NOUVEAUX HORIZONS POUR L’AMELIORATION DES PLANTES

Filière Industries Agricoles et Alimentaires (IAA)

Abderrahim Lazraq

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INTRODUCTION
Avec les nouvelles biotechnologies, les sélectionneurs poursuivent les mêmes objectifs qu'auparavant : disposer de variétés végétales résistantes aux stress, aux maladies, etc., permettre des techniques culturales simples et économes, fournir aux agriculteurs des plantes d'un niveau de productivité élevé et régulier, cultiver des plantes mieux adaptées à leur utilisation ou à leur transformation. Les sélectionneurs ont également des objectifs qui leur sont propres : disposer de ressources génétiques élargies, pouvoir introduire les gènes les plus intéressants de façon plus précise, rapide et efficace. Enfin, les biotechnologies ont aussi pour but d'améliorer les conditions liées à la production de semences, préalable à toute culture. Ce cours pédagogique a pour objectif de présenter les différentes méthodes classiques et biotechnologiques consacrées à l'amélioration des plantes et les moyens mis en œuvre.

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PARTIE I AMELIORATION GENETIQUE DES PLANTES
Méthodes conventionnelles (Classiques)

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Connaître les méthodes de sélection. La diversité des schémas de sélection est donc celle des espèces et de la vie. en les croisant entre elles et en sélectionnant les meilleures plantes issues de ces croisements. Mais le travail du sélectionneur dépendra toujours de l'espèce végétale à améliorer. les enjeux. C'est aussi lire une page de l'histoire des hommes et des plantes. de la biochimie et de la biotechnologie concernent l'ensemble de la sélection végétale. c'est comprendre les ressources. de la biologie. l'amélioration végétale consiste à créer de nouvelles variétés à partir des variétés existantes.Introduction Aujourd'hui. les perspectives et mesurer l'importance des progrès acquis dans la création variétale. Ces méthodes issues du domaine de la statistique. de son mode de reproduction et de ses utilisations. 5 . de gagner du temps sur les cycles végétatifs et de s'entourer d'outils de mesure et d'analyse au champ et au laboratoire pour confirmer leur choix. Des générations de sélectionneurs ont fait de la création variétale le fruit de l'observation. de sa biologie. de la patience et de la passion. L'évolution des techniques et des connaissances permet aux sélectionneurs d'accroître leur efficacité.

Historique et évolution de l’amélioration des plantes La sélection végétale a commencé lorsque l’Homme a appris à choisir des plantes capables de le nourrir et de nourrir son bétail. Les étapes de la domestication des plantes 6 . Les formes modernes de l’amélioration des plantes sont apparues aux XIXème siècle après un long processus d’élaboration d’une méthode de sélection. Domestication inconsciente → jardinage → échange → codification de l’agronomie → maîtrise des descendances renforcée par les premières lois génétiques → développement de l’amélioration des plantes en tant que science et éruption des biotechnologies.Chapitre I : fonctions et principes de l’amélioration génétique des plantes I. Les méthodes de sélection pratiquées par l’Homme aux débuts de la domestication des plantes semblent être primitives par rapport à celles utilisées de nos jours par les sélectionneurs.

ont été découverts au centre du Mexique. naît la sélection des plantes. Ces hybrides résultent du croisement entre des lignées américaines de maïs à grains dentés et des lignées européennes à grains cornés.5 cm et les rendements supposés atteignaient 0. Les civilisations indiennes ont effectué sa domestication. telle que nous la connaissons aujourd'hui. qui était cultivée dans le Sud-Ouest.L'exemple du maïs L'histoire du maïs est étroitement liée à celle de l'humanité. Le téosinte présente un tallage abondant. appelé également vigueur hybride.7 000 ans. proche génétiquement du maïs. Elles ont permis notamment l'extension des zones de culture du maïs grâce à une meilleure tolérance au froid et une plus grande précocité. Le téosinte. 7 . un épi de petite taille et une sensibilité à l'égrenage. Un épi de maïs mesurait alors environ 2.12 t/ha. Les premières lignées cornées proviennent de populations locales telles que la population Lacaune. où il se développe en populations adaptées à chaque terroir. Grâce au travail de l'homme. Les premiers maïs. Avec la redécouverte des lois de Mendel à la fin du 19e siècle et la mise en évidence du phénomène d'hybridation au début du 20e siècle. cette plante a évolué et son aire de culture s'est développée. c'est le résultat de l'hétérosis. est cependant différent sur le plan morphologique. Les caravelles des conquistadors apportent le maïs dans le sud de l'Europe. Le maïs résulterait de la domestication du téosinte par l'homme. datés de . Ces variétés hybrides sont plus vigoureuses que les populations. Le maïs est l'espèce dans laquelle les premiers hybrides ont été créés.

Découverte des enzymes de restriction par Aber. par Thoday. 1965. Description de la structure en double hélice de l'ADN par Watson et Crick. 1902. Première carte génétique partielle du maïs par Emerson. Découverte de la totipotence des cellules végétales par Haberland. Voici quelques exemples d'application : 1911. Visualisation des chromosomes par Strasburger-Boveri. 1953. Le croisement de deux lignées permet d'obtenir un hybride qui exploite l'hétérosis. 1960. Progrès des techniques Les progrès des connaissances ont permis ensuite de mettre au point les techniques. 8 . Illustration des principes d'analyse des locus impliqués dans la variation des caractères quantitatifs. 1880. Il a montré que la virulence de ces bactéries est due à un transfert de gènes de la bactérie vers les cellules végétales. Mathaeri et Ochoa. Découverte de l'intérêt des hybrides par Shull sur le maïs. développée par Morel et Martin. C'est la naissance de la sélection des plantes. par Schell. 1950. 1908. Nirenberg. et mise en évidence de leur implication dans la division cellulaire. On dit qu'ils sont liés. sur la pomme de terre. 1935. 1961. 1977. 1900. Découverte du code génétique par Crick. lorsqu'ils sont situés sur le même chromosome. Smith et Nathans. Mise en application des lois de Mendel sur l'hérédité. Premières techniques de culture in vitro. bactéries du sol pathogènes de nombreuses espèces végétales. Découverte du transfert de gènes par des agrobactéries.Les repères historiques de la sélection Progrès des connaissances 1676. Notion de liaison génétique par Morgan. ils sont transmis à la descendance comme une seule unité. Découverte du rôle des organes sexuels chez les végétaux par MillingtonGrew. Ses travaux sur le croisement de deux variétés de petits pois définissent les règles de base de la génétique. Un tissu végétal est capable de régénérer une plante. Il s'agit de la technique de multiplication végétative. Il démontre que les gènes sont disposés de façon linéaire sur les chromosomes et que de plus. Ces protéines coupent l'ADN au niveau de sites particuliers.

Premières fusions de protoplastes. Le principe de la technique repose sur l'hybridation de l'ADN avec une sonde d'ADN marquée. Description de la méthode de Southern. 1978. 1975. par Melchers. puisqu’elle s’appuie sur les lois de la génétique et sur l’essor biotechnologique qui permettent aux sélectionneurs de raisonner le choix des génotypes.Définition L'amélioration des plantes a pour but de créer de nouvelles variétés à partir de la diversité existante. la sélection végétale est devenue plus une science qu’un art. Elles ouvrent la voie à la production de plantes haploïdes. par Guha et Maheshwari. 1983. du nom de son inventeur. I. Par le choix des meilleures plantes dans la descendance. et avec le développement spectaculaire des sciences biologiques. Premières cultures de cellules sexuelles mâles chez le Datura innoxia. De nos jours. Elles permettent de s'affranchir partiellement de la barrière entre espèces. les sélectionneurs aboutissent après un long travail d'épurations successives à la création d'une nouvelle variété.1964. La sélection à ses débuts était basée surtout sur le jugement du sélectionneur et sur sa capacité à identifier les génotypes supérieurs. L’introduction de nouvelles espèces 9 . Premiers tabacs transgéniques obtenus en même temps par une une équipe belge et une équipe américaine. Elle consiste à croiser deux plantes choisies pour leurs caractères intéressants et complémentaires afin de les réunir dans une seule.

Pour le producteur : a) augmentation du rendement (aspect le plus important en amélioration des plantes) Rdt grain + Rdt biomasse b) Efficacité de la production ♦ Réduction de la hauteur : faciliter la récolte (sorgho) ♦ Résistance à l’égrenage (soja) ♦ Résistance à la verse (blé) diminution des frais culturaux et de la pénibilité (ç. on demande de plus en plus à l'agriculture de respecter l'environnement.d mécanisation) 10 . Les espèces végétales sont également plus ou moins plastiques C’est un objectif ambitieux. de substances transformées à usage non alimentaire. La productivité dépend de nombreux facteurs. 1.a. III. de nombreuses productions végétales devenues importantes ont des origines géographiques très lointaines. comme par exemple la pomme de terre. Elle peut être le résultat de la réduction des facteurs limitants du rendement. de vaccins ou de médicaments.Objectifs Les objectifs de la sélection sont nombreux. de contribuer à des activités industrielles et de produire des molécules à usage pharmaceutique. La recherche prend déjà en compte ces nouveaux critères afin de permettre par exemple la production d'énergie.Les origines des principales plantes cultivées La sélection est à l'origine de l'implantation durable de nombreuses espèces. Généralement. mais le potentiel de productivité peut également être accru par une amélioration de la physiologie des plantes. car il vise la création de cultivars «cutivated varieties » ayant un ensemble de caractéristiques leur permettant d’être cultivés avec profit par le producteur et d’être appréciés par le consommateur. originaire du Pérou ou le maïs de l'Amérique Centrale. le premier critère évoqué est la productivité. permettant ainsi d'offrir à chaque région la possibilité de disposer d'une grande diversité botanique de cultures. Au Maroc. D'autre part.

insectes et ravageurs (économie) ♦ Résistance aux froid. ♦ Qualité boulangère (blé). ♦ Augmentation du taux et de la qualité des protéines des céréales (blé. texture. Cette progression de la productivité est due non seulement au progrès génétique. L’amélioration de la productivité Evolution des rendements du blé Accroissement des rendements : La sélection a permis une augmentation du rendement pour la quasi totalité des productions végétales pour lesquelles la sélection a eu lieu. forme et taille du fruit. ♦ Goût. mais également à 11 . pomme PdT). ♦ Résistances aux maladies.c) Adaptation : Aptitude d’une plante à s’adapter à une grande gamme d’environnement en modifiant certaines de ses caractéristiques morphologiques ou physiologiques. 2. (tomate. maïs). ♦ Couleur.Pour le consommateur : d) Amélioration de la qualité : Elle dépend de l’attitude des gens utilisant le produit final. sécheresse et hautes températures (Précocité) ♦ Résistance aux sols acides et salins. …etc.

de réduire le coût de l'installation du peuplement des betteraves (suppression du démariage) avec l'arrivée de la monogermie. 12 .. à la conservation. au transport. fumures. à la transformation et à des utilisations finales parfois diverses. L’adaptation des plantes au milieu La sélection a permis d'étendre la zone de culture des espèces en les adaptant à des conditions climatiques nouvelles comme le froid et la sécheresse ou d'autres stress climatiques comme la verse due au vent et l'inondation. L’amélioration qualitative des produits L'évolution de la teneur en glucosinolates de la collecte de colza Une grande partie des plantes cultivées est transformée avant utilisation.. Les produits récoltés doivent présenter des aptitudes de plus en plus précises. préparation des sols et doses de semis .l'évolution des techniques culturales : traitements. Régularité des récoltes et diminution des frais culturaux : Le progrès génétique a permis de rendre les plantes plus résistantes au froid ou à la sécheresse.

type de fleurs : La fleur a quatre organes : .Etamine “♂” : Anthère + filet.Pistil “♀” : Ovaire + Style + Stigmate. I.  Fleur parfaite : porte l’étamine et le pistil dans la même fleur. .Reproduction sexuée : Caractérisée par la fusion de deux gamètes ♂ et ♀ conduisant à la formation de l’embryon : 1.  Fleur incomplète : 1(ou plus) des 4 organes est absent.Chapitre II : Reproduction chez les plantes Il existe deux types de reproduction : La reproduction sexuée La reproduction asexuée → Amphimixie → Multiplication végétative → Apomixie. 13 .Pétales et sépales.  Fleur complète : les 4 organes floraux sont présents. .morphologie d’une fleur : 2.

si elle ne porte pas d’étamine.Gamétogenèse : (revoir vos cours antérieurs) La méiose assure la production de cellules reproductrices. Rq : Le transfert du grain de pollen des anthères aux stigmates fait appel à plusieurs vecteurs : Vent : anémophile . les chromosomes d'un individu sont associés par paires. possède la même quantité d'information génétique que ses deux parents et les nouvelles paires de chromosomes homologues présentent donc des allèles issus du pollen et des allèles issus de l'ovule. les gamètes. une sur chaque chromosome de la paire d'homologues : ce sont les allèles. Cette diversité est une conséquence de la reproduction sexuée. Oiseau : ornitophile. il y a également séparation des allèles. l'ovule le gamète femelle (Mégasporogenèse). Lors de la séparation des chromosomes homologues par méiose. ils ne possèdent qu'un seul chromosome issu de chacune des paires de chromosomes homologues. Fleur imparfaite : si l’un des deux organes manque ou non fonctionnel. Insecte : entomophile . si elle ne porte pas de pistil. les gamètes ne possèdent donc pas tous la même information génétique. Une cellule diploïde possède deux copies d'un même gène. Chaque gamète ne peut recevoir que l'un ou l'autre des deux allèles d'un même gène.Modes de reproduction de l’espèce : 14 . L'œuf. 4. puis la nouvelle plante. 3. Celle-ci réunit les deux noyaux haploïdes et donne naissance à un œuf diploïde.Pollinisation et fécondation : (revoir vos cours antérieurs) Les descendants par croisement ne sont pas identiques à leurs parents. Le pollen est le gamète mâle (Microsporogenèse). La répartition de ces chromosomes étant aléatoire.  Fleur pistillée : ou fleur ♀. Dans le noyau des cellules. Eau : hydrophile . ce sont des chromosomes homologues.  Fleur staminée : ou fleur ♂. 5. A l'issue de la méiose. La fécondation est l'union d'un gamète mâle et d'un gamète femelle. L'individu est diploïde (2n). les gamètes sont haploïdes (n).

la variété. la vitesse et la direction du vent durant la pollinisation et enfin la population des insectes présents (types et nombre).mécanismes de l’autogamie : Lorsque l’autopollen est utilisé. greffes. …etc. etc.  Par reproduction végétative à l’aide d’organes de reproduction très variés : tubercules. il peut se produire chez ces espèces autogames un croisement naturel pouvant atteindre un taux de 4 à 5 %. on parle d’autofécondation ou d’autogamie. boutures. Ce taux peut varier selon les conditions climatiques. Les espèces végétales se perpétuent selon trois modalités principales :  Par autofécondation : espèces autogames . 5.Les stratégies de S! dépendent du mode de reproduction de l’espèce.) Cependant.1.  Fleurs ne s’ouvrent pas : (autogamie stricte) : sp.  Fleurs s’ouvrent après fécondation : (blé. 15 . Cléïstogames. stolons. (autogamie prépondérante). orge.  Par fécondation croisée : espèces allogames .

 Détermination du taux de croisement naturel : Deux variétés pures pour différentes formes d’un caractère facile à reconnaître et à héritabilité simple : Entourer les plantes ayant le caractère récessif de plantes ayant le Les semences récoltées sur plantes récessives sont semées et le % caractère dominant.2. 5.mécanismes de l’allogamie : 16 . de plantes montrant le caractère dominant est déterminé.

palmier. noyer. houblon. on parle de fécondation croisée ou d’allogamie. ainsi la fécondation croisée est assurée (luzerne). Plantes dioïques : les sexes sont séparés sur des plantes ♂ et des plantes ♀ : chanvre.Lorsque l’allopollen est utilisé. L’ouverture de cette colonne sous le poids des insectes (abeilles) met les stigmates en contact avec l’allopollen attaché aux corps de ces insectes. Les mécanismes de la fécondation croisée : a) séparation des sexes dans l’espace : - Plantes monoïques : les inflorescences ♂ et ♀ sont séparées. melon. concombre.) (carotte). pollen ou ovule non fonctionnels. bien qu’elle puisse 17 . la plupart des espèces sont allogames. dattier. Dans la nature. b) séparation des sexes dans le temps : Lorsque les organes sexuels n’arrivent pas à maturité en même temps sur la même fleur. etc. des semences (graines) lorsqu’elle est autofécondée. la pollinisation est généralement anémophile ou entomophile. le stigmate est protégé par une colonne staminale formée par des filets soudés entre eux. on parle de dichogamie (2 cas) Si la partie ♀ de la fleur est prête avant la libération des grains de Si la partie ♂ de la fleur est mature avant la partie ♀ : protandrie : pollen : protogynie : (avocatier. d) stérilité et auto-incompatibilité : stérilité : organes reproducteurs non fonctionnels : pistil ou étamine Auto-incompatibilité : absence d’aptitude pour une plante à donner mal formés. etc. mais situées sur une même plante : maïs. etc. c) barrières morphologiques : Chez certaines légumineuses.

bulbes : ail. Son pollen est actif sur une autre plante. greffage : agrumes. oignon . 18 . vigne .Reproduction asexuée : Multiplication végétative. Principales modalités : Tubercule : pomme de terre . 1) Multiplication végétative : Certaines parties végétatives de la plante sont utilisées pour reproduire la plante. poirier. II. Rhizomes (tiges souterraines) : houblon . Apomixie. marcottes : figuier. etc. La multiplication à travers la semence peut induire une variabilité génétique non voulue.donner des semences normales par la fécondation croisée. stolons : fraisier . Ce mode de reproduction est préféré quand : La production de semence est très réduite ou absente .

le croisement s1s2 X s1s3 sera incompatible. Un gène de stérilité à un locus « S » existe sous plusieurs allèles : s1..Incompatibilité : Il existe deux types principaux d’incompatibilité pollinique : Incompatibilité gamétophytique . par conséquent. conséquent. par Si s3 est dominant sur s1 chez le ♂. Un grain de pollen s 1 provenant d’une plante s1s2 ne pourra pas féconder une plante s1s2 ou s2s3. s2.Chapitre III : Incompatibilité et stérilité I.B : l’incompatibilité peut être utilisée pour faciliter les croisements entres lignées auto-incompatibles et produire des hybrides. Si l’un des allèles du stigmate est identique à l’allèle du pollen. Cas de l’incompatibilité sporophytique : Si s1 est dominant sur s3 chez le ♂. les deux allèles s1 et s3 seront compatibles. s1 se comportera comme s3 et. on peut trouver aussi des relations de dominance ou de compétition entre les allèles « S » qui peuvent déterminer lequel des allèles donnera au grain de pollen sa compatibilité ou son incompatibilité. • • Cas de l’incompatibilité gamétophytique : s3 est bien compatible. et le tube pollinique après germination. mais fécondera une plante s3s4. il y a inhibition. Exp. Dans ce système.…. 19 . s4. N. Exp. s3. 2) incompatibilité sporophytique : Le pouvoir fécondant du pollen est sous l’action du génotype (2n) de la plante dont il est issu. s3 se comportera comme s1 et.sn. et non de son génotype haploïde. ne pénètre pas dans le style. 1) incompatibilité gamétophytique : Déterminée par la nature haploïde du pollen . Si on croise une plante s1s2 (♀) avec une plante s1s3 (♂) . Incompatibilité sporophytique.

stérilité mâle génique : Elle est contrôlée par l’action des gènes spécifiques. par contre. Déterminisme génétique de la stérilité mâle : 1. 20 . msms (♂ stériles) X MsMs (♂ fertiles) «♀» «♂» F1 : 100% ♂ fertiles : Msms • Msms ⊗ → F2 : ¼ MsMs . → Fertile. Un seul gène récessif (ms) contrôle la stérilité mâle génique.II. elle est très utilisée en S ! pour obtenir un brassage génétique. // // // «S»+ «S»+ «S»+ RfRf Rfrf rfrf → Fertile.Stérilité mâle : Elle se manifeste par l’absence de pollen fonctionnel ou l ‘avortement des étamines. ¼ msms Population : ¾ ♂ fertiles (Ms-) + ¼ ♂ stérile (msms). • • • • cytoplasme « F » + Quelque soit la combinaison génique → Fertile.stérilité mâle nucléo-cytoplasmique : Elle dépend de l’interaction entre un cytoplasme particulier et un gène particulier. 2. Un gène Rf (restaurateur de la fertilité) restitue la fertilité au cytoplasme stérile. Un cytoplasme stérile est représenté par « S » et un cytoplasme fertile est représenté par « F ». • Conservation de la lignée mâle stérile : msms X Msms → F1 : ½ msms ♂ S + ½ Msms ♂ F (supprimé grâce à des gènes marqueurs). → Stérile. ½ Msms . Rq : La stérilité mâle génique est peu utilisée pour la production commerciale de variétés.

Exp. La stérilité mâle est utilisée parles sélectionneurs chez les plantes autogames et allogames pour faciliter les croisements naturels. 21 . D’ailleurs. : RfRf S X rfrf F F1 Rfrf S ♂ fertile RfRf Rfrf rfrf S ¼ ♂ “F” ½ ♂ “F” S ¼ ♂ “S” S Rq: Le cytoplasme est toujours déterminé par la femelle. chez les plantes autogames. la stérilité mâle entraîne l’ouverture des fleurs pour permettre au pollen étranger de s’y introduire et d’assurer la pollinisation.

Caractères contrôlés par un faible nombrent de gènes dont les effets sont peu ou pas influencés par l’environnement. or le progrès en S ! ne peut intervenir que si le matériel végétal disponible présente une variabilité génétique. 2) Génétique quantitative : • • • • Caractères dont la variation est mesurable : exp. Exp. Rdt. mendélienne). Une grande partie de la variabilité observée pour la plupart de ces caractères est due à des effets de l’environnement. Caractérisée par une variation continue « gamma continue ». Couleur de la fleur. en 1910. avait développé un modèle permettant d’illustrer l’hérédité quantitative : 22 . mais difficilement mesurables. taille. Exp. Caractères contrôlés par un nombre important de gènes à effets cumulatifs (dont on ne peut déceler les effets individuels). (voir cours de G. Nilson-Ehle. …etc.Chapitre IV : Variation génétique et amélioration des plantes L’amélioration des plantes est la recherche d’un gain génétique.Nature de la variation génétique : 1) Génétique mendélienne (G. qualitative) : • • Caractères facilement identifiables. I.

dans certains individus. en dehors de l’intervalle des parents sont crées. C’est le résultat d’une ségrégation transgressive qui est généralement exploitée par les sélectionneurs pour la création de variétés supérieures à partir de croisements de variétés à valeurs intermédiaires. d’autres phénotypes. Ces phénotypes de couleur plus foncée ou plus claire que celle des parents sont le résultat d’une combinaison. d’allèles favorables ou d’allèles non favorables pour la couleur rousse. 23 .Exemple de ségrégation transgressive P1 (6R) R1R1R2R2R3R3 Couleur rousse très foncée X P2 (0 R) r1r1r2r2r3r3 couleur blanche F1 R1r1R2r2R3r3 Roux intermédiaire Autofécondation F2 (6R) 1/64 R1R1R2R2R3R3 6/64 (5R) (4R) (3R) R1r1R2R2R3R3 R1r1R2r2R3R3 R1r1R2r2R3r3 R1R1R2r2R3R3 R1r1R2R2r3R3 R1R1R2r2r3r3 R1R1R2R2R3r3 R1R1R2r2R3r3 R1R1r2r2R3r3 15/64 R1R1R2R2r3r3 20/64 R1r1R2R2r3r3 R1R1r2r2R3R3 R1r1r2r2R3R3 r1r1R2R2R3R3 r1r1R2R2R3r3 r1r1R2r2R3R3 (1R) (0R) R1r1r2r2r3r3 1/64 r1r1r2r2r3r3 6/64 r1r1R2r2r3r3 r1r1r2r2R3r3 (2R) R1R1r2r2r3r3 r1r1R2R2r3r3 15/64 r1r1r2r2R3R3 R1r1R2r2r3r3 R1r1r2r2R3r3 r1r1R2r2R3r3 Conclusion : en autofécondant la F1.

AA = 2. aa dominance partièlle : Aa AA AA aa + AA < Aa < AA 2 La valeur de l’hétérozygote « Aa » se trouve quelque part entre la moyenne des parents et la valeur du parent dominant. Chaque gène renforce l’effet de l’autre (effets cumulatifs). Aa = 1.Modes d’actions des gènes : Les modalités de l’hérédité des caractères polygéniques dépendent des relations entre les gènes qui les contrôlent. AA = 2 → Aa = 2.II. aa Aa AA Aa = ½ (AA + aa) Exp.5. AA = 2 . Aa = 0 . 2) dominance : C’est l’ecart ou la déviation par rapport à l’additivité. 24 . aa dominance complète : Aa AA Aa = AA Exp. Ces relations peuvent être de trois natures définissant ainsi trois types d’effets génétiques : 1) additivité : la valeur phénotypique = la valeur phénotypique moyenne. Aa = 0. Exp. Aa = 0 . Aa = 1.

Résumé: aa AA Echelle des « valeurs » Aa Additivité Aa D. auront un effet s’ils sont combinés. Dans ce cas. 2. 25 . les gènes sans effets individuels. 3) épistasie : C’est l’interaction entre les gènes non alléliques. Aa = 0 .β = 1 : dominance complète : Aa = α + 2u = valeur de AA.β = 0 : additivité : Aa = α + u + 0u = α + u = ½ (α + α + 2u ) = ½ (val (aa) + val (AA)). Aa = 3. Exp. La substitution de “a” dans “aa” par “A” ajoute une valeur u + βu à α.P Aa D. et la substitution des 2a dans “aa” par 2A ajoute une valeur de 2u.= 4.T Aa Superdominance Variation de la valeur de l’hétérozygote La représentation paramétrique suivante illustre les différents modes d’action des gènes dans le cas d’une interaction intra-locus : Génotypes AA Aa aa Valeur α + 2u α + u + βu α α est la valeur de base de « aa ». A-B.- superdominance : aa AA Aa Aa > AA Exp. AA = 2 . aaBB = 0 . niveau de dominance : aa AA 1 . Tout dépend de la valeur de β. Aabb = 0 .

A X B D&E BXC F D et E sont des pleins-frères D et F ou E et F sont des demi-frères Rq : L’autofécondation est la forme la plus poussée d’inbreeding dans la mesure où elle conduit rapidement l’homozygotie totale.Importance des effets de vigueur liés à l’état hétérozygote (Hétérosis) ou d’une dépression de consanguinité (Inbreeding) : Ces deux phénomènes généralement liés ont une importance essentielle et déterminent généralement le type de variété recherchée. Il existe plusieurs formes d’inbreeding : L’autofécondation.β > 1 : superdominance : Aa (α + u + βu) > AA (α + 2u).0< β <1 : dominance partielle : α + u < Aa < α + 2u. l’inbreeding se traduit par une augmentation de la fréquence des homozygotes. III.Inbreeding : Dans une population hétérozygote. Exp. 4. Les pleins-frères ont les deux parents en commun alors que les demi-frères ont un seul parent en commun. Evolution de la fréquence des homozygotes et des hétérozygotes 26 . 1. les croisements entre pleins-frères (Full-Sibs : FS) et demi-frères (Half-Sibs : HS) ou entre individus proches par parentés.α + u + βu 3.

.2. … générations d’autofécondation. Fréq. . 12. ainsi que pour g loci est donné sur le tableau suivant : Fréquence des 2 types génétiques après n générations Nombre de locus d’autofécondation hétérozygotes au départ Homozygotes Hétérozygotes 1 g 2n-1/2n [(2n-1)/2n]g Homozygotes pour tous les gènes 1/2n (1/2n)g Hétérozygotes pour tous les gènes Rq : lorsqu’une plante est homozygote pour un gène. S0. 0 100 % 50 % 25 % 100 % 0% 50 % 75 % 1/4 AA + 1/8 AA = 3/8 1/4 Aa 3/8 = aa 1/8 + aa 1/4 . S1. Après chaque génération d’autofécondation. . Homo. 3/8 AA + 1/16 AA = 7/16 . Le pourcentage des individus homozygotes pour un locus après n générations d’autofécondation d’un individu hétérozygote pour ce locus. . . Hétéro. . … représentent respectivement la population de départ (Aa).5 % 87. 1/8 Aa . . l’hétérozygotie est réduite de moitié. . . . les populations après 1. . on estime qu’une dizaine de générations d’autofécondation aboutie à un niveau d’homozygotie suffisant en pratique pour assurer la stabilité et l’homogénéité des descendances (lignées pures).Génération Parents HF1 (S0) F2 : (S1) F3 : (S2) F4 : (S4) Evolution des fréquences de génotypes (1 gène avec 2 allèles) AA X aa 1 Aa 1/4 AA 1/2 Aa aa 1/4 Fréq. car la plupart des caractères à caractères agronomiques sont contrôlés par plusieurs gènes. . elle ne l’est assurément pas pour les autres. 27 . 7/16 = aa 1/16 + aa 3/8 .5 % . Cependant. .

Définitions :  c’est la différence (la supériorité) de l’hybride F1 par rapport à la moyenne des parents. Exp. 2. Pour les plantes autogames. • Théorie de la dominance complète : l’accumulation des gènes dominant dans la F1 peut fournir une explication de l’hétérosis. de la taille des feuilles et de l’épi. l’inbreeding se traduit également par une perte de vigueur (diminution de la hauteur. L’hétérosis se traduit par une augmentation de la hauteur.). de la résistance aux maladies. c’est la supériorité de l’hybride F1 par rapport au meilleur parent. il n’est pas apparent et ces plantes peuvent être maintenues à l’état homozygote sans perte de vigueur en raison d’une hérédité essentiellement de type additif. a) explication de l’hétérosis : • théorie de la superdominance : elle se base sur la supériorité de l’hétérozygote Aa par rapport aux homozygotes. du nombre et de la taille des graines. de la résistance au maladies. de la précocité. du poids total.  De point de vue pratique. ♀ (AAbbcc) X ♂ (aaBBCC) Valeur 1 valeur 2 28 . etc. • causes de la dépression de consanguinité : expression de gènes généralement récessifs à effets létaux qui étaient jusqu’alors masqués à l’état hétérozygote. Suppression des effets de superdominance (état hétérozygote). du volume racinaire. etc. de la production des graines. Exp. ce phénomène est surtout marqué chez les plantes allogames.D’autre part.Hétérosis : L’hétérosis est un phénomène génétique opposé à celui de la dépression de consanguinité. cette perte de vigueur est appelée « dépression de consanguinité ». Aa > AA ou aa.

Tous ces exemples montrent que l’environnement peut contribuer à la variabilité observée dans une population végétale. ne sera pas forcement adaptée au Maroc. les agents pathogènes. on dit que la population est variable. Elles peuvent être différentes par la hauteur. le milieu étant différent. le nombre d’épis. les insectes.F1 (AaBbCc) Valeur 3 b) utilisation de l’hétérosis : L’hétérosis est à la base de la création des hybrides chez différentes espèces végétales cultivées.variabilité due à l’environnement : Une variété de maïs adaptée aux conditions de culture en Europe. Cette variabilité a deux origines : une environnementale et une héréditaire ou génétique. la date d’épiaison. ne peut-être isolée par sélection. 2. par conséquent.. la fertilisation. etc. etc. la direction et la vitesse du vent. Rq : la variation environnementale n’est pas transmise à la génération suivante et. P1 X (AA) P2 (aa) 29 . le poids. la lumière. le sorgho. Une population constituée par des génotypes AA. font tous partie intégrante de l’environnement dont les effets peuvent-être évalués sur une population génétiquement uniforme. IV. La température.Origine de la variabilité : Dans une population de blé par exemple. le photopériodisme. aa est génétiquement variable. par exemple. la tomate et d’autres espèces végétales. Aa. La supériorité de l’hybride par rapport aux souches parentales a poussé plusieurs sélectionneurs à en développer chez le maïs. 1. le type de sol. Tous les facteurs autres que génétiques constituent l’environnement.variabilité génétique : Elle résulte du fait que des individus différents possèdent des génotypes différents. Une variété d’orge très productive dans un sol fertile ne le sera probablement pas dans un sol très peu fertile. l’eau. toutes les plantes ne sont pas identiques sur le plan phénotypique.

Sans elle. P2 ou de F1 est due à l’environnement . homogènes et génétiquement identiques entres elles.  toute les plantes : P2 (aa) sont homozygotes. aucun progrès génétique n’est possible par sélection car toute la variabilité observée dans la population sera d’origine environnementale et. 2. Exp. 3. Donc. la population F2 (AA. par conséquent. homogènes et génétiquement identiques entres elles. aucune fraction de cette variabilité ne peut-être fixée par sélection. toute la variabilité observée entre les individus de P 1. Rq : la variabilité génétique est essentielle pour le sélectionneur.  toute les plantes : F1(Aa) sont hétérozygotes. 30 . Aa. • • Mutation génique : modification de la structure du gène et formation d’allèles nouveaux . hétérogène.F1 : 100% Aa F2 : ¼ AA + ½ Aa + ¼ aa 1.Mutation : Changement d’un état héréditaire à un autre. homogènes et génétiquement identiques entres elles. et toute variabilité observée entre les individus de la population F2 est constituée d’une variabilité en partie d’origine génétique et en partie d’origine environnementale. par conséquent. aa) est génétiquement variable. a  A ou A  a Mutation chromosomique : changement au niveau des chromosomes.sources de variations : a. toute les plantes : P1 (AA) sont homozygotes. b. elle est constituée d’individus homozygotes et d’individus hétérozygotes et.variations chromosomiques : (voir ultérieurement) Essentiellement due à la polyploïdie : multiple de jeux du nombre de chromosomes de base.

importance des effets de l’environnement. h2 = variance génétique / variance phénotypique 31 .Héritabilité : h2 On a déjà vu que la variabilité dans une population peut avoir des origines génétiques et/ou environnementales.mesure de la variabilité : a.La mutation peut être spontanée. Il existe plusieurs méthodes pour estimer l’héritabilité d’un caractère.rappel des paramètres statistique d’une population : Les caractères quantitatifs obéissent à la loi normale. notée h2 ou H.  La moyenne : X = Σxi/n où xi : valeur de l’individu i dans la pop n : nombre total d’individus S’il s’agit d’une distribution de fréquence : X = Σfixi/n où fi : fréquence de l’individu i dans la pop  L’écart type: S =√ Σ(xi-x)2/(n-1)  La variance : V=Σ(xi-x)2/(n-1) b. La sélection est inefficace si la variation environnementale est très importante et masque la variation génétique. Le degré de transmission de la variabilité d’un caractère quantitatif des ascendants aux descendants est appelé héritabilité. UV. ou induite par des traitements physiques (rayons X. qui est définie par sa moyenne et son écart type. Elles sont basées sur la décomposition de la variation totale en variation génétique et en variation environnementale.) ou chimiques. γ. 4. Ceci permet l’élargissement de la gamme de variation disponible pour le sélectionneur. L’efficacité de la sélection pour un caractère donné dans une population hétérogène dépendra : degré de la variabilité génétique. etc.

Vg=Vp-Ve  H2=Vp-Ve/Vp ou = H2=Vg/Vg+Ve or Vg=Va+Vd+Vi où Va : variance additive . V(P)=V(G)+V(E) V(P) : déterminée par : V=Σ(xi-x)2/(n-1) où x= Σxi/n Xi : valeur de l’individu i dans la population N : nombre total d’individus V(E) : déterminée à partir d’une population génétiquement homogène. Vd : variance de dominance .or : P=G+E+GXE où : P : valeur phénotypique . On néglige Vd et Vi à notre niveau et on aura : Vg réduite à la seule valeur de Va et par suite : h2=Va/Vp 32 . GXE : interaction entre le génotype et l’environnement. Calcul : P=G+E V(P)=V(G+E) si G et E sont indépendants. G : valeur génotypique . Vi : variance due à l’interaction épistasique. E : valeur environnementale .

2n : indique le nombre somatique de chromosomes . La variation peut toucher la totalité du génome. Exp. on parle d’aneuploïdie. nombre chromosomique de base. trois espèces d’avoine : Espèce Avena stregosa Avena barbata Avena sativa 2n 14 28=4x 42=6x n 7 14 21 x 7 7 7 Niveau de ploïdie diploïde tétraploïde hexaploïde 33 . on parle d’euploïdie. n : indique le nombre gamétique de chromosomes . x : indique le nombre de base de chromosomes ou génome. chaque chromosome est représenté une fois.Chapitre V : Variation du nombre chromosomique Définition : Le génome (X). c’est ainsi qu’on peut avoir un ou deux chromosomes en plus ou en moins. est un ensemble complet de chromosomes hérités d’un parent en tant qu’unité. Dans chaque génome. La variation chromosomique peut toucher quelques chromosomes seulement.

Organisme monoploïde diploïde n.I.grandes fleurs et grandes graines .Autopolyploïdes ou Autoploïdes : Duplication des chromosomes d’une même espèce (même génome). . due à des désordres dans la formation des grains de pollens. L’euploïdie comprend deux types : les autopolyploïdes et les allopolyploïdes. Elle se produit spontanément chromosomique. Elle a lieu au niveau des gamètes non réduites.cellules et noyaux volumineux . .la génétique des autoploïdes est plus complexe que celle des diploïdes. aa Autotétraploïdes : 5 génotypes possibles selon le nombre d’allèles dominants A : GIGANTISME ou artificiellement (colchicine) par dédoublement triploïde 2n=3x tétraploïde pentaploïde hexaploïde 2n=4x 2n=5x 2n=6x 34 . . soit un locus à deux allèles : A et a Diploïdes : 3génotypes : AA .tiges épaisses .racines plus développées. large et de couleur verte foncée . Aa . . Exp. .Euploïdie : Le changement dans le nombre de chromosomes implique tout le stock chromosomique. Caractéristiques : . .réduction de la fertilité ce qui entraîne une faible production de semences. ploïdie 2n=x 2n=2x 1.feuilles épaisses. Mais : .moins vigoureux que les parents diploïdes possédant un nombre de chromosomes de base déjà élevé. de la fécondation ou le développement de l’embryon.

avoine. triticale.AAAA Quadruplexe AAAa triplexe AAaa duplexe Aaaa simplexe aaaa nulliplexe 2.Allopoïdes naturels : exp. BT . alloploïdes naturels : Exp.Alloploïdes induits : exp. le blé 35 . BD.Allopolyploïdes ou Alloploïdes : .

AA Diploïde 2n=2x=14 Triticum monococcum b. Triticale : Blé X Seigle (RR) . triticale.Croisement avec Blé dur Blé dur (AABB) X Seigle RR 36 .Alloploïdes induits : exp.

2n=4x=28 ABR (HIS) 2n= 2x=14 37 .

Croisement avec Blé tendre Blé tendre (AABBDD) 2n=6x=42 ABDR (HIS) 2n=4x=28 DC (colchicine) AABBDDRR Triticale Allooctaploïde 2n=8x=56 Caractéristiques des alloploïdes : . caractéristiques de gigantisme.comme pour les autoploïdes. racines. feuilles. Augmentation de volume pour les tiges. X Seigle RR 2n= 2x=14 38 . etc.2n=3x=21 DC (colchicine) AABBRR Triticale Allohexaploïde 2n=6x=42 .

blé) . exp. Alloploïdie et amélioration des plantes : .Aneuploïdie : La modification du nombre de chromosomes ne touche qu’une partie du génome.Identification d’origine génétique des esp. elle est généralement analogue à celle des diploïdes.leur génétique est moins complexe que celle des autoploïdes. triticale.Faciliter le transfert de gènes d’espèces apparentées . Nature Nullisomiques Monosomiques Disomiques Trisomiques Tétrasomiques Nbr Chromosomes 2n-2 2n-1 2n 2n+1 2n+2 Gain ou perte de chromosomes perte d’une paire de chromosomes Perte d’un chromosome diploïde normale Gain d’un chromosome Gain d’une paire de chromosome Il existe aussi : 2n-1-1 Monosomique double Trisomique double 2n+1+1 39 . les alloploïdes n’ont pas de problèmes de stérilité .Produire des génotypes et espèces nouvelles.. Polyploïdes (exp. . II. Il y a gain ou perte de quelques chromosomes. avec pour chaque locus deux allèles seulement. Les individus aneuploïdes présentent des génomes incomplets.cependant.

de l’importance de la variabilité présente ou disponible . de son héritabilité . I.Introduction : Plusieurs méthodes de bases sont disponibles avec différentes modifications chacune. il montra que la variété locale dans une culture autogame est composée d’un mélange de lignées fixées. La méthode choisie dépendra : de la nature du caractère désiré .Chapitre VI : Méthodes de sélection A. 40 . des facteurs économiques et des ressources disponibles qui sont aussi importants et influencent l’approche à suivre. Toutes ont leurs points forts et leurs points faibles. La diversité ou la variation est entre les lignées et non à l’intérieur des lignées.théorie des lignées pures : Lot hétérogène du mélange de haricot Johanssen a examiné le poids des graines provenant de différentes plantes de haricot.

L’environnement dans lequel la plante croit affecte son développement et son apparence. l’efficacité dépend de la capacité du phénotype à refléter le génotype . les caractères à sélectionner doivent se prêter à l’identification visuelle . C’est la plus ancienne méthode de sélection pratiquée par l’homme. cette dernière est alors semée en vrac pour reconduire la génération suivante. la sélection à l’intérieur de celle-ci est inefficace. non coûteuse. c) inconvénient : on ne connaît pas si les plantes sélectionnées sont homozygotes ou hétérozygotes (1-5% de pollinisation croisée naturelle) puisque les plantes hétérozygotes ségrégueront les générations suivantes. Elle peut conduire à une inscription rapide de la variété. Toute variabilité observée à l’intérieur d’une lignée pure est d’origine environnementale. peu efficace pour les caractères très influencés par l’environnement. Avec la sélection massale. Définition d’une lignée pure : C’est la descendance par autofécondation d’une plante autogame. facile. Interaction GXE. II. b) avantages : sécurité : la variation génétique à l’intérieur ou dans la sélection massale peut servir de tampon dans des conditions d’environnement changeant. donc le sélectionneur a besoin de continuer la sélection. efficace pour les caractères à héritabilité élevée . les graines de ces sélections sont mélangées pour former la sélection massale. il n’est pas possible de connaître si le phénotype sélectionné qui est supérieur en 41 . Simple. a) caractéristiques : la sélection est basée sur le phénotype . Elle ne nécessite pas de phase d’évaluation de la descendance.sélection massale : Les plantes sont choisies sur la base de leur phénotype supérieurs.Une fois une lignée pure établie. rapide.sélection dans la population hétérogène : 1.

La nouvelle variété (descendance d’une lignée fixée) est inscrite au catalogue officiel. Inconvénients : de nouveaux génotypes ne sont pas crées (on est limité aux génotypes déjà présents dans la population d’origine) la lignée pure fixée peut être limitée concernant l’adaptation.cette étape est répétée sur plusieurs générations 3ème étape : Les lignées restantes (les plus homogènes et les plus intéressantes pour différents caractères) sont évaluées dans des essais de rendement avec répétitions puis les meilleurs sont retenues dans des essais régionaux. Méthode : elle comprend généralement trois étapes : 1ère étape : Un grand nombre de sélection est fait à partir de la population d’origine 2ème étape : Des lignées de descendance sont cultivées pour observation .apparence est du au génotype ou à l’environnement. Le meilleur génotype déjà présent dans la population du mélange est isolé à travers des procédures d’évaluation bien soignées. 3. La sélection de lignées fixées est utilisée pour exploiter les variétés locales où des types désirables existent. 2.les mauvaises lignées sont éliminées . La sélection massale est confondue avec la sélection environnementale.sélection généalogique (sélection de lignées fixées ou pure line sélection) : Elle a été développée sur les bases de la théorie des lignées pures énoncées par JOHANSSEN.Comparaison entre la sélection massale et la sélection généalogique : Les deux méthodes ne vont créer des génotypes nouveaux et se limitent seulement à l’isolement de certains génotypes déjà existant dans la population d’origine. Avantages : La lignée pure fixée est très uniforme en apparence et en performance. 42 .

III. La sélection massale est relativement plus simple et moins coûteuse que la sélection généalogique.les limites et la nature de la variété dans la génération ségrégante F2 2. . .liens (linkage) des gènes sur la le même chromosome . alors que la sélection massale est un mélange de lignées pures.facteurs influancants la recombinaison des gènes à la F2 : 1. . Donc les populations F2 doivent être aussi large que les possibilités pratiques le permettent.Cependant une variété développée par la sélection généalogique est plus homogène qu’une variété développée par une sélection massale. l’améliorateur des plantes est concerné par : 1.Dans l’hybridation de deux variétés de plantes autogames. Il est plus aisé de trouver des types homozygotes désirables dans les générations avancées de la population hybride des cultures autogames.nécessaire pour combiner et sélectionner différents génotypes de ceux actuellement disponibles.avec l’augmentation du nombre de générations autogames.important à se rappeler : Quand deux variétés lignées fixées sont croisées. le maximum nombre de combinaison de gènes est atteinte dans la F2 (les combinaisons se produisent dans la plante F1 au moment de la fertilisation).On espère obtenir des ségrégants transgressifs qui soient supérieurs aux variétés parentales.la progression de la population hybride vers l’homozygocie complète 3. .la nature des combinaisons des gènes réussie . la proportion d’homozygotes augmente.Sélection après hybridation : 1) Hybridation : . 3. 43 .nombre d’allèles de chaque gène.nombre de gènes différenciant les parents . 2. La sélection massale est souvent utilisée par les agriculteurs alors que la sélection généalogique n’est généralement utilisée que par les sélectionneurs. La sélection généalogique est une lignée pure car elle est développée à partir d’une seule plante supposée être homozygote.

F8 Essais de performance EP EI EA Essai catalogue 44 F9 – F12 . les sélectionneurs tendant à choisir les plantes qui apparaissent les plus productives. les caractères à hérédité quantitative. en particulier le rendement. Identifier les lignes > et sélectionner 3-5 plantes/ligne  20-100 familles (F3) retenues/croisement. etc. mais. sont plus difficiles à évaluer au cours des premières générations (F2 et F3) sur la base d’une plante individuelle. Semer les plantes F2 Epi/ligne. la précocité. Récolter séparément les plantes (2-300) qui combinent les caractéristiques désirables des deux parents. séparément des autres lignes. la couleur de la graine. Cependant. Choix des meilleures plantes dans les meilleures lignes et dans les meilleures familles. plantes espacées. Sélection “Pedigree” Parents Var (A) X Var (B) Choisir les parents et faire les croisements Semer 50 – 100 graines F1 F1 Bulk Semer 2-3000 plantes F2 : plantes espacées  examen facile de plantes individuelles. Du fait du haut niveau d’hétérozygotie durant les premières génération. Seules les meilleures apparences et les lignées uniformes sont conduites. (25-30) par croisement. F6 // Lignes uniformes sont récoltées en masse. F2 Plantes espacées F3 épi/ligne F4 Familles Epi/ligne F5 // Semer plantes/ligne. l’hétérosis peut affecter la performance des plantes surtout lorsqu’elles sont espacées. F7 // Essai préliminaire. Identité de la plante et de la ligne conservée.2) sélection Pedigree : La méthode pedigree permet d’isoler rapidement des caractéristiques désirables dans le cas de caractères à hérédité qualitatives tels que la résistance aux maladies.

Récolter chaque plante sélectionnée séparément. plante/ligne. (0. Peu d’efforts sont généralement engagés durant les premières générations. Cependant. Choisir les 50 à 100 meilleures lignes (lignées). La sélection naturelle est plus active dans le cas de la sélection par cette méthode. ce qui peut être en contradiction avec les aspirations du sélectionneur.01 ha par croisement). F4 // F5 // Même procédure que la F2 F6 plantes espacées Semer 5000 – 10000 plantes espacées. F7 plante/ligne Essai préliminaire. Cependant. Densité normale de semis. Récolter séparément. Les plantes hautes et les plantes tardives sont généralement favorisées par la méthode Bulk. Sélection “BULK” Parents Var (A) X Var (B) F1 Bulk Choisir les parents et faire les croisements Semer 50 – 100 graines F1 F2 // F3 // Semer en « Bulk » toutes les F2 récoltées (plantes non espacées). Semer les plantes choisies en F6. la taille de la population doit être assez importante surtout lorsque les plantes sont individualisées durant la sélection. Récolter le tout en vrac et prendre un échantillon pour le semer en F3.005 à 0. choisir 500-1000 meilleures plantes. généralement recherchées par le sélectionneur. la présence de maladies et d’insectes favorisent la mise en évidence des plantes résistantes.3) Sélection Bulk : La méthode Bulk est simple et peu coûteuse. F8 Essais de performance EP EI EA Essai catalogue 45 .

Essai préliminaire. cette procédure oblige à conserver une grande proportion de génotypes non désirables et ne permet pas la sélection des meilleurs génotypes parmi les familles issues des F2 et des générations suivantes. Chaque ligne sera issue d’une plante F2. La méthode est simple et peu coûteuse. F7 F5 // F6 plantes/ligne F8 – F12 Essais de performance EP EI EA Essai catalogue 46 . La sélection par la méthode SSD est plus pratique lorsqu’on peut obtenir plus d’une génération par an. L’utilisation des serres et pépinières en contre saison permettent d’avancer rapidement des générations. Récolter une graine/plante F2. Choisir et récolter les meilleures lignes. chaque plante F3 contribue par une seule graine à la génération F4 et ainsi de suite. Le nombre de plantes F2 correspond au nombre de plantes F6 (lignées). Sélection “S S D” Parents F1 Bulk F2 plantes espacées Var (A) X Var (B) Choisir les parents et faire les croisements Semer 50 – 100 graines F1 en les espaçants pour permettre la production du maximum de semences. Cependant. Ceci permet de réduire les risques de pertes de génotypes supérieurs par sélection (artificielle ou naturelle) surtout pour les caractères à faible héritabilité tel que le rendement. Récolter chaque plante F5 séparément Semer les F5. chaque plante F2 contribue par une seule graine à la génération F3. F3 // Même procédure que la F2 F4 // Même procédure que la F2. Le but est d’obtenir des lignées à partir d’un maximum de plantes F2.F9 – F12 4) Sélection SSD (single-seed-descent) : Dans la procédure décrite ici. Il suffit seulement de récolter une graine par plante et de semer l’ensemble à la génération suivante. plante/ligne. Semer les F2 récoltées (2000-3000 plantes) en les espaçants.

La sélection par la méthode SSD permet de garder la descendance d’un nombre maximum de plantes F2.5) comparaison des trois méthodes de sélection : Pour la méthode Pedigree. Par contre. de la philosophie du sélectionneur.). la sélection est faite sur la base de lignées homozygotes (descendance de plantes homozygotes par autofécondation). cependant. personnel. pour la méthode SSD. La sélection naturelle est plus active dans le cas de la sélection par la méthode Bulk et peut aider le sélectionneur comme elle peut lui poser des problèmes. Le choix de la méthode de sélection dépend de la plante en question. Le goulot d’étranglement pour la méthode SSD est. La méthode Pedigree est plus coûteuse et plus laborieuse que les deux autres méthodes mais elle permet l’élimination rapide des génotypes inférieurs (certains génotypes supérieurs peuvent être accidentellement éliminés aussi) par la sélection durant les premières générations. la sélection commence en F2. Pour la méthode Bulk. 47 . la première sélection est faite plus tard sur la base de plantes homozygotes. etc. La première sélection est faite parmi les plantes hétérozygotes. le nombre élevé de lignées à tester pour le rendement. équipements. des objectifs du programme de sélection et des moyens disponibles (terrain.

sauf le ou les gènes qui contrôle (nt) la caractéristique à transférer. En principe. Il est plus difficile si le gène en question est fortement lié à d’autres gènes non désirables et si le caractère à transférer est contrôlé par plusieurs gènes. La procédure consiste à croiser la variété adaptée dont on veut modifier une caractéristique donnée avec une variété qui possède cette caractéristique et de faire le Backcross de la descendance sur la variété adaptée.facilement reconnaissable dans la descendance hybride. Dans le Backcross. Il n’est pas nécessaire de tester la variété développée par la méthode du Backcross pour le rendement.hautement héritable . est une forme d’hybridation récurrente durant laquelle une caractéristique désirable est transférée à une variété adapté et productive. La descendance de ce Backcross subit un autre backcross sur la variété adaptée et ainsi de suite.dominant . également appelé rétro-croisement ou croisement en retour. Le Backcross est plus facile si le caractère à transférer est : . 48 . Généralement. le Backcross est utilisé lorsqu’une variété possédant des caractéristiques désirables présente une faiblesse (sensibilité à une maladie donnée par exemple) qui peut être corrigée par l’introduction d’un ou de quelques gènes. la performance des variétés développées par cette méthode est au moins égale à celle de la variété utilisée comme parent récurrent.6) Backcross : Le Backcross. la variété adaptée (qui entre toujours dans le croisement) est appelée parent récurrent ou parent receveur et la variété source (qui n’entre dans le croisement qu’une seule fois) est appelée parent non récurrent ou parent donneur. L’objectif du backcross est de restituer au parent récurrent tous ses gènes.

C.1 rr X Rr ”R” 75% des gènes de A B.Sélection Backcross Var.5% des gènes de A Rr ”R” rr (éliminé ) 93.C.C. résistante (B) Var.C.5 Autofécondation ”D” : Variété donneuse ”R” : Variété récurrente ¼ RR ½ Rr ¼ rr R (AA) éliminé par Progeny test éliminé par inoculation 49 .3775% des gènes de A Rr rr (éliminé ) Rr rr B.75% des gènes de A Rr rr X ”R” B.2 rr X rr (éliminé ) 87.C.875% des gènes de A Rr rr X ”R” B.5 Résultat du B.3 rr (éliminé ) 96.C.4 rr (éliminé ) 98. adaptée et sensible (A) ”D” X ”R” Croisement initial d’introduction RR 50% des gènes de A rr X ”R” B.

PARTIE II CULTURE IN VITRO DES PLANTES 50 .

. les chercheurs se sont tournés vers une autre technique : LA CULTURE IN VITRO. pourquoi n’arrive-t-on pas à faire la même chose avec les racines ? Pourquoi n’arrive-t-on pas à bouturer des petits morceaux de plantes ? C’est pourquoi. Pourquoi de nombreuses espèces sont-elles réfractaires aux techniques traditionnelles de multiplication végétative ? Si on arrive à bouturer des tiges. ou mieux produire et purifier des substances issues de la transformation biologique de substrats naturels LA MULTIPLICATION VÉGÉTATIVE Avantages et inconvénients de la multiplication végétative par rapport à la voie sexuée (graines) : . 51 . Il s’agit du principe de la totipotence cellulaire. un biologiste allemand. Suite à ces travaux. LA CULTURE IN VITRO Tous les végétaux ne peuvent donc pas être multipliés par voie végétative. LA TOTIPOTENCE CELLULAIRE Dès 1902. devant ces problèmes. LES GRANDES ÉTAPES DE L’AVÈNEMENT DE LA CULTURE IN VITRO  1870 : Premières tentatives de culture d’organes vivants isolés : conservation de queues de têtards de grenouille. observe les potentialités naturelles de la multiplication Végétative (bouturage).Les biotechnologies végétales Définition Les biotechnologies végétales comprennent toutes les méthodes et techniques utilisant les capacités génétiques et physiologiques du vivant pour mieux conduire ou contrôler des processus naturels. Haberland.Avantages : obtention de plantes présentant toutes les mêmes caractéristiques : clones. il énonce le premier grand principe qui ouvrira la voie de la micropropagation des végétaux.Inconvénients : beaucoup d’espèces sont réfractaires à la multiplication végétative.

Définition "Toute cellule végétale est capable de régénérer un autre individu identique à celui dont elle est issue". La dédifférenciation cellulaire La dédifférenciation cellulaire : on voit les grandes cellules différenciées (dans les feuilles, tiges, pétales,...) perdre leurs vacuoles, leur noyau se diviser activement, et de nombreuses et très petites cellules méristèmatiques apparaître. Une cellule dédifférenciée peut alors évoluer dans toutes sortes de directions. PREMIERS SUCCÈS ! En 1934, WHITE réussit la culture de racines de tomate sur un milieu contenant de l' eau, des sels minéraux ,un extrait de levure et du sucre et une hormone végétale, la seule connue à l’époque : l’auxine*. Mise en évidence du cal En 1939, Gautheret obtient à partir de tissu carotte, un amas de cellules dédifférenciées : un cal. On peut cultiver ce cal indéfiniment dans le temps. Avec lui démarre vraiment la culture in vitro ("dans du verre"). UN MILIEU MIRACLE En 1962, Murashige et Skoog étudient la multiplication végétative du tabac et mettent au point le premier milieu de base pour la culture in vitro. Ce milieu contient des sels minéraux, des sucres, des vitamines B, des auxines et des cytokinines. Ce milieu rend possible la culture et la prolifération de méristèmes de tiges jusqu’alors réfractaires à la multiplication végétative in vitro. FONDEMENTS TECHNIQUES de la CULTURE IN VITRO : La technique in vitro est un mode de multiplication végétative artificielle des plantes. Il s’agit d’un ensemble de méthodes faisant intervenir d'une part l'asepsie (stérilisation du matériel, désinfection des explants). Et d'autre part des conditions de culture parfaitement contrôlées (milieux de culture définis pour chaque type de plante, température, lumière, humidité,...).

Les explants : 52

Ces méthodes s'appliquent à des organes ou des fragments d’organes : les explants. • • • • • • • • • • graine immature, embryon, ovule, pollen, bourgeon terminal, bourgeon axillaire, morceau de tige, morceau de feuille, de pétale de fleur, etc.

Exigences de l’explant : L'explant doit trouver dans le milieu de culture tout ce dont il a besoin pour survivre, se multiplier et éventuellement régénérer un nouvel individu, en fait, tout ce que la plante mère peut fournir : a) par les racines : les éléments minéraux, l’eau ; b) par les feuilles et grâce à la photosynthèse : des sucres, des vitamines et des acides aminés ; c) les hormones, pour orienter la formation des organes. LE MILIEU DE CULTURE : Entreront dans la composition du milieu de culture: - des éléments minéraux ; - des éléments organiques ; - des régulateurs de croissance (hormones). A) LES ÉLÉMENTS MINÉRAUX 1- Les macroéléments : interviennent en grande quantité. Il s'agit de 6 éléments présents à des concentrations élevées tels que l’azote ( N), le calcium (Ca), le potassium (K), le soufre (S), le magnésium (Mg) et le phosphore (P).

2- Les microéléments : 53

Appelés parfois oligo-éléments, et bien qu'ils ne soient nécessaires à la plante qu'en faibles concentrations, leur rôle est essentiel. Les principaux d'entre eux sont le fer (Fe), le cuivre (Cu), le zinc (Zn), le manganèse (Mn), le molybdène (Mo), le bore (B) et le chlore (Cl), le cobalt (Co), le nickel (Ni), etc. B) LES ÉLÉMENTS ORGANIQUES : 1- Les sucres : 2- Les vitamines : 3- Les acides aminés : 1- Les sucres : Dans le cas de tissus végétaux placés en culture in vitro, l'assimilation chlorophyllienne est nulle ou insuffisante pour assurer la survie et le développement de l'explant. Dès lors, on ajoute des sucres, le plus souvent du saccharose, aux milieux de culture pour fournir à l'explant une source de carbone. Dans la nature, les sucres sont photosynthétisés à partir du gaz carbonique atmosphérique et de l'eau du sol. 2- Les vitamines : L'emploi de diverses vitamines favorise fréquemment le développement des cultures in vitro: elles appartiennent essentiellement au groupe B. 3- Les acides aminés : Il a parfois été observé que l'apport d'acides aminés favorisait la prolifération. Touche finale : Les milieux ainsi constitués sont liquides. Il est nécessaire de les solidifier par l’ajout d’un gélifiant pour éviter que les explants ne tombent au fond des récipients et s’asphyxient.

C) LES RÉGULATEURS DE CROISSANCE : 54

Appelés généralement hormones végétales, ils induisent les phénomènes de croissance et de néoformation des organes. On trouve ces substances de croissance naturellement dans toutes les plantes; cependant, on a pu synthétiser artificiellement des molécules possédant les mêmes propriétés. Les hormones utilisées sont principalement : - les auxines, - les cytokinines, Car ces hormones sont capables d’orienter les explants vers la formation de nouveaux organes.

Multiples Applications de la Culture in vitro des Végétaux Supérieurs. 55

♦ La culture de protoplastes et l'hybridation somatique CHAPITRE I : LA CULTURE DES MERISTEMES 56 . ♦ La variation somaclonale et la sélection in vitro. ♦ La micropropagation. ♦ L‘embryogenèse somatique.♦ La culture de méristème et la production de plantes saines.

Les processus permettant le retour à l’état juvénile et dans la conservation des souches. 1. MÉRISTÈME APICAL Les méristèmes secondaires : 57 . leur structure et leur rôle dans la plante. mycoplasmoses et bactérioses). puisqu’elles édifient tous les organes (végétatifs et reproducteurs) ainsi que les tissus de la plante. qui conservent la capacité de se diviser activement.2 Définitions 1. il existe plusieurs catégories de tissus méristématiques. ils sont organogènes. La culture des méristèmes présente des implications importantes dans : Les procédés de multiplication végétative (micropropagation). qui diffèrent par leur localisation. racinaires) dont ils assurent la croissance en longueur de la plante et donnent naissance aux tissus primaires et aux méristèmes secondaires .1 DIFFERENTS TYPES DE MERISTEMES Chez les végétaux supérieurs.1 Introduction Les méristèmes sont constitués de massifs de cellules non différenciées. L’éradication de nombreuses maladies (viroses. mycoses. Les zones méristématiques jouent un rôle capital dans le développement du végétal.2. • • • • Les méristèmes primaires Les méristèmes secondaires Les méristèmes floraux Les méristèmes primaires Ils apparaissent en premier au cours de l'embryogenèse. caulinaires) et des racines (m.1. Ils sont situés aux extrémités des tiges (m.

Ils sont à l’origine de la croissance en épaisseur des tiges et des racines. Les méristèmes floraux : Ils résultent de la transformation des méristèmes caulinaires en méristèmes floraux. CHAPITRE II : LA MICROPROPAGATION 2. Ils sont à l'origine des tissus dits secondaires. variétés anciennes) dans un but de sélection de cultivars encore plus performants. Elle permet : La reproduction intensive d’individus hautements sélectionnés avec un taux de multiplication plus élevé que par les méthodes de cultures traditionnelles et le maintient de la conformité variétale du matériel. CONCLUSION La culture de méristèmes offre des possibilités considérables. les processus permettant le retour à l’état juvénile et dans la conservation des souches. AVANTAGES DE LA CULTURE DES MÉRISTÈMES La culture des méristèmes présente des implications importantes dans : les procédés de multiplication végétative (micropropagation). mycoplasmoses et bactérioses). thermothérapie. La conservation à long terme (cryoconservation) des génotypes intéressants (plantes en voie de disparition. l’éradication de nombreuses maladies (viroses. mycoses. Leur fonctionnement est limité à l’élaboration de certaines pièces florales (étamines et carpelles en particulier).1 Introduction 58 . La régénération des souches atteintes par de nombreuses maladies infectieuses. principalement des (gymnospermes et des angiospermes).

mais elles utilisent pour certaines aussi une autre voie.5 Les types de multiplication végétative in vitro 59 .3 Objectif Il s'agit de produire en grande quantité des cultivars d'intérêt horticole. racine.2 Définition Les plantes se reproduisent par la voie sexuée via les graines. 2.) ou fragment d’organe (explant). ou agronomique qui viennent d'être créés ou découverts.. etc. Il peut s'agir également de plantes difficiles à reproduire naturellement. 2. marcottage. sylvicole. peut être cultivé isolément sur milieu nutritif synthétique. 2.4 Classification sommaire des techniques de multiplication végétative artificielle chez les Angiospermes 2.Le taux de multiplication par culture de méristèmes reste comparable à celui du bouturage classique tant qu’à partir d’un apex on induit le développement d’une seule plante. Pratiquement. n’importe quel organe (bourgeon. Cependant il est possible de provoquer la prolifération de bourgeons axillaires dans la zone proche du méristème notamment par adjonction de cytokinines dans le milieu de culture. anthère. feuille. La micropropagation in vitro dérive de ce phénomène naturel. tissus ou cellules → proliférer anarchiquement → cals  dvpt bourgeons et/ou racines → plantules viables Suite aux subcultures successives on obtient alors des plantes identiques à la plante de départ et que l'on peut multiplier à l'infini. Ensuite par repiquage successif on amplifie le phénomène et on peut ainsi obtenir des taux de multiplications très supérieurs à ceux des méthodes classiques allant de 104 à 108 par an. prélevé sur une plante. Organes. Le clonage végétal est exploité depuis des siècles par les horticulteurs et jardiniers : bouturage. greffage etc. celle de la multiplication végétative.

G. Cette technique ne fait donc qu'accélérer in vitro le fonctionnement normal des méristèmes de bourgeons déjà formés sur une plante. C. D. 2. remis sur le même milieu. E. qui permet leur enracinement. Les plantules complètes sont alors acclimatées en terre où elles reconstituent des plantes normales 2.axillaire B.Les tiges peuvent alors être transférées sur un milieu neutre ou enrichi en auxines. et par conséquent des bourgeons axillaires.cette tige peut être découpée en fragment (nœud et extrémité de tige) qui.les touffes de bourgeons sont fragmentées et la multiplication se réalise à ce stade.2. qui permet de le freiner.1. extrémité de tige. vont redonner autant de tiges feuillées.2 EXEMPLE : LE SÉQUOIA (Sequoiadendron giganteum) 60 .Si l’explant initial est déposé sur un milieu plus riche en cytokinines. bourgeon terminal ou axillaire. le bourgeon débourre et donne une tige feuillée qui se ramifie elle même et donne des rameaux secondaires.5.L’explant initial: méristème isolé.1.1 Multiplication par bourgeonnement axillaire En provoquant et en accélérant le débourrement axillaires normale des explants présents naturellement à la base des feuilles (chaque rameau latéral constitue potentiellement une nouvelle plantule). Le même développement peut être provoqué à partir de tiges ou d'inflorescences pour autant qu'ils comportent des noeuds. fragment de tige comportant au moins un B. F.lorsque le bourgeon axillaire est intense. est nécessaire avant l’enracinement. le méristème croit ou le bourgeon débourre. une phase d’élongation (acide gibbérellique).5.1 Technique A. et se développe en une tige feuillée.5.sur un milieu approprié comportant peu de cytokinines.

le méristème se divise ou le bourgeon débourre et développent tous les deux une tige ou une touffe feuillée.les bourgeons sont néoformés directement à partir des cellules de l’explant initial.ces bourgeons se développent en tiges. Cela représente une plantation de 16 hectares d’arbres adultes ! 2. C.A. vont redonner autant de touffes feuillées qui peuvent être aussi subdivisées : c’est la phase de multiplication. C. sur un milieu d’allongement. Sur un milieu approprié comprenant des cytokinines.Le cal primaire peut être subcultivé sur un milieu solide d’accroissement du cal. EXEMPLE : LE SAINTPAULIA (Saintpaulia ionantha Wendl.L’explant est constitué d’un fragment d’organe. Cette tige peut être découpée en fragments (noeuds) qui. qui permet leur enracinement. F. D. généralement sur le même milieu sinon. E.1 Technique A.5. On obtient finalement dans chaque tube une plantule complète.Le cal forme des bourgeons sur un milieu d’induction approprié. Les plantules sont mises en acclimatation en terre où elles reconstituent des plantes normales. L'initiation de tels bourgeons peut être en principe induite sur n'importe quel type d'organe ou de tissu (feuille. ou même de cellules isolées (grains de pollen. soit un bourgeon.Les cellules de l’explant initial se divisent rapidement et forment. B. B. un cal primaire rattaché à l’explant de départ. d’une portion de tissu(s). remis sur le milieu. racine. Les tiges peuvent alors être transférées sur un milieu enrichi en auxines.. E. L'explant initial peut être soit un méristème.2 Multiplication par bourgeonnement adventif En provoquant l'apparition de bourgeons adventifs en des endroits inhabituels (chaque bourgeon est une plantule potentielle). protoplastes). Toutes les tiges obtenues sont transférées sur un milieu neutre ou enrichi en auxine qui va provoquer leur enracinement.) 61 . D..2. tige. 2.5.). soit un fragment de tige comportant au moins un bourgeon axillaire. de manière désorganisée. Le nombre de plants de Séquoia obtenus en 1 an à partir d’un méristème peut atteindre par cette méthode (46).

L'explant est constitué d'un fragment d'organe. ou même de cellules isolées. CHAPITRE III : L’EMBRYOGENÈSE SOMATIQUE (Semences artificielles) 3. D.A. Il s'agit en fait d'une structure 62 . Toutes les tiges obtenues dans les deux cas sont transférées sur un milieu enrichi en auxine qui va provoquer leur enracinement. Soit des bourgeons sont néoformés directement à partir des cellules de l'explant initial (rare).1 Introduction Dans une graine. Soit des cellules de l'explant initial se divisent rapidement et forment un cal primaire rattaché à l'explant de départ et qui donnera des bourgeons néoformés. B. d'une portion de tissu. on trouve la future plante sous forme d’embryon (embryon zygotique) qui résulte de la reproduction sexuée. C’est la phase de multiplication. C. E. Les plantules sont alors acclimatées en terre où elles reconstituent des plantes normales. Il est placé sur un milieu contenant des cytokinines.

B.Des recherches actuelles tentent l’encapsulation des embryons somatiques. directement en plantules enracinées. comme des embryons zymotiques. ou constitué de cellules isolées.2 EXEMPLE : LE GINSENG A. plus rarement directement sur les organes. 3.Les embryons se développent. Cependant. les cultures cellulaires en milieu solide ou liquide s’organisent en nombreux petits massifs à structure bipolaire (avec un méristème caulinaire et méristème racinaire) nommés embroïdes. pour en faire des semences artificielles. le zygote. les cultures cellulaires s'organisent en nombreux petits massifs à structure bipolaire (avec un méristème de tige et un méristème de racine) nommés embryons somatiques. G. de tissu(s). B.l’explant de départ est. occasionnellement dans les cals. des embryons peuvent également être induits en culture in vitro sur un milieu approprié (embryon somatique). F.Sous certaines conditions. 63 . donne naissance à une nouvelle plante. comme dans le cas précédant. 3.Subculture du cal primaire ou des microcals D.bipolaire qui. un fragment d’organe. De tels embryons se développent directement à partir de cellules méristématiques ou plus souvent sur des cultures de cals.2 Définition L'embryogenèse somatique consiste à provoquer l’apparition d’embryons à partir de tissus végétaux mis en culture in vitro.Un cal primaire (à partir d’un organe) ou des microcales (à partir des cellules isolées) sont formés.2. Sous certaines conditions. formé lors de la reproduction sexuée (embryon zygotique).2. C. les embryons somatiques se développent. directement en plantules enracinées comme des plantules de semis traditionnel. suite au processus de germination.Le cal peut être dissocié et être multiplié sous forme de suspension cellulaire. E. La suspension cellulaire remise sur un milieu solide peut redonner du cal. 3. sans altérer leur viabilité. l'embryon s'édifie à partir d'une cellule initiale. Elle apparaît le plus souvent dans les suspensions cellulaires. Habituellement. embryons asexués ou embryons somatiques. Comme les embryons zygotiques (qui sont présents dans les graines).1 Technique A.

3. pour en faire des semences artificielles. Or parmi les causes d'échecs de cette technique figure la faiblesse des embryons notamment lors du croisement d'espèces phylogénétiquement distantes. Des recherches actuelles tentent l'encapsulation des Embryons somatiques.4 Difficultés subsistantes en embryogenèse somatique : L'induction du potentiel embryogène et la régénération restent souvent difficiles. Les taux de multiplication sont généralement importants et chez certaines espèces. Toutefois. 3. la laitue : Lactuca sativa x.2.. La culture d'embryons immatures a permis d'obtenir des plantes hybrides interspécifiques comme la courgette : Cucurbita pepo x. telles que le palmier dattier ou certains conifères font déjà l'objet d'une production industrielle par embryogenèse somatique. ce qui rend possible une production en fermenteur et réduit considérablement le coût de production.4 Applications : le sauvetage d'embryons immatures Pour améliorer les variétés cultivées (résistance aux maladies). Les manipulations sont donc simplifiées par rapport à la micropropagation traditionnelle qui nécessite plusieurs milieux différents pour le développement des tiges et des racines et l'obtention de plantules complètes. sans altérer leur viabilité. Certaines espèces. dès que cette variabilité sera maîtrisée.3 Avantages de l'embryogenèse somatique par rapport à la micropropagation conventionnelle Les embryons somatiques peuvent être induits à partir de cellules cultivées en suspension. l'embryogenèse somatique permettra de produire des quantités très élevées de plantes à faible coût. Nul besoin de régulateurs de 64 . Des plantes complètes sont obtenues directement suite au processus de germination. les embryons peuvent être encapsulés et traités comme des graines artificielles. le haricot : Phaseolus vulgaris . sont propices à l'apparition de mutations géniques pouvant être responsable d'une variabilité des plantes issues de la culture.2. EXPERIENCE : LE MICROBOUTURAGE DU SAINTPAULIA Cette plante que l'on trouve chez tous les fleuristes se prête bien à cette expérience par la simplicité de ses exigences et sa résistance. Les cultures de cals.2. on effectue l'hybridation interspécifique. et plus encore les cultures de cellules isolées. 3..C.

Remplir d'eau du robinet le flacon et placer le pétiole dedans. des racines apparaissent au niveau de la section. Au bout d'un mois environ. Passer le pétiole sous l'eau du robinet pour enlever d'éventuels fragments de terre. ce sont une demi-douzaine de microfeuilles qui font leur apparition entre les racines et le pétiole sectionné.. l'eau du robinet suffira.croissance ou d'un milieu complexe pour réaliser le microbouturage. le piment et l’aubergine. Comment procéder ? Sectionner une feuille à la base de son pétiole avec la lame de rasoir. vous pourrez laisser la même eau pendant un mois à condition que l'ouverture du flacon soit suffisamment étroite pour limiter l'évaporation. CHAPITRE IV : LES TECHNIQUES IN VITRO CHEZ LA POMME DE TERRE Introduction La pomme de terre appartient à la famille des Solanacées comme le tabac. Matériel nécessaire Un Saintpaulia. une lame de rasoir. Le tubercule est aussi l’organe de 65 . Mettre le tout devant une fenêtre. perpendiculairement à son grand axe. de la patience. Ne pas hésiter à nettoyer le flacon si des algues s'y développent. Si vous partez en vacances. Changer l'eau une ou deux fois par semaine. Environ un mois après.. La partie comestible est le tubercule qui est une tige souterraine dans laquelle se sont accumulées des réserves. de l'eau du robinet. un flacon à goulot étroit.

qui donneront les meilleurs résultats. i. Cette particularité a orienté les méthodes de sélection et de production de plants vers des techniques de clonages de plus en plus performantes. Le plant de travail préparé et organisé.1 mg/l qui a un effet très significatif sur le nombre de nœuds produits et sur leur taille.propagation. de pétioles. la pomme de terre est une espèce à reproduction végétative préférentielle. Citons comme exemple la GA3 à la concentration de 0. de racines. Tous les fragments préparés sont rassemblés dans une (ou des) boîte(s) de Pétri stérile(s). à l'aide de la pince préalablement désinfectée. Celle-ci devra se faire dans les meilleures conditions de stérilité possibles.e. En effet. Culture in vitro de la pomme de terre La mise en culture peut être effectuée à partir de germes issus de tubercules ou de méristèmes prélevés sur une plante. Les techniques in vitro chez la pomme de terre La pomme de terre est sans doute l’espèce végétale qui a le plus bénéficié des techniques in vitro pour son amélioration génétique et sa production de plants. les techniques in vitro ont une place prépondérante. autour de la flamme d'un bec Bunsen. le plant de PDT est enlevé de son pot et posé à plat sur une feuille de papier stérile. 66 .S) Protocole expérimental : Préparation : tous les plants de travail doivent être passés à l’hypochlorite de calcium à 2 % pendant 10mn puis rincés à l’eau avant la manipulation. on coupe des fragments de tiges ( mais aussi de feuilles. Milieu de culture : Milieu de Murashige & Skoog (M. il est intéressant d’étudier l’influence des hormones sur la croissance des organes végétatifs. pour effectuer des comparaisons) à partir du plant. C’est aussi une des espèces qui se prête le mieux aux travaux d’isolements et de fusions de protoplastes ainsi que de transfert de gènes ce qui lui promet un bel avenir même si le consommateur la boude de plus en plus. Par ailleurs. Pour les fragments de tiges. A l'aide d'un scalpel ou d'une lame de rasoir. Le milieu de Murashige et Skoog (1962) convient tout à fait au microbouturage et à la microtubérisation. les fragments doivent avoir 5 mm à 1 cm de longueur et inclure un bourgeon. Dans ce contexte.

puis au bout de une à deux semaines. Pour ceci. Avant la mise au point de techniques de clonage in vitro la production de plants s’avérait difficile et très laborieuse. on enfonce l'explant dans le milieu jusqu'au bourgeon. l'explant peut légèrement brunir. Assainissement des variétés La production de plants de pomme de terre débute par le choix de quelques tubercules sains qui après une dizaine de cycles de multiplication donneront plusieurs tonnes de plants certifiés (plants de classe A) commercialisés aux agriculteurs et jardiniers. En effet. à l'aide de pinces stériles. La présence de ces hôtes inhibe fortement la prise de la bouture. le bourgeon se développe juste avant ou en même temps que les premières racines. Résultat : Dans un premier temps. A chaque cycle de multiplication aux champs. les plantes accumulent donc ces 67 . on prend délicatement le fragment et le dépose dans le sens de la plante en l'enfonçant légèrement dans le milieu de culture. Pour un fragment avec bourgeon par exemple. Conditions de culture : Les tubes refermés seront placés à une température de 22°C et à la lumière. la succession des phénomènes peut être différente et être plus ou moins rapide. mais un simple aquarium avec une rampe horticole suffit pour obtenir de bon résultat. Pensez à respecter un photopériodisme de 16h/24h. Un cal peut éventuellement se développer à partir du bourgeon et en donner d'autres. Notons que selon l’espèce employée. et dans les conditions d'asepsie les plus poussées possibles. Une armoire de culture in vitro est tout à fait satisfaisante.Mise en culture : On devra donc implanter dans un milieu nutritif l'un des fragments préparés précédemment. En effet les milieux de bouturages in vitro se prêtent aussi remarquablement à la croissance de divers champignons et bactéries. Cette brève manipulation doit être effectuée avec calme et attention. la pomme de terre est très sensible à de nombreux virus et bactéries qui sont transmis à chaque génération par le tubercule et pour lesquels aucune lutte chimique n’est possible.

la culture de méristèmes fut utilisée sur la pomme de terre par G. à partir d’un tubercule sain sur lequel un ou plusieurs apex seront prélevés (figure 1). Production de masse de plants sains Ces mêmes chercheurs eurent l’idée de réaliser les premières étapes de la production de plants par la voie in vitro pour limiter les étapes de pleins champs où les plantes peuvent à nouveau être contaminées.On s’assure que le ou les tubercules de départ sont sains (F0). Des observations visuelles sont insuffisantes et les tests immuno-enzymatique de type "ELISA" permettent de repérer de façon sensible la présence de virus et de bactéries dans le tubercule de départ. Chaque noeud repiqué sur un milieu adéquat donnera en 3-4 semaines une plantule de 5 à 68 . En 1954. B.38°C). C. l’équipe du professeur Nozeran (université d’Orsay) a mis au point un protocole de production basée sur une multiplication in vitro des premières générations de plants. Martin de l’INRA de Versailles.Les tubercules sains sont mis à germer en condition de température élevée (37°C-38°C). Morel et Cl.Après quelques semaines.parasites qui entraînent des dégénérescences et donc des chutes de rendements parfois considérables. Les méristèmes mis en culture au cours de cette expérience provenaient de tubercules maintenus à l’obscurité sous une forte température (37°C . à partir d’un apex. les apex sont alors prélevés et cultivés in vitro. il est possible de produire plusieurs millions de plants par an. Ceci fut d’autant plus facile que la pomme de terre se multiplie facilement et rapidement par microbouturage. La technique A. l’apex a régénéré une plante entière qui porte de 5 à 10 noeuds. En effet. A partir des travaux de Morel et Martin.

les producteurs s’adaptent plus aux exigences du marché. un apex peut donc générer 712 plantes en un an. La multiplication permet une meilleure gestion des nouvelles variétés. Avec un coefficient de multiplication de 7 environ par mois. Ainsi. la sélection par "familles". avantages et inconvénients Les microtubercules sont des tubercules de petites tailles (4 à 8 mm de diamètre) produits in vitro à partir de vitroboutures. La technique de microtubérisation a été introduite par le CIP (Centre International de la Pomme de Terre) situé au Pérou et qui rassemble la plus grande collection de pommes de terre sauvages au monde. une fois introduite en milieu stérile une nouvelle variété est à l’abri de toute contamination virale et peut être conservée indéfiniment. D. En effet. a laissé progressivement la place au schéma de sélection par boutures (figure 3) qui nécessite 5 à 7 ans de multiplication avec une première année de multiplication in vitro (génération BO) et une deuxième année de culture en terreau et en serre insect-proof (génération B1). 69 .10 noeuds. Les établissements producteurs de plants ont intégré la culture in vitro de manière à limiter le nombre de cycles de multiplication en pleine terre et aux champs et donc de réduire les contaminations virales en tenant compte des limites de la multiplication en laboratoire. Il ne faut pas les confondre avec les minitubercules qui sont obtenus par tubérisation en serre des vitroplants (10 à 25 mm de diamètre) et qui représentent la génération B1 plantée en pleine terre et au champ (figure 3). En produisant dans un délai plus court le plant certifié. Ces tubercules représentent un intérêt certain pour la conservation des cultivars. leur stockage ainsi que pour les échanges internationaux. qui nécessitait dix années de multiplication aux champs pour produire des plants certifiés (figure 2).Les vitroplants sont ensuite repiqués en terreau et acclimatés en serre "insect-proof". Avantages par rapport au schéma "famille" : Le nombre réduit de multiplications en pleine terre confère un meilleur état sanitaire du plant. Les microtubercules. La culture in vitro de la pomme de terre offre de plus un avantage indéniable pour la conservation de plants sains.

Cependant. son coût de production reste actuellement supérieur à celui de la bouture et son cycle de production beaucoup plus long. ce qui permet d’étaler la production au laboratoire. Plus précisément. CHAPITRE V : VARIATIONS SOMACLONALES Introduction Alors que la micropropagation produit généralement des plantes d'une grande conformité génétique. avantages et inconvénients Rapidement. cette technique de microtubérisation a intéressé les producteurs de plants. Cette technique est donc moins souple vis à vis des contraintes du marché . Le microtubercule reste cependant une technique complémentaire de la microbouture et est utilisé par la plupart des producteurs de plants (figure 4). 70 .Les microtubercules. le microtubercule peut être stocké en chambre froide pendant plusieurs mois. les plantes régénérées à partir de cultures initiées d'explants différenciés (ne contenant pas de méristèmes préexistant) ou à partir de cultures de cals présentent des taux parfois importants de non-conformité. il est moins fragile que la bouture et donc plus souple d’emploi pour le producteur de plants. En effet. De plus. un taux élevé de variation peut être induit en culture in vitro lorsque les cultures sont réalisées dans des conditions particulières. la production de plants doit être planifiée un an à l’avance alors que la production de boutures est réalisable en quelques mois. Cette variabilité semble de plus être proportionnelle au temps de culture.

Pour de nombreuses espèces cultivées: tabac. On a pu créer par mutagenèse un colza avec une meilleure résistance à l'alternaria. précocité de floraison. céleri. La mutagenèse chimique Des produits mutagènes inclus dans les milieux de culture peuvent induire des mutations intéressantes au niveau horticole ou agronomique. Ces mutants ne donnent pas toujours directement de nouvelles variétés. fenouil. mais les plantes obtenues peuvent être des géniteurs qui entrent dans un programme de croisements. c'est à dire des plantes dont le génome est sensiblement différent de celui de la plante de départ. tomate. canne à sucre. Applications Des mutants ont été créés par exemple chez les céréales. 71 . (une maladie fongique). cette voie est explorée chez l'asperge par exemple.Des mutations induites pendant la culture ont été détectées chez de nombreuses espèces végétales. accroissement de vigueur. des variations somaclonales ont amené de nouveaux caractères intéressants: résistance aux maladies. La variation somaclonale ou les vitrovariants Le passage par cal ou le nombre de cycles de culture in vitro sont des facteurs qui peuvent induire des variants. L'existence de ces variations spontanées a stimulé l'intérêt de la culture de cellules ou de tissus pour l'isolement de plantes présentant des caractéristiques nouvelles. Technique  Les radiations ionisantes  La mutagenèse chimique  La variation somaclonale ou les vitrovariants Les radiations ionisantes C'est la source principale de création de mutants. laitue. Il est possible de créer de la variabilité via les cultures cellulaires également. etc. couleur et forme des fleurs.

par fécondation avec du pollen irradié ou par croisements interspécifiques. Par exemple.Limites Les modifications apparaissent aléatoirement sur les chromosomes et la proportion de mutants présentant un intérêt horticole ou agronomique est faible. ont été obtenus chez la tomate et la pomme de terre (Evans 1989). par gynogenèse. des plants de canne à sucre présentant un taux de sucre plus important ont été isolés. Les plantes obtenues n'ont qu'un seul lot de chromosomes au lieu de 2 normalement. Dans quelques cas cependant. non issues de fécondation normale. 72 . Il existe dans la nature à des pourcentages très faibles des plantes haploïdes. Elles peuvent être obtenues par androgenèse. des génotypes résistants à certains virus. De même. qui est doublé naturellement ou artificiellement afin qu'elles deviennent fertiles. CHAPITRE VI : L'HAPLO-DIPLOIDISATION Introduction Les plantes haploïdes sont issues d'une cellule sexuelle mâle ou d'une cellule sexuelle femelle sans fécondation. l'existence de cette variation somaclonale a permis d'isoler des plantes présentant des caractères intéressants d'un point de vue agronomique.

le piment. le tabac. 73 . l'asperge. le riz. ETAPES de l'ANDROGENESE du BLE TENDRE (Triticum aestivum) Avantages et limites de l’androgenèse Avantages Cette technique amène un important gain de temps. Applications C'est une technique utilisée chez le blé. ce qui évite de faire une dizaine de générations d'autofécondations pour obtenir une lignée pure. le colza. Objectif Obtenir des plantes haploïdes doublées. le maïs. L'obtention de lignées pures est une étape presque toujours nécessaire des programmes d'amélioration des plantes.L' ANDROGENESE ou les plantes "sans mère" Technique C'est la régénération de plantes entières à partir de culture de cellules sexuelles mâles: des grains de pollen immatures. la pomme de terre. Ce fut une première mondiale initiée par le laboratoire d'Amélioration des Plantes d'Orsay. Aujourd'hui de nombreux cultivars de diverses espèces et issus de ces techniques d'haplo-diploïdisation sont déposés chaque année. (après doublement spontané ou artificiel par colchicine). ce qui permet de mettre plus rapidement sur le marché de nouvelles variétés présentant des avantages pour l'agriculteur. soit par culture de pollen isolé. etc. soit par culture d'anthères. l'industriel ou le consommateur. Le blé Florin a été la première variété issue d'androgenèse inscrite au catalogue français. Ainsi des lignées pures sont produites en quelques mois au lieu de 8 à 10 ans par technique classique d'autofécondations. En effet une plante homozygote est directement obtenue. état nécessaire aux programmes de sélection végétale.

le riz. la pastèque.Les plantes obtenues par cette technique sont totalement homozygotes. Limites Le rendement. souvent sauvage et proche. 74 . On obtient des plantules ayant un seul stock de chromosomes. Avantages Les risques d'obtention de plantes albinos sont fortement diminués voire nuls. Mais la gynogenèse est souvent utilisée chez les espèces qui sont récalcitrantes à l'androgenèse. Application C'est une technique utilisée chez la betterave sucrière. donc non viables. La plantule qui se développe est haploïde. la laitue. le plus souvent immatures. sur un milieu artificiel. le triticale. La GYNOGENESE ou les plantes "sans père" Technique On cultive des ovules ou des ovaires non fécondés. Ces gènes pouvant être exploités éventuellement. le tournesol. il y a développement d'un embryon mais élimination des chromosomes de l'espèce sauvage. (nombre de plantes viables/100 anthères cultivées) est souvent dépendant du cultivar. le pommier. Des recombinants intéressants peuvent ainsi être détectés. Les autres techniques de gynogenèse: o Les croisements interspécifiques o Pollinisation avec du pollen irradié Les croisements interspécifiques En fécondant un ovule avec du pollen d'une autre espèce. Certaines variétés de céréales produisent un grand nombre de plantes albinos. Objectif L'objectif est le même que pour l'androgenèse. cela permet de dévoiler des caractères intéressants par l'expression des allèles récessifs habituellement cachés. etc.

le pétunia. l'oignon. Pollinisation avec du pollen irradié Irradier du pollen le rend inactif mais néanmoins capable d'initier des divisions cellulaires de l'ovule. Les fruits qui se développent. obtenues expérimentalement par digestion de la paroi pecto-cellulosique. Ceci permet l'obtention d'une plantule sans fécondation donc également avec le seul lot de chromosomes maternels. mais également chez le blé et la pomme de terre (Solanum tuberosum X Solanum phureja). 75 . → CHAPITRE VII : PRÉPARATION ET MISE EN CULTURE DE PROTOPLASTES Les protoplastes. (Hordeum vulgare X Hordeum bulbosum). la pastèque. n'ont pas de graines ou de pépins. l'asperge. Ce qui est intéressant pour le melon ou la pastèque par exemple. Cette technique est utilisée chez le melon.C'est une technique largement utilisée chez l'orge. par parthénogenèse. c'est quoi? Définition : Les protoplastes sont des cellules végétales sans paroi.

placer 2 lamelles séparées de 1 cm. Préparation du matériel biologique Faire des lamelles tangentielles fines dans une feuille de chou rouge et placer les lamelles immédiatement dans la solution enzymatique. Enlever l'épiderme d'une feuille de poireau sur une petite surface (1 cm2). la face dénudée vers le bas. Découper le morceau dénudé et le poser sur la solution enzymatique. ces cellules se prêtent à divers types d'expérimentation (introduction de matériel génétique étranger. les protoplastes sont facilement reconnaissables. Placer une troisième lamelle à cheval sur les deux premières pour observer la préparation. Durée de l'incubation : au minimum 3 h. 76 . Les protoplastes de chou rouge ne sont pas chlorophylliens . Poser à la pipette une goutte de suspension cellulaire à étudier entre les deux lamelles. les protoplastes sont fragiles et les milieux peuvent s'infecter (bactéries). Pour obtenir beaucoup de protoplastes. etc.) Matériel biologique Feuilles de chou rouge et feuilles de poireau. donc préparer le matin pour un TP du soir. Pour les fusions. Les protoplastes de poireau sont verts grâce aux chloroplastes bien visibles. la face sectionnée contre la solution. fusion interspécifique.Intérêt : Comme elles n'ont plus de paroi. étude électro-physiologique de la membrane plasmique. Incubation Fermer les boîtes de Pétri avec leur couvercle et placez les à l'étuve à 25°C. Le chou rouge et le poireau ont été choisis pour leur grande résistance. préparer la veille mais attention. ils sont rouges grâce aux anthocyanes contenus dans leurs vacuoles. Répéter l'opération jusqu'à recouvrir la surface de la boite avec les morceaux de feuilles. Ils possèdent une cuticule épaisse qui les protège de la déshydratation même si on les oublie un peu longtemps sur la paillasse. Préparation de chambres humides Sur une lame d'histologie.

entre deux espèces végétales voisines. A l'aide de l'hybridation somatique. Exemples L'hybridation entre Nicotiana tabacum et N. la fusion permet d'obtenir toutes les combinaisons.Etapes de la formation de protoplastes chlorophylliens à partir de mésophylle de feuilles de poireau Réalisation de fusions Protocole Dans une chambre humide. Lorsque vous observez un accolement particulièrement intéressant. De plus. les deux cytoplasmes peuvent s'exprimer dans la cellule obtenue. Observation d'accolement ou de fusions En théorie. déposer une goutte de suspension de protoplastes de chou rouge et une goutte de suspension de protoplastes de poireau. de nombreuses régulations ont lieu au moment de la première mitose. Mélanger délicatement avec la pointe de la pipette ou une spatule fine. Principe de l'hybridation somatique par fusion de protoplastes. c'est-à-dire confronter les génomes chloroplastiques et mitochondriaux. Or de nombreuses résistances sont d'origine chloroplastique ou mitochondriale. rustica a permis le transfert au tabac cultivé de la résistance au feu bactérien. Il se produit des éliminations de matériel. en fusionnant deux protoplastes d'espèces différentes. 77 . plus ou moins proches. restez sur cette observation en attendant la fusion complète des cytoplasmes. qui sont hérités par la mère. Des résistances contenues dans les espèces sauvages ont pu être introduites dans une souche cultivée. dont les mécanismes sont inconnus. Dans la réalité. rendant impossibles certaines combinaisons. Avec l'hybridation sexuée. donc difficilement transférables par les voies classiques. Une variabilité génétique inaccessible par les voies classiques est alors disponible. Recouvrir d'une lamelle et observer immédiatement. Avec l'hybridation somatique. Ajouter une goutte de la solution de PEG et mélanger délicatement. deux compartiments génétiques ne seront pas exprimés dans l'hybride : les plastes et les mitochondries. ce n'est pas parce qu'il y a fusion qu'il y a addition des noyaux et des cytoplasmes.

en particulier chez les Céréales et les Légumineuses. groupes à grand intérêt agronomique. à cause de l'hérédité cytoplasmique. Les plantes régénérées peuvent être stériles. Perspectives de cette technique Grâce à la fusion des cytoplasmes. Les limites de cette technique Le frein essentiel à la mise en oeuvre de ces technologies est la difficulté de régénération d'une plante entière à partir de protoplastes. Après fusion entre protoplastes d'une lignée normale de colza et une lignée mâle stérile. de la moutarde blanche au colza.L'hybridation entre Brassica napus et B. il peut rester quelques traces du génome éliminé. De la même manière. Il existe une variabilité somaclonale importante. Ces manipulations restent un peu aveugles dans la mesure où la qualité des modifications introduites est mal contrôlée. des résistances à l'Alternaria et aux Nématodes. donc une synthèse chlorophyllienne normale. il a été possible de sélectionner des hybrides possédant le noyau de colza. hirta a permis le transfert. L'élimination plus ou moins complète d'un stock chromosomique lors de la fusion de protoplastes entre espèces différentes conduit à l'instabilité de l'hybride. conduisait à une déficience chlorophyllienne et à une sous production de nectar. on a introduit la résistance à l'atrazine de Brassica campestris chez le colza. Applications agronomiques : Possibilité de prendre en compte les mitochondries et les chloroplastes dans les mécanismes de résistance aux herbicides et aux conditions défavorables du milieu. Cependant. Ce phénomène limiterait beaucoup l'intérêt de la technique. on peut envisager de faire des études génétiques sur les mitochondries et les chloroplastes. et l'hybridation somatique interspécifique peut alors être un moyen rapide d'introduire des gènes étrangers au sein d'une espèce. Obtention d'un colza mâle stérile et résistant à l'atrazine. L'introduction de la mâle stérilité chez le colza. par croisement avec le radis. 78 . les mitochondries du radis et les chloroplastes du colza.

leur caractères intéressants (Chrysanthème. Bananier). AVANTAGES DE LA CULTURE IN VITRO La culture in vitro permet :  l’obtention de clones sélectionnés pour leur vigueur.Maîtrise de caractères importants tels que la stérilité mâle (souvent portée par les mitochondries).  l'assainissement des végétaux (plantes sans virus) : la Pomme de terre . Fraisier. utile pour les espèces pour lesquelles la production de semences hybrides représente un objectif majeur. 79 . leur rareté (Orchidées) .

les secteurs alimentaires et pharmaceutiques. à l'état sain et à l'abri des contaminations .  la production de substances biochimiques intéressantes pour l'industrie.  le rajeunissement d’un végétal . à n'importe quel moment de l’année. Le raccourcissement des cycles de développement  la diminution des coûts de production (peu de personnel) et des dépenses énergétiques (réduction des surfaces de culture et éclairement réduit) .  la facilité de stockage et conservation (au froid) de millions de plantes sur de très petites surfaces. 80 . la production rapide et en masse. alimentaires et pharmaceutiques.