S A P E U R

N° 3
Mai 2003

Sommair e
ÉDITORIAL du Général BEZACIER commandant l’E.S.A.G. .............................................................. 3 ÉTUDES et PROSPECTIVE Le déminage rapproché futur autour d’une coopération franco-allemande ........................................................................................................ LCL SCHMITT 7 11 17

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La politique d’équipement du génie ............................................................ LCL FOUILLAND La documentation : un combat vital pour le génie
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LCL PERRIER

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La compagnie de contre-minage de l’armée de terre DOSSIER : GÉNIE ET ZONE URBAINE

LCL GOURDIN ................ 21

Le génie et le combat en zone urbaine ...................................................... GAL BEZACIER .............. 29 La B.S.P.P. : unité spécialisée dans la zone urbaine
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GAL DEBARNOT GAL CHINOUILH COL VERNOUX

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37 43 47 49

SAPEUR
Revue d’études du génie militaire français publiée par la Direction des Études et de la Prospective de l’École Supérieure et d’Application du Génie 106, rue Éblé - B.P. 4125 49041 ANGERS CEDEX 01

Aide au déploiement dans les villes Ouvrir la route

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La composante combat du génie en zone urbaine .......................... COL DESTRIBATS Les officiers du génie, des experts indispensables
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LCL MARTIN .................... 53
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Enjeux urbains : intégrer les fondamentaux permanents .......... M. PERNOT

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FORMATION Formation en infrastructure opérationnelle à la D.A.
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LCL ISSAC

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Directeur de la publication Général Gérard BEZACIER Rédacteur en chef Colonel DESTRIBATS Rédacteurs en chef adjoints Capitaine VENTURA Lieutenant BOUCHET Aspirant LLOUQUET Impression : PIR ESAG Dépôt légal à parution ISSN en cours

Le certificat technique par validation de l’expérience La démarche qualité de l’E.S.A.G. La filière sécurité civile

LCL VERDIER

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CNE DELAPORTE .......... 71 CNE PIARROU ................ 77
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Le centre de simulation JANUS ...................................................................... CBA POTIN L’ingénieur militaire en opérations extérieures .................................. LCL PERCHE

81 83

STRUCTURES ET ÉQUIPEMENTS Le nouveau visage du génie : point de situation à l’été 2003 La modernisation des lots de groupe de combat Le S.I.R. Génie
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LCL MARTIGNY LCL LEMIRE

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89 93

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LCL BERIARD .................. 95 99

Le nouveau concept allemand de la « base interarmées des forces » et son génie ...................................................................................... CBA BREHIER

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dans une certaine mesure. nous avons naturellement. retenu ce thème pour ce numéro 3 de notre réflexion doctrinale. Parfaitement convaincus que la zone urbaine pourrait devenir un champ d’action préférentiel des armées au XXIe siècle. voilà que Bagdad et Bassorah allongent la liste de ce nouveau siècle. L’actualité nous a. après Mogadiscio. Genine ou Gaza. pour plus de 85% d’entre eux. mais surtout un devoir d’excellence pour nos trois composantes. les hommes. il y a. celle des techniciens de la sécurité et celle des pionniers dont les actions combinées sont et seront de plus en plus déterminantes aux côtés de nos camarades fantassins et cavaliers pour le succès des armes de la France. Grozny. vivront dans d’immenses villes et notamment dans les zones les plus instables de la planète. Mitrovica. certes un clin d’œil de l’histoire avec notre père fondateur le grand Maréchal de Vauban. Il n’y a là rien d’étonnant. Jérusalem. En 2025. Sarajevo. le général BEZACIER commandant l'école supérieure et d'application du génie -3- . à l’automne dernier. comblée . dans ce fait.S A P E U R Général Gérard BEZACIER Éditorial Nous savons tous qu’une revue d’études ne se prépare pas sans délai conséquent. Pour nous sapeurs. celle des ingénieurs militaires.

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.. 17 La compagnie de contre-minage de l’armée de terre ................... 21 -5- ........................................................... 7 La politique d’équipement du génie ........................................................................ LCL PERRIER ....................................................................... LCL GOURDIN ...........................................................S A P E U R Études et Pr ospective Le déminage rapproché futur autour d’une coopération franco-allemande ............................. LCL FOUILLAND .................................................................................... 11 La documentation : un combat vital pour le génie ....................... LCL SCHMITT .......................................

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For instance. • Le désengluement d’unités prises sous un tir de mines dispersables . et suit la scolarité du CSEM (109 e promotion). to avoid any manipulation on mines. Maybe such elements will be integrated in the foreign considerations in the future. chef du camp de réfugiés de STENKOVAC. The definition of its components is processing. road clearing needs to maintain the route in a good condition : priority will be given to detection. • Le déminage ou dépollution de zone . Le déminage rapproché vise à traiter la menace mines dans différents contextes opérationnels. le LCL SCHMITT a servi tout d’abord au 32 e RG à KEHL. il est ingénieur civil de l’École Nationale des Ponts et Chaussées (1995). Then the development could begin on 2006 to delivery the first operational systems (SODERA) around 2010. Il rejoint en septembre 2001 le Bureau de Conception des Systèmes de Forces (BCSF) à l’EMAT. -7- • L’ouverture d’itinéraires . the next step consists in the construction of a joint demonstrator. puis du CID (4 e session). afin de prendre la fonction « agencement de l’espace terrestre ». et sous-chef opérations de la brigade multinationale Nord. Chef BOI au 3 e RG. • C2 vehicle. After the signature of a technical MOU on December 2002.S A P E U R Lt-Colonel Eric SCHMITT Saint-cyrien de la promotion Grande Armée (1981-1983). based on NST 225 A/C and national fitting studies on close mine-clearing issued on the decision to conduct a French German joint program called MMSR/SYDERA. This multi vehicle system will be able to deal with road opening and area cleaning. in order not to trigger the mines . combining detection and decoy depending on the operational required effects. on the one hand. correspondant au franchissement d’un obstacle miné sous le feu de l’ennemi. il a participé dans ce contexte à l’opération DAGUET. Similar R&D studies are on going in other allied nations. The aim for this demonstrator is. • Smart decoy vehicle (SDV) (picture # 4) . traitant de prospective dans les domaines génie. Le déminage rapproché futur autour d’une coopération franco-allemande : MMSR/SYDERA Both common staff concepts (French operational situations are depicted on picture # 1). Industry companies involved in this project are on the German side RHEINMETALL LAND SYSTEM and on the French one THALES-MBDa. Quatre types de situations ont été définis dans le concept de contre-minage français (illustration 1). Engagé ensuite dans le cycle de préparation au brevet technique. Breaching will keep dedicated assets due to its complexity within a full spectrum joint operation under fire. • Verification vehicle (VEV) (picture # 6) . to integrate on the same system all the different technologies. • Le brèchage. German developed a detection demonstrator called MMSR. Commandant de 1989 à 1991 au 3 e RG la compagnie chargée de l’expérimentation tactique de l’EBG. . The fit provided by decoying assets and emphasized by French shows that new operational concepts are available. puis successivement chef de section et de bureau emploi à l’état-major de la 3 e BM de LIMOGES. but only the detection component has been carried out. as regard the technological performances. • Heavy decoy vehicle (HDV) (picture # 5) . géographie et NRBC. il effectue de 1997 à 2001 trois séjours en MACÉDOINE et au KOSOVO où il tient les fonctions de chef G5 Plans. The demonstrator will include all or part of the following vehicles : • Detection vehicle (DEV) (picture # 3) . French worked on a mine-clearing concept (SYDERA) including both decoying and detection (picture # 2). area cleaning could use decoy. and on the other hand to validate the concepts. The target is to test the demonstrator during joint and national campaigns at the end of 2004.

EMAT. Le SYstème de DEminage RApproché futur (SYDERA). de privilégier l’une ou l’autre fonctionnalité en fonction de l’effet attendu. et nécessitant des conditions de protection et de mobilité incompatibles avec les critères requis pour les autres missions. Une simplification des concepts est donnée au travers 2 . développées indépendamment. Un arrangement technique a donc été officiellement conclu avec l’Allemagne en décembre 2002 pour la réalisation d’un deuxième démonstrateur commun. Les Allemands avaient développé un démonstrateur de détection appelé MMSR1.S A P E U R des exemples suivants : • Une mission d’ouverture d’itinéraire nécessite de ne pas dégrader ce dernier : la priorité sera donc donnée à la détection afin que les mines puissent être neutralisées sans détonner. tous deux fondés sur le NST 225 A/C. SOUVIM. associera donc détection et leurrage. associée aux progrès technologiques espérés à l’horizon considéré. à l’exception de quelques points mineurs qui n’avaient aucune incidence sur les équipements à réaliser. communiqué à l’état-major français en 2001. la comparaison du projet de concept allemand. l’EMAT et leurs homologues allemands (BwB. il s’agit de tester les différentes composantes du système. a permis de constater que le besoin opérationnel était identique. MADEZ) s’appuyant principalement sur des techniques mécaniques. Lors des réunions d’échanges menées entre la DGA. ont conduit l’OTAN à confier en 1998 à la France la rédaction d’un objectif d’état-major (NST A/C 225) « relatif à la détection et la neutralisation (et/ou la destruction) des mines et des sous-munitions sur les lieux ». conduite dans un environnement interarmes complet. L’objectif de ce démonstrateur est double : • Techniquement. comportant plusieurs platesformes. La nécessité de traiter de manière plus efficace ce genre de menace. • Une dépollution de zone pourra en revanche mettre l’accent sur le leurrage afin de limiter l’intervention sur les mines. Les Français avaient aussi travaillé sur cet axe mais s’étaient de surcroît préoccupés des concepts d’emploi d’un système de déminage incluant détection et leurrage. permettant. Cette convergence a permis l’établissement d’une spécification technique du besoin commune aux deux nations. RÜ 5) ont été décrits les sujets qui pouvaient faire l’objet d’une coopération franco-allemande.Les situations opérationnelles Ces missions sont aujourd’hui remplies de façon plus ou moins satisfaisante par des engins dédiés (AMX30 B2 DT. et du concept de contre-minage français. dont un exemple est présenté dans l’illustration 2. selon les situations. Le « brèchage » est exclu du champ d’application de SYDERA en raison de la complexité d’une telle opération. La complémentarité des études techniques nationales et l’identification d’un besoin opérationnel identique ont donc tout naturellement débouché sur la décision de jumeler les efforts en conduisant un programme commun.SYDERA : exemple de concept français -8- . appelé MMSR/SYDERA. Il est ressorti que chaque nation avait déjà conduit différentes études sur le déminage rapproché. Du côté des états-majors. afin de s’assurer de leur fonctionnement coopératif et des per- 1 .

Véhicule de vérification 3 . détection pour l’Allemagne) dans l’équipement de ses forces. il faut cependant souligner que la définition finale des systèmes pourrait comporter des « options » nationales. • Véhicule de leurrage massique (HDV) . la détection de mines enfouies représente encore aujourd’hui un point dur technologique et pourrait ne pas répondre pleinement aux exigences (98 %) formulées par les états-majors. Cependant. nationales et communes. • Opérationnellement. le développement pour la série débuterait en 2006 pour des premières livraisons à l’horizon 2010 du Système Opérationnel de DEminage RApproché (SODERA).Véhicule de leurrage massique • Véhicule de vérification (VEV) . Des travaux identiques sont menés par nos alliés européens et outre-atlantique. La composition du démonstrateur est en cours de définition. le processus de coopération franco-allemand sur le système de déminage rapproché MMSR/SYDERA vise la livraison du démonstrateur fin 2004. Ainsi. 6 . 4 . ouvrent de nouvelles perspectives d’emploi qui pourraient les conduire à réviser leur réflexion. Les industriels impliqués sont la société allemande RHEINMETALL LAND SYSTEM et le consortium français THALES-MBDa. en fonction de la prépondérance que chaque partie souhaite voir (leurrage pour la France. sous formes de nombre de modules différents par type. Il pourrait comprendre tout ou partie des véhicules suivants : • Véhicule de détection (DEV) téléopéré . mise en exergue par les études françaises. la validation ou l’aménagement des concepts seront étroitement liés aux résultats techniques obtenus.Véhicule de détection (DEV) • Véhicule de commandement comportant les éléments de téléopération. furtif aux mines à pression et téléopéré . Si le démonstrateur et les « briques technologiques » sont communs. ceux-ci ont tous mis l’accent sur la détection. Entamé depuis bientôt deux ans. À l’issue de campagnes d’essais • Véhicule léger de leurrage (SDV).S A P E U R formances obtenues après intégration.Véhicule léger de leurrage -9- . 5 . La complémentarité fournie par le leurrage.

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Lt-Colonel Rémi FOUILLAND

La politique d’équipement du génie
Defined by the General Staff / Weapon Systems, the equipment policy of the 'battlefield exploitation function' is organised into five axes representing the five major domains, namely counter-mining, gap crossing, aid-to-deployment, counter-mobility and combat systems. The NBC domain is dealt with separately, and geography is integrated within the 'intelligence' function. In the short and medium terms (2003-2008), this equipment policy is aimed at enhancing the already owned capabilities, through the continuous upgrading of currently fielded equipment, and through the procurement of 'off-the-shelves' equipment or equipment that only need little development. In the long term (2009-2020), we will have to modernise a number of major items of equipment and to procure assets which will be adapted to the new conditions of employment of the forces, such as the multi-effect weapon for combat in urban areas. We will also have to field 'equipment systems' completely covering a given domain, such as the overall battlefield management system. Le bureau systèmes d’armes (BSA) de l’état-major de l’armée de terre a pour rôle d’assurer la mise à disposition des équipements et de leur environnement au profit des forces terrestres, pour l’accomplissement de leurs missions, à court, moyen et long termes. À ce titre, le BSA est tout particulièrement chargé : • de définir, pour chaque fonction opérationnelle, les politiques d’équipement et de proposer les plans d’équipement associés aux parcs, • de veiller à la cohérence technico-opérationnelle entre les systèmes d’armes d’une même fonction opérationnelle ainsi qu’à celle des fonctions opérationnelles entre elles, • d’assurer la planification, la programmation et le gouvernorat des crédits d’investissement du titre V, et garantir leur cohérence physicofinancière. Dans ce cadre général, la fonction « agencement de l’espace terrestre » suit une politique d’équipement s’articulant selon
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Saint-cyrien de la promotion « général Monclar » (1984-1987), le lieutenant-colonel FOUILLAND est, depuis l’été 2002, officier de synthèse de la fonction « agencement de l’espace terrestre » au bureau systèmes d’armes de l’EMAT. Il a auparavant servi au 11 e, 9 e et 34 e régiment du génie comme chef de section et commandant d’unité ainsi qu’à l’école supérieure et d’application des transmissions en tant que directeur d’études du diplôme technique « électronique-informatique » (1999-2002). Ingénieur de l’école supérieure d’électricité (1997), il a suivi la scolarité de la 111 e promotion du cours supérieur d’état-major et de la 6 e promotion du collège interarmées de défense (19971999). Il a servi en Bosnie-Herzégovine comme assistant militaire du général adjoint de la SFOR et REPFRANCE, de décembre 2000 à juillet 2001.

cinq axes représentatifs des domaines majeurs que sont le contre minage, le franchissement, l’aide au déploiement, la contre mobilité et les systèmes de combat. Le NBC fait l’objet d’un traitement propre et la géographie est maintenant intégrée au sein de la fonction « renseignement ». On distinguera, par domaine (hors NBC), les actions prévues à court et à moyen termes (2003-2008) de celles envisagées à long terme (20092020). À court et à moyen termes (2003-2008), l’objectif est d’accroître les capacités détenues par la poursuite d’opérations d’amélioration des matériels en service (EFA, AMX 30 B2 DT, SOUVIM, EBG, MiHPD, …) et l’acquisition d’équipements disponibles sur « étagère » ou nécessitant de modestes développements tant en termes de délais que de montants financiers (SPRAT, kit de déminage, grues, …). À long terme (2009-2020), il s’agit de moderniser une partie des équipements majeurs et d’acquérir des moyens adaptés aux nouvelles conditions

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d’emploi des forces tels que l’arme multi-effets de combat en zone urbaine (ARMURE) ou le système de protection des éléments terrestres (SPECTRE). Il s’agit également de mettre en place des « systèmes d’équipements », couvrant l’ensemble d’un domaine, comme le système global de gestion de l’espace terrestre (SYGOGNE), le système opérationnel de déminage rapproché (SODERA) ou le système de contre mobilité réactif (SYCOMORE). Cette politique se veut cohérente avec les travaux du bureau de conception des systèmes de force (BCSF) de l’EMAT, notamment la revue de fonction de 2001, ainsi qu’avec les différents chantiers entrepris par le CDES. Elle tire également profit des travaux pilotés par l’ESAG, dans le cadre du mandat d’étude relatif à « la place du génie parmi l’ensemble des fonctions mises en jeu dans l’engagement des forces terrestres à l’horizon 2015 ». Enfin, elle s’inscrit, à court et à moyen termes, dans le contexte de la loi de programmation militaire 2003-2008. mines, par la mise en service de nouveaux équipements nécessitant peu de développements : SOUVIM 2 disposant de capacités d’ouverture d’itinéraire nettement accrues par rapport au SOUVIM ; kit de déminage complétant l’action du MADEZ dans les endroits difficiles d’accès et dispositif de ramasse débris ; système de déminage pyrotechnique des mines antichar (SDPMAC), monté sur châssis EBG, fournissant une capacité de déminage « mécanique » élémentaire aux RGBIA ; système de déminage pyrotechnique des mines antipersonnel (SDPMAP), capable d’ouvrir des cheminements d’approche ou de traversée pour les troupes à pied ; sonde mécanisée ; détecteur portable de nouvelle génération. le système opérationnel de déminage rapproché (SODERA), capable de remplir les missions d’ouverture d’itinéraire, de dépollution de zone et de franchissement d’obstacle miné, ainsi que le système de détection lointaine (SYDELO), combinant vraisemblablement un porteur évoluant dans la troisième dimension et une station au sol pour le traitement des données.

FRANCHISSEMENT
Le « dispositif franchissement » de l’armée de terre est conçu pour assurer l’appui à la mobilité tactique en classe 70 et l’appui aux mouvements opératifs d’une part et stratégiques d’autre part en classe 100. Le premier volet est actuellement couvert par l’EFA et le PAA et, dans une moindre mesure, par le MLF, tandis que le second est assuré par le PFM et le pont BAILEY. La combinaison de moyens sur appuis fixes et de moyens flottants est justifiée par la nature des coupures. En effet, outre le fait qu’au-delà de 25 m ces dernières sont souvent humides, le moyen flottant s’impose d’abord par sa capacité à permettre le franchissement sur des largeurs importantes. Quant à l’appui au franchissement tactique, il ne se traduit pas uniquement en terme d’aptitude à faire franchir ; l’appui du char LECLERC dépendant également de la mobilité tactique du moyen de pontage. À court et à moyen termes (2003-2008), la politique d’équipement « franchissement » a pour vocation de : • fiabiliser les équipements en dotation : diésélisation d’une partie du parc PFM et améliorations prévues sur l’EFA, dont la durée de vie est progressivement portée de 20 à 30 ans, • permettre le franchissement des brèches sèches de largeur inférieure ou égale à

CONTRE MINAGE
Consistant à contrer la menace exercée par les mines et les munitions non explosées, afin de conserver ou de restituer aux forces leur liberté d’action, le contre minage est essentiel pour la mobilité des unités. À court terme (2003-2004), les capacités détenues seront accrues, essentiellement par des opérations d’amélioration des équipements en service : aménagements sur le SOUVIM et le MADEZ, télé opération de l’AMX 30 B2 DT, amélioration du DEMETER par la réalisation du système DEDALE pour le leurrage et acquisition du DHPM 2A pour la détection. À moyen terme (2005-2008), l’objectif est de compléter ou de renouveler les capacités de neutralisation – destruction des

Sonde mécanique

À long terme (2009-2020), l’armée de terre devra disposer des moyens lui permettant de satisfaire l’ensemble du spectre du contre minage (ouverture d’itinéraire, rétablissement de zone, désengluement, ouverture de brèche). A cette échéance, l’objectif principal sera de détecter la menace mines afin de permettre un engagement optimal des moyens de contre minage. Il est peu probable qu’un système unique soit en mesure de contrer cette menace de façon universelle. Il s’agira donc de réaliser un « système de systèmes de contre minage », en gardant à l’esprit les limites d’emploi de chaque composante. Deux dispositifs sont envisagés :
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l’interopérabilité des moyens de franchissement entre les pays européens devra être privilégiée. Elle comprend. la vie et la protection des unités projetées. AIDE AU DÉPLOIEMENT L’aide au déploiement consiste à participer. de protection. il sera nécessaire. Le volet « aide au déploiement » de la politique d’équipement ne traite pas le déminage et la dépollution. . à l’établissement des conditions de vie adaptées à la durée des opérations. d’une part. en tenant compte des conclusions du volet « eau » de l’étude sur le soutien. les parcs existants seront « modernisés ». au profit des forces. A défaut de mise en commun des matériels. À court terme (2003-2004). • la limitation de la durée de vie des matériels à 15 ans maximum afin de faciliter la maintenance . les équipements seront renouvelés ou redéfinis. Le successeur de l’EFA ne devrait entrer en service qu’à compter de 2025 et celui du PFM vers 2020. Il s’agit également d’acquérir la nouvelle grue de l’armée de terre destinée aux formations du génie. les matériels de travaux publics et de voie ferrée. les moyens de levage et de manutention. afin de trouver des voies d’optimisation pour l’utilisation et le soutien du matériel. la manutention des travures par les autres systèmes de pontage sur appuis fixes et.13 - À long terme (2009-2020). à l’horizon 2015. L’effort portera sur l’acquisition de nouveaux moyens de traitement de l’eau. l’eau. Par ailleurs. En terme d’équipements. en privilégiant notamment l’achat « sur étagère » . il conviendra de s’orienter vers la réalisation d’équipements « d’interface » permettant. en particulier. les actions de déminage. principalement dans le domaine de l’énergie électrique (moyens « zones vie » et moyens pour « PC déployés »). le domaine « aide au déploiement » s’articule autour de cinq thèmes principaux : l’énergie électrique. les ateliers de campagne d’aide au déploiement. par l’acquisition d’engins de classe 70 : acquisition du SPRAT.S A P E U R 25 m. du train et du matériel. Concernant les capacités de pontage opérative et logistique « sur appuis fixes ». d’autre part. menée par BCSF en 2003. en distinguant le besoin lié au contrat opérationnel du besoin outre mer et de celui propre au socle. au climat et aux ressources locales. de pallier le déficit en moyens de pontage permettant de franchir des brèches de 25-35 m. dans l’attente de la réalisation de nouveaux matériels. Grue À moyen terme (2005-2008). grâce à des dispositifs sur appuis fixes à déploiement rapide de classe 96-100. de rétablissement et d’aménagement des infrastructures opérationnelles. qui font partie du domaine « contre minage ». Sur le long terme (2009-2020). l’objectif est de finaliser les plans d’équipements des opérations initiées depuis dix ans. Une autre approche pourrait consister en un « partage » des capacités. les principes d’acquisition reposeront sur : • la réduction des délais de réalisation des équipements . l’accolement de parties de pont de moyens de pontage flottants différents. • donner aux forces les moyens de remplir leur mission de soutien aux mouvements stratégiques en limitant au maximum les nouvelles acquisitions. seuls quelques éléments d’ordre général sont fournis dans cet article. en fonction des retours d’expérience opérationnelle et d’études qui restent à conduire. en remplacement du PAA. Compte tenu de la diversité et de la complexité du domaine. • le recours éventuel à l’externalisation voire à la location pour satisfaire des besoins ponctuels ou pour les « micro parcs » qui ne sont pas indispensables sur très court préavis. Il s’agira également de préciser la politique et le plan d’équipement des engins de travaux publics. ainsi que dans celui des ateliers de campagne (ACAD et SYACADO). de dépollution.

ou désactivé automatiquement après une période préalablement définie lors de l’élaboration de l’obstacle ou encore désactivé sur ordre de télécommande dans le cadre d’une procédure d’urgence . permettra une meilleure adaptation des obstacles minés à la manœuvre. conformément aux nouvelles exigences de limitation des effets collatéraux et/ou de réversibilité. • la redéfinition des besoins en terme de destruction. • la réalisation d’un système d’obstacle par munitions enfouies télécommandables HPD4. de la MiACAH F2 et du MODER . À long terme (2009-2020). destiné à assurer la protection des déploiements du niveau section. L’EMAT a approuvé en 2001 un nouveau concept de contre mobilité fondé sur l’optimisation des capacités existantes par la « graduation des effets » ainsi que sur le développement de deux aptitudes : la « réversibilité » et la « réactivité ». dans un double souci de valorisation de l’action des sapeurs et de sensibilisation des unités interarmes au danger des mines . La politique d’équipement s’inscrit en cohérence avec l’ensemble de ces données. de l’enfouisseur de mines. tout en anticipant les facteurs limitatifs que la morale des sociétés développées pourrait susciter dans les années à venir . Il pallie l’interdiction des mines antipersonnel. SYSTÈMES DE COMBAT La revue de fonction « agencement de l’espace terrestre » de 2001 a mis en évidence la nécessité d’adapter les structures des compagnies de combat du génie aux nouvelles dimensions du combat de contact et notamment du combat en zone urbaine. • le développement et la réalisation du système interactif mine char. À court et à moyen termes (2003-2008). portant sur les mines. Ceci conduira en particulier à se doter des dispositifs suivants : . Par ailleurs. .14 - • le système de protection des éléments terrestres (SPECTRE). pièges et autres dispositifs. les systèmes de protection des déploiements terrestres et des systèmes d’armes qui ne font pas appel aux mines (type NX7 ou MFRD). sans pollution du terrain par des explosifs à l’issue du conflit. doté de nouvelles fonctions de programmation et d’une résistance accrue aux contre-mesures. Ce MODER dispositif. étape intermédiaire vers le « minage virtuel ». une liberté de manœuvre complète et sûre pour les forces amies. compatible avec CENTAURE et permettant de simuler l’interaction mines / véhicules cibles. • le système de contre mobilité réactif (SYCOMORE). le but principal est de conduire les évolutions nécessaires pour maintenir une capacité de minage en conformité avec les contraintes internationales. l’objectif est de disposer de nouveaux systèmes qui auront notamment la particularité de permettre une réponse graduée par rapport à la menace. fondé sur une combinaison de capteurs et d’effecteurs et conçu pour assurer une efficacité comparable à celle des obstacles antichars classiques. Traiter de contre mobilité nécessite d’anticiper un éventuel élargissement du protocole d’Ottawa à certains types de mines antichar et de tenir compte de l’hypothèse d’une interprétation « extensive » du protocole II de la convention de Genève de 1980. en autorisant le franchissement d’un champ de mines non actif. relative à l’interdiction ou à la limitation d’emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination. en cohérence avec la législation sur l’interdiction d’emploi ou la limitation de certaines armes classiques (protocole II de la convention de Genève du 10 octobre 1980). Ceci se traduit par : • l’optimisation de l’emploi des systèmes en service : valorisation du disperseur de mines et de la mine dispersable.S A P E U R CONTRE MOBILITÉ Le domaine de la contre mobilité recouvre aujourd’hui les systèmes de mines antichar.

disloquer des obstacles type barricade ou d’ouvrir des cheminements au travers de constructions. Ce module sera centré autour de deux engins. comprenant un engin génie d’appui au combat débarqué (EGACOD). de neutraliser des véhicules. réalisé à partir de l’EBG 2 et du SDPMAC (Système de déminage pyrotechnique de mines antichars) qui offrira une capacité immédiate de déminage au niveau de l’unité élémentaire . notamment en zone urbaine. plus léger et plus souple. dédié à l’appui au combat débarqué et aux actions de maîtrise de la violence. garantissant. À long terme (2009-2020). outre la « ternarisation » des unités prévue en 2003-2004. il s’agit d’acquérir les engins du module aménagement protection (en remplacement de quelques MPG. successeur du VAB génie actuel. destiné à assurer les missions d’appui direct au profit des unités blindées. • un module « accompagnement groupe ». Il s’agira également d’acquérir l’EGACOD et de développer et réaliser le système ARMURE. c’est l’ensemble du système de combat futur qui a été redéfini au travers du concept SYGOGNE (système global de gestion de l’espace terrestre). • un module « aménagement protection ». dont il est question dans le domaine « contre minage ») et d’assurer le développement de l’EBG 2 ainsi que de l’EGACOD. le déploiement rapide d’une force en lui offrant un niveau de protection et de confort minimal.15 - . composante de combat apte à agir en premier échelon et destinée à faciliter le déploiement. Ces modules seront complétés par le sous système ARMURE (arme multi-effets de zone . une opération de valorisation des lots des groupes de combat sera lancée dès 2003. Elle n’en demeure pas moins un dossier « vivant ». Il s’agit urbaine). Il est désormais indispensable de découvrir les systèmes. de l’engin génie d’aménagement (EGAME) ou « bouteur rapide » et de l’engin génie rapide de protection (EGRAP). assurant la fonction transport du personnel et doté de quelques fonctionnalités simples relatives à l’appui à la mobilité des unités débarquées et à la contre mobilité. possédant les capacités d’organisation du terrain spécifiques à la zone urbaine . constituées chacune d’un ou plusieurs engins. l’objectif est de disposer des EBG 2 et du VETRAG. d’acquérir les engins de déminage du module appui lourd (système SDPMAC : CARPET israélien monté sur châssis EBG. À court et à moyen termes (2003-2008). SYGOGNE s’articulera autour de quatre modules : • un module d’appui lourd. les mouvements et la protection passive en fournissant des effets « terrain ». successeur de la plupart des MPG. qu’il convient d’actualiser régulièrement au regard des diverses études en cours et des arbitrages financiers. successeur de l’EMAD. Par ailleurs. des EMAD et des bouteurs D5 et D6). qui revêt la particularité d’intégrer plusieurs composantes.S A P E U R A cet égard. Plus précisément. s’appuyant sur un véhicule de transport de groupe (VETRAG). dès l’arrivée sur la zone d’engagement. CONCLUSION La politique d’équipement de la fonction « agencement de l’espace terrestre » est destinée à éclairer l’avenir et à assurer une cohérence sur le court. le moyen et le long termes. SDPMAC • un module d’appui au combat en zone urbaine. qui donneront à la fonction « agencement de l’espace terrestre » la supériorité opérationnelle à un coût accessible. cohérent avec le système FELIN et capable de mettre hors de combat du personnel débarqué ou retranché.

S A P E U R .16 - .

this powerful tool was issued in the Engineer units. il est diplômé de l’école d’état-major depuis 1984. The need to provide constantly reliable and easily accessible information. Issu de l’école militaire interarmes (Promotion général BROSSET 1973-1974). puis commandant de division (DFR). by the end of the year 2003. It is also accessible through the ESAG web site INTRATERRE. Since October 2002. à l’ESAG (1989-1995) .Chef du bureau instruction du 31 e RG (1988-1989) . à Trèves (1995-1999). Parmi les causes de cette dégradation figurait en 1999. the military staffs and schools. However.Officier supérieur génie de la 15 e DI (1986-1988) . two handbooks of implementation and four memoranda.S A P E U R Lt-Colonel Alain PERRIER « La documentation : un combat vital pour le génie dont la première manche est sur le point d’être remportée. By the end of 2003. il a successivement exercé les responsabilités suivantes : . is on the way to succeed.17 - Le lieutenant-colonel Alain PERRIER est le chef du bureau « Règlements-Documentation » de la direction des études et de la prospective de l’ESAG depuis 1999. Dans le génie. At the end of 2002.Chef de brigade (CPOS). the office « field manuals – documentation » will have. mais dont la seconde passera nécessairement par une réflexion de fond » The restoration of the documentary base of the Engineer. an important step will be completed with the creation of an Army Electronic Library in INTRANET. It will have also proceeded to the revision of eight old field manuals with Engineer connotation. ont été notamment chargées d’engager un vaste chantier pour rétablir le socle documentaire des différentes fonctions. Les profonds bouleversements opérés ces dernières années dans l’armée de terre pour donner à nos forces la capacité de faire face à la nouvelle donne internationale. ne nous y trompons pas. la documentation dont les carences notoires nuisaient grandement à la conduite de l’instruction et à l’entraînement des forces. will impose a deep reflection about documentation organisation and diffusion methods at the army level. the DEP has also developed the CD-ROM « Everything about Engineer » containing all information relating to the French Army Engineers. . having largely called up on the expertise of engineer units. it seems that the « revolution » in the matter of documentation or information isn’t arrived to its end. l’action énergique conduite depuis maintenant 3 ans pour recréer un référentiel commence à porter ses fruits. Pour cette raison et du fait de la disparition des inspections d’armes.Commandant en second du 13 e RG. produced an amount of twenty handbooks for Engineer units. ont eu malheureusement aussi des conséquences très négatives sur le niveau de préparation opérationnelle des unités. Au cours de ces dernières années. which started in 1999 with the creation of the Direction of Doctrine and Studies (DEP). the need to improve it very quickly in order to follow the pace operational and structural changes nowadays. Cependant. les directions des études et de la prospective (DEP). terme des grandes mesures de la refondation. créées à cette période en remplacement des CETE. une nouvelle étape devra être franchie sans tarder pour permettre à la documentation . Indeed.

book dans les sections. SITUATION DE DÉPART : UN ÉTAT DES LIEUX INQUIÉTANT !… Nullement épargné par les nombreux changements de structure occasionnés par la refondation. devient une évidence car ceux-ci interfèrent souvent avec des GEN qu’ils contredisent parfois. il s’agit donc de produire des manuels d’emploi pour tous les modules identifiés dans l’instruction 10 000. mais il faut pourtant veiller à la nécessaire cohérence entre d’une part les documents produits et d’autre part les réflexions doctrinales menées en parallèle.18 - À cela venait s’ajouter l’absence quasi totale de réflexion doctrinale. Certains régiments possédant des modules très spécialisés (exemplaires uniques) sont même invités à prendre à leur charge. obligé de revoir les modalités de son engagement face aux évolutions de la menace et contraint de s’adapter aux exigences de la professionnalisation. 38 types différents de section et 46 types différents de groupe). …) ne sont pas encore réalisés. LA MÉTHODE EMPLOYÉE : UN TRAITEMENT DE CHOC Dès sa création en 1999. souvent provisoire et généralement obsolète alors qu’ils éprouvaient les plus grandes difficultés pour instruire leurs hommes et entraîner leurs unités du fait du rythme très élevé des projections extérieures et intérieures. la DEP engage immédiatement la rédaction des manuels d’emploi et des mémentos tant réclamés par les régiments. L’ampleur de la tâche était considérable car tout faisait défaut dans un domaine de spécialité caractérisé par la grande diver- . la DEP assure le pilotage et la conduite des études menées en vue de leur rédaction. Les GEN produits par les points d’impression dépendants du service d’édition et de diffusion de l’armée de terre (SEDAT). Cette situation était devenue intolérable car elle risquait d’occasionner des dérives dangereuses dans l’acquisition des savoir-faire et de déboucher sur une perte importante de savoir. par l’extrême variété de ses matériels et par le très grand nombre des missions à exécuter aussi bien en appui direct qu’en appui général. du partenariat avec l’école et des nombreuses sollicitations émanant des régions terre. elle constitue des groupes de travail faisant largement appel à l’expertise des régiments. Des principes simples et de bon sens Le CDES ayant donné délégation au général commandant l’ESAG pour approuver les documents de niveau 3 (doctrine d’arme). En effet. ses régiments ne disposaient à cette période que d’une documentation squelettique. mais aussi à celle des état-majors et des organismes spécialisés. La nécessité de refondre un certain nombre de TTA anciens à connotation génie. En effet. E. parc informatique adapté et en réseau. le génie a sans nul doute ressenti d’une manière toute particulière la mise à mal de ses repères traditionnels. l’ESAG se fixe comme objectif de rédiger l’essentiel des GEN avant l’été 2003. sité de ses unités (14 types différents de compagnie. • Papier pour les exemplaires destinés aux commandants d’unités élémentaires. puisque le concept d’emploi du génie en opérations (GEN 100) venait de paraître à l’été 1999. sont diffusés pour l’instant selon le principe suivant : • Cédérom pour les exemplaires destinés aux chefs de corps/BOI des régiments et aux niveaux supérieurs . moyens de reprographie conséquents. Il faut aller vite bien sûr. La finalité des formations étant l’engagement opérationnel dans le cadre de la projection. A cet effet. la rédaction des manuels d’emploi correspondants. le document papier demeure pour l’instant l’outil primordial des régiments pour assurer la formation de leur personnel car les moyens qui leur permettraient de s’en affranchir (budget. qu’on le veuille ou non. bureau « règlements ». les évolutions permanentes de structure des régiments et les renouvellements progressifs de matériel.S A P E U R de répondre complètement aux exigences du XXIe siècle. Des objectifs ambitieux Consciente de l’urgence du besoin en documentation des régiments pour l’instruction et l’entraînement de leurs unités et pour la préparation de leurs candidats aux concours et examens. aux chefs de section et aux chefs de groupe. conséquence du transfert de responsabilités qui s’est opéré au profit de l’école lors de la dissolution de l’inspection du génie. de manière décentralisée mais sous contrôle du .

l’ESAG prend la décision de concevoir un cédérom destiné à contenir toutes les informations utiles sur le génie. UN BILAN INTERMÉDIAIRE TRÈS ENCOURAGEANT QUI NE DOIT POURTANT PAS MASQUER CERTAINES DIFFICULTÉS À la fin de l’année 2003. 725. constamment tenues à jour par les DEP.GEN 200 « Emploi des modules du génie » . leur conservation. le génie devra envisager à terme de limiter le nombre de ses GEN en cernant mieux leurs contours (GEN 100 « Concept et doctrine d’emploi du génie » . véritable mine d’informations pour les sapeurs bien entendu. • de l’inadéquation du plan de classement de la documentation dans l’armée de terre.cédérom). Les documents actuels pourront constituer des fascicules de ces GEN et être parfois inclus dans des sections plus larges (Par . débouchant tantôt sur Concernant la simplification de sa documentation. sous réserve que des moyens importants leur soient consentis pour consulter et dupliquer les documents. 714.19 - . 721. deux manuels de mise en œuvre (GEN 301/TTA 705 sur les explosifs . des difficultés subsistent qui. Celle-ci permettra notamment aux régiments. Il s’agit principalement : • de la trop grande profusion . 726. si l’on n’y prend pas garde. Pour aller plus loin dans sa démarche de revalorisation à outrance de la documentation mise à disposition des corps et des état-majors. proposé par le TTA 125 . • des rythmes très différents de diffusion et de mise à jour des GEN (et des TTA) résultant de la dichotomie actuelle (papier . 727. mais aussi pour tous ceux ayant vocation à employer le génie ou à mener des études le concernant. d’avoir instantanément accès à des informations en ligne. avec le risque de disposer à un instant « T » d’informations contradictoires selon que l’on consulte un document papier ou un cédérom. tantôt sur leur suppression et sur l’insertion de leur contenu dans une section du GEN 150. Il semble bien que cette véritable révolution soit déjà engagée puisque fin 2003 devrait voir l’émergence sur INTRANET de la bibliothèque électronique de l’armée de terre. GEN 420/TTA 751 sur la navigation) et quatre mémentos. 728). Le cédérom « Tout sur le génie » est d’ores et déjà disponible sur le site ESAG d’INTRATERRE. 704 bis.S A P E U R S’ADAPTER À UN ENVIRONNEMENT DE COMMUNICATION : UNE NÉCESSITÉ ABSOLUE QUI PASSERA PAR DE PROFONDS CHANGEMENTS La solution aux maux évoqués plus haut devrait résider dans une simplification de la documentation.GEN 300 « Dictionnaire des techniques du génie » . Elle aura par ailleurs procédé à une révision de huit TTA anciens (701. dans une amélioration de sa hiérarchisation et dans une modernisation de ses supports. Pourtant. risquent d’occasionner de sérieux désagréments voire de créer des situations à risque. L’ESAG est enfin parvenue à réaliser par ses propres moyens et à faire diffuser en octobre 2002 la V1 du cédérom « Tout sur le génie ».…). l’ESAG aura produit une vingtaine de manuels d’emploi.

20 - . le GEN 200 pourrait comporter 6 sections : COMBAT.S A P E U R exemple. L’actuel manuel d’emploi de la section équipement de plage deviendrait le fascicule 8 de la section I de ce GEN). FRANCHT. Ce processus devra nécessairement s’inscrire dans une démarche globale « armée de terre » visant à redéfinir l’architecture d’ensemble de la documentation. . AAD. OT. DÉMINAGE. MINAGE. C’est bien au CDES ou à son successeur qu’il appartient d’engager résolument et très rapidement cet effort.

Ces renforcements s’inscrivent dans le cadre de la fonction opérationnelle agencement de l’espace terrestre « appui à la mobilité ou à la contre-mobilité. aide au déploiement ». il est aujourd’hui officier de programme des domaines franchissement et contre-minage à la Section Technique de l’Armée de Terre. not only to combined training exercises. • de moyens de brèchage. • de moyens de dégagement d’unités engluées. l’armée de terre a. . aux moyens adéquats pour garantir la capacité des éléments engagés à faire face à ce danger. et dès la conception de l’opération.21 - Le Lieutenant-colonel GOURDIN est issu de la promotion « Lieutenant Bernard Delattre de Tassigny » (1984-1985) de l’Ecole Militaire Interarmes. Il a servi aux 3 e et 32 e RG dans les fonctions de chef de section. tirant les enseignements de ses engagements en opérations extérieures. dont fera partie le système de déminage rapproché (SYDERA). le génie devait se doter : • de moyens d’ouverture d’itinéraires au profit des forces de 1er ou 2e échelon ou adaptés à une phase post-conflictuelle tout aussi risquée. en particulier celui du Golfe en 1991. décidé d’accroître sa capacité de déminage en développant ses moyens propres de déminage mécanique. The operational fielding of its equipment is based on the assurance to constitute deployable modules having resources that will guarantee their operational capability with regard to the missions that were assigned to them. sur un théâtre d’opérations. the 6th countermining company of the 1st engineer regiment regroups all the mechanical mine-clearance means available to the French Army. but also to projections on the various overseas theatres. mise en œuvre.S A P E U R Lt-Colonel Michel GOURDIN La compagnie de contreminage de l’armée de terre Today. L’urgence du besoin a imposé à l’époque de s’équiper de matériels immédiatement disponibles ne couvrant pas forcément de manière satisfaisante la totalité des besoins mais permettant d’acquérir à tous les niveaux (conception. le plus souvent mis à sa disposition par la brigade du génie. dès cette date. et prendre en compte les moyens d’acquisition du renseignement terrain indispensables à la mise en œuvre la plus adaptée de ces systèmes d’armes. par la présence de mines. Elle justifie le recours systématique. Sorti du CID en 1996 après une scolarité de l’EMS2 au Cours Supérieur des Systèmes d’Armes Terrestres (COSSAT). d’officier adjoint et de commandant d’unité. exécution) l’expérience nécessaire à l’élaboration de nos moyens futurs. Cette dernière doit en particulier disposer de moyens génie aptes à lui fournir un appui direct au combat ou un appui général par moyens spécialisés. Pour répondre à ce besoin. A cet effet. afin d’optimiser les conditions de réussite de la mission dès la constitution de la force. Le principe de modularité sur lequel repose la constitution de nos unités interarmes impose au commandement de maîtriser les capacités des moyens spécialisés susceptibles d’être reçus en renforcement. La menace constituée. It has now achieved the material stability and collective training level required to be a party. . munitions et sous-munitions non explosées est bien connue et omniprésente. • de moyens de rétablissement de zones. Ces moyens assurent la liberté d’action du commandant de la force interarmes déployée et la sécurité du personnel et des moyens lors des stationnements ou des mouvements imposés par la mission.

• de charrues et de baliseurs automatiques. pour réaliser des ouvertures d’itinéraires. devenus obsolètes.LES STRUCTURES Créée le 1 e r juillet 1998. la transformation de la télécommande à vue par de la vidéo-téléopération jusqu’à 2 000 m. • 2 sections d’ouverture d’itinéraire miné dotées du SOUVIM. capables de réaliser des couloirs dans les zones de mines pour chacun des deux groupes de déminage. Dans le cadre de l’appui à la mobilité des forces. L’emploi de ces moyens est respectivement détaillé dans les manuels spécifiques GEN 140. • d’organiser les chantiers dans les limites d’emploi des engins . télécommandés et équipés de rouleaux de fabrication soviétique. commandable équipé : • de rouleaux et d’un générateur de champ magnétique. ainsi que l’intégration d’un module de . l'EMAT a décidé de les remplacer en dotant l'armée de terre d'une capacité de déminage à base de chars AMX 30 B2 équipés d'une gamme plus large d'outils. le remplacement de DEMETER par le système DEDALE afin de leurrer les mines à influence. La compagnie est organisée en modules projetables type IM 10000 autour de : • 2 sections de déminage lourd équipées du char démineur sur châssis AMX 30 B2 . En mars 2002. le CEMAT a prononcé la mise en service opérationnel (MSO) de l’AMX 30 B2 DT. • 2 sections de déminage de zone armées du MADEZ . LA SECTION DE DÉMINAGE LOURD La guerre du Golfe a entraîné la réalisation en urgence au début de l'année 1991 de cinq chars AMX 30 B démineurs. à certaines conditions. • d’armer le soutien spécifique pour ses systèmes d’armes. La compagnie n’a pas vocation à être engagée de manière organique mais doit être en mesure : • d’infirmer ou confirmer les reconnaissances préalables à l’engagement des moyens dont elle dispose sur le ou les chantiers envisagés (effort sur les reconnaissances et l’armement de détachements de liaison spécialisés) . Elle a désormais acquis la stabilité matérielle et le niveau d’instruction collective requis pour être partie prenante des exercices d’entraînement interarmes menés par les brigades. Le recours à ce type de renforcements dans le cadre de ces exercices doit maintenant se systématiser et se concrétiser en opérations. Indissociable. 2 couloirs dans une zone d’obstacles réalisée par un ennemi installé en défensive. la 6e compagnie de contre-minage du 1 e r régiment du génie regroupe à ce jour l’ensemble des moyens de déminage mécanique dont dispose l’armée de terre. Elle renforce dans ce cas l’élément du génie intégré à l’échelon de rupture qui assure. Ces derniers emplois rentrent dans le cadre des missions d’assistance « aider à la reconstruction et à la vie de la cité » ou « participer à une aide humanitaire » décrites dans le manuel d’emploi du GTIA à dominante infanterie (INF 223). après le passage du char démineur. l’augmentation de l’efficacité des rouleaux face aux mines AC à allumeurs ponctuels. elle est en mesure de participer à la mission de brèchage d’un groupement tactique interarmes en réalisant à une vitesse optimale de 5 km/h.S A P E U R 6 e COMPAGNIE DE CONTREMINAGE . chargé d’assurer la détection des premières mines de la zone d’obstacles pour le groupe détection . l'élimination des mines résiduelles visibles dans les traces et sur les merlons latéraux.22 - Char AMX . En 1993. la section de déminage lourd possède ses moyens propres de transport et de soutien (ELI spécifique intégré) et est composée principalement de trois groupes équipés chacun d’un AMX 30 B2 télé- Evolutions attendues Les travaux engagés concernent l’amélioration de la poussée et de la protection du char. Elle peut être également utilisée pour détecter ou réduire des zones minées ou. de jour comme de nuit. GEN 141 et GEN 142.

Toutes ces améliorations. merlon. l’itinéraire à emprunter. est dénommé « kit de déminage » (KDEM). de déminer dans toutes les configurations de terrain. il a été décidé d’acquérir en 1994 le JFSU (Joint Service Flail Unit). Les systèmes ont été livrés en 1995. renforcée d’une section MADEZ. • de contribuer à la réhabilitation des infrastructures de théâtre (aérodromes. Ainsi. L'expérience montre que le MADEZ n'est pas capable. …) . la nature prédominante du terrain. • le déminage manuel éventuel des zones inaccessibles au MADEZ (fossés. composé de différents outils adaptés au terrain. Après reconnaissance. . • la réalisation du déminage de zone proprement dit . Les 2 sections de la compagnie sont articulées en 2 groupes de 2 MADEZ. toute unité. en 2e échelon ou en zone arrière. de bases logistiques ou de postes de commandement.S A P E U R localisation et de navigation des chars dans le VAB de téléopération. comme ce sera le cas pour SYDERA. il éprouve de grandes difficultés à traiter un mouvement prononcé de terrain (fossé. La conduite d’un chantier de déminage de zone nécessite : La section MADEZ peut également participer aux missions de vérification de non-pollution et de réduction de zones suspectes dans le but : • d’aider au déploiement de la force (zone d’implantation de troupe. Cette opération inclut le ramassage des débris ainsi que le marquage de la zone déminée.23 - L’utilisation du MADEZ en opérations extérieures a montré la nécessité de ramasser les débris de mines laissés au sol après son passage. • une reconnaissance technique poussée permettant de déterminer le type de mines. sur un terrain plat et dégagé. Elle dispose pour ce faire du matériel aérotransportable de déminage de zone (MADEZ). seul moyen mécanique équipant l’armée de terre pour effectuer ces missions. poteau. merlons …). Le groupe constitue la cellule minimale projetable. …) ou une zone proche d'un obstacle (maison. les zones peu propices à l’emploi . aéroports. Ce système. Outre le fait que la vidéo-téléopération répondra à un besoin et apportera une nette amélioration en matière de sécurité. En mars 2002. …) . il s’agira également pour le Génie de valider la fonction de téléopération d’un système composé de plusieurs mobiles évoluant sur le terrain. peut déminer en moyenne 2 hectares par jour. Evolutions attendues Des essais pour améliorer l’efficacité du fléau face aux mines antipersonnel vont être menés au cours du 1er semestre 2003. par exemple. …). • le ratissage de la zone traitée par les MADEZ à l'issue duquel les parties encore actives des mines sont détruites . . Il est donc nécessaire de disposer d'un système capable de compléter l'action du MADEZ en déminant les mines antipersonnel dans les zones où celui-ci ne peut agir efficacement. talus. seront effectives à partir de l’année 2005. Le « collecteur de résidus actifs de déminage » (CORADE) est donc également un engin complémentaire du MADEZ. arbre. le CEMAT a prononcé la MSO du MADEZ. MADEZ La section de déminage de zone est conçue pour participer à la dépollution rapide de surfaces importantes. dont certaines ont déjà débuté. LA SECTION DE DÉMINAGE DE ZONE Suite à des essais menés en 1992. la profondeur de pose. en raison notamment de son encombrement. Il dispose de moyens propres de transport et d’un élément de soutien spécifique. • de participer à la réorganisation de la vie quotidienne en déminant les zones représentant un grave danger.

Ce dernier élément peut être supprimé lors de l’escorte de convois logistiques sur des axes reconnus.24 - . sur de longues distances. • mettre en place un système de balisage (essais en avril 2004) . Evolutions attendues L’expérimentation tactique de 1998 et la campagne d’essais face à des mines réelles de 2000 ont très tôt mis en évidence la nécessité de procéder aux améliorations suivantes. abattis. Elle est employée sur des itinéraires dont la densité supposée du minage est très faible (de l’ordre de 3 à 4 points minés par centaine de kilomètres) et sur lesquels les mines susceptibles d’être rencontrées. Les systèmes ont été livrés à la fin du 1er trimestre 1997. ce qui peut laisser envisager de prononcer la MSO au début de l’année 2004. la section d’ouverture d’itinéraire miné fait partie d’un détachement d’ouverture d’axes comprenant : • un élément interarmes d’un volume défini en fonction du niveau de la menace (généralement de l’ordre de 2 à 3 sections). avec 2 panneaux détecteurs de métaux tractant 3 remorques déclencheuses de mines . qui sont regroupées sous l’appellation de SOUVIM 2 : • élargir le spectre de la menace traitée (mines AC à action latérale. Une étude exhaustive préalable de l’itinéraire à ouvrir est donc primordiale. l’ouverture rapide d’itinéraires faiblement minés (minage de harcèlement) en 2e échelon ou en zone arrière des grandes unités (zone des flux logistiques). • un détachement génie d’ouverture d’itinéraire en appui de l’élément interarmes composé de la section d’ouverture d’itinéraire miné et d’un élément de génie combat en mesure d’intervenir sur l’itinéraire en cas de rencontre d’obstacles particuliers : obstructions. détectables et à pression. l’interdiction d’emploi du SOUVIM qui avait été prononcée à titre préventif a été levée. En novembre 2002. possèdent un allumeur à pression.S A P E U R A partir d’essais très satisfaisants menés par la STAT sur un matériel de type agricole en novembre 1999. LA SECTION D’OUVERTURE D’ITINÉRAIRE Le besoin de disposer d'un système d'ouverture d'itinéraire miné a été exprimé en 1994. la section d’ouverture d’itinéraire miné assure elle-même son soutien spécifique. Lorsqu’elle est engagée. Comme toutes les sections de la compagnie de contre-minage. à allumeur à bascule ou de contact) par détection ou leurrage (DEDALE. à la suite des opérations en Somalie. La section d’ouverture d’itinéraire miné est conçue pour sécuriser un itinéraire faiblement pollué par des mines antichar ou antipersonnel. La STAT souhaite non seulement que les études menées dans le cadre du SOUVIM 2 . IR). à influence magnétique passive. La décision d'acquérir le MMDS (Mobile Mine Detection System) a été prise en juin 1995. • améliorer la mobilité tactique du système (essais au 2e trimestre 2003) • améliorer la furtivité massique des véhicules (essais en avril 2004). destructions. L’action du SOUVIM est toutefois fortement contrainte par le profil de l’itinéraire et les caractéristiques techniques des modules qui la composent. La section d’ouverture d’itinéraire miné est dotée d’un système SOUVIM comprenant : • 1 Véhicule Détecteur de Mines (VDM) à cabine profilée et blindée. avec 2 panneaux détecteurs de métaux et des marqueurs de peinture . La section est en mesure de traiter 100 à 150 km d’axe par jour sur une largeur de 3. détectables ou non. le développement d’un moyen spécifique est apparu inévitable. Elle est indissociable et peut assurer.05 m. zones minées importantes. Les essais DGA/STAT relatifs à cette amélioration auront lieu en avril 2004. • 1 V é h i c u l e Tr a c t e u r d e Remorques (VTR) à cabine profilée et blindée. à une vitesse de 20 km/h. Il est prévu d’acquérir cinq KDEM et cinq CORADE pour le début de l’année 2005.

il a vocation à donner tout ou partie de ses moyens en renforcement au profit d’unités interarmes (GTIA. brigades. SOUVIM. CORADE). En cas d’engagement. mais qu’elles réflexions sur SYDERA dans les fonctions du leurrage et de la furtivité. . En outre. posées ou dispersées). l’armée de terre a lancé en 1998 le projet fédérateur SYDERA. de franchissement d’obstacle miné et de désengluement. l’élaboration pertinente des moyens futurs de déminage ne peut s’affranchir d’une mise en œuvre poussée.). AMX 30 B2 DT. des moyens en dotation sur des théâtres d’opérations extérieures. Le 1er régiment du génie dispose avec la 6e compagnie de contreminage de moyens de déminage mécanique en dotation unique dans l’armée de terre (MADEZ. voire extrême. même sous couvert d’expérimentations. AMX 30 démineurs). etc. de dépollution de zone. Ces actions contribueront de fait à garantir le haut niveau d’entraînement et d’acquisition d’expérience indispensable à une armée professionnelle. les mines AP et les munitions non explosées (UXO). Prévu pour être livré aux forces à l’horizon 2010. Les procédures de travail dans ce contexte sont complexes et doivent être maîtrisées dès le temps de paix.25 - . Il a fait l’objet d’un NST (Nato Staff Target) approuvé par les pays de l’OTAN et pour lequel la France était pays pilote. SYDERA est un futur système de contre-minage capable de remplir les missions d’ouverture d’itinéraire. avec un taux de réussite proche de 95 %.S A P E U R aboutissent aux améliorations attendues par la réalisation sur la série en 2005. « Ne pas prévoir c’est déjà gémir » (Léonard de Vinci) Parallèlement aux travaux d’amélioration menés sur les parcs actuels (SOUVIM. MADEZ) et aux projets d’acquisition de nouveaux matériels disponibles sur étagères (KDEM. il traite toutes les mines AC (enfouies. C’est pourquoi il est primordial que l’emploi de ces systèmes d’armes fasse l’objet d’un engagement systématique dans le cadre d’exercices interarmes.

S A P E U R .26 - .

..P....................... GAL CHINOUILH ..................................................................................... 57 ......P........ La B... PERNOT ... GAL DEBARNOT ...................27 - ................ COL DESTRIBATS .............. LCL MARTIN ......................................................................................................... 43 Ouvrir la route ....... 37 Aide au déploiement dans les villes ....................................... M...... 53 Enjeux urbains : intégrer les fondamentaux permanents ............................................................................................................S.................. des experts indispensables ........................................................... COL VERNOUX ........ 47 La composante combat du génie en zone urbaine ........................................................S A P E U R Génie et zone urbaine Le génie et le combat en zone urbaine GAL BEZACIER 29 ............................ : unité spécialisée dans la zone urbaine ............................ 49 Les officiers du génie................................................................... ..................................

S A P E U R .28 - .

Il est depuis le 25 août 2001 commandant de l’École supérieure et d’application du génie. En 1993 il prend le commandement du 13 e régiment du génie à Trèves (Allemagne) puis du bataillon du génie de BosnieHerzégovine qui participa au désenclavement de la ville de Sarajevo (juin .au moins les opérations militaires en zone urbaine . Il commande ensuite le centre d’études et de prospective de l’armée de terre.29 - . Pour mener à bien cette mission. sided with the infantry and the cavalry. il a fallu que chaque soldat dans une cave. fires. It wrote. en passant par la motte féodale. its most heroic feats of arms in the French and European landscape.novembre 1995) avant de rejoindre le Collège interarmées de défense à Paris où il enseigne la géopolitique et la stratégie. Trois cents ans après la disparition du maréchal. Maréchal Vasili I Chuikov " la bataille de Stalingrad " INTRODUCTION Depuis la guerre de Troie. the siege and the storming of a city are a tradition more than tercentenary. of an indelible way. prendre ou défendre une cité est une action traditionnelle. sous un escalier soit capable de se battre seul. chef de la division soutien auprès du général gouverneur militaire de Metz. le soldat est à l’occasion son propre général. En 1996. il prend les fonctions de sous-chef d’état-major. il est auditeur à l’Institut des hautes études de défense nationales et stagiaire au Centre des hautes études militaires. protection and obstacles. commandant les forces françaises et l’élément civil stationné en Allemagne. délégué militaire départemental de Maine-et-Loire et commandant d’armes de la place d’Angers. la guerre en zone urbaine . Gergovie et Alésia. il rejoint la délégation aux affaires stratégiques où il est chargé d’études sur la construction européenne et les relations franco-allemandes. pollution of any orders. l’importance des zones urbaines est un fondamental de l’histoire militaire. Today but even more tomorrow. in the high intensity warfare and in the actions of control of zone. the defence. Pour le génie dont l’action débute avec le Maréchal de VAUBAN et la guerre de siège. fights with short reach and presence of the populations « Pour la défense de Stalingrad. the technician and the military engineer whom is the sapper find to apply his art with intensity in the complexity of the urban environment: construction and destruction. The soldier. il a exercé les fonctions de responsable de la prospective technico-opérationnelle au Centre d’études tactiques de l’état-major de l’armée de terre (1991).S A P E U R Général Gérard BEZACIER Le génie et le combat en zone urbaine The heavy tendency which will group together on the horizon 2005 more than 80 % of the world population in cities underlines the importance which will take the military operations in urban zone. . Il a seulement besoin d’avoir la bonne orientation et la confiance des généraux ». Nommé général en 2000.redevient d’actualité. For the engineer corps. Diplômé de l’École nationale des Ponts et chaussées (1985) et diplômé de l’École supérieure de guerre (1986). commandant la région terre Nord-est. the irony of the history seeks again the three components of the engineer corps as major actors. Dans le combat de rue. par un hasard dont l’histoire nous réserve souvent la surprise et l’ironie. de tenir seul et d’accomplir les différentes tâches nécessaires de son propre chef. En 1992. ce qui nous a été absolument nécessaire était de considérer que chaque maison où nous avions au moins un soldat devenait une forteresse contre l’ennemi.

le problème stratégique et tactique militaire majeur lié à la discrétion. chapitre 17. sources d’énergie. souligne pour les adversaires potentiels des armées occidentales. D’autant que cette forte urbanisation caractérise principalement les régions instables du monde. vulnérable aux feux divers existants. l’autre considération suivante. encore. de feux. la guerre en zone urbaine deviendra de plus en plus une nécessité tactique et opérative. économique. Mitrovica et Pristina. on peut facilement s’accorder sur la proposition suivante : tout est observable. par leur nature. D’ailleurs. au sens classique du terme. départ et arrivée des systèmes de transport (terre. Toutes les études et simulations statistiques récentes prédisent qu’en 2025. médiatique et humaine de la ville.30 - . Toutes les époques depuis la plus haute antiquité ont considéré les villes comme des centres de gravité : lieu où vivent les hommes. la lança avec la fronde et frappa le Philistin au front. des profondeurs marines ou terrestres). de surprise . au-delà de l’importance politique. Pour ce qui concerne la guerre. la ville elle-même est une source importante de conflits : émergences des idéologies radicales. n’importe où et n’importe quand. désormais. Kaboul. des coûts logistiques et humanitaires. Sarajevo. les zones urbaines. concernant l’asymétrie (1) des conflits d’aujourd’hui et de demain. verset 49) . etc … 1) «David mis prestement la main dans son sac. Or. de stockage et d’émission de l’information. qu’en est-il ? Eu égard à l’immense capacité des moyens de recueil et de transmission des informations. D’ailleurs. avec une précision quasi diabolique (à l’exception fragile. des risques politiques et juridiques connexes à la présence des populations. Gaza. aujourd’hui Bagdad ou Bassorah. centres de recueil. mis à part les secteurs montagneux. si tout est observable. sans parler de Belfast. si tant est qu’elle puisse encore réellement se dérouler. y prit une pierre. le tout sous l’œil direct des médias dont l’importance et la fragilité ne sont plus à souligner. il existe encore des milieux où tout n’est pas facilement discernable et identifiable : ce sont. premier livre de Samuel. crises sociales de tous ordres . ont tendance à annuler les avantages techniques : diminution des capacités d’acquisition. près de 85 % de la population mondiale résidera dans les villes. l’intérêt de l’usage de ces théâtres d’opérations qui. La pierre s’enfonça dans son front et il tomba la face contre terre» (La Bible. est posé. la liste récente est longue et le démontre avec force. augmentation du risque des pertes humaines.S A P E U R Comme ce qui est observable est aussi. Voilà autant de raisons qui déterminent l’importance politique de ces zones dans lesquelles toutes les actions autres que la guerre ont vocation à être conduites : Beyrouth. Mogadiscio. air. mer). de communication. centres bancaires et industriels. de Jérusalem. à la survivabilité et à la surprise. cosmopolitisme et les frictions ethniques et religieuses qui l’accompagnent. Grozny. C’est pourquoi cette tendance lourde qu’est l’urbanisation croissante du monde. siège des gouvernements locaux et/ou centraux. nœuds de communication. Voilà pourquoi. ne peut que correspondre à une probabilité accrue des opérations militaires en zone urbaine. Génine.

** Comme pour toute opération militaire. Sans vouloir se livrer à une analyse complète différenciant les secteurs urbains (centre. Cette présence de la population. doit être soulignée notamment dans la perspective de la très large synergie de ses trois composantes : combat. . D’abord. tiré de toutes les leçons apprises des derniers conflits. Conservons en mémoire les combats récents dans Grozny où 150 000 réfugiés s’ajoutaient aux 450 000 habitants et où il y eut près de 50 000 civils tués ou blessés. A côté ou/et en complément des pièges et des mines. le combat de l’infanterie y est donc prédominant. Dans ce cadre. bien plus que les divisions vietcongs. La densité des constructions et la présence incontournable des populations offrent un panel très diversifié d’actions directes et indirectes. il convient de mettre en évidence les conséquences des caractéristiques spécifiques des zones dans laquelle elle se déroule. la nécessité de détruire les dispositifs de protection et tout ou partie de l’infrastructure qui en tiendra lieu. s’imposera. sont les plus nombreuses . De même. Pensons toujours à l’image de la petite fille vietnamienne. sans but mais apeurée. impose des actions spécifiques destinées à assurer au mieux sa sécurité et sa survie dans des conditions acceptables. de grands désordres et aussi de pertes de temps importantes. Berlin. D’abord celles qui participent et participeront au soutien général des troupes et des populations mais aussi celles qui. brûlée au napalm. c’est bien dans les villes et les villages que les possibilités d’obstacles. Compte tenu de la réalité des villes qui sont par nature tridimensionnées. plus généralement en dehors et dans les bâtiments. à cet égard. l’effet des armes en ville est de deux ordres : les éclats et le souffle. à l’ombre de la contrainte majeure de la minoration des dommages collatéraux et des pertes subies par les civils. périphéries commerciales. des batailles historiques (Stalingrad. il faut aussi souligner que. celle qui consiste à considérer que tout est susceptible d’être piégé ou/et miné : chaque piège peut être la cause de lourdes pertes humaines. etc …) quelques règles bien spécifiques s’imposent avec force.31 - C’est bien de ces deux effets qu’il conviendra de se protéger. au-dessus de la surface et en sous-terrain . quelle que soit la méthode de raisonnement. le combat s’y déroulera en surface. influencent et façonnent le combat et les autres modes d’action militaires. avant toute attaque directe d’un adversaire. Dans le même ordre d’idée. courant nue. Cette seule constatation explique bien que le combat en zone urbaine est de proximité . plus qu’ailleurs. a causé la défaite de la puissante armée américaine. l’importance de l’appui génie aux combattants de l’infanterie. sous peine de perdre politiquement et juridiquement ce qui pourrait être gagné « militairement ». banlieues de toutes natures. les traditionnelles barricades parisiennes apparaissent symboliques. Aux contraintes liées à la présence des habitants s’ajouteront celles liées à la nécessité de préserver certaines infrastructures. canaux ou autres voies d’eau. Au-delà de la problématique des obstacles. le fait important est que moins de cinq pour cent des cibles sont à plus de 100 mètres des positions amies et que 90 % d’entre elles se situent à moins de 50 mètres. parfois dans les rivières. dans ces zones. une règle absolue doit être prise en compte en permanence pour la sécurité des soldats et des opérations.S A P E U R Compte-tenu des principaux paramètres qui caractérisent la zone urbaine et qui y « norment ». par . La ville se révèle aussi comme le meilleur champ des actions asymétriques contre nos forces. à partir de toutes sortes de matériaux. acteurs essentiels de ces confrontations. etc …). qui ne seront pas détruites. il conviendra par ailleurs de ne pas oublier les quantités de munitions et de sous-munitions délivrées par divers vecteurs. le plus souvent. véhicules ou autres. qui ne peut plus être évitée. sur une route et qui. infrastructure et sécurité.

Il en est ainsi des infrastructures liées aux communications comme les aéroports. Dans cet esprit. camions . interdire. devront politiquement l’être. carrefours et ponts autoroutiers de première importance. les armements actuels devraient être testés pour et dans les conditions du combat en zone urbaine. La prévention et la maîtrise de ces phénomènes apparaîtront très vite de première importance. de même celles liées aux services sanitaires et médicaux. de grandes hauteurs. depuis les moyens de transport . . de masque et d’isolement qu’il faudra savoir contenir. les villes sont le théâtre privilégié de violents incendies et des fumées qui les accompagnent. biologiques et chimiques qui font désormais partie intégrante des zones urbaines où ils sont stockés. vers l’ennemi bien sûr. C’est un truisme de dire que les actions de guerre seront une source active du déclenchement de ces sinistres. ponts est permanente dans les villes du XXIIe . Les sources actuelles sont multiples. ** Sachant que pour mener à bien les combats il faut d’abord savoir se situer. Partout dans le monde. des infrastructures utiles comme les réseaux (et sources) de distribution des fluides : eau.péniches. anciens. en considération des us et coutumes locales. anticiper. en fonction de la nature des constructions. seront protégées ou/et qui. etc… Cette analyse rapide de la zone urbaine. sans parler de l’obscurité. la connaissance de l’effet des armes devra être bien maîtrisée. traités et transportés. il conviendra de ne pas oublier l’importance « majeure » des moyens et infrastructures de l’information tant pour conserver la possibilité d’informer les populations présentes et renforcer à leur égard la légitimité des actions militaires amies que pour informer et légitimer ces mêmes actions vis-à-vis de l’opinion publique mondiale . zone privilégiée des combats futurs. les laboratoires. Directement liées à l’efficacité des combats. A cet égard. de la perte de visibilité directe et des pollutions parfois mortelles connexes.32 - wagons. les centres commerciaux et les magasins divers. les usines électroniques. oléoducs. les hôpitaux. utiliser un maximum de ressources existantes. afin de disposer d’une véritable banque de données permettant d’affiner les modes d’action nécessaires selon la réalité des effets obtenus.et les lieux de stockage. ou bien de l’efficacité très diminuée de l’artillerie lourde liée aux trajectoires et aux « verticales urbaines » comparée à l’intérêt de l’emploi des mortiers et de leur appui au combat de l’infanterie. En effet. ou bien encore celles dévolues aux différents cultes religieux. inhérents à la structure même des villes qui amoindrissent voire annulent les capacités de localisation comme le GPS par exemple. qui modifient en permanence les données cartographiques tant l’évolution des constructions. le cas échéant. ports. au-delà des faits constatés. selon les conditions climatiques. les réservoirs. sans écarter l’intérêt opérationnel sous tendu par la conduite d’opérations psychologiques pertinentes. on notera d’emblée que les spécificités de la zone urbanisée sollicitent en permanence le sapeur et notamment le sapeur des composantes infrastructure et sécurité . Au-delà des effets sur les populations civiles s’ajouteront les effets de cloisonnement. gares. les centres médicaux. gaz. souligne malgré son manque de précision et d’exhaustivité. gazoducs. des données physiques et géométriques liées aux formes et aux matériaux des infrastructures industrielles et des constructions devront être reconnues et connues des commandants et des soldats. les aérodromes.S A P E U R convention. comme des types de secteurs urbains (ouverts. électricité . mais surtout vers ses possibles soutiens. les usines électriques. Enfin et tout aussi dangereuses seront les nombreuses occasions de rencontrer des produits industriels. etc …). combien l’appui des trois composantes du génie devient essentiel pour la victoire militaire et politique. bâtiments. avenues. évoluer et. Audelà des règles communes liées à l’emploi des chars (tirées des enseignements des batailles passées) et à la nécessité de leur protection par l’infanterie. rues. le technicien et l’ingénieur militaire.

voies ferrées. ports. des reconnaissances in situ parfois et sera le résultat des évaluations des sapeurs de la composante infrastructure (ingénieurs et architectes urbanistes) et des sapeurs de la composante sécurité (de la BSPP comme des UISC habitués à la confrontation aux dommages urbains dans le cadre normal de l’exécution de leur mission du temps de paix : catastrophes naturelles ou/et industrielles voire inondations. dans le cadre des « civils affairs » et des actions psychologiques ou non. télévision. Mais de plus. Il s’agira d’abord de la connaissance des réseaux de transport. routes. Cette tâche qui ne pourra être conduite que par les experts de la composante infrastructure (pour lesquels une lourde et spécifique formation devra être dispensée) pourra être menée à partir des photographies aériennes. les sources de production d’énergie. s’imposent aussi celles nécessaires à la conduite des combats-cloisonnement des feux. les émetteurs et relais de communication. théâtres des combats ou/et des bombardements divers. l’expérience souligne combien le besoin des connaissances des infrastructures de base des zones urbaines est grand. etc … Ces tâches seront complétées par les différentes coopérations. celles tenant aux différents comportements des structures aux souffles. des pollutions. celles portant sur la dangerosité des sites en terme de pollutions « fugaces ou persistantes ». du repérage et des informations sur les caractéristiques techniques des réseaux des fluides (eaux. des films obtenus par les drones. s’ajoute celle encore bien plus complexe qu’on pourrait nommer « de la cartographie résiduelle » des secteurs urbains. etc … ** Concernant directement le combat. dans le cadre des limites définies par les conventions internationales) comme pour le soutien des troupes et des populations.S A P E U R siècle. on notera qu’à l’appui du génie-infrastructure et sécurité développé précédemment. facilitation des approvisionnements. du repérage et des informations techniques concernant les industries. celles déterminant les possibilités de manœuvre. . Il conviendra aussi de rassembler. Elle visera la recherche. dès le début de la préparation des reconnaissances. satellitaires. relais importants. les natures d’urbanisation – centre ville – secteur commercial – boulevard et circulaire périphérique – quartier résidentiel – zone industrielle et quartier type « la Défense » (Paris) avec une forte densité d’immeubles de grande hauteur . la réquisition et l’encadrement de tous les agents locaux capables de collaborer directement pour le bon fonctionnement. Dans le même ordre d’idée et pour l’utilisation intelligente et optimale des ressources existantes pour les opérations militaires (pour le combat. ressortissant notamment à l’ingénieur militaire qu’est le sapeur. l’importance des interventions du génie-infrastructure et sécurité. la prise en compte dans les différentes phases et secteurs de combat des contraintes diverses liées aux risques « technologiques » ou autres. A ce stade de la réflexion et de l’étude des expériences récentes et anciennes. travaux lourds de protection et de sécurisation des sites stratégiques (PC. voire de renseigner pour la localisation des matériels d’obstacles.les informations majeures.33 - . carburant …) . de mobilité ou/et de contre-mobilité. etc …) sans oublier. aérodromes . l’établissement des mesures de sécurité drastiques pour les soldats et pour la population. le rétablissement et le maintien en état des sources de production d’énergie et des réseaux des différents fluides. des matériaux nécessaires aux travaux de protection comme par exemple les lieux d’extraction des sables. s’impose donc. gaz. aux feux et bien sûr aux effets des différents types d’armement et de munitions. notamment celles avec les sapeurs des unités de sécurité civile (BSPP y compris) pour tout ce qui concerne les actions de prévention et de dépollution. synthétiser selon les différentes parties des villes et les types de construction. y compris pour la conception des actions de combat ellesmêmes. graviers. A cette tâche. métros. électricité. feux et séismes). toutes les tâches visant le bon contrôle et la sauvegarde des populations – établissements de zones protégées pour les réfugiés. une tâche importante ressortissant principalement aux sapeurs du génie devra être assurée en permanence.

s’identifie et fait partie des actions conduites par l’infanterie. quasiment en simultané. si on analyse simplement l’opération « de base » en zone urbaine. on ne peut qu’être convaincu de la nécessité du tandem infanterie/génie. Cette conquête comprendra généralement les cinq phases suivantes : un appui-feu pour éliminer les menaces par tirs directs. le balisage d’itinéraires en sous-sol. . • l’appui à la contre mobilité par la condamnation d’issues ou la réalisation de destructions.froid. les réseaux d’eau. qui ne peut plus être considérée comme un appui mais comme une véritable action de mêlée tant elle s’intègre. renforcées par des équipes d’infanterie. leur action peut recouvrir des domaines multiples : • les reconnaissances s’étendant du domaine aérien au domaine souterrain. humide ou non. Par ailleurs. • l’appui à la mobilité par la création de cheminements. • l’appui d’actions menées par les forces spéciales (actions génie ou appui spécifique en milieu aquatique). humide et trouble . • le déminage et la dépollution en milieu aquatique. d’égout. etc … représentent un cas particulier : les plongeurs du génie peuvent en effet apporter une plus value certaine aux capacités des forces terrestres impliquées. formés aux techniques de la reconnaissance et aux savoir-faire spécifiques des sapeurs. l’assaut et une tâche de réduction (nettoyage) des résistances éventuelles. créer les brèches – base d’assaut au meilleur coût. pour retrouver des combinaisons plus classiques au niveau des bataillons et des brigades. Force est de constater que la principale mission de l’infanterie sera la conquête des immeubles. 2) L’ESAG est le centre national de formation des plongeurs de l’armée de terre. le plus souvent.34 - . dans des proportions variables selon les circonstances. à tout le moins de repérage immédiat des parties comme les fenêtres ou les portes qui pourraient être probablement piégées. Parfois ces actions nécessiteront une destruction par explosifs ou par des armes du type lance flamme qui sont l’apanage des soldats du génie. Les actions d’assaut peuvent en effet nécessiter la création d’accès comme des trous dans les toitures (on attaque mieux du haut vers le bas.S A P E U R Enfin à l’issue de telles opérations. Il reste que l’on pressent bien que ce cadre d’engagement nécessite une adaptation des formations suivies (2) actuellement par les plongeurs de l’ar- s’ajoutera une action du génie. • l’évaluation des risques. une action de mobilité pour mettre en place des forces d’assaut.les plongeurs présentent toutes les aptitudes pour être les véritables spécialistes des réseaux sous terrains. de dépiégeage . il est un milieu particulier de la zone urbaine qui pourrait être quasi-totalement réservé aux unités d’assaut du génie. Evoluant par nature dans un milieu hostile . Dans le cadre de ce combat. Habitués à opérer de façon autonome en petits groupes. Celles-ci pourront aller de l’équipe du génie (2 sapeurs) intégrée dans une section d’infanterie à la section du génie par compagnie d’infanterie. il apparaît d’emblée la nécessité des tâches du génie. l’ensemble suivi de la réorganisation de l’unité. En tout état de cause ces actions devront comprendre. celle de sa composante combat qui ne peut pas. L’appui feu comprend la neutralisation et l’aveuglement des tireurs ennemis protégés par des matériaux et de l’infrastructure qu’il faudra souvent détruire : nécessité de créer des brèches autour et dans les structures cibles. depuis Newton !) pour accéder par surprise dans les dispositifs ennemis. le guidage d’unités. il sera toujours nécessaire de procéder à la sécurisation des zones conquises pour permettre une utilisation ultérieure. celle qui consiste à requérir et utiliser l’infanterie pour l’attaque et la réduction des bâtiments. Il s’agit du combat sous la surface des villes. Les actions de mobilité y compris au niveau infra section exigeront souvent l’intervention d’équipes du génie pour ouvrir (dépolluer sommairement) les cheminements appropriés. des tâches de déminage. En effet. Si on analyse précisément ces différentes phases.

ceux destinés au formatage de l’ennemi. l’action de valorisation des travaux du génie sera déterminante pour « le formatage » de l’ennemi dans le temps et dans l’espace. à sa canalisation. comme les souterrains . ou dans les phases défensives qui ne manqueront pas de caractériser des offensives d’ampleur significative. désormais avéré et croissant. • l’ouverture d’obstacles à l’intérieur et à l’extérieur des zones urbaines (l’action classique de siège reste une opportunité militaire à ne pas négliger) . Mais aussi la totalité des obstacles intégrés aux « combats de secteurs » visant l’ensemble des cheminements verticaux audessus de la surface. au sol et en dessous du sol) . l’organisation et le positionnement des unités du génie seront adaptés. missiles et mortiers . ne peut qu’entraîner des modifications profondes dans la doctrine d’emploi des forces et certainement aussi dans les modes de règlement politique des conflits. Après cette vision presque « localisée » du combat en zone urbaine.S A P E U R mée de terre ainsi que la mise à hauteur des équipements : les études sont actuellement en cours.35 - . • la réduction des points forts ennemis avec des équipements particuliers . Le fait. identifier les bons cheminements (audessus du sol. • la réparation voire l’établissement de pont (passerelle) pour les approches critiques et la création d’effets de surprise . elles prennent et vont prendre dans les années prochaines une dimension particulière. Cette dimension proviendra du fait absolument nouveau de l’influence des villes sur la nature. Dans l’esprit d’un combat plus défensif. • les conseils et les avis techniques donnés à l’infanterie et à la cavalerie pour l’utilisation. il reviendra toujours au génie de diminuer les délais. • la préparation des positions d’armes lourdes. en fonction de la variété des tâches à remplir : • la reconnaissance pour déterminer les efforts et actions nécessaires pour surpasser les défenses ennemies. la réalisation des points les plus fortifiables . à son ralentissement voire à son blocage. pour la préparation de zones de « destruction de l’ennemi » etc … Là encore. du combat d’infanterie. de l’extension des villes et des populations des zones politiquement les plus instables de la planète. • la préparation de zones de poser d’hélicoptères . ** Si les opérations militaires en zone urbaine ne sont pas nouvelles. Dans l’environnement général du combat offensif. tout au long du large panel des modes opératoires militaires du maintien de la paix aux inter- . selon les cas. • la conduite. il convient de souligner la spécificité globale de l’appui du génie dans cet espace de bataille qui requiert un emploi intensif de toutes ses capacités. • la mise en forme d’obstacles de manœuvre destinés à l’ouverture et à la fermeture des voies de passage selon les phases du combat avec ses positions tenues et laissées par alternance . • la participation aux actions directes d’assaut . ports. gares. chars. éliminer les obstacles. pour des effets de canalisation. de routes . • la construction d’obstacles intégrés dans de véritables systèmes complexes . l’établissement d’aires de poser d’hélicoptères sur les toitures les plus adaptées (en terme de résistance des matériaux !) . Que ce soit en offensive ou en défensive. le bon emploi du génie pourra y être décisif. Pour cela. tout en ayant en permanence le souci du maintien en condition des infrastructures lourdes et nécessaires aux opérations (aérodromes. le cas échéant. • les travaux de protection. l’organisation et l’équipement des forces terrestres et peut-être aériennes. etc …). les tâches dévolues aux combattants du génie seront variées et très souvent décisives : • la réalisation des destructions sélectives d’ouvrages et de bâtiments. de réduire les points de résistance protégés et de sécuriser les zones utiles. connexe à la discrétion technique qu’offrent ces zones particulières.

où le génie du Maréchal de VAUBAN trouvera. d’une nouvelle page de l’histoire militaire. Des réflexions doivent être menées notamment sur la réalité des paramètres de la puissance militaire et sur la validité des paris du « tout technologique » ! En tout état de cause.S A P E U R ventions de coercition. La fin des armées en campagne n’est que le début. * * * . une fois encore l’occasion de se distinguer et de servir.36 - . évalués et certainement rééquilibrés tout comme nos équipements et armements. concernant plus prosaïquement nos forces terrestres. il n’est pas interdit de penser que les rôles relatifs de nos différentes fonctions opérationnelles devront être sérieusement expérimentés. aux côtés de l’infanterie. peut-être.

il est affecté au 17e régiment du génie aéroporté à CASTELSARRASIN. il est admis à la 98e promotion de l’école supérieure de guerre à PARIS. tant par sa subordination que par l’étendue et les caractéristiques de son secteur d’intervention qui Admis en 1967 à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr. il rejoint la direction de l’enseignement militaire supérieur scientifique et technique. où il est nommé chef du bureau génie. l’éclosion de nouvelles technologies et l’accroissement de la population. il est admis au cours du diplôme technique à l’école supérieure du génie militaire à VERSAILLES. il prend les fonctions de chef du bureau emploiinstruction. il rejoint la direction centrale du génie à VERSAILLES pour y exercer les fonctions de directeur adjoint. puis celui de chef du bureau études au service technique. It contributes efficiently to the safety of more than 6 million inhabitants of Paris and its 3 surrounding boroughs by taking an active part in the civil defence of the country. the Brigade will attempt at its own level to foresee any danger which could jeopardize the population in charge and to adapt its operational solution to the new threat. : unité spécialisée dans la zone urbaine The Paris fire Brigade is a unique military unit commanded by a Brigadier although it is placed under the responsibility of a civil Fire authority which is represented by the Paris Police and Fire Commissioner. Il rejoint en juillet 1974 le 17e régiment du génie parachutiste. a pour raison d’être majeure la défense de Paris contre le principal fléau de cette époque : le feu. Le 1er juillet 2001. The Paris Fire Brigade is permanently adapting its operational readiness and updating its intervention doctrine towards dealing with ever-evolving diversified threats coming from domestic and technological risks not to mention terrorism.S A P E U R Général Jacques DEBARNOT La B. il prend les fonctions d’adjoint au chef du bureau opérations-instruction. il rejoint le 1er régiment de hussards parachutistes à TARBES. . mais aussi aux départements de la petite couronne. candidat au brevet technique. En juillet 1993.P. il occupe l’emploi de professeur spécialisé au sein de la cellule relations humaines de l’école supérieure de guerre. Accompagnant le développement de la capitale et l’apparition de nouveaux risques. Il rejoint en juillet 1988 les écoles de COETQUIDAN. Il effectue une mission au TCHAD en tant qu’adjoint logistique du 6e régiment interarmes outremer. Il prend le commandement du 71e régiment du génie à OISSEL en septembre 1991. où il sert comme chef de section de combat. En juin 1971.37 - . Face à l’évolution du tissu social. The size and the characteristics of its area of operation cover every type of risks likely to happen in France. il est affecté à la direction du personnel militaire de l’armée de terre à PARIS. il est affecté à la brigade de sapeurs-pompiers de Paris et en prend le commandement. A l’issue du stage à l’école d’application du Génie à ANGERS. Le diplôme technique lui est attribué le 1er avril 1976.A. puis en juillet 1980 celui de la compagnie de commandement et des services du 11e régiment du génie à RASTATT (F.F. par l’Empereur Napoléon I. En septembre 1984.P. En octobre 1979. Le 1er septembre 1999. Affecté à la direction des travaux du génie de POITIERS. La brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) est une grande unité originale. où il occupe un poste de chef de section de combat. En novembre 1981. en qualité de saint-cyrien. les sapeurs-pompiers de Paris sont confrontés maintenant à une forte concentration urbaine et une imbrication industrielle et institutionnelle propre non seulement à Paris. il choisit à la sortie l’arme du Génie. puis brigade le 1er mars 1967. Due to the distinctive characteristics of its area of responsibility. En septembre 1982. le bataillon devient régiment le 1er janvier 1867. Le brevet technique d’études militaires supérieures lui est attribué en juin 1985. il prend le commandement de la 11e compagnie d’instruction. il exerce l’emploi d’officier d’études. En septembre 1974. Affecté en juin 1986 au 6e régiment du génie. En février 1986. où il prend le commandement de la promotion de Saint-Cyriens 1988-1991. le 18 septembre 1811. La création du bataillon de sapeurs-pompiers de Paris. en tant qu’élève à l’école nationale des ponts et chaussées à PARIS.).S. Le général de brigade DEBARNOT Jacques est officier de la Légion d’Honneur et officier dans l’Ordre National du Mérite.

sous . celle de la brigade est atypique puisqu’elle est interdépartementale. ceux de la petite couronne (92 . Tous les risques bâtimentaires sont présents sur la zone de responsabilités de la brigade. Le préfet de police étant également le préfet de la zone de défense de Paris. Aux 6. en devenant de moins en moins dense. Elle concourt efficacement à la défense de plus de six millions d’habitants.38 - .93 . Zone de compétence interdépartementale englobant 124 communes réparties sur quatre départements.5 millions d’habitants doivent être ajoutés également près de 2 millions de franciliens qui transitent chaque jour par Paris et quelques 25 millions de touristes par an. et sept nouveaux départements.94) et de la grande couronne (77 . Face à l’évolution des menaces qui recouvrent désormais un large spectre. elle représente plus de 750 km2 pour une population s’élevant à environ 6.S A P E U R l’autorité du préfet de Police.95). de concentre quasiment tous les types de risques rencontrés sur l’hexagone. du risque domestique au risque technologique sans omettre celui du terrorisme. Paris et les départements des Hauts-de-Seine. la brigade de sapeurspompiers de Paris n’a de cesse d’adapter en permanence sa capacité opérationnelle et de faire évoluer ses concepts d’intervention. EVOLUANT DANS UN MILIEU URBAIN SPECIFIQUE… Si l’organisation opérationnelle traditionnelle des secours en France est au niveau de l’échelon départemental. soit 10 % de la population française. La concentration de risques est unique en France et en Europe.78 91 .5 millions d’habitants. un décret du 22 février 1968 confère à la brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Ce secteur d’intervention présente un bassin de risques importants ainsi qu’un réservoir de victimes potentielles impressionnant. prenant une part active à la sécurité civile du pays. la ville de Paris. une nouvelle zone d’action. aux mains d’un service départemental d’incendie et de secours. due principalement à l’urbanisation variée. Un risque habitation diversifié. qui évolue au fur et à mesure que l’on s’éloigne de Paris. Un arrêté du ministre de l’Intérieur en date du 1er février 1974 étend la zone de compétence de la Brigade aux deux plates formes aéroportuaires de Roissy Charles de Gaulle et d’Orly bien qu’elles soient implantées pour partie sur certains départements de la grande couronne. les institutions de la France mais aussi un puissant centre économique sont intégrés dans le schéma interdépartemental d’analyse et de couverture du risque. Suite à la réorganisation de la région parisienne effectuée en juillet 1964 créant une collectivité territoriale à statut particulier. de la SeineSaint-Denis et du Val-de-Marne.

la sécurité civile doit imaginer et se préparer en permanence aux menaces nouvelles susceptibles de frapper le pays. 5 préfectures et 144 mairies. empruntent le réseau RATP ou SNCF. elle aussi. de prendre en compte les éléments qui ont présidé à leur façonnage. le Marché d’intérêt national (M. La spécificité du secteur Brigade. l’immeuble de grande hauteur aux hôtels particuliers sans oublier les taudis squattés ou les villas cossues. Il totalise 69 millions de passagers pour 708 000 mouvements d’avions commerciaux. Cette situation se traduit de manière complexe sur le plan de l’aménagement du territoire. il ne faut pas perdre de vue que Paris et la petite couronne sont également un puissant centre économique qui concentre 365 000 entreprises. Si le pôle culturel est souvent mis en avant. risques technologiques et risques mouvants. Ce sont également 17 dépôts pétroliers et le plus grand marché alimentaire d’Europe. Ainsi. La couverture opérationnelle actuelle est basée sur le maillage de 77 centres de secours. les déplacements à Paris génèrent un flux de personnes nul part ailleurs en France comparable. c’est aussi la concentration de très nombreuses institutions. derrière Londres et Francfort. La Présidence de la République. Les menaces auxquelles sont confrontés les sapeurs-pompiers de Paris sont de trois ordres qu'il est possible de classer en risques naturels. 130 ambassades.S A P E U R provinciaux. Les différents réseaux de communication sont en permanence interdépendants. routière. toutes les formes de dangers qui menacent les populations dont elle a la charge et d’y adapter sa réponse opérationnelle. Carrefour de nombreuses voies de communication fluviale. En raison des particularités de sa zone de responsabilité. 973 000 banlieusards et 110 000 . de l’immeuble Haussmannien aux cités dortoirs. Paris et la petite couronne forment la première conurbation française. qui viennent chaque jour travailler en région parisienne. pour en comprendre les réalités. il est essentiel. LA BRIGADE PREND EN COMPTE L’EVOLUTION DES MENACES… A l’instar des autres partenaires de la sécurité intérieure. D’un département à l’autre. à son niveau. le Sénat. soit l’équivalent de 25 % de la richesse nationale. autoroutière et aérienne. et le plus grand centre de transit de transport routier. tous les ministères. de prévoir. rapides et polyvalents. Mais Paris est aussi la ville qui possède la plus grande infrastructure souterraine du monde. La gare du Nord est la première gare d'Europe par son trafic de voyageurs.N.) de Rungis. la brigade tente.39 - . En règle générale. ils sont harmonieusement répartis sur l'ensemble des quatre départements et sont équipés de moyens légers. Garonor. en particulier leurs caractéristiques historiques et urbaines. l’Assemblée nationale.I. La gestion de ce vaste ensemble urbain requiert des moyens considérables et une coordination parfaite des administrations en charge de la sécurité de la région parisienne. Le trafic aérien des trois aéroports parisiens place Paris à la troisième place aéroportuaire en Europe continentale.

Les risques mouvants sont multiformes. Une meilleure connaissance de ces phénomènes est prise en charge par le bureau études générales de la brigade et débouchera prochainement sur des évolutions notables. en effet. L’utilisation de nouveaux matériaux de synthèse dans les constructions. et a accru ses relations avec les pompiers des grandes capitales européennes. en république populaire de Chine. à faire face aux conséquences d’une crue majeure qui aurait de fortes répercussions sur le moral des Parisiens.S A P E U R Parmi les risques naturels. ainsi que l’amélioration de l’isolation des bâtiments. L’arme chimique. depuis les grands rassemblements humains lors de manifestations. la . mais aussi sur notre couverture opérationnelle. La prise en compte des accidents thermiques qui caractérisent malheureusement le risque technologique a été accélérée depuis le tragique accident du 14 septembre 2002 à Neuilly où cinq sapeurs-pompiers de Paris sont morts au feu. en 1998. et afin de mieux comprendre les menaces et tirer parti des expériences étrangères. tant dans le domaine des matériels que dans celui du processus opérationnel. Mais les principales menaces restent principalement liées au risque mouvant. Ils sont donc les plus difficiles à appréhender. Une telle menace ne devant pas être écartée sur la région parisienne. Par ailleurs. en Irlande du Nord. Etats-Unis. Une catastrophe similaire à celle de 1910 est à redouter et la BSPP se prépare. Certains centres de secours pourraient. après avoir conclu. a été utilisée officiellement pour la première fois dans un milieu non militaire à des fins terroristes contre la population dans le métro de Tokyo. Royaume-Uni. Celui du terrorisme est le plus prégnant. Depuis les attentats tragiques des années 1986 et 1995. aux agitations dans les banlieux ou aux attentats. au même titre que les autres services de la préfecture de Police. la brigade coopère également avec les services de secours de nombreux pays : Japon. redoutée depuis de nombreuses années par certains experts. être directement touchés par la montée des eaux. en concertation étroite avec la zone de défense. un accord de jumelage avec la brigade de Pékin. la survenue d’une crue centennale susceptible de noyer sous quelques mètres d’eau une grande partie de la Capitale est actuellement au cœur de la réflexion menée par le bureau opérations. elle a développé un accord d’échange d’officiers avec la brigade de sapeurs-pompiers de Belfast.40 - . influent sur la manière dont les feux se comportent dans les milieux clos ou semiconfinés.

a démontré la capacité de la Brigade à s’adapter rapidement et efficacement à une situation nouvelle. un concept opérationnel a rapidement été mis en place pour faire face à l’émergence de cette nouvelle menace. A l'issue de la guerre du Golfe. la brigade de sapeurs-pompiers de Paris. un premier dispositif à base de chaînes de décontamination avait été mis en place dans les centres de secours. la mise en service. d’organiser un dispositif encore plus efficace. Défini conjointement par le service de santé de la Brigade. feu de chambre…) consolidera la formation théorique dispensée aussi bien au centre d’instruction des recrues qu’au centre de formation des cadres. de la prévention des accidents thermiques de type Backdraft ou Flash Over. les évènements japonais de mars 1995 ont permis à la brigade. de la nouvelle tenue d’intervention textile est effective au sein du 1er groupement d’incendie. Depuis. le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). en toute sécurité. tous les types de feux domestiques dans un grand nombre de configurations (feu de cave.41 - . Certains sont terminés et d'autres sont encore en cours actuellement. et aussi les départements de la petite couronne. Paris. Ainsi. Dès le mois d’octobre 2000. La nouvelle tenue ne se résume pas aux seuls survêtements de protection (haut et bas). suite aux attentats terroristes du 11 septembre 2001 sur le sol américain. la mise en place d’un dispositif opérationnel destiné à faire face à une maladie infectieuse respiratoire grave venue du sud-est de l'Asie. celle d’enveloppes susceptibles de contenir des agents biologiques. ment d’instruction (GINS) va permettre de poursuivre la prise en compte. lors de la formation. Il a pour objectif de définir le cadre d’emploi optimal pour le sapeurpompier de Paris. dans un souci permanent de sécurité. tout en l’intégrant dans le plan national Piratox. la mise en fonction prochaine des « maisons du feu et de la manœuvre » au groupe- brigade s’est efforcée de faire face à cette occurrence. soucieuse de la sécurité de ses personnels. Les deux autres groupements d’incendie seront équipés d’ici la fin de l'année 2004. un concept global intitulé « le sapeur-pompier : un système d’attaque » a été développé. plusieurs études et essais de matériels ont été lancés. Formation. Adaptant en permanence la qualité de sa réponse opérationnelle. Plus récemment. cohérente et rapide à mettre en place. . mouvante et évolutive. A ce titre. Cette menace jamais matérialisée auparavant avec un vecteur de ce type a nécessité une réponse rapide. sécurité du personnel et processus opérationnel sont les trois volets majeurs des études intéressant l’activité opérationnelle.S A P E U R Dernièrement. plus particulièrement celui de l’Anthrax. fait évoluer aussi bien les concepts que les matériels. en 1991. fiable. le bureau opérations et les spécialistes du risque NRBC. ont été les victimes d’une menace d’un nouveau type. Dans le domaine de la formation. avec l’aide du secrétariat général de la défense nationale. elle comporte ET CHERCHE A ADAPTER EN PERMANENCE SES MOYENS OPERATIONNELS Décrypter et analyser les nouvelles menaces ne peut suffire si des parades ou des ripostes efficaces ne sont pas mises en place pour lutter contre leurs effets néfastes. Disposer de locaux qui permettront de reconstituer.

Elle sait se remettre en question pour coller aux réalités de la situation socio-économique tout en maintenant à un haut niveau le savoir-faire des ses personnels.42 - . Ces essais seront validés en 2004 lors d’exercices sur feux réels dans les « maisons du feu et de la manœuvre » du GINS. voire à l’adoption d’une nouvelle lancecanon. Cela se traduit notamment par une expérimentation technique sur les détecteurs d’immobilité. les sapeurs-pompiers de Paris le sont toujours. CONCLUSION Formation forte de près de 7500 hommes et femmes. la Brigade ne reste jamais immobile. de période de relève et de matériels de réserve respiratoire à mettre en place. Mais l’adaptation permanente de la réponse opérationnelle ne peut se faire si le retour d’expérience n’a pas toute sa place au sein de notre réflexion. évolution des concepts opérationnels. Cette notion est également très bien connue dans le Génie. également une cagoule. Ils auront pour but de définir les capacités opérationnelles des intervenants sous forme de temps maximum d’intervention. notion déjà existante dans les pays anglo-saxons et reprise au niveau national. mais ils sont également devenus des professionnels du risque que représente une ville moderne. que de chemin parcouru depuis notre création. Si en 1811. Formaliser une véritable culture de retour d’expérience à la Brigade est du ressort de son bureau études générales où un officier aura pour charge de collecter tous les enseignements dans le domaine opérationnel. Cette refonte complète de notre système de protection s’accompagnera d’essais physiologiques en collaboration avec un laboratoire de la Délégation Générale pour l’armement. meilleure connaissance des risques professionnels et du milieu urbain. de temps de récupération. Le développement d’un nouveau concept de conduite. un nouveau ceinturon d’incendie et de nouvelles bottes qui seront mises en service dans un futur proche. un système de transmission radio et vidéo entre les explorateurs et le milieu extérieur mais aussi par la création d’un officier de sécurité. A terme. La sollicitation est intense avec plus de 426 000 interventions en 2002.S A P E U R chantier de construction du tunnel de l’A 86 survenu à Rueil Malmaison en mars 2002 a été analysé. Ils se concrétiseront par des évolutions des réglementations opérationnelles et des matériels. de nouveaux gants. Au cours de l'année 2003 seront également conduits des essais de matériels portant sur l’emploi de ventilateurs haut débit dans le cadre d’un concept opérationnel d’emploi de la ventilation en surpression sur feu. La mise en place d’un nouveau concept opérationnel de reconnaissances en milieu souterrain inaccessible à nos véhicules de secours en sera l’illustration. Ils se traduiront par des notes d’information opérationnelle et par des études de cas présentés devant les cadres de la Brigade au cours de journées RETEX. certains règlements opérationnels comme le devoir du porte-lance et la Marche Générale des Opérations (MGO) seront refondus pour garantir la meilleure sécurité des sapeurspompiers. soit près de 1200 par jour. D'autres sont encore prévus et destinés à l’amélioration des performances de lances à incendie. au centre d’études du Bouchet dans l’Essonne. C'est ainsi que l’incendie du . le spectre de ses interventions s’est largement ouvert pour couvrir maintenant les risques naturels. Soldats du feu. la brigade de sapeurs-pompiers de Paris est le fruit de l’évolution du bataillon et du régiment qui ont également dû faire preuve d’innovation pour s’adapter aux mutations de la société et à l’évolution du paysage urbain. un système de gestion des reconnaissances. de reconnaissance et d’extinction d’un feu est également en cours. technologiques ou mouvants. en particulier lors des exercices de franchissement. Mutation technique. En digne héritière. la lutte contre l’incendie était sa principale mission.

Le besoin d’infrastructure existe pour le personnel. tackling with such a mission means providing secured shelters for the troops and the logistics assets and also answering the typical needs of such forces in matter of protection. mais aussi pour les véhicules et moyens de combat. They will later on provide both the force and the population with electrical power and water supply. The local sources will bring their contribution as a matter of means and personnel and. il sert comme chef de section au 13 e r é g i m e n t d u g é n i e e t commandant d'unité au 17 e régiment du génie parachutiste. At a full combat strength. protection. In order to assess the situation at its accurate level. Committed units must also have from the beginning a good knowledge of the sewage and underground communication systems. INSTALLER DES TROUPES EN ZONE URBAINE La création et le rétablissement d’infrastructures se heurtent aux problèmes de cloisonnement et d’exiguïté des espaces urbains. où il revient en 1988 au poste de chef du bureau opérations-instruction. To perform this mission. Deploying troops in an urbanized terrain means coping with the partition and narrowness of urban terrain. ainsi que pour les équipements et stocks nécessaires à la logistique. toujours réelle. De façon générale. impose des mesures de sauvegarde et de . demande des conditions de vie et de travail satisfaisantes. Tout en donnant priorité aux composantes de la force d’intervention.S A P E U R Général Jean-Loup CHINOUILH Aide au déploiement dans les villes For tactical reasons.43 - Le général de brigade JeanLoup CHINOUILH commande la brigade du génie depuis août 2001. reserve personnel will be called in. if needed. L’insécurité. l’aide au déploiement est une des missions principales du génie en début d’engagement. Entré à Saint-Cyr en 1969. Enfin le succès de l’opération dans la durée. qui laissent rarement assez de place pour s’installer et de recul pour combattre. As for the sappers. Ceci est d’autant plus pénalisant que . if required. It is a mission for the engineer workforce to repair or refurbish the main distribution systems. Il est chef de corps du 6 e régiment du génie de 1994 à 1997. they are able to deliver a daily power supply to 15 000 soldiers and to purify enough water for 50 000 people. French sappers will at first commit their liaison and recce parties which will deliver as soon as possible the first estimates. together with the intermingling of civilian populations and warring factions. the French army nowadays relies on 6 specialized companies of the 1st and 2nd Engineers Regiments. Pour des raisons tactiques. une partie des forces engagées dans une opération militaire peut être amenée à s’installer dans la durée en zone urbaine. our forces may have to install themselves for a long form stay in an urbanized terrain. Cette situation mérite une réflexion approfondie en raison de ses particularités. Il s’agit de participer à l’installation de la force sur le théâtre afin qu’elle puisse y vivre et agir. cette mission d’aide au déploiement inclut parfois la prise en charge de prisonniers et un soutien apporté à la population locale et aux réfugiés. The first tasks of the engineer units will then consist in providing the essential force protection at this step of the deployment.

Les travaux sont ensuite lancés sans délai : • déminage et dépollution éventuels des accès et zones à occuper dans la ville. en liaison avec les autorités et entreprises civiles locales.S A P E U R les parties en présence (amis. En effet. En cas de besoin. fuites aux adductions d’eau. faute d’entretien. plaques de blindage. L’appui d’éléments de la géographie peut s’avérer utile en ces matières (reconnaissances. en complément des plates-formes existantes. Les actions initiales du sapeur pour aménager les emprises en ville commencent avec l’arrivée des éléments de tête. ennemis. • protection des bâtiments contre les tirs et menaces adverses par la mise en place de remparts au rez-de-chaussée (bastion-walls …). égouts bouchés etc. en s’appuyant sur ses DLRG. Transformation des aires de végétation. De plus. 4. cuisines. occupé par une compagnie de parachutistes français à Beyrouth. locaux de logement. tant pour les besoins d’ensemble de la force que pour certains besoins vitaux de la population. par des obstacles passifs : Initialement. (rétablissement fonctionnel aux normes militaires minimales. En revanche. Pour cela. plots de poser d’hélicoptères. • transmission des devis pour l’obtention rapide des financements (matériaux…). analyse et levers). les réseaux collectifs urbains sont hors d’usage ou délabrés : production d’électricité défaillante. peut bénéficier des ressources locales mais ne peut reposer sur elles seules. la vulnérabilité des parties supérieures des immeubles limite généralement leur occupation. centre opérationnel. le génie peut apporter son concours en prenant en charge certaines tâches spécifiques (accès. vite dégradées. puis mur ou merlon d’enceinte avec éclairage. protection contre les intempéries. Le facteur « 3e dimension » est. il convient . relève plutôt du génie de combat mais peut être pris en charge par les unités d’aide au déploiement. il y a vingt ans. quant à lui. en surfaces stabilisées (plaques articulées ou pierres concassées). réseau de lignes et transformateurs). population plus ou moins neutre) sont souvent imbriquées. Le rôle du génie consiste alors à les réactiver et les réparer ou mettre en place des systèmes militaires de remplacement. une forte concentration accroît la menace d’attentats meurtriers comme celui qui avait frappé l’immeuble Drakkar. et de boucliers devant les portes et fenêtres (chicanes. • inventaire des ressources locales . Le dégagement des secteurs correspondants. ramassage des ordures interrompu. électricité …) et récupération de tous leurs plans. • création de postes d’observation et de tir sur les immeubles tenus. renforcement des toits et planchers par des étais. sacs à terre etc. • aménagement de parkings. terrassements …) ou encadrer des opérations de montage effectuées par main d’œuvre civile. par éboulement de maisons ou abattage d’arbres. • participation à la réalisation de camps de réfugiés : rechercher en périphérie les stades ou campus universitaires bénéficiant déjà de clôture extérieure et d’installations sanitaires.44 - . aires de stockage. • réparation et adaptation des infrastructures des zones de PC et vie. ateliers municipaux). vérification des capacités des réseaux (eau. PERMETTRE DE VIVRE SUR PLACE La fourniture d’eau et d’électricité. en classant par priorité d’urgence pour l’intervention les points d’application suivants : 1. spécialisés ou non : • reconnaissance de la zone au plus tôt pour confirmer les études sur dossier et participer de façon pertinente au choix des implantations futures. dans tous les pays en crise. sauf pour l’observation et le tir. assainissement).) . ainsi que de l’équipement urbain (engins de travaux publics et de collecte des déchets. déterminant dans les études d’implantation : les soussols et réseaux souterrains offrent des atouts comme abris mais peuvent présenter des risques d’intrusion. • mise en sûreté des emprises face aux intrusions. Les actions à entreprendre sont les suivantes : • prise en tutelle par des officiers du génie de la direction des services de production et transport d’énergie (centrale électrique alimentant la ville. 3. réseau de concertina ou de barbelés. 2. sanitaires. La responsabilité des camps incombe à l’UNHCR.

ces services peuvent être réquisitionnés ou leurs moyens mis en œuvre par du personnel militaire. tant que le service civil de ramassage des déchets n’est pas rétabli. ou réservistes). du fait de la ressource limitée. Pour l’alimentation en eau. • production d’électricité et d’eau potable ou sanitaire. La collaboration du service de santé et/ou de la défense NBC/risques technologiques prend ici son importance. d’autre part. Pour des raisons humanitaires. si l’on veut éviter les épidémies et favoriser le redémarrage de l’activité économique. De la même façon. soient retirés et remis en condition en vue d’un engagement ultérieur. un système mixte peut être envisagé : utilisation du réseau public afin de stocker l’eau dans de grands réservoirs tampons et retraitement si nécessaire par moyen militaire avant distribution dans les bâtiments par le réseau interne. d’une part. unités de traitement de l’eau sur remorque ou en conteneur). En zone urbaine où il a déjà été engagé. brigade du génie comporte. pour quelques hôpitaux et les cuisines des camps de réfugiés. au sein des 1er et 2e régiments du génie. l’électricité et l’eau sont fournies par les moyens spécialisés du génie (groupes électrogènes de 80 et 400 KW. la CONCLUSION Le génie militaire français possède maintenant une bonne expérience de l’aide au déploiement. de 6 compagnies spécialisées dans l’aide au déploiement. Dans le cas contraire. .S A P E U R de s’appuyer sur le personnel local de ces services publics. des équipements d’infrastructure servis par de la main d’œuvre locale devront remplacer dès que possible les moyens d’aide au déploiement pour que ceux-ci. Pour des raisons sanitaires enfin.45 - . Si la mission de la force tend à se pérenniser. de la participation d’experts (brevetés et diplômés d’active. éventuellement réserviste. dans la mesure où il nous est favorable. Les sites de captage et de stockage civils doivent alors être sous surveillance pour éviter leur destruction ou leur infection par agent biologique ou chimique. la fourniture d’eau traitée à la population locale et aux réfugiés peut être envisagée temporairement. Capacités du génie pour ce type de mission A côté des sections d’aide au déploiement des régiments du génie de brigade interarmes. si les moyens militaires sont suffisants. Toutes les unités du génie dotées de tracto-chargeurs et camions bennes sont alors mises à contribution pour cette tâche peu valorisante mais cependant indispensable. son efficacité profitera. Si les réseaux de distribution locaux ne fonctionnent pas ou manquent de fiabilité. eau. énergie. la fourniture d’électricité peut être assurée par le génie. En situation opérationnelle pour une période donnée et avec leurs dotations complètes. à raison de 2 unités pour chacune des composantes : infrastructure opérationnelle. d’un commandement unique des moyens du génie déployés dans la ville. pour la prise en charge des réseaux publics. les monceaux d’ordures périssables doivent être dégagés hors de la ville et brûlés. ces compagnies peuvent alimenter 15 000 personnes en électricité et plus de 50 000 en eau traitée.

46 - .S A P E U R .

The French civilian security units. ont été confrontés de nombreuses fois à ce type de catastrophes et ils connaissent bien ce dilemme. réclame des savoir faire complexes mais maîtrisés par nos unités de combat du Génie. deux facteurs déterminent les chances de survie des ensevelis : le temps qui limite les souffrances . Therefore. 2e et 1er RG). le sauvetage des victimes devra être réalisé au plus tôt. par des tirs d’artillerie. rescuers must operate with meticulous care. naturellement antinomiques. Adjoint au chef des services techniques de la Direction des Travaux de Paris Professeur de mécanique des sols et des milieux continus à l’ESGM. the use of dogs or high tech equipment such as acoustic one will be certainly difficult or impossible. These risks make life difficult for the rescue teams during the safeguarding operations after earthquakes or urban fights . Chef de section et commandant de compagnie « Gillois » (3e. si des soldats ou des civils sont enfouis sous les décombres. contraignent l’action des équipes. Et si même les décombres ne constituent pas un obstacle à la manœuvre interarmes. Chef de corps du 71e RG. Chargé de mission « technologies » à la Délégation des Affaires Stratégiques.47 - Turquie . after daily trainings. Moreover. Ouvrir la route dans une ville détruite par un bombardement aérien.Herzegovine (KAKANJ). lors des sauvetages classiques après un tremblement de terre ou une explosion d’immeuble. Colonel adjoint et chef d’état major de la Brigade du Génie. Déjà. Chef de corps du Bataillon Franco-Belge du Génie en Bosnie . in every sense of the word. Toutefois. If civilian or military persons are buried under rubble. In this kind of operation. know how to safeguard quickly the injured in those cases but during fierce street fighting. Colonel pilotage à la RTSE.1999 et les conséquences des blessures mais également la minutie des sauveteurs qui évite le « suraccident ». il faudra faire appel à des sauveteurs spécialisés et au corps médical avant d’entreprendre les travaux d’ouverture d’itinéraire. En sauvetage déblaiement. to open the way.S A P E U R Colonel François VERNOUX Ouvrir la route Despite the large spectrum of situations. it will be necessary to intervene on them with specialized rescue and medical teams before the dead line prescribed to open the route could be reached. par le génie adverse ou les effets collatéraux des combats urbains. modern towns provide lot of dangers like explosive or toxic gas fumes as well as laboratory with radioactive sources. time and gravity of injury are the two decisive factors. combat engineers troops and civil engineers will obviously have to help them to succeed in. UNE MISSION BIEN CONNUE DES SAPEURS. ces deux facteurs. Le Colonel François VERNOUX commande les formations militaires de la Sécurité Civile. . is a mission which is well known by the engineers troops. Les sapeurs des Unités d’Instruction et d‘Intervention de la Sécurité Civile. This branch of service more and more often need the capabilities of all its components. « hazmat » teams. OUVRIR LA ROUTE.

Il ne faudra pas espérer obtenir « le silence sur le chantier » pour Le sauvetage déblaiement. haute technicité et dévouement. aller vite avant une réplique… optimiser les systèmes acoustiques de recherche des victimes. Les sauveteurs devront donc attendre l’action des équipes spécialisées dans les risques technologiques. car il n’est pas possible de s’équiper en protection « NRBC » et s’infiltrer sous les décombres. pour ne citer que les plus habituels. Il faudra donc. . Lors des explosions. Non seulement les ensevelis seront exposés aux intoxications. réservoirs de carburants enterrés. de toute évidence. en combat urbain.1999 . aller vite pour atteindre la victime sans occasionner des blessures supplémentaires . réclamant courage. atteindront rapidement les limites de l’humain. laboratoires médicaux avec sources radioactives. Le combat urbain réclame quant à lui. réserves de produits industriels toxiques. ces dangers potentiels confinés deviendront réels et diffus. empoisonnements ou irradiations. du médecin ou de l’infirmier. Le courage et la détermination du sauveteur. Décontamination Turquie . réaliser « une restauration d’urgence » pour circonscrire la source. l’action conjointe des trois composantes de notre arme. mais l’ensemble du personnel occupant le site ou voulant le traverser devra se protéger.Cyno Alors. la tâche sera encore plus difficile et délicate. au mieux stopper la fuite. aller vite pour évacuer la victime sans occasionner de lésions fatales . nos villes modernes concentrent tous les dangers : canalisations de gaz.S A P E U R Aller vite pour rechercher les victimes grâce aux équipes cynophiles sans négliger la moindre piste et sans « gâcher » le flair du chien . Il faudra prendre en compte les impératifs de la manœuvre. Il faudra agir avec la même célérité tout en se protégeant contre les projectiles. De plus. détermination.48 - . avant d’entreprendre les sauvetages. relève bien des actions de la SAPE. un savoir faire de l’extrême.

the structure and the equipment of the small units (companies. residual solidity of engineering works.49 - Les voies ouvertes sont de deux ordres : pour le court terme. The reconnaissance teams must extend their knowledge in fields as ABC risks. engineers are and will be major actors. Si l’on exclut les zones périurbaines où le combat se rapproche de celui en terrain ouvert. . On the long term. Ces aspects sont aussi réels dans le cadre de la coercition que de la maîtrise de la violence.S A P E U R Colonel Jean-Michel DESTRIBATS La composante combat du génie et la zone urbaine In towns. Research on robots and drones able to help or replace man in missions of reconnaissance or mobility and counter-mobility actions is another explored way. articulé prioritairement autour du binôme infanterie – génie. la mise sur un mode ternaire des sections et compagnies a permis de gagner soixante quatre groupes de combat. The definition of a specialized vehicle is going on. Saint-Cyrien de la promotion capitaine de Cathelineau (76-78). commandant en second au 17 e RGP. chef de BOI au 34 e RG puis au 17 e RGP. . et s’est poursuivie depuis en continuant d’associer tous les acteurs de l’évolution du génie. Directeur de plongée. The true challenge for engineers is to bring a real increase to the combat of infantry and to preserve its own areas of competence. The reflections conducted on the role of sappers show that a necessary adaptation is to be done. Le colonel DESTRIBATS est ingénieur de l’École nationale des ponts et chaussées et breveté de l’enseignement militaire supérieur. the future equipment must be adapted to the fight in urban zones. On the short term. documents parus en 2001. Mostar LES ACTIONS TERME A COURT Dans le cadre des actions à court terme. platoons) has been re-thought in order to provide the best support to the infantry units. caractérisé toutefois par des champs d’observation plus réduits et une canalisation des mouvements accrue. à condition de ne pas perdre de vue sa vulnérabilité plus grande en raison de son engagement dans des compartiments de terrain accessibles aux armes antichar de courte portée. il a été le chef du groupe des spécialistes d’aide au franchissement du 11 e RG au sein de la 5 e Division blindée de 1980 à 1983. Partant de ce constat. Commandant d’unité au 32 e RG. il commande le 19 e RG de 1998 à 2000. donner au génie les capacités d’un participation significative au combat débarqué sans pour autant délaisser le combat embarqué. la réflexion a réellement pris corps à la fois dans « génie 2015 » et dans la revue de fonction « agencement de l’espace terrestre ». 3D cartography. une perte importante de sa mobilité et enfin la réduction de sa capacité de feu et d’observation en site et azimut. inventorier les missions propres au sapeur que l’infanterie n’a aucun intérêt à prendre à son compte et en déduire les matériels spécifiques nécessaires. le colonel DESTRIBATS est directeur des études et de la prospective à l’ESAG depuis le 1 er août 2000. dans un combat symétrique ou asymétrique. pour le long terme. soit une augmentation d e 4 2 % r a p p o r t é e a u x 152 groupes existant précédemment. Le blindé peut constituer un appui utile. le cœur des villes est bien le secteur privilégié du combat débarqué.

particulièrement dans le combat de contact. à une liberté de manœuvre perdue depuis de longues années. C’est. a permis de redéfinir l’ensemble des lots de groupe. Si le rôle du fantassin est le combat d’homme à homme. certains pourraient imaginer qu’il est peu de rôles spécifiques. mobilité. pour les sections de combat. de moderniser les autres. Enfin. contremobilité. afin de préserver sa vigilance sur son objectif propre. mettent en lumière l’automatisation des tâches et la miniaturisation des outils. C’est le retour. pollution par engins non explosés. il doit être dégagé des soucis annexes. récentes et à venir. la participation de la direction des études et de la prospective au groupe de travail « centre d’entraînement au combat en zone urbaine » devrait permettre de définir une infrastructure. bardé de tous les accessoires indispensables.50 - LES PERSPECTIVES A PLUS LONG TERME A plus long terme. même si l’on peut admettre une réduction des volumes ou des poids. le génie de demain doit donc s’inscrire dans le créneau d’une intégration au plus bas niveau (escouade. enfin de se doter de lots nouveaux soit pour répondre à des besoins exprimés au travers des retours d’expérience soit pour répondre aux nécessités des engagements modernes (cf article du LCL LEMIRE). il est facile de conclure que le fantassin de demain. pourrait se dispenser d’appui. . En effet. se pose la question de savoir quelle réelle plus-value peut apporter le génie dans le combat débarqué. solidité résiduelle des ouvrages et bâtiments. une réflexion complète menée à la fois en liaison avec l’EMAT et la STAT mais aussi avec les officiers du cours des futurs commandants d’unité. binôme) capable d’apporter les solutions en terme de mobilité. Alors que l’on a pris conscience des difficultés de conduire une instruction et un entraînement de qualité. évaluation des risques. • la mise en œuvre de chaque accessoire demande une formation et l’entretien de la compétence. même si une simplification des procédures est envisageable. oublier trois aspects au moins qui méritent d’être pris en considération : • la capacité d’emport de l’individu n’est pas illimitée. Les évolutions technologiques. Dans le même ordre d’idée. Dans le combat dans l’infrastructure.S A P E U R Cette mesure permet d’envisager un détachement conséquent des unités au plus bas échelon qui pourrait dans l’avenir s’étendre jusqu’au niveau de l’escouade ou de l’engin isolé. il doit être débarrassé des actions demandant un équipement lourd utilisé de façon ponctuelle . Cet aspect revêt un caractère tout particulier dans le combat en zone urbaine exigeant sur le plan physique (courses. semble-t-il. des études sont en cours pour redessiner les contours de l’action des détachements de liaison et de reconnaissance du génie qui doivent réunir toutes les compétences nécessaires pour renseigner complètement sur l’état de la ville (plans 3D. des structures et des scénarios conformes aux savoirfaire à développer pour les sapeurs. et que les fantassins pourraient eux-mêmes accomplir une part des tâches aujourd’hui dédiées au sapeur. En accompagnement de cette restructuration. déminage et dépiégeage. au risque d’une connaissance approximative de chacun d’entre eux ? • l’individu ne peut pas être concentré sur plusieurs tâches simultanément. Parallèlement. . avec l’objectif d’abandonner ceux qui sont devenus obsolètes. contamination potentielle par agents NBC…) et des plongeurs de l’armée de terre qui verront le centre de gravité de leur action se déplacer du franchissement autonome vers la zone urbaine (connaissance des réseaux accessibles à l’homme). De là. montées d’escalier…) et où l’encom- br e m e n t d u c o m b a t t a n t mérite d’être minimal. ouverture de passages horizontaux ou verticaux. doit-on multiplier les savoir-faire individuels et collectifs.

il semblerait judicieux que l’ensemble des robots dédiés à la reconnaissance du terrain et ceux susceptibles d’action d’appui à la mobilité soient mis sous le contrôle des sapeurs. la réflexion conduite sur un engin spécifique adapté à la zone urbaine est en cours (cf article du LCL FOUILLAND). Le génie doit aussi être en mesure d’apporter un appui lourd. lame de poussée.51 - . comme éléments complémentaires de leur savoir-faire traditionnel. L’efficacité globale passe néanmoins par l’adaptation des savoir-faire à ce contexte particulier et par un entraînement partagé jusqu’aux plus petits échelons. Ils doivent à la fois permettre de canaliser les foules mais aussi de neutraliser les secteurs permettant les débordements non souhaitables. Cette technologie d’avenir intéresse à juste titre la plupart des fonctions opérationnelles et il sera rapidement nécessaire de définir les limites d’action des unes et des autres pour éviter une trop grande dispersion. et des capacités de contre-mobilité. les sapeurs de la composante combat ont un rôle majeur à jouer en étroite coopération avec leurs camarades de l’infanterie. La maîtrise de ce combat mixte passe nécessairement par le développement d’un entraînement commun poussé conforme à une doctrine d’emploi commune. Les actions de maîtrise de la violence seront prépondérantes et l’imbrication de combattants plus ou moins identifiés et de populations civiles permanente. neutralisation de pièces par arme à effets multiples. L’utilité des robots se conçoit dès lors que ceux-ci peuvent atteindre les zones inaccessibles à l’homme (structurellement ou temporairement) ou permettent d’économiser les vies humaines (actions à fort risque). Cet engin alliera des capacités d’appui à la mobilité. La robotisation constitue également une voie de recherche intéressante : les domaines d’action possibles couvrent autant la reconnaissance que certaines formes d’action. Les recherches en cours couvrent tant les drones (à voilure fixe ou tournante) que les robots terrestres. . L’apport du génie doit se traduire par la capacité à proposer des obstacles réversibles rapidement mis en œuvre. en termes d’aide au déploiement et de durcissement d’infrastructures. obstructions. Dans le combat hors infrastructure. Dans ce cadre. à la fois en se situant en permanence dans la dynamique de la plus-value à apporter au combat interarmes. nacelle d’accès aux étages. mais aussi en ne laissant pas les contours de sa spécificité s’estomper.S A P E U R en terme de contre-mobilité. et par une compatibilité complète des équipements. particulièrement dans les domaines de la protection. de la mobilité et des transmissions. lanceur à effets multiples. outillage déporté. Le génie doit par ailleurs veiller à préserver ses pôles de compétences. Dans la zone urbaine. autonome en énergie et suffisamment protégé. Dans cette perspective. adaptés à la configuration de la zone urbaine. l’appui reste plus classique mais avec quelques spécificités par rapport au terrain ouvert. limités aujourd’hui dans leur mobilité verticale.

52 - .S A P E U R .

fortifications et travaux (STBFT) par des ministères ou des organismes étatiques. notamment à Sarajevo. à l'ESGM DT travaux. Leur formation à Charleville ou à Metz les y préparait. Saint-Cyrien de la promotion de Linarès. les probabilités d’actions en zone urbaine. spécialiste dans ce domaine. comme le bombardement massif par exemple. chef du bureau des infrastructures protégées et opérationnelles du STBFT. for example in Dresde in 14th of february 1945. au 5 e RG. would be unacceptable nowadays. conjuguées à sa solide expérience terrain. Général de division Marcel KEIFLIN Directeur central du génie . Ainsi. au 10e RG. Ses affectations successives. pour la réalisation d'études de vulnérabilité sur des ouvrages sensibles dont la destruction ou l'endommagement pourrait mettre en danger. les officiers du génie ont eu à imaginer des modes d’attaque et de défense puis à les mettre en œuvre. a mené une réflexion sur ce thème et vous expose sa teneur au travers de cet article rédigé par ses soins. il est affecté successivement au 32 e RG. des experts indispensables dans le cadre de conflits en zone urbaine The massive destructions brought by war in urban areas as. Tirana ou Vucitrn. By this way. Pour ce qui concerne les actions défensives. Dans le cas où nous serions amenés à conduire des actions offensives.53 - Le lieutenant-colonel MARTIN est chef du bureau des infrastructures protégées et opérationnelles au STBFT. voire des industriels. à moindre coût. Leur insigne de tradition composé de la citadelle de Vauban. de la cuirasse et du casque de sapeur (pot en tête) nous le rappelle encore. auraient un effet médiatique maximal. il intègre pour la première fois le STBFT pour contribuer dans un premier temps au programme Hadès et rejoindre deux ans après le groupe nucléaire de protection. lui ont permis de se spécialiser dans les domaines de la protection contre les effets des armes et la vulnérabilité des infrastructures face au terrorisme. pourraient être menées sur des centres urbains et plus particulièrement sur leurs points névralgiques. Depuis VAUBAN. il m'a semblé opportun d'informer les militaires et civils du génie sur la compétence avérée des experts du Service du génie en matière d'effets des armes en zone urbaine. En 1988. Il intègre en 1994 la DCG pour servir successivement au sein de la sous-direction travaux et de la sous-direction opérations. paraît exclu. the civil engineers of the “Service du Génie” are the more likely to provide experience about urban warfare because of their formation in engineering and their combat training. puis de chef de bureau des infrastructures protégées et opérationnelles.S A P E U R Lt-Colonel Patrick MARTIN Les officiers du génie. Water and power facilities are examples of these privileg targets. l’utilisation d’armes classiques. la sécurité de l'Etat. So to make inoperant of reduce the resistance of a city one need to hit its structure at limited but vital targets. As these installations get more and more complex. . dans le crade d'actions en zone urbaine. It is now impossible to master combat and engineer technics as it was possible in past centuries. Aujourd’hui. Devant cette tendance grandissante. à des degrés divers. quelles soient défensives ou offensives sont toujours importantes. le lieutenant-colonel MARTIN. En 2000. et à la DT de Paris. tout laisse à penser que des actions terroristes dont l’actualité n’est plus à démontrer. après avoir choisi l'arme du Génie. il regagne le STBFT en qualité de chef de section protection effets des armes. ceux qui. Les attentats du 11 septembre 2001 à New-york et l'utilisation croissante de matériels de guerre par le grand banditisme ont entraîné une hausse des consultations du service techniques des bâtiments. it is necessary to have a high technical qualification to produce a maximal effect with minimal engaged means.

elle est devenue aujourd’hui une « machine » complexe avec ses réseaux d’énergie. depuis Vauban. pourtant réputés indestructibles. alliée à celle de sapeur. Leur formation d’ingénieur ou de technicien du bâtiment et des travaux publics les prépare aux techniques de la ville. ses installations de traitement des eaux … Par ailleurs. doit donc désormais exercer ses compétences dans le cadre de la ville au sens large. et extrêmement sensible. à l’évidence. Sur la base de ce principe. que ce soit pour la protéger ou pour l’agresser. Les officiers et sous-officiers du service du génie sont aptes à effectuer ce type de mission. simple regroupement anarchique d’habitats individuels. la ville connaît une évolution exponentielle. • de déterminer toutes les installations à protéger en priorité. nécessiComplexité de la ville . avec un de ses réservoirs d’eau … La ville est donc devenue une machine complexe. Or. Certaines techniques. ou dont les réseaux d’égouts colmatés dissémineraient les germes pathogènes qu’ils sont sensés évacuer ? De surcroît. A l’origine. toutes ces installations techniques sont fragiles • Il a suffi d’incendier une armoire électrique au bord d’une voie ferrée pour arrêter le trafic des TGV vers Bordeaux pendant deux jours. ses dispositifs de secours.54 - . conseiller « infrastructure » d’un commandement qui pourrait être amené à exercer ses responsabilités en milieu urbain. puisque la majorité des cadres militaires du service a débuté sa carrière en unité de combat. les destine à être des acteurs incontournables. dans laquelle il serait impossible de se déplacer faute de moyens de transport. est née la mission de « targeting » : quel objectif. dans quel but et avec quelle munition ? Concernant la ville. sans énergie. comme la gestion de l’eau ou la distribution d’énergie par exemple. • Des études récentes ont montré que des ouvrages d’art. étaient à la portée d’équipes réduites parfaitement entraînées et renseignées … Le service du génie. Cette complexité a fait naître des spécialités.S A P E U R En effet : • à quoi servirait de détruire une ville qu’il faudrait par la suite reconstruire aux frais de la communauté internationale ? • l’opinion mondiale ne risquerait-elle pas de se retourner contre le responsable de ces destructions ? La recherche de l’effet maximal avec le minimum de dégâts collatéraux apparaît comme le principe à retenir. de transport. ne serait-ce que pour pouvoir concevoir des villes militaires comme les camps de Canjuers ou Coëtquidan ou les camps 1000 hommes du Kosovo ou encore pour insérer nos installations dans le tissu urbain civil environnant. il convient donc désormais. Que deviendrait une ville sans eau potable. faute du sel indispensable au bon fonctionnement des adoucisseurs qui protégeaient les chaudières contre une eau particulièrement calcaire. Il ne s’agit plus simplement de connaître les techniques du combat urbain en s’entraînant dans des villes construites pour l’instruction mais d’être en mesure également : • d’identifier tous les points faibles d’une ville dont il pourrait être tiré parti dans le cadre d’une action offensive. comme celle d’architecte urbaniste par exemple. elle n’est pas circonscrite à des limites territoriales administratives ou culturelles : Paris commence dans l’Aube au lac du Der Chantecoq. • La chaufferie de l’hôpital de Sarajevo a failli être arrêtée en plein hiver. d’informations. que le commandement dispose d’experts capables de le conseiller sur la vulnérabilité et la sensibilité des ouvrages qui la composent. puis juxtaposition d’immeubles le long d’axes de circulation. Cette culture de bâtisseur.

Enfin. encore insuffisamment connues. En conclusion. Malgré le caractère spectaculaire des destructions. l’énergie. Il a ainsi contribué à l’identification ou à la détermination des capacités résiduelles d’installations sensibles civiles ou militaires étrangères. le service du génie est un partenaire indispensable pour la préparation du combat en zone urbaine et la définition des mesures de protection à pren-dre dans le cadre notamment du terrorisme. les effets des armes.55 - . le service du génie a été chargé de plusieurs études de vulnérabilité sur des sites très sensibles et confidentiels. Capacités résiduelles . Ses possibilités d’intervention. Le service du génie participe également à des missions de « targeting ». le STBFT dispose de spécialistes dans des domaines variés comme l'eau. une analyse fine a permis de relativiser les dégâts et de diminuer ainsi très sensiblement le coût et la durée de la remise en état. la tenue des structures aux sollicitations extrêmes.S A P E U R tent une formation poussée que ne possèdent pas nécessairement les personnels des directions régionales et des établissements du génie En revanche. Une étude similaire concernant le pont Doumer d’Haiphong au VIETNAM est en cours. les systèmes de détection etc… Certains organismes civils et militaires connaissent ces possibilités. C’est ainsi que la mission européenne d’étude pour la reconstruction de la SERBIE s’est entourée des conseils du Bureau des Infrastructures Protégées et Opéra-tionnelles du STBFT pour étudier la reconstruction du pont de Novi Sad. devant la montée de la menace de l’hyper-terrorisme. demanderaient à être diffusées plus largement dans les milieux civils et militaires.

56 - .S A P E U R .

city’s regular drawings are still allowing its supervision and urban battles. Il fallut la maturation durant les dix siècles du Moyen-Age occidental pour que les principes fondateurs dégagés pendant l’Antiquité soient de nouveau perçus et intégrés dans les démarches d’opérations militaires. en particulier l’hygiène d’où aqueducs. Fortifications. l’impérative nécessité fut à la fois d’assurer la défense des villes contre toute agression extérieure et de maintenir en permanence l’ordre interne. There is no split between the camp organised by the roman Legion and the pattern of 1 000 soldiers by the French STBFT. The European experience (Rhodes. Les Byzantins poursuivirent leur effort en tentant de se maintenir malgré un Limes de plus en plus submergé car conçu en système défensif fixe et rigide.H. The " Génie " is always in works cutting a passage at the beginning of operations and to protecting the site after the settled up of the peace. Since antiquity.57 - ticulier grec (Hippodamos de Milet.C. has to be under control. Maître de conférences/Histoire de la Civilisation Moderne au Collège de France à PARIS Responsable du Séminaire BASTION « Génie. Agglomerations have grown in network systems (bastides.assumèrent l’héritage urbain méditerranéen et en par. Ceci supposait une maîtrise coordonnée de la lutte contre les facteurs de désagrégation interne (l’ennemi de l’intérieur).S A P E U R Monsieur Jean-François PERNOT Enjeux urbains : percevoir et intégrer les fondamentaux permanents A town. amain strake both for its topographic/strategical or its economical functions. venitian occupations…) has been synthesized by the creation ex nihilo of Neuf-Brisach. Vauban’s method is still actual : analysis/adaptation of solutions in attack an defense. Les ingénieurs romains qui mirent au point le castrum-type -du camp de campagne à la ville nouvelle.E. lignes en Flandres…) so that the defense’s means could answer against roughly and short fights or long blockades in the countries. Former Yugoslavia is still an actual exemple of the fondamental rules of the Engineer Corps. ne permettant pas de réelles manœuvres de contre-attaque. Les créations d’ouvrages nouveaux en Terre Sainte et des réseaux de bastides lors des . (centre d’études d’histoire de la défense) .D. Patrimoine urbain » .Château de Vincennes Dés l’Antiquité.Ministère de la Défense . Malte. control of itineraries roads and urban organization. These realities were analysed in the French School. distribution de l’eau la plus potable possible. Valorization of the site with military contructions or attack’s proceedings. its productions exchanges and its health and medical measures. latrines publiques et réseaux d’égouts bâtis avec grand soin selon des régIes et des normes de qualité. specially its population. Thalès…) d’où le plan en îlots orthogonaux. specially in the second treaty written by Antoine de Ville De la Charge des gouverneurs des places (1639) which was still in use untill the end of the XIXth century.

La défense et les combats pour des villes demeurent un enjeu permanent et actuel. Les torrioni étaient reliés au centre de la ville par des rues où à mi-chemin se situaient les places des paroisses. de silos. économiques…). La France connut de tels drames lors des Guerres de religions. défense avec profondeur par trois enceintes concentriques (ce qui ne sera réalisé que sous l’Empire dans la place modèle déjà citée. Corfou. Les Directeurs du Génie auront toujours un regard actif sur les actions des Ediles et les devoirs de villes (Brouage. furent limités car il convenait de conserver pour le . Les défenses construites prenaient donc en compte chaque détail de la topographie et chaque quartier était responsable d’un secteur en coordination avec l’ensemble : La Canée. Paris après 1918. des « torrioni » battant 360° et couvrant les portes placées au centre des angles rentrants formés par l’intersection de 2 courtines. d’Antoine de Ville. il faut attendre Claude de Seyssel et son Traité La Monarchie de France (1515) pour que le lien entre vie politique. Les quartiers de maisons ou boutiques. enjeux de défense et conduite de la guerre soit clairement exposé et discuté afin de proposer des lignes d’actions aux conséquences évaluées. 600). Les différentes places étaient reliées directement afin de faire circuler entre elles les produits et les combattants par une rocade circulaire interne. Chaque compagnie avait en charge un huitième selon le modèle des Chevaliers Hospitaliers de Rhodes à Malte. leurs expériences au combat dans toute l’Europe. fosses d’aisance seront réalisés selon les modèles mis au point dans les cités vénitiennes pour le commerce et de Valletta pour l’hygiène. la place de Neuf-Brisach. comme l’évoquent des tableaux néerlandais (La ronde de nuit). le plat pays producteur de ressources en vue des places de marché et le forum central où se concentraient les centres de décisions civiques (politique. les troupes de Napoléon y furent confrontées en particulier à Saragosse en 1808-9 (cf. de dépôts. la défense et la mise sur pied d’unités de complément en temps de crise (Zeughaus de Gratz…). permirent de retrouver peu à peu les exigences rationnelles permettant d’envisager des résultats avec une politique cohérente et suivie.S A P E U R affrontements franco-anglais. le colloque Haxo.58 - vainqueur le potentiel économique et symbolique de la ville ainsi gagnée. Belfort après 1945…). Besançon…). les 3 ravages décidés et accomplis durant le règne de Louis XIV en Palatinat). Etoile à 8 pointes correspondant à une défense constituée par des tours d’artillerie. mettant en relation l’extérieur. les 20 ans de la défense de Candie/ Hiéraklion dont Vauban s’inspirera tout comme les Autrichiens après 1683). manutentions. arsenaux assurant la logistique en paix. créée par Vauban après la perte de la rive droite du fleuve. religieux. Neuf Brisach Filarete Les rapports seront parfois très conflictuels entre ingénieurs militaires et municipalités mais ces dernières apprécient la sécurité et les revenus procurés par . Palmanova). Le combat maison par maison fut exceptionnel. Les Humanistes italiens du XVe Siècle en se réappropriant les grands textes de l’Antiquité réaffirmèrent les enjeux des villes (De re aedificandi de Leone Battista Alberti en 1450). voire saccage. Pendant longtemps les assauts avec prise de force. puits. Antoine de Ville en fit écho. Dubrovnik (adaptation à un site heurté en bord de mer) ou Palmanova (création vénitienne à 9 côtés car fondée sur la structure ternaire des 3 quartiers d’origine)… Valletta et les différentes citadelles sont aussi des regroupements de magasins. Le premier qui conçut une « ville idéale » tant en défense qu’en organisation fonctionnelle fut le Filarete avec son projet (Sforzinda) pour les ducs Sforza de Milan. Par ces portes entraient et sortaient routes et canaux pour le transport des pondéreux. les sièges qui devinrent de plus en plus rationnels (Maastricht le modèle en 1673) en réponse à l’adversaire ottoman qui utilisait les compétences de renégats (cf. Belfort 2001) En cette vallée du Rhin. La destruction décidée et systématique fut rare afin de conserver son pouvoir de violence d’effroi (Montmélian en 1691. Ceci continuera jusqu’au déclassement progressif des places (La Rochelle après l’entente cordiale. répond à ces objectifs : présence pour contrôler un site de franchissement possible. C’est ainsi qu’il faut replacer la naissance de l’École française avec les propositions de villes théoriques d’Errard-de-Bar-leDuc (La fortification réduite en art. cadre des compagnies urbaines. Y sont regroupés comme dans les Traités suivants de Jean Fabre. En France. Biaise de Pagan.

les responsables d’occupations ont toujours été confrontés à ces réalités récurrentes. ce jusqu’à la Seconde Guerre mondiale (cf. le comportement des différentes communautés à l’intérieur des villes.59 - longtemps la finalité des régIes d’engagement n’était que le succès des armes quels qu’en soient les moyens. Il n’y a pas de rupture entre le légionnaire romain et l’actuel soldat dans le cadre de mission internationale avec mandat officiel. souvent construire. Ce fut pour assurer la parfaite circulation interne de moyens de défense que l’urbanisme et en particulier l’alignement des maisons fut parfois retouché comme à Besançon (quartier de Chamars. ultime résistance d’un site stratégique et contrôle d’une population frondeuse nouvellement intégrée. de bases logistiques comme de tous dispositifs destinés à bloquer une zone. La rationalité d’une décision coûte moins en vies humaines tant militaires que civiles. Si pendant . permet de prendre en compte les composantes d’une zone. L’implantation de corps de garde fonctionnels (Lille puis dans toutes les places à la suite des recommandations de Jean Fabre) où le piquet au repos trouve abri et soupe chaude en permanence. les travaux du Col. La paix suppose analyse raisonnée et complète d’une situation incluant toute l’évaluation de l’impact de toute solution proposée comme Vauban lui-même décrivait les conséquences des actes français au XVIIe Siècle (révocation de l’Édit de Nantes). toujours servir ». Napoléon III a . est indispensable afin de maintenir des défenseurs dans la meilleure forme physique et dans un éveil effectif. couvrant surtout la ville ! Les actuelles missions en exYougoslavie concernant adductions et ravitaillements d’eau. la complexité des équipements nécessitent le savoir-faire des Sapeurs à commencer par les Pompiers tant ingénieurs que combattants assurant pour euxmêmes et l’environnement les normes de sécurité. les généraux d’Empire. de Ville. toujours à 5 bastions depuis Turin 1567. sanitaires. De plus l’ambiguïté. nécessite une planification minutieuse des phases afin de ne pas avoir derrière soi une population hostile. fait majoritaire maintenant. Les gouverneurs romains. qui permirent aux rédacteurs tant de Traités que de notes de service. formation des régiments ou des officiers ou défense d’une place. la situation est identique. combattant et technicien. Le Sapeur moderne. L’espace urbain et celui qui lui fait suite devenant de plus en plus continu. Ce sont les expéditions externes déjà évoquées. l’Éthique de la Défense. Dans le tissu des constructions. de Battant) ou à Paris avec le Chemin de fer de Petite ceinture interne puis par le grand cercle de la Grande ceinture lorsque l’allongement des portées imposa les 3 positions avancées des forts de la nouvelle défense Séré de Rivières (1874-1918). A. Avec l’urbanisation. issue des conflits postérieurs à 1945 et depuis le Livre vert impose pour la crédibilité des mesures de retour/ maintien de la Paix le respect des principes d’efficacité dans le cadre du droit international et humanitaire. d’un réseau de distribution afin de pouvoir le rétablir en cas de rupture lors d’un conflit comme de pouvoir le détruire préventivement lors d’une retraite dans le cadre de mesures de contre-mobilité (près de 80 destructions dans le cadre de la Ligne Chauvineau devant Paris en juin 1940). Une ville est toujours le miroir et le centre d’un territoire. Vauban porta toujours attention aux bâtis afin d’imposer des règles préventives anti-incendie et une bonne qualité de l’eau (citernes par exemple à Briançon). il faut interdire ou progresser avec en plus la présence de populations civiles prises en otage lors des affrontements. De la charge de Gouverneur des places. 1639 en usage jusqu’au XXe Siècle). s’impose la réalité : il n’y a plus de différence entre la valorisation d’un terrain d’opération par créations d’axes programmés. d’un réseau ou maillon d’un ensemble plus vaste et que l’on ne maîtrise qu’en intégrant toutes les composantes même les plus complexes. ce qui l’entraîna à réaliser le quartier nouveau royal (ou St-André) avec des rues battues en enfilade sous les tirs possibles depuis les bastions du symbole de la souveraineté du Roi. d’électricité. d’un passage à niveau. ne sont que la continuation de ces fondamentaux qui aux XVIIeXIXe Siècles manifestèrent l’excellence du savoir-faire français. Nous ne sommes plus lors de la prise de Constantine. Vauban en construisant la citadelle de Lille concevait globalement tout le site d’un point de résistance devant tenir dans l’attente d’une Armée de secours (d’où le nom du front vers la campagne) venant anéantir le blocus.S A P E U R une garnison encasernée (Cf. Le Génie doit toujours évaluer l’intérêt d’un pont. Dallemagne) d’où l’empressement de constructions depuis le XVIIe Siècle afin de s’attacher un régiment et ceci principalement dans le cadre du Système global de 1872-1874 (Séré de Rivières). de dépôts de munitions dans les pays actuellement terrains d’interventions extérieures. Ainsi se comprend la mise à niveau d’une place encore médiévale comme Tournai avec l’ajout de dehors « à la moderne » face aux attaques pouvant venir du plat pays et d’une citadelle. en destructions limitées afin de hâter le retour à une situation normale selon notre devise : « Parfois détruire. de l’Intendance. la construction de pôles alimentaires. les propositions de fonctionnement d’une place forte. constitution d’une frontière reposant avec cohérence sur 4 lignes de villes constituant le « pré carré ».

Il y avait le terrain.60 - . La culture Génie doit permettre d’être encore une fois à la tête des actions. Contrôler sans « retour » difficile une ville demande une méthode qui allie force et intelligence souple comme devant un problème informatique. Les villes sont les « locaux » des tensions et des explosions. il y a maintenant les groupes sociaux avec leurs lieux et modes de vie : autres défis à relever dans les villes pour rendre toujours réel notre démarche « à me suivre tu passes ». .S A P E U R préféré la Paix négociée à se confronter avec le camp retranché de Vérone (1859).

............... ..S................. CNE DELAPORTE ................................G................................................................ 63 Le certificat technique par validation de l’expérience ............. LCL PERCHE ............................61 - ..................................S A P E U R For mation Formation en infrastructure opérationnelle à la D................................................................................... 77 Le centre de simulation JANUS ............................ LCL ISSAC ....................... 81 L’ingénieur militaire en opérations extérieures .................. LCL VERDIER ............................................................................................... 67 La démarche qualité de l’E.......... CBA POTIN ........................................................A..................A............................ 71 La filière sécurité civile ......................... ....................... 83 ..................................................... CNE PIARROU .........

S A P E U R .62 - .

This goal is now achieved as early as the junior officer course where. Saint-cyrien de la promotion LCL GAUCHER (83-86). Getting back to urban area warfare. Lessons learned during this operation underline the engineer responsability for the « terrain » analysis to the benefit of the whole forces. Avant de prendre le commandement du DFO. LA ZONE URBAINE Les zones urbaines concentrent les activités humaines. since 2002. a new specific training has been developed.General organisation of built-up areas to identify key points of movement and communication networks. De même.Survivability and defence from weapons effects and shell fire by reinforcing infrastructures. de s’y déplacer. il enseigne pendant une année la Résistance des Matériaux au sein du Département Enseignement Scientifique et Technique de l’ESAG. including mobility through walls and floors of a structure.63 - entre une simple cloison et un mur porteur. with the seizure and shutdown of an industrial complex. nombre de questions simples sur ce milieu restent sans réponse pour la majorité. De formation scientifique. suburbs. . . chef de section et adjoint en CGDI au 31 e régiment du génie. le LCL ISSAC est ingénieur civil des ponts et chaussées. As operation VULCAIN clearly demonstrated in KOSOVO. It gives junior engineer officers the skills and the construction engineering knowledge necessary to advise other arms and services in the following different fields : . la perception d’un bâtiment s’arrête souvent à sa forme et à sa décoration.Demolition by explosives using new methods in order to limit collateral damages. En première approche. economic and human activities. The issue of this article is to present the evolution of the engineer officer training to meet the requirements of commitment in built-up areas. This training prepares engineer officers for a variety of tasks which are related to built-up environments. commandant d’une compagnie de contre-mobilité du 71 e régiment du génie et chef de BOI du 13 e régiment du génie. Pourtant. the land forces will be confronted with a complex and diversified physical environment including town centers. ce sont des accidents comme l’explosion de l’usine AZF qui permettent au plus grand nombre de prendre conscience des risques technologiques liés à l’imbrication d’industries avec les zones résidentielles. the commitment of troops in such areas requires a specific training. Built-up areas concentrate the political. Il passe par l’ESGM pour le stage des techniques de base du service en 92-93 puis sert une année à l’établissement du génie de Limoges avant d’intégrer l’EMS2.S A P E U R Lt-Colonel Christophe ISSAC Formation en infrastructure opérationnelle à la DA.Tactical mobility support. En effet. industrial areas. il sert principalement dans la chaîne des forces. . politiques. Il semble naturel d’y vivre. la ville apparaît comme un territoire connu. . Consequently the urban terrain will increasingly become the theatre of future engagements. . de profiter de ses infrastructures et de ses facilités. of water and electric power supply. Le lieutenant-colonel ISSAC est chef du département formation opérationnelle à l’ESAG depuis septembre 2001. Peu de personnes savent distinguer sa structure et faire la différence . économiques et culturelles.Force deployment.

64 - . le sapeur est formé aujourd’hui pour mieux intervenir en zone urbaine que le regroupement de centres vitaux désigne comme un milieu d’engagement privilégié pour tous les types de conflits. le renforcement des connaissances des futurs chefs génie sur cet environnement spécifique est nécessaire. L’engagement de moyens spécialisés dans le sillage des unités de mêlée couvre la mission de fermeture technique du site : • L’équipe NBC reçoit pour mission d’analyser les émanations et de se prononcer sur la viabilité à l’intérieur des bâtiments hauts fourneaux puis de marquer les zones polluées et de stockage des produits chimiques. Ces capacités ne relèvent pas de nouvelles missions mais d’une adaptation au milieu portant sur les équipements. Le tissu d’infrastructures. La phase préparatoire demande l’étude complète du site industriel à partir de renseignements humains (d’anciens ouvriers du site). Ce travail est confié aux sapeurs. Dans le même temps. MINEX. pour bénéficier d’une analyse complète du • Emploi des moyens : L’étude du site permet de proposer l’emploi des moyens de génie combat et d’équipes spécialisées. à mettre hors tension le site sans endommager un réseau qui alimente l’ensemble de la zone. doit s’accompagner de sa fermeture technique consistant à éteindre les hauts fourneaux. L’enseignement majeur de cette opération est la nécessité de donner aux sapeurs les connaissances générales qui permettront à une force de préparer et de conduire son engagement en zone urbaine en sachant profiter de tout le potentiel offert par les infrastructures tout en maîtrisant les risques du milieu. avant et pendant l’intervention. toute l’étendue du domaine AGESTER : génie combat. Il est décrit sommairement ici. • Les équipes mixtes. à sécuriser les zones de stockage de produits chimiques (acides utilisés dans la production). NBC. le milieu urbain est caractérisé par sa densité et son hétérogénéité. le centreville. les matériels et les savoir-faire. de renseignements photographiques et de conseils d’experts pour définir précisément les différentes zones de l’usine et le processus de fermeture technique à adopter. ont pour mission de couper les différentes alimentations de l’usine et de procéder par étapes à la fermeture de la chaîne de production dont l’extinction des hauts fourneaux. IDENTIFICATION BESOIN D’UN Sur le plan physique.S A P E U R Comme un conducteur apprend à lire une carte routière. intervention sur engins explosifs improvisés. limitée à un site industriel. verticales et horizontales. Une compétence sur le milieu urbain est donc à acquérir dès le niveau chef de section. Les unités de combat du génie et les équipes EOD sont engagées en appui direct pour la saisie de l’usine sur des missions traditionnelles : ouverture d’itinéraires. composées d’experts industriels de l’UNMIK et d’électromécaniciens du 2e régiment du génie. Un peu de recul fait apparaître la grande diversité de l’urbanisation avec ses différentes zones : les approches. • La situation La saisie de l’usine polluante de ZVECAN. se compose suivant les trois dimensions et permet d’envisager un grand nombre d’actions d’agencement de l’espace. de surface ou souterraines. La volonté de s’engager en zone urbaine oriente le développement de capacités pour le génie. les zones industrielles dont chacune présente ses propres caractéristiques. Elle devra être complétée tout au long de la carrière d’officier du génie pour couvrir. UN EXEMPLE D’OPÉRATION EN ZONE URBANISÉE L’opération VULCAIN de saisie et de fermeture du complexe industriel de ZVECAN au KOSOVO donne un exemple du rôle de sapeurs engagés en zone urbaine. au niveau officier supérieur. les zones périphériques. civiles et militaires. met en exergue le besoin de préparer les officiers du génie à l’engagement en zone urbaine. si besoin par la force. milieu dont les conclusions sont attendues par les autres fonctions opérationnelles et auront une incidence sur l’action entreprise. L’opération VULCAIN. C’est en effet vers le sapeur que le chef interarmes se tournera. INFRA. réalisation de travaux de protection. .

• le déploiement en zone urbaine. des visites de bâtiments et de friches industrielles donnent aux stagiaires la possibilité de mettre en œuvre leurs connaissances et d’appliquer une méthodologie de reconnaissance et d’analyse des infrastructures sur des cas concrets. Dans un deuxième temps. littéraire ou scientifique. de sécurité civile ou de sapeurs-pompiers de Paris. Après l’acquisition d’un tronc commun de connaissances bâtimentaires. les réseaux d’eau et d’énergie. Cette formation est complétée et valorisée par des études d’autoformation réalisées par groupes de stagiaires. • les mesures de protection et de durcissement de maisons et d’immeubles contre les effets des armes. Composé de deux parties principales. sur les descentes et les reports de charges. en présence de la population. • les capacités et risques des réseaux souterrains. CONCLUSION L’analyse du facteur milieu est de la responsabilité du sapeur. S’appuyant sur de solides connaissances acquises pendant la formation. la formation dispensée dans ce domaine au CFCU est différenciée pour tenir compte de la spécificité des interventions liée au type d’unité commandée : de combat. pour le déploiement. • La détermination des caractéristiques principales des réseaux urbains : architecture et vulnérabilités. Pour le cycle en cours.S A P E U R ACQUISITION DE COMPÉTENCES Les premières compétences sont apportées aux stagiaires de la division d’application.65 - . L’acquisition des connaissances nécessaires à cette « expertise » s’effectue au cours d’un module de formation à l’infrastructure opérationnelle. sur les structures. quelle que soit leur origine. Il s’adresse à tous les futurs chefs de section de la composante combat. elle permettra au futur chef de section du génie de conseiller son chef interarmes. et s’appuie non pas sur des connaissances académiques mais sur les grands principes de technologie du bâtiment. le module « infrastructure opérationnelle » est centré sur des connaissances bâtimentaires et ouvrages d’art. trois sujets ayant trait à l’engagement en zone urbaine vont alimenter la réflexion des lieutenants : • La mobilité au travers des structures : détermination de méthodes de création d’ouvertures dans les murs et planchers suivant les matériaux de construction. sur les méthodes d’étaiement. du torchis au béton armé. . une capacité de destruction à l’explosif tout en réduisant les effets collatéraux. • la mobilité au travers d’une infrastructure. A ce stade. Il apporte dans un premier temps les acquis théoriques sur les matériaux et les techniques de construction. Ces projets permettent d’élargir les connaissances en impliquant les stagiaires dans leur formation au contact d’experts civils ou militaires. la sauvegarde et l’engagement de la force en zone urbaine. la formation a pour but d’apprendre au lieutenant du génie à tirer les conclusions utiles à la force dans les domaines suivants : • l’analyse générale de la zone urbaine : la topographie urbaine. Restituées devant l’ensemble de la division d’application. ces études font l’objet de travaux écrits rédigés sous la forme de mémentos directement exploitables par un chef de section en opération. l’identification des activités industrielles. mis en place depuis 2002. La base de connaissances apportées aux lieutenants de la DA est reprise pour les futurs commandants d’unité. d’une trentaine d’heures. éventuellement dans des bâtiments ayant subi des dommages. • La destruction temporisée d’une infrastructure : utilisation contrôlée des explosifs permettant de garder. accessibles à tous.

66 - .S A P E U R .

chosen among NCOs of his unit. six months later. Saint-Cyrien de la promotion « Lieutenant DARTHENAY » (1974-1976). had the opportunity to get this certificate. Up to now. on the other hand. depriving the Army of many excellent professionals able to hold technical responsibilities And. a soldier will no more get the new certificate by an exam but he will be followed during a certain lap of time (3 years). inside his Regiment. even if he is supposed to have the same technical qualification. l’acquisition du CT1 par validation de l’expérience préalable. On one hand it was a real obstacle for a lot of good guys that were unable to succeed in that kind of exam. Le lieutenant-colonel VERDIER est diplômé d’état-major. With this organisation. soldiers that reached the rank of Chief-Corporal. QL2 et UNSOC. Roughly speaking. That is why the « Etat-major de l’armée de terre » (EMAT) decided to rebuilt this technical certificate taking account of the need of financial and social advantages and the need of a clear status and career hopes for soldiers supposed to prolong over eleven years duty.S A P E U R Lt-Colonel Michel VERDIER Le certificat technique par validation de l’expérience CT1/VE In compliance with the law of 2001 about social modernization. being in charge of certifying the real acquisition of know-how corresponding to the desired certificate of the first level. that to say that he cannot be appointed for a position that requires an NCO. by a « guarantor ». At the end of the period the soldier will be presented to a regimental committee that will advise the « Chef de Corps » whether or not to deliver the certificate to the candidate or simply to refer him to the next session. il rejoint le 1 er RG à STRASBOURG où il assure les fonctions de chef du BOI de 1993 à 1995 puis de commandant en second en 19951996 Professeur de groupe à l’EEM à COMPIEGNE de 1996 à 2000. somewhat intellectual. destinés à tenir des emplois de niveau 13 (chef d’équipe. il est affecté à l’ESAG en 2000 et assure aujourd’hui le rôle de pilote du domaine « combat et Génie ». Affecté à nouveau à l’EAG. successivement comme chef de section de génie de brigade et officier adjoint en compagnie d’appui. the French Army have had to modify the present organisation of the technical certificate of the first level. . il est chef de brigade à la DA en19851986 puis instructeur génie à la formation tactique de 1986 à 1989. il est chef de section Gillois puis chef de section EOR à l’EAG avant de prendre le commandement de la compagnie de combat motorisée et de travaux routiers au10 e RG de 1983 à 1985. De 1980 à 1983. but will never be considered as an NCO. allowing them to get some financial and social advantages. relying essentially on professional criteria and no more on their ability to write intelligent answers on a sheet of paper. Après quatre années à la DCG en qualité de chef de la section organisation Arme. titulaires du CTE. a été voulue par le chef d’état-major de l’armée de terre et devrait voir sa mise en place définitive à partir du deuxième semestre 2003. the possibility of enlistments up to 22 years duty. Conséquence directe de la loi de modernisation sociale ratifiée au cours de l’année 2001. the happy few that succeeded where placed very close to the status of NCOs that many of them did not understand why they were not considered like NCOs. sitting for an exam more or less the same as the one designed for young NCOs.67 - L’ESPRIT Pour qui ? Le CT1 par validation de l’expérience (CT1/VE) est destiné aux militaires du rang EVAT exclusivement. the regiment will be entirely responsible for the appointment of its « long-life soldiers ». le lieutenant-colonel VERDIER sert au 71 e RG de 1977 à 1980. adjoint au chef de groupe…) et orientés . Now clearly the CCH that has been graduated with the CT1/VE will get better wages.

ainsi que la manière de les valider. Ainsi. Pour ce faire il lui faut être titulaire du BMPE et avoir entre 3 et 6 ans de service. Dès lors qu’il est inscrit en cursus de validation de l’expérience. décision intervenant au plus tard en fin de 9e année de service. De cette manière. par décision du corps. dans l’exercice de son métier. Ainsi il sera possible. effectuer un contrôle initial des compétences maîtrisées et sa marge de progrès. Quand ? Tout militaire du rang susceptible. Les compétences acquises sont capitalisées et certifiées dans un « passeport professionnel ». LA LETTRE Où ? La validation de l’expérience professionnelle des EVAT et l’attribution du CT1/VE se font dans l’unité d’affectation et relèvent de la responsabilité du chef de corps. cette . il n’est plus question pour les militaires du rang de préparer un examen souvent difficile et de nature assez théorique mais ce CT1/VE repose sur la reconnaissance des acquis de l’expérience. mais sur l’acquisition (vérifiée) de savoirfaire au cours d’une période donnée. sont effectués sur le « passeport professionnel » sur le quel sont décrits tous les savoir-faire et savoir être que le candidat doit maîtriser dans le cadre de son CT1. dans le cadre de l’exercice du métier ou lors de l’approfondissement de l’expérience en corps de troupe. de se voir proposer de prolonger son parcours professionnel au delà de 11 ans de service. la porte du CT1 est plus largement ouverte et prend mieux en compte l’expérience professionnelle. le « garant » va. qu’il soit au quartier ou en opération. se démarque très nettement de l’actuel CT1 des MdR. Alors que l’ancienne formule consistait à faire passer à certains militaires du rang le même examen que les sous-officiers. en dernier ressort. le chef de corps décidant de l’attribution. voire un cadre du régiment spécialement désigné pour ses compétences et qui sera chargé de le suivre et de certifier ses savoir-faire professionnels. avec le MdR. se voit désigner un « garant » qui est l’un de ses cadres de contact (chef de section ou SOA éventuellement chef de groupe). approfondissement de l’expérience (AE). à l’issue des travaux d’orientation. de faire un point de situation fidèle de la maîtrise par Pourquoi ? Ce CT1. Au cours de sa 4 e année de service.S A P E U R vers un parcours allant au delà de 11 ans de service voire jusqu’à 22 ans de service pour certains d’entre eux. le chef de corps décide. le « garant » consignera sur le « passeport profession-nel » l’acquisition des compétences suivant les différents modes possibles : validation de l’expérience (VE). A l’issue de cette période et en fonction du nombre de savoir-faire validés et de la manière de servir de l’intéressé. travail personnel (TP). ou non d’accorder le CT1. du fait de sa manière de servir et de ses compétences professionnelles. Un jury régimentaire émet un avis sur l’attribution du CT1. Comment ? Le MdR suit préférentiellement le cursus (CP – CTE – CT1) du domaine et de la nature de filière dans laquelle il s’et engagé. L’appréciation et l’enregistrement des acquis professionnels. le MdR EVAT retenu comme candidat au CT1/VE. Ensuite. peut entrer dans le cursus de validation de son expérience en vue de l’obtention du CT1.68 - . appelé à disparaître. le militaire du rang sera suivi pendant une période donnée (3 ans pour le domaine combat et techniques du génie). L’attribution de ce CT1/VE permettant aux intéressés d’obtenir l’échelle 4 de solde. qui doit bénéficier aux militaires du rang. tout au long de la période de validation. à l’issue de la période de validation lors du bilan professionnel final. La mutation et la réorientation ne doivent avoir lieu qu’au titre de la satisfaction des besoins en compétences de l’unité ou de la fidélisation de l’intéressé. A l’aide de ce document. le nouveau système s’appuie non plus sur la réussite à des épreuves notées.

Le candidat. s’il estime que le MdR mérite de se voir attribuer le CT1 . La durée de cette FC est variable suivant les natures de filières . Le « passeport professionnel » est tenu à jour conjointement par le « garant » et par le candidat au CT1. session de rattrapage comprise. • d’ajournement s’il estime que le MdR. domaine ou pôle d’appartenance. Ce jury régimentaire est compétent pour tous les candidats du corps.S A P E U R le candidat des savoir-faire requis pour l’attribution du CT1. dont le rôle est d’éclairer la décision du chef de corps et lui apporter les éléments complémentaires d’appréciation et de l’aider à bien situer les MdR candidats les uns par rapport aux autres. • les commandants d’unité des intéressés. le « garant ». le commandant d’unité et le chef du BGRH du corps en paraphant ce document attestent la réalité des renseignements qui y figurent. La décision finale appartient au chef de corps qui arrête définitivement la liste des attribution de CT1/VE. Pour ce millésime. pour l’ensemble du domaine GEN. • le ou les experts du corps ou des spécialités présentées (1) . n’en remplit pas toutes les conditions. l’ensemble des savoir-faire acquis depuis l’attribution du CTE sera pris en compte. les candidats arrivant à l’issue de la période de validation de l’expérience (VE) sont présentés à un jury régimentaire. bien que méritant de se voir attribuer le CT1. quel que soit leur 1) Le corps fait appel à la RT s’il ne dispose pas en son sein du ou des experts de spécialités recherchés. destinée à compléter.69 - . L’avis du jury régimentaire peut être : • favorable. les MdR doivent suivre une formation complémentaire en école d’arme. • commandant en second . leur sens du commandement d’une équipe ainsi que leurs connaissances en matière de sécurité. il existe 5 types de « passeport professionnel » correspondant à chacune des natures de filières du domaine. Le jury (2) se prononce essentiellement sur la valeur technique du candidat mais prend aussi connaissance des feuilles de notes et des résultats aux tests COVAPI de l’intéressé pour connaître la manière de servir de l’intéressé et ses motivations. avec une mise en application du principe de validation de l’expérience au 1er janvier 2003. De membres désignés : • les chefs de service . Cette liste est inscrite en décision du corps. • le rapporteur (chef du BGRH). à affermir et à approfondir leurs connaissances militaires générales. Ce jury est composé membres de droit : • chef de corps . s’il estime que le MdR ne mérite pas de se voir attribuer le CT1 . • défavorable. Par Qui ? Deux fois par an. Les premières formations complémentaires débuteront également en 2004. Il est certifié par le commandant d’unité. elles ne dépasseront pas 3 semaines. La première attribution de CT1/VE interviendra en 2004. sont autorisés à se présenter deux fois au CT1/VE. . Une copie électronique est effectuée par le bureau de gestion des ressources humaines du corps qui est mise à jour régulièrement par le « garant » et constitue l’archive du « passeport professionnel » qui sera présentée à la réunion du jury. Tous les militaires du rang qui auraient échoué au concours du CAT2 en 2003. après qu’on y ait reportées toutes les observations et signatures correspondant à l’original détenu par le candidat. 2) Le rôle et les attributions des différents membres du jury sont décrits avec précision dans la «circulaire ministérielle relative à la mise en œuvre du certificat technique du premier degré des engagés volontaires de l’armée de terre» (à paraître sous timbre du CoFAT). La dernière session du CAT2 se tiendra en 2003. MESURES TRANSITOIRES Ces mesures seront mises en œuvre à compter du mois de janvier 2003. de LA FORMATION MENTAIRE (FC) COMPLÉ- Lorsque le CT1/VE leur a été attribué par décision du corps. Pour le domaine GEN.

S A P E U R .70 - .

et selon les méthodes et technologies novatrices.S. data and estimation processing set up the valuation unit. the setting up of specific procedures collecting all the training actors (engineer field pilots employers i. Depuis le mois d’octobre 2002. Formateur puis officier adjoint à la Division des sous-Officiers de l’ESAG. on the Army level. ISO : International Standards Organization . il a assuré le poste d’officier traitant au sein de la cellule d’études-évaluations de la Direction Générale de la Formation. • to improve the training actions on the teaching skills. qu’ils soient publics ou privés. She has decided on the development of a quality management system seeking the ISO (1) certification for its training structure. this methodology put on two kinds of assessments : one internal and one external valuation. The take in charge of such a process identify four stages in the procedure which are allowing collation. et sa procédure d’évaluation The quality training courses requirement became currently like all the training organizations (public or private) the real challenge for any school. Indeed. Finally prelude to a single piloting system. organization and method levels.A. l’exigence de la qualité de la formation est devenue le véritable challenge de toute école.e battalions – trainers and trainees) will express the effectiveness of the training suitability research for a post within the Engineer Corps. Officier issu des rangs de l’école militaire interarmes en 1994. In this new battle. Their objectives keeping : • to report on carried on and realized training actions. le capitaine Patrice DELAPORTE est officier traitant à la cellule qualité de l’ESAG depuis le 1er mars 2003. Its aim is to alert for the inefficiency or potential gaps from the training line. Chef de section et officier adjoint au 4 e régiment du génie à LA VALBONNE. e Education and Environment Process Estimate). The assessment process introduced at the Engineer School is joined CoFAT’s piloting procedure. • to evolve the program’s contents. il a commandé une compagnie d’intervention à l’UIISC n° 5 de CORTÉ. l’ESAG s’est engagée dans une démarche de mise en place d’un système de la qualité avec la volonté de le faire certifier à terme aux normes ISO 9001 version 2000. This software is meant to do automated assessment.S A P E U R Capitaine Patrice DELAPORTE La démarche qualité de l’E. Currently the Engineer school is resolutely committed in its trainings optimisation. CoFAT developed an application software which is calling EPEE (i.G. the privileged tool of questioning put up itself to be the inevitable and a previous element before any improvement. This had developed a special valuation directory structure within the general training management with several documents : • Assessment report from the trainees • Assessment report and opinion from the trainers • Synthesis assessment report from the specific training department • Plenary assessment session • Writing of working reports In parallel. and as part of this process. A l’instar de tous les organismes de formation.71 - . divergentes et/ou différentes qui les caractérisent.

de troupe c’est à dire les employeurs. • Il met en œuvre une évaluation dite « interne » réalisée au sein de l’école auprès des stagiaires et des formateurs. l’autre dite « allégée » (stages courts). Il est à noter qu’avant l’édition de ce mémento (avril 2002). le recueil des informations via les évaluations s’intègre d’ailleurs parfaitement dans le « toilettage » des programmes afin d’éviter les redondances dans les différentes phases d’une formation de cursus. l’outil privilégié du questionnement d’évaluation s’affiche comme l’élément incontournable et préalable à toutes entreprises d’amélioration de leurs actions de formation. L’amélioration permanente des formations dispensées au sein de l’ESAG constitue la raison d’être du processus d’évaluation de l’école. . si cela était nécessaire. tout comme celui des formateurs. la conduite de leur enseignement et leurs satisfactions. le processus mis en place au sein de l’ESAG correspond en tous points aux directives fixées concernant l’évaluation de la formation en mettant en place un recueil d’appréciations auprès de tous les acteurs de la formation (formateurs. l’évaluation de la formation était déjà effective au sein de l’école et faisait état du recueil des informations relatives à l’environnement des stagiaires. de période voire de formateurs…). Dès lors. A titre d’exemple. Le tout a pour vocation conformément à la démarche de pilotage du CoFAT de maintenir l’adéquation formation emploi (c’est à dire pour l’ESAG de répondre aux exigences des formations du génie en leur donnant pleinement satisfaction). une dite « lourde » (stages longs). Celle-ci avait pour but de faire remonter l’information en provenance des stagiaires pour mesurer l’impact de l’instruction dispensée afin d’apporter les correctifs. de la méthode et de la pédagogie. décrite ci-après. une exploitation immédiate ou différée permettant de mener les études appropriées. il apparaît tout à fait normal que la méthodologie mise en œuvre reste elle-même évolutive afin de maintenir son efficacité et sa pertinence dans le dispositif mis en place. Si bien que dans cette nouvelle bataille. à partir des synthèses des réflexions des stagiaires et des formateurs. La démarche. stagiaires et employeurs « régiments et unités »). LA PROCÉDURE EN PLACE Inscrit dans la démarche de pilotage du CoFAT. Si les enseignements concernant l’environnement sont exploités immédiatement en liaison avec la direction générale du soutien et conduisent à des aménagements. L’ensemble de cette méthode est décrit dans un mémento relatif à la conduite des évaluations de la formation. La méthodologie appliquée dans le processus d’évaluation interne de la formation fait état de 2 types d’évaluation.S A P E U R Les organismes militaires n’échappent donc pas à cette règle. • améliorer les actions de formation sur les plans de l’organisation. ceux concernant les contenus de programmes le sont avec plus de précautions car plusieurs évaluations sont nécessaires afin d’éviter les écueils des effets de mode (dus à une tranche de population. identifie quatre étapes prépondérantes devant permettre le collationnement et le traitement des informations et appréciations.72 - . • faire évoluer les contenus des programmes. La méthode explicitée dans le mémento guide décrit. • Il met en œuvre une évaluation dite « externe » réalisée auprès des anciens stagiaires 6 mois après leurs qualifications obtenues et des corps DESCRIPTIF DE LA PROCÉDURE Les objectifs de ces évaluations sont triples et ont pour but de : • rendre compte des actions menées et réalisées.

 rédaction de fiches de travail et de correspondances au sein de la DGF ou vers le chef de corps et le pilote de domaine . le CoFAT dans le cadre de l’évaluation globale de la qualité de la formation dispensée dans l’armée de terre a développé une application informatique (EPEE (3)) destinée à exploiter et effectuer des synthèses automatisées des évaluations. responsable chef de brigade. le renforcement des capacités de management de la ressource humaine et l’allongement des phases d’adaptation de la formation différenciée pour la DA – ou encore le renforcement des capacités de travail en international pour le CFCU). a été déployée au sein de l’école en mars 2002. à partir de la saisie de différents types de questionnement PROGRESSION En parallèle à ce p r o c e s s u s . Celle-ci s’est pleinement intégrée à l’arborescence de l’évaluation au sein de l’école. formateurs. …) L’application informatique permet.S A P E U R Mise en œuvre depuis la fin de l’année scolaire 2002. 2) Direction Générale de la Formation . le CoFAT laisse à l’école la responsabilité d’organiser les synthèses d’évaluations à partir de son propre dispositif d’évaluation pour lui founir les taux de satisfaction relatif à la formation : • au comportement militaire (composante A) • à la mission opérationnelle (composante B) • physique et sportive (composante C) • administrative et technique (composante E) La procédure décrite s’élabore donc au travers de plusieurs documents : Œ fiches synthèses au niveau de la brigade de stagiaires . DA. Son but est de faire remonter les insuffisances et les lacunes éventuelles de la chaîne de for- donnés (recueil de l’information) auprès d’une population.  fiche et avis des formateurs .évaluations. de la cellule évaluation et du directeur de la formation ou son adjoint. dont l’étude remonte à la fin de l’année 2000. d’effectuer une agrégation des données en synthèses avec une mise en forme automatique et l’adjonction d’un commentaire à ces données. le 1er août 2002. De manière fonctionnelle. La prise en compte de cette démarche s’est donc concrétisée par la création de la cellule études .73 - . cette méthodologie a permis une évolution notable des contenus de formation de la division d’application. BSTAT. BSAT. confortant par la même le suivi des évaluations et des études qu’elles initient au sein de l’école. responsable président de brigade.  séance d’évaluation plénière . mation en fonction des ODF (4) et selon leurs types de formations dispensées. Les informations transmises annuellement seront regroupées selon les grand types d’actions de formation (CFCU. La procédure d’évaluation externe mettant en œuvre uniquement les points z et | (synthèses et études des questionnaires écrits envoyés aux anciens stagiaires et à leurs employeurs au sein des corps). du cours des futurs commandants d’unité et des formations de spécialité du 1er et 2e niveau combat du génie des sous-officiers (par exemple. cellule évaluations. au sein de l’état-major de la DGF (2). Ž fiche de synthèse du chef de division ou de département (reprenant s’il y a lieu plusieurs brigades). présence des stagiaires. Cette application.

SYSTEME DE MANAGEMENT DE LA QUALITE Finalement. L’applicatif développé est à ce jour mis en place au sein de l’ESAG pour toutes les formations de cursus et d’adapation et s’intègre en complément du processus précédemment évoqué. 13e RG. l’ESAG s’est orientée vers le développement d’un système de management de la qualité en recherchant la certification ISO 9001-version 2000 de son appareil de formation. A ce titre. devrait permettre la prise en compte de nouvelles pistes d’amélioration de la formation au sein du DES (5). Pour ce faire. ADAPTATION L’adaptation à l’emploi est l’enjeu de ces évaluations et il s’agit bien de répondre aux exigences des employeurs.74 - . cette dernière impose que le processus d’évaluation qui l’accompagne soit régi par les mêmes règles d’évolution. son utilisation développée au cours du 1er semestre 2003 devrait permettre l’adéquation même de l’outil informatique offert avec la méthodologie propre de l’ESAG afin de garantir le maximum d’attrait et de pertinence en s i m p l i f i a n t l e s tâches administratives. 3) EPEE : Evaluation des Processus d’enseignement et de leur Environnement 4) ODF : Organisme De Formation 5) DES : département de l’Enseignement Scientifique 6) http//epee-esag. actuellement réalisé au sein des formations du service du génie. résolument engagée dans l’optimisation de ses formations et à la manière des grands organismes industriels.S A P E U R Défini comme « la vérité des prix » par la démarche de pilotage du CoFAT. L’audit adjoint au processus d’évaluation devra permettre : • la rédaction d’un rapport d’évaluation externe visant à définir les axes d’effort de la formation à l’ESAG.cofat. l’application EPEE est destinée principalement à mesurer les taux de satisfaction des « employeurs » et des « formés ». De même. Conçue pour permettre la saisie directe des données via INTRATERRE (6). puisque la raison d’être de l’école du génie est de dispenser une formation de qualité sans cesse améliorée et adaptée. 17e RGP et 2e RG) afin de compléter et affiner les informations recueillies par les questionnaires d’enquête mais surtout de susciter le dialogue en vue de déterminer une définition claire des attentes et des besoins. • le développement de l’interactivité entre les corps et l’école. le recueil d’informations à partir de questionnaires écrits. la mesure de satisfaction directement auprès du « client » a tout naturellement conduit à développer un audit au sein des formations du génie (UIISC n° 1.terre.def . commerciaux ou de services. à l’instar des évaluations externes réalisées auprès des corps de troupe. • la confirmation des axes d’études menées lors des évaluations internes. d’adaptation et d’amélioration.

Sa place au sein de l’état-major de l’ESAG.S A P E U R Ainsi. l’évaluation trouve sa plénitude en tant qu’instrument privilégié de mesures de satisfaction ou de contrôles. formateurs et stagiaires) ne pourra que traduire l’efficacité de la recherche de l’adéquation de la formation à l’emploi au sein du génie. Dans cette optique. au prélude d’un pilotage unique de ses spécialités. employeurs. impose que 3 axes d’évaluation soient menés. L’extension du recueil d’informations et d’évaluations aux unités inter-armes. celles concernant les filières TOI (7) et maintenance de l’infrastructure). La pertinence de cet outil de mesure. d’analyse et d’amélioration de la qualité de la formation. indépendante de la DGF conforte l’impartialité qui lui incombe en garantissant l’efficience d’un tel système. QUELQUES PISTES… La poursuite annuellement des audits de la formation pour prendre l’avis de toutes les unités et formations et leur pleine intégration au futur dispositif. la mise en place d’un outil basé sur l’identification et la mise en place de procédures mettant en œuvre tous les acteurs de la formation (pilote de spécialités. inter-armées et autres formations interministérielles abonnées à une formation du génie (notamment par exemple. 7) TOI : Techniques d’Opérations d’Infrastructure . Evaluation • du stagiaire et de sa formation • du formateur et de l’enseignement qu’il dispense • de l’employeur sur l’adéquation des compétences des formés aux exigences de leur métier.75 - .

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Capitaine Alain PIARROU,

La filière sécurité civile
A career in civil protection. With the advent of professionalization of the army, a new policy opportunity arises for enlisted personals and NC0s to launch a career in civil protection.

Officier de l’arme du génie, issu du rang, occupe aujourd’hui le poste de chargé de la formation à l’état major des Formisc. Entré en service en avril 1976 pour effectuer son service national, au 17 e régiment du génie parachutiste de Montauban, Il sert ensuite dans cette unité en tant qu’EVAT, puis après être passé par l’école nationale des sous-officiers de Saint-maixent, comme sous-officier. En 1988, il rejoint le pôle sécurité. Muté à l’Unité d’instruction et d’intervention de la sécurité civile n° 7 de Brignoles, puis à l’UIISC4 de Rochefort (unité dissoute aujourd’hui), il suit une deuxième formation orientée vers les missions de la sécurité civile. Pendant huit ans il acquiert dans ce milieu une solide expérience en tant que chef de section puis pendant un an en tant qu’officier logistique. Après, un retour dans le génie arme, au sein du 6 e régiment du génie, il est muté en août 2002, à l’état-major du commandement des formation militaires à Asnière/seine.

Integrated into military units, they will learn a full profession, choosing a field in natural or technological disaster. The access to this new branch will have a twofold effect : it will facilitate direct NCO recruitment, thereby no longer detracting from regular army recruitment efforts. Moreover human resource management should be easy due to interest among young people in this branch and, despite the relatively small force, career opportunities are possible. Future reconversion represents no problem either towards the private sector or within in the army branch (NRBC, Service Militaire Adapté, civil-military cooperation for example).

POURQUOI ? POUR QUI ?
Accompagnant la professionnalisation, la création d’un parcours professionnel de la filière sécurité civile, sur le point d’être concrétisé, permettra aux militaires du rang et aux sousofficiers qui le désirent, de suivre un déroulement de carrière complet et valorisant dans cette composante tournée vers une assistance aux populations sinistrées à la suite de catastrophes d’origines naturelles, accidentelles ou terroristes. La décision de cette création de filière s’est imposée à tous.

De nombreux jeunes souhaitant servir dans les formations militaires de la sécurité civile se renseignaient régulièrement sur le parcours professionnel proposé. Prêts à effectuer une carrière, ils ne trouvaient pas dans l’organisation ancienne une réponse à leur aspiration. Le problème se posait d’une autre manière aux jeunes sousofficiers rejoignant les UIISC, qui en complément de leur formation d’origine devaient, suivre une seconde formation au détriment de la capacité opérationnelle de la sécurité civile.

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En effet, les règles incontournables fixées par décrets imposent 4 à 5 mois de stages selon la spécialité pour tenir en intervention un poste de chef de groupe et 2 mois supplémentaires pour un de chef de section. Pendant ce temps, ils ne pouvaient donc pas tenir d’emploi opérationnel. De plus, la préparation du CM2 et du CT2 de leur filière d’origine leur restait imposée. La réussite devenait très aléatoire. Déstabilisés, certains subissaient alors, un retard dans leur déroulement de carrière. Cette création de filière était aussi devenue urgente pour permettre le recrutement semidirect au sein de la sécurité civile. Paradoxalement, au moment même où l’armée de terre manque de sous-officiers, le vivier de candidats potentiels permettrait de satisfaire une grande partie des besoins, économisant de façon non négligeable le poids des formations. Ces stages, pour leur majorité, sont identifiés par des niveaux numérotés de un à cinq. Ils autorisent à intervenir dans un cadre juridique lors des différentes opérations de secours. Les niveaux 1 sont du niveau de l’équipier, le 2 du chef d’équipe et du chef de groupe, le 3 du chef de section, les autres niveaux étant réservés aux majors et officiers. Les parcours « risques naturels » et « risques technologiques » nécessitent l’acquisition de stages répartis par domaines : feux de forêts (FDF), sauvetage déblaiement (SDE), secourisme (A F P S - C FA P S E MNPS), traitement EAU (EAU), risques chimiques (RCH) et risques radiologiques (RAD) … Mais la filière est unique. Un tronc commun est dispensé à l’ensemble du personnel et des U.V. sanctionnent le parcours professionnel. Des formations d’adaptation permettent de passer d’une spécialité à l’autre. La formation directe à l’emploi a été naturellement recherchée. pompiers professionnels ou de la reconversion. En effet, une des deux missions des UIISC désignée par le premier « I » reste l’instruction. Nombre de VDAT et d’EVAT sont pompiers volontaires. Une bonne partie aspire à intégrer le corps des professionnels où les places sont rares, ce qui induit une sélection difficile. Les meilleurs des EVAT peuvent ainsi, soit intégrer en semidirect le corps des sous-officiers de l’armée de terre, soit par concours le corps des sapeurs pompiers professionnels. Pour la reconversion des MDR et des sous-officiers, les métiers de la sécurité offrent de nombreuses opportunités. Pour ceux qui désireront faire une carrière longue, il leur sera offert des postes de responsabilités dans l’encadrement des UIISC, dans les états-majors de zones (en métropole ou outre mer) et au COGIC (centre opérationnel de gestion interministérielle des crises). Il leur sera aussi possible de servir au sein d’autres formations où leur spécialité est recherchée (ACM, SMA, écoles….). Il n’y a donc pas de problème de fin de carrière pour ceux qui prendront cette filière. La seconde relève des liens étroits avec le domaine NBC. Même si les conditions d’emploi des équipes « risques technologiques » des UIISC et celles des détachements NRBC des armées diffèrent, l’environnement est le même et les savoir-faire sont très proches, voire souvent communs. Un partenariat dans la formation du personnel est en cours de finalisation. Des passerelles seront institutionnalisées. Cela fera l’objet d’un prochain article.

ET AU DELÀ ?
Comme explicitée supra, cette filière présente l’avantage considérable de réduire des formations coûteuses financièrement et en temps. Même si la masse critique n’est pas encore atteinte, cette filière est d’ores et déjà viable et la gestion du personnel optimisée.

COMMENT ?
Pour répondre à la diversité des missions et les domaines d’interventions lors des catastrophes, la filière offre deux spécialisations possibles. Ainsi, lors de leur orientation et en fonction de leurs aptitudes, les militaires du rang et les sousofficiers pourront opter pour un parcours tourné vers les « risques naturels » ou les « risques technologiques ». Les intéressés devront satisfaire à des stages référencés dans le milieu sapeurs-pompiers, qui nécessitent d’être préparés avec sérieux et dont l’acquisition ne se fait pas sans difficulté. Deux raisons majeures permettent une telle affirmation. La première relève de l’intégration dans le corps des sapeurs- 78 -

. . tout en assurant les missions de toute nature face aux récents aléas d’origine naturelle ou technologique dont la densité et la dangerosité ont été remarquables dans l’évolution séculaire des risques. de connaissances du milieu et des procédures spécifiques sans oublier la condition physique garante de l’équilibre du cadre en situation de « stress ». Affecté en 2001 à l’ESAG au département formation opérationnelle de l’ESAG. il devrait marquer un tournant majeur pour le personnel des formations militaires de la sécurité civile (FORMISC). il est chef de groupe en compagnie de combat au 4e régiment du génie à La Valbonne puis suit la scolarité à l’EMIA dans la filière économie gestion de 1990 à 1992. Ces derniers sont obtenus par une succession de qualifications appartenant à la composante B. La sauvegarde des personnes et des biens est l’une des missions régaliennes de l’Etat . Le capitaine LOPEZ est titulaire du diplôme d’état-major. a « traditionnellement » permis de faire face aux nécessaires évolutions de la gestion de la ressource humaine. Il est marié et père de deux enfants. les unités militaires de la sécurité civile se devaient de réagir pour répondre au double challenge de la répartition de la ressource dans leur organisation mais surtout de la gestion de la formation dépendante non seulement des contraintes réglementaires mais aussi de la nécessité de proposer des parcours professionnels complets et attractifs. les unités militaires en général et celles de la sécurité civile en particulier o n t m e n é d e s é t u d e s internes. dans ce domaine la France se singularise par la diversité et la complémentarité de ses acteurs. Promu lieutenant en 1992. judicieusement complétées par les connaissances impératives en matière de commandement. il est officier adjoint puis commandant d’unité de l’unité élémentaire spécialisée détachée auprès du centre spatial guyanais à Kourou. De 1997 à 2001. Après des études de sciences économiques à l’université de Montpellier. d’anglais opérationnel. Ensuite.S A P E U R Capitaine Denis LOPEZ AVIS DU CAPITAINE LOPEZ PILOTE DU PÔLE DE COMPÉTENCE « SÉCURITÉ » Le capitaine LOPEZ a 35 ans. le capitaine LOPEZ s’engage à l’ENSOA au titre de la branche de spécialité 04 combat du génie en 1986. le projet s’est inscrit naturellement dans la continuité et la stricte suffisance qui doit prévaloir depuis le recrutement jusqu’à la reconversion tout en conservant une progressivité permettant l’épanouissement personnel à chacun des niveaux rencontrés par le personnel. Au plan humain. qu’il soit volontaire ou professionnel dans une caserne provinciale ou bien militaire dans une unité d’élite. BSAT et BSTAT).79 - Une étroite collaboration entre les grands services concernés et la pro activité du commandement des formations militaires de la sécurité civile (COMFORMISC) ont permis la mise sur pied d’un parcours professionnel de sous-officier incluant les deux niveaux de formation qui pourrait être effectif en septembre 2003. la passion quasi sacerdotale du personnel. L’analyse des facteurs historiques structurants a permis de définir des critères objectifs de choix permettant d’aboutir à un parcours professionnel original adapté aux besoins et résolument orienté vers la logique de métiers développée par notre institution. la réflexion s’est transformée en mandat d’étude pour le pilote de domaine de la direction des études et de la prospective (DEP) angevine sous l’impulsion du général commandant l’ESAG lors du comité de pilotage du pôle de compétence « sécurité » le 15 octobre 2002. la modularité procède de la méthode d’obtention des niveaux statutaires (CT1 des militaires du rang. De 1987 à 1990. Tout d’abord. Initiée par le général inspecteur de la fonction appui au cours du premier semestre 2002. il assure successivement les fonctions de chef de garde d’incendie et officier adjoint en compagnie d’incendie de la BSPP de 1993 à 1997. il rejoint la direction des études et de la prospective l’année suivante comme officier rédacteur chargé du pilotage du pôle sécurité. Confrontées à la réforme décidée par le chef de l’Etat. Véritable quintessence des facteurs individuels de motivation. Si ce dernier est validé par les autorités de tutelle.

80 - . adaptables pouvant exploiter toutes les potentialités offertes en matière d’avancement au sein de notre institution et capables de s’adapter en retour aux besoins croissants de nos armées dans les nombreuses situations et affectations où l’appréhension et la gestion des risques devient une contrainte du moins importante sinon légalement incontournable. A terme. Ceci implique d’utiliser les concepts de tronc commun et de formation d’adaptation tout en conservant des épreuves optionnelles pour les sousmatières risques naturels et risques technologiques au sein des parcours. Il pourrait autoriser dans un avenir proche des synergies significatives et directes avec la filière « pompiers des forces terrestres ». ceci devrait permettre une gestion aisée du personnel. Cette approche doit permettre la formation d’experts qualifiés. la souplesse est obtenue par la recherche permanente du décloisonnement à tous les niveaux.S A P E U R Enfin. des réorientations internes et à l’instar des dispositions actuelles l’intégration de cadres expérimentés provenant d’autres spécialités. Le parcours prévu s’attache à conserver les plus-values de la polyvalence du sapeur tout en y intégrant les qualifications nécessaires et suffisantes à la légitimité de l’action s’inscrivant dans un environnement opérationnel militaire ou civil. les pompiers du domaine « aéromobilité » et le domaine « NBC » avec lesquels des recherches sont déjà en cours. .

the captains’ course alone is involved.R (système d’information régimentaire). By 2004 or 2005. A la même date. But it’s open now to the engineer regiments.I. La section simulation est commandée par un officier. administrateur JANUS.A.I dès 1993.A. At the ESAG. En 1997. JANUS is a wargame of American origin. The new BFAO « bureau de formation par ordinateur » is the point of contact for all the simulation tools.F. Au début des années 90.F.G.S A P E U R Chef de bataillon Philippe POTIN Le centre de simulation JANUS de l’E. Ayant réussi le brevet technique.A. at regimental level. La section systèmes informatiques de commandement est dirigée par un officier administrateur S. UNE STRUCTURE LEGERE ET MODULABLE Le B. tandis que d’importants travaux de remise en état de l’infrastructure et des réseaux sont effectués au centre tactique jusqu’en 2000. assisté de deux sous-officiers. chef du Bureau Formation Assistée par Ordinateur (BFAO) de l’ESAG est breveté technique de l’enseignement militaire supérieur (BTEMS) et ingénieur des Ponts et Chaussées. Affecté depuis juillet 2002 à l’ESAG. in 2004. Le chef de bureau est également chef du centre JANUS et point de contact simulation de l’E.G rejoint le club des utilisateurs de JANUS en 1997 avec la création d’une cellule informatique de commandement au sein de la D. Cela s’est traduit par la création à Mailly du CEPC (centre d’entraînement des postes de commandement) en 1994 et la diffusion de JANUS dans les écoles d’arme en commençant par l’E. the French engineer corps school. La section .F chargée de préparer l’arrivée du logiciel.S. : développements Created in 1997 to prepare the arrival of JANUS software the « cellule informatique de commandement » is operational in 2000 after the tactical center retrofit.G pour le C.81 - actuelle et repasse aux ordres du D. il suit la scolarité de l’école des Ponts et Chaussées puis celle l’Institut Royal Supérieur de Défense de Bruxelles dont il sort breveté d’état major.O se compose d’une équipe de commandement et de trois sections spécialisées.O. il rejoint l’arme du génie en 1989 et sert successivement au 9 e RG et au 6 e RG. Les Etats-Unis ont ainsi fait cadeau à la France des logiciels JANUS et BBS (Brigade Battle Simulation).T. Le chef de bataillon POTIN. the SIR is under development.F.O (bureau formation assistée par ordinateur) prend sa physionomie . assisté de deux opérateurs permanents JANUS.A. il y a pris le commandement du BFAO. il participe à la création de la cellule informatique de commandement de l’ESAG. In parallel. captains from the advanced course and lieutenants from the basic course use this software. This bureau is responsible for using JANUS. SIR should be integrated into JANUS exercises for an always more realistic training for engineer regiments.O (département de la formation opérationnel). la simulation tactique a vu le jour grâce aux performances sans cesse améliorées des ordinateurs. les alliés en ont profité. le B.S. Nowadays. Après Saint Cyr. but also the SIR « système d’information régimentaire » and some other software like GEOCONCEPT.A.G.F. at company level and soon.S. It’s very well adapted to high intensity conflicts.A.A. L’E. JANUS est installé au centre tactique courant 1998 et est opérationnel fin 1999. It enables the simulation of realistic tactical actions and movements from platoon to brigade level in a combined environment. Développée initialement par l’armée américaine. à laquelle succédera le BFAO (bureau formation assistée par ordinateur).

Il met en œuvre un ennemi non stéréotypé piloté par un opérateur en fonction des objectifs du directeur d’exercice. UN AVENIR PROMETTEUR. à toutes les unités du génie désirant s’y entraîner. photos panoramiques de sites. .S A P E U R enseignement assisté par ordinateur (EAO) se compose de deux personnels sous-officiers.A. Bientôt avec l’arrivée du S.F.R ont été créés pour armer le centre à l’occasion des exercices. le 13e RG en sera doté). Le 31e RG a suivi en avril 2003 (2 exercices planifiés). artillerie). Ainsi à l’E. JANUS est essentiellement utilisé par la DA et le CFCU pour l’apprentissage des missions d’appui à la mobilité et à la contre mobilité. des cours informatique. UN LOGICIEL PERFORMANT INDISPENSABLE A LA FORMATION. Sur un an 9 exercices sont effectués au profit de la DFO en liaison avec ses instructeurs génie et interarmes (infanterie. Il permet d’intégrer sur un même support numérique cartes. Pour un exercice JANUS. maux de commandement : carte et radios.I. Le B. le centre JANUS s’est ouvert vers l’extérieur en travaillant au profit des régiments du génie. le B. C’est le défi que doit relever le B. il existe un logiciel.F. Depuis peu. d’appui et de soutien.O forme également des réservistes à cet emploi. Le personnel du B.A.C. le stagiaire sera davantage à l’aise en camp de manœuvre ou en opération. unités interarmes et sections du génie.A. cavalerie. JANUS permet un apprentissage flexible de la manœuvre du génie.T ont signé un protocole d’accord. bien qu’ayant la qualification d’opérateur JANUS.U reçoit une formation dans ce domaine. Cela est une autre histoire et ne sera évoqué ici que la simulation. Les délais de déplacement et de mise en œuvre sont pris en compte. Le centre JANUS est ouvert. le capitaine joueur utilise ses moyens nor- UNE CLIENTÈLE DIVERSIFIÉE.F. informations graphiques ou écrites. comme les résultats des tirs ou des destructions. de figurer les mouvements et les actions d’unités des armes de mêlée. une douzaine d’opérateurs. Il ne se contente pas d’armer JANUS et le S. Seul le directeur de l’exercice à une vision globale de la situation.S.G. Après une telle expérience de mise en situation. il faudra envisager l’intégration du S. mettant à la disposition des régiments les centres JANUS des écoles. photos aériennes ou satellitaires. mais est aussi chargé.A.F.I. ayant la qualification de chef de section de génie combat. Les exercices sont joués au niveau du capitaine commandant d’unité ou du chef de section. Cette charge supplémentaire s’accompagnera de la montée en puissance du S.A. En simulation il est toujours possible de recommencer et de corriger les erreurs.O.O.R dans les unités (en 2003.82 - . il faut en moyenne.R. JANUS. c’est à dire JANUS et les logiciels associés comme GEOCONCEPT.I. En juillet 2002.F.O occupe les bureaux autour du centre tactique. intégré au sein d’un groupement ou sous-groupement interarmes. où l’animateur travaille en binôme avec un opérateur JANUS avec lequel il échange ordres et compterendus. Ce logiciel est particulièrement adapté au combat haute intensité. pour satisfaire les besoins de l’école et des régiments.O dans les prochaines années.R et de JANUS pour rendre les exercices toujours plus réalistes. L’opérateur ne voit que ce que ses « pions » peuvent observer en fonction de la configuration du terrain et des moyens dont ils disposent. facilitant les reconnaissances. le C. pour les équipes de commandement des compagnies (4 exercices en 2002). plus spécialement destinés à la composante combat.A.A. les écoles doivent être alignées à 20 consoles JANUS (1) et recevoir un complément en personnels issus de la réserve. Le 6e RG a expérimenté avec succès ce nouveau type d’entraînement 1) il faut un minimum de 10 consoles pour un exercice de compagnie et 17 pour un exercice régimentaire.S.F. qui renforcent ponctuellement l’équipe permanente.G 51 postes d’E.T et le C. JANUS est un jeu de guerre permettant.S.I. n’y suffit pas. Chaque CFCU en joue également 3. Sur le terrain c’est plus délicat. GEOCONCEPT. Depuis 2002.F.R. dans un environnement réaliste.U.F. entre autres. On fait alors appel à des personnels autres venant de l’école.C. Pour préparer la montée en puissance nécessaire à la tenue d’exercices du niveau régiment.A. Ils concerneront les régiments du génie et quelques régiments d’infanterie de la 9e BLBIMA. C’est aussi une manière pour le centre de se roder avant de passer à l’étape suivante : l’accueil des PC des régiments à compter de 2004. aujourd’hui seul le C. Avant les exercices à Sissonne ou à Mailly la DA effectue 3 exercices JANUS. Ainsi pour un exercice du C. sur demande. La simulation n’est mise en œuvre qu’au niveau de l’animation : directeur d’exercices. En complément de JANUS. transmission et de la gestion de la cartographie de l’E.

Par la suite. l’armée de terre se doit de disposer d’officiers compétents dans le domaine de l’infrastructure. * * * Lors d’un engagement opérationnel. Pont de Mitrovica A ces considérations techniques. buildings. it appears that in low intensity conflict. Moreover. Ayant commandé une unité élémentaire au 71e RG. il s’agit par exemple.S A P E U R Lt-Colonel Ludovic PERCHE L’ingénieur militaire en opération extérieure On operations. ne serait-ce que pour aider à la décision du commandement lors de la détermination d’un site de déploiement puis de stationnement. L’infrastructure se trouvant au centre de ces différentes actions.83 - dès la phase de conception et de planification de l’opération. baux…) qui fait parfois défaut ainsi que la conduite . That is why it is important to have officers who have a strong knowledge in this field and who are able to solve quite every technical or contractual problems that could confront an engineer on operations. dispositifs de protection des unités déployées…). It is centred on classical infrastructure but a high proportion of its teaching deals with damaged infrastructure as bridges. breveté de l’enseignement militaire supérieur et ingénieur de l’école supérieure d’électricité. il n’est pas surprenant que les rapports des cellules « retour d’expérience » soulignent la nécessité pour l’armée de terre. To provide these skills. La situation actuelle ne répondant pas de façon optimale à ce besoin. approvisionnement en eau ou énergie. assainissement. Cette formation est dispensée au cours de la scolarité du mastère « travaux et opérations d’infrastructure ». il convient d’ajouter une expertise dans le domaine administratif et juridique (passation de marchés. différentes études doctrinales soulignent l’interdépendance qu’il existe entre les actions relevant de l’aide au déploiement. il a également servi au STBFT et tenu le poste de chef du bureau préparation opérationnelle en étatmajor de brigade. l’ESAG développe une formation de haut niveau permettant de disposer d’officiers maîtrisant les spécificités de l’infrastructure en opération. du soutien au stationnement voire des affaires civilo-militaires. This degree is one of the highest level of academic studies. the support and the survivability of the force as well as the CIMIC organisation have a common challenge : « infrastructure ». d’appuyer les éléments de reconnaissance génie lors de missions relevant de l’appui à la mobilité (expertise sur la viabilité des axes et ouvrages d’art) avant d’apporter une expertise dans le domaine du bâtiment (solidité des ouvrages existants. infrastructure is one of the main concerns. Il est actuellement chef de cours au département de l’enseignement scientifique de l’ESAG. de disposer d’officiers possédant de solides connaissances dans le domaine de l’infrastructure en opérations. electrical or water supply systems… Le LCL PERCHE est Saint-cyrien (85-88). Depuis quatre ans. engineer officers attend a specialised course at the French Engineer School (ESAG) which is developing a master’s degree in infrastructure. Ce besoin se confirme .

Le cœur de son enseignement est une formation classique.84 - . Ces derniers peuvent alors s’appuyer sur leurs bureaux d’études pour apporter une solution au problème qui leur est posé sans être obligés de monter une mission d’expertise sur le théâtre. apprendre et appliquer la somme et la diversité des connaissances qu’il faut posséder (conception de systèmes. sachant traiter un très grand nombre de difficultés inhérentes au domaine de l’infrastructure en opération telles que l’évaluation d’infrastructures endommagées. ouverte à des stagiaires disposant d’un titre d’ingénieur. * ** En vue de répondre à ce besoin en personnels qualifiés dans le domaine de l’infrastructure en opération. il existe bien des officiers ou sous-officiers possédant de nombreuses compétences dans le domaine de l’infrastructure mais peu sont capables de traiter l’ensemble des besoins décrits plus haut. la protection 1) Il s’agit par exemple d’apporter une véritable plus value aux reconnaissances des DLRG en les renforçant. les procédures multinationales. Après huit mois de formation. l’ESAG a mis sur pied et poursuit le développement d’une formation réalisant la synthèse des compétences énumérées supra. les passations de marchés à l’étranger… Au cas où les moyens néces- surtout accroître la crédibilité des sapeurs en opération. pourrait paraître élevé mais on s’aperçoit qu’il est parfaitement ciblé si l’on veut que les stagiaires puissent correctement comprendre. lorsque cela est nécessaire. une difficulté relevant de l’infrastructure soit toujours réglée. Cela n’est pas satisfaisant et bien qu’à terme. les premiers enseignements sur la scolarité du mastère commencent à être tirés et quelques aménagements du programme sont prévus pour la rentrée prochaine. Il faut alors en assumer les éventuelles conséquences humaines ou matérielles. sachant déterminer les classes résiduelles d’ouvrages d’art. Celle-ci est dispensée au sein du mastère « travaux et opérations d’infrastructure ». C’est ainsi que des travaux sont en cours pour y incorporer des compétences toujours plus opérationnelles dans les domaines de l’appui direct (1). expliciter les moyens de renforcer le niveau de protection des différents abris… . Le mastère « travaux et opérations d’infrastructure » est une formation nouvelle. compétence technique…). lorsque sur un théâtre d’opérations il n’existe pas de personnel compétent pour faire face à une difficulté particulière concernant le domaine de l’infrastructure. d’officiers ingénieurs disposant d’outils mathématiques et/ou informatiques dédiés.S A P E U R d’actions au profit de la population civile (identification des ressources. secours aux populations. Enfin il ne faut pas négliger la phase de retrait et de restitution des sites de stationnement à la Nation hôte. Le but de cet enseignement est de disposer d’officiers polyvalents. Par conséquent. ils doivent être en mesure de relever in situ les différentes données utiles d’un problème (technique ou administratif) afin de les communiquer rapidement à des experts en métropole. saires à leur mission seraient limités sur un théâtre. notamment le renforcement du module infrastructure en opération. esprit de synthèse. soit cette difficulté est traitée de façon très approximative. il est indéniable que la situation actuelle mérite d’être améliorée. Cela a pour conséquence de gagner des délais et A ce jour. évaluer la stabilité d’infrastructure endommagée. Ce niveau Toutefois un important module « infrastructure en opération » est enseigné afin de traiter des spécificités de l’infrastructure en OPEX. centrée sur les parties techniques et administratives d’opérations d’infrastructure en métropole. aide à la relance de la vie économique…). soit une mission d’expertise provenant de métropole est mandatée (moyennant une perte de délais).

la division étude et prospective de l’ESAG envisage déjà de mener des travaux en liaison avec le CDES afin de développer de nouveaux pôles de compétence que devraient maîtriser les militaires ingénieurs sortant de la scolarité du mastère.S A P E U R de la force. l’ESAG cherchant toujours à parfaire son instruction en liaison avec ses pilotes de domaine. l’aide à la décision lors des phases de conception ou l’expertise des réseaux (2). ce qui permettra à l’armée de terre de disposer rapidement des officiers polyvalents qui lui font défaut : les militaires ingénieurs du génie. les premiers résultats sont déjà prometteurs. 2) Le développement d’une formation sur les réseaux électriques haute tension d’une Nation hôte est en projet en partenariat avec EDF. spécialistes de l’infrastructure en opération au sens le plus large du terme est en cours . Par ailleurs. . * * * La formation complémentaire d’officiers possédant un haut niveau d’études. L’expérience de l’ESAG dans le domaine de la formation et sa volonté de s’inscrire dans une démarche de progrès à long terme l’amènent à poursuivre le développement de son mastère « travaux et opérations d’infrastructure ». tout comme une étude sur les grands réseaux d’adduction ou d’évacuation d’eau.85 - .

S A P E U R .86 - .

......... LCL LEMIRE ............ LCL MARTIGNY .........................................................87 - . 93 Le S...........I................. CBA BREHIER ............... 89 La modernisation des lots de groupe de combat ............................................................. 95 Le nouveau concept allemand de la « base interarmées des forces » et son génie ... LCL BERIARD ........................................................................................................................................ Génie ..................................................... 99 ..............R..............................................................................S A P E U R Str uctur es et équipements Le nouveau visage du génie : point de situation à l’été 2003 ............

88 - .S A P E U R .

le CEMAT a pris des décisions : les premières. Saint-Cyrien de la promotion Grande Armée (1981-1983). il sert cinq ans au 71e RG puis commande une compagnie de combat au 11e RG. A l’issue de son temps de commandement et après une formation à l’ESGM de Versailles. The employment of these new companies is now to be written. il sert ensuite à l’EG de Limoges. The most significant change will occur in the brigade engineer regiments and will be implemented next summer. and encompass two water supply companies. Each combat company will comprise one support platoon and three engineer platoons. The former capabilities (river-crossing and countermining) still exist. AVLB) will be also reduced. the current organization of our brigade engineer regiments has became inadequate. in terms of water and energy supply and operational infrastructure building. intermediate or light brigade) will be characterized by the assets of the support platoons at engineer Coy level and these of the support Coy at the engineer regiment level. Breveté de l’enseignement militaire supérieur après avoir suivi les cours du CSEM (109e promotion) et du CID (4e promotion). the growing tendency of mechanization of our combat engineer regiments has led to less and less sappers for dismounted tasks and generate a heavy maintenance load. one combat support Coy and three identical combat engineer Coys. This restructuring has began last summer and will be achieved by summer 2004. It will also lead to a more understandable and unique engineer structure at brigade level. The support provided to the brigade (either heavy. sont entrées en application à l’été 2002 . Moreover. ainsi que pour certains exercices interarmées français et OTAN.89 - Le lieutenant-colonel Serge MARTIGNY est chef du bureau doctrine de la direction des études et de la prospective de l’ESAG depuis l’été 2002.S A P E U R Lt-Colonel Serge MARTIGNY Le nouveau visage du génie : point de situation à l’été 2003 The lessons learned from the recent commitments in most theatres have shown our relative weaknesses when talking about deployment support to our own forces. The structure of the third regiment of the brigade (road and railways works) remains unchanged. relatives aux régiments de la brigade du génie. with each three engineer squads (two squads before). Two regiments are now dedicated to force deployment general support (one regiment before). two energy supply companies and two operational infrastructure building companies. This restructuring will generate 64 more engineer squads. il est ingénieur diplômé de l’École nationale des ponts et chaussées en 1995. The amount of heavy assets (CEV. les secondes qui concernent les régiments des . On the other hand. leading to manpower problems. learned and trained … En juin 2001 et juin 2002 paraissaient dans la revue SAPEUR plusieurs articles décrivant les évolutions possibles des structures des régiments du génie. bringing the amount of dismounted sappers squads to 27 per brigade engineer regiment (from 14 to 24 today). Les études ont depuis abouti et . a new organization has been implemented in 2002. Il est ensuite affecté jusqu’en 2002 à l’État-major interarmées de planification opérationnelle de Creil. What are the general principles : At the Engineer Brigade level (3 general support engineer regiments). il occupe le poste de chef du BOI du 19e RG de 1997 à 1999 et sert également comme assistant militaire du général commandant la DMNSE en BosnieHerzégovine. Admis à l’EMSST. but are reduced to two companies. Facing also the future and probable commitments in built-up areas and the new structure of the mechanized infantry regiments. organized around one command and combat service support Coy. où il est l’officier de marque des planifications et engagements multinationaux dans les Balkans. the few existing units of the Engineer Brigade are over employed. The Army Chief of Staff decided therefore to implement a new organization for the engineer regiments. The eight regiments will thereafter have the same structure.

l’harmonisation des structures de ces unités se poursuivra à l’été 2003. Pour le 2e RG. d’en répartir certaines comme le pontage fixe ou la sauvegardeprotection. si le bien fondé de ces réorganisations est généralement admis au sein de l’arme. La « ternarisation » visait aussi cet objectif. La probabilité croissante des engagements en zone urbanisée et l’appui au combat débarqué d’une infanterie qui vient de se « quaternariser » rendaient nécessaire de modifier les structures. La compagnie VF reste inchangée. Le 5e RG a vu la création de trois sections d’appui spécialisées au sein des trois compagnies de travaux lourds . qui nécessitaient de ré-articuler en permanence les unités pour les adapter aux structures PROTERRE. d’une compagnie infrastructure opérationnelle à trois sections (par transformation de la compagnie de ponts fixes). cette situation s’accommodait mal des nombreuses missions de projections intérieures (et maintenant des missions communes de l’armée de terre ou MICAT). une seconde compagnie eau (à deux sections) a été créée par transformation de la compagnie sauvegarde-protection et par le regroupement des UMTE des RGBIA. afin de disposer d’un plus grand nombre de groupes de combat pour appuyer au plus près des unités de plus en plus dispersées et autonomes. et la « ternarisation » créera ainsi 64 groupes de combat supplémentaires sur l’ensemble des RGBIA. valider leurs capacités et codifier leur emploi. pour utiliser de façon optimale le nouvel appui génie ainsi défini. ainsi que les contraintes auxquelles elles ont été soumises. coercition de forces ou maîtrise de la violence. quel que soit le mode opératoire. il faut maintenant expérimenter les nouvelles structures. des brigades interarmes (RGBIA) sont plus nombreuses. Le visage de la composante combat du génie est donc en train de changer et. Le 1er RG dispose dorénavant d’une seule compagnie à 400 m de PFM et une section MATS (contre deux compagnies à 300 m auparavant). Le choix du regroupement de la spécialité eau au 2e RG s’est fait au regard du petit nombre de MATEM en service et des contraintes d’entraînement. il fallait bien reconnaître la faiblesse de l’effectif en sapeurs débarqués (84 sapeurs à terre seulement dans un RGBB. A ce travail interne.90 - de combat et certains parcs de matériels seront réduits (EBG. les études et le retour d’expérience OPEX avaient montré depuis plusieurs années l’insuffisance des effectifs et des moyens d’aide au déploiement dont disposait l’armée de terre pour ses opérations. les derniers mouvements s’achèveront avec le DUO 2003. Pour certaines catégories de personnel. Pour ce qui concerne les régiments de la brigade du génie. LES RAISONS DU CHANGEMENT : UN BREF RAPPEL Rappelons brièvement les principales raisons qui ont motivé ces restructurations. pour certains régiments. La contrainte des effectifs a parallèlement imposé de réduire certaines capacités comme le franchissement logistique (PFM). La diversité des structures des régiments ne facilitait pas non plus leur lisibilité et leur compréhension de la part de l’interarmes. 120 dans un RGBLB). Ils ont débuté leur restructuration à l’été dernier . Le génie est par ailleurs souvent considéré comme une arme compliquée. trois régiments perdront leur quatrième compagnie . Outre un effet terrain parfois peu significatif. d’une compagnie de contre-minage à six sections (inchangée). LES NOUVELLES STRUCTURES : MISE EN APPLICATION Les régiments de la brigade du génie Outre le 28e Groupe géographique et le GDNBC (dont les évolutions futures ne seront pas traitées dans cet article). associée à une mécanisation très importante. La réorganisation des régiments de la brigade du génie visait donc à doubler ses capacités d’aide au déploiement. et d’une compagnie électricité à quatre sections (par transformation d’une compagnie PFM). En tout premier lieu. il faut ensuite ajouter un travail pédagogique pour et avec les unités interarmes appuyées. la modularité – base de la génération d’une force pour une opération – doit s’appuyer sur des briques simples à identifier. Mais c’est peut-être le cadre des engagements futurs qui justifiait le plus cette réorganisation. Pour pouvoir fonctionner efficacement. PAA et EFA). Les autres compagnies restent inchangées (infrastructure opérationnelle et électricité). cette faiblesse structurelle était. trois régiments du génie composent la brigade d’appui spécialisée génie. Leur situation est rappelée ciaprès. Les raisons qui ont conduit à la « ternarisation » des régiments . Toutes ces modifications vont bien évidemment se faire à enveloppe constante. et enfin de centraliser la production d’eau (transfert des UMTE des régiments de génie des brigades interarmes). induisant un ratio entraînement/entretien des matériels peu satisfaisant.S A P E U R brigades interarmes seront mises en œuvre à partir de l’été 2003 « ternarisation ». Parallèlement. Enfin. cela se traduisait également par un rythme des projections OPEX trop élevé.

les 6e RG (9e BLBMa) et 1e REG (6e BLB) perdront un DLRG chacun. Le RGBIA « ternarisé » comportera trois DLRG renforcés. Figure 1 : structure des compagnies de combat du génie . Vingt PAA seront retirés du service courant et déclassés. 19e RG (7e BB). Chaque RGBIA disposera alors de 27 groupes de combat contre 14 à 24 aujourd’hui. LES RÉGIMENTS DU GÉNIE DES BRIGADES INTERARMES Les restructurations des RGBIA débuteront à l’été 2003 (effort) et devraient s’achever avec le DUO 2004. Pour ce qui touche aux équipements majeurs. les 13 RG (2e BB). de quatorze MPG et de quatre PAA. La structure retenue est ternaire. A l’été 2004. 31e RG (3e BM). trois compagnies de combat identiques et une compagnie d’appui (voir figure 2). 3e RG (1e BM). Les UMTE des RGBIA sont en cours de regroupement au 2e RG. cette transformation portera la capacité de l’ensemble des RGBIA à 216 groupes de combat du génie contre 152 aujourd’hui. Le parc EBG sera réduit de dix-huit engins qui constitueront une réserve de maintenance centralisée. le 6e RG et le 1er REG s’aligneront à leur tour et perdront alors une unité élémentaire. l’essentiel des mouvements se fera à l’été 2003. Il n’y aura dorénavant que deux variantes de la compagnie de combat du génie (CCG – voir figure 1). Résultant de la diminution de certains parcs. Permettant de mieux répondre aux sollicitations en terme de moyens. A l’été 2004. ces aménagements permettent également de mieux s’adapter au rythme de projection de la brigade (cycle à seize mois). Les RG de brigade légère resteront équipés de vingt-six ou vingtsept MPG et de moyens spécifiques. elle-même articulée autour de trois sections de combat du génie à trois groupes chacune.91 - . Chaque RG de brigade lourde sera entre autres équipé de douze EBG (dont trois destinés à accueillir le futur système de déminage pyrotechnique de mines antichar). différenciée seulement suivant l’appartenance du régiment à une brigade dite lourde (BB ou BM) ou légère (BLB ou BI). dont l’organisation et l’équipement en matériel seront adaptés à la brigade appuyée. Pour le 17e RGP. plus une section d’appui lourde ou standard suivant le régiment.S A P E U R Les capacités eau. La spécificité de chaque régiment sera ainsi préservée. Ainsi à l’été 2003. cela se traduira par la dissolution d’une unité élémentaire et d’un DLRG . des mesures d’ajustement et d’harmonisation dans la fonction maintenance seront également mises en œuvre. infrastructure opérationnelle et électricité de la brigade du génie ont donc été ainsi doublées. 17e RGP e Figure 2 : organisation des RGBIA (11e BP) et 2e REG (27e BIM) s’aligneront sur ces nouvelles structures.

Il s’agira d’abord de quantifier les capacités brutes des nouvelles CCG à 9 groupes . La perte de savoir-faire n’est pas à craindre. Les RG. 31e RG et 6e RG conserveront chacun leur section à six EFA. voire dans certain cas d’un unique groupe. Cette organisation est maintenant à revoir : la section de combat à trois groupes pourrait-elle se voir confier plusieurs points de franchissement ? Ou faudrait-il réorganiser la CCG pour une telle opération ? En matière de contre-mobilité et dans le cadre de la réalisation d’un plan d’obstacles. Les tâches qui pourraient lui être confiées (appui à la progression. d’organisation du commandement. il est important maintenant de prendre en compte ces nouvelles structures et de réfléchir aux nouvelles possibilités d’emploi. le transfert des UMTE au 2e RG aura des conséquences sur la fourniture d’eau aux unités de premiers échelons déployées sommairement. seront bien évidemment associés à cette étude. la possibilité d’équiper les chefs de section du PVP (petit véhicule protégé) sera évaluée. Il sera aussi néces- . tandis que le 13e RG et le 1er REG perdront la leur. Ces quelques exemples montrent bien l’étendue du champ à explorer et une étude sera prochainement lancée dans ce sens par la DEP de l’ESAG pour définir l’emploi et le commandement de ces unités. Ce travail de réflexion et de production documentaire devra être doublé d’un travail de fond de la part des RGBIA pour informer les régiments appuyés et les habituer au nouveau visage du génie. l’appui au plus près des sections d’infanterie quaternaires pourrait se traduire par le détachement d’un groupe de combat du génie au sein de cette section. Ainsi les 19e RG. Dans ce cadre et afin de doter ces groupes de leur véhicule de transport. à l’heure où l’infanterie étudie comment faire remplir des missions génie par ses sections (franchissements verticaux. cette tâche sera aisée. l’organisation habituelle s’accommodait d’un groupe de combat sur chaque rive. mise en œuvre de charges spéciales). 3e RG. mais il faut aussi étudier les conditions de détachement de groupes UMTE. ce travail de sensibilisation est primordial. tout comme la prise en compte des MICAT. Il s’agira ensuite et surtout de balayer l’ensemble des missions du génie et de vérifier les tâches génie que nous connaissons pour se poser des questions en terme d’articulation des unités. D’autres réflexions sur le plan des équipements futurs viendront ensuite (EGACOD – engin génie d’aide au combat débarqué notamment). saire d’imaginer de nouveaux modes opératoires rendus possibles par la présence d’un troisième groupe de combat au sein de la section du génie. Le but sera de refondre totalement les manuels d’emploi de la compagnie et de la section de combat du génie (GEN 110 et 120). Le groupe de combat du génie pourrait aussi être séparé en deux escouades. Par exemple en terme de participation au combat de contact. constitueront d’excellents moyens ou occasions. dont certains possèdent des savoir-faire spécifiques. quid alors des moyens de commandement ? Dans le domaine de l’appui à la mobilité et dans le cas particulier du franchissement de coupure humide. Les exercices AURIGE (prise en compte des nouvelles structures dans les ordres de bataille d’exercice) ou les passages au CENTAC et bientôt au CENZUB (centre d’entraînement au combat en zone urbanisée). Faut-il maintenant porter la norme à trois obstacles de manœuvre sur un itinéraire ou au contraire imaginer confier plusieurs itinéraires de manœuvre à une même section ? Dans le domaine de l’aide au déploiement d’urgence. Ne nous y trompons pas. une section de combat du génie se voyait généralement attribuer un unique itinéraire de manœuvre sur lequel elle réalisait « traditionnellement » deux obstacles de manœuvre. saisie de points-clés) nécessiteront des moyens nouveaux. Le problème particulier de l’équipement en VAB génie des nouveaux groupes de combat fait l’objet d’une étude par le CDES. Les RG des brigades légères conserveront leur matériel MLF au sein d’une section organique. UNE NÉCESSAIRE RÉFLEXION SUR L’EMPLOI DE CES NOUVELLES UNITÉS Au-delà des mesures d’organisation précédemment citées qui seront mises en œuvre par la DPMAT. du binômage des brigades et du prochain transfert du 13e RG au Valdahon.S A P E U R La répartition des EFA a quant à elle fait l’objet d’une étude spécifique tenant compte des capacités des écoles de ponts. circulations horizontales.92 - . de renforcements et d’adéquation des moyens aux missions.

Ces travaux sont menés de façon pragmatique en faisant remonter très largement les besoins des formations par le biais du retour d'expérience. • de disposer d'une capacité minimale d'intervention au profit de populations sinistrées.93 - . on the one hand. installer et entretenir dans la durée leur zone de déploiement et pour participer aux actions civilo-militaires. il est apparu indispensable de revoir la composition de nombreux lots existants. control of crowd. Sans être exhaustifs. Il est donc apparu indispensable de procéder. Par ailleurs. in creating new batches to carry out new missions (asistance with the populations. groupes de combat les moyens leurs permettant : • d'appuyer les actions de sousgroupements interarmes engagés dans des opérations de combat en zone urbaine . Les récentes projections intérieures ou extérieures ont montré le manque d'adéquation des équipements mis en œuvre par les groupes de combat et la nature actuelle des engagements en zone urbaine notamment. mais aussi d'en définir et développer de nouveaux. The objective is to set up the new batches en 2004 – beginning 2005 within the framework of a market to be passed by the DCMAT. etc. mieux adaptés aux conditions d'engagements actuelles (OPEX et OPINT). Tout d'abord. pour organiser. non seulement à une modernisation des lots de groupe et des sections de combat dont la constitution répondait aux besoins de l'engagement Centre-Europe.S A P E U R Lt-Colonel Didier LEMIRE La modernisation des lots de groupe de combat The STAT/MOB undertook to modernize the equipments of the engineer combat groups. on the other hand. Étroitement liée à l'action et aux dispositifs terrestres. Work results. The new needs will be validated by the EMAT in the current for this summer. • de disposer d'une réelle capacité d'intervention en milieu urbain grâce à la mise en place de matériels modernes. cette étude a été finalisée par le capitaine RODRIGO (ESAG/DEP). C'est ainsi que les capitaines en stage au centre de formation des commandants d'unité (CFCU) ont été mis à contribution afin de cerner précisément les besoins des sections . re-examining the composition of many batches in equipment and. la ternarisation des unités du génie accentue encore les lacunes constatées. performants et adaptés . les exemples suivants donnent quelques idées sur la nature des évolutions : LES ETUDES Cette modernisation des lots a été entreprise dans un souci constant de procurer aux . la composante « combat » du génie intervient principalement au profit des forces pour participer au combat de mêlée. The purpose of this operation is to put in coherence the means with the current nature of our engagements which lead us to intervene within the framework of missions more varied mutch than formerly.). Origine – Diplôme Saint Cyrien – BEMS/T Affectations successives 1991-1995 : Scolarité EMS 2 1995-1997 : Chef de BOI au 71e Régiment du génie 1997-2001 : Officier traitant au Bureau Logistique de l’EMAT Depuis 2001 : Coordinateur technique et officier de programme au groupement mobilité de la Section technique de l’armée de terre.

C'est ainsi que lorsque les besoins auront été validés par l'EMAT cet été. Enfin. S'y ajouteront également des moyens de débroussaillage . De nouveaux lots ont donc été définis pour conférer aux groupes les capacités d'intervention dans le cadre de l'aide aux populations (inondation. • etc. entre autre. • de débroussaillage . • etc. la DCMAT devra passer des marchés qui ne pourront se concrétiser au mieux. les compagnies voire les niveaux supérieurs. toute nouvelle opération nécessite des délais imposés par l'application du code des marchés publics. De plus. Afin de conférer aux groupes de combat leur pleine efficacité. En attendant l'arrivée des nouveaux lots.S A P E U R • le lot d'apparaux pour manœuvre de force sera complété par des tripodes de levage d'une capacité de 750 kg . dans cette période de consolidation de la professionnalisation. .5 kW . d'autre part. • de marquage de zone . • d'éclairage de chantier . Succinctement. seuls des matériels de qualité professionnelle entreront dans la composition des lots. des ateliers de campagne d'aide au déploiement (ACAD) qui . d'un perforateur sans fil et d'autres outils électriques. d'objets Tripode Hook • le lot d'outils pour groupe de combat disposera en plus d'un ensemble lance thermique portable. qu'au début de l'année 2005. d'une part. Ces derniers seront donc équipés d'une trousse individuelle contenant.2005. la DCMAT s'attachera à répartir et compléter les lots existants conformément aux besoins qui auront été exprimés. la plus grande cohérence sera recherchée entre les outils des lots de groupe et ceux entrant dans la composition. ces nouveaux lots donnent des capacités : • de fourniture d'énergie électrique à partir d'un groupe électrogène de 3. Ceci nécessitera de grandes capacités d'adaptation pour les groupes de combat et d'anticipation pour les sections. il est apparu important de mettre en place des équipements individuels spécifiques au profit des sapeurs de combat afin d'améliorer leur efficacité. L'ECHEANCIER Cette opération en cours constitue l'une des priorités de l'EMAT qui a mis en place les financements nécessaires.) ou pour d'autres actions comme le contrôle de foule par exemple. pour des besoins de soutien. Le nombre de lots à mettre en place dépasse largement les capacités d'emport du groupe ou de la section de combat. Cependant. un état des lieux a montré que les dotations des formations dans ce domaine étaient très disparates ce qui nécessite d'harmoniser entre chaque formation les moyens mis à la disposition des groupes de combat. • de traitement suspects . Il sera donc indispensable d'optimiser l'équipement de chaque groupe de combat en prévision de ses missions. Syacado équiperont les compagnies IO des RGBIA et. Lance thermique Ensuite. des systèmes d'atelier de campagne d'aide au déploiement opérationnel (SyACADO) qui équiperont les 1er et 2e RG à l'horizon 2004 . ce qui leur conférera la capacité d'exécuter immédiatement des actes techniques simples. un outil multifonctions de type « GERBER ». etc. • d'évacuation d'eau . • d'investigation verticale .94 - Par ailleurs. les nouvelles missions génèrent de nouveaux besoins que les moyens actuels ne peuvent satisfaire.

It will be able to provide 4 links upwards and 2 downwards in data transmission and in phonie (radio of fight). The 2. Précédemment il a été commandant d’UEL au 3e RG. structured in 3 particular plans of which each regroups the major missions to do in a war time. information. armoured weapon. Every elementary unit commander will have at one's disposal a SIR VAB equipped with 1 workstation and 2 PR4G stations. The SIR system includes some specific versions especially for infantry.1 version of the software has been delivered in schools during the 2002 year. These obstacles are automatically geo-referred and calculated by comparison with a memento. The « ENGINEER » SIR is built around a simple function : within the « engineer dualpurpose plan » you can create a special tracing with a thumbnail allowing to draw obstacles. has been delivered to schools during the year 2002. The SIR is part of the concept of digitalized of the battle space. 3 PR4G radio stations. . with a minimal adaptation bound to constraints of environment of the battle field. Each is fitted with 2 SIR workstations. The « ENGINEER » SIR is the result of a functional analysis whose objective was to study the flow of exchanges and the content of information to exchange in accordance with the engineer missions which are defined in the GEN 100. It will be able to provide 4 links upwards and 2 downwards in data transmission and in radiotelegraphy. . Every elementary unit commander will to have at one's disposal one SIR VAB. …. an operational order or specific report. Meanwhile an experimental brigade is testing it on the field in order to improve it.1 version of the software. support…). The number 1 of this software didn't integrate any engineer functionalities because of the creation of stanag 2430 (engineer NATO digitalized process). The SIR program is composed of a specific part dedicated to the « ENGINEER » functionalities that allows the engineer commander to propose the employment of its formation for the manœuvre and to his subordinates to follow the implementation of all engineers means. Every battalion commanding post will be equipped with a couple of 2 Shelters. The basic operational document is titled « engineer dual-purpose pla » and covers all the informations. An experimental brigade tested it on the field. chef de BOI du 32e RG puis commandant de division à l’ESAG (Capitaines et sous-officiers). This graphic interface allows to automatically set up messages such as a recce order. to disseminate information relating to existing friendly and enemy obstacles and future friendly obstacles. to order preliminary and/or reserved demolitions. counter-mobility. to disseminate information relating to all general engineer support. The 2. ENGINEER. The « engineer » SIR is the result of a functional analysis whose objective was to study the flow and the content of exchanges in accordance with engineer missions defined in the GEN 100. structured in 3 particular plans. The « engineer » SIR software allows. These principles and procedures enable now French engineers to carry out their role in combined arms operations. to disseminate information relating to mobility.. including engineer functionalities. This finds expression in the creation of an operational document titled « engineer dual-purpose plan » that covers information. No engineer functionality has been integrated into the SIR version 1 because of the choice to be interoperable within NATO forces in the framework of engineer Information Exchange Requirements (IER) and especially with stanag 2430 (AENGRP-2 (A) Land forces combat engineer messages). Each is fitted with 2 workstations. Every battalion commanding post will be equipped with a couple of 2 Shelters.95 - Le Lieutenant-colonel JeanFrançois BERIARD est le chef du Bureau Etudes TechnicoOpérationnelles à la Direction des Etudes et de la Prospective de l’ESAG depuis 1999. The « ENGINEER » SIR is a link that contributes by its performances to optimize the employment of engineers units and to make easier the implementation of its means. 3 PR4G stations piloted by a communication service centre. the engineer commander to disseminate information relating to task reconnaissance or execution. Il a commandé le CM 115 de Thorée les Pins en 1996.S A P E U R Lt-Colonel Jean-François BERIARD LE SIR GENIE The SIR program is made up of a specific part dedicated to the « engineer » functionalities that allows the engineer commander to propose the employment of its formation and to his subordinates to follow the implementation of all engineers means. for example. The SIR system is based on products and materials on the shelves.

Le programme SIR est destiné à l'exercice du commandement du régiment et des unités subordonnées engagés dans un contexte interarmes au sein d'une grande unité ou d'un groupement de forces. Le SIR permet le traitement rationnel de l'information et sa valorisation. appui à la contre mobilité. Il peut ensuite servir à : • rédiger l’ordre DU génie. appui à la mobilité. Cette opportunité a permis de placer d’emblée l’outil génie du SIR au cœur des besoins recensés dans le cadre de la numérisation de l’espace de bataille. l'allègement des tâches de routine.96 - . et quelle que soit la phase de la manœuvre (conception. Il s'intègre dans le cadre du système d'information de commandement de l'armée de terre française. la préparation de missions. LE MEMENTO GENIE : UNE AIDE A LA DECISION Le mémento génie est un document de référence qui décrit. GENIE. et aide au déploiement d'urgence). • d’arrêter l'emploi des moyens génie. En effet. avec une adaptation minimale liée aux contraintes d'environnement du champ de bataille. la réduction des délais de transfert de l'information. de mise en œuvre de systèmes d'armes et l'élaboration de synthèses tactiques et logistiques. cela se traduit par la création d’un document opérationnel intitulé « plan mixte génie » (voir encadré) qui regroupe les informations liées à la mission générale du génie. Il comporte notamment des versions spécifiques par arme (infanterie. le programme SIR génie (Système d’Information Régimentaire) permettra d’une part au conseiller génie de proposer un emploi optimal de ses unités et d’autre part aux commandants de formations engagées sur le terrain de suivre la mise en œuvre de leurs moyens. C’est ainsi que les 52 messages initiaux ont permis de constituer l’ossature des messages génie échangés entre nos différents systèmes d’information (numérotés de 1 à 16) et décrits ci-dessous. ALAT.élaboration d’ordres – conduite). UN TEMPS D’AVANCE Contrairement à ce qui avait été initialement envisagé. renseignement. Dans le cadre de l’exécution de missions nécessitant la réalisation d’obs- ARCHITECTURE GENERALE Les missions du génie définies dans le GEN 100. l’ensemble des flux d’échanges et leur contenu. comportent deux volets : (1) SIRGEX : Système d’Information Régimentaire du Génie Expérimental . • l'appui général (aide au déploiement. a dû faire l’objet d’une analyse détaillée pour adapter son contenu aux besoins spécifiques du génie français. Le SIR « GENIE » est le résultat d’une analyse fonctionnelle dont l’objectif a été d’étudier. • gérer les incidents éventuels et les conséquences sur la planification retenue. • suivre l’état d’avancement des travaux. « concept d’emploi du génie ». quelles que soient les positions opérationnelles (conservé aux ordres. quels que soient les niveaux et types d’unités. PLAN MIXTE GÉNIE Plan particulier d’appui à la mobilité Plan particulier d’appui à la contre-mobilité Plan particulier d’appui à la l’aide au déploiement Ce document permet : • d’élaborer le plan des reconnaissances terrain. détaché). • de définir les travaux à exécuter. rétablissement de zone) Au sein du SIR « Génie ». arme blindée. • de concevoir une hypothèse de planification de ces travaux. la version 1 du SIR n’a intégré aucune fonctionnalité génie. les moyens et les délais nécessaires pour réaliser un travail/tâche génie. car le choix a été fait de privilégier l’incorporation du contenu du stanag 2430 gérant l’ensemble de la messagerie génie de l’OTAN. • l'appui direct (participation au combat de contact. Le système SIR fait largement appel aux produits et matériels du commerce. appui aux déplacements. structuré en 3 plans particuliers dont chacun regroupe les missions majeures à effectuer dans un cadre espace-temps. pour chaque obstacle et/ou ouvrage. soutien…).S A P E U R Successeur du SIRGEX (1). ce stanag tout à fait essentiel en matière d’interopérabilité.

à créer des tâches. véhicules. Il pourra assurer 4 liaisons vers le haut et 2 vers le bas en TD (transmission de données) et en phonie (radio de combat). Pour ce faire.1 du logiciel a été livrée dans les écoles à l’automne 2002. Celle-ci pourra elle-même être découpée en plusieurs zones et affectée chacune à une unité élémentaire. au prorata de la géométrie de l’obstacle (linéaire ou surfacique). Il disposera de 2 stations de travail SIR. Ce plan mixte se traduit concrètement en IHM (interface homme machine) par un calque spécifique. Les enseignements tirés de cet exercice doivent permettre d’améliorer le produit.). qui permet de faire le bilan du souhaitable par rapport au possible. abattis. Pour illustrer ce propos. Cette opération se poursuit pour l’ensemble du plan d’obstacles et débouche sur un tableau de synthèse (le TESM : Tableau d’Emploi et de Suivi des Moyens). Il lui suffit alors de choisir une icône.S A P E U R D’AUTRES FONCTIONNALITES A partir de cette interface graphique le logiciel sert en plus à composer automatiquement les messages d’ordre de reconnaissance. LE PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT Arrêtons nous un instant sur le mécanisme de fonctionnement du logiciel.97 - Le SIR n’en est qu’à ses débuts. on peut obtenir de manière automatique. à de pré renseigner les champs de l’ordre du génie. de 3 postes PR4G pilotés CONCLUSION La version 2. admettons que nous ayons une mission de contre mobilité à remplir. elle a fait l’objet d’une validation opérationnelle lors d’un exercice à Mourmelon au cours duquel la 2e brigade blindée et une unité du 13e RG ont expérimenté l’ensemble du système (logiciel. est reprise par l’officier traitant du niveau PC régimentaire qui appelle le calque correspondant au plan particulier de contre mobilité. . par ses performances. par un serveur de communication. Cette mission fixée par le supérieur (brigade par exemple). tacles. Cette opération sert à définir la trame de l’ordre de reconnaissance qui sera donné à chaque unité élémentaire. ORGANISATION MATERIELLE SUR LE TERRAIN Chaque PC régimentaire du génie sera doté de 2 ensembles PC composés chacun de 2 ATM 15 (abri technique mobile). …. de dessiner sur la carte le contour du ou des obstacles voulus. Dans le même temps. les conditions de sa réalisation. il dispose sur ce calque d’une palette d’icônes représentant tous les symboles des obstacles de contre mobilité (champs de mines. La réception d’un OPO (2) de l’échelon supérieur et/ou d’un FRAGO (3) génère automatiquement un Plan mixte génie. Leur fiche descriptive se remplit automatiquement en reportant notamment les coordonnées. Chaque commandant d’unité élémentaire sera équipé d’un VAB SIR ou d’un ATM (UCL). à planifier des travaux au travers d’hypothèses de planification. (2) OPO : Operation order : ordre d’opérations (3) FRAGO : Fragmentation order : ordre de conduite . moyens de communication). à suivre l’état d’avancement de chaque obstacle/ouvrage. à faire des comptes rendus d’incidents et surtout à tenir à jour la situation terrain de l’unité appuyée. Sa composante génie est un maillon qui concourt. à optimiser l’emploi du génie et la mise en œuvre de ses moyens. fossé antichar. Il délimite alors sur son fond de carte une aire géographique qui correspond à la zone dans laquelle cette mission devra être réalisée.

98 - .S A P E U R .

the Air Force (22 %) and the Navy (8 %) building a force of roughly 50. even if they do not have their own uniform. La volonté d’interarmisation du soutien se traduit dans les faits par la création en octobre 2000 d’une nouvelle entité comparable aux armées allemandes de terre. au 13e régiment du génie de TREVES où il prend le commandement de la 5e compagnie de combat et d’appui de 1992 à 95. the Engineers still have the same school and the same combat development wing.99 - . Affecté en 2000 comme officier de liaison terre à la Pionierschule de MUNICH. as compared to the 70. the Navy or the Air Force. The strength of the SKB were taken from the Army (70 %). The German Engineers are also facing this reform. nous nous arrêterons plus longuement sur sa composante génie. joint coordination for intelligence. de mer et de l’air : la Streitkräftebasis (SKB ou base interarmées des forces). SKB or Army. une nouvelle politique de développement des matériels militaires et surtout une volonté d’interarmisation du soutien. son accréditation couvre aussi ENTEC (Euro Nato Training Engineer Center ou centre d’inter-opérabilité du génie de l’OTAN en Europe) et l’ABCSeS (école de défense NBC) de SONTHOFEN en ALLEMAGNE. These battalions have Camp Construction and Maintenance Companies dedicated to build and support field camps of 1.000 civilians under the command of Vice Admiral HEISE. who serve in staffs or units such as the 3 newly created “Spezialpionierbatallion” which are in 2 SKBs’ Logistic Regiments.000 à 282. . l’externalisation de certaines charges. In any case. which could manage some 80. and pipe-line companies dedicated to support the NATO pipe-line or to deploy abroad.500 soldiers and 20. joint logistic support. The branch now has Engineers of the Army and Engineers of the SKB.000 reserve soldiers of the Army. CIMIC.800 soldiers. infrastructure.000 reservists. but the future of this unity is not assured. Après avoir vu ce que représente la SKB et ses missions. outre une réduction des effectifs des forces armées (de 340. One of the goals of the governments force rationalisation plan was to strengthen the joint support. Cette réforme voulue par le gouvernement se place dans un cadre de rationalisation en vue d’améliorer son fonctionnement et de gagner en rentabilité. All the territorial staffs do not belong to the Army any more but to the SKB. own formation system or own personnel management system. promotion LTN Bernard Delattre de Tassigny (1984-85). while maintaining the conscript system. military police. Elle se caractérise essentiellement par 3 axes qui sont. Engineers are more and more needed for force projections. le CBA BREHIER sert successivement au 3e régiment du génie de CHARLEVILLE MEZIERES. Their joint missions are either on home territory or abroad. Issu de l’EMIA.S A P E U R Chef de bataillon Xavier BREHIER Le nouveau concept allemand de la Streitkräftebasis ou « base interarmées des forces » et son génie The reform of the Bundeswehr is ongoing since 2000 with a theoretical completion by 2005. electronic warfare. Thus the SKB was created as an entity equivalent to the Army. et qui court jusqu’en 2005. NBC defence. La Bundeswehr subit une réforme depuis 2000. training and education. It includes joint operations planing. la plus importante depuis sa création. command support. puis à l’école supérieure et d’application du génie.000 personnes) tout en pérennisant le service militaire.

Nouvellement créé à partir du génie de l’armée de terre.000 sapeurs). Cette nouvelle brigade est à 2 bataillons types génie combat et 2 bataillons types appuis. La SKB ne reste cependant qu’une entité car elle ne possède pas en propre d’uniforme. de la police militaire. création de la Pionierbrigade 100 (brigade du génie n° 100) en substitution des 7 brigades du génie existant auparavant. l’aide au déploiement puis la contre-mobilité. au soutien logistique interarmées des unités. de la guerre électronique. ni d’organismes de formation ou de gestion du personnel. Avec quelques 50. devançant l’armée de terre qui n’en compte plus que 70.500 carrières-contrats à 6. aux côtés du service de santé. Inspekteur (assimilable à chef d’état-major) de la SKB est bien à la tête d’une équivalente quatrième armée. ce qui conforte le rôle de cette entité comme force projetable. du soutien à l’instruction. • L’appui génie direct des brigades IA a été renforcé avec la création de bataillons du génie blindé en substitution des compagnies blindées du génie de brigade. si l’on considère ses missions. de commandements interarmées et territoriaux. de formation.000 postes de réservistes. à la coordination de l’ensemble des missions interarmées dans les domaines du renseignement. La SKB comprend 2 commandements principaux avec : • le Streitkräfteunterstützungskommando (commandement des troupes de la SKB) gérant environ 42. de la défense NBC. trois « Spezialpionierbataillon » (SpezPiBtl ou bataillons spéciaux du génie) ont été créés au sein de la SKB. ses effectifs et sa position dans l’organigramme de la Bundeswehr.de la planification à la conduite des opérations interarmées. La SKB a aussi repris à son compte la responsabilité territoriale en Allemagne avec les commandements territoriaux des 4 Wehrbrereichskommando (ou régions terre) sur les 7 WBK existant avant la réforme.500 carrièrescontrats-VSL).S A P E U R La SKB répond à une volonté de recentrer les armées sur leurs missions tout en économisant des effectifs.000 civils. • Enfin. de l’aide au commandement. Les effectifs de la SKB sont répartis entre 70 % venant de l’Armée de Terre. La réforme voit donc pour le génie allemand à l’instar des autres armes. le génie du SKB a pour mission l’appui opérationnel des forces de la Bundeswehr . autres missions territoriales (avec par exemples : le réseau pipe-line de l’OTAN en ALLEMAGNE). des infrastructures. Tant en paix sur le territoire national qu’en opération extérieure.000 civils • le Streitkräfteamt (office des forces) chargé de la composante organisationnelle. Trois axes majeurs ont orienté la réforme de ses structures : • En appui général.000 militaires et 13. l’école d’état-major et de la police militaire. instruction et spécialisée avec environ 51. ainsi que leurs unités activées et unités de réserve rattachées. les deux universités de la Bundeswehr ou les états-majors territoriaux des WBK. la SKB gère 80. organisation de réseau pipe-line. de la coopération civilo-militaire. son champ d’action s’étend .000 civils. du soutien militaire géographique. en éliminant les redondances de personnel et d’installations dédiés aux mêmes types de missions essentiellement de soutien.100 - . . de l’information opérationnelle. cet appui se décline en construction et exploitation de camps de campagne. mais une augmentation de ses sapeurs « projetables » (de 5. certes une réduction de ses effectifs (de 15. le vice-amiral d’escadre HEISE.00 militaires et 2. 22 % de l’Armée de l’Air et 8 % de la Marine.pour tout ou partie . En cas de mobilisation.500 militaires sont classés comme Reaktionkräfte (forces de réaction disponibles pour les OPEX). La SKB a aussi en charge certains organismes et commandements interarmées comme le nouvel Einsatzführungskommando (centre opérationnel des forces armées) qui relève pour emploi directement du ministre de la défense mais qui est géré par la SKB.500 à 10.500 militaires et 20. mais définitivement en dehors des structures de l’armée de terre. Les missions générales du génie du Heer (armée de terre allemande) sont l’appui génie direct et l’appui génie général avec les 3 missions générales qui restent dans l’ordre l’appui à la mobilité.000 pour sa montée en puissance. construction et exploitation de pipe-lines. La variété et l’importance des domaines d’action relevant de la SKB énumérés ci-dessus confirment son rôle majeur au sein de la Bundeswehr à égalité des autres armées tant sur le territoire fédéral qu’en OPEX puisque quelques 27. et de la formation.

possèdera 3 SpezPiBtl inclus dans 2 des 3 régiments logistiques des WBK. Le concept allemand de camp prend en compte les fonctions logement. commandant la Pionierschule et « inspecteur du génie » définit le génie comme force multiplicatrice en engagement au profit d’autres armes ou armées. participation à la protection de l’environnement. bureaux et containeurs spécialisés types armurerie ou cabines de téléphones. Enfin. Chaque commandement de VBK (Verteidigungsbezirkskommando ou district de défense) au sein des régions militaires (WBK) a une cellule génie et un groupe génie qui prennent en compte les missions territoriales du temps de paix. aide. à l’instar de l’armée de terre. l’unicité de l’arme reste une volonté même si cet avenir n’est pas assuré. Tout à la fois selon la définition allemande « soldat. implantée à MUNICH. La séparation pose des problèmes d’unicité de l’arme et implique de facto le glissement d’une part de ses missions et effectifs vers la fonction logistique. la réforme du concept de mobilisation étant toujours en cours. les orientations futures étant de 7500 soldats en 2004. Le général KULACK.5 KM de pipe-line en campagne . foyer / ordinaire. le sapeur allemand qu’il soit de l’armée de terre ou de la nouvelle base interarmées des forces. Cette confrontation génie – logistique/arme du matériel existe d’ailleurs déjà pour les spécialités de déminage/dépollution/ neutralisation d’engins explosifs L’ensemble de ces trois bataillons représente 2440 soldats dont 2120 sapeurs originaires de l’AdT allemande. par exemple. préparant l’avenir de l’arme orienté actuellement fortement vers les forces moyennes de projection. les missions NEDEX. Au sein de cette entité. outre tous les postes individuels d’infrastructure ou d’état-major. pionnier et spécialiste ». des bataillons de réserve dont du génie. le génie. c) interventions sur le réseau pipe-line de l’OTAN en ALLEMAGNE. alimentation. mais interarmées et qui appartient au SKB. le reste appartenant à la Luftwaffe (armée de l’air) lui donnant une capacité propre d’installation d’infrastructure en conteneurs.101 - . comme de crise et du temps de guerre (liaison avec les organismes civils. L’école du génie allemand. SKB ou Heer. les régions militaires mettraient sur pied. Sa DEP travaille au profit des deux composantes. devient de plus en plus incontournable et déterminant au sein de forces projetées.S A P E U R Le génie allemand est donc maintenant partagé entre l’armée de terre et le SKB. etc. qui restent spécifiques génie du Heer. servant des matériels adaptés et en constante évolution. énergie. suivi du pipe-line OTAN en Allemagne.). b) entretien et intervention sur les installations d’approvionnement de carburant en opération. reste pour l’instant le centre de formation et d’études et prospectives unique de l’arme. puisque ces bataillons sont structurellement inclus au sein de régiments logistiques. La formation de tous les sapeurs cadres et spécialistes faisant partie du Heer ou du SKB est donc du ressort de la Pionierschule. répertoire et entretien des points de passages. dommages dus aux forces. mais non d’aide au déploiement. laquelle appartient toujours à l’armée de terre allemande.en utilisant les stocks de la Bundeswehr -. traitement des . Une « compagnie de camp » est « taillée » pour construire et entretenir un camp de 1800 hommes. puis une « équivalent division » soit 16500 soldats pour l’horizon 2011… Les missions des unités de pipelines sont le soutien à l’approvisionnement en carburant au travers de : a) construction jusqu’à un total de 17. Quelques sapeurs font évidemment partie du bataillon CIMIC de la Bundeswehr qui n’est pas une unité génie. La Bundeswehr dispose actuellement de conteneurs pour installer environ 4500 soldats. Un de ces SpezPiBtl sera uniquement composé de quatre compagnies de camps alors que les deux autres mixeront trois compagnies de camp et deux de pipe-lines. santé. en cas de menace majeure. faute de moyens d’organisation du terrain. laverie.

S A P E U R .102 - .