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Comptabilité sociale

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CAHIER DE RECHERCHE

Numéro 2002-01

Les enseignements d’une comparaison de la comptabilité sociale des entreprises en Chine et en France

Serge EVRAERT Professeur des Universités Université Montesquieu-BORDEAUX IV evraert@montesquieu.u-bordeaux.fr Yuan DING Professeur Assistant Département Comptabilité et Contrôle de Gestion Groupe HEC – Jouy-en-Josas ding@hec.fr

1 Papier de recherche – Ne pas citer

Résumé : Cet article interprète à partir d’un examen historique et d’une étude de cas les ressemblances et les différences entre les comptes annuels des sociétés cotées en Chine et en France dans une période de changements globaux et d’efforts entrepris en faveur de l’harmonisation internationale. Malgré les contrastes les deux pays appartiennent au modèle comptable continental avec une comptabilité d’entreprise à deux vitesses susceptible d’évoluer à long terme.

Mots clés : France, Chine, Réforme comptable, Harmonisation comptable, Etude de cas

Titre en Anglais : A case study to compare annual accounts in China and France.

Abstract: This paper discusses the similarities and the differences between the annual accounts drawn up in China and France in a period of rapid change and global international harmonization. As the two continental countries use a two tier system, one can wonder if such an organization might persist over time.

Keywords: France, China, Accounting reform, Accounting harmonization, Case study

2 Papier de recherche – Ne pas citer

C’est un fait établi que la comptabilité, dans le monde n’est pas uniforme. Les informations qu’elle rapporte valent dans un certain cadre déterminé par l’histoire des pays, les organes de normalisation, les politiques d’entreprises et la profession comptable. Et même, si un programme d’harmonisation internationale a vu le jour en 1973 avec la création de l’IASC1 et se poursuit cahin caha depuis le milieu des années quatre vingt, les différences entre pays ne sont pas près de s’estomper à l’exception possible des entreprises internationales cotées. C’est ce contexte qui a vu émerger la comptabilité internationale avec l’étude des proximités et des différences pour comparer, évaluer, classer les systèmes avec les travaux précurseurs de Zeff (1972), Barett (1975 et 1976), Lev (1976), Briston (1978), Wallace (1989) ou pour apprécier l’impact sur les états financiers de variables macro ou micro économiques, contextuelles, politiques telles que les marchés des capitaux, le droit et la fiscalité, les libertés publiques, la culture ou la religion [ Frank (1979), Gray (1980), Belkaoui (1983), Salter et Doupnik (1992), Meeks, Robert et Gray (1995) ] pour ne citer que quelques études. Situer les différences entre pays et leur modèle de rattachement, anglo-saxon ou continental, reste utile car pour les pays émergents en route vers l’économie de marché, le choix d’un système d’institutions entraîne des conséquences à long terme. Les comparaisons inter pays sont donc toujours actuelles surtout lorsqu’ils appartiennent, du fait de leur passé à une grande tradition comptable. Cet article compare les pratiques de comptabilité financière de sociétés françaises et chinoises à partir de l’étude des comptes sociaux d’une entreprise «représentative »2 construite à partir de l’examen détaillé des comptes sociaux de deux échantillons de sociétés chinoises et françaises cotées aux bourses de Changaï et Paris3 . On utilise pour cela les méthodes comptables « les plus probables » vu les règles nationales permises et leur utilisation par les entreprises des deux échantillons. En dépit des contrastes existant sur le plan de la philosophie politique et de l’insertion dans l’économie de marché, il apparaît que la Chine et la France sont plus proches que ne le laissent penser les différences de langue, de tradition ou les pratiques commerciales. Les deux pays sont d’essence continentale, l’un étant simplement plus « prudent » que l’autre. L’étude est conduite en mesurant les effets des choix de méthodes sur la performance appréciée par le résultat avant impôt et la situation financière décrite par les capitaux propres, et la présentation des états financiers dans les deux systèmes. La période de référence est la période actuelle.

1 2 3

Devenue depuis l’IASB (International Accounting Standards Board). Au sens d’Alfred Marshall. Cf Ding Yuan, 2001, Thèse de doctorat.

3 Papier de recherche – Ne pas citer

les plans quinquennaux qui suivirent jusqu’au milieu des années soixante et les nouvelles nationalisations du début des années quatre vingt. Elle se lit en filigrane dans l’idée d’un plan comptable uniforme. depuis la première période de l’unification pendant les Dynasties du Premier Empereur deux cent ans avant Jésus Christ. la centralisation est devenue le credo de la gouvernance étatique. et jusque dans la réforme intervenue récemment qui a confié à l’administration. ministre des finances du roi Louis XIV dont la doctrine « colbertiste » assigne à l’Etat un rôle direct dans l’économie. 1995).1 Rôle de l’Etat La France comme la Chine ont une longue tradition centralisatrice animée par l’Etat. pendant très longtemps. En Chine. 1. La Chine a donc toujours été une société hiérarchisée avec une politique économique dominante « Tong Zhi » c’est à dire l’intervention économique de l’Etat.1. Au XIXè siècle. la centralisation administrative modelée et renforcée par Napoléon. la recherche d’un consensus comme règle jusqu’ici bien établie de fonctionnement du CNC composé de nombreuses parties prenantes. « Les français sont démocrates. donné à la haute fonction publique le pouvoir en matière comptable. Cette opinion résume assez bien la doctrine française y compris en matière comptable. ils aiment l’égalité. Mutation récente de la comptabilité en Chine et en France Des changements significatifs interviennent depuis quelques années dans les deux pays sur un fond de tradition d’interventionnisme étatique. Par conséquent. ils ne sont pas libéraux.1. et l’existence de freins considérables au développement du secteur privé (Ouyang. elles ont . le contrôle de l’économie nationale. 4 Papier de recherche – Ne pas citer . En fait. La conception providentielle de l’Etat est antérieure à la révolution de 1789. la comptabilité nationale a occupé une place 4 Si les réformes récentes rendues nécessaires par la lenteur de mise à jour du plan comptable ont amélioré la composition et le fonctionnement du Conseil National de la Comptabilité. vu la composition du CRC (Comité de la Réglementation Comptable) . Elle culminera ensuite avec les grandes vagues de nationalisations de l’après seconde guerre mondiale. Elle remonte pour le moins au XVIIIè siècle avec Colbert. La doctrine dominante confucéenne voyait dans l’ordre et l’harmonie les deux éléments de base pour la gestion de l’Etat. à travers un organisme public nouveau le soin de donner un pouvoir réglementaire aux normes comptables 4 .1 Changements du contexte économique 1. l’idée que les professionnels puissent élaborer les règles de reporting des entreprises en les adaptant aux besoins des utilisateurs est tout simplement étrangère à la philosophie politique centralisatrice de la France. pas la liberté » écrivait Paul Leroy Beaulieu au XIXè siècle. Culturellement la France a toujours préféré l’intervention de l’Etat à celle des entrepreneurs individuels. se poursuivra sous le second empire et la troisième république.

Ce dernier absorbait la totalité de production et fournissait entièrement le financement nécessaire. En France. les entreprises chinoises étaient considérées comme les unités de production de l’Etat. de 1990 à 1999. de dirigeant d’entreprise. 2000).prestigieuse dans la société alors que la comptabilité privée restait sous développée (Guo. Il n’y avait ni financement privé. comme c’était le cas pour le transport aérien et les télécommunications. par la volonté politique de réforme et d’ouverture. il est devenu l’un parmi d'autres. De contrôleur direct. il est devenu l’un des propriétaires. En France. 5 Papier de recherche – Ne pas citer . en France. la Chine avait absorbé 327.2 Le financement des entreprises Dans ce domaine aussi l’évolution récente est caractérisée par des changements profonds. le rôle économique de l’Etat a beaucoup évolué dans les deux pays.7 milliards de dollars plus que toute l’année 1998 et en moyenne 35% des sociétés des sociétés du CAC 40 sont détenues par les investisseurs institutionnels américains ou britanniques (Tagliabue. Pendant le régime économique soviétique. quasi inexistante en Chine allait atteindre 24. ce fut grâce à la privatisation et à l’intégration économique européenne et en Chine.7 milliards de dollars d’investissements internationaux créant 353 000 entreprises. 17 étaient cotées à la Bourse de New York. la capitalisation boursière. De plus. l’investissement étranger en actions et obligations françaises s’est élevé à 71. En France. les cotations internationales des sociétés françaises et chinoises se multiplient. Fin 1998. la grande vague de privatisations débutée en 1986 a entraîné le déclin du secteur public. 48 sociétés chinoises sont sur les grands marchés internationaux. ni marché des capitaux. Simultanément. il est devenu indirect. Un nombre croissant de sociétés françaises se font coter à l’Etranger surtout à New York ou Londres. Traditionnellement. la libéralisation économique a contribué significativement à l’essor impressionnant des marchés des capitaux dans les deux pays.1% du PIB et 330 milliards de dollars. Maintenant l’Etat français n’est plus actionnaire que de quelques grandes sociétés. 1. le mode de financement des entreprises était indirect et reposait sur l’intermédiation bancaire réglementée et supervisée par l’Etat. 26 sociétés françaises étaient enregistrées à la SEC et au 26 mars 2000. Le passage du socialisme planifié à l'économie de marché a réorienté le rôle de l’Etat chinois. ces quinze dernières années. En moins d’une décennie. d’unique utilisateur de l’information comptable. En juillet 2000. En juillet 2000. imposée par l’Union européenne l’ouverture à la concurrence de certains secteurs clés a aussi changé le paysage économique et réduit la marge de main d’œuvre de l’Etat sur l’économie. En France elle passera de 26% du PIB en 1990 69% en 1998 pour une capitalisation totale désormais proche de mille milliards de dollars. En revanche. pendant les huit premiers mois de 1999. 1982). Pendant les années 90.1. Ce développement des marchés de capitaux a suivi l’arrivée massive des investisseurs internationaux.

fin 2000. charges.G.2. une définition 6 Papier de recherche – Ne pas citer . le contrôle des ressources et le ur allocation aux activités ainsi que rendre compte des résultats de la production et de l’utilisation de l’argent. le plan comptable général dont les versions successives furent confiées au Conseil National de la Comptabilité a évidemment eu pour but l’amélioration de la gestion des entreprises objectif atteint dès le début des années soixante sans que le plan n’ait jamais été obligatoire mais incontestablement grâce à l’aide de divers textes fiscaux qui favorisaient son adoption en accordant des avantages. 1. 1.6 milliards de dollars à l’étranger. les concepts employés en comptabilité (comptes annuels. l’ancien système comptable demeurait présent en raison du renforcement du rôle de la fiscalité mais en aucun cas il n’était à même de satisfaire les besoins d’informations d’une économie de marché ouverte à l’extérieur notamment ceux des investisseurs. La réforme des normes comptables Les adaptations comptables récentes dans les deux pays répondent à un besoin d’adaptation régi par l’innovation technologique et la globalisation des économies sans que l’histoire les ait vraiment préparés à un changement fondamental. qui restera en place jusqu’au début des années 90 reposait sur le contrôle de l’utilisation des fonds confiés par l’Etat aux entreprises (Gervais et Wang. Elaboré après la libération du pays. la Chine avait aussi investi 7. les fusions et acquisitions étrangères des entreprises françaises prospèrent depuis quelques années. valeur.2. C’est à l’époque des comités d’organisation du gouvernement de Vichy que naît en France l’idée d’un plan comptable inspiré du plan allemand de 1937 pour remédier à la pauvreté de l’information statistique sur les entreprises et pour préparer les futurs comptes de la nation.1 Rappel historique Après la fondation de la République populaire en 1949. Degos (1999) dans de nombreux cas. Comme le note J. Du géant des média Vivendi Universal au fabricant d’automobiles Renault plusieurs leaders français poursuivent leurs ambitions mondiales après des années de restructuration domestique. Depuis le début de l’année 2000. Du fait de ces mesures les entreprises industrielles et commerciales étaient contraintes de fournir les documents de synthèse basés sur le PCG comme support pour leur déclaration du bénéfice imposable. bien que le contrôle direct de l’Etat sur l’économie chinoise se soit affaibli par la réforme économique. en mélangeant la comptabilité financière avec la comptabilité de gestion. 2001). la Chine a adopté le modèle soviétique d’une économie planifiée et centralisée et le système comptable russe. Ce système. Les objectifs étaient la détermination des quotas de production. 1992). De plus.En même temps. Les choses n’ont guère changé depuis malgré l’introduction des concepts anglo-saxons d’image fidèle et d’annexe dans la 4è directive communautaire transposée dans le plan comptable 1982. créant 6 296 entreprises. Dans les années 80. les sociétés françaises ont réalisé six prises de contrôle majeures d’une valeur cumulée de plus de 125 milliards de dollars et plus d’une douzaine de transactions plus petites (Woodruff et Delaney. taux) ont une signification.

de garantir le bon usage de ses capitaux investis dans les entreprises d’Etat et d’éviter toutes sortes de «manipulations comptables» possibles en faveur des entreprises elles-mêmes. tribunal de commerce. pour payer moins d’impôts. En cas de contestation. En Chine. Résultant du développement des grandes sociétés par actions et ayant pour principal fondement la transparence des informations financières. Afin d’assurer les rentrées fiscales. En revanche. A terme cependant il est douteux que deux philosophies comptables distinctes puissent rester en particulier si les sociétés cotées au sein de l’Union Européenne doivent préparer pour 2005 leurs comptes consolidés suivant les normes internationales. Bien que l’économie de marché soit en train de se construire et que les entreprises gagnent peu à peu leur autonomie. tribunal administratif) ignorent superbement les règles. pratiquement toutes les options conservatrices au sein des méthodes comptables.différentes de celle q est donnée par le droit commercial ou par la fiscalité et cette ui ambiguïté des définitions est génératrice de nombreuses difficultés. au moins pour les grandes sociétés. Pour les pays d’Europe continentale aucune autre évolution n’était sans doute possible dans les premiers temps de l’harmonisation comptable communautaire et il a bien fallu distinguer par deux directives les comptes sociaux qui satisfont à la tradition juridique et fiscale des pays à Code de Commerce et les comptes consolidés orientés vers la satisfaction des besoins des marchés et de l’actionnaire. quand les considérations fiscales sont absentes. telles que l’amortissement dégressif. les entreprises choisissent des méthodes moins conservatrices pour montrer un résultat plus proche de l’«image fidèle». les interventions de l’Etat dans l’économie sont encore massives. Les changements profonds dans les deux pays pendant les quinze dernières années soulèvent la nécessité d’adopter un nouveau visage de la comptabilité plus orienté vers le marché. les entreprises ont intérêt à opter pour les méthodes comptables qui minimisent le résultat de l’exercice. l’Etat chinois a éliminé. En France.2 L’influence des US GAAP et des règles internationales Comme la comptabilité chinoise la comptabilité française n’est pas née d’une logique de marché des capitaux. moyennant les règles du contrôle financier. Toutes deux satisfont avant tout les besoins de l’administration et de la fiscalité. la France et la Chine ont emprunté la voie d’une comptabilité à deux vitesses. Les sociétés chinoises cotées ayant des actions ouvertes aux investissements 7 Papier de recherche – Ne pas citer . (Walton 2001) la comptabilité anglo-saxonne est naturellement bien placée pour jouer ce rôle. la dotation fréquente de provisions. etc. En Chine la situation est quasiment identique. 1. les tribunaux (tribunal de grande instance. la situation est très différente.2. puisque les comptes sociaux ne sont pas dissociés de la fiscalité. La domination de la comptabilité par la fiscalité dans les deux pays a créé des situations complètement opposées mais pourtant logiques. pour la préparation des comptes consolidés. définitions et pratiques professionnelles pour s’en tenir à la lettre du droit français. le raccourcissement des durées d’amortissement. Il est donc normal de constater des pratiques. Dans cette voie de réforme.

l a 7 comptabilité anglo-saxonne est plus prudente . Si l’on compare comme le fait le tableau 1 les principaux traitements comptables des comptes sociaux des deux pays aux règles américaines et internationales. dérogation (secteurs de pointe) Terrains France Immobilisation corporelle non– amortissable mais constitution de provisions possible. Simmonds et Azières (1989). 5 International Financial Reporting Standards qui succèdent aux International Accounting Standards (IAS) depuis la transformation de l’IASC en IASB. 8 Papier de recherche – Ne pas citer . Chine. Pas d’influence fiscale ni de recommandation de méthode. la différence essentielle tient à l’utilisation du principe de prudence notamment par les régularisations qui permettent de faire fonctionner le principe de séparation des exercices6 : provisions et amortissements qui permettent de minimiser le résultat en France et de l’améliorer en Chine. amortissement amortissement dégressif linéaire sauf fréquent. (durées) . Pas d’influence fiscale. Amortissements Influence fiscale Influence fiscale (durées ) .étrangers doivent impérativement préparer leurs comptes selon les normes IFRS 5 et les sociétés cotées dont le capital est réservé au marché domestique doivent respecter des normes spécifiques qui se rapprochent de plus en plus des règles internationales. USA et IFRS 8 Chine Terrains propriété d’Etat (droit d’utilisation maximal 77 ans) amortissement linéaire sur la période d’utilisation. The Economist (1992) donnent des images convergentes sur l’écart de prudence plutôt en faveur du Royaume Uni et des USA celui ci se réduisant pour la France en cours de période. 6 7 ou accruals en comptabilité anglo-saxonne. US Comme en France. En revanche tout en étant plus libérales notamment sur le choix des méthodes. Tableau 1 : Comparaison des normes comptables entre France. Gray (1980). Souvent amortissemen t linéaire. IFRS Comme en France.

Evaluation des stocks Méthode Lifo Méthode Lifo interdite pour les permise. Mise en équivalence possible pour les participations dans des entreprises associées. Ecart de réévaluation dans les capitaux propres. Frais de développement comptabilisés en charge sous certaines conditions et amortissement sur 20 ans maximum. Immobilisation et amortissement sur durée d’utilisation. 9 Papier de recherche – Ne pas citer . comptes sociaux. Titres de placement évalués à leur juste valeur. Coût d’acquisition ou montant réévalué (actions cotées). déprécié si nécessaire. permise. Méthode Lifo Méthode Lifo permise. Amortissement total nécessaire avant distribution de dividendes. Comme en Chine. Charges de l’exercice ou immobilisatio n avec amortissemen t dans un délai maximal de 5 ans. Mise en équivalence obligatoire pour les participations dans des entreprises associées.Frais d’établissement Amortissement autorisé en 5 ans maximum. Provision pour dépréciation possible. Placements détenus à long terme ou jusqu’à leur échéance évalués au coût d’acquisition. Comme en Chine. Durée maximale d’amortissement 5 ans. Comptabilisation au coût d’acquisition y compris les frais. Investissement à Frais long terme d’acquisition exclus du calcul du coût historique et intégrés en charges à leur valeur d’usage. Frais de recherche et développement Immobilisation Charges de possible sous l’exercice. certaine conditions. Classés comme actifs incorporels différés et durée minimale d’amortissement de 5 ans.. Charges de l’exercice Comme aux Etats-Unis Location financière Comptes sociaux : charges de l’exercice.

Comme en Comme en Chine. Chine.1 Les différences de méthodes et le résultat Le résultat de l’entreprise s’élève à 3. L’influence des différentes méthodes sur le résultat. 2. Ecart de conversion Inscrits au bilan. provisionner les dépenses futures ne résultant pas d’obligations visà-vis des tiers. Le cas simule le résultat et les capitaux propres d’après les règles et les pratiques comptable s constatées pour les sociétés chinoises et françaises des deux échantillons. les capitaux propres et la présentation des états financiers Présentés en annexe 1 les comptes de l’entreprise « représentative » construite pour l’étude rendent compte du bilan de départ.163 millions en normes chinoises. possible pour les écarts de conversion actif. Charges de Provision l’exercice. pour les stocks et les créances et d’un montant forfaitaire. Possibilité de Interdites. Seules Comme USA peuvent faire l’objet de provisions les pertes et dettes futures probables résultant d’obligations légales ou d’engagement s commerciaux. et à 0. 2. Les écarts sont significatifs : du simple au triple pour le résultat de l’exercice et de plus de 10% pour les capitaux propres en normes chinoises qui convoient ainsi une image plus flatteuse de la performance et de la situation financière. En raison de la neutralité de l’impôt sur les bénéfices (un tiers du résultat avant impôt 10 Papier de recherche – Ne pas citer . Il est trois fois et demie plus élevé que le résultat français. Obligatoires.887 million en normes françaises. des opérations du premier exercice et des régularisations de fin de période.Provisions pour dépréciation Provision pour risques et charges Obligatoires et Provisions pour la totalité du seulement utilisées risque. Obligatoires.

Parmi les éléments le réduisant.414 +29. Les causes de l’écart du résultat Provision pour investissement à long terme Provisions Provision pour créances Provision pour litige Provision pour valeurs mobilières de placement Provision pour stocks Total Amortissem ent Méthodes d’amortissement des immo.79% +0.020 3.5% +4.133 +0.331 million pour la France). les résultats analysés sont avant impôt (4.025 +2. corporelles Durées d’amortissement des immo.21% +8.59% 100% Eléments positifs Eléments négatifs Frais d’acquisition de l’investissement à long terme Durées d’amortissement des frais d’établissement Location financière Ecart de conversion passif Frais de recherche et de développement Stocks de produits finis Amortissement du droit d’utilisation des terrains Méthodes d’évaluation des de stocks composants Total Les deux premières causes des différences sont la quasi absence des provisions et l’impossibilité d’utiliser la méthode de l’amortissement dégressif dans la comptabilité chinoise.070 -0. Le tableau 2 classe les causes selon leur importance.121 +0.05% -0.485 +0.89% +1. l’inclusion des frais d’acquisition dans le coût historique autorisée par les normes chinoises exerce aussi un impact significatif sur la formation de l’écart.110 +0.148 +1. La différence représente plus de 3 millions.000 +0.500 +0.400 -0.300 +0.300 +0.64% +3.73% +61.745 millions pour la Chine et 1.973 +0.020 -0.59% -0.84% +14.29% +14.dans les deux cas). Ces deux éléments expliquent 95 % de l’écart total.81% +28.71% -2. le plus important est l’interdiction par les règles chinoises de l’activation des frais de recherche et de développement.040 +0.79% +8. corporelles Total Montant Pourcentage +1.17% +0.59% -11. Cependant.020 -0. 11 Papier de recherche – Ne pas citer .34% +32.

584 Total de l’écart +3.638 -0.720 -0.121 +0.874 -0.584 Montant Résultat Passif Capitaux propres : +2. Les différences de méthodes et le bilan L’actif total préparé selon les normes chinoises (38.400 -0.276 -0.133 -0.020 +1. la différence de traitement des frais de recherche et de développement entre les deux pays exerce l’effet inverse.81millions). 12 Papier de recherche – Ne pas citer . En revanche.2. En s’intéressant aux causes de l’écart sur l’actif total on retrouve comme origine des différences les régularisations de valeur appliquées aux élé ments de l’actif immobilisé et de l’actif circulant : provisions et amortissements.500 +1.2.584 millions et se décompose comme suit. Du côté du passif. Actif Actif immobilisé : Frais d’établissement Frais de recherche et développement Terrains Immobilisations corporelles Immobilisations en crédit-bail Investissement à long terme Total +0.310 +1.296 millions ce qui e analyse financière améliore n d’autant l’appréciation de la surface financière et du risque de l’entreprise. L’écart est de 3.010 +3. L’activation dans le bilan chinois des immobilisations en crédit-bail et des frais d’acquisition de l’investissement à long terme contribue aussi largement à la formation de l’écart. Au total les capitaux propres chinois augmentent de 2.065 +0.395 millions) est aussi plus élevé que celui établi avec les normes françaises (34. ils sont dus à la différence de résultat avant impôt et à l’enregistrement des dettes de crédit-bail dans le bilan chinois.500 +2.300 +0.485 +0.020 Montant Provisions Dettes : Dettes fiscales Dettes crédit-bail Total Ecart de conversion passif Actif circulant : Stocks Créances Valeurs mobilières de placement Total Ecart de conversion actif Total de l’écart Les principaux écarts dans l’actif sont dans les immobilisations (plus de 80% de l’écart total).540 +1.138 +0.

Les éléments d’actif sont classés suivant la liquidité (disponible.56% -0.3.28% -14. En millions Les causes de l’écart de l’actif total Provisions Eléments positifs Amortissements Crédit-bail Frais d’acquisition de l’investissement à long terme Amortissement des frais d’établissement Total Eléments négatifs Frais de recherche et de développement Stocks Amortissement du droit d’utilisation des terrains Ecart de conversion actif Total Total de l’écart de l’actif total Montant +1. immobilisations. classés selon leur importance.) et les éléments du passif selon l’exigibilité (dettes à court terme. Les différences de présentation des comptes. les formats en compte et en liste étant autorisés.71% +114. le bilan français resté d’inspiration juridique s’écarte résolument de la conception internationale en ayant renoncé au classement financier des postes d’actif et de passif par ordre de liquidité et d’exigibilité croissante pour lui préférer un classement fonctionnel ce qui en pratique nécessite de nombreux retraitements pour l’appréciation de la solvabilité et du fonds de roulement.020 -0.520 3.584 Pourcentage +50.51% -11. Présenté en compte ou en liste.810 +1. En Chine la présentation du bilan est financière et faite sous forme de tableau. en valeur absolue et en valeur relative.500 +0. etc. De nettes différences existent aussi. selon leur fonction dans le coût des ventes ou dans les activités commerciales et administratives. en France par nature sans qu’elles soient affectées aux fonctions de l’entreprise.07% +13.Le tableau ci-dessous présente les éléments contribuant à la formation de l’écart.090 -0. Pour le compte de résultat.121 +0. 13 Papier de recherche – Ne pas citer . la différence majeure concerne le classement des charges.28% +15.50% +31. en Chine par destination.16% -2.010 -0. c’est la conception du compte de résultat français traditionnel.400 -0. stocks.104 -0. C’est un début de classement analytique et c’est la conception américaine.95% +3.133 +4. créances.540 +0.51% 100% 2. en France.51% -0.

capitaux propres soit une présentation semblable à celle des entreprises nord américaines.dettes à long terme. la comptabilité est moins flexible que ne le laisse penser la littérature théorique sur le lissage du résultat et les politiques comptables d’entreprise. Malgré l’importance des écarts constatés dans le traitement des comptes les différences sont réelles Elles posent clairement la question de l’harmonisation internationale et du maintien de la dualité des comptes d’entreprise. Dans les d eux pays. à une déconnexion croissante entre fiscalité et comptabilité. Les entreprises françaises publient un tableau de financement conventionnel ou tableau des emplois ressources sans obligation de certification de la part des commissaires aux comptes et le plus souvent désormais suivant la recommandation 1. dans le futur. 14 Papier de recherche – Ne pas citer .aussi devrait on assister. En Chine. Aucun système d’information ne peut durablement s’éloigner de la réalité économique . une situation difficile à envisager à terme sauf à accepter une perte de crédibilité des instruments comptables. Ce qui vaut pour la comptabilité anglo-saxonne sans influence fiscale ou pour les comptes consolidés vaut moins pour la comptabilité sociale. le tableau de financement peut être préparé sous l’une ou l’autre forme. La comptabilité est ainsi contrainte dans les deux pays qui suivent une tradition continentale légèrement nuancée en Chine par la présentation plutôt américaine des états financiers. le Ministère a publié un modèle de tableau des emplois et des ressources similaire à celui du PCG – le tableau de financement en liste – dont la préparation est exigée dans toutes les entreprises chinoises. Conclusion : résultat et perspectives d'évolution Finalement la comparaison des deux pays renforce l’idée de la forte influence des règles sur les comptes annuels des entreprises. En 1992. un tableau des flux de trésorerie pratiquement de la même essence que le tableau du FAS 95 américain et de l’IASB. La promulgation de la norme sur le tableau des flux de trésorerie a obligé les sociétés à préparer ce tableau à partir du 1er janvier 1998. L’influence juridique et surtout fiscale déforment la réalité des comptes au détriment de l’image fidèle pour les ayants droits de l’entreprise. d’une comptabilité instrument de gestion et de gouvernance et le prisme déformant de l’administration d’Etat qui ne voit pas dans la comptabilité un outil d’information et de transparence. Les conséquences économiques des choix comptables publics ont une incidence concrète véritable sur le patrimoine et l’autofinancement de l’entreprise. Les deux pays vivent avec cette contradiction entre les objectifs de bonne information pour les tiers. avec la publication des normes comptables générales.22 de l’OEC de 1987.

Investissement total : 30 millions : 20 en numéraire et 10 en nature (terrain 1M . (1) Souscription le 01/02/(n) d’un contrat de crédit – bail pour l’achat d’un matériel : durée de vie 10 ans. Opérations de l’ exercice (n) .6 million pour grosses réparations.02 de chaque exercice.5 million. L’expertise prévoit un avantage compétitif pour l’entreprise. Honoraires à payer : 0. (5) Acquisition de 51% des actions d’un fabricant de compresseurs au prix de 18 millions.1 million payable le 1. les calculs et les états financiers dans leur version française et chinoise sont disponibles sur demande (une vingtai e de pages). Montant de la redevance annuelle : 0.5 million dans un projet de recherche visant la réduction sonore du produit. Remboursement de la première moitié et paiement de l’intérêt dans un an. Outillages et matériels de transport : 1M. Raison sociale : fabrication et vente de réfrigérateurs. n 1. (4) Investissement en (n) de 0. Bilan d’ouverture ( en millions) Actif Actif immobilisé : Frais d’établissement Terrains Bâtiments Equipements et outillages 1 1 4 5 19 30 Total Passif 30 Montant Passif Capitaux propres : Capital social 30 Montant Actif circulant : Disponibilités Total Actif 2. Equipements industriels neufs 4M. bâtiments 4M. (6) Placement le 12/12/ (n) en 10 000 actions d’une société cotée au prix unitaire de 300. (2) Emprunt bancaire 01/04/(n) : 2 millions au taux de 10%. Etalement des frais sur trois exercices.Annexe 1 : Cas d’entreprise Le détail des méthodes utilisées. (3) Dépense de 0. de la deuxième moitié et paiement de l’intérêt dans deux ans. La création de l’entreprise Date de création : n-1. durée du contrat 6 ans avec transfert de propriété en fin de période. 15 Papier de recherche – Ne pas citer .

(5) En raison d’une perte importante subie par la société AF.5M 2M 4M Salaires 5M 1. la juste valeur de la part de l’entreprise DAFA dans cette société est estimée à 17 millions au 31/21/(n).5M 8M 3. (4) Le cours des actions IK est de 270 au 31/12/(n). En revanche. la dévaluation du Won coréen fait subir à l’entreprise une perte possible de 0.01 million. (6) En raison d’un retard de livraison. Eléments à ré gulariser à la fin de l’exercice N (1) Le montant des dettes fournisseurs s’élève à un million à la fin de l’exercice . (3) A la fin de l’exercice (n).02 million.5M 0.5 million sont afférentes à une exportation vers les EtatsUnis et 0.5M 1. dont 30 000 vendus au prix unitaire de 900.2 million à une exportation vers la Corée du Sud.6 million. (2) Le montant des créances clients s’élève à 3 millions à la fin de l’exercice (n). Détail des livraisons : 1 ère Livraison 2 ème Livraison Nombre d’unités Prix unitaire 8250 290 8250 295 3 ème Livraison 8250 305 4 ème Livraison 8250 310 (9) La répartition fonctionnelle des principales charges est la suivante : Services extérieurs Production Administration Marketing Total 1. En raison d’une hausse du dollar américain contre la monnaie locale. (7) Dans les créances clients. (8) Acquisition en (n) de 33 000 unités de composants livrés trimestriellement. 16 Papier de recherche – Ne pas citer .(7) Fabrication en (n) de 32 000 réfrigérateurs. 0. dont un million lié à la Société Frigosale avec un risque d ’impayé pour une probabilité estimée à 50%. le client IB est en procès avec l’entreprise pour demander une indemnité de 0. l’entreprise réaliserait un gain de change potentiel de 0. une unité de composants se négocie à 285 sur le marché. (8) impôts sur les bénéfices : un tiers du bénéfice brut de l’exercice. Il existe 60% de chances que l’entreprise perde le procès.

17 Papier de recherche – Ne pas citer . 2. 9 Cf Y. l’annuité d’amortissement de l’exercice sera 0. l’Etat est toujours proprié taire des terrains et l’entreprise n’obtient le droit d’utilisation que pour une durée déterminée (au maximum 77 ans). Ce droit est un actif incorporel à amortir en linéaire sur la période économique d’utilisation. le terrain est une immobilisation corporelle non–amortissable (sauf les gisements) mais il peut donner lieu à la constitution de provisions. ?Les terrains En Chine. Sa valeur de 1 million sera portée au bilan dans les immobilisations corporelles. Les caractéristiques des traitements propres à chaque contexte sont en même temps précisées. matériels de transport et mobiliers 29 ans 10 ans 6 ans Chine 29 ans 13 ans 9 ans On applique ces durées en retenant pour la Chine la méthode linéaire et pour la France le système dégressif souvent utilisé. ?Les durées et les méthodes d’amortissement Les durées d’amortissement sont plus longues en Chine qu’en France. En France. les outillages et les matériels de transport.5 au delà) sont respectivement les suivants. notamment pour les matériels industriels. Les plans d’amortissement pour l’entreprise chinoise ou française (coefficient multiplicateur de 2 pour une durée comprise entre 5 et 6 ans.Annexe 2 : Analyse des méthodes nationales appliquées dans le cas DAFA L’analyse utilise les méthodes nationales d’application les plus probables.02 million. Ding (2000) enquête sur les sociétés françaises de l’indices CAC 40 et sur les 100 plus grandes sociétés cotées chinoises. Si dans le cas présent il est supposé 50 ans. Voici les moyennes des durées d’amortissement pratiquées par les grandes sociétés dans les deux pays9 : France Immeubles et constructions Matériels industriels Outillages.

Au contraire. 18 Papier de recherche – Ne pas citer . les entreprises ont intérêt à amortir plus vite.06 million.111 0.000 0.333 million. ?Les frais de recherche et développe ment En Chine les frais de R & D sont des charges de l’exercice.11% Taux 8. En revanche. Les 0. d’après les normes françaises. ces dépenses peuvent s’inscrire au bilan dans les actifs incorporels avec une durée d’amortissement d’au plus 5 ans ce qui donne ici une annuité de 0.308 0. seul le paiement de la redevance est reconnu soit 0. L’annuité d’amortissement de la machine s’élève à 0.345 1.2 million. Par conséquent.1 million comptabilisé en charges externes. l’entreprise DAFA enregistre la valeur de 0.45% 7. les frais d ’établissement sont classés comme actif incorporel et différé et doivent être amortis dans un délai minimal de 5 ans soit en annuité constante 0.138 0. Le compte «Autres dettes à long terme » est débité au moment du paiement de la redevance de 0.678 ?Les frais d’établissement Dans le bilan chinois. les règles françaises imposent un délai maximal de 5 ans pour l’amortissement de ces dépenses.69% 11.6 million de cette machine financée par le crédit-bail en «immobilisations » au débit et aux «Autres dettes à long terme » au crédit. l’entreprise amortit normalement l’immobilisation selon sa durée de vie. En même temps. ?La location financière Les normes chinoises respectent le principe de la prédominance de la réalité sur l’apparence et exigent l’inscription de l’immobilisation issue d’une location financière au bilan. On supposera un délai de 3 ans soit un amortissement linéaire annuel de 0.33% - Annuité N 0.5 million concernés vont au compte de résultat.En millions Bâtiments Equipements industriels Outillages et matériels de transport Total En millions Bâtiments Equipements industriels Outillages et matériels de transport Total Valeur brute 4 4 1 9 Valeur brute 4 4 1 9 Durée 29 ans 13 ans 9 ans Durée 29 ans 10 ans 6 ans - Taux 3.557 Annuité N 0.1million.333 1.1 million. dans les comptes sociaux. Du fait de la contrainte de distribution des dividendes. En France.62% 25% 33.

En fin d’exercice.5 million d’honoraires payés sont enregistrés dans le compte de résultat. L’annuité d’amortissement est de 0. Dans le bilan chinois à présentation plus financière. Dans le bilan français.15 million (2510%59/12). la moitié de l’emprunt entre dans le poste «emprunts à long terme dont l’échéance est à moins d’un an » et l’autre moitié dans le poste «emprunts à long terme ».31 million en FIFO. 18 millions constituent la valeur brute de l’investissement. Ces placements à long terme sont évalués à leur valeur d’usage. achats de services pour la production et salaire de la production) Pour la Chine : = (900 000 – 290 000 + 557 000 + 60 000 + 20 000 + 1 500 000 + 5 000 000) / 32 000 = 523 Pour la France : = (9 900 000 – 310 000 + 1 678 000 + 100 000 + 1 500 000 + 5 000 000) / 32 000 = 558 19 Papier de recherche – Ne pas citer . l’intérêt couru s’élève à 0. Les normes françaises excluent les frais d’acquisition dans le calcul du coût historique de l’investissement à long terme et exigent leur intégration directe dans le compte de résultat. En fin d’exercice. une provision pour dépréciation d’un million est dotée pour compenser la perte potentielle.5 millions en «investissements à long terme » sans tenir compte des pertes de valeur ultérieures possibles de l’investissement. ?L’investissement à long terme La réglementation chinoise exige la comptabilisation des placements à long terme d’après le coût d’acquisition incluant les frais d’acquisition des titres. la valeur totale des 1 000 unités de composants stockés valent en LIFO 0.29 million et 0.?Les charges à répartir sur plusieurs exercices Les frais de grosses réparations sont inscrits en actifs différés dans le bilan chinois. A la fin de l’exercice N. Dans le cas DAFA.2 million. L’évaluation du stock de produits finis exige le calcul du coût de production unitaire soit ici : Coût des composants + répartition des charges indirectes (amortissement lié à la production. ?L’évaluation des stocks La méthode LIFO permise en Chine est interdite en France pour les comptes annuels. l’emprunt est enregistré dans le poste «emprunts et dettes auprès des établissements de crédit ». les 0. ils sont enregistrés en charges à répartir sur plusieurs exercices et classés dans les comptes de régularisation. L’entreprise DAFA doit inscrire ainsi 18. ? L’emprunt à long terme Dans le bilan français.

pour dépréciation des stocks. 10 Les normes chinoises n’autorisent que des provisions forfaitaires pour dépréciation des créances et des stocks et excluent toute autre forme de provision. etc. pour ce risque de litige.La valeur totale des stocks de produits finis s’élève donc respectivement à 1.015 million. l’entreprise DAFA prélève une provision maximale de 0.025 million. soit 0.5% de la valeur de stock de composant en fin d’exercice N. pour améliorer la transparence des informations publiées. le Ministère des Finances oblige les sociétés cotées ayant des actions ouvertes aux investisseurs étrangers à utiliser la méthode d ’évaluation au minimum du coût et de la valeur de marché et à prélever différents types de provisions : pour créances douteuses. ce type de provision n’est pas autorisé sauf pour les sociétés cotées. DAFA dotera une provision de 0. DAFA prélèvera. ?La provision pour risques et charges Cette provision n’est pas permise par les normes chinoises. En France.5% des soldes annuels des comptes clients. ?La provision pour dépréciation des créances10 Selon les normes chinoises. on se réfère aux pratiques de la plupart des entreprises chinoises qui consistent à ne prélever que les provisions forfaitaires pour dépréciation des créances et des stocks. ?La provision pour la dépréciation des valeurs mobilières de placement En Chine. DAFA provisionnerait à hauteur de 0. Lors de la publication des résultats périodiques de l’été 1998. Dans l’étude de cas. une provision pour risque de 0. soit 0. l’entreprise DAFA peut prélever le montant maximal de cette provision égal à 0. Selon cet auteur ces entreprises s’inquiétaient de l’impact négatif de ces provisions sur les résultats et donc sur le cours des actions. ? La provision pour dépréciation des stocks La situation est similaire au cas précédent. seulement quelques sociétés émettant des actions destinées aux seuls investisseurs nationaux ont doté des provisions pour dépréciation des créances et des stocks (A. La totalité du risque peut être couvert en règles françaises par la dotation d’une provision de 0.3 million.5 million. Ces mesures qui ne concernent qu’un millier d’entreprises chinoises sont encore peu appliquées. En France. Conformant aux normes françaises.117 million.047 million et à 1. Leung. Si elle est en Chine. Mais depuis 1998. 1999). pour investissements. Les autres sociétés cotées doivent suivre à partir de l’exercice 1999. 20 Papier de recherche – Ne pas citer .3 million.000145 million.

02 million ainsi qu’une provision correspondant à l’écart de conversion actif. les écarts de conversion apparaissent au bilan. soit 0. dans le compte de résultat de l’exercice N. En France. L’entreprise DAFA enregistre donc. Seuls les écarts de conversion actif sont repris en compte dans le compte de résultat sous forme de provision pour risque.01 million. 21 Papier de recherche – Ne pas citer .01 million en produits.?Les écarts de conversion Les normes chinoises exigent l’inscription directe des écarts de conversion dans le compte de résultat. la différence des deux écarts. L’entreprise DAFA comptabilise un écart actif de 0. un écart de conversion passif de 0.

150 dont 1.983 1.582 0.500 Emprunts à long terme Obligations à payer Autres dettes à long terme TOTAL CAPITAUX PROPRES 9.980 1.000 3.200 2.395 PASSIF TOTAL 38.015 Salaires à payer Fonds de bien-être à payer 2.395 22 Papier de recherche – Ne pas citer .000 1.732 DETTES A LONG TERME 18.500 1.337 TVA à payer Emprunts à long terme l’échéance est à moins d’un an Autres dettes à court terme TOTAL 8.995 Dividendes à payer Impôts à payer Autres dettes fiscales Charges à payer 1.163 33.180 38.617 Réserves des capitaux 8.010 Avances clients 0.000 Bons à payer Dettes fournisseurs 3.000 0.732 1.400 Emprunts à court terme 3.163 0.983 Réserves des bénéfices Bénéfices TOTAL 8.Annexe 3 : La version chinoise des états financiers Bilan (version chinoise) 31/12/N ACTIF EXERCI CE N PASSIF En millions EXERCI CE N ACTIFS CIRCULANTS Disponibilités Investissements à court terme Bons à recevoir Créances clients Moins : Provisions pour créances douteuses Créances clients nettes Avances fournisseurs Autres créances Charges à répartir Stocks Pertes en suspens des actifs circulants Investissements à long terme dont l’échéance est inférieure à un an Autres actifs circulants TOTAL INVESTISSEMENTS A LONG TERME Investissements à long terme DETTES A COURT TERME 1.500 ACTIFS IMMOBILISES Immobilisations (valeurs brutes) Moins : Amortissements Immobilisations (valeurs nettes) Travaux en-cours Aménagements des immobilisations Pertes en suspens d’immobilisations TOTAL ACTIFS INCORPORELS ET DIFFERES Actifs incorporels Actifs différés TOTAL AUTRES ACTIFS Autres actifs à long terme ACTIF TOTAL 30.600 Capital social 0.000 3.

98 million) est le montant net du droit d’utilisation de terrains (1 million – 0.02 million) moins les écarts de conversion actif (0. Les charges à payer (0.29 million) et ceux des produits finis (1. 2.047 millions). Les immobilisations sont composées par celles possédées par l’entreprise et celle issue d’une location financière. 23 Papier de recherche – Ne pas citer .6 million Dans le bilan.02 million d’amortissement). qui restent à étaler lors des exercices suivants. Les actifs différés correspondent au total des dépenses de réparation (0. Les autres dettes à long terme sont des redevances du crédit-bail à payer. La valeur des actifs incorporels (0.15 million) sont des intérêts courus à la fin de l’exercice N. la valeur des créances clients correspond au montant de ces créances à la fin de l’exercice (3 millions) plus les écarts de conversion passif (0.Informations complémentaires : 1.4 million) et des frais d’établissement (0. Les stocks comprennent les stocks de composants (0. Effets de commerce escomptés : Valeur brute des immobilisations à bail du capital : 0.01 million).8 million).

745 1. Excédent des activités industrielles Plus : résultats des autres activités Moins : Charges administratives Charges financières III.01 million).745 4.015 Total 2.582 3.800 2.700 3. Résultat net En millions Exercice N 27. 24 Papier de recherche – Ne pas citer .15 million) moins les écarts de conversion nets passif (0.02 millions – 0. Production vendue Moins : Coûts de la production vendue Charges commerciales Impôts. Les charges administratives comprennent les éléments suivants : Salaire du service administration 1.900 + Variation des stocks de composants : -0.500 7.5 million) et des achats de services liés aux ventes (2 millions).700 Les charges commerciales représentent les salaires du service de marketing (1.047 Total : 15. Résultat total avant impôt Moins: Impôts sur les bénéfices V.290 + Autres achats de services liés à la production : 1.915 0.020 + Salaire du service de production : 5. taxes et versement assimilés II.000 15.915 Les charges financières sont les intérêts courus (0.Compte de résultat (version chinoise) ( pour les entreprises industrielles) Exercice N ELEMENTS I. les coûts de la production vendue sont calculés de façon suivante : Achats de composants : 9.500 Répartition des charges sur plusieurs exercices 0.140 4.Variation de la production stockée : -1.500 + Amortissements des immobilisations : 0.500 Achats liés à l’administration 0.163 Dans le compte de résultat.500 Provision pour dépréciation des créances 0.617 + Amortissement du droit d’utilisation des terrains 0.000 . Résultat de l’exploitation Plus: Rendements d'investissement Produits exceptionnels Moins: Charges exceptionnelles IV.400 (frais d’établissement et de réparation) Recherche et développement 0.

00 1.99 -12.10 -22.50 -21.00 23.99 Les flux nets de trésorerie provenant des activités de l’exploitation 2.99 -8.50 25 Papier de recherche – Ne pas citer . Les flux de trésorerie provenant des activités de l’exploitation Encaissements provenant des ventes de biens ou des prestations de services Produits de location reçus TVA reçue sur les ventes et les remboursements de la TVA Remboursements des autres prélèvements fiscaux autres que la TVA Autres encaissements liés aux activités de l’exploitation Sous–total des influx entrants de trésorerie Décaissements pour les achats de biens ou de services Décaissements pour les locations Décaissements pour les employés TVA payée Impôts sur les bénéfices payés Autres prélèvements fiscaux payés Autres décaissements liés aux activités de l’exploitation Sous–total des influx sortants de trésorerie -1. Les flux de trésorerie provenant des activités des investissements Encaissements résultant des retours des investissements Dividendes reçus Intérêts reçus Encaissements résultant de la cession d’immobilisations corporelles et incorporelles Autres encaissements liés aux activités des investissements Sous–total des influx entrants de trésorerie Décaissements provenant de l’acquisition d’immobilisations corporelles et incorporelles Décaissements provenant de l’acquisition d’actions Décaissements provenant de l’acquisition d’obligations et de prêts Autres décaissements liés aux activités des investissements Sous–total des influx sortants de trésorerie -21.90 Montant 23.Le tableau des flux de trésorerie (version chinoise) 1.

10 1.10 -0. Les effets des écarts de conversion sur la trésorerie 5. Les flux de trésorerie provenant des activités des financements Sommes reçues suite à une émission d’actions Sommes reçues suite à une émission d’obligations Encaissements provenant d’emprunts Autres encaissements liés aux activités des financements Sous–total des influx entrants de trésorerie Remboursements d’emprunts Décaissements liés aux opérations de financement Dividendes versés Intérêts payés Décaissements liés aux locations financières Décaissements liés à la réduction de capital social Autres décaissements liés aux activités des financements Sous–total des influx sortants de trésorerie -21.00 -0.00 2.Les flux nets de trésorerie provenant des activités des investissements 3. La variation nette de trésorerie (1+2+3+4) 26 Papier de recherche – Ne pas citer .90 0.60 Les flux nets de trésorerie provenant des activités des financements 4.01 -17.50 2.

000 0.010 34.000 3.000 1.811 27 Papier de recherche – Ne pas citer .010 3. etc.400 Capital (dont versé ) Primes d’émission.887 0.025 26.285 1.111 0.000 0.150 29.936 0.000 0.333 1. Fonds commercial Autres Avances et acomptes Immobilisations corporelles : Terrains Constructions Matériel et outillage industriels Autres En cours Avances et acomptes Immobilisations financières Participations Créances rattachées Autres titres immobilisés Prêts Autres Total I Stocks et en-cours : Matières premières et autres En-cours Produits intermédiaires et finis Marchandises Avances et acomptes versés Créances d’exploitation Créances diverses Valeurs mobilières de placement Disponibilités Charges constatées d’avance Total II Charges à répartir sur plusieurs exercices (III) Primes de remboursement des obligations (IV) Ecarts de conversion actif (V) Total général 1. brevets.400 8.000 4.000 1.667 Provisions 18.510 2.310 Actif Immobilisé 1.389 0.310 1.000 0.825 2.000 5.010 38.400 8. de fusion Ecart de réévaluation Réserves Report à nouveau Résultats de l’exercice Subventions d’investissement Provisions réglementées Total I Provisions pour risques Provisions pour charges Total II Dettes financières : Emprunts obligataires convertibles Autres emprunts obligataires Emprunts et dettes auprès des établissements de crédit Emprunts et dettes financières divers Avances et acomptes reçus Dettes d’exploitation : Dettes fournisseurs Dettes fiscales et sociales Autres Dettes diverses : Dettes sur immobilisations Dettes (impôts sur les bénéfices) Autres Produits constatés d’avance Total III Comptes de régularisation Exercice N 30.300 0.012 0.500 0.000 2.400 3.700 1.811 Total général 34.000 Actif circulant 0.444 3.747 3.594 0.500 0.117 3.310 0.345 1.655 3.837 0.000 17.500 Exercice N A&P 0.400 0.887 30.100 Passif Net Capitaux propres 0.02 Comptes de régularisation Ecarts de conversion passif (IV) 0.117 Dettes 1.667 0.Annexe 4 : La version française des états financiers Bilan (version française) En millions Actif Brut Immobilisations incorporelles : Frais d’établissement Frais R & D Concessions.333 0.

444 0.Compte de résultat (versions française) En millions Charges Charges d’exploitation : Achats de marchandises Variation des stocks de marchandises Achats stockés d’approvisionnements Variation des stocks d’approvisionnements Achats non stockés de matières et fournitures Services extérieurs Impôts.000 1.300 0.717 28 Papier de recherche – Ne pas citer .900 -0.150 1.836 25.717 Solde débiteur = perte Total général 28.310 5.310 0.310 0.000 2.200 8. taxes et versements assimilés Charges de personnel Dotations aux amortissements et aux provisions Autres charges Total Quotes-parts de résultat sur opérations faites en commun Charges financières : Dotations aux amortissements et aux provisions Intérêts et charges assimilées Différences négatives de change Charges nettes sur cessions de valeurs mobilières de placement Total 1.450 Exercice N Produits Produits d’exploitation : Ventes de marchandises Production vendue Production stockée Production immobilisée Subventions d’exploitation Reprises sur provisions et amortissements Transferts de charges Autre produits Total Exercice N 27.600 28.887 28.718 Quotes-parts de résultat sur opérations faites en commun Produits financiers : De participations D’autres valeurs mobilières et créances de l’actif immobilisé Autres intérêts et produits assimilés Reprises sur provisions et transferts de charges financières Différences positives de change Produits nets sur cessions de valeurs mobilières de placement Total Produits exceptionnels : Sur opérations de gestion Sur opération en capital Reprises sur provisions et transferts de charges exceptionnelles Total Charges exceptionnelles : Sur opérations de gestion Sur opérations en capital Dotations aux amortissements et aux provisions Total Participation des salariés aux fruits de l’expansion Impôts sur les bénéfices Solde créditeur = bénéfice Total général 0.626 0.117 9.

143 2.427 -3.757 29 Papier de recherche – Ne pas citer .010 0.600 11.900 -11.143 -0.757 Utilisation de la variation du fonds de roulement net global Variation « Exploitation » : Stocks Créances clients Dettes financières diverses Dettes fournisseurs Dettes diverses Besoin de l’exercice en fonds de roulement pour l’exploitation Variation « Hors exploitation » : Variation des valeurs mobilières de placement Variation « Trésorerie » : Variation des disponibilités Utilisation de la variation du fonds de roulement net global -1.000 17.000 0.500 -18.843 -3.444 -2.000 -0.400 -18.000 7.150 1.Tableau de financement en liste (version française) Calcul de la variation du fonds de roulement net global Ressources durables : Capacité d’autofinancement de l’exercice Augmentation des dettes financières Total des ressources Emplois stables : Acquisition immobilisations incorporelles Acquisition immobilisations financières Charges à répartir sur plusieurs exercices Total des emplois Variation du fonds de roulement net global 5.

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