déchets solides municipaux

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FORMATION INITIALE, 2
ème
Année
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Année académique 2005 – 2006























Par Joseph WETHE
Expert, Eau et Environnement
COURS D'ASSAINISSEMENT
Volet 1 : Déchets solides municipaux
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OBJECTIF GENERAL DU COURS
L’objectif général de ce cours revêt trois aspects fondamentaux :
• permettre aux étudiants de mieux cerner tous les aspects liés à l’assainissement d’un
établissement humain donné ;
• les amener à pouvoir concevoir les ouvrages d’assainissement adaptés à un contexte donné ;
• et leur donner les outils nécessaires pour assurer une meilleure mise en œuvre des systèmes
d’assainissement choisis.


PLAN PROVISOIRE DE LA PREMIERE PARTIE :
L’ASSAINISSEMENT DES ORDURES MENAGERES
1. Généralités sur les déchets solides municipaux
2. Classification et composition des déchets solides urbains
3. Paramètres physico-chimiques des déchets solides urbains
4. Le cheminement global des ordures ménagères dans une ville donnée (la précollecte, la collecte,
la valorisation et le traitement)
5. Dimensionnement du matériel de précollecte et de collecte
6. Dimensionnement d’une décharge contrôlée
7. Principes de gestion des déchets solides municipaux.
8. Aspects financiers et économiques de la gestion des déchets solides municipaux.

CONTENU DU COURS Cours, TD & TP.
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Problématique de l’assainissement en Afrique

Le phénomène d’urbanisation en africain :
1. une croissance urbaine spectaculaire, proche du double de la moyenne mondiale ;
2. doublement quasi décennal de la population et de l’espace urbain ;
3. non maîtrise du développement des villes : multiplicité des tissus urbains avec cependant
prolifération des quartiers pauvres et illégaux ;
4. inadaptation des dispositifs juridiques et insuffisance de moyens matériels, humains et financiers
affectés au service d’assainissement,
5. incohérence des systèmes existants et faible taux de couverture du service d’assainissement
La Typologie urbaine des villes africaines :
Une typologie urbaine à deux vitesses depuis l’époque coloniale :
1. la ville spontanée (bidonvilles, quartiers à habitat spontané, quartier pauvre), consécutive à une
occupation anarchique de l’espace née des difficultés d’obtention des titres fonciers et d’accès
aux parcelles viabilisées, coûteuses pour les ménages pauvres ;
2. la ville planifiée et/ou administrée, anciens fiefs de la colonisation, quartiers résidentiels de haut
et de moyen standing, nouveaux centres administratifs et commerciaux avec immeubles à grande
hauteur et une trame de voirie urbaine bien fournie.

I/- GENERALITES SUR LES DECHETS SOLIDES MUNICIPAUX

I.1/- Définitions
Les déchets solides municipaux sont les résidus issus de la consommation ou des services qui ne
sont plus d’utilité dans nos activités socio-économiques et culturelles. Ce sont des éléments de
faibles dimensions que l’on peut rassembler dans des récipients faciles à manipuler en vue de leur
enlèvement régulier à l’aide de véhicules ordinaires.
Les déchets solides municipaux comprennent : les ordures ménagères (provenant des foyers : restes
de cuisines, papiers et verres usagers, vieux métaux et textiles, etc.), les déchets de marchés et
d’abattoirs, les déchets provenant des hôpitaux, de l’artisanat et de l’industrie, assimilables aux
SENERALITES SUR L'ASSAINISSEMENT
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ordures ménagères, les déchets encombrants (encore appelés « monstres »), les déchets « inertes »
provenant de la démolition ou de la rénovation (gravats, bois, briques, tuiles) et les déchets
toxiques et les déchets radioactifs (par eux-mêmes ou alors contenant des éléments radioactifs).

I.2/- Classification et composition des déchets solides urbains
La composition des déchets solides urbains est généralement exprimée en pourcentage (%) de
poids. Elle varie d’un contexte à un autre. Le choix des différentes classes caractéristiques des
déchets dépend essentiellement des objectifs recherchés. Cependant, il existe dans la littérature
deux principales modes de classification des déchets solides municipaux :
1. Le premier mode propose les grandes classes d’ordures ménagères qui sont les suivantes :
• fines (φ < 20mm) • matière plastique/caoutchouc • matière organique (MO),
• papier ou le carton • verre/porcelaine/faïence • débris combustibles non classés (bois),
• chiffons • métaux/alliages (aluminium/fer, etc.) • débris non combustibles (gravats).
2. Le second mode de classification est basé sur le comportement des déchets et leurs effets sur
l’environnement lorsqu’ils sont abandonnés à eux-mêmes. Il permet de distinguer :
• les déchets inertes (fins ou encombrants) : gravats, carcasses de véhicules, verres et plastiques.
• les combustibles : papiers, textiles, bois, et plastiques, etc.
• les déchets biodégradables : matières organiques d’origine animale ou végétale.
• les déchets toxiques ou radioactifs issus des industries électrochimiques, des hôpitaux, etc.
Tableau : Exemple de composition (en 4 classes) des ordures ménagères dans certaines villes.
[GILET, 85], [ENDA, 90], [RAJAOMANANA, 96], [THUY, 98], [NGNIKAM et al, 98].
Villes Fraction
fermentescible
Fraction
inerte
Fraction
combustible
Autres Total
Moyenne de 14 villes algériennes 77.3% 5.4% 15.7% 1.6% 100.0%
Antananarivo (Madagascar) 15.0 5.9% 11.4% 67.7% 100.0%
Douala (Cameroun) 78.7% 9.0% 11.0% 1.3% 100.0%
Garoua (Cameroun) 42.8% 3.6% 11.2% 41.9% 100.0%
Dakar (Sénégal) 41.0% 5.0% 19.0% 26.0% 100.0%
France 25.0% 18.0% 42.0% 15.0% 100.0%
Bamako (Mali) 35.0% 4.5% 19.5% 41.0% 100.0%
En résumé, les déchets varient en valeur absolue, en qualité comme en quantité selon la localisation
géographique, les aspects socio-économiques de la source de production.

I.3/- Paramètres physico-chimiques des déchets solides
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Ce sont des paramètres caractéristiques des déchets solides urbains pouvant influencer le choix
d’une filière de gestion dans un contexte donné. Les principaux paramètres physico-chimiques des
déchets solides urbains sont :
• la densité (densité en poubelle) : elle représente la masse des déchets solides rapportée au
volume qu’ils occupent. Sa connaissance est essentielle pour le choix d’une part, du type de
matériel de précollecte et de collecte et d’autre part, du type de traitement à préconiser. La
valeur de la densité des déchets n’aura de sens que si l’on définit les conditions dans lesquelles
elle a été déterminée. La densité en poubelle peut en effet varier fortement en fonction du
matériel de précollecte et de collecte : pour les sacs ou les seaux « poubelle », elle varie de 0,20
à 0,30 ; dans les bennes basculantes et les tracteurs agricoles, elle oscille entre 0,30 et 0,40 ;
dans les bennes tasseuses, sa valeur va de 0,45 à 0,55. La densité en poubelle varie également
en fonction du type de tissus : elle décroît des quartiers pauvres (bidonvilles) aux quartiers de
haut standing dans une même ville. La densité en poubelle varie enfin en fonction des saisons
climatiques ou agricoles : elle est élevé en saison pluvieuse et relativement moins en saison
sèche.
• le taux d’humidité : il représente le pourcentage en poids de l’eau contenue dans une masse de
déchets solides « frais », stockés à l’abri des intempéries et collectés dans un délai raisonnable.
Le taux d’humidité est variable suivant la nature du déchet (importance relative des matières
organiques), le lieu de production (type de tissus urbains), les saisons et les conditions sociales
du producteur. Il a une influence majeure sur le pouvoir calorifique des déchets et permet en
outre d’apprécier l’aptitude de ceux-ci au compostage : ainsi, pour un taux d’humidité compris
entre 50% et 70%, le compostage est possible. En milieu tropical, ce taux oscille autour de 65%
avec un minimum de 50% en saison sèche. [GILLET, 85], [NGNIKAM et al, 98].
• le rapport Carbone/Azote (C/N) : ce paramètre permet d’apprécier l’aptitude des déchets
solides à la biodégradation. Il garantit en quelque sorte la qualité du compost produit. C’est
ainsi qu’un compost est dit « valable » si les ordures ménagères de départ ont un rapport
C/N<35 ; dans ce cas, le rapport C/N du compost obtenu serait sensiblement compris entre 18 et
20. On parle aussi de la « fermentescibilité » du produit pour définir le rapport de la masse
organique (MO) sur azote organique (N). Dans ce cas, un compost sera « mûr » si MO/N est
suffisamment faible pour que les cultures ne subissent pas un effet dépressif appelé « fin
d’azote ». Si MO/N>60, alors le produit est encore frais ; si 50<MO/N<60, le produit est mi-
mûr ; si par contre MO/N<50 le produit est mûr. [HEBETTE, 96], pp.118.
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• le pouvoir calorifique inférieur (PCI) ou supérieur (PCS) d’un combustible : il mesure la
quantité de chaleur dégagée par la combustion complète de l’unité de masse de ce combustible à
une température et une pression de référence donnée. Le PCS prend en compte la chaleur de
vaporisation de l’eau contenue dans les ordures lors de la combustion. Le PCI est défini en
supposant que toute l’eau du combustible de combustion est sous forme vapeur au stade final.
Dans la pratique, on considère en général le PCI dans le cadre des études sur les ordures
ménagères. Sa détermination permet d’envisager la possibilité d’une éventuelle incinération des
déchets solides étudiés.
La relation qui existe entre PCI et PCS est la suivante :
PCI
h
= PCI des ordures humides (en kcal)
PCI
s
= PCS des ordures sèches (0 degré d'humidité) (en kcal)
ω = taux d'humidité des déchets solides considérés
La valeur du PCIs s'obtient par calcul en prenant comme référence le PCS des différentes
substances contenues dans les ordures ménagères
Tableau : PCI de quelques éléments contenus dans les déchets solides municipaux. [NGNIKAM, 00],
[GILLET, 85], [LPSS, 91]
Substance PCI (kcal/kg) Substance PCI (kcal/kg)
Plastique 7 500 - 11 000th
Papier/carton
4 200 - 5 200th
tissus 4 200 matière organique sèche 4 000

II/- CARACTERISATION ET EVALUATION DE LA PRODUCTION DES DECHETS SOLIDES
MUNICIPAUX
La typologie urbaine des villes africaines est composée de deux grands ensembles. Le premier,
encore appelé ville spontanée, est le plus important en terme d’espace occupé et de population
concernée. Il représente les formes d’installations spontanées (bidonvilles, quartiers à habitat spontané,
quartiers pauvres), nées de suite d’une occupation anarchique de l’espace, des difficultés d’obtention
des titres fonciers et d’accès aux parcelles viabilisées coûteuses pour les ménages pauvres. Le
second, encore appelé ville planifiée et/ou administrée, regroupe les anciens fiefs de la colonisation,
les quartiers résidentiels de haut et de moyen standing, les nouveaux centres administratifs et
commerciaux avec immeubles à grande hauteur et une trame de voirie urbaine bien fournie. La
connaissance des caractéristiques des tissus urbains dans une ville donnée est importante lorsqu’on
envisage de mener des études sur les déchets solides en particulier

II.1/- Classification des déchets municipaux
PCI
h
= PCI
s
(________) - 5,835ω ωω ω
100- ω ωω ω
ω ωω ω
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Les déchets solides municipaux sont extrêmement hétérogènes. Ainsi, pour mener à bien une
campagne de caractérisation de ceux-ci, il est fortement recommandé de disposer d’un échantillon,
aussi représentatif que possible, de l’ensemble des ordures ménagères de la zone à étudier. La
représentativité d’un échantillon d’ordures ménagères se mesure sous trois dimensions, à savoir :
• la dimension spatiale qui est fonction de typologie urbaine existante ;
• la dimension temporelle, qui fait intervenir ici l’influence des saisons climatiques (sèche ou
pluvieuse) et des saisons agricoles (périodes et types de récoltes, etc.) ;
• la dimension spécifique, qui prend en compte le paramètre que l’on veut estimer dans le tas
d’ordures ménagères.
Il est donc important de prendre en compte, simultanément, ces trois aspects dans la détermination
des caractéristiques propres des ordures ménagères à étudier.
Il existe plusieurs techniques d’échantillonnage des déchets solides municipaux parmi lesquelles la
Méthode de Caractérisation des Ordures Ménagères (MODECOM) développée par l’Agence
française pour le Développement et la Maîtrise de l’Energie (ADEME). Ces techniques sont
cependant difficilement applicables dans le contexte africain en raison de la multiplicité des tissus
urbains dans les villes, l’irrégularité voire l’inexistence de la collecte et le faible taux de couverture
du service de ramassage des ordures ménagères qui font que l’échantillon qui sera prélevé risque de
ne pas être assez représentatif de l’ensemble des déchets produits. Une des démarches adaptées serait
la suivante :
1- la stratification de la localité considérée en zones homogènes d’occupation du sol et d’habitat ;
pour cela, l’aire de prélèvement des échantillons devra être découpée et aménagée en tenant
compte de tous les types de tissus urbains rencontrés ;
2- la constitution de l’échantillon représentatif : le quartage, le prélèvement des échantillons
primaires et secondaires à étudier, la pesée des échantillons dans un volume de récipient donné
et la mesure directe de la densité en poubelle,
3- le tri manuel des déchets des échantillons selon les catégories adoptées, sur tamis de maille
égale à 20mm, la pesée de chaque composante principale et le calcul des pourcentages en poids
de chacune d’elle ;
4- le prélèvement d’échantillons pour les analyses ultérieures en laboratoire de certains paramètres
(taux d’humidité, PCI, C/N, etc.) ;
La stratification a pour but d’identifier et de définir d’une part, les activités socio-économiques
structurantes de la localité considérée et d’autre part, l’ensemble des tissus urbains existant dans
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cette localité. Elle se fait à partir de la photographie aérienne actualisée de cette localité, complétée
le cas échéant par des descentes de vérifications sur le terrain. C’est en fonction du poids de chaque
type de tissus identifiés que l’on déterminera la base de sondage et le pourcentage de prélèvements
d’échantillons par type.
La constitution de l’échantillon représentatif est une étape importante de la classification des
déchets solides. Compte tenu de l’extrême variabilité des déchets solides municipaux et de la
complexité des types de tissus rencontrés, il est important de connaître la quantité optimale
d’ordures ménagères qui doit être prélevées dans une zone homogène donnée. Pour connaître ce
poids optimum, il faut déterminer :
1. le poids des prélèvements élémentaires (Pe) à effectuer ; en général, ce poids varie entre 100 et
150 kg par zone homogène.
2. le nombre (N) de prélèvements élémentaires à faire ; pour cela, il faut tenir compte du coût ou
du budget alloué à la campagne d’échantillonnage.
3. la base de sondage, qui est fonction du poids de chaque strate identifiée, du poids et du nombre
des prélèvements estimés.
Dans une strate donnée, la prise de l’échantillon primaire ou de l’échantillon secondaire peut se
faire par prélèvement directe dans les conteneurs d’ordures ménagères fraîches ou par des sacs
poubelles remises aux producteurs la veille de l’opération. La collecte des échantillons ou des sacs
poubelles s’effectue par strate selon un itinéraire bien défini à l’avance. Pour chaque strate, il est
important de collecter une quantité suffisante de déchets : une moyenne de deux tonnes par strate
est conseillée pour constituer l’échantillon primaire. Le contenu du camion est déversé dans l’aire
des opérations et la prise des échantillons secondaires peut se faire soit par la méthode
d’échantillonnage par partage, soit par la méthode des « quarts ».
La première méthode consiste à subdiviser l’échantillon primaire en un certain nombre de fractions
de masses voisines et de propriétés similaires (échantillons jumeaux) et à sélectionner par la suite un
ou plusieurs échantillons réels par tirage au sort après partage.
La méthode par quartage consiste à subdiviser l’échantillon primaire, préalablement homogénéisé,
en quatre parties sensiblement égales et à retenir un quart après tirage au sort. Cette opération doit
être répétée une fois de plus pour obtenir l’échantillon secondaire final devant faire l’objet de tri
manuel. La figure ci-dessous schématise la méthode des quarts.


Etape 1 : Etaler les déchets sur une surface dégagée
et diviser le tas en quatre portions égales
EXEMPLE


• Masse de l’échantillon
primaire = 20 kg





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Figure 1 : Processus de prélèvement d’échantillonnage par la méthode de quartage

II.2/- Evaluation de la production des déchets solides urbains.
Dans une agglomération donnée, la production d’ordures ménagères est définie en poids (en
kg/hab.) ou en volume (en m3/jour). Elle dépend des paramètres climatiques (saison pluvieuse ou
sèche), démographiques (croissance de la population), socioculturels (habitudes alimentaires, us et
coutumes, etc.), urbanistiques (typologie urbaine) et temporels (en semaine ou en week-end). Les
données nécessaires pour l’évaluation de la production des déchets solides produits dans une
localité sont les suivantes :
1- les paramètres permettant de connaître le milieu naturel et culturel : il s’agit du climat, la
température, la pluviométrie locale, les us et coutumes, l’hydrographie, l’hydrogéologie, la
nature des sols, le relief, la typologie de la végétation, la superficie de la zone géographique,
etc.
2- les données liées à la connaissance de l’établissement humain considéré : elles concernent la
démographie, la délimitation administrative de la localité, la typologie de l’occupation des sols
et de l’habitat, la répartition spatiale des activités socio-économiques, les infrastructures
existantes.
3- les paramètres de quantification et de qualification des déchets en fonction des saisons : les
quantités des déchets produits en fonction des saisons, des types de tissus et des types
d’activités rencontrées, la classification des déchets et leurs caractéristiques physico-chimiques.
4- les paramètres saisissant les pratiques actuelles de gestion des déchets municipaux dans la
localité : filière utilisée, moyens mis en œuvre, activités de récupération ou de recyclage,
principaux acteurs et leurs rôles respectifs, etc.
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III/- ANALYSE DES SYSTEMES DE GESTION DES DECHETS SOLIDES DANS LES
VILLES AFRICAINES

III.1 Le cheminement global des ordures ménagères dans une ville donnée
Les principales étapes de la gestion des déchets solides municipaux sont celles présentées par
l’organigramme ci-dessous :




Figure 2 : Cheminement classique des déchets solides municipaux dans une localité donnée.
Dans les villes africaines, la gestion des déchets solides concerne essentiellement la salubrité du
domaine public. Les autres opérations étant prises en charge par les usagers (ménages, commerçants,
industriels, artisans) par apport volontaire ou par des intermédiaires rémunérés. Le schéma ci-dessous
montre quelque peu la complexité du cheminement des déchets municipaux dans les villes
africaines.













Précollecte
Collecte et
transport
Traitements
Valorisation (recyclage
et récupération)
Production des déchets solides :
Sources : ménages, PME, industries,
artisans, commerce, bureaux, équipements
Stockage banalisé au niveau du
producteur (sac à poubelles, sachets,
récipients, etc.)
Stockage banalisé au niveau du point de
collecte ou de regroupement (dépôts au
sol, murets maçonnés, bacs à ordures)
Collecte et transport des déchets en vrac
Mise en décharge en vrac (décharges
sauvages, décharges contrôlées)
Tri des fractions
valorisables
Commercialisation
Valorisation par les
ménages, les artisans, les
PME et industries locales
A
c
t
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Figure3 : Cycle des déchets solides municipaux dans les villes africaines
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III.2 La précollecte
La précollecte des ordures ménagères est l’opération qui consiste à ramener les déchets de la source
de production au point de regroupement ou de collecte (bac à ordures ou espaces aménagés). Ces
éléments doivent être judicieusement dimensionnés en fonction de la production journalière et de la
fréquence de collecte pour éviter tout débordement. La précollecte est adaptée dans les zones
densément peuplées et inaccessibles aux véhicules de collecte ou dans les zones de faible densité de
population et où l’habitat est dispersé. Elle peut se faire soit par apport volontaire de l’usager, soit en
porte à porte par un intermédiaire moyennant rémunération par l’usager.
1. Dans la précollecte par apport volontaire, les usagers transportent les déchets produits vers les
bacs à ordures ou les lieux de regroupement à l’aide de poubelles (poubelles classiques, sachets en
plastiques, vieux seaux, vieux récipients, brouettes, porte – tout, etc.). Ce système est à prévoir
lorsque les espaces nécessaires à l’installation des bacs à ordures ou des lieux de regroupement
sont disponibles à moins de 500m des usagers et accessibles aux véhicules de collecte.
2. La précollecte en porte à porte, qui exige que les usagers soient motivés pour payer le service rendu,
est envisageable lorsque d’une part, la zone n’offre pas d’espaces suffisants pour installer les bacs à
ordures ou les lieux de regroupement et d’autre part, dans les zones faiblement densifiées avec des
maisons éloignées les unes des autres.
Pour être économique, la précollecte doit se faire à l’aide de matériels et d’équipements produits
localement par les artisans locaux ou par les petites et moyennes entreprises locales. Parmi ces
équipements, on peut citer : les charrettes à traction animale, les pousse-pousses ou porte-touts à
traction humaine, les brouettes, pelles, râteaux, machettes, gants, bottes et cache-nez, etc.).
L’utilisation des moyens de transport « artisanaux » tels que les brouettes, les charrettes à traction
animale ou les tricycles pour la précollecte se développe dans certains secteurs des villes africaine.
Cette technologie reste cependant à rationaliser afin d’améliorer la qualité du service de ramassage
des déchets solides surtout dans les quartiers à habitat spontané et dans les zones périurbaines.

III.3 La collecte et le transport.
La collecte des ordures ménagères est l’opération qui consiste à ramasser les ordures ménagères des
bacs à ordures ou des lieux de regroupement vers la décharge contrôlée ou le lieu de valorisation.
Elle se fait au porte à porte dans les zones dotées d’un réseau de voirie en bon état et accessibles
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aux véhicules de collecte. Elle peut également se faire à partir des bacs à ordures ou à partir des
lieux de regroupement aménagés, localisés et accessibles.
Le matériel de collecte est composé généralement de bacs à ordures (de volume variable selon les
localités), de plate-forme d’accueil aménagée (casier en ciment munis d’escaliers et d’une rampe pour
permettre l’accès des brouettes, des charrettes et de porte-tout). Leurs caractéristiques respectives sont :
Tableau : Caractéristiques de quelques éléments du point de collecte. [HEBETTE, 96].
Caractéristiques Conteneurs ou
Bacs à ordures
Plate-forme
d’accueil
Espace de regroupement
aménagé
Volume (m3) 0,1 – 20 10 100 – 150
Hauteur (m) 0,5 – 1 1,2 1,5 – 2
Longueur (m) 1 – 6 4 1.000 – 2.000
Largeur (m) 0,9 – 2,3 2 2
Fréquence de vidange (jours) 2 – 3 3 – 4 3 – 4
Population desservie 100 – 2.000 2.000 20.000
Zone desservie (ha) - 100 - 200
Tableau : Comparaison des conteneurs utilisés en fonction du mode de précollecte.
Mode de
précollecte
Type de
conteneurs
Avantages Inconvénients


Démi – fût de
0,1 – 0,2m3
- technologie simple, car
matériel de récupération
- manutention facile
- accessibilité aux enfants
- faible coût d’acquisition
- très faible durée de vie (moins de 3 –
6 mois)
- faible volume, donc nécessité d’en
disposer beaucoup,
- lenteur lors du vidage et fréquence de
vidage élevée.





Apport
volontaire
Bacs à ordures de
1m3
- relativement peu encombrant
- durée de vie relativement
élevé que les précédents (2 à 3
ans)
- nécessité d’une manutention
mécanique
- peu accessible aux enfants
- coût d’acquisition relativement élevé
Par des tiers
rémunérés


Conteneurs de 6
– 20m3
- volume plus important, donc
nombre réduit,
- durée de vie plus importante
(en moyenne 3 à 5 ans),
- rythme de remplissage faible
- important à l’entrée des
quartiers à habitat spontané et
des marchés
- coût d’acquisition élevé,
- nécessité d’espaces disponibles car
matériel encombrant (minimum
50m²/conteneur)
- exigence d’un socle de bétonné pour
éviter l’infiltration de lixiviats
- nécessité d’une manutention
mécanisée.
La démarche pour la détermination du nombre de conteneurs ou de bacs à ordures est la suivante :
1. on détermine la production totale des ordures de la localité (Q en m
3
) ;
2. on détermine la quantité d’ordures ménagères (Q1 en m
3
) par jour de service(N qui est
généralement pris égal à 6 jours de collecte par semaine) : Q1=Q/n (en m
3
/j) ;
3. connaissance du taux de remplissage (tr%), on détermine le volume total des conteneurs Vc (en
m
3
) qui est égal à Q1/tr% (en m
3
) ;
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4. connaissant le volume d’un conteneur (v1), on calcule le nombre total de conteneurs (Nc) qui
est égal à Vc/v1, auquel il faudra ajouter le nombre de conteneurs supplémentaires de chaque
véhicule de collecte à déposer sur le point de collecte lors de la première rotation.
Les véhicules de collectes sont divers et variés. Leur choix dépend essentiellement des moyens
financiers disponibles, du personnel affecté à la collecte, de la distance à parcourir entre les points
de collecte et la décharge contrôlée, des caractéristiques et de la quantité des ordures à collecter et
du type de matériel existant au point de collecte. Parmi les véhicules de collecte les plus utilisés
dans les villes africaines on distingue :
1. Les véhicules spécialisés
• Le matériel à traction animale ou humaine : il est adapté pour les quartiers enclavés et ont une
durée de vie courte (entre 6 mois et 3 ans). Les distances de transport à parcourir ne dépassent
pas 1,5km pour les tractions humaines et 3km pour les véhicules à traction animale. Le
rendement de collecte est relativement faible (entre 5 et 20m3 d’ordures collectées par jour). Ils
sont complémentaires aux véhicules motorisés plus rapides.
• Les tricycles et les tracteurs : ils sont relativement plus chers que les précédants et adaptés pour
les petites distances. Ils ont une faible capacité, exigent moins d’éboueurs et sont envisageables
pour les petits centres.
• Les camions bennes d’entreprise : ils ont une capacité plus grande que les précédents et
parcourent des distances 4 à 5 fois plus importantes à des vitesses plus élevées. Ils sont adaptés
pour des espaces de regroupement aménagés, les points de transit et les plates-formes
d’accueil ; ils sont adaptés pour la collecte à main d’hommes ou motorisée (pelles chargeuses).
2. Les véhicules spécialisés
• les camions porte-conteneurs : ils sont équipés d’un bras hydraulique pour charger les
conteneurs pouvant transporter d’importantes de déchets. Ce type de véhicule est envisageable
pour les décharges contrôlées éloignées des grandes agglomérations.
• les camions Porte – Coffre, les multi-bennes, et les bennes compacteuses sont également des
véhicules très rapides qui offrent en outre la possibilité d’augmenter la quantité transportée par
compactage des déchets.
Tableau : Caractéristiques de quelques véhicules de collecte
Véhicules non - spécialisés Véhicules – spécialisés
Caractéristiques
Tricycles Tracteurs Bennes
d’entreprise
Porte–conteneurs Ampliroll ou
Porte – Coffre
Capacité (m3) 2,5 4,5 – 7 5 – 8 6 – 16
14
Nombre d’éboueurs 1 – 2 3 3 2
Rendement de collecte (kg/mn) 30 30 30 – 40 -
Rendement au chargement (kg/mn) 15 – 20 15 – 20 15 – 20 -
Vitesse moyenne (km/h) 30 30 30 – 40 30 – 40
Distance maximale admissible (km) 3 – 5 3 – 5 12 – 15 12 – 15
Les principaux paramètres à prendre en compte dans la détermination du nombre de véhicules
requis pour la collecte et de transport des ordures ménagères dans une localité donnée sont les
suivants :
• la quantité journalière d’ordures ménagères produites ;
• la fréquence de collecte choisie et le nombre de jours de service de ramassage ;
• la vitesse moyenne de circulation du camion (qui dépend étroitement de la fluidité du transport
et de l’état général de la voirie dans cette localité) ;
• la durée d’un cycle ou d’une rotation qui est la somme des temps de chargement du véhicule en
ville, d’un aller-retour vers le lieu de traitement ou de valorisation, les temps de chargement, de
manœuvrage de pesage, de pointage et de déchargement ;
• le nombre de rotations possibles par jour de service et par véhicule pour évacuer la quantité
produite ;
• le nombre de véhicules, qui est la production totale rapportée au volume que peut évacuer le
véhicule choisi.
Pour réduire les distances de transport, dont le coût représente selon les cas plus de 60% du coût
total de gestion des déchets solides dans une ville donnée, il est recommandé de prévoir des sites de
transit, qui constituent en fait des lieux de stockage provisoire des ordures ménagères. Cependant,
son installation ne devient nécessaire que si, dans des conditions économiques et opérationnelles
acceptables, le point de destination finale est trop éloigné et ne peut être atteint que par les mêmes
véhicules ayant servi à la collecte. Ainsi, pour des décharges contrôlées situées à moins de 15km
des points de collecte ou pour des villes produisant moins de déchets (<10t/j), ce genre de site n’est
pas rentable. Au-delà de 15km, surtout avec une production relativement élevée (>50t/j) le site de
transit devient intéressant sur le plan économique. [HEBETTE, 96].
Pour les villes africaines, il est souhaitable d’envisager des sites de transit aménagés (plate-forme,
fosse, etc.) dotés d’équipements moins sophistiqués pour éviter des investissements et des coûts
d’exploitation élevés. Les aménagements portent d’une part, sur la voie de desserte judicieusement
dimensionnée pour supporter les charges lourdes (camions de collectes), d’autre part sur les postes de
déversement, aires de manœuvre et de déchargement (quais aménagés et sécurisants) bien
dimensionnés pour éviter les pertes de temps. L’ensemble doit être clôturé, bien drainé et éclairé.
15
On considère en général les grands conteneurs (au moins 30m
3
) pouvant être portés par des camions
spécialisés tels que les porteurs 2 essieux de plus de 19 t en charge.

III.4 Le traitement des déchets solides
En fonction des objectifs que l’on se fixe, il existe plusieurs types de traitement des déchets solides
municipaux. certaines sont encore au stade de la recherche expérimentale et n’ont pas encore été
éprouvée sur le terrain. Toutefois, la mise en décharge, le compostage et la méthanisation sont les
filières les plus utilisées en Afrique sub-saharienne.

III.4.1 La mise en décharge contrôlée des déchets solides
A/- Définition préliminaire
Une décharge contrôlée est un lieu d’élimination « définitive » des déchets solides urbains basée sur
le stockage rationnel des déchets solides dans le but d’éviter tout risque de nuisances sur la santé
humaine et l’environnement. Cette technique est le type de traitement le plus répandu en Afrique.
Cependant, l’insuffisance des moyens financiers disponibles oblige les municipalités à utiliser des
méthodes peu recommandables, notamment la mise en place des décharges « sauvages » où sont
regroupés de manière spontanée les déchets produits dans la ville.
B/- Classification des décharges contrôlées
En respect du souci de protection de l’environnement au sens strict du terme, les décharges
contrôlées devraient en principe recevoir des flux de matières qui ne nécessitent plus d’autres
formes de traitement ultérieures. Selon l’ordonnance Suisse du 01/02/1991 sur le traitement des
déchets, il existe, trois grands groupes de décharges contrôlées :
1- les décharges de matières inertes (ou décharge de Type A) sont réservées aux déchets polluants
ne nécessitant aucun traitement particulier avant leur « stockage définitif » (bris de verre, gravât,
excavation des routes, bris de béton, de tuiles et de parpaings de ciment, etc.);
2- les décharges de résidus (ou décharge de Type B) intéressent les déchets issus de l’incinération
de substances organo-chimiques et des déchets spéciaux respectant les critères stricts de la
qualité des « déchets aptes au stockage définitif » ; c’est à dire qu’au moment où ils sont
stockés, ils ne doivent pas rejeter des substances polluantes pour l’environnement ;
3- les décharges bio-actives (ou décharge de Type C) sont polyvalentes et réservées au stockage
des déchets provenant des usines d’incinération (scories), de gravât exempts de déchets
16
spéciaux, des boues des stations d’épuration, des produits de vidange des fosses septiques dont
la teneur en eau ne dépasse pas 65%, des déchets urbains qu’il est impossible de brûler, des
déchets inertes de l’industrie et de l’artisanat. Cette catégorie est la plus utilisée en Afrique.
C/- Critères de choix d’une décharge contrôlée
Les critères de choix d’un site devant abriter une décharge contrôlée sont entre autres :
• la perméabilité du site : elle est liée à la nature des sols ainsi que leurs propriétés physiques,
chimiques ou biologiques. Selon le coefficient de Darcy, on distingue : les sols imperméables
favorables à l’installation d’une décharge sauvage moyennant un dispositif de drainage efficace
(exemple : les schistes argileux, les marnes, etc. dont le coefficient de Darcy<10-9m/s ou 0,1mm/j) ; les
sols semi-perméables envisageables pour l’installation d’une décharge contrôlée si le pouvoir
auto-épurateur est suffisant (exemple : sols sablo-argileux, grès, etc. dont le coefficient de Darcy est
compris entre 10-9 et 10-6m/s ou 0,1 et 10cm/j) ; enfin les sols perméables qui ne sont pas
conseillés pour une décharge contrôlée d’ordures ménagères (cas du gravier ou des alluvions, dont
le coefficient de Darcy>10-6m/s ou > 10cm/j).
• la localisation du site par rapport aux sources d’alimentation en eau et aux points de captage
d’eau : sauf cas exceptionnels nécessitant obligatoirement des aménagements stricts et onéreux,
toute décharge contrôlée doit être impérativement située en aval de points de captage ou des
sources d’alimentation pour éviter toute contamination de cette ressource naturelle.
• la capacité de stockage : elle caractérise la durée de vie de la décharge dont la moyenne varie
généralement entre 15 et 30 ans. La capacité d’une décharge dépend essentiellement de sa
superficie, de la hauteur d’entreposage (5 à 10m), de la densité des ordures, du volume des
ordures comparé au volume des matériaux inertes utilisés pour la couverture et enfin, de
l’épaisseur de la couverture finale. Par rapport au volume total de la décharge, un ratio moyen
de (70 à 100%) d’ordures ménagères contre (0 à 30%) de matériaux inertes de couverture est
recommandé pour exploiter de manière rationnelle la décharge contrôlée.
• les conditions climatiques : une décharge contrôlée ne doit jamais être orientée dans le sens des
vents dominants afin d’éviter l’envol des déchets légers et la propagation d’odeur vers les zones
d’habitation. Il est également recommandé d’éloigner la décharge des cours d’eau et des zones
inondables afin d’éviter le lessivage du dépôt lors des ruissellements. On conseille aussi de
limiter ou d’éviter le ruissellement des eaux dans le site de la décharge en construisant les
drains appropriés.
17
• les contraintes socio-économiques et urbanistiques : la décharge contrôlée ne doit pas être trop
éloignée du centre de production (maximum 15 à 20 km) afin de minimiser les coûts de transport ;
au-delà de 25km commencer à envisager l’installation des sites de transit.
• l’intégration paysagère : une décharge contrôlée ne doit pas constituer une rupture de paysage
dans lequel elle est implantée. Des dispositions doivent être prises le cas échéant pour intégrer
le site dans son paysage initial pendant et après son exploitation définitive.
Une des conditions sine qua non de l’installation d’une décharge contrôlée est la réalisation sans
complaisance d’une étude d’impact environnementale selon les règles de l’art. (se conformer aux
cours d’EIE).
D/- Fonctionnement et structure d’une décharge contrôlée.
Une décharge parfaitement bien structurée et organisée est la garantie d’une exploitation efficace.
Elle doit à cet effet être équipée d’une balance à l’entrée, des dispositifs des espaces de tris des
matériaux recyclables, des dispositifs de collecte des déchets spéciaux, des salles et des bureaux
pour le personnel.
La mise en décharge des déchets consiste à les étaler en couches successives d’environ 1 à 2m dans
le site à l’aide d’un engin de génie civil, puis, à les compacter éventuellement après les avoir
recouverts d’une couche de matériaux inertes d’épaisseur de 20 à 30cm. La Ligue Pour la Propreté
en Suisse, pense que la densité des déchets mis en décharge avoisine 0,5 et qu’il faut attendre
environ 4 à 5 années pour observer un tassement différentiel et une diminution du volume des
déchets compactés de près de la moitié. [LPPS, 91].
Il existe selon la morphologie du site choisi, deux formes d’exploitation des décharges contrôlées :
1. lorsque le site est plat, on recommande de subdiviser l’espace disponible en casiers homogènes
et indépendants, encore appelés alvéoles ou parcelles séparées de digues, de superficies variant
entre 0,3 à 1 ha ; ces casiers peuvent être réalisés par la méthode des tranchées (qui consiste à
creuser des tranchées dans le sol) ou par la méthode des monticules (qui consiste à réaliser des
digues sur le sol) ;
2. en terrain accidenté, présentant soit des cuvettes soit des dépressions, il est recommandé
d’enfouir les déchets par couches successives légèrement inclinées et régulièrement recouvertes
jusqu’au remplissage de matériaux inertes prélevés immédiatement à proximité du site.
Le matériel roulant indispensable dans une décharge contrôlée d’ordures ménagères est composé
d’un chargeur à chaîne (qui ont une meilleure adhérence que les chargeurs sur pneus), et/ou bouteur
résistant pour l’épandage ou le poussage des déchets, soit alors d’un compacteur – épandeur équipé
18
de godet – chargeur ou de lame de remblayage qui assure le compactage des couches de déchets
d’épaisseur variant entre 1 et 2m jusqu’à une densité de l’ordre de 0,8 à 1.
E/- Deux principales nuisances dans une décharge contrôlée : le biogaz et le lixiviat
E1/- Le biogaz
Le biogaz est un mélange de gaz carbonique inerte et de méthane combustible en des proportions
diverses qui varient selon la nature des déchets en présence et du taux de dégradation de la matière
fermentescible. Après un temps de stockage, les substances organiques présentes dans les déchets se
décomposent au contact de l’air (décomposition aérobie) et dégagent essentiellement du gaz
carbonique : c’est le cas des décharges non compactées. Dans une décharge d’ordures ménagères où les
déchets sont entassés par des compacteurs, en l’absence d’oxygène dans les couches compactées, il se
produit un processus de décomposition anaérobie dû à l’action de micro-organismes ; ce processus
s’accompagne de dégagement de méthane (CH
4
), de gaz carbonique (CO
2
), des gaz à l’état de trace tels
que l’hydrogène sulfuré (H
2
S, les gaz hydrochloriques et le fluorure d’hydrogène).
La gestion du biogaz des décharges représente une source d’énergie valorisable dans des conditions
techniques et économiques acceptables si le diagnostic préalable du gisement est effectué et si la
conception du réseau de collecte le rend pérenne. Les gaz des décharges peuvent être brûlés, utilisés
pour la décharge pour produire de l’électricité. Des précautions doivent être prises pour maximiser le
taux de récupération du biogaz dans la décharge
1
. Ces précautions sont absolument nécessaires car le
méthane non récupéré autant que le CO
2
, est un gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement
est 24 fois supérieur à celui du gaz carbonique. En outre, le méthane est inflammable et parfois
explosif. En Afrique au sud du Sahara, il n’existe pas de décharge avec récupération de méthane.
E2/- Les lixiviats
Les lixiviats sont la conjonction de plusieurs phénomènes suivants qui se produisent dans la
décharge : mode d’écoulement de l’eau (percolation, infiltration ou diffusion), évolution du pH, du
pouvoir tampon, de la salinité, du potentiel d’oxydoréduction de la solution percollante à travers les
déchets, processus biologiques aérobies ou anaérobies. La composition des lixiviats dépend non
seulement des déchets en présence, mais surtout du temps et de l’âge de la décharge, en fonction
duquel, on relève une évolution de la composition du lixiviat.
Tableau : Composition des lixiviats en fonction de l’âge de la décharge.
Type de lixiviats Jeunes Intermédiaires Stabilisés
Age de la décharge < 5 ans 5 – 10 ans > 10 ans
pH < 6,5 6,5 – 7,5 > 7,5
DCO > 10 – 20 < 10 < 5
DCO/COT > 2.7 2 – 2.7 < 2

1
actuellement, le taux de récupération du biogaz ne dépasse que rarement les 50 à 70% dans les pays développés
19
DBO
5
/DCO > 0.5 0.1 – 0.5 < 0.1
AGV (%COT) > 70 5 – 30 < 5
Les lixiviats des décharges d’ordures ménagères sont des sources dangereuses de pollution par les
métaux lourds. Il est donc fortement recommandé de bien s’assurer du drainage du socle de la
décharge de manière à renvoyer les lixiviats vers une zone centrale de traitement.
F/- Précautions à prendre lors de la mise en place d’une décharge contrôlée
Elle sont les suivantes :
1. bien délimiter l’emprise de la décharge et l’entourer d’une clôture pour éviter d’éventuels
accidents et empêcher l’accès dans le site des animaux et des personnes non autorisées ;
2. s’assurer de l’imperméabilité du site ; à défaut, prévoir un revêtement du sol (film plastique,
matières synthétiques, couche de revêtement en asphalte de 5 à 10cm d’épaisseur) ; une station
d’épuration des lixiviats doit être prévue dans le site de la décharge ;
3. drainer les eaux d’infiltration hors de la décharge en prévoyant des fosses de ceinture et
renforcer le socle sur lequel la décharge va se reposer pour éviter les glissements de terrain ;
4. prévoir, dans chaque carré de 50m de côté un système de captage, de traitement ou de
valorisation des gaz qui se forment dans les couches profondes de la décharge (exemple : buses
verticales à parois perforées empilées et lestées de pierres pour une bonne stabilité) ;
5. prévoir des systèmes de coupe-feu (digues ou tranchées) pour prévenir la propagation des
incendies ; il est conseillé d’avoir à proximité du site une réserve de terre suffisante pour lutter
efficacement contre les incendies éventuelles ;
6. prévoir des routes d’accès, les dispositif de pesage des camions, des bureaux et salle pour le
personnel, des ateliers de réparation des machines et des panneaux de signalisation.
7. en fonction des moyens financiers mis en jeu, s’équiper d’engins de tassement (compacteurs)
afin d’augmenter la capacité de la décharge ;
8. assurer un entretien et une maintenance régulières des infrastructures et équipements existants
et prévoir les travaux de restitution du site une fois la décharge exploitée (reboisement,
réaffectation du site pour d’autres usages tels que le loisir, etc.),

III.4.2 Le compostage des ordures ménagères biodégradables
A/- Définitions
Parmi les définitions existant dans la littérature, on peut en retenir deux :
20
1. Le compostage peut être défini comme étant « l’ensemble des opérations par lesquelles on
prépare, à partir des ordures ménagères brutes, un composé appelé compost, ayant les caractères
généraux de l’humus (composé amorphe, hydrophile, de couleur noirâtre ayant l’odeur
caractéristique des terreaux) ». [GILLET, 1985].
2. Le compostage est également défini comme étant « un procédé biologique, contrôlé, de
conversion et de valorisation des substrats organiques (sous-produits de la biomasse, déchets
organiques d’origine biologique) en produits stabilisés, hygiénisés et semblables à un terreau et
riche en composé humique, encore appelé le compost ».
Tous les déchets contenant du carbone « éliminable » par voie biologique peuvent être compostés.
Il s’agit : des épluchures de fruits et légumes, les restes de repas, les déchets de cuisine en général,
plantes vertes, litières des animaux domestiques, pailles, poils, plumes, feuilles mortes, branches
d’arbres et de haies, etc. Ne peuvent être compostés les produits suivants : les papiers journaux avec
encre, les papiers peints, les déchets inertes (plastiques, métaux, verres, céramique, cailloux et gravât).
La durée du compostage dépend de plusieurs facteurs tels que la grosseur des éléments à composter,
l’importance du tas à composter, la proportion des matières organiques difficilement dégradables
(matières ligneuses végétales), la fréquence des retournements (plus le retournement est rare plus long est
le processus de fermentation), la teneur en eau dans le tas. Cependant, en région tropicale, si toutes les
étapes sont bien respectées, la durée du compostage est d’environ 3 mois.
Le ver de terre, les micro-organismes et les bactéries envahissent le tas en décomposition et
contribuent ainsi à l’accroissement rapide de la température de ce tas (jusqu’à 75°C). Ils dégradent
les glucides et les protides indispensables à leur croissance. Il se produit l’oxydation des composés
carboniques et l’émission d’eau et de dioxyde de carbone. Lorsque les substances facilement
accessibles sont consommées au maximum par les micro-organismes, la température du tas de
compost commence à baisser. Les substances difficilement dégradables sont ensuite éliminées par
d’autres formes de micro-organismes, moins nombreux et dont les besoins en oxygène sont
inférieurs. A ce stage, la chaleur se dissipe plus rapidement qu’elle ne se forme et entraîne une
baisse de température. Cependant à chaque retournement du tas la température peut augmenter
légèrement. La phase de mûrissement qui s’ensuit est caractérisée par la baisse sensible de la
température du tas de compost jusqu’à la valeur de la température ambiante. C’est à partir de ce
moment que l’on peut utiliser le compost. En fonction de l’évolution de la température dans le tas
en décomposition, on distingue trois principales phases de la dégradation de la matière organique
qui sont :
21
• la phase mésophile, pour les températures variant entre 40 et 50°C, durant laquelle les protéines
sont attaquées en premier lieu ;
• la phase thermophile, caractérisée par un dégagement intense de la chaleur, libérant ainsi de la
vapeur d’eau et du CO2 ;
• la phase de mûrissement ou de maturation avec la disparition progressive des espèces
thermophiles et la baisse de la température jusqu’à la température ambiante ; cette phase est
caractérisée par la stabilité du compost produit qui prend ainsi l’aspect des terreaux.
Certains paramètres peuvent influencer le processus de compostage. On peut citer entre autres, la
taille des particule en décomposition, le taux d’oxygène lacunaire, la température, le pH, la teneur
en eau, la concentration du substrat, la présence ou non d’accélérateur ou d’inhibiteur des réactions
enzymatiques.
B/- Les précautions à prendre pour l’installation d’un site et les techniques de compostage
Les principales précautions liées au choix et à l’implantation d’une compostière sont entre autres :
1. l’accessibilité du site aux véhicules de collecte des ordures ménagères ; ce site doit en outre être
clôturé ;
2. le drainage parfait du site au moyen des caniveaux bien dimensionnés ; le site doit avoir en
outre une déclinaison suffisante (>0,2%) pour permettre l’écoulement des eaux de surface ;
3. le bon dimensionnement du site de manière à ce qu’il permette les opérations de compostage y
compris toutes les autres équipements utiles (hangar de broyage, magasin) ;
4. l’éloignement du site (> 200m) des habitations (pour éviter les bruits pendant le broyage
motorisé) ;
5. la possibilité d’avoir des espaces agricoles pour l’expérimentation du compost en vue de sa
promotion auprès des agriculteurs et jardiniers.
C/- Les différentes techniques de compostage
Il est nécessaire de distinguer le compostage à petite échelle, encore appelé compostage artisanal, et
le compostage industriel.
1. Le compostage artisanal (ou décentralisé), plus courant dans les pays africains, utilise du
matériel léger avec une forte intensité de main d’œuvre. Cette pratique est limitée au traitement
d’une quantité peu importante de déchets (maximum 20 tonnes/jour) et nécessite peu
d’investissement mais plus de besoins en terrain suffisant. Dans les pays en développement on a
22
pu identifier cinq pratiques de compostage décentralisé dont les caractéristiques spécifiques sont
consignées dans le tableau ci-dessous. [NGNIKAM, 00], pp47.
Tableau : Comparaison des différentes méthodes de compostage décentralisé des ordures
ménagères.
Méthode Caractéristiques Points faibles Lieux d’application
Récupération de
terreau des
décharges
• Tri par tamisage manuel de la
matière organique en
décomposition
• Pas de tri préalable
des déchets ;
• Risques de
contamination par les
métaux lourds
• Bamako (Mali)
• Niamey (Niger)
• Cotonou (Bénin)
• Kinshasa (Congo D.)
• Yaoundé (Cameroun)
Compostage en
tas
• Tri manuel des fractions non
fermentescibles
• Formation de tas successifs de
1 à 5 m3 avec retournements
périodiques.
• N’est pas adapté pour
la production à grande
échelle
• Nécessite plus
d’espace
• Jakarta (Indonésie)
• Lima (Pérou)
• Olinda et Peixinhos
(Brésil)
Compostage en
andins ouverts
• Tri manuel des fractions non
fermentescibles
• Formation des andins (de 2 à
3.5m de large et 1 à 1.8m de
hauteur) avec retournements
périodiques.
• Nécessite un
retournement plus
fréquent et une main
d’œuvre plus importante
• Porto Novo et Tohué
(Bénin)
• Accra (Ghana)
• Yaoundé (Cameroun)
• Ouagadougou (Burkina
Faso)
Compostage en
lits
• Ouverture d’une fosse ou
construction d’une structure
murale sur le sol
• Tri manuel des fractions non
fermentescibles
• Requiert plus
d’investissement que la
méthode des andins
• Louga (Sénégal)
• Kano (Nigeria)
• Ficksburg (Afrique du
Sud)
• Guatemala City (Pérou)
Différentes activités du compostage décentralisé
Dans un système de compostage décentralisé, les principales opérations suivantes permettent
d’obtenir du compost à partir des ordures ménagères biodégradables :
• la collecte et le transport des ordures ménagères vers les sites de compostage ;
• le tri de séparation des composantes biodégradables de celles qui sont dites inertes ;
• le broyage ou le déchiquetage éventuel des déchets volumineux afin d’augmenter la surface
spécifique et la surface d’attaque des micro-organismes et faciliter la pénétration de l’eau et de
l’air à l’intérieur du tas constitué ;
• les différentes techniques permettant la bonne fermentation aérobie de la matière organique : la
mise en tas suivant des dimensions facilement « manipulables » par les éboueurs (exemple
H=1,5m et Φ = 1,5 à 2m) ; l’arrosage ou l’étalement du tas éventuel selon la teneur en eau dans
les tas et l’aération du tas pour augmenter la quantité d’oxygène ; les cycles de retournement et
brassage du tas (3 à 4 fois dans la période) afin d’accélérer et d’uniformiser la décomposition de
23
la matière organique ; le contrôle régulier de la température du tas et enfin, le stockage en vue
du mûrissement du compost, la baisse de la température et du taux d’humidité du compost, etc. ;
• les diverses opérations d’affinage du compost produit en vue d’obtenir ou de faciliter son
transport, sa manipulation et son utilisation en agriculture ou en élevage selon le cas (le broyage
final et le tamisage pour faciliter l’épandage dans les champs, le conditionnement du compost, etc.).
Pour créer les conditions favorables à la dégradation biochimique, il est recommandé de veiller à ce
que la ventilation du tas soit appropriée de manière à faciliter le remplacement de l’air chargé de
CO2 dans le tas par de l’air frais. En outre, il faut que les ordures ménagères en dégradation soient
homogénéisées et réduites en petits morceaux (broyage ou déchiquetage d’éléments grossiers à l’aide
des machettes, des ciseaux de jardin ou de broyeurs) en vue d’augmenter les surfaces de contact entre
les déchets et la microflore.
Pendant le compostage des ordures ménagères, il est important de suivre les règles suivantes :
• bien mélanger le tas de matières organiques, car les résultats du compost sont fonction des
« input » : les déchets et les restes de cuisine apportent beaucoup d’éléments nutritifs et
favorisent la décomposition microbienne ; les branches d’arbres fraîches ou les haies, plus
difficilement dégradables et résistantes à la décomposition microbienne, conservent au compost
une structure plus légère et sont excellentes pour la formation de l’humus. Aussi, en fonction
des résultats que l’on souhaite obtenir, un dosage rationnel de ces composantes organiques dans
un tas de compost est intéressant.
• éventuellement y ajouter des adjuvants ou des accélérateurs de fermentation (bouses de vache,
fiente de poules, drêche de brasserie, etc.),
• retourner régulièrement les tas pour assurer une bonne oxygénation et veiller au taux d’humidité
dans les tas pour éviter toutes formes de pourritures (recouvrement des tas par temps de pluies,
arrosage des tas par temps d’ensoleillement).
Lorsqu’on respecte les règles minimales du compostage, on est à l’abri des odeurs. De nombreuses
expériences dans le monde et en Afrique ont montré que les rendements agricoles sont nettement
améliorés avec l’apport d’un compost de bonne qualité, et ces plantes résistent mieux aux maladies.
2. Le compostage semi-industriel ou industriel (ou centralisé) requiert par contre du matériel semi-
mécanisé ou totalement mécanisé, plus ou moins sophistiqué, et une main d’œuvre qualifiée. Ce
procédé, très peu répandu en Afrique, est généralement utilisé dans les grandes villes pour
traiter des quantités importantes de déchets municipaux. Les principales étapes de ce type de
procédé sont les suivantes :
24






Le compostage sémi-industriel, dont la capacité peut atteindre 50t/j, est caractérisé par la
mécanisation des postes de réception et de transport interne des déchets ; par exemple, la
manutention et le retournement par des chargeurs sur pneus, les opérations de tri et quelquefois le
retournement peuvent être manuels. Le compostage industriel par contre peut être à fermentation
lente, avec apport d’air par retournement successif de la masse ou par aération forcée ; il peut
également être à fermentation accélérée dans une enceinte fermée munie d’un brasseur permanent
ou intermittent. La spécificité du compostage industriel est que le broyage se fait avant la
fermentation ; ce qui constitue un de ses inconvénients majeurs, car un élément indésirable peut être
broyé et dispersé dans la masse de déchets, rendant ainsi difficile les opérations de tri. L’absence de
tri avant broyage peut également entraîner la dispersion des métaux lourds dans le tas. Ce procédé
n’est pas adapté au contexte africain parce que d’une part, les déchets qui y sont produits sont très
humides et riches en sable, et d’autre part, les débouchés du compost sont quasi incertains. En
Afrique, les usines de compostage d’ordures ménagères souffrent des problèmes d’exploitation et
des problèmes techniques (inadéquation entre nature, composition des déchets et, technique utilisée,
politique de maintenance et d’entretien, etc.) et le problème de mévente du compost.
Le choix entre le compostage décentralisé et le compostage centralisé dépend essentiellement des
moyens financiers disponibles, de l’importance des infrastructures routières, de la disponibilité des
sites de compostages, des utilisations réelles du compost produit, du personnel technique disponible
sur place et des équipements. Chacune de ces variantes présente les avantages et des inconvénients
suivants :
D/- Les enjeux sanitaires du compost
L'accumulation des ordures ménagères dans les dépôts sauvages, comme c'est le cas actuellement
dans la plupart des villes de l'Afrique Centrale et de l'Ouest, constitue un danger pour la santé des
populations avoisinantes à cause des vecteurs d'infections que les déchets peuvent développer. Par
contre, le compostage lorsqu'il est bien conduit, permet d’une part, la destruction des germes
pathogènes (grâce à la chaleur et les réactions antibiotiques) et d’autre part, la réduction du nombre
Stockage des déchets
Broyage et Tri du « broyat »
Fermentation aérobie (lente ou accélérée)
Maturation
Affinage (Compost et Refus)
Figure 6 : Etapes du compostage
industriel des ordures ménagères
[NGNIKAM, 00], pp.49
25
de dépôts sauvages des déchets, sites propices à la multiplication de mouches et de moustiques,
vecteurs du paludisme et d'autres maladies infectieuses.
La pratique du compostage a été inspirée par le souci d’améliorer les rendements agricoles.
L’utilisation des ordures ménagères brutes en agriculture présente des inconvénients du fait de la
présence d’éléments inertes. Les plantes et les légumes cultivés sur du compost « hygiénisé » ne
posent pas de problèmes épidémiologiques et peuvent en générale être consommés sans restriction.
Il en est de même des ouvriers agricoles qui utilisent le compost en agriculture [CROOS &
STRAUSS, 85]. Un problème hygiénique apparaît lorsque le compost utilisé est produit de manière
non professionnelle (matière organique triée directement sur une décharge). Des expériences ont révélé
que la destruction des germes pathogènes est efficace si le compostage aérobie est bien organisé,
c'est à dire si une température de 70°C est maintenue pendant 30 mm dans l'ensemble du tas, ou
65°C pendant plusieurs heures. Une phase thermophile (température élevée), à 65°C pendant 7 jours,
est recommandée pour le compostage en tas ouvert [BERTOLDI et al, 87].
E/- Les enjeux agricoles du compost
Les sols africains, surtout en zone de savane et sahélienne, deviennent de plus en pauvre par suite
de leur surexploitation et par manque d'apport de matière organique. L’apport de la matière
organique sous forme d'humus
2
améliore les conditions physiques, chimiques et biologiques des
sols [SEGURA, 84]. Il stabilise et structure le sol tout en augmentant sa perméabilité. Il a un
pouvoir tampon tout en régulant et en stimulant la nutrition minérale des plantes ; ce qui conduit à
l’augmentation de l’activité biologique de celles-ci. Incorporé au sol, il réduit et annule les effets
désastreux de l’érosion hydrique et éolienne. Il exerce sur les sols une action chimique permettant
une meilleure utilisation des engrais chimiques. Le compost ne sera toutefois rentable que si son
coût de revient au niveau de l’utilisateur est supportable. Pour cela, il faudra réduire le coût de
transport, en produisant le compost là où la demande est réelle (proche des maraîchages), où la main
d’œuvre est disponible et bon marché, et enfin, là où il y aura possibilité d’acquérir à moindre coût
des additifs (tels la drêche des brasseries, la fiente de poule) qui permettent d’enrichir le compost.
L'azote présent dans le compost sous forme organique et en faible quantité est non lessivable. Il est
lentement et progressivement minéralisé, ce qui lui vaut le pouvoir d’être facilement assimilé par
les plantes en croissance. L'incorporation du compost urbain dans les champs a globalement des
effets favorables sur les cultures. L'application du compost à 30 ou 50 t/ha sur certaines cultures
(maïs, Laitue, Folon, Zoom
3
) généralement pratiquées en zone périurbaine au Cameroun a montré une
multiplication des rendements de récolte par 1,5, 2 ou 3 [NGNIKAM et al, 95]. Ainsi, le

2
une tonne de compost urbain à maturation produit 57 kg d'humus. [SEGURA, 84].
26
compostage, en plus des effets sanitaires, peut permettre d’améliorer les rendements agricoles en
zone périurbaine, créant ainsi une plus value chez les maraîchers. Cependant, le compost ne
trouverait pas encore de débouché important et durable en Afrique. [LPPS, 91].
F/- Les enjeux environnementaux du compost
Les principales nuisances liées au compostage sont dues au non respect des règles minimales en
matière de compostage, à la pollution des eaux de surface ou souterraines suite à l’infiltration des
lixiviats provenant des tas de compost non protégés et mal drainés. Mais une bonne maîtrise du
processus de compostage (bonne aération, protection contre les infiltrations des eaux de pluie,
imperméabilisation du fond de tas, etc.), peut permettre de limiter cette pollution.
En plus de la limitation de la pollution physique du milieu récepteur, un autre bénéfice essentiel du
compostage est la limitation des émissions des gaz à effet de serre. Une étude menée récemment
montre que le compostage et l'utilisation rationnelle du compost en agriculture permettent d'éviter
les émissions de gaz à effet de serre de 7,8 tEC à l'horizon de 20 ans en zone forestière, 5.2 tEC en
zone de savane : ceci nécessite un investissement de 1 200 fCFA par tonne de carbone évité dans
les conditions de Yaoundé. Cet investissement semble être dérisoire comparativement aux autres
procédés utilisés pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, comme le boisement qui
coûterait 35 000 fCFA par tonne de carbone évité, le développement de l'hydroélectricité qui
coûterait entre 50 000 et 100 000 fCFA par tonne de carbone évité, etc.[CHARTIER, 85]. Ainsi, le
compostage artisanal apparaît comme une technologie adaptée pour limiter les émissions des gaz à
effet de serre et à moindre coût.

III.4.3 La récupération et le recyclage des déchets solides municipaux
A/- Définition
Une certaine confusion règne sur la définition des ces deux termes :
• le recyclage peut être défini comme étant l’utilisation des résidus et des déchets, ainsi que
l’introduction de matières déjà utilisées dans le cycle de consommation et de production
économique. Il s’agit également de la séparation d’un résidus ou d’un groupe de résidus
spécifiques de la masse totale des déchets solides municipaux, et la transformation de ces
déchets en produits utiles à la fabrication d’autres produits, lesquels peuvent ou non ressembler
au produits d’origine.

3
nom local de certains légumes très prisé dans les marché camerounais
27
• la récupération des déchets est l’extraction de ces déchets de la matière ou de l’énergie, en vue
d’utilisation économiquement rentable.
Il en découle que le recyclage des déchets peut permettre d’économiser les matières premières.
Cependant, le recyclage de certains déchets est très coûteux en ce qu’il nécessite une quantité
d’énergie considérablement élevée et des procédés de raffinage sophistiqués. En outre, les produits
dérivés des déchets n’offrent pas toujours une qualité de finition satisfaisante.
La récupération des déchets est assez pratiquée en Afrique mais beaucoup plus à petite échelle
(secteur informel) à cause de la main d’œuvre bon marché et de la rareté des ressources financières.
C’est en cela qu’elle ne réduit que de très peu la quantité des déchets produits sur l’ensemble de la
localité. Elle se déroule au niveau du producteur lui-même, dans les points de collecte, les lieux de
regroupement ou dans les décharges. Les récupérateurs (directs, intermédiaires) de déchets, utilisent
du matériel artisanal pour la collecte de leurs « produits » qu’ils revendent aux ménages, à des
transformateurs, des réutilisateurs ou des commerçants. Ces derniers peuvent soit directement les
réintroduire dans le circuit de consommation sans aucune forme de transformation, soit par des
techniques simples, fabriquer des objets utilitaires revendus sur le marché local. La récupération et
le recyclage intéressent les sous-produits suivants :
1. Le cas des vieux papiers/cartons : (journaux, déchets à base de papiers et de cartons usagés ou non,
imprimés ou non, provenant des industries, du commerce, de l’administration, des bureaux, de
l’artisanat et des ménages). La récupération des vieux papiers est de plus en plus vulgarisée et
permet d’économiser la cellulose. Cette récupération permet d’en fabriquer d’autres papiers ou
alors des objets utilitaires à base de papier ; elle nécessite beaucoup d’eau pour le lavage,
l’apport en produits chimiques (soude caustique, peroxyde d’hydrogène, du savon ou de l’acide
oléique) et de l’air insufflé pour la séparation des impuretés (encre, colles, etc.). Ces impuretés
sont transférées dans une station d‘épuration prévue à cet effet. La pâte purifiée peut également
être séchée et stockée sous forme de ballots ou de feuilles. En Afrique, des expériences de
recyclage « artisanal » des vieux papiers et cartons existent. Les principaux produits issus de ce
recyclage sont les papiers recycler, les mannequins, les alvéoles d’œufs, etc.
2. Le recyclage des verres usagers : il nécessite des investissements importants, une technicité
élevée, une quantité importante d’énergie fossile (fuel lourd, gaz, électricité) pour la cuisson et la
fusion dans les fours. Le recyclage du verre est une activité rentable pour les industries
concernées et les pertes lors du recyclage sont faibles. La qualité du nouveau produit issu du
recyclage de verre est toujours conservée. En Afrique seul la récupération des verres usagers est
28
développée : les bouteilles de boisson, les dames-jeannes, etc. sont réutilisés à d’autres fins
(vente détaillée d’huile, de pétrole, de sels, etc.).
3. Le cas des vieux métaux ferreux ou non ferreux : le recyclage des métaux est trop coûteux et
s’effectue de manière industrielle dans les pays du Nord. Il nécessite que les déchets soient
préalablement bien triés et propres. L’incinération des métaux entraîne le plus souvent des
émanations de gaz toxiques. En Afrique, le recyclage de l’aluminium est très développé dans les
grandes villes. Il permet de fabriquer des ustensiles de cuisine (casseroles, marmites, plats,
cuillères, etc.).
4. Le cas des plastiques : Les matières plastiques, parce que très diversifiées, ont des applications
multiples. Elles interviennent de plus en plus dans notre mode de vie et de consommation. Leur
récupération permet d’économiser la matière première. Les matières les plus utilisées sont le
polyéthylène, le polyvinyle de chlorure (PVC), le polyamide et le polystyrène. Ceux-ci
appartiennent à la catégorie des thermoplastiques (films d’emballage, sacs en plastiques, pots
de yaourt, bouteilles d’eau minérale ou d’huiles, etc.). Le second groupe des matières plastiques
sont les thermodurcissables, (résines phénoliques ou mélanines et polyesters non saturé dans les
produits tels que les interrupteurs, les couverts de table, les boîtiers de perceuses, les manches de poêles,
etc.). Le troisième groupe est constitué des élastomères qui se situent entre les thermoplastiques
et les thermodurcissables ayant une plasticité élevée : chargés, ils s’étendent et déchargés, ils
reprennent leurs formes initiales. On regroupe dans cette classe, le caoutchouc naturel ou de
synthèse, les polyuréthannes tels que la gomme, les éponges, etc.
La fonte des thermoplastiques permet leur réutilisation plusieurs fois dans le secteur des emballages
et la fabrication d’autres produits tels que les cintres, les pots de fleurs, les ustensiles de cuisine, les
seaux, les gaines de protection des câbles, les tubes et boîtiers électriques, les tuyaux d’irrigation,
les sachets et films d’emballage, les sacs poubelles, les mannequins et poupées, les jouets pour
enfants, etc. La principale difficulté rencontrée reste cependant la présence d’impuretés et de saletés
dans les déchets plastiques, du fait de l’absence de collecte sélective des déchets à partir des
ménages : on note ainsi un encrassement des déchets de plastiques par les huiles, les graisses, les
peintures, les produits détergents, les produits chimiques, la matière organique, etc. Cette situation
nécessite un nettoyage supplémentaire et donc des coûts additifs non négligeables. Les coûts de
collecte des matières plastiques sont en outre trop élevés pour un volume de collecte important
malheureusement avec un poids relativement faible. Enfin, la diversité des matières plastiques rend
également difficile leur récupération directe et leur recyclage.
Outre la transformation des déchets de matières plastiques en granulés (encore appelée refonte, bien
adaptée aux polyéthylènes, polypropylènes et polystyrènes), il existe deux procédés (chimiques) de
29
recyclage des matières plastiques permettant de les réintroduire dans le cycle des matières
premières. Ce sont, la pyrolyse et l’hydrolyse.
• La pyrolyse est adaptée au recyclage des matières plastiques fortement imprégnées d’autres
substances et parfois sales. Elle se fait dans un réacteur à combustible fluidisé. Le procédé est
simple et consiste dans un premier temps à séparer, en l’absence de l’air dans le réacteur fermé
et chauffé entre 400 et 800°C, les plastiques en fonction de leur composition chimique initiale.
Ce procédé s’achève ensuite par le stockage de la nouvelle matière première (méthane, éthylène,
benzène et substances aromatiques liquides réutilisables dans les industries chimiques) et l’énergie
(sous forme de gaz, huile, houille).
• L’hydrolyse est adaptée pour le recyclage des polyuréthannes (mousse de polyesters, matelas,
revêtements, pièces de véhicules, etc.), des polyamides et des polyesters (textiles, revêtement de sol,
pièces techniques). Grâce à la vapeur d’eau, une forte pression et une température élevée, les
matières plastiques se décomposent et produisent des matériaux de base de bonne qualité.
5. Le cas des batteries et piles usagées : Les solutions de recyclage des piles et des batteries
usagées sont très onéreuses. Les deux principales méthodes de recyclage utilisé en Suisse son
les procédés Récytec et Sumimoto [LPPS, 91] :
• le procédé « Récytec », est conçu pour tous les types de piles sèches. Il consiste à briser les
piles par pyrolyse (à 650°C), à récupérer et à retraiter toutes les matières par lavage des restes
de piles dans de l’eau bouillante, par sédimentation du bioxyde de manganèse et par séparation
par voie magnétique des restes métalliques (extraction des éléments ferreux des non-ferreux). A la
suite de ces opérations, il est procédé à la dissolution de l’ensemble dans un bain de tétrafluore
et au tri sélectif de zinc, de cadmium, de cuivre et de nickel. Les déchets « ultimes » sont mis en
décharge ;
• le procédé « Sumimoto », avait été élaboré au Japon ; il accepte tous types de piles mais
n’offre pas un rendement acceptable si la pile ou la batterie a une teneur accumulateur NiCd
inférieure à 5%. Les déchets de piles passent dans un four vertical à pyrolyse où est extraite une
bonne quantité de mercure transformée en mercure liquide ou métallique. Pendant cette phase,
les éléments organiques sont décomposés en combustibles liquides ou en résidus solides
carbonifères et en composés halogènes organiques. Le chauffage de ce mélange, à base de métal
et d’oxyde à une température élevée dans un four de fusion par induction, transforme
respectivement le bioxyde de manganèse et l’oxyde de fer en manganèse et en fer réutilisables
dans la production d’acier. Le zinc quitte le four de fusion sous forme de gaz pour être par la
30
suite condensé et transformé en barres. Les scories (matériaux réfractaires) sont enfin mises en
décharge ou peuvent être réutilisées dans le secteur du génie civil.
6. Le cas des huiles usagées : Les huiles usagées (huiles de graissage usagées, des émulsions d’huiles,
des huiles de moteur et d’engrenage, des résidus venant des conteneurs d’huiles et de carburants, etc.),
sont des déchets spéciaux boueux contenant des substances huileuses et graisseuses qui
proviennent des secteurs de la mécanique automobile, des industries électrotechniques et
électromécaniques, etc. Les huiles usagées sont rejetées dans le milieu naturel, principalement
dans les caniveaux de drainage sans traitement et posent ainsi d’énormes problèmes sur
l’environnement en polluant durablement la ressource en eau par infiltration dans le sol. Le
recyclage des huiles usagées peut être possible, à condition qu’elles ne soient pas mélangées à
d’autres impuretés : il est nécessaire que les huiles minérales (lubrifiants) et les huiles
organiques soient séparées au départ. L’incinération des huiles contenant des impuretés telles
que les polychlorures de biphényle (PCB) utilisés dans l’industrie des machines-outils pour
éliminer les copeaux des pièces d’usinage, libèrent de la dioxine et requiert des procédés trop
coûteux. Il existe deux procédés de récupération des huiles usagées minérales, à savoir :
• le raffinage : il est envisageable pour des résidus « propres », exempts de PCB ; le raffinage
conduit à la fabrication de nouvelles huiles de base qui, après traitement, permettent d’obtenir
de nouveaux combustibles utilisables en entreprise ;
• l’incinération : elle produit de la chaleur que l’on peut récupérer et réutiliser comme
combustible sur le lieu d’émission ou dans d’autres industries situées à proximité. Cependant
l’incinération des huiles minérales libère des gaz et des substances très toxiques contenant du
zinc, du plomb et autres composés métalliques. Les huiles organiques, telles que les huiles de
fritures ne peuvent être récupérées que pour la fabrication de nourritures pour les animaux, des
graisses et des savons à usages techniques et domestiques.
7. Le cas des pneus usagés : L’accroissement rapide du parc automobile dans les villes génère
des vieux pneus encombrants. Ces derniers peuvent être recyclés par plusieurs approches :
• par rechapage ou regommage ou encore recaoutchoutage, : à chaud, le rechapage des pneus
usagés consiste à revêtir d’une bande de roulement neuve après avoir enlevé la bande de
roulement usagée et apposé du caoutchouc brut que l’on reprofile et chauffe à 150°C pendant
40mn. Le rechapage à froid consiste à apposer sur la carcasse une bande de roulement reprofilée
au départ puis à introduire l’ensemble dans un four chauffé à 90°C. Les pneus rechapés coûtent
moins cher (25% du prix de revient) et permettent de réaliser des économies d’énergie
31
considérable (moins de 50% de carburant utilisé lors du rechapage qu’à la fabrication de pneus
neufs) ;[LPPS, 91].
• par incinération et récupération d’énergie : ce procédé est très utilisé dans les cimenteries ou
pour la production d’eau chaude ou de vapeur d’eau ; le PC d’une tonne de pneus usagés
équivaut à 850kg de fuel de chauffage. Cependant, l’incinération des pneus usagés pose le
problème de rejet d’importante quantités de soufre, de zinc et de suies dont l’élimination est
onéreuse.
• comme matériaux de construction : les vieux pneus sont utilisés dans les travaux de génie civil
pour le remblaiement des zones marécageuses, comme supports d’ancrage (étayage) en
assainissement des talus, pour le soutènement des pentes, comme granulats en caoutchouc, et
comme éléments de répartition des charges dans la voirie en cas de sol de fondation peu
résistant.
D’une manière générale, la récupération ne sera envisageable en Afrique que si les déchets solides
produits sont suffisamment « riches » en résidus à récupérer ; ce qui n’est pas le plus souvent le cas.
[ENDA, 90]. La participation du secteur informel dans le circuit de récupération est remarquable en
Afrique. Cependant cette participation n’est pas encore suffisamment pris en compte dans les
différents plans d’action des municipalités, alors qu’elle pourrait avoir une influence notable sur
l’économie des investissements à effectuer dans la gestion globale des déchets solides municipaux.
- Le recours à la récupération et au recyclage des ressources comme méthode de traitement des
déchets devra se justifier dans les cas de figure où l’analyse économique de cette filière n’est
économiquement rentable pour la municipalité, comparée à la méthode conventionnelle (en
l’occurrence la mise en décharge) de traitement que l’on voulait substituer ou combinée.
L’évaluation des flux des matière recyclées demeurent très complexes en Afrique Sub-
saharienne. Elle nécessite en effet des enquêtes de longue durée, et plusieurs études effectuées dans
ce sens ne se sont intéressées jusqu’ici, qu’aux volets domestiques de la récupération
4
, au niveau
des décharges municipales ou dans les décharges sauvages. Les déchets provenant des secteurs
industriels et administratifs sont souvent oubliés


III.4.4 L’incinération des déchets

4
Eveline WASS et O. DIOP : Economie populaire du recyclage des déchets à Dakar. in [ENDA, 90], pp 105-128.
32
L’incinération des déchets solides municipaux est une autre forme de valorisation de ces derniers.
Cette méthode est trop coûteuse et contraignante.
A/- Les conditions requises
L’incinération des déchets municipaux exige avant son adoption que certaines conditions soient
respectées. Parmi ces conditions, on peut citer entre autres :
1. le PCI des déchets doit être approprié ;
2. la possibilité de récupérer, de valoriser ou de réutiliser la chaleur issue des incinérateurs ;
3. l’existence de mesures d’intervention ou d’atténuation en cas de pannes dans les installations ;
4. la possibilité d’éliminer les résidus d’incinération (encore appelés scories) et de traitement des
eaux usées ;
5. la nécessité de disposer d’équipements de dépoussiérage et d’épuration des fumés ;
6. l’exigence que les résidus d’incinération comportent au maximum 3% de substances imbrûlées ;
7. l’exigence de collecter et de transformer les scories en produits réutilisables ou traités en vue de
leur stockage définitif dans une décharge contrôlée.
Le respect de ces conditions est nécessaire bien que les coûts y afférents soient élevés.
B/- Fonctionnement d’une usine d’incinération et bilan des flux dans un incinérateur
Les principales étapes suivies par les déchets solides urbains dans une usine d’incinération sont les
suivantes :
• les déchets collectés sont acheminés dans l’usine par des camions qui sont pesés à l’entrée sur
un pont à bascule prévu à cet effet ;
• le contenu de chaque camion est vidangé dans des silos à déchets sous pression pour empêcher
les échappés de poussières
5
;
• les déchets sont ensuite mélangés et broyés ou déchiquetés puis, introduits régulièrement dans
une trémie du four pour brûlage entre 800 et 1000°C ;
• les scories sont enfin extraites dans des bassins remplis d’eau froide avant d’être transportées
dans des silos de stockage puis vers la décharge.
Le schéma général des flux à l’intérieur d’une usine d’incinération est celui présenté par la figure
ci-dessous. [LPPS, 91].

5
en Suisse, 1 tonne de déchets municipaux regorge environ 25 à 30kg de poussières. [LPPS, 91].
770 kg de: gaz pur et
de vapeur d’eau
substances organiques
1
0
0
0

k
g

d
e

d
é
c
h
e
t
s

33








Figure 7 : Flux de matières à l’intérieur d’un incinérateur. [LPPS, 91].
C/- La récupération de chaleur produite dans un incinérateur
La première fonction d’une usine d’incinération est de brûler les déchets et la seconde est la
récupération optimale de la chaleur qui y est produite. Dans une usine d’incinération, on peut
convertir la chaleur produite pour des besoins en électricité ou de chauffage thermique. La
conversion en énergie électrique se fait grâce à la vapeur d’eau qui actionne une génératrice par le
biais d’une turbine ; cependant le rendement reste encore faible à nos jours
6
. La conversion en vue
du chauffage thermique se fait par la transmission directe de chaleur sous forme de vapeur d’eau
chaude ; les rendements sont relativement élevés et varient entre 70 et 75%.
Le pouvoir calorifique (PC) varie essentiellement en fonction de la composition et du taux
d’humidité dans les déchets.
Tableau : Ordres de grandeur de PCI de certaines matières en Suisse.
Matières Valeur du PCI (en kJ/kg) Matières Valeur du PCI (en kJ/kg)
déchets urbains 13.000 bois de chauffage 16.000
fuel de chauffage lourd 38.000 fuel de chauffage léger 41.000
gaz naturel 65.000
D/- Les contraintes majeures dans une usine d’incinération
Dans une usine d’incinération, on est toujours confronté à plusieurs types de contraintes dont les
plus marquantes sont entre autres :
• les émissions dans l’atmosphère de substances polluantes très dangereuses (anhydride sulfureux,
acide chlorhydrique, fluorure d’hydrogène, plomb, zinc, cadmium, mercure, etc.) ;

6
Ce rendement n’est que 17% en Suisse où 1 tonne de déchets incinérés produit seulement entre 350 et 400 kWh
d’électricité.
34
• les difficultés éprouvées pour épurer les fumées avant leur rejet dans le milieu récepteur ;
Tableau : Teneur et charge annuelle en substances polluantes relevées dans les différents résidus
par les usines d’incinération en Suisse. [LPPS]. pp 229.
Déchets Scories Cendres
(électrofiltres)
Boues
(épuration des fumées)

Eléments
Teneur
(en ppm)
Charge par an
(en tonnes)
Teneur
(en ppm)
Charge par an
(en tonnes)
Teneur
(en ppm)
Charge par an
(en tonnes)
Teneur
(en ppm)
Charge par an
(en tonnes)
Chlorure 8.000 20.000 2,80 1.680 55 2.200 5 30
Plomb 500 1.250 1,30 780 7,7 308 3 18
Cadmium 10 25 0,01 6 0,5 20 0,1 0,6
Mercure 4 10 0,0002 0,12 0,02 0,8 1 6
Zinc 1.500 3.750 2,8 1.680 26 1.040 8 48
Cuivre 400 1.000 1,6 960 1,5 60 0,3 1,8
Comme l’indiquent les données du tableau ci-dessus, plusieurs types de substances très toxiques et
dangereuses sont rejetées dans l’atmosphère en des teneurs élevées. Les fumées des incinérateurs
sont ainsi composées de plusieurs substances toxiques ; on distingue entre autres :
• les poussières constituées de la suie et des composés métalliques dont l’augmentation de la
concentration peut entraîner la formation de nuages toxiques ;
• les métaux lourds : ce sont le mercure, le cadmium, l’étain, le zinc, le plomb, le cuivre, le
chrome, etc. ; bien que certains de ces métaux lourds soient indispensables à l’homme (cuivre,
zinc, manganèse) lorsqu’ils se présentent en quantités infimes, la plupart d’entre eux sont selon la
forme et la quantité, toxiques et présentent des conséquences néfastes sur le système nerveux, le
foie et les reins. Ils s’accumulent dans la chaîne trophique.
• le chlorure d’hydrogène (ou acide chlorhydrique) et autres composés chlorés provenant de
l’incinération des matières plastiques, des matériaux composite, sont néfastes à l’homme et
irritent les yeux ;
• le fluorure d’hydrogène, est un gaz incolore et toxique s’il est fortement concentré ;
• l’anhydride sulfureux et l’oxyde d’azote (NOx) sont en quantité relativement peu élevée.
En Afrique, l’incinération est généralement pratiquée à petite échelle au niveau de la source de
production des déchets où chez les « artisans-récupérateurs ». Cette forme d’incinération est
cependant pratiquée de manière anarchiques surtout dans les quartiers pauvres non desservis par le
service de ramassage des déchets solides qui sont malheureusement « impropres » à l’incinération à
cause du taux d’humidité élevé et de la prépondérance de la matière organique biodégradable ayant
un très faible pouvoir calorifique. Etant un procédé onéreux pour des municipalités pauvres,
l’incinération ne peux être prescrite dans les grandes villes africaines que si l’option de la mise en
décharge contrôlée est contraignante, sur le double plan économique et environnement ; en
35
particulier s’il est constaté le manque de terrain suffisant pour accueillir les déchets produits sur une
durée acceptable ou bien si le prix d’acquisition de se terrain n’est pas économiquement rentable.

III.4.5 La biométhanisation
A/- Généralités sur la biométhanisation
La biométhanisation est une autre méthode de traitement biologique des ordures ménagères par
dégradation de celles-ci en l’absence d’oxygène. Ce processus conduit à la production de biogaz et
d’amendement organique Comme le présente la figure ci-dessous, la digestion méthanique
s’effectue en quatre phases :













Figure 8 : Etapes biochimiques de la digestion anaérobie. [HEDUIT, 93], [DE LA FARGE, 95], (in [NGNIKAM,
00], pp. 52]. Remarque : les vitesses de réaction de chaque phase sont telles que Vh<Vm1<Va<VA<Vm2

1. la phase d’hydrolyse par laquelle les macromolécules organiques se trouvent décomposées en
produits simples ;
2. la phase d’acidogénèse qui conduit à la formation d’acides gras volatiles (AGV) ; dans ces
deux premières phases, les molécules sont hydrolysées en monomères aux côtés des autres
molécules simples, et transformées principalement en acides gras volatiles, en H
2
et CO
2
.
Matières organiques
particulaires (sous forme de
molécules complexes)
Matières organiques solubles
(molécules simples : peptides, acides
aminés, sucres, etc.)
H
y
d
r
o
l
y
s
e

(
v
i
t
e
s
s
e

V
h
)

Acides gras volatiles (AGV)
et alcool
A
c
é
t
o
g
é
n
è
s
e

(
v
i
t
e
s
s
e

V
a
)

A
c
i
d
o
g
é
n
è
s
e

(
v
i
t
e
s
s
e

V
A
)

Acétates
CO2, H2
Homoacétogénèse
CH4 + CO2
(70%)
V
m
1

V
m
2

CH4 + H2O
(30%)
Méthanogénèse
36
3. la phase d’acétogénèse qui transforme les AGV en acide acétique et les intermédiaires
métaboliques en acétate, en hydrogène et en gaz carbonique grâce à l’action des bactéries
méthanogènes qui métabolisent les acétates et l’hydrogène avec le gaz carbonique. ;
4. la phase méthanogénèse qui représente la phase ultime de production de méthane à partir
d’acide acétique, du gaz carbonique et de l’hydrogène produits aux étapes précédantes. Elle est
plus lente et peut conduire à l’accumulation d’acide acétique.
B/- Principaux paramètres influençant le processus
Les paramètres suivants influencent le processus de méthanisation :
1- la température : selon les préférences de la flore et de la faune anaérobies, on distingue les
bactéries psychrophiles dont la température optimale de croissance varie entre 15 et 25°C, les
mésophiles (entre 30 et 45°C) et les thermophiles (entre 55 et 65°C). La température optimale
pour une bonne méthanisation est d’environ 35°C ;
2- le pH optimale : pour la méthanisation, le pH se situe autour de 6,5 et 8 ; la chute du pH est
signe du dysfonctionnement caractérisé par la production d’AGV supérieure à la
consommation ; ce qui peut bloquer la production du gaz en l’absence d’intervention rapide ;
3- la charge organique : elle caractérise la composition de substrat : plus les substrats sont très
fermentescibles, plus il faut éviter les surcharges qui risquent de déséquilibrer le processus et
acidifier le milieu par suite de la production accrue d’AGV ;
4- le taux d’humidité : un taux d’humidité élevé dans les déchets entraînerait une augmentation du
taux de production de gaz. La production serait maximale pour un taux d’humidité proche de la
saturation, et elle serait inhibée pour des valeurs inférieures à 10%. Le taux optimal est compris
entre 60 et 70%. [HEDUIT, 93] ;
5- les besoins nutritionnels : un rapport C/N voisin de 20 – 30 ou un rapport C/P entre 100 et 150
serait optimum pour une bonne méthanisation. Trop de sulfate réduirait les populations
méthanogénes. [DE LA FARGE, 95].


C/- Différents type de digesteurs
La méthanisation se déroule dans des réacteurs digesteurs qui peuvent être de types continus, semi-
continus ou discontinus.
37
1- Le digesteur discontinu : il fonctionne selon le cycle suivant : charge fermentation jusqu’à
épuisement du substrat opérations de déchargement. Il est adapté aux produits tels que les
fumiers et les ordures ménagères. Le processus est lent, irrégulier et nécessite l’utilisation de
trois réacteurs au minimum et des batteries de cuve pour maintenir une production constante de
gaz. En 40 jours, on peut obtenir un rendement volumique moyen journalier de 1m
3
de biogaz
par m
3
de réacteur. Un de ce prototype a été réalisé au Burkina Faso par la CIEH. [HEDUIT, 93].
2- Le digesteur semi-continu : le modèle indien ou chinois est caractérisé par un chargement de
substrat en quantité et en qualité variables, une évacuation fractionnée des digestats et la
nécessité de les arrêter pour les nettoyer. Il est adapté aux effluents liquides ou solides à faible
teneur en composés lignocellulosiques. Il peut, comme les précédents, être enterré. Le temps de
séjour est d’environ 100 jours. Il est simple de conception et de construction et peut être réalisé
avec des matériaux locaux (briques de terre, etc.). L’inconvénient réside sur le stockage des
boues qui réduit le volume du réacteur et le temps de séjour. Il demande donc un curage
régulier. Le rendement moyen journalier est d’environ 0,5m
3
de biogaz par m
3
de digesteur.
3- Le digesteur continu : il est le plus fréquent en Afrique de l’Ouest et utilise le « procédé
piston ». Il est simple et n’est pas muni de système d’agitation des substrats. Il ne chauffe pas
en général.
D/- Quelques expériences de méthanisation en Afrique et dans le monde
Les expériences de méthanisation en Afrique ont porté sur les résidus de récolte et d’élevage en
zone rurale, à l’échelle familiale ou communautaire, en appui pour la lutte contre la désertification
dans les pays du Sahel. Les principaux exemples en Afrique sont localisés entre autres :
1. au Bénin, l’expérience de production du biogaz a démarré en 1983 avec des unités pilotes de
type chinois dans le cadre du projet « Création et développement d’unités de biogaz ». Celle du
centre Songhaï à Porte Novo est un bel exemple à suivre et à développer.
2. au Burkina Faso où les premiers travaux de méthanisation datent de 1976, avec le soutien du
Comité Inter-Africain d’Etudes Hydrauliques (CIEH), de l’Institut de recherche Agronomique
Tropicale (IRAT) et le CIRAD sous financement du Commissariat à l’Energie Solaire
(COMES). Ce programme a rencontré les difficultés d’ordre technique (surcharge de la cuve,
fissuration et fuite de gaz au niveau des digesteurs, insuffisance de la matière organique à
proximité, éloignement du point d’eau pour l’immersion de la matière organique, etc.) et
socioculturel (manque d’information et de motivation des usagers, insuffisance du personnel
d’animation et d’encadrement, etc.)
38
3. au Cameroun, où le Centre National d’Etudes et d’Expérimentation du Machinisme Agricole
(CENEEMA) a installé depuis 1979 plus de 29 installations de biogaz (de 1 à 10m3) en zone
rurale pour mettre à disposition à partir des ressources localement disponibles, de l’énergie
issue du biogaz et de l’amendement provenant du compostage des digestats. Malheureusement
ce programme sera arrêté en 1986, suite aux difficultés financières.
4. au Mali où le programme biogaz avait été lancé en 1984 suite à l’Atelier Technologique de Sira
Kéfé. Jusqu’en 1995, 70 digesteurs (de types chinois) ont été réalisés avec la formation de 200
stagiaires ruraux dont 12 spécialistes villageois. L’objectif était de satisfaire aux besoins
d’éclairage et de cuisson à travers de petites unités familiales ou communautaires au niveau
des villages. Malheureusement ces unités n’ont pas fonctionné longtemps du fait de l’absence
d’entretien du système, de l’insuffisance de la sensibilisation, de l’animation et de l’information
des usagers, et de l’insuffisance d’organisation communautaire dans les villages et de
motivation des spécialistes villageois chargés de la maintenance des systèmes.
5. au Niger, le programme biogaz a démarré en 1980 avec l’installation du centre pilote de Lossa
constitué de trois digesteurs de 5m3 et de deux gazomètres. D’autres unités de 5 à 60m3 sont
prévues dans certains villages.
6. au Tchad, un centre pilote a été expérimenté avec succès par la Faculté des Sciences de
l’Université de N’Djamena, pour traiter les déchets d’abattoirs et des marchés de la ville.
[BINTOU, 95]
7. au Togo, trois unités ont vu le jour à Avelon (50m3) Mango (10m3) depuis 1979 lors du début
des recherches sur le biogaz entreprises par l’Université du Togo (Ecole d’Agronomie). Il est
prévu de construire 25 unités de 10m3 dans le pays.
Les expériences de méthanisation sont réalisées en Afrique dans le cadre des financements par des
bailleurs de fonds internationaux, et ne survivent pas pour la plupart après l’arrêt des subventions.
La non-implication des usagers dans le processus de choix technologique n’encourage pas
l’appropriation de la gestion de l’installation par les bénéficiaires. Une des causes des échecs
constatés est d’une part, l’insuffisance des études de faisabilité socio-économique, culturelle et
technique avant le choix et la mise en place du système et d’autre part le mauvais dimensionnement
des installations (choix arbitraire des volumes des digesteurs sans connaissance de la quantité de substrats
disponibles et des besoins énergétiques réels de la communauté bénéficiaire).
VI/- PARAMETRES D’ANALYSE ECONOMIQUE D’UN SYSTEME DE GESTION DES
DECHETS SOLIDES
39
L’étude économique du système de gestion est une partie importante pour le choix définitif de la
filière adapté au contexte considéré. Il s’agit d’un instrument essentiel permettant la prise de
décision en matière de gestion des déchets solides urbains. L’analyse économique de ce système
doit prendre en compte :
• les investissements au niveau de toutes les étapes de la filières : précollecte, collecte,
aménagement des sites de transit (lorsque cela s’impose), installation de la décharge contrôlée ;
• les frais de fonctionnement concernant : les salaires du personnel, les carburants et lubrifiants,
le matériel de rechange, les frais d’entretien et de maintenance des équipements, les taxes
diverses, les assurances, les frais d’administration du système, etc.
L’analyse économique permet donc d’évaluer systématiquement les coûts et les profits avant toute
action.

VI.1/- Finalité de l’évaluation économique du projet
L’étude économique du système de gestion des déchets solides doit aboutir à la détermination de
deux paramètres importants :
• la dépense moyenne par habitant (sur une période journalière, mensuelle ou annuelle) ;
• la dépenses moyennes par tonnage selon la période adoptée ; cette dernière doit intégrer
l’amortissement des équipements acquis dans le cadre du projet.
Le calcul des amortissements dépend essentiellement du type de matériel et les ratios suivants sont
souvent utilisés pour l’estimer. [HEBETTE, 96], [NGNIKAM et al, 97].
Tableau : Ratios d’amortissement utilisés pour quelques équipements.
Type d’équipements Période d’amortissement
petit matériel de précollecte et de collecte (équipements des éboueurs,
pelles, râteaux, pioches, machettes, fûts de 50-100 litres, etc.)
2 à 3 mois
matériel de précollecte (charrettes, etc.)
1 à 2 ans
véhicule de collecte 5 à 10 ans
conteneurs (6 – 16 m3) 2 à 3 ans
décharges contrôlées 15 à 30 ans
sites de transit 15 à 20 ans

VI.2/- Paramètres à considérés
L’évaluation financière d’un système de gestion des déchets solides tiendra compte des rubriques suivantes :
Rubriques
Paramètres nécessaires
Investissements
coût d’acquisition des différents types de matériel (conteneurs, pont–à bascule
éventuellement, pelles chargeuse, compacteur, bulldozer, etc.) ;
40
mise en place d’un site de transfert et/ou d’une décharge contrôlée : achat de terrain,
branchement aux réseaux d’eau et d’électricité, travaux de génie civil
divers (études hydrogéologiques, études d’impact, , réhabilitation, etc.).
personnel (chauffeurs, mécaniciens, éboueurs) et charges sociales (assurances, etc.) ;
amortissement du matériel utilisé ;
entretien et maintenance des équipements ;
carburants et lubrifiants pour transport aller – retour (points de collecte décharge) ;
Exploitation
exploitation des décharges contrôlées, éventuellement des sites de transite et de
valorisation (compostière) ;
information des acteurs y compris les usagers ;
administration (cadres administratifs, personnel d’appui, communications, etc.) ;
immobilisation du matériel roulant de secours (10-15% du matériel roulant) ;
Frais divers
pièces de rechange (10 - 15% du coût total du parc) ;
Les étapes conduisant à l’évaluation financière du système choisi sont les suivants, [HEBETTE, 96],
[NGNIKAM, et al., 95], [GILLET, 85] :
Tableau : Paramètres à considérer dans l’évaluation économique d’une filière de gestion des
déchets solides municipaux.
Paramètres Détails Unité
• effectifs de la population (et éventuellement le nombre de ménages) hab.
• production moyenne journalière par tête d’habitant kg/hab./j
• densité moyenne des ordures kg/m
3

• production totale journalière t/j
• coefficient de pointe du lundi %
• nombre de jours de service de ramassage par semaine (en général =6) j/sem.
• volume total hebdomadaire d’ordures ménagères m
3
/sem.

Production
locale des
déchets
• volume total par jours de service m
3
/j
• distance moyenne par rapport à la décharge km
• vitesse moyenne d’une rotation km/h
• rendement du chargement du camion de collecte kg/mn
• temps mis pour la collecte (entre points de regroupement) mn
• temps de transport vers la décharge contrôlée mn
• temps de manœuvrage (pesage et vidage) dans la décharge mn
• nombre de chauffeurs Hoe.
• nombre d’éboueurs Hoe.
• effectif total du personnel de terrain pers.
• personnel technique dans la décharge Hoe.
• personnel administratif (cadres et assistants d’appui) Hoe.
• nombre d’heures de travail par jour pour le personnel h
• nombre total de jours de travail par semaine du personnel H-J
• nombre total de jour de service par an jours
• prix d’achat du matériel fCFA
• durée d’amortissement ans
• prix du carburant (gasoil ou essence) fCFA/l
• pièces détachées %











Technique et
matériel de
collecte
• consommation de carburant pour la collecte l/h
41
• consommation de carburant pour le transport l/km
• prix pneumatique fCFA
• nombre de rotation des véhicules par jour de service tours/j
• nombre de véhicules en service
• nombre de véhicules immobilisés
• nombre total de véhicule
• distance moyenne journalière d’un véhicule km/j
• distance moyenne annuelle d’un véhicule km/an
• distance totale des véhicules par an km/an
• consommation journalière d’un véhicule litres/j
• consommation annuelle des véhicules litres/an




Résultats des
calculs
• quantité totale annuelle d’ordures mises en décharge tonnes/an

Paramètres Détails Unité
• coût d’amortissement technique (pour chaque type de matériel) fCFA
Fonctionnement des équipements
• frais de carburant
• frais de lubrifiant (5 – 10% des frais de carburant) fCFA
• frais d’entretien et de réparation divers (15% prix d’achat du parc) fCFA
• frais de remplacement de la pneumatique (une unité/30.000km) fCFA
• assurance des équipements (4 – 5% du prix d’achat) fCFA
Personnel
• salaire et primes du personnel a fCFA
• charges sociales (50 – 75% des salaires et primes) b fCFA
• provision pour congé (15% de a+b) c fCFA
• frais d’administration et d’encadrement (15% de a+b+c) fCFA
Coût d’exploitation annuel du système
• coût d’exploitation annuel des véhicules
• coût d’exploitation annuel du personnel
• coût des investissements
• coût total des véhicules
• coût total des pièces de rechanges (10% du coût des véhicule)
Ratios annuels
• dépenses annuelles par habitant
fCFA/hab./an
Coût
d’exploitation
• dépenses annuelles par tonnage fCFA/t/an
42
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43
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OBJECTIF GENERAL DU COURS L’objectif général de ce cours revêt trois aspects fondamentaux : • permettre aux étudiants de mieux cerner tous les aspects liés à l’assainissement d’un établissement humain donné ; • • les amener à pouvoir concevoir les ouvrages d’assainissement adaptés à un contexte donné ; et leur donner les outils nécessaires pour assurer une meilleure mise en œuvre des systèmes d’assainissement choisis.

PLAN PROVISOIRE DE LA PREMIERE PARTIE : L’ASSAINISSEMENT DES ORDURES MENAGERES 1. Généralités sur les déchets solides municipaux 2. Classification et composition des déchets solides urbains 3. Paramètres physico-chimiques des déchets solides urbains 4. Le cheminement global des ordures ménagères dans une ville donnée (la précollecte, la collecte,
la valorisation et le traitement)

5. Dimensionnement du matériel de précollecte et de collecte 6. Dimensionnement d’une décharge contrôlée 7. Principes de gestion des déchets solides municipaux. 8. Aspects financiers et économiques de la gestion des déchets solides municipaux.

CONTENU DU COURS

Cours, TD & TP.

2

Problématique de l’assainissement en Afrique
Le phénomène d’urbanisation en africain : 1. une croissance urbaine spectaculaire, proche du double de la moyenne mondiale ; 2. doublement quasi décennal de la population et de l’espace urbain ; multiplicité des tissus urbains avec cependant

3. non maîtrise du développement des villes : prolifération des quartiers pauvres et illégaux ;

4. inadaptation des dispositifs juridiques et insuffisance de moyens matériels, humains et financiers affectés au service d’assainissement, 5. incohérence des systèmes existants et faible taux de couverture du service d’assainissement La Typologie urbaine des villes africaines : Une typologie urbaine à deux vitesses depuis l’époque coloniale : 1. la ville spontanée (bidonvilles, quartiers à habitat spontané, quartier pauvre), consécutive à une occupation anarchique de l’espace née des difficultés d’obtention des titres fonciers et d’accès aux parcelles viabilisées, coûteuses pour les ménages pauvres ; 2. la ville planifiée et/ou administrée, anciens fiefs de la colonisation, quartiers résidentiels de haut et de moyen standing, nouveaux centres administratifs et commerciaux avec immeubles à grande hauteur et une trame de voirie urbaine bien fournie.

I/- GENERALITES SUR LES DECHETS SOLIDES MUNICIPAUX I.1/- Définitions Les déchets solides municipaux sont les résidus issus de la consommation ou des services qui ne sont plus d’utilité dans nos activités socio-économiques et culturelles. Ce sont des éléments de faibles dimensions que l’on peut rassembler dans des récipients faciles à manipuler en vue de leur enlèvement régulier à l’aide de véhicules ordinaires. Les déchets solides municipaux comprennent : les ordures ménagères (provenant des foyers : restes de cuisines, papiers et verres usagers, vieux métaux et textiles, etc.), les déchets de marchés et d’abattoirs, les déchets provenant des hôpitaux, de l’artisanat et de l’industrie, assimilables aux 3

ordures ménagères, les déchets encombrants (encore appelés « monstres »), les déchets « inertes » provenant de la démolition ou de la rénovation (gravats, bois, briques, tuiles) et les déchets toxiques et les déchets radioactifs (par eux-mêmes ou alors contenant des éléments radioactifs).

I.2/- Classification et composition des déchets solides urbains La composition des déchets solides urbains est généralement exprimée en pourcentage (%) de poids. Elle varie d’un contexte à un autre. Le choix des différentes classes caractéristiques des déchets dépend essentiellement des objectifs recherchés. Cependant, il existe dans la littérature deux principales modes de classification des déchets solides municipaux : 1. Le premier mode propose les grandes classes d’ordures ménagères qui sont les suivantes :
• • • fines (φ < 20mm) papier ou le carton chiffons • • • matière plastique/caoutchouc verre/porcelaine/faïence • • matière organique (MO), débris combustibles non classés (bois), débris non combustibles (gravats).

métaux/alliages (aluminium/fer, etc.) •

2. Le second mode de classification est basé sur le comportement des déchets et leurs effets sur l’environnement lorsqu’ils sont abandonnés à eux-mêmes. Il permet de distinguer : • • • • les déchets inertes (fins ou encombrants) : gravats, carcasses de véhicules, verres et plastiques. les combustibles : papiers, textiles, bois, et plastiques, etc. les déchets biodégradables : matières organiques d’origine animale ou végétale. les déchets toxiques ou radioactifs issus des industries électrochimiques, des hôpitaux, etc.

Tableau : Exemple de composition (en 4 classes) des ordures ménagères dans certaines villes.
[GILET, 85], [ENDA, 90], [RAJAOMANANA, 96], [THUY, 98], [NGNIKAM et al, 98]. Villes Moyenne de 14 villes algériennes Antananarivo (Madagascar) Douala (Cameroun) Garoua (Cameroun) Dakar (Sénégal) France Bamako (Mali) Fraction fermentescible 77.3% 15.0 78.7% 42.8% 41.0% 25.0% 35.0% Fraction inerte 5.4% 5.9% 9.0% 3.6% 5.0% 18.0% 4.5% Fraction combustible 15.7% 11.4% 11.0% 11.2% 19.0% 42.0% 19.5% Autres 1.6% 67.7% 1.3% 41.9% 26.0% 15.0% 41.0% Total 100.0% 100.0% 100.0% 100.0% 100.0% 100.0% 100.0%

En résumé, les déchets varient en valeur absolue, en qualité comme en quantité selon la localisation géographique, les aspects socio-économiques de la source de production.

I.3/- Paramètres physico-chimiques des déchets solides 4

Sa connaissance est essentielle pour le choix d’une part. 85]. un compost sera « mûr » si MO/N est suffisamment faible pour que les cultures ne subissent pas un effet dépressif appelé « fin d’azote ». les saisons et les conditions sociales du producteur. En milieu tropical.30 et 0. 96]. La densité en poubelle varie enfin en fonction des saisons climatiques ou agricoles : elle est élevé en saison pluvieuse et relativement moins en saison sèche. [NGNIKAM et al.20 à 0. le compostage est possible. C’est ainsi qu’un compost est dit « valable » si les ordures ménagères de départ ont un rapport C/N<35 . Il garantit en quelque sorte la qualité du compost produit. La valeur de la densité des déchets n’aura de sens que si l’on définit les conditions dans lesquelles elle a été déterminée. du type de matériel de précollecte et de collecte et d’autre part. du type de traitement à préconiser. ce taux oscille autour de 65% avec un minimum de 50% en saison sèche.118. elle varie de 0. Si MO/N>60. dans les bennes basculantes et les tracteurs agricoles. On parle aussi de la « fermentescibilité » du produit pour définir le rapport de la masse organique (MO) sur azote organique (N). Il a une influence majeure sur le pouvoir calorifique des déchets et permet en outre d’apprécier l’aptitude de ceux-ci au compostage : ainsi. le rapport C/N du compost obtenu serait sensiblement compris entre 18 et 20. [GILLET. • le rapport Carbone/Azote (C/N) : ce paramètre permet d’apprécier l’aptitude des déchets solides à la biodégradation.55.45 à 0. si par contre MO/N<50 le produit est mûr.40 . pp. 98]. La densité en poubelle peut en effet varier fortement en fonction du matériel de précollecte et de collecte : pour les sacs ou les seaux « poubelle ». La densité en poubelle varie également en fonction du type de tissus : elle décroît des quartiers pauvres (bidonvilles) aux quartiers de haut standing dans une même ville. pour un taux d’humidité compris entre 50% et 70%. • le taux d’humidité : il représente le pourcentage en poids de l’eau contenue dans une masse de déchets solides « frais ».Ce sont des paramètres caractéristiques des déchets solides urbains pouvant influencer le choix d’une filière de gestion dans un contexte donné. dans les bennes tasseuses. sa valeur va de 0. si 50<MO/N<60. le lieu de production (type de tissus urbains). alors le produit est encore frais . 5 . Le taux d’humidité est variable suivant la nature du déchet (importance relative des matières organiques). [HEBETTE. le produit est mimûr . Les principaux paramètres physico-chimiques des déchets solides urbains sont : • la densité (densité en poubelle) : elle représente la masse des déchets solides rapportée au volume qu’ils occupent. stockés à l’abri des intempéries et collectés dans un délai raisonnable.30 . dans ce cas. elle oscille entre 0. Dans ce cas.

1/. les nouveaux centres administratifs et commerciaux avec immeubles à grande hauteur et une trame de voirie urbaine bien fournie.ω PCIh = PCIs ________ .835ω ω ω ( ) PCIh = PCI des ordures humides (en kcal) PCIs = PCS des ordures sèches (0 degré d' humidité) (en kcal) ω = taux d' humidité des déchets solides considérés La valeur du PCIs s' obtient par calcul en prenant comme référence le PCS des différentes substances contenues dans les ordures ménagères Tableau : PCI de quelques éléments contenus dans les déchets solides municipaux. 91] Substance Plastique tissus PCI (kcal/kg) 7 500 . La relation qui existe entre PCI et PCS est la suivante : 100. Le PCS prend en compte la chaleur de vaporisation de l’eau contenue dans les ordures lors de la combustion. Il représente les formes d’installations spontanées (bidonvilles. Le second. des difficultés d’obtention des titres fonciers et d’accès aux parcelles viabilisées coûteuses pour les ménages pauvres. encore appelé ville planifiée et/ou administrée. Le premier. [LPSS.5. on considère en général le PCI dans le cadre des études sur les ordures ménagères. La connaissance des caractéristiques des tissus urbains dans une ville donnée est importante lorsqu’on envisage de mener des études sur les déchets solides en particulier II.CARACTERISATION ET EVALUATION DE LA PRODUCTION DES DECHETS SOLIDES MUNICIPAUX La typologie urbaine des villes africaines est composée de deux grands ensembles. nées de suite d’une occupation anarchique de l’espace. regroupe les anciens fiefs de la colonisation. [NGNIKAM. Sa détermination permet d’envisager la possibilité d’une éventuelle incinération des déchets solides étudiés. est le plus important en terme d’espace occupé et de population concernée. [GILLET. les quartiers résidentiels de haut et de moyen standing. 00].5 200th 4 000 II/.Classification des déchets municipaux 6 .11 000th 4 200 matière organique sèche Papier/carton Substance PCI (kcal/kg) 4 200 . quartiers à habitat spontané. quartiers pauvres).• le pouvoir calorifique inférieur (PCI) ou supérieur (PCS) d’un combustible : il mesure la quantité de chaleur dégagée par la combustion complète de l’unité de masse de ce combustible à une température et une pression de référence donnée. encore appelé ville spontanée. Le PCI est défini en supposant que toute l’eau du combustible de combustion est sous forme vapeur au stade final. Dans la pratique. 85].

sur tamis de maille égale à 20mm. aussi représentatif que possible. qui prend en compte le paramètre que l’on veut estimer dans le tas d’ordures ménagères. • la dimension spécifique. la dimension temporelle. l’aire de prélèvement des échantillons devra être découpée et aménagée en tenant compte de tous les types de tissus urbains rencontrés . simultanément.la constitution de l’échantillon représentatif : le quartage. il est fortement recommandé de disposer d’un échantillon. l’irrégularité voire l’inexistence de la collecte et le faible taux de couverture du service de ramassage des ordures ménagères qui font que l’échantillon qui sera prélevé risque de ne pas être assez représentatif de l’ensemble des déchets produits. Il existe plusieurs techniques d’échantillonnage des déchets solides municipaux parmi lesquelles la Méthode de Caractérisation des Ordures Ménagères (MODECOM) développée par l’Agence française pour le Développement et la Maîtrise de l’Energie (ADEME). la pesée de chaque composante principale et le calcul des pourcentages en poids de chacune d’elle . PCI. ces trois aspects dans la détermination des caractéristiques propres des ordures ménagères à étudier. 3. qui fait intervenir ici l’influence des saisons climatiques (sèche ou pluvieuse) et des saisons agricoles (périodes et types de récoltes. Il est donc important de prendre en compte. etc. Ainsi. La stratification a pour but d’identifier et de définir d’une part. pour mener à bien une campagne de caractérisation de ceux-ci.Les déchets solides municipaux sont extrêmement hétérogènes. Ces techniques sont cependant difficilement applicables dans le contexte africain en raison de la multiplicité des tissus urbains dans les villes. de l’ensemble des ordures ménagères de la zone à étudier. La représentativité d’un échantillon d’ordures ménagères se mesure sous trois dimensions. à savoir : • • la dimension spatiale qui est fonction de typologie urbaine existante .) . Une des démarches adaptées serait la suivante : 1.le tri manuel des déchets des échantillons selon les catégories adoptées. le prélèvement des échantillons primaires et secondaires à étudier. C/N. etc.) . 4. 2. l’ensemble des tissus urbains existant dans 7 .la stratification de la localité considérée en zones homogènes d’occupation du sol et d’habitat . pour cela.le prélèvement d’échantillons pour les analyses ultérieures en laboratoire de certains paramètres (taux d’humidité. la pesée des échantillons dans un volume de récipient donné et la mesure directe de la densité en poubelle. les activités socio-économiques structurantes de la localité considérée et d’autre part.

La première méthode consiste à subdiviser l’échantillon primaire en un certain nombre de fractions de masses voisines et de propriétés similaires (échantillons jumeaux) et à sélectionner par la suite un ou plusieurs échantillons réels par tirage au sort après partage. en général. Compte tenu de l’extrême variabilité des déchets solides municipaux et de la complexité des types de tissus rencontrés. préalablement homogénéisé. La collecte des échantillons ou des sacs poubelles s’effectue par strate selon un itinéraire bien défini à l’avance. La figure ci-dessous schématise la méthode des quarts. Le contenu du camion est déversé dans l’aire des opérations et la prise des échantillons secondaires peut se faire soit par la méthode d’échantillonnage par partage.cette localité. 2. pour cela. complétée le cas échéant par des descentes de vérifications sur le terrain. il est important de connaître la quantité optimale d’ordures ménagères qui doit être prélevées dans une zone homogène donnée. la prise de l’échantillon primaire ou de l’échantillon secondaire peut se faire par prélèvement directe dans les conteneurs d’ordures ménagères fraîches ou par des sacs poubelles remises aux producteurs la veille de l’opération. Cette opération doit être répétée une fois de plus pour obtenir l’échantillon secondaire final devant faire l’objet de tri manuel. La méthode par quartage consiste à subdiviser l’échantillon primaire. du poids et du nombre des prélèvements estimés. il faut tenir compte du coût ou du budget alloué à la campagne d’échantillonnage. Pour connaître ce poids optimum. Elle se fait à partir de la photographie aérienne actualisée de cette localité. il faut déterminer : 1. 3. EXEMPLE • Masse de l’échantillon primaire = 20 kg Etape 1 : Etaler les déchets sur une surface dégagée et diviser le tas en quatre portions égales 8 . ce poids varie entre 100 et 150 kg par zone homogène. qui est fonction du poids de chaque strate identifiée. C’est en fonction du poids de chaque type de tissus identifiés que l’on déterminera la base de sondage et le pourcentage de prélèvements d’échantillons par type. il est important de collecter une quantité suffisante de déchets : une moyenne de deux tonnes par strate est conseillée pour constituer l’échantillon primaire. le nombre (N) de prélèvements élémentaires à faire . soit par la méthode des « quarts ». Pour chaque strate. en quatre parties sensiblement égales et à retenir un quart après tirage au sort. La constitution de l’échantillon représentatif est une étape importante de la classification des déchets solides. Dans une strate donnée. le poids des prélèvements élémentaires (Pe) à effectuer . la base de sondage.

Evaluation de la production des déchets solides urbains. démographiques (croissance de la population).Figure 1 : Processus de prélèvement d’échantillonnage par la méthode de quartage II. la température. la typologie de l’occupation des sols et de l’habitat. 2. la nature des sols. etc. Elle dépend des paramètres climatiques (saison pluvieuse ou sèche). Les données nécessaires pour l’évaluation de la production des déchets solides produits dans une localité sont les suivantes : 1. le relief. etc. socioculturels (habitudes alimentaires.les paramètres de quantification et de qualification des déchets en fonction des saisons : les quantités des déchets produits en fonction des saisons. activités de récupération ou de recyclage.les données liées à la connaissance de l’établissement humain considéré : elles concernent la démographie. 4. la typologie de la végétation. 3. etc. la répartition spatiale des activités socio-économiques. urbanistiques (typologie urbaine) et temporels (en semaine ou en week-end). la production d’ordures ménagères est définie en poids (en kg/hab. moyens mis en œuvre.2/. 9 . la délimitation administrative de la localité.les paramètres saisissant les pratiques actuelles de gestion des déchets municipaux dans la localité : filière utilisée.les paramètres permettant de connaître le milieu naturel et culturel : il s’agit du climat. l’hydrogéologie. principaux acteurs et leurs rôles respectifs. l’hydrographie. us et coutumes. la classification des déchets et leurs caractéristiques physico-chimiques. les us et coutumes.). les infrastructures existantes.) ou en volume (en m3/jour). Dans une agglomération donnée. la superficie de la zone géographique. la pluviométrie locale. des types de tissus et des types d’activités rencontrées.

Les autres opérations étant prises en charge par les usagers (ménages. des Entreprises Entreprise ou ou des Communes Communes Valorisation par les ménages. industriels. etc.III/- ANALYSE DES SYSTEMES DE GESTION DES DECHETS SOLIDES DANS LES VILLES AFRICAINES III. artisans. Dans les villes africaines. commerce. murets maçonnés. les artisans. décharges contrôlées) Figure3 : Cycle des déchets solides municipaux dans les villes africaines Retour aux usagers Action des usagers Sources : ménages. équipements Production des déchets solides : 10 . Stockage banalisé au niveau du producteur (sac à poubelles. commerçants. les PME et industries locales Collecte et transport des déchets en vrac Commercialisation Mise en décharge en vrac (décharges sauvages.1 Le cheminement global des ordures ménagères dans une ville donnée Les principales étapes de la gestion des déchets solides municipaux sont celles présentées par l’organigramme ci-dessous : Précollecte Collecte et transport Traitements Valorisation (recyclage et récupération) Figure 2 : Cheminement classique des déchets solides municipaux dans une localité donnée. PME. Le schéma ci-dessous montre quelque peu la complexité du cheminement des déchets municipaux dans les villes africaines. Action des usagers ou PME rémunérées récipients. bacs à ordures) Action des PME. industries. artisans) par apport volontaire ou par des intermédiaires rémunérés. sachets.) Tri des fractions valorisables Stockage banalisé au niveau du point de collecte ou de regroupement (dépôts au sol. bureaux. la gestion des déchets solides concerne essentiellement la salubrité du domaine public.

les charrettes à traction animale ou les tricycles pour la précollecte se développe dans certains secteurs des villes africaine.2 La précollecte La précollecte des ordures ménagères est l’opération qui consiste à ramener les déchets de la source de production au point de regroupement ou de collecte (bac à ordures ou espaces aménagés). Ce système est à prévoir lorsque les espaces nécessaires à l’installation des bacs à ordures ou des lieux de regroupement sont disponibles à moins de 500m des usagers et accessibles aux véhicules de collecte.III. La précollecte en porte à porte. est envisageable lorsque d’une part. la zone n’offre pas d’espaces suffisants pour installer les bacs à ordures ou les lieux de regroupement et d’autre part. La précollecte est adaptée dans les zones densément peuplées et inaccessibles aux véhicules de collecte ou dans les zones de faible densité de population et où l’habitat est dispersé. les brouettes. dans les zones faiblement densifiées avec des maisons éloignées les unes des autres. vieux récipients. soit en porte à porte par un intermédiaire moyennant rémunération par l’usager. qui exige que les usagers soient motivés pour payer le service rendu. porte – tout. Elle peut se faire soit par apport volontaire de l’usager. 1. les pousse-pousses ou porte-touts à traction humaine. Ces éléments doivent être judicieusement dimensionnés en fonction de la production journalière et de la fréquence de collecte pour éviter tout débordement. Pour être économique. vieux seaux. brouettes. gants. pelles. etc. Parmi ces équipements.). III.). Dans la précollecte par apport volontaire. râteaux. les usagers transportent les déchets produits vers les bacs à ordures ou les lieux de regroupement à l’aide de poubelles (poubelles classiques.3 La collecte et le transport. La collecte des ordures ménagères est l’opération qui consiste à ramasser les ordures ménagères des bacs à ordures ou des lieux de regroupement vers la décharge contrôlée ou le lieu de valorisation. bottes et cache-nez. sachets en plastiques. L’utilisation des moyens de transport « artisanaux » tels que les brouettes. 2. on peut citer : les charrettes à traction animale. Elle se fait au porte à porte dans les zones dotées d’un réseau de voirie en bon état et accessibles 11 . Cette technologie reste cependant à rationaliser afin d’améliorer la qualité du service de ramassage des déchets solides surtout dans les quartiers à habitat spontané et dans les zones périurbaines. etc. machettes. la précollecte doit se faire à l’aide de matériels et d’équipements produits localement par les artisans locaux ou par les petites et moyennes entreprises locales.

nécessité d’espaces disponibles car matériel encombrant (minimum 50m²/conteneur) exigence d’un socle de bétonné pour éviter l’infiltration de lixiviats nécessité d’une manutention mécanisée. Leurs caractéristiques respectives sont : Tableau : Caractéristiques de quelques éléments du point de collecte.durée de vie relativement 1m3 élevé que les précédents (2 à 3 ans) .000 Plate-forme d’accueil 10 1.1 – 20 0. 2. donc Par des tiers nombre réduit.2 4 2 3–4 2. matériel de récupération . 3.5 – 1 1–6 0. Caractéristiques Volume (m3) Hauteur (m) Longueur (m) Largeur (m) Fréquence de vidange (jours) Population desservie Zone desservie (ha) Conteneurs ou Bacs à ordures 0. donc nécessité d’en disposer beaucoup. Le matériel de collecte est composé généralement de bacs à ordures (de volume variable selon les localités).durée de vie plus importante – 20m3 (en moyenne 3 à 5 ans). rémunérés Conteneurs de 6 . 96].2m3 Apport volontaire Avantages technologie simple. localisés et accessibles.000 Espace de regroupement aménagé 100 – 150 1.faible coût d’acquisition car Inconvénients très faible durée de vie (moins de 3 – 6 mois) faible volume. .rythme de remplissage faible . 12 . des charrettes et de porte-tout).aux véhicules de collecte. on détermine le volume total des conteneurs Vc (en m3) qui est égal à Q1/tr% (en m3) . connaissance du taux de remplissage (tr%).000 100 .5 – 2 1. lenteur lors du vidage et fréquence de vidage élevée. on détermine la quantité d’ordures ménagères (Q1 en m3) par jour de service(N qui est généralement pris égal à 6 jours de collecte par semaine) : Q1=Q/n (en m3/j) .000 – 2. on détermine la production totale des ordures de la localité (Q en m3) . . Elle peut également se faire à partir des bacs à ordures ou à partir des lieux de regroupement aménagés.important à l’entrée des quartiers à habitat spontané et des marchés La démarche pour la détermination du nombre de conteneurs ou de bacs à ordures est la suivante : 1.000 2 3–4 20.3 2–3 100 – 2.manutention facile . Mode de précollecte Type de conteneurs Démi – fût de 0.volume plus important.1 – 0. nécessité d’une manutention mécanique peu accessible aux enfants coût d’acquisition relativement élevé coût d’acquisition élevé.accessibilité aux enfants .relativement peu encombrant Bacs à ordures de .200 Tableau : Comparaison des conteneurs utilisés en fonction du mode de précollecte.9 – 2. [HEBETTE. de plate-forme d’accueil aménagée (casier en ciment munis d’escaliers et d’une rampe pour permettre l’accès des brouettes.

4. • Les tricycles et les tracteurs : ils sont relativement plus chers que les précédants et adaptés pour les petites distances. ils sont adaptés pour la collecte à main d’hommes ou motorisée (pelles chargeuses). connaissant le volume d’un conteneur (v1).5 – 7 5–8 13 . Les véhicules de collectes sont divers et variés. les multi-bennes. • Les camions bennes d’entreprise : ils ont une capacité plus grande que les précédents et parcourent des distances 4 à 5 fois plus importantes à des vitesses plus élevées. Ils sont adaptés pour des espaces de regroupement aménagés. on calcule le nombre total de conteneurs (Nc) qui est égal à Vc/v1. auquel il faudra ajouter le nombre de conteneurs supplémentaires de chaque véhicule de collecte à déposer sur le point de collecte lors de la première rotation. les points de transit et les plates-formes d’accueil . des caractéristiques et de la quantité des ordures à collecter et du type de matériel existant au point de collecte. exigent moins d’éboueurs et sont envisageables pour les petits centres. et les bennes compacteuses sont également des véhicules très rapides qui offrent en outre la possibilité d’augmenter la quantité transportée par compactage des déchets. Ils ont une faible capacité. Les véhicules spécialisés • les camions porte-conteneurs : ils sont équipés d’un bras hydraulique pour charger les conteneurs pouvant transporter d’importantes de déchets. • les camions Porte – Coffre. de la distance à parcourir entre les points de collecte et la décharge contrôlée.5 4. Le rendement de collecte est relativement faible (entre 5 et 20m3 d’ordures collectées par jour). 2. Ils sont complémentaires aux véhicules motorisés plus rapides.5km pour les tractions humaines et 3km pour les véhicules à traction animale. du personnel affecté à la collecte.spécialisés Tracteurs Bennes d’entreprise Porte–conteneurs Ampliroll ou Porte – Coffre Véhicules – spécialisés 6 – 16 2. Leur choix dépend essentiellement des moyens financiers disponibles. Ce type de véhicule est envisageable pour les décharges contrôlées éloignées des grandes agglomérations. Les véhicules spécialisés • Le matériel à traction animale ou humaine : il est adapté pour les quartiers enclavés et ont une durée de vie courte (entre 6 mois et 3 ans). Les distances de transport à parcourir ne dépassent pas 1. Parmi les véhicules de collecte les plus utilisés dans les villes africaines on distingue : 1. Tableau : Caractéristiques de quelques véhicules de collecte Caractéristiques Capacité (m3) Tricycles Véhicules non .

de manœuvrage de pesage. L’ensemble doit être clôturé. d’un aller-retour vers le lieu de traitement ou de valorisation. pour des décharges contrôlées situées à moins de 15km des points de collecte ou pour des villes produisant moins de déchets (<10t/j). qui est la production totale rapportée au volume que peut évacuer le véhicule choisi.Nombre d’éboueurs Rendement de collecte (kg/mn) Rendement au chargement (kg/mn) Vitesse moyenne (km/h) Distance maximale admissible (km) 1–2 30 15 – 20 30 3–5 3 30 15 – 20 30 3–5 3 30 – 40 15 – 20 30 – 40 12 – 15 2 30 – 40 12 – 15 Les principaux paramètres à prendre en compte dans la détermination du nombre de véhicules requis pour la collecte et de transport des ordures ménagères dans une localité donnée sont les suivants : • • • la quantité journalière d’ordures ménagères produites . qui constituent en fait des lieux de stockage provisoire des ordures ménagères. le point de destination finale est trop éloigné et ne peut être atteint que par les mêmes véhicules ayant servi à la collecte. la vitesse moyenne de circulation du camion (qui dépend étroitement de la fluidité du transport et de l’état général de la voirie dans cette localité) . etc. Ainsi. il est recommandé de prévoir des sites de transit. • la durée d’un cycle ou d’une rotation qui est la somme des temps de chargement du véhicule en ville. surtout avec une production relativement élevée (>50t/j) le site de transit devient intéressant sur le plan économique. • le nombre de véhicules. sur la voie de desserte judicieusement dimensionnée pour supporter les charges lourdes (camions de collectes). 14 . Cependant. dans des conditions économiques et opérationnelles acceptables. les temps de chargement. [HEBETTE. Pour réduire les distances de transport. Les aménagements portent d’une part. la fréquence de collecte choisie et le nombre de jours de service de ramassage . bien drainé et éclairé. • le nombre de rotations possibles par jour de service et par véhicule pour évacuer la quantité produite .) dotés d’équipements moins sophistiqués pour éviter des investissements et des coûts d’exploitation élevés. ce genre de site n’est pas rentable. son installation ne devient nécessaire que si. de pointage et de déchargement . d’autre part sur les postes de déversement. 96]. aires de manœuvre et de déchargement (quais aménagés et sécurisants) bien dimensionnés pour éviter les pertes de temps. dont le coût représente selon les cas plus de 60% du coût total de gestion des déchets solides dans une ville donnée. Au-delà de 15km. fosse. il est souhaitable d’envisager des sites de transit aménagés (plate-forme. Pour les villes africaines.

ils ne doivent pas rejeter des substances polluantes pour l’environnement . 3.4 Le traitement des déchets solides En fonction des objectifs que l’on se fixe. trois grands groupes de décharges contrôlées : 1. il existe plusieurs types de traitement des déchets solides municipaux.4. Cette technique est le type de traitement le plus répandu en Afrique. Toutefois.). de tuiles et de parpaings de ciment.les décharges bio-actives (ou décharge de Type C) sont polyvalentes et réservées au stockage des déchets provenant des usines d’incinération (scories). c’est à dire qu’au moment où ils sont stockés. il existe. III. excavation des routes. gravât. l’insuffisance des moyens financiers disponibles oblige les municipalités à utiliser des méthodes peu recommandables. 2. etc. III.On considère en général les grands conteneurs (au moins 30m3) pouvant être portés par des camions spécialisés tels que les porteurs 2 essieux de plus de 19 t en charge. Cependant. Selon l’ordonnance Suisse du 01/02/1991 sur le traitement des déchets. de gravât exempts de déchets 15 .les décharges de résidus (ou décharge de Type B) intéressent les déchets issus de l’incinération de substances organo-chimiques et des déchets spéciaux respectant les critères stricts de la qualité des « déchets aptes au stockage définitif » . le compostage et la méthanisation sont les filières les plus utilisées en Afrique sub-saharienne. bris de béton.1 La mise en décharge contrôlée des déchets solides A/.les décharges de matières inertes (ou décharge de Type A) sont réservées aux déchets polluants ne nécessitant aucun traitement particulier avant leur « stockage définitif » (bris de verre. la mise en décharge. les décharges contrôlées devraient en principe recevoir des flux de matières qui ne nécessitent plus d’autres formes de traitement ultérieures.Définition préliminaire Une décharge contrôlée est un lieu d’élimination « définitive » des déchets solides urbains basée sur le stockage rationnel des déchets solides dans le but d’éviter tout risque de nuisances sur la santé humaine et l’environnement. certaines sont encore au stade de la recherche expérimentale et n’ont pas encore été éprouvée sur le terrain.Classification des décharges contrôlées En respect du souci de protection de l’environnement au sens strict du terme. notamment la mise en place des décharges « sauvages » où sont regroupés de manière spontanée les déchets produits dans la ville. B/.

Selon le coefficient de Darcy. • les conditions climatiques : une décharge contrôlée ne doit jamais être orientée dans le sens des vents dominants afin d’éviter l’envol des déchets légers et la propagation d’odeur vers les zones d’habitation.1 et 10cm/j) . dont le coefficient de Darcy>10-6m/s ou > 10cm/j). dont le coefficient de Darcy est compris entre 10-9 et 10-6m/s ou 0. chimiques ou biologiques. toute décharge contrôlée doit être impérativement située en aval de points de captage ou des sources d’alimentation pour éviter toute contamination de cette ressource naturelle. La capacité d’une décharge dépend essentiellement de sa superficie. des boues des stations d’épuration. grès. Cette catégorie est la plus utilisée en Afrique.1mm/j) . les marnes. de la densité des ordures. des produits de vidange des fosses septiques dont la teneur en eau ne dépasse pas 65%. Par rapport au volume total de la décharge. du volume des ordures comparé au volume des matériaux inertes utilisés pour la couverture et enfin. Il est également recommandé d’éloigner la décharge des cours d’eau et des zones inondables afin d’éviter le lessivage du dépôt lors des ruissellements. • la localisation du site par rapport aux sources d’alimentation en eau et aux points de captage d’eau : sauf cas exceptionnels nécessitant obligatoirement des aménagements stricts et onéreux. on distingue : les sols imperméables favorables à l’installation d’une décharge sauvage moyennant un dispositif de drainage efficace (exemple : les schistes argileux. etc. On conseille aussi de limiter ou d’éviter le ruissellement des eaux dans le site de la décharge en construisant les drains appropriés. dont le coefficient de Darcy<10-9m/s ou 0. de l’épaisseur de la couverture finale.Critères de choix d’une décharge contrôlée Les critères de choix d’un site devant abriter une décharge contrôlée sont entre autres : • la perméabilité du site : elle est liée à la nature des sols ainsi que leurs propriétés physiques. de la hauteur d’entreposage (5 à 10m). un ratio moyen de (70 à 100%) d’ordures ménagères contre (0 à 30%) de matériaux inertes de couverture est recommandé pour exploiter de manière rationnelle la décharge contrôlée. des déchets inertes de l’industrie et de l’artisanat. des déchets urbains qu’il est impossible de brûler. les sols semi-perméables envisageables pour l’installation d’une décharge contrôlée si le pouvoir auto-épurateur est suffisant (exemple : sols sablo-argileux.spéciaux. • la capacité de stockage : elle caractérise la durée de vie de la décharge dont la moyenne varie généralement entre 15 et 30 ans. C/. enfin les sols perméables qui ne sont pas conseillés pour une décharge contrôlée d’ordures ménagères (cas du gravier ou des alluvions. 16 . etc.

on recommande de subdiviser l’espace disponible en casiers homogènes et indépendants. lorsque le site est plat. 2. Le matériel roulant indispensable dans une décharge contrôlée d’ordures ménagères est composé d’un chargeur à chaîne (qui ont une meilleure adhérence que les chargeurs sur pneus). encore appelés alvéoles ou parcelles séparées de digues. au-delà de 25km commencer à envisager l’installation des sites de transit. Une des conditions sine qua non de l’installation d’une décharge contrôlée est la réalisation sans complaisance d’une étude d’impact environnementale selon les règles de l’art. et/ou bouteur résistant pour l’épandage ou le poussage des déchets. (se conformer aux cours d’EIE). présentant soit des cuvettes soit des dépressions. des dispositifs de collecte des déchets spéciaux. La Ligue Pour la Propreté en Suisse. pense que la densité des déchets mis en décharge avoisine 0. à les compacter éventuellement après les avoir recouverts d’une couche de matériaux inertes d’épaisseur de 20 à 30cm. Il existe selon la morphologie du site choisi. de superficies variant entre 0.3 à 1 ha . des dispositifs des espaces de tris des matériaux recyclables. puis. des salles et des bureaux pour le personnel.5 et qu’il faut attendre environ 4 à 5 années pour observer un tassement différentiel et une diminution du volume des déchets compactés de près de la moitié. • l’intégration paysagère : une décharge contrôlée ne doit pas constituer une rupture de paysage dans lequel elle est implantée.• les contraintes socio-économiques et urbanistiques : la décharge contrôlée ne doit pas être trop éloignée du centre de production (maximum 15 à 20 km) afin de minimiser les coûts de transport . ces casiers peuvent être réalisés par la méthode des tranchées (qui consiste à creuser des tranchées dans le sol) ou par la méthode des monticules (qui consiste à réaliser des digues sur le sol) . D/. Elle doit à cet effet être équipée d’une balance à l’entrée. La mise en décharge des déchets consiste à les étaler en couches successives d’environ 1 à 2m dans le site à l’aide d’un engin de génie civil. [LPPS.Fonctionnement et structure d’une décharge contrôlée. Des dispositions doivent être prises le cas échéant pour intégrer le site dans son paysage initial pendant et après son exploitation définitive. Une décharge parfaitement bien structurée et organisée est la garantie d’une exploitation efficace. 91]. soit alors d’un compacteur – épandeur équipé 17 . deux formes d’exploitation des décharges contrôlées : 1. en terrain accidenté. il est recommandé d’enfouir les déchets par couches successives légèrement inclinées et régulièrement recouvertes jusqu’au remplissage de matériaux inertes prélevés immédiatement à proximité du site.

processus biologiques aérobies ou anaérobies. le méthane est inflammable et parfois explosif. en l’absence d’oxygène dans les couches compactées.Les lixiviats Les lixiviats sont la conjonction de plusieurs phénomènes suivants qui se produisent dans la décharge : mode d’écoulement de l’eau (percolation. ce processus s’accompagne de dégagement de méthane (CH4). de gaz carbonique (CO2). Des précautions doivent être prises pour maximiser le taux de récupération du biogaz dans la décharge1. des gaz à l’état de trace tels que l’hydrogène sulfuré (H2S. évolution du pH. Dans une décharge d’ordures ménagères où les déchets sont entassés par des compacteurs.7 Intermédiaires 5 – 10 ans 6. Tableau : Composition des lixiviats en fonction de l’âge de la décharge. En outre.Le biogaz Le biogaz est un mélange de gaz carbonique inerte et de méthane combustible en des proportions diverses qui varient selon la nature des déchets en présence et du taux de dégradation de la matière fermentescible. E2/. du pouvoir tampon. infiltration ou diffusion). utilisés pour la décharge pour produire de l’électricité. il n’existe pas de décharge avec récupération de méthane.5 <5 <2 actuellement. Après un temps de stockage. Ces précautions sont absolument nécessaires car le méthane non récupéré autant que le CO2. est un gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement est 24 fois supérieur à celui du gaz carbonique. En Afrique au sud du Sahara. Les gaz des décharges peuvent être brûlés. il se produit un processus de décomposition anaérobie dû à l’action de micro-organismes .Deux principales nuisances dans une décharge contrôlée : le biogaz et le lixiviat E1/. E/. du potentiel d’oxydoréduction de la solution percollante à travers les déchets. La composition des lixiviats dépend non seulement des déchets en présence.7 Stabilisés > 10 ans > 7. on relève une évolution de la composition du lixiviat. de la salinité. le taux de récupération du biogaz ne dépasse que rarement les 50 à 70% dans les pays développés 18 . en fonction duquel.5 < 10 2 – 2. La gestion du biogaz des décharges représente une source d’énergie valorisable dans des conditions techniques et économiques acceptables si le diagnostic préalable du gisement est effectué et si la conception du réseau de collecte le rend pérenne.5 – 7.5 > 10 – 20 > 2.8 à 1. mais surtout du temps et de l’âge de la décharge. Type de lixiviats Age de la décharge pH DCO DCO/COT 1 Jeunes < 5 ans < 6. les gaz hydrochloriques et le fluorure d’hydrogène).de godet – chargeur ou de lame de remblayage qui assure le compactage des couches de déchets d’épaisseur variant entre 1 et 2m jusqu’à une densité de l’ordre de 0. les substances organiques présentes dans les déchets se décomposent au contact de l’air (décomposition aérobie) et dégagent essentiellement du gaz carbonique : c’est le cas des décharges non compactées.

de traitement ou de valorisation des gaz qui se forment dans les couches profondes de la décharge (exemple : buses verticales à parois perforées empilées et lestées de pierres pour une bonne stabilité) . il est conseillé d’avoir à proximité du site une réserve de terre suffisante pour lutter efficacement contre les incendies éventuelles .). prévoir.DBO5/DCO AGV (%COT) > 0. prévoir des systèmes de coupe-feu (digues ou tranchées) pour prévenir la propagation des incendies . Il est donc fortement recommandé de bien s’assurer du drainage du socle de la décharge de manière à renvoyer les lixiviats vers une zone centrale de traitement.2 Le compostage des ordures ménagères biodégradables A/. prévoir un revêtement du sol (film plastique. drainer les eaux d’infiltration hors de la décharge en prévoyant des fosses de ceinture et renforcer le socle sur lequel la décharge va se reposer pour éviter les glissements de terrain . 8. III. F/. prévoir des routes d’accès. réaffectation du site pour d’autres usages tels que le loisir. une station d’épuration des lixiviats doit être prévue dans le site de la décharge . s’assurer de l’imperméabilité du site . 3. à défaut. les dispositif de pesage des camions. en fonction des moyens financiers mis en jeu. couche de revêtement en asphalte de 5 à 10cm d’épaisseur) . des bureaux et salle pour le personnel. bien délimiter l’emprise de la décharge et l’entourer d’une clôture pour éviter d’éventuels accidents et empêcher l’accès dans le site des animaux et des personnes non autorisées . assurer un entretien et une maintenance régulières des infrastructures et équipements existants et prévoir les travaux de restitution du site une fois la décharge exploitée (reboisement. 2.Définitions Parmi les définitions existant dans la littérature. 5. etc.Précautions à prendre lors de la mise en place d’une décharge contrôlée Elle sont les suivantes : 1.1 – 0. matières synthétiques. 6.1 <5 Les lixiviats des décharges d’ordures ménagères sont des sources dangereuses de pollution par les métaux lourds. dans chaque carré de 50m de côté un système de captage.4. on peut en retenir deux : 19 . des ateliers de réparation des machines et des panneaux de signalisation.5 5 – 30 < 0. s’équiper d’engins de tassement (compacteurs) afin d’augmenter la capacité de la décharge . 4. 7.5 > 70 0.

contrôlé. La durée du compostage dépend de plusieurs facteurs tels que la grosseur des éléments à composter. de couleur noirâtre ayant l’odeur caractéristique des terreaux) ». 2. l’importance du tas à composter. Cependant à chaque retournement du tas la température peut augmenter légèrement. poils. un composé appelé compost. Il se produit l’oxydation des composés carboniques et l’émission d’eau et de dioxyde de carbone. Le compostage peut être défini comme étant « l’ensemble des opérations par lesquelles on prépare. la durée du compostage est d’environ 3 mois. on distingue trois principales phases de la dégradation de la matière organique qui sont : 20 . céramique. Tous les déchets contenant du carbone « éliminable » par voie biologique peuvent être compostés. La phase de mûrissement qui s’ensuit est caractérisée par la baisse sensible de la température du tas de compost jusqu’à la valeur de la température ambiante. à partir des ordures ménagères brutes. cailloux et gravât). déchets organiques d’origine biologique) en produits stabilisés. feuilles mortes. de conversion et de valorisation des substrats organiques (sous-produits de la biomasse. Cependant. 1985]. Lorsque les substances facilement accessibles sont consommées au maximum par les micro-organismes. [GILLET. les déchets inertes (plastiques. les micro-organismes et les bactéries envahissent le tas en décomposition et contribuent ainsi à l’accroissement rapide de la température de ce tas (jusqu’à 75°C). En fonction de l’évolution de la température dans le tas en décomposition. la teneur en eau dans le tas. branches d’arbres et de haies. litières des animaux domestiques. Ne peuvent être compostés les produits suivants : les papiers journaux avec encre. Les substances difficilement dégradables sont ensuite éliminées par d’autres formes de micro-organismes. la chaleur se dissipe plus rapidement qu’elle ne se forme et entraîne une baisse de température. encore appelé le compost ». Le compostage est également défini comme étant « un procédé biologique. plumes. Ils dégradent les glucides et les protides indispensables à leur croissance. métaux. les restes de repas.1. A ce stage. verres. Il s’agit : des épluchures de fruits et légumes. les déchets de cuisine en général. les papiers peints. la température du tas de compost commence à baisser. la proportion des matières organiques difficilement dégradables (matières ligneuses végétales). la fréquence des retournements (plus le retournement est rare plus long est le processus de fermentation). en région tropicale. moins nombreux et dont les besoins en oxygène sont inférieurs. C’est à partir de ce moment que l’on peut utiliser le compost. hygiénisés et semblables à un terreau et riche en composé humique. hydrophile. pailles. si toutes les étapes sont bien respectées. plantes vertes. etc. ayant les caractères généraux de l’humus (composé amorphe. Le ver de terre.

la concentration du substrat. • la phase de mûrissement ou de maturation avec la disparition progressive des espèces thermophiles et la baisse de la température jusqu’à la température ambiante . l’éloignement du site (> 200m) des habitations (pour éviter les bruits pendant le broyage motorisé) . On peut citer entre autres. 2. caractérisée par un dégagement intense de la chaleur. le pH. libérant ainsi de la vapeur d’eau et du CO2 . l’accessibilité du site aux véhicules de collecte des ordures ménagères . la possibilité d’avoir des espaces agricoles pour l’expérimentation du compost en vue de sa promotion auprès des agriculteurs et jardiniers. encore appelé compostage artisanal. C/. 5. B/. durant laquelle les protéines sont attaquées en premier lieu . cette phase est caractérisée par la stabilité du compost produit qui prend ainsi l’aspect des terreaux. 1. le taux d’oxygène lacunaire. 3. la taille des particule en décomposition. magasin) . et le compostage industriel.Les différentes techniques de compostage Il est nécessaire de distinguer le compostage à petite échelle. la température.Les précautions à prendre pour l’installation d’un site et les techniques de compostage Les principales précautions liées au choix et à l’implantation d’une compostière sont entre autres : 1. • la phase thermophile. la teneur en eau. le bon dimensionnement du site de manière à ce qu’il permette les opérations de compostage y compris toutes les autres équipements utiles (hangar de broyage. Le compostage artisanal (ou décentralisé). ce site doit en outre être clôturé . pour les températures variant entre 40 et 50°C. Cette pratique est limitée au traitement d’une quantité peu importante de déchets (maximum 20 tonnes/jour) et nécessite peu d’investissement mais plus de besoins en terrain suffisant. utilise du matériel léger avec une forte intensité de main d’œuvre. Certains paramètres peuvent influencer le processus de compostage.• la phase mésophile. Dans les pays en développement on a 21 .2%) pour permettre l’écoulement des eaux de surface . le site doit avoir en outre une déclinaison suffisante (>0. plus courant dans les pays africains. la présence ou non d’accélérateur ou d’inhibiteur des réactions enzymatiques. 4. le drainage parfait du site au moyen des caniveaux bien dimensionnés .

le broyage ou le déchiquetage éventuel des déchets volumineux afin d’augmenter la surface spécifique et la surface d’attaque des micro-organismes et faciliter la pénétration de l’eau et de l’air à l’intérieur du tas constitué . le tri de séparation des composantes biodégradables de celles qui sont dites inertes . les cycles de retournement et brassage du tas (3 à 4 fois dans la période) afin d’accélérer et d’uniformiser la décomposition de 22 . décharges décomposition • Risques de contamination par les métaux lourds Compostage en • Tri manuel des fractions non • N’est pas adapté pour tas fermentescibles la production à grande • Formation de tas successifs de échelle 1 à 5 m3 avec retournements • Nécessite plus d’espace périodiques.) Yaoundé (Cameroun) Jakarta (Indonésie) Lima (Pérou) Olinda et Peixinhos (Brésil) Porto Novo et Tohué (Bénin) Accra (Ghana) Yaoundé (Cameroun) Ouagadougou (Burkina Faso) Louga (Sénégal) Kano (Nigeria) Ficksburg (Afrique du Sud) Guatemala City (Pérou) Différentes activités du compostage décentralisé Dans un système de compostage décentralisé. l’arrosage ou l’étalement du tas éventuel selon la teneur en eau dans les tas et l’aération du tas pour augmenter la quantité d’oxygène . Compostage en • Ouverture d’une fosse ou • Requiert plus lits construction d’une structure d’investissement que la murale sur le sol méthode des andins • Tri manuel des fractions non fermentescibles • • • • • • • • • • • • • • • • Lieux d’application Bamako (Mali) Niamey (Niger) Cotonou (Bénin) Kinshasa (Congo D. Méthode Caractéristiques Points faibles Récupération de • Tri par tamisage manuel de la • Pas de tri préalable terreau des matière organique en des déchets . les principales opérations suivantes permettent d’obtenir du compost à partir des ordures ménagères biodégradables : • • • la collecte et le transport des ordures ménagères vers les sites de compostage .5 à 2m) .5m de large et 1 à 1. Compostage en • Tri manuel des fractions non • Nécessite un andins ouverts fermentescibles retournement plus • Formation des andins (de 2 à fréquent et une main 3.8m de d’œuvre plus importante hauteur) avec retournements périodiques. • les différentes techniques permettant la bonne fermentation aérobie de la matière organique : la mise en tas suivant des dimensions facilement « manipulables » par les éboueurs (exemple H=1. 00]. pp47.5m et Φ = 1.pu identifier cinq pratiques de compostage décentralisé dont les caractéristiques spécifiques sont consignées dans le tableau ci-dessous. Tableau : Comparaison des différentes méthodes de compostage décentralisé des ordures ménagères. [NGNIKAM.

il faut que les ordures ménagères en dégradation soient homogénéisées et réduites en petits morceaux (broyage ou déchiquetage d’éléments grossiers à l’aide des machettes. plus ou moins sophistiqué. et une main d’œuvre qualifiée. des ciseaux de jardin ou de broyeurs) en vue d’augmenter les surfaces de contact entre les déchets et la microflore. etc. Lorsqu’on respecte les règles minimales du compostage. Aussi. les branches d’arbres fraîches ou les haies. Ce procédé. • retourner régulièrement les tas pour assurer une bonne oxygénation et veiller au taux d’humidité dans les tas pour éviter toutes formes de pourritures (recouvrement des tas par temps de pluies. en fonction des résultats que l’on souhaite obtenir. drêche de brasserie. est généralement utilisé dans les grandes villes pour traiter des quantités importantes de déchets municipaux. on est à l’abri des odeurs. De nombreuses expériences dans le monde et en Afrique ont montré que les rendements agricoles sont nettement améliorés avec l’apport d’un compost de bonne qualité. . Pendant le compostage des ordures ménagères. 2. la baisse de la température et du taux d’humidité du compost. Le compostage semi-industriel ou industriel (ou centralisé) requiert par contre du matériel semimécanisé ou totalement mécanisé.). etc. plus difficilement dégradables et résistantes à la décomposition microbienne. • éventuellement y ajouter des adjuvants ou des accélérateurs de fermentation (bouses de vache. le stockage en vue du mûrissement du compost. Les principales étapes de ce type de procédé sont les suivantes : 23 .la matière organique . et ces plantes résistent mieux aux maladies.). un dosage rationnel de ces composantes organiques dans un tas de compost est intéressant. Pour créer les conditions favorables à la dégradation biochimique. car les résultats du compost sont fonction des « input » : les déchets et les restes de cuisine apportent beaucoup d’éléments nutritifs et favorisent la décomposition microbienne . arrosage des tas par temps d’ensoleillement). il est recommandé de veiller à ce que la ventilation du tas soit appropriée de manière à faciliter le remplacement de l’air chargé de CO2 dans le tas par de l’air frais. etc. le conditionnement du compost. il est important de suivre les règles suivantes : • bien mélanger le tas de matières organiques. conservent au compost une structure plus légère et sont excellentes pour la formation de l’humus. le contrôle régulier de la température du tas et enfin. très peu répandu en Afrique. En outre. • les diverses opérations d’affinage du compost produit en vue d’obtenir ou de faciliter son transport. fiente de poules. sa manipulation et son utilisation en agriculture ou en élevage selon le cas (le broyage final et le tamisage pour faciliter l’épandage dans les champs.

Le compostage industriel par contre peut être à fermentation lente. constitue un danger pour la santé des populations avoisinantes à cause des vecteurs d' infections que les déchets peuvent développer. la réduction du nombre 24 . le compostage lorsqu' est bien conduit. etc. La spécificité du compostage industriel est que le broyage se fait avant la fermentation . de la disponibilité des sites de compostages. par exemple. Le choix entre le compostage décentralisé et le compostage centralisé dépend essentiellement des moyens financiers disponibles. est caractérisé par la mécanisation des postes de réception et de transport interne des déchets . les déchets qui y sont produits sont très humides et riches en sable.) et le problème de mévente du compost.Les enjeux sanitaires du compost L' accumulation des ordures ménagères dans les dépôts sauvages.Stockage des déchets Broyage et Tri du « broyat » Fermentation aérobie (lente ou accélérée) Figure 6 : Etapes du compostage industriel des ordures ménagères [NGNIKAM. des utilisations réelles du compost produit. L’absence de tri avant broyage peut également entraîner la dispersion des métaux lourds dans le tas. comme c' le cas actuellement est dans la plupart des villes de l' Afrique Centrale et de l' Ouest. de l’importance des infrastructures routières. car un élément indésirable peut être broyé et dispersé dans la masse de déchets. les usines de compostage d’ordures ménagères souffrent des problèmes d’exploitation et des problèmes techniques (inadéquation entre nature. Chacune de ces variantes présente les avantages et des inconvénients suivants : D/. En Afrique. ce qui constitue un de ses inconvénients majeurs. 00]. Par contre.49 Maturation Affinage (Compost et Refus) Le compostage sémi-industriel. Ce procédé n’est pas adapté au contexte africain parce que d’une part. et d’autre part. permet d’une part. politique de maintenance et d’entretien. du personnel technique disponible sur place et des équipements. les opérations de tri et quelquefois le retournement peuvent être manuels. pp. la manutention et le retournement par des chargeurs sur pneus. avec apport d’air par retournement successif de la masse ou par aération forcée . les débouchés du compost sont quasi incertains. la destruction des germes il pathogènes (grâce à la chaleur et les réactions antibiotiques) et d’autre part. technique utilisée. rendant ainsi difficile les opérations de tri. il peut également être à fermentation accélérée dans une enceinte fermée munie d’un brasseur permanent ou intermittent. composition des déchets et. dont la capacité peut atteindre 50t/j.

95]. Zoom3) généralement pratiquées en zone périurbaine au Cameroun a montré une multiplication des rendements de récolte par 1. Laitue. Il a un pouvoir tampon tout en régulant et en stimulant la nutrition minérale des plantes . ce qui lui vaut le pouvoir d’être facilement assimilé par les plantes en croissance. Il stabilise et structure le sol tout en augmentant sa perméabilité. Le compost ne sera toutefois rentable que si son coût de revient au niveau de l’utilisateur est supportable. Pour cela. E/. Des expériences ont révélé que la destruction des germes pathogènes est efficace si le compostage aérobie est bien organisé. à 65°C pendant 7 jours. sites propices à la multiplication de mouches et de moustiques.de dépôts sauvages des déchets. 85]. Une phase thermophile (température élevée). 25 . Folon. surtout en zone de savane et sahélienne. et enfin.5. il faudra réduire le coût de transport. le 2 une tonne de compost urbain à maturation produit 57 kg d' humus. Ainsi. où la main d’œuvre est disponible et bon marché. deviennent de plus en pauvre par suite de leur surexploitation et par manque d' apport de matière organique. La pratique du compostage a été inspirée par le souci d’améliorer les rendements agricoles. il réduit et annule les effets désastreux de l’érosion hydrique et éolienne.Les enjeux agricoles du compost Les sols africains. 87]. là où il y aura possibilité d’acquérir à moindre coût des additifs (tels la drêche des brasseries. la fiente de poule) qui permettent d’enrichir le compost. L' azote présent dans le compost sous forme organique et en faible quantité est non lessivable. c' à dire si une température de 70°C est maintenue pendant 30 mm dans l' est ensemble du tas. chimiques et biologiques des sols [SEGURA. L' incorporation du compost urbain dans les champs a globalement des effets favorables sur les cultures. L' application du compost à 30 ou 50 t/ha sur certaines cultures (maïs. L’utilisation des ordures ménagères brutes en agriculture présente des inconvénients du fait de la présence d’éléments inertes. [SEGURA. Incorporé au sol. Il est lentement et progressivement minéralisé. 84]. Il exerce sur les sols une action chimique permettant une meilleure utilisation des engrais chimiques. ce qui conduit à l’augmentation de l’activité biologique de celles-ci. 84]. 2 ou 3 [NGNIKAM et al. ou 65°C pendant plusieurs heures. vecteurs du paludisme et d' autres maladies infectieuses. Les plantes et les légumes cultivés sur du compost « hygiénisé » ne posent pas de problèmes épidémiologiques et peuvent en générale être consommés sans restriction. en produisant le compost là où la demande est réelle (proche des maraîchages). Un problème hygiénique apparaît lorsque le compost utilisé est produit de manière non professionnelle (matière organique triée directement sur une décharge). Il en est de même des ouvriers agricoles qui utilisent le compost en agriculture [CROOS & STRAUSS. L’apport de la matière organique sous forme d' humus2 améliore les conditions physiques. est recommandée pour le compostage en tas ouvert [BERTOLDI et al.

Cependant. F/. etc. etc. ainsi que l’introduction de matières déjà utilisées dans le cycle de consommation et de production économique. Une étude menée récemment montre que le compostage et l' utilisation rationnelle du compost en agriculture permettent d' éviter les émissions de gaz à effet de serre de 7. imperméabilisation du fond de tas. Il s’agit également de la séparation d’un résidus ou d’un groupe de résidus spécifiques de la masse totale des déchets solides municipaux.8 tEC à l' horizon de 20 ans en zone forestière. à la pollution des eaux de surface ou souterraines suite à l’infiltration des lixiviats provenant des tas de compost non protégés et mal drainés. 91].2 tEC en zone de savane : ceci nécessite un investissement de 1 200 fCFA par tonne de carbone évité dans les conditions de Yaoundé. le compost ne trouverait pas encore de débouché important et durable en Afrique. en plus des effets sanitaires. En plus de la limitation de la pollution physique du milieu récepteur. [LPPS. le compostage artisanal apparaît comme une technologie adaptée pour limiter les émissions des gaz à effet de serre et à moindre coût. protection contre les infiltrations des eaux de pluie.Les enjeux environnementaux du compost Les principales nuisances liées au compostage sont dues au non respect des règles minimales en matière de compostage. Ainsi. un autre bénéfice essentiel du compostage est la limitation des émissions des gaz à effet de serre. peut permettre de limiter cette pollution.compostage.Définition Une certaine confusion règne sur la définition des ces deux termes : • le recyclage peut être défini comme étant l’utilisation des résidus et des déchets. Mais une bonne maîtrise du processus de compostage (bonne aération. Cet investissement semble être dérisoire comparativement aux autres procédés utilisés pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre.[CHARTIER.). et la transformation de ces déchets en produits utiles à la fabrication d’autres produits. 85].4. le développement de l' hydroélectricité qui coûterait entre 50 000 et 100 000 fCFA par tonne de carbone évité. 3 nom local de certains légumes très prisé dans les marché camerounais 26 . comme le boisement qui coûterait 35 000 fCFA par tonne de carbone évité. peut permettre d’améliorer les rendements agricoles en zone périurbaine. lesquels peuvent ou non ressembler au produits d’origine. III.3 La récupération et le recyclage des déchets solides municipaux A/. créant ainsi une plus value chez les maraîchers. 5.

colles. La pâte purifiée peut également être séchée et stockée sous forme de ballots ou de feuilles. Cependant. de l’artisanat et des ménages).). Le recyclage des verres usagers : il nécessite des investissements importants. les lieux de regroupement ou dans les décharges. Cette récupération permet d’en fabriquer d’autres papiers ou alors des objets utilitaires à base de papier . de l’administration. des réutilisateurs ou des commerçants. dans les points de collecte. provenant des industries. Le cas des vieux papiers/cartons : (journaux. En Afrique seul la récupération des verres usagers est 27 . etc. le recyclage de certains déchets est très coûteux en ce qu’il nécessite une quantité d’énergie considérablement élevée et des procédés de raffinage sophistiqués. La récupération des vieux papiers est de plus en plus vulgarisée et permet d’économiser la cellulose. Les récupérateurs (directs. utilisent du matériel artisanal pour la collecte de leurs « produits » qu’ils revendent aux ménages. déchets à base de papiers et de cartons usagés ou non. gaz. les alvéoles d’œufs. La récupération et le recyclage intéressent les sous-produits suivants : 1. des bureaux. peroxyde d’hydrogène. Elle se déroule au niveau du producteur lui-même. En outre. les mannequins. les produits dérivés des déchets n’offrent pas toujours une qualité de finition satisfaisante. Ces derniers peuvent soit directement les réintroduire dans le circuit de consommation sans aucune forme de transformation. Les principaux produits issus de ce recyclage sont les papiers recycler. En Afrique. Il en découle que le recyclage des déchets peut permettre d’économiser les matières premières. fabriquer des objets utilitaires revendus sur le marché local. imprimés ou non. l’apport en produits chimiques (soude caustique. elle nécessite beaucoup d’eau pour le lavage. La récupération des déchets est assez pratiquée en Afrique mais beaucoup plus à petite échelle (secteur informel) à cause de la main d’œuvre bon marché et de la rareté des ressources financières. à des transformateurs.• la récupération des déchets est l’extraction de ces déchets de la matière ou de l’énergie. 2. du savon ou de l’acide oléique) et de l’air insufflé pour la séparation des impuretés (encre. une quantité importante d’énergie fossile (fuel lourd. intermédiaires) de déchets. Le recyclage du verre est une activité rentable pour les industries concernées et les pertes lors du recyclage sont faibles. une technicité élevée. C’est en cela qu’elle ne réduit que de très peu la quantité des déchets produits sur l’ensemble de la localité. La qualité du nouveau produit issu du recyclage de verre est toujours conservée. des expériences de recyclage « artisanal » des vieux papiers et cartons existent. etc. en vue d’utilisation économiquement rentable. électricité) pour la cuisson et la fusion dans les fours. Ces impuretés sont transférées dans une station d‘épuration prévue à cet effet. soit par des techniques simples. du commerce.

). etc. le polyamide et le polystyrène. les boîtiers de perceuses. sacs en plastiques. les sacs poubelles. En Afrique. de pétrole. les graisses. etc. du fait de l’absence de collecte sélective des déchets à partir des ménages : on note ainsi un encrassement des déchets de plastiques par les huiles. bouteilles d’eau minérale ou d’huiles. la matière organique. les dames-jeannes. Il nécessite que les déchets soient préalablement bien triés et propres. etc. (résines phénoliques ou mélanines et polyesters non saturé dans les produits tels que les interrupteurs. les polyuréthannes tels que la gomme. 3. La fonte des thermoplastiques permet leur réutilisation plusieurs fois dans le secteur des emballages et la fabrication d’autres produits tels que les cintres. Le cas des vieux métaux ferreux ou non ferreux : le recyclage des métaux est trop coûteux et s’effectue de manière industrielle dans les pays du Nord. La principale difficulté rencontrée reste cependant la présence d’impuretés et de saletés dans les déchets plastiques.). les sachets et films d’emballage. le caoutchouc naturel ou de synthèse. Le second groupe des matières plastiques sont les thermodurcissables. etc. les seaux. Outre la transformation des déchets de matières plastiques en granulés (encore appelée refonte. les couverts de table. L’incinération des métaux entraîne le plus souvent des émanations de gaz toxiques. les peintures. Ceux-ci appartiennent à la catégorie des thermoplastiques (films d’emballage. les manches de poêles.développée : les bouteilles de boisson. les mannequins et poupées. bien adaptée aux polyéthylènes. On regroupe dans cette classe. les jouets pour enfants. de sels. Enfin. pots de yaourt. sont réutilisés à d’autres fins (vente détaillée d’huile. les tubes et boîtiers électriques. Cette situation nécessite un nettoyage supplémentaire et donc des coûts additifs non négligeables. le recyclage de l’aluminium est très développé dans les grandes villes. plats. ont des applications multiples. polypropylènes et polystyrènes). les pots de fleurs. Leur récupération permet d’économiser la matière première. les tuyaux d’irrigation. les produits chimiques. etc. marmites. Les coûts de collecte des matières plastiques sont en outre trop élevés pour un volume de collecte important malheureusement avec un poids relativement faible. ils s’étendent et déchargés. les produits détergents. cuillères. la diversité des matières plastiques rend également difficile leur récupération directe et leur recyclage. ils reprennent leurs formes initiales.). les éponges.). Il permet de fabriquer des ustensiles de cuisine (casseroles. Les matières les plus utilisées sont le polyéthylène. etc. Elles interviennent de plus en plus dans notre mode de vie et de consommation. le polyvinyle de chlorure (PVC). il existe deux procédés (chimiques) de 28 . parce que très diversifiées. les gaines de protection des câbles. Le troisième groupe est constitué des élastomères qui se situent entre les thermoplastiques et les thermodurcissables ayant une plasticité élevée : chargés. les ustensiles de cuisine. etc. 4. etc. Le cas des plastiques : Les matières plastiques.

etc. par sédimentation du bioxyde de manganèse et par séparation par voie magnétique des restes métalliques (extraction des éléments ferreux des non-ferreux). à base de métal et d’oxyde à une température élevée dans un four de fusion par induction. • L’hydrolyse est adaptée pour le recyclage des polyuréthannes (mousse de polyesters. avait été élaboré au Japon . Le zinc quitte le four de fusion sous forme de gaz pour être par la 29 . • La pyrolyse est adaptée au recyclage des matières plastiques fortement imprégnées d’autres substances et parfois sales. de cadmium. une forte pression et une température élevée. les éléments organiques sont décomposés en combustibles liquides ou en résidus solides carbonifères et en composés halogènes organiques. est conçu pour tous les types de piles sèches. Le procédé est simple et consiste dans un premier temps à séparer. Ce procédé s’achève ensuite par le stockage de la nouvelle matière première (méthane. • le procédé « Sumimoto ». pièces de véhicules. matelas. revêtement de sol. Elle se fait dans un réacteur à combustible fluidisé. éthylène. la pyrolyse et l’hydrolyse. il est procédé à la dissolution de l’ensemble dans un bain de tétrafluore et au tri sélectif de zinc. Grâce à la vapeur d’eau.). transforme respectivement le bioxyde de manganèse et l’oxyde de fer en manganèse et en fer réutilisables dans la production d’acier. 91] : • le procédé « Récytec ». il accepte tous types de piles mais n’offre pas un rendement acceptable si la pile ou la batterie a une teneur accumulateur NiCd inférieure à 5%. Le chauffage de ce mélange. Les deux principales méthodes de recyclage utilisé en Suisse son les procédés Récytec et Sumimoto [LPPS.recyclage des matières plastiques permettant de les réintroduire dans le cycle des matières premières. Les déchets de piles passent dans un four vertical à pyrolyse où est extraite une bonne quantité de mercure transformée en mercure liquide ou métallique. Le cas des batteries et piles usagées : Les solutions de recyclage des piles et des batteries usagées sont très onéreuses. A la suite de ces opérations. revêtements. des polyamides et des polyesters (textiles. Ce sont. les plastiques en fonction de leur composition chimique initiale. Les déchets « ultimes » sont mis en décharge . les matières plastiques se décomposent et produisent des matériaux de base de bonne qualité. houille). Pendant cette phase. 5. Il consiste à briser les piles par pyrolyse (à 650°C). huile. benzène et substances aromatiques liquides réutilisables dans les industries chimiques) et l’énergie (sous forme de gaz. en l’absence de l’air dans le réacteur fermé et chauffé entre 400 et 800°C. de cuivre et de nickel. pièces techniques). à récupérer et à retraiter toutes les matières par lavage des restes de piles dans de l’eau bouillante.

Le cas des huiles usagées : Les huiles usagées (huiles de graissage usagées. Il existe deux procédés de récupération des huiles usagées minérales. à savoir : • le raffinage : il est envisageable pour des résidus « propres ». telles que les huiles de fritures ne peuvent être récupérées que pour la fabrication de nourritures pour les animaux. après traitement. du plomb et autres composés métalliques. Le recyclage des huiles usagées peut être possible. Cependant l’incinération des huiles minérales libère des gaz et des substances très toxiques contenant du zinc. Les huiles usagées sont rejetées dans le milieu naturel. L’incinération des huiles contenant des impuretés telles que les polychlorures de biphényle (PCB) utilisés dans l’industrie des machines-outils pour éliminer les copeaux des pièces d’usinage. des huiles de moteur et d’engrenage. exempts de PCB . sont des déchets spéciaux boueux contenant des substances huileuses et graisseuses qui proviennent des secteurs de la mécanique automobile. des émulsions d’huiles. le raffinage conduit à la fabrication de nouvelles huiles de base qui. : à chaud.). des graisses et des savons à usages techniques et domestiques. à condition qu’elles ne soient pas mélangées à d’autres impuretés : il est nécessaire que les huiles minérales (lubrifiants) et les huiles organiques soient séparées au départ. libèrent de la dioxine et requiert des procédés trop coûteux. Les pneus rechapés coûtent moins cher (25% du prix de revient) et permettent de réaliser des économies d’énergie 30 . etc. Les scories (matériaux réfractaires) sont enfin mises en décharge ou peuvent être réutilisées dans le secteur du génie civil. Le cas des pneus usagés : L’accroissement rapide du parc automobile dans les villes génère des vieux pneus encombrants. Les huiles organiques. Le rechapage à froid consiste à apposer sur la carcasse une bande de roulement reprofilée au départ puis à introduire l’ensemble dans un four chauffé à 90°C. 6. 7. permettent d’obtenir de nouveaux combustibles utilisables en entreprise . Ces derniers peuvent être recyclés par plusieurs approches : • par rechapage ou regommage ou encore recaoutchoutage. • l’incinération : elle produit de la chaleur que l’on peut récupérer et réutiliser comme combustible sur le lieu d’émission ou dans d’autres industries situées à proximité. principalement dans les caniveaux de drainage sans traitement et posent ainsi d’énormes problèmes sur l’environnement en polluant durablement la ressource en eau par infiltration dans le sol. des résidus venant des conteneurs d’huiles et de carburants. etc. des industries électrotechniques et électromécaniques. le rechapage des pneus usagés consiste à revêtir d’une bande de roulement neuve après avoir enlevé la bande de roulement usagée et apposé du caoutchouc brut que l’on reprofile et chauffe à 150°C pendant 40mn.suite condensé et transformé en barres.

alors qu’elle pourrait avoir une influence notable sur l’économie des investissements à effectuer dans la gestion globale des déchets solides municipaux. 31 . au niveau des décharges municipales ou dans les décharges sauvages. 90].considérable (moins de 50% de carburant utilisé lors du rechapage qu’à la fabrication de pneus neufs) . pp 105-128. - Le recours à la récupération et au recyclage des ressources comme méthode de traitement des déchets devra se justifier dans les cas de figure où l’analyse économique de cette filière n’est économiquement rentable pour la municipalité. ce qui n’est pas le plus souvent le cas. D’une manière générale. la récupération ne sera envisageable en Afrique que si les déchets solides produits sont suffisamment « riches » en résidus à récupérer . de zinc et de suies dont l’élimination est onéreuse.[LPPS. Cependant. • par incinération et récupération d’énergie : ce procédé est très utilisé dans les cimenteries ou pour la production d’eau chaude ou de vapeur d’eau . La participation du secteur informel dans le circuit de récupération est remarquable en Afrique. comme supports d’ancrage (étayage) en assainissement des talus.4. in [ENDA. • comme matériaux de construction : les vieux pneus sont utilisés dans les travaux de génie civil pour le remblaiement des zones marécageuses. comparée à la méthode conventionnelle (en l’occurrence la mise en décharge) de traitement que l’on voulait substituer ou combinée. et plusieurs études effectuées dans ce sens ne se sont intéressées jusqu’ici. 91]. qu’aux volets domestiques de la récupération4. Les déchets provenant des secteurs industriels et administratifs sont souvent oubliés III. 90]. Cependant cette participation n’est pas encore suffisamment pris en compte dans les différents plans d’action des municipalités. l’incinération des pneus usagés pose le problème de rejet d’importante quantités de soufre. le PC d’une tonne de pneus usagés équivaut à 850kg de fuel de chauffage. L’évaluation des flux des matière recyclées demeurent très complexes en Afrique Subsaharienne. comme granulats en caoutchouc. [ENDA. pour le soutènement des pentes. et comme éléments de répartition des charges dans la voirie en cas de sol de fondation peu résistant. Elle nécessite en effet des enquêtes de longue durée.4 L’incinération des déchets 4 Eveline WASS et O. DIOP : Economie populaire du recyclage des déchets à Dakar.

7. 4. Cette méthode est trop coûteuse et contraignante.L’incinération des déchets solides municipaux est une autre forme de valorisation de ces derniers. 5. Parmi ces conditions. la possibilité d’éliminer les résidus d’incinération (encore appelés scories) et de traitement des eaux usées .Fonctionnement d’une usine d’incinération et bilan des flux dans un incinérateur Les principales étapes suivies par les déchets solides urbains dans une usine d’incinération sont les suivantes : • les déchets collectés sont acheminés dans l’usine par des camions qui sont pesés à l’entrée sur un pont à bascule prévu à cet effet . 1 tonne de déchets municipaux regorge environ 25 à de vapeur d’eau [LPPS. • les scories sont enfin extraites dans des bassins remplis d’eau froide avant d’être transportées dans des silos de stockage puis vers la décharge. de valoriser ou de réutiliser la chaleur issue des incinérateurs . l’exigence que les résidus d’incinération comportent au maximum 3% de substances imbrûlées . B/. l’existence de mesures d’intervention ou d’atténuation en cas de pannes dans les installations . • le contenu de chaque camion est vidangé dans des silos à déchets sous pression pour empêcher les échappés de poussières5 . [LPPS. 91]. 6. 2.Les conditions requises L’incinération des déchets municipaux exige avant son adoption que certaines conditions soient respectées. introduits régulièrement dans une trémie du four pour brûlage entre 800 et 1000°C . Le schéma général des flux à l’intérieur d’une usine d’incinération est celui présenté par la figure ci-dessous. 91]. le PCI des déchets doit être approprié . 3. Le respect de ces conditions est nécessaire bien que les coûts y afférents soient élevés. A/. on peut citer entre autres : 1. la possibilité de récupérer. l’exigence de collecter et de transformer les scories en produits réutilisables ou traités en vue de leur stockage définitif dans une décharge contrôlée. la nécessité de disposer d’équipements de dépoussiérage et d’épuration des fumés . • les déchets sont ensuite mélangés et broyés ou déchiquetés puis. 5 770 kg de: gaz pur et en Suisse. 32 kg de hets substances organiques . 30kg de poussières.

Figure 7 : Flux de matières à l’intérieur d’un incinérateur. Ce rendement n’est que 17% en Suisse où 1 tonne de déchets incinérés produit seulement entre 350 et 400 kWh d’électricité.000 38. La conversion en vue du chauffage thermique se fait par la transmission directe de chaleur sous forme de vapeur d’eau chaude . Dans une usine d’incinération. 91].000 D/. Le pouvoir calorifique (PC) varie essentiellement en fonction de la composition et du taux d’humidité dans les déchets. cependant le rendement reste encore faible à nos jours6. etc. déchets urbains fuel de chauffage lourd gaz naturel Matières Valeur du PCI (en kJ/kg) 13. C/. acide chlorhydrique. zinc. [LPPS.000 65. fluorure d’hydrogène. on peut convertir la chaleur produite pour des besoins en électricité ou de chauffage thermique.000 bois de chauffage fuel de chauffage léger Matières Valeur du PCI (en kJ/kg) 16. cadmium. La conversion en énergie électrique se fait grâce à la vapeur d’eau qui actionne une génératrice par le biais d’une turbine .Les contraintes majeures dans une usine d’incinération Dans une usine d’incinération.La récupération de chaleur produite dans un incinérateur La première fonction d’une usine d’incinération est de brûler les déchets et la seconde est la récupération optimale de la chaleur qui y est produite. mercure.000 41. on est toujours confronté à plusieurs types de contraintes dont les plus marquantes sont entre autres : • les émissions dans l’atmosphère de substances polluantes très dangereuses (anhydride sulfureux. 6 33 . les rendements sont relativement élevés et varient entre 70 et 75%. plomb. Tableau : Ordres de grandeur de PCI de certaines matières en Suisse.) .

680 960 55 7.6 6 48 1. l’incinération est généralement pratiquée à petite échelle au niveau de la source de production des déchets où chez les « artisans-récupérateurs ».7 0. toxiques et présentent des conséquences néfastes sur le système nerveux. manganèse) lorsqu’ils se présentent en quantités infimes. bien que certains de ces métaux lourds soient indispensables à l’homme (cuivre. Etant un procédé onéreux pour des municipalités pauvres. Eléments Chlorure Plomb Cadmium Mercure Zinc Cuivre Déchets Teneur (en ppm) Charge par an (en tonnes) Scories Teneur (en ppm) Charge par an (en tonnes) Teneur (en ppm) Cendres (électrofiltres) Charge par an (en tonnes) Boues (épuration des fumées) Teneur (en ppm) Charge par an (en tonnes) 8.30 0. le zinc.5 0. on distingue entre autres : • les poussières constituées de la suie et des composés métalliques dont l’augmentation de la concentration peut entraîner la formation de nuages toxiques .040 60 5 3 0. Les fumées des incinérateurs sont ainsi composées de plusieurs substances toxiques .1 1 8 0. sont néfastes à l’homme et irritent les yeux . • le chlorure d’hydrogène (ou acide chlorhydrique) et autres composés chlorés provenant de l’incinération des matières plastiques. la plupart d’entre eux sont selon la forme et la quantité.000 1.8 1. en 34 . l’anhydride sulfureux et l’oxyde d’azote (NOx) sont en quantité relativement peu élevée.01 0.5 2. En Afrique.000 2.8 Comme l’indiquent les données du tableau ci-dessus.0002 2. • les métaux lourds : ce sont le mercure. pp 229. des matériaux composite.680 780 6 0. le cuivre. l’étain.80 1.6 1.250 25 10 3. le cadmium. Ils s’accumulent dans la chaîne trophique. le plomb. le chrome. Cette forme d’incinération est cependant pratiquée de manière anarchiques surtout dans les quartiers pauvres non desservis par le service de ramassage des déchets solides qui sont malheureusement « impropres » à l’incinération à cause du taux d’humidité élevé et de la prépondérance de la matière organique biodégradable ayant un très faible pouvoir calorifique.• les difficultés éprouvées pour épurer les fumées avant leur rejet dans le milieu récepteur .200 308 20 0. • • le fluorure d’hydrogène.8 1. le foie et les reins. zinc.02 26 1. plusieurs types de substances très toxiques et dangereuses sont rejetées dans l’atmosphère en des teneurs élevées. l’incinération ne peux être prescrite dans les grandes villes africaines que si l’option de la mise en décharge contrôlée est contraignante.12 1.500 400 20. etc. est un gaz incolore et toxique s’il est fortement concentré . Tableau : Teneur et charge annuelle en substances polluantes relevées dans les différents résidus par les usines d’incinération en Suisse.000 500 10 4 1.750 1. sur le double plan économique et environnement .3 30 18 0. [LPPS]. .

[HEDUIT.5 La biométhanisation A/.4. dans ces deux premières phases. H2 Vm2 CH4 + CO2 (70%) Méthanogénèse CH4 + H2O (30%) Figure 8 : Etapes biochimiques de la digestion anaérobie. [DE LA FARGE. Remarque : les vitesses de réaction de chaque phase sont telles que Vh<Vm1<Va<VA<Vm2 1. pp. Ce processus conduit à la production de biogaz et d’amendement organique Comme le présente la figure ci-dessous. acides aminés. 52]. les molécules sont hydrolysées en monomères aux côtés des autres molécules simples. 2.Généralités sur la biométhanisation La biométhanisation est une autre méthode de traitement biologique des ordures ménagères par dégradation de celles-ci en l’absence d’oxygène. sucres. la digestion méthanique s’effectue en quatre phases : Matières organiques particulaires (sous forme de molécules complexes) (molécules simples : peptides. III. etc. (in [NGNIKAM. 00].particulier s’il est constaté le manque de terrain suffisant pour accueillir les déchets produits sur une durée acceptable ou bien si le prix d’acquisition de se terrain n’est pas économiquement rentable. la phase d’hydrolyse par laquelle les macromolécules organiques se trouvent décomposées en produits simples . 95]. et transformées principalement en acides gras volatiles.) Matières organiques solubles Hydrolyse (vitesse Vh) Acidogénèse (vitesse VA) Acétogénèse (vitesse Va) Acides gras volatiles (AGV) et alcool Acétates Vm1 Homoacétogénèse CO2. 35 . 93]. en H2 et CO2. la phase d’acidogénèse qui conduit à la formation d’acides gras volatiles (AGV) .

plus il faut éviter les surcharges qui risquent de déséquilibrer le processus et acidifier le milieu par suite de la production accrue d’AGV .5 et 8 . Le taux optimal est compris entre 60 et 70%. 4. Elle est plus lente et peut conduire à l’accumulation d’acide acétique. la phase méthanogénèse qui représente la phase ultime de production de méthane à partir d’acide acétique.Différents type de digesteurs La méthanisation se déroule dans des réacteurs digesteurs qui peuvent être de types continus.Principaux paramètres influençant le processus Les paramètres suivants influencent le processus de méthanisation : 1. La production serait maximale pour un taux d’humidité proche de la saturation. La température optimale pour une bonne méthanisation est d’environ 35°C . ce qui peut bloquer la production du gaz en l’absence d’intervention rapide .le pH optimale : pour la méthanisation. [HEDUIT.les besoins nutritionnels : un rapport C/N voisin de 20 – 30 ou un rapport C/P entre 100 et 150 serait optimum pour une bonne méthanisation. le pH se situe autour de 6. les mésophiles (entre 30 et 45°C) et les thermophiles (entre 55 et 65°C). 3.la température : selon les préférences de la flore et de la faune anaérobies. semicontinus ou discontinus. 36 . la phase d’acétogénèse qui transforme les AGV en acide acétique et les intermédiaires métaboliques en acétate.le taux d’humidité : un taux d’humidité élevé dans les déchets entraînerait une augmentation du taux de production de gaz. on distingue les bactéries psychrophiles dont la température optimale de croissance varie entre 15 et 25°C. 93] . la chute du pH est signe du dysfonctionnement caractérisé par la production d’AGV supérieure à la consommation . Trop de sulfate réduirait les populations méthanogénes. C/. [DE LA FARGE. 4. 2. B/. 5. et elle serait inhibée pour des valeurs inférieures à 10%.3.la charge organique : elle caractérise la composition de substrat : plus les substrats sont très fermentescibles. . en hydrogène et en gaz carbonique grâce à l’action des bactéries méthanogènes qui métabolisent les acétates et l’hydrogène avec le gaz carbonique. du gaz carbonique et de l’hydrogène produits aux étapes précédantes. 95].

Il est adapté aux effluents liquides ou solides à faible teneur en composés lignocellulosiques. 3.Quelques expériences de méthanisation en Afrique et dans le monde Les expériences de méthanisation en Afrique ont porté sur les résidus de récolte et d’élevage en zone rurale. on peut obtenir un rendement volumique moyen journalier de 1m3 de biogaz par m3 de réacteur. insuffisance de la matière organique à proximité. fissuration et fuite de gaz au niveau des digesteurs. etc. etc. à l’échelle familiale ou communautaire. etc. l’expérience de production du biogaz a démarré en 1983 avec des unités pilotes de type chinois dans le cadre du projet « Création et développement d’unités de biogaz ». Il est simple et n’est pas muni de système d’agitation des substrats. Il demande donc un curage régulier. comme les précédents.) 37 . en appui pour la lutte contre la désertification dans les pays du Sahel. Un de ce prototype a été réalisé au Burkina Faso par la CIEH. 2. Le processus est lent. de l’Institut de recherche Agronomique Tropicale (IRAT) et le CIRAD sous financement du Commissariat à l’Energie Solaire (COMES). avec le soutien du Comité Inter-Africain d’Etudes Hydrauliques (CIEH). irrégulier et nécessite l’utilisation de trois réacteurs au minimum et des batteries de cuve pour maintenir une production constante de gaz. Il peut. au Bénin.5m3 de biogaz par m3 de digesteur.Le digesteur continu : il est le plus fréquent en Afrique de l’Ouest et utilise le « procédé piston ». 2.) et socioculturel (manque d’information et de motivation des usagers.Le digesteur discontinu : il fonctionne selon le cycle suivant : charge épuisement du substrat fermentation jusqu’à opérations de déchargement. être enterré. insuffisance du personnel d’animation et d’encadrement.Le digesteur semi-continu : le modèle indien ou chinois est caractérisé par un chargement de substrat en quantité et en qualité variables. Ce programme a rencontré les difficultés d’ordre technique (surcharge de la cuve.). [HEDUIT. En 40 jours. Il est adapté aux produits tels que les fumiers et les ordures ménagères. au Burkina Faso où les premiers travaux de méthanisation datent de 1976. L’inconvénient réside sur le stockage des boues qui réduit le volume du réacteur et le temps de séjour. une évacuation fractionnée des digestats et la nécessité de les arrêter pour les nettoyer. Il est simple de conception et de construction et peut être réalisé avec des matériaux locaux (briques de terre. Celle du centre Songhaï à Porte Novo est un bel exemple à suivre et à développer. éloignement du point d’eau pour l’immersion de la matière organique. 93].1. Les principaux exemples en Afrique sont localisés entre autres : 1. D/. Le temps de séjour est d’environ 100 jours. Le rendement moyen journalier est d’environ 0. Il ne chauffe pas en général.

suite aux difficultés financières. au Tchad. et ne survivent pas pour la plupart après l’arrêt des subventions. de l’animation et de l’information des usagers. l’insuffisance des études de faisabilité socio-économique. 6. Il est prévu de construire 25 unités de 10m3 dans le pays. au Niger. au Cameroun. Les expériences de méthanisation sont réalisées en Afrique dans le cadre des financements par des bailleurs de fonds internationaux. culturelle et technique avant le choix et la mise en place du système et d’autre part le mauvais dimensionnement des installations (choix arbitraire des volumes des digesteurs sans connaissance de la quantité de substrats disponibles et des besoins énergétiques réels de la communauté bénéficiaire). La non-implication des usagers dans le processus de choix technologique n’encourage pas l’appropriation de la gestion de l’installation par les bénéficiaires. pour traiter les déchets d’abattoirs et des marchés de la ville. le programme biogaz a démarré en 1980 avec l’installation du centre pilote de Lossa constitué de trois digesteurs de 5m3 et de deux gazomètres. 4. trois unités ont vu le jour à Avelon (50m3) Mango (10m3) depuis 1979 lors du début des recherches sur le biogaz entreprises par l’Université du Togo (Ecole d’Agronomie). au Togo. et de l’insuffisance d’organisation communautaire dans les villages et de motivation des spécialistes villageois chargés de la maintenance des systèmes. [BINTOU. Malheureusement ce programme sera arrêté en 1986. D’autres unités de 5 à 60m3 sont prévues dans certains villages. Malheureusement ces unités n’ont pas fonctionné longtemps du fait de l’absence d’entretien du système. 70 digesteurs (de types chinois) ont été réalisés avec la formation de 200 stagiaires ruraux dont 12 spécialistes villageois. de l’énergie issue du biogaz et de l’amendement provenant du compostage des digestats. VI/- PARAMETRES D’ANALYSE ECONOMIQUE D’UN SYSTEME DE GESTION DES DECHETS SOLIDES 38 . de l’insuffisance de la sensibilisation. au Mali où le programme biogaz avait été lancé en 1984 suite à l’Atelier Technologique de Sira Kéfé. 5.3. où le Centre National d’Etudes et d’Expérimentation du Machinisme Agricole (CENEEMA) a installé depuis 1979 plus de 29 installations de biogaz (de 1 à 10m3) en zone rurale pour mettre à disposition à partir des ressources localement disponibles. 95] 7. un centre pilote a été expérimenté avec succès par la Faculté des Sciences de l’Université de N’Djamena. Jusqu’en 1995. Une des causes des échecs constatés est d’une part. L’objectif était de satisfaire aux besoins d’éclairage et de cuisson à travers de petites unités familiales ou communautaires au niveau des villages.

collecte. pelles chargeuse. le matériel de rechange. aménagement des sites de transit (lorsque cela s’impose). etc. • les frais de fonctionnement concernant : les salaires du personnel. cette dernière doit intégrer l’amortissement des équipements acquis dans le cadre du projet. etc. Il s’agit d’un instrument essentiel permettant la prise de décision en matière de gestion des déchets solides urbains. etc. râteaux. les frais d’administration du système. 39 . la dépenses moyennes par tonnage selon la période adoptée . pont–à bascule éventuellement. Le calcul des amortissements dépend essentiellement du type de matériel et les ratios suivants sont souvent utilisés pour l’estimer.1/. installation de la décharge contrôlée . compacteur. fûts de 50-100 litres. L’analyse économique permet donc d’évaluer systématiquement les coûts et les profits avant toute action. les frais d’entretien et de maintenance des équipements. les assurances.L’étude économique du système de gestion est une partie importante pour le choix définitif de la filière adapté au contexte considéré. machettes. 96]. les taxes diverses. Type d’équipements petit matériel de précollecte et de collecte (équipements des éboueurs.) véhicule de collecte conteneurs (6 – 16 m3) décharges contrôlées sites de transit VI. les carburants et lubrifiants. [HEBETTE.Paramètres à considérés L’évaluation financière d’un système de gestion des déchets solides tiendra compte des rubriques suivantes : Rubriques Investissements Paramètres nécessaires coût d’acquisition des différents types de matériel (conteneurs. pioches.2/. etc.) Période d’amortissement 2 à 3 mois 1 à 2 ans 5 à 10 ans 2 à 3 ans 15 à 30 ans 15 à 20 ans matériel de précollecte (charrettes. 97]. [NGNIKAM et al. bulldozer. pelles. mensuelle ou annuelle) . Tableau : Ratios d’amortissement utilisés pour quelques équipements.Finalité de l’évaluation économique du projet L’étude économique du système de gestion des déchets solides doit aboutir à la détermination de deux paramètres importants : • • la dépense moyenne par habitant (sur une période journalière. L’analyse économique de ce système doit prendre en compte : • les investissements au niveau de toutes les étapes de la filières : précollecte.) . VI.

pièces de rechange (10 . [NGNIKAM. et al. [HEBETTE. [GILLET. administration (cadres administratifs. études d’impact. branchement aux réseaux d’eau et d’électricité.. Frais divers Les étapes conduisant à l’évaluation financière du système choisi sont les suivants. carburants et lubrifiants pour transport aller – retour (points de collecte décharge) . éventuellement des sites de transite et de valorisation (compostière) .) . h H-J jours fCFA ans fCFA/l % l/h Technique et matériel de collecte 40 . etc. m3/sem. etc. kg/hab. pers.). 85] : Tableau : Paramètres à considérer dans l’évaluation économique d’une filière de gestion des déchets solides municipaux. personnel (chauffeurs. exploitation des décharges contrôlées. travaux de génie civil divers (études hydrogéologiques. amortissement du matériel utilisé . éboueurs) et charges sociales (assurances. information des acteurs y compris les usagers . 95].) . 96]. Hoe.15% du coût total du parc) ./j kg/m3 t/j % j/sem. Hoe. personnel d’appui. mécaniciens. Paramètres Production locale des déchets • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • Détails effectifs de la population (et éventuellement le nombre de ménages) production moyenne journalière par tête d’habitant densité moyenne des ordures production totale journalière coefficient de pointe du lundi nombre de jours de service de ramassage par semaine (en général =6) volume total hebdomadaire d’ordures ménagères volume total par jours de service distance moyenne par rapport à la décharge vitesse moyenne d’une rotation rendement du chargement du camion de collecte temps mis pour la collecte (entre points de regroupement) temps de transport vers la décharge contrôlée temps de manœuvrage (pesage et vidage) dans la décharge nombre de chauffeurs nombre d’éboueurs effectif total du personnel de terrain personnel technique dans la décharge personnel administratif (cadres et assistants d’appui) nombre d’heures de travail par jour pour le personnel nombre total de jours de travail par semaine du personnel nombre total de jour de service par an prix d’achat du matériel durée d’amortissement prix du carburant (gasoil ou essence) pièces détachées consommation de carburant pour la collecte Unité hab. Hoe. . immobilisation du matériel roulant de secours (10-15% du matériel roulant) . m3/j km km/h kg/mn mn mn mn Hoe. réhabilitation. etc. entretien et maintenance des équipements .Exploitation mise en place d’un site de transfert et/ou d’une décharge contrôlée : achat de terrain. communications.

000km) fCFA fCFA fCFA fCFA a b c fCFA fCFA fCFA fCFA • assurance des équipements (4 – 5% du prix d’achat) Personnel • • • salaire et primes du personnel charges sociales (50 – 75% des salaires et primes) provision pour congé (15% de a+b) • frais d’administration et d’encadrement (15% de a+b+c) Coût d’exploitation annuel du système • • • • coût d’exploitation annuel des véhicules coût d’exploitation annuel du personnel coût des investissements coût total des véhicules • coût total des pièces de rechanges (10% du coût des véhicule) Ratios annuels • • dépenses annuelles par habitant dépenses annuelles par tonnage fCFA/hab./an fCFA/t/an 41 .• • • • • • • • • • • • consommation de carburant pour le transport prix pneumatique nombre de rotation des véhicules par jour de service nombre de véhicules en service nombre de véhicules immobilisés nombre total de véhicule distance moyenne journalière d’un véhicule distance moyenne annuelle d’un véhicule distance totale des véhicules par an consommation journalière d’un véhicule consommation annuelle des véhicules quantité totale annuelle d’ordures mises en décharge Détails l/km fCFA tours/j Résultats des calculs km/j km/an km/an litres/j litres/an tonnes/an Unité fCFA Paramètres Coût d’exploitation • coût d’amortissement technique (pour chaque type de matériel) Fonctionnement des équipements • • • • frais de carburant frais de lubrifiant (5 – 10% des frais de carburant) frais d’entretien et de réparation divers (15% prix d’achat du parc) frais de remplacement de la pneumatique (une unité/30.

HUBETTE A. PNUD. Analyse et caractérisation des déchets industriels. Lyon (France) : INSA Valor. IAGU. Revue Environnement Africain. 70p. jan. 54p. Séminaire régional sur les « Déchets solides en milieu urbain d’Afrique de l’Ouest et Centrale. Supplément N°9. Traité de gestion des déchets solides et son application aux pays en voie de développement. Volume 1 : l’incinération et la décharge. et al. R. ISBN 2919894-01-3. Composting and recycling municipal solid waste. ENDA (1990). (1995). ADEME (Angers). 529 – 533. (Burkina Faso) : CIEH. GILLET R. M. CIPCRE... Guide pour l’élimination et la valorisation des déchets industriels.l’eau. numéro spécial N°2. SIEP/UNCHS.. April 1995. 12-16. BRULA et al. 1996..Seine. Ittingen workshop. Les déchets urbains en milieu démuni à Bamako. 1996. UMP/SDC. 74p. GUILLOTTE J-F.. DIALLO S. (1990).BIBLIOGRAPHIE ALABASTER. HAUPT F. Environnement et développement des villes africaines. GREA. London. (1995). Lyon (France) : INSA Valor. & COULIBALY Y.. 1983. ENDA-Tiers Monde. Les travaux et réalisation du CIEH. Neuilly – sur . Angers – France : les transformeurs ANRED 5Agence National pour la Récupération et l’Elimination des Déchets. pp. Etude bibliographique des rejets des différentes techniques de traitement de résidus urbains. Guide pratique de la gestion des déchets solides urbains en Afrique Sub-Saharienne. vers une gestion durable ». (1989). (1993). BRULA et al. PNUD. 1997. Le traitement d’effluents d’élevage. Abidjan – Côte d’Ivoire. Projet pilote de compostage décentralisé des ordures ménagères dans la ville de Bafoussam. 72P. France. (1996). Cahiers Techniques de la Direction de l’Eau et de la Prévention des Pollutions et des Risques. L’organisation du ti des ordures ménagères sur la qualité du compost urbain : résumé d’une étude effectuée par le Centre Départemental de lutte contre la Pollution de Seine et marne. CIEH (1983). Volume 2 : Les traitements industriels des ordures ménagères et des déchets assimilés. 1990. (1996). Banque Mondiale. BERTOLINI. Banque Mondiale. Mai 1992. La filière biogaz – compost en Haute – Volta. Vol. Des déchets et des hommes : expériences de recyclage dans le tiers monde. 1983. ANRED (1988). Gestion des déchets industriels et dangereux dans les zones urbaines en Afrique de l’Ouest.Seine. STOLL H. 1995(a). pp. GUILLOTTE J-P.. Division Polden. Waste minimization strategies for developing countries.8. (1983)..AO.. Contribution à la gestion des déchets solides. DIAZ et al. 208p. Actes de colloque Tome 1. Rapport d’exécution du projet pilote. Plaquette de présentation. pp. Neuilly – sur . 108p. HEDUIT. 1990. Octobre 1981.. CIPCRE (1997). TSM . Biomasse Actualité. Dakar. ADEME (Angers). Organisation et gestion d’un service. (1986). GREA. 300p. Ouagadougou. (1995). Les leçons tirées des études de cas régionales. Cahiers Techniques de la Direction de l’Eau et de la Prévention des Pollutions et des Risques. ISBN 2-919894-02-1.. Pubications de l’OMS. 42 . Volume 2 : le compostage et la méthanisation. France.163 – 169. Etude du milieu. 1995(b). Abidjan – Côte d’Ivoire. Collaborative Program on Municipal solid waste in low countries. 10p. 1988. 151p. Le compostage et la commercialisation des composts : de nouvelles perspectives. Division Polden. 1993. Projet pilote de Ouagadougou (Burkina Faso. ANRED. n° 29 – 30. Tokio : Lewis Publishers.AO. (1984). Sénégal. Eléments d’aide à la décision en matière technologique à l’usage des municipalités. ANRED. (1996). Etude bibliographique des rejets des différentes techniques de traitement de résidus urbains. CREPA (1992).

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