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• Clash

QUI C'EST, CELUI-LÀ? _ TROIS FEUILLETS POUR DÉCOUVRIR UNE PERSONNALITÉ

Guillaume Dasquié est-il un traîtré ou un citoyen exemplaire?
COUP DE TONNERRE À ((L1BÉ»: POUR AVOIR ÉTÉ AUDITIONNÉ PAR LE JUGE EN CHARGE DE L'AFFAIRE DE KARACHI, L'ENQUÊTEUR GUILLAUME DASQUIÉ A DÛ PARTIR DU QUOTIDIEN. 00 S'ARRÊTE LE JOURNALISME, 00 COMMENCE LA CITOYENNETÉ? RÉPONSE ICI.
uillaume Dasquié a 45 ans, mais il ne les fait pas. Il faut dire que ça fait déjà vingt ans qu'on le voit comme un «jeune homme doué» dans le milieu des médias frenchy. Avant de démissionner de «libération» le 31 janvier dernier, cet investigateur compulsif a déjà vécu plusieurs vies. Dès 1991, licence de droit et maîtrise de sciences politiques en poche, il démarre une carrière de journaliste chez Canal+ et BFM et se lance dans l'investigation en assistant Philippe Madelin, le spécialiste du genre décédé il y a un an, dans la rédaction de ses livres d'enquête (<<l'Ordes dictatures», «la France mafieuse», «le Clan des chiraquiens» ... ). En 1999,illance «Intelligence Onhne», première lettre professionnelle sur l'actualité du monde du renseignement. La même année, à 33 ans, il publie son premier livre en nom propre, «Secrètes Affaires». S'ensuivront plusieurs bouquins pleins de scoops et une correction en

G

_«Secrètes affaires» {Flammarion, 1999}. _«Ben Laden, la vérité interdite» {Denoël, 2001}. _«l'effroyable mensonge» avec Jean Guisnel {La Découverte, 2002}. _«Minotaure», magazine trimestriel consacré aux «tendances lourdes, lignes de ruptures et idées nouvelles» {2003-2004}. _«Les nouveaux pouvoirs» {Flammarion, 2003}. _«AI Qa'ida vaincra» {Privé/Flammarion, 2005}. _«La Ville des mensonges», roman {Robert Laffont, 2009}.
des enquêtes pour «le Monde » et «Libération». Ouf.

DASQUIÉ, DANS TA BIBLIOTHÈQUE

Une semaine après son départ de «Ubé», Dasquié se retrouve à Owni.fr. sous-directeur de la DST de dormir en prison quelques mois. De quoi légitimer la phrase qui deviendra sa maxime la plus tweettée: «Le journalisme esttout de même mal payé pour beaucoup d'ernrnerdements.» Est-ce pour ça que Guillaume Dasquié a fini par lâcher son job chez «Libé» ? Même pas. «On m'a foutu une paix royale pour mes enquêtes. Il ya chez "libé" des mecs brillantissimes, c'était un pur bonheur» Mais? «Je suis parti parce que je refuse le jeu d'intrigues auquel voulait me contraindre un des principaux représentants syndicaux de la maison, par ailleurs journaliste d'investigation, qui se sentait en concurrence avec moi.» avoir livré au juge les éléments de son enquête: «Pour lui, un journaliste de la presse de gauche ne doit pas parler à la justice bourgeoise», reformule Guillaume. Il précise au passage que ses chefs de service étaient informés de ses entrevues avec le juge et que le contenu même de ces auditions n'avait rien de secret, puisqu'il faisait l'objet de procès-verbaux. Dasquié dit n'avoir qu'un principe: «On ne parle pas aux flics» En revanche, «si on a des éléments d'enquête criminelle qu'un juge ne peut pas avoir, il est de notre responsabilité de les lui transmettre. Tu ne peux plus dire que tous les juges d'instruction sont des suppôts de l'Elysée, comme dans les années 70, même si c'est encore une idée partagée par certains chez "Libé" ... » Convoqué par Vincent Giret - directeur de la rédaction «très soucieux de ménager les syndicats ettout ce qui ressemble à une parcelle de pouvoir», dixit Dasquié -, on le somme de s'expliquer sur cette audition. «Pas mon genre», dit-il. Bye bye «Iibé». donc, direction Owni.fr où il développera une cellule ... d'investigation. PASCALRnRU:~

GARDE AVUE
C'est l'un de ses articles parus dans «le Monde» qui vaudra à Guillaume Dasquié de voir débarquer la DST

«Tu ne peux plus dire que les juges d'instruction sont des suppôts de l'Elysée.»
règle des élucubrations complotistes de Thierry Meyssan, auteur du tragique best-seller sur le 11 septembre, «l'Effroyable Imposture». Les médias aussi font appel à lui: d'abord une chronique hebdo sur i-Télé, puis une autre sur France Info. Lui-même lance en 2003 l'ovniesque magazine «Minotaure», disparu moins de deux ans plus tard, avant de se recentrer sur son «cœur de métier» en prenant en charge le site Geopolitique.com. Et il trouve encore le temps de trousser chez lui, le 5 décembre 2007, pour lui confisquer toute sa doc et son matos. Les flics s'étonnent que tout ça ne soit même pas sous clé. Il s'en explique plus tard, au bord des larmes, sur un plateau télé: «Moi, mon job, c'est de faire de la transparence.» Pour avoir refusé de balancer celui qui lui a fourni des documents classifiés - selon l'article 109 du code pénal sur la protection des sources -, le journaliste s'était vu prolonger sa garde à vue de vingt-quatre heures et menacer par le

L'AFFAIRE KARACHI
Plus précisément: le zélé rival avait rapporté à sa hiérarchie un double de la dernière audition de Dasquié par le juge d'instruction Marc Trévidic, chargé du dossier des rétrocommissions liées aux attentats de Karachi, qui avaient coûté la vie à douze Français de la DCN en 1994. En clair, pour cet «apparatchik» jaloux, Dasquié n'était rien d'autre qu'un collabo pour

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