle François. Louis (1630-1663). Couperin le (irand. Pierre-Louis (mort en 1789). qui vivait encore en 1823. et François-Gervais. Il eut lui-même pour son successeur son fils. Armand-Louis (1725-1789) à celui-ci succédèrent enfin ses deux fils. en 1698. avec tous ses camarades. clavecin du roi et des Enfants de France. publia des Pièces de Clavecin en 1713. dont il ne Les trois Couperin reste qu'une œuvre manuscrite. il tesmoigna beaucoup d'amitié et lui dit qu'un homme tel que lui n'étoit pas fait pour rester dans une province et qu'il falloit absolument qu'il vint avec lui à Paris. Presque toutes' . ces œuvres ont été fréquemment rééditées. Nicolas 1680-1748). succéda à celui-ci à Saint-Gervais. était flls de ce il naquit à Paris le 10 novembre 1668. sur la mars démission de J. dit « le Grand ». le 16 février 1730. et des Leçons de ténèbres. . Henry d'Anglebert (qui occupait cette charge depuis trente ans voir ci-dessus. les Goûls réunis . p. et Charles (1638-1669). sieur de Crouilly. Couperin démissionna à son tour. Chambonnières le produisit à Pains et à la cour où il fust gousté ». V Apothéose de Corelli {illS) des Trios. dont l!œuvre survécut pendant tout le dernier siècle. rArl de loucher le Clavecin (1717). et devint organiste de labbaye de Montbuisson.1722 et 1730. furent : organistes à Saint-Gervais.FRANÇOIS COUPERIN gea. à se mettre à table lui 229 . . François Couperin. Nommé maître de . le 5 1717.

Organisie du Bôi. A PARIS. (i. (1) Dédicace de VArl de loucher le Clavecin. Cliés L'. et la réussite flateuse que les pièces de Clavecin ont eues jusquici dans le public. vôtre bisayeul.à la Rt'gle d'Or. 1717. Louis XV avait sept ans. en blanc. le très humble et très fidèle serviteur et sujet COUPERIN. DE VOTRE MAJESTÉ. Sire.J»UTEUR. et de satisfaction que le feu m'a donné pendant vingt-trois ans en écoutant mes ouvrages Celles de vôtre Auguste père à qui j'ai eu l'avantage d'enseigner la composition. rue de Poitou au marais. et l'accompagnement pendant plus de douze. proche la rue des Bourdonnois. Avec privilège du roi. je puis apprendre dans quelques années qu'elle l'ait approuvé. Le sieur Foucault. à cette date.:230 ECRITS DE MUSICIENS Au ROI 5IRE. Dédié à SA MAJESTK. alors rien ne sera plus capable de remplir les vœux de celui qui est avec le plus profond respect Roi. ççc. . Si séparément de celui d'être à Elle. Par Monsieur Couperin. paroissehtdes préjugés favorables pour le Livre que j'ai l'honneur de présenter à Votre Majesté. Prix 10 1. rue Saint-Honoré. Les marques de bonté. .

1724 et 1727). en 1638. comme proveditore. Poesia di Girolamo Giiixliniani (8 volumes. Avocat. qui a rendu son nom universellement célèbre. comme fait camerlengo. où il resta huit ans. Les psaumes de Marcello furent traduits en anglais (1757). : français vers 1865). de Rome.BENEDETTO MARCELLO (1686-1739) Compositeur et poète. le 3t juillet 1686. Marcello. chevalier des Filarmonici de Bologne il faisait également partie de l'Académie des Pastori Arcadi. Parafrnsi sopra i primi 50 Psalmi. membre pendant quatorze ans du Conseil des Quarante. il fit des études de droit. en allemand et en . en 1712. Benedetto Marcello. envoyé à Broscia. Marcello. et plusieurs d'entre eu. il fut envoyé en 1730. qui s"était 24 juillet. y le mourut dès Tannée suivante. avait été élu.\ restèrent . est intitulée Eslro poelico-armonico. à Pola. de bonne heure une réputation de compositeur. Ce séjour avait ruiné sa santé. naquit en cette ville. le dune 24 ou famille noble de Venise. Son œuvre principale. Élève de Lotti et de Gasperini pour la musique.

un oratorio. des sonnets. Giudiella. Marcello publia encore des concertos. etc. des sonates pour flûte. D'autres cantates sont encore manuscrites. Théâtre à la Mode {Il Teatro alla moda) occupe une place à part. et notamment de l'opéra vénitien. à Dresde. On attribue encore à Marcello une vive critique d'un recueil de madrigaux de son maître Lotti Leltera famigliare d'un accademico filarmonico). d'après l'exemBibliothèque Nationale (sans date) « Le Théâtre Moda parut complet de cette satire : . le Poète moderne devra n'avoir jamais lu ni [ne devra] lire les auteurs anciens Grecs (1) Il tini. une cantate. Les extraits suivants d'// Tealro alla moda ont été traduits d'après la première édition qu'on date généralement de 4720.232 ECRITS DE MUSICIENS longtemps au répertoire des grands concerts. qui comprend des le livrets d'opéras. à Vienne. des poésies. rééditée avec une préface de Bourgault-Ducoudray.. Dans son œuvre littéraire. Ariana. selon le P. Tealro alla titre Le plaire de la vers 1720. etc. LE THEATRE A LA MODE (Fragments) (i) AUX POETES En premier lieu. en tion complète (parue dans 1884). des Canzoni madrigalechi. On les exécute plus rarement de nos jours. à Bruxelles. Marest. Ernest David en a donné une traducle Ménestrel en 1873-74. C'est une satire très mordante et très spirituelle des moeurs du théâtre.

d« l'un et de l'autre sexe. mais en introduisant dans ses OEuvres quelques Termes des Sciences susdites. Protecteurs et MÈRES de [femmes^ Virtuoses. Arismode ou Méthode sûre et facile pour bien composer et bien exécuter les Opéra Italiens en Musique à la manière moderne. les Lois etc. ou d'autres. etc. Ingénieurs. à l'enseigne de lOurs en bateau. pro- testant (\\x en somme le Génie l'a poussé a\ec violence à la Poésie. rimer. Et cela.. la Médecine. Musiciens. de neuf. Il qualifiera cependant Dante. etc. . Poète ne saura Versification & fera à sa volonté des vers de de cinq. Pétrarque. et autres personnes appartenant au théâtre... Souffleurs. Copistes. Peintres-décorateurs. Parties bouffes. Taillelirs Pages. l'exception de quelques connaissances superfi- cielles sur \e Mètre. la Chimie. Comparses. parce que les anciens Grecs ou Latins. Se vend dans la rue du Corail à la porte du Palais Orlando. Compositeurs de Musique. " Et sera réimprimé tous les ans avec de nouvelles addià la tions. qui n'ont que faire avec l'Institution poétique. dans lequel on donne des Avis utiles. dont nous avons choisi quelques extraits typiques. la Pein- ture. Dédié par l'auteur du livre au compositeur de celui-ci. n'ont pas lu les Modernes. sans qu'il connût même les différentes Manières de bien accentuer. comme par exemple le le vers Ita- de sept ou de onze syllabes. ni les Fables. Il dira qu'il a étudié les Mathématiques. par Aldivi Valicante. Impresarii. etc. de treize & même de quinze syllabes. pas la trois. ni les Termes poétiques.BENEDETTO MARCELLO 233 OU Latins. imprimé dans le bourg de Belisiana. Instrumentistes. ni V Histoire. » L'ouvrage se divise en 2i chapitres. A lien. et nécessaires aux Poètes.

un bon Lion. nuls conséquent ou peu imitables. de bons Rossignols. etc. . le bon Poète moderne fera en sorte que tous les Personnages sortent souvent sans motif ils devront partir un par un. afin de les introduire toutes dans le Drame au cas où il devrait figurer des Apprêts de sacrifice. durs l. Avant de composer son Opéra. A la fin de l'Opéra. attende celle-ci .234 ECRITS DE MCSICIENS tote. ayant chanté la . Ariettes. de Banquet. il introduira une Scène splen- .. etc. ennuyeux. sur la quantité de Dialogues. vers par vers. L'Auteur écrira tout l'Opéra sans s'inquiéter de VAction. le Poète moderne demandera à l'Imprésario une Note détaillée de la quantité & de la qualité des Scènes que l'Imprésario désire.lamais le Poète ne s'inquiétera du mérite des Ac- mais il s'informera plutôt si l'Impressario s'est procuré un bon Ours. des Tremblements de terre. éclairs. de Poêles obscurs. il s'entendra avec les Operaj. traitant ce larcin d'Imitation louable. Canzonetta habituelle. ne comprenant jamais rien à Vlntrigue. dans lesquelles il prendra des sentiments. des pensées & mênae des vers enpar tiers. teurs. dont il devra allonger les Scènes précéd^entes. etc. Il sera bien pourvu de Poésies modernes. de Ciels sur la Terre ou d'autres Spectacles. Monologues. afin qu'ils aient toutes leurs aises pour préparer souverainement toute chose de sorte que l'Opéra ne devienne pas languissant & que le public ne s'ennuie pas trop. de bonnes Foudres. : jusqu'à la fin avec curiosité.. de sorte que le Public. Par dessus tout.

^c. comme étaient Amphion. Terpanantiques. Public soit fortement secoué par de ç5"c. Ç) merveilleux. ç.. de peur que le Pu- blic ne s'en aille au milieu [du spectacle]. L'Arietta n'aura aucune relation avec le récitatif. s'il est possible.. Les Accessoires de l'Opéra seront des Prisons. l^c. Lion. conviendra d'y introduire les mots Papillons. mais. lesquels dre. il . se réveille/baient au moment oii on viendrait attenter à leur vie (cela ne s'est jamais vu sur un théâtre Italien). des Plantes.Ç^c. Plutarque. Jasmin.. ne séparaient jamais le Poète du Musicien. des Tremblements de Terre. des Poignards. des [actes de] folie. Tigre.RENEDETTO MARCELLO <Iide 235 & de curieuses Appari/ions. parce que cela prouvera que le poète est bon Philosophe et connaît les Caractères et les Propriétés des Animaux. Baleine. Rossignol. Pline. des Chasses à rOurs et aux Taureaux. & termi- nera par le Chœur accoutumé en Thonneur du Soleil.. Caille. tjc. des Lettres. tyc. Dindonneau..c. parce que cette étude était celle que fai- selon Slrabon. Chapon froid. tjC. Violette. Philémon. des Sacrifices. de la Lune ou de V Imprésario.. etc. Écrevisse. il atteindrait du coup au comble du . des Poisons. la Foudre. . Barque. Demodocus. Le bon Poète moderne ne saient les Poètes doit rien comprendre à la Musique. ni le Musicien du Poète. des Fleurs. afin que le telles choses imprévues & s'il pouvait jamais amener une scène dans laquelle quelques-uns des Acieui's s étant couchés endormis dans un Bois ou un Jardin.

L'Opéra devra être composé de six Personnages seulement. Le Rôle de.230 ECRITS DE MUSICIENS vers la moitié. bon ou mauvais. Il qu'il fera entrer .. Correcteurs d'Imprimerie. dont il louera la moitié plusieurs mois avant que l'Opéra soil mis en scène et à toutes les premières représer. sans gâter l'Intrigue du Drame. . çyc. Le poète exigera de l'Imprésario une loge. t. car le succès d'un Opéra. devra toujours être confié à des CASTRATI réservant les Tenori et les Bassi pour les Capitaines des Gardes.f-c. Mais il regardera bien de lui donner la moindre idée de Vlntrigue de l'Opéra. Père ou de Tyran (s'il est le principal) . à l'Ours. Les poètes de peu d'importance seront. dépend d'elle ordinairement. La plupart des Airs seront assez longs pour que. çyc.' talions . ou aux autres Personnages. Commis au barreau. Surintendants-économes. <. afin qpe deux ou Irois parties puissent être supprimées au besoin. ajoutant et retranchant des Parties. les Pasteurs. Facteurs. parce qu'une VIRTUOSE moderne ne doit rien comprendre: il en informera tout au plus à parle Madame sa mère. & d'après le génie de celle-ci il réglera le Drame. et diront toujours du mal l'un de l'autre. dans le cours de l'année.C. ou son Protecteur. son Père. rendra souvent visite à la prima D"onna. &c.. lés Confidents du Roi.. Messagers. son Frère. & il remplira l'autre moitié de Masques sans payer. il soit impossible de se souvenir du commencement. à elle.

Ours. des Rigaudons. Il fera ses civilités aux J/us/cie/is. Poésie.. 11 Ours et Coinpai ses à l'unisson. AUX COMPOSITEURS DE MUSIQUE Le Compositeur moderne de Musique ne devra posséder aucune notion des Règles pour bien composer. Pages. se tromper. il le chardevant pas s'occuper de ces choses-là gera [de faire jouer] de très courtes Ritournelles et Passages dans les Airs (mais plutôt de répéter beaucoup les Paroles) afin qu'on apprécie mieux la . si les paroles desdits Airs nouveaux ne se gardera de lire . Tailleurs. le tout avec site à toutes les Virtuoses.. etc. des Forlanes. &c. &c. ç)C. Comparses. leur recommandant à tous son Opéra &c. &. pour ne pas mais il le composera Vers par Vers. il il rendra vi- promettra ce qui peut servir leur (/e'/j/e par exemple des Airs sans Basse. mais seulement quelque principe général de pratique. . le Compositeur moderne de Musique ne Le Poète rendra visite le lui lira plusieurs fois Drame. où presto. il lui indiquant où le Récitatif doit aller lento. {ic. auxquelles Violoncelles. où appasionnato. &c..Avant de mettre la main à l'Opéra..BENEDETTO MARCELLO 237 au Maître de Chapelle. ayant soin encore de faire changer soudain tous les Airs & se servant ensuite de motifs déjà préparés dans r Année. loul l'Opéra.

des Tons. .... ni des Convenances de la Scène.. & si elles lui paraissaient encore trop donner dans Vancien.. en ayant soin que chaque Partie procède par Notes ou Signes de même valeur. sur les Noms propres.Et cela pour s'éloigner du style ancien qui ne se servait pas de Passages.. etc...^ Cooooo. des adverbes comme nb. Paaaa. le Compositeur moc/erne aura soin de composer sur ces mots un très long Passage.. les uns liés^ il plupart du temps)... Beltà. par ex.etc.. il terminera 1^4//' avec tous les Instruments a l'Unisles autres détachés ç^c. s'il se trouve des Noms propres.. Imperoy. En outre.. Lena. môme pour écrire une compositeur moderne ne devra se servir d'autre liaison. laquelle consiste principalement dans la valeur différente des Signes. Impeeee. é'c.. Beltàaaaa. sans s'embarrasser aucunement des Paroles.. Qu'il ait soin aussi que les Airs jusqu'à la fin de rOpera... senza. Il composera tous les Airs avec Instruments.que à la Cadence) celle de la Quarte habituelle.£38 ECRITS DE MUSICIENS s'adaptent pas Ijien sous les Notes ce qui arrivera la tourmentera de nouveau le poète jusqu'à ce qu'il obtienne satisfaction. Amoooo. que V Harmonie. de {elle Harmonie.. già.. Arena. soient tour à tour gais & pathétiques. Lenàaaaa.. chercher plutôt le Tapage. Amore. comme Padre.. Core. le son. ou sur les Adverbes mais bien sur les Mots exprimant seulement quelque Passion ou le niouve. il devra (pour bien composer suivant l'usag-e moderne). soit des Croches ou Semicroches ou Doubles-croches.. Reeee.. & de la Tierce. Areeee. Regno..

le Maître de chapelle ne manquera pas de faire taii^e tous les Instruments. d. etc. afin de laisser au Virtuose ou à la T7/'tuose tout le loisir de s'y arrêter aussi longtemps qu'il lui plaira. . de traits prolongés. afin qu'on ne comprenne pas un mot.HENEDETTO MARCELLO ment. . & de môme à tous les Comparses^ à VOurs. assurant à l'une que l'Opéra ne vit que par sa Voix. tif (1) On appelait Violette {Violelta) une petite viole. dei\ 239- canto. il lui recommandera de mal prononcer. ajoutant à l'autre que l'Opéra se maintient par sa Virlù. Il ne s'inquiétera pas beaucoup des Duos ou Chœurs. en les transposant pour leurs voix. Quand le Musico en sera à la cadence.. au Tremblement de terre. Le ^laestro moderne coupera de même les sens ou la signification des Paroles.. la Mu- Le Compositeur mof/e/v2e se montrera très attenauprès de toutes les Virtuoses de l'Opéra. Vio- lettes (i). ca- ^c. volar. surtout dans les Airs.. il les régalera de vieilles Cantates. par ex. en faisant chanter au Musico le premier vers (bien que tout seul il ne signifie rien) & puis en introduisant une longue Ritournelle des Violes. etc. ou que l'on croie entendre mieux sique. ou dessus de viole. & pour l'y engager. & de manière que l'on entende. tormenio.c. il lui enseignera une quantité de petits Ornements &. etc. affaniio. S'il donne des Leçons à quelque Virtuose [femme] de rOpera. atln qu'on puisse les passer à volonté à rOpera.

tjc. éc. Tous les Maîtres de Chapelle modernes feront imprimer en tête du hvret.240 ECRITS DE MUSICIENS Chaque soir il fera entrer des Masques sans payer au théâtre. les « mots suivants La Musique est du toujours archi-célèbre Signer : N. maître de chapelle. le Nom des Acteurs. outre. N. d"où il sera maître de congédier le Violoncelle ou la Contrebasse. éc » . d'escrime. çyc.. la chambre. . et les placera dans l'orchestre. de concerts. de des ballets. pour leur commodité.

1700. Il a passé avec justice pour le plus excellent joueur de llùte allemande de son temps. ballet en cinq entrées. eut quelque succès.MICHEL DE LA BARRE (1680 (?) -1744) « Barre (Michel de la). dont la première représentation eut lieu le 26 mai 1703 (et non en 1706). musicien. Il a composé la Musique des deux Poëmes suivans « Le Triomphe des Arts. qu'en 171 1. Paul à Paris. « La Vénilienne. distingué dans l'Orchestre de l'Académie Royale de Musique. étoit fils d'un marchand de vin. La réputation de La Barre comme flûtiste est prouvée. vers l'année 1743 ou 1741. Dicl. non seulement par son titre officiel de « flûte de 14 . 1705 » Pariait. 382 Ce ballet de la Vénilienne. des Théâtres. p. demeurant au quartier S. de la Mofte. ballet en trois actes. paroles du môme. tome I. par ce talent. & s'est. avec un prologue. et on en reprit des « fragments » jus: . Il est mort Pensionnaire de la dite Académie. paroles de M.

MÉMOIRE DE Sur les M. les hautbois et musettes du Poilou. on ne. Cette sorte de musique militaire. quatre charges de haubois et musettes de poilou. peu après la mort du musicien.242 ECRITS DE MUSICIENS la Chambre du roi ». le Mat. le haubois. son testament le 8 mars \1U celui-ci fut insinué le 46 mars 1745. qui consistent en trois Livres de Trio la flûte. et treize Sniles à pour deux flûtes. connoisoit dautres istrumens que la musette.Musique de la (1) Arch. Michel de La Barre. . fit . ou de « l'un des musiciens de la Chambre pour la flûte traversière ». La musique dite de la Grande Ecurie comprenait. les hautbois. de la création du Roy Jean. Grande Ecurie). les trompettes. Il y avait aussi des violons. mais encore par ses oeuvres. et DE LA BARRE hautbois tyc (ij Musettes [vers 1740]- on trouue dans les archives de la Chambre des comptes.. le cornet. 878 . et sur lout pour la musique. dépendait du Grand Ecuyer. les fifres et tambourins ou tambours. Maison du Roi. aux dix-septième et dix-huitième siècles. dans ces lems parbare [sic) au moins pour les arts. « officier de la musique du roi ». ou de plein air. saquebutes (trombones) et cornets. la cornemuse. O'.

et elle y est restée a très peu près. Sur Eustache du Caurroy. mais il ne put jamais. « joueur de Téorbe » et « joueur de Violle de la musique de la Chambre » héritait de lui ces deu. mais alors.\nni-: •2l^^ cromorne. l'ancêtre du trombone. ce dernier estoit une Espèce de cornemuse mais bien plus grand. quoy quils sacordassent très mal.apressamortla musique retomba dans le barbare.3 novembre 1084.x places. premièrement par lignorance de ceux qui en jouuent. (1' Peut-être faut-il lire « cacbout pour saquebute. voir ci-dessus. jusques autaras de louis quatorze. 11 mourut le 24 mars 1677. parut en I67s. un privilège pour l'impression d'ouvrages de nuisi([ue: il le faisait enregistrer le 31 mars suivant. bien qu'il ait joui d'une grande réputation sous Louis XIII et au début du règne suivant.MicHKL DE LA n. dans des recueils manuscrits on ignore à peu près tout de sa vie. . Sébastien Le Camus a laissé des « airs ». Un maître de musique. 136. lexplicalion de La Barre. Boisset. 1. serait fan>> taisiste. Son fils Charles Le Camus. obtenait le 2. et par le deffaut mesme des instrument du uiucnt de françois premier. p. Sur . n. Chef de la grande bande des violons du roi. Dembris et Lambert (3) ont estez les premiers a faire . un nommez du coroy (21 vaLet de chambre de sa maiesté et maitre de musique de sa chapelle fut le premier et le seul qui en fit de belle pour ce lems la il voulut se seruir de ces instrurnens. Honoré Dambruis. on commença a se décrasser sur la musique. tous ces inslrumens esloienl bons pour réjouir les paysans et pour leurs dances. on fut obligé de faire venir des uiolons dumilanois. la musique a brillé infiniment Le Camus. cl le cacbouc (i). Un recueil posthume dM/rs de Sébastien (2) (3) . sous le célèbre raygne ou tous les arts ont esté portez a leur perfection. qui rapproche cet instrument de la cornemuse.

Il mourut au plus tôt en 1715. et Philbert épousa la mère au lieu de la fille. et le roi signa au contrat. Tout eût été pour le mieux. faisant allusion à cette fameuse affaire mit Philbert sous le nom de Dracon. Il succéda vers le même temps à Jean Brunet. tout fut découvert et la femme du flûtiste fut condamnée à faire amende honorable. qui s'était constitué prisonnier à la Bastille. son corps jeté au feu et ses cendres au vent. » Mme Brunet. si Brunet ne se fût avisé d'offrir à Philbert sa fille. les tlutes douces. fut absous par arrêt du 8 août 1680. avec une belle dot. 121 et suiv. qui s'étaen France sous Louis XIIL Les Hotteterre. beau- Le~ Danican Philidor. La Bruyère. dynastie de musiciens. fleurit à la même époque. (1) Lambert. lui destinait sa fille. Il fut mêlé i des poisons. Voir Fcnck-Brentano. il démissionna de celte charge. prirent leur place. Un ^ros bourgeois du port SaintLandry. Philbert. Funck-Brentano. « Brunet adorait le flûtiste pour l'agrément de son talent. Brunet fut empoisonné. mais surtout le Célèbre Luly: on peut dire que on deuroit Lapel- Lapollon de La france mais son Eleuation fit la chute totalle de tous ces entiens instrumens a lexception du haubois. sept ans plus tard. car la fluie (2) trauerssiere n'est venue quapres. le Drame des Poisons. les theorbes et les uioles. confia son sort à la Voisin moyennant 2. jalouse. le 31 décembre IfiSS en faveur de Pierre Piesche. dans ses Caractères. blit (2 Philibert Rebeillé.244 lïCniTS DE MUSICIENS des airs qui exprimassent les parolles.0110 livres. et Mme Brunet pour l'agrément de sa personne. l'affaire . à la Grande Ecurie < joueur de fluste du Cabinet ». voir ci-dessus. p. C'est philbert les Boësset. g-race aux filidor et hautteterre (i) lesquels on tant gâté de bois et soutenus de la musique. 141143. pp. Brunet était mort en 1672. dit M. père de Lully (1610-1696). Brunet. famille de flùlistes et de hautboïstes. dit Philbert. flûtiste. des ce tems la on laissa la mu- aux bergers. les uiolons. . quils sont enfin paruenus a le rendre propre 1er pour sette les Concerts. puis à être pendue en place de Grève.

ayant fait nommer son fils René. il était logé au Lu. A Paris. (Adresse: a l'holcl de la A Monsieur. Je nay peu faire mieux ce en nest point votre très mon métier d'écrire. Ce serait le curieux de fleurs » des (1) mourut en 1 >> Caractères. au lieu que les musettes nestoient propre qua faire danser les paisanes. Je souhaite quil soit assez bien écrit pour que vous puissierz l'entendre. a qui cet islrument plut infiniment. de Racine. qua moins elles seroient utilles.MICHEL DE LA BARRE 245 qui en a jouez le premier en France. Je joue de seruice. de Boileau. de Villiers Lorraine. et ils mont dit plusieurs fois que le roy leur auoit dit en les leur donnant quil souhaitoil fort que les six musettes fussent métamorphosées en flûtes traversieres. en survivance. grand Écuyer de France « au Carousselie. Monsieur Deuilliors(2) monnaye. de La Fontaine. Monsieur. la flule a humble Je suis très parfaitement. comme iiautbois cl musette du Poitou. de . « 14. et puis presque même tems Descoteaux (i). votre très humble et très obéissant serviteur Delabarre. Ami de Molière. le roy aussibien que toute la cour.) Pignon Descostaux (François) serait né vers 1655. voila tout ceque jayluettout cequejay ouy dire touchant 'a musette. Il 1728. et les donna à Philbert et à Descoteaux.xembourg dans les dernières années de sa vie. le 11 décembre liJSO. Ce fut un des plus célèbres llùlistos de son temps. Très amateur de fleurs. il avait longtemps vécu faubourg Saint-Antoine. adioula deux charges aux quatres musettes de poitou. était secrétaire du prince Charles (2) M.

il devenait maître de musique au chapitre d'Arles. 11 ne devait pas y revenir. était une des plus anciennes de France. au début de 1694. paroles de la . et fut bapdécembre 1660. représentait avec succès son Europe galante (ballet en cinq actes. le théâtre.ANDRE CAMPRA (1660-1744) André Campra naquit à Aix-en-Provence. originaire des environs de Turin.Mot!e-Houdart). La maîtrise de Saint-Sauveur. à la Madeleine de cette ville. à cette époque. où il entra à l'âge de quatorze ans. Son père. Il quitta Notre-Dame le 13 octobre 17 00. 11 fut ensuite nommé à la maîtrise de Saint-Étienne de Toulouse (11 juin 1683). qui l'avait toujours attiré. 11 y resta deux ans. admis le 21 juin comme maître de musique de Xotre-Dame. avec un congé de cinq mois pour aller à Paris. qu'il quitta. était chitisé le 4 rurgien. il était nommé bénéficier de Féglise. et la même année. en le nommant (en mai 16!i6) chanoine de Saint-Jean-le-Rond. . qui . A dix-huit ans. Depuis trois ans. le chapitre lui témoigna bientôt sa satisfaction. on lui permettait de porter la robe noire des clercs en 1681.

mais avec Iléaione. et de Canlales. On peut dire qu'il a été le plus grand Musicien que nous ayons eu en France après Lully ». Un autre ballet. l'Europe galanle de Campra fut reprisejusqu'cn 1747. de dune On attribue de Motels. Dan- le Quinault du nouveau Lully. et y réussit 1700. en 1757. 23). une nouvelle époque dans l'histoire de lOpéra français. le- Carnaval de Venise (en 1699.AXDIŒ CAMPRA 247 marque. à l'imitation de Lully. et toujours nouvelle. eut cès. roi/. -i 17 juin 1710) jus- dès 1703. publia. Leur Iphigénie en Tauride 6 mai 1704 se maintint au théâtre jus- chet devint qu'en 1762. écrivaient Durey de Noinville et Travenol. auquel il ne fournit pas moins de quatorze livrets. remplie par <les œuvres sans relief (-1) ». de l'Acad. « après une période de marasme. Représentée d'abord sous le nom de son frère Joseph ^1662-174. maître de la chapelle royale et directeur des 1720. Conducteur de l'Académie royale de Musiciue ». graiule réputation à cpii jouirent dans leur temps trois livres . et les Fesles véniliennes •ju'en 1759. Ilisl. cinq livres pages de il la chapelle en 1695 à 1742. en 1718. . trois reprises jusqu'en 1743). Campra (10 décembre s'essaya dans la tragédie lyrique. rable. Outre ses dix-huit opéras. du Th. p. 500 livres sur les bals de l'Opéra fut directeur de la musicpu» du prince de Conti. une pension de . beaucoup moins de sucsur un poème de Danchet. « Il a fait voir dans ses ouvrages une \ariété admi- goût des Musiques étrangères qu'il a sçeu allier aux manières Françoises. paroles de Regnard). par le (1) De La Lauroncio. et Campra l'introduction des violons dans les solennités religieuses. en France. en 1722. pour jouer des ])réludes des ritournelles. de Mus.4). II. Campra obtint.

XON (i) Monsieur.24. II arrivait de Toulouse. et voix. pp. le 29 juillet 1744. dans les Sammelb. et c'est à vous encore à qui je dois les agrémens que je trouve chaque jour au service de cette majestueuse Eglise. I. II.. qu'il m'a reçu comme s'il m'avait attendu. Voir L. la première fois mes Ouvrages au mon principal devoir est de luy apprendre la personne du monde à qui j'ay le Au milieu de l'attention sérieuse que vous donnez au service des Autels et au ministère de la Justice. C'est par vous. DE La Laurencie. porte l'indication (l) MOTETS III : M.A. Monsieur. Dédicace de la première édilion des .S KClilTS DE MUSICIENS Campra mourut. âgé de 84 ans. quelques semaines après son frère cadet.. chez Christophe Ballabd. A Paris. En donnant pour public.laislre de Musique de l'Eglise de Paris. le lundi 21 juin 1694. G. M. Plusieurs de ses ouvrages dramatiques ont été réédités dans la collection Michaëlis. 159-258. 1909. .}. qui parut en 17Cm\ Livre premier. à Versailles. . qu'elle a entraîné celle de vostre auguste Chapitre. A M. vous avez écouté mes chants et vous les avez favorisé d'une approbation et d'une protection si éclatante. C'est grâce à lui que Campra avait été reçu. était chanoine de l'Eglise de Paris et Conseiller au Parlement. abbé de Saint-Sever.M. que vous êtes plus d'obligation.D. de Lagrange-Trianon. Xoles sur la jeunesse de Campra. der I. avec la basse-continue Par Monsieur <Aimpra. La seconde édition. au chœur de Notre-Dame de Paris..CXC\'. DE LAGRAXGE-TRIA.

Elle m'a fait cïieil Dédicace du second livre de Motets .S AL II. Livre SECONn. tres-obéïssant & très-obligé serviteur. A MONSEIGNEUR LOUIS-ANTOINE DE NOAILLES Archevêque de Paris. àMonfeigneur V Archevcnfiue de Paris. Far M. Hlinstrumenls Avec la Basae Conlinue.-Cloud.\ Paris. l! : I/I \'0I\\ . qu'ils entrent de part dans la reconnoissance que je vous Enfin c'est inoy l'ardeur et dois. Dédiez. Pair de France.1/0 TE r. Duc de S. Votre tres-humble. Que ceux qui prendront goût à ces les chants Motets sçachent donc que c'est à vous qu'ils ont oblig'ation de ce qu'ils y trouveront de meilleur. . Monsieur. Commandeur de l'Ordre DU St-Esprit (i) Monseigneur.ANOni: C. & qu'ils m'aydent à publier la sensibilité et le respect avec lequel je suis. Campra. en m'elevant.ampra. T. . chanoine de S. avez redoublé en le génie que Dieu m'a donné pour sacrez. ]7<tO. Jean le liond Kt Maistre de Musifiue de l'Elglise de Paris. (liez Christophe Hallard. Permettez-moi d'offrir à \'ôtre Grandeur ce l^ede Motets où j'ai tâché de suivre les vues qu'Elle m'a données avec tant de bonté.VMPRA 24î> vous qui.

une douceur qu'il ne sentoit pas lorsque les Psaumes n'étoient que recilez. que v(Mre cœur est pénétré de cette même douceur Céleste que ressentoit ce gi'and Saint. Il vous est aisé de voir. Telle est la force de la Musique quand elle exprime bien un sujet grand et touchant qu'elle traite. Monseigneur. Que je m'estimerois heureux. comme faisoient les Musiciens que le S. On en doit croire S. si ma Musique pouvoit faire selon vos désirs. nous vous voyons assister aux Offices de la nuit et du jour avec une piété qui nous édifie et nous confond. [)i: mi. dont je suis persuadé ne devoir me servir (jue pour sa gloire. Augustin qui Tavoit éprouvé. [etc. lorsqu'aprés tant de travaux.ns comprendre. Campra. Monseigneub. le Chant des Pseaumes alluraoit en lui un feu sacré. en touchant le cœur de ces mouvemens vifs et tendres que la Religion inspire.'. Esprit a daigné loiier.25 1 i:cRiT'. Tout spirituel qu'il étoit. et ma vive reconnoissance.] .sicif. qui sont si propres par ellesmêmes à remuer l'ame et à l'embraser. les chastes délices des Ames Grandeur que je suis bien déterminé à consacrer à Dieu pour le reste de mes jours. que la Musique ne doit servir qu'à élever l'esprit à Dieu. le peu de talent qu'il m'a donné. dont tout autre seroit peut-être accablé. C'est le meilleur moyen de vous témoigner Saintes! Je puis au moins assurer Vôtre mon profond respect. Je suis. Il n'est guère de moyen plus capable de produire cet effet. de Votre Grandeur. que d'animer de beaux Chants des Paroles de l'Ecrilure. Monseigneur.

Que c'est un t>-lorieiix avantage. 17o6. El chez l'auteur. Livre '[uatrième à 1.la juste reconnoissance de vos bontez. Pi\\ 4 L. /{oussel.\vec Privilèife du Roy. J'ay crû que des C. Votre 1res humble obéissant serviteur et très CAMPRA. Monsei(jNEtjR. . A Pahis. Campra. Ridou sir le quai des GrandA-Auijuslins à l'Image SaintLoiiis. en mesme lemps. dédiés.suis avec un profond respect et la soumission la |)lus entière J'ose Monseigneur.lils à (lui les Molels de Campra sont de Louis . vôtre Auguste donner cél ouvrai^-e sous les auspices de nom. les occupations des Esprits Célestes. Gravés par Lia. L'exemplaire de la Bil)lii'Hii''qiie Nationale est relié aux armes du i)aupliin. broché: Relié 5 1.anliques composez pour célébrer la g^loire de tout ce que le Ciel a lie plus i^ranil. m'en<ifage a vous consacrer le fruit de mes travaux.ion m'ordonn' d'imiter par des chants. par M'.qui m'ont souvent animé dans mon art. doivent être oflerts à ce que la terre a de plus respectable. Dédiez \ Mo\SEKiNEL'n. Pailition in fiuarto. Je . .. en rendantles hommages Légitimes qu'un Chrétien doit a son Dieu. Lors que les devoirs de la Reli<j. 2 cl 3 vuix Sans Accompagnement et avec Symphotiies.Vl\' HJfil-1711 ( ). de pouvoir donner des marques du parfait allachement qu'un sujet doit au sang de ses Hois.ANDRE CAMPHA 251 AU DAUPHIN (i) a monseigneltr Monseigneur. cliez P. . (1) Dédicace des MOTETS.

qui resta son plus grand succès dans le genre sérieux. sieur des Touches et de Guilleville naquit à Paris en 167-2. l'estimait . mais encore comme directeur de l'Opéra. marchand bourgeois à Paris (mort en 1694). Six opéras et trois ballets suivirent. et lorsqu'il eut donné l'opéra d'/sse (le 17 décembre 1697. devant le roi il éprouva le besoin de faire quelques études musicales plus approfondies. le roi l'appelle « ci-devant l'un de nos mousquetaires ». fils d'Etienne Cardinal. Destouchés fut l'un des successeurs de Lully. Louis XIV — — . Il dut commencer à écrire de la musique en amateur. non seulement comme compositeur. il fut maître de la musique de la chambre après La Lande. à Trianon. DESTOLCHES (1672-1749) André Cardinal Destouches. Nommé inspecteur général de ce théâtre le 8 janvier 1713. Issé. l'année suivante. beaucoup. et disait que Deslouches seul était capable de lui faire oublier Lully.AXDRE CARDINAl. sieur de Guilleviile. avec une pension de 4. Il succéda. en 1727. jusqu'en 1726.000 livres par an. Dans un privilège du 22 décembre 1703.

p. (t. Ce fut d'ailleurs dans ce genre. alors fort à la mode. dont nous parapherons une feuille conjointement ({ui me restera desquels six cents exemplaires M. Pélissier. de de Paris. tragédie lyi'iiiue en cimi actes. de ma composition. t. plutôt que dans la tragédie lyrique. Cardinal Destouches mourut à Paris en 1749. fut représentée le mardi 27 décembre 1712. d'après les papiers A. dans les Mémoires de la Société de rilistoiie de Paris et de l'Ile-de-France. 25 et suiv. Cailirhoé.\LLIRII0É » (l) Nous soussignez. l. 5r>-. G. le 3 janvier 1732 (Ballard (1) (le en publia alors une seconde édition).ANDRK CVRDINAL DESTOUCHES 2Ô3 à Franciiie. dans les Mémoires de la Soc. XX\I ilW»i»). XX\"I. l'Hisl. pour par luy l'imprimer. Elle lut reprise le Kî mars 1713. l'étude biographique puM. 1899. le Carnaval et la Folie.')(. sommes convenus de ce qui suit lard l'opéra moy Deslouches de fournir à M. le 22 octobre 1743 15 .. où il ne faisait qu'imiter de loin le grand LuUy. Ballard en : sçavoir : . avec un prologue de Roy. Itliée i)ar Voir sur ce compositeur. Caidinal-Uestouches. TRAITÉ AVEC BALLARD POUR l'impression de « C. et (troisième édition). que Destouches dut de se maintenir un demi-siècle au répertoire. On avait repris Tannée précédente son ballet. Pélissier. son plus grand succès. comme directeur de l'Opéra où il resta jusqu'en 1731. pp. Balde Cailirhoé. aux conditions qu'il tirera six cents exemplaires de la première édition. Pi(^ce pul)li6e par M.

254 ECRITS DE MUSICIENS retiendra deux cents pour ses frais de ladite impres- sion et m'en fournira cent livres dix sols pièce à pour servir à il faire des présents. au cas de seconde édition. et les trois cents restants les mesure qu'il les payera trois vendra. Destouches Ballard fils. ce 18' octobre mil sept cent douze. Et. laquelle nous promettons exécuter de honne foy. Fait double entre nous. par augmentation. . et qu'ils resteront. les suivies. A Paris. à la masse de la société. à la réserve qu'il mêmes ne me conditions seront fournira plus les cent exemplaires de présents.

p. Depuis lors. à Eisenach. Descendant d'vuie lignée de musiciens. de résumer sa bioirraphie. Bach naquit le 21 mars IGSS. naquit en 1685. dont l'érudit Spitla a retrouvé des traces certaines jusqu'au milieu du seizième siècle. de travaux si importants. IlisL de la Sociêlé des Confcrls du Conservatoire impérial de Musique (1860. à Eisenach. môme en France. ici. FClwaht. il y a un demi-siècle. dordinaire plus prolixe. dont le nom domine toute la musique de son temps^ et même de tous les temps. dont un prélude récemment arrangé par un compositeur enthousiaste (Ij a mis le nom à la mode. Antoine Elwart. (2) A. en Thuringe. où son père Amlirosius Le fameux Ave Maria de Gounod."»). » Ainsi s'exprimait. Johann-Sébastien Bach. a été l'objet.-S. sur le premier (1) prélude du Clavier bien tempéré. l!). et mourut dans une extrême indigence. J. . un professeur d'harmonie au Conservatoire. en 1752. à Leipzig (2).JEAN-SEBASTIEN ('1685-1750) BACH « Sebastien Bach. qu'il nous sulTira.

qu'il alla. à Lûnebourg. avec son ami Erdmann. en 170o. entendre le célèbre organiste Rienken. à pied. exécutant beaucoup de musique. faisant de la musique avec passion. Maria-Barbara. En 1703. Ahle. il fut agréé et vint se fixer dans cette ville. A ment : : la difficultés avec le consistoire lui firent solliciter succession de Johann G. Il y vécut cinq ans. récemment décédé i^fin 1706). Bach perdit successivesa mère et son père.MUSICIENS ville. JohannChristoph. il entra comme violon à la chapelle du duc de Saxe-Weimar. Elisabeth Lfimmerhirt. Sa mère. organiste du temple neuf d'Arnstadt. à pied. resta peu de temps à peine un an Des — — . avec sa cousine Maria-Barbara. faisant plusieurs fois. né à Arnstadt en 1642. à l'orgue de Saint-Biaise. Bach à Mûhlhausen. et chantant au chœur de l'église. Louis Marchand. et devint. Son éducation fut confiée à son frère aîné. organiste à Ohrdruf. et les organistes français de Grigny. était d'Erfurt. C'est là qu'il se forma en étudiant les maîtres contemporains (tels que Buxteliude. devint la première femme de Sébastien. Johann-Christoph (1674-1721). à l'école Saint-Michel tous deux faisaient partie des soprani de l'église de ce nom. Couperin. où il était organiste depuis 1663. entendre à Lùbeck. la même année.250 ECRITS DE . Son oncle. mourut à Gehren. entendant. près d'Arnstadt. en 1703. dont il copia le Livre d'Orgue). autant que les études du lycée le lui permettaient. le voyage de Hambourg (où l'on jouait l'opéra). Tàge de neuf ou dix ans. Bach y resta trois ans. 11 se rendit ensuite. fut organiste à Eisenach. Marié le 16 octobre 1707. à Mûhlhausen. Sa fdle cadette. travaillant l'orgue. de 1665 à sa mort. un autre oncle (164o-lGyoj était musicien de la Johann-Michael (1673-169i).

Sa première femme étant morte à rautonine de 1720. et la joie de le savoir compris doublait la joie de le révéler.Magdalena Wulcken. où l'appelait le duc d'Anhalt (décembre). de musique profane. comme maître de chapelle et directeur de la musique de chambre. il s'était présenté à la succession de Zachau. fille d'un trompette de la cour de Wei^senfels. jusqu'ici. C'est pour elle qu'il écrivit le Clavier-Bûchlein de 1722. il donnait sa démission (voir sa lettre à pour entrer au service du duc Wilhelm-Ernst de Weimar. En 1714. Un peu auparavant. jusqu'en 1723. plus de luttes religieuses. « Point d'orgue. n y passa les vingt-sept dernières années de sa vie. fit rester Bach à Cothen. les hcîtes. récemment la municipalité) — — réédité. définitivement admis. non 1723. point de grand chœur à former. » (Pirro). à Halle (voir la lettre du 14 janvier 1714). comme canlor de Thomaskirche . aux appointements de début de 3 florins par semaine. Le tumulte. à et directeur de la musique de l'Université. De cette époque datent un grand nombre d'œuvres de musique de chambre. auquel l'organiste français se déroba précéda de peu le départ de Bach pour Côthen. contrarié l'action de Bach. que ses nouvelles fonctions obligeaient Bach à composer. en 1717 dont on connaît l'épisode du tournoi dorgue entre Bach et Marchand. C'était le repos dans l'accomplissement continuel de son art. étail la En mai Bach Leipzig. à la place de Kuhnau. avec Aune-. il s'était remarié le 3 décembre 1721. Un voyage à Dresde. faite en vain pour devenir organiste à Hambourg.JEAN-SEBASTIEN BACH 2 57 Le 23 juin 1709. à diriger. n'étaient plus que des souvenirs. Une tentative (à la fin de 1720). en qualité d'organiste et musicien de la chambre. les mauvaises volontés qui avaient. il devint en outre concertmeister.

sur l'abus du café).0 à 17(J7. (1) Un fils compagnateur du de Bach. qui survint le 28 juillet 1750. Bach lui dédia. pour tous les dimanches. fut claveciniste acroi musiciou de 174. des Canlales profanes (burlesque.258 ECRITS DE MUSICIENS sans de nouvelles difficultés avec les autorités (voir ses lettres et rapport au roi. développant dans ses fonctions la plus grande . Une maladie dyeux très grave le rendit un moment aveugle. L'œuvre de musique instrumentale comprend la plus riche variété d'œuvres pour instruments à clavier (orgue. En 1900. L'œuvre de Bach est un des plus considérables de l'histoire de la musique. dont le but est de populariser cette grande édition. d'innombrables préludes. et d'abord le fameux Clavier bien lempéré. et fêtes de l'année elles furent composées de 1704 à 1744. etc. . Ce fut son dernier déplacement. des variations. et encore s'en est-il perdu une grande partie. Frédéric II l'appela à Potsdani en mai 1747 (\). Une édition intégrale de l'œuvre de Bach. commencée en 1851 par la Bacrl-Gesellschafl et comprenant 46 volumes. etc. etc. variations. et l'Arl de la Fugue. clavecin). des oratorios (de Noël. rOffrande musicale. de 1725 mais composant sans cesse. à son retour à Leipzig. a été terminée en 1890. dont la célèbre Messe en si mineur:. et acquérant une renommée universelle. Outre ces édifions musicales pra: .: des concertos avec orchestre (notamment les six Concertos dits brandbourgeois] des chorals. de Pâques. Il reste 160 Canlales d'église sur 230 ou 300 dont Bach écrivit régulièrement cinq séries. de l'AsceiLsion). six Molels allemands. activité. et il ne recouvra comjilètement la vue que huit jours avant sa mort. Philipp Emanuel. cinq messes. Deux Pass/o/is seuletnent subsistent sur cinq. s'est fondée la Xeue Bachgesellschafl. qu'at- testent les écrits contemporains.

Je reconnaîtrai toujours avec une. respectueuse et vive gratitude les bontés de votre magnificence et celles de mes vénérés patrons. en France. très bourgeois. On pourra consulter également sur ce sujet la brochure sur rinlerprélafion des œuvres de clavecin de J.S. Mon idée constante a toujours été de faire progres- musique religieuse. dont la magistrale étude sur l Esthétique de J. 1882). elle publie Bach et (Paris. Bach (Paris. de Mme W. est en rebeaucoup de villages de vos environs. pour la plus grande gloire de I)ieu et pour accomplir ses volontés selon la nature de mes moyens. son œuvre ont été étudiés. 1906). Landowska tiques.S. 1903 et 1908). 1905) et la biographie parue dans la collection des « Maîtres de la musique » (Paris. el m'ont aidé à gagner comme organiste de ma subsistance. J'ai aussi cherché à contribuer à son bien en vous soumetcelle tard sur . complètent ou résument les grands ouvrages parus en Allemagne.S.JEAN-SEBASTIEN BACH 259 chaque année un Bach-Jahrbuch. David (La vie et les œuvres de J. tels que la grande biographie de Bach par Philipp Spitta. sous ce rapport. très nobles consavants et très honorés Messieurs les seillers. A LA MUNICIPALITÉ DE MUHLHAUSEA Magnifiée seigneur bourgmestre. par PiRRO. qui ont bien voulu accepter mes faibles services Saint-Biaise. Celle-ci avait d'ailleurs été résumée par E. Paris. Bach. Bach et la Musique ancienne. J'ai voulu surtout perfectionner ser la de votre église qui. mes vénérés patrons.

Je viens. très mes honorés patrons à ErfTurth). bourgmes- syndico et autres collegen du conseil. en conséquence. sans être contrarié par personne. . et si je puis à l'avenir contribuer au bien de votre église. j'ai donc reçu l'invitation d'occuper les fonc- tions de musicien de la chapelle et de la chambre de son Altesse Serénissime le duc de Saxe-Weimar. ma situation et me rendent l'existence il difficile. et il n'y a pas d'apparence que les choses changent jamais en outre. a plu à Dieu de m'en- voyer une position inattendue dans laquelle je trouverai une rémunération plus en rapport avec mes services. Toutefois. je me suis iieurté à de grandes difficultés. Bach. ce que j'ai considéré comme un devoir. la suppression du logement et d'autres privilèges aggravent . (Adresse tres. : Aux très nobles. j'y pourrai même travailler. et tant que je vivrai je demeurerai De votre magnificence et de mes honorés patrons le très humble serviteur Johann Seb. prier respectueusement mes très honorés patrons de rémunérer mes faibles services en m'accordant mon congé. Dans ces circonstances. au perfectionnement de la musique d'église . très savants et très sages Messieurs les maire. je vous le prouverai plutôt par des actes que par des paroles.260 ECRITS DE MUSICIENS tant un projet de réparation de l'orgue. 26 juin 1708. Miihlhausen.

p. A Halle. » (Bach. avec l'espoir que votre seigneurie ne me blâmera pas de ne point m'ètre engagé avant d'avoir bien précisé les devoirs qui cette lettre (1) Bien que ne portant ping de susoription. à la succession de Zachow (ou Zachau. Bach recevait. ce dont je vous suis très obligé. l'un des administrateurs de la Fraucnkirche ^Notre-Dame) de Halle. s'adressait à Becker. J'ai reçu la vocalion (2) en double exemplaire. et j'apprécie comme un bonheur que le noble collège ait bien voulu juger favorablement ma chétive personne. 21 gros). 1. tant pour ce qui touche au salaire qu'en ce qui concerne mes obligations.. Pirro.endel. il n'aurait eu que 171 th.5. en attendant. « Cette insinuation injurieuse est mal fondée. Je voudrais aussi que l'on apportât certaines modifications au contrat. Je vous retourne. que l'on ne trouvera pas mauvais que je ne notifie pas aujourd'hui ma résolution. désireux de le garder A son service. J'espère. dit M. J'enverrai par écrit cette semaine le détail de mes observations. très noble Monsieur. 12 gr. depuis Pâques de l'année 1713.) (21 Le traité ou projet de traité entre Bach et l'église de Halle. l'un des doubles. mort le 14 août 1712 On accusa Bach de n'avoir demandé cette place que pour se faire donner un traitement plus élevé par le duc de Weimar.JE. . . n'ayant pas encore obtenu mon congé.SCII 2h] ABECKER (i Très noble et très honoré Monsieur.VN-SEBASTIEN B. Bach s'était présenté. le maître de H. 49. 225 florins de salaire (lUti ihaler. licencié en droit.

J'espère que ma lettre sera bien accueillie. votre seigneurie voudra bien présenter Messieurs les administrateurs de l'église NotreDame l'assurance de mon respect et de mon excuse de ce que le temps me manque pour donner une réponse catégorique je suis très occupé par les préparatifs que l'on fait à la cour pour fêter l'anniversaire du prince (i). der Inlern. Entre temps.'avec un petit Paquet cacheté mont été payés par Monsieur « le Licentiato Becker pour frais de voyage à moi soussigné. (1) l'j janvier 171^ (2 . de Sachs. (2) Wilhelm Ernst.2G2 ECRITS DE MUSICIENS m'incoiubenl. et que le noble collège ne verra aucune difficulté à m'accorder ce que je désire.. Weimar. ôDO. Halle. Dès que nous serons daccord. repartit : mai. duc de Saxc-Weimar. i3ac/! 171G in Halle. J.JOH. Bach. en attendant. » la JM. S. p.. mais tout sera terminé cette semaine. je rendrai en votre à ville et signerai me mon engagement. api'ès avoir signé la quittance suivante Six Thlr. Je suis. VI. le 2 May ao << 1716. de votre seigneurie.) Sammelb.\NN SÉBASTIEN B. Seiffert. . " . Bach fut invité à venir examiner Il les le orgues 3 nouvellement construites à Halle. << eu. -Weimar. geselL.\CU maître des Concerlen et Organiste de Cour pr. En avril 1716. Le respectueux serviteur.Musik- .

liirt'. . Vos Seigneuries savent que mon frère Jean-Jacet moi sommes co-héritiers à la succession Lammerhirt (i j. IS Marlij. le quotiis de l'héritage déjà mis in cleposito. De vos nobles Seigneuries le très humble serviteur. siib caulione rali nomine. veuve de ' Tobias Lammerhirt. Ayant appris que les autres collatéques Bach raux ont l'intention d'aUa(|uer le testament. Donc. en mon nom et en celui de mon frère. Cœthen.JHAN-SKBASTir-N 15ACI1 26H A LA MUNICIPALITÉ D'EHFURT Très nobles et savants Messieurs cl Patroni. Celte lettre à la fut écrite à la miiniiipalilé {Magislral d'Ersuite de la mort de la tante de Bach. 1722. et je les prie respectueusement d'accepter notre i-enoncialion rcspeclive et protestation. et de nous faire délivrer. je viens vous aviser que ni moi ni mon frère absent nous ne voulons y participer et que nous nous déclarons à l'avance satisfaits de ce qui nous sera alloué. et que nous v opposons la protestation habituelle. (1. Jon. Seb. je déclare que nous renonçons à toute revendication légale. J'ai cru nécessaire de faire connaître cette résolution à vos Sei- gneuries. à mon frère et à moi. Bacu maître de chapelle de la Cour princière d'Anhalt Cœlhen. haute faveur dont vous remercie. et ce qui pourra encore être déposé à l'avenir. à tout procès.

on m'a. à Erfurt). (1) (2) Le casuel. le 6 avril 1660. je nai pu obtenir de l'honorable Université qu'elle me ren. pendant la vie de mon prédécesseur 12). . après la mort de Grœbner. mes très honorés patrons. Après son décès. el malgré mes justes réclamations. . il est vrai. puis de la Thomaskirche. Johann Kuhnau. AU ROI DE POLOGxXE GRAND ÉLECTEUR DE SAXE SlRE.264 ECRITS DE MUSICIENS (Adresse : Aux très nobles. organiste de Saint-Nicolas 3 Lorsque j'ai pris possession de mes fonctions. juin 1722. en 1730. bourgmestres. rendu le directorium mais on m'a retenu une partie du traitement pour l'appliquer audit organiste. très savants el très sages Messieurs les Maire. syndico et autres Collegen du Conseil. né le 5 à Xeugeising (Saxe). Plaise à Votre Majesté me permettre de lui repré- senter humblement que le directorium de la musique de Tancien et du nouveau service de l'église de Université de Leipzig ainsi que les émoluments et les l' accidenlia {\\ ont été réunis au cantorat de Saint- Thomas. on a confié cette place à Gœrner. né en 1697. (3) Gœrner. et pendant la vacance. fut organiste de la Nikolaikirche après la mort de Vetter. mort à Leipzig.

mes surtout que depuis deux ans. qui m'a chargé du directorium de l'ancien et du nouveau service devra me verser la totalité de mes appointements mensuels.JEAN-SEBASTIEN BACH 265 dîl l'intégralité des douze florins qui constituent mon et salaire dont elle m'a retranché la moitié. Je viens donc supplier Votre Majesté de vou- . et avant linstallation du nouveau service. au sujet de mes adressé à N'otrc Majesté un rapport auquel je crois nécessaire de répondre. le i^ septembre 1725. Lorsque Votre Majesté a bien voulu ordres à l'Université de réclamations. L'honorable Université m'ayant chargé de l'ancien du nouveau service avec le salarium y attaché. je ne ^oudrais pas entrer en discussion avec l'organiste de Saint Nicolas. mais il me serait très pénible que l'on ne me rendit pas Tintégralilé de mon traitement. Leipzig. ladite Université a signifier ses Leipzig. De ^'otre Majesté le très fidèle sujet Johann Sébastian Bacu. AU MÊME SlHE. je n'ai cessé de remplir obligations envers l'ancien. J'ose donc supplier ^olre Majesté de vouloir bien ordonner que l'honorable Université de Leipzig.

. Le roi donna en partie raison au cantor. peu après son installation à Leipzig.•2<'. ont été conservées dans leur forme (ly aux difficultés originale. employées dans ce rapporl. a^sez nombreuses. objections qu'elle a pris Celte lettre au roi et le rapport qui la suit ont trait que Bach eut à subii\ de la part de l'Université. Bien que je croie l'Université assez équitable pour faire droit à ma juste ma demande.6 ECRITS DE MUSICIENS loir et bien me faire remeUre une copie de ce rapporl de consentir à retarder sa reso/«//o/z jusques après je que me serai expliqué. J'accélérerai autant que possible réponse et serai toute ma vie De Votre Majesté le très respectueux et ma très fidèle sujet Johann Sébastian Bach. Plaise à Votre Majesté d'agréer l'expression de reconnaissance pour m'avoir permis de répondre au rapport de l'Université de Leipzig louchant mon placet sur le directorio miisices (2) de l'ancien et du nouveau service dans l'église de FLuiversité. je me considère néanmoins comme la tenu de répondre aux peine de formuler. et les salaria qui m'ont été retenus. Sa réponse indique assez explicitement de quoi il sagit. le 3 novembre 1720 (i). 2 Toutes les expressions latines. par un rescrit du 21 janvier 1726. AU MÊME Sire. Leipzig.

de même qu'au Festo reformationis Lutheri/]B. . l'exécuLion des motets a été . 3" — Que je .KC.JEAN-SEBASTIEN U. scruj)uleusement représenté (pie l'on avait accordé à mon . de canloris Sancli Thoime n'a pas à discuter avec qu'au sujet du directorii l'Université se trouve in libertate nalurali et qu'elle l'ancien service et de son •2" — moi sur le directorium de honorarium . et que. musique dans l'église l'L'niver- sans préjudice et désordre. uniquement di- rigée par les préfets 4" cantor de S. exceptionnel de 12 florins pour ces prédécesseur un gratial le direciorium musise du nouveau service G" — Que tant de difficultés sont élevées à cause des élèves de Saint-Thomas et des musiciens (1) Les prières trimestrielles (Ouatre-temps).U 2()~ Ainsi. elle prétend 1" : — Que je soutiens sans raison que le direciorium musique est de la nécessairement attaché à l'emploi .\ reçu un honorarium particulier de i3 th. en raison des exécutions musicales des dimanches et des jours de le — Que fèto. n'ai pas assisté en personne aux qiiar- tal-orationibus ordinaires. n'est pas en état de gérer en la même temps le di. Que mes pétitions d'avoir jusqu'ici rempli mon devoir i^ratuitement l'étonnent d'autant plus qu'il ressort des rationibus qu'à toutes les qiiarlal orati(mibiis{\) et aux grandes fêtes. Thomas. attendu qu'il doit et diriger à la fois la musique' dans les églises de Saint- Thomas 5" de Saint-Paul — Qu'il a été . lo gr. d'après le Registraliir. di- reeloriam de silé.

actibus de l'Université. par suite de la longue vacance après la mort du cantor précédent. le directorium de la musique ne doit pas m'être retiré lors des promotionibus établie. versité ne sont pas fondées. I" — En ce qui concerne le rattachement du nouveau service à l'ancien. ces excepliones alléguées par l'Unifacile de les il m'est réfuter point par point.268 KCr. d'autre part. la direction — . je n'ai pas dit que cette connexion fût nécessaire j'ai dit seulement que le direclorium du dernier service avait été combiné avec le premier. . l'Université a confié le directorium musicas du nouveau service à Johann Goltlieb Goerner. ni lors des solenn. la . S'il doctoralibus. au contraire. et Mais. était incontestablement un connexum de l'ancien service et dune observance habituelle. au moins en ce qui concerne musique. Sire. dans l'église Saint-Paul. avant même que le nouveau service eût été établi. et que le pouvoir et la faculté de les lier ou de les séparer ne pouvaient être examinés. et lui a assigné un nouveau solarium de 12 florins que ce salarium n'affecte en rien le directorium de l'ancien service. tout cela. attendu que c'est une institution nouvelle. et que.ITS DE MUSICIENS que l'Université a dû se servir des sliidiode la musique empêchement à une autre pera été donnée sans sonne. l'on me confie l'ancien service d'après l'observance en est ainsi. J'accepte. rum. de ville. que . mais laissés à qui de droit. parce que ces sludiosi refusent d'assister le cantor sans être payés 7" Enfin que. pas plus que Yhonorarium. parce que.

était a partes. né à Geisingen (Saxe). attendu que Vhonorarium solde. ne m'a jamais été payé en entier. lo gr. les 20 gr. 264. qui doit être de i3 th.. on n'a rien donné de plus. fut d'abord cantor à Eilenbourg. Cf. Il resde l'attestation des veuves de Schelle et de Kuhnau (1). 18 gr. Il fut remplacé par . ci-dessus p. 6 pf. attribués auxrationibus rectoralihiis n'ont pas dépassé 16 gr. 6 pf et pour les trois grandes fêtes. mes prédécesseurs (attestation que je joins au présent siih lit. A et B). et dise que je suis dans l'erreur quand je soutiens avoir fait mon devoir gratis. en dehors du salaria qui est de 12 florins et que le grattai n'exclut pas la plainte ne porte pas sur les honoraseulement sur les salariis qui appartenaient habituellement à l'ancien service et qui ne m'ont été comptés jusqu'ici qu'à 12 florins. Mais riis . que j'aurais reçu d'elle. ma Festo reformationis Lutheri. — Jobann Srlielle. 2.JEAN-SÉBASTIEN BACH 269 2° — Je suis surpris (jiie l'Université mentionne un important honorariiim de i3 th. Bach. 10 gr. d'ailleurs. Quant aux rationibiis rectoralibas dont parle l'Université. le C> septembre (1 1G4H. à Saint- Thomas de Leipzig. en 1676. au lieu de 12 th. 10 gr. musiqiien. Johann Kuhnau lui surcéda comme directeur de la musique à lUniversité et canlor de la Thomaskirche. de même qu'au elle porte . et que le Begisje n'ai touché sort. puis. cet honorariiim. annuellement que 6 th. où il mourut le 10 mars 1701. que lors du Oiiartal et des Fest. 3" Quant à ce qu'on dit que je n'assiste pas en personne aux Quartal orationibus. n. mais que dans l'extrait des ralionibiis doctoralibas. on a inséré un quantum beaucoup plus élevé.

pour la direction de la musique du nouveau service. ^" — On peut encore moins admettre ce que sou- tient l'Université. les préfets pouvaient me remplacer pour l'instruction et sous mes antecessoribiis Schelle et Kuhnau. vicarios et des prœfectos dans les églises où une musica formalis n'était pas obligatoire. comme gratial à mon prédécesseur Kuhnau. En tout cas. sans être obligé d'assister au service jusqu'au dernier chant. je ne le on voit que le Begistratur n'en fait mois et l'anmention qu'après ma plainte contre l'Université. par née.exemple de l'organiste de Saint-Nicolas. ce sonl là des objections sans importance. car cette institution de 12 florins date de longtemps — .peut sortir après avoir préparé et disposé la musique. 5" Quant aux douze florins contestés. Au surplus. l'Université ne peut soutenir avec raison qu'elle les ait accordés. et il faisait diriger la musique ordinaire par des églises. sans préjudice ni confusion. 1 église pour faire de la musique avant et après le prône tandis que le cantor . De son vivant. qu'un organiste ne peut être en même temps dans Saint-Nicolas et dans l'église Saint-Paul. lorsque j'ai eu besoin d'aller à Dresde. pour des impedimenta légitima. car. car je citerai l'. deux fois.270 ECRITS DE MUSICIENS tratur du 20 Octobris 1725 le prouve. et deux cela est d'autant plus . Gœrner. que le soin de deux églises n'est pas compatible la musique dans pour une seule per- sonne. me motets. Kuhnau l'a parfailementfait. qui dirige la musicjue dans compatible. les préfets dirigeaient les suis pas absenté plus de .

retirer . hien que ceux-ci n'aient pas voulu prêter leur concours au cantor sans être payés. Le salariiun pour la musique de l'ancien ser- vice a toujours existé. donné comme contenté de tel nouvelle direction on s'est la au direclorium musices de l'ancien service et pendant la vacance du cantorat de Saint-Thomas on la donnée à (jœrner. Mon prédécesseur. En ce qui concerne le direclorium musices du nouveau service el la personne de Gœrner. des veuves de Schelle et de I\uhnau prouvent que les 12 fl. Dune. ont dirigé gratis la — cause aucun préjudice. et dhabilude je leur donne gratuitement des leçons de service ne musi(jue vocale et instrumentale. Pour mon compte. le salaire de 12 11. personne ne met en doute. A et B. appelé momentanément à ce dircclorio. (pii lui est alloué n'est pas 7 ' — un nouvel à cette instiliilum cl n'a pas été . si les choses doivent demeurer in slaluquo. jo n'ai jamais eu de désagrément avec eux.t un salarium nouveau. on sait que les studiosi qui aiment la musique se sont montrés de tout temps rebelles à se mettre aux ordres du cantor. On a déjà fait de même pour ceux qui. ont été chaque fois le solarium de la musique de l'ancien service. L'Université n'a pu se refuser à montrer leur quittance. qu'il fau(h. et les au- musique du nouveau service et n'ont jamais reçu pour cela un pfennig. D'ailleurs. encore bien moins un graiial de 12 fl. car la direction du nouveau service n'a rien Irouvé de bon dans l'emploi des studiosi. 6" Le salaire attaché à la musique de l'ancien tres avant lui.JEAN-SEBASTIEN BACH 271 (Irjà. Les a/lesta sub lit.

J'aurais' la donc dû. cela est de toute notoriété et pourra être plus amplement prouvé. Néanmoins. Ce silence me donne raison et me justifie.. Je supplie donc Votre Majesté de vouloir bien or donner que l'Université me restituera ces 18 th. Celte réduction m'a paru aussi dure que si Ton m'avait supprimé le salaire entier. de 5 gros. 11 me montra le livre de comptes. d'après son propre aveu rationibus rectoralibus. point. Dans sa réponse à mon mémoire. m'a octroyé la moitié de 12 florins et certainement elle ne l'aurait pas fait si elle n'avait été persuadée que j'y avais plus de droit. soit au lo tal. 10 gr. sur lequel mon prédécesseur Schelle avait reçu de 12 florins. 5 gr et et me donnera à l'avenir le salarium alloué à Schelh . i3 Ih. par le Dr. par an. recevoir une somme de 36 th. me je crois. qui administrait le rectorat l'année dernière. ont été employés à la musique dans les deux églises. je crois obligé d'ajouter que j'eus. qui est. pro directorio musices un salarium Enfin. aux quarlal orationibiis el aux trois grandes fêtes. l'Université. Ludovici. occasion d'en parler à l'ancien reclore magnifico Junio. à lui réclamer encore 18 th entrée en fonctions. 18 6pf. il y a deux ans. à qui je fis une remonslration au sujet du directorii. ainsi qu'à celle de la Réfor mation. depui Pentecôte de 1728 è mon gr la fin de 1725. l'Université par les doit mallouer annuellement 3 th. J'ai. T Université se tait sur ce. wn honorariiim séparé de 10 th. par conséquent.272 ÉCRITS DE MUSICIENS jusqu'à présent. et Maintenant. un Liber rationum rectoraliiim. 10 gr.

De celte haute faveur sera reconnaissant toute sa vie. A ERDMANN Mon cher Erdmann. Il y aura bientôt quatre ans que vous ne m'avez favorisé de vos chères lettres. Leipzig. et je me suis aperçu que l'inclinalion musicale de mon prince s'attiédissait. il laail paru inadmissible que je descendisse du rang^ de maître de — (1) Erdmann était en elTet un vieil ami de Bacli été son condisciple à Olirdruf et à lÀinebourg. Il a plu à Dieu que je fusse appelé ici comme directore musices et cantore à l'école de Saint-Thomas. . * Vous excuserez un vieil ami (1) qui se permet de vous importuner.JEAN-SEBASTIEN BACH 273 et à ainsi Kuhnau. bien que d'abord. anno 1725. De Votre Majesté fidèle sujet le très humble et très Johann Sébastian Bach. Je trouvai là un noble Prince. (2. qu'on peut le voir par leurs quittances. car la nouvelle duchesse était amusa (2j. . Mais il est arrivé que ledit Serenissinuis a épousé une princesse de Bernl)Ourg'. de même que Yhonorarium séparé. san« Mapes. il avait Inarlistiqiie. Depuis ma jeunesse vous avez connu mon sort jusqu'à la wktation qui m'a fait maître de chapelle à Cœthen. auprès duquel j'espérais finir mes jours. le 3i decembris.

je me soumis : au concours. . J'y suis encore volonté de Dieu. Mais comme je trouve i° que ce service est loin de me donner les avantages que l'on m'avait promis 2" que beaucoup de casuel a été retiré de cette place 3" que la vie est très chère ici 4° que les autorités sont étrangement défavorables à la musique. faut que je vous donne aussi quelques détails sur mon intérieui'. casuel augmente en proportion sain à mais Tair le est très Leipzig. je vous serai très obligé de m'aider de votre haute recommandation à laquelle je ne man«|uerai pas de donner pleine et entière . Si vous connaissez en voire ville une position convenable pour moi. pour ainsi dire. comme vous l'avez vu à ^^'eimar. et l'année dernière casuel des enterrements a été quatre cents thaler je en déficit de cent Ihaler. et que de coutume. que mes fils paraissaient pencher vers les sludiis.274 • ECRITS DE MUSlCiENS chapelle à celui de canlor. mais enfin surtout la position m'ayani paru avantageuse. Avec pourrais m'entretenir en Thuringe. par la et j'acceptai \a mulalion. car à Il Leipzig. Mon traitement ici est lorsqu'il y a plus d'enterrements de sept cents Ihaler. C'est pourquoi lulion ma réso- traîna trois mois . : satisfaction. aussi bien qu'ici avec le double. De mon mariage avec elle. j'ai encore trois fils et une fille. . qu'il faut vivre avec les autorités dans un état de lutte presque constante je me vois. Je me suis remarié à Cœthen le décès de ma première femme. si vous vous en après . la vie est à un prix exorbitant. !e . obligé de chercher for lune ailleurs.

à date du 20 août. et je vocaux et instrumentaux avec d'autant plus de facilité que ma femme a une belle voix de soprano. former des concerts aînée ne s'en tire pas mal. Leipzig. l'autre la secundam classem .JEAN-SEBASTIEN BACH souvenez. car le preTous sont nés musiciens. fils de Bach. Très noble Très honoré Monsieur Klemm. au printemps de l'année suivante. Je Votre ami très dévoué J. j'ai eu un fils et deux Mon aîné est studiosiis jaris. Fr. De mon second la lit. qui eut lieu le 13 juillet 1737. . la Zeilschrift cler Internation. Les enfants de mon second mariage sont encore petits. m'arrête donc et demeure Bach. Bernant Bach fut nommé. à léna. Le . A KLEMM . dont il s'agit cos Icltres. organiste à Sangerhausen il (juitta cet emploi. du 24 mai 1738. mort au mois de mai 1739. les deux autres suivent l'un primam. (l. est Johann (joUlried lîeinhard. S. avec ma famille. L'ainilié que j"ai entretenue pendant de nombreuses années avec Monsieur Votre père. puis.\près un concours.. ma fille aînée n'est pas encore mariée. Ba<h. sans permission.uis Schmidt dans on juin l'J02. filles. 28 oclobris 1780. Voir la lettre de J. né à W'eirnaile 11 mai 1715. Je franchirais les bornes <Je la politesse si je vous ennuyais davantage. Musilirjesellschafl. me fait (1) Celle lettre ainsi que les trois suivantes ont été pu- I bliées pnr M.-S. et que ma fille mier n'a que six ans.

. à Sangerhausen. à ce propos. de me donner avec bienveillance quelques bienveillants renseignements sur le traitement de cette place vacante.276 ECRITS DE MUSICIENS espérer que ^'ous ne serez pas contrarié si je vous en demande parliculièrement une continualion bienveillante aussi ai-je voulu à celte fin et dans cette Confidence prendre la liberté (ayant appris que Monsieur rOrganiste de l'église d'en bas est mort et que cette vacance devait être comblée au plus tôt). Bach. Mon protecteur particulièrement honoré. je demeure pour toujours avec toute ma gratitude dévouée De Votre Honorable Noblesse . Le très obéissant serviteur. mais aussi de me faire la Fare»/* singulière. Leipzig. le 30 octobre 1736. Comme je souhaite et espère que ma prière de même que Vanexum trouvera un ingress (i favorable.-S. {Adresse table : A de Monsieur Klemm. de Vous demander le bienveillant patrocinium pour un Subject qui me touche de très près [et de Vous le demander] non seulement officiellement.) (1) Accueil. la très respec- membre du très noble et très illustre Conseil Ville de Sangerhausen. J.

dans Votre honorée lettre. Bien que \'. Par le bienveillant accueil que Vous avez fait récemment à ma [lettre]. Haute Nobl. Vous avez très gracieusement promis d'envoyer) mais comme Vous l'avez retardée jusqu'ici. comme j'apprends que V. Haute Nobl. j'ai pensé qu'il était de mon devoir de ne pas remettre plus longtemps ma réponse à Votre Haute Noblesse et . si je n'avais attendu d'autres nouvelles (que. de Vous prouver un jour mon dévouement toujours prêt. . je n'ai pas à cacher à V. ne puisse encore m'indiquer exacte- ment le véritable traitement. par suite de vos nombreuses occupations. s'est déjà tant très préoccupé par ses in mente. J'aurais dû Vous témoigner dès le pre. Très Honoré Monsieur. j'ai confidence au Colin .JEAN SÉBASTIEN BaCH 277 AU MÊME Très Noble. je chercherai toute occasion. Haute Nobl. que le Subject proposé est un de mes fds. intercession en faveur utiles recommandation et du Subject que nous avons lixer à pour qu'on veuille bien l'époque voulue une Probe pour lui ainsi que pour d'autres competenten. mier courrier mon obligation écrite. Puisque je suis obligé de Vous en être reconnaissant. j'ai pu me rendre compte presque à chaque ligne de votre favorable réponse d'autant plus que ma précédente demande avait été favorablement accueillie par Vous.

Joii. à cause de la raison ci-dessus. car l'Autorité Supérieure du Pays avait envoyé un Subject à cause i3) duquel. {3) Causirete. In vocirung. (i) Emergirem. il y a 3o ans. je resterai toute ma vie. Bach. le Très-Haut tous le rendra en partie. fut désignée mon humble personne. bien qu'alors tous les vota dépendissent de l'Administration de feu M. Ne prenez donc pas en mauvaise part que je mentionne à cette occasion mais Fata d'alors c'est seulement parce que la première entrée de ma correspondance a trouvé un ingress aussi favorable. que l'idée me vient qu'il y a peut-être une Préférence Divine. In confeririing. une promesse faite à mon humble personne. ainsi que ma farnilie. Très Noble Conseil va se trouver en état de pouvoir tenir. je ne fus pas assez heureux cependant. reste toujours un bienveillant protecteur pour moi et ma famille et croie que. en appelant (i) un de mes enfants. pour être choisi (4).278 ECRITS DE MUSICIENS de Votre Très Noble et Très respectable Conque ceux-ci ne laisseront pas dans le besoin Votre vocirtes Subject. Et qui sait ? s'il n'y a pas ici en jeu là-dessous une Divine Providence puisque V. Le très obéissant serviteur. de me conférer (2) le service du Figurai Organist alors vacant. Due Votre Haute Nobl. lefjio seil . De Votre Haute Nobl. Seb. . le 18 {1) (2) novembre 1736. le bourgmestre Vollrath. Leipzig.

Absenliret. mais encore la lettre de change de Mulhausen (qui probablement causa (2) son départ). n'étant revenu pu répondre i) de Dresde que depuis deux jours. Vous ne m'en voudrez pas de n'avoir plus tôt à votre honorée lettre. étant un père afîectueuxel bienveillant pour les chers gages du mariage le comprendra. mais qu'il s'est absenté (3) sans m'en faire la moindre pa/'/. quej'eus l'honneur de profiter de tant de bontés de Votre part. Mais j'apprends avec une consternation extrême qu'il a de nouveau emprunté çà et là. Très Haute Nobl. Que dois-je encore fils plus que (1) (2) (3) (•1) Retourniret. Très Honoré Monsieur Kleram. Depuis l'année dernière. V. .JEAN-SEBASTIEN BACH 27&- AU MÊME Très Noble pp. je n'ai pas revu un instant mon imalheureux dévoyé). Vous n'ignorez pas non j'ai payé exactement pour lui à cette époc^ue non seulement la table. Camirel. Avec quelle douleur et quelle tristesse je trace cette réponse. Jusqu'ici. jusque (/a/o [\) de sa résidence.({uenon seulement il n'a pas changé son genre de vie en quoi que ce soit. mais encore que j'abandonnai quelque Diicaten pour payer quelques dettes dans la pensée de mettre désormais une fin à [son] genus vilx.

dans l'espoir que le genre de vie plus civilisé de Sangerhausen et les distingués protecteurs Tinciteraient également à une conduite. je ne doute pas non plus que vous ne veuillez bien chercher à disposer i3i le Haut et Noble Conseil à retarder la mutation imminente jusqu'à ce que nous puissions découvrir où il demeure (Dieu qui sait tout m'est témoin que je l'ai plus revu depuis l'année dernière) afin que nous sachions ce qu'il a décidé de faire désormais ? Rester et changer sa façon de vivre. et abandonner mon misérable fils à la miséricorde Divine. afin qu'il se rende compte que sa conversion doit être attribuée à la Bonté Divine. me déclare (i) que j'aie pleine confiance qu'EUe ne m'im(2) pas la mauvaise conduite de mon fils. Impuliren. je cherche à tout faire pour les aider à faire leur bonheur Voilà ce qui m'avait engagé à vous le recommander lors de cette vacance. comme un père fidèle prend à cœur le bien de ses enfants. vous exprimé-je encore une fois ici les remerciements que je dois à Votre Haute ?sobl. mais qu'Elle est convaincue que. comme à l'auteur de sa promotion. ne doutant pas qu'elle entende mes plaintes affligées et qu'elle agisse enfin selon sa sainte Volonté. . Disponire. Comme Votre Haute Xobl. aussi. ou chercher son fortun ailleurs ? Je ne veux pas que le Haut et Noble putera : : (1) (2) (3) Expectoriret.280 ECRITS DE MUSICIENS dire ou faire? Puisqu'aucune réprimande ni aucune précaution et assistance ne peut plus suffire. je dois porter ma Croix avec patience.

Leipzig. Comme moi et différents creditores se sont présentés chez que je ne puis les payer sans fds (ce qui connaître l'aveu verbal ou écrit de est justifié par toutes les lois). Haute Nobl. le 24 May 1736. le. mais je lui de- mande seulement encore ce que il assez de patience. je vous prierai en outre de m'informer s'il a emporté ses quelques meubles ou de ce qu'il en reste encore. Comme il a jusqu'ici le bonheur de loger i) ( chez vous. je mon ciellement d'avoir la vous requiers offibonté de prendre des rensei- gnements exacts sur sa résidence. Bach. avec mon très humble compliment à Madame Voire Épouse. Seb. jusqu'à reparaisse ou que l'on puisse savoir où il s'est dirigé. (1) (2) Logieren. car c'est seulement ainsi qu'on pourra donner un renseignement certain pour essayer une dernière fois si. De V. je reste. Ferien. ce cœur endurci peut être amené à résipiscence.JEAN-SEBASTIEN BACH 281 Conseil puisse s'inquiéter de cela. avec l'aide de Dieu. . En attendant une prompte réponse et en vous souhaitant des vacances (2) plus agréables que celles quej'aurai. [le] très obéissant serviteur JoH.

s'il ne reviendra pas à la maison. (1) lettre. car tré il est tout dabord nécessaire qu'il me soit mon- une reconnaissance écrite de la propre main de mon (fils dévoyé hélas).pas celle-ci défavorablement en réponse à la lettre aimable que vous m'avez adressée avec la note des dettes [de mon fils]. le t26 May 1736. avant que je prenne une résolution. je rattesle avec Dieu et tous les miens. mais encore je lâcherais de vous désintéresser. Il n'est pas revenu chez moi depuis le voyage que jai fait Tan dernier à Sangerhausen. Leipzig. afin que je puisse prendre mes mesures. En attendant prompte réponse. le très dévoué serviteur T. à léna. le 27 Bernhard Bach mourut un an après la date de cette mai ItJ37. Bach.ECRITS DE MUSICIENS A LA FEMME DU MÊME Très Noble. Très Honorée Madame Klemm. à la suite d'une fièvre chaude- . non seulement je vous en remercierais de toute ma gratitude. JoH. je ne puis consentir à faire comme vous le souhaiteriez. Vous si. Si vous pouviez savoir où il demeure. n'interpréterez. je reste De Votre Haute Xobl. et m'en donner ensuite une indication certaine. Seb. et ensuite qu'il faut savoir. De ma Très Honorée Dame Klemm.

C'est dommage que .JEAN-SEBASTIEN BACH 283 A ELIAS BACH [Leipzig. qui va se marier. ce qu'a prétendu l'inspecteur. Mais il est regrettable que ce baril des cahots du transpori soit d'autres causes. Comment vous remercier de ce riche cadeau. élève de son père. Avec votre aimable lettre reçue hier. m'est arrivé le précieux baril de vin nouveau. laquelle m'assure que vous êtes en bonne santé ainsi que votre (hère famille.K Chrisloph Allnikol. pour lequel je vous adresse tous mes remerciements. Alfnikol mourut à Naumltourg. cher cousin? Pro sance à prendre quitter de ntinc. Altnikol. le nouvel organiste de Bach : \aum- (1) Elisabctl)-. en janvier prochain (17^19) avec M. il ne contenait plus que la moindre goutte de ce noble présent de Dieu ait été perdue. Je regrette que la grande dis- tance qui sépare nos deux villes ne nous permette pas de nous rendre mutuellement visite . .Fulian-r-"rederike elle le épousa Joliann20 janvier ITV. et j'espère avoir Toccàsion de m'ac- ma revanche ma dette. 1748] Mon clier et honoré cousin. soit . on l'a trouvé aux trois quarts vide et d'après ait souflert. je prendrais la liberté de vous inviter à la noce de ma fille Liessgen (i). je reconnais . quod differclur non aufferelar. mon six pintes. mon impuis- mais. en 175!i. car à son ouverture ici pour la visite ordinaire.

. 3 pf. 5 gr. car jai dû payer pour le : transport 16 groschen. coûteux. pour l'octroi. à l'expéditeur 2 groschen à l'inspecteur. P. {Adresse (en français) : A M. Je vous salue pour nous tous. J. a groschen. Ba^. S. mon cher cousin. et je demeure Votre affectionné cousin et dévoué serviteur J. S. je nous aider de de vœux de bon chrétien. je le prie de n'en rien faire. 3 groschen en sorte que mon cousin peut voir que chaque mesure me revient presque à 5 groschen. Mais comme la distance ansi que prie de la rigueur loin de ses la saison s'oppose à ce que nous avions chez nous le notre cher cousin. Chanteur et inspecteur des gymnasiasles de la ville impériale de Franque Cobourg Schweinfurt . (1) En français dans le texte. la régie.2S4 ECRITS DE MUSICIENS bourg. Bach.-E. Au cas où mon cher cousin aurait l'inlen- tion de m'ofîrir encore de la même liqueur ' i).h. ce qui rend ce cadeau trop pour . .

de J. à Halle. son père était mort (11 février 1697). le 23 fé- vrier 1685. et n'est pas sans rapport avec celui de son élève. en avait soixantetrois. Le premier maître de Ha^ndel fut F. En 1696. chambellan du prince de Saxe et de l'électeur de Brandebourg. Rolland). conseilla à son père de lui faire apprendre la musique. à la faculté de droit de Flalle.-S. Georg-Friedrich Hfendol. dont 1' « art de lumière et de joie n'a rien du recueillement pieux et replié sur soi-même.-W. son père. le mit pour la première fois. un voyage à Berlin où régnaient les maîtres italiens. chirurgien. Bourgeois aisé. dès l'âge de sept ans. Heendel acheva ses études et se fit inscrire. la même année. Lorsqu'il revint. sa mère avait trente-quatre ans. Zachau ou Zachow. mais le duc l'ayant entendu jouer de l'orgue.GEORG-FRIEDRICH ILENDEL (1685-1759) >'é la môme année que Jean-Sébastien Bach. il était nommé organiste de l'église réformée de cette . Suivant ses intentions. en contact avec la musique du Midi. on Saxe. il voulait faire de son fils un juriste. Bach » 'R. descendait d'une famille silésienne. remarié. en 1702.

sur sa démission. le voyage de Lùbeck. tandis qu'on représentait theson. e-t dédiait une ode à la reine Anne. se réconcilia avec son kapellmeisler après l'audition d'une La fait . où il donna. mais deux ans avant lui. Il revenait à Hanovre. Ro- jour de gagna Venise. pour se fixer à Venise au carnaval de 1710. Hcendel y connut Mat- il fut intime. était plus ancien de l'Allemagne. Mais l'héritier devenu roi en 1714. un second opéra. on trouve Hœndel à Londres. écrit en vingt jours et représenté en janvier 1713. . puis Rome. il fit. vers le de 1708. dont le Mais. 1708). retournant en Angleterre. dès le printemps suivant. de iTOo à 1708.286 ECRITS DE MUSICIENS ville. Il et Flo- rindo. Il composa. où il représenter un Rinaldo. avec Mattheson. qui offrit au prince-électeur de nommer Hœndel son maître de chapelle. Agrippina. revint à Florence. qui réussit. y connut les deux Scarlatti et Corelli. pour aller y entendre le célèbre Buxtehude. prince-électeur de Hanovre aussi Htendel perdit-il momentanément sa protection. il partit pour l'opéra alors dirigé par Keiser. Hsendel partit pour lltalie. // Paslor fîdo. puis d'un Teseo. il revint à Rome. traversa Rome encore une fois. Comme Bach. qui lui fit une penrsion de 200 livres. Il rentrait au printemps à Hanovre.. y resta de 1707 à visita d'abord Florence. qualrc opéras italiens. avec l'abbé Steffani. avec qui à Hambourg II ses deux œuvres suivantes {Daphne 1710. mais pour peu de temps. Après ses deux premiers succès dramatiques {Almira et Nero). faire jouer un opéra. surveiller la représentatLon d'une pastorale. en juin 1711. l'an même année. vécut à Naples pendant plus d'un an. drigo. à la fin de 1712.. Hambourg. La même année il composait un Te Deum pour la paix d'Utrecht. La reine n'était pas en bons rapports avec l'héritier présomptif.

Pendant j I Cette année-là (1728). en la personne de Bononcini. d'après Brockes. ainsi que des oratorios. Alhalie. L'oratorio de Y Alexander' s Feasl parut on 1736. un Eadamislo de sa composition. Et ce fut une lutte de huit années.GEORG-FRIEDRICH H^NDEL 287 Wassermusik (sérénade) composée honneur. qui se termina d'ailleurs par la défaite de l'Ita: lien. De retour en Angleterre. « œuvre puissante et disparate ». Cependant. l'Académie dut se dissoudre. quatre ans. Hacndel était désormais art allait trouver fixé et exécutée en son en Angleterre. en 1716. où son un terrain si favorable à son développement. surmené par ses occupations de directeur de théâtre et de compositeur officiel. A Hanovre. et où la création de la Royal Academy of Music (en 1719-17:20^ va le lancer dans la carrière dramatique pure. de 1729 à 1732. où ses cantates religieuses. Sa troupe recrutée par lui-même en Allemagne. il composa sa première œuvre allemande.\ son : leurs. Il partit faire une cure à Ai. loua alors le théâtre de Covent-Garden. il fut au service du duc de Chandos. Un voyage en Allemagne. il donna quatre opéras. L'entreprise croula . où vivait encore sa mère. Haîudel lutta encore avec le nouvel entrepreneur. qu'on s'en était allé chercher en Italie. . jusqu'en 1737. et donnait un Anlhem pour le mariage de la princesse . et y donna sept opéras. lui fit visiter sa famille à Halle. il commençait à faire connaître ses oratorios Acis el Galalhée. font prévoir ses oratorios. en Italie. Hiendel.\nne. Mais on lui suscita un concurrent.\-la-Clia|)elle. une Passion. Hiendel dut s'arrêter. Deborah. Mais bientôt. il donna comme seconde pièce. le 27 avril 172u. Est fier. jusqu'en 1720 époque capitale de sa Tie. Une troisième fois il partit recruter des chan- I j encore.

comme il l'avait souhaité. il tenait l'orgue pour une exécution du Messie. cruels (voir ses lettres à Jennens). Faramondo. Le 11. est devenu plus que célèbre). en 1745). voua dès lors à l'oratorio d'année en année. ci-après. En 1751. Huit jours avant sa mort.Semele. Pendant quatre ans encore. . lui rendant tout travail de composition presque impossible. Samson. Salomo et Siisannah 1748). Triumph of Time and Triilh. Htendel se sentit devenir aveugle mais cette infirmité. C'est l'année suivante. il ajoutait un dernier codicille à son testament. en 1784. Héraclès. pp. il fit exécuter un dernier oratorio. le 6 avril 1759. à Londres. la gloire : le où il il était donner à tout jacomposée pour Duappelé. Il l'avait l'opéra. écrivant. toujours aveugle. ne l'empêchait pas cependant de donner des concerts et de participer à l'exécution des oratorios. En 1757. après des déboires retour. Belsazar. Il fut enterré le 20 à Westminster. . (1) Voir. de 1738 à 1741. Serse (dont le premier air. ou à peu près. en 1741. se succédèrent d'année en année. La plupart des œuvres instrumentales de Hœndel datent au plus tard de cette période. Theodora et Alcesles. De grandes fêtes célébrèrent. largo. VOccasional Oratorio (pour la victoire de Culloden. sa Commémoration. qu'il écrivit en vingt- quatre jours. commencé en 1750 (1) et mourait le li. en tenant la partie d'orgue.288 ECRITS DE MUSICIENS il composa un Fanerai Anlhem pour la reine Caroline récemment décédée. The Choice of Herkules Jephta. . Judas Macchabée et Joseph (1746) Josuah et Alexandre Bselus (en 1747). il s'occupa d'opéras. Idomeneo et Deidamia. Il vécut encore deux ans. 3u8 et suiv. une œuvre de jeunesse (// Trionfo del Tempo) qu'il reprit. Abandonnant définitivement lui Messie. l'œuvre qui devait mais blin. et furent renouvelées les années suise : .

et les quelles ma fortune ont trainé plus longtems que je n'a vois crû. Dacier (Paris. de Romain Rolland. tout récent. l'ouvrage capital de Chrysander (1858-1867. Michael Dietrich Michaelsen. Si (fue je n'ai Vous scaviezla peine que j'éprouve. ne fut guère apprécié que plus tard en Allemagne. mon très Ne jugez pas. pas pu mettre en exécution ce que (1) Cette lettre. le beau-frère de H.GEORG-FHIEDRICH H^ENDEL vantes. par E. c'est à mon grand dépend. j'ose dire. Il habitait Halle. docteur en droit. considéré 289 comme œuvre national par les Anglais. de ce regret que je me vois arrêté icy par des affaires indispensables et d'où. la biographie de SchoelCHER (Londres. est écrite on français. dans la collection des Maîtres de la Musique (1910). devint plus tard conseiller de guerre du roi de Prusse. Une grande édition en a été commencée en Allemagne ea I806 elle comprend 98 volumes. de mon envie de Vous voir par le retardement de mon départ. Son œuvre. pp. On peut consulter aussi la biographie de Mlle Salle. 17 . et celui. la danseuse.ondcl. et resta pendant longtemps presque entièrement ignoré en France. sur Hsendel. 493tion Fillon 494). Voir. dont l'original fut vendu en 1879 (Collecpubliée par Chuysandeh [Ilœndel. en . Saxe. 1909). : A SON BEAU-FRERE Monsieur Honoré Frère. trad. je Vous supplie. 18o7). en 1860 dans la France musicale]. I. qui contient une bibliographie complète de la littérature hœndélienne.

je Vous prie de la garder seulement. et de Vôtre Chère Famille. je suis honteux de ce retardement aussi bien que de ce que je n'ai pas pu m'acquitter plus tôt de ma promesse. Je Vous remercie très humblement des vœux que Vous m'avez addresses à l'occasion du nouvel'an. que je serois inconsolable si je n'avois pas Tesperance de me dédommager bientôt de ce^ delay. je Vous supphe de l'excuser et de croire que malgré tous mes efforts il m'a été impossible de réussir. Mon très Cher frère. que le Toulpuissant veuille Vous combler et Vôtre Chère Famille de toutes sortes de Prospérités. Je Vous supplie. et àmon arrivée elleseraajuslée.290 ECRITS DE MUSICIENS si ardement Vous auriez de l'indulg-ence pour moy. J'ay reçus avis que l'Etain sera bientôt achemine pour Vos endroits. et Vous pouvez conter que je ne ferai aucun delay. et faites moy surtout part encore une fois de Vôtre Etat. Vous ne devez pas douter que je ne hâterai mon voyage je languis plus que Vous ne sauriez Vous imaginer de Vous voir. Je souhaite de mon côté. Mon très Cher Frère d'en assurer la Mama et deraon obéissance. et d'addoucir par ses pretieuses bénédictions la playe sensible je désire : . et que je me mettrai incessamment en chemin. en restant d'autant plus longtemps avec Vous. mais a la fin j'espère en venir à bout dans un mois d'icy. Vous jugez bien. Je suis étonné de ce que le Marchand à Magdebourg n'a pas encore satisfait à la lettre de Change. pour diminuer l'inquiétude et l'impatience dans lesquelles je me trouve. de celuy de la Mama. Vous en conviendrez Vous-même lorsque j'aurai l'honneur de Vous le dire de bouche.

comme aussi à l'un des plus infimes bien que des plus fidèles serviteurs de (1) La sœur de Il. que Vous avez eues par feue ma Sœur. ce 20 de Février George Frideric Handel. et je suis avec une passion inviolable toute ma vie et très Monsieur Honoré Frère Votre treshumble et tresobeissant Serviteur à Londres.GEORG-FRIEDRICn H.) AU ROI D'ANGLETERRE (2) A l'excellente majesté du uoi Sire. en Saxe.endcl. mariée à 1720. Vous pouvez être assuré que je conserverai toujours vivement le Souvenir des bontéS' i. Ayez la bonté de faire bien mes Complimens à Mr. {Adresse : A Monsieur. venait de mourir. La protection que Votre Majesté veut bien accorder è l'art musical en général. à Halle. Docteur en Droit. . Michaëlsen. Monsieur Michael Dietrich Michaëlsen. Rotth et à tous les bons Amis. (2) Dédicace de Rhadamislo. et que les sentimens de ma reconnoissance dureront aussi longlems que mes jours. Je Vous embrasse avec toute Vôtre Chère Famille.ENDEL 291 qu'il Liiy a plu et qui m'a de Vous faire essuyer (i frappé également.

qu'il me soit permis de le dire. en toute humilité et respect. comme Vous en aurez trouvé des mar-. trouve très coupable de n'avoir longtems a mon devoir envers pas satisfait depuis Vous par mes lettres. Honoré Frère. Je m'y suis senti d'autant plus encouragé que Votre Majesté a pris à la Musique ce plaisir. George-Frideric Handel. de Votre Majesté. . A SON BEAU-FRÈRE A Monsieur et très Londres. le plus obéissant & le plus lidèle Sujet et Serviteur. et que mon Estime et Amitié pour Vous sont inviolables. par le plaisir mon premier Essai en ce genre. je l'estime non pas tant comme le jugement d'un grand Monarque. m'encourage à dédier à Votre Majesté. Sire. le plus dévoué.292 ECRITS DE MUSICIENS Sa Majesté. après celui d'être. neantmoins je ne désespère Encore que je me si pas d'en obtenir Vôtre généreux pardon lorsque je Vous assurerai que cela n'est pas provenu de quelque oubli. ce -7 juin 1725. mais bien plutôt comme celui d'Un des connaisseurs les plus raffinés en cet Art tendre à y prouver ma persévérance est le seul mérite auquel je prétende. avec le respect de ce Drame : : le plus entier.

mon très Honoré Frère. si j'oserois me flatter. pour cette fois. et m'honorer de Vôtre Amitié. et du retour fidel que vous trouveriez toujours en moy. Vous n'ignorez pas combien me doit toucher <. en Vous donnant Tincommodité par la présente. ainsi Vous jugerez bien des Obligations que je Vous en dois avoir. dans Mère. a ete piustôt un effet de crainte de Vous accabler par une correspondance qui Vous pourroit causer de Tennuy. si je pouvois Vous engager a me donner de tems en tems de Vos nouvelles. et la situation de mes affaires me prive de ce bonheur là malgré que j'en aye. puisciue je ne finiray jamais d'être avec une passion et attachement inviolable . et Vous pourriez estre sur de la part sincère que j'en prenderois. est. J'avois crû de pouvoir vous renouveller mon Amitié de bouche. que je ne scaurois pas être si ingrat que de passer avec silence les bontés que Vous voulez bien témoigner a ma Mère par Vôtre assistance et Consolation dans son Age avancé. les lettres que j'ay écrit à ma Mon Silence donc. il me seroit une consolation bien grande. et de faire un tour en Vos quartiers à l'occasion que le Roy s'en va a Hannover. ({ue Vous me vouliez bien accorder quelque place dans Votre Souvenir.GEORG-FRIEDRICII H/CNOEF. sans Vous en marquer au moins mes treshumbles remerciemens. cependant. je ne désespère pas pourtant de pouvoir être un jour si heureux. Mais ce qui me fait passer par dessus ces re flexions. mais mes souhaits ne peuvent pas avoir leur effet encore. mon très Cher Frère.e qui la regarde. 293 ques. Je me contenterois heureux.

2) la saison pré- .. 1730. et comme c'est une voix de contr'alto il nous conviendroit présentement que la femme qu'on doit engager en Italie fût un soprano.55. Monsieur Michael Dietrich Michaelsen^ Docteur en Droit. st.294 ECRITS DE MUSICIENS Monsieur et très . Monsieur.) A COLMAN (i) Londres. mes vous plait à tous les Amis et Amies. on a moyen d'engager de nouveau la Signora Merighi (2j. J'écris aussi avec trouvé ont été (•1) Cette lettre et la suivante. je fais bien mes treshumbles respects à Madame Vôtre Epouse et j'embi"asse tendrement ma Chère Fileule et le reste de Complimeus s'il Vôtre Chère Familie. cédente. Sl7 et suiv. écrites en français achetées 12 liv. Cette cantatrice avait chanté à Londre>.lcher. Ilandel. ce 19 àO ?r-> de Juin. . p. en 1S. humble et très obéissant Serviteur George Frideric Handel. Schc». ciety . (Adresse : A Monsieur. à Halle eu Saxe. par la " Sacred Harmonie So».Vôtre très Honoré Frère. Depuis que j'ay eu l'honneur de vous écrire.

l'honneur Monsieur." Swinny (i) pour cet eifel. il faudrait s'y entenir. Cf. Schoelcuer (op. Votre très-humble et très-obéissant serviteur. y a lieu de croire que vous n'avez pas encore pris d'engagement pour une femme contr'alto. Monsieur Colman. Nous espérons aussi d'avoir par vôtre assistance un homme el une femme pour commence avec le mois courante et finit le mois de Juillet. le Duc de Toscane à Florence). Je prends la liberté de vous prier de nouveau qu'il celu y de 1 1 ne soit pas fait mention dans les contrats du premier.\m»el. enluy recommandanL en même lems que la femme qu'il pourra vous proposer fasse de Rolle d'homme aussi bien que ceL ordinaire à Mr. George Frujeric H. et est d'ailleurs sujet à grands inconvéniens. de l'année d'. pp.ENDEL 29. ancien manager du théâtre de Ilaymarket. la lettre suivante.GEOnG-FRIEDRlCU Il. puisque cela nous <^ùne dans le choix du Drama. Britannique. mais en cas que cela soit fait. qui d'être. A. R. second ou troisième Rolle. qui d'Octob"". voj'agoait alors en Ilalie. avec affection respectueuse. femme. . de Bologne. 12 juillet 1730. cil. et nous attendons avec impatience d'en apprendre des nouvelles pour en informer la Cour. Il ne me reste qu'à vous réitérer mes assurances la saison prochaine.. auprès de S. l>8-99) cite une ieLlre de lui à Colman. M. 1731.' l'obligation particulière que je vous aurai de ai votre bonté envers moi à cet égard. (1) Swiny. voyé Extraordinaire de S. {Adresse En: X Monsieur.

et comme la saison est fort avancée et qu'on commencera bientôt les opéras. L'engagement auquel la lettre ci-dessus fait allusion ramenait Senesino à Londres. nous nous Pour ce qui est de la passerons celte année-cy d'une autre femme d'Italie. dans l'Asiarle de Buonocini. dit Senesino (le Siennois). Londres. Pisani. en janvier 1733. Sinesino est arrivé icy il y a pas manqué. à quoy nous acquiesçons et je vous fais mes très-humbles remercîmenls des peines que vous avez bien voulu prendre dans . 27 777 de Octob''. . Je viens de recevoir l'honneur de votre lettre du 22 S. il vint à Londres en 1720. le 2 février 1731. La troupe de Haymarket débuta. après trois années d'absence. par laquelle je vois les raisons qui vous ont déterminé d'engager S'. cette affaire. du passée. Sinesino sur le pied de quatorze cent ghinées. en novembre. nous ne l'avons pas eue.. N. il mourut vers ] 750. Le célèbre sopraniste quitta définitivement l'Angleterre en 1735. 12 jours Le dit n'ai S'" et je tion de votre lettre. et parut. à Sienne. La dernière pièce de Hfendel qu'il chanta fut. par Poro. sur la présentade luy payer à compte de son Sig'"'' salaire lès cent ghinées que vous luy aviez promis. (1) Francesco Bernardi. Engagé une première fois par Hœndel. naquit vers 1680. Orlando. y ayant fait une fortune de 15.000 livres sterling.296 ECRITS DE MUSICIENS AU MÊME A Monsieur. En 1739. il était à Florence. 1730.

(2) Même . pléer au reste. 229-230). Monsieur. pp. J'ai j'ai (1) vu entre autres choses bien reçu hier votre honorée du 6 January où les soins que vous avez adresse que la lettre précédente. ayant actuellement trouvé de quoy sup- la .-r^Februarv 1731. Honoré Frère. C'est à votre généreuse assistance la que la Cour et Noblesse devront en présentement une compagnie à leur gré. et 1res le (2) . Voire très-humble et très-obéissant serviteur partie la satisfaction d'avoir George Frideric Handel (i). en sorte qu'il ne me reste qu'à vous en marquer mes sentiments particuliers de gratitude et à vous assurer de l'attention très respectueuse avec laquelle j'ay Ihonneur d'être.NOEH (II. Cette lettre est écrite en allemand. en cas que nous eussions eu absolument besoin d'une" autre femme qui acte en homme mais nous nous contenterons des cinq personnages. Je vous suis pourtant très-obligé d'avoir songé à Sig"""* Madalena Pieri. A SON BEAU-FRÈRE Londen Monsieur. Les mots en italiques ont été conservés sous leur forme originale. Elle a été publiée par CuvsA.GEORG-FRIEDRICII H.ÏNDEL 297 ayant déjà disposé les opéras pour la compagnie que nous avons présentement.

était morte le 30 décembre 1730. le Conseiller Consisiorial Franck et M.298 EGIUTS DE MUSICIENS pris pour faire enterrer feu Madame ma . avec ce qui y était inclus pour M. ainsi que la Parenlation im- primée. il me sera réservé de l'attester noii seulement par des mots. Mais cela a plu au Très-Haut.. Son souvenir ne s'éteindra jamais chez moi. J'attends donc avec impatience la réponse du très honoré [frère]. écrite en réponse à la sienne du 28 Decembris a. dont il a assisté feu Madame ma chère Mère. convenablement et conformément à ses dernières volontés. Au à (3) de tout cœur Monsieur mon frère et à sa très honorée et très chère femme. jusqu'à ce que nous soyons réunis après cette vie que le Dieu infiniment bon a voulu nous faire la grâce de nous prêter. pour la perte sensible qu'ils ont faites reste faites mes condoléances (1) La mère de Ilœndel Condolire.Mère (i. Je ne puis m'empêcher ici de laisser couler mes larmes.mais par une reconnaissance empressée. à la sainte volonté Duquel je me soumets avec une résignation chrétienne. que je conserverai comme un souvenir très précieux. le cousin Diaconus Taust. . je vous suis très obligé du superbe Carmen que vous m'avez envoyé dernièrement. J'espère que Monsieur mon Frère a bien reçu ma dernière [lettre]. et les Carmina funèbres (2). Les multiples Obligationes. (2) (3) Cf. p. la lettre suivante. En attendant. que j'ai à Monsieur mon très cher Frère pour sa fidélité et ses soins constants. avec la Xotice jointe des frais qu'il a faits.

. .GEORG-FRIEDRICH ILEXDEL ^QD de leur beau-frère. Monsieur Je vois par la et très Honoré Frère Lettre que neur d'écrire du 12 Juillet. Monsieur Dietrich Michael Michaëlsen. et avec tout le dévouement imaginable Je reste de Vous Mon très honoré Frère [le] très humble et très obéissant Serviteur. AU MÊME (i) a Londres ce 10 rr-- d Août 1731 . par la résignation chrétienne de Que Très-Haut remplisse pour nous tous les vœux consolants de celui-ci. Si) lie Juulet .ui-ci. qu'il conserve en Sa garde toutepuissante Monsieur mon très cher honoré Frère ainsi que toute sa chère Familie. Le texte est en français. Guerre de Sa Majesté Prussiemie a Halle en Saxe . II. . Vous m'avez fait en Réponse l'hona ma par CnRysANDErt. fié et je suis parliculiùrement édicel. st. Conseiller de. le George Friedrich Haxdel. qui s'était remarié depuis plusieurs années. (Adresse : A Monsieur. n. 1) Deinièrc lettre connue (publiée 2S0-23r do Ihendol à son beau-frère. •.

et au reste de Votre Chère Famille.) Dans raulo^raphe. Vous suis d'ailleurs très obligé des Exemplaires de l'Oraison Funèbre que Vous mavez envoyé et aux quels Vous avez voulu joindre un fait pour feu mon Chère Père [lacune] Mr. Je sçaurai après m'acquitter en partie des obligations que je Vous ai. Monsieur Votre et 1res [très Honoré Frère. (1) Ils . jointe.300 ECRITS DE MUSICIENS Précédente. Conseiller de Guerre de Sa Majesté Prussienne à Halle en Saxe. Sbûelen. Monsieur Michael Michaelsen. peuvent être vraisemblablement rétablis par la formule qui termine ordinairement les letties du compositeur. que je suis avec une passion inviolable. En attendant je Vous supplie de faire mes Respects et Compliments a Madame Votre Chère Epouse. . et d'être très persuadé Vous même. el par la Specificalion que Vous y avez combien de peines Vous avez prises à l'occa- sion de l'Enterrement de Je ma très Chère Mère. a ma Chère Filleule. humble et 1res obéissant Serviteur George Frideric HiENDEL] (2). {Adresse : A Monsieur. ces derniers mots ont été découpés.

douze Fugues).ÏNDEL 301 A MATTHESON A MONSIEUH. je vous rends justice (2 Au reste. Je suis (1) Cette lettre. Finyen^prache. une notice autobiographique. pour rédiger son Ehren-Pforle. d'après l'original appartenant à la collection du docteur Pulchau. " voir votre dernière. 1740) et reproduite par Chrysander. Mattheson avait demandé à HœndeJ. 29 Londres.GKORG-FRIEDRICH H. L'ouvrage est digne de l'attention des Connoisseurs. a été traduite par Mme L^ Mara. ITSû. : . paru au mois de mai 1735. en français « reçue le 5 d'août N. et je vous asseure que j'ai toute l'estime pour votre mérite : je souhai- terois seulement. pour ramasser quelque 1. que j'ai reçu une de vos obligeantes lettres mais à présent je viens de rece. ce -^ de 18 juillet. puisqu'une continuelle application au service de cette Cour & Noblesse me détourne de tout autre alTaire. la mention. Monsieur. Je vous en remercie. publiée par Mattheson dans sa fameuse Ehren-Pforle (Hambourg. A Hambourg». à Hambourg. à Hambourg. L'autograpbe porte. S. de la main de Mattlieson. Il y ai quelque lems. Epoque (de ma vie). avec votre ouvrage (i). zwôlf Fughen [La Langue des Doigls. en même temps qu'il demandait à Handol des renseignements biographiques. il m'est impossible. (2) Mattheson. lui avait adressé son ouvrage. & quant à moi. pour vous donner des marques de mon inclination à vous servir. que mes circonslances m'étaient plus favoral)les.

Votre tres-humble ettres-obeissanl Serviteur. Hoisley. J'aurai là-bas plus de loisir pour le lire avec toute latlention qu'il mérite. conservée naguère par Lord Howe. L'opéra â'Alcina (3) est copié. (i) Londres. . (Cf. Handel.302 ECRITS DE MLSICIKNS avec une considération 1res parfaite. secrétaire de l'Ambassade britannique à Hambourg. Monsieur. : Je vais partir pour Tunbridue ai lu mais ce que j'en (ai en hâte. {2j Hœndel allait aux eaux à Tunbridge. Monsieur. et sera envoyé à (1) Cette lettre. p. 177-178 est en anglais. le 16 avril précédent. J'ai reçu votre aimable lettre avec l'oratorio inclus. Schoelcher.. F.) A CHARLES JEXXEXS. m'a causé beaucoup de satisfaction. descendant de Charles Jennens. fut communiquée par lui au docteur W. vous étant extrêmement obligé pour le généreux intérêt que vous témoignez à cette afTaire. qui la publia dans la préface de son L'original édition du ^[essie. JUX. G. Je n'ai pas encore arrêté de plan pour la saison prochaine. {Adresse : Monsieur Matlheson. 28 juillet 1735. (3) L'opéra d'Alcina avait été représenté pour l'ouverture de la saison de Londres. mais il est probable que je ferai quelque chose et je prendrai la liberté de vous en faire part. ESC. .

par le généreux intérêt qu'il vous plaît de prendre à mes aff'aires. Romain Rolland. 120. a été publiée pai" ScHCKLCiniR (pp. Dublin. La noblesse (1) cil. avant daller en Irlande (il y était invité par le lord-lieulenant\ « afin d'offrir à cette nation généreuse et polie ({uelque chose de nouveau ». Monsieur. le plus heureux de sa vie.). Ila-ndel venait d'y donner. Je suis encouragé. le 13 avril 1742. que Ilœndel venait dachever. au profit d'œuvres cliaritablesi. -F. dit M. fut. à vous faire un récit du succès que j'ai rencontré ici. « Le temps fpjil passa à Dublin. etc. Haxdel. G. Monsieur. p. en anglais. » [Hœndel. C'est avec le plus grand plaisir que j'ai vu la con- tinuation de votre amabilité par les lignes que vous avez bien voulu m'adresser. <-oniposé du 22 août au 14 septembre 1741.GEORG-FRIEDHICH H. Cette lettre. pour la première fois. 244-246). C'est loujours pour moi un grand plaisir d'avoir l'occasion de vous montrer le respect sincère avec lequel j'ai riionueur l'adresse d'être. me demandant de vous j'ai mis en musique avant de quitter l'Anglelerre.T.NDtL 303- que vous m'indi({uez. MONSIEUB. Messiah. fut exécuté à Dublin.. que . Le Messie. 1741. ilu 23 décembre 1711 au 7 avril 1742. avec ses jeunes aimées en Italie. Jennens était le librettiste du Messie {Messiah). renseigner sur votre oratorio. AU iMÊME(i) December 19. etc. deux séries de six concerts.

il Penseroso ed il Moderato. pi) Allegro. etc. et fort bien le reste conlre-tenors sont très des chanteurs du chœur s'en tirent direction. de sorte que je n'ai pas eu besoin de vendre un seul billet à la porte. Je ne puis assez vous exprimer l'amabilité aveclaquelle on me traite ici mais la politesse de cette nation géné. chefs de collège.304 ECRITS DE MUSICIENS m'a fait l'honneur d'ouvrir dans son sein une sous- cription pour six soirées. plusieurs évèques. celui de la dernière.. Signora Avo^gjlio. J'ai trouvé une autre voix de ténor qui donne grande satisfaction . L . et sans vanité je puis vous dire que l'exécution a été reçue avec une approbation générale. qui tous furent enchantés du poème qu'ils en ont demandé une seconde exécution pour la soirée suivante. aussi suis-je dans un état d'esprit semblable et ma santé est si bonne que je m'exerce sur l'orgue avec plus de succès que jamais. et je vous assure que les paroles du Moderato (i) ont été fort admirées. et la vert [mes concerts] avec Y Allegro. et du monde le plus éminent de la magistrature. L'auditoire était composé. doyens. Le poème des deux premières parties est de Milton. de Jennens. les basses et bons. qui écrivit aussi celui de Belsazar ^1744). comme — — le chancelier. fut composé en seize jours (janvier-février 1740}. Penseroso. M"" sous ma Dubourgh est à leur musique sonne délicieusement dans cette charmante salle. que j'avais amenée de Londres. J'ai outète . l'auditorsi gênerai. ed il Moderato. outre la fleur des dames de distinction de et autres personnes de la plus grande qualité. plaît extraordinairement. qui a rempli une salle de Goo personnes.

ivanl de quitter Londres. déjà de leur donner plusieurs nou- quand le de souscription le seront terminées. : — . Jai entendu moi-môme le premier opéra . notre Pénélope. Ils les six soirées me demandent velles séances. auxquels je prends une part réelle. est mes très dévoués respects à my Lord et . à l'occala mes humbles hommages à mes autres faveur patrons et amis. et il m'a rendu bien joyeux tout le long de mon voyage et sur le second opéra intitulé Pénélope « un certain nobleman écrit plaisamment 11 faut que je dise avec harleijuin. et je vous assure que cela a fait grand divertissement et rire. et plaisir. Quant aux nouvelles des opéras de Londres. je ne vous en réclame pas. . Sir Windiiam trouver ici mes respec- augmenterez encore mes si obligations [à votre égard] sion. car toute cette ville-ci est pleine de leur insuccès par nombre de lettres [reçues] de vos quartiers ici par des personnes de qualité. concernant votre santé et bien-être. profit. à my Lady Shaftesbury aimable protection m'est Knachtbull voudra [bien] tueux compliments. présenter vous voulez. Vous vous savez combien leur précieuse. demandera volontiers pour moi une prolonrester ici gation de permission à Sa Majesté.GEORG-FRIKDRICH H/ENDEL 305 reuse ne peut être inconnue de vous. de sorte que je serai obligé de plus longtemps que je n'avais pensé. aussi je vous laisse jug-e de la satisfaction sant mon temps dont je jouis. en pasavec honneur. de présenter Une requête que je dois vous faire. J'attends avec impatience de vos nouvelles. et soiréesj Lord Lieuletenant (qui est toujours présent avec sa famille à ces Lord Duke.

a niis par écrit ses observations sur cet oratorio.27rl- 277. p. An Account oflhe Visil ofHandel in Dublin (1852j. George Frideric IIandel. J'adresserai j)our vous le livret imprimé du Messie à Mr. je vous envoie ci-joint ses propres paroles. Londres.306 ECRITS DE MUSICIENS n'est qu'une Sallope » (i. et très Votre très humble obéissant serviteur. Cette phrase est en français dans le texte. Cf.. car je vous ferais certainement de vive voix un meilleur récit que par écrit de l'accueil qui a été fait dans ce pays à votre Messie mais. comme un noble Lord qui n'est pas moins que lÉvèque d'Elphin (noble homme très versé en musique}. Septembre 9*=. neut que quatre représentations. Monsieur. J742. Je vous prie d'être persuadé de la sincère vénération et estime avec laquelle j'ai l'honneur d'être. Schcelcher. . Cher M"". qui appartenait autrefois à Lord Howe". fut publiée pour la première fois par Townsend. AU MÊME (2. J. d'aller . En eflet. Steel. de Galuppi. votre humble serviteur avait l'intention vous voir dans mon voyage d'Irlande à Londres. Il Lopéra de Pénélope. \2) Cette lettre. Mais je crains d'avoir outrepassé de beaucoup votre patience.

je vous en réserve le récit lorsque j'aurai Ihonneur de vous voir à Londres. Junior. et [de celles] de votre santé. manqué d'aller lui j'ai pour que le temps va me paraître bien long jusqu'au mois de novembre prochain. que je n'aurais pas présenter mes respects. Si j'avais su my Lord Guernsey moi.. où l'on commence que déjà à faire une grande souscripfût si près de Coventry. Je ne puis encore décider si je ferai quelque chose dans le genre oratorio (comme plusieurs de mes amis le désirent). 'Coventry Bag). et je demeure avec la plus grande sincérité et respect.GEORG-FRIEDRICH HiEXDEL 307 succès en géiiéial dans celle nalion généreuse el polie. al Gospal. . George Frideric IIandel. à laquelle. M"". vous pouvez M"". Soyez assez bon pour me donner quelquefois de vos nouvelles. votre très humble et très obéissant ser- connaissez l'estime toute particulière que sa Seigneurie. Je crois viteur. (Adresse : To Charles Jennens near Atherslone esq. Les gentlemen qui ont entrepris de se mêler d'harmonie ne peuvent pas se mettre d'accord et sont dans une confusion complète. lorsque je passai à aisément vous imaginer. Le bruit qui a couru que la direction de l'Opéra m'était à Quant mon coniiéc pour l'hiver prochain n'est pas fondé. car vous tion dans ce but. où j'espère vous voir en ville. Il est certain que celle an née je continuerai mes oratorios en Irlande. vous le savez. je prends une part.

et à autres serviteurs une année de gages. pasleur de Giebichenstein. que ce Annuities. considérant l'incerLilude de : mes mes et habits et linge et trois cents livres sterling . Item. et de mon chacun deux revenu en Bank nièce. Item. Je donne lègue à Mr. Je. sub. de Gotha. sft. de Halle. en Saxe. Je donne et lègue à ma cousine. Je donne et lègue à mon cousin Christian Gottlieb Handel. la vie humaine. cent livres sterling. En foi de (1) Extrait du Registre de la Prérogative Court de Canterbury. à Halle. Christopher Smith sicord. de Coppenhagen. mon petit mon grand harporgue de chambre. . et Je seule exécutrice de constitue la ma dernière volonté. en Saxe. (i) George FridericHandel. à savoir Je donne et lègue à mon domestique Peter le Blond. et à ses six enfants le reste cents livres sterling. trois cents livres sterling. James Hunter cinq cents livres sterling. 1746. ou de quelque nature soit. Je donne et lègue le reste à ma chère Johanna Frederica Floerchen. fais mon Testament de la manière suivante. près de Halle. mes livres de lègue musique. Magister Christian August Roth. Amen. née Michaelsen. Je donne et lègue à mon cousin.308 ÉCRITS DE MUSICIENS TESTAMENT Au nom de Dieu. cent livres sterling. et et cinq cents livres sterling. en la Saxe. la veuve de George Taust. Je donne à Mr. Item.

London.GEORG-FRIEDRICH H. MaAugust Roth. Je donne à mon cousin. Newburg Hamilton.ÏNDEL 309 quoi J'ai signé de ma main le présent. Je donne à domestique. Christian Gotllieb Handel. mentionnée dans mon testament. En foi de quoi j'ai signé de ma main et (1) et Hamilton avait écrit les paroles do VAlexander's Fest. Esquire. de Old Bond Street. et lui donne deux cents livres. au lieu du legs fait à eux par mon testament. Je donne à sa veuve deux cents livres. Peler le Blond. Je donne à Mr. Je donne deux cents livres à ses enfants. et si elle meurt avant moi. ce premier jour de Juin. George Frideric Handel. que je désire qu'il accepte pour le soin et la peine qu'ils prendra de mes afTaires. étant décédé. 1700. Je donne à Mr. Je donne à ses cinq enfants restant trois cents livres par tête. George Frideric Handel. deux cents livres à ajouter au legs que je lui mon mon testament. Christopher Smith quinze cents livres à ajouter au legs que je lui ai fait dans mon testament. Mon cousin. qui m'a aidé en ajustant des ai déjà fait dans gister Christian paroles pour plusieurs de livres (1). deux cents livres à ajouter au legs que je lui ai fait dans mon testament. cent George Amyant. Je fais mes compositions. de Coppenhagen. Je. de Lawrence Pountney Hill. . d'après Milton. marchand. fais ce codicille à mon testament. La veuve de George Taust et un de ses enfants étant morts. co-exécuteur avec ma nièce. de Samson.

George Frideric Handel. Tho. George Frideric Handel fais faire le codicille suivant à le mon testament. par lui signé et affirmé en notre présence. En foi de quoi j'ai signé de ma main. Gottlieb Handel. George Frideric Handel. John Hetherington. John Duburk. ce sixième jour d'Août. en cas quoi qu'il soit en vie au moment de ma mort. la somme de cinq cents livres. Je donne à son neveu. et non autrement. John Hetherington. Je. Je donne à mon serviteur. George Frideric Handel.je donne à sa sœur. Thomas Bramwell. Mon vieux serviteur. Les jour et an ci-dessus écrits. étant mort . Peter Blond.310 ECRITS DE MUSICIENS scellé le présent. le vingt-deuxième jour de Mars. mil sept cent et cinquante-six. Je. Harris. Mon cousin Christian. et a été par lui signé et affirmé en notre présence. Les jour lu audit et an ci-dessus écrits. mil sept cent et cinquante-sept. ce codicille a été George Frideric Handel. H. ce codicille a été et a été George Frideric Handel. ai fait faire ce nouveau codicille à mon testament. Chris- . lu audit Tiio.vrris. étant mort dernièrement. la somme de trente livres.

JoHx Maxwel. le 20 septembre 1808 (Sculotcher. à Goslar. Je donne à Granville. fait par Rembrandt. . J'ai signé demain.sana. Tho. 342). le paysage. le quatrième jour d'Août. Harkis.57 Baltliar^ai' Denner. p.) . etc. une vue <iu Rhin. (2) Ces deux peintures étaient encore à Gopsall à l'époque où ScuLOECLiEH fil paraître sa Vie de //a'^c/e/ (18. et à sa sœur. Esquire. trois mon grand orgue qui est au Théâtre Royal. fais le codicille suidonne aux Gouverneurs ou Administrateurs (1) Cet orgue fut détruit. et la tète de femme. vivant à Pless. cents livres. lors de l'incendie du théâtre. il mourut à FtostocU. et un autre. le 1. Je donne à Charles Jennens. 342. Esquire. Je George Frideric Ilandel. Esquire. peintre de portraits. était un compatriote do Ila-n(Icl. Je. en Silésie. àCovent Garden (i).GEOBG-FRIEDRICH H. En foi de quoi. la tète de vieillard. dont il ma fait cadeau il y a quelque temps. deux tableaux. Je donne un bel emplaire de la partition et — de toutes les parties de mon Oratorio intitulé le Messie au Foundling Ilospital 3. faites par Denner (2). Cette partition est conservée dans le? archives de riiùpital. p.5 novembre 1685. trois cents livres. de la même main. de HoUes Street.. le U (3) avril 174!». Les jour et an écrits ci-dessus. Je donne à John Rich. près Tesehen. mil sept cent et cinquante-sept.ÏNDEL 311 tiana Susarina Handelin. Né à Al. vant. George Frideric Handcl. (ScnoELcuEiî.

cent livres Je donne à Mr. dont ils disposeront de la manière la plus avantageuse pour les objets de leur charité. soixantedix livres. autrefois de Chappel Street. John Belchar. Mathew Dubourg. . de Chelsea. James Smith. deux cents livres en plus de ce que je lui avais donné précédemment: Je donne à Thomas Harris. et Je désire que mon dit exécuteur obtienne la permission et la de m'y faire ériger un monument. du First Fruits Office. cinq cents livres Je donne à M". . veuve de Mr. Je donne à Mr. . Esquire. Threadneele Street. cinquante livres. de New Bond Street. cinquante guinées. . apothicaire. à la discrétion de somme qui sera dépensée pour cet objet ne dépassera pas six mon dit exécuteur. chirurgien^ cinquante guinées Je donne mes hardes à mon Je donne à Mr. de Lincoln's Inn Fields. de Bond Street. Esquire. musicien. de Sun Court. Mr. l'un de mes exécuteurs. . Palmer. d'une façon privée. Amyand. John de Bourk Cowland. Je donne à Mrs. John serviteur. cents livres. John Hetherington. . Esquire. parfumeur. de Chelsea. cent livres Je donne à chacune de mes servantes une . cent livres Je donne à mon serviteur Thomas Bremwell. à la discrétion de mon exécuteur. en plus de ce que je lui ai déjà donné . Je donne à George Amyand. Je donne à Benjamin Martyn. trois cents livres Je donne à Mr.312 liCRITS DE MUSICIENS de la Société pour le Soutien des Musiciens Malheureux et leurs Familles mille livres. J'espère que J'aurai la permission du Doyen et Chapitre de Westminster d'être enterré dans l'Abbaye de Westminster. Palmer. à Middle Temple. de New Bond Street. .

1759. par ses irrégularités. mais la dernière est celle d'un homme tout à fait aveugle. et an ci-dessus A. . Celle du 4 août est bien meilleure. Christopher Smith (1). de Charles Je Street. deux cents livres. Secrétaire pour les affaires de Hanovre. Reiche. Handel. Downalan. veuve. et signé et scellé écrits. En foi de quoi. . Berkeley Square. Celle du 22 mars de l'année suivante est très imparfaite. V7e de Handel. J. ceonzième jour d'Avril.) 18 . F. cinquante guinées Je donne à Mrs. par lui. Ce codicile a été lu au dit George Frideric Handel. S. RUDD. anglais. de la (1) Ce testament est écrit entièrement. en main de Hœndel. Les codicilles ont été dictés. mais montre que la vision n'était pas entièrement abolie. Mayne. La signature de celui du 6 août 1756 donne. 325. G. J'ai signé dema mainet scellé. (Schoelcher.ENDEL 31:^ année de gages. p. sœur de feu Mr. les jours en présence de nous. . cinquante guinées donne à Mr.GEORG-FRIEDRICH H. Batt. de Kensingion. l'impression que Hœndel était alors complètement aveugle. en sus de ce qui leur sera dû au moment de mon décès Je donne à Mrs.

Son père était musicien de la Chambre. il obtenait la survivance de surintendant de la musique de la Chambre. Le 19 novembre 1719. obtint le plus grand succès. dont il dievait écrire l'Éloge nécrologique reproduit ci-après. soit à l'Opéra. naquit à Versailles. et resta au répertoire jusqu'en 1742. ainsi que -22 . les Fesles grecques el romaines (d 3 juillet 1723). soit à la cour. il travailla avec Richard de La Lande. Il débuta à lOpéra par un ballet héroïque en trois actes et un prologue. Il donna encore plusieurs divertissements ou ballets. pour le jeune Louis XV (il devait y représenter l'empereur Auguste). qui aurait été composée à l'origine. sur la démission de Jean-Baptiste de Lully le fils. Cette pièce.FRANÇOIS COLIN DE BLAMONT (1690-1760) François Colin de Blaniont. Après avoir fait partie de la musique de la duchesse du Maine et avoir collaboré aux fameuses Nuils de Sceaux (il composa le second tableau de la septième Niiil. qui eut lieu vers le milieu de Tannée 1T14). jusqu'en 1738. paroles de Fuzelier. le novembre 1690.

Boivin. De la Lande. Les liaisons étioites qu'il a euT-s avec M. on a consulté M. Surintendant de la Musique de la Chamiue du Roy. 17i>8. censeur royal. Vous devez. et un Essai sur les goùls anciens el modernes de la Musique française (1754). des motets exécutés au Concert spirituel. jointes à sa propre capacité. de Blamonl.COLI>' DE BLAMO. T*** 28 Septembre. le mettdient plus en étal (pie personne de faire l'analyse de celle Musi(iuc. Il a écrit à ce sujet la lettre suivante. précédée de cet Avertissement « Pour donner au Public une idée générale de la Musique de M.XT 315 (les cantates. De La Lande. desTomances.ô). avec un sensible plaisir. auteur de la biographie placée en tôte des Molels de feu M. cl marquer avec ([uelque justesse la méthode do noire Auteur. iSanci et des membre de l'Aca- Arcades de Rome.\chant sur tout à le représenter tel qu'il (1) étoit par Cette lettre est adressée à Tanevot. » . le 14 lévrier 1760. & vous att. Je Monsieur. immédiatement (Paris. avant la musique. puisqu'en écrivant la vie de ce grand Maître. être doublement applaudi. Colin de Blamont mourut à Paris. De la Lande. viens d'apprendre dans ce travail où vous faites paroitre votre amour pour le vray mérite. [ÉLOGE DE RICHARD DE LA LANDE] (i) A M. dont il se fait honneur d'i'lre le disciple. le bon office que vous voulez bien rendre à la mémoire de feu M. ancien premier commis des Finances {I6'J2-I77. de Lu Lande Elle est imprimée. 1729). faire connoilre ce qui la caractérise démie de : plus parLiciilièremenl.

De la Lande consistoit dans un merveilleux tour de chant. il faisoit toute son étude & meltoit toute son application à loucher l'ame par le saint & amateur du sublime la richesse de l'expression. une noble expression tueux. un précieux choix d'harmonie. en rendant le sens véritable. Je laisse à votre zèle à faire valoir ce que je tiens uniquement de la simple vérité. pour ne pas sacrifier quelque chose de mon amour propre. par les soins qu'il a pris de m"instruire dès qui peut former ma plus tendre jeunesse. & j'avois reçu de luy trop de marques d'estime & de bontez. qui fatigue plus souvent l'esprit de l'Auditeur qui ne le satisfait. vous donnez au Public les moyens de l'admirer avec connoissance de cause. & j . en bazardant de mettre par écrit ce qui peut vous instruire de toutes les perfections que j"ay reconnues dans ce Lully latin. soit par ses conseils pour tout ce le goût. là simple et naturel. ou qui vous sont inconnues. & enseignez à ses émules le chemin qui peut conduire à ce haut degré de perfection où il étoit parvenu. : faisant toujours valoir les paroles qu'il avoit à traiter. J'étois trop son serviteur & son amy. le majes- enthousiastme du Prophète.316 ECRITS DE MUSICIENS rapport à son Art. & qui luy laisse presque tout à désirer. Icy sçauant & profond. & vous mettre au fait des parties de l'art qui pourroient vous échapper. que d'un travail servile et pénible. soit par sa constance & son attachement inviolable au travail et à son devoir. & des vives peintures. Trop heureux si cela peut vous être de quelque utilité dans votre projet. Plus et des grandes idées. Le grand mérite de M.

la précision & la juste proportion de ses morceaux. mais dans les morceaux même qu'il traitoit ce qu'il est aisé de voir par les disparates ingénieuses dont il ornoit ses Ouvrages. non seulement dans le merveilleux contraste de ses morceaux. Duo. Les qualitez que ce grand génie possedoit encore la combinaison. . Ceux qui l'ont connu plus particulièrement. ce qui se fait sentir par les périodes de chant. qu'il n'en faudroit pour faire la réputation d'un . peuvent rendre témoignage qu'il a plus rebuté de Musique par le mépris qu'il faisoit du médiocre & des choses négligées. Infatigable dans ses recherches. autre. soit de difîerent caractère. il ne se satisfaisoit presque jamais toujours plus difficile à mesure qu'il augmentoit en mérite. autant que pro- digue de son génie dans ses Œuvres. qui servoienl pour ainsi . dire. aimables.COLIN DE BLAMONT 317 à délasser l'esprit par les agréraens de la variété. & par les traits de chants gracieux. d'Episodes à ses Chœurs les plus travaillez. l'un par la suprise & l'admiration. & l'autre parle sentiment: joignez à cela la parfaite connoissance qu'il avoil de l'étendue des voix & du propre de chaque instrument qu'il mettoit à leur aise dans ce qu'il faisoit pour eux talent particulier qui contribue beaucoup à la satisfaction des Auditeurs & de ceux qui exécutent. & autres où l'esprit & le cœur sont également intéressez. soit grands ou petits. étoient : 18. & la gradation sans pareille des beautez de chacun de ses Récits. Cette attention la plus singulière avoit pour but à un degré éminent.

& de cacher aux yeux & à l'esprit. l'excès de son travail . votre très-bumble &. Ile la Lande n'a pu trouver que dans la TOort la fin de ses laborieuses études & de ses admition puisée uîiicjuement rables productions. Jaloux il est jalousie que fait naître vray du mérite d'aoïtruy. & ses profondes réflexions sur chacune de leurs qualitez. lors même qu'il s'abandomioit au feu & àla rapidité de son génie. l'arbitre du bon goût. Enfin ^I. les luy avoient rendues si familières. tout ce entendoit de beau allumoit an luy une ardeur encore plus grande pour l'étude mais cette émula. & qui caractérise qu'il toTijours les grands Hommes. La prodigieuse étude des Anciens. pour ainsi dire. c'-est ce qu'on peut appeler la vraye qu'il avoit faite magie deTart.Bis ECRITS DE MUSICIENS la nelLelé dans ses sujets. ce qui se peut prouver par le choix volontaire qu'il a fait d'une partie de ses plus habiles Confcemporains pour luy succéder. & des meilleurs Auteurs Italiens & François. . plus sincère & la :plus Monsieur. par le clia-rme de la simplicité. dans le goût supérieur. à qui il irendoit plus de justice que leurs plus zelez Partisans . J'ay l'honneur d'être. & pour remplir même dès son vivant quelques-unes de ses Charges. qu'il ne pouvoit jamais faire qu'un "choix distingTié. C'est par-là qu'il meritoit d'être. très-obéissant serviteur. De Blamûnt. n'étoit que favorable aux autres Maîtres. mais de cette une noble émulation. avec l'estime la profonde. <& qu'il étoit devenu.

11 repaît it iiour la province : . le temps où il devenait organiste des Pères de la Merci. en 1701. se piquait de prétentions nobiliaires. rue des Areiiivos.JEA>-PH1LIPPE RAMEAU (1683^1764) l'aîné Contemporain de Bach et de Hœndel. née Demartinécourt. puisa ClermontFerrand. Jean-Philippe était l'aîné de cinq garçons. où le chapitre de la cathédrale l'engage pour six ans (23 juin 1702). vint à Paris où. 11 semble qu'ils reçurent tous l'éducation musicale paternelle. Après avoir étudié au collège des Jésuites. vei>. il [)ublia son Premier livre de Pièces de Clavecin. Son . Des huit enfants de Jean Rameau. à Avignon. alla jusqu'à Milan. 11 courut alors la province on le trouve à Lyon. « qui ne paraissent pas justifiées » (de La Laurencie). JeanPhilippe partit. Jean-Philippe Rameau naquit à Dijon. Il dut étudier aloi's avec le fameux Marchand. dont il était de deux ans. pour l'Italie. et revint dès l'année suivante. le 25 septembre 1683. Il n'y resta que trois ans. père était organiste sa mère. dès 1706. auxquels il survécut.

françaises. entre temps. Il cherchait. connues depuis plusieurs années. composant non seulement la musique que lui imposaient ses fonctions de maître de chapelle. succéda à son père aux orgues de Notre-Dame. avec son compatriote Piron pour le théâtre de la Foire. Rameau cherchait un livret d'opéra. mais obtint les mêmes fonctions à Sainle-Croix-de-laBretonnerie. qui parut chez Ballard.320 ECRITS DE MUSICIENS vers où de la môme année. ainsi qu'il l'écrit à Houdart. qu'il allait enfin pouvoir aborder l'Opéra. tout en préparant un Nouveau système de musique théorique paru en 1726. ou à ses motets. l'année même de son mariage). un second livre de Pièces de Clavessin. « Sa réputation s'accroît. la fin il Revenu à Paris. . Des polémiques s'ensuivirent dans le Mercure (en 1729-1730). Mais ce nest qu'après dix ans de séjour à Paris. Rameau repartit à Lyon. et se retrouva à Clermont.. et les élèves ne une techil leur enseigne cessent d'affluer chez lui nique nouvelle et aussi sa méthode d'accompagnement rendue précieuse à une époque oùle claveciniste accompagnateur devait pouvoir réaliser à première vue la basse continue » fdeLaLaurencie. mais encore son Traité de V Harmonie réduite à ses principes naturels. à devenir ofganiste de Saint-Paul. après le mariage de son frère avec la femme qu'il aimait. et revint à Dijon. en 4722. vécut peut-être à Lille. où on lui préféra Daquin. Re- . et un recueil de Cantates Rameau travaillait. ouvrage auquel il attachait plus d'importance qu'à ses cantates profanes (telles que Thélis et l'Enlèvement d'Orithie. dans son Traité. parmi lesquels il cite lui-même le Lahoravi. Rameau y resta deux ans à peu près. Au début de ITlo.. Cependant. en 1709. à Paris. au début de 1723 fie nom de Rameau commençait alors à s'imprimer dans les gazettes).

le succès ne se déclare pas encore. : . Cette partition. ne pai'vient pas encore à vaincre le public hésitant. etlorsqu'il y revient avec /e Temple de la Gloire 27 novemltre 17-45. Bameau renonce à l'Opéra. opéra biblique mis en musique par Monteclair. Rameau donne à l'Opéra. le librettiste de Jephlé. livret de Gentil-Bernard (24 octobre 1737). des Fêles d'Hébé ou les Tade Dardanus (19 noveudjre). Avec Caslor elPollux. il Les années suivantes. véritable opéra-bouffe (31 mars). le ballet Un nouvel lents lyriques (21 mai 1739) suivi bientôt . ne quitta le répertoire qu'en 1771 Il les . car ce ballet. trente ans plus tard. Le compositeur avait exactement cinquante ans La première impression des auditeurs fut la surprise. mais qui s'établit peu à peu. avecAutreau. reçoit les quoliliets des « Lullystes ». Il se recueille. Pt/ymalion. au nom de laquelle on devait excommunier Gluck. effort. il s'adressa à l'abbé Pellegrin. la Princesse de Navarre avec Voltaire (23 février) et Platée. et que l'Opéra venait de représenter (28 février 1732).. est-ce à la cour. Mais la pièce nuiuvaise entraine la chute de la partition. et Rameau. JEAN-PHILIPPE RAMEAU 821 poussé par Houdart de la Motte. essaya de l'opéra-ballet. livret de Voltaire il trouve un public mieux préparé sinon unanime. parut le 1" octobre 1733. dont devient presque le seul fournisseur Zaïs. et Indes galantes (23 août 1735) succès incertain encore. mais traversera victorieusement la période gluckiste. composa. dont l'œuvre commençait une révolution dans la musique française parut ! un instant découragé. et son premier ouvrage dramatique. avec Fuzelier. repris en 1736. Ses œuvres cependant ont été reprises à l'Opéra. Bameau se mit à l'œuvre. et ne donne rien jusqu'en 1743 et encore. Hippolyle el Aricie. Elle n'est reprise qu'en 1754.

à laquelle ont collaboré MM. de la Laurencie et Loris Laloy collections des Musiciens célèbres et des Maîtres de Musique). est placée sous la haute direction de M. . en 1760. dans les dix dernières années'de sa vie. Durand et fils. Cependant. Saint-Eustache. La vie et l'œuxTe de Rameau ont été étudiées récemment par MM. d'indy. en 1764. en 1752 de Nouvelles réflexions sur i<x démonstration du principe de l'harmonie. SaintSaëns. Dukas. qui espèces. Ch. à Paris. Rameau. Malherbe.000 livres.322 ECRITS DE MUSICIENS Les Festes de V Hymen et de V Amour. et même au-delà. dont la santé était très chancelante. au théâtre. dans son domicile de la rue des Bons-Enfants. donnée un peu avant qu'éclate la fameuse Querelle des Bouffons. Le \aeux musicien. en 1751. Oh l'acclamait. très fréquentes jusqu'à répoque de Gluck. avait la une fortune de 200. Rameau. et fut enterré à . Les introductions historiques en ont été rédigées par M.000 en. le 22 septembre 1764. Puis. réputation d'être avare. Nais et Zoroastre se succèdent en 1748 et 1749. à la reprise de Dardanus l'Académie de Dijon l'accueillait l'année suivante et le roi.. Cette édition monumentale. chez MM. Platée. 11 ne donna guère que quelques petits actes pour Fonlainebleau. laissait dont on trouva 40. qui ont donné une bibliographie complète de ses ouvrages théoriques et musicaux. publiait. défendait la cause de la musique française avec les reprises de ses œuvres. etc. P. Les œuvres musicales sont en cours de réédition. V.. bien autrement sérieuse que celle des Lullistes et des « Ramoneurs ». la Guirlande. ce fut. Il mourut six mois plus tard. lui conférait le cordon de Saint-Michel. .

école où il n'est question que de notes. HOUDART DE LA MOTTE paroles d'Opéra (2). mourut le 26 décembre trouvée dans ses papiers après sa mort. . le sen liment. .JEAN-PHILIPPE RAMEAU 32^ Lettre A M. permettez-moi de les combattre & de justifier en même temps la prévention où je suis en ma faveur. de La Molle » (Noie du Mercure. de l'Académie Françoise. . et rien de plus de sorte qu'on a raison de lui préférer im Musicien qui se pique moins de science que de goût. Qui dit un savant ^lusicien. l'esprit (Scia raison. Quelques raisons que vous ayez.pp. Or ce nest là qu'un Musicien de l'école. qu'il y sacrifie tout. Monsieur. Houdart de La Motte na- quit à Paris le 17 janvier 1672.elle lettre. (1) Poète el auteur dramatique... le bon sens. K-UK (2) «Celte lettre a été exactement copiée sur l'oriaiinai trouvé parmi les papieis de M. et y 1731. fut publiée d. pour ne pas altendre de ma musique théâtrale un succès aussi favorable que celle d'un Auteur plus expérimenté en apparence dans ce genre de musique. sans prétendre tirer de ma science d'autres avantages que ceux que vous sentirez aussi bien que moi devoir être légitimes. peur lui demander des A Paris^ 25 Octobre IT^T. (i).uis le Mercure de France de mars 17i. ('. entend ordinairement par-là un homme à qui rien n'échappe dans les diiïérentes combinaisons des notes mais on le croit en même temps tellement absorbé dans ces combinaisons.j.

&. Il serait donc à souhaiter qu'il se trouvât pour le théâtre un Musicien qui étudiât la nature avant que de la peindre. vous ne le reconnoissez plus. mais. &c. ? sa musique y répond pour lors . qui par sa science sçût faire le choix des couleurs & des nuances dont son esprit & son goût lui auroient fait sentir le rapport avec les expressions nécessaires. sans aucun secours de l'art. : mais ce feu se consume à mesure qu'il veut le rallumer. badin. 011 les dilTérens objets se réunissent en une petite portion de couleurs.& je ne me suis pas livré aux combinaisons des notes jusqu'au point d'oublier leur liaison . Je suis bien éloigné de croire que je sois ce Musicien. par ses rapports avec les expressions. La nature ne m'a pas tout-à-fait privé de ses dons. & l'on ne trouve plus chez lui que des redites ou des platitudes. enjoué. Dans son premier feu. mais le tout est borné dans le réservoir de leurs sensations. il s'use à la fin. ne peut tout au plus exceller que dans de certains genres. il était tout brillant. je veux dire dans des genres relatifs à son tempérament. Est-il naturellement tendre? il exprime bien la tendresse son caractère est-il vif. du moins j'ai au-dessus des autres la connoissance des couleurs et des nuances. & dont ils n'usent à propos que par hasard. dont ils n'ont qu'un sentiment confus.e par comparaisons à la portée de ses sensations.au-delà desquelles ils n'aperçoivent plus rien. dont le goût n'est formé qu.324 ECRITS DE MUSICIENS Cependant des celui-ci.. Ils ont du goût & de Timagination. mais sortez-le de ces caractères qui lui sont naturels. D'ailleurs comme il tire tout de son imagination.

la danse de la guerre et. où vous pourrez remarquer le degré de colère que je donne à Neptune et à Jupiter^ selon qu'il appartient de donner plus de sangfroid ou plus de possession à l'un qu'à l'autre. Informez-vous de l'idée.: /es à'auya^çes. 19 . : . qu'on a de deux Cantates. Parfait. les Tourbillons (c"est-à- tourbillons de poussière excités par de Le lundi 10 septembre 1725. ce que je ne puis faire faute de paroles l'une a pour titre {'Enlèvement d'Orithie il y a du récitatif & des airs caractérisés l'autre a pour titre Tliétis. le 12 mars 1736. les ten- intime avec . Dict. 227-t-2276i. & dont les manuscrits sont tellement répandus en France.JEAN-PHILirPE RAMEAU 325 le beau naturel qui suffit seul pour plaire. 1725. après un combat simulé. la danse de la victoire. & qui a fait surtout ses derniers efforts. grands et l)ien faits. les Soupirs. « venus depuis peu de la Louisiane. qu'on m'a prises depuis une douzaine d'années. en 1736. mais qu'on ne trouve pas facilement dans une terre qui manque de semences. et comment j'ai rendu ces titres. puisque j'en pourrois être pour les frais. représenté à l'Opéra. (59-71. Dans ses Indes galantes. parurent au Théâtre Itadeux sauvages. Cf. pp. des Théâtres. une nouvelle entrée intitulée égalemcnl. & selon qu'il convient que les ordres de l'un & de l'autre soient exécutés. il y a un ou deux ans(i). dres Plaintes. que je n'ai pas cru devoir les faire graver. pp. le compositeur ajouta. ballet de Fuzelieret Rameau. dit le lien Mercure (sept. dire. Il ne tient qu'à vous de venir entendre comment j'ai caractérisé le chant & la danse des Sauvages qui parurent sur le Théâtre Italien. Ils exécutèrent sui'cessi- vement la danse de la paix. à moins que je n'y en joignisse quelques autres. \". les (1) les Cyclopes. âgés d'environ vingt-cinq ans ».

fac-similé par M. Je pourrois encore vous faire entendre des motets à grand chœur. d'après l'original provenant <!e l'ancienne Acailéniie de Musique de Lyon. Rameau. le Mercure de France. une Musette^ un Tambourin. & qu'il n'y en a presque point de ceuxci. L. où l'arl . Hameau. Cf. la (2) Lettre publiée en Musique à Lyon au dix -huitième siècle. Lalov. (i) vous verrez pour lors que je ne suis pas novice dans Tart. je tâche de cacher faire faire des réflexions. A CIHRISTIN Secrétaire de l'Académie de Lyon (i) C'est sans réflexion. qu'on a publié queje n'ai rien déterminé dans mon Tempérament de (1) « l'ièces deCkivecin de M. » iXote du Mercure). & nullement les savans.? deClavessin parues vers 1724. Je suis avec toute la conet- sidération possible. Ç)C. Cf. votre très-humble très-obéissant serviteur. i90. Monsieur. 1555. p. VEnlrelien des Muses. Rameau. puisqu'il y en a beaucoup de ceux-là. Plusieurs de ces pièces font paiii^» tlu recueil de Pièce. Monsieur. et mai 1741. p. .32(i IXRITS DE MUSICIENS grands vents). Enfin en voilà assez pour vous mes productions. 29-81 et 314-245. & qu'il ne paroît pas sur- tout que je fasse grande dépense de ma science dans l'art par mêrae car je ny ai en vue que les gens dégoût. juillet 174o. Léon Vallas. où vous reconnoîtriez si je sens ce que je veux exprimer. pp.

ce n'est aux curieux donne ensuite que pour me presicr soin : aux facultés des gens de l'Art Marius n'avoit-il pas fabriqué un monochorde pour le tempérament en usage. par laquelle on prclend prouver ce qu'on avance. R. avoir ces moyennes proportionnelles. prenez y garde. en cela. D'un autre côté. 96 de ma Harmonique (1).JEAN-PHILIPPE RAMEAU 327 Musique. vous dispenser de ne faites point de compareîidre justice à la vérité : . on me confond avec tous ceux qui n'ont. puisque je donne. de Rameau avait paru en 1737. puisqu'on expriproximation mant mes puissances avec des lignes. dit l'extrait. et s'il y a de petits inconvéniens. n'en laisse puis qu'on a j'ai le fait. &c. et Ex*' IX. les puissances d'une formule. propose. le Tempéramment que M. à la vérilé. et s'en est-on servi ? il y auroit de la surprise à vouloir fonder sa critique sur ce qui n'est que de surabondance. Si je un moyen auriculaire. que d'exécuter à la lettre ce que prescrit ainsi je pas simplement comme on l'insère dans l'extrait. Le Mémoire dit positivement. & si vous craignez d'insulter à la s'il vous plaît mémoire des grands Géomètres qui ont traitté cette matière. : (1) La Génération harmonique. moi-même. que par apj'ai donc fait plus. (jénération p. en disant simplement que }e propose une méthode &c. peu importans d'ailleurs dans la pratique^ n'y en a-t-il pas aussi dans les nombres de la formule en question? on ne peu/. vous ne pouvez aussi. que proposé des Tempérammens au liazard. . . en efïet. on aura les justes divisions en rigueur.

. il auroil pu nommer l'Auteur qui l'a enhardi à dire que.. harm. sur des suppositions. les Anciens ont trop négligé la science de la Musique.328 KCRITS DE MUSICIENS raisons. mais reconnoissez du conséquences que . etc. niais a présent que nous sommes dans un siècle oii la lumière a enfin dissipé les ténèbres. et : . — Nouveau Système. surtout le VIP. sur des hipothèses je les au lieu d'expé- fonde sur un principe. et termes. fonde ensuite sur une des progressions que ce principe m'a données je prouve que ne pouvant être en proportion harmonique. si cela ne s'appelle pas découvrir et déla force montrer. je ne connois donc pas Relisez de ces le Mémoire de Monsieur votre Académiquelques chapitres de ma Génération harmon. etc. vous verrez quil a puisé dans mes foibles idées tout ce dont il autorise ce je ne crois pas qu'on l'applaudisse qu'il m'oppose baucoup de s'être attaché à critiquer. ce que j'en ai réfuté : moi-même du et s'il eut voulu dans ma Gén. il doit suivre. du moins la Géométrique renfermée dans cette progression. dont été le fait rience a reçu et avéré. même avant que l'eusse établit je pour la tel : je fais plus qu'aucun — je démontre nécessité du Temperam' par une je le infinité d'expériences incontestables. ce me : semble. à la moins que qu'ils n'ont fondé leurs bonne heure. et je pousse en fin la chose jusquà donner la méthode en puissances c'est là plus que proposer.. je cite partout . dans mon cien. moins honorer par quelques endroits flatteurs celui qu'il ne ménage pas assez ailleurs.

je n'y pensois plus. parce que tout ce qui part de vos mains passe pour des arrêts de quelle conséquence cela n'est-il donc pas pour les personnes intéressées? je me garderai bien de minscrire en faux contre le premier venu. Jamais je n'ai tant présumé de me foibles décou- vertes que depuis qu'on les attaque. Je crois. on ne se fonde sur l'ignorance . sauf à ne le jamais prouver. excepté que. de désabuser le Public sur dans lesquelles on le laisse depuis près de deux ans ne doutez pas que je n'y sois extrément sensible comme la matière est peu connue. mais il paroit qu'on y a eu un peu trop de condescendance au sentiment d'un seul et il vaut bien mieux que l'Académie s'en justifie en me justifiant que de m'obliger à repondre on n'a jamais tort quand on l'avoue. je les Bvois tout-à-fait oubliées. comme quelque uns. comme du : . où je n'ai pas le mémoire sous les yeux.ILAN-PIIILIPPE RAMEAU 32'.t le fond des choses. on croit l'Auteur et l'ouvrage décriez. sans me souvenir précisément " de l'ordre parce que je suis à la campagne. j'en tirerai du moins le fruit d'un éclaircissement. . qu'il est de l'honneur de l'Aca- démie. il faut donc que je me les rappelle encore. et si je ne me suis trompé. J'ai été charmé de trouver votre nom au bas de la . quoique sans preuve.. du Lecteur. Quel honneur pour moi voulut ? qu'une aussi célèbre Académie que est la votre bien descendre jusqu'à en dire-son sentiment elle y presque forcée pour son propre intcrrest. . les fausses idées mien. Monsieur. dont je tâcherai de profiter. je ne sçai comment la chose s'est passée.

« . votre très humble et très obéissant serviteur Rameau. auquel Rameau avait adressé cette lettre. Versailles.. A M0NGE0T(2) Je suis très sensible. p.380 ECRITS DE MUSIC:iEN. et à présent à celle de ses enfans. « Depuis 174'. cidevant attaché à léducation de . Monsieur. et qui la publia dans le Mercure de France. dans le numéro de mars 17oâ. tant parce que mes affaires ne me permettent pas de men détourner. de la Roque i .. J'en ai conservé Toi-lhographe très soigneusement. « La lettre au Mercure est signée « Monoeot.Madame la Princesse de Ouéménée. pp. 9bre 1741. Musicien. lettre adressée à M. Celte le'tre est copiée très fidèlement d'après l'original que j'ai entre les mains. Rameau. et en même temps très mortifié de ne pouvoir vous être que d'un faible secours. : ie 6 avril 17H5...) que je suis sorti de ma province pour venir habiter ce pays-ci. •et pour vous assurer de l'estime et de la considération avec laquelle je suis.M. à l'honneur que vous me faites. Jeus recours à . cela ci. Etant fort jeune en 1744. la lettre à Houdart de La Motte.. monsieur. ... ma fait naître le dessein de vous addresser celle pour vous assurer en partie de ma reconnoissance sur le passé. dans un âge et une province où je devois avoir peu vu e : entendu. ce 3.\. reproduite ci-dessus. après la mort du (1) (2) compositeur ijuin l'fJô. Voici ce qu'il me répondit.. je conçus l'idée de faire un grand Opéi-a. 54-05) Mongeot fit cette communication au Mercure après avoir lu. A Paris. que parce que ce que vous souhaiDirecteur du Mercure de France. dit-il.. 323 et suiv.

soit en collaboration. le collège. dit 12) « On ne devine pas de quel spectacle W. Laloy. I)Uisqu'il A douze ans.JEAX-PHILIPPE HAMEAU 331 tez demande un bien être. plus long détail que vous ne Il rimaginez peut faut être au fait la du spectacle la avoir long-temps étudié nature. le 13 juin ITC. 3'). M. j'ai continué. des divertissemens. Le ballet vous conviendrait mieux que la Tragédie pour début. (1) Charles-François Panard. Je suis. en avoir fait . il ne veut donc pas ne passa pas la quatrième parler des opéras'qui pouvaient y être représentés. . être sensible à la danse.ô. Rameau. d'ailleurs. &c. pable des plus grandes choses. mais il ne nous a point encore donné de lyrique. sans parler de tous les accessoires connaître la voix. et mille bagatelles de cette sorte qui nourrissent l'esprit. soit seul. note 1. j'ai eu du bon. Je crois. mou- vements. de petits. tacle depuis l'âge de suivi le spec- douze ans (2) je n'ai travaillé pour l'Opéra qu'à cinquante ans. il s'agit. » Ra' jneau. né à Courville vers 16ît4. des cantates. avant que d'entreprendre un si grand ouvrage.* Rameau avait (|uitté . fournil un très grand nombre de pièces à rOpéra-Comique. pour . les acteurs. Monsieur. à ses . y échaufîent la verve et rendent insensiblement caJ'ai . Il faudroit. votre très humble et très obéissant serviteur. niort à Paris. encore ne m'en croyais-je pas capable j'ai hasardé. p. avec toute la considéra- tion possible. Panard (i) plus capable de l'un que de l'autre il a du mérite. heur. peindre le plus au vrai qu'il est possible avoir tous les carac- tères présens.

ainsi qu'au Théâtre-Français. à propos des Poëmes Lyri-comiques du feu sieur Hautreau (3). (3) Autreau (l()56-174. & qu'il n"a pas réussi. plus Je ne crois pas qu'il y ait eu au Théâtre de succès marqué que celui de Platée. celui de Pygmalion d'après l'ancien Ballet des Arts de La Motte). Les sept premières représentations données dans (1) Lettre publiée dans le Mercure de France (juillet 1749. avait paru dès 1745. quoique mis en musique par. de relever un avancé dans le Journal des Sçavans du mois dernier. représenté le mardi 4 février 1749. . avec un prologue. &c. sur mon Opéra de Platée (2). à l'Opéra. dont St-Albine était alors directeur. me dispenser. sur le grand Théâtre de Versailles. était le frère du notaire de Rameau à cette époque. qui revit le livret d'Autreau. tage. Monsieur. que des cinq Poëmes de ce genre de cet Auteur. retouché par Ballot de Sovot.323 ECRITS DE MUSICIENS A REMOND DE SAINTE-ALBINE (i) [mai ou juin 1749]. ballet boutïon en trois actes. comme il avait fait. pp. Ballot de Sovot. & je leur en suis toujours bien obligé mais je vous avoue qu'un peu plus d'exactitude m'auroit flatté davanJe ne puis l'ail . Il y est dit. (2) Platée. Je passe sous silence l'éloge que ces Messieurs ont bien voulu faire néanmoins de mes talens. il n'y a eu que Platée qui ait paru sur le Théâtre. 116-118). de Autreau. de 1718 à 1729.ô fit représenter un certain nombre de pièces au Théâtre-Italien. l'année précédente.

repris le 22 février. Pénétré de la plus vive & de la plus sincère reconnoissance des nouvelles marques qu'il vient de me : (1) Le feu d'artifice tiré sur el la place de Grève le jeudi 13 février 17W. Cela joint à la comparaison des dernières représentations de ce Ballet. ont produit ii8y2 liv. pour souffrir qu'on cherche à en diminuer le nombre. uniquement pour satisfaire à l'empressement du Public. de Salomon. avec les premières d'un ouvrage d'un autre genre (2). Monsieur. jour du Feu de l'Hôtel-de-Ville (i). tant la chose est notoire aussi n'est-ce point pour rectifier cet Ecrivain auprès des personnes qui habitent Paris. que l'on donnoit les \'endredis et les Dimanches. vu qu'il fut joué le Jeudi. & que l'on pourroit équilable- ment réduire à six. en treize représentations. . ce qui fait près de 82.JEAN-PllILIlM^E RAMEAU 333 l'espace de dix jours. l'inlention n'ayant été d'abord que de le donner en carnaval. sont des preuves écrites que je ne me serois jamais crû dans la nécessité d'opposer. li). qui ne peuvent être instruites de beaucoup de faits que par les Journaux. donné les Mardis & les Jeudis. (2) Probablenicnl Médée Joson. & que l'on devroit par conséquent avoir plus d'attention à ne pas induire en erreur. D'ailleurs je suis trop jaloux des succès que le Public daigne accorder à mes ouvrages.000 liv. ont produit 19672 liv. 10 sols. Les six représentations qui ont été données ensuite dans le Carême. d'insérer ma Lettre dans le Mercure mais bien pour les Provinces. (Scies trois derniers jours gras consécutivement. que je vous supplie.

:S3i

ECRITS

riE

MUSICIENS

donner encore de sa bonté, à l'occasion de mon Opéra de la Paix (i), j'ose vous assurer que je ne me sens que plus encouragé à mériter la continuation
d'une faveur qui a été
tous

& qui sera
mon
vie.

toujours iobjet de

mes vœux,

&

que

je ne desirerois rien tant

que

d'être plus à portée de lui procurer encore plus de
plaisirs,

&

de pouvoir à

gré pousser aussi loin

<iue j'en puisse être capable,

un

art qui a fait seul

l'occupation de toute
J'ai

ma

l'honneur d'être, &c.
[Rameau].

LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE

(2)

Permettez-moi, Monsieur, d'insérer dans votre Journal mes remercimens à M. d'Alembert, pour la marque d'estime qu'il vient de me donner en publiant ses élémens de Musique théorique pra-

&

tique

(3),

que je
;1)

Quelque publicité donne aux témoignages de ma vive reconsuivant
principes.

mes

lo-;ue,
la

Nais, opéra pour la Paix, en trois actes avec un prode Caliusac et Rameau, venait d'être représenté pour
Il

première fois, le mardi 22 avril 1749. trois représentations jusqu'en 1764.
(2j
l'Sj

n'obtint

que trente-

Publiée dans le Mercure de France, de mai 1752, pp. 75-77. Les Eléments de Musique théorique et pratique, suiuant les principes de M. Rameau, par d'ALEMBERT, parurent en 1752, à Paris. Une nouvelle édition (Lyon, Bruyset, 17tj2i, à laquelle collabora l'abbé Roussier, l'auteur da Traité des Accords 'Lyon, Bruyset, 1704), est suivie dune i?epo/i5e à u/ie lettre imprimée de M. Rameau (sur les articles Fondamental -et Gamme de l'Encyclopédie, parus en 1760
.

JEAN-PHILIPPE RAMEAU

;}35

ils seront toujours moins éclatans «fite riionneur que je reçois. Les progrès de mon art ont été pour moi le premier objet de mes veilles. La récompense la plus

îioissâiîce,

flatteuse

que

je

me

sois proposée, c'est le sufl'rage

& l'estime

des sravans.

Il s'esl trouvé heureasement pour moi, dans les Académies les plus célèbres, de ces hommes éclairés & justes que leurs lumières mettent au-dessUvS de l'envie. J'ay eu le bonheur d'obtenir leurs suffrages, & leurs suffrages ont entraîné ceux de la multitude. Parmi ces Sçavans, que je me fais gloire d'appeler mes Juges & mes Mattres, il en est un que la simplicité de ses mœurs, l'élévation de ses sentimens, & l'étendue de ses connoissanees ont rendu singulièrement respectable. C'est de lui, Monsieur, que je reçois le témoignage le plus glorieux auquel l'ambition d'un Auteur puisse jamais aspirer. Quelques Ecrivains ont essayé de se' faire connoitre tantôt en défigurant mes principes, tantôt en m'en

découverte, tantôt en imaginant des dont ils croyoient les obscurcir. Ils n'ont rien fait ni pour leur réputation, ni contre la mienne ils n'ont rien ajouté ni retranché à mes dédisputant
la

difficultés

;

couvertes,

&

l'art

n'a

retiré

aucun

fruit

du mal

qu'ils ont voulu me faire. Que c'est peu connoUre l'intérêt de sa propre gloire que de prétendre l'établir

sur les ruines de celle d'aulrui!

L'homme illustre

à qui s'adresse

mes

reconnoissance, a cherché dans ouvrages non des défauts à reprendre, mais

ma

des vérités à analyser, à simplifier, à rendre plus

336

ECRITS DE MUSICIENS

familières, plus lumineuses,
utiles au

& par conséquent plus grand nombre, par cet esprit de netteté,
de précision qui caractérise ses ouvrages.

d'ordre
Il

&

dédaigné de se mettre à la portée même des enfans, par la force de ce génie qui plie, maîtrise & modifie à son gré toutes les matières qu'il traite. Enfin il m'a donné à moi-même la consolation de voir ajouter à la solidité de mes principes, une simplicité dont je les sentois susceptibles, mais que je ne leur aurois donné qu'avec beaucoup plus de peine, & peut être moins heureusement que lui. C'est ainsi, Monsieur, que les Sciences et les Arts se prêtant leurs lumières mutuelles hâteroient réciproquement leurs progrès, si tous les Auteurs, préférant l'intérêt de la vérité à celui de l'amour propre, les uns avoient la modestie d'accepter des
n'a pas

secours,

les

autres la générosité

d'en

offrir.

J'ai

l'honneur d'être,

Rameau.

A

M.

BEGUILLET,
(l)

AVOCAT A DIJON
Monsieur,

Les anciens & leurs sectateurs nous ont repus de chimères dont on a peine à revenir, quand on s'en
Mercure de France, oct. 1765, I, pp. 45-46. Béguillet, au Parlement, premier notaire de la Province de Bourgogne, place Saint-Étienne,à Dijon, adressait, le 3 août
^1)

avocat

JEAN-PIIILIPPE

RAMEAU

337

rapporte à ce qui est écrit sans rien approfondir.
L'oreille

& le
:

sentiment ont pu fournir à ces anciens
;

des chants heureux
pas été loin

& expressifs mais le tout n'a on ne s'étoit encore fondé que sur les effets, sans en connoître la cause, que j'ai enfin développée. On a trouvé les rapports quant entre eux les sons clans l'ordre inspiré on a beaucoup raisonné là dessus, & toutes les raisons qu'on a pu tirer, se sont évaporées comme une fumée les Géomètres & Philosophes s'y sont enfin rebutés. Croiroit-on que cette seule inspiration a tellement captivé l'homme jusqu'à présent, qu'aucun ne s'est encore avisé de chercher la raison pourquoi nous sommes forcés, malgré nous, de préférer certains intervalles
:

;

à d'autres, après certains sons, sur-tout après le pre-

mier? Eprouvez
17fi.",,

si,

lorsque vous laissez agir en vous

une lettre à M. de La Place en lui envoyant une lettre feu M. Rameau », suivant l'exemple du musicien Mongeot. « Il seroit trop long, disait-il, de donner l'histoire de la dispute qui était entre M. Rameau et moi au sujet des
<<

(le

effets

de

la

Musique des anciens,
;

et

sur son ouvrage

inti-

tulé rOrigine des Sciences. Le goût de la littérature ancienne d'ailleurs les occupations de mon nest pas le dominant état et le respect que j'ai pour le public, ne me permettent

pas de vous envoyer une dissertation informe qui a occasionné les deux lettres que M. Hameau m'a écrites sur cette matière. Celle dont je vous envoie copie est d'autant plus intéressante qu'elle rend raison du système musical de cet

homme fameux
p. 43.)

:

c'en

est

pour

ainsi dire

la

clef. » {Ibid,

Béçuillet, qui mourut à Dijon, en 1786, publia un grand nombre de brochures relatives aux grains, aux farines et à
la

meunerie mais, on ne trouve rien dans sa bibliographie assez considérable, qui se rapporte de près ou de loin à l'objet de cette lettre.
;

338

ECRITS DE MUSICIENS

le

sens naturel, sans aucune préoccupation de rémi-

niscence, vous pouvez jamais monter d'un demi ton

après un demi son (sic) donné, y si vous pouvez faire autant après deux tons successifs. Pourquoi cela m'esl-il suggéré de la sorte? D'où cette sensation
peut-elle naître en moi,
falloit
si ce n'est du moment ? Il donc éprouver l'effet dii son, & l'on yen auroit distingué trois, formant cette harmonie enchanteresse & de là on auroit marché à coup sûr comme
;

je crois l'avoir fait.
tient à la théologie
:

Ce principe

est

inépuisable,

&

laphgsique un homme plus éclairé que moi doit en tirer des conséquences qui peuvent mener fort loin j'y vois déjà l'origine de ces dernières sciences qu'on ne peut nier sans nier le phénomène dont nous la tenons.
à la géométrie
:

comme

A

Paris, ce 6 Octobre 1762.

JEAN-MARIE LECUIR L ALNÉ
(1697-1764)

Jean-Marie Leclair naquit à Lyon le 10 mai 1697. Il était l'aîné des huit enfants d'Antoine Leclair et de Benoîte Ferrier, mariés depuis le 8 janviei' 1795. Antoine Leclair joignait à la profession de maître passementier, celle accessoire de « symphoniste ». Ce fut lui qui enseigna à ses fils Jean-Marie et Pierre les principes du violon. Jean-Marie fut d'abord maître passementier, dès 1716, l'année de son mariage avec Rose Castagnié. Mais, en 172'2, on le trouve comme premier danseur et maître de ballet à Turin, en 17"22, où il fut élève de Somis. L'année suivante, il faisait graver son premier livre de Sonates à violon seul avec
la basse, à

Paris; puis retournait à Turin,
l'y

époque à

laquelle Quantz

rencontra (voir plus loin. pp. 349 et suiv,). De retour à Paris en 1728, il y remporta un très grand succès au Concert spirituel des Tuileries. Devenu veuf, il épousa en secondes noces Mlle Louise Roussel, d'une famille de graveurs et dorfèvres, qui avait gravé son second Livre de Sonates (1728) et devint
sa collaboratrice.

340

ECRITS DE MUSICIENS

Si Leclair ne fut pas l'introducteur en France de la double corde », dit son biographe, M. de La Laurencie, il l'employa du moins « avec une maîtrise qu'ignorait encore l'école française de violon » de même que des positions encore inusitées qu'exigeaient des arpèges de quatre notes innovations qui révoltaient les partisans tenaces de M. de Lully. Nommé dans la musique du roi en 1734 (voir la dédicace de son troisième Livre de Sonates), Leclair fit partie du Concert spirituel jusqu'en 1736; il dut alors quitter la France. Il voyagea en Hollande, fut reçu à la cour du prince d'Orange, à Loo ou à Leeuwarden (voir la dédicace de son œuvre XI;, puis fut appelé à la cour de Savoie, à Chambéry, auprès de linfant Dom Philippe, auquel il dédia son OEuvre X, vers 1744.
«
:

De retour à Paris en janvier 1743, Leclair donnait l'année suivante, à l'Opéra, une tragédie en cinq actes
et un prologue, Scylla el Glaucus (livret de d'Albaret, censeur royal). Malgré une interprétation où figuraient Marie Fel et Jélyotte, cet opéra ne fut guère joué que pendant six semaines, à partir du 4 octobre 1746. Premier violon du duc de Grammont, Leclair travailla ensuite pour le théâtre de Puteaux, que possédait le duc depuis 1749, jusqu'à sa mort, qui fut tragique. Jouissant d'une large aisance, séparé de sa femme, depuis quelque temps ce n'est plus elle qui grave ses dernières œuvres Leclair. demeurait à la Courtille, près de Belleville, dans une maison qu'il avait acquise en 1758. Le 23 octobre 1764, un jardinier du voisinage le trouva, gisant au milieu de son jardin. Leclair avait été assassiné la nuit précédente. On ne put découvrir

les assassins.

railles solennelles

L'Académie royale de musique lui fit faire des funéaux Feuillants de la rue Saint-Honoré.

JEAX-MARIE LECLAIR L AINE

841

AU ROY
Sire,

d)

La

f^race

que

VOTRE MAJESTÉ vient de me
lui

faire,
la

authorise l'homage que j'ose

rendre pour

pre-

mière fois, j'aporte a ses pieds les fruits d'une muse domestique (2), que ce titre est glorieux pour moy le désir ardent de le mériter un jour, a soutenu ma foiblesse contre les difficultés d'un art long et pénible, le bonheur du succez a comblé mon ambition, le travail de toute ma vie est trop payé, par les moments que VOTRE MAJESTÉ a daigné prêter l'oreille à mes sons. Ces moments toujours précieux le sont encore plus dans la conjoncture présente; mais peut!

être

VOTRE MAJESTÉ

se souvient-elle

que

le

tems

des Conquestes du feu Roy, fut celui des plus grands progrés de notre art. la gloire du souverain influe sur le génie des sujets, il est naturel qu'une Nation
qui vous est soumise, ne cède à aucun peuple pour
Dédicace du TROISIÈME LIVRE DE SONATES A VIOavec la basse continue composées' par M. Le Clair l'aîné, ordinaire de la musique de la chapelle el delà Chambre du Roy, Gravées par Mme Le Clair son épouse, Dédiés AU Rov. (Suivre V. Prix en blanc 12 1. A Paris, etc. duc de Gesvres, (2) Par brevet du 5 avril 1784, signé du gouverneur de Paris. Leclair avait reçu le titre d'ordinaire de la musique du roi. Celte dédicace fixe donc la date d'apparition du Troisième livre au milieu de l'année 1784, au plus tard (Voir la biographie de Leclair par M. dk La L.\uRENCiE, Sammelb. der I. M. G., janv.-mars 1905, p. 258-260).
(1)

LON SEUL,

Si2

ECRITS DE MUSICIENS

les talens agréables,
utiles,

non plus que pour

les talens

ou nécessaires,

je suis avec le plus profond

.respect

Sire,

DE Votre Majesté

Le

très

humble, très obéissant

et très fidelle sujet, et servileur,
J.

M. Le Clair. L'aîné.

A SON ALTESSE ROYALE MADAME LA PRINCESSE D'ORAxNGE
Madame,

(i)

Le goût de V. A. R. pour les vraies beautés de la Musique et la connoissance profonde que vous avez
des principes de cet art, ne sont pas le seul motif qui m'ont inspiré la confiance de vous ofrir cet ouvrage. Je sçai que non conlente d'aimer tous les arts, vous vous faites gloire de les protéger, je l'ai éprouvé. Madame, pendant tout le tems que j'ai passé dans votre Cour, où vous m'aviés fait l'honneur de m"apeler. Les applaudissemens sont la récompense la plus
Dédicace du QUATRIÈME LIVRE DE SONATES A avec la basse continue co/nposeeS par M. Le Clair Tainé. Gravées par Mme Le Clair son époase. Dédiées à Son AllesAC Boijale MADAME LA PRLXCESSE D ORANGE
(1)

VIOLON SEUL,
Œlvre

IX. Piix en blanc

1.5

1.

A

Paris, etc.

Leclair l'Aîné. . Un des plus nobles emplois de H^c servir A TRE ViOLONi. la Musique est de ôeiassement aux Princes. Chez l'auteur. Madame. prix en blanc. Monseigneur. A Paris. R. ŒuvreX'. e Basso per Composés par M. de V. Marchand rue du Inouïe. la Vve Boivin. (1)VI CONCERTO Organo e Violoncello. à la Croix d'or. aivec le plus sérieux attachement DE VoTHE Altesse Royale Le très humble et très obéissant serviteur. Dédiés à son Altesse Royale le Prince Don Philippe. Infant d'Espagne. bienfaits. Je suis. C'est ce qui m'a fait naître la pensée. 24 h. On trouvera deux parties de Basse.lEAX-MA-RIE LECLAIR l'aLnÉ 843 flatteuse dès Aits. rue Sainl-Honoré. rue Sainl-Henoit au-dessus de la porte de l'Abaïe. Alto. Gravés par son Epouse. et chez les sieurs Leclerc. que celui de Je ferai toute ma vie de nouveaux pour les justier. . Le Clair l'aîné A L'INFANT D'ESPAGNE A SON ALTESSE ROYALE MONSEIGNEUR LE PRINCE LNFANT d'eSPAGNE(i) Monseigneur.. à la Règle d'Or.. Avec privilège du Roy. et aux Héros. Le souvenir de ceux que j'ai reçus précieux pour moi. A. «efforts est plus vos.

et si les autres ont quelque mérite. Plusieurs des pièces qu'il renferme. remplir ses hautes Destinées. Le goût pour les Talents et pour les Arts. et le nombre de vos triomphes égaler celui de vos Vertus. R. ont déjà l'avantage d'avoir été honorées de vôtre approbation pendant le séjour. et ce désir de la gloire qui vous anime en tout. A. Monseigneur.344 ECRITS DE MUSICIENS _1 de vous présenter ce nouvelle {sic) Ouvrage. : Je Suis Monseigneur. en connoisseur éclairé. R. Puissions nous voir bientôt V. que j'ai fait à la Cour de V. est ce qui Caractérise les grands Princes vous les aimés. . DE Votre Altesse Royale Le très humble et très obéissant Serviteur. j'en suis redevable. A. leur assure votre protection. à vos Eloges et à vôtre générosité qui m'ont encouragé à faire de nouveaux efforts. Avec le plus profond respect. Monseigneur. LE CLAIR l'aîné. et l'inclination à les protéger.

au commencement du dix -huitième siècle. qui n'est connu que par ses Pseaumes du Roi el Prophète David. en 1764. La préface de cet ouvrage fait supposer qu'il professa la musique. Elle montre. en même temps. quelle était. les pastevrs el professevrs . publiés. qu'il dut exercer les fonctions de maître de chapelle. naquit probablement en cette ville. à Genève. PRÉFACE DES PSAUMES DU ROI ET PROPHÈTE DAVID AU PUBLIC J'ai (i) rhonnciir de présenter au pïiblic une nouvelle les Musique sur (1) Psaumes du roi et prophète David françois Les psaumes du roi et prophète david. vers le milieu du dix-huitième siècle. la décadence du goût musical. à Genève. Mis en vers Revus et approuvés pap.JEAN-PIERRE LE CAMLS Jean-Pierre Le Camus.

à essayer de la corriger. L. ils ont même de la répugnance pour le terme. Ces plaintes reitérées ont engagé plusieurs musiciens. tant en Allemagne qu'en Hollande. lesaccents étant égaux. Mis en Musique par Jean-Pierre Le Camus. M.ève. ils ne prennent aucun goût. à entendre traînant. et ils n"ont pas allié le facile avec le mélodieux.XIV. c'est ce qui fait qu'il est aussi impossible d'entendre les paroles. ils ne se persuadent qu'il en est de même de toutes les autres musiques. Je ne dis ceci que par l'expérience que j'en fais tous les jours et cest ce qui est un chant . que de distinguer le Psaume quon chante à moins dune routine consommée. Je ne puis attribuer l'anéantissement général du goût pour la musique vocale dans notre République qu'à notre ennuyeux chant. D. Effectivement dans notre musique on n'apperçoit aucune mélodie et la perte de l'haleine sert de règle pour la mesure .346 ECRITS DE MUSICIENS ayant élé engagé à cet ouvrage par un très-grand nombre de mes concitoyens qui se sont plaint avec raison de celles qui se chantent actuellement dans- nos Eglises. J'ai suivi pas à pas le roi prophète. de même que dans tous les particuliers protestants où elle a lieu. J'ai mis tous mesefforls dans celle que j'offre aujourd'hui au public. . 11 n'est pas étonnant que de jeunes gens élevés jusqu'à l'âge de douze à treize ans. Chez •Gabriel GRASSET Imprimeur. dans toutes les situations différentes qu'il nous peint. je change aussi de musique. A GENÈVE. Citoyen de Genève. de l'église et de lacadeinfe de Gen. CC. Nouvelle éditioa à deux parties très-exactement corrigée. j'ai embrassé le sens de tout un psaume.

on pourroit s'en servir efficacement contre l'insomnie. lequel sans cesse répété ne peut qu'être très ennuyeux remarquez que la dissonance ménagée à propos fait : consonance flatte infiniment plus l'oreille.seraai6é de donner à la jeunesse du goût pour cette science. je ne pense pas qu'il soit possible de rien entendre de si monotone. D'ailleurs l'on ne peut jamais savoir sur quel ton l'on chante.JEA^'-PIER^E I. que s'il fait été continuel. puisque ie chant principal dans presque tous les Psaumes se trouve dans un ton. mesuré. Quant à Tharmonie. et aujourd'hui de de la remettre en vitoutes les nations policées gueur et lui donner en quelque sorte son lustre chez la que même . Je m'explique touchant celte harmonie: chaque note étant note tonique dans ce prétendu chant sans mesure. si estimée des anciens. Lorsque le ce fut avec chant Grégorien succéda à l'Ambroisien une facilité et une rapidité étonnante . il . et la basse dans un autre ce qu'il est aisé de démontrer. facile. et j'ose dire mélodieux. nous. comme les anciens Grecs et Romains se servaient au contraire d'une espèce de musique pour se mettre en fureur. porte en conséquence l'accord parfait. j'espère que par le moyen des tons de mon PleinChant. sans aucuns mélanges de dissonances.E CAMUS 347 cause que nous n'avons pas un seul Musicien vocal. Autrefois les Grecs regardaient comme sauvages. de qu'un temps clair et beau plait et rejouit beaucoup plus après un temps sombre et pluvieux. ceux qui n'avaient pas une teinture de Musique.

Le Camus. Quant à la versification. et que cette nouvelle musique puisse servir plus avantageusement à l'édification publique. tout défectueux qu'il paraissait aux oreilles de tout le monde.age. composés tant pour l'orgue que pour plusieurs sortes d'instruments. J. Après cette édition j'aurai (s'il plaît à Dieu) l'honneur d'offi'ir au Public mes Psaumes à quatre parties. Il est inutile d'insister que j'ai agi plus par honneur que par intérêt. cependant ce dernier composé sur de la prose. je m'engagerai toujours avec plaisir de composer une musique en conséquence. l'on peut aisément s'en convaincre. est beaucoup supérieur à notre insipide chant quoique composé sur des vers. P.348 ECRITS DE MUSICIENS dans toute l'Europe. il serait à souhaiter que quelque habile poète se prêtât à la changer et si mon ouvrage a le bonheur de plaire au public. je souhaite de toute mon âme avoir réussi au gré de mes Concitoyens. tous les connaisseurs conviendront qu'ils est plus de composer une bonne musique sur des vers que sur de la Prose. . auxquelles je joindrai une Basse fondamentale ce sera à cette pierre de touche que les connoisseurs décideront de aisé : mon ouvr. au moins mes efforts à ce sujet pourront donner de l'émulation à d'autres pour enchérir sur moi.

sous Zelcnka et Fux. où il fit partie de la « chapelle » de Heine. puis séjourna à Paris (en 17*2(3 pendant sept mois. à la suite de l'ambassadeur de Saxe. En 1717. C'est vers cette époque qu'il abandonna définitivement le hautbois pour la flûte. 20 . en 1734. et vint à Dresde trois ans après. il fut élevé chez son oncle à Merseburg. en 17-24. il étudia à Vienne. qu'il travailla avec Buffardin.JOHA^i^-JOACHIM (1697-1773) QUAMZ Le maître de flûte du roi de Prusse Frédéric le Grand a écrit. Après son « apprentissage » il partit comme « compagnon » à Radeberg. Orphelin dès l'âge de dix ans.Rome le contrepoint auprès de Gasperini. Elnvoyé en Italie. où il reçut une éducation presque exclusivement musicale. une autobiographie. qui dispense de longs détails pour les époques correspondantes aux fragments qu'on pourra lire ci-après. puis à Pirna (1713). et fut engagé l'année suivante à la chapelle du roi de Pologne. il étudia à. Johann-Joachim Quantz naquit dans un petit village de Hanovre. le 30 janvier 1697. Il vécut ensuite trois mois à Lon.

en 1760. Frédéric engagea son maître de flûte. composant trois cents concertos et deux cents morceaux divers pour la flûte. en 1741. parut en 1752. le 12 juillet 1773. elle fut longtemps classique Les œuvres musicales de ce célèbre artiste. . En 1728. plus des honoraires pour les morceaux qu'il composait. en allemand. pour vingt-deux odes de Gellert. à l'époque où l'opéra de Ha'iidel était à son apo- gée. et prit par la suite des leçons de Quantz qui avait déterminé sa « vocation » de flûtiste. Voir la biographie publiée par son arinère-neveu. Albert Quantz (Berlin. en 1734 et 17.250 ECRITS DE MUSICIENS dres.000 thaler par an. tome 1. Frédéric. avec un traitement de •2. et 100 ducats pour chaque flûte qu'il fournissait à son royal élève.59. Quantz vécut ainsi. La Méthode de Quantz. 1734. dans ses Hislorisch-I^rilische Beyirdge. à Berlin et à Potsdam. Quantz mourut à Potsdam. des lieder en choral. puis rentra à Dresde. Dès son avènement au trône. alors kronprinz de Prusse l'entendit à Dresde puis à Berlin. et la même année en français. 1877). n'ont paru qu'en petit nombre. les trente dernières années de sa vie. Quantz publia aussi. à l'intention du roi de Prusse. auquel on doit des améliorations dans la facture de son instru- ment. qu'il intitule modestement Essai de Mélhode. et L'autobiographie publiée par Marpurg.

.. I. que : les mortels n'ont cru les avoir imaginées. maréchal ferrand au village susdit. me monli'a bientôt une autre voie pour ma fortune à venir. Mais la divine Providence. l!»7-20t llerrn Johann Joachini Quanlzens Lebens iauf von ihm selbsl enlirorfen.lOIÎW. Mais en lan 1707. Il m'avait. qui sait mieux arranger toute chose. et [fus] ensuite baptisé et élevé dans la religion évangélique-luthérienne. dans le village de Oberscheden. la veille de Pâques. situé entre Gœttingen et Miuiden. La mère s'appelait Anna Use Biirmann. Mon père était Andréas Ouantz. mis au métier <le forgeron et même à son lit de mort. des ma neuvième année.X-JOACHTM OUANTZ 351 AUTOBIOGRAPHIE {Fragments) (i) Je suis né sur le territoire de Mannovre. La sœur de mon père était mariée à im pasteur. le 3o janvier de l'année 1697. : Dès que mon père fut mort deux de ses frères. à (1) Publiée dans les Ilisloriach-liritiKche Beyirâge de MarrcRC. entre 6 et 7 heures du -soir. il déclara que je devrais continuer ce métier. p. dont l'un était tailleur et l'autre musicien de la Cour et de la \'illede Mersebourg. et mon père se remaria. : . s'ofîrirent âmeprende avec eux et à m'apprendre leur profession de sorte qu'ils me laissèrent choisir celle des deux que je : voulais suivre. dans la 48" année de son âge.. Elle mourut lan 1702. il mourut lui-même.

outre de bonnes dispositions naturelles. je serais donc resté. je un quart comme apprenti. que que se donnaient. . Je partis donc en apprentissage. en août de l'année 1708. dans les fêtes de paysans. celte musique. pour l'époque. il me fallait accompagner sur une basse de viole allemande. les apprentis entre eux. très loin en arrière de mes camarades. s'occuper de mon éducation.352 ÉCRITS DE MUSICIENS LRutereck clans le Palatinat. à MerseboLirg. musicien de la Ville_^(i). Celui-ci voulut aussi faire étudier. en fait de musique. Avec lui. si mauvaise qu'elle fût. qui son emploi. dominait tellement mes penchants. prit restai en service cinq ans et : surtout sur truction le violon. Les compagnons étaient pour la plupart du même avis. si l'ardente passion pour cette science que le Créateur a mise en moi. auprès du susdit Justus Oiianiz. n'avait stimulé mon propre zèle et [ne m'avait] fait un plaisir des difficultés les plus grandes dans l'étude de la musique. l'office de musicien de village. sans seulement savoir une note de musique. un mauvais musicien devait épouser sa fille. comme ils le pouvaient. Dans ces conditions. De sorte qu il celle pas d'autre instruction à acquérir. que je ne voulus pas être autre chose qu'un musicien. Johann Adolf Fleischhack. Ce n'était pas. n'y avait (1) Stadimusicus. et me Mais comme. mon frère qui faisait. mais il mourut au bout de trois mois. dès l'âge de huit ans. et deux ans et un quart comme compagnon. Mais il préférait en prendre à son aise plutôt que de donner à ses apprentis l'insmusicale convenable.

à cause de la quantité d'instruments différents qu'on a entre les mains. je ne les ai pas négligés. Pour le clavier. Melchior fut le Violon. morceaux de musique et 11 savait choisir de bons s'efTorçail de se procurer les meilleures choses qui voyaient alors le jour. surtout à ceux qui ont à faire avec la musique d'église. et qui sait combien d'autres qu'un bon artiste doit pouvoir tous jouer. et y trouvai peut-être le premier agrément à l'étude de la composition. Je me suis occupé surtout de ces trois instruments dans mes trois années d'apprentissage. parus y avoir grand plaisir el habileté. la flûte à bec. que. s'ils ne sont pas capables de le produire eux-mêmes. avec l'organiste Rieseivetter. le basson. Il est vrai. qui s'éprennent de la raideur et du manque de goût des choses anciennes et repoussent et méprisent ce qui est nouveau et bon. . Surtout il en avait beaucoup de Leipzig. dont l'exercice n'était pas exigé de ma carrière à cette époque. on reste en quelque sorte un bousilleur. qui sont presque indispensables aux compositeurs. On acquiert cependant avec le temps. le trombone. le corde chasse. Mon maître n'avait pas commis la faute de la |)lupart de ses collègues en art. la viole de g-ambe. je : 20. Quant aux autres instruments tels que le cornet. la connaissance de leurs propriétés. j'en pris quelques leçons de ma propre volonté.JUIIANN-JOACHIM OUANTZ 353 Le premier instrument qu'il me fallut apprendre. mon parent j'acquis ainsi la première base de la connaissance de l'harmonie. des célèbres hommes Telemann. la basse de viole allemande. Puis vinrent le Hautbois et la Trompette. le violon.

Je commençai alors à prendre un grand plaisir à la composition.Franz von Biber. qui m'i:icitèrent alors à une plus j'ai tiré [U'ofit avaiiLag-e dont beaucoup de les : (1) Melchior Hoffmann. des marches. qnj ranoblil. successenr de Telemann comme directeur de la musique à l'église nouvelle de Leipzig. Waller. Henrico Albicastro (Heinrich Weissenburif de son vrai . Heinichen fsj et autres. et autres danses. Le violon cependant demeurait mon principal instrument. Je ne me risquais pas encore à entreprendre quelque chose de plus grand sans méthode. Hj Heini-ich-Johann. La chapelle ducale de Mersebourg n'était pas alors précisément riche. Tricinium. de petites compositions écrites pour le chant à deux ou trois voix. J'essayais souvent d'écrire quelques petites choses. des menuets. Albicaslro (4) jusqu'à ce que je reçusse ceux de Corelli et de Telemann. kappelmeiste du duc de Saxe mort le 16 juin 1729. Nous devions renforcer la musique aussi bien à la cour qu'à l'église et aux repas.35i ECRITS DE MUSICIENS Ho 'fmann (i vin ). car je ne pouvais alors en avoir. j'étudiai avec application les solos de Biber. Hasse lui succéda. Celles de Quantz étaient cependant écrites pour instruments. comme des Bicinia pour trompettes (3). (2) Johann David Heinichen. né à Wartenberg (Bohème:. Cela ne servit pas peu à me donner de l'émulation d'autant plus que des artistes musiciens étrangers [venus] d'autres cours s'y faisaient entendre. (3) On appelle Bicinium. mort à Salzbourg (Itlll-S mai 170i). Ce qui me manquait en méthode dut être remplacé par ma propre application. Cela me procura dans années suivantes. violoniste vir tuose de la cour de Bavière.

je pus en jouer quelquesuns à l'examen. qui devait comprendre 12 personnes. Comme il y avait déjà 11 membres reyus. nom).. je fus empêché de me produire.J0I1\N. en dé. Les autres ne recevaient pas plus. Né et niorl à une opoque inconiuic. rière. jusque-là mon instrument de prédilecdus l'abandonner pour le Ihnilbois. Mais sur les deux instruments. avec logement gratuit en Pologne.. mais à la condition que je lui servirais encore pendant une année moyennant la moitié [seulement] de l'argent [de la pension] de compagnon. Le violon avait été tion . En mars 1718.N'-J0ACHIM OUANTZ je me fortifiai tellement ainsi. je voyageai en Pologne avec cette chapelle et revins au printemps suivant à Dresde. publia des œuvres de musique de cimmbre. 1713. L'été de 1718. la [chapelle] qu'on appelait Chapelle polonaise fut fondée.. aussi Là commenç. Chapelle. lorsque je sortis enfin d'apprentissage.. liaron von Seyferilz. je fus Le traitement annuel était de i5o Thaler. il avait fait la . Mon maître me dispensa de trois q larts d'année d'apprentissag-e. je . cembre de l'année .. icuerre de la succession d'Espagne (17U1-1714). je me présentai el après un examen passé devant le directeur de la admis en service. compo:siteur suisse. Jurande application que. et qu'il manquait un joueur de hautbois. par mes camarades qui étaient depuis plus longtemps en place cela me blessa au cœur.a une nouvelle époque de ma carbien en ce qui concerne ma manière de vivi'e que mon occupation principale.

en 1715. Le Capellmeister Schmidt me promit même de m'enseigner le contrepoint: il remettait tout le temps. jusqu'à ce qu'enfin il n'en fit rien. les leçons du célèbre flûtiste Biiffardin (i). né à Marseille. choses de flûte et les fis corriger par l'un et l'autre seulement je ne pouvais profiter d'une instruction formelle dans les principes de la composition. dans la société où j'étais. se retira en France en 1750. vers 1690. pendant quatre mois environ. Alors. On se servait en majeure partie de morceaux de hautbois et de violon. Je n osais en parler au Capellmeister Heinchen. dont la vocation principale n'était pas musique. pour apprendre à connaître les propriétés exactes de cet instrument. entré au service de l'Electeur. à redouter là-dessus aucune animosité particulière d'autant plus que le flûtiste : actuel Friese. . il n'y avait pas encore beaucoup de morceaux qui fussent écrits spécialement pour la flûte. avec une pension de mille ccus. me laissa volontairement le premier emploi de cet instrument.356 ECRITS DE MUSICIENS 1 à étudier Le dépit que jcn conçus me détermina sérieusement la : Flûte traversière. pour ne pas 1) Pierre-Gabriel Buffardin. Je suivis. Cette nouvelle occupation eut pour résultat que je commençai à penser plus sérieusement à la composition. dont chacun se la : servait aussi bien qu'il pouvait. sur laquelle je métais aussi exercé parce que je n'avais. Nous ne jouions rien que des choses faciles car c'est en cela que consistait la force de mon maître. à Dresde. Je fis ditTérentes . On l'entendit en 1726 et 1737 au Concert spirituel de Paris.

JOIIAN." . Là. Je quittai Turin et en [l'Italie] le même temps me le pays des j'ari'i- Welsches le 23 juin 1726. la Pelis- sier. une notion suffisante des lois du contrepoint à l'octave. I~)ro-d(' le (1) Né I..50!) livres. à Vienne. où trouvai. de la diversité à l'uniformité. transporté d'un extrême à l'autre.. quant vai au goût musical. Elle quitta rOpéra en 1741 avec une pension de 1. d'autant plus qu'ils n'étaient moins que avec soin dans rien les partitions les meilleurs amis. Il était à Vienne en 1710-1719. J'étudiai donc l'attente d'une occasion favorable. à imiter leur des maîtres et cherchai mais sans les copier. parce que je trouvais unplaisir de plus en plus grand à ce genre de musique d'autant plus que j'avais. : .annowicz (Rolième) en 1681.. Marie Anlier. ni la mince différence et encore les [qu'il va] entre le récitatif et les airs hurlements exorbitants et afleclés de leurs chanteurs . J'essayai aussi de faire des fugues. première moitié du dix(2) Ces Irtjis cantatrices de la hors de huitième siècle fuient diversement célèbres l'Opéra. vint à Pai'isen 1717. Bien que le goût musical français ne me fût point inconnu. je leur manière de jouer me beaucoup de opéras. L'Antier. ne me plurent ni les ainsi. j'eus à souffrir août. qui étudiait alors avec Fux. de l'ancieime troupe de Lully. Genève et iD Lyon sur Paris. habile compositeur religieux (i). et la Le Maure (2) chantaient alors au théâtre.oiielle travailla avec la Le l\ochois. obtenu de Zelenka. et dirigeai par mont le Senis. et surtout de leurs chanteuses. Lyonnaise. dans leurs pensées rebattues et : usées de leurs compositeurs.. . mort à 22 23 (léccinl)ie 174ô. style dans les trios et concertos.N-JOACIIIM OUANTZ 307 froisser le premie.

rivale de la Pelissier. : . fut représenté (\). Julltex. L'orchestre alors. Catherine Nicole Lemaure.son arl. Aux airs composés par lui.. musique de Rebel et Francœur. le Maure par sa voix ». En dehors des divers opéras de Liilly. âgée de 42 ans. il] Pyrame et Thishé.:î5S ECRITS DE MUSICIENS Toix Les chanteurs français ne manquaient pas de belles si seulement ils avaient pu s'en servir convenablement. et jouait plutôt d'après l'oreille et la mauvais mémoire. entrée àlOpéra.". dix-huilième siècle. Antier (ZoEremans et Mignier Mur. elle mourut en janvier 17SI) (Voir Ad. a dit Voltaire. la Comédie el la Galanlcrie nu rFgliae el l'Opéra en 173. un nouveau intitAilé Pijrame et Thisbë. telles que la . et Chassé (Zoroastre\ Au mois de décembre. lui survécut de longues années. d'où elle sortit à plusieurs reprises. le 21 mars 1749. : . il avait même appartenu à l'Opéra de Prag'ue en 1723. « Pelissier pai. fut représentée pour la première fois le 17 octobre 172(5. tragédie lyrique de Laserre. étaient à proprement parler ce qui donétait nait le plus de lustre et en quoi consistait le plus grand éclat de leur opéra. mourut à Paris. les décorations de la scène. Elle mourut à Paris le 3 décembre 1747. MUe La Maure rentra dans le rôle de Thisbé. p. nature les leur a données. avec Mlles Pelissier (Thisbé). Née à Paris le 3 août 1719. Le premier avait été à Vienne avec le général Bonneval. Thévenard raïde (Pyrame). 1 et suiv. on pouvait reconnaître que leur auteur était sorti des frontières de France. qui intéresse particulièrement et la nation française.iire Ninus). et les danses. Tout l'opéra en général était moins ennuyeux que les autres. Les compositeurs associés de cet opéra étaient Francœur Rebel.. Même les voix des acteurs. femme de « l'entrepreneur de lOpéra de Rouen ». n'étaient pas mauvaises. L'action de la pièce. La demoiselle Pelissier.

à Mantes le 18 juin 174. l'un des plus oélèjjres violistes. Appelé à Berlin par Frédéric. en 172. Un autre. Il dédia. le Jcdoux corrigé. Forlcroix (i) et Roland Marais (2.français. à son retour. parodie d'auteurs italiens (1" mars 17.5) Jean Frédéric Braun.5 comme viole de gambe-solo de la Chambre du roi . Élève de Somis.. était ordinaire de la musique du duc d'Epernon. JOHANN-JOACHIM OUANTZ 85ff (lue la diriger. Il mourut à Versailles. frappée avec un ^ros balon. DE La Lacrexcie. Les Forqueray cl leurs descendants.5. son Premier Œuvre contenant six Sonates au prince de Carignan mourut à (. Le premier a beaucoup d'habileté. l'autre dans le goût franBlavet (4). (Ij II s'agit d'Antoine Forqueray. en 1727. auteur d'une Méthode de musique pour servir d'introduction d'homme. fils de Marin Marais. Deux Molisles célèbres J. çais. L. FoHorERAV. •>. les aux (3) acteurs modernes (1711). Jean-Pierre Guignon. (4) Blavet (Michell. Il avait donné un opéra bouBk)n. Jean Daniel. Guignon el Bai liste [3) Le premier jouait dans goût welsche [italien]. Lucas. étaient de bons viole-de-gambistes. le dernier « roi des Violons ». Baptiste Anet. devait que d'après la musique écrite. il devint.53). (Voir L. morl. né à Besançon le 13 mars 1700. en dehors de cet orchestre. <> . « Natif de Strasbourg ». à Paris au début du siècle. surintendant de la musique du comte de Clermont. Piémontais. né à Paris en 1672. en 1741. en 1728.-G. mourut à Lunéville en 1755. les deux frères Braiin (5). mourut à Paris. l'autre beaucoup de précision et étaient de braves violonistes. il fut enterré le lendemain à la manière et au lieu accoutumé des Protestants ». Pru: Forqueray.) 2. auquel if succéda. le plus célèbre flûtiste français du dix huitième siècle. le 28 octobre 1768. le 30 janvier 1774. comblé d'honneurs et de pensions. « mailre de musique Paris le 29 août 1745. il fut. Roland Marais. il ne manquait pas de bonsinstrumentistes. mesure. Pourtant. le d'agrément dans l'exécution. né en 1694.

empêchera son goût en musique de s'améliorer.) classique de Ouantz.Va«c/o/(i ). il se tint chez le financier (2) Fondé en il lidor l'aîné. de 1726 à 1745. : zu spielen (Berlin. clavecinistes devînmes bons amis et violonistes. fui traduit Essai d'une Méthode pour apprendre : <> .. quand En l'année 1752. Crozat. les Concerts en France. publia des sonates. p.. Brenet. puis au Louvre il durait encore en 1727. jouaient de la flùle Iraversière Blavet cependant avait l'avantage sur eux tous.. Le Concert spirituel et le Concert italien n'étaient pas méprisables le premier (2) cependant était plus fréquenté que le second (3). tant qu'il subsistera. Je quittai Dresde j'entrai au service du roi fis en décembre de Prusse.8G0 ECRIIS DE MUSICIENS . en 1724. Il ne manquait pas non plus de bons organistes. en français sous le titre Johann Friedrich Voss. (Voir l'ouvrage de M. 1725 par Anne-Danican-Philiilor. etd'aulres. publié en allemand (4) L'ouvrage sous le titre Versuch einer Anweisung die Flôie traversière . la flûte allemande ou traversière. (3) Fondé par la marquise de Prie. je méthode pour Jouer de la Flûte traversière (4). fils de Phiavait lieu aux Tuileries. 115-104. que la nation française souffre beaucoup d'un préjugé contre les musiques des étrangers et rent : : ce préjugé. avec 60 souscriptions à 400 livres par an. Il mourut le 26 novembre 1762. ij^i. en France. etc. imprimer mon Essai d'une Vers (1) Jacques-Christophe Naudot.. concertos. qui passe pour avoir introduit vers 1720. 1752. La cause en était sans doute. . Les musiques religieuses des Français [me] plumieux que leurs opéras.. Son obligeance et ses bonnes manières firent que nous : et je dois me féliciter de ses honnêtetés de toute sorte à mon égard.

JOHANN-JOACHIM QUANTZ 3(il ie môme tance.\. Je la remercie à Jouer de la Flûte Trauersière. et a comblé le désir que j'avais toujours eu. Musicien de la Chambre de Sa . en outre. est devenu l'un des plus remarquables de l'Europe. qu'il serait superflu de parler en particulier de chacune de ces choses selon son mérite. dans ces deux villes mêmes. j'inventai. en une certaine circonsla flûte. la coulisse de temps.. tout cela. formé dès ijSi à Ruppinet àRheinsberg (i). fut donnée deux ans plus tard à . et qui. avec plusieurs remarques pour servir au bon poùt dans la Musique. Ibid. dans les temps où je n'avais pas la moindre apparence de faire fortune ni à Dresde ni à Berlin. que nous avons eus et . (1) A l'époque où Frédéric n'était encore que kronprinz. >> 21 . dis-je. Une traduction hollandaise en Roi de Prusse. le commencement du présent règne. a déjà acquis de soi-même tant de célébrité. au moyen de laquelle on peut élever ou abaisser celle-ci d'un demi-ton le corps du milieu. par Jean Joachim Quant/. les divers braves vir- tuoses Italiens dans chant.Majesté le (Id. Telle est ma vie. et c'est ainsi que la Providence divine m'y a dirigé. tel qu'il puisse stimuler tous les compositeurs et concertistes. et sans porter préjudice à la pureté du son. depuis donner toute satisfaction.\mster(lam. et et leur les différents virtuoses importants qui s'y trouvent . que nous possédons encore ici et le bon orchestre. les compositions théâtrales le .. Le tout éclairci par des exemples et par XXIV Tailles douces. La chapelle royale d'ici surtout le goût raisonnablement éclectique et stimulant qui y règne dans sans changer .

. Johann Joachim Quantz. .8(52 ECRITS DE MUSICIENS ainsi ici que la faveur du Roi de ce que je la situation souhaitée. me trouve encore dans A Potsdam en août 1704.

En 1740. Dès cette époque. religieuses. dit Mondonville. il avait donné quelques compositions fait. il entrait à la Musique du l'oi. En 1733. une apparition au Concert spirituel de Paris. Il dut ensuite retourner en Flandre. Hellouin. était fils de Joseph Cassanéa. Isbé (10 avr'i . musicien à la cathédrale de Nar- bonne. Tannée suivante. suivant M. on le retrouve au Concert spirituel. Nommé en 1748. courant sa province. et avait en M'a. exécutées au Concert de Lille. on le trouve au Concert de Lille. qui fut suivi d'un second livre de Sonales en trio. avec une « pastorale héroïque ». un premier insuccès à rOpéra. Né dans cette ville le :24 décembre 1711. sousmaître de la Chapelle du roi. « le violon à la main ». puis dun recueil de Pièces de Clavecin avec accompagnement de violon. où il. son dernier biographe. on exécutait un de ses motets au Concert de la reine.CASSANEA DE MONDONVILLE (1711-1778) Jean-Joseph Mondonville. il dut vivre jusque vers l'âge de vingt ans. publie un premier livre de Sonales pour le violon avec la basse conlinue. En 1738.

béarnais. fil que Mondonville travailla exclusivement pendant sept ans pour le Concert spirituel. le 9 janvier 1753. décida le roi. Enfin. Jélyotte. donné au fort de la « Querelle des Bouffons ». Après son départ.364 ECRITS DE MUSICIEN? 17-4-i). où il continua à obtenir de grands succès comme violoniste et comme compositeur. Paris. les Fêles de Pophos '9 mai 1738) obtenaient une trentaine de représentations. 1749) racheta le le Carnaval du Parnasse septembre l'insuccès d'Isbé. chantée par Mlle Fel. gascon (Fontainebleau. 29 octobre. •29 décembre I73i). pour le mariage du futur Louis XVlll. répété le 22 juin 1763 (d'après le livret de Ouinault). Mondonville fut choisi pour diriger l'entreprise. Royer. . à ordonner le départ de ceux-ci. directeur du Concert spirituel. Mondonville donna peu après son oeuvre la plus célèbre. la partitionne quitta la scène qu'en 4774. « pastorale languedocienne ». faisant exécuter presque à chaque séance ses motets et ses oratorios. les Projets de l'Amour. donné en 1771. Tilon et l'Aurore. étant mort le 11 janvier 17oo. La vérité est que les Bouffons restèrent encore quinze mois à Paris et ne partirent que devant l'indifférence générale. un dernier « ballet héroïque ». ses compositions disparurent des programmes du Concert. Un second -23 ballet héroïque. dit la légende. dont les abonnés avaient « par-dessus les oreilles » (Bachaumont). ne parvint pas mèirie à l'Opéra. de Bordeaux. A l'Opéra. le comte de Provence. Daphnis el Alcimadure. n était joué que deux ans plus tard. il y resta pendant sept ans. Elles n'y reparurent qu'en 1771. et La Tour. et s'arrêtait à la quatrième. Dédié à Mme de Pompadour dont Théâtre des Petits-Cabivioloniste et nets avait Mondonville comme comme compositeur). un Thésée.

Gouverneur et Lieutenant gênerai pour Sa Majesté des provinces de Flandre culier & du Ilaynaul. avec ses motets qui. 419-200). capitaine et Grand Bailly héréditaire de la Ville de Beauvais. ainsi que les toiles de Jouvenet avaient continué les peintures de Lebrun ». (Les Concerts en France sous Vancien régime. il connut une vogue durable. Ville & Chatelenie Lille. Frédéric Hellouin. Gouverneur parti.E 365 Mondonville mourut priété de Belleville. sa vie et son œuvre. au théâtre. A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOUFFLERS. L'ouvrage le plus récent sur Mondonville. réussirent de prime abord. est la monographie publiée sous ce titre. par M. Brigadier de ses armées el Colonel du Régiment du Bourbonnois. champion du parti français. en sa pro- Son œuvre. Brenet. p. bien oubliée aujourd'hui apparut considérable aux yeux de ses contemporains violoniste remarquable. . Pair de France. Lieutenant General pour le Roy du Beauvoisis. Mondonville. dans la lutte contre les Bouffons. suivant l'expression très juste de M. pp. des Villes et Citadelles de Lille Souverain bailly de lad. parce qu'ils venaient à leur heure et qu'ils continuaient ceux de La Lande. 43-124). « sans atteindre au rang de chef-d'œuvre. Mais dans le genre religieux. de Gouverneur. ne : fut pas de taille à soutenir la cause de ses compatriotes. dans ses Cahiers d'hisloire musicale française (Paris. le 8 octobre 1772.CASSAXEA DE MONDONVILI. 19U3.

on a mis au jour depuis quelques années un nombre si prodigieux de Sonates de toute sorte qu'il n'est personne qui ne croye que ce genre est épuisé. clavecin en sonales avec accompagnement (1) Pièces de de Violon. Avec privilège du Roy 1734 environ. MoNDONViLLE. Œuvrc 3'. de La Salle. Si j'ay réussi je le dois au désir ardent que de vous plaire. et sous le titre Sei sonate di cembalo accompagnate del violino. au Concert de Lille. etc. Monseigneur. à Lille. huit livres.Monseigneur le duc de Boufflers. A Paris. . Gravé parL. : . animé par la protection que vous accordez à mon art. dédiées à . fut réimprimé plus tard sous le titre dédié à M. ne m'a pas permis de porter plus loin mes recherches. Je Suis avec un respect très profond Monseigneur. je me suis appliqué à chercher du nouveau. Votre très humble et très j'ay ma obéissant Serviteur J. je veux dire la belle nature. Si je n'ay pas réussi. c'est que reconnoissance pour éclater plustot. C.SGfi ECRITS DE MUSICIENS Monseigneur. j'ay taché de ne point perdre de vue le seul modèle qu'on doit imiter. Cet ouvrage Sei sonate à qualtro. par M. Hue. Chez l'Auteur. Il y a peut être plus que de la témérité à donner aujourd'huy de la Musique instrumentale au Public. Cependant.. MONDONVILLE. Prix en blanc. En puisant dans les combinaisons harmoniques.

dont le poème était de Fuzelier. à Paris. maistre de musique de la Cliapelle du Roi. Celui que L'honneur de vous présenter vous est bien dû. Ce ballet. rien ne manquera à ma satisfaction. (1) : Dédicace de dédié à Madame la . Madame. MONDONVILLE. avec autant de bonté que j'ai de plaisir à vous l'offrir. Il fut repris en 1750 Cl 1759 (dans des Fragnienla]. marquise de Pompadour. puisque je l'ai Composé pour vous.CASSANEA DR MOXDONVILLE 3(57 A MADAME LA MARQUISE DE POMPADOUR Madame. Mis en musique par Monsieur Mondonville. mon zèle. C. Votre très humble el très obéissant Serviteur J. le 28 septembre 1749. Trop heureux de vous prouver mon allachement. Si vous recevez mon hommage. puis en 1767 et 1774. Représenté par l'Académie Royale de musique pour la première fois. fut le premier ouvrage représenté A l'Opéra «OUP la direction de la Ville de Paria. et le très profond respect avec lequel je suis. (i) Qu'un Aulheur doit être flatté que Vous me perJ'ai mettiez de vous dédier son Ouvrage. Avec privilège du Roy. œuvre VII". ballet héroïque. Le Carnaval du Parnasse.

où il connut la célèbre cantatrice Bordoni. puis à Bruxelles. et qu'il épousa en 1730. à la cour du duc de Brunswick. ténor à Hambourg. le 24 ou 25 mars 1699. croit-on. 11 y donna. dit simplement qu'il fit partie de l'Opéra de Hambourg. comme maître de chapelle de l'Opéra italien. en 1722. Il voyagea ensuite en 1727. et sa femme comme jeune : I . où il donna un premier opéra. 11 partit ensuite pour l'Italie. qui fut très bien accueilli. Mennicke. en 1721. le 4 novembre 1723. fut l'un des compositeurs dramatiques les plus féconds du dix-huitième siècle. // Sesoslrato.JOHAN>-AnOLPH HASSE ^1699-1783) Hasse. se perfectionner dans l'art de la composition. Son dernier biographe. // Tigrano. près de Hambourg. que ses contemporains surnommèrent // caro Sassone (le cher Saxon). dit-on. puis. en 1718. il était à Venise. de dix ans plus âgée que lui. M. 1726. les plus éminents représentants de l'École napolitaine. Anlioco. il aurait été d'abord. Hasse travailla avec Porpora et Scarlatti. et qu'on le trouve. A Naples. le 26 août. Né à Bergedorf. L'année suivante -il était engagé à Dresde.

et devant qui Haydn s'inclinait respectueusement. il demeura plus régulièrement à Dresde. une esquisse biographique sur Masse. De Vienne. recommença à travailler. Il fut nommé Oberkapellmeister en 1750. qu'il a refondue dans un travail considérable sur Masse et les frères Graun (Leipzig. déjà âgé. dont un seul en allemand. M. Tous deux partirent alors pour Vienne. un séjour à Paris. en 1771). ainsi que sa femme. il fit encore plusieurs voyages en Italie (il rencontra le jeune Mozart à Milan. • sidérable. G. 1905). Cari Menmcke a donné. un ancien opéra. non sans faire de fréquentes excursions en Italie. pendant laquelle Masse vécut beaucoup en Italie. Arlaserse (joué à Venise en 1730). Celui L'œuvre de Masse. celle-ci prit sa retraite. Il alla même à Londres. à partir de 1740. Thouret. M.. Mais. neuf messes. Friedrich der Grosse als Musiker (Ibid. l'étude de M. La guerre de Sept-Ans. la même année. Masse fut rappelé. ainsi que sa femme. est condont le jeune Mozart ambitionnait d'égaler la gloire. bien oublié aujourd'hui. L'Opéra de Dresde ayant rouvert en 1754. G. 2L . Milan. où le maître. et la mort de l'Electeur ayant forcé le gouvernement saxon à faire des économies. conservant son titre et son traitement. L'année suivante.JOHANX-ADOLPH HASSE 369 première. Mais Masse ne fit que donner un opéra à Dresde. Cleofide (13 septembre 1731). Cf. six sonates pour piano sont conservés à la Bibliothèque de Dresde. onze oratorios (sur douze). dc^ns les Sammelb. wingt-deux motets. Venise. présenter en 17ci3. etc). composa environ cent opéras. der I. le 16 décembre 1783. et fit. Masse se vit congédié sans in- demnité. et revint avec sa femme en Italie Rome. avec la Faustina. 1898). Il se fixa enfin à Venise en 1773 où il mourut. ^janvier 1904).

^3. le 11 octobre 1742.iant à l'opinion favorable que . quand ma musique. publié en 1755. (2) Les mots en italique sont en français dans le texte. naquit à Venise. 'car^ ce n'est pas peu pour moi. vous voulez me décerner un éloge qui n'appartient qu'à vous pour le fameux soliloque de la Didone (3j. si je ne me trouve pris par quelque engagement qui ne soulTre pas de distraction. Didone abbandonnafa. et mourut à Pi>e le 3 mai 1764. surtout pour répondre à votre gracieuse invitation. Je n'ai avec moi leurs. Appelé à Berlin.370 ECHITS DE MUSICIENS AU COMTE ALGAROTTKf Monsieur (2). ni les paroles ni la musique de cette sublime Algarotti. avec ses faibles coubeauté du dessin. ne fait pas de tort à la Q. de Hasse. en 1740. Avec trop de générosité. . et je tâcherai de la faire avant que de repartir pour Dresde. il y fut pendant neuf ans chambellan de Frédéric le Grand. Mais sa mauvaise santé l'obligea à retourner en Italie au bout de ce temps. le 11 décembre 1712. connu surtout par son musica. Je projette d'ailleurs une excursion du côté de Bologne. je ne puis qu'infiniment m'y complaire et tâcher de la mériter de plus en plus. Je ne puis dire assez combien je désire faire la connaissance d'un homme aussi respectable et pour qui depuis longtemps j'ai la plus haute estime c'est pourquoi je le ferai. le Père Martini <laigne avoir de mon peu de talent. avait été représentée (1) Le comte Francesco in Saggio sopra l'Opéra pour la première fois à Hubertusbourg.

auqufl Hasse pendant unt' dizaine d'années de Vienne. elles sont restées parmi les nombreux papiers que j'ai laissés dans cette ville. Si vous voulez m'honorer d'autres commandes.eilschrifl der I. que nous publions seulement à cause du nom de Mozart. . et d'obéissance. d'après les originaux conseï vés à Venise.. 3 sett'"'° 1757. A. (1) . au Musée civico. (de 17t.JOHANN-ADOLPH HASSE îicenza le très 371 dans (?) que Vous avez faite» pour la Didone grand désordre au milieu duquel je suis parti 4e Dresde. .. Les deux fragments de lettres. 30 settembre 1769. à me dire Votre 1res humble et ires obéissant serviteur J. de sorte que je suis très mortifié de ne pouvoir vous obéir. je ne serai pas toujours glorieux je vous présente en «fltendant les respects de ma famille et avec la plé. ont été donnés par M. M.4 à 1773). M"" la connaissance d'un cerlain fait ici J'ai Mozard. A L'ABBÉ GIOVANNI MARIA ORTES (Fragments) (i) Vienna. Hasse. Venezia. écrivain politique. puis dans la /. Maître de Chapelle de l'Evêque de Salz- •écrivit. Giovanni Maria Ortes. d'avril ISCri. vécut de 1713 à 17'Jli. Kretzschmar dans le Jahrhuch der Musikbibliolhek Pelers pour 1W2. nitude d'estime infinie Monsieur. G.

nières. Le garyon en outre est beau. qui ne doit avoir que douze. et civil et Ledit Mozard vif. de différentes manières. et m'avait écrit ici pour me demander en même temps quelques lettres de recommandation. Il a une fille et un fils. je crois. en Musique. il pourra . donc être là-bas "à Venise] à la fin M"^ du mois. Voyez comme je me fie à votre bonté. Comme le père voulait le conduire en Italie pour le faire connaître. Le père dit qu'il partira de Salzbourg le 24 octobre. ou treize ans. et qui. jCette lettre ne devra avoir d'autre conséquence que de lui permettre de pouvoir faire votre connaissance et que vous ayez la bonté de lui donner les sages conseils accoutumés que vous jugerez utiles et nécessaires en ce pays si d'ailleurs vous le faites connaître et entendre de quelque Dame connue [de vous]. homme d'esprit. je prends la liberté de vous en envoyer une. La première joue bien du Cimbalo et le second. fait à son âge le Compositeur et le Maître de Musique. Il est certain gracieux et plein de bonnes maque s'il f^it des progrès avec . ce sera plus encore que n'ai pu espérer. comme en d'autres choses. et je n'y Cimbalo. car ayant donné des preuves sur le pas mauvaises. il m'a montré des choses qui sont incroyables à cet âge et qui pourraient être admirables même pour un homme fait. entend bien son affaire. est un homme très poli. J'ai vu les Compositions qui doivent être les siennes. fin et bien élevé. ses enfants sont très bien élevés. et je n'ose guère douter qu'elle ne soient de lui.372 ECRITS DE MUSICIENS bourg. elles nesontcertes ai pas reconnu un enfant de douze ans.

JOHANN-ADOLPH HASSE
l'âge, ce sera

373

un prodige, pourvu que le Père iie le bouscule pas trop, et ne le gâte à force de l'encenser par des éloges outrés, ce qui est la seule chose que je redoute. Voilà une longue lettre. Recevez mes salutations et pardonnez- moi de tout ce que je vous ai dit, et croyez-moi avec le plus fidèle attachement pour la vie, très Cher, très Cher Monsieur l'Abbé, Mille respects de la part de mes Dames. Votre très humble et très Obligé Serviteur et
ami.

G. A. Hasse
[Vienne, 23 mars 4771.]

Le jeune Mozard est certainement un prodige pour son âge et je l'aime cependant infiniment. Le Père, à ce que j"ai vu, est également mécontent de tout ce dont je me plains [moi-même} ici. Il idolâtre son fils un peu trop, et fait par là tout ce qu'il faut pour le gâter, mais j'ai une si bonne opinion dans le bon naturel de l'enfant, que j'espère qu'en dépit des coups d'encensoir du Père il ne se gâtera pas, mais deviendra un brave homme.

CHRISTOPH-WILIBALD GLUCK
(1714-1787)

Christoph-Wilibald Gluck naquit à Weidenwang, près de Berching (Bavière, Franconie moyenne), le 2 juillet 1714 son père était garde-chasse du prince Lobkowitz, père du futur protecteur de Beethoven. Il alla d'abord à l'école primaire, à Eisenberg, puis, à Tâge
;

de douze ans^ à Komotau, où il suivit son père. Enfant de chœur à l'église de cette \dlle de Bohème, il ajiprit la musique, le chant, le piano, lorgue et le violon. En 1732, il était à Prague, où il continua son éducation avec un musicien tchèque, Czernohorsky, tout en gagnant sa vie en chantant dans les églises et en accompagnant les danseurs dans les salles de bal. Quatre ans plus tard, il vint à Vienne, où il rencontra, chez les Lobkowitz, le prince Melzi, grand amateur de musique, qui l'emmena en Italie. Gluck termina alors son éducation musicale, à Milan, avec Sammartini, l'un des inventeurs de la symphonie pour orchestre, ou tout au moins du quatuor à cordes. Après quatre années d'études, il débutait comme composa première œuvre, un Arlarcerce, :siteur dramatique
:

CHRISTOPH-WILIBALD GLUCK

376

représentée à Milan en 1741, fut suivie de neuf autres opéras en quatre ans, soit à Milan, soit à Venise, Crémone ou Turin. Ces œuvres, de style purement italien, lui firent une célébrité telle qu'il fut appelé à Londres en JTi.'S.Il traversa Paris, où il put entendre des œuvres
<ie

Rameau.

Londres, il fit représenter à Haymarket la Cadula dei Giganli (7 janvier 1746), et reprit, mais sans succès, des œuvres antérieures. On peut considérer qu'alors, <îomnience pour Gluck une seconde période de création artistique, une seconde manière. De retour en Allemagne, la même année, par Hambourg, il était a Dresde l'année suivante puis à Vienne, où il débutait, en 1748, par /a Semiramide riconosciula. 11 resta à Vienne jusqu'en 1764, faisant un voyage en Danemark en 1749^
;

A

s'y

un autre à Prague l'année suivante fil y donna Ezio). Il maria le 15 septembre 1750. 11 donnait la même année Telemacco à Rome, la Clemenza di Tilo à Xaples (en 17al), œuvres dont il utilisera plus tard des fragetc.

ments,
•en

kapellmeister à l'Opéra impérial de Vienne, y resta dix ans), (iluck composa, de i7.'S8 à 1764, toute une série d'opéras-comiques sur des pièces françaises. C'est vers la fin de cette période que fut
4754
(il

Nommé

(1762), sur un livret de Calsabigi, à qui redevable d'une grande partie de ses idées réformatrices. Il écrivit encore plusieurs ouvrages sur des livrets de Metastasio Ezio (Vienne, 1763;. // Parnasso confuso (Schœnbrunn, 1765), etc. Entre temps. le Pnpe il avait fait encore plusieurs voyages en Itiilie l'avait nommé chevalier de l'Éperon d'or en 1736, et dès lors on n'appela plus le compositeur que le « chevaen 1763-176t, il était à Bologne où l'on lier Gluck » jouait son Trionfo di Clelia,

composé Orfeo
Gluck
est

:

;

;

376

ECRITS DE MUSICIENS

En 1767, il donnait, avec Calsalbigi, AlceslcclenlllO Paride ed Elena. En 1772, il faisait la connaissance d'un dilettante français, Gaud Lebland, bailly du Roullet, gentilhomme normand attaché à l'ambassade de France. Celui-ci écrivit au Mercure de France, en 177:2, pour présenter le compositeur à l'un des directeurs de l'Opéra, mais Dauvergne ajourna sa décision. Il fallut l'intervention de la jeune Dauphine, Marie-Antoinette, dont Gluck avait été le maître de chant, à Schœnbrunn ou à Vienne, pour faire entreprendre les répétitions de son nouvel ouvrage, spécialement écrit par du Roullet pour Paris, Iphigénie en Aulide.
Le chevalier vint lui-même en France, en janvier. jouée le 19 avril. Trois semaines après Marie-Antoinette devenait reine de France par la mort de Louis XV (10 mai). On n'avait pu en donner que cinq représentations, les théâtres ayant faitre lâche le succès restait indécis. Orphée, repris par Gluck sur un livret français de Moline (2 août;, obtint, au contraire, 43 représentations presque consécutives, et fit
1774, et Iphigénie fut
;

reprendre Iphigénie (13 janvier 1773;, qui dès lors resta au répertoire (4:28 représentations jusqu'à la fin de 18-24 Le compositeur quitta Paris aussitôt après cette reprise, laissant lOpéra représenter sans lui sa Cylhère assiégée, haWei (chanté) en trois actes, paroles de Favart; et les musiciens, les amateurs et gens de lettres de Paris se disputer sur la « révolution » qu'il venait d'accomplir sur la scène lyrique française. Les partisans de
.

la

musique

italienne, qui avaient à leur tête

Mme

Du-

barry, l'ambassadeur de

Naples, Caraccioli et le célèbre banquier musicien, La Borde, projetaient depuis l'apparition de Gluck d'appeler Xicolo Piccinni d'Italie. Le compositeur n'arriva que le 31 décembre 1776 on
:

lui

promettait un

traitement de 6.000 livres (Gluck

CHBISTOPH-WILIBALD GLUCK

377

n'avait qu'une pension de "2.000 livres depuis 1 775). Gluck cependant était revenu à Paris diriger son Alcesle, refaite sur un livret de du Roullet, d'après son ancienne partition italienne (23 avril 1776). Ce fut .un nouveau succès. On voulut lui faire composer, en même temps qu'à Piccinni, un opéra sur un ancien livret de Ouinault, Roland. Mais Gluck de retour à V^ienne, où il travaillait à son Armide, refusa d'entrer en concurrence avec Piccinni (voir sa lettre à du Roullet). 11 reparut une troisième fois en France, vers la fin de l'été de 1777 le succès d'Armide ne s'établit pas immédiatement, néanmoins l'ouvrage ne quitta pas le répertoire pendant
*
;

trois ans.

ramenait à Paris, avec son Roland de Piccinni avait été donné, avec un succès très modéré, Iphirjénie parut le 17 janvier 1779, et repris le 13 avril le 18 mai suivant, et fut une défaite encore plus marquée pour les piccinnistes. Mais une dernière œuvre jouée à l'Opéra, le 24 septembre. Écho el Narcisse, n'obtint qu'un succès d'estime. Gluck avait déjà quitté pour toujours Paris, vers le 10 août, sans en attendre la représentation. Il reçut à Vienne la nouvelle de cet échec. Cependant Piccinni préparait à son tour une Iphigénie, que de Vismes, directeur de l'Opéra, l'avait engagé à composer en môme temps que son rival. Ce fut une chute nouvelle et un triomphe nouveau pour
le

Un quatrième voyage

Iphifjénie en

Tauride, en

novembre 1778
;

;

le parti

gluckiste (28 janvier 1781).

Retiré à Vienne Gluck y vécut encore sept années, ne travaillant plus pour la scène, et se contentant d'envoyer à Paris son élève Salieri, auquel il servit de prète-

(1)
Il

fut placé

Son busle, par Houdon, figurait cette année-là au Salon. Tannée suivante, à l'Opéra.

378

ECRITS DE MUSICIENS

nom pour
Danaîdes.

présenter aux Parisiens Hypermmestre ou

les

Il mourut le 45 novembre 1787, après avoir publié des Odes de Klopstock (dont il ne termina jamais la Bataille d'Hermann), et laissant iinachevé un oratorio, le Jugement dernier, que Salieri fit exécuter à Vienne. La « révolution opérée dans la musique » par Gluck, comme on disait alors, provoqua un nombre considérable de pamphlets et d'articles de journaux, qui ont été en grande partie reproduits par l'abbé Leblonb dans ses Mémoires pour servir à V histoire de la révoluîion opérée dans la musique p<ir M. le Chevalier Gluck (1781), et dont les péripéties ont été racontées par DesnotaesTERRES, dans son ouvrage sur Gluck et Piccinni. Malgré l'universelle renommée de son œuvre (dont une édition monumentale a été commencée par Mlle Fanny Pelletan Gluck n'a inspiré que peu d'ouvrages d'ensemble. Il faut citer cependant lesouvragesde A. Schmid (1845) et de A. B. Marx (J863), et l'excellent Catalogue thématique de E. A. \Votqup:.-<ne, complété récemment par M. L. Fraxkenstei.x. Voir aussi R. Rolland. Musi,

ciens d'autrefois (pp. ^O^-lifi).

AU GRAND DUC LÉOPOLD DE TOSCANE
Altesse Royale,

(ij

Lorsque j'entrepris
je

d'écrire la

musique de

l'Alceste

me

proposai de

la

dépouiller eutièremeat de tons

(1) Dédicace d'Alcesfe. Tragedia messa in musica dal Signore Cavagliere Cristoforo Gluck, dedicata a sua Altezza Reale larciduca Pietro Leopoldo Gran-Duca di Tos«ana,€tc.

CHRISTOPH-WILIBALD GLUCK

87»

ces abus qui, introduits ou par la vanité mal entendue des chanteurs, ou par une complaisance exag'érée

des

Maîtres,

défigurent depuis

longtemps

l'Opéra Italien, et qui du plus pompeux, et du plus

beau de tous les spectacles, en font le plus ridicule, ennuyeux. Je pensai à restreindre la Musique à son véritable office, de servir la Poésie par l'expression, et par les situations de la P'able, sans interrompre l'Action, ou la refroidir avec des ornements inutiles superflus, et je crus quelle devait être [au poème] ce que sont à un dessin correct, et bien agencé la vivacité des couleurs, et le contraste bien assorti des Lumières et des ombres, qui servent à animer les figures sans en altérer les contours. Je n'ai donc pas voulu arrêter un acteur dans la plus grande chaleur du dialogue pour attendre une ennuyeuse ritournelle, ni couper un mot sur une voyelle favorable, pour faire parade dans un long passage de l'agilité de sa belle voix, ou pour attendre que l'Orchestre donnât le temps par une cadence de reprendre haleine. Je n'ai pas cru devoir glisser rapidement sur la seconde partie iVun Air, qui peut être la plus pas'sionnée et la plus importante pour avoir l'occasion de répéter régulièrement quatre fois les paroles de la première, el finir l'air
et le plus

quand peut-êtrele sens

n'est

pas complet, pourilondi

Tuscano doviiif f)ln>; lard empereur d'Aiilriclie sous le nom de Léopold II. Burney dit, daus son Hislory of Music que celle préface aurail élé rédigée par CoMelliiii, qui lui môme publia une traduction française du Voyage du célèbre musicographe anglais.

In \'ienna nella stamparia aulica Tialtnerii MDCCLXIX. Léopold do

Giovanni Toniai?o de

380

ECRITS DE MUSICIENS

ner au Chanteur
nières

le

moyen de

faire

voir qu'il peut

varier capricieusement
;

un passage d'autant de ma-

en

somme

j'ai

contre lesquels depuis

cherché à bannir tous ces abus le long temps protestent en

vain

le

bon sens,

et la raison.

Jai imaginé que la Sinfonie [ouverture] devait prévenir les Spectateurs de l'action, qui est à représenter, et en former, pour ainsi dire, l'argument que le concert des Instruments avait à se régler à proportion de l'intérêt, et de la passion, et non pas permettre quune coupure disparate dans le dialogue entre l'air et le récitatif, vînt tronquer à contresens la période, et interrompre mal à propos la force et la chaleur de l'action. J'ai cru ensuite que son plus grand effort devait se réduire à rechercher une belle simplicité; et j'ai évité de faire montre de difficulté au préjudice de la clarté; je n'ai jugé précieuse la découverte de quelque nouveauté qu'autant qu'elle était naturellement commandée par la situation, et par l'expression enfin il n'y a point de règle d'ordre que je n'aie cru devoir sacrifier de bonne volonté en
;
;

faveur de
Voilà

l'effet.

un heureux hasard, le mon dessein, dans lequel le célèbre Auteur imaginant un plan nouveau pour le Dramatique, avait substitué aux descriptions fleuries, aux comparaisons superflues, et aux sentencieuses et froides moralités, le langage du cœur, les passions fortes, les situations intéressantes, et un spectacle toujours varié. Le succès a justifié mes
principes. Par
librelto se prêtait à merveille à

mes

CKRISTOPH-WILIKALD GLUCK

381

principes, et l'approbation générale clans

aussi éclairée, a fait voir clairement
cité, la vérité et le

naturel sont les

une Ville que la simpligrands principes

du beau dans toutes les productions de l'art. Toutefois, malgré les instances répétées des personnes les plus respectables pour me déterminer à publier cet opéra par l'impression, j'ai senti tout le risque que
l'on court à
et aussi

combattre des préjugés aussi largement,

dans la patronage VOTRE ALTESSE ROYALE implorant la faveurdeplacerentêtede cet opéraSon Auguste Nom,
qui réunit à
éclairée.
si

profondément enracinés, et je me suis vu nécessité de me prémunir du tout-puissant

juste titre les suffrages de l'Europe

Le grand Protecteur des beaux-arts, qui règne sur une nation qui a la gloire de les avoir fait
surgir d'une oppression universelle, et de produire

grands modèles de chacun dans une Cité qui joug des préjugés vulgaires pour marcher vers la perfection, i^ce prince] peut seul entreprendre la réforme de ce noble Spectacle auquel tous les beaux-arts prennent tant de part. Si cela réussit, il me restera la gloire d'avoir posé la première pierre, et le témoignage public de votre haute Protection, à la faveur de laquelle j'ai l'honneur de me dire avec la plus humble obéissance
les plus

est toujours la première à secouer le

De V.

A. R.

Le très-humble, très-dévoué
et très-reconnaissant Serviteur

Christoforo Gluck.

détruirait d'un coupest infini. une connaissance suffisante des grands principes de l'art.382 ECRITS DE MUSICIENS AU DUC DE BRAGANCE Altesse ! (i) En dédiant à Voire Allesse ce nouveau travail. voilà les qualités que je recherche dans mon Mécène. In Vienna nella «tamparia aulica di Giovanni Toniaso dl Trattnern MDGCLXX. dont 1& nombre grand obstacleau progrès des Beaux-Arts. et du Vrai. etc. L'unique raison qui m'avait induit à faire imprimer ma Musique de l'Alcesle était l'espérance de trouver des imitateurs qui. se sont déchaînés contre une mélhode qui. A. {l)Dé(l\ca('e ^]e a sua Altezza il . jecherche moins un Protecteur qu'un Juge. Le duc de Bragance. au dire de Burney. et qui sont le plus Parideed Elena. à île 1 la perfection. Le poème était de Calsabigi. Pariée e Elena fut représenté à Vienne en 1770. était très amateur et connaisseur de musique. avoir jusqu'ici tenté en et les Les Gens de bon goût Puristes. s'appliqueraient à détruire les abus introduits dans le Spectacle Italien. Drammapermusica dedicatoSiijnor Duca Don Giovanni di Braganza. J'ai le regret vain. Un esprit assuré contre les préjugés de Thabitude. et stimulés par le suffrage unanime d'un Public éclairé. et que je trouve réunies en V. aussi loin que possible. un goût formé non seulement sur les grands modèles^ mais sur les règles invariables du Beau. dans la voie déjà ouverte. s'enracinant. et à le conduire.

une Musique barbare. et qu'on en juge à peu près avec l'assurance de ne pas se tromper. . Les ditTérences la (|ui distinguent Raphaël de Foule des Peintres vulgaires sont insensibles. i)our que mon Air d'Orfeo Che farè senza Euridice. avec dans une Ville de Grèce. défigure entière11 : ment d'un d'une belle femme. s'en faudrait rien. sans penser qu'à sa place il donnerait peut-être le le et plus beau contraste. plus la précision et l'exactitude sont nécessaires. ou peut-être d'une faute d'impression pour la condamner comme une faute impardonnable contre les mystères de l'Harmonie et puis l'on s'est déclaré à l'unanimité contre . et en- core plus mal exécutées ou a calculé dans une au Théâtre. Plus on cherche la vérité et la perfection. et un peu d'altération dans le contour qui ne gâte pas la ressemblance d'un le portrait laid visage. qu'on voulut. en voit tout de suite la raison. ou tel passage trop rude et mal préparé. et extravagante. à quelques pieds de distance. A. Chambre la même intelligence qui des Statues qui devaient être érigées sur de très hautes colonnes. Une oreillg délicate a trouvé peut-être telle cantilène trop dure. maximum de l'expression Un puriste a profité d'une judicieuse négligence. On a cru .CIIRISTO'PH-WILIBALD GLUCK 383' toutes leurs prétentions aux caprices du jugement et à la faculté d'agir. pouvoir juger VAlcesle d'après des répétiiioDS informes^ mal dirigées. Il est vrai qu'on juge des auti-es Parties [de l'ouvrage] avec le même critérium. juger lelïet qu'elle pourrait faire fit. mais V.

A. ) un ne trille. Songes d'aveugles et niaiseries de romans ». tant qu'il y aura dans le monde des gens qui se croiront autorisés à décider des Beaux-Arts parce qu'ils ont le privilège d'avoir deux yeux et deux oreilles. un rinforzo (i changé de mesure. e foie di romanzi (2). 17831788. Traduit en français. et aura observé qu'il ne soumet pas à la fantaisie du Compositeur ces passions fortes. peuvent détruire . toute une scène dans un Opéra de ce genre fait rien. crescendo rapide. 1802. Une note plus ou moins tenue. n'importe comment. une appogiature intempestive. Il en est absolument l'àme et la vie. un passage. Bologna. Mais il faut être préparé à ces obstacles. et j'ai vu dernièrement un des plus grands philosophes du siècle se mêler d'écrire sur la Musique.) (1) (2)« . C'est d'aventure un défaut trop commun parmi les hommes que la manie de vouloir parler de choses qu'on ne comprend pas. (Arteaga. une roulade. et proclamer comme un oracle : Sogni di cecchi. ces grandes images. aura déjà lu le drame de Paride. V. Londres. et ces Rinforzando. Le Revoluzioni del Teairo musicale italiano.384 ECRITS DE MUSICIENS en changeant seulement quelque chose dans la forme de l'expression devînt un saltarello de Burattani. Aussi la présence du compositeur à l'exécution de cette espèce de musique. est pour ainsi dire aussi nécessaire que la présence du Soleil dans les œuvres de la nature. ou de voix. et cela ou ne fait qu'embellir un Opéra ordinaire. et sans lui tout reste dans la confusion et dans les ténèbres.

J'ai dû m'ingénier à trouver cette variété de couleurs en la cherchant dans le caractère différent des deux nations Phrygienne et Spartiate. les plus grandes beautés de la Mélodie de l'Harmonie devenant des défauts et des imperquand elles sont hors de propos. avec tout l'art d'une passion artificieuse.CHKISTOPII-WILIBALD GLUCK 385 situations tragiques qui dans TAlceste secouent les spectateurs. en mettant en contraste la rudesse et la sauvagerie de l'une avec la délicatesse et la mollesse de l'autre j'ai cru que le chant n'étant dans un Opéra qu'une substitution k la déclamation. et qui en triomphe finalement. les Divinités infernales. il faut varier suivant le Sujet. on ne saurait . devait imiter chez Hélène la rudesse native de celte nation. me reprocher de m'être abaissé parfois jusqu'au trivial. . Quand on cherche la vérité. et qui pour le sauver. et j'ai pensé que pour conserver ce caractère dans la Musique. qui fait contraste avec une honnête et orgueilleuse femme. Il s'agit d'un jeune amant. et se séparer d'un époux qu'elle adore. en pleine lumière les les mêmes effets de clair-obscur. et procurent de si grands effets à l'Haron ne s'attend donc pas à trouver aussi certainement la même force et Ib même énergie dans la Musique de même qu'on n'exigerait pas d'un Tableau monie . Il ne s'agit point ici d'une femme près de perdre son époux. a le courage d'évoquer parmi les ombres noires de la nuit. . le mêmes contrastes que peut employer peintre dans un sujet qui lui a fait choisir un demi-jour. et dans la dernière agonie de la mort. doit encore trembler pour le sort de ses fils. Je n'espère 22 et fections. dans une foret sauvage.

18. Le mot siparium (et non sijparium) désignait le ruieau utilisé pour les changements de scène. (2) Cette épitre dédicatoire. Le rideau principal : .). mais je ne cesserai pas pour cela de faire de nouvelles tentatives dans ce but. je redirai avec satisfaction Toile Sypariiim . « Lève le rideau. . cette phrase serait une allusion à une anecdote entre Antimachus et Platon. 1770.. et par Plutarque dans le Ly scinder.51. 18 et siiiv. siifficit mihi Plalo pi^o cunclo Populo le i). p. . fut publiée par le Journal de Littérature. quant à l'inlention de provoquer chez les compositeurs de Musique le changement désiré.. je préfère un seul Platon à tout un (1 Peuple. Très humble Très dévoué Très Obligé Serviteur Le Chevalier Christof Gluck (2). cap. puis par Leblo>d [Mémoires. Le passage de Cicéron est un peu différent Plalo eniin mihi anus instar est omnium il est « néolatinisé » par Gluck. 3o Oktobr. A. traduite en français. " D'après Nohl. je prévois des obstacles de plus' en plus grands. à une époque hien postérieure à Platon. . s'appelait d'ailleurs aiilœum. iiniis et si j'obtiens le : suffrage de V.386 ECRITS DE MUSICIENS pas plus de succès de mon Paride que de VAlces'e . J'ai l'honneur d'être avec plus profond respect De ^'otre Altesse Vienne. citée dans le Brutiis de Cicéron. qui lui-même donne ce renseignement sur la foi « dun éminent philologue classique et historien » qu'il ne nomme pas autrement.

9 cl suiv. L'estime qui vous est due. c'étoit moins aux talens trales . Mercure de France. lun des diiecteurs de l'Opéra de Paris. pour vous faire part que le fameux l\LGlouch. D. le 10 avrill 7l<i. Ce grand homme. Il publia une Lellre sur les DramesOpéra. (1) lettre . que le genre français étoit le véritable genre dramatique musical que s'il n'étoit pas parvenu jusqu'ici à sa perfection. certainement très-distingués. (i i. p. [)u Roiillel avait i}[é officier des gardes françaises avant de devenir bailli dans l'ordre de Malte. UN DES Directeurs de l'Opéra de Parus. Cel**^ adressée par le bnilli Gaud Lebland du Houllet. ir. I. que les de la véritable roule dans leurs compositions théâ. octobre 1772. a fait un opéra français qu'il désireroil qui fût donné sur le théâtre de Paris. Né à Normanville (Eure). & & pour vos pour l'hon- nêteté de votre caractère. à Dauvergne. Monsieur. :\ Vienne. m'a déterminé à me charger de vous écrire.niRISTOPII-WlLlRALD GLUCK 3.S7 LETTRE A M. mort à Paris le 2 août 178o. s'est convaincu par une lecture réfléchie des & des modernes & par de profondes médiIlanens s'étoient écartés tations sur son art. altac'ié à l'ambassade de France. A Vienne en Autriche. si connu dans toute l'Europe. peut être considérée comme ayant été inspirée par Glurk. après avoir fait plus de quarante opéras italiens qui ont eu le plus grand succès sur tous anciens les théâtres où cette langue est ad- mise. le i'^ Aoûl 1772. qui m'est particulière- ment connue. lalens.

a attiré plus de vingt mille étrangers empressés à en voir les représentations. D'après ces réflexions. L'hiver dernier. a cru s'appercevoir que la langue italienne. &. avoient. mort à Naples en 1795. &c. Bou- logne a gagné. dans leurs compositions. en l'absence de M.388 ECRITS DE MUSICIENS des musiciens Français vraiment estimables qu'if sen prendre. De retour ici. . Ils y ont eu un succès de talent et de goût (i). & dans le genre. & la douceur & le coloris de la versification au pathétique de de beaucoup style & de situation. Milan. à se prêter à ce que les Italiens appellent les passages. plus propre. la galanterie aux passions. éclairé par sa propre expérience. environ 900. né à Livourne en 1715. a fait représenter un de ces opéras. ayant ses communiqué d'esprit. au-delà de quatrevingt mille ducats. Naples. préféré l'esprit au falloit sentiment. Glouch. Son succès. dans cette ville. par ce spectacle. qu'aux auteurs de poëmes. Glouch. de compte fait. idées à un homme il en a obtenu deux poèmes italiens qu'il a mis en musique. ne connoissant point la portée de Tart musical. ^I. (1) Il s'agit de Raniero da Calsabigi. Il a fait exécuter lui-même ces deux opéras sur les théâtres de Parme. dans lecjuel tout . n'avoit pas la clarté & l'énergie de la langue françoise que l'avantage que nous venons d'accorder à la première éloit même destructif du véritable genre dramatique musical. par la répétition fréquente des voyelles.000 livres de France. Gluck lui reconnut la plus grande part dans sa réforme de l'Opéra. la ont produit en Italie une révolution ville de Boulo- gne (s/c). qui. incroyable.

ou.. 22. pour parler plus exactement. (2i I)u Rouilol lui-même. quoique la française y soit préférée pour l'usage. en soutenant (ju'elle n'étoit pas susceptible de se prêtera la grande composition ( mu- Personne. D'après observations. que les oreilles & le goût y sont continuellement exercés. Il a cru trouver. quoiqu'il parle la françoise avec difficulté. Glouch il possède parfaitement les deux langues. . le rédacteur de ce poème (2) me paroît avoir suivi Racine avec la plus scrupuleuse attention. sur cette matière. Glouch indigné contre les assertions hardies de ceux de nos écrivains fameux qui ont osé calomnier la langue sicale fran(^aise. Glouch desiroit pouvoir appuyer son opinion en faveur de la langue fi'ançaise sur la démonstration que produit l'expérience. ne peut être juge plus compétent que M. (1) Allusion à J. . il la sait à fond il en a fait une étude particulière il en connoît enfin toutes les finesses. dont il est trèsscrupuleux observateur.-J. ce qu'il cherchoit. &. & sur tout la prosodie. L'auteur. Rousseau et à sa fameuse Le'lre sur la Musique française. Depuis ces observations. Depuis long temps il a essayé ses talens sur les deux langues dans ditlerens genres & a obtenu des succès dans une cour où elles sont également familières. dans cet ouvrage. dans une cour d'autant plus en état de juger des talens de ce genre. : .ClIRISTOPH-WiLIBALD GLUCK 389 passage s'est étoit disparate ou ces du moins affoiblissoit l'expression. M. lorsque le hasard a fait tomber entre ses mains la tragedie-opera d'Iphigénie en Aulide. C'est son Iphii). M.

& sans exiger des dépenses considérables. On a tiré sans efforts du sujet. qu'il en fasse partie. On a introduit Calcas au premier acts. en augmente l'action ou la cornplette. tant par les tragiques Grecs que par P«acine lui- même. très-bon etïet. . division qui me paroît la plus favorable au genre qui exige une grande rapidité d'action. On a eu grand soin de mettre en opposition les situations & les caractères. Tout l'ou- vrage a été divisé en trois actes. & l'on a amené naturellement dans chaque acte un divertissement brillant lié au sujet de manière. qui doit faire un . & pour l'intérêt pendant tout le temps delà représentation. de présenter aux yeux un spectacle noble & magnifique. & qu'on fît disparaître l'Episode d'Eriphile. Par le retranchement de lEpisode d'Eriphile. à la place du confident Arcas par le ce moyen l'exposition s'est trouvée en action génie il même a fallu qu'on abrégeât l'expression. On a trouvé moyen. MUSICIENS mise en opéra. le dénoûment de la pièce de ce grand homme n'ayant pu servir pour lopéra dont il s'agit. L'intérêt néanmoins étoit altéré par ces changemens il m'a paru même aussi entier que dans la tragédie de Racine. dans la préface de son Iphigénie.SnO ECRITS DE. & l'action. & dont l'idée a été fournie à l'auteur. ce qui produit une variété piquante & nécessaire pour tenir le spectateur attentif. Je ne crois pas qu'on ait jamais mis au théâtre un opéra nouveau qui demande . plus resserrée. : sujet a été simplifié. sans avoir recours aux machines. il y a été suppléé par un dénoûment en action. a marché plus rapidement au but. Pour parvenir à ce point.

dont la représentation entière ne doit durer au plus que deux heures et demie. naturel. Un chant simple. des chœurs. les plus grands etTets de l'hai'monie employés également dans le terrible. L'auteur de ce poëme. lorsque le genre. toujours guidé par l'expression la plus vraie. par la certitude du succès. & qui cependant soit plus pompeux.CITRISTOPH-WILIBALD GLUCK S91 moins de frais. s'est fait un devoir de se servir des pensées & même des vers de Racine. que l'auteur. la plus sensible & par la mélodie la plus flatteuse. . le pathétique & le gracieux. en suivant Racine. d'un genre neuf et de la plus agréable fraîcheur. des quapermettoit de garder le silence. mais noble et expressif du genre. Le sujet <riphigénie en Aulide m'a paru d'autant mieux choisi. si m'a fait à plusieurs répétitions. Ces vers ont été enchâssés avec assez d'art. y compris les divertissemens. de vous parler de la le plaisir qu'elle Le nom seul de AL Glouch me dispenseroit. quoique diffèrent. l'a pu permettre. enfin des morceaux de notre récitatif françois de la plus parfaite déclamation des airsdansantsde la plus grande variété. sieur. Il . Monmusique de cet opéra. une variété inépuisable dans ses sujets & dans ses tours. pour qu'on ne puisse pas appercevoir trop de disparate tians la totalité du style de l'ouvrage. il est amplement dédommagé de ce qu'il peut perdre du côté de l'amour-propre. un récitatif rapide. des duos. me m'a paru que ce grand homme avoit épuisé toutes les ressources de l'art dans cette composition. & que. autant qu'il a été possible. s'est assuré de l'effet de son ouvrage. des trios.

Glouch désire savoir si la direction de l'Académie de Musique auroit assez de confiance dans ses lalens pour se déterminer à donner son opéra. aux yeux de toute l'Europe des imputations calomnieuses de nos propres auteurs. toi]chans& déclamés. m'a paru dans notre genre. le carême . tout. Je suis convaincu quB vous serez empressé à y applaudir. Vous vées sur savez. rien ne m'y a semblé étranger aux oreilles françaises mais c'est l'ouvrage du talent. Si vous n'aviez rien de fixé pour l'hiver. dans cette composition. Vous verrez donc avec & comme homme de & comme bon citoyen. s'y distinguoient. j'ai : gardé une neutralité absolue je me flatte donc que vous ne vous jDTéviendrez pas contre l'éloge que je vous fais ici de la musique de Topera d'tphigénie. Monsieur. ai vu donner à ceux qui plaisir. la la languescrupuleusemenl observée. & que son opéra sera représenté. par-tout on y reconnoit l'homme de génie & en même tems l'homme de goût rien n'y prosodie de . musicien. : est foible. M. Il est prêt à faire le voyage de France. Glouch. par-tout M. (jlouch est poëte &. je sais que personne ne désire plus que vous les progrès de votre art. la & que dans les querelles qui se sont élepréférence des genres de musique. s'occupe langue & la venge. qu'un étranger aussi à travailler sur notre fameux que M. & dans quel temps à peu près il pourra l'être. vous y avez déjà beaucoup contribué par vos productions & les applaudissemens que je vous talent. mais il veut préalablement être assuré. que je ne suis point en- thousiaste.31i2 ECRITS DE MUSICIENS tuors également expressifs. ni négligé.

votre très -humble et trèsobéissant serviteur. . pour fixé son ouvrage. Je serois bien flatté de partager avec vous.l'oubliois de vous dire. je vous le ferois passer par la jugement que direction n'avoit pas assez de conj'ai porté des paroles de occasion. & de me faire passer sa détermination qui fixera celle de M. p. — Si la fiance dans le première cet opéra. naturellement très-désintéressé. n'exige point. je suis. de ce côté. au delà de ce que la direction a pour les aulf^urs des opéras nouveaux. que MoNsiiaR. . l'avantage de faire connoître à notre nation tout ce qu'elle peutse promettre en faveur de sa langue. chain : il & des avantages qu'on lui propose. -S. embellie par l'art que vous professez. Monsieur. Glouch. Glouch est demandé avec beaucoup d'empressement à Naples pour le mois de Mai prola rentrée n'a pas voulu prendre. -M. Monsieur. (ilouch. à laquelle je vous prie de communiquer cette lettre. que M. s'il peut être assuré que son opéra sera agréé par votre Académie. aucun sacrifice il est déterminé à faire le engagement.CHR("<TOPH-\VILIBALD GLUCK 393 OU après Pâques. je crois que vous ne pourriez mieux faire que de lui assigner une de ces époques. avec la plus C'est dans ces sentimens véritable estime.

si. des louanges qu'il lui a plû de me prodiguer.!ENS AU MERCURE DE FRANCE. 182-184. On m'en aiiroit f crois de justes reproches à me faire. l'ont entraîné. (2) Voir ht lettre précédente. après avoir témoigné ma reconnoissance à l'auteur de celte lettre. que vous avez insérée dans le Mercure d'Octobre dernier. Lettre de M. le 19 avril 1774. Je me ferois un reproche encore plus sensible si je consenlois à me laisser attribuer Tinvenlion du nouveau genre d'opéra italien dont le succès a justifié la tentative : (1) Mercure de France.. p. 171-190. C'était une réponse indirecte à une Leltre sur les propriétés musicales de la langue française {Mercure. pp.*^9i ÉCRITS DE MU>ir.-J. Celte lettre fut probablei^ieiit rédigée parle bailli du Roullet. sans doute. si. & je moi-même de très -graves. janvier 1773. après d'ici. je ne m'empressois pas de déclarer que son amitié & une prévention trop favorable. & que je suis bien loin de me flatter de mériter les éloges qu'il me donne. Rousseau. février 1773. & dont riplîigénie opéra est l'objet (2). avoir lu la lettre écrite à un des directeurs de l'Académie royale de musique. où Chabanon essayait de mettre Gluck en contradiction avec J. le Chevalier Gluck sur la Musique (i) M. Iphigénie en Aulide fu[ représentée à Paris. collabora- teur de Gluck. dis-je. .

de développer les ressources de mon art. de ces traits pathétiques qui terribles et & languissantes l'imitation de la but reconnu qu'ils doivent tous se proposer. plein de génie & de talent. & de créer une musique énergique & touchante. ma musique ne tend qu'à la plusgrande expression au renforcement de la déclamation de la poésie. qui s'y prêle avec facilité. les pour laquelle je nemploie point les passages ni les cadences que prodiguent Leur langue. a suivi une route peu connue des Italiens dans les poëmes d'Orphée d'Alceste et de Paris.CHRISTOPH-WILIBALD GLUCK c'est à 3. aucun avantage pour moi elle en a sans doute beaucoup d'autres mais. quelquétude que j'aie pu faire de la langue italienne. : je ne crois pas les qu'il me soit permis d'apprécier nuances déhcates qui peuvent faire donner la préférence à l'une des deux. puisque c'est lui qui m'a mis à portée pal mérite . Quelque talent qu'ait le compositeur. né en Allemagne. Cet auteur. autant qu'il m'est possible.. et je pense que tout . il ne fera jamais que de la musique médiocre. de Galzabigi qu'en appailieni le princiet si la musique a eu quelqu' éclat. Ces ouvrages sont remplis de situations heureuses. arts sont foibles . sans lequel les productions de tous les nature est le fournissent au : & C'est la raison Irilles. compositeur le moyen d'exprimer de grandes passions. ainsi que de la langue françoise. les Italiens. C'est celui auquel je tâche d'alteindre toujours simple & naturel. n'a donc à cet éganl . si le poëte n'excite pas en lui cet enthousiasme. je crois devoir reconnoître que c'est à lui que j'en sais redevable.5 M.

sensible les Nations. Je suis charmé de trouver ici l'occasion . Quoique je n'aie jamais été dans le cas d'ofîrirmes ouvrages àaucun théâtre. c'est que celle qui me conviendra toujours le mieux. pu fixer le moyen que j'envisage de produire une musique propre à toutes noble. d'avoir proposé à votre rois effet mon Iphigénie je l'au- Académie de musique. L'étude que j'ai faite des ouvrages de ce grand homme sur la musique. que je avec l'aide du fameux M. Il m'en est demeuré la persuasion intime que s'il avoit voulu donner son et application à Vexercice de cet art. Rousseau de Geme proposois de consulter. sera où le poëte me fournira le plus de moyens vad'exprimer les passions c'est l'avantage que j'ai crû trouver dans les paroles de l'Opéra diphigénie. celle riés : je ne peux savoir mauvais gré à l'auteur de la lettre à un des Directeurs. liser les elTets la il auroit pu réa- prodigieux que l'antiquité attribue à musique. la lettre entr'autres dans laquelle il fait l'analyse du monologue de l'Armide de Lully. en cherchant une mélodie & naturelle. m'ont pénétré d'admiration. & de faire disparaître la ridicule distinc- musiques nationales.39fi ECRITS DE MUSICIENS étranger doit s'abstenir de les juger entr'elles: mais ce que je crois qu'il m'est permis de dire. parce que par son & nève. avec une déclamation exacte selon la prosodie de chaque langue et le caractère de chaque peuple. nous au- rions peut-être ensemble. dont la poésie m'a paru avoir toute l'énergie propre à inspirer de îa bonne musique. prouvent la sublition des mité de ses connoissances et la sûreté de son goût. J'avoue que produite avec plaisir à Paris.

&c. il me semble pourtant que musique qui demande de l'inspiration est encore tout à fait étrangère dans vos contrées. Monsieur. bien que vous ayez d'excellents musiciens. . si je n'étais géométriquement certain que beaucoup n'y trouveraient aucun goût. parce qu'elles doivent être chantées d'une certaine manière qui n'est pas encore à la mode . 252. J'ai l'honneur d'être. Chevalier Gluck.CURl^TOPII-WILIBALD GLUCK 397 de lui rendre publiquement ce tribut d'éloges que je crois qu'il mérite. 23 1867. ce que j'ai vu clairement par la Reccnla sion qui a été faite à Berlin sur mon Alcesle. Je vous aurais depuis longtemps servi en cela. de vouloir bien insérer cette lettre dans votre prochain Mercure.. j'ai pour vous si grande considération que je vous promets (si vous ne pensez pas venir à Vienne. A KLOPSTOCK(i) Très noblement né 1 particulièrement très honorable Conseiller de Légation fait ! Monsieur le Le Père Denis m'a savoir que vous aviez le j'ai désir de recevoir les strophes que composées sur votre Bataille d'IIermann. Je vous prie. car. p. de faire (1) Lettre publiée par Lappenbuho 'Driefe an Klopslock.

J'ai d'ailleurs l'honneur de me nommer. pour qu'elles soient perçues par vous de façon moins insupportable. italien publiée Nohl. duquel dernier j'ai joint en même temps.398 ECRITS DE MUSICIENS prochaine un voyage à Hambourg pour personnellement votre connaissance. et trois d'un goût italien plus moderne. l'année faire — : le très obéissant serviteur. avec une profonde considération. et pp. comme témoignage. et je m'engage à vous chanter alors non seulement beaucoup de la Bataille d'Hermann. je vous envoie quelques chants trois de caractout simples et de facile exécution tère allemand. Vienne. de Votre Haute Noblesse. musicien. que vous pourrez toujours jeter de côté. deux mélodies dans le goût des vieux Bardes. (i) Par M. (2 Antoine Tayber (1754-1822). pour vous faire voir jusqu'où je me ou combien je suis approché de votre grandeur. Il sera nécessaire de choisir à leur intention un bon joueur de clavecin. mais encore de vos sublimes Odes. le 14" août 4773. Taiber(2) m'a '1) été signifié votre désir qu'a par Lettre en 19-20. Pour le moment. l'ai obscurcie par ma musique. Miisiker-Briefe. né morlà Vienne . Chevalier Gluck. AU PÈRE MARTINI Maître et ami Rev™^.

cantatrices. dans une lettre du 16 avril 1789. . Si de là-bas je puis vous être utile. donnez-moi c'est-à-dire l'Ifigenia in Aulide sur le vos ordres. Rév'"* d'avoir mon portrait . et les obstacles seront grands. MarMozart le cite.v sœurs. grand Théâtre de l'opéra. le Comte Durazzo. E. ambassadeur Impé- mou bon Maître il y a longtemps a voulu faire copier mon portrait fait à Rome à l'occasion de mon dernier voyage. Il avait peul-étrc étudié avec le P. l'Ambassadeur l'avantage de faire parvenir le portrait 11 même. . S. qu'il m'est dé- sagréable de ne pouvoir venir étant certain que moi-même [à Bologne]. Je dois aussi à S. orléaniste à Dresde. le plaisir de vous voir me rendrait plus beau. et protège les beaux-arts. et l'a fait adapter par un de ses Elèves à ma physionomie et à ma situaà Venise tion présente. L'Entreprise est certainement hardie. rial M. dans l'intention de produire la dernière d'entre elles. dès qu'il sera de retour à \'enis!v aime. contre lesquels la raison ne suffit pas. parce qu'elle doit attaquer de front les préjugés nationaux. — Je suis aussi sensible à Tlionneur qu'elle me fait. dans l'espérance d'y trouver quelque habile artiste.CHRISTOPH-WILIBALD GLUCK V. Les autres ont obtenu quelque indulgence à cette Cour et je suis aujourd'hui sur le point d'aller à Paris. Des compositions qui y sont indiquées. je crois que le seul Orphée est connu là-bas. ainsi que ses deu. 399 S. E. tini.

accueillirent et récompensèrent les celui arts ils avoient un objet plus important que de multiplier les amusemens et les plaisirs ils envisagèrent cette partie des connoissances humaines comme un des plus précieux anneaux de la chaîne politique ils savoient que les arts seuls ont l'avan. . les Médias. le Marcttand- . 8bre 1778 Chevalier Cristoforo Gluck m. tié De V.400 ÉCRITS DE MUSICIENS et a sans une estime particulière pour Vous même personnellement. Louis XIV. Pendant que votre Majesté travaille sans relâche au dIPHIGÉME EX AULIDE. le Chevalier Gluck. tage d'adoucir les hommes sans les corrompre. à Paris chez M. Tragédie Opéra (1) Dédicace en trois Actes. Vienne le 26. par M. très obligé Se^v^ p. S. : [Adresse Mr. vous connaître et amiJe suis avec la plus grande considération. Dès votre avènement au trône. Sire. AU ROY(i) Sire. B. Martini Bologna). Rév™^ [le] très dévoué. et de les disposer à la soumission sans les avilir. Lorsqu'à l'exemple des Grecs. G. vous vous montrez animés des mêmes principes et des mêmes vues. Auguste. 'eprésentée pour la premièi-e fois par rAcadémie royale de Musique le mardi 19 avril 1774. dédiée au Roy.

CHRISTOPH-WILIBALD GLUCK 401 soulagement et à la félicité de ses sujets. Tiiagéoie (1) Opéiîa en trois actes. Gluciv. . elle ne dédaigne point l'hommage que j'ose lui faire. C'est avec ces sentiments joints au plus profond respect que je suis SmE. (i) Comblé de vos yeux bienfaits. venirdonner aux François des leçons sur leur propre Dédicace d' ORPHÉE ET EURYDICE. en reconnoissance et en dévoûment pour votre personne sacrée. dédiée A LA REIXE par M. tout le prix de vos vertus. A LA REINE Madame. le Cli. tion. Je n'ai point prétendu. de votre Majesté Le très humble et très obéissant serviteur Le Chevalier Gluck. qu'elle d'autant plus digne de vojas posséder. le plus précieux à mes sent est celui. elle fait le bonheur et la gloire d'un Etranger qui ne le cède à aucun François en zèle.je dois sans Honoré de votre protecles doule à cet avantage npplau- dissemens que j'ai reçus. et en me donnant les premières preuves de sa protection pour les Arts. qui me fixe au milieu d'une Nation.. comme plusieurs ont semblé vouloir me le reprocher. représentée pour la première fois par l'Académie royale de Musique le Mardy 2 Aoust 1774. à Paris chez des Lauriers.

J'ignore jusqu'à quel point j'ai réussi dans le mien mais j'ai le suffrage de votre ^Iajesté. J'ai crus que je pouvois essayer sur des po rôles francoises le nouveau genre de Musique que j'ai adopté dans mes trois derniers Opéras Italiens. Rousseau l'a nature est la langue universelle employé avec le plus grand succès dans le genre simple. La Musique ne sera plus bornée aux froides beautés de convention. langue. . C'est avec des Sentiments je suis du profond respect que Madame de VOTRE Majesté le très humble et très obéissant serviteur Le Chevalier Gllck. Il existe chez eux des morceaux auxquels je donne les éloges qu'ils méritent plusieurs de leurs Auteurs vivans sont dignes de leur réputation. . puisqu'elle me permet de lui dédier cet Ouvrage c'est pour moi le succès le plus flatteur. Le genre que j'essaye d'introduire me paroît rendre à l'art sa dignité primitive. J'ai vu avec satisfaction que l'accent de la M. rêter. Son Devin du Village est un modèle qu'aucun Auteur n'a encore imité. auxquelles les Auteurs étoient obligés de s'ar: . ni leur prouver qu'ils n'avoient eu. aucun Auteur digne de leur admiration et de leur reconnoissance.402 ECRITS DE MUSICIENS m . jusqu'à présent.

perdu au bon et noble cœur allemand qui était si fier de ^'olre au applaudissement. n'est plus printemps dernier elle s'est fanée comme une rose. Elle était mon mes unique espérance. (Noir (1) (2) Gluck : \oiiL. 1867 1. {Briefe an Klopslock. des fragments de la Messiade et de la Bataille d'IIerniann. il l'avait fait entendre à Klopstock.). je me ma la promets de vous. à Strasbourg et à Karlsiulie dans des liecler. J'ai fille Nanelte. juste au mo- ment où j'allais recueillir les fruits d'une heureuse j'aie éducation. v(Miait de perdre sa nièce. et l'àme de Publiée par Lappenbuhg. — — Ah combien ! m'est sensible cette perte. p. Masilicr-IJriefe. morte à N'ieune. celte consolation. Votre jeune allemande (2 . et je perds en même temps la joie de ma vie. . au printemps. ainsi que dans un lied du poète Je suis une jeune /ille allemande. quel désert ce sera désormais autour de moi. sans que pu jouir des dernières effusions de son àme innocente avant sa disparition. revenant de Paris avec elle et sa femme.CHRISTOPH-WILIBALD GLUCK 403 A KLOPSTOGK(i) Hautement honoré Monsieur! Très cher Monsieur! L'annilic sympathique réserve au malheureux la lu consolation plus puissante . L'année précédente. de Votre amitié. 28 et suiv. Quelle solitude. veille de la première repré:ienlalion d'AlcesIe à Paris. elle m'est enlevée. le 22 avril. très cher ami. ma consolation.

. Est-ce trop exiger de Votre amitié. et toutes deux éterniseront le respect le plus complet avec lequel j'ai l'honneur d'être. Très honoré Monsieur et Ami. Enflammé par Votre génie. amitié. Permettez-moi. si j'espère que Votre Muse sublime ne s'abaissera pas en effeuillant quelques fleurs sur les cendres de ma nièce chérie? Avec quel enthousiasme j'emploierai cette puissante consolation. Nature. j'attendrai Votre réponse avec anxiété. Dans toute pensée vers Vous. il y aura encore dans mon cœur. a perdu maintenant tout attrait pour moi ou si jamais . il faudrait qu'elle fût sanctifiée par le souvenir de cet aimable objet.404 ECRITS DE MUSICIENS travaux. noble ami ! de ne pas attendre en vain après ce cadeau digne de celte belle âme. ma désolation pouvait s'affaiblir. Chevalier Gluck. Ma musique. 10 Mav ITTG. A Vienne. à côté des sentiments de l'amitié la plus franche. je chercherais à exprimer mes plaintes par les sons les plus émouvants. seraient les sources de mes inspirations. Votre tout dévoué serviteur. la plus reconnaissante gratitude. si je demande d'émouvoir Votre âme sensible par la perte que j'ai faite. amour presque paternel. Paris. mon occupation favorite. où je vais retourner.

Gluck fait allusion aux représentations dM/ces/e dont la première date du 2^^ avril précédent. D'ailleurs je ne suis plus un homme fait pour entrer en concurrence. le Public doit avoir obli- gation à M. outre son mérite personnel. Piccini. réduite en trois actes par Marmontel. avec la musique de Piccinni. puisque (2) Sic. fut représenté. avoit donné ce même ouvrage à faire à M. j'ai brûlé tout ce que j'en avois fait. (3) Roland.j CHRISTOPII-WILIBALD GLUCK 405 AU BAILLI DL ROULLET (i] [Juillel-août 1776. 23. 42 et suiv. Piccini auroit trop d'avantage sur moi. ami. qui est assurément très grand. votre leltre du vous raexhorlez à continuer de travailler sur les paroles de l'Opéra de Roland (3) cela n'est plus faisable. . Il faut lire évidemment juin ou juillet. M.). qui peut-être n'en valoit pas Je viens de recevoir. pp. VIII. mon i5 janvier (2).t. parce que quand l'Administration de l'Opéra.. Marmontcl d'avoir fît empêché qu'on ne lui entendre une mauvaise Musique. grand'clîose.S22-327) et par Leblond {Mémoires. le 17 janvier 1778. nouveauté. tragédie lyrique de Quinault. et en ce cas. par laquelle . qui j'ai appris que n'ignoroit pas que je faisois Roland. car. moi ayant donné à il auroit celui de la (1) Cette lettre fut publiée dans r Année lilléraire de Fréron (août 1776.pp.

(1) Caraccioli. je vous le répète. Bourboulon. l'autre Auteur Dramatique d'Opéras prétendus Comiques. d'être tombé dans les griffes de tels personnages. quand je serai à Paris. sont qu'on me donnera au moins deux mois. ô janvier et 18 avril (2) Après (1769-1776). Ils lui feront voir car c'est la Lune à midi. aux conditions cependant que je vous ai marquées dans ma précédente Lettre et dont les essentielles. IX. Mémoires secrets. la malheureuse gestion par la Ville de Paris Hébert. un galant homme que ce M.406 ECRITS DE MUSICIENS Paris quatre Ouvrages bons ou mauvais. cela use la fantaisie et puis je lui ai frayé le chemin. Des EnFerté. prit l'Opéra en régie. Je ne vous parle pas de ses protections. alors attaché au bureau de la Ville. Je plains en vérité. (Cf. gros martelles. J'en suis vraiment fâché . trésorier des Menus depuis 1725. protec- teur de Piocinni. survivancier de La chand d'étoffes. intendants des Menus Plaisirs du roi. l'un Amateur exclusif de musique Italienne.) . il n'a qu'à me suivre. Bachalmont. et Butfault. survivancier de celui-ci. Je suis sûr qu'un certain Politique de . M. 1776. Celte direction ne dura guère que deux ans. Hébert (2). n'importe. Hébert. pour former mes Acteurs et Actrices que je serai le . pour lui faire des prosélites. fournisseur de l'Opéra. et c'est la rai- son pour laquelle je ne m'éloigne pas de lui donner mon Armide. contera à tout le Royaume le mérite exclusif du sieur Piccini. en société avec Papillon de La Ferlé et L'Escureuil de la Touche. ma connoissance ( i ) donnera à dîner et à sou per aux trois quarts de Paris. et que Marmontel. ambassadeur de Naples à Paris. qui sait si bien faire des Contes.

mais quand Marmontel ou moi nous qu'il . Voilà mes pour conditions. sans lesquelles je garderai mon plaisir. J'en ai fait la VArmide Musique de manière qu'elle ne vieillira pas sitôt. quand ce sera Armide (jui parle. et qu'on tiendra un Opéra tout prêt. Vous me dites. . mon cher ami. sidirférentdeceluidcr^4/c<'s/é. etc. . Rôle. j'aimerai à finir ma carrière. qu'il lui en a fallu pour comprendre VAlcesie. etc. il faudra au moins autant de temps pour le comprendre. l'ensemble de VAnnidecii\. dans votre Lettre. vous en jugerez.CIJRISTOPH-WILIBALD GLUCK 407 croirai nécessaires maître de faire faire autant de répétitions ({ue je qu'on ne laissera douJjler aucun . Il faut finir. Alccste est une Tragédie complette. au cas que quelque Acteur ou Actrice soit incommodé. . Aussi ai-je employé le peu de suc qui me resloit pour achever VArmide j"ai taché d'être plus Peintre enfin. cela ne convenoil qu'au grand Corneille. que vous croirez. que rien ne vaudra jamais VAlcesie mais moi je ne souscris pas encore à votre prophétie. autrement vous croiriez que je suis devenu fou ou Charlatan. Rien ne fait un si mauvais elTet qiu^ de se louer soi-même. car j'ai trouvé le moyen de faire parler les personnages de manière que vous connaîtrez dabord à leur façon de s'exprimer. et plus Poète que Musicien si on veut l'entendre. ou une suivante. et je vous avoue que je crois manque très peu de chose à sa perfection mais vous n'imaginez pas de combien de nuances et de routesditïérentesla Musique estsusceptible. Je vous confesse qu'avec cet Opéra. qu'ils ne sont pas du même Gomposi teur.. Il est vrai que pour le Public.

Une comparaison ne peut subsister entre deux ouvrages de différente nature. et on nous rit au nez. par exemple. qu Orphée perd par ! mon . lesquelles peuvent être pour l'ex- pression des paroles. vous avez grande raison de dire qu'on a trop négligé les Compositeurs François. deviennent d'autant plus insupportables. divers Poèmes doivent nécessairement produire diffé- rentes Musifjues. Au reste. et vous verrezqu' Orphée emportera la balance les choses les mieux faites. car. mais alors toute comparaison claudicat. je n'aurai éprouver une voluptueuse sensation si pas d'autre ressource (jue de .408 ECRITS DE MUSICIENS nous louons. tout ce qu'on peut trouver de plus sublime chacune dans son genre. on se moque de nous. Vous la me dites en- comparaison avec Alceste. Que si. ou je me trompe fort. : . mal exécutées. l'air de nouveauté. Eh mon Dieu comment peut-on comparer ces deux ouvrages qui n'ont rien de comparable? L'un peut plaire davantage que l'autre mais faites exécuter YAlcesle avec vos mauvais Acteurs et toute autre Actrice que Mlle Le Vasseur. poëmes si différens dont l'un doit faire pleurer. serviroient infiniment mieux le Public que les meilleurs Auteurs Italiens. . si l'on ne s'enthousiasmoit pas pour tout ce qui a core. nous faisons chacun pour notre compte l'Opéra de Roland. Je tremble presque qu'on ne veuille comparer VArmide et VAlceste. Piccini et moi. qui connoissent la coupe de l'Opéra Françoise. et Orphée avec ce que vous avez de meilleur. je crois que Gossec et Philidor. et l'autre faire cela arrive. alors on pourroit juger lequel des deux l'auroit mieux fait mais les ami.

(i). « (Cf. M. 100). Sacchini et sur M. Sacchini. a engagé M. Piccini à travailler concurremment sur le même sujet. comme on le voit bien. Gluck et de la personne à qui elle est adiessée. le Ch. que le célèbre chevalier Gluck sétoit chargé de mettre en musique les paroles de lOpéra de Roland. elc. 181-184). mon cher ami. Framery s'avise de dire sur M. avoit besoin d'un tel défenseur pour soutenir sa réputation. en septembre précéder de ces lignes: « Vous n'ignorez peutêtre pas. Mémoires. cette lettre était précédée de la note suivante: « Nous copions exactement la lettre de M. on lit « N. en réponse à l'article de Framery. Leblond. 1776 une lettre d'un certain sieur Framery au sujet de s'il M. 1776. lettre XIV. Gluck. lequel seroit fort à plaindre.) A la suite de la lettre. Depuis son absence.CHRISTOPH-WILIBALD GLUCK 409 faire prier Dieu pour que la bonne ville de Paris re- trouve son bon-sens. 327. a écrit à un de ses amis la lettre suivante. 322. une cabale active et toujours jalouse de ses succès.eLc. B. n'étoit pas faite. (1) L'Année lilléraire. On l'a imprimée sans la participation de M. » (P. Gluck l'ayant appris. Adieu. Monsieur. Presque tout ce que M. Mien publiant cette lettre. p. sur Sacchini. » (2) Publiée dans le Mercure de novembre 1776 (pp. p. du mois de septembre (pp. Cette lettre. écrite dans la confiance de l'amitié. une copie vient de me tomber entre les mains. pour être rendue publique. la faisait : . Gluck. sur M. 184-185). je vous embrasse. RÉPONSE A UN ÉCRIT QUE LE SIEUR FrAMERY A FAIT PAROITRE DANS le McrCUrC (2) de France du mois de septembre 1776 Il y a dans le Mercure de France du mois de Sept.

Gluck: Ah! per queslo gia slanco mio avore \cuore imprimé à Vienne en 1769. pris de Paride ed Helena. & plein de belles idées. ni en aucunes autres Villes de l'Italie. Gluck n'avoit pas encore donné son Alceste à Paris. . ! . nous dirons de plus qu'il y a un autre passage sur la fin du même air. M. de l'air: Di Scordami.->i faux. n'a pas besoin de piller les autres mais il a été assez complaisant envers le Chanteur pour emprunter ces passages. c'est ce que M. Sacchini est établie depuis long-temps: elle n'a nullement besoin d'être sauvée mais peut-être qu'on rôle : . Framery ne sait pas qu'un Compositeur italien est tre. (1) Chanteur italien. mais il avoit l'idée de l'y donner. cette phrase musicale se trouve dans l'Alceste italienne de M. que Gluck avait connu à Vienne. Sacchini a inséré passage contesté dans son air Se cerca se dice el. où le Chanteur croyoit qu'il brilleroit le plus.s-souvent forcé de s'accommoder au caprice et à la voix du Chanteur. et qui avait donné des leçons de chant à sa nièce. si M.-110 ECRITS DE MUSICIENS e. le sieur Milico chanta le d'Admete. Gluck lui-même a reproché à son ami Milico car alors M. génie comme il est. & c'est le sieur Milico qui a obligé M. Gluckn'a lico 1 jamais été représentée ni à Bologne. La réputation de M. Sacchini. Sacchini à insérer les susdites phrases de son air . i . Gluck n'est pas présent pour guider son ouvrage. imprimé aussi à Vienne. A le la reprise de cet opéra. Il ne l'a donnée qu'à Vienne en Autriche en 1768. L'Alcesle italienne de M. Il est vrai que M. àcause de la difficulté de l'exécution. . M.

sur des paroles françoises. comme homme de lettres.Musique herma- phrodite eu parodiant des airs qui quoique soufferts dans l'opéra-comique. le Chevalier Gluck s'y est pris un peu tard pour engager ses chers amis à soutenir l'opéra des Romans qui. Au reste. » Le « ballet héroïque en trois actes » de Cambini (livret de feu de Bonneval) avait été représenté sans succès le 2 août : : . précédée de ces réflexions « A propos de lettres. ne sont pas convenables pour les grands opéras. pourroit bien faire quelque chose de mieux. 280-281). et de mettre en usage une . LETTRE AFX MUSICIENS COMPOSANT l'orchestre DE l'OpÉRA Vienne. M. auroit fait l'ombre au tableau puisque ce malheureux ouvrage de M. en voici une assez originale de notre ami Gluck elle fait vive rumeur à l'Opéra où on trouve très déplacé que Torphée Allemand prétende que la probité soit peu compatible.CHRISTOPH-WILIBALD GLUCK 411 la diminue en parodiant ses airs faits italienne. que de confondre entre ainsi le caractère national des François et des Italiens. en y mettant un zèle(i) Cette letlre fut publiée par Métra dans sa Correspondance secrète {l. On m'écrit que vous exécutez avec une perfection surprenante l'opéra d'Alceste. Messieurs. joué alternativement avec Alceste. le liAoùt 1776. Framery. avec le talent de la musique. pour la langue vu la différence les deux mélodies & les deux prosodies. pp. Cambini est tombé. en ce siècle. III.

dans ses Mélanges de .» 412 ECRITS DE MUSICIENS extraordinaire sir : je ne saurois vous exprimer le plai- que me fait ce témoignage de voire amitié pour cette occasion. qui devait être la dernière. Giovanni Giuseppe Cambini.car on me dit qu'outre ses talens. (1) rut à Bicétre en 1825. mes chers amis et compagnons. chose très-rare parmi nos confrères dans le siècle où nous vivons. SUARD i [Octobre i'il] Monsieur. B. revenu à Paris. Il mou- à la trente-huitième. & si j'ose vous prier encore d'une nouvelle marque d'amitié. l'art d'amuser mais comme un que Le 30 juillet. seule- ment comme 1776. (2i Publiée dans cette lettre fut le Journal de Paris. je vous prie d'être persuadés que je n'en laisserai échapper aucune pour vous prouver ma reconnoissance en attendant. du 21 octobre 1777. né à Livourne le 13 février 1746. on avait donné Alcesle avec un tel succès cette représentation. élève du P. mettez tout le soin possible pour faire réussir l'opéra de M. recevez mes "plus vifs remerciemens. & chers amis. vint à Paris en 1879. assistait le 14 septembre. Martini. : moi en A MONSIEUR J. il est très-honnête homme. réimprimée par Slard. Messieurs. votre très-humble &c. fut suivie de plusieurs autres. Cambini fi . Lorsque j'ai considéré la Musique non pas l'oreille. Je suis pour toujours. Gluck.

M.tout que toutes les parties de mes ouvrages fussent liées entr'elles. 1804. dont à la vérité le suffrage devroit bien me consoler delà perte des autres. je me suis occupé de la scène. vient défaire contre moi? C'est un plaisant docteur que ce M. V. Mais que pensez-vous. la lettre suivante. et sans en corriger les incorrections de style. et j'ai voulu sur. pp. de La Harpe. de chœur de l'Europe. il parle de la musique d'une manière à faire hausser les épaules à tous les enfans . On a cru devoir imprimer cette lettre telle qu'elle a été écrite par l'auteur. . Lilléralure (an XIII.CHRISTOPH-WILIBALD GLUCK des plus grands moyens démouvoir affections. précédée de ce « N. Il n'en est pas la même chose en France s'il y a des gens de lettres. il y en a beaucoup aussi . les cantatrices et un grand nombre de professeurs mais tous les gens d'esprit et de lettres. et il dit : ma doctrine.éthode. t. B. de la nouvelle sortie qu'un deux. j'ai cherché la grande et forte expression. monsieur. d'Allemagne et d'Italie sans exception. Il y a apparence que ces messieurs sont plus heureux lorsqu'ils écrivent sur d'autres matières car si je dois juger par l'accueil que le public a eu la bonté de faire à mes ouvrages. >> Cf. J'ai vu contre moi d'abord les chanteurs. et qu'en 413 et d'exciter les conséquence j'ai pris une nouvelle m. m'en ont bien dédommagé par les éloges et les marques d'estime qu'ils m'ont donnée. qui se sont déclarés contre moi. ce public ne tient pas un grand compte de leurs phrases et de leur opinion. et il dit : Je veux. de La Harpe. 286-287). .

que parmi les gens de lettres en France. J'ai l'honneur d'être avec une grande estime et reconnoissance. -Irm/V/e avait été représentée le 23 septembre 1777. savent du moins ce qu'ils disent. monsieur.414 ECRITS DE MUSICIENS Et piieri nasum rhinocerontis hahenl. La l'arpe en rendit compte dans son journal le 5 octobre. Le musicien en a fait une : '< . ne trouve rien. absolu- ment ( '. il y en a qui. vous qui m'avez défendu contre lui avec grand ? Ah je vous prie. Est-ce que vous ne lui dites pas un petit mot. monsieur. si ma muquelque peu de plaisir. de ne pas me rendre aux très-judicieuses observations que vous venez de faire sur mes opéras dans . cette appréciation du rôle principal Le rôle d'Armide est presque d'un bout à l'autre une riaiderie monotone et fatigante. Il donnait pour terminer. Monsieur. mettez-moi en état de prouver à mes amis connoisseurs en Allemagne et en Italie. A M. en parlant des arts. Le Chevalier Gluck. votre Journal de Littéraje ture du 5 de ce mois(i) rien à y répliquer. votre très-humble et très- un avantage sique vous si ! fait obéissant serviteur. Il m'est impossible. DE LA HARPE [Octobre 4777].

que le Poëme ne semblât pas moins fait sur la Musique que la Musique sur le Poëme. j'avois été frappé d'une autre Chanteurs des deux nations. les silences mêmes. tous les à un seul que l'union devoit être si étroite entre les paroles et le chant. Qui par Fart imité ne puisse plaire aux yeux. enfin que la voix. dévoient tendre but qui étoit l'expression. devoit se modifier comme eux. qui l'inséra le 12 octobre.CIÎRISTOPH-WILIBALD GLUCK 41» J'avois eu la siinplicilé de croire jusqu'à présent qu'il en éloit de la Musique les comme des autres Arts. Mémoires. » Glu<. et n'avoit pas de quantité déterminée comme sons.k adressa sa réponse au Journal de Paris. // nest point de serpent ni de monstre odieux. Je m'étois persuadé que le comme en chant rempli par- tout de la teinte des sentiments qu'il avoit à expri- mer. et . Je croyois ce précepte vrai en Musique Poésie. Si je trouvois aux uns la voix plus molle et plus flexible.). 271 et suiv. (Cf. que toutes passions étoient de son ressort. la Langue Italienne . les instrumens. les autres me sembloient mettre plus de force el dill'érence entre les Métlée. pp. Ce n'étoient pas là mes seules erreurs j'avois cni observer que la Langue Françoise étoit peu accentuée. et a oublié qu'Armide est une enclianleresse et non pas une sorcière. et qu'elle ne devoit pas moins plaire en exprimant l'emportement d'un furieux et le cri de la douleur^ qu'en peignant les soupirs de l'amour. et prendre autant d'accens différens qu'ils avoient de dilTérentes nuances. . Leblond.

est la Musique que le chant. même dans ces momens personnage chantant. le Compositeur doit toujours conserver le même motif de chant. que moi après l'avoir pratiqué vos observations.416 ECRITS DE MUSICIENS j'avois conclu de là que chant Italien ne pouvoit convenir aux François. et que le de désordre. doit être régupendant quarante ans. Monsieur. les cadences et les autres défauts dont leurs airs m'avoient paru chargés. pour plaire. où . animé de différentes passions passe successivement de l'une à l'autre. Vous qu'il suffit d'être Homme . : . Monsieur. En parcourant ensuite les partitions de vos anciens Opéras. Voilà. que je veux les re. j'y a vois trouvé assez de beautés réelles pour croire que les François avoient en eux-mêmes leurs propres plus d'action dans leur jeu le : ressources. de Lettres pour parler de tout. Je conviens avec vous que de toutes mes Compoje sitions Orphée est la seule qui soit supportable demande bien sincèrement pardon au Dieu du goût d'avoir assourdi mes Auditeurs par mes autres Opélier et périodique. me prouvez. Aussitôt . ne m'empêchent pas de voir qu'ils sont pilo3ables j'en suis si convaincu. quelles étoient j'ai lu mes la idées lorsque lumière a dissipé les ténèbres j'ai été confondu en voyant que vous en aviez plus appris sur mon art en quelques heures de réflexion. malgré les trilles. Me voilà bien convaincu que la Musique des Maîtres Italiens est la Musique par excellence. ras le nombre de leurs représentations et les applaudissements que le Public a bien voulu leur donner.

les Opéras de Quinault quoique pleins de beautés. avec des sourdines. je bannirai scrupuleusement tous les insIrumens bruyans. mais de très mauvais Opéras dussent-ils donc devenir de très mauvais Poëmes. ce qui ne sera pas difficile. je vous supplierai de me procurer la connoissance de quelque Versificateur qui remette Armide sur le métier. que tous les Spectateurs en seront attendris faire de . ce sont de fort beaux Poèmes. . je tel Poëme qu'il est. judicieusement. je veux mettre dans la bouche d'Achille furieux un chant si touchant et si doux. car. jusqu'aux larmes. hautbois. pris nos dimensions. bien entendu il ne sera [)lus question que d'arranger les paroles sur ces airs. puisque d'avance nous avons . sont coupés d'une manière très peu favorable à la Musique. et qui ménage deux airs dans chaque scène.CHRISTOPH-AVILIBALD GLUCK 417 nouveau et coumie je vois que vous ôles pour la Musique tendre. A le l'égard d'Armide. tels que la timbale et la trompette je veux qu'on n'entende dans mon Orchestre que les : . les cors-de-chasse et les violons. mais une Enchanteresse je veux que . une Sorcière. Alors le rôle d' Armide ne sera plus une criait lerie monotone et fatigante. comme de raison. Nous limiterons ensemble la quantité et la mesure des vers. Je travaille de mon côté la Musique de laquelle. comme il n'est question que d'en faire de beaux Opéras à votre manière. les flûtes. je ne m'erabarasserai pas du reste. me garderai bien de laisser comme vous l'observez . pourvu que le nombre des syllabes soit complet. ce ne sera plus une Médée.

rendez-lui procurez. et que le Récitatif ou l'espèce de Déclamation notée. je ne veux point contrefaire la Nature. osoit bien présenter aux Athéniens Oedipe les yeux ensanglantés. en me les remettant M. dans la plus belle de ses Tragédies. mauvais esprit s'avisoil de me dire Monsieur. je veux Vembellir. je veux qu'elle vous enchante. de blesser l'Artiste sur qui elle tombe . cet infortuné Roi. de la Harpe vous donne d'excellens airs. et pour le . : . l'esprit de la doctrine répandue dans vos observations? J'ai procuré à plu« Il faut sieurs de mes amis le plaisir de les lire être reconoissant. au lieu de faire crier Armide. par laquelle étoient exprimées les plaintes éloquentes de tendre sans Si quelque : . Monsieur. prenez donc garde qu'A rmzofe furieuse ne doit pas s'exprimer comme Armide enivrée d'amour Monsieur.je ne veux point e//)-«i/er l'oreille de M. relevez-y tout ce qui ne vous plaira pas. m'a dit l'un deux. que Petite-Maîtresse la plus vaporeuse puisse l'enle moindre agacement de nerfs.vous ses Ouvrages Poétiques et le change Littéraires. il fait sa profession de foi de Musique. . devoit sans doute faire entendre douleur la plus vive je lui répondrois de la Harpe ne veut pas entendre le cri d'un homme qui souffre. et par amitié pour lui. de la Harpe. et en même temps si tendre. S'il insistoit et s'il m'observoit que Sophocle. ^I. Bien des gens prétendent que la censure dans les Arts ne produit d'autre effet que l'accent de encore que la .418 KCRITS DE MUSICIENS clans lier^ si ia son désespoir elle vous chanle un air si régupériodique. N'ai-je bien saisi. lui répondrois-je.

le notte pour un louis . degré de mon dévouement pour vous. un Homme de Lettres juger despotiquement . Musicien. 16 novembre 1777. de décider en Poésie mais cela sera-t-il plus étonnant que de voir un Poète.jen'écrirois passeulemenl une concevez par là. Madame. Mme . je sens. . A MADAME LA COMTESSE DE PRIES Madame. ils disent.CHRISTOPH-WILinALD GLUCK 41!) prouver. il m'est impossible de m'y rendre. si rien est plus utile à l'Etat que les Journaux. que j'ai l'honneur de vous envoyer. et j'en suis si dégoûté. sans encourir le sort de ce Dissertateur. (i) On m'a si tracassé sur la musique. On pourra vous objecter qu'il ne vous sied pas à vous. Monsieur. qui faisoit en présence d'Ânnibal un long discours sur l'Art de la Guerre. en français à Paris. in-4». que jamais les Poêles n'ont eu plus de Censeurs et n'ont été plus médiocres que de nos jours mais consultez là-dessus les Journalistes. A. Jamais le catalogrue de la célèbre collection Fillon la Cocîtesse de Fries. que toute réflexion faite. qu'à presenl. . . puisque j'ai pu me résoudre à vous arranger pour la harpe les deux chansons. en Musique? » Voilà ce que me dit mon ami ses raisons mont paru très-solides mais malgré ma reconnoissance pour vous. L. S. » (1) D'après << (n° 2391). et demandez-leur. 2 pages.

lettre pré- Caraccioli. si les amis communs n'auroient pas mis l'ordre entre eux. est infaticable pour cabaler contre moi. Les enthousiastes me Monsieur. fut représenté le 17 janvier 1778. Roland. et Alceste n'étoient Cette dispute fait la fortune du Rédacteur. ils seroient venus aux faites (sic). tant à la cour que parmi la noblesse (3). qui a déjà au delà de 2. Voilà donc la la révolution de la musique en France. 3) . avec la plus éclatante. Orfée que des petites rencontres entre les troupes légères en comparaison. Cf. Le Journal de Paris. La Harpe et quelques académiciens. et la querelle s'est échaufïée au point. 11 a gagné Marmontel. qu'après des injures.5oo abonnés dans Paris. en est plein. cédente. ont passé par là. L'Ambassadeur de Naples(2). vous êtes heureux de jouir des honneurs de la persécution tous les grands génies pompe : disent . — Je les enverrois volonlier au diable avec leurs beaux discours. M. Suard et quelques autres ont pris ma défense.pour assurer un grand succès a l'opéra de Piccini. (2) 23 septembre 1777.420 ECRITS DE MUSICIENS on a livré (sic) une baltag-lie plus terrible et plus disputée de {sic) celle que j'ai donné avec mon opéra d'Armide Les cabales contre Iphigénie. On le joua environ quatrevingts fois jusqu'à la fin de 1793. qu'on débite tous les jours. Le fait est que (1) La première représentation d'Armide le avait eu lieu à la l'Opéra de Paris. Le succès n'en fut jamais considérable. (i). pour écrire contre mon sistème de musique et ma manière de composer. de Marmontel (d'après Quinault) et Piccinni. M. l'abbé Arnaud.

et sans les abonnés. Le Chevalikr Gluck. qu'un homme. . humble et très obéissant serviteur. on a fait 6767 livres. lui a répondu cela l'oter car je ne puis faire usage de mes bras a fait rire.1^00 livres. tard. délabrés et les abits baignés comme s'ils étoient tombez dans une rivière. Le parterre étoit si serré. Il y a 6 endroits dans l'opéra qui forcent le public à perdre la contenance et de s'emporter.CHRISTOPH-WILIBALD GLUCK l'opéra qu'on clisoil d'être tombé. à cause du mauvais chemin ma femme a trop de frayeur. Je suis au desespoir de ne pouvoir pas encore partir. a produit. madame. Paris. à voir tout ce tumulte il vous amusera autant que l'opéra même. J'ai vu des gens sortant les cheveux : . . P. IG 24 . fait mille tendres compli- ments. 87. et à qui la sentinelle disoit de venez donc vous même a me l'oter. S. Jesuis avec la considération la plus parfaite. Hier. Ma femme vous novembre 1777. en 421 7 re- présentations. Il faut être François pour accheter un plaisir à ce prix là. Je vous prie de me faire mes compliments à monsieur le Baron et à monsieur Gon. Venez y. sans compter les loges louées pour l'année. Jamais on a vu une plaine si terrible et un silence si soutenu. 8" re- présentation. Votre très Madame. qui avoit le chapeau sur la tête.

. 47-48. Renaud me . nous prie de ne plus exécutercette scène. entendre exécuter la scène d'Armide de il. maître lui-même. Cambini (i) il a l'honneuid'assurer ces Messieurs qu'il aura grand plaisir à . Les Amateurs s'adressèrent alors au Carabini avait fuit).422 ECRITS DE MUSICIENS RÉPONSE AUX AMATEURS [Janvier 1778]. Cambini. M. que de vouloir prétendre que les Auteurs ne puissent pas faire productions. Il faut avoir seulement pour but la pro- exécuter leurs gression de (1) l'Art. si bien traité dans votre Opéra. et il aura toujours plaisir d'entendre de la musique meilleure que la sienne. « par principe. le 27 janvier 1777. par délicatesse et par déférence pour ce morceau. Cambini à continuer de jouir du succès de son ouvrage qui étoit à notre Concert deux ans auparavant que vous eussiez fait votre Opéra. les Amateurs et de M. elle devait être reprise en janvier 1778. pp. disaient-ils. Cela seroit une tyrannie en Musique. ^I. soit huit mois avant la première représentation de VArmide de Gluck. Gluck n'entre en aucune concurrence avec personne. » Ils espéraient que Gluck répondrait" de manière à déterminer M. Cambini. au plus fort du succès de cet opéra. Gluck est très-sensible à l'honnêteté de MM. composé une scène d'Armide le perfide deux ans avant l'apparition de la tragédie de Gluck sur la scène de l'Opéra exécutée par Mlle du Château au Concert des Amateurs de l'hôtel de Soubise (palais des Archives nationales actuel). » La lettre des Amateurs et la réponse de Gluck parurent dans le Journal de Paris du 12 janvier 1778.

M. représenté le 21 septembre de la même année. 18C4. vous supplie de présenter mes hommages. En attendant rassemblez vos Iroupes. bailli du HouUet. . 15 Juillet 1878 Vous avez bien raison. d« l'Académie française. ainsi qu'à toute sa (sic) illustre société. surtout madame de Vaines. était avec Suardi un des plus puissants partisans que Gluck s'était faits en France. le bailly 4) vous dira les raisons. (2) Il s'agit dlphigénie tn Taaride. A L'ABBÉ ARNAUD (i) Vienne.CHBISTOPH-WILIBALD GLUCK 423.'ay. directeur de l'Opéra. cajolez bien nos à qui je alliés. Monsieur. Ainsi j'aurai probable( ment derechef besoin de votre redoutable Lras pour atlérer mes ennemis cel hyver prochain sans vousjenaipas le courage de bazarder encore une bataille. (3) De Visrnes de \'al<. je ne pourrai mes deux opéras à Vienne (2) il faut que je me rapproche aux poêles. et d'Echo el Xarcisse. Je compte de partir d'icy au mois de sellembre. Conservet-elje encore cette belle tôte circassienne ? je me la présente souvent à mon imagination. . si Monsieur de Visrnes (3i me peut Unir . je ne pourrois pas partir. 24-25. procurer de l'impératrice la permission de me rendre à Paris. qui fut représentée à Pans le is mai I77!i. Sauf d'elle. L'abbé Arnaad. pp. quand en tra(1) Publiée dans VAmaleur d'autographes. car nous ne nous comprenons pas bien de loiug. (4) Gaud Lebland.

Le duc et duchesse de Parme. ils ont dansés jusque dans le chœur: Pleure 6 pairie^ 6 Thessalie! et imaginez-vous après cela le reste. Voilà une anecdote qui ne plaira pas trop à Monsieur l'ambassadeur (3) que le bon Dieu bénisse. qui l'a vu présenter a Vieni>e. parce ne saurait de quel côté tomber. ambassadeur de Xaples à Paris. L'ami m'écrit après un proverbe italien.421 ECRITS DE MUSICIENS vaillant je ne me sente pas assez échauffé. on les lui demande à Naples où ils veulent avoir tout ce que j'ai fait. Généralement les Italiens l'ont appelle le grand opéra de Bologne. : G. étant ches le prmce de Kaunitz. L'n de mes amis. Monsieur. . Votre très-humble et très-obéissant serviteur ( i ) . perché non ha dove cascare (2). elle doit contribuer beaucoup au succès de mes opéras. que les ballets étoient tout à contre sens. (2) « Le monde va tout seul et ne tombe pas-. archiduc et archi-duchesse de Milan y sont allés à le voir. e non casca. en disant // mondo va da se. la L'opéra de Bologne a été très-courru. m'écrit que la qui faisoit le rôle d'Alceste étoit aux de Amici nues que celui qui faisoit le rôle d'Admète étoit déjà trop vieux.» (3) Caraccioli. et moi je reste avec la plus grande admiration pour votre génie. Gluck. Je vous ajouterai que l'autre jour. (1) Une cantatrice italienne de ce nom chanta à Londres qu'il en 176. l'envoyé de Naples m'a prié de lui faire venir tous les opéras que j'ai faits en France. Ma femme vous fait mille complimens.S. où il fait comparaison de l'opéra d'Alceste avec le monde.

chacun d'eux le Je suis avec le degré d'estime qu'ils méritent. à monsieur le comte de Rochouard (i). Il im- j'ai faits de publier que les Opéra que pour contribuer aux plaisirs d'une nation dont VOTRE Majesté fait l'ornement et les délices.CHBISTOPH-WILIBALD GLUCK 426 P. ont mérité l'attention et obtenu les suffrages d'une porloit à mon bonheur Princesse sensible.\ TAURIDE.ettoutte sa maison. Rochecliouart. S. Tragédie en quatre actes par M. En daignant agréer Ihommage que j'ose vous VOTRE Majesté comble tous mes vœux.Vcadémie Royale de Musique le mardi l!^ May 177it.mise en musique et dédiée à la Reine par le Ch. Gluck. DE Votre Majesté. Représentée pour la première fois par r. A LA REINE Madame ! (2) offrir. je vous prie. et très obéissant Serviteur Le très humble Le Chevalieh Gluck. 24. éclairée. ainsi à 'sic) monsieur et madame de Suard. A Paris. au bureau du Journal de Musique. . qui protège tous les Arts qui en applaudissant à tous les genres n'a garde de les confondre et qui sait accorder à . plus profond respect. qui aime. Guillard. — N'oubliez pas mes compliments. fl) (2) Dédicace d'IPHIGKNIE E.

de Gontard on ne vend aucun Opéra en langue françoise. Matho. A M AD AM E D U P U Je I S (2). du 12 novembre 1779. fin 1779] Gluck a l'honneur de prévenir M. quand et présentée à M. DE GONTARD (i). p.426 ECRITS DE MUSICIENS A M. rue Grainelle-St-Honoré Iphigénie en Tauride cher IM. en qu'icy à Vienne langue italienne votre correspondant trouvera les opéras qu'il souhaite facilement à Paris Iphigénie en Aiilide.M. l'Amaleur d'autographes. chez M. . Madame. 24. ne doutois pas. Le même . : . Gersin. Il saura de lui si l'opéra sera bientôt prête pour pouvoir être achetiez du Public. Alcesfe et Orfée. où il trouvera aussi Armide. Matho a le privilège de faire graver Echo et Narcisse. seulement Alceste et Paris et Hélène. la lettre à M. (1) qu'il je vous ai vous a proposé année- D'après Charavay. et qui mérite bien d'être du nombre de la collection de votre ami. Marchand. Cette lettre fut communiquée « aux Auteurs du Journal ». en son magazin. [Vienne. 1864. de Vismes. (2) Journal de Paris. peut-être le meilleur ouvrage des miens. Cf. par une cantatrice .

& il me semble que votre admission en devoit être une suite nécessaire. Ip/ugénie en Tauride. rien ne vous manque pour mériter les plus grands applaudissements et les obtenir. ni de l'empressement du public qu'on auroit à vous admettre à l'Opéra. craignant que son départ ne fût interprété comme une marque d'insuffisance. quelle raison peut vous en exclure. Mme Dupuis. s'adressait au journal en lui communifpiant In lettre par laqtu'lle elle priait le composi" honorer dune lettre ostensible qui détruise les impressions défavorables qu'on pourroit prendre sur son compte. de l'intelligence. ce 3 Octobre 1779.CHRISTOPH-WIUBALD GLUCK 427 de chanter. teur de r . vu l'utilité grande dont vous y seriez. Paris. ûç^^\a méthode. & avec laquelle je suis. J'y ajouterai l'estime particulière qne je fais de votre personne «& de votre caractère. de la sensibilité. » Gluck répondit par ce témoignage de satisfaction. mais je vous dois la justice de ment & de publier que du côté de la roix. à la reprise de septembre 1770 (?i. L'événe& le Public ont ratifié mon opinion sur le premier point. deux jours après. ni de votre succès. Madame. Je ne sais. Chevalier Gluck. qui aurait chanté trois fois Iphigénie. qui n'a pas laissé de traces à l'Opéra. Votre très-hurabl« & très obéissant serviteur dire Signé.

Ces trois actes. GERSIN (li Vienne. avait été (2) Echo et Narcisse. que désormais je ferai plus aucun Opéra. auteur dramatique. et que j'ai fini ma carrière. appartenait alors à M. le dernier opéra représenté le 24 septembre 1779 (et non le 21. de Gluck. dont le célèbres (Paris. Gersin. mon âge. car vous trouverez sûrement des Musiciens à Paris d"un grand mérite qui seront capables de vous satisfaire sous (sic) tout que vous désirez j'ai l'honneur d'être avec beaucoup d'estime. un Traité du Mélodrame ou Réflexions sur la Musique dramatique. mais sans doute vous ignorez. de Gossec. et le dégoût que je essuiez dernièrement à Paris par rapport à mon Opéra de Narcisse (2). Rosine ou l'Epouse abandonnée^ opéra en trois actes. ainsi que l'indique le livret. Monsieur. qui avait publié. imprimé à l'avance). je suis très sensible à Ihonneur que vous me faites de m'envoyer un plan de tragédie que je dois mettre en Musique. Monsieur. 1837-1838|. m'ont pour jamais dégoûté d"en faire encore des autres. en 1771. . Gersin donna à l'Opéra en 17S6. ce seroit pourtant dommage. 30 novembre 1779. (1 D'après le fac-siniile publié par V Isographie des Hommes L'autographe de celle lettre.428 ECRITS DE MUSICIENS A M. Votre très humble et très obéissant Serviteur Gluck. je le trouve très propre pour produire des grands efï'ets. si vous ne finissiez pas votre ouvrage.

de Bruges (septembre 1872). . que M. il est facile pour une personne qui a du sentiment elle n'a qu'à s'abandonner à l'impression de son cœur. reparut deux fois en 180rt. la nature. 3 fois en 1813 et une fois en 1814. Le texte original nous est incoimu. L'ouvrage. 692 1. tant de part de la cour que [de la du public. estimé ami. un peu plus de vitesse.CHRISTOPH-WILIBALD GLUCK 42ît A KLOPSTOCK Vienne. la 5'. Quelques notes doivent être traînées. 689 1. d'autres accélérées. Bibliolh. (Voir de Lajapte. la 6". réduit en deux actes par Beaunier et Berton. Wotquenne a bien voulu nous communiquer. Un peu plus de lenteur.913 livres. que. un succès complet et vraiment il le mérite car c'est un acteur très distingué et fidèle à ler a part] . Vous me faites des reproches de ce que vous envoie pas d'explication comment Alceste doit être exécuté. 9 s. I. La Gazelle musicale de Paris reproduisit incorroclement la traduction donnée par la Plume. celles-ci produites mi-fortes. que M. En ce qui concerne le chant. Je viens vous informer. mais l'accompagnement instrumental exige tant de remarques. 311-312). gâtent tout baron de Tschudy était le librettiste. music. Je ne doute pas qu'il ne soit fort content je ne de Vienne. Je renonce à indiquer le mouvement. il . Je l'aurais fait depuis longtemps si je l'avais trouvé praticable. du Théâtre de l'Opéra. Schro- obtenu ici. . sans ma présence. celles-là plus accentuées et d'autres enfin faiblement expri- mées. (1) D'après /(/ Plume. (i) le 10 mai 1780. p. ne furent joués que neuf fois. La première donna la lecetle de 1. 4 fois en 1812. n'y a rien à faire. 1 s.

Donc bien que la Bataille d'Hermann doive être ma dernière production. Jusqu'ici je n'ai pu le faire parce que messieurs les Français m'occupaient trop. Je crois donc que vous rendrez beaucoup plus facilement votre nouvelle orthographe familière aux Allemands que moi un opéra d'après mon système. je reste pour toujours. mon désir à cet égard n'en a pas . Vous ne savez pas pourquoi je tarde tant avec la Bataille d'Hermann (2). attendu que chez vous la plupart des artistes ne sont que de& mort de moins été accompli. vous n'auriez rien pu produire de mieux c'est maintenant mon ode favorite et peu de personnes l'entendent sans qu'elle leur arrache des 1-armes. Votre Clarisse est si analogue à ma fille qu'avec tout votre grand génie. Adieu. surtout dans votre contrée où l'on méconnaît ou cherche en vain l'imagination. parce que j'ai rassemblé les matériaux principaux à l'époque où l'âge la maçons et pas des architectes. . je ne crois pas qu'elle sera la plus insignifiante de mes productions. à Hambourg). n'avait pas encore affaibli la force de ma pensée. de Vienne. C'est parce que je veux terminer avec elle mes travaux de musique.^ 430 ECRITS DE MUSICIENS un morceau. votre admirateur et adorateur Gluck. {Adresse : A Monsieur Klopstock. Gluck ne termina jamais cette partition. (1) (25 Voir ci-dessus la lettre du 10 mai 1776. Quoique vous n'ayez rien composé sur raa petite ( i).

Je ne sçauroisdifTérer davantage. vos ouvrages me serviront d'Égide contre ses insectes du parnasse monsieur Sanson qui vous présente cette lettre. est aussi enchanté que moi-même de . à Paris.) p. si jamais je revins à Paris. met cette occasion au nombre d'une de vous prie de ne jamais douter de l'estime que vous m'avez inspiré. monsieur. ô que j'aurois pu en faire un bon usage contre les invectives des Marmontels. d'après l'autographe appartenant à M. en sa maison.CIIRISTOPH-WILIBALD GLUCK 431 A PALISSOT (i) Vienne. consul de Prusse à Paris. Publiée par DEs^NoiRESTERnES. Bamberg. Glucli el Piccinni (1872). celles des plus agréables de sa vie. (1) . sance pendant mon séjour à Paris de votre comédie des philosophes et de la Dunciade. 289. etc. je suis avec parfaite considération. et ses confrères. 18 mai 1780. et j'ai bien des obligations à monsieur comte de Brancasde m'avoir la fait si connoître un des j'aurois connois- plus grands génies de France. à vous marquer le le plaisir suprême que je ressente en lisant vos ouvrages. Je (Adresse : à Monsieur Palissoi. il n'a pas voulu quitter ce pais sans en être le il porteur. votre génie. et désire très fort à faire voti-e connoissance.

1" avril 1907.432 ECRITS DE MUSICIENS EXTRAIT D'UNE LETTRE Datée de Vienne. 80 mai 1781. Ce peuple volage. Le destmataire de cette lettre est probablement l'auteur d'un » hiérodrame ». . tiré \'oltaire. Monsieur. : A VALENTIN (2) De Vienne. (2) communiquée par M. et voilà le Seigneur Bienfaisant qui fixe aujourd'hui son atten lion il semble vouloir retourner à ses Ponts-neufs il faut le laisser faire. secrétaire de la Société Sainte-Cécile de Bordeaux. XVII. Votre obligeante lettre m'a dois vous en remercier. 439 et suiv. après m'avoir accueilli de la manière la plus flateuse. 197-198. . (1) ce 17 avril 1T8'2. et exécuté au Concert spirituel. du Samson de en mars 1782. Ffoquet. pp. le u il mai [1781] (1) croyez point tous les bruits qui courent sur prochain retour à Paris à moins que des ordres supérieurs ne m'y attirent. fait grand plaisir et je Mémoires secrets. pp. Daene. jusqu'à ce que les François soient d'accord sur le genre de musique qu'il leur faut. » Ne mon . plus loin. je n'irai point en cette ville. t. organiste. semble se dégoûter de tous mes opéra. Cf. où il ne se porte plus avec la même foule qu'autrefois. Lettre publiée dans la Revue musicale.

26 . La simplicité de la nature et la force du sentiment doivent être votre guide plus (pio tout autre. (Jui s'en écarte tombe l'ensemble d'une œuvre. et beaucoup moins il m'est possible de m'appliquer clus. Vous êtes jeune. C'est contre mon gré. ainsi lent. Si l'état de ma santé me le permettoit et si je pouvois encore entreprendre quelque chose touchant que le que que vous venez de me faire. je n'aurois rien de plus pressé d'accepter l'olTre contents. je suis incapable d'aucune faç^on. mais il n'y a pas moien de faire autrement. que je ne puis pas me prêter à votre demande estimable pour vous et honorable pour moi. de votre avancement et de vos succès. il ne m'est pas permis. et vous êtes plein de bonne volonté. Monsieur. et surtout de de la vérité dans l'expression. Je suis malade depuis plusieurs mois par suite d'un coup d'apoplexie qui m'est arrivé l'année dernière . De l'obstination et du courage dans vos études. et je suis persuadé que l'un et l'autre nous en serions très Tart dramatique.CHRISTOPH-WILIBALU GLUCK Elle est très flalteuse pour 433 moi et j'y vois l'em- preinte d'un génie ardent avide d'apprendre. qui fonds d'un bon cœur et d'un caractère excelvous font beaucoup d'honneur. de la réflexion et de la combinaison pour le total de la recherche Tout cela joint aux règles de l'art vous mènera loin. travaillez. ainsi vous voyez. Ma tête est afl'aibfie et mon bras droit est per- de faire le moindre travail qui soit d'occupation suivie. Monsieur. et je ne doute pas de vos progrès.

Directeur musique de Monsr. ces la routine ordinaire.) lon. mon la ami. ils doivent être les vôtres. Agréez ce peu de conseils que vous donne un invalide qui ne peut plus être bon qu'à cela et soyez persuadé des sentiments d'estime que vous méritez. Voilà mes maîtres. Journal de Paris. de faire imprimer dans déclaration que je dois faire. Plusieurs s'en éloignent faute d'obsen^er cette conduite en suivant Sondez-les. Monsieur. ce 26 avril 1T8{. ils vous con- duiront. de la A Monsieur Valentin. . le duc d'AiguilBordeaux. que vous m'avez inspiré pour vous et avec lesquels j'ai l'honneur. ils pour ceux qui les cherchent. Monsieur. gez-les.434 ÉCRITS DE MUSICIENS ordinairement dans des incongruités absurdes qui retiennent dans la classe de la médiocrité. A cette école et avec les qualités naturelles et acquises qui sont nécessaires on entre dans le vrai chemin. interro- maîtres. d'être Votre très humble et très obéissant serviteur Le Chevalier Gluck {Adresse: (i). vous répondront. le Vienne. Ils sont dociles Ils vous écoulent. Adieu. consultez-les. Aiguillon en Guyenne. par AU BAILLI DU ROULLET A Je vous prie.

et que mon estime pour lui el mon peu d'expérience m'ont inspiré de lui donner. Pendant six représentations.liiuLiEN. fait mes dernières dispositions.s le titre d'Ilypermneslre. L ouvrage. 173). promis à l'Opéra depuis deux ans. musique de MM. le 26 avril. parut bientôt Les Danaïdes. M. C'est Snlieri qui le remplaça elle représenta avec du Moullet. /(/ '. Salikri. et que n'y ai eu d'autre part que celle des conseils cju'il a bien voulu prendre de moi.CHRISTOPH-WILIBALD GLUCK 435 et que je fais ici. paroles de M.. Salicrifpp. à la fin de 1782. Publié par SciiMil) 'GlucU.'inal. . : que la mort. tra<(édie en cinq après sous le titre de actes. bien en vue de ma fin. j'ai que son heure suit 1. d'après rori£. TESTAMENT (2) Comme rien n'est plus certain soit incertaine. C'est alors ipic du Houllet. comme miséri- Je recommande Lettre mon àme à l'infinie communiquée au Journal de Paris (qui l'inséra mai). . l'opéra de Saliori était. la réponse de et Salieri. admis sou. (2) î. se décida à la publier.ourel rOpéra sous Louis AT/. le ô janvier 1784. X. par le collaborateur de Gluck. Chevalier Gluck (ij. le Chevalier Gluck (1) le 1<) : maître de musique de S. sous le nom de Gluck. Ecrit sur un livret (lu baron de Tschudi revu par du Roullet. qui avait la U-ttre de Gluck depiii'^ |ilus de ((uinzc jours. On attendait le compositeur à Paris.\(1. Voir dans . p. d'après un livret antérieur de Calzabigi. l'Empereur et des spectacles (le la cour de Vienne ». que la musique des Danaïdes est entièrement de M.s:s-184). sain d'esprit. le mim de (^iluck resta sur les affiches.

Holbein.. ma chère compagne de mariage M. Je laisse 20 FI. mon service au moment de ma mort.. et que cela par conséquent n'appars'élève tient pas à ne ma succession. pour 5o saintes Messes. Anna von Gluck. FI. en ce qui conet les bijoux qui se cerne l'argenterie il rencontreront aucune contestation [sur le point de savoir] s'ils sont la propriété de moi ou de ma femme. et lui laisse comme souvenir une Tabatière.4:5G ECRITS DE MUSICIENS corde de Dieu. je laisse entièrement à la volonté de universelle. mon très vénérable cousin M. je nomme ici ma seule lé- gataire univ. [la faculté] ma léga- taire de donner . Joseph v. ou non d'insti- quelque chose à mes frère et sœur et 6. à l'Hôpital 1 FI. mon . Je lègue à chacun des domestiques qui se trou- veront encore à 5.. en- semble 4 4- FI. Si d'ailleurs cette der- nière volonté ne devait pas avoir de valeur testament. une année de gages. mon corps devra être mis en terre selon le rite catholique. que tout ce qui trouvera en fait d'argenterie et de bijoux. conseiller de la cour impérial et royal. Le tout certifié et confirmé par moi. 3. née Berg. à la de l'Ecole normale FI. El.. à l'Hôpital de 1 la Ville. Enfin je comme comme codinomme comme exécuteur testamenlaire. je déclare ici. est uniquement le bien propre de ma femme. mais 2.. comme la base de tout testament est tuer un légataire univ. je veux qu'elle soit valable cille ou comme d'habitude. Je lègue à l'établissement des pauvres général caisse 1 1 FI.

. des témoins appelés et priés à cet le 2. avril 1786. Gluck. CuRiSTOPH V.CHRISTOPH-WILIBALD GLUCK 437 ainsi que par Vienne. la signature et le cachet de chacun effet.

Repris en 1780.Mais à la fin de la même . Floavec une œuvre dun caractère tout nouveau. . eut la au répertoire. dont Rochon de Chabannes. de se faire jouer à l'Opéra de Paris. En passant par Florence. Malgré ce succès. rare à toutes les époques. après avoir entendu VIphigénie de Gluck. né novembre 1750. qui fut joué soixante fois en quatre mois. auprès du célèbre Père Martini à Bologne. Le 7 septembre 1773. l'Académie royale de Musique représentait avec le plus gi-and succès son ballet de l'Union de r Amour el des Arl. indiquait le caractère nettement en révolte il posait contre les sujets « héroïques » en outre le . (juet reparaissait à l'Opéia année.FLOQLKÏ (1750-1785) 25 à Aix-en-Provence. sorte de drame larmoyant dans le goût de l'époque. l'auteur du livret. trois entrées de Le Monnier. à l'âge dé vingt-trois ans. il écrivit à Grétry la lettre qu'on trouvera ici. le chance. le ballet de Floquet ne se maintint que quatorze soirées Étienno-Joseph Floquet. Floquet partit pour l'Italie. le 14 décend^re. se perfectionner dans son art.s.

Il étoit membre de l'académie [thilarmonique de Boulognef. et faisoit trop peu pour mériter d'. pp. quoiqu'il soit i-raueais. novembre 177ti. ce qui l'a conduit à la perte. unse en musique par P'ioquet. voudra bien lui |)iirdoniu3r. Malgré ce préambule patriotique. . en a l'ail assez pour se conserver une réputation. et nous verrons jusqu'où ils iront les Français son! capables de tout. dif-il. L'Opéra répéta encore de lui (en 1785). (5 janvier 177'.. Gluck el Piccini compositeur en « cliauipiuii J'espère qu'on : : .. du mois de mai 1781 et Desnoihkstekrks. le 10 mai 1783. el une tragédie lyrique Uelté qui n'en eul que Iruid. (1) >Sc très- & pour Azolan ou .être regretté il ne travailloit presque i)lus et ne vivoit guère que chez des fdles. la pièce de Chabaimes. (Jràlrij. d'avoir l'ail de la musique. 187:2). 174-I7fi: Lettre de M. A GRÉTRY (2) Je profite. lil)rottiste lui donna un autre ballet héroïque. ils ont même perfectionné ce (ju'ils n'ont pas inventé ». bre 177f>. Flntiuet à M. Fl«M|uet mourut à Paris.t (2i Mercure de France. Monsieur. Que nos musiciens soient encouragés sur le théâtre de l'Académie Hoyale de Musique comme ils l'ont été aux Italiens. n'eut que peu de représentations jusqu'en 1787. datée de Florence le 13 septem- Le même le . 'Voir plus loin le fragment de Ictli-e de (lluck. une Alceftle avec laquelle il voulait combattre Gluck. d'un moment heureux agréable pour avoir l'honneur de vous écrire.FLOQl ET 439 de la iniisique française. . Serment indiscret 'repn'-senté li* 22 novemiire 1774 <pii ne fui joué que vint. dit le continuateur des Mémoires secrets de Bachaumont.s'/c)».'l fois. « Ce jeune musicien. (Paris.

Je vous rends. afin que notre cher Nation soit convaincue que nous avons de la belle musique en France. & homme de beaucoup de mérite. M.ile. qui a fait toutes vos répétitions avec la même exactitude que pathétique. parent du Grand-Duc & grand contrepuntiste.. Monsieur. & qu'il est assez inutile qu'on se tue à faire traduire des opéras italiens. & vos airs remplis de grâces. selon la situation. a été recommencé trois fois. quoique représenté sans décorations des Chanteurs médiocres. les choses telles qu'elles se sont passées. On a trouvé tous vos motifs charmants. le Marquis de Ligniville. On Le quatuor de Lucile avec des applaudissemens étonnans. &c. Mon intention seroit que vous fissiez mettre cette lettre dans les papiers publics. tandis que l'Italie ellepour faire aller l'orchestre. Il vient de passer à Florence une troupe de Comédiens François qui ont joué Liic. eussent appartenus & les jours de s'est mis lui même au clavecin . qu'un seul morceau de Zémire y Azor acheteroit tous les opéra comiques italiens qui ont été faits depuis trente ans. Vous devez des remerciemens al signor Rulini Maître de Chapelle de cette Cour. On traduit Zem/re ^ Azor que sous peu de temps on verra cet opéra sur les Théâtres de l'Italie. avec un succès étonnant. les Deux Avares. si les ouvrages lui il représentations.440 ECRITS DE MUSICIENS VOUS faire mon compliment sur le succès que vos opéras ont en Italie. Zémire çy Azor sur-tout a fait fana- & par vous met au-dessus de tous les Maîtres qui ont travaillé dans ce genre. & je crois . Zémir çy Azor. m'a dit. étant à dîner chez lui. d'expressions & du plus beau tisme. en Italien.

srlail « » en elTcl de donner les lecclles de VIphujénie de <•• alts- IMc- Noire rélieenre à cet étrard. tSc dont j'ouvrai^e (luoique donn«'' les Jeudis et Diman25. Jouissez de vos succès. peuvent faire comprendre. nous a même attire de ju. . J'ai comme l'honneur d'être. avec la plus parfaite considé- ration. parle de vous sans cesse dans ce pays. Les reproches que vous nous avez adressé & dont vous faites mention dans votre Feuille d'hier. que enfants. mais les expressions dont vous vous servez. & l'Italie vous réclame presqu'à la comme un de ses fin de mon voyage. Comme cette idée est très(1) tenu cini. que nous désirions également que vous fissiez la comparaison de nos recettes avec celles dlphigenie en Tauride (i). continuer à plaire à ma Nation. &c. Floquet.stes reproches de la part des Auteurs du Scitjneur bienfaisanl. ne portoient que sur le silence que vous gardies sur l'accueil favorable & plein d'indulgence que le public continuait de faire au Seigneur bienfaisant . Je suis j'ai tâché de faire vous. avec Monsieur. & mériter le suffrage de l'Europe entière. qui applaudit à vos tout le fruit possible. traductions. disaient les ault'urs ». 31S. AU JOURNAL DE PARIS [20 niarsl781J Messieurs.FLOOUET 441 même On traduit nos ouvrages. Le Journal de Paris du 1S> mars (p. qui paita^jecienl alors la Scène. Puissé-je.

nous croyons notre délicatesse intéressée à nous expliquer publiquement à cet égard. Expédié R.000 liv. le '2 Mars.. (1) Areh. institué en 1782. Qi 621. à l'Hôtel de l'Académie royale de Musique.. & c.442 KCUnS DE MUSICIENS éloignée de notre façon dépenser. Le Comité de l'Opéra. L'Opéra avait repris le Seigneur hienfaisant le 15 février. AU BARON DE BRETEUIL Ministre de l. Celte leltre doit èlre datée de la fin de février 1785. représcntalion d'Iphigénie en . & nous vous prions en conséquence d'insérer notre lettre dans votre prochain Journal. Monseigneur.v Maison du Roi (i] A Monseigneur le Baron de Breleuil. se réunissait deux fois par semaine.400 livres >. tandis que Taurîde n'a donné que 1. mais le jugement dun corps absent. Ministre et Secrétaire d'Etat. Nous avons l'honneur d'être. comme était proprement dit le Comité de l'Opéra a la seconde ches procuroit des receltes la 15' île 4 à 5. Le jugement d'un Corps quelconque prononcé légalement peut influer sur le sort & la réputation des hommes. Les auteurs du Seigneur bien faisant. Nat. rue Saint-Nicaise. le 13 mars. et donné la l-^'0° de VIphigénie de Gluck (16' de la reprise). & qu'en effet nous nous sommes bornés à vous demander justice.

y représentait les compositeur. quelle opinion me sera l'il permis d'avoir du comité de l'Opéra après un jugement aussi illégal.. Sacchini. en 17S2. clief d'orclierilie et avait puccédé à Danvergnc. dont il élaif le maitie de musique. le S. qui ne fut pas représentée. Picciîii ont éprouvé comme moy a chaque ouvrage qu'ils ont donné L'elîet d'un jugc- mens (1) (2) Une Josepli Alcesle. eJKiMir!}.a Suze. il h. Si les S"^'. Monseigneur. les S'\ (il'uck.. connme maître de lorreprésentant au Comité. je ne commence pas ma carrière. Rey & la Suze (2) veulent être de bonne foy ils diront que pour juger un ouvrage il faut en soigner L'exécution bien autrement que ne Ta été ma dernière répétition. chaque ouvrage a été pour moy un nouveau sujet de tracasserie. I. & comment les plus essentiels.FLOQUKT 443 repclilion de mon ouvrage (i). aussi léger (jue celui (jui vient de rendre conli'e mon ouvrage. Le comilé de l'Opéra n'a pas assislé à ma pu juger. . aussi contradictoire avec le premier qu'il avait rendu au mois de septembre. après la sixième répétition du Seigneur Bienfaisant il fut agité au comilé de l'Opéra par gens qui voulaient cabalei. les succès que j'ai eu dans ce pais& môme en Italie me l'ont espérer. fut en effet & son pronoslic|ue fut accompli. clieslre.comme aujourdui de ne point donnei' L'ouvrage. ou il me manquait les insi rua-t'il dernière répétition. &. que je ne serai pas traité en écolier. sera suieniciit relï'ulé par un Ministrojuste ol oquilable comme vous Mon- seigneur. Rey (173S-1811). Dauberval alors niemljre du Comité teint ferme contre tous qu'il réj)Oiidail du plus grand succès si l'ouvrage était donné.

M. je demande? a être entendu encore une fois par des juges legals. je italie et Marc (i) en a invité plusieurs à mon insu a venir en- tendre ma première répétition. je leur ai dit a tous que j'exigeois d'eux toute leur sincérité. & pourquoi me suffire serais je traité avec moins d'indulgence.444 ECRITS DE MUSICIENS ment trop hazardé. leur jugement et celui du comité furent unanimement en ma faveur. et qui aye le plus souffert.. qui aye le plus dépensé. mais beaucoup de cabales et de tracas. Je suis avec respect Monseigneur. . un seul homme sous le masque de L'anonime peut emprunter cent plumes. que m'en est-il revenu. et ce titre seul doit je suis français. Votre très humble et très obéissant serviteur Floquet. — et après je me soumettray a ce qu'il vous plaira d'ordonner. Monseigneur auprès d'un Ministre me suis endeté pour passer trois ans en pour ajouter a mon talent. l'auteur du livret d'Alcesle. je reclame Monseigneur voti'e justice. de grands succès a la vérité.. (1) Raizins de Saint-Marc. sans avoir fait examiner mon ouvrage par les plus célèbres artistes. et je suis le seul dans mon art connu qui naye rien. et ce n'est qu'un anonime. de St célèbre. et pour est-ce quoy juge t'on différemment aujourdui quelques lettres anonimes qui leur ont été écrites qui ont opéré une si grande révolution chez eux. je ne me suis pas présenté à 1 Opéra.

chargé d'une nomhrcuso faniillc'. le fit entrer au conservatoire de Sant'Onofrio.'luckisledesdisciplcsde Gluck. le chef-d'œuvre qui lefailconsidérercommelc plust. à Venise. avec grand succès. H y apprit le violon avec Fiorenza. Fra Donalo. du moins en France. . qui enseignait en même temps Piccinni et Guglielmi. à la cour. . Sacchini faisait exécuter au Conservatoire son premier essai dramatique. Une Semiramide. un intermezzo.GASPARD SACCHINI (1734-1786) La destinée d'Antonio Maria Gasparo Sacchini ne fut. à Rome. jouée au théâtre Argentina. Ce maître mourut en 1735 l'année suivante. eut un tel succès. Durante le découvrit. en 1768. le chant avec Manna. Puis il travailla pour les petits théâtres de de Naples. il était fils d'un pécheur. à Xaples. Api'ès avoir donné. Alrssftmlro nell'India. pas heureuse. la composition avec Durante. il fut nommé directeur de l'Ospedalelto (Conservatoire de jeunes lilles) de cette ville. que Sacchini vint se fixer dans cette ville. Né à Pouzzolosen 1734. où il vint mourir après avoir vu représenter.

tenu ne laissait rien à sa . en 4775. le 28 février.446 ECRITS DE MUSICIENS A la fin de 1171. couronné récemment au concours de poèmes lyriques institué par un arrêt du conseil duroidu 3 jan- Sacchini. y obtenant beaucoup de succès (avec // grand Ciel. la gène (la pension de 1.000 que lui devait l'Opéra ne lui était pas régulièrement payée). en octobre 1785. 18 novembre 1783. Il y resta dix ans. 156 représentations puis Chimène ou le Cid. ces deux œuvres étaient des adapta- tions. à venir sur le continent. qui n'atteignit la cinquantième qu'en 1790 (Fontainebleau. Le l^"" août 1781. travaillait déjà sur le livret d'OEdipe à Colone. le 8 octobre. qui fitjouer. il était reçu à la cour. des parodies. comme on disait alors. le lit reliennes antérieures. eut moinsde succès encore (41 représentations du 30 novembre I78i à fin 1800). Pressenti depuis cinq ans par Framery. i) février 1784) . Liicio Vero. d'œuvres ita- œuvre entièrement nouvelle. et Stuttgart. C'est alors qu'il vint à Paris. Nileli et Perseo). sur la qui obtint jusqu'en 1799. Dardaniis. par son compatriote Soldato. il donnait Renaud. visitant Munich. demande de là reine. mort de Russie. prendre à l'Opéra. se décida enfin. mais y faisant des dettes plus nombreuses encore. à la Comédie-italienne. le 4 janvier 1786. Tamerlano. et Paris. Heprt'senté à Versailles. La représentation qui en fut donnée à Fontainebleau. OFdipc fut à l'hôtel 11 donné à l'Opéra le ]''' février 1787. puis VOliinpiade (2 octobre 1772) au : FAmore soldalo k l'Opéra (juillet 1779). et n'eut que six représentations à sa première mise. et il même théâtre. toujours dans livres vier 178 {•. puis se rendit à Londres. . Sacchini quitta lltalie voyagea en Allemagne. la Colonie. Sacchini élail dans l'intervalle. Deux ans plus tard.

. en 1784. ilaliana 1908. I. à Mon cher Langlé. Pbod'uomme. achevé par son ami J. Arvire et Eoelina. 447 notamment à sa sœur. il sera (l) prie de remettre l'argent en iKumes mains. Vllérihuje de Sacchini [Riuisla music. fut donné le 29 avril 1788. et eut 101 représentations.il janvier 1787 (répétition générale payante) lut joué le lendemain. Il donna des lerons de chant el de clavecin à MarieAntoinette. Lani. au début de la Cour el rOpera sous Louis XVI (Paris. .mt. le chefd'œuvre de Sacchini resta presque sans interruption au lépertoire jusqu'en 18^7. apri-s . en italien.G. VIsoi/raphie des '. 1). de paionfs fi. a été publiée en fac-siraile dans hommes célèbres. en 1741.ivoir étudié avec Léo. A LANGLÉ(i) Paris. né à Mor.-B.aco. puis y i-eparut encore jusqu'en 1814. le 20 scpleml>rc 18(t7. mort à Villiers-le-Bel. OEdipe. 23 mai 17S4. répété le . Cette lettre.iis. à de rares intervalles. 1878). le plus élevé de tout l'ancien répertoire. je le mon domestique. très malheureuse.tl).SACCHIM ramillc. Cet ouvrage. Un ouvrage posthume de Sacchini. Rey. Lors de la création de ILcole de ch. Soldalo.uir. et J. Plusieurs ouvrages de Sacchini ont été réédités dans la collection Michaelis. Jullien.o83 rej)réseutations. Voir l'étude de M.anj^lé-Lariîjlois llonoréFnjiir(»is-Marie). vint A Paris en 17(i4. il en fut l'un des premiers professeurs. et mère de vingt-deux enfants. donnant un total de .'lé donna (lorisandre à i'Ctpéra I7'. au Conservatoire de Naples. Ad.

le fameux violoniste. (2 Giovanni-Battista N'iotti. je ne manquerai pas. né à Fonlanetto da Po.448 ECRITS DE MUSICIENS fameux traiteur (i) s'apprête à bien nous traiter (2). Adieu cher Langlé. et j'aurai beaucoup de plaisir à pasun temps plus long avec vous. ayant des empêchements. mais Dimanche prochain. rue de Richelieu. Si vous allez à l'opéra ce soir. (3) Mlle Gavaudan cadette. numéro 14 actuel. Il était arrivé à Paris en 1782. le 28 mai 17. et noire goût. Il devint accompagnateur de a reine et maître de chapelle du duc de Soubise (1783). mort à Londres le 3 mars 1824. peut-être que j'y viendrai parce que curieux d'entendre la Gavaudan (3i au je suis Théâtre. (1) Soldato était le propriétaire de Ihùtel de Russie. et s'était fait entendre souvent au Concert spirituel.53. où demeurait et où mourut Sacchini. Je suis toujours votre ami et serviteur. ser Sacchini. . et attend nos ordres ou ceux de Violti pour savoir la qualité et la quantité du repas. Je ne puis aller chez Mad"-' Senary (?) ce matin.

.TABLE Préj ace XV.SIÈCLE G( ILLAUMK Notice DUFAY (1400? -1474) : 11 Testament (1474) Antonio Squarciallim 13 (1417-147 ? ) : Notice Lettre à Giovanni de Medicis (1450) Li'ttre à Guillaume Dufay (14<i7) 25 26 27 XVL SIÈCLE AoniEN WiLLA EUT (1490? Notice -1002 : 30 Testaments (1502-1002) Cyphien de Kore (151*5-1565) M : Notice Lettre à Hercules IV. Dédicace du l^remier Lirre de /'sniiilmes (155! Dédicace du Tiers Lii're de Pneuntnics (1557 . de Ferrarc (1558) Lettre à Ferdinand H. ^^^ Il 45 Goudimel (15(I5 ?-1672) : Notice 47 is . 51 . de Ferrare (1559 Clai-di.

• 56 59 60 62 RoL. 64 67 81 ToMAS Luiz DE Victoria Notice (1540 ? 1613 ? ^ : Dédicace des Hymnes. .. .. duc de .. Dédicace du \IIR Livre A Séguier. l^l 123 124 126 127 . . . Dédicace des -l/rs f/e Cou/.. .)4. Dédicace du VIL Livre d'Aiis de Cour 1630)..4i"0 ECRITS DE MUSICIENS Lettre à P. .. . August (1580) : . Lettre au comte Striggi (1620) Lettre au marquis Bentivoglio (1627) 107 109 112 119 Antoine Boesset Notice (1585-1643) : Au Roy.(1611) .\ND DE Lassus (1539-1594) Notice Lettres au duc de Bavière.. Au Roy. Melissus (1570) Lettre au même (1572) PiERLTjiGi DA 52 54 : Palestrina (1526-1594^ Notice Dédicace du Premier Livre de Motels (1569) Dédicace du Quatrième Livre de Motets (1574) Dédicace des Hymnes (1589).. A Richelieu.. Dédicace du Livre second des Pseaumes (1621). . (1567-1643) : Notice Lettre \'inceiizo Gonzaga. 102 105 Claudio Monteverdi :>.. . ..... Dédicace du W I" Livre il643) .. . Dédicace des Cinquante Pseaumes de David (16i. à Grégoire XIII Lettre au duc d'Urbin (1603) (1581) 84 85 86 XVIP SIÈCLE GiULio Caccini (1550? -1C18): Notice 88 89 96 98 Préface des Nvove Mvsiche (1601) Lettre au grand-duc de Toscane (1605) Lettre à Belisario Vinto (1605) Jan Pieterszoon SwEELiNCK Notice (1562-1621) : 101 . Wilhelm (1572-1580) Lettre à l'archiduc de Saxe..Mantouc (1601.

.v<-s (••'''7) *J''*8 Dédicace des . Response faite à vn cvrieux (1039) (fragment) Jacqles Gaultier (159 ? -1617 ? ) : HO 152 Notice. . . Lettre à . (1610-1084) . 202 205 . RoDERT Cambert (1G2S-1077 li'O Iil3 Dédicace des Airs à Boire (16r>5) Advis au Lecteur du même ouvrage lt»5 Henri Dumont Notice.TABLE DES MATIÈRES Artiiuss aux-Cocstf. Dédicace lics (Jualruins de M.s/a/J.Iacoi ES Huygens (1047) 153 : DL GoLiY (XVir sièclcj Notice Préface des Airs à quatre parties sur 156 les l'seaumen 158 de Godeau (1650) Les Chabanceau de la Barre (XVII' siècle) : Notice Lettre d'Anne de La Barre à Huygens (1048) Lettre de son père au même (1048) 174 . . .Iean-Baptiste de Lullv Notice Lettre à Colbert (1672) 1032-1687. . 180 182 183 Dcdicace des Pièces de Clavessin Préface du même ouvrage (1670) Thomas Gouert Notice Lettre à ( ? -1072) : Huygens (1040^ (1010) 185 180 187 : Au môme Notice. 175 170 ChAMIMOM DE ClIAMISONMÉHES Notice (1002-1072): -. Matliieu {laryZ) la suite dea Ouatrains 13S 13") Avertissement du Andri': même -16 ? ) : ouvrage Maugars (15 ? Notice 139 . : !!"• 3/e. Dédicace de deM.aux 451 lô? -I(i56?) : Notice A Nicolas Le Jay. . thieu (1643. 129 MaISl A Malliieu Mole. . .

Roy.Second L/k/'c Je A/o/e/s (1700) Dédicace du Quatrième Livre de Motels (1706) . . (1673 Dédicace Dédicace Dédicace Dédicace de Pensée il(J82. .. Fragments : 232 Michel de la Barre (1680? -1743) Mémoire sur André Campra Notice les Musettes et Hautbois (vers : 17-10) . Roy. de Vldijlle sur la Paix (1685) d'Armide (1686j d'Acis et Galalhée (1686) : . 246 248 249 251 André Cardinal Destouches (1672-1749) : Notice Traité avec l'éditeur Ballarii (1712) 252 253 Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Notice Lettre à la Municipalité d'Erfurt 17081 Lettre à Becker (1714) Lettre à la Municipalitéd'Erfurt (1722) Au Roi de Pologne. ... . .452 ECRITS DE MUSICIENS Au Au Au Au Au même Roy. Roy. . 241 242 '1660-1744) Dédicace du Premier Livre des Motels (1695) Dédicace du . . 207 208 211 213 214 Georg Muffat Notice (16 7-1704) Dédicace du Florilegium primum (1695) Préface du même ouvrage Préface du Florilegium secundum (1698) 216 217 221 223 XVIII" SIÈCLE François Couperin Notice (166S-1733) : 228 Au Roi. . .. Electeur de Saxe (1725) . Dédicace de l'Art de toucher le Clavecin (1717) 230 (1686-1739) : Renedetto Marcello Notice 231 la Le Théâtre à Notice Mode {1720).. .. Au même (1725) 255 259 261 263 264 265 .

son beau-frère (1719) Au Roi.. Lettre à Michaelsen (1731) Au même (1731) Lettre à Mattheson (1735) Lettre à Charles Jennens. Au même (173(. Dédicace de VI Concerlos[MH). 339 341 342 343 l'infant d'Espagne. Rameau (1()83-1764) Notice Lettre à Houdart de la Moite (1727) Lettre à Chri. ( 273 275 277 279 282 283 GeORG-FrIEDRICII HiTCNDEL H>85-1759). Dédicace de /îa(/om/.3 Au même : Réponse au rapport de l'Université de 2fi6 A A Klemm (1730..stin. Notice Lettre à Micliaelsen.s/o( 1720) Lettre à Michaclsen (1725) Lettre à Colman Au même (1730) (1730) ... Dédicace du A A Livre de Sonates (1734) la princesse d'Orange. 330 332 334 336 Jean-Marie Leclaih l'aîné Notice (1697-1764) : Au Roy..TABLE DES MATIERES 4r. à Lyon (1741) Lettre à Mongeot (1744) Lettre au Mercure de France (1749) Lettre à l'auteur du iV/ercure (1752) Lettre à Béguiliet.. Esq.. .• 32*. 303 306 308 Fkançois Colin de Blamont Notice Lettre à Tannevot (sur Lalande) (1728) 314 315 Jean-Philippi.) Au même (1738) A Mme Klemm (1738) A EliasBaclMl748} Leipzig' (172Ô) Erdmann (1730 .. Dédicace du IV' Livre de Sonates (vers 1740) ///" . à Dijon (1762) : 319 323 .•. (1735) 285 289 291 292 294 296 297 299 301 302 Au même Au même Testament (1741) (1742) (1750-1759) (1690-17()0).

fragments '1711-1773j : 349 351 Cassanea de Mondonville Notice 363 le A Mgr duc de Boufflers. . Dédicace d'Ipfiiijénie en Aulide (17H) A la Reine.DédicacedePar/<iced£/ena(1770) de du Roullet à Dauvergne (1772) sur la Musique. Dédicace d'Ip/iir/énie en Tnnride Lettré â M. Dédicace des Pièces de Clavecin iUM) .. " . 398 400 401 1.JOACHIM QUANTZ Notice Autobiographie (1752). . Gersin (1779) Réponse Lettre Lettre Lettre Lettre . .\u Roy. . . . ' 371 Chbistoph-Wiliuald Gluck Notice '1718-1787) : 374 Au grand-duc d'Alcesle 1769) de Toscane. Carnaval du Johann-Adolf Hasse . Dcdicace du Parnasse (1749)... Dédicace d'Orpliée et Eurydice (1774 Lettre à KIopstock (1776) Lettre Lettre Lettre Lettre .. Lettre à du Roullet (1776) à un écrit de Framery (1776) aux musiciens de l'Opéra (1776t à J. .454 ecrits de musiciens Le Camus Notice (17? -17?) : Pj-éface de« Psaumes de DanidlMFA) (lf)97-]772i : 345 345 JOHANN-. à KIopstock . . au Mercure de France (\77'i]. . (1699-1783) : Notice : Lettre au comte Algarotli (1757) Lettres à l'abbé Orles (fragments) (1769 et 1771) 368 370 .i773) au Père Martini (1773) . B.. 403 405 409 411 412 414 419 422 423 425 426 426 428 . Suard (1777) à La Harpe (1777) à la comtesse de Fries 1777) Réponse aux Amateurs (1778) Lettre à l'abbé Arnaud (177S) A la Reine. de Gonlard 1779) Lettre à Mm" Dupuis (1779) Lettre à M.. Épître dédicatoire 378 382 387 394 397 Au ducdeBragance. 365 367 A Mme de Pompadour.

Valentin.TABLE DES MATIERES Lettre à Klopstock (1780 Lettre à Palissol (1780) (17SI) Extrait d'une lettre à ? Lettre à M. à Bordeaux (1783) Lettre à du Roullet 1784^ 455 429 431 Testament (1786) 432 432 434 435 Floquet (17r)0-1785): Notice Lettre à Grélry (177(1) Lettre au Journal de Paris(l78\) Lettré au Baron de Breteuil (1785) 438 43îi 441 442 Gasparo Sacciiim 1734-1780) : Notice Lettre à Lnnt.dé (1784) 445 447 149 Table .

ARRAULT ET A TOURS C-' pour le MERCVRE de FRANCE .ACHE VE D'IMPRIMER le vingt-huit juin mil neuf cent douze PAR E.

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La Bibliothèque Université d'Ottawa The Ubr University c Date Dl Echéance N0\/3n*81 ^^ DEC17'8!DEC 13 78 éé ^V^t a'. 0ECU78 > 05"^ ^'i^^ CCI I N0V26'80 ^^ I .

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