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L¥e∑ A¥telier∑ H¥achette présentent :

Histoire
Géographie
Guide pédagogique

Maryse CLARY
Maître de conférences
Université de Provence – IUFM

Geneviève DERMENJIAN
Maître de conférences
Université de Provence – IUFM

La Préhistoire • L’Antiquité •
Le Moyen Âge • Regards sur le
monde • Les paysages européens
• Les paysages français
Suivi éditorial : Claire MARCHANDISE
Création de la maquette intérieure : Valérie GOUSSOT
Création de la maquette de couverture : Laurent CARRÉ et Estelle CHANDELIER
Illustration de la couverture : Alain BOYER
Exécution de la couverture : TYPO-VIRGULE
Mise en pages : TYPO-VIRGULE
Recherche iconographique : Anne PEKNY
Cartographie et frises chronologiques : Cartographie HACHETTE ÉDUCATION
Crédits photographiques : Page 149 : Forum romain : la Voie sacrée, la place du Forum, au fond le temple d’Antonin et Faustine
et le Colisée, © G. Dagli Orti.
Illustration page 148 : Gilles POING

ISBN : 978-2-01-117438-3

© HACHETTE LIVRE 2009, 43 quai de Grenelle, 75905 Paris Cedex 15.

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.


Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes des articles L. 122-4 et L. 122-5, d’une part, que les « copies de reproductions
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citations » dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de
l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite ».
Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français de l’exploitation
du droit de copie (20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris), constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants
du Code pénal.

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Avant-propos
Ce guide pédagogique constitue le complément indispen- laire, lorsque cela s’avère nécessaire pour les apprentis-
sable du manuel et du cahier d’exercices de l’élève de CE2. sages en cours ;
Il a été conçu pour faciliter le travail des enseignants et leur – aux pages de « leçons » qui développent un thème pré-
proposer des stratégies afin de guider les apprentissages cis, l’enseignant ayant la liberté de concevoir son propre
des élèves et de leur permettre d’utiliser avec pertinence parcours en géographie ;
les documents d’histoire et de géographie du manuel. Le – aux pages d’activités intitulées « Je suis… », plus ludiques
guide pédagogique et le cahier d’exercices sont des outils (le ludique étant également vecteur de connaissances) ;
complémentaires du manuel : ils ont tous les trois été pen- – aux pages intitulées « Zoom sur... » qui permettent aux
sés comme un tout et sont étroitement imbriqués. élèves de prendre conscience, en géographie, de
quelques problèmes liés à leur environnement et d’agir
Des orientations conformes aux nouveaux en faveur d’un développement durable et d’avoir, en his-
programmes toire, « une rencontre sensible et raisonnée avec des
Arrivés au cycle 3, les élèves doivent consolider les appren- œuvres considérées dans un cadre chronologique ».
tissages du cycle 2 portant sur la prise de conscience de la
diversité des espaces et sur le passage du temps vécu au Le guide comporte quelques fiches méthodologiques à
temps perçu et au temps historique. Cet apprentissage va photocopier aux élèves (voir p. 148 à 160). L’enseignant
consister en une approche disciplinaire plus spécifique : pourra les utiliser quand cela s’avérera nécessaire.
celle de la géographie qui « a pour objectifs de décrire et Contrairement aux fiches méthodologiques situées en
comprendre comment les hommes vivent et aménagent début de manuel et qui demandent un travail oral ou,
leurs territoires », et celle de l’histoire qui a pour but de accessoirement, un petit travail écrit sur le cahier d’essai,
« permettre aux élèves d’identifier et de caractériser sim- ces fiches méthodologiques mettent l’accent sur l’écrit,
plement les grandes périodes qui seront étudiées au col- comme le cahier d’exercices. Elles font parfois référence à
lège ». des documents du manuel de l’élève qui sont alors utilisés
non pas pour leur aspect informatif, mais comme support
Comme le préconisent les nouveaux programmes 2008, méthodologique.
« l’histoire et la géographie donnent des repères com-
muns, temporels et spatiaux, pour commencer à compren- Proposition de séquences de travail
dre l’unité et la complexité du monde. Elles développent Toutes les séquences se référant aux leçons et aux fiches
chez les élèves curiosité, sens de l’observation et esprit cri- méthodologiques présentent une organisation à peu près
tique ». Les deux disciplines contribuent ainsi à la consti- similaire :
tution d’une culture citoyenne qui s’enrichira tout au long – une référence aux Instructions officielles, ce qui ancre
de la scolarité des élèves. bien les apprentissages dans les nouveaux programmes ;
– des objectifs qui portent à la fois sur les connaissances
Le programme de géographie porte sur « les réalités géo- factuelles à faire acquérir aux élèves, mais aussi sur des
graphiques locales », du milieu où vivent les élèves à leur compétences méthodologiques, des savoir-faire et des
région, et contribue, avec le programme de sciences, à comportements à mettre en place ;
l’éducation au développement durable. Le programme – des notions et des concepts qui sont les mêmes, de
d’histoire « s’effectue dans l’ordre chronologique par l’école élémentaire à l’Université, mais que les élèves
l’usage du récit et de l’observation de quelques documents abordent à des degrés d’expression, de compréhension
patrimoniaux ». et de maîtrise différents. Ces notions et ces concepts leur
donnent des clés pour rendre intelligible leur époque.
L’organisation du guide pédagogique Cette rubrique permet également à l’élève de découvrir
Ce guide propose 36 séquences de classe en histoire et 36 « un vocabulaire spécifique qu’il apprend à distinguer du
en géographie qui correspondent au nombre d’heures ins- vocabulaire courant et à utiliser avec précision » ;
crites dans les programmes. Ces séquences correspondent : – le déroulement de la séquence présenté sous forme d’ac-
– aux pages méthodologiques (pages-outils) situées au tivités. Ces activités (observation, comparaison, mise en
début du manuel de l’élève, mais que l’on peut étudier relation, réinvestissement…) prennent appui sur les
de nouveau à n’importe quel moment de l’année sco- documents et les textes présentés dans le manuel ;

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– des éléments de synthèse sont proposés à l’enseignant La grande diversité des documents présentés permet de
pour éviter que les élèves n’engrangent que des connais- faire entrer l’élève, à son niveau, dans une démarche d’his-
sances parcellaires, pour donner du sens à l’apprentis- torien et de géographe. Ce guide s’est efforcé de proposer
sage et pour rendre cohérent le savoir acquis par les une stratégie à l’enseignant pour « initier les élèves à la
élèves ; méthode du questionnement et leur apprendre progressi-
– des prolongements interdisciplinaires sont proposés. Il vement à émettre des hypothèses et à privilégier la
s’agit de donner des pistes à l’enseignant afin de lui per- recherche du sens ».
mettre de prolonger l’étude en cours et de montrer à
l’élève la complémentarité des savoirs, évitant ainsi que Au-delà du langage spécifique de chaque discipline, ont été
ne se forme l’idée de savoirs indépendants les uns des introduits, dans le manuel et le cahier d’exercices, des
autres ; textes d’écrivains, des poèmes, des textes publicitaires
ainsi que d’autres langages qui relèvent du pictural. Ainsi,
– enfin, une rubrique, « Pour aller plus loin », propose des
« chaque séance permet à l’enseignant d’aider l’élève à
compléments d’informations sur un thème lié à la leçon.
améliorer la maîtrise du langage oral ou écrit, que ce soit
dans la collecte, l’identification, le classement, le traite-
L’évaluation n’a pas fait l’objet d’un paragraphe à part ment, la mise en mémoire des informations, dans leur ana-
puisque le cahier d’exercices permet à la fois d’évaluer lyse ou dans la conduite de la réflexion ».
l’élève en fonction des différents objectifs fixés et à l’ensei-
gnant d’évaluer sa propre progression. Des compétences à développer
Tout au long de ce guide et dans le cahier d’exercices de
Étude des documents l’élève, nous avons cherché à développer des compé-
tences spécifiques. Sans entrer dans l’exhaustivité, citons,
Contrairement à une idée reçue et bien ancrée, le docu-
en géographie, la localisation de quelques lieux majeurs, la
ment ne parle pas de lui-même. Face à un document, l’ob-
mise en relation des documents, la réalisation de croquis
servateur s’interroge et recherche des éléments de
simples ; en histoire, l’appropriation d’un vocabulaire spé-
réponse. C’est pourquoi, dans le manuel, chaque docu-
cifique, la prise de conscience du rôle des personnes et des
ment est accompagné de quelques questions destinées à
groupes sociaux.
mieux le faire comprendre par l’élève. Les documents ont
été choisis en fonction d’une problématique et de leur per-
Mais l’histoire et la géographie offrent aussi des occasions
tinence pour des élèves de cycle 3. Ils ont tous un titre et
très diverses et très riches de lectures pour les élèves :
un auteur, ils sont datés : autant de points qu’il faut travail-
« saisir le contenu du document, repérer le verbe qui
ler avec les élèves pour les initier à la lecture disciplinaire
donne sens ou l’adjectif qui précise », utiliser des diction-
des documents. Dans le guide pédagogique, des éléments
naires et des encyclopédies… Elles font aussi appel à d’au-
théoriques sont introduits au cours des activités pour
tres disciplines.
montrer l’intérêt du document et permettre à l’enseignant
de l’exploiter au mieux avec ses élèves.
Enfin, l’élève, tant dans le cahier d’exercices que dans les
conseils donnés aux enseignants dans ce guide, est invité à
Le manuel est riche de plus de 300 documents iconogra- écrire : pour répondre par écrit à des questions, rédiger
phiques et de textes, qui sont expliqués et commentés une légende, décrire un document, construire une courte
dans le guide pédagogique, afin de se conformer aux synthèse dans un résumé. L’histoire et la géographie
Instructions officielles. Ces dernières rappellent en effet apportent largement leur contribution à la maîtrise du
qu’en géographie « la fréquentation régulière du globe, de français.
cartes, de paysages est nécessaire ». En histoire, l’élève
doit être capable d’identifier les traces du passé que l’his- L’histoire et la géographie contribuent pleinement à la
torien appelle « sources » ou « documents », traces qui formation civique des élèves. Ainsi que le rappelle
se sont considérablement diversifiées. Le recours à la J. Scheibling1 : « La géographie est, avec l’histoire, la disci-
diversité des sources – écrites et orales, vestiges… – per- pline qui révèle à la fois la globalité du monde et ses diffé-
met de choisir des documents adaptés au niveau des rences ; elle permet de comprendre le présent de la
élèves. société pour préparer l’avenir en fonction du passé. »

1. J. Scheibling, Qu’est-ce que la géographie ?, Hachette Éducation, Paris, 2003.

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Sommaire général
Sommaire d’histoire
Pages-outils
1. Se repérer dans le temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2. Les sources de l’histoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3. Je suis… archéologue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
4. Faire de l’histoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
5. Faire de l’histoire des arts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

La Préhistoire
6. L’apparition de l’homme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
7. Les premiers outils et la maîtrise du feu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
8. Les premiers habitants de la France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
9. La naissance de l’art . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
10. Zoom sur… une peinture préhistorique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
11. La sédentarisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
12 et 13. L’agriculture, l’artisanat et la métallurgie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
14. Les mégalithes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
15. Je suis… un agriculteur néolithique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

L’Antiquité
16. L’aventure de l’écriture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
17. Les premiers États . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
18. Les peuples de la Gaule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
19. Rome et la conquête de la Gaule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
20. La romanisation de la Gaule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
21. Les villes en Gaule romaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
22. Zoom sur… l’architecture en Gaule romaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
23. La religion en Gaule celtique et romaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
24. L’agriculture en Gaule celtique et romaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
25. L’artisanat en Gaule celtique et romaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
26. Je suis… un artisan gallo-romain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
27. Le commerce en Gaule celtique et romaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
28. Zoom sur… l’art de la mosaïque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
29. Un seul dieu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
30. La diffusion du christianisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
31. De l’Empire romain aux royaumes barbares . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61

Le Moyen Âge
32. Clovis et le royaume franc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
33. L’Islam et les conquêtes arabes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
34. Charlemagne et les Carolingiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
35. Je suis… un constructeur de châteaux forts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
36. Zoom sur… l’orfèvrerie mérovingienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70

Bibliographie d’histoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72

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Sommaire de géographie
Pages-outils
1. L’endroit où tu vis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
2. Le paysage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
3. Du paysage à la carte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
4. Lire des cartes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
5. Étudier son environnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
6. Je suis… cartographe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84

Les paysages de ville et de village


7. De la rue au quartier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
8. Qu’est-ce qu’un centre-ville ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
9. Les autres quartiers de la ville . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
10. Les paysages de banlieue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
11. J’habite… dans une banlieue : Trappes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
12. Les villes dans leur région . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
13. Les paysages de village . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
14. L’évolution des villages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
15. Je suis… guide dans un village touristique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
16. Zoom sur… une maison écologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
17. De ma commune à ma région . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106

Les activités économiques


18. Les activités agricoles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
19. Les activités industrielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
20. Zoom sur… économiser l’énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
21. Les activités de services . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
22. Les activités touristiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
23. Je vis… dans une station balnéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118

Les transports
24. Se déplacer dans son environnement proche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
25. Se déplacer d’une région à une autre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
26. Je vais… à l’île de la Réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
27. La circulation des marchandises . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
28. Zoom sur… préserver la qualité de l’air . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128

Le développement durable
29. Qu’est-ce que le développement durable ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
30. Les besoins en eau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
31. D’où vient et où va l’eau que nous utilisons ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
32. Zoom sur… économiser l’eau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
33. Les déchets dans la commune . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
34. La commune et le traitement des déchets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
35. Zoom sur… réduire sa production de déchets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142
36. Je suis… un éco-citoyen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144

Bibliographie de géographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146

Annexes
Fiches méthodologiques d’histoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
Fiches méthodologiques de géographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154

6
Histoire
Pages-outils . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
La Préhistoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
L’Antiquité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
Le Moyen Âge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63

7
Pages-outils
1 Se repérer dans le temps PAGES 8-9
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Ce chapitre a pour objectif de présenter les apprentissages propres à l’histoire : la notion de temps
historique et ses différentes composantes, les particularités de ce temps (simultanéité, continuité,
réversibilité et rupture).
Cette intelligence du temps est un phénomène complexe que l’élève ne peut acquérir ni en une seule
fois ni seul. Il revient à l’enseignant d’expliciter les divers aspects du temps historique et de revenir
régulièrement sur ces notions pour les affermir.
 Objectifs
• Connaître les différentes mesures du temps.
• Prendre conscience de la diversité des systèmes de comptage du temps sur la planète.
• Utiliser et analyser des documents propres à la méthode historique.
 Notions et concepts
Temps – mesures du temps – date – calendrier – frises chronologiques – temps court – temps moyen –
temps long.

DÉROULEMENT
 Activité 1 Le mois de juillet, partagé entre deux signes du zodiaque,
la mesure du temps le Cancer et le Lion, est celui de la fenaison. On remarquera
> Document 1 : les mesures du temps les outils : faux maniée par les hommes, fourches et
Pour se repérer dans le passé comme dans le présent, l’en- râteaux aux mains des femmes, pierre à aiguiser passée
fant a besoin de comprendre de quoi est fait le temps. dans la ceinture. En bas de l’image, on remarque un mar-
L’historien utilise les mesures habituelles du temps, celles teau et une enclumette pour redresser la faux, une pierre
que tout le monde emploie. L’élève en connaît déjà en à aiguiser dans son étui, une gourde pour la soif et des sacs
partie les composantes : jour, semaine, mois, etc. pour le repas.
On précisera que les dates sont des objets utiles pour Exemples de questions à poser aux élèves
apprendre l’histoire et se repérer dans la continuité du L’enseignant pose à l’élève des questions lui apprenant à
temps mais qu’elles ne sont pas l’histoire. L’histoire est le interroger l’image :
discours que l’historien met sur les faits. – Que représentent les animaux inscrits dans les cercles ?
On partira de l’expérience concrète de l’enfant pour lui – Quelle est l’activité montrée sur l’image ?
faire saisir les mesures du temps. La succession des dates – À quelle saison sommes-nous ?
et la durée de l’année seront mieux comprises en prenant – « Quels sont les plans successifs de l’image ? » ou bien
des exemples proches : âge des élèves, nombre de semaines « Comment se déroulent les opérations ? »
comprises dans l’année et dates de naissance des proches. – Qu’est-ce qui est déposé par terre en bas de l’image ?
Le professeur pourra demander aux élèves d’apporter des
 Activité 2 calendriers pour mettre en évidence la variété des représen-
le calendrier tations et l’unicité du temps représenté.
> Document 2 : le calendrier des bergers, vers 1500
Rappelons qu’on appelle « calendrier » un tableau sur  Activité 3
lequel le temps est divisé en années, en mois et en jours. les frises chronologiques
Le point de départ des calendriers est un événement > Documents 3, 4 et 5 : trois exemples de frises
fondateur, différent selon les époques et les civilisations. chronologiques
Ce calendrier, fait de gravures imprimées, est très répandu Cet ensemble de frises montre le temps historique sous ses
en France à la fin du XVe siècle. Cet ouvrage de colportage trois formes essentielles : le temps court (celui de l’événement),
a compté environ 20 éditions par siècle entre 1500 et 1800. le temps moyen (50 ans environ, c’est la conjoncture), le
Le calendrier présente, mois par mois, les activités agricoles, temps long ou longue durée (un siècle ou davantage).
pastorales et fermières en fonction de la période de Il s’agit pour l’enfant d’avoir une première conscience de
l’année. la complexité du temps et de sa multiplicité. On pourra

8
pour cela s’appuyer sur les faits de sa vie quotidienne, sur une frise chronologique moyenne avec ces événements
l’étude des 50 dernières années qu’on entremêlera avec sa familiaux rassemblés après enquête auprès des adultes.
vie familiale, et enfin sur la frise chronologique longue qui Exemple de chronologie :
indique les quatre périodes de l’histoire. – 19.. : naissance du grand-père paternel ;
Il sera plus facile d’insister prioritairement sur la première – 19.. : naissance de la grand-mère maternelle ;
frise (doc. 3) qui met en scène deux enfants et permet – 19.. : naissance de la mère ;
d’introduire les notions de simultanéité, d’antériorité, de – 19.. : naissance du père ;
postériorité, d’événement et de frise chronologique. – 19.. (ou 20..) : naissance des sœurs ;
Chaque enfant pourra dessiner ou recevoir une frise à – 19.. (ou 20..) : naissance des frères.
compléter. Les questions posées seront mises en relation La mention des grands-parents paternels et maternels permet
avec le lexique pour aider les enfants à assimiler le vocabu- de rester fidèle à la réalité.
laire. La frise chronologique longue (doc. 5) sera utilisée pour
Exemples de questions à poser aux élèves : une première approche des quatre périodes de l’histoire
– Indique l’année de ton entrée en maternelle, en CP… indiquées sous la frise.
– Où se place ta propre naissance sur la frise ? et celle de Exemples de questions à poser aux élèves :
tes amis ? – Quelles sont les grandes périodes de l’histoire ?
La deuxième frise chronologique (doc. 4) sera mise en – Sont-elles de durée égale ?
relation avec la famille des enfants : naissance des parents – Cherche ce qui permet de passer d’une époque à l’autre,
et des grands-parents, des frères et sœurs aînés, mariage ce qui fait date (un événement symbolique, économique,
des oncles et tantes, etc. Comme pour la frise précédente, politique, culturel capital dans la vie des hommes, comme
le professeur pourra demander aux élèves de compléter la découverte des Amériques ou la Révolution française).

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Les hommes ont toujours cherché à compter le temps. Ils aujourd’hui. Mais le temps de l’ère chrétienne s’est imposé
l’ont fait de différentes manières dont beaucoup subsistent à l’échelle internationale.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Arts plastiques : les représentations du temps, du jour et • Français : la science-fiction dans la littérature et la bande
de la nuit, et des âges dans la peinture. dessinée.
• Sciences et mathématiques : les mesures du temps.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Le calendrier révolutionnaire grégorien, qui célébrait les saints de l’Église catholique, par
La création du calendrier révolutionnaire, ou calendrier des des noms fondés sur les travaux et le matériel agricoles,
Français, a été votée le 6 octobre 1793 par la Convention. Le les conditions climatiques, les plantes, les fruits, les ani-
point de départ du calendrier a été fixé au 22 septembre maux, les minéraux. Ainsi, carotte, figue, chou-fleur, terre
1792, premier jour de la République et équinoxe végétale, oie, cochon ou salpêtre devinrent des noms de
d’automne. C’est le poète Fabre d’Églantine qui mit au jours.
point le calendrier. Le calendrier révolutionnaire fut principalement utilisé par
Le calendrier révolutionnaire reprend l’ancien calendrier l’administration. Il a été mal accepté par les Français car il
égyptien de 12 mois de 30 jours, auxquels on a ajouté était compliqué et ne comportait qu’un jour de repos pour
5 jours supplémentaires : les sans-culottides. Chaque mois neuf jours ouvrés, alors que l’ancien calendrier en comportait
est divisé en trois décades de dix jours comportant 9 jours un pour six jours de travail. De plus, les autres pays européens
ouvrés et un seul jour férié. Enfin, un jour supplémentaire, continuèrent à utiliser le calendrier grégorien. Le calen-
appelé « franciade », est prévu tous les quatre ou cinq ans. drier révolutionnaire tomba rapidement en désuétude.
Comme on était en période de déchristianisation, on rem- Napoléon décida sa suppression et le calendrier tradi-
plaça le nom des mois et des jours de l’ancien calendrier tionnel fut rétabli le 1er janvier 1806.

9
Pages-outils
2 Les sources de l’histoire PAGES 10-11
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Ce chapitre se donne pour objectif de présenter les outils propres à l’histoire. En effet, les Instructions
officielles stipulent que « l’élève doit être capable de comprendre la spécificité de l’histoire, cette
“connaissance par traces” qui, pour l’historien, sont des sources ou des documents ».
 Objectifs
• Comprendre que l’histoire se fait grâce à des traces.
• Connaître et utiliser les différentes traces de l’histoire.
• Utiliser et analyser les documents propres à la méthode historique.
 Notions et concepts
Document – source – source écrite – source orale – traces.

DÉROULEMENT
Le terme de traces rappelle que l’histoire n’a pas de contact – les traces écrites : les seules retenues par l’histoire pendant
direct avec son objet d’étude. L’événement étant passé, on longtemps et encore les plus nombreuses aujourd’hui ;
ne peut le reproduire comme on réitère les expériences – les traces susceptibles de fournir un renseignement dans
dans un laboratoire de chimie. Il faut donc se fier aux traces, le cadre d’une étude donnée : architecture, peinture,
sortes d’empreintes en creux qui témoignent de l’évé- climats anciens, entretien avec un témoin…
nement passé. > Document 1 : un centre d’archives aujourd’hui
Tous les types de documents qui donnent des renseigne- Une grande partie des sources se trouvent dans les centres
ments à l’historien sur son étude en cours sont des traces d’archives (municipales, départementales, nationales, mais
de l’histoire ; en ce sens, c’est l’historien qui donne au aussi les archives d’associations, d’entreprises, d’hommes
document son statut de trace. Un document peut être uti- politiques…). D’une façon générale, on doit justifier de sa
lisé comme trace dans un domaine (économie, étude des recherche pour être admis dans le centre d’archives et en
sociétés…) et pas dans un autre (vie politique, guerre…). respecter les règles de consultation.
L’historien rassemble les documents qui le concernent (on L’historien et l’historienne travaillent le plus souvent sur
dit qu’il établit son corpus), leur pose des questions, des traces écrites. Plus elles sont anciennes et précieuses,
construit des hypothèses, les vérifie constamment par croi- plus il faut les protéger : lumière tamisée, gants, autori-
sement de documents. C’est ce cheminement de l’histo- sation de consultation…
rien au travail que l’élève doit commencer à comprendre Exemples de questions à poser aux élèves :
et à suivre avec des traces adaptées à son âge. – Est-il important que les documents fragiles soient protégés ?
Pourquoi ?
 Activité 1 – Que se passerait-il s’ils étaient endommagés ou détruits ?
l’historien au travail (Des renseignements uniques disparaîtraient.)
En s’aidant du premier paragraphe de la leçon, on posera
aux élèves des questions d’ordre général ; par exemple :  Activité 2
– Comment l’historien ou l’historienne choisissent-ils leur les vestiges
objet d’étude ? > Document 2 : la cité antique de Glanum
– Quelles traces utilisent-ils ? Le passé laisse derrière lui des restes matériels en abon-
– Cherche dans la classe et dans tes affaires ce qui pourrait dance : ce sont les vestiges. On cherchera à montrer aux
servir de traces à un historien ou à une historienne qui étu- élèves leur variété et le type de renseignements qu’on peut
dieraient la vie des écoliers d’aujourd’hui. en tirer. Car un vestige ne parle pas sur tout et doit être
– Cherche dans ta vie ce qui pourrait intéresser un histo- employé ou non, comme les sources écrites, en fonction
rien ou une historienne des loisirs, des transports urbains, de la question posée.
de la famille, des femmes… Exemples de questions à poser aux élèves :
– Cherche avec quels types de documents ils pourraient – De quel type de vestiges s’agit-il ?
mener leur étude. – De quelle époque sont-ils ?
On pourra dans cette première activité indiquer aux élèves – Dans quelle partie de la France se trouve Vaison-la-
la variété des traces qui s’offrent aux historiens : Romaine ? Vérifie sur une carte.

10
– Quel est le rôle de la ville dans la culture gallo-romaine questions ouvertes auxquelles le témoin répond librement.
(voir le chapitre 24 « Les villes en Gaule romaine ») ? L’enregistrement permet de ne rien perdre de la conversation.
Le recours aux témoins est encore souvent critiqué par de
 Activité 3 nombreux historiens. Ils invoquent les questions mal
les sources écrites posées, la subjectivité de l’historien qui pose certaines
> Document 3 : enluminure du XIIIe siècle questions et pas d’autres, son influence sur la personne
Présenter le document aux enfants, puis entamer une interrogée. On peut répondre à ces critiques en disant que
discussion : le document écrit, lui non plus, n’est pas neutre (une lettre
– Quels historiens ou historiennes peuvent être intéressés d’amour ou de récriminations ne mettra pas l’accent sur
par la lecture de manuscrits ? (Les historiens de l’histoire les mêmes points). Par ailleurs, la personne interrogée
de l’art, les historiens spécialistes du Moyen Âge…) répond librement et ajoute les points importants qui lui
– Cherche dans une encyclopédie quels étaient les artistes paraissent avoir été oubliés. L’entretien permet en outre
qui écrivaient et dessinaient les enluminures. Cet art d’obtenir des renseignements généralement absents des
existe-t-il encore aujourd’hui ? sources : atmosphère d’une association ou d’un parti, luttes
internes, liens entre les personnes, genèse d’une décision…
 Activité 4 Dans le cadre de la vie privée, le témoignage oral nous
les sources orales apporte également des renseignements sur tout ce qui
> Document 4 : une femme raconte à une histo- n’est pas écrit, sur ce qui est implicite : règles de politesse
rienne l’histoire de son quartier en cours, savoir-faire ou « coups de main » dans les métiers
L’histoire du temps présent recourt aux témoins vivants qui de l’artisanat et de l’industrie…
lui délivrent des témoignages. Ici, la personne interrogée Exemples de questions à poser aux élèves :
témoigne dans un cadre familier, moins solennel qu’un – Pourquoi est-il important d’enregistrer un témoignage ?
bureau et plus apte à établir la confiance. L’historienne a pré- – Quels renseignements peut-on obtenir par oral dans le
paré un questionnaire semi-directif comprenant quelques cadre d’une recherche sur une association ?

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
L’histoire s’est complexifiée et diversifiée par la multiplica- techniques utilisées dans les différentes sources auxiliaires
tion des sources (écrites, orales, les vestiges) et par les de l’histoire (architecture, dessin, physique, chimie…).

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : réaliser un questionnaire concernant le métier • Arts plastiques : réaliser une enluminure.
d’un adulte. Les témoignages seront recueillis par groupes
de deux élèves, puis présentés à la classe.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les Archives nationales • Le Centre des Archives d’Outre-mer, situé à Aix-en-
Les Archives nationales sont placées sous l’autorité des Provence : il conserve et communique les documents des
Archives de France. Le centre historique est situé à Paris, dans anciennes possessions françaises d’Outre-mer (les archives
le Marais. Il est actuellement en cours de réaménagement. concernant le Maroc et la Tunisie sont conservées au minis-
Les Archives nationales sont constituées de 5 centres : tère de l’Intérieur).
• Le Centre historique des Archives de France : c’est le • Le Centre des Archives du monde du travail à Roubaix :
premier centre d’archives nationales fondé pour conserver il conserve et communique les fonds d’entreprises, des
et communiquer les archives des établissements supprimés syndicats, des associations et des architectes.
pendant la Révolution française. Il comprend des archives • Le Centre national du microfilm de Saint-Gilles-du-Gard :
antérieures à 1958 et des archives des chefs de l’État. il conserve les microfilms réalisés dans les centres d’archives
• Le Centre des Archives contemporaines de Fontainebleau : nationales et territoriales.
il conserve et communique des archives le plus souvent
postérieures à 1958.

11
Pages-outils
3 Je suis… archéologue PAGES 12-13
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


L’élève doit être capable de comprendre la spécificité de l’histoire, cette « connaissance par traces »
qui, pour l’historien, sont des sources ou des documents. Il doit donc pouvoir commencer à en
comprendre le travail : rassembler des documents autour d’un sujet, en donner la nature, la date,
l’auteur.
 Objectifs
• Mettre l’élève en contact direct avec le travail concret d’une science auxiliaire de l’histoire.
• Décrire une technique d’après des documents.
• Développer les capacités d’analyse.
 Notions et concepts
Archéologue – fouille – vestige.

DÉROULEMENT
L’archéologie est une des sciences auxiliaires de l’histoire Puis le travail des archéologues peut commencer. C’est un
et une science à part entière avec ses spécificités. Elle travail lent, harassant, sujet aux intempéries (il faut vider
requiert, comme l’histoire, la participation de nombreux l’eau des fosses en cas de pluies torrentielles), portant sur
spécialistes (voir « Le sais-tu ? », p. 11 du manuel). des objets fragiles qu’il faut protéger parfois du contact de
L’archéologie est irremplaçable pour les époques qui pré- l’air (le bois humide doit le rester jusqu’à son traitement).
cèdent l’invention de l’écriture. Elle est également d’une Ce travail complexe nécessite la participation de spécialistes
importance capitale pour éclairer de nombreux pans de d’origines diverses.
l’histoire ignorés par les textes. Les sols d’habitats de diffé- Les étapes principales de la fouille sont indiquées dans le
rentes époques nous renseignent, par exemple, sur les paragraphe intitulé « Le travail de terrain ». On commence
structures familiales : pièces communes, cuisine séparée par diviser le terrain en carrés de 70 cm à 1 m de côté selon
ou non, chambres individuelles, régime alimentaire, les cas. Ils sont ensuite matérialisés par de la ficelle et repérés
croyances religieuses… par des lettres et des numéros comme sur un échiquier :
Contrairement à ce que l’on pense souvent, l’archéologie c’est le carroyage. Puis les archéologues procèdent à diffé-
ne s’intéresse pas uniquement à l’histoire ancienne mais à rentes opérations :
toutes les périodes de l’histoire. Il existe, par exemple, une – L’étude des couches successives (stratigraphie) à partir
archéologie du monde industriel du XIXe siècle. du niveau de départ permet de remonter de plus en plus
loin dans le temps et d’établir une datation approximative.
 Activité 1 La comparaison entre gisements, par exemple, a permis
d’établir une succession des cultures préhistoriques.
le travail de terrain
– Le décapage : il permet de comprendre les relations
> Documents 1 et 2 : des archéologues participant
qui existent entre les objets déposés sur le sol de l’habitat
à une fouille
préhistorique, ce qui aide à la compréhension des acti-
Le travail de l’archéologue commence en plein air. Le terrain vités : foyers, circulation des habitants, spécialisation des
de fouilles est repéré de différentes façons : par l’étude de lieux (aires de dépeçage du gibier, taille des silex…).
documents, la photographie aérienne, les témoignages de Chaque carré reçoit un numéro d’inventaire et
la population, des découvertes fortuites lors de travaux un carnet de fouilles. On dessine le plan, on prend des
préparatoires à la construction d’une autoroute, d’un photos et des dessins de chaque objet en place, après
ensemble immobilier… avoir posé des mires ou des baguettes de différentes lon-
Avant la fouille proprement dite, il faut dégager les couches gueurs divisées en rectangles blancs et rouges ou noirs
supérieures du terrain, souvent à la pelle mécanique ou pour donner l’échelle. Puis les objets sont enlevés avec
même au marteau-piqueur. Dans certains cas, notamment précaution pour protéger leur environnement immédiat et
en cas de fouilles de sauvetage, et en raison du temps ne perdre aucune information. C’est pourquoi on emploie
limité dont disposent les archéologues, les couches des outils de décapage petits et adaptés, tels que les
archéologiques supérieures mieux connues sont sacrifiées. truelles, les poinçons, les outils de dentiste, les pinceaux…

12
Le travail doit être fait très minutieusement puisqu’il
 Activité 2
est définitif : un objet sorti des fouilles ne pouvant natu- le travail de laboratoire
rellement plus fournir de renseignements in situ. Or, > Documents 3 et 4
ces renseignements sont les plus éclairants sur la culture Une fois sorti du champ de fouilles, l’objet passe au labo-
étudiée. ratoire où il est décrit, analysé et reconstitué. On le date,
Une fois les objets enlevés, on tamise le carré pour récupérer on étudie les sédiments, les pollens… L’étude en labora-
les très petits éléments présents dans le sol. Ils donnent toire est généralement plus longue que la fouille elle-
des renseignements sur l’environnement (dents d’ani- même.
maux, morceaux de bois…). Puis on recommence toutes On pourra faire travailler les élèves sur les qualités requises
les opérations pour fouiller la couche suivante. pour exercer ce métier : patience, observation, analyse…

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Prendre conscience de l’importance des sciences auxiliaires les regards de spécialistes et permet de grandes avancées
pour l’histoire elle-même. De nombreuses professions dans la connaissance du passé.
travaillent elles-mêmes pour l’archéologie, ce qui multiplie

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : étude de récits du XIXe siècle sur le patrimoine • Mathématiques : se repérer dans les carroyages.
archéologique de la France, dans l’œuvre de Mérimée par • Arts plastiques : dessiner des objets découverts lors de
exemple. fouilles.
• Sciences : la physique et la chimie dans l’archéologie.

POUR ALLER PLUS LOIN


 L’archéologie expérimentale
http://paleosite.free.fr/
Depuis quelques décennies, une nouvelle méthode s’est
http://perso.club-internet.fr/ferrylac/cadreathanor.html
développée en archéologie : l’expérimentation, qui
consiste à refaire soi-même les gestes des hommes du • Le GRAS
temps passé dans leurs diverses activités (constructions, Groupement de recherches archéologiques subaqua-
vêtements, cuisine, armes, arts…). tiques. Recherches archéologiques subaquatiques en
rivières et puits, expérimentation de nautique fluviale.
> Exemples de sites à interroger :
http://archsubgras.free.fr/
• Site officiel du chantier médiéval de Guédelon
Guédelon est un chantier de construction de château fort • Poterie du Carbassou (Rasigueres, 66)
en Puisaye (Bourgogne), dans le respect des techniques du Créations de céramiques utilitaires, décoratives en terre
XIIIe siècle. vernissée et grès décoré, poteries noires et reproductions
http://www.guedelon.com/ de céramiques archéologiques.
http://www.carbassou.com/
• La sidérurgie antique dans la Montagne Noire
Le site du Grand Ferrier du domaine des Forges (Les • Paléolab
Martys, Aude) : fouilles du site métallurgique antique et Centre d’archéologie et de pédagogie appliquées à la
archéologie expérimentale. Préhistoire, situé aux Baux-de-Provence (Bouches-du-
http://www.univ-tlse2.fr/utah/fer/ Rhône) : archéologie expérimentale, pédagogie, reconsti-
tutions.
• Paléosite
http://paleolab.free.fr/
Préhistoire et évolution de l’homme. On peut fabriquer
une sagaie ou un arc et découvrir la Préhistoire à travers
diverses activités.

13
Pages-outils
4 Faire de l’histoire PAGES 14-15
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


L’élève doit être capable de comprendre la spécificité de l’histoire, cette « connaissance par traces »
qui, pour l’historien, sont des sources ou des documents. Il doit donc pouvoir commencer à en
comprendre le travail : rassembler des documents autour d’un sujet, en donner la nature, la date,
l’auteur. Ce chapitre propose donc aux élèves de suivre concrètement le travail des historiens et des
historiennes depuis le choix du corpus de traces jusqu’à la production du récit terminal.
Comme toutes les pages-outils, cette double page est destinée à être consultée par la classe tout au
long de l’année, au moment des exercices.
 Objectifs
• Prendre conscience des différentes phases de l’opération historique.
• Développer les capacités d’analyse et d’interprétation que réclame la lecture des documents.
 Notions et concepts
Trace – représentation – analyse de texte – récit historique.

DÉROULEMENT
Le travail des historiens se fait sous l’égide de l’esprit critique – Quelle est l’utilité de la carte ? (Elle visualise les indica-
qui préside aux différentes phases de l’opération historique tions concernant le texte. On remarquera la présence sur
et qui n’est que suggéré ici, du fait du jeune âge des la carte du petit affluent qui se perd dans le lac de Mœris.)
élèves : – Est-ce une source de l’histoire ? Pourquoi ?
– Le choix de l’étude est-il judicieux ? > Document 2 : un boucher à Cherchell
– A-t-on les traces nécessaires ? Exemples de questions à poser aux élèves :
– Quelles sont les bonnes questions à poser aux docu- – Qu’est-ce qu’une mosaïque ?
ments ? – À quoi servent les mosaïques ? (Elles ont souvent une
– Quelles hypothèses peut-on émettre ? Comment les utilité pratique, mais ce sont surtout des œuvres d’art.)
vérifier ? (Par retour constant aux sources qui les valident > Document 3 : un témoignage oral
ou les réfutent.) Exemples de questions à poser aux élèves :
– Enfin, comment écrire un récit qui corresponde exacte- – Qu’est-ce qu’un témoignage oral ?
ment à ce qui a été trouvé dans l’enquête, qui ne soit pas – Quels historiens l’utilisent ?
une généralisation abusive, un exposé partial, une mystifi-
cation à partir de documents tronqués ?  Activité 2
Faire de l’histoire, c’est envisager toutes ces questions. se renseigner sur l’auteur,
Pour initier les élèves, on peut leur proposer des exercices se repérer dans le temps et l’espace
adaptés à leur âge, qui les orienteront vers la méthode On précisera aux élèves qu’une source ne parle pas d’elle-
historique grâce à des questions, grâce au doute et à un même, qu’il faut lui poser des questions et chercher des
cheminement que le spécialiste pratique en permanence. renseignements dessus dans d’autres documents ou dans
Les activités concernent les trois types de sources déjà pré- l’histoire déjà construite. On recherchera ensuite avec les
sentées. On pourra traiter les documents l’un après l’autre élèves tous les éléments nécessaires à la compréhension
ou ensemble en suivant les différentes phases d’étude des du texte et qui pourront prendre place dans le récit final.
documents proposées. Le recours aux atlas, aux dictionnaires et aux encyclopédies
est parfois nécessaire. De plus, c’est un moyen de satisfaire
 Activité 1 la curiosité des élèves, parfois même de la susciter. Le travail
la source par groupes de deux ou trois élèves permet de se donner du
Faire préciser pour les trois documents la nature de la courage, de vouloir bien faire. Le niveau de bruit supporté
source et réintroduire les différents types de sources vus peut être assez élevé sans nuire au travail de recherche.
dans la leçon 2 : les vestiges, les sources écrites et orales. Exemples de recherches à mener sur les différents
> Document 1 : la crue du Nil documents :
Lire le texte, puis poser des questions aux élèves ; par – Sur le document 1 : pour utiliser un document, il faut,
exemple : bien entendu, en maîtriser la langue d’écriture. Ici, la

14
langue grecque d’Hérodote a été traduite. En plus des À partir de cette dernière question, on pourra aisément
questions posées dans le livre de l’élève, on pourra demander orienter le dialogue avec les élèves sur la multiplicité
aux enfants si l’auteur est contemporain des faits racontés. des origines ethniques de la population française aujour-
« Qu’est-ce qui l’indique dans le texte ? » On peut égale- d’hui, sur le rôle et la place de l’immigration dans la
ment leur demander où se situe le Nil, quel est le relief de société, et faire ainsi un lien avec la géographie et la vie des
l’Égypte et ce qu’est un delta. enfants.
– Sur les documents 2 et 3 : on peut demander aux élèves
de situer les différents lieux évoqués. « Où est située l’Algérie ?  Activité 4
la ville antique de Tipasa ? le Portugal et le Tras os Montes ? »
écrire un récit
 Activité 3 L’écriture du récit est la dernière phase du travail de l’his-
torien. Il y synthétise les résultats obtenus et il dégage
l’analyse
l’intérêt des traces. Faire un récit pose la question du
Elle consiste à tirer le maximum de renseignements d’un
« Comment faire ? » et du « Que retenir ? ».
document.
Exemples de questions à poser aux élèves sur les trois Exemples de questions à poser aux élèves sur les trois
documents : documents :
– Quelle est la conséquence de la crue du Nil ? (doc. 1) – Cherche les trois idées essentielles contenues dans le
– Comment le boucher est-il habillé ? Quels sont ses outils texte d’Hérodote. Puis écris ces trois idées en employant
de travail ? (doc. 2) les mots du texte. (doc. 1)
– Quels métiers exercent les personnes issues de l’immi- – Donne la définition d’une mosaïque. Situe la mosaïque
gration dont on parle dans le témoignage ? (doc. 3) du boucher dans son époque et sur la carte. Puis décris la
– La fille exerce-t-elle un métier qui a demandé davantage scène.
d’études ? – Écris un texte présentant le témoignage de Rita. (doc. 3)

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
La plupart des éléments essentiels de la méthode histo- comparaison et la réfutation des hypothèses seront
rique ont été reproduits ici. D’autres éléments comme la présentés dans les autres niveaux d’enseignement.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : étude de récits de voyageurs. • Arts plastiques : réalisation d’une mosaïque.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Sciences et connaissances auxiliaires • L’héraldique étudie les blasons et les armoiries.
de l’histoire • L’histoire de l’art est l’étude des différentes formes d’art
• L’anthropologie renseigne sur les sociétés sans écriture dans le temps.
et sans État. • La linguistique s’occupe des rapports entre les hommes
• L’archéologie étudie des civilisations anciennes à partir et les mots, et analyse les discours.
de leurs restes matériels. • La numismatique étudie les monnaies.
• La codicologie analyse les supports de l’écriture, les • L’onomastique est la science des noms propres.
outils du scribe, la forme des manuscrits, les modalités • La paléographie propose des lectures des textes
d’écriture et de transcription, et les enluminures. anciens et étudie la concordance des dates.
• La démographie est la science des populations. Elle fait • La philologie étudie les langues, la parenté entre les
de la statistique et de la modélisation mathématique. écrits, et les variantes.
• La philosophie : l’histoire part du fait, la philosophie
• Diplomatique : critique des écrits.
l’utilise et le reconstruit à son idée.
• L’économie étudie la réalité concrète de la production, • La psychologie renseigne sur les personnes et les
des échanges et de la consommation. phénomènes sociaux (déviance, marginalité).
• L’épigraphie est la lecture des inscriptions et des règles • La sigillographie est l’étude des sceaux.
d’écriture. • La sociologie dispute à l’histoire son terrain en y voyant
• La géographie est la science de l’espace. moins l’événement et davantage la loi, la structure.

15
Pages-outils
5 Faire de l’histoire des arts PAGES 16-17
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Une première initiation des élèves à l’histoire des arts et notamment aux œuvres de référence du
patrimoine artistique doit leur permettre une approche sensible et raisonnée des œuvres d’art et une
première appréciation artistique.
 Objectifs
• Décrire et apprécier une œuvre d’art.
• Étudier des points particuliers d’une œuvre d’art : formes, réalisme.
 Notions et concepts
Art égyptien – portrait – statue.

DÉROULEMENT
L’historien d’art observe et interprète une œuvre. De quoi Il est probable que le scribe est la représentation d’un très
s’agit-il ? D’où vient cette œuvre ? Qui est son auteur ? À haut personnage. À l’origine, les scribes représentaient
qui ou à quoi était-elle destinée ? Que représente-t-elle et même des membres de la famille ou de l’entourage du roi,
comment y est-on parvenu ? Quelles techniques ont été le plus souvent ses fils ou petits-fils chargés de la haute
employées ? Comment l’interpréter sur le plan artistique ? administration et du clergé.
Ce sont ces questions, entre beaucoup d’autres, qu’il
convient de se poser en premier devant une œuvre d’art à  Activité 1
commenter. découvrir une œuvre d’art
On commencera par faire réfléchir les élèves sur les
Nous présentons ici comme première initiation à l’histoire
œuvres d’art en feuilletant avec eux le livre et en leur mon-
des arts une méthode et un questionnement que l’enfant
trant différents types d’œuvres d’art : peinture, sculpture,
pourra adopter quand il se trouvera face à une œuvre d’art.
architecture, travail du métal… Cette première approche
La leçon lui permet d’approcher le travail de l’historien
permettra d’identifier diverses sortes d’œuvres d’art et de
d’art et de s’adapter aux exercices proposés tout au long
les nommer. On pourra ensuite demander aux élèves de
du manuel dans les pages « Zoom sur… ». Nous avons
choisir selon leur goût et d’observer une des œuvres d’art
choisi comme premier sujet d’étude une sculpture égyp-
remarquées dans leur livre et d’expliquer pourquoi ils l’ont
tienne, Le Scribe accroupi, pour son intérêt la fois esthé-
choisie et pourquoi ils l’apprécient (couleurs, formes,
tique et historique.
beauté…).
Le Scribe accroupi (on devrait dire assis en tailleur), est
l’une des pièces majeures du département des Antiquités  Activité 2
égyptiennes du musée du Louvre qui regroupe des œuvres en savoir plus sur l’œuvre
dont les dates de fabrication vont de la fin de la préhistoire > Document 1 : Le Scribe accroupi
(environ 4000 av. J.-C.) jusqu’au IVe siècle ap. J.-C. > Document 2, paragraphe 1
La statue de calcaire peint a été trouvée par le grand égyp- – Définir, identifier l’œuvre d’art
tologue Auguste Mariette en 1850 à Saqqarah, au nord de Cette démarche peut être reprise dans toutes les observa-
l’allée de sphinx du Sérapeum. Elle a été donnée par le tions d’œuvres d’art. On demandera aux élèves de répon-
gouvernement égyptien en 1854 lors d’un partage de dre (on s’aidera de la légende du document 1) aux ques-
fouilles. Comme le site avait déjà été fouillé et pillé lors de tions posées dans le paragraphe 1 sur la définition d’une
la découverte de Mariette, les égyptologues n’ont pu pro- œuvre d’art (nature, matériau, technique, époque…).
céder à aucune identification certaine. Mais d’autres sta- On peut ensuite approfondir l’étude.
tues ayant été trouvées au même endroit, il a été possible – Observation
de rapprocher Le Scribe accroupi du Louvre d’une autre Les statues égyptiennes doivent être regardées en premier
statue de scribe, attribuée à Pehernefer, et remontant à la lieu de face, car cette présentation leur donne un maxi-
IVe Dynastie (2600-2350 av. J.-C.). Cette période corres- mum d’expressivité. On pourra poser aux élèves des ques-
pond d’ailleurs à celle des scribes « écrivant », qui précède tions se rapportant à la composition de l’œuvre, aux cou-
la période des scribes « lisant ». leurs retenues, à sa grande expressivité.

16
• Composition. Faire chercher ou dire aux élèves que la et tout attentif aux intérêts de la personne ou de l’adminis-
statue s’inscrit dans un triangle passant par la tête et les tration pour lesquelles il travaille.
genoux, ce qui lui donne à la fois une assise ferme mais
non pesante. L’homme est assis bien droit, les épaules en  Activité 3
tension, le visage, très expressif. C’est un homme concen- un personnage d’âge mûr
tré sur un travail. > Document 1
– Couleurs. Faire décrire les couleurs par les élèves. Leur Le Scribe accroupi n’est pas un vieil homme, ses cheveux
demander ce qu’ils pensent des couleurs employées : le montrent, mais ce n’est pas un jeune homme non plus.
sont-elles proches ou non du corps humain, le contraste Faire chercher par les élèves les éléments qui montrent
entre la couleur de la peau et celle du pagne, la couleur de qu’on se trouve en présence d’un homme d’âge mûr, en
la chevelure, etc. bonne santé. Le décrire physiquement et demander com-
– Analyse et interprétation ment sont suggérés son âge et sa condition physique :
• La tension du visage et du corps. Orienter les élèves vers – son embonpoint ;
ce que l’artiste a voulu représenter : un lettré (c’est assez – sa poitrine aux seins bien marqués ;
rare en Égypte où ceux qui savent lire et écrire sont respec- – son ventre rebondi ;
tés. On les trouve surtout dans les hautes sphères de la – son bourrelet sur le ventre ;
société) ; un homme tout à son travail, très concentré. – il paraît bien nourri.
Faire chercher les éléments qui prouvent cette tension :
les yeux très vivants qui regardent nettement vers l’avant,  Activité 4
les lèvres froncées comme pour aider à la concentration, faire un bilan
le corps bien droit, là aussi comme suspendu à l’observa- Demander aux élèves de faire le bilan des éléments qui
tion. font du scribe un personnage bien particulier et non une
• La fonction. Le personnage est représenté dans une des représentation quelconque pouvant s’appliquer à n’im-
positions traditionnelles du scribe, il est montré entière- porte quel scribe. C’est à la fois la représentation d’une
ment concentré sur son travail, comme un employé fidèle fonction, celle de scribe, et un vrai portrait.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Le Scribe accroupi est une célèbre statue égyptienne trou- d’une grande expressivité et semble très ressemblante.
vée à Saqqarah et conservée au musée du Louvre. Elle est

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Arts plastiques : la fabrication de couleurs dans synthétiques), dessiner une personne en train de travailler.
l’Antiquité (pigments naturels) et aujourd’hui (couleurs

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les yeux du scribe face postérieure du cristal a été recouverte d’une matière
La fascination du visiteur pour la statue du Scribe accroupi organique pour donner sa couleur à l’iris et sans doute
tient en particulier à la qualité de son regard. Le laboratoire pour servir d’adhésif. Enfin, deux griffes larges et aplaties,
de recherche des musées de France a radiographié récem- soudées à l’arrière, enserrent le bloc de magnésite et servent
ment la statue et comparé les yeux du scribe avec un œil à le fixer dans son orbite. Ces griffes entourent l’œil de la
provenant d’une autre statue. statue et ressemblent aux fards à paupières dont on ornait
L’étude a montré que les yeux du scribe ont été fabriqués les yeux des hommes et des femmes dans l’Égypte antique.
avec un soin tout particulier pour rendre l’expression la
plus vivante possible. On a enchâssé un morceau de cristal À l’exemple du musée du Louvre (www.louvre.fr), presque
de roche dans un bloc de magnésite blanc veiné de rouge. tous les musées possèdent leur site, la plupart proposant
Le cristal a été poli à l’avant pour mieux ressembler à l’iris. des visites virtuelles ou thématiques et des dossiers à des-
Le centre du morceau de cristal a été percé pour figurer la tination des enseignants (ainsi, « Le scribe à la loupe » est
pupille, avec une légère décentration pour donner une une étude détaillée du Scribe accroupi visible sur le site
très grande expressivité au regard qui semble nous fixer. La du Louvre).

17
La Préhistoire
6 L’apparition de l’homme PAGES 18-19
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Les temps préhistoriques s’étendent sur plusieurs millions d’années. On approchera la Préhistoire par
les traces qu’elle a laissées, par la façon dont elles ont été découvertes et exploitées, les lieux où elles
sont conservées. Selon les hypothèses actuelles, les premiers hommes apparaissent en Afrique et se
répandent en Europe, en Asie et dans le monde entier.
 Objectifs
• Connaître les grandes périodes de la Préhistoire.
• Connaître les plus importantes espèces d’hommes préhistoriques et leurs caractéristiques principales.
• Lire et analyser un tableau.
 Notions et concepts
Préhumains – espèces – australopithèques – vestiges – fossiles – Homo habilis – Homo erectus ou
homme de Tautavel – homme de Neandertal – homme de Cro-Magnon.
 Cahier d’exercices
« L’apparition de l’homme » : voir p. 6-7.

DÉROULEMENT
La Préhistoire est une gigantesque période qui s’étend de dont environ 40 % du squelette a été conservé. Son nom
l’apparition de l’homme, il y a environ 2,4 millions d’an- lui vient d’une chanson des Beatles entendue par les cher-
nées, à l’invention de l’écriture, il y a environ 5 200 ans. cheurs au moment de la découverte du squelette. Le sque-
Nous ne connaissons cette période que par les vestiges lette de Lucy se distingue de celui des grands singes par
laissés en place (ossements, outils, traces de feu, pein- une adaptation presque parfaite à la locomotion bipède.
tures…). L’étude de cette période repose le plus souvent On pourra poser aux élèves des questions de synthèse du
sur des hypothèses. Ainsi la détermination du sexe est sou- type de celle-ci :
vent fragile et nécessite des comparaisons entre ossements. – En t’aidant du premier paragraphe du chapitre et des
À ce jour, les plus anciens restes de préhumains ont été décou- documents 1 et 2, trouve ce qui est semblable et ce qui est
verts en Afrique orientale. Des mouvements de terrain ont différent chez les australopithèques et les hommes et les
affecté et basculé les couches profondes du sol et celles-ci ont femmes d’aujourd’hui.
affleuré en surface, ce qui a permis la découverte de ces restes.
On parle d’hommes et non plus de préhumains lorsque de  Activité 2
nombreux outils spécifiquement fabriqués sont découverts les premiers hommes
dans les vestiges (2,4 millions d’années av. J.-C.), mais des
> Frise chronologique
hommes ont peut-être existé avant et n’ont pas laissé de
On expliquera aux élèves que l’accordéon et les pointillés
traces. Au cours de migrations de longue durée, les humains
de la flèche sont là pour faire comprendre que les propor-
se seraient lentement répandus à la surface de la Terre, leurs
tions ne sont pas respectées (à gauche) ou que le temps
techniques évoluant avec le temps et leur permettant de maî-
continue après la date indiquée (à droite).
triser leur environnement de façon de plus en plus satisfai-
sante. > Document 3 : les hommes au fil des âges
Pendant le Paléolithique, qui va de l’apparition de l’homme au Avec le temps, le squelette des humains s’est adapté à la
Néolithique (à partir de 11000-10000 av. J.-C.), l’homme est marche. Il s’est redressé, la tête s’est fixée au sommet des
nomade et pratique la chasse et la cueillette. Pendant le Néoli- vertèbres, les pieds se sont allongés. Le tableau indique
thique (de 11000-10000 av. J.-C. jusqu’à 3200 environ av. J.-C.), que des espèces humaines différentes ont pu habiter la
les humains sont devenus sédentaires, agriculteurs et éleveurs. Terre en même temps et même cohabiter en un même
lieu, comme l’homme de Neandertal et l’homme de Cro-
 Activité 1 Magnon dans le Sud-Ouest de la France.
Lucy Les dénominations Homo sapiens néandertalensis et
> Documents 1 et 2 : le squelette et une représen- Homo sapiens sapiens ont été abandonnées au profit de
tation de Lucy Homo neandertalensis et Homo sapiens. Des études
Les médias ont popularisé l’australopithèque femelle Lucy génétiques menées en 2003 indiqueraient en effet que les

18
deux groupes auraient un génome trop différent pour être – Quelle espèce a fabriqué les premiers outils ? Quels outils ?
considérés comme deux sous-espèces. On se trouverait en – Quelle espèce a allumé les premiers feux ?
face de deux espèces à part entière du genre Homo. – Quelle espèce a aménagé les premières tombes ?
Exemples de questions à poser aux élèves : Enfin, demander aux élèves d’écrire un petit texte présen-
– Combien d’espèces humaines sont représentées sur le tant les hommes et les femmes de Cro-Magnon et leurs
tableau ? Quel est leur nom ? activités.
– Certaines auraient-elles pu se rencontrer ? Lesquelles ?

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
La connaissance de la Préhistoire repose sur des découvertes thèses et, régulièrement, de nouveaux vestiges remettent
souvent fortuites et sur de nouvelles techniques de en cause certains aspects des connaissances. Les dates
recherche qui permettent de nouvelles découvertes. Le aussi sont sujettes à variation ; on peut les considérer
plus souvent, les préhistoriens en sont à poser des hypo- comme une indication.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : récits de fouilles archéologiques. • Arts plastiques : étude des premières représentations
• Sciences : étude de fossiles, des techniques utilisées artistiques.
(recherche de l’ADN…).

POUR ALLER PLUS LOIN


 Connaître les premiers hommes
Tchad et appartiennent à Toumaï ou Sahelanthropus
> Des théories mouvantes
tchadensis se révèlent encore plus vieux (environ 7 millions
Depuis les années 1990, de nouvelles et nombreuses d’années). Ce dernier hominidé est lui-même contesté par
découvertes remettent régulièrement en cause les fragiles de nombreux savants, dont Yves Coppens, pour qui
théories concernant les origines des premiers hommes. l’homme, selon sa célèbre East Side Story, proviendrait de
Les difficultés des paléo-anthropologues sont nombreuses l’Est de l’Afrique.
car les fossiles sont difficiles à interpréter. Ils sont composés
de rares fragments d’ossements, pris dans des couches > L’Afrique, berceau de l’humanité
géologiques le plus souvent difficiles à dater. Chaque Depuis plusieurs décennies, les paléo-anthropologues
découverte pose à nouveau la question de la place des pensent avec insistance que l’Afrique est bien le berceau
individus précédemment découverts. Lucy elle-même de l’humanité. Récemment, ils ont reçu l’aide de biologistes
n’échappe pas à cette situation puisqu’on la considère moléculaires américains qui recherchent, dans les gênes et
parfois désormais comme appartenant à une branche l’ADN des hommes d’aujourd’hui, l’histoire des débuts de
marginale de l’arbre généalogique humain. l’humanité. Leurs recherches spéculatives et contradictoires,
Un tibia, vieux de 6 millions d’années, a été découvert en en ce qui concerne les périodes de migrations et les
1999 au Kenya dans les collines Tugen. Du nom d’Orrorin mélanges avec des populations autres, convergent toutes
tugunensis, son propriétaire était capable de marcher sur un point : l’origine africaine des gènes observés. Ils
debout et a pu pendant un temps être qualifié de « plus seraient approximativement d’avis que deux migrations
vieil ancêtre de l’homme ». Mais un crâne, deux fragments « récentes » ont pu se produire, l’une vers 600000 et
de mâchoire et trois dents isolées qui ont été trouvés au l’autre vers 100000 av. J.-C.

19
La Préhistoire
7 Les premiers outils et la maîtrise du feu PAGES 20-21
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


C’est par l’étude des vestiges qu’on peut approcher les hommes et les femmes de la Préhistoire.
Il a fallu des centaines de milliers d’années pour perfectionner et diversifier les premiers outils,
d’abord très grossièrement taillés. Le feu, domestiqué vers 600000 av. J.-C., se généralise vers
540000-400000 av. J.-C.
 Objectifs
• Connaître l’outillage des hommes et des femmes de la Préhistoire et comprendre son évolution
dans le temps.
• Comprendre l’importance de la maîtrise du feu dans la vie des populations.
• Développer les capacités d’analyse et d’interprétation que réclame la lecture du matériel
préhistorique.
 Notions et concepts
Outils – galet aménagé – biface – propulseur – feu – racloir – arc.
 Cahier d’exercices
« Les premiers outils et la maîtrise du feu » : voir p. 8-9.

DÉROULEMENT
 Activité 1 silex qui débitent de très fines lames pour dégager le cœur
les premiers outils de pierre du silex. Ici, le silex s’est cassé et l’objet a été abandonné
> Document 1 : un biface
sur place avec les éclats. Ce silex a été trouvé sur le site de
Avec le temps, Homo erectus apprend à tailler des outils de Pincevent, en Seine-et-Marne.
plus en plus perfectionnés : des bifaces ou des galets entiè-
Exemples de questions à poser aux élèves :
rement taillés sur les deux faces qui servent de couteau
– Comment a-t-on pu reconstituer ce silex ? (Grâce aux
pour dépecer le gibier, des galets en forme de scie ou dont
débris laissés sur place : l’objet s’est cassé et il a été aban-
l’encoche permet d’affiner un épieu. Il utilisait comme
donné sans être utilisé.)
roches le basalte, le quartz ou le calcaire. Les plus petits
– Que penses-tu du travail du spécialiste qui a reconstitué
objets étaient faits de silex, de cornéennes…
ce silex ?
Le biface est le perfectionnement du galet aménagé. Il est
façonné sur ses deux faces, ce qui aboutit à une forme
 Activité 2
triangulaire, et mesure de 5 à 30 cm. Chaque coup porté
les armes de jet
par le percuteur détache un éclat qui laisse une trace en > Documents 4 et 5 : utilisation d’un propulseur
creux sur le biface. Parfois, la base du biface n’est pas Ce propulseur en bois de renne est daté de 13000 av. J.-C.
retouchée pour faciliter sa tenue en main. Il représente un faon qui a la tête retournée vers des
Exemples de questions à poser aux élèves : oiseaux situés derrière lui. La flèche est placée dans le bec
– Quelle est la forme du biface ? de l’oiseau et tenue du bout des doigts, puis lancée vers le
– Comment le taille-t-on ? gibier.
– À quoi peut-il servir ? Exemples de questions à poser aux élèves :
> Documents 2 et 3 : biface et silex – Décris le propulseur.
Dans les époques les plus récentes, en particulier le Méso- – Comment s’en servait-on ?
lithique, l’homme parvient à débiter de très fines lames de – Est-ce aussi un objet d’art ? Pourquoi ?
silex avec lesquelles il fabrique des pointes, des armes de > Document 6 : feu de Terra Amata
jet… Les bois de renne par climat froid et de cerf par cli- On pense aujourd’hui que l’homme a maîtrisé le feu vers
mat plus chaud donnent des harpons et des propulseurs. 400000 av. J.-C.. Les groupes préhistoriques ont dû com-
Des bâtons percés devaient servir à redresser les sagaies mencer par entretenir les braises des feux naturels (incen-
déformées par le jet. dies de forêt, foudre…) avant de parvenir à le maîtriser.
Le document 3 illustre la difficulté du travail des fouilles Les techniques pour produire du feu devaient être proches
préhistoriques : c’est un travail lent et minutieux comme de celles encore observées chez les Amérindiens : frotter
un puzzle. Il permet aussi de voir l’habileté des tailleurs de un morceau de bois affiné contre un bois plus tendre et

20
souffler sur les braises obtenues en ajoutant des herbes un muret de galets. Il devait tout à la fois servir à l’éclairage,
sèches. à la cuisine, au chauffage et à effrayer les grands animaux.
Terra Amata est un campement de plein air installé sur Ce site, découvert lors de travaux préparatoires à une
une ancienne plage marine. Il est situé à Nice, au pied du construction immobilière, a été conservé dans le sous-sol
mont Boron, et comprend plusieurs couches de vestiges. de l’immeuble moderne construit à cet endroit.
On y a retrouvé des restes de campement d’Homo erectus Exemples de questions à poser aux élèves :
(des trous de poteaux, des pierres de calage des pieux, – Où se trouve Terra Amata ?
des traces de plusieurs feux) datés d’environ 380000 av. – De quand datent ces vestiges ?
J.-C. Le feu conservé était situé au centre d’une Enfin, proposer aux élèves d’écrire un petit texte indiquant
cabane de branchages, enfoncé dans le sable et protégé par les étapes de la fabrication du foyer.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Les progrès techniques ont d’abord été très lents, puis ils Les objets alors fabriqués témoignent d’une grande habi-
se sont accélérés dans la dernière partie de la Préhistoire. leté et d’un sens artistique achevé.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : La Guerre du feu de J.-H. Rosny. • Arts plastiques : dessins d’outils préhistoriques ; le film
• Sciences : examiner les différentes techniques possibles de Jean-Jacques Annaud : La Guerre du feu.
pour faire du feu.

POUR ALLER PLUS LOIN


 La femme des origines le petit gibier, le tout représentant environ les deux tiers
Depuis une trentaine d’années, la montée en puissance de l’alimentation. Ces études ont conduit à repenser et à
des femmes dans la recherche scientifique et la progres- complexifier les mises en scène des formes de la vie sociale
sion des travaux conjugués des paléo-anthropologues et dans les temps anciens, les femmes pouvant collaborer
des ethnologues ont modifié l’image de la femme des avec les hommes pour l’entretien du groupe. L’activité de
temps paléolithiques. Dans son ouvrage La Femme des ori- charognage (dépeçage, transport et consommation de
gines, publié chez Herscher Sciences humaines, Claudine carcasses) récemment mise en valeur par la recherche
Cohen fait le point sur les différentes approches. laisse aussi aux femmes toute leur place éventuelle.
L’observation des groupes de chasseurs-cueilleurs des Il est aussi probable que les femmes ont fabriqué des outils
Bushmen d’Afrique du Sud fait progresser la connaissance sur éclats en silex, tissé les cordes et les fibres végétales
des structures familiales et de la division sexuelle du dont sont parées les « Vénus » préhistoriques. Ces Vénus,
travail ainsi que la compréhension des modes de vie et de dont on ignore la fonction réelle, ont pu être destinées
subsistance. Dans ces groupes, les femmes jouent un rôle à l’initiation sexuelle des adolescentes, symboliser des
essentiel dans la recherche de nourriture, cueillant des « grandes déesses » ou être encore de simples figures
fruits et des plantes, ramassant des coquillages et chassant artistiques.

21
La Préhistoire
8 Les premiers habitants de la France PAGES 22-23
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Ce chapitre se donne pour objectif de replacer les périodes préhistoriques dans le cadre européen et
surtout français afin de les rendre plus concrètes aux yeux de jeunes élèves – sans toutefois oublier
que les cultures préhistoriques ne connaissaient pas de telles limites.
 Objectifs
• Utiliser et analyser des documents propres à la méthode historique.
• Distinguer sources et représentation.
• Classer des faits sur une échelle chronologique.
 Notions et concepts
Homo erectus – homme de Neandertal – homme de Cro-Magnon – art.
 Cahier d’exercices
« Les premiers habitants de la France » : voir p. 10-11.

DÉROULEMENT
On pense aujourd’hui que les hommes préhistoriques ont tains ont permis de reconstituer le crâne et une partie du
dû pénétrer en Europe vers 1,5 million d’années av. J.-C., squelette d’un jeune adulte. Cette équipe a également
si l’on en juge par les outils primitifs en pierre abandonnés retrouvé une mandibule féminine qui devait appartenir à
sur les sites. Ces vestiges sont souvent accumulés dans des une femme âgée de 45 à 50 ans, soit le maximum de la
grottes sur plusieurs mètres d’épaisseur, ce qui permet durée de vie à l’époque. Des restes d’enfants en bas âge
d’étudier l’évolution des cultures et les datations. ont montré, comme sur les autres sites préhistoriques,
À ce jour, sur l’actuel territoire de la France, des traces de l’importance de la mortalité infantile.
vie humaine remontent à environ 950000 av. J.-C. Il En tout, les fouilles de la grotte ont permis le recensement
s’agit des vestiges de la grotte du Vallonet, proche de de 200 000 objets, puisés dans 15 m de sédiments. Il s’agit
Roquebrune-Cap-Martin dans les Alpes-Maritimes. Mais il d’outils, de restes de flore et d’animaux (renne, bœuf mus-
faut attendre 450000 av. J.-C. pour trouver les plus anciens qué, renard polaire) : ce qui donne une indication sur le climat
restes humains dans la grotte de Tautavel. de l’époque. Peu de restes de poissons ont été retrouvés.
Les hommes et les femmes n’habitaient pas uniquement La richesse de la grotte de Tautavel a fait de ce site un centre
dans des grottes puisqu’ils se « nomadisaient » à la suite du archéologique internationalement connu.
gibier. Ainsi, Tautavel était plus une halte de chasse qu’un La représentation humaine doit donner lieu à un récit évo-
établissement prolongé. Mais c’est dans les grottes que les cateur, mais prudent : c’est une représentation, qui n’est
vestiges se sont le mieux conservés, les traces étant rapide- pas la réalité mais l’idée qu’on s’en fait.
ment dispersées sur les sites de campements passagers. La description des deux documents étant faite, on demandera
Parmi le gros gibier, on chassait en particulier le mam- aux élèves de comparer, en s’aidant d’une encyclopédie,
mouth dont on pouvait tirer le maximum : de la fourrure l’homme de Tautavel avec les hommes actuels (crâne allongé,
pour les vêtements et le lit, des peaux pour la couverture front fuyant, bourrelet des arcades sourcilières, pilosité).
des tentes, de la nourriture, des os pour les outils et la
charpente des tentes, de la graisse… Le mammouth a dis-  Activité 2
paru peu après la fin de la dernière glaciation, sans doute vie et techniques
par effet conjugué de la disparition des plantes dont il se des hommes préhistoriques
nourrissait et du fait de la chasse dont il était l’objet. Les vestiges beaucoup plus récents indiquent un perfec-
tionnement et une spécialisation de l’outillage fabriqué.
 Activité 1 > Document 3 : la nourriture de l’homme de Tautavel
l’homme de Tautavel L’alimentation est connue grâce aux vestiges retrouvés
> Documents 1 et 2 : crâne et reconstitution dans les grottes. Le nécessaire équilibre alimentaire laisse
Tautavel est un village situé près de Perpignan. L’équipe du supposer que les hommes consommaient des fruits, des
préhistorien Henri de Lumley y a découvert, à partir de végétaux et des racines comestibles dont nous n’avons pas
1969, des restes humains nombreux (70 au total) dont cer- de traces visibles du fait de leur fragilité.

22
> Document 4 : une scie dentelée armes étaient attachées aux manches avec des liens et des
La scie dentelée est obtenue par des coups précis formant colles (glu).
des encoches et isolant de petites denticulations. Elle est > Document 7 : un harpon
utilisée pour travailler le bois. Le harpon est une arme destinée à la pêche. Les barbelures,
> Document 5 : un perçoir très efficaces, empêchent le poisson de s’échapper.
Le perçoir taillé en pointe sert à faire des trous dans les Après avoir étudié les différents documents, proposer aux
peaux ou le bois, comme l’ont prouvé les études faites au élèves de placer les vestiges présentés dans cette double
microscope électronique. page sur une frise chronologique en indiquant leur datation.
> Document 6 : une pointe de sagaie en silex Par groupes de deux ou trois, ils peuvent ensuite écrire un
La sagaie est un outil de chasse qui nécessite de s’appro- petit texte sur les activités et l’alimentation des hommes et
cher de l’animal. On ne possède aucun manche en bois : des femmes de la Préhistoire. La classe comparera ensuite les
ils ont tous disparu au fil du temps. De façon générale, les récits des autres groupes afin de faire un texte de synthèse.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
L’homme préhistorique est arrivé en Europe avec un millé- préhistoriques sont globalement les mêmes d’un bout à
naire de retard sur l’Afrique et un millénaire et demi de l’autre du continent.
retard en France. Pendant une même période, les cultures

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Sciences : le corps humain. • Français : romans pour la jeunesse concernant la période
préhistorique.

POUR ALLER PLUS LOIN


 L’homme de Neandertal : Aujourd’hui, on admet que l’homme de Neandertal est
un grand méconnu « biologiquement distinct de l’homme de Cro-Magnon
L’homme de Neandertal fut découvert en Allemagne, près mais anatomiquement proche de lui ». Au temps de sa plus
de Düsseldorf, en 1856. De petite taille, environ 1,55 m, grande expansion, il occupa des espaces considérables en
robuste et massif, il était desservi par une mâchoire pro- Europe et au Moyen-Orient avant de disparaître en
éminente, un bourrelet au-dessus des orbites et un crâne quelques milliers d’années et de laisser la place à l’homme
allongé vers le haut. Ce physique lui valut pendant très moderne vers 30000 avant notre ère. Pourquoi ? On ne
longtemps une réputation de brute peu évoluée. dispose toujours pas d’explication satisfaisante.
Aujourd’hui, des travaux en anthropologie réévaluent cette Il est certain en tout cas que les hommes de Neandertal
mauvaise image. Un ouvrage récent de deux Américains et de Cro-Magnon ont cohabité à plusieurs reprises dans
fait désormais autorité en la matière : Les Hommes de de nombreuses régions d’Europe. Entre 40000 et 30000
Neandertal, paru en traduction française aux éditions du avant Jésus-Christ, on les rencontre tous les deux dans la
Seuil. Ses auteurs, Erik Trinhaus et Pat Shipman, s’étendent péninsule Ibérique. Ils avaient les mêmes pratiques funé-
sur les caractéristiques du groupe néandertalien et relatent raires et développaient les mêmes industries lithiques.
les controverses qui ont opposé les savants depuis un Cro-Magnon et Neandertal ont-ils pu se mêler ? Les
siècle à propos de l’homme de Neandertal et de son appar- chercheurs répondent le plus souvent « non », mais la
tenance à une espèce humaine ou à une autre. question reste posée.

23
La Préhistoire
9 La naissance de l’art PAGES 24-25
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


L’apparition de l’art autour de la représentation de l’animal et de l’homme, et utilisant des formes
géométriques à propos desquelles certains chercheurs pensent reconnaître des signes d’écriture,
témoigne de l’élaboration d’un univers symbolique.
 Objectifs
• Identifier les vestiges de l’art préhistorique.
• Situer quelques grands centres préhistoriques dans le temps et dans l’espace.
• Utiliser et analyser des documents propres à la méthode historique.
• Réutiliser ses connaissances.
 Notions et concepts
Art – peinture – gravure – représentation.
 Cahier d’exercices
« La naissance de l’art » : voir p. 12-13.

DÉROULEMENT
L’art préhistorique apparaît de bonne heure si l’on consi- nombreuses figures féminines de cette période, la Vénus
dère, par exemple, que la forme régulière des bifaces, opulente de Willendorf expose principalement la partie
intentionnelle dès 500000 av. J.-C., indique une recherche centrale de son corps. Les traits du visage, les bras et les
de la beauté, comme la présence sur des sites préhisto- mains sont peu ou pas représentés.
riques d’objets sans utilité immédiate mais de forme ou de Après avoir demandé aux élèves de repérer l’Autriche et le
couleur agréable (galets, coquillages…). À l’heure actuelle, site de Willendorf sur une carte, les interroger sur l’utilité
les recherches font remonter les premières réelles tentatives de telles figurines. (Il s’agit d’hypothèses et toutes les
artistiques à 50000 av. J.-C. Les recherches conduisent à interprétations sont possibles, y compris le simple désir de
penser que les signes géométriques représentaient une réaliser une belle forme féminine pour le plaisir.)
ébauche d’écriture, un code conventionnel dont on peut
suivre l’évolution.  Activité 2
Parmi les nombreux exemples de grottes ornées, la grande les peintures
grotte d’Arcy-sur-Cure (dans l’Yonne) atteste de plusieurs
Les colorants minéraux cuits ou crus servent de peinture :
phases de fréquentation entre 28000 et 24000 av. J.-C.
l’ocre jaune, l’ocre rouge ou violacée (par cuisson), le char-
On remarque sur les murs la succession de raclages en fais-
bon de bois (noir), l’oxyde de fer rouge ou brun, le
ceaux, de gravures profondes, de peintures rouges et noires.
kaolin (blanc). Les couleurs organiques, certainement
Le sol a laissé des traces donnant des renseignements sur
employées, n’ont pas été conservées. Le dessin peut com-
l’éclairage et la préparation des couleurs.
porter un simple trait noir ou rouge, être entièrement
Vers 25000 av. J.-C. apparaissent les premières statuettes coloré ou profiter de la forme du mur pour suggérer le
féminines : la Dame à la capuche de Brassempouy, la relief et la couleur. Les doigts et la main servent à déposer
Vénus de Willendorf (doc. 1). C’est l’époque aussi des pre- les couleurs et à dessiner. On a trouvé dans les grottes des
mières gravures pariétales. Cet art pariétal culmine avec les godets pour les couleurs et des traces d’échafaudage (à
grands ensembles de peintures : Lascaux (en Dordogne), Lascaux).
Niaux (en Ariège), Cosquer (près de Marseille), Chauvet
> Document 2 : mains négatives de la grotte Cosquer
(en Ariège), Altamira (en Espagne)…
En 1991, en faisant de la plongée sous-marine, Henri
Cosquer découvre l’entrée d’une grotte peinte à 37 m sous
 Activité 1 la surface de la mer, dans les calanques de Marseille. Les
les statuettes féminines analyses scientifiques ont permis de fixer la fréquentation
> Document 1 : statuette féminine de Willendorf de la grotte à deux époques : vers 27000 et vers 17000-
Les sites du Paléolithique supérieur ont livré des images de 16000 av. J.-C. La première période est surtout celle des
femmes très variées et souvent très belles. L’une des plus mains négatives, la seconde celle des peintures d’animaux
anciennes est celle de Willendorf en Autriche. Comme de (chevaux, bisons, bouquetins, cervidés, et même, ce qui

24
est une innovation, des pingouins et deux gravures de Comme à Lascaux, on a utilisé les reliefs naturels pour don-
phoques). ner de la vie aux animaux peints. La grotte est inscrite au
> Document 3 : bison de la grotte d’Altamira patrimoine mondial de l’humanité avec 17 autres grottes
« La grotte d’Altamira comprend l’un des plus importants de la région.
ensembles de peintures pariétales. Elle est située en Le document représente un bison. On pourra questionner
Espagne du Nord-Ouest (Cantabrie), près de Santander. Sa les élèves sur le réalisme de la peinture, sur les techniques
découverte remonte à 1879, ce qui est en fait l’ensemble employées en se référant au contenu de ce chapitre et à
de peintures préhistoriques le plus anciennement décou- celui du « Zoom sur… une peinture préhistorique » qui
vert. La grotte est longue de 270 mètres et comprend plu- vient juste après.
sieurs salles au plafond décoré en grand nombre de pein- Exemples de questions :
tures de bisons des steppes, de chevaux, de cervidés. Ces – Comment peignait-on sur les parois ?
peintures sont remarquables par le grand réalisme des – Avec quelles couleurs ?
formes, des couleurs, des volumes et des mouvements. – Que penses-tu de la qualité de ces peintures ?

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Nous nous questionnons toujours sur les raisons qui ont également à un plan d’ensemble) y occupent des places
amené les hommes préhistoriques à peindre leurs cavernes. importantes. Recherche de l’art pour l’art, culte, magie, ou
Ils suivaient le plus souvent une présentation cohérente : même résultat de transes et de substances hallucinogènes,
l’emplacement et le groupement des animaux ne sont tout est possible. Sur 20 000 ans, les motivations ont
pas aléatoires, les dessins géométriques (qui répondent d’ailleurs pu changer plusieurs fois.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Arts plastiques : dessiner en groupes des animaux pré- historique et artistique, permettant d’aborder l’impor-
historiques à partir de photos ou d’illustrations. Les docu- tance du support, la forme et la composition du dessin,
ments d’application soulignent que la question de l’appari- ainsi que ses diverses fonctions ».
tion de l’art est « l’exemple d’un sujet à double approche, • Sciences : les couleurs naturelles.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les origines de l’art Cette grotte située sur une falaise à environ 200 kilomètres
> Les nouvelles découvertes à l’est du Cap est fouillée depuis une dizaine d’années. Elle
L’art est, comme les autres branches de la discipline préhis- a fourni des os travaillés dont la plupart sont des outils ou
torique, le siège de théories mouvantes. Si les peintures de des armes. Deux ou trois pièces, toutefois, sont d’une
Lascaux ont dû être réexaminées à la lueur des décou- facture particulière ; raclées puis polies, elles semblent
vertes des grottes Cosquer et Chauvet, de nouvelles bien être des pièces de prestige, non utilisables. Beaucoup
découvertes donnent aujourd’hui une importance accrue plus tard, le Néolithique a fourni de nombreux exemples
à l’art préhistorique africain. d’armes de cette nature. Des gravures sur os et sur ocre,
Jusqu’ici, c’est en Europe que l’on rencontrait les manifes- trouvées dans la grotte, accentuent cette idée de recours
tations les plus pertinentes des capacités techniques et au symbolique, donc à une forme d’art.
artistiques de l’homme moderne ou Homo sapiens. L’art > Les interprétations
rupestre rendait hommage à son sens artistique et sym- Les interprétations de l’art préhistorique sont nombreuses.
bolique, ses outils en os étaient plus diversifiés que les Depuis le XIXe siècle, on a évoqué la simple décoration, la
outils en pierre. Désormais, il faut tenir compte des décou- magie de la chasse destinée à favoriser la capture des
vertes de la grotte de Blombos (Afrique du Sud) qui font animaux et l’art sacré. Aujourd’hui, on parle aussi de
reculer les premiers témoignages artistiques à environ chamanisme, voire de langage doté d’une grammaire et
77 000 ans avant notre ère et donnent l’antériorité à d’une syntaxe. Toutes ces théories ont été mises en doute
l’Afrique. et nous manquons d’explications globales satisfaisantes.

25
La Préhistoire
10 Zoom sur… une peinture préhistorique PAGES 26-27
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Une première initiation des élèves à l’histoire des arts et notamment aux œuvres de référence
du patrimoine artistique doit leur permettre une approche sensible et raisonnée des œuvres d’art
et une première appréciation artistique.
 Objectifs
• Décrire et apprécier une œuvre d’art.
• Étudier des points particuliers d’une œuvre d’art : dessin, couleurs, rendu du mouvement.
 Notions et concepts
Peinture pariétale – Préhistoire – couleurs naturelles.

DÉROULEMENT
La grotte de Lascaux est située à une quarantaine de Les chevaux sont assez massifs, caractéristiques de
kilomètres au sud-est de Périgueux. Elle contient des l’époque préhistorique.
peintures et des gravures. C’est l’une des plus célèbres et • Couleurs. Demander aux élèves comment le choix
des plus importantes grottes ornées de la Préhistoire qui des couleurs accentue l’individualité de chaque cheval.
est inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité de Ces couleurs, naturelles, sont fabriquées avec du charbon
l’Unesco (1979) et qui a même été dénommée « la de bois, et liés avec de l’eau aux pigments obtenus en
chapelle sixtine de l’histoire ». Sa datation au carbone 14 raclant des pierres de couleur ou en broyant des végé-
la situe au paléolithique supérieur (vers 17 000 av. taux.
J.-C.). – Analyse et interprétation
La grotte a été découverte en 1940 par quatre adolescents Demander aux élèves comment les artistes ont su restituer
et étudiée par l’abbé Breuil, grand préhistorien de l’impression de vie et de marche des chevaux : pattes et
l’époque. Elle est classée monument historique dès le queues en action, cous tendus ou non, situation des che-
27 décembre 1940. Ouverte au public jusqu’à parfois vaux les uns par rapport aux autres (ils ne sont pas en
1 000 visiteurs par jour, la grotte s’abîme : algues vertes ligne, ils ne sont pas à la même hauteur, ce qui suggère que
puis calcite entraînent sa fermeture par André Malraux en le terrain est légèrement accidenté), utilisation du léger
1963. Depuis 2001, la grotte est attaquée par un champi- surplomb qui fait penser que les chevaux marchent le long
gnon très dangereux. Un fac-similé est ouvert au public d’un chemin…
depuis 1982.
Voir aussi p. 110, document 2.
 Activité 3
les peintres au travail
 Activité 1 Les peintures sont situées en général en hauteur et les
découvrir la frise des petits chevaux fouilleurs ont souvent, mais pas toujours, creusé le sol des
> Document 1 grottes qui s’était élevé avec le temps afin de retrouver leur
Les élèves commencent par observer en silence avant de élévation initiale.
confronter éventuellement leurs idées avec leur voisin. On Lorsque les hommes préhistoriques voulaient atteindre
leur demandera d’identifier l’œuvre, de la situer dans le les hauteurs d’une grotte pour peindre, ils élevaient un
temps et l’espace, enfin de la décrire. échafaudage. Les trous des pieux sont encore visibles
dans certaines grottes au bas des parois ornées. Les
 Activité 2 préhistoriens ont souvent retrouvé, au pied des parois
un tableau vivant peintes, des restes d’objets personnels et de tout ce qui
> Document 1 : reproduction de la frise servait à orner les grottes : pigments, charbon de bois,
des petits chevaux spatules, lampes à graisse, poteries, bijoux en os ou en
– Observation coquillages, etc.
• Composition. Les chevaux se suivent, ils forment une On pourra proposer aux élèves de reproduire sur
troupe en marche, mais ils ont chacun leur individualité : papier des animaux préhistoriques en travaillant à plu-
corpulence, taille, mouvement des pattes et de la tête… sieurs.

26
ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
La grotte de Lascaux, inscrite au Patrimoine mondial de rieur. Les peintures sont faites avec des pigments natu-
l’humanité, est située près de Périgueux. Elle contient de rels ; les artistes utilisaient parfois des échafaudages pour
nombreuses peintures et gravures du Paléolithique supé- peindre et graver en hauteur.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Arts plastiques : faire composer par la classe une fresque préhistorique.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les couleurs à l’époque paléolithique Les différentes teintes sont employées seules, avec la
Les hommes du Paléolithique n’utilisaient pas toutes les teinte du support, ou en polychromie. Elles forment des
couleurs de la nature. Le blanc, le vert ou le bleu ne fai- aplats ou des points, le relief naturel contribuant aux
saient pas partie de leurs palettes. Ils faisaient appel à deux dégradés, alors que l’emploi éventuel du pochoir permet
pigments, l’ocre et le noir. Le noir est formé à partir de d’obtenir des limites nettes de peinture. Selon certains
charbon de bois issu du genévrier ou du pin et plus rare- spécialistes, l’emploi des doigts et des tampons de four-
ment à partir d’os calciné. À Lascaux, on trouve du noir rure pour peindre est probable, mais non prouvé.
fabriqué à partir d’oxyde de manganèse. > Sites à consulter
L’ocre, terre argileuse, varie du rouge au brun-jaune en www.culture.gouv.fr/fr/arcnat/lascaux/fr
fonction de sa teneur en oxyde de fer. Les ocres sont géné- www.hominides.com/html/lieux/grotte_lascaux.htm
ralement employées, comme le charbon de bois, sous Le site hominides.com est à consulter pour toute la
forme de bâtons dont on a retrouvé quelques exemplaires. période.

27
La Préhistoire
11 La sédentarisation PAGES 28-29
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


La sédentarisation commence au Proche-Orient à partir de 9500 av. J.-C., des groupes humains se
fixent peu à peu dans tout le Proche-Orient, la chasse et la cueillette reculant progressivement devant
l’agriculture et l’élevage. La sédentarisation est, après l’invention de la pierre polie, le plus ancien
élément de la néolithisation. Ce mouvement atteint l’Europe à partir du IVe millénaire av. J.-C.
 Objectifs
• Identifier et caractériser les changements liés à l’habitat.
• Situer ces changements dans le temps et dans l’espace.
 Notions et concepts
Néolithique – sédentarisation – village.
 Cahier d’exercices
« La sédentarisation » : voir p. 14.

DÉROULEMENT
Les hommes deviennent sédentaires au cours de la néoli- sont d’abord rondes puis rectangulaires. On trouve des
thisation ou passage progressif de la société paléolithique maisons individuelles, des maisons collectives, des
la plus récente, composée de chasseurs-cueilleurs silos... Les nombreux incendies ont permis de
nomades, à la société dont nous sommes issus, compre- conserver certains aliments (boulettes de céréales), des
nant des sédentaires agriculteurs et éleveurs. (Le terme de empreintes de tissus et de vannerie. Les populations se
néolithique a été élaboré au XIXe siècle pour caractériser nourrissaient de lentilles et d’orge déjà cultivées, comme
l’industrie de la pierre polie, la dernière avant l’âge des l’indique la présence de « mauvaises herbes » qui
métaux.) n’apparaissent que lorsqu’un champ est travaillé. Les
Les découvertes récentes font remonter les plus anciens animaux les plus chassés sont les gazelles, les ânes
restes de villages à Mallaha en Israël, sur un site natoufien. sauvages, les aurochs. Le chien est le seul animal domes-
Les Natoufiens (10500-8200 av. J.-C. environ), qui s’éten- tique.
daient de la Syrie au territoire d’Israël actuels, combinaient
la recherche mobile de nourriture avec des activités de
 Activité 2
type sédentaire (production de farine, stockage de céréales
sauvages, domestication du chien, petits hameaux). Il semble les premiers villages du Proche-Orient
que la fabrication et le stockage des céréales aient joué un > Document 2 (p. 28) : le village de Çatal Hüyük
grand rôle dans la sédentarisation. Çatal Hüyük est un des plus anciens villages permanents.
La sédentarisation est associée à de nouveaux comporte- C’est une grosse agglomération dont la grande prospérité
ments sociaux. L’architecture se structure et se diversifie : s’étend d’environ 6500 à 5700 av. J.-C. Les maisons, de
les maisons passent du plan circulaire au plan rectangu- forme rectangulaire, avec des pièces séparées et des cours,
laire avec des pièces spécifiques, les villages peuvent étaient construites en brique crue et recouvertes d’enduit.
regrouper des dizaines de maisons. Parallèlement, les Les femmes parturientes et les taureaux représentés sur les
idées religieuses se développent, associées à des préoccu- peintures et par des figurines diverses témoignent d’un
pations agraires : fertilité, cycle de la végétation, culte des culte de la fécondité. Le culte des ancêtres est décelé par
morts. la présence dans la maison de restes de corps humains
enterrés après décharnement.
 Activité 1 Les habitants continuent de pratiquer la chasse (cerf, ona-
la sédentarisation gre, sanglier) parallèlement à la production ou au ramas-
> Document 1 : photographie de l’un sage de blé, d’orge, de lentilles, de vesces, de pommes, de
des plus anciens villages agricoles pistaches, de baies, d’amandes, de glands. Le village est un
On a ici l’un des plus anciens villages agricoles connus lieu important de production et d’échanges locaux et loin-
(9200-8500 av. J.-C.). Le village est situé sur deux buttes et tains : bois, obsidienne, silex, cuivre, coquillages, céra-
comprend plusieurs niveaux d’occupation. Les maisons mique, bijoux de perles et de cuivre…

28
 Activité 3
les premières maisons en Europe Exemples de questions à poser aux élèves :
> Document 3 : reconstitution d’une maison sur – Compare les maisons du document 2 et celle du docu-
pilotis ment 3. Sont-elles faites de la même façon ? Quelles sont
Bien plus tard, au IVe millénaire av. J.-C., en Europe occi- les différences ?
dentale et sous un autre climat, les forêts sont abondantes – Comment les habitants se protégeaient-ils de l’extérieur ?
et fournissent en grande partie le matériau de construction
des premières maisons.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
La sédentarisation est un moment très important de la vie sédentaires. Les premiers villages permanents sont
des hommes. Le climat s’est amélioré, les hommes peu- construits au Proche-Orient au Xe millénaire av. J.-C.
vent rester sur place et donc ne plus être contraints à se L’Europe se sédentarise plus tard, vers 5000 av. J.-C.
déplacer pour vivre. Ils sont d’abord semi-nomades, puis

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Sciences : le travail du métal (mines, fonte, fabrication). • Arts plastiques : construire ou dessiner une maison néo-
lithique.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Mallaha la paroi était couverte d’un revêtement de pierre ou d’un
> La néolithisation enduit.
La néolithisation (ou passage des sociétés de chasseurs- > Les trois étapes de la néolithisation
cueilleurs à la production de nourriture) a commencé On distingue aujourd’hui trois étapes principales :
il y a plus de 10 000 ans av. J.-C. D’après les recherches – La première étape est marquée par une tendance à la
actuelles, ce phénomène est observé pour la première fois sédentarité, notamment entre le mont Carmel et la Galilée
au Levant où il se développe sur plusieurs millénaires. entre 10500 et 8200 av. J.-C. La sédentarité a été acquise
Depuis les découvertes des chercheurs français dans la avant la production de nourriture et elle en a favorisé
haute vallée du Jourdain à Mallaha (Israël), les Natoufiens l’émergence.
(environ 10500 à 8200 av. J.-C.) sont considérés comme – La deuxième étape prend place entre 8500 et 8200 av. J.-C.
les premiers sédentaires de la région. L’occupation a eu C’est le moment où les céréales (blé, orge) et certains
lieu avant le réchauffement postglaciaire. Le site était légumes (pois, lentilles) ont dû être domestiqués dans le
proche d’un lac et d’un ruisseau, sans doute colonisé bassin de Damas et la vallée du Jourdain.
de plantes aquatiques et de roseaux, d’herbacées, de – La domestication, c’est-à-dire la prise en charge des
chênes et d’amandiers. Les premiers occupants ont animaux de boucherie, chèvres et moutons, serait un peu
creusé des habitations semi-circulaires ou circulaires dont plus tardive.

29
12
et
La Préhistoire

13 L’agriculture, l’artisanat et la métallurgie PAGES 30-33


DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Ce chapitre se réfère aux débuts de l’agriculture au Proche-Orient, berceau des transformations agricoles,
et en Europe méditerranéenne. L’agriculture, qui intervient au Proche-Orient après la sédentarisation,
est un des éléments essentiels de la néolithisation qui commence. La sédentarisation s’accompagne
de l’utilisation d’outils en pierre puis en métal et d’objets de plus en plus variés et de plus en plus
perfectionnés qui facilitent la vie quotidienne. Ce sont les débuts de l’artisanat et de la métallurgie.
 Objectifs
• Identifier et caractériser les éléments essentiels de la néolithisation agricole.
• Synthétiser les différents aspects de la néolithisation.
 Notions et concepts
Agriculture – artisanat – élevage – métallurgie – néolithique – néolithisation.
 Cahier d’exercices
« L’agriculture et l’artisanat » : voir p. 15.
« Les débuts de la métallurgie » : voir p. 16.

DÉROULEMENT
L’amélioration climatique de la fin du Paléolithique aug- économique et guerrier que les populations ne voulaient
mente les capacités de cueillette et de chasse. L’invention pas laisser échapper.
de l’arc diminue le rôle de la collectivité au profit de l’indi-
vidu. Les territoires de chasse nécessaires se réduisent et  Activité 1
les groupes humains se limitent à une dizaine de personnes naissance et diffusion de l’agriculture
composant la « famille nucléaire ». > Document 1 : carte de la diffusion de l’agriculture
Le passage à l’agriculture a nécessité l’acquisition de nou- L’agriculture se diffuse lentement de l’est vers l’ouest et
velles compétences : sélection des graines, travaux des vers le sud. Les questions porteront sur les lieux où naît
champs, irrigation, stockage. L’élevage a sans doute l’agriculture et sur la manière dont celle-ci se répand :
d’abord été nomade, avant que l’homme apprenne à agir – Où est née l’agriculture ?
sur la reproduction du troupeau. – Comment se diffuse-t-elle ?
Les innovations ont eu des conséquences sociales impor- – L’Ouest de l’Europe a-t-il pratiqué l’agriculture avant ou
tantes : la société se hiérarchise du fait de l’accumulation après le Proche-Orient ?
des nouvelles richesses, autrefois inexistantes, comme les
réserves alimentaires, les terres et les vergers devenus pro-  Activité 2
priétés individuelles. comparaison avec d’autres lieux
Tout un ensemble de nouvelles techniques accompagnent On pourra demander aux élèves de placer sur une frise
la néolithisation. Parmi ces techniques, la pierre polie et la chronologique :
cuisson de l’argile ont joué un rôle capital, ainsi que la – les dates de domestication des plantes et des animaux ;
métallurgie, née au Proche-Orient vers 10000 av. J.-C. Elle – les pays concernés par ces transformations.
se répand lentement car sa fabrication est restée long- Les élèves pourront s’aider des frises chronologiques de
temps secrète : elle représentait un très grand avantage leur livre, en particulier celle de la page 31.

La domestication des plantes et des animaux autour du globe


Époque Zone géographique Plantes et animaux domestiqués
Blé, orge, pois, lentille, lin, bœuf, porc,
À partir de 8500-8000 av. J.-C. Croissant fertile
chèvre, âne, mouton
Chine Millet, chou, porc (sans doute)
À partir de 6500 av. J.-C. Maïs, piment, avocat, courge, haricot,
Mexique
coton, dindon
À partir de 4000 av. J.-C. Andes Pomme de terre, lama, cochon d’Inde

30
 Activité 3 une épingle et un peigne à carder la laine. Les objets
nouvelles conditions de vie employés ici le sont encore de nos jours.
> Document 2 : la traite des vaches en Égypte > Document 7 (p. 31) : coupelle avec cuillère et
pharaonique vase en terre cuite
Demander aux élèves d’écrire un petit texte sur les activités La poterie est une invention qui permet la conservation
représentées dans le bas du document. (graines, liquides, farine) et la cuisson des aliments. Elle
Exemples de questions à poser aux élèves : s’impose au Proche-Orient vers 6000 av. J.-C., soit bien
– Que fait l’homme agenouillé en bas à droite ? et celui en après la sédentarisation. Elle joue un grand rôle culturel :
bas à gauche ? les formes et la décoration sont diverses et caractérisent
– Que se passe-t-il entre les deux animaux au centre du les différentes cultures.
document ?
 Activité 5
 Activité 4 la métallurgie
l’artisanat > Documents 1 à 6 (p. 32-33)
> Document 3 (p. 31) : un polissoir pour la pierre Le travail des métaux permet aux hommes de fabriquer des
Pour fonctionner, le polissoir nécessite de faire couler de outils et des armes qui les aident à mieux dominer leur
l’eau pour faciliter les frottements. La pierre polie témoigne environnement et à s’imposer vis-à-vis de leurs voisins. Ils
d’une plus grande maîtrise des artisans préhistoriques. créent aussi des bijoux.
Elle permet une plus grande précision et un meilleur Après avoir étudié ces différents objets, on pourra deman-
tranchant. der aux élèves d’écrire un petit texte de synthèse sur l’arti-
> Documents 4 à 6 (p. 31) sanat et la métallurgie, seuls ou par groupes de deux, en
Objets en rapport avec le tissage : un morceau de tissu, utilisant les documents des pages 30-33.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
La naissance de l’agriculture et de l’artisanat est, avec la se répand en Europe et en Afrique. La période voit aussi la
sédentarisation, l’un des éléments essentiels de la période naissance de la métallurgie.
néolithique. Elle se produit d’abord au Proche-Orient, puis

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Sciences : l’alimentation des hommes. • Français : étude de textes anciens du Proche-Orient sur
l’agriculture.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les débuts de l’agriculture
et de l’élevage en France > Un élevage précoce
> La naissance de l’agriculture Les fouilles ont montré des traces de culture de céréales,
Les premières traces d’agriculture en France se rencontrent d’élevage et de fabrication de poteries.
dans le Midi. Là, les hommes préhistoriques ont occupé Ici, semble-t-il, l’élevage a précédé l’agriculture. Les
les grottes de la région de l’étang de Berre, il y a environ hommes ont parqué des moutons sauvages qui
10 000 ans. supportaient la proximité de l’homme et ont inventé
Vers 5000 av. J.-C., des hommes, installés dans l’abri de la Font- l’élevage. Des restes d’ovinés (moutons ou chèvres) se
aux-Pigeons à Châteauneuf-les-Martigues dans les Bouches- retrouvent dans les restes de cuisine de l’abri de la
du-Rhône, sont les premiers agriculteurs sédentaires. Font-aux-Pigeons.

31
La Préhistoire
14 Les mégalithes PAGES 34-35
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Ce chapitre se propose de mettre en relief une des manifestations les plus récentes de l’art
préhistorique : les mégalithes, qui se présentent sous la forme de menhirs ou de pierres dressées, de
dolmens ou de tables de pierre, d’allées couvertes, d’alignements, de cercles de pierre.
 Objectifs
• Connaître et caractériser les mégalithes.
• Connaître leur diffusion en Europe.
• Poser des hypothèses à partir d’un document.
 Notions et concepts
Mégalithe – menhir – dolmen – statue-menhir.
 Cahier d’exercices
« Les mégalithes » : voir p. 17.

DÉROULEMENT
 Activité 1 quement peu avancées ont pu transporter sur des kilomètres
la diffusion de la culture des blocs de pierre pesant des tonnes. Les éléments des
des mégalithes mégalithes devaient être détachés de la masse rocheuse
> Document 2 : carte des mégalithes en Europe
par des coins de bois glissés dans les failles du granite. Il
de l’Ouest
fallait environ 200 personnes pour les transporter. Les
On remarque la grande extension de la culture mégali- hommes attachaient des cordages sur les blocs, puis ils
thique qui contraste avec l’idée reçue des mégalithes dressés tiraient les cordages sur un chemin de roulement fait de
uniquement en Bretagne et en Écosse (Stonehenge). En rondins de bois. Ils faisaient ensuite basculer la pierre dans
effet, la culture des mégalithes s’étend non seulement sur un trou creusé à cet effet, une sorte de palissade en bois
la façade atlantique de l’Europe, mais aussi en l’empêchant de retomber de l’autre côté.
Méditerranée, dans l’intérieur de la France et au nord de Le menhir le plus grand mesure plus de 20 m de long. Il est
l’Allemagne actuelle. Leur construction s’étend du Ve au cassé en plusieurs morceaux. Il se trouve à Locmariaquer,
IIIe millénaire av. J.-C. en Bretagne. Un morceau de ce menhir forme la table du
Exemples de questions à poser aux élèves : dolmen de Gavrinis.
– Les mégalithes sont-ils concentrés dans une petite partie Exemple d’activité à proposer aux élèves :
de l’Europe de l’Ouest ou sont-ils largement répandus ? – En t’aidant du texte et des documents 1, 3 et 4, écris un
– Cherche sur une encyclopédie les noms des pays ou des petit texte expliquant les difficultés du transport des blocs
régions actuels qui en comptent le plus ou qui n’en ont pas de pierre formant les mégalithes et les moyens employés
du tout. pour les résoudre. Explique la mise en place des mégalithes.
> Document 3 : la statue-menhir de Saint-Sernin
 Activité 2 Certains menhirs sont sculptés de lignes, de ronds, de
la construction d’un mégalithe volutes ou de figures humaines. Le département du Tarn
> Document 1 : dolmen de Fontanaccia comprend une dizaine de statues-menhirs dont un grand
Ce mégalithe est le plus célèbre de Corse, qui en compte nombre sont regroupées au musée Fenaille de Rodez.
par ailleurs un certain nombre. C’est un monument impo- Exemple de question à poser aux élèves :
sant qui pèse des milliers de kilos. – Retrouve sur cette statue les éléments suivants :
> Document 4 : la construction d’un menhir • les yeux, le nez, les tatouages du visage, les seins, les
Les expériences menées par des spécialistes de l’histoire bras, les jambes et les orteils ;
expérimentale ont permis de comprendre comment des • le collier, l’objet en forme d’y (sans doute un collier à
hommes appartenant à des sociétés préhistoriques techni- breloque), la ceinture, les plis du vêtement.

32
ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Les historiens en sont encore à bâtir des hypothèses géné- raire, culte du Soleil, conjuration de la montée des eaux
rales pour expliquer l’érection des mégalithes. Rite funé- marines… de nombreuses idées sont avancées.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Sciences : le transport des charges lourdes.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les principaux types de mégalithes
Le dolmen Sépulture collective composée d’un
Depuis le XIXe siècle, le terme mégalithe renvoie aux
couloir et d’une chambre funéraire et
grandes réalisations en pierre de la période néolithique. Le
constituée de dalles plantées ou de
terme peut désigner un simple bloc ou une construction
murets en maçonnerie de pierre sèche.
plus complexe. Les mégalithes sont isolés ou regroupés.
Des études récentes permettent d’entrevoir les techniques L’hémicycle Ensemble de menhirs en arc de cercle
de débitage et de manutention. On a ainsi constaté que les fréquemment associés à un alignement.
blocs erratiques, détachés et sculptés par l’érosion étaient Le menhir Monolithe ou pierre débitée dressés
préférés aux autres blocs. L’orientation des grands ensembles par les hommes à la période néolithique.
répondait, semble-t-il, principalement au souci de rester Le quadrilatère Ensemble de menhirs formant un
proche des carrières. carré, un rectangle, un trapèze…
L’alignement Groupe de menhirs en ligne ou La statue-menhir On la rencontre surtout en Provence,
désordonnés. (statue en Languedoc, dans le Rouergue ou
anthropomorphe) en Corse. C’est une pierre de taille de
L’allée couverte Sépulture collective formée d’une
forme humaine, souvent ornée de
longue chambre funéraire avec des
parures ou d’armes (épée, poignard).
dalles et des piliers de pierre. L’accès
Certains détails permettent d’attri-
est placé à l’une des extrémités ou sur
buer un sexe aux statues.
les côtés.
Le tertre Monument allongé de hauteur variable
Le cairn Monticule de terre ou de pierres.
tumulaire et constitué de terre et de pierre. Il
Le cromlech Ensemble de blocs organisés selon un contient des sépultures individuelles
ou enceinte plan sub-circulaire. ou collectives.

33
La Préhistoire
15 Je suis… un agriculteur néolithique PAGES 36-37
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Cette double page illustre concrètement les transformations de la vie des hommes et des femmes
consécutives à la néolithisation. Les maisons sont inspirées de celles de Charavines ainsi que
les métiers à tisser.
 Objectifs
• Réinvestir les connaissances acquises.
• Mettre en relation diverses leçons et divers documents.
• Poser des hypothèses à partir d’un document.
 Notions et concepts
Néolithisation – sédentarisation – agriculture – élevage – pierre polie – poterie – tissage.

DÉROULEMENT
 Activité 1 Le Néolithique a donné de nombreux témoignages de tra-
agriculture et élevage vail du tissage : pelotes de fil, fusaïoles, poids de métier en
L’illustration de la page 36 du manuel rassemble les princi- argile, peignes à tisser, tissus brodés et non brodés. Ces
pales productions agricoles et animales telles que les éléments ont été conservés en milieu humide, par exemple
fouilles les restituent. Les champs fournissent les céréales. à Charavines.
Les troupeaux et les enclos indiquent que la révolution
Exemples d’activités à proposer aux élèves :
agricole produit ses effets.
– À l’aide des documents des pages 36 et 37 du manuel,
Exemple d’activité à proposer aux élèves :
retrouve, seul(e) ou avec un(e) camarade, quelques trans-
– Identifie et classe les différentes productions en trois
formations qui caractérisent la période néolithique :
catégories : les produits cultivés, les animaux de basse-
cour et les autres animaux. • Les hommes et les femmes n’utilisent plus la pierre
taillée mais la pierre . . . . . . . . . . .
 Activité 2 • Les hommes et les femmes ne sont plus nomades. Ils
sont s. . . . . . . . t. . . . r. . . . .
l’artisanat
Sur le livre de l’élève, les habitants sont vêtus de lin. Les • Pour conserver les aliments et les faire cuire, on a inventé
vêtements cousus se développent avec les hommes de la p. . . . . r. . . . . .
Cro-Magnon. On trouve des aiguilles à chas à partir d’envi- • Pour s’habiller, on utilise le l. . . . . ; les tissus sont faits sur
ron 18000 av. J.-C. Ces aiguilles, fines, devaient utiliser des des m. . . t. . . . . . s à tisser.
fils faits de fibres végétales ou animales eux-mêmes assez – Sers-toi des dessins des pages 36 et 37 du manuel pour
fins, ce qui suppose une certaine habileté et une finesse raconter la journée d’un homme ou d’une femme de
dans les travaux. l’époque néolithique.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Durant la néolithisation, la chasse, la pêche et la cueillette culture et l’élevage. Les activités artisanales et l’habitat
sont devenues des activités de complément, l’essentiel des facilitent la vie quotidienne ou permettent une meilleure
ressources provenant d’activités nouvelles comme l’agri- maîtrise des activités.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Sciences : la culture des céréales.

34
L’Antiquité
16 L’aventure de l’écriture PAGES 38-39
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


L’Antiquité, première période de l’histoire, commence lorsqu’il existe des documents écrits sur une
société, à des moments différents selon les lieux. C’est au Moyen-Orient et dans l’est du bassin
méditerranéen, dans le Croissant fertile qu’apparaissent de grandes civilisations qui inventent les
premières formes d’écritures.
 Objectifs
• Connaître et caractériser les étapes de l’invention de l’écriture.
• Prendre conscience de l’importance de l’invention de l’écriture pour les individus et pour l’histoire.
• Lire et utiliser une carte.
 Notions et concepts
Écriture – pictogrammes – signes cunéiformes – hiéroglyphes – alphabet.
 Cahier d’exercices
« L’aventure de l’écriture » : voir p. 18-19.

DÉROULEMENT
Les premiers signes d’écriture apparaissent vers 3300 av. J.-C. les rapports entre développement économique et poli-
en Mésopotamie. Ce sont des pictogrammes ou des tique d’une société d’un côté et besoin administratif de
dessins représentant une idée ou un objet. Cette écriture traces variées de l’autre. Les groupes humains non déve-
comprend beaucoup de signes : seuls les scribes peuvent loppés n’en ont pas besoin.
la dominer après des années d’études. Ils appartiennent à
des classes proches du pouvoir.  Activité 2
Les premiers signes cunéiformes apparaissent vers 3000 av.
les premières écritures
> Document 2 : tablette d’argile
J.-C. Pour écrire plus vite, les scribes ont peu à peu rem-
Les premières tablettes d’argile sont formées de dessins
placé les pictogrammes par des signes en forme de clous,
représentant des objets qui, associés à plusieurs, forment
tracés dans l’argile fraîche avec un roseau appelé « calame »,
une idée.
affûté à son extrémité. Les signes sont moins nombreux
Exemple d’activité à proposer aux élèves :
(autour de 600) ; ils représentent des sons ou des idées.
– Invente des signes représentant les chiffres de 1 à 10,
Les hiéroglyphes mis au point en Égypte, à peu près à la
puis écris les nombres suivants : 3, 5, 7, 2 + 3, 4 + 5, etc.
même époque, sont une écriture sacrée, donc intouchable.
> Document 3 : hiéroglyphes égyptiens
Ils sont aussi bien gravés sur les monuments qu’écrits à
C’est Champollion qui a déchiffré le premier les hiéro-
l’encre sur les feuilles de papyrus. Ils représentent des
glyphes en 1822 à l’aide de la pierre de Rosette (nom français
sons, des mots et des idées.
du village de Rachid) trouvée près d’Alexandrie au
Le premier alphabet, formé de consonnes, apparaît entre
moment de l’expédition d’Égypte de Bonaparte. Cette
1800 et 1500 av. J.-C. au sud de la Palestine et au Sinaï, dans
pierre est déposée au British Museum car elle fut confis-
un milieu sémitique influencé par l’Égypte. Vers 1200-1100
quée par les Anglais avec les autres découvertes des
av. J.-C., les Phéniciens mettent au point un alphabet de
savants français lorsque ceux-ci quittèrent le pays. La pierre
22 lettres, chaque lettre représentant un des sons de la langue.
de Rosette comporte un texte écrit en trois écritures :
L’alphabet se répand dans les différentes civilisations de la
grecque, démotique (écriture courante égyptienne) et hié-
région, puis il passe ensuite aux Grecs et enfin aux Romains.
roglyphique. Champollion savait que les hiéroglyphes pou-
L’invention de l’écriture marque les débuts de l’histoire.
vaient signifier des sons ou des mots, le sens étant précisé
par des signes spéciaux. Il parvint ainsi à déchiffrer le car-
 Activité 1 touche du pharaon Ptolémée V Épiphane : c’était le début
l’écriture naît du déchiffrement des hiéroglyphes.
dans le Croissant fertile Exemple d’activité à proposer aux élèves :
> Document 1 : carte – Seul(e) ou avec un(e) camarade, invente des signes qui
Proposer aux élèves une comparaison entre la carte de la te permettent d’écrire un mot (par exemple, ton prénom
p. 38 et la carte de la p. 30 du livre. Leur faire comprendre ou un objet quelconque), puis une petite phrase.

35
 Activité 3 de l’écriture une grande invention (elle a facilité les
du signe à la lettre comptes, la vie quotidienne, la diplomatie, la vie litté-
> Document 4 : le premier alphabet raire…).
L’invention de l’alphabet a rendu l’apprentissage de l’écri- > Document 5 : les alphabets phénicien, grec et latin
ture et de la lecture très simple. Exemple d’activité à proposer aux élèves :
Exemple de question à poser aux élèves : – Invente ton propre alphabet, puis écris une phrase à ton
– Avec quelques camarades, cherche les raisons qui font voisin.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
L’invention de l’écriture n’a pas seulement facilité la vie ment permis de conserver des traces dont se servent
quotidienne, la diplomatie ou le commerce. Elle a égale- encore aujourd’hui les historiens et les historiennes.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : comparer les différentes écritures encore en • Arts plastiques : faire de la calligraphie.
circulation autour du globe (au Japon, en Chine, en Russie,
dans les pays arabes…).

POUR ALLER PLUS LOIN


 Le signe avant la lettre billes d’argile ayant environ la grosseur d’une balle de tennis.
Les fouilles archéologiques révèlent parfois les étapes d’un Ces billes contenaient des calculi (bâtonnets, cônes,
phénomène historique ou préhistorique de taille. Ainsi, les billes…) représentant des chiffres correspondant au
Dossiers de l’archéologie (n° 287, octobre 2003) concer- montant des échanges commerciaux. Les billes étaient
nent les belles découvertes archéologiques de Jiroft (Iran) scellées par le déroulement d’un sceau-cylindre.
et des régions avoisinantes. Un article sur les fouilles de Rapidement, on a fait figurer les chiffres contenus dans la
Suse permet de suivre les premières évolutions des bille à la surface de celle-ci, le bâtonnet devenant trait
méthodes de calcul (3100-2600 av. J.-C.) en remontant les vertical, la bille petit cercle... L’intérieur devint alors inutile.
niveaux archéologiques. Peu à peu, les billes d’argile furent remplacées par des
Vers 3100 av. J.-C., les habitants de Suse ont cherché à rendre tablettes numérales un peu lourdes, qui préfiguraient les
compte de leurs transactions commerciales en utilisant des tablettes d’argile que nous connaissons.

36
L’Antiquité
17 Les premiers États PAGES 40-41
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Ce chapitre a pour objectif de présenter rapidement les premières formes d’États organisés autour de
la Méditerranée.
 Objectifs
• Identifier et caractériser les premières formes d’États.
• Comparer des systèmes politiques.
 Notions et concepts
Cité-État – Mésopotamie – Égypte pharaonique – démocratie.
 Cahier d’exercices
« Les premiers États » : voir p. 20-21.

DÉROULEMENT
Les premiers États de Mésopotamie sont d’abord de simples  Activité 2
cités entourées de terres agricoles et disposant d’élé-
les formes du pouvoir :
ments essentiels du pouvoir : un roi, une administra-
ville, administration, armée
tion et une armée. La cité-État est un lieu de pouvoir,
> Document 1 : fouilles de la ville d’Ur en
d’accumulation de richesses et d’inégalités sociales, comme
Mésopotamie
le montre l’urbanisme (quartiers populaires et résidentiels,
La Mésopotamie est une plaine large et riche, en interface
palais).
avec la Méditerranée et l’océan Indien par le golfe
L’Égypte pharaonique dispose d’un territoire plus vaste. Le Persique. Du IIIe au Ier millénaire av. J.-C., plusieurs peuples
pouvoir est entre les mains du pharaon qui est lui aussi s’y sont succédé : les Sumériens, les Akkadiens, les
aidé par une administration et une armée très puissantes. Assyriens, les Hittites, les Perses… L’archéologie a mis au
Les temples accumulent les richesses et disposent d’un jour les vestiges de nombreuses villes dont les plus anciennes
grand pouvoir. remontent au IVe millénaire av. J.-C. C’est en Mésopotamie
Athènes, cité grecque, invente de son côté la démocratie, qu’apparaissent les premières cités-États.
ce qui veut dire que le peuple des citoyens peut participer > Document 3 : scribes mésopotamiens
à la vie politique. La démocratie athénienne du Ve siècle Les scribes forment l’administration indispensable à la
av. J.-C. a certaines caractéristiques : bonne marche de la cité-État.
– c’est une démocratie du petit nombre : en sont exclus les > Document 4 : figurines de soldats égyptiens
femmes et les enfants, les esclaves, les métèques (les étran- L’Égypte, le premier grand État, est elle aussi caractérisée
gers installés dans la ville) ; par un pouvoir fort, une armée et une administration.
Exemples de questions à poser aux élèves :
– c’est une démocratie directe : chaque citoyen est mem-
– Seul(e) ou avec un(e) camarade, explique où, quand et
bre de l’Assemblée qui décide des affaires de la cité ;
comment sont nés les premiers États.
– c’est une démocratie contrôlée : la démocratie se pro- – Seul(e) ou avec un(e) camarade et en t’aidant des docu-
tège en limitant et en modérant les pouvoirs qui se contrô- ments 1, 2 et 4 de ton livre, essaie d’expliquer ce que sont
lent l’un l’autre. les cités-États en Mésopotamie.
– Explique quelles sont les bases du pouvoir en
 Activité 1 Mésopotamie et en Égypte (le souverain, le territoire,
les premières villes l’administration, l’armée).

> Document 1  Activité 3


On demandera aux élèves d’observer le document et de la démocratie athénienne
trouver au moins deux éléments qui permettent de dire Les élèves lisent le texte ci-dessous avant de répondre aux
qu’il s’agit bien d’une ville (nombreuses maisons et rues, questions. Thucydide, historien grec du Ve siècle av. J.-C., y
temple). fait l’éloge de la démocratie.

37
« Notre Constitution n’a rien à envier aux autres peuples, Exemples de questions à poser aux élèves :
[…] elle leur donne l’exemple. [Athènes] a pris le nom de – Quels sont les éléments qui permettent d’affirmer
“démocratie”, parce que [l’État travaille dans l’intérêt] du qu’Athènes est une démocratie ?
plus grand nombre et non d’une minorité. […] Tous sont – Quels sont les éléments qui permettent d’affirmer
égaux devant la loi […]. Tout citoyen capable, même qu’Athènes est une démocratie ouverte à tous les citoyens ?
pauvre et de condition sociale inférieure, peut servir la
patrie. Nous obéissons toujours aux lois et aux magistrats,
surtout à celles qui assurent la défense des opprimés. »
D’après Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, livre II,
chap. XXXVII, traduction de J. Voilquin, © Éditions Flammarion, 1966.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Les premiers États sont nés au Moyen-Orient. Ils possédaient C’est une organisation différente de celle des sociétés préhis-
un territoire et étaient dirigés par des rois aidés d’une toriques formées de petits groupes relativement homogènes,
administration et d’une armée. Des lois régissaient le pays. aux pouvoirs plus limités et aux traditions orales.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : étude des premières lois, comme le Code • Arts plastiques : construire la maquette d’une pyramide
d’Hammourabi. égyptienne.

POUR ALLER PLUS LOIN


 La démocratie athénienne Les droits des citoyens étaient politiques : assister aux déli-
au Ve siècle bérations de l’Assemblée, siéger au tribunal, exercer une
Le peuple était le fondement de la démocratie athénienne, fois la magistrature. Ils avaient en outre des droits écono-
situation très originale à l’époque. La cité grecque se défi- miques (posséder de la terre et exploiter le sous-sol) et
nissait comme une communauté de citoyens, en liens religieux (assister au culte).
étroits avec la Constitution. Être citoyen était considéré Les devoirs étaient stricts : obéissance aux lois, service
comme un honneur, un privilège réservé aux membres des militaire obligatoire de deux ans sur mer ou sur terre,
dix tribus athéniennes. participation à la vie politique sous peine d’être déconsi-
Étaient donc exclus de la citoyenneté les femmes, les déré, paiement d’impôts pour les plus riches.
enfants mâles jusqu’à leur majorité, les Grecs d’autres Certains magistrats étaient élus et d’autres tirés au sort.
cités, les métèques, les esclaves et les affranchis. Si l’on Théoriquement, tous les citoyens pouvaient accéder à
considère que la population d’Athènes se montait à diverses fonctions. La démocratie se défendait elle-même
400 000 personnes, les citoyens ne devaient pas être plus en imposant le serment aux plus hauts magistrats et l’exil
de 35 000. des citoyens politiquement dangereux (ostracisme).

38
L’Antiquité
18 Les peuples de la Gaule PAGES 42-43
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Ce chapitre se donne pour objectif d’étudier la diversité des populations à l’origine directe de l’histoire
du territoire français : les populations premières, les Celtes (les Gaulois), les Grecs… Il est important de
montrer aux élèves que cette diversité est une richesse de l’histoire de notre territoire et une première
observation de la multiplicité de ses origines.
 Objectifs
• Identifier et connaître les populations de la Gaule celtique.
• Utiliser et analyser des documents propres aux méthodes de l’histoire.
• Lire et utiliser une carte.
 Notions et concepts
Premières populations – Celtes – Gaulois – aristocratie – chevaliers – Grecs.
 Cahier d’exercices
« Les peuples de la Gaule » : voir p. 22-23.

DÉROULEMENT
Les Celtes sont arrivés en Gaule au cours de deux vagues celte, avait des variantes locales. Parmi les mots actuels
successives de migrations : l’une vers le VIIIe siècle av. J.-C., dérivés du celte, notons :
l’autre au Ve siècle av. J.-C. Nos connaissances sur la Gaule – des noms de lieux : Verdun, Châteaudun (à partir du mot
celtique ont beaucoup évolué depuis une trentaine dun, « la forteresse »), Brive (qui veut dire « pont »), Rouen
d’années. C’est la conséquence des découvertes faites par (Rotomagus) et Caen (Catumagos, venant de magos, « le
la photographie aérienne, l’archéologie sous-marine et les marché »)…
fouilles de sauvetage. La chute du Mur de Berlin a permis – des mots venant de la vie agricole : arpent, charrue,
de son côté des échanges renforcés avec les chercheurs chemin, chêne, lande, sillon, lieu, tonneau…
d’Europe centrale.
Exemples de questions à poser aux élèves :
Grâce à ces nouvelles données, l’histoire de la Gaule est
– Observe la carte de la page 42 de ton livre (doc. 1) et
sortie de la double instrumentalisation forgée, d’une part,
nomme les peuples qui habitent en Gaule celtique.
par César dans La Guerre des Gaules pour justifier sa
– Lis le paragraphe sur les Celtes, page 42 de ton livre.
conquête et, d’autre part, par la IIIe République dans un
Depuis quand sont-ils installés en Gaule ?
sens nationaliste et anti-allemand (cf. travaux de C.
Goudineau). Alors que les Celtes occupaient un territoire – Qui a fondé la ville de Massalia ? Quel est le nom de cette
s’étendant de l’Espagne à la Hongrie, César en a détaché la ville aujourd’hui ?
partie occidentale pour en faire une zone homogène. Il
nomma l’Est « Germanie » et l’Ouest « Gaule », qu’il limita  Activité 2
au Rhin, considéré comme une frontière naturelle. Pour la société gauloise
autant, cette frontière ne compta pas au moment de la > Document 2 : les rivalités en Gaule
division en provinces de la Gaule et de la Germanie. Quant
Les peuples gaulois représentaient 9 à 10 millions d’habi-
à la IIIe République, elle a affirmé le rôle des Gaulois
tants au Ier siècle av. J.-C., soit plus que la population de
comme « ancêtres » du peuple français pour donner un
l’Égypte et que celle de l’Italie. Aucun de ces peuples ne
cadre à la construction de l’identité française.
dominait réellement les autres ; ils se faisaient souvent la
guerre.
 Activité 1 La noblesse dominait la société. Son pouvoir reposait sur la
une grande diversité de populations guerre qui apportait de grandes richesses et permettait
> Document 1 et frise chronologique : la Gaule l’achat de terres. Les nobles pouvaient ainsi se constituer
celtique des clientèles qui renforçaient leur pouvoir. Le texte pro-
On peut parler de « Gaules » en ce sens qu’il existe quatre posé ici met en valeur le rôle des nobles, appelés « chefs de
régions avec une unité culturelle d’ensemble mais dont les faction » car César force le trait, jugeant en Romain des
lois et les coutumes peuvent être différentes. La langue, le coutumes qui lui sont étrangères.

39
Exemples de questions à poser aux élèves : cette description avec le document 3 de la page 51 du
– Comment le noble se constitue-t-il une clientèle (un parti) ? manuel (le guerrier gaulois). On en profitera pour montrer
– Que doit-il faire pour conserver son pouvoir ? une première fois aux élèves l’habileté des artisans gaulois.
– Pourquoi est-il important pour un homme du peuple Exemples de questions à poser aux élèves :
d’avoir un chef de faction ou chef de parti ? – En quelle matière sont faites ces armes ?
> Documents 3 et 4 : casque gaulois et pointes de – L’artisan a-t-il voulu faire de ces armes un objet d’art ?
lance en bronze – Comment y parvient-il ?
Ces documents peuvent être utilisés pour préciser avec
quel armement les hommes se font la guerre. On complétera

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
La Gaule en tant que telle est une invention de Jules César, Elle est composée d’une mosaïque de peuples.
désireux de justifier sa conquête.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Éducation civique : étude de l’esclavage. • Français : présenter la société de la Gaule celtique par
écrit ou par oral.

POUR ALLER PLUS LOIN


 La colonisation grecque emporte avec soi le feu sacré de la métropole qui sera
> Les causes de la colonisation entretenu dans le foyer de la nouvelle cité et les dieux
Entre le VIIIe et le VIe siècle av. J.-C., les Grecs s’embarquent seront les mêmes que ceux de la métropole. Ainsi, la
pour fonder de nouvelles cités tout autour de la colonie conservera des liens proches avec la cité d’origine,
Méditerranée : dans le Nord de la mer Égée, sur les bords mais elle sera pleinement indépendante.
de la mer Noire, en Sicile, en Italie du Sud, ou sur les côtes > Les colonies grecques sur le littoral
d’Espagne et de France. Ces départs ont pour causes la méditerranéen français
pauvreté, le manque de terres et parfois une décision Les colonies grecques ont été nombreuses en
politique. Les colons recherchent des sites agricoles ou Méditerranée occidentale. Si l’on prend l’exemple de la
propres au commerce avec les populations locales. France d’aujourd’hui, on peut citer, en suivant le littoral
Le départ suit un certain cérémonial. On consulte l’oracle depuis l’Espagne jusqu’à l’Italie actuelles : Roussillon,
de Delphes pour obtenir son accord ou se renseigner sur Ensérune, Istres, Glanum, Entremont, Massalia, Kitharista
les sites à occuper ; on choisit un fondateur parmi les (La Ciotat), Olbia (Hyères), Athénopolis (Antibes), Nikaia,
familles nobles de la cité ; on désigne les colons ; on Alalia (Aléria, Corse)…

40
L’Antiquité
19 Rome et la conquête de la Gaule PAGES 44-45
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Ce chapitre et ceux qui suivent ont pour objectif de montrer aux élèves comment la Gaule, conquise
par les Romains en plusieurs étapes, est rattachée à l’Empire et peu à peu romanisée.
La fondation de Rome et la notion d’Empire, qui permettent de contextualiser le sujet, seront
abordées dans un premier temps.
Point fort : présentation de Jules César et de Vercingétorix, deux personnages historiques qui doivent
faire l’objet d’une étude attentive.
 Objectifs
• Connaître l’étendue des conquêtes romaines.
• Identifier et caractériser les étapes de la conquête de la Gaule par les Romains.
• Connaître les personnages de Vercingétorix et de César.
• Lire et utiliser une carte.
 Notions et concepts
Conquêtes – Empire romain – guerre des Gaules – Vercingétorix – César – Gergovie – Alésia.
 Cahier d’exercices
« Rome et la conquête de la Gaule » : voir p. 24-25.

DÉROULEMENT
Au cours du temps, Rome a effectué une série de conquêtes – Sous le règne de l’empereur Auguste, en 7 et en 6 av. J.-C.,
(voir la carte p. 44 du manuel), dont celle de la Gaule (voir les peuples des régions alpestres sont soumis.
la carte p. 46) qui s’est effectuée en trois étapes :
– Le Sud de la Gaule est conquis en 125-121 av. J.-C. Afin de  Activité 1
protéger Marseille des peuples celto-ligures voisins qui la l’Empire romain
menacent, les armées romaines entrent en Gaule. Toute la Selon la tradition, Rome a été fondée en 753 av. J.-C., ce qui
Gaule méridionale jusqu’aux Pyrénées devient alors semble corroboré par les fouilles archéologiques les plus
romaine et prend le nom de Narbonnaise. Narbonne a été récentes qui ont mis au jour des fonds de cabanes de la
la première colonie de citoyens romains en dehors de première moitié du VIIIe siècle av. J.-C.
l’Italie. > Document 1 : carte de l’Empire romain à la fin
du IIe siècle ap. J.-C.
– En 58 av. J.-C., un peuple de Gaule allié de Rome, les
Exemples de questions à poser aux élèves :
Éduens, demande de l’aide à César : c’est le début de la
– Qu’appelle-t-on « l’Empire romain » ?
guerre des Gaules que César a lui-même racontée dans son
– Recherche sur une encyclopédie le nom que portaient
célèbre livre. Cette guerre culmine en 52 av. J.-C. avec le
les différents pays annexés ou protégés par Rome, puis
soulèvement général des Gaulois autour du chef arverne
dresse une liste avec ces noms et la date de l’annexion.
Vercingétorix dont l’épopée dura environ 9 mois. Après la
victoire de Vercingétorix à Gergovie, César remporta la – Quelle région de Gaule romaine n’apparaît pas sur la
victoire d’Alésia où le chef gaulois s’était enfermé avec carte ? (La Narbonnaise car elle est gouvernée par le Sénat
80 000 soldats. César, de son côté, avait construit une double romain alors que les trois Gaules ont un gouvernement.)
fortification pour empêcher les assiégés de sortir et pour
arrêter les armées de secours. Avec ses 70 000 soldats,  Activité 2
il se tenait à l’intérieur de la double fortification. L’armée César et Vercingétorix
de secours est écrasée après deux mois de siège et > Documents 2 à 4
Vercingétorix finit par se rendre. La dernière bataille, à De nombreux bustes et statues datent de l’époque de
Uxellodunum (Lot), se termine en 51 av. J.-C. par la victoire César. On a pris ici une représentation ultérieure pour faire
de César qui fait couper la main droite de tous les à nouveau réfléchir les élèves sur la notion de trace.
défenseurs. Après avoir participé au défilé de triomphe de Vercingétorix doit une grande partie de sa célébrité à
César à Rome, Vercingétorix est étranglé dans sa prison en César, son seul historien. Son rôle dans la guerre des
46 av. J.-C. Gaules en a fait une figure majeure de l’histoire de France.

41
Pourtant, les monnaies gauloises qui étaient en bronze, Les soldats gaulois de Vercingétorix étaient légèrement
plus rarement en argent ou en or (entre le IIIe et le Ier siècle vêtus pendant les combats (la cuirasse, d’époque
av. J.-C., 250 sites de mines d’or gauloises sont en pleine ancienne, a été abandonnée).
activité), portent rarement le nom de Vercingétorix. On Exemples de questions à poser aux élèves :
connaît moins de trente statères d’or à son nom. Il ne faut – Peut-on faire entièrement confiance aux discours et aux
pas rechercher les traits du chef gaulois sur ces monnaies descriptions de César dans son livre La Guerre des Gaules ?
qui sont cependant les siennes, émises sous son autorité Pourquoi ?
comme chef des Arvernes. – Décris César à partir du document 2. Quelles impres-
La raison profonde de la conquête de la Gaule est le désir sions se dégagent de son portrait ?
d’annexion d’une région riche et peuplée, à l’économie pros- – Décris la monnaie d’or du document 4. Pourquoi une telle
père, qui donnerait à César la gloire militaire et les moyens monnaie est-elle un signe du pouvoir de Vercingétorix ?
financiers de s’imposer à Rome. Ce qui d’ailleurs fut le cas. (Ce sont les aristocrates qui possèdent les mines d’or :
L’Arverne Vercingétorix a perdu son père dans sa jeunesse. frapper monnaie est un signe de royauté ou de comman-
Devenu chef des Gaulois contre César, il pratique la poli- dement.)
tique de la terre brûlée avant de gagner la bataille de – Décris l’armement du soldat gaulois (doc. 3). Quelles
Gergovie. Enfermé dans Alésia, Vercingétorix doit se sont les armes faites pour se défendre (casque, bouclier) et
rendre. pour attaquer (lance, épée courte) ?

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Les Romains ont conquis la Gaule en trois étapes. Les Gaulois ont mené une guerre rude, mais ils ont été vaincus
par César.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : La Guerre des Gaules de Jules César, exploitation d’un récit mythologique sous forme de productions d’élèves,
de scène jouée devant la classe.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Travailler en classe Toutefois, les bandes dessinées sont un excellent moyen
avec des bandes dessinées
d’attirer les élèves vers l’histoire et de leur donner un
On pourra agrémenter les cours en proposant aux élèves esprit critique. On les informera ainsi sur la différence
de faire des recherches sur Internet, de travailler à partir entre fait historique et représentation.
de livres ou de bandes dessinées. > Exemples d’exercices
> Les bandes dessinées • Chercher dans les encyclopédies des renseignements
Il faut toutefois mettre les élèves en garde sur le recul sur les éléments qui apparaissent dans les bandes
nécessaire à prendre face aux bandes dessinées. Certaines dessinées : artisanat, habitat, vêtements, armes, dieux,
utilisent des scénarios d’aventure pure et l’histoire n’est société…
alors qu’un décor. D’autres cherchent avec plus ou moins • Comparer le personnage de Vercingétorix dans les bandes
de réussite à construire une histoire au plus près des faits dessinées et dans les ouvrages pour la jeunesse (par exemple,
observables. Des erreurs existent qui sont intériorisées et l’ouvrage de Jacques Marseille, Vercingétorix, « Histoire
deviennent des faits indiscutables, voire des idées reçues. Juniors », Hachette, Paris).
Pourtant, les Gaulois n’utilisaient pas de menhirs et ne • Comparer les principales bandes dessinées parlant de
mangeaient guère de sanglier, animal-totem de l’aristocratie. Vercingétorix : la série des Astérix ; la série des Alix.

42
L’Antiquité
20 La romanisation de la Gaule PAGES 46-47
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Rome a appliqué à la Gaule sa politique de romanisation qui consistait à rapprocher les Gaulois, et
d’abord l’aristocratie, de la civilisation romaine. Cette politique passait par l’usage de la langue latine,
le maintien d’une société divisée en hommes libres et en esclaves, la fondation de nombreuses villes
avec de grands édifices publics, le développement du réseau routier et du commerce.
 Objectifs
• Caractériser les méthodes de domination romaine.
• Identifier et caractériser la romanisation en Gaule.
• Utiliser et confronter des documents propres à la méthode historique.
 Notions et concepts
Romanisation – province romaine – villes – routes ou voies romaines – gallo-romain – citoyen romain.
 Cahier d’exercices
« La romanisation de la Gaule » : voir p. 26-27.

DÉROULEMENT
L’économie a profité de l’ouverture des ports, de la l’assemblée annuelle des cités gauloises. On y célébrait le
construction des villes et des voies romaines. L’intégration culte de Rome et de l’empereur.
par la romanisation avait principalement pour but d’empêcher La carte indique la présence de quelques monuments
toute velléité de soulèvement en séduisant les popu- architecturaux typiques de la romanisation : théâtres,
lations conquises grâce aux charmes de la vie à la romaine : ponts et aqueducs.
thermes, spectacles, jeux du cirque… toutes choses qui les Exemples de questions à poser aux élèves :
éloignaient de la guerre. L’entreprise réussit et la Gaule – Quelles sont les quatre provinces gauloises ? Où sont-
devint, dans l’ensemble, une calme et belle province, elles situées sur la carte ?
connaissant très peu de révoltes.
– Cite des monuments typiques de la romanisation. Quelle
Cependant, malgré l’intérêt et la fascination des Gaulois est l’utilité propre de chacun de ces monuments ?
pour Rome, la romanisation de la Gaule ne fut pas com- – Compare la carte de la Gaule romaine et une carte de
plète. La partie Ouest de la Gaule fut moins touchée par les France aujourd’hui (voir pages de garde de ton livre). Que
travaux routiers et d’urbanisme. Les campagnes gardèrent peux-tu dire des villes créées ou développées par Rome ?
longtemps leur langue et leurs coutumes. Les lieux de (Elles existent toujours, elles sont le noyau du réseau
pèlerinage et les sources thermales restèrent longtemps urbain actuel.)
populaires, par attachement aux traditions religieuses et > Documents 2 et 3 : les voies romaines
pour raison de santé.
Les voies romaines avaient pour fonction principale de
permettre le déplacement rapide des troupes et d’assurer
 Activité 1 ainsi le calme dans les provinces ou de l’y ramener
les éléments de la romanisation rapidement. Elles étaient denses surtout autour de Lyon, la
capitale, en Narbonnaise (région anciennement romanisée)
> Document 1 : carte de la Gaule romaine
et en Belgique (défense des frontières). Des gîtes d’étape
La carte présente différents éléments de la romanisation. permettaient aux voyageurs, à la poste impériale et aux
Avec César, puis Auguste, la Gaule est divisée en quatre troupes de faire halte. Une borne milliaire se dressait tous
provinces : les 1 500 m environ.
– la Narbonnaise est une province sénatoriale sous Le tracé des routes était le plus droit possible, les voies
l’autorité directe du Sénat romain. Elle est dirigée par un évitaient les bas-fonds marécageux. Les routes, larges
proconsul ; d’environ 6 m, étaient empierrées à l’approche des villes
– la Lyonnaise, l’Aquitaine et la Belgique sont trois provinces ou dans les passages difficiles. La partie empierrée était
impériales. Au Ier siècle de notre ère, ces provinces construite de façon diverse avec des matériaux locaux et
dépendent d’un gouverneur installé à Lyon, capitale des en suivant quelques principes généraux : une double ligne
trois Gaules. C’est à Lyon que tous les ans avait lieu de dalles pour limiter la voie, un premier lit de matériaux

43
fins, des dalles, des galets ou des pierres surmontant le
 Activité 2
tout. La route était généralement bombée pour que la le maintien des pratiques préromaines
pluie s’échappe sur les côtés, dans des fossés d’écoule- > Document 5 : malade buvant de l’eau de Vichy
ment. pour se soigner
Exemples de questions à poser aux élèves : Les Gaulois honoraient beaucoup les sources, en particu-
– Observe les voies romaines sur la carte. Que penses-tu lier les sources thermales, qui recevaient de nombreux ex-
de leur densité ? (Les voies romaines sont très nombreuses, voto. La romanisation n’a pas éradiqué les anciennes pra-
aucune région n’est isolée, à part une partie de l’Ouest où tiques, notamment quand elles visaient la guérison des
les voies sont moins présentes.) malades. Les eaux thermales de Vichy ont été exploitées
– Compare cette carte avec une carte actuelle du réseau dès l’époque gallo-romaine.
urbain. Les routes actuelles suivent-elles le même tracé ? Exemple d’activité à proposer aux élèves :
– Écris deux ou trois phrases sur la construction des voies – Écris un texte pour donner tes impressions sur la
romaines. personne malade représentée sur le document 5.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Après la conquête, les Romains ont romanisé la Gaule afin révoltes : il s’agissait de séduire les Gaulois par le mode de
de développer son économie, mais aussi pour éviter les vie romain.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Sciences : la construction des routes, les sources • Français : les traces laissées par les Celtes dans la langue
thermales. française, les origines latines du français.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les aspects de la romanisation1 garnisons des frontières. Des gîtes d’étape et des relais
> Les voies romaines étaient distribués le long de la route.
La Paix romaine était garantie dans tout l’Empire par > L’eau dans la ville
l’armée. Celle-ci pouvait se déplacer très rapidement Les villes romaines utilisaient des quantités énormes d’eau
d’un point à l’autre en utilisant les voies romaines, qui nécessitaient d’organiser la collecte et le transport
nombreuses et bien construites. Ces voies romaines d’une eau recherchée parfois à des dizaines de kilomètres
étaient très denses en Narbonnaise, du fait de l’ancien- de distance. Le cas le plus remarquable est celui de Vienne
neté de la conquête, autour de Lyon, capitale des qui recevait jusqu’à 100 000 m3 d’eau journellement grâce
Gaules, et en Belgique pour des raisons stratégiques. En à un réseau de onze aqueducs.
revanche, l’Ouest de la Gaule en comprenait beaucoup L’eau était distribuée aux riches particuliers et aux
moins. infrastructures publiques : fontaines, thermes, latrines,
Les routes étaient parcourues non seulement par les mili- caniveaux. Les particuliers prenaient l’eau à la fontaine
taires mais aussi par la poste impériale, les voyageurs, les publique ou dans des puits plongeant dans la nappe
touristes, les curistes et les pèlerins, les commerçants, les phréatique. Les eaux sales étaient évacuées par un réseau
convois d’animaux et de céréales destinés à Rome ou aux d’égouts dense et de grande qualité.

1. G. COULON et J.-C. COLVIN, Voyages dans la Gaule romaine, Errances / Actes Sud, 2002.

44
L’Antiquité
21 Les villes en Gaule romaine PAGES 48-49
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


La ville est le lieu central de la romanisation. Les Romains fondent ou transforment un très grand
nombre de villes : Bordeaux, Lyon, Toulouse, Besançon, Arles… Certaines villes sont importantes,
d’autres sont de simples bourgades. Des édifices nombreux et somptueux sont la vitrine de Rome dans
chacune de ces cités, le lieu où s’apprennent et où sont adoptés par chacun le mode de vie politique,
économique et social, les lois et la religion des Romains.
 Objectifs
• Connaître et identifier les villes romaines.
• Connaître et identifier quelques monuments romains et leur utilisation.
• Utiliser les documents propres à la méthode historique.
 Notions et concepts
Ville – romanisation – plan – théâtre – amphithéâtre – forum – enceinte – pont – maison à la romaine –
arène – thermes – aqueduc – temple.
 Cahier d’exercices
« Les villes en Gaule romaine » : voir p. 28.

DÉROULEMENT
 Activité 1 Un pont de bateaux permanent permettait de franchir le
la ville romaine Rhône. Les bateaux, solidement amarrés et proches les uns
Idéalement, le plan des villes est orthogonal, mais chaque des autres, étaient réunis par un tablier de bois. À chaque
ville a son originalité en fonction de la topographie des lieux, extrémité, un pont-levis permettait le passage des bateaux
de l’espace bâti préromain… Parmi les édifices principaux, circulant sur le Rhône.
on compte le forum, le théâtre et l’amphithéâtre, les thermes, > Document 2 : un arc de triomphe à Saint-Rémy-
les arcs de triomphe. Ponts et aqueducs sont nombreux. de-Provence
Les enceintes, très rares sous le Haut-Empire, sont édifiées Les arcs de triomphe ont un caractère commémoratif ou
sous le Bas-Empire, quand apparaissent les troubles. honorifique. Ils rappellent la puissance de Rome et l’inuti-
Construits en hauteur et peu confortables, les oppidums lité de l’esprit de révolte contre l’Empire. Ils peuvent aussi
gaulois sont délaissés. Mais pour autant ils ne disparaissent marquer la rupture entre l’espace rural et l’espace urbain
pas tous immédiatement. Bibracte, par exemple, possède ou avoir un caractère funéraire.
trois couches de constructions d’époque gauloise et deux L’arc de triomphe de Glanum à Saint-Rémy-de-Provence a
couches de constructions d’époque romaine. certainement été construit peu après les troubles de la suc-
cession d’Auguste. C’est un arc unique, situé à l’entrée nord
> Document 1 : reconstitution du plan d’Arles
de la ville, sur la voie domitienne qui relie l’Italie à l’Espagne.
Le plan d’Arles au IIe siècle ap. J.-C. est globalement ortho-
Il présente une Victoire ailée et quatre groupes de Gaulois
gonal avec quelques rues pénétrantes transversales. La ville
captifs attachés à des trophées. Un Gaulois romanisé montre
possède une enceinte, ce qui est un signe honorifique à
un captif. Le message est clair : la Paix romaine assure une
l’époque où les villes romaines sont ouvertes.
vie douce et la révolte finit dans les chaînes.
Le théâtre réunissait les habitants de la ville et des envi- Exemples d’activités à proposer aux élèves :
rons pour des spectacles de comédie ou de tragédie. – Dessine un plan de ville gallo-romaine où tu placeras : des
L’amphithéâtre, qui pouvait contenir plusieurs milliers de rues, quelques monuments, un pont et un arc de triomphe.
personnes, était destiné aux jeux sanglants du cirque. – Écris un texte pour présenter un monument romain et
Le forum était formé d’une vaste esplanade rectangulaire, ses fonctions.
entourée de portiques. Elle comprenait une basilique civile
où l’on rendait la justice, un temple pour célébrer les  Activité 2
dieux romains et des boutiques sous les portiques. En vivre en ville
soubassement, sur trois côtés, trois cryptoportiques, non > Document 3 : fresque décorant une maison
visibles ici, soutenaient l’ensemble, permettant son De façon générale, les villes gallo-romaines sont peu
rehaussement. peuplées (comme le montre le tableau), alors que

45
Rome peut atteindre à l’époque un million de des latrines, des bains et un hypocauste (chauffage par
personnes. circulation d’air chaud en sous-sol). Il existe aussi de petits
On passe de la construction luxueuse à l’habitat le plus immeubles de rapport divisés en appartements, des
modeste par paliers successifs. Les riches Gallo-Romains, maisons à étages ou des boutiques flanquées de deux ou
attirés et fascinés par Rome, adoptent la maison à atrium et trois pièces.
péristyle, avec un jardin intérieur. La construction est soi- Exemple d’activité à proposer aux élèves :
gnée et l’ornementation raffinée : fresques, mosaïques, – Écris la lettre d’un voyageur romain présentant la ville
stucs, peintures, placages, jets d’eau, meubles, statuettes, d’Arles à sa famille.
bibelots à la romaine… Beaucoup de maisons possèdent

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Les villes sont le lieu où s’exerce le mieux et le plus en Gaule où les élites sont attirées par le mode de vie
profondément la romanisation. Celle-ci a bien réussi romain.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Arts plastiques : mosaïques, peintures imitées de Rome, • Géographie : comparer la reconstitution de la ville
participation aux activités d’un centre pédagogique d’un d’Arles avec le plan de la ville aujourd’hui.
musée.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les villes gallo-romaines > Autun au IIe siècle de notre ère
> Le réseau urbain gallo-romain
La ville d’Autun a été créée de toutes pièces par les
Le réseau urbain comprend des villes de tailles différentes, Romains à la fin du Ier siècle de notre ère sur environ
des grandes cités aux multiples fonctions, des agglomé- 200 hectares. Elle se situe avantageusement au croisement
rations secondaires à fonction administrative, commerciale, des bassins de la Loire, du Rhône et de la Saône. L’ancien
religieuse, des villes d’étape ou des villes agricoles. oppidum des Éduens, Bibracte, est situé à une vingtaine de
> Le plan des villes kilomètres. Les excellentes relations qu’entretenaient les
La ville romaine se développe en principe sur un plan Éduens avec les Romains leur ont permis d’obtenir le droit
orthogonal. Les rues sont à angle droit et délimitent des de construire un rempart, ce qui était très rare à l’époque.
îlots d’habitation de grandeur variable qu’on appelle des Ce rempart d’environ 6 km comprenait quatre portes et de
insulae. Mais ce plan de base est soumis aux nécessités nombreuses tours.
topographiques et à l’habitat préexistant éventuel. La ville possédait des écoles célèbres, fréquentées par les
Chaque insula comprend des maisons particulières et des enfants des grandes familles de toute la Gaule. On y appre-
immeubles collectifs. Le commerce et l’artisanat occupent nait le latin et le grec, la rhétorique et le droit, l’histoire et
les rez-de-chaussée sous forme de boutiques et d’ateliers. la géographie.
Le bois est très employé pour les constructions et les
incendies sont très fréquents.

46
L’Antiquité
22 Zoom sur… l’architecture en Gaule romaine PAGES 50-51
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Une première initiation des élèves à l’histoire des arts et notamment aux œuvres de référence du
patrimoine artistique doit leur permettre une approche sensible et raisonnée d’une œuvre d’art et une
première appréciation artistique.
 Objectifs
• Décrire et apprécier une œuvre d’art.
• Étudier des points particuliers d’une œuvre d’art : formes, matériaux, adaptation au nombre des
spectateurs.
 Notions et concepts
Arcade – arènes – art romain – colonne – galerie – gradin – mécène.

DÉROULEMENT
De nombreuses arènes (ou amphithéâtres) ont été  Activité 2
construites en Gaule romaine entre la fin du Ier siècle découvrir les arènes d’Arles
et la fin du IIe siècle ap. J.-C. Elles répondaient au désir de
> Document 1
romanisation des peuples de l’Empire romain, à leur
Les arènes devaient répondre à plusieurs exigences qu’on
engouement pour les spectacles qui s’y déroulaient et
pourra faire découvrir aux élèves après observation du
enfin à la nécessité des mécènes de plaire au
document 1 :
peuple pour accéder à certaines fonctions ou les conser-
– accueillir un très grand nombre de spectateurs venus de
ver, ce qui les conduisait à lui offrir des spectacles
toute la région. Les arènes d’Arles sont les plus vastes de
coûteux.
France ;
Les arènes offraient trois types de divertissements qui – laisser une grande amplitude aux mouvements des chas-
s’échelonnaient tout au long de la journée, plusieurs seurs et des gladiateurs et permettre que plusieurs specta-
spectacles pouvant se produire en même temps, à des cles se déroulent en même temps (la taille de la scène, très
endroits divers de la scène. On offrait en premier des vaste, répond à cette exigence) ;
scènes de chasse ou de combats d’animaux exotiques : – permettre à tous les assistants de bien suivre le déroule-
lions, crocodiles, éléphants, hippopotames. Venaient ment du spectacle, ce que permet la forme elliptique des
ensuite des intermèdes comportant, par exemple, des jon- arènes qui résout la question des angles morts (amphi-
gleries ou des jeux d’adresse avec des ours, des sangliers. théâtre signifie « théâtre replié sur lui-même »).
Enfin, avaient lieu les combats de gladiateurs, très atten-
dus et qui se terminaient le plus souvent par la mort du
 Activité 3
vaincu.
l’accueil des spectateurs
Parmi les villes qui ont construit des arènes, on peut citer : > Documents 1 à 4
– au Ier siècle, avant la construction du Colisée à Rome : On demandera aux élèves comment les arènes ont pu
Saintes, Périgueux, Poitiers, Rodez, Agen, Senlis ; accueillir autant de spectateurs dans de bonnes conditions
– une seconde vague débute lors de la construction du de sécurité et de confort :
Colisée à Rome, vers 71-80 : Arles, Nîmes, Autun, – sécurité : larges galeries extérieures pour la circulation,
Bordeaux, Narbonne, Limoges, Chartres, Bauges, Tours et nombreux accès aux gradins, mur élevé séparant la scène
un certain nombre d’agglomérations moins importantes. des gradins pour éviter le passage des animaux sauvages.
– confort : les spectateurs sont assis, ils peuvent tous voir
la scène.
 Activité 1
définir l’œuvre d’art  Activité 4
> Document 1 : les arènes d’Arles les arènes, un lieu prestigieux
Demander aux élèves, à l’aide de la légende, d’identifier et > Documents 1 à 3
de situer le monument observé : nature, époque de Faire chercher par les élèves les éléments qui démontrent
construction, dimensions, ville concernée… que les constructeurs ont cherché à édifier un « beau »

47
monument de grande valeur : pierre de taille, décoration, destinés à la romanisation et à montrer la richesse de la
dimensions de l’édifice… Les édifices gallo-romains sont cité.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Les arènes d’Arles, construites en pierre de taille, pou- combats de gladiateurs dont raffolaient les Gallo-Romains,
vaient accueillir 23 000 personnes. Elles servaient à des comme tous les habitants de l’Empire romain.
spectacles de chasse, à des intermèdes et surtout à des

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Arts plastiques : dessiner une arcade des arènes d’Arles. • Cinéma : scènes de gladiateurs (Gladiator, 2000).

POUR ALLER PLUS LOIN


 La vie dans les arènes les orgues hydrauliques, les cors, les cymbales, auxquels se
Les spectacles qui se déroulaient dans les amphithéâtres
mêlaient les cris des spectateurs, composaient une atmo-
nécessitaient une importante logistique. Tout était en
sphère assourdissante.
général regroupé dans des souterrains situés sous la
scène : cages des animaux, décors, salles pour les gladia- Les spectacles du matin avaient pour but de chauffer l’as-
teurs, couloirs. Les souterrains communiquaient avec la sistance en attendant les combats de gladiateurs, dont raf-
scène par des trappes ou des couloirs. À Rome, le Colisée folaient les spectateurs. Les gladiateurs étaient le plus sou-
était assez grand et bien construit pour proposer des vent des esclaves mais on trouvait aussi des hommes
batailles navales et des reconstitutions de batailles célèbres libres, formés dans des écoles spécialisées. Arles en possé-
qui demandaient un matériel très important. dait une. Il faut remarquer la cruauté de ces jeux : les com-
La veille des jeux, un banquet réunissait les organisateurs bats entre fauves, la mort des chasseurs tués par des ani-
et des convives choisis. Le jour même, les notables de la maux sauvages ou celle des gladiateurs vaincus plaisaient
ville et les participants aux jeux formaient cortège et infiniment aux Gallo-Romains comme à tous les habitants
entraient en musique dans l’arène. Pendant le spectacle, de l’Empire qui se pressaient à ces jeux.

48
L’Antiquité
23 La religion en Gaule celtique et romaine PAGES 52-53
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Ce chapitre a pour objectif de faire découvrir aux élèves la religion gauloise et gallo-romaine. Les
Gaulois n’écrivaient pas de textes sur leur religion ; nous ne la connaissons que par les écrits grecs et
romains et par l’archéologie. Celle-ci nous a montré l’importance des enclos sacrés, des dieux
souterrains et des banquets rituels. Avec la romanisation, la religion gauloise perd de plus en plus
d’importance avec le temps au profit de la religion purement romaine.
 Objectifs
• Caractériser la religion gauloise.
• Identifier quelques dieux gaulois et romains.
• Utiliser et analyser des documents propres aux méthodes de l’histoire.
 Notions et concepts
Autel – culte (culte des morts, culte impérial) – dieux – druide – Épona – polythéisme – religion – Teutatès.
 Cahier d’exercices
« La religion en Gaule celtique et romaine » : voir p. 29-30.

DÉROULEMENT
Il semble que les dieux gaulois étaient surtout des dieux période romaine. Aujourd’hui, on appelle les statues du
locaux avec tout de même quelques dieux ayant un plus nom du lieu où elles ont été trouvées.
grand rayonnement. Dans les lieux de culte, le dieu principal Le dieu de Bouray (doc. 1) est une statuette en bronze de
était entouré de divinités secondaires plus ou moins 42 cm de hauteur qui a conservé un œil émaillé formé de
importantes. Les dieux étaient à l’origine des dieux protec- deux coques soudées. C’est un dieu au torse nu, assis en
teurs, des dieux de la nature (forces cosmiques, fleuves, tailleur. Il porte le torque caractéristique gaulois. Ses
animaux, montagnes…) et de la guerre. Parmi les nom- jambes atrophiées, terminées en pattes de cerf, et son
breux dieux, citons : torse nu font qu’on l’assimile à Cernunos, dieu du Renou-
– Taranis, le dieu du ciel et du tonnerre, assimilé à Jupiter ; veau de la nature. Les proportions ne sont absolument pas
– Teutatès, le dieu de la tribu : chaque tribu a le sien. respectées, mais la tête est belle, hautaine et grave.
Identifié à Mars, on le trouve en plusieurs centaines de Exemples de questions à poser aux élèves :
représentations ; – Décris la statue.
– Lug, le dieu des techniques. Il est souvent associé aux – Le dieu est-il habillé ?
villes : Lugdunum (Lyon), Laon, Loudun ; – Que penses-tu du bas de son corps ?
– Épona : déesse très populaire, encore honorée pendant La déesse Épona (doc. 5) est, à l’inverse de nombreux
la presque totalité de la période gallo-romaine. En plus de dieux, très connue dans l’ensemble du monde celte. On la
sa fonction de déesse des chevaux et de protectrice des rencontre en Hongrie, en Italie, en Gaule, en Grande-
voyageurs, c’est parfois une déesse à fonction maternelle Bretagne et en Espagne.
et un guide dans le voyage vers l’au-delà. Exemples de questions à poser aux élèves :
Rome impose le culte impérial mais laisse les cultes locaux – Décris la déesse et son cheval.
s’exprimer. – Comment l’artiste a-t-il indiqué le rôle protecteur et
bénéfique d’Épona ?
 Activité 1
les dieux de la Gaule  Activité 2
> Documents 1 et 5 le culte
Nous connaissons rarement le nom des dieux que les > Document 2 : un autel d’offrandes pour les
Gaulois n’ont pas transmis alors que les Romains nom- dieux souterrains
maient les dieux gaulois du nom de leurs correspon- Les cultes publics – nous savons peu de chose sur les cultes
dants romains. Or, la correspondance ne devait pas être privés – se rendent dans des enclos sacrés urbains ou
totale. ruraux, parfois très humbles, parfois monumentaux. Les
Les représentations des dieux commencent avec la enclos, quadrangulaires, sont entourés d’un fossé et d’une

49
palissade qui isolent le lieu de culte des espaces profanes. souvent lieu en ville ou à la campagne comme le montre
Un porche permet d’accéder à l’enclos. L’autel pouvait être l’archéologie et non seulement dans de profondes forêts
un foyer où l’on brûlait des offrandes aux dieux aériens ou comme on le voit sur l’image. Pline décrit ainsi la cueillette
une cavité dans la terre où l’on déposait des offrandes aux du gui :
dieux souterrains. Il était surmonté d’un édifice en bois. La « Les druides […] n’ont rien de plus sacré que le gui et
grande fosse recevait les sacrifices ; les petites fosses en l’arbre qui le porte [le chêne]. On trouve très rarement
arrière avaient une fonction que nous ne connaissons pas du gui et, quand on en a découvert, on le cueille en
encore très bien (dépôt de sacrifices, d’objets divers). grande pompe religieuse. […] Ils préparent au pied de
Exemples de questions à poser aux élèves : l’arbre un sacrifice et un festin religieux et amènent deux
– Décris l’autel creux. Pourquoi lui donne-t-on ce nom ? taureaux blancs […]. Un prêtre, vêtu de blanc, monte
– À qui sont destinés les autels formés d’une fosse ? dans l’arbre, coupe le gui avec une serpe d’or et le reçoit
> Document 4 : la cueillette du gui sur un [linge] blanc. Ils immolent ensuite les victimes. »
D’après Pline l’Ancien, en 77 ap. J.-C.,
Le document reprend une image populaire du XIXe siècle. in Histoire naturelle, livre XVI, chap. XCIV, traduction Littré
C’est un texte de Pline l’Ancien qui a fixé l’image du et édition de H. Zehnacker, © Éditions Gallimard.
druide habillé de blanc en permanence alors qu’il Lire le texte avec les élèves. Ils doivent ensuite retrouver
s’agissait vraisemblablement d’un simple habit utilisé dans l’image du document 4 ce qui est semblable et ce qui
pendant les cérémonies. De même, les cérémonies avaient est différent du texte de Pline.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
La religion gauloise donne une première approche du gauloise, jusqu’ici mal connue, a beaucoup profité des
polythéisme dont la notion sera étudiée avec le chapitre 29 fouilles archéologiques récentes.
« Un seul dieu » (p. 64-65 du manuel). La religion

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : présenter en quelques lignes les dieux gaulois
ou la cérémonie du gui en utilisant les mots de la leçon.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les rites de la guerre découvert un grand enclos de la fin du IIIe siècle av. J.-C.
Les auteurs antiques, comme le Grec Poséidonios (135-51
contenant des dizaines de corps de guerriers avec leurs
av. J.-C.), ont décrit les rites gaulois de la guerre. Le Gaulois
armes mais sans leur tête. Les têtes avaient été coupées au
était censé prouver à la guerre sa bonne cause et son
couteau sur des corps couchés. Les restes enchevêtrés font
courage. C’est pourquoi ils combattaient souvent très peu
penser à une exposition des corps d’ennemis battus au
habillés. Il ne redoutait pas la mort au combat car il béné-
cours d’une ou plusieurs batailles et offerts en trophée aux
ficiait alors, selon les dires des druides, d’un véritable éden
divinités. Les corps exposés se desséchaient avant de subir
auprès des dieux. Aussi, en cas d’encerclement, il préférait
divers traitements.
généralement le suicide à la captivité.
Le guerrier, vainqueur au combat, accrochait la tête de son Il existait donc un partage entre les guerriers et les
ennemi vaincu à son cheval et la rapportait chez lui où il la dieux. Les premiers conservaient le crâne du vaincu, siège
montrait aux visiteurs. de son âme et de sa vertu guerrière, les seconds recevaient
L’archéologie a permis de vérifier les récits des auteurs tout le reste, y compris les armes qui ne devaient plus
anciens. À Ribemont-sur-Ancre1, dans la Somme, on a servir.

1. Notre Histoire, dossier « Druides, dieux, sacrifices chez les Gaulois », n° 162, janvier 1999.

50
L’Antiquité
24 L’agriculture en Gaule celtique et romaine PAGES 54-55
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Cette leçon a pour objectif de présenter l’économie à l’époque celtique et romaine.
Le sol se divise entre espaces cultivés, terres incultes et bois, comme ailleurs dans le monde antique.
À l’époque romaine, les surfaces cultivées et les productions augmentent, les villas se répandent.
 Objectifs
• Caractériser les agricultures gauloise et gallo-romaine et leur prospérité.
• Mettre des documents en relation.
 Notions et concepts
Agriculture – élevage – ferme – artisanat – villa – commerce.
 Cahier d’exercices
« L’agriculture en Gaule celtique et romaine » : voir p. 31-32.

DÉROULEMENT
Les exploitations agricoles d’époque gauloise sont nom- lentilles… Le vin (longtemps importé d’Italie), la bière et
breuses, de tailles diverses, performantes et présentent les produits de la pêche complètent l’alimentation.
parfois un bâtiment artisanal. Ce sont des exploitations Exemple d’activité à proposer aux élèves :
bien connues de Romains dont on pense que certains ont Comparer une exploitation gauloise et une exploitation
pu s’installer en Gaule dès avant la conquête. Les paysans gallo-romaine.
gaulois conservent leurs terres à l’époque romaine, sauf
s’ils ont pris les armes contre Rome.  Activité 2
les travaux des champs
 Activité 1 > Document 3 (p. 55) et document 2 (p. 56)
On pourra empiéter sur la leçon suivante en proposant aux
les exploitations agricoles en Gaule
élèves une réflexion sur le travail des champs au long de
celtique et romaine
l’année. On pourra également les faire réfléchir sur l’utilité
> Documents 1 et 2 : reconstitution d’une ferme pour l’historien de posséder des témoignages artistiques
gauloise concernant les activités économiques d’une époque
L’archéologie a montré l’existence de fermes puis de villas donnée.
de tailles diverses, généralement clôturées, avec des bâti-
ments variés : habitations, greniers, étables, hangars.  Activité 3
Les campagnes sont prospères, bien cultivées, technique- le travail de la laine
ment évoluées. On y creuse le sol avec les araires et on y > Document 4 : forces gauloises
récolte les grains avec la moissonneuse. On améliore Proposer aux élèves de faire une recherche sur le travail de
les terres par le chaulage et le fumier. On cultive le blé, la laine depuis la tonte du mouton jusqu’au magasin de
le millet et l’orge, mais aussi des pois, des fèves, des tissu.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
La Gaule était une région très riche bien avant la venue des l’artisanat était d’excellente qualité et s’exportait aisément.
Romains. L’agriculture était prospère, très performante ;

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Sciences : les productions agricoles et l’élevage. • Recherche : les techniques de fabrication de la monnaie.

51
L’Antiquité
25 L’artisanat en Gaule celtique et romaine PAGES 56-57
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


À l’époque gauloise comme à l’époque gallo-romaine, l’artisanat de la Gaule est très apprécié
en dehors des frontières puis dans tout l’Empire romain.
 Objectifs
• Identifier et caractériser l’activité artisanale de la Gaule à l’époque celtique et romaine.
• Mettre en relation des documents et des époques de l’histoire.
 Notions et concepts
Artisanat – commerce – exportation – importation – monnaie.
 Cahier d’exercices
« L’artisanat en Gaule celtique et romaine » : voir p. 33-34.

DÉROULEMENT
Dès leur arrivée, les Celtes ont été d’excellents artisans, torque, bijou masculin, par les élèves, en mettant en valeur
notamment dans le cadre de la métallurgie. Leur artisanat le fin travail de l’or.
(fibules, rouelles…) a connu un développement croissant
et, au Ier siècle av. J.-C., les oppidums comme Bibracte ren-
ferment des quartiers artisans spécialisés. Ces oppidums
sont des centres de production et de distribution, la pro-  Activité 2
duction étant supérieure à la consommation locale. l’artisanat
Pendant la période romaine, l’artisanat continue l’essor > Documents 2 à 6 : la variété de l’artisanat
commencé pendant la période celtique. C’est un artisanat Le commerce et l’artisanat sont connus principalement par
très varié, d’excellente qualité. Il peut être local, mais aussi l’iconographie et les traces matérielles découvertes
international et s’exporter à Rome et dans tout l’Empire. pendant les fouilles. Les stèles funéraires, les sculptures
Le développement de la vigne et du vin en Gaule ne fut pas montrent souvent des artisans au travail ou des commer-
du goût des producteurs romains qui vendaient leur vin à çants derrière leur étal. L’industrie du verre est florissante
des prix très élevés et qui acceptèrent difficilement de per- et de qualité dès le Ier siècle ap. J.-C.
dre ce marché. Exemple d’activité à proposer aux élèves :
– Complète les phrases suivantes :
 Activité 1 Le c. . . . . d. . . . . . . er a fabriqué une paire de c. . . . s. . . . . . . es
le travail du métal pour une petite fille. Il ferme son a. . . . l. . . . r et achète
> Document 1 : torque gaulois en or du v. . . . . . . chez le marchand. Rentré chez lui, il verse
Les Gaulois excellaient dans le travail des métaux, notam- ce vin dans un beau v. . . . . . . et s’assied, heureux de se
ment le fer et les métaux précieux. On fera décrire ce reposer.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
L’artisanat de Gaule celtique et romaine est très varié, de grande qualité et très réputé. Il est utilisé dans tout l’Empire romain.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Arts plastiques : le travail du cuir et des métaux.

52
L’Antiquité
26 Je suis… un artisan gallo-romain PAGES 58-59
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Ce chapitre est destiné à réutiliser les connaissances acquises dans les chapitres concernant la Gaule
romaine de façon ludique et concrète. Comme nous l’avons vu, nous possédons beaucoup de
renseignements concernant l’artisanat gallo-romain qui bénéficia de la longue expérience gauloise et
romaine en la matière et des possibilités d’exportation accrues offertes par Rome.
Point fort : étude des artisans gallo-romains comme groupe significatif de la période.
 Objectifs
• Vérifier l’acquisition des connaissances.
• Exercer son esprit critique et utiliser concrètement les documents.
 Notions et concepts
Artisanat – poterie – métallurgie.

DÉROULEMENT
 Activité 1 Exemple d’activité à proposer aux élèves :
le travail de l’argile – Explique comment sont utilisées les poteries dans la vie
> Illustrations A à G (p. 58) courante et dans le commerce.
La poterie nécessite la réunion de trois éléments indisso-
ciables : l’argile, le bois et l’eau. Le dessin B montre une  Activité 2
seconde technique de céramique sigillée : le vase est le travail des métaux
façonné au tour et sa surface est lisse ; le potier l’orne > Le coin de l’historien
ensuite d’une argile fine, la barbotine, ou l’incise avec une Les survivances celtiques sont incontestables en ce qui
gouge pour y dessiner des feuillages, des plantes. Il peut concerne les arts du métal dans lesquels la Gaule indépen-
aussi plaquer des motifs collés à la barbotine. dante excellait. La métallurgie est très présente dans la vie
Il faut beaucoup de bois pour cuire les poteries et de tous les jours et concerne toutes les activités : travaux
plusieurs jours sont nécessaires entre deux cuissons afin des champs, transport, guerre, vie quotidienne…
de refroidir, de vider, de nettoyer le four et d’empiler les Exemple d’activité à proposer aux élèves :
nouvelles poteries à cuire. L’ouverture du four présente – Imagine que tu es un artisan gallo-romain qui travaille le
toujours une incertitude : 10 à 30 % de la production sont fer. Explique à un jeune artisan pourquoi il peut faire un
inutilisables. métier intéressant en travaillant avec toi.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
L’artisanat gallo-romain reprend souvent les techniques verrerie, la poterie sigillée, le grand commerce inter-
de la période celtique. Mais certaines activités comme la national sont d’époque gallo-romaine.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Arts plastiques : réaliser une poterie, visiter un atelier de • Sciences : les techniques de la métallurgie.
potier.

53
L’Antiquité
27 Le commerce en Gaule celtique et romaine PAGES 60-61
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le commerce des produits gaulois est prospère dès l’époque celtique et s’intensifie avec la période
romaine. Le développement des ports et la construction de voies romaines sont un élément important
de la romanisation de la Gaule.
 Objectifs
• Connaître la nature et les capacités du commerce et de l’artisanat gallo-romains.
• Analyser et utiliser les documents propres à la méthode historique.
 Notions et concepts
Commerce – exportation – importation – voie romaine – port.
 Cahier d’exercices
« Le commerce en Gaule celtique et romaine » : voir p. 35-36.

DÉROULEMENT
Dès l’époque gauloise, le commerce est intense dans les Exemple d’activité à proposer :
oppidums. Des marchands venus de toute la Gaule, d’Italie et – rechercher les différentes façons d’échanger un produit
de Grèce s’y retrouvent. On y fait notamment le commerce (contre quoi, comment, petit ou grand commerce) ;
de l’ambre venu de Baltique et de l’étain venu de Bretagne. – rechercher les origines de la monnaie dans le monde
Les produits gaulois circulent davantage par voie d’eau que méditerranéen ;
par route. Même les petits ruisseaux sont aménagés et uti- – suivre le chemin d’un produit depuis le nord de la Gaule
lisés pour le transport de marchandises. Les bateaux sont jusqu’à Rome en s’appuyant sur la carte de la page 46 et
alors à fond plat et descendent les cours d’eau soit à la sur celle du monde romain à la fin du livre.
rame, soit par halage. Des ports fluviaux existent dans les
villes comme Lutèce, Amiens ou Bourges. D’autres ports
sont fluviaux et maritimes comme Bordeaux ou Arles. Les  Activité 2
produits alimentaires collectés sont acheminés vers la poterie sigillée
Narbonne et Arles, qui sont les principaux ports maritimes > Document 5 : une poterie décorée et de couleur
vers Rome et des ports de redistribution des produits rouge
importés. Les produits, mais aussi les idées, s’échangent De très nombreux tessons témoignent d’une industrie
facilement sous l’égide de Rome qui ouvre les routes et généralisée de la poterie. On s’en sert pour tout : le trans-
achemine les produits vers la capitale dont l’approvision- port du vin, de l’huile, de sauces de poisson que l’on
nement fait problème. Les armées des frontières réclament transporte dans des amphores. On s’en sert également
elles aussi de l’approvisionnement qui leur est fourni par pour le stockage des grains, de l’huile, qui sont conservés
les provinces. dans de grandes jarres appelées « dolia ». On s’en sert
enfin pour la préparation et la cuisson des aliments, pour
 Activité 1 la vaisselle de table…
les moyens d’échange La céramique sigillée (marquée d’un sceau) est une spécia-
> Documents 1 et 3 (p. 60) : monnaie d’or et trans- lité gallo-romaine importée d’Italie. Elle est fabriquée dans
port des marchandises par bateau de grands ateliers qui exportent dans tout l’Empire. Un
> Document 1 (p. 46) : la Gaule romaine four pouvant contenir jusqu’à 30 000 poteries a été
L’activité commerciale suppose le transport et l’échange. retrouvé à La Graufesenque (Aveyron). La poterie sigillée
Pendant la période gauloise, le transport se fait par les est faite au tour et dans un moule de terre réfractaire,
chemins et les voies navigables (petits cours d’eau, marqué en creux au poinçon. L’argile est plaquée contre le
fleuves, Méditerranée). Les produits du grand commerce moule dont elle prend la forme.
sont échangés contre de la monnaie d’or et d’argent. Exemple de question à poser aux élèves :
Les Gaulois exploitent les mines et frappent des monnaies – Cherche avec un(e) camarade les différences et les simi-
de métal précieux, souvent imitées des monnaies litudes entre un petit atelier artisanal et un atelier qui
grecques. produit pour l’exportation.

54
ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Le commerce est très actif pendant la période gauloise. Il gaulois sont présents dans tout l’Empire romain : poterie
s’intensifie avec Rome du fait de l’augmentation des sigillée, tonneaux, roues cerclées de fer, amphores, peaux,
besoins, de la facilité de circulation des produits et de la charcuterie, armes.
Paix romaine sur tout l’Empire. Grâce à cela, des produits

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Arts plastiques : dessiner ou modeler une monnaie gau- • Sciences : la fabrication d’une monnaie.
loise.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Le commerce maritime Il arrivait que des passagers soient embarqués sur le pont
à l’époque romaine
des gros bateaux avec leurs couvertures et leurs provi-
L’essentiel du grand commerce utilisait la mer ou les voies
sions, l’eau étant fournie par le navire. Les riches passagers
d’eau navigables des pays traversés car le transport par la
pouvaient parfois disposer d’une cabine à l’arrière.
route coûtait trop cher. Les bateaux transportaient par mer
des marchandises en quantité puisque leur tonnage pou- L’avancée se faisait presque exclusivement à la voile, la
vait atteindre 1 200 tonneaux dès le début de l’Empire. marche à la rame étant réservée à la marine de guerre qui
Bien que les échanges avec la partie occidentale de coûtait très cher car elle exigeait de nombreux rameurs et
l’Empire aient été très actifs à partir des mouillages aux prenait beaucoup de place au détriment de la cargaison.
embouchures des grands fleuves et des ports de Méditer- Chaque soir on accostait pour camper et faire provision de
ranée (Arles, Narbonne, Tarragone) et de l’Atlantique nourriture et d’eau.
(Gadès, Douvres), le commerce le plus fructueux se faisait, Les bateaux naviguaient à la sonde, qui permettait de
grâce aux marchands syriens et juifs, avec l’Orient : pro- connaître la profondeur de l’eau et la nature du fond à l’ap-
duits alimentaires, esclaves, articles précieux de l'Orient. proche de la côte. Mais il n’y avait aucun instrument de
Les produits de l’Inde, de l’Arabie, passaient par l’Égypte navigation (boussole, astrolabe, carte marine) pour se diri-
ou la Syrie et étaient ensuite réexportés par mer. ger pendant la traversée. Les bateaux naviguaient à vue et
Les bateaux étaient mal adaptés au gros temps et faisaient par cabotage, la haute mer étant plus rarement utilisée. On
fréquemment naufrage, ce qui permet aujourd’hui à l’ar- se repérait alors par rapport au Soleil dans la journée et par
chéologie de disposer de nombreuses sources matérielles rapport aux étoiles la nuit. L’expérience des vieux marins et
de renseignements sur l’art de la navigation et l’histoire des pilotes, qui connaissaient le dessin de côtes, les hauts
économique du monde romain. fonds, les vents et les courants, était donc indispensable.

55
L’Antiquité
28 Zoom sur… l’art de la mosaïque PAGES 62-63
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Une première initiation des élèves à l’histoire des arts et notamment aux œuvres de référence du
patrimoine artistique doit leur permettre une approche sensible et raisonnée des œuvres d’art et une
première appréciation artistique.
 Objectifs
• Décrire et apprécier une œuvre d’art.
• Étudier des points particuliers d’une œuvre d’art : technique, matériaux, processus de fabrication.
 Notions et concepts
Mosaïque – mortier – tesselle.

DÉROULEMENT

 Activité 1 – Analyse et interprétation


On pourra demander aux élèves comment le mosaïste a
identifier une mosaïque
montré la tension du chien gardant le seuil de sa maison.
> Document 1 : « Prends garde au chien »
Heureusement, pourrait-on dire, il est attaché…
Demander aux élèves d’identifier et de situer l’œuvre d’art :
Toute la scène est organisée pour figurer le mouvement
nature, époque de fabrication, lieu, dimensions.
de l’animal prêt à bondir pour défendre sa maison de celui
qui voudrait s’en approcher : corps ramassé, pattes avant
 Activité 2 sur le sol, train arrière soulevé, bouche ouverte laissant
un chien au travail voir les crocs, place décentrée de l’animal. L’attention du
> Document 1 spectateur est renforcée par l’absence de couleurs variées
– Observation et par l’uniformité du fond, ce qui fixe le regard sur le
On pourra poser aux élèves des questions ayant trait à la chien. L’inscription insiste sur le sens de la scène représen-
composition de l’œuvre, aux couleurs retenues, à sa plus tée.
ou moins grande expressivité et sa proximité avec la réalité.
• Composition. Les élèves définiront la position du chien  Activité 3
dans la mosaïque : à l’exception de la tête et du cou, son faire un bilan
corps est ramassé dans l’angle en bas à gauche, au-dessous Demander aux élèves de faire le bilan des éléments qui
de la diagonale. Il est prêt à bondir. font de cette mosaïque une représentation convaincante.
• Couleurs. Le fond est composé de tesselles noires sur Ils pourront utiliser la liste des éléments trouvés pour
fond blanc. Le chien est noir et blanc, son collier rouge composer une mosaïque représentant, par exemple, un
forme une unique tache de couleur vive. enfant en train de lire, de jouer, un adulte au travail.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
La mosaïque est un art qui utilise de petits morceaux de tés ensemble. Les mosaïques ornaient les murs et les sols
roche ou de pâte de verre pris dans un mortier et cimen- des maisons antiques.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Histoire des arts : la mosaïque dans le monde. Faire une petits rectangles en relief dans une pomme de terre et à
mosaïque en découpant de petits morceaux de papier de s’en servir comme tampons, une fois qu’on les aura impré-
couleur qu’on collera sur une feuille ou en utilisant la tech- gnés de peinture.
nique de la « patatogravure » qui consiste à sculpter des

56
L’Antiquité
29 Un seul dieu PAGES 64-65
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Ce chapitre a pour objectif de présenter le judaïsme, premier monothéisme de l’histoire, et
la naissance du christianisme. Prêché par Jésus qui s’affirme Fils de Dieu, il se caractérise par
la croyance en un dieu unique et en l’immortalité de l’âme, dans le prolongement de la religion juive,
et par le commandement fait aux hommes, tous égaux entre eux, de s’aimer les uns les autres.
 Objectifs
• Connaître les deux premiers monothéismes et certaines de leurs caractéristiques principales.
• Utiliser des documents propres à la méthode historique.
 Notions et concepts
Monothéisme – judaïsme – christianisme – Bible hébraïque – Bible chrétienne – Moïse – Jésus – juif –
chrétien – polythéisme.
 Cahier d’exercices
« Un seul dieu » : voir p. 37.

DÉROULEMENT
Il existe des approches du monothéisme dans les religions Devant le Temple étaient dressés deux colonnes de bronze
méditerranéennes anciennes. Par exemple, en Égypte et un autel des sacrifices.
pharaonique, le culte du disque solaire d’Aton célèbre un La mosaïque (doc. 2) évoque à la fois le Temple et les
dieu supérieur dont émane toute la création. Mais il cérémonies qui s’y déroulaient. En bas à gauche se trouve
revient au judaïsme d’avoir établi la croyance en un seul une pelle à encens, qui n’est pas citée dans le livre des
dieu transcendant. élèves.
Exemples de questions à poser aux élèves :
 Activité 1 – Où se trouve le Temple ?
le judaïsme – Que contient le Saint ?
Cette religion trouve son origine, selon les textes bibliques, – Que contient le Saint des Saints ?
dans deux exodes : celui d’Abraham qui quitte la ville d’Ur – Retrouve dans la mosaïque les éléments appartenant au
en Chaldée vers 1850 av. J.-C., selon la tradition, et celui Temple et les objets utilisés pendant les cérémonies du
des Hébreux d’Égypte vers le XIIIe siècle av. J.-C., toujours culte.
selon la tradition. Dans ce second épisode, Moïse reçut la
Révélation sur le mont Sinaï. L’histoire, les croyances, les  Activité 2
lois et les pratiques du judaïsme sont contenues dans la le christianisme
Bible hébraïque comprenant 24 livres. C’est dans le milieu juif traversé par les attentes messia-
> Documents 1 et 2 niques que Jésus de Nazareth (– 6 ou – 4 av. notre ère / 27
D’après la Bible, Dieu se révèle à Moïse sur le mont Sinaï ou 30 de notre ère) prêche une nouvelle religion mono-
et lui dicte les Tables de la Loi qui contiennent les Dix théiste fondée sur la croyance en un dieu unique et en
Commandements. Ce sont les exigences de Dieu au peuple l’immortalité de l’âme et commandant aux hommes de
hébreu, peuple qu’Il a choisi. Les Tables de la Loi sont s’aimer les uns les autres. Il meurt, selon la tradition, à
déposées dans l’Arche d’alliance. l’âge de 33 ans crucifié sur une croix.
Salomon (Xe siècle av. J.-C.) fait édifier un temple à Le christianisme, d’abord simple secte juive, ajoute d’autres
Jérusalem où il fait déposer l’Arche d’alliance. Le Temple textes à la Bible hébraïque qui devient Ancien Testament
symbolise la demeure de Dieu ; c’est le seul endroit où (ou Ancienne Alliance). Elle y adjoint les 4 Évangiles, les
peuvent se faire les sacrifices. Il comprend deux salles. La Actes des Apôtres, les Épîtres, l’Apocalypse, soit 27 livres
première, le Saint, contient un autel des parfums, une appelés Nouveau Testament. Ancien et Nouveau Testaments
table des offrandes ; seuls les prêtres peuvent y pénétrer. forment la Bible chrétienne.
La seconde, ou Saint des Saints, contient l’Arche d’alliance À la fin du Ier siècle de notre ère, le christianisme est
et le chandelier à sept branches. Elle est séparée du Saint présent en Asie Mineure, dans les villes touchées par le
par un rideau et seul le grand prêtre peut y pénétrer. grand commerce et par les apôtres.

57
> Documents 3 et 4 : le Bon Pasteur Exemples de questions à poser aux élèves :
Les plus anciennes représentations chrétiennes ont été – Pourquoi cette peinture a-t-elle été faite dans les
retrouvées, notamment, dans les catacombes. On y trouve catacombes ? (Parce que c’était un lieu de réunion : les
des symboles religieux comme la croix ou le poisson représen- chrétiens ne pouvaient pas se réunir ailleurs du fait de
tant Jésus, des scènes de l’Évangile. Ici, Jésus est représenté l’interdiction pesant sur leur culte.)
en Bon Pasteur, celui qui donne sa vie pour ses brebis. – Que représente la brebis ?

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Le judaïsme est le premier monothéisme de l’histoire. un nouveau monothéisme fondé sur l’amour entre les
Au Ier siècle de notre ère, Jésus de Nazareth a prêché hommes.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : présenter, en quelques lignes, le polythéisme • Arts plastiques : réaliser un dessin ou une peinture présen-
et le monothéisme en utilisant les mots de la leçon. tant des objets symboliques du judaïsme ou du christianisme.

POUR ALLER PLUS LOIN


 La Bible hébraïque  La Bible chrétienne
La Bible hébraïque (texte hébreu et araméen) comprend La Bible chrétienne se compose de l’Ancien Testament et
trois parties : du Nouveau Testament.
> La Torah (5 livres) > L’Ancien Testament
La Torah ou Loi est le fondement de la foi et de la vie Il est formé de la Bible hébraïque à laquelle s’ajoutent des
religieuse des juifs. textes écrits directement en grec et non retenus par la
– La Genèse raconte la Création du monde, l’histoire des Bible hébraïque.
patriarches, la descente en Égypte. > Le Nouveau Testament
– L’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome Il comprend :
rapportent l’histoire, les pratiques sociales et cultuelles – Les quatre Évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean.
des juifs, le contenu de la Loi. Textes fondateurs du christianisme, les Évangiles sont des
témoignages sur Jésus, son enseignement et sa vie.
> Les Prophètes (8 livres)
– Les Actes des Apôtres (écrits par Luc). Ils racontent les
Cette partie comprend des livres à caractère historique et
actions des Apôtres entre 30 et 60 ap. J.-C.
moral et des livres prophétiques concernant les agisse-
– Les Épîtres, soit 21 lettres de conseils écrites ou attri-
ments des prophètes. Ceux-ci interviennent auprès des
buées à Paul (14), Pierre (2), Jean (3), Jacques (1), Jude (1)
rois pour les maintenir dans la religion ; ils veillent à la
aux premières communautés chrétiennes.
cohésion et à la foi du peuple juif.
– L’Apocalypse de Jean, texte dédié aux églises d’Asie et
> Les Écrits de sagesse (11 livres)
vision de la fin du monde.
Ce sont des livres historiques, hagiographiques, des chro-
niques, des poèmes et des livres de prières.

58
L’Antiquité
30 La diffusion du christianisme PAGES 66-67
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le christianisme commence par être une religion souterraine, qui se répand en dépit des interdictions,
voire des persécutions qui commencent très tôt (en 64 de notre ère, Néron fait retomber
la responsabilité du grand incendie de Rome sur les chrétiens et les fait mettre à mort).
Le christianisme coexiste longtemps avec les autres religions. Le sujet sera approfondi au collège, mais
il est indispensable que les élèves aient une première information, ne serait-ce que pour comprendre
les périodes suivantes et appréhender diverses formes d’expression artistique.
 Objectifs
• Connaître les étapes de l’expansion du christianisme.
• Connaître certaines caractéristiques de la religion chrétienne.
 Notions et concepts
Églises locales – évêque – diacre – prêtre – persécutions – autorisation du christianisme –
le christianisme seule religion de l’Empire.
 Cahier d’exercices
« La diffusion du christianisme » : voir p. 38.

DÉROULEMENT
 Activité 1 droit commun puisqu’ils refusent de sacrifier aux dieux
les rites chrétiens romains. La religion chrétienne est considérée dans la
> Document 1 : un baptistère en Tunisie population comme faisant obstacle à la puissance de
Deux rites principaux caractérisent l’Église des premiers Rome, comme permettant des crimes divers (infanticide,
temps : le baptême et l’eucharistie. homicide, cannibalisme rituel) et étant à l’origine des
Le baptême rappelle le baptême de Jésus par Jean-Baptiste calamités naturelles. En période de guerre, le refus de
dans le Jourdain. Il marque l’entrée dans la religion sacrifier peut être considéré comme un manque de
chrétienne et le pardon des fautes commises. Dans les loyalisme.
premiers siècles, ce baptême se fait par immersion dans > Documents 2 et 3
une cuve baptismale, comme celle qui est montrée Ces deux documents illustrent la vie des chrétiens à l’époque
ici et qui date du VIe siècle, donc deux siècles après où leur religion était interdite. Le texte de Pline le Jeune
l’autorisation de la religion chrétienne. On y aperçoit précise la raison des persécutions aux yeux des responsables
des signes utilisés par le christianisme : l’alpha et romains. Le document 3 montre un des lieux où se réunis-
l’oméga (Jésus est commencement et fin de toutes saient les chrétiens pour pratiquer leurs rites à l’écart.
choses), la croix et la lettre représentant le mot grec
Exemples d’activités à proposer aux élèves :
christos.
– Imagine que tu es un fonctionnaire romain. Expose les
L’eucharistie rappelle le dernier repas de Jésus avec ses
raisons pour lesquelles tu devrais arrêter les chrétiens.
disciples. Après un certain nombre de prières, les fidèles se
– Imagine que tu es un chrétien des trois premiers siècles
partagent le pain et le vin représentant la chair et le sang
de notre ère. Raconte tes pratiques religieuses et tes
de Jésus qui s’offre en sacrifice.
difficultés à vivre une religion interdite.
Exemples de questions à poser aux élèves :
– Quelles sont les pratiques religieuses des premiers
chrétiens ?  Activité 3
– Quelle est leur signification ? le christianisme s’impose
– Ce baptistère est-il une source de l’histoire ? Pourquoi ? La nouvelle religion n’est autorisée officiellement que par
l’édit de Milan de 313. C’est alors qu’elle peut s’installer et
 Activité 2 que les édifices religieux peuvent se construire au grand
les persécutions jour. En Gaule, le christianisme progresse lentement et
Il faut nuancer la notion de persécution généralement s’impose avec l’autorisation du culte, en 313. En 380, il est
admise. Dans les deux premiers siècles de notre ère, les confirmé comme religion d’État et, en 391, les autres cultes
chrétiens sont essentiellement poursuivis pour crime de sont interdits. À la fin du IVe siècle de notre ère, le christia-

59
nisme est non seulement présent dans tout l’Empire mais scopaux assemblent la cathédrale, le baptistère, le logement
même au-delà (Arménie…). de l’évêque et des clercs, parfois un hôpital comme à Arles.
> Documents 4 à 6 Exemple de question à poser aux élèves :
Une fois leur religion autorisée, les chrétiens se signalent dans – Pourquoi les chrétiens ne pouvaient-ils pas construire
l’espace en construisant des églises. Au Ve siècle, les construc- d’églises avant le IVe siècle ?
tions se multiplient, notamment en Gaule, et les groupes épi-

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Pendant les trois premiers siècles de notre ère, les chré- parfois persécutés. L’empereur Constantin, converti au
tiens ne purent pratiquer librement leur religion et furent christianisme, autorisa cette religion en 313.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : décrire les pratiques religieuses des chrétiens • Arts plastiques : réaliser un dessin, une peinture ou une
dans les catacombes. maquette d’église ; réaliser une mosaïque peinte.

POUR ALLER PLUS LOIN


 La naissance et le développement – L’Histoire n° 186, « L’historien, Jésus et les Évangiles »,
du christianisme : bibliographie entretien avec M. Tardieu, mars 1995.
> Documentation
– Le Monde des religions, hors série n° 2, « Les trois mono-
– Les Débuts du christianisme, CNDP, 1978 (12 diapos plus théismes : judaïsme, christianisme, islam », janvier 2004.
un livret de 36 pages). – Notre Histoire n° 131, dossier « Les chrétiens aux lions »,
– N. Gauthier, « Premiers siècles chrétiens », in Documen- mars 1996.
tation photographique n° 7028, avril 1995. – Notre Histoire n° double 204-205, « Le Jésus des histo-
– R. Nouailhat, La Genèse du christianisme de Jérusalem riens et des artistes », novembre-décembre 2002.
à Chalcédoine, CRDP Besançon, 1991. > Ouvrages
– TDC n° 222, Les Débuts du christianisme, 1979. – Gérard Bessière, Jésus , le dieu inattendu, « Découvertes
– TDC n° 507, Le Christianisme primitif, 1989. Gallimard » n° 170, décembre 1994.
– Okapi, « Les grandes religions dans le monde », avril 1988. – Pierre-Marie Beaude, Premiers Martyrs, Premiers Chrétiens,
– Okapi, « Paul : un aventurier de Dieu », décembre 1988. « Découvertes Gallimard » n° 189, novembre 1993.
– Okapi, « Qui était Jésus ? », décembre 1989. – Dictionnaire culturel du christianisme, Éditions du Cerf /
– Okapi, « Jésus : un homme rebelle », décembre 1993. Nathan, 1994.
> Articles de revues – Dictionnaire encyclopédique du christianisme ancien,
– L’Archéologue n° 57, « Premiers chrétiens en Gaule », Éditions du Cerf, 1990.
décembre 2001-janvier 2002. – N. Duval, Naissance des arts chrétiens, Imprimerie
– Historiens et Géographes n° 341, dossier d’histoire nationale, 1991.
religieuse, octobre 1993. – Ch. et L. Pietri, « Naissance d’une chrétienté (250- 430) »,
– L’Histoire n° 157, « Le Christ règne en Méditerranée » de tome II de L’Histoire du christianisme des origines à nos
P. Chuvin, août 1992. jours, Paris, 1995.
– L’Histoire n° 161, « Les manuscrits de la mer Morte » de – P. Prigent, L’Art des premiers chrétiens, Desclée de
M. Hadas-Lebel, décembre 1995. Brouwer, 1995.
– L’Histoire n° 181, « La persécution des premiers chré- – M. Simon, Les Premiers Chrétiens, « Que sais-je », n° 511,
tiens » de A. Rousselle, octobre 1994. PUF.

60
L’Antiquité
31 De l’Empire romain aux royaumes barbares PAGES 68-69
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


À partir du IVe siècle, des peuples venus de l’Est, notamment les Francs et les Wisigoths, s’installent
dans l’Empire romain d’Occident qui s’effondre définitivement vers la fin du Ve siècle. Sur ces ruines
s’établissent des royaumes fondés par des peuples germaniques.
 Objectifs
• Connaître la période des invasions (ou migrations) barbares.
• Lire et commenter une carte légendée.
 Notions et concepts
Peuples barbares – ville fortifiée – Empire romain d’Orient – Empire romain d’Occident – invasions et
migrations barbares – royaumes barbares.
 Cahier d’exercices
« De l’Empire romain aux royaumes barbares » : voir p. 39.

DÉROULEMENT
Dès le IIIe siècle, certains peuples barbares installés à l’est  Activité 2
du Danube font des incursions dans l’Empire romain pour
les invasions
en piller les richesses. Rome prend alors des mesures de
On appelle « Grandes Invasions », mais aussi « Grandes
protection : construction de murailles autour des villes,
Migrations », les migrations de peuples barbares, en majorité
renforcement du limes (ligne défensive naturelle ou fortifiée)
germaniques, qui, bousculés par les Huns, commencent à
qui protège les frontières. L’Empire est divisé en deux afin
entrer dans l’Empire vers 375. Les plus importants de ces peu-
de mieux faire face aux difficultés : la partie orientale a pour
ples sont les Goths, les Burgondes, les Vandales, les Saxons et
capitale Constantinople (fondée en 330 par l’empereur
les Francs. En 406, des peuples germaniques (les Vandales)
Constantin) et la partie occidentale a pour capitale Rome,
traversent le Danube gelé, envahissent la Gaule, passent en
mais aussi Milan, Ravenne ou Trèves. En 395, la séparation
Espagne et en Afrique, et y fondent des royaumes. Suivront
des deux parties de l’Empire devient définitive.
d’autres vagues menées par d’autres peuples. En 476, le dernier
 Activité 1 empereur romain d’Occident est déposé par un barbare.
la crise de l’Empire Aux Ve et VIe siècles, des peuples barbares installent des
royaumes sur les débris des pouvoirs précédents : les
> Document 1 : la Porte noire de Trèves
Anglo-Saxons en Bretagne, les Francs et les Burgondes en
Au IIIe siècle, avec les incursions de peuples barbares et les
Gaule, les Wisigoths en Espagne et en Afrique du Nord, les
luttes entre généraux romains, l’insécurité s’installe dans
Ostrogoths en Italie.
l’Empire. Les villes sont alors amenées à construire ou à utiliser
des murailles et des portes fortifiées comme la Porte noire de > Document 2 : carte des invasions barbares à la
Trèves, ville parmi les plus peuplées de l’Empire. Très peu de fin du IVe siècle
villes ont été fortifiées avant le IIIe siècle : la ville ouverte était La carte montre clairement la direction des invasions
un signe ostensible de la Paix romaine, mais certaines barbares : de l’est vers l’ouest et le sud. Vers 375, les Huns,
villes prestigieuses ont eu le droit d’édifier des murailles. venus d’Asie centrale, ont poussé avec leur cavalerie
La Porte noire faisait partie de l’enceinte de 6,5 km redoutable les peuples barbares vers l’Empire. En 406,
construite dès le IIe siècle et comportant des portes et des c’est encore la peur des Huns qui pousse les Barbares dans
tours. C’est une construction de 30 m de haut, de 32 m de l’Empire dont ils ne sortiront plus. Violences et destruc-
long et de 22 m de profondeur. Les blocs étaient en grès tions, rapports difficiles entre Romains et Barbares qui
taillé, assemblés sans mortier et reliés par des fers scellés s’installent sont la marque de l’époque avec cependant, à
de plomb. Elle ne disposait pas de fenêtres en rez-de- terme, une collaboration qui s’ébauche.
chaussée et devait être défendue par une herse. Exemples de questions à poser aux élèves :
Exemples de questions à poser aux élèves : – Cette carte est-elle une source de l’histoire ? Pourquoi ?
– Cette porte est-elle une source de l’histoire ? Pourquoi ? – Retrouve sur la carte l’Empire romain d’Orient, l’Empire
– Fais une liste des différents éléments qui font de cette romain d’Occident et leurs capitales. Suis le chemin pris
porte un vrai poste de défense. par les Vandales. Qu’en penses-tu ?

61
> Document 3 : après l’invasion de 406-407
 Activité 3
Les invasions ont alterné les périodes de destruction, la Gaule à la fin du V
e
siècle
notamment lors des incursions, et d’installation plus paci- > Document 4 : carte des royaumes barbares en Gaule
fique. Mais les populations romanisées ont souffert de ces La carte représente les royaumes barbares en Gaule à la fin
installations, d’abord du fait des violences puis de l’obliga- du Ve siècle. En 486 a lieu la défaite de Syagrius, général
tion qui leur a été faite de céder une partie de leurs biens romain, devant Clovis à Soissons.
aux nouveaux arrivants. Exemples de questions à poser aux élèves :
Exemple d’activité à proposer aux élèves : – Quels sont les principaux peuples installés en Gaule ?
– Lis le texte du document 3 et recherche les conséquences – Lequel de ces peuples va avoir un grand avenir ? Tu peux
des invasions pour les peuples des Gaules. vérifier sur la carte de la page 70 de ton livre (doc. 1).

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
L’Empire romain, en crise depuis le IIIe siècle, s’effondre biens ou une partie d’entre eux aux nouveaux arrivants.
finalement devant l’entrée des peuples barbares. Les peuples La Gaule voit s’installer plusieurs royaumes barbares sur
autochtones, terrorisés, doivent parfois abandonner leurs son territoire.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : expliquer en quelques lignes la fin de l’Empire • Arts plastiques : dessiner l’armement d’un Barbare.
romain d’Occident.

POUR ALLER PLUS LOIN


 De la ville ouverte à la ville fortifiée années 270 et suivantes. Mais la qualité et l’importance des
> La ville du Haut-Empire constructions dont certaines sont encore bien visibles font
Aux Ier et IIe siècles de notre ère, période de la Paix romaine, plutôt penser à un travail soigné et lent. On parle
les villes romaines sont ouvertes, c’est-à-dire dénuées de aujourd’hui d’une période de construction allant de 270 à
remparts. Moins d’une vingtaine de villes ont reçu de 370, la plupart des enceintes datant du IVe siècle (voir
Rome l’autorisation de construire des murailles. Parmi Voyage en Gaule romaine de Gérard Coulon et Jean-
elles, on compte les villes d’Arles, de Trèves, d’Orange, de Claude Golvin, Actes Sud / Errances).
Tongres, de Vienne, etc.
Les villes fortifiées du Haut-Empire sont, en moyenne, plus Les murailles sont faites de pierres ou de briques, avec des
étendues en superficie qu’à la période suivante : 136 hec- remplois en pierre de monuments publics et de nécropoles
tares pour Tongres, 40 pour Arles. au niveau des fondations. Elles entourent une superficie
> La ville du Bas-Empire réduite par rapport à la période précédente : 20 hectares
De nouvelles villes s’entourent de fortifications au Bas- sont enclos à Amiens alors que la ville du IIe siècle en faisait
Empire. On a longtemps pensé que ces constructions 160. Cela correspond à une défense des seuls éléments
s’étaient faites à la hâte après les premières invasions des stratégiques.

62
Le Moyen Âge
32 Clovis et le royaume franc PAGES 70-71
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Ce chapitre a pour objectif de présenter la personne de Clovis, son pouvoir sur la Gaule et la royauté
mérovingienne. Cette période est décisive dans notre passé national : la langue des Francs, à côté
du latin, est une composante majeure du français.
Point fort : présentation de Clovis, personnage historique qui doit faire l’objet d’une étude attentive.
 Objectifs
• Identifier et caractériser le personnage de Clovis.
• Connaître les causes de la faiblesse du pouvoir des Mérovingiens.
• Utiliser des documents propres à la méthode de l’histoire.
 Notions et concepts
Clovis – Francs – Mérovingiens – maire du palais – royauté.
 Cahier d’exercices
« Clovis et le royaume franc » : voir p. 40.

DÉROULEMENT
Devenu roi des Francs en 481, Clovis, en l’espace d’une
Clovis de se donner un pouvoir supérieur, indépendant de
vingtaine d’années, a conquis un très grand territoire. Il
la volonté de ses compagnons d’armes.
défait le général Syagrius, dernier représentant de Rome,
Exemples de questions à poser aux élèves :
en 486, puis il récupère et redistribue les terres conquises.
– Le royaume de Clovis est-il plus étendu que celui de ses
Il est ensuite vainqueur des Alamans, des Burgondes et des
prédécesseurs (doc. 1) ?
Wisigoths. Sa conversion au christianisme (en 496 ?), à l’ins-
tigation de sa femme Clotilde, lui attire les bienveillances – Explique l’importance du baptême de Clovis (doc. 2).
de l’Église et de l’aristocratie gallo-romaine. Il est reconnu – Dans le document 3, pourquoi le soldat ne veut-il pas
aussi bien par les Germains que par les Romains et reçoit que Clovis prenne le vase qu’il réclame ?
une ambassade venue de Constantinople. On peut dire
qu’il est devenu la seule référence politique en Gaule.  Activité 2
le déclin des Mérovingiens
 Activité 1 Dans le courant du VIe siècle, les héritiers mérovingiens de
Clovis, roi des Francs Clovis – la dynastie mérovingienne tire son nom de
> Documents 1 à 3 Mérovée, ancêtre de Clovis – se partagent le territoire
La carte du royaume de Clovis en 511 (doc. 1) peut être selon la coutume franque. Par conséquent, leur pouvoir
mise en parallèle avec celle des différents royaumes barbares diminue régulièrement avec les successions. Parallèle-
en Gaule à la fin du Ve siècle de la page précédente ment, celui de l’aristocratie augmente, en particulier celui
(doc. 4). des maires du palais, fonctionnaires de la Cour, qui exer-
Clovis est un personnage dont on connaît mal l’existence. Le cent un pouvoir de plus en plus total. En 751, l’un d’entre
détail de la plaque d’ivoire (doc. 2) repris ici montre le bap- eux, Pépin le Bref, détrône le dernier Mérovingien.
tême de Clovis qui est plongé dans la cuve baptismale. > Document 4 : Childéric, dernier roi mérovingien
L’épisode reprend la tradition qui veut que Remi, baptisant Les derniers rois mérovingiens ont été appelés « rois
le roi, se soit rendu compte que le saint chrême, huile utili- fainéants ». Cette expression souligne en fait qu’ils avaient
sée pour donner le sacrement, manquait. C’est alors que la de moins en moins l’occasion d’agir en rois, les maires du
colombe aurait apporté une ampoule de chrême dans son palais les ayant remplacés dans leur charge.
bec : c’est le miracle de la Sainte Ampoule. L’Église se rallie Le déclin des rois commence avec l’absence de victoires qui
à Clovis après ce baptême, ce qui est un net avantage dans supprime les tributs et les butins. Les donations provoquent
une époque troublée où seule cette dernière a de l’influence. des pertes de rentrées fiscales, l’argent des impôts ne rentre pas
Les écrits de Grégoire de Tours (environ 538-594) comp- par incapacité ou par détournement. Parallèlement, les maires
tent parmi les sources les plus anciennes à propos de du palais cessent d’être de simples intendants. Ils prennent
Clovis. L’Histoire des Francs, dont il est l’auteur, est une progressivement le pouvoir, agréent les évêques, nomment
hagiographie, mais elle permet de mesurer la volonté de les comtes et les ducs, dirigent la diplomatie et décident de

63
la guerre et de la paix. Mais le prestige de la royauté est tel Exemple de question à poser aux élèves :
qu’il faut attendre une longue période allant de 639 (mort – Pourquoi a-t-on pu dire que les derniers Mérovingiens
de Dagobert) à 751 pour qu’ils prennent le pouvoir. étaient des rois fainéants ?

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Clovis s’est imposé en Gaule par ses victoires. Il a su s’attirer faisant baptiser. Ses descendants perdent progressivement
l’amitié de l’Église et de l’aristocratie mérovingienne en se le pouvoir au profit des maires du palais.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : décrire le baptême de Clovis en quelques • Recherche : l’art à l’époque mérovingienne.
phrases.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Le baptême de Clovis Le baptême de Clovis est à l’origine de l’autorité de la
Clovis réalisa l’unité politique des Francs et l’unité reli- dynastie mérovingienne et fut rapidement considéré
gieuse par l’éradication de l’hérésie arienne. Ces résultats comme l’origine de la royauté sacrée puisque les rois se
furent rendus possibles notamment grâce à l’alliance du faisaient sacrer à Reims. Les rois se rattachèrent à Clovis
chef franc avec l’Église qui fut scellée par le baptême de pour bénéficier de la filiation du fondateur de la royauté.
Clovis1. La cérémonie eut lieu en 498 ou 499 plutôt qu’en C’est ainsi que le prénom de Louis, dérivé de Clovis, fut
496, date traditionnelle. Des fouilles archéologiques donné à de nombreux rois, le dernier étant Louis XVIII
récentes ont permis de retrouver le site baptismal sous (1815-1824).
l’église gothique actuelle, Notre-Dame. Le baptême de Clovis prit rang parmi les mythes fonda-
Clovis mit longtemps à se convertir par peur des réactions teurs de la France. Citons comme autres mythes la
de ses soldats, païens comme lui. Grégoire de Tours (538- conquête romaine et la conquête franque, le règne de
594), qui écrit après les faits, rapporte dans son Histoire Charlemagne et, plus tard, le 14 juillet et la bataille de
des Francs que Clovis se décida lors de la bataille de Valmy.
Tolbiac. Craignant la défaite, il en appela au « Dieu de Aux XIXe et XXe siècles, les commémorations du baptême de
Clotilde », sa femme chrétienne qui le pressait de se Clovis relancèrent les débats sur les liens de l’Église et de
convertir, et tint parole. l’État.

1. G. COMET et G. DERMENJIAN (Dir.), Le Fil de l’histoire de France, CD-Rom Écoles et Savoirs / CRDP Aix-Marseille.

64
Le Moyen Âge
33 L’islam et les conquêtes arabes PAGES 72-73
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Ce chapitre a pour objectif de faire découvrir aux élèves l’islam, troisième monothéisme de l’histoire.
L’islam est né au VIIe siècle dans la péninsule Arabique qui est, à cette époque, peuplée de tribus
commerçantes sédentaires ou semi-nomades de religion animiste, chrétienne ou juive. L’islam crée
une nouvelle et brillante civilisation dominant le sud de la Méditerranée.
 Objectifs
• Identifier et connaître Mahomet et l’islam.
• Connaître les conquêtes de l’islam.
• Utiliser des documents propres à la méthode historique.
 Notions et concepts
Mahomet – islam – La Mecque – les cinq piliers de l’islam – conquêtes – bataille de Poitiers –
art islamique – mosquée.
 Cahier d’exercices
« L’islam et les conquêtes arabes » : voir p. 41.

DÉROULEMENT
Mahomet, marié à une riche commerçante, Khadidja, textiles et l’enluminure. La calligraphie, superbe, joue
commence à prêcher vers l’âge de quarante ans. Selon toujours un grand rôle.
l’islam, Mahomet a transmis aux hommes le message de Exemples de questions à poser aux élèves :
Dieu. Le Coran, fixé à une date controversée, est la trans-
– Observe les deux documents. Pourquoi la page du Coran
cription en langue arabe de cette révélation. Il contient
ne possède-t-elle pas de représentation humaine ? Pour-
la profession de foi des musulmans, leurs obligations
quoi le second document, au contraire, en présente-t-il ?
religieuses et leurs règles de vie quotidiennes.
Les progrès de cette nouvelle religion sont fulgurants, tant
 Activité 2
du fait des conquêtes militaires et des divisions des peuples
conquis que du contenu même du message religieux.
le monde musulman
En deux siècles, l’islam se répand de la péninsule Ibérique
aux VIIIe et IXe siècles
à l’Indus, les pays convertis acceptant un pouvoir, une > Document 3 : carte du monde musulman aux VIIIe
administration et une armée musulmans, les juifs et les et IXe siècles
chrétiens payant un impôt spécial. On pourra faire observer à nouveau aux élèves l’étendue et
 Activité 1 la rapidité des conquêtes et la création d’un espace de civi-
lisation cohérent et original. C’est en territoire musulman
l’art islamique que sont réunies les capitales les plus brillantes de
> Documents 1 et 2 l’époque tant au point de vue économique que culturel :
Damas, Bagdad et Cordoue.
L’art islamique fut, dans le premier siècle de son existence,
Exemples de questions à poser aux élèves :
assez lent à se dégager des influences des époques précé-
– Cherche sur un atlas quel est le nom actuel porté par les
dentes et à créer son répertoire personnel. Toutefois, c’est
pays convertis à l’islam entre le VIIe et le IXe siècle.
dans l’art que les pays musulmans, si divers et si éloignés
dans l’espace, trouvèrent une cohésion. La référence à la – Parmi les villes importantes de l’islam, on compte Médine
religion est constante, elle domine l’esthétique comme et La Mecque. Cherche pourquoi dans une encyclopédie.
l’histoire musulmanes. – Cherche la ville de Kairouan sur la carte. Dans quel pays
est-elle située aujourd’hui ?
Le refus de la représentation figurée fut vite adopté dans le
domaine religieux, moins dans le domaine profane comme – Cherche dans une encyclopédie pourquoi c’est une ville
on peut le voir sur les deux documents qui, toutefois, importante pour l’islam.
sont bien postérieurs au VIIe siècle. Les arts qui sont le – Cherche la ville de Cordoue sur la carte. Dans quel pays
mieux mis en valeur sont la céramique, le bois, les tapis, les est-elle située aujourd’hui ?

65
ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
L’islam est fondé au VIIe siècle par Mahomet. Son livre saint L’islam se répand rapidement de l’Atlantique à l’Indus.
est le Coran.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Arts plastiques : les arts du dessin et la calligraphie chez • Recherche : le tapis et l’enluminure dans l’art musulman.
les musulmans.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les éléments de civilisation urbaine Deux éléments structurent la ville musulmane :
musulmane – La grande mosquée où se réunissent les fidèles pour la
> Les villes musulmanes prière du vendredi et pour entendre le sermon de l’imam.
En dehors des temps de prière, la mosquée sert à de nom-
Les villes sont le lieu où se déroule la civilisation musul-
breux usages politiques, sociaux et culturels.
mane dans toute son ampleur. Elles sont parmi les plus
Chaque mosquée comprend des éléments essentiels dont
peuplées de l’époque : Bagdad atteint 1,5 million d’habi-
une fontaine pour les ablutions et une salle de prière avec
tants vers l’an mil.
le mihrab, niche qui indique la direction de La Mecque, et
La ville est un centre politique, administratif, économique le minbar, qui est une chaire où se tient l’imam.
et culturel de première importance. On prendra connais- – Le marché où les commerçants et les artisans sont
sance de l’atmosphère des villes musulmanes par la lecture regroupés par métier sous des rues couvertes. Les villes
de contes et de récits comme Les Contes des mille et une sont le lieu où se font les échanges ; les caravanes de
nuits, mentionnés pour la première fois au Xe siècle et qui commerçants et les voyageurs y affluent. Pour les loger, des
sont probablement un recueil de contes populaires. caravansérails sont installés aux limites de la ville.

66
Le Moyen Âge
34 Charlemagne et les Carolingiens PAGES 74-75
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


L’arrêt momentané des invasions permet, aux VIIIe et IXe siècles, une réorganisation de la société
franque. La période est caractérisée par un affaiblissement du pouvoir central, une atonie
de l’économie et un pouvoir grandissant des campagnes.
Point fort : le personnage de Charlemagne, central dans l’histoire nationale, doit donner lieu à un récit évocateur.
 Objectifs
• Connaître le personnage de Charlemagne et son Empire.
• Confronter des documents propres à la méthode de l’histoire.
 Notions et concepts
Charlemagne – Empire carolingien – comte – missi dominici – déclin de l’Empire carolingien.
 Cahier d’exercices
« Charlemagne et les Carolingiens » : voir p. 42.

DÉROULEMENT
Au cours de ses conquêtes, Charlemagne, né en 742, roi – Comment Charlemagne a-t-il pu agrandir autant le
des Francs en 768 et empereur en 800, regroupe à son profit royaume ? (Par les guerres.)
les terres franques, le monde saxon et le royaume lom- – Comment espérait-il maintenir son Empire sous ses ordres ?
bard. Son couronnement par le pape en 800 fait de lui le
restaurateur de l’Empire d’Occident. Comme ses prédé-  Activité 2
cesseurs, Charlemagne s’est appuyé sur l’Église pour Charlemagne et le pouvoir
asseoir son pouvoir. > Documents 2 et 3
L’empereur a restauré la notion d’empire. Il s’est imposé
 Activité 1 par la guerre.
l’Empire carolingien Exemples de questions à poser aux élèves :
– Quelle impression cette statuette donne-t-elle de l’empe-
> Document 1 : carte de l’Empire de Charlemagne
reur (doc. 2) ?
en 814
– Comment a-t-on voulu montrer le sérieux et la grandeur
Charlemagne a rassemblé pratiquement toute l’Europe de sa charge ?
occidentale. À sa mort, seuls lui échappent la Bretagne, les – Quelle impression donne ce trône (doc. 3) ? Est-ce volon-
royaumes anglo-saxons et l’Espagne. Il essaya de donner taire ? Pourquoi ?
une cohérence à son Empire, bien vaste et bien divers.
Installé le plus souvent à Aix-la-Chapelle après 800, il déve-
 Activité 3
loppa le système des comtes qui étaient ses représentants
Charlemagne et la culture
permanents dans les régions éloignées. Les comtes rele-
> Document 4 : les études de Charlemagne
vaient les amendes et les taxes, commandaient les armées
Charlemagne a voulu encourager la culture. Il ressentait
locales et occupaient les fonctions de juge dans leurs comtés.
lui-même le besoin d’apprendre, même s’il n’y parvint pas
Aux frontières, les ducs ou marquis commandaient les
réellement. Il avait réuni autour de lui à Aix-la-Chapelle des
marches de l’Empire. Dans les villes, les évêques jouaient
savants de toutes disciplines. Il fit ouvrir une école dans
le rôle des comtes.
son palais dirigée par un homme prestigieux : Alcuin. Il fit
Pour contenir les forces de désagrégation de l’Empire, ouvrir des écoles dans les monastères et les cathédrales. Il
Charlemagne faisait surveiller les comtes par des missi permit le développement des arts et d’une écriture
dominici, imposait le serment de fidélité à tous les belle et simple : la minuscule caroline. On a pu parler sous
hommes libres et faisait des donations pour s’attirer les son règne et celui de son fils de « renaissance carolin-
faveurs de l’Église. gienne ».
Exemples de questions à poser aux élèves : Exemple d’activité à proposer aux élèves :
– Observe l’Empire de Charlemagne et compare-le à celui – En t’aidant de la lecture du chapitre et des documents,
de Clovis (doc. 1, p. 70 de ton livre). Qu’en penses-tu ? écris un portrait de Charlemagne.

67
 Activité 4 à l’origine par le roi, sont peu à peu choisis dans les élites
l’Empire divisé locales. Leur charge tend à devenir héréditaire, les terres
Mais si Charlemagne a joué un rôle unificateur et centrali- qui leur étaient allouées pendant leur charge devenant
sateur, il ne faut pas oublier qu’il a été – comme les leur propriété.
Mérovingiens et ses successeurs encore plus que lui – aux > Document 5 : carte du partage de Verdun en 843
prises avec le délitement du pouvoir central. Peu après la
Exemple de question à poser aux élèves :
mort de Louis le Pieux (840), successeur de Charlemagne,
ses trois héritiers se partagent son royaume au traité de – Compare la carte du document 1, qui représente
Verdun en 843. Le pouvoir central s’affaiblit, parallèlement l’Empire en 814, et celle du document 5, qui le représente
les pouvoirs locaux se développent. Les comtes, nommés en 843. Que s’est-il passé ? Pourquoi ?

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Charlemagne a réuni un grand Empire qu’il a organisé de beaucoup développé la culture. Malgré ses efforts, son
façon cohérente avec les comtes et les missi dominici. Il a Empire ne lui survécut pas longtemps.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Arts plastiques : l’écriture au temps de Charlemagne. • Français : La Chanson de Roland.

POUR ALLER PLUS LOIN


 La renaissance carolingienne la lecture et à l’écriture et élevait donc le niveau culturel
Charlemagne voulait rénover la vie religieuse et liturgique des élites carolingiennes.
et mieux administrer son immense Empire. C’est pour- Charles réunit autour de lui de nombreux savants souvent
quoi il fut à l’origine du renouveau religieux, artistique venus de loin : Alcuin (environ 735-804), Anglo-Saxon
et littéraire qui porte le nom de « renaissance carolin- très cultivé et célèbre, Pierre de Pise (Italie), Théodulf
gienne ». (Wisigoth)... Ce groupe cultivait la littérature classique et
Charles encouragea la restauration de la discipline ecclé- cherchait à rénover la langue latine. Éginhard (environ
siastique et l’adoption de la règle bénédictine pour mettre 770-840), ami de Charlemagne, organisa la construction de
de l’ordre dans le clergé. L’architecture monastique (église, la cathédrale et du palais d’Aix-la-Chapelle. Il est resté
cloître, bâtiments de vie communautaire) progressa célèbre pour avoir écrit la Vie de Charlemagne.
partout. L’écriture régulière et très lisible appelée « la minuscule
De nombreuses écoles furent ouvertes auprès des églises caroline » fut mise au point dans les monastères (Tours).
et des monastères (Saint-Gall en Suisse, Saint-Martin à Elle facilita le travail des copistes.
Tours, Saint-Denis en France…). On y donnait surtout un Dans tous les domaines, l’art connut un renouveau : archi-
enseignement religieux qui permettait aussi d’avoir accès à tecture, peinture, sculpture, ivoire, orfèvrerie…

68
Le Moyen Âge
35 Je suis… un constructeur de châteaux forts PAGES 76-77
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


La construction des châteaux forts entre dans le cadre de l’insécurité qui se développe dans la seconde moitié
du IXe siècle, en lien avec le délitement du pouvoir central. Le roi ne pouvant plus assurer la sécurité
dans tout le royaume, les comtes prennent toute l’autonomie qu’ils peuvent et construisent leur château.
 Objectifs
• Identifier et connaître les châteaux forts. • Mettre en relation des documents d’histoire.
 Notions et concepts
Château à motte – broderie de la reine Mathilde dite aussi « Tapisserie de Bayeux » – seigneur.

DÉROULEMENT
Les comtes construisent d’abord leur château sous l’égide en bas de la motte (logement des militaires, éventuelle-
du roi, puis ils vont en devenir propriétaires, comme de ment du seigneur et de sa famille, greniers…).
leur fonction et de leurs terres. À un échelon inférieur, les
seigneurs construisent, eux aussi, leur château, signe de  Activité 2 : les châteaux en pierre
puissance et base de leur pouvoir militaire. Les premiers
> Document 4 : un château fort du XI
e
siècle
châteaux sont des constructions de bois entourées d’une
Les premiers châteaux en pierre apparaissent à l’extrême
palissade (chemise). Au XIe siècle, les seigneurs les plus
fin du Xe siècle (Ivry-la-Bataille…) mais, vu leur coût, ils
riches commencent à construire des châteaux en pierre.
sont réservés aux riches personnages. Les constructions se
 Activité 1 : le château à motte font encore le plus souvent sur la motte féodale, elles
comprennent une tour et une enceinte. Le château de
> Documents 1, 2 et 3
Gisors (Eure), qui a servi de modèle au dessin du docu-
Le texte du XIIe siècle (doc. 1) détaille les différentes opéra-
ment 4, est bâti sur une motte tronconique de 70 m de
tions de construction d’un château fort. Les élèves peuvent
diamètre (environ 220 m de périmètre) à la base et de
les suivre sur le document 3. Le document 2 montre le
30 m de hauteur. La première construction, vraisemblable-
château à motte de Dinan, assiégé par des ennemis.
ment de bois et entourée d’une palissade, est remplacée
La broderie de la reine Mathilde, appelée « Tapisserie de
dans le premier tiers du XIIe siècle par un donjon octogonal
Bayeux », a sans doute été exécutée par un atelier anglo-saxon
et une chemise polygonale crénelée.
à la demande du demi-frère de Guillaume le Conquérant.
Le donjon est à la fois le logement du seigneur, une forte-
Elle se déploie sur 60 m de long et sur environ 50 cm de haut.
resse, un refuge pour la population environnante et un
Les scènes centrales sont bordées en haut et en bas par deux
magasin de stockage des denrées alimentaires. Les fenêtres
frises décorées. La broderie raconte en 72 scènes la conquête
sont fermées par des toiles huilées et des volets de bois.
de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant (1064-1066).
Les meubles sont rares et peu confortables : coffres, tables,
Dans le document 2, on distingue la motte féodale, la tour
lits, bancs, tabourets…
de bois de quelques mètres de largeur (généralement 4 à
5 m), le pont-levis et l’escalier montant à la tour. Exemples de questions à poser aux élèves :
Exemple d’activité à proposer aux élèves : – À quoi sert la motte artificielle de terre ?
– Décris un château à motte en t’aidant des documents 1 – Dans quel château est-il préférable de vivre en cas
à 3. Explique à quoi pouvaient servir les maisons construites d’attaque ? Pourquoi ?

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Le château fort apparaît lorsque l’insécurité se développe bois et sont de petite taille. Ils sont remplacés aux XIe et
à la fin du IXe et au Xe siècle. Les premiers châteaux sont en XIIe siècles par des châteaux en pierre.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Arts plastiques : le château fort. • Français : romans du Moyen Âge (fabliaux et Roman de Renart).

69
Le Moyen Âge
36 Zoom sur… l’orfèvrerie mérovingienne PAGES 78-79
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Une première initiation des élèves à l’histoire des arts et notamment aux œuvres de référence du
patrimoine artistique doit leur permettre une approche sensible et raisonnée des œuvres d’art et une
première appréciation artistique.
 Objectifs
• Décrire et apprécier une œuvre d’art.
• Étudier des points particuliers d’une œuvre d’art : forme, matériaux, décoration.
 Notions et concepts
Orfèvrerie – métal précieux – abbaye.

DÉROULEMENT
Le style cloisonné s’est répandu en Occident à l’époque  Activité 2
des grandes invasions. Il est originaire de Perse et a pro-
gressé à partir du nord de la mer Noire et le long du
un coffret précieux
Danube. Le décor est formé de pierres ou de verres de > Document 1 :
couleur découpés et sertis dans des cloisons en métal pré- coffret de Teudéric (v. 650 ap. J.-C.)
cieux. L’orfèvrerie médiévale est de type religieux (sta- – Observation
tuettes, reliquaires, objets liturgiques tels que croix, • Composition. Les élèves commencent par observer le
ciboires, reliures de livres sacrés) ou profane (bijoux, poi- coffret en silence avant de confronter éventuellement
gnées ou fourreaux d’épées, boucles de ceintures, fibules). leurs idées avec leur voisin. Le travail est très délicat et
Les techniques de fabrication de l’orfèvrerie cloisonnée complexe : un liseré de métal précieux enchâsse des mor-
ont été mises en valeur par de récents travaux de labora- ceaux de pâte de verre (voir aussi p. 62), des perles et des
toire commandés par le Centre de recherches des musées pierres semi-précieuses. Le couvercle forme un toit à dou-
de France. On a utilisé des méthodes ne nécessitant aucun ble pente. Faire remarquer que le liseré, les pierres, les
prélèvement sur les objets. Elles ont fourni la composition perles et la pâte de verre suivent un schéma d’ensemble,
chimique et la structure des bijoux, et on a identifié des que les motifs se répondent ou au contraire alternent
grenats originaires de Ceylan (Sri Lanka) et d’Inde pour le symétriquement par rapport au camée, ce qui donne au
Ve et le VIe siècle et de Bohême (Tchéquie) pour le VIIe, à une coffret un équilibre non pesant.
époque où la route traditionnelle était coupée. La prove- • Couleurs. Faire relever l’assortiment des couleurs et
nance de l’or a pu être également déterminée. Les pâtes de mettre en valeur la présence du portrait en pâte de verre
verre, de deux sortes, comprennent du manganèse pour le blanche autour duquel s’organise le décor du devant du
rouge, du cobalt pour le bleu, du cuivre pour le vert. coffret.
Ces études ont donc permis non seulement de compren- – Analyse et interprétation
dre les techniques de l’art mais aussi les échanges avec le
Demander aux élèves leurs impressions face à cette
monde byzantin qui fournissait la plupart des matières pre-
œuvre d’art : trop chargée, superbe… et les raisons de leur
mières. Après la chute de l’Empire byzantin, les orfèvres se
choix.
sont fournis en gemmes en Bohême, mais les pierres
n’étaient ni assez abondantes ni d’assez bonne qualité et la
technique a été finalement abandonnée.
 Activité 3
 Activité 1 dessiner tout ou partie
découvrir une orfèvrerie du coffret
mérovingienne Les élèves seront invités à dessiner le coffret ou une
> Document 1 : coffret de Teudéric (v. 650 ap. J.-C.) partie de celui-ci : le médaillon central et son entourage
On demandera aux élèves d’identifier, en lisant la légende, d’or et de pâte de verre, une grosse perle et son entou-
l’œuvre, de la situer dans le temps et l’espace, d’en donner rage de petites perles, d’or, de pierres et de pâte de
les dimensions. verre…

70
ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
L’orfèvrerie mérovingienne, de grande qualité et très répu- perles. Les objets fabriqués étaient destinés à l’Église ou
tée, a produit de nombreux bijoux et objets précieux. Elle aux nobles.
utilisait l’or et l’argent, les pierres semi-précieuses et les

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Sciences : les huîtres perlières, les gisements de pierres précieuses, le travail de l’or.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Un grand orfèvre, saint Éloi fait, il fabriqua deux sièges au lieu d’un. Son honnêteté
(vers 588-659)
lui valut d’être choisi par le roi pour devenir son contrô-
Saint Éloi reste à ce jour l’orfèvre le plus connu de France leur des mines et grand argentier. Puis Dagobert Ier en
grâce à la comptine qui le lie au roi Dagobert Ier (629-639). fit son trésorier et son homme de confiance, notamment
Il était né dans le Limousin dans une famille de proprié- en diplomatie. À la mort du roi, Éloi devint évêque de
taires de mines et de grands domaines agricoles et fit un Noyon.
apprentissage d’orfèvre et de monnayeur avant de partir Saint Éloi est resté célèbre pour avoir porté l’art de l’orfè-
pour Paris où il entra dans l’atelier d’un second orfèvre, vrerie de son époque à son apogée. Il fabriqua, en plus des
Bobbon. Celui-ci reçut du roi Clotaire II (613-662) la deux sièges d’or, des bas-reliefs pour les tombeaux de
commande d’un siège d’or rehaussé de pierres pré- sainte Geneviève et saint Denis, des châsses pour saint
cieuses qu’Éloi fabriqua. Alors qu’à l’époque les artistes Germain, saint Séverin, saint Martin et sainte Colombe, des
dérobaient fréquemment une partie des métaux précieux objets liturgiques pour l’abbaye de Saint-Denis. Plusieurs
qu’ils devaient travailler, Éloi ne vola rien du tout. De ce de ces objets étaient encore visibles en 1789.

71
Bibliographie d’histoire
 Ouvrage pour les pages-outils taire, Éléments d’une recherche, INRP « Didactique des
– C. LIPPINCOTT, L’Histoire du temps, Larousse, 2000. disciplines », 1995.
– M. CLARY, C. GENIN, Enseigner l’histoire à l’école ?, Istra,
 Ouvrages sur la Préhistoire coll. « Petite encyclopédie de la pédagogie », 1991.
– C. COHEN, La Femme des origines, Belin-Herscher, 2003. – D. COMELLI, Comment on enseigne l’Histoire à nos
– C. COHEN, L’Homme des origines, Éditions du Seuil, 1999. enfants, Atalante, 2001.
– J.-C. CAUVIN, « Naissance des divinités, naissance de
– M.-L. et P. COLL, L’Enseignement de l’histoire aux cycles
l’agriculture », La Révolution des symboles au
des apprentissages fondamentaux et approfondisse-
Néolithique, Flammarion, 1998.
ments, A. Colin, coll. « Collection pratique », 1993.
– A. LEROI-GOURHAN, Dictionnaire de la Préhistoire, PUF,
1994. – A. DALONGEVILLE, Enseigner l’histoire à l’école, Hachette
– F. HURS, Les Civilisations du Paléolithique, « Que sais-je ? », Education, coll. « Pédagogies pour demain, Didactiques.
1987. Cycle III », 1995.
– C. LOUBOUTIN, Les Premiers Paysans du monde, – A. DALONGEVILLE, Situations-Problèmes pour enseigner
« Découvertes Gallimard », Éditions Gallimard, 1990. l’Histoire au cycle 3, Hachette, 2000.
– J.-P. MOHEN et Y. TABOURIN, La Société de la Préhistoire, – A. DALONGEVILLE, M. HUBER, Enseigner l’histoire autre-
Hachette Supérieur, 1998. ment. Devenir les héros des événements du passé,
Chronique sociale, 2002.
 Ouvrages sur l’Antiquité – M. FLONNEAU, De la découverte du monde à l’histoire
– J.-C. GOLVIN et A. GROS DE BELLER, Voyage en Égypte aux cycles II et III, Nathan Pédagogie, coll. « Les pra-
ancienne, Actes Sud/Errances, 1999. tiques de l’éducation », 1996.
– G. JEAN, L’Écriture, mémoire des hommes, « Découvertes – A. LE ROUX (dir.), Enseigner l’histoire-géographie par le
Gallimard », Éditions Gallimard, 1987. problème, L’Harmattan, 2004.
– C. GOUDINEAU, Regards sur la Gaule, Errances, 2002.
– M. LOISON, Repères temporels au cycle 1, CRDP Lille,
– C. GOUDINEAU, Le Dossier Vercingétorix, Actes Sud /
2001.
Errance, 2001.
– M. LOISON, Enseigner l’histoire au cycle 3, volume 1,
– Notre Histoire, « La France gauloise et romaine », n˚ spécial
CE2, CRDP Lille, 2004.
113, juillet-août 1994.
– G. COULON et J.-C. CAUVIN, Voyages en Gaule romaine, – M. LOISON, Enseigner l’histoire au cycle 3, volume 2,
Actes Sud / Errances, 2002. CM1, CRDP Lille, 2004.
– G. HACQUARD, Guide romain antique, Hachette, 1952. – J. MARÉCHAL, La Leçon d’histoire, C.R.D.P. DIJON, 1995
– J. SCHMIDT, Dictionnaire de la mythologie grecque et – M. MICHAUX, Enseigner l’histoire au cycle 3, Bordas, 2001.
romaine, Larousse, 1998. – M. MICHAUX, Enseigner l’histoire par le récit, Fichiers
– J. LE GOFF (dir.), Histoire de la France religieuse, tome I, pédagogiques, cycle 3, A. Colin, 1998.
« Des origines au XVe siècle », Éditions du Seuil, 1989. – M. MICHAUX, La Découverte du temps, Enseigner par le
récit et les documents, Bordas, 2000.
 Ouvrages sur le Moyen Âge – H. MONIOT, Didactique de l’histoire, Nathan Pédagogie,
– A. SAUNIER, Mahomet et la Naissance de l’islam,
coll. « Perspectives didactiques », 1995.
Millepages, 1998.
– T. BUHRER, Charlemagne, Millepages, 1996. – C. et F. PICOT, G. DORREL-FERRÉ, Histoire, géographie, édu-
– P. RICHÉ, P. LEMAITRE, Les Invasions barbares, « Que sais-je ? », cation civique au jour le jour à l’école primaire, CDDP
1989. de l’Aisne, 1996.
– M. BESNIER, Les Grandes Invasions, Hachette Éducation, – M. VIGIÉ, Histoire de France, Images et récits tome 1,
1991. cycle III, CE2, de la préhistoire à la chute des
Carolingiens, CRDP de Versailles, 2002.
 Didactique de l’histoire – M. VIGIÉ, Histoire de France, Images et récits tome 2,
– J.-M. BALDNER, M. CLARY, B. ELISSADE, Histoire, géographie cycle III, CM1, de Hugues Capet à la mort de Louis XIV,
et éducation civique dans les cycles à l’école élémen- CRDP de Versailles, 2003.

72
Géographie
Pages-outils . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
Les paysages de ville et de village . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
Les activités économiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
Les transports . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
Le développement durable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130

73
Pages-outils
1 L’endroit où tu vis PAGES 82-83
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Il s’agit dans cette double page de méthodologie de procurer aux élèves les outils nécessaires pour
donner du sens à partir de quelques traits distinctifs, de leur transmettre les connaissances nécessaires
pour nommer et penser les espaces et les territoires dans lesquels ils vivent et qu’ils contribuent, à leur
échelle, à transformer.
 Objectifs
• Amener l’élève à identifier le milieu où il vit.
• Trouver un certain nombre de caractéristiques qui lui permettent de l’identifier.
• Le comparer à d’autres milieux en faisant ressortir les ressemblances et les différences.
• Appréhender le milieu dans le temps en faisant émerger les permanences et les changements.
 Notions et concepts
Milieu – milieu urbain – milieu rural – milieu physique – milieu naturel – fonction d’un lieu –
transformation d’un milieu.

DÉROULEMENT
 Activité 1 groupé ou dispersé. S’il vit dans une région périurbaine
identifier milieu urbain ou milieu rural (avec lotissements et population allant travailler en ville),
> Documents 1 et 2 : une ville et un village en France on lui demandera s’il habite dans le vieux village ou dans
Amener les élèves à distinguer le milieu urbain du milieu des constructions récentes.
rural à partir de ces deux documents. On étudiera aussi le village en diachronie (cartes pos-
En France, aujourd’hui, 3 habitants sur 4 sont des citadins, tales anciennes, calendriers de recensement de la popu-
c’est-à-dire qu’ils résident dans une unité urbaine (une lation, anciens plans) pour voir si la population du
agglomération d’au moins 2 000 habitants). Les villes sont village est en augmentation ou en diminution, ce que l’on
des lieux privilégiés d’échanges et de communication. mettra en relation avec la catégorie du village et sa fonction
L’univers urbain crée d’importants flux de population. Si la dominante. On pourra aborder aussi, par les mêmes
définition du mot rural semble simple – est rural tout ce documents, les permanences et les changements.
qui n’est pas urbain –, la réalité est plus variée : l’espace
rural, dont une partie est consacrée à l’agriculture, est  Activité 2
aussi forestier, il comporte également des friches et identifier le milieu physique
accueille des infrastructures diverses. La limite entre > Documents 3, 4 et 5 : paysages de plaine,
l’urbain et le rural n’est pas toujours nette, ces milieux de montagne et de littoral
s’imbriquent souvent. Présenter les trois grandes catégories de paysages, les faire
Si l’enfant vit dans un milieu urbain, on peut l’amener à décrire par les élèves et les caractériser. Amener les élèves
distinguer s’il vit dans un immeuble ancien, dans une rési- à identifier celui qui ressemble le plus au milieu où ils
dence de la zone périurbaine, dans un lotissement, dans vivent. Se reporter à la carte du relief en France (au début
une cité, en banlieue… du manuel) et localiser le lieu où ils vivent. Dire dans quel
On aborde déjà à un premier niveau l’organisation du grand type de relief ils se situent.
paysage urbain. On pourra utiliser un plan de la ville pour Il serait intéressant d’amener les élèves à l’extérieur de
situer les habitations des élèves (la plupart d’entre eux l’école, sur un point haut, et de leur faire faire un croquis
habitent certainement dans le même secteur en raison du paysage tel qu’il se présente devant eux. On en
de la carte scolaire) : on identifiera la zone principale profitera pour mettre en place tout un vocabulaire
d’habitat, puis les résidences des élèves qui vivent en ayant trait au milieu physique : platitude, dénivellation,
dehors de cette zone. À partir du plan de la ville, on élabo- montagne, côte, versant, pente… On pourra égale-
rera un croquis pour distinguer le centre et les quartiers ment prendre des photographies en panoramique et
périphériques (croquis généralement concentrique). travailler dessus avant de passer à la carte (voir « Du
Si l’enfant vit dans un milieu rural, on peut l’amener à dis- paysage à la carte », p. 86-87 du manuel). Enfin, on pourra
tinguer s’il vit dans une région de campagnes agricoles, si leur faire émettre des hypothèses sur l’aménagement du
son village est habité par des agriculteurs, si l’habitat est milieu naturel.

74
 Activité 3 – le document 4 nous montre un paysage de montagne en
identifier la fonction dominante partie agricole mais aussi à fonction touristique (voies de
Amener les élèves à trouver des indices sur les différentes communication, habitations) ;
photographies proposées qui leur permettent de dire – le document 5 présente une station balnéaire : sa voca-
quelle est l’activité dominante, la fonction principale : tion est essentiellement touristique.
– le document 1 est un paysage essentiellement urbain : du Amener les élèves à rechercher la fonction dominante du
fait de la concentration de population, il doit avoir surtout milieu où ils vivent. Pour cela, outre l’observation du pay-
une fonction d’échanges et de services ; sage, on peut partir du métier qu’exercent les parents,
– en observant les documents 2 et 3, on peut voir que le rechercher le lieu où ils vont travailler (mouvements pen-
paysage est avant tout agraire : la fonction dominante est dulaires) et établir un diagramme en fonction de la desti-
l’agriculture (champs cultivés) ; nation des parents (un déplacement = un carreau).

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Reprendre l’idée que le milieu où l’on vit est composé à la traces culturelles (les clochers des villages, les beffrois
fois d’éléments naturels et d’éléments créés par l’homme dans le Nord…) et témoigne de notre passé (monuments
(équipements, infrastructures). Il comporte également des anciens, parcellaires…).

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : description du milieu où vivent les élèves. • Arts plastiques : dessin, peinture, paysage sonore.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Une sortie dans le milieu tent les réponses aux questions par écrit sur un carnet, sur
Une sortie dans le milieu de l’école ou dans celui où vivent des fiches préparées à l’avance avec le questionnaire ou
les élèves peut être organisée. Au préalable, on aura bien sur un croquis. Ils peuvent aussi les enregistrer sur magné-
défini les conditions pratiques de la sortie : destination, tophone et prendre des photographies (au moyen d’appa-
moyen de transport utilisé, accompagnement des enfants, reils photo jetables qui existent aussi en panoramique).
autorisations pour la sortie, assurances en règle, prise de
Au retour en classe, les résultats sont mis au propre afin
contact avec les personnes que l’on devra rencontrer…
d’en tirer un rapport bien présenté, avec un titre, des pho-
En classe, la sortie aura été préparée avec les élèves : par
tographies, des illustrations reprenant les données, des
exemple, en élaborant un questionnaire avec des questions
cartes… On peut également préparer un panneau ou une
simples…
affiche pour exposer les travaux. La présentation des résul-
Sur le terrain, les élèves sont répartis en petites équipes, tats de la sortie, qui doivent être évalués par l’enseignant,
accompagnées chacune par un adulte. Les enfants collec- peut se faire par écrit ou par oral.

75
Pages-outils
2 Le paysage PAGES 84-85
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le paysage peut être défini comme une portion de l’espace terrestre qui s’offre au regard d’un
observateur. C’est une construction humaine (il n’existe plus de « paysage naturel » en Europe),
en perpétuelle évolution. La lecture de l’image paysagère est ainsi toujours polysémique.
 Objectifs
• Développer les capacités d’analyse et d’interprétation que réclame la lecture des paysages.
• Rendre l’enfant capable de passer d’une lecture purement énumérative à une description
de mieux en mieux organisée. À partir de celle-ci pourront s’échafauder des hypothèses
et des explications, d’abord par une mise en relation des composantes du paysage, ensuite
par le recours à des documents complémentaires (cartes, témoignages).
 Notions et concepts
Paysage – milieu – perception – valeur – représentation – sens – indices – repères – société – éléments naturels.

DÉROULEMENT
On a longtemps parlé de « paysage » en géographie pour Le village est situé en Alsace, au pied d’une ligne de collines
décrire des espaces de nature. Aujourd’hui, la notion de (les Vosges) que l’on fera situer sur la carte de France. Il est
paysage s’est élargie : le paysage est à la fois un espace entouré de vignes, c’est un vignoble très réputé (on pourra
donné (les formes de la ville, du littoral, de la montagne, utiliser un dépliant touristique sur la route des vins en
de la forêt…), une perception qu’en a l’observateur qui Alsace).
possède son propre savoir, sa culture, ses valeurs, y compris On peut observer le village ancien bien regroupé ; seuls le
esthétiques, mais le paysage ne relève pas seulement du clocher de l’église (du XVIIIe siècle) et la tour médiévale
regard. dépassent de cette mer de tuiles. Peu de maisons sont
Le paysage est le reflet de nos choix de société, des déci- dispersées dans la campagne. À l’extérieur du village, on
sions politiques et réglementaires, des pressions écono- distingue un lotissement récent. Tout autour du village,
miques tout autant que des possibilités techniques, des jouxtant les maisons anciennes, on peut voir de petits
initiatives individuelles et des données naturelles. Le paysage jardins limités par un chemin.
rend compte de données plurielles et permet d’appréhender Autour du village, on voit le vignoble, qui est la culture
le contact de l’homme et de son milieu, il peut être pourvu dominante. On accède à ces cultures par des chemins. On
d’une valeur patrimoniale, avoir une valeur économique fera remarquer la forme des parcelles : allongées tantôt
ou encore être récréatif, lieu de loisirs et de tourisme, dans le sens de la pente, tantôt en sens contraire.
souvent associé à une valeur esthétique.
 Activité 2
 Activité 1 repérer des grands ensembles
observer le paysage > Document 2 : les différents plans du village
> Document 1 : le village de Zellenberg Cette phase du travail correspond à la question :
Ce paysage agricole est un paysage de vignoble (vignoble « Comment classer ce que tu vois ? » Amener les enfants à
d’Alsace) qui porte la trace à la fois d’un patient travail mettre en relation les éléments du paysage :
humain, qui s’inscrit dans la longue durée, et d’une par- – au premier plan, le vignoble, sur un sol caillouteux. On
faite adaptation à la nature. Pour amener les élèves à une remarque qu’il n’est pas en plaine, mais sur un coteau
lecture du paysage, on leur posera un certain nombre de (pente) pour être bien exposé au soleil, ce qui est néces-
questions (« Où ? Quand ? Que vois-tu ? ») : saire à la vigne. Le vignoble est planté en suivant la pente
– Caractérise le paysage (rural, agricole). Quelle est la et en sens contraire afin d’éviter que les sols soient emportés
culture dominante ? par les pluies ;
– Situe le paysage sur une carte. – au deuxième plan, le village, massé autour de ses monu-
– Cite les éléments qui montrent que ce village est ancien. ments anciens et au cœur du vignoble. Les maisons recou-
– Quelle est la forme des parcelles ? vertes de tuiles ont un toit pentu, ce qui témoigne d’une
– Quel est le relief ? adaptation à la pluie et à la neige ;

76
– à l’arrière-plan, les collines du piémont alsacien des Faire poser un calque sur la photographie du paysage,
Vosges. Elles sont couvertes de forêts. À leur pied s’étale dessiner les grands ensembles retenus et élaborer une
encore un vignoble autour de son village. légende ordonnée.

Habitations Vieux village, lotissement,


 Activité 3 monuments anciens
faire un croquis d’interprétation
Cultures Jardins, vignoble
du paysage
Voies de communication Routes, chemins
> Document 3 : croquis du paysage de Zellenberg
Végétation naturelle Forêt
On peut élaborer un tableau avec tous les éléments cités
Relief Collines, coteau
par les enfants et qu’ils devront ensuite classer (faire cor-
respondre par une flèche chaque élément du paysage à la Le paysage ne fournit qu’une partie d’une réalité complexe.
catégorie à laquelle il appartient : voir tableau ci-dessous). Pour mieux l’interpréter, il est nécessaire d’avoir recours à
des documents complémentaires.
Forêt Végétation
Collines
Village Relief
Vignoble
Lotissement Voies de communication
Chemins
Jardins Habitations
Routes
Coteau Cultures

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Reprendre l’idée fondamentale qu’il n’est de paysage que qui le composent. Faire bien appréhender les signes de
perçu et insister sur le rôle de la perception. Montrer qu’il transformation du paysage, dans le passé et à venir. Faire
ne faut pas confondre le paysage avec les objets matériels émerger la notion de valeur patrimoniale du paysage.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Arts plastiques : le paysage en peinture, ses divers modes • Français : lecture de paysages en littérature, description
de représentation (peinture figurative, les impression- de paysages.
nistes…). • Éducation civique et histoire : le patrimoine.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Le paysage en pédagogie résidences secondaires) et des indices différents peuvent
Les divers sujets d’étude rencontrés au cours de l’école correspondre à une même réalité (un retour aux friches et
élémentaire doivent conduire l’enfant vers l’apprentissage des résidences secondaires peuvent témoigner d’un exode
de la lecture du paysage, considéré comme l’expression rural).
d’une réalité complète. Le paysage apparaît limité à cer- On s’efforcera de développer les capacités d’analyse et
taines échelles, ni trop près ni trop loin, et à certains angles d’interprétation que réclame la lecture du paysage, soit
de vision. Philippe Pinchemel rappelle que « le paysage se dans des situations d’observation directe, soit par le biais
perçoit au sol, dans une vision nécessairement limitée ». de photographies. On cherchera également à rendre
En pédagogie, on s’attachera à montrer que le paysage est l’enfant capable de passer d’une lecture purement énumé-
un espace aménagé : concret, limité en étendue, il est rative à une description de mieux en mieux organisée à
l’expression de la vie et des travaux des hommes, le produit partir de laquelle pourront s’échafauder des hypothèses et
d’une action multiséculaire dont les traces les plus des explications par une mise en relation des composantes
récentes sont au moins visibles. Un même indice peut du paysage et par le recours à des documents complémen-
correspondre à des réalités différentes (village-dortoir ou taires (cartes, témoignages).

77
Pages-outils
3 Du paysage à la carte PAGES 86-87
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


La carte permet de localiser et d’analyser des formations spatiales. Elle est topographique, thématique
ou de synthèse. C’est un outil de communication. L’image finale dépend de l’information
à communiquer tout autant que des acteurs qui la créent, la diffusent et la reçoivent.
La photographie au sol, aérienne, l’image satellitale, la nomenclature d’une carte sont autant
de supports de lecture. Les élèves sont conduits à nommer, à décrire, à décrypter et à présenter
oralement un paysage, une photographie, une carte. La communication exige une rigueur de méthode
et de raisonnement, un vocabulaire précis.
L’évaluation doit porter sur la capacité à lire une image et à mettre en relation des images de types
différents (photographies et cartes notamment), sur la capacité à poser quelques questions simples
sur un document, à formuler quelques hypothèses d’interprétation, à en élaborer la légende,
à présenter une collection de documents.
 Objectifs
• Appréhender la notion d’échelle.
• Comprendre le passage d’un espace à trois dimensions à un espace à deux dimensions.
• Savoir choisir les éléments qu’il faut représenter.
• Savoir symboliser ces éléments (notion de légende).
• Savoir situer les éléments les uns par rapport aux autres.
• Savoir orienter la carte.
 Notions et concepts
Perception – projection – repères – échelle – orientation – signes – symboles – légende – coordonnées géographiques.

DÉROULEMENT
Le problème ici est de passer d’une vue de l’espace à trois > Document 2 : les quais de la Joliette
dimensions à une représentation à deux dimensions. La Observer l’alignement rectiligne de la jetée, l’avancée de
photographie aérienne, en oblique ou à la verticale, peut terre-pleins artificiels perpendiculaires au rivage. Ces quais
être le moyen d’effectuer le passage du paysage à la carte. ont été créés au XIXe siècle, au moment de la grande expan-
Rappelons bien que la carte n’est pas le territoire, elle n’est sion marseillaise avec l’arrivée du chemin de fer, le perce-
qu’une des représentations possibles. ment du canal de Suez et la colonisation.
> Document 3 : la plage du Prado
 Activité 1 On note la création de plages artificielles dans la seconde
observer des éléments moitié du XXe siècle, gagnées sur la mer (épis) avec, en
d’un paysage arrière-plan, les collines calcaires et dénudées.
Il n’est pas possible d’englober d’un seul coup d’œil, > Document 4 : l’autoroute A7
lorsqu’on circule dans une ville à pied, la totalité de On distingue nettement le tracé rectiligne de l’autoroute
l’espace urbain. Sur une photographie, nous avons donc qui permet d’entrer dans Marseille (on voit que cette infra-
une vision réduite (ce que l’œil embrasse), comme on structure est de construction récente) au milieu des
peut le voir à travers l’objectif d’un appareil photogra- immeubles et de quartiers anciens avec, de l’autre côté du
phique. Les éléments sont vus de plus ou moins loin. port, la colline de Notre-Dame-de-la-Garde.
Certaines photos proposées ici sont aériennes et en
oblique, mais on reconnaît ce qu’elles représentent car  Activité 2
elles ne gomment pas la troisième dimension. se repérer sur une photographie
> Document 1 : le Vieux-Port de Marseille aérienne
Au premier plan, on aperçoit la pointe du Pharo et l’abbaye > Document 5 : photographie aérienne de Marseille
Saint-Victor. Bien faire remarquer aux élèves l’échancrure On ne voit plus les éléments en trois dimensions, mais on
du Vieux-Port (calanque où a été fondé le port grec) avec peut encore les reconnaître (toits des maisons, espaces
les pontons pour les bateaux de plaisance. C’est le site verts, stades, aménagements divers, immeubles en barre,
primitif de la ville. autoroutes, voie ferrée…). Rechercher avec les élèves les

78
éléments des documents 1 à 4 sur la photographie milieu bâti, vert pour les espaces verts et les bois au-dessus
aérienne grâce aux caractéristiques repérées dans la des collines, rouge pour les grandes voies de commu-
première activité : nication. On passe à un niveau d’abstraction supérieur.
– A : échancrure du Vieux-Port (calanque et pontons En comparant la photographie aérienne et la carte, on
perpendiculaires) ; peut à nouveau situer les éléments : le vieux port
– B : quais de la Joliette (jetée rectiligne parallèle au rivage (échancrure de la calanque, les pontons n’appa-
et terre-pleins artificiels) ; raissent plus), les quais de la Joliette (jetée rectiligne paral-
– C : entrée de l’autoroute dans Marseille ; lèle au rivage et pontons perpendiculaires), l’entrée de
– D : épis de la plage du Prado. l’autoroute (reconnaissable grâce à la légende), la plage du
Prado (épis beaucoup moins visibles que sur la photo
 Activité 3 aérienne).
comparer la photographie aérienne On pourra aussi, lors d’une sortie sur le terrain avec les
et la carte élèves, prendre une photographie en panoramique à
> Document 6 : extrait de la carte de Marseille au partir d’un point haut, ce qui donnera une photo-
1/200 000 graphie en oblique où ils pourront reconnaître des
Sur la carte n’apparaissent plus les détails significatifs indi- éléments du paysage qu’ils connaissent bien et passer
qués plus haut mais des taches de couleur : orange pour le ensuite à la carte.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Insister sur le passage de la photo en oblique, où l’espace dimensions, puis à la carte. Ce cheminement va du concret
apparaît encore en trois dimensions, à la photo aérienne à l’abstrait, en demandant un niveau d’abstraction assez
prise à la verticale, où l’espace n’apparaît plus qu’en deux élevé pour la lecture de la carte.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Mathématiques : l’échelle, le plan avec ses coordonnées. retrouver ce qu’elles représentent, sous quel angle les
• Arts plastiques : organiser des jeux à partir de photos : objets ont été pris…

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les difficultés de la lecture de carte sage progressif dès le cycle 2, par des activités préparatoires
L’objectif est de donner aux élèves la maîtrise de la lecture aux notions de mesure et d’échelle.
de carte – rappelons que cet apprentissage se poursuivra Par ailleurs, il est également difficile pour les élèves de se
au collège. Les élèves peuvent rencontrer plusieurs diffi- représenter le relief dans son volume, de déterminer la
cultés dans cette lecture : la maîtrise de la proportionna- hauteur d’un point s’il n’est pas situé juste sur une courbe
lité, un prérequis pour l’étude des cartes qui relève des et d’apprécier la relativité des hauteurs. Appréhender de
mathématiques et qui n’est abordé qu’au cycle 3, le pro- grands ensembles, avoir une vision d’ensemble de la carte
blème des fractions et, enfin, des nombres décimaux. C’est et la comprendre représentent également une difficulté
pour cela qu’il est préférable de procéder à un apprentis- supplémentaire.

79
Pages-outils
4 Lire des cartes PAGES 88-89
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


La carte permet de localiser et d’analyser des formations spatiales. Elle est topographique, thématique
ou de synthèse. C’est un outil de communication. L’image finale dépend de l’information à
communiquer tout autant que des acteurs qui la créent, la diffusent et la reçoivent.
 Objectifs
• Appréhender la notion d’échelle.
• Comprendre le passage d’un espace à trois dimensions à un espace à deux dimensions.
• Savoir choisir les éléments qu’il faut représenter.
• Savoir symboliser ces éléments (notion de légende).
• Savoir situer les éléments les uns par rapport aux autres.
• Savoir orienter la carte.
 Notions et concepts
Échelle – légende – représentation – symboles – points – lignes – aires – réseaux – caractère différentiel –
caractère ordonné.

DÉROULEMENT
On peut demander aux élèves à quel type appartiennent basses et humides, la savane composée de hautes herbes
ces trois documents (cartes), ce qui leur permet de com- ou la mangrove, composée de palétuviers. Pour représen-
prendre ce que ces cartes représentent (titre, légende) et ter la végétation, on a utilisé les différentes valeurs d’une
comment on va s’y prendre pour les lire. couleur, ce qui indique une différence de densité entre la
forêt et les broussailles. On dit que la valeur donne un
 Activité 1 caractère ordonné. On a aussi représenté les principales
comprendre une carte cultures de plantation par des couleurs différentes,
> Document 1 : villes, reliefs et activités en Guadeloupe puisqu’il n’intervenait qu’un seul caractère différentiel
C’est une carte régionale de la Guadeloupe composée de entre elles, la nature de la plante : banane, canne à sucre et
deux parties, un peu comme les ailes d’un papillon, image ananas. Les Antilles valorisent leur atout climatique par ces
souvent reprise par la publicité, avec d’une part et d’autre cultures tropicales. Enfin, la Guadeloupe a fortement déve-
d’un isthme rétréci, Basse-Terre et Grande-Terre, autour loppé le tourisme comme en témoigne son littoral. On fera
desquelles gravitent des îles plus petites : les Saintes, remarquer que le tourisme se développe sur la côte sous
Marie-Galante, la Désirade. Ces îles sont baignées par le vent.
l’océan Atlantique et la mer des Caraïbes et font partie de On notera que la légende est ordonnée : villes, relief, végé-
l’archipel des Antilles. tation naturelle, agriculture, tourisme. Pour représenter les
Demander aux élèves de situer la Guadeloupe sur un atlas. différentes données, on a choisi des symboles (triangle
Sur les cartes ou croquis régionaux, on trouve à la fois le pour le volcan), des cercles proportionnels à la taille des
relief, la végétation dominante, les activités humaines villes qui, même en ne regardant que la carte, donnent une
(agriculture, industrie, tourisme), les villes et les voies de idée de la hiérarchie des villes : ils ont un caractère
communication. Ce sont des cartes de synthèse qui, par- ordonné. On a utilisé des couleurs qui donnent un carac-
fois, peuvent être difficiles à lire, étant donné le grand tère différentiel.
nombre d’informations qu’elles veulent fournir.
Sur cette carte est représenté le plus haut relief de l’île, le  Activité 2
volcan de La Soufrière qui culmine, sur Basse-Terre, à 1 467 m décoder la légende
d’altitude. Les villes sont représentées, rangées en 3 caté- > Document 2 : les villes et les transports
gories : celles de plus de 50 000 hab., la capitale Pointe-à- dans la région de Lyon
Pitre étant la seule à atteindre ce nombre, puis celles de C’est une carte qui, par la combinaison de points (les
20 000 à 50 000 hab. (Sainte-Anne, Le Gosier, Le Moule, villes) et l’entrecroisement de lignes (différentes voies de
Basse-Terre) et enfin celles de moins de 20 000 hab. (Saint- communication), donne l’image d’un réseau avec comme
François, Capesterre…). La végétation naturelle est elle ville centrale, Lyon (plus d’un million et demi d’habitants
aussi représentée. Faire situer la forêt et, dans les zones pour l’agglomération) puis Grenoble (plus de 500 000 habi-

80
tants) Saint-Étienne (plus de 300 000) et les villes de plus une ligne continue (réseau linéaire) qui conduit de la fron-
de 100 000 habitants (Valence, Chambéry, Annecy, Bourg- tière italienne à la frontière espagnole avec toute une série
en-Bresse, Roanne). Comme on peut le comprendre par la de villes entre 100 000 et 500 000 habitants et deux grandes
légende, c’est un réseau hiérarchisé. villes, Marseille et Nice. Elles sont toutes localisées sur l’axe
Le tracé en ligne fait ressortir la situation remarquable de méditerranéen Est-Ouest menant d’Italie en Espagne mais
Lyon, véritable carrefour. La légende nous apprend que se en même temps axe Nord-Sud de l’Europe du Nord avec
croisent à Lyon tous les types de transports : voie d’eau une branche vers l’Italie et une branche vers l’Espagne. On
navigable (Rhône-Saône), autoroute, ligne TGV, aéroport aura besoin, pour ces localisations, d’une carte de
international. Les repérer sur la carte. l’Europe.
Faire apparaître la composition de ce carrefour avec un axe Les activités se répartissent suivant la topographie : culture
majeur, l’axe Nord-Sud (Paris-Marseille). Faire observer, des légumes et des fruits en plaine et élevage en mon-
avec une carte de l’Europe, à une autre échelle, que cet axe tagne. Celle-ci forma un écrin autour du Bassin méditerra-
a aussi une dimension européenne et relie l’Europe du néen : les Pyrénées, le Massif central, les Alpes. L’industrie
Nord à l’Europe du Sud. Des voies transversales viennent est essentiellement concentrée autour du port de
se greffer sur cet axe : vers le Nord-Est à Strasbourg, Marseille et s’étend jusqu’à Toulon.
vers l’Est à Genève (Suisse) et vers Turin (Italie), soit par Les symboles choisis illustrent des éléments concrets : un
le tunnel du Mont-Blanc, soit par le tunnel du Fréjus, paquebot pour les ports de voyageurs (Marseille, Nice), un
vers l’Ouest à travers le Massif central, vers Clermont- chalutier pour les ports de pêche (Sète), un conteneur
Ferrand. On fera remarquer la dissymétrie Est-Ouest, pour les ports de commerce (Marseille) et enfin des
les Alpes étant plus aisément franchissables malgré flocons de neige pour les stations de ski. Le tourisme
leur hauteur par des tunnels que le Massif central, plus balnéaire se développe le long de la côte. Des docu-
compact. ments complémentaires seraient nécessaires pour faire
> Document 3 : les activités dans le Midi apparaître une opposition dans la nature du tourisme
méditerranéen entre l’Est, plus développé et plus ancien (Côte d’Azur),
Cette carte est dite thématique parce qu’elle porte sur les et l’Ouest, beaucoup plus récent (stations créées de
activités dans le Midi méditerranéen. toutes pièces dans les années 1960). Ces symboles
Les villes sont représentées de façon ordonnée par des cer- nous obligent à lire la légende : ce sont des cartes à
cles proportionnels à leur population. Les villes forment décrypter.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Reprendre l’idée que toute carte est un modèle réduit de population, développement humain...), on peut utiliser
d’un espace donné et une représentation à plat. Il en existe des symboles plus ou moins figuratifs, des couleurs qui
différentes sortes, selon ce que le cartographe veut repré- donnent un caractère différentiel ou ordonné, si l’on fait
senter. Toute carte est faite de points, de lignes et d’aires. varier la valeur d’une couleur.
Pour représenter des faits ou des phénomènes (densités

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Mathématiques : approche de la notion d’échelle, • Arts plastiques : faire varier la valeur d’une couleur,
le plan. teintes chaudes, teintes froides.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les niveaux de lecture – le troisième consiste à tirer de la carte des enseigne-
d’une carte
ments sur l’espace représenté : interpréter les différences,
La lecture d’une carte peut se faire à plusieurs niveaux : le s’interroger sur la distribution d’un phénomène, sur l’or-
premier niveau consiste à décoder les signes convention- ganisation de l’espace ;
nels, c’est-à-dire à comprendre la légende ; – le quatrième consiste à analyser les structures que fait
– le deuxième, qui requiert un apprentissage, consiste à apparaître la représentation des données (symétrie, gra-
mesurer des distances, repérer un itinéraire, comparer des dient, modèle centre-périphérie, réseau) et à en recher-
valeurs représentées sur la carte ; cher l’origine. Ce niveau sera abordé bien plus tard.

81
Pages-outils
5 Étudier son environnement PAGES 90-91
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Il est bien précisé que le programme de géographie contribue, avec celui des sciences, à l’éducation
au développement durable.
 Objectifs
• Prendre conscience de l’importance de l’environnement pour la vie des sociétés.
• Saisir la complexité de l’environnement, tant naturel que créé par l’homme.
• Comprendre la nature de l’influence que les hommes exercent sur l’environnement et les
conséquences de nos actes.
• Sensibiliser aux valeurs nécessaires pour participer de façon responsable à la prévention et à la
solution des problèmes d’environnement ainsi qu’à la gestion de la qualité de l’environnement.
 Notions et concepts
Environnement – milieu – écosystème – ressources renouvelables et non renouvelables – gestion –
développement durable – risques naturels et technologiques – responsabilité.

DÉROULEMENT
L’environnement est le milieu de vie dans lequel évolue un le tout situé au pied du versant. L’occupation humaine est
homme, un groupe humain ou une collectivité. Il est formé répartie de manière différente : on voit une nette opposi-
de l’ensemble des données naturelles (données physiques, tion entre les deux versants de la vallée, à gauche le village
biologiques) et de tout ce que les hommes en société ont édifié et à droite la forêt, ce qui vraisemblablement correspond à
(terroirs agricoles, usines, villes…). On a pu définir l’envi- l’opposition entre l’adret (versant exposé au soleil, plus
ronnement comme un éco-sociosystème (L. Goffin) : l’éco- propice à aux cultures) et l’ubac (versant exposé à l’ombre et
système comprend les ressources et l’espace, le sociosytème plus froid). Ce village, qui s’intègre bien dans le paysage, vivait
les acteurs sociaux et les structures de la société. L’homme probablement de l’agriculture et de l’élevage. Au premier plan
fait pleinement partie de l’environnement si bien que son et, en bordure de l’eau, un petit débarcadère a été aménagé
destin est inextricablement lié à celui du milieu où il vit. pour les bateaux ce qui dénote une activité touristique.
On se trouve là face à un environnement particulièrement
 Activité 1 bien préservé. Demander aux élèves s’ils apprécient ou
Découvrir son environnement non ce paysage et d’argumenter leur réponse. Pourquoi
> Document 1 : le lac de Loudenvieille avoir choisi de reproduire un beau paysage ? Parce que
dans la vallée de Louron, Hautes-Pyrénées nous pensons que l’émerveillement est le premier pas qui
Faire situer les Pyrénées sur une carte de France et faire mène au respect, le second étant celui de la connaissance.
décrire le paysage : un lac en montagne.
Mais on peut, à partir de là, se poser un certain nombre de
Faire relever les éléments du relief : les sommets de la
questions relatives à cet environnement, s’efforcer de
montagne dans le fond, et la vallée en U caractéristique
dégager les questions liées à la situation :
d’une ancienne vallée glaciaire.
– Si le tourisme se développait fortement, est-ce que la
Suivre le questionnement proposé.
qualité de ce paysage serait conservée ?
Repérer la végétation : celle du bord du lac, de la prairie,
puis celle de la forêt qui s’élève le long des versants de la – Si le village se développait et recevait de nombreuses
vallée. Elle s’arrête au niveau des replats, partout à la résidences secondaires, quels problèmes cela poserait-il
même altitude, et est remplacée par de la pelouse (on peut par rapport à l’approvisionnement en eau ? à l’évacuation
noter la différence entre la couleur de la prairie au niveau des eaux usées ? à l’évacuation des déchets ?
du lac et celle de la pelouse). Au-dessus, la roche apparaît Indiquer qu’il existe une loi Montagne, depuis 1985, rela-
à nu, alors qu’apparaît de la neige ou de la glace (névés) tive au développement et à la protection de la montagne et
sur le plus haut sommet. Faire remarquer que, comme une loi Paysage, depuis 1993, relative à la protection et à la
dans toute montagne, la végétation est étagée et doit mise en valeur du paysage.
s’adapter aux conditions thermiques. Interroger les élèves sur l’environnement dans lequel ils
Faire ensuite identifier quels sont les éléments dus à la vivent : leur demander d’y répérer les éléments naturels et
main de l’homme : un village et quelques maisons isolées, ceux créés par l’homme.

82
biologique (du fait de virus ou bactéries issus des activités
 Activité 2 humaines ou animales), visuelle (quand une construction
repérer les problèmes enlaidit un paysage), sonore (due au bruit).
d’environnement Rechercher quels peuvent être les facteurs de pollution
dans la région habitée par les élèves.
> Document 2 : une plage polluée sur la côte atlantique
Faire décrire la photographie : accumulation de déchets
 Activité 3
abandonnés par la laisse de mer.
agir pour protéger l’environnement
Faire remarquer que les trois quarts des pollutions marines > Document 3 : une alerte à la pollution
proviennent d’activités terrestres (engrais et pesticides sur le boulevard périphérique à Paris
agricoles, rejets de l’élevage, produits industriels, eaux Il est recommandé aux automobilistes de ne pas dépasser
usées des villes). Le reste provient du dégazage des la vitesse de 60 km/h pour cause de pollution atmosphé-
bateaux, des marées noires et de la négligence des rique. Aujourd’hui, toutes les villes françaises de plus de
hommes qui jettent leurs déchets par-dessus bord. Nous 100 000 habitants ont un réseau de surveillance (environ
sommes donc responsables individuellement et collective- 300 capteurs sur toute la France) et, lorsque la pollution de
ment. Faire prendre conscience de ces deux niveaux de l’air est trop importante, des mesures sont prises :
responsabilité. – au premier niveau, la population est informée par la
La pollution modifie les équilibres entre les différentes presse, la radio… Les personnes sensibles doivent éviter
espèces animales et végétales, détériore la qualité de l’eau les activités physiques et, afin de limiter la pollution, on
et provoque des maladies pour les humains et les animaux conseille les transports en commun et la réduction de
car elle menace toute la chaîne alimentaire. vitesse des véhicules ;
C’est un phénomène relativement récent : depuis l’ère – au second niveau, certaines activités industrielles sont
industrielle, elle a envahi la planète entière. Citer plusieurs réduites, les automobilistes sont obligés de réduire leur
types de pollutions : chimique (quand des produits salis- vitesse et dans certaines villes, la circulation alternée peut
sants ou toxiques sont rejetés dans l’air, l’eau, la mer…), être mise en place.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Mettre en œuvre une démarche de projet : identification, se trouvent en interaction avec l’approche systémique qui
analyse du problème et de ses conséquences, recherche permet d’appréhender la complexité de la question.
de solutions alternatives et dimension action/réflexion, qui

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
L’éducation à l’environnement relève de plusieurs champs sent et interagissent les uns les autres. Par ailleurs, on parle
disciplinaires (sciences, géographie, éducation civique d’éducation et non d’enseignement, ce qui sous-entend
mais aussi français, histoire, mathématiques, activités phy- des valeurs. Connaissances et valeurs se rejoignent dans
siques et sportives, éducation artistique) qui s’entrecroi- l’éducation à l’environnement.

POUR ALLER PLUS LOIN


 La démarche systémique
Pour comprendre les réalités complexes, il apparaît néces- et effet se confondant avec un vecteur temps, la causalité
saire d’adopter une démarche systémique qui correspond devient circulaire parce que s’il y a un effet de x sur y, il y
plus à un nouveau mode de pensée qu’à l’adoption d’une a rétroaction de y sur x. La démarche systémique intègre
technique. Alors que l’approche analytique isole et se aussi la durée et l’irréversibilité du temps. Ces trois
concentre sur les éléments, l’approche systémique relie et concepts permettent d’avoir une vision dynamique. La
se concentre sur les interactions. La rupture totale se fait démarche systémique permet de rassembler et d’organiser
au niveau du mode de réflexion. La pensée devient globa- les connaissances en vue d’une plus grande efficacité de
lisante (le tout prime sur les parties, il est plus que la l’action. L’éducation à l’environnement se trouve en rup-
somme des parties puisque de l’interaction des différentes ture par rapport aux savoirs traditionnels, cloisonnés et
parties naissent des qualités émergentes qui n’existent compartimentés alors que les situations réelles sont de
dans aucune des parties). Au lieu d’être linéaire avec cause plus en plus transversales.

83
Pages-outils
6 Je suis… cartographe PAGES 92-93
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


La carte permet de localiser et d’analyser des informations spatiales. Elle est topographique,
thématique ou de synthèse. C’est un outil de communication.
 Objectifs
• Appréhender la notion d’échelle.
• Comprendre le passage d’un espace à trois dimensions à un espace à deux dimensions.
• Savoir choisir les éléments qu’il faut représenter.
• Savoir symboliser ces éléments (notion de légende).
• Savoir situer les éléments les uns par rapport aux autres.
• Savoir orienter la carte.
 Notions et concepts
Échelle – mise à plat – orientation – légende – symbolisation – représentation – points – lignes – aires –
réseaux.

DÉROULEMENT

 Activité 1 ou sur une feuille de papier qui l’entoure (en forme de


cylindre ou de cône).
représenter un espace en réduction
La troisième dimension disparaît des cartes. Le relief qui
(l’échelle)
autrefois était représenté par des hachures (cartes d’état-
Toute carte est la réduction d’un territoire. L’échelle est le
major) est aujourd’hui représenté par des courbes de
rapport de réduction entre une longueur mesurée sur la
niveau, liant les points de même altitude, plus ou moins
carte et la mesure réelle correspondante sur le terrain.
serrées selon la vigueur des pentes et généralement
Par exemple, si la longueur sur le terrain est 100 000 fois
rehaussées par un estompage (le Soleil est censé être au
plus grande que sur la carte (1 km pour 1 cm), on écrira :
Nord-Ouest) qui donne l’idée de relief.
1/100 000.
> Document 2 : 3 figurés pour représenter les reliefs
L’échelle étant une fraction, elle est d’autant plus petite
Trois propositions sont faites à l’élève qui doit en choisir
que le dénominateur est grand : une carte à grande échelle
une et argumenter son choix :
est une carte dont le dénominateur est petit et qui repré-
– le point coté permet d’indiquer l’altitude avec exactitude
sente un territoire peu étendu (plan au 25 000e, par exem-
mais cette représentation ne donne pas l’idée de relief ;
ple). En revanche, les cartes du monde sont des cartes à
– les hachures donnent bien l’impression de relief mais
petite échelle.
elles son peu lisibles ;
> Document 1 : le quartier de l’école
– les courbes de niveau unissent tous les points de même
Faire décrire le quartier aux élèves :
altitude, elles sont plus lisibles.
– sa forme (rectangulaire), qu’il faudra ensuite reproduire ;
– les éléments qui le composent et qu’il faudra représenter  Activité 3
(école, immeubles, rues…) ; situer les éléments les uns
Puis faire mesurer le quartier sachant que 1,5 cm sur la par rapport aux autres (orientation)
carte représente 100 m sur le terrain. Demander aux élèves Faire reproduire aux élèves le quartier sur une feuille de
d’indiquer les dimensions du quartier (longueur et lar- papier-calque. En premier lieu, orienter le quartier :
geur) dans la réalité. demander aux élèves de faire des propositions (par exem-
ple, utiliser l’école, l’église ou la mairie comme repère ainsi
 Activité 2 que le stade ou le parc). Ensuite, leur faire représenter la
représenter un paysage à plat butte avec le figuré qu’ils ont choisi. Enfin, placer les diffé-
(projection et relevé) rents éléments du quartier en utilisant le document 3.
La principale gageure de la carte est de mettre à plat un > Document 3 : une série de symboles
monde sphérique. Aucune solution pleinement satisfai- Ces symboles représentent les éléments que l’on rencon-
sante n’a été trouvée. Les solutions de base ont consisté à tre dans toute carte topographique, c’est-à-dire des élé-
imaginer que le globe se projette sur un plan (projection) ments concrets et visibles :

84
– l’hydrographie, en bleu (rivières, mares, lacs, rivages…) ;  Activité 4
– les routes et les chemins, les voies ferrées… ; construire une légende
– les lieux habités (habitat, école, mairie…) ; > Document 4 : le plan du quartier de l’école
– des éléments d’occupation des sols (champs, parcs, Amener les élèves à décoder la légende (exercice inverse
forêt…) ; du précédent qui était de coder). Faire comparer le dessin
du quartier (doc. 1) et le plan (doc. 4). Puis faire effectuer
– des aménagements (stade, usine…) ;
des itinéraires sur le plan, imaginer des parcours.
– des repères (église, chapelle, moulin…) ; Pour finir, suggérer un nouvel aménagement (ce qui ne
– des clôtures. peut pas changer, ce qu’on peut modifier).

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Reprendre toutes les étapes de l’élaboration d’une carte et ments les uns par rapport aux autres (orientation), repré-
les constructions qui s’y rapportent : réduction (échelle), sentation des éléments (symbolisation, gamme de cou-
projection (représentation des reliefs), situation des élé- leurs, légende).

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Mathématiques : plan, échelle, proportionnalité. • Éducation physique et sportive : parcours orientés.

POUR ALLER PLUS LOIN


 les règles d’utilisation des cartes – analyser la carte en dégageant les grands ensembles, les
Les cartes étant des constructions abstraites, il faut, pour sous-ensembles puis, à l’intérieur de chaque sous-ensem-
les utiliser et les lire, une certaine maîtrise. Mais leur usage ble, les détails ;
se répand et elles sont de plus en plus nécessaires (cartes – utiliser l’échelle pour le calcul des distances ;
routières, carte d’aménagement, plan d’occupation des – repérer les points dans les trois dimensions : calculer l’al-
sols…). titude à partir des courbes de niveau, faire percevoir le
Un certain nombre de règles sont à respecter pour qu’elles volume du relief à partir des ombres portées sur la carte ;
soient correctement utilisées : – lire les signes (points, lignes, surfaces) et décoder la légende ;
– présenter et situer la carte comme tout autre document – expliquer les localisations par comparaison avec d’autres
géographique (titre, faits représentés, espace concerné, cartes ou documents qui permettent de faire apparaître
orientation, date) ; des ressemblances et d’émettre des hypothèses.

85
Les paysages de ville et de village
7 De la rue au quartier PAGES 94-95
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires. Les sujets étudiés se situent en premier lieu à l’échelle locale :
paysages de quartier. La fréquentation régulière de cartes, de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Appréhender son cadre de vie.
• Analyser un paysage urbain.
• Approcher, à un premier niveau, la notion d’espace social.
 Notions et concepts
Rue – chaussée – trottoir – quartier – paysage urbain – espace familier – espace de vie – espace social –
rythme de vie – activité dominante.

DÉROULEMENT
Dans la mesure du possible, faire faire une sortie d’explo- craindre les voitures, à l’écart du bruit et des gaz
ration de la rue ou de l’îlot qui entoure l’école, aux enfants. d’échappement. Les inconvénients sont essentiel-
Le temps d’accès à la rue étant négligeable et les enfants ne lement liés aux difficultés d’approvisionnement des
pouvant pas recueillir en une seule fois un nombre signifi- commerces.
catif d’informations, plusieurs sorties pourront être organi-
sées. On fera de même pour le quartier de l’école. On  Activité 2
pourra suivre le questionnement proposé. à la découverte du quartier
> Document 2 : affiche de l’association Immeubles
 Activité 1 en fête
à la découverte de la rue Que montre cette affiche ? Que le quartier est avant tout
> Document 1 : une rue piétonne à Paris un espace de vie, de sociabilité pour ceux qui en font par-
En quoi voit-on que cette rue est piétonne ? (pas de voiture, tie. Pour l’auteur de l’affiche, le quartier est d’abord défini
des gens circulant à pied au milieu de la chaussée, les par les gens qui y vivent : c’est un espace social. Ici, on voit
échoppes des marchands qui envahissent les trottoirs et des gens de tous âges, qui, tous, apportent quelque chose
débordent sur la chaussée). Demander aux élèves de décrire à la fête du quartier. C’est pour eux l’occasion de se ren-
la rue (longueur, largeur), veiller à ce qu’ils emploient contrer, de faire la fête ensemble.
quelques mots de vocabulaire : la chaussée, le trottoir, etc. Le quartier est aussi un milieu de vie : on peut voir des
Leur faire identifier les bâtiments de part et d’autre de la rue : habitations, des commerces. Il pourrait y avoir une école.
des immeubles traditionnels, assez cossus, avec, au rez-de- Tel qu’il est représenté, ce quartier est avant tout résiden-
chaussée, des boutiques (fleuriste, brasserie…). tiel (habitations) et commerçant (enseignes de com-
À propos de cette rue piétonne, on amènera les enfants à merces).
se poser des questions ou on leur en posera : Pourquoi Sorties dans la rue ou le quartier de l’école
cette rue est-elle si fréquentée ? Comment les gens se dépla- Au cours de ces sorties, attirer l’attention des élèves sur les
cent-ils ? Que viennent-ils y faire ? Quels types de com- déplacements qu’ils peuvent observer : qui ? quand ? pour-
merces peut-on apercevoir ? Observer les enseignes. Mais quoi ? (les uns vont faire leurs courses, les autres se promè-
à quoi sont utilisés les étages de ces immeubles ? On nent, d’autres encore se rendent à leur travail, etc.). Leur
pourra donc en conclure que cette rue a au moins deux faire observer également la circulation à différents
fonctions : commerçante et résidentielle. moments de la journée (pendant 5 minutes au moins) :
Faire caractériser l’animation de la rue ainsi que les dépla- nature des véhicules observés, nombre, sens de circulation
cements observés. Quelles personnes aperçoit-on dans (de l’extérieur vers la ville le matin, en sens inverse le soir),
cette rue commerçante ? Des femmes qui doivent avoir etc. Enfin, prendre les photos des bâtiments les plus inté-
l’habitude de venir y faire leurs achats, et pour lesquelles ressants par leur forme, leur couleur, leur importance dans
cet espace est un lieu familier. la rue : mairie, boulangerie, poste…
Quels sont les avantages et les inconvénients d’une telle À partir des échanges sur la sortie, demander aux élèves de
rue ? Les piétons peuvent déambuler librement sans décrire la réalité physique de la rue, d’identifier les diffé-

86
rents bâtiments, de caractériser l’animation de la rue ou du Comparer l’architecture des immeubles situés à gauche et
quartier ainsi que les déplacements observés. au centre de la photographie avec celle des immeubles
Un certain nombre d’activités peuvent être effectuées : situés à droite qui sont plus récents. Les bâtiments du cen-
reporter les différents itinéraires parcourus sur un plan, tre, de béton aux modules standardisés, doivent dater de
reconstituer la rue à l’aide de photos, la dessiner à diffé- la reconstruction de la ville du Havre après la Seconde
rents moments de la journée pour en montrer l’animation Guerre mondiale durant laquelle elle avait été presque
et la fréquentation. Sur le plan du quartier quadrillé, relier totalement rasée.
les photos des enfants ou de leur habitation à leur empla- > Document 4 : les différents quartiers de la ville
cement exact en indiquant, entre parenthèses, les coor- de Clermont-Ferrand
données (a, 8), utiliser ou construire un tableau à double Le centre de la ville est dominé par les flèches noires de la
entrée en croisant les temps de fréquentation de la rue ou cathédrale construite en lave noire. Tout autour, on aper-
du quartier et les personnes qu’on y rencontre. çoit les toits de tuiles rouges, avec des maisons très resser-
rées : c’est la partie ancienne de la ville. On pourrait, avec
 Activité 3 un crayon, en tracer la limite. Sur le pourtour de ce centre
comparer des quartiers différents ancien se dressent des immeubles imposants regroupés en
> Document 3 : un quartier du Havre et ses habitants grands ensembles, édifiés soit en longueur (barres) soit en
Ce qui frappe avant tout dans cette partie du Havre, c’est hauteur (tours). L’espace bâti est moins dense, des échan-
l’espace de jeux dévolu aux jeunes (skate-board, vélo) et crures de verdure y apparaissent. Au premier plan, qui est
aménagé pour répondre à leurs goûts et à leurs besoins. la partie la plus extérieure par rapport au centre ancien, de
On voit que c’est un quartier où les jeunes sont nombreux, petits immeubles et des maisons individuelles sont agré-
les habitations à l’arrière-plan sont des immeubles collec- mentés de verdure. À l’arrière-plan, les hauteurs ne sont
tifs où doivent vivre des familles aux revenus modestes. pas encore conquises par l’urbanisation.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Montrer l’emboîtement des espaces de la rue au quartier. social et insister sur le fait que les quartiers sont d’abord
Faire appréhender la variété des paysages de quartiers des espaces de vie.
urbains. Aborder, à un premier niveau, la notion d’espace

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : description de ce qui fait la vie de son respect des autres, de l’espace, du mobilier urbain, des
quartier. plantes. Élaborer une charte du piéton.
• Arts plastiques : faire une affiche sur son quartier. • Histoire : étudier l’évolution du quartier en comparant
• Éducation civique et morale : faire acquérir un compor- des photos récentes et des cartes postales anciennes des
tement citoyen, aborder les notions de civilité, politesse ; mêmes lieux.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les habitants acteurs de leur quartier (cadre de vie, circulation, stationnement, sécurité, anima-
Le conseil de quartier est un nouvel outil de concertation tion de la cité). Ce sont des lieux d’information, d’écoute,
et de démocratie locale instauré par la Loi relative à la de débats et d’expression qui permettent de favoriser les
démocratie de proximité du 27 février 2002. Cette loi liens sociaux et d’encourager l’échange d’informations
oblige les communes de plus de 80 000 habitants à « insti- entre la population et l’administration municipale : ils sont
tutionnaliser » la notion de démocratie de proximité. Les un relais entre les services de la mairie, les élus et la popu-
conseils de quartier sont présidés de droit par le maire. Ils lation du quartier.
sont composés selon les cas d’élus, d’associations, de per- Les conseils de quartier se réunissent environ quatre fois
sonnes qualifiées et d’habitants... par an. Toutes les personnes qui résident ou travaillent
Ils ont pour vocation de formuler des avis et des sugges- dans un quartier déterminé peuvent participer aux travaux
tions sur des thèmes divers touchant la vie quotidienne des conseils de quartier.

87
Les paysages de ville et de village
8 Qu’est-ce qu’un centre-ville ? PAGES 96-97
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires. Les sujets étudiés se situent en premier lieu à l’échelle locale :
paysages de ville, de quartier. La fréquentation régulière de cartes, de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Analyser un paysage urbain.
• Définir la fonction d’un lieu.
• Aborder, à un premier niveau, la notion de centralité.
 Notions et concepts
Centre – lieu de pouvoir – centre historique – cœur de ville – centre administratif – multi-fonctionnalité –
fonction culturelle.

DÉROULEMENT

 Activité 1 Si les petites villes n’ont qu’un espace central, les grandes
agglomérations présentent une grande diversité de quar-
observer un centre-ville
tiers : quartier des administrations, quartier des affaires,
> Document 1 : le centre-ville de Semur-en-Auxois
des universités, du commerce, des musées. Du point de
Semur-en-Auxois est une petite ville de près de 5 000 habi- vue de la population et de la surface qu’ils occupent, les
tants située dans le département de la Côte-d’Or de la région quartiers centraux sont devenus minoritaires dans la ville.
Bourgogne. C’est le centre ancien, bâti sur un plateau que
À partir du plan de leur propre ville ou de la ville la plus
montre la photo. Il est dominé par les tours de la collé-
proche, on pourra faire étudier aux élèves, à partir des
giale Notre-Dame, dont l’origine remonte au XIIIe siècle
monuments, la ou les fonction(s) d’un centre-ville :
mais qui a été restaurée au XIXe siècle par Viollet-le-Duc.
– fonction de commandement (hôtel de ville avec la mai-
Fleuron du gothique flamboyant bourguignon, elle consti-
rie, préfecture) ;
tue une richesse pour le patrimoine de la région. La
– fonction administrative (cité administrative, judiciaire) ;
tour circulaire qui s’élève à gauche est un vestige des
– fonction économique (chambre de commerce et d’in-
tours d’angle de l’ancienne citadelle, le château fort ayant
dustrie) ;
été définitivement démantelé au XVIIe siècle. Au premier
– fonction de marché (halles, marché couvert) ;
plan, un vieux pont pittoresque franchit la rivière
Armançon. – fonction culturelle (musée, palais des congrès, média-
thèque…) ;
Introduire la notion de centre historique en suivant le
– fonction de loisirs (théâtre, cinémas, office du tourisme) ;
questionnement. En allant plus loin, on étudiera le centre-
ville comme lieu de pouvoir : faire citer aux élèves les prin- – patrimoine historique ;
cipaux lieux de pouvoir de leur ville ou de la plus proche – fonction cultuelle (église, cathédrale…) ;
(mairie, préfecture, palais de justice, etc.). On pourra abor- – fonction résidentielle ;
der avec les élèves la fonction culturelle (musées, exposi- – fonction commerçante (commerces des rues piétonnes,
tions, théâtre) et la fonction cultuelle (monuments reli- centres commerciaux).
gieux). On peut en déduire que le centre est multifonc-
tionnel d’autant plus qu’il faut lui ajouter une fonction rési-  Activité 2
dentielle. repérer les activités du centre-ville
Chaque ville française, mais aussi chaque commune pos- > Document 2 : l’opéra de Montpellier, place de la
sède un centre. Il correspond le plus souvent aux parties Comédie, dans le centre-ville
les plus anciennes de la ville qui conservent les fonctions L’opéra national de Montpellier est la première salle de
les plus prestigieuses et qui donnent une identité à la ville. représentation à avoir été créée à Montpellier. Ce théâtre à
Il se définit comme un lieu de représentation et de pouvoir l’italienne est caractéristique de l’art architectural roman-
sous toutes ses formes. Sur un espace limité, dont le déve- tique (salle en forme de fer à cheval ; balcons en retrait les
loppement est ancien, vit une population nombreuse, uns par rapport aux autres ; plancher de scène en pente
dont le niveau de vie est généralement élevé. vers le public). Il n’existait à Montpellier aucun lieu de

88
représentation avant la construction au XIXe siècle de ce remarquables de Lyon. Lors de sa construction au XVIIe siè-
théâtre lyrique qui occupe une place centrale dans la ville cle, la place des Terreaux est devenue le centre administra-
tant sur le plan géographique que sur le plan culturel. Le tif de Lyon. Cet édifice a été détruit en partie en 1674 par
document témoigne précisément de cette fonction cultu- un incendie. Les dessins du nouvel hôtel de ville ont été
relle du centre. confiés à Jules Hardouin-Mansart, architecte du château de
Dans quelle partie de la ville nous trouvons-nous ? (dans le Versailles. Le 14 juillet 1803, un second incendie détruit le
centre historique). bâtiment qui sera complètement rénové sous le Second
Faire décrire l’animation de la place elle-même (des pro- Empire. De nos jours l’hôtel de ville accueille dix fois par
meneurs, des terrasses de café), la façade de l’opéra. an le conseil municipal.
Quelle est la fonction de ce lieu ? (fonction culturelle, tou- Cette photo montre que le centre-ville de Lyon est un lieu de
ristique, commerçante). pouvoir mais aussi un centre historique et un centre culturel
> Document 3 : L’hôtel de ville de Lyon puisque l’hôtel de ville fait face à l’opéra.
Faisant face à l’opéra et donnant sur la place des Terreaux, Demander aux élèves où se trouve l’hôtel de ville de leur
l’hôtel de ville est aujourd’hui l’un des monuments les plus commune ou ville.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Faire ressortir que le centre est le cœur historique de la ding ou de bureaux. Les centres sont le siège d’activités
ville. On y trouve les monuments symboliques. Parfois des tertiaires.
secteurs ont été détruits au profit de résidences de stan-

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Histoire : les monuments du centre-ville. • Éducation civique : les services de la mairie.

POUR ALLER PLUS LOIN


 La spécialisation tertiaire ville, lieu traditionnel de rencontres. Depuis quelques
des quartiers centraux décennies, de nombreuses activités tertiaires ont quitté le
Le centre est la partie la plus ancienne et la plus active de centre pour s’installer vers la périphérie pour des raisons
l’agglomération : fréquenté par l’ensemble des citadins, il de place et être plus accessibles, notamment en automo-
se trouve au cœur de tout le système de circulation. Un bile. Le développement des grandes surfaces et des cen-
patrimoine architectural et monumental important s’y tres commerciaux a alors entraîné un recul du commerce
trouve concentré. Chaque époque a laissé des empreintes de proximité dans les centres. Seuls les commerces spécia-
dans le centre actuel. L’espace médiéval a été remanié au cours lisés ou les activités culturelles et de détente se dévelop-
des siècles, en particulier au XVIIIe siècle, durant lequel de pent dans les rues piétonnes.
vastes places ont été aménagées. Mais c’est surtout dans la À côté de ces services spécialisés, les activités du tertiaire
seconde moitié du XIXe siècle que des préoccupations d’hy- supérieur, les seules à pouvoir faire face au coût élevé d’oc-
giène publique, de circulation, de maintien de l’ordre et cupation du sol, peuvent s’implanter dans les quartiers
d’embellissement ont abouti au percement de larges ave- centraux des grandes villes dont les habitants disparaissent
nues dans le tissu urbain ancien. Cette période marque le peu à peu : c’est le phénomène de city. Cette cherté du
début de la spécialisation tertiaire des quartiers centraux. sol et le manque d’espace imposent des constructions en
Les mutations contemporaines accentuent cette tendance : hauteur et un urbanisme souterrain. La saturation des
les superficies de bureaux augmentent au détriment de quartiers centraux et l’inadaptation des immeubles anciens
celles des logements. Les services, en particulier les ser- aux activités tertiaires peuvent modifier l’organisation du
vices marchands, ont longtemps privilégié le centre de la centre.

89
Les paysages de ville et de village
9 Les autres quartiers de la ville PAGES 98-99
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires. Les sujets étudiés se situent en premier lieu à l’échelle locale :
paysages de ville, de quartier. La fréquentation régulière de cartes, de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Analyser un paysage urbain.
• Prendre conscience de la diversité des paysages urbains et les classer par types.
• Étudier l’organisation interne de la ville.
 Notions et concepts
Paysage urbain – fonction urbaine – morphologie urbaine – population – milieu de vie – espace social –
tissu urbain – organisation de l’espace.
 Cahier d’exercices
« Les autres quartiers de la ville » : voir p. 46-47.

DÉROULEMENT

 Activité 1 la place de la Comédie. Il renferme 120 magasins et


analyser un paysage urbain 4 niveaux de parking en sous-sol.
> Document 1 : le quartier de la préfecture, On fera décrire le paysage urbain aux élèves : un large par-
à Cergy-Pontoise vis qui donne accès au centre commercial pour permettre
Faire décrire le lieu en demandant aux élèves comment la rencontre et la circulation des personnes. On fera rele-
s’organise l’espace : quartier d’architecture moderne avec ver les enseignes et on mettra l’accent sur le caractère rela-
ses tours, ses barres, ses immeubles en verre, ses toits tivement récent de cet ensemble. Que viennent faire les
plats, ses dalles et ses rampes d’accès. On peut apercevoir gens dans cet ensemble ? Comme tout l’indique, il est
plusieurs niveaux de construction (on pourra comparer dominé par l’activité commerciale.
avec le centre ancien de Semur-en-Auxois, p. 96). Ce quar- > Document 3 : la place Paul-Avisseau, à Bordeaux
tier est entouré d’espaces verts. Sur cette photo aussi, on constate que les quartiers sont
Cergy-Préfecture est un quartier de Cergy-Pontoise, ville nou- récents. Cette place appartient à un ancien quartier de
velle située à 30 km au Nord-Ouest de Paris et à 30 km de l’aé- négociants, le quartier des Chartrons, désaffecté au XIXe et
roport de Roissy-Charles-de-Gaulle et construite ex nihilo à dont la rénovation s’est achevée en 2006. Que fait-on dans
partir du milieu des années 1960 à l’emplacement de terres ce quartier ? Son activité est avant tout résidentielle (on
agricoles. Conçu à la manière d’une dalle, le quartier, à l’ori- peut penser que ces petits immeubles abritent des appar-
gine de la ville, est occupé par des administrations (préfecture, tements dont on ne voit que les terrasses et balcons).
édifiée en 1970, mairie, centre des impôts, etc.). Le quartier de Noter que ce quartier est relativement vide dans la journée
la préfecture abrite également des activités tertiaires (tour (place déserte) et qu’il s’anime le soir au moment où les
EDF de 1976, banques, sièges d’entreprises), des commerces gens rentrent du travail.
de grande taille (centre commercial des Trois-Fontaines, 1973) > Document 4 : le quartier de la Défense à Paris
ou de proximité, des restaurants, des lieux de culture (biblio- Où se trouve le quartier de la Défense ? (À Paris, capitale
thèques, théâtre, cinémas, lieux d’exposition, etc.), de loisir de la France). De quoi est-il constitué ? (de tours de
(piscine, patinoire, boîte de nuit, etc.). Mais les logements bureaux, de « buildings »). Faire apprécier la taille des tours
représentent 20 % des surfaces habitables construites. par rapport aux immeubles situés sur la droite. De quel
type d’architecture s’agit-il ? (architecture moderne).
 Activité 2 Ce quartier est-il ancien ou récent ? Quel type d’activités
comparer plusieurs types de quartiers abritent ces tours ? (Des bureaux). Guider les élèves en
> Document 2 : le centre commercial Polygone, leur faisant relever ce qui est écrit en haut de certaines
à Montpellier tours. Quelle est la fonction de ce quartier ? (Quartier d’af-
À Montpellier, le centre commercial Polygone est situé à faires qui abrite des bureaux et les sièges sociaux de
proximité du centre historique dont il n’est séparé que par grandes entreprises). Préciser que les tours sont animées

90
le jour et vides la nuit. Ainsi, sont apparus des quartiers tous les éléments qui les différencient architecture, fonc-
d’affaires dans de nombreuses villes : la Défense à Paris, La tion, animation) et tous ceux qui les rapprochent (densité
Part-Dieu à Lyon, Euralille à Lille, Mériadeck à Bordeaux. du bâti, quartiers relativement récents). On peut conclure
Comparer avec les paysages urbains précédents : relever sur la grande diversité des quartiers.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Les notions de différents quartiers en relation avec les que d’organisation de l’espace urbain seront abordées à un
usages de la ville, d’espace de vie et d’espace social ; ainsi premier niveau.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : la ville en poésie, textes sur les bruits de la • Histoire : les places, le développement des villes au XIIe
ville, les encombrements. siècle.
• Arts plastiques : travail sur les formes d’immeubles, sur • Sciences : la présence du végétal en ville.
les couleurs de la ville. • Mathématiques : plan de ville, cartes en réseau (bus, métro).

POUR ALLER PLUS LOIN


 Métamorphose d’un quartier : minimum de place. Mais le premier choc pétrolier, en
l’histoire du « Chinatown » de Paris 1973, limita le projet.
Au sortir du métro Maison-Blanche, dans le 13e arrondisse- Le quartier se dépeuple, les grands immeubles sont loin
ment de Paris, on se retrouve dans un ailleurs, au milieu d’être complètement occupés. Les grands groupes voient
des idéogrammes chinois. Ce « quartier chinois » a vu le alors arriver cette population comme une aubaine et la
jour, il y a trente ans, avec l’arrivée de réfugiés fuyant le population immigrée profite de la dévaluation immobilière
Sud-Est asiatique. En 1973, la défaite de l’armée américaine du quartier. Les grandes tours du triangle de Choisy font
au Vietnam et les conflits qui débutèrent au Cambodge et enfin le plein de leurs habitants.
au Laos déclenchèrent un départ massif de boat people Grâce à un système de caisse commune (la tontine), les
vers l’Amérique et l’Europe. De 1975 à 1982, 110 000 réfu- familles ouvrent des boutiques au pied des tours géantes
giés ont débarqué en France. et comblent les vides dus au manque d’équipements. En
Jusqu’à la fin des années 1960, le 13e arrondissement avait dix ans, les Asiatiques imprègnent le quartier de leur
conservé un aspect villageois avec ses maisons et ses culture. Aujourd’hui, ils sont plus de 30 000 à vivre dans
allées. Peu à peu, les entreprises ont déménagé vers la ban- cette partie du 13e arrondissement. Ils y ont développé
lieue. Les habitations nécessitaient une réhabilitation. Or, il leurs activités dans la restauration, les supermarchés, les
a été jugé préférable de démolir et de rebâtir et les archi- banques, la bijouterie et la médecine. Trois langues (le viet-
tectes ont été invités à penser grand. Pour l’opération de namien, le chinois et le thaï) cohabitent sur les pancartes.
rénovation « Italie 13 », les promoteurs avaient investi dans Tous les ans, on peut suivre le magnfique spectacle du
l’idée de concentrer le maximum de population sur le nouvel an chinois.

91
Les paysages de ville et de village
10 Les paysages de banlieue PAGES 100-101
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires. Les sujets étudiés se situent en premier lieu à l’échelle locale :
paysages de ville, de quartier. La fréquentation régulière de cartes, de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Définir ce qu’est la banlieue et les modes de vie qui en découlent.
• Analyser et comparer des paysages de banlieue.
• Appréhender, à un premier niveau, la notion centre/périphérie.
 Notions et concepts
Ville – agglomération – centre – périphérie – banlieue – gestion urbaine – migrations pendulaires –
trame des transports urbains.
 Cahier d’exercices
« Les paysages de banlieue » : voir p. 48-49.

DÉROULEMENT

 Activité 1 d’entassement devant cette photographie. Quels types de


définir le terme « banlieue » populations vivent dans ces quartiers ? Des populations
Qu’est-ce qu’une banlieue ? Relever les représentations ini- défavorisées (550 quartiers sont qualifiés de « sensibles »
tiales des élèves avant de commencer l’observation et en France). Beaucoup plus élevé que la moyenne natio-
l’analyse des documents afin de pouvoir faire avancer nale, le chômage touche souvent le quart de la population,
l’idée que la banlieue est diverse. notamment chez les jeunes (plus de 30 %). L’échec scolaire
> Document 1 : Marseille et ses banlieues
est répandu. De nombreux étrangers vivent dans ces quar-
tiers en difficulté, dans une proportion trois fois supé-
Faire observer la carte, faire localiser Marseille ville-centre
rieure à la moyenne nationale. Le revenu des ménages est
et la banlieue. De combien d’ensembles est composée la
faible. L’habitat est essentiellement composé d’immeubles
banlieue marseillaise ? On peut distinguer au moins deux
collectifs et de HLM, un pourcentage quatre fois plus élevé
ensembles. La première partie, concentrique à Marseille,
que dans l’ensemble de la France. Ces quartiers se caracté-
correspond à l’étalement urbain et constitue une première
risent par l’insuffisance des équipements commerciaux et
couronne qui s’est développée le long des axes de commu-
la place réduite des services publics, à l’exception des
nication et le long de la vallée de l’Huveaune. Puis apparaît
écoles maternelles et élémentaires. L’insécurité est devenue
une deuxième couronne excentrique qui englobe les com-
une plaie de ces quartiers. Un nouveau clivage est apparu,
munes de Martigues, de l’étang de Berre qui sont d’an-
très marqué depuis le début des années 1980, qui tend à
ciens villages entrés dans l’orbite marseillaise. Ils corres-
isoler ces quartiers en difficulté du reste de l’aggloméra-
pondent à l’agrandissement du port de Marseille jusque
tion. On parle alors de « ghettoïsation ».
dans le golfe de Fos et au Nord, vers Aix-en-Provence, Plan-
de-Campagne, qui est la grande zone commerciale, et > Document 3 : Les Goudes, dans la banlieue
Gardanne, ancien centre minier. de Marseille
Ce petit village de pêcheurs est situé non loin de l’île de
 Activité 2 Riou et à l’entrée des Calanques. Les cabanons ainsi que les
comparer des paysages de banlieue maisons, construits à flanc de rocher, semblent plonger
> Document 2 : une banlieue, au nord de Marseille dans la mer. Ce lieu, qui a gardé une certaine authenticité,
Cette banlieue nord fait partie de la zone périurbaine de compte quelques commerces de proximité et bon nombre
Marseille. de bars et restaurants qui connaissent une grande
Observer les quartiers nord de Marseille et poser quelques affluence avec les beaux jours. Ce petit port de pêche est
questions : de quoi se composent-ils ? (D’immeubles en devenu un lieu de détente pour les Marseillais.
barres et en tours). Comparer avec les tours de la Défense. Faire comparer ces deux paysages des banlieues de
Est-ce que ce sont des lieux de travail ? Ces tours sont des Marseille et faire émerger quelques termes liés à l’habitat
immeubles d’habitat collectif. On ressent une impression (lotissement, grands ensembles).

92
> Document 4 : la zone commerciale Conclure sur l’hétérogénéité des banlieues d’un point de
de Plan-de-Campagne vue habitat (individuel ou collectif), d’un point de vue
Faire situer Plan-de-Campagne sur le document 1. À quoi architectural (barres, tours, pavillons, petites maisons),
voit-on qu’on est dans une zone commerciale ? Faire rele- d’un point de vue social (banlieues aisées ou défavori-
ver les enseignes. Comment s’y rend-on ? En voiture, donc sées), du point de vue de la fonction (résidentielle, com-
une grande place est dévolue aux parkings. merciale…). L’extension de la ville en surface et la sépara-
Cette zone, créée dans les années 1960, est aujourd’hui la tion des lieux de résidence et de travail, de commerce, de
plus grande zone commerciale de France et une des plus distractions conduisent à multiplier les déplacements. Cela
importantes représentations d’enseignes en Europe. Elle est source d’engorgements, pertes de temps, fatigue, pol-
s’étend sur plus de 200 ha, situés sur trois communes et lution, dépenses.
compte 400 établissements pour 6 000 emplois.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
On fera ressortir l’hétérogénéité des banlieues selon plu- cuation des déchets, vie des habitants (stress des déplace-
sieurs points de vue. On amènera les élèves à s’interroger ments quotidiens pour se rendre au travail : mouvements
sur les conséquences de l’étalement des villes : problèmes pendulaires de la périphérie vers le centre le matin et
des transports, pollution, approvisionnement en eau, éva- inversement en fin de journée).

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : la ville en poésie, textes sur les bruits de la • Sciences : le végétal en ville.
ville, les encombrements. • Mathématiques : plan de ville, cartes en réseau (bus, métro).
• Arts plastiques : travail sur les formes d’immeubles, sur
les couleurs de la ville, les banlieues à l’époque des pein-
tres impressionnistes (Argenteuil, Bougival).

POUR ALLER PLUS LOIN


 La périphérie des villes bâtiments surgissent au fur et à mesure des besoins, faites
C’est l’espace de transition entre la ville et la campagne. de territoires immenses, mal délimités, mélange de lieux
Elle est multiple (faubourg, banlieue, zones périurbaines). d’habitation, de paysages encore ruraux avec leurs pôles vil-
Au cours de l’évolution de la ville, les faubourgs d’autrefois lageois, de villes nouvelles, de technopôles, de parcs de loi-
sont devenus des quartiers péricentraux et se sont intégrés sirs, d’espaces éclatés qu’on appelle les « entrées de ville ».
à la ville. Les zones périphériques connaissent depuis un Des zones industrielles devaient attirer les industries dans
siècle une croissance spatiale et démographique. Elles ces espaces périphériques en mettant à leur disposition
constituent l’essentiel de l’espace et des habitants. La pro- des terrains viabilisés et branchés sur le système de trans-
lifération de l’espace dominé par la ville, en termes de ports. Avec la récession économique, les ZI se sont trans-
logements citadins, de migrations pendulaires, d’implanta- formées en zones d’activités destinées à recevoir les entre-
tion d’établissements commerciaux, industriels, adminis- pôts, des magasins d’exposition ou des hypermarchés.
tratifs a conduit à la notion de périurbain. C’est ainsi que, progressivement, les voies de dégagement
Dans les grandes agglomérations, on distingue des généra- à la sortie des villes ont fini par se ressembler partout en
tions successives de banlieues : d’abord en auréoles France. les mêmes publicités hétérogènes jalonnent les
concentriques, puis étirées le long des axes de communi- bas-côtés. L’homogénéisation du paysage est incontesta-
cation (voies ferrées, routes, autoroutes) puis des taches ble. Partout, ce sont les mêmes ZUP (zones à urbaniser en
étalées dans de grandes aires rurales à la faveur de lotisse- priorité), les mêmes hypermarchés, les mêmes lotisse-
ments programmés et liées à la multiplication des trans- ments, les mêmes décors routiers. Les ZUP des années
ports. 1960 sont en barres rectilignes, celles des années 1970 en
Les banlieues sont formées de paysages hétérogènes formes curvilignes et les routes qui les desservent dessi-
construits de manière anarchique, où les maisons et les nent des arabesques. Le lien avec les régions est rompu.

93
Les paysages de ville et de village
11 J’habite… dans une banlieue Trappes PAGES 102-103
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Cette double page permet d’aborder un des paysages urbains de l’espace français : une banlieue.
 Objectifs
• Définir ce qu’est la banlieue et les modes de vie qui en découlent.
• Analyser et comparer des paysages de banlieue.
• Appréhender, à un premier niveau, la notion centre/périphérie.
 Notions et concepts
Ville – agglomération – centre – périphérie – banlieue – gestion urbaine – migrations pendulaires –
trame des transports urbains.

DÉROULEMENT
La banlieue commence au-delà des limites administratives Faire situer Trappes sur une carte de la région parisienne
de la ville. Ses habitants travaillent souvent dans le centre- (près de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines,
ville et ils se déplacent chaque jour pour aller sur leur lieu dans la grande couronne). Dans le fond, on peut voir la
de travail et en revenir (mouvements pendulaires). La ban- ceinture verte de l’agglomération parisienne. Ce qui appa-
lieue accueille aussi les activités qui sont à l’étroit dans les raît sur cette photographie, ce sont les trois types d’habitat
villes (usines, entrepôts) ou qui demandent beaucoup de la banlieue : les immeubles collectifs, les lotissements et
d’espace. Les centres commerciaux et les hypermarchés les pavillons. On voit aussi des supermarchés avec leurs
s’installent près des échangeurs pour profiter des facilités grands parkings, des terrains de sport, des usines et de
de communication. La banlieue s’est d’abord étirée le long nombreuses voies de communication. La présence de
des voies principales, puis elle a englobé d’anciens villages, champs montre bien que cette banlieue s’est développée
formant de gros noyaux. Ce développement s’est souvent en milieu rural.
fait en plusieurs étapes, en auréoles, suivant un modèle
concentrique.  Activité 2
Toutes les banlieues ne se ressemblent pas, elles ont plu- comprendre un croquis
sieurs visages. À l’ouest de Paris, par exemple, elles accueil- Près d’un français sur cinq habite dans l’agglomération
lent des populations aisées dans un cadre verdoyant. parisienne (qui compte 10 millions d’habitants). Dans la
Ailleurs, les banlieues de pavillons ou de grands ensem- banlieue parisienne vivent 8 millions d’habitants, c’est-à-
bles, où vivent des gens modestes, présentent des pay- dire quatre fois plus qu’à Paris.
sages monotones. Certaines banlieues où la situation s’est Comme la croissance de l’agglomération s’est faite du cen-
dégradée connaissent aujourd’hui de grandes difficultés tre vers la périphérie, une première génération de com-
(chômage, insécurité). En revanche, d’autres ont connu munes de banlieue forme une auréole continue (la petite
une amélioration du cadre de vie avec la création de com- couronne) au contact immédiat de Paris où se sont long-
merces et d’équipements collectifs (piscines, stades, uni- temps associées des résidences ouvrières et des usines, qui
versités), et l’implantation d’entreprises. Pour améliorer ont ensuite laissé la place à des friches industrielles.
les logements et créer des centres de services et de vie col- Une deuxième génération de communes de banlieue a vu
lective, on a construit des villes nouvelles à une trentaine le jour dans l’entre-deux guerres, avec une floraison de
de kilomètres de Paris : Marne-la-Vallée, Melun-Sénart, lotissements et leurs milliers de pavillons, dans les vallées
Évry, Saint-Quentin-en-Yvelines, Cergy-Pontoise. Au-delà, desservies par les voies ferrées.
s’étend la ceinture verte (forêts de Fontainebleau, de
Enfin, à partir des années 1950, avec la généralisation de
Marly, de Rambouillet).
l’automobile, la banlieue a occupé les plateaux (la grande
couronne) où sont construits les habitats collectifs et les
 Activité 1 immeubles géants des grands ensembles.
lecture de paysage urbain > Document 2 : l’agglomération parisienne
> Document 1 : la ville de Trappes Faire bien observer aux élèves la « ville-centre » de Paris et
Le document présente un paysage caractéristique de la son développement qui s’est fait de manière concentrique :
banlieue. opposition entre le centre de Paris et la banlieue. Faire

94
remarquer les cinq villes nouvelles en bordure de la grande rechercher des itinéraires aux élèves afin qu’ils indiquent
couronne (développement concentrique). Les voies de les lignes à emprunter et les changements à effectuer.
communication (autoroutes, voies ferrées et RER) conver-
gent toutes vers Paris.  Activité 4
Si les élèves habitent dans une grande ville, on peut les identifier des paysages urbains
amener à faire un croquis de l’extension de la banlieue de > Documents 4 à 7
leur ville. On pourra demander aux élèves à quoi on distingue la vue
du centre de celles des banlieues. Le centre (doc. 7) se
 Activité 3 caractérise par un tissu urbain dense, des espaces verts res-
lire une carte en réseau treints, des rues apparemment étroites. Ce qui caractérise
> Document 3 : les lignes de RER à Paris la banlieue, c’est un desserrement du tissu urbain, plus de
Ce type de carte est peut-être utilisé par les enfants dans place laissée aux voies de communication et aux espaces
leur vie de tous les jours : d’où l’intérêt de leur apprendre verts.
à s’en servir (cartes des lignes de bus, de métro, de RER). Parmi les paysages de banlieue, on retrouve les trois types
Elles indiquent uniquement les lignes et les stations. les d’habitat : immeubles collectifs de Ris-Orangis, lotisse-
distances, bien qu’elles soient à l’échelle et respectées, ne ments de Corbeil-Essonnes, pavillons du Vésinet. L’habitat
sont pas indiquées. Pour apprendre à s’en servir, faire reflète le niveau social de la population.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
On insistera sur la diversité des banlieues : diversité des centres commerciaux dans ces grands ensembles, sur les
types d’habitat et diversité sociale. On mettra également l’ac- migrations pendulaires quotidiennes et leurs répercussions
cent sur les problèmes des grands ensembles, sur le rôle des dans la vie des gens et sur la trame des transports publics.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Arts plastiques : les tags. • Musique : le rap, le hip-hop.

POUR ALLER PLUS LOIN


 L’expansion de la ville dans l’espace déploient de gigantesques banlieues qui vont se
L’extraordinaire croissance de la population urbaine s’est confondre lentement avec la campagne. Ces espaces
accompagnée d’une très large expansion de la ville dans ruraux gagnés par la rurbanisation forment une large
l’espace. Aujourd’hui, les géographes préfèrent parler couronne.
d’agglomération. Parfois, plusieurs agglomérations peu Enfin, il existe des espaces qui subissent l’influence
éloignées arrivent presque à se souder et c’est alors une de la ville de façon plus indirecte : ce sont les espaces
conurbation ou une région urbaine. Les plus grandes villes périurbains, espaces ruraux situés à proximité des
polarisent les fonctions supérieures : c’est le phénomène grandes agglomérations qui accueillent toute une série
de métropolisation. d’équipements urbains. C’est la révolution des trans-
La limite entre la ville et la campagne est particulièrement ports qui a permis aux villes d’étendre ainsi leur in-
floue dans les pays industrialisés. Les agglomérations fluence.

95
Les paysages de ville et de village
12 Les villes dans leur région PAGES 104-105
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires. Les sujets étudiés se situent en premier lieu à l’échelle locale :
paysages de ville. La fréquentation régulière de cartes, de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Appréhender la diversité des villes.
• Prendre conscience de la hiérarchie des villes.
• Aborder, à un premier niveau, la notion de réseau urbain.
 Notions et concepts
Ville – agglomération – services – hiérarchie urbaine – zone de chalandise – zone d’influence – trame
urbaine – réseau urbain.
 Cahier d’exercices
« Les villes dans leur région » : voir p. 50-51.

DÉROULEMENT

 Activité 1 de recherche. L’université est passée de 15 000 étudiants à


présenter un réseau urbain près de 70 000 actuellement, ce qui fait de Rennes une des
> Document 1 : carte des villes de la région Pays
villes les plus estudiantines de France. Elle compte trois
de Loire
sites universitaires. Si la ville compte 206 000 hab., la com-
munauté d’agglomération Rennes-Métropole (qui associe
Faire observer la carte et décoder la légende. Suivre
37 communes) en compte 365 000 et l’aire urbaine qui
ensuite le questionnement pour présenter le réseau urbain
englobe les communes périurbaines en compte
comme une sorte de pyramide depuis la métropole régio-
484 000. C’est dire l’importance de cette ville qui, par sa
nale jusqu’aux petites villes pour aborder la notion de hié-
dynamique métropolitaine, renforce le secteur tertiaire
rarchie urbaine. Dans ce cas précis, construire une pyra-
(80 % des emplois) avec des commerces et services de
mide avec :
haut niveau.
– Nantes (plus de 500 000 hab.) au sommet,
– puis Saint-Nazaire, Angers et Le Mans (de 100 000 à Quelle est la ville universitaire la plus proche du lieu où
500 000 hab.), habitent les élèves ? Q’en connaissent-ils ?
– au-dessous Laval, Cholet, Saumur, La Roche-sur-Yon (de > Document 3 : la rue principale de la ville de Senlis
25 000 à 100 000 hab.)
– et enfin au-dessous les autres petites villes Fontenay-le- La ville de Senlis est une petite ville du département
Comte, les Sables d’Olonne, La Baule, Châteaubriant, de l’Oise en région Picardie. C’est une petite ville de
Segré, La Flèche. 17 000 hab. Faire décrire les maisons traditionnelles, la rue
On fera remarquer que les grandes villes sont reliées presque déserte, l’absence de circulation.
entre elles par les autoroutes et desservies par le TGV, ce En comparant Senlis et Rennes, on note un très gros écart
qui n’est pas le cas ou exceptionnellement des petites de population mais aussi d’équipement. Entre la petite
villes. ville et la grande ville, la différence n’est pas seulement
C’est un réseau équilibré, avec une métropole régionale quantitative, elle est aussi qualitative. Pour les équipe-
de plus de 500 000 hab., trois aires urbaines de plus de ments scolaires, le bourg possède un collège, la petite ville
100 000 hab. relayées par un réseau dense de villes petites un lycée, la grande ville plusieurs lycées et une université,
ou moyennes. alors que Paris compte une quinzaine d’universités et des
grandes écoles. Il en est de même pour le commerce, du
 Activité 2 petit supermarché aux hypermarchés ou au commerce de
appréhender la hiérarchie des villes grand luxe à Paris. Et la situation se retrouve à l’échelle des
> Document 2 : L’université de Rennes activités tertiaires, du petit hôpital aux grands hôpitaux
La ville de Rennes est une ville en forte croissance démo- parisiens. Il y a ainsi une véritable hiérarchie des centres
graphique qui mise sur son potentiel d’enseignement et urbains.

96
 Activité 3 Conclure par une étude de la région où vivent les élèves.
Connaissent-ils d’autres villes dans la région ? Que peuvent-
aborder la notion d’aire d’influence
ils y trouver en plus ou en moins par rapport à leur ville ?
> Document 4 : les petites villes ont besoin de la Des relations d’échange et de dépendance sont nouées
grande ville (texte) entre les villes d’une part et entre les villes et les cam-
Lire le texte et suivre le questionnement du manuel, ame- pagnes d’autre part. Le rayonnement d’une ville s’exerce
ner les élèves à s’interroger : sur les campagnes environnantes et sur d’autres villes de
Pourquoi les grandes villes attirent-elles la population des taille inférieure. Mesuré en terme d’espace, ce pouvoir est
petites villes ? Parce qu’elles ont des équipements de défini comme l’aire d’influence d’une ville. On dit que l’es-
diverse nature que ne possèdent pas les autres. pace ainsi dominé est polarisé.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Toutes les notions abordées dans cette leçon ne le sont pourra construire le réseau urbain régional), notion de
qu’à un premier niveau de compréhension : notion de hiérarchie urbaine (poids démographique des villes et
réseau urbain avec des villes bien reliées entre elles (on poids des services), notion d’aire d’influence d’une ville.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Histoire : l’évolution de la population urbaine, les villes • Français : lire des descriptions de villes.
à travers les âges, les capitales régionales.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Hiérarchie, centralité et flux habitants vont au centre le plus proche de leur domicile
Les réseaux de villes sont caractérisés par leur organisation qui leur offre le bien ou le service dont ils ont besoin.
hiérarchique : quelques très grandes villes dominent un En même temps, il faut que la clientèle soit suffisante
réseau plus dense de villes moyennes entre lesquelles s’in- pour que la fonction soit rentable. De ce jeu de l’offre et
tercale le semis des plus petites villes. Cette organisation de la demande, émergent des niveaux d’équipement
résulte du rôle que joue la distance quant à la desserte et hiérarchisés (théorie de la centralité). Chaque ville anime
à l’organisation du territoire. La centralité urbaine s’ex- une aire de services dont la superficie dépend de son
prime par les déplacements de la population pour l’acqui- niveau dans la hiérarchie et de l’espacement moyen des
sition de biens ou de services. En règle générale, les villes.

97
Les paysages de ville et de village
13 Les paysages de village PAGES 106-107
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires. Les sujets étudiés se situent en premier lieu à l’échelle locale :
paysages de village. La fréquentation régulière de cartes, de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Caractériser un village et comparer différents types.
• Sensibiliser à la protection du patrimoine familier et paysager
• Aborder la notion de milieu rural.
 Notions et concepts
Village – milieu rural – campagne – habitat groupé – habitat dispersé – mode de vie villageois –
patrimoine.
 Cahier d’exercices
« Les paysages de village » : voir p. 52-53.

DÉROULEMENT

 Activité 1 – les vignes et le village se trouvent sur le versant d’une col-


caractériser un village line ;
Un village est une commune rurale de moins de 2 000 habi- – la forêt recouvre le sommet des collines à l’arrière-plan.
tants. Mais qu’est-ce qu’un village aujourd’hui ? La défini- L’implantation du vignoble sur les versants s’explique par
tion n’est pas simple. Certains villages dépassent le seuil de des raisons climatiques (climat d’abri) et des raisons pédo-
2 000 habitants et sont pourtant de véritables communes logiques (les sols sont mieux égouttés que dans le fond de
rurales. la vallée).
Demander aux élèves de dessiner un village ou de le Faire décrire les différents plans de la photographie.
décrire dans un petit texte. Relever leurs représentations – Au premier plan, les élèves observent le vignoble alsa-
et les comparer par la suite aux différents documents. cien. La description fait apparaître le soin apporté au travail
> Document 1 : un petit village (texte) de la vigne : les pieds contre les piquets bien alignés, les
L’auteur du texte décrit un petit village (200 habitants) tra- rangs…
ditionnel du Sud-Ouest de la France, dans une région agri- – Au deuxième plan, le village se situe au centre du terroir
cole. L’habitat consiste en un village-rue aux maisons viticole. Il est entouré par les vignes. L’habitat est
anciennes et quelques petites fermes éparpillées. Le milieu regroupé : les maisons sont proches les unes des autres,
de vie est la place du village où demeurent encore resserrées autour de l’église. Ce sont des maisons join-
quelques boutiques de première nécessité (commerces tives, anciennes, aux toits pentus.
banals). – À l’arrière-plan, les collines sous-vosgiennes. On peut
C’est l’image traditionnelle que l’on se fait d’un petit observer des vignes sur les versants et la forêt sur les som-
village. mets et les pentes à l’ombre.
> Document 2 : le village de Niedermorschwihr,
en Alsace  Activité 2
Faire observer la photographie du village de comparer des paysages villageois
Niedermorschwihr prise d’un point élevé. C’est un petit On ne va comparer ici que des villages traditionnels, l’étude
village, à proximité de Colmar, entouré de son vignoble et de l’évolution des villages étant abordée pages 108-109.
qui possède plusieurs belles maisons, ainsi qu’une curio- > Document 3 : un village des Alpes-Maritimes
sité architecturale, le clocher de son église à toiture torse. C’est un village perché typique de l’arrière-pays méditerra-
Prise à Niedermorschwihr, sur les pentes des collines sous- néen, en particulier niçois. L’habitat est groupé et resserré,
vosgiennes, la photographie représente le vignoble dominé par les ruines de l’ancien château fort élevé sur
d’Alsace. Deux unités topographiques apparaissent nette- une arête rocheuse et par la tour de l’église qui culmine au
ment sur la photographie. Elles correspondent à deux sommet du village. On comprend que ce village se situe
modes d’occupation du sol : dans une région montagneuse.

98
Lorsque, au détour d’une route, apparaît un village, accro- arête de poisson. On est dans une région de grande
ché à un flanc de montagne ou qu’il surplombe une rivière culture.
ou une vallée, on dit qu’il est « perché ». Il peut aussi être Dans un village-rue, les habitations sont regroupées, ser-
juché sur un éperon rocheux ou un belvédère. Datant sou- rées les unes aux autres (mitoyennes) le long de la rue
vent de l’époque médiévale, ces villages comportent un principale du village qui est l’unique rue. Au milieu du vil-
lacis de rues étroites ou d’escaliers, cachés par les habita- lage, on trouve souvent une place avec la mairie et l’église.
tions blotties les unes contre les autres autour de l’église Les maisons sont construites en pierre et sont plus pro-
ou du château. En pierre du pays, ces habitations devaient fondes que larges. Le parcellaire des champs est perpendi-
protéger les villageois, constituant une sorte de rempart. culaire à la rue principale. Ces villages, contrairement au
> Document 4 : un village de Moselle type précédent, sont construits soit en plaine, soit sur un
C’est un village-rue avec une rue centrale unique. Les mai- plateau.
sons se succèdent de part et d’autre de la rue et se prolon- En comparant ces différents villages traditionnels (docu-
gent, perpendiculairement à la rue, par les jardins et les ments 2, 3 et 4), on peut relever qu’ils ont tous la même
champs en forme de lanière. On parle parfois de forme en fonction, une fonction agricole.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Le village traditionnel est un village agricole, qui s’adapte l’ont fondé, dont l’architecture est particulière à une
au relief et au climat, marqué par l’histoire de ceux qui région.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : description de villages. tableaux de vues de villages (Bazille, peintres fauves,
• Histoire des arts : formes et matériaux régionaux, cubistes).

POUR ALLER PLUS LOIN


 Le patrimoine villageois compétence entre les différentes collectivités territoriales
Les villages de France présentent tous une identité très contient un chapitre intitulé « De la sauvegarde du patri-
prononcée. Depuis le début du siècle dernier, ils ont sou- moine et des sites ».
vent été ignorés, voire abandonnés. Cependant, ils recè- La protection du patrimoine commun naturel et culturel
lent un riche patrimoine architectural : chacun d’eux a su dépend de la collectivité mais aussi de chacun d’entre
garder un lieu de rencontre où les gens aiment se retrou- nous : il faut apprendre à respecter le patrimoine et
ver, que ce soit sous une vieille halle, une place ombragée œuvrer à sa conservation. Aussi, dès l’école élémentaire,
ou sous le clocher d’une église. Les habitations reflètent la devons-nous y sensibiliser les jeunes enfants, en insistant
complexité de l’histoire de l’architecture. Les maisons par exemple sur le patrimoine familier encore bien présent
rurales antérieures au milieu du XIXe siècle sont construites dans les villages (fontaines, lavoirs, maisons tradition-
en matériaux empruntés à l’environnement local, à des nelles, remises, étables, granges, greniers, halles, etc.). On
savoir-faire et des décors imaginés sur place. leur fera prendre conscience de l’importance de ces édi-
En 1964, l’Inventaire général a été créé pour la protection fices, car, produits par des sociétés anciennes aux besoins
du patrimoine bâti. Sa mission est de conserver et de fixer, desquelles ils répondaient, ils survivent à ces sociétés et
grâce à la photographie ou à des relevés graphiques, des témoignent de leur histoire. Pour le patrimoine naturel et
données documentaires sur l’habitat (villages, maisons paysager, on montrera comment il résulte d’interactions
d’habitation, maisons agricoles). Les objectifs de entre la nature et les diverses sociétés qui l’ont aménagée,
l’Inventaire sont de garder en mémoire les aspects essen- que les paysages sont des constructions et en ce sens
tiels du patrimoine bâti, solennel ou familier et d’étudier d’une extrême fragilité. On retrouve toujours, dans le pay-
comment les formes bâties, en milieu rural, ont été pro- sage actuel, les traces d’anciens aménagements, comme le
duites par une société à un moment de son histoire. parcellaire romain, les buttes féodales, l’assèchement de
Depuis 1983, le code de l’urbanisme renforce la protection lacs au XIIe siècle, des moulins (à vent, de marée, hydrau-
du patrimoine. La loi de janvier 1983 sur la répartition de liques)...

99
Les paysages de ville et de village
14 L’évolution des villages PAGES 108-109
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires. Les sujets étudiés se situent en premier lieu à l’échelle locale :
paysages de village. La fréquentation régulière de cartes, de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Appréhender l’évolution de la population des villages.
• Prendre conscience des transformations récentes des villages.
• Caractériser l’évolution positive et négative des villages.
 Notions et concepts
Village – dépeuplement – espace rural – tourisme vert – village-dortoir – espace périurbain –
développement local.
 Cahier d’exercices
« L’évolution des villages » : voir p. 54-55.

DÉROULEMENT
L’objectif de cette leçon est de faire comprendre qu’il Certains villages, vides de leur population l’hiver, font le
existe deux sortes d’espaces ruraux et partant deux sortes plein en été avec l’arrivée de ceux qui l’ont quitté et vien-
de villages : les uns, périurbains, sont souvent dynamiques ; nent y passer leurs vacances et parfois aussi avec des
les autres, plus éloignés des villes, relativement enclavés, vacanciers qui y possèdent une résidence secondaire.
sont la plupart du temps en déclin.
 Activité 2
 Activité 1 appréhender le dynamisme
comprendre le déclin d’autres villages
de certains villages > Document 2 : l’entrée du village de Pommiers,
> Document 1 : une camionnette de commerce à la périphérie de Lyon
ambulant dans un village Décrire la photographie : on est dans un paysage rural
Pourquoi un commerce ambulant dans le village ? (prairie, arbres, tracteur sur le chemin). Faire lire aux
Sûrement parce que tous les commerces de première élèves le grand panneau, qui annonce la construction de
nécessité ont dû fermer. Les fourgons qui sillonnent les 12 villas. Cette installation de maisons à la campagne
campagnes représentent un service indispensable à la sur- contribue à ce que l’on définit comme la périurbanisation.
vie du milieu rural. Les clients sont pour la plupart des per- Le village de Pommiers est situé entre la plaine de la Saône
sonnes âgées car le village s’est dépeuplé. Le problème de et les monts du Beaujolais, à proximité et au nord de
dépeuplement des villages et de la lente agonie des cam- l’agglomération lyonnaise. La commune est composée
pagnes françaises se pose encore plus depuis la Seconde d’un bourg et d’une vingtaine de hameaux qui présentent,
Guerre mondiale. Face à la fermeture des services et notam- chacun, des traits particuliers et sont posés à mi-
ment de l’école, les jeunes s’en vont à la ville et, seuls, les hauteur sur un ensemble de collines. Le regard embrasse
vieux restent au pays. C’est ce que l’on appelle l’exode un large panorama qui s’étire du Beaujolais à la chaîne des
rural qui a commencé depuis plus d’un siècle. On assiste à Alpes.
un net vieillissement de la population : dans certains vil- Demander aux élèves quel peut être l’avantage de cette vie
lages, plus de la moitié de la population a plus de 60 ans. à la campagne proche d’une grande ville pour une famille.
Aujourd’hui, cinq communes ne comptent plus aucun habi- Relever les suggestions et les classer.
tant permanent (des villages détruits pendant la Première Ainsi, les campagnes situées aux alentours des villes offrent
Guerre mondiale dans la région de Verdun) mais possèdent les avantages des deux espaces de vie, la ville et la cam-
néanmoins un maire. Vingt-cinq communes comptent de 1 pagne, sans les inconvénients des cités-dortoirs (paysage
à 9 habitants. Elles sont situées en moyenne montagne. sans attrait, regroupement de population démunie, insécu-
Certaines zones, presque vides, et mal desservies comptent rité, vie culturelle restreinte). Les espaces périurbains
un grand nombre de personnes âgées. croissent et se développent.

100
On observe, comme autant de signes révélateurs de ce Éventuellement, faire une recherche sur Internet pour
mouvement, des ruptures dans les courbes démogra- trouver des informations sur ce village.
phiques déclinantes, des amorces de développement local, Selon l’endroit où habitent les élèves, leur demander s’ils
économique, social et culturel. connaissent le sigle Gîtes de France.
> Document 3 : le village de Turenne, en Corrèze
Situer la Corrèze sur une carte de France. Le département
 Activité 3
de la Corrèze, entre les contreforts du Massif central et la
vallée de la Dordogne, est un département très touristique
rechercher les relations
avec un riche patrimoine naturel (landes, forêts, lacs et
entre les villes et les campagnes
rivières) et culturel (nombreux vestiges de l’époque médié- > Document 4 : vivre à la campagne (texte)
vale). Ses villages sont parmi les plus beaux de France. Suivre le questionnement pour comprendre les motiva-
Faire travailler les élèves sur le document, à partir de la lec- tions des gens.
ture des panneaux : hostellerie, chambres d’hôtes, aire de En France, jusqu’à la fin des années 1960, l’exode rural vide
pique-nique. Des équipements ont été aménagés pour les campagnes et permet aux communes formant les actuels
accueillir les touristes. Le patrimoine est mis en valeur pôles urbains de se développer fortement. À partir des
(château, chapelle ouverts à la visite). années 1970, les villes commencent à s’étendre et à se diluer.
En faire déduire que ce village a développé une activité Ce sont alors les communes des couronnes périurbaines qui
touristique. connaissent la croissance la plus vive, grâce au phénomène
La citadelle de Turenne domine depuis le IXe siècle sur son pro- de desserrement urbain : les ménages les moins aisés quit-
montoire, surplombant une vallée encaissée. La vue y est excep- tent le cœur des villes pour s’installer en périphérie, à la
tionnelle jusqu’aux monts d’Auvergne à l’est, et jusqu’aux recherche de logements plus adaptés et de plus d’espace. Ce
Marches du Midi toulousain au sud. C’est l’un des rares vil- desserrement de la population semble par ailleurs nettement
lages qui bénéficient du label « Beaux village de France » en lié à l’accession à la propriété d’une maison individuelle.
raison de la richesse de son patrimoine historique qu’il a su Depuis le début des années 1980, le mouvement d’étale-
valoriser pour développer un tourisme culturel. Certains vil- ment des populations vers les espaces périurbains se réduit
lages se sont orientés vers un tourisme vert (gîtes ruraux). et depuis 1990, la périurbanisation s’est ralentie.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Les villages se caractérisent par l’évolution de leur popula- lisation des villages, avec, pour les plus dynamiques, le déve-
tion (positive ou négative), le recul de l’agriculture, la spécia- loppement de la fonction résidentielle à leur périphérie.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Histoire : les paroisses, rechercher des photos anciennes • Français : décrire la vie à la campagne.
de villages. • Arts visuels : Une hirondelle ne fait pas le printemps
• Mathématiques : courbes d’évolution de la population villageoise. (2001), Le Fils de l’épicier (2006).

POUR ALLER PLUS LOIN


 Des évolutions divergentes
Le milieu périurbain n’a pas de limite nette ; il regroupe la Le milieu rural pose des problèmes pour les espaces situés
marge de la ville et les villages rurbanisés. C’est un espace au-delà des aires de périurbanisation : d’un côté se créent
à forte croissance avec des situations sociales très contrastées des commerces et des services pour desservir les cam-
et où prédomine l’habitat individuel. Ce sont des espaces pagnes et d’un autre on assiste à une dévitalisation de ces
qui accueillent des couches sociales moyennes ou à reve- services et commerces. Le commerce se concentre dans
nus limités. Aujourd’hui on se trouve confronté à un pro- les grandes surfaces situées dans les villes les plus impor-
blème : les directives européennes ont défini la ville com- tantes. Il en est de même pour les services et notamment
pacte comme modèle européen d’urbanisation (coût écolo- les services de santé.
gique limité). Or, en France, depuis des décennies, les pouvoirs L’évolution ultérieure du territoire dépendra de la façon
publics favorisent un mode d’urbanisation à base d’habitat dont on traitera le mode d’urbanisation et l’encadrement
individuel qui entraîne l’usage de l’automobile. Le pro- du milieu rural éloigné des villes, ce qui pose un problème
blème est de mesurer les limites de l’étalement urbain. de société.

101
Les paysages de ville et de village
15 Je suis… guide dans un village touristique PAGES 110-111
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires. Les sujets étudiés se situent en premier lieu à l’échelle locale :
paysages de village. La fréquentation régulière de cartes, de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Appréhender l’impact de l’activité touristique sur un village.
• Prendre conscience de la valorisation du patrimoine.
• Aborder la notion de développement local.
 Notions et concepts
Village – patrimoine historique et naturel – activité touristique – village dynamique – accessibilité –
variations de population – équipements et infrastructures.

DÉROULEMENT
L’objectif de cette double page est de faire découvrir un vil- Cette cavité se développe sur environ 200 m et se compose
lage dynamique, et comment, par la valorisation de son d’une alternance de salles plus ou moins circulaires et de
patrimoine et le développement d’une activité touristique, galeries-couloirs. Les fresques représentent de nombreux
s’est mis en place un mode de développement local. animaux : des chevaux, des taureaux, des cerfs, des bou-
quetins, mais aussi des félins, un ours, un rhinocéros. Les
 Activité 1 débris organiques trouvés dans la grotte ont été datés
découvrir le village d’environ 17 000 ans avant J.-C. Après la Seconde Guerre
> Document 1 : le village des Eyzies-de-Tayac mondiale, la grotte est aménagée en vue de son exploita-
Faire décrire la photographie : des maisons adossées à une tion touristique mais, en 1963, on a dû procéder à sa fer-
falaise creusée de grottes. C’est un village pittoresque, meture, car le trop grand nombre de visiteurs avait provo-
avec maisons à colombages et toits pentus. On voit notam- qué une altération des parois. Afin de répondre à la
ment une façade, avec ses fenêtres Renaissance, à l’aplomb demande du public, on a réalisé une reproduction en fac-
de la roche. Certaines maisons sont troglodytiques, c’est-à- similé que l’on peut visiter depuis 1982 mais même celle-ci
dire creusées dans la roche tendre de type calcaire (mol- est menacée !
lasse, grès) : les hommes ont maintenu ici, depuis le Néoli- Sur une cinquantaine de kilomètres, la vallée de la Vézère
thique, une occupation et des activités à travers les âges. rassemble quelques-uns des plus célèbres et des plus
Le village des Eyzies-de-Tayac est accoté aux falaises qui riches sites de l’histoire préhistorique européenne, ce qui
dominent la vallée de la Vézère. Or cette vallée est un site lui vaut le privilège d’être classée au Patrimoine mondial
préhistorique qui comporte 147 gisements qui datent du de l’UNESCO. La commune des Eyzies abrite notamment
paléolithique (voir partie histoire) et 25 grottes ornées. Les les grottes de Combarelles et de Font-de-Gaume qui sont
peintures pariétales de ces grottes présentent un intérêt des sites prestigieux de l’art pariétal ainsi que le musée
exceptionnel d’un point de vue ethnologique, anthropolo- national de la Préhistoire. Le village a été qualifié de
gique et esthétique. Depuis 400 000 ans, l’histoire a laissé « Capitale mondiale de la Préhistoire »
des traces dans le paysage. C’est à cet endroit que la La commune des Eyzies-de-Tayac-Sireuil accueille entre
Préhistoire en tant que science s’est constituée et que 800 000 et 1 000 000 de personnes chaque année, ce qui en
l’homme de Cro-Magnon a été découvert. fait l’un des villages ruraux les plus visités de France. Le
tourisme local est né des premières découvertes archéolo-
 Activité 2 giques.
faire découvrir le patrimoine
> Document 2 : les peintures de la grotte de Lascaux  Activité 3
Faire décrire les peintures pariétales visibles sur la photo. se repérer sur une carte
On peut apprécier la hauteur de la grotte par rapport à la > Document 3 : le département de la Dordogne
tête du guide. La grotte de Lascaux, proche des Eyzies Repérer Les Eyzies-de-Tayac sur la carte ainsi que les sites
(Montignac), est le chef-d’œuvre de l’art préhistorique. préhistoriques signalés le long de la vallée de la Vézère.

102
Nommer le chef-lieu du département, Périgueux, ainsi que Une dizaine d’hôtels, des chambres d’hôtes accueillent les
les autres petites villes, Bergerac, Nontron, Sarlat. Faire touristes. Mais le village a développé, avec d’autres villages
remarquer que le département est traversé par un fleuve, de la vallée, de nombreuses activités : canoë-kayak sur la
la Dordogne et deux de ses affluents (la Vézère et L’Isle). rivière, équitation, escalade, randonnée, visite de sites tro-
Montrer avec une autre carte, que la Dordogne prend sa glodytiques, de grottes à cristaux. Trois golfs ont été amé-
source au Puy-de-Sancy, dans le Massif central, et conflue nagés, ainsi que des parcs de loisirs et des parcs aqua-
avec la Garonne au niveau de l’estuaire de la Gironde. Le tiques. Alors que ce village ne compte que 900 habitants
département est aussi traversé par l’autoroute qui va vers permanents, il peut accueillir jusqu’à un million de visi-
Bordeaux. teurs par an. Le tourisme a entraîné un développement
Resituer le département de la Dordogne dans sa région, local à tel point qu’un office de tourisme « Terre de Cro-
l’Aquitaine. Magnon » a été mis en place en 2007, produit de la fusion
de trois offices de tourisme. Son objectif est de s’orienter
vers une politique cohérente et solidaire pour la gestion
 Activité 4 du tourisme : accueil et information du public, coordina-
découvrir un mode tion des interventions des divers partenaires du dévelop-
de développement local, pement touristique local, conduite d’études et de statis-
le tourisme tiques en matière de tourisme, conception de produits
> Document 4 : le magasin de « L’Homo sapiens » touristiques.
Faire remarquer le nom du magasin et quels sont les arti- Demander aux élèves d’imaginer un dépliant touristique
cles à la vente. C’est un magasin de souvenirs qui témoigne qui valorisera leur village ou un village qu’ils connaissent
du développement du tourisme. bien.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Mettre en évidence le phénomène « boule de neige » du tourisme à partir du très riche patrimoine préhistorique.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Histoire : la Préhistoire (voir manuel, p. 22-27). • Français : textes sur la Préhistoire, récits de découvertes,
• Arts plastiques : les peintures pariétales, compréhen- vie des hommes préhistoriques.
sion des diverses techniques.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les objectifs – Encourager et faciliter le travail de l’industrie touristique
de la Charte internationale pour promouvoir et gérer le tourisme dans le respect et la
du tourisme culturel (1999) mise en valeur du patrimoine et des cultures vivantes des
Selon les experts, le tourisme culturel représenterait de communautés d’accueil.
8 à 20 % des parts du marché touristique. C’est la volonté – Encourager et faciliter le dialogue entre les responsables
d’introduire de nouvelles pratiques touristiques pour faire du patrimoine et ceux des industries du tourisme afin de
face aux dangers pour le patrimoine culturel et naturel de mieux faire comprendre l’importance et la fragilité des
la surfréquentation et de surexploitation des sites – une ensembles patrimoniaux, des collections, des cultures
conséquence incontournable du tourisme de masse – qui vivantes dans le souci de les sauvegarder à long terme.
a redonné toute sa signification au tourisme culturel. – Encourager ceux qui proposent des programmes et des
« Les objectifs de la charte du tourisme culturel sont : politiques afin de développer des projets précis et mesura-
– Encourager et faciliter le travail de ceux qui participent à bles, et des stratégies qui touchent à la présentation et l’in-
la conservation et à la gestion du patrimoine afin de le ren- terprétation des ensembles patrimoniaux et des activités
dre plus accessible aux communautés d’accueil et aux visi- culturelles dans le contexte de leur protection et de leur
teurs. conservation. »

103
Les paysages de ville et de village
16 Zoom sur… une maison écologique PAGES 112-113
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie contribue, avec celui de sciences, à l’éducation au développement
durable, un sujet d’étude au choix permettant une première approche du développement durable
(en relation avec le programme de sciences expérimentales et de technologie).
 Objectifs
• Faire prendre conscience que l’on peut construire autrement les maisons.
• Faire prendre conscience des économies d’eau et d’énergie possibles.
• Faire prendre conscience des matériaux écologiques et sains.
• Faire prendre conscience de l’intégration du bâti dans l’environnement.
 Notions et concepts
Maison écologique – matériaux naturels – énergie – économie d’énergie – matériaux recyclés –
ressources renouvelables et non renouvelables.

I N F O R M A T I O N S P O U R L’ E N S E I G N A N T
Pourquoi avoir choisi de proposer un zoom sur la maison Il existe, depuis le début des années 1990, un nouveau
écologique ? Parce que la maison est, avec l’école, le lieu de concept, la « Haute Qualité environnementale » (HQE).
vie des enfants. Et une maison écologique, parce que c’est C’est une démarche volontaire de gestion de la qualité
une perspective d’avenir. Ce sujet amène les enfants à réflé- environnementale des opérations de construction ou de
chir à leur propre mode de vie : à savoir que l’eau du robinet réhabilitation de bâtiment. Elle concerne à la fois l’environ-
est utilisée pour des usages qui n’en ont pas besoin, que nous nement intérieur, celui des futurs usagers, en se préoccu-
pouvons éviter de consommer beaucoup d’énergie, que cer- pant de leur santé et de leur confort, et l’environnement
tains aménagements aussi simples que des plantes sur un bal- au sens général, en visant à économiser les ressources et à
con ou une plante grimpante sur un mur nous protègent réduire les rejets dans l’environnement. Dans cette
d’une trop grande chaleur en été. approche, on considère toutes les composantes et le cycle
Qu’est-ce qu’une construction écologique ? de vie du bâtiment.
C’est une construction qui vise à adopter un mode de vie On va donc commencer par étudier le site où sera
permettant de préserver l’environnement, de maintenir et construit le bâtiment, vérifier qu’il est adapté. La forme du
d’améliorer la qualité des ressources et des équilibres bâtiment et la position de ses portes et fenêtres ne seront
naturels. pas choisies en ne tenant compte que de l’esthétique, mais
Ce type de construction satisfait à plusieurs exigences : par rapport au lieu. Ainsi chacune de ces maisons sera
avoir un faible impact sur l’environnement, faire appel à unique et différente de sa voisine.
des énergies renouvelables, combiner les matériaux les Qu’entend-on par architecture bioclimatique ?
plus adaptés en termes d’écologie et de santé. Pour cela, Cette manière de construire se préserve et tire parti des
elle doit répondre à un certain nombre de critères : conditions climatiques pour chauffer ou rafraîchir l’habita-
– le choix d’une énergie propre pour la chaleur ou l’élec- tion. Ainsi, très peu ouverte au nord, une telle maison
tricité (éoliennes, pompes à chaleur, solaire thermique ou l’est au contraire au sud, où de larges baies vitrées font
photovoltaïque) ; pénétrer lumière et chauffage passif l’hiver mais sont
– des moyens de contrôle sur l’eau (équipement à bas protégées l’été par une pergola. Entre une maison
débit, récupération de l’eau de pluie qui est utilisée pour conventionnelle et la même orientée par rapport au Soleil,
tout ce qui ne nécessite pas d’eau potable : W.-C., douche, les coûts de chauffage sont réduits de 30 %. Si, en plus,
lave-vaisselle et lave-linge, arrosage, ces besoins représen- on modifie la position des fenêtres, le gain monte à 50 %
tant 90 % de la consommation d’eau !) ; et si on utilise une technique d’isolation qui garde
– des matériaux, considérés comme sains, comme le bois l’inertie, le gain monte à 66 %. En conséquence, la consom-
pour les parois ou le chanvre pour l’isolation (ne pas mation d’énergie et les coûts de chauffage sont divisés
confondre matériaux « naturels » et matériaux « sains ») ; par trois. Dans une telle maison, on n’a besoin d’allumer
– une architecture bioclimatique, une manière de construire le chauffage que les quelques jours les plus froids de l’an-
qui protège du froid et de la chaleur et utilise des compo- née : on n’a plus du tout besoin d’un système de chauffage
santes du climat pour chauffer ou rafraîchir l’habitation. central…

104
DÉROULEMENT

 Activité 1 machine à laver et les W.-C. Un filtre débarrasse l’eau de ses


impuretés. Il est impératif d’enterrer la cuve à eaux de
classer les équipements
pluie afin qu’elle soit à l’abri de la chaleur et de la lumière ;
selon des critères écologiques
– l’isolation de la maison : réintroduire le végétal partout
On observe le dessin, on lit tous les équipements proposés où c’est possible. Les végétaux atténuent l’effet « îlot de
dans cette maison écologique. Quels sont les matériaux de chaleur » que crée l’absorption du rayonnement solaire par
construction utilisés ? Comment est chauffée la maison ? une surface maçonnée. Ils favorisent aussi l’infiltration des
Utilise-t-on de l’eau potable du robinet pour tous les eaux de pluie. De plus, un mur végétalisé est un refuge
usages ? Comment se protège-t-on du chaud ? du froid ? pour les oiseaux, invertébrés et mammifères… ;
Pour chaque équipement, on essaie de déterminer en quoi
– climatisation de la maison : utilisation d’un puits cana-
il contribue à protéger l’environnement. Puis, on va classer
dien, aussi appelé puits français au Québec et puits pro-
ces éléments en fonction de critères écologiques :
vençal dans le Sud de la France. C’est un système de circu-
– les matériaux de construction : le bois, la brique de terre, lation de l’air extérieur maintenu à une température
la terre crue, la pierre qui sont des matériaux naturels de constante après un passage dans plusieurs dizaines de
construction ; la paille, le chanvre, la plume d’oie, la laine mètres de canalisations souterraines.
de mouton sont des matériaux naturels d’isolation. Ce sont
tous des matériaux sains ;  Activité 2
– des énergies renouvelables qui sont issues d’éléments réfléchir à son propre mode de vie
naturels inépuisables, vent, soleil, eau et de matériaux qui Demander aux élèves s’ils habitent un appartement ou une
peuvent se renouveler comme le bois ou la paille. Elles s’op- maison individuelle et, dans ce cas, si elle est mitoyenne
posent aux énergies fossiles qui n’existent qu’en quantités ou isolée.
limitées. On peut citer, sur le dessin, l’énergie solaire passive – Quel type d’habitat préfères-tu ou préférerais-tu habiter
(grandes baies vitrées au Sud qui laissent entrer le soleil), les et pourquoi ? Consigner les réponses.
panneaux solaires photovoltaïques qui transforment direc- – Leur demander ensuite lequel, parmi ces trois types d’ha-
tement les rayons du Soleil en électricité, les capteurs bitat, est le moins néfaste pour l’environnement et pour
solaires récupèrent la chaleur du soleil pour produire de quelle(s) raison(s). Si on avait à les classer en allant de
l’eau chaude (chauffe-eau solaire), une éolienne qui turbine celui qui a le moins d’impact à celui qui a le plus d’impact
le vent et produit de l’électricité, la biomasse (le bois et des sur l’environnement (consommation d’énergie, surface au
végétaux qui sont brûlés pour produire de la chaleur) ; sol…), on aurait : 1. l’appartement ; 2. la maison
– systèmes de récupération et de traitement d’eau : l’eau mitoyenne ; 3. la maison isolée.
de pluie collectée à partir de la toiture est directement Leur faire comparer avec leur premier choix afin de les
envoyée dans la cuve et utilisée principalement pour la amener à réfléchir.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Une maison écologique utilise des matériaux sains, des peut recycler et produit le moins de déchets possible.
énergies renouvelables, récupère l’eau de pluie qu’elle

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
Toutes les activités concrètes proposées seront traitées en On choisira des plantes grimpantes (clématites, rosiers,
interdisciplinarité : jasmin, vigne vierge), espacées les unes des autres de
– Récupérer l’eau de pluie 10 cm environ. Creuser un trou par plante, dans lequel
On peut récupérer l’eau de pluie pour l’arrosage du jardin on dépose du compost, puis dépoter la plante, la placer
de l’école ou de la cour, ou le lavage de la voiture et des bien droit et reboucher le trou en tassant bien la terre.
vélos. Il suffit de placer une cuve en extérieur reliée direc- Il faut veiller à ce que la terre soit toujours humide.
tement à une gouttière et équipée d’un filtre ou d’une Arroser.
grille pour débarrasser l’eau des insectes et des feuilles. – Construire une petite éolienne
– Réaliser un mur végétal Site à consulter :
Tout d’abord, préparer le terrain au pied du mur en – www.sciences-buissonnieres.org
retournant bien la terre puis poser un support à 20 cm. – www.pole-education-environnement.org

105
Les paysages de ville et de village
17 De ma commune à ma région PAGES 114-115
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires. Des réalités géographiques locales à la région où vivent les élèves :
le département et la région. La fréquentation régulière de cartes, de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Connaître le découpage administratif de la France.
• Appréhender, à un premier niveau, les différentes assemblées représentatives et leur rôle.
• Comprendre l’emboîtement des échelles territoriales.
 Notions et concepts
Commune – département – région – assemblée élue – gestion du territoire – conseil municipal –
général – régional – compétences.
 Cahier d’exercices
« De ma commune à ma région » : voir p. 56-57.

DÉROULEMENT
Cette première double page présente le découpage admi- mariages est l’un des rôles dévolus au maire d’une com-
nistratif du territoire français en communes, départements mune. Faire remarquer que le maire est ceint de l’écharpe
et régions. Le plus ancien de ces découpages est la com- tricolore, un des symboles de la République. Les Constitu-
mune ; les départements datent de la Révolution française tions de 1946 et de 1958 (article 2) ont fait du drapeau tri-
et les régions, qui regroupent plusieurs départements, colore l’emblème national de la République française. Il
sont relativement récentes. On a là une série d’échelles orne tous les bâtiments publics (écoles, mairies, minis-
emboîtées. tères…). Le drapeau est d’abord né sous la forme d’une
cocarde, au moment de la Révolution française. La Garde
 Activité 1 nationale, créée à Paris, arbore la première une cocarde
comprendre l’emboîtement des échelles bleu et rouge. C’est La Fayette, alors commandant de la
> Document 1 : de la commune à la région Garde, qui aurait ajouté le blanc de la royauté. La loi du
Faire remarquer comment se fait l’emboîtement des 27 pluviôse an II (15 février 1794) fait du drapeau tricolore
espaces : de la commune (Vire) au département (le le drapeau national. La commune est dirigée par un
Calvados), puis à la région (Basse-Normandie) et enfin à Conseil municipal élu au suffrage universel. Il y a en France
l’espace national. On remarquera qu’en changeant de plus de 500 000 conseillers municipaux.
carte, on change d’échelle, la notion d’échelle étant prise
dans ses deux sens : échelle d’analyse (niveau d’analyse) et Cela vient du fait que la France possède un maillage admi-
échelle graphique (rapport entre la distance sur la carte et nistratif particulièrement serré, exceptionnel même en
la distance réelle sur le terrain) puisque l’on représente Europe. Héritées des paroisses d’avant la Révolution, les
des espaces de plus en plus grands dans un carré toujours 36 711 communes sont très nombreuses, comparées au
de même surface. reste de l’Europe. La couverture du territoire par le pavage
Ce document 1 illustre l’emboîtement des territoires. communal est complète. Les communes françaises sont
Suivre le manuel et faire effectuer aux élèves un croquis très inégales par le nombre de leurs habitants. Certaines,
semblable sur leur commune, leur département et leur aujourd’hui très dépeuplées (comme cela a été étudié
région. Faire remarquer que la dernière carte est identique dans le manuel, p. 108-109), n’ont pas plus de cent habi-
à celle du manuel, l’État français. tants alors que Paris en compte plus de deux millions.
Cependant, quelle que soit leur taille, les compétences des
 Activité 2 communes sont identiques. Elles ont une vocation géné-
interpréter des documents rale instituée par la loi du 5 avril 1884 : « Le conseil muni-
> Document 2 : un mariage dans une commune cipal règle, par ses délibérations, les affaires de la com-
française mune. » Avec le montant des impôts locaux, la commune
Les élèves peuvent commenter cette cérémonie qu’ils doit faire face à de nombreuses dépenses et notamment à
connaissent. En quoi consiste-t-elle ? Procéder à des la construction et à l’entretien des écoles.

106
Proposer aux élèves d’aller à la mairie ou sur son site peut voir à l’avant du TER le logo du conseil régional de
Internet pour établir la fiche descriptive de leur commune Champagne-Ardenne. Faire situer la région sur une carte.
(maire, conseil municipal, services…). Demander aux élèves ce qu’ils pensent de l’apparence et la
> Document 3 : la construction d’un collège décoration du TER qui est présenté. Savent-ils comment se
présentent les TER dans leur région ?
Ce document a été choisi pour témoigner en partie du rôle
Depuis la fin des années 1990, l’organisation des trans-
dévolu au département et à son assemblée élue au suffrage
ports ferroviaires régionaux relève de la compétence des
universel, le conseil général. Faire remarquer qu’il est ins-
conseils régionaux. Ils signent une convention avec la
crit « département de Paris ». En effet, et cela est expliqué
SNCF sur les trajets à mettre en place, le nombre de liai-
dans le « Le sais-tu ? » : Paris est à la fois commune et dépar-
sons, les tarifs. Le financement des services TER est essen-
tement. Le conseil général est notamment chargé de la
tiellement public.
construction et de l’entretien des collèges. Les conseillers
Les conseillers régionaux sont élus par département. Un
généraux sont élus dans les cantons qui sont des subdivi-
président est élu à la tête de chaque conseil régional. Il
sions du département et sont renouvelés par moitié tous
préside l’exécutif de cette collectivité territoriale. Son man-
les trois ans.
dat est de trois ans et renouvelable. Le conseil régional est
Les départements sont l’une des créations de la Révolution
chargé, entre autres, de la construction et de l’entretien
française ; leurs limites n’ont pas été modifiées depuis, à
des lycées et aide les universités.
quelques exceptions près. La France métropolitaine
Les régions métropolitaines sont de taille très variée et
compte aujourd’hui 96 départements (Corse comprise)
regroupent plusieurs départements autour de la capitale
auxquels s’ajoutent 5 départements d’Outre-mer, depuis le
régionale. Certaines régions regroupent seulement
29 mars 2009, quand les habitants de Mayotte ont voté
2 départements (Nord-Pas-de-Calais, Haute-Normandie)
« oui » à 95,2 % pour que leur île devienne le 101e départe-
alors que certaines en comptent 8 (Rhône-Alpes, Midi-
ment français et le cinquième DOM.
Pyrénées). La région Île-de-France est quarante-cinq fois
> Document 4 : un train TER financé en partie plus peuplée que la Corse. Certaines sont peu étendues
par la région Champagne-Ardenne (Alsace), d’autres très vastes (Aquitaine, Provence-Alpes-
Demander aux élèves ce que suggère pour eux l’expres- Côte d’Azur, Rhône-Alpes). Certaines sont démographi-
sion train express régional. Ont-ils déjà utilisé ce moyen de quement et économiquement vides (Limousin), d’autres
transport, eux ou leurs parents ? À quelles occasions ? On puissantes (Île-de-France, Rhône-Alpes).

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Insister sur le découpage administratif, l’emboîtement des des établissements scolaires, le rôle et les compétences
échelles territoriales et aborder, par le biais de l’entretien des diverses assemblées élues.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Histoire : les paroisses ; les villages. • Éducation civique : les assemblées élues.

POUR ALLER PLUS LOIN


 La création des régions anciennes provinces (Bretagne, Île-de-France), des associa-
La création des départements en 1790 a mis fin à l’exis- tions ont été faites (Languedoc-Roussillon, Poitou-
tence officielle des provinces d’Ancien Régime. Il faut Charentes) et certaines sont des assemblages complexes
attendre le XXe siècle pour voir réapparaître un découpage (Rhône-Alpes, avec le Lyonnais, le Dauphiné et la Savoie).
intermédiaire entre le département et l’État, le découpage La décentralisation a représenté un changement fondamen-
régional. Les régions administratives ont été créées en tal dans un pays marqué par une très longue tradition centra-
1956 parce que l’on jugeait les départements trop petits. lisatrice, le changement était souhaité depuis la Seconde
Ont ainsi été constituées, en Métropole, 21 « Régions de Guerre mondiale. Aux 22 régions de la France métropolitaine
programme », devenues 22 en 1970 quand la Corse s’est viennent s’ajouter 4 régions d’outre-mer mono-départemen-
séparée de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. La plu- tales et, dans l’évolution de son statut, Mayotte devenue
part ont repris le nom d’anciennes provinces, avec des département français deviendra aussi région. Après plusieurs
limites parfois peu modifiées (Alsace). Mais leurs contours tentatives infructueuses, la décentralisation a été mise en
ne correspondent souvent qu’imparfaitement à ceux des œuvre en 1982 et a donné de la consistance aux régions.

107
Les activités économiques
18 Les activités agricoles PAGES 116-117
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires : les principales activités économiques. La fréquentation régulière
de cartes, de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Savoir ce que recouvre la filière agricole.
• Prendre conscience du rôle de l’agriculture dans l’aménagement du territoire.
• Appréhender le paysage comme résultat du travail multiséculaire des hommes.
 Notions et concepts
Rural – agricole – exploitation agricole – agriculture intensive – spécialisation – mécanisation –
industrie agro-alimentaire – marché.
 Cahier d’exercices
« Les activités agricoles » : voir p. 58-59.

DÉROULEMENT

 Activité 1 d’entreprise qui gère son exploitation comme une entreprise


analyser un document industrielle. L’agriculture productiviste est aujourd’hui remise
en question parce qu’elle est peu respectueuse de l’environne-
> Document 1 : une exploitation agricole dans l’Indre
ment et parce que la France connaît une surproduction agri-
Situer le département sur une carte.
cole. L’Union européenne cherche aujourd’hui à limiter la pro-
Cette photo permet d’aborder la notion d’agriculture
duction (quotas, gel des terres) et pousse les agriculteurs à
industrielle et d’appréhender à un premier niveau celle
rechercher la qualité plutôt que la quantité.
d’agriculture productiviste (on n’utilisera pas ce mot en
CE2). On pourra parler d’agriculture intensive.  Activité 2
Faire décrire l’exploitation : grandes parcelles de formes Interpréter des photographies
géométriques où dominent les cultures de céréales. Le ter- > Document 2 : une plantation de bananiers,
rain ne présente aucun relief, il n’y a pas d’arbres sauf près en Martinique
de la maison et des bâtiments agricoles, les champs sont Sur cette photographie d’une exploitation de la
ouverts (openfield). C’est le paysage agricole caractéris- Martinique, on voit une plantation de bananiers. Faire
tique de la grande culture du Bassin parisien, nous situer la Martinique sur un atlas.
sommes ici sur ses marges. Est-ce que tous les bâtiments À la Martinique, l’agriculture est traditionnellement vouée
se ressemblent ? (habitations et bâtiments d’exploitation) à la canne à sucre et à la banane. La filière canne-sucre-
Comment se présente l’habitation ? En deux parties : une rhum a fait l’objet de nombreux soutiens. Mais ces planta-
partie ancienne et une partie récente habitée. Que tions sont en fort déclin. En dehors de la banane et de la
remarque-t-on à propos du bâtiment d’exploitation situé à canne à sucre, les exploitants produisent aussi des fruits
droite ? C’est un bâtiment ancien avec ses contreforts dont (ananas), des légumes (avocats) et des fleurs (anthu-
la toiture a été rénovée. On peut en conclure que cette riums). Les cultures vivrières sont de plus en plus réduites.
exploitation est ancienne. L’économie antillaise n’est pas parvenue à réellement se
Le Bassin parisien est consacré à la grande culture céréalière diversifier : l’ananas martiniquais ou le melon guadelou-
avec de vastes exploitations très modernes gérées par des agro- péen se heurtent à la concurrence étrangère. Les cultures
managers. Cette région a largement bénéficié de la politique tropicales, trop spécialisées, ne permettent pas à l’île
agricole commune (PAC) qui, pendant plus de trente ans, a d’être autosuffisante sur le plan alimentaire, et l’aide de la
garanti des prix élevés aux producteurs céréaliers. L’agriculture Métropole reste indispensable.
française a plus changé depuis quarante ans que lors des trois > Document 3 : un élevage d’oies, dans le Périgord
siècles précédents : les engrais, la sélection des espèces et les Sur cette photo, prise dans le Périgord, les volatiles sont en
machines ont permis une hausse spectaculaire des rende- liberté dans un pré.
ments (production par unité de surface) et de la productivité Les oies sont élevées dans de petites exploitations fami-
(la production par agriculteur). Le paysan est devenu un chef liales pour la production de viande et de foie gras. Le foie

108
gras de canard ou d’oie n’est plus seulement, comme il en été (observer les vêtements) à l’ombre des platanes. On
l’était autrefois, un mets apprécié essentiellement pour les y voit des étals de légumes et de fruits en provenance de la
fêtes de Noël, c’est devenu un produit fermier consommé région. Le marché est non seulement un lieu de vente et
maintenant toute l’année. Mais il subit aussi la concurrence d’achats de produits mais un lieu de sociabilité. Les mar-
des pays de l’Est où les volailles ne sont pas élevées dans chands s’efforcent en outre de répondre aux besoins de
les mêmes conditions. leurs clients.
En Périgord, les oies sont réparties dans des parcours
Mais les marchés locaux ne sont que l’un des débouchés
enherbés pendant 14 à 18 semaines. Ensuite elles entrent
agricoles. De nombreux produits agricoles sont trans-
en salle de gavage où elles sont gavées 4 fois par jour pen-
formés par l’industrie agro-alimentaire. L’industrie
dant environ 3 semaines selon leur capacité à s’engraisser.
agroalimentaire transforme des matières premières
À la suite de l’observation des documents 1, 2 et 3 on
issues de l’agriculture, de l’élevage ou de la pêche en
pourra conclure sur la spécialisation des campagnes, que
produits destinés essentiellement à la consommation
ce soit pour l’agriculture ou l’élevage, ainsi que sur la
alimentaire (conserves, surgelés, boissons, industrie
variété des productions. Demander aux élèves si leur
laitière).
région est davantage spécialisée dans l’agriculture ou l’éle-
vage et quelles sont les productions dominantes. Une grande partie des produits passe par un marché d’in-
térêt national (MIN). À Rungis (voir manuel, p. 135) se
 Activité 3 trouve le plus grand marché de produits frais au monde. Il
Comprendre un document regroupe les grossistes de fruits et légumes, de poissons,
> Document 4 : le marché de la place Richelme, de viandes, de produits laitiers et de fleurs. Relié aux
à Aix-en-Provence grands axes routiers et au chemin de fer, il dessert 18 mil-
Faire observer la photo : le marché se situe à Aix-en- lions de consommateurs européens dont 12 millions dans
Provence dans le Sud de la France (situer sur une carte), la région parisienne.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Faire ressortir la filière agricole depuis la production (agri- débouchés (marchés, industrie agro-alimentaire, marché
culture industrielle, mécanisée, spécialisée) jusqu’aux d’intérêt national).

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Histoire : l’évolution de l’agriculture, l’assolement triennal. • Sciences : la croissance des plantes, amélioration des
• Histoire des arts : les jardins à la française, les paysages espèces, introduction des nouvelles plantes.
peints du XIXe siècle. • Français : description de paysages.

POUR ALLER PLUS LOIN


 L’agriculture biologique L’agriculture biologique concerne aussi bien la culture et
Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’agriculture inten- l’élevage que la transformation des produits. C’est une
sive ne cesse de battre des records de productivité. Mais ce démarche globale complexe, qui concerne tant les végé-
développement a des contreparties : exode agricole, taux que les animaux et leur milieu. Les pratiques biolo-
dégradation des sols, pollution de l’eau, disparition d’une giques reposent sur la non-utilisation de produits
partie de la flore et de la faune. L’agriculture biologique chimiques de synthèse (engrais, pesticides…) et d’orga-
tente d’apporter des solutions à ces problèmes. C’est une nismes génétiquement modifiés (OGM) ainsi que sur
agriculture alternative, reconnue par les pouvoirs publics l’entretien des êtres vivants du sol par des techniques
en 1980. Elle est soumise à des contrôles réguliers. particulières de rotations, de labourage, d’associations de
Si les conclusions de ces contrôles sont favorables, l’exploi- cultures… L’élevage biologique doit respecter les
tation obtient la certification officielle « Agriculture biolo- consignes strictes quant à l’alimentation biologique des
gique » (le logo AB est propriété du ministère de animaux, limiter les substances médicamenteuses et res-
l’Agriculture). pecter une croissance lente des animaux.

109
Les activités économiques
19 Les activités industrielles PAGES 118-119
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires : les principales activités économiques. La fréquentation régulière
de cartes, de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Savoir ce que recouvre la filière industrielle.
• Prendre conscience du rôle de l’industrie dans l’aménagement du territoire.
• Rechercher les facteurs de localisation industrielle.
 Notions et concepts
Industrialisation – matières premières – produits fabriqués – source d’énergie – reconversion
industrielle – technopôle.

DÉROULEMENT

 Activité 1 ensemble de postes de travail spécialisés disposés dans un


interpréter une photographie ordre préétabli qui correspond à la succession des opéra-
> Document 1 : une usine de pâte à papier tions d’assemblage des composants de la voiture. Le travail
Faire décrire la photographie en suivant le questionnaire du est rationalisé, chaque ouvrier ayant une tâche à accomplir.
manuel. On peut se rendre compte, à partir de la photo qui Faire décrire le local très vaste.
est légendée, du début du processus industriel : arrivée et Les établissements importants, comme celui-ci, appartien-
stockage de la matière première qui se présente sous forme nent à l’industrie automobile ou aéronautique : dans la
de rondins de bois, puis transformation de ces rondins en région parisienne (Poissy, Aulnay-sous-Bois), dans le Nord
copeaux qui eux vont être transformés en pâte à papier. (Valenciennes), en région lyonnaise, dans l’Est (Sochaux),
Après écorçage du bois et râpage des rondins en milieu l’aérospatiale à Toulouse et Eurocopter à Marignane. On
aqueux à l’aide de meules dans un défibreur), les parti- trouve moins aujourd’hui ce type d’établissement de
cules obtenues sont filtrées et nettoyées dans plusieurs grande taille qui caractérisait autrefois les paysages indus-
bains jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène. Les triels. Aujourd’hui, les conditions de production sont plu-
feuilles de pâte à papier moderne sont constituées par un tôt en faveur des petites et moyennes entreprises.
mélange de fibres de bois et de papier, dont la résistance
est augmentée par l’addition d’un liant.  Activité 3
Fortement diluée, la pâte à papier est déposée sur un tamis rechercher les facteurs de localisation
roulant appélé « toile de fabrication ». À travers les mailles > Document 3 : la centrale électrique EDF
de la toile, l’eau qui a servi au transport des fibres est dans le port du Havre
égouttée, processus d’abord naturel puis accéléré par la Faire observer sur la photo la centrale électrique, le bras de
rotation de rondins placés sous la toile dont le mouvement mer et la ville du Havre que l’on situera sur une carte.
provoque une aspiration. Progressivement, les fibres rete-
L’unité de production qui fonctionnait au pétrole a été reti-
nues par la toile forment un tapis de plus en plus dense,
rée de l’exploitation après les chocs pétroliers. Cette cen-
qui façonne la feuille. Devenue dense et solide, elle peut
trale occupe 33 ha sur le territoire du port autonome du
passer au-dessus des cylindres sécheurs.
Havre. Sa proximité immédiate avec la mer permet le
On fera effectuer un croquis du processus de fabrication, à
déchargement des minéraliers et le refroidissement des
partir de schémas fournis par les sites professionnels
unités de production par l’eau de mer.
(www.gascognepaper.com, par exemple).
C’est en raison de cette proximité avec la mer et de celle
 Activité 2 d’une grande agglomération que le port du Havre a été
lecture d’une photo choisi pour l’implantation d’une centrale thermique de
> Document 2 : une chaîne de production grande puissance capable de fonctionner au charbon d’im-
dans l’industrie automobile portation.
Sur la photographie, on reconnaît les carcasses de voitures : Les gisements de charbon et de minerai de fer avaient fait
on se trouve devant une chaîne de montage. C’est un du Nord et de la Lorraine les bases industrielles du pays

110
dès le XIXe siècle. Dans le même temps, Paris et Lyon deve- aujourd’hui en difficulté. Les grands pôles ont décentralisé
naient de grands pôles industriels. Les années 1970 ont leurs activités de nos jours, les industries nouvelles s’instal-
changé cette organisation : les industries lourdes ont lent dans les métropoles, à proximité de grands axes de
opéré un glissement vers les zones industrialo-portuaires circulation.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Faire ressortir les composantes des entreprises industrielles ainsi que les nouvelles localisations des entreprises industrielles.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Histoire : la révolution industrielle, écomusées. • Sciences : étude d’un processus de fabrication.
• Arts plastiques : travail de matériaux de récupération, • Français : lecture sur le travail des enfants.
l’industrie dans l’art.

POUR ALLER PLUS LOIN


 La transformation celle de Dunkerque mais, surdimensionnée, elle a dû être
des paysages indusriels révisée à la baisse. Puis, ont suivi Le Havre (cap d’Antifer)
La France a été, au XIXe siècle, avec l’Angleterre et la Prusse, et Fos-sur-Mer tournée vers la sidérurgie, la chimie, l’acti-
l’un des principaux foyers de ce que l’on a appelé la « pre- vité pétrolière. Mais sa mise en fonction ayant coïncidé
mière révolution industrielle ». Les pays noirs, les régions avec le début de la crise, son développement a été stoppé.
productrices de charbon (Le Creusot, Nord, Pas-de-Calais, En revanche, les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire
Lorraine) ont fait la prospérité de la France pendant un siè- connaissent depuis quelques années une renaissance par-
cle. Ils étaient marqués par les puits de chevalement per- ticulière avec l’orientation vers le marché prestigieux de la
mettant l’accès au fond des mines, les terrils où s’amonce- construction de paquebots de croisière de luxe.
laient les résidus de charbon et les corons, habitat ouvrier Un nouveau tissu industriel s’est constitué à partir des
fait de petites maisons alignées et toutes identiques. hautes technologies. Il se localise essentiellement dans les
Les difficultés ont commencé dans les années 1960 et ont technopôles, à la périphérie des grandes métropoles. Ils
culminé à partir de la crise économique de 1974. Les vieux regroupent et mettent en synergie des usines perfor-
bassins industriels qui utilisaient le minerai de fer de mantes, des centres de recherche, des services et des éta-
Lorraine (minette) et le charbon du Nord ont été touchés blissements d’enseignement supérieur. La matière pre-
de plein fouet. Les activités minières ont aujourd’hui dis- mière la plus importante est devenue la matière grise. Ces
paru. Il ne reste plus que des friches parfois en cours de technopôles se situent à une distance raisonnable d’une
reconversion. Les industries de transformation, nées de grande ville, d’un aéroport, d’une gare TGV, dans un cadre
l’extraction minière, ont été elles aussi très touchées par la agréable. Le littoral, la montagne, le soleil, l’environne-
crise. ment culturel se révèlent des atouts puissants, ce qui
À partir des années 1960, les industries lourdes ont opéré explique l’émergence de l’Ouest et du Midi (Toulouse,
un glissement vers les ZIP (zones industrialo-portuaires), Montpellier, Sophia-Antipolis, la Côte d’Azur, Grenoble)
aujourd’hui en difficulté depuis le choc pétrolier. contribuant au rééquilibrage du territoire. Cependant,
L’industrie sidérurgique, qui fonctionnait sur des minerais seule la cité d’Île-de-France Sud est de taille équivalente à
à haute teneur importés de l’étranger, s’est développée en celle des États-Unis ou du Japon. Ces nouveaux paysages
bordure de vastes bassins portuaires. La première a été industriels sont en rupture totale avec ceux du passé.

111
Les activités économiques
20 Zoom sur… économiser l’énergie PAGES 120-121
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie contribue, avec celui de sciences, à l’éducation au développement
durable, un sujet d’étude au choix permettant une première approche du développement durable
(en relation avec le programme de sciences expérimentales et de technologie).
 Objectifs
• Prendre conscience que l’énergie est indispensable aux activités humaines.
• Être capable de distinguer les sources d’énergie renouvelables des sources d’énergie fossiles.
• Faire prendre conscience de la nécessité d’économiser l’énergie.
• Faire prendre conscience qu’il faut éviter le gaspillage.
 Notions et concepts
Énergie – consommation d’énergie – énergies renouvelables – énergies fossiles – électricité, essence –
chaleur – économies d’énergie.

I N F O R M A T I O N S P O U R L’ E N S E I G N A N T
L’énergie utilisée sous forme d’électricité, d’essence ou de Moins d’électricité consommée, c’est aussi moins de
chaleur est indispensable à l’activité humaine, Des trans- déchets produits par les centrales nucléaires. En effet, la
ports aux appareils ménagers, de l’ordinateur à la télévi- nocivité des déchets radioactifs, si elle diminue au cours
sion, la vie quotidienne est consommatrice d’énergie. À la du temps, ne devient négligeable qu’au bout de milliers
maison, au bureau, dans l’entreprise, à la ferme, électricité, voire de millions d’années.
pétrole, gaz naturel, bois, permettent de produire de la Où en sont les réserves d’énergie ?
chaleur, du froid, de s’éclairer, de faire fonctionner les La majeure partie des énergies fossiles sont à terme épui-
machines, de fabriquer des objets, de produire de la nour- sables. Le pétrole, le gaz naturel et le charbon sont des
riture, d’élever des animaux en batterie. En France, les énergies fossiles qui proviennent de la décomposition de
transports consomment 25 % de l’énergie, l’industrie et végétaux et d’animaux enfouis dans le sous-sol de la pla-
l’agriculture 28 %, les habitations et bureaux 47 %. Une nète depuis des millions d’années et dont le rythme de
famille de quatre personnes qui ne prête pas attention aux reproduction s’étale aussi sur des millions d’années. La
économies d’énergie consomme en moyenne 3 977 KWh/an, nature a mis 250 millions d’années à fabriquer le pétrole
alors que la même famille qui en applique les règles n’en mais au rythme actuel de la consommation, les réserves de
consomme que 2 128, presque la moitié moins ! En modi- pétrole s’épuiseraient en 42 ans. Le temps est compté aussi
fiant son comportement ou ses choix d’investissements, pour le gaz naturel (64 ans), le charbon (150 ans) et l’ura-
chacun d’entre nous possède une vraie marge de manœu- nium (32 ans). Les « réserves prouvées » correspondent
vre pour réduire sa consommation d’énergie. Mais pour- aux quantités de combustibles exploitables avec les tech-
quoi économiser l’énergie ? niques actuelles et à un coût acceptable. En même temps
Moins consommer d’énergie, c’est moins polluer que les réserves diminuent inexorablement, les besoins ne
Moins d’essence, de gas-oil, moins d’électricité, c’est cessent d’augmenter. Il devient de plus en plus urgent de
moins de gaz polluants rejetés dans l’atmosphère, en par- trouver des solutions alternatives.
ticulier les gaz à effet de serre qui participent au réchauffe- Pour ne pas tomber en panne d’énergie,
ment de la planète et au changement climatique. Les développer les énergies renouvelables (ENR)
concentrations de « gaz à effet de serre » (GES) ne cessent Les énergies renouvelables sont issues d’éléments naturels
de croître, conséquence de l’utilisation d’énergies fossiles : inépuisables. L’énergie solaire est constamment utilisable, de
gaz, pétrole, charbon. Le lien entre l’évolution de la concen- même pour le vent, les vagues, les fleuves. Des panneaux
tration en GES et l’augmentation de la température solaires photovoltaïques transforment directement les rayons
moyenne du globe n’est désormais plus remis en cause. du Soleil en électricité. Les capteurs solaires passifs récupè-
Pour maîtriser le réchauffement climatique, il faut que l’hu- rent la chaleur du Soleil pour produire de l’eau chaude. Les
manité réussisse à diviser par un facteur de l’ordre de plu- éoliennes alimentent le réseau électrique. L’énergie des
sieurs dizaines ses émissions. Pour aboutir à ce résultat, deux chutes d’eau, des marées, des vagues peut être utilisée pour
voies peuvent être explorées : les économies d’énergie et produire de l’électricité. L’énergie des courants marins est
la production d’énergie sans émission de gaz carbonique. aussi récupérable à l’aide d’une hydrolienne. La chaleur du

112
sous-sol est récupérée dans les installations géothermiques tricité ou pour chauffer les maisons. La biomasse sert égale-
qui utilisent l’eau chaude du sous-sol pour produire de l’élec- ment à produire de la chaleur ou de l’électricité.

DÉROULEMENT

 Activité 1 de 18 W consommera 13 kWh pour un coût de 0,8 et


1,5 €/an. En outre, si les lampes basse consommation sont
commenter le dessin avec les élèves
plus chères à l’achat, elles durent beaucoup plus longtemps.
Observer les devantures des trois magasins : le concession-
naire auto, l’électroménager et les luminaires. Selon quels
 Activité 2
critères va-t-on faire ces choix ?
consommons-nous beaucoup d’énergie ?
Demander aux élèves quelle voiture ils choisiraient et Réfléchir à nos besoins et les lister : nous chauffer, nous
pourquoi : 4×4, monospace ou berline ? Classer les éclairer, cuisiner, nous laver, faire fonctionner les multiples
réponses en distinguant l’effet de mode et la consomma- appareils qui facilitent notre vie améliorent notre bien-être
tion d’énergie qui, selon le modèle, varie du simple au ou occupent nos loisirs.
double et même au triple. Réfléchir aux effets de notre consommation énergétique
Demander aux élèves ce qui figure sur les grands appareils sur notre environnement : nous participons à l’aggravation
ménagers. Chaque lave-linge a une étiquette « Énergie » de l’effet de serre et aux changements climatiques qui en
qui indique l’efficacité énergétique. Cette étiquette com- découlent, à l’épuisement des réserves non renouvelables,
prend aussi des informations utiles sur les propriétés de à l’accumulation de polluants et de déchets. Ainsi notre vie
l’appareil. Faire remarquer que les petits appareils ména- quotidienne a une incidence sur l’environnement.
gers (machines à café, centrale vapeur, fers à repasser)
n’ont pas d’étiquette « Énergie ». Il faut veiller à les étein-  Activité 3
dre complètement lorsqu’ils ne sont pas utilisés. À l’achat, que pouvons-nous faire
on choisira des appareils économes en énergie. pour économiser l’énergie ?
Que choisir comme éclairage ? Une lampe halogène Rechercher des moyens d’économiser l’électricité, le
consommera 300 kWh pour un coût entre 30 et 45 €/an, une chauffage et les lister (voir plus loin). Demander à chaque
lampe à incandescence de 75 W consommera 55 kWh pour élève de choisir trois actions et d’essayer de s’y tenir.
un coût entre 4 et 6 €/an et une lampe basse consommation Régulièrement, faire le point.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
L’énergie est indispensable à l’activité humaine mais nous pollution et épuisement des ressources qui, elles, sont en
en consommons de trop grandes quantités, ce qui amène quantité limitée. Aussi devons-nous l’économiser.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
– Rédiger une charte sur les économies d’énergie : – Économiser l’énergie à l’école :
• Économiser l’essence : en ville ou à la campagne, préférer • Dans le cadre de l’établissement scolaire, veiller aux écono-
sur de courtes distances la marche à pied ou le vélo, et sur mies d’énergie (« Agenda 21 scolaire ») : fermer les portes et
de longues distances les transports en commun ; pratiquer les fenêtres en hiver, ne pas trop chauffer les salles de classe,
le covoiturage sur des trajets habituels ; ne pas dépasser les éteindre la lumière en quittant la classe, fermer les portes des
vitesses autorisées, bien entretenir sa voiture… couloirs, ne pas laisser les ordinateurs en veille…
• Économiser l’électricité : éteindre les lumières en quit- • Organiser une « journée gros pull » ou une « journée 1 °C
tant une pièce ; vérifier les températures du réfrigérateur en moins » pour sensibiliser enfants et parents aux écono-
et du congélateur ; éviter le sèche-linge, ; ne pas laisser les mies d’énergie.
appareils électroniques en veille ; supprimer les lampes • Organiser un Pedibus (ce projet sera conduit en partena-
halogènes ; préférer les ampoules basse consommation ; riat avec les parents d’élèves) : ramassage scolaire à pied
choisir des appareils économes en énergie… suivant des itinéraires précis, les parents pouvant se
• Économiser le chauffage : mieux vaut mettre un pull que relayer d’une semaine à l’autre. Ainsi, les enfants appren-
trop chauffer ; baisser le chauffage en sortant ; isoler l’appar- dront à se déplacer autrement sur des distances courtes et
tement ou la maison ; ne pas laisser les fenêtres ouvertes… pourront pratiquer une activité physique quotidienne.

113
Les activités économiques
21 Les activités de services PAGES 122-123
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires : les principales activités économiques. La fréquentation régulière
de cartes, de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Aborder la notion de service.
• Appréhender la diversité des activités de services.
• Appréhender l’inégale répartition des espaces de services sur le territoire.
 Notions et concepts
Service – service de proximité – service public – service privé – service marchand – service non marchand.
 Cahier d’exercices
« Les activités de services » : voir p. 62-63.

DÉROULEMENT

 Activité 1 paysage (vastes zones de parkings). La localisation des ser-


appréhender la diversité des services vices peut s’étudier à deux niveaux :
> Documents 1 et 2 – D’une part, si les activités de services sont présentes sur
Ces photographies présentent deux services que connais- tout le territoire (toutes les communes de France dispo-
sent les élèves. En comparant les deux types de services, sent de services administratifs semblables, comme la mai-
on amènera les élèves à comprendre que ce secteur rie), en revanche, certains services rares n’existent que
regroupe des activités très variées : commerce, tourisme, dans les grandes métropoles, et d’abord dans les villes, les
transports, télécommunications, banques, l’école, l’hôpi- grandes agglomérations et dans les régions touristiques.
tal… L’Île-de-France constitue la première région pour les
À partir de là, faire énumérer aux élèves les services qu’ils emplois de services qui regroupent 78 % de sa population
utilisent dans leur vie quotidienne (bus, école, cantine, active, elle possède 90 % des sièges sociaux des grandes
médecin, bibliothèque, supermarché…). Les faire classer, banques et des organismes financiers français (voir p. 99,
dans un premier tableau, par fonction (bâtiment, santé, le quartier de la Défense à Paris). Les régions méditerra-
transports, éducation, commerces, administrations), puis, néennes viennent ensuite, notamment grâce au tourisme.
dans un deuxième tableau, suivant leur fonctionnement Plus la ville est grande, plus l’éventail des services est
financier : services marchands vendus aux particuliers ou important. La quantité et la qualité des services permettent
aux entreprises (commerces, restauration, agences de de hiérarchiser les villes et leur zone d’influence.
voyages, services bancaires...) et non marchands (ensei- – D’autre part, les services organisent le territoire des
gnement, santé, fonction publique) et selon leur statut : agglomérations. Le centre regroupe les services adminis-
services publics assurés par l’État ou les collectivités (hôpi- tratifs (voir p. 97, l’hôtel de ville de Lyon), les universités
taux publics) et services privés (bâtiment). Cette première les plus anciennes, les commerces non alimentaires (voir
activité permettra aux élèves d’appréhender la notion de p. 94, une rue piétonne), les activités de loisirs (voir p. 97,
services et la grande diversité d’emplois et d’activités l’opéra de Montpellier). Une première périphérie
qu’elle recouvre. regroupe les lycées et collèges récents, des galeries
marchandes (voir p. 98, le centre commercial Polygone
 Activité 2 à Montpellier), la deuxième couronne rassemble le CHU,
appréhender la localisation des services les universités (voir p. 104, l’université de Rennes), les
> Document 3 : les services dans la ville de Strasbourg technopôles et les hypermarchés (voir p. 101, la zone
Observer le croquis et suivre le questionnement du commerciale de Plan-de-Campagne, près de Marseille,
manuel. Caractériser les services par rapport à la proximité et p. 135, le marché de gros de Rungis). Dans une troi-
de la ville. Demander aux élèves où leurs parents vont faire sième couronne se situent zones de loisirs et infra-
leurs courses, comment ils s’y rendent. Les faire réfléchir structures (voir p. 132, l’aéroport de Roissy-Charles-de-
au rôle de la voiture et à l’impact des aménagements sur le Gaulle).

114
Observer un plan de la capitale régionale de la région des vent plus l’utiliser. Et la disparition du facteur qui fait le lien
élèves. Établir un croquis pour situer le centre puis pour entre les gens, créant un lien social porte surtout préjudice
situer par rapport au centre la zone des supermarchés, le aux personnes âgées. Le bureau de poste est aussi parfois
ou les pôle(s) universitaire(s), l’aéroport s’il y en a un ou l’un des uniques lieux de rencontre des habitants.
la gare TGV. En milieu rural, on trouve essentiellement des services
courants de proximité qui fournissent à la population
 Activité 3 locale ce qui lui est indispensable : alimentation, pain,
comprendre un texte dépôt de gaz, essence, fruits et légumes… Ces petits com-
> Document 4 : la poste en milieu rural merces sont parfois les seuls services existants dans les
Ce texte met en évidence le problème que rencontrent les petites communes rurales, avec parfois un bureau de poste
personnes âgées devant la réduction des horaires de la ouvert quelques heures par semaine et une école.
poste, et leur crainte qu’elle ferme un jour. Ils ont beau- Certaines zones rurales peu peuplées ont de la peine à
coup de difficulté à faire leurs démarches, car se déplacer maintenir ces services de proximité (voir p. 108, com-
est un problème s’ils n’ont pas de voiture ou s’ils ne peu- merce ambulant).

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Les activités de services sont très variées. Elles sont en pleine expansion et se localisent essentiellement dans les villes.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Éducation civique : la notion de besoin, la naissance des rôle des associations , initiatives des petites communes.
services publics, leur fonctionnement, développement et

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les services : une nouvelle trame grandes capitales régionales étant dotées de services
du territoire administratifs et de services aux particuliers. Si Lyon,
Les activités de services représentent aujourd’hui le pre- Marseille, Lille jouent un rôle sur le plan national, le plus
mier secteur de l’économie française pour les effectifs et la grand pôle français reste Paris et son agglomération, où
richesse produite. La France occupe le 2e rang mondial dominent les services aux entreprises et les activités
pour les exportations de services et le tourisme, le 4e pour financières. Comme cela a été le cas au XIXe siècle avec l’in-
les assurances et les activités commerciales, le 5e pour les dustrie, les espaces de services tissent une trame nouvelle
activités bancaires. du territoire.
L’explosion des services a contribué à modifier la société Dans le domaine rural, les services de proximité subsistent
française et l’organisation du territoire : 70 % des emplois parfois difficilement, en dépit de la résistance des habitants
tertiaires sont localisés en milieu urbain. La localisation des des villages alentour pour leur maintien. Ils s’adressent
services dans les villes en fait une originalité par rapport alors aux services de la ville la plus proche (voir p. 108). En
aux villes, plus industrielles, de la dorsale européenne créant de nouveaux types de services, l’essor du tourisme
(espace d’accumulation de richesse, très peuplé, qui a parfois contribué à la renaissance de villages. En outre,
s’étend de Londres à Milan et se confond avec la mégalo- de nouvelles formes de travail comme le télétravail (grâce
pole européenne). L’importance d’un tertiaire supérieur à un ordinateur connecté à l’entreprise) permettent aussi
constitue l’un des traits majeurs des métropoles, les à des gens de vivre et de travailler à la campagne.

115
Les activités économiques
22 Les activités touristiques PAGES 124-125
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires : les principales activités économiques. La fréquentation régulière
de cartes, de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Connaître des espaces touristiques en France.
• Prendre conscience du rôle du tourisme dans l’aménagement du territoire.
• Appréhender le tourisme comme une activité économique majeure.
 Notions et concepts
Tourisme – loisirs – temps libéré – services – activité économique – transformation du paysage –
dégradation/protection des paysages.
 Cahier d’exercices
« Les activités touristiques » : voir p. 64-65.

DÉROULEMENT
L’enseignant pourra partir des représentations des élèves, – le tourisme culturel utilise les ressources du patrimoine
de leurs expériences (séjours de vacances, classes de architectural (châteaux de la Loire, cathédrales, quartiers
neige, de mer…) ou de dépliants touristiques que l’on historiques des villes, Mont-Saint-Michel, Vézelay, grottes
analysera avec un esprit critique (« À qui s’adressent-ils ? de Lascaux), des musées, des festivals (Avignon), des pèle-
Que vante-t-on ? Comment met-on en valeur un rinages (Lourdes). Paris et ses environs demeurent la prin-
paysage ? Quelles informations peut-on, ou non, y cipale région touristique ;
trouver ? »). – les parcs d’attractions (Futuroscope, Disneyland) repré-
sentent une nouvelle forme de tourisme, fréquentés par
 Activité 1 des millions de visiteurs ;
analyser un site touristique – le tourisme vert se pratique dans les parcs nationaux et
> Document 1 : le Mont-Saint-Michel, en Normandie régionaux ainsi que dans les campagnes.
Faire décrire la photographie en suivant le questionnaire
du manuel.
 Activité 2
Faire faire une recherche aux élèves sur le Mont-Saint-
repérer et classer les éléments liés
Michel : abbaye bénédictine (XIe-XVIe siècle) sur un îlot
au tourisme
rocheux au fond d’une baie immense, à l’embouchure du
Couesnon et reliée à la côte par une digue depuis 1879. > Document 2 : le centre-ville touristique
C’est l’un des monuments les plus remarquables de du Mans
l’architecture militaire et monastique avec, au sommet, Suivre le questionnement du manuel.
la Merveille, longue et haute construction gothique. On repérera les monuments historiques (muraille gallo-
C’est le monument le plus visité de France. Il est classé romaine, maison Saint-Paul, collégiale…) proprement dits
au Patrimoine mondial de l’UNESCO. La digue occasion- et les églises (cathédrale Saint-Julien), le musée mais aussi
nant l’ensablement de la baie est en passe d’être suppri- les théâtres (théâtre Scarron, théâtre municipal), lieux de
mée : le Mont-Saint-Michel redeviendra prochainement culture et de loisirs, ainsi que les infrastructures hôtelières
une île. pour pouvoir accueillir les touristes.
On pourra mentionner les diverses formes de tourisme : La ville du Mans est une ville très ancienne qui possède un
– le tourisme balnéaire est le tourisme le plus pratiqué, le patrimoine remarquable, le vieux Mans représenté sur le
plus représenté avec les nombreuses façades maritimes de plan. La ville du Mans est labellisée « Ville d’art & d’histoire »
la France ; par le ministère de la Culture. Le vieux Mans a été très bien
– le tourisme montagnard concerne essentiellement les restauré, si bien qu’il a servi pour le tournage de plusieurs
Alpes du Nord réputées pour les sports d’hiver, et la ran- films historiques (Cyrano de Bergerac, Eugénie Grandet,
donnée et l’alpinisme l’été ; Le Bossu, Le Masque de fer).

116
 Activité 3 tude, puis entre 1945 et 1960, les stations se sont installées
sur les alpages. Ce sont souvent des stations « intégrées »
rechercher l’impact du tourisme
aménagées ex nihilo, c’est-à-dire qu’elles intègrent des
sur une région
équipements nécessaires à l’activité touristique (héberge-
> Document 3 : les stations de ski des Pyrénées ments, infrastructures sportives, commerces…).
Faire observer la carte des Pyrénées et suivre le question- Plusieurs infrastructures permettent d’accéder aux stations :
nement du manuel. trois aéroports (Toulouse, Pau et Tarbes), lignes TGV
On a créé des stations de montagne où sont pratiqués le (Bordeaux Pau-Tarbes, Toulouse-Perpignan, Montpellier-
ski alpin, le ski de fond ou la randonnée en raquettes. Le Perpignan), deux autoroutes, l’une reliant Narbonne à
mouvement a été moindre que dans les Alpes du Nord Perpignan et l’autre Narbonne à Bordeaux. À partir des
mais il existe plusieurs sortes de stations : les plus villes desservies par l’autoroute et le TGV, des routes
anciennes correspondent à des villages situés à basse alti- conduisent aux stations.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
La synthèse portera sur la définition d’un site touristique sur la transformation du paysage qu’il peut entraîner, et ses
en France, l’importance du tourisme pour une région et conséquences en termes d’environnement.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : lecture de dépliants, de publicités touris- • Sciences : conséquences d’aménagements touristiques
tiques, récits de guides (Frison-Roche, etc.). sur les paysages naturels.
• Histoire : recherche de l’origine de sites historiques. • Éducation civique : tourisme et développement dura-
• Arts plastiques : confection de dépliants et d’affiches ble.
touristiques.

POUR ALLER PLUS LOIN


 L’évolution du tourisme de mer et fondent Juan-les-Pins en 1925. À la fin du XIXe siè-
Le tourisme moderne apparaît à la fin du XVIIIe siècle. Il est cle et début du XXe siècle, Guy de Maupassant et Paul
le fait des aristocrates, de riches Anglais, des têtes couron- Signac découvrent Saint-Tropez (voir p. 126), à l’époque où
nées de Russie, attirés par la douceur hivernale de Nice, le meilleur accès pour atteindre le village reste le bateau, et
alors possession piémontaise. Ils fréquentent aussi la Côte le font connaître au monde entier bien avant qu’il ne
d’Azur (l’expression est inventée en 1867 par le poète Stephen devienne la station balnéaire de la jet-set et des artistes.
Liegard) pour guérir les maladies respiratoires. Dans le
même temps, des Britanniques « inventent » l’alpinisme. À partir de 1936, grâce aux congés payés et au chemin de
fer, se développe un nouveau type de tourisme : le tou-
À la Restauration, Dieppe est mise à la mode par la
risme de masse. Pour cette clientèle démocratique, l’été
duchesse de Berry qui fait scandale en prenant des bains
est la saison privilégiée jusqu’à ce que se développent,
de mer. Deauville est fondée par le duc Morny et Biarritz
dans les années 1960, les sports d’hiver.
est lancée par l’impératrice Eugénie. C’est l’époque des
palaces et des casinos. Très vite, avec l’arrivée du chemin Le tourisme a évolué vers les loisirs de masse, illustrés par
de fer à Nice en 1864 et à Menton en 1869, les « hivernants », la création de parcs d’attractions. Sa véritable expansion
Anglais, Russes, Italiens et Allemands arrivent de plus en s’est faite en liaison avec le développement des transports,
plus nombreux. Ils sont 22 000 en 1864 et 150 000 en 1914. en particulier de l’automobile, la hausse du niveau de vie
Vingt ans plus tard, les Américains lancent la mode du bain et l’augmentation du temps libre.

117
Les activités économiques
23 Je vis… dans une station balnéaire PAGES 122-123
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires : paysages de ville, de village, les principales activités
économiques. La fréquentation régulière de cartes, de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Rechercher l’impact du tourisme sur un lieu.
• Prendre conscience du rôle des activités touristiques dans l’aménagement du territoire.
• Appréhender la protection de l’environnement dans les régions touristiques.
 Notions et concepts
Tourisme de masse – station balnéaire – marina – aménagement du territoire – protection
de l’environnement – activité saisonnière.

DÉROULEMENT
Saint-Tropez est le modèle du port de pêche devenu en Le terme « marina » ou « marine » désigne un complexe
quelques dizaines d’années un pôle touristique de premier résidentiel où les constructions s’organisent autour d’un
plan, très médiatisé, car il est fréquenté par les plus port artificiel. Les promoteurs immobiliers proposent aux
grandes fortunes et le show-business. acheteurs un logement « les pieds dans l’eau » et un
« anneau » pour leur bateau. Sur la photographie, on peut
 Activité 1 voir la démultiplication des quais pour qu’ils accueillent le
observer des paysages plus de bateaux possible. Les Marines de Cogolin,
> Document 1 : le port de Saint-Tropez construites sur 50 ha, comprennent un complexe por-
La photographie présente un contraste saisissant entre tuaire de 23 ha (1 500 bateaux de plaisance) et des ensem-
l’ancien et le moderne. On voit à l’arrière-plan, en bordure bles résidentiels.
du port de plaisance, des maisons anciennes aux façades Ce tourisme de masse peut être une menace pour l’envi-
jaunes et roses serrées autour du clocher de l’église. On ronnement. En effet, les constructions modernes et les
peut réaliser que, jusqu’aux années 1960, Saint-Tropez façades en béton liées au développement du tourisme ris-
n’était qu’un petit village de pêcheurs du bord de la quent de faire disparaître les anciens paysages qui ont fait
Méditerranée. Il a gardé le même aspect depuis le XVIIIe siè- la beauté et l’attractivité de ces sites touristiques.
cle. Au premier plan, on observe des bateaux et des yachts
amarrés au port de plaisance. Ils témoignent de la richesse
des touristes qui séjournent à Saint-Tropez. Ce modeste vil-
 Activité 2
lage de pêcheurs a été rendu célèbre par le cinéma (en lire un diagramme
particulier Louis de Funès). Sa place des Lices est fréquen- > Document 3 : l’évolution de la population
tée par des touristes venus du monde entier. de Saint-Tropez entre janvier et août
> Document 2 : le golfe de Saint-Tropez Ce diagramme en bâtons indique le nombre d’habitants
Cette photographie permet de montrer l’impact des activi- que compte Saint-Tropez en janvier et en août : la popula-
tés touristiques sur le paysage. tion passe de 5 800 à 85 000 habitants. Elle est multipliée
À l’arrière-plan, a été aménagé un gigantesque port de plai- par 14,6 entre la saison creuse et la saison estivale. D’un vil-
sance, comportant plusieurs pontons (Port-Grimaud) et au lage de 5 800 habitants permanents, Saint-Tropez devient
premier plan les Marines de Cogolin. L’activité touristique une ville moyenne, l’été. Cela montre à quel point l’activité
a totalement modifié le paysage du golfe de Saint-Tropez. touristique est saisonnière.
Pour accueillir les touristes de plus en plus nombreux, on Cette augmentation très forte de la population en été a des
a construit des logements individuels ou collectifs, amé- répercussions sur l’environnement et le milieu naturel. La
nagé des campings, des centres commerciaux et des ports demande en eau est ainsi la plus forte au moment de l’an-
de plaisance. L’avènement du tourisme a amené la création née où le déficit en eau est le plus important. L’afflux de
de stations balnéaires récentes comme Port-Grimaud ou touristes aggrave la pollution. Les équipements (approvi-
les Marines de Cogolin dont les logements sont directe- sionnement en eau, évacuation des déchets, épuration,
ment reliés au port de plaisance. etc.) doivent pouvoir répondre à cette demande.

118
 Activité 3 mentée sur l’ensemble de la zone et totalement interdite à
lire une carte la pointe des trois caps. De plus, des sites ont été rachetés
> Document 4 : la protection du littoral par le Conservatoire du littoral en bordure de mer pour
dans la région de Saint-Tropez assurer la protection du milieu.
Cette carte représente les mesures prises pour protéger le Les atteintes aux sites naturels dues aux activités touris-
littoral et le milieu naturel dans la région de Saint-Tropez. tiques ont souvent un grand impact : construction de loge-
Faire situer Saint-Tropez et Port-Grimaud (document 2) sur ments collectifs en bordure de mer, développement de
la carte. Faire la correspondance entre le cap que l’on aper- constructions pavillonnaires sur des promontoires boisés,
çoit en arrière-plan de la photographie aérienne et le cap installation de ports de plaisance dans les criques et les
de Saint-Tropez représenté sur la carte. À partir des formes baies. Les pouvoirs publics et les collectivités territoriales
que les élèves peuvent observer sur la carte, faire définir le ont mis en œuvre des actions de protection de l’environ-
mot cap : avancée du littoral dans la mer. nement : interdiction de construire à moins de 100 mètres
On peut voir que le golfe de Saint-Tropez est fermé au sud du rivage (« loi Littoral »), acquisitions foncières par le
par le cap de Saint-Tropez qui se prolonge lui-même par Conservatoire du Littoral, généralisation des stations
trois caps : Camarat, Taillat et Lardier. La nature y est pro- d’épuration. Cependant, la protection du littoral et de la
tégée par les pouvoirs publics : la construction est régle- mer reste insuffisante.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Expliquer comment un lieu, un site peut être transformé profondément transformé par les implantations touris-
par la fréquentation touristique. Saint-Tropez est une sta- tiques si bien que des mesures ont dû être prises pour pro-
tion balnéaire de la Côte d’Azur dont la population multi- téger l’environnement.
pliée par 14 en été. Le golfe dans lequel elle se situe a été

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Arts plastiques : créer un poster sur une station Matisse, Picasso…), le Festival international du film à
touristique, la Côte d’Azur dans la peinture (Cézanne, Cannes.

POUR ALLER PLUS LOIN


 La Côte d’Azur, une longue histoire… des amis peintres comme Matisse dans sa villa de Saint-
La Côte d’Azur est le paradis méditerranéen des célébrités, Tropez, puis Braque, Picasso, Léger, Miró.
des palaces et des plages mythiques. Elle conserve
Plusieurs générations de stations balnéaires se sont suc-
aujourd’hui encore son image de rêve et de luxe. Selon la
cédé sur la Côte d’Azur :
définition géographique, la Côte d’Azur, région côtière fran-
çaise au bord de la Méditerranée, s’étend de Cassis, dans les – les stations de front de mer. Seuls les immeubles bour-
Bouches-du-Rhône, à Menton, dans les Alpes-Maritimes. geois avaient vue sur la mer, le long d’un boulevard lon-
Mais dans l’imaginaire, cette région s’étend de Saint-Tropez geant la plage. Tel est le cas de la Promenade des Anglais à
et se déroule, jusqu’à la frontière italienne, sur les 300 km de Nice ou de la Croisette à Cannes ;
littoral où l’on trouve les villes de Nice, Cannes, Saint-Paul- – les stations en hauteur. On a multiplié les capacités rési-
de-Vence, Roquebrune-Cap-Martin ou Menton. dentielles avec vue sur la mer, comme à Marina Baie des
L’histoire de la Côte d’Azur débute en 1750, avant même Anges à Nice ou à la Grande-Motte en Languedoc-
que le comté de Nice ne soit rattaché à la France en 1860. Roussillon ;
La douceur hivernale niçoise attire les aristocrates britan- – les marinas. À partir d’une petite portion de côte maré-
niques. L’arrivée du chemin de fer fera développer la villé- cageuse, la zone humide est surcreusée pour agrandir la
giature hivernale sur la Méditerranée. longueur de la côte. Ainsi ont été créées les marinas de
La Côte d’Azur a attiré de nombreux peintres, des impres- Cogolin dans le golfe de Saint-Tropez et de Port-Camargue
sionnistes comme Renoir, Monet ou Signac, qui recevait sur la côte languedocienne.

119
Les transports
24 Se déplacer dans son environnement proche PAGES 128-129
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires : la circulation des hommes. La fréquentation régulière de cartes,
de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Connaître différents modes de transport.
• Prendre conscience du rôle des transports dans l’aménagement urbain.
• Prendre conscience des conséquences écologiques des transports.
 Notions et concepts
Voies de communication – moyens de transport – modes de transport – transports publics – transports
privés – transports individuels.
 Cahier d’exercices
« Se déplacer dans son environnement proche» : voir p. 66-67.

DÉROULEMENT

 Activité 1 inversement, c’est ce qu’on appelle les « mouvements pen-


analyse des pratiques des élèves dulaires ». On s’en rend compte aux heures de pointe.
Recenser les transports effectués quotidiennement par les – Pollution de l’air par les gaz d’échappement des voitures.
élèves. Élaborer un tableau à partir de ces données : À titre d’exemple, estimation des émissions de CO2 par
personne et par kilomètre selon le mode de transport uti-
Type de Mode de lisé en ville (source ADEME) : voiture (1 personne), 309 g ;
Distance Temps But
trajet transport scooter, 170 g ; covoiturage (3 personnes), 103 g ; bus, 80 g ;
tramway, 20 g ; vélo, marche à pied, 0 g.
Calculer le temps passé, chaque jour, dans les transports. – Nuisances sonores : les personnes les plus touchées sont
Faire le même calcul pour les trajets effectués par les les citadins soumis au bruit de la circulation avec pour
parents des enfants. À partir de ces données, classer : conséquences stress, insomnies et fatigue.
– les moyens de transport utilisés par les élèves ; Pour limiter les effets néfastes des transports, il faudrait
– les moyens de transport existant dans la ville ou le village réduire la place faite à la voiture particulière en donnant
où habitent les élèves. plus de place aux transports collectifs. Mais les comporte-
Distinguer les transports publics des transports individuels ments individuels doivent aussi changer : marcher à pied,
puis comparer les avantages des uns et des autres (pollu- utiliser les transports en commun, pratiquer le covoiturage
tion, coût, souplesse d’utilisation, temps de parcours…). ou le vélo.
> Document 1 : le centre-ville de Caen > Document 3 : des voitures électriques
Sur cette photo, on aperçoit différents modes de déplace- en libre-service, à La Rochelle
ment en ville : à pied, à vélo, en scooter, en voiture, en bus L’agglomération rochelaise mène une politique globale de
et avec le tramway. On abordera la notion de transport col- déplacements alternatifs depuis de nombreuses années.
lectif et individuel. On comparera avec la situation locale. Depuis plus d’une décennie, elle est la championne de la
voiture électrique, silencieuse, non polluante et agréable
 Activité 2 pour les déplacements urbains. La municipalité met à dis-
interpréter des photographies position, en libre-service, une flotte de 50 véhicules élec-
> Document 2 : une femme à vélo triques présents sur sept stations réparties sur le territoire
dans un embouteillage de la Communauté d’agglomération de La Rochelle. Ce
Répondre à la question posée dans le manuel. À partir de nouveau service repose sur deux principes :
cette photographie on abordera les problèmes posés par – proposer un mode de déplacement urbain silencieux et
l’utilisation massive de la voiture individuelle en ville. propre ;
– Embouteillages aux heures de pointe : tous les jours, les – offrir aux citadins un nouveau moyen de se déplacer en
gens se déplacent pour aller de leur domicile au travail et ville à la fois individuel par le véhicule et public par le

120
mode de propriété. Les usagers accèdent à ces véhicules  Activité 3
24 heures sur 24 grâce à un « passe sans contact », remis lire une carte en réseau
lors de la souscription d’un abonnement. Pour restituer la > Document 4 : les transports en commun
voiture, il suffit de la déposer dans l’une des stations de la dans la ville de Rennes
ville. Suivre le questionnaire du manuel.
Le système exploite les avantages du véhicule électrique Trois modes de transports publics collectifs sont utilisés :
(silencieux, pas de pollution directe), mais assure aux utili- le train, le bus et le métro. Faire effectuer différents trajets
sateurs une parfaite autonomie, la constante disponibilité (de la station Italie, pour aller à l’aéroport, on prend le
d’une voiture, ainsi que la gratuité du stationnement sur métro jusqu’à République, puis le bus 57 jusqu’à l’aéro-
l’agglomération rochelaise. port).
Faire relever les nœuds, endroits où se croisent les diffé-
rents modes de transport : République, triangle, Sainte-
Anne, Université (bus et métro) gare (train, bus, métro).

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Bien que la voiture reste le mode de transport le plus uti- Nous devons, en matière de déplacements, prendre
lisé et qu’il entraîne embouteillages et diverses pollutions, conscience que nous devons modifier nos comporte-
d’autres modes, collectifs, sont à la disposition des usa- ments.
gers, mais aussi des modes alternatifs moins polluants.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Sciences : la vapeur, l’électricité. • Environnement : dossier de presse sur un problème lié
aux transports ou sur les transports alternatifs en ville.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les vélos en libre-service comptant déjà près de 40 000 vélos en circulation. Après
Qu’on l’appelle Vélo’v, Vélib’, V’hello, Vélodi, le vélo en les « Vélocité », lancés par Mulhouse et Besançon ; Aix-en-
libre-service se développe de plus en plus. Très tôt, Provence a présenté son « V’hello » rouge et vert ;
quelques rares villes pionnières ont compris l’intérêt du Marseille, « le vélo » ; Toulouse le « Vélô » ; Nancy le
vélo en ville : la Rochelle, dès 1976, Rennes (« Vélo à la « Vélostan » ; Montpellier le « Vélomagg » ; Orléans le
carte »), Bordeaux (« Vélostan ») Strasbourg ou encore « Vélo + » et Nantes son « Bicloo ». Amiens, Dijon, Caen,
Lyon (« Vélo’v ») dès 2005. Mais c’est le succès très média- Perpignan, Rouen et d’autres ont également mis en œuvre
tisé et très rapide du Vélib’ à Paris qui a largement amplifié un dispositif de location de bicyclettes. De nombreuses
le phénomène. Le système est simple : une location autres villes sont candidates à ce mode de transport dit
payante, mais modique. Il suffit de prendre un vélo dans « collectif-individuel ». Le succès est incontestablement au
l’une des stations et de le reposer ailleurs une fois son tra- rendez-vous, car c’est une autre façon de « vivre la ville »,
jet effectué. La plupart des utilisateurs empruntent un vélo et c’est rendre la ville aux piétons. Le vélo est une alterna-
pour une courte distance. À mesure qu’elles dévelop- tive à la voiture sur les trajets courts, car il désengorge les
paient leurs pistes cyclables, une quinzaine de villes fran- centres-villes et surtout ne pollue pas et n’utilise que
çaises ont adopté un système de location en libre-service l’énergie musculaire.

121
Les transports
25 Se déplacer d’une région à une autre PAGES 130-131
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires : la circulation des hommes. La fréquentation régulière de cartes,
de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Connaître différents modes de transport.
• Prendre conscience du rôle des transports dans l’aménagement du territoire.
• Prendre conscience des conséquences écologiques des transports.
 Notions et concepts
Voies de communication – moyens de transport – modes de transport – transports publics – transports
individuels – équipements.
 Cahier d’exercices
« Se déplacer d’une région à une autre » : voir p. 68-69.

DÉROULEMENT

 Activité 1  Activité 2
interpréter une photo analyser un paysage
> Document 1 : l’autoroute A9, le 5 juillet 2008 > Document 2 : un ferry pour la Corse, dans le port
Faire décrire la photographie et suivre le questionnement de Nice
du manuel. Montrer sur une carte Michelin où est l’auto- Faire décrire le paysage et faire comparer la taille du ferry
route A9 : cette autoroute, dénommée « La Languedo- et celle du port. Un ferry, abréviation de ferry-boat et de
cienne », relie l’A7 à partir d’Orange à la frontière espa- car-ferry est un navire utilisé pour le transport des passa-
gnole. C’est la troisième autoroute la plus fréquentée de gers, des voitures et même des trains. Suivre le question-
France, après l’A7 (autoroute du Soleil) qui relie Lyon à nement du manuel.
Marseille et l’A1 (autoroute du Nord) qui relie Paris à Lille.
Le port de Nice est le deuxième port de croisière de France.
Elle est très empruntée au moment des vacances.
Étant le point de la France continentale le plus proche de
Par ses atouts touristiques, ses grands axes reliant l’Europe la Corse, les liaisons avec l’île se sont développées. Nice est
du Nord à l’Europe méditerranéenne, la France est réguliè- le port de base des NGV (navires à grande vitesse), des
rement traversée par de grands flux migratoires à destina- ferries qui assurent les traversées en direction de la
tion des lieux de villégiature (stations de sports d’hiver, Corse Deux compagnies assurent les liaisons. Le port de
stations balnéaires, sites touristiques…). Ce trafic pro- Nice abrite aussi des yachts et autres bateaux de plai-
voque de nombreux bouchons. En 1975, on en avait sance.
recensé plus de 600 km sur la N10, entre Paris et l’Espagne,
L’avion est une alternative au bateau. L’aéroport internatio-
et cette constatation a été le point de départ d’une grande
nal Nice-Côte-d’Azur est le premier aéroport international
campagne d’information routière et de communication à
de France après Paris et il dépasse en fréquentation ceux
destination des usagers de la route (Bison futé).
de métropoles européennes comme Genève et Lisbonne.
Depuis les années 1970, la circulation exprimée en voya-
Doté de deux terminaux, l’un réservé au trafic internatio-
geurs/km a doublé. Tous les types de mobilité se sont for-
nal, l’autre aux liaisons nationales, il accueille 10 millions
tement accrus. Les déplacements de loisirs, en particulier,
de passagers par an.
ont rapidement progressé en raison de l’augmentation du
niveau de vie et de la réduction du temps de travail. Ce
sont avant tout les réseaux routiers et autoroutiers qui ont  Activité 3
vu le trafic s’accroître. Aujourd’hui, les trois quarts des tra- comparer deux cartes
jets effectués, mesurés en voyageurs/km se font au moyen Que remarque-t-on dès le premier abord en regardant ces
de véhicules individuels. Le nombre de voitures particu- deux cartes ? Les deux cartes ne comportent pas autant de
lières a très fortement augmenté : la France est le tracés (pas de bleu dans le doc. 4) et les villes sont plus
deuxième parc de véhicules en Europe après l’Allemagne. éloignées les unes des autres pour le Limousin.

122
> Document 3 : les transports dans la région Nord- qui caractérise les transports dans cette région, c’est leur
Pas-de-Calais complémentarité.
La région Nord-Pas-de-Calais présente un réseau dense de > Document 4 : les transports dans la région Limousin
voies de communication : autoroutes, routes, voie navi- À quelles grandes villes mènent les autoroutes ? Paris,
gable, ligne à grande vitesse (TGV) vers l’Europe du Nord Toulouse, Lyon...
et vers la Grande-Bretagne, ferries vers ce même pays, ainsi La région ne dispose pas de réseau organisé. L’autoroute
que des infrastructures importantes (tunnel sous la Paris-Toulouse a plus un effet tunnel sur la région qu’un
Manche). Calais en France et Douvres en Grande-Bretagne rôle dynamique : elle traverse la région du nord au sud,
sont respectivement le 1er et le 2e port du monde pour le mais, sans ramifications, n’engendre aucun développe-
trafic passagers. Depuis 1994, le tunnel ferroviaire ment dans la région . Une autre autoroute Lyon-Toulouse
transManche (Eurostar) complète les liaisons par ferries, la contourne. Il n’y a pas de ligne TGV.
aéroglisseurs et catamarans. Lille se trouve au cœur du Le Limousin n’a pas bénéficié des réalisations autorou-
polygone européen (« l’europolygone ») des capitales tières qui lui auraient permis de sortir de son enclavement.
(Paris, Bruxelles, Londres, Cologne, Amsterdam). Les auto- Seul un axe Nord-Sud traverse la région. La grande voie
routes relient toutes les capitales de l’Europe du Nord. radiale directe Paris-Toulouse a été rendue obsolète par la
L’ensemble est complété par une rocade littorale (auto- réalisation de la liaison autoroutière et de la ligne TGV qui
route des estuaires) prolongée jusqu’à Amiens et Paris. Ce conduit à Bordeaux.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Toutes les régions ne sont pas desservies de la même façon voiture reste le mode de transport privilégié pour les
par les voies de communication. À des régions pourvues déplacements en régions.
de réseaux denses s’opposent des régions enclavées. La

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Sciences : la vapeur, l’électricité. • Histoire : l’histoire des trains, les musées du Train (La
• Environnement : dossier de presse sur un problème lié Cité du train à Mulhouse) ou des Transports.
aux transports.

POUR ALLER PLUS LOIN


 L’automobile et l’organisation néen. La densification du réseau est devenue un fait
du territoire majeur de l’organisation du territoire, particulièrement
La voiture immobilise de plus en plus d’espace dans les dans les aires métropolitaines. Les nœuds autoroutiers
villes comme dans les campagnes. Le parc automobile occupent des superficies considérables à proximité des
atteint 26 millions de véhicules aujourd’hui. Il a fallu agglomérations et les centres d’activités et parcs d’activités
construire des routes, des autoroutes, aménager des aires se localisent à proximité des échangeurs.
et des parcs de stationnement. Les autoroutes sont satu- L’utilisation croissante de la voiture témoigne d’un change-
rées lors des départs de fin de semaine ou de vacances. ment dans les modes de vie. La phase d’urbanisation des
L’empreinte de l’automobile est manifeste sur tout le terri- trente dernières années a coïncidé avec sa prolifération qui
toire. Paris est relié à toutes les grandes villes de province, a poussé à la construction d’un réseau autoroutier de
et le réseau national se poursuit dans les pays voisins. Mais dégagement des centres ; par ailleurs, ces nouvelles facili-
cette empreinte n’a pas partout la même intensité et la tés ont permis d’habiter de plus en plus loin de son lieu de
même force. La trame autoroutière n’est pas exempte de travail. La maison individuelle, même dans ce cas, est deve-
trous. Ainsi, le Massif central reste difficile à traverser mal- nue un idéal d’habitat pour les couches moyennes. Une
gré l’autoroute Clermont-Béziers et l’autoroute Lyon- urbanisation à l’américaine a vu le jour qui prend la forme
Bordeaux, et la Corse est la seule région de France qui ne de la rurbanisation (urbanisation de la campagne). La pro-
dispose pas d’autoroute. D’autres régions sont dotées motion de l’automobile a aussi accompagné le temps
d’un véritable réseau régional comme le Nord-Pas-de- libéré, la civilisation des loisirs et a entraîné le développe-
Calais, la région Rhône-Alpes, l’Alsace, le Midi méditerra- ment des résidences secondaires.

123
Les transports
26 Je vais… à l’île de la Réunion PAGES 132-133
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires : la circulation des hommes. La fréquentation régulière de cartes,
de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Connaître différents modes de transport.
• Prendre conscience du rôle des transports dans l’aménagement du territoire.
• Prendre conscience des conséquences écologiques des transports.
 Notions et concepts
Voies de communication – moyens de transport – modes de transport – transports publics – transports
individuels – équipements.

DÉROULEMENT

 Activité 1 des flux, des échanges. Les installations modernes tendent


étudier un trajet à devenir des plates-formes où sont intégrés les services.
> Document 1 : notre trajet de La Robine à Paris Elles s’accompagnent d’importants dispositifs logistiques,
Suivre le questionnement du manuel et faire élaborer un notamment des systèmes informatiques de gestion des
tableau. destinations, des frets, des horaires. Elles offrent une
grande diversité de services à la clientèle et aux employés.
Moyen Type
Trajet Observer le croquis représentant l’aéroport de Roissy-
de transport de transport
La Robine-Digne automobile individuel Charles-de-Gaulle. À l’image des grands aéroports mon-
diaux, appelés hubs par les Anglo-Saxons, Roissy est un
Digne-Aix-en-Provence autobus collectif
nœud au cœur du système de transport français (« point
Aix-en-Provence-Paris TGV collectif
nodal ») et un centre économique majeur relié à l’espace
Paris-Roissy RER collectif
européen et mondial.
Faire apprécier les distances sur la carte : moins de 200 km Faire décrire les principaux équipements :
de La Robine à Aix-en-Provence et à peu près 800 d’Aix à Paris. – les deux aérogares et les pistes qui en dépendent ;
Pourquoi met-on presque autant de temps à parcourir ces – les deux gares RER et TGV.
deux distances ? Le TGV est un train à grande vitesse avec, Faire rechercher à quels réseaux de communications
parfois, pas d’arrêt entre ces deux distances. Roissy est relié et les destinations de ces différents réseaux :
Les premières voies aménagées pour la grande vitesse l’ont – le réseau aérien national et international vers l’espace
été, comme les premières autoroutes, pour desservir les monde ;
itinéraires susceptibles d’attirer le plus grand nombre de – le réseau TGV vers l’Europe du Nord, vers l’Europe du
voyageurs. La plus empruntée est de loin la voie à grande Sud et l’Atlantique ;
vitesse qui relie Paris à Lyon puis à Marseille en passant par – le réseau autoroutier vers le Nord de la France et au-delà
Aix-en-Provence-gare TGV. Le TGV est un concurrent vers l’Europe du Nord mais aussi l’autoroute vers Paris,
redoutable de l’avion (lignes intérieures), parce qu’il est vers le Sud de la France et au-delà vers les autres pays euro-
rapide et permet d’accéder au centre des villes. péens du Sud et de l’Est ;
– le réseau RER vers Paris.
 Activité 2
découvrir une plate-forme  Activité 3
multimodale mesurer un trajet
> Document 2 : le plan de l’aéroport de Roissy- > Document 3 : l’itinéraire du vol Paris-Saint-Denis
Charles-de-Gaulle de la Réunion
Une plate-forme est dite « multimodale » quand elle asso- Faire observer le planisphère et faire décrire le trajet Paris-
cie plusieurs modes de transport. Elle permet non seule- Saint-Denis de la Réunion :
ment le passage des marchandises d’un mode de transport Après avoir traversé la France, on longe l’Italie, on traverse
à un autre, mais une véritable organisation des cargaisons, la mer Méditerranée, on vole au-dessus de l’Afrique que

124
l’on traverse du Nord au Sud dans sa partie orientale ; entre régulièrement en éruption. Au cœur de l’île, trois
arrivé dans l’océan Indien, on passe au Nord de l’île de cirques majestueux, Mafate, Salazie et Cilaos, échancrent
Madagascar (« la grande île », ce qui est d’ailleurs sa déno- l’île. Un cirque résulte de l’effondrement d’un ancien vol-
mination) et on parvient à la Réunion. can sur lui-même, donnant ainsi un paysage unique, de
Reporter l’échelle sur une petite réglette en papier et voir forme circulaire et très escarpé. Ces cirques, dominés par
combien de fois elle s’inscrit sur le trajet. De Paris à Saint- le piton des Neiges (3 070 m), offrent des remparts vertigi-
Denis de la Réunion, 9 500 km environ ont été parcourus. neux, des plateaux quasi inaccessibles, où s’accrochent des
hameaux, des ravines impénétrables, des cascades. Ces
 Activité 4 cirques ont été le refuge des esclaves en fuite, puis ont été
se repérer sur une carte colonisés au XIXe siècle pour y faire de l’agriculture, certains
> Document 4 : la dernière partie de notre trajet ne sont accessibles qu’à pied ou en hélicoptère.
La carte représente l’île de la Réunion.
L’île de la Réunion est un volcan jailli de l’océan Indien. Au
Sud, s’élève le piton de la Fournaise dont le cratère actif

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
On insistera sur les différents modes de transport, sur les inégalités de la couverture du territoire et sur l’intérêt des plates-
formes multimodales.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Français : récits de voyages. • Environnement : dossier de presse sur un problème lié
aux transports, tourisme à la Réunion.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les noms de l’île de la Réunion Mascarin. En 1649, elle devient l’« île Bourbon », en l’hon-
Les différents noms de l’île de la Réunion témoignent de neur de la dynastie régnante.
son histoire mouvementée. Au XVIe siècle, des navigateurs En 1793, pendant la Révolution française, l’île fut appelée
arabes la nomment « Diva Morgabin » (« l’île de l’Ouest »). « la Réunion » par la Convention de Paris en souvenir de la
En 1502, un navigateur portugais la baptise Sainte- « réunion » des Marseillais et de la Garde nationale lors de
Apolline. En 1504, un navigateur portugais la rebaptise l’assaut du palais des Tuileries. De 1806 à 1810, l’île a été
« Mascareignes ». En 1613, Blackwell, un pirate anglais, s’y appelée Bonaparte, puis, avec l’occupation anglaise de
arrêta et lui donna le nom d’England’s Forest. En 1642, le 1810, Isle of Bourbon, et à nouveau « île Bourbon » en
gouverneur de l’île de Madagascar prit à nouveau posses- 1815. Le 6 septembre 1848, l’île reprit définitivement le
sion de l’île au nom du roi Louis XIII et la nomma nom de « la Réunion ».

125
Les transports
27 La circulation des marchandises PAGES 134-135
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes
vivent et aménagent leurs territoires : la circulation des biens. La fréquentation régulière de cartes,
de paysages est nécessaire.
 Objectifs
• Connaître différents modes de transport.
• Prendre conscience du rôle des transports dans l’aménagement du territoire.
• Prendre conscience des conséquences écologiques des transports.
 Notions et concepts
Voies de communication – moyens de transport – modes de transport – équipements – plate-forme
multimodale – ferroutage – fret – conteneur.
 Cahier d’exercices
« La circulation des marchandises » : voir p. 70-71.

DÉROULEMENT

 Activité 1 Escaut) est économique, propre et sûr. Il peut constituer


interpréter une photo une alternative au transport par camions sur des axes rou-
tiers très encombrés. En France, il ne représente encore
> Document 1 : le transport de voitures fabriquées
que 3,24 % du trafic terrestre.
dans l’usine Peugeot-Citroën de Poissy (Yvelines)
Suivre le questionnement du manuel. Observer le logo sur Avec 22,1 % de progression en cinq ans (+ 3,3 % en 2002),
les voitures : le lion de Peugeot. le transport fluvial atteint près de 7 milliards de tonnes/km.
L’usine de Poissy est une usine dite « terminale » (usine de 60 millions de tonnes de marchandises ont ainsi été trans-
montage), qui fabrique 1 550 voitures par jour (des 206). portées par voie d’eau, soit la moitié en volume du fret fer-
Elle est dédiée à la plate-forme 1, c’est-à-dire à la fabrica- roviaire, via un réseau 6,5 fois moins étendu. La part du
tion de petits véhicules. Ce site a fêté ses 70 ans en 2008. transport fluvial ne représente que 3 % au niveau national,
On voit sur la photo que l’expédition des véhicules fabri- atteint 7 % si l’on ne retient que les régions traversées par
qués sur le site se fait par train. une voie d’eau.
La circulation des marchandises est une activité essentielle. Par ailleurs, la voie fluviale achemine 30 % des charbons et
Depuis quarante ans le tonnage des marchandises trans- 13 % des céréales, des produits pétroliers et des matériaux
portées est resté le même mais sa composition a changé. de construction. Sur les grands axes de navigation, la voie
On remarque un net recul des pondéreux en raison de la d’eau atteint 30 % du trafic, c’est le cas sur le Rhin et
disparition de l’activité minière, un léger accroissement 18,6 % pour le bassin Seine-Oise.
des produits pétroliers et surtout un fort accroissement > Document 3 : le transport des bananes
des produits agricoles et industriels en raison de l’augmen- de la Martinique à la Métropole
tation de la consommation. Indiquer, comme cela est demandé dans le manuel, les dif-
férentes étapes du transport des bananes : les régimes de
 Activité 2 bananes, après avoir été emballés, sont placés dans un
découvrir divers modes conteneur réfrigéré et conduits par camion au terminal de
de transport Fort-de-France. Les conteneurs de fruits vont ensuite être
> Document 2 : des pièces de l’Airbus A380 transportés par l’un des quatre cargos (porte-conteneurs
transportées par bateau dont on peut voir la photo) qui transportent les bananes
Lire le petit commentaire accompagnant la photo et suivre antillaises.
les questions du manuel. Après une traversée de l’océan Atlantique qui dure environ
Faire reporter les élèves au doc. 3 p. 60 (transport des ton- une semaine, les bananes sont débarquées dans le port de
neaux sur la Durance). Que peut-on dire de ce mode de Dunkerque. Un poids lourd de 40 tonnes emporte les
transport ? Le transport fluvial de marchandises (sur la bananes, jusqu’au Marché d’intérêt national de Rungis, au
Seine, le Rhône, la Moselle, le Rhin, le canal Dunkerque- sud de Paris. Les fruits vont rester chez un mûrisseur près

126
d’une semaine, puis être emportés par camion vers les pas acheter directement les produits. Faire appréhender la
commerces. notion de « gros ».
On voit donc la combinaison de plusieurs modes de trans- Le Marché d’intérêt national (MIN) de Rungis (Val-de-
port, avec un passage aisé de l’un à l’autre grâce au conte- Marne) est le plus grand marché de produits frais au
neur. monde. Il regroupe les grossistes de fruits et légumes, de
Il faut indiquer que 80 % du transport des marchandises se poissons, de viandes, de produits laitiers et de fleurs. Ce
fait par la route. En vingt-cinq ans, le nombre de camions a Marché, qui a ouvert ses portes en 1969, s’étend
plus que triplé et leur taille a nettement augmenté. Pour aujourd’hui sur 232 hectares. Il est le premier centre euro-
remédier à l’engorgement des autoroutes et à la pollution, péen de distribution de produits frais et sa dimension est
la France développe le transport des marchandises par fer- internationale. Sa situation privilégiée, à 12 km du centre
routage qui consiste à tirer parti de la complémentarité du de Paris et le fait qu’il soit relié aux grands axes routiers et
rail et de la route : les conteneurs, et parfois les camions, au chemin de fer, en fait un carrefour exceptionnel pour la
voyagent par le train. distribution de gros de produits alimentaires frais. Il des-
sert 18 millions de consommateurs européens dont 12 mil-
 Activité 3 lions dans un rayon de 150 km autour de Paris. Il regroupe
connaître le circuit des marchandises près de 1 350 entreprises qui emploient environ 12 300 per-
Cette partie permet de comprendre le phénomène de dis- sonnes. Chaque année, 1 600 000 tonnes de produits ali-
tribution, dernier maillon du circuit des marchandises mentaires sont commercialisées sur le Marché de Rungis et
après l’expédition, et le transport. partent dans les supermarchés ou commerces de détail.
> Document 4 : le marché de gros de Rungis Les élèves connaissent-ils des personnes dans leur entou-
Faire observer et décrire la photo. La comparer avec celle rage (commerçants, restaurateurs), qui se rendent à
du marché de la page 117 : les consommateurs ne viennent Rungis ?

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
On fera ressortir deux notions importantes : – celle de la combinaison de plusieurs modes (multimoda-
– celle de circuit des marchandises depuis la production, lité) de transport.
l’expédition, le transport et la distribution ;

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Environnement : dossier de presse sur un problème lié • Histoire : se ravitailler à travers les âges, le développe-
aux transports. ment des transports.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Le ferroutage C’est en Suisse et en Autriche que, depuis longtemps, ont
Le ferroutage consiste à embarquer sur des trains des été lancées les formules camions + trains. La seconde moi-
caisses mobiles ou des conteneurs qui seront acheminés tié du XXe siècle a marqué un profond changement dans le
avant et après le transport ferroviaire par des camions ou fret ferroviaire. De l’acheminement par trains de matériaux
d’autres modes (navires…). C’est notamment le transport pondéreux sans impératif d’horaires on est passé au trans-
combiné rail-route, qui allie ces deux modes. Des camions, port de produits finis de grande valeur à distribuer rapide-
avec ou sans leur remorque ou semi-remorque, peuvent ment en petites quantités sur un réseau ramifié. C’est le
aussi être chargés sur des wagons spéciaux. Cette tech- camion qui répondait le mieux à ces exigences et le che-
nique est celle notamment mise en œuvre dans le tunnel min de fer s’est adapté avec le ferroutage. Il présente
sous la Manche, par Eurotunnel. Certains services, à fort l’avantage d’être moins polluant et de désengorger les
trafic, sont souvent qualifiés « d’autoroutes ferroviaires ». autoroutes.

127
Les transports
28 Zoom sur… préserver la qualité de l’air PAGES 136-137
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie contribue, avec celui de sciences à l’éducation au développement
durable, un sujet d’étude au choix permettant une première approche du développement durable
(en relation avec le programme de sciences expérimentales et de technologie).
 Objectifs
– Prendre conscience que l’air est un milieu vital et que sa qualité est primordiale.
– Amener les enfants, par une approche sensible, à se rendre compte de la matérialité de l’air.
– Prendre conscience de la pollution de l’air.
– Rechercher des moyens pour maîtriser la pollution de l’air.
 Notions et concepts
Qualité de l’air – pollution – santé – environnement – transports – température – chauffage – gaz –
poussières – climat.

I N F O R M A T I O N S P O U R L’ E N S E I G N A N T
L’air est pour nous cette matière dont l’apport constant vivants : elle est due aux activités humaines (chauffage,
conditionne le déroulement de nos fonctions vitales : nous transports, développement industriel).
mourons de soif en quelques heures, de faim en un temps L’échelle géographique pertinente pour analyser les phé-
beaucoup plus long, mais d’asphyxie en quelques minutes. nomènes de pollution de l’air varie du niveau local à des
Nous ne nous apercevons de l’air que dès qu’il vient à nous phénomènes régionaux ou continentaux (pluies acides ou
manquer. L’air est aussi le support des climats de la Terre pollution photochimique – formation d’ozone, par exem-
et l’atmosphère constitue une enveloppe protectrice ple) niveau mondial (par exemple, effet de serre dû aux
autour de la Terre. Aujourd’hui, l’air est devenu un lieu émissions de dioxyde de carbone).
d’activités techniques : aviation, exploitation de ressources
Pollution des villes et des campagnes
gazeuses. L’air est sans odeur, transparent, et il est composé
La pollution est présente toute l’année en milieu urbain :
de 21 % d’oxygène (O2), 78 % d’azote (N2), 1 % d’autres
en hiver à cause des systèmes de chauffage, en été à cause
gaz. Le CO2 est un gaz naturellement présent dans l’atmo-
du Soleil qui fabrique des polluants à partir des gaz
sphère, qui participe, avec d’autres gaz, à l’effet de serre,
d’échappement des voitures (ozone de basse couche). Elle
phénomène naturel qui régule la température de la pla-
est aussi présente à la campagne, apportée par les vents, et
nète. Mais il est également produit par les activités
même au milieu des océans, dans les masses nuageuses
humaines qui brûlent des énergies fossiles et, depuis le
provenant de zones très fortement industrialisées qui se
début de la révolution industrielle, la quantité de C02 dans
déplacent d’un continent à l’autre et se transforment en
l’air a augmenté de 30 %, ce qui augmente l’effet de serre
pluies acides.
et contribue au réchauffement climatique de la planète.
La pollution de l’air Quels sont les effets de la pollution de l’air sur la santé ?
Celle-ci constitue à la fois une atteinte à notre qualité de L’air peut avoir des effets nocifs si sa qualité est mauvaise. La
vie et à notre santé. Elle est aussi néfaste pour l’environne- pollution constitue un danger immédiat pour la santé, mais
ment et le climat (pluies acides, pollution photochimique, a également un effet qui s’amplifie au fil des années. Les per-
trou de la couche d’ozone, effet de serre…). Depuis le sonnes les plus sensibles, comme les enfants, les personnes
début du XXe siècle, une atmosphère polluée est de plus en âgées, les malades du cœur, sont les plus concernées par la
plus souvent devenue l’environnement habituel des êtres pollution atmosphérique.

DÉROULEMENT

 Activité 1 buent à la pollution de l’air. Les noter au tableau au fur et à


rechercher ce qui pollue l’air mesure qu’ils les citent. Ensuite, les leur faire classer :
Faire observer la scène de vie urbaine qui est présentée aux – transports urbains : voitures, motos ;
élèves dans le manuel. Relever tous les éléments qui contri- – transports aériens ;

128
– chauffage des maisons (cheminées qui fument) ;  Activité 2
– pollution industrielle (fumées d’usines) ; rechercher des moyens
Leur faire remarquer que cette pollution ne se voit pas, pour maîtriser
qu’elle est invisible et que, pour cette raison, elle est d’au- cette pollution de l’air
tant plus dangereuse. Parfois on la décèle lorsqu’elle est Faire d’abord travailler les élèves sur le dessin. Quels élé-
malodorante (cas des usines de pâte à papier, etc). En ments présents sur le dessin permettent de préserver la
France, un bulletin de l’air présente chaque jour à 17 h qualité de l’air ?
l’état de la qualité de l’air dans les principales aggloméra-
– Se déplacer à pied ou à vélo plutôt qu’en voiture.
tions françaises et donne une prévision pour le lendemain.
– Préférer les transports en commun à la voiture indivi-
Un programme européen « Air pur pour l’Europe » (CAFE)
duelle.
a pour mission d’établir une stratégie intégrée et à long
terme de lutte contre la pollution atmosphérique et de – Choisir des modes de transport alternatifs peu polluants
protection de la santé humaine et de l’environnement face (le tramway).
aux effets de celle-ci. – Réduire le chauffage des appartements (et davantage se
Lire l’encadré « Le sais-tu ? » et bien faire remarquer que couvrir).
l’atmosphère joue pour la Terre le rôle d’une serre en Faire ensuite trouver aux élèves ce qu’ils peuvent changer
empêchant une partie des rayons du Soleil de repartir. Il dans leur comportement quotidien pour préserver la qua-
rend la vie impossible, car sans cet effet de serre, la tempé- lité de l’air :
rature de la Terre qui est de + 15 °C en moyenne ne serait – venir à l’école à pied, organiser un Pedibus ;
que de – 18 °C ! Mais, depuis deux siècles, les hommes aug- – s’entendre avec des petits camarades pour se déplacer
mentent, par leurs activités, l’effet de serre et accélèrent le en covoiturage (pour aller à l’école quand ce n’est pas pos-
réchauffement climatique. sible à pied ou aller au stade…).

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
L’air est pollué par les activités humaines. Mais nous pou- au niveau collectif, mais aussi au niveau individuel en
vons diminuer et même éviter cette pollution en agissant modifiant nos comportements.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
Toutes les activités concrètes proposées ici seront traitées
recueillera les particules présentes dans l’air. À l’aide d’une
en interdisciplinarité.
loupe, identifier la plupart des particules possibles (pous-
– Travailler sur le thème des pistes cyclables, en relation
sières, suie, pollen, cendres…).
avec :
• l’éducation civique (pour les contacts avec le conseil – Monter une exposition sur les effets de la pollution de
municipal, les services municipaux…) l’air dans votre ville, en relation avec les sciences, les arts
• l’éducation physique et sportive (trajets à vélo) plastiques, le français :
• les mathématiques (en ce qui concerne le plan) • les effets de la pollution sur les bâtiments
• le français (rédaction des propositions à présenter au Effectuer une sortie en ville pour lister les dommages cau-
conseil municipal). sés aux bâtiments par la pollution de l’air (effritement des
Sur un plan de la ville, rechercher les pistes cyclables exis- façades, stries blanches sur les façades noircies, dépôts
tantes. Les tracer en rouge. Chercher où on pourrait en secs de soufre, disparition d’éléments sculptés notamment
aménager de nouvelles pour les déplacements quotidiens et sur les églises, croûtes noirâtres, altération des vitraux
les loisirs. Rechercher des informations auprès des marchands délavés…). Prendre des photos.
de cycles, des services municipaux et de l’office du tou- • les effets de la pollution sur la végétation
risme. Tracer des propositions de pistes en bleu sur le plan. Rencontrer un jardinier de la ville ou un forestier qui
– Piéger la pollution de l’air : en relation avec les sciences pourra rendre compte des atteintes à la végétation (perte
de la vie et de la Terre, et les activités technologiques de feuilles et d’aiguilles).
Recueillir les particules en suspension dans l’air. Pour cela, • les effets de la pollution sur l’atmosphère
fabriquer des collecteurs de particules avec une bande de Demander aux élèves d’observer le ciel de nuit et de
carton de 5 × 25 cm perforée de 5 trous de 2,5 cm de dia- remarquer la couche de buée orangée au-dessus de la ville
mètre. Coller une bande de ruban adhésif sur l’une des la plus proche. Quel est le type de pollution en fonction de
surfaces en couvrant les trous. Le côté adhésif du ruban la météo ?

129
Le développement durable
29 Qu’est-ce que le développement durable ? PAGES 138-139
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie contribue, avec celui de sciences, à l’éducation au développement
durable.
 Objectifs
• Prendre conscience de l’impact de nos actes sur notre environnement.
• Réfléchir à notre responsabilité individuelle et collective.
• Rechercher des solutions pour préserver la planète.
 Notions et concepts
Environnement – pollution – développement durable – économie – progrès social – préservation –
richesses naturelles – besoins – écologie.
 Cahier d’exercices
« Qu’est-ce que le développement durable ? » : voir p. 72.

DÉROULEMENT

 Activité 1  Activité 2
interpréter une photo comprendre un concept
> Document 1 : un cours d’eau pollué à un premier niveau
par les déchets d’un chantier > Document 2 : le développement durable (texte)
Suivre le questionnement du manuel. La pollution pro- Lire attentivement le texte.
vient de rejets dus à une activité humaine. En combien de temps l’équilibre de la Terre a-t-il été bou-
La pollution est un phénomène relativement récent leversé (un siècle).
(150 ans). Depuis l’ère industrielle, petit à petit, elle a Pourquoi ? (parce que la science et la technique se sont
envahi toute la planète. Il existe différents types de pollu- développées à une vitesse incroyable). De quoi les
tions : chimique (quand les produits salissants ou toxiques hommes n’ont-ils pas pris conscience ? (que ces évolutions
sont rejetés dans l’environnement), biologique (virus ou dans l’industrie, l’agriculture, les transports avaient des
bactéries provenant des activités humaines ou des ani- conséquences sur notre Terre).
maux), visuelle (quand une construction enlaidit le pay- Quand est apparue l’idée du développement durable ?
sage), sonore (quand la tranquillité d’un lieu est perturbée Quand on s’est aperçu que la situation ne pouvait pas
par des bruits). continuer à se détériorier, et cela de façon irréversible.
Quel est le but du développement durable ? (respecter un
D’où provient-elle ?
équilibre entre nos besoins et ce que peut supporter la pla-
– Dans l’air : du chauffage des maisons, des industries, des
nète).
incinérateurs d’ordures, des voitures et camions.
Le concept de développement durable ne cesse d’évoluer.
– Dans l’eau : des égouts, de l’agriculture, des usines.
Il est apparu dans les années 1980, lorsque l’on a compris
– Dans la mer : des rejets des navires, des naufrages, des qu’il fallait contrebalancer les progrès économiques et
égouts, de l’agriculture, de l’industrie. sociaux par un souci de l’environnement et du bon usage
– Dans le sol : de l’agriculture, des industries. des ressources naturelles. Cette préoccupation s’est trou-
La pollution peut provoquer des maladies, détruire ou, vée au cœur de la Conférence des Nations unies sur l’envi-
pour le moins, perturber des écosystèmes. ronnement et le développement de 1992, le Sommet de la
Par leurs actions, les hommes sont même arrivés à mettre Terre qui s’est tenu à Rio de Janeiro, où a été adopté le
en danger la planète sur laquelle ils vivent. Depuis plus plan d’action, dit « Agenda 21 », qui se présentait comme
de deux siècles, nous rejetons d’énormes quantités de gaz un ensemble cohérent de principes pour aider les gouver-
qui renforcent l’effet de serre et peuvent ainsi augmenter nements à mettre en œuvre des politiques et des pro-
la température de l’atmosphère. Si nous ne ralentissons grammes orientés vers le développement durable, « un
pas nos rejets de gaz à effet de serre, le réchauffement développement qui répond aux besoins du présent sans
climatique pourrait avoir des conséquences catastro- compromettre la capacité des générations futures de
phiques. répondre aux leurs », ainsi que l’avait défini en 1987, le

130
rapport Brundtland. Au Sommet mondial de 2002 pour le  Activité 3
développement durable de Johannesburg, un paradigme proposer des actions pour participer
plus élaboré a été entériné aux niveaux politiques les plus au développement durable
élevés. La Déclaration politique rappelle que le développe- > Document 3 : affiche de la Semaine
ment durable repose sur « trois piliers interdépendants, du développement durable
qui se renforcent mutuellement – développement écono- Suivre le questionnement du manuel.
mique, développement social et protection de l’environ- La Semaine du développement durable a pour objectif de
nement – qui doivent être construits aux échelons local, faire prendre conscience au citoyen qu’il est un acteur
national, régional et mondial ». Ce paradigme reconnaît essentiel du développement durable et qu’il peut aisément
la complexité et les interrelations entre les situations cri- passer à l’acte. Elle vise à inciter les personnes à adopter des
tiques que sont la pauvreté, la dégradation de l’environne- comportements quotidiens favorables au développement
ment, la consommation irréfléchie, l’augmentation de la durable, en leur apportant les moyens concrets pour agir.
population, l’inégalité des sexes, la santé, les conflits et la En 2008, près de 2 700 manifestations ont été inscrites au
violation des droits de l’homme. programme de la Semaine du développement durable.
L’édition 2009 aura pour thème la consommation durable
pour laquelle on recommande, entre autres, de privilégier
les fruits et légumes de saison, les éco-recharges et d’équi-
per sa maison d’ampoules basse consommation.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Dans l’éducation au développement durable, on privilé- qui, même si elle est complexe, est d’un abord plus facile
giera, avec de jeunes enfants, l’entrée environnementale et plus concret.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Éducation civique : les valeurs de solidarité, tolérance, • Français : lecture de livres sur le développement durable
autonomie, responsabilité sous-jacentes au développe- raconté aux enfants.
ment durable, études d’affiches. • Arts plastiques : les couleurs dans les affiches, les cou-
leurs biodégradables.

POUR ALLER PLUS LOIN


 L’éducation
au développement durable
L’éducation au développement durable (EDD) se veut être – Se situer au carrefour des disciplines, seul moyen pour
une vision de l’éducation qui cherche l’équilibre entre le pouvoir traiter la complexité des problèmes du monde
bien de l’homme et de l’économie d’une part, les traditions actuel.
culturelles et le respect des ressources de la planète d’autre – Rendre les personnes autonomes pour qu’elles-mêmes
part. Elle fait appel à des méthodes et des approches trans- prennent les décisions qui engagent leur responsabilité
disciplinaires, incite au respect des besoins de l’homme qui dans la création d’un avenir viable.
soient compatibles avec l’exploitation raisonnée des res- – Donner à chacun la capacité de prendre des décisions et
sources naturelles et l’équilibre de la planète et développe le d’agir en conformité avec sa culture afin de résoudre les
sens de la solidarité entre les hommes. L’UNESCO a lancé, en problèmes qui concernent notre avenir commun.
2005, la décennie de l’EDD. Depuis 2004, les programmes de La réorientation de l’éducation tout entière dans le sens
l’école élémentaire ont pris en compte l’EDD, notamment d’un développement durable concerne tous les niveaux
ceux des sciences expérimentales (SVT) et d’histoire-géogra- d’éducation, formelle et non formelle. Il s’agit donc d’ani-
phie. Une circulaire du 29-3-2007 prévoit la seconde phase mer des actions de partenariat en aidant à la constitution
de généralisation de l’éducation au développement durable. de réseaux. Le partenariat est indispensable car il oblige à
Quels sont les objectifs de cette éducation ? affiner le concept et le champ d’application de l’EDD ; il
– Dispenser des connaissances, des compétences, des s’appuie sur les compétences acquises et manifeste la
valeurs et des perspectives qui fournissent les moyens de volonté de s’engager pour la mise en œuvre d’une poli-
mener une existence viable. tique de développement durable.

131
Le développement durable
30 Les besoins en eau PAGES 140-141
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie contribue, avec celui de sciences, à l’éducation au développement
durable. Un sujet d’étude au choix permettant une première approche du développement durable
(en relation avec le programme de sciences expérimentales et de technologie) : l’eau dans la commune
(besoins et traitement).
 Objectifs
• Prendre conscience que l’eau est nécessaire à la vie.
• Prendre conscience de nos besoins en eau, individuels et collectifs.
• Chercher des moyens d’économiser l’eau.
 Notions et concepts
Besoins domestiques – besoins vitaux – mode de vie – gaspillage – économie d’eau – besoins agricoles
et industriels.
 Cahier d’exercices
« Les besoins en eau » : voir p. 73-74.

DÉROULEMENT

 Activité 1 douches aux bains, choisir des appareils ménagers qui


consomment peu d’eau, arroser son jardin le soir, et avec
réfléchir à notre consommation d’eau
de l’eau de pluie…
> Document 1 : les besoins en eau d’une famille
Suivre pas à pas le questionnement du manuel.  Activité 2
À quels moments de la journée les élèves consomment-ils chercher d’autres usages de l’eau
de l’eau ? > Document 2 : nettoyage des rues
Sans eau, aucune vie n’est possible, l’eau est un élément dans une commune
vital. Les êtres humains sont composés d’environ 70 % Faire remarquer aux élèves que le personnage est un
d’eau et nous consommons en moyenne 3 litres par jour employé municipal (vêtement avec l’inscription « Boulogne-
(boisson et nourriture). Mais dans notre vie quotidienne, Billancourt »). Il procède au nettoyage des rues.
nos besoins vont croissant, nous utilisons de plus en plus Faire recenser par les élèves les usages publics de l’eau
d’eau pour laver les aliments, les cuire, faire notre toilette, dans leur commune : nettoyage des rues, arrosage des jar-
laver le linge et la vaisselle. En 1975, chaque Français utili- dins publics et plates-bandes, piscine, pelouse du stade,
sait en moyenne 128 litres par jour ; aujourd’hui il en uti- nettoyage des marchés…
lise 200 litres. À titre de comparaison, un Américain du Comment réduire cette consommation d’eau ?
Nord en utilise 600 litres et un Malgache de 5 à 20 litres. Pour le nettoyage de la voirie ou du matériel, il n’est pas
La consommation domestique d’eau est restée longtemps indispensable d’utiliser de l’eau potable. Les espaces verts
réduite pour des raisons de disponibilité : il fallait aller la représentent une consommation d’eau importante pour
chercher à la source, au puits ou à la fontaine, aller au les collectivités. Or, dans ce cas aussi, il n’est pas nécessaire
lavoir pour nettoyer son linge et au bain public pour se d’utiliser une eau provenant du réseau d’eau potable et
laver. L’eau potable à domicile et au robinet est une inven- donc, souvent, provenant de nappes phréatiques situées
tion récente et cet accès facilité à l’eau potable en a stimulé dans le sous-sol qui ont mis parfois des centaines, voire
la consommation. Mais la consommation de l’eau s’est des milliers d’années à se former.
aussi considérablement accrue avec l’installation progres-
sive de tout un confort moderne : le lavabo, la douche puis  Activité 3
la baignoire, le tout-à-l’égout et les toilettes et, plus récem- retirer des informations d’un croquis
ment, lave-linge et lave-vaisselle ont également contribué à > Document 3 : quantité d’eau nécessaire
cette accélération. pour la production de certains biens agricoles
Comment économiser l’eau à la maison ? On se reportera et industriels
aux pages 144-145 du manuel. Quelques astuces : ne pas Ce tableau permet de se rendre compte que l’agriculture
laisser couler les robinets inutilement, préférer les et l’industrie sont grosses consommatrices d’eau. Suivre le

132
questionnement du manuel et faire faire des comparaisons : pesticides et de produits phytosanitaires) qui a entraîné
que vaut-il mieux manger ? du poulet ou un hamburger une pollution des eaux et des sols. Aujourd’hui, on
(viande de bœuf) ? du riz ou du maïs ? Veiller à ne pas gas- s’oriente vers des pratiques agricoles plus respectueuses
piller le papier ou à l’utiliser sur les deux faces. de l’homme et de l’environnement comme l’agriculture
Aujourd’hui, l’agriculture absorbe plus de 70 % de « intégrée » ou « biologique ».
l’eau consommée. Cette consommation importante Les usines sont souvent implantées au bord de l’eau
s’explique par différentes raisons : l’élevage dont le (rivière, canal ou mer), car cela favorise le transport des
régime alimentaire implique la mobilisation de grandes matières premières et des produits finis, mais entraîne
quantités d’énergie et d’eau, l’irrigation massive dans aussi l’éventualité de rejets de sous-produits ou de
le but d’assurer des rendements maximums et l’ac- déchets. L’eau contribue à de nombreuses fabrications
croissement de la population qui nécessite la industrielles qui en utilisent beaucoup dans leurs proces-
production de plus grandes quantités de denrées ali- sus, mais cet usage conduit aussi à la pollution des cours
mentaires. d’eau. Cependant, depuis quelques dizaines d’années, les
Depuis le début des années 1960, les agriculteurs, pour industriels font tout, en coopération avec les services de
accroître leurs rendements, ont eu recours à l’agriculture l’État, pour diminuer ces différentes pollutions et rétablir
intensive (voir p. 116 ; utilisation d’engrais chimiques, de une certaine qualité de l’eau.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Distinguer les divers usages de l’eau : usages domestiques, usages agricoles, usages industriels et autres usages (transport,
loisirs…).

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Sciences : l’eau. • Histoire des arts : arts des jardins, cascades.
• Français : l’eau en poésie. • Éducation musicale : les bruits de l’eau.

POUR ALLER PLUS LOIN


 L’eau, une ressource à préserver ponible par personne pourrait tomber à la moitié du
Longtemps considérée comme une ressource inépuisable, niveau actuel – qui est déjà deux fois plus bas que celui de
pure et gratuite, l’eau potable est aujourd’hui de plus en 1960.
plus rare, polluée et chère. Les réservoirs naturels, qui ren- D’ici 2050, selon les Nations unies, entre 2 et 7 milliards
ferment près d’un tiers des réserves terrestres d’eau d’êtres humains seront confrontés à une pénurie d’eau.
douce, sont surexploités dans certaines régions du monde Parmi les régions les plus menacées, on trouve notamment
pour les besoins des grandes villes, de l’industrie et de le Bassin méditerranéen. Dès lors, comment gérer au
l’agriculture. Autre problème : la pollution. Pesticides, bac- mieux les ressources disponibles, sans gaspillage ? On
téries, engrais et déchets industriels peuvent contaminer estime qu’au moins un tiers de l’eau prélevée dans le
durablement les nappes. C’est le cas des nitrates utilisés en monde est gaspillée (fuites dans les réseaux d’approvision-
agriculture, qui s’infiltrent dans le sol et polluent les eaux nement, irrigation excessive en agriculture…). Autre pro-
phréatiques. blème : l’inégalité des pays devant les ressources en eau. Il
L’eau douce est une denrée rare et précieuse : elle ne existe des projets de transfert d’eau entre pays, notam-
représente que 2,5 % de toute l’eau présente sur Terre, le ment entre la France et l’Espagne (par un canal qui appor-
reste étant de l’eau salée. Déjà, aujourd’hui, plus d’un mil- terait l’eau du Rhône en Catalogne). Mais ces projets se
liard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. Par ail- heurtent souvent à des problèmes géopolitiques. Enfin, les
leurs, la consommation d’eau dans le monde a été multi- progrès technologiques permettent aujourd’hui de dessa-
pliée par six en un siècle. D’ici 2025, la quantité d’eau dis- ler l’eau de mer, mais c’est une solution très onéreuse.

133
Le développement durable
31 D’où vient et où va l’eau que nous utilisons ? PAGES 142-143
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie contribue, avec celui de sciences, à l’éducation au développement
durable, un sujet d’étude au choix permettant une première approche du développement durable
(en relation avec le programme de sciences expérimentales et de technologie) : l’eau dans la commune
(besoins et traitement).
 Objectifs
• Connaître le circuit naturel de l’eau.
• Connaître le circuit artificiel de l’eau.
• Prendre conscience du traitement nécessaire de l’eau.
 Notions et concepts
Eaux souterraines – eaux de surface – traitement de l’eau – épuration – pompage – distribution –
évacuation – assainissement – rejet.
 Cahier d’exercices
« D’où vient et où va l’eau que nous utilisons ? » : voir p. 75-76.

DÉROULEMENT
Cette double page va permettre de comprendre quel est le et déshuilage. Ensuite on utilise un procédé biologique ou
circuit artificiel de l’eau. L’eau que nous buvons chaque physico-chimique. L’eau est ensuite filtrée sur un lit de sable,
jour provient de nappes souterraines, de lacs ou de désinfectée par l’utilisation de chlore ou de produits oxy-
fleuves. Pour être rendue potable (désinfectée, sans odeur, dants ; ensuite une opération appelée la déphosphatation
sans couleur), elle est passée par des usines de traitement chimique évite le développement des algues. Il y a ensuite
où elle est purifiée. Après usage, les deux tiers des eaux décantation dans un bassin et filtrage. L’eau étant alors
usées sont récupérés, puis à nouveau nettoyés. Le reste est considérée comme potable, elle est ensuite acheminée.
rejeté dans le milieu naturel, dans les rivières ou dans la – 2e étape : stockage de l’eau potable dans des réservoirs,
mer. Toutes ces installations et ces opérations (pomper ce qui permet de répondre à la demande selon le moment
l’eau, la rendre potable, la transporter, la distribuer, la de la journée. Ces réservoirs proches des lieux d’utilisation
dépolluer) sont coûteuses, et le prix de l’eau ne cesse sont des basins ou des châteaux d’eau nécessaires quand
d’augmenter. L’eau potable n’est plus une ressource gra- le niveau du sol est moins élevé que la ville.
tuite. Avec les élèves, on commencera par leur demander – 3e étape : distribution d’eau potable qui se fait au moyen
de représenter par un croquis ou un dessin d’où vient de réseaux de canalisations vastes et complexes élaborés
l’eau du robinet et où elle s’en va afin de partir de leurs au fil des ans en fonction des besoins et de l’étalement des
représentations pour étudier le circuit de l’eau. agglomérations urbaines.
 Activité 1
comprendre le circuit de l’eau potable  Activité 2
> Document 1 : le trajet de l’eau, du milieu naturel comprendre le circuit des eaux usées
au robinet (dessin) > Document 2 : le traitement et le rejet des eaux
Suivre le questionnement du manuel et faire réaliser un usées (dessin)
schéma aux élèves. Suivre le questionnement du manuel et compléter le schéma.
Selon les disponibilités et les conditions du milieu naturel, Amener l’eau potable au robinet n’est qu’une étape. Au cours
on utilise soit les eaux de surface, soit les eaux souter- de la suivante, il faut parvenir à évacuer les eaux usées et, si
raines. Cette eau captée dans le milieu naturel est chargée possible, les traiter avant de les rejeter dans le circuit naturel.
de minéraux, de micro-organismes, d’impuretés et doit On distingue trois types principaux : les eaux pluviales qu’il
donc subir un ensemble d’opérations destinées à la rendre faut évacuer pour éviter des inondations, les eaux domes-
potable. Commence alors le problème complexe du traite- tiques composées des eaux de cuisine, de salle de bains et
ment de l’eau qui comprend trois phases : de W.-C. et les eaux industrielles rejetées par les usines.
– 1re étape : traitement de l’eau brute pour éliminer les Une chaîne de traitement des eaux usées comporte les
matières en suspension et les huiles par dégrillage, tamisage opérations suivantes : des pompes déchiquettent les

134
déchets solides, des broyeurs les écrasent, après dessa-  Activité 3
blage et déshuilage, la décantation élimine les produits proposer des actions
grossiers et lourds. > Document 3 : des gestes quotidiens pour
L’eau usée est ensuite aérée par brassage dans un bassin économiser l’eau (texte)
où se développent des micro-organismes qui se nourris- Suivre le questionnement du manuel.
sent des matières organiques contenues dans l’eau. Une On peut faire établir par chaque élève une fiche sur
autre décantation épure l’eau qui peut alors être rejetée laquelle il s’engage à ne pas gaspiller l’eau. Il doit inscrire
dans le circuit naturel. Une partie des boues de décanta- un certain nombre de gestes à accomplir au quotidien (fer-
tion est concentrée, puis séchée et utilisée comme fertili- mer le robinet en se lavant les dents, prendre des douches
sant agricole ou déposée en décharge. etc.). Ne pas gaspiller l’eau, mais ne pas la souiller non
En France, les deux tiers des eaux sales provenant des mai- plus, ne rien jeter dans une rivière, ne pas arracher les
sons et des entreprises sont ainsi nettoyés. Le tiers de la plantes dans l’eau, etc.
pollution se retrouve dans le milieu naturel. Lors d’une réunion hebdomadaire, ils devront évaluer
Selon la présence ou non d’un château d’eau ou d’usine de leurs actions : qu’ont-ils accompli ? que n’ont-ils pas réalisé
retraitement à proximité de l’école, on pourra en envisager et pourquoi ? Tout cela pour arriver à une conscientisation
la visite. et à une responsabilisation.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Reprendre les différentes étapes de l’arrivée d’eau évaporation, condensation, précipitation, ruissellement,
jusqu’au robinet et de l’évacuation des eaux usées, à savoir infiltration.
le cycle artificiel de l’eau que l’on oppose au cycle naturel :

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Éducation civique : le respect de l’eau. • Histoire : l’eau dans le passé, les monuments antiques
• Sciences expérimentales : le cycle naturel de l’eau, la nécessitant de l’eau (aqueducs, thermes, voir p. 48).
qualité de l’eau, l’eau potable. • Sciences : les maladies dues aux eaux souillées.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Le prix de l’eau Ce sont les communes qui fournissent l’eau potable à leur
Il y a encore quelques années, la fourniture de l’eau n’était population. Elles peuvent s’associer avec des communes
pas considérée comme un service à part entière. voisines pour gérer ce service ou faire appel à des entre-
Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. prises spécialisées. Elles doivent assurer, en permanence,
Au cycle naturel de l’eau, il faut associer un cycle de la bonne qualité de l’eau fournie aux consommateurs.
services (prélèvement, potabilisation de l’eau, distri- Le prix de l’eau varie d’une commune à l’autre en raison
bution, nettoiement des eaux usées). Ainsi, la facture du plus ou moins grand éloignement des lieux de prélève-
ne paie pas seulement l’eau en tant que telle, mais rému- ment et de consommation, des traitements pour rendre
nère aussi l’ensemble des services qui garantissent sa l’eau potable, de la dispersion de l’habitat.
qualité. Ces services, placés depuis 1992 sous la responsa- Boire de l’eau du robinet pendant toute une année ne
bilité du maire de la commune, nécessitent de nom- coûte généralement pas plus, en moyenne, de 1,50 € par
breuses installations et l’intervention d’un personnel an et par habitant. Actuellement, en Europe, la France se
important. À la fois indispensables et coûteux, ils bénéfi- situe à la quatrième position derrière l’Allemagne, la Belgique
cient d’un budget spécifique qui n’entre pas dans le et les Pays-Bas. En général, la facture d’eau du ménage ne
budget de la commune. Autrement dit, aujourd’hui, c’est représente que la moitié de la facture du téléphone ou un
l’eau qui finance l’eau. cinquième des dépenses consacrées à la voiture.

135
Le développement durable
32 Zoom sur… économiser l’eau PAGES 144-145
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie contribue, avec celui de sciences, à l’éducation au développement
durable, un sujet d’étude au choix permettant une première approche du développement durable
(en relation avec le programme de sciences expérimentales et de technologie).
 Objectifs
• Faire prendre conscience que l’eau est un bien de plus en plus sollicité et fragile qu’il faut
préserver.
• Mettre en évidence la nécessité d’une gestion raisonnée de l’eau.
• Faire percevoir les relations entre l’eau et la vie.
• Faire prendre conscience que l’eau est un milieu vivant qu’il ne faut pas polluer et qu’il faut
protéger.
 Notions et concepts
Eau potable – santéé – besoin – ressource – économie d’eau – gaspillage de l’eau – pollution –
protection – préservation – consommation – utilisation – recyclage.

I N F O R M A T I O N S P O U R L’ E N S E I G N A N T
La présence d’eau sous toutes ses formes (vapeur, liquide, des nappes phréatiques au risque de les épuiser, alors
solide) est le propre de la Terre. Étant constituée aux qu’elles ne se renouvellent que dans un temps très long,
trois quarts d’eau, elle est aussi appelée « Planète bleue ». dans un temps géologique et non historique. De plus, la
L’eau douce est présente dans les fleuves, les lacs, dans les ressource est très inégalement répartie à la surface du
nappes aquifères et pour 78 % dans les glaces polaires. globe : plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à
Sans eau, pas de vie ! Tout ce qui pousse, respire, marche, l’eau potable.
nage ou vole sur Terre a besoin d’eau pour vivre. Notre À quoi sert l’eau ?
propre corps est constitué de 70 % d’eau et nous consom- Depuis toujours, l’homme utilise l’eau et invente des stra-
mons en moyenne 3 litres d’eau par jour. On ne peut subs- tégies pour la mettre à son service. Les centres urbains,
tituer aucun élément à ce constituant fondamental, et implantés près des rivières, se sont développés avec les
pourtant, par ses techniques et les usages qu’il en fait, techniques destinées à faciliter l’accès à l’eau. Aux usages
l’homme lui est préjudiciable. strictement domestiques s’ajoutent ceux des commerces,
D’où vient l’eau ? du lavage des rues… et, dans certains cas, l’eau n’a pas
À l’origine, la Terre était une boule chaude entourée de besoin d’être potable. L’amélioration des techniques d’irri-
divers gaz. L’oxygène (O) et l’hydrogène (H) se seraient gation a favorisé l’extension des surfaces cultivées.
combinés pour former des molécules d’eau (H2O) sous L’extraction des matières premières, l’industrie de transfor-
forme de vapeur. Lors du refroidissement de la planète, mation en consomment des quantités importantes. Mais
cette eau se serait condensée et déversée sur la croûte ter- l’eau est aussi un moyen de transport, un objet de loisirs et
restre en recouvrant près des trois quarts de la Terre. une source d’énergie. L’eau domptée, indispensable à la
Depuis, la quantité d’eau sur Terre est constante. Ainsi, vie et au développement, peut devenir un grave danger
nous buvons la même eau que celle que buvaient les dino- pour l’homme lorsque cette maîtrise nécessite d’impor-
saures, il y a 150 millions d’années. Elle circule depuis la tantes interventions sur l’environnement. Alors qu’il y a
nuit des temps en suivant un cycle évaporation/condensa- trente ans, chaque Français consommait en moyenne
tion/précipitation. Alors, pourrait-on s’interroger : pour- 128 litres par jour, il en utilise aujourd’hui 200 litres. Des
quoi devient-elle de plus en plus rare et doit-on éviter de premiers systèmes d’adduction, de distribution et d’égouts
la gaspiller ? Parce que le rythme de reconstitution de l’eau construits depuis l’Antiquité jusqu’aux aménagements
est très variable. L’eau est recyclée en permanence à la sur- actuels, l’enjeu n’est plus le même. Aujourd’hui, il s’agit de
face de la Terre mais son temps de séjour moyen est d’une satisfaire des besoins croissants, mais surtout de gérer une
semaine dans la biosphère et l’atmosphère, dix ans dans ressource vitale de qualité qui s’épuise. Il faut prendre
un lac, mille ans dans les calottes glaciaires et plusieurs conscience du fait que chacun de nous, en veillant à ses
dizaines de milliers d’années dans les nappes aquifères gestes quotidiens, peut réduire sa consommation d’eau
(souterraines). Or, dans certaines régions, on pompe l’eau de 30 %.

136
DÉROULEMENT

 Activité 1 • un récupérateur d’eaux de pluie est installé sur le côté de


la maison. Soit cette eau peut être utilisée directement
observer et commenter le dessin
pour le lavage des voitures ou l’arrosage du jardin, soit si
Dans un premier temps, faire décrire toutes les situations
elle est en partie traitée sans être potable, peut être utili-
en partant du rez-de-chaussée. On peut faire écrire une
sée pour la machine à laver ou les W.-C.
petite phrase sur chaque scène. Ensuite classer les diffé-
rentes situations :
– Situations dans lesquelles l’eau est gaspillée :
 Activité 2
rédiger une charte
• fuite d’eau non réparée au rez-de-chaussée
sur les économies d’eau
• le robinet coule pendant que la jeune fille se lave les
Faire réfléchir les élèves à ce qu’ils peuvent modifier dans
dents, au rez-de-chaussée
leur comportement quotidien pour économiser l’eau et
• une personne prend un bain qui nécessite une grande élaborer une charte de l’eau. Demander à chaque élève de
quantité d’eau, au 1er étage s’engager sur au moins un point de la charte :
• le robinet coule pour laisser boire le chat au 2e étage – ne pas laisser couler le robinet inutilement ;
• un homme lave dehors sa voiture à grande eau, il s’en – préférer les douches (70 litres) aux bains (200 litres) ;
écoule une bonne partie dans les égouts – mettre une brique dans la chasse d’eau ;
• le tourniquet d’arrosage, en pleine journée, déborde sur – arroser le jardin le soir ou le matin au moment où la tem-
la route et il se perd de l’eau. pérature est fraîche, l’eau s’évaporera moins vite ;
– Situation dans laquelle l’eau est polluée : – récupérer l’eau de pluie pour l’arrosage ;
• une femme jette un produit toxique dans l’évier au – respecter l’eau de la rivière, du lac ou de la mer.
1er étage On lira le « Le sais-tu ? » qui met l’accent sur l’inégalité de
– Situations dans lesquelles l’eau est économisée : la ressource en eau et sur l’inégalité de l’accès à l’eau.
• une personne prend une douche au 2e étage et non un Comparer ce que consomme un Malgache (5 à 20 litres) et
bain une simple douche (70 litres).

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
L’eau est indispensable à la vie, nos besoins sont de plus en notre vie quotidienne. Il fait éviter de la gaspiller et nous
plus grands et nous utilisons de plus en plus d’eau dans devons l’économiser car cette réserve diminue.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
– Réaliser un musée de l’eau dans toute sa diversité, en le pompage jusqu’à l’évacuation des eaux usées. Reporter
relation avec : sur un schéma séquencé les phases principales du cycle
• les sciences et la technologie pour la santé, les métiers artificiel de l’eau. Représenter en bleu l’eau potable, en vert
de l’eau, l’eau aujourd’hui l’eau propre mais non potable, en rouge les eaux usées.
• l’histoire pour l’eau dans le passé – Enquête sur l’eau que nous buvons :
• le français pour les coutumes et les traditions ainsi que • Rechercher les besoins en eau de l’homme ; en quoi est-
pour le montage de l’exposition elle vitale ?
• les arts plastiques pour le montage de l’exposition • Relever toutes les familles d’eau en bouteille.
• les outils pour fournir de l’eau autrefois et aujourd’hui, • À partir de la lecture d’étiquettes de bouteille, identifier
ici et ailleurs dans le monde (on utilisera des outils, des la composition et les propriétés de ces eaux.
photographies, des reproductions, des dessins) • Relever sur quels arguments se fondent les publicités des
• les risques pour la santé de l’homme (défauts, pollu- grandes marques d’eaux minérales.
tions, maladies de l’eau) • Comparer le prix de l’eau en bouteille et celui de l’eau
• les coutumes et traditions pour la recherche de l’eau douce, du robinet.
• les métiers de l’eau, aujourd’hui et autrefois. • Faire ses choix en étant informé.
– Récupérer l’eau de pluie (voir Zoom... sur une maison Sites à consulter :
écologique, p. 112). – www.eaurmc.fr/juniors
– Faire le schéma du circuit de l’eau potable, en relation – www.cieau.com/junior/index.htm
avec la technologie. Utiliser les leçons précédentes depuis – www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/accueil.html

137
Le développement durable
33 Les déchets dans la commune PAGES 146-147
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie contribue, avec celui de sciences, à l’éducation au développement
durable. Un sujet d’étude au choix permet une première approche du développement durable
(en relation avec le programme de sciences expérimentales et de technologie) : les déchets (réduction
et recyclage).
 Objectifs
• Définir ce qu’est un déchet.
• Prendre conscience de l’accumulation des déchets.
• Proposer des solutions pour valoriser et réduire ses déchets.
 Notions et concepts
Déchets – matières biodégradables – matières recyclables – déchets toxiques – pollution valorisation
des déchets – gaspillage – accumulation.
 Cahier d’exercices
« Les déchets dans la commune » : voir p. 77-78.

DÉROULEMENT
Avant de débuter le travail sur les déchets, il faut d’abord conditions un produit cesse-t-il réellement de perdre ses
s’interroger sur ce que les élèves entendent par déchet. Il qualités ?
faut leur montrer que les déchets existent dans la nature Observer le contenu de la poubelle : classer les produits en
mais qu’ils sont recyclés (cycle de la nature), alors qu’avec deux grands ensembles, ceux qui sont biodégradables et les
nos sociétés, il y a accumulation de déchets, nous sommes autres. Quels sont ceux qui arrivent en tête ? et pourquoi ?
face à quelque chose de linéaire (« du berceau à la tombe ») Que pourrait-on facilement réduire ?
avec saturation en bout de course. La nature ne connaît Demander à chaque enfant de se peser chaque jour, pen-
pas l’accumulation. Lorsqu’on travaille sur les déchets avec dant une semaine, sans et avec la poubelle familiale (ou les
les élèves, il ne faut pas se contenter de les classer en différentes poubelles s’il y a tri sélectif). Calculer les don-
biodégradables, recyclables, etc., mais il faut poser le nées pour une semaine, extrapoler à l’année.
problème de société : pourquoi autant de déchets ? et
donc poser le problème de la consommation, du choix  Activité 2
des produits, du gaspillage. C’est à ce moment que l’on comprendre la notion de valorisation
peut aborder véritablement la notion de développement > Document 2 : valoriser les déchets (texte)
durable. Suivre le questionnement du manuel et relever les trois
formes de valorisation des déchets :
 Activité 1 – le recyclage : fabrication de nouveaux produits à partir
connaître les types de déchets des déchets triés ;
> Document 1 : la composition d’une poubelle – l’incinération : production de chaleur (chauffage urbain)
aujourd’hui (dessin) ou d’électricité en brûlant les déchets ;
On commencera par analyser les représentations des – le compostage : fabrication d’engrais naturel à partir de
élèves en matière de déchets : écrire les mots qui viennent déchets organiques.
à l’esprit quand le mot est prononcé, en donner la défini- Tout déchet a une valeur économique potentielle à partir
tion et dire quelles couleurs semblent les plus évocatrices du moment où il intègre une filière de transformation ; il
du mot lui-même… devient une matière première « secondaire ».
Un déchet est le produit d’une activité, qu’elle soit végé-
tale, animale ou humaine. Un produit ne devient un  Activité 3
déchet qu’à partir du moment où il est mis à la poubelle, poser un problème de société
c’est-à-dire à partir du moment où il cesse d’avoir de la Mettre en parallèle deux documents : un texte sur l’accu-
valeur sociale ou marchande. C’est le résultat d’une mulation des déchets et une photo sur une montagne de
perte d’usage. À partir de quel moment et dans quelles déchets.

138
> Document 3 : de plus en plus de déchets (texte) jetables. Faire une liste de ce qu’il vaut mieux ne pas acheter.
Suivre le questionnement du manuel. Quels sont les En comparant les attitudes à l’égard des déchets
déchets qui représentent la moitié du volume total ? aujourd’hui et autrefois, on amènera les élèves à prendre
> Document 4 : un camion décharge conscience que la production de déchets dépend directe-
des emballages ménagers dans un centre de tri ment du mode de vie et des comportements, donc que les
Suivre le questionnement du manuel. Que décharge ce choses ne sont pas figées et qu’elles peuvent évoluer en
camion ? Mettre en relation avec le texte précédent. modifiant leur comportement. On les amène ainsi à com-
Faire une enquête auprès des grands-parents et arrière prendre que les déchets sont devenus un véritable enjeu
grands-parents pour leur demander ce qu’ils jetaient dans de société et que chacun est responsable de sa planète. On
les poubelles quand ils étaient jeunes, ce qu’ils ne jetaient se reportera au Zoom pages 150-151 « Réduire sa produc-
pas et ce qu’ils jettent aujourd’hui. En rechercher les tion de déchets ».
causes. Donner des explications. Organiser un débat autour du thème « Évitons le gaspillage ».
Observer les emballages à la maison, faire une liste de ceux Faire une recherche sur des manifestations qui ont trait
qui sont superflus. Ébaucher une éducation du consomma- aux déchets : opérations vide-greniers, marchés aux puces,
teur : éviter l’utilisation de lingettes, de papier essuie-tout. brocantes. Sur quelle perception du déchet reposent ces
Consommer mieux, c’est consommer moins de produits opérations ?

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Recenser les différentes catégories de déchets. Analyser bilité individuelle et collective dans la production des
l’augmentation des déchets. Connaître les différentes déchets.
formes de valorisation. Poser le problème de la responsa-

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Éducation civique : notion de responsabilité. • Français : identifier dans la littérature des métiers d’autre-
• Sciences : le recyclage. fois autour des déchets (chiffonniers, biffins, ferrailleurs).
• Histoire : les déchets autrefois, l’archéologie et les • Éducation artistique : fabriquer des objets à partir de
déchets. déchets ou rebuts.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les déchets ménagers de nos poubelles et la moitié de leur volume. Depuis les
Le volume des déchets ménagers ne cesse d’augmenter et années 1990, les pouvoirs publics incitent les industriels à
les installations de traitement (décharges, incinérateurs) réduire la quantité d’emballages autour de leurs produits.
sont proches de la saturation. On estime que 75 départe- Si le poids global des emballages s’est stabilisé (4,7 millions
ments français ne seront plus capables de traiter tous leurs de tonnes en 2000), le nombre de produits emballés conti-
déchets d’ici 2010. La quantité de déchets ménagers pro- nue malgré tout de progresser (+ 11 % en six ans). C’est la
duits par les Français augmente d’environ 1 % chaque année conséquence de l’évolution des modes de vie : produits en
et dépasse aujourd’hui 1 kg par personne et par jour. Ce doses individuelles (biscuits, plats cuisinés, café), utilisa-
trop-plein d’ordures entraîne le développement de tion des lingettes nettoyantes… Pour résoudre le pro-
décharges illégales (environ 10 000). Les alternatives à la blème des déchets ménagers, il faut réduire leur produc-
mise en décharge, comme le recyclage, sont encore trop tion à la source (notamment en diminuant la quantité
peu développées en France. Résultat : la quasi-totalité des d’emballages), développer le tri sélectif et le recyclage,
décharges continuent de recevoir des déchets valorisables… mais aussi construire de nouveaux sites de traitement des
Les emballages représentent à eux seuls un tiers du poids déchets ultimes.

139
Le développement durable
34 La commune et le traitement des déchets PAGES 148-149
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie contribue, avec celui de sciences, à l’éducation au développement
durable. Un sujet d’étude au choix permet une première approche du développement durable
(en relation avec le programme de sciences expérimentales et de technologie) : les déchets (réduction
et recyclage).
 Objectifs
• Prendre conscience de la nécessité de trier ses déchets.
• Prendre conscience du problème de l’évacuation des déchets.
• S’interroger sur les modes de valorisation des déchets.
 Notions et concepts
Déchet – traitement – tri – collecte des déchets – valorisation – compost – incinération – recyclage –
déchetterie – centre de tri – décharges contrôlées.
 Cahier d’exercices
« La commune et le traitement des déchets » : voir p. 79-80.

DÉROULEMENT
Cette double page a pour but de faire prendre conscience collectés, ces déchets recyclables sont expédiés en centre
du rôle des communes dans l’évacuation des déchets de tri.
que nous produisons par notre mode de vie et nos
activités. Elle a aussi pour but de faire prendre conscience  Activité 2
de la responsabilité de chacun (responsabilité indivi- prendre conscience du problème
duelle) et de la commune (responsabilité collective) de collecte des déchets
dans la production, l’élimination et la valorisation des > Document 2 : le ramassage des ordures
déchets. En 2006, les quantités de déchets collectées par les muni-
Faire faire une enquête dans la commune sur la collecte et cipalités atteignent 34 millions de tonnes. La collecte sélec-
le traitement des déchets en suivant le plan du manuel. tive représente 47 % du total, contre 38 % en 2000. Par col-
lecte sélective, on entend les apports en déchetterie et la
 Activité 1 collecte séparative des emballages, journaux magazines,
prendre conscience de la nécessité encombrants et déchets verts.
du tri sélectif – 96 % de la population appartient à une commune ayant
> Document 1 : affiche de la commune de Lyon transféré tout ou une partie de sa compétence concernant
pour expliquer le tri sélectif les déchets à une structure intercommunale.
Suivre le questionnement du manuel. – 98 % de la population est desservie par au moins une col-
La réglementation vise à favoriser des solutions plus res- lecte sélective. Il existe en France 4 000 déchetteries.
pectueuses de notre environnement pour l’élimination – 93 % de la population est desservie par une collecte
des déchets ménagers. Ainsi, le recyclage limite la part des sélective du verre en apport volontaire ou au porte à
déchets à incinérer et permet de récupérer des matières porte, 98 % par une collecte sélective de matériaux secs,
premières secondaires. Mais, auparavant, les déchets doi- 30 % par la collecte des biodéchets ou déchets verts et
vent être triés : c’est le tri sélectif. 55 % par une collecte sélective des encombrants.
En 2002, le Grand Lyon a été la première grande agglomé-
ration française à avoir mis en place la collecte sélective  Activité 3
sur l’ensemble de son territoire. L’affiche présente les connaître les filières de traitement
déchets qui doivent être mis dans le bac vert en vue du des déchets
recyclage : les emballages ménagers (bouteilles et flacons > Document 3 : le tri et la valorisation des déchets
en plastique, boîtes de conserve, barquettes en aluminium, (croquis)
canettes de boissons, aérosols, emballages en carton, Suivre le questionnement du manuel.
briques alimentaires) et les journaux/magazines. Une fois Bien faire suivre le schéma et le code des couleurs.

140
– On commence par le tri à la maison : papiers/cartons ; charge l’incinération, la mise en décharge ou le compos-
verre ; plastiques ; métaux ; déchets verts ; déchets ménagers. tage.
– Les déchets à recycler sont apportés dans les conteneurs Dans les années 1990, on est passé à l’ère de la valorisation :
d’où ils seront transportés jusqu’au centre de tri puis triés le producteur de déchets est un citoyen, un habitant
pour être recyclés. appelé à trier étant donné l’augmentation de la quantité de
– Les déchets ménagers et déchets verts sont déposés dans déchets. Les déchets sont soit recyclés, soit incinérés (valo-
des poubelles dont le contenu est ramassé par des risation énergétique), soit transformés en compost (valori-
camions-bennes. Ils sont transportés soit à l’usine d’inciné- sation agricole).
ration où ils seront brûlés pour produire de l’énergie soit Et demain ? Face à la surproduction de déchets, le
à l’usine de fabrication de compost où ils seront transfor- consommateur est appelé à réduire sa consommation et les
més en engrais. industriels à créer des écoproduits. La prévention devient
Les années 1970 ont coïncidé avec l’ère de l’élimination nécessité.
des déchets. Les déchets étaient jetés en vrac et les Faire faire une enquête dans la commune sur la collecte et
communes après collecte des deéchets, prenaient en le traitement des déchets en suivant le plan du manuel.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Reprendre les différentes étapes contenues dans le tableau et de l’intercommunalité (responsabilité collective) et sur
de synthèse (doc. 3) en insistant sur le rôle des communes le rôle du consommateur (responsabilité individuelle).

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Éducation civique : notion de responsabilité. • Français : identifier dans la littérature des métiers d’au-
• Sciences : le recyclage (recyclage de polyester en fibres trefois autour des déchets (chiffonniers, biffins, ferrail-
polaires). leurs).
• Histoire : les déchets autrefois, l’archéologie et les • Arts plastiques : fabriquer des objets à partir de déchets
déchets. ou rebuts, les compressions de César.

POUR ALLER PLUS LOIN


 Les emballages seules et on va vers la multiplication des portions indivi-
Les emballages envahissent notre vie quotidienne ; ils sont duelles.
partout : bouteilles en verre ou en plastique, flacons Un signe vert imprimé sur les emballages (logo avec trois
de produit vaisselle ou de parfum, boîtes de conserve, petites flèches) indique qu’ils sont recyclables mais ne
papier alu, briques pour les jus de fruit, sacs plastique… garantit cependant pas qu’ils seront recyclés. Le logo du
et il y en a de plus en plus. En quarante ans, les emballages papier recyclé indique le pourcentage de fibres de récupé-
en plastique ont été multipliés par 10, les emballages ration issues du recyclage qui entrent dans la composition
en verre par 3. Ils représentent 50 % du volume de nos du produit ou de l’emballage. On peut recycler certains
poubelles et 25 % de leur poids. Pourquoi cette démesure plastiques pour en faire des granulés qui seront réutilisés
dans les emballages ? Les modes de vie ont changé comme matières premières pour fabriquer d’autres pro-
avec une importance de plus en plus grande donnée duits. Mais le traitement industriel de ce déchet est délicat,
au packaging. De plus en plus de personnes vivent car il faut les collecter puis les trier avant de les retraiter.

141
Le développement durable
35 Zoom sur… réduire sa production de déchets PAGES 150-151
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie contribue, avec celui de sciences, à l’éducation au développement
durable, un sujet d’étude au choix permettant une première approche du développement durable
(en relation avec le programme de sciences expérimentales et de technologie).
 Objectifs
• Faire prendre conscience de l’accumulation des déchets.
• Chercher des moyens pour diminuer sa propre quantité de déchets.
• Valoriser les déchets plutôt que les jeter.
• Se rendre compte que la production de déchets dépend directement du mode de vie
et des comportements.
 Notions et concepts
Déchets – accumulation – valorisation – reyclage – société de consommation – gaspillage – gestion
des déchets – traitement des déchets – ressources.

I N F O R M A T I O N S P O U R L’ E N S E I G N A N T
Chacun d’entre nous mange, boit, respire… et produit des mente d’environ 1 % chaque année et dépasse aujourd’hui
déchets. Nos poubelles débordent et les déchets ne sont 1 kg par personne et par jour. Les sacs plastiques jetables
que partiellement éliminés. L’augmentation de la quantité représentent à eux seuls plus de 20 000 tonnes de plas-
de déchets, la nécessité d’adapter les installations aux tique chaque année et chaque Français reçoit en moyenne
nombreuses substances à problèmes font de l’élimination 17 kg de prospectus par an. Chaque année, le poids des
une affaire de plus en plus coûteuse. Après l’ère de l’élimi- déchets ménagers représente, en France, 2 500 fois celui
nation en vrac des déchets, dans les années 1970, par l’in- de la tour Eiffel.
cinération, la mise en décharge ou le compostage, est Quelles solutions face à l’accumulation des déchets ?
venue l’ère de la valorisation dans les années 1990. Les tris Pour résoudre le problème des déchets ménagers, plu-
s’effectuent à la source, le recyclage et les valorisations sieurs solutions sont à envisager :
énergétiques et agricoles s’intensifient. Ce qui devient
– Réduire leur production à la source en sachant bien que
urgent, c’est la prévention : réduire les déchets de la
les déchets les plus simples à éliminer sont ceux que l’on
conception à la consommation. C’est un problème de ges-
n’a pas produits. On peut diminuer la quantité d’embal-
tion non sans difficultés.
lages, réutiliser certains objets pour un autre usage, répa-
Qu’est-ce qu’un déchet ?
rer des objets au lieu de tout jeter. Les industriels, de leur
Nous nous faisons du déchet une idée fondamentalement
côté, sont encouragés à concevoir des produits moins
négative : c’est ce qu’il faut éliminer. Un produit ne devient
générateurs de déchets (« éco-conception »).
un déchet qu’à partir du moment où il pert son usage. On
pourrait dire que le déchet est le produit d’une activité, – Développer le tri sélectif et le recyclage pour fabriquer de
qu’elle soit végétale, animale ou humaine. Dans la nature, nouveaux produits. Du mobilier urbain, en passant par le
les déchets se décomposent et se recyclent : à travers les textile et les articles de sport et loisirs, un très grand nom-
différentes formes de vie, les mêmes éléments circulent en bre de produits de la vie quotidienne sont fabriqués à
permanence suivant un cycle. La nature ne connaît pas partir de produits recyclés. Certaines filières telles que
l’accumulation. Durant de longs millénaires, l’homme s’est l’industrie papetière, l´industrie verrière et la métallurgie
intégré parfaitement à ce cycle, tous ses déchets étaient ont intégré le recyclage dans leur processus de production
biodégradables et l’environnement était en mesure d’assi- depuis très longtemps.
miler ce que l’homme rejetait. De nos jours, les déchets – Construire de nouveaux sites de traitement des déchets
s’accumulent, leur volume augmente dangereusement et ultimes, c’est-à-dire ceux qui ne peuvent être ni brûlés,
les installations de traitement (décharges, incinérateurs) ni recyclés. Mais les projets de décharges contrôlées se
sont proches de la saturation. Selon l’Ademe (Agence de heurtent à l’opposition des populations, et au coût de la
l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), une dizaine collecte et du traitement des déchets.
de départements sont en situation de saturation. La quan- La question des déchets ne se réduit pas à un problème
tité de déchets ménagers produits par les Français aug- logistique : comment éliminer la masse de déchets

142
produite ? Elle traduit nos choix de développement et illus- induit de nouveaux modes de production, de distribution
tre la non-durabilité du modèle économique actuel. Une et de consommation.
véritable réduction à la source des déchets ménagers

DÉROULEMENT

 Activité 1 Donner à chaque élève une fiche à remplir avec les quatre
observation et commentaire du dessin questions suivantes :
Faire observer le dessin. Dans un premier temps, faire – Que peux-tu réutiliser parmi les objets qu’ils jettent ?
décrire chacune des situations (une petite phrase inscrite – Que peux-tu réparer ou faire réparer ?
sous le dessin éclaircit la situation) en réfléchissant à un – Qu’est-ce qui peut être recyclé ?
verbe commençant par « R » qui résume l’action : – De quels déchets peut-on réduire le volume ?
Document 1 : réutiliser pour se servir d’un objet autrement. Leur demander de rédiger une conclusion.
Document 2 : réparer pour prolonger la vie d’un objet au
lieu de le jeter et d’en acheter un autre.  Activité 3
Document 3 : recycler pour fabriquer de nouveaux pro- s’engager à produire moins de déchets
duits à partir des déchets triés ; Faire faire un tableau à double entrée aux élèves :
Document 4 : réduire pour gagner de la place dans la pou- – verticalement, les « 4 R » ;
belle et réduire le volume des déchets. – horizontalement, deux colonnes : dans la première
colonne « ce que je m’engage à faire », les élèves doivent
 Activité 2 inscrire une ou deux actions qu’ils s’engagent à respecter
suivre la règle des « 4 R » pour chacun des items ; dans la seconde colonne « ce que
Faire écrire aux élèves un petit texte pour expliquer la règle je m’engage à ne plus faire ». Ceci permettra, par une éva-
des « 4 R » et leur faire analyser leur propre pratique, chez eux luation en continu, d’apprécier la responsabilisation de
et à l’école. chacun et leur implication personnelle.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Une grande partie des déchets que nous produisons pour- comprimant. Et les déchets peuvent être source de
rait être évitée en les faisant réparer ou en les réutilisant matières premières à condition d’en effectuer correcte-
autrement. On peut réduire le volume des déchets en les ment le tri.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
– Réaliser un théâtre de marionnettes à la manière de Paul Étudier l’augmentation du poids des déchets ménagers
Klee. depuis vingt ans et émettre des hypothèses sur l’augmen-
Entre 1916 et 1925, Paul Klee a créé une cinquantaine de tation en quantité ainsi que sur l’évolution de la nature des
marionnettes pour son fils à partir de matériaux de récupé- déchets.
ration. C’est avec elles que Félix présentait à ses parents ou – Étudier le poème de Prévert « Page d’écriture ».
à ses amis les pièces qu’il avait inventées. Composer un poème à la manière du poète en évoquant le
Faire fabriquer, par groupe, un personnage avec des objets contenu de nos poubelles hier et aujourd’hui.
de récupération que les élèves auront préalablement triés. – Organiser une exposition en classe « à la manière d’un
Leur demander de justifier leurs choix de matériaux et antiquaire ».
d’agencement. Chaque groupe va présenter sa marion- Demander aux élèves d’apporter en classe des objets
nette aux autres puis, ensemble, ils inventeront collective- anciens qui ont été détournés de leur utilisation première
ment une histoire. pour devenir des objets de décoration et organiser une
– Déchets d’hier et d’aujourd’hui. exposition.
Faire une enquête auprès des grands-parents et arrière- – Organiser un vide-grenier à l’école, en partenariat avec
grands-parents pour savoir ce qu’ils jetaient dans les pou- les parents d’élèves, avec des objets apportés par les
belles quand ils étaient jeunes : que conservaient-ils et que familles et dont le produit de la vente pourra financer le
jettent-ils aujourd’hui ? En rechercher les causes, donner foyer de l’école.
des explications.

143
Le développement durable
36 Je suis… un éco-citoyen PAGES 152-153
DU MANUEL

 Référence aux Instructions officielles


Le programme de géographie contribue, avec celui de sciences, à l’éducation au développement
durable.
 Objectifs
• Respecter les autres ainsi que son propre environnement.
• Se sentir responsable.
• Agir à son niveau pour protéger la planète.
 Notions et concepts
Éco-citoyen – responsabilité – solidarité – préservation de l’environnement – tolérance –
« Agenda 21 » – action et réflexion.

DÉROULEMENT
Cette double page doit être en parallèle avec l’éducation  Activité 2
civique puisqu’il y est question de la formation d’un
lire un diagramme en bâtons
citoyen conscient des actions qu’il mène, responsable de
> Document 2 : quels sont les problèmes
ses actes et capable d’engagement.
d’environnement qui vous paraissent
les plus préoccupants ? (diagramme)
 Activité 1 Ce diagramme est le résultat d’une enquête : il nous ren-
se situer face à un problème seigne sur les préoccupations des Français en matière
> Document 1 : des défis pour demain (texte) d’environnement. Arrivent en tête le réchauffement de la
Suivre le questionnement du manuel Terre et la pollution de l’air qui sont liés. Suivre le ques-
Énumérer et lister les problèmes qui se posent à l’huma- tionnement du manuel et organiser un débat sur ce que
nité à cause de prélèvements excessifs et parce que la pla- pensent les élèves. on pourra repartir des mêmes items et
nète est un monde fini : épuisement des ressources pétro- faire le classement de la classe. Ont-ils les mêmes inquié-
lières, épuisement des réserves halieutiques (thon, sau- tudes que les adultes ?
mon, cabillaud, par exemple), appauvrissement des sols, En effet, notre planète se réchauffe : la température moyenne
pollution de l’air et de l’eau… a augmenté en moyenne de 0,5 °C durant le XXe siècle.
Quelles solutions ? Quitter la Terre pour une autre planète ? Comment se manifeste le réchauffement climatique ? Par
Ce n’est pas encore possible. Donc il faut composer avec. l’accroissement de la température moyenne globale
On a l’habitude de dire que face à ces problèmes, on est depuis le milieu du XXe siècle (on pourra demander aux
passé d’une économie du cow-boy ou du Far-West (quand élèves de faire une recherche d’articles de journaux ou de
une terre est épuisée, on va en chercher une plus loin) à magazines relatifs au réchauffement climatique). Est-ce un
une économie de vaisseau spatial dans lequel nous phénomène de grande ampleur ? Augmentation des tem-
sommes enfermés et où nous devons composer avec les pératures de 1,8 à 4 °C d’ici 2100.
ressources qui y sont. Quelles en sont les causes ? Probablement les activités humai-
Quels sont les défis à relever ? nes car, depuis plus de deux siècles, nous rejetons d’énormes
– Limiter nos besoins qui épuisent trop vite la planète, quantités de gaz qui renforcent l’effet de serre naturel et
nous consommons plus que ce que la nature a produit et peuvent ainsi augmenter la température de l’atmosphère.
parfois sur des ères géologiques (énergies fossiles). Quelles pourraient en être les conséquences ? Elles
– Nourrir 9 milliards d’individus d’ici 2050. seraient probablement nombreuses et catastrophiques : la
– Produire avec moins, les entreprises doivent être éco- désertification s’étendra, les pénuries d’eau pourraient tri-
nomes pour rester rentables. pler, les vagues de chaleur se multiplieront, 20 à 30 % des
– Valoriser plutôt que jeter, faire de nos déchets des espèces animales et végétales risquent de disparaître, élé-
matières premières secondaires. vation du niveau des mers et des océans, rivages bas sub-
– Enrayer la pollution de l’air et de l’eau. mergés, les tempêtes, ouragans et cyclones seront plus
– Préserver la biodiversité : les hommes ne peuvent pas nombreux ; à cela s’ajoutera la fonte des glaciers. Ce
continuer à puiser sans compter dans la nature. réchauffement climatique pourrait provoquer l’exode de

144
millions, voire de dizaines de millions de « réfugiés du cli- – Plutôt prendre des douches que des bains.
mat » poussés hors de chez eux par la sécheresse et les – Respecter la faune et la flore, ne pas déranger les ani-
maladies. Ils pourraient représenter 50 millions en 2010. maux en circulant hors des sentiers.

 Activité 3 Par ces quelques recommandations que nous pouvons


proposer des actions approfondir, on touche à plusieurs domaines : les écono-
> Document 3 : les dessins de la charte mies d’énergie, la préservation de la ressource eau, la pro-
de l’éco-citoyen tection de la biodiversité, la lutte contre les pollutions. On
Rédiger la charte de l’éco-citoyen : amènera les élèves à une catégorisation plus scientifique.
– Éviter de se déplacer en voiture, préférer le vélo ou la Comme dans les recommandations précédentes, il faudra
marche à pied. qu’ils auto-évaluent régulièrement leurs comportements
– Ne pas laisser les fenêtres ouvertes en plein hiver, ne pas en essayant, s’ils ne les ont pas tenus, d’expliquer pour-
trop chauffer, mieux vaut mettre un pull. quoi afin de les réguler.

ÉLÉMENTS DE SYNTHÈSE
Prendre conscience de la dégradation de l’environnement
et adopter une attitude responsable.

PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES
• Éducation civique : le respect des autres et de la nature, • Histoire : la gestion des ressources dans le passé.
la notion de responsabilité, citoyenneté. • Français : lecture de textes relatifs à la nature.
• Sciences expérimentales : protection de la biodiversité.

POUR ALLER PLUS LOIN


 L’Agenda 21 scolaire disciplinaires (bilan énergétique de l’établissement, démo-
L’Agenda 21 scolaire amène l’établissement et tous ses cratie participative, responsabilité individuelle et collec-
acteurs, en particulier les jeunes, à apporter des réponses tive, solidarité avec les générations actuelles et futures).
concrètes aux enjeux locaux du développement durable.
En amenant les jeunes à s’engager concrètement, à pren-
Il n’existe pas de modèle applicable par tous les établisse-
dre leur part dans la réflexion, l’action, le suivi, l’Agenda 21
ments et chacun d’entre eux exprimera son projet selon
ouvre la voie d’une citoyenneté active et participative. Il
ses priorités et ses besoins variables selon l’âge des
investit concrètement les nouveaux enjeux qui s’imposent
jeunes, la localisation du site, sa taille et les moyens dont
à tous : lutte contre les changements climatiques, protec-
il dispose, ses composantes culturelles… L’Agenda 21
tion des ressources non renouvelables, renouveau des
est une démarche transversale, qui met en cohérence
liens avec la nature et la biodiversité, lutte contre les inéga-
des objectifs environnementaux, sociaux, économiques,
lités et contre toutes les formes de discrimination, droits
culturels.
des enfants, solidarité avec les populations démunies, ici et
Le premier objectif d’un Agenda 21 consiste à engager les
dans le monde.
jeunes et tous les acteurs de l’établissement dans une
démarche de progrès environnemental et social. L’Agenda 21 Site à consulter :
contribue ainsi à alimenter l’action pédagogique en offrant – www.comite21.org/nos.actions/education_developpe
des traductions concrètes de nombreux enseignements ment_durable

145
Bibliographie de géographie
 Ouvrages de géographie – F. DAMETTE, J. SCHEIBLING, Le Territoire français, Hachette
– A. S. BAILLY (sous la dir. de), Les Concepts de la géographie Supérieur, 2003.
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– A. S. BAILLY, R. FERRAS, Éléments d’épistémologie de la
– P. ESTIENNE, La France, 2 volumes, Masson, 1998.
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tion française, 1994. – Y. ARTHUS-BERTRAND, L’Avenir de la Terre : le développement
– F. DAMETTE, J. SCHEIBLING, La France : permanences et durable raconté aux enfants, La Martinière Jeunesse, 2003.
mutations, Hachette Éducation, coll. « Carré Géographie », – Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme,
n° 2, 1995. Écologuide de A à Z, Le Cherche-Midi, 2004.

146
Annexes
Fiches à photocopier

Fiches méthodologiques d’histoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148


Fiches méthodologiques de géographie . . . . . . . . . . . . . . 154

147
Histoir e

J’étudie un objet d’art


 Je cherche
1. Prends ton livre page 43. Observe le document 3, puis réponds aux questions.
a. De quel objet s’agit-il ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
b. Quand a-t-il été fabriqué ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
c. Quel peuple l’a fabriqué ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
d. Dans quels matériaux est-il fabriqué ?
..................................................................................................

e. Décris les motifs qui décorent ce casque. Aide-toi des mots suivants : relief – motifs géométriques –
lignes courbes – frise.
..................................................................................................

..................................................................................................

..................................................................................................

 J’analyse
2. Lis ton livre page 32 et indique quels matériaux sont nécessaires pour fabriquer du bronze.
..................................................................................................

..................................................................................................

3. Cherche sur Internet ou dans une encyclopédie ce qu’est l’émail et écris une définition.
..................................................................................................

..................................................................................................

 Je dessine et je colorie .........................................

4. Voici la forme du casque. Colorie-


© HACHETTE LIVRE 2009. La photocopie non autorisée est un délit.

le et complète avec les légendes


suivantes : décoration en or – émail de
couleur rouge – couvre-nuque en bronze.

......................

.....................................

148
Histoir e

J’étudie la photographie d’un site ancien


 Je cherche
1. Observe le document,
puis réponds aux questions.
a. Que montre cette photographie ?
................................

................................

................................

................................

................................

................................

Le Forum romain, © G. Dagli Orti.

b. Quel est le nom de la ville représentée ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .


c. Dans quel pays se trouve-t-elle ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
d. À quelle période les monuments ont-ils été construits ? Entoure la bonne réponse :
Préhistoire Antiquité Moyen Âge
e. Que reste-t-il de la période romaine ?
..................................................................................................

..................................................................................................

..................................................................................................

..................................................................................................

 J’explique
© HACHETTE LIVRE 2009. La photocopie non autorisée est un délit.

2. Quels sont les principaux monuments d’une ville romaine ? À quoi servent-ils ?
Aide-toi de ton livre page 48 pour répondre.
..................................................................................................

..................................................................................................

..................................................................................................

..................................................................................................

..................................................................................................

..................................................................................................

149
Histoir e

J’étudie un document d’époque


 Je cherche
1. Lis le texte, puis réponds aux questions.

Vercingétorix prend le pouvoir


Vercingétorix, arverne, convoqua ses clients et n’eut pas de peine à les enflammer. […] Son oncle et les
autres chefs […] l’empêchèrent d’agir. On le chassa de la ville de Gergovie. Pourtant [il rassembla une
troupe], ses partisans le proclamèrent roi. Il envoie des ambassadeurs à tous les peuples. […] À l’unani-
mité, on lui confère le commandement suprême.
Jules César, La Guerre des Gaules, livre VII, 51 av. J.-C., traduction de L. A. Constans,
© Les Belles Lettres, Paris, 2002, p. 255-256.

a. Quel titre avons-nous donné à ce document ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

b. Qui a écrit La Guerre des Gaules ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

c. Qui est-il ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

..................................................................................................

d. À quelle date écrit-il ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

e. Quel est le nom de l’éditeur qui a publié ce livre ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

f. Quelle est la date de publication de ce livre ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

g. À quelles pages se trouve le texte ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

h. Quelle est la signification de ce signe : […] ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

..................................................................................................

 J’explique
2. De quel personnage est-il question dans le texte ?
..................................................................................................

..................................................................................................
© HACHETTE LIVRE 2009. La photocopie non autorisée est un délit.

3. Que cherche-t-il à faire ?


..................................................................................................

..................................................................................................

4. Comment y réussit-il ?
..................................................................................................

..................................................................................................

..................................................................................................

150
Histoir e

J’étudie un texte d’historien d’aujourd’hui


 J’explique
1. Lis le texte, puis réponds aux questions.

Revisiter nos ancêtres


Il a fallu beaucoup de recherches pour décrire le rôle [des druides], cerner leur pouvoir, montrer leur
influence, décrire les cérémonies, la célèbre cueillette du gui notamment, qu’ils présidaient et organi-
saient. Pendant longtemps, on a cru que les Gaulois ne possédaient pas de lieux de culte. L’on sait désor-
mais qu’ils en [avaient] : en général un enclos avec en son centre un autel pour les sacrifices.
Philippe Boitel, « La mémoire religieuse de l’humanité », dans Notre Histoire, n° 162, janvier 1999, p. 2.

a. Écris la définition des mots suivants. Aide-toi de ton livre ou d’un dictionnaire.

– druide : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

..................................................................................................

– enclos : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

..................................................................................................

– autel : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

..................................................................................................

b. Recherche dans ton livre et dans un dictionnaire le sens de l’expression « lieux de culte ».

..................................................................................................

..................................................................................................

 Je cherche
2. Qu’est-ce que les historiens ont cru pendant longtemps ?
..................................................................................................

..................................................................................................

3. Qu’ont-ils découvert ensuite ?


© HACHETTE LIVRE 2009. La photocopie non autorisée est un délit.

..................................................................................................

..................................................................................................

4. Quelle est la différence entre un document d’époque comme La Guerre des Gaules de
Jules César et un travail d’historien comme le texte de Philippe Boitel ?
..................................................................................................

..................................................................................................

..................................................................................................

151
Histoir e

J’étudie une carte historique


 Je cherche
1. Prends ton livre page 68. Observe la carte des invasions barbares dans l’Empire romain
à la fin du IVe siècle, puis réponds aux questions.
a. Quel est le titre de la carte ?

..................................................................................................

b. Quelle est la légende ?

..................................................................................................

..................................................................................................

..................................................................................................

c. Quelle est l’échelle de la carte ?

..................................................................................................

d. Quel est le nom de la capitale de l’Empire romain d’Orient ?

..................................................................................................

e. Quel est le nom de la capitale de l’Empire romain d’Occident ?

..................................................................................................

f. Cite les noms de quelques peuples qui ont envahi l’Empire romain d’Occident.

..................................................................................................

..................................................................................................

..................................................................................................

 J’explique
2. Lis ton livre pages 68 et 69, puis réponds aux questions.
© HACHETTE LIVRE 2009. La photocopie non autorisée est un délit.

a. Explique le rôle des Huns dans les invasions.

..................................................................................................

..................................................................................................

..................................................................................................

b. Quelle partie de l’Empire subsiste après la chute de Rome en 476 ?

..................................................................................................

..................................................................................................

152
Histoir e

J’étudie une frise chronologique


 Je cherche
1. Observe la frise chronologique, puis réponds aux questions.

a. Pourquoi la flèche sous la frise est-elle hachurée à gauche ?


..................................................................................................

..................................................................................................

b. Comment lit-on une frise : de gauche à droite ou de droite à gauche ?


..................................................................................................

 Je date des événements


2. Qui a vécu vers 3 500 000 av. J.-C. ? ........................................................

3. Quand a vécu Homo habilis ? ...............................................................

4. Quand apparaît Homo sapiens ? ............................................................

 Je complète une frise chronologique


5. Observe la frise, puis réponds aux questions.

A B
– 125 – 52
Conquête défaite Construction
© HACHETTE LIVRE 2009. La photocopie non autorisée est un délit.

de la de Vercingétorix de la
Narbonnaise à Alésia porte de Trèves

Naissance de J.-C.

Ier siècle avant J.-C. Ier siècle après J.-C. IIe siècle après J.-C.

a. À quels siècles correspondent : – la lettre A ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . – la lettre B ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . .


b. À quel siècle la Narbonnaise est-elle devenue une province romaine ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
c. À quel siècle a vécu Vercingétorix ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
d. À quel siècle a été construite la porte de Trèves ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

153
Géographie

J’observe un paysage urbain


 J’observe
1. Prends ton livre page 86. Observe la photographie de la ville de Marseille (doc. 1),
puis réponds aux questions.
a. Que représente la photographie ?
..................................................................................................

b. Situe ce paysage sur la carte de France au début de ton livre.


c. Que vois-tu :
– au premier plan ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
– au second plan ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
– à l’arrière-plan ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

 Je classe
2. Classe les éléments du paysage dans le tableau ci-dessous.

Éléments naturels Éléments artificiels

............................................... ...............................................

............................................... ...............................................

............................................... ...............................................

 Je fais un croquis
3. Dessine le paysage de Marseille, puis complète la légende.

© HACHETTE LIVRE 2009. La photocopie non autorisée est un délit.

port

habitat urbain

collines

154
Géographie

J’observe un paysage rural


 J’observe
1. Prends ton livre page 107. Observe la photographie du village de Moselle (doc. 4),
puis réponds aux questions.
a. Que représente la photographie ?
..................................................................................................

b. Où se situe ce paysage sur la carte de France ? Aide-toi d’un atlas.


..................................................................................................

c. Décris ce paysage.
..................................................................................................

..................................................................................................

..................................................................................................

 Je classe
2. Classe les éléments du paysage dans le tableau ci-dessous en les rattachant par une flèche
à une catégorie.

Éléments du paysage Catégories

– ........................................................................
• végétation
– ........................................................................

– ........................................................................
• activités
– ........................................................................

– ........................................................................

– ........................................................................ • habitat
© HACHETTE LIVRE 2009. La photocopie non autorisée est un délit.

 Je commente des informations


3. À ton avis, d’où a été prise la photographie ?
..................................................................................................

4. À quelle saison semble avoir été prise la photographie ? Pourquoi ?


..................................................................................................

155
Géographie

Je lis un plan de ville


 Je repère
1. Aide-toi d’un atlas pour situer la ville de Nîmes, puis réponds aux questions.

vers
Plan de la ville A U Avignon, Lyon
E N
de Nîmes T
A O E
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centre-ville

gare
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grands ensembles rou
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au
to
ro
ute
A5

vers
zone d’activités
4

1 km
Montpellier vers
Marseille

a. Quelle est la limite de la ville au sud ?


..................................................................................................

b. Quelle est la limite de la ville au nord ?


..................................................................................................

c. Sur combien de kilomètres s’étire la ville d’est en ouest ?


..................................................................................................
2004. La photocopie non autorisée est un délit.

d. Où se situent les grands ensembles : à l’est ou à l’ouest de la ville ?


..................................................................................................

e. Où se situe la zone d’activités ?


..................................................................................................

f. Entoure sur la carte les échangeurs d’autoroutes.


© HACHETTE LIVRE 2009.

156
 J’analyse
2. Observe le plan du centre de Nîmes, puis réponds aux questions.

Plan du centre de la ville de Nîmes Gambetta


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Boul
porte

rue G
rue Natio Auguste
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Bd A.

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Hôtel de Ville ffes

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M1 : Musée archéologique rè
ul

Li
Bo

place ne

la
M2 : Musée du Vieux Nîmes des Arènes s

de
M3 : Musée contemporain
M4 : Galerie de peinture Bd
M5 : Galerie de peinture 100 m

a. Quelle est la forme du centre ancien ?


..................................................................................................

b. Par quoi le centre ancien est-il limité ?


..................................................................................................

c. De quelle longueur est le boulevard Gambetta ?


Aide-toi de l’échelle indiquée sur la carte.
..................................................................................................

d. Pourquoi peut-on dire que Nîmes est une ville ancienne ?


..................................................................................................
© HACHETTE LIVRE 2009. La photocopie non autorisée est un délit.

..................................................................................................

e. Recherche de quelle époque date sa fondation.


..................................................................................................

f. Relie chaque bâtiment du centre-ville à la fonction qui lui correspond.

Musée contemporain • • culture

galerie de peinture • • loisirs

hôtel de ville • • administration

157
Géographie

Je lis un texte publicitaire


 Je cherche
1. Lis le texte, puis réponds aux questions.

La presqu’île de Rhuys (Bretagne sud)


Bateaux de pêche et de plaisance, oiseaux de mer et migrateurs, souvent couleur soleil et quelquefois
tempêtes somptueuses, ajoncs et hortensias composent ici un paysage toujours à redécouvrir, à vélo ou
à pied, au printemps ou en plein été.
Vous rencontrerez des habitants toujours prêts à vous accueillir et à vous offrir les clés du pays. Vous
rencontrerez distractions, visites et toutes sortes de services. Vos enfants ne seront pas oubliés !
La Bretagne, votre seconde famille, Maison du tourisme de Rhuys.

a. Quel est le titre du document ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

b. Qui l’a écrit ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

c. À qui s’adresse-t-il ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

 J’analyse
2. Écris les deux mots qui indiquent les activités principales de ce lieu.
..................................................................................................

3. Relève dans le texte les mots qui décrivent la végétation, puis écris-les.
..................................................................................................

4. Quels animaux peut-on rencontrer dans ce paysage ?


..................................................................................................

5. À quel type de temps doit-on s’attendre parfois ?


..................................................................................................

6. À quoi vois-tu que ce texte est une publicité ? Relève les mots qui le montrent.
© HACHETTE LIVRE 2009. La photocopie non autorisée est un délit.

..................................................................................................

 Je commente
7. Quels types de touristes sont attendus sur cette presqu’île ?
..................................................................................................

8. À quelles saisons sont-ils attendus ? .......................................................

9. Que leur propose-t-on ? .....................................................................

158
Géographie

J’étudie une affiche


 J’observe
1. Prends ton livre page 139, observe l’affiche (doc. 3), puis réponds aux questions.
a. Quel est le thème de cette affiche ?
..................................................................................................

b. Pour quelle manifestation a-t-elle été prévue ?


..................................................................................................

c. Comment peut-on obtenir des informations sur l’événement annoncé par cette affiche ?
..................................................................................................

d. Cite quelques organisations et entreprises qui soutiennent cette manifestation.


..................................................................................................

 J’analyse
2. Explique le slogan de cette affiche.
..................................................................................................

..................................................................................................

3. Choisis 4 dessins présents sur cette affiche et indique les thèmes qu’ils représentent.
..................................................................................................

..................................................................................................

..................................................................................................

 Je commente
4. Invente un slogan pour chacun des thèmes choisis.
a. 1er thème : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
© HACHETTE LIVRE 2009. La photocopie non autorisée est un délit.

..................................................................................................

b. 2e thème : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
..................................................................................................

c. 3e thème : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
..................................................................................................

d. 4e thème : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
..................................................................................................

159
Géographie

J’étudie une carte


 Je situe
1. Prends ton livre page 104, observe la carte (doc. 1), puis réponds aux questions.
a. Quel est son titre ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
b. Par quels cours d’eau cette région est-elle parcourue ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
c. Regarde la carte de la France administrative au début de ton livre et nomme les régions qui entourent
la région Pays de la Loire.
..................................................................................................

d. D’après l’échelle, 1,5 cm sur la carte représente 50 km. Calcule la distance à vol d’oiseau :
– entre Le Mans et Nantes : . . . . . . . . . . . . . . . . . – entre La Baule et Fontenay-le-Comte : . . . . . . . . . . . . . .

 J’analyse
2. Cite trois grandes villes situées sur la Loire.
..................................................................................................

3. Observe les villes et indique :


a. Combien y a-t-il de villes de 100 000 à 500 000 habitants ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
b. Combien y a-t-il de villes de moins de 25 000 habitants ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

4. Quels axes de transport longent la Loire ?


..................................................................................................

5. Comment peux-tu te rendre de Paris à la station balnéaire des Sables-d’Olonne ?


a. Première solution : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
b. Deuxième solution : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

 Je recherche des informations


© HACHETTE LIVRE 2009. La photocopie non autorisée est un délit.

6. Lis le texte suivant et souligne les activités principales de la région Pays de la Loire.

Les Pays de la Loire sont devenus une puissante région agricole et agroalimentaire. Ils maintiennent et
renouvellent une industrie qui les place au 4e rang en France. Les villes croissent vivement depuis quatre
décennies. Le tourisme élargit sa clientèle : tourisme vert, résidences secondaires (parisiennes) et surtout
tourisme littoral.
D’après J.-C. Boyer, La France des 26 régions, A. Colin, 2005.