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Des Poubelles dans nos Assiettes Fabien Perruca et Gérard Pouradier

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Cette pollution, révélée seulement en 1969, avait eu le temps de
provoquer des ravages énormes. On estime que trente pour cent des enfants nés
entre 1956 et 1967 sur les rives de la baie japonaise de Minamata ont été atteints
par les rejets toxiques de l'usine Chiso. Près d'un millier de personnes sont
mortes dans d'atroces douleurs, plusieurs milliers d'autres survivent dans des
conditions abominables.

Leur seul crime avait été de se baigner dans l'eau de la baie ou d'avoir
mangé des poissons contaminés au mercure.
Les photos des femmes aux membres torturés par la maladie et des
enfants nés difformes ont fait le tour du monde, mais la leçon n'a pas servi. Le
métal rouge continue à se répandre inexorablement dans les fleuves et les mers.
Deux mille tonnes de mercure ont déjà été déversées ces cinq dernières années
dans les eaux amazoniennes par des chercheurs d'or hallucinés : on en retrouve
jusque dans les grands lacs du nord des États-Unis et du Canada. Car le mercure
suit les courants marins, s'évapore dans les nuages, s'échappe dans l'atmosphère
et finit par retomber sur terre.
En France, où l'on a fixé la limite acceptable de ce métal à 0,5
milligramme par livre de poisson, des prélèvements aléatoires pratiqués dans les
criées par des laboratoires indépendants révèlent des teneurs dépassant les 0,6 ou
0,8 milligramme.

Or, officiellement, la dose journalière admissible du mercure est de 0,3
milligramme par semaine. Car si ce métal peut dissoudre l'or et l'argent en un
clin d'œil, c'est surtout un redoutable prédateur du système nerveux. Les morts-
vivants de Minamata en sont la preuve.
Inutile de s'affoler, cependant, car de toute façon il n'y aura plus de
poissons pollués dans les mers en 2010. En fait il n'y aura plus de faune marine
du tout. Nous avons franchi depuis longtemps la barre fatidique des quatre-
vingts millions de tonnes de poissons pêchées chaque année, barre au-dessus de
laquelle leur population n est plus assez nombreuse pour se reproduire. Une
grave question se posera alors : comment nourrir les cochons et les poulets qu'on
gave aujourd'hui de farine de poisson avant de les transformer en farine pour
l'alimentation des poissons? En élevant des poissons pour nourrir les cochons ?
Et inversement ?

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