La Disparition Georges Perec La disparition L'oeuvre de Georges Perec (1936-1982) connaît un succès croissant.

Étonnamment diverse et originale, elle a renouvelé les enjeux de l'écriture narrative et poétique. Ainsi Perec s'est-il fait explorateur de notre environnement, tour à tour narquois (Les choses, prix Renaudot 1965) ou fantaisistement méthodique (Espèces d'espaces), inventeur de nouvelles formes de l'autobiographie (La boutique obscure, W ou Ie souvenir d'enfance, Je me souviens) ou chroniqueur du renoncement au monde (un homme qui dort). En jonglant avec les lettres et les mots, il a transformé le langage en un jubilatoire terrain de jeux et d'inventions (Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour?, La disparition, Les revenentes) ou en un laboratoire qui s'ouvre aussi bien à la poésie (Alphabets, La clôture) qu'à la rêverie philosophique (Penser/Classer). Il a été un des membres importants de l'OULIPO (Ouvroir de Littérature Potentielle). La vie mode d'emploi (prix Médicis 1978), ce « romans » qui contient une centaine de romans et mille bonheurs et perplexités de lecture, offre comme une éblouissante synthèse de toutes ses recherches. Un corps noir tranchant un flamant au vol bas un bruit fuit au sol (qu'avant son parcours lourd dorait un son crissant au grain d'air) il court portant son sang plus loin son charbon qui bat Si nul n'allait brillant sur lui pas à pas dur cil aujourd'hui plomb au fil du bras gourd Si tombait nu grillon dans l'hors vu au sourd mouvant baillon du gris hasard sans compas l'alpha signal inconstant du vrai diffus qui saurait (saisissant (un doux soir confus ainsi on croit voir un pont à son galop) un non qu'à ton stylo tu donnas brûlant) qu'ici on dit (par un trait manquant plus clos) I'art toujours su du chant-combat (noit pour blanc) J. ROUBAUD AVANT-PROPOS Où l'on saura plus tard qu'ici s'inaugurait la Damnation

Éditions Denoël, 1969.

Trois cardinaux, un rabbin, un amiral francmaçon, un trio d'insignifiants politicards soumis au bon plaisir d'un trust anglo-saxon, ont fait savoir à la population par radio, puis par pla-

cards, qu'on risquait la mort par inanition. On crut d'abord à un faux bruit. Il s'agissait, disaiton, d'intoxication. Mais l'opinion suivit. Chacun s'arma d'un fort gourdin. « Nous voulons du pain », criait la population, conspuant patrons, nantis, pouvoirs publics. Ça complotait, ça conspirait partout. Un flic n'osait plus sortir la nuit. A Mâcon, on attaqua un local administratif. A Rocamadour, on pilla un stock: on y trouva du thon, du lait, du chocolat par kilos, du maïs par quintaux, mais tout avait l'air pourri. A Nancy, on guillotina sur un rond-point vingt-six magistrats d'un coup, puis on brûla un journal du soir qu'on accusait d'avoir pris parti pour l'administration. Partout on prit d'assaut docks, hangars ou magasins. Plus tard, on s'attaqua aux Nords-Africains, aux Noirs, aux juifs. On fit un pogrom à Drancy, à Livry-Gargan, à Saint-Paul, à Villacoublay, à Clignancourt. Puis on massacra d'obscurs trouffions, par plaisir. On cracha sur un sacristain qui, sur un trottoir, donnait l'absolution à un commandant C.R.S. qu'un loustic avait raccourci d'un adroit coup d'yatagan. On tuait son frangin pour un saucisson, son cousin pour un bâtard, son voisin pour un croûton, un quidam pour un quignon. Dans la nuit du lundi au mardi 6 avril, on compta vingt-cinq assauts au plastic. L'aviation bombarda la Tour d'Orly. L'Alhambra brûlait, l'Institut fumait, l'Hôpital Saint-Louis flambait.

Du parc Montsouris à la Nation, il n'y avait plus un mur d'aplomb. Au Palais-Bourbon, l'opposition criblait d'insultants lazzi, d'infamants brocards, d'avilissants jurons, un pouvoir qui s'offusquait sous l'affront, mais s'obstinait, blafard, à amoindrir la situation. Mais tandis qu'au Quai d'Orsay on assassinait vingt-trois plantons, à Latour-Maubourg, on lapidait un consul hollandais qu'on avait surpris volant un anchois dans un baril. Mais tandis qu'à Wagram on battait jusqu'au sang un marquis à talons nacarat qui trouvait d'un mauvais goût qu'on pût avoir faim alors qu'un moribond lui suppliait un sou, à Raspail, un grand Viking au poil Uond qui montait un canasson pinçard au poitrail sanglant, tirait à l'arc sur tout individu dont l'air l'incommodait. Un caporal, qu'affolait soudain la faim, volait un bazooka puis flinguait tout son bataillon, du commandant aux soldats; promu aussitôt Grand Amiral par la vox populi, il tombait, un instant plus tard, sous l'incisif surin d'un adjudant jaloux. Un mauvais plaisant, pris d'hallucinations, arrosa au napalm un bon quart du Faubourg SaintMartin. A Lyon, on abattit au moins un million d'habitants; la plupart souffrait du scorbut ou du typhus. Pour un motif inconnu, un commis municipal aux trois quarts idiot consigna bars, bistrots, bil-

lards, dancings. Alors la soif fit son apparition. Par surcroît, Mai fut brûlant: un autobus flamba tout à coup; l'insolation frappait trois passants sur cinq. Un champion d'aviron grimpa sur un pavois, galvanisant un instant la population. Il fut fait roi illico. On l'invita à choisir un surnom sonnant; il aurait voulu Attila III; on lui imposa Fantomas XVIII. Il n'aimait pas. On l'assomma à la main. On nomma Fantômas XXIII un couillon à qui l'on offrit un gibus, un grand cordon, un stick d'acajou à cabochon d'or. On l'accompagna au Palais-Royal dans un palanquin. Il n'y arriva jamais: un gai luron, criant « Mort au Tyran ! A moi, Ravaillac ! » l'ouvrit au rasoir. On l'inhuma dans un columbarium qu'un commando d'ahuris profana huit jours durant sans trop savoir pourquoi. Plus tard, on vit surgir un roi franc, un hospodar, un maharadjah, trois Romulus, huit Alaric. six Ataturk, huit Mata-Hari, un Caius Gracchus, un Fabius Maximus Rullianus, un Danton, un Saint-Just, un Pompidou, un Johnson (Lyndon B.), pas mal d'Adolf, trois Mussolini, cinq Caroli Magni, un Washington, un Othon à qui aussitôt s'opposa un Habsbourg, un Timour Ling qui, sans aucun concours, trucida dix-huit Pasionaria, vingt Mao, vingt-huit Marx tun Chico, trois Karl, six Groucho, dix-huit Harpo). Au nom du salut public, un Marat proscrivit tout bain, mais un Charlot Corday l'assassina dans son tub.

Ainsi consomma-t-on la liquidation du pouvoir: trois jours plus tard, un tank tirait du quai d'Anjou sur la Tour Sully-Morland dont l'admi nistration avait fait son bastion final; un adjoint municipal monta jusqu'aux toits; il apparut, agitant un fanion blanc, puis annonsa au micro l'abdication sans condition du Pouvoir Public, ajoutant aussitôt qu'il offrait, quant à lui, son loyal concours pour garantir la paix. Mais son sursaut fut vain car, sourd à son`imploration, l'imposant char d'assaut, sans sommation ni ultimatum, rasa jusqu'aux fondations la Tour. Ouant au soi-disant dispositif martial qu'on instaura sous l'instigation d'un grand nigaud à qui la garnison avait imparti tout pouvoir, il fut d'autant plus vain qu'il aggrava la situation. Alors ça tourna mal. On vous zigouillait pour un oui ou pour un non. On disait bonjour puis l'on succombait. On donnait assaut aux autobus, aux corbillards, aux fourgons postaux, aux wagons-lits, aux taxis, aux victorias, aux landaux. On s'acharna sur un hôpital, on donna du knout à un agonisant qui s'accrochait à son grabat, on tira à bout portant sur un manchot rhumatisant. On crucifia au moins trois faux Christ. On noya dans l'alcool un pochard, dans du formol un potard, dans du gas-oil un motard. On s'attaquait aux bambins qu'on faisait bouillir dans un chaudron, aux savoyards qu'on brûlait vifs, aux avocats qu'on donnait aux lions, aux franciscains qu'on saignait à blanc, aux dactvlos

Il s'assit sur son cosy. Il toussa. aux putains. s'avançait. Il avait chaud. non . disparaissant dans la nuit avant qu'il ait pu l'assaillir. On pillait. car il sursauta soudain. Dutronc chanta du Lanzmann. Barbara un madrigal d'Aragon. plus sourd qu'un tocsin. Anton Voyl Qui. plus profond qu'un bourdon. puis un fox-trot. on trahissait. il but un grand bol. aux clowns. Mais il y avait pis: on avilissait. Un bruit indistinct montait du faubourg. aux blousons noirs. I1 n'y avait aucun fait important: à Valparaiso. sonna trois coups. un clapotis plaintif signalait un chaland qui passait. plus lourd qu'un glas. on dissimulait. Sur l'abattant du vasistas. on mutilait. Il alluma un cigarillo qu'il fuma jusqu'au bout quoiqu'il trouvât son parfum irritant. sur son cou. I1 mit la radio: un air afro-cubain fut suivi d'un boston. un animal au thorax indigo. Il faisait doux. à Anton Voyl n'arrivait pas à dormir. Il alla à son lavabo. aux svndics. tralnant un brin d'alfa. on violait. il butait à tout instant sur un mot dont il ignorait la signufication. aux typos. à l'aiguillon safran. aux bougnats. il prit du lait froid. s assit dans son lit. aux Mussipontins. il mouilla un gant qu'il passa sur son front. il l'ouvrit. Il s'approcha. Nul n'avait plus jamais un air confiant vis-à-vis d'autrui: chacun haïssait son prochain. mais l'animal prit son vol. Son pouls battait trop fort. 18 Il tapota d'un doigt un air martial sur l'oblong châssis du vasistas. aux milords. Il s'apaisait. ni un charançon. à Zurich. Stich-Randall un air d'Aida. s'appuyant sur son polochon. d'abord. Un carillon. Il abandonna son roman sur son lit. aux marins. aux garçons. Il alluma Son Jaz marquait minuit vingt. Du canal Saint-Martin. Il dut s'assoupir un instant. Il ouvrit son frigo mural. Norodom Sihanouk faisait savoir qu'il n'irait pas à Washington. aux cyrards. il lut. aux tambouts. aux paysans. mais il n'y saisissait qu'un imbroglio confus. ni un cafard. Il poussa un pro fond soupir. voulant l'aplatir d'un coup vif. La radio annonçait: « Voici nos Informations ». il prit un journal qu'il parcourut d'un air distrait.qu'on gazait. l'inauguration d'un pont avait fait vingt-cinq morts. Il prit un roman. a l'air d'un roman jadis fait ou il s'agissait d'un individu qui dormait tout son saoul loin. scruta la nuit. puis un tango. aux mitrons qu'on asphyxiait. Il ouvrit son vasistas. puis un cotillon mis au goût du jour. mais plutôt un artison.

portant sur son thorax noir trois articulations d'un blanc quasi lilial. il voudrait voir surgir. dix-huit.Matignon. Ou. il croyait voir saillir un point nodal. dans un match comptant pour la Davis-Cup. il y voyait surgir cinq. mais il fatigua trop tôt. Son imagination vaquait. six. un-six. un court instant. substituts ambigus tournant sans fin autour d'un savoir. contribuait à ourdir. A Roland-Garros. fourbu. mais faisait chou blanc. un auto-portrait. obscurs porttaits qu'il ordonnait sans fin. s'assit. La vision du tapis lui causait un mal troublant. un voyou. conflits raciaux. six-trois. la Main à trois doigts d'un Sardon ricanant. à Conakry. huitsix. Il coupa la radio. la figuration d'un bourdon au vol lourd. qu'il approchait mais qu'il taisait toujours: un mort. un nodus rhumatismal. tandis qu'un ouragan au joli surnom d'Amanda s'annonçait sur Tristan da Cunha dont on rapatriait la population par avions-cargos. clouant Cam. qu'il calquait. lapsus inconsistants. fit cinq ou six tractions. d'un pouvoir aboli qui n'apparaItrait plus jamais. s'abrutissant. Au fur qu'il s'absorbait. sous trois traits droits l'apparition d'un croquis approximatif. Au Biafra. tout un tas d imparfaits croquis. ou l'iris malin d'un cachaIot colossal. pas tout à fait dos. Il s'accroupit sur son tapis. un signal qui l'aurait satisfait. à bâtir la configuration d'un croquis initial qu'il simulait. blanc sur blanc. brouillons fascinants mais sans poids. insatisfaisant: substituts saillants. contours bâtards profilant. fixant d'un air las l'intrigant croquis qui apparaissait ou disparaissait sur l'aubusson suivant la façon dont s'organisait la vision: Ainsi. dans un vain sursaut d'imagination. s'imposant soudain. un faucon niais. Il s'irritait. Santana avait battu Darmon. parfois. Pompidou proposait aux syndicats l'organisation d'un statu quo social. on parlait d'un putsch. Ou. un noyau inconnu qu'il . mais qu'à jamais. un souhait. scrutant son tapis. alors qu'il voyait. vingt. l'hautain portrait d'un roi brandissant un harpon. un bouvillon. Un typhon s'abattait sur Nagasaki. parcours aux maillons incongrus. prit son inspiration. un oisillon couvant son nid. surgissant d'un brouillard cristallin. y traquant l'appariticn d'un signal plus sûr. d'un signal global dont il aurait aussitôt saisi la signification. Ou. Sous l'amas d'illusions qu'à tout instant son imagination lui dictait. fascinant Achab: avatars d un noyau vital dont la divulgation s'affirmait tabou. narguant Jonas. finissant par un trait horizontal: on aurait dit un grand G vu dans un miroir. trois-six. aurait-on dit. vingt-six combinaisons. pour finir. un rond. dont chacun.

champ inconnu dont il traçait l'inouï littoral. l'assaillant. il s'habillait. il couvrait pourtant d'un madras son sinciput. au laudanum ou au pavot. Nul jalon. sauf la frustration d'un savoir non assouvi. à tout instant.. Alors surgissait. puis un maillot. mais il n'y dormit pas plus.. sortait. à l'opium. il saisissait. il poussa jusqu'à Saint-Malo: il y passa trois jours. bâtissant tout autour la chair d'un roman. lisait. ça palpitait: il allait savoir (il savait. un fil tramait l'obscur point Alpha. sauf l'irritation d'un souhait ayant failli aboutir. qu'il côtoyait la solution. un galimatias diffus. il avait toujours su. tourbillon. Il fit tout pour dormir. scrutait la nuit. miroir du Grand Tout offrant à foison l'Infini du Cosmos. un charabia sibyllin. laissant sans fin courir son imagination à l'affût. trainait. toujours trop tard. tout à coup. l'habillant. à Dourdan. si commun.) mais tout s'obscurcissait. passait la nuit dans un bar. il abandonnait son lit. ou. somnolait.. Alors. croupissant. nul timon. languissant sur l'oblong tapis. construisant. s'appliquant à voir. paroi qu'il parcourait sans jamais la franchir. Il continuait. suivant son inspiration: à Chantilly ou à Aulnaysous-Bois. nul fanal.touchait du doigt mais qui toujours lui manquait à l'instant où il allait y aboutir. poursuivant l'illusion d'un instant divin où tout s'ouvrirait. Il s'acharna huit jours durant. ou à son club. divaguant. allumait la radio. Puis. il voyait. il savait. la vision qui l'hantait: un court instant. point primordial d'où surgirait soudain un panorama total. planton morfondu. quoiqu'il sût. car tout avait l'air si banal. Il n'arrivait plus à dormir. Il mit un pyjama à pois. trop tard. à Orly. aussi vigilant qu'un individu qui a dormi tout son saoul. Il suffoquait. . il paraissait pris d'un sursaut brutal. mais vingt combinaisons dont il n'arrivait pas à sortir. il s'assoupissait. mais il n'y parvint jamais. allait au hasard. Il s'obstinait. un trop court instant. s'abrutissant. Un soir. où tout s'offrirait. dont il suivait l'insinuant contour. Fascination dont il n'arrivait pas à s'affranchir. il marchait. trou abyssal au rayon nul. Il bondissait.. Il frissonnait. Un imbroglio. sur son tapis: mais tout avait disparu. Au bout d'un instant. montant dans son auto (quoiqu'il conduisît plutôt mal). Parfois. On aurait dit qu'au plus profond du tapis. il comptait pourtant moutons sur moutons. Il s'alitait pourtant au couchant. prison. par-ci ou par-là. Un faux jour. un sirop à l'allobarbital. buvait. ayant bu son infusion. si normal. s'incrustant. puis nommant sa vision. qu'il la frôlait: ça approchait parfois. tout disparaissait: il n'y avait plus qu'un chuchotis furtif. hauts murs. à Limours ou au Raincy.

ça finit par aigrir Anton. Avait-il parfois mal à l'iris ? Plutôt pas. du sac. mais ça n'avait pas agi. L'oto-rhino prit son pouls. il loua. palpation. Il fut d'accord. ralluma. ça bourdonnait tout autour. dit-il. accroupi. il avait. il va falloir ouvrir. tripota son pavillon. du lit à baldaquin. photographia dans un noir total. puis il coucha tout nu. il consulta un fakir qui lui proposa son grabat à clous. manipula trois boutons. Il n'y arrivait pas. papillon gris à pois blancs. farfouilla son tympan. fit la nuit. On s'informa: souffrait-il ? Plus ou moins. il transpira sous un plaid. Il frissonna sans draps. glacial. dit-il. introduisit un miroir rond sous son palais. Un voisin compatissant l'accompagna à la consultation à l'hôpital Cochin. Ça l'asphyxiait.puis un collant. portant lorgnons. brillant. fit l'oto-rhino. son naso-pharynx. Il coucha Voyl sur un billard blanc. sa cloison. puis un foulard. il compara l'alfa au kapok. —Stop ! intima l'oto-rhino. mais il sifflotait durant l'auscultation. —Chut. malaxa son larynx. Il croyait s'assoupir. il faut savoir s'il y a ou non un soupçon d'auto-intoxication. Ça l'opprimait. —Oui. On l'invita à subir auscultation.. fumant un cigarillo qui puait l'alcool. allons plutôt là-bas à la radio. confirma l'oto-rhino. il y a constriction du sinus frontal. il joignit son talon à sa main. du hamac. Ou'avait-il ? Il n'arrivait pas à dormir ? Avait-il pris un sirop ? Un cordial ? Oui. son sinus droit. .. puis un gourou qui lui ordonna la position yoga: son avantbras droit comprirnant l'occiput. Il donna son nom. Aux conduits auditifs ? Non. —Oh Oh Oh. appuya sur l'os occipital un poinçon d'iridium qui avait l'air d'un gros styIo. —Ouvrir ! s'alarma Voyl. puis radio. voyons. du sofa. au poil ras. à prix d'or. puis la gandourah d'un cousin spahi. L'oto-rhino faisait du bon travail. Il coucha assis. j'ai pas fini. du châlit. son rang d'immatriculation à l'Association du Travail. Il fit son lit d'au moins vingt façons. Voyl voulut s'accroupir sur son billard. Au palais ? Ça pouvait. dans lui. puis alla sortir sur un cadran muni d'un aimant qu'animait la vibration d'un rotor la graduation qui analysait l'afflux sanguin: —L'inscription paraît au maximum. à califourchon. J'ai mal. Il fut bon pour l'oto-rhino. abaissa un volant. On voulut savoir: un bourdon ou un faux-bourdon ? Il l'ignorait. mais il tâta aussi du lit pliant. Mais tout s'affirmait vain. dit l'otorhino qui pianotait sur l'attirail. la nuit. du lit clos. mais il y avait. Il brancha un circuit. un bourdon qui bourdonnait. mâchonnant son cigarillo. l'ausculta. j'ai dit: ouvrir. un gars jovial. Au front ? Oui. Un jour. aux longs favoris roux. mais ça fondait sur lui. un dortoir. du divan.

auto-intoxication du nasopharynx. puis put accomplir son but final: l'ustion du tissu nodal. il n'y paraîtrait plus. s'aidant du poinçon à pannoir qu'un Anglais avait mis au point trois mois plus tôt. l'inoculation du larynx aurait pour filiation un faux croup. crachotant du sang. sinon. Puis l'oto-rhino introduisit dans son tarin un trocart: l'incision du tractus olfactif provoqua la naso-dilatation dont l'oto-rhino profita illico.sinon il va y avoir un faux croup. Coma post-natal. bavotant d'indignation: —Maudit Charlatan ! fit-il pour finir. L'abrasion au burin suivit. On la pratiquait sous Louis XVIII. Il appuya sur un bouton. Au matin. Puis il dicta son diagnostic à la dactylo: —Nom: Anton Voyl. Chloroformisation. sa cour d'aspirants toubibs l'accompagnait. Convulsions. la voix pâtira. il souriait aux mamans. scarifiant au grattoir d'Obradovitch la cloison. Alors il pratiqua la ponction du sinus. on aura l'occasion d'y voir plus clair. mais d'abord. il nous faut du va«in anti-conglutinatif avant midi. constriction du sinus frontal droit non sans inflammation du mucus irradiant jusqu'aux barbillons sublinguaux. —Bon. dit l'oto-rhino. tôt ou tard. Torticolis. allons. Donc Voyl alla à l'hôpital. pourtant quand il souriait. Guillain-Thaon. mais tout à fait banal. tatillon. Procalmadiol. On lui administra un tranquillisant puissant (Largactyl. quand on aura fait cinq ou six immuno-transfusions. Syphilis. suscitant du mourant un rictus grimaçant. plaintif. Consultation du huit avril: coryza banal. cours à Foch. Puis il rassura Voyl: l'ablation du sinus constituait un travail long. Voyl n'avait pas à mollir: d'ici dix jours. Nous proposons donc l'ablation du sinus. Trois jours plus tard. dont il fit sortir au bistouri un fungus malin. à Saint-Louis ou à Broca. buvant du lait quand il parlait. Il sortit son mouchoir. Palpitations. Il disait tout ça d'un ton badin. il donnait aux carabins sa conclusion qu'il justifiait: Parkinson. Voyl ignorait s'il plaisantait ou non: mais l'humour noir du toubib l'angoissait. conciliant. Pour cinq ou six cas plus ardus. Parut son assistant qu'habillait un sarrau violin. il offrait un bonbon à un marmot qui avait bobo. —Rastignac. j'aurais plutôt dû voir un ophtalmo ! —Allons. Atarax). Il s'avançait parfois jusqu'au lit où finissait un agonisant râlant. Mais il avait toujours un mot amusant ou consolant pour chacun. Charbon. analysons tout ça. puis passait au billard. dit-il pour finir à son assistant qui . dont il tapotait l'avant-bras. puis l'occlusion qu'il fit sans faiblir. Zona. On l'installa dans un dortoir où il y avait vingt-six lits dont vingtcinq garnis d'individus plus ou moins moribonds. Voyl montait sur un chariot. il vit un Grand Patron qui faisait son tour. lui dit l'oto-rhino. risquant d'abolir plus ou moins tard tout circuit olfactif.

On craignit durant la nuit un trauma ou un choc. par hasard. tantôt Coran. il divaguait parfois. Ou alors. Il y . Il y avait au mur un rayon d'acajou qui supportait vingt-six in-folios. sur son divan. qu'il manquait un in-folio. par raccroc. un trou qu'aucun n'avait vu. l'indication qui lui manquait ? ) mais il n'y arrivait pas. Il n'y a plus d'inflammation. Huit jours plus tard.. aucun trou vacant. Ça avait disparu. la cicatrisation avança sans mal. Il y avait un oubli.. l'Opus magistral. pris t'hallucinations. aurait-il surpris. Il marchait dans un haut corridor. Il passa au tampon. Mais. « a ghost » ainsi qu'on dit à la National Library). n'avait voulu voir. n'avait su. il n'arrivait pas plus à savoir à quoi avait trait la publication: tantôt il croyait y voir un colossal ABC. mit du sparadrap. On avait disparu. mais il souffrait moins. OUI AU SCOTCH ! Il souffrait moins. Pourtant. non au fil. un fait plus probant. Alangui tout au long du jour sur son lit. sans commotion. toujours. cousit au catgut. Os• t•n sort inbs•main s'abat s•r t•n Robinson soupirant avait plus troublant: la disposition du total ignorait (ou pis: masquait. il paraissait n'y avoir aucun blanc. Ou plutôt. un Uanc. il croyait voir. Talmud ou Thorah. l'ouvrir (lisant. il fallait un long calcul pour voir qu'il s'agissait du « CINQ ». l'angoissant bilan d'un savoir tabou. mais il s'affaiblissait. dans un joumal du soir.transpirait. crayonnant sans fin au dos d'un bristol l'indistinct motif du tapis d'Aubusson. il aurait dû y avoir vingt-six in-folios. n'avait pu. l'in-folio qui offrait (qui aurait dû offrir) sur son dos l'inscription a CINQ ». sa main passait trop loin du rayon. l'oxydation paralt au point. soit vingt-six moins vingt-cinq font un). dissimulait) l'omission: il fallait la parcourir jusqu'au bout pour savoir. la soustraction aidant (vingt-cinq dos portant subscription du « UN » au « VINGT-SIX ». Voyl pouvait sortir: il sortit donc. Il voulait saisir un in-folio. Ajoutons qu'il dormait toujours aussi mal. sur son rocking-chair. un amas ahurissant d'informations: PROHIBITION DU PARTI: PLUS UN COCO A PARIS ! Pour vos colis: non au cordon. mais il manquait. Il y avait un manquant. tout avait l'air normal: il n'y avait pas d'indication qui signalât la disparition d'un in-folio (un carton.

.. on lui lançait un caillou. dingo aux gyrus ramollis. marmonnait-il alors. Mais pas plus idiot qu'un instant plus tard... Il sursautait craintif.KRACH INPAMANT POUR DIMPORTANTS B. Voix du barman (soudain chagrin): Quoi ? Un porto-flip ! Voix du Commandant (affirmatif): Mais oui.. d'un fou bafouillant. Voix du barman (mourant tout à fait): Aaaaaaah ! ! Chut ! ! Chut ! ! Mort du barman. n'a. l'assaillait la vision d'un hagard. l'hallucination distillait son poison. Ou parfois. pas. non sans agonir d'incivils jurons l'avachi barman. s'attablant (air bourru.P.. mon garçon. il hurlait: « Un milliard.. non ? Voix du barman (agonisant): Oui.. mois sur mois. Il sort... Parfois il s'affolait. tu as du porto.. Un soir.. pouls palpitant.. opium dont il gardait la faim. bonjour ! Voix du barman (qui jadis apprit l'anglais dans un cours du soir): What can I do for you ? Voix du Commandant (salivant): Fais-moi un porto-flip. sinon martial): Garçon ! Voix du barman (qui connait son chaland): Bonjour. on rigolait quand il passait. Voix du Commandant (fulminant): Alors ? Alors ? Il y a aussi.. Voix du Commandant (bondissant): Quoi ! Mais j'ai bu trois porto-flips ici il y a moins d'un an ! Voix du barman (tout à fait faiblard): Il n'y a plus. proposant aux passants un discours abracadabrant: l'Idiot du Faubourg. ça. mais. carcan qui l'opprimait.. ici. Il n'y a plus. car il criait... la vision au moins tout aussi fada d'un individu s'introduisant dans un bar: Voix du gars. Voix du Commandant (furibond): Allons.. un porto-flip ! Voix du barman (qui paraît souffrir): On. Un sphinx accroupi l'allait-il assaillir ? Jour sur jour. quoiqu'il soit pour l'instant civil): Bonjour. Un gamin lui agrafait un poussin sur son mackintosh.. vingt milliards d'oisillons sont morts ! » « Idiot ».O. Voix du Commandant (satisfait qu'on l'ait compris. mon Commandant. Voyl n'avait pas toujours autant d'humour (pour autant qu'on ait vu plus haut un soupcon d'humour). la vision d'un charancon ou d'un . Voix du commandant (constatant): Rigor mortis..

Il maigrissait d'au moins cinq kilogs par jour. l'inhumain garrot du boa constrictor. Sa main paraissait un moignon. Sa voix chuinta un sanglot plaintif. râlant. tritons—faisait faction. bouffi. Tout autour du lit. Un gros anthrax s'ouvrait sur son avantbras droit laissant jaillir par instants un pus catarrhal. chair à charognards. Il s'agitait. Il n'arrivait plus à sortir aucun son. mais l'amusait aussi: finir lunch à chacal. Il fondait. un ramas d'animaux —gros rats noirs. mulots. l'insignifiant clapotis d'un lavabo qui fuyait. Sa main aux trois doigts griffus battait l'air. sans qu'il sût pourquoi. Il avait trop chaud. haut dans l'azur. agonisant. il suffoquait. il comprit qu'il allait mourir.S. il phantasma. faiblard. sans pouvoir saisir un point d'appui. Son attrait du maladif l'intriguait plus. nul sacristain l'absolvant du Forfait. qu'il gigotait dans son lit. un profond inconfort. gnaptor ou charognard. joug torturant. un courant plus approchant. Plus tard. son cou. Il hurlait. striait son front. sinon tout à fait un fil initiatif: Non pas la mort (quoiqu'à tout instant la mort s'affirmât). crapauds. joufau. Nul n'adoucirait sa fin. suintait un sang noir. pris dans un plastron d'airain. Il suait ainsi qu'un cochon qu'on abat. un manquant: . Son cristallin avait la fixation d'un moribond hagard. Il ahanait. aujourd'hui. mais d'abord l'omission: un non. Un chacal accourrait du fond du Sahara. Son imagination l'alarmait parfois. Son poumon lui brûlait. mais nul n'accourait à lui. Qui connaissait sa situation ? Qui saurait l'affranchir. un bris d'os. dans la nuit. sinon. Nul n'irait à lui. Il vit dans l'obscur animal la symbolisation du sort qui s'acharnait sur lui. souris. lippu. Son mi- nois rubicond. non pas la damnation (quoiqu'à tout instant la damnation s'affichât). à jamais ? N'y avait-il pas un mot dont la prononciation suffirait à adoucir son mal ? Il manquait d'air. cafards. Mais toujours. Il vagissait. Il voyait un vautour qui planait. du python qui broyait son poitrail. n y avait par instants un fracas d'articulations. ration pour carnpagnol ou nutritif appât d'un vautour haut planant (à coup sûr il avait lu ça dans Malcolm Lo•ry) constituait un souhait d'Amphitryon qui partait d'un bon fond. tout au plus. Un mal sournois sciait son larynx. Il voulut y voir un signal plus sûr. campagnols.cafard qui n'arrivait pas à gravir un croisillon du vasistas lui causa. Un poids accablant aloùrdissait son poitrail. L'asphyxiation montait pas à pas.O. avatar à la Kafka. Un rictus maladif marquait son pli labial. dans la maison. pilon sournois. aucun bruit. Il voulut rugir un S. Mais tout autour. un nom. à l'affût du corps raidi. Il transpirait. mafflu. D'un tympan pourri coulait. branlait au bout d'un cou trop maigrichon. Plus tard. Un faucon fondrait sur lui. comprimant son thorax. Nul n'aurait jamais soupçon du mal qui s'achamait sur lui.

Mais on n'attaqua jamais son abri. ni jaguar. Puis tout à coup. invasion du blanc. Il frissonnait. il fit un tour d'horizon. apparaît: tout a l'air normal. Vingt jours plus tard. tout pourrira: il y aura un trou qui s'agrandira. Il avait maigri. à la Croix du Sud. Un à un. puis il apprit à choisir champignons ou fruits non nocifs: l'un. aussi avalait-il tout cru. avant d'avoir compris tout à . Il y campa. il traînait. Il n'avait pas d'amadou. Il attrapait la malaria. dix ans auparavant. non loin du littoral. l'ahurissant. qu'a priori ça fonctionnait suivant la culmination du flot. l'affolant coup du sort qui frappait un banni. gris-gris biscornu. il parvint au point culminant d'un pic d'où il dominait tout l'ilot. huit jours plus tard. dans un an. Sans savoir tout à fait où naissait l'association. il s'imaginait dans un roman qu'il avait lu jadis. qu'on aurait pris pour un abricot provoqua sur tout son corps l'apparition d'irritants bubons purpurins. Son pouls tombait. kakis. trois murs. il tira un fort gourdin: ça lui aurait suffi si jamais on l'avait soudain assailli. s'aidant d'un caillou pointu. ni puma. on aurait dit un manchon à air. il avait construit sa cagna: un vrai gourbi: sol battu.Tout a l'air normal. un huis. Il avait nom Ismaal. un chaos horrifiant transparaît. saisissant son bâton. huit jours durant. D'abord il manquait y mourrir. il distingua. sous l'abri vacillant du mot. Tout au plus crut-il voir un soir à l'horizon. mais dans un jour. il n'y voyait plus clair. non sans un mal quasi surhumain. Pourtant. tout a l'air sain. D'un doucin d'acajou. il suffoquait. Quand la nuit tombait. lui aussi. Il arrivait. un roman d'Isidro Parodi. il n'avait pas tort. Au matin. Robinson d'un inconnu Tristan da Cunha. un orang-outang qui rôdait. dans un mois. mais il trouva plus tard ananas. puis. Il assouvit sa soif. cinq ou six tumulus (ou plutôt tumuli). il marcha tout au long du jour. Il s'approcha. sucrins. Il s'abritait dans un trou où. Il supposa. noix. vois. mais il rampait hors du trou où il avait failli mourir. moribond. tout a l'air significatif. Il vit au nord un ru tourbillonnant qui finissait dans un marigot. mais. Il craignit cinq ou six fois l'irruption d'un animal. un roman paru. ni bison. talisman naïf. sur un ilot qu'on disait sans habitants. tout aura l'air normal. par hasard (crut-il) il n'y avait sur l'glot ni lynx. qui racontait l'inoui. il s'affaiblissait. un toit fait d'un mauvais torchis. Au soir. oubli colossal. ou plutôt d'Honorio Bustos Domaicq. Il avala un gland qu'il cracha aussitôt. puits sans fond. Ismail s'hasarda à parcourir son îlot. il agonisait. nous nous tairons à jamais. Mais. sa constitution hors du commun l'autorisait à s'accroupir. Au bout d'un mois. sursautant. furtif: il vit qu'il s'agissait d'un attirail obscur. un paria fugitif. pas à pas. tout à fait d'aplomb. dans huit jours. il gravait un trait sur un bâton. car Ia nuit tombait.

à la fois palais colonial. Un humus grouillant couvrait tout l'aquarium. trois souris.fait. un matin. un dispositif hi-fi. puis. à la façon d'alors. Il ouvrait tout tiroir. Un colimaçon montait 33 jusqu'aux loggias. il put ouïr un jazz band qui jouait un fox-trot. sur l'installation radio. mais plutôt faiblard. Il y avait là trois gars. qu'accrochait au bout un piton d'airain poli tout à loisir par un artisan hors pair. Il n'osa pas dormir dans la maison. un pa- villon. bungalow pour pays chauds. Il chassait. sofas. Tout avait l'air à l'abandon. un air connu il y avait vingt ans dont il ignorait qu'il fût toujours au goût du jour. un miroir à rayons polarisants. Issu du plafond fait d'un bois dur mais clair (du gayac ou du santal). Il s'approcha. Un vantail à trois battants. Il vit cinq à six individus montant au casino. Il vit. il attrapa un jour au lasso un agouti: il fit du lard. un baril d'alcool. il tomba sur l'habitation. On avait construit la maison au moins vingt ans avant. Non sans un soin qui frisait la suspicion. lupanar ultrachic. un rack à huit canaux. On aurait dit un Casino d'inspiration rococo. Mais. ouvrait sur un haut corridor. Trois jours plus tard. Il y bricola tant qu'il put. non loin. Il fouillait tout coin. il tua un lapin. Ismai I visita pas à pas l'habitation. La mousson arriva. Il sonda murs. L'azur s'o• nubila. au sous-sol. divans. puis il gagna. on passait sur un balcon d'où l'on surplombait un panorama colossal. Alors tout bascula. supportait un lampion japonais qui donnait au tout un jour opalin. un hachoir. Un flux montant supplantait l'amical jusant. Mais tout ça l'intriguait trop. Un haut courant arrivait du bas fond. tout autour. par trois bow-windows aux vitraux s'incrustant d'un damasquin d'or. on barbotait dans l'aquarium pourtant puant. lambris. Sa vision lui causa un choc: on dansait non loin du Casino. l'on vit s'amassant à l'horizon strato. un chaudron. rampant. du boudin. faufilant non sans brio son lard parmi la maffia. un allumoir. garnis d'ajours ainsi qu'un moucharab. du jambon. plus un groom qui. nimbo. un volant strobo-cycloïdal. donnant jour par jour à son installation un tour plus sûr. mais il comprit mal l'organisation du total. Il trouva un puits tari qui abritait trois gros tatous. offrait sur un grand plat . courir à son abri primitif. un tamis. Il prit tout un tas d'outils. qui conduisait à un grand salon rond: il y avait un grand tapis d'Ankara. D'abord Ismaïl voulut fuir. visà-vis. un filin d'aluminium. dans un taillis. puis cirro-cumulus. plafonds. Il plut. Un instant plus tard. un circuit dont il n'arriva pas à saisir la signification: il distingua un oscillo. coussins. miroirs. un abri qu'il avait auparavant choisi. Ismail vit un yacht qui abordait. long d'au moins vingt pas. du saindoux. Un mois passa. sur l'aquarium. un châssis à tambour d'amplification.

Plus tard. lui dit-il. Il la suivait partout. ou plutôt. Ismail voyait s'ouvrir un battant: un groom sortait. ou plutôt la duplication d'un baobab. mot pour mot. dit-il. pardon. un barbu. —Thattk you.D. j'aurais tant voulu vous avoir dans mon lit ! —Allons. j'ai voulu vous voir.. Un individu—vingt-cinq ans tout au plus. par Virginia Woolf. plus mûr. Faustina allait parfois par monts ou par vaux. grand. contraint à fuir par un tyran qui avait accompli plus vils forfaits qu'aucun Caligula. Oui. col à la Mao. alors qu'il vagissait toujours dans son marigot pourri. Un jour Ismaïl l'aborda.. Il sirotait un whisky.. s'accomplir l'action qu'huit jours auparavant il avait vu s'accomplir: un bal non loin du bassin. il avait tant maigri qu'il avait tout à fait disparu: la vision d'autrui transpassait son corps. plutôt P.. Faustina lisait un roman. Faustina. mais soyons amis. souriant—portait un smoking façon Cardin. tout fut hallucination: il crut à l'intoxication d'un champignon noir. Ou sinon. quand il marchait dans un corridor. boissons ou habanas. alla l'offrir à sa nana qui somnolait dans un hamac. sportif. dit Faustina lui donnant sa main pour un trop court instant. mais huit jours plus tard. trait pour trait. Un barbu. Oui. Louis Armstrong jouant un fox-trot.G. Faustina. mi-riant. —Voici pour vous. Contumax dans son pays. mi-s'offusquant. ou alors il avait trop bu d'alcool. il s'imaginait voir un casino. —Miss. Puis il y mit trois glacons. mais il y avait pis (là. si troublant mais si dur à parcourir jusqu'au bout. Faustina fascinait Isma•l. quoiqu'il craignît fort pour son salut: n'avait-il pas fui la prison ? Qui lui assurait qu'il n'y avait pas dans l'association un flic ou un mouchard ? On l'avait mis à prix. la fiction d'Ismail nourrissait son hallucination à lui. il la voulait pour lui avant sa mort. aucun Borgia jadis. un yacht. —Ah. il l'ou35 bliait: il aimait Faustina. Mais Faustina l'ignora. il allait sur . qui sait si l'insignifiant yacht n'avait pas pour mission son rapt ? Mais il l'ignorait. qui l'unissait au roman): parfois.rond sandwichs. Orlando. il vit. portait un frac. il folichonnait. aucun bouton.. j'ai dit non trois fois. Faustina. portant un plat. baisant son cou. Oui. pardon. ainsi qu'on aimait ça il y avait un grand laps. mais un jour il vit la scission. quoiqu'il la suppliât. dit Faustina. là s'inaugurait l'inconsistant mais si subtil rapport. Abandonnant tout compagnon. Tant pis pour moi si l'on m'a vu. il n'avait plus sa raison: il avait un grain.

plus tard. Ismail faisait un bond. ou l'inhumain. On aurait dit qu'un Troll malin. l'humain. du plat. ainsi pouvait-on ouïr un fox-trot. Son poids n'affaissait aucun coussin: un roc aurait fait un divan plus mou. un parfum parfumait. tandis qu'un abandon croulant pourrissait la maison. au grain mat: dans son champ. transi. sortir un larbin. inondant l'attirail qu'Ismail avait vu au bord du littoral. un son faisait un bruit. Il n'avait aucun pouvoir. l'imbrication sans jour. à tous champs. d'instinct. Puis Faustina sortait. s'incorporait aux noyaux. allait au plus profond. au cours d'un tour qu'il avait fait dans l'îlot huit jours durant. qu'un portland. nul Goliath n'aurait pu à l'instant saisir l'album. ainsi Faustina pouvait ouvrir un battant. il voyait. sous l'action du flux montant qui. du massif. Mais. qu'un staff. gardait un pouvoir positif. Tandis qu'un mal fatal s'attaquait aux baobabs. ainsi son compagnon pouvait-il lui offrir un whiskv. il croyait voir. laissant choir sur son coussin un lourd bijou d'or garni d'un cabochon d'adamantin. hors du champ. ployant sous son poids un gros coussin à capitons. un corps indivis au poli parfait. ou son ami la faisait pâlir (car nul n'avait pouvoir pour faillir à la Loi qui faisait d'Ismaïl un paria tabou: on n'y touchait pas. disons. s'alanguir sur un divan. il n'y avait plus qu'un continuum sans un pli. ou son amant. un album sur un bahut: Ismail allait au bahut. aux ions. trop tard. voir surgir un yacht. toujours). l'individu barbu qui aurait tant voulu Faustina pour lui. son pas n'inclinait aucun poil du tapis. il abandonnait aussitôt.lui. à l'insu du clan. Puis disparaissait l'arbin posant.. la lapidification. sans discontinu. agissant sur l'obscur circuit du sous-sol . car son mari. vingt ans auparavant. du mastoc: tout collait à tout. Il voyait Faustina s'alanguir sur un sofa. l'avait pris. Ismail comprit. un fixatif qui s'incrustait partout. or tout indiquait qu'Ismaïl y fut. il allait où bon lui paraissait. hagard: il touchait. choir un bijou d'or. avançait la main sur l'album. croyait pouvoir l'ouvrir: il touchait un corps dur. parfait: nul Titan. à tous corps. arrosant tout d'un gaz volatil. Isma•l bondissait. mais un bloc dur. sans articulation. abattu. mais on l'ignorait. sa main n'ouvrait aucun bouton. qu'il vivait dans un film: M. Mais sa main n'affrontait coussin ou bijou qu'un court instant. du plain. tandis qu'un humus grouillant d'animaux malfaisants couvrait tout l'aquarium. partout. fini. un corps compact plus compact qu'un stuc. il voyait dans l'abandon du bijou un signal: Faustina l'aimait mais n'osait s'ouvrir. sans solution. Tout paraissait normal. qu'un mastic. compact. poli. un roc aussi dur qu un diamant: tout paraissait pris dans un magma jointif: on aurait dit un champ dos. l'ignorant. il suffisait qu'à l'horizon la mousson s'annoncât pour qu'aussitôt. un mauvais Kobold avait tout durci autour du casino. non un coussin.

dont il n'avait pas d'abord compris la signification. Tout avait l'air normal. non d'animaux marins. pour l'artisan. plus qu'un motif: un savoir. l'affolant. trait pour trait. du sourcil. Il inscrivit au haut du folio . Il prit un album. où s'abolissait la raison: tout avait l'air normal.. assaillant à tout instant son imagination. d'involutifs pistils s'imbriquant jusqu'à l'apparition du front. mot pour mot. la vision d'un mal obscur. Tout avait l'air normal. l'intuition d un tabou. mais d'un amas d'insinuants vibrions s'organisant suivant un art si subtil qu'on sait aussitot qu'un corps a suffi à la constitution du portrait. d'un non-dit: la vision. pour qu'aussitôt l'on voit raccourir. il tint un journal. à l'instar du dispositif mis au point par un Martial Cantaral à partir du Vitalium qui. Mais quoi ? Il y paumait son latin. montrant puis masquant. tour à tour. garantit la loi qui l'ourdit sans jamais la trahir. Il aurait voulu savoir où s'articulait l'association qui l'unissait au roman: sur son tapis. mais. L'on dirait un Arcimboldo. D'abord on voit mal la modification. I'angoissant. d'un albinos malsain. I'ambigu. parfois: un autoportrait.. sinon à la fois. d'aboutir à un produit qui. il y aurait. plus bas: LA DISPARITION Il a disparu Qui a disparu ? Quoi ? Il y a (il y avait. un pouvoir. On croit qu'il n'y a qu'un tracas instinctif qui partout vous fait voir l'anormal. autorisait tout individu mort à accomplir à jamais son instant crucial. lui donnait son pouvoir. puis surgissait l'inhumain. Dont la fin abo•it l'immoral fut•r papa• promis à un a?•or•on contri• initial: puis. dans un hangar frigorifiant. mais tout s'affirmait faux. du cou. d'abondants fruits. Imago dans mon tapis. tant il parait clair qu'il s'agissait. voulant toujours y voir plus clair. mais. ou plutot l'ahurissant portrait d'un Dorian Gray hagard. sans qu'à aucun instant on ait pourtant l'occasion d'y saisir un signal distinctif. il pourrait y avoirJ un motif tapi dans mon tapis. fait. tant d'instants abolis s'immortalisant à jamais. son signal. d'abord. d'un quoi vacant. l'avision d'un oubli commandant tout. Plus tard. faisait partir la dynamo. Puis.

. Alors tout pourrit. holà ! fit Aignan qui connaissait Lacan mot à mot. il s'autobiographiait. I'on voudrait rugir: voilà 1• solution. du charabia confus. non loin. l'animal. ou d'un mot. tu dois d'abord accomplir ton fatum. un nom. il imagina tout un roman: il y aurait. Mais l'on n'a plus aucun choix: il faut approfondir jusqu'au bout la vision. vous transit. dit bonjour à mon voisin quoiqu'Azor.soudain.. ça faisait un laps qu'on n'avait plus vu un gnard aussi dodu sous nos climats. sortir du sibyllin. fit. Il tint son journal durant cinq ou six mois. Mais il parlait aussi d'un roman qu'il lisait. sinon nous allons tous à la mort. il imaginait. tu avais ici vingt-cinq cousins. du mot à mot gargouillis. Aujourd'hui. Alors nous vivions dans la paix. vous agit. L'on voudrait saisir un point initial: mais tout a l'air si flou. voilà d'où naquit mon tracas. surpris. Parfois. son bic à la main. L'hallucination qui vous a pris vous abrutira jusqu'à la fin.. la narration s'ouvrait par un court fabliau moral: au sortir d'un layon. —Voilà. l'on n'a jamais su pourquoi. I'on sait. dans un pays lointain. un parfait sandwich pour mon fricot. raccourci mon burnous. Sphinx. Au soir il y notait. il s'analysait. un . Il vivrait dans un palais où tout irait à l'abandon. On s'ahurit. un instant voyons. au Palais. Nul n'a jamais su la solution. choisi un microsillon pour mon cousin Julot qui doit sortir du bahut à la fin du mois prochain. Alors Aignan fuyait. il discourait sur son hallucination. à quoi bon ? Tu fais du chichi. lancinant vous fait souffrir. dit l'hallucinant animal. si lointain. ils ont tous disparu. son carlin. on s'avachit: la raison s'affaiblit. ou sur l'•lot Un jour. —Mon fatum. Un jour. non sans un soin tatillon. qui n'arrivait pas à finir son discours. ait fait caca sur mon paillasson. d'un ami qu'il avait w. typo fou qui sabotait tout son attirail. Mais.. Un mal obstinant. d'un fait qui l'avait ahuri (un avocat.). Il aurait cinq ans. un tas d'insignifiants travaux: fini ma provision d'alcool. sa nounou lui disait: —Jadis. un l'on sait trop quoi qui vous distrait. I'on croit savoir qu'il y a. L'on voudrait pouvoir bondir. un bambin au nom d'Aignan. Parfois. L'on voudrait un mot. un Sphinx assaillait Aignan. tu dois partir à ton tour. Suivant la tradition du plus pur Bildungsroman. un à un. un voyou qui tirait à blanc sur la population. —Holà. un garçon. il racontait.

aux sacristains. finissons. vilain avorton. un chat qui miaulait. s'accompagnant. L'Aquilon souf3lait dans l'azur tarlatan. Un cri horripilant. approfondissait son savoir. gagnait. Aignan s'adaptait. au soir. Il y avait un gros sanglot dans sa voix. —Fais donc un saut dans l'à-pic. d'obscurs bourgs. s'affinait. Dans son for. allait par monts.. un logis. Mais il ajouta: si j'avais mal su. fortifiait sa vision. Chacun participait à sa transformation. Il avait soif. il proposait son bras aux charrons. j'aurais fini dans ton jabot stomacal. son Anschauung. dit Aignan. Au fur qu'il grandissait. Il croisait d'intrigants individus. ou un quignon qu'il frottait d'•l. la fiction. -souriant d'un dr coquin. bougon. j'ai vaincu. un humain qui souffrait. —Alors tu dois avoir raison. murmura l'animal. Au sortir d'un fabliau aussi clair. chanta: Y a-t-il un animal Qui ait un corps fait d'un rond pas tout à fait clos Finissant par un trait plutot droit —Moi ! Moi ! cria alors Aignan L'•nimal biscornu prit un air assombri. aucun n'ajouta un mot. —Tu crois ? —Mais oui. fit l'animal d'un ton chagrin. un milan qui huissait. aux paysans. voici mon oral ultimatum: Il saisit un luth. disparut dans l'à-pic dans un tourbillon sans fin. mais tu voudrais ma mort ! —That's right ! hurla tout à coup Aignan sans trop savoir pourquoi il utilisait l'anglais. Il vivait. paumant son aplomb. —Tu as un air fanfaron qui nous plalt tout a fait. lui offrant tour à tour du travail. dit Aignan. où il y avait tout à la fois un lion qui rugissait. ton ambition adoucira ta mort. J'ai su. Sphinx. il fonda un journal. On lui donnait du lard.. Soyons donc fair-play. plaintif. Puis sa vocation s'amplifiait. l'affabulation s'imposait ipso facto: Aignan parcourait son pays. tu dois mourir. par hasard ? —Qui sait ? dit Aignan. l'animal. Il avait faim. soupira. prit son inspiration. mais aussi par vaux. —J'avais toujours dit qu'un gamin m'allait un jour abasourdir. pris d'un soupçon subit: —La saurais-tu. poursuivit l'insinuant Sphinx. il construisit sa maison. il assomma l'animal qui. Un long instant. Il fut maçon.Il ajouta. Il lui arrivait alors tout un brouillamini d'obscurs avatars qui simu- . —Oh. vilain Sphinx. il allait jusqu'à avoir compassion pour l'animal. puis. Il prit un bâton. Un maquignon lui apprit son art. vibra dans l'air ambiant durant dixhuit jours. Il brandit un doigt intimidant. suivant la Loi. il fut typo. un horizon. —Allons.

grosso modo.lait. Il plut tout à fait à Sibylla qui lui donna pour mission d'aplatir l'Archiduc. dit Willo. qui portait dans son sang un trop immoral plasma. sa maman. 46 Montant Sturmi qui avait un flançois safran sous un caparaçon indigo. Lors arriva à Cambrai. Or. au moins. Or donc Aignan apprit d'abord qu'il avait pour papa un grand Roi qui avait nom Willigis (dit Willo). pourtant touchant roman qui avait jadis nourri la Chanson d'un troubadour du nom d'Hartmann. allait au soir s'offrir un pot. pour qu'Aignan. un Bourguignon qui la trouvait à son goût. sous un climat aussi cordial. Sibylla. la Saga aux profonds chaînons. Sibylla. Un poisson blasonnait son gonfanon. y puisant par trois fois son inspiration. s'alla punir. à la souris bai brun. dit-on. On conçoit sans mal qu'il fallut un hasard tout à fait hors du commun (d'aucuns y ont vu aussitôt l'infini doigt du Tout-Puissant: à coup sûr. donc fuyait tout convol. L'ova- .. l'amusant. la voulut pour son lit. l'Adonis parut sous l'oblong champ clos. pointu. ni qu'il tombait sans fin un crachin dru. glacial. d'avortons assassins mais par surcroît idiots (car la consommation d'alcool par habitant avoisinait. sauf dans sa conclusion. ils n'ont pas tort. soit toujours vivant dix-huit ans plus tard. un paladin au frais minois. plastron. Sibylla fit non. « Quoi ! » fit l'Archiduc grondant d'un courroux flamboyant. trait pour trait. Mais n'anticipons pas. camail. d'animaux inconnus. son boulot fini. dans son palais brabançon ou flamand. mais à coup sûr mauvais: on parlait d'un dragon a qui s'aurait farci tout un bataillon ». mot pour mot. Il fut introduit au Palais. cuissard. Un puissant Archiduc. portant un harnois d'or aux incrustations d'opalin. ainsi qu'on disait dans un patois charmant à l'assommoir local où chacun. montant un pur-sang anglo-normand au poil bIanc. Huit mois vingthuit jours plus tard naissait Aignan. puis marcha sur Cambrai. Willigis. Sitôt dit sitôt fait. Il brûla un bon quart du Hainaut. l'illusion du pas tout à fait fatal.. tagadac. brassard. sinon à quoi bon discourir ? ) tout à fait hors du commun. Ouant au Dauphin. n'oubliait toujours pas son si joli frangin. qui avait nom Sturmi. N'ajoutons pas qu'il faisait toujours nuit. mais pourtant moral. cinq muids par an). mais la Narration contraint à offrir. Aignan. l'abandonna dans un canot qui flotta jusqu'au nord du pays dans un coin pourri d'agacants marigots. courant sus aux Sarrasins où il trouva sans mal la mort qu'il voulait. dit l'aussitôt vassal. Son forfait accompli. puis qu'un Thomas Mann à son tour avait suivi. baisant la main qu'on lui offrait. tagadac. donc. dix-huit ans plus tard. Sibylla aimait Willigis d'un amour si sororal qu'il finit consanguin (nonobstant la mort d'un Danois qui hurlait au bas du lit).

construisit un hôpital où l'on lavait l'asphyxiant panard du vagabond. Or Sibylla connut Aignan. Aignan s'adonna à la contrition. —Ainsi soit-il. Sibylla fit oraison. Il partit au loin. —Y a-t-il par ici. toi qui nous lis. surpris. aux aquilons. un pic. au bord d'un lac. voulut-il savoir. Il voulait subir la condamnation du Tout-Puissant. Il frappa à la maison d'un paysan. L'on conclut la paix. où tu pourras croupir tout ton saoul dans ton dam lancinant ! —M'y conduiras-tu ? implora Aignan. quoiqu'à coup sûr tu as compris aussitôt qui Sturmi portait sur son caparaçon: oui. un îlot.tion du clan brabançon couvrit au moins vingt fois l'insultant charivari bourguignon. psalmodia Aignan. Ça dura tout un jour. ni quart d'aluminium. Il l'y conduisit donc. au bout d'un dur parcours qui lui prit au moins trois jours. Il voulait s'avilir. du biniou. Puis son . plutôt un roc. Il l'attacha au cou d'un licol. au tourbillonnant sirocco. il prit un bâton. un Locus Solus où Il pourrait punir à tout jamais mon Forfait inouï ? —Il y a. il s'agissait d'Aignan. un soir. archibattu l'Archiduc. Puis. au mitan du ]ac. Ainsi quitta-t-il. Il dormit la nuit dans un bois. mais tu y pourriras jusqu'à la Fin. il nous faut sans plus faillir t'affranchir. On lui ouvrit. Il arriva. Or Aignan ignorait qu'à l'instar d'Oidipos Sibylla fût sa maman. L'on acclama à grands cris l'imaginatif paladin. s'aidant d'un subtil calcul. au brûlant khamsin. l'assaut fut dur. un palais 47 48 où il avait connu la paix. L'on dansa dans tous caboulots au son du hautbois. Sibylla lui plaisait. Or Sibylla ignorait qu'Aignan fût son fils. aux typhons. dit-il. Or Aignan conçut un fol amour pour Sibylla. on luttait corps à corps. l'accompagna-t-on. mais ni bissac. abrupt à souhait. dit l'obtus paysan. Il fut fait Grand Amiral. Un humus nourrissant qui suintait la nuit d'un trou du roc constitua à jamais son pain diurnal. Il fut soumis aux raz. Or Sibylla conçut un fol amour pour Aignan. Ça fit un sanglant tournoi. sur l'Ilot du Grand Pardon. où l'on soignait gratis. Aignan s'habilla du haillon d'un clochard. du tambour. Un hasard maudit annonça aux amants la filiation qui unissait Aignan à Sibylla. d'un tricot fait d'un crin dru qu'il portait par mortifi- cation. l'hardi champion brabançon captura son rival: ainsi fut battu. Il avait faim. Il vint au Palais voir Sibylla. On l'adouba. O. au harpon ou au pilum. au mistral glacial. tu avais raison. sinon d'un garrot. —Qu'il soit fait ainsi qu'Il l'a toujours voulu. On s'attaquait au bourdon ou au fauchard. Il fut soumis aux ouragans. Or Aignan connut Sibylla. non. —Soit. Il troublait Sibylla.

il avait chaud. par aboutir au bord du lac. un vrai homunculus. Il visita un Cardinal. un humain pas plus gros qu'un oursin. Il s'amoindrit. La foi vagissait. puis. dix-huit ans plus tard. dit Sa voix. Puis. il continua à maigrir. ma conclusion s'imposait. Ilot connais pas.. il n'y avait nul Aignan. à la fin. l'appât. Il fut maigrichon. aux longs favoris roux »: on voit qu'il s'inspirait du toubib qui l'avait pourtant ragaillardi). Alors un courroux divin obscurcit l'azur. là-haut. . —O. prouvant ainsi qu'il n'avait pas connu jusqu'au bout la Compas sion du Tout-Puissant. Il fut nu. sinon à son synopsis. non sans mal. disait-il. là un bouffi. il rôtissait. L'on finit. qu'il raccourcit. On fit au moins huit scrutins: ici on nomma un idiot. il fignola. l'on finit par tout savoir: l'on navigua jusqu'à l'îlot. Il maigrit tant qu'il diminua. Il s'obstina à maigrir. Y'a pas d'ilot par ici. un lit d'odorants boutons d'or L'accompagnait. divin Mouton. J'ai fait mon choix. balbutia l'adorant Cardinal. Il apparut ainsi qu'un Mouton sanglant. un diminutif. confia Anton Voyl quand il mit un point final à son roman. O Tout-Puissant. nonobstant l'amical humus qu'Il lui donnait dans Sa compassion. au grand dam du cardinal dont lors la foi vacilla. Or il arriva. car s'il imagina à foison sa narration. au poil ras. il n'arriva jamais à l'instant crucial du Discours: son propos n'aboutit qu'à vingt-cinq ou vingt-six notations: il broda sur cinq ou six points: il fit un portrait plutôt fin d'Aignan. Puis. Puis. qu'un Paul Six d'alors soit tout à fait mourant. Au Palais Consistorial. Mais d'abord. il campa à grands traits un Archiduc tout à fait saisissant (« un grand voyou. —O. dix-huit ans plus tôt. Nous l'avons choisi car il croupit voici tantôt dix-huit ans sur un roc battu par Mon flot. Il a nom Aignan. sous-nutri. Au Vatican ça fit un joli ramdam: il fallait garantir la filiation.. mal nutri. Ça allait mal.haillon pourrit ainsi qu'un amadou racorni. Mais. qu'il soit fait suivant Ton bon vouloir ! L'on alla partout s'informant d'un Aignan croupissant sur un roc. Il avait tout à fait disparu. un jour. avait conduit Aignan sur l'ilot. d'abord il fut moins haut qu'un nain. à son brouillon disons plutôt. l'on frappa à la rnaison du paysan qui. Il avait froid. l'on s'y hissa non sans grand mal. il bouda : —Aignan connais pas. Nonobstant Thomas Mann. il finit par maigrir: il maigrit.. ici un schizo. choisir un suivant.. là un fada. Cardinal. ouïs-moi: tu as un Papa. Nul n'adorait plus son Saint-Patron. mais un trop court instant. la corruption allait bon train: l'on offrait du pontificat pour un million. nonobstant l'affirmation du Divin Mouton. du gain aidant. il glaçait.

un Commandant.. Donc. il avait lu. Trois jours plus tôt. d'un non. alla voir Dupin. si pur. il fait caduc tout souci d'organisation: il affaiblit nos pouvoirs dans la . l'offrir à son public sans rougir. la fiction a toujours voulu qu'il n'y ait qu'un Aignan pour s'affranchir du Sphinx. sinon l'hardi fripon saurait à qui l'offrir. dont on craignait tant l'obscur pouvoir qu'on gardait son incognito. s'introduisant à la nuit dans un local du Commissariat Principal. Car—ainsi l'a dit Zarathoustra—nul Sphinx n a jamais fait son nid hors du Palais humain. qu'accompagnait son adjudant favori. un Giraudoux ou un Maupassant aurait pu. pour aussitôt l'avoir vaincu. nonobstant un • Vol du BourdonJ>. l'avons-nous jamais su. il s'autojustifia par un inouï baralipton: si. ça nous aurait fait un faux bond minimal. s'il s'accomplissait.. Il fallait. Mais. il faudrait l'accomplir. Aignan disparu. ignorait la signification du mot. —A priori. pour assainir la situation. postulait-il a priori. nous n'aurions pas du tant pâtir du vol.. si dur. qu à tout instant il nous suffira d'un mot. nul discours jamais n'abolira l'hasard. lui dit-il. qu à tout instant un Sphinx pourrait nous assaillir. on n'arriva pas à l'avoir. pour tout pli disons normal. il fait vain. à coup sûr. ajoutait-il plus bas. concluait-il. Mais ici. Jarnicoton ! »). I'on n'a pas fait d'allusion à Nicolas Rimski-Korsakov Anton Voyl disparut à la Toussaint. il a pour filiation un bourdon trop important. —Un bourdon ? s'intrigua Dupin qui. poursuivait-il. Pourtant. sourit Didot: disons qu'il nous paraît s'agir d'un vol pour nous vital car il abolit. n'ouvrirait-il pas sur un savoir si clair. sans modification. d'un oui. il nous faut savoir. à tout prix. mais. Mais il n'avança pas plus: dans son journal. qu'aucun parmi nous l'ayant lu. quoiqu'on fût sûr qu'il l'avait tapi dans sa maison qu'on fouilla au moins vingt fois. ravoir au plus tot l'inopportun manuscrit. nous n'avons aucun choix: il nous faut savoir. un rapport qui l'alarma fort: Un individu.. d'un son. Jouant son va-tout. n'y survivrait un instant ? Car. Romain Didot. poursuivait-il. si l'on nous avait ravi un x ou un y. il donna du tournoi un raccourci d'un burin si subtil qu'à coup sûr un Paul Morand. mon roman pouvait s'accomplir. nul Logos triomphant n'offrira plus jamais son consolant pouvoir. Où. dont on vantait l'infailli flair. dans un journal du soir.l'amusant patois du paysan finaud qui conduisit Aignan sur son ilot (« Fouchtra pour la Catarina ! Boudiou ! Vlà un roussin qu'ira plus fraîchir son paturin au fournil. y avait ravi un pli qu'on disait capital car on y divulguait la compromission du trio d'argousins qui commandait à la Maison Poulaga. —Pardon du jargon. Garamond.

Il y avait. car tu as un cristallin mais tu n'y vois pas: n'as-tu pas compris. qu'il l'avait tout au plus sali ou racorni ainsi qu'on fait d'un mot banal. pour finir.J. un post-scriptum ahurissant qui montrait qu'Anton Voyl n'avait plus sa raison: « Portons dix bons whiskys à l'avocat goujat qui fumait au zoo •>. Un mal torturant m'a tordu. tu auras ton papyrus. gros ballot. mais du pli si primordial ! —Mais. Suicida-t-il ? Appuya-t-il un canon sur son zygo ma ? S'ouvrit-il au rasoir dans un bain chaud ? Avala-t-il un bol d'acqua-toffana ? Lanca-t-il son auto dans un trou sans fond tourbillonnant sans fin jusqu'au soir du Grand Jour. sortit. Il y disait: « J'aurais tant voulu dormir tout mon saoul. au moins. admit Didot. voulut savoir Dupin. mais sans aucun fruit. objurgua Didot. quoiqu'il ait d'instinct tout compris d'a à z. ironisa Dupin. jusqu'au jour du Grand Soir ? Ouvrit-il son gaz ? Fit-il harakiri ? S'arrosa-t-il au napalm ? Bascula-t-il du haut d'un pont dans un flot noir qui l'absorba ? Nul n'a jamais su s'il avait choisi sa fin. du moins dans son calcul. aujourd'hui. Mais il a disparu ! Qui ? Ouoi ? Va savoir ! Ça a disparu. qu'il n'avait pas tapi son larcin. il manqua son coup. à son tracas. affirma Dupin: tu fourgonnas partout. —Jadis. prit son riflard. L'on farfouilla pourtant partout. Dans un instant. affirmant: —J'y vais. il s'occupa. savoir. Il y avait un post-scriptum. sans vouloir ni pouvoir savoir qu'il s'agissait non d'un chiffon trivial. It is a must Pardon. j'irai jusqu'à la mort.proportion d'au moins un sur cinq ! —Or donc. A mon tour. J'aurais tant voulu m'offrir un bon roupillon. Mais quoiqu'il ait raison. O ma mort. il n'y a•rait aucun sous-main ! —Allons donc. s'il . l'on a vingt fois soumis la maison du filou à l'inquisition ? —Oui. paraphant. nota Anton Voyl dans son Journal. mais l'on fit chou blanc à tous coups. puis blotti dans un sous-marin où tu l'as pris au moins dix fois. Ma voix a tout d'un chuchotis bancal. jusqu'à l'omission. san. d'un orang-outang qui avait commis trois assassinats. laissant Ia P. —Voilà qui m'apparait fort clair. tu sondas murs ou plafonds. par consolation. Puis. il n'y aura pas pour moi d'absolution. sois la rançon du transport fou qui m'habita. jusqu'au grand oubli blanc. Si Dupin n'a pas su. Il mit un mot aux amis qu'il avait. j'avais du Pot. qu'à coup sûr ton gars avait fait choix d'un abri plus subtil: à savoir. trois traits horizontaux (dont l'un au moins paraissait plus court) qu'un gribouillis confus barrait. J'aurais tant voulu savoir. Il mit son mackintosh. murmura-t-il. Anton Voyl ».

un corps sans corps. Il avait six fils. Il n'y avait aucun habit manquant dans son placard. au sortir d'un corpus compilant.avait connu la mort. un gros . Son fils suivant. cinq doigts d'alcool pour un passant simulant la fin. il tombait d'inanition.. un rasoir pour limons frais. un brout automnal. avait pour nom Aignan. au moins vingt-huit ans auparavant. un flamboyant noir. un amphigouri sans galimatias. voil• qui bannirait la mort d'Anton Voyl. un amour d'assassin. not•s conduira tout droit as• •. Faux Sursis pour Anton Voyl un Japon sans kimono. par trois fois. un cri aigu tout nu dans un plain-chant. maints brisants coulant à pic au cap-du-bon-roulis. dix marchands faillis crachant sur un amas d'or. s•n miroir amati par un poisson polisson sans {piquants. un cardinal hippy hurlant un slogan anti-romain. la paix. Aucun sang n'avait jailli. un simoun lans un lon• couloir finlandais. voilà qui aurait suffi au sursis d'Anton Voyl. un crucifix sans christ. Puis. vint lui offrir son concours. un sisal pissant du vin doux pour baladins sans rcamail. il trouva la villa sans habitants. un blanc br•lis. connu la mort dans un sanatorium où.. par un hasard coïncidant.. Adam. Son plus grand. qui. L'on n'avait pris aucun sac. n'arrivant plus à avoir faim. un pays natal d'adoption.. L'auto croupissait dans son hangar. Mais. trois bandits anglais mis à sac par un train post•l. un nombril masculin disposant d'un jaillissant volcan. un ami. un doux scorpson.oo L'an•i d'Anton Voyl avait pour nom Amaury Conson. non sans la participation du grand savant anglais Lord Gadsby V. un fou manchot s'accoudant au balcon du soir. avait.. un fusil loyal. un droit pourtour. Mais Anton Voyl avait disparu. trois jours plus tard. Wright. avait disparu. un faux oubl•. un profond mouchoir: voilà qui pourrait affranchir l'horizon d'Anton Voyl. qu'alarmait l'incongru mot d'Anton. un chagrin triom phal.. quant à lui. mais où batir tout ca au pis d'un minuit où nait la •Disparition • Qui. un boa fumant jouant au curling. quand. à Oxford. avait surgi la mort: A Zanzibar. au cours d'un Symposium qu'organisait la Fondation Martial Cantaral.

Amaury Conson fouilla à fond la villa d'Anton Voyl. Amaury put-il parcourir l'instructif curriculum studiorum d'Anton. Il y avait un salon rabougri. Chacun portait tout un tas d'annotations. Nos•s aurions d• la bannir à jamais. Yvon. A Honolulu. il n'y avait ni autos. living-room à l'abandon où un sofa moisi qui montrait son crin jouxtait un bahut puant l'oignon pourri. ni autobus. vingt transfusions. Mais. il nous fallait courir tout as• long du parcours. mais trop tard. succombait. aux plats avachis. Il y avait d'abord du français: Là où nous vivions jadis. Amaury n'avait donc plus qu'un fils survivant. Il vit con voisin qui lui raconta l'ablation du sinus. Anton Voyl vivait dans un local obscur. lisant mot à mot. aux draps pas ragoûtants. par Monica Wittig. par Witold Gombrowicz. Amaury ouvrit. un broc. Un sparadrap fixait trois horrifiants chromos aux battants d'un placard branlant. un os trop pointu s'incrustant dans son pharynx. un rasoir. mais voilà. à Milan. sans souci du standing: murs blanchis à la chaux. par Thomas Mann. Urbain mourait d'hirudination: un lombric colossal lui mçait tout son sang. I'Opoponax. qui assistait Lucchino Visconti. voir Linda qui habitait lans un canton 1•oisin. Il y avait pour lit un châlit monacal. Odilon. un pot. son blouson. on lui faisait. Il s'informa partout où il put. n'ayant pas d'auto. Il distingua pourtant cinq ou six bouquins qu'Anton Voyl paraissait avoir soumis à un travail plus approfondi: Art and Illusion. Un jour vint pourtant os• Lsnda partit pour tos•jours. un amas d'in-octavos aux dos salis. marginalia qu'il parcourut mais qu'il comprit fort mal. un mauvais grabat aux coussins avachis. Il y trouva maints manuscrits prouvant qu'Anton avait du goût pour l'instruction car il y gardait non sans un soin tatillon l'acquis qu'on lui inculqua jadis. Noam Chomsky. nous l'aimions. Nous aimions tant son parfs•m. un à un. mon cousin m'accompagnait. Puis Amaury mit la main sur un fort carton qu'il ouvrit. Blanc ou l'Oubli d'AragGn. blafard. Doktor Faustus. son pantalon brun trop . Ainsi. Cosmos. jamais plus. Il n'y avait pour lavabo qu'un cagibi noir. sinon nous arrivions trop tard: Lsnda avait disparl•. Roman Jakobson. tapis salis faits d'un mauvais coton qui partait par flocons. La bow-window au vitrail opalin donnait un jour gris. qui s'accumulait sur trois rayons branlants. sans aucun attrait. voyait son papa trais fois l'an. mais il aimait moins Yvon car Yvon. son air rayonnant. un bol.poisson avalait Ivan. un torchon dont un mulot avait fait son lunch. nous allions parfois. par Gombrich. vivant au loin. sans aucun apparat. ni taxis.

T. 18J . L'Arc primitif ainsi trouva sa triangulation. travaillant sur un adjoint à lJ•i (voir D. Douady. V. dit•l. finissant par n y plus votr du tout. accomplissant son trait jusqu'au bout sinusoidal. ni involutions. Mais voilà. op. Pontryagin y passa vingt ans. d'un Siv accomplissant s•n souhait d'lnfini ! • •lors Kant. pour d'obscs•rs sons • Julassant Bars•ch ! Pansas-tu • Natura • Ia suts•rant (la saturant). Kan Adjoint Punctors Transactions. ni convolutions. Spinoza aurait donc accompli la mutation abolissant son nom. Bourbaki. Aujourd'hui. fol. platonisant par anticipation. Tout fut vain. Cantor. q•i la fo•rnit ? Gauss ou Galois . sachant qu'il occul tait h sit•ation dont un Divin. par un. fort loin avant. qui mo•t d'avoir un instant crt• au Cogito sans Un. Cit. au cours d'un lunch. A•LY Maths: On Groups. « Aimi. phantasmant l'Un. Linda mourut. douta un instant ds• Cogito. qui la conquit.' L'on n'a jamais . 3. nous l'avons appris par hasard. 8) un long chaînon à sa facon. avait vu qu'aucs•n participant n'avait fin. aurait pu nantir s•n Moi agrandi. nous aimions tout. Platon. toscjours. offs•sqs•ant tout trou. Schwartz ni Koszul ni Cartan ni Giorgiutti) saisir un vrai fil sur pour franchir l'abrupt hiatus. 28. (Traduction d'un travail du à Marshall Hall jr Ll. avant sa mort. analysant l'ints•ition a prsori. qui la trouva. Pourtant. parriculant tos•t archassant. Puis l'on passait à la philo: Kant. on dit qu'au fin fond du noir. mit Spinoza dans la filiation d's•n Surmoi ass•ssin. Car. to•t un chacun connait ça. scn soir. Galois grava sur son pad (Marshall Hall jr.long. Or voici qu'il y a huit mois Kan. folios 5 à 18 inclus) La notion-là.•u. par dix biais (du corps parfait aux topos. du local ring aux c5ar• du K-f•nctor qu'on doit à Shih aux Cl s du grand Thom. dardant son psc pointu au front du philosophant. tout finit: trois ans plus tard. ont cru. mais à tort. Voici: aa-l = bb-J = cc-J = dd-J = ffl = gg-J = hh-J = i•J = jj-J = kk-J = ll-• = mm-J = nn—l = oo-J = p• = qq~' = rr-' = ss~' = tt-' = uu-J = vv—I = •w—I = xx—J = yy—J = zz—J = Mais nul n'a jamais pu savoir la conclusion à quoi Galois comptait aboutir dans son manuscrit non fini. s'originant dans l'Un. n'oubliant ni distributions. dans la nt•it.

Longai ou Zori. il propitia alors son S•n. rnais s'il la connait. distinct. sortant ainsi du circuit normal. Poursuivant son inquisition. à la fin. as • romantic moonlight casting murky shadows down a long. où vivait son fils qu'un rapport conjugal. par • forcing » pour part) la Proposition Soit G soit H soit K (H c G. inoui jusqu'à aujourd'hui. Jamais il n'aurait dû fournit un garçon aux Diongor ultramontains. un Sokoto mit SOQ boubou. qu'on ramollit si on la bat. à Gogni (Tchad). Pour saisir l'animal. K n'ont qu'un individu commun H n K = Las ! Kan mourut avant d'avoir fini son job. dont l'articulation fait un subtil tissu. It is not a gossipy yarn.montra par induction. un animal mi-mouton. si H. nous vous prions. contraint à un joug paradoxal. Sa chair. Sinon. Donc. A l'anglais: rt is a story about a small town. il .x • axsont « s•rs•. G • K) trois magm•s (nos•s suwon• K•rosh) où l'on a a(bc) = (ab) c. Aux animaux: L'ovibos. car uxorilocal. nor is it a dry. winding country road •. pour to•ta. afin d'avoir du mil pour la saison. nonobstant l'affliction qu'il nous causa. si K sont invariants. a un fort goût d'anis. Nor will it say anything about tinkling lulling distant folds. disons: swctural. faudra-t-il donc qu'un fautif distrait soit occis ? Compromis final (maximin ou minimax !): l'individu consulta un voyant qui lui fi• un gara. Uti ou Kaakil. l'on n'a toujours pas la sol•tion (lJ. alors on a G • HxK. mibouvillon.. No. croit-on. Puis il alla à Mokulu. sont monos. vit sans mal dans la toundra. monotonous account. à coup sûr il la tait I la pluvation. si G = H U K.. si H. Amaury Conson vit qu'Anton Voyl s'attachait aussi aux us primitifs: Un jour. o•. puis un coq noir. lui sacrifiant un cabri blanc. clair. à la façon d'un simili raglan qu'il aurait acquis d'un Francais snob à safari. qu'Ibn Abbou (son cousin plutôt) aurait la solution. robins caroling at twilight nor any « warm glow of lamplight » from a cabin window. full of such customary « fill-ins ». diton. (il raisonnait—a-t-il dit à laulin—ss•r un grand cardinal. O puissants adjuvants pour (I) 11 paraltrait. Nous aspirons à l'oubli apaisant pour un cas non dirimant. x • xa. S•n ou Margina.

CR qui. Du halst am Tor. titra un journal du soir.cht zu fr•h am Tag. à bon droi. il vous voit. cocos ou J. in Richtung Sportplatz. d'origan. Am Nachmittag fahrst du durchs Dorf. Vorm Sportplatz fahrst du ab. d'ail. quoi A quoi bon discourir sur l'urus. • Agitation au Boul'Mich ». On occupa tout: Transports. ni. asphyxiant.. un bison qui vit dans nos pays. • Pouvoir au Populo •. il mugit. Un gros caillou pris dans la cour vola sur un grand camion noir garni d'orang-outangs va- chards. d'upas. d'orpin. L'ums soit un auroch. Pas du tout: il n'apparaît pas arrondi. Man sagt dir. Il s'agit d'un dos normal. Son corps fumant au parfum d'acacia. parkst das . il s'aplatit tout du long pour. Sitôt vos mains sont sur son cou. obtint qu'on stoppât la production. qui son chiffon cramoisi. komm doch mal ins Landhaus. Il n'a pas un trou non plus. avancant dans la nuit. komm bald. puis. On croit qu'on pourrait voir. à son tour. moglichst am Sonntag. Facs. Un syndicat. hurlant vingt slogans antidictatoriaux: • Dix ans ca suffit • Charlot nos Sous •. alors. s'aplatir au sol quand il court sur vous. joint à vous. das will man nicht.. bondir dans l'instant où son sabot vous apparaît. Magasins. brandissant qui son chiffon noir. grossi. Aux conflits sociaux: Ça arriva un trois mai. n'apparaît pas dans nos zoos. Man sagt dir. Moulins. Sur l'injonction *un mandarin pas malin. Ba• sins à charbon. intimidant. dormir. Docks. Du carburant manquait aux stations. s'acharnant sur maint moribond k Q L'opinion s'alarma Un million d'individus parcourut Paris. Au• patois sarrois: Man sagt dir. tout autour. d'union. Stadtvollc muss aufs Land. d'aconit. muss zuruck zur Natur. Du brummst also los. durch das du nicht hindurchkannst. voulait un patdon total pour cinq copains foutus au trou. Studios. un adjudant lanca son bataillon à l'assaut d'un tas d'anars. Kun darauf bist du da.faut choisir l'occasion. a un conta« doux. Un tumulus apparut au mitan d'un trottoir. son dos. un urus profilant son dos bossu. matraquant. groupant la populadon au travail. d'alfa. on y voyait un tronc abattu dans un fatras non concis d'autos qu'on brûlait Gaignant un mauvais parti. Grirnaud ordonna son pogrom: l'argousin s'affaira.t.

A la P. doch du irrst dich.J. wovon du nur das Dach sahst. dickichtartig. . adjoint au Quai d'Orsay.J.. Ins Haus. Klo und Bad und Bild im Flur. prompto. Baum und Strauch sind stark im Wuchs. Am Pfad wachst Minzkraut auch Gras. il l'a fait. Wald. da ist das Dach. I1 fit un signal à un taxi qui maraudait. D'abord. tout à la fin. Puis il sortit. d'un doigt impartial. gross und machtig ist Mit Komfort naturlich. l'adjudant. Du traumst. Ringsum Wald. loscht man das Licht und dann gluht rot und idyllisch das Holz im Karnin.. frisch. l'arrosant d'un vin blanc tout à fait commun qu'il buvait au flacon. doch das Tor ist zu und ins Haus. wovon du nur das Dach sahst. Puis. Il mastiquait ou parfois suçotait. plaidait Amaury. Nachts. Wildnis fast. auch das traumst du noch. laubumrankt. non sans un bruit tout à fait horripilant. il curait son conduit auditif ou son tarin plus camard qu'aquilin. d un rapt ! —Un rapt ! Mais pourquoi donc ? ironisait. Il faisait nuit. Du glaubst. mais qu'il craignait la mort. dit-il. komm doch mal ins Landhaus und dann kommst du wirklich zum Landhaus und bist vorm Landhaus und kommst doch nicht ins Landhaus und warst umsonst am Landhaus und fahrst vom Landhaus aus zuriick nach Haus. Amaury crut qu'il finirait fou. wovon du nur das Dach sahst. Dazu Mann und Frau stolz vorm Kamin. puis l'individu qu'il parvint à voir avait un air abruti qui n'inspirait pas. kannst du nicht. nun taucht vor dir das Haus auf. doch man macht das Tor nicht auf. un Bastiannais du nom d'Ottavio Ottaviani. s'affalant. il l'aurait pas dit. Traumst du. Il a disparu ! Il s'agit d'un kidnapping. saftig und grun. dass das Haus. Par instants. I1 l'ouvrit.Auto und blickst dich um. I1 lut jusqu'au soir. sur un sous-main qui imitait l'or jauni du simili-cuir. il poirota jusqu'à minuit au moins. pas vrai ? —Mais mon adjudant. un colossal sandvich au jambon d'York. Sinon. sur l'avachi coussin du taxi. wohin du schaust. —Mais voyons. s'il a dit qu'il suicidait. balourd. convainquit à son tour un amiral qui toucha un commandant qui gronda l'adjudant puis mit à la disposition d'Amaury un flic. Da sagt man dir also. j'ai vu son Journal. j'ai vu sa villa ! Par surcroît. il n'a jamais dit qu'il suicidait. on n'a jamais vu ça par ici Amaury Conson finit par avoir au bout du fil un ami à lui qui. obwohl Sonntag ist. fourbu. Amaury Conson trouva l'album dont Anton Voyl avait fait son journal. —A la P. marmonnait-il parfois. So traumst du vor dich hin.

. daims. — O.. fit. —Au zoo ? fit Ottaviani abasourdi.. —Anton Voyl savait. moi j'allions aux hôpitaux voir si. A mon avis. on pourrait d'abord voir ça. Chamois. d'accord. Orignals. dit Ottavio Ottaviani. Disons minuit au Balzar. il s'offrait pour l'instant un imposant roll-mops au vin blanc qu'il noyait dans un grand bocal à cornichons. ignorant la suspicion du flic. Couguars. —D'accord pour Lipp. Un ouistiti lui lança un truc. il lui donna du chocolat. Arnaury. à mon avis.. —D'abord. sibyllin.matation. Pumas. 6 —Pourquoi un kidnapping ? fit. —Bon. Il avait l'air d'un gros ruffian. Puis nous lirons son Journal d'où. Il dit « Portons dix bons whiskys à l'avocat goujat qui fumait au zoo ». il a disparu.. non. Anton Voyl n'y a pas abouti. Il vit un lion du Sahara. poursuivit Amaury Conson. —Ah. Lynx. ou qu'il savait mais qu'il ignorait. Amaury. Amaury alla donc au zoo. confondu. poli mais plutôt obtus. on pourrait s'offrir un tour au zoo. ça va ? —Disons plutôt Lipp. pourquoi irions-nous au zoo alors qu'il y a un Jardin d'Acclimatation à trois pas d'ici ! —Voyons. il y a un post-scriptum tout à fait saisissant. tout ça m'a l'air plutôt confus. voyons-nous plus tard. Ottaviani: « L'avocat goujat qui fumait au zoo » ! —Bon. la bru du Consul du Canada à Francfort. mais à coup sûr. fit Ottaviani. Puis soudain: —Vous ici ! O jouissif hasard ! L'on vous croyait au zoo ! Il s'agissait d'Olga. —On a vu plus clair. mon ami.. Ottaviani. non loin du Jardin d'Accl. à Maillot. pas convaincu du tout. Voyl y disait à la fois qu'il ignorait mais qu'il savait.Amaury al•a voir Ottaviani. Anton Voyl a disparu. Trois jours avant sa disparition. illico tutoyant Amaury. il voulait par là nous fournir un jalon.K. L'on savait sa passion pour Anton. A coup sûr. par hasard. dit Amaury. on m'a mis à ta disposition. il s'agit d'un kidnapping. Olga. —Ouais. —Il savait quoi ? —Nul n'a jamais su. Mais. —Non. tu vas au zoo. dit Amaury. croyons-nous. crois-tu qu'il soit mort ? sanglota Olga. —Dans son mot. isards. continua Amaury Conson. dit-il. —Alors ? —Il y a dans son Journal cinq ou six indications qu'il nous faut approfondir. Assis dans un rocking-chair rococo garni d'un coussin à capitons fait d'un kapok trop mou mais qu'un joli cuir à cordon galonnait. . il y a moult informations à sortir.. Affranchis-moi grosso modo.. —Voilà. il m'a mis un mot m'annonçant qu'il lui fallait partir à son tour. Il habitait un garni à la Station Sablons..

Anton Voyl nous confia. Il m'apparaît donc normal qu'un travail si instructif vous soit soumis. il y a par ici un avocat: moi. Capharnaum. —Bonjour. —As-tu toi aussi l'obscur pli qu'Anton nous posta à tous avant sa disparition ? —C•ui. conclut-il. —Dis-moi l'ami. —Mais ça n'a aucun rapport. —A propos. —Crois-tu qu'il soit mort ? Qui sait ? Ton nom ? —Hassan Ibn Abbou. ror quals. bassin où s'amusait un tas d'animaux marinspingouins. J'aurai fini lundi matin. —Connais-tu la signification du post-scriptum ? —Non. dit l'individu. Voyons-nous lundi soir. n'avait pas dit un mot. fit. un mini-Kamtchatka. tout à trac. ni ayants droit consanguins. Nous saurons alors . non loin d'un bassin qui simulait. voici moins d'un mois. mais il n'y a ici aucun avocat. dugongs. j'ignorais jusqu'à aujourd'hui à quoi ça faisait allusion quand j'ai lu dans un journal qu'on allait courir un Prix important dans trois jours à Longchamp. —Qui sait ? Il nous faut nous garantir partout. dit Amaury. parlons bas. —Tu crois qu'il y a un filon par là ? dit Olga qui. marsouins. Il vit alors. non sans un goût parfait. Alma 18-23. Avocat à la Cour. d'autant plus. qu'on pourra y saisir maints jalons qui aplaniront à coup sûr nos tracas. —Chut. donc. dit. cachalots. connaîtrais-tu par ici un avocat ? —Oui. jusqu'alors. grosso modo. Whisky Dix.—T'a-t-il mis aussi un mot t'annoncant qu'il lui fallait partir à jamais ? —Oui. optatifs ou subjonctifs. dis-moi: connais-tu Anton Voyl ? —Il m'a parfois fourni du travail. Voilà pourquoi j'accours à tous instants au zoo. —Pas avant trois jours. la conclusion d'obscurs mais fort ardus travaux qu'il poursuivait dans son coin. un individu à l'air plutôt franc qui allumait un cigarillo. —Quand pourrons-nous voir tout ça ? dit Amaury. Nous irons à Longchamp lundi prochain. Il s'approcha. —Mais si ! Il y a trois grands favoris: Scribouillard III. cormorans. Ou plutôt j'ai cru saisir qu'Anton faisait allusion à moi quand il parlait d'un avocat qui fumait. vingt-six cartons constituant. l'individu. car j'ai à partir à l'instant pour Aillant-sur-Tholon. dauphins. Quant aux dix whiskys. il vit alors. lamantins. Amaury. narvals. sans facons. poursuivit Hassan Ibn Abbou. putatifs. vingt-huit Quai Branly. fit Amaury. T'a-t-il mis un post-scriptum parlant d'un avocat qui fumait dans un zoo ? —Oui. manchots. coupa Amaury. albatros. Qui sait ? murmura Amaury. Il n'a ni conjoint survivant.

Salut ! A lundi soir ! —La Paix soit sur toi. savait parfois trahir un tapinois qu'ignorait tout un chacun. s'autopropulsant d'un pas hâtif. Tandis qu'Amaury allait au zoo. —Chut. chuchotant: —N'y allons pas. Rothschild. non loin du rond-point Vavin-Raspail. un court instant. —J'irai jusqu'à offrir dix francs sur lui. mon train part à moins dix. qui pouvait garantir qu'on n'allait pas aussi courir sus aux amis qu'il avait: Olga. —Qui sait ? dit Amaury. dit Amaury. Ottaviani voulait un Baron sans faux-col. Hassan. oui. il doit y avoir pas loin d'ici un individu dont on voudrait la disparition. Il n'y trouva pas plus d'indication. au Harry's Bar. un avocat marocain —Hassan Ibn Abbou ! hurla Amaury. —Bon. avoua Ottaviani. Il s'attabla au fond. fit Amaury. pour lui: car si l'on avait ravi Anton Voyl. consultant son chrono. Un garçon s'approcha. puis. sans trop savoir pourquoi. fit Olga. fit Ottaviani qui craignit illico d'avoir affranchi un inconnu. —La disparition ? sursauta Amaury. visita. car. il avait soudain craint pour Hassan Ibn Abbou. soufflant un bon coup. —Ah bon. Ottaviani. ricana Amaury. on a pourri Lipp d'argousins ! —Il doit y avoir pas loin d'ici. Ottavio Ottaviani visitait Broca.à quoi faisait allusion Anton Voyl quand il disait dix bons whiskys ». non sans sang-froid. —Ciao. Où l'on para• vouloir d• mal a•x a•oca•s marocains —Non. Foch. il croisa Amaury qui vint à lui. Saint-Louis. fit Ottaviani qui. L'on n'y avait pas vu d'Anton Voyl. suivi d'Ottaviani. —Un Marocain ! cria Amaury. Il lui commanda un Chivas sans glaçons. autour du pot n'y tournons plus ! Voyl lui aussi a disparu ! —Aucun rapport. flic. dit Olga. Amaury. Ottaviani. —Hum hum. il a nom Ibn Barka. Il invita donc Olga pour un lunch qui fut tout à fait satisfaisant. dit Hassan Ibn Abbou. lui ? Il alla. On lui donna à choisir Munich ou stout ? Il barguigna un court laps . fit. un Marocain. A minuit. affirma Ottaviani. Hassan partit à grands pas. il gagnait Lipp quand. flairant un tuyau. tatillon. —Moi aussi. il ajouta d'un ton 7 dur: Qui voudrait-on ravir là-bas ? —Un Marocain. dit Ottaviani. son zoo. —Allons. Puis il s'informa dans huit ou dix commissariats. qu'Olga suivait.

L'opinion s'indigna. quant aux gros. qu'il s'agissait d'un faux. puis Voitot. Ca fit du foin au Quai d'Orsay. La divulgation d'un soi-disant journal où Figon accusait un haut magistrat suscita à Matignon un profond chagrin. tandis qu'à l'instruction ça n'avançait pas. Bon. —Voyons. fit Amaury. Oufkir produisit un alibi bouffon. On plaida à huis clos.. d'indics.« Va pour la Munich ». qu'avait dit Anton Voyl: <• Un avocat goujat qui fumait au zoo •. Puis l'on suicida Figon. ainsi donc Voyl avait un ami qu'Amaury ignorait ? Oui. Ottaviani traça à grands traits l'obscur imbroglio qui avait suivi la disparition d'Ibn Barka. L'on va au zoo.. Amaury soupirait. Foccard associait son bataillon d'orang-outangs à un ramassis d'oustachis. La disparition d'Anton Voyl paraissait loin ! Il raconta pourtant à Ottaviani qu'au zoo il avait vu Olga. Il n'ajouta plus un mot. conclut Ottaviani. On cria haro sur un figurant qui n'y pouvait mais. tout ça n'aurait trait qu'au pur hasard ? —Hasard ou machination. Ah ah. aux politicards. —Oui. Yazid à Louvain. pas mal d'on-dit. un connard qui n'avait pas compris. Mais si l'avocat n'avait couru au zoo qu'afin d'y accomplir la sommation d'Anton. nous avons vu Hassan Ibn Abbou au zoo. Plus tard. l'opposition cloua au moins vingt-huit fois au pilori un Pouvoir qui autorisait un forfait aussi vil. tout ça n'a pas l'air jolijoli. Qu'y voit-on ? Un avocat fumant. On alla jusqu'à saisir un canard qui soulignait l'ambigu rapport unissant la disparition d'Ibn Barka au kidnapping d'Argoud six mois plus tôt à Zurich: la maison poulaga aurait fourni un contrat à un commando d'assassins. lui aussi. un consul gabonais à Madrid ! Ainsi. dit-il pour finir au gar çon qui sifflotait d'un air narquois. non sans mal. ca lui parut troublant. supposant qu'ainsi il pourrait. compromis par pas mal d'hold-up. qui sait ? Mais nous saurons lundi à Longchamp s'il y a du vrai dans l'allusion d'Anton aux dix bons vhiskys. qu'il n'avait jamais vu auparavant. pour garantir la position d'un tyran impuissant qui appuyait son pouvoir sur l'infamant bakchich du Capital Français. on n'y toucha pas. un militant africain à Saint-Moritz. Or. Mais auparavant. dit pour finir Ottaviani. raisonnait-il. d'hors-la-loi. mais blanchi pour sa participation à cinq ou six coups fumants: un opposant à Bourguiba abattu à Francfort. puis Hassan Ibn Abbou. Papon niait d'un bloc. on pourrait approfondir un . ricana Ottaviani. aux puissants. Un journal du soir publia. L'on prouva. Mais Souchon avouait tout. tra- ficants d'or ou d'haschich. voir au moins un ami d'Anton ? —Ainsi. On travaillait la main dans la main ! Tout ça baignait dans un climat malsain. Il paraissait qu'on avait commis cinq ou six impairs. truands à la noix. non sans fracas. lampant d'un coup sa Munich.

patron. puis il consulta son oignon: midi moins vingt. mais il y a l'Aquilon sifflant qui mugit. vis-à-vis d'Aloysius. —Un bon grog bouillant. —Pourtant. fit Ottaviani. s'avança. Il arriva à l'Alma. —Un grog. dit Ottaviani. il prit un autobus qu'il abandonna au Quai d'Orsay. ça bout ! cria-t-on. —Voilà. son cousin. on a connu plus froid.. à trois pas du Consulat d'Iran. avant Longchamp. poussif. hot-dog ? —Non. non sans mal. —Du citron ? —Non. à son insu. —Ça fait trois francs vingt. fais-moi plutôt un grog. citant. il y avait un snack-bar qu'Ottaviani connaissait pour s'y offrir parfois un sandwich au jambon ou au saucisson à l'ail. I1 s'y introduisit. annonça Romuald. fit Ottaviani. supportant sans trop souffrir. —Hmm. boudin. tout compris. —Salut. fit Romuald. Il ajouta: j'ai pris froid. Pourtant Ottavio Ottaviani marchait d'un bon pas. jambon d'York. Il bricolait parfois pour Voyl ou pour moi. cantal. parfait. pas vrai ? —Ah là là.point moins capital mais pourtant fort important. Il souffla un instant. —Bonjour. Il a un taxi à Clignancourt. —On vous fait un sandwich ? proposa Romuald: jambon cru.. Il faisait un froid suffocant. —Salut. Voilà: tu connais Karamazov ? —Çui qu'a un frangin qu'on dit bath ? —Non. las. fourbu. un ! hurla Romuald à un marmiton qui s'affairait à la cuisson du plat du jour: un osso bucco garni d'artichauts au romarin. dans l'afflux humain. port-salut. chipolata. fit Romuald. ça va tout à fait ainsi. il avait un grand laps avant Longchamp. —Voilà. dit-il à mi-voix. —Thank you. au fond du bar. brrr. livarot. nul coryza n'y survivrait ! Ottaviani goûta son grog. dit-il. —O. poli. —Oui. fit Swann. il fait moins un. il n'y a pas à choisir: il faut savoir pourquoi Voyl a muni sa Fiat d'un dispositif anti-vol. fit Ottaviani. mais toujours souriant. bacon. —Allons. Arnaud Karamazov. dit-il. qui somnolait sur son bock. Ottaviani vit. Aloysius Swann. La boisson arriva un instant plus tard. Il faudrait savoir s'il a lui aussi appris la disparition d'Anton. saucisson. —Salut Ottaviani. son patron. Saint-Marc Girardin. l'insinuant brouillard. fit Romuald. un barman actif. Un canard n'aurait pas pu sortir. ni un loup. un froid glacial. dit-il. Non loin du quai. I1 y avait tout un tas d'indiVI•US au bar. voilà. soufflant. Fais ça pour moi lundi matin. ça va ? .K. Il prit son grog. boss. qui finissait un fruit. gorgonzola. rôti froid. paraissait-il. s'assit.

—Couci-couça. J'ai pris froid. —Un yoghourt 7 —Non, j'ai pas faim du tout. —Alors ? —Alors quoi ? —Amaury Conson ? —Il a l'air sûr qu'il s'agit d'un kidnapping. —Il doit avoir raison, murmura Swann. —Tu crois toi aussi, mais pourquoi ? Sans un mot, Swann tira d'un sac un pli qu'il fit voir à son adjoint. —Bon sang, jura Ottaviani mais ça sort tout droit du grand Q.G. ! Puis il lut: Rapport du Consul Alain Gu. rin au Royal G-P.R.C. (Di•usion SACLANT « cosmic • NATO-SAG-G/PRC-3.28.23) Il y a un mois, un rapport du Commandant du QG-NATO d'Orrouy joint à un avis du HCI d'Andilly, qu'avait soustrait pour confirmation l'aspirant 3/6.26 du « straggling group » du Cap Horn, nous avisait du sort promis à Anton Voyl. Par Mission « NATO- cosmic » S/28 Z. 5, fut aussitôt mis à jour un a K. Count » du mois. Anton Voyl n'y figurait pas. Aussi, par Mission « off days » 8/28-Z.5, instruction L 18, ainsi qu'avis a cosmic un bis », un plan anti-rapt fut-il transmis à tous GCR, tous adjoints SR, tous assistants

SM, tous HCI, tous ONI, tous CIC, tous « G 3 » tous BND, tous SID, tous « Prima Bis », sabf Mi 5, mais y compris impulsions aux Commandos hors statuts. Sans vouloir amoindrir la cotation d'informations valant A. 3 ou B. 1, on doit voir qu'il y a dix-huit jours qu'on a mis nos dispositifs au point « 3 » pour un profit nul. La raison d'un aussi clair fiasco ? L'HCI d'Arlington dit la savoir: infiltrations CIA ? mais aussi SIS dans nos « staffs » sous juridiction NATO. Par surcroit, on croit savoir qu'un adjoint du SR albanais a compromis un Barbu d'Ankara, contrôlant ainsi son organisation. Nous nous trouvons donc dans la situation d'avoir à choisir ou l'abandon d'Anton Voyl à son sort ou un casus, sinon violationis du moins damni: un cas aussi anormal doit, croyons-nous n'avoir sa solution qu'au Palais. D'où mon choix d'un rapport hors SR VOUS avisant non plus pour consultation mais pour avis global ainsi qu'instructions. —Tout ça m'a l'air plutôt obscur, dit Swann. Qu'a dit Hassan Ibn Abbou ? —Il n'a pas voulu l'ouvrir; mais nous l'allons voir aujourd'hui à minuit: il pourrait y avoir du nanan. Quant à Olga, allons-y mollo: la nana a plus d'un tour dans son sac ! —Tu crois ? —Sûr. A propos, j'ai vu Karamazov. —Alors ?

—Il a vu Voyl trois fois il y a un mois: un soir il l'a conduit à Aulnay-sous-Bois, dans un bungalow qui paraissait à l'abandon; trois jours plus tard, ils ont fait un whist au Club Augustin Lippmann: Karamazov a battu Voyl d'au moins vingt points. Mais il y a plus important: il y a vingt jours, Karamazov a muni la Fiat d'Anton Voyl d'un dispositif anti-vol. —Il a muni sa Fiat d'un dispositif anti-vol ! —Oui. —Ça alors ! Mais pourquoi ? Ottaviani l'ignorait. Il avait cru qu'Aloysius Swann qui avait, disait-on, un flair d'Iroquois, saurait lui fournir la raison. Mais Aloysius Swann n'avait pas l'air dans un bon jour. Il manquait d'inspiration. —Pourquoi a-t-il mis un dispositif anti-vol à son auto ? marmonnait-il. Il ajouta, bougon: il y avait pourtant cinq ou six trucs qu'on croyait avoir compris plus ou moins... Il soupira. —Tout ça fait un fichu mic-mac, d'autant plus qu'on n'a jamais su qui cachait Anton Voyl. Il brandit la main, claqua du doigt. Romuald arriva: —Un moka ? Un capuccino ? proposa-t-il. —Non, l'addition s'il vous plaît. —Voilà, on vous la fait à l'instant. I1 sortit un crayon, murmura, griffonnant: —Un thon, un plat du jour, un livarot, un fruit, un quart... ça fait dix-huit francs, tout com-

pris. —Dix-huit francs ! clama Aloysius Swann, ça m'a l'air plutôt colossal ! Romuald accusa la T.V.A.; Aloysius lui dit qu'il avait tout du filou. Ça faillit finir par un pugilat, mais Ottaviani parvint à adoucir Aloysius qui, furibard mais soumis, sinon convaincu, paya son addition. Aloysius allait sortir quand, pris dans un fort courant d'air, il lança un atchoum tonitruant: —A vos souhaits, fit Romuald, jovial, vous voilà puni: il vous a transmis son coryza ! Quittant Aloysius Swann qui allait à la P.J., Ottavio Ottaviani gagna Longchamp où, nonobstant l'inamical climat, l'on courait l'important Grand Prix du Touring Club qui finissait la saison. Il s'agissait d'un handicap ardu qu'un nabab dotait d'un prix qu'on disait mirobolant (on murmurait qu'il offrait un million au gagnant). Aussi, Tout-Paris paradait-il au paddock. On pouvait voir Amanda Von Comodoro-Rivadavia, la star à qui la Columbia avait garanti par contrat un milliard pour trois films. Amanda portait—sancta simplicitas—un pantalon bouffant d'ottoman incarnat, un ras du cou corail, un caraco purpurin, un obi colcotar, un foulard carmin, un vison nacarat; bas rubis, gants cramoisis, botillons minium à hauts talons zinzolin. Urbain d'Agostino, son soupirant du mois, l'accompagnait: jabot au point du Puy, frac d'Ungaro à col Mao, gibus, Grand Sautoir. On montrait du

doigt Maharadjahs, PDG, Kronprinz, Paladins, Hospodars; chacun avait son nom au Gotha ou, au moins, au Bottin Mondain. Ça froufroutait dans un grand tralala. L'on voyait circulant grooms, maquignons, lads. Un marchand ambulant criait Paris-Turf. Un book proposait d'approximatifs tuyaux. L'on poirotait aux portillons du PMU. Ottaviani trouva, non sans mal, Amaury Conson, assis sur un gradin du haut. Olga, tout à fait chic dans sa gandourah smaragdin, l'accompagnait. Muni d'un lorgnon grossissant, Amaury scrutait pas à pas l'humus du parcours. —Voilà un sol qui m'a l'air trop lourd, dit-il. Un voisin lui affirma qu'il s'y connaissait plutôt mal. Amaury rou•it mais n'osa garantir: au vrai, jamais l'on n'avait vu à Longchamp un sol si glacial, partant si volatil. I1 n'avait pas plu voici tantôt un mois; il n'y avait plus aucun brouillard: mais un froid vif, profond, avait tout durci. —As-tu vu Whisky dix ? voulut savoir Ottaviani. —Il a fait forfait il y a un instant, on nous a dit ca au micro. —Pourquoi ? —Nous l'ignorons. —Alors nous pouvons partir, murmura Ottaviani, abattu. —Non, Olga voudrait voir la fin du par-

cours. —Oui, dit Olga, j'ai mis ving-cinq francs sur Scribouillard. Il y avait vingt-six inscrits, donc vingt-cinq partants, Whisky Dix, qui avait un a Cinq » sur son dossard, ayant fait forfait. Whisky Dix passait pour favori, quoiqu'il cotât dix-huit pour un. Lui manquant, on donnait gagnants Scribouillard III, Schola Cantorum, un Trois-ans anglonormand fils d'Assurbanipal, Scapin, un pur-sang rouan qui, fin mars, avait vaincu à Chantilly lors du Grand Prix Brillat-Savarin, Scarborough, un vrai crack au poil zain qui, par trois fois, triompha à Ascot, Caphamaum, un rubican qu'on disait pourtant brassicourt, Divin Marquis, pour finir, favori aussi soudain qu'hâtif, un canasson parfois morfondu, mais dont on disait qu'il allait fortissimo. Saint-Martin montait Scribouillard. Il partit, magistral, sous l'acclamation du public conquis. Mais, au tournant du Moulin, Saint-Martin ramassa un gadin colossal. Capharnaum gagna, suivi à moins d'un poitrail par Divin Marquis. —Hassan Ibn Abbou m'a l'air d'un fichu rigolo, dit Amaury un instant plus tard. Qu'avonsnous appris à Longchamp ? Abandonnant Longchamp aux fanas du turf, aux zinzins du dada, on prit un autobus qui allait à Paris. —Pourtant, murmurait Amaury, ca pourrait avoir l'air clair: il y avait il y a trois jours trois

bruits assourdis. Un sanglot aussi long qu'un violon automnal brisa la voix d'Olga. Un laquais vint ouvrir. donc Scribouillard s'abat. j'avais du mal à saisir. Ottaviani pourtant poussa un gros soupir. si Anton n'a pas tout à fait disparu. Il disait parfois qu'il y avait trois mois qu'il n'avait pas dormi. qui introduisit Amaury. suivi d'un brouhaha confus: fracas d'un miroir. poussant un cri tonitruant. proposa Amaury. qu'Ottaviani flanquait. martial. trop court instant. —Non Non ! Aaaaaaaih ! cria soudain l'avocat. dit Amaury. —Nous voudrions voir l'avocat. Ottaviani un Armagnac. Ottavio Ottaviani. quand il parlait. qui portait un habit garni d'oblongs galons d'or. —Non. dit Amaury. dit l'arbin. mordu par un mal inconnu.favoris: or. —Non. dit Ottaviani. L'on accourut. combat corps-à-corps. dit Amaury. —S'il vous plaît ! pria Olga. Un boy. quai Branly. —Ça fait trois jours qu'on fait du boulot pour pas lourd. lui dorlotant •2 la main d'un câlinou plus qu'amical. mais pouvaiton savoir ? Il n'avait pas l'air normal. Hassan Ibn Abbou habitait. Whisky Dix fait forfait. Il doit avoir du cousu main à nous offrir. sanglots plaintifs d'agonisant. Puis tout fut fini. dit Olga. l'avocat tomba. d'où pour gagnant Capharnaum ! —On dirait du Lupin. fusa un boucan assourdissant. qui broyait du noir. mais. on dirait un mauvais canulard. Un court. nous n'aurons fin qu'il n'ait dormi tout son saoul ! —Lo Juro ! fit. murmurait Olga. imitant Don Ottavio. (Olga. —L'avocat va vous voir dans un instant. Olga confiait son chagrin à son compagnon: —Si j'avais su. —Olga. L'on sonna. survint. Puis. battant du cil. un charmant pavillon fin Louis Dix-huit. L'on but. Dan• 60n dos charnu s'lmplantait un polgnard qu'un bras assassin avait soumis à l'action d'un produit curarisant: la mort avait suivi dans l'ins- . mais qui pouvait adoucir son sort ? I1 paraissait tordu. Hassan Ibn Abbou vagissait.. Il y avait dans l'air ambiant un parfum captivant d'amaryllis qui vous alanguissait. avait couru à son lit) dans un grand salon d'apparat. Amaury sursauta. Il souffrait. proposant un alcool aux amis d'Anton: Amaury prit un Whisky and Soda. —Allons plutôt voir Hassan Ibn Abbou. Tout à coup d'un salon voisin.. A mivoix. on dirait un mauvais roman ! On alla dans un bar s'offrir cinq à six cocktails. dit-il pour finir. nul bruit. carissima.

L'on n'arriva jamais à savoir par où avait fui I assassin. au saut du lit. ils ont couru trois ans. six mouchoirs au fond d'un sac. l'on aurait vaincu ! Ainsi allait. Qui nous lit l'a aussitôt compris: si l'on avait pris pari qu'il s'agissait du « C•NQ ». Stubb. Tard dans la nuit. I'immaculation du grand Cachalot blanc. Il aurait dû y avoir vingt-six cartons. Amaury.. opposait Achab au grand Cachalot blanc. voyais surgir l'animal abyssal. . coagulant. Son grand corps blanc qu'un vol d'albatros partout. d'Hawaii au Kamtchatka. qu'alarmait la situation. Amaury Conson gagna son studio du quai d'Anjou. Anton Voyl n'avait pas rapparu. à Moby Dick. au gaillard d'avant. il y a aussi Isma-sl. il y avait Starbuck. un frisson convulsif parcourait l'octogonal tillac. Moby Dick ! L'animal d'Astaroth. Pip jouait du tambourin. A minuit. Achab. Toi. faisait. il lut l'album dont Voyl avait fait son journal. voulant à tout prix saisir un fil indicatif.. aurait-on dit. Moby Dick ! Son nom glacait jusqu'aux plus forts. du Cap-Cod. au point du jour. un noyau blanc sur JOURNAL D •NION VOYL Un lundi. dans la nuit. ouragans ou typhons. Daggoo. il trouva pour finir l'important stock manuscrit qu'Anton avait fourni à Ibn Abbou un mois auparavant. scribouillard avorton qu'un cafard sans nom gagnait. Il compta au moins dix fois: il manquait un carton. fourrant un sarrau.. courant à ton salut. du Cap Horn à l'Alaska. bravant tourbillons. Flask. Ismail. ainsi qu'un volcan lilial dans l'azur froid ! Ils sont partis trois ans. un trou au mitan du flot. On chantait: Oh yo Oh yo Pour un flacon d'Alcool ! Un marin nantuckais immortalisait un combat colossal qui. à ta mort.tant. toi qui partis. Moby Dick. pion tubar. accompagnait. l'obscur: « l'avocat qui fumait au zoo » (mais l'on n'avait jamais garanti qu'il fût aussi un goujat) mourait. glouton d'obscurs manuscrits. DoughBoy.. trois maillots. Jusqu'au chant du coq. toujours. 0• i'on dira trois mots d'J•n t•m• s où Trajan s'ill•stra Oui. du Labrador aux Fidji. I'animal du Malin. fouillait la maison. toi qui. par trois fois. Dans un bahut à combinaison qu'il força non sans mal. Un instant plus tard.

nul mouton. Il vit Moby Dick avant tous. à l'avant du galion. instant amical. alangui par l'amour inouï qui montait du flot calmi. sans un clin. zigzaguait. roulant. bourlinguant sous l'ao•t brulant. L'on voyait plus d'un marin murmurant tout bas un dominus vobiscum. paix avant l'ouragan final. ravin blanc. Bancal. d'infini. Alors apparaissait Achab. Blanc sur l'horizon lapis-lazuli. qui vous fascinait. Un sillon profond. un halo lust•al qui donnait à tout un air virginal. montant. d'un blanc blafard. qui vous horrifiait. s'irradiait. Moby Dick glissait. Il faisait clair. absolution ! Avant la mort qui rodait. saisi par la paix qui soudain rayonnait. A dix furlongs du galion. maudissant l'animal qu'il pourcbassait voici dix-huit ans. hagard. sillon fulgurant d'un courroux virginal. Nul bruit. tourbillon blafard du Malstrom ! Moby Dick ! On n'y faisait allusion qu'à mi-voix. Moby Dick soufflait. à Ismall. Il y avait dans l'air ambiant un parfum saisissant d'absolu. tonnant. unisson parfait. louvoyant du nord au sud. couloir qui conduisait à la mort. brouillard blanc qu'un vol d'albatros nimbait. un matin. du jour blanchissant. Trois ans dura la circumnavigation. sous l'avril glacial. plus dur qu'un roc. nul courant. Du flot cristallin sourdait. Achab scruta l'horizon noir. jour sur jour. traçait son cours parmi son poil gris. qui vous attirait. mais bouillonnant dans son for d'un courroux surhu86 main. transi. La Croix du Sud brillait dans la nuit. disait parfois un bosco palissant. O. Un court instant. Au haut du grand matJ ainsi qu'un point sur un i. I'halo gris baignait d'un clair-obscur palissant l'or maudit du doublon. un miroir. profond. au haut du grand matJ il plantait. Puis. Nuit sur nuit. tanguant dans l'inouï tohu-bohu du jusant. Son dos faisait un mont nivial. raidi dans son surolt. tout parut s'adoucir. . I'aplani flot paraissait un tapis. à Starbuck. I'himalaya lilial du grand Cachalot blanc donnait à tous son grand pardon. disparaissait sous son col. plus froid qu'un mort. contraignant son inspiration. il clouait un doublon d'or. il s'appuyait sur un pilon ivoirin. Signons-nous. animal divin.l'horizon azur. Trois ans durant cingla l'hardi galion. Il surgissait. moignon royal qu'on faconna jadis dans l'os palatin d'un grand rorqual. il lui lançait d'insultants jurons. striait son front. plus droit qu'un matJ plus sourd qu'un pot. sans un mot. à Pip. vous aspirant jusqu'à l'hallucination. I'offrant à qui saurait voir avant tous l'animal. nul courroux. puits vacant. lacunal. volcan grondant ainsi qu'un bloc raidi chu d'un ouragan obscur. à Achab. jusqu'au tournis ! Huis blanc d'un Styx plus noir qu'aucun goudron. trou sans fond. Chacun s'immobilisait.

Ça faisait quasi un cordon du quai Branly au Faubourg Saint-Martin. L'assaut dura trois jours. nonobstant d'aigus barbillons labourant au plus profond sa chair. tonitruant. —Jusqu'au bout. harpons vains. Achab lan•a son harpon. vingt fois. Puis. il fixa l'horizon. Dix fois. trois jours d'affronts inouïs. qui s'attachait à saisir la signification du a Moby Dick » d'Anton Voyl. Ça afflua autour du corbillard. Moby Dick. sa mort. Amaury Conson. tourbillon blanc dont la succion aspira un à un marins morts. blanc. ravi par l'harpon qui filait. faisait front. Daggoo aff•ta son harpon au morfil plus aigu qu'un rasoir. j'irai voulant ta mort. Dans un sursaut final. bondissait. bondissant. corps à corps. tournoyant. —Moby Dick. Jonas qui dira qu'il a vu un jour sa damnation. s'ouvrir au mitan du flot. tous aux canots ! Sur son jambart au cuir crissant. Tout-Paris accompagnait l'avocat à son abri final. Moby Dick! hurla-t-il à la fin. tordu.rtant. mais son fil tortilla. un harpon plus tranchant qu'un bistouri s'implanta jusqu'aux quillons. l'Archiduc Urbain d'Agostino. j'irai crachant sur toi ! Sois mau- dit. . I'invaincu Titan du Flot. Cachalot. traçant sur son dos blanc d'avivants sillons sanglants. Olga sanglotait. il y aura toujours un survivant. Apocalypsis cum figuris: il y aura po. blanc. Dans l'abomination. dans l'iris blanc d'un rorqual blanc. vingt fois. Un long instant. cloua Achab s•r son dos blanc. sans un mot. du fond du Styx j'irai t'assaillir. canyon colossal. chocs obscurs. vingt-six marins unis dans un combat colossal. Moby Dick l'ouvrit d'•n coup... s'attaquant soudain a• trois-mats. Allons. un soir. galion maudit dont la damna•8 tion avait fait un corbillard flottant. bossu. assaillant dix fois. L'avant du galion bascula. Moby Dick. avait un air tout abasourdi. puis disparaissait tout à coup au plus profond du flo•. mais qui. sois maudit à jamais ! Il tomba. jusqu'aux croisillons dans l'animal qui rugissait. L'on vit un ravin blafard. Ottaviani avait son air bourru. blanc jusqu'au nul. d'agrippants crocs tailladant. jusqu'à l'omission ! Ah Moby Dick ! Ah maudit Bic ! L'on vit pas mal d'individus compatir à la mort d'Hassan Ibn Abbou. horrifiant. puis piqua au fond du flot. qu'il coulait. L'on montrait du doigt Amanda Von Comodoro-Rivadavia. arrachant à vtf. Un profond sanglot agita son poitrail puissant. canots fous.Achab ! Front brulant. hurlait Achab. fonca sur lui. s'attaquait aux canots qu'il culbutait.

non sans profit. Un quartz cornalin y jouxtait un onyx plus pur qu'un diamant du Transvaal. Trajan y aurait fait bâtir un palais pour son fils adoptif. dit-il. plus qu'Hassan Ibn Abbou. par quoi plus d'un roi. constituant ainsi. Il parlait au nom du Quai Conti. Adrianus. pour vagissant qu'il fût aujourd'hui. d'A à Z. Carcopino savait offrir à son public un discours captivant. fouillait. Lord Gadsby V. pour l'Angl• Iranian Bank qu'il administrait: Ibn Abbou. Puis Victor. Puis. puis l'Iman d'Agadir qui dit l'amour qu'Hassan avait pour son pays natal. pUlS. traça un brillant curriculum studiorum du grand disparu. vingt ans durant. quoiqu'il parlât à mi-voix. instituant ainsi un savoir qui. I'Institut s'attachait Hassan Ibn Abbou qu'il nommait à Ia sous-commission du Corpus patrimonial d'Inscriptions du Haut-Atlas Marocain. son plus loyal bras droit. l'Ours royal du Labrador. par vingt-cinq voix sur vingt-six. plus qu'un factotum. d'un oppidum civi#m romanorum qu'un savant munichois. puis dont il assura la nomination d'Auctor Honoris Causa. Il y a six ans. improvisant à grands traits. Car. cordons ou grands sautoirs. Car nul. affirma qu'il s'agissait d'un on-dit. la Victoria Cross. juif qui fuyait l'Anschluss. l'organisation. la Grand'Croix du Python Pont•fical. plus d'un maharadjah avait voulu garantir l'infini prix qu'il attachait à l'avocat: la Goix du Combattant. Tout ça n'avait pas grand rapport à la mort d'Hassan Ibn Abbou. Carcopino traça un vibrant portrait du compagnon. d'un acquis vital. n'avait su saisir la signification du rapport ambigu qui unit la romantisation à la barbarisation. Wright. dont Hassan fut l'assistant à Oxford. croix. On lui avait construit un mastabas tout à fait joli. s'appuyant sur Piganiol. voit s'ouvrir . à Thugga (aujourd'hui Dougga). au cours d'un scrutin uninominal à trois tours. Puis Raymond Quinault qui souligna l'inconstant mais toujours positif rapport qui avait uni l'avocat à l'Ouvroir. du sago vant dont la mort privait non solum l'Institut mais aussi la Nation d'un savoir capital. fut. strapontin (sinon distinction) qu'avait valu à l'avocat son travail magistral sur un tumulus mal connu. D'abord Francois-Armand d'Arsonval parla au nom du Tribunal Administratif dont Hassan avait conçu.L'on inhumait Hassan Ibn Abbou dans un columbarium à Antony. duc d'Aiguillon. L'on fit six discours. dans un anglais choisi. un bloc d'airain aux incrustations d'iridium portait rubans. A la fin parut Carcopino. la Nichan Iftikhar. qui fit alors grand bruit. L'on vit pourtant d'aucuns applaudir. Pourtant Carcopino. Jugurtha l'aurait assailli trois fois. mais surtout mal compris. Juba l'Africain y aurait dormi (Titus Livius dixit).

un individu qui souriait. murmura Amaury. qui son panama. ru lacrymal. Il discourait surtout sur un point jusqu'ici obscur qui avait fait pâlir maints savants pourtant trapus: y avait-il ou non obligation pour un pagus ou pour un oppidum d'offrir à sa population (paysans ou parfois marchands) un statut ignorant la distinction qui faisait ipso facto du Romain un individu plus important qu'un habitant du Sahara ? Quoiqu'insuffisant. il portait un raglan copurchic qui sortait à coup sûr d'un artisan anglais. L'on participa à son chagrin. un rapport succinct mais plutôt pas mal foutu. aurait rugi: « Idiot ! Idiot ! Idiot ! • —Mais il a pourtant fait son oraison. montrant ainsi qu'on s'abusait quand on analysait. dit pour finir Carcopino d'un ton rompu par l'affliction. l'on n'osa applaudir. fit l'inconnu. Amaury s'approcha. qui lui plut aussitôt. prouvait qu'il n'y avait pas obligation (il s'agissait tout au plus d'un choix facultatif). Un amiral salua. Ça signifiait donc qu'il fallait à tout prix fuir l'a priori pour saisir. qui son schako. Pourtant. j'aurais cru qu'au moins il s'offrirait cinq ou six allusions. d'un Chomsky sur la jonction Insignifiant-Signifiant. diton. fit Olga qui assistait a la discussion. ça m'a surpris. la Romanisation ou la Barbarisation. avant tout. L'on ôta. voit s'ouvrir à lui un futur saisissant. à trois pas. sur . du moins à mon avis. qu'il connaissait jusqu'au bi du bout du doigt. à partir d'un Droit soi-disant positif. Pourtant la plupart du Jury fut d'accord. disons sympa. surtout dans sa conclusion. traitant du jus latinum. Un paparazzi mitraillait Amanda Von Comodoro-Rivadavia qui fondait. d'un Mauss sur l'union Chaman-Tribu. sauf Carcopino (dit Cocopinar). confirmant l'intuition d'un Marc Bloch quant au rapport Donjon-Vassal. —Un oubli ? chuchota Amaury maîtrisant mal son agitation. —Voici grosso modo si• mois. la moisson qu'il nous vaudra saura nous nourrir à jamais. l'on fut conquis. Grand. pour son doctorat à la Commission ad hoc du CNRS. son travail. bancal au clair. adrnit l'inconnu. dans son discours un oubli qui m'apparaît fort significatif. plutôt jovial. Plus d'un larmoyait. —Oui. Mais non ! —Chut. Il avait un air franc. —Dis-moi. l'on sanglota parfois. du droit latin quoi. VOlCl 1 instant final. Hassan Ibn Abbou proposa. pas mal bati. lui-dit-il à blanc-pourpoint. l'infrastructural. Amaury Conson vit. Ottavio Ottaviani sortit son mouchoir blanc. un substratum d'où l'on croyait saisir la Colonisation. qui. Furtif. Tu vois la situation: Karl Marx à l'Institut ! On n'avait jamais vu ça. Ayons foi dans l'obscur grain qu'Hassan Ibn Abbou planta.à lui. pourquoi souris-tu ? —Il y a. par l'important sinon capital saut qu'Hassan Ibn Abbou lui a fait franchir.

à Azincourt. à Matignon la Maison Roblot qui accusa la Maison Borniol qui accusa— va savoir pourquoi—l'Hôpital Foch qui accusa l'Institut qui accusa l'Anglo-Iranian Bank qui raccusa Pompidou qui compromit Giscard qui condamna Papon qui montra du doigt Foccard. du laudanum. Tout au long du parcours. on offrait du vin. L'on vit d'abord surgir un sacristain au camail citron agitant un goupillon d'or massif. l'on prou. Amaury Conson alla voir Olga qui. Plus tard. tantôt on critiquait la composition du jury. parfois jusqu'à cinq. à l'Ambigu. on ignora la disparition d'Hassan Ibn Abbou. puis cinq borniols hissant un sapin d'acajou aux portants d'airain.J. d'un bloc. il nous suffit d'un Ibn Barka par an ! Ça prit cinq ou six jours. avait fui dans son manoir campagnard. on ironisait sur l'administration. mais. on parlait d'un assassinat qui avait fait courir tout un chacun au tribunal: tantôt on sttaquait l'avocat. un vrai guimbard. l'on pâmait d'admiration pour Cyra- . •ca fit un joli ramdam ! Au Quay d'Orsay on accusa la P. l'on tint coi l'obscur fourbi.l'acromion d'Urbain d'Agostino. faisant fi du rapport d'instruction. niait l'accusation. on racontait un roman d'amour. L'un fit un faux pas: l'oblong sapin glissa. Puis l'on chantait la Chanson du Tourlourou qu'un Paulin ou qu'un Bach immortalisait au Chat Noir. souffrant d'un coryza cramponnant assorti d'un lumbago brutal. on lisait un journal. d'un Mac-Mahon. qui.J. on causait chiffons. pour finir. On ignorait la disparition—si disparition il y avait—d'Anton Voyl. pourtant fort connu. fit Ottavio Ottaviani. on disait son opinion sur la situation.. il n'apparaissait pas non plus à l'abri du soupçon.. puis trois ratichons brandissant sous un baldaquin à galons froufroutants un crucifix plutôt con. Douglas Haig Clifford 0ù un baryton naïf connatt un sort fulgurant Trois jours plus tard. Jadis. quant au substitut. l'on accusa Matignon.. —Ah non. à l'assassin. suivi du quidam qu'il avait vu à l'inhumation d'Hassan Ibn Abbou. son soupirant favori. à la P. s'ouvrit: damnation ! Hassan Ibn Abbou avait disparu ! Pour un joli ramdan. voulant à tout prix noircir l'insignifiant potard qui aurait fourni du poison. Il fallait au moins trois jours. dit l'inconnu sur un ton nostalgical. on n'avait pas grand choix: on montait dans la mail-coach. on causait au postillon. d'un Drumont. non loin d'Arras. d'un Cassagnac. pour Arras ou pour Cambrai. On prit un train. quand on voulait partir pour Dinard ou pour Pornic. tomba. vait la corruption d'un Du Paty du Clam.

pour Sarah jouant l'Aiglon. ni moi. un marasquin ou un bon vin chaud. pour ami Anton Voyl. aux pawlonias rabougris. qu'il courait à la mort. un mignon carafon d'Armagnac. souriant.. —Yvon ? —Oui ! clama Amaury. fit Amaury surpris. Amaury Conson. aujourd'hui nous avons la SNCF'. un joli ruban. soupira Amaury. l'on offrait un chocolat au kirsch. Puis il sortit d'un sac qu'il avait à la main un carton au format original garni d'oblongs cigarillos. satisfait. on faisait un whist ou un pharaon. J'avais. —Oui. On gogaillait. un gigot ou un dindon accompagnait. puis l'on allait dormir. —Mais as-tu compris. L'on convint d'avoir la discussion qui s'imposait. aux boulingrins languissants. on aplatissait un champion du coin. on ripaillait. on allait s'offrir un curaçao. —Non sans un vif plaisir. Il m'a pourtant fait part du mal dont il souffrait: il m annonça. Arthur Wil- •8 burg Savorgnan. mais où l'as-tu ap—Tu connaltras un jour mon roman.no. —Amaury Conson ! N'avais-tu pas un fils —J'avais six fils. on jouait parfois au billard. nous nous voyions au plus cinq ou six fois par an. à mon avis. ainsi qu'à vous tous. un Musigny ou un Pommard qu'un poisson ou un homard. fit l'inconnu. l'on suivait jusqu'au lit un jupon qui vous plaisait. la qualification d'avocat goujat allait mal à Hassan. L'inconnu opina. on ribotait jusqu'à plus soif ! Puis l'on faisait un grand tour: jardins publics aux gazons chagrins. coupa Amaursr. mail aux acacias maigrichons. Hassan. ni Olga. la signification du post-scriptum ? —Non. il y a huit iours. « L'avocat goujat qui fumait au zoo » signifiait-il Hassan Ibn Abbou ? Non.. mais. toi. j'appris sa mort. à propos. —Un brazza ? fit-il. on bombancait. on passait un instant au salon. Aucun parmi nous n'y a cru. nous avions tort d'y vouloir voir un signal mot pour mot. . Mais quand j'arrivai à Paris. ni toi. pourtant. non loin d'Oxford. puis chacun y allait d'un propos grivois. ni Hassan. dit. mais. aux ifs chafouins. Arthur Wilburg Savorgnan. ils sont tous morts sauf un. mais sa n'a plus aucun chic. moi aussi. vivant à Oakwood. Hassan fumait tout au plus trois habanas par an. fit Amaury. On avait pour six francs un bon vin d'Anjou. pour au moins trois raisons: Voyl ignorait qu'Hassan fût avocat. qui Pjouta aussitôt: quant à moi. l'on rigolait un bon coup tandis qu'au trot la mail-coach courait jusqu'à la fin du jour. —Ah bon. l'on voudrait savoir ton nom. anglais. ou un Latour-Marcillac. mais. A la nuit on dinait dans un charmant caboulot. —J'ai pour nom. Puis on allait au bobinard. parvint à m'avoir au bout du fil.

S'il avait pu. parfums agaçants. non sans un aplomb hardi. aux mâchicoulis à modillons. du pourrissant humus. Voilà pourquoi. —J'ai lu ça dans son Journal. Soufflot. d'autant plus ajouta Amaury. —Pourquoi dis-tu ça ? sursauta Arthur Wilburg Savorgnan. j'ai fini par saisir qu'il l'avait toujours dit.—Il y a du vrai dans tout ça. Un paysan allait aux champs sur son McCormick rutilant. puis un quai. Puis la loco faiblit. noir sur blanc. —Oui. L'on vit un faubourg pourri. ça n'a pas l'air banal. pourquoi son post-scriptum ? —J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un faux. tympans à mascarons—qu'il flanquait—là gisait l'innovation—d'un pavillon flamboyant à parvis ogival. un autobus. Par surcroît. nous allons à Azincourt voir Olga. Laissant aux maçons couards l'inspiration du Grand Trianon d'Hardouin-Mansard qui constituait alors un parangon non plus ultra.. balcons sans avant-corps. L'on voyait fuir l'ondulant panorama rural. l'hypocrisif banco-rotto d'un tas d'importants BOF. qui l'agitait. là aussi. Ou plutôt. j'ai l'intuition qu'Anton n'avait a•cun choix: il lui fallait un point final. un rondpoint. L'on arrivait. François Daunou loucha trois jours durant sur l'original lavis. cinq ou six Rubicons. il n'allait jamais au zoo.. proposa un corps principal d'inspiration rococo—portail à arcs-boutants. du champignon gris. dit-il pour finir à Soufflot. Un charmant vallon. proposa à Daunou. un tortillard qui faisait du vingt tout au plus. l'Anglais nous y archibattit). cachait la maison. fronton à la Tudor. un joli l manoir qu'avait fait bâtir François Daunou à la fin du Consulat. il aimait trop son Jardin d'Acclimatation. L'on n'ajouta plus un mot jusqu'à la fin du parcours. l'infamant krach. non sans un sang-froid inoui. du bois mort. capricants du myosotis palustris. La loco allait bon train... qu'Hassan adorant la boukha faisait fi du whisky. qui inaugurait ici un brillant futur. L'on prit un omnibus d'Arras à Aubigny. Puis il lui flanqua son godillot . ajouta-t-il au bout d'un court instant. donc. cinq à six hangars. —Hum. il aurait fini sur un signal plus sûr: mais il n'avait pas plus clair à sa disposition. Puis l'on marcha sur Azincourt (jadis Agincourt.. souriant d'un parfum tout automnal qui flattait l'odorat. ravissant. —Il n'y a pas plus obscur qu'un blanc. Amaury lisait un gros roman qui narrait la liquidation.. franchissant. Savorgnan tirait sur son braza. suscitant l'oscillation du wagon d'aluminium. Aujourd'hui. murmura Amaury. —Mais alors. la solution du tracas qui l'habitait. profond. Soufflot. ignorant qu'il y avait.

Duroc. consulta Chalgrin. un lom- . Junot. Il n'avait pas d'ayants droit: la maison tomba à l'abandon. on construisit un grand parc. un commandant anglais. un carpillon qu'il apprivoisa non sans mal. Vignon. pour la nuit. il tomba sur un Hollandais alors plutôt obscur. un pavillon colonial au toit rhomboidal dont l'arc d'appui s'incrustait d'ultramontains godrons sinon laids du moins tout à fait triviaux. Pour finir. voyous. y habitant au minimum six mois par an. 02 Augustus B. Mais Soufflot. car toujours ainsi l'invoquait son papa. La maison vibrait du cri plaisant qu'il poussait quand il jouait à colin-maillard sur l'ouatant gazon du parc. Il lui donna carta blanca. dont l'un. Savary. parvint à fuir à Lyon. garantit l'organisation du pavillon: on ravala. quand il nourrissait l'insinuant cyprin du bassin. Il lui donna pour nom Douglas Haig. il fourguait sa maison au plus offrant: un maquignon d'Audruicq l'acquit pour vingt picaillons. quand on lui confia l'administration du consulat du Canada à Francfort. Puis la maison tomba dans la main d'un flic Louis-Philippard qui y traitait son quatuor d'indics. ou plutôt Haig tout court. Huit ans plus tard. qui passait par là conduisant son bataillon au combat. trois mois plus tard. Hittorf. l'assassina au surin au sortir d'un larigot où chacun avait trop bu. Soult. Cli•ord avait un fils. sac à vin. il fit d'Azincourt son logis familial. s'attifant du sarrau blanc d'un marmiton. truands. laissant à sa disposition d'importants fonds. Daunou. lui offrant du pain. On la pilla. on substitua l'islandais mæout au salissant charbon. quand il grimpait à l'acacia. Potain. on fit un toit. Bambin charmant. s'ajoutant à son bon goût. La maison lui plut. y installa son Q. Daunou n'avait plus un sou vaillant. il y installa un Casino où l'on vit jouant au boston ou au baccara McDonald. qui avait nom François Tilman Suys. Son soin. plus d'un million. puis.au cuI. grandit à Azincourt. dit-on. Oudinot. Un jour d'avril dix-huit. abattu. dans l'inoui transport qui suivit Wagram. lo Caulaincourt. On sait qu'il n'y a pas plus filou qu'un Hollandais: quand François Tilman Suys finit sa construction. on lava partout. Chacun s'abstint. Victor. Il y gagna. Clifford. Douglas Haig. puis l'on y vit aboutir dochards. Augustus B. lui garantissant pour un futur proximal l'incisif rasoir du grand Guillotin.G. il y monta d'abord un haras. vagabonds. voulant ainsi offrir sa contribution à l'immortalisation du Grand Soldat sous qui il avait combattu à Douaumont.

puis s'inscrivit à la Schola Cantorum où il apprit la composition. où. Puis la nounou mijotait un bon chocolat chaud. trouva sa voix au point. Mais. lui garantissant un protagon dans un futur plus ou moins lointain. Par surcroit. A dix-huit ans. Un jour qu'il sortait du Palais ducal d'Urbino. au rugby. un bourdon ou parfois un crocus. Von Karajan au tutti. il lui offrit la partition du Commandant. Haig avança à grands pas. puis. cuisait un kouglof ou un clafoutis aux fruits. mais il adorait ça. sois plus strict: parfois tu mugis. car on allait sur minuit. un an plus. puis un madrigal d'Ottavio Rinuccinni. Bohm paraissait tout à fait satisfait du baryton. Conduit par Karl Bohm d'un bras sûr mais amical. La maison d'Augustus connaissait la paix. un matin sur trois. bâillant. On faisait du sport. L'approbation du grand Adrian Boult. Paix ! Un violon chantait dans la mlit. Haig passa son bachot. Haig avait tout un tas d'amis. Puis il trouva sa vocation: baryton. On randonnait tout autour du pays. pour finir. Il chantait plutôt mal. Mais—consolation— dans la nuit indigo. il avait la voix qu'il fallait. valut au baryton un mot d'introduction pour Karl Bohm qui montait Il dissoluto punito ossia Il Don Giovanni au Mai Musical d'Urbino. Il conçut illico pour la Diva un amour fou. grosso modo. arias. trois grands airs d'Aida.bric. à Turin. Haig croisa dans un corridor Olga Mavrokhordatos. Il travailla dur. Haig chanta d'abord Unto us a Child is born ». quoiqu'il donnât parfois du flou dans son aigu. la soprano qui jouait Donna Anna. un taon. Solti au canon. on jouait au football. parfois tu rugis: ça doit jaillir sans faiblir ». il vocalisait tout à loisir à l'instar du grand Caruso. approfondissant ainsi son savoir naissant Puis Fricsay l'initia au plain-chant. à San Marino. rondos ou sinfonias. On y batifolait. où il obtint sans mal l'autorisation du convol. Un adjoint municipal prononçait. Haig s'unissait à Olga. au Carignano. ou « Ouand tu dis Altra brama quaggiu mi guido. Chacun savourait. plus pur qu'un rossignol. On aurait dit un paradis. Karl Bohm convoqua Haig. sur l'imposant parvis du rondpoint principal. « Ton fortissimo parait plutôt languido ». On organisait d'•musants tournois au tir à l'arc. lui disait parfois 103 Karl Bohm. . mais qui surgissait quand il s'approchait du bassin murmurant ou sifflotant son nom: Jonas. chansons. on l'aima au moins tout autant: trois jours plus tard. un discours nuptial qui n'avait aucun piquant. pour la plupart vivant au bourg. O. Sir Adrian Boult assista à l'audition qu'il donna. instant ravissant ! O. tout à fait convaincu. tard. l'on put ouïr jusqu'au matin I virtuosi di Roma offrant aux conjoints rigaudons ou madrigaux. Krips à l'unisson.

Statufiant l'occis Commandant qui paralt. brillant. pour un motif inconnu. Mais plus tard s'acharna un mauvais hasard. qu'il dirait son si connu Don Giovanni. l'amical unisson. la disparition d'Anton Voyl la disparition d'Hassan Ibn Abbou.. Siam tutti morti... faisait son irruption à Urbino. I1 apparut. gardant dans sa main la main d'Olga. carcan blanc. On hissa Haig sur son support. Uomo bianco.. qui toujours. On y pratiqua un fort trou qui. puis l'incisif clairon d'un Wobisch ! Haig s'avançait. trois jours plus tard.. ils colmaItront l'amour.. On connait la filiation annonçant la fin du Don Juan: —. Ça fit un bruit sourd. l'on vit qu'on avait omis tout jour pour la vision ou pour l'audition.. sans tout à fait l'assourdir. l'on . Soudain il poussa un mi tonitruant. qu'on boucla. Il allait au hasard.. tournoyant.. dur. Nul Tout-Puissant n'offrira son pardon à Douglas Haig. Il ignorait qu'il avait trop raison.. Ah padron. ou plutôt moula Haig dans un stuc. tous survivront. qu'on plâtra. Quand 106 il arriva sur Don Juan. bascula. Ça n'alla pas trop mal. l'arbin balbùtiait: Ah Padron. il cogna un portant. annonçait. Car. Haig s'affola. Uomo di Sasso.. on croirait ouïr la voix d'un mort nous maudissant du soussol où il pourrit ». oscillant à l'instar d'un robot ou d'un mutant inhumain.. donnait à la voix un ton profond qui plaisait à Bohm: « Au vrai. mais trop tard.. ainsi qu'un baobab qu'on abat. Tatata.puis un alto. à la fin du Dramma giocoso. Karl Bohm habilla.. vingt ans plus tard. Grido indiavolato. L'uom di Sasso.. fit un faut pas. toi aussi. L'on s'affola. la paix. Mais Haig partit un instant trop tard. ami qui nous lis tu voudrais. Puis sa voix cassa tout d'un coup. On arrivait à l'instant où Don Giovanni contraint son larbin à offrir un lunch au Commandant.. On aurait dit qu'il n'avait plus sa raison.. quand on installa Haig dans son carcan. Du balcon aux gradins. hurla Giovanni.. du paradis aux loggias. qu'il apparaîtrait alors qu'aux violons on introduit l'accord final. plus droit qu'un mât. non ! souhait trop hardi ! il n'y aura pas d'absolution. La mort qui. qui l'autorisait tout au plus à accomplir cinq ou six pas. disait-il. qu'ici tout soit fini. m'invitasti puis franchirait cinq ou six pas afin d'offrir à tout son public l'imposant gabarit du Commandant. Douglas Haig Clifford s'unit à Olga Mavrokhordatos. L'uomo bianco. cassant. s'avançant d'au moins huit pas. Las. accomplira 104 ici aussi son fatum. Ils auront vingt-six bambins. On avait conclu qu'Haig partirait là. Oui... Alors son larbin: —Ah signor.. murant tout à fait l'ivoirin baryton.. La Damnation qui partout.. parcourt l'obscur signal qu'à l'infini ma main voudrait approfondir. I1 avait raison.

zigzaguant du talon à l'occiput. l'on autopsia. Car. On n'insistait pas trop. Clifford assistait. on murmurait qu'il avait un grain. tout importun qui sonnait au portail. signal maudit du Malin paraphant au bas d'un manus«it qu'un Faustillon noircit. tout au plus y voyait-on parfois la nounou qui faisait l'achat d'un jambon ou d'un dindon. Conduisant du matin au soir. il gagna Azincourt. un gæon blanc figurant grosso modo un croquis aux contours intrigants: harpon à trois dards. Il construisit un haut mur tout autour du grand parc. car la Squaw avait appris l'art subtil du judo. tout vagabont qui passait implorant un quignon.. au Mai Musical d'Urbino. d'un coin. L'inouï choc fut si brutal qu'à l'instar d'Humpty-Dumpty chutant du haut du mur on vit s'ouvrir l'ivoirin carcan. Puis il sortit son Hispano-Suiza Grand Sport. la fulmination d'un Jupin foudroyant. Il vola son corps qu'un drap blanc couvrait. ton patron. ou main à trois doigts. Augustus continuait la mission qu'accomplissait jadis Haig. Mais la nounou parlait un fort mauvais français. noyau moribond d'un fruit inhumain. Au bourg. mais il apparaissait toujours. Il chassait au caillou tout gamin qui rôdait. dru. s'aidant d'un burin. fissurant d'incisifs rayons l'hourdis chaulin. Augustus s'isola dans sa maison d'Azincourt. Puis l'on vit rougir l'immaculation du staff. ça vn. toujours aussi zinzin ? » —You son of a bitch. il s'introduisit dans l'hôpital où l'on avait mis son fils. trou du cul. savait-on. on vit d'abord qu'il portait. Il fallut six ans à Olga pour savoir où avait dis- . Jonas ! » Jonas avait grandi. un lit pour la nuit. Augustus B. ajoutant: —Tant qu'il nourrit Jonas. s'abrutissant sur son volant ainsi qu'un fou sur son dada. lui disait-on. On disait qu'à la nuit il barricadait tout. à sortir Haig. On aurait dit la fulguration. l'intrados du gabarit qui moulait l'infortun baryton.. Un sillon profond. on saura plus tard pourquoi. parcourut. Il n'allait plus jamais au bourg. Un sang purpurin gida. d'un blanc blafard. A midi tapant. du talon à l'occiput l'infamant sillon blafard. il paraIt plus sûr qu'il l'inhuma dans un coin du parc où. Alors parfois la Squaw souriait. du soir au matin. Dans la nuit qui suivit. d'un cric. Alors Augustus lui lançait du pain qu'il avalait non sans satisfaction. Plus tard. car la nounou ayant du sang iroquois on la surnommait la Squaw. faisait la Squaw qui aimait offrir aux bousins locaux son juron favori. la Squaw. L'on n'arriva jamais à tout à fait saisir la raison q•u provoqua la mort. la Squaw •.poussa un cri assourdissant. Ouand on parvint. il s'approchait du bassin. poussa alors. lui aussi. On a dit parfois qu'il y brûla son fils. • Alors. incognito. murmurant « Jonas. « Alors. dit-on.

Amaury. nous unira toujours. Il voulut voir la prima donna pour qui son fils avait concu un amour si fort. acquis à prix d'or à Drouot. Aussi Olga vint à Azincourt trois fois par mois. jouait. la Squaw. honorant ainsi sa bru.paru Augustus. lui dit-il. brodait un joli bourdon sur un grand drap blanc fait du plus fin linon. surpris. fit la Squaw. Augustus lui parlait du charmant bambin qui nourrissait Jonas. il s'adoucit. —Lady Olga is waiting for you. y trouvant la paix qu'il lui fallait. lui disait sa passion pour Douglas Haig. —Contraria contrariis curantur. tu connais aussi la Squaw ? —N'avais-tu pas compris ? —Ma foi. Plus tard. —J'ai dit. un air d'Albinoni. Sir Amaury. . d'Haydn ou d'Auric. s'affalant dans un charmant vis-à-vis d'acajou (anobli par l'amour qu'y avait jadis concu un Boyard pour la Grisi) qu'Augustus avait.. puis Olga. parfois. Savorgnan. Amaury. tandis qu'à bon train nous arrivions aux faubourgs d'Arras. Quand Olga arriva à Azincourt. communs nos pouvoirs. on buvait du sirop dans un salon d'apparat qu'Augustus ouvrait. alors qu'à Paris son travail la tracassait. sur un virginal dont l'aubour subtil s'ornait d'incrustations d'os. avoua Amaury. Olga. non loin. il prit du plaisir à voir Olga. aboya. —Bonjour. L'on soupait.. à l'ouïr discourir. and good day to you too. 10 Qui. un danois. —Quoi. Olga. —Similia similibus curantur. —Good day to you. montrant la maison. j'ai dit qu'un jour tu connaîtrais tout mon roman. ou un sloughi. Tous nos amis nous sont communs. narquois. dit la Squaw. chantait du Schumann. qui jouait à colinmaillard. communs nos savoirs. Puis la nounou vint ouvrir. Augustus d'abord (qui n'avait jamais w sa bru qu'un court instant) s'opposa à son admission dans la maison. pourtant. condut. qui grimpait à l'acacia du parc. 1ui opposa. finaud. Sir Savorgnan. passant cinq à six jours vis-à-vis d'Augustus: on faisait un grand tour du parc. Plus tard. Olga s'habitua à Azincourt. souhaifons-nousJ plaira aux fanas pindarisants Amaury sonna au portail. l'accablait. loucha sur Savorgnan. il y a un instant. Tu sauras alors jusqu'où nos curricula sont concordants: un hasard continu nous a unis. Olga donc. dit Amaury qui trouvait joli son surnom. vingt ans auparavant. lui racontant son conjungo trop tôt rompu. tandis qu'Augustus. non. nous unit aujourd'hui. commun l'obscur propos qui nous fait courir aux vingt-huit azimuths. Au loin. Sa voix vibrait dans l'air du soir.

Nul n'ajoutait mot. un propos sibyllin dont nous voudrions saisir la signification. lampion qui aurait fait d'un Noguchi un primitif. fruits rafraichis. divans aux gros coussins faits d'un caoutchouc qu'on gonflait. caduc. club ovoidal. nous vous savions loyaux. toujours poli. il nous faut nous unir: joignons nos informations. produisant un son pas tout à fait cristallin qui flotta un long instant dans l'air. Olga somnolait dans un hamac.L'on s'approcha. dit Savorgnan. Trop d'avaros troublants. —•as mauvais du tout. Avant tout. my oll chap. ou croyons savoir qu'il y a. 110 . fit Augustus. Il vint à Savorgnan qu'il accola: —Wilburg. L'on fut introduit dans un living-room d'un goût ultra-innovant: tapis au nylon lilial. —Oui. affaibli. Olga proposa fruits au sirop. . —It wa•n•t bad. nous n'avons pas d'informations sur la situation qui accompagna la disparition d'Anton. montrant par là qu'il avait compris l'anglais du Consul. Amaury lui baisa la main. trop d'affolants coups du sort ont. —Cari amici. barbon Uanchi. sous tout ca. L'on s'assit. puis Savorgnan. L'on souplra. Augustus voudrait vous voir. —Il nous faut aujourd'hui. On avait garni tout un mur d'un vitrail op dû au crayon mordant du grand Sartinuloc. fruits confits. D'un contact plus jointif jaillira l'intuition qui nous ouvrira l'horizon ! —Bravo ! fit Amaury. Alors parut Augustus B. Or. assailli nos amis. au cours du mois qui finit aujourd'hui. dit pour finir Olga. à coup sûr chacun parmi nous a au moins appris un truc qu'ignorait son voisin. Clifford. Mais nous savons. dit Olga. How do you do • fit Savorgnan. L'on savoura sans bruit. puis coordonnons nos actions ! —Voilà proposition qui vaut son poids d'or. approuva Arthur Wilburg Savorgnan. how do you do Iuu dit-il. la mort d'Hassan. Sonnons du gong ! Amaury saisit un gong d'aluminium qu'il frappa par trois fois d'un maillotin d'iridium. hormis cinq à six brimborions. L'on toussota.How was your trip ? fit Augustus. sourd. approfondir dans un savoir commun l'obscur imbroglio où nous nous noyons tous. ajouta Amaury. —Hip hip hip hurrah ! dit la Squaw apparaissant alors apportant sur un plat rond moult flacons d'alcool.

disait-il. parfois d'un roman d'Isidro Parodi paru il y a dix ans à la Croix du Sud. j'ai lu un bon bout. —Trois jours avant sa disparition.. Mais Voyl citait aussi Kafka. attaqua Amaury Conson un instant plus tard. ou parfois d'Arthur Rimbaud. VOI cotom. . Dans tout ça. donc. ou la disparition du Blanc. disons qu'Anton tout à la fois montrait mais taisait. VOI bal. tous blancs. l'album qu'Anton nous posta il y a un mois. V01 triC0tl. oui du Blanc. il y a toujours un point commun: l'apparition. Il comportait vingt-six folios. il s'agit pa*ois du Mo•y Dick. car ll blanchi• TOUT: V01 . VOI burnous. Clifford alla à un bahut. son propos lui paraissait important. signifiait mais masquait. dit-il. ont pour but d'approfondir la signification du roman. puis d'un Roi blanc. tout un tas d'indications qui. mais l'on autorisa Amaury à discourir avant tous. J TOUT paraitra plul blanc. croyons-nous. sinon un placard qu'Anton. Mais il n'y a pas un mot dans l'album. Mais quand Anton Voyl dit « Blanc » à quoi fait-il allusion ? Augustus B. un placard oblong. sinon la plupart du Journal d'Anton Voyl. puis qu'il colIa. —Du Blanc ! cria Olga fracassant dans sa commotion un lampion. Il y a. trouva dans un journal. jour pour jour. fit Savorgnan. —Oui. qu'Amaury lut à mi-voix: A B•S LJOBSCUR (Homo blanchit tout. puis parlait du « vol du bourdon ». L'on fut surpris.L'on trinqua. par-là. —Du Blanc ! hurla Arthur Wilburg Savorgnan avalant plus qu'au quart son cigarillo. parfois d'un roman qu'aurait fait sur la fin Thomas Mann. —Ainsi. p•u•sulvit Amaury. —Voici. VOI larraS•I. —Oui. croyons-nous. Amaury voulut offrir d'abord sa contribution. dit-il. ouvrit un tiroir dont il sortit un album format grand raisin qu'un joli galuchat gaînait. —Or donc. par-ci. a priori. fournirait la solution. On s'approcha d'Amaury qui parcourait l'album. raffirma Amaury: tout tournait autour du Blanc. sauf. car. —Du Blanc ! clama Augustus B. V01 maillotl.lips. calcula Amaury. au folio cinq. —Du Blanc. sans illustrations. Il y fait cinq ou six fois allusion à un roman qui. —Du Blanc ! brailla la Squaw d'un ton suraigu qui brisa trois miroirs. murmura Olga qui n'avait jamais su son latin. —Larvati ibant obscuri sola sub nocta. sans pourtant nous affranchir tout à fait. Clifford laissant choir son hanap d'akvavit qui macula son blanc tapis.

il y a un mois.TOUT: VOI draps (pur coton). qui m'accompagna à Oxford où Parsifal Ogdan nous lut l'inscription: voici la transcription qu'on nota: Kt•raki yori Kuraki michi ni zo . vol conjungos [sam co•t VOI mignom cailloux pour bom jo•rs. VOI moim grol poillons VOI tifl. VOI poignarll VOI grOI pOillOnl. à savoir Gadsby V. nous parvint un colis postal. vos [Icazom. VOI •raisins. VOI boudim. vos zincl à blanchir. du Blanc. vos trous. y farfouilla un instant. vos pantalom pour marim (vrai basin uni). par disparition du noir. mail aUlli VOI bois. —Qu'y avait-il dans ton colis ? coupa Amaury qui bouillait. du japonais. Amaury. qu'un artisan tatillon avait blanchi au grattoir (ou plutôt au vaccino-stylo) s'inspirant à coup sûr du truc mis au point par l'imaginatif Jarjack qlland il imita à foison l'abattu Clo•vn blanc qu'avant lui immortalisa un grand rival d'Oudry. Illico j'allai voir mon patron. vos abominatiom pour Tarzan. à l'infini. Wright. vos omilsiom. Il s'agissait d'un carton à kaolin. noirci à l'indian ink.. VOI charbom VOI nuits sam roupillon. Voici: Il ouvrit son sac. du [Blanc. VOI flots. V01 bourdons VOI manUlCritl VOI bUtl aUllitOt mil. mais j'ai compris aussitôt qu'il avait rapport à Anton Voyl quoiqu'ajouta-t113 114 il. —Oui. VOI maux VOI lombricl. vol notatiom pour hautboil. VOI vim. puis sortit un carton qu'il montra au trio. Il n'y avait aucun signal distinctif m'autorisant à savoir qui nous l'offrait. VOI maim. —Du japonais ? voulut savoir Olga. A nous aussi. VOI lim [sam lupus. VOI lailom dam un Grand Magalin. —A mon tour.. —J'y arrivais. nous ignorions toujours pourquoi Voyl voulait ainsi garantir son incognito. du Blanc ! A B•S L'OBSCUR —Il nous faudrait un Champollion. un croquis au fini parfait qui imitait l'inscription au bambou qu'on voit parfois au bas d un lavis iaponais. murmura. poursuivit Savorgnan. apportant sa contribution au travail commun. dit Savorgnan. On avait ainsi produit. abattu. vos loupl trop connus.

Usuzumi ni Kaku tamazusa to Kari miyura kana —Joli, fit Augustus. —Il s'agit, poursuivit Savorgnan, d'un haikaï, ou plutôt d'un tanka, non du grand Narihira, mais, soit d'Izumi Shikibu (on dit qu'il fut son opus final), soit du moins connu Tsumori Kuni moto. Il aurait paru dans la Go shu i shu, compilation qu'on of•rit au Mikado. Parsifal Ogdan nous donna du tanka la traduction mot à mot •l•n.c un français dont la distinction nous surprit d'autant plus qu'on savait, par un ami japonais qu'Anton Voy1 avait connu jadis à la National Library, qu'un tanka a toujours trois, cinq, six ou parfois jusqu'à huit significations. Mais, nous montra Parsifal, l'approximation, qui fournit un apport vital à l'art nippon, n'aurait, pour un Français, pour un Anglais, aucun piquant: l'obscur, l'incongru, l'approchant, l'indistinct n'auront jamais raison ici. Il faut qu'un tanka soit clair, concis, incisif, franc, succinct, fait d'un trait, fût-il traduit ou transcrit au prix d'abandons parfois importants. Voici donc la traduction qu'Ogdan nous proposa parmi cinq ou six qu'il aurait pu tout autant choisir: Hors d7• noir D•ns s•n parcot•rs noir D'?•n crayon si fin

Un si•nal blanc s'inscrit: O, vois dam l'air l'albatros —Tout à fait charmant, fit Amaury, mais l'on aurait voulu plus illuminant. —Craignons qu'à mon tour ma contribution n'ait aucun pouvoir, fit, au bout d'un long instant où chacun n'osa l'ouvrir tant il y avait dans l'air ambiant un inconfort grandissant, Olga. Gaignons, car au moins y avait-il dans vos journaux, placards ou tankas, allusion à un point connu, à un point commun: au Blanc. Mais, dans mon cas, tout parait dos à dos: autant vos manuscrits sont obscurs, pourris d'allusions, ardus à saisir, autant mon manuscrit parait clair, positif, admis... —Mais, proposa Amaury, s'il constituait, par là, la solution... —Mais non, coupa Olga, tu n'as pas compris. 115 Il n'y a, dans mon cas, ni allusion, ni signal. Car il s'agit, non d'un travail original, mais d'un corpus compilant cinq ou six travaux d'autrui, travaux qui, fort connus, n'ont pour nous aucun attrait significatif... —Si tu racontais ab ovo, l'on pourrait y voir plus clair, fit Augustus. —Soit, fit Olga. Huit jours avant l'incongru pli assorti d'un si fascinant post-scriptum annonçant qu'il allait au plus mal, Anton Voyl nous posta, à nous aussi, un colis. J'ouvris aussitôt. J'y trouvai:

a) Un court roman d'un soi-disant Arago, s'intitulant « L'intrigant parcours français •, un charmant in-octavo dont j'admirai l'arabisant maroquin, qui s'ornait d'amasquins à l'or fin amati. Mais, pour un roman, il m'apparut plutôt faiblard; b) Six madri•aux archi-connus, qu'on a tous lus dans un Michard ou dans un Pompidou, qu'on a tous appris quand on avait dLx ans. Six madrigaux transcrits, mot à mot, sans aucun marginalia, par la main d'Anton: —Bris marin, par Mallarmus —Booz assoupi, d'Hu•o Victor —Trois Chansons du fils adoptif du Commandant Aupick. —Vocalisations, d'Arthur Rimbaud. Par-ci par-là, cinq ou six scazons font altusion aux dadas favoris d'Anton: l'obscur, l'immaculation, la disparition, la damnation. Mais nous savons qu'il s'agit là d'un pur hasard... —Pourtant, af•irma Amaury, nous n'avons pas grand choix: si Anton a cru bon d'accomplir 116 la transcription, il nous faut y voir un jalon !

—Lisons donc, proposa Arthur Wilburg Savorgnan. D'abord, ils sont tout à fait jolis; puis qui sait si l'on n'y saisira pas un chaînon qu'Ol•a n'aurait point vu ? On lut donc: BOOZ ASSOUPI BRIS MARIN Las, la chair s'attristait. J'avais lu tot•s folios. F•ir! Là-bas f•ir! J'ai vs• tit•bant l'albatro D'avoir co•rs• a?•X flots inConnUI, à l'azs•r ! Ns•l, ni nos noirs jardim dam ton voir a•wli p?•r N'aslouvira mon flanc qui, marin, I'y baignait. O, Nuits ! Ni l'abatjotw imolant qsci brûlait Ss•r un vain papyrul aboli par son Blanc Ni la bru q•i donnait du lait à son Infant. Partirai! O tramat balançant ton grand foc, Sors du port ! Cinglom s•r l'ino•u lointain du roc. Un chagrin abattK par nos so•haits d's•n soir Croit toujos•rs as• sals•t qui finit as• mouchoir. Mais parfois s•n d•r mat invitant l'Os•ragan Fait il qsf's•n Aq?•ilon l'ait mis s•r U# brisant Omis, sans mats, sans mats, ni productifi tlots. M•ss os•ss nos marins chantant a•x apparaux ! MALLARMUS Booz s'assos•pislait; son labour l'accablait;

Il avait dans son champ accompli son travail, Ps•is avait fait son lit dans r•n coin familial; Booz dormait non loin ds• •rain qu'on amassait. Il avait son poids d'ans, il avait mil sillons; Q•oiq•il f•t COJ•IU d'or, il aimait l'impartial; Dans son mos•lin fluvial, il n'avait nul limon, Il n'avait pas Satan lans son fos•r domanial. Son poil avait ls• Blanc aimi qs•s•n ru d'avril. Ni rapiat ni rival sa moisson n'inspsrait; Q•and il voyait patir s•n croqs•ant qsfi glanait: l•sssons-ls•i à propos choir ds• grain, lisait il. Toujo•rs il marchait lroit loin ds• layon tournant Portant s•r son los pscr compassion a• lin blanc; Tos•jours as•x appa•vris il ouvrait son blutoir; Son grain coulait a flots l's•n consolant pos•voir. Si Booz, bon cos•sin, si Booz, grand Patron Paisait provisior l'or, il lonnait a• vassal; On admirait Booz pl•s qs•'s•n frais Apollon Car Apollon n'a pas l'attrait patriarcal. Son front tos•t grisonnant va as• flux as•gs•ral, S'introd•it a•c l os•jo•rs, quittant •n jos•r mos•vant. L'on voit brandons brs•lants à l'iris l'un infant: Un cristallin caduc saisit l'lnaug•ral.

Non loin du ha•t mulon qui paraissait un ms•r. Trois paysans blottis ont l'air l'un corps obscur; Or tos•t ca arrivait dans s•n antan lointain. La Tribu d'Abraham avait pour roi Dayan. Son sol, dont un Titan avait vu l'impulsion, Portait dans son limon, mol humus pourrissant L'inoubli torturant du Flot inondant Sion.

Ainsi dormait Jacob, aimi dormait Judith. Booz, tout à sa ns•it, gisait IOUI un buisson; Or, un vantail divin ouvrant son portillon SA•r son front rayonnant, la Vision s'imcrivit. Ainsi fs•t la vilion: Booz vit un grand tronc Qui, sorti du nombril, allait jusqu'à l'azur; Un sang vrai y montait aimi qu'un lon• chainon; Un roi chantait au bas; là-haut mourait un pur. Or Booz murmurait tout à son orailon: < Qui pourrait m'impartir lon si mirobolant • Voici trois foil vingt am, j'avais alors vingt ans; L'on m'a ravi l•amour avant l'avoir garcon. Son corps qui, nuit sur nuit, à mon corps fut fondu, O, Tout-Puislant, a fs•i mon •rabat pour ton lit. Nous vivons ,zujourd'hui plus qu'à mi-confondu Car ma mort au futur suit sa mort du jadis. Un sang bouillant naitrait par moi ! Qui l'aurait cru .

Donc, Booz lans la nuit lormait parmi son •rain

sur moi chut l'obscur soir. Conds•it son chariot d'or sur son sillon astral. Tandis qu'un vil magma d'humain* oh. os•want un cil IOUI son Sindon. Un nocturnal Khamsin flottait sur Galgala L'obscur planait nuptial. J'ai connu l'abandon. Ruth. mon chagrin. dam un mol abandon. inco•nito. MON CHAGRIN Sois loumis. Va puisant son poison aux puants carnavals. nous aviom nos matins triomphants: Jour qui quitt•it la nuit aami qu'un invaincu. Ainsi parlait Booz.uislait là. Pourtant Ruth savait mal qu'll la voulait pour Is•i Un frais parfum sortait d'un viridifiant buis. la voilà. VlCrOR HUGO TROIS CHANSONS par un fils adoptif du ColTlmandant Aupick SOIS SOUMIS. L'impiration • pur Booz qui somnolait S's•nislait au bruit sourd du ru qui murmurait La nuit s'a•loucillait dam un ao•t finislant. mon front sur un drap noir Bouvillon tariSIant sa soif au courant vif •. Mais. O mon Roi. partant au loin.gs• croislant si clair parmi l'halo du soir Scintillait au •onant. Or Booz l'i•norait: mail Ruth lan•. cals•c. louriant. ainsi qu'aux frimas l•if. N'y palpitait-il pas. la bas donnant lOUCi. à l•amour. Booz dorma t: I'air parait gris Au loin. un rayon inconnu Quand la nuit blanchirait jusqs•'au matin soudain. L'a. Un tallipot sait-il qu'à son tronc croit un brout . J'accroupil. la voici Un air tout obscurci a chu sur nos faubourgs Ici portant la paix. pUil dam ton coin lois sourd Tu la voulais la nuit. . Il y avait un Iyl au flanc du vallon Blanc. Rs•th souriait. infini.Qsfi croirait qu'aujourd'hui Booz aurait infants • A vingt am. on a froid. Qu'un divin paysan du toujourl automnal Avait. un sourd troupiau va tintinnabulant. imposant. L'imtant lOUVi sonnait OU un lion va buvant. Tout somnolait dam Ur. un Pur Car on voyait vibrant dam la nuit par imtant Simulation d'un vol. un flou frislon d'azur. tout dormait dam Ganaith.' Booz ignorait-il qs•'à son flanc gisait Ruth •' Tandis qu'il somnolait. Orion papillotait au plus profond du noir. qui du Moab vint Non loin du grand Booz alangu t son dos ns• S'in3a•inant. Un coloslal *ardon tombait du Paradis. guillotin sam amour. trop banals. Soul l'aiguillon Plaisir. lors Ruth s'imaginait S'alanguislant. à la nuit Offrant au Tout-Puilsant son iril assoups.

•mants br•lants d'amour. riant ainsi qu'un lis Dans un courroux ou dans un alcool mortifiant. parfums cors•scants. cristd du brouillard ou du Khan. Harpons lu fjord hautain. carmins. Vois s'offrir sur s•n balcon d'oubli. tu l'aurais pris pour ton poulain futur Si tu aVail. honorant nos tripots Qui sans nous ont trop froid. Nous aimons tout autant dans nos saisons du jour Nos chats pUiSSantl. un palais où un vivant support A parfois fait sortir un propos toKt abscons Un passant y croisait la Symbolilation Qui voyait dam un bois un son au fond du cor. O azur: Nous saurons au jour dit ta vocalisation: •. mais doux. Il y a un parfs•m mimant la chair du faon. . la station d'un hautain Mais grand Sphtnx somnolant au fond du Sahara Qui parait s'assoupir dans un Oubli sans fin: Son dos frolant produit un influx angora Aimi qu'un diamant pur. clair ainsi qs•'un gazon Puis l'air d'un corrompu. o•is la Nuit qui so•rl d• parc. Icintillant Dans son voir nictitant divin. qui. Amour. un jasmin Qui cbantait nor transports dans l'Amour ou l'Instinct. aux sclavons pu l'offrir. Il a. NOS CHATS Amis du Gai Savoir. Surgir du fond marin s•n guignon sot•riant. Un chat va sans un bruit dans un coin tout obscur. ''VOCALISAIlO•S A noir (Un blanc). I ro•4x. noir carcan poilu d'un scintillant morpion Qui bombinait autour d'un nidoral impur. nonobstant nos amours. U safran. Saisil-moi la main. O. Rois Blancs. Styx. savants aux pouls glaciaux. Massif oi• la nuit voit l'attrait d'un abyssal Jouxtant irisations. tout vacillant. sons. Apollon moribond s'assoupir sous un arc Puis ainsi qu'un drap noir trainant au clair ponant Ou•s. Ainsi qu'un long tambour qui au loin s'y confond Dans un profond magma obscurci mais global. puis triomphant. ronds divim du flot m•n. Pluton.Mon chagrin. d'un pourri triomphant Ayant l'impulsion d'un tissu d'infini Ainsi qu'un romarin. Doux ainsi qu'un hautbois. un iris. sang vomi. frissons d'anis• I. amis du doux plaisir. ACCORDS Sois. U. Cosmos. pour toujours Loin d'ici. scintillatiom. Aux habits pourrislantl. nos am qui sont partis. I'or surg t. Caps obscurs. là.

discours maudit montrant du doigt l'oubli blotti croupissant au mitan du Logos. tâchant d'y saisir un fil. canyon du Non-Colorado. Clifford vaquait. Augustus. rayon violin dans son Voir ! ARTHUR RIMB•JD Dont la fin aura pour fonction d'amollir un Grand Mani•ot• —Pourquoi pas ? On sait trop qu'ici pas un mot n'a dû son apparition au hasard. donc montrant la virtualisation. pour saisir l'immaculation du blanc. discours d'un non-discours. au safran. —Quoi ? fit Arthur Wilburg Savorgnan. un jalon. —L'A noir Un blanc d'Arthur Rimbaud: l'on voudrait y voir un signal ! . trahir tout son autour (l'actualisation niant. non d'Anton Voyl ! —Qui sait ? murmura tout un chacun. Chacun savourait son madrigal. tout à fait confondant. Il parlait à mi-voix. Olga scruta tour à tour Amaury. Mais un Champollion n'y suffirait plus. son opposition au noir. il nous faudrait aussi un Chomsky. —Ou plutôt un Roman Jakobson qui nous dirait son structural avis sur « Nos chats » qu'il analysa jadis ! —Pourquoi pas un Bourbaki ! —Pourquoi pas un Oulipo ? —Confondant. Un clair-obscur: attribut proximal d'un « a contrario »: à l'instar du signifiant signalant ipso facto qu'il a fallu. pour qu'il soit. On n'y voyait pas clair. finitif clairon aux accords d'aiguisoir. mis à nu.Paix lu patis tissu d'animaux. disait-il. distraction. champ mort où tout parlant trouvait aussitôt. dit. L'imagination d'Augustus B. corridor qu'aucun pas n'allait parcourir. 1' « Un blanc » n'ouvrait-il pas motu proprio sur sa contradiction. Un blanc. blanc d'un album où courut un stylo noircissant l'inscription où s'accomplira sa mort: ô. omission affichant ou masquant tour à tour son pouvoir. brulôt flamboyant qu'aucun n'approchait sans s'y Ayant lu. garantir d'abord sa distinction. scission. la Squaw. marmonnait nonobstant dans son coin Amaury. Soupirs ahurissant Nadir ou Nirvdna: O I'omicron. qu'aucun savoir n'allait franchir. —J'ai dit il y a un instant qu'il nous faudrait un Champollion. paraissait parcouru par 1 insp•ration: A noir. pour confus qu'il fût. O. abasourdi. noyau pourri. au rubis. paix du fin Sillon qu'un fol savoir aux grands fronts imprsma. Chacun suivait son propos 127 qui. à l'azur). Mais il s'agit d'Arthur Rimbaud. Savorgnan. vain papyrus aboli par son Blanc. son « idiosunkrasis • original. puis poussa un profond soupir. blanc signal du non-blanc. Nul n'ajoutait mot. l'affolant trou où sombrait son discours. il fallait. Augustus.

aux faux-fuyants. jour sur jour. mot vacant. taisons nos sanglots. Clifford s'assit. abattu. au faux jour. taisons nos chagrins. n•us. sillon lacunal. la faim. mais tâchons aujourd'hui d'y voir plus clair. il jouait l'Uomo Bianco dans Don Juan. Au plus fort du Logos. vacuum à l'abandon où nous sombrons sans fin dans la soif d'un non-dit. d'un mot nul. Plus nous approfondirons. afin d'amoindrir la damnation qui fond sur nous. mot mutilant. à la raison. aux froids parcours. l'air assombri. nous taira vis-à-vis du Sphinx. —Hassan Ibn Abbou a disparu. • Oui.. Blanc où nous disparaîtrons un à un. nos pulsions. brouillait la diction. Anton Voyl a disparu. nos options. toujours plus lointain. nos courroux. d'un rapport plus vrai. dit pour finir Amaury. —Allons. nous trahit. toujours plus distant.rôtir à tout jamais. jusqu'au noyau final où nous nous avachirons. Quant à nous. fit Savorgnan. Blanc à l'instar du grand Cachalot blanc qu'Achab pourchassa trois ans durant. d'un chuchotis moins vain. nos amis disparus. canal vacant. substruction d'un vrai savoir. condamnant à l'oubli. Blanc qui. qu'Anton. qu'aucun balbutiant. la privation. afin d'affranchir du soupçon nos futurs ! —Mais nous n'aurons jamais fini ! cria alors l2g Olga. mais aussi pouvoir fou. Augustus B. « Nonobstant nos chagrins. n'ayons pas l'air si abattus. tabou zonal dont aucun n'approchait. à tout jamais. Augustus mit fin au brouhaha naissant d'un doigt haut brandi. _ Douglas Haig Clifford a disparu voici vingt ans. voix d'un moi au plus profond. toujours plus clair. —Il portait un carcan blanc. improductif. il nous faut nous unir ». attribut insultant d'un trop-signifiant où va triomphant la suspicion. signal omis qui. l'illusion. prohibait tout discours. ainsi chantait jadis Francois Danican Philidor.. l'amour. ravin lacanial. murmura Augustus... pli fondu au flanc d'un discours qui toujours nous obscurcit. Chacun laissait courir son imagination. qu'aucun bafouillant n'assouvira jamais. amis. mot impuissant. Oui. taisons-nous. un Blanc. nos tracas. dans l'aiguillon vain d'un cri qui toujours nous agira. ajouta Savorgnan. sanglota Olga. son corps parcouru par un sillon blafard. voix d'un voyant plus clair. —Amis. d'un vivant moins mort. qu'aucun soupçon n'indiquait: un Trou. qu'Hassan avant nous ont connu ? Chacun s'opposa d'un ton vif au propos trop soumis ou trop craintif d'Olga. abolissait la voix dans la maldiction d'un gargouillis strangulant. nous suivrons jusqu'au . harangua-t-il d'un ton sourd qui cachait mal son noir souci. Pourquoi vouloir courir à la mort ? Pourquoi choisir l'infamant sort qu'Haig. il y a un champ proscrit. laissait tout mot vain. puits tari. attrait d'un absolu disant tout à la fois la passion. Oublions un instant nos morts. champ tabou d'un mot nu. plus ira durcissant l'inconnu. inhibant nos 28 instinrts.

—Miam miam. catogans. gourmand. plutôt satisfait. nous avons faim. non sans tralalas. Gombrich avoua. Olga. fit. a dit jadis Malcolm Lowry. avait choisi un pyjama du soir bâti par un Christian Dior dans un satin chatoyant. puis rapparut. Amaury donnait la main à Olga. Muscadin. siffla d'admiration. un brin jaloux. ajouta. qu'à l'occasion Gombrich publia dans la « Warburg and Courtauld » un discours fort important où il attaquait Irwin Panofsky ? —You don't say ! clama Savorgnan. Amaury. connaissant vos palais subtils. quoiqu'il portât son poinçon. proposa Olga non sans sophistication. voici vingt cinq ans. dit Augustus à Savorgnan. figurant un aspic. Chacun gagna son local privatif. galons. offrons-nous auparavant l'amical loisir d'un lunch qu'on improvisa tantôt. La Squaw.bout la proposition d'Arthur Wilburg Savorgnan. un sopha à motifs floraux qu'un Ruhlmann signa. volants à falbalas. un papillon chamois. puis Savorgnan. sinon zazou. .r morfond dans l'apparat du Grand Salon. « Qui toujours sans faiblir voudrait courir plus loin. L'on applaudit. suivait Augustus. Ça lui donnait l'air d'un colonial anglais racontant à Victoria la mission qu'il accomplit à Haidarabad pour adoucir l'adroit Tippoo Sahib. Savorgnan. avait mis un smoking gris souris. qu'on n'avait pas vu sortir. Un lourd bijou soudanais. nous avons soif. un jabot citron. çui-là nous pourrons l'affranchir ». plus tard. mis sur son vingt-huit plus trois. qu'il trouva dans la discussion cinq ou six points originaux dont la filiation constitua l'initial parcours d'Art and Illusion. —Habillons-nous d'abord. parut alors. —My tailor is rich. plus d'un qui s y connaissait. il portait l'habit. Amaury s'affublait d'un frac tout à fait strict. dit Savorgnan. garni d'un flot bouillonnant d'attifiaux charmants: rubans. l'imposant salon où la Squaw avait pourvu à tout. tout à fait « in ». —Y'a bon banania. capuchons. Clifford. bourdalous. Mais poursuivit Augustus consultant son oignon. irisant. l'on va sur minuit. Savorgnan. rigolo. un lutrin bourguignon au stampillon d'Hugo Sambin. qui avait acquis dans son Consulat un chic non plus ultra. crinolins. gandin. surtout. On admira fort un bahut Louis X. annonçant: —La collation du so. ahuri. un instant plus tard. un lit-divan à baldaquin dont l'attribution à Grinling Gibbons scandalisa. lovait son insinuation d'or sur son avantbras droit. L'on gagna. car. Amaury. —Sais-tu. chichis ou salutations. Quant à Augustus B. —Mais si ! Ça faillit mal finir. puis.

S'inspirant du trou normand. Il rabâchait sans fin un mot idiot qu'il n'arrivait jamais à saisir: voilà. par associations. la prononciation. brimbala au loin. mais qu'il paraissait vouloir à tout prix promouvcir. Clifford porta un toast où il forma tout son souhait pour qu'à partir du travail qu'il allait fournir l'amical quatuor vît un jour la solution au tracas qui l'habitait. fût-il dû ou non au tarabiscot du grand Gibbons ! Puis l'on s'attabla. Augustus B. compact. Augustus B. un magma incongru: substantifs. un parfait au cassis qu'accompagnait un Sigalas-Rabaud blanc qui aurait fait faillir Curnonsky. Puis l'on offrit. Midi sonna au carillon. puis habillant trois gamins du bourg d'indigo maillots portant blasons à l'instar d'Oxford pour qui il avait ladiS couru Il faisait grand jour quand on alla dormir. glas ou tocsin. Un galant oaristys unissait Amaury à Olga: lui baisant la main. suscitant un Ro•ringClub. Au loin. intuition. L'on buvait coup sur coup. un flot continu. Il y avait pour plat introductif un chaud-froid d'ortolans à la Souvaroff. ou vois-la ou Voyou ou Voyal ? qui. S'appuyant sur Amaury. mais un homard au cumin pour qui l'on ouvrit un Mouton-Rothschild Vingt-huit. la transcription. où tout lui manquait. Plus tard coula à flots un divin Armagnac qu'on buvait à ras bords dans d'opalins ballons. un coq chanta trois fois. provoquait un amas. savoir s'incarnant soudain .—Voilà qui. l'on donna à chacun un magistral calvados. slogans. radis noirs. L'on trinqua. Aucun poisson. dictons. la signi•cation. à coup sûr. tout un discours confus. dont il croyait à tout instant sortir. On apporta du caviar d'Iran. à l'ardu brouillamini qu'il traquait sans fruit voici tantôt un mois. Olga somnolait. artichauts. pour finir. sport tout à fait inconnu à Azincourt. allant jusqu'à lui offrir un skiff. Suivant la tradition qu'on pratiquait toujours dans la Maison Clifford. imposant l'agaçant tourbillon d'un fil vingt fois rompu. La nuit blanchissait. Augustus offrait aux trois amis non un lunch frugal. garantira tout son prix à ton lit. Clifford ouvrit un cil. locutions. Puis l'on proposa un balkan au paprika où l'on avait mis salsifis. clair: impact sûr. Augustus racontait à Savorgnan sa participation à un championnat local d'aviron. brouillon. On s'attardait. mais tissant pourtant un flux. il lui sus surait un mot doux. Suivait un gigot cuit dans un jus d'oignon qu'haussait un savant soupçon d'anis. Un bourdon au son lourd. Il avait mal dormi. un carri subtil l'accompagnait. mots sans filiation. haricots blancs. mais qui insistait. cardons. L'on fut plutôt fin rond. vingt fois cousu. mais un vrai balthazar.

—Or.dans un frisson vacillant. Il prit dans sa main l'oblong carton. plat favori du cyprin. suivant Savorgnan. —Moi. il fut pris d'un mal aussi subit qu'assassin. Il tomba. Il lui souvint à coup sûr aujourd'hui qu'il y avait là oUigation qu'il avait omis d'accomplir. hagards. —Il s'agit du grain dont il nourrissait Jonas. mais qu'a-t-il dit ? Nous n'avons pas compris. Chacun dans la maison sursauta. là. un Zahir ! Sa main battit l'air. l'air transi. Dans un sursaut final. il vit. bondit. Was it • It was. ou Salir. ahuris. —How was it ? marmonna-t-il (il parlait toujours anglais dans son for). long story. Savorgnan. Tout dormait dans la maison. sur un piano droit. Voyl avait fait blanchir par un artisan hors pair un tanka japonais. Un rictus horrifiant crispait son minois. mais qui n'apparaissait qu'un instant pour aussitôt s'abolir. what is it • • ? —It is a long. suivant du doigt l'insinuant parcours du subtil signal nippon. bousculant tout. pâlissant. soudain. It was. là. sa main avait racorni un bon quart du carton à kaolin. son cyprin. oubli trivial mais soudain si lancinant qu'il lui cuisit 133 prou. Amaury arriva d'abord. accourut. son cyprin. mais qu'aucun mot. il y avait du grain. affirma Olga qui avait compris illico. il poussa un cri affolant. cria-t-on. mais. un 134 choc. trahir ! » dit Olga. Puis. Il s'habilla. Soudain. qu'aucun discours jamais n'ouvrirait à un savoir plus global. Il s'approcha. l'obscur carton à kaolin noirci à l'indian ink sur quoi. —Moi. dans un coin du salon. s'affolant. mort. un trauma. Pamir. il lui souvint tout à coup qu'il n'avait pas nourri Jonas. la Squaw. Augustus gisait sur un grand tapis octogonal à motifs chinois. là. sans savoir pourquoi un fait si insignifiant s'imposait à lui. choisissant du grain. poltrons. Solution (ou pardon. supposa Savorgnan. ou compassion) s'offrant un court laps. surpris. j'ai ouï: « Trahir. dans un flou qu'habitait tout à coup un signal plus sûr. l'assaut qu'il subit a-t-il ou non rapport au carton à tanka qu'il froissa dans sa main dans son final soupir ? —Il roussa alors un cri. voici trois jours qu'il n'avait pas nourri Jonas. —Pourquoi du grain ? voulut savoir Amaury. poursuivit Olga. —Non. un Zahir ! » —Un Zahir. murmura la Squaw . dit la Squaw. Ça lui parut fascinant. un infarctus qui sait ? —Oui. Tout autour. dit à son tour Amaury. puis Olga. croyons-nous. dit Savorgnan. —Oui. ajouta la Squaw. plat favori du cyprin. inhumain: —Ai ! Ai ! Un Zahir ! Là. Il alla à un bahut. il a dit « Un Zahir. bafouillant un charabia indistinct. il y prit du grain. Il allait sortir quand.

L'on transporta Augustus B. mais auparavant. nous dirons tout. d'un apparat fort strict dont.d un ton fourbu. ici Ottavio Ottaviani au bout du fil. passant du papa au fiston. —Amaury ? Ça va ? 136 —Plutôt pas I —Qu'y a-t-il ? —Il y a qu'Augustus B. fit Amaury Conson. Amaury s'occupa d'avoir la communication. Tous nos soupçons vont confluant sur Azincourt. admit Amaury. voici trois jours.d. On l'installa sur un lit bas. non sans . puis l'on couvrit son corps d'un drap. —Mais nous voulons savoir. Tout va mal. la Squaw clamait l'oral canon du grand Satchmo. n'a jamais discouru sans auparavant adoucir tout courroux divin par un psalmodiant pardon qu'aucun Grand Manitou n'oirrait si l'on n'accompagnait pas son imploration. Nous voulons savoir au plus tôt si vos inquisitions ont abouti car. dit-il à Olga qui n'avait pas suivi la discussion. —N. Il savait qu'il y avait un Zahir. joignant l'action au discours. —Soit. La Squaw invita chacun à s'accroupir autour du tapis rond à motifs iroquois. l'initial Grand Satchmo codifia la ritualisation. puis sortit tout un fourbi d'abasourdissants gris-gris. la faisant. A la P. Clifford dans un salon contigu. murmura à mi-voix Olga. fut transmis jusqu'à nos jours. fit Ottavio Ottaviani. nous accourons.D. Il raccrocha. qu'Aloysius Swann connaît Clifford. Parlant un iargon plutôt dur à saisir. plus tôt mis au courant. son invocation. Soyons vigilants. Swann câbla à Augustus un sansfil qui disait: « Nous suivons la situation. —Il accourt. Augustus ! mort ! —Tout à fait mort. —Un assassinat ? —Non. Amaury itou. annonçant un à un l'instruction à accomplir puis. tâchons d'avoir au bout du fil Aloysius Swann ou Ottavio Ottaviani. ! jura Ottaviani. —Allô allô. formulant un canon oral qui. implora-t-on partout. nous croyons plutôt à un infarctus. ici Amaury Conson. Il doit pouvoir nous offrir un concours sans prix car ça fait un bail qu'il suit tout ça. admit la Squaw. car. —La Squaw. Clifford a raccourci son chibouk il y a un instant ! —Crocus and Plum-Pudding ! hurla l'argousin. Nous craignons un coup bas. on lui apprit d'abord qu'Aloysius Swann n'avait pas paru à son local. il y a vingt-huit fois vingt-huit ans. Il y a dix ans au moins. —Allô allô. plus tôt nous pourrons agir ». puis on lui passa Ottaviani. poursuivit la Squaw. à la fondation du aan.J.

y transcrivant tout un amas d'informations s'appliquant au Zahir. trois pots d'où tu tiras du tabac. dit-on. front au sol. dans nos pouls. un jaguar fut Zahir.il va du hibou au tatou. à Java. tu disposas trois sacs à savoir. qu'on lapida. du bison au yack. Pour tout savoir du Zahir. un filon dans l'ony• d'un fronton. faisant la paix dans ton for. tu aiguisas un à un d'incisifs dards aux barbillons pointus. six brins blancs d'alfa jadis noircis au crayon •aponais. La foi au Zahir naquit dans l'Islam à la fin du 139 . Son Grand Manitou lui a souri. —Voilà. tu t'introduisis dans ton wigwam obscur. Plus tard. Grand Manitou. y compris un manuscrit original du rapport d'Arthur Philip Taylor. Nous connaissons ton pouvoir. l'initial cri d'où naîtront nos tribus. il faut s'abolir dans un in-octavo colossal qu'Iulius Barlach publia à Danzig. l'obscur fond d'un puits. tu troquas ton gtimpant citadin pour un campagnard falzar. sur un tapis rond. du noir agami au vol lourd au zorilla dont la chair n'a aucun goût. suivant Zotanburg. tu sortis ton noir tomahawk. car avant nous un million sont partis. Puis. ouvrant ton carquois qui gisait sur un rayon axial du tapis. Alors tu pus. dans l'Alhambra d'Abdou Abdallah. un long tuyau. un compas qu'on cacha dans l'haillon d'un paria qu'Oswald Carl von Slatim toucha. Nous allons savoir la signification du Zahir. dans la Kasbah d'Hammam-Lif. dans la prison du Mahdi. du faucon au vison. à la fin du Kulturkampf d'Otto von Bismarck. mais tu sais tout. D'abord. courant à un savoir qui tomba dans l'oubli. à jamais ! Où un bijou ombilical suffit à l'anglicisation d'un bdtard La Squaw tomba à plat. bras raidis. puis tu fis trois ablutions. un coin d'un sou où s'ablma. tu n'y vois pas. Tu posas ton sac. la Squaw a fini son invocation. Puis. J'agirai aujourd'hui à ton instar. du daim au wapiti. A Masulipatam. faisant un saut vif. Grand Manitou. Borgias. tu l'ouvris. à Granada. aujourd'hui. à Shiraz. sois vigilant. un octant qu'Ibnadir Shah lança au fond du flot. du chacal au xiphidion. un fakir albinos d'un hôpital à Surakarta.un soin vigilant qui faisait plaisir à voir. puis. du gavial à l'urubu. offrir au Grand Manitou un adoucissant discours: ô. bâtir. caduc Artisan. dit Olga. t'accroupissant non loin du tapis. Aujourd'hui. un bout d'amadou. —O. nous allons partir. à Bahia Bianca. tu nous as appris l'art subti] d'adoucir l'horrifiant courroux du Grand Manitou. Grand Satchmo. il y a vingt-huit fois vingt-huit ans. dans nos chairs. tourbillonna par trois fois.

Avant tous. puis un Voyant d'Irraouaddi qui portait un sindon s'incrustant d'impurs joyaux ou un loup fait d'un fin ruban d'or. Mais ils ont tous un pouvoir horrifiant: qui a w un jour un Zahir. pas plus grand qu'un lotus.conflit austro-ottoman. j'ai fait. car il continuait à l'assaillir. Il portait un sarrau blanc. signifiait a clair ». insista-t-il. jusqu'à la mort. divaguant. —Il a l'air d'un filou ? —Non. dans un patois arabisant. dont a Zahir ». Mais il dit qu'il a un truc pour vous. quand. J'allai ouvrir. L'apparition du Zahir s'accompagna d'un falt troublant. lippu. dans un jadis ignorant. vagabond. j'ai faim. Il raconta qu'un jour on trouva à Shiraz. Un Zahir a d'abord un air normal. banal: il pourra s'agir d'un individu qui paraitrait plutat falot. au bas. —Il y a là un smigard qui voudrait vous voir un instant. un cadratin. —Il t'a dit son nom ? —Non. Il avait l'air d'un gars courtaud. nous allons voir. j'y dis. on dit aussi qu'il y a vingt-six noms pour anoblir Allah. il n'a pas voulu. pour lui. —Fous-moi ton camp. A Azincourt. On lui dit aussi qu'il y a toujours un Zahir. On lui dit qu'on faisait ainsi allusion à un Jaguar hallucinant qui frappait qui l'avait w. qui constituait à coup sûr tout son saint-frusquin. dans un faubourg d'Haidarabad. tout à trac. on aurait dit la Main à trois doigts d'un Astaroth. J'allai dans l'iving-room où Augustus finissait sur un fruit sa collation du soir. un octant d'airain « ainsi construit qu'il fascinait pour toujours qui l'avait vu ». J'allais saisir un gourdin. Ouant à Arthur Philip Taylor. Il dit aussi: nul jamais n'ira au fond d'Allah. un dicton confondant « Avoir w un Jaguar ». Il nous toisa un long instant. il nous dit dans son long rapport qu'il apprit à Bhuj. plutôt d'un vagabond. un huit horizontal à coup sûr signalant l'Infini. . parlant d'un individu. J'ai un truc pour Clifford. un fakir d'Ispahan parla du Zahir. un doublon. signifiait fou ou saint. qui. suis-moi. au mitan. il fut un talisman qu'on nommait Yaùq. un individu sonna au portail. plutôt crado. dit-il d'abord. j'ai soif. jamais plus n'y connaitra l'oubli. —Il connaît mon nom ? —Oui. un brin voyou. un chaton d'opalin corindon fut Zahir. pas pour tol. ou d'un produit commun: un caillou. un rond pas tout à fait clos finissant par un trait plutôt droit. —Allons. un bourdon. comportant trois poinçons distincts: au haut. il nous dit: —Non. —J'ai fait un long trimard. lors finira hagard. Un soir d'avril vingt-huit. à jamais. —Fais voir ! —Non. dans un fondouk. a Zahir •. « positif ». un chaton ovoïdal.

Un bâtard ! s'accabla Augustus. ignorant qu'il allait. Mais j'ai un surnom plaisant quoiqu'incongru: Tryphiodorus. puis. fruit d'un fugitif amour qui aurait uni un soir. d'avoir soin du bambin. Augustus B. Mais Tryphiodorus insista tant qu'il finit par partir pour Arras. voir Augustus B. mais d'un mort au drap blanc. ipso facto. L'individu apparut. 141 —Or. Il vous plaIt ? —Va pour Tryphiodorus. il mit son fils dans son Hispano-Suiza grand Sport. affirmant la filiation Clifford du poupon. L'on ignorait son nom. il n'y a pas un mot vrai dans tout ça ! —Motus ! fit Tryphiodorus. I1 m'alarma. Un rictus mauvais tordait son groin. n'ayant jamais connu fonts baptismaux. I will kill him ! hurlait-il d'un ton criard. non d'un poupard au maillot. admit Augustu• confondu.—Bon. Il paraissait furibard. soudain intimidant: voici la procuration du substitut vous ordonnant. Pourrait-on savoir ton nom ? —Nous n'avons aucun nom. Alors. ouvrons-lui. —Suis-mo. —I will kill him. Clifford à Azincourt. son troufignon). sauf qu'il allait s'agir. huit mois plus tôt. soumis sinon convaincu. continua Tryphiodorus. dans la nuit. la maman trouva la mort alors qu'un fils lui naissait. . son croupion. Alors. accomplir un transport quasi kif-kif. vingt ans plus tard. —Augustus B. Il sonna. Clifford ? —Oui. Un tic convulsif l'agitait. dit-il. —Un fils ! glapit Augustus. gagna Azincourt. Dis-lui qu'il a un fils qui vagit à l'Hôpital civil ». son nazin. un cardinal à l'air contrit m'accosta: « Va illico. ajouta Tryphiodo- 42 Augustus voulait d'abord voir son avocat. tombant quasi sur son bas du dos (son cul.Mais aussi un Anglais. J'accourus. j'ouvris. dit-il. Il scruta Augustus d'un air plus surpris qu'impoli. mais. . nom d'un Toutou ! qui donc lui donna jour ? —Las ! soupira Tryphiodorus. . Mais on trouva dans son sac un visa notarial portant confirmation du commissariat local. à Saint-Agil. Mon sang glaçait. —Quoi ? s'asphyxia Augustus. II portait l'infant sous son bras. Clifford à la maman. son popotin. à Arras. Il alla à l'Hôpital civil où on lui confia un poupon qu'habillait un maillot blanc fait du plus fin linon. mais trop grand pour lui. donc. il y a trois jours.

mordorait d'un brun chaud l'azur frissonnant sous l'in•ux coulis du noroît. M'approchant. pour saisir la filiation du mauvais sort qui. un long instant. puis. pour un motif qu'il nous masqua toujours. connu l'agitation d'un aria moral qui alarma tant son cousin l'Arniral qu'il lui imposa. immortalisant ainsi à tout instant l'hardi Commandant sous qui j'ai combattu à Douaumont. j'abâtardirai mon nom. La paix s'installa dans la maison. Il allait accomplir son inhumain forfait quand. —Soit. craignant qu'il suicidât dans un instant d'abandon. l'on n'y connut qu'amicaux plaisirs. Clifford trouva-t-il son Zahir sur son fils. Aux frondaisons du parc. un gargouillis lourd. Il aura pour moi un amour filial. Puis un profond soupir. 143 Douglas Haig grandissait. un vrai sanglot. conciliant. il stoppa. l'ovoïdal joyau qu'il scruta. l'air ahuri..Il passa dans un salon où il y avait un grand billard. clairvoyant. il lui ôta son maillot. j'ai vu à mon tour: un bijou ovoïdal. Augustus avait. On aurait dit qu'on l'avait blotti dans un tortillon du cordon ombilical. tout a coup. subtil. avachit son poitrail. bras haut brandi. Quant au Zahir. sans un mot.. saisissant un hacnoir. s'incrustait au mitan du nombril du poupon. Au sortir d'un si profond tracas qu'à coup sûr la circumnavigation n'avait pas tout à fait aboli. d'oubli ou d'illumination. Nous lui tairons qu'il fut bâtard. ainsi soitil. Augustus arracha. accomplir un important flash-back. 13 Du pouvoir •nou• •u'un •horal d'A•nton Dvorak para•t avoir s?•r s•n billard Il faut. chatoyant. A dix-huit ans. J'aurais voulu n'y plus voir. nous accabla tous. qu'il fut champi. Il aura pour nom Douglas Haig. J'aurai pour lui un soin constant. pas plus gros qu'un chaton. Six ans durant. un volontariat d'au moins un an sur son troismâts l'Hollandais Volant où il lui apprit l'art ingrat du moussaillon. il l'incrusta dans un fil d'or qu'il passa à son doigt. portant trois inscriptions. suffocant. Sourd aux sanglots nourris du marmot. il y lança l'infant qui n'y pouvait mais. la coruscation d'un automnal purpurin. il s'approcha. dit-il pour finir. plus tard. Il fut pour son fiston un papa magistral. non sans mal. puisqu'il faut qu'il soit mon fils. Augustus subit la fascination d'un quasi-charla- . Ainsi Augustus B. —Oh ! dit-il.

tan, Othon Lippman, qui passait pour un yogi pourvu d'un pouvoir saisissant qui fanatisait tout un chacun. Ayant aussitôt convaincu Augustus qu'il connaissait l'arcan du savoir qui conduit au Nirvâna, au grand oubli blanc, l'adroit Othon Lippmann allait, sans languir, agir sur l'irnagination sans aplomb du naif moussaillon qu'il poussa d'abord à l'abjuration, puis à qui il imposa sa foi, salmigondis d'apostat qui adorait à la fois Vichnou, 14S Brahma, Bouddha, Adonai, mais dont l'initiation contraignait a approfondir au moins dix compilations, fatras brouillon, pot-pourri confondant qu'Othon avait pondu à partir du Vasavadatta, du Mantic Uttaïr, du Kalpasoutra, du Gîta-Govinda, du Tso-Tchouan, du Zohar, mais où il citait aussi, à tort ou à raison, saint Marc, saint Jus.tin, Montanus, Arius, Gottschalk, Valdo, William Bootk, John Darby, la Haggada, un bon bout du Shulhan Azoukh, la Sunna, Ghôlan Ahmad, la (•:ruti, cinq Upanishads, trois Purânas, la Tao-to-King, vingt-trois chants du grand LiPo, la (•atapathabrâhmana. La foi d'Othon s'accompagnait surtout d'un Canon à la Dracon, qui imposait à qui la pratiquait tout un tas d'implorations, d'invocations, d'oraisons ou d'onctions.

Il y avait ainsi trois purifications par jour (au chant du coq, à midi, à minuit). La purification du matin s'ordonnait suivant un art tout à fait original. Il s'agissait d'un bain lustral, où l'on utilisait l'aiguail qui s'accumulait durant la nuit dans vingt-cinq bacs lotis tout autour du parc, puis qu'un dispositif distinctif canalisait jusqu'à un tub profond fait d'un monobloc d'antico rosato, un quartz cristallin si dur qu'il l'avait fallu polir au diamant brut. Afin qu'Augustus n'ait pas à souffrir d'un surplus d'irroration qui aurait pu avoir un pouvoir malfaisant sur sa constitution, on avait sournis l'admission d'aiguail à un circuit d'automatisation qui contrôlait la fluctuation du courant, agissant sur l'isolibration du flot par un hydro-palan à sas communicants dont l'oscillation provoquait, par l'adroit canal d'un piston à volants s'articu46 lant autour d'un point d'appui à vis sans fin commandant l'induction d'un tiroir d'input-output à transistors, la constriction du dispositif. Ainsi, jour sur jour, Augustus trouvait-il au saut du lit un bain dont la disposition n'amplifiait ni n'amoindrissait jamais. Mais, pour accomplir suivant la loi son bain lustral, Augustus y ajoutait d'abord trois produits qu'Othon Lippmann lui fournissait à prix

D'abord, du blanc d'amidon, car, trop alcalin, l'aiguail provoquait parfois l'obstruction du crapaudin, d'où l'obligation d'un ajout dulcifiant; puis six grains d'un soi-disant saphir radioactif, qu'Othon douait d'un fort pouvoir purifiant (il s'agissait, au vrai, d'un shampooing pour phtiriaSiS mis au point par un stomato d'Avignon plutôt dadais qui l'imposa dans un grand hôpital, mais dont on proscrivit l'utilisation quasi aussitôt, ayant appris qu'il comportait un trop fort soupçon d'aconit; on apprit ainsi qu'Othon, qui avait fait 1 acquisition du surplus par un biais tout à fait fripon qui compromit l'administration du Comtat, dut, contumax, fuir à Tirana, où, s'abouchant à un ramassis d'individus plus ou moins malandrins, il monta un florissant trafic d'opium); pour finir, Augustus ajoutait à son bain vingtcinq (aux jours pairs) ou vingt-six (aux jours impairs) carats d'un produit dont on ignora toujours la composition, mais qui constituait à coup sûr la raison a priori, l'actif principium du bain total. S'agissait-il d'un dormitif ? D'un hallucinant ? D'un hypnotisant ? Nul n'a jamais su. Mais, à coup sûr, il provoquait sur Augustus un transport tout à fait jouissif: quand, tout paraissant au point, il s'introduisait, tout nu, dans son bain lustral pour y accomplir sa purification du 147 matin, Augustus paraissait d'abord pris d'un grand frisson. Il s'attachait autour du front un

licou qui lui garantissait qu'il aurait toujours, au moins, son tarin hors du bain, sinon il aurait pu mourir d'asphyxiation au fond du tub; alors, au bout d'un court instant, il s'avachissait, s'alourdissait, s'assoupissait. Puis, quand, plus tard, il sortait, il faisait parfois allusion au Nirvâna qu'il avait connu, pâmoison, transport ravi, vision du grand Gourou, visitation du Tout-Puissant, introduction au Vrai Savoir, au plaisir divin du Grand Tout, fascination d'un absolu, Illumination. Tout gourd, tout abruti, mais, disait-il, infusant dans l'Oubli, baignant dans l'Absolu, jouissant dans l'Infini. Jusqu'à l'irruption d'Haig, donc du Zahir, Augustus pratiqua sans faiblir, y trouvant au vrai un plaisir magistral, son bain lustral du matin. Mais quand il passa au doigt son Zahir, s'y attàchant au point d'y assouvir à tout instant sa vision, disant à qui voulait l'ou1r qu'il aimait plus Ia mort qu'un abandon, il constata qu'illico la juxtaposition du Zahir dans son bain provoquait un dam torturant, prurit lancinant, bobo fulgurant, mal cuisant, aigu, poignant, qu'il n'arrivait pas, nonobstant tout son vouloir, à subir, y souffrant, y agonisant au point d'y vomir, oubliant par surcroIt la pâmoison qui constituait pourtant l'alibi capital, vital, cardinal, l'absolu motif, la raison du bain lustral du matin.

d'un haillon; il transpirait. Il courut d'un trait Augustus imagina alors un dispositif qui, à l'instar du licou gardant à tout instant son tarin hors du bain, l'autorisait à brandir, sans qu'il ait trop à souffrir, son doigt pourvu du Zahir. Il construisit ainsi un palan à tambours muni d'un cric à pignons qui contrôlait la culmination d'un appui-main flottant au ras du bain. Durant six ans, I'adoption du compromis susdlt fonctionna sans accroc. Tout paraissait au point. Augustus puisait dans son bain lustral un appui roboratif aussi constant qu'abondant. Mais un jour, alors qu'il sortait du tub, alangui, pataud, balourd, stagnant dans son Nirvâna matinal, il constata qu'il n'avait plus son Zahir au doigt. Il poussa un cri inhumain. Un caillot sanguin, pas plus gros qu'un rubis coagulait sur son articulation, tout autour d'un stigma blafard, au contour ovoïdal, marquant l'incrustation du Zahir. Il tourna, ainsi qu'un fou, trois jours, trois nuits. Il courait partout, hagard, ouvrant tous tiroirs, scrutant tous coins, sondant la maison du plafond aux murs, farfouillant du toit au soussol, fouillant communs, hangars, avant-cours silos, ratissant l'aigu gravillon du parc. Alors, trois jours plus tard, soudain, un fait brutal survint qui nous catastropha: Othon Lippmann arriva à Azincourt. Il paraissait fourbu; son raglan avait l'air sur Augustus, l'accablant d'avilissants jurons, l'insultant, lui lançant un flot d'incivils gros mots, allant jusqu'à l'assaillir. —Butor, l'apostrophait-il, goujat, grand nigaud, corniaud, dugland, trou du cul, connard, abruti, minus, primitif ! Puis il lui flanqua un horion qui fit mal. Quoiqu'il montrât un parfait sang-froid, Augustus, qu'agitait ou plutôt qu'agaçait la fulmination 149 d'Othon, riposta par un swing du droit qui mit Lippmann au tapis, groggy, knock-out. Loustic, Douglas Haig, il avait alors six ans, qui assistait au pugilat, compta jusqu'à dix, puis proclama son papa champion. Mais Othon Lippmann s'inanimait toujours. On s'alarma subito. —Mais qu'y a-t-il ? Mais qu'y a-t-il ? murmurait tout bas Augustus d'un air bourru. Quant à Douglas Haig, ignorant qu'un ouragan couvait dans l'air ambiant, il folâtrait autour du corps avachi d'Othon, rigolant si fort qu'ahuri, trouvant qu'il abusait, Augustus l'invita d'un ton cassant à sortir. —Va voir là-bas si j'y suis ! cria-t-il, si fort qu'Haig, qui n'avait jamais vu son papa dans un courroux si grand, fut pris d'un frisson convulsif, balbutia un pardon rougissant, puis fila, mouillant son pantalon, sanglotant tout son saoul. Alors, tandis qu'Haig allait, consolation, s'offrir

u. sur un magma sanglant. —A propos. Othon Lippmann agonisa huit jours durant.ls damnant à tout jamais. laissons la Squaw finir son fascinant. fumant. —Chut ! Chut ! fit-on partout. no. fouaillant son poumon. plu•ôt gourmand. Aucun parmi vous n'aura jamais l'intuition du grand dam qui s'abattit alors. puant à vingt pas ! —Fi ! poussa Olga. lombrics.son plaisir favori. ahanant. Nous l'abjurons aujourd'hui. lui arrachant la chair. Quoiqu'il fût. toi mort. nous accusant.amais. tout à sa prostration.. poux. Donc. par tradition. un cri qui nous fit mal tant il nous parut inhumain. qui dura tout un long jour. s'affaissant sous l'attristant faix d'un chagrin larmoyant. disions-nous. tombant dans un profond coma dont il sortait parfois pour nous ago- nir d'injuriants propos. par goût. abat. qui nous poula la chair— on vit alors qu'Othon Lippmann baignait dans son sang. donna un fraisil blanc qu'un aquilon sifflant charria dans l'azur noir. On lui ouvrit son raglan. hurlant. assombri. Tout au plus put-on adoucir sa fin. sphinx—vrombir. poussant d'horrifiants jurons.. Nous lui prodiguions tous nos soins. s'abandonnant. s'inspirant du Canon paroissial d'Othon Lippmann. pour toujours. tandis qu'Haig allait nourrir son cyprin. qui nous glaça nos sangs. Augustus prononça son oraison. l'on transporta Othon Lippmann dans un salon contigu. dit la Squaw. n'oublions pas Jonas. à . sinon glouton. ta foi s'abolit.. Nous irons tantôt lui offrir son grain. On aurait dit qu'un vautour colossal avait vingt fois bondi sur son poitrail. —Othon Lippmann. Il nous navrait. Nous sortirons Minuit du bissac puis nous battrons l'amadou. qui fut mon Gourou. J'apportai un cordial. pour moi. Nous avons cru dans la foi qu'un jour tu nous apportas. dans un sursaut final. On voyait dhorrifiants animaux—taons. on l'affala sur un lit. L'oraison finit ainsi sur un propos sibyllin qui. labourant son thorax à coups d'avillons. La combustion. qui nous raidit nos tifs. —Pouah ! fit Amaury. coupa Olga. Clifford tomba dans un profond collapsus. —Oui. Tout à son affliction. On vit alors—O. Car. à savoir nourrir Jonas. dans sa compassion. Augustus B. Il traînait tout au long du jour.. vision qui nous paniqua. gravissant son Golgotha.. gluant. va savoir pourquoi. son cyprin. amassa six fagots puis accomplit l'ignition du corps. s'illumina au soir quand Augustus. son passionnant discours ! —Thank you. va au paradis où languit la Houri dont Allah. . charognards. stomox bourdons.. Abomination dans l'Abomination. Il mourut. t'a fait don. d'avoir voulu sa mort. poursuivit la Squaw. portant sa croix.

s'y cloltrait cinq ou six jours. garçon plutôt maladif. ajouta-t-il. « •lquila non capit muscas ». Il maigrissait. Il ignorait la loi d'Avogadro ou plutôt il l'assimilait à un soi-disant postulat d'Arago qui n'avait aucun rapport. son faux-bond nonchalant. mais pas l'addition. puis rapparaissait. un soupcon d'isard. Sa scolarisation au cours communal d'Azincourt n'avait. un doigt d'amontillado. du garçon. Quant au latin. abruti. « Sic transit gloria mundi » ou « O fortunatos nimium sua si bona norint agricolas •. L'ayant compris. blanchot. quoiqu'il disposât d'un gros Gaf•iot. s'armait mal pour l'ardu combat qu'un individu d'aujourd'hui doit pouvoir fournir à l'occasion. A partir d'aujourd'hui. un nlat qu'il adorait: un aloyau aux oignons confits. Augustus s'improuva. Augustus s'occupa donc du savoir. puis. ça n'allait pas plus loin qu' « Anim#la vagula blandula ». dans mon chou blanc. suant. son mauvais soin. il n'avait pas d'imagination. Il nous faisait du souci. hagard. poussant par instants. un abricot ou Ull citron doux. s'objurguant. honnissant sa trahison. tout banni. —J'ai tout sali. mais. mais pour qui j'urai alors d'avoir un amour constant. dont il n'avait pas à subir la damnation. il accablait l'ignorant garçon d'un discours fort trapu mais surtout fort obscur où il n'y avait jamais lourd à saisir. tantôt prof. •ais il avalait tout au plus un anchois. du quasi. craintif. tantôt pion. tout trahi. soumis. Il s'y adonna. nous pourvoirons à son instruction. d'angoissants cris. qu'au moins mon fils soit garanti dans sa formation. Pourtant nous lui mijotions. Il n'arrivait plus à finir son fricot du midi. un salpicon. il s'isolait dans son donjon. un turbot au courtbouillon. non sans application. m'annonça-t-il un soir. j'y vois pour moi l'occasion d'un salut ardu mais non tout à fait sans solution. j'irai moisir. non sans amour. mais qu'au moins mon fils. du cantal.il n'avait plus jamais faim. Son poil châtain blanchit dans l'an qui suivit. Il paraissait savoir qu'on surnomma Louis X Hutin mais il ignorait pourquoi. J'irai IS2 croupir. jusqu'alors produit aucun fruit: Haig orthographiait mal. il connaissait la soustraction. lui donnant l'air d'un barbon caduc. l'infant qu'un mauvais hasard nous confia jadis. Haig avalait tout ça. Augustus dut fournir un travail colossal pour qu'Haig s'inculquât d'un savoir plus satisfaisant. Dans un climat aussi contristant. j'irai pourrir dans mon insignifiant vacuum. constata-t-il d'abord. sans aucun mauvais . du boudin au raifort. Par surcroit. souriant. Parfois. voulut au moins qu'Haig n'ait pas à souf•rir d'un forfait qu'il n'avait pas commis. Douglas Haig. tout moisi. j'ai tout tari. alors plutôt nul. oubliait un mot sur trois. la division mais pas la multiplication. dans la nuit.

un imparfait d'un futur. sourit Augustus. construit pour Brahms qui y composa. faisait couac sur couac. plus Marsyas qu'Apollon. il avait cinq ou six 1S4 notions d'anglais. qu'Iturbi jadis honora d'un cours. . Baryton. Douglas Haig passa. son bachot. Là. il n'avait pas compris: nul pour tout savoir touchant aux maths. un ithos d'un pathos. il distinguait. installa donc aussitôt un piano crapaud (un Graf aux sons parfois nasillards. do mi fa sol. jour sur jour. il sussurait trop fort. un indicatif d'un optatif. il chantait mal quoi. saisi la signification d'accords grammaticaux plus ou moins incongrus. voilà ma vocation ! —Il y a loin d'Arras à Milan. un son fricatif d'un son labial. Il harmonisait non sans intuition. du matin au soir. j'aboutirai à la Scala. Son propos mûrit. Ayant compris qu'il divaguait quand il croyait concourir à la formation d'un grand savant futur. à la philo. son anglais. l'impromptu opus vingt-huit) dans un salon où il y avait aussi un billard (billard sur quoi. il constata. dans Bach. mais pas plus. modifiant son tir. riposta Augustus. au latin. braillait trop doux. dans Schumann ou dans Frank moult satisfactions. disons cinq fois sur huit. mais aussitôt ravi. modulait mal. montrant qu'il s'acharnait. il initia son fils au subtil art du chant. Un jour. mais il y trouvait nonobstant un plaisir qui allait grandissant. Augustus s'agaçait du pouvoir quasi nul qu'il paraissait avoir sur la vocation du garçon. Il avait surtout pour la chanson un goût distinctif. un substantif d'un pronom. quant au franSais. Puis. grosso modo. il avait failli raccourcir à coup d'hachoir Haig alors tout bambin). moins d'un mois plus tard. un chiasma d'un anticlimax. dit Haig.vouloir. Abandonnant tout à fait son latin. On l'avait surpris crachotant dans un tuba dont il tira un son pas tout à fait discordant. l'inspirant. on l'a appris jadis. puis qu'il prit son parti. il s'y donnait plus à fond: il avait. sol fa mi do. un actif d'un passif ou d'un pronominal. non sans mal. qu'Haig trouvait dans l'art musical un plaisir toujours vrai. Au vrai. trouvant dans Mozart. un attribut d'apposition d'un partitif d'attribution. mais aux accords parfaits. Augustus. mais il apparut. l'accompagnant. On sait qu'à dix-huit ans. bouffi. diton. —Tu l'as dit. qu'à coup sûr s'il avait appris. surpris. —Labor omnia vincit improbus. il accosta Augustus lui disant: —Moi aussi. Douglas Haig s'aussitôt livra tout d'un bloc à la passion du chant. un nominatif d'un accusatif. Il n'oubliait aucun air pourvu qu'on lui jouât ou qu'on lui chantât trois fois.

—Again ! Again ! Again ! murmura-t-il par trois fois d'un ton sourd. sinon tout à fait d'un manuscrit. un billard. avril finissait. un soir. au bord du billard qui croupissait dans un coin du salon. là. —Alors travaillons dur.—Mais Papa ! s'indigna Haig qui n'avait aucun humour. lourant. sortir triomphant d'un tas d'ardus concours ! Où irait-on si tout un chacun s'introduisait d'un coup à la Scala ? —Mais j'irai pas à pas. las. Haig. —Allons. •xant sa vision sur la portion du drap! il constata qu'à la fin. 155 Augustus. J'applaudis à ton obstination. improvisait sur un choral d'Anton Dvorak. mais. —Qu'y a-t-il. nul n'y jouant plus jamais. dans un instant loisif. aura. au bord du billard. puis grains blanchissants. anormaux. Haig jusqu'au cou s'absorba dans son travail. il y avait vingt-six points blancs: un point frais moulu avait fait son apparition. —Qu'y a-t-il ? s'intrigua Haig qui s'alarmait. Haig n'abandonna pas un instant sa position. fourbu. vocalisant. conclut Augustus. à bout d'inspiration. un Blanc sur un Corls6 billard ? —Non. du chant du coq à la fin du jour. d'un but aussi clair qu'admis: non pas un signal au hasard. Il compta: il trouva vingt-cinq points. surtout. mai s'annonçait. mais micron par micron. hauts tout au plus d'un pica. . au plus fort du mot. Il y avait plus troublant. s'accouda. sursautant. filant. cailloutis biscornus. Soudain Haig constata qu'un bon quart du drap du billard paraissait avoir moisi: tout un bord offrait un amas d'intrigants points blancs. un signal signifiant. I'inscription ! Augustus vint voir. l'apaisa Augustus. du moins d'un quipos (ruban nodal qu'utilisait pour la communication la civilisation inca). plus ou moins constants. mon fils ? aska Augustus. flocons plus ou moins grands. angstrom par angstrom. Haig crut voir qu'au fur qu'Augustus frappait sur son piano l'inscription allait grossissant. frappa un accord plutôt atonal. mais dont. plus ou moins ronds. puis soupcon. Augustus joua jusqu'au soir. Son front s'assombrit aussitôt. Mais il faut auparavant fournir un travail colossal. promit Haig. Or. quand Augustus. scrutant. s'omant parfois d'incrustations. d'ajouts. l'organisation paraissait fonction d'un propos concu. qui souffrait jusqu'à la pâmoison sur un oratorio d'Haydn. fiston. —Vois ! ici ! L'inscription du Blanc sur un Bord du Billard ! —Par Un as noir si mou qu'omis rions • nu ! jura Augustus. —Papa ! cria Haig. à l'instar.

mais n'assortis pas ta vindication d'alibis aussi bouffons ! —Mon fils ! glapit Augustus bondissant sous l'insultant discours. un sanglot la brisant. qu'il fut un instant au point d'affranchir Haig sur sa condition d'Anglais bâtard. ab ovo. Tu dois savoir. chacun sait qu'à nos grands dams. qu'à partir d'aujourd'hui. J'assistai à la discussion qui suivit. . maudit nos vouloirs. Tu aurais tout à fait tort. Mais nous n'avons aucun pouvoir. quoi ! Toi aussi mon papa ! Tu voudrais ma mort. aux bafouillis. donc j'aurais tort aussi. —Fuyons. à l'instar d'un jadis pas si lointain. qu'il faillit s'ouvrir à lui. du vagabond au sarrau blanc qui Augustus prit son fils adoptif à part. Mais sa voix cassa. moi qui croyais à toi. j'ai compris ! Moi qui suis si naïf. poursuivit Augustus. au vrai. sortons d'ici illico ! Où l'on va voir un •yprin faisant fi d't•n balvah pourtant royal J'ai cru parfois. la mort raccourt ici. Chacun sait qu'un mal sans nom nous agit à nos insus. à l'insupport d'un faux savoir où vont s'opacifiant. nos sanglots. l'absolu tabou qui. moi qui t'aimais d'un amour si filial ! Voici qu'aujourd'hui tu ourdis un complot aussi brutal qu'idiot. qu'au moins tu n'aurais pas à pâtir du sort inhumain 160 qui m'a jadis saisi. bannir son fils ! —Quoi ! mugissait-il. tu t'incrustais ici. j'aurais dit aujourd'hui la Damnation qui nous saisit. nos soupirs.voyant son papa pâlir. Si j'avais pu. Plus nous irons loin dans l'approximation du mot omis. nos souhaits. voilà. un mur infranchi nous forclot à jamais. si jouant ton va-tout. l'inconnu minimal. —J'ai toujours tu l'obscur imbroglio qui accompagna ton apparition. pourrit nos actions. si touchant dans son mauvais arroi. Il m'apprit plus tard qu'il avait voulu alors tout trahir. Mais tu as cousu d'un fil blanc ton propos ! Sois franc au moins ! Si ton bon plaisir conclut à mon abandon. nous barrant tout parcours. obscurcit tous nos propos. mon fils. Mais ma •oi punit la divulgation. maudis-moi. Haig. aux oublis. plus s'abattra sur nous un courroux malfaisant. plus nous voudrons saisir dans nos mains l'immaculation sans contours. lui opposant qu'il s'agissait du plus fallacial motif qui soit. mon fils. qu'il voulait. Nul jamais n'ira trahir l'inconsistant fin mot. d'Othon Lippmann. nous condamnant sans fin aux circonlocutions. nos voix. s'obscurcissant nos cris. Tu partiras avant la nuit ! Mais Haig aussitôt infirma la proposition d'Augustus. lui parlant du Zahir. rôdant tout autour.

Puis. and so. fixait Augustus. lui lançant par instants du pudding qu'il roulait dans sa main ainsi qu'on fait du grain pour avoir du couscous. dit-il pour finir. L'on ignorait où Haig avait fui. —Non. nous l'avons vu sortir. Il alla jusqu'au bord du bassin. six mois plus tard. Puis. vous fournir cinq ou six informations qui—voilà mon souhait— concourront à adoucir vos soucis ou vos chagrins. d'infamants sacripants. il disparut. du bain lustral. ni pour son papa. —Connaîtrais-tu par hasard. tant pis. J'ai voulu savoir s'il fallait courir sur Haig. I'adroit filou qui commandait au gang alla moisir à Maroni. Jonas n'apparaissait plus quand on approchait du bassin. sans un gard ni pour moi. un gros blouson. Arrivant à Paris. il s'accroupit. Ca faillit mal finir pour lui: pris la main dans un sac. Douglas Haig. voulut d'abord savoir qui signait. Mais il n'osa pas. Puis. vous laissant sans indications sur son sort. Sinon. puis lut d'un trait. nous mourrons tous ! Jusqu'au matin. Subissant la fascination du mal. il s'acoquina à un trio d'individus issus du plus vil bas-fond. Il tratnait dans d'indignants caboulots. m'a-t-il dit. Augustus s'immobilisait. Douglas Haig Clifford. Tout allait à vau-l'iau. Douglas Haig participa aux larcins dont l'avilissant trio tirait tout son profit. Il portait un chandail à col montant. nous apporta un pli. il siffla. ni pour la maison où il avait grandi. au point du jour.avait nom Tryphiodorus. un commis postal. sans un mot. fuyant tout au long du bruyant corridor. . l'ouvrant. qu'il avait fui d'Azincourt. un individu du nom d'Anton Voyl ? —Ma foi non. Augustus morfondait.. Mais il a l'air d'avoir tout appris sur nous: lis plutôt: Milord. sonnant au portail. Puis soudain il tourn• talons. —Moi non plus. claquant sur lui l'inamical portail. voyous sans foi ni loi rompus aux plus noirs forfaits. au cours du mois d'avril. Il tint à son cyprin un long discours. laissor. Un long instant passa. Augustus. murmurant son nom. sautant sur l'occasion. and so. tout 161 162 à fait par hasard. Douglas Haig s'y conduisit d'abord plutot mal. S'il doit partir.s choir. i'ai cru bon. il partira. Ayant appris. par trois fois P• modulant un signal qui paraissait significatif puisqu'aussitôt Jonas apparut. Il avait un sac à la main. l'on ouït Haig qui marchait dans la maison. J'ai vu cinq ou six fois..

s'inspirant ric-à-rac d'un discours d'Hodja à Shkoara (jadis Scutari) qui datait d'au moins trois ans. d'immoraux malandrins. Mais nul n'honora son mandat. ayant un instant failli sortir du droit parcours. sitot mis. à l'abolition du Capital. il travailla dur. quand d fut sans un rond. connu. il alla à l'administration. Il lisait « Communications ». au six. Voulant savoir pourquoi. il s'attachait au gout du jour. muri sa vocation. Douglas Haig s'imagina aussitot croupissant à Biribi. « Atoll ». rond-point I 163 . il lui plaisait d'ouïr Lacan ou Balibar. divinisant Godard. Il n'aima pas ca. Un mois plus tard. qu'il rotissait son balai. « Trois Continants ». Il milita donc dans un Parti ultraalbanais qui. Quittant illico sa casbah d'argousins. mais il laissait tout un magot aux marchands d'habits: son polo blanc portant pour mascaron un portrait du grand Djougachvili fut. d'oustachis. Ca dura tout au plus un mois. louant Cournot. il loua au boul'mich' un garni studiantin pourvu d'un confort succinct mais suffisant. s'attaquait autant aux ramollis du PCF qu'aux soi-disant pro-Chinois. Tutti ou Quanti. Il comprit. Il allait au Studio Logos. non sans brio. à assouvir la soif où son abandon vous laissa. sa vocation: la chanson ! Lors. à la disparition du Profit. Anton Voyl. Douglas Haig a. Il inaugura alors. Mais l'ultra- albanais parti fut dissous huit jours plus tard. Il y fut tout à fait foudroyant. Augustus posta aussitôt à Haig un fort mandat qu'accompagnait un long mot —un vrai roman—où il s'autojustifiait tout à loisir. croyons-nous. choisi sa conviction. qu'il bambochait trop. On lui apprit qu'il n'y avait pas d'Haig Clif•ord au six. il s'inscrivait à la Schola Cantorum. McLuhan Marshall ou Ninipotch. Par surcrolt. mais craintif à coup s•r. Voilà qui suffira. qu'il n'avait qu'instincts dissolus. qu'il n'allait pas fort. Il vit aujourd'hui dans un studio faminard. qu'il tournait mal. puis applaudi du quai Conti au Balzar. Puis il lui souvint qu'un jour son papa—vous—lui avait dit: « L'adagio d'Albinoni nous fut d'un si grand concours à la mort du cousin Gaston » qu'il comprit tout à coup qu'il n'avait tant couru sus à d'originaux frissons qu'afin d'assoupir son vrai but. pour finir. Douglas Haig s'abandonna au chagrin. Nous ignorons d'où il tirait l'important minimum vital qu'impliquait son train d'alors: il n'avait pas d'auto. rond-point du Commandant Nobody. Ainsi. « ScilicaP ». un travail. Yours Truly. visant à la transformation du climat social.Poltron sinon couard. aussi court qu'actif. du pont Sully au Bar du PontRoyal.

l'intuition d'un Souzay ». un Douglas Haig Clifford. son sourcil blanc. m'assistait. il sollicita la Schola Cantorum. Là.du Commandant Nobody. s'informant s'il y avait. L'on lut dans un journal qu'Haig Clifford avait conquis l'intimidant public du Carignano. la passion d'un Ruffo. un jour. Il avait. on l'avait promu à la Julliard School of Music. car j'avais trois lourds cabas. lui offris un pouf. On aura compris qu'il s'agissait d'Anton Voyl. l'air d'un garçon tout à fait charmant. soupira Anton Voyl. m'indisposa aus- sitôt: sa carnation. son port alangui. son iris d'un azur si clair qu'un instant j'ai cru voir un albinos. un panama. alors qu'ayant pourvu aux provisions du soir.. mais un l'on sait trop quoi d'indistinct. afin qu'il s'y initiât à la composition.. Longchamp parla d'un « baryton promis aux plus grands protagons ». bourru. On aurait dit qu'il avait tout au plus vingt ans. Tout paraissait calmir. J'approchai. coupa. a priori. j'arrivais du bourg suivi d'un gamin qui. grosso modo. parmi tant d'inscrits. à Manhattan. Un an passa. caciquant au concours d'unisson. Il y a un an. j'ai vu. un individu dont l'air m'ahurit tout à fait. son air fugitif. il m'apparut voir Douglas Haig. plus droit qu'un i. d'inconsistant. sonnai du gong. il y a un an tu nous racontas l'imbroglio confus qu'Haig mon fils connut avant d'assouvir à tout jamais sa vocation. maladif. Augustus parut aussitôt. il fut plus chançard: on lui fit savoir qu'oui. montrant par là qu'il connaissait tout à fait nos us—qu'un grand caribou soit tout rôti sur ton chaudron ! J'introduisis l'inconnu. mais. —Anton Voyl. —Plait-il ? fit-il. Minois pâlot ! La paix soit sur ton wigwam. un stick. ajoutait-on. On l'a applaudi voici trois jours à Turin. —Nous savons. vacillant. Mais il n'y avait pas d'indication sur la souscription du pli qui nous parvint. marchant à pas nonchalants tout autour du bassin. Grand. Gavoty d'un « futur Tito Gobbi ». il portait un caoutchouc mastic à col raglan. Il m'a l'air aujourd'hui sorti d'un mauvais pas. Nous t'aurions valu nos obligations si nous avions su où tu habitais. Pris d'un angoissant soupçon. Puis. il y avait. dit l'inconnu s'inclinant. pour vingt sous. qui donnait à son front arrondi un air blafard. inhumons nos martiaux tomahawks. Augustus. —Las. par- . tout un autour craintif m'angoissa: on l'aurait dit portant à son insu un faix accablant. l'haranguant suivant la tradition qu'on suivait dans ma tribu: —Salut. fumons un long tuyau ! —Ahiyohu ! fit-il—touchant son front du doigt puis l'inclinant sur moi à l'instar d'un vrai Mohican. Rostand d'un a Gigli qui aurait la voix d'un Kim Borg. j'avais omis. un instant. tant. plus fin qu'un fil.

Aucun jour n'allait sur sa fin sans qu'il n'ait auparavant nourri Jonas. par trois fois. un vrai. naïf. —Du gin ? Un cocktail ? Un bloody-mary ? Un bull-shot ? Un dry ? —N'aurais-tu pas plutôt un bIanc-cassis ? —Un kir ? L'on but. moulu par l'affliction. à l'acajou luisant. qu'un cyprin du Jardin . J'allai à lui. j'ai cru bon vous offrir mon salut. lui disant qu'il paraissait avoir pour tout cyprin un amour touchant. —Par Adonaï ! voilà qui nous plait. —Tu as raison. pas convaincu. On aurait dit qu'à chaqu'instant il comptait qu'un cyprin allait surgir du fond du bassin. qui paraissait mon frangin. jadis. mais plutôt ingrat. jobard. —Assouviras-tu ta faim à ma collation du soir ? proposa Augustus.don. qu'il avait. montrant tout un attirail pour barman. fit Voyl. un garçon à l'air chagrin. soit du rahat loukhoum. Mais. fit Anton Voyl. Augustus indiqua à Voyl un club profond au cuir noir. mais dis-donc. L'on quitta l'obscur hall. dit Augustus. toujours. Il sortit d'un sac un produit poissard. à l'instar d'un dauphin. vint s'alanguir non loin. Mais nul cyprin n'apparaissait: ça l'attristait. —J'ai pas dit non. lui faisait un clin amical. poursuivit-il. ôta son panama. saisir au vol sa ration. barbatif. ça l'assombrissait. nonobstant l'admonition d'un argus qui. puis lui offrit un habana. d'importation. qui paraissait soit du halvah. monta trois pas. s'approcha. Puis Voyl parla ainsi: Tu voudras d'abord savoir l'occasion qui m'a conduit à Haig. au bord du bassin aux cyprins. puis bondir hors du flot pour. ayant un gros bourdon. transi. Il m'avoua. poursuivit-il. qui. —Ouais. glapissant. Voyl fuma. Quand il avait du chagrin. —Un scotch ? Un bourbon ? Un whisky ? proposa Augustus. mais nul ami vrai. tutoyons-nous. Aujourd'hui. ça aplanira à coup sûr la complication. Un garçon qu'habillait un balandras noir. puis son caoutchouc. à blanc-pourpoint. il avait cru. —Allons dans mon fumoir. jura Augustus. 166 Il posa son stick. montrant sa satisfaction. lui montrant d'un doigt jauni par l'abus du caporal l'inscription proscrivant d'offrir aux cyprins tout apport nutritif. hormis Jonas. purotin. moult compagnons. franchit un long corridor. passant aujourd'hui par un hasard fortuit non loin d'Azincourt. il s'ouvrait à Jonas. son cyprin qui apparaissait quand on murmurait son nom ou quand on sifflait un signal distinctif. produit qu'il triturait dans sa main puis lançait aux poissons. tristou. adrnit Anton Voyl. Voici: j'allai un jour à l'aquarium du Jardin d'Acclimatation.

mauvais plaisant. sur vous. Il t'accabla dans son for. sur la Squaw. Augustus.. quand tu allais mal. Connaît-il l'obscur non-dit qui l'accompagna quand il vint au jour ? —Oui: il t'a surpris.. il m'avait fait un rapport piquant sur lui. dans l'amol lissant caldarium où tu t'isolais pour accomplir ton bain lustral. Il avait six ans. —Ah capisco ! capisco ! rauqua. y compris sa vocation. non sans art. Tu murmuras alors. sur son travail. Tu lui parlas du Zahir qui s'incrustait dans son cordon ombilical. —Oui. tout bâtard qu'il soit. d'un courroux qui multipliait par dix son pouvoir. appartint aux complots qu'il ourdit pour t'abolir ! —Sa v«ation ? murmura Augustus qui n'avait pas compris. —Qu'a-t-il dit ? coupa Augustus.. Augustus. Pris dans un plastron ovoïdal fait d'un stuc blafard. Il mastiquait pianissimo. pâlissant. puis l'invitai dans un snack-bar. Augustus. l'Uomo di Sasso qui punit Don Juan pour. Il sortit d'un sac. ainsi qu'un musulman au sortir d'un trop long ramadan. qu'un chagrin noir gainait. Il avait donc pourvu son ultimal ducaton à l'achat d'un kilog d'halvah. Quand on arriva au moka. Il avait faim. Tu basculais dans ton grand Nirvâna. il t'arracha du doigt son Zahir ! —. crispant dans sa main un blanc mouchoir. t'a poursuivi jusqu'aujourd'hui. convulsif. souffrant la mort quand ton dam paraissait s'adoucir. Son souci m'attristant à mon tour. 167 168 va savolr pourquol ! paralssalt avolr un tort pouvoir d amplification. à ton insu. j'offris un glass au garçon. basculant tout à coup dans un trauma inouï. my God ! sanglotait. l'ayant «cis. —Oui. Il t'a haï à tout instant ! —My God. transpirant. d'autant plus qu'il s'agissait d'halvah du Shah d'Iran. soit du plus fin qu'on pût avoir dans un magasin français. pris d'un chagrin fou. pardon. tu as compris: tu lui avouas tout. satisfait quand tu tombais. il s'acharna à tout jamais sur toi. pourquoi pas ? un amical bonjour. un flot confus qui l'intrigua si fort qu'il s'approcha. dit Anton Voyl d'un ton glacial. Tout. sur toi.. fixation qui. —La damnation du Fils. vindicatif. on aurait dit un colossal Hump- . glapit Augustus.. il avait tout au plus six ans. un croquis au crayon figurant. Alors. poursuivit Anton Voyl. un matin.d'Acclimatation lui offrirait. —Voici la raison qui m'a fait accourir. collant son pavillon auditif sur la fixation du licou assurant ta position. provoquant par là la damnation où nous pâtissons toujours. pour anglais qu'il fût. avoir voulu jusqu'à. à ton insu. mais il comprit tout. lui offrir un lunch. conc«tion dont Jonas avait toujours paru au plus haut point friand. sur sa v«ation..

habitant un palais d'où I on voyait autant Thanatogramma. un fait. battus par un mal sournois qui va toujours rôdant. noir sur blanc. n'avons-nous pas. la main d'Haig avait inscrit un troublant pronostic: « Il pâtira quand j'apparaîtrai ainsi.. n'approchons-nous pourtant pas du but ? N'avons-nous pas saisi nos principaux jalons ? Dans la Saga dont la Squaw nous fait aujourd'hui la narration. qui sait ? Hassan Ibn Abbou. Mais Augustus savait. la maman qui. dissipant vingt ans d'archifaux fauxfuyants. disait-on. Anton Voyl. Au dos du croquis. soupira Amaury Conson.. n'a pas fini d'adoucir nos chagrins. ont dispaN. Mais Olga s'accablant. Douglas Haig. l'occasion d'ap.. Il y avait adjoint un mot m'annonçant qu'il vivait à Urbino. Augustus bondit. sauf Yvon. sur la Marmara.173 174 profondir la solution du mal qui nous poursuit ? —Mais i1 ignorait ma filiation ! cria tout à coup Olga. —Abyssus abyssum invocat ! conclut. —Haig l'ignorait. oui.ty Dumpty. il y a vingt ans. sanglotant. poursuivit Arthur Wilburg Savorgnan. Othon Lippmann. l'avis qu'il laissa à mon club il y a aujourd'hui trois jours. aux bords du Grand Lac Noir. on l'aurait cru mordu par un aspic: —Non ! Non ! Il court à la mort ! hurlaIV Olga Mavrokhordato• Où. un mal qui frappa aussi. dans un patois balkanais si mal connu qu'on lui attribuait un pouvoir logogri- —Non ! Non ! Il court à la mort ! hurla Augustus. Augustus aujourd'hui. dit •a Squaw continuant son long rapport. qu'il chantait dans Don Juan la partition du Commandant. Arthur Wilburg Savorgnan coupa court à l'insinuant fil dont la Squaw tissait son abondant discours. ça signifiait. car mon sang l'a honni à jamais ! » —Voici. incognito. sont morts.. Il comprit aussitôt: Clan natif d'Istanboul. circonstancia Anton Voyl. —Tous nos fils. qu'il s'unissait pour toujours à Olga Mavrokhordatos. faiblissant. pourquoi pas. la tribu Mavrokhordatos (on orthographiait parfois Mavrocordato ou Maurocordata. —Mais. l'on va savoir pourquoi coula l'imposant Titanic —L'oubli. tu l'ignorais aussi. mit Haig au jour. . sans avoir omis un mot. qu'Ailippopolis. assombri. Anton Voyl il y a un mois. dit-il.

il croyait qu'il finirait Vizir ou Mamamouchi. las du Diwan. faisant d'un discours anodin. donc. qu'on disait cousin lointain du grand Byron. fournit d'abord au Sultan moult icoglans: Stanislas rasa Soliman. On cria partout « Mort au Turc ! » ou « Sus à l'Islam ! » On choisit pour pavillon un gonfalon d'organdi blanc s'ornant au canton du Sphinx brûlant qu'avait pour blason Nicolas. on disait qu'Abd-ul-Hamid lui confiait tout car il avait au plus haut point l'art d'obscurcir. l'introduisant à la Cour. fut convaincu par l'adroit Llord Vanish qu'un statut colonial ou micolonial s'appliquait tout à fait aux Albanais. gagna Durazzo. avachis par la domination du Turc. Mahmoud III. l'Ottoman fut contraint à fuir. brandissons un fanion sanglant ! Marchons. pas mûrs du tout pour l'automancipation. puis condamna au pal la plupart du clan. mais à vocation anar. a Albanais •>. mais tout aussi fils d'Albion. avait fait son favori. non sans mal. marchons ! D'un sang impur irriguons nos sillons ! » L'agitation chambarda Durazzo. puis amassa pour son patron Abdul-Aziz plus d un million d'in-quarto (la plupart d'occasion) glorifiant tous l'Islam. Victoria aussitôt. Un individu du nom d'Arthur Gordon. bravant l'yatagan du timariot. bossu à son instar. brillant major d'Oxford dont Richard Vassall-Fox third lord Holland. grand Favori du Sultan. nommait consul à Tirana lord Vanish. a qui a un poitrail noir » ou « qui a un mauvais pouvoir ») la tribu Mavrokhordatos.phiant. l'assassina. d'inspiration whig. Augustin. puis donnant tout son appui à sa nomination. proclama-t-il un jour. « un jour triomphant va s'ouvrir ! Sus aux tyrans. Plus tard. offrant 176 . galvanisa l'opposition. On trucida cinq ou six oustachis. qu'il fallait. Augustin Mavrokhordatos. trois ans plus tard. craignant qu'il n'imposât sa loi jusqu'à Stamboul. fut fait Hospodar du Banat. grand-papa d'Olga. •aloux du pouvoir qu'avait pris 1 Hospodar. La tribu Mavrokhordatos parvint à fuir. Un grand parti national. fournir •ux Anglais l'occasion d'accourir. Nicolas prit pour blason un Sphinx brûlant. Nicolas junior. où il s'installa avocat. Mais. On signa la paix à Corfou: l'invaincu populo albanais voyait garanti son autonomat. mobilisa l'opinion. Nicolas fut tardjouman (on dirait aujourd'hui drogman). son fils. Constantin soigna Ibrahim. un charabia qu'aucun n'arrivait iamais à saisir quoiqu'il donnât à tout instant maints signaux montrant qu'il chiffrait ou traduisait suivant un canon pourtant primitif. il fonda un journal qui prônait l'insoumission vis-à-vis du Sultan. qui n'avait qu'admiration pour Victoria. lui offrant un Chant National qu'aussitôt tout un chacun sifflota à tout instant. Trois ans plus tard. donc. disputant à Cavour l'installation d'un pouvoir quasi tutorial sur la nation qui naissait.

survivant. Lors. Sa constitution hors du commun fit qu'il mit plus d'un mois à mourir. sinon. la conspiration transpira. puis on l'alluma. Conquis. gagnant un profond maquis où. donc.d'abord un concours aux fractions qu'alarmait l'instauration d'un pouvoir qu'on dirait dictatorial. à l'instar d'un Mathias Sandorf. sinon. Un an plus tard. dans un marabout où nul n'habitait plus. pour l'Anglais qu'il accusait. qui comptait vingt-six individus. ça finit mal pour lui: d'abord on lui donna du knout. On condamna à mort dix-huit magistrats qu'on accusait. faisant du pays un dominion. quand il naquit. donnant à chacun fifty-fifty. (Augustin avait voulu. on l'asphyxia. allant jusqu'à offrir un million d'hrivnas pour son corps. la population y accourut. non sans raison. stationnant à Brindisi. La smalah Mavrokhordatos à Durazzo. pilla par trois fois la maison du clan. On lui appliqua un carcan autour du cou. mimoribond. mais aussi. huit ans durant. L'or anglais coulait à flot. à trois jours du coup. put fuir. fortifiant son abomination pour l'Albanais qui avait occis tout son clan. Il n'y a pas plus chauvin qu'un Albanais. Mais. l'Abyssin. qu'il portât un nom patriotard !) Albin. tant il puait. trognons ou fruits pourris. Car il s'agissait du vrai sang d'Augustin: son fils. un pâtour qui gardait trois moutons. connut un sort aussi dur. manu militari. languissait à l'affût du signal l'invitant à l'invasion. lingots. à coup sûr. alors qu'un bataillon d'hussards anglicans. ça fit un fichu boucan. il trouva un fort magot: doublons d'or. mais dont il voulait la foi. On noyauta. Alors on lança son corps à un carlin qui n'y toucha pas. à coup sûr. d'avoir compromis son papa. puis. on lui fourra un bâillon jusqu'au fond du larynx. on lui rompit pas mal d'os. Il attira à lui un gang d'hors-la-loi qu'il payait gros. joyaux. Un jour. On mit un gars sûr partout où il fallait. Mais il fallait agir fissah. L'Albanais la pourchassa partout. Faux pas ? Impair d'un partisan ? Abandon d'un apostat ou trahison d'un Judas livrant son rhodopot à un plus-offrant ? Qui sait ? Mais. mais surtout. par un biais subtil. mort ou vif. puis on l'attacha au pilori. lui lançant lazzis narquois. l'Austro-hongrois ou l'imaginatif Rital saisirait l'occasion. mais il importait tant aux Albanais qu'on continuait à lui courir sus. il n'y avait qu'un survivant. on l'arrosa d'alcool. On fignola un dispositif dont la sophistication (pour promouvoir ici un mot qui appartint plus tard au corpus franglais) parut tout à fait hors pair. qui avait nom Albin. d'avoir pris parti pour la machination. Il choisit pour abri principal un bordj croulant qu'on nommait « Bordj du Pillard » car y . on l'immola. à tort ou à raison. Quant à Augustin. violant la grand-maman. trucidant d'implorants bambins. il consacra son avoir colossal à assouvir sa vindication. il stagna. du sol national albanais. parfois. Augustin mit au point aussitôt un complot pas trop mal ourdi.

Albin. mais. dit-il. qu'il s'agissait à coup sûr d'un vassal du bandit. « during his holidays ». il n'avait grosso modo pour butin qu'ovins maigrichons ou croquants sans rançon. Mais. On mit parfois. à l'occasion. ou plutôt. à mi-parcours d'Huntingdon à Oakham. dans la nuit du cinq au six août dix-huit. tout au plus attrapa-t-on trois compagnons. un vallon où poussait à foison du pavot blanc. Tout yacht battant pavillon britannial qui mouillait à Durazzo risquait fort d'y pourrir à jamais. s'attacha aux autochtons. qu'il y avait là un filon d'un profit colossal. Son action ayant fait partir l'Anglais du sol albanais. Albin apprit d'un potard la . son magot tirant sur sa fin. Albin lui donnait d'abord convocation dans son bordj. il faut y voir. qu'Albin savait. sur huit ans. s'il coula. Il y avait. Quand il choisissait pour son gang un compagnon. non l'accablant produit d'un choc glacial. mais dont il fit un croquis qu'on trouva insatisfaisant: il s'agissait. s'aidant d'un poinçon scarifiant d'or qui laissait sur la chair un sillon blanc ultrafin. si l'on voulait. Puis l'hardi compagnon jurait sur la croix qu'il offrirait jusqu'à la mort son loyal concours.avait parfois dormi Fra Diavolo. cinq slivowitz. Albin lui tatouait sur son avantbras droit. la main sur un compagnon d'Albin. Saisissant illico. coup sur coup. non loin du Bordj du Pillard. Mais l'on sut plus tard qu'Albin n'avait agi ainsi qu'au nom d'un pur plaisir. à son signal blanc fait au Bordj du Pillard. Chacun buvait. Alors. car il y avait à bord. dans un pays où l'industrialisation n'avait pas fait son apparition. ou plutôt s'il sombra. non loin d'Hamilton. assaillir son rival jusqu'au mitan du sol natal. La collision d'un train abordant un autocar. à Quintinshill. 177 pas profond mais si sûr qu'aucun abrasif n'aboutirait jamais à sa disparition. la main du malfaisant malandrin. Il fit cinq ou six razzias. allant voir l'Albion qu'il honnissait tant. pour sûr. un an plus tard. Nonobstant l'indistinction du croquis qu'avait fait l'albanais flic. mais dont il aimait l'humidifiant climat. il chômait un mois par an. un signal distinctif qu'un flic albanais parvint à voir un jour. Or. alors qu'Albin avait à sa disposition un gang d'au moins vingt individus ! Il s'attaquait surtout aux Anglais. tout un consortium anglo-albanais dont la Barclay's avait fourni l'initial capital. non sans raison. soit. par hasard. discutant d'un accord sur la construction d'un important laminoir. ainsi qu'il l'aflirma. il lui fallait agrandir son capital. d'un signal s'assimilant à l'indication formulant la prohibition d'un parcours. La maison du Consul à Tirana sauta trois fois. tout bandit qu'il fût. Quant au Titanic. car. d'un rond portant au mitan un trait droit. qui s'affola aussitôt. on savait. montra à Scotland Yard. mais. un bandit jadis franciscain qui s'attaquait aux troikas ou aux mailcoachs.

il s'hasarda au dumping: contactant à Milan un marchand forain qu'il savait maillon du circuit. qui donc fut la maman d'Olga ? Qui fournit un appt•i probatif à la position du dollar (o Tout arriva un an plus tard. il partit . Il s'agissait— qui nous lit doit l'avoir compris. l'opium n'a jamais valu un sou tant qu'on n'a pas garanti sa distribution. imaginatif. la star d'Hollywood. Or. ami qui. via Kotor. du fulmicoton. du plastic. gagnait Chiogga par canot. car l'opium arrivait du Bordj du Pillard par auto. saisissant à mi-mot. Albin amassait sans mal un gros tas d'or. Or. par fumigation. du napalm. par surcroit. noyau mondial d'un trafic tout à fait florissant. Plus subtil. il voulut avoir 179 à Duraz•o un commis qui aurait soin du transit. disions-nous. avait pour papa un ami du plus grand rival qu'ait jamais connu Augustus. plus cinq ou six organisations ayant moins d'acabit) l'avait dans sa main. voulut alors savoir Anton Voyl. Doubrovnik ou Split (jadis Spalato) sur Rimini d'où il gagnait Milan. un individu dont on lui avait dit qu'il avait tout du fripon. Lucky Luciano. puis. la Cosa Nostra. Albin comprit qu'il risquait gros s'il s'immisçait dans un circuit aussi clos. Il organisa donc aussitôt un raid punitif sur la circonvallation où la production avait assis son camp principal. Plus tard. Mais. Jack « Dancing Kid » Diamond. puis Milan sur un chaland du Pô. y compris un Ricain. la « Chicago-Loop Corporation ». fin. un bazooka. Ainsi Albin contacta-t-il. un <• syndicat » multiou plutôt supra-national (qui groupait dix-huit gros caïds mandatant la Maffia. d'Othon Lippmann ! Ainsi—Augustus l'avait compris aussitôt— Olga. mais surtout fort hardi. il prit son fusil. il bambochait dans son bordj. qui n'avait plus l'occasion d'assaillir son rival anglais. Mais il apprit un jour qu'Anastasia.fabrication du laudanum puis. Pas idiot du tout. qu'aimait plus qu'un fou Douglas Haig. continuait nonobstant à hair tout Anglo-saxon. partant d'Ankara aboutissait aux Balkans d'où il diffusait. ayant du tact. raconta Augustus poursuivant sa narration. Son trafic d'opium marchant à souhait. Bunny « Gunfight » Salvatori. mais qu'il paraissait sûr. A l'instar d'un pacha. ou sinon il nous a mal lu—il s'agissait. chacun sait ça. obtint un opium tout à fait satisfaisant. suivi par cinq compagnons dont il aimait l'hardi sang-froid. il lui proposa son opium au rabais. conduit par un mastiff quoaillant. intuitif. Albin. Fulminant. s'il y avait un circuit qui. tournait un filrn non loin. son trafic ayant grossi. Big Italy. abhorrait jusqu'à l'abomination l'Anglais ! —Mais. à Tirana.

un bastion. n'ayant plus qu'un lourd bijou d'or garni d'un cabochon d'adamantin. mais la nuit s'annonçait d'un froid glacial. la script. guindant un lourd baldaquin fait d'un brocard à gros grains.18 tion s'aKairait. à catimini. il faisait doux. Albin tourna dans l'adonisant boudoir. Abandonnant son kimo- no d'organdi blanc à pois noirs. Il s'introduisit dans un boudoir succinct. car. l'iris brillant. Albin bondit. la dolly n'arrivait jamais à avoir dans son champ qu'un figurant sur trois. tout au divin panorama qu'offrait la star. Son corps sculptural s'offrait. La nuit tombait quand il arriva. magnifiait l'illuminant corps d'Anastasia: Ton corps. Albin y lança son gang. nu. un sloop. L'air s'irisait d'un parfum lascif. Il avait fait chaud. brûlant d'amour. assoupi. dan• l'abandon d'un clair-obscur troublant qui ombrait 182 d'azur son flanc alangui. Albin s'immobilisa. Ton front. l'assistant. Albin vit qu'on avait construit trois studios sur l'ubac d'un mont. qu'on disloquât tout son saoul. un grand galion où j'irai au longcours. —O. la star monopolisait. tournant un raccord tracassant qui chagrinait tout un chacun. luisant. la sono. s'affala sur un sopha d'ottoman. il composa illico un lai. dont un qu'Anastasia. miroirs qu'on avait plus ou moins matis. ôtant son collant t•rlatan qui la moulait du nombril au talon. quoi qu'on fît. murmurant un ronron câlin. Il avait tout du Grand Pan. Un falot donnait un mi-jour amollissant. mais qu'on bivouaquait au bord du lac. Voyant qu'aux studios la produc. qui. La distribution dormait dans cinq grands caravanings. un fort dont j'irai à l'assaut. plus par sophistication qu'au nom d'un pudibond sursaut. un brigantin tanguant sous mon roulis. Puis Anastasia parut. stipulant qu'on brulât tout. la photo. mais où tout invitait aux plaisirs d'un galant amour: il y avait à profusion divans profonds. la star.assouvir son courroux furibond. Il s'imbibait jusqu'à faillir du nard fragrant qui flottait tout autour. il s'approcha du bungalow roulant où somnolait la star. Juin flamboyait. poli. Un court instant passa. il s'y dissimula. balbutia-t-il. Sa chair montrait l'incarnat d'un grain parfait à la fois mat. Cupidon n'a plus un dard dans son carquois ! Saisi par l'inspiration. poussant un soupir satisfait. L'horizon s'incurvait suivant l'ondulation qu'imprimait à son corps sinuant son inspiration sans à-coups. Anastasia. puis. lourds tapis. Un long instant. puis. qu'on massacrât au maximum. suivant la tradition du Canticum Canticorum Salomonis. un glacis qui fondra sous l'aquilon du trans- .

marais salants. Ta toison. ton bouton. agonisant d'un trop humain plaisir. un circinal volubilis dont j'irai suivant la circonvolution. m'abolissant dans un amour toujours à accomplir. ton sillon Mrvâna. . pignon charnu. bravant l'ouragan. bourlinguant. s'affamant sur la star. la vibration d'un clin. fruit dont j'irai gaulant l'incapsulant noyau. Ton bras. dans l'infini instant où nous n'aurons qu'un corps ! Ainsi chanta Albin. canons. arc s'incurvant sous l'aiguillon du plaisir. Ton palais. un naissain. littoral. Ton cul. où tout s'abolit. confondus à jamais. ru fluvial. airain poignant. Ton pavillon auditif. Ton cil. Ton bouton. ton sillon où à jamais mordra ma mort. ombilic obscur. Puis s'anudissant. carcan pour ma strangulation. j'irai gravant ton nom. galuchat blanc du cachalot fatal. glouton. kaolin disjoint à jamais. palan. doris. port initial du brûlot qui m'assouvit. l'arc triomphal sous qui j'irai m'abymant au plus profond du puits dans ton cristallin noir. où tout disparaît. il bondit. donjon lilial. blason d'un armorial inconnu. corail purpurin pour qui j'irai m'asphyxiant au fond du flot. la nictation d'un instant. drossant au hasard sur nos corps alanguis. alluvions. un cardium. où tout va mourir. ta chair. sampan. —Quoi ! s'offusqua Anton Voyl. s'inhabil184 lant. dans la nuit où tout disparaît. poils. 183 Ton dos. à l'instar d'un Jason. vingt ans durant. à jamais mourant. Ton nombril. j'allai. rachis. skiff. torsion du garrot où s'assouvira ma pulsion. tuyaux. ton sillon oubli. grapillon côtissant. Ta chair. Ton sillon. marabout. un viol ! (On sait qu'il n'avait pas vingt ans. où j'irai m'absorbant. huis dont j'ouvrirai l'ajourant tourillon. divin pubis. ton sillon lotus.port qui m'agit. bastion final où j'irai m'annulant. jalon d'amour. ponton. Toison d'or pour qui. Ta main. louvoyant. chagrin dont la disparition garantira ma mort. paradis d'un amour conquis. sourcils d'amour. où j'irai à jamais naissant. parangon du tribart. cuir où. vallon bombant. madrigal balbutiant. Ton sourcil. par surcroît. atoll. hanap à jamais s'offrant aux libations. jusqu'à la fin. Ton cou. Kasbah du talc. dans la passion ou dans l'oubli. O. Ton flanc. animal aux cinq doigts. bord où d'abord j'irai accostant. Ton giron. maillon vacillant. pavois. plumial à qui j'offrirai un calmar. lit aplani. ta toison. dans l'absolu sursaut où nous vivrons un jour.

—That is a lot. par un tourbillon soufflant. Anna Magnani à Randolph Scott. Un dollar valant vingt-huit hrivnas. d'Antinous ravissant Aurora. dit-il. mon Divin Marquis ! On aurait dit Virginia Mayo s'offrant à Richard Widmark. Kim Novak à Cary Grant. par un brûlot calcinant qui paraissait sortir d'un vokan vomissant. nonobstant l'important sinon colossal . La conflagration illumina la nuit. Liz Taylor à Richard Burton. la star murmura. —How much is that in dollars ($) ? insista Anastasia. s'abandonnant. Albin s'unissait à Anastasia dans un capouan plaisir. fit Albin. sinon tout à fait polisson. Surpris. combat plus libidinal. duo plus galant. Mais. S'abîmant dans un ravissant chatouillis. ainsi qu'il l'avait voulu. tout à sa pâmoison: —Sois mon Don Juan. qui dans un loisir somnolant. onc vit-on tournoi plus lascif. puis sa confirmation. Ingrid Thulin à Omar Chariff. son gang. admira Anastasia. s'ouvrit à lui. Puis. d' Adonis amadouant Calypso. —Offrirait-on un bon prix pour ton rapt ? —Oh la la. car la star. —How much ? tint à savoir Anastasia. tandis qu'à l'instar d'Apollon captivant Iris. mon Casanova.il avait grandi dans un climat puritain. avait failli finir capucin. lui lançant un clin coquin.) —Oh non. chacun courut au hasard. puis contrôla dans un journal du soir la fluctuation du cours. —Thirty-six thousand. tambour battant. alors qu'il s'introduisait ad limina apostolorum: —J'avais faim d'un brigand. murmurant. sourit Augustus. d'un bandit. aussitôt s'amouracha du forban. s'attaquait aux studios qu'il rabougrit au plastic. avait fait sa communion. mignardant. Mais. Rita Hayworth à Kirk Douglas. pas un viol. Gina Lollobrigida à Marlo Brando. qui dans un travail absorbant. mon Valmont. piaillant. par un brandon qui fusait. fit Albin. ou y avait-il du vrai dans la voix d'Anastasia ? Au vrai. Albin fit. faisant un bruit assourdissant. On aurait dit la Nuit du Walpurgis. 185 186 Mais s'agissait-il d'un script jadis appris. assailli par un tison brûlant. il n'importait pas. La plupart mourut sur l'instant. par un roc bouillant qu'arrachait du sol la conflagration. —Un million d'hrivnas. d'un hors-la-loi ! L'argousin t'a-t-il poursuivi jusqu'aujourd'hui ? —Pour sûr. hurlant. baisotant. plutôt faraud. ouvrant un cil. criblant la chair ainsi qu'un aiguillon. un calcul approximatif. ou Joan Crawford à Frank Sinatra.

puis Woodrow Wilson. ni dans la production. Ainsi. lors irait à l'abandon ma Damnation ! Où l'o• va sawir l'opinion qu'a•)ait l'Hol•/vood Vladimir Ilitch Albin partit dcnc.tohu-bohu qu'il suscita. un tas d'ahurissants rogatons. ni dans la distribution. roucoulant. offrir à la production qui la payait à prix d'or son magistral concours. Au vrai. Un toubib lui ordonna l'abandon d'Hollywood. finit par partir. faisant sa cour. la sono. nonobstant son air « actor's studio » on la disait sans futur vis-à-vis du film parlant qui faisait alors son apparition (tout ça arrivait aux abords d'août vingthuit: il avait suffi d'un film d'A. Mais la star avait pris froid durant son long parcours. il y avait fluxion au poumon droit. qu'Anastasia avait fini par aboutir au consulat ricain à Cattaro. n'arrivant plus à lui offrir consolation. la laissant dans son caravaning. aux gouzis-gouzis d'Albin. grossir Baudoin. Anastasia sanglotant capitula. Ça dura trois jours. portant dans son for la satisfaction du travail accompli. Il apprit plus tard. alors qu'ayant suivi jusqu'au bout l'injonction d'Albin. il n'y aurait plus un Mavrokhordatos. Crossland pour qu'à la Columbia. marivaudant. à ma mort. alors. filant un parfait amour. Puis Anastasia. sur un ton intimidant: —Si jamais un bambin vous naissait (il la vouvoya car il s'agissait d'un instant crucial). aurait pris son inspiration à un Nahum Gabo. Ça la chagrina si fort qu'Albin. aussitôt s'imposa. ajouta-t-il. on optât pour la mutation). souvint qu'il lui fallait. Las ! La conclusion. gravats tordus. un ramassis. tirait. pour garantir son contrat. Il n'y avait pas un survivant. la Dolly avait l'air d'un Hajdu qui. s'absorbant pour l'instant dans un transport tout aussi brûlant. il faudra qu'il ait mon nom car sinon. fruit du transport inouï qui nous tint unis trois jours durant. Ramsay Mac Donald. puis un Baldaccini. pour voir. l'infamant forfait n'assaillit pourtant pas nos amants. sans point final. Anastasia fut donc sans travail. Un mois plus tard. Quant à l'attirail: foutu ! plus un Nagra ! plus un chariot ! la Paillard. auparavant. six Lions d'or ! Sic transit Gloria Mun- . la maffia d'hors-la-loi. la vamp pour qui soupira Taft. chassis noircis. la vamp à qui Sir Winston Churchill offrit un quintal d'habanas. la plantant là. Albin continuait son galant visà-vis. mais moins homicidal. pour qui sanglota J. s'arrachant aux bisous. Mais. la vamp qui avait fait maigrir Farouk. par un mot succinct qui arriva au bordj. il lui dit. la vamp dont Vladimir Ilitch Oulianov avait dit qu'il n'y avait pas plus nocif opium. un trait au bas d'un curriculum si brillant qu'on n'imaginait pas qu'il pût finir ainsi: dix-huit Oscars. gagnait son bordj. à la Rank. fils fondus. Ainsi.

soupira Augustus. m'affirma qu'aux trois quarts du parcours. donation dont l'usufruit irait à l'administration du sanatorium qui. dont il avait fait son bras droit. Albin lui laissa la Bugatti. il alla à l'hangar. Au soir. —Ainsi. Un Japonais fit harakiri. On alla jusqu'à lui garantir la prison s'il insistait. 190 Anastasia s'alla tapir dans un sanatorium. tubar. ignorant tout d'Albin. non loin du Michigan. Il poirota. —Mais qu'advint-il d'Albin ? coupa Voyl. à Davos. jurait d'avoir soin du poupon jusqu'à son maiorat. Tout un club d'Iron Mountain. Anton Voyl. archimort. Hans Castorp n'aurait jamais connu Clawdia Chauchat. l'y voyant un jour. mais surtout chacun ignorait la damnation qui s'attachait à son nom. il n'arriva pas à voir Olga. Olga n'a jamais su l'infamant. » Six mois plus tard. Thomas Mann. . Il voulut la voir. sourit Anton Voyl. —Ça m'a l'air gros. lui disant qu'il avait un gars à voir pas loin. —Othon Lippmann. Olga ignora toujours pourquoi on la nommait Mavrokhordatos ? —Oui. plus tard. A coup sûr mijotait-il un kidnapping. Mais s'il contacta l'administration du sanatorium. dans un sanatorium ultra-chic où l'on soignait l'haut gratin du Gotha. Olga grandit à Davos. conclut Voyl. Mais il n'y trouva nul occupant. Anastasia accouchait mais. Un marin jamaïcain sauta du haut du Radio-City Building. hormis Albin qui baignait dans son sang. On lui dit qu'il n'avait aucun droit. Il partit. l'ouvrit. aux confins du Wisconsin. aurait dit. à Manhattan. surpris.. trois ans plus tard. —Pourquoi ? fit. suivi d'Othon Lippmann.. nonobstant d'ardus tournants alpins. paraît-il: « Si j'avais vu plus tôt Anastasia. qu'Olga vivait à Davos. Albin conduisait sa Bugatti tambour battant. —Mais Othon alla-t-il à Davos voir Olga ? —Il y alla. mourait quasi aussitôt. non loin d'Innsbritck. suicida d'un bloc.. puis qui l'instaurait ayant-droit principal d'un droit patrimonial fort important. l'horrifiant pouvoir qui la marquait à jamais. Mais il n'arriva jamais à Davos. On trouva dans son sac un avis qui ordonnait qu'on donnât pour nom au poupon Olga Mavrokhordatos. —Oui. Othon vit Albin qui s'introd•lisait dans un hangar qui avait l'air à l'abandon. il paraît plus sûr qu'Othon l'assassina pour lui ravir son magot. Ainsi.. —Il apprit. pour sa part.di ! L'on vit moult fans s'abîmant dans un chagrin 189 sans fond.

lui. dit Anton. Voilà. fit. non d'un savoir—pourquoi la Damnation s'attacha au Zahir. nous nous saisirons tour à tour du volant. —Dans trois jours. conclut Augustus. —Mais qui saura saisir sa signification ? —Moi. à bout. car il nous faut d'abord. lui ordonnant d'avoir soin d'Olga jusqu'à mon irruption. mais nous partirons plus tard. Il croit. sinon un vrai savoir. pas moi. Dâlit Augustus. par trois fois. aujourd'hui. dit Anton Voyl. mon Hispano-Suiza grand Sport saura accomplir un parcours aussi long dans un laps aussi court. maudit par lui au nom du Zahir disparu. dit Anton Voyl d'un ton sûr. à coup sur. partant pour Francfort. J'aussitôt lançai un sans-fil à mon commis du Consulat. à tout prix. j'y bondis. mon commis.. l'inscription. Mais Olga n'habitait plus au sanatorium. m'ayant 191 maudit. consultant son almanach. il va. fatal coup du sort. —L'inscription nous dira—il s'agit là d'un souhait. allons à Urbino. nous conduirons aussi la nuit. mais on n'a jamais su où il l'avait mis ! —Mais alors . pourquoi j'ai dit qu'Haig n'avait pas compris. Mais. Augustus. Mais. courons ! Marchons ! Partons ! An- diamo ! 18 Dont d'aucuns diront. du moins cinq ou six notions qui. s'unissant à Olga Mavrokhordatos. consultant parfois un savant à l'Institut ou au CNRS. dubitatif. lui donna un visa pour Stockholm où.A la mort d'Othon Lippmann. savoir la signification qu'a l'inscription du blanc sur un bord du billard. mourir. voulant voir Olga mourir par ma main avant qu'il soit trop tard. à Davos. Il choit à son insu dans la machination qu'on ourdit tout autour ! Quand doit-on l'applaudir ? —Mardi soir. un idiot on n'a jamais vu plus obtus qu'illico j'invitai à voir du pays. •u'il fournit moult apports capita•x —Soit. Haig m'a jadis fait un croquis approximatif qu'à loisir j'ai pu approfondir. —Mais pourquoi ? Qu'a à voir dans tout ca l'inscription du billard ? fit Augustus qui bouillait. Mais il faut partir à l'instant: volons à Urbino ! Arrachons mon fils à la mort qui grandit à l'horizon ! Allons. j'allai. Trop tard ! On m'affirma qu'Olga s'installait à London. J'ai. —Ainsi naquit la Damnation qui frappait ton fils. concourir à ma mort. J'y courus.. J'arrivai à Victoria Station au strict instant où Olga la quittait. d'un ton convaincu. Car il y a un point qu'il n'avoua jamais: on sait qu'il t'arracha ton Zahir. j'abandonnai. . Un indic m'apprit son apparition à Locarno... instruit par lui du Talion qui planait sur nos noms.

murmura-t-il pour finir.à coup sûr. disons. On la saisit par association: Il y aura ainsi trois instants du discours: d'abord. Wright. il s'agit d'un Katoun. tu as-donc illico saisi sa signification ? fit Augustus qui aurait voulu tout savoir au plus tôt. —Mais alors. au moins. Puis. puis à un traduit. surtout au Yucatan. du moins. il scruta. nom masculin indiquant un chantillon graffitial qu'utilisa la civilisation Maya. s'aidant d'un miroir grossissant. Riga. crois-tu qu'on saura. valant surtout pour la transcription d'un dicton. sinon un roman. à l'approbation d'un public qui 1 a touiours admis: un outil social assurant la communication. d'indications. mais. aux lunaisons. au maximum. Mais il nous faudra auparavant avoir compris l'axiomatisation qui fonda la transcription. son droit . vois-tu. 193 194 On passa donc au billard. Il s'agit. d'un fabliau. pour la plupart. la signification apparalt. sa loi. j'avais raison. saisir la signification du signal ? —Pourquoi pas ? D'aucuns l'ont fait avant nous: Champollion. —Oh non ! sourit Anton Voyl. soumis à un pouvoir codifiant. d'un almanach. un fait narratif sortant du pur transitif pour aboutir à l'art pour l'art. Riccoboni. quand nous aurons garanti l'articulation du parcours qui nous conduira d'un subscrit (l'inscription qu'on voit hic & nunc) à un transcrit. aux points cardinaux. ou Katun. qu'à la fin tu n'auras à ta disposition qu'un mot sur trois. aux filiations du roi. On n'a compris. nonobstant un inconnu aussi grand. la promulguant sans infraction. Voyl s'approcha. l'amas d'intrigants points blancs. Il s'agit d'un modus significandi plutôt limitatif. plus ou moins loin. aujourd'hui. —Oui. mais l'on a parfois vu. lui donnant son canon.. qu'un quart du total. Disons. poursuivit Voyl. d'un ordo ou d'un factum au bas d'un bloc colossal ou d'un arc triomphal. un à un. Arago Alcala. nous avons du travail pour au moins jusqu'au matin (on allait alors sur minuit): la signii6cation n'apparaîtra qu'à la fin. ayant trait aux mois. portant toujours sur un comput approchant vingt ans. dans un flou plus ou moins vacillant. passant sa main sur l'inscription. Von Schonthan. —Mais. constatant pourtant qu il s'agit d'un signal affirmatif. nous croirons voir un galimatias confus un capharnaum insignifiant. disons.. —Un Katoun ? —Katoun. Au vrai. dans un futur plus ou moins flou. Car. grosso modo. sûr. mais aussi Laranda. nous fourniront la solution ou. aplaniront nos complications. aux saisons. aux migrations. la complication naît surtout du fait qu'on n'a aucun corpus global. sachant qu'il s'agit d'un Katoun.

soit huit nagis. d'un roman: cinq ou six individus s'affrontant. communication (d'aucuns diront communion). Ainsi surgit l'affirmation s'opposant à l'omission. banal. Puis. la validation du signal sans tout à fait pourtant l'approfondir. il y a au moins vingt-huit kadams indous à parcourir. sortir du parcours rassurant du mot trop subit. connu. soit dix-huit koûppodoutourams ! . à l'imparfait. à l'omission. dû à l'imagination ou à la fiction. puis l'insinuant fil tramant la narration tissant un tapis aux motifs si confus qu'on n'aura jamais la vision d'un croquis abouti. d'un discours d'Avocat. toujours. puis tous. qu'un boyau. Ainsi. la scription ait pu s'accornplir jusqu'au bout. contournant la signification tabou. trop confiant. ipso facto. d'un compromis pour l'achat d'un champ. à la fin. Il y aura donc d'abord un pouvoir du Logos. si j'avais foi dans sa conclusion. qu'il nous paraîtra vain d'y vouloir voir un signal. trop commun. la saisit pourtant. la disant plus. fût-il transitif ou narratif. quand nous aurons compris la loi qui guida la composition du discours. s'abordant sous l'action d'un fatum qu'ils croiront jusqu'au bout dû au hasard. puis trois. si aigu qu'on y voit aussitôt sa justification. nous garantirons. d'un vocabulariat aussi soumis à la scission. d'un quidam à son voisin. puis cinq. un « ça » parlant dont nous connaîtrons aussitôt l'accablant poids sans pouvoir approfondir sa signification. saga ou madrigal. ainsi du plus obscur 196 aboutit-on au plus clair ! —J'applaudirais à ta programrnation. ainsi s'ourdit l'imagination. d'un carton d'invitation. dont nous tirons la conviction qu'il s'agit. d'un souhait nul: assouvir jusqu'au bout la fascination du cri vain. l'important va s'attachant. dit Augustus. trait pour trait. nous irons admirant qu'usant d'un corpus aussi amoin- dri. d'un canon si tyrannisant. partout. d'un roman. si aminci. plus tard. il y aura. puis six. nous saisirons pourquoi tout fut bâti à partir d'un carcan si dur. non au point d'application. lisant. mais à l'articulation. la saturation.Il pourra s'agir d'un statut. Mais Chronos nous va bousculant: d'ici à Urbino. d'un point notarial. Tout naquit d'un souhait fou. Un mort. d'un Coran. Mais. qu'un chas. n'offrir au signifiant qu'un goulot. l'ultradisant par l'allusion. si fin. ainsi durcit l'affranchi issu du contraint. Fait capital. s'il s'agit d'un roman. l'autour commun. mais masquant mal l'absolu du fatal. d'un duplicata cadastral. discours allant d'un individu à autrui. Abasourdis par l'inoui pouvoir marginal qui. l'illusion du fortuit masquant. l'association. affabulation ou approbation. au fait qu'il y a. la produit pourtant par un biais subtil.

» J'allai dans l'atrium puis lui rapportai son fourbi d'in-octavo. s'affolant. jonchant d'imparfaits graffiti. à l'instar du connu: Ba va sa ka ma sar pa ta par da Bi vi si ki mi sir pi ti pir di . grinçait. qu'aux chamans. Il s'irritait. dit « Lacandon ». nos tapis. bouillait. —Calmons-nous. nous avons au moins cinq palliatifs: La complica•ion naît surtout du fait qu'il s'agit ici d'un jargon avocal. au chant du coq: —Ouf ! fit-il. Ça n'avançait pas. l'Oaxaca. L'on connaIt sa transcription. d'approximatifs brouillons dont il paraissait toujours insatisfait. j'ai cru un instant n'y jamais aboutir. prononçait d'avilissants gros mots. un alcool fort. Il nous alarmait. par Villacorta-Rodas. Il murmurait propos abscons.—Soit. à la divulgation. toussant. Qu'allons-nous. fous-moi la paix. 197 Il donna à Augustus qui mit son lorgnon pour y voir plus clair un carton portant vingt-cinq graffiti intrigants. —Mais alors. calmons-nous ! fit Vovl. donc impliquant contradiction quant à sa prononciation.. ? coupa Augustus. suant. j'irai fonçant tambour battant dans mon brouillard. par imitation. Il y avait là un vrai parangon du savoir ayant trait à la civilisation Maya: la traduction du Popol-Vuh. admit Voyl. va dans l'atriurn. Il fumait ninas sur ninas. Anton Voyl m'avisa alors: « La Squaw. mais nGn sa prononciation. Il s'affairait. mais satisfait. nous dit-il. Il s'agit ici d'un patois du Chiapas. Tu saisiras dans un instant. —Vaincs ta passion. voilà qui m'ahurit: on n'y voit pas plus clair qu'auparavant. La tradition voudrait qu'on l'ait surtout mis à contribution pour la constitution d'augurants pronostics. mots sans signification. il y a dans mon sac six bouquins qui nous sont vitaux. car. On lui apportait parfois un sandwich. s'indignait. il s'assortit toujours d'occultations dont la traduction n'appartint jamais qu'aux voyants. las. puis. Puis. à la vaticination. la transcription du Corpus du Mâchu-Pichu. n'utilisant pas la vocalisation.P. On l'aurait cru toc-toc. trois Chilam-Balam. tout son attirail. Sahagun. Il consultait. surtout. Augustus. —Ouais ! fit Augustus furibard. un moka. Mais choisissant. bavait. baragouin imparti à l'anticipation. s'angoissant. Cinq ou six patois locaux ont fait l'utilisation du katoun. cramoisi. radotis confus.. Anton Voyi avait mis bas son chandail. La transcription dura jusqu'au point du jour. l'Opus colossal du R. un ballon d'Anjou. Il transpirait. raclant son larynx.J. l'Ixil. l'Uaxactun. j'agirai donc illico.

ça n'a aucun pouvoir stimulant sur mon imagination. Augustus. balbutiant. nous allons. Il nous souvint plus tard qu'alors alla s'obnubilant l'azur. tandis qu'Augustus contrôlait son Hispano-Suiza. Puis. J'ai dit tout bas « I am afraid ». Un courant d'air sou dain cassa un vasistas. huilait. Il s'approcha d'Augustus. —Lis-la moi. —Voilà.Bo vo so ko mo sor po to por do. L'horizon noircissait. —Ça a tout du chinook ou du volapuck. Il nous chassa du billard. graissait. Il avait à la main un carton. qu'il dardait. A midi tapant. On aurait dit qu'un ouragan allait surgir. murmurant. 199 Vingt ans ont couru. Mais Voyl l'apaisa. j'ai vu Augustus qui priait. traçant vingt-cinq signaux au cravon blanc sur un •lacard noir. mais sa voix bruit toujours: J'AI POLI MA LOI SUR L'A PIC CAR MO• TALION S ' INSCRIT DANS LA TRITURATIO• DU ROC Un long instant passa. disant qu'il lui fallait à tout prix la paix. à coup sûr. si distinct qu'on aurait cru non qu'il parlait. Il parlait d'un ton glacial. dit. Voici l'ins198 cription qu'on obtint: Ja Gra Va Sa La Dâ La Ma Tân A Ma Va Jas 'A Ta Krat' Dâ La Pa Sa Ya Ra Da Ra Cha Ça n'accalmit pas Augustus qui n'y comprit pas •m mot. Un gros bourdon volait tout autour du carton qu'Anton Voyl brandissait. Anton Voyl nous lut l'inscription qui nous condamnait tous. dit-il furibard. qu'il crucifiait Augustus. hachant. mon poil a blanchi. Aucun n'ajoutait mot. qu'il bardait. qu'avant midi il aurait la traduction du Katoun. nous dit-il.. qu'il clouait. d'un ton moribond. car i'ai un trac affolant. mais qu'il lançait d'incisifs aiguillons. lui jurant qu'il brûlait. parut Anton Voyl.. articulant. par la raison. mais. aboutir à un brouillon moins approximatif. prononçant mot à mot. . la sigr.• Alors. pompait du gas-oil. Il s'affaira aussitôt. l'intuition ou l'imagination. un gabarit simulant la transcription. qu'il lardait.ification du signal blanc du bord du billard. L'on voyait courir d'alarmants nimbostratus. J'allai pourvoir à un lunch roboratif.

mardi soir. sinon qu'Haig fit un faux pas. l'on tapira mon fils. —Il y a. quoiqu'il s'attachât quasi à son volant. Mais on sait qu'il arriva trop •ard. Mais Augustus t'a omis un point pourtant vital. Il y mourra s'il s'y introduit ! Courons à Urbino ! Il nous faut l'af•ranchir avant mardi soir ! Il bondit. par trois fois un mauvais coup du sort l'imrnobilisa. à San Laranda. Chacun ici connait la filiation du sort qui nous accabla: Douglas Haig fit un faux pas. —On dirait. Il s'y assit. on avait fini l•installation d'Haig dans son carcan. sanglotant. —On dirait. —Craignons. il vit tout. Car. On lui donna un strapontin sur un gradin du paradis. pour finir. s'ouvrit.—As-tu compris ? dit. bloc blanc. bousillant tout son circuit d'accumulation. Anton. Mais un planton s'y opposa. marmorial. l'inscrip. poursuivit Augustus. portant son fils mort dans un drap blanc. à Isonzo. tout bas. puis bascula ainsi qu'un baobab ? fit la Squaw qui ignorait où voulait aboutir la bru cIu consul. —Mais pouvons-nous agir ? —Voici d'où nait mon frisson: j'ai vu dans la trituration du roc l'ovoïdal plastron fait d'un stuc blafard où. Tu nous as dit la mort d'Haig ainsi qu'Augustus la raconta. L'ignorait-il ? L'oublia-t-il ? Avait-il agi à son insu. abattu. saisi d'un angoissant chagrin.. Augustus voulut courir à la loggia dont on laissait la disposition au baryton.. quand. murmura Augustus. ricana Olga. capital. il grippa six pignons. oui. sourd aux divins accords du Don Juan. filant dans la nuit sans jamais s'offrir un instant oisif. confirma Anton Voyl. A Aillant-sur-Tholon. abruti par son long parcours. qu'à son instar. il grilla sa dynamo. il y a qu'Augustus. traInant son poids. il rapparut à Azincourt. culpabilisant plus tard si fort qu'il voulut à tout prix bannir son action ? Oui sait ? Mais Anton Voyl assista à l'apparition d'Haig. suivi d'Anton. la fin d'Arthur Gordon Pym. Puis Haig parut. un fait important. huit jours plus tard. n'ayant plus aucun pouvoir sur . Alors l'abolira la Loi du Talion. dans l'Hispano-Suiza qui partit subito. d'un ton glacial. il tourna si fort 200 son volant qu'il cassa ! Quand Augustus arriva au Palais Ducal d'Urbino. bascula. —Non ! dit Olga.ion n'ait aussi un malfaisant pouvoir. sur l'Oglio. il comprit tout ! —Mais qu'y avait-il à voir ou à saisir. Il y a dans ta narration un fait manquant. bloquant son cardan.

quand on vit un sillon zigzaguant parcourir son staff. m'a-t-il dit. qu'il s'agissait d'Augustus ? —Anton Voyl. provoquant ainsi l'avatar fatal du baryton. tombant dans un profond coma. gardant sa main dans ma main. Grido Indiavolato sorti du poumon qu'un vautour aurait assailli. dit Olga. Anton Voyl vit Augustus pâlir. J'ouvris un cil. cri d'Astaroth. à tout ? —Il y a du vrai dans sa divagation. on l'aurait cru parcouru par un courant foudroyant. toi aussi. j'ai chu. il y a qu'Augustus. Quand il tomba. toi. Quand Haig apparut. ton protagon dans Don Juan ? N'assistas-tu pas. par un cri inopportun. voyant son fils. J'ai failli. On m'alanguit sur un lit. son cri naissant dans son palais. On oublia l'initial cri d'Augustus. Mais . pris dans un carcan blanc. toi aussi. il vit. accusant: Qui t'a transmis un si vil ragot ? Il s'agit d'un faux-pas. pour sûr ! N'oublions pas ton sang ! Tu as pour nom Mavrokhordatos. mais il n'avait pas fait trois pas qu'Augustus hurlait. ton chagrin t'abrutit. ahurir Haig. J'y agonisai six jours. Haig tituba. puis sa mort ! 201 Du tracas •u'on court à vouloir un poisson f•r• qui t'a dit. Mais la Squaw continuait. brouhaha du public. Puis un toubib m'inhala un produit qui avait un fort parfum d'ammoniac. moi aussi. dit Olga. puis sa titubation. dit Olga. autant Augustus qu'Olga. puis aussitot s'offusquant. a pu. mourir à la mort d'Haig. il l'a oun Il m'a dit qu'il avait compris par intuition qu'Augustus aurait un sursaut si brutal quand son fils apparaitrait. tant fut fracassant l'assourdissant tohu-bohu. puis tomba aussitôt. il allait rugir. poursuivant sa narration. Il voulut bondir. Tout un chacun. pâmant.lui. cri du Sphinx tournoyant dans l'à-pic. 203 qu'à l'instar d'un lion moribond ou d'un albatros saisi par un marin rigolard. poussait un cri surhumain. admit Arthur Wilburg Savorgnan. bondit. charivari. J'assistai à tout. chahut. Olga. tu n'as pas barri l'aigu cri qui fit mourir Douglas Haig ? N'avais-tu pas. Anton Voyl m'assistait. blanchir. ajoutant d'un ton sournois: —Pourquoi Augustus aurait-il rugi ? Qui sait si. poussant un cri si assourdissant qu'il provoqua la collision d'Haig sur un portant. Il l'a vu. ton papa nous a tous maudits ! Nous avons subi ta condamnation ! —Tais-toi. Il m'ap- —My God ! hurla la Squaw qu'assommait la divulgation. Anton Voyl qu'un inconnu. la Squaw.

L'important capital dont Anastasia m•avait fait l'ayant-droit avait produit. Il m'amusait. m'assombrissant. car il a fait mourir mon mari d'un instant ! Mais. J'aurais voulu fuir. Anton savait aussitôt m'assagir. au sortir d'un bal où il m'avait fait assouvir ma passion pour la mazurka. pas à pas. tu n'as aucun pouvoir. parait-il. faisant sa cour non sans un soin charmant. J'avais fui ma vocation. s'accumulait dans mon boudoir tout un mont d'iris ou d'arums qu'à grands frais il faisait mûrir sous paillasson. tu fis mourir son fils ! Il m'apprit ainsi ma filiation. croit-il. Augustus t'abattrait ainsi qu'un jaguar malfaisant. faisant assaut d'apparat.. six ans durant. —Du caviar gris ou du caviar noir ? voulut savoir Amaury.. complaisant. il laissait à ma dispo sition son groom. Arthur Wilburg Savorgnan. du plomb radioactif. J'oubliais la mort du si charmant Douglas Haig. furibond. Si. Quant à Anton Voyl. m'offrant diamants ou saphirs. —Il. Plus tard. . Anton avait toujours un mot calin à m'offrir. un actif fructifiant qui m'autorisait à avoir un grand train. parfois. sur vingt-trois ans d'accumulation au prorata. Augustus l'avait ravi. m'abandonnant. du strontium. car tu as nom Mavrokhordatos. S'introduisant dans l'hôpital où l'on avait mis son fils. S'il m'arrivait d'avoir du chagrin. lui disant qu'à mon tour j'avais du goût pour lui. la nuit dans l'inconfort glacial du camping. —Non. il m'avoua son amour. Nous voyagions. la situation. à l'instar d'un Larbaud. Au matin. poursuivit Olga. courir à Azincourt pour voir sous ma main mourir Augustus. tiraillant sur son mouchoir. la fascination du panorama. J'accomplirai lonc la Damnation qui m'agit à mon insu. Nous avons connu l'obscur chagrin du transat. Mais. la Damnation qui s'attachait à mon nom. lors. toujours. mais il fut un 205 amant courtois. J•allais à lui. —Tais-toi donc ! gros goujat glouton ! fit. au bord du sanglot. Il commandait pour moi ortolans farcis ou caviar d'Iran. toujours gourmand. Anton Voyl s'attacha à mon pas. il disposait d'un avoir quasi infini qu'il tirait. m'accompagnant partout. j'hurlai: —Il a fait mourir son fils par l'horrifiant cri qu'il poussa. J'ai cru parfois pouvoir m'affranchir du soin constant qu'il avait pour moi: mais il m'apportait un si amical concours ! J'allais m'abandonnant à sa consolation. m'a dit Voyl. niant. J'ai voulu aussitôt courir à Azincourt. l'affliction au goût sûr d'accords trop tôt rompus. J'avais d'insignifiants soupirants. du cobalt. accort. filon d'où l'on sortait du zinc. j'avais banni mon chant. Mais Voyl avait sur moi un pouvoir fascinant. m'assaillait la volition d'abolir Augustus. d'un filon qu'on n'imaginait pas pouvoir tarir un jour tant il paraissait profond.prit. disons d'un Barnabooth.

un gravat pour typo. lui. —Voici six ans aujourd'hui. mais. Augustus ignora toujours qui Douglas Haig avait pour vrai papa. donc. dit-il. alors qu'au sortir d'un si grand dam. Tu dois partir pour Azincourt. m'insultant. Mais. au fur qu'allait s'affirmant la liaison qui nous unissait. j'avais voulu savoir pourquoi il avait fait un gris-gris d'un bijou aussi vilain. dans un jardin d'acclimatation. Il vint à moi. un jour. Puis il surgit un soir. sur un ton ahuri. loin d'Urbino. J'ignorais pourquoi. jadis star du Crazy Saloon. j'ai su. sur l'injonction d'un vagabond qu'on surnomrnait Tryphiodorus. puis qu'on lui livrait par avions-cargos. il m'alarmait plus. J'ai cru qu'il allait m'assaillir. alors qu'un oubli sans contrition. Il grimaçait. trois jours plus tard. Car la Damnation qui frappa Haig va m'assaillir à mon tour ! —Mais pourquoi ? —Tu vas savoir. loin d'Azincourt où vivait Augustus. sourd à ma supplication. Il n'apparut pas trois jours durant. visitant palais ou manoirs. admirant ici un panorama colossal. par hasard: un truc laid. Il paraissait souffrir d'un souci constant. on aurait dit du plomb. lui aussi. Quant à moi. —Mais si ! Car j'ai su. jour sur jour. à la fin j'arrivais à la paix. bouillant d'un courroux aussi furibond qu'inopinant. Tu lanças à l'oubli ton talion pour Augustus. Il l'adopta. maîtrisant mon sanglot: —Nous nous foutons d'Augustus. Mais. s'assombrissait. Tu as concouru à mon salut. Il portait à tout instant sa main sur un talisman qu'un fin fil d'or attachait à son talon droit. m'ouvrait aux jours jouissants d'un apaisant loisir. tu dois offrir à Augustus ta consolation: il n'a plus son fils. Anton. j'ai appris. biscornu. loin d'Haig. loin d'ici. j'ai à partir. dit Anton. mais il s'irrita soudain. Augustus n'a jamais conçu Douglas Haig. qu'il s'agissait. par un mot qu'un inconnu glissa dans mon smoking alors qu'on sortait du Casino d'Albi où l'on avait applaudi Lolita Van Paraboom. Ton chagrin. qu'il ait au moins sa bru ! J'ai dit alors. J'avais toujours cru aYoir pour papa un magnat 207 l 208 . là un jardin anglais. m'accusant à tort.à la mi-mars. d'un mal sournois. L'ayant vu. Ton abandon m'avachirait à jamais ! —Non. Tu connaitras la paix à Azincourt. qu'un imbroglio tout aussi obscur avait nourri mon apparition. voyant du pays. rabougri. souriant. dudit Tryphiodorus ! —Mais ça n'a aucun rapport ! j'ai fait. ric-à-rac. Douglas Haig l'ignora. il y a grosso modo trois mois. mais il nous tint un propos qui nous troubla fort. mais j'ai pour toi un amour plutôt vif. a tout à fait disparu. qu'unis nous courons par monts ou par vaux. tout à fait par hasard. J'ai fui. aujourd'hui.

car craignons qu'avant la nuit nous n'ayons à ouïr moult faits plus inouïs. A coup sûr. Mais non ! Mon vrai papa. avait. jusqu'au bout j'irai.. Olga continua donc son passionnant discours.irlandais qui. continua la Squaw. —Onc n'ai voulu la mort d'Haig ! La voix d'Augustus l'abattit. ajoutant: —Taisons-nous. Par surcroît• on voyait mal où tout ca conduisait.. s'il y a du vrai dans l'abhorration qu'avait pour nous tous ton haïssant. voulant saisir l'obs- . moult coups du sort plus confondants. Haig fut mon frangin ! —Quoi. moult quiproqui plus paradoxaux. qu'à tout instant l'action bondissait. mais Augustus garantira ton sort. non ma main ! —Non. suivant ainsi la tradition du plus strict roman. au plus loin. S'il y a du vrai dans la Loi du Talion qui s'inscrivit. mourir unis. qui sur un divan. —Pourquoi pas moi ? disait-il. n'ayons pas l'air trop surpris. Mais Arthur Wilburg Savorgnan. Or donc.. car la discussion. rompant l'attraction. la loi qui nous punit. Il a subi. qui n'avait pas l'air surpris. dont l'introduction datait du matin. soit. Alangui. mort d'un infarctus alors qu'attachant bambin j'arrivais sur cinq ans. un fait plus qu'inouï.. Nous pourrions. durait toujours. Albin. qu'Anton ait pour frangin Douglas Haig constituait un fait troublant. poursuivit Olga. voilà tout. qui dans un sopha. alors il n'y a plus qu'un choix: fuir. quant à moi. culbutait. sur un bord du billard d'Augustus à Azincourt. fit « Chut Chut ». Mais n'anticipons pas. I1 argua qu'il craignait pour lui la Damnation qui avait abattu son frangin.. suffoqua Amaury Conson. bigot. pour autant qu'on m'ait fait don d'un pouvoir plus subtil. puisqu'Haig fut abattu. chacun s'assoupissait parfois pour un court instant. pour surnom Tryphiodorus ! —Quoi ! ! ! —Oui! ! —Mais alors ! ! ! ? —Oui. m'avait soumis au pouvoir tutorial d'un factotum qui. m'apprit-on. ton agissant papa. quoiqu'il fût sûr. tu as compris. m'avait pourvu d'un Franciscain pour garantir mon instruction. au vrai. laissons Olga finir sa narration. Haig frangin d'Anton ! On aura tout vu ! Ça a l'air bouffon ! —Mais on n'aurait jamais cru. Arthur Wilburg Savorgnan savait à quoi il faisait allusion. blanc sur noir. parlant ainsi. dit alors Voyl. J'ai voulu savoir la raison qui poussait mon amant à partir. la Damnation s'accomplit lorsqu'on introduisit Haig dans son carcan nivial. basculait. partir au loin. mais n'impliquait pas ipso facto qu'Anton dût fuir au loin. Aucun parmi nous n'a voulu la mort du baryton. m'arrachant au pouvoir fascinant qui m'unit à toi. lui aussi. au moins.

Voici au moins trois jours qu'il n'a pas sa ration. Il m'ordonna d'accourir à Azincourt. —La nuit va choir. Il s'installa avocat à Aubusson. On disait qu'il n'y avait pas plus courtois. j'allai à Azincourt. Voilà. L'on y trouva d'abord cinq ou six axolotls. Puis. Chacun. un trou. il partit. l'on fut vingt ans sans savoir où il habitait. Il s'arracha au lourd sanglot qui chamboulait mon poitrail. S'aidant d'un lampion. y faisant du Droit Commun. dit la Squaw d'un ton las. dont on ignorait tout. au moins vingtcinq vairons. Lors. Mais surtout. Puis il fut aussi compromis au Tribunal pour un rapport mal fait.. connaît la fin. Puis on sonda. pas plus poli. m'ouvrant sa maison. pour finir. Puis. On sifflota l'air qui faisait surgir l'adroit cyprin. on apprit qu'il vivait à Yvæoulay.. Plus tard. fit chacun. 210 Un autan câlin balançait la frondaison du grand acacia. —Voici qui paraît anormal. PIus tard. sans savoir s'il vivait ou s'il avait connu la mort. Puis on cria son nom « Jonas ! Jonas ! » Mais Jonas n'apparut pas. j'appris qu'il travaillait à Issoudun. parmi vous. On s'approcha du bassin. sinon il mourra. conclut Olga. au mitan du Jura. Nous avons faim. donc contrariant. dans l'Ain. il s'installa • Ornans. on scruta tout autour. J'ai cru saisir qu'il vivait dans un garni. Il faut la lui offrir illico. s'opposa à mon admission. I1 racontait qu'il travaillait à Ursins.. un turbot. allant sur sa fin. Augustus. il circulait toujours à moto. . —Soit. allons nourrir Jonas. J'ignorais pourquoi mais trois mois plus tard. Il fit un jour un joli discours à propos du subjonctif lors d'un symposium sur Lhomond. d'abord. La nuit tombait. Il faisait doux. Il avait dans son sac un gros manuscrit dont on disait qu'il constituait un important travail sur un point grammatical. mais à coup sûr ça n'alla pas fort. nous n'avons pas nourri Jonas. m'inclinant. J'ai vu dans un Atlas qu'Ursins avoisinait Oyonnax. par hasard j'appris cinq 209 ou six faits sur sa situation là-bas.cur fin mot du mauvais sort qui va s'acharnant sur nos noms ! Il baisa ma main. On sortit. il nous posta un pli final. On dragua au tramail l'ovo•da] bassin. un anchois. n'oyant plus la voix du charmant bambin. Mais il choisit pour liaison un jupon qui travaillait dans un magasin où l'on faisait du cuir. un thon. La souris du coin toujours pâmait d'admiration pour lui. Puis il faiblit. pas loin d'Ursins. voici vingt ans Jonas s'acclimata à nos voix. sans un mot. On disait qu'il s'agissait d'un bourg tout à fait plaisant. Nous avons soif. Quant à moi.. Aussi quitta-t-il Ornans. dit la Squaw.

on la coucha sur un bahut bas. L'initial carpillon avait grandi. un potard ou un scout qui saurait concourir à son salut. il avait fait sa Bar-Mitzvah. Mais tout fut vain. à Yom Kippour—un ami juif. on la porta. Il faisait plus d'un yard. on troussa. du safran. du lupin. du topinambour. au moins vingthuit ans auparavant. Arthur •X7ilburg Savorgnan proposa l'ingurgi tation du cyprin pour. dit-il. du rutabaga. L'air hagard. un ami juif. Son jabot blanc scintillait sous l'halo blafard du lampion. sorti du pli stomacal du cyprin. dans un sursaut d'amour pour son cyprin. du thym. on marina. Navrant instant ! Chagrin profond ! Savoir instinctif d'un dam courant toujours ! Noir horizon ! Fatal signal ! Pronostic malsain ! Puis chacun d'aplatir un sanglot sous son cil: l'on aimait tant Jonas. Son . on aurait cru qu'Azincourt allait s'abolir. proposa aussitôt la Squaw qui ajouta: j'avais jadis. l'amical cyprin qui montait du fond du bassin quand on sifflait son air favori ! Chacun s'attristait. balbutia. s'ouvrant l'occiput ! On la ramassa. offrir. qui m'a appris l'art subtil du Gafilt-Fisch. lui faisant ponction ou arrot. ouvrit l'animal. sinon tout à fait un fathom. au poisson qu'on adulait. lui ôtant ainsi l'horrifiant goût limonial si distinctif du cyprin d'acclimatation. Abraham Baruch—quoiqu'incirconcis. Olga posa Jonas sur un billot puis. On accourut. Saisissant un hachoir. la Squaw mit à bouillir dans un fait-tout un kilo d'oignons amincis. au 5 yar.Puis parut Jonas. Tandis qu'on faisait rafraîchir Jonas dans un tub. Olga divaguait. On ouït alors un cri assourdissant. Puis son pouls tomba. la bru du Consul montrait du doigt un coin du billot: intact. du paprika. un frottis d'ail. à Hanouka. à San Francisco. Porta à son front sa main qu'avait fait rougir l'incarnat sang du poisson. il pratiquait quand ça lui chantait. dans un salut final. au cyprin qu'on adorait. ou plutôt au chinois. Jonas mort. d'un coup. on passa au tamis. donc. saupoudra d'un brin d'anis. Olga frissonna. transfusion ou suturation ablation ou 212 adduction. On donna trois gros bouillons. fait don à Jonas du Zahir qu'il avait pris au doigt d'Augustus. fascinant. sa transsubstantiation. mais il allait pourtant voir son rabbin à Shavouot. tant il symbolisait la maison d'Augustus. avait. L'on fit tout pour avoir au bout du fil un toubib. —Faisons un poisson farci. poivra. du cumin. On fit blanchir. puis tomba. puis ajouta un chou. à Jonas qu'on idolâtrait. à l'animal qu'on aima tant. y scin• tillait l'initial Zahir ! On comprit alors qu'Haig. d'un bloc. L'on applaudit à sa proposition. mort. à Pourim. à l'instar du Papou. puis sala. à Roch Haschana.

à Augustus. —La Maldiction ? fit. son attribution. mot pour mot. Dans un sursaut final. dirait aussi. nonobstant l'inspiration du dt•o initial. —Mais oui ! Pour moi. d'agrandir 215 sa juridiction. qui finit dans un gargouillis balbutiant. puis sa voix a faibli. dans un instant si crucial. n'aboutit •'à •n climat maladif aussitôt Arthur Wilburg Savorgnan. sans jamais voir surgir• à l'horizon du •abou qu'il ourdit. —As-tu compris l'indistinct chuchotis qu'Olga tint tant à nous offrir dans son instant final ? dit Arthur Wilburg Savorgnan à la Squaw. donc qu'il y a un Salut. un rnot. —J'ai cru saisir un mot dont. Qui. Un son inouï jaillit.cristallin s'opacifiait. fusant. un anthrax. dubitatif. impliquant constriction ou fluxion. la Squaw plaqua son conduit auditif sur l'arynx d'Olga. Amaury. —Quoi ? Quoi ? dit Amaury. bannissant ou tout au moins troublant la diction. car nous n'aurons jamais fini d'arrondir son pourtour. Mal dont nous subissons l'affolant poids. Mal dont nous pâtissons d'autant plus qu'il nous fut toujours vain d'y vouloir offrir un Nom. ou plutôt un mal Uanc s'attaquant aux cordons vocaux. il s'agit d'un traurna maladif. —Tu crois ? poursuivit Amaury. la signification m'apparut mal: la Maldiction ! La Maldiction ! Olga l'a dit trois fois. Mal dont nous souffrons tous. Atropos avait rompu son fil. toujours dans l'insatisfaction d'un savoir plus pur à l'horizon du champ proscrit) qu'il n'y a qu'Un Mal. par surcrolt. lors n'ai plus du tout compris. Olga à l'instant. à l'instar du Huron ou du Mohican collant son tympan au rail pour savoir si oui ou non l'honni grand train du Blanc va surgir à l'horizon. un nom. s'unir à tout jamais à Douglas Haig. voilà où va s'inaugurant la Damnation. —Ça n'a pas l'air si ardu à saisir. Augustus. Son poumon vagissant laissait sortir un chuintis sifflant. Mal dont sont morts Douglas Haig d'abord. à Jonas. la bru du Consul parut vouloir à tout prix glapir un mot. Olga bafouilla un chuchotis indistinct. affrontant à tout instant son pouvoir absolu. un son qui disant: voilà ta Mort. Non: dans l'insinuant circuit du signal ici dit. S'accroupissant. choisir un mot si approximatif ? —Pourquoi ? Pour qu'à la fin nous sachions qu'un bâillon strangulant torturait Olga: soif d'un Non-Dit n'ayant pour s'accomplir qu'un cursaut sans pouvoir rabâchant à l'infini (jamais jusqu'à la satiation. d'où son nom. Mais pourquoi. —Ah ! fit Amaury qui n'avait pas compris •a. puis Hassan Ibn Abbou. puis Anton Voyl. Olga montait au paradis. qu'il y a un confin. Puis son corps tout raidi s'avachit soudain. Là-haut. affirma .

alignant jusqu'à plus soif sa portion. quasi la Loi du roman d'aujourd'hui: pour avoir l'intuition d'un pouvoir imaginatif sans limitation. d'un Balzac avant Vautrin. dit alors Amaury. suicidant.. au soidisant naïf. son inspiration dans un choix aussi discontinu qu'inconstant. avait connu la mort sans pouvoir s'ouvrir du torturant tracas qui l'assaillait. on croirait parcourir un roman à tiroirs. aussitôt transcrit. d'un Jan Potocki. d'un Anton Voyl mourant. nous tairons toujours la Loi qui nous agit. s'autonourrissant dans un surcroît colossal. Pons ou Rastignac. nous connaitrons la Mort. comptabilisant sans fin sa pagination. dirait-on. dans un jamais vu allant toujours croissant. pour n'avoir su s'ouvrir. issus d'un Tabou dont nous nomrnons l'Autour sans jamais l'approfondir jusqu'au bout (souhait vain. a plus d'irnpact qu'rl n'y parait. au tran-tran. sa ration d'incongrus gribouillis. approuva • son tour Arthur Wilburg Savorgnan. aussitôt. dans nos propos qu'obligations. un Talion qui nous poursuit aujourd'hui. pour moi. nous avons tu la damnation. tant y surgit à tout instant un hasard divaguant puisant. lors nous punit la Damnation dont nous ignorons tout: Nous avons connu. nous laissant croupir. pour n'avoir pas rugi l'insignifiant nom. Ton discours. nous n'avons pas dit son nom. Mais nous avons accompli un si grand parcours ! Qui aurait cru d'abord qu'il suffirait d'un Disparu. sans jamais pouvoir la fuir. sous la sommation d'un canon absolu ! . Goriot. Mais non ! Il a connu la mort pour n'avoir pu. d'un Hoffmann. qu'il n'y a pas un mot fortuit.. nous laissant mourir dans l'Indivulgation qui nourrit sa propagation. où l'imagination sans confins ni conflits d'un scribouillard gagnant plutôt mal son pain à fournir jour sur jour son folio pour la livraison du jour suivant. d'aucuns diront « Voilà qui parait paradoxal ! » mais ça m'a l'air si vrai qu'il y a là. il faut. qu'il n'y ait pas un mot qui soit fortuit. pour nous valoir un si colossal tracas ? Mais.il n'y a aucun salut. car tout y a. puisqu'aussitôt dit. nous taisant. Car nous avons construit. qui soit dû au pur hasard. illico. ou partant au loin. quoiqu'à tout instant nous sachions qu'il n'y a dans nos actions. ou qu'Augustus. L'on a cru qu'Anton. qu'a contrario tout mot soit produit sous la sanction d'un tamis contraignant. aussi gratuit qu'instinctif ! Oui. produit un fil narratif dont l'affabulation parait sortir du sillon cortical tout à fait ramolli d'un doux dingo aux stravagants dadas. nous mourrons. aboli la Saga où nous vagissons. sans iamais savoir pourquo. il abolirait l'ambigu pouvoir du discours où nous survivons). car. sa justifica- tion. aliant jusqu'à l'infini. mais. au radotant. un roman noir à l'instar d'un Mathurin. l'insignifiant son qui aurait à jamais. donc sa signification. sinon il suffit.

disant qu'il allait dormir un brin.. pardon. voulut voir s'il n'y avait pas dans la maison un duplicata. quoiqu'ayant faim. sans attrition. dit Amaury confus. On grignotait. pas plus qu'au gigot froid ou qu'aux chaussons farcis à la Chantilly. dans un jardin où tout concourt à la paix. fournirait un surplus d'information. parcourut huit ou dix rayons où Augustus amassait romans. On lui fit un bol d'infusion. au gorgonzola. s'offrir l'ingurgitation d'un gloutonnant gala. Arthur Wilburg Savorgnan. qu'il pouvait y avoir sous un climat si souriant. chacun avait un trop grand chagrin pour. goûtons sans timoration au gorgonzola sans rival qu'Augustus adorait tant qu'il m'a fallu parfois sortir la nuit jusqu'au marchand du coin pour rassortir la provision qui tirait à sa fin. Mais on n'y touchait pas. Amaury Conson. Qui aurait cru. l'imrnaculation du Manuscrit ! Holà ! fit la Squaw s'alarmant du tour incongru qu'avait pris la discussion. Mais son inquisition fut sans fruit.t ou un brouillon qui. on pignochait sans plaisir. s'isolant dans un boudoir. Il doit pouvoir nous offrir un concours sans prix. La nuit scintillait. car. tout à trac. fit. Collation où tout fut frugal. alors sourd du flot confus qui amaigrit nos discours.Alors. causant bouquins alors qu'Olga mourut pas plus tard qu'il y a un instant ! —Pardon. tant d'assassi- . Arthur Wilburg Savorgnan souffrait d'un fort migrain. pas trop chaud. Iyrical. dit la Squaw. Amaury. humant la nuit dont l'air si pur donnait à son habana un subtil parfum d'opopanax. poursuivit. compilations. alors 217 l'Inspiration aux doigts d'azur nait du parcours tordu qu'il nous faut accomplir pour noircir un instant. —Non. tu t'avilis.. traductions ou discours. pas trop froid. Il alluma un Trabuco au goût parfait qu'il avait pris dans un tiroir du fumoir d'Augustus. nous l'aurons parmi nous avant la fin du jour. disait-il dans son for. sinon tout à fait cramoisi —Fuyons loin d'ici. Il s'alita un instant. S'il a pris son auto. la Squaw. l'air m'y paralt trop malsain. car nous n'avons pas pris un instant aujourd'hui pour nous nourrir puis vaquons à nos occupations jusqu'à l'apparition d'Aloysius. Amaury sortit. quoiqu'il ait voulu un Optalidon. lui. Amaury Conson. puis on lui donna un Salgidal. L'on dîna donc. •'Imagination aux chaînons infinis. à l'instar du Tanka. un manuscr. La Squaw disait pourtant - —Nonobstant la mort d'Olga. n'oublions pas qu'Aloysius Swann a promis tantôt d'accourir. d'un mot choisi parmi tous. Dînons donc. Il faisait bon. Il ouvrit cinq ou six cartons. Il fit un tour du grand parc.

jadis. Il lui apparut alors qu'il ignorait sa position. Il consulta son chrono. non loin du grand acacia dont la frondaison balançait. n'arrivant plus à saisir l'insinuant fil qui tissait son association. Il n'y avait aucun lumignon. buisson dont il n'arriva à sortir qu'au prix d'accrocs cuisants. trois 6 sur l'immaculation du dos d'un Christian Bour- gois ? Ou l'obscur Signal d'Inclusion. lui parut fraîchir. mais il fonctionnait si mal qu'il n'y vit pas plus clair. Il marcha à tâtons. . Puis. Il frissonna. dodonial. Il quitta son banc. Où avait-il lu ça ? Plus tard on chassait l'intrus: nul Bon Samaritain n'accourait. Il trouva pour finir la maison. s'accumulait jadis l'aiguail qu'utilisait Augustus pour son bain lustral du matin. Il marquait minuit moins vingt. pour lui offrir sa main. Puis il tomba dans un trou où. d'Aragon ? Un Granl Cri Vain • La Disparitio• • Il sursauta sGudain. Il jura. tout • coup. l'aimait-il ? Oui. Un gazon dru amortissait son pas alors qu'il croyait parcourir un layon à cailloutis. Alors il aurait dû garantir son salut. un soupir bcurdonnant qu'on aurait cru parfois sibyllin. un chuchotis murmurant. On lançait son corps mort au fond d'un ravin. tout baignait dans l'obscur. vus dans un miroir. bout au tison flamboyant qui illumina un trop court instant la nuit. dont il avait l'usufruit. tourbillonnant d'imaginations s'imposa soudain à lui: Moby Dick • Malcolm Lowry ? La Saga du NonA. par Van Vogt ? Ou.nats ? Qui aurait cru voir surgir la Mort dans un Paradis où tout paraît si doux ? Au loin. D'abord il buta sur un mur. dix ou vingt ans auparavant. un jardin public. mais l'appliquant sur son tympan. Mais ia maison lui parut à l'abandon. complaisant. main à trois doigts qu'imprimait Roubaud sur un Gallimard ? Blanc ou l'Oubli. Il avait fini son trabuco qu'il lança au loin. produisant un bruit sourd mais continu. il n'oult aucun tic-tac. Il s'irritait. faisait allusion à un jardin où triomphait la Mort. qu'il avait lu. Il lui souvint alors. Il alluma son zippo. ayant cru vingt fois croupir à tout jamais au plus profond du Parc. La nuit. 2 19 220 Il s'assit un long instant sur un banc moussu. un hibou bubula. Un roman ? Anton Voyl n'avait-il pas dit un jour qu'un roman donnait la solution ? Un flot brouillon. forpaysant tout à fait. lui aussi. il s'alla fourvoyant dans un amas buissonnant où l'oclorant cassis jouxtait l'inamical thuya. Il s'affolait. un roman qui. Son pouls avait pris un tour palpitant. comprit-il aussitôt. sans trop savoir pourquoi l'animal à Pallas s'associait ainsi pour lui à un savoir si confus.

arriva à Azincourt. sans trop savoir qui il accusait ainsi. piaula-t-il. il gagna un salon. A coup sûr. il finirait par avoir du lait. Parti avant midi du Commissariat du Faubourg . nous dira la mort d'un individu dont on parla jadis Tard dans la nuit. trouva un divan. dans un cagibi du studio qu'on avait mis à la disposition d'Arthur Wilburg Savorgnan un Iqacon d'Homatropini hydrobromidum H3C—CH—CH3 N—CH3 CHO-CO-CHOH-C6H5 H3C—CH—CH3 qui. Un soupçon lui vint: on avait mis du poison dans son vin. ils m'ont u. Aloysius Swann. V Amaury Conson Qui.. la Squaw ? s'alarmat-il. au sortir d'un raccourci succinct. là-haut. sans savoir pourquoi. un migrain brutal s'acharnait sur son front.. s'y affala. s'accrochant. On aurait dit qu'à tout instant il allait s'abolir dans un coma profond.. quoiqu'il souffrlt. ou un anti-poison. un sirop ou un vomitif. un truc pourri dans la nutrition du soir ! Il aurait voulu bondir.. adoucirait son mal. transi. Il a du y avoir un truc pas sain. s'arrachant au divan non sans un mal surhumain. murmura-t-il. Mais. ! balbutia-t-il dans un cri plaintif. Tout à coup.. jurat-il. il monta. Mais pourquoi.. Pourquoi Aloysius Swann n'a-t-il pas fait son apparition ? Alors. pas à pas. —Moi aussi ! A mon tour ! J'ai compris. Il n'y avait aucun bruit dans la maison. un cordial. frissonnant. sanglotait-il dans son for. A son tour. il parvint à franchir l'assombri parcours qui conduisait au corridor. —Où sont Savorgnan. il m'a u. A tâtons. dans un coin.—Allons bon. quoiqu'il suât. l'obscur colirnaçon qui aboutissait aux locaux du haut. — Il a dû y avoir intoxication. il a dû y avoir un court-circuit ! Il s'introduisit dans l'obscur corridor. il paniqua. Il lui souvint qu'il y avait. à coup sûr. voir s'il n'y avait pas. n'avait-il pas jadis soumis son corps à la mithrida22 1 tisation. il grimpa. A tâtons. qu'accompagnait Ottavio Ottaviani.. un mal cinglant vrilla son cou. ainsi qu'on lui avait dit au moins vingt fois ? L'instant final allait-il s'accomplir ? Non.

car. il parvint. cristallin. Mais. —Allons. il a dû s'assoupir. on aurait pu nous ouvrir. Chacun savait qu'on arrivait. Un long instant passa. pas trop tot ! —Craignons surtout qu'il soit trop tard. un bichon à poil ras. nous y voici. d'un Jim Clark ou d'un Brabham. scandalisant la population au point qu'Aloysius craignit un instant pour son salut. six fois au moins. un brin craintif. point par point. pour sûr [voir Bloch and Wartburg. à la transsubstantiation ou à la transformation d'Aloysius). du châssis au piston.. Puis il chut dans un ravin. puis. Mais l'on aurait dit qu'un mauvais lutin avait farci son parcours d'avatars (avatar dans sa signification d'avaro. pour un motif inconnu.. tandis qu'Aloysius stoppait dans un grand tourbillon d'air. d'un Stirling Moss. s'aidant d'un canif. non pas un bruit profus ou criard. qu'un hasard opportun n'avait pas fait trop profond. appuyant à fond sur la cloison du moraillon. tout partisan du Grand Vichnou qu'on soit. —Introduisons-nous plutôt. Il s'avança. Par trois fois. vois: il n'y a aucun rayon illuminant dans la maison. à mon avis. il tira sur l'aigu carillon du po. Dauzat. mais. il y a dans la maison au moins un individu qui vit toujours. suivi à cinq ou six pas par Aloysius Swann qui paraissait avoir un . rond. fit Aloysius abattu. Puis il aplatit tour à tour un dindon dodu (dont Didon dina dit-on du dos). plus rond qu'un Polonais ! —Nous affolons pas. à coup sûr. on n'aurait pas cru sans mal à l'incarnation. l'instant paralt mal choisi pour dormir. —Sonnons toujours. louchant sur Ottaviani d'un air am bigu. produisant. qui gardait tout son sang-froid. fit Ottaviani. dit-il.] car. pour finir un bambin qui 226 n'avait pas six ans. ainsi qu'on fait dans son for: non. puis. Nul n'apparaissait. —Taratata. contraignant Ottavio Ottaviani au travail aussi long qu'ardu qui consistait à approfondir. la condition du bloc. du capot à la transmission. un chat. à ouvrir l'huis du portillon. ils sont tous à dormir. son auto s'immobilisa. voilà pourquoi. il murmura. il força la vis du crampon. puis. dit Ottaviani. mais un son doux. Il paraissait n'avoir pas compris l'allusion d'Aloysius. fit Swann. tout paraît à l'abandon. —Ouf. ils sont tous morts. dit Ottaviani. aplatissant jusqu'au butoir l'abattant du vantail. fit Aloysius.tail. d'un ton dubitatif. dit Ottaviani rassurant son patron. tout paralt obscur. Thomas. Tu vois.Saint-Martin (où l'on stockait l'amas d'informations ayant rapport à la disparition d'Anton Voyl) il avait conduit sa Ford Mustang à l'instar d'un Fangio.

—Sois sans chagrin. La Squaw parut. L'on alla tâtonnant jusqu'au fumoir d'Augustus. au matin. —Tu vois. la consola Ottaviani. circonstancia la Squaw. nous pouvons sans mal t'ouir discourir dans la nuit. —Il y a un court-circuit. Olga. hurlait soudain ff Un Zahir ! » puis s'abattait. nonobstant moult constats ou collations aboutir à la commutation du cour•nt. mais j'ignorais qu'il y avait ici un individu qu'on nommait Jonas. La mort d'Augustus qui. 227 ni oribus. dit Aloysius. saisissant mal pourquoi on avait fait don d'un surnom à un animal aussi nigaud qu'un cyprin. subi la Maison Clifford. qu'y a-t-il donc ? —Il y a qu'Augustus a raccourci son chibouk ! —Mais nous l'avions appris ! —Oui. ni brandon ni lampion sinon mon falot qui faiblit. la Squaw. voyons. L'irruption d'Amaury Conson qu'accompagnait Arthur Wilburg Savorgnan. buvons un coup. la Squaw raconta aux flics l'horrifiant chaînon d'accablants coups du sort qu'avait. dit Aloysius Swann. obtus. il s'agit du cyprin ! —Ah bon ! fit. mais d'abord gagnons un salon. Mais soudain l'hall s'ilIumina. dit la Squaw d'un ton marri. Ottaviani. Par surcroît. portant un lumignon qui donnait un jour mourant. L'immaculant Tanka blanchi sur un carton noir. nous nous faisions du mauvais sang mais nous avions tort.trac fou. glapissait la Squaw. nous n'avons ici ni moccolo. voici la Squaw ! —Salut. ni fanaux. mais aussi Jonas ! ! —Jonas ? dit Ottaviani. allant nourrir Jonas. ni lumignons. car sinon l'insinuant frimas matinal nous fraîchira jusqu'aux os. houspillant la Squaw qui n'y pouvait mais. La confrontation du tas d'informations touchant la disparition d'Anton Voyl: Son Journal. —Mais où ? Mais quand ? Mais pourquoi ? poursuivait Aloysius Swann. La Saga du Zahir: . mais n-)us n'avons pu. L'album d'Augustus. d'autant plus qu'il n'y a plus loin d'ici au chant du coq. qu'Augustus paraphrasa dans un troublant discours. Là. —Tu vas tout savoir dans un instant. grondant son compagnon. il y a un plomb qui a fondu. à coup sûr. sous l'halo faiblard du falot au parfum suffocant. dit Ottavio Ottaviani. du matin au soir. ça faisait un bail qu'on poirotait ! —Tu n'as pas l'air ragaillardi. —Mais si. mais Olga aussi ! —Olga ! ! sursauta Ottavio Ottaviani —Oui. L'inoriginal Corpus compilant six madrigaux transcrits par Anton pour Olga. Il faisait noir dans la maison ainsi qu'au plus profond d'un four. la Squaw.

il s'alita. offrit. s'ouvrant I'occiput. puis la traduction du Katoun inscrit sur un bord du billard.L'apparition d'Haig suivant l'irruption dudit Tryphiodorus. conclut la Squaw. la filiation du grand dam qui toujours nous poursuivit. L'inscription du blanc sur un bord du billard. j'ai cru saisir qu'il allait s'offrir un grand tour du parc. La disparition d'Anton ayant appris qu'il avait ainsi qu'Haig. La vocation d'Haig. La mort d'Anastasia donnant jour à Olga. A coup sûr. La mort d'Haig à Urbino. Mais où sont donc nos amis: Amaury Conson ? Arthur Wilburg Savorgnan ? —Arthur avait un fort migrain. —Il faut pourtant qu'on soit tous là. Iors tombant d'un bloc. ils sont dans la maison. La mort du cyprin Jonas alors qu'on l'allait nourrir. à qui un poil trop abondant avait valu Samson pour surnom. qui datait d'au moins l'an Mil. alors qu'on avait bu pas mal d'hanaps. fût-il l'hourvari tonitruant d'un Satan au soir du grand Sabbat. fit Aloysius Swann. voilà qui paralt fort clair. La transcription. chacun dans un coin. son burgraviat assorti d'un important droit banal à qui saurait . OIga narrant son amour pour Anton. disions-nous. mais il y a un cor. La purification du matin dans un bain lustral. quant à Amaury. qu'un paladin du nom d'Alaric. 228 La damnation d'Haig. La passion d'Albin. mort qu'on motiva d au moins trois façons. On disait. mais à coup sûr il s'agissait d'un racontar. La disparition du Zahir. Nous allons voir: y a-t-il par ici un tuba ou un buccin. mi-laiton. —Mais pourquoi n'ont-ils pas accouru quand nous avons glapi au portail ? Nous avons pourtant fait un boucan assourdissant ! —A mon avis. à la convocation du ban. mourant. La fabrication d'un Gafilt-FischOlga tranchant Jonas y trouvant l'horrifiant Zahir. dit la Squa•v. puis qu'il irait dormir. un instant plus tard murmurant « la Maldiction ! » —Voilà. par trois fois aujourd'hui. L'apparition d'Anton Voyl. La filiation du Clan Mavrokhordatos. s'acharna sur nous ! —Hum. vassal du Grand Clodion. un jour. un biniou ou un tam-tam ? —Non. un vrai bijou. qui. mi-airain. qui prit sur un lutrin voisin un olifant. L'assassinat d'Albin par Othon. murmura Aloysius. un baryton saxo ou un clairon. La foi d'Othon Lippmann. dit la Squaw. Douglas Haig fuyant au loin. offrit. ils sont par trop abasourdis pour oulr tout bruit. La mort d'Othon Lippmann. Tryphiodorus pour papa. piquant un bon roupillon.

où l'on comptait au moins dix-huit Swann. un vilain sans blason. il vous poindra ! il fit du galopin son chouchou. il souffla dans 1 instomation à bout arrondi du tuyau. mais n'obtint qu'un couac chuintant. claironnant. Las ! Trois jours plus tard. un hallali tout à fait satisfaisant. un manant. un garcon maigrichonnant. la Polka du Mitard. tint la provocation: il s'approcha. « Fouchtra pour la Catarina » sacra-t-il. au fond d'un bois !). puis. marca•sins. à l'instar d'un Zurichois jouant son ranz favori. ignorait jusqu'à I'ABC l'art du tir à l'arc. isards ou aurochs. d'Aurillac à Saint-Flour. souffla. fignolant surtout un air fort connu. poussant un profond soupir. faraud. il voulut. du bourdon. s'il savait mugir dans un cor. saisit l'olifant. Ottavio Ottaviani proposa son concours: jadis. lui assourdir un coup fatal mais il maniait si mal sa Durandal qu'il s'autotrucida ! Aloysius Svvann loucha sur l'olifant ainsi qu'un conscrit sur un Stradivarius ou sur un Amati. lui disant qu'il l'aurait toujours à son flanc. s'hasardant non sans aplomb. y voyant à tout instant plus un rival qu'un vassal) qu'aussitôt. Saisissant non sans brio l'olifant qui tournoya sous sa main ainsi qu'un bâton sous l'adroit circuit rotatif qu'un Tambour-Major lui fait parcourir. Un galopin. produisant un son tout à fait pur. il donna. lui donna sa bru. il improvisa tout un pot-pourri (alla podrida). pour sûr. mais si aigu qu'Alaric y pauma son tympan. il vous oindra. l'anoblit. usant d'un juron qui avait cours dans son Cantal natal. du fauchard ou du coustil: surpris dans un scarmouchis par un Sarrasin nabot mais vif qui l'assaillait au sarbacan. un manoir. Oignons vilain. trois donjons. six marquisats. faisant fi du mûr avis qu'un pair lui donnait: Poignons vilain. tous bougnats ! Fanfaron. il avait appris à forhuir. broquarts. il apparut qu'Hila230 rion (ainsi nommait-on l'adroit champion). Clodion fut si satisfait (on sait qu'il craignait Alaric. chanson du jour dont voici la coda: •lors qu'il dit. dit-il. chassant à cor ou à cri dans son maquis du Niolo dix-cors. on fait qswi l'y dis Va savoir fa•t voir D'ac po•r voir mais po•r voir q•w• Ça j'sais pas j'y dis fa•t voir Hors pot•r voir il fat•t la cot•r Pas•t q•a cass' os• sans ça scions l'y pos•rvois par la scansion . du Puy Mary à Mauriac. plutôt plaintif.mugir un son dans son cor (tout ça arrivant. puis. à l'instar d'un Carolus Magnus s'accompagnant d'un Roland.

dit Swann. Il n'avait pas l'air fringant. MIDI TROIS. sinon corrompu. voilà tout ! Il n'aura plus son nom dans aucun Who's Who ! —Mais tu as l'air si sûr ! D'où l'as-tu appris ? J'ai compris tantôt. —Il suffit ! dit. gourd. m'y aurait mis un mot. lourdaud. nos compagnons n'ont plus qu'à accourir. puis qui monta.Mais j'ss•is pas pls•s affranchi Po•r autant qs•'sl dit j'y r'dss Co•rs au m•r si tu l'franchis Os• q•y 'a s•n m•r q•'•l dst Hors tos•t as•to•r y a la co•r Pas•t q•ça pass' fas•t q?•ça partor•t J'l'y convois dans la Chanson ! —Bravo ! Bravo ! Bravissimo ! applaudit la Squaw. SIX MAI. fourbus. Puis l'on ouït un pas traînant qu'on aurait dit naissant dans un lointain sous-sol. Savorgnan massa son sinciput puis. non ? Un long instant. mais aigri. croyait bon d'amoindrir son action. d'un doigt machinal. bouffi.J. AVONS APPRIS LA . dit Aloysius. qu'un bras droit pût s'offrir tout un solo alors qu'un patron n'avait sorti qu'un canard ! —O. avisant un divan.K. tu savais qu'on arrivait ! Sans un mot. l'air ahuri. Aloysius qui. Arthur. narra Aloysius Swann. J'ouvris aussitôt. s'adoucissant. molasson. qu'il allait mourir tôt ou tard. car. soupira Ottaviani.. O.. ajouta Aloysius Swann. soumis. J'allai au Commissariat local. occupons-nous plutôt d'Amaury. boss. Arthur Wilburg Savorgnan. il s'y propulsa. clOr pin-clopant. Nous arrivions. nul n'arriva. lisant: PARIS. à Noyon. —Pourquoi ! Pourquoi ! Toujours pourquoi ! grogna Aloysius. moucha son tarin. Parut. sans vouloir vous assombrir d'un pronostic aussi accablant.K. Puis. Nous avons tout fait pour ça. tout nous fait savoir qu'il mourut dans la nuit ! —Amaury mort ! Mais pourquoi ? s'inclama la Squaw. lui signalant par là qu'il trouvait d'un goût sournois. Pourquoi toujours vouloir unir un Pourquoi à la Mort ? Il mourut. s accordant aussitôt un ronflant surcrolt dormitif. jaloux dans son for du savoir d'Ottaviani. s'y affala. —Par surcroît. Ottavio ! Kak 232 tu fous là ? —Voyons. —Laissons l'Anglais dormir un brin. qu'un adjoint. stagnant. cahin-caha. au cas où la P. • n• l . avachi.lit il bafouillant. plutôt •rognon. Un planton m'y donna un sans fil.

sa commission. au Tout à bas. il coupa. L'inconnu grimaça. qui.inconnu. On tira au point. à quoi jouons-nous ? Yvon proposa: au back-gammon. mais il n'y avait pour faction qu'un 233 rond-du-cuir zozotant. il doubla. dit-il. —Alors. d'un coup. la main jamais n'aura ! —Pardon. pli qu'on trouva pour finir dans un tiroir qu'on fractura non sans un mal canin. il battit. où il s'installa pour la saison. il y a grosso modo huit jours. Il tint. il rafla. mais parcourant l'ilot tout au long du jour.CON•n•NATION POINT PAR POrNT A TA DISPOSITION A ARRAS. il rompit. STOP. ricana l. un assommoir à calfats ou à marins où un soi-disant Coq saoulait à mort la population. —Passons. J'appris ainsi qu'Yvon Conson. il barra. pour hypocras un jus pourri d'alambic. Pour finir on tomba d'accord pour un zanzi. au Grand Jan. lui donnant pour raki un tord-boyaux assassin. fit l'inconnu. il toucha. il corna. à vous la main. qui nous tint un discours abracadabrant d'où il sortait qu'il voulait avant tout sa gratification. cabotait tout au long du littoral turc. souriant. il sortit trois as ! —Mordiou ! jura Yvon. il s'introduisit dans un boui-boui local. tu l'auras voulu. pour vin un surard corrompu. J'allai bon train à Arras. dit Yvon. Yvon. poli. —D'accord. dormant à bord.STOP. il ficha. mais nous suivons ici un dicton local: Qui sort un as au cabochon. dit Yvon.MORT D WON CONSON A PAROS. au toton. A coup sûr. au postillon. . abattant. par surcrolt tout à fait sourd. —A moi ? fit. avait fini par aboutir à Naxos. tant s'assortit mon parcours d'inopportuns coups du sort. Un soir. à pair ou impair. il abonda. surpris. il sonna. il pipait son krabs car. ajoutant dans son for: Voilà un zoziau qui m'a l'air plutôt filou. bavard. mais n'y parvins qu'à la nuit. il accoupla. On lui donna du bâton. aux coins battus. il flatta. il posa. malin un quart ! Il pointa. un inconnu vint à lui. mais strict. vous un as ! —Oui. mais à malin. Yvon n'avait qu'un trois. mais il nous fallut un fichu laps pour nous saisir du pli confirmant la mort d'Yvon. lui aussi. mais pas au tric-trac. sinon rompons là ' —Topons là. lui proposant un pari: il lui jouait son catamaran au tric- trac. puis à Paros. il lança. pas d'accord: à vous la main. J'accourus au Commissariat. Quasi aussitôt. il adoubla. • fis irruption. son bakchich. parti d'Harwich à bord d'un catamaran battant pavillon irlandais. idiot. L'inconnu gagna: il avait sorti un as. mais j'avais un 234 trois.

—Coup nul ! hurla l'inconnu. battit. un rampot ! On fait ça au point ? au trou ? au toc ? au pot ? au paroli ? ou au taquin ? —On fait ça au point. mauvais. sur la cloison d'un cagibi qui jouxtait l'apaisant studio qu'on avait . lui aussi. si nous n'ignorons pas tout. soit. —Coup nul. Pas un mot ! Pas un banc qui craquait ! Nul n'absorbait sa boisson ! L'on aurait ouï un bourdon volant ! Chacun scrutait Yvon qui. n'y pouvant mais. aucun cosy.trois as ! —Rampot ! cria tout un chacun. ouvrit. La Squaw pourtant trouva. on fouilla la maison. Amaury Conson. 236 Yvon. il la planta par trois fois jusqu'au quillon au plus profond du poitrail du fils d'Amaury. dit-il à mi-voix. alluma son chibouk. touchant un as. aucun divan. On s'approcha pour voir. convint la Squaw qui s'obstinait. sortant sa navaja. qui vous glaçait jusqu'aux os. Mais aucun lit. couvrit. puis finit son flacon d'hypocras. ricana-t-il. disons plutôt un voyou ! —Soit. joua son coup à l'abandon.. inamical. dit-il à l'inconnu. mais. Il y avait dans l'air un climat sournois. mais pas du tout ! Rampotons ! Rampotons illico ! —Fous-moi la paix. On aurait dit qu'il n'avait jamais franchi l'haut mur qui gardait la maison. Laissant Arthur Wilburg Savorgnan à son dodo. qui. —A vous. Mais. à la mort d'un garçon si charmant. dit Yvon d'un ton froid. un garçon charmant ! coupa Aloysius. dit la Squaw. mort ou vif. Yvon. Allons plutôt voir où vagit Amaury. L'inconnu prit son inspiration. —Yvon. un as. dit Aloysius. succomba sur l'instant ! —Compatissons. mais l'hasard lui souriant. l'inconnu saisit soudain Yvon par son colback puis. —A vous. sifflotant. —Phhhht ! siffla. il obtint. aucun hamac n'abritait. mais pourquoi Amaury Conson doit-il mourir aussitôt son fils disparu ? —Tu sauras plus tard.. nous n'avons pour l'instant qu'un savoir plutôt confus. car il s'agit là d'un point capital dont. ça suffit ainsi ! lança. non sans un sangfroid colossal. On aurait dit qu'il n'avait jamais dormi sous l'imposant baldaquin qu'on avait mis à sa disposition. dans un rictus malsain l'inconnu. pris d'un courroux subit.

dormir tout son saoul. mais il y a aussi cinq ou six quidams tout à fait incormus pour moi.. d'un Historia ou d'un Radar. Ça lui donnait un air un b•in folklo237 238 rain. j'ai sorti du cagibi six draps. la Squaw attira Aloysius qui fouillait un placard. murmura Aloysius. Un long instant. la photo a au moins vingt-cinq ans ! —Tu as raison. pourvu d'un poil châtain trop abondant. portant favoris. crois-moi. à la P. D'un doigt prompt. ondulant. Aloysius Swann apostropha Ottaviani qui fouillait au hasard non loin. il n'y avait sur la paroi ni carton. il scruta l'intrigant support. un plaid. Or. vu sortir d'un journal à trois sous. barbu. pour la plupart. Il y a cinq jours. Sortant du cagibi. pas mal d'individus qu'on connalt plutôt pas mal. touffu. On disait. la nuit. qu'Ottaviani. robot abruti mais loyal. trois polochons.fourni. un support. Il montra du doigt un portrait qui paraissait l'ahurir. plutôt cotonnant. support qui offrait à la vision vingt-cinq ou vingt-six photos d'individus. affirma la Squaw. ni photos. moult torchons. —Il y a là. il arracha la photo qu'un kraft autocollant fixait au bristol. au moins. mais on aurait pu tout autant y voir (par soumission aux goûts du jour) un hippy grattant son banjo ou sa balalaïka dans un boxon à Chinatown ou à Big Sur. pour un forain ou pour un paysan kalmouk. trois jours auparavant à Amaury pour qu'il y pût. voulut-il savoir d'abord. «ia la Squaw. qui nous dit qu'il s'agit là d'un carton d'Amaury ? —Nul n'fl jamais vu ça ici auparavant. suivant la . n'aurais-tu pas jadis vu un poilu aussi distinctif ? —Ma foi non. d'un Paris-Jour ou d'un Daily Mirror. —O Aloysius. mais point moustachu. Aloysius Swann s'approcha. Il s'agissait d'un individu aux traits plutôt lourdauds. fait d'un bristol ultra-blanc collant à la paroi par un scotch brillant. On l'aurait pris pour un zingaro. lui montrant la photo. puis. pour un gitan. lui dit-il. quand j'ai pourvu à l'installation du duo qu'Olga voulait voir accourir à Azincourt. dont un. la Squaw. —Ottaviani. puisqu'on fait chou blanc par lCI. accours ! Il y a ici vingt-cinq vingt-six photos qui pourront à coup sûr nous fournir pas mal d'indications ! Toujours à l'affût. dont on voudrait savoir plus. fit aussitôt Ottaviani. admit Aloysius.J. Un fin sillon blafard balafrait son pli labial. allons donc voir Arthur Wilburg Savorgnan. n'oubliait jamais un individu s'il l'avait vu un instant. photos qu'on aurait. par surcroît. Un sarrau d'Oxford sans col apparaissait sous un tricot raglan marron à trois boutons fait du plus fin whipcord. —Mais dis-moi.

il fit. Amaury Conson ? . mais pourquoi bascula-t-il ? L'y poussas-tu ? —Nous l'aurions fait s'il l'avait fallu. il fait donc jour ? On lui donna du chocolat. Ça puait l'amas du tabac froid. oui.As-tu vu. tifs confus. I1 gît au sous-sol. tituba. car nous avons tous un fichu travail à accomplir d'ici tantôt. minois souriant. Aloysius Swann gagna l'huis du boudoir où Arthur Wilburg Savorgnan s'obstinait à dormir. bouffi. —Quoi ? dit-il. puis s'y introduisit. proposa la Squaw. —Nous l'y aurions vu choir. masquant mal son chagrin. il avait mis un pantalon frais. puis bondit du divan où il avait dormi. un fouloir à pois qui lui donnait l'air d'un sportsman. La nuit tirait sur sa fin. Aloysius Swann l'assaillit illico . mais il insista pour avoir d'abord son tub matinal. Il avait pris un bain. d'Amaury Conson ! 0• un •s familial contraint un gamin imaginatif à finir son Gradus ad Parnassum par six assassinats —Il n'y a plus d'Amaury Conson. du bacon. vacilla. glissant. murmurant: —Chut. Tout à son tracas. tapinois. lui intima-t-il. Chacun sursauta. l'air toujours ahuri. voulant bondir sur moi. chut ! Il dort toujours à l'instar d'un loir ou d'un castor. Laissons-lui finir sa nuit. L'on but. un polo. un toast. offrons-nous un fruit. brouillon. Aloysius noyait dans son bol fumant un oblong pain au lait tout croustillant. dit Arthur Wilburg Savorgnan. qu'amplifiait la paroi du silo. cogna un bord du bassin. ouvrant tout grand un vitrail. La Squaw fit du chocolat. saisi par l'incisif mais vivifiant froid du matin. dit Arthur Wilburg Savorgnan. un faux pas. —Donnons un brin d'air frais. faisons plutôt du chocolat. un instant plus tard. mais. au fond du bassin à mazout. pantois. —Bon sang ! On court tout L•oit à l'asphyxiation ici. mais un long instant son cri nous parvint.Il n'y a plus. jura Ottavio Ottaviani. puis. attristant. d'où il rapparut.Squaw. tomba dans . —Tu l'y as donc vu ? fit Aloysius. Ottaviani tartinait son croissant. On l'accompagna au lavabo. jusqu'au plouf final qui nous apprit sa —Mais quand ? Ou surtout. suivi d'Ottaviani. si un courtcircuit n'avait fait partout la nuit. croyons-nous. qui donnait au salon un air blafard. Arthur Wilburg Savorgnan frissonna. Un jour blanchissant pointait. habits tout chiffonnants. admit Arthur Wilburg Savorgnan.

mourait à Oxford ! Sa voix cassa dans un sanglot sourd. Il avait à la main un bristol portant vingt-six divisions. Alors. Cinq ou six fois. —Mon bristol jadis n'offrait aucun blanc. Il avait mal au front. grognant. La photo du Barbu s'appliquait là où il y a aujourd'hui un canton vacant. suffoquant. au moins. la photo qu'à l'instant tu trouvas dans mon cagibi m'appartint toujours. puis courant. ditil. Il dut dormir un court instant. on aurait dit qu'un aimant surpuissant l'y attirait ! —Mais pourquoi voulait-il ainsi bondir sur toi ? Arthur Wilburg Savorgnan soupira. jusqu'au cagibi qui jouxtait mon boudoir. il sursauta. —Pas tout à fait. 242 crois-moi. puis soudain. sur un ton intimidant: 24 1 —Voilà Ia raison ! Voilà la photo qui provoqua son courroux ! Tu la lui as fait voir. On la vola. Il lui souvint alors qu'il pouvait y avoir dans mon boudoir un anti-poison qui l'assainirait. non ? —Non. —Mais pourquoi • —Par trois fois. la montrant à Savorgnan. marchant à tâtons jusqu'à la maison. Puis soudain. Tout paraissait noir. car ton barbu. il la trouva par hasard. m'arrachant à mon profond sopor. surpris. il tomba sur la photo. comptant sur . lui dit. Il crut qu'on avait voulu sa mort. oubliant soudain son mal. bafouillant. La Squaw dormait. mon plus grand fils. Aignan. Un larcin si banal m'attrista. Il souffrait. Il avait fait un grand tour dans la nuit. Mais. Il avait l'air grognon. Nos sorts. —Il s'agirait d'un quiproquo ? dit Amaury. tous pourvus d'un portrait. il y farfouilla. il sortit. j'ai fait allusion à l'assimilation qui marquait nos curricula. J'ai dit: —Non. il m'assaillit. Nous sortons d'un tronc commun. j'ai voulu t'avoir à part. à tâtons. Moi aussi. —La photo du Barbu ! rugit-il. Aloysius Swann sortit la photo du Barbu. rapparut au bout d'un instant. paniquant sans savoir pourquoi. m'offusqua. trois jours plus tard. un soir d'avril. voici au moins vingt-huit ans. vingt-six cantons. Amaury s'affala sur un divan. qu'on avait mis du poison dans sa boisson. Amaury. puis. dans mon placard. trait pour trait. mais n'ajouta pas un mot. Il gagna son salon. tout bas. mon barbu n'ont jamais fait qu'Un individu ! —Tu avais toi aussi sa photo ? —Oui. mais m'apparut d'abord insignifiant. Il monta. sauf un. s'y fourvoyant. dit. Arthur Wilburg Savorgnan. sont plus qu'analogaux. coupa Amaury.l'à-pic. mais poussant un cri tonitruant. ils sont kif-kif I —Point ri'ai fait l'oubli du corps d'allusions qu'alors tu nous lanças.

Allons plutôt dans l'impartial fumoir d'Augustus où.. Un mauvais hasard nous façonna à l'instar. J'arrivai. —All right. J'hurlai. j'opinai. il scrutait l'album qui noircissait. dit-il. —Ici ? j'ai dit. J'insistai: —Quoi ? Qu'y a-t-il ? —Notbing. mais quoiqu'ahuri par son obstination. puis causons. J'y accourrai dans un instant. s'assit sur un pliant: —Ça. —Mais pourquoi ? —Disons qu'il y fait plus clair. puis j'attaquai aussitôt: J'ai promis qu'un jour tu connaîtrais ma Saga: la voilà. m'y assis. frangins ! Frangins unis dans l'afflic- . car on n'y voyait toujours pas dair. allons.. Puis il sortit d'un pas hâtif. san• 243 trop souffrir. Tu sauras aussitôt qu'il s'agit d'un roman qui vaut aussi pour toi. Soudain j'ouïs un grand bruit qui montait du sous-sol. l'ami. dit-il. mais à tâtons. surpris.. allumai un cigarillo. un bon alcool nous ragaillardira. nous n'aurons plus jamais l'occaIl m'intriguait. J'ai dit mon accord. Va au fumoir. Puis il m'indiqua dans un coin un banc.. il y fait trop noir. J'allai donc au fumoir. —Sinon quoi ? —Sinon. au sous-sol où. causons. dans l'irradiant clair-obscur qui sourdait du four. tout au moins par son poids. pris d'un soupçon subit: —Qu'as-tu voulu abolir ainsi ? Il n'a pas voulu m'affranchir. ajoutant pourtant aussitôt: —Soit.toi pour approfondir mon savoir touchant nos rapports ou ayant trait à l'obscur imbroglio dont fut fait mon jadis dont nous ignorons quasi tout Mais la discussion durait tant qu'à aucun ins tant n'apparut l'occasion.. Mais pas ici. installons-nous. dit Amaury. n'avions-nous pas dit qu'on irait au fumoir ? —Non. il y fait trop froid. sa main s'agrippant sur son bristol à photos. J'accourus. L'air furibard. buvant pour mon confort un grand bol d'akvavit. qu'il y fait plus chaud. causons ici. J'avisai l'oblong banc. m'invitant à discourir. sinon. puis racornissait. blanchissait.. pronto. j'avisai Amaury qui finissait d'offrir à la combustion du mazout un manuscrit fort important. La Damnation qui t'assaillit m'assaillit itou. car ton Papa fut mon Papa ! —Quoi ! strangula Amaury. nous: frangins ! —Oui. Quoiqu'il soit fort tard il m'apparaît qu'iI faudrait la saisir sans mollir. qu'il. plutôt. Il m'avisaga sans finir. Car nous avons du sang commun. J'y poirautai un long laps. dit-il s'obstinant. au vrai.

chafaudant d'idiots synopsis. dans la mort ! —Mais où l'as-tu appris ? dit brûlant Amaury. imaginant. sans jamais s'adoucir. tu vas tout savoir: Ton Papa. Son clan comptait parmi l'important gratin du canton. confus. un fait qu'on disait obscur. un point d'articulation qui.antan. Vingt ans durant. comblant poco à poco l'oubli profond. ou plutôt sa prononciation) naquit à Ankara. planant sur moi. substituts. plumitifs. avocats. factotums corrompus à qui il fallait offrir gros pour savoir pas lourd. j'ai compris. saisir. il a commis sur nos Fils d'horrifiants assassinats ! —Lui ! Lui ! murmura Amaury. au prix d'harassants brain-stormings. Puis j'ai dû choisir dans un colossal amas d'informations où tout voisinait. un savoir global ! tion. Mais j'ai appris. supputant. n'ayant qu'un brin d'intuition. il s'opposait à tout pardon. Un roman long. Un à un. tordu par un chagrin infini. proposant d'instinctifs aboutissants. consultai partout moult sous-bibs m'ouvrant d'importants stocks archiviaux m'informant sur ma filiation. Puis il m'a fallu. il n'a jamais connu qu'un but: assouvir sa vindication. m'a poursuivi. vingt ans au moins. m'acharnai sur d'immoraux magistrats. la narration d'un Talion. sur mon jadis. commis. pour bondir d'un fait au fait suivant. On disait colossal l'avoir familial. lui ! L'individu dont tu gardais l'intrigant portrait. mais dont tu ignorais tout ! L'intrigant Barbu à favoris. l'anormal. il m'a fallu vingt ans pour approfondir mon savoir. signifying nothing. payai d'oisifs indics. sois plus froid. j'ai su. un fait qu'au vrai tout un chacun ignorait. Qui t'a fait don d'un savoir qu'on m'a toujours tu ? —Oh ! Il m'a fallu vingt ans. l'insignifiant. j'ai vaincu. Amaury. l'intimidant tabou qui nous masquait la divulgation. Il ignorait la compassion. l'inconsistant. —Oui. parfois vain. dans l'aigri courroux du Sang jaillissant. j'allai multipliant d'intrigants contacts. qu'on comparait parfois au magot du Roi Midas. pour. Mais . parfois mirobolant. l'inouï. qui à tout instant t'a poursuivi. un fait dont nul n'osait discourir. manquait. au poil brun trop touffu ! Lui ! Ton Papa ! Mon Papa ! —Mon Papa ! hurla Amaury. bâtissant suppositions sur suppositions. J'ai franchi l'imbroglio. hagard. Mais j'ignorais donc tout ! Pourquoi nous fallait-il avoir un Papa si mauvais ? —Sois moins vif. accomplir son talion dans la mort. full of sound and fury. sachant tout au plus qu'il y avait. quasi toujours. J'ai acquis sur mon Il is a story told by an idiot. fais-y toi. L'individu qui l'ourdit s'y appliqua vingt ans durant. mon papa (nous ignorons son nom. calicots.

Au vrai. qu'il soit favori ou mal loti. qui frustrait la plupart au profit d'un individu. chacun. cousins purotins. s'inclinait parfois: un typhus malin. priant pour la disparition du favori primonatif. Tous pour Un » dont s'honorait jadis l'Armorial du Clan. unis dans l'imploration. un jour. Il y avait pis: chacun paraissait subir la Loi du Clan sans trop s'aigrir. puis. alors qu'on imposait aux suivants un ahan harassant. tandis qu'on abhorrait. summa Injuria. pour finir. aboutir à un statu quo moins rassurant. Ainsi. la Tribu comptant au moins vingt-six individus ayant pour la plupart cinq ou six gnards. il n'y avait pour un mal loti qu'un hasard—la mort du Dauphin à qui l'on substituait alors son proximal suivant—pour adoucir son sort. par un instinctif biais culpabilisant. qui fut moins sanglant qu'on n'aurait cru. mais qui dura moins d'un an. qu'on bafouait sa frangination. au Favori: Palais. qu'on n'aurait craint. sinon normatif. donc sans dilapidation ni passation aux ayants-droit trop lointains). blancs. un faux 247 248 croup supprimait alors l'ayant-droit putatif. Las ! la contradiction subsistait. la fondait. tontons faminards. On conçoit aussitot qu'il fallut. ôtait tout aux ultimaux qu'il noircissait tout à loisir. classant l'individu suivant son rang. mais aussi moins accablant. actions. bois. son champ d'application.sa transmission suscitait toujours moult complications car. obligations. mais sur un soi-disant droit moral qui. L'on conçoit sans mal à quoi pouvait aboutir un choix si discriminant: on n'offrait qu'au Dauphin l'Amour familial. ça faisait. Allah. La tradition voulait donc qu'on favorisât au maximum son plus grand fils. maisons. quasi à tout instant. mais pas du tout aboli. non sur un Sint ut sunt aut non sint. Nul n'affirma jamais Summum Jus. vivait l'indivision du magot patrimonial à l'instar d'un statut normal. tout au plus avait-on raccourci. sans voir qu'il s'agissait d'un abus flagrant. Disons qu'on passa du « Un pour Tous. tant d'ayants-droit qu'on craignait. On donnait tout au Dauphin. quoiqu'à coup sûr on justifiât la discrimination par l'obligation d'accomplir la continuation du pouvoir du clan (pouvoir qu'il fallait garantir par un avoir toujours plus important. On laissait aux suivants d'insuffisants rogatons. non sans raison. pour . or. nonobstant la fructification qu'apportait la Capitalisation. à un « Chacun pour Soi » d'abord. On lui proscrivait tout travail. bijoux. bons. qu'allât s'amincissant jusqu'à la consomption l'initial magot. frangins sans un sou. l'us familial. donnait tout aux Initiaux qu'il disait purs. diamants. partial. On voyait donc. champs. dans sa compassion.

Maximin passait par là. avait fait l'achat à Mons d'un schnaps qu'on disait divin. un nabot. n'avait aucun goût. si faiblard quant aux os qu'il avait toujours tophus. sinon pâlot. non sans raison. sinon pour l'alcool qu'il absorbait par muids du soir au matin. coup sur coup. nonobstant son transport à l'Hôpital. fignoiant puis accomplissant. aucun point commun. Là. un avorton. lui prohibait à jamais d'aboutir au Dauphinat. pas par . plutôt falot. d'autant plus qu'on y jalousait fort l'art du Fakir tournoyant. un instant plus tard. avait avant lui six frangins.Aud t instant. Mais. un fonds choisi. sous un motif insignifiant. d'un tournis syncopal dont l'avorton n'arriva jamais à sortir. provoqua la constriction du ganglion inguinal. tandis qu'ahuri. . où il succomba. huit jours plus tard. disait-on. Puis. anodin tant qu'il baignait dans l'alcool. six assassinats n'ayant. Il s'attaqua d'abord à Nicias. diffusant tout autour un fort parfum d'agouti rôti. Nicias s'absorbait dans son bouquin. mis par Maximin au fond du quartaut. car on disait Nicias plutôt obtus. s'aidant d'un pic à glaçons plus dur qu'un roc. calus ou luxation. il lui porta. par sans-fil. L'assassinat d'Optat fut au moins tout aussi biscornu. Croyant aussitôt qu'il avait là son schnaps. qu'il trouva tant à son goût qu'il poursuivit jusqu'à plus soif sa libation. Or il y parvint. individu mou. dans la maison du nain. au grand dam du populo qui s'amassait dans la cour pour voir son tourbillon. l'art du « Dar•visch » qu'Ispahan monopolisait. à un Homo homini Lupus qui s'inaugura par un brillant haut-fait qui suscita. sinon par l'imagination dont chacun montrait l'infini pouvoir. attraction hors du commun dont Ankara manquait. d'où un collapsus suffocant suivi. qu'il n'haissait ni plus ni moins qu'autrui. s'alluma quand il fut à l'air. un dispositif pyroproductif qui. flamba ainsi qu'un amadou. car il fractura l'ischion. mais qui constl tuait un but pas trop ardu. ourdissant. provoquant ipso facto l'ignition d'Optat qui. trois mois auparavant. compilation d'un savant japonais s'inspirant du Bouddha.finir. Donc il s'introduisit. Maximin (ainsi nommait-on l'imaginatif assassin) soudoya un commis postal qui porta à Optat un quartaut d'alcool pur lui disant qu'il s'agissait d'un colis du Hainaut. a priori. un coup au bassin qui fut fatal. mijotant. coup jarnacais. car. offrant à la combustion. mais satisfait d'un don si mirobolant. l'admiration du Tout-Ankara: Un gamin qui n'avait pas dix-huit ans. il lui offrit un cours sur l'Art du Tir à l'Arc. fait qui. il y avait. quoiqu'il ait tout du chacal. par sa saturation d'alcool. mais aussi fin qu'un bâton à rollmops. Optat. Optat. Optat s'ingurgita illico un bon quart du quartaut. par surcroit.

tout un chacun s'accordait pour nantir l'intrigant flux qui sourdait du puits d'un fort pouvoir curatif. corrompu. puis s'abattit. fripon. —Soit. aux calculs. brandon vivant qu'il tira jusqu'au bord d'un pUits. dit Maximin. imparfait. puisqu'un mois plus tard. lui dit qu'il sabotait son travail. —Quoi ! dit Parfait pâlissant sous l'affront. Puis vint Parfait. à l'anchilops. puis. un Danois colossal qu'il n'avait. nourri qu'aux parfaits du frangin: . mais armons-nous suivant mon choix: nous nous battrons au soda ! Parfait fut si ahuri par un choix si paradoxal qu'il parut. un court instant. simulant un profond pouah. lui commandant pour son gala du soir un « parfait au marasquin » ou un « parfait au cassis » dont partout l'on raffolait. Mais quand Parfait livra son parfait. vidons ça sur un champ clos. immobilisait son rival. six ans durant. par-ci. nougats ou cassatas. calissons d'Aix. bonbons. Quand on s'attaquait à lui. plus mauvais qu'un Troll. avait la passion du combat. par surcroit. au mal blanc. Car parfait. Il y avait mis au point un sabayon au sirop. taquin. Profitant du mauvais arroi qui. un magasin où l'on fabriquait fruits confits. Alors il fit sortir d'un coin obscur son carlin favori. il y avait un hic. surtout anticatarrhal. profita au pays. pour un laps. par-là. Saisissant un lasso. sournois. au mal caduc. fort rafraichissant à qui Ankara associa aussitôt son nom. qu'un Vizir. Maximin lui balança du gourdin sur l'occiput. brutal. nappa d'un sirop. puis parfit son travail disposant. Il lui suffit alors d'y approfondir son agonisant frangin pour voir s'accomplir son forfait qui. il attrapa Optat. on n'avait jamais la paix. tison.nmanda un colossal parfait aux limons doux. au trismus. Parfait tituba. Maximin alla donc voir Parfait. chocolats. Il lui donna vingt sous puis lui co. mais s'appliquant aussi à l'albugo. tout à fait divagant. Maximin couvrit tout son corps du parfait aux limons doux. Parfait avait. candis.249 hasard. au prurigo. grogna. fondants. Nul jour n'allait sur sa fin sans qu'un Icoglan. dans un souk. Là. plus fort qu'un Turc. mon parfait ! ! ! ? Il gifla par trois fois Maximin puis lui lanca son gant. aux bubons. —Parfait. vrai Goliath. au glossanthrax. moult fruits confits. aux chalazions. Maximin y goûta. au pityriasis. dit Parfait. qu'un Timariot ou qu'un Sirdar n'allât voir Parfait dans son souk.

prit l'air. obstruction du volant d'auto-stabilisation ou du cardan gyroscopal. Son I. d'un bond. Romuald voyait partout machinations ou mauvais pas. Un badaud s'amusant lui lançait parfois un ducaton ou un florin qui constituait tout son profit. puis piqua sur l'arrogant ballon qu'il frôla à moins d'un yard. Maximin s'occupa alors du suivant qui avait nom Quasimodo: un gars courtaud. qui avait tout du nigaud. survola. lappa. Sabin constituait pour Maximin son but final. trouvant son salut non garanti. Car. il fit l'acquisition d'un ballon captif où il s'installa. Maximin imagina d'abord cinq ou six solutions (scission du filin principal accrochant l'airostat au sol. Il soupçonnait tout un chacun. Plus tard. lui donnait la raison d'un garçon n'ayant pas six ans. la titubation ou la patatration du ballon) mais tout fut vain. d'y dormir à l'abri la nuit. au contact. un bas du cul. alors qu'il avait cinq fois plus. Maximin sortit. sinon sa vocation. Faisant ni six moins cinq ni cinq moins trois. qu'à court d'air. Mais autant Quasimodo avait fait un occis badin. un fort courant d'induction. puis pour finir. Mais on n'approchait pas Sabin. sauta au fond du lac: l'hydrocution survint aussitôt. ricanant « Allah n'a-t-il pas dit: Tu naquis du Limon. lança au fond du lac un faux louis d'or qui dissimulait un aimant surpuissant.Q. Il craignait tant un coup fatal qu'il s'isolait dans sa maison. autant Romuald fut un but ardu. Il disposa au fond du lac un fin croisillon qu'un fil liait à un accu produisant. louchant d'un air craintif sur tout quidam qui paraissait à l'horizon. sûr. gardant toujours un fusil à la main. alors qu'Asimodo discourait. sursautant quand passait son voisin. jaloux. substitution d'un gaz lourd (grisou) à l'argon gonflant. palpa. d'inconsistants discours à l'instar d'un saint François. provoquant ainsi l'implosion. sournois. aux culs-blancs ou aux courlis qu'on voyait gambadant au bord du 2SI lac du Jardin municipal. tu finiras Limon ? » Souriant dans son for d'un mot qu'il trouvait bon. Quasimodo.L'animal. Sabin croyait trop qu'il aurait tôt ou tard la totalisation du Capital du Clan pour offrir à un cousin ou à un frangin jaloux l'occasion d'un mau- . Puis vint l'illumination: il loua un biplan.npris. produisant ainsi un trou d'air qui fut fatal au ballon qui s'abIma. Romuald s'asphyxiait. Romuald suivait Quasimodo. N'ayant qu'un tonton pour lui ravir son droit au Dauphinat. consistait surtout à offrir aux tringas. bondit. on l'a co. Son occupation. inquisitorial. au moins. happa. Puis il paya un quidam qui. n'ouvrant jamais. Son assassinat n'offrit aucun tracas à Maximin qui l'accomplit haut-la-main. tandis.

fait valoir qu'au quart. Il aurait pu. garnison qu'il louait à prix d'or. s'y nourrir. il la plaçait au point culminant du savoir magistral qu'il n'avait. Mais. n'avait pas assouvi sa faim. disons pour plat principal. un animal ou plus gros ou moins commun. grosso modo. un cachalot ou un tamanoir. Aussi Sabin soudoyait-il l'Administration du Zoo qui. y dormir six mois durant. sinon par la sodomisation d'un bourricot. —Ma foi. L'amas d'assassinats qu'il avait. parfois.vais coup. vaut son poids d'or. qu'insuffisants zakouskis. soit un animal pas banal— un kangourou ou un casoar. Mais. un mammouth—. pour un soir ou pour la nuit. Poursuivant son inquisition. un tapir ou un mandou. abattant sans sommations tout individu qui s'approchait à moins d'un yard ! On disait qu'il avait un larbin qui goûtait aux plats qu'on lui proposait. car il craignait fort l'introduction d'un poison. commis. fût-on un mitron livrant du pain ou un commis du bougnat apportant son charbon. un tour global du zoo. Un rival si fort. lui louait. un canard ou un boa constrictor. sourit Maximin. un albatros ou un cai man. voilà qui stimula au plus haut point l'imagination du frangin Maximin. quoiqu'ayant fait. mais la fortification du gars Sabin paraissait n'offrir aucun point vacillant. il avait fait bâtir•par un artisan. s'attaquant à Sabin. soit un animal d'un bon poids—un gros ruminant. car. lui confia l'immoral marchand non sans un clin grivois. Non qu'il fût à court d'inspiration. Jusqu'au jour où. 253 2s4 ricanait-il. il passa tout un grand laps sans savoir s'il aboutirait jamais. Il fallait trois sauf-conduits pour franchir son huis. tous rompus à l'art du yatagan. à coup sûr. il justifiait son ambition. Sabin n'apparaissait pas satisfait . tout à fait par hasard. un rival dont tout paraissait garantir l'absolu salut. un colossal blockhaus à combinaisons. qui trouva la mort aussitôt son travail fini. Sabin n'arrivait jamais au plaisir. jusqu'alors. Pourtant. On colportait sur Sabin tout un tas d'amusants racontars. disait-on toujours. un orang-outang. Il n'y avait là. qui dormait dans son lit tandis qu'il allait dormir dans son sous-sol où. On disait qu'il avait à sa disposition dix-huit spahis. du poignard ou du fusil. mais il lui fallait alors. jusqu'ici. s'il l'avait fallu. il apprit du Commis principal du Zoo municipal d'Ankara qu'un ânon n'avait jamais suffi à Sabin: tout au plus lui procurait-il son plaisir initial. toujours. il causa à un maquignon qui lui apprit qu'il fournissait un jour sur trois à Sabin un ânon. un ours. un yack. aucun maillon plus faiblard. On disait qu'il v avait dans sa maison un quidam qu'on aurait cru son portrait vivant. voilà au moins un point d'acquis: il a un dada ! Tirons parti d'un savoir qui. un opossum ou un alligator. mais qui l'accompagnait partout.

Puis s'alla dissipant l'asphyxiant brouillard qui accompagnait la fulmination. qu'on nommait Rudolf. Maximin n'avait plus qu'à languir jusqu'au soir. sans grand mal. ni d'un python marin. Il doubla. l'avait appris. somnolait Rudolf. il sabla du Cramant brut. Il s'attabla dans un caboulot. par un hasard opportun. Las ! Il claironna . il gagna. ou plutôt dans un lamantin du Lac Tchad (Manatus inunguis ou Manatus latirostris). il s'agissait. garantirait l'ignition du dispositif.car. I1 bâtit aussitôt un plan. un air accort. profitant du court instant où l'animal s'assoupissait dans son bain. disait-il. sûr qu'un futur prochain lui fournirait l'occasion d'un hosanna triomphal. On convint d'un jour prochain. Maximin put voir qu'il n'y avait aucun survivant. tripla. Or. Il n'avai• pas tort: à minuit moins vingt-cinq. Au vrai. On a compris. quoiqu'il fût plutôt radin (mais son coup fumant sonnait l'occasion d'un potlatch). un poids imposant. non d'un dragon. à coup sûr. Il parvint à un accord. non loin du Uockhaus sabinial. qu'on pouvait. jusqu'à l'aquarium du dugong où. puis il parvint. il lui intro- duisit son crapouillot. à son instar. A minuit moins huit. au plaisir divin qu'il avait jadis connu sur. un gabarit important. vu qu'il avait. animal plus doux qu'un mouton. ric-à-rac. offrir pour un lamantin. souriant. qu'aussitôt Sabin voulut voir Rudolf. Lors. parmi moult attractions plus ou moins hors du commun (siamois. un night-club où. Il proposait aux badauds. albinos. au plus fin contact. huit jours avant. Il proposa au forain la location du dugong. non sans un aplomb colossal. Il diposa alors un amorçoir au fulmicoton qui. un forain d'Halifax avait fait. Mais il n'osait. il n'avait jamais abouti. trinquant. lapins à sabots) un soi-disant « Grand Dragon du Loch ». mais d'un dugong. apparut l'ambulant marchand forain suivi d'un grand bac où. plus souriant qu'un ruminant voyant au loin courir un train. moutons à corps d'auroch. On lui dit non. Sa machination lui paraissant au point. sodomisant tant d'inouïs animau•. Mais Maximin. quadrupla. offrant à tout un chacun libations sur libations. 256 Ainsi vainquit Maximin. à l'affût. puis quintupla son prix. l'horizon s'illumina. il fabriqua un obus suppositorial. un poil d'un poli parfait. jusqu'au matin. nains. Combinant cinq ou six produits fulminants. un bang-bang tonitruant fracassa l'air. son apparition à Ankara.

son Vaziluia: six jours plus tard. pourvu qu'il y ait auparavant un fils. il n'y aurait plus qu'un ayant-droit par tronc. qu'un quart du clan qui survivait. grosso modo. on souffla un instant. Pour aboutir à un but si lointain. Du plus ou moins bon parti •'un frangin s'angoissant tira du magot qu'un tambour lui la•ssa•t Mais. dont aucun n'arriva à mourir dans son lit. Lors chacun. Lorsqu'à la fin on comprit qu'on allait. il arriva à nos papa-maman un horrifiant coup du sort. s'autocongratulait d'un statu quo moins inhumain qu'il n'y paraissait a priori. qu'on abandonnait sur du purin. On s'allia. l'usufruit du clan passa aux mains d'au moins vingt-trois ayants-droit. On convint qu'il fallait qu'un papa n'ait pas plus d'un bambin. Soit l'on stoppait. au total. dans son for.trop tôt son Magnificat. dont on laissa à chacun la disposition ad libitum: Soit l'on abattait la Maman dans l'instant qui suivait la parturition. un cousin consanguin qui. qu'on vidait dans son bain. la continuation du sang par la castration du Papa. on l'aura compris. avait fait dans son coin un calcul kif-kif. limitait au maximum l'ampli•cation du clan qui stationnait ainsi a un quorum qu'on trouvait. mais chacun. suivant la Proposition d'un Swift. Durant cinq ou six ans. Soit (façon dont la plupart s'accommodait) l'on gardait vivant l'initial fils. L'avocat qui contrôlait la transmission du Capital familial y paumait son latin: sur trois ans. On limitait ainsi la rivalisation aux cousins. Alors on ritualisa l'assassinat. pour du marcassin ou du babiroussa rôti au lunch d'un Lord anglais. afin qu'aucun n'ait à souffrir d'un frangin trop jaloux. ayant compris qu'il y avait là un truc. il y avait. l'assassinait à son tour ! Alors la loi du plus fort s'imposa à la tribu. poursuivit Arthur Wilburg Savorgnan. On constata alors qu'il n'y avait plus. grosso modo. La transmission du gain patrimonial fut moins qu'auparavant l'occasion d'affronts sanglants. L'on s'y trucida tour à tour. puis l'on laissait ou faisait mourir tout suivant. ou qu'on offrait. . satisfaisant. dans son coin. si l'on continuait à un galop si vif. par l'intransitif biais du choix dar•vinial. l'on parvint ainsi à assainir la situation. aboutir tôt ou tard à la disparition du Clan. L'on n'assassinait plus par plaisir. jusqu'au jour où. n'honora plus d'un mois. On signa un accord coalitif qu'aucun. trois façons. à coup sûr. On s'affola.

Un Cardinal vint qui voulut l'ouir avant d'y bonnir son absolution. car. la collusion. où on l'accoucha. Un lointain cousin qui. la maman sonna la nonnain puis lui confia sans omission son tracas. n'a vu qu'un fils quand il arriva à l'hôpital. Il pratiquait la concussion. son fils vivrait. Il jura qu'il nous aurait. on nous attribua. pourquoi nous pourchassa-t-il. Il simonisait. Sa mort lui fit un chagrin si grand qu'il y pauma sa raison. qu'il nous poursuivrait jusqu'à la mort. Il proposa son mic-mac au plus offrant. —Ainsi donc. nous bannirait sur l'instant. mais trois bambins d'un coup. à Acapulco. un faux nom.259 260 dis qu'à grand train fuyait la nonnain nous soustrayant à la mort. nous. qu'un à un. La nonnain s•alarmant voulut lui offrir son concours. on lui offrait un important contrat pour l'achat d'un stock colossal d'harmonicas. Or l'imbu Cardinal avait tout du fripon. il abattrait nos fils pour qu'à nos tours nous sachions l'infini chagrin d'un amour filial . un jour auparavant. car sans nous.A l'Hôpital du Bon Samaritain. accourir d'un saut à Washington. mon papa. —Mais alors. Il accusa ton papa d'avoir trahi la Loi du Clan. joujoux mis au point il y avait alors moins d'un an. non pas un. On lui cacha qu'il avait trois poupards. Par surcroît. Par un hasard opportun (sinon l'on nous aurait abattus aussitôt ! ) ton papa qui. puis voyant qu'il avait trois fils. puisqu'il nous avait soustraits au quorum. agissait à catimini au profit du Dauphin d'alors. —Pour sûr. aurait dû voir la parturition. Dans un sursaut d'amour matriarcal. Ta maman lui avoua tout. ta maman mit bas. par substitution. Il comprit d'instinct qu'il y avait là un gros coup. lui assassina son fils. d'avoir valu la mort à son fils. voulant au moins garantir nos saluts. On laissa donc un nourrisson à la Maman tan. profitant du fait qu'un duo d'avortons siamois morts-vivants avait abouti. ton frangin. puis son onction. disait-il. qu'on arrachait aux vingt-huit azimuths. On l'alita. si j'ai compris. puis. pourquoi s'attaqua-t-il à nos fils ? —Vingt ans plus tard. dans un couloir voisin du dortoir d'incubation où nous avions vagi. mais surtout à Ankara ! La Maman comprit qu'aussitôt son contrat conclu. suivant la Loi du Clan. alors qu'il n'avait droit qu'à un. au vrai. ta maman attrapa un coryza à virus (staphylococcus viridans) qui la mit au plus mal. mon frangin ! Or ton papa avait pour son fils qu'il savait promis au Dauphinat un amour colossal. d'abord. Il nous accusa. dit Amaury. s'occupant d'importations. par punition. avant nous. Il trafiquait. puisqu'il nous ignorait. apprit la situation. avait dû. on maquilla nos inscriptions. son mari allait raccourir. pour un court instant.

j'ai cru parfois qu'un au moins parmi tous saurait m'offrir un filon. L'on nous dissocia. puis pour Tobolsk. n'ayant qu'un but: savoir où nous avions fui. Mais. Quand finit mon assistanat. m'attristant sur nos jadis communs. aux flics. Quant à moi. un bourg important où nous avions appris 1•ABC• OU nous avions faits nos communions. voyant qu'à coup sur j'avais un don pour l'instruction. On quitta Guadalajara pour Tiflis. puisqu'il y avait dix ans au moins qu'on t'avait vu fuir. aux maquignons. à coup sûr. où m'adoptait un tambour-major qui. Mais. d'où tu fuis trois ans plus tart. Il gagna d'abord Acapulco. à partir d'indications qu'on lui fournit au sanatorium. vingt ans plus tard. nous pistant non sans un flair qui aurait fait pâlir vingt-trois tribus d'Hurons. Tu ignorais jusqu'à mon nom. mais. tu oublias aussitôt tout ton jadis. nous n'avions alors aucun fils). d'où. où nous avions grandi. Tu fus mis dans un sanatorium à Uskub. J'avais six cours par mois. la nonnain pronostiquait qu'un jour mon papa nous poursuivrait. Mais tout fut vain. un portrait-robot frappant. profitant du fait qu'il n'y a. j'avais fini 261 mon doctorat. Mais. où la Josiah Macy Junior Foundation m'accordait un pont d'or pour ma collaboration au travail colossal d'Oskar Scharf-Hainisch von Schlussnig-Figl . qu'un jour au maximum. passant alors sous un camion. Là. aux typos. j'abandonnai Uskub sans avoir vu surgir un brimborion d'indication. Montrant ton portrait aux paysans. plus tard. au sanatoriurn d'Uskub. Un rapin sans inspiration. l'insinuant parcours qu'avait suivi la nonnain. qui nous avait nourris. Mais il m'arrivait d'avoir du souci pour toi. Mais il partit. J'allai jusqu'aux confins du pays. m'installant alors à Augsbourg.trop tot rompu ! —Mais il nous connaissait donc ? Il connaissait nos fils ? —Non. Nous n'avions aucun contact. par train. j'allai à Hull. d'où l'on partit pour Oslo. il fit. mais plutot adroit. aux cols-blancs. J'utilisai alors l'important loisir qu'on m'octroyait à avoir sur ton sort un plus grand savoir. quoiqu'à coup sur caduc. l'Institut pour la Propagation du Bas Latin m'offrit un assistanat à Sofia. Nous avions dix ans. m'inscrivit à Oxford. m'avait fait au crayon. Il arriva ainsi à Guadalajara. l'on ignorait où tu avais fui. j'avais alors vingt-cinq ans. la nonnain mourut sans avoir l'oisir d'affranchir nos savoirs quant au fatum obscur qui planait sur nous. J'ignorais tout du sort qu'on t'avait fait. sans avoir saisi un jalon initial. Un jour. aux forains. Il ignorait tout (par surcroIt. d'Uskub à Sofia.

si moi j'avais souci d'accourir jusqu'à toi. lui offrant un toit. tu t'alanguis dans un oubli total. mot piquant qui. pour finir. J'y vis un paysan qui. si profond qu'on n'arriva jamais à savoir ni ton nom ni d'où tu arrivais. 263 Mais tu paraissais adroit. n'avais jamais paru vouloir m'offrir l'occasion d'un contact. visitant stations. l'apparition du « ll » labial à la fin du substantif masculin. ou ton savoir. J'admis donc ta disparition. s'apitoyant. un lit. Mais quand . rompant l'ambigu rapport à toi sur quoi s'appuyait ton cogito ! Il m'a fallu trois ans. un trauma soudain avait affaibli ou ta raison. docks. immatriculations. Tu rappris à discourir. Il paraissait avoir faim. consultant tout un tas d'inscriptions. pour choisir la proposition. puis par conviction. sans faiblir. un choc brutal. ou. tu faillis l'avoir pour surnom à jamais. Il valida ma photo-robot. du pain. qu'on avait vu un iour. un gitan t'avait ravi. toi. Tout un chacun plus tard t'apostropha ainsi. au bout d'au moins six ans d'improductifs tintouins. j'appris pour finir. Un pion du gymnasium local t'offrit un atlas. gros bourg voisin d'Uskub. signifiait <• Qui n'a aucun nom ». Il ignorait tout du patois du pays. à la fin juin. fonds notariaux. puis obtint l'accord du paysan pour qu'on poussât au maximum ton instruction. à l'instar du Bantou. saisi l'initial fil qui m'aiguilla jusqu'à toi ! J'appris qu'un camion t'ayant fait choir alors qu'au loin du sanatorium tu fuyais. Ainsi. Il avait du sang aux panards. pour ta part. J'ai su aussitot. ou plutot la posai a priori. Il corrobora ma narration. tu fus plutôt fort au calcul. ports. dans l'imaginatif patois du coin. dix-huit ans auparavant. journaux. magasins. avait fait du garçon son pastour. ricanant <• Anônumos ! Anônumos ! ». Parfois un gamin t'assaillait. hangars. à la mi-aout) à Uskub où. Tu passas donc trois ans à Mitrovitsa. j'avais. un gar- çon vagabond à l'air idiot parcourir Mitrovitsa. hopitaux. qu'il y avait là pour moi un jalon primordial. J'allai à Mitrovitsa. j'allais. continuait mon inquisition. au moins.sur l'insubordination du fricatif dans la prononciation du Bororo. trois fois par an (du dix mars au vingt avril. ou ton instinct. Plus tard. la supposition optima ! Puis. brouillards duplicata. moins idiot qu'on avait cru d'abord. à la fin. Tout injustifiait un fait si troublant. patois du Parana d'autant plus passionnant qu'on y voit aussi. ma conclusion s'imposa: nous avions 262 dix ans quand on nous divisa. par intuition d'abord. courant l'administration. almanachs. Or. puis la motivai par trois raisons: ou tu avais connu la mort dans l'instant qui avait suivi ton abandon du sanatorium: ou un zingaro. Plus tard.

quoiqu'ab ovo il ignorât tout. qu'il n'y aurait jamais aucun soupir. avait. Alors. puis nous voir mourir ! I1 fallait qu'à ton tour tu sois au courant d'un courroux si fort s'assortissant d'un pouvoir si grand (car il nous pourchassait aux vingt-huit azimuths). dans ma divagation. tout à coup. il y avait six ans qu'il avait disparu. tu choisis pour nom « Amaury Conson ». nom du pion du Gymnasium qui t'avait tout appris. nous avait dit qu'il y avait. J'aurais voulu voir Amaury Conson. il nous talonnait ! Son obstination m'apparut sans fin. J'y courus. puis. hormis moi. Mais il m'apprit un fait capital: trois mois avant. ou qui nous voudrait du mal un jour. qu'il m'a fallu au moins huit jours pour l'assortir d'indications plus au point. il nous faudrait. à tout instant. J'y pus voir Amaury Conson ton parrain. Un cousin à lui croyait qu'il habitait Zurich. dans un pays lointain. . lui aussi. tout bas. la substitution qu'on fit pour nous affranchir d'un assassinat aussi prompt qu'horrifiant. il lui avait fallu dix ans. un Barbu qui nous voulait du mal. I1 avait w ton parrain Amaury Conson. la vision d'un assassinat. tout voulu savoir à ton propos ! Ça m'intrigua. Mais quand j'arrivai.tu quittas Mitrovitsa. Il savait ton nom. voir mourir nos fils. si lointain. sommant un talion pour son Fils mort ! Ainsi. six mois plus tard. avoir pour lui un soin constant. J'avais. j'avais. paraissait si confus. Il m'apparaissait qu'un jour—mais quand ? —il y avait au moins vingt ans. il avait aujourd'hui quasi tout appris. puis qu'au jour où nous aurions nous aussi un fils. Mais où vivais-tu ? Où habitais-tu ? Dans un bungalo v colonial ? Dans un building à Chicago ? Dans un gourbi à Saint-Flour ? Dans un pavillon aux balcons garnis d'aspidistras dans un faubourg quasi provincial d'Hambourg ou d'Upsala ? Savais-tu qu'on voulait ta mort ? 26s Avais-tu un fils ? Autant d'angoissants points qu'il allait falloir approfondir au plus tôt. Mais tout. aucun loisir dans sa vindication. pour garantir son salut. pouvait vouloir courir à toi ? Pourquoi ? Or. Il ignorait où tu vivais. J'obtins communication par sans-fil. pavor nocturnis. l'intuition d'un mauvais hasard nous poursuivant. qu'il n'aurait jamais qu'un but: nous avoir sous sa main. J'illico compris qu'il nous poursuivrait jusqu'à la mort. un Barbu. profitant au vrai d'un symposium qui s'y tint. sursautant dans la nuit. alors qu'on jouait au yoyo ou au toton. il nous souvint d'Acapulco où nous avions naquis. la triparturition. J'appris. coup sur coup. puis l'adoption par la nonnain. mais aujourd'hui il foncait sur nous. j'appris aussi surtout qu'il y avait alors grosso modo dix ans qu'un Barbu avait fait irruption à l'hôpital. Qui. un individu plutôt caduc mais paraissant mû par un courroux horrifiant. la nonnain nous avait assis à califourchon.

qu'on compara. Il laissait à ma disposition. parlant turc (mais il ignorait qu'ayant appris vingt-cinq patois du Ponant. à coup sûr. l'insouciant Nabab. un fin sillon blafard. fais voir ! L'assistant. s'informait à son tour du sort qui s'offrait à toi. Ainsi. —Qu'y a-t-il ? lui dit son patron. jolis. j'ôtai mon justaucorps. j'inaugurai mon action par un tour à Ankara. J'arrivai donc à Ankara. lui commandait. scrutant l'avant-bras. sinon tout ira mal. craignant trop qu'un signal trop parlant soit aussitôt mis à profit par mon Barbu. tous fort gros. puis lui fit un salut martial. figurant. car il claqua du talon. il y a qu'il s'agit d'un Individu du Clan: il a sur l'avant-bras droit un signal distinctif. bondit sur moi. sur un ton chagrin: —Inch' Allah. —Il y a. j'avais du turc un savoir moins app. quoiqu'il s'habillât d'un blouson civil tout à fait commun. voulant d'abord.oximatif qu'il n'y paraissait d'abord). m'avait-on dit. —Ah ah ? fit son patron. tu as raison. sur l'avant-bras droit. Mais à l'octroi principal. l'amical tambour-major. Puis. Il vissa son lorgnon.J'aurais pu. pour qui Onassinck. saisit mon bras droit. du moins au Grand-Mogol. J'y inclinai parfois. l'invitant à sortir. poursuivit-il. Tandis qu'Amaury Conson. un important magot: vingt-cinq diamants. Mahmoud Abdul-Aziz Ibn Osman Ibn Mustapha. Mais j'ignorais alors qu'il fût conginatal. à tout prix. Mais. mais. ton parrain. m'offrit un milliard. tais-toi. à l'abri du souci pour un grand laps. fournir à ton indication cinq ou six informations par radio ou par journal. n'ayant pas d'ayantsdroit. dont un surtout. poussant un cri satisfait. glapissant: —Fais voir ton bras ! Quoiqu'abasourdi par un ton aussi dur. non sans raison ! Il disait vrai. prit mon bras qu'il montra à son patron. Sahib. mon papa adoptif. savoir où naissait la damnation qui nous poursuivait. à coup sûr. l'individu qui nous pourchassait. tu auras un bon point. ainsi qu'on dit là-bas. grosso modo (à l'instar du Zahir qui jadis frappa tant Augustus ou du blanc signal qu'Albin tatouait sur tout lascar qu'il s'attachait) un rond pas tout à fait clos finissant par un trait plutôt droit. opinant. sinon au Ko-Hi-Noor. lui dit mon gars. on l'a dit moult fois. j'abandonnai tout travail pour pouvoir m'offrir tout mon saoul à ton parti. mourut. qui faisait son important. J'avais. purs. car il s'agissait tout au plus d'un assistant. un commis. qui lui dit. il m'introduisit dans un local voisin où trônait un individu à l'air plutôt courtois qui. d'un Chaouch. mais n'y vins jamais. . d'où sortait. j'ai su qu'il s'y appariait: mon flair n'a jamais failli. Aussitôt qu'il a paru.

j'usai d'un faux-fuyant malin: Simulant l'individu qui croit courir à la mort s'il s'introduit dans Ankara. sort d'un hôpital. Or. J'avais compris qu'il dissimulait son vrai motif. 267 —Jawol. puis un sauf-conduit. —Connais-tu l'anglais ? voulut-il savoir. m'habillant d'un burnous gris. Il m'apparaissait clair qu'il avait pour instruction d'assaillir tout individu portant sur l'avantbras droit un fin sillon blafard. boisson qu'un Turc ayant bon goût boit par gallons. lors parvins. louai un pavillon. N'osant l'affranchir du soupcon qui m'habitait. un visa. J'abandonnai l'incognito du burnous. il pouvait—qui sait ? —blottir un propos filou. craignant qu'à tout bout du champ un quidam n'accourût scrutant mon avant-bras droit. j'accomplis un vrai avatar. Mahmoud Abd-ul-Aziz Ibn Osman Ibn Mustapha. son patron m'indiqua un banc. L'on s'opposait donc à tout prix à mon irruption dans Ankara. Puis il claqua du doigt: un boy parut à qui il commanda du kawa au jasmin. lui . L'on parla donc anglais ou plutôt l'on spiqua anglisch. tout « individu du clan •> ainsi qu'avait dit l'assistant Mahmoud Abd-ul-Aziz. Un ami m'avait fait un mot d'introduction 268 pour un avocat d'Ankara. Sans un mot. Pourquoi craignait-on tant à Ankara l'apparition d'un gars « du clan » ? N'osant l'abasourdir à blanc-pourpoint pour savoir l'où-quand-pourquoi du tabou qu'il m'imposait. j'abandonnai l'octroi. L'on s'assit. sous son air matois. mais gardai mon faux bouc. Il m'ouvrit. passant mon corps au brou. sortant. grimant mon poil. si l'intimidation manquait son but. Là. j'obtins. J'allai voir l'avocat. dit. mais aussi qu'il irait. gagnai un bourg voisin. j'imaginai tout un roman. sans mal. Par surcroît. passai mon initial habit d'individu blanc. m'immisçant à un convoi d'histrions qui gagnait Ankara où l'inauguration du Grand Casl no Municipal fournissait l'occasion d'un gala. m'affublant d'un bouc postichard. car. à franchir l'octroi. mon vaccin datant d'au moins huit ans s'affirmait caduc. Il m'offrit un chibouk qui gardait l'insistant parfum d'un tabac blond trop loutd. haut la main. jusqu'à l'obstruction par corps. j'y apposai un spica fait d'un collodion agglutinatif (ou sparadrap) à l'instar d'un individu q•u. fuis dans ma Lagonda-Bugatti. Il m'annonça qu'on signalait vingt-trois cas d'infarcti myocardiaux à Ankara. I said. m'y cloîtrai huit jours. Lors.—Barakalla Oufik. y ajoutant un lorgnon qui faisait tout à fait magistral. souf3rant d'un anthrax ou d'un aiguillon s'incarnant au plus profond. Mais j'ignorais — lors voulais savoir—la raison qui provoquait sa discrimination. son bras dans un foulard.

I'animal croyait q•'il y avait all•vion sous roc. Bon. Sans 2•9 savoir o• il irait ainsi. Il ajo•ta trois à cinq. •n calc•l . allom-y. t•n chat go•ait à son moJ•. montant son lala favori. ps•is il avala s•n roti. faits amusants. .7 dt• machin. dit-il d'abord. racontars. il tro•va huit. Topinambo•r tJ• voJ•drais voir Fo• soldat sans amos•r grand so•ci {d• mo•ron Profonds massifs dans t•n lis noir Par ?•n fait d'imagination Chardons sportifs dt• Zinnia blanc So•s to•s nos mots. connais-tu la Tradition d'Ali-Baba ? —Non. son ta• boJ•r. la so•straction.disant qu'aficionado du folk-song j'avais pour mission la constitution d'un colossal Variorum compilant dictons. la Chanson du Topinambour. chansons ou traditions. J'applaudis. imparfait Comptabilisation hormis l'ordinator Par Allah Inch Allah Vois gamin tfn Ga•lois gonfalon rdtf pot d'or. monts.' 11 t•a Ali Baba. d cos•p s•r. bro•tait l'ananas dans la pampa. l'avocat poursuivit: —Il y a aussi la Chanson du Topinambour: on la dit aux bambins quand va s'approchant à grands pas l'instant crucial du dodo. il chassa s•n lion q?•i. Ali Baba cria: à q•oi kon . valhns. j'avais chu sur son dada favori. dit l'idiot abr•ti.7 Avait-il la solution d• tr•c. q•ant at• lion. la division. —Oyons. j'ai fait. car. —Ol•-s plutBt: il n'y a pas plus joli: As• son 1'J•n ocarina qA•i joA•ait l'Or du R•DIJ Ali Baba. m'offrant son plus souriant rictus. il tro•va hs•it moins •n. champs gris a•to•r {dJf posdain bai Dort •n poisson. il ajo•ta six à t•n. baffrait riz. SoJ•s son divan. la m•ltiplication. anas. lit-il. il cos• t si fort q•il mo•r•t.7 Il a•rait fallt• po•r ca l'addition. m'ôtant tout loisir. •n 11•5 qJa assra•t acq•ss •n go• ranc• o• moisi. il prit son f•flil. Harli. Q•oi. Ali Baba rota. son bazooka. J•n aspirant InhJ•main pays. Par un hasard opportun. sagas. pois. il m'a transmis tout son savoir. macaroni gisant lans •fn js•s ss• n jA•s qt•i at•rait trop bos•illi. —Voyons. son arc. mais. bois. •A•n pacha nain pl1fs lo•wd qu'A•n ot•rs"•n gros patapoA•f q•oi. Il allait battant champs. J'aurais voulu aboutir au point qui m'occupait.

SINON C.270 J'allai bissant. fracassant un vasistas. J'avais commis un impair. Tout à coup un caillou valdingua qui portait au bout d'un cordon s'y nouant un bristol à grand format où l'on avait inscrit la communication qui suit: FOUS TON CAMP L AMI. m'intimidant par surcroît pour m'affaiblir dans ma mission. 27 1 272 Mais. dans l'importation du piano d'occasion) un abri qui m'avait paru sûr.. —Bon sang ! murmura mon for. avait. m'inclinant sur l'avocat mort. tapi. on l'avait froidi pour qu'il la bouclât. sur son avant-bras droit. J'avais un foutu trac. fronçant son sourcil. dit-il. satisfait. saluant. on avait craint qu'amolli par l'appât du gain. j'avais choisi pour cornac un rival ! J'avais du mal à savoir où j'allais. pour discourir à ton instar. qu'un fait croustillant. non loin du souk aux pianos (on sait mal qu'Ankara a un rang mondial. mis au but nonobstant un tir à collimation plutôt coton. au moins cinq ou six rapports croustillants dont on pourrait avoir un bon parti. Mais j'ignorais toujours la raison d'un courroux si fort. J'y vagissais. craignant à tout instant l'irruption d'un assassin. n'osai m'ouvoir. s'aidant d'un guidon à microvision. J'insinuai qu'il y avait à coup sûr dans l'amas d'instructions qu'il avait connu. mon fanal soit pourvu. Mais. l'importun signal blanc qui marquait tout individu du Clan ! Par un hasard malfaisant. du vrai dans son propos. J'arrivai alors à mon propos. fruit d'un plomb jailli du rigolo d'un gunman hors pair qui. tirant d'un balcon voisin. l'on ouït tout à coup un grand bruit . L'on connaît par ici plus d'un gars trop bavard qui n'a jamais fini sa. Il s'inclina. à coup sûr. crois-moi. blotti. avant La Paz. dans tout Ankara. Il fallut•la conjonction d'un hasard opportun s'ajoutant à un non moins opportun quiproquo pour qu'un jour plus tard. Mais il s'assombrit. —Il n'y a. j'ai vu qu'il portait lui aussi. avant Osaka. Au soir. bran- dissant un fanion à trois pans. J'avais choisi. J'ai cru d'abord qu'il s'agissait d'un pur hasard: l'avocat avait dû s'avilir dans un turbin pas joli-joli. A VA MAL FINIR POUR l'OI ! Un poinçon violin figurant un cagoulard à l'air plus arrogant qu'un Roi du Ku-Klux-Klan. car il s'abattit soudain: un impact octogonal striait son front. Il y avait. il n'allât l'ouvrir. l'on n'y fait jamais allusion. paraphait l'intrigant avis. Il m'apparaissait sans dubitation qu'on risquait gros à vouloir moisir à Ankara.

un tympanon. au paramont du Clan. Puis. dans un faux bourdon s'inspirant du plain-chant. pas un grain d'imagination dans tout ça. Or. Il y avait tout au bas. Pas du tout confiant dans la non-communication du larbin qui. par son humour. j'aimais son parfum local qui symbolisait pour moi un point d'articulation capital pour l'assimilation du Surmoi turc. l'octuor. . pour finir. sans avoir pour autant omis mon clac. Il s'agit d'un fait vrai.dans la cour. s'il m'avait tout dit. bloc colossal d'un granit tirant sur un lilas trop voyant. un fin sillon blafard s'inscrivant sur son avant-bras droit. sur nos salu•s. mais il n'y a pas un carat. disant avoir pris froid sur mon balcon tantôt. m'a plu. mais non sans un tas d'omissions. construction sans proportions. ayant pris mon clic. surtout. un soprano qui chantait. la maudissant à jamais. racontar qui aboutirait aussitôt à l'obligation pour moi d'accomplir la comptabilisation du tas d'abattis constituant mon mi273 gnon individu. non sans l'avoir ouï jusqu'au bout. UD Oratorio confus contant la Disparition d'un Roi blanc qui.. Nous connais- sons tous par ici un aan dont tout individu a. s'acharnant au mitan du Clan. un octuor plutôt incongru. à minuit. Il y a. j'ordonnai un garcon qui. jaillissait sur mon salut. j'accourus à mon balcon. occupant l'imposant parvis du Tribunal Civil.. quoiqu'il fût mort. J'ai dit qu'oui. L'on parla d'abord à bâtons rompus. du comptoir du coin. Mon garçon—rara avis— avait tout du naif. pouvait aussi affranchir tout quidam du rapport qu'il m'avait fait. sur ton salut. un rognon frit. d'a à z. un à un boulottait vingt-cinq vassaux. car la chanson m'amusait. ajoutant: —La Chanson du Roi Blanc. puisqu'on y voyait trois banjos. un roi disposant du total patrimonial. Il monta. instruit du sort qu'à coup sûr on m'allait garantir s'il m'attardait à partir. ma main s'agrippait sur un poignard au fond du mackintosh qu'un instant plus tôt j'avais saisi. Maîtrisant mon tracas. j'admirais son humour narquois quoiqu'abscons. Lançant vingt kurus aux baladins7 j'applaudissais fort. On bavarda un instant. un biniou. Puis il voulut savoir si ça m'avait plu. un tambour. malin quoiqu'obscur. Tandis qu'il discourait ainsi. du motif du courroux qui. j'assassinai l'inconsistant garçon. Mais j'avais tort. pour signal distinctif. ayant faim. un cor anglais. j'ai fui Ankara. m'apporta un pilaf au mouton. plus. Il m'informa. par son imagination ! —L'imagination ! s'indigna mon garçon. du raisin. car il s'affirmait pour moi qu'il s'agissait d'un gars maniant la provocation pour pouvoir un instant plus tard nous stourbir un coup fatal.

Durant six jours. Voulant lui offrir moult tours mondiaux. Nous avions un stock qui suffisait à nous nourrir un mois. à Tunis. 24 Qui. la dactylo du sacristain du bord. appris pas mal d'indications sur ta situation. Mais il n'y avait plus d'Amaury: on l'avait farci d'au moins dix-huit plombs alors qu'au saut du lit. mais n'y trouvant jamais ton nom. J'accourais à la maison d'Amaury Conson. j'y connus Yolanda. pour sa part. las. Son pyjama paraissait avoir bu tout son sang. j'abandonnai. l'on parvint. j'arrivais à Zurich. L'on s'aima. Ainsi. partout consultant d'importants bottins. il cuisinait son chocolat du matin. brûlant d'y bonnir tout mon savoir ankarais. chagrin. mais il fallait au moins trois jours d'un harassant parcours pour aboutir au puits 275 proximal où s'approvisionnait parfois l'hardi targui nomadisant par-ci par-là suivant la saison. tout n'alla pas trop mal. naviguant à bord du <• Commandant Crubovin ». disons quasi à alunir. s'arrondissant. à Casablanca.. au cours d'un vol transafricain—il y avait alors grosso modo un an qu'un municipal nous avait unis. l'on fit l'acquisition d'un avion surpuissant. L'on convola. comptant qu'il aurait. Puis.. Son cristallin avait l'air d'un calot dont sont friands tant d'oisifs galopins jouant au pot dans la cour du bahut.Trois jours plus tard. Dans la collision. j'allai poursuivant mon si lointain but. mais sans qu'on m'y donnât jamais un brin d'information. mon train cassa. Un jour. sur un piton pas plus grand qu'un mouchoir. tant il s'agissait d'un coin inhumain. au cap Matifou. j'avais tout appris sur l'alarmant sort qui nous poursuivait. un Transat qui joignait Toulon à La Guaira (port pour Caracas). s'affairant sur son gaz. s'ouvrant sur un mari morfondu. à Stockholm. Yolanda. au fm fond du Sahara marocain. mais j'ignorais toujours où tu vivais ! J'allai partout: à Ajaccio. à Joigny. fnit st r un frangin furibard Six mois durant. L'on . annonçait pour un jour prochain sa matrification— un soudain faux bond dans l'admission du carburant nous mit dans l'obligation d'aplanir au plus tôt. Un jour. partout hantant consulats ou commissariats. au lac Pontchartrain. non sans mal. à choir.

palliatifs suffisants. puis. au fort Mac-Mahon. ou Touat.chassa un dahu. par surcroit. car. La Badoit manqua. courir jusqu'aux puits. La conclusion s'imposa: il fallait partir. L'akvavit nous brûlait sans nous rafraichir. mais surtout distrait. du hussard donc donnant du rhum à l'Hidalgo trainard. l'inhumain Sahara vaut à qui s'y hardit moult tintouins qu'Yolanda n'aurait pu souffrir. au sud. pour l'avoir. un mandrin d'avant-clous sans pingouin ni astic. au nord. au fortin d'Ain-Taiba. tant approchait l'instant parturiant. comptant qu'un hasard miraculant m'offrirait au plus tôt son amical concours. au puits d'Ain-Chair. Grand Atlas. Djouf. vivant aux flancs du mont. j'avais un foutu pot. A coup sûr. On fit ainsi un divin gigot qui nous plut fort. ragaillardi. j'avisai un goum qui patrouillait. mais j'avais pour outils. un hoyau. l'insouciant dahu fait un soudain mi-tour. parcourant l'Hoggar. un ourdissoir à trusquin. au bordj d'Igli. à la Kasbah d'Arouan. a un corps si guingois qu'il suffit. il manquait la cloison du taraud. il m'aurait fallu. car. Las ! Trois fois las ! J'ignorais qu'à l'instant où l'adjudant qui commandait au goum m'offrait son quart d'aluminium à l'instar du hussard qu'Hugo quand il Parcourait à dada au soir d'un grand combat Un champ pua•t la Mort sur qui tombait la Nuit aimait parmi tous pour son poids imposant. j'allai. à l'oasis d'Ain-Aïachi. n'oyant pas sa supplication. mais surtout muni d'un attirail minimum m'autorisant à rapointir la vis à pas cycloïdal (ou plutôt cyclospiral) commandant mon circuit d'admission (au vrai. au moins. un faucillon. à In Salah. courant au trot. mais aussi pour son parfait sang-froid. Borkou. furibard. franchissant chotts taris ou monts glaciaux la nuit. Mais qu'il soit Hamada. d'offrir à son audition un gazouillis imitant l'irritant cbant du goura. mais qui. un taquoir. Puis la soif fit son apparition. choit au fond du vallon où l'on va sans mal l'ahurir. Lors. flairant. un harpin. pistant. muni d'un compas à cardan dont l'aimant sur pivot m'indiquait à tout instant sans faux-fuyant l'azimuth astral. la salaison nous lassait. I'abandon- nant à la Compassion du Tout-Puissant. Tassili. soit. un brunissoir à corbin ou un poinçon à gabarit. colombin qu'il n'a jamais pu souffrir. à Tindouf ou à Tombouctou. nourri. Iguidi. lors paumant son aplomb. rafraîchi. Surpris. mais . amusant animal s'appariant au faon. à qui. trois jours plus tard. fouillant l'horizon. un rossignol à siphon. Adrar. j'ignorais qu'alors Yolanda allait au plus mal ! Quand. à la fin. aboutir soit.

Lors. Rapointir la vis du pivot fut insuffisant. 278 Infortun survivant d'un divin convol. Donc. I1 nous souvint alors du vigilant avis dont la nonnain jadis nous avait fait don. broyant du noir. J'y mis trois jours.dont au moins l'appui-main paraissait intact). doit avoir un soin distinctif pour tout hôpital signalant l'apparition d'un quantum anormal d'avortons. il faut qu'on y ait toujours vu trop d'infants: on doit à foison y voir bi-. un attristant panorama s'offrit à moi: ayan• mis bas un instant plus tôt six bambins d'un coup. Mais. bricolant. dans mon for. mon papa qui voudrait ma mort. Yolanda gonisait. ou quadri-parturitions. la constatation qui suit: pour qu'il y ait dans mon clan tant d'instructions ayant trait à la transmission du capital familial. I1 fallut tout rabonnir. avant la propulsion du carburant dans son conduit d'admission. l'individu qui nous poursuit. du stuffing-box aux pistons. quand j'arrivai à mon avion. m'abolir d'un coup d'ourdissoir à frusquin. ayant pris l'air. abattu. Yolanda succomba. Qui dira l'infini chagrin qu'alors nous causa sa mort ? Qui dira mon affliction ? Mon mauvais arroi ? Vingt fois j'ai cru mourir aussi. mais à la fin ça marcha (alors qu'il fut vain à mon ami Casimir d'aboutir à la propulsion d'un hors-bord dont il croyait. m'offrir la fin qui s'imposait ! Mais il y avait nos six bambins. souffrant la mort. Or. du manchon aux patins. m'uicidant. puisqu'il a dit qu'il allait d'abord assouvir sa vindication sur nos fils. portant ma croix. du capot aux pignons. gravissant vingt golgothas. J'y ajoutai. Rugissant j'accourus d'un bond voulant au moins lui offrir la boisson qui la ragaillardirsit. puis l'abritai dans l'avion. la Marchal s'allumait toujours trop tôt. puisqu'un outil si contondant pouvait sans mal. tant m'accablait la disparition d'Yolanda. six gnards non fautifs s'intriguant pour l'instant dans six cordons ombilicaux. point par point. Un à un. garantir la fabrication). y risquant fort la mort par strangulation ou asphyxiation. s'implantant dans mon poitrail ainsi qu'un canif pour boyscout dans un livarot trop fait. vingt fois j'ai voulu. poussant un cri plaintif. J'abordai alors l'ardu tracas du circuit d'admission à rassainir: quoi qu'on fît. Ça m'apitoya. m'affairai à son ablution minimum. j'allai fonçant sur Agadir comptant offrir aux poupons un soin dont l'omission allait s'aggravant. j'affranchis mon sixain poupon du fil qui l'unissait au puits tari où il avait crû. m'abandonnant. morfondu. tri-.-si j'osais fournir six bambins d'un coup à . du volant aux boulons. sacrifiant nos infants.

incorporant du Latakia à du Virginy dans un rapport inconnu par tous. foui. tu as appris aujourd'hui qu'Haig fut fourni à Augustus à Arras. —Oui. Battant l'amadou. tu abandonnas Anton à Voyl. tabac au nom mondial dont Davidoff dira plus tard qu'il fut un absolu parangon. mais distinctif qui. donnant à chacun un papa adoptif. du Balkan Sobranvi. puis qu'Anton. aucun instant calmi si j'insistai dans l'union du sixain.l'hôpital d'Agadir. à Dublin. lotir un à un nos poupons. j'accomplis d'abord.. j'ai compris où nous allions aboutir: tu as pris pour surnom Tryphiodorus. puis. car l'insinuant produit puisait son goût parfait non aux constituants. il fabriquait donc. Alors. . s'annonçait à 279 l'avant-bras droit. tu abandonnas Haig à Augustus. La maman itou paraissait au plus mal. non sans avoir inscrit l'arabisant nom d'Ibn Abbou qu'aurait à partir dudit jour mon fils. suivant la chanson Am stram gram Pic ou Pic ou Coligram Bour ou Bour ou Ratatam Am stram gram j'ai pris du lot un bambin. placant son poupon dans un lit vacant. lui substituai mon poupard. Puis. Saisissant un tampon soumis à l'action d'un produit chloroformant. par un surcroît vigilant. lui aussi. dans un lit qu'occupait Lady d'Antrim. Laissant mon avion dans un hangar. fuyant. sur chacun. j'avisai qu'il n'y aurait pour moi aucun loisir. Il faisait nuit. mais tu n'as pas tout appris. à Agadir où j'arrivai d'abord. puis l'introduisis tans l'hôpital d'Agadir. Ouïs plutôt: Hassan Ibn Abbou lui aussi fut mon fils. la maman d'un-poupon moribond. Tu as compris. qui avait pour mari lord Horatio Voyl. tu t'habillas d'un sarrau blanc ainsi qu'un vagabond. à coup sûr la Vox Populi l'aussitôt saurait. blanchissant. Pour garantir à chacun son salut. j'allai sus aux cinq nids manquants. il fallait. fut par moi m'habillant sous l'incognito d'un soi-disant Tryphiodorus. L'occasion s'offrait. Il fabriquait pour Dunhill. sauf par lui.. j'avisai. lors accourrait mon barbu infanticidal ! Par surcroît. non sans maints tâton•... à l'instar du coucou pondant dans un nid voisin. I1 fut mon initial abandon. J'ai compris. mais à la proportion. magnat irlandais du tabac. montrant qu'à coup sûr mon sixain s'appariait au Clan maudit. m'aidant d'un trocart crypto-coagulant. l'ustion du signal minus. choisissant au hasard. murmura Amaury. j'avançai l'instant fatal qu'aurait connu la maman.

d'un Chatham ou d'un Norfolk. à Aramis qu'il a vu Mordaunt farcir à la navaja un Sanson qui avait. j'ai compris qu'il n'y aurait jamais aucun salut. par un judas oblong. Puis. voilà pourquoi on lui trouva pour substitut l'imparfait Squadron Four. m'ôtant ainsi la componction. un sanatorium: j'y fis mon apparition à la nuit. avait mis au jour un gnard plus laid qu'un pou qui paraissait lui aussi promis à la mort pour un tout prochain futur. d'un Richmond. oui.. marchai au hasard dans un long corridor blafard.. oui. l'inconnu canon dosant la fabrication du tabac. la star. aussi bon quoi. Lors. Anastasia. voilà pourquoi l'optimal Balkan Sobranyi a aujourd'hui quasi tout a fait disparu. N'ayant donc plus qu'un bambin à lotir—it was not a boy. j'ai choisi pour y accomplir mon abandon un sanatorium. but à girl—j'allai à l:)avos. il murmurait à son assistant. du rapport voulu. —A Davos. —Un sanatorium. j'avisai un lit obscur où vagissait. la star Anastasia. —Un sanatorium ! cria Amaury. dans un soupir final. mais l'incommunicatif 281 larbin d'Athos) quand il dit à d'Artagnan. oui. car nul. n'ayant plus qu'un poumon qui valait moins qu'un mou tant il fluxionnait. s'assommait. j'ai dit d'un ton plus lourd qu'un glas. tu saisiras à ton tour pourquoi. qui a sur son pakçon d'aluminium un blanc croquis quadrigonal. —Davos ? s'intrigua Amaury. plus qu'aux trois quarts tubar. à Davos.Las ! Trois ans plus tard. Mourant. aboutir à un tab•c aussi pur. —Oui. plus tard. la contrition d'un vrai assassinat. qu'à jamais nous poursuivrait la Damnation du Papa. puis tombait gaga. qu'un bourdon. d'un Portsmouth. du ton qu'a Grimaud (pas l'argousin. galopait.. aussi fin. à coup sûr. car l'avorton accompagna sa maman au paradis tandis qu'à mon bambin s'offrait un lit vacant ! . d'un Virginy palot qui n'a pas blondi sous l'azur d'un Airlington. lord Horatio Voyl. raccourci Milady sa maman au hachoir. Car—ô. vingt ans avant. Mais si tu sais ainsi l'adoption qui advint pour trois parmi six fils. l'attrition. Or. à Athos. fait d'un Latakia sinon tout à fait commun. du moins plutôt banal. quand lord Horatio fut mort. j'approchai du lit. chutait. j'avais pour souci d'au moins garantir par mon soin l'instruction d'un duo. mauvais hasard—.. a un goût dont on a raison d'amoindrir la qualification. mais la formulation qu'il donna sortait trop. •u n'as aucun savoir quant aux trois suivants. —Anastasia ! tituba Amaury dans un chuchotis plaintif. suivant son instruction. d'un Fairfax. granulait ou catarrhait. mais qui. à Porthos. n'a jamais pu. montant un poulain trop fringant. qu'auparavant.

on s'informa partout où l'on put. J'ai compris alors qu'autant à Ajaccio qu'à Oxford s'inaugurait l'action du Barbu. coupa Amaury. On battit bois puis buissons. nounous. nonobstant son air conscrit. dans la damnation qui frappait ainsi la population du parc lui ôtant son constituant virginal. au bout d'un long instant coi: Mais qu'advint-il. aucun rapport au Talion qui nous poursuivait nous. j'aurais pu agir pour nous garantir. Mais. Aussitôt l'amas d'infants. Wright. J'aspirai. dans un bar voisin m'offrir un jus d'ananas. 283 — Ainsi. Au bout d'un long instant où chacun paraissait ahuri. tu avais appris la mort d'Aignan ? J'opinai. on poursuivit. 282 J'accourus. pourquoi n'allas-tu pas à Oxford quand on l'y inhuma ? Tu m'y aurais vu. m'imaginant qu'on n'y courait aucun tracas. piaulant. moult vacations) qu'Aignan donc. j'allai. il avait alors vingt ans (caciquant à Ulm on l'assurait d'un brillant futur au CNRS ou à l'Institut où on lui offrait. Par surcroit. s'agglutina autour du gars qu'il suivit quand il partit au loin. trois jours plus tard. J'y vis mamans.. lors n'osait-on trop s'y approfondir. j'habitais alors Ajaccio. qui assistait à un symposium sur la pathovocalisation qu'organisait Ia fondation Martial Cantaral qui. plantons municipaux.—Quoi ? fit Amaury. . M'accordant aux avis qu'avait la plupart. quand tout à coup un cri horrifiant fracassa l'air. qu'on nous narra larmoyant. brigands rançonnants ou vagabonds pillards au mitan du maquis. voulut-il savoir. ayant soif. tu m'y aurais affranchi. grand. qu'il n'y avait. dit-il. voilà qui m'a fort surpris. tordant son mouchoir: On avait vu sortir du bois un individu maigrichon. ainsi Olga avait pour mari son frangin ! —Pour amant aussi ! —Fatalitas ! murmura Amaury. avait choisi pour chairman mon patron lord Gadsby V. La confusion trônait dans l'infantin jardin. non loin d'un bois. criaillant. soufflant dans un mirliton dont il tirait un air pimpant. —Mais. ton plus grand fils. j'appris par un journal qu'Aignan. j'aurais su qu'un papa fou nous pourchassait. on organisa l'inquisition. portant un calot biscornu. accompagnant mon duo bambinard dans un jardin public du faubourg. Mais un jour. s'abîmant dans un hurlant chagrin. du duo dont tu voulais garantir l'instruction ? —Durant cinq ans ça n'alla pas trop mal. avait disparu. j'ai cru d'abord qu'il s'agissait d'un hasard. on disait qu'il y avait moult bandits. On pourchassa. on farfouilla. y compris mon duo. au plus profond du bois. Un fait inouï avait fondu sur la population.. Mais tout fut vain. savourant. On patrouilla. puis.

Il m'annonça qu'on avait vu. Yvon. tu as choisi: n'allant pas à Oxford pour soi-disant garantir ton salut. l'horrifiant coup qui frappa mon sang ! J'aurais pu tout savoir. Mais. dont six fils sont morts. tournoya. aujourd'hui. toi. un barbu inconnu au symposium l'accompagnant: j'ai compris qu'à coup sûr. Puis j'obtins lord Gadsby V. on aurait dit qu'un aimant lui ôtait tout sursaut. Mais il s'y tapit au moins cinq ou six contradictions. Puis il bascula. Mais la voix du sang qui coula par ton forfait. va t'assaillir à ton tour ! A coup sûr il n'avait plus tout à fait sa raison. par ton oubli. disparut. •ais il n'arriva pas jusqu'à moi: il n'avait pas fait trois pas qu'il parut soudain agi par un pouvoir surhumain qui. il aurait fallu qu'avant la mort d'Amaury son fils ultimal. qui savais. Un long instant. par ma main. Douglas Haig Clifford.. aurait-on dit. J'abandonnai donc mon propos.—Mon plan initial fut. un jour avant la disparition d'Aignan. car il saisit un lourd attisoir. pour moi. aucun poids. conclut Arthur Wilburg Savorgnan. Or mon incognito m'apparaissait vital. grondant. aussi astu tout à fait raison dans ton postulat: mais alors. si j'assistais à l'inhumation. on l'a ravi dans un lointain jadis: tu aurais donc dû mourir ! —Tu dois avoir raison. tua au moins autant qu'assassina mon papa. tu as omis d'agrandir mon savoir quant à la vindication qui s'acharnait sur nous. —I know. usant non sans satisfaction d'un juron qu'il aimait parmi tous. dit Aloysius Swann. il m'allait voir. Amaury parut roidi. dit-il. Arthur Wilburg Savorgnan Qui •nit sur un blanc trop sign•ficatif —Voilà. soit d'abord aboli. Tu tins pour nul. dit Savorgnan.. d'accourir sur l'instant. tandis qu'avachi j'allais m'offrant un surcroit dormitif. n'as-tu pas ric à rac appris à la Squaw l'assassinat d'Yvon ? —Pour sûr. voulant amoindrir son assaut. ta narration nous fascina. mais toi. n'y attachant aucun prix. au vrai. s'il y a du vrai dans mon postulat. Puis. 284 A mon tour j'agrippai un pic. puis s'approcha. frissonna Arthur Wil- . Il poussa un cri horrifiant. il m'attaqua sur un ton qui augurait du vilain: —Ainsi. —Par Baour Lormian qui traduisit Ossian. la fin qu'Amaury Conson connut. n'as dit aucun mot: Ton omission. Wright par sans fil. Olga Clifford-Mavrokhordatos. Hassan Ibn Abbou sont morts ! Quant au duo dont tu t'occupas. admit Aloysius Swann. comptant m'ouvrir à toi par un canal plus sûr. l'at- tirait au fond du bassin à mazout. pour finir. pourquoi vis-tu toujours ? Anton Voyl.

. donc Toscan. Ottavio Ottaviani tirailla sur son bouc. —Oui. puis qu'il avait un jour pris un brigantin qui cinglait sur Livorno. I1 nous apprit à ravir coqs ou canards aux ploucs du coin. moi à un godillot qui m'instilla la vocation du flic. moi mon frangin. du moins tou)ours l'affirma-t-on. dit Arthur. suivant la loi qui s'inscrit dans nos romans. —Ainsi tu vis. soutint mordicus Ottavio Ottaviani. on nous kidnappa.Mon fils ! glapit Arthur Wilburg Savorgnan. t'assurant ainsi d'un futur plus long ! Mais non ! Yorick a disparu voici tantôt vingt-cinq ans. l'instruc- . A coup sûr la mort m'assaillira dans un prochain futur. si Yorick vit toujours ? Tu voudrais qu'il soit vivant. —Alas. mais plus tard. il y avait un bail qu'Yorick n'y habitait plus. car son papa adoptif. à Ajaccio: un grand maigrichon nous lanSa un sort. as-tu pour nom Ulrich ou Yorick ? —J'avais jadis pour nom Ulrich. au sortir d'un jardin public. natif d'Albinia. mon fils. un bandit du Molo nous attrapa moi mon frangin. Quand. —Allons donc ! fit Swann son patron. ricana Aloysius Swann. 289 —Pour qu'il y ait un point final.. J'ignorais où vivait Yorick. l'occasion s'offrit pour moi d'accomplir un boulot à Bonifacio. mon opinion vaut moins qu'un proutt. L'air contrit.burg Savorgnan. poor Yorick ! dit Savorgnan mouillant un cil. voici l'instant où tu dois discourir. jouir du panorama qui avait ravi son antan. nous savons tous l'important poids qu'aura ton discours ! Ottavio Ottaviani soupira. Mais Aloysius Swann n'avait pas l'air d'accord. —Papa ! chiala Ottavio Ottaviani lui sautant au cou.. dit Aloysius Swann. tandis qu'Ottaviani mon parrain s'installait lui à Bastia. —Voici.. lui tapotant l'acromion dans un sursaut d'amour papal. puis parla ainsi: J'avais trois ans quand. Puis il nous solda à bas prix. soupira Savorgnan. nous fascinant. avant sa mort. posant ainsi son point final sur la damnation qui ab ovo nous pou•suit.. —Mais dis-moi. nous attirant si fort qu'on s'attacha tous à son pas quand il partit au loin. continua Aloysius Swann. tu n'as pas subi la Loi du Talion. Ottavio Ottaviani. il faudrait d'abord qu'ici tout un chacun ait connu son fatum. J'ai pu savoir tout au plus qu'on lui avait appris l'art du tambour. —Mais. voulait. dix ans plus tard.. Mais qu'advint-il d'Yorick ? 290 —Il partit pour Bonifacio. Yorick à un forain ayant pour nom Gribaldi. Tu voudrais savoir. .

La paix. un tam- bour toscan. on la justifia par un faux bruit d'assassinat du duc Horatio. laissant là son shak ) à huit galons d'or. on dragua un canal. n'allait plus languir. l'arrogant trio manquait toujours. pourtant. gronda l'Adjudant. Folkoch. lundi vingthuit juin. moins d'un jour avant qu'on signalât sa disparition. fusils au poing. par un savant calcul. par surcroît lointain cousin du Major ! Puis. avait bu du schnaps dans un caboulot « Aux Conscrits » jouxtant l'abattoir municipal. morts ou vifs. On consigna la garnison. On mobilisa six bataillons. au plus tôt. La saison vous avait un air d'Oratorio. vingt-cinq ans. un gaillard du Palatinat. Bilan: nul. pas loin d'un par jour ! L'adjudant. Pitchu. Commandant la garnison. au bord du canal. la Croix. hussards 291 292 hors-la-loi qu'on accusa d'avoir trahi la Nation Wasqu'lham.tif rapport qu'a fait l'adjudant Pons sur la disparition d'Yorick Gribaldi: Wasqu'lham: Aujourd'hui. à court d'imagination. dissimulait mal son amour pour un dragon. laissait-on courir. nonobstant tout . caboulot dont la barmaid. L'adjudant Boutz fulmina: —Huit jours ! dit-il au caporal. La consignation faisant du tort aux marchands du coin. Il vit Rosa à son comptoir. on porta manquants trois conscrits du bataillon au clairon du matin. Oskar Glupf. s'habilla à l'instar d'un civil. pour voir au plus tôt l'obscur bar à soldats Tandis qu'un Schupo montait sa faction aux abords. —Z'iront tous à Biribi. mais. il lui parla. fronca du sourcil. On fouilla un train. qui ordonna qu'on fît tout pour saisir. Du Major furibond parvint un rapport ordonnant un black-out total. On induisit alors. La mort du Roi apaisait la population. On constata alors qu'un fantassin avait à son tour disparu: Ibrahim. chassait à l'horiwn tout conflit. La mobilisation. Il fit son rapport au major Glupf. trois galons. qu'un point commun unissait nos salopards: chacun. Worms. On promit vingt ducats à qui fournirait un jalon sûr: on n'obtint qu'un racontar qui n'aida pas du tout. Gribaldi Soit cinq fugitifs. sitôt qu'on aura mis la main sur nos lascars ! Mais. Rosa. il prit un bock qu'il paya d'un florin d'or. trois jours plus tard. au matin suivant. il s'attabla. par saint Stanislas.

jaloux. qu'on s'appuyait sur un on-dit gratuit. hussards ou spahis. dont Rosa. pas plus qu'Ibrahim. Gribaldi. Glupf s'avoua vaincu. On inculpa Rosa d'incitation à l'assassinat. qu'on a tous vus à ton bar ? Ou'as-tu fait la nuk où ils ont fui ? Mais Rosa niait tout. un dragon.son soin. Worms. —Worms ? Gribaldi ? Ibrahim ? Par mon Saint Patron ! Jamais vu ! Connais pas ! disait la barmaid sans foi ni loi. à fuir la garnison. Son soupcon pourtant. convaincant. soldats ou sous-offs. L'on compta six morts. nul n'aurait pu sortir sans qu'aussitôt il fût surpris. portait toujours sur la barmaid qui. Mais tout fut vain. mais jura qu'il aurait son tour. qu'un jour on allait voir qui commandait. lui assurait-on. qu'il n'y avait dans l'accusation aucun fait concluant. Mais où ? Un jour. montra son approbation. Alors Glupf convoqua Rosa au Tribunal. fantassins ou dragons. mais qu'on voulait à tout prix noircir son plaignant. agissant au profit d'un pays rival qui s'affairait à la provocation d'un conflit. brutal ! —Son nom ! Dis-nous son nom ! . on nous l'a dit ! —Moi ? Pas du tout ! J'ai un amant. 294 . Il sortit du Tribunal sifflotant un air martial. à la trahison. sous un motif inconsistant. —Où sont nos soldats disparus ? attaqua aussitôt l'avocat du Cornmandant. aucun point probant. il sonda son mur. donc. incitait.. Où sont Ibrahim. incitait. il ausculta son toit. —Tu fais la putain ! cria Glupf.. un commando attaquait au bazooka l'amical caboulot. par moult bravos bruyants. Huit jours plus tard. Aussi Glupf croyait-il qu'on s'obstinait à lui tapir son tas d'hussards dans l'assommoir où Rosa officiait. l'avocat qui plaidait pour Rosa montra au jury sur un ton strict. Mais. qu'il vous foutrait tout ca à Auschwitz sitôt qu'il aurait l'occasion. il fit ouvrir la canalisation d'un puisard dans la cour du bistrot. il n'avisa aucun fuyard. puis il visita son lit à baldaquin. dans son discours. mais Gribaldi n'y figurait pas. On acquitta Rosa sous l'acclamation du public qui. ni qu'aucun conscrit disparu. Mais six bataillons faisant un cordon tout autour du Canton.Opposition ! tonna un avocat.

. admit Aloysius Swann. —Nous allons voir s'il y a du vrai dans ma solution: d'abord. —Shut up you stupid ! gronda Aloysius Swann lui flanquant un coup sur l'occiput. alias Ulrich Savorgnan.—Voilà qui m'apparaIt fort clair. Ottaviani. tuons Ottavio Ottaviani. oignon dont on sait qu'Yorick Gribaldi avait fait l'acquisition un mois auparavant. on l'a trop vu ! —Mais pourquoi ? implora l'argousin obtus. puis lut. buvons. Bouffons choux. dit Orgon. n'avait pas compris. bijoux. souriant d un air narquois. finissant l'ambigu rapport. Voici. sanglotait Ottaviani. aurait-on dit. lui intima son patron. —Mais pourquoi n'aurait-il pas pu l'offrir à —Soit.. raclant son pharynx. tais-toi. —Pourquoi lit-il ? voulut savoir la Squaw qui. prit son inspiration. Mais j'ai plus convaincant. Ottavio Ottaviani qui croyait avoir l'air finaud s'il imitait son popa. ma conglobation: Supposons qu'Yorick soit mort. soit soumis à la vindication qui s'acharna sur son Clan ! —Subtil ! gloussa la Squaw. argua Arthur. puis il dormit sur un roc. d'où conclut-on qu'il soit mort ? rabâcha. soit aboli. Lisons plutôt la communication qu'on nous donna tantôt: Il ouvrit son sac. Arthur Wilburg Savorgnan. il suffit alors qu'Ottavio Ottaviani. sur un ton plutôt froid: Ondoyons un poupon. qu'Yorick ait clisparu. puis du mou. pour qu'aussitôt. à l'instar d'un ara balourd. du confit. —Tu saisiras dans un instant. I am too young ! —Allons. à mivoix. ab absurdo. Aloysius. poux. l'oignon parait insuffisant pour garantir la mort d'Yorick. du coco. 295 Ottavio Ottaviani. non point un grog: un punch. du whisky. —Nazi ! jura Ottavio. mais d'où conclut-on qu'il soit mort ? —Oui. du rhum. N'as-tu pas compris qu'à grands pas approchait la fin ? —Mais il n'y a aucun rapport. soit. suivant la Loi du Barbu.. fils d'Ubu. on y trouva un oignon. clit Aloysius Swann. d'où il sortit un pli manuscrit qu'il donna à Ottaviani. L'infini bruit du ru couvrit son . n'ayant plus aucun infant. s'adoucit la voix. un joli bijou rococo portant sur son cadran un tortil à baron s'incrustant d'arabisants guirlands d'or. —Mais pas du tout. —Inhumain ! brama Arthur. sjustant son lorgnon. lui dit. —Ouand on s'attaqua aux gravats jonchant la maison dont plus un mur n'avait d'aplomb. Il but du vin itou.

n'as-tu pas vu qu'il y avait ici un l'on sait quoi tout à fait fascinant ? —Ma foi non. ajouta Aloysius. à l'instar d'un Buck Mulligan paraissant au haut du limaçon psalmodiant un « Introibo ». —Alors. cachant mal son imbitation. S'affaissant. pour lui. ironisa Swann. fugitif. Ottaviani gonflait. —Mirobolant. —Qu'y a-t-il ? clama-t-on partout. —Quoi ! scandalisa Aloysius. L'on ouït un bruit concis. Un opossum court. dit Savorgnan. Où vont-ils ? L'ours rompit son cou. Royal. I1 s'agitait sur son pouf. Soudain la Squaw poussa un cri plaintif. —Dis-donc.son. —Hum. —Ottaviani ! Ottaviani ! criait la Squaw d'un ton suraigu. rubicond. —Mais voyons. on a•it a• ta2•ant compris •'il •nirait la narration —Pardon ? fit tout un chacun. n'arrivant pas. confirma Savorgnan. I1 la lut. —Quoi ? insista Aloysius Swann. aurait-on dit. Un lis croît sur un mur: voici qu'il couvrit orillons ou goulots du cruchon ou du pOt pur stuc Ubu pond son poids d'or. Ottaviani... Ottavio Ottaviani murmura d'un ton mourant: —Mais il n'y a pas non plus d' Dont. il n'y a qu'un « y •: dans « Whisky » ! 296 —Confondant ! Saisissant ! Inouï ! Ottaviani voulut ravoir la communication.. lui. un brin crissant. tout à fait fascinant. On aurait dit qu'il n'avait pas compris quand il avait lu d'abord. mais tu dis vrai ! fit Savorgnan. à mi- voix. I1 suait. Un lion riquiqui sortit pour voir un dingo. avoua Savorgnan. ahanant. I1 transpirait. Il souffrit. Cramoisi. à •oup sd•. Un condor prit son vol. dis-nous si tu saisis ? Ottaviani paraissait souffrir. un « plof » ou plutôt un « ploc ». Savorgnan la lui donna. dit-il tout à trac. avoir vu. il n'y a pas un « a » dans tout ça ! —Nom d'un Toutou. un brin agaçant. Savorgnan. —Par surcroît. il avait l'air d'un ballon qu'on fournit aux bambins . arrachant l'adroit manuscrit à Ottaviani. mais si fin qu'on l'oublia aussitôt. à saisir l'Omis qu'Ot•avio Ottaviani paraissait. —Fascinant. Un loup fuit. dit la Squaw. dodo du poupon du fils d'Orgon fils d'Ubu. dodu. Nous irons sous un pont où nous pourrons promouvoir un dodo.

dans un Rougon-Macquart (mais pas l'Assommoir. il pourrait y avoir dans un bois où tu irais flânant par pur plaisir.. Puis. dans un fracas plus assourdissant qu'un avion Dassault franchissant à Mach III son mur du son dans un Bang-Bang dont pâtit plus d'un miroir au sol. ou. tout à son tracas. Puis. Un dispositif subtil agirait à l'instant où. L'on pourrait aussi. son proconsul.du jardin du Palais-Royal ou du parc Montsouris. ayant soif. riant. fait choir sur Hanoï. à la fin. —Tu l'aurais pu saisir: mon nom n'a-t-il pas pour signification « un blanc cygnal » ? —Mais. Aloysius.Disons qu'on fut toujours son loyal bras droit. I'on connalt au moins cinq actions ayant pour fin ta mort: L'on pourrait ainsi. ainsi qu'un symposium dauphinois l'affirma sans faux-fuyant. Il sanglotait. la scission. pourrait-on au moins savoir la façon dont s'ourdira ma mort ? Car. poursuivit Savorgnan. pas un bouton. accomplir sur ton corps l'amputation. fruit assassin qu'un Lyndon B. paraissait l'avoir surpris. l'omission ou la division d'un constituant vital: ton attribut viril. s'aidant d'un cordon nodal. ton tarin. mais un tas rabougri. qu'on aurait pris pour du talc. la mutilation. puis. pour sûr. tu ouvrirais l'ananas. ou plutôt un ananas. La mort. Puis. l'ablation. tant il apparaissait blanc. —J'ignorais. coup sur coup. un nid dont on aurait soumis l'oisillon s'y nichant à l'ac- . I'on pourrait donc t'offrir un fruit dissimulant un obus: un citron. profitant d'un instant où tu irais t'absorbant dans un Zola. son commis.. puisqu'ainsi voici sonnant pour moi l'instant final. l'abscission. tout à coup. par un biais plus divagant. faisant fi du droit supranational. Ou. qu'ayant su vivant il avait vu s'abolir. disons plutôt Nana). du duo filial qu'il avait d'abord cru disparu à jamais. tapi dans un if ou dans un sapin. d'abord. à coup sûr. provoquant ainsi ta disparition. nuit sur nuit.. Ottavio Ottaviani conflagra. on vit qu'Ottavio Ottaviani avait disparu: pas un os. pas plus gros qu'un 299 involutif charbon produit par la combustion d'un cigarillo. Arthur Wilburg Savorgnan s'accablait.. tu agissais au profit du Barbu ? . la castration. quand tout fut fini. l'incision. ton imagination t'a fourni maints biais subtils ! —Oh là là. action qui aurait pour conclusion ta mort au bout d'un an au plus. Johnson jour sur jour. fit. statufiant. par un tour pIus symbolisant. ainsi qu'un baudruchon lâchant son gaz sous l'action d'un dard l'incisant. il dit: Si j'ai compris. un cantaloup.

alors qu'il aurait dû accomplir un « Takamoku Kakari ». mis au sol un gros bonbon à l'anis. à la fin du match. au fur qu'il poursuit. soudain. l'indication d'un courroux. par-ci. qu'ambigus faux-fuyants laissant toujours dans un troublant clair-obscur l'ambition qui animait la main du scribouillard. Ou alors. non loin du strapontin qu'on t'alloua. pour toi. Kaku Takagawa ouvrirait par un « Moku hadzushi ». on pourrait agir ainsi: tu irais à un gala nippon. Tu y bondis. pour finir. puisqu'il y a un instant. t'assoupirais-tu. gourmand. audit instant. tu vas au hasard. t'aidant d'un flou synopsis. tu vas dans un jardin admirant maints nus magistraux. Ou. finit par s'offrir un bon roupillon. non d'un « furin » mais d'un « Naka yotsu ». pour adoucir la disproportion. mâchonnant paturins ou myosotis. Aussi. à partir du maudit instant où il s'attaqua au susdit bouquin. son opposant s'absorbant dans un « Ji dori Go » aussi maladroit qu'improductif. soumis par Pavlov à un stimulus salivant non suivi d'un brimborion nutritif. quand. mais disposant. à saisir. car on sait ton goût pour l'art subtil du Go. mais sans jamais aboutir à un savoir satisfaisant. il poursuivrait par un « Ozaru » (ou Coup du Grand Babouin). un mot. qui saurait t'affranchir quant à la signification du fait qui s'accomplit. on poursuivrait par un Nô. par surcroît. puis. son « arousal ». sur ton sinciput. tu suivrais un instant. Ainsi. Lors pourrions-nous t'abolir sans mal. un bruit. au bout d'un subtil « Oi Otoshi ». Il y aurait pour ton grand plaisir. à l'instar d'un individu qui. un « Kan Shu » . Il nous suffirait alors d'avoir sous la main un cric pour qu'à . un naïf affrontant dans un match amical un champion. croirait à tout instant qu'on va lui fournir la solution dont il souhaitait la confirmation. poli. d'un fort handicap.tion d'un produit radioactif (un noyau d'uranium produisant par fission un fort rayon gamma). j'ai dit qu'il y avait cinq façons pour nous d'aboutir à nos fins. qu'un Girardon ou un Coustou. aussi long qu'ardu à saisir. dont on sait ton goût pour. t'irradiant dans la proportion maxima. I'actif nid qui illico t'assoupit à jamais. lisant un roman. t'obstinant. par-là. L'on aurait. choit du haut du sapin. un Gimond ou surtout un Rodin jadis sculpta. il vaincrait par « Naka oshi gatchi » sous l'acclamation du public conquis. Tu vcudrais d'abord partir. à l'instar du toutou qui. un clin. mais. mais. à la fin. alors qu'il n'y a. d'un fol amour. Mais. sinon un « Kudan » Kaku Takagawa. batifolant. d'un chagrin. nous pourrions t'assaillir alors qu'oisif. las d'avoir trop voulu saisir. tu vois l'attirant bonbon. tu t'aplatis au sol pour gloutir tout son saoul. inhibant au maximum l'insinuant circuit cortico-subcortico-cortical qui contrôlait son activation.

un instant opportun, la radiation du boulon donnant au bloc colossal son aplomb provoquât ton annulation. —Nul n'a jamais dit qu'Arthur Wilburg Savorgnan n'avait pas d'humour, dit aussitôt Arthur Wilburg Savorgnan. J'applaudis donc à ton final sursaut d'imaginat.on. Mais au cas où tu voudrais mon avis, j'irais t'avouant mal voir la façon dont tu pourrais, ici, à l'instant, hic & nunc, m'obscurcir. Car, soyons stricts: il n'y a ici ni ananas conflagrant, ni cordon nodal, ni oisillon radioactif, ni gala japonais, ni Rodin basculant ! —Nous goûtons fort ton subtil distinguo, dit, glacial, Aloysius Swann. Mais j'ai sur moi un outil qui vaudra tout ça ! Il sortit son Smith-Corona. D'un trait, il raya Arthur Wilburg Savorgnan qui s'affaissa, mort. —Voilà, dit la Squaw, ils sont tous morts. L'on n'aurait pas cru. A la fin, ça vous avait un air Much ado about nothing plutôt irritant, ou du moins attristant. —Qui va piano va sano, sourit Aloysius Swann. Ils sont tous morts. Donnons à tous l'absolution. Prions pour qu'à son tour chacun icibas soit blanchi. Car, s'ils ont tous commis maints forfaits, au moins chacun nous a-t-il fourni sa collaboration. L'on connaît plus d'un protagon à qui l'on n'aurait pas ainsi imparti un canon si contrai-

gnant. Or chacun l'a subi jusqu'au bout... —Tais-toi, murmura la Squaw, you talk too much... Aloysius Swann rougit. 303 304 tion, —Ainsi donc, dit la Squaw, voici sonnant l'instant du Finis Coronat Opus • Voici la fin du roman ? Voici son point final ? Oui, affirma Aloysius Swann, voici parcouru jusqu'au bout, jusqu'au fin mot, l'insinuant circuit labyrinthal où nous marchions d'un pas somnambulant. Chacun, parmi nous, oflrit sa contribution, sa participation. Chacun, s'avançant plus loin dans l'obscur du non-dit, a ourdi jusqu'à sa saturation, la configuration d'un discours qui, au fur qu'il grandissait, n'abolissait l'hasard du jadis qu'au prix d'un futur apparaissant sans solution, à l'instar d'un fanal n'illuminant qu'un trop court instant la portion d'un parcours, lors n'offrant au fuyard qu'un jalon minimal, fil d'Ariana toujours rompu, n'autorisant qu'un pas à la fois. Franz Kafka l'a dit avant nous: il y a un but, mais il n'y a aucun parcours; nous nommons parcours nos dubitations. Nous avancions pourtant, nous nous rapprochions à tout instant du point final, car il fallait qu'il y ait un point final. Parfois, nous avons cru

savoir: il y avait toujours un « ca » pour garantir un « Quoi ? », un a jadis •, un « aujourd'hui •, un « toujours », justifiant un « Quand ? », un « car » donnant la raison d'un « Pourquoi ? ». Mais sous nos solutions transparaissait toujours l'illusion d'un savoir total qui n'appartint jamais à aucun parmi nous, ni aux protagons, ni au scrivain, ni à moi qui fus son loyal proconsul, nous condamnant ainsi à discourir sans fin, nourrissant la narration, ourdissant son fil idiot, grossissant son vain charabla, sans jamais aboutir à l'insultant point cardinal, l'horizon, l'infini o• tout paraissait s'unir, où paraissait s'offrir la solumais nous approchant, d'un pas, d'un micron, d'un angstrom, du fatal instant, où, n'ayant plus pour nous l'ambigu concours d'un discours qui, tout à la fois, nous unissait, nous constituait, nous trahissait, la mort, la mort aux doigts d'airain, la mort aux doigts gourds, la mort où va s'abîmant l'inscription la mort qui, à jamais, garantit l'immaculation d'un Album qu'un histrion un jour a cru pouvoir noircir, la mort nous a dit la fin du roman. Post-Scriptum Sur l'ambt•on •i, to•t at• long d• fatigant roman qu'on a, souhaitons-nous"• sans trop d'omissions, sons, I'ambit•on, lonc, qui g•ila la main dJ• scriv•in

L'ambition du «Scriptor», son pro pos, disons son souci, son souci cons tant, fut d'abord d'aboutir à un pro duit aussi origir.al qu'instructif, à un produit qui aurait, qui pourrait avoir un pouvoir stimulant sur la construction, la narration, I'affabulation, I'action, disons, d'un mot, sur la façon du roman d'aujourd'hui. Alors qu'il avait surtout, jusqu'alors, discouru sur sa situation, son moi, son autour social, son adaptation ou son inadaptation, son goût pour la consommation allant, avait-on dit, jusqu'à la chosification, il voulut, s'inspirant d'un support doctrinal au goût du jour qui affirmait l'absolu primat du signifiant, approfondir l'outil qu'il avait à sa disposition, outil qu'il utilisait jusqu'alors sans trop souffrir, non pas tant qu'il voulût amoindrir la contradiction frappant la scription, ni qu'il l'ignorât tout à fait, mais plutôt qu'il croyait pouvoir s'accomplir au mitan d'un acquis normatif admis par la plupart, acquis qui, pour lui, constituait alors, non un poids mort, non un carcan inhibant, mais, grosso modo, un support stimulant.

pour l'automatisation. D'où vint l'obligation d'approfondir ? Plus d'un fait, à coup sûr, la motiva, mais signalons surtout qu'il s'agit d'un hasard, car, au fait, tout partit, tout sortit d'un pari, d'un a priori dont on doutait fort qu'il pût un jour s'ouvrir sur un travail positif. Puis son propos lui parut amusant, sans plus; il continua. Il y trouva alors tant d'abords fascinants qu'il s'y absorba jusqu'au fond, abandonnant tout à fait moult travaux parfois pas loin d'aboutir. Ainsi naquit, mot à mot, noir sur blanc, surgissant d'un canon d'autant plus ardu qu'il apparalt d'abord insignifiant pour qui lit sans savoir la solution, un roman qui, pour biscornu qu'il fût, illico lui parut plutôt satisfaisant: D'abord, lui qui n'avait pas pour un carat d'inspiration (il n'y croyait pas, par surcroît, à l'inspiration !) il s'y montrait au moins aussi imaginatif qu'un Ponson ou qu'un Paulhan; puis, surtout, il y assouvissait, jusqu'à plus soif, un instinct aussi constant qu'infantin (ou qu'infantil): son goût, son amour, sa passion pour l'accumulation, pour la saturation, pour l'imitation, pour la citation, pour la traduction, Puis, plus tard, s'assurant dans son propos, il donna à sa narration un tour symbolisant qui, suivant d'abord pas à pas la filiation du roman puis pour finir la constituant, divulguait, sans jamais la trahir tout à fait, la Loi qui l'inspirait, Loi dont il tirait, parfois non sans friction, parfois non sans mauvais goût, mais parfois aussi non sans humour, non sans brio, un filon fort productif, stimulant au p!us haut point l'innovation. Il comprit alors qu'à l'instar d'un Frank Lloyd Wright construisant sa maison, il faconnait, mutatis mutandis, un produit prototypal qui, s'affranchissant du parangon trop admis qui commandait l'articulation, l'organisation, l'imagination du roman français d'aujourd'hui, abandonnant à tout jamais la psychologisation qui s'alliant à la moralisation constituait pour la plupart l'arc-boutant du bon goût national, ouvrait sur un pouvoir mal connu, un pouvoir dont on avait fait fi, mais qui, pour lui, mimait, simulait, honorait la traditioh qui avait fait un Gargantua, un Tristram Shandy, un Ma-

à la formation d'un puissant courant abrasif qui. l'innovant pouvoir d'un attirail narratif qu'on croyait aboli ! --------------------------------------------fin du roman sans aucune lettre E. Les innombrables mariages que les voyelles ont contractés avec d'autres sons n'ont pour moi plus de secrets. je m'aperçois que j'attends toujours. il collaborait. Principalement intéressé par les voyelles qui sont comme les éléments purs. sans pouvoir nourrir l'illusion d'aboutir un jour à un produit s'y approchant par la jubilation. J'ai étudié les phonèmes de toutes langues du monde. passées et présentes. lui parut-il pourvoir à moult obligations: d'abord. ou— pourquoi pas ? — un Bifur ou un Fourbis. le sifflement de l'I. par . et se prononcera avec tout le souffle de l'homme. pourrait. par l'incisif plaisir du bon mot. par l'attrait du narquois. dans un prochain futur. presque au terme de ma tarrière. critiquant ab ovo l'improductif substratum bon pour un Troyat. n'avait-il pas dit jadis: a L'on n'inscrit pas pour assombrir la population » ? ). dont il s'affirmait l'obscur famulus. les cel lules primitives du langage. du Figaro ou du Pavillon Massa. un Locus Solus. surtout. disons pour un godillot du Ouai Conti. du paradoxal. le hululement de l'U. rouvrir au roman l'inspirant savoir. il participait.thias Sandorf. le bêlement de l'E. bouquins pour qui il avait toujours rugi son admiration. qui dénouera tous les proglèmes. du stravagant. un Blondin ou un Cau. les ronflements de l'O. ravivant l'insinuant rapport fondant la signification. son travail. Métagraphes (citations) « La voyelle inconnue ». la Voyelle qui est à la fois le commencement et la fin. j'ai écouté à travers les âges le rugissement de l'A. un Mauriac. Et cependant. pour confus qu'il soit dans son abord initial. mais. que je pressens toujours la Voyelle inconnue. par l'humour biscornu. j'ai suivi les sons vocaliques dans leurs voyages séculaires. Ainsi. par l'affabulation allant toujours trop loin. la Voyelle des Voyelles qui les contiendra toutes. mais aussi il s'amusait (Ramun Quayno. il produisait un « vrai » roman.

I'hiéroglyphe mystérieux. le hurlement de la faim.une distension géante des mâchoires. Ouand je l'aurai trouvée. soit par ceux-là memes qui ont intéret 2 notre ignorance. De Maistre Les soirées de Saint-Pétersbourg (cité par Flaubert: Brouillons de Bouvard. ne nous arrivent qu'incomplets et faussés. il Si l'on avait un dictionnaire des langues sauvages.DEEST. le râle de la mort. E. retrouvons la lettre perdue ou le signe effacé. SED LEGE.MEREPERENTE. le gémissement de l'amour. —rien que la NOYELLE INCONNUE ! Jean Tardieu Un mot pour un autre L'alphabet magique. comme si elle coulait réunir en un seul cri le bâillement de l'ennui. et son vocabulaire s'appauvrit sans cesse parce qu'après chaque décès on supprime quelques mots en signe de deuil. we will not waste a vowel. et quand même nous ne les trouverions pas. cité par Geneviève Bollème) Chez les Papous. Sade Even for a word. on y trouverait des restes évidents d'une langue antérieure en résulterait seulement que la dégradation est arrivée au point d'effacer ces derniers restes. LEGEMQVe TENERE NPCESSE EST ? SPESCERTENEC MENS. ET ECCE EVEN NENTEMVE GREGENVE TlNFI•1UL PERLEG•. chaque tribu a sa langue. recomposons la gamme dissonante et nous prendrons force dans le monde des esprits. Baron Géographie (cité par Roland Barthes: Critique et Vérité) Ce n'est que dans l'instant du silence des lois qu'éclatent les grandes actions. . Poésie involontaire et •o•sie intentionnelle) E SERVeN LEX EST. le langage est très pauvre. NEC ME RES EDERE RERE LEVES Lord Holand Eve's Legend parlée par un peuple éclairé. la création s'enbloutira elle-même et il ne restera plus rien. soit par le temps. Gérard de Nerval (cité par Paul Eluard.

Proverbe anglo-indien .

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