• Quel est l’objet du droit des contrats spéciaux ? C’est le régime des contrats spécifiques.

Les contrats spéciaux ne sont pas des contrats anormaux, ce sont des contrats spécifiques, mais tous les contrats sont spécifiques. La doctrine préfère utiliser l’expression « droit spécial des contrats » qui s’oppose à la théorie générale des contrats étudiée en L2. Un droit spécial des contrats, c’est-à-dire « un ensemble de corps de règles qui a vocation à s’appliquer à chaque contrat, soit que ces règles s’ajoutent, soit qu’elles dérogent au droit commun. Ces dérogations s’expliquent par la nécessité d’adapter la théorie générale aux spécificités de certains contrats. Ce droit des contrats spéciaux contient des règles qui vont s’adapter à chaque type de contrat. Dans cette matière, l’opération de qualification est primordiale car un type de contrat ne sera pas soumis au même régime juridique que son voisin. Il est donc essentiel de pouvoir qualifier les contrats. Il va falloir qualifier, opération qui va nous permettre de classer un contrat dans une catégorie juridique connue, et si l’on y parvient le contrat sera alors qualifié de « nommé » : un contrat nommé est un contrat qualifié par la loi. Cela signifie qu’il existe des contrats nommés au sens courant du terme mais innommés au sens juridique du terme, exemple: le contrat de parrainage publicitaire: il est nommé au sens commun mais n’entre dans aucun régime juridique particulier, il répond à la théorie générale. L’opération de qualification étant primordiale, elle est contrôlée par la Cour de cassation, étant précisé que selon l’article 12 du Code de procédure civile dit bien que les juges ne sont pas liés par les qualifications choisies par les parties. Cette opération de qualification peut être extrêmement simple ou extrêmement compliquée. La pratique peut créer, inventer des contrats nouveaux. Exemple : le contrat de téléphonie mobile. Le contrat de téléphonie mobile est-il un contrat de vente ou un contrat d’entreprise ? On achète un bien mais aussi un service, les ondes. Face à ces contrats dits hybrides ou complexes, comment peut-on opérer la qualification ? On peut l’opérer de deux manières : soit on opère le dépeçage du contrat, c’est-à-dire que l’on va soumettre le contrat à différents aspects juridiques, les aspects du contrat que l’on qualifiera d’entreprise par exemple au droit de l’entreprise et ceux de vente au droit de la vente. La donation déguisée par exemple sera soumise au régime juridique de la vente quant à ces conditions de forme, en revanche quant aux conditions de fond elle est soumise au régime de la donation.

Seconde qualification : la qualification unitaire, la qualification exclusive. Cette qualification exclusive, on l’opère très fréquemment en recherchant quelle est l’obligation fondamentale de l’opération en cause, l’obligation essentielle, et par le principe « l’accessoire suit le principal », on appliquera à l’ensemble du contrat le régime de l’obligation essentielle. Exemple : le contrat de déménagement. C’est un service en échange d’un prix, mais c’est aussi du transport. La chambre commerciale a dit que c’était un contrat d’entreprise dans une jurisprudence constante. Elle a opté pour cette qualification exclusive en disant que la manutention des meubles est l’objet essentiel du contrat de déménagement, et le transport n’est que l’accessoire de cette obligation. Autre exemple de qualification unitaire: l’échange avec soulte: c’est le contrat qui suppose d’échanger un bien contre un autre bien. Mais lorsque les deux biens n’ont pas la même valeur, celui qui a le bien de plus faible valeur doit payer une soulte. Mais est on alors en présence d’un échange ou en présence d’une vente ? Jurisprudence constante: on est en présence d’un échange si la soulte est inférieure à la valeur du bien, on est en présence d’une vente si la soulte est supérieure à la valeur du bien. Troisième exemple: il arrive que l’on aboutisse certes à une qualification unitaire mais non pas en se focalisant sur l’obligation essentielle, mais en créant un contrat nouveau, autonome, exemple: le crédit-bail, c’est à la fois un bail, une promesse unilatérale de vente, de la vente et du mandat. Longtemps cette opération juridique complexe n’a pas été qualifiée. Puis le législateur l’a fait dans le code monétaire et financier. Le législateur a ainsi créé le crédit-bail, nouveau contrat nommé et qualifié, soumis à un nouveau régime juridique propre. Face à ces contrats complexes, deux possibilités donc : qualification distributive ou qualification exclusive. Parfois malgré tout on a un échec de la qualification. On a alors un contrat « sui generis » ( = de son propre genre ) : attention il faut parler de « contrat sui generis » et JAMAIS DE « QUALIFICATION DE CONTRAT SUI GENERIS » . On ne peut appliquer à ce contrat aucun régime juridique spécial, il est donc soumis tout entier au droit commun des contrats et exclusivement à ce droit : exemple : le contrat de parrainage publicitaire. Pourquoi le législateur s’est il donné la peine de réglementer certains types de contrats et pas d’autres ? En principe, le législateur ne légifère que si le contrat répond à un besoin économique essentiel. Sont donc nommés au sens juridique du terme, les contrats les plus fréquents de la vie économique. Un contrat nommé est donc en principe un contrat fréquent, utile à la vie

économique. La conséquence de cette constatation est que le droit des contrats spéciaux évolue, doit évoluer avec la vie économique. Car, plus que le droit commun, ce droit doit répondre aux besoins de la vie économique. C’est donc un droit très - parfois trop - évolutif. C’est un droit très terre à terre. Le droit est là au service de la vie économique des praticiens. Trois phénomènes illustrent ce caractère évolutif : La création de contrats que nous ne pouvions pas prévoir à la rédaction du code civil : exemple : le contrat de transport, on ne pouvait l’imaginer à une époque où les transports se faisaient en charrette. Il est aujourd’hui fluvial, aérien… De même pour le contrat de travail. Aujourd’hui on a un code du travail et un droit du travail pléthorique. De même le contrat d’assurance. Les contrats nommés par le code civil. Parmi ces contrats nommés, la distinction très classique est faite entre les grands contrats et les petits contrats. Les grands contrats étaient et sont la vente, le bail et l’entreprise. Les petits contrats étaient les autres. Petits contrats car des contrats marqués du sceau de l’amitié, de la famille, exemple on prêtait à un ami, à la famille, ces contrats étaient marqués par la confiance personnelle. Tous ces contrats sont en principe gratuits. Or le prêt bancaire aujourd’hui n’est bien sûr pas gratuit. Le mandat, le prêt ne sont plus gratuits. Aujourd’hui, cette acception des choses est totalement dépassée. Il y a un phénomène de professionnalisation et de commercialisation des contrats. Exemple : le prêt à usage. Il est normalement essentiellement gratuit, mais aujourd’hui il accompagne les grands contrats d’affaire. L’apparition des contrats dits « en ING » : exemple : le leasing = le créditbail, ou le rainting. Le franchisage également : le sponsoring = le parrainage publicitaire. Cette nécessité de constamment s’adapter à la vie économique explique que dans ce droit la jurisprudence joue un rôle extrêmement important en tant que source du droit des contrats spéciaux. • Les sources du droit des contrats spéciaux La première est le code civil de 1804. Les rédacteurs ont privilégie la théorie générale, le droit commun des contrats. Cette primauté intellectuelle s’explique parfaitement dans la mesure où la théorie générale a permis de créer des notions fondamentales, elle s’explique aussi par l’histoire : c’est la victoire des canonistes et des volontaristes sur le formalisme du droit romain. Mais il ne faut pas oublier que les quatre rédacteurs du code étaient des praticiens. Mais on s’est quand même occupé des contrats spéciaux car c’était nécessaire. Ce droit permet aux acteurs de la vie économique de se

spéciale. Exemple : le contrat de sous-traitance est soumis à un régime spécial qui relève d’une loi du 31 décembre 1975 et qui n’est pas codifié. c’est aussi une rupture avec le droit civil : on étudie par exemple aujourd’hui le contrat de travail non pas en droit civil mais en droit du travail. elles sont dans le code et cela permet aussi la sécurité des échanges économiques.concentrer sur l’essentiel. c’est donc la jurisprudence qui a adapté ce droit aux nouvelles réalités économiques. Certains textes pour les contrats nommés n’ont pas évolué. ce n’est pas qu’une rupture avec le code civil. le bail commercial (code de commerce). on se moque du reste. Un droit aussi évolutif peut-il convaincre le législateur de . La réglementation des contrats spéciaux est de plus en plus foisonnante. Certains contrats sont eux en cours d’autonomie. Ou encore le bail de location ou le contrat de transport. contrat d’agence de voyage. Cela explique que depuis un certain nombre d’années la doctrine appelle une recodification civile du droit des contrats spéciaux. Exemples de contrat réglementés dans d’autres code que le code civil : le contrat de travail. Le rôle majeur de la jurisprudence. Les sources ont évolué de deux manières : La multiplication des réglementations spéciales hors le code civil. ainsi que tout un tas de contrats liés à la construction (ils sont souvent codifiés à la fois pour partie dans le code de construction et de l’habitation et à la fois pour partie dans le code civil) . C’est pourquoi on a eu un droit des contrats spéciaux dans le code civil de 1804. Cela permet la rapidité des échanges car on n’a pas à négocier toutes les clauses juridiques. les contrats conclus avec les consommateurs qui forment un droit de la consommation qui a un code de la consommation. Dans la vente on négocie le bien et le prix. En 1804 les sources sont donc le code et la pratique. il est énoncé dans le livre 3 aux titres 6 à 16 du code. A l’article 1107 alinéa premier les rédacteurs du code civil prenaient acte de ce qu’il existait des contrats innomés : l’article parle des contrats soit qu’ils aient une dénomination soit qu’ils n’en aient pas. et elle est très souvent non codifiée. par exemple les contrats de consommation. précise. le contrat d’édition (code de propriété intellectuel) . Le fait que certains contrats soient réglementés hors le code civil montre que ces contrats ont pris leur autonomie en dehors du droit civil. le contrat d’assurance (code de l’assurance). La conséquence est que le droit commun a une place de plus en plus résiduelle. les agents commerciaux. Le code civil est donc une source primordial du droit des contrats spéciaux mais pas source exclusive.

Le secteur emblématique de cette influence européenne est le bail. Cette directive a été transposée en droit français par une ordonnance du 17 février 2005 codifiée dans le code de la consommation. de même que la protection du consommateur. L’instrument économique d’une politique dirigiste est en effet la loi impérative avec cette protection de la partie contractante réputée. *L’intervention du droit communautaire en droit des contrats est cependant quotidienne dans le domaine concurrentiel. Leur internationalisation. • Les caractères du droit des contrats spéciaux On a déjà parlé de la professionnalisation des petits contrats mais on va parler ici de deux autres caractères. Il existe par exemple des règlements d’exemption concernant la distribution commerciale ainsi que les directives consuméristes qui sont extrêmement nombreuses notamment la directive du 25 mai 1999 sur certains aspects de la vente et des garanties des biens de consommation. Mais à mesure que ce sont multipliées les législations spéciales.s’en occuper alors que le législateur peur craindre que 5 ou 10 ans plus tard ce droit soit déjà obsolète ? De plus comment choisir les contrats qui entreront dans le code et ceux qui n’y entreront pas ? Une proposition doctrinale du professeur BENABENT consiste à recodifier le droit des contrats spéciaux en fonction des types de contrat sous la forme d’un droit des obligations spéciales : exemple : l’obligation de transférer la propriété.. puisqu’il se situe dans le code civil. L’effet horizontal = on peut invoquer la convention dans un litige entre particuliers. présumée faible : exemple : loi du premier décembre 1948 extrêmement favorable au locataire et toujours en vigueur aujourd’hui. Le droit des contrats spéciaux. est supplétif. L’Union européenne n’a aucune compétence en droit commun des contrats. . Premier caractère : son impérativité croissante. l’obligation de paiement. *Seconde source internationale : le droit européen (ATTENTION ne pas confondre droit européen et droit communautaire) pris en application de la CEDH. le droit de la famille et des personnes mais aussi le droit des contrats à travers l’effet horizontal direct (l’effet vertical = la création d’obligations à la charge des Etats) de la convention européenne. Cette évolution du droit des contrats spéciaux est liée à une évolution de la fonction du droit des contrats spéciaux. Cela permettrait de donner à ces régimes juridiques une cohérence qui parfois leur manque aujourd’hui. se sont multipliées des règles impératives.. Il influence le droit français et le droit privé français.

le bail professionnel… Idem pour le mandat : on a vu des législations hyper spéciales naître : exemple : l’agence commerciale. Première partie : Les contrats relatifs aux biens Titre 1 : Les contrats transférant la propriété d’un bien Prolégomènes : Articles 1582 à 1701 du code civil : c’est le premier contrat spécial étudié par le code. Cette modification de fonction qui entraîne cette modification de nature entraîne une modification des sources car si toutes les législations nationales ne sont pas codifiées c’est parce que les dispositions du code sont supplétives et surtout sont abstraites. L’article 1582 alinéa premier nous parle du prix mais il faut préciser que le prix dans le cadre de . On part à l’origine du droit des contrats spéciaux pour arriver aujourd’hui à la multiplication de sous-ensembles qui relèvent chacun de la multiplication des législations particulières. une sorte de « mille-feuilles » juridique. On a donc une sorte de droit stratifié. un droit donc libéral. On a donc un code civil supplétif général et stable et des législations impératives particulières et changeantes. Dernière évolution du droit des contrats spéciaux : son hyper spécialisation. les agences de voyage : ce sont des mandats spéciaux. Nous n’étudieront pas les contrats aléatoires. C’est ce que Bruno AUPETIT avait qualifié de « tendance régressive du droit » . La définition est approximative et doit être éclairée par l’article 1583 qui évoque ce qui est le cœur de la vente c’est-à-dire le transfert de propriété. Ce droit commun ne s’applique pas constamment mais il permet de nous apprendre les notions fondamentales. les raisonnements fondamentaux. à un droit instrument d’une politique économique et sociale : donc d’un droit supplétif à un droit impératif.On est passé d’un droit nécessaire et qui devait encourager la rapidité et la sécurité des échanges. Quels contrats spéciaux ? Les contrats nommés par le code civil. Définition : Article 1582 alinéa premier : La vente est une convention par laquelle l’un s’oblige à livrer une chose et l’autre à la payer. On va enseigner essentiellement le droit commun des contrats spéciaux. Exemple : la vente : est-on en présence d’un immeuble ? si oui est il à construire ? si oui est-il dans un secteur protégé ? Autre exemple : le bail : on a une réglementation pour le bail d’habitation.

Le plus souvent la jurisprudence adopte une qualification exclusive en se demandent ce qui coûte le plus cher : la main d’œuvre ou les matériaux. un prix et un transfert de propriété. Mais en droit interne de la vente ce critère a été abandonné dans un arrêt de revirement de principe de la troisième chambre civile du 3 février 1985 dit « affaire des armatures métalliques » : chantier avec un entrepreneur et un maître d’ouvrage. alors on est indéniablement en présence d’un contrat d’entreprise. Il est également consensuel et il est en principe commutatif (définition article 1104 = contrat dont on connaît le prix la valeur du bien lorsqu’il est conclu. .la vente ne peut être qu’une somme d’argent. ) . La vente est donc forcément un contrat onéreux. c’est ce qui distingue le contrat de vente du contrat d’entreprise qui est un service en échange d’un prix (article 1710) . Il ne peut pas y avoir vente de service. En présence d’une opération complexe on peut alors opter pour une qualification distributive ou pour une qualification exclusive. C’est la solution retenue par la convention de vienne du 11 avril 1980 sur la vente internationale de marchandise qui est le droit français de la vente internationale : l’article 3 1° nous dit que sont réputés vente les contrats de fourniture de marchandises à fabriquer ou à produire à moins que le client ait à fournir une partie essentielle des matériaux. l’obligation de faire consiste à fabriquer une chose. il faut distinguer selon que le client fournit ou pas les matériaux. La jurisprudence a parfois retenir la qualification distributive. Lorsque c’est le client qui fournit les matériaux. le service de l’entrepreneur. Qualification du contrat de vente : Premier élément qualificatif : Il nous faut tout d’abord un bien. Il faut distinguer donc la vente et l’entreprise. Pour qualifier ce contrat. Cet entrepreneur avait besoin d’armature métallique. Le problème est lorsque le client n’apporte pas les matériaux. C’est le critère qu’a choisi la convention de Vienne article 3 paragraphe 2. L’expression « vente de service » est fausse. Il faut retenir cette définition de la vente : C’est un contrat par lequel la propriété d’un bien est transférée en contrepartie du versement d’une somme d’argent dénommée prix. synallagmatique et translatif. * Or parfois la délimitation est difficile dans un cas particulier mais très fréquent : lorsque le travail. Trois éléments essentiels cumulatifs qui caractérisent le contrat de vente : un bien. Lorsqu’elle porte sur un bien incorporel on parle d’une cession entre un cédant et un cessionnaire : exemple : une créance. Contrat entre un vendeur ou une société venderesse et un acheteuse.

Il y a quand même une hypothèse dans laquelle il a fallu s’interroger sur le régime du contrat : la concession de mines ou carrières : est-ce du bail ? est-ce de la vente ? La professionnel qui faisait cela n’était pas propriétaire de la mine ou de la carrière : c’était donc a priori du bail mais le problème était qu’il y avait impossibilité de restituer ce qu’il y avait dans la mine ou la carrière et qui avait été extrait. alors c’est de l’entreprise car dans ce cas là le travail a une valeur qu’il n’a pas lorsqu’il s’agit de produire à la chaîne une même pièce pour différents clients. Pour les ventes de professionnels au consommateur ce n’est pas le critère non plus : directive de 1999 transposée aux articles L 211-1 à L 211-18 du code de la consommation : les contrats à fabriquer sont forcément des contrats de vente dans la relations consommateur-professionnel. Le prêt de consommation le plus fréquent est le prêt d’argent.Quel est alors le contrat passé entre l’entrepreneur et la fabriquant ? La Cour de cassation a dit que le contrat conclu était un contrat d’entreprise car pour satisfaire la commande d’armatures le fabricant a effectué un travail spécifique en vertu d’indications particulières rendant impossible la substitution au produit commandé d’un autre équivalent. Le bail étant la mise à disposition d’un bien échange d’un prix et sous réserve de restitution à la fin du bail. Un prêt est dit de consommation parce qu’il porte sur des choses consentives (ou consentibles ? ? ?) ( = qui se détruisent par le premier usage exemple de l’essence ) . *Deuxième élément qualificatif : le transfert de propriété. La Cour de cassation l’a donc qualifiée de vente car il y avait impossibilité de restitution du bien. c’est une vente. en revanche si le produit est spécifique. s’il est adapté aux besoins du client. Puisque l’emprunteur a l’abusus. C’est facile à savoir en regardant s’il y a des spécifications sur le contrat. Si le produit peut être produit en série. Pour la vente internationale le critère reste le critère économique. alors il est propriétaire car seul le propriétaire d’un bien a l’abusus. La source principale d’inspiration de cette directive sur la vente au consommateur a en effet été la Convention de Vienne. C’est donc bien l’obligation de restitution de la somme d’argent équivalente au bien détruit qui va permettre de distinguer ici . Différence quand même entre ces deux articles : la réserve « à moins que la partie qui commande ne fournisse les matériaux » n’apparaît plus dans la directive. Cette obligation de restitution permet également de distinguer d’autres contrats de la vente : exemple : le prêt et le prêt de consommation. Le prêt de consommation emporte donc le transfert de propriété. Cet élément permet de distinguer par exemple la vente du bail.

cela permet de distinguer la vente de la donation : la donation est gratuite. mais en pratique cela pose des difficultés . L’apport en société également n‘est pas une vente. C’est forcément une somme d’argent. Le champ d’application de la Convention est doublement limité : article 2 A c’est une convention qui ne s’applique qu’entre les professionnels. Troisième limite objective : la Convention de Vienne ne s’applique qu’aux ventes et ne s’applique donc pas aux contrats de distribution. il peut le faire car il est mandataire dans ce cas c’est un agent immobilier soumis à une législation spéciale stricte et rigoureuse. l’indice principal est le mode de rémunération de l’intermédiaire mais ce n’est qu’un indice. Dernier contrat où le transfert de propriété permet de le distinguer de la vente : le mandat : c’est le fait de permettre à une personne de conclure des actes juridiques pour notre compte. Mais l’intermédiaire peut être le propriétaire s’il a préalablement acheté le bien avant de le revendre et c’est donc un marchand de bien qui n’est soumis à une législation stricte. Le dépôt-vente : C’est un mode de distribution souvent utilisé par les distributeurs de journaux par exemple. 3. La distribution : soit on fait appel à un agent commercial soumis à une législation stricte. Attention à bien distinguer la donation de la donation déguisée ou de la donation avec charges par exemple : sommes-nous alors en présence d’un acte gratuit ? Tout va dépendre du coût de la charge : s’il dépasse la valeur du bien donné alors nous ne serons plus en présence d’une donation. article 3 A deuxième limite. Tout comme la validité du contrat ainsi que tout ce qui concerne la responsabilité vendeur concernant les dommages corporels du fait de la chose transférée subis par l’acheteur. Articles 4 et 5 de la Convention : certaines questions fondamentales sont exclues du champ d’application et notamment tout ce qui concerne le transfert de propriété. Le vendeur de journaux est-il alors mandataire ou vendeur lorsqu’il vend ses journaux ? Troisième élément qualificatif : le prix. Convention conclue le 11 avril 1980 qui est entrée en vigueur le premier janvier 1988.le prêt de la vente article 1892. soit on fait appel à une distributeur qui devient alors propriétaire des produits qu’ils revend alors que l’agent commercial est un mandataire. Les sources du droit de la vente : La convention de Vienne qui est applicable aux ventes internationales de marchandises. Trois situations où il n’est pas facile si on est en présence d’une vente ou d’un mandat : Lorsqu’une personne vend un immeuble qui appartient à une autre. La solution sera donnée par la situation d’espèce.

or Yves Saint Laurent a invoqué ici l’inexécution de ventes antérieures pour anticiper l’inexécution de ventes ultérieures. Juridiquement la décision peut donc être contestée mais il semble qu’elle soit la moins mauvaise des solutions. la Cour de cassation réaffirme les principes mais les difficultés pratiques réapparaissent. Yves Saint Laurent Parfum invoque la convention de vienne et rompt donc le contrat cadre. a rompu le contrat cadre. En l’espèce. cela aurait évincé de la Convention de Vienne toutes les ventes successives conclu dans le cadre d’un contrat de distribution.comme le montre l’arrêt de la Chambre commerciale 20 février 2007 Bulletin numéro 52 ( Séance TD 4 ) . Vienne permet d’anticiper l’inexécution substantielle ou essentielle du contrat. en invoquant l’inexécution de certaines ventes. Yves Saint Laurent Parfums invoque la convention de Vienne et l’exception d’inexécution anticipée inconnue du droit français. de même que les relations d’affaires suivies. la première chambre civile a été d’un laxisme unanimement dénoncé dans un . Le contrat cadre et les ventes forment un ensemble économique qu’il apparaît artificielle de dissocier. En l’espèce Arrêt de la chambre commerciale du 20 février 2007 il s’agit d’un contrat cadre entre un fournisseur de parfums et un distributeur vénézuélien qui ne paie pas et refuse en plus d’exécuter certaines ventes. Le champ d’application subjectif de la Convention de Vienne : Article 6 de la convention : cela signifie que la Convention est supplétive. De plus. La jurisprudence a considéré que l’exclusion de la convention pouvait aussi être tacite. Cette décision peut paraître contestable dans la mesure ou Yves Saint Laurent. Sur ce point. Cet arrêt met en évidence les difficultés pratiques d’une telle distinction. Dans cette affaire la cour de cassation précise qu’il faut concernant l’application de la convention de Vienne distinguer le contrat cadre des contrats de vente conclu sous l’égide de ce contrat cadre. Le distributeur saisit alors les tribunaux pour rupture sans préavis du contrat cadre. Puisqu’il s’agit de l’inexécution des ventes successives et non du contrat cadre de distribution. la convention de Vienne est alors applicable. les ventes ne sont que les applications d’un contrat cadre de distribution. l’inexécution anticipée n’est possible qu’après la conclusion du contrat de vente. En pratique. Toute la difficulté est de savoir quelles seront les circonstances qui vont permettre d’admettre cette volonté tacite d’exclusion. Mais si la Cour de cassation avait pris une autre décision.

Ces trois raisons expliquent la critique de la doctrine et expliquent l’infléchissement ultérieure de la jurisprudence première chambre civile 25 octobre 2005 : d’après cet arrêt la volonté tacite suffit toujours à écarter la convention mais ce silence doit être circonstancié : on rejoint alors le droit commun des contrats. en revanche les sujets de droit peuvent en écarter l’application s’ils le déclarent. Certains auteurs critiquent encore en disant que la Cour n’est pas allée assez loin et aurait préféré que la Cour de cassation exige la connaissance et la conscience de l’applicabilité de la Convention de Vienne. de garder le silence. Au regard des négociations entre Etats qui ont abouti à la conclusion de la convention. Le droit supplétif est obligatoire seulement on peut l’écarter. mais il faut une volonté déclarée pour l’écarter. Le silence signifiait clairement application de la Convention de Vienne. Cette solution a été unanimement critiquée pour trois raisons : (Le simple silence ne peut pas valoir l’acceptation d’un contrat) : C’est surtout une volonté extrêmement hypothétique. Un droit supplétif s’applique en cas de silence.arrêt du 26 juin 2001 : Dans cette affaire la Cour a estimé qu’il y avait exécution tacite de la convention de Vienne lorsque les parties avaient décidé de ne pas l’invoquer devant les juges. le silence non circonstanciée est forcément ambigu. La décision de juin 2001 était contraire à la nature même du droit supplétif. . La circonstance d’après cette décision c’est la connaissance par les parties du caractère international de leur contrat. (Les usages professionnels eux ne sont pas censés être connus et doivent être prouvés) . Mme LARDEUX pense que la Cour de cassation ne pouvait pas aller plus loin car « NEMO LEGEM » = nul n’est censé ignorer la loi donc nul n’est censé ignorer l’existence des conventions. Le mécanisme du droit supplétif est qu’il s’applique en cas de silence des parties. Le silence aboutit à l’application du droit supplétif. il apparaît clairement que le système auquel les Etats adhéraient était un système de « Opting out » = il faut déclarer écarter l’application de la convention pour qu’elle ne soit pas appliquée. Ils faut que les parties s’abstiennent d’écarter cette convention alors qu’elles avaient connaissance du caractère international de leur contrat.

qui porterait sur la promesse unilatérale de contrat. L’avant projet ne concerne pas le droit des contrats spéciaux. Mais aujourd’hui on trouve beaucoup de contrats de vente dont la conclusion s’étale dans le temps. Ce dont il faut être contient cependant c’est que la théorie des avantcontrats concerne le droit commun des contrats. 2. Paragraphe 1 : La préparation du contrat de vente Elle suppose l’étude des avant-contrats. Il est très classique d’étudier cette question des avant-contrats quand on étudie la vente. Cela signifie qu’il est précédé de la conclusions de contrats préparatoires appelés aussi avant-contrats. On pense aux contrats de vente conclus de manière progressive. L’article 1106 propose une réglementation pour l’instant inexistante du code civil. Les promesses : Les promesses sont unilatérales ou synallagmatiques selon qu’un seul contractant s’engage ou les deux (articles 1103 du code civil) . Le contrat de vente est donc soumis au droit commun des contrats avant toute chose. Ils sont très fréquents dans les ventes immobilières.Chapitre premier : La formation de la vente Le droit commun des contrats a été élaboré par les rédacteurs en pensant à la vente et donc presque pour la vente. Mais il existe certaines règles spécifiques concernant l’accord de volonté lui-même Section 1 : L’exigence d’un accord de volonté Pourquoi faut-il s’attarder sur cet accord de volonté ? Les rédacteurs du code civil ne sont partis que sur les schémas de contrat de vente conclu de manière instantané. Ce qui prouve bien qu’il s’agit ici de droit commun. Les promesses unilatérales 4. La vente est avant tout soumise dans sa formation. des contrats dits préparatoires. L’avant projet de loi « Catala » de 2005 contient deux articles concernant les avant-contrats : 1106 et 1106-1. Un autre avant-contrat extrêmement fréquent est la promesse de prêts. Il existe deux types d’avant-contrats : les promesses et les pactes de référence. au droit commun. (Les adverbes sont invariables) . Le droit commun Le mécanisme des promesses unilatérales de vente (PUV) Il existe également des promesses unilatérales d’achat mais on les rencontre . C’est ce que les éléments appellent la « pouktazion » c’est-à-dire que le contrat est conclu point par point. Cela explique qu’on étudie ces avant-contrats dans le cadre de la vente. Ce sont des contrats souvent signés devant notaires et économiquement importants. 3.

Il ne s’agit donc pas d’une simple offre dont on sait qu’en principe elle est révocable à n’importe quel moment. la promesse est onéreuse : on est alors en présence d’un contrat synallagmatique de promesse unilatérale de vente. (Une clause pénale a pour objet de sanctionner l’inexécution d’une obligation. cela a donc un prix que l’on nomme l’indemnité d’immobilisation. la vente est conclu instantanément au jour de la levée d’option et sans rétroactivité. On est donc en présence d’un terme extinctif d’option. le prix de l’exclusivité. » Il bénéficie de ce qu’on appelle un droit d’option. Il bénéfice d’un délai d’option qui n’est rien d’autre qu’un délai de réflexion au terme duquel.beaucoup moins : une stipulée dans les contrats de dépôt-vente : la clause de rachat des individus dont bénéficie un marchand de journaux est une promesse unilatérale de rachat. La seule différence qu’il existe donc entre la promesse unilatérale de vente et la vente c’est le consentement du bénéficiaire à la vente. Cela a donné lieu à un contentieux. . Mais souvent le bénéficiaire donne de l’argent. Si le bénéficiaire lève l’option. La promesse doit porter sur un bien et un prix déterminables. On a également la consigne : quand on ramène une bouteille et qu’on récupère de l’argent : c’est une promesse de rachat. Le promettant s’engage à ne pas vendre à un tiers. La promesse est bien un contrat : il y a bien rencontre d’une offre et d’une acceptation : elles ne portent pas sur la vente mais sur la promesse. Définition de la promesse unilatérale de vente : « C’est un contrat par lequel un promettant s’engage à vendre un bien déterminé et il s’engage envers un bénéficiaire qui est l’éventuel acheteur mais qui lui. c’est le prix de l’immobilisation. C’est une indemnité forfaitaire totalement décorélé du préjudice subi ou même de son existence). C’est une évidence lorsque la promesse est gratuite. Cette somme d’argent est appelée une indemnité d’immobilisation qui porte très mal son nom du moins partiellement. la Cour de cassation était obligé de préciser la qualification de cette indemnité et pour en rejeter d’autres comme la qualification de clause pénale. Elle est bien nommé en ce que le mot immobilisation apparaît. s’il n’a pas levé l’option. mais le mot indemnité n’est pas correct. La promesse est unilatérale parce que seul le promettant vendeur est engagé. n’est pas engagé à acheter. Cela ne pose plus de problème aujourd’hui. une indemnité d’immobilisation n’a aucun caractère indemnitaire. la promesse devient caduque. de l’option.

sans le respect de ces formes la vente est nulle. toute promesse unilatérale de vente doit être constatée dans un acte authentique ou un acte sous seing privé : il s’agit ici de solenniser la promesse. si le bénéficiaire achète. Arrêt assemblée plénière 24 février 2006 (ce n’est pas un arrêt de principe mais c’est un pourvoi sur renvoi. d’où la réunion de l’assemblée plénière) : l’assemblée plénière a fait échapper une promesse unilatérale de vente à la nullité fiscale au motif qu’elle était englobée dans une transaction. En cas d’indemnité d’immobilisation. Malheureusement et de manière tout à fait injustifiable sur le plan juridique. Le régime des promesses unilatérales de vente Certaines promesses unilatérales de vente sont soumises à un formalisme fiscal. En cas de violation de ce contrat le bénéficiaire doit pouvoir demander l’exécution forcée de la promesse. Sauf lorsque l’indemnité est tellement élevé que les juges considèrent que le bénéficiaire n’était plus libre de ne pas acheter : les juges peuvent alors requalifier article 12 du code une promesse unilatérale en promesse synallagmatique en considérant que le bénéficiaire n’est pas libre de ne pas acheter car le l’indemnité est trop élevée. (Les textes d’exception sont de droit étroit. (distinction formalisme ad valitatem et formalisme ad prolationel ?) . La logique est celle-là. Cependant. Quelles sanctions ? Droit commun des contrats : la sanction de principe de l’inexécution d’un principe est l’exécution forcée. Mais la promesse. ils sont d’interprétation stricte) . la troisième . la Cour de cassation est très hostile aux nullités fiscales et a une interprétation très stricte de l’article 1589 indice 2. le montant de l’indemnisation est déduit du prix de vente. elle.L’enjeu était l’application de l’article 1152 du code civil : la faculté de révision des clauses pénales trop élevées ou trop faibles. demeure unilatérale puisque seul le promettant est engagée à vendre et le bénéficiaire n’est toujours pas engagée à acheter. disproportionnées. Ce texte prévoit qu’à peine de nullité. le contrat est bien synallagmatique. donc d’être substitué dans le contrat ou de demander l’inopposabilité de ce contrat pour sa propre personne et la conclusion du contrat de vente. C’est l’article 1589 indice 2 du code civil qui nous le dit qui a longtemps été l’article 1840 A du code général des impôts. La sanction de l’inexécution des promesses : L’hypothèse fréquente est que contrairement à son engagement le promettant vend à un tiers durant le délai d’option. Il s’agit d’une nullité absolue car il s’agit de lutter contre les fraudes fiscales. l’exception est l’octroi de dommages-intérêts. De plus.

En mars 2008 dans un arrêt inédit (donc non publié au bulletin) la Cour de cassation réitère (rétabli) sa jurisprudence. Pourquoi ce raisonnement ne tient pas la distance juridique ? Déjà car le promettant est tenu à une obligation de ne pas faire et non de faire. c’est ravaler la promesse qui est un contrat au rang d’une simple offre. la promesse est un contrat et on ne peut révoquer un contrat que d’un commun accord. Or avec une telle jurisprudence la conclusion de la vente définitive dépend aussi du consentement du promettant. 1142 du code civil. le mécanisme de la promesse veut que la vente définitive ne dépende plus que du consentement du bénéficiaire. C’est une jurisprudence constante depuis 15 ans. Mais ce raisonnement selon la doctrine est intenable. Autre critique : Dire que seul l’octroi de dommages-intérêts est possible. La rétractation illégitime d’une offre donne lieu à l’octroi de dommagesintérêts. la révocation unilatérale est impossible article 1134 alinéa 2. Mais la lettre de 1142 n’est depuis longtemps plus du droit positif : la jurisprudence depuis très longtemps nous dit que l’obligation de faire ou de ne pas faire se résout par l’exécution forcée sauf si celle-ci serait trop attentatoire à la liberté individuelle. L’article 1106 alinéa 2 et 3 de l’avant projet est aux antipodes de la jurisprudence de la troisième chambre civile. Daniel MAINGUI lui défend la position de la troisième chambre mais c’est un des seuls. Or. Enfin.chambre civile de la Cour de cassation en décide autrement depuis un arrêt du 15 décembre 1993 civile troisième bulletin numéro 174 : elle décide que le bénéficiaire ne peut demander que des dommages-intérêts. les obligations de faire ou de ne pas faire se résolvent en dommages-intérêts. Cette jurisprudence nie donc l’article 1134 alinéa 2. La troisième chambre nous dit que le promettant n’est débiteur que d’une obligation de faire. La jurisprudence est unanime et constante depuis des années pour dire que la lettre de 1142 a été dépassé et que le principe est l’exécution forcée. De plus. Les promesses unilatérales spécifiques à la vente . On considère que pour une obligation de faire l’exécution forcée serait trop attentatoire à la liberté individuelle. L’exécution forcée est en jurisprudence depuis des années la solution de principe pour résoudre une obligation de faire ou de ne pas faire. Mais c’est anecdotique dans la mesure ou 1142 soumet au même régime les obligations de faire ou de ne pas faire. 5. Mais la promesse n’est pas une offre mais un contrat.

Article 1587 du code civil : la vente à la dégustation est un contrat préparatoire car puisque la conclusion définitive du contrat dépend de l’agrément de l’acheteur. Cet article prévoit que l’acquéreur qui lui est déjà engagé ne doit verser aucune somme d’argent. on est dans un contrat dit préliminaire. Deuxième exception : dans le cadre de la vente d’immeuble à construire dans un secteur protégé. Mais ce versement serait logiquement nulle car sans cause. Mais ce terme de compromis de vente n’a aucun sens. on parle de clause compromissoire. rédigés dans les mêmes termes… En pratique ce qui est déterminant c’est de savoir s’il y a un délai d’option ou pas. Un engagement unilatéral de l’acheteur alors que le vendeur n’est pas engagé serait de nullité absolue car sans cause. 6. Ce contrat relève exclusivement du code de la construction et de l’habitation articles L 261-15 et suivants. Les promesses synallagmatiques (PSV) L’hypothèse ici lorsque les deux parties sont engagées : le vendeur est engagé à vendre et l’acheteur est engagé à acheter. mais le vendeur est engagé. Ces deux promesses unilatérales ont été requalifiées en promesses synallagmatiques car elles étaient simultanés. Il a une option. Le mot juste n’est pas juste un mot et un terme juridique a une signification précise. Bien sûr cet article n’est de coutume valable qu’entre les professionnels. Le réservateur n’est pas engagé à acheter alors que le réservant est engagé à vendre. Cette notion pose avant tout des problèmes de qualification. Deuxième problème : La pratique notariale nomme ces promesses synallagmatiques de compromis de vente. le . On doit signer un contrat préliminaire qui est appelé un contrat de réservation où le réservant qui est le vendeur s’engage à réserver l’immeuble au réservataire qui est l’acheteur. tout versement serait frappé de nullité. Troisième exception : la promesse unilatérale d’achat instaurée par la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) du 13 décembre 2000 qui a intégré dans le code civil l’article 1589 indice 1 en matière de promesse unilatérale d’achat en matière immobilière à usage d’habitation acquis par des non professionnels. Tout le droit commun ne s’y applique donc pas. Premier problème : la pratique des promesses unilatérales croisées : sont-ce des problèmes unilatérales ou est-ce une promesse synallagmatique ? Arrêt de la commerciale du 22 novembre 2005 où il s’agissait de deux promesses unilatérales croisées. Or le compromis est un terme juridique qui désigne une convention d’arbitrage.

d’expiration des délais de recours… En droit de la consommation est présumée l’existence de la condition suspensive . Les ventes conditionnelles : La condition est un événement futur incertain. Aujourd’hui on ne voit pas la place que peut avoir la PSV à coté de la vente comme le transfert de propriété se fait solo consensum. cela n’a donc aucun sens ici. La PSV vaut vente car elle entraîne elle-aussi le transfert de propriété. Le principe : La promesse synallagmatique vaut vente Trois types de promesses valent vente : Il s’agit des ventes à terme. Le principe est la réitération de vente devant notaire : on prévoit que la vente sera exigible lorsqu’elle sera authentifiée. La confusion juridique est né de l’apparition du transfert de propriété solo consenseum. En droit romain cette confusion n’existait pas car le transfert de propriété ne se faisait pas solo consensum. Troisième problème : Qu’est ce qui distingue la promesse synallagmatique de la vente ? Certaines ventes ont besoin de temps pour être finalisées alors même que les parties seraient d’accord sur la chose et le prix : exemple : un bien immobilier. Mais s’il s’opère solo consensum c’est bien parce qu’il est un simple effet de la vente. un jugement peut alors valoir vente. Une vente à terme est donc une vente définitive mais dont l’exécution est retardée. On peut avoir recours à une exécution forcée de la vente. d’obtention du permis de construire. Mais la question de l’autonomie juridique de la promesse synallagmatique demeure d’autant que quand on lit l’article 1589 alinéa premier il est écrit que la promesse synallagmatique de vente vaut vente. On voit bien ici que la PSV peut avoir une existence juridique autonome lorsque la vente n’est pas translative de propriété. Les termes sont un événement future dont la survenance est certaine.verbe est compromettre . Comme la vente est définitive et qu’il ne s’agit que d’un terme la partie ne peut refuser. forcer la réitération. Ce texte était très novateur en 1804 car il était une conséquence de l’innovation qu’est le transfert de propriété solo consensum = le transfert de propriété est un effet automatique de la conclusion de la vente. 7. La vente est donc conclue mais l’exigibilité des obligations est retardée. En cas de refus. On peut alors permet de terme incertain mais ce qui est incertain c’est alors sa date. il est opéré par le simple échange des consentements. Les conditions souvent stipulées sont la condition d’obtention du prêt. des ventes conditionnelles et de celles avec faculté de dédit.

L’exception : La PSV autonome de la vente On peut avoir une promesse autonome car la PSV ne sera pas transfert de propriété. Les parties ont érigé cette formalité en condition de formation de la vente alors que 1582 et 1583 nous disent que la vente est consensuelle. 9. la vente est conclue rétroactivement. il s’agit de la réitération de l’acte devant notaire. Cela veut dire que chaque partie peut se rétracter unilatéralement mais pas gratuitement : si le vendeur se rétracte il doit payer le double par rapport à l’acheteur¤. article 1590 du code qui prévoit la possibilité d’acheter en versant des arrhes. Les parties sont érigés cela comme une condition de la vente rien empêche les parties de prévoir que la vente se fera qu’au moment de la signature de la vente. C’est lorsque la vente est solennisé. Il s’agit toujours de conditions suspensives quand on parle de ventes immobilières. La vente est alors conclue au jour de la promesse. On a enfin la vente avec faculté de dédit. On rencontre cette hypothèse lorsque la vente est solennisé : il s’agit de la réitération de l’acte devant notaire. Ne pas confondre les arrhes et les acomptes. Si la condition survient. de proposer la vente en premier au bénéficiaire. Les ventes à l’essai sont des promesses synallagmatiques de vente qui valent vente : ce qui est différent c’est que l’acheteur doit acheter le bien s’il est conforme aux qualités objectives qu’il en attend. Le pacte de préférence Le mécanisme C’est une sorte de droit de préemption conventionnel car l’objet du pacte est le suivant : l’éventuel vendeur s’engage. il ne s’agit jamais de conditions résolutoires. Article L 131-1 du code de la consommation si le consommateur verse une somme on présume qu’il s’agit d’arrhes. Tout est question de circonstances d’espèce. Un acompte n’ouvre aucune faculté de dédit. Cette hypothèse survient lorsque les parties font dépendre la conclusion de la vente d’une solennité comme la réitération devant notaire. 8. On cherche alors si on est devant une vente à terme avec donc réitération obligatoire ou si on est devant une PSV qui ne vaut pas vente. Cette hypothèse survient lorsque les parties font dépendre la conclusion de la vente d’une solennité.de l’obtention du prêt article L 312-16 du code de la consommation. On a par exemple le droit légal du préemption du . s’il vend. Car si la condition était résolutoire cela ferait deux transferts de propriété et donc deux paiements fiscaux.

On n’est pas engagé à vendre. Pendant longtemps la troisième chambre civile refusait selon le même raisonnement au visa de l’article 1142 l’exécution forcée et octroyait des dommages-intérêts. Les conditions de validité du pacte sont moins draconiennes : on doit simplement être d’accord sur l’objet mais pas sur le prix contrairement à la promesse. On la trouve souvent dans les contrats de société : si un actionnaire vend il vend en premier aux autres actionnaires. On admettrait que le bénéficiaire soit substituée au tiers dans le contrat de vente. Dans cet arrêt la Cour a conservé la notion de mauvaise foi du tiers.locataire pour la vente d’un bien immobilier. Le formalisme fiscal article 1589 2 est exclu. Elle admet l’exécution forcée puisqu’elle admet l’annulation si le tiers est de mauvaise foi et en plus elle admet que le bénéficiaire puisse obtenir la substitution. Mais comment le tiers peut il connaître l’intention du bénéficiaire qui lui même ne sait même pas qu’une vente va être conclue… Démontrer l’existence . On admettait la conclusion de la vente si elle avait été conclue en fraude des droits de bénéficiaire c’est-à-dire si le tiers était de mauvaise foi. La question qui se pose comme pour les promesses est celle de la sanction de la violation d’un pacte de préférence. L’article 1106-1 de l’avant projet de réforme parle en terme d’inopposabilité. c’est uniquement si on veut que ce droit de préemption fait effet. Mais un bémol. La chambre mixte ici est conforme à celle de la troisième car elle dit que non seulement le tiers connaît le pacte de préférence mais il connaît aussi l’intention du bénéficiaire de s’en prévaloir pour être de mauvaise foi. L’exécution forcée prendrait ici la forme d’une sorte de substitution. Il aurait fallu dire que la vente était inopposable et alors le bénéficiaire pouvait demander la substitution. Il n’y a d’intérêt juridique à être substitué à un contrat nul. la solution de la chambre juridique n’est pas juridiquement très cohérente : il n’y a aucun intérêt pour le bénéficiaire à être substitué dans un contrat auparavant annulé. C’est un droit de préemption conventionnel. Il aurait été préférable pour des raisons de cohérence juridique que la Cour de cassation raisonnât en terme d’inopposabilité et non d’annulation. Le problème est toujours celui de l’exécution forcée ou pas des pactes de préférence. Pas besoin non plus d’avoir la capacité de vendre pour conclure un pacte. Et puis la troisième civile s’est faite tapée sur les doigts par la chambre mixte dans un arrêt du 26 mai 2006 : la chambre mixte admet qu’en cas de non-respect d’un pacte de préférence le bénéficiaire peut obtenir l’exécution forcée.

L’obligation générale d’information Pour faire naître l’obligation générale d’information. On a alors une jurisprudence casuistique = au cas par cas. Paragraphe 2 : La conclusion du contrat de vente 10. qui ignore l’information de manière légitime c’est-à-dire qu’il ne pouvait la connaître par lui même. Est ce que cette preuve de l’intention du bénéficiaire ne pourra jamais être rapportée ? Dans un arrêt du 14 février 2007 la troisième chambre civile avait admis la preuve de la mauvaise foi dans des circonstances très particulières (parler de la jurisprudence de la chambre mixte 2006 dans notre commentaire pour le TD) . un sachant. Cet arrêt de la chambre mixte permet tout de même de nourrir quelques espoirs pour l’avenir des PUV et l’ouverture de l’exécution forcée pas sous forme de substitutions mais sous forme de conclusion du contrat déjà prévu dans la PUV. La Cour de cassation a rédigé un rapport sur l’avant-projet dans lequel il dit bien que l’exécution forcée doit être envisagée pour l’ensemble des avant-contrats.de la connaissance d’une intention est très difficile. Cette obligation d’information c’est exclusivement le vendeur qui peut en être débiteur : la Cour de cassation arrêt BALDUS en 2000 par exemple considère que l’acheteur n’a pas l’obligation d’informer le vendeur sur la nature. L’acheteur n’a jamais à informer le vendeur sur la valeur de son bien. La chambre mixte semble accorder d’une main ce qu’elle retire de l’autre car elle soumet l’exécution forcée à une condition impossible à réaliser. L’argument pratique est . et le profane. Il y a une distinction entre le professionnel qui est censé savoir. 12. la valeur du bien qu’il vend. il faut quelqu’un qui sait. fut-elle précontractuel. Un arrêt de la troisième du 31 janvier 2007 n’avait pas admis que la preuve de la mauvaise foi était rapportée. entraîne la mise en œuvre de la responsabilité contractuelle et non pas la responsabilité délictuelle du vendeur. La jurisprudence décide que la violation de l’obligation d’information. Il doit être curieux d’une part car ce n’est pas un incapable juridique et puis car il y a la théorie des vices du consentement qui doit a priori suffire à protéger l’acheteur. Le consentement des contractants 11. et quelqu’un qui ne sait pas. arrêt confirmé par un arrêt du 17 janvier 2007 : dans cet arrêt c’était un agent immobilier qui achetait des terrains à un agriculteur qui ne connaissait pas la valeur de son bien. Le consentement protégé Le principe en droit de la vente est que « l’acheteur doit être curieux » .

Il y a de plus l’obligation pour chaque vente immobilière de faire un état concernant les termites. Il apparaît donc en pratique difficile de distinguer selon que cette obligation d’information doit être exécutée avant ou après la conclusion du contrat.que très souvent cette obligation d’information certes doit être exécutée avant mais aussi après la vente notamment quand doit être vendu un matériel complexe. on considère que l’obligation d’information lorsqu’elle porte sur un matériel complexe fait partie intégrante de l’obligation de délivrance du vendeur. Ces obligations sont courantes en matière de vente immobilière par exemple article 1638 du code civil. Le code de la consommation multiplie les délais de réflexion du consommateur puisque l’offre ne peut pas être acceptée avant l’expiration d’un tel délai : exemple : le prêt de vente immobilière. le droit de la consommation peut être résumé en quatre mots : information réflexion rétractation interdiction. Délai de rétractation le principe voulant que aucun paiement ne puisse intervenir avec l’expiration du délai de rétractation. l’obligation générale d’information étant prétorienne. elle est contractuelle. L’information : Les obligations d’information qui pèsent sur le professionnel sont multiples dans le code de la consommation. Afin de protéger le consentement du consommateur. Le vendeur doit délivrer le bien. 13. l’amiante… Multiplication donc des attestations qui renseignent l’acheteur sur l’état de son bien. L’article général est l’article L 111-1 du code de la consommation. Or l’obligation de délivrance naît du contrat. si l’acte est sous seing privé. Or l’obligation d’information est considérée comme une sorte de délivrance intellectuel du bien. elles sont soit générales soit spéciales à un type de contrat ou un type de vente. Les droits spéciaux Il y a un certain nombre d’obligations légales cette fois. Voir la chronique à la RDC concernant l’enrichissement de l’obligation légale d’information à la charge du vendeur. a droit à un délai de rétractation de 7 jours à compter de la notification par lettre recommandé avec accusé de réception : article L 271-1 du code de la construction et de l’habitation. cette offre ne peut pas être acceptée avant 10 jours après réception de l’offre article L 312-10 du code de la consommation. Certaines interdictions sont posées par le code de la consommation et . De plus. C’est le cas notamment concernant une disposition de la loi SRU du 13 décembre 2000 qui a précisé que tout acquéreur non professionnel d’un bien immobilier à usage d’habitation.

Voilà pour les différents aspects de protection du consentement. Ce sont aussi des ventes forcées. Les ventes forcées sont aussi interdites. Les ventes à la boule de neige sont aussi interdites : c’est un système de vente par lequel on promet à l’acheteur des produits gratuits s’ils trouvent d’autres acheteurs.portent sur certains procédés de vente jugés trompeurs ou déloyaux et ce afin que le consentement ne soit pas vicié : exemple : sont interdites les ventes liées ou ventes jumelées : ce sont des ventes conclues qu’à la condition que le consommateur achète une quantité minimale ou un autre produit. Autre procédé de vente interdit : les ventes avec primes sauf si la prime est un produit identique ou si la prime est constituée de produits de très faibles valeurs : exemple : les échantillons dans les parfumeries. Autre hypothèse de vente forcée dans le droit de la consommation c’est la prohibition du refus de vente sauf motif légitime : exemple « dans la limite des stocks . La réponse semble négative au regard de la lettre de l’article 1649 du code civil qui nous dit que la garantie des vices cachés n’a pas lieu dans les cas de ventes faites par autorité de justice. Le consentement forcé Toutes les mesures exposées sont toutes conformes à la liberté contractuelle. Exemple : on nous envoie un produit et on nous dit qu’on ne peut le garder que si on le paie. la question est de savoir si on peut leur appliquer tout le régime juridique de la vente alors que le vendeur a été contraint de céder son bien. C’est l’hypothèse de l’expropriation pour cause d’utilité publique article 545 du code civil. La seconde question à aborder est celle du consentement lorsqu’il est forcé. 14. Concernant ces cas d’expropriation. soit il s’agit de mesures qui limitent la libre détermination du contenu du contrat. A/La vente forcée : Parfois on est obligé de contracter. Ce qui est plus nouveau ce sont les cas d’expropriation pour cause d’utilité privé notamment en cas de divorce qui peut obliger un ex conjoint à céder son bien à l’autre conjoint car c’est une modalité de paiement de la prestation compensatoire. Il s’agit de les limiter par trois types de mesure : soit il s’agit de dispositions qui limitent la liberté de contracter. Ce sont des mesures qui tentent d’assurer un consentement véritablement libre et éclairé. soit il s’agit de mesures qui limites le libre choix du contractant. Sauf pour la vente par lots lorsqu’elle est d’usage. il s’agit de la rendre effective. Celles qui sont traits au consentement forcé sont au contraire attentatoires à la liberté contractuelle. Par analogie il semblerait assez logique d’exclure au moins la garantie des vices cachés quand la vente a été forcée.

c’est à dire une créance qui a fait l’objet d’un procès. Il existe cependant deux exceptions : la pratique pour les ventes importantes et qu’on . Le refus de vente est une contravention de cinquième classe. On a également les droits de retrait. On voit souvent des « prix de vente conseillés » mais non imposés. elle avait été instaurée par l’ordonnance de 1945. Autre préemption 815-14 du code civil . Le bénéficiaire du droit de retrait a le droit d’évincer l’acquéreur initial pour prendre sa place. L’article 1582 alinéa 2 nous le dit. Cette prohibition du refus de vente a été abrogée en 1945. On a aussi un droit de préemption des communes sur les logements saisis lorsqu’ils sont vendus. Deuxième cas de consentement forcé : Le contractant imposé : Deux mécanismes ici sont concernés : d’une part le droit de préemption. Ce qui distingue malgré tout Vienne du droit interne est que cette absence totale de formalisme en matière de vente est étendu par la convention de Vienne à la preuve article 11 : la preuve de l’existence d’un contrat de vente international se fait par tout moyen. 15. On a par exemple le droit de retrait des musées nationaux qui peuvent si une vente d’œuvre d’art a lieu se substituer à l’acquéreur. Cette prohibition du refus de vente existait aussi en droit de la concurrence. Dernière limite : le contenu contractuel imposé : Deux exemples tirés du droit de la concurrence. Les formes du contrat La vente est un contrat consensuel. Aucun formalisme pour conclure la vente. Le formalisme probatoire de droit commun pour les ventes internes. Par exemple la préemption du locataire sur la vente. On a également le droit de retrait litigieux article 1699 à 1701 du code civil : c’est un droit de retrait lors de la cession d’une créance litigieuse. la justification du refus de vente ne se retrouvant plus. Ce sont essentiellement des personnes publiques qui bénéficient du droit de préemption au nom de l’intérêt général : SAFER (acronyme Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural) . du droit de la distribution : Tout d’abord le fait que le distributeur ne peut pas se voir imposé par le fournisseur un prix de revente minimal. Le principe est le même pour la vente internationale : article 11 de la Convention de Vienne. L’article 1583 le dit également par prétérition. Second exemple : l’interdiction de la revente à pertes afin de protéger le petit commerce et d’éviter le dumping. Alors qu’en droit français articles 1341 et suivants les actes juridiques se prouvent par écrit même s’il y a de nombreuses exceptions. La commune va alors acheter le logement pour le louer à l’ancien propriétaire saisi et éviter ainsi qu’il ne se retrouve à la rue.disponibles » .

elles le sont principalement car le bien vendu est un bien incorporel. d’autres cessions sont aussi solennisées par la loi. Les formalités nécessaires à l’opposabilité de la vente Les droits de propriété industrielle par exemple : brevets. modèles… Ces ventes doivent être publiées à des fins d’opposabilité aux tiers et ce pour que la vente existe à l’égard des tiers. Le droit exige parfois par exception un écrit à titre de validité ou d’opposabilité. marques. Il est donc nécessaire que la vente ait lieu par écrit afin que dans cet écrit le bien incorporel soit décrit avec la plus grande précision. Mise à part le formalisme du droit de la consommation. Les cessions de fonds de commerce aussi doivent être publiées mais cette publication a des effets partiels. Tout ce qui n’est pas mentionné dans le contrat n’est alors pas cédé. Le système de publicité le plus connu qui est le système de publicité foncière qui permet de rendre opposable une vente non seulement . Elle va permettre de rendre cette cession opposable aux créanciers du cédant. Dernier exemple de ventes solennelles : les ventes d’immeubles à construire en secteur protégé car l’objet de la vente est ici une chose future. La nullité est relative si les mentions ne sont pas respectées mais ici le juge garde son pouvoir d’appréciation.établie toujours un écrit car l’écrit est source sécurité juridique quant au contenu du contrat et à sa preuve. La nature incorporel du bien vendu suppose que le bien soit décrit dans un écrit : c’est le cas par exemple des cessions de fonds de commerce : article L 141 indice 1 du code de commerce. Si malgré l’absence de mention l’acquéreur était bien informé alors la vente ne sera pas forcément annulée. Les formalités nécessaires à la validité de la vente La loi peut solenniser la vente mais les parties peuvent aussi la solenniser dans le cadre des promesses synallagmatiques de vente. On a également les cessions portant sur la cession de propriété intellectuelle. 17. Pour les ventes solennisées par la loi plusieurs raisons peuvent présider cette décision. Exemple même si on sait le consommateur était bien informé la nullité sera prononcée de plein droit quand même. leur irrespect entraîne la nullité de plein droit c’est-à-dire que le juge n’a aucun pouvoir d’appréciation. C’est donc un formalisme qui entraîne la mauvaise foi. 16. Elles doivent être faites par écrit. Et ce afin que le fonds de commerce ne puisse être cédé une deuxième fois. Toutes ces formalités imposées par le droit de la consommation. C’est donc une présomption simple de dol tandis que pour le droit de la consommation c’est une présomption irréfragable de dol s’il manque une mention la vente est forcément annulée.

aux créanciers du vendeur mais aussi aux autres acquéreurs. Il permet de rendre la vente immobilière opposable à tous les tiers qui détiendraient un droit réelle sur l’immeuble donc non seulement les autres acquéreurs mais également les créanciers hypothécaires. Ce qui est donc essentiel ce n’est pas la première vente conclue ici mais la première vente publiée. C’est essentiel car si le transfert de propriété est valable sans publication mais pas opposable aux tiers, en pratique un transfert de propriété inopposable est un transfert de propriété qui n’existe pas. C’est la logique formaliste de la publication foncière. Deviendra propriétaire le premier acquéreur qui aura publié et pas le premier acquéreur qui aura conclu son contrat. C’est la logique mécanique de la publicité foncière. Cette logique a été infléchie par la jurisprudence pour des raisons que nous développerons après la pause. La publicité foncière : il faut comprendre la logique mécanique qui permet de résoudre les conflits entre acquéreurs successifs au profit du premier acquéreur qui a publié. Cette règle a été posée, par un décret de janvier 1955, pour des raisons de sécurité juridique car privilégie la vente connue de tous. Maintenant, comme tout procédé formaliste, systématique, il peut favoriser les acquéreurs de mauvaise foi. L’hypothèse ici envisagée : vente conclue pas encore publiée, et vendeur trouve un autre acquéreur à un meilleur prix, vend une deuxième fois à un acquéreur qui sait que bien a déjà été vendu, malgré cela il achète et se dépêche de publier en premier pour obtenir le bien. Justement, la jurisprudence, constante depuis 1968, décide que dans cette hypothèse là, le second acquéreur étant de mauvaise foi, il commet une faute civile donc engage sa responsabilité délictuelle (1382 Code Civil) et sera sanctionné en nature, puisque la publication de cette seconde vente n’aura aucun effet à l’égard du premier acquéreur, inopposable. Aux grands arrêts de la jurisprudence civile n°175. Cet enrichissement apporté à la publication foncière permet de sanctionner les acquéreurs de mauvaise foi, c’est conforme à la morale mais cela est contraire à la logique formaliste de la publicité foncière, instaurée pour des raisons de sécurité juridique. Cette jurisprudence a donc été critiquée comme remettant en cause la fiabilité de la publicité foncière, l’insécurité juridique en découle. Le reproche n’est pas infondé, certes, mais il est sans doute excessif surtout quand on voit le contentieux. Le dernier arrêt en date sur la question date de 1992. Donc de toute évidence grâce à une jurisprudence constante, le contentieux s’est tari. Surtout, il n’est pas si fréquent que ça, pour la simple et bonne raison que la bonne foi se présume, article 2268 du Code Civil. C’est donc au premier acquéreur de démontrer que le deuxième acquéreur était de mauvaise foi.

Ici, finalement, on a un formalisme mécanique de la publicité foncière infléchi pour des raisons de moralité par le droit prétorien. Illustration parmi beaucoup d’autres de l’hostilité de la jurisprudence au formalisme. Que ce formalisme soit publicitaire ou solennel, il favorise le développement de la mauvaise foi dans la formation des contrats. Pour conclure, puisque les ventes d’immeubles doivent être publiées pour être opposables, cela explique que les vendeurs vont systématiquement devant notaire, seuls des actes authentiques peuvent être publiés. La vente immobilière est consensuelle. Section 2 : L’objet de l’accord de volontés Article 1583 du Code Civil « la vente est parfaite quand il y a accord sur l’objet et le prix ». Paragraphe 1 : La chose A/ L’existence matérielle de la chose Deux questions ici à soulever : destruction de la chose, que se passe-t-il si elle est détruite ? Article 1601 CC soulève la question. Si la chose périt avant ou lors de la conclusion de la vente elle est nulle pour défaut d’objet. Si la chose n’est que détruite partiellement, l’acheteur a alors une option, soit il demande la nullité de la vente, soit il en demande la réfaction (1601 alinéa 2) = achète le bien à un prix diminué. Deuxième question : la vente de chose future. Elle est possible, 1130 alinéa 1er du Code, « elles peuvent être l’objet d’une obligation », pas forcément déterminée mais obligatoirement déterminable (choses à fabriquer, vente d’une récolte etc.). Ce type de vente peut être soit commutatif, soit aléatoire. Vente commutative signifie que l’on sait ce que sont les obligations de chacun. Dès lors, si la chose est détruite ou non fabriquée, la vente est alors caduque. L’acheteur ne doit pas le prix. En revanche si la vent est aléatoire, elle se fait aux risques et périls de l’acheteur. Une vente de chose future est possible mais est tout de même dangereuse, donc le législateur est intervenu pour certaines d’entre elles par exemple en matière de propriétés littéraires et artistiques, ou même dans la vente d’immeuble à construire, archétype de la vente de chose future, qui lorsque l’immeuble relève du secteur protégé, législation spécifique dit bien que la vente ne peut prendre que 2 formes juridiques : vente réglementée spécifiquement avec l’idée dominante de protéger l’acquéreur, donc ne peut être réalisée que par une vente à terme (transfert de propriété ne se fera qu’à la fin, une fois l’immeuble achevé), en revanche, la vente sera considérée comme ayant été translative au jour de sa conclusion (rétroactivité du terme pour protéger l’acquéreur de toute

constitution de droits réels qui auraient pu intervenir sur l’immeuble en cours de construction). Autre spécificité de cette vente à terme : le prix n’est dû qu’à la livraison étant entendu que malgré tout le vendeur peut quand même exiger des paiements partiels appelés des dépôts de garantie, étant entendu que pour protéger l’acquéreur, ces paiements doivent être effectués sur un compte spécial, ils sont insaisissables, indisponibles, pour garantir que si problème il y a ils puissent être restitués à l’acheteur. La vente en l’état futur d’achèvement : ici le transfert de propriété se fait au fur et à mesure de la construction par le mécanisme de l’accession. Le paiement ici se fait forcément au fur et à mesure de la construction, en revanche pour protéger l’acquéreur, le transfert des risques est réalisé à l’achèvement de l’immeuble. De plus, la loi parle d’une vente d’immeuble à construire alors que l’acheteur dans la vente en l’état futur d’achèvement bénéfice de la garantie des constructeurs, ce type de contrat est donc pour son aspect primordial soumis au droit de la construction (articles 792 et suivants du Code). La détermination de la chose : celle-ci doit être déterminée ou déterminable au moment de la chose, article 1583 CC. Le droit commun c’est 1129 alinéa 1er, dit qu’il suffit que l’objet soit déterminable pour que la vente soit valable. Convention de Vienne article 14 §1 dit la même chose que le droit interne français. Cette question ne pose aucun problème lorsque la chose est un corps certain, bien non fongible (unique en son genre, archétype = immeuble, voiture d’occasion etc.). Quand le bien est non fongible, la détermination ne pose aucun problème. A l’inverse lorsque le bien n’est pas fongible, que c’est une chose de genre, c’est-à-dire identique à beaucoup d’autres, interchangeable (voiture neuve par exemple) sa détermination est beaucoup plus difficile, il existe une multitude d’exemplaires du même bien. Aujourd’hui les biens fongibles sont les plus nombreux du fait de la production de masse. Comment les déterminer ? Ex ; achat d’une chaîne hi-fi tant qu’elle n’est pas livrée, elle est dans un carton, hangar où se trouvent des milliers de cartons identiques avec les mêmes chaînes hi-fi dedans. A cette étape de la vente, le bien n’est pas déterminable. Il y aura détermination du bien fongible quand il aura été individualisé. Pour qu’une chose de genre soit déterminée, il faut qu’elle ait été individualisée. Dans cet exemple elle se fait par la remise au transporteur, livraison à M. X à telle adresse. Puisque la chose est déterminée, le transfert de propriété se réalise aussitôt donc vous êtes propriétaire à ce moment là, et le transfert

or aujourd’hui elle est marquée par une certaine préférence à l’économie. Ce que l’on peut distinguer parmi ces biens hors commerce c’est qu’en définitive cette notion est double.). D’ailleurs le fait que le transfert des risques soit concomitant au transfert de propriété est très critiqué en doctrine. Articles 1585 et 1586 à lire. 1°) Les choses hors commerce Article 1598 ici concerné et ne fait que reprendre la règle de droit commun énoncée à l’article 1128. « Tout ce qui est dans le commerce peut être vendu ». . tout ce qui relève du domaine public. aux créances alimentaires. En définitive ce lien personnel faisait obstacle à toute cession. Ex : la clientèle civile ne fait plus partie des choses hors commerce . c’est d’ailleurs une autre solution qui est choisie dans la Convention de Vienne. l’intuitus persone expliquait donc que les clientèles civiles ne pouvaient pas être cédées alors que les clientèles commerciales peuvent l’être. la Cour lui a donné raison. convention nulle pour illicéité d’objet et FN pas remboursé de ses frais de campagne). pendant très longtemps ces clientèles ont été considérées comme incessibles parce que l’on considérait que ces clientèles étaient trop attachées à la personne du professionnel (avocat. soit hors commerce marchant. et deux exemples permettent d’illustrer ça en matière de vente. Les contours de cette notion de chose hors commerce évoluent au gré des priorités que se donne la société. soit le bien en question ne peut faire l’objet d’aucune convention quelle qu’elle soit : ici on parle de chose hors commerce juridique (produits cosmétiques périmés par exemple). La liste comprend avant tout ce qui a trait à la personne humaine. de sang etc. notaire. il a été élu et a refusé. Cette présentation très classique des choses est devenue petit à petit erronée. car son objet est illicite. le risque durant la livraison se fait aux dépens de l’acheteur. restriction moindre car ces biens peuvent faire l’objet de conventions à condition que ces conventions soit réalisées à titre gratuit (don d’organe. l’investiture politique également (récemment la Cour de cassation a eu à le préciser dans un arrêt de 2004 « Front National » où un candidat s’était fait payé sa campagne par le FN en échange il porterait ses couleurs. il est nul de nullité absolue. La catégorie des choses hors commerce est très hétérogène donc difficile à appréhender. Dans le droit interne français. médecin…). Si un contrat de vente porte sur une chose hors commerce. B/ L’appropriation de la chose Seule une chose qui peut être appropriée peut être l’objet d’un contrat de vente.des risques à lieu aussi.

qu’elle soit simple ou irréfragable. L’article 4 prévoit qu’on raisonne en terme de garantie d’éviction sauf si l’acheteur avait connaissance lui-même des droit de propriété intellectuelle qui portaient sur la chose (il savait qu’il achetait une marchandise contrefaite). Les professions libérales s’exercent de plus en plus sous la forme sociale. Cette position de la première Chambre civile est celle de la Convention de Vienne. L’intuitu persone s’est quand même beaucoup altéré en matière de clientèle civile. Une conséquence . On ne sait pas encore aujourd’hui pour l’article 42. La Convention de Vienne raisonne aussi en terme de contrefaçon en terme de garantie d’éviction : vente donc considérée valable. en droit interne elle est simple. il naît de la jurisprudence de la Cour de cassation développée dans le cadre de cet article 42. première Chambre civile 7 novembre 2000 bulletin n°283. Troisième raison : on pouvait contourner la règle en faisant payer le prix de la présentation de la clientèle au successeur. discussion entre droit interne et international de la vente. Le problème avec cet article 42 est le suivant. en sociétés. Donc les positions des 2 chambres sont exactement inverses.tout d’abord parce qu’il peut y avoir de l’intuitu persone en matière commerciale. la jurisprudence l’admettait hypocritement. qui se développe de plus en plus en ce que l’on appelle des cabinets de groupes. elles peuvent être cédées. ce qui a changé c’est la pratique des professions libérales. elle a raisonné en terme de garantie d’éviction. Le second exemple est tiré des marchandises contrefaites. sinon il n’y aurait pas de clauses de non concurrence dans les contrats de cession de fonds de commerce. déclarées choses hors commerce par la Chambre commerciale dans un arrêt du 24 septembre 2003 donc vente nulle pour illicéité de l’objet. Mais surtout. une telle jurisprudence rend quasiineffectif l’article 42 de la Convention de Vienne qui ne s’applique qu’entre . dans un arrêt du 13 mars 2008. Question de conséquence : on ne sait pas si cette présomption est simple ou irréfragable. c’est qu’elle suppose que le contrat est valable. il suffisait de bien rédiger son contrat. puisque le 19 mars 2002. on peut alors forcément céder sa clientèle puisqu’elle prend la forme d’une cession de part sociale. la première Chambre civile a décidé qu’un acheteur professionnel était présumé connaître la contrefaçon. ou de manière très évidente l’intuitu persone est beaucoup moins présent. si la première Chambre civile raisonne en terme d’effets de la vente. revirement de jurisprudence désormais les clientèles civiles ont quitté la catégorie des choses hors commerce. L’ennui c’est que la première Chambre civile ne raisonne pas de la même manière. Pour toutes ces raisons donc.

En droit interne. la première Chambre civile dit que l’acquéreur professionnel n’est pas censé connaître les droits de propriété intellectuelle portant sur la chose. nullité de la vente de la chose d’autrui : nul ne peut transférer plus de droits qu’il n’en a. il faut qu’au moment de la vente le vendeur soit propriétaire. article 42 de Vienne tel qu’interprété par la Cour de cassation. jamais le vendeur ne pourra se prévaloir de l’exception à sa garantie d’éviction sur le fondement de l’article 42 de la Convention de Vienne s’il est professionnel. Rien ne justifie une telle différence de solutions entre les 2 systèmes. acheteur professionnel présumé connaître. cassation de l’arrêt de la Cour d’appel pour ne pas avoir recherché si l’acquéreur avait une connaissance effective des droits de propriété intellectuelle portant sur la chose. Il nous dit qu’il n’existe aucune présomption telle. Question qui se pose encore aujourd’hui est de savoir si cet arrêt de 2008 ne serait pas précurseur d’un revirement de jurisprudence dans le cadre de l’article 42 de Vienne. on peut très bien imaginer que la vente porte sur une chose dont le vendeur n’est pas propriétaire. Quelles sont les hypothèses que recouvre cette idée où le vendeur n’est pas propriétaire ? Il y en a 2 : l’hypothèse de 2 ventes successives portant sur le même bien. Si le transfert de propriété est instantané. Règle très infléchie par les règles de publicité qui font que ce n’est pas le premier acquéreur dont les droits vont prévaloir mais le premier acquéreur qui aura publié son contrat (la forme de publicité pour les biens meubles est la possession. Ce problème a rebondit avec l’arrêt du 13 mars 2008. En fin de compte. Cette règle est une conséquence logique du transfert de propriété solo consensu. donc le vendeur n’a plus rien à transférer. 2°) L’hypothèse de la vente de la chose d’autrui Article 1599. le droit interne influencerait le droit international de la vente. Le bilan de tout cela : en droit international de la vente. à l’inverse. Pour que cette vente soit nulle il faut donc 2 conditions cumulatives : le vendeur ne doit pas être propriétaire et il faut une immédiateté du transfert de propriété. article 1141 .professionnels. Dans les systèmes juridiques où la vente n’est pas translative (ex : Allemagne). sinon il ne peut transférer aucune propriété. La logique de solo consensu veut que la deuxième vente soit nulle pour défaut d’objet puisque la première vente a immédiatement transféré la propriété à l’acheteur. même en ce qui concerne le droit français. vente de la chose d’autrui est alors parfaitement valable. Dans chaque hypothèse où la vente n’est pas immédiatement translative de propriété.

La seconde hypothèse envisagée est la vente en indivision : deux hypothèses sont ici à envisager : soit la vente porte sur une part du bien indivis. La réalisation de la vente de quote-part est aléatoire. La jurisprudence a précisé que la nullité était relative.Code. La règle est à peu près la même lorsqu’un indivisaire vend tout seul l’immeuble sur lequel porte l’indivision. la vente sera consolidée. ce n’est qu’une conséquence de l’article 2279 alinéa 1er « en fait de meuble la possession vaut titre »). il faut noter que la vente sous condition que l’acheteur acquiert le bien est nulle car condition purement potestative (article 1174 Code). 1583 n’est que supplétif. la vente sera caduque. Vente du bien par un seul indivisaire. l’ennui c’est que l’immeuble n’a pas encore été partagé donc on ne sait pas sur quoi elle porte. Pourquoi nullité relative ? Deux explications : . article 815-3 « les ventes doivent se faire à l’unanimité des indivisaires » vente alors inopposable aux autres indivisaires et là aussi tout dépendra du partage. Ultime précision. c’est une vente aléatoire. Règle extrêmement dérogatoire donc les conditions posées par la jurisprudence (théorie prétorienne) sont draconiennes pour l’admettre. cela permet de faire échapper la vente à la nullité. étonnant car il s’agit d’une nullité pour défaut d’objet. il faut que l’erreur commise par l’acheteur puisse être qualifiée de commune et invincible. on peut très bien conventionnellement retarder le transfert de propriété. le cas de la propriété apparente. premier acheteur mis en possession emporte le bien. normalement pour que la vente soit valable il faut que le vendeur soit propriétaire. Rarissime mais admis dès le 23 janvier 1832 grands arrêts n°249. la seule chose qui importe c’est que le vendeur soit propriétaire au moment du transfert de propriété. c’est-à-dire que l’acheteur a pu croire que le vendeur était propriétaire. on peut céder son quote-part en tant qu’indivisaire. tout dépend du partage. Il existe cependant une exception à ce principe. la bonne foi de l’acheteur est nécessaire mais ne suffit pas. donc en principe nullité absolue. application de l’adage « error comunis fakit jus » = erreur que n’importe qui aurait commise à la place de l’acheteur. si les meubles ne tombent pas. Dès lors le vendeur peut très bien vendre un bien dont il n’est pas encore propriétaire. Deuxième condition : il faut que le transfert de propriété soit immédiat. si les meubles tombent dans le lot. Or il peut très bien ne pas être immédiat malgré la règle posée par l’article 1583 du Code Civil. En revanche.

et le tiers véritablement propriétaire de la chose n’est pas non plus titulaire de cette action. 1593 nous le signale. considère qu’il s’agit d’une nullité pour absence de cause. explication moderne. Paragraphe 2 : Le prix Pas de prix. Concernant le prix. le vendeur ne peut pas demander résolution de la vente parce qu’un tiers aurait des droits sur son objet. La question s’est posée de savoir si la TVA (lorsque précision absente dans le contrat) fait partie de ces frais et charges de 1593 qui entrent dans le prix et donc est automatique à la charge de l’acheteur. 1582 et 1583 CC. Carbonnier la défend. Prescription est quinquennale et peut être confirmée et consolidée. deux questions principales évoquées : la nécessité d’un prix et son montant. beaucoup plus efficace. c’est une taxe. « les frais d’actes et autres accessoires à la vente sont à la charge de l’acheteur ». Or la garantie d’éviction ne peut être invoquée que par l’acheteur. Le prix est forcément une somme d’argent. cette nullité n’est qu’une anticipation de la garantie d’éviction selon laquelle le vendeur promet à l’acheteur que personne n’a de droit concurrent sur la chose donc l’acheteur est sûr de la garder. il s’agit d’une nullité relative car ne peut être invoquée que par le contractant qui en bénéfice.Explication classique. si l’intérêt est particulier il s’agit d’une nullité relative. La réponse de la Cour de cassation a été négative parce que la TVA n’est pas un accessoire du prix de vente. Si la nullité est considérée comme un avant-poste de la garantie d’éviction. pas de vente. Cette exigence est précisée dans l’article 1591. Raisonnement un peu alambiqué. si ce n’est pas le cas l’acheteur est évincé. mais il peut agir en revendication. aujourd’hui et depuis 1999 la jurisprudence sanctionne l’absence de cause par la nullité relative. c’est le droit commun. c’est une charge qui grève le prix. C’est une autre explication qui aujourd’hui l’emporte. on doit choisir entre caractère relatif ou absolu d’une nullité en fonction de l’intérêt que l’on recherche à protéger. frais de transport. A/ La nécessité d’un prix 18. 1129 CC. Le prix c’est aussi tous les frais engendrés par la vente. La sanction est la nullité absolue de la vente. si l’intérêt est général il s’agit d’une nullité absolue. C’est l’expression de l’adaptation par la jurisprudence de la théorie moderne des nullités. de rédaction d’acte lorsque la vente est authentifiée. Cette jurisprudence vient mieux expliquer que la vente de la chose d’autrui soit expliquée par la nullité relative. d’emballage. . première et troisième chambres civiles s’accordent aujourd’hui en ce sens. Un prix déterminé Le prix doit être déterminé.

Quelques exemples d’hypothèses de prix déterminables ultérieurement : cas prévu article 1592 du Code. La jurisprudence a toujours reconnu la validité de ces clauses car le cessionnaire a tout intérêt à faire un maximum de profits. Il engage sa responsabilité en cas d’erreur d’évaluation. dans le contrat-cadre de distribution par exemple. celle qui a soulevé le plus de questions : lorsqu’il est prévu que le prix sera celui du vendeur au jour de la livraison.« le prix doit être déterminé par les parties ». on peut prévoir que le prix sera fixé dans les contrats ultérieurs. C’est ce qu’affirme la jurisprudence notamment depuis un arrêt de la Chambre des requêtes du 7 janvier 1925. Méfiance excessive à l’égard du juge. le juge ne peut pas le déterminer lui-même. c’est-àdire que le prix prend la forme d’un pourcentage sur le chiffre d’affaires. Le prix peut évidemment n’être que déterminable. Revirement de jurisprudence opéré par l’Assemblée plénière dans 4 arrêts du 1er décembre 1995 : ces clauses sont valables. il l’est lorsque son calcul dépend d’éléments précis et objectifs (qui ne dépendent en rien de la volonté de l’une des parties). Dans un contratcadre. lorsque le prix dépend du profit que le cessionnaire tire de la chose. dépend des résultats de l’entreprise. tout sauf objectif. il ne pourra le faire que si les parties lui en ont donné le pouvoir. le juge ne peut pas nommer lui-même un mandataire pour fixer le montant du prix. donc ce type de convention prévoit aussi un minimum garanti. partie au contrat. pourcentage sur le chiffre d’affaires réalisé par l’éditeur et en matière de cession d’actions aussi très fréquent. si le tiers ne veut ou ne peut faire l’estimation il ne peut y avoir de vente. Deuxième illustration où le prix est fixé ultérieurement objectivement. ce tiers est le mandataire commun de l’acheteur et du vendeur. on en conclue que le juge n’a aucun pouvoir pour déterminer lui-même un prix et non plus de modifier ce prix. Troisième hypothèse : le prix du marché. De manière générale. La question que l’on peut se poser est de savoir si ce mode de fixation du prix est véritablement objectif dans la mesure où tout dépend de l’attitude du cessionnaire. Le . le juge n’a aucun pouvoir sur le prix. ce sera le prix du cours en bourse le jour où la vente sera réalisée. L’abus ne donnera lieu qu’à résiliation. grands arrêts n°246. il doit désigner un expert. sous le contrôle judiciaire de l’abus. en matière de vente. lorsque le prix est fixé par un tiers. L’illustration de ce que le juge n’a aucun pouvoir c’est que même lorsque le prix est déterminable. Quatrième hypothèse. C’est en principe la rémunération de l’auteur. Si les parties n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la personne du tiers. risqué pour l’acheteur.

Portée restrictive parce que dans les autres arrêts. dans l’arrêt du 20 février 2007.contrôle de l’abus se fait également par la Cour de cassation. ce qu’est l’article 1591 du Code Civil. et dans l’autre. S’agit d’une simple exception faite à 1591 ou s’agit tout simplement de rayer d’un trait de plume cet article. pas un cadre formel d’organisation. On aurait pu s’attendre à ce que cette . mais ne vise pas 1591. désormais les clauses prix fournisseurs sont possibles pour les ventes conclues dans le cadre du contrat de distribution mais uniquement dans ce cadre. 1591 est toujours le principe. C’est un simple infléchissement. Mais pour la question de la déterminabilité du prix. Dans cet arrêt c’est exclusivement sur la validité du contrat de franchise que la Cour de cassation statue et pour déclarer que le contrat est valable elle vise 1134 et 1135 du Code Civil. Ce n’est pas extrêmement logique car économiquement. concrètement concernant la vente la question que l’on s’est posée est de savoir si cette jurisprudence ne s’appliquait qu’aux contrats conclus dans le cadre d’une vente en distribution ou si toutes les ventes étaient aussi concernées par ce revirement de jurisprudence. Pour les ventes conclues dans un cadre isolées. la Cour de cassation a décidé que les ventes successives conclues dans le cadre de contrats de distribution sont soumis à la Convention de Vienne. Mais économiquement la différence est nettement moins justifiée. La seconde remarque à faire sur cette jurisprudence est celle de sa portée . ce qui conforte la validité de ces clauses. Le visa a toujours une importance particulière. on relève du droit commun. ce raisonnement n’a pas été suivi. elles relèvent encore aujourd’hui de l’exigence de déterminabilité du prix. Donc l’abus est très rarement admis. cadre formel. Trois arguments en faveur de cette interprétation : Portée limitée aux cas de contrats-cadres Arrêt « Vassali » plus spécifique aux ventes et ne statue que sur la validité du contrat de franchise. Seule chose qui distingue véritablement ces 2 hypothèses c’est que dans le premier cas on a un régime juridique assez constitué qui suit les contrats de distribution. 2 hypothèses sont similaires et devraient être soumises au même régime juridique : les contrats conclus dans le domaine d’un contrat de distribution et les contrats conclus dans le cadre des relations d’affaires suivies. droit commun. il est bien précisé que cette nouvelle règle concernant la déterminabilité du prix est admise sous réserve de dispositions légales particulières. La jurisprudence ultérieure a d’ailleurs confirmé cette interprétation. 1591 CC.

sont toutes 2 fondées sur l’existence d’une cause de l’obligation.jurisprudence soit généralisée. même si la Cour de cassation mélange parfois un peu les termes. Pour la Convention de Vienne. Seule une réforme du droit des contrats pourrait généraliser cette jurisprudence et c’est effectivement l’objet de 1121-4 du projet « Catala ». un pouvoir qu’elle n’a pas. hors contrat de vente. Qu’est-ce qu’un prix réel ? C’est un prix qui n’est pas fictif ou apparent ou simulé. c’est pareil. . et qu’aucun traité ne lui donne. on en appelle parfois selon les auteurs à la Convention de Vienne qui admet que le prix ne soit pas déterminable sans remettre en cause la validité de la vente. Il est vrai que l’article 55 de la Convention de Vienne dit « si la vente est valablement conclue sans que le prix des marchandises vendues ait été fixé dans le contrat expressément ou implicitement.. soit parce que le prix stipulé dans la vente est moins élevé que le prix réel. Pour plaider pour l’abrogation de cette exigence de déterminabilité du prix dans la vente qui a pu être présenté par des juristes commercialistes comme contraire à la réalité économique. C’est comme si les hautes parties contractantes ne s’étaient pas mises d’accord sur la question. le résultat c’est que ces dispositions contradictoires s’annulent. Lorsqu’on est en présence de deux articles contradictoires dans un texte. Cet avant-projet a été transformé en projet de réforme élaboré par la chancellerie en juillet 2008. ». elle ne l’a pas été car cela aurait amené la Cour de cassation a abrogé 1591. On en appelle à la vente internationale pour plaider en faveur de l’abandon d’un tel critère. Deux hypothèses ici se rencontrent en pratique. soit il s’agit d’une donation déguisée . qui sont bien distinctes. se sont mises d’accord pour que l’acheteur verse un supplément de prix. donc on doit considérer que Vienne ne prend pas position sur la question de la déterminabilité du prix dans la vente. b) L’exigence d’un prix réel et sérieux Ces 2 exigences. l’article 14 exige que l’objet de la vente ET le prix soit déterminables. Cet article 55 a été intégré dans la Convention de Vienne sous la pression des pays de Common Law. et les parties. contrat de vente conclu mais les parties sont d’accord sur le fait que le prix ne sera jamais versé car donation. les articles 14 et 55 s’annulent. pour échapper au moins en partie ou diminuer les droits de mutation dus au fisc. Ces 2 hypothèses sont simplement des hypothèses de fraude fiscale. l’ennui c’est que dans cette même Convention. On recherche donc le droit national applicable au contrat.

est soumise aux conditions de forme de la vente. un vil-prix n’est pas un prix insuffisant. Qu’est-ce qu’un prix sérieux ? C’est l’opposé d’un prix dérisoire. la vente pour vil-prix est annulée mais nulle de nullité absolue alors qu’il s’agit aussi d’une vente dont le prix fait . la donation déguisée. qui est l’ancien article 1840 du Code Général des Impôts intégré au Code Civil. C’est la théorie générale de la simulation. d’un prix ridiculement bas. dénoncer son vendeur. est une vente nulle de nullité relative. hypothèse assez fréquente en jurisprudence. Seul l’acte ostensible est valable afin d’encourager l’acheteur à la délation. la contre-lettre est nulle. de cession d’un droit à un bail etc. Cette exigence a permis d’annuler une cession de droits sociaux parce que les dividendes que rapportaient les parts sociales étaient supérieurs au prix d’achat. acte ostensible qui est l’acte de vente et contre-lettre soit donation. C’est sur ce fondement qu’on avait convenu que la vente de la chose d’autrui. que pour toutes ces cessions. Concernant la première hypothèse. mais aux conditions de fond de la donation. Assez fréquemment aussi. Cet article nous dit par exception au droit commun qu’en matière de vente d’immeuble. un contrat n’est pas annulable parce qu’il serait lésionnaire. il faut savoir qu’il y a une disposition spécifique dans le Code Civil à l’article 1321 indice 1.car c’est un pourcentage sur le prix de vente. soit acte par lequel acheteur dit bien qu’il va payer plus que ce qui est stipulé. la contre-lettre est atteinte de nullité absolue. c’est-à-dire l’acte par lequel s’est engagé à payer plus que ce qui a été convenu. Or de manière totalement contradictoire. de fonds de commerce. Seul l’acte ostensible reste valable. peut être sérieux. l’exigence d’un prix sérieux peut faire annuler les ventes avec rente viagère. Le prix insuffisant renvoie à l’hypothèse de la lésion. on retrouve ici le même débat concernant les théories des nullités évoqué précédemment. en principe. insuffisant. La sanction d’une vente à vil-prix c’est la nullité. 1321 CC. or. seules quelques exceptions sont prévues. la réponse du droit c’est de nous dire que l’acte. vente annulée pour vil-prix si les revenus tirés du bien sont supérieurs à la rente mensuelle à verser. Concernant la seconde hypothèse d’un prix partiellement dissimulé. bien que vente où il manque l’objet. Il ne faut pas confondre ce prix sérieux avec le prix suffisant. Si la confusion était opéré cela encouragerait les vendeurs à contester la validité de la vente simplement parce qu’ils se seraient rendus compte plus tard qu’ils auraient pu en tirer plus. en général à la renteresse. On voit que la contre-lettre est valable. Un prix même inférieur au marché.

article 1118 du Code. Laisser une totale liberté peut conduire à des situations injustes. Arrêt de la troisième Chambre civile 3 mars 1993 où la Cour de cassation précise que la vente du terrain était causée et avait une contrepartie réelle. B/ Le montant du prix 19. mais évoque la possibilité d’exceptions. Chambre commerciale a refusé la qualification de vente. cependant ce qui limite la portée de cette décision c’est qu’elle a été rendue dans le cadre d’une procédure collective sur la base d’une disposition très spécifique. Cependant une question demeure. remet donc pas en cause la solution de 1993 qui raisonnait avec évidence en termes de vente. savoir s’il s’agit toujours d’une vente ? Est-ce que l’engagement d’apurer les dettes de l’entreprise peut-être considéré comme un prix ? Question mérite d’être posée même si dans l’arrêt de 1993 Cour de cassation raisonne en termes de vente car la question n’a pas été soulevée. Face à ces 2 courants contradictoires on comprend que le Code Civil ait posé un principe selon lequel la lésion n’est pas admise. pour reprise d’une entreprise faisant l’objet d’une procédure collective (faillite). Dernière précision concernant cette exigence d’un prix sérieux : les ventes à 1 franc ou 1 euro peuvent être parfaitement valables notamment lorsque le prix n’est pas la seule contrepartie offerte par l’acheteur. La qualification de vente n’est pas aussi évidente que cet arrêt pourrait le laisser penser. s’engage à reprendre les dettes de l’entreprise. Au regard de la théorie de la cause cette jurisprudence est parfaitement logique et justifiée. hypothèse très fréquente de l’achat d’une entreprise en difficulté. dans un arrêt du 28 septembre 2004 au bulletin 167. On peut douter que cette solution soit reprise en dehors de ce cadre. ce qui plaide plutôt en faveur de l’admission de la lésion. Cependant. reprise des dettes. libéralisme économique. là aussi vente à 1 euro symbolique. un tel principe aboutit à des conséquences iniques en période de crise. Le principe de liberté contractuelle veut qu’on ne puisse pas admettre la lésion. Une dernière illustration jurisprudentielle par un arrêt de la Chambre commerciale du 23 octobre 2007. Loi de l’offre et de la demande. principe de droit commun des contrats. La justice du prix Les conditions de la légsion : Les contrats ne peuvent pas être annulés pour lésion en raison du prix. vente de leur maison pour acheter des biens de consommation dont le prix est extrêmement élevé.défaut. Il est arrivé que la Chambre commerciale refuse la qualification de vente. notamment en .

Pour en revenir au droit commun de la lésion. 2 types de vents ne peuvent pas être rescindées pour lésion : les ventes aléatoires ce qui est logique dans la mesure où un contra aléatoire est u contrat où l’on ne connait pas la valeur des prestations réciproques au moment de sa conclusion. Pendant longtemps un débat doctrinal pour savoir si lésion devait être sanctionnée en tant que telle. Celle-ci permettait la révision du prix des cessions des offices ministérielles. La lésion est un vice objectif du contrat. Le juge qualifiait ces contrats de cession comme « sui generis » pour leur permettre d’échapper au régime de la vente. cas des ventes de produits agricoles. qui elle permet de protéger le vendeur qui a vendu son bien à un prix trop faible. car la jurisprudence considérait qu’il s’agissait d’une question d’ordre public. quelques propos liminaires : La lésion. ce qui veut dire que la lésion doit être constatée au moment de la conclusion de la vente. La jurisprudence a opté pour la cause de nullité autonome. position posée dans un arrêt de la Chambre des requêtes du 28 décembre 1932 « Société économique de Rennes » aux grands arrêts n°247.131-5 du Code de la Propriété Intellectuelle). ici on protégeait l’acheteur pour prix excessif. pas à confondre avec l’imprévision. C’est l’exception que nous allons étudier bien qu’il en existe d’autres. entraîne la nullité du contrat. La conséquence c’est que même si l’acheteur prouve que le vendeur n’a commis aucune erreur et n’a été victime d’aucun dol.matière de vente immobilière qui peuvent être rescindées pour lésion. étant précisé qu’ici l’hypothèse envisagée était l’inverse de celle de la lésion. toujours pas admise en droit privé. Un apport en société n’est pas soumis à la lésion. a vente qui résulte d’un crédit bail immobilier n’est pas soumit à la lésion. article 1674 à 1685 du Code. il ya un risque de perte et une chance de gain pour . la cession de parts sociales d’une SCI non plus. lorsqu’elle est constatée. L’équilibre n’a jamais existé. parce que contrat lésionnaire. mais dans les 2 cas est remis en cause le prix fixé par les parties. ou simplement parce qu’elle révélait l’existence d’un vice du consentement. dol ou erreur présumé. on ne peut plus contester le prix de cession des offices ministériels. le juge avait le pouvoir de réviser ce prix. Certaines ventes immobilières ne sont pas rescindables. ainsi que des cessions de droit d’auteur (L. Précision : il existait une exception prétorienne à ce que le prix librement négocié par les parties ne puisse pas être ensuite critiqué. Depuis un revirement de jurisprudence de la première Chambre civile du 7 décembre 2004. le contrat peut être annulé.

il peut être parfaitement inique d’évaluer le montant de la lésion au jour de la conclusion de la promesse (immeuble aura acquis en valeur tandis que monnaie aura dévaluée). 1675 alinéa 2 « lésion s’apprécie au jour de la réalisation ». Le second type de vente immobilière non rescindable sont les ventes judicaire 1684. Cet article donne une précision intéressante en matière de promesse unilatérale de vente. ce qui est logique car vente conclue au jour de la levée d’option par l’acheteur. A l’inverse. en cas d’une promesse synallagmatique de vente. ce que la pratique nie. mais au jour de la conclusion de la promesse puisqu’elle vaut vente. techniquement incontestable. c’est ce que 1675 alinéa 2 appelle la réalisation de la promesse. occasion rêvée pour bien montrer que lésion indépendante de tout vice du consentement. En jurisprudence on a plutôt l’impression que la lésion chasse l’aléa dans la mesure où on considère qu’une vente viagère est aléatoire mais si les fruits retirés de l’immeuble sont supérieurs à la rente versée à la venderesse alors on considère que ces ventes sont rescindables. troisième Chambre civile 20 février . L’arrêt de 1932 précédemment évoqué concernait une promesse unilatérale de vente.chacune des parties d’où l’adage l’aléa chasse la lésion ce qui est parfaitement logique notamment d’un point de vue moral puis la lésion s’apprécie au moment de la conclusion du contrat or un contrat aléatoire ce n’est pas possible de connaitre cela. est évaluée non au jour de la survenance de la condition. c’est al lésion qui chasse l’aléa car on savait dès la conclusion du contrat que la somme serait ridicule donc la vente n’est plus aléatoire. Liaison admise que si le vendeur a été lésé que de plus des 7/12èmes sachant que la valeur du bien est appréciée au moment de la conclusion du contrat. cependant critiquée en doctrine pour au moins 3 raisons valables : Critique d’ordre pratique car il peut s’écouler énormément de temps entre contraction de la promesse et levée d’option. c’est toujours une vente. article 1675. on considère que dans ce cadre une vente aux enchères on est garantie d’arriver à un prix juste. sous condition suspensive. Donc la lésion. la lésion n’a pas lieu lorsque cette modalité de vent est prévue par la loi. « lesio enormis ». Un arrêt l’illustre. qui vaut donc vente. Le problème invoqué en jurisprudence est celui d’une promesse synallagmatique de vente. hypothèse extrême. Il faut que la lésion soit des 7/12èmes. or phénomène de l’inflation peut générer un énorme décalage entre les prix réels. aucun article ne régit la situation. de jurisprudence constante. La rétroactivité de la condition explique cette solution. ici. Donc les raisonnements de la cours sont inversés.

Avec cette exception que si vente est sous condition suspensive. il est prévu . bulletin 85 : promesse conclue en 1908 et levée d’option survenue en 1965. Si elle décide cela. Le vendeur ne doit pas avoir renoncé à demander la lésion. Les auteurs disent alors qu’il faut envisager de ne pas faire rétroagir la condition « inter partes ». On remarque l’iniquité des résultats à laquelle ces principes juridiques si logiques peuvent aboutir. c’est-à-dire qu’il est insusceptible d’interruption et de suspension (contrairement à un délai de prescription au sens strict du terme). le délai commence au moment de la vente. délai commence à courir à la survenance de cette condition. article 1677 du Code. il est d’autant plus bref qu’il est préfix. en principe. or les auteurs considèrent que par cette jurisprudence la Cour de cassation accorde à la rétroactivité de la condition une portée absolue qu’elle n’a pas. La sanction de la lésion : La sanction de la lésion est la nullité que l’on appelle rescision. « inter partes ». Le délai est donc très bref. Ce qui est donc en totale contradiction avec la solution posée qui veut que la vente soit conclu rétroactivement. L’action doit être intentée dans les 2 ans à compter de la vente. de manière extrêmement traditionnelle. La deuxième critique est d’ordre juridique. Il peut à partir du moment de la conclusion de la vente renoncer à la rescision. La lésion vicie la vente au moment de sa conclusion. à partir du moment où on envisage seulement les rapports entre vendeur et acheteur. il n’y a plus aucune raison de faire rétroagir la condition. article 1683. article 1676. elle devrait aussi décider que la condition ne rétroagit pas au profit de l’acheteur. pour connaître la portée d’une loi il faut se référer à son « ratio legis ».1974. et pourtant la Cour de cassation a avalisé cette solution. jurisprudence fondée sur la rétroactivité de la condition.50 francs. c’est que la prescription de l’action commence à courir du jour de la survenance de la condition et non pas du jour de la promesse. La Cour de cassation aurait donc du décider que délai de prescription devrait courir au moment de la vente. Pour les auteurs. Troisième critique. Seul le vendeur peut attaquer la vente pour lésion. or en 1965 immeuble valait plus que 24. Or. même si le vendeur ne pouvait pas agir avant que la condition ne survienne. Deux originalités : procédure se fait en 2 temps. à l’époque conclue pour 2450 francs or. or sa raison d’être est de protéger l’acheteur contre tout droit que le vendeur aurait accordé à des tiers sur son bien.

Récemment Cour de cassation a été tenue de rappeler que le vendeur n’était pas tenu de l’option. Il s’agit ici de résoudre le problème de l’inflation monétaire qui existe toujours. nous dit que l’acheteur doit verser le supplément du juste prix sous la déduction du dixième du prix total. soit d’accepter la nullité de la vente. Cela signifie que l’on évalue l’immeuble le plus tard possible et ce pour que le supplément de prix soit le plus juste. Après la remise du rapport. soit possibilité de racheter la lésion. donc à quel moment va-t-on évaluer l’immeuble pour calculer le montant de la dette de l’acheteur ? La Cour de cassation très logiquement a décidé qu’il fallait évaluer la dette au moment du paiement du supplément de prix. il devra verser le supplément du juste prix (complément du prix trop faible). bulletin 102. le problème qui s’est alors posé à la Cour de cassation est de savoir comment évaluer ce supplément de prix. pas une somme fixe. c’est donc une dette de valeur. pourquoi est-ce que de ce supplément de prix on enlève 10% ? Bonaparte . A partir du moment où l’acheteur va payer le supplément de prix plus tard. Seconde originalité : article 1681 . L’article 1681 in fine.que le juge doive dans un premier temps statuer sur la recevabilité de l’action c’est-à-dire sur la vraisemblance de la lésion. C’est effectivement la seule solution logique. 23 juin 2007. Or cette valeur évolue beaucoup avec le temps. S’il considère que la lésion est vraisemblable. entre la vente et le jugement qui va prononcer la lésion. le supplément de prix qu’il va devoir verser dépend de la valeur de l’immeuble. c’est-à-dire qu’il souhaite que la vente soit maintenue mais pour qu’elle souhaite maintenue. Pourquoi est-ce un problème ? Toujours à cause des délais. Toujours dans le cadre de cet article 1681. il y aura un second jugement pendant lequel le juge statuera sur le fond sur la réalité de la lésion. Deux choses à préciser ici . 1678 à 1680. il nous dit que si l’action est admise l’acquéreur a le choix. civile troisième. un certain nombre d’années vont s’écouler. comment évaluer le montant de ce supplément ? Pour répondre à cette préoccupation économique essentielle. la valeur de l’immeuble augmente tandis que la valeur de la monnaie baisse. Cette option octroyée à l’acquéreur s’explique par la volonté d’encourager le maintien du contrat pour des raisons de sécurité juridique. or pendant ce temps là. la Cour de cassation très classiquement a raisonné en termes de « dette de valeur » : c’est une dette dont le montant dépend de la valeur d’un bien. l’assiette de la dette de l’acheteur est la valeur du bien. alors il désigne 3 experts pour apprécier le montant exact de la lésion. ou encore le moment où l’acheteur va payer le supplément du prix.

cette dette comme n’importe quelle dette va produire des intérêts. La Cour de cassation se préoccupe pas des calculs. La solution préconisée par la Cour de cassation est donc un peu court surtout depuis que le taux d’intérêts légal change tous les ans. Petite précision pour le rachat de la lésion : l’article 1682 alinéa 1er précise que dans cette hypothèse l’acquéreur doit l’intérêt du supplément du jour de la demande de décision : l’acheteur est débiteur d’une dette. comment faire évoluer l’immeuble sur 20 ans. la Cour de cassation a précisé que ce prix total était le prix contractuel + le supplément. le montant de la dette change à chaque instant. intérêt tel qu’évoluant avec les années. 25 années. faut-il prendre en compte mois par mois. ce qui est essentiel comme précision notamment dans les cas pratiques car on comprend que cette valeur est moindre que la valeur de l’immeuble au jour du paiement. Il n’en demeure pas moins que la France a connu des périodes où le libéralisme était beaucoup plus liberticide que libérateur. comment appliquer cette règle très classique lorsqu’il s’agit d’une dette dont le montant évolue à chaque instant qui passe ? La logique veut que l’on tienne compte de la spécificité de cette dette de valeur. On ne devrait plus appliquer le système de la dette de valeur qui tient compte de la dévaluation monétaire. pour tenir compte de l’inflation. Préconiser d’appliquer un taux d’intérêt légal qui augmente à une assiette d’un immeuble qui augmente elle aussi chaque année est une solution beaucoup trop favorable au vendeur. année par année ? La pratique garde ces mystères.La liberté des prix La liberté des prix peut s’appuyer sur la loi Le Chapelier du 2 mars 1791 sur la liberté du commerce et de l’industrie qui a valeur constitutionnelle aujourd’hui. Donc ce . Tout ce qui est calcul du supplément de prix est commenté aux grands arrêts numéro 248. prise en compte également par le taux d’intérêt légal donc doublement prise en compte et compensée. L’ennui c’est qu’il s’agit d’une dette de valeur. 20. elle ne donne aucune précision sur la réalité prosaïque. Il s’agit du dixième du prix total. On doit appliquer le taux d’intérêts légal avec la valeur de l’immeuble telle qu’elle évolue au fil des années. comment en calculer les intérêts ? Pas une somme fixe. dépend de son assiette. qu’est-ce que ce prix total ? La valeur de l’immeuble au jour du paiement ? Non.nous en donne l’explication : approche pragmatique qu’ont eu les rédacteurs lors de la rédaction du Code : il faut enlever 10% parce que rarement on achète une chose à sa valeur exacte. la vendeur aurait sûrement consenti à obtenir 90% de la valeur de son bien.

fournisseurs. Ce n’est pas donner au sens gratuit du terme. fixage des prix par la loi. Bien évidemment existent des exceptions dues soit à des situations de monopôle : SNCF. a renversé le principe et rétablit celui de la liberté des prix énoncé aujourd’hui dans L. Autre exception lorsque les prix sont financés par l’Etat : les médicaments lorsque remboursés par la sécurité sociale. doctrine extrêmement divisée. Pour des raisons culturelles. lorsque appartiennent au Secteur I. notamment pour l’échange. les prix sont fixés par la loi. gouvernement Chirac. Puisque c’est un effet de la vente. droit de la consommation.libéralisme n’a pas toujours été du droit positif. le dentiste. de celui des professionnels. c’est un effet automatique et instantané de la vente. puisque cette règle est aussi énoncée article 1138 du Code Civil. c’est le même où que l’on ne l’achète.410-2 du Code de Commerce « les prix sont librement déterminés par le jeu de la concurrence ». La poste. Chapitre second : Les effets de la vente Section 1 : Les effets réels §1 : Le transfert de propriété Tel que prévu par le Code civil : 1583 instaure le principe du transfert de propriété « solo consensu » donc le transfert de propriété n’est pas une obligation qui pèserait sur le vendeur. La vente rejoint le droit commun. période de pénurie et d’inflation monétaire. droit commun. la donation (article 938) … . droit des contrats spéciaux et droit de la concurrence. Ce qu’il faut savoir c’est que si l’on fait du droit des contrats. Une ordonnance du 30 juin 1945 à l’opposé avait instauré un contrôle des prix. « donaré » en latin. le prix du livre est règlementé. Le temps à passer et une ordonnance du 1er décembre 1986. Cela désigne l’obligation de transférer la propriété. on aura toujours 3 matières à étudier : droit commun. les consultations chez le médecin. politique libérale. article de droit commun et vaut d’ailleurs pour tous les contrats translatifs de propriété. ou de l’autre côté. on considère en droit français que l’obligation de « daré » n’existe pas même si prévue article 1101 du Code Civil. Effet du contrat donc le contrat de vente ne fait pas naître une obligation de « daré » latin qui signifie transférer la propriété. vrai que le transfert de propriété « solo consensu » s’oppose à ce que cette obligation existe en droit français. GDF bien que cela ait changé et que ces situations sont vouées à disparaître quoiqu’en disent les syndicats. Vaste débat de savoir si elle existe ou non. droit des contrats spéciaux.

en se réservant la propriété. il est vital d’organiser la publicité à titre d’opposabilité aux tiers. mais le terrain avait été très largement préparé avant eux.Ce transfert de propriété « solo consensu » a été institutionnalisé par les rédacteurs du Code. clause selon laquelle il est prévu que l’acquéreur devient propriétaire qu’après paiement intégral du prix par lui-même. en prenant un paquet de pates. dans un contrat de vente. le vendeur garantit . qui doit être nuancée dans la mesure où dès le droit romain et plus encore sous l’ancien droit. Deux explications sont ici données : soit on considère que les parties ont conclu une clause implicite de réserve de propriété. Hypothèse juridiquement intéressante parce qu’ici la propriété joue le rôle de garantie de paiement. la vente n’est pas conclue au moment où l’acheteur prenait le produit mais retardée par les parties au moment du paiement du prix. de cette tradition fictive on a abouti à une clause type présumée dans tous les contrats selon laquelle l’acheteur avait été mis en possession du bien. ce qui est extrêmement gênant pour un droit opposable à tous. Il est vrai que le transfert de propriété ne pouvait avant être opéré que par tradition = remise matérielle du bien. d’où tous les systèmes de publicités organisés en matière de vente pour des raisons d’opposabilité aux tiers. Dans un système de transfert intellectuel du droit de propriété. ceux-ci sont indispensables dans un système de transfert de propriété « solo consensu ». notamment en droit romain. C’est un transfert de propriété occulte. finalement les rédacteurs du Code n’ont fait que parachever une transition déjà bien entamée. « erga omnes ». si on applique 1583. A partir du moment où cette mise en possession était devenue fictive et que les clauses qui l’affirmaient étaient devenue mensongères et présumées. on se rend compte que dans les faits se transfert de propriété était déjà très abstrait. Rupture avec le passé. L’autre illustration de cet aménagement du transfert de propriété par les parties va nous retenir plus longuement. revêtait de plus en plus un caractère abstrait puisque cette tradition pouvait être fictive. jurisprudence constante de la Chambre criminelle. Aménagé par les parties Deux hypothèses nous retiendront ici : la vente en grande surface. et c’est l’explication retenue en jurisprudence. rien ne matérialise ce transfert contrairement à la tradition. écarte 1583 et conditionne le tr ansfert de propriété au paiement du prix. à laquelle le transfert de propriété était soumis. soit. cette condition de la tradition. ils n’ont fait que le saut intellectuel. on est propriétaire si on applique à la lettre 1583 et on peut partir sans payer.

le vendeur initial n’a plus que ses yeux pour pleurer puisque possession vaut titre. Si le prix n’est pas intégralement payé. La condition reste bien évidemment que la chose soit encore en nature dans le patrimoine de l’acheteur. qu’il est « in bonis ». Hypothèse où la propriété joue le rôle de sûreté. il est considéré comme n’ayant pas accepté la CRP puisque silencieux. alors le vendeur pourra revendiquer son bien. beaucoup plus efficace car pas en concurrence avec les créanciers personnels de son acheteur. Or on peut très bien imaginer qu’un acheteur quoique non propriétaire ait déjà revendu le bien (vente de la chose d’autrui). utilisé comme si droit réel accessoire. inverse du droit commun. il passe avant. silence vaut ici acceptation. Quels sont ces infléchissements qui démontrent toute son efficacité en cas de procédure collective ? Premier infléchissement : la stipulation unilatérale du vendeur selon laquelle la vente se fait sous CRP est considérée comme acceptée par l’acheteur sauf stipulation contraire. C’est l’hypothèse problématique parce qu’assez fréquente de la contradiction des conditions générales. Précisions sur le régime de droit commun du transfert de propriété repoussé au paiement du prix : rétroactif ou non ? Il faut le préciser dans le contrat. situation ubuesque où tant que l’acheteur n’est pas en procédure collective. Puisque le vendeur est propriétaire jusqu’au paiement du prix. en matière mobilière. la CRP s’impose. Cette solution aboutit à une incohérence totale de notre système juridique. simplement puisqu’il est en procédure collective alors que rien n’a changé. Donnée économique totalement indépendante de la formation des contrats va nous . c’est-à-dire qu’elle est conditionnée au paiement d’une créance alors même que la propriété c’est le droit réel principal par excellence. ce qu’il est ici intéressant de noter c’est que le vendeur à ce moment là n’intente pas une action personnelle. il ne fait pas valoir un droit de créance mais intente une action réelle. à ce moment là. peut plus récupérer son bien. C’est en matière de procédures collectives que l’efficacité de la clause de réserve de propriété est maximale. Régime de la clause de réserve de propriété (CRP) est infléchi par le droit des procédures collectives.beaucoup plus sûrement le paiement de la chose. Qu’est-ce sinon une sûreté ? Ici la propriété jouant comme une garantie de paiement devient un droit réel accessoire. non sens juridique. puis tout d’un coup. c’est sur lui que pèsent les risques étant précisé que contractuellement l’inverse est très souvent prévu. puisque revendique la chose en tant que propriétaire. la CRP sera considérée comme acceptée.

l’action en revendication disparait au profit d’une action en indemnisation.dire si la CRP est acceptée. le transfert des risques n’est pas immédiat en matière de vente à distance. elle est annulée rétroactivement. En d’autres termes. Chambre commerciale 5 mars 2002. propriétaire dès le début.132-7 Code de Commerce. La jurisprudence est allée encore plus loin . Si la charge périt. article L. le vendeur avec CRP peut même se faire restituer des choses fongibles dont on sait qu’elles ne sont pas les siennes. un vendeur avec CRP pourra revendiquer des choses fongibles. Ce qui met bien en évidence que la préoccupation du législateur est depuis 1980 d’assurer la plus grande efficacité à la clause de réserve de propriété. la chose périt pour un cas considéré comme de force majeure. mais l’article 1182 Code Civil prévoit l’inverse. il n’y a pas de chose plus fongible que l’argent.621-122 du Code de Commerce. joue rétroactivement donc en principe l’acheteur. droit commun. Il faut également que ce bien soit individualisé. Il y a cependant exception lorsque la vente se fait sous condition suspensive. c’est le propriétaire qui doit en supporter le risque . Si la vente est annulée. la charge des risques est liée à la propriété. En procédure collective c’est pourtant possible. l’acheteur devra quand même lui verser le prix même si le vendeur n’a plus rien à lui donner. « res perit domino » la chose périt à la charge du propriétaire. si après la conclusion de la vente. Lorsque l’on allie ce principe au transfert de propriété « solo consensu ». Tout ceci conditionne l’assurance. Troisième infléchissement : le propriétaire en cas de revente du bien pourra revendiquer la créance du prix alors qu’en droit commun en cas de revente. reconnaissable. Jurisprudence a encore renforcé l’efficacité de la CRP. En droit commercial. Ce qui est extrêmement dérogatoire au droit commun. indépendamment de la responsabilité du vendeur. Deuxième infléchissement : en principe vendeur ne pourra revendiquer son bien que s’il est en nature dans le patrimoine de l’acheteur. L. §2 : Le transfert des risques Article 1138 alinéa 2. devrait supporter la charge des risques. il est reporté à la remise du bien au transporteur. l’acheteur qui devient propriétaire doit supporter immédiatement les risques . ce qui signifie que le propriétaire est censé avoir été toujours propriétaire. les risques seront quand même à sa charge si la chose a péri entre temps. Contrairement au droit interne de la vente. Qui a les risques doit s’assurer. la revendication des choses fongibles n’est pas possible. la Convention de Vienne dissocie transfert de propriété et transfert des risques puisque ne statue pas sur le moment du transfert .

tandis que certaines obligations préexistantes ont été étendues par la jurisprudence ce qui a provoqué des chevauchements de notions.133-2 valant pour tous les contrats conclus entre professionnel et consommateur. . article 1602 alinéa 2 qui dispose que « tout pacte obscur ou ambigu s’interprète contre le vendeur ». les choses ne sont plus aussi simples. personne que l’on cherchait à protéger par cette multiplication. article 1603 qui assez banalement dit que le vendeur a 2 obligations principales. il est supplétif. Pas exclusive au contrat de vente en matière de consommation alors que 1602 Code Civil n’est pas impératif. il faut ajouter les obligations d’information. c’est bien évidemment l’acheteur qui paye. On voit ici que l’on présume que le vendeur tient la plume. de conseil. d’abord parce qu’on a assisté à une augmentation des obligations du vendeur. Règle datant de 1804 reprise en droit de la consommation L. et la prime d’assurance va ainsi augmenter. Au niveau pratique. toujours liés à l’assurance : il va penser à s’assurer pour des risques nombreux. et jouent donc à l’encontre de l’acheteur. le coût de ces primes sera reporté sur le prix de vente. Toutes ces obligations se répercutent sur le prix. solution enviée par les auteurs. soit remise à l’acheteur. beaucoup plus logique. articles 67 à 69. c’est que l’acheteur en droit français de la vente bénéficie d’un nombre de recours très élevé. Aujourd’hui. rédige le contrat et spécifie ses obligations contractuelles. l’obligation de sécurité etc. garantie d’éviction et garantie des vices cachés. Le résultat de tout cela. délivrer et garantir la chose qu’il vend. Il faut toujours se battre pour tenir la plume lors des négociations. Ce qui donne une situation parfois inexplicable connue sous le nom de concours d’action. Règle d’interprétation « contra proferentem » contre celui qui rédige le contrat. soit lors remise au transporteur. cœur des débats concernant la directive de 1985 sur les produits défectueux avec responsabilité sur les risques de développement. cette multiplication des obligations qui pèsent sur le vendeur a des effets pervers. si les vendeurs peuvent craindre de devoir s’assurer pour des risques imprévisibles. Le côté pervers peut être aussi une certaine paralysie. Autre point à aborder en introduction des obligations du vendeur.de propriété. associe risque et maîtrise de la chose. Section 2 : Les effets personnels §1 : Les obligations du vendeur Quelques propos introductifs. La garantie étant double. contrat s’interprète en défaveur du professionnel. il n’a qu’à rédiger clairement sinon en subit les conséquences.

l’acheteur est considéré comme possesseur même s’il n’a pas le bien entre les mains. il suffit de se référer au contrat. bien « in corpore alieno ». Les articles 1616 et suivants du Code donnent quelques précisions sur la notion de conformité. est-ce cohérent avec le droit commun de la charge de la preuve ? A priori on peut penser que non puisque l’alinéa 2 dit que c’est à celui qui prétend être libéré d’une obligation de démontrer qu’il n’est pas libéré. On se retourne plutôt vers la définition de la jurisprudence qui précise que la délivrance c’est la mise à disposition de l’acheteur d’une chose conforme aux stipulations contractuelles. Délivrer le bien n’est pas le livrer. Malgré les apparences cette règle est tout à fait conforme au droit commun de la preuve car doit démontrer l’existence qu’il perçoit comme anormale. Distinction entre délivrance conforme et garantie des vices cachés : La conformité est appréciée en fonction des stipulations du contrat. . nécessité de bien décrire le bien vendu dans le contrat. délivrance sera conforme. Dans la très grande majorité des cas. Il y a une exception à cela. De plus. A partir du moment où l’on considère qu’une chose conforme est conforme aux stipulations contractuelles. inhabituelle. Cette notion est rendue complexe principalement par une jurisprudence qu’il est parfois difficile de lire tant elle est fluctuante et parfois contestable. Le contenu de l’obligation Les choses paraissent assez simples dans la mesure où cela dépend du contenu du contrat.211-7 du Code de la Consommation est fixée une présomption simple de non-conformité du bien aux stipulations contractuelles au moment de la vente si un défaut de conformité apparait dans un délai de 6 mois après la délivrance. la délivrance contrairement à ce qu’affirme 1604 n’a aucun rapport avec la propriété. Il est donc tout à fait normal que ce soit à l’acheteur de démontrer que la délivrance n’a pas été conforme. En réalité c’est nettement plus complexe. La délivrance non conforme c’est l’hypothèse pathologique qui doit aboutir à une décision de justice. cela parait extrêmement simple.A/ L’obligation de délivrance Article 1604 donne une très mauvaise définition. article L. C’est à l’acheteur de prouver qu’il n’y a pas eu délivrance conforme. tout est une question d’interprétation du contrat d’après 1602 alinéa 2. le droit de la consommation depuis la transposition opérée par l’ordonnance du 17 février 2005. 21. ni avec la mise en possession de l’acheteur. encore plus aggravé par une jurisprudence souvent illisible. Par l’obligation de délivrance on ne met pas forcément l’acheteur en possession du bien.

alors qu’un bien qui est affecté d’un vice caché est un bien impropre à l’usage normal que l’on en attend.Deux points illustrent ce propos : Distinction qu’il est tenu de faire entre délivrance conforme et vice caché. l’action en garantie des vices cachés a longtemps était prescrite par un bref délai (1648 du Code Civil le disait). qui bénéficient d’un principe de validité alors qu’elles sont quasiment interdites en matière de garantie des vices cachés. il a trait aux clauses élusives ou limitatives de responsabilité. A compter d’un arrêt d’assemblée plénière du 7 février 1986 aux grands arrêts n°252. . Il est tout à fait essentiel de distinguer les 2 notions puisqu’elles sont soumises à des régimes différents. Là encore théoriquement les choses sont fort simples puisqu’une nonconformité c’est ce qu’on appelle un « aliud » = on nous délivre un bien autre que celui commandé. article 2262 du Code Civil. Or jusqu’à très récemment l’action en défaut de conformité se prescrivait par 30 ans. Il s’agit donc d’un critère subjectif et matériel qui permet de déceler le défaut de conformité. alors que celui qui permet de définir le vice caché est dit au contraire fonctionnel et objectif. Mais la jurisprudence est peu claire sur cette distinction conceptuelle. c’est ce qu’on appelle un « pejus » = pire. elle décide qu’une chose qui ne remplit pas l’usage auquel on pouvait s’attendre est affectée d’un défaut de conformité. chose pire que celle commandée puisqu’elle ne va pas fonctionner comme l’on devait pouvoir s’y attendre. Loi n°2008-561 du 17 juin 2008 a modifié les délais de prescription. prescription de droit commun. Donc la distorsion de délai entre ces 2 notions a été fortement réduite par les changements législatifs récents mais il demeure tout de même un écart. Normalement le critère fonctionnel est révélateur d’un vice caché. En effet dans cet arrêt de 86 la Cour de cassation parle en termes de conformité fonctionnelle. premier a étendre la notion de défaut de conformité à un point tel qu’elle englobait la notion de vice caché. Ce qui explique que tant d’arrêts de la Cour de cassation ont trait à cette distinction. revenait au juge de dire au cas par cas. aujourd’hui le délai est un délai de 2 ans depuis une loi de 2005. Le contentieux a porté principalement sur 2 différences de régime qui expliquait que l’enjeu était important : le 1er enjeu est celui du délai de prescription. Jurisprudence qui a eu le droit aux foudres de la doctrine. alors que l’usage normal quand il n’est pas respecté entraîne la qualification de vice caché. Le 2nd enjeu n’a pas disparu. désormais 2224 du Code nous précise que le délai de droit commun est ramené à 5 ans et donc l’action en défaut de conformité également.

quelle qualification l’emporte à ce moment là devant la Cour de cassation ? Ca dépend. on a eu droit à un revirement de jurisprudence la part de la 1ère Chambre civile du 5 mai 1993 qui est revenue aux critères classiques de définition. c’est que malgré la clarté des critères théoriques de définition. il y a des arrêts qui témoignent que dans cette hypothèse la Cour favorise davantage la qualification de défaut de conformité (TD n°3 arrêt du 17 juin 1997 bulletin n°105 et 6 octobre 2004 bulletin n°167). notamment dans une hypothèse assez fréquente. notamment Olivier Tournafond (TD n°3). des hypothèses de chevauchement sont toujours possibles entre les 2 notions. Solution d’autant plus bizarre de la part de la 3ème Chambre car on voit mal comment appliquer le régime des vices cachés à un terrain non constructible. Quelle qualification doit-on retenir ? Hypothèse où les 2 notions se recoupent. à ce stade. seule la troisième Chambre civile a résisté à l’assemblée plénière et cela donnait lieu à des jurisprudences totalement discordantes entre la 1ère et la 3ème notamment sur les tuiles gélives. et dans ce cas là. ce qu’il faut constater.L’enjeu bien évidemment était de permettre à l’acheteur d’échapper au bref délai. A la suite de cette confusion notionnelle. Oui mais. La distinction n’est encore pas aujourd’hui claire et nette et la jurisprudence continue à être assez obscure. l’unité était à nouveau faite et bien sûr la doctrine a accueilli favorablement ce revirement (Dalloz 94 page 115 et Dalloz 93 page 1 chronique du professeur Atias). ici la Chambre a qualifié l’inconstructibilité du terrain de vice caché. usage conventionnel. lorsque dans le contrat les parties ont expressément précisé l’usage que l’on attend de la chose. ce qu’il faut en conclure . Donc. Sur le plan pratique. en présence des 2. Les chevauchements entre les 2 notions demeurent possibles. Il semble qu’il est important de connaître ses fluctuations de jurisprudence même si plus d’actualité parce que mettent en évidence le caractère flou de ces 2 notions devant la Cour de cassation. notamment lorsque l’usage normal a été spécifié au contrat. La première Chambre civile et la commerciale ont suivi. la troisième Chambre civile du 15 mars 2000 (bulletin n°61 TD n°3) où il s’agissait de la constructibilité d’un terrain spécifiée dans le contrat de vente. donc on est revenu finalement à l’époque antérieure aux errements de l’assemblée plénière. la Chambre commerciale a suivi en 1994. et que l’usage conventionnel n’est rien d’autre que l’usage normal du bien. la jurisprudence n’est toujours pas unifiée entre la première Chambre civile et la troisième. La doctrine n’avait pas de mots assez durs pour critiquer cette jurisprudence. l’afflux de contentieux persiste et démontre que cela n’est pas réglé.

action en responsabilité contractuelle. Cette jurisprudence permettait de sauver l’acheteur qui s’était trompé dans le choix de son action. notamment l’usage de la chose même si cela parait être une évidence. du moins ce ne serait plus au juge mais à l’avocat de le résoudre. Il convient encore de préciser certains points concernant cette dualité conceptuelle. Obligation faite par la Cour de cassation au juge. Donc on avait quand même une jurisprudence pas très cohérente. parce que ce à quoi on peut penser dans cette hypothèse de chevauchement. D’où l’intérêt de savoir devant quel défaut on est. il est décidé que l’acheteur ne peut pas cumuler les 2 actions.c’est qu’il est sans doute opportun et même à conseiller lors de la rédaction de contrats. Cette position était jugée très sévère pour l’acheteur. parce qu’en pratique cela l’enfermait dans le délai bref des vices cachés. sont tous des arrêts qui reprochent au juge du fond de ne pas avoir recherché si ce que l’acheteur avait qualifié de vice caché n’était pas en réalité un défaut de conformité. cela permettrait de résoudre ce problème notionnel. alors que garantie des vices cachés est fortement spécifique à la vente. et à l’inverse. il n’a pas de choix libre entre ces 2 actions. quand on lisait encore récemment les arrêts de la première Chambre civile qui cassaient la décision d’appel reprochant au juge du fond de ne pas avoir cherché si la demande ne devait pas être requalifiée. fondée sur l’article 12 du Code de Procédure Civile. mais finalement jurisprudence très adoucie. la jurisprudence exige de manière exclusive qu’il choisisse l’une ou l’autre des voies. de tout préciser. tempérée voire même annihilée par une autre jurisprudence qui dans le même temps décidait de manière constante que le juge devait requalifier d’office une action en justice intentée par l’acheteur sur un fondement erroné. si le défaut est à la fois un défaut de conformité et un vice caché. pourquoi alors tenter de distinguer et laissons à l’acheteur choisir ? A priori les 2 actions sont recevables. En définitive cette jurisprudence annihilait quasiment les conséquences de la règle du non cumul. afin d’échapper à la qualification de vice caché. jurisprudence constante. Pourquoi est-ce une action spéciale ? Parce que l’action en délivrance conforme est l’action de droit commun en inexécution du contrat. c’est de se dire que le même défaut est un défaut de conformité et un vice caché. d’un côté sévère avec sa . droit d’option qui lui permettra de choisir sur quel fondement il souhaite plaider. Cette règle du non cumul a été adoptée par la jurisprudence au motif que l’action en garantie des vices cachés est une action spéciale par rapport à l’action en défaut de conformité. L’ennui c’est que la jurisprudence n’est pas dans ce sens. Or. règle du non cumul des actions.

en droit de la consommation. Ce qui est intéressant pour nous. c’est que cet arrêt a été rendu à propos d’une action en garantie des vices cachés. Il faut tout d’abord en déduire qu’il faut bien choisir son avocat. pour que ces 2 notions n’en fassent plus qu’une. La Cour a décidé que désormais les juges n’avaient plus l’obligation de requalifier d’office une demande formulée sur un fondement erroné. C’est une décision qui a une portée générale. concept unitaire précisé à l’article 35. Cela parait d’autant plus possible que c’est le cas dans la Convention de Vienne. lorsqu’elle parle en terme de conformité des marchandises elle dit bien qu’elles ne sont pas conformes lorsque pas fidèles au contrat ou lorsque l’usage attendu n’est pas respecté. c’est de bien choisir l’action que l’on devra intenter en fonction de la situation juridique (clause élusive nous gêne ? prescription nous gêne ?) et de l’enjeu. dans son pourvoi l’acheteur dit que les juges auraient dû requalifier sa demande en garantie d’un défaut de conformité. Là aussi. Donc un seul régime juridique. 211-4 et suivants du Code de la Consommation. Cette directive a très largement était inspirée par la Convention de Vienne. on parle désormais de la « garantie de conformité ». Distinction difficile à faire mais qu’il est nécessaire d’effectuer. lors de la vente d’une voiture d’occasion. jurisprudence qui rendait la première lettre morte en demandant aux juges de requalifier. terme employé L. On voit bien ici que la situation du droit interne de la vente est extrêmement insatisfaisante. de l’autre. La Cour de cassation rejette ce pourvoi. Deuxième remarque. le juge ne peut plus aller au secours de l’acheteur. cette décision redonne tout son lustre à la règle du non cumul. toujours la même. on a un seul et unique défaut qui englobe les 2 hypothèses. on ne sera donc pas étonné de constater que dans l’ordonnance française de 2005 qui la transposait qu’il n’y ait qu’un seul et unique concept pour ses 2 défauts. c’est qu’a priori. la plupart des commentaires sur cet arrêt sont de droit processuel. il faut quand même être . il restera quand même une manière de la contourner. Tout plaide donc pour que l’on abandonne cette dualité conceptuelle. Concernant le droit de la consommation. tout cela est envié par beaucoup d’auteurs qui se lamentent de la dualité conceptuelle en droit interne de la vente.règle du non cumul. ne vaut pas que pour la vente évidemment. qui désormais pourra s’imposer avec toute sa rigueur. Cet état de droit a été modifié par un arrêt de l’assemblée plénière du 21 décembre 2007 (bulletin n°10). De plus cette unité conceptuelle a gagné du terrain récemment avec l’ordonnance du 17 février 2005 qui transpose une directive de mai 1999.

. Tout cela n’est pas compliqué. C’est fort dommage parce que lorsque l’on constate ce que les autres ont fait. droit à quelques litres d’essence. De même pour les ventes internationales. les créances personnelles ne sont jamais transmises aux ayant cause à titre particulier. la chose étant le principal. cric et carte grise. notamment l’Allemagne. en France. Ex : achat d’une voiture. ou encore si locataire endommage un mur. il aurait fallu que cette directive de 1999 inspira non seulement le droit français de la consommation. Pour véritablement simplifier le droit commun de la vente en la matière. cette action garantie de conformité ne fait que s’ajouter aux actions de droit commun. Une hypothèque par exemple suit le bien.conscient cependant que l’adoption d’un concept unitaire n’a pas du tout simplifié l’état du droit. réponse est négative . Qu’en est-il des créances et des dettes personnelles nées du chef du vendeur et relatives au bien ? D’un côté elles sont personnelles mais de l’autre elles ont un lien avec la chose vendue. La question en revanche qui est beaucoup plus problématique. Illustration de cette réponse en principe négative : ex : le cessionnaire d’un fonds de commerce ne peut pas demander l’exécution des contrats de vente que le cédant aurait passés pour renflouer le stock. et c’est véritablement l’occasion manquée par le droit français qui aurait pu remplacer le défaut de conformité et la garantie des vices cachés par cette garantie de conformité. au titre de l’accessoire on a droit au certificat de dédouanement nécessaire pour l’importation des marchandises. Les droits réels sont les droits attachés au bien et le suivent en quelques mains qu’il se trouve. mais également une réforme du droit commun de la vente. 1165 du Code Civil. N’est pas non plus compliquée la transmission à titre d’accessoire les droits réels qui grèvent la chose. au contraire . créance transmise avec la vente de l’immeuble ? En principe. De même pour les ventes immobilières. article 1615 du Code Civil. l’acheteur consommateur continue à bénéficier des actions de droit commun. doivent également être livrés ses accessoires. leur droit de la vente est beaucoup plus clair. Le droit français malgré l’adoption d’un concept unitaire en droit de la consommation n’est pas simplifié pour autant. pas enfermé dans l’action en garantie de conformité. c’est la transmission des créances et des dettes personnelles. Egalement transmises à titre d’accessoire avec le bien vendu ? Par exemple le cas d’un contrat d’assurance. L’accessoire suit le principal. La seconde question a trait à la délivrance des accessoires. il faut délivrer un certificat de conformité. d’un contrat de bail. et la jurisprudence y est peu claire. effet relatif des conventions. roue de secours.

or les stipulations peuvent être différentes d’un contrat à l’autre.Une exception : la clause de non-concurrence. En dehors d’une convention ou d’une loi. celle-ci est forcément cédée avec le fonds. L’arrêt du 17 novembre 2004 le spécifiait déjà lui-même. des textes spéciaux prévoyant la transmission de certains droits. En principe 1165 s’applique sauf clause de non concurrence. la clause suit le fonds en quelques mains qu’il se trouve. accessoires de la chose. on peut bien sûr dans un contrat prévoir que tel ou tel droit serait transmis à l’acquéreur. Autre exemple de relativité des conventions : arrêt de la troisième Chambre civile du 17 novembre 2004 (TD n°4 commentaire entier. D’autres explications existent mais on verra tout cela dans la superbe chronique dont la lecture est conseillée dans le TD n°4. C’est lui qui a étendu l’action contractuelle aux chaînes hétérogènes translatives de propriété. ou encore des contrats d’assurance. bulletin n°7) : hypothèse d’un entrepreneur qui endommage un mur pendant les travaux avant la vente. critère . cas aussi des contrats de travail lorsqu’une entreprise est cédée. l’ensemble des obligations du vendeur. L’assemblée plénière de 1986 a admis qu’elle soit transmise avec le bien. il est important d’étudier les exceptions. la première Chambre civile est tout à fait d’accord avec cette position. A noter cependant un petit doute quant à la transmission de l’obligation de délivrance conforme. la garantie des vices cachés. Dans cet arrêt. mais également l’obligation de délivrance conforme. Bien évidemment comme pour tout principe. notamment le contrat de bail 1743 du Code Civil. elle fait naître sauf exception une obligation personnelle. la garantie d’éviction. le vendeur vend. mais pas la troisième Chambre civile. De même. Les obligations du vendeur sont transmises à l’acquéreur et tout sous-acquéreur avec la propriété c’est « l’intuitus réi ». l’obligation de sécurité etc. la jurisprudence a admis une autre exception. Sont transmises avec la chose. cette créance a été transmise avec le bien. exception banale. beaucoup plus dubitative à cet égard et ne l’admet pas au fondement d’un argument qui peut paraître convaincant puisque l’on apprécie la conformité au regard des stipulations contractuelles. qui est titulaire de la créance de dommages-intérêts contre l’entrepreneur ? le vendeur ? ou l’acheteur de l’immeuble ? Si c’est l’acheteur. seul le vendeur peut se retourner contre l’entrepreneur. notamment le 7 février 1986 dans l’arrêt d’assemblée plénière qui a admis qu’étaient transmis à l’acquéreur les droits et actions attachés à la chose qui appartenaient à son vendeur. même si dans un contrat de cession de fonds de commerce la clause n’est pas rappelée. la Cour de cassation dit que la créance n’a pas été transmise à l’acheteur. théorie des chaînes de contrats.

Tous les auteurs proposent ce critère pour déterminer quelles sont les actions personnelles transmises à l’acquéreur. d’où discordance de jurisprudences. pose problème car il est inadapté. Cependant la jurisprudence admet qu’il peut toujours agir s’il peut se prévaloir d’un préjudice distinct de celui subi par le sous-acquéreur contre son vendeur originaire. si le vendeur. si malgré le dommage causé contre le mur. les droits et actions ont été transmis. il les a donnés. « l’intuitus réi ». Cet argument peut malgré tout être nuancé dans la mesure où par hypothèse la vente porte sur exactement le même bien. pas seulement dans les chaînes de contrats). Ex : de 2 choses l’une. Enfin bon quoiqu’il en soit première et troisième Chambres sont à nouveau en désaccord. A l’inverse.subjectif qui ne peut être apprécié qu’au regard d’un contrat spécifique. Tout dépendrait du prix de vente. le fondement de l’intérêt. Comment une action transmise à l’acheteur pourrait encore être mise en œuvre par le vendeur ? L’intuitus réi est encore une fois insusceptible d’expliquer cette solution. comme ce sera le plus fréquemment le cas. Ce qui prouve d’ailleurs que le très grand inconvénient de cet intuitus réi est son caractère extrêmement flou. immeuble endommagé par l’entrepreneur avant la vente. le vendeur intermédiaire ne peut plus agir. c’est une action qui ne devrait pas être transmise avec le bien. L’intuitus réi est également inapte à expliquer un autre aspect de la jurisprudence concernant les actions directes. incapable de rendre compte de toutes les solutions admises par la jurisprudence concernant l’action directe contractuelle. l’acheteur . Sinon les juges auraient dû admettre cette possibilité au regarde l’intuitus réi. Parce que le critère de définition de la conformité est subjectif. Ce qui explique pourquoi un autre fondement a été admis. a été obligé de baisser son prix pour vendre son bien. Le fondement. imaginons que parce qu’un des murs est abîmé l’acheteur dit qu’il l’achète moins cher. c’est lui qui a intérêt à se retourner contre l’entrepreneur. L’ « intuitus réi » est une justification manifestement insuffisante : 2 raisons flagrantes : si on dit que sont transmis à l’acquéreur droits et actions attachés à la chose. c’est que puisque l’action est transmise à l’acquéreur ou au sous-acquéreur (problème plus général. comment expliquer que l’action en dommages et intérêts nés des dommages subis par l’immeuble ne soit pas transmise selon l’arrêt de la troisième Chambre civile en date du 17 novembre 2004 (pas une décision isolée). il ne peut plus agir lui-même d’après l’intuitu réi. incapable de rendre compte de l’ensemble de cette jurisprudence concernant l’action directe. dans cette hypothèse l’action ne serait pas transmise à l’acheteur.

le droit communautaire : la CJCE refuse de reconnaître un caractère contractuel à l’action du sousacquéreur contre le fabricant. Cette décision a été rendue sur question préjudicielle posée par la Cour de cassation française. or quand un contrat est international. incapable d’expliquer l’ensemble des solutions de la jurisprudence à l’heure actuelle. mécanisme . Donc cette action directe contractuelle est limitée aux chaînes de contrats internes. Cela dépendrait d’une donnée que l’on a jamais dans les arrêts. contrôle de fait. c’est condamner tous les mécanismes millénaires qui permettent à une partie qui n’a pas conclu le contrat à l’origine d’en assumer les engagements. Il existe une convention. Cette action directe n’est reconnue ni par le droit communautaire ni par la Convention de Vienne. Or lorsque c’est un sous-acquéreur qui intente une action contre le fournisseur. celui des conflits de juridiction : vente intracommunautaire. c’est alors lui qui aura intérêt à se retourner contre l’entrepreneur car c’est lui qui aura subi le préjudice. Il faut retenir ici plusieurs choses : la notion communautaire de contrat est autonome. effectivement il n’y a aucun contrat entre les 2. Cette notion d’accessoire est donc problématique du fait du flou de ce qui fonde actuellement la jurisprudence. « Jacob Hunt ». or. L’ultime question.paye quand même au prix fort le bien endommagé. tout d’abord car elle est simpliste. le premier problème qui se pose est de savoir devant quel juge plaider. ce problème est un problème de conflit de juridictions internationales. dans cette hypothèse là il faudrait en déduire que l’action a été transmise au vendeur. c’est la portée de l’action directe contractuelle. donc l’action n’est pas contractuelle. elle la qualifie de délictuelle. la Convention de Bruxelles de 1968 qui régulait au niveau de l’Union Européenne les conflits de juridictions. l’intuitus réi. cette définition du contrat est éminemment critiquable. puisque ce critère n’est pas appliqué par la Cour de cassation qui est restée complètement sourde à cette proposition doctrinale car perdrait une bonne partie de son contrôle sur la transmission des actions personnelles avec le bien. le prix de la vente. notamment dans une décision du 17 juin 1992 (TD n°4). Tout d’abord. C’est dans le cadre de cette convention que la CJCE a eu l’occasion de statuer sur les actions directes contractuelles. Décision rendue dans un cadre spécial. En outre. La réponse de la CJCE a été négative et elle a saisi l’occasion pour définir ce qu’elle entend par « matière contractuelle » comme suit : « la matière contractuelle ne peut être comprise comme visant une situation dans laquelle il n’existe aucun engagement librement assumé d’une partie envers une autre ».

demeurée fidèle en droit interne de la vente à l’action directe contractuelle mais en matière de conflits de lois s’aligne. que la Cour de cassation continue à qualifier de contractuelle l’action directe dès qu’elle statue en dehors de la Convention de Bruxelles (s’aligne sinon). il a pour fonction de changer le sens d’un autre mot. Elle s’est appuyée dans cette décision sur l’article 4 de la Convention « la CVIN régit exclusivement les relations entre vendeur et acheteur » donc à l’exclusion des relations qui pourraient naître entre vendeur et sous-acquéreur. On se demande depuis 1992 si le contrat d’adhésion est « librement assumé » au sens de la Cour de Justice. c’est pour cette raison que dans ce cas. elle dit que la Convention de Vienne n’est pas applicable à l’action directe dans les ventes internationales. Sa portée est tout sauf claire. de la subrogation personnelle. Double qualification selon le texte appliqué par la Cour de cassation. arrêt récent de la première Chambre civile du 5 janvier 1999 (bulletin n°6). hors de la . sorte d’action directe conventionnelle. c’est la Convention de Vienne. Est-ce à dire que l’action directe n’est pas contractuelle ? Selon Mme Lardeux elle l’est malgré tout.de la cession de contrat. Faits d’espèce sont ici à prendre en considération parce qu’extrêmement fréquents : dans le contrat qui liait le fournisseur américain avec le premier acheteur. La seconde critique c’est l’expression « librement assumé ». Autre qualification non contractuelle de l’action directe. Mais ici cette définition remet au goût du jour une difficulté levée il y a bien longtemps par les systèmes nationaux. Ce qui explique très vraisemblablement. Cette définition les condamne. cette décision a été prise dans le cadre de la Convention de Bruxelles qui est aujourd’hui un règlement communautaire. L’action directe n’est pas contractuelle dans le cadre de la Convention de Bruxelles . La question qui a été posée était de savoir si de cette décision on pouvait conclure que dans les chaînes internationales de vente les actions directes ne pouvaient pas être qualifiées de contractuelles. où la Cour de cassation a décidé alors que la Convention de Vienne n’était pas applicable à une action directe intentée par un sous-acquéreur contre un fabricant américain. Cet arrêt est extrêmement difficile à lire et à comprendre. et aussi peut être à cause de la faiblesse de l’argumentation. la décision était infondée au sens de Mme Lardeux. il faut toujours se méfier des adverbes lors de la rédaction. autant d’opinions que de commentaires. Portée limitée de cet arrêt de la CJCE. il était expressément spécifié qu’un sous-acquéreur pouvait se prévaloir de la garantie. Ce n’est pas ce que dit la Cour de cassation. or ça fait longtemps en France comme en Allemagne que l’on a mis au clair ce point.

Doutes n’ont pas été levés par une décision ultérieure. le délai : le délai d’exécution peut être conventionnel. rien n’empêche au vendeur de livrer le bien. dans ce cas le vendeur fait appel à un transporteur. Depuis. D’autres précisions : en matière de ventes commerciales. règles du contrat de transport sont applicables. Beaucoup plus de questions que de réponses. Cette règle est bien sûr supplétive. le législateur a pris le relai et fait obligation de donner au professionnel une date impérative de livraison étant précisé qu’après 7 jours de retard. Ce n’est pas une condamnation de l’action directe dans les chaînes de contrats internationales que ce contrat donne. les Incoterms (International Commercial Terms) établis par la Chambre de Commerce internationale s’appliqueront en l’absence de précision.114-1 du Code de la Consommation. c’est l’obligation de mettre le bien à disposition de l’acheteur pour qu’il aille aller le retirer. article L. article 1247 alinéa 1 er du Code qui veut que les dettes soit quérables et non portables. jurisprudence constante.Les modalités de l’exécution Article 1609 n’est que le rappel du droit commun.Convention de Vienne. hyperspécialisation de la législation. Concernant les autres modalités. c’est ce qui fait d’ailleurs que cette question pourrait faire l’objet d’un examen. de ne pas empêcher l’acheteur d’aller retirer la chose. De ce principe découle le fait que l’obligation de délivrance n’implique pas la livraison. . le consommateur peut dénoncer le contrat. lorsque vente internationale. L’article 1608 explique que les frais de l’enlèvement sont à la charge de l’acheteur. Concernant ces modalités. s’il n’y en a pas il doit être raisonnable. il s’agit plus d’une obligation de ne pas faire. arrêt précurseur du 16 juillet 1987 (bulletin n°226) de la première Chambre civile. en cas de vente à distance par exemple. Cette question du délai de délivrance a été traitée particulièrement par le droit de la consommation afin de tenter de mettre fin aux abus de certains professionnels qui étaient de « livrer quand ils pourront ». ce qui signifie concrètement que c’est à l’acheteur d’aller retirer le bien. 2°) L’exécution de l’obligation 22. clauses de délai indicatif ont donc été déclarées comme étant abusives. ce qui explique que le transport se fait toujours en principe aux frais et aux risques de l’acheteur. articles 1605 à 1607 du Code Civil. et à ce moment là on considère que la délivrance est exécutée par le vendeur à la remise du bien au transporteur. l’une des 2 obligations qui pèsent sur lui. ne vaut que pour les ventes mobilières portant sur une somme excédant 500€.

à la suite de la directive de 1999. article L. la responsabilité du débiteur. fondamentale. normalement valables. qui a instauré un système de sanction très intéressant fondé sur une hiérarchie des sanctions. lorsqu’il commet une grave négligence. mais 2 exceptions. article L. De ce fait. la résolution judiciaire et/ou des dommages-intérêts. et une seconde. Ce qui est intéressant ici est la notion de faute lourde. 1611 et 1612. L’exception objective de la faute lourde permet de définir la faute lourde comme un manquement à une obligation essentielle du contrat. si on lit les articles 1610. l’une subjective. l’idée est en cours qu’en cas de manquement à une obligation essentielle. car l’engagement de l’acheteur à payer le prix dans ce cas sera dénué de cause. mais écartées en cas de faute lourde ou dolosive (intentionnelle). qui n’a plus trait au comportement du vendeur mais à la nature de l’obligation qui n’a pas été exécutée ou mal exécutée.b)Les sanctions de l’inexécution: Le droit commun : c’est le droit commun des contrats qui s’applique ici. il ne pourra pas invoquer la clause limitative ou exonératoire de responsabilité. rien d’original en matière de vente en la matière. article 1131 du Code. on voit qu’ils ne font que rappeler que l’on peut exiger l’exécution forcée. qui renvoie au comportement du contractant. classique. jurisprudence « Chronopost » fondée sur cette exception objective bien que rendue qu’en matière de contrats de transport. objective. quel que soit le comportement du vendeur. si le vendeur a commis une telle faute. elle connait 2 exceptions. Les infléchissements : le droit de la consommation. liberté contractuelle du droit commun. donc ici du vendeur.211-17 du Code de la consommation. La seule précision sur ce droit commun est relative aux clauses élusives ou limitatives de responsabilité . Exception certaine : le droit de la consommation évidemment. ces clauses sont réputées abusives dans les relations professionnels – consommateurs. Il est logique qu’alors la clause de non responsabilité ou limitative ne puisse pas être invoquée puisque finalement le contrat n’a pas été respecté dans ce qui en fait le cœur. Et même entre professionnels ces clauses sont valables. rappel du droit commun.211-10 du Code de la Consommation où il est fait obligation à l’acheteur de réclamer soit la réparation soit le remplacement du bien non conforme dans un délai .211-9 et L. devra en tout état de cause être engagée. Mais le raisonnement tenu est un raisonnement de droit commun qui pourrait très bien se généraliser à l’ensemble des contrats notamment à la vente car il est évident que l’obligation de livraison est une obligation fondamentale des contrats. ici du vendeur.

C’est une sanction que connait aussi la Convention de Vienne article 50 à cette différence près qui n’est pas négligeable c’est que cette réfaction du prix est une décision non du juge mais de l’acheteur lui-même. Dernier infléchissement. Autre infléchissement concernant la vente commerciale. prime à son maintien mais réservée aux ventes commerciales. or ce droit. de manière générale la résolution unilatérale de la vente. Cette différence est un exemple parmi beaucoup d’autres de ce que la Convention de Vienne est d’inspiration de droit de Common Law. toujours en matière commerciale. Dans un premier temps d’abord obligation de donner une seconde chance au vendeur. s’il ne la saisit pas. privilégie tout ce qui est remède extra judiciaire à l’inexécution d’un contrat. sanction spécifique à la vente commerciale. là aussi c’est de la Common Law. le juge n’a aucun pouvoir sur le prix en matière de vente. C’est tout simplement une manière de résoudre le contrat. Les autres infléchissements concernent le droit commercial : premier infléchissement.raisonnable. Il pourra même imposer cette sanction à l’acheteur si bien évidemment la non-conformité est modérée et qu’elle ne fait pas obstacle au bon usage du bien. c’est la réfaction judiciaire du prix. A l’antipode du droit français qui préfère les sanctions judiciaires. des sanctions de l’inexécution : c’est la faculté de . C’est un acheteur qui refuse la marchandise qu’on lui livre. elle permet à l’acheteur de ne pas retirer le bien parce qu’il le juge non conforme. l’acheteur peut demander la résolution du contrat ou d’ailleurs aussi la restitution d’une partie du prix s’il souhaite malgré tout garder la chose non conforme. c’est ce qu’on appelle la pratique du laisser pour compte . à l’inverse du droit français. elle. si la vente commerciale n’a pas été conforme. En principe article 1591 oblige. Là aussi on voit que c’est une prime à l’exécution du contrat. même inspiration que pour le droit de la consommation. mais par exception ici. résolution unilatérale du contrat de vente extra judiciaire ne valant que pour la vente commerciale. suivi par le droit international de la vente. C’est également prévu dans la Convention de Vienne article 49 qui admet. le contrat pourra être résolu partiellement ou totalement. Au cas échéant. Cette absence totale de pouvoir du juge sur le prix sombre souvent dans l’excès. le juge pourra diminuer le prix en fonction de la perte de valeur que subit le bien en raison de sa non-conformité. L’option ainsi donnée à l’acheteur est libre sauf si celle qu’il choisit présente un coût excessif par rapport à la valeur du bien et le vendeur pourra lui imposer à ce moment là l’autre solution.

elle porte tant sur les troubles de droit que sur les troubles de fait. il devra la garantie. Cette faculté de remplacement est unilatérale. il exprime l’idée d’automatisme. Le trouble de droit. « qui doit garantie ne peut évincer » adage. cette évidence explique qu’elle est impérative « toute convention contraire est nulle ». qu’il ait ou non commis une faute.remplacement qui en matière commerciale est aussi extra judiciaire. Concernant cette garantie d’éviction du fait personnel. L’idée selon laquelle le vendeur doit prémunir l’acheteur contre certains risques. Bien évidemment cette garantie ne fait pas obstacle au fait que le vendeur peut attaquer le contrat en nullité ou résolution de la vente. il pourra en profiter sans que ce droit soit contesté dans son principe ou dans son exercice. En matière de vente. et fera payer son propre vendeur par le premier vendeur. La garantie des vices cachés c’est le droit de tout propriétaire de jouir utilement de son bien. Deux garanties pèsent sur le vendeur. c’est si le vendeur revendique un droit contraire au droit de propriété qu’il vient de transférer. Cette garantie est d’une évidence à toute épreuve. qu’il ait commis ou non une faute. On lui a livré une chose non conforme. Le vendeur doit garantie. elle donne lieu à une jurisprudence assez intéressante parce qu’elle concerne les concours d’action : c’est en matière de cession de fonds de commerce. il va en acheter une autre auprès d’un autre vendeur. quel que soit ce droit. Car la garantie d’éviction assure l’acheteur de la jouissance paisible du bien. Qu’est-ce qu’une garantie d’éviction conventionnelle ? C’est une clause de non concurrence tout . car elles sont les corollaires du transfert de propriété. Alors que la responsabilité sous-entend toujours la présence d’une faute. c’est ce qui distingue la garantie de la responsabilité. 23. garantie d’éviction et garantie des vices cachés.Le fait générateur de la garantie Deux types de garanties parmi les faits générateurs : La garantie du fait personnel. B/ Les garanties Le terme de garantie appartient au droit des crédits. c’est ce que nous dit l’article 1625 du Code Civil. Cette garantie du fait personnel est maximale . Si les risques surviennent. la garantie d’éviction est souvent conventionnelle dans ces cessions. Ces 2 garanties sont envisagées comme les corollaires de l’obligation de délivrance. sorte d’assurance. on dit que « l’acheteur peut se remplacer ». 1°) La garantie d’éviction Articles 1626 et suivants du Code. article 1628. au droit des sûretés.

cela fait peser sur le cédant d’un fonds de commerce une clause de non concurrence perpétuelle car la garantie d’éviction du fait personnel est perpétuelle. Une fois sa liberté d’établissement recouvrée. La garantie du fait des tiers. le cédant n’aura pas le droit de se réinstaller trop près du fonds qu’il a cédé. Dans cette jurisprudence qui a donné lieu notamment à l’arrêt de 2001 (TD n°3) a quand même soulevé un problème lié à la combinaison de la clause de non concurrence et la garantie légale d’éviction.simplement. il faut que 3 conditions soient réunies : d’abord. le droit du tiers doit être antérieur à la vente. faut y penser notamment lorsque le droit du tiers est acquis par prescription (faut que le fait générateur soit antérieur à la vente). évidemment. le cédant du fonds s’engage à ne pas se réinstaller pendant un certain temps dans un certain espace géographique près du fonds qu’il vient de vendre. mais cela veut dire également qu’en amont il doit informer . en définitive. elle est plus limitée que la garantie du fait personnel. il va falloir qu’il indemnise. et on retrouve sa pleine et entière liberté d’établissement et de commerce. l’acheteur doit se défendre seul contre les troubles de fait émanant des tiers. Justement. il faut que le tiers ait engagé une action en justice. mais la garantie légale d’éviction prend le relai. mais une clause de non concurrence est limitée dans le temps et devient caduque au bout du terme. l’article 1626 le dit. Le vendeur ne lui doit aucune garantie lorsqu’il s’agit de troubles de fait. la Cour de cassation dit de manière constante. certes la garantie conventionnelle d’éviction est caduque. Puisque la garantie légale d’éviction prend le relai de la clause de non concurrence. Il faut également que le trouble ne soit pas imputable à l’acheteur. Quand on dit que le vendeur doit garantie. L’éviction peut être totale ou partielle. donc la clause de non concurrence revêt un caractère perpétuel et non temporaire. C’est tout simplement lorsqu’un tiers invoque un droit réel ou personnel qui contredirait le droit de propriété de l’acheteur. liée à la propriété qui est perpétuelle. Enfin. Cela fait douter de la constitutionnalité de cette jurisprudence. le vendeur doit toujours garantie du fait des troubles de droit des tiers. On voit ici le problème posé par cette jurisprudence . cela veut dire que s’il y a un trouble de droit. c’est une garantie d’éviction contractuelle. Pour que cette garantie du fait des tiers puisse être invoquée. C’est l’acheteur qui aurait négligé d’interrompre une prescription. A l’inverse. on est véritablement face à une jurisprudence qui dit que le cédant ne peut jamais se réinstaller trop près du fonds qu’il a cédé.

différence d’optique importante. alors qu’avant il y avait tout un système de présomptions de connaissance admis par la loi. nuance cette liberté contractuelle puisqu’elle décide de manière constante que cette clause exclusive de garantie du fait des tiers est sans effet si le vendeur est professionnel. mais c’est au vendeur d’être loyal. Concernant cette obligation d’information en matière de charges. La jurisprudence. article 1627 du Code. Aujourd’hui on est passé à un autre principe. L’article 1629 précise que si l’acheteur était évincé. c’est plus tellement à l’acheteur d’être curieux. mais ce minimum ne sera pas accordé à l’acheteur s’il a acheté à ses risques et périls. Le vendeur professionnel ne peut pas rédiger une telle clause exclusive de garantie du fait des tiers. c’est-à-dire une charge qui selon la jurisprudence résulte de l’état des lieux. on voit ici une évolution du droit français emblématique d’une évolution plus générale du droit de la vente. En définitive désormais la jurisprudence exige que le vendeur prouve que l’acheteur avait une connaissance effective de la charge. le vendeur devra restituer le prix. . c’est un minimum. Le bien a été livré. Donc aujourd’hui on assiste à l’évolution de la jurisprudence dans le sens d’une sévérité toujours plus grande à l’encontre du vendeur. garantie qui joue surtout en matière immobilière. article 1638 du Code Civil. est en possession de l’acheteur. Le premier stade de l’évolution en principe : c’est à l’acheteur d’être curieux. pas le Code.Les effets de la garantie Articles 1630 à 1638. Jurisprudence développée en matière de servitudes. 2°) La garantie des vices cachés Articles 1641 et suivants. 24. ce qui a pour conséquence de renforcer les obligations d’information qui pèsent sur le vendeur. légale ou publiée. Une clause exclusive de garantie est possible. celle de l’écoulement des eaux par exemple en présence de 2 terrains en pente est l’une des plus problématique. Ici on voit finalement la ligne directrice de l’évolution concernant l’information sur les charges. le vendeur n’est dispensé de l’obligation d’information concernant les servitudes légales que si la servitude constitue une charge normale de la propriété. Ex : désormais même une servitude publiée doit être indiquée à l’acheteur.l’acheteur des charges qui pourraient grever le bien. A l’origine la jurisprudence considérait que c’était à l’acheteur de se tenir au courant des charges qui grevaient le bien et notamment cela prenait la forme assez classique que ne pesait sur le vendeur aucune obligation si la charge était apparente . Idem ou presque pour les charges légales.

A partir de 1996 la Chambre a changé sa position. L’ennui c’est que ce raisonnement est faux dans ce cas là entre vices cachés et vices du consentement. Il faut que les 2 règles de droit comparées aient le même objet. Cumul ou non ? Paraissent bien distincts. le vice du consentement intervient lors de la conclusion du contrat. on a pu se tromper sur un vice affectant le bien ou avoir été trompé sur un tel vice.conforme. Là aussi ça vient du latin. Il est . La première Chambre civile notamment a une jurisprudence très fluctuante sur cette question. Mais la troisième Chambre civile du 17 novembre 2004 (TD n°3) continuait à refuser ce cumul. ce qui les rend d’application forcément plus rare. on ne peut pas cumuler parce que l’action en vice caché est spéciale alors que l’action pour erreur ou pour dol est une action du droit commun. Quelle position adopter ? L’argumentation était la suivante . Et puis. et le vice caché intervient au moment de l’exécution du contrat. L’enjeu principal de la distinction c’est le délai de prescription. elle s’appelle aussi garantie « édilicienne » qui sanctionne les vices rédhibitoires. sanctionné de nullité. C’était le cas pour le défaut de conformité et les vices cachés. option libre de l’acheteur. le 6 novembre 2002 (TD n°3) où elle admet le cumul vice caché – dol. Cette garantie nous vient directement du droit romain. C’est une garantie donc elle est due même si le vendeur est de bonne foi. d’abord puisque d’ordre chronologique. exécution de la vente. 25. sanctionné de résolution du contrat. Les deux vices se recoupent donc. elle a d’abord admis le cumul des actions vice caché – erreur. On se rend cependant compte que les chevauchements sont possibles puisque l’erreur ou le dol peuvent porter sur un vice caché. Suivi en cela par la troisième Chambre civile. Mais ce n’est pas le cas pour l’erreur et le dol. « redhibeo » qui veut dire « je reprends la chose ». Est-ce que l’acheteur bénéficie d’une option des voies de recours ? Peut-il cumuler ? Une fois encore la jurisprudence est peu claire et peu constante. 14 mai 1996 (bulletin n°327) a dit non. erreur ou dol (violence rare en matière de vente de machine à laver). mais ne fonctionne pas comme on pourrait s’y attendre.La garantie légale La jurisprudence est confrontée au problème de sa combinaison (cumul ou non) avec les actions fondées sur les vices du consentement. encore un revirement de jurisprudence de la part de la première Chambre. pas de cumul possible. Tous ces articles sont supplétifs. qui portent sur la conclusion de la vente. vices du consentement 5 ans et vices cachés 2 ans. sinon elles ne sont pas comparables. Jurisprudence extrêmement peu fiable. arrêt du 28 juin 1988 aux grands arrêts n°253.

1641 et 1642 précisent bien que le vice doit être caché. il est présumé avoir accepté ces vices en achetant la chose.Contenu de la garantie légale : Comme l’indique l’article 1641. il n’y a pas forcément tromperie dans la mesure où le vendeur doit cette garantie qu’il ait lui-même connu ou pas ce vice caché. Ce n’est donc pas un acheteur qui contracterait dans le cadre ou pour son activité professionnelle. Un vice caché ce n’est pas un vice dissimulé par le vendeur. notion objective. Un vice caché est un vice qui affecte l’usage normal de la chose. Présomption est irréfragable pour le vendeur professionnel. Notion subjective contrôlée par la Cour de cassation. on voit ici ressurgir la distinction entre profane et professionnel. ce qui fait du vice caché une notion subjective. Le vice caché c’est le vice qu’un acheteur même diligent ne pouvait pas déceler. Le caractère caché du vice va dépendre des compétences de l’acheteur. si l’usage a été spécifié au contrat. sur l’octroi de dommages-intérêts etc. Ici c’est les compétences techniques qui sont exigées. son usage habituel. il n’est pas un acheteur professionnel pour ça. la jurisprudence a posé une présomption simple de connaissance du vice. la garantie ne porte que sur les vices cachés. article 1315 alinéa 1er. c’est distinct du dol. présomption prétorienne. c’est un vice qu’un acheteur diligent ne peut pas dissimuler. Le vendeur répond donc d’un vice antérieur au transfert des risques. qu’il ait été de bonne ou de mauvaise foi.heureux que la première Chambre civile soit revenue à de meilleurs hospices en 2002 mais l’ennui c’est que la troisième Chambre persiste dans cette voie. Pour l’acheteur professionnel. on considère que l’acceptation du bien par l’acheteur purge les vices apparents. plutôt sur la validité des clauses limitatives ou exonératoires de la garantie. La garantie naît au jour de la conclusion de la vente. sauf en . Un vice caché n’est pas un vice dissimulé. nul besoin d’une faute donc nul besoin d’une mauvaise foi. La preuve de l’antériorité du vice caché pèse sur l’acheteur. Un acheteur professionnel selon la Cour de cassation est un acheteur qui a les compétences techniques nécessaires pour déceler le vice. 26. Autre précision. La définition des vices cachés se trouve à l’article 1641. on verse alors dans l’obligation de délivrance d’après la première Chambre civile. La mauvaise foi du vendeur aura certes une incidence mais pas sur le principe même de la garantie. car c’est en la personne de l’acheteur que l’on va déterminer si le vice était caché ou pas. Exemple de l’avocat qui achèterait un matériel informatique pour son cabinet. C’est bien ce qui distingue la garantie de la responsabilité. la garantie légale porte sur les vices cachés antérieurs au transfert des risques.

on a un droit de la consommation qui sur ce point est moins favorable à l’acheteur. plus nécessaires. c’est la jurisprudence qui l’avait ultérieurement confirmé que ce point dé départ était la découverte du . ces difficultés probatoires ayant été drastiquement diminuées. d’abord car il avait été instauré pour des raisons probatoires. précisé article 1648 du Code. deuxième critique faite à ce bref délai. excepté que le point de départ dans cet article est la remise effective du bien à l’acheteur et cette question du point de départ est à l’origine d’une incohérence du droit français aujourd’hui parce qu’évidemment ce délai de 2 ans se retrouve aussi dans le Code de la Consommation. ça sera au vendeur de prouver qu’il n’était pas antérieur à la vente. l’article 1648 avant sa réforme de 2005 ne précisait même pas le point de départ du délai. Autre précision importante concernant cette mise en œuvre. Pourquoi avoir modifié le bref délai ? Abandonné pour diverses raisons.211-12 nous dit que le point de départ pour la garantie de conformité est la délivrance du bien. c’est la Convention de Vienne. présomption d’antériorité du vice si celui-ci est découvert dans un délai de 6 mois à compter de la livraison.droit de la consommation. Ce délai a été repris évidemment de l’article 39 §2 de la Convention de Vienne. donc on se rend compte ici qu’à ne pas avoir adopté le même point de départ pour le droit commun de la vente et pour le droit de la consommation. indirectement. La disparité des délais était beaucoup trop grande. C’est le seul et unique article du droit commun de la vente qui a été modifié par la transposition de la directive. qui a été modifié par l’ordonnance du 17 février 2005 qui a transposé la directive de 1999. or par hypothèse la délivrance du bien est antérieure à la découverte du vice. Peu d’incidence cependant car l’acheteur consommateur peut toujours continuer à se prévaloir des actions du droit commun. la dernière étant bien sûr son imprécision. d’autre part aussi car ce bref délai était trop court. l’article L. qui a influencé le droit commun de la vente. désormais. Avant l’ordonnance le délai était un « bref délai ». en moyenne ce bref délai en justice était de 9 mois. 27. ce délai est de 2 ans à compter de la découverte du vice.Mise en œuvre de la garantie légale Rappel : la garantie peut être mise en œuvre par le sous-acquéreur dans le cadre d’une action directe contractuelle. or ce délai était considéré comme beaucoup trop court par rapport aux autres délais de prescriptions des autres actions. c’est celle du délai de prescription de cette action. plus le temps passait plus cette preuve était difficile à rapporter. consommateur.

La faiblesse de la motivation était certaine et si il y avait eu un recours devant la Cour EDH il n’est pas certain que ce bref délai aurait survécu à l’article 6 de la CEDH. Sa durée.Les sanctions de la garantie légale Deux types : Les sanctions objectives.vice. la Cour de cassation nous dit « nul n’a de droit acquis à une jurisprudence figée » = formule péremptoire que la Cour de cassation a pendant des années opposé aux requérants. La jurisprudence a ajouté à cette cause d’interruption de la prescription les négociations . était laissée au pouvoir souverain des juges du fond. elle. indépendantes de la bonne ou mauvaise foi du vendeur. Or quand un délai de prescription est laissé à l’appréciation souveraine des juges du fond. Dernière précision concernant ce délai de prescription : l’acheteur peut interrompre la prescription et pour ce faire il doit agir en justice. l’engagement de ces négociations suffit lui aussi à interrompre la prescription. lorsque les parties ont tenté de régler le problème par des voies non contentieuses. article 2241 alinéa 1er nous le dit (ancien article 2244). arrêt « Le Collinet » largement commenté. 28. encourage la résolution non contentieuse des différends. l’article 6 §1 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. 2 motifs pour repousser le moyen fondé sur l’article 6 . agir au fond bien sûr mais une action en référé suffit à interrompre le délai de prescription. . ce délai changeait et on ne pouvait jamais être certain de savoir si le juge allait déclarer notre action prescrite ou pas. de vice en vice. Cette imprécision avait été à l’origine d’une action en justice de la part de Monsieur « Le Collinet ». L’action rédhibitoire et l’action estimatoire. La réforme est d’autant plus opportune que justement ce bref délai par son imprécision avait subi lui-même les assauts de la bonne à tout faire du droit européen. D’espèce en espèce. ce qu’il fallait noter dans cet arrêt c’était la faiblesse de la motivation de la Cour de cassation. de bien en bien. et donc avait contesté la conventionalité de l’article 1648 du Code Civil au regard de l’article 6 §1 de la Convention européenne en disant que l’imprécision de ce délai l’avait privé du droit d’accès effectif à la justice. ce raisonnement à tout de même été rejeté par la première Chambre civile du 21 mars 2000. délai pas si imprécis car fait l’objet d’une jurisprudence constante et après avoir dit que ce délai est précis. on est privé d’un droit d’accès effectif à la justice. déclaré forclos en garantie des vices cachés. sont au nombre de 2. c’est bien logique.

La clause est réputée non écrite dans le cadre de la garantie de . Le vendeur professionnel ne pourra pas se prévaloir d’une clause élusive ou limitative de garantie car il est présumé de manière irréfragable être de mauvaise foi. verser des dommages-intérêts dans les conditions du droit commun. Présomption irréfragable qui confine à la fiction juridique. prouver sa connaissance du vice. Il faudra donc prouver cette mauvaise foi article 2268 du Code Civil. appelée aussi l’action « quanti minoris » c’est un cas de réfaction judiciaire du contrat prévu par la loi.article 1644 du Code. C’est dans ce cadre que la jurisprudence de la Cour de cassation prend son relief en posant une présomption irréfragable de connaissance du vice caché par le vendeur professionnel. La solution est la même dans le Code de la Consommation. même le vendeur intermédiaire s’il est professionnel sera considéré comme ayant connaissance du vice alors même qu’il n’a jamais été en possession du bien. dépendantes de la bonne ou mauvaise foi du vendeur. comme toute présomption irréfragable. 29. prix versé à l’acheteur sera fixé par un expert sous l’égide du juge. mais le droit de la consommation a prévu un autre régime de sanction dans le cadre de la garantie de conformité. Rendre la chose et se faire restituer le prix ou garder la chose et se faire rembourser une partie du prix. a)Les garanties conventionnelles A leur propos 2 questions doivent être abordées : celle des clauses limitatives voire exonératoires de garantie. article 1645 du Code Civil. jamais été en position de vérifier si la chose était viciée ou non. L’action rédhibitoire est une simple action en résolution du contrat. Ce sont les 2 sanctions objectives prévues par le droit commun de la vente. Désormais la preuve de la mauvaise foi est exigée que si le vendeur est profane et alors c’est l’article 1646 qui est ici applicable. c’est la fameuse hiérarchie des remèdes. ne seront prononcées que si le vendeur est de mauvaise foi donc s’il connaissait le vice de la chose il sera tenu d’indemniser l’acheteur.Les clauses limitatives ou exonératoires de garantie L’article 1643 dit que ces clauses sont totalement valables si le vendeur est de bonne foi. L’action estimatoire elle. le vendeur de bonne foi ne doit pas de dommages-intérêts. et ensuite seulement l’acheteur peut demander des dommages-intérêts et remboursement. car selon la jurisprudence toujours. Les sanctions subjectives. l’action estimatoire n’est pas prévue dans le Code de la Consommation. ensuite les clauses extensives de garantie. d’abord la réparation et le remplacement.

Effets de la garantie très dérogatoires au droit commun et pas toujours très intéressants pour le vendeur. en cas de non respect. à partir du moment où le vice apparait dans le délai promis par le vendeur. La sanction du non respect du formalisme légal est totalement inepte. pas la peine de payer en plus pour la même chose. c’est pour ça qu’il faut la payer. Quid des clauses entre professionnels ? La Cour de cassation n’admet ces clauses élusives qu’entre professionnels de même spécialité. elle ne la remplace pas. Dans ce cas là il faut un peu se méfier. Ces clauses sont en réalité bien souvent mixtes. Ultime précision concernant ces garanties conventionnelles . c’est dans le cadre de la cession de parts sociales. Très souvent l’action estimatoire ou rédhibitoire ne sont pas prévues. cependant. C’est pour cette raison que l’acheteur peut toujours se prévaloir de la garantie légale en lieu et place de la garantie conventionnelle. pas la découverte du vice.211-16. on s’est posé la question de savoir si on ne pouvait pas faire intervenir la garantie de vice caché. lorsqu’après la cession des parts un actionnaire découvre le passif de l’entreprise. jurisprudence constante.conformité article L. 30. on prévoit parfois un avoir pour acheter un bien dans le même magasin par exemple à la place. Deux ultimes précisions : ces garanties conventionnelles font l’objet de dispositions spécifiques dans le Code de la Consommation « garanties commerciales » L.Les clauses extensives (clauses de SAV) Clauses toujours présentées au consommateur comme étendant la garantie légale. . formalisme consumériste pour leur validité. il vaut aussi pour tout défaut qui apparait dans un certain délai. le point de départ c’est la conclusion de la vente. La garantie conventionnelle ne fait que s’ajouter à la garantie légale. dernier alinéa de l’article 211-15 alors que tous les alinéas précédents nous disent ce que doit contenir une telle clause. les points plus favorables sont par exemple que le vendeur nous promet garantie quel que soit le défaut de la chose. on a plaidé que cela était un vice caché qui affectait les titres cédés. l’acheteur n’a pas à prouver l’antériorité du vice au transfert des risques.211-17 du Code de la Consommation comme en droit commun. loi garantit déjà pour 2 ans. la garantie demeure valable. pas nécessaire que ce soit un vice qui affecte l’usage normal de la chose. l’acheteur est en droit de s’en prévaloir.211-15 et L. Peuvent prendre diverses formes. sur certains points plus favorables à l’acheteur que le droit commun mais sur d’autres elles sont moins favorables. très souvent garantie extensive aussi sur le plan temporel. d’autant plus facile à faire croire que le consommateur ignore tout de la garantie légale.

mais très vraisemblablement. parce que le 25 avril 2002 la Cour de Justice des Communautés Européennes a condamné la France et l’Espagne pour mauvaise transposition de la directive de 1985. selon les arrêts cette obligation était de résultat ou de moyen on ne savait pas trop. En revanche. Article 1386-18 prévoit une nouvelle action accordée à l’acheteur. désormais. c’est pour cette raison qu’en cas de cession de parts sociales. l’acheteur était mal protégé par le droit lorsqu’il avait été victime lui ou un de ses biens d’un défaut du produit acheté. Première question : maintenant que la directive est transposée. et notamment. Le problème à l’origine de la naissance de cette obligation de sécurité. est-ce qu’un acheteur peut continuer à se prévaloir de l’obligation prétorienne de sécurité ? Alors que celle-ci s’est développée car il n’y avait pas de transposition de la directive. Elle statuait en ce sens « le vendeur est tenu de livrer des biens exempts de tout vice ou défaut tenant à la sécurité du bien ». jurisprudence avait précisé que le vendeur en était débiteur même s’il n’était pas le fabricant du produit. alors elle a cherché ailleurs en faisant un lien entre l’obligation d’information et l’obligation de sécurité. on pensait à la garantie des vices cachés. La jurisprudence avait bien sûr admis l’action directe contractuelle au titre de cette obligation de sécurité. il ne pouvait qu’agir en responsabilité contractuelle contre son vendeur. Cette jurisprudence s’est beaucoup développée dans les années 90 parce que durant ces années le législateur français ne transposait pas la directive de 1985 sur les produits défectueux. Mal protégé car principe du non cumul entre responsabilité contractuelle et responsabilité délictuelle. l’acheteur ne peut plus s’en prévaloir. Obligation pas soumise au bref délai. est prévue une clause de garantie de passif. la jurisprudence l’admettait bien sûr mais inconvénient du bref délai.elle n’a pas été admise en cette hypothèse par la Cour de cassation. elle ne fut transposée que par une loi du 19 mai 1998 codifiée aux articles 1386-1 et suivants du Code Civil. C/ L’obligation de sécurité Elle n’est pas spécifique à la vente et ne concerne pas que les contrats mais n’importe quel dommage subi par les victimes pour défaut de sécurité d’un bien. dans la décision qui condamne . or le fondement de cette action était plus qu’incertain. par laquelle le cédant s’engage à répondre du passif antérieur à la cession. Face à ces lacunes du droit de la vente la jurisprudence à créé une obligation prétorienne et autonome de sécurité à la fin des années 80. c’est qu’avant que la jurisprudence ne la découvre.

L’obligation prétorienne de sécurité elle entendait les choses de manière beaucoup plus large. Premier exemple : qui doit répondre de cette obligation de sécurité ? Le producteur nous disait la directive et seulement si le producteur ne peut pas être identifié alors les vendeurs intermédiaires. article 1386-7 du Code. long et douloureux. Le législateur adopte une nouvelle loi le 9 décembre 2004 reprenant à son compte la subsidiarité. et France a donc été condamnée par la CJCE le 25 avril 2002. souvent à l’encontre du plus solvable. A partir du moment où l’obligation prétorienne de sécurité était basé sur le même fondement que l’obligation prévue par la directive. recul par rapport à ce que connaissait le droit français de la responsabilité avec la réparation intégrale. A l’origine 1386-7 avait suivi cette position jusqu’à la transposition de la directive. La transposition de la directive de 1985 a été pour la France un véritable chemin de croix. Moins favorable car ne prévoit qu’une responsabilité très subsidiaire des vendeurs intermédiaires. il faudra désormais se fonder sur les articles 1386-1 et suivants du Code Civil. Pourquoi cette position ? Parce que dans cette directive de 1985. L’action mise en place par la directive est moins favorable à la victime que l’action prétorienne. Il a donc fallu transposer suite à cette condamnation la franchise de 500€ . la victime pouvait engager la responsabilité de n’importe quel acteur de la chaîne de distribution. Responsabilité des vendeurs intermédiaires est donc subsidiaire. On s’est également fait condamner sur la base de l’article 1386-2 car la France n’avait pas transposé un aspect de la directive. L’objectif était que l’ensemble des Etats membres de l’Union aient des règles identiques à ce sujet. L’ennui c’est qu’on s’est refait condamner le 14 mars 2006 pour mauvaise transposition car en 2004 on avait encore omis de reprendre à notre compte une précision de la directive. il faut en conclure qu’on ne pourra plus l’invoquer. l’objectif premier poursuivi n’était pas d’améliorer la protection du consommateur au sein de l’Union mais d’unifier la responsabilité du fait des produits défectueux.l’Espagne. Nouvelle loi le 5 avril 2006 a remodifié l’article 1386-7 en ce sens. la Cour a précisé que désormais une victime ne pouvait plus intenter une action nationale en responsabilité si cette action avait le même fondement juridique que la responsabilité mise en place par la directive. un encouragement à la délation. Premier point sur lequel la France a été condamnée par la Cour de justice en 2002. les vendeurs intermédiaires s’ils voulaient se dégager de leur responsabilité n’avaient qu’à pointer du doigt leur producteur. qui ne peut plus être intentée.

En d’autres termes. Opposition frontale née entre l’Allemagne qui voulait que cette cause d’exonération soit admise. C’était le compromis très politique trouvé en France pour mettre fin au débat. corollaire nécessaire à la responsabilité sans faute qu’est la responsabilité pour défaut de sécurité. pas de solution intermédiaire. L’ennui c’est qu’une telle position intermédiaire du droit français n’était pas du tout ce que disait la directive. même en France.prévue par la directive. les discussions parlementaires ont échoué sur cette question. Ces dispositions à prendre pouvaient être multiples : informer individuellement les clients du produit. D’ailleurs. cette cause exonératoire de responsabilité était soumise à l’exécution par le producteur de son obligation de suivi. bref toute mesure qui devait permettre que les conséquences dommageables du défaut ne se multiplient pas. donc le 25 avril 2002 nous fûmes condamnés également sur ce point par la CJCE. énoncée article 1386-12 alinéa 2 qui disait « le producteur ne pourra se prévaloir de cette cause d’exonération que si. La directive visait l’unification du droit et non la protection des victimes. Troisième question : on a vu reculer les droits de la victime concernant les causes d’exonération. Cette opposition n’a pas pu être réglée lors des discussions entre les Etats membres et cela a laissé à un libre choix aux Etats membres lors de la transposition de la directive. et la France qui ne voulait pas parce que l’obligation prétorienne ne l’avait pas prévue. faire un appel public par voie de médias. Donc le 9 décembre 2004. une fois le défaut décelé. ledit producteur aura pris toutes les dispositions nécessaires pour remédier aux conséquences dommageables du défaut ». Article 1386-11 notamment. Cause d’exonération pour le producteur ou non ? C’est lorsque l’état des connaissances scientifiques et techniques ne permettait pas à l’heure de la mise en circulation de son produit par le producteur de connaitre ce défaut. admettre la cause ou non. là encore recul du régime . désormais le risque de développement est en droit français une cause exonératoire de responsabilité ce qu’il n’était pas sous l’empire de la jurisprudence antérieure. sur le risque de développement. décision de retrait du marché du produit. l’article 1386-12 alinéa 2 a été purement et simplement abrogé. elle était beaucoup plus brutale et ne laissait que 2 choix aux Etats membres. ça explique en partie le retard pris par la France dans la transposition de cette directive. Là aussi il a fallu opter pour une position de compromis : le législateur français a admis le risque de développement comme cause exonératoire mais sous condition . loi du 9 décembre 2004. rappel de certains produits etc.

la dette de prix est portable. Deux questions : article 1651 du Code nous dit que le prix doit être payé « au lieu et dans le temps de la délivrance ». Obligation principale du vendeur est de payer le prix. lieu du paiement est essentiel en droit international de la vente car il conditionne la monnaie de règlement (de paiement). il faut dans un contrat toujours prévoir le moment de paiement du prix. car tous les pays de l’UE à l’époque avaient admis le risque de développement comme cause exonératoire sauf le Luxembourg car il s’en tape. Quant au moment du paiement. « la résolution de la vente aura lieu de plein droit et sans sommation au profit du vendeur après l’expiration du terme convenu pour le . Mais ici ce recul est parfaitement justifié. La conséquence qu’il faut en tirer c’est que puisque le droit supplétif ne peut pas suppléer. C’est donc à l’acheteur que d’aller retirer la chose. article très dérogatoire. c’est évidemment le pendant de l’obligation de délivrance (la délivrance n’est pas la livraison mais c’est la mise à disposition du bien à l’acheteur). pas compatible avec 1612 disant que le vendeur peut ne pas délivrer si l’acheteur refuse de payer. Il est vrai qui plus est que l’article 1386-12 alinéa 1er lui n’a pas été abrogé. c’est pour cela que les frais de livraison pèsent sur l’acheteur. Raison économique parfaitement valable qui a fait qu’en 2004 la loi est passée comme une lettre à la poste. directement issu de l’affaire du sang contaminé « sauf si le produit est issu du corps humain ». c’est intéressant que pour les ventes internationales de marchandises article 57 alinéa 1er de la Convention de Vienne. Cela est contraire au droit commun. Il nous dit que pour les ventes de denrées et de biens mobiliers. aucune activité industrielle. La seule originalité de cette obligation c’est l’article 1657. §2 : Les obligations de l’acheteur A/ Payer le prix Article 1650 à 1656 du Code Civil à lire. La seule chose que doit faire le vendeur c’est de ne pas empêcher l’acheteur de retirer les choses. Il aurait été alors très inopportun de ne pas l’admettre en France parce que si les industriels français et seulement eux avaient vu peser sur leurs épaules une responsabilité même pour risque de développement alors que tous les industriels de l’Union eux pas. il s’effectue au moment de la délivrance. la loi du 9 décembre 2004 n’a fait l’objet d’aucun débat à ce sujet. cela aurait créé une distorsion de concurrence entre les industriels français et les autres.protecteur des victimes. B/ L’obligation de retirement L’acheteur doit retirer la chose.

l’obligation de « praestare » = obligation de mise à disposition. tandis que le preneur à bail emphytéotique connait un loyer très modique. Précisions terminologiques : on parle de bailleur ou de loueur qui contracte avec un preneur à bail ou locataire (en droit on préférera preneur à bail). la mise à disposition d’un bien assortie d’une obligation de restitution. ces contrats sont par essence temporaires. Certains auteurs préconisent de faire revivre une obligation connue du droit romain. C’est un cas exceptionnel de résolution automatique extra judiciaire du contrat. négligée par les rédacteurs du Code. très peu important en échange de mettre en valeur le bien qu’il a à bail. Il n’y a pas de contrat de bail sans l’un de ces éléments. Très dérogatoire par rapport au droit commun de la résolution des contrats article 1184 disant que la résolution est judiciaire. Certains baux par exception dument prévue par la loi font naître un droit réel (en principe droit personnel). on parle de location-gérance. supérieure à 18 ans) et les baux à construction et à réhabilitation. et lorsqu’il porte sur un fonds de commerce. Ils ont le même objet. le contrat de bail et les contrats de prêt. durée et prix. Le vocabulaire change quelque peu si le contrat porte sur un droit de propriété industriel on parle de licence. étrange pour un bail qui ne fait naître que des . car l’objet de ces contrats n’est pas tant l’utilisation du bien mais sa mise en valeur. c’est le cas des baux emphytéotiques (baux de très longue durée. Chapitre premier : le bail Section 1 : La formation du bail Article 1709 nous dit que le bail a pour objet la mise à disposition d’une chose pour son usage à titre temporaire et onéreux. le vendeur pourra considérer la vente comme résolue de plein droit et sans sommation. Titre second : Les contrats portant sur l’usage d’un bien Il y en a 2. mise à disposition d’une chose pour son usage. au-delà de se délai. un droit de propriété au bénéfice du preneur. Ces baux transmettent la propriété de l’immeuble au preneur. Un bail immobilier de plus de 12 ans est soumis à des publicités foncières. lorsque porte sur un droit de propriété intellectuel on parle de concession. ce que d’ailleurs le bail à réhabilitation indique bien.retirement » = si l’acheteur n’est pas venu retirer le bien dans le délai prévu par le contrat. Cet avant-projet a été notamment reproduit dans la revue des contrats 2006 premier numéro. Ce sont les 3 éléments constitutifs d’un contrat de bail. Va en ce sens l’article 1146 de l’avant-projet de réforme du droit des obligations (Catala) « obligation de donner à usage ».

acte banal. l’obligation de garde est caractéristique du dépôt. A partir du moment où il est très difficile pour le bailleur de retrouver l’usage de son bien. les baux ruraux qui se caractérisent par un droit quasi-automatique au renouvellement du bail. Mi-chemin entre le bail et le dépôt. On se demande finalement s’il ne faudrait pas requalifier ces baux comme faisant naître des droits réels. cas notamment du contrat de coffre-fort passé avec sa banque. la Cour de cassation a précisé très clairement qu’un tel contrat ne pouvait pas être un contrat de bail. est-ce qu’on ne devrait pas considérer que conclure ce genre de bail relève de l’acte de disposition et non plus de l’acte d’administration. le 11 janvier 2006. Or il est enseigné très classiquement que le contrat de bail est l’archétype de l’acte d’administration car c’est l’acte de gestion normal et courante d’un bien. Cette exigence d’un minimum est régulièrement constatée par la jurisprudence. il ne faut pas que ces droits de jouissance soient trop limités. Jamais n’a été admise la requalification du contrat de bail en acte de disposition. Jamais le législateur ni la jurisprudence n’ont admis que la durée très longue de certains baux ne fassent naître un droit réel de jouissance. La Cour a refusé la qualification de bail comme celle de défaut et considère qu’il s’agit d’un contrat « sui generis » innommé au sens juridique du terme. Le bailleur a l’usus. en retirer les fruits. ce que l’on peut douter pour les baux spéciaux. De même pour les baux commerciaux. Ce refus de la jurisprudence s’explique très logiquement par le fait que le caractère important pour ne pas dire dangereux de la conclusion de ces baux a déjà été pris en compte par le législateur. or l’objet d’un contrat de coffre-fort c’est la mise à disposition d’un emplacement assortie de la surveillance de ce coffre-fort par le banquier. le droit d’usage est trop limité pour que ce contrat soit qualifié de contrat de bail. Là encore cela n’a pas été admis par la jurisprudence. et le fructus. Elle a refusé la qualification de bail notamment parce qu’elle a jugé que l’accès au coffre-fort était par trop limité. Il est donc apparu inutile à la jurisprudence de requalifier ces actes en acte de disposition. dépend des horaires d’ouverture de la banque et des conditions posées par la banque. Pour que l’on soit toujours en présence d’un bail. sinon le contrat sera disqualifié. Le contrat de bail est donc un contrat qui fait naître un droit de jouissance sur un bien et les droits accordés au preneur sont forcément limités. La troisième Chambre civile a également jugé dans le même ordre d’idée.droits personnels. il peut utiliser le bien. dans le cadre d’un contrat de mise à disposition d’une piscine pour un . Dans un arrêt de la Chambre commerciale du 11 octobre 2005. Comme le client n’a pas un libre accès au coffre.

maître-nageur. Ce sont des baux qui sont soumis à des loyers extrêmement bas et d’autant plus faibles qu’ils ne peuvent pas être . Empire de législations excessivement favorables aux preneurs. Les sources du bail : article 1709. bien que le loyer ne soit pas une somme d’argent. là encore l’accès à la piscine dépendant totalement des conditions fixées par la société propriétaire. son ménage etc. En matière de droit des sociétés. Malheureusement les législations qui se sont succédées. en nature n’est pas un contrat de bail. parfaitement légitime. on peut tout à fait le comprendre à la fin des années 1940. elle est extrêmement favorable au preneur à bail d’habitation. l’accès à la piscine était limité et pouvait être modifié unilatéralement par le propriétaire. Contrairement à la vente. notamment celui de spécialisation. admet parfois la qualification de bail. La première législation qui est révélatrice de cette tendance est une loi du 1er septembre 1948. c’est un contrat « sui generis » contrairement à ce qu’indique son nom. la réponse de principe est que oui. Ces législations spéciales ont toutes pour point commun d’assurer la stabilité du preneur dans les lieux. voire d’hyperspécialisation donc multiplication des statuts impératifs qui se situent hors le Code Civil et règlementent aujourd’hui les baux les plus importants de la vie économique : les baux immobiliers. mais elle n’a pas encore été abrogée. A l’instar de tous les autres contrats. l’article 1709 le dit bien. au gré des espèces. prix peut être constitué par la remise d’une partie des récoltes. stabilité de la jouissance. fort nombreuses. Mais surtout. ont toutes eu pour préoccupation de défendre exclusivement les intérêts des locataires. l’apport en jouissance. Désormais ils ne sont que très résiduellement règlementés par le Code Civil. ce qui n’est pas étranger à la crise du logement. faire ses courses. La question qui se pose est de savoir si le loyer ne peut être qu’une somme d’argent. par la loi : le métayage par exemple. puis 1713 à 1778 du Code Civil. ce principe supporte des exceptions. la jurisprudence elle-même. principe donc considéré avec pas mal de souplesse. le bail est par essence onéreux. il faut un prix. le bail connait les mêmes phénomènes. En matière de bail des exceptions sont admises. Ils concernent tout d’abord le bail d’habitation qui devrait en principe être animé d’un souci d’équilibre entre la nécessité d’assurer un logement à tous mais aussi préservation des intérêts des propriétaires pour qu’ils ne soient pas découragés à louer. De même le contrat de bail à nourriture n’est pas un bail car en échange de la mise à disposition d’un logement le soit disant preneur doit s’occuper du ou de la propriétaire. Enfin. S’il n’y a pas de prix c’est un prêt à usage.

indexés, plus ça va, plus il est faible. Deux conséquences désastreuses : le propriétaire n’a pas les revenus nécessaires pour entretenir les meubles donc logements insalubres, et cela forme des rentes de situations aux dépens de personnes qui elles auraient besoin d’un logement mais n’en trouvent pas. La deuxième loi, loi « Quillot » du 22 juin 1982, affirmation d’un droit à l’habitat qualifié de droit fondamental, très favorable au preneur alors qu’aucune nécessité économique ne l’exigeait, idéologie politique seule gouverne la loi. Cette loi a eu pour conséquence d’accentuer la pénurie de logements, succédée le 23 décembre 1986 par une loi « Megnerie » abrogeant la loi Quillot, disant que les loyers sont librement fixés, le droit au renouvellement du bail disparait et ce pour tenter de mettre un terme à la crise des logements locatifs. Ensuite, le 6 juillet 1989 abrogation de cette dernière loi par la loi « Mermaz » qui reprend la logique de la loi Quillot, toujours en vigueur mais modifiée 2 fois, en 1994 puis en 2000. On comprend qu’une telle législation qui fluctue avec l’ère du temps et la politique n’ait jamais été intégrée dans le Code Civil. Cette loi du 6 juillet 1989 gouverne donc le bail d’habitation, le contrat de bail est solennel, le loyer est encadré, la loi Mermaz a réintroduit le droit au renouvellement du bail, une durée minimale est prévue etc. Le bail d’habitation aujourd’hui est règlementé principalement par cette loi, mais une autre source existe (thème d’un TD), la Convention EDH, principalement l’article 8 droit au respect de la vie privée et familiale, source inattendue mais finalement assez logique. En matière de bail commercial, c’est un décret du 30 septembre 1953 qui règlemente en partie les baux commerciaux, codifié, aujourd’hui aux articles L.145 indice 1 et suivants du Code de Commerce. Un bail commercial est un bail destiné à l’exploitation d’une clientèle commerciale ou artisanale étant précisé que le fonds de commerce ou le fonds artisanal doit appartenir au preneur pour que le statut des baux commerciaux soit applicable, la locationgérance n’entre pas dans ce domaine, le locataire-gérant n’est donc pas soumis aux statuts des baux commerciaux. Ce statut est dominé par l’idée d’assurer au locataire une grande stabilité dans les murs, ce qui est essentiel effectivement dans la mesure où cette stabilité géographique est une condition essentielle pour conserver sa clientèle. C’est pour préserver finalement la clientèle du fonds qu’il est nécessaire d’assurer la stabilité du preneur à bail commercial dans les murs. La disposition emblématique de ce décret, aujourd’hui dans le Code de Commerce, c’est le droit au renouvellement, beaucoup plus fort en matière de baux commerciaux qu’en matière de bail d’habitation. En matière de bail

commercial la seule et unique matière de ne pas renouveler le bail c’est de verser au preneur une indemnité d’éviction, toujours extrêmement élevée, c’est ce qui fait d’ailleurs la valeur du montant du droit au bail. Bail qui a une durée minimale de 9 ans, loyer est renouvelé et plafonné etc. Bail assez critiqué car protecteur des locataires commerçants et projet de réforme mais qui n’a jamais abouti. A noter tout de même que le statut des baux commerciaux est assez lourd, règles très techniques, très complexes mais statut très partiel, de nombreux aspects ne sont pas réglementés par ce statut donc de nombreuses questions relèvent banalement du Code Civil. Le bail professionnel, sous le régime d’une loi du 23 décembre 1986, dont l’article 57.A, codifié nulle part, est une disposition phare et dit que ce bail professionnel doit être d’une durée minimale de 6 ans (article impératif, on ne peut y déroger quand on conclut un bail professionnel), en revanche aucun droit au renouvellement juste une reconduction tacite prévue par la loi. Il faut savoir 2 choses pour la pratique contractuelle : si on a soumis le bail profession au statut des baux commerciaux, cela ne dispense pas de respecter les formalités de l’article 57.A de la loi du 23 décembre 1986 pour la bonne raison qu’il est impératif, il continue à être applicable, c’est ce qu’a décidé le 7 novembre 2001 (bulletin n°122) la troisième Chambre civile. Une jurisprudence d’assemblée plénière de mai 2002, très critiquable, disant que lorsqu’il y a une soumission volontaire au statut des baux commerciaux, on ne peut pas y déroger. Totalement injustifié car a priori un bail professionnel n’est pas soumis à ce statut, si ce statut est applicable c’est que les parties l’ont décidé. C’est tout à fait injustifié de la part de l’assemblée plénière de dire que dès lors qu’il y a soumission volontaire on ne peut plus écarte les dispositions de ces statuts, comporte des risques de se soumettre volontairement au statut des baux commerciaux car supprime la liberté contractuelle. Le bail rural lui est soumis au Code Rural, articles L.411-1 et suivants, le statut des baux ruraux date de 1945 et est marqué par une très forte faveur au preneur. La stabilité est telle que les auteurs parlent de quasiperpétuité notamment pour le fermage. Le bail sera transmis à ses héritiers lors de sa mort. Fait resurgir la distinction entre le domaine éminent (appartenait au seigneur) et la propriété utile (au paysan) du droit féodal. C’est en rupture avec cette division féodale de la société qu’on avait adopté un article mais désormais fermier devient quasiment un propriétaire utile et le propriétaire réel des terres n’étant plus qu’un propriétaire éminent. Tous les statuts sont régis par des codes différents, donc le Code Civil ne

s’applique plus à grand-chose, sauf aux baux professionnels et également à de nombreux aspect des baux commerciaux. Section 1 : La formation du bail Rappel : la question des avant-contrats est une question de droit commun, donc bien évidemment le bail comme tout autre contrat peut faire l’objet d’un avant-contrat soumis au même régime que les autres avant-contrats en matière de vente. La règle étant comme en matière de vente que la promesse synallagmatique de bail vaut bail, aucun texte concernant le bail pour le dire mais évidence car conséquence inéluctable du consensualisme, sauf si les parties ont choisi d’ériger une condition de formation du bail normalement accessoire en une condition essentielle. De même, la Cour de cassation a eu l’occasion de préciser que le pacte de préférence qui portait sur un bail n’était pas susceptible d’exécution forcée, Chambre civile n°1 10 juillet 2002 (bulletin n°102), mais depuis revirement de jurisprudence quant aux pactes de préférence portant sur une vente, donc on estime que le pacte de préférence d’un bail pourrait faire lui aussi l’objet d’une exécution forcée. Paragraphe 1 : Les règles de fond A/ L’objet du bail Un bail peut porter sur n’importe quel bien, corporel ou incorporel, article 1713 du Code Civil. 31. La chose Dès lors que le bail ne transfère pas la propriété, il n’est pas nécessaire que le bailleur soit propriétaire, le bail de la chose d’autrui est en principe valable entre les parties, cas de la sous-location par exemple, en revanche il est inopposable au véritable propriétaire, ce qui signifie que le propriétaire non bailleur pourra agir en expulsion du preneur, locataire, mais puisque le contrat est valable, le preneur dispose d’une action à l’encontre de son bailleur fondée sur une obligation essentielle : jouir paisiblement du bien loué. Comme en matière de vente, la théorie de l’apparence est admise mais de manière très restrictive, il faut une erreur commune et invincible pour rendre opposable le bail de la chose d’autrui au véritable propriétaire. Tout aussi strict qu’en matière de vente. Ultime précision concernant la chose objet du bail ; en cas de perte de la chose louée par cas fortuit, article 1722 ici concerné, dans ce cas, l’article nous dit que le bail devient résilié de plein droit or c’est faux, le bail devient caduque. Deux choses intéressantes ici, la disparition peut être tant matérielle que juridique ; hypothèse du brevet qui tombe dans le domaine public. De plus, l’option offerte au preneur en cas de perte partielle est soit de demander la résiliation du bail, soit de demander

le loyer doit être déterminé ou au moins déterminable pour que le bail soit valable. à l’inverse la détermination du montant initial des loyers est très encadrée pour les baux d’habitation (article 17. La détermination de son montant selon le droit commun est laissée à la libre appréciation des parties. la liberté contractuelle est le principe. les loyers ne peuvent pas être indexés. on a admis dans les baux spéciaux le droit à l’indexation des loyers. Tous les contrats à exécution successive (dont l’exécution s’étale dans le temps) peuvent bien sûr voir leur montant indexé. Pour ce qui est des baux d’habitation.B de la loi de 1989) et pour les baux ruraux. Cette règle est certaine car le contrat de bail porte sur un bien (on verra que la règle est inverse lorsque le contrat porte sur un service).Le prix Là encore le parallèle s’impose . comme en matière de vente. Une seule exception concerne les baux d’habitation soumis à la loi du 1er septembre 1948 (extrêmement favorable au preneur). même si aucun texte le spécifie. à l’instar de la vente. B/ La durée du bail La durée est de l’essence même du bail. c’est-à-dire qu’il faut choisir un indice en rapport soit avec l’activité des parties soit avec l’objet du contrat. Les baux commerciaux et les baux professionnels sont soumis également à cette liberté contractuelle. ce qui explique que tout contrat à exécution successive ne peut être perpétuel (le bail est l’archétype de ces contrats).la diminution du loyer. illustration de cette immense faveur faite au preneur. En revanche tous les baux spéciaux comportent des dispositions limitant la liberté contractuelle en ce qui concerne la révision du loyer pour un renouvellement du bail (pour ne pas faire échec au droit du renouvellement du bailleur). Cependant. l’article 1709 du Code Civil le rappelle bien. Il faut que le bail soit temporaire. s’il ne le serait pas ce serait une contravention à la prohibition des engagements perpétuels. en matière de bail immobilier c’est l’indice du coût de la construction. Cette durée peut cependant être extrêmement longue puisque le Code Civil d’abord et encore plus les statuts spéciaux se sont préoccupés d’assurer une très grande stabilité du preneur dans les murs.C de la loi de 1989 qui est ici concerné disant que le loyer ne peut pas être réévalué sauf s’il a été manifestement sousévalué. ne serait-ce que parce que 3 des arrêts sur les 4 rendus par l’Assemblée plénière du 1er décembre 1995 concernaient des baux. A partir de ce moment. c’est l’article 17. l’exception des contratscadres est admise. . 32.

la jurisprudence la plus récente les considère comme perpétuels cependant mais Mme Lardeux ne voit pas pourquoi.La détermination de la durée du bail Il faut opposer le droit commun aux statuts spéciaux puisque le droit commun pose le principe de la liberté contractuelle. la Cour de cassation a eu l’occasion de dénoncer un contrat perpétuel qui stipulait que la location devait durer 15 ans mais que ce contrat serait automatiquement prorogé (terme repoussé) en cas de modification de l’installation. Un bail qui serait perpétuel est un bail nul de nullité absolue parce qu’on considère qu’il s’agit d’une règle d’ordre public. remise à jour. bulletin n°3). il ne peut résilier que tous les 3 ans. cette impérativité ne s’impose qu’au bailleur c’est-à-dire que le preneur peut résilier le contrat avant mais pas le bailleur. il n’est pas perpétuel puisque le preneur n’est pas immortel sauf s’il s’agit de Christophe Lambert (Highlander). Or dans tous les statuts spéciaux il est prévu une durée minimale impérative du bail sauf pour le preneur . La prorogation repousse le terme initial du contrat. il est tenu d’une période minimale triennale.33. Le bail à durée indéterminée est appelé par le Code Civil « bail sans écrit ». . il y a un droit de résiliation unilatérale et discrétionnaire qui est accordé aux 2 parties. Le droit commun du bail distingue les baux à durée déterminée des baux à durée indéterminée. bail qui ne doit s’éteindre qu’au décès du preneur et/ou de ses enfants. jurisprudence foisonnante concernant le matériel téléphonique mais on peut l’étendre au matériel informatique. Les hypothèses pratiques dans lesquelles on a pu déceler un tel bail perpétuel sont intéressantes . Le bail d’habitation a une durée minimale de 3 ans si personne physique ou 6 ans si personne moral. cas de la location d’un matériel complexe par exemple. ici la jurisprudence est très fluctuante. Si le bail est à durée indéterminée. assimilation quelque peu abusive. Or ici la Cour de cassation a considéré que le bail était perpétuel en considérant que l’installation téléphonique était particulièrement complexe et évolutive et donc que fatalement durant les 15 années du bail elle allait être modifiée. c’est-à-dire qu’il s’agit toujours du même contrat. articles 1736 à 1740 du Code Civil. Le bail rural c’est 9 ans et le bail professionnel 6 ans. Il y a que dans le bail commercial que le preneur n’est pas libre de résilier comme il l’entend. La seconde illustration de bail perpétuel concerne les baux à vie. Il est ici intéressant de noter les hypothèses de bail perpétuel car il est très rare que dans un bail on note que le bail est perpétuel. C’est le cas d’un bail mobilier. il y aura donc toujours objet à prorogation (notamment un arrêt de la Chambre commerciale du 3 janvier 1989.

les sûretés disparaissent avec l’ancien contrat de bail. il nous parle de « bail par écrit ». l’article 1737 est ici concerné. Si le preneur se maintient dans les lieux sans l’accord du bailleur à l’échéance du terme. Le fait que les sûretés s’éteignent en cas de renouvellement ou de reconduction est spécifié à l’article 1740 du Code Civil. qu’il soit certain ou incertain. Par dérogation à l’article 1737 du Code Civil. Le congé est là pour faire échec au droit au renouvellement du preneur c’est pour cela qu’il ne peut être donné que pour des raisons spécifiques et à des moments spécifiques du contrat de bail. bulletin n°9) qui est cependant un contrat dont on peut modifier les stipulations (puisque renouvellement exprès) mais s’il n’y a aucune modification le renouvellement se fait exactement aux mêmes stipulations que l’ancien contrat et notamment quant aux conditions de durée (pas le cas de la reconduction). hypothèse de renouvellement si l’accord des parties est exprès. dès lors on est en présence d’un nouveau contrat de bail mais qui est considéré comme ayant été stipulé à durée indéterminée (c’est-à-dire qu’on passe dans la catégorie des baux à durée indéterminée. Cette règle de l’article 1738 s’applique également aux baux commerciaux. assimilation là encore abusive. il s’agit d’un délai impératif minimal de 6 mois pour les baux sous le régime de la loi de 1989 alors que le preneur doit informer son propriétaire dans un délai de 3 mois. qui dit renouvellement dit renouvelle exprès du contrat (obligatoirement) et là 2 choses à noter. l’article 1739 est applicable et là il faut un congé. C’est un bail qui est assorti d’un terme.Concernant les baux à durée déterminée. il s’agit d’une reconduction du bail. prévoient que celui qui veut mettre fin au bail doit adresser un congé à l’autre avec bien évidemment le respect impératif d’un délai minimal de préavis. quand on dit que le renouvellement ou la reconduction donne lieu à un nouveau contrat de bail. le bail renouvelé est un nouveau contrat de bail (contrairement à l’hypothèse de prorogation. cela veut dire que sauf stipulation expresse. Si le preneur se maintient dans les lieux après l’échéance du terme avec l’accord du bailleur. la Cour de cassation l’a dit notamment le 7 mai 2004 en Assemblée plénière. et surtout le locataire n’est plus locataire et devient occupant sans droit ni . droit réel accessoire à une créance. article 1738 nous le dit). Ces distinctions sont essentielles en matière de sûreté. et l’article 1737 nous dit alors que le bail cesse sans qu’il soit nécessaire de donner congé. Si on ne donne pas congé cela donne lieu automatiquement au droit et à l’exercice du droit au renouvellement du bail du preneur. les statuts spéciaux. Si l’accord est tacite. même en cas de bail à durée déterminée. Pour les baux d’habitation. ou 1 mois si c’est la conséquence d’un changement de travail.

le contrat de bail est vendu avec. 35. La jurisprudence a assoupli cette condition comme d’ailleurs elle l’avait déjà fait concernant la vente à propos de la priorité donné à celui qui publie la vente en premier.titre (squatteur) donc expulsable et surtout redevable d’une indemnité d’occupation qui peut bien évidemment être supérieure au loyer pour la simple au bonne raison qu’elle correspond d’une part au loyer plus du montant de la réparation du préjudice subi par le bailleur. hypothèse de cession de légale qui dit que lorsque l’immeuble est venu. 34. C’est un texte d’exception par rapport à l’article 1165 sur l’effet relatif des conventions. c’est-à-dire que le bail est opposable au nouveau propriétaire. Concernant cette vente de la chose louée. pour permettre au bailleur de vendre correctement son immeuble. L’acquéreur ne peut expulser le locataire qui a un bail authentique ou dont la date est certaine. Cette cession légale de contrat ne joue que pour l’avenir ce qui oblige à distinguer 2 . d’obtenir un meilleur prix.Mécanismes du Code Civil Deux situations.La stabilité de la jouissance Quand il s’agit ici d’évoquer le droit du preneur à rester dans les lieux. Concernant les baux d’habitation. dans le cadre de 1743 la jurisprudence se contente de la preuve apportée de ce que l’acquéreur de l’immeuble connaissait l’existence du bail alors même que celui-ci n’aurait pas de date certaine ou ne serait pas authentique. article 1328 du Code Civil en matière de preuve. Pourquoi une telle condition pour la transmission du contrat de bail à l’acquéreur ? Tout simplement pour éviter les fraudes. Cependant ce droit demeure tout de même encadré et ne peut être utilisé que tous les 3 ans. cette règle est infléchie la mesure où le bailleur peut donner congé pour vendre. Mais cet objectif d’assurer la stabilité du preneur dans les murs n’a pas été découvert par les statuts spéciaux et le droit commun le connaît notamment en matière de baux immobiliers. les collusions frauduleuses entre le preneur et l’ancien propriétaire qui auraient antidaté un bail contre l’intérêt du nouveau propriétaire. et s’il donne un congé au preneur. 1743 alinéa 1er du Code Civil = la vente de la chose louée. condition de la certitude de la date. il faut noter que cet article 1743 du droit commun s’applique aux baux commerciaux. il doit en premier lui donner un droit de préemption. condition posée pour éviter de favoriser les acquéreurs de mauvaise foi. proposer la vente au preneur. on pense immédiatement aux statuts spéciaux qui ont donc créé un droit au renouvellement du bail que ne connaît pas le droit commun. Là c’est exactement la même chose.

il continue. La seconde hypothèse est lorsque l’une des 2 parties au contrat décède. cette créance demeure acquise à l’ancien propriétaire. Pour ne pas faire échec à ce droit au renouvellement. Il ne peut être fait échec aux statuts spéciaux que dans des hypothèses très limitées prévues par la loi. soit au pacsé survivant etc. de dire que dans le cadre d’un bail commercial le droit quasi-automatique au renouvellement du bail commercial portait une atteinte excessive au droit à la propriété . notamment possible lorsque le bail est marqué d’un fort intuitu personae. Dernière précision : les accessoires sont transmis avec le contrat. donc notamment les sûretés. Preuve en est que l’article 14 précise que s’il n’y a aucune bénéficiaire vivant. Cet article 1er nous dit que chacun a droit au respect de ses biens. concernant le bail commercial on peut y mettre fin mais à ce moment là en versant une indemnité d’éviction au preneur mais d’un montant extrêmement élevé. Mais bizarrement il a fallu une décision d’Assemblée plénière pour l’affirmer clairement. résilié de plein droit à la mort du preneur. le législateur prévoit toujours simultanément des dispositions très restrictives concernant le montant du loyer renouvelé. pas forcément la qualité d’héritier. 36. 6 décembre 2004 (bulletin n°14) pour rectifier la position de la Chambre commerciale. soit à l’enfant survivant. à tel point que cette indemnité peut coûter moins cher que de maintenir le locataire. alors le bail est éteint. ne pourra pas agir en paiement de ces anciens loyers contre le preneur.périodes contractuelles car par exemple mettons que l’ancien propriétaire ait une créance de loyer contre le locataire.Les statuts spéciaux Ils ont eux souhaité octroyer au locataire un droit au renouvellement du bail. article 1742 simplement supplétif. L’argument était le suivant. sauf cession conventionnelle de créance. en d’autres termes il tombe dans l’indivision successorale en principe mais il est possible de prévoir l’inverse dans le contrat. notamment celui du bail d’habitation qui organise une transmission légale du contrat de bail pour pouvoir à la mort du preneur le transmettre à d’autres personnes que exclusivement des héritiers. Ce droit au renouvellement est quasi-automatique. le nouveau. Il est ici intéressant de noter que ce droit au renouvellement a été contesté au nom de l’article 1er du protocole n°1 à la CEDH. notamment l’article 14 de la loi de 1989 prévoit qu’à la mort du preneur le contrat est transmis soit au conjoint survivant. Il faut donc déterminer la date du manquement. article 1742 prévoit que le contrat de bail n’est pas résilié. De plus cette règle de 1742 est aussi écartée par certains statuts spéciaux. conforme à l’article 1615 du Code Civil.

Dans un arrêt du 27 février 1991. projet « Pelletier » enterré dès sa sortie. Il est évident que ce statut ne réalise pas un équilibre. troisième Chambre civile (bulletin n°67). Paragraphe 2 : Les règles de forme . A partir de 2005 la Cour de cassation ne pouvait pas statuer autrement que celle-ci puisque désormais cette jurisprudence est justifiée à cause de la jurisprudence de 1991. Il faut également critiquer car le juge ne peut pas se permettre de remettre en cause une seule pièce de l’édifice du statut des baux commerciaux.immobilière. elle ne pouvait donc pas remettre en cause cette toute petite porte de sortie sans justement remettre en cause cet équilibre invoqué. Le 18 mai 2005. Ce motif assez fallacieux a lui aussi été contesté au nom de la CEDH. son droit au bail appelé la « propriété commerciale » certes un peu abusivement. la troisième Chambre civile (bulletin n°109). (Aude ne prend plus le cours à partir de cet instant précis). il s’agit d’un équilibre subtile. car le preneur en l’espèce qui contestait le non renouvellement disait qu’il y avait atteinte à ses biens . seul le législateur peut être amené à modifier ce statut. on peut fortement le critiquer. qui serait remis en cause dans sa totalité si on en contestait un seul morceau. mais c’est l’équilibre souhaité par le législateur. Si on étudie l’arrêt de 2005 isolément. elle se trouve justifiée en ce qu’il s’agit de l’une des rares portes de sortie données au propriétaire bailleur pour refuser le renouvellement du bail. dans l’hypothèse inverse. il ne peut pas le récupérer à moins de verser une indemnité astronomique. la Cour de cassation a affirmé de manière extrêmement péremptoire sans justifier que ce droit quasi-automatique ne heurte pas l’article 1er du protocole n°1 car le décret de 1953 permet de réaliser un juste équilibre entre les exigences d’intérêt général et les impératifs de la sauvegarde des droits fondamentaux individuels. Cette jurisprudence a été contestée car on peut considérer que la non-inscription au RCS est simplement un détail pour refuser ce droit au renouvellement. c’est pour cela qu’il doit être remis dans son contexte. où était contestée une jurisprudence aujourd’hui fermement établie en matière de droit commercial disant que le droit au renouvellement est retiré au preneur s’il n’est pas inscrit au registre du commerce et des sociétés au moment où il fait sa demande de renouvellement. cependant. Le législateur ne souhaite pas réformer le statut des baux commerciaux. la Cour de cassation ne peut pas déjuger une disposition tout en en acceptant une autre. Cette argumentation a tout aussi été rejetée par la Cour dans cet arrêt de 2005 avec toujours la même formule selon laquelle le décret de 1953 réalise un juste équilibre.

Il existe cependant des limites posées par l’arrêt important du 18 décembre 2002 (bulletin n°262) qui fixe une limite. dès lors le bailleur devrait permettre une pratique effective du locataire de sa religion dans ses locaux. le bail est dénaturé. Le bailleur ne pourrait pas s’en affranchir. Ils invoquent alors la liberté de culte article 9-1 et 9-2 de la CEDH. s’impose « par la nature du contrat ». article 1715 à 1716 à lire.Le bail est évidemment consensuel. obliger le bailleur aurait été complètement irréaliste car aurait fait peser sur lui des obligations qu’il n’aurait absolument pas pu prévoir. car dans les autres cas il s’agissait de retirer une clause. il s’agissait d’en ajouter une. Toutes ces obligations du bailleur s’expliquent par une seule énoncée à l’article 1719 3°). article 1714. C’est pourquoi cet arrêt est parfaitement compatible avec les autres qui ont eux admis l’argument de la CEDH. Section 2 : Les effets du bail Paragraphe 1 : Les obligations du bailleur Articles 1719 à 1727. Obligation essentielle. une société bailleresse installe des digicodes pour des raisons de sécurité. fondamentale au terme juridique du terme du bail. Les contrats relevant des statuts spéciaux doivent être écrits et énormément d’exigences formelles sont égrainées par les statuts spéciaux sans que l’on puisse savoir si ce sont des conditions nécessaires ou non à la validité. mais la Cour de cassation ne pouvait pas se permettre de franchir ce pas supplémentaire. Imaginons que la décision inverse soit admise. . action en justice. Refus de la bailleresse. pas le droit de demander la religion de son cocontractant lors de la signature du contrat. il ne s’agissait pas de retirer un droit du bailleur mais d’ajouter une obligation. D’ailleurs deux professeurs éminents qualifient cette obligation de jouissance paisible « d’âme du bail ». La seule chose de droit commun ici à savoir ce sont les quelques dérogations faites au droit du bail en matière de formalisme. certes il ne peut pas l’empêcher de pratiquer. sauf dans les statuts spéciaux. mais certains locataires demandent d’installer aussi des serrures mécaniques car ils sont juifs et ne peuvent pas utiliser le système lorsqu’ils se trouvent en période de fête. Les locataires sont déboutés notamment par la Cour de cassation et cette décision est tout à fait justifiée dans la mesure où il ne s’agissait pas dans cette espèce de retirer une clause du contrat. à savoir « le bailleur est obligé par la nature du contrat de faire jouir de la chose paisiblement pendant la durée du bail ». Cette décision du 18 décembre 2002 est une limite salutaire à l’application au contrat de bail de la CEDH. « l’affaire du digicode ». si cette obligation n’est pas présente.

clause où le preneur déclare prendre le bien « en l’état où il se trouve au moment de son entrée en jouissance ». dans ce cas c’est 1719 1°) qui est en cause. mais également lorsqu’il s’agit du domicile principal. c’est l’article 1719 1°). et là c’est différent par rapport à la vente. car le premier est impératif alors que le second est supplétif.A/ Les obligations stricto sensu 37. Problème parce que la tentation est grande forcément pour le bailleur par le truchement (= par l’intermédiaire) d’une clause relative à 1720 alinéa 1 er de remettre en cause plus fondamentalement son obligation de délivrance. le juge peut ordonner l’exécution des travaux nécessaires pour rendre le logement décent sans augmentation de loyer. Décret d’application du 30 janvier 2002 précise ce qu’il faut entendre par logement décent. identique à celle rencontrée en matière de vente. C’est bien évidemment une obligation d’ordre public donc concernant tous les baux. lorsque le bien se trouve dans un tel état que le preneur ne puisse pas en faire l’usage conventionnellement prévu. Ne serait-ce que parce qu’elle est visée à l’article 1719 1°). Le problème ici posé est celui de la combinaison entre 1719 1°) et 1720 alinéa 1er. il faut délivrer un logement décent.L’obligation de délivrance L’obligation de sécurité vaut aussi pour le loueur. Oui. Cette obligation est également énoncée article 6 alinéa 1er de la loi de 1989 sur le bail d’habitation. . 5 juin 2002. Dans certaines circonstances. donc le bien n’est pas délivré. et lui est impératif. mais il y a une limite. Il s’agit de ne pas empêcher le preneur d’entrer en possession. nous dit que le bailleur est tenu de livrer la chose en bon état de réparation de toute espèce. cette clause pourra être déclarée nulle par les juges parce que permet de délivrer une chose dans un tel état de dégradation que le preneur ne peut pas en faire l’usage dans les conditions contractuellement prévues. Deuxième et dernière idée : la modification de l’article 1719 1°) par la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) du 13 décembre 2000 nous dit qu’il faut non seulement délivrer la chose au preneur. Chambre civile 3. bailleur (1386-1 et suivants du Code Civil). le bailleur ne peut pas s’en affranchir d’une quelconque manière. elle à trait à la nature même du contrat. Dans ce cas là. Si l’obligation n’est pas exécutée. nous dit formellement que cette clause ne décharge pas le bailleur de son obligation de délivrance. Arrêt très révélateur car à chaque fois dans ces espèces là on remarque que le pourvoi invoque 1720 et que la Cour de cassation répond sur le fondement de l’article 1719. L’article 1720 alinéa 1er. on peut donc passer de l’un à l’autre. Si ces travaux ne sont pas exécutés malgré tout. Article 1719 1°) du Code Civil prévoit cette obligation de délivrance.

le juge peut ordonner une réduction du loyer (article 20 indice 1 de la loi de 1989). en l’espèce 60 francs par mois. du moins pour les immeubles de quatrième catégorie. Cette réforme législative est conforme au souhait du Conseil constitutionnel puisque le 29 juillet 1998 à l’occasion d’une autre loi. et payait un loyer minable. Cette solution est gênante malgré les faits. 38. Sur le plan pratique. Les réparations locatives et les autres sont énoncées . La Cour y a ici imposé cette obligation même dans le cadre d’un bail portant sur un immeuble de la quatrième catégorie de la loi de 1948. ce qui d’après Mme Lardeux pose problème c’est que cette obligation de logement décent a aussi été appliqué par la troisième Chambre civile le 13 décembre 2004 à un bail sous le régime de la loi du 1er septembre 1948. problème des propriétaires qui vont se voir imposer au titre de l’obligation de délivrer un logement décent des travaux coûteux. Sur le plan juridique. du moins pas grâce aux loyers. Oui c’est un texte d’ordre public. sur 2 plans. Elle est déboutée par les juges du fond en première instance et seconde mais obtient gain de cause devant la Cour de cassation. comment justifier cela à l’égard de cet adage ? Certains auteurs écrivent pour le justifier que la loi générale a abrogé la loi spéciale. Ici cette obligation est prévue par une loi générale or la loi spéciale de 1948 prévoit expressément la question des mauvaises conditions d’habitation d’un immeuble de quatrième catégorie. En échange évidemment le loyer est ridicule. L’article 1719 2°) lui n’est pas impératif et 1720 alinéa 2 non plus. au sens de Mme Lardeux. Malgré tout cela. la locataire demande un jour l’eau courante. le Conseil avait érigé l’octroi de logement décent au rang d’objectif à valeur constitutionnelle et l’a réaffirmé le 7 décembre 2000 à l’occasion du contrôle de conformité de la loi SRU. immeuble qui ne remplit pas les conditions les plus élémentaires d’habitabilité. or ce n’est pas possible. on peut s’interroger sur la bonne foi de la locataire en l’espèce. il manquait l’eau courante et dans le contrat de bail il était spécifié qu’elle ne pouvait techniquement pas être installée. d’entretenir leurs immeubles. Cette obligation est donc impérative.L’obligation d’entretien Articles 1719 2°) et 1720 alinéa 2. les rapports entre droit commun et droit spécial sont régis par le principe que les lois spéciales dérogent aux lois générales. les propriétaires n’ont pas forcément les ressources. mais il s’agit également d’un texte de droit commun qu’il n’aurait pas fallu appliquer aux immeubles sous le régime de la loi de 1948. on lui avait proposé de la reloger elle avait refusé.

articles 1754 et 1756 du Code Civil (totalement désuets, jamais repris dans les contrats de bail tant ils sont dépassés). Dans les contrats de bail il est systématiquement fait référence aux articles 605 et 606 du Code Civil pour répartir les réparations entre preneur et bailleur, en fait prévu pour la répartition des réparations entre usufruitier et l’autre. Les grosses réparations visées par 606 sont fort peu nombreuses, fort favorables au bailleur. Ultimes précisions concernant cette obligation, la jurisprudence et la Cour de cassation principalement sont particulièrement vigilantes à ce qu’une clause relative à l’entretien de la chose louée ne soit pas telle qu’elle remette en cause l’obligation de délivrance du bailleur (c’est très fréquent dans les baux commerciaux), un arrêt notamment du 9 juillet 2008, en l’espèce toutes les réparations étaient mises à la charge du preneur, clause considérée comme inefficace à exonérer le bailleur des « travaux rendus nécessaires par les vices affectant la structure de l’immeuble ». Car dans ce cas là on se trouve en présence de l’obligation de délivrance, 1719 1°), logique imparable. Dernière précision concernant l’obligation d’entretien en cours de bail, c’est qu’au-delà de celle qui a trait à l’obligation de délivrance, la nonexécution de l’obligation d’entretien ne peut pas justifier le non-paiement des loyers. Le paiement des loyers trouve sa cause dans la jouissance de l’immeuble. B/ Les garanties 39.La garantie des vices cachés Calquée sur celle due par le vendeur, même régime. Trois infléchissements par rapport au régime de la vente, il n’y a jamais eu de bref délai, toujours été le délai de droit commun. La garantie est aussi plus étendue tout simplement parce que le bail est un contrat à exécution successive, garantie est due même si le vice trouve son origine après la conclusion du bail alors que pour la vente seuls les vices antérieurs au transfert de risques sont dus. Troisième point dérogatoire du régime : les clauses relatives à ces garanties sont parfaitement licites, sauf pour les baux d’habitation, et, dans le cadre du bail, la jurisprudence n’a absolument pas repris les distinctions rationae personae entre les professionnels et non professionnels, donc validité des clauses relatives aux vices cachés. 40.La garantie d’éviction 41. La garantie du fait personnel Les articles 1723 et 1724 du Code Civil donnent quelques illustrations particulières de cette garantie, il faut les lire. La question ici intéressante est celle de savoir si au titre de la garantie d’éviction, le bailleur peut se voir

interdire d’exercer une activité commerciale similaire à son locataire ou de louer un autre immeuble affecté au même type de commerce. La solution retenue à cette question en matière de vente dans un arrêt de 2001 était que la garantie d’éviction permet de prolonger la clause de non-concurrence. Or en jurisprudence, la garantie légale d’éviction n’interdit pas au bailleur d’exercer une activité commerciale similaire à son locataire pour les baux commerciaux. 42.La garantie du fait des tiers Article 1725 ici en cause, le bailleur doit garantie pour les troubles de droit mais pas pour les troubles de fait. Le preneur est considéré comme devant se défendre seul de ces troubles de fait, notamment en exerçant la protection possessoire contre les tiers, article 2278 alinéa 2 du Code Civil. Les articles 1726 et 1727 parlent des troubles de droit et l’article 1725 parle des troubles de fait. L’article 1725 nous disant que le bailleur ne doit pas garantie des troubles de fait d’un tiers, la notion de tiers n’est pas définie et pas mal de jurisprudence a trait à cette notion. Il faut admettre que la Cour de cassation a adopté une acception restrictive de la notion de tiers dans le cadre de cet article 1725, donc, corollairement, extension de la garantie du bailleur. Un autre locataire n’est pas un tiers, le concierge lorsqu’il est le préposé du bailleur non plus, un entrepreneur venant faire des travaux demandés par le bailleur non plus, le client du locataire non plus et également une personne hébergée par le locataire n’est pas un tiers non plus, donc si cette personne nuit aux autres locataires, ceux-ci pourront se retourner contre le locataire. Paragraphe 2 : Le statut du preneur 43.Les obligations du preneur Articles 1728 et 1735 du Code Civil. 44.Les obligations relatives à la chose 45.L’usage de la chose Deux précisions à donner, d’abord, le locataire doit utiliser le bien en bon père de famille, standard juridique déjà rencontré. Le bon père de famille permet de condamner tout abus de jouissance ou toute utilisation excessive du bien qui nuirait à autrui, bien évidemment le tapage même s’il n’est pas nocturne, la possession d’animaux dangereux, la possession d’animaux domestiques en très grand nombre, la débauche (peut pas exercer le plus vieux métier du monde lorsque locataire sans effectuer un abus de jouissance sans jeu de mot) etc. L’usage doit également être conventionnel. Quant aux baux commerciaux, il faut avoir conscience de la question des

clauses fixant la destination commerciale d’un immeuble sont valables en principe mais posent problème dans la mesure où contreviennent à la liberté constitutionnelle du commerce et de l’industrie et d’autre part leur stipulation peut sembler inopportune en pratique dans la mesure où la donne économique peut changer, il est parfois nécessaire pour le locataire de faire évoluer l’objet de son commerce. Au regard de ces exigences, le statut des baux commerciaux prévoit la possibilité pour le locataire, malgré une telle clause, la possibilité de s’affranchir plus ou moins de cette clause, hypothèse de la déspécialisation ; le preneur à bail commercial peut demander la déspécialisation de son commerce, lorsqu’elle est partielle, elle est de droit, besoin d’aucune autorisation (le locataire va simplement adjoindre des activités complémentaires à son activité), lorsqu’elle est totale, elle suppose l’autorisation du bailleur, en cas de refus, recours possible devant les tribunaux et jurisprudence abondante en ce domaine. Cette usage conventionnel a également fait l’objet de difficultés dans le cadre de baux d’habitation : la clause d’habitation bourgeoise interdit que soit exercée dans l’habitation toute activité commerciale ou artisanale, en revanche, telle quelle et sans précision, une telle clause n’interdit pas en principe l’exercice d’une activité libérale. La seconde clause de style dans les baux d’habitation qui a fait l’objet de la jurisprudence la plus récente est la clause d’habitation personnelle par laquelle il est fait interdiction au locataire d’héberger qui que ce soit sauf ses enfants mineurs. C’est cette clause qui a posé le plus de problèmes en jurisprudence récemment puisqu’elle a été condamnée par deux fois par la Cour de cassation sur le fondement de l’article 8 de la CEDH, le droit au respect de sa vie privée et familiale. Que le bail d’habitation soit le lieu privilégié de l’application de la CEDH est normal. L’article 8 de la CEDH interdit au bailleur de priver au preneur du droit d’héberger ses proches, troisième Chambre civile. La Cour l’a dit pour la première fois dans un arrêt du 6 mars 1996 (bulletin n°60) et cette solution a été réaffirmée le 22 mars 2006 (bulletin n°73). L’originalité de cet arrêt de 2006 est qu’il s’agissait des relations entre 2 colocataires, effet horizontal de la CEDH encore plus étendu. Cette jurisprudence est extrêmement critiquée pour de multiples raisons, d’abord parce qu’il parait complètement inopportun de condamner les clauses d’habitation personnelles car elles permettent au bailleur de se prémunir, de se protéger contre une éventuelle sur-habitation des locaux. Deuxième raison de critiquer, c’est la notion de proche ; qu’est-ce qu’un proche ? Finalement, tout le monde pourrait être considéré comme tel, si on l’a hébergé, il peut être considéré comme proche. Pour la Cour de cassation

Egalement l’existence si le bien est dégradé d’une responsabilité d’une faute présumée à la charge du locataire (comme cela est le cas pour l’emprunteur. valent pour tous les baux. le dépositaire…). et également très souvent le bailleur réclame un cautionnement afin d’obtenir paiement des loyers.La restitution de la chose Article 1730 du Code Civil. seuls cas d’exonération au nombre de 3 et prévus article 1733. lorsqu’elle statue sur ces clauses d’habitation personnelle. Puisque le preneur doit restituer le bien à la fin du bail. or ce principe est totalement oublié par la troisième Chambre civile. sinon le bail est résilié de plein droit. c’est que bien évidemment pour se prémunir contre le défaut de paiement il est bien souvent demander au locataire un dépôt de garantie. arrêt intéressant en ce que la Cour de cassation a . elle ne tient en compte que le respect de la vie familiale du locataire. droit commun des obligations de paiement qui est applicable. Ce qui signifie aussi que le doute ne profite pas au preneur. locataire. Deux précisions ici seulement à donner. si elle est dégradée.Le paiement du loyer Là pas grand-chose à dire.une personne hébergée par le locataire n’est pas un tiers. obligation de résultat atténué car il peut s’exonérer en démontrant qu’il n’a pas commis de faute. ni même du colocataire. on est en présence d’une garantie et le preneur ne peut dès lors plus s’exonérer en prouvant que l’incendie n’est pas de sa faute. il doit le conserver en cours de bail. En cas d’incendie. le preneur doit également une garantie. Le preneur doit restituer le bien « dans l’état dans lequel il l’a trouvé ». La quatrième critique est propre à la manière dont la troisième Chambre civile applique la CEDH : en principe dans le cadre de la Cour EDH. article 1732. articles 1733 et 1734. il sera présumé responsable. si le bien est dégradé ou perdu. le preneur doit répondre de l’état de la chose. il ne pourra pas s’en exonérer. bailleur doit donc la garantie contre les troubles causés par cette personne. 47. corollaire. Or le droit en général pour fonction d’instaurer un équilibre entre des intérêts antagonistes. A la fin du contrat de bail. appelé « caution ». un vice de construction ou une communication d’incendie. s’il ne peut pas prouver que l’incendie est du à l’une de ses trois causes. Il ne peut s’exonérer que s’il prouve un cas de force majeur. elle ne considère pas le point de vue du bailleur. objet du dernier arrêt du TD n°5 du 19 mars 2003 troisième Chambre civile (bulletin n°65). C’est cette garantie précisément qui explique l’obligation qui pèse sur le locataire d’obligation de s’assurer. 46. l’application de la Convention est soumise au principe de proportionnalité.

145-16 du Code de Commerce nous le dit. Or lorsque le locataire sous-loue l’immeuble. hostilité de principe du législateur à l’égard de la sous-location. car on considère qu’il a besoin de l’immeuble. Pour le bail d’habitation par exemple il faut l’autorisation écrite du bailleur. même avec l’autorisation du bailleur. 48. Là aussi dans les baux spéciaux la solution est inverse.La cession du bail A l’instigation du preneur. non-discrimination. Défiance. soit pour y habiter. le locataire a attaqué cette clause mais la Cour a fait valoir qu’il n’y avait pas discrimination. étant précisé que les baux commerciaux sont soumis partiellement à ce droit commun. Si la sous-location est . le loyer de la sous-location ne peut pas être supérieur au loyer du bail initial. car facteur de hausse des loyers. beaucoup plus difficile d’obtenir paiement d’une créance de la part d’un ressortissant d’un des pays membres de l’Union européenne plutôt que d’un vénézuélien ou d’un angolais. validité de principe de la cession du bail. En revanche tous les autres baux spéciaux limitent la liberté de cession du contrat de bail. même une clause ne peut pas y contrevenir) lorsqu’elle intervient dans le cadre de la cession d’un fonds de commerce. Il faut l’accord du bailleur pour sous-louer dans les baux d’habitation et les baux commerciaux. spéculation immobilière. Sur la base de l’article 14 de la CEDH. Clause objectivement justifiée. soit pour exploiter son activité commerciale ou artisanale. il démontre qu’il n’en a pas besoin. le droit commun du bail l’admet. tandis que pour le bail rural il y a une interdiction d’ordre public de céder le bail. Cession du bail est en principe parfaitement valable.Les pouvoirs du preneur 49. c’est une autre personne qui va profiter du bail. si elle est autorisée. parfaitement justifiée parce que le locataire dans le cadre d’un bail spécial bénéficie d’un statut extrêmement protecteur car on considère que pour des raisons sociales et économiques il faut protéger le locataire. d’où une incompatibilité de principe entre les statuts spéciaux très protecteur et la possibilité de sous-louer. 50. ce qui explique que dans le cadre du bail d’habitation. article 1717 du Code Civil. à cette nuance près que la cessibilité du bail est même impérative (d’ordre public. validité de principe de la sous-location.La sous-location Article 1717. L.considéré qu’une disposition d’un contrat de bail n’était pas contraire à la CEDH puisqu’en l’espèce ce dépôt de garantie n’était exigé que pour des étrangers non-ressortissants de l’Union européenne. Philippe Mallaury parle même de « parasitisme social » concernant la sous-location.

sauf dans 2 cas. c’est pourquoi il n’y a pas de définition générale dans le Code civil. Mais l’appréciation de cette gratuité est parfois difficile quand ce prêt s’inscrit dans un ensemble contractuel plus vaste qui lui est onéreux.autorisée. Est-ce que ce contrat conserve alors son autonomie et donc sa gratuité ou doit on le considérer comme un accessoire d’un ensemble principal qui lui est onéreux et donc suivre le régime juridique de ces autres contrats principaux et onéreux ? Le prêt à usage est quasi systématique dans les grands contrats de distribution : entre les compagnies pétrolières et les pompistes ou entre les fournisseurs de bières et les brasseries. Chapitre second : les prêts L’article 1874 du Code civil nous indique qu’il y a deux types de contrat de prêt : le prêt à usage et le prêt à consommation. Cette définition est proche du bail mais elle est plus vague que le bail car elle doit englober deux prêts qui en définitive suivent des régimes juridique très différents car ils ne partent pas sur le même type d’objet. Le Code civil commence ses dispositions sur le prêt par en dissocier deux et ne donne aucune définition générale du contrat de prêt : celle-ci a été donnée par la doctrine : un prêt est une convention par laquelle le prêteur remet une chose à l’emprunteur afin qu’il s’en serve et à charge de restitution : vocabulaire juridique de Capitan. il peut le demander si le locataire principal n’a pas demandé le renouvellement du bail. La seconde exception est en matière de bail commercial où le sous-locataire a un droit direct subsidiaire au renouvellement du bail contre le bailleur. si le loyer principal n’est pas payé. l’article 1753 prévoit une action directe contractuelle du bailleur contre le sous-locataire. Celui des choses que l’on ne peut détruire : le prêt à usage. La gratuité permet de distinguer le prêt à usage du bail. Autre exemple : le prêt d’un véhicule de remplacement lorsqu’on a déposé notre véhicule chez le garagiste lorsqu’elle est en panne : est-ce que cette mise à disposition d’un véhicule de remplacement dans le cadre d’un contrat d’entreprise qui lui est onéreux est . L’article 1753 du Code Civil prévoit la première exception . parce qu’il n’y a pas de théorie générale du prêt. Ce qui distingue le prêt à usage de l’autre est que celui-ci est essentiellement gratuit article 1876. il est défini à l’article 1875. Cette gratuité participe de l’essence même du comoda. Section 1 : Le prêt à usage Aussi appelée prêt à usage comoda. bailleur et sous-locataire s’ignorent. Il y a des régimes juridiques très différents selon qu’on est en présence du prêt à usage ou du prêt à consommation.

une sanction spécifique est prévue article 1881 : il y a alors transfert des risques à sa charge. Le prêt à usage n’opère aucun transfert de propriété. de contrat onéreux. ce qui n’est pourtant pas la même chose : on n’attend pas une chose équivalente ici. La Cour a ainsi corollairement dénié la qualification de prêt à usage. le garagiste lui a donc demandé de payer les coûts de réparation. On ne pouvait donc faire peser sur le prêteur une obligation d’information. On ne peut pas louer un logement qui est mis gratuitement à notre disposition. ce que la lettre de 1875 illustre car cette restitution participe de la définition du prêt : « à charge de restitution » .La restitution de la chose C’est l’obligation essentielle de l’emprunteur.L’usage de la chose Article 1880 l’usage doit être conventionnel. Paragraphe 1 : Les obligations nées du prêt à usage Il s’agit avant tout des obligations de l’emprunteur. Donc en principe les risques continuent à peser sur le prêteur. Cet usage doit également être opéré de manière gratuite. Cet usage doit être personnel. de même . Si l’emprunteur ne respecte pas l’usage conventionnel. Ici. 51. Dans beaucoup d’ouvrages on nous parle de restitution en nature que l’on considère comme équivalente à la restitution in specie. car le contrat est marqué d’un fort intuitu persone.un contrat de prêt à usage lorsqu’il a été conclu avec un contrat d’entreprise qui lui est onéreux ? Ce problème a été abordé dans un arrêt de la troisième chambre civile 25 novembre 2003 : il avait endommagé son véhicule de remplacement. La cassation est prononcée au visa de l’article 1147 du Code qui est le siège de l’obligation de résultat : la Cour de cassation admet donc qu’il avait une obligation d’information et donc sans le dire elle raisonne en terme de contrat d’entreprise. les risques continuent à peser sur le prêteur sauf donc usage non conventionnel. Bien que ce soit l’emprunteur qui a la maîtrise de la chose. on a la question de la restitution « in specie » = la restitution doit être opéré in specie. c’est-à-dire que c’est le même bien que celui qu’on nous a prêté que l’on doit restituer dans le cadre du prêt à usage. Le garagiste obtient gain de cause devant les juges du fond qui considèrent que le contrat est un prêt à usage qui fait peser un nombre minime d’obligation pour le prêteur. Elles sont énoncées aux articles 1880 et suivants du Code. 53. Le client invoquait que le garagiste avait failli à son obligation d’information en ne lui disant pas qu’il aurait dû souscrire une assurance complémentaire. Les obligations de l’emprunteur Articles 1880 et suivants du Code 52.

mais la conséquence de cette qualification est que les pompistes qui souhaitaient sortir de ce contrat de disposition devaient donc restituer les cuves in specie. L’ennui dans ce contexte est que la Cour de cassation a opté pour la qualification de prêt à usage. La Cour de cassation a retenu qu’il s’agissait bien d’un prêt à usage. cette obligation n’est que le corollaire de l’obligation de restitution. C’est la même obligation de résultat atténuée que l’on retrouve dans l’obligation de conservation du bien qui pèse sur l’emprunteur. La remise de la chose est une . Car sur le fondement de ce droit à la concurrence les clauses in specie ont été déclarées invalides. une telle exigence fondée sur le droit civil du prêt à usage. Cette obligation de restitution est une obligation de résultat en principe mais la jurisprudence a admis qu’il s’agissait d’une simple obligation de résultat atténuée : pour l’obligation de résultat le seul cas d’exonération est la force majeure tandis que pour l’obligation de résultat atténué on peut s’exonérer en prouvant qu’on n’a pas commis de faute. le coût des travaux était monstrueux… Les pompistes étaient alors en conséquence prisonnier de leur contrat de distribution : s’ils voulaient conclure un contrat avec un autre pétrolier. L’obligation de conservation est donc aussi une obligation de résultat atténuée. La jurisprudence n’est donc pas cohérente concernant la mise en disposition gratuite qui s’inscrit dans le cadre d’un ensemble onéreux. C’est aussi ce type d’obligation de résultat atténuée qui pèse sur le preneur à bail. mais la chose même qu’on lui a mise à disposition. ils ne le pouvaient qu’au prix de travaux monstrueux… En définitive. Pourquoi cette exigence de restitution in specie ? Pour déterrer ces cuves et les restituer. C’est pourquoi le droit de la concurrence est venu au secours des pompistes.nature.Les obligations du prêteur Le contrat de prêt à usage est considéré comme un contrat réel qui est un contrat qui se forme par la remise de la chose. Cette obligation de restitution in specie a posé problème dans les contrats liant les compagnies pétrolières aux pompistes : ces contrats prévoient ainsi la mise à disposition gratuite au pompistes des cuves. même si cette mise à disposition gratuite s’insérait dans un ensemble onéreux. Certes donc c’est du prêt à usage mais dans le cadre d’un contrat de distribution pétrolière qui n’est pas gratuit. C’est sur le fondement de ce droit de la concurrence que les distributeurs ont pu retrouver leur liberté du commerce et de l’industrie : chambre commerciale 18 février 1992. celles qui leur avait été mises à disposition. 54. aboutissait à livrer pieds et points liés les pompistes aux compagnies pétrolières.

1888 est le principe respect du terme. Il faut prévaloir le retour au droit commun parce que l’inadaptation de 1888 à cette hypothèse est flagrante. permet au prêteur de reprendre la chose avant terme s’il lui survient un besoin pressant et imprévu du bien. or ici il n’y a pas de terme implicite. le besoin. Au sens de Madame Lardeux. soit implicite d’après l’article 1888 : « après qu’elle ait servi à l’usage pour lequel elle a été empruntée » = l’emprunteur doit restituer la chose lorsqu’il n’en a plus l’usage. le Code civil connaît une section 3 articles 1888 à 1891 : « Des engagements de celui qui prête à usage » . c’est-à-dire qui peut faire naître des obligations à la charge des parties pendant l’exécution du contrat tandis que le contrat synallagmatique parfait fait naître des obligations aux parties dès la conclusion du contrat. il en résulterait deux conséquences absurdes et inacceptables selon Madame . Articles 1890 et 1891 font pourtant naître deus obligations à la charge du prêteur dont une concerne les vices de la chose : il ne s’agit pas d’une garantie car le prêteur ne répond des vices du bien que s’il les connaissait tandis que pour la garantie des vices on répond de tous les vices. le prêt à usage garde t il ainsi sa spécificité ? Paragraphe 2 : La durée du prêt à usage Articles 1888 et 1889 : on est donc dans les obligations du prêteur. Faut-il appliquer ici 1888 alors qu’un définitive le prêt n’est accompagné d’aucun terme puisque l’emprunteur pourra toujours opposer au prêteur qu’il a besoin d’un logement ? Ou doit-on considérer cette hypothèse d’un besoin indéfini dans le temps ne relève pas de 1888. La doctrine considère plutôt que le contrat de prêt à usage est un contrat synallagmatique imparfait.condition de formation du contrat mais pas une obligation qui pèserait sur le prêteur. on doit considérer que 1888 n’est pas applicable en cas de besoin général et permanent du bien car 1888 ne concerne que les prêts à durée déterminée finalement. Dans un ensemble onéreux. et l’exception 1889. conçue comme une faveur faite au prêteur. La jurisprudence s’en tient elle à sa qualification classique de contrat réel unilatéral. Le terme est soit conventionnel. Imaginons que l’on applique 1888 à cette hypothèse. Pourtant. Il ne pèse donc aucune obligation sur le prêteur car c’est un contrat réel et donc unilatéral. C’est donc un terme implicite calqué sur le besoin du bien par l’emprunteur. 1888 pose un principe et 1889 admet une exception. Le problème en jurisprudence a été de savoir s’il faisait appliquer 1888 lorsque le besoin est général et indéfini dans le temps : exemple : le besoin d’un logement. n’est pas prévu par 1888 qui est fondé sur un terme implicite. il n’a pas été prévu pour ce cas.

Cet arrêt a été rendu exactement dans la même affaire que celle qui avait donné lieu à l’arrêt de 1996. Le prêteur. C’est l’article 1894 qui le dit : si le bien n’est pas fongible alors le prêt est un prêt à usage. Article 1892 du Code civil qui définit le prêt de consommation. surtout quand on sait que le prêt passe aux héritiers. qui lui a rendu un service gratuit. l’argent. 1889. Une chose consomptible est une chose qui se consomme et disparaît par le premier usage : exemple : l’essence. Or. est unique. la troisième a emboîté le pas plus tard. c’est ce qu’on appelle aussi les choses de genre : exemple : une voiture neuve. Une chose fongible est une chose interchangeable. Section 2 : Le prêt de consommation Paragraphe 1 : Le droit commun Il est très peu fréquent. Enfin. c’est la différence avec le prêt à usage. Cette différence être le . Un prêt de consommation porte donc par hypothèse sur des causes consomptibles et fongibles. or les héritiers ont aussi besoin de se loger… Or les engagements perpétuels sont prohibés.Lardeux : d’abord on serait alors en présence d’un prêt perpétuel. Mais la Cour de cassation première chambre civile 18 novembre 1996. Mais cela obligeait toujours le prêteur à agir en justice pour demander la restitution de son bien. Mais dès 1998 la première chambre infléchissait sa jurisprudence en disant que lorsque l’usage du bien était permanent. Tandis qu’une voiture d’occasion a son histoire. est dans une situation beaucoup moins favorable que le bailleur qui lui peut récupérer son logement tous les trois ans s’il justifie d’une vente. Deuxième conséquence : De plus. Le prêt de consommation porte sur des choses consomptibles et donc fongibles. l’arrêt du 3 février 2004 de la première chambre civile a abandonné la jurisprudence de 1996 pour considérer que 1888 et 1889 n’étaient pas applicables et qu’il fallait appliquer le droit commun. c’était au juge de déterminer le terme du prêt à usage. ici dans le cadre d’un prêt quasi perpétuel. le prêteur doit justifier devant le juge d’un besoin pressant et imprévu de logement. le prêteur ne pourrait alors plus recouvrer son bien que dans le cadre de 1889. serait une porte de sortie extrêmement étroite car pour récupérer son bien. Pendant plusieurs années on a donc eu des arrêts qui ont appliquée 1888 et 1889 et donc toujours débouté les prêteurs de leur obligation de restitution du logement. d’une reprise pour le compte de sa famille… On voit donc que l’application des articles 1888 et 1889 à un prêt à durée indéterminée est inopportune. la nourriture. S’il ne justifie pas de ce besoin le juge ne lui accordera jamais la restitution… Cette conséquence est d’autant moins acceptable et incohérente lorsqu’on fait le parallèle avec le bailleur.

on parle de notion de crédit. L’abusus est l’élément essentiel et exclusif du droit de propriété. en consommant une chose. c’est le droit d’abuser au sens juridique de son bien. il faut ajouter le code de la consommation et certaines dispositions du code monétaire et financier. c’est la notion qui est employée par le Code de la consommation. Ce prêt de consommation peut être onéreux ou gratuit. Restitution équivalente : article 1902 du Code. l’intérêt étant le prix du service . c’est-à-dire de disposer du bien au sens juridique. Au code civil. article 1905 du Code Civil. Beaucoup de dispositions concernent le droit du crédit. Seul le propriétaire a l’abusus. que ce soit une disposition matérielle ou juridique. Articles 1905 à 1914. Le moment de la restitution ne pose pas de problème dans le prêt de consommation. Les risques de la chose pèsent donc sur l’emprunteur. Le renvoi qu’opère 1898 vers 1891 est discutable mais ce n’est pas gênant car il n’a jamais été applicable car le prêt de consommation porte avant tout sur l’argent. Le prêt de consommation emporte donc transfert de propriété : article 1893. L’emprunteur dans un prêt de consommation est donc propriétaire. Juridiquement cela veut dire que l’on va exercer l’abusus sur cette chose. on exerce l’abusus.prêt de consommation et le prêt à usage est importante car d’abord le prêt de consommation emporte lui transfère de propriété. cela peut être une restitution en nature mais bien sûr elle ne sera jamais in specie. englobe les contrats de prêts et d’autres types de contrat. Ce plan retenu par les rédacteurs montre bien qu’ils ne le considéraient pas comme un vulgaire prêt mais comme devant être soumis à un régime juridique qui lui était propre. quand il en aurait les moyens (on ne considère par cette clause comme potestative car l’emprunteur a intérêt à revenir à meilleur fortune) . La plupart de ces textes ont un vocabulaire économique et non juridique. Le prêt est dit à intérêt. Concernant les vices cachés c’est l’article 1891 qui est applicable. chapitre 3. Paragraphe 2 : Le prêt d’argent 1804 les rédacteurs du Code étaient conscients bien évidemment de la spécificité de ce prêt puisqu’ils lui consacrent un chapitre autonome. Le Code civil n’est plus l’unique source du droit du prêt d’argent ou du droit du crédit. C’est un contrat qui peut être onéreux ou gratuit. La seule petite spécifique est l’article 1901 du Code qui concerne les clauses de retour à meilleur fortune : c’est-à-dire que l’on dit que l’emprunteur paierait quand il le pourrait. l’onérosité n’est pas de l’essence du prêt d’argent. l’autre conséquence est en terme de restitution : on doit restituer une chose équivalente. sens beaucoup plus vaste. Or.

Les conditions de fond Concernant ces conditions. c’est protéger l’emprunteur qui est par hypothèse. mais surtout la sanction qui pèse à ce moment là sur la banque c’est d’être déchue du droit aux intérêts. En revanche malgré ce monopôle.La formation du prêt d’argent 56. qui a fait l’objet de la mansuétude du législateur par les lois Scrivener.511-5 du code monétaire et financier nous dit que lorsque le prêt à intérêt est pratiqué de manière habituelle. 10 janvier 1978 sur le crédit à la consommation (s’oppose au crédit immobilier) et du 13 juillet 1979 sur le crédit immobilier. C’est bien sûr ce qui innerve tout le droit du prêt d’argent. les taux usuraires étant des taux extrêmement élevés. tout d’abord concernant les parties. La sanction que l’on va retrouver tout au long de l’étude de ce prêt d’argent est la déchéance du droit aux intérêts à partir du moment où la nullité totale du prêt est une sanction inadéquate car obligerait l’emprunteur à rembourser immédiatement le capital. l’article L. 3 questions ici à soulever. assemblée plénière 9 octobre 2006 (bulletin n°11).rendu par la banque qui avance l’argent d’une part et qui d’autre part court le risque du non remboursement. il faut avoir en tête toutes les règles protectrices du consentement. si elles ne sont pas respectées. La nécessité de contrôler le montant de l’intérêt est elle aussi admise. Le banquier sera même déchu du droit aux intérêts échus (déjà exigibles). Une offre préalable doit être remise au consommateur à but d’information. même s’il n’est pas consommateur. lutter contre l’usure. Autre mécanisme protecteur du consentement du consommateur. il ne peut être pratiqué que par les établissements de crédit. Bien évidemment c’est encore plus marqué pour le consommateur. 55. Monopôle de ces établissements de crédit. Ces dispositions d’ailleurs contre le taux usuraire sont en partie déjà prévues par le Code Civil mais il est certain que ce droit de la consommation a renforcé la préoccupation de protection de l’emprunteur. elle doit comporter un grand nombre de mentions obligatoires. Concernant le prêteur. qui tentent d’éviter ou de prévenir les situations de surendettement. des sanctions pénales sont prévues. Du côté de l’emprunteur. L’intérêt est donc parfaitement accepté puisqu’il rémunère un service. les établissements de crédit restent libres de refuser ou d’octroyer ce crédit. il a besoin d’argent qu’il n’a pas. en position de faiblesse. c’est bien sûr les délais de . Le principe est admis depuis longtemps même si heurte toutes les prescriptions religieuses.

première Chambre civile. obligation de restituer la chose. Donc cette situation juridique est extrêmement logique et est aussi extrêmement critiquable. c’est que si la vente ne se fait pas. article 1131. c’est un contrat unilatéral car c’est un contrat réel. le contrat financé ne se fait pas ou disparait. On emprunte rarement d’argent pour le seul et unique plaisir de rembourser des intérêts. La cause du prêt c’est la remise des fonds prêtés. pas pour les crédits immobiliers (interdiction faite pendant 10 jour à l’emprunteur d’accepter le prêt à la place. la cause subjective d’un contrat n’est prise en considération que lorsque l’on s’interroge sur la licéité ou la moralité du contrat. existence nécessaire à la validité du contrat. c’est la remise des fonds. Deuxième question à aborder. la cause du contrat de prêt. la vente financée par le prêt. c’est-à-dire le mobile. article 1133 du Code Civil. 1er juillet 1997 : cet arrêt a admis le lien qui existait entre un contrat de prêt et un contrat financé mais montre toutes ces limites et la . n’est pas le contrat financé. cela veut dire que la cause objective du prêt.réflexion qui doivent être respectés à compter de l’émission de l’offre préalable. Le prêt est très classiquement considéré comme un contrat réel. le fait que le droit les dissocie prouve que la règle de droit n’est pas satisfaisante. Cette fidélité au principe juridique classique verse assez facilement vers le juridicisme (connotation péjorative) lorsque l’on pousse jusqu’au bout une solution juridique qui heurte les intérêts pratiques qu’elle devrait servir. l’emprunteur reste tenu par le prêt et doit le rembourser alors qu’il ne lui sert strictement plus à rien. L’emprunt s’effectue toujours dans le but de financer un autre contrat. nécessaire à la validité du contrat. L’emprunteur est obligé de restituer car on lui a prêté les fonds. qualification classique. On ne tiendra compte du contrat financé que pour savoir si le prêt est moral ou licite. ici on devrait lier les 2 contrats économiquement. on s’en fiche. ou si elle est annulée ou résolue. cause subjective du prêt. on ne tient absolument pas compte du contrat financé lorsque l’on se pose la question de l’existence de la cause. (bulletin n°224). aucune somme ne peut être versée). Or. La conséquence c’est que si le contrat principal. délai d’ordre public. En revanche. La Cour de cassation y reste cependant fidèle. Analyse extrêmement classique mais aux conséquences évidemment discutables. le prêt demeure valable puisque sa cause c’est la remise des fonds. parce que si la cause du prêt c’est la remise des fonds. La conséquence de tout cela. Le prêt d’argent. Donc la cause objective d’un contrat unilatéral ne peut être que la cause de l’obligation de l’emprunteur. Délai de rétractation concernant les crédits à la consommation.

La jurisprudence s’applique d’ailleurs à toutes les sommes qui sont dues à titre de prêt. une loi du 28 décembre 1966 prévoyait ces cas. Première précision : la jurisprudence des arrêts d’assemblée plénière du 1er décembre 1995 est applicable à l’intérêt. dans l’offre préalable on mentionne quel contrat de vente ou de prestation de service il va financer. La Cour a. c’est le prix que constitue l’intérêt. à l’inverse. ici le droit commun aurait sans doute à s’inspirer du droit de la consommation.313-6 du Code de la consommation. car ne joue qu’au stade de la formation des 2 contrats. Deuxième question à soulever concernant ce prix : la prohibition de l’usure.313-1 à L. Donc le taux d’intérêts va pouvoir varier en fonction du taux de base de la banque.fidélité de la Cour à son raisonnement classique.312-12. Cette interdépendance est générale. Ici ce qui est assez notable c’est que l’article 1907 alinéa 1er nous dit que l’intérêt conventionnel peut excéder l’intérêt légal. Il n’a donc plus à être déterminé ou déterminable objectivement dès la conclusion du prêt. Notamment en matière de crédit à la consommation lorsque le crédit est dit affecté. considéré que les parties avaient lié ces 2 contrats. notamment c’est que si le contrat principal est annulé ou résolu. il faut donc regarder dans les articles du Code de la consommation pour savoir. le contrat principal est résolu de plein droit nous dit la loi. Troisième question à aborder concernant les conditions de fond. La première Chambre civile le 1er décembre 1993 (bulletin n°355) a affirmé cette position. En l’absence d’indivisibilité subjective le principe demeure de l’indépendance du prêt et du contrat principal en droit commun du prêt d’argent. souhaitée par les cocontractants. toutes les fois où la loi ne l’interdit pas. Article 1907 alinéa 1er du Code Civil et article L. pas seulement en cas d’annulation ou de résolution. article L. en présence d’une indivisibilité subjective. Avant. nous dit la loi. Si l’exécution du contrat principal est suspendue alors le remboursement du prêt sera aussi suspendu. ce qui signifie que le taux d’intérêts échappe à l’article 1129 du Code Civil. une fois n’est pas coutume. en l’espèce. a posé le principe opposé de l’interdépendance du prêt et du contrat financé. Ce qui fait que. avant d’être codifiée dans le Code de la consommation. article L. La conséquence. Cas de caducité du prêt même si la loi ne le dit pas. le contrat de prêt sera aussi annulé ou résolu. qui. qui s’applique aux . de même si le contrat de prêt n’est pas accordé ou si le droit de rétractation n’est pas accordé. Pour le crédit immobilier l’interdépendance n’est pas aussi totale. sous le contrôle de l’abus. non pas au stade de leur exécution.311-21 du Code de la consommation. Un crédit est dit affecté lorsque.

s’il n’est pas respecté. La question de savoir pourquoi cette loi a été codifiée dans le Code de consommation. L’article L. donc l’usure demeure permise dans les relations entre professionnels. disposition de droit commun. Lorsque la police du taux usuraire est applicable. le professionnel est aussi en situation économique de faiblesse puisqu’il emprunte.313-5 du Code monétaire et financier qui ne fait que recopier l’article L. article L. déchéance du droit aux intérêts conventionnels. pénales + déchéance du droit aux intérêts conventionnels.relations professionnel / consommateur. c’est l’admission de l’anatocisme qui désigne la pratique de la capitalisation des intérêts. le taux d’intérêts conventionnel doit être fixé par écrit. déchéance du droit aux intérêts conventionnels. Dans la même logique de protection de l’emprunteur. Il n’y a rien dans le Code de commerce concernant le prêt donc rien concernant le taux d’intérêt. On continue sur l’étude du taux d’intérêts puisque la fixation de ce taux est soumise à une condition de forme. article 1907 alinéa 2 le dit. c’est un formalisme « ad validitatem ».313-2 du Code de la consommation le reprend. article 1154 du Code Civil. Seuls les prêts consentis au consommateur sont contrôlés sous couvert de l’usure. On ne trouve qu’une seule et unique disposition dans le Code monétaire et financier qui aborde cette question. L’usure est assez sévèrement punie. Incompréhension totale de Mme Lardeux quant à cette réforme. il n’a pas l’argent nécessaire pour poursuivre ou lancer une activité. les sanctions sont toujours les mêmes. jusqu’à 2 ans de prison. c’est une exception par rapport à l’article L.Les conditions de forme Deux questions là aussi à aborder. mais surtout peine civile. L’intérêt est donc ramené au niveau du taux de l’intérêt légal et il faut que le banquier rembourse le trop perçu. La loi du 1er août 2003 sur l’initiative économique nous dit bien que toutes les dispositions sur le taux usuraire ne sont pas applicables aux prêts accordés à une personne physique agissant pour ses besoins professionnels (article L.313-3 alinéa 4 du Code de la consommation) ou à une personne morale dans le cadre de son activité commerciale. qui fixe les conditions finalement très peu sévères dans le cadre desquelles cette capitalisation des intérêts est admise. Dernière précision concernant le prix. d’abord concernant les intérêts.313-5-1 qui nous dit bien que l’usure n’est pas permise dans le cadre des découverts bancaires.313-3 du Code de la consommation. 57. cette exigence d’un écrit est .

ce formalisme peut être pensé comme protecteur du consentement du prêteur qui conclut un acte dangereux. c’est sa profession. tout à fait illogique de faire dépendre la nature d’un contrat de la qualité de l’un des contractants. D’un prêt unilatéral on verse vers un contrat synallagmatique lorsque consenti par un professionnel du crédit parce que prêt consensuel et la cause objective devient l’obligation qui pose sur le prêteur. à l’époque évidemment on ne connaissait pas le consensualisme donc l’argument ne vaut pas. donc ce formalisme n’a plus de raison d’être. La seule et unique application c’est qu’en droit romain il était réel. Soit réel. Cela ne répond à aucune logique. La Cour de cassation. cette jurisprudence permet de mettre en évidence quand même aussi le fait que la qualification de contrat réel ne s’impose pas d’elle-même. Or ce n’est pas nécessaire lorsque ce prêteur est une banque. L’explication que l’on peut malgré tout avancer est la suivante : distinction « ratione personae » est justifiée car la remise des fonds est exigée car il s’agit d’un formalisme qui a pour fonction d’attirer l’attention du prêteur sur la gravité de son acte. a affirmé cette solution. arrêt très classique du 20 juillet 1981 (bulletin n°267). le 28 mars 2000. l’enjeu tient à l’exécution . certaine bien qu’incohérente. extrêmement étonnante. se dessaisir d’une somme d’argent dont on ne sait pas si on va la revoir un jour. On a quand même un contrat dont la nature change en fonction de la qualité du contractant. Le taux qui doit être stipulé et le taux effectif global : le TEG. Quel est l’enjeu de cette qualification ? Dans la pratique. première Chambre civile.appréciée de manière stricte par la Cour de cassation qui a notamment eu a jugé que l’indication du taux d’intérêts sur les relevés de comptes ne remplissait pas les exigences de la loi. Le contrat de prêt normalement est un contrat réel. or aujourd’hui il est à la fois les 2 selon que le prêteur soit ou non un professionnel du crédit. Pourquoi l’a-t-on qualifié de la sorte ? Intellectuellement un prêt peut être autant réel que consensuel. aux grands arrêts n°269. pourquoi avoir opté pour le contrat réel ? Rien historiquement ne l’imposait. première Chambre civile. un contrat de prêt peut très bien être consensuel D’autant que rien dans le Code Civil n’impose qu’il soit réel. La jurisprudence est néanmoins constante. Cette jurisprudence témoigne qu’il serait tout à fait possible de concevoir que tous les prêts puissent être qualifiés de consensuels. soit consensuel. ce qui est proprement irrationnel. On peut voir dans cette qualification du prêt en contrat réel une volonté de protéger le prêteur. aux grands arrêts n°270. Peut-être de manière plus radicale et qui amène à nouveau à regretter que cette qualification de contrat consensuel ne soit pas généralisée.

Si le prêt n’est pas un contrat consensuel. en réalité juridiquement cela ne revient pas au même car dans un cas. la remise des fonds. D’ailleurs l’arrêt du 20 juillet 1989 a affirmé haut et fort que le prêt était un contrat réel au sujet de promesses de prêts. dans l’autre c’est une condition de validité du contrat. sa cause objective demeure la même. le lien que la première Chambre civile semblait faire entre les 2 n’existe pas. forme d’une saisie sur compte. Mme Lardeux ne pense pas dans la mesure où la réalité du prêt ne fait pas obstacle à l’exécution forcée d’une promesse de prêt car si on admet l’exécution forcée d’une promesse de prêt. l’exécution forcée prend toujours la même forme. admettre l’exécution forcée c’est forcer le prêteur à conclure le prêt. En résumé. Que le prêt soit réel ou consensuel. L’enjeu de la qualification est donc nul en matière de cause. une jurisprudence de 2008 (TD n°6) semble lier la nature consensuelle ou réelle du prêt et la cause. on considère que le non-respect d’une promesse ne peut que faire l’objet d’un octroi de dommages-intérêts. sous .forcée ou non des promesses de prêt. on va forcer la remise des fonds. C’est à l’instar de ce que l’on a dit pour la vente. Si le prêt est un contrat consensuel. Cet enjeu concerne la sanction du non-respect des promesses de prêt. cela revient exactement au même. Seconde remarque qui plaide pour l’exécution forcée des promesses de prêt lors même que le prêt serait un contrat réel : réponse à une objection . promesse de prêt vaut prêt lorsqu’elle est synallagmatique. avant-contrat. mêmes problèmes que ceux étudiés précédemment quant à la vente. En revanche. Cette jurisprudence ne vaut aujourd’hui plus que pour les prêts accordés par des non-professionnels du crédit. on peut très bien procéder à une remise forcée de fonds. La question est aujourd’hui de savoir si à la suite de l’arrêt de la Chambre mixte de 2006 cette position reste tenable. mais que le prêt soit consensuel ou réel. Au regard de l’article 1142 du Code Civil. au regard de la jurisprudence actuelle en matière de prêt. Le seul et unique enjeu est d’admettre ou non l’exécution forcée des promesses de prêt. et dans l’autre il s’agit au contraire de conclusion forcée du prêt. Or si le prêt est réel. que ce soit à titre de formation d’un contrat ou sur un contrat déjà formé. certes dans un cas c’est une obligation qui pèse sur le prêteur. les promesses de prêt peuvent faire l’objet d’une exécution forcée. si le prêt est consensuel. Mme Lardeux dit que c’est la même chose car forcer la conclusion du prêt c’est opérer l’exécution forcée de la promesse de prêt et l’exécution forcée d’une promesse prend la forme d’un contrat définitif. à noter. il s’agit bien d’exécution forcée. c’est la remise des fonds prêtés.

il est possible d’espérer un revirement de jurisprudence concernant l’exécution forcée des promesses de prêt. l’enjeu est important de savoir si le prêt est un contrat réel ou consensuel.l’empire de l’arrêt de 1981. et au regard de l’arrêt de la Chambre mixte de 2006. l’indice s’ajoute évidemment aux intérêts. Il n’en demeure pas moins que cette jurisprudence est critiquable car il est possible qu’un contrat de prêt réel fasse l’objet d’une exécution forcée.112-1 et L. On peut prévoir dans le contrat une clause de remboursement anticipé. Pour indexer le contrat on ne peut pas se référer au prêt d’argent car il est totalement neutre. Donc de manière logique la jurisprudence a admis que l’on puisse se référer au contrat financé pour trouver un indice. article 1895 du Code Civil qui pose le principe du nominalisme monétaire qui n’est énoncé dans le Code Civil qu’à propos du prêt d’argent mais qui a été généralisé à toutes les opérations pécuniaires par la Cour de cassation. avec pour enjeu que 1152 alinéa 2 ne s’applique donc pas. La Cour tient compte du lien économique. on ne va pas très loin lorsque l’on cherche un indice. Remboursement du capital indexé. Explique notamment la pratique des clauses d’indexation pour lutter contre l’inflation. donc il cause préjudice au prêteur. Cette capacité de remboursement anticipé pose un problème dans la mesure où dans cette hypothèse la banque y perd. On peut donc déroger à 1895 par une clause d’indexation. Cette indemnité de remboursement anticipé n’est pas une clause pénale puisque l’on ne paye pas cette somme en raison de la non-exécution d’une obligation. Autre condition a trait à la possibilité ou non de rembourser de manière anticipée. elle se fonde sur l’objet du contrat financé pour contrôler le choix d’indice opéré dans le contrat de prêt. la promesse de prêt est susceptible d’exécution forcée. Celui-ci doit se faire avec l’accord du prêteur et est très souvent opéré de manière onéreuse. L’ordonnance du 30 décembre 1958 a été codifiée article L.112-2 du Code monétaire et financier. Si le contrat de prêt est consensuel. il ne peut pas y avoir révision . Les obligations de l’emprunteur Il doit tout d’abord rembourser le capital. indemnité qui peut être fixée unilatéralement par le prêteur en cours de prêt. L’ennui avec cette exigence concernant les clauses d’indexation c’est que l’objet du contrat de prêt est la remise des fonds. Les effets du prêt d’argent 1. cela veut dire que la banque va perdre des années d’intérêts par exemple. mais à charge bien sûr de payer une indemnité de remboursement anticipé.

Cette jurisprudence nous dit qu’à l’égard d’un emprunteur non averti. la banque doit le mettre en garde et dans le cadre de ce devoir le prêteur doit attirer l’attention de son client sur ses capacités financières et les risques de non remboursement qu’il pourrait éventuellement courir en cas d’octroi des prêts. Elle est très intéressante à de multiples égards. cela prouve que pour les juges les obligations . article 1906 et 1908 du Code Civil. cette obligation de mise en garde s’ajoute aux obligations légales d’information (arrêt du 20 décembre 2007 où l’emprunteur en question était une consommatrice donc bénéficiait déjà de toutes les informations protectrices du droit de la consommation et malgré cela reproché à la banque de ne pas avoir respecté le devoir de mise en garde). droit commun qui est ici invoqué pour créer cette nouvelle obligation prévue par aucune loi.Les obligations du prêteur Sont pour l’instant plus intéressantes à étudier car peuvent paraître assez inédites. la jurisprudence est dans le sens d’un accroissement toujours plus important des obligations qui pèsent sur le prêteur. La Cour de cassation a donc dit que cet article ne s’appliquait pas aux comptes courants. aux découverts bancaires. Hors remise des fonds. Cinq remarques : tout d’abord le visa. Dernière obligation de l’emprunteur. L’article 1906 dit que l’emprunteur qui a payé des intérêts non stipulés ne peut ni les répéter ni les imputer sur le capital. Cette jurisprudence est fondée sur l’article 1147 du Code Civil. Seul s’applique le contrôle de l’abus. Cette obligation a été finalement entérinée par 2 arrêts de la Chambre mixte du 29 juin 2007 (bulletins n°7 et 8).judiciaire de cette indemnité si le juge estime que celle-ci est manifestement excessive. On comprend en définitive que le Code de la consommation ait encadré le calcul du montant de cette indemnité. 1147. Deux exemples : le premier a trait à la découverte par la jurisprudence d’une obligation de mise en garde à la charge du prêteur au bénéfice de l’emprunteur non averti. Obligation de remettre les fonds. 58. Depuis. c’est le paiement des intérêts. c’est donc du droit commun. pour favoriser un peu l’emprunteur. de très nombreux arrêts autant de la première Chambre civile que de la Chambre commerciale se sont alignés sur la jurisprudence de la Chambre mixte. 1908 dit que la quittance du capital donnée sans paiement des intérêts opère une présomption irréfragable de paiement des intérêts. notamment 30 octobre 2007 ou 19 juin 2008 (TD n°6). siège de l’obligation de résultat.

inefficace. On passe donc d’une information légale. La jurisprudence dit l’information abstraite. donc moi j’exige de leur part (prêteurs professionnels) qu’ils donnent une information concrète. il n’est pas là pour pallier le silence du droit spécial. à une obligation prétorienne. elle concerne le contenu de l’obligation . concrète. l’information standardisée qui doit être donnée à tous les emprunteurs est inefficace. Si la banque octroyait un crédit alors que la situation de l’emprunteur était déjà mauvaise. adaptée à la situation personnelle de l’emprunteur. On connaissait déjà l’obligation d’information et de conseil. terme jamais vu auparavant. une fonction « d’hygiène sociale » d’après Carbonnier. standardisée. Quelle est cette obligation par rapport aux 2 autres ? Est-ce un synonyme ou la différence de terminologie doit aboutir à une différence notionnelle ? La seconde solution parait privilégiée. La banque devait refuser l’octroi du crédit si finalement la situation de son client était asse mauvaise au risque de voir sa responsabilité engagée du chef d’octroi abusif de crédit. la Chambre mixte suivie par les autres chambres dit qu’il s’agit d’alerter le client sur ses capacités financières par rapport au montant du crédit octroyé et à l’existence éventuelle d’autres crédits déjà en cours. Elles le sont effectivement car elles sont extrêmement nombreuses. On assiste ici à une fonction salutaire. Deuxième remarque. personnalisée. c’est une nouvelle notion. le contrôle des affaires de son client. il est là finalement pour remplacer un droit spécial beaucoup trop abondant en posant des règles communes qui transcendent toutes ces obligations spéciales dans le cadre desquelles on ne se retrouve plus. on parle d’obligation de mise en garde. qui avaient auparavant adopté des positions opposées.légales d’information manquent leur objectif. Or la Chambre commerciale refusait d’adopter un tel raisonnement et d’admettre toute obligation de conseil en affirmant que la banque s’immisçait trop dans les . personnalisée et adaptée et qui a donc beaucoup plus de chances d’être effective. plus technique. techniques. jusqu’à dire « écoutez moi je ne vous octroie pas de crédit ». La première Chambre civile avait opté pour une obligation de conseil. en disant la banque doit conseiller son emprunteur. tout cela engendre une paperasserie illisible. Ce devoir de mise en garde a été créé car c’est une solution de compromis entre la première Chambre civile et la Chambre commerciale. la banque engageait sa responsabilité au titre de ce devoir de conseil. elles sont inefficaces à effectivement informer l’emprunteur. et ce devoir de conseil impliquait que le banquier aille finalement très loin dans l’étude. Cette jurisprudence fait changer la fonction du droit commun.

Réaffirmée dans son principe mais trouve une exception dans l’hypothèse où l’emprunteuse avait menti sur sa situation financière puisqu’elle avait affirmé qu’elle n’avait pas d’autre crédit en cours alors qu’elle en avait. Au titre de cette obligation de mise en garde. est-ce que la banque doit refuser le crédit si le client passe outre ? Puisque l’obligation de mise en garde est distincte. il peut être un emprunteur non averti. le prêt contracté l’était par un emprunteur professionnel. La seconde illustration a trait à une question traitée par l’Assemblée plénière le 2 mars 2007 (bulletin n°4) quant à l’information du prêteur en cas . Ce qui est emblématique ce sont ici les cassations. mais le prêteur peut démontrer qu’il a exécuté son obligation de mise en garde. L’ennui bien évidemment c’est que la Chambre mixte n’a imposé aucune définition et n’a posé aucun critère pour savoir quand est-ce qu’un professionnel serait averti ou non. l’incertitude demeure. logique. Dernière remarque : la première Chambre civile le 30 octobre 2007 a trouvé une limite à cette obligation de mise en garde. Troisième remarque : le champ d’application « rationae personae » de l’obligation de mise en garde. donc c’est une responsabilité pour faute présumée. Cette obligation de mise en garde n’est donc pas l’obligation de conseil. mais pourquoi ne pas avoir parlé d’emprunteur profane. Tout simplement parce qu’un professionnel peut être un emprunteur non averti. c’est bien gentil.affaires de son client. sinon les 2 obligations seraient confondues. s’interroger sur le fait de savoir s’il n’est pas non averti dénote une acception très restrictive de cette qualité d’averti par la Cour. A noter cependant que matériellement cela va se conduire par un papier supplémentaire à signer selon lequel on reconnaîtra que le banquier nous a mis en garde. Là encore. d’où cassation pour base légale car la Cour d’appel n’avait pas opéré de recherche. dans 2 arrêts au moins il s’agissait d’un agriculteur qui empruntait pour son exploitation agricole et dans un arrêt il en était à son 16ème contrat de prêt. La jurisprudence est trop récente et la doctrine est divisée donc on ne sait pas à l’heure actuelle. Quatrième remarque : concerne la nature de l’obligation. Là encore cette jurisprudence créé un nouveau terme dont il faut se demander s’il s’accompagne d’une nouvelle notion. obligation de résultat. elle est en deçà. elle ne devrait pas engendrer une obligation de ne pas octroyer le crédit. Seul l’emprunteur non averti est créancier de cette obligation de mise en garde. dans la plupart des arrêts. Un professionnel pourra donc bénéficier de cette jurisprudence. 1147.

Dans cet arrêt la Cour de cassation a précisé que la simple remise d’une notice relative à l’assurance-groupe à l’emprunteur. Pour terminer. Maintenant nous allons étudier les contrats relatifs aux services. bail. forcément les contrats relatifs aux services sont eux-mêmes en nombre infini.d’adhésion de son emprunteur à une assurance-groupe. Les contrats que l’on appelle contrats de services que le droit communautaire appelle des contrats de « fourniture de services » ont tous en commun quels qu’ils soient d’avoir pour objet une obligation de faire. contrat innommés. Or ici la Cour dit expressément « qu’importe que la notice soit claire et précise. nous allons étudier les 3 nommés par le Code Civil. une information personnalisée. vaut pour tous les emprunteurs quelle que soit leur qualité. elle ne suffit pas à informer l’emprunteur ». Titre premier : le contrat d’entreprise Prolégomènes : il est défini par le Code Civil comme étant un louage d’ouvrage et d’industrie. Donc elle pose d’autant plus de problèmes de qualifications et est le domaine privilégié des contrats « sui generis ». elle l’avait toujours fait dans l’hypothèse où la notice avait été déclarée peu claire ou insuffisamment précise. prêt. Le régime juridique des contrats de services est totalement dérogatoire. tous portent sur les biens. Le standardisé ne suffit pas à informer l’emprunteur. même si cette notice est claire et précise. ne suffit pas à informer correctement l’emprunteur sur l’adéquation de cette assurance à sa situation concrète (exactement le même raisonnement que pour l’obligation de mise en garde). Deuxième Partie : Les contrats relatifs aux services Vente. l’activité humaine étant infinie. La distinction est tout à fait objective et non purement pédagogique. Cet arrêt de l’Assemblée plénière du 2 mars 2007 est un revirement de jurisprudence car jusque là quand la Cour de cassation avait reproché à une banque de ne pas avoir informé son emprunteur. Portalis l’avait déjà écrit. Il faut en plus que le banquier démontre qu’il a donné à l’emprunteur une information particulière. opposé. Or. il faut noter qu’il n’y a pas ici de distinction « rationae personae » dans le cadre de cette jurisprudence. Il n’y a donc pas de théorie générale des contrats de services. inverse. Cette catégorie est donc extrêmement hétérogène car porte sur toutes les activités humaines possibles. au régime juridique des contrats portant sur des biens. Définition article 1710 « le louage d’ouvrage est un contrat par .

Sa spécificité n’est pourtant pas à démontrer. ce qui le distingue du contrat d’entreprise c’est que le travail est subordonné dans le contrat de travail et indépendant dans le contrat d’entreprise. Donc le contrat d’entreprise est onéreux par essence. donc le nombre de contrats d’entreprise est lui aussi infini. le contrat de construction immobilière qui lui aussi est un contrat d’entreprise que nous allons étudier de manière ponctuelle car c’est un contrat très spécifique qui relève certes d’un certain nombre de dispositions du Code Civil mais aussi de dispositions du Code de construction et d’habitation. Enfin dernière classification opérée à l’article 1779. Il nomme 3 contrats d’entreprises qui n’en sont pas forcément et qui sont ceux que nous n’étudierons pas. et le prix est forcément une somme d’argent.lequel l’une des parties s’engage à faire quelque chose pour l’autre moyennant un prix convenu ». Autre précision : le contrat d’entreprise peut porter sur tout travail qu’il soit matériel ou intellectuel. Ce contrat est qualifié de manière tout à fait légitime de « bonne à tout faire du droit des contrats spéciaux » d’après Mallaurie puisqu’il porte sur l’activité humaine et que l’activité humaine est infinie. d’exécuter un travail en toute indépendance et sans la représenter. « Les voituriers ». c’est le contrat de transport qui lui est toujours un contrat d’entreprise mais qui a pris une autonomie certaine par rapport au droit commun du contrat d’entreprise. catégorie très . Il n’y a pas que l’article 1710 qui est mal rédigé mais aussi l’article 1779 qui propose une classification du contrat de louage et d’industrie dont il faut avoir conscience du caractère complètement désuet. soumise au droit commun des contrats. Un échange de service n’existe pas. Il est défini d’une manière beaucoup trop vague puisque à le définir de cette manière il englobe non seulement le contrat d’entreprise mais également le contrat de mandant et le contrat de travail. « Le louage de gens de travail » Référence faite au contrat de travail qui a pu être considéré comme un contrat d’entreprise mais qui aujourd’hui ne l’est plus. c’est un contrat innommé sinon. autonome. Particularités nombreuses ne serait-ce que parce qu’il relève de très nombreuses règles issues conventions internationales. moyennant rémunération. l’échange porte forcément sur 2 biens. par exemple tout ce qui est profession libérale. c’est la convention par laquelle une personne charge une autre. En définitive nous allons étudier le régime qui s’applique à tous les contrats d’entreprise autres que ceux visés à l’article 1779. Il est une spécialité en tant que tel et ne relève plus du Code Civil. La définition à retenir une fois encore est doctrinale. C’est le recul du travail domestique qui est une cause du développement exponentiel du contrat d’entreprise. sinon il s’agit d’une convention d’entraide.

à savoir hyperspécialisation et impérativité des lois nouvelles hors Code Civil pour beaucoup. ici on va aborder la question de la distinction à faire entre bail et entreprise. contrats complexes. d’où la nécessaire adaptation du contrat d’entreprise. notamment avec le développement du droit de la consommation et du droit immobilier qui ont instauré un droit spécial du contrat d’entreprise. Dans quels cas va-t-on retenir une qualification unique ? Pour retenir une qualification unique la jurisprudence fait usage de 2 critères qu’elle combine un peu comme elle le souhaite. L’autre phénomène est le développement de la jurisprudence qui a du pallier un Code Civil assez faiblard. Il a fallu accompagner l’évolution de l’activité économique car ces 13 articles n’ont pas été modifiés depuis 1804. via le phénomène d’hyperspécialisation du contrat d’entreprise. Le contrat d’entreprise permet d’exécuter un travail de manière indépendante et sans représentation. recours à la non-qualification de contrat « sui generis ». Face à eux. Le législateur a ainsi pris le relai et concernant ses contrats portant sur l’obligation de faire on verse désormais bien souvent vers la catégorie des contrats innommés. le premier critère est celui de l’accessoire. « exécuter un travail ».hétérogène. Les difficultés naissent de la pratique contractuelle qui souvent combine ces 2 contrats. C’est assez pratique mais c’est aussi problématique dans la mesure où on applique un régime juridique à des contrats souvent très différents les uns des autres. soit on retient une qualification unique. Qualification : comment distinguer le contrat d’entreprise d’autres types de contrats assez proches ? Pour ce faire. Sources du contrat d’entreprise : Peu de choses à dire. l’obligation essentielle de laquelle découlera une qualification unique. Tout d’abord. soit une qualification distributive. C’est ce critère notamment qui permet de dire qu’on contrat . seuls 13 articles y sont consacrés. prestation principale attendue par le client. 3 solutions sont possibles . on va prendre les 3 grandes caractéristiques du contrat d’entreprise. c’est la même chose que pour tous les autres contrats. Sur le plan conceptuel. souvent on a des contrats uniques qui recèlent des aspects de bail et des aspects d’entreprise. on détermine quel est l’objet principal du contrat. le bail étant un contrat qui permet de mettre un bien à disposition d’une personne alors que l’entreprise porte sur la réalisation d’un travail. soit on ne qualifie pas. il n’est pas possible de confondre le bail et l’entreprise.

hôtelier maîtrise l’usage de la chambre par son client). pas pleine maîtrise de la chambre mise à disposition. Il faut également effectuer ce travail « de manière indépendante ». contrat « sui generis ». faire le ménage etc. également un bail. certes location du véhicule mais le locataire n’en a pas la maîtrise. Enfin. C’est notamment le cas des contrats qui portent sur les droits de propriété intellectuelle. lorsque mise à disposition d’un matériel informatique. on qualifiera de contrat d’entreprise (même exemple du contrat d’hôtellerie. C’est également ce qui permet de qualifier les contrats de transport de contrats d’entreprise. pour tenir le standard téléphonique. Le premier sera régi par le droit du bail et le second par le droit du contrat d’entreprise. mais accompagné d’aspects de contrat d’entreprise car ce contrat va toujours prévoir la maintenance du matériel et la mise à disposition des mises à jour des logiciels.d’hôtellerie est un contrat d’entreprise car on met à disposition une chambre mais d’un autre côté un certains nombre de services sont rendus par l’hôtelier. aspect de bail. C’est la même chose pour les contrats d’abonnement téléphonique. aspect de location du matériel mais également mise à disposition du médecin d’un personnel. parfois il y a échec de la qualification car le contrat est vraiment trop spécifique. pas obligé de le louer. Si le client n’a pas une certaine maîtrise du bien. c’est par exemple le cas des contrats qui lient un médecin avec une clinique. . La deuxième solution c’est d’admettre une qualification distributive et c’est en général la solution adoptée par les juges lorsque le contrat est complexe. Tandis que très souvent le médecin paye une somme d’argent mais s’engage aussi à d’autres obligations telles que l’obligation de non-concurrence et l’attraction de la clientèle du fait que tous les médecins ont une spécialité différente. La Cour considère que la part service est prépondérante ne serait-ce que parce que l’on peut acheter un appareil. allié à un aspect de licence de logiciel. La Cour de cassation considère que les services exécutés par l’hôtelier sont la part prédominante du contrat et de ce fait il doit être qualifié de contrat d’entreprise et non pas de contrat de bail. cas le plus emblématique. Le second critère est celui de la maîtrise du bien qui permet là encore de savoir s’il s’agit plutôt d’un bail ou d’un contrat d’entreprise étant précisé qu’une certaine indépendance dans la maîtrise du bien par le locataire est caractéristique du bail. Donc ces 2 aspects sont traités en jurisprudence comme 2 contrats différents.

notamment pour les URSSAF (mécanismes qui engrangent les charges sociales). de même pour les contrats de gestion de portefeuille que l’on peut passer avec sa banque. de même que la configuration des lieux.deuxième critère qui permet de distinguer le contrat d’entreprise et le contrat de travail. il va faire construire un immeuble pour ses clients. Si la rémunération est horaire cela est constitutif d’un indice de contrat de travail. Ce sont 2 contrats de service mais 2 critères permettent quand même de les distinguer : d’une part l’entrepreneur effectue des actes matériels ou intellectuels alors que le mandataire lui effectue des actes juridiques. Pouvoir de contrôle. il faut noter que parfois la loi substitue à la qualification mixte souvent retenue en jurisprudence une qualification unitaire. C’est le cas bien évidemment des avocats. le délit de marchandage sanctionne le fait d’échapper à la législation du travail et de bénéficier d’une certaine souplesse que le contrat de travail ne permet pas. cas du contrat de promotion immobilière. L’indépendance technique de celui qui travaille ne s’assimile pas à la subordination juridique. ce sont des prestataires de service en ce qu’ils conseillent leurs clients mais ils sont également des mandataires car ils représentent leur client pour tout ce qui concerne la procédure. Concernant cette pratique contractuelle. C’est le critère de la subordination juridique qui permet de distinguer ces 2 contrats. Cette précision pas donnée par l’article 1710 mais qui fait partie de la définition du contrat d’entreprise permet de distinguer le contrat d’entreprise du mandat. mais il agit aussi en tant que mandataire et représente ses clients dans ses relations avec des tiers. Là encore la pratique veut que le promoteur agisse en tant qu’entrepreneur. Cette distinction alimente le plus gros du contentieux. de sanction et d’instruction de l’employeur (par voie de directives) permet de contrôler cette subordination juridique. Dans ce cas là la jurisprudence retient la qualification distributive. mixte. Le second critère est que le mandataire agit au nom et pour le compte du mandant. Malgré cette dualité la loi a choisi une qualification. c’est un intermédiaire qui a un pouvoir de représentation du mandant alors que l’entrepreneur lui n’a absolument pas le pouvoir de représenter ses clients. Là encore sur le plan strict des concepts la distinction est très nette et ce qui complique un peu les choses c’est la pratique contractuelle qui allie dans certains contrats les 2 aspects. Il faut que le travail soit réalisé « sans représentation ». Il y a mille et une raison pour masquer un contrat de travail derrière un contrat d’entreprise. « mandat d’intérêt . c’est ce qu’on appelle le faux-travail indépendant et qui est constitutif d’un délit.

Chapitre 1er : La formation du contrat d’entreprise Il va nous retenir assez peu car à la formation du contrat d’entreprise s’appliquent les règles du droit commun. Il suppose en jurisprudence d’être payé même si le contrat définitif n’est pas conclu. le prix n’a pas besoin d’être déterminé ni même déterminable objectivement pour que le contrat d’entreprise puisse être valablement conclu et ce malgré la lettre de l’article 1710 où l’on retrouve que cette définition n’est pas satisfaisante. c'est-à-dire un avant-contrat. premièrement. il est juridiquement qualifié de promesse unilatérale de contrat d’entreprise. normalement gratuit mais dépend de l’importance du travail fourni. on considère que lorsque le contrat porte sur un bien. Il n’y a pas ici de spécificité du contrat d’entreprise. L’autre question à aborder concernant la formation du contrat d’entreprise est celle du prix. il est assez logique. L’autre précision concerne les caractères onéreux ou gratuit du devis. la déterminabilité du prix est une condition de formation tandis que le juge n’a aucun pouvoir sur le prix en principe. La loi a privilégié la qualification de mandat sur celle d’entreprise ce qui bien sûr présente un intérêt. il relève du droit commun des contrats. La situation est exactement inverse dans le cadre d’un contrat d’entreprise puisque notamment. phase précontractuelle du contrat d’entreprise. donc celle-ci doit être déterminée au moment de la conclusion du contrat. il n’y a pas de disposition particulière. comme un mandataire. le propriétaire de ce bien en connait la valeur. C’est l’occasion de voir qu’en matière de détermination et de contrôle du prix. d’où d’ailleurs un des enjeux important de savoir si l’on est en présence d’un contrat d’entreprise ou d’un contrat de vente de chose futur. Cette qualification n’empêche pas le contrat de suivre le régime des contrats de construction pour tout ce qui est garantie notamment. normalement facultative sauf usage professionnel contraire. et il relève aussi des mêmes règles que le contrat de vente en matière de droit de la consommation : toutes les obligations pesant sur le vendeur à ce titre pèsent aussi sur le prestataire de services. l’intérêt étant que le promoteur peut agir directement en paiement contre le client puisqu’il représente ses clients. une summa divisio existe et oppose les contrats portant sur les biens et les contrats portant sur les services. La pratique du devis. Les deux seules questions ici à envisager sont les suivantes : question importante en pratique du devis. Il est assez . Le fondement de cette différence est pratique. contrat consensuel. Pour les contrats portant sur les biens.commun » article 1831-1 du Code Civil (erroné d’après Mme Lardeux).

En l’espèce il s’agissait de la prestation d’un expert-comptable au bénéfice de son client avocat. c’est l’application de l’article 1315 et ce commentaire est à rejeter car il est orienté vers ses propres intérêts. il l’a écrit car luimême était concerné et devait prouver la qualité de ses conseils juridiques. Il est ici intéressant de noter qu’à cette occasion la Cour a bien précisé que les juges devaient tenir compte de la qualité du travail fourni pour déterminer eux-mêmes le prix alors que la Cour d’appel s’y était refusée. ni à la baisse et il y aura forcément un gagnant et un perdant. Juridiquement. La Cour de cassation rappelle que c’est le demandeur à l’allégation de prouver que son allégation est fondée. le juge a le pouvoir de fixer le prix du contrat. très courtement. monument de mauvaise foi intellectuelle d’après Mme Lardeux. car se contredit et prouve bien qu’il a tort. pourra être fixé ni à la hausse. Ce contentieux a donné lieu notamment à un arrêt de la première Chambre civile du 18 novembre 1997 au bulletin n°313. et Pierre-Yves Gautier. deux questions à traiter : d’abord lorsque le prix est fixé à l’avance on parle de « marché à forfait » terme de marché étant ici synonyme de travail. à principe inverse conséquences inverses. A noter. l’article 1793 du Code Civil. premièrement que le prix s’il n’a pas été fixé conventionnellement sera fixé par le juge et c’est au prestataire de démontrer que ce prix est honnête. 8 pages parce qu’il conteste cette exigence faite au prestataire de démontrer que son travail est de qualité. Face à cette situation. Le prix peut ne pas être déterminé. dans cette seconde hypothèse. l’arrêt est incontestable. dans le domaine spécifique de la construction. évidemment. lorsqu’on lui présente la facture ? Le contentieux est abondant sur les actions en paiement du prestataire qui se heurtent à un refus de paiement du client considérant le prix excessif par rapport au service rendu. nous dit que le prix du marché à . sauf clause de révision du prix. Concernant ces marchés à forfait. puisque c’est le prestataire qui allègue que le prix est justifié. Si le prix a été fixé au moment de la conclusion du contrat. en matière d’entreprise. Or cet arrêt est cassé au visa assez banal de 1315 du Code Civil. Ce qui était intéressant aussi concernant cette seconde question c’est qu’il a été commenté par 2 auteurs Alain Benabant d’une part. L’avocat refuse de payer considérant le prix excessif. siège de la charge de la preuve. Que se passe-t-il dans ce cas. La Cour d’appel condamne le client à payer considérant que c’était à lui de démontrer que le prix était excessif. c’est à lui de prouver que le prix est juste. La fixation judiciaire du prix est parfaitement possible. article 1315 alinéa 1er.fréquent qu’il soit impossible de déterminer le prix d’un contrat d’entreprise à l’avance (exemple : pour les avocats).

interprétation littérale de ce texte d’exception. Donc. lorsque l’accord est postérieur. Elle est admise dans 2 hypothèses : le juge peut réviser le prix en cas de mauvaise exécution du travail. Cet écrit est exigé à titre de validité de l’avenant. la Cour a donc refusé l’application de ce texte à une piscine. d’une part elle est possible. le juge peut tout de même le modifier . finalement la cour a étendu cette possibilité de réfaction judiciaire du prix à ces professions.forfait ne peut pas être augmenté sauf si l’augmentation ou les changements qui génèrent cette augmentation ont été autorisés par écrit par le propriétaire. pas par nature. de droit étroit. or les professions libérales cumulent mandat et entreprise. par analogie avec le mandat. immeuble par destination. formaliste. la seconde hypothèse est admise en matière de contrat d’entreprise pour les conventions passées en vue de l’exécution de travaux donnant lieu à honoraires . Sinon cet article 1793 a fait l’objet d’une interprétation restrictive quant au champ d’application matériel de ce texte. l’écrit n’est plus exigé par la jurisprudence. pas seulement la détermination du prix s’il n’a pas été fixé. Elle a été admise pour les professions libérales par analogie avec le mandat. là pour protéger le maître de l’ouvrage des surprises que peuvent lui réserver l’entrepreneur. lorsqu’il a été fixé conventionnellement. l’agrément doit être clair et non-équivoque mais l’écrit n’est plus exigé. la réfaction judiciaire du prix pour le mandat est d’application générale. et notamment la Cour a eu à décider que seuls des travaux de construction sur un immeuble par nature étaient concernés. La question se pose alors de savoir s’il ne faudrait pas généraliser cette réfaction judiciaire du prix à tous les contrats d’entreprise. Cependant. il y a au moins selon Mme Lardeux 3 arguments qui plaident dans le sens d’une . La doctrine dans ce domaine est divisée. pour les professions libérales et dans ce cas le juge peut réviser le prix dès lors qu’il le juge excessif. D’ailleurs de manière sans doute plus contestable. et là on voit bien le régime opposé du contrat d’entreprise par rapport à la vente. assouplissement par rapport à l’article 1793 supposant un accord préalable. d’autre part. même si 1793 utilise le terme de bâtiment. sinon nullité. maître de l’ouvrage. la réfaction judiciaire du prix est admise dans le contrat d’entreprise. Concernant toujours cette détermination conventionnelle du prix. en matière de vente cela n’est admis par exception que pour les ventes commerciales. Pourquoi exclusivement pour les professions libérales ? Il faut constater que cette jurisprudence n’est pas générale. la jurisprudence a permis que ces hausses de prix soient acceptées par le maître de l’ouvrage après que le travail ait été exécuté. C’est un texte bien sûr sévère.

La deuxième raison qui permet de plaider pour une généralisation c’est que cette jurisprudence en matière de réfaction judiciaire du prix a été admise en matière de mandat dans un but de protection du client qui en définitive peut s’être totalement trompé sur la valeur du travail qui sera effectué. il faut distinguer selon qu’il s’agit d’une prestation intellectuelle ou matérielle. Sur le plan de la logique. raison de la règle de droit.généralisation malgré un argument contraire qui pèse. cela ferait exploser le contentieux. la généralisation s’impose d’abord parce que le terme d’ « honoraires » utilisé par la jurisprudence n’est pas juridique. plaider pour sa généralisation. savoir si on est en présence d’une obligation de résultat ou de moyen. Lorsqu’il n’y a pas de loi ou de disposition dans le contrat. Le troisième argument est que dans certains contrats qui combinent mandat et entreprise (notamment pour les avocats). l’aspect entreprise l’emporte quantitativement. la « ratio legis ». alors pourquoi pas pour des contrats qui sont que d’entreprise ? Chapitre 2nd : Les effets du contrat d’entreprise Section 1 : Les obligations de l’entrepreneur Paragraphe 1 : Les obligations contractuelles A/ Le contenu des obligations 1°) L’intensité de l’obligation Parfois c’est la loi qui la précise. En présence d’une obligation intellectuelle. parce qu’ils ne maîtrisent pas l’ensemble des éléments qui . avocats et autres mais il n’en demeure pas moins que ce terme ne peut pas valablement fonder une distinction juridique parmi les contrats d’entreprise. Or pour ces contrats qui sont surtout d’entreprise. la pratique en parle pour les médecins. c’est au vu du travail qu’il se rendra compte que finalement il était très simple et qu’il ne vaut pas le prix demandé. il n’a aucune portée juridique. cas en matière de constructions immobilières où l’article 1792 alinéa 2 nous dit bien qu’il s’agit d’une obligation de résultat. L’intensité de l’obligation dépend avant tout des obligations du contrat. Le client ne peut véritablement juger de la valeur du travail que l’on va effectuer pour lui. la jurisprudence estime qu’il s’agit d’une obligation de moyen qui entraînera une responsabilité pour faute prouvée. d’après la jurisprudence. cas des conseils juridiques. cas également des médecins qui s’engage pas à nous guérir mais à nous soigner. on admet la réfaction judiciaire. et cette solution vaut pour tous les contrats d’entreprise.

En matière d’entreprise s’il s’avère impossible de déterminer la cause de la perte du bien. c’est assez insatisfaisant que la garantie des vices cachés suive 2 régimes différents. L’entrepreneur pourra s’exonérer s’il démontre que la perte du bien n’est pas de sa faute. il est alors tenu d’une obligation de résultat atténué. garantie de l’entrepreneur différente de celle du vendeur. prétorien. preuve négative. tout ce qui est maniement du matériel. Lorsque l’entrepreneur fournit la matière. A partir du moment où les 2 hypothèses sont identiques. fondement tout à fait autonome. Assemblée plénière 7 février 1986 rendu en matière de contrat d’entreprise nous dit bien que le maître de l’ouvrage comme le sous-acquéreur peut se prévaloir de la garantie des vices cachés due par le fournisseur. Pour le bail. Le fait que dans 2 hypothèses similaires la garantie des vices cachés suive 2 régimes différents est insatisfaisant. comme en matière de vente. L’identité de régime de l’obligation qui pèse sur l’obligation qui est une obligation de conservation liée à l’obligation de restitution. contrat translatif de propriété. mais il faut faire une sous-distinction car cela peut être une obligation de résultat atténué ou une obligation de résultat pure et simple. hypothèse de l’article 1789 du Code Civil. dans ces 3 contrats l’obligation est une obligation de résultat atténué pour faute présumée. La responsabilité des médecins relève maintenant de la fameuse loi Kouchner du 4 mars 2002 codifiée dans le Code de la Santé Publique. elle ne suit absolument pas la garantie des vices cachés de la vente. domaines où leur maîtrise doit être totale. là on est sûr que c’est une obligation de résultat dont il s’agit. le maître de l’ouvrage acquiert la propriété du bien par le truchement du contrat d’entreprise. mais c’est parce qu’il agit contre son . le prêt ou l’entreprise. On retrouve le même régime juridique à propos du preneur. Loi qui a également admis dans 2 hypothèses que l’obligation du médecin vire à l’obligation de résultat : en matière d’infection nosocomiale et en matière de produits de santé. A l’inverse. ces obligations de restitution et de conservation suivent le même régime. La tâche n’est pas simple car il faut démontrer que l’on a pas commis de faute. si l’entrepreneur a fourni la matière pèse sur lui une véritable obligation de résultat pure et simple ou la seule cause d’exonération est la force majeure.peuvent aboutir à la guérison. Sauf bien évidemment dans l’hypothèse de l’action directe. l’entrepreneur ne profite pas du doute puisque la faute lui est présumée. Si l’entrepreneur n’a pas fourni la matière dans laquelle il travaille. Si la prestation est matérielle. C’est par ce biais que la jurisprudence fait peser sur l’entrepreneur une véritable garantie des vices cachés.

fournisseur et pas contre son cocontractant direct. 2°) Les risques de la chose Concernant les risques de la chose, c’est-à-dire qui doit assumer les conséquences de la perte du bien par cas fortuit, ce sont les articles 1788 et 1790 qui sont concernés et reposent sur la même distinction que celle précédemment citée. Cas où l’entrepreneur a fourni la matière, les risques pèsent sur l’entrepreneur jusqu’à la réception de l’ouvrage par le maître de l’ouvrage ou jusqu’à la mise en demeure du maître de l’ouvrage de réceptionner. Ce qu’il est ici également intéressant de noter c’est comme en matière de vices cachés on voit ici que le moment du transfert des risques, la réception ou mise en demeure du maître de l’ouvrage de réceptionner n’a rien à voir contrairement à la vente avec la propriété. Les risques en matière d’entreprise ne sont pas calqués sur la propriété du bien. Risques et propriété sont complètement décorélés. Là encore c’est assez insatisfaisant car la situation juridique est similaire et pourtant le transfert des risques n’est pas opéré au même moment que lors d’une vente. Seconde hypothèse, article 1790, lorsque l’entrepreneur ne fournit pas la matière, la règle est la même sauf si la perte du bien est due à un vice de la matière. B/ Les modalités d’exécution La co-traitance n’est pas particulièrement réglementée par la loi d’où l’importance de dominer la question car tout va dépendre de la conclusion du contrat. Hypothèse dans laquelle un maître d’ouvrage conclut le contrat avec plusieurs entrepreneurs. Ici ce qu’il faut savoir c’est que la pratique contractuelle veut que lorsqu’il y a plusieurs entrepreneurs, l’un d’entre eux soit désigné comme chef de file, cela signifie interlocuteur privilégié. Il faut alors craindre que l’on considère que son statut de chef de file l’oblige à répondre des manquements des autres entrepreneurs, doit assumer tous les problèmes liés à l’exécution du contrat. Ce contrat de co-traitance exclut toute solidarité passive entre les co-entrepreneurs. Ici on va évoquer la sous-traitance, pratique extrêmement courante aujourd’hui, aux antipodes de la conception que les rédacteurs du Code Civil se faisaient du contrat d’entreprise qui en 1804 était marqué par un fort « intuitu personae », article 1237. Bien évidemment pratique contractuelle et réalité économique actuelle veut que le recours à la sous-traitance soit quasi-généralisé, ce n’est qu’un contrat d’entreprise mais qui est conclu par l’entrepreneur principal pour confier au sous-traitant une partie des travaux que le maître d’ouvrage

lui a confié. Deux contrats, celui conclu par l’entrepreneur principal et le maître d’ouvrage et celui conclu par le sous-traitant et l’entrepreneur principal. Concernant toujours cette notion de sous-traitance, à noter que dans la pratique contractuelle, il ne faudra pas confondre avec ce que l’on appelle « la sous-traitance industrielle », ce ne sont pas forcément des soustraitants au sens juridique du terme, parfois ce ne sont guère que des fournisseurs. Critère du travail spécifique pour savoir si celui que l’on appelle sous-traitant élabore un bien spécifique à notre maître d’ouvrage. Donc le recours à la sous-traitance dans le sens juridique du terme est aujourd’hui généralisé mais cela ne veut pas dire pour autant que l’entrepreneur peut faire ce qu’il veut. L’entrepreneur ne doit pas être laissé complètement libre de faire ce qu’il veut parce que le recours à la sous-traitance, le choix du sous-traitant et ses conditions de paiement intéressent le maître d’ouvrage. Parce que si le sous-traitant est mal payé, il est évident qu’il travaillera mal, donc le maître d’ouvrage est concerné, le maître d’ouvrage à de forts risques de se voir délivrer un travail au rabais. Les intérêts du maître d’ouvrage sont en jeu lorsque l’entrepreneur désire recourir à la sous-traitance. Autre préoccupation qui a poussé le législateur à intervenir est de veiller aux intérêts du sous-traitant lui-même, préoccupation centrale du législateur qui a édicté une loi spéciale du 31 décembre 1975. Le but principal de cette loi était de garantir le paiement du sous-traitant, garantie principale étant l’action directe en paiement que le sous-traitant s’est vu accorder par le maître de l’ouvrage. L’objectif était d’éviter les faillites en chaîne dans l’hypothèse ou l’entrepreneur principal fait faillite, dans ce cas il ne paiera pas ses sous-traitants et ils risquent eux aussi de faire faillite. Cette loi du 31 décembre 1975 qui n’a pas été codifiée est une loi spéciale qui n’a trait qu’à la sous-traitance et à la sous-traitance subdéléguée, c’est donc une loi impérative à laquelle le sous-traitant ne peut pas renoncer contractuellement, loi d’ordre public de direction. 1°) L’action directe légale du sous-traitant contre le maître d’ouvrage Ce sont les articles 11 à 14-1 de la loi du 31 décembre 1975 qui sont ici concernés. Si l’entrepreneur principal ne paye pas le sous-traitant alors qu’il a été mis en demeure de le faire, alors 1 mois après la mise en demeure le sous-traitant peut agir directement en paiement contre le maître de l’ouvrage. Cette action directe est imparfaite car elle est limitée, très logiquement le maître de l’ouvrage ne pourra payer le sous-traitant qu’à hauteur de ce qu’il doit encore à l’entrepreneur principal. C’est cette règle

qui permet au maître de l’ouvrage de ne pas payer 2 fois. Si le maître de l’ouvrage a déjà entièrement payé l’entrepreneur principal il ne devra plus rien au sous-traitant. Et le maître de l’ouvrage peut opposer au sous-traitant toutes les exceptions qu’il pourrait opposer à l’entrepreneur principal. Cette action est pensée par le législateur comme un immense avantage, comme une garantie de paiement pour le sous-traitant. Cependant cet objectif a été ruiné dans un arrêt très contestable de la Chambre mixte du 13 mars 1981 (aux grands arrêts n°261). Cet arrêt a réglé une divergence de jurisprudence entre la troisième et la Chambre commerciale qui était née de ce qu’on a considéré comme une ambiguïté de ce texte, issue de la combinaison des articles 3 et 12 de la loi de 1975. L’article 3 nous dit que l’entrepreneur doit soumettre la personne du sous-traitant et ses conditions de paiement à l’agrément du maître d’ouvrage. L’article 12 lui est le siège de l’action directe, disposition spéciale. La question qui s’est posée aux 2 chambres était de savoir si l’action directe était soumise au double agrément du maître de l’ouvrage, l’article 3 entrant dans les dispositions générales. La troisième Chambre civile disait oui, la Chambre commerciale disait non. La Chambre mixte en 1981 dit oui, l’action directe est soumise au double agrément et donne raison à la troisième Chambre civile tout en précisant que l’acceptation peut être ultérieur au contrat de sous-traitance et tacite. Oui mais cet agrément doit malgré tout être dénué de tout équivoque et bien porter sur les 2 questions : la personne du sous-traitant et ses conditions de paiement. Arrêt du 13 septembre 2005 illustre à la perfection que cet assouplissement est un assouplissement de façade car dans cet arrêt la Cour nous dit bien que la simple connaissance de ce qu’un sous-traitant intervient sur le chantier ne suffit pas à caractériser l’agrément par le maître de l’ouvrage. Or, en pratique, il ne faut pas se leurrer, on ne va jamais avoir l’idée de demander comment est payé le sous-traitant, ce double agrément est très rarement caractérisé par les juges. Cet arrêt du 13 septembre 2005 était particulièrement révélateur de cette situation. La jurisprudence la Chambre mixte est particulièrement inopportune, d’abord parce que l’article 3 de la loi nous dit que l’entrepreneur doit demander au maître de l’ouvrage le double agrément donc l’obligation pèse sur l’entrepreneur et les conséquences de l’inexécution de l’obligation elles pèsent sur le sous-traitant. C’est tout à fait incohérent et de plus contraire à l’objectif de la loi de 1975, objectif d’assurer une garantie de paiement au sous-traitant. La « ratio legis » commandait une autre solution de la part de la Chambre mixte, celle de la Chambre commerciale. Solution inutile car le maître de l’ouvrage est déjà

le caractère imparfait de l’action directe. Ici la première conséquence négative est de décourager les banques de prêter aux entrepreneurs. A quoi ça sert de dire que ni l’entrepreneur ni ses créanciers ne pourront se prévaloir du défaut d’agrément ? A partir du moment où le maître de l’ouvrage lui peut se prévaloir du défaut d’agrément. seul le maître de l’ouvrage le peut en définitive.suffisamment protégé par le plafonnement de sa dette. Cet assouplissement de la Chambre mixte est complètement illusoire et c’est complètement incohérent. totalement incohérent car le maître de l’ouvrage peut valablement continuer à se désintéresser d’entre les mains de l’entrepreneur même s’il connait le sous-traitant et sait que l’entrepreneur est dans une situation difficile dès lors qu’il ne l’a pas agréé. Cette solution de la Chambre mixte de 1981. ou du moins de demander d’autres garanties. principe très défavorable au sous-traitant est critiquable à 2 points de vue. Cela signifie que si créanciers de l’entrepreneur et sous-traitant sont en concurrence de paiement contre le maître d’ouvrage. la banque n’a plus aucun intérêt à accepter. donc il va demander un prêt à la banque et pour l’avoir il va nantir son marché c’est-à-dire céder ses créances contre le maître de l’ouvrage. D’abord sur le plan pratique. quelle est l’hypothèse ici évoquée lorsque l’on parle des créanciers de l’entrepreneur ? On parle des banques et de ce qu’on appelle les nantissements de marché. elle continue en disant que ce défaut d’agrément. Donc ici l’hypothèse très pratique c’est l’entrepreneur va construire un lotissement. entrepreneur cède à la bande les créances qu’il a contre le maître de l’ouvrage. Sans compter que cette jurisprudence fait dire que cette action directe n’existe pas auprès du maître de l’ouvrage . elle passera après les sous-traitants et même après les sous-traitants occultes car elle ne peut pas se prévaloir du défaut d’agrément. ni les créanciers de l’entrepreneur ne peuvent s’en prévaloir. La Chambre mixte nous dit que l’action directe est une cause de préférence au bénéfice du sous-traitant et en même temps elle fait naître cette situation qu’elle affirme qu’il existe une cause de préférence au profit du sous-traitant dans une situation où l’action directe n’existe pas car le maître d’ouvrage peut se prévaloir du défaut d’agrément. priorité sera donnée au sous-traitant. l’ennui c’est que sur le fondement de cette jurisprudence de 1981. La seconde critique que l’on peut faire à ce soit disant assouplissement du principe c’est qu’il est illusoire sur le plan pratique et incohérent sur le plan juridique. Ce qui explique sans doute que la Chambre mixte ait souhaité apparemment l’aménager. ni l’entrepreneur. il a besoin d’argent pour ce faire. En fin de compte l’action directe est une cause de préférence entre créanciers.

Le contrat de sous-traitance fait obstacle à l’action directe contractuelle même si économiquement les 2 situations sont similaires. troisième Chambre civile 28 novembre 2001 (bulletin n°137) : dans la logique de la jurisprudence Besse. Il faut que tous les contrats soient . En 1988. Le maître de l’ouvrage a une action contractuelle contre ce fournisseur alors même que selon l’arrêt Besse il a une action délictuelle contre son sous-traitant. Cet arrêt Besse n’est pas facile à combiner avec l’arrêt du 7 février 1986 de l’Assemblée plénière qui disait que le maître de l’ouvrage comme le sous-acquéreur peut intenter une action directe contre le fournisseur des matériaux. L’hypothèse est celle d’un contrat d’entreprise et l’entrepreneur lui a conclu un contrat de vente avec le fournisseur des matériaux. contrat d’entreprise. nature contractuelle ou délictuelle.tandis qu’elle existe auprès des entrepreneurs et de leurs créanciers. la première avait admis l’action contractuelle contre le sous-traitant sur le fondement du groupe de contrats alors que la troisième au visa de l’article 1165 avait admis l’action délictuelle Assemblée plénière 12 juillet 1991 « Besse » (grands arrêts n°173) a donné raison à la troisième. Jurisprudence totalement contraire à ce que souhaitait le législateur. l’action intentée par le maître de l’ouvrage est nécessairement délictuelle. Combiner ces 2 solutions n’est pas facile. multiplication d’incohérences juridiques. la seule chose les distinguant c’est que dans la première il y a un contrat de sous-traitance qu’il n’y a pas dans la seconde. En définitive l’équilibre que souhaitait trouver la Chambre mixte entre les intérêts du maître de l’ouvrage et ceux du sous-traitant se trouve totalement illusoire. Cela a donné lieu à une opposition farouche entre la première et la troisième Chambre civile. Une explication juridique peut être avancée. comme le montrent 2 arrêts. de sous-traitance et de vente. Oui mais. ici l’hypothèse comporte une chaine de contrats plus longue. cette décision n’est pas cohérente avec l’arrêt de 1986 qui dit que l’action est contractuelle contre le fournisseur de son entrepreneur. il faut comprendre que le contrat de sous-traitance impose que l’action contre le fournisseur soit délictuelle. 2°) La responsabilité du sous-traitant à l’égard du maître de l’ouvrage Il s’agit de savoir ici quelle est la nature de la responsabilité du sous-traitant à l’égard du maître de l’ouvrage. la chaîne translative de propriété a été rompue par la sous-traitance. On voit bien ici dans cette hypothèse les limites de la combinaison de ces 2 arrêts parce que les situations sont similaires. Le maître de l’ouvrage contre le fournisseur de son soustraitant n’a qu’une action délictuelle.

c’est sans doute une application mal comprise de la jurisprudence Besse dans une hypothèse qui n’est pas celle de 1991. L’explication donnée à cette différence de régime juridique pour 2 hypothèses économiquement quasi-juridiques est le fondement même de l’action directe contractuelle. transmission « propterem » des obligations du fournisseur. qu’estce que ça change ? Rien. Paragraphe 2 : Les obligations prétoriennes A/ L’obligation d’information et de conseil Elle pèse sur l’entrepreneur comme elle pèse sur tout cocontractant dès qu’il . Juridiquement la présence du contrat de sous-traitance dans la chaîne de contrats ne devrait strictement rien changer à l’admission d’une action directe contractuelle du maître de l’ouvrage contre le fournisseur de son sous-traitant. Cette distorsion de jurisprudence montre simplement qu’il y a difficulté à concilier l’arrêt Besse avec l’arrêt de 1986. il devient de toute manière propriétaire. Qu’il devienne propriétaire de matériaux posés par le sous-traitant ou par l’entrepreneur principal. donc là même sur le plan juridique les 2 hypothèses sont tout à fait similaires. A cette explication on peut opposer 2 objections : la première c’est que contrat de sous-traitance ou pas. pas acquisitif de propriété. il n’y a aucune raison de refuser l’action directe contractuelle. logiquement l’action directe du maître de l’ouvrage doit être délictuelle contre le sous-traitant mais contre le fournisseur il serait logique d’appliquer la jurisprudence de 1986. Cet arrêt du 28 novembre 2001 remet-il en cause la jurisprudence de 1986 ? Non. c’est exactement la même obligation. de toute manière le maître de l’ouvrage devient propriétaire des matériaux. A partir de ce moment. Ici on voit bien que le fondement de l’action directe contractuelle est toujours présent même s’il y a un contrat de sous-traitance dans la chaîne. cela n’est pas une justification suffisante pour affirmer que l’action ne peut pas être contractuelle car l’obligation du sous-traitant est exactement la même que l’obligation de l’entrepreneur. or le contrat de sous-traitance n’est pas translatif de propriété. mais l’objet de l’obligation du sous-traitant est l’objet de l’obligation de l’entrepreneur. le sous-traitant ne fait que faire un travail que l’entrepreneur aurait du en principe faire lui-même. admise que dans les cas de chaînes translatives de propriété. Seconde objection : même dans l’hypothèse où on admettrait qu’il y ait rupture dans la chaîne translative de propriété à cause du contrat de sous-traitance. la jurisprudence ultérieure en témoigne.translatifs de propriété dans l’arrêt de 1986.

y a distorsion de savoir entre les cocontractants. Deuxième obligation : retirer la chose. le contentieux est particulièrement nourri par l’obligation de prouver qu’elle a été exécutée. Donc difficulté de savoir si obligation de moyen ou de résultat. Seule petite exception à noter résulte d’une jurisprudence constante depuis 1995 et nous dit que les notaires doivent exécuter leur devoir de conseil quelles que soient les compétences de leur client. avec cette disposition particulière qui veut qu’en matière mobilière si le bien n’a pas été récupéré au bout d’un an. Les clauses de réserve de propriété sont évidemment possibles lorsqu’acquisitives de propriété comme dans les contrats de vente. Il faut que l’ignorance du client soit légitime. celui qui sait doit informer celui qui ne sait pas. Section 2 : Les obligations du maître de l’ouvrage Beaucoup moins de choses à dire. article 1315 alinéa 2 : c’est à celui que l’on a libéré d’une obligation qu’il faut démontrer qu’il l’a bien exécuté. le contrat d’entreprise a connu la déferlante de l’obligation d’information et de conseil. c’est d’ailleurs la même. Troisième et dernière obligation. Cette obligation donnant lieu d’ailleurs à un acte matériel (différence avec la réception). d’où toute la paperasse à signer pour n’importe quelle opération lorsque l’on intègre l’hôpital. obligation de retirement comme en matière de vente. première Chambre civile 25 février 1997 (bulletin n°75) c’est au médecin qu’il revient de prouver qu’il a bien informé son patient B/ L’obligation de sécurité Là aussi soumis au droit commun. l’obligation d’information comprend aussi pour les médecins les risques exceptionnels des soins qu’ils vont pratiquer. Le moment du paiement du prix est fixé par les usages : cinéma avant de voir le film. arrêt de la première Chambre civile. restaurant après avoir mangé. Comme tous les contrats. . Le maître de l’ouvrage a 3 obligations essentielles : il doit payer le prix. l’entrepreneur peut se faire autoriser par le juge à vendre le bien pour payer son travail. Tout va dépendre du type de contrat d’entreprise conclu et notamment c’est le critère souvent utilisé par la jurisprudence casuistique (peu cohérente) du rôle actif ou passif du client. A noter le parallèle que l’on peut faire avec la vente commerciale où si le retirement n’est pas fait dans le délai imparti. la difficulté particulière rencontrée en matière de contrat d’entreprise est liée à la très grande diversité que connait ce type de contrat. pas besoin d’autorisation judiciaire. 18 octobre 1998. Concernant cette obligation d’information.

C’est également un contrat considéré comme dangereux parce qu’en définitive on permet à une personne . Le mandat est la source contractuelle de la représentation sachant que la représentation peut être d’origine légale. cela révèle que les 2 contrats sont proches et que les 2 définitions sont trop vagues. le mandataire. et puis ce tiers qui a conclu formellement avec le mandataire mais qui juridiquement est lié avec le mandant. acte juridique unilatéral dont les conséquences sont importantes car c’est à la réception que s’opère le transfert des risques et c’est également à la réception que le prix ou le solde du prix devient exigible. cas des parents pour leurs enfants mineurs. Ce qui est essentiel à savoir c’est qu’au cœur du contrat de mandat il y a la représentation. c’est le contrat de mandat. Titre 2 : Le contrat de mandat Article 1984 du Code Civil. Le mandataire est un intermédiaire qui a le pouvoir de représenter le mandant. C’est un contrat très utile à la vie économique ne serait-ce que c’est parce que le droit commun du mandant gouverne toute la pratique des mandataires sociaux. Ici source conventionnelle. Troisième conséquence : la réception couvre les défauts apparents. Le mandat est un contrat par lequel une personne. il faut aussi réceptionner la chose. C’est un contrat extrêmement utile dans la mesure où il permet d’effectuer un dédoublement de la personnalité juridique. ce n’est pas la retirer.réceptionner la chose. Ces 2 contrats sont soumis à des régimes juridiques différents donc il convient de les distinguer. car d’un administrateur judiciaire provisoire d’une société par exemple. Tout intermédiaire n’est pas un mandataire. une personne morale n’a d’existence que juridique par définition. « le mandant ou procuration est un acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose en son nom et pour le compte du mandant ». Le mandant est censé être partie au contrat conclu par le mandataire. donne le pouvoir d’accomplir des actes juridiques en son nom et pour son compte. ou judiciaire. contrat synallagmatique en principe consensuel. La difficulté nait de ce que le mécanisme de la représentation fait intervenir une troisième personne. donne à une autre. Il permet au mandat de s’assurer un certain pouvoir d’ubiquité. très classique. le tiers qui conclut l’acte juridique avec le mandataire. c’est là la différence avec la vente. On donne le pouvoir de « faire quelque chose ». Il y a le contrat de mandat. C’est un contrat extrêmement classique. le mandant. la même formulation que dans l’article 1710. elle n’agit qu’à travers ses mandataires et tout le droit des sociétés est fondé sur le contrat de mandant.

Il peut être aussi distinguer du contrat de courtge qui doit rapprocher 2 personnes qui contracteront en directent. courtage et mandat doivent donc être disitngué. cette solanisation du contrat prouve bien que sa qualité de mandataire est exceptionnel. Autre caractéristique. ce qui n’est pas sans danger si le mandataire outrepasse ses pouvoirs ou exécute mal sa mission. Le mandataire représente le mandant. et cela explique encore certains aspects de son régime juridique notamment en matière de cessation (révocabilité « ad nutum » du mandataire qui peut être révoqué sans indemnité). Le mandant va être lié par l’acte conclu par le mandataire. mais il est devenu aujourd’hui un grand contrat d’affaires comme tous ces petits contrats.d’exprimer une volonté juridique à sa place. Chapitre premier : La formation du contrat de mandat Le fait que le mandataire doive accomplir des actes juridiques tels qu’ils soient permet de disitnguer le mandat d contrat d’entreprise qui a lui pour objet de payer un entreprneur pour faire quelque chose qui doit être un acte matériel ou intellectuel. Le mariage par procuration n’est pas admis. où l’agent est qualifié de mandataire alors qu’en principe il ne l’est pas. il est désormais pratiqué aussi dans des relations d’affaires ce qui fait mentir l’article 1986 du Code Civil. car plus d’actualité. Le fatit que le mandataire représente le mandant permet de disitnguer cela du contrat de commission qui est réglementé dans . La jurisprudence a inversé la présomption lorsque le mandataire est un professionnel. Ce caractère a plus ou moins disparu avec la professionnalisation de ce contrat ce qui explique que nombre de lois spéciales dérogent à ce caractère d’ « intuitu personae ». tout dépendra de l’interprétation d’un contrat et la confusion peut venir du législataur elui même qui qualifie de mandataire l’agent immobilier : loi Hoquet de 1970 qui règlement le contrat d’agence immobilière. Le mandat était un petit contrat marqué avant tout par les relations d’amitié. c’est avant tout un courtier peuvre en est : la loi du 2janvier 1970 prévoit que lorsque l’agent est mandataire le mandat doit être écrit. ce contrat était traditionnellement marqué par un fort « intuitu personae ». Tout d’abord pour qualifie run contrat de manadat il dfaut que l’intermédiaire accomplisse un acte juridique et ce au nom du mandat (2° caractéristique). « présumé gratuit ». Il n’ a donc aucun pouvoir de représentation. il est connu dans certains systèmes juridiques notamment musulman. le contrat de mandat fondé sur cet objet n’est pas valide. c’est un intermédiaire. le courtir se cntente de mettre en contact ces personnes.

art 1888 code civil puisque le mandat peut être spécial ou général. L’art 1989 pose le principe de l’interprétation stricte du contrat. étant précisé que bien évidemment le contrat a connu le même phénomène de professionnalisation et d’hyper professionnalisation qui a connu de nombreuses législation spéciale hors le code civil. Seule précision . peu de spécificité par rapport au droit commun. L’art 1321 du code civil définit le ocntrat de prête nom. les agences de voyages font l’objet d’une législation spécifique de même que pour les agents commerciaux dont leur contrat est règlementé à l’art L341-1 et les VRP où leur régime est comprit dans le code du droit du travail art L1831-5. on a ici un rapport contractuel comme le contrat de mandat donc là encore entre le prête-nom et l apersonne qui veut rester dans l’ombre c’est un contrat mai sà l’égard des tiers seul le prêtenom existe et est engagé juridiquement. cette jurisprudence a créé cette notion car l’intérêt commun ne disqualifie pas la notion de mandat. Cela permet de distinguer le cotrat de prête nom et celui de mandat. Seul le mandant retire les bénéfices de l’opération et il est seul à en assumer les risques. Section 1 : La formation du contrat §1 : Conditions de fonds Objet du mandat : accomplir l’acte juridique prévu.le code de comemrce art 132-1 et suivants car le commissionaire accompliut des actes juridiques pour le compte du commettant mais en son propre nom en d’autres termes à l’égard des tiers le commissionnaire fait écran entre le tiers et le commettant donc ici on est dans le cadre : le contrat de commission prévoit les mêmes conséquences que le mandat entre le commettant et le commissionnaire mais pas à l’géard des tiers qui ne peuvent demander l’exécution du contrat qu’au commissionnaire. l’objet doit être déterminé ou déterminable. art 1831-5. Art 1984 à 2010 code civil. si le mandat est général ilne concerne alors que les actes d‘administration donc lorsque le mandat porte sur un mandat de disposition il doit être express. Les promoteurs immobiliers sont qualifiés de mandataire selon le législateur. Déroge à cette condition du mandat le mandat d’intérêt commun par lequel le mandataire tire aussi profit de l’opération. il doit être licite. Prix du mandat : c’est un contrat de service donc le prix n’a pas à être déterminé ni déterminable au moment du contrat sauf loi spécial avec les 2 conséquences logiques qui en découlent : la possibilité pour le juge de fixer le . le mandat géénrale n’entraine jamais les actes de dispositions. On agit au nom et pour le compte du mandat ce qui signifie que normalement l’opération réalisée par le mandataire ne doit bénéficier qu’au mandant.

Lorsqu’un tiers doit faire la preuve du contrat normalement il peut le faire de manière libre car un contrat pour les tiers est un fait juridique. Mais toujours dans la logique que le mandat est dangereux la jurisprudence n’admet pas facilement le mandat tacite mais le fait dans le cas d’une situation de communauté de vie ou communauté d’intérêt. Lorsque les parties sont convenues du prix.prix si les parties ne l’ont pas fait et ne tombent pas d’accord à la fin et la réfaction judiciaire du prix. Si la formalité n’a que pour but l’infomration des tiers . si le principe est le concsensualisem la quesiton a été posée de savoir si ce principe devait l’emporter si on demandait à un mandataire de conclure un acte qui lui est solennel ? Est-ce que dans cette hypothèse le porincipe du consensualisme l’emporte ou doit-on faire application du fait que le mandat doit être soumit au même solennité que celle requise pour l’acte qui sera conclut ? La juripsrudence distingue laors l’objectif des formes exigées. La justificaiton de cette réfaction plaide pour la généralisation de la réfaction dans les contrats d’entreprise mais ce n’est pas encore le cas. la réfaction judiciaire du prix après avoir été fixé par les parties est admit depuis un arrêt du 1867. le mandat de faire un acte de disposition doit être écrit. il y a des exceptions où le mandat est solennel. Concernant cette question de la forme. pour un acte d’état civil la porcuration doit être aauthentique. elle fait prévaloir que le parallélisme des formes est exigées lorsque la forme de l’acte et ad validitatem. la cour décide que le . il n’y pas ici de controverse. les parties ne peuvent l’exclure par une clause. Cela est justifié par la volonté de protéger le mandant d’un prix trop élevé et c’ets lié au fait qu’avant l’exécution d’une mission il n’est pas forcément évident d’apprécier la valeur du travail qui sera accomplit donc si le prix a été fixé contractuellement le prix pourra être revu à la baisse si le travail était surélevé. En matière de mandat il a toujours était admit que le prix puisse être revu à la baisse. §2 : Conditions de forme Art 1985 pose le principe du consensualisme en disant que le contrat peut être tacite. 2modes de rémunération sont prévus : soit la méthode libérale qui est d’ailleurs énoncée à l’art 1999 soit une rémunération forfaitaire fixée selon des méthodes commerciales par des commissions. alors on applique le principe du consensualisme. Ce sont surtout les mandats spéciaux qui sont aujourd’hui solennels. Formes probatoires : 1985al1 nous di tque le contrat de mlandat est soumit au droit commun dela preuve mais la jurisprudenc a apporté une exception : en matière de l apreuve apportée par letiers qui a conclu l’acte.

on reterouve ici la règle d’interprétation stricte du mandat ie que pour connaitre l’étendu de la mission il faut interpréter le mandat. Le fondement pratique d’une telle solution est que l’on peut exiger du tiers qu’il vérifie les pouvoirs du mandataire pour s’assurer de l’efficacité du contrat qu’il va conclure avec lui et va pouvoir exiger qu’on lui fournisse l’écrit. 2° : art 1997 c’est lorsque le mandataire outrepasse ses pouvoirs tandis que le tiers est au courant mais le mandataire se porte-fort de la ratification de l’acte par le mandant.Concernant l’exécution de la mission art 1989 code civil. si on en parle malgré tout c’est parce que ce principe connait 3 exceptions : lorsque dans l’acte conclu par le mandataire a été inclut une clause de ducroire qui a pour objet la garantit du mandataire apportée au tiers de ce que le mandant exécutera le contrat. Chapitre second : Les effets du contrat de mandat Section 1 : Les obligations nées du mandat §1. faute notamment qui serait dû notamment à un dépassement de ses pouvoirs dont il n’aurait pas informé le tiers. si le mandant ne l’exécute pas correctement alor son en reviendra u mandataire qui est engagé à l’égard du tiers.les obligations du mandataire A/ A l’égard des tiers En principe come le mandataire rep^résente le mandant c’est le mandant qui est relation contractuelle avec le tiers donc par l’effet de la représentaiton en principe le mandataire n’a aucune obligation envers le tiers. Si l’interprétation doit être stricte il n’en demeure . B/ A l’égard du mandant Il doit exécuter sa mission et rendre des comptes. a été retenu sa responsabilité en cas de manquement à son obligation de conseil à l’égard du tiers qui est la marque de professionnalisation du contrat.tiers qui a contracté avec le mandataire va devoir apporter la preuve du contrat demandat par écrit comme l’exige 1341 pour les parties au contrat. 3° : en cas de faute. la justificaiton apportée par la cour de cassation est de dire que le tiers n’ets pas vraiment un tiers comme les autres qar s’est un ayant cause du mandataire il ne peut donc avoir plus de droit que le mandataire qui doit prouver le contrat de mandat par écrit. cett ejurisprudenc est loin de faire l’unanilité. il devra indemnisé le tiers même si la faute a été commise sur les instructions du mandant.

Il s’agissait d’une société d’exploitation d’une clinique qui était le mandataire des médecins dans le recouvrement de leurs honoraires. Art 1596 code civil donne un exemple de cette interdiction : concerne les ventes sur l’adjudication. La déloyauté de labanque était démontrée par cette distorsion de prix. Ce qui est absurde car l’intensité d’une obligation ne peut dépendre du type d’inexécution auquel on a à faire elle ne peut dépendre que de sa nature. Le contrat ne prévoyait que ça alors dans un arrêt de cassation la cour a ici décider que parce que la société devait recouvrer les honoraires elle devait aussi informer les médecins d’un revirement de jurisprudence et sa portée rétroactive qui permettait au médecin de demander des honoraires complémentaires. obligations de résultat pour les missions matérielles. Une démonstration récente de l’obligation de loyauté est l’affaire Bernard Tapie arrêt 9octobre 2006 qu est un exemple assez évident de délyauté d’un mandataire dans le litige l’opposant au crédit lyonnais. Arrêt du 12 juillet 2007. exemple précis d’une règle générale.Tapie voulait vendre ses parts d’addidas. La cour s’ets fondée sur une combinaison réelle des art 1991 et 1992 pour dire qu’en cas d’inexécution totale de l’obligation c’est une obligation de résultat et en cas de mauvaise exécution= obligation de moyens. ça va au-delà de la bonne foi c’est une véritable obligation de loyauté d’où le mandataire doit exécuter les missions au seul et unique bénéfice du mandant ce qui explique par exemple que lorsque le mandataire doit conclure un acte il ne peut pas faire en sorte d’être partie à l’acte. la motivation de la cour de cassation est . Pèse-t-il sur le mandataire une obligaitonde résultat ou de moyens ? La réponse logique devrait amener à dire que cela dépend de la mission car savoir quelle ets la nature de l’oibligationdépend de la nature de la maitrise des évènements par le mandataire car si elles lui échappent ce doit être un eobligation de moyens. Donc interprétation stricte mais aussi logique. si le mandataire se comportait de cette manière serait une hypothèse de détournement d epouvoirs qui rend l’acte inefficace. B. L’exécution de la misionpar le mandataire : il doit exécuter sa mission certes mais aussi totues ses missions. La banque n’avait pas du tout exécuté sa mission au seul bénéfice de son mandant. la banque respecte les termes de sa mission mais vend à d’autres banques elles mêmes filiales du crédit lyonnais qui ont revendu les parts à un prix nettement plus élevé. C’est un contrat qui est marqué par le sceaux de la confiance où le devoir de confiance a une intensité supérieure aux autres contrats.pas moins selon une jurisprudence récente le mandataire doit exécuter tout ce qui entre dans le cadre de sa mission même si ce n’est pas prévu expressément dans le contrat.

Le dernier point ici à évoquer concernant l’exécution de sa mission par le mandataire est de savoir s’il doit l’exécuter personnellement ou s’il peut avoir recours à un sous-mandataire. Le sous-mandataire a cette action directe contre le mandant même si le mandant n’a pas autorisé le sousmandat voire s’il ne l’a même pas connu (parallèle avec le sous-traitant mais lui doit être doublement agréé par le maître de l’ouvrage). juridiquement elle a tort mais elle a raison sur le plan réel car la banque avait agit dans le sens des filiales. L’alinéa 2 est plus intéressant : il nous précise que dans tous les cas. Ultime précision concernant l’exécutionde la mission : hypothèse du sous mandat. le mandant peut agir directement contre la personne que le mandataire s’est substitué (sous-mandataire). Le caractère intuitu personae qui normalement marque le mandat voudrait que le sous-mandat soit interdit ou encadré. mais aussi banale et logique . en cas de sous-mandat le mandant a une action directe contre le sous-mandataire. et ce même sans l’autorisation du mandant. C’est ce qu’a précisé un arrêt du 3 décembre 2002 de la Chambre commerciale (bulletin n°188). Cet arrêt pose cette solution qui parait extrêmement banale. exemple arrêt 2006 où il s’agissait d’une vente aux enchères où le comissaire priseur avait retiré des objets de lav ente car il s’était rendu compte que les objets n’étaient pas ceux décrits pour la vente. or pas du tout. La jurisprudence a bilatéralisé cet article en admettant une action directe du sous-mandataire contre le mandant. l’article 1994 du Code admet implicitement mais très certainement le sous-mandat. Un sousmandataire occulte peut agir directement contre le mandant. ou mandataire substitué. Comme en matière de sous-traitance en revanche le mandant est protégé en ce que l’action directe est imparfaite. Ici on est en présence d’une action directe prévue légalement. que le mandant ait autorisé ou pas le sous-mandat. C’était une des questions de l’année dernière pour l’examen théorique. 27 décembre 1960 aux grands arrêts n°268. il pourra toujours opposer au sous-mandataire le fait d’avoir déjà payé le mandataire principal. première Chambre civile. c’est-à-dire que le mandant ne pourra jamais être amené à payer 2 fois. L’alinéa 1er de 1994 déterminant les hypothèses dans lesquelles le mandataire principal doit répondre des actes de son sous-mandataire. Bien évidememnt s’il pèse de manière particulièrement lourde sur le mandataire le mandant doit aussi exécuter le contrat de bonne foi mais il s’agit là de la bonne foi de 1134al3.insuffisance mais elle parle ici « des banques » et ne les disitngue pas. Le caractère intuitu personae plaide pour que le recours au sous-mandat soit interdit ou limité.

sauf exception. ce sont les frais et avances. On a un peu le sentiment que la Cour de cassation est passée ici d’un extrême à l’autre depuis 2002. A noter concernant cet article alinéa 1er. B/ A l’égard du tiers Article 1998 concerné : par l’effet de la représentation. 2. Grâce à ce revirement. le mandataire doit élaborer un véritable compte de gestion. il s’agit d’un arrêt de revirement. et. Le fait d’être passé d’un extrême à l’autre s’explique par le fait que la Cour de cassation ni hier ni aujourd’hui ne souhaite tenir compte des circonstances d’espèce. aujourd’hui le mandant peut continuer valablement à se désintéresser entre les mains du mandataire principal même s’il avait connaissance du sous-mandat. un compte au sens bancaire du terme dans lequel l’actif et le passif se fondent en un solde. §2 : Les obligations du mandant A/ A l’égard du mandataire Il doit avant tout payer. Indemnisation des pertes subies par le mandataire dans l’exécution de sa mission. Cette position était éminemment critiquée par la doctrine. le mandataire peut en réclamer le remboursement en cours de mandat. Le compte de gestion du mandataire n’existe que par son solde. auparavant et de manière constante depuis 1987 la Chambre commerciale décidait que l’action directe était parfaite. remboursement des frais et avances. car il s’agit d’une action directe prétorienne et qu’en plus elle était déclarée parfaite. le sous-mandat ne devait rien changer de la situation juridique du mandant. Donc quoiqu’il en soit cette jurisprudence est incontestablement mieux fondée que celle qui la précédait. La reddition de compte Concernant les comptes au sens mathématique du terme. Une exception à cela. .que puisse paraître cette solution. la situation est exactement inverse. donc contractuellement c’est le mandant qui est engagé à son égard. c’est le mandant qui est partie à l’acte conclu à l’égard du tiers. articles 1999 et 2000 ici applicables. paiement du solde. il ne peut réclamer le paiement de ce que lui doit le mandant qu’à la fin de sa mission car il ne peut réclamer que le paiement du solde. Cette position semble justifiée dans la mesure où à partir du moment où le sous-mandat est valable même sans autorisation du mandant.

L’exception qui a la portée la plus générale. laisserait penser que seules les conventions sont concernées alors que le mandant peut s’engager dans des actes unilatéraux. pas seulement le propriétaire. la plus fréquente. Par la loi : article 1998 alinéa 2 luimême le prévoit : la ratification de l’acte. n’a pas su et n’a pas pu savoir que le mandataire ne disposait pas de ces pouvoirs. aux dépens d’un tiers qui lui peut être tout à fait de bonne foi. L’alinéa 2 n’est que le pendant de l’alinéa 1 en définitive. c’est celle instaurée par la jurisprudence sur le fondement du mandat apparent. dans lequel l’acheteur peut invoquer la nullité de la vente. . seul le mandant peut invoquer la sanction quelle qu’elle soit. . sauf mandat apparent nous dit la jurisprudence. Or le fait que le tiers ne puisse pas invoquer la sanction parait tout à fait injustifié et ce pour 3 raisons : d’abord parce qu’il est incohérent avec le droit de la vente. La Cour de cassation quoiqu’il en soit décide que le tiers contractant ne peut pas invoquer cette sanction. Quelle est la conséquence sur l’acte que le mandataire a contracté ? La jurisprudence oscille entre la nullité relative et l’inopposabilité au mandant. ce n’est pas cohérent de ne pas permettre au contractant à l’acte de ne pas pouvoir invoquer sa nullité.la deuxième raison. pourquoi serait-ce différent dans une hypothèse tout à fait similaire ou le mandataire a agi sans pouvoir.la troisième raison est que cette solution est fortement favorable au mandataire. L’alinéa 2 lui évoque l’hypothèse où il y a eu dépassement du pouvoir du mandataire : le mandant n’est tenu de ce qui a pu être fait au-delà qu’autant qu’il l’a ratifié ou approuvé. L’inopposabilité de l’acte au mandant est sans doute une sanction préférable selon Mme Gwendoline Lardeux à partir du moment où le mandant n’est pas partie à l’acte. et dans cette logique le mandant là n’est engagé à rien. soit prévues par la loi soit instaurées par la jurisprudence. Le principe : quand un mandataire a agi sans pouvoir. Autre exception prévue par le Code. le mandant n’est pas lié par l’acte. Ce principe connait des exceptions. Arrêt d’Assemblée plénière du 13 . Sanction qui normalement est réservée au contractant. expresse ou tacite. La jurisprudence n’est pas affermie pour autant et n’est pas fondée.sa lettre est trop restrictive. le mandant est tenu de respecter les engagements « contractés ». notamment dans le cadre des arrêts qui décident que la sanction est la nullité. les articles 2005 et 2009 qui évoquent l’hypothèse où le tiers de bonne foi a ignoré que le mandat avait cessé (l’article 2005 prévoit le cas de la révocation du mandat). qui comme toute ratification a un effet rétroactif sous réserve des droits des tiers. de mauvaise foi par hypothèse car il agit sans pouvoir. Hypothèse où le mandataire n’avait aucun pouvoir englobée.

car la Cour de cassation. S’est alors posée la question de savoir si cette jurisprudence avait ou non une portée générale. c’est-à-dire aux pouvoirs usuels que détiennent les gérants d’une société. y a posé une limite et dit que la théorie du mandat apparent n’est pas applicable lorsque le mandataire est un agent immobilier. concernait tous les mandats. or ce sont eux qui précisent les pouvoirs des dirigeants comme de leurs représentants. la loi nous le dit. La Cour a donc décidé que la théorie du mandat apparent ne pouvait pas tenir en échec les dispositions impératives de la loi sur l’agence immobilière. exception prétorienne justifiée car favorise la sécurité juridique des transactions.décembre 1962 aux grands arrêts n°267 a inauguré cette solution : la croyance du tiers aux pouvoirs du prétendu mandataire doit être légitime. La théorie du mandat apparent est inapplicable au contrat conclu par un agent immobilier. Solution assez logique. du moins jusqu’à récemment. Il faut également penser que la portée de ce dernier arrêt est générale et ne peut pas concerner que les agents immobiliers. Pourquoi ? La Cour a soutenu le raisonnement suivant qui parait assez logique de dire que le mandat d’un agent immobilier doit être exprès. admettre le mandat apparent serait une limite apportée à une règle légale impérative. Désormais le mandat apparent ne concerne que . en 1962 il s’agissait d’un contrat de cautionnement conclu par un PDG de société et les statuts ne l’autorisaient pas à le faire. L’arrêt d’Assemblée plénière en témoigne. codification de la solution dégagée par l’Assemblée plénière. en sa première Chambre civile. c’est un écrit « ad validitatem ». Les tiers peuvent donc s’en tenir grâce à cette jurisprudence aux pouvoirs apparents. C’est bien évidemment une exception à l’article 1998 alinéa 2 qui ne prévoit que la ratification. Cette solution doit être généralisée à tous les mandants exprès au regard de la motivation de la Cour de cassation qui s’appuie sur le caractère solennel du mandat. La théorie du mandat apparent est d’origine prétorienne et ne peut pas mettre en échec une législation spéciale impérative sur le mandat. Il est indéniable que cette jurisprudence avait une portée absolument générale. le 31 janvier 2008. Cette jurisprudence est très utile en matière de droit des sociétés car les tiers ne sont pas censés connaître les statuts de la société. il doit également être spécial et préciser son objet. « les clauses statutaires limitant les pouvoirs des gérants sont inopposables aux tiers ». Cette jurisprudence a été reprise par le législateur article 1849 alinéa 3. cette jurisprudence a surtout eu beaucoup d’importance en droit des sociétés. Ce caractère de croyance légitime supposant que les circonstances autorisaient le tiers à ne pas vérifier les pouvoirs du mandataire. bulletin n°30.

La notion d’apparence est ici nettement plus stricte. il faut que les circonstances autorisent le tiers à ne pas vérifier les prétendus pouvoirs du mandataire. Ce sont 2 hypothèses de résiliation unilatérale du contrat. Section 2 : L’extinction du mandat Le mandat s’éteint selon toutes les causes classiques du droit commun mais l’article 2003 du Code Civil énonce des causes spécifiques à ce type de contrat. La vente immobilière se fait rarement rapidement. en matière de propriété apparente c’est une erreur commune et invincible qui est exigée. le système du faisceau d’indices est ici appliquée. Cette notion de croyance légitime concerne la croyance du tiers. Pourquoi une telle différence de traitement entre ces 2 hypothèses ? La première raison est sans doute que la protection de la propriété privée est un impératif constitutionnel. dans le cadre de la vente de la chose d’autrui. c’est donc dérogatoire au droit commun. mais un contrat conclu par un intermédiaire lui doit être rapide. notion contrôlée par la Cour de cassation. conséquence du caractère intuitu personae du mandat. Cette solution a été reprise dans un arrêt du 5 juin 2008 exactement dans les mêmes termes. En matière de propriété. nulle sauf propriété apparente. 2008 et 2010 mais supplétifs. La plus grande spécificité en matière d’extinction c’est bien évidemment les deux premières hypothèses énoncées article 2003 : la révocation du mandataire et la renonciation du mandataire au mandat. car contrairement au mandat de 1804. La seconde raison c’est en définitive la nécessité d’assurer aux agents économiques la possibilité de conclure des échanges rapidement. Pour le mandat. résiliation qui peut . Egalement articles 1991. il faut admettre cependant que malgré ce contrôle opéré par la Cour de cassation. que d’engager un mandant. la notion de mandat apparent est beaucoup plus souple et donc beaucoup plus vaste que la notion de propriété apparente ou de bail apparent. c’est-à-dire que l’erreur aurait été commise par quiconque.le droit commun du mandat. il semble beaucoup moins acceptable de dépouiller un propriétaire sur le fondement de l’apparence. la tutelle du majeur et la déconfiture (= procédure collective). l’erreur n’a pas besoin d’être commune. Le mandat apparent est fondé sur la notion de croyance légitime. donc une notion de droit. il suffit que le tiers en question ait pu légitimement se tromper. le mandat est aujourd’hui devenu un contrat d’affaire. le mandat consensuel. la jurisprudence en cette matière est inévitablement casuistique. l’exemple-type est l’héritier apparent. Or. Il fait notamment référence à la mort de l’une des parties. Autre cause énoncée article 2003.

est limitée ou non par la théorie de l’abus de droit. la révocation du mandat par le mandant. ad nutum. article 2006 par exemple en témoigne. Cette une règle qui est fondée sur le caractère normalement gratuit du mandat. Pourquoi une telle règle ? La réponse est évidente. La volonté d’être lié par le contrat de mandat doit perdurer à chaque instant de l’exécution du contrat. qu’il n’a donc pas à justifier. la constitution d’un nouveau mandataire pour la même affaire vaut révocation du premier. La révocation est également libre quant à la forme. aujourd’hui peut paraître anachronique. article 1986 du Code Civil. La réponse de la Cour de cassation est positive à la question de savoir si ce droit à la libre révocabilité du mandat. La révocation peut donc être tacite même si le mandant a intérêt à révoquer de manière expresse pour informer le tiers et éviter d’être engagé par un acte en cas de mandat apparent. C’est bien évidemment profondément dérogatoire à l’article 1134 alinéa 2 qui pose le principe qu’il faut un consentement mutuel pour mettre fin au contrat. §1 : Le principe de la révocabilité ad nutum Principe énoncé à l’article 2004 du Code Civil. sans motivation et sans indemnisation pour le mandataire. La Cour admet . mais n’est-elle pas limitée quelque peu ? Ici. Ce qui exprime en définitive que le mandant n’a pas à motiver sa décision. là encore parce que le contrat de mandat suppose que le mandant fasse une particulière confiance au mandataire et que si pour une raison ou une autre.être exercée à tout moment et qui n’a pas besoin d’être motivée. deux mécanismes ont été invoqués : le premier est admis mais pas le second. L’article 2007. insusceptibles d’abus). il peut révoquer à tout moment. Quand la résiliation se fait à l’initiative du mandataire on parle donc de résiliation qui peut se faire à tout moment même si le mandat est à durée déterminée. le mandant peut révoquer sa procuration quand bon lui semble et contraindre le mandataire à lui remettre l’instrumentum du mandat. hypothèse de la renonciation au mandat par le mandataire. De même la jurisprudence a étendu cette possibilité de renonciation au mandat aux agents commerciaux qui sont payés et soumis à un statut spécial. Révocation libre et à tout moment même en cas de mandat à durée déterminée. comme presque tout droit subjectif (dans la limite des droits discrétionnaires très peu nombreux. Révocabilité ad nutum est de l’essence du mandat. cette confiance n’est plus donnée alors il faut pouvoir mettre fin au mandat immédiatement. Mais ces articles n’ont pas été modifiés par le législateur malgré l’évolution. L’hypothèse la plus fréquente est l’hypothèse inverse.

Cette révocabilité . A partir du moment où révocation pas motivée il faut se demander quand est-ce qu’il y a abus. étendu aux sanctions disciplinaires mais ici pas de motivation donc on ne sait pas si c’était une sanction. hors du champ d’application de l’article 6. La Cour de cassation répond que l’abus est caractérisé si la révocation est vexatoire. §2 : L’exception : la révocabilité encadrée Deux exceptions sont admises par la jurisprudence A/ Les clauses d’irrévocabilité La jurisprudence nous a dit que l’article 2004 siège de la révocabilité ad nutum n’est pas d’ordre public.que l’exercice de ce droit puisse être abusif et Gwendoline pense que la réponse devrait être inverse. alors que mandataire juridiquement et représentait le syndicat. la révocation peut avoir lieu même sans faute et sans qu’on connaisse les motifs donc l’article 6 ne peut pas s’appliquer. Jurisprudence constante l’admet mais on peut quand même douter de son bienfondé dans la mesure où la révocabilité ad nutum parait tout de même être de l’essence du mandat. Il existe cependant des exceptions dans le cadre desquelles la révocabilité est limitée. siège du procès équitable. Si elle avait été admise ça aurait été la fin de la libre révocation du mandat. donc sont valables ce qu’on appelle les clauses d’irrévocabilité du mandat. Dans un arrêt de la Chambre sociale 25 octobre 2005 bulletin n°304 la Cour de cassation nous a dit que l’article 6 ne s’appliquait pas parce que cet article pose l’exigence d’un procès équitable. L’article 6 avait été invoqué dans une affaire qui opposait un délégué syndical avec son syndicat. la révocation du mandat n’est pas une sanction disciplinaire. Ce délégué contestait ladite révocation et en appelait à l’article 6 de la CEDH or cet article 6. Le premier avait été révoqué. On voit bien ici que l’invocation de l’article 6 de la CEDH était contraire à l’essence même de la révocation du mandat. extrêmement rarement admis. Arrêt de la Chambre commerciale de 1997 nous a dit l’abus dans la résiliation ne résulte pas de la volonté de nuire. La seconde tentative de limiter cette liberté a été fondée sur l’article 6 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. suppose notamment le respect d’un débat contradictoire. L’ex-mandataire invoquait une faute qu’il a commise et que personne ne lui reprochait pour essayer de verser dans la sanction disciplinaire. Oui mais appliquer l’article 6 à la révocation du mandat c’est remettre en cause la révocation ad nutum qui suppose que la révocation ne doit pas être motivée.

qu’il indemnise le mandataire pour l’avoir révoqué sans faute. Qu’est-ce qu’un mandat d’intérêt commun ? C’est lorsqu’un mandat a été donné dans l’intérêt du mandant et du mandataire nous dit finement la Cour de cassation est finalement on est dans la même situation que s’il y avait eu une clause d’irrévocabilité. ou résiliation judiciaire. il devra motiver cette révocation et prouver qu’il révoque le mandataire parce qu’il a commis une faute. Il ne peut être privé d’indemnisation que dans quelques hypothèses. essentielle sinon va se retrouver lié par des actes que lui-même n’aurait jamais conclu. La révocation d’un mandat d’intérêt commun demeure possible mais elle est encadrée et elle donnera droit et à un préavis (délai d’ordre public) et à des dommages-intérêts pour le mandataire. Il faut en outre. Une clause d’irrévocabilité ne fait pas obstacle à la révocation du mandat par le mandant en revanche elle entraîne des conséquences à savoir que si le mandant veut continuer à révoquer le mandat. mais là encore ça sera au mandant de la prouver comme pour les clauses d’irrévocabilité. Le contrat qui lie aussi les agents commerciaux est également qualifié par la loi de mandat d’intérêt commun. B/ Le mandat d’intérêt commun Création purement prétorienne qui remonte au XIXème. la faute du mandataire. La révocation est donc toujours possible mais finalement par ces clauses la situation est inversée. sauf encore cause légitime (c’est la réorganisation d’un réseau de commercialisation par exemple ou également lorsqu’une entreprise décide de fabriquer un produit qui ne se vend plus ou se vend mal) ou enfin si c’est prévu dans le contrat. On peut penser que 2004 était plutôt impératif. il faut une motivation ou à défaut une indemnisation. bulletin n°40. En cas de mandat d’intérêt commun on ne peut résilier que d’un commun accord. . s’il n’arrive pas à prouver cette faute. Ce qui là encore n’est pas logique de la part de la Cour de cassation. il a été repris plusieurs fois par le législateur. soit pour une cause légitime soit pour une cause prévue dans le contrat. notamment pour les contrats de promotion immobilière. Malgré tout la jurisprudence a admis ces clauses. Première Chambre civile. C’est pour cette raison que la Cour de cassation a précisé que les clauses d’irrévocabilité ne rendaient pas un mandat irrévocable. elle a tenté de sortir du cercle qu’elle avait elle-même créé en limitant la portée de ces clauses. 5 février 2002.est fondée sur la confiance particulière que le mandant doit à chaque instant pouvoir faire à son mandataire. elle a une jurisprudence extrêmement restrictive dans l’interprétation de ces clauses.

jurisprudence constante de la Chambre commerciale depuis 1993 réaffirmée le 20 février 2007. il aurait été préférable de dire qu’il s’agit de développer en commun la clientèle du mandat et c’est donc un intérêt commun économique et non juridique. bulletin n°252. Hypothèse la plus fréquente c’est lorsqu’il y a création et développement d’une clientèle commune. A l’inverse de ce qui concerne la distribution de presse. Quel peut bien être cet intérêt direct ? Ce ne peut pas être la seule rémunération même si c’est une commission (pourcentage de l’affaire). la Cour de cassation a refusé d’admettre la qualification de mandat d’intérêt commun dans les contrats de concession. Il ne peut donc pas y avoir de clientèle commune dans le cadre d’un mandat. contrat . le mandant ne fait ici que se prévaloir du terme contractuel. Chambre commerciale. l’indemnisation est due sauf s’il était expressément prévu qu’il n’y aurait pas indemnisation dans ce cas dans le contrat. très maladroitement dit. Dans le cadre d’un mandat bien évidemment la clientèle appartient au mandant. Il n’y aura pas d’indemnisation non plus lorsqu’il s’agit de ne pas renouveler un mandat à durée déterminée. cette clientèle commune caractérise le mandat d’intérêt commun. l’intérêt commun c’est bien évidemment lorsque le mandataire tire bénéfice de l’opération comme le mandant. C’est d’ailleurs pour cette raison que dans ce cadre là le mandataire bénéficie d’une indemnisation. En jurisprudence. 7 octobre 1997. il ne révoque pas le mandataire. Hypothèse extrêmement résiduelle dans la mesure où droit de l’indivision est extrêmement réglementé par le Code Civil. sinon pas assez restrictif. En l’espèce. La Cour de cassation a eu à préciser que le fait que le distributeur mandataire ne participe pas aux risques financiers de l’entreprise n’est pas un obstacle à la qualification de mandat d’intérêt commun il suffit que le mandataire tire profit de l’entreprise. Deux hypothèses apparaissent en jurisprudence : hypothèse d’un mandat donné à un coindivisaire par les autres pour gérer les biens indivis dans une indivision successorale. Le régime du mandat d’intérêt commun est donc très dérogatoire et il est nécessaire mais très difficile de cerner cette notion.même si la révocation a eu lieu par une cause prévue dans le contrat. Expression très malheureuse parce qu’évidemment juridiquement le mandataire ne peut pas être titulaire d’une clientèle puisqu’il agit au nom et pour le compte du mandant. Cette qualification de mandat d’intérêt commun est très fréquente en jurisprudence dans les contrats de distribution de presse. Il a donc un intérêt direct à ce que la mission soit bien exécutée. il a permis de développer une clientèle qui n’était pas la sienne et donc il ne conserve juridiquement aucun bénéfice à l’issue du mandat.

Or cette raison d’être titulaire de la clientèle peut paraître insatisfaisante puisque le concessionnaire comme le mandataire lorsqu’il n’est plus concessionnaire perd sa clientèle. La question ici posée est de savoir s’il ne serait pas opportun d’étendre la notion d’intérêt commun au-delà du mandat. Il faudrait analyser chaque situation au cas par cas. L’intérêt de cette jurisprudence c’est que même si juridiquement les situations juridiques du concessionnaire et du mandataire sont opposées. leurs situations économiques elles sont très similaires.de concession rompu par le concédant et le concessionnaire invoquait l’intérêt commun en prétendant qu’ils ont développé une clientèle commune. à ce que le distributeur n’a pas droit par principe à indemnisation. Justement ce parallèle entre concessionnaire et mandataire permet de plaider pour que l’on puisse admettre cette extension. par un biais très détourné. notamment le mandataire n’est pas titulaire de la clientèle alors que le concessionnaire est titulaire de la clientèle qu’il développe puisqu’il agit en son nom et pour son compte. admis qu’un franchisé congédié avait droit à indemnisation. certain malaise dans les contrats de distribution. Très récemment. Le concessionnaire achète des produits en son nom et pour son compte et les revend en son nom et pour son compte. . donc en définitive la notion est inutile car on a déjà la jurisprudence de l’abus pour admettre la possibilité d’indemnisation d’un distributeur congédié. situation qui veut qu’une solution soit fondée en droit mais aussi fondée puisse-t-elle paraître juridiquement elle heurte les réalités pratiques et en l’espèce les réalités économiques. trop globalisante. Une partie de la doctrine propose cette extension mais malgré tout cette position ne fait pas l’unanimité car la notion d’intérêt commun est trop vague. C’est pour ça que la question est posée de savoir si l’attitude de la Cour de cassation en 1997 ne relève pas du juridisme. un arrêt inédit a. pourquoi ne pas admettre la notion de contrat d’intérêt commun où bien évidemment le domaine de prédilection serait le contrat de concession. Le contrat de concession ne peut pas être un mandat d’intérêt commun pour la simple et bonne raison que ce n’est pas un mandant. La Cour de cassation refuse cette qualification de mandat d’intérêt commun à raison car ce qui distingue la concession du mandat d’intérêt commun ce n’est pas l’intérêt commun c’est le mandat. c’est-à-dire qu’il faudrait distinguer dans tous les contrats de distribution (quasiment infinis). il ne représente pas le concédant. dès lors il n’a pas droit à une indemnisation en cas de résiliation unilatérale du contrat sauf abus. lorsqu’ils sont rompus. certes les situations sont juridiques sont différentes.

qu’ellle sont utilisé et parviennent au juge. La transaction à longtemps été ignoré des juristes car ignrré des juges. C’est souvent à travers le droit social que l’on voit papraitre la transaction. qui désigne le lieu où l’on va avoir lieule priocès. cad le cout et l’aléa. En transigeant les co-litigant renoncent à ester en justice. s’expliue par l’historique du titre 157me introduit la veille de la publication du code et reprenne les reflesxion de DOMAT. Elle concoure à la paix civile. sans avoir les inconvénients d’une action en justice. Le contrat de transaction 2244 al 1 qui est mauvaise. Pourquoi alors qque l’existencede concession est un éléemnt essentielm de la transaction n’apparaît pas à l’article 2244 cela . Mais la nécessité de concession est revenu vite. D’où l’adage q’une mauvaisetransaction est préférable à un bon procès. Les rédacteurs voyauent avec une grande faveur la transaction. l’objet du contra expique qu’il se troucve à la croisée entre le droit commun et le droit privée de scontrats. alors qu’il n’y avait pas vraiment réfléchi. Ce sont les contrats relatifs aux litiges. mis le seul que l’on étudit ici. on se rend compte que ce contrat existe. Comme la transaction remplace le jugement elle est revetu de la force de chose jugée. que le cour de cass aaffirmé que les conditions réciproquie étatient nécessaire. il disait qu’il pouvait y avoir des transactions sans concession. C’est souvent dans le cadre des licenciements. Cette définition est jugée insatisgaisante car incomplète. On va échapper à tout cela. il permet les parties d’échapper à la justice. Ona un grand inconvénient ion va résoudre un litige à m’l’amiable et donc sans le .Chapitre 2 : le contrat de transaction. Les clauses compromissoires désignant des aribitrares pour réglerdes litiges. elle ene fat nul mention des concession s réciproques qui caractérise la transaction. On lmuo préfèrent la définition contrat parlequel des parties à un lititge née ou a naitre y mettent fin ou le previenne à l’amiable en se faisant des concessions réciproques. C’est à partir de 70 que on a vu l’a voir apparaître en justice. Ce contrat n’est pas le seul à s’intrérresser au reglement des litiges. C’estavant tout une renonciation à exercer une action en justice. c’est en 1883. Cette nouvelle naissance de la transactionets du au travail. Des parties préfèent régler leurs lmitige à l’amiable l’avantage d’un tel contrat n’et pas à démonter. Enfin on considère que c’etsun contrat à privilégié puisqu’il permettait d’assurer la paix civile. Encore plus assuré par l’efficacité. les cluases de attributive de juridiction.

Qualifiaction : c’etsun contrat synallagmatique car porte sur un échange de concession. Hors c’est dans le cadre du licenciement que l’on le voit le plus souvent. De ce fait le régime juridique de la transaction a été infléchi par la chambre sociale et ce gauchissement a pris comme apect une plus grande facilité de contester la transaction. Hors pas logique qu’a porpos de la transactionle contentieux soit abandant. c’etsdéjà une partie faible au contrat à la base et en plus c’est une vicitme. C’est un tire 15ème du livre 3 qui est mal rédigé dans la précipitation. La partie faible au contrat risque d’abandonné des prétentionS qu’elle aurait pu faire valoir devant le juge. Il y a des lois spécial notamment la loi de 85. on ne sait pas la valuer des prestations au moment de la conclusion. Les sources : c’est avant tout le CC 2044 à 2058 du CC. La seconde illustration c’estl’infléchissement pour ne pas dire la gauchissment du régime juridique de latransaction puisque c’est principalement la ch social qui a a jugée du contentieux transactionnelle. C’est un cotrat qui ne dvbrait poas trop prospérait dans le cadre des relationsn déséquilibré. cela accentue le déséquilibre.. Cette onadaptation est révélé par deux manifestation : abondance du contentieux et surtout de la chambre social. il sont consiédérait comme lapidaire et empirique. Cette infléchisement irrédie même lorsque les rapport ne sont pas déséquilibré. En conséquence ce type de contrat pourrait être consiéde=érait come indapaté au relation contractuel non équilibré. on peut penser que le contrat est plus aléatoire. La jupe le traite aussi comme un contrat commutatif. Appréciation de l’erreur plus vaste. ce qui prouvel’inadaption de la transaction au relations déséquilibré. Il etscertain que le contrat de transaction est plus aléatoire. On renon ce a faire valoir sa prétention donc on ne saura jamais qui gange quel prétenetion est la mieux fondé et dans quel mesure. Cela n’a pas d’incidence sur le régime du contrat. qui peut connaître la valeuir repsecxtiuves des des obligation des parties. donc le droit commun etséléborénavant tout patr la ch social. hors puisque c’est lachambre social qui est le plus souvent suivie. C’est à la juopc qu’il estrevenu de pallier les insuffisance du CC. et elle est préoccupé par l’intérêt du salarié. Dans ce cas où on ne sait pas. la transaction estégélement arrivé souvent devnat les tb dans le cadre de ceux qui lie une victime avec une compagnie d’asusrance. on va devoir . un droit qui ne repsecte pas la logique originaire de ce contrat.juglent iompartial d’un tb impartial. dna sla mesure où elle a pour objet d’éviter l’action en justice. Certains disent que le contrat est aléatoire.

la transaction est judiciaire. Il faiut des conession réciprosue indivisible. arrêt ass ple 24 février 2006. Elle a été rappelée à de multiple reprise par la chambre social. A travers cette jupe. on doity noter l’infléchissemtn de la notion de transaction. Le litige peut être à naître mais le droit doit être actuel . Lorsuq ela transactionintervient avant tout procès. le temr n’est pas juridique et englobe beaucoup de chose. hors si on transige sur un jugement apssé en force de chose jugé la prétention est bien fondée. qui n’est pas soumis à la pénalité fiscale. en revanche le droit litigieux doit être actuel. Si le litige aa déjà commencer à faire l’objet d’un procès. elle est un droit reconnu par les juges. La transaction forme un tout indissociable.s’interroger sur l’objet du contrat. Le terme de concession est vague. Pour 1804. Pour faciliter l’application de la décisionde justioce. la cour de cass dans un veille arrêt à interprété l’art 2056 a contrario.. le spartoies peuvent transacter sur une chose jugée. le procès n’est pas entamé le litige est à naître. Souvent les employeur tenté de transigé avant de licencier. On ne peut pas transiger sur un droit futur éventuel. tranaszaxction porte sur un droit douteux. la renonciation à faire valoir . la transaction ne peut intervenir qu’après le licenciement et après transiger la cour de cass le rappel dans un arrêt du 19 mai 96. Là pas de contestation. la transaction ayant pour objet de mettre fin à un litige qui n »e du licenciement elle ne peut intervenir qu’après le licenciement prononcé sous peine de nullité relative. Transaction met fin au litige nait du contrat. Le fait que ces concession soit dites réciproques explique que la transaction soit considéré comme un tout indivisible. la transaction est nul pour défaut d’objet civil 1 3 février 2004. c’est la principale originalité de la transaction : mettre fin à un litige né ou à naitre. il faut d’abord une rupture du contrat pour après avoir une transaction. Mais ça reste un contrat. l’élément essentiel de ce contrat sont les concessions réciproques. est qu’une promersseunilmatérale de vente est soumisse au formalisme fiscal qui estun formalisme ad valitdatem. Il fauit un litige et des concession réciproques. si la partie préfère couper coure par un arragement amiable les difficulté defait que pourrait provoquer l’exécution. Concernant l’objet de la transaction. La promesse échappe car englobé dans une transactions qui ferait un tout indivisible d’une transaction. Concernant la qualification de ce contrat. il permet également de distinguer la transaction d’autre hypothèses et notamment la résiliation conventionnel du contrat : ce qui disitngue c’est l’existence au nom d’un litige il ne peut y avoir transaction que si il y litige sur la rupture du contrat. Quand la résiliation est conventionnelle pas de litige. extra judiciare.

à l’instar de la vente. Ce qui est mooins clair c’est la sanction de cette absece. elle n’ont pas à être équivalent e pour lasimple et bonne raison que l’on ne suara jamais si elels l’étatient car on renonce à la prétention en justice. Dernnière précision csur ces concession. un droit nouveau que l’on fait valoir à l’autre. Comme i lest le mandataire de la procédure il peut transiger sans mandat express. car il est le mandataire des clients pour la procédure. suel le salaréi peut s’ne prévaloir. Les ch civile privilégie la requalification. Cette sanctions a été choisit par la ch social dans un but de cprotection du salarié.. la transaction c’est plus qu’un contrat il va mettre fion à un litige donc ne doit pas donner lieu à un litige post contractuel. pas de concession réciproque pas de transaction c’estune évidence. cha social 13 mai 92. E contrôle du montant n’est pas logique. puisqu’il s’éagit de renoncer àagir en justice.certaine concession. Pour tout acte de dispostion il faiut un mandat spécial art 1988. Alors que cete sanction n’est pas logique. Les condition de fond relative aux parties. ippur faire une trasasction il fait avoitr la capacité a agir sur les objetsde la transaction. Ce sont l’élément essentiel de la transaction. elle est analysé colme un acte de dispoosition. on ne saura jamais la valeuir des prétetninos des parties et donc des concessions. la ch social a admlis que l’on peut annumer si l’une des parties a fait des concessions dérisoires. On voit ici que le régime est infléchi par l’état d’esprit de la ch sociale. Le dol et la violence sont . En recanche s epouvoir n’est pas exigé des avocats. Ch social 18 mai 99 bulletin 223. En matière de pouvoir. un mandataire ne peut transiger si il n’a pas un mandat express. Consentement des parties : il fait aborder les vices du consentement il y a ici soumission au droit commun et règles particulière. on renocne à soumettre un droit à un juge art 2045. c’est la nillité relative. Idem pur la compagnie d’assurance. sauf loi spéciale. . les ch civiles adopte la requalification. Pour la chambre social. Cette incertitudes explique qu’en matière de transaction on reprend la règle que la rescision pour lésion est exclut art 2052 al 2. On a pas a juger de la valeur réciproque des concessions. La transaction doit être le moins contestable possible donc admettre de sanctionner des concessions dérisoires. Formation de la transaction : elle connaît des règles particulière.

L’art nous dit que la transaction est rescindé. d’abord la menace d’agir ne justice. c’est une menace légitime. Il s’agit ici du droit comun des contrats ne matière dfe violence 2 remarque. et erreur sur l’objet de la contestation. parce que la transaction tient lieu de jugement. C’est une règle de droit commun des contrats. qui s’explique par l’infléchissement de la cour de cass sur cette erreur. 2052. En raison de la protection des victimes la cour de cass prend une position laxiste face à cette question : une victime transigea avec l’assureur et il est marquée dans la transaction un . même si fondé sur une erreur de droit. l’erreur de droit pas admisse. Ce qui prouve que l’infléchissement est aujourd’hui le droit commun de la transaction.admis art 1053 al 2. cad remettre en ccause la transaction . à 2058 sauf 2056. Que veut dite erreur sur l’objet de la contestation ? c’est une erreur qui porte sur le ou les droits litigieux. Le code dit que l’on peut rescinder. Il faut qu’elel soit substantielle. Art 2052 al 2 transaction ne peut être annulé pour erreur sur le droit. Ce qui donne lieu au plus gros contentieux. les juges cherchent a protéger la victime contre les compagnies d’assurances. c’etsl’erreur sut l’objet de la contestation. Comment peut on présumer une acceptation d’une erruer sur le sdroit si oon transige sur un droit sur lesuellle on n’a aucune accpetion de risque. en d’autre terme l’erreur sur l’étendendu du droit n’est pas possible. c’est le droit commun qui s’applique. et alors c’est une erreur qui ne peut porter que sr l’existence ou l’objet duc droit litigieux. pourquoi une telle dérogation par rapport au droit commun ? deux explications : idée que les parties ne sauront jamais la valeurs de leurs droit. C’est l’erreur qui a fait l’objet de textes spéciaux. Cette explication a été fragilisé sur la transaction après une action en justice. La seconde remarque c’est à l’occasion d’une transaction que la violence économique a été admisse. la trancsactiona l’autorité de la chose jugée en dernier ressort. La contrainte économique ne concerne pas que la transaction. Dans quelles hypothèses : rapport compagnies d’assurance et victime. hors un jugement ne peut être contester quelques soit les jugement. en matière de transaction l’erreur de droit n’est pas admisse. L’a seconde explication : analogie avec lejugement. cette ingnotrance des parties permet de faire présumerqu’elles ont accepter de présumer qu’elle a fati une erreur sur le droit. a prendre dans le sens générale d’annuler. Hors la cour de cass par des jupe constante sanctionne sous couvert d’erreur de l’objet sanction des erreur sur l’objet du droit. n’est pas considéré comme une violence. mais erreur sur la personne. Il y en a six. DEPARIS. civil 1ère 30 mai 2000. elle on accepté de couriri un reisue. C’etsune illustration de ce que les rédacteurs ne souhaité pas.

il transpose la jupe évoqué dans le cadre d’un cotrat qui n’aait rien de déséquilibré donc c’est le régime infléchi qui devient le droit commun. Et en échange elle reçoit une certaine somme. Ce qui diffère donc normale que la transaction ne puisse pas m’empêcher de faire une transaction complémentaire. Ce raisonnement permettrai de ne pas annuler la première transaction. Mieux fondé et le résdultat serait plus opportun car empêcherai l’annulation de la transaction.objet très générale. celui-ci est fondé sur l’idée que la transaction remplace un jugement. application d’une loi dont vous n’aviez pas demandé l’application avant donc pas d’application dans la transaction. Les conditions de fond relative au contrat Question délicate en matière de d’ordre public en matière de transaction. 1ère civil. surface dans le contrat supérieur à la réelle. Donc emprise de l’ordre public doit êtremoindre car permet éviter masaisine du juge. ocn il agit en justice pour demander une baisse du prix. La cour de cass ne devrait pas annuler pour erreur sur la’objet de la contestation. Le raisonnement juridique est contestable. pour tout les préjudices présent et à venir subit à la suite de l’incident. Face à des rédactions aussi larges peut-on demander une indemnisation complémentaire si après la transaction survenait des préjudices nouveaux et imprévisibles ? la cour de cass répond oui constamment ca considère qu’il ya eu erreur sur l‘objet de la contestation. vente immobilièree. 22 mai 2008. Un arrêt récent illustre. Cour d’appel donne raison à l’acheteur donc vendeur se pouvoir ne cass. Ultérieurement il recalcule en application de la loi CARRE et elle est encore moindre. Il donne 2 arguements :<c’et une erreur sur l’étendu et non pas l’objet et autre argument c’et une erreur de droit. Mais cela pose des questions de frontière. le demandeeur lui oppose la transaction du prix. Il faut distinguer l’odre . Le jugement ne s’impose au partie que sur ce qu’elle a jugée. la transaction est un contrat donc soumis à l’article 6. Alors que c’est une erreur sur l’étendue de l’indemnisation. donc la transaction doit respecter les lois qui interresse l’ordrepublic mais la transaction trempli l’intarêt de regmement des litiges. car il y a un autre raisonnement possible.. qu’elle serait la positionde la victime si au lieu de transiger elle avait saisie le juge et demander une indemnisation complémentaire. Elle doit y être moins soumisse. la réponse est oui car un jugement est revêtu de l’autorité relative de la chose jugeée . et donc en garder les bénéfices. Malgrès cela le pourvoi est rejeté dans un attendu « l’erreur ainsi caractérisé fut-elle de droit est une erreur sur l’objet de al contestation.

qu’il soit acquis au moment où il renonce. on pêut y transiger après l’acquisition. transigé c’est un droit encore faut-il que le droit soit disponible. docn ici c’est déauit d’objet non défaut. mais jupe a toujours considéré que ce n’étais pas exigé. d’après lajupc on peut reoncer à un droit public a condition qu’il soit rentere dans la patrimoin. §2 les conditions de formes Art 2044 al 2. un jugement suppose que le droit soit née et actuel. Il est normal qu’il ne s’impose pas à la transaction car se sont des intérêts privés. C’est logique ca la volonté individuelle n’a aucune prise sur les actes nul de nullité absolu. ele est nul pour défaut d’objet puisqu’une transaction comme un litige. L’ordre public de direction s’impose à al transaction. Civil 1ère 10 octobre 95. La question demeure pourquoi ce principe doit l’emporter sur le consensualisme. Le législateur encourage cela . La transaction a de plus en plus de succès en matière pénale. C’est pour cette raison que cette possiblité de renoncer à un droit publicde protection est toujours possibnlemeême dans les relations npn églaes. c’est ainsi que l’on explique que les transaction pqui permtte de renoncer à l’avance sont annulé. en principe ordre public de direction fait plus obstacle. L’autre est plus suscpetible de faire échec au transaction. s’explique car la transaction a entre les parties l’autorité . docn ne peut proter sur un droit futur. bulletin 360. C’est cela que l’on conteste. car on n’a pas de prestation compensatoire avant le prononcé du divorce.une transaction ne peut pas avoir pour objet de sauver une acte nul de nullité absolu. Le contrat doit être rédigé par écrit. Dans cett hypothèse ordr epuvlic n’est pas convernai. On peut raisonner en disant qu’eune transaction remplace un jugement. on ne peut y renoncer par avance. L’intérêt à agir en justuce suppose que l’in ai un droit acquis. On n eput transiger que sur des droits né et actuel. La cour de cass a déjà décidé que pour modifier une transaction on doit respecter les normes adopté pour la conclure la transaction. L’explication de la cour de cass en 95. On ne peut transiger sur le divorce qu’après son pronocer par le juge.l’intérêt à agir ne peut être saisi que dans un droit à faire valoir.public de direction et de protection pour l’ordre puvlic de protection : transiger c’est renoncer à ester en justice la jupc qui concerne la renonciation au droit est ici transopiosé à la transavction. C’et une acte contractuel. Elle considère aussi que c’et une exigence probatoire. L’ordre public de protectiono pas contraignatn pour les tansactions.

de la preuve. Seul les droits de la rupture du travail sont sconcer. Par la transaction tout action en justice qui a pour fondement l’objet de la atransaction. La transaction ne eput être contesté par un recours juridictionnel. si la transaction intervient alors q’un juge a été saisie alors le juge doit se dessaisir. si la transaction intervient en cour d’instance . Si transaction conclut avant tout action en jstice. Le fondementvéritalbe de cette uupc c’et qu’il est impossiblme de transiger sur des créances futures. Il ya unpmricnpe d’uinterprét&aion stricte des transactions. A l’inverse la transaction étatn un contrat elle peut être contesté pour les causes traditionnelles du contrat. Le principe de l’interprét-ion stricte . Elle a l’autorité de la chose jugée. Ce princpe a été utilisé par la jupe face à des transactions qui portent sur des créances passées ou futur. Alors celui qui s’en prévaut va soulever uen exception de recevabilité. La transaction a en tre les parties l’autorité de la chose jugée en dernier ressortcar elle produit le même effet qu’un jugement. L’art 2049 in fine dit que l’on peut faire rentrer dans l’objet de la transactin tout ce que lo’n y reconnaît. Prévoit aucune exception la cour de cass applique ne définitive le droit commun de la preuve. L’article 2051 du CC fait uune illustration de cela. Il ya toujours à garder à l’esprti qu’lee est là pout étéeindre un litige. En revanche les co obligés eux peuvent . Il est alors plus exigent que le droit commun. Un telle jupe est justifiée mpais on purrait s’appuyer sur un argument plus solide. la transaction al e même effet mais il y a des limites. C’est la forme probatoire. Bien évidement dette précisioon qui semble évidente intéresse la position des ASSEDIC qui ne peut être transigé. Les art 2049 et 2048 pose le principe d’interprétion stricte des contrats de transaction. à partir du moment où l’effet de la transaction est puissant essentiel de déterminer avec préciison l’objet de la transaction. Qui en l’espèce s’ajoute à l’effet relatif des conventions. la transaction qui fiat suite à un licenciement ne peut porter que sur les conséquence sdu licenciement et sur les indemnités. Section 2 : les effets de la transaction. Exigence de l’écrit est fat à titre probatoire. Effet extinctif Article 2052 alinéa 1er.de la chose jugée ne dernier ressort. Le prbl c’est posé de l’interprétion des de collitigents. Peut entrainer la nullité A l’égard des tiers.

Cette professionnalisation du dépôt a pu être effectuée malgré l’article 1917 qui nous dit que le dépôt est un contrat essentiellement .invoquer la transaction. dans la mesure où on a transigé c’estque les droits étaient douteux. 3 nuances : d’une part. il faut avoir conscience qu’ilk est artificiuelle. on peut dans le cadre de transaction créer de nouveau droit et de nouvelle obligation. Cela a une incidence lorsque la transaction a pour objet la propriété d’un bien. Titre 3 : Le dépôt Article 1915 : la définition par le Code civil du dépôt est excellente. ce qui explique qu’en général aujourd’hui le dépôt soit « salarié » . On va ditinguer ldelalnovation qui a un effetextincitf dmais créateur. Essentiel de les distinguer notamment en matière de sureté. Ce qui explique aussi l’effet rétroactif de la transaction. Deuxième nuance : malgrès cette effet déclaratif. l’effet déclaratif pas exclussif de tout effet constitutif. Effet déclaratif. 28 mars 2006. En matière de transaction le droit fiscal ne reocnnait oas l’effet déclaratifde la transaction et considère qu’il y tranfert de roit et transfert de droit apparent. §2 effet déclaratif de la transaction La transaction remplace le jugement. Troisième nuance : comme il est assez fréquent ce n’est pas l’analyse du droit fiscal. Le jugement a un effet déclaratif. bulletin 85. Proposer de transiger n’est pas analyserne jupe comme la reconnaissance des droites de la partie adverse. Pour le droit fiscal a un effet constitutif et donc le paiement de droit. il ne fait que les constater. il fait partie des petits contrats de 1804. comm. c’est le terme utilisé par le Code civil qui est extrêmement maladroit : dépôt salarié = dépôt rémunéré. Le dépôt comme le mandat le prêt ou la transaction fait partie des petits contrats et comme tous les autres petits contrats il se professionnalise aujourd’hui. A l’instar des autres contrats.le litigeant qui abandonne la propriété n’est tenu d’aucune obligatioon. Finalement la propriété reviendra à un dees co litigieant. le fait de la présenter comme reconnaître des droits préexistant c’etsunraccourci car on ne sait pas si les droits n’était pas douteux. Souvent la transaction est l’occasion d’une nouvelle base contractuelle. à cauise de la notion vague de concession. on considère qu’il n’y a pas eu transfert de propriété. onéreux. Le tout forme un ensemble indivisible.

En matière de qualification.gratuit (article rédigé dans les mêmes termes que l’article 1875 pour le prêt à usage) . mandat. ce qui n’est pas le cas . Le dépôt est présumé onéreux lorsque le mandataire est un professionnel. Or pour le dépôt l’obligation de garde est l’obligation principale et avec l’obligation de restitution cela peut être la seule obligation. Ce contrat a fait l’objet du même phénomène de spécialisation que les autres. à la différence près que le Code civil dès 1804 prévoyait quatre dépôts différents : le dépôt volontaire (qui est le dépôt de droit commun). hôtelier et séquestre. il faut distinguer le dépôt d’autres contrats qui peuvent lui être proche : comment distinguer le dépôt du prêt ? Ce qui distingue le dépôt du prêt c’est que le dépositaire article 1930 n’a pas le droit sauf exception d’utiliser le bien. Il peut être rémunéré mais en 1804 le dépôt était présumé gratuit : article 1928 2° du Code qui prévoyait dès 1804 que le dépositaire pouvait recevoir un salaire. en 1804 on considérait que le dépôt était conclu dans l’intérêt exclusif du déposant. Ce qui caractérise le dépôt sinon c’est l’obligation de garde : c’est l’obligation essentielle du dépôt. Ce sera donc toujours une responsabilité pour faute présumée. le dépôt nécessaire. Mais le dépôt quant à lui peut être rémunéré. Il peut même être considéré comme conclu dans l’intérêt seul du dépositaire lorsqu’on lui remet la chose à titre de garantie de dépôt. De même. Les questions de qualification sont compliquées par la pratique contractuelles : deux exemples en témoignent : le contrat de coffre-fort n’a pas été qualifié par la Cour de cassation de contrat de bail car le bail est caractérisé par le fait que le locataire a une certaine maîtrise du bien. d’où d’ailleurs une révocation ad nutum du dépôt comme en matière de mandat. En terme de juridique c’est la même chose que l’obligation de conservation : il pèse sur le dépositaire également une obligation de résultat atténuée. Le prêt à usage est gratuit dans son essence. Aujourd’hui on considère que lorsque le dépôt est rémunéré il est conclu dans l’intérêt des deux parties. L’intensité de l’obligation n’est pas différente. s’il n’est pas gratuit c’est du bail. d’ailleurs la notion de dépôt d’intérêt commun. le dépôt d’intérêt commun est admis dès que le dépositaire est rémunéré (or pour qu’un mandat soit d’intérêt commun il ne suffit pas que le mandataire soit rémunéré) . entreprise… Mais dans ces différents contrats l’obligation de conservation n’est qu’un accessoire du contrat. ce qui le distingue d’autres contrats qui sont pourtant eux aussi marqués par ce qu’on appelle l’obligation de conservation : bail. Ajouter à cela le dépôt hospitalier et le dépôt irrégulier qui porte sur ds biens fongibles. 1917 a voulu dire que le dépôt était présumé gratuit. ce n’est pas l’obligation principale.

ce qui ne veut pas dire que la réfaction judiciaire du prix ne serait pas admise si l’on posait la question à un juge. Le dépôt peut porter sur des biens fongibles : l’archétype du dépôt portant sur des biens fongibles est le contrat de compte courant. madame Lardeux ne sait pas pourquoi. dans un contrat de coffre-fort. Le dépôt ne peut porter sur des personnes. c’est extrêmement choquant. On aurait alors pu penser que le coffre-fort était un contrat de dépôt.. Les effets du dépôt : L’obligation de garde est comme toutes les obligations de conservation une obligation de résultat atténué. on n’a pas de jurisprudence sur la réfaction judiciaire du prix. Il est alors qualifié de dépôt irrégulier. Le prix : Il peut ne pas être déterminé ni déterminable. La question s’est également posée de savoir si on était en présence d’un dépôt ou d’un bail pour le contrat de stationnement : il faut pour cela se référer aux stipulations contractuelles. la banque ignore tout et doit ignorer tout de ce qu’il y a dans le coffre-fort : il n’y a donc pas remise matérielle du bien à la banque donc pas formation de contrat de dépôt. L’obligation de surveillance qui pèse sur la banque semble donc très proche pour ne pas dire identique de l’obligation de garde du dépositaire (Le compte courant est un contrat de dépôt) . obligation . La Cour de cassation a malgré tout rejeté la qualification de dépôt car l’article 1919 du Code civil nous dit que le dépôt est un contrat réel. A l’obligation de garde est associée comme en matière de bail l’obligation de restitution. Or. Le contrat de coffre-fort est donc un contrat sui generis. la Cour de cassation considère qu’il n’y a pas eu de remise matérielle du bien à la banque. Si les parties n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le prix après l’exécution du contrat c’est le juge qui le fixera. L’objet du dépôt : article 1918 : il ne peut porter que sur des choses mobilières. Pour Madame Lardeux si la question se posait il faudrait l’admettre. la qualification était assez tentante puisque la banque dans ce cas a pour obligation de garder ces valeurs. Ceci a été précisé simplement parce qu’un arrêt de 1992 a choqué la doctrine : la qualification de dépôt a été retenue pour un cadavre. On va regarder si une obligation de garde a été stipulée comme obligation essentielle du contrat : si c’est le cas ce sera un contrat de dépôt.dans le cadre du coffre-fort. sinon ce sera un bail mobilier. ce qui exclut les immeubles : un contrat de gardiennage d’immeuble est un contrat d’entreprise. La Cour de cassation ne peut donc pas consensualiser le dépôt. Cela qualifiait un être humain mort de bien. En revanche.

et ce même si le dépôt est conclu à durée déterminée. Le dépositaire doit restituer la chose au déposant. La remise volontaire du bien éteint le droit de rétention.de résultat atténuée. c’est une différence avec le mandat. année 08/09 . Ultime précision : l’article 1948 du Code civil accorde au dépositaire un droit de rétention sur le bien pour toutes les sommes énoncées à l’article 1947 que le déposant pourrait lui devoir : ce droit de rétention a été qualifié de droit réel par la Cour de cassation. qualification très importante dans la mesure où il est donc opposable à tous et même au véritable propriétaire. des parallèles peuvent être faits avec le prêt à usage et le mandat : le régime juridique est similaire à celui du mandat : article 1944 du Code : la restitution doit se faire ad nutum ( = à première demande du déposant) le déposant réclame. même si cela est différent aujourd’hui. mais il pourra faire l’objet d’une indemnisation. Les clauses de dépôt par contre qui feraient obstacle à la révocabilité ad nutum y font effectivement obstacle. Concernant le moment de la restitution. le dépositaire doit restituer. Cela s’explique par le fait que pour les rédacteurs du Code civil le contrat de dépôt est conclu dans l’intérêt exclusif du déposant. Lorsque le dépôt est conclu dans l’intérêt commun. La résolution devant se faire in specie comme pour le prêt à usage : article 1932 alinéa premier. au déposant donc mais pas forcément au propriétaire. Le dépôt de la chose d’autrui est valable pour la Cour de cassation. Pour caractériser l‘intérêt commun il suffit que le dépôt soit rémunéré. Le dépositaire lorsqu’il restitue n’a donc pas à demander au déposant de prouver qu’il est le propriétaire. cours de Mme Lardeux. L3 à Aix. il ne fait pas comme le mandat d’intérêt commun opposition à la restitution ad nutum.

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