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Droit constitutionnel complet

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Sections

  • Introduction :
  • I La branche du droit public :
  • II Définition du droit constitutionnel :
  • Chapitre liminaire : la Constitution
  • Section 1 : La notion de Constitution
  • §1 : Constitution matérielle et Constitution formelle
  • A] La définition matérielle
  • B] La définition formelle
  • §2 : Constitution souple et Constitution rigide
  • A] Les constitutions souples
  • B] Les Constitutions rigides
  • §3 Constitutions écrites et Constitutions coutumières
  • A] Les Constitutions écrites
  • B] Les Constitutions coutumières
  • Section 2 : L’établissement et la révision des constitutions
  • §1 : L’établissement des Constitutions :
  • A] L’organe compétent pour établir la Constitution :
  • B] Le moment d’établissement des Constitutions :
  • 1] La création des Etats :
  • 2] Les bouleversements se produisant dans les Etats déjà existants :
  • §2 : La révision des Constitutions
  • A] L’initiative de la révision
  • B] La procédure de révision
  • C] Les limites à la révision
  • Section 1 : La mise en place du régime
  • §1 : La préparation des lois constitutionnelles de 1875
  • A] La Constitution Rivet du 31 août 1871 :
  • B] La Constitution de Broglie ou loi chinoise du 13 mars 1873 :
  • C] La loi du septennat du 20 novembre 1873 :
  • D] L’amendement Wallon du 30 janvier 1875 :
  • §2 : Les lois constitutionnelles de 1875
  • A] Le pouvoir exécutif
  • B] Le Sénat
  • C] La Chambre des députés :
  • §3 : Les attributions des chambres
  • Section 2 : Le fonctionnement des lois constitutionnelles de 1875
  • §1 : Le fonctionnement des institutions jusqu’en 1879
  • §2 La Constitution Grévy :
  • Section 1 : Le pouvoir législatif
  • §1 : Organisation et statut
  • A] L’Assemblée Nationale
  • B] Le Conseil de la République
  • §2 : Les fonctions assumées par le pouvoir législatif
  • Section 2 : Le pouvoir exécutif
  • §1 : Le Chef de l’Etat
  • A] Son statut
  • B] Les prérogatives du Chef de l’Etat
  • §2 : Le Gouvernement
  • A] La formation du gouvernement
  • B] Les fonctions du gouvernement
  • Chapitre 1 : L’élaboration de la Constitution de 1958
  • Section 1 : Les conditions d’élaboration de la Constitution
  • §1 : Les conditions historiques
  • §2 : Les conditions juridiques
  • Section 2 : L’adoption de la Constitution
  • §1 : Le référendum du 28 septembre 1958
  • §2 : La mise en place des institutions
  • Chapitre 2 : Le pouvoir exécutif
  • Section 1 : Le Président de la République
  • A] La désignation du chef de l’Etat
  • 2] L’élection au suffrage universel direct
  • B] Le mandat du Président de la République
  • 2] L’interruption ou la cessation des fonctions
  • C] La responsabilité du Président de la République
  • 1] La responsabilité politique
  • 2] La responsabilité pénale
  • §2 : Les attributions du Chef de l’Etat
  • A] Les pouvoirs propres du Président de la République
  • 3] Les pouvoirs propres du Président dans ses rapports avec le peuple
  • 4] Les pouvoirs propres du Chef de l’Etat dans ses rapports avec la justice
  • B] Les pouvoirs du chef de l’Etat soumis à contreseing
  • Section 2 : Le gouvernement
  • §1 : Le statut du gouvernement
  • A] L’entrée en fonction du gouvernement
  • B] La fin des fonctions du gouvernement
  • C] Composition et statut du gouvernement
  • §2 : Les attributions du gouvernement
  • A] Les attributions du Premier Ministre
  • B] Les fonctions collectivement exercées par le gouvernement
  • Chapitre 3 : Le pouvoir législatif
  • Section 1 : Le statut du Parlement et de ses membres
  • §1 : Le statut du Parlement
  • §3 La conférence des Présidents
  • Section 3 : La fonction de contrôle exercée par le Parlement
  • §1 L’information parlementaire
  • A] Les questions parlementaires
  • B] Les missions
  • C] L’information par les commissions d’enquêtes
  • D] Les résolutions communautaires de l’article 88-4
  • §1 La mise en jeu de la responsabilité politique du gouvernement
  • Section 1 : La procédure législative ordinaire
  • §1 : L’initiative législative
  • A] L’initiative émanent de l’exécutif
  • B] L’initiative émanant du pouvoir législatif
  • §2 La préparation et la discussion des textes
  • A] La variété des commissions
  • B] L’inscription à l’ordre du jour
  • §3 L’examen et le vote des textes en séance plénière
  • A] La discussion générale
  • B] La discussion et le vote des amendements
  • C] Les incidents de procédure
  • §4 La navette législative
  • §5 La promulgation des textes et leur publication
  • Section 2 : Les procédures législatives spéciales
  • §1 Les lois organiques
  • §2 Les lois de finance
  • §3 Les lois de financement de la sécurité sociale

Droit Constitutionnel

Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille

DROIT CONSTITUTIONNEL
INTRODUCTION :........................................................................4
I La branche du droit public :..........................................................................4 II Définition du droit constitutionnel :.............................................................6

CHAPITRE LIMINAIRE : LA CONSTITUTION....................................8
Section 1 : La notion de Constitution...............................................................8 §1 : Constitution matérielle et Constitution formelle.......................................................8 A] La définition matérielle ...........................................................................................8 B] La définition formelle ..............................................................................................9 §2 : Constitution souple et Constitution rigide ................................................................9 A] Les constitutions souples ........................................................................................9 B] Les Constitutions rigides .......................................................................................10 §3 Constitutions écrites et Constitutions coutumières ..................................................10 A] Les Constitutions écrites .......................................................................................11 B] Les Constitutions coutumières ..............................................................................12 Section 2 : L’établissement et la révision des constitutions............................12 §1 : L’établissement des Constitutions :........................................................................12 A] L’organe compétent pour établir la Constitution :.................................................12 B] Le moment d’établissement des Constitutions :....................................................14 1] La création des Etats :........................................................................................14 2] Les bouleversements se produisant dans les Etats déjà existants :...................14 §2 : La révision des Constitutions .................................................................................15 A] L’initiative de la révision .......................................................................................16 B] La procédure de révision ......................................................................................16 C] Les limites à la révision ........................................................................................17

CHAPITRE 1 : LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE..................................21
Section 1 : La mise en place du régime .........................................................21 §1 : La préparation des lois constitutionnelles de 1875.................................................22 A] La Constitution Rivet du 31 août 1871 :................................................................22 B] La Constitution de Broglie ou loi chinoise du 13 mars 1873 :................................23 C] La loi du septennat du 20 novembre 1873 :..........................................................23 D] L’amendement Wallon du 30 janvier 1875 :..........................................................24 §2 : Les lois constitutionnelles de 1875 ........................................................................24 A] Le pouvoir exécutif................................................................................................24 B] Le Sénat................................................................................................................25 C] La Chambre des députés :.....................................................................................25 §3 : Les attributions des chambres ...............................................................................26

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Section 2 : Le fonctionnement des lois constitutionnelles de 1875..................26 §1 : Le fonctionnement des institutions jusqu’en 1879..................................................26 §2 La Constitution Grévy :.............................................................................................27

CHAPITRE 2 : LA IVÈME RÉPUBLIQUE.........................................29
Section 1 : Le pouvoir législatif.....................................................................30 §1 : Organisation et statut.............................................................................................30 A] L’Assemblée Nationale..........................................................................................30 B] Le Conseil de la République...................................................................................30 §2 : Les fonctions assumées par le pouvoir législatif.....................................................31 Section 2 : Le pouvoir exécutif......................................................................31 §1 : Le Chef de l’Etat.....................................................................................................31 A] Son statut..............................................................................................................31 B] Les prérogatives du Chef de l’Etat.........................................................................32 §2 : Le Gouvernement...................................................................................................32 A] La formation du gouvernement.............................................................................32 B] Les fonctions du gouvernement............................................................................32

CHAPITRE 1 : L’ÉLABORATION DE LA CONSTITUTION DE 1958.....34
Section 1 : Les conditions d’élaboration de la Constitution.............................34 §1 : Les conditions historiques.......................................................................................34 §2 : Les conditions juridiques ........................................................................................35 Section 2 : L’adoption de la Constitution.......................................................36 §1 : Le référendum du 28 septembre 1958...................................................................36 §2 : La mise en place des institutions............................................................................36

CHAPITRE 2 : LE POUVOIR EXÉCUTIF.........................................37
Section 1 : Le Président de la République......................................................37 A] La désignation du chef de l’Etat............................................................................37 1] L’élection du Président au suffrage universel indirect........................................37 2] L’élection au suffrage universel direct................................................................38 B] Le mandat du Président de la République.............................................................38 1] La durée du mandat...........................................................................................38 2] L’interruption ou la cessation des fonctions.......................................................39 C] La responsabilité du Président de la République...................................................41 1] La responsabilité politique..................................................................................41 2] La responsabilité pénale.....................................................................................41 §2 : Les attributions du Chef de l’Etat............................................................................42 A] Les pouvoirs propres du Président de la République.............................................43 1. Dans ses rapports avec les gouvernements.......................................................43 2] Les pouvoirs propres du chef de l’Etat dans ses rapports avec le pouvoir législatif..................................................................................................................44

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3] Les pouvoirs propres du Président dans ses rapports avec le peuple.................46 4] Les pouvoirs propres du Chef de l’Etat dans ses rapports avec la justice...........48 B] Les pouvoirs du chef de l’Etat soumis à contreseing.............................................50 1] Dans ses rapports avec le Gouvernement..........................................................50 Section 2 : Le gouvernement ........................................................................53 §1 : Le statut du gouvernement ...................................................................................53 A] L’entrée en fonction du gouvernement..................................................................53 B] La fin des fonctions du gouvernement ..................................................................54 C] Composition et statut du gouvernement ..............................................................55 §2 : Les attributions du gouvernement..........................................................................57 A] Les attributions du Premier Ministre......................................................................57 B] Les fonctions collectivement exercées par le gouvernement................................58

CHAPITRE 3 : LE POUVOIR LÉGISLATIF.......................................59
Section 1 : Le statut du Parlement et de ses membres...................................59 §1 : Le statut du Parlement...........................................................................................59 §3 La conférence des Présidents ..................................................................................67 Section 3 : La fonction de contrôle exercée par le Parlement..........................68 §1 L’information parlementaire.....................................................................................68 A] Les questions parlementaires................................................................................68 Les questions écrites..............................................................................................68 2) Les questions orales ..........................................................................................68 B] Les missions..........................................................................................................69 C] L’information par les commissions d’enquêtes......................................................69 D] Les résolutions communautaires de l’article 88-4 ................................................70 §1 La mise en jeu de la responsabilité politique du gouvernement...............................70

CHAPITRE 4 : LA PROCÉDURE LÉGISLATIVE................................73
Section 1 : La procédure législative ordinaire................................................73 §1 : L’initiative législative..............................................................................................73 A] L’initiative émanent de l’exécutif..........................................................................73 B] L’initiative émanant du pouvoir législatif...............................................................74 §2 La préparation et la discussion des textes................................................................75 A] La variété des commissions ..................................................................................75 1] Les commissions permanentes .........................................................................76 2] Les commissions législatives spéciales..............................................................78 B] L’inscription à l’ordre du jour.................................................................................79 §3 L’examen et le vote des textes en séance plénière .................................................79 A] La discussion générale..........................................................................................80 B] La discussion et le vote des amendements...........................................................80 C] Les incidents de procédure ..................................................................................82 §4 La navette législative................................................................................................82 §5 La promulgation des textes et leur publication.........................................................84

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Section §1 Les §2 Les §3 Les

2 : Les procédures législatives spéciales...........................................85 lois organiques...................................................................................................85 lois de finance ..................................................................................................86 lois de financement de la sécurité sociale..........................................................87

Introduction :
La première constitution écrite fût en 1791. • La Ière République en septembre 1792. • La IIème République en 1848 avec Louis Napoléon Bonaparte élu au suffrage masculin. • La IIIème République en 1870 • La IVème République en octobre 1946 • La Vème République le 4 octobre 1958

I La branche du droit public :
Le droit constitutionnel est rattaché au droit public. Et le droit civil est rattaché au droit privé. - Le droit privé est défini comme celui qui s’applique aux personnes privés physiques ou morales et par conséquence entre les rapports qu’entretiennent ces personnes. - Le droit public est applicable à l’Etat ainsi qu’aux collectivités public et à leurs composantes c’est-à-dire les établissements publics. Lorsqu’un litige oppose une personne publique et privée, la compétence pour résoudre le principe sera dévolue aux juridictions administratives. Dans certaines exceptions des juridictions sont applicables sans tenir compte des critères de l’incident. Les matières de droit public se distinguent du droit privé. Il s’agit d’un droit public dominé par la recherche d’intérêt général. Il s’agit d’autre part d’un droit inégalitaire dans la mesure où les personnes publiques bénéficient de prérogatives qui n’appartiennent pas aux personnes privées. Principes : • Principe d’insaisissabilité de ses biens : si impossibilité de payer, nos biens sont saisis par contre s’il s’agit par exemple d’un maire on ne peut pas saisir les biens qui sont affiliés à l’utilité publique. • Principe d’inaliénabilité des biens publics : la ville est très endettée. Le maire envisage de vendre les objets à l’intérieur de la mairie par exemple. Mais c’est impossible car ils sont affiliés à l’utilité publique.

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le droit administratif. Néanmoins désormais cette distinction est-elle aussi avérée que ce qu’elle a pu être ? Un principe constitutionnel dans ce que l’on appelle la hiérarchie des normes se place avant la loi qui elle est au-dessus des règles. l’Assemblée Constituante s’est opposée en 1790 à l’adoption de deux propositions : o Cette assemblée s’est tout d’abord opposée à l’idée de donner aux tribunaux ordinaires de l’époque la possibilité de connaitre du contentieux généré par les activités administratives. est celle qui consistait à mettre en place des juridictions administratives établies sur le modèle des Page 5 . Ce refus a été inscrit dans l’article 13 dans la loi des 16 et 24 août 1790 : « Les fonctions judiciaires sont distinctes et demeureront toujours séparés des fonctions administratives. Cela permet d’expliquer en France l’existence de la dualité des ordres juridictionnels. Une partie de la doctrine tend à faire admettre que plus de phénomène du droit constitutionnel de la branche du droit se développera plus on assistera non pas à une disparition mais à une atténuation de la distinction entre les matières relevant exclusivement du droit public et celle relevant exclusivement du droit privé. Le droit constitutionnel. En France. La Cour de Cassation et le Conseil d’Etat sont les deux cours suprêmes.  On ne rencontre pas cela dans les pays Anglos saxons où l’administration est placée dans les mêmes situations que les particuliers. (Les Parlements = juridictions judiciaires avant la Révolution) o La seconde proposition. social. cette juridiction s’est expliquée pour des raisons historiques : suite à la Révolution française. qui a été rejetée.  Les tribunaux de l’époque ne pouvaient pas s’immiscer dans le déroulement administratif. Les juges ne pourront à peine de forfaiture troubler de quelques manières que ce soit les opérations des corps administratifs ni citer devant eux les administrateurs pour raison de leur fonction ». Cette division a longtemps été tranchée entre les matières de droit privé et de droit public. Cette position a été adoptée en raison du souvenir de l’abus des Parlements sous l’Ancien régime. commercial seront toujours pour leur part rattachés au droit privé.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille • Principe d’imprescriptibilité des biens du domaine public : un bien volé qui appartenait à l’Etat reviendra forcément à l’Etat dès sa mise en circulation sur le marché sans à avoir à le payer. ou encore le droit international public seront toujours rattachés aux matières relevant du droit public et à l’inverse le droit civil.

II Définition du droit constitutionnel : Le droit constitutionnel a longtemps été conçu comme l’ensemble des règles juridiques relatives aux institutions grâce auxquelles le pouvoir établi s’exerce ou se transmet dans l’Etat. Seul le pouvoir constituant pourrait se prononcer sur la disparition des juridictions administrative mais en aucun cas le législateur ordinaire. d’examiner des phénomènes de protection et de reconnaissance de droit fondamentaux. A présent et approximativement depuis le début des années 1970. la Constitution a subit des changements tout à fait considérable. Si cette conception est aujourd’hui critiquée.  Désormais la matière a changé de nature. notamment grâce au phénomène de constitutionnalisation des branches du droit. L’objet du droit tel qu’il se présente aujourd’hui à savoir l’examen des institutions et les procédés d’acquisitions politiques  La première masse est le droit constitutionnel normatif que l’on appelle aussi le système des sources du droit. Page 6 .Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille juridictions judiciaires avec des magistrats élus. » (Si la loi est mise dans de mauvaises mains elle peut être injuste car la loi s’arrête là où s’arrête ses motifs  Il faut se référer à la Constitution pour se protéger). « la Constitution a cessé d’être seulement une idée pour devenir une norme c’est-à-dire une règle juridique obligatoirement sanctionnée dont les effets se font sentir sur les citoyens et sur les juges. c’est tout simplement parce qu’elle se relève bien trop restrictive et notamment parce qu’elle ne mets pas suffisamment l’accent sur les bouleversements qui se sont simplement manifestés depuis l’entrée en vigueur de l’actuelle Constitution du 4 octobre 1958. Il faut signaler que désormais seule une réforme constitutionnelle pourrait mettre un terme à la dualité des ordres juridictionnels en France. Il s’agit d’étudier. La deuxième masse c’est ce que l’on appelle le droit constitutionnel substantiel ou droit constitutionnel des libertés. Cette théorie fût abandonnée en 1889. ils se rassemblent pour revoir la Constitution). (Dans le cadre de Versailles. Il s’agit de présenter la manière dont s’organise entre elles des normes aussi variées que les normes nationales et internationales ou encore les normes nationales et les normes locales.

administratives et juridictionnelles entendent mettre en œuvre ces libertés.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Pour appréhender ce phénomène. Ensuite pour mesurer le degré de constitutionnalisation de telle ou telle matière il suffira de relever les situations dans lesquelles les autorités politiques. il est nécessaire de rechercher dans chaque matière la présence de base constitutionnelle. Page 7 .

il y a une paralysie totale. Section 1 : La notion de Constitution §1 : Constitution matérielle et Constitution formelle A] La définition matérielle Si l’on se fonde sur son contenu. Si le Président considère qu’il a un pouvoir d’appréciation. L’objectif était de substituer aux coutumes des constitutions écrites. les La première Constitution a fait son apparition au siècle des Lumières. l’importance de ce mouvement doit être tempéré tout simplement parce qu’un texte écrit si protecteur soit-il peut ne constituer qu’une barrière factice. Par conséquent. familière. (Première Constitution Française en septembre 1791) Malgré ses qualités. L’article 13 de la Constitution dispose que le Président de la République signe les ordonnances et les décrets délibérés en Conseil des ministres. L’emploi de l’indicatif a valeur d’impératif. On pensait que cela constituerait un bon moyen de s’opposer à l’absolutisme du pouvoir monarchique. Il faut alors l’appliquer clairement. On y trouve également les règles relatives à la forme de l’Etat. la Constitution concerne l’ensemble des règles relatives à l’exercice du pouvoir.). On peut trouver l’énoncé des droits fondamentaux dont peuvent se prévaloir les individus. On peut aussi trouver même si c’est plus rare les modes de scrutin.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Chapitre liminaire : la Constitution Si la notion de Constitution apparaît aujourd’hui comme Constitutions tels qu’on les connait aujourd’hui sont récentes. il importe peu que ces règles soit ou non contenues au sein du texte constitutionnel. On y trouve aussi l’énoncé des organes du pouvoir ainsi que des prérogatives dont ils disposent. Il peut exister de grandes différences entre le contenu d’un texte et le sens que la pratique peut lui donner. Page 8 . (Par exemple avec les régimes autoritaires ou avec les dictatures.

on parlera de Constitution souple ou rigide. Cela va s’effectuer de la même manière que dans le cadre d’une loi normale. S’il est vrai qu’une constitution coutumière peut être aussi une Constitution souple comme par exemple avec le cas du Royaume uni. on ne pouvait considérer. peut ne pas intégrer un certain nombre d’élément comme certains des aspects relatifs à la procédure législative ou encore au statut des partis politiques. A] Les constitutions souples On considère qu’une constitution est souple lorsque la révision dont elle peut faire l’objet n’est soumise à aucune procédure particulière. Une Constitution écrite et par là même formelle.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille B] La définition formelle Sur un plan formel ou organique. Selon qu’il sera facile de reconcevoir une Constitution. Le plus souvent les deux définitions coïncident mais ce n’est pas toujours le cas en pratique. modifier ces lois par une décision humaine. En effet. lors de l’élaboration du texte les constituants devraient prévoir une procédure de révision celle-ci pouvant s’exercer de différentes manières. Si l’on se réfère aux lois fondamentales sous le royaume. pour tenir compte des évolutions qui vont se produire. de provoquer une éventuelle révision du texte constitutionnel. la Constitution concerne la manière dont les règles ont été édictées ou encore la manière dont elles peuvent être modifiées  Mise en œuvre des procédures de révision. En revanche il n’est pas exclu de trouver dans une Constitution formelle des règles qui ne sont pas matériellement constitutionnelle. Il ne faut pas confondre deux notions : constitution souple et constitution coutumière. toutes les Constitutions coutumières ne sont pas nécessairement souples. En revanche. Page 9 . §2 : Constitution souple et Constitution rigide Le problème est celui de la possibilité offerte aux autorités légales d’un pays.

Donc ce n’est pas la même chose que le nombre d’électeurs susceptible de voter. au sein des Constitutions écrites. Page 10 . il a existé un certain nombre de Constitutions considérées comme souples telles que les Chartes de 1814 et 1830. §3 Constitutions écrites et Constitutions coutumières C’est une distinction traditionnelle. (50% des suffrages exprimés +1 voix). On peut exiger une majorité plus importante que celle exigée pour une loi plus ordinaire. Les Constitutions coutumières contiennent très généralement une part d’écrit. « Le Parlement peut tout faire sauf transformer un homme en femme. On peut aussi exiger la majorité des deux tiers des suffrages exprimés. On peut aussi exiger un certain délai à observer entre la date de dépôt du texte de révision et la discussion ou le vote de ce texte. pour que le Premier Ministre soit levé de sa fonction. Ou bien l’obligation de soumettre le texte à l’approbation du peuple  Référendum. Même si l’Assemblée vote une motion de censure. Ce peut être la majorité absolue des membres composant la ou les assemblées. » B] Les Constitutions rigides On évoque la mise en place d’une procédure spécifique par le constituant. L’exemple classique est celui de la Grande Bretagne où en vertu du principe de souveraineté des parlements. Il n’y a presque plus d’Etat qui utilise cette notion de Constitution souple. et inversement. Ce principe est très rare du fait d’un principe d’auto limitation qui prévaut en GrandeBretagne. Dans ces Chartes.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Historiquement. Ex : 100 électeurs  40 blancs et 60 votes majorité= 30+1 Si le texte recueil au moins 289 voix il est adopté (il y a 577 députés). Les suffrages exprimés s’est tous les votants moins les suffrages blancs ou nonconformes. une loi de nature constitutionnelle. on n’a inséré aucun mode de révision. il existe certaines coutumes. ce dernier en votant simplement une loi peut remettre en cause une question. L’objectif est de donner un caractère solennel à la modification. il faut que ce soit la majorité de l’Assemblée qui la vote mais que dans cette majorité il y ait des membres du même parti que le Premier Ministre.

 Deuxième condition : il faut que l’interprétation du texte soit identique.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille A] Les Constitutions écrites Historiquement. Un texte écrit ne peut pas tout prévoir. Même si le peuple n’est pas appelé à donner son avis directement. Tout d’abord. il est donc décidé de mettre en place l’Etat d’urgence qui accorde tous les pouvoirs au Préfet. Ensuite. Page 11 . il démissionnerait. On définit une coutume constitutionnelle par l’ensemble des usages nés de la pratique de la Constitution et considérés comme ayant force obligatoire. Et c’est ce qui donnera naissance par la suite aux Etats-Unis. Troisième condition : l’interprétation doit être claire. vint le tour de la France d’élaborer sa première Constitution en 1791. Le second avantage des Constitutions écrites est qu’elles seraient plus accessible au peuple.  Première condition : la même interprétation de la disposition doit avoir été effectuée sur une période relativement longue. elle n’est pas devenue une coutume. celui-ci peut être confié aux parlementaires qui dans la plupart des pays sont élus par le peuple. C’est une Constitution qui est précédé d’une Déclaration des Droits de l’Homme. Ex : le Général de Gaulle adorait jouer avec le Référendum en disant qu’en cas de réponse contraire. les premières constitutions écrites ont été édifiées au sein des colonies anglaises britanniques telles que celle de la Virginie en 1776. qui serait plus à même à la compréhension du texte de l’ensemble des droits qui y sont contenus. Le but de la coutume est de permettre une meilleure lisibilité du texte constitutionnel. Sa position de principe aurait pu être une coutume mais comme elle n’a pas toujours eu lieu. En clair on ne peut admettre l’existence d’une coutume constitutionnelle en cas d’interprétation divergente. l’adoption de tel texte peut être effectuée par le peuple luimême à travers une consultation populaire comme le référendum. Elle doit avoir vocation à s’appliquer en période normale et non pas dans le cadre de circonstance exceptionnelle  Ex : il y a des émeutes dans le Sud. Il doit y avoir répétition de l’interprétation dans le temps.

Néanmoins il y existe un certain nombre de textes écrits comme ayant une valeur constitutionnelle : . .Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille  Quatrième condition : l’interprétation doit faire l’objet d’un certain consensus non seulement de la part de l’opinion mais aussi de la part des organes politiques et constitutionnels. B] Les Constitutions coutumières Par exemple. On va distinguer cette distinction de deux autres expressions : les pouvoirs constitués et l’expression de pouvoir dérivé. le Royaume Uni. . La notion de pouvoir constituant se subdivise : . Page 12 . D’autres actes ont été adopté dans le but d’assurer une meilleure organisation politique tel que le Parliament act en 1949 qui a une valeur très importante pour les britanniques.l’acte d’Habeas corpus de 1679. Section 2: L’établissement constitutions et la révision des §1 : L’établissement des Constitutions : A] L’organe compétent pour établir la Constitution : Il n’y a aucune solution unanimement admise.la MAGNA CARTA (=la grande charte) de 1215. Les pouvoirs constitués se sont les organes prévus et organisés par le texte constitutionnel lui-même. .le Bill of rights de 1689. L’organe compétent est celui qui possède le pouvoir constituant originaire. Il s’agira par exemple du chef de l’exécutif.le pouvoir constituant originaire : c’est celui dont le rôle est de mettre en place une Constitution dans les Etats qui n’en possède pas. Tous ces textes ont pour objet d’offrir des droits aux peuples et de se protéger contre les risques arbitraires de la Monarchie. des Assemblées parlementaires ou encore du gouvernement.la pétition des droits de 1628.

Il peut tout d’abord arriver que l’Assemblée existante se transforme en Assemblée Constituante sans pour autant que de nouvelle élection est lieu.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille - le pouvoir constituant dérivé : c’est l’organe qui a la charge de procéder à la modification d’un texte constitutionnel déjà en vigueur. Page 13 . Cela signifie qu’en l’absence de toutes règles limitatives. a valeur d’Assemblée souveraine et temporaire. le seul véritable problème est celui de la représentativité de l’Assemblée Constituante. En pratique.  La deuxième situation est celle dans laquelle la Constitution est exclusivement élaborée par une Assemblée élue. les élus ne représentent pas les électeurs qui les ont élus mais la nation dans son ensemble. Dans un régime représentatif. les régimes autoritaires et ainsi qu’au sein des monarchies absolues. L’un des prolongements c’est qu’ils ne sont pas soumis à un mandat impératif. Quelque soit le procédé choisi. Il s’agit des régimes fondés sur la souveraineté de la nation. On relève trois procédés :  La première situation est celle où le pouvoir constituant originaire est attribué à un individu. en principe. Il faut trouver le régime qui conviendra le mieux à la nation. Concernant la Constitution. une fois cette tâche accomplie. C’est quelque chose que l’on retrouve dans 3 types de régimes : les dictatures. L’élection d’une Assemblée constituante constitue un procédé démocratique puisque en réalité c’est le peuple qui est seul titulaire du pouvoir constituant qui va tout simplement en confier l’exercice à ses représentants. le pouvoir est dit inconditionné. la situation n’est pas aussi simple. Il peut aussi arriver que l’Assemblée Constituante se maintienne et se transforme par là même en Assemblée législative. Cette Assemblée a pour seul et unique rôle d’élaborer et de voter la Constitution. Cette technique a été utilisée à différentes reprises comme lors de l’adoption des Constitutions de 1791 ou encore lors de l’adoption de la Constitution de 1848 (Suffrage universel direct masculin en 1848). Par conséquent. Cette Assemblée. C’est tout sauf démocratique. On la trouve dans les régimes représentatifs. il y a une procédure dite solennel. Celui-ci va bénéficier du droit d’élaborer du texte et il va pourvoir à l’entrée en vigueur du texte constitutionnel. c’est-à-dire qu’on crée ce que l’on veut. et les lois constitutionnelles de 1875. cette assemblée devrait en toute logique disparaitre.

 La troisième situation est celle qui consiste à offrir directement au peuple le droit d’exercer le pouvoir constituant originaire à travers le procédé du référendum constitutionnel. ça a d’abord concerné les Etats d’Asie et au cours des années 1960 certains pays africains. C’est notamment ce qui s’est passé en France à propos du premier sujet de Constitution d’avril 1946 qui aurait dû consacrer l’entrée en vigueur de la quatrième république. L’exemple le plus connu est celui de la Suisse ou de la France lors de l’élaboration de la Constitution du 4 octobre 1958. (Peut-on dire que l’on est représentatif lorsque l’on a seulement 30% de la population qui a voté pour nous ? C’est pourquoi l’on a mis en place un deuxième tour avec seulement deux candidats  légitimité ?). cela s’explique par la multiplication d’Etats nouveaux qui ferait courir un risque d’affaiblissement car il n’aurait d’Etat que le nom. C’est ce qu’on appelle le spectre de la balkanisation. C’est un procédé qui fait intervenir à la fois la représentativité nationale et le peuple. On dit que ce texte ne pourra pas acquérir valeur de droit positif. celui-ci ne bénéficiera d’aucune valeur juridique. la première chose que les autorités entendent faire. ce dernier avait pour obligation de le soumettre à Référendum. C’est par là le système le plus démocratique. Néanmoins ce phénomène étant en relative régression. Mais ce texte a été rejeté par les français le 5 mai 1946. B] Le moment d’établissement des Constitutions : 1] La création des Etats : Lors de la création d’un Etat. On peut constater que souvent c’est la reproduction à l’identique de la Constitution française. 2] Les bouleversements se produisant dans les Etats déjà existants : Ne pas confondre changement de régime et changement de gouvernement. Page 14 . Le risque s’est qu’en cas de refus du peuple d’adopter le texte établit par l’Assemblée Constituante.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille C’est quelque chose que l’on retrouve un peu partout. Une fois un projet élaboré. c’est se doter d’un texte constitutionnel. Sur un plan historique.

Alors que dans le second cas. §2 : La révision des Constitutions Un texte constitutionnel peut être modifié pour des raisons diverses.Il arrive que les modifications opérées soient si importantes qu’on arrive à une nouvelle Constitution. C’est la modifier en changeant ou en supprimant des articles. Par exemple. la Constitution n’aura aucun changement. Cela peut aussi se manifester en cas de crise grave notamment en 1958. Cette technique doit être condamné sauf si cette possibilité est expressément prévu par le texte constitutionnel. Il y a dans tous les cas une volonté de faire table rase du passé.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Dans le premier cas. On parle généralement d’un nettoyage du texte constitutionnel. certaines dispositions ont été modifié tels que les articles 11 et 28. Enfin certaines révisions sont importantes parce qu’elles témoignent d’une véritable volonté de changement. En 1995. Cela peut se manifester à la suite d’une Révolution tel que celle de 1789. Il pourrait y avoir des fraudes lors de cette modification. changement de gouvernement en faveur de la gauche. En raison de l’importance matérielle des articles modifiés ainsi que de leur nombre on peut mesurer au mieux la portée de la révision. Mais il n’y pas de modification au niveau de la Constitution.  Exemple de nouvelle élection : la droite perd. de la loi sur les tests ADN à l’immigration. Celui qui consiste à opérer une révision de la procédure de révision afin de pouvoir dans un second temps modifier le texte constitutionnel. Page 15 . On peut effectuer une révision pour modifier des dispositions qui ont révélé leurs imperfections. On peut aussi opérer une Constitution au vue de la rendre plus conforme à l’esprit du moment notamment avec la révision d’août 1945 où l’on a supprimé les dispositions relatives à la communauté. En revanche certains titres ont purement et simplement disparu comme le titre 17 de la Constitution de 1958. le régime fait l’objet d’un rejet massif de la plus importante partie du peuple. C’est bien sûr le cas de la défaite de l’Allemagne nazi et elle va déboucher sur la création de la loi fondamentale du 23 mai 1949. Avec ici deux aspects qui sont régulièrement critiqués : . Cela résulte aussi d’une défaite militaire. On songe à la révision d’août 1995 ou de celle de juillet 2008.

L’Assemblée Nationale peut être dissoute par le chef de l’Etat. c’est le cas notamment en Suisse où une pétition qui a recueilli au moins 100 000 signatures suffit pour déclencher une révision de la Constitution. Admettons que le Président de la République ne peut plus dissoudre l’Assemblée Nationale. l’initiative peut appartenir directement au peuple. Dans les régimes autoritaires. il conserve cependant la maîtrise de la procédure. En clair. L’initiative peut par ailleurs appartenir au Parlement seul. nous sommes dans le cadre du système américain pourtant on a changé seulement une seule disposition. C’est une disposition que l’on rencontrait sous la IVème République. ce droit revient à l’exécutif. Page 16 . Par exemple. le gouvernement de Fillon peut être renversé par l’Assemblée Nationale. il s’agit d’identifier qui possède le droit d’engager la procédure de révision. On a tenté de mettre en place un équilibre. Dans les démocraties. B] La procédure de révision Désormais le procédé le plus classique consiste à associer l’Assemblée Nationale et le Sénat. selon l’alinéa premier de l’article 89 de la Constitution : « l’initiative de la révision appartient concurremment au Président de la République sur proposition du Premier Ministre et aux membres du Parlement ». Même si le chef de l’Etat ne dispose pas directement de l’initiative législative. si j’ai la majorité je peux faire ce que je veux et par exemple me sacrer empereur.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Petit postulat : La France est un régime parlementaire c’est-à-dire que le gouvernement est politiquement responsable devant l’Assemblée Nationale. Admettons à présent que l’on modifie une seule petite autre modification tel que l’article 89 de la Constitution qui devient par là souple. A] L’initiative de la révision Lorsque l’on parle d’initiative. La dernière possibilité est celle qui consiste à offrir concurremment à l’exécutif et au pouvoir législatif d’être à l’origine de la révision de la Constitution.

En France. Les auteurs disaient qu’il fallait ajouter un cas de révision lorsqu’on aborde le cas de l’article 16.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille On va exiger que le projet de révision soit adopté en terme identique par les deux chambres. la révision ne sera définitive qu’après avoir été approuvée par Référendum. En pratique. Dans un pays comme les Etats-Unis. une révision constitutionnelle ne sera considérée comme définitive qu’à la condition qu’au moins les trois quarts des Etats fédérés aient approuvés la modification ainsi apportée à la Constitution. Et ce n’est que dans un second temps que l’on exigera l’adoption définitive du texte à la majorité qualifiée c’est-à-dire une majorité plus importante que la majorité normale. le Conseil Constitutionnel a ajouté un nouveau cas de limitation du pouvoir constituant en relevant que la Constitution ne pourrait être révisée lors de la durée d’application de l’article 16 de la Constitution qui attribut au chef de l’Etat les pleins pouvoirs. Sur le fondement de l’article 89 alinéa 4 : « aucune révision ne peut être effectué lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire ». Après la décision de Maastricht en 1992. selon cette disposition une fois adoptée en terme identique par les parlementaires dans chacune des chambres. c’est quelque chose qui est tout à fait envisageable. cela ne constituait qu’une position doctrinale. Jusqu’à l’intervention de cette décision. on peut considérer qu’il serait anormal de limiter par avant son pouvoir. Alinéa 2 de l’article 89. la Constitution elle-même prévoit de telle interdiction comme celle qui résulte de l’interdiction de réviser la forme républicaine de gouvernement. C] Les limites à la révision Le pouvoir constituant étant généralement considéré comme souverain sauf si le pouvoir est conditionné. Dernier exemple. Concrètement sur le fondement de l’alinéa 3 de l’article 89 : le fondement du propos devra réunir au moins les trois cinquième des parlementaires réunis en Congrès. Page 17 . la Constitution prévoit que sur le principe de participation des Etats fédérés. qui a été rendue le 2 décembre 1992. cette hypothèse résulte des termes du dernier alinéa de l’article 7 de la Constitution : « aucune révision de la Constitution ne peut être effectué lors de la vacance de la République ainsi que durant la période qui s’écoule entre la constatation du caractère définitif de l’empêchement du Président et l’élection de son successeur ».

] Page 18 .Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille [« erga omnes » = tout le monde doit se soumettre au pouvoir de la Constitution.

le roi perd sa qualité de monarque du droit divin pour devenir si l’on peut dire que le roi des français. Par exemple. Selon ce texte le roi ne pouvait désormais plus donner un ordre quelconque sans le contreseing d’un ministre. ce texte considère que la monarchie est toujours héréditaire. on peut considérer qu’il peut être dépossédé de son pouvoir et la Constitution prévoyait en effet un certain nombre de cas dans lequel le roi pouvait être destitué. Le pouvoir a été confié à une Assemblée unique élu au suffrage censitaire. celui-ci n’avait plus été appelé à siéger depuis 1614.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Partie I: L’histoire constitutionnelle depuis 1789 En raison des difficultés financières que connait la France en 1789. En effet. à l’époque le roi bénéficiait d’un droit de veto suspensif. Il fallait que l’Assemblée adopte un texte semblable au cours des deux législatures suivantes de sorte que le droit de veto pouvait être surmonté. Cette Assemblée possédait la plénitude du pouvoir législatif avec toutefois une réserve. ceux-ci vont se constituer en Assemblée Constituante. seule Page 19 . De cette déclaration. elle va convoquer les Etats généraux. On trouve dans ce texte les libertés que tous hommes possèdent du fait de sa nature d’Homme et dont ils ne peuvent être dépossédé par le pouvoir politique  Tous les hommes naissent libres et égaux en droit. En effet. bien au contraire dans la mesure où la responsabilité des ministres n’existait pas. Il représente seulement les français. il n’a pas été entendu faire table rase du passé. Cet organe adoptera la première Constitution française et adoptera l’acte de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789. Dans le prolongement. il y a deux éléments qui se dégagent : Ce texte fait état des règles auxquelles les pouvoirs politiques doivent être assujettis : il s’agit du respect de la souveraineté nationale et du respect du principe de séparation des pouvoirs. Au mois de juin de la même année. Seulement c’est le fondement du pouvoir obtenu par le roi qui est modifié. On disait qu’il était suspensif parce qu’il pouvait être surmonté par l’Assemblée. Le droit de veto était dans la pratique presque absolu. Malgré l’expérience anglaise ceux-ci ne vont pas choisir d’instaurer un régime parlementaire. - Concernant la Constitution de 1791.

Ils vont voter pour un collège et c’est ce collège qui va voter pour la personne. Page 20 .  Concernant le pouvoir exécutif. celui-ci pouvait être déféré au Sénat mais ce système a été un échec total car les chambres étaient inféodées au pouvoir exécutif. L’objectif est de faire en sorte qu’aucune chambre ne soit en mesure de prendre l’ascendant sur l’autre. C’est une chambre qui émet qu’un vœu. Une nouvelle période va débuter avec l’entrée en vigueur de la Constitution du 22 frimaire an 8 soit le 13 décembre 1799. il va être offert à un collège désigné par le corps législatif. Il pouvait nommer et révoquer le ministre. Il devait souvent prendre leur avis mais il n’était pas tenu de les suivre.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille leur responsabilité pénale pouvait être mise en œuvre. Par la suite. Dans le même temps. en cas de doute sur la constitutionnalité du texte. Les projets de loi étaient discutés par le Tribunat. ici c’est le premier Consul qui a la prééminence au sein de ce groupe. Le 27 juillet 1794 : chute de Robespierre Constitution inappliquée de 1793 Directoire en l’an 3 (22 août 1795) Les initiateurs du texte vont écarter un grand nombre du droit de vote. le Parlement va être divisé en deux chambres. même en cas de conflit majeur avec l’Assemblée. Cambacérès et Lebrun). le roi ne pouvait provoquer de nouvelles élections. Ce texte n’est pas précédé par une déclaration des droits et son but était de renforcer de manière considérable les prérogatives de l’exécutif. Il nommait tous les conseillers d’Etats. les ministres ainsi que tous les officiers de l’armée. Ce régime va être un échec et il va notamment s’achever par un coup d’Etat réalisé par Napoléon Bonaparte le 18 brumaire an 8 soit le 9 novembre 1799. Ils étaient nommés par la Constitution pour une durée de 10 ans. Lui seul pouvait prendre les décisions les plus importantes. Il y avait tout d’abord le Conseil des Anciens et ensuite la Chambre des 500. Enfin. ils vont aussi instaurer un vote à deux degré s’agissant d’une élection de parlementaire.  Concernant la structure en tant que telle. Mais contrairement au Directoire. Le gouvernement va désormais être composé de 3 consules (Bonaparte. le texte était transmis au corps législatif qui devait voter le texte mais sans qu’aucun de ses membres ne puissent discuter. Par ailleurs.

la Monarchie de droit divin va être rétablie. A partir de 1848. la France était un régime extrêmement centralisé. il y a une nouvelle période qui va s’ouvrir et conduire à l’avènement durable de la République. le Président en exercice ne pouvait être immédiatement réélu au terme de son premier mandat qui à l’époque était de 4 ans.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille A l’époque. Chapitre 1: République La troisième Section 1 : La mise en place du régime Après la défaite de Sedan et la capitulation de Napoléon III le 2 septembre 1870. La République est proclamée le 4 septembre. c’est la proclamation du suffrage direct masculin. Le Sénat prononcera la déchéance de l’Empereur et de sa famille le 2 avril 1814. Cette première période va prendre fin avec les insurrections de juillet 1830. Ce sera la Deuxième République. Louis Philippe va devenir roi des français. On considère que celui-ci va effectuer le 2 décembre 1851 un coup d’Etat. Ce texte prévoyait la mise en place d’un pouvoir exécutif fort avec un Président de la République élu au suffrage universel masculin. En juin 1814. Bonaparte prend le titre d’Empereur des français. C’est Charles X qui sera renversé. Deux ans plus tard. on va voir notamment apparaître une règle très importante qui est la responsabilité ministérielle. C’est à partir de là qu’en France l’esclavage va être aboli. Car même si ce texte ne fait pas expressément état des relations entre l’exécutif et le législatif. Celui qui prend la tête de la Monarchie c’est Louis XVIII. Page 21 . Le premier à être élu est Louis Napoléon Bonaparte. il y a quelques éléments importants tels que la Charte de juin 1814. Concernant cette période. Son règne va aussi être interrompu par la Révolution de février 1848 et quelques mois plus tard on va voir réapparaitre la République. On peut se référer au Senatus consulte du 2 août 1802 qui va conférer à Bonaparte le titre de Consul à vie. La transmission du pouvoir se faisait selon les règles de la loi Salique c’est-à-dire que les femmes étaient exclues de la vie politique. A la fin du Premier Empire. On considère que c’est un coup d’Etat car selon le texte lui-même.

En février 1871. Celui-ci ne va pas être en mesure de renverser et va par conséquent signer une convention d’armistice le 28 janvier 1871. On va assister à l’exécution sommaire de plusieurs milliers de personnes. il doit notamment conclure la paix. Il s’agissait d’un pouvoir insurrectionnel. Toutefois ses décisions doivent être contre signées par les ministres responsables.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille §1 : La préparation des lois constitutionnelles de 1875 Dès la proclamation de la République. Il est en outre assisté de ministre qu’il nomme et qu’il peut révoquer. il est confronté à des difficultés. l’Assemblée va adopter deux décisions : En raison des circonstances elle va réserver le problème de la mise en place des institutions futures c’est ce que l’on va appeler le Pacte de Bordeaux. le chef du pouvoir exécutif est nommé et révoqué par l’Assemblée et même s’il est vrai qu’il peut choisir ses ministres il est tout de même placé sous étroite dépendance de la Chambre et c’est ce qu’on appelle ici un régime de confusion des pouvoirs au profit du législatif. Juridiquement ce qui est mis en place c’est un véritable régime d’Assemblée. En effet. un gouvernement provisoire va être formé. il s’agissait de mettre en place un pouvoir ouvrier. Cette assemblée va se réunir à Bordeaux et elle va se fixer deux objectifs : .Rétablir la paix Les monarchistes et la Droite en générale souhaitaient le retour de la paix alors que les Républicains étaient plutôt favorables à poursuivre la guerre.Etablir une nouvelle Constitution . réorganiser le pays et son nom reste surtout attaché à la répression de la Commune de Paris. Dès le début de la prise de fonction. Page 22 . En effet. . La Commune de Paris éclate le 18 mars 1871. - A] La Constitution Rivet du 31 août 1871 : Au terme de ce texte. le chef de l’exécutif prendra dorénavant le titre de Président.Ensuite elle va réinvestir Adolf Thiers dans les fonctions de chef du pouvoir exécutif. La répression va débuter le 2 avril mais elle va atteindre son point culminant au cours de la semaine sanglante.

il faut savoir que le Président et ses ministres peuvent être contraints à la démission. Et ce n’est que lors d’une séance ultérieure qu’un vote pouvait avoir lieu hors la présence de l’intéressé. B] La Constitution de Broglie ou loi chinoise du 13 mars 1873 : Thiers va se montrer favorable à la mise en place d’une République conservatrice de sorte que la majorité conservatrice monarchiste va essayer de se séparer du Président Thiers. Ce texte prévoyait que dorénavant les rapports entre le pouvoir exécutif et législatif s’effectueraient par l’intermédiaire des ministres. En effet. certains vont simplement tenter de rétablir la Monarchie. On va se résoudre à attendre la mort du compte de Chambord parce qu’il n’avait pas d’enfant. Tout était prêt et la Monarchie aurait dû être restaurée mais ce n’a pu être fait à cause de l’obstination du compte de Chambord. Après son discours. on va décider le 20 novembre 1873 que le pouvoir exécutif serait conféré pour 7 ans à Mac Mahon. En attendant. Malgré tout.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille L’objectif essentiel de ce texte est de réaffirmer la prépondérance du pouvoir législatif sur l’autorité exécutive. C] La loi du septennat du 20 novembre 1873 : Suite au départ de Thiers. Cette procédure qui visait à affaiblir Thiers aboutira à sa mise en minorité le 24 mai 1873 et à partir de là il remet sa démission et il sera remplacé par le Maréchal MAC MAHON. le chef de l’Etat conservait le droit de se présenter devant l’Assemblée mais seulement dans certaines situations préétablies. Il prend donc un risque. Ceux-ci avaient notamment la charge de venir lire les messages du Président devant l’Assemblée. Il ne pouvait prendre directement la parole qu’après une délibération du Conseil des ministres déclarant que les questions soulevées se rattachaient à la politique générale du gouvernement et que cela engageait la responsabilité du Président de la République. Et c’est en outre à eux que devait être adressé ce que l’on appelle l’interpellation qui n’existe plus aujourd’hui. Il pouvait s’agir notamment du problème de la politique intérieur. Page 23 . la séance était immédiatement levée. Il refusait d’accepter le trône des mains de l’Assemblée mais aussi il refusait de reconnaitre le drapeau tricolore.

Il disposait de l’initiative législative. Le Président est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée Nationale. Et de manière indéfinie. Il pouvait demander une nouvelle délibération de la loi. Il pouvait convoquer les chambres en session extraordinaire. et les ajourner. Principe de parallélisme des compétences : ce que je fais. Il pouvait être à l’origine des dépôts. La deuxième c’est la loi du 25 février 1875 et elle est relative à l’organisation des pouvoirs publics. Tous ses actes. j’ai également l’autorisation de le défaire. Il disposait du droit de dissoudre la Chambre des députés mais après avis Page 24 . Il pouvait déclencher la guerre après autorisation parlementaire. §2 : Les lois constitutionnelles de 1875 Ces lois constitutionnelles sont au nombre de 3 et elles ont été adopté à la suite des concessions réciproque réalisé entre les Républicains et les monarchistes modérées La première loi est relative au Sénat et elle va être adoptée le 24 février 1875. Il signait des Traités internationaux. Cet amendement a été adopté avec seulement une voie de différence. Elle ne doit pas être assimilée à un droit de veto comme cela a existé dans la constitution de 1791. devaient être contre signés par un ou plusieurs ministres. Mais surtout pas de confusion. A] Le pouvoir exécutif Il s’agissait d’un pouvoir exécutif bicéphale confié à un Président et à des ministres. Et la dernière c’est celle qui règle les rapports entre les pouvoirs publics adoptée le 16 juillet 1875. Il assurait également la promulgation des lois. Il bénéficiait aussi du droit de grâce. Il avait la charge de l’exécution des lois. Il va déposer un amendement qui transformait le septennat personnel de Mac Mahon en septennat impersonnel. Le Président de la République était élu pour 7 ans par les deux assemblées. Seule en effet sa responsabilité politique pouvait être engagée pour crime de haute trahison.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille D] L’amendement Wallon du 30 janvier 1875 : Lors de l’adoption de la loi sur le septennat le corps législatif va décider qu’une commission serait chargée d’établir un projet de Constitution. Il nommait et révoquait les ministres. Il est désormais politiquement irresponsable.

Le nombre de députés n’étant pas précisé par la Constitution. Page 25 . Cette Assemblée était compétente non seulement pour élire le Président de la République mais aussi pour réviser les lois constitutionnelles. Ces lois constitutionnelles emploient très rarement le terme de gouvernement et les textes ne prévoyaient presque rien quant au Chef du gouvernement. celui-ci oscillait entre 500 et 600. la catégorie des sénateurs inamovibles a été supprimée. Parce qu’en cas de décès le nouveau sénateur était coopté par les sénateurs eux-mêmes. Dans le cadre d’élections par arrondissement.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille conforme du Sénat. B] Le Sénat Cet organe se composait de 300 membres âgés au moins de 40 ans. Le pouvoir : structure bicamérale Sénat et Chambre des députés. on fait référence sous la Troisième République aux deux chambres soit l’équivalent du Congrès qui se réunit à Versailles. lorsque l’on parle de l’Assemblée Nationale. Comme ce n’est arrivé qu’une fois c’est un mécanisme de codécision (1877). Le gouvernement était politiquement responsable devant chacune des Chambres. 225 sénateurs étaient élus soit au scrutin majoritaire uninominal soit au scrutin de liste pour une durée de 9 ans. Ils étaient mis en accusation par la Chambre des députés et jugé par le Sénat constitué en Cour de Justice. Le dernier sénateur inamovible à vie va mourir en 1917. Dès cette époque. Les Ministres pouvaient intervenir devant chaque Chambre. Néanmoins suite à la révision de la Constitution de 1884. Les membres du gouvernement pouvaient être poursuivis pénalement. La durée a été rabaissée à 6 ans. C] La Chambre des députés : Ses membres étaient élus au suffrage universel direct pour une durée de 4 ans. Les autres 74 sénateurs restants étaient élus par le scrutin de liste par les députés. Une session extraordinaire est une session ordinaire qui est prolongée. Soit 30 ans plus tard. Ils avaient un statut très particulier parce qu’ils étaient élus à vie. le Sénat a été considéré comme le grand conseil des communes françaises et c’est encore aujourd’hui le cas notamment en fonction de son mode de désignation. Cette Chambre se renouvelait par tiers tous les 3 ans.

Il pouvait s'agir d’un type parlementarisme de type dualiste ou de type moniste. La durée du mandat des sénateurs assurait à ces derniers une forme de suprématie constitutionnelle au sein du pouvoir législatif. Si on fait application des règles d’un régime parlementaire. Le problème c’est que le maréchal Mac Mahon avait des convictions royalistes. Lors des premières années d’existence de la IIIème. Section 2 : Le fonctionnement des lois constitutionnelles de 1875 §1 : Le fonctionnement des institutions jusqu’en 1879 Lors de l’élaboration des lois constitutionnelles de 1875. celui-ci n’a pas été placé dans l’obligation d’être réélu en 1875. le peuple va donner la majorité aux Républicains. En France. on s’est orienté vers un parlementarisme de type dualiste dans lequel le gouvernement était responsable à la fois devant le Parlement et le Président de la République. Il va s’y refuser. Le Président Mac Mahon ayant été élu en 1873. Lors des élections de mars 1876. Concernant les rapports entre les deux Chambres. on s’est orienté vers un parlementarisme de type moniste même si en réalité le régime a basculé vers un régime d’Assemblée. A partir de là Mac Mahon va essayer de trouver un candidat qui puisse trouver la confiance de la Chambre. DUFAURE qui est un homme de droite. Mais cette chambre peut être dissoute par la Reine. Il appelle M. Il va appeler Jules SIMON. seule la chambre des députés pouvait être dissoute. c’est un régime classique moniste : le gouvernement est responsable devant la Chambre des communes qui peut le renverser. le constituant n’a pas pris soin de préciser quel type de régime serait mis en place.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille §3 : Les attributions des chambres Toutes deux possédaient l’initiative législative. La Chambre des députés ayant cependant une priorité dans l’examen et le vote des lois de finance. En Angleterre. Page 26 . c’est un Régime parlementaire dualiste : le gouvernement est responsable devant l’Assemblée nationale qui peut être dissoute mais il est aussi politiquement responsable devant le Président de la République. Toutefois à partir de 1879. le Président Mac Mahon aurait dû appeler pour former le gouvernement l’un des leaders de la majorité à la Chambre. Mais le problème est qu’il va être mis en minorité à plusieurs reprises et il préférera démissionner de ses fonctions.

On va mettre en place le gouvernement de la France libre qui n’a juridiquement aucune existence légale. La loi constitutionnelle du 21 juin 1879 va procéder à l’abrogation de l’article 9 de la loi du 25 février qui fixait à Versailles le siège des pouvoirs publics. les chambres vont engager à la demande du gouvernement une révision de la constitution. La IIIème République doit-elle se poursuivre ou alors faut-il adopter une nouvelle Constitution ? Ce Page 27 . Période de révolution nationale. le Duc de BROGLIE est appelé à former le nouveau gouvernement et les Chambres sont ajournées. il va s’octroyer le titre de chef de l’Etat. Ce texte va offrir au maréchal Pétain le pouvoir constituant. Elle s’est auto proclamée. Elle est considérée comme une période de négation de l’Etat de droit. De même. La IIIème République va prendre fin avec la défaite de 1940. Il est mis à nouveau en minorité et à partir de là c’est ce qui va pousser Mac Mahon à demander l’accord du Sénat pour dissoudre l’Assemblée. Il va être remplacé par le cabinet Pétain qui va solliciter et obtenir l’armistice le 16 juin 1940. Peu de temps après ce message. Jules Grévy déclarera « je n’entrerai jamais en lutte contre la volonté nationale ». Néanmoins il va se maintenir au pouvoir jusqu’au 30 juillet 1879. Peu de temps après. la marseillaise va redevenir l’hymne nationale. celles-ci vont donner à nouveau la majorité aux Républicains. Et à cette date il va être remplacé par Jules GREVY. Vont coexister pendant plus de quatre ans deux gouvernements : Etat Français et France libre. §2 La Constitution Grévy : Cette expression traduit la mise en place d’une révision coutumière puisque lors de son message adressé aux Chambres le 6 février 1879. Cela. Suite à l’offensive allemande en mai 1940. va se poser la question du choix du régime. Cela va aboutir à la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940. Lors des élections qui vont suivre. Quelques jours plus tard. le Président Mac Mahon va adresser une lettre de blâme à Jules Simon qui va alors lui aussi remettre sa démission. le cabinet va se diviser et remettre sa démission. Le Général de Gaulle et ses ministres ainsi que l’Assemblée constitutive à Paris dès le mois d’aout 1944. A partir de là. Sur le fondement de ce texte. l’exécutif accepte de s’effacer au bénéfice du pouvoir législatif. Par ces propos. Une situation constitutionnelle qualifiée de normale ne pourra commencer à apparaitre qu’à partir de l’automne 1945. va avoir pour conséquence que la souveraineté parlementaire va être confortée et dans son prolongement on va voir apparaitre le régime d’Assemblée. le 14 juillet va être rétabli comme jour de fête nationale. Mac Mahon est désavoué par le peuple.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Suite à une interpellation effectuée par Gambetta le 16 mai.

Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille choix va être confié aux français eux-mêmes lors du référendum du 21 octobre 1945. « Voulez-vous que l’Assemblée élue ce jour soit une Assemblée constituante ? » 96% des électeurs vont voter oui. Page 28 .

Ce second texte sera en ce qui le concerne adopté par le peuple le 13 octobre 1946 malgré l’hostilité du Général De Gaulle. Néanmoins. En définitive. L’Assemblée Nationale pouvait être dissoute si deux crises ministérielles était intervenue au cours de la seconde moitié de la législature ou alors par autodissolution à l’initiative de la majorité des deux tiers des membres de l’Assemblée. soit suite au vote négatif résultant de la question de confiance posée par le Président du Conseil. si elle n’y parvenait pas. une nouvelle Assemblée Constituante sera élue le 2 juin 1946. Suite au rejet de ce texte. Au sein du pouvoir exécutif. le régime qui aurait du être mis en place était un régime d’Assemblée. Le gouvernement pouvait être renversé soit par le dépôt et le vote d’une motion de censure. le Général de Gaulle avait décidé de quitter ses fonctions le 20 janvier 1946 en raison des divergences qui l’opposaient à la nouvelle Assemblée.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Chapitre 2 : La IVème République L’Assemblée qui va être élue disposait d’un délai de sept mois pour établir une nouvelle Constitution. Cette nouvelle Constitution entrera en vigueur le 27 octobre 1946. celle-ci serait dissoute et une nouvelle Assemblée serait élue. ou si le texte proposé n’était pas adopté par le peuple. Selon ce texte. En ce qui le concerne. celui qui possédait l’effectivité du pouvoir c’était le Président du Conseil qui aurait été élu par l’Assemblée Nationale à la majorité absolue de ses membres. Le pouvoir exécutif était attribué à un Président de la République mais celui-ci n’assurait qu’une fonction honorifique. Le projet qui va être établi ne sera adopté à l’Assemblée que par les socialistes et les communistes. Page 29 . Ce projet de constitution adopté le 19 avril 46 sera rejeté par Référendum le 5 mai 1946. qui s’est exprimée à l’occasion de son discours de Bayeux le 10 juin. Ce texte est précédé par un Préambule qui réaffirme entre autre son attachement à la déclaration de 1789. le pouvoir législatif était remis à une seule assemblée élue pour cinq ans au suffrage universel direct. Elle pouvait être aidée par deux conseils : le conseil de l’union française et le conseil économique. Il ne disposait pas même du droit de choisir le Président du Conseil.

non seulement car le nombre de député était librement fixé par l’Assemblée. Par rapport aux lois constitutionnelles de 1875. La session normale du Parlement ne pouvait être inférieure à sept mois. Ce système a été décrié lors de son entrée en vigueur mais il faut savoir qu’il a été à nouveau utilisé en 1956. le Conseil d’Arrêt Public était en situation de retrait par rapport à l’autre chambre. on a adopté la loi du 9 mai 1951 qui a introduit un correctif majoritaire au sein du système proportionnel. L’Assemblée adopte un texte. les listes apparentées qui obtenaient à la majorité absolue des suffrages exprimées bénéficiaient de l’ensemble des sièges à pourvoir. Mais au bout d’un moment. Sinon. B] Le Conseil de la République Elu au suffrage universel indirect par les représentants des collectivités territoriales. Ce n’est que dans un second temps que les formations politiques se partageaient les sièges à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne. était inégalitaire et il profitait avant tout à l’Assemblée Nationale. le Sénat doit l’adopter dans les mêmes termes. Toutefois afin de s’opposer au parti Communiste. ici le bicamérisme ou bicaméralisme. Au sein d’un même département. alors que le nombre de conseillers de la République était quant à lui fixé par la Constitution. Page 30 . En outre elle pouvait être réunie en session extraordinaire à la demande de son Président ou de la majorité de ses membres. Il était partagé entre l’Assemblée Nationale et le Conseil de la République (= Sénat). A] L’Assemblée Nationale Cette chambre était élue au suffrage universel direct masculin et féminin (depuis 1944) à la représentation proportionnelle avec répartition des restes à la plus forte moyenne. le gouvernement peut demander à l’Assemblée Nationale de se prononcer seule. il est remodifié par l’Assemblée jusqu’à ce qu’il convienne au Sénat. En réalité le Conseil de la République va devenir plutôt une chambre de réflexion dans la mesure où l’Assemblée Nationale disposait du droit de dernier mot.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Section 1 : Le pouvoir législatif §1 : Organisation et statut Le pouvoir législatif sous la quatrième était bicaméral. Cette chambre va perdre le droit de mettre en jeu la responsabilité du gouvernement. Même si son fonctionnement était semblable à celui de la Chambre des Députés.

Concrètement il possédait l’initiative législative et dans le même temps. ni la compétence des commissions parlementaires n’étaient limités. il en résultait que le domaine de la loi était illimité. Le pouvoir réglementaire était entièrement subordonné à la loi. En outre ni le nombre. Enfin le droit d’amendement pouvait intervenir dans toutes les matières. celui-ci ne pouvait être réélu qu’une seule fois. Section 2 : Le pouvoir exécutif Il appartenait au Président de la République et au Conseil des Ministres. le Conseil de la République se contentant d’émettre un avis. en cas de désaccord. En matière de déclaration de guerre. Cette disposition n’a pas empêché le parlement de déléguer à l’exécutif certaines de ses attributions. Page 31 . elle ne peut déléguer ce droit. Cette notion de commission est très importante. l’Assemblée Nationale sur le fondement de l’article 20 de la Constitution. Le Parlement disposait du droit d’amnistie. Réuni en Congrès. il maitrisait la procédure législative. le pouvoir législatif avait la tâche d’élire le Président de la République. Au sein même du Parlement. Il bénéficiait par ailleurs de l’irresponsabilité sur le plan politique sachant que sa responsabilité pénale pouvait être engagée mais seulement en cas de crime de haute trahison. seule l’Assemblée Nationale se prononçait par un vote. Le parlement bénéficiait de la plénitude du pouvoir législatif. Cette disposition visait à interdire le retour à la pratique des décrets lois. Cette prééminence du législatif était renforcée par le fait que l’Assemblée Nationale n’était pas autorisée à se dessaisir de ses attributions. Il pouvait ratifier les traités internationaux. Seule l’Assemblée Nationale bénéficiait ou non du droit de voter une motion de censure. (Modification en juillet 2008).Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille §2 : Les fonctions assumées par le pouvoir législatif Au regard de leur nombre. L’article 13 de la Constitution disposait que l’Assemblée Nationale vote seule la loi. elle pouvait se prononcer en définitive. elles attestaient de la toute puissance du parlement vis-à-vis du pouvoir exécutif. §1 : Le Chef de l’Etat A] Son statut Il était élu pour sept ans par le Parlement réuni en Congrès mais à la différence de la IIIème République.

l’exécution des lois et devait pourvoir à la nomination de tous les emplois civils et militaires autres que ceux pourvus par le Président de la République. Existence d’un gouvernement mort né. S’il conservait certains pouvoirs comme celui d’accréditer les ambassadeurs ou encore signer les traités internationaux. en revanche il ne disposait plus de l’initiative législative car elle appartenait au Président du Conseil. En pratique un second débat d’investiture s’était établi de telle sorte qu’en raison des conditions de majorité. Il dirigeait non seulement l’armée mais il pouvait aussi poser la question de confiance devant la Chambre des députés mais ici après délibération du Conseil des ministres. B] Les prérogatives du Chef de l’Etat Elles vont être considérablement atténuées. en outre. Cette procédure résulte d’une modification du texte constitutionnel intervenu en 1954. le Président du Conseil qui avait été appelé devait se rendre à l’Assemblée avant même d’avoir formé son gouvernement pour y obtenir l’investiture à la majorité absolue des membres de cette même Assemblée. En outre quant au choix du Président du Conseil. En réalité. le chef de l’Etat ne pouvait le désigner qu’après les consultations d’usage.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Les membres des familles ayant régné sur la France ne pouvaient être élus à la présidence de la République. Le Président du Conseil devait par ailleurs obtenir la confiance des députés qui était acquise à la majorité simple. B] Les fonctions du gouvernement La prééminence du Président du Conseil sur les autres membres du gouvernement était organisée par le texte constitutionnel lui-même. certains gouvernements n’obtenaient pas la confiance de l’Assemblée. Page 32 . En effet. §2 : Le Gouvernement A] La formation du gouvernement Cet organe était entièrement dominé par le Président du Conseil qui se voyait reconnaitre le droit de former le gouvernement et devait par la suite aller le présenter à l’Assemblée Nationale. Ce n’est que par la suite qu’il pouvait former son gouvernement. ce choix lui était imposé par le Parlement. Il assurait. L’ensemble de ses actes était contre signé par le Président du Conseil ainsi que par un Ministre. au début de la IVème République. En effet au sein de l’exécutif. seul le Président du Conseil disposait de l’initiative législative.

il faut savoir que la Constitution de 1946 a renoncé au système qui prévalait sous la IIIème. Le gouvernement n’était constitutionnellement tenu de démissionner qu’à la condition que la majorité absolue des membres de l’Assemblée Nationale ait soit adopté la motion de censure. .Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Les ministres étaient collectivement responsables. Dès le 2 juin. Elle n’a été possible qu’en raison d’une erreur de l’Assemblée Nationale elle-même. Conclusion sur la IVème : Le 13 mai 1958. c’est le Général de Gaulle qui va être appelé à former un nouveau gouvernement. soit refusé la confiance. La plupart des gouvernements a pris l’habitude de démissionner alors même qu’ils n’avaient pas été mis en minorité selon les formes constitutionnelles. La multiplication de ces conditions a contribué à interdire la mise en œuvre effective et régulière de ce droit. Tout d’abord. Deux semaines plus tard. devant l’Assemblée. La mise en jeu de la responsabilité politique du gouvernement ne pouvait résulter que du vote d’une motion de censure déposée et adoptée à l’initiative de l’Assemblée Nationale ou suite au refus de la confiance sollicité par le gouvernement. Pour atténuer les risques d’instabilité ministérielle. C’est une attitude d’autant plus regrettable qu’elle a d’autant plus très fortement contribuée à paralyser le droit de dissolution. les pleins pouvoirs lui sont accordés pour une - Page 33 . A ce moment là. Pflimlin obtient la confiance de l’Assemblée à une large majorité. Il va obtenir la confiance de la chambre le 1er juin. les constituants ont tenté d’instaurer des mécanismes visant à assurer une certaine stabilité au gouvernement. Le gouvernement n’était plus responsable devant le Conseil de la République. Le but est de protéger le gouvernement. la dissolution de l’Assemblée Nationale ne pouvait en aucun cas intervenir au cours des 18 premiers mois de la législature. il remet sa démission. Ils étaient aussi individuellement responsables de leurs actes personnels. c'est-à-dire un système où le gouvernement était politiquement responsable devant les deux chambres du Parlement. . En réaction à la IIIème. Au cours de la IVème. deux crises ministérielles étaient intervenues. de la politique mise en œuvre par le gouvernement. le 2 décembre 1955. Cette dissolution ne s’est manifestée qu’à la fin de la IV ème. il n’y a eu qu’une seule dissolution à l’initiative d’Edgar Faure. ayant contraint les gouvernements à remettre leur démission suite au refus de la confiance ou au vote d’une motion de censure dans les formes prévues par la Constitution. Le lendemain. Le gouvernement ne pouvait pas se séparer de l’Assemblée Nationale lorsqu’il le souhaitait.La durée de chaque gouvernement devait avoir été supérieure à 15 jours. une insurrection éclate en Algérie et ses auteurs entendaient défendre l’Algérie Française. C’est ce que l’on appelle le phénomène de rationalisation.Le choix de dissoudre l’Assemblée ne pouvait être décidé que si au cours d’une seconde période de 18 mois.

PARTIE 2 : REPUBLIQUE LA Vème Chapitre 1 : L’élaboration Constitution de 1958 Section 1 : Les Constitution conditions de de la la d’élaboration §1 : Les conditions historiques En 1958. Alors même que le Général de Gaulle détestait les institutions de la IVème République. le général Salan va être nommé délégué du gouvernement en Algérie. Face au problème algérien. En effet lors de son élection en janvier 1956.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille durée de six mois. elle avait non seulement pour tâche de réduire les déficits qui pénalisaient l’économie mais elle devait aussi tenter de résoudre la crise algérienne. Ces difficultés sont accentuées en raison de l’absence de majorité stable et cohérente. Le président René Coty va se mettre à la recherche d’un Président du Conseil. Dans le même temps une crise va éclater avec la Tunisie suite au bombardement d’une base FLN. Au cours de son histoire. il y a eu 21 gouvernements ce qui fait une durée moyenne de vie pour un gouvernement de 6 mois et demi. A partir de la nomination de De Gaulle. la IVème République va disparaître. A partir de là les choses s’accélèrent puisque le Général De Gaulle va faire une intervention où il réaffirme sa condamnation des partis politiques ainsi que son Page 34 . C’est ce qui explique que plusieurs gouvernements ont été successivement mis en minorité. Par ailleurs pour restaurer l’autorité du gouvernement d’Algérie. aucune véritable majorité ne se dégageait à l’Assemblée. l’Assemblée Nationale va se révéler incapable de résoudre l’ensemble des problèmes qui se posent. il a été le dernier Président du Conseil.

Le Général De Gaulle voulait que le Président de la République soit élu au suffrage universel direct. la loi du 3 juin avait expressément prévu que le projet de révision serait soumis à référendum. de plus en plus de personnes vont lui apporter leur soutien. le référendum n’occupait qu’une place marginale. Conditions de forme : La loi du 3 juin précise que la Constitution sera révisée par le gouvernement investi le 1er juin. Le problème c’est qu’à l’époque le gouvernement ne parvient plus à se faire respecter en Algérie ainsi qu’en Corse. L’habilitation a été donnée en propre au Général de Gaulle. . Quoi qu’il en soit. Alors même que sous la IVème. Lorsque le Général de Gaulle est appelé. C’est une habilitation intuitu personae. « Vive De Gaulle » dit le général Salan. Dans le cadre de cette intervention. §2 : Les conditions juridiques Si sur un plan juridique. Pour clore le tout.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille attachement aux valeurs républicaines. une partie de la police va se mettre en grève. C’est du suffrage universel ou des instances élues par lui que dérivent le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif.Le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif doivent être effectivement séparés de façon à ce que le gouvernement et le Président assument la plénitude de leurs attributions. en ce cas le gouvernement qui lui succèderait devrait bénéficier d’une nouvelle habilitation pour réviser la Constitution de 1946. il laisse entendre qu’il pourrait revenir au pouvoir mais seulement sous certaines conditions. Si d’aventure le peuple rejetait le projet de Constitution. Ceux-ci ont été réunis au sein d’un Conseil compétent pour donner un avis. => Laisse augurer une rupture avec les Républiques précédentes et par conséquent une revalorisation du pouvoir exécutif. Des divisions vont apparaitre au sein de l’armée. c’est celle de 1946 qui continuerait à s’appliquer. c’est parce que De Gaulle va bénéficier des procédures de révision qui étaient en cours d’élaboration durant la IVème République. Les Parlementaires ont exigé d’être associés à l’élaboration du projet de Constitution. Conditions de fond : . on va considérer que c’est l’homme providentiel.Le premier principe était celui selon lequel seul le suffrage universel est la source du pouvoir. Page 35 . En Algérie. la loi du 3 juin 1958 a soumis le pouvoir offert au gouvernement à des conditions de forme et à des conditions de fond. Si pour une raison quelconque le gouvernement devait donner sa démission. les choses se sont déroulées si rapidement.

L’autorité judiciaire doit demeurer indépendante pour être à même d’assurer le respect des libertés essentielles telles qu’elles sont définies par le préambule de la Constitution 1946 et par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen à laquelle ils se réfèrent. voter oui signifiait le désir de rester intégrer à la métropole. Cette loi ne présente plus aucune importance. La Chambre des députés est élue à la fin du mois de novembre 1958 et elle s’installera à partir du 9 décembre. seuls les communistes et l’extrême droite vont faire une campagne au non. Il n’entrera en fonction qu’à partir du 8 janvier. Cette phrase condamne la mise en place d’un régime de type présidentiel. Le lendemain le projet sera présenté à la Nation par le Général De Gaulle et André Malraux. Section 2 : L’adoption de la Constitution Le projet de Constitution sera définitivement adopté en Conseil des ministres le 3 septembre. Le Président sera élu le 21 décembre. Le jour même Michel Debré va être appelé au poste de 1er Ministre. Les résultats vont pratiquement partout être favorables à l’adoption de cette Constitution à l’exception de la Guinée qui va refuser d’entrée dans la Communauté.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille - - Le gouvernement doit être responsable devant le Parlement. voter oui aboutissait à l’adoption du projet de Constitution alors que l’inverse aurait manifesté son désir de voir les institutions de la IVème se poursuivre. La Constitution doit permettre d’organiser les rapports de la République avec les peuples qui lui sont associés. Le Sénat ne sera élu qu’en avril 1959. §2 : La mise en place des institutions Ce texte initialement de dispositions transitoires contenues au sein de l’article 14 de la Constitution. Page 36 . On ne souhaite pas faire de l’autorité judiciaire un organe comparable aux deux autres pouvoirs que sont le législatif et l’exécutif. En métropole. La Constitution va être promulguée le 4 octobre 1958 par le Président René Coty. C’est un acte important car il va consacrer l’ouverture de la campagne référendaire. En France. En Algérie. §1 : Le référendum du 28 septembre 1958 Les opérations référendaires se sont déroulées sur une journée à l’exception de l’Algérie où les élections se sont poursuivies pendant 3 jours.

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Sur le fondement de l’article 91 de la Constitution, le gouvernement s’est vu offrir un délai de 4 mois pour pourvoir à la mise en place des institutions. Durant cette période, le gouvernement a été habilité sur le fondement de l’article 92 à prendre toute mesure nécessaire à l’application de la Constitution. Il s’agissait d’assurer le fonctionnement des pouvoirs publics, fixer le régime électoral ou encore assurer la protection des citoyens et la sauvegarde des libertés. Ces mesures adoptées en Conseil des Ministres après avis du Conseil d’Etat avaient contrairement aux ordonnances prises sur le fondement de l’article 38 de la Constitution, valeur législative dès leur édiction. On ne peut pas gouverner comme ça aujourd’hui. En l’espèce, le Parlement était dessaisi des prérogatives qui lui avaient été accordées notamment par l’article 34 de la Constitution. Au cours de cette période, 296 ordonnances ont été adoptées sachant que certains de ces textes sont aujourd’hui encore applicables.

Chapitre 2 : Le pouvoir exécutif
La Constitution du 4 octobre 1958 a mis en place un régime parlementaire d’un type un peu particulier. Sous l’impulsion du général De Gaulle, la fonction exécutive a été renforcée. En son sein le chef de l’Etat occupe une place de tout premier plan en cas de concordance des majorités. Le pouvoir exécutif se compose d’un Président de la République et d’un organe collégial qui est constitué par le gouvernement. On dit souvent que le chef de l’Etat constitue la clef de voûte des institutions

Section 1 : Le Président de la République
A] La désignation du chef de l’Etat 1] L’élection du Président au suffrage universel indirect Dès 1946, lors du discours de Bayeux, le général De Gaulle avait exprimé l’idée selon laquelle l’exécutif ne saurait procéder du pouvoir législatif. Par la même, il s’agissait de condamner le système qui était en vigueur sous les III ème et IVème Républiques. Malgré tout, lors de la mise en place de la V ème, le général De Gaulle n’a pas souhaité intégrer une telle modification dans le projet de Constitution à cause de l’hostilité des parlementaires. Ceux-ci étaient hostiles à la modification du mode d’élection du Président.

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Dans un premier temps, le projet va retenir une solution médiane. En effet, l’article 6 de la Constitution va maintenir le système précédemment en vigueur tout en élargissant le collège électoral. De moins d’un millier, les électeurs présidentiels vont ainsi passer à plus de 80 000 personnes. A travers cette disposition, le général a pu en partie faire aboutir ses idées puisque l’élection ne résultait plus seulement des parlementaires. Ce mode de scrutin n’a fonctionné qu’à une seule reprise lors des présidentielles de décembre 1958. Lors de cette élection, le général De Gaulle a obtenu plus de 77% des suffrages exprimés. Dans la mesure où il avait obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés, il n’y a donc pas eu de second tour comme cela été prévu par l’article 7 (alinéa 1) de la Constitution.

2] L’élection au suffrage universel direct La principale raison de la réforme constitutionnelle qui est intervenue le 6 novembre 1962 et qui a été réalisée par référendum, était liée à la volonté du général De Gaulle d’assurer l’indépendance totale de l’exécutif vis-à-vis du pouvoir législatif. Il s’agissait de donner à l’exécutif une légitimité comparable à celle que détenait l’Assemblée Nationale. L’argument généralement invoqué était la crainte des menaces contre l’habit du général De Gaulle avec notamment l’échec de l’attentat du petit Clamart le 22 août 1962. Cette réforme va être soumise au peuple le 28 octobre 1962. Aujourd’hui encore l’élection du chef de l’Etat est régie par deux articles 6 et 7 de la Constitution.

B] Le mandat du Président de la République 1] La durée du mandat En ce domaine, l’article 6 de la Constitution s’est initialement contenté de reprendre la durée du mandat fixée par la loi du septennat du 20 novembre 1873. Le chef de l’Etat exerçait donc ses fonctions pendant 7 ans et qu’il était indéfiniment rééligible. A l’exception de François Mitterrand et de Jacques Chirac, aucun des trois présidents réélus n’a poursuivi son mandat jusqu’à son terme. Tout d’abord il s’agit de Jules Grévy, Albert Lebrun et Charles de Gaulle. La durée du mandat est en principe liée à l’importance des fonctions, un mandat long s’opposerait par conséquent à la possession de prérogatives considérables. Ce constat, ainsi que le fait qu’élu au suffrage universel, le Président ne serait resté sans contact avec le peuple durant 7 ans, ce constat a aboutit à une tentative de réforme entreprise par Georges Pompidou en 1973. Ce projet de loi a été déposé le 6 septembre et il a été voté par l’Assemblée Nationale le 16

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octobre par 270 voix, et au Sénat le 19 octobre par 162 voix. Cette idée a en définitive été abandonnée parce que le Président Pompidou était hostile à l’organisation d’un référendum sur le sujet. Dans le même temps il craignait de ne pas obtenir une majorité suffisante en cas de réunion du Congrès car il faudrait là la majorité au 3/5 des voix. Une telle réforme avait déjà été proposée en 1964 par Gaston Defferre qui préconisait la simultanéité des élections présidentielles et législatives. A l’époque deux objections ont été formulées. D’une part la concomitance des élections ne garantit nullement la concordance des résultats. D’autre part l’égalité de la durée du mandat ne serait que fictive puisque l’Assemblée Nationale peut toujours être dissoute et le Chef de l’Etat peut voir son mandat interrompu avant son terme. En ce qui les concerne, les présidents Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand s’étaient tout deux prononcés pour une réduction du mandat présidentiel mais ils n’ont jamais pris de réelles initiatives en ce sens. Malgré son hostilité de principe à la réforme de la durée du mandat, c’est Jacques Chirac qui prendra l’initiative du projet de révision de la durée du mandat présidentiel. Néanmoins cette idée de réduire le mandat présidentiel va être effectué par le Président Giscard d’Estaing Chirac. Les deux chambres vont adopter le texte proposé sans modification. Sur le fondement de l’article 89 de la Constitution, un référendum sera organisé le 24 septembre 2000. Il y a eu un très fort taux d’abstention. Ce texte va devenir la loi n°2000-944 du 2 octobre 2000. Désormais on a instauré la loi sur le quinquennat. La dernière réforme de juillet 2008 (loi n°2008-724) a aussi modifié les termes de la Constitution puisque désormais le Président de la République ne peut être élu plus de deux fois consécutives.

2] L’interruption ou la cessation des fonctions Le mandat du chef de l’Etat prend normalement fin cinq ans après la proclamation de l’élection par le Conseil Constitutionnel. Le mandat peut néanmoins être prolongé en cas de report des élections prononcé par le Conseil si apparait un cas d’empêchement ou si intervient le décès de l’un des candidats. Le mandat du Président peut enfin être interrompu soit de manière temporaire, soit de manière définitive. L’élection du nouveau Président a en principe lieu 20 jours au moins et 35 jours au plus avant l’expiration du pouvoir du Président en exercice. La fin des fonctions du mandat du Président peut résulter d’une démission, d’un décès ou alors en cas d’apparition d’un cas d’empêchement définitif. Cependant que l’empêchement soit temporaire ou définitif, seul le Conseil Constitutionnel peut en décider à la majorité absolue de ses membres suite à la saisine par le gouvernement. Ici encore en cas d’empêchement définitif ou de

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vacance, le scrutin se déroulera 20 jours au moins et 35 jours au plus après l’ouverture de la vacance ou de l’empêchement définitif. Cas pratique : Le prof est Jacques Chirac, nous sommes le gouvernement. Il est parti il y a 15 jours. La question se pose, juridiquement dans quelle situation se trouve-t-on ? Va-t-on élire un nouveau président, ouvrir une période d’intérim, attendre qu’il revienne ? Etant donné que le Conseil Constitutionnel se prononce sur l’empêchement, le premier ministre peut jouer au Président et ne pas saisir le Conseil Constitutionnel pendant 6 mois. En cas de vacance, d’empêchement temporaire ou définitif, il va s’ouvrir une période d’intérim qui est actuellement régie par l’article 7 de la Constitution et qui aboutit à confier au Président du Sénat l’exercice de la fonction présidentielle. Si d’aventure il est lui-même empêché, cette fonction sera collégialement assurée par le gouvernement. Cette solution est identique à celle qui a prévalu sous la IIIème République. Ce qui est bizarre, c’est pourquoi le Président du Sénat ? Certains auraient préféré que l’intérim puisse-t-être assuré par le Président de l’Assemblée Nationale. Cette solution n’a pas été retenue car en cas de dissolution de l’Assemblée Nationale, l’intérim n’aurait pu être assuré. Le projet de révision d’avril 1969 avait prévu de confier l’intérim au Premier Ministre en raison de la réforme du Sénat. L’échec du référendum a conduit à l’abandon de cette idée. Le rôle de l’intérim est de faire en sorte que la continuité de l’Etat soit assurée. Toutefois, l’intérim est une situation d’attente. C’est ce qui explique que celui qui en a la charge ne dispose pas de la plénitude des prérogatives accordées au chef de l’Etat en exercice. Au cours de cette période, il ne peut utiliser ni l’article 11 (référendum) de la Constitution, ni l’article 12 (dissolution de l’Assemblée Nationale), de la même manière, au cours de cette période on ne peut mettre en cause la responsabilité du Gouvernement. On assiste à une paralysie des articles 49 (responsabilité du gouvernement) et 50 (tirer les conséquences de la mise en jeu de l’article 49) de la Constitution. Exemple : Le Président n’est pas là. Si le Président du Sénat avait les mêmes pouvoirs et qu’il se découvrait une vocation présidentielle, il utilise l’article 12 pour dissoudre l’Assemblée Nationale, puis l’article 49 pour que le gouvernement remette sa démission. Enfin, il organise un référendum au peuple pour savoir s’il veut qu’il gouverne. IMPOSSIBLE ! En revanche, il pourrait toutefois mettre en œuvre l’article 16 de la Constitution si le besoin s’en faisait sentir. Depuis l’entrée en vigueur de la V ème République, l’intérim a été exercé par deux fois par Monsieur Alain Poher. En 1969 lors de la démission du Général de Gaulle puis en 1974 lors du décès de Georges Pompidou. Ce mécanisme de l’intérim ne doit pas confondu avec la suppléance. La suppléance est actuellement régie par l’article 21 de la Constitution. Elle peut s’appliquer en cas d’absence momentanée du Président. Dans ce cas elle est assurée par le Premier Ministre. Il bénéficie du droit de présider le Conseil des

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ici il les conserve. le Président était totalement irresponsable et ce quel que soit l’acte commis. le Conseil a précisé que pendant la durée de son mandat. le Chef de l’Etat bénéficie de l’irresponsabilité politique. En clair aucune disposition de la Constitution ne saurait lui être opposée afin de le contraindre à la démission. la distinction à établir consiste à déterminer la situation du chef de l’Etat selon que celui-ci est ou non en fonction. il aurait été jugé par la Haute Cour de Justice. le Général de Gaulle pense avoir été désavoué par le peuple. Le problème qui s’est longtemps posé est celui de savoir si le chef de l’Etat était en mesure de bénéficier d’une irresponsabilité totale même s’il commettait par exemple un crime de droit commun. En 1969. soit avant le début de celui-ci. Contrairement à l’intérim où le Président en exercice est dessaisi de ses prérogatives. interventions chirurgicales du Président Mitterrand. même pour les actes intervenus avant le début du mandat. 1] La responsabilité politique En ce domaine. y compris pour les actes accomplis hors fonction.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Ministres et les Conseils et Comités supérieurs de la Défense Nationale. C] La responsabilité du Président de la République Il y a deux types de responsabilité. Tout d’abord en ce qui concernait les actes accomplis dans l’exercice des fonctions et non susceptibles de constituer un crime de haute trahison. Ces dispositions ont été appliquées à différentes reprises : avril 54. En ce qui Page 41 . Sur ce point la décision du Conseil Constitutionnel rendue le 22 janvier 1999. Celle-ci a été une première fois remaniée par la réforme constitutionnelle du 27 juillet 1993. Il ne s’agit pas de protéger l’individu en tant que tel mais plutôt la fonction car on considère qu’elle aurait pu être entachée. le Président de la République ne pouvait être poursuivi que devant la Haute Cour de Justice. S’il devait être jugé. maladie Georges Pompidou. soit au cours du mandat. Dans cette hypothèse. 2] La responsabilité pénale La mise en jeu de la responsabilité pénale du chef de l’Etat est depuis le début de la Vème République prévue par les articles 67 et 68 de la Constitution. La distinction à établir consistait à déterminer la situation du chef de l’Etat selon que celui-ci était ou non en fonction. Les actes accomplis en dehors de l’exercice des fonctions. il n’aurait pu faire l’objet d’aucune poursuite devant une juridiction de droit commun.

Toutefois des garanties restrictives ont été mises en œuvre. Cette distinction est établie par l’article 19 de la Constitution. La Cour a néanmoins tenu à préciser que les délais de prescription étaient suspendus jusqu’à la fin du mandat du Chef de l’Etat. La situation a été modifiée le 23 février 2007.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille concerne la Cour de Cassation elle a. Il ne peut durant son mandat être tenu de témoigner devant une juridiction quelconque. Toutefois. Par ailleurs toute délégation de vote est interdite. Tout délai de prescription ou de forclusion est suspendu. elle devrait se prononcer à bulletin secret sur la destitution dans le mois. §2 : Les attributions du Chef de l’Etat Ces attributions selon l’actuelle Constitution sont de deux sortes. La décision de destitution doit être adoptée à la majorité des deux tiers des membres de la Haute Cour. affirmé l’incompétence du juge judiciaire. Dans cette hypothèse la destitution serait prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour. exercées avec le contreseing du Premier Ministre ou des Ministres responsables. les autres attributions sont exercées sans contreseing. sa décision serait d’effet immédiat. De même. Page 42 . L’actuel titre IX de la Constitution consacre tout d’abord le principe de l’irresponsabilité du chef de l’Etat concernant les actes relevant de l’exercice de ses fonctions tout en précisant ensuite le cadre de son inviolabilité. L’article 68 de la Constitution dispose que le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l’exercice de son mandat. En cas de vote positif. Certaines attributions sont conformément à la tradition constitutionnelle. Par ailleurs. à l’expiration d’un délai d’un mois suivant la cessation des fonctions. dans un arrêt rendu le 10 octobre 2001. Cette Haute Cour serait présidée de plein droit par le Président de l’Assemblée Nationale. l’ensemble des actes du Chef de l’Etat devaient être contresignés. s’agissant des actes entrant dans l’exercice des fonctions. Les pouvoirs propres du chef de l’Etat constituent à l’évidence une innovation majeure puisque sous les IIIème et IVème Républiques. On les qualifie de pouvoir propre du Président de la République. pour les actes extérieurs à sa fonction. Les instances auxquelles il est fait obstacle pourront être reprises ou engagées contre lui. Seuls sont recensés les votes favorables à la proposition de réunion de la Haute Cour ou à la destitution. Les pouvoirs propres constituent une compétence d’attribution alors que les pouvoirs partagés représentent la catégorie de droit commun. le principe de l’irresponsabilité se prolonge au-delà du mandat.

Il préside enfin les conseils interministériels qui sont des conseils restreints où siègent des ministres ainsi que différentes personnalité. C’est important car des décisions capitales y sont adoptées. Ici il joue un rôle capital. Elle est prévue dans l’article 9 de la Constitution. On se prononce sur les projets de décret les plus importants. C’est lui qui arrête l’ordre du jour après consultation du secrétaire général du gouvernement. lors de la nomination du Premier Ministre. Il dirige les débats.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille A] Les pouvoirs propres du Président de la République 1. La plupart des emplois supérieurs sont pourvus en Conseil des ministres. cependant le Chef de l’Etat doit tenir compte de certains impératifs. En pratique. Il nomme à peu près qui il veut. La présidence du Conseil des Ministres C’est une attribution traditionnelle du Président. le chef de l’Etat n’a pas à faire connaître les raisons de son choix. En effet selon l’article 8 de la Constitution. Par ailleurs. (ex : Lorsque Mitterrand nomme Edith Cresson. le refus du Premier Page 43 . Par conséquent. Il doit notamment choisir une personnalité acceptée par la majorité de l’Assemblée Nationale. il réunit ces comités à l’Elysée. Il n’est donc lié par aucune consultation et peut nommer un parlementaire ou non. le Président de la République met fin aux fonctions du Premier Ministre sur la présentation par celui-ci de la démission du gouvernement. Il doit tenir compte de la composition de la Chambre. Il a notamment nommé Georges Pompidou en 1962 qui n’a jamais été parlementaire. On parle au Conseil des ministres de ce dont veut parler le Président.) Il faut opérer une distinction entre la lettre et la pratique. les conseils interministériels sont réunis à Matignon car c’est le premier Ministre qui reçoit.1 à aucune condition. Ce texte semble donc indiquer qu’il appartient au Premier Ministre lui-même de proposer la démission de son gouvernement. Dans ses rapports avec les gouvernements a. Souvent on a vu plutôt des parlementaires être nommé ministre. Lorsqu’on est en période de cohabitation. b. il fait un coup médiatique. On y délibère tous les projets de loi et d’ordonnance. Ceux-ci n’ont pratiquement jamais été réunis pendant les périodes de cohabitation. Lorsque le Président a la majorité. de même pour Monsieur de Villepin. Ce n’est qu’après délibération du Conseil des ministres que le Premier Ministre peut engager devant l’Assemblée Nationale la responsabilité de son gouvernement sur le fondement de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution. La nomination et fin des fonctions du Premier Ministre La nomination du Premier Ministre n’est juridiquement soumise sur le fondement de l’article 8 al. il conclut la discussion et bénéficie du droit de dernier mot.

ils ne sont que facultatifs dans leur effet. la démission spontanée du Premier Ministre n’est pas à exclure lorsque ce dernier entend par exemple se présenter à la Présidence de la République. Même si ces avis doivent obligatoirement être demandés. Tout d’abord l’Assemblée Nationale ne peut être dissoute pendant toute la durée d’application de l’article 16 de la Constitution. Page 44 . Ce pouvoir est en grande partie discrétionnaire. Thatcher ou Blair ont eu la clairvoyance de démissionner. l’ensemble des démissions des Premiers Ministres sous la Vème a été souhaitée et obtenue par le Président en exercice. si on excepte le cas de Jacques Chirac qui en 1976 a spontanément remis sa démission au Président Giscard d’Estaing. En 1988. Par ailleurs en 1997. Toutefois malgré les prérogatives qui appartiennent au chef de l’Etat. Il n’est pas forcé de tenir compte de leur avis. Dans le cas contraire. sachant toutefois que ce n’est pas la solution qui a été choisie par Lionel Jospin qui a tout simplement assumé ses fonctions jusqu’au bout. La dissolution est un élément essentiel de tout régime parlementaire. le pouvoir de révocation du Premier Ministre ne peut bien évidemment être exercé qu’en période de concordance des majorités présidentielles et parlementaire. En pratique. on assisterait à une situation comparable à celle que l’on retrouve au Royaume-Uni puisqu’il constitue l’exemple type du régime parlementaire moniste. le Président doit en premier lieu solliciter l’avis du Premier Ministre ainsi que celui des Présidents des deux Assemblées. Ex : les premiers ministres ne sont pratiquement jamais renversés en Angleterre. ce n’est pas toujours ce qui peut se passer. Le droit de dissolution Ce droit appartient au chef de l’Etat selon les termes de l’article 12 de la Constitution. le Président de l’Assemblée Nationale et celui du Sénat ont donné un avis négatif au chef de l’Etat. En effet. le risque de cohabitation est largement amoindri. mais il est tout de même soumis à l’exigence de consultation préalable puisqu’avant de dissoudre l’Assemblée Nationale. 2] Les pouvoirs propres du chef de l’Etat dans ses rapports avec le pouvoir législatif a.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Ministre de remettre sa démission devrait en toute logique obliger le Chef de l’Etat à le maintenir en fonction à moins qu’il ne soit renversé par l’Assemblée Nationale. l’avis de Monsieur Séguin a lui aussi était négatif. trois limitations ont été imposées au Chef de l’Etat. Dans la mesure où désormais il y a concordance des élections législatives et présidentielles. Si ces démissions résultent généralement d’un désaccord avec le Président. Quoiqu’il en soit.

en effet le Président ne peut la dissoudre moins d’un an après les élections législatives consécutives à une précédente dissolution. L’Assemblée nouvellement élue se réunira de plein droit. les dissolutions répétées sont interdites. le deuxième jeudi qui suit son élection. c'est-à-dire sans convocation du chef de l’Etat. Aujourd’hui encore. Concernant les raisons d’une dissolution. cela a aboutit à interdire au Président à se rendre en personne dans les enceintes parlementaires. une session sera ouverte de droit pour une durée de 15 jours. malgré l’irresponsabilité politique du chef de l’Etat. Par ailleurs. surtout si cet échec se manifeste au cours de son deuxième mandat. par le Premier Ministre à l’Assemblée Nationale et le Garde des Sceaux au Sénat. b. celle-ci peut intervenir pour permettre la résolution d’un conflit entre l’Assemblée et le Chef de l’Etat.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille L’article 7 de la Constitution interdit toute dissolution de l’Assemblée par le Président de la République par intérim. En pratique. cependant cette même chambre peut être dissoute bien qu’élue moins d’un an. Par ailleurs si le Parlement n’est pas en session. l’échec d’une dissolution peut être considéré comme un désaveu et ainsi dégager indirectement sa responsabilité. Quoiqu’il en soit. le Président ne peut pas se rendre en personne à Page 45 . Il peut s’agir aussi de faire en sorte que majorité présidentielle et parlementaire coïncide. La pratique s’établit sur le fondement de la loi Rivet du 31 août 1871 et sur celle de la loi des Trente (ou loi Broglie) du 13 mars 1973. De toute façon. pour permettre aux français de se prononcer au problème de la construction européenne et sur la question de l’euro. On peut aussi dissoudre pour mieux apprécier l’état de l’opinion. de nouvelles élections doivent avoir lieu 20 jours au moins et 40 jours au plus après la dissolution. rien ne saurait le contraindre à la démission. c’est le Président de chaque assemblée qui lit ces messages. Enfin ce droit a été utilisé de manière quelque peu maladroite par Jacques Chirac le 2 avril 1997. sachant toutefois que constitutionnellement. C’est ce qui s’est produit en 1968. sa position sera fragilisée. Les messages du chef de l’Etat sont en principe lus devant les deux assemblées. en cas de dissolution. mais à la condition d’avoir été élue à la suite d’élections générales intervenues à l’échéance normale. pour ne pas contribuer à la paralysie du fonctionnement de l’Assemblée. ce qui s’est produit en 1962. Le droit de message Le droit de message est prévu par l’article 18 de la Constitution. Enfin. C’est notamment ce qui s’est produit en 1981 et en 1988.

Tous les Présidents de la Vème ou presque ont eu recours à cette technique. aucun débat et a fortiori aucun vote ne peuvent avoir lieu sur son contenu. l’article 18 alinéa 2 prévoit désormais que le chef de l’Etat peut s’adresser directement au Parlement réuni en Congrès à cet effet. la décision du chef de l’Etat ne pourra intervenir avant que n’ait eu lieu un débat au Parlement et ce quel que soit son objet. Par conséquent. afin d’y exposer les règles applicables en période de cohabitation. les référendums proposés à l’initiative du gouvernement doivent être nécessairement précédés d’un débat parlementaire. Néanmoins cette situation a été en partie remise en cause depuis la réforme constitutionnelle de juillet 2008 dans la mesure où. après les élections législatives. En deuxième lieu. « La constitution. le principal moyen qui existe est l’utilisation du référendum et notamment celui qui est organisé sur le fondement de l’article 11 de la Constitution. sans être contraire à la Constitution. et aux services publics qui y concourent. 3] Les pouvoirs propres du Président dans ses rapports avec le peuple A l’exception de la pratique des messages à la Nation. Néanmoins ce débat ne saurait en aucun cas donner lieu à un vote afin tout simplement de ne pas influencer la décision Page 46 . mais aussi que sa déclaration pourra désormais faire l’objet d’un débat sans vote. En effet selon cette réforme. En premier lieu il s’agit de l’organisation des pouvoirs publics. il doit signaler l’innovation qui résulte de la réforme de juillet 2008. Mitterrand l’a utilisé en avril 1986. cette procédure peut être appliquée en vue de permettre l’autorisation de ratifier un traité qui. il s’agit des réformes relatives à la politique économique ou sociale ou environnementale de la nation. En troisième lieu. La procédure référendaire Selon les termes de l’article 11 de la Constitution. aurait des incidences sur le fonctionnement des pouvoirs publics (ex : septembre 1992 : Traité de Maastricht). un référendum peut désormais être réalisé à l’initiative de 1/5 des membres du Parlement soutenu par 1/10 des électeurs inscrits sur les listes électorales. » Auparavant Georges Pompidou l’avait aussi utilisé lorsqu’il avait annoncé son désir de réformer la durée du mandat présidentiel en 1973. a. En dernier lieu. Une fois le message lu. Depuis la réforme constitutionnelle du 4 août 1995. et cela peut notamment se produire lors de la mise en œuvre de l’article 16. Cette possibilité n’existe que dans certains domaines. le Président ne peut intervenir qu’en cas de proposition conjointe de l’Assemblée Nationale et du Sénat ou alors à la demande du gouvernement. rien que la constitution.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille l’Assemblée Nationale ou au Sénat. bien que la pratique des messages ait été maintenue. toute la constitution.

E. Le but était de voir sa légitimité réaffirmée vis-à-vis du pouvoir législatif et du peuple. les formations politiques sont plutôt réticentes à l’utilisation du référendum. Les problèmes en la matière se sont posés à l’occasion de la décision du Conseil Constitutionnel du 6 novembre 1962. en considérant que la Constitution ne lui donnait compétence qu’en matière de régulation des pouvoirs publics. Toujours selon cette même juridiction. Depuis le départ du général De Gaulle. Cette technique est en effet considérée par certains comme dangereuse dans la mesure où elle pourrait être utilisée afin de permettre l’adoption de textes contraires à la Constitution. avec l’entrée de la Grande Bretagne. o Les deux premiers visaient à permettre la résolution de la crise algérienne. Le problème à résoudre était de celle de savoir si les textes d’origine parlementaire et les lois référendaires devaient bénéficier du même régime contentieux. A cette question.E. Cette technique a toujours été utilisée par le général De Gaulle comme une technique de gouvernement. le Conseil va répondre par la négative puisque selon lui. Sur le fondement de l’article 11. o Le dernier est celui organisé le 29 mai 2005 sur la ratification du traité concernant la constitution européenne. o Les deux suivants sont ceux du 28 octobre 1962 et du 27 avril 1969 avaient pour but d’opérer une révision de la Constitution.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille du chef de l’Etat puisque c’est l’autorité qui décide si oui ou non une question doit être soumise à référendum. o Le septième du 20 septembre 1992 avait pour but de permettre la ratification du traité de Maastricht. Celui organisé en 1988 quant au statut de la nouvelle Calédonie a eu un taux d’abstention de 65%. une controverse est établie quant à l’utilisation de l’article 11 afin de réviser la Constitution. Depuis 1962. En clair le Conseil Constitutionnel n’est rien d’autre qu’une juridiction d’attribution. on a eu recours par 8 fois au référendum. o Le sixième organisé en novembre 1988 concernait le statut de la Nouvelle Calédonie. Cette position va notamment être réaffirmée dans une décision de septembre 1992. qui a décidé de se déclarer incompétent pour connaître de la conformité à la Constitution d’une loi adopté par référendum. sa compétence est strictement limitée par la Constitution. o Celui organisé en avril 1972 portait sur l’élargissement éventuel de la C. Page 47 . Le premier a été organisé le 8 janvier 1961 sur l’autodétermination de l’Algérie. puis le 8 avril 1962 sur les accords d’Evian. les lois que la Constitution a entendu viser dans son article 61 sont uniquement les lois votées par le Parlement et non pas celles adoptées par le peuple à la suite d’un référendum qui constituent l’expression directe de la souveraineté nationale.

Cette situation s’explique en raison du fait que le Président de la République est aujourd’hui encore considéré comme le garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire. Le choix d’un membre de droit comme Président ne s’est jamais produit. La fonction du CSM est d’assurer l’indépendance des magistrats et de régler les problèmes liés à l’avancement et à la discipline. Désormais l’article 65 modifié ne confère plus au chef de l’Etat le droit de présider l’institution. il ne peut nommer qu’un membre à la fois. Depuis le printemps 2007. pour préserver l’indépendance et l’impartialité du CSM. fils du premier Premier Ministre de la Vème.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille 4] Les pouvoirs propres du Chef de l’Etat dans ses rapports avec la justice a. Le choix des membres du Conseil a longtemps été totalement discrétionnaire. l’institution est présidée par Jean Louis Debré. Bientôt un justiciable pourra directement saisir le Conseil Supérieur de la Magistrature. Par ailleurs. mais toutefois depuis la réforme constitutionnelle de juillet 2008. le pouvoir de nomination du Président de la République ne pourra s’exercer qu’après avis public de la Commission permanente compétente de chaque Assemblée. Le Président de la République nomme le Secrétaire Général du Conseil sur proposition du Conseil constitutionnel. En outre. le Président ne pourra procéder à une nomination lorsque l’addition des votes négatifs dans chaque commission compétente représente au moins 3/5 des suffrages exprimés au sein des deux Commissions. Le conseil constitutionnel Sur le fondement de l’article 56 alinéa 1 de la Constitution. Le Président et le Magistrature (CSM) Conseil Supérieur de la Ici encore cette attribution a longtemps été exercée par le Chef de l’Etat sur le fondement de l’article 65 de la Constitution. Page 48 . Le CSM peut enfin être consulté par le chef de l’Etat sur toutes les questions touchant à l’indépendance de la magistrature. Cependant comme le Conseil se renouvelle pas tiers tous les trois ans. il nomme le Président de l’institution qui peut être choisi parmi les membres nommés ou parmi les membres de droit. Il prévoit seulement que le Président nomme deux personnalités qualifiées dans les conditions prévues au dernier alinéa de l’article 13. b. Le Président présidait le CSM en sachant qu’il pouvait être suppléé dans cette fonction par le Garde des Sceaux avec la limite que celui-ci ne présidait pas cette formation lorsqu’elle se prononçait en matière disciplinaire. le chef de l’Etat désigne 3 des 9 membres nommés pour le Conseil Constitutionnel.

Désormais selon les termes du dernier alinéa de cette disposition. » Or à l’époque. « le Conseil Constitutionnel pourra à nouveau être saisi par différentes autorités politiques afin de déterminer si les conditions prévues par cet article sont toujours réunies ». il doit être consulté sur les mesures que prend le chef de l’Etat. Dans cette hypothèse. ces avis ne sont pas publiés. Le Conseil d’Etat a considéré dans une décision du 2 mars 1962 que la décision de mise en application de l’article 16 présente le caractère d’un acte de gouvernement (acte où aucun juge n’est compétent pour en connaître) dont il ne peut apprécier ni la légalité. ni la durée d’application. le Conseil Constitutionnel devra se prononcer le plus rapidement possible et dans le même temps. Concrètement l’article 16 ne fixe pas de délai lors de la mise en œuvre de cette disposition. Celui-ci est restreint. Quant aux mesures effectivement prises. Dans ces circonstances. s’il s’agit de mesures entrant dans la compétence du législateur. cette disposition a toujours été décriée en raison de la prééminence exercée alors par le Président de la République. la prééminence du chef de l’Etat résulte du libellé même de cette disposition puisque cet article prévoit que le Président de la République « prend les mesures exigées par les circonstances ». Ce type de technique est véritablement utilisé en période de crise. Le chef de l’Etat pourrait choisir de se substituer au législateur ainsi qu’au gouvernement alors même qu’en tant normal. Beaucoup de partis politiques depuis les années 60 ont demandé son abrogation. En effet celui-ci se contente seulement d’affirmer que « les mesures adoptées par le Président de la République doivent être inspirée par la seule volonté d’assurer au pouvoir public dans les meilleurs délais les moyens d’accomplir leur mission.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille La mise en œuvre de l’article 16 de la Constitution : Alors même que cet article n’a été utilisé qu’à une seule reprise entre avril et septembre 1961. leur légalité ne peut être appréciée par le Conseil d’Etat alors qu’elle pourrait l’être dès lors qu’il s’agirait de mesures à caractère règlementaire. Le principe même de l’existence de cette procédure a été souhaité par le général De Gaulle pour éviter que le chef de l’Etat ne se trouve dans la même situation que celle qu’avait connue Albert Lebrun en 1940. Le Conseil Constitutionnel n’exerce pas un contrôle de type juridictionnel. son Page 49 . cette disposition est demeurée pendant près de six mois en application alors que le putsch en tant que tel n’a duré qu’une semaine. Cette procédure a été affectée par la réforme de juillet 2008. Le contrôle des décisions du chef de l’Etat. Il est seulement appelé à donner un avis lors de la mise en œuvre de l’article 16. il ne dispose pas de ce type d’attribution. Si par la suite.

En effet même lorsque la majorité lui est hostile. c'est-à-dire au delà de 60 jours. il faut savoir que le pouvoir du chef de l’Etat même en cohabitation va se manifester dans les domaines où son pouvoir d’action est réel : affaires européennes. diplomatie. Si ces deux éléments s’expliquent pleinement lorsqu’existe une discordance entre les majorités présidentielles et parlementaires. Par la suite. Le Président de la République ne saurait exercer de pouvoir qu’à la condition d’avoir obtenu l’autorisation d’une autre autorité. Il semble donc que le Président de la République se contente d’entériner le choix du Premier Ministre. En effet. Page 50 .Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille avis sera rendu public. le chef de l’Etat est en mesure d’influer sur la formation du gouvernement. C’est ce qui explique que la responsabilité politique de l’acte doit être collectivement endossée par le gouvernement. défense de la nation. En l’occurrence il s’agit du gouvernement. Pendant l’article 16 Président de la République Mesures règlementaires Substitution du législateur Peuvent être contrôlées (CE) Ne peuvent pas être contrôlées B] Les pouvoirs du chef de l’Etat soumis à contreseing Dans le cadre du régime parlementaire. l’orientation présidentialiste de la Vème retire tout son sens à ces exigences en période de coïncidence des majorités. 1] Dans ses rapports avec le Gouvernement a. cette obligation du contreseing s’explique tout d’abord en raison du fait que le chef de l’Etat est politiquement irresponsable. « le Président de la République nomme les autres membres du gouvernement et met fin à leur fonction sur proposition du Premier Ministre ». Cela s’est manifesté en 1986. La nomination des ministres Selon l’article 8 alinéa 2. il devra se prononcer de plein droit sur la situation. il n’en demeure pas moins qu’il ne disparait en aucune manière. Si en l’espèce le pouvoir du Chef de l’Etat est très atténué.

En dernier lieu le 10 décembre 1986 sur l’aménagement du temps de travail. Page 51 . Sur un plan juridique. être délibérés en Conseil des Ministres. La participation au pouvoir règlementaire Selon l’article 13 de la Constitution. être signés par le Président de la République et porter le contreseing du Premier Ministre et des ministres chargés de leur exécution. A l’époque. l’emploi de l’indicatif dans l’article 13 ne saurait avoir une valeur impérative. Le 16 juillet 1986 sur les modalités de privatisation de 65 entreprises publiques. les nominations sont effectuées par décret non délibérés en Conseil des Ministres. En clair. C’est ce qui se passe dans le cas de la nomination de certains hauts fonctionnaires ou encore lors de la mise en œuvre de l’état de siège ou de l’état d’urgence. En deuxième lieu. Les nominations peuvent être engagées par le Président en Conseil des Ministres sur le fondement de l’article 13. le 2 octobre 1986 sur la délimitation des circonscriptions électorales. une crise a failli être ouverte lors de la première cohabitation lorsque François Mitterrand a refusé de signer trois ordonnances. Pour les autres. C’est une prérogative partagée entre le Président et le Premier Ministre. En définitive il a été nommé comme ministre de la Culture. la pratique qui semble s’être instaurée depuis la première cohabitation est celle qui semble dominer à présent. b. l’emploi de l’indicatif ne pouvait avoir de valeur impérative dans le cadre de l’article 13 de la Constitution de sorte que François Mitterrand disposait d’un pouvoir discrétionnaire pour signer ou ne pas signer l’acte qui lui était soumis. le Président de la République signe les ordonnances et les décrets délibérés en conseil des Ministres. Toutefois. L’intervention du Conseil des ministres est toutefois parfois imposée. Il y a quelques années. Concernant les ordonnances. que le Président soit de droite ou de gauche. cette analyse est totalement erronée puisque l’indicatif a valeur impérative. pour justifier la position de François Mitterrand. La nomination aux emplois civils et militaires. A l’époque la crise a été évitée de justesse puisque c’était tellement grave que certains ont dit que le Président viole ouvertement la Constitution et qu’il fallait donc le poursuivre pour crime de Haute trahison. Il pourvoit par ailleurs à la nomination aux emplois civils et militaires de l’Etat.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille monsieur Léotard souhaitait obtenir le poste de ministre de la Défense. ces actes doivent être adoptés dans un certain délai. Notre difficulté peut néanmoins se poser à l’égard des décrets dans la mesure où aucun texte à portée générale ne précise quels sont les décrets qui doivent être délibérés en Conseil des ministres.

b. ce texte n’avait pas encore été promulgué parce que le Conseil Constitutionnel avait invalidé certaines dispositions du texte. Cette disposition a été plus récemment utilisée au printemps 2003 à l’égard du projet de loi relatif à l’élection des conseillers régionaux et des représentants au parlement européen dont l’une des dispositions du texte avait été censurée. S’il l’avait promulgué on aurait dû recommencer l’ensemble de la procédure législative. En effet. Le Président a choisi de promulguer le texte tout en invitant les services de l’Etat à faire en sorte qu’en pratique aucun contrat première embauche ne soit signé. le recours à cette technique a permis aux parlementaires de substituer de nouvelles dispositions à celles qui avaient été censurées par le Conseil Constitutionnel. le Président. cet acte est considéré par la juridiction administrative comme un acte de gouvernement. Cette utilisation parait en tout point contraire aussi bien à la lettre qu’à l’esprit de l’article 10. le texte va être transmis au gouvernement par le Président de la Chambre qui l’a adopté en dernier lieu.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille 2] Dans ses rapports avec le Parlement a. Cette demande ne peut pas être refusée. C’est une technique qui n’est que rarement utilisée. La promulgation des lois Sur le fondement de l’article 10 alinéa 1. Ici. Enfin. La promulgation est quelque chose qui est indispensable car cela va permettre à la loi d’être exécutoire. Contrairement à l’exemple précédant. L’acte va être opposable à tous. Même si cette technique existait déjà sous les IVème et Vème Républiques. Saisine le 9 août 1985 et à cette date le président Mitterrand a demandé une nouvelle délibération de la loi proposée sur la NouvelleCalédonie. le tout dans un délai de 15 jours maximum. Une fois définitivement adoptée. Toutefois ce n’est pas la solution qui a été retenue. le Président de la République promulgue les lois dans les 15 jours qui suivent la transmission au gouvernement de la loi définitivement adoptée. cette disposition aurait pu être utilisée à propos de la loi sur l’égalité des chances en 2006. avant l’expiration des 15 jours. peut parfaitement demander au Parlement une nouvelle délibération de la loi ou de certains de ces articles et ce sur le fondement de l’article 10 alinéa 2. C’est le cas d’une saisine en 1983 à propos du choix de la France d’organiser l’exposition universelle de 1989. En outre. La réunion du Parlement Page 52 . Cette prérogative ne doit en aucun cas être confondue avec le droit de veto même sous une forme très atténuée. Le secrétariat général du gouvernement prépare le décret de promulgation et ce décret va être soumis à la signature du Président de la République. Sans nullement violer la Constitution. elle a permis de gagner un temps précieux.

Parce que le travail s’effectuait souvent dans la précipitation notamment parce que la première session était essentiellement consacrée à l’examen du budget. le général De Gaulle s’est opposé à une session extraordinaire sollicitée à la majorité des membres de l’Assemblée Nationale. En 1960. les termes de l’article 30 de la Constitution n’ont pas été modifiés. en estimant qu’il disposait en la matière d’une compétence discrétionnaire. Durant les premières années de la Vème. Malgré l’instauration de cette session unique. encore le problème est de savoir si le chef de l’Etat est ou non en situation de compétence liée. Initialement l’article 28 de la Constitution avait prévu deux sessions ordinaires : la première s’ouvrait le 2 octobre et durait 90 jours. le gouvernement bénéficie à présent d’un titre spécifique il s’agit du titre de la IIIème République. §1 : Le statut du gouvernement A] L’entrée en fonction du gouvernement La question essentielle qui s’est posée sous la V ème République était de savoir si conformément à la pratique des IIIème et IVème Républiques le gouvernement devait ou non obtenir la confiance du Parlement. Depuis la réforme d’août 1995.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Le régime des sessions parlementaires a été grandement remanié à l’occasion de la réforme constitutionnelle d’août 1995. Cette disposition prévoit que les sessions extraordinaires sont ouvertes et closes par le Président de la République. l’article 28 de la Constitution prévoit désormais que la session ordinaire unique commence le 1er jour ouvrable d’octobre pour prendre fin le dernier jour ouvrable de juin. Cette situation présentait tout simplement des inconvénients. Ici. Selon l’article 29 de la Constitution. Toutefois pour ne pas tendre à l’inflation législative. La seconde s’ouvrait le 2 avril et durait 90 jours. les Page 53 . cette même disposition dispose qu’une session ordinaire ne peut excéder 120 jours de séance. le Parlement peut être réuni en réunion extraordinaire à la demande du Premier Ministre ou à la majorité des membres de l’Assemblée Nationale. On était souvent placé dans l’obligation de recourir de manière abusive à la multiplication des séances de nuit et la conséquence c’est que cela favorisait l’absentéisme. Section 2 : Le gouvernement Contrairement à la IIIème République. Cette attitude peut être considérée comme contraire à la Constitution sachant que tous les présidents successifs ont ouvert des sessions extraordinaires mais en considérant qu’ils disposaient néanmoins d’un pouvoir d’appréciation. L’activité de contrôle des assemblées sur le gouvernement ne pouvait donc être correctement assurée.

le Premier Ministre peut remettre la démission de son gouvernement au Président de manière volontaire s’il n’estime ne plus avoir la confiance du chef de l’Etat. A partir de cette date. Rocard. Par la suite. le gouvernement en fonction remet sa démission au chef de l’Etat et ce même si Page 54 . faire sur un sujet déterminé une déclaration qui donne lieu à débat et peut s’il le souhaite faire l’objet d’un vote sans engager sa responsabilité. En premier lieu. en effet. La démission collective du gouvernement du texte de la Constitution et de la pratique.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille gouvernements ont. » B] La fin des fonctions du gouvernement Il n’existe aucune durée minimale ou maximale pour le maintien au pouvoir d’un gouvernement. pris l’habitude de solliciter la confiance de l’Assemblée soit sur le programme soit sur une déclaration de politique générale et ce sur le fondement de l’article 49 alinéa 1 de la Constitution. Mais il faut savoir que même si les sénateurs s’étaient prononcés à l’unanimité cela n’aurait eu aucune importance. Par application de l’article 50 de la Constitution. La réforme de juillet 2008 a introduit une nouvelle disposition qui est entrée en vigueur le 1er mars 2009. Et ici encore c’était afin de renforcer leur position vis-à-vis du chef de l’Etat. il faut savoir que ces personnalités se sont effectivement présentées à l’Assemblée Nationale mais néanmoins sans solliciter de vote. En outre. l’évolution s’est manifestée avec la doctrine Pompidou. Bérégovoy ou encore M. Toutefois certains gouvernements comme ceux conduit par Mme Cresson. une pratique s’est établie selon laquelle les gouvernements nouvellement formés pouvaient ou non solliciter la confiance des Assemblées. Certains ont même demandé l’approbation d’une politique générale devant le Sénat sur le fondement de l’article 49 alinéa 4. Selon cette disposition devant l’une ou l’autre des assemblées « le gouvernement peut de sa propre initiative ou à la demande d’un groupe parlementaire au sens de l’article 51-1. A partir de 1966. En effet. Il s’agit de l’article 50-1. après chaque élection présidentielle ou législative. Cette marge de manœuvre nouvellement laissé au gouvernement témoigne tout simplement du renforcement de l’exécutif et de l’idée selon laquelle le gouvernement procède non plus du pouvoir législatif mais du chef de l’exécutif. le Premier Ministre doit remettre la démission de son gouvernement en cas de vote positif d’une motion de censure et c’est notamment ce qui s’est passé en 1962 concernant le gouvernement conduit par Georges Pompidou. les gouvernements qui ont été formé en période de cohabitation ont pris l’habitude de solliciter la confiance de l’Assemblée afin de tenter de bénéficier d’une légitimité relativement semblable à celle du chef de l’Etat. la fin des fonctions peut être individuelle ou collective. M. selon l’article 8 de la Constitution.

En cas d’élection présidentielle c’est un nouveau quinquennat qui commence et en cas d’élection législative cela s’explique dans la mesure où le gouvernement est politiquement responsable devant la chambre. Une fois en pratique le chef de l’Etat peut demander à son Premier Ministre de retarder sa démission ou alors n’accepter que celle-ci que de manière tardive. La composition des gouvernements est variable. automatique ou encore provoquée. La possibilité de conserver un gouvernement qui possède la plénitude de ses attributions. Elle sera enfin provoquée en cas de révocation à l’initiative du Premier Ministre. les secrétaires d’Etat. Il s’agit de l’hypothèse de la révocation de son Premier Ministre par le chef de l’Etat. les ministres délégués. Cela va tout simplement laisser au chef de l’Etat le temps nécessaire pour choisir un nouveau Premier Ministre et c’est ce qui explique que l’on a le sentiment que certains gouvernements ont été constitués en une seule journée. Un gouvernement n’est considéré comme démissionnaire qu’à partir de la publication du décret qui met fin aux fonctions du gouvernement. Les effets de la démission : un gouvernement démissionnaire perd en effet la plénitude de ses attributions et ne peut plus seulement qu’expédier les affaires courantes. en cas d’apparition d’un cas d’incompatibilité ou alors pour une raison personnelle liée soit à l’âge soit à la survenance d’une maladie sachant qu’il n’y a pas d’âge limite. C’est ce qui s’est passé dans le cas du gouvernement que dirigeait M. les ministres. Fillon ont a un haut commissaire. c’est la décision Brocas en 1962. La démission peut être spontanée. chaque membre voit ses fonctions prendre fin par décret du Président de la République prit sur proposition du Premier Ministre. (2] La fin individuelle des fonctions) A l’exception de la situation du premier ministre. 1] La composition du gouvernement Les ministres ont un rôle qui est ambivalent puisqu’il participe à l’élaboration de la politique du gouvernement et dans le même temps ils assurent la Page 55 . Chaque membre du gouvernement n’a pas les mêmes responsabilités. Elle va par exemple être spontanée en cas d’échec aux élections.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille le gouvernement appartient à la formation victorieuse. Rocard. Il y a les ministres d’Etat. et depuis le gouvernement conduit par M. C] Composition et statut du gouvernement Le gouvernement est un organe collégial au sein duquel il existe une certaine hiérarchie.

En 1981. Toutefois ils bénéficient du droit de siéger au Conseil des ministres. sauf s’ils ont été convoqués. tout parlementaire qui devient membre du gouvernement dispose d’un délai d’un mois pour choisir entre ces deux fonctions. Elle est incompatible avec tout mandat parlementaire. En France. Le Conseil des ministres se contente généralement d’adopter les mesures qui lui sont présentées. celui-ci sera de manière automatique remplacé par son suppléant. soit au près du Premier Ministre. une nouvelle catégorie de ministre a fait son apparition.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille gestion du département ministériel qui leur a été confié. 2] Statut des membres du gouvernement Cette fonction est sur le fondement de l’article 23 de la Constitution. on peut aussi plus facilement opérer des remaniements du gouvernement. Cette situation a été récemment modifiée car depuis la réforme de 2008. ce remplacement était définitif. l’article 25 alinéa 2 de la Constitution dispose qu’un ministre quittant ses fonctions au sein du gouvernement peut retrouver son siège de député sans être contraint de se présenter à nouveau devant les électeurs. A la fin de ce délai. Il y a une hiérarchie au sein même du gouvernement et une subordination entre les ministres. les ministres pourront le cas échéant être déférés devant la Cour de Justice de la République. Au regard de leur qualité. Il y a eu plus de ministres renvoyés devant le Tribunal Correctionnel que devant la Cour de Justice de la République. Si le chef de l’Etat le souhaite. la plupart des décisions sont prises au sein des comités interministériels. soit auprès d’autres Ministres. Pendant de nombreuses années. Par conséquent un ministre démissionnaire ne pouvait retrouver ses fonctions qu’à l’occasion de nouvelles élections. tout emploi public ou toute activité professionnelle. Le rôle des secrétaires d’Etat est d’assister un ministre dans la conduite d’un département ministériel. Ils ont même le droit de contresigner des actes dont ils doivent assurer l’exécution. Certains se voient administrer le titre de ministre d’Etat. les ministres délégués. Concrètement. les membres du gouvernement ou encore le Président de la République ou les parlementaires doivent déclarer l’état de leur patrimoine lors de leur entrée en fonction ainsi Page 56 . Les ministres sont pénalement responsables des actes accomplis dans l’exercice de leur fonction et après instruction de l’affaire. il peut nommer plus de parlementaires. Les secrétaires d’Etat ne participent en principe pas au Conseil des Ministres. Il faut aussi toutefois trouver la signature du ministre dont ils dépendent. tous les ministres ont le droit de participer au Conseil des ministres et d’y prendre la parole. Ceux-ci sont placés dans une situation de subordination au regard des ministres dont ils dépendent. toute représentation professionnelle. Pour assurer une meilleure transparence de la vie politique.

L’article 8 alinéa 2 de la Constitution lui permet de demander au Chef de l’Etat de nommer et de mettre fin aux fonctions des membres du gouvernement. A] Les attributions du Premier Ministre Il dispose en premier lieu d’attributions consultatives. Page 57 . Les informations transmises sont censées être confidentielles. celui-ci veille au respect de la Constitution. il dispose d’un pouvoir de proposition. En quatrième lieu. C’est une rupture avec les III ème et IVème Républiques où cette charge incombait principalement au Parlement et aux partis politiques. A ce titre le Président de la République est tenu de la consulter non seulement avant de prononcer la dissolution de l’Assemblée Nationale mais aussi avant de mettre en œuvre l’article 16 de la Constitution. -L’article 37 peut être à l’origine de la délégalisation d’un texte de forme législative. il peut provoquer la mise en œuvre de mécanismes constitutionnels comme c’est prévu aux articles 37. le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Article 61 : loi ordinaire et organique. Ensuite l’article 29 l’autorise à demander au Président de réunir le Parlement en session extraordinaire.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille qu’à la fin de celle-ci. 54 et 61 de la Constitution. 41. Si la demande d’avis est obligatoire. Le Premier Ministre a la charge de contresigner les actes du chef de l’Etat sur le fondement de l’article 19 de la Constitution. il accepte ainsi d’endosser la responsabilité de l’acte devant le Parlement. §2 : Les attributions du gouvernement Sur le fondement de l’article 20 de la Constitution. A ce titre. -L’article 41 est celui qui lui permet d’assurer la répartition des compétences entre l’exécutif et le législatif. Cette charge est désormais assurée par le gouvernement mais en relation très étroite avec le chef de l’Etat car selon les termes de l’article 5 de la Constitution. il a notamment pour rôle d’assurer la continuité de l’Etat. En troisième lieu. le Président n’est en aucun cas tenu de suivre cet avis. L’article 89 lui permet d’être à l’origine de la révision de la Constitution. En apposant sa signature. -Les articles 54 et 61 vont permettre au Premier Ministre de saisir le Conseil Constitutionnel  Article 54 : traités internationaux.

cela va lui permettre de diriger l’action du gouvernement.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Par ailleurs. Cela permet de mettre fin à une relative situation de crise. Dans la mesure où il a la charge d’assurer l’exécution des lois. possède d’importantes attributions consultatives. Le Conseil d’Etat peut être consulté lorsque le gouvernement le souhaite. d’ordonnance. Il existe aussi le Conseil d’Etat qui. En dernier lieu. Page 58 . à ce titre il assure le pouvoir règlementaire à travers l’édiction de décrets. les textes doivent être adoptés en termes identiques. Le Conseil d’Etat doit être obligatoirement consulté sur les projets de loi. outre ses fonctions juridictionnelles. Son rôle c’est de faire en sorte que toutes les catégories socioprofessionnelles soient associées à la politique économique et sociale conduite par le gouvernement. et enfin pour les projets de décret modifiant une loi antérieure à 1958 qui contiendrait des dispositions règlementaires. B] Les fonctions gouvernement collectivement exercées par le Le gouvernement est assisté par plusieurs centaines de comités. le Premier Ministre assure un pouvoir de direction matérialisé par l’article 21 de la Constitution. Parmi ceuxci. le Premier Ministre peut aussi formuler des demandes impératives par exemple en décidant de réunir une commission mixte paritaire (CMP) ou alors en formulant une demande de vote bloqué. il peut être appelé à assurer entre autres la présidence du Conseil des Ministres mais ici sur délégation expresse du Chef de l’Etat. il y a le Conseil Economique et Social. Pour être adoptés. Toujours en sa qualité de Premier Ministre. Cet organe est une assemblée consultative qui est placée auprès du gouvernement.

Ce qu’il faut retenir c’est que le mode de scrutin pour les élections sénatoriales est variable selon la taille des circonscriptions. le Parlement comprend l’Assemblée Nationale et le Sénat. cette chambre se renouvelle par moitié tous les trois ans. l’idée retenue est celle d’un bicamérisme inégalitaire. Les candidats sont dans l’obligation de déclarer leur candidature. En ce qui les concerne les députés sont élus pour cinq ans au suffrage universel direct. Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect désormais pour six ans. les frais liés à la campagne sont pris en charge par l’Etat à condition que les candidats aient obtenus au moins 10% des suffrages en cas de scrutin à la proportionnelle et 5% en cas de scrutin majoritaire.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Chapitre 3 : Le pouvoir législatif Section 1 : Le statut du Parlement et de ses membres §1 : Le statut du Parlement Sur le fondement de l’article 24 alinéa 2. En effet l’Assemblée Nationale bénéficie de prérogatives plus importantes que le Sénat. En effet selon la réforme de juillet 2003 dans les 76 départements qui élisent trois sénateurs et moins c’est le scrutin majoritaire à deux tours qui s’applique. les conseillers régionaux et les délégués des conseillers municipaux. il faut Page 59 . on y trouve les députés. Pour être élu au sortir du premier tour. Néanmoins comme sous la IVème. Le nombre de sénateur a longtemps été de 321. Cela résulte de la réforme constitutionnelle de juillet 2003. En principe en France. on préfère plutôt un Parlement bicaméral. Auparavant la durée du mandat était de neuf ans et la chambre se renouvelait par tiers tous les trois ans. Notre Constitution a gardé le schéma de 1875. La circonscription électorale dans laquelle ils sont élus est le département. Contrairement au Sénat cette chambre se renouvelle intégralement et dans le même temps elle peut être dissoute. Malgré le prochain redécoupage électoral. L’Assemblée Nationale se compose de 577 membres depuis les élections législatives de mars 1986 alors qu’auparavant ce nombre n’était que de 491. Contrairement aux autres campagnes électorales celle des sénateurs n’a pas été incluse dans le champ d’application des réformes relatives au financement des campagnes et à la transparence de la vie politique. mais aux alentour de 2010 leur nombre devrait être porté à 348 afin de tenir compte des évolutions démographiques. apparemment le nombre de députés ne devrait pas être modifié. Le collège électoral est composé d’élus.

dans les départements où les sénateurs sont élus à la proportionnelle. en cas de démission une élection partielle devra être organisée. Au sein de cet organe certains membres auraient continués à être élu et d’autre à être nommé. la liste des candidats doit comporter autant d’hommes que de femmes en alternance sur la liste. non seulement en matière de révision constitutionnelle mais aussi à l’égard des lois organiques relatives au Sénat. Seul l’Assemblée Nationale peut en effet mettre en jeu la responsabilité du gouvernement. Contrairement à la plupart des élections ou le candidat doit être situé dans le ressort de la circonscription qu’il convoite. Si le référendum de 1969 avait réussit le Sénat aurait tout simplement disparu comme deuxième chambre délibérative. Si un second tour est nécessaire la majorité simple suffit. ex : François Hollande se fait élire mais trois jours plus tard il démissionne au profit de son suppléant. §2 : Le statut des parlementaires. La prééminence de l’Assemblée Nationale.5% des inscrits. en cas de difficulté concernant les élections nationales. Le Sénat toutefois peut s’opposer à la toute puissance de la chambre. Dans les départements qui doivent pourvoir quatre sénateurs et plus l’élection s’effectue à la proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne sans panachage ni vote préférentiel. aux élections parlementaires tout citoyen peut se présenter dans la circonscription qu’il souhaite conquérir conformément au principe de la souveraineté nationale. Si deux candidats obtiennent le même nombre de voix c’est le candidat le plus âgé qui sera proclamé élu. En revanche.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés représentant au moins 1/4 des inscrits. mais ne pourront se présenter au second tour que les candidats ayant obtenu aux moins 12. Au Sénat les conditions sont semblables si ce n’est qu’il faut être âgé d’au moins 30 ans pour être éligible. Enfin. Depuis la loi du 6 juin 2000 sur l’introduction en politique de la parité homme/femme. Les candidatures doivent être obligatoirement déposées en préfecture. ce texte prévoyait la fusion de l’actuel Sénat avec le Conseil Economique et Social. Page 60 . C’est aussi ce qui explique que cette chambre possède le droit de dernier mot dans la plupart des domaines. Cette faculté offerte au Sénat d’empêcher une révision constitutionnelle a poussé un certain nombre d’individu à demander soit la réduction des pouvoirs de la chambre soit sa disparition pure et simple. On évite ainsi les manœuvres des partis politiques qui ne sont pas très honnêtes visà-vis des électeurs. s’explique aujourd’hui encore par son mode d’élection et par sa représentativité. Pour être éligible à l’Assemblée Nationale. il faut être âgé d’au moins 23 ans et être de nationalité française. et dans le même temps chaque candidat doit avoir un suppléant en cas d’incompatibilité ou de décès.

la loi du 19 janvier 1995 interdit même désormais à tout avocat d’accomplir certains actes qui pourraient nuire à l’intérêt public. un parlementaire ne peut exercer des fonctions de direction dans les entreprises qui bénéficient d’une aide financière versé par les pouvoirs public ou qui assurent la fourniture de services ou de travaux pour le compte de collectivités publiques. il est aussi interdit à un parlementaire d’exercer une fonction de conseil au cours de son mandat si celle-ci n’était pas la sienne avant son entrée en fonction. ex : lorsque Bernard Tapi était président d’Adidas. De même. Le but est d’éviter que l’exercice de cette activité puisse interférer avec l’exercice du mandat. le principe qui domine la matière c’est celui de l’incompatibilité d’un mandat parlementaire avec une activité publique. ou Lionel Jospin avaient demandé un détachement pour exercer leurs fonctions politiques. il pouvait cumuler les deux mandats puisque l’entreprise ne bénéficiait pas de subventions. Il faut distinguer l’exercice d’une fonction publique élective ou non et les problèmes engendrés par la poursuite d’une activité privée. Dans un tel cas. Contrairement au cas d’inéligibilité. Rocard. On ne saurait ainsi être parlementaire et fonctionnaire en raison du principe d’obéissance hiérarchique qui s’impose à tous les fonctionnaires. le fonctionnaire sera tout simplement placé en situation de détachement durant la durée de son mandat. C’est la même chose pour les parlementaires. en cas d’incompatibilité la personne concernée devra choisir entre l’exercice de la fonction parlementaire et ses autres fonctions. ex : un boucher charcutier peut être député sans aucun problème ex : on ne peut pas être professeur des écoles et député. ex : Jacques Chirac. S’agissant des activités publiques. Ce détachement sera plus ou moins long. Par ailleurs. Valérie Giscard d’Estain. Page 61 . mais il ne pourra pas plaider contre l’Etat. Il est notamment interdit à un parlementaire de faire figurer son nom suivit de sa qualité en faveur de toute entreprise industrielle ou commerciale. ex : un universitaire peut demander à devenir avocat.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille la Constitution prévoit dans son article 59 que le conseil compétent pour trancher le litige devra se prononcer. Alain Jupé. A] Les incompatibilités parlementaires. Toujours parmi les restrictions. En ce qui concerne la poursuite d’une activité privée le principe qui domine en l’espèce est celui de la compatibilité avec de telles activités sous réserve néanmoins de quelques exceptions. Laurent Fabius.

elle va permettre à ceux qui en bénéficient de ne pas être arrêté pendant la durée de leur mandat sans l’autorisation préalable de la chambre à laquelle ils appartiennent. ils avaient mis en cause le passé du chef de l’Etat pendant la guerre et n’avaient pas voulu retirer leur propos. Le problème est encore différent s’agissant des élus qui souhaiteraient bénéficier de plusieurs mandats électifs. il y a eu des cumulards. le parlementaire pourrait être déclaré démissionnaire d’office par le Conseil Constitutionnel ou être mis dans l’obligation de mettre fin à ses fonctions incompatibles. En revanche rien n’interdit à un parlementaire de cumuler ses fonctions avec une fonction exécutive locale comme sénateur-maire ou député-maire. existe une incompatibilité de cumul de mandats parlementaires national et européen. L’immunité parlementaire qui est organisée par l’article 26 de la Constitution couvre deux aspects. B] L’immunité parlementaire. ainsi que le non renouvellement de la classe politique et la féminisation insuffisante de cette même classe. Et ce malgré les inconvénients de cette situation dont l’impossibilité de se consacrer efficacement à l’exercice d’un mandat. il s’agit de l’inviolabilité parlementaire. Toutefois cette protection ne bénéficie pas aux parlementaires qu’ils soient ou non en fonction pour des propos tenus dans des articles de presse ou à l’occasion de discours prononcés lors de réunions publiques. Cette protection demeure alors même que le parlementaire n’est plus en fonction. Ce problème est un débat récurent en droit interne. En effet. le rappel à l’ordre avec inscription au procès verbal ou encore la censure simple infligée en février 1984 à l’encontre de trois parlementaires de droite. Pendant des années. Parmi les innovations récentes on peut citer la loi d’avril 2000 qui a renforcée les limitations de cumul.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Concernant cette position de détachement la seule exception qui existe concerne les universitaires puisqu’ils bénéficient de leur indépendance. Avant la réforme d’août 1995 en période de session un parlementaire ne pouvait être ni poursuivit ni arrêté sans l’autorisation préalable de l’assemblée à laquelle il appartenait sauf en Page 62 . En cas de violation de ces règles. En second lieu. Il s’agit en premier lieu de l’irresponsabilité parlementaire qui a pour effet de mettre à l’abri ce même parlementaire à raison des actes commis dans l’exercice de ses fonctions en dehors des coups et blessures. on a en effet découvert en 1984 à leur intérêt un principe fondamental reconnu par la République. dès lors qu’il manquerait à ses devoirs. le risque est qu’il soit frappé par des mesures disciplinaires comme l’exclusion temporaire. ex : injures proférées dans l’hémicycle. Désormais. Néanmoins. Il y a quelques années Lionel Jospin a voulu réformer ce système mais il s’est retrouvé confronté à l’hostilité du Sénat et d’une partie de sa majorité.

et il est a présent semblable que le Parlement soit en session ou non. la mise en examen d’un parlementaire peut désormais être effectuée sans intervention de l’Assemblée dont il est membre à condition qu’il ne soit pas mis en détention. En revanche. Cette indemnité se répartie entre : . de délit flagrant ou pour les procédures judiciaires dites ordinaires ne nécessitant pas de mesure restrictive de liberté. §3 : Les indemnités parlementaires. elle. Cette autorisation n’est toutefois requise que si le parlementaire est susceptible d’être arrêté ou de subir toute mesure restrictive de liberté en matière criminelle ou correctionnelle. . le régime a été unifié. Initialement aucune condition de rémunération n’était prévue pour les parlementaires. Hors session l’immunité ne concernait que l’arrestation. C’est ce qui a tout simplement permis un enracinement des institutions démocratiques dans la vie politique. par voie de conséquence ne pouvait siéger que ceux qui disposaient de revenus élevés ou d’une fortune personnelle. Malgré son coût. L’obligation de disposer d’une autorisation disparait toutefois en cas de condamnation définitive. Elle correspond à l’équivalent du quart du traitement principal soit environ 1400 euros. .Il y a l’indemnité principale.La dernière partie de l’indemnité. Sur le fondement de l’article 26 alinéa 3 l’Assemblée peut suspendre la détention ou les mesures restrictives de liberté infligée à ses membres pendant la durée de la session. Pour l’année 2007.Il y a l’indemnité de fonction. cette mesure constitue l’une des conditions essentielles de tout un chacun à la vie politique. ex : une partie de l’immunité de Gaston Flosse a été levée pour permettre sa mise en garde à vue puis son immunité a été entièrement levée afin qu’il soit placé en détention provisoire. dans ce cas l’arrestation ne pouvait avoir lieu qu’avec l’accord du bureau de l’Assemblée. l’autorisation demandée sera accordée ou refusée par le bureau de l’Assemblée concernée. concerne l’indemnité de résidence et celle-ci est de l’ordre de 165 euros mais il faut savoir que les Page 63 . Cette partie seulement d’indemnité pourrait être fortement réduite en cas d’absence répété et injustifié du parlementaire aux travaux de la Commission à laquelle il appartient ou encore aux séances plénières. Elle est prévue par l’article 25 de la Constitution et elle est régie par l’ordonnance du 13 décembre 1958. elle représentait une somme d’environ 5000 euros. A présent et dans tous les cas où elle est nécessaire. Aujourd’hui encore ce type d’initiative n’est jamais mise en œuvre. Depuis la réforme constitutionnelle. C’est pourquoi cette situation va être modifiée au cours du XIXème siècle.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille cas de flagrant délit.

une déclaration sur l’état de leur patrimoine dans les deux mois de leur nomination et une autre déclaration peu avant la fin de leur mandat. ils vont souvent avoir un secrétariat privé ainsi que 3 collaborateurs et en principe. Ils bénéficient aussi de prêt à taux bonifiés. on ne doit pas dépasser une somme qui est légèrement supérieur à 5000 euros. Ils bénéficient aussi d’un régime de retraite qui est assez largement dérogatoire. Par ailleurs. ces textes étaient souverainement adoptés par les Assemblées et dans le même temps ils n’étaient soumis à aucun contrôle de forme juridictionnelle. ils ont une retraite à taux plein (le prof ne sait pas si c’est encore applicable). ces textes sont obligatoirement soumis à la censure du Conseil Constitutionnel avant leur entrée en vigueur. l’indemnité des parlementaires n’était soumise à l’impôt que dans la limite des onze vingtième. de la gratuité des transports entre leur conscription et la capitale. A ces indemnités principales. et donc le cumul d’indemnité : Le cumul d’indemnité lié à l’exercice de d’autres mandats ne saurait être supérieur à une fois et demie l’indemnité principale. Ces informations sont considérées comme confidentielles sauf si la personne donne son accord pour leur parution. Désormais. Ils bénéficient aussi de la franchise postale. les règles internes de fonctionnement de l’Assemblée était contenues dans le règlement de chacune d’elles. Depuis la loi du 11 mars 1988 sur la transparence de la vie politique. Page 64 . Cette modification vise tout simplement à donner tout son sens à la « rationalisation du régime parlementaire ». En clair. Il s’agit des lois organiques. ils bénéficient aussi du droit d’engager en toute liberté les collaborateurs dont le coût est pris en charge par l’Assemblée. Ces mécanismes vont notamment permettre à un gouvernement de se maintenir au pouvoir alors même que cette instance ne disposerait pas du soutien de la majorité absolue à la chambre. Jusqu’en 1992.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille parlementaires s’ils le souhaitent. Section assemblées 2: Le fonctionnement interne des Avant l’adoption de l’actuelle Constitution. Ce phénomène consiste tout simplement à introduire dans la Constitution des mécanismes visant tout simplement à renforcer la position du gouvernement face au pouvoir législatif. Toutefois pour éviter le cumul d’activité. peuvent être logé gratuitement au sein de l’Assemblée ou autour de celle-ci. les parlementaires sont dans l’obligation d’adresser au bureau de leur Assemblée. Si on est député pendant 18 ans.

il peut y avoir des difficultés d’organisation notamment quant à la prise de parole. donc pour 6 commissions et 577 députés cela fait environ 100 députés par commission. le nombre de députés reste le même. Et si d’aventure un troisième tour est nécessaire la majorité simple suffira. Outre ces attributions traditionnelles. le Président est élu au scrutin secret. Ce type de préoccupations n’est pas nouveau. Lors des deux tours. L’objectif est d’assurer la stabilité et l’efficacité du pouvoir exécutif. On peut également évoquer la suppression du droit d’initiative en matière de loi de finance. que l’on divise ou pas. On peut relever non seulement la limitation du nombre des commissions parlementaires permanentes.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille C’est en revanche. pour opérer une révision de la Constitution. Son rôle est tout simplement d’assurer la direction des travaux des Assemblées ainsi que l’administration de ces même Assemblées. la réforme de juillet 2008 a fait passer ces commissions de 6 à 8. Il faut savoir qu’il y a des centaines de personnes qui travaillent dans ces assemblées. par conséquent si aucune dissolution n’intervient le Président sera élu pour 5 ans. §1 Le bureau C’est une structure collégiale qui est composée de 22 membres. ACCOYER. En ce qui le concerne. les Présidents des institutions sont habilités à se prononcer sur les propositions de loi lorsque le gouvernement Page 65 . sera proclamé élu le candidat qui aura obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés. A] Les présidents des Assemblées A l’Assemblée nationale. De ce fait. Actuellement elle est présidée par M. En l’espèce. ce qui s’est produit pour les gouvernements conduit par Michel Rocard ou encore Edith Cresson. (Le plus grand appartement de fonction est occupé par le Maire de Paris 1100m²) La durée des fonctions est égale à celle de la législature. Lorsque le Congrès est réuni. la présidence de cet organe est occupée de plein droit par le Président de l’Assemblée Nationale. Le Bundestag peut renverser le chancelier mais seulement à la condition que soit en même temps désigné son successeur. On la retrouve notamment en Allemagne (en RFA) avec le Bundestag (chambre des députés) [Pour le deuxième semestre : le Bundesrat = le Sénat]. Un parlementaire peut déposer à peu près toutes les lois qu’il souhaite à l’exception des lois de finance. actuellement M. la situation du Président du Sénat est un peu différente dans la mesure où il doit être réélu après chaque renouvellement partiel de cette assemblée donc en clair tous les 3 ans. LARCHER. En outre.

le groupe devra établir une déclaration politique dans laquelle les membres formulent leurs objectifs. Au sein des assemblées. §2 Les groupes parlementaires Les groupes parlementaires sont formés par la réunion des parlementaires qui ont très généralement les mêmes idées politiques. En cas d’absence. Il s’agit notamment du cas des apparentées. il persiste dans ce choix cette personne sera qualifiée de parlementaire non inscrit. Par exemple. En ce qui les concerne. un parlementaire quel qu’il soit n’est jamais tenu d’adhérer à un groupe. Il s’agissait de permettre à l’époque aux 27 députés communistes de former un groupe et il faut savoir en effet qu’avant cette date le nombre de députés exigés était de 30. Une règle veut non seulement que la composition du bureau reflète celle de l’Assemblée mais aussi que les formations politiques s’entendent sur la répartition des postes. A l’Assemblée Nationale. néanmoins. (= police des débats) B] Les autres membres du bureau Ceux-ci sont élus lors de chaque renouvellement partiel au Sénat et chaque année à l’Assemblée Nationale. certaines attributions de manière collective. En outre. on retrouve généralement la transposition des partis politiques. Si d’aventure. Toutefois il est invité à intégrer un groupe en raison des avantages que cela peut lui procurer. en revanche. du matériel et des locaux. il bénéficie du droit d’organiser les débats et c’est notamment lui qui va attribuer la parole aux orateurs ou même les inviter à s’interrompre. par ailleurs. Page 66 . En outre. Enfin il a le droit de clore la discussion dès lors que les opinions les plus diverses se sont exprimées. On peut citer notamment M. ce nombre a été ramené à 20 et ce depuis une réforme du 20 juillet 1988. Il peut notamment vérifier les éventuels cas d’incompatibilité ou encore il va procéder à la nomination de certains des agents de l’Assemblée. Le bureau exerce. Ils ont aussi pour fonction de préparer et exécuter le budget de l’Assemblée. le Président peut être supplée par l’un des vices Président. Contrairement à une idée répandue.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille affirme que ce texte est de la compétence du pouvoir réglementaire. Bayrou. au Sénat un groupe ne peut être constitué que s’il comporte au moins 15 sénateurs. Le parlementaire va donc s’apparenter à un groupe mais il ne va pas être soumis aux règles du groupe. Il est chargé de représenter et d’assurer le maintien de l’intérieur et de l’extérieur de l’Assemblée. les « questeurs » sont chargés de la gestion du personnel.

Cet organe se compose du Président de l’Assemblée concernée. Le gouvernement est toujours représenté au sein de cet organe. les Présidents des commissions permanentes et enfin des Présidents de groupe. Les commissions parlementaires sont élues à la proportionnelle des groupes. Leurs conditions de création sont fixées par le règlement de chaque assemblée ». §3 La conférence des Présidents Cet organe est apparu en 1911 à l’Assemblée Nationale et en 1947 au Sénat. vous allez prendre les dernières places.  Article 51-2 : « Pour l’exercice des missions de contrôle et d’évaluation définies au premier alinéa de l’article 24. Moyennant une participation aux frais les groupes vont mettre à la disposition de leurs membres un secrétariat. C’est donc ce qui explique que les Présidents de groupe disposent d’un nombre de voix égale à celui de l’effectif de leur groupe.  Article 51-1 : « Le règlement de chaque assemblée détermine les droits des groupes parlementaires constitués en son sein. Comme les mesures adoptées par cet organe doivent être validées par l’Assemblée concernée cela signifie que toutes les tendances représentées à la chambre doivent être nécessairement représentées au sein de cet organe. Dès lors que vous êtes non inscrit. La loi détermine leurs règles d’organisation et de fonctionnement. des commissions d’enquête peuvent être créées au sein de chaque Assemblée pour recueillir. les places attribuées aux parlementaires sont établies au regard de leur appartenance politique et après accord du Bureau et des Présidents de groupe. des éléments d’information. Page 67 . La réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 s’est efforcée de renforcer les droits des groupes parlementaires à travers l’insertion de deux dispositions nouvelles : article 51-1 et article 51-2. On s’acheminerait donc vers la reconnaissance d’un statut de l’opposition qui a été pratiquement toujours ignoré sous la Vème République. Il reconnait des droits spécifiques aux groupes d’opposition de l’Assemblée intéressée ainsi qu’aux groupes minoritaires ». dans les conditions prévues par la loi. Les autorités les plus influentes de chacune de ces deux Assemblées siègent au sein de cet organe.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Tout d’abord au sein de l’hémicycle. des Viceprésidents.

elles sont remises au Président de l’Assemblée intéressée qui les transmet au gouvernement. Page 68 . Section 3 : La fonction de contrôle exercée par le Parlement §1 L’information parlementaire A] Les questions parlementaires C’est un mode d’information qui s’est développé depuis le milieu du XIX ème siècle en Grande. Désormais. En outre. elles sont en augmentation constante dans toutes les démocraties. Celles qui portent de la politique générale du gouvernement sont adressés au Premier Ministre.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Depuis l’entrée en vigueur de la réforme de juillet 2008. Avec cette nouvelle réforme. Mais ils peuvent aussi solliciter un délai supplémentaire afin de leur permettre de réunir les éléments de réponse. Et souvent ce sont des questions très techniques. Ces questions sont publiées au Journal Officiel et cela même lorsque le Parlement n’est pas en session. Celles-ci sont posées par un parlementaire à un ministre. Cette disposition a été fortement modifiée par la réforme de juillet 2008. Les questions écrites Cette procédure est très employée. Ces mêmes ministres ont la possibilité de faire savoir que l’intérêt public ne leur permet pas d’y répondre. toutes les démocraties ont recours à ce mode d’information. 2) Les questions orales Celles-ci sont prévues par l’article 48 de la Constitution.Bretagne. Ce délai supplémentaire ne peut être supérieur à un mois. Ces questions sont très généralement posées à la demande des électeurs. Les ministres ont en principe un mois pour y répondre par écrit. le rôle de cet organe a été accru puisqu’il est désormais compétent pour se prononcer sur une partie importante de l’ordre du jour. En pratique. Et leur réponse est elle-même publiée au Journal Officiel. Aucun vote ne peut être effectué sur les réponses fournies par les ministres et le but ici est de ne pas revenir à la pratique des interpellations qui existaient sous les III ème et IVème Républiques et qui ont tout simplement conduit certains gouvernements à être mis en minorité. il y a donc deux semaines sur quatre qui sont réservées à l’ordre du jour fixé par les chefs des Assemblées.

Par exemple. Et si l’on dépasse ce délai on peut perdre son statut de sénateur ou de député.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Désormais on distingue deux types de questions orales : . leur mission prend normalement fin soit lors du dépôt de leur rapport soit au plus tard 6 mois après l’adoption de la proposition de résolution qui les a crée. Pour montrer que ces commissions ont tout de même des attributions importantes.Et les questions au gouvernement . elles ne doivent ni excéder 6 mois ni être incompatibles avec l’exercice du mandat parlementaire. Il faut savoir que ces missions sont soumises à une double limite. la sécurité étrangère. le gouvernement peut confier des missions temporaires à des parlementaires. Ce qui est oral c’est la réponse.Et il y a également les questions avec débat mais on n’en parle pas car elles sont obsolètes. pratiquement tous les chefs d’Etat ont eu recours à cette technique. elle devrait suspendre ses travaux à partir de l’ouverture d’une procédure judiciaire. C] L’information par les commissions d’enquêtes Leur rôle est de retenir des éléments d’informations pour les soumettre à l’Assemblée dont il relève. B] Les missions Sur le fondement de l’article 13 de l’ordonnance du 24 octobre 1958. Ce pourrait être aussi une forme d’élément de pression sur l’autorité judiciaire. L’initiative de la création d’une commission d’enquête appartient aux membres de chaque Assemblée. A l’exception du général De Gaulle. il y a eu des rapports sur l’épidémie de la vache folle ou encore sur les diverses formes d’esclavage moderne. si le rapport fait l’unanimité cela peut déboucher sur un projet de loi. En effet. les questions orales sont toujours adressées par écrit au Président de l’Assemblée. la sécurité intérieure ou extérieure si ces documents sont couverts par le secret. Il faut tout de même noter qu’il y a une limite dans la durée : 6 mois. . Page 69 . Ces commissions ont par nature un caractère temporaire. Toutefois. Le but est ici de demander à un parlementaire d’effectuer un rapport parce qu’il a les compétences requises. A la fin. il faut préciser qu’ils peuvent se faire communiquer tout renseignements utiles à l’exception toutefois de ceux concernant la défense nationale. Toutefois on a mis des limites puisqu’aujourd’hui encore on ne peut créer une commission d’enquête lorsque les faits ont donné lieu à des poursuites judiciaires et aussi longtemps que ces poursuites sont en cours.Les questions sans débat. Si par hasard une commission avait déjà été crée. En effet.

§1 La mise en jeu de la responsabilité politique du gouvernement La mise en cause éventuelle de la responsabilité du gouvernement est affirmée et détaillée par l’article 49 de la Constitution. (En théorie la détention provisoire ne doit se faire qu’à titre exceptionnel mais généralement les exceptions présentent un caractère supplétif…) D] Les résolutions communautaires de l’article 88-4 Elles ont été instituées suite à la révision constitutionnelle du juin 1992. De sorte que dans l’hypothèse où les votes négatifs l’emporteraient. Des rapports ont été publiés notamment sur la pollution de la Méditerranée. contre et abstention. le gouvernement devrait en tirer les conséquences. la commission va remettre son rapport et son dépôt est publié au Journal Officiel (le dépôt mais pas le rapport). sur l’usage de la langue française. Il s’agit simplement de permettre aux parlementaires d’être tenu informé des très nombreuses normes que les institutions européennes entendent adopter et qui seront applicables en France. sur l’état de la sécurité sociale ou encore sur l’affaire Outrau. Alinéa 1ier Alinéas 2 ou 3 250 pour 250 pour 260 contre 260 contre Page 70 . En principe. l’article 50 se contente de tirer les conséquences d’un vote à la majorité requise de la motion de censure ou en cas de rejet du programme ou de la déclaration d’une politique générale présentée par le gouvernement. ceux-ci sont rendus publics sauf sur décision contraire de la chambre concernée. l’Assemblée va émettre un avis. C’est relativement récent. Sur le fondement de l’article 49 premier alinéa. Mais le gouvernement peut tout à fait. (Doctrine Pompidou en 1966) Les suffrages sont décomptés séparément c’est-à-dire : pour. Quoi qu’il en soit.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Ces commissions peuvent entendre toutes les personnes qu’elles souhaitent entendre. le Conseil a encadré cette procédure puisque dès 1992 il a considéré que ces résolutions étaient dépourvues de force juridique et qu’il ne s’agissait en fait que d’un avis qui ne saurait porter atteinte au pouvoir que possède le gouvernement et que de même cela ne peut conduire à la mise en cause de la responsabilité politique de ce même gouvernement. Pour sa part. le Premier ministre peut après délibération du Conseil des ministres demander à la chambre des députés un vote de confiance soit sur son programme soit alors sur une déclaration de politique générale. A la fin de ses travaux. s’il le souhaite suivre l’avis ou encore adopter un autre texte. Il sera dans l’obligation de déposer sa démission au Chef de l’Etat. En clair.

Car au moment où François Mitterrand nomme Mauroy. il a dissout l’Assemblée Nationale et obtenu une majorité de gauche. Par ailleurs. Page 71 . celle-ci doit être déposée par un dixième au moins des membres de l’Assemblée Nationale. Par conséquent. S’agissant à présent du décompte des voix. Et c’est ce que l’on appel une motion de censure dite offensive. Quelques semaines plus tard. cette disposition prévoit qu’un même député ne peut être signataire de plus de 3 motions de censure au cours d’une même session ordinaire et de plus d’une motion de censure au cours d’une même session extraordinaire. engagés leur responsabilité sur une déclaration de politique générale. le vote de la motion de censure ne pourra intervenir au plus tôt que 48h après son dépôt. La situation était radicalement différente car suite à la dissolution il disposait d’une majorité à la chambre. C’est notamment ce qui s’est produit pour le gouvernement Mauroy I (Le Premier Ministre du Président Mitterrand) ne s’est tout simplement pas présenté devant la chambre car il ne disposait pas d’une majorité. l’opposition un jour se réveille et décide de poser une motion de censure sur le gouvernement. cette procédure n’a jusqu’à présent jamais été à l’origine du renversement quelconque de l’un des gouvernements sous la Vème République. afin que les députés puissent prendre le temps de la réflexion. Tout simplement. En effet. En clair. Toutefois. Le but ici est d’éviter l’obstruction. pour éviter le dépôt répété de motion de censure. Un dixième au moins cela veut dire qu’elle doit être signé et déposé par 58 députés. en cas de doute le Premier Ministre peut effectuer ce type de déclaration mais sans solliciter de vote ou alors il peut choisir purement et simplement de ne pas se présenter devant la chambre. Les gouvernements Mauroy II et III ont par la suite. Pour être recevable. en pratique les abstentionnistes sont considérés comme ayant manifesté leur désir de voir le gouvernement continuer à assurer l’exercice de leur pouvoir. Le gouvernement sur le fondement de l’alinéa 2 ne sera dans l’obligation de remettre sa démission au chef de l’Etat qu’à la condition que la majorité des députés c’est-à-dire 289 députés se soient prononcé en faveur de la motion de censure.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille 67 abstention Ici il quitte le gouvernement 67 abstention Là non. Cet alinéa prévoit la situation dans laquelle l’initiative de la mise en jeu de la responsabilité gouvernementale émanerait de la chambre elle-même. ne sauront retenus ici que les votes favorables à l’adoption de la motion de censure. Le deuxième alinéa de l’article 49 a été modifié suite à la Réforme d’août 1995. car la majorité absolue c’est 289 Alors même que cette procédure a souvent été utilisée. la chambre est encore une chambre de droite.

Lorsque cette technique est utilisée. En l’espèce. que le gouvernement Pompidou a été renversé en 1962. un même député ne pouvait signer qu’une seule motion de censure au cours d’une même session. si par exemple. le texte sera considéré comme adopté. Pendant de nombreuses années. Si ce n’est pas le cas. 180/3=60 donc 3 motions de censure peuvent être déposé dans la même session par l’opposition. le Premier Ministre ne peut plus utiliser cette arme que dans certaines circonstances.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille C’est sur le fondement de cette disposition. cette technique est parfois utilisée pour mesurer le degré de cohésion de la majorité. Désormais les choses ont évolué. En réponse à l’engagement de la responsabilité du gouvernement. en raison de l’existence du bicamérisme inégalitaire. article 49 alinéa 2. De ce fait. Avant la révision d’août 1995. Alinéa 3 : Cet alinéa offre la possibilité au gouvernement d’engager sa responsabilité. la Chambre des Députés est en droit de déposer dans les 24 heures une motion de censure qui est aussi appelée une motion de censure défensive. Depuis le 1er mars 2009. Toutefois. dès lors que le gouvernement engageait sa responsabilité sur le fondement de l’article 49 alinéa 3. le refus du Sénat d’approuver ce texte ne peut en aucun cas contraindre le gouvernement à Page 72 . En pratique. la procédure est semblable à celle qui est prévue par l’alinéa 2. Alinéa 4 : Cet alinéa offre au Premier Ministre et à lui seul la possibilité de demander au Sénat l’approbation d’une déclaration de politique générale. Cela ne signifie pas pour autant que le texte sera définitivement adopté. l’opposition hésitait parfois à déposer une motion de censure en début de session car après cela aurait pu s’avérer impossible. Mais cette disposition pouvait être détournée. Tout d’abord à l’égard d’un projet de loi de finance ou de financement de la sécurité sociale ainsi que sur un autre projet ou une proposition de loi par session. Ce qui signifie que dans ces conditions. autant de fois la chambre des Députés pouvait déposer une motion de censure. il faut savoir que les signataires n’ont pas à justifier de leur position sachant que très généralement le but est de censurer la politique générale du gouvernement. il y a 180 députés de l’opposition et qu’il décide de se partager le dépôt de motion de censure. On l’utilise aussi parfois pour accélérer la procédure législative. les députés pouvaient poser autant de motion de censure qu’ils souhaitaient. toujours sur le fondement de cette disposition. c'est-à-dire qu’en réalité l’Assemblée Nationale ne se prononcera pas sur le texte concerné. Concrètement. C’est le seul gouvernement à avoir fait l’objet d’un renversement sous la Vème République.

cela se faisait très rapidement. Chapitre 4: législative La procédure Section 1 : La procédure législative ordinaire §1 : L’initiative législative Sur le fondement de l’article 39 alinéa 1er de la Constitution. Dans le cadre de son contrôle. Au moins de manière indirecte. le Parlement ne saurait enjoindre au Premier Ministre de déposer un projet de loi en tel ou tel domaine. il peut proposer une modification de certaines dispositions qui lui sont proposées sachant toutefois que le gouvernement n’est pas tenu de suivre l’avis qui a été émis. Il y a un certain nombre de réserves toutefois. Quoiqu’il en soit. le droit d’initiative législative appartient exclusivement au Premier Ministre et porte le nom de projet de loi. En pratique. Il ne servirait à rien que le Conseil d’Etat ne regarde que les normes de droits internes. Cet organe doit en effet obligatoirement délibérer sur tous les projets de loi. Sur le fondement de Page 73 . le rôle du chef de l’Etat est important. Par conséquent. Ces textes sont déposés en toute liberté sur le bureau de l’une quelconque des Assemblées. A] L’initiative émanent de l’exécutif Au sein du pouvoir exécutif. le chef de l’Etat dispose de l’initiative législative lorsqu’il n’est pas en cohabitation. Cela a été jugé par le Conseil Constitutionnel en 1979.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille présenter sa démission au chef de l’Etat sur le fondement de l’article 50 de la Constitution. Sur le fondement de l’article 39 alinéa 2. Il est tout de même fortement encouragé à le faire. Celui-ci s’exprime notamment à travers l’existence de lettre directive dont le but est d’orienter le travail du gouvernement. pourtant le texte ne sera jamais appliqué dès lors qu’il est contraire à une Convention internationale. Le texte doit ensuite être soumis au Conseil des Ministres. Ce droit offert au Premier Ministre constitue ce que l’on appelle une compétence discrétionnaire. les projets de loi doivent nécessairement faire l’objet d’un double examen. l’initiative des lois appartient concurremment au Premier Ministre et aux membres du Parlement. c'est-à-dire aux normes internes et aux normes internationales. tout d’abord par le Conseil d’Etat qui doit vérifier la conformité du texte présenté aux différentes normes juridiques. S’il oublie les normes internationales et que le texte est adopté à l’unanimité.

B] L’initiative émanant du pouvoir législatif Ce droit bénéficie à l’ensemble des parlementaires. Pour se faire. Pour éviter l’utilisation de ce droit. un contrôle a priori est effectué par les Assemblées sur la recevabilité des propositions de loi et ce avant même leur impression et leur envoi en commission. les projets de finance tout d’abord et ensuite les projets de financement de la sécurité sociale sont soumis en premier lieu à l’Assemblée Nationale. Si on considère que cette proposition n’a pas de chance d’aboutir on ne l’imprime pas. Dans le cadre de cette disposition. si aucune possibilité amiable ne peut être trouvé il appartiendra au Premier Ministre ou au Président de l’Assemblée concernée de saisir le Conseil Constitutionnel alors même que le texte n’est encore qu’en discussion. organique ou constitutionnelle. Il faut savoir que dans ces conditions. le texte va subir très tôt un examen de recevabilité. Selon l’article 40 de la Constitution. Sur ce point. Des propositions de loi ordinaire. 41 et 44. En effet l’initiative parlementaire peut ainsi être contrariée lorsqu’elle s’exerce en violation de plusieurs dispositions de la Constitution. Cette disposition permet au gouvernement de tenter d’empêcher l’examen d’une proposition de loi qui selon lui empiéterait sur le domaine réglementaire. en l’espèce. En outre. les propositions et amendements formulés par les membres du Parlement ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence soit une diminution des ressources publiques soit la création ou l’aggravation d’une charge publique. Il peut être exercé individuellement ou collectivement (c’est le plus souvent le cas). Ils ne peuvent toutefois pas déposer une loi de finance. C’est quelque chose de très large car les parlementaires peuvent déposer toute sorte de proposition. on a mis un certain nombre de garde fous. une fois adoptée la loi pourra être déféré au Conseil Constitutionnel et le cas échéant censurée. un problème peut surgir si le gouvernement soulève l’irrecevabilité et que l’autorité compétente refuse d’accéder à cette demande. Concernant le respect de cette disposition. Ici on songe aux articles 40. Deuxième possibilité : c’est l’existence d’un cas d’irrecevabilité sur le fondement de l’article 41 de la Constitution. Cette initiative prend le nom de proposition de loi.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille l’article 39 alinéa 2. la pratique veut que les projets de loi relatifs à une chambre soient initialement examinés par cette même chambre. Enfin la Constitution prévoit que le gouvernement dispose d’un droit général d’amendement. Cela ne les empêche pas d’amender les lois de finance du gouvernement. Concrètement on va suspendre Page 74 . Ce contrôle a priori est effectué par une délégation du bureau.

ce n’est que par la suite qu’il pourra éventuellement être inscris à l’ordre du jour. Mais c’est très rare en général on trouve une solution amiable. Page 75 .Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille l’examen du texte. A] La variété des commissions Les commissions permanentes ont fait leur apparition au sein des Assemblées à partir de 1902. Cette irrecevabilité peut être soulevée par le gouvernement lorsqu’un amendement n’a pas été soumis à une commission avant que ne débute la discussion du texte. Dans le prolongement on va attendre que le Conseil Constitutionnel se soit prononcé. l’actuelle Constitution a en tout cas dans un premier temps tenté de réduire leur importance tout simplement afin de permettre une meilleure rationalisation du travail parlementaire. En effet. l’Assemblée Nationale adopte le texte. leurs rôles sont important car aujourd’hui encore l’article 43 exige que les Assemblées ne sauraient délibérer valablement sur un texte dès lors qu’il n’aurait pas au préalable était transmis à la Commission compétente qui peut être soit l’une des commissions permanentes soit une commission crée spécialement à cet effet. En France. Dernière possibilité : il y a irrecevabilité sur le fondement de l’article 44 de la Constitution. §2 La préparation et la discussion des textes Cette phase est essentielle. Il a ici 8 jours pour rendre sa décision. Un texte quel qu’il soit doit être renvoyé pour examen à l’une des commissions permanentes. Il y a une répartition des compétences et il y a des domaines où c’est le pouvoir réglementaire qui va intervenir c’est-à-dire qu’un parlementaire dépose une loi où le législateur n’est pas sensé être compétent soit le chef de l’Etat ne dit rien soit il dit que le texte empiète sur ses attributions et il saisi alors le Conseil Constitutionnel. En effet. le Sénat adopte le texte et à partir de là le chef de l’Etat va promulguer le texte ou alors il va y avoir une saisine du Conseil Constitutionnel. Même si leurs rôles sont essentiels. Désormais (soit depuis la réforme constitutionnelle de 2008) selon les termes du dernier alinéa de l’article 39 « le Président de l’Assemblée peut soumettre pour avis au Conseil d’Etat avant son examen en commission une proposition de loi déposée par l’un des membres de cette assemblée à moins que ce dernier ne s’y oppose ».

Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Ce qui en revanche a été modifié par rapport aux Républiques antérieures c’est aussi bien la modification de leurs attributions que de leurs organisations. Cette mesure de toute évidence vise à renforcer les pouvoirs du Parlement même si aujourd’hui on n’est pas réellement en mesure d’en déterminer les principaux effets. leurs activités de contrôle sur l’activité gouvernementale seront nécessairement plus faibles que si chaque commission avait des attributions semblables à celle de chaque ministère. Cette dernière appréciation est pleinement vérifiée pour les projets de loi constitutionnelle. le nombre de commission est passé de 6 à 8 il faut savoir que sous la IVème République on ne comptait pas moins de 19 commissions. dès lors qu’elles ont une compétence étendue. Les choses ont évolué depuis la réforme constitutionnelle de 2008 puisque désormais pour tous les autres textes selon les termes de l’article 42 alinéa premier « la discussion portant séance sur le texte adopté par la Commission saisie en application de l’article 43 ou à défaut sur le texte dont l’assemblée a été saisie ». L’effectif des commissions est trop considérable et cela ne peut que nuire à la qualité des débats. En effet. Toutefois. Même si depuis le 1 mars 2009. Il faut savoir Page 76 . les Commissions avaient la possibilité de retarder voir même d’empêcher la discussion d’un texte d’origine gouvernementale. D’autres modifications sont intervenues comme le fait que le nombre de commission permanente a été considérablement atténué même si depuis la révision de juillet 2008 ce nombre est passé de 6 à 8. Et quand ce qui concerne les projets d’origine gouvernementale la discussion débutera sur le texte du gouvernement et non plus sur le rapport établi par la Commission. C’est la raison pour laquelle les commissions ont pris l’habitude de créer en leur sein des sous-commissions. les commissions comptent 70 à 140 membres. dans les régimes antérieurs. En effet. Concernant les règles de fonctionnement et d’organisation des commissions. les lois de finance et les lois de financement de la sécurité sociale. A présent. le gouvernement peut s’opposer efficacement à ce type d’initiative puisqu’il est autorisé à inscrire à l’ordre du jour de la chambre concernée même si la commission compétente n’a pas achevé ses travaux. celle-ci sont insérées au sein de chaque règlement des Assemblées. A présent. la réduction du nombre des commissions présente un avantage important pour le gouvernement. 1] Les commissions permanentes La règle de principe veut que sur le fondement de l’article 43 alinéa 1 de la Constitution « Tous les projets et propositions de loi soient envoyé à la commission permanente compétente ».

le rapport débute toujours par l’exposé des motifs. Ce rapporteur est assisté par l’un des administrateurs. Ces personnes vont établir un projet et ce projet sera par la suite soumis à la discussion de la commission. Page 77 . Pour éviter toutes manœuvres dilatoires de la part des parlementaires. Par la suite.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille que toutes les Commissions ont un bureau permanent et en outre un rapporteur différent est nommé pour chaque texte examiné. Concrètement la Commission compétente va désigner un rapporteur. La Commission à ce stade va devoir se prononcer sur l’ensemble des amendements qui auront été déposé sur le bureau du Président de l’Assemblée. (Il n’y a pas de pouvoir décisionnaire des Commissions mais il y a un fort pouvoir de proposition). a. Les membres des commissions sont désignés à la proportionnelle des groupes mais il faut savoir qu’en principe il n’y a pas de réelle hostilité parce qu’une règle veut que chaque Président de groupe remette au bureau une liste de parlementaires que le groupe souhaiterait voir siéger au sein des commissions permanentes. Ici il n’y a pas d’exclusive. l’article 44 alinéa 2 de la Constitution dispose qu’après l’ouverture du débat le gouvernement peut s’opposer à l’examen de tout amendement qui n’a pas été soumis à la Commission compétente. Tout simplement parce qu’au sein des commissions de l’Assemblée Nationale. Les attributions exercées dans le domaine législatif L’activité essentielle des Commissions consiste à établir un rapport sur les textes qui leur sont déférés. Concernant les rapports en tant que tels. plus du quart des amendements déposés émanent des Commissions et que parmi ce nombre près de 90% de ces mêmes amendements sont adoptés en séance plénière. Les Commissions sont par ailleurs à même de se réunir soit au cours de la session soit en dehors des sessions. on y trouve le détail des amendements qui ont été adopté par la commission et parfois sont insérés en fin de rapports les amendements qui ont été rejeté mais après avoir été examiné. sur le fondement du second alinéa de l’article 2 « l’autre Assemblée délibère sur le texte qui lui a été transmis ». En clair. quelles sont les raisons qui ont motivé le dépôt du texte. Le rôle essentiel des Commissions est de préparer le travail de l’Assemblée Plénière mais on considère néanmoins qu’elles ont une forme de pouvoir décisionnel. Et il faut savoir que les ministres bénéficient d’un droit d’accès au sein de ces dernières.

la responsabilité de l’Etat pourrait être engagée devant les juridictions compétentes. selon une expression doctrinale. On la retrouve très peu et notamment en Italie. Et concernant leur composition. Et ces juridictions compétentes sont les juridictions administratives. les comités que ce soit de la chambre des représentants (=Assemblée Nationale) et ceux du Sénat exerce « un droit de vie et de mort » sur les propositions déposées. Aux Etats-Unis par exemple. Pour ce faire. les Commissions permanentes bénéficient du droit de contrôler l’activité de l’administration et le but est de s’assurer du suivi des décisions adoptées par le législateur. les commissions disposent d’un réel pouvoir prépondérant en matière des textes de loi. elles sont désignées à la proportionnelle des groupes mêmes si en pratique elles ne sont que rarement mises en place. En effet.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille b. toute personne régulièrement convoquée devant une commission mais qui refuserai d’obtempérer pourrait se voir infliger une amende (Si cela n’a pas changé. en cas de carence clairement avéré. en l’absence d’un droit d’initiative offert au chef d’Etat. Dans certaines hypothèses. selon le Parlement concerné. Les commissions permanentes désignent un de leur membre qui en liaison avec le secrétariat général du gouvernement a pour tâche de s’assurer que les décrets d’application des lois promulguées soit adoptés dans un délai raisonnable (sachant que personne ne sait ce qu’est un délai raisonnable). les commissions ou comités jouent un rôle plus ou moins important non seulement dans la préparation mais aussi dans l’adoption des textes de loi. En effet. elle peut aller jusqu’à 7500 euros). La seconde fonction essentielle qui peut être assurée par les commissions consiste à offrir à ces organes la possibilité d’exercer le pouvoir législatif. Le rôle et l’activité des commissions à l’étranger : cette situation visant à réduire le nombre et l’activité des commissions n’a pas été généralisé. Ces commissions ont une durée de vie relativement courte et elles peuvent être crée soit à la demande de l’Assemblée intéressée afin d’examiner un projet. Depuis une loi de juin 1996. C’est ce qu’on appelle des petites lois. Certains de ces organes jouent un rôle prépondérant en matière de sélection des textes de loi. La fonction de contrôle assuré par les Commissions permanentes En effet. elles peuvent se réunir lorsqu’elles le souhaitent. une proposition de loi soit elles peuvent être crée à la demande du gouvernement. 2] Les commissions législatives spéciales Ces commissions législatives spéciales sont prévues par l’article 43 alinéa 2 de la Constitution et on les appels aussi des commissions « ad hoc ». Il y a toutefois deux limites : Page 78 .

en matière de lois de finance. Ensuite. les débats débutent par un exposé du gouvernement et par la présentation du rapport établi par la commission saisie au fond. On peut citer la matière de délégation législative. Désormais le nouvel article 48 entend permettre un rééquilibrage entre exécutif et législatif puisque les chambres peuvent désormais fixer deux semaines de séance sur quatre concernant l’ordre du jour fixé par chaque assemblée.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille - - La Constitution italienne interdit l’usage de cette procédure dans certains domaines. B] L’inscription à l’ordre du jour Jusqu’à la réforme constitutionnelle de juillet 2008 (entrée en vigueur depuis mars 2009). Néanmoins. que celui-ci soit envoyé devant l’Assemblée Plénière. l’ordre du jour était prioritairement fixé par le gouvernement. il est vrai que la conférence des Présidents fixait l’ordre du jour complémentaire en tentant de favoriser les propositions qui émanaient de leurs membres de sorte qu’il était en pratique presque impossible de faire adopter un texte en termes identiques par les deux chambres. rien n’interdisait au gouvernement de fixer un ordre du jour très lourd de sorte que les parlementaires ne pouvaient en venir à bout. c’est quelque chose qui est envisageable sauf si le gouvernement ou la chambre s’y opposent. Et il faut savoir qu’une fois établi celui-ci était envoyé à chaque Assemblée qui étaient dans l’obligation de s’y conformer. Tout d’abord. les Assemblées auraient pu retrouver une certaine marge d’appréciation à travers la fixation de l’ordre du jour complémentaire. en matière électorale. rien n’interdit à un ou plusieurs parlementaires de soulever un mécanisme visant soit à retarder l’examen du texte soit à faire en sorte que le texte ne soit purement et simplement pas examiné. La Constitution prévoit que le gouvernement ou une partie des membres de la chambre peuvent demander avant l’adoption définitive du texte. si d’aventure celui-ci n’avait pas les faveurs du gouvernement. De son côté. Mais c’était quelque chose qui ne pouvait pas se manifester. Ceci dit il faut savoir qu’une fois cette étape achevée. §3 L’examen et le vote des textes en séance plénière Avant l’ouverture à proprement parler de la discussion générale. Page 79 . En clair. en matière de ratification de traités internationaux ou encore en matière de réformes constitutionnelles. le gouvernement peut parfaitement retirer un projet de loi jusqu’à son adoption définitive par le Parlement.

dans ce cas la chambre est en droit de clore la discussion générale soit à l’initiative du Président de cette même chambre soit à l’initiative d’un parlementaire. L’utilisation de cette technique est parfois considérée (et même toujours par l’opposition) comme susceptible de porter atteinte aux droits de gouvernement. Celui-ci dispose notamment du droit d’interrompre l’orateur s’il considère que la chambre est suffisamment informée. En plus des prérogatives qu’il détient. B] La discussion et le vote des amendements Cette phase débute tout simplement par la discussion et le vote de chaque article. ils doivent en revanche s’inscrire au préalable au près du président de séance. le gouvernement peut ne retenir que les amendements qu’il a déposé sachant que dans le même temps il peut aussi retenir ceux qui ont été déposé par les parlementaires et qui ont été accepté par ce même gouvernement. Et pour chacune de ces dispositions on va tout simplement examiner les amendements déposés sachant que l’examen de certains articles ou de certains amendements peut être réservé pour plus tard. l’auteur de l’amendement. Enfin. Quant aux autres intervenants. un parlementaire d’opinion contraire et enfin les portes paroles de groupe pour leurs explications de vote. (+ Procédure de l’article 43) Lorsque le gouvernement utilise ces techniques. Cela va placer l’Assemblée dans l’obligation d’accepter ou de refuser tout simplement le texte qui lui est soumis. le Président de la commission saisi au fond et le gouvernement peut prendre la parole dès lors qu’il en fait la demande. Page 80 . le Président ou le rapporteur de la commission saisi. la chambre va se prononcer par un vote sur l’ensemble du texte.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille A] La discussion générale Lors de la discussion générale. Concernant les personnes qui peuvent être appelées à intervenir : Parmi ces personnes il y a le gouvernement. On peut donc dire qu’une fois encore le gouvernement maitrise la procédure. le gouvernement bénéficie tout simplement du droit de demander le vote bloqué sur le fondement de l’article 44 alinéa 3 de la Constitution. le gouvernement justifie l’utilisation de cette technique soit afin de mettre fin à l’activisme parlementaire (les parlementaires sortent de leur rôle selon le gouvernement en multipliant les incidents de séance) soit afin de conserver une cohérence aux textes qui ont été présenté par le gouvernement à travers la fixation de l’ordre du jour. dès lors qu’au moins deux orateurs d’opinions différentes se sont exprimés. lors du vote des articles et par conséquent des amendements. De son côté. Après le vote de chaque article.

.Lorsque le vote à main levé ne permet pas de déterminer de manière certaine la façon dont la chambre s’est prononcée. le vote pourra être un vote au scrutin public à la tribune. ces causes d’empêchement sont souvent appréciées de manière très libérale. • Dans d’autres situations. De sorte qu’en définitive et alors même que le but de cette mesure était de limiter l’absentéisme. (Un cas de force majeur au sens juridique du terme c’est quelque chose en droit français qui est extrême rare car il doit être irrésistible. C’est notamment ce qui va se manifester en cas de maladie. imprévisible et extérieure). Page 81 . cette mesure ne connait qu’un succès des plus relatif. le respect de cette condition est présumé respecté sauf si un parlementaire demande à ce qu’on vérifie le respect de cette règle. il y a un certain nombre de modalité. l’article 27 alinéa 3 de la constitution dispose que nul ne peut être porteur de plus d’un mandat. celui-ci est considéré comme personnel selon les termes de l’article 27 alinéa 2 de la Constitution sachant toutefois que des délégations limitées peuvent être admises. L’ordonnance organique du 7 novembre 1958 dispose que la délégation n’est autorisée que de manière limitée. Il peut intervenir dans 3 situations : . (Si la majorité n’est pas présente. • Le plus couramment utilisé est le vote à main levé ou par assis élevé. En outre. Concernant à présent les modalités de votation. de mission temporaire confiée à un parlementaire ou en cas de force majeure apprécié par le bureau des assemblées. les huissiers procèdent à un appel nominal des parlementaires à partir d’une lettre de l’alphabet tirée au sort.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille En ce qui concerne tout d’abord le droit de vote en tant que tel. la séance est levée et reportée). . le Président de l’Assemblée ou la commission saisie au fond. S’agissant du Quorum. Dans cette hypothèse. Le problème c’est qu’en pratique. • Le vote peut aussi s’effectuer au scrutin public ordinaire. En pratique. en ce qui le concerne par ailleurs.Ou encore si celui-ci est demandé par le gouvernement.On va avoir recours au scrutin public ordinaire si celui-ci est exigé par le Président d’un groupe. la majorité au moins des membres de la chambre doit être présente dans l’hémicycle. C’est une situation qui peut se présenter que si la Constitution prévoit que l’Assemblée est tenue de se prononcer à la majorité absolue de ses membres ou lorsque la Constitution exige une majorité qualifiée.

Une fois la discussion achevée une motion de renvoi pourra être discuté. on peut avoir recours au vote par scrutin secret. Et c’est notamment le mode de votation qui va être utilisé lors de la désignation des Présidents de chambre. le texte devra être nécessairement transmis à l’autre assemblée. Il est bien évident que si effectivement le texte est inconstitutionnel et que le coup a échoué vous pouvez essayer de trouver d’autres camarades pour saisir le Conseil Constitutionnel. C] Les incidents de procédure Avant que le vote définitif du texte ait lieu.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille • Enfin. §4 La navette législative Une fois examinée et votée par la première assemblée saisie. En effet. Et par la suite. c’est le Conseil qui va trancher. le Premier Ministre pourra dans un premier temps essayer Page 82 . C’est une procédure qui va être déclenché au cours de la discussion générale. un texte quel qu’il soit ne sera considéré comme adopté que si les deux chambres l’ont voté en termes identiques et ce conformément aux termes de l’article 45 alinéa premier de la Constitution. Et on note que cette technique est très généralement utilisée par le Sénat notamment en période de cohabitation. Et son objectif c’est de faire admettre que plusieurs articles du texte proposés sont inconstitutionnels. On peut tout d’abord citer l’exception de recevabilité. l’examen du texte sera suspendu jusqu’à ce que la commission ait tout simplement pu présenter un nouveau rapport. Si des désaccords persistent ou alors si l’urgence a été soulevé par le gouvernement. Si l’exception est retenue cela entrainera le rejet du texte. C’est la saisine éventuelle du Conseil Constitutionnel. les parlementaires qui sont hostiles à ce même texte vont utiliser des moyens. Et si d’aventure elle est adoptée. la dernière possibilité est ce qu’on appelle le renvoi en commission. Ce que l’on peut dire c’est qu’en pratique c’est une technique qui a été parfois utilisé pour marquer la désapprobation d’une des chambres. Ici l’objet de cette question préalable vise à faire décider qu’il n’y a pas lieu à délibérer. (On va dire si le texte mérite d’être débattu ou pas. Enfin. Les objectifs de ces moyens sont tout d’abord que le texte ne soit pas examiné ou encore de ralentir la procédure. La question préalable. Mais aux Etats-Unis ce principe n’est pas applicable car il irait à l’encontre du bicamérisme égalitaire).

Cette disposition institutionnalise donc ce que l’on appelle communément la navette législative. Le CMP est un organe paritaire comprenant 7 députés et 7 sénateurs. Le Premier ministre ne peut intervenir que si après deux lectures successives par chaque assemblée le texte examiné n’a pu être adopté ou encore si après une lecture au sein de chaque chambre l’urgence a été soulevé. Le gouvernement maitrise la situation. (Pour les Traités on prend ou on ne prend pas) . on exige que les textes soient adoptés en termes identiques. l’intervention du Chef du gouvernement suppose l’existence d’un désaccord. Toutefois. Cela signifie que le Sénat constitue aujourd’hui encore une véritable chambre législative. En clair. leur tâche est tout simplement de dégager un texte commun susceptible d’être adopté par les deux chambres en termes identiques. même si avant chaque délibération le texte en discussion doit être renvoyé à la commission initialement compétente.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille d’opérer une tentative de conciliation. C’est-à-dire contre l’avis du Sénat. Aucune disposition de la Constitution n’oblige le Premier ministre à réunir la CMP (= Commission mixte paritaire). Il y a donc ici une Page 83 . Et ce n’est qu’ensuite dans l’hypothèse où aucune solution n’aurait pu être trouvée. afin que la navette ne soit pas indéfinie celle-ci a été encadré.Soit la commission mixte paritaire ne parvient pas à adopter un texte susceptible d’être adopté par les chambres. D’autre part. soit enfin le texte présenté n’a pas été adopté par les chambres. le gouvernement pourra alors après une nouvelle lecture devant chaque chambre demander à l’Assemblée Nationale de se prononcer définitivement. La règle veut qu’aucun amendement ne puisse être déclaré recevable. il pourra demander à la chambre des députés de se prononcer définitivement. D’une part. En l’espèce. Seconde situation : Cette situation ne peut en principe se manifester que suite à l’intervention du Premier Ministre et il s’agit tout simplement d’offrir à l’Assemblée nationale le droit de se prononcer sans avoir à tenir compte de la position exprimée par le Sénat. les dispositions antérieurement adoptées en termes identiques ne pourront plus faire l’objet de modification. lors des délibérations successives du texte. Ceux-ci sont désignés par leurs chambres respectives et leur rôle.soit la commission adopte un texte de compromis et dans ce cas celui-ci va être soumis par le gouvernement aux deux assemblées. cela signifie que les chambres ont parfaitement le droit de modifier le texte qui leur a été transmis par la chambre initialement saisie. Deux cas de figures peuvent se manifester : . Première situation : sur le fondement de l’article 45 alinéa premier de la Constitution. Il s’agit d’une démarche volontaire du Premier ministre. Dans ces conditions. il faut savoir que de nouveaux amendements ne pourront être déposés que sur les dispositions en litige.

les Présidents de chambre agissant conjointement bénéficieront tout simplement de la possibilité de provoquer la réunion d’une commission mixte paritaire à l’égard des propositions de loi. Et donne ordre aux autorités politiques d’exécuter la loi. Ce n’est en théorie qu’à partie de là qu’elle sera opposable à tout un chacun : « Nul n’est sensé ignoré la loi ». la chambre des députés pourra soit reprendre le texte qui avait été proposé par la commission mixte paritaire soit alors reprendre le dernier texte que cette même chambre avait voté avec le cas échéant un ou plusieurs amendements qui avaient été adopté par le Sénat. une modification importante est intervenue depuis le 1er mars dernier puisqu’en effet depuis cette date. il faut les décrets d’application => Les promesses n’engagent que ceux qui les croient) C’est en effet. Cette possibilité est désormais offerte par l’article 45 alinéa 2 de la Constitution. Soit il peut demander une nouvelle délibération du texte. §5 La promulgation des textes et leur publication Cette phase concrétise la fin de la phase d’élaboration de la loi. (Mais s’il n’y a pas de majorité pour modifier la Constitution. le Chef de l’Etat pourrait s’il le souhaite saisir le Conseil constitutionnel. La signature au bas des décrets n’est toute fois par elle seule suffisante pour rendre le texte opposable aux individus. (Exemple de la Bourse. Page 84 . Encore faut-il que la loi soit publiée au Journal Officiel. Il ne l’a fait qu’à trois reprises sous la Vème République : en 1983 pour la loi relative à l’exposition universelle de 1989. ce qui a été affirmé dans une décision du Conseil constitutionnel du 23 août 1985 concernant la nouvelle Calédonie. le Président est en situation de compétence liée tout comme d’ailleurs le Premier ministre. en 1985 lors de la censure de plusieurs dispositions concernant la loi sur la nouvelle Calédonie et enfin en 2003 en raison de la suppression de l’une des dispositions de la loi électorale régionale. En outre. Effectivement. On peut considérer que c’est une coutume qui est venue pallier une carence du texte constitutionnel.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille forme de pression. Concrètement une fois préparée. on ne pourra pas ratifier le Traité international). En la matière. A cette occasion. le Chef de l’Etat ne procède à la promulgation du texte qu’à partir du moment où il a acquis sans l’ombre d’un doute la conviction qu’aucune autorité compétente n’entendait saisir le Conseil Constitutionnel. le décret de promulgation devra être contresigné par le premier ministre et par le ou les ministres responsables. aucun Chef de l’Etat ne fait cela. Toutefois. Et on peut le définir comme l’acte par lequel le chef de l’Etat atteste de l’existence de ce texte. Ici encore. bien que le texte constitutionnel ne le prévoit pas.

C’est peut être ce qui explique que ces textes n’ont pas été intégré au bloc de constitutionnalité. Selon certains auteurs. cet article permettait au gouvernement d’intervenir dans les domaines les plus variés. il s’agissait d’assurer la transition entre la IVème et la Vème République. (Mais cet article n’existe plus car la transition a été opérée depuis). deux textes devraient être intégré au bloc de constitutionnalité.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Section 2 : Les procédures législatives spéciales Cette procédure concerne 4 textes : Les lois constitutionnelles (Article 89 de la Constitution) Les lois organiques Les lois de finance Les lois de financement de la sécurité sociale Parmi ces obligations. Il s’agit tout d’abord de la loi organique du 1 er août 2001. La saisine ici est obligatoire. Ce principe autorise même le législateur à modifier une loi référendaire ayant valeur législative. Les lois organiques ne font pas partie du bloc de constitutionnalité. on peut en premier lieu évoquer l’interdiction qui lui est faite d’adresser sous une forme quelconque des injonctions au pouvoir exécutif du 17 janvier 1979. En effet. elles sont en premier lieu soumises à une procédure particulière d’élaboration. En clair. il reste en tout état de cause libre de modifier ou d’abroger un texte de nature législative précédemment adopté. Page 85 . Ce principe va relativement loin dans la mesure où cela résulte d’une décision du Conseil constitutionnel du 9 janvier 1990. Ces textes sont destinés à compléter les dispositions de la Constitution. §1 Les lois organiques Initialement la plupart des lois organiques ont été adopté sur le fondement de l’article 92 de la Constitution. Le contrôle de ce type de texte est obligatoire avant leur entrée en vigueur. Et il s’agit de la loi organique de financement de la sécurité sociale. Et en second lieu elles doivent avant leur promulgation être obligatoirement soumises au Conseil Constitutionnel qui doit se prononcer sur leur conformité à la Constitution conformément aux prescriptions des articles 46 et 61 de la Constitution. Par rapport aux lois ordinaires. A l’époque. Le principe selon lequel dans l’exercice de ses compétences le législateur ne peut être appelé à se lier lui-même. Le problème c’est qu’à l’époque il n’en a rien été.

) §2 Les lois de finance Il s’agit d’assurer la répartition de l’affectation des ressources et des charges de l’Etat. le texte a été adopté en termes identiques par les deux chambres. Et si ce n’est pas le cas.En troisième lieu. Tout comme en matière de révision constitutionnelle. En effet. (Le législateur ne peut se lier par lui-même et grâce au parallélisme des compétences il peut revenir sur ce qu’il dit. La loi de finance pour l’année à venir. Le contrôle du juge porte sur 5 éléments : . En revanche un législateur organique peut y revenir dessus.En deuxième lieu.En dernier lieu. .Le Conseil va vérifier que la matière est considéré comme organique par la Constitution. le Sénat peut s’opposer à l’adoption de ce type de texte. L’Assemblée Nationale doit se prononcer dans les 40 jours de sa saisine. Cette particularité se manifeste notamment concernant les délais que doivent respecter les assemblées.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Par conséquent. Dans certains cas. Cela a été précisé dans une décision de janvier 1986. Le législateur organique adopte un texte donc le législateur ordinaire ne peut pas revenir dessus. En clair. Le texte ne pourra donc être adopté qu’avec un minimum de 289 voix. Ici la saisine constitue donc un élément obligatoire du régime de cette catégorie d’acte. le Conseil va vérifier qu’en cas d’échec de la CMP l’Assemblée Nationale a adopté le texte à la majorité absolue de ses membres et non à la majorité des suffrages exprimés. . qu’un délai de 15 jours au moins aura été respecté par la première assemblée saisie. selon les termes de l’article 47 alinéa 2 de la Constitution le Parlement doit se prononcer au maximum dans un délai de 70 jours.Le juge doit en premier lieu vérifier qu’entre le dépôt du projet ou de la proposition de loi organique et de sa discussion ainsi que de son vote. le gouvernement saisira directement le Sénat sur le texte initialement déposé devant l’Assemblée. contrairement aux lois ordinaires il n’est pas nécessaire d’avoir un doute sur la constitutionnalité du texte. Ce type de texte s’impose au législateur. . . il ne servirait à rien pour Page 86 . la juridiction constitutionnelle va vérifier qu’à l’égard des lois organiques relatives au Sénat. Car dans cette hypothèse ce qui va se produire c’est que le refus du Sénat serait insurmontable. le Conseil vérifie que les lois organiques respectent l’ensemble des droits et libertés. C’est ce qui permet de dire que les lois organiques bénéficient en quelques sorte d’un brevet de constitutionnalité. doit nécessairement être initialement déposé sur le bureau de l’Assemblée Nationale. l’Assemblée Nationale peut se prononcer seule mais à la condition que la loi organique ne soit pas en mesure d’affecter le rôle du Sénat.

Et surtout écrire avec une encre indélébile noir ou foncé.) Depuis le 1er mars 2009. le gouvernement mettra en œuvre l’article 45 de la Constitution tout en prenant soin de déclarer l’urgence. il doit se prononcer dans un délai de 15 jours. Selon le quatrième alinéa de l’article 47. Concernant le Sénat. (La marche de manœuvre du gouvernement est souvent limitée. Ils sont régulièrement censurés par le Conseil Constitutionnel. 15 fautes. Il s’agit de mesure que le Conseil estime ne pas voir intégré au sein de ce type de texte tout simplement car elles ne présentent aucun caractère fiscal. Il veut voir qu’on a bien compris. Page 87 . Si enfin des désaccords persistent. C’est un exemple flagrant du caractère inégalitaire. Eviter les ratures car c’est un peu pénible. si la loi de finance n’a pas été déposé en temps utile pour être promulgué avant le début de l’exercice. Il y a souvent ici le problème des cavaliers budgétaires qui se pose. Il ne veut pas notre opinion politique. Il veut une réponse précise à la question. dans ce cas. Il estime les recettes mais dans les dépenses il y a de toute façon des charges fixes : il faut payer les agents de l’Etat. il appartiendra au gouvernement de demander au Parlement l’autorisation de percevoir les impôts. la procédure est semblable à celle qui prévôt pour l’adoption des lois de finance. il retire toujours des points. Petit topo sur l’épreuve pratique : Au-delà de 10. Il faut toujours faire une analyse et argumenter. §3 Les lois de financement de la sécurité sociale Cette catégorie de texte a été introduite au sein de l’article 34 de la Constitution suite à la révision constitutionnelle du 22 février 1996. Selon les termes de l’article 47-1 de la Constitution si l’on fait exception des délais à respecter en vu de son adoption.Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille l’Assemblée Nationale de jouer la montre. Mais il veut bien notre opinion constitutionnelle. Il ne faut pas ressortir tout le cours. Il ne faut pas déverser nos connaissances. l’adoption des lois de finance fait partie des rares situations où le gouvernement peut engager sa responsabilité.

Droit Constitutionnel Cours du 1er Semestre/L1 Faculté de droit Aix/Marseille Il n’y a pas à faire de plan mais il ne faut pas hésiter à aérer la copie. On n’est pas obligé de recopier l’énoncé sinon on perd trop de temps. Page 88 .

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