L’analyse du discours conversationnel 1) La définition du discours

Le mot « discours » a plusieurs significations. Le trésor de la langue française informatisé1 donne la suivante définition : « développement oratoire sur un thème déterminé, conduit d’une manière méthodique, adressé à un auditoire ». La problématique du discours a été étudiée par nombreux linguistes. Mariana Tuţescu2 définit le discours comme : « le concept clé de la linguistique discursive et textuelle, dernière née des sciences du langage. Ce concept entraîne une perspective interdisciplinaire des faits de langue, où logique, sociologie, psychologie, philosophie du langage, théorie de la communication se rejoignent pour se compléter réciproquement. ». Toujours Mariana Tuţescu3 présente le discours du point de vue de E. Benveniste vue comme : « toute énonciation supposant un locuteur et un auditeur et chez le premier l’intention d’influencer l’autre en quelque manière » et aussi l’acception du discours pour Z. Harris et les tenants de son école. Il est défini comme une unité transphrastique, l’ensemble des règles d’enchaînement des suites de phrases composant un énoncé. Ousmane Barry4 présente dans son article « Les outils théoriques en analyse du discours » l’opinion du L. Guespin, a propos du discours : « c’est ce qui s’oppose à l’énoncé ; c’est-à-dire que l’énoncé c’est la suite des phrases émises entre deux blancs sémantiques, deux arrêts de la communication ; le discours c’est l’énoncé considéré du point de vue du mécanisme discursif qui le conditionne ». Toujours Ousmane présente l’opinion du Michel Arrivé concernant le discours : « le discours peut être conçu comme une extension de la linguistique ou comme symptôme d’une difficulté interne de la linguistique (particulièrement dans le domaine du sens), rendant nécessaire le recours à d’autres disciplines ». Selon Dominique Maingueneau
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« tout discours peut-être défini

comme un ensemble de stratégies d’un sujet dont le produit sera une conversation
http://atilf.atilf.fr/tlf.htm Tuţescu, Mariana, L’Argumentation, Introduction à l’étude du discours, editura Universitatii Bucuresti, 2005, p 50 3 Tuţescu, Mariana, Précis de sémantique française, EDP, Bucuresti, 1974, p.23. 4 http://laseldi.univfcomte.fr/utilisateur/abarry/f_activite.htm
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http://pagesperso-orange.fr/dominique.maingueneau/conclusion2.html#_ftnref1

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caractérisée par des acteurs. mais avec le temps une nouvelle acception s’est précisée : le discours est non seulement une unité de rang supérieur mais aussi un texte considéré du point de vue des conditions dans lesquelles il est produit. référentiel ou direct. il s’opère » Teodora Cristea 6 présente au moins deux acceptions du terme du discours. des objets. Teodora. la prédiction. indirect libre. Le fonctionnement réel du discours (l’activité discursive) ne peut pas être compris sans faire appel à des notions telles que deixis et connotation. des propriétés. Il englobe plusieurs acceptations et une variabilité de discours : discours politique. L’explication (le discours explicatif) est basée sur l’acte d’expliquer ou de faire comprendre quelque chose à quelqu’un. temps et lieu de la communication. 2) Les types du discours Mariana Tutescu7 identifie les types textuels suivantes du discours prenant pour point de départ la typologie du Jean-Michel Adam : le récit. subjectif. Par exemple le discours didactique et le discours scientifique appartiennent au discours explicatif. l’injonction. la description. l’argumentation. la conversation et le dialogue. Grammaire structurale du français contemporain. EDP. p. du point de vue des rapports qui s’établissent entre le sujet d’énonciation et l’énoncé. 451 7 http://ebooks. La description (le discours descriptif) est en rapport avec le discours lexicographique et la compétence lexicale des usagers de la langue. l’explication. narratif ou objectif. poétique. explicatif.unibuc. Pour devenir récit.ro/lls/MarianaTutescu-Argumentation/index. puisque et car. le discours figuratif. Ce type du discours est marqué par les connecteurs parce que. Une première acception fait de ce terme un synonyme de « texte ». scientifique. 1979. indirect. Bucuresti. On peut conclure que le discours n’est pas une notion stable. Le deixis désigne l’ensemble des éléments de référence à la situation communicative : pôles de la communication (locuteur et interlocuteur). Le récit (le discours narratif) se manifeste par une suite ordonnée et cohérente se séquences textuelles narratives. des événements sur lesquels. 6 Cristea.htm 2 . didactique ou argumentatif. il est nécessaire qu’un événement contienne au moins deux propositions temporellement ordonnées et formant une histoire.

Ce type du discours est l’objet de l’analyse conversationnelle. publicitaire etc. Ce type du discours se matérialise dans l’interview. la prose poétique. le débat. le dialogue.les constituants conversationnels décrivent ce que font les locuteurs (ou énonciateur) . l’horoscope. L’injonction est basée sur l’acte d’ordonner. le destinataire du discours.-M Adam le poème. la chanson mais aussi le proverbe. l’entretien et le face-à-face. le caractère dialogal de la situation. fait qui entraîne la clôture ou la poursuite du constituant en question . Ce type de discours est utilisé surtout dans la recette de cuisine. à chaque intervention est associée une fonction illocutoire . Le dialogue est le type du discours qui demande au moins deux énonciateurs qui occupent successivement.l’interprétation pragmatique des constituants conversationnels est fonction de leur complétude/vs/ incomplétude. . .l’interprétation pragmatique des constituants conversationnels est fonction des actes d’argumentation réalisés par les constituants internes aux interventions des locuteurs . La prédiction est basée sur l’acte de prédiction c’est-à-dire quelque chose qui va ou doit se produire. le bulletin météorologique. le mode d’emploi. l’énonciateur doit avoir une conduite verbale en mesure de confirmer. 3) Opinions concernant l’analyse du discours 3 . le slogan. la locution. ce type est associé à la fonction interactive . le dicton.l’interprétation d’un énoncé en conversation est fonction de sa place dans la structure conversationnelle résultant les notions d’interventions initiatives/vs/ réactives. les consignes en général. juridique. de persuader l’interlocuteur. L’école suisse a parlé pour la première fois de l’analyse de discours. Dans l’acte dialogal. le rôle de destinataire. . La conversation et le dialogue englobent le type du discours conversationnel. Mariana Tutescu parle dans « L’argumentation » des principales hypothèses de la pragmatique conversationnelle : . politique. Le discours figuratif englobe selon J. d’inciter à faire quelque chose. Ce type de discours apparaît surtout dans le discours de propagande. par les autres participants. les transactions. Par exemple les prophéties.L’argumentation est basée sur l’acte de convaincre. d’acte directeur/vs/subordonné. la notice de montage.

tandis que le discours scientifique s’inscrira dans le discours polémique. Ecrits. Communications) et est dirigé par Simone Bonnafous. A son tour. F. . linguistique. L’institution dont l’objet central des recherches est l’analyse du discours s’appelle CEDITEC (Centre d’Etude des Discours. Textes.toute analyse du discours tient compte de la langue en tant qu’objet construit du linguiste et des langues particulières en tant que situées dans un espace-temps . contre une syntaxe logique universelle. . souvent hétérogènes.5 Ibidem. historique.elle propose des interprétations qu’elle construit en tenant compte des données de langue et d’histoire.toute analyse du discours a une relation double aux héritages descriptifs des langues. CAD. 8 9 Mazière. Elle prend en compte la grammaire. avec la défense du syntagme « analyse du (et non de/des) discours ». Il parle aussi des types du discours. 2005. Francine.Francine Mazière8 énumère quelques principes concernant l’analyse du discours : . Mazière dit que l’analyse « harrissienne » en analyse du discours emprunte bien à Harris la segmentation et les transformations. politique et philosophique . Textuelle visée par Harris pour l’analyse du sens. l’École Française. mais aussi en refusant de poser à la source de l’énoncer un sujet énonciateur individuel qui serait « maître chez lui ». Les recherches s’organisent selon trois axes 9: « les instruments pour une recherche interdisciplinaire ». p. L’analyse du discours a voulu imposer le discours comme concept. contre les discours. PUF.99 4 . Images. selon un savoir assumé.elle configure les énoncés à analyser en corpus construits. p. . Il existe plusieurs centres spécialisés qui parlent de l’analyse du discours. « communication et discours politique et social » et « la construction des savoirs : genres de discours et institutions ». les syntaxes et vocabulaires de langues particulières. le discours didactique pourra être de type philosophique ou rhétorique. Parmi eux: CEDITEC. en prenant en compte les capacités linguistiques réflexives des sujets parlants. Mais toute l’histoire de l’analyse du discours montre qu’elle lâche la structure. CEDISCOR. L’analyse du discours. En fonctions de finalités ou de types de communication on oppose le discours didactique au discours polémique.

en outre. pratique une analyse sémiotique des discours sociaux en convoquant les sciences du langage. la psychosociologie. p. Le centre s’intéresse à l’analyse de discours en fonction d’expertise face à des demandes sociales fort diverses : processus de négociations en entreprise. L’École s’appui sur les recherches de lexicologie menées dans les années 60 par J. rhétoriques pris comme outils de l’analyse. amélioration de collections scientifique éditées dans différentes langues. les sciences de l’information et de la communication. argumentatif. constitue une excellente base de travail pour les recherches du CEDITEC. L’auteur montre que les sciences humaines et sociales ne peuvent pas décrire et interpréter le monde parce que chaque discipline enrichit son point de vue de celui de l’autre. Mazière observe que l’analyse du discours de Charaudeau est interventionniste sur la scène politico-sociale.Ce centre confie systématiquement la responsabilité de chaque axe de recherche à un spécialiste des sciences du langage et à un spécialiste des sciences de la communication. Dubois et par L. D’où sa revendication d’un domaine spécifique pour l’analyse du discours. Un autre centre s’appelle le CAD (Centre d’Analyse du Discours) de l’Université Paris XIII fonde et dirige par P. L’analyse du discours est présentée comme un lieu fédérateur 10: « L’analyse du discours. Il axe ses recherches en analyse du discours à la fois sur les occurrences de discours produits dans des espaces institutionnels et sur les concepts linguistique. Il y a aussi l’École Française qui étudie l’analyse du discours. Charaudeau. 10 Ibidem. elle mobilise des chercheurs venus d’horions différents des sciences humaines et sociales qui sont constamment confrontes à la question du langage. Guilbert à partir de la problématique de Harris. crée en 1989 à l’Université de la Sorbonne Nouvelle Paris III sur un projet de Sophie Moirand.101 5 . signalement de la maltraitance de l’enfant et son traitement institutionnel par exemple. apparue dans les années 1960. Comme il s’agit d’une discipline récente. Grâce à cela l’approche est par essence pluridisciplinaire ou transdisciplinaire. » Il y a en second lieu le CEDISCOR (Centre de Recherche sur les discours ordinaires et spécialisés). Toujours F. elle s’accompagne inévitablement d’une réflexion sur ses propres possibilités et ses frontières .

les « accents » régionaux. Jacques Cortes11 parle de l’analyse du discours du point de vue de Z. font par exemple partie de la parole les troubles de la graphie ou de l’articulation. Pour Harris. je lui ai répondu (. Harris indique quelques transformations dont il lui semble important que le descripteur d’un texte anglais puisse disposer. etc. c’est-à-dire le français contemporain. fondées sur des régularités d’équivalence constatées en langue. Jean. J. écrit ou oral. ni des autres unités qu’elle rencontre. du texte. les transformations sont de simples manipulations. Emile. L’essentiel est qu’elle fournisse. mais à comment le texte dit ce qu’il dit. Une introduction à la recherche scientifique en didactique des langues. de dimension supérieure à la phrase. Harris passe à la l’analyse du texte. à la radio. Le discours est l’ensemble des réalisations orales ou écrites telles qu’elles peuvent se présenter dans un livre. qui le renseignent sur le fonctionnement des langues.Autre analyste. p. Par cette linguistique descriptive. Dans l’enseignement d’une langue étrangère. Sa méthode d’analyse du discours ne s’intéresse pas à ce que dit le texte. à lire et à écrire. de ceux 11 Cortes. la démarche menée par la linguistique descriptive. 1970.93 13 Ibidem p. un journal. Harris veut compléter en abordant l’analyse du texte suivi. Librairie Larousse. Si on veut analyser selon la méthode de Harris. les élèves13 attendent de leur maître qu’il leur enseigne d’abord la langue qu’ils ont à parler et à comprendre. 98 12 Genouvrier. etc. ni nécessaire à la description de tout texte. Jacques et al. Cortes dit que les transformations proposées par Harris sont essentiellement indicatives et ne sauraient constituer un outil ni suffisant. A ce point de son raisonnement. Il ne s’intéresse pas au sens des morphèmes. Le pédagogue doit donc tenir compte des travaux de linguistique générale.) » Il et lui pourront être remplacés par l’homme que tu as rencontré hier. Par exemple le texte suivant : « l’homme que tu as rencontré hier est revenu me voir . discours et langue. La langue est le matériau linguistique propre à une communauté.. . Paris.) . Peytard. p. il est nécessaire de faire intervenir des transformations qui consistent à régulariser le corpus en fonction de connaissances générales sur les règles de la langue.95 6 . Linguistique et enseignement du français.. La parole est la manière propre à chacun d’énoncer graphiquement ou oralement des faits de discours . une version plus riche en équivalences. il m’a dit que (. Émile Genouvrier et Jean Peytard12 font une distinction entre parole. S Harris qui entend par discours toute forme d’énoncé suivi.

une interaction est délimitée par la rencontre et la séparation des deux 14 Valcu. l’intervention et l’acte de langage. partant des réalisations du discours pour découvrir l’organisation de la langue. Il y a une distinction entre le phénomène général de l’interaction et l’interaction particulière qui implique la présence des participants déterminés. : X trouve que… = X dit « Je trouve que. editura Universitatea Dunarea de Jos. permettent d’avoir de son système une vue plus claire. L’une consiste à soutenir que l’expression « X trouve que… » est dérivée sémantiquement à partir de « Je trouve que. Angelica. Concernant le premier critère.. Pour expliquer ce phénomène. comme 4) L’analyse du discours conversationnel Mariana Tutescu parle de cinq niveaux de l’analyse du discours conversationnelle. certaines caractéristiques conceptuelles. l’unité de temps et de lieu. Dans le processus d’enseignement on distingue langue et discours. Comme la plupart des actes de jugement. Kerbrat Orecchioni établie quelques critères pour différencie le phénomène de la même interaction et celui de deux unités distinctes : le schéma participationnel. la séquence. L’interaction14 est nommée incursion. Ils sont : l’interaction. c’est passer d’une réalité concrète mais désordonnée à une entité virtuelle (la langue) mais organisée. » pour exprimer leur opinion sur le temps qu’il va faire : « Je trouve que qu’il fera beau demain ». qui.. La seconde hypothèse est à préciser la notion d’un acte de parole de « prédiction ». l’échange.. ». le critère thématique et l’existence des séquences limitatives à fonction d’ouverture et de clôture qui encadrent l’interaction proprement dite. Cette expression ne viendrait jamais à l’esprit d’un francophone – au moins dans une conversation banale où il s’agit seulement de donner un avis personnel et subjectif. événement de communication et par fois rencontre. Galati. c’est-à-dire distinguer la multitude de réalisations individuelles (orales ou écrites) des lois générales qui leur permettent d’exister . p. Il a observé dans le discours des Portugais et des Brésiliens l’utilisation de l’expression « X trouve que.35 7 . Un autre linguiste qui parle du discours s’appelle Oswald Ducrot. il émet deux possibles hypothèses. Introduction à la théorie des interactions verbales. il consiste à contribuer à un fait ou à un objet originelle et non pas comme le rappel d’une subsomption déjà accomplie. 2005. C. Il présente la contribution comme constitutive.de linguistique du français.

phase par Weil Edmonson. par exemple). souvent très sensible. L’exemple le plus courant est l’échange de salutations : Ex : A : Bonjour. Marc. Owen et unité sérielle par Gail Jefferson. La séquence est l’étape intermédiaire entre l’interaction et l’échange. Dans le cas de deuxième critère. Mariana Tutescu15 présente les deux types d’échanges établis par E. on assiste à une nouvelle interaction. n’est pas une condition nécessaire dans une interaction. Angelica Valcu explique ce critère : « Ce qui est essentiel ce n’est pas le thème qui reste inchangé. L’Argumentation. La séquence est nommée transaction par les représentants de l’École de Genève. Mariana.Larochebouvy. » Le dernier critère n’est pas toujours respecté et il se définit à partir du rapport de places dominant dans l’espace interactif. mais que les différents participants poursuivent ensemble et se déplacent en même temps avec la trajectoire thématique. p 63 8 . il y a des situations où il n’est pas respecté (la conversation téléphonique. . de la rupture au rétablissement de l’équilibre. B : Bonjour. qui visent à entretenir ou à confirmer une relation établie. Paul. L’ensemble des interventions. Quand on observe que la modification du nombre ou de la nature des participants engagés dans l’acte communicatif. Par exemple : A : Peux-tu m’aider faire le devoir ? B : Bien sûr. Ce type d’échange comprend trois constituants : une intervention de requête. une intervention de l’interlocuteur visant à satisfaire cette requête et une nouvelle intervention du locuteur visant à évaluer la manière dont sa requête est satisfaite. Introduction à l’étude du discours.interlocuteurs.les échanges confirmatifs. 2005. editura Universitatii Bucuresti.Roulet et Goffman : . constitue un échange. André . qui visent à neutraliser les effets potentiellement menaçants d’une intervention pour la face de l’interlocuteur. section par A. Un échange ne comprenant que deux tours de parole est un échange minimal. Le critère thématique. 15 Tuţescu.les échanges réparateurs. L’échange est la plus petite unité dialogale composant l’interaction. L’échange est composé d’au moins deux tours de parole de locuteurs différents en résultant que l’échange est un constituant complexe. épisode par D.

Une intervention est composée.Pas de quoi ! .Quel est le de devoir ? / RÉPARATION / premier B : .Excuse-moi ! B : .Certes. On démontre avec le suivant exemple : A1 : .Merci beaucoup. B2 : . / SATISFACTION/ cycle A2 : .des constituants de deux cycles : (3) A : . Mariana Tutesc trouve chez Goffman la structure de l’échange réparateur en termes des cycles réparateurs.deux cycles réparateurs : (2) A : .C’est la salle numéro 15. d’actes de langage. en principe. / SATISFACTION / cycle A2 : . L’échange réparateur a pour fonction de rétablir l’équilibre interactionnel entre les participants de l’échange. / APPRÉCIATION / deuxième cycle Toujours Mariana Tutescu trouve chez Moeschler la structure basique de l’échange réparateur.Merci beaucoup. / APPRÉCIATION / deuxième B2 : .Pas de quoi.Tu n’as pas le programme ? – A2 : Non. / MINIMISATION / cycle .C : Merci.Peux-tu lire pour moi ? / RÉPARATION / premier B : .Voila.Merci. RÉPARATION + SATISFACTION + APPRÉCIATION. Par exemple : un cycle réparateur : (1) / A pousse par erreur B/ A : .Où est notre salle de classe ? B1 : . A3 : . mais peut se 9 . L’intervention est la plus grande unité monologale composant l’échange. Il existe aussi des échangées enchâssées.

l’invitation. La structure de l’intervention fait intervenir des constituants en rapport hiérarchique.Crédif. plus précisément un constituant directeur et un ou plusieurs constituants subordonnés. mais elle peut contenir plus d’un acte subordonné. Les fonctions illocutoires initiatives sont assignées aux interventions imposant des droits et des obligations à l’interlocuteur. Une intervention ne contient qu’un acte directeur. l’offre. Moeschler. d’agir. de confirmer. Les fonctions illocutoires réactives sont assignées aux interventions réactives par rapport aux interventions à fonctions illocutoires initiatives. Hatier . d’évaluer. etc. Aussi l’intervention peut être composée d’acte de langage. 10 . Un constituant à fonction interactive n’a de sens qu’en rapport avec le constituant avec lequel il interagit la suppression de ce rapport modifiant son sens. l’assertion. Les constituants subordonnés sont les actes de langage qui viennent appuyer. c’est-à-dire sa force illocutoire. Parmi les fonctions illocutoires initiatives. l’ordre. Pour l’analyse conversationnelle. 16 Tutescu. Apud J. 1985 . L’acte directeur est le constituant non supprimable de l’intervention. d’intervention(s) et/ ou d’échange(s). la requête. d’obéir. argumenter en faveur. Le constituant directeur est l’acte de langage donnant le sens général de l’intervention. cit. Argumentation et conversation. on signalera les fonctions suivantes : la demande d’information. Mariana . de l’acte directeur. Éléments pour une analyse pragmatique du discours. En utilisant ces fonctions on doit créer des obligations de répondre. l’école genevoise distingue deux types de fonctions illocutoires en les rapportant à l’intervention : les fonctions illocutoires initiatives et les fonctions illocutoires réactives.Moeschler. J. la demande de confirmation. d’accepter. Moeschler16 distingue l’intervention simple et l’intervention complexe (composée de plus d’un acte de langage). justifier. Selon J.réduire à un seul acte de langage. ou. elles se divisent en deux grands groupes : 1) les fonctions illocutoires réactives positives (marquant l’accord de l’interlocuteur).

Aussi est-elle souvent accompagnée de gestes ritualisés : le témoin. exprimer un souhait. p.2) les fonctions illocutoires réactives négatives À l’aide des notions de fonction illocutoire et de fonction interactive. autoriser. suffirait à indiquer. s’excuser. mais ils ne sont pas indépendants de toute détermination sociale. Martin. avertir. 1994. à la limite. Moeschler établit le principe de composition fonctionnelle suivant (PCF) : « Les constituants de rang ÉCHANGE sont composés de constituants entretenant entre eux des fonctions illocutoires. affirmer. L’acte de langage vise à modifier un état des choses existant. On peut dresser une liste d’actes de langage ordinaires possibles a partir d’une série de verbes d’action qui dénotent ces actes : ordonner. Les actes de langage ordinaires ne s’effectuent pas dans un cadre institutionnel. Le locuteur doit être autorisé par l’institution pour que sa parole ait force d’acte. Grammaire méthodique du français. 17 18 Idem Riegel. » 17 L’acte de langage est la plus petite unité monologale constituant l’intervention. Les actes institutionnels sont accomplis dans le cadre d’une institution (religieuse : (1) Je te baptise au nom du Père. au tribunal doit lever la main droite (2). critiquer. rien que la vérité. . du Fils et du Saint-Esprit. suggérer. La langue ne se suffit donc pas à elle-même pour accomplir un acte institutionnel. Rioul. avancer une hypothèse. J.) et ne sont pas réalisés effectivement que s’ils sont reconnus par elle. remercier. explicitant l’acte qu’un geste. Pellat. alors que les constituants de rang INTERVENTION sont composés de constituants entretenant entre eux des fonctions interactives. jurer. interroger. J-C. menacer. (marquant le désaccord de l’interlocuteur). supplier. la langue joue un rôle auxiliaire. le prêtre doit accomplir les gestes rituels du baptême (1). Dans ce type de situation sociale. accuser. PUF. déclarer. insulter. promettre. Rene. On peut classifier18 les actes de langage en deux catégories : les actes institutionnels et les actes de langage ordinaires.583 11 . judiciaire : (2) Je déclare de dire toute la vérité. etc.

le locuteur établit de même son droit d’interroger et le devoir de l’interlocuteur de répondre. imbécile servent à réaliser. On ne peut pas donner un ordre à quelqu’un s’il ne comprend pas l’intention d’agir sur son comportement.Les actes de langages ont les caractéristiques suivantes 19 : . crétin. Des termes comme idiot. . . etc.584 -585 12 . Quand il donne un ordre. telle expression linguistique a la réalisation de tel acte de langage particulier. le locuteur pose son droit d’imposer un certain comportement à son partenaire. L’acte locutionnaire c’est l’acte de production d’un énoncé qui a comme résultat une phrase. acte illocutionnaire ou illocutoire et acte perlocutionnaire ou perlocutoire. Quand il pose une question. ce que le locuteur fait en parlant : poser une question. féliciter un acte de félicitation. En l’accomplissant. pourvue d’une signification.l’acte de langage définit des droits et des devoirs. L’acte perlocutoire c’est l’effet produit par l’acte illocutionnaire sur l’allocutaire. la tristesse. dans une communauté donnée. La reconnaissance de l’intention du locuteur n’est pas toujours assurée. L’acte illocutionnaire c’est l’acte de langage proprement dit. le locuteur se donne un certain rôle et assigne un rôle a l’allocutaire. faire une promesse.l’acte de langage repose sur une convention sociale implicite qui associe. donner un ordre. L’allocutaire peut refuser le rôle qui lui est impose par l’injonction ou par la question et le locuteur peut mentir en affirmant une croyance. Un acte de langage se décompose en : acte locutionnaire ou locutoire.un acte de langage possède une force illocutoire. un acte d’injure. . Les verbes utilisait dans l’acte de langage ont la propriété de réaliser tel acte de langage qu’il décrit : promettre sert a réaliser un acte de promesse. conformément au scénario conventionnel qui régit l’acte de langage. la moquerie etc. l’indifférence. notamment en cas d’acte de langage indirect. Le locuteur et l’interlocuteur ont des droits dans l’acte de langage. L’acte permet d’évaluer la réussite ou l’échec de l’acte illocutionnaire suivant les réactions de l’allocutaire. 19 Ibidem pp.toute énoncé s’affiche et s’interprète comme réalisant directement ou indirectement un acte de langage. dans certaines conditions. L’assignation des rôles ne préjuge pas du succès ou de l’échec de l’acte concerné. interdire un acte d’interdiction. Par exemple une promesse peut susciter chez l’allocutaire la joie.

– Saint-Exupéry) à un acte d’injonction. L’acte de langage n’est pas accompli au moyen d’un verbe performatif explicite. Ces trois énoncés peuvent être utilisés pour formuler des demandes : « Fermez la fenêtre ou la porte » (1). ce qui implique nécessairement qu’elle se compose de sons… . Un énoncé performatif doit être employé à la première personne du présent de l’indicatif et représente la plus grande explicitation possible d’un acte illocutoire : l’énonciation de la phrase réalise l’acte que le verbe performatif décrit. Ainsi. Les énoncés performatifs explicites contiennent un verbe performatif qui indique l’acte de langage accompli (Je vous promettre de venir. celui-ci peut très bien nier son intention illocutionnaire. Les énoncés performatifs primaires correspondent aux trois types de phrases déclaratives. Inversement. Cependant. Dans le cas d’un acte indirect. (2) Cette choucroute est délicieuse.Pourquoi cette question ? – Giraudoux) à un acte de questionnement et la phrase impérative (Dessine-moi un mouton. les énoncés suivantes pour la « dérivation allusive » : (1) Il fait froid ici ! . Les actes de langages directs sont accomplis au moyen de la forme linguistique qui leur est associée par convention. l’allocutaire peut très bien ne pas reconnaître ou faire semblant d’ignorer l’intention du locuteur. . mais par l’emploie même du type de phrase associé par convention à un type d’acte spécifique. « Servez-moi encore de la 20 Ibidem.Ionesco) correspond à un acte d’assertion. (3) Il se fait tard.Les actes de langage peuvent être directs et indirects20. Il y a deux types d’actes de langage indirects : la « dérivation allusive » et « le trope illocutoire ». tous les actes de langage ne sont pas réalises par des verbes performatifs. on ne peut pas dire explicitement « Je t’injurie » pour accomplir un acte d’injure. pp 588-589 13 . La phrase déclarative (Toute langue n’est en somme qu’un langage. interrogatives et impératives.Aimes-tu la guerre ? Hector : . Les actes de langages indirects sont accomplis au moyen d’un énoncé contenant une forme associée conventionnellement à un autre acte que celui qu’ils visent à accomplir. Par exemple.). la phrase interrogative (Andromaque : . puisqu’elle n’est pas associée par convention avec l’énoncé utilisé. Ils se réalisent dans deux sortes des énoncés : les énoncés performatifs explicites et les énoncés performatifs primaires.

antonyme.66 14 . Veux-tu bien t’arrêter. Le dernier peut aussi exprimer un refus : « Je ne veux pas sortir ». p. mais elle est identifiée en situation.) avec le contenu propositionnel de A. qui spécifie que le contenu de B doit entretenir une relation sémantique précise (du type implication. qui impose à B d’avoir le même thème que l’acte initiatif A.Moeschler. en rhétorique. Ainsi. L’Argumentation. d’interventions. Leur mise en relation avec les formes linguistiques apparaît comme aléatoire et imprévisible. « Rentrez chez vous » (3). à l’exception des tropes illocutoires figés ou lexicalisés. Introduction à l’étude du discours. 2005. voire lexicalisés (Pouvez-vous me passer le sel ? – compris comme une demande de faire l’action indiquée) et d’autre qui ont une valeur indirecte qui n’est pas inscrite en langue. 21 Tuţescu. Ces règles de bonne formation ont été établit par J. Le « trope illocutoire » comme par exemple : « Avez-vous l’heure ? ». paraphrase. Les énoncés qui servent à accomplir des actes indirects ne fonctionnent pas de la même façon : certains sont figés.choucroute » (2). Mariana . c’est-à-dire elles entrent en relation hiérarchique : l’échange est composé l’intervention d’actes de langage. le sens littéral de l’énoncé n’est pas annule par l’acte indirect. etc. marqués par des indices plus ou moins codifiés. 2) la condition de contenu propositionnel. Ces unités conversationnelles constituent une échelle de rang. La valeur littérale directe de la phrase est remplacée par la valeur dérivée indirecte. « Pouvez–vous fermer la fenêtre ? ». remplace le sens littéral par le sen figuré. blanc-bec ! (Stendhal). Dans tous les cas. Elles sont les suivantes : 1) la condition thématique. Selon M.Tutescu21 tous ces constituants et principes de l’analyse conversationnelle ont conduit à l’établissement d’un nombre de règles à même de définir la bonne formation du texte conversationnel et dialogué. les actes de langage indirects sont interprétés à l’aide des données de la situation d’énonciation. editura Universitatii Bucuresti. L’appellation de « trope illocutoire » se fonde sur le mécanisme des tropes comme la métaphore qui. Cette règle permet en outre de rendre compte des relations référentielles et anaphoriques entre énoncés.

parce qu’il s’avère un simple mode de représentation des idées qui. 1997. édition Presses Universitaire de France. Les thèses sont réduites à quatre présupposés : 1) le primat de la pensée. Un accès direct à la source de connaissance est la possibilité de toute représentation qui se fonde sur une présentation. 2) le fondement subjectif de la connaissance. 4) le langage est relégué à un rôle second. Discours analysis : A sample texte. A la différence de la métaphysique traditionnelle qui se définissait comme ontologie première. Et il revient à la chose pensante de se penser elle-même et de penser le monde à l’aide de ses idées. 3) la fonction représentative des idées.3) la condition illocutoire. Expression des idées.6-7 23 Mazière. Francine Mazière 23 présente l’opinion du linguiste américain Z. Francine. L’analyse du discours nous apprend 22 Vernant. Denis Vernant22 présente les lignes d’évolution du discours au profit d’une approche actionnelle de la pratique langagière. La linguistique descriptive ne décrit que le rôle de chaque élément dans la structure de la phrase qui le contient. p. Denis. Second. le monde se compose de deux types d’entités : les choses étendues et les choses pensantes. Ainsi. il parle du discours de la représentation comme oubli du langage du point de vue des thèses représentationalistes. Apud Z. la philosophie classique se déploie alors essentiellement comme théorie de la connaissance chargée de fonder toute vérité. c’est-àdire les corps et les âmes. Les idées sont capables de représenter les choses du monde. Comme vérité des idées. Selon la conception dualiste cartésienne. qui indique quel type d’acte illocutoire est compatible avec l’acte initiatif pour constituer une séquence bien formée du point de vue pragmatique.S Harris. Ces idées ne doivent rien aux corps ni même au langage en tant qu’il est une manifestation corporelle subtile. 3 15 . Du discours à l’action. car le langage relève du corps par l’ « institution de nature ». ou sur le rôle de chaque élément dans cette structure. Secondaire.S. seules. secondaire. pp. il est représentation de représentations. représentent directement le monde. la connaissance trouve sa source dans l’expérience première que la pensée fait de son propre exercice de pensée. Harris a propos de l’analyse du discours : « L’analyse du discours donne une foule de renseignements sur la structure d’un texte ou d’un type de texte.

de plus comment un discours peut être bâti pour satisfaire à diverses spécifications. Ils ont la difficulté à répondre seulement aux questions qui leur sont posées et ils n’aiment pas attendre leur tour pour parler. Pour conclure. l’un n’existant pas sans l’autre. du vocabulaire et de son niveau culturel. Dans la classe quand on veut communiquer quelques choses aux élèves on doit savoir poser les questions. 16 .). de ses intentions. Le but de l’analyse du discours est de trouver une représentation de l’état psychique de l’utilisateur parmi l’identification des connaissances employées par l’utilisateur dans l’intérieur du dialogue. incertain etc. Analysant le discours de l’interlocuteur du point de vue de cinq niveaux de l’analyse on peut rendre compte de son état (troublé. Dans cette situation. Un discours conversationnel peut être caractérisé comme une suite de contributions de locuteurs distincts s’assimilant à un même énonciateur. décontracté. l’analyse du discours prend pour objet le texte comme articulation de productions verbales effectives à un extérieur social. exactement comme la linguistique descriptive construit des raisonnements raffinés sur les façons dont les systèmes linguistique peuvent être bâtis pour satisfaire à diverses spécifications. Aussi l’analyse du discours est basée sur les éléments de la théorie de la communication et a comme unité fondamentale l’acte de langage. de ses aspirations. poser leurs propres questions et exprimer leurs sentiments. Dans tout discours il faut qu’on distingue la forme du discours de sa fonction. de son comportement etc. Le discours conversationnel implique un échange des questions et des réponses tenant compte de l’âge du locuteur. le rôle du professeur est d’utiliser un discours conversationnel accessible et en même intéressant pour susciter leur intérêt. de son niveau de culture. Ils aiment aborder leurs propres sujets.

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