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événement

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• Revue du Casino-Théâtre

Un peu trop fine pour Eric S.
Sous ses airs de music-hall, la grand-messe comique annuelle à laquelle les Genevois tiennent depuis si longtemps, la Revue du Casino-Théâtre, n’est pas si innocente qu’on pourrait le croire. Elle a par exemple su rentabiliser le principal concurrent de ceux qui veulent faire rire avec la politique: Eric Stauffer est à la fois présent et absent de la «R’vue», cette année. Il éructe depuis la salle. Quant à l’inévitable curé pédophile, il a cette fois de la compagnie: une femme pasteur niaise, un rabbin qui se cogne contre le Mur et un imam alcoolique.

Liliane Bettencourt requiert les conseils d'un banquier de l'UBS.

BONNEFOy

P

hilippe Cohen et Gaspard Boesch sont beaucoup moins portés sur la chose que Pierre Naftule. Voilà ce qu’on peut supposer au bout de deux éditions fort dépourvues de seins nus de la célèbre Revue, privée aussi de son premier «e», mais non d’une certaine poésie, d’un onirisme assumé, ni de références culturelles et cinématographiques assez fines. Certains tableaux font davantage frissonner qu’éclater de rire, réfléchir que fantasmer. La parodie de «La vie est belle», avec un père visitant les chantiers de Genève en compagnie de son fils à qui il n’ose avouer les vilenies locales, ou la série de pastiches de Brel évoquant la scène de la drogue, sont de petits chefs-d’œuvre de sensibilité.

Liliane Bettencourt sur tous les fronts
Le personnage introductif joué par Philippe Cohen, un extra-terrestre, ne ressemble ni à Alf, ni aux Envahisseurs. On dirait plutôt un Candide au rythme digne de Louis de Funès, mais doté de tous les artifices intelligents de la vidéo et des images synthétiques actuelles. On voit des iPad, des écrans, des caméras et du Bluebox (procédé

permettant à tout objet ou personnage revêtu de bleu de disparaître de l’écran) partout, et on y prend goût. Et puis, la satire n’est pas oubliée. Sandrine Salerno, nunuche à souhait, se fait dépouiller par des Roms au cours de son discours sur l’accueil des étrangers. Liliane Bettencourt, conseillée par l’UBS, est parfaite. Michel Chevrolet, Pierre Maudet, Michèle Künzler ou Pierre-François Unger sont drôles, parfois insuffisamment exploités. L’équipe de France de football est aussi pathétique qu’au naturel. Après avoir joué successivement, alternant avec la mise en scène, les compères Cohen et Boesch fouleront-ils ensemble les planches l’an prochain? Une dose de politique et de vitriol supplémentaire corsera-t-elle le cocktail? Et comme dirait Stauffer, y ajoutera-t-on un peu de fesse? Réponse l’an prochain. Entre-temps, ne manquez pas cette édition esthétique, harmonieuse et efficace. n Vincent Naville
La R’vue, au Casino-Théâtre (42, rue de Carouge, Genève). Mardi, mercredi, vendredi et samedi à 20 h 30, jeudi à 19 h, dimanche à 17 h. Location: Migros et Ville de Genève. Renseignements: www.larvue.ch.

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